Ce passage poursuit l'appel à une très grande obstination pour se saisir de soi-même et se tenir à sa place, même si l'on tombe à chaque fois. Rabbi Na'hman enseigne que ces chutes et troubles précèdent les portes de la sainteté ; les tsadikim véritables y sont passés. Près de l'entrée, la Sitra A'hra (l'Autre Côté) et le Baal Davar (l'Adversaire) se renforcent pour empêcher d'entrer : il faut alors un très grand renforcement. On fait ce que l'on peut ; D.ieu est plein de miséricorde et désire beaucoup ce service : avec les jours, on entre à l'intérieur. Les mouvements qui arrachent un peu de la matérialité se rassemblent et viennent au secours au besoin.
Aussi : le pont très étroit où l'essentiel est de n'avoir aucune peur ; la techouva complète, passer aux mêmes lieux et leur tourner le dos ; servir avec la chaleur du yetser hara (mauvais penchant)
כִּי צָרִיךְ עַקְשָׁנוּת גָּדוֹל מְאֹד מְאֹד לִהְיוֹת חָזָק וְאַמִּיץ, לֶאֱחֹז עַצְמוֹ, לַעֲמֹד עַל עָמְדוֹ, אַף אִם מַפִּילִין אוֹתוֹ, חַס וְשָׁלוֹם, בְּכָל פַּעַם. כִּי לִפְעָמִים יֵשׁ שֶׁמַּפִּילִין אֶחָד מֵעֲבוֹדַת הַשֵּׁם, כַּיָּדוּעַ, אַף־עַל־פִּי־כֵן עָלָיו לַעֲשׂוֹת אֶת שֶׁלּוֹ, לַעֲשׂוֹת מַה שֶׁיּוּכַל בַּעֲבוֹדַת הַשֵּׁם, וְאַל יָנִיחַ עַצְמוֹ לִפֹּל לְגַמְרֵי, חַס וְשָׁלוֹם.
כִּי כָל אֵלּוּ הַנְּפִילוֹת וְהַיְרִידוֹת וְהַבִּלְבּוּלִים וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה צְרִיכִים בְּהֶכְרֵחַ לַעֲבֹר בָּהֶם קֹדֶם שֶׁנִּכְנָסִין בְּשַׁעֲרֵי הַקְּדֻשָּׁה, וְגַם הַצַּדִּיקִים הָאֲמִתִּיִּים עָבְרוּ בְּכָל זֶה.
Car il faut une très, très grande obstination pour être fort et courageux, pour se saisir de soi-même et se tenir à sa place, même si on le fait tomber, à Dieu ne plaise, à chaque fois. Car il arrive parfois que l'on fasse tomber quelqu'un du service de ה', comme cela est connu ; malgré cela, il lui incombe de faire ce qui lui revient, de faire ce qu'il peut dans le service de ה', et qu'il ne se laisse pas tomber complètement, à Dieu ne plaise.
Car toutes ces chutes, ces descentes, ces troubles et les choses semblables, il est nécessaire de passer par eux avant d'entrer dans les portes de la sainteté ; et les tsadikim véritables eux aussi sont passés par tout cela.
וְדַע, שֶׁיֵּשׁ אֶחָד שֶׁכְּבָר הוּא אֵצֶל הַפֶּתַח שֶׁל הַקְּדֻשָּׁה, וְהוּא חוֹזֵר לַאֲחוֹרָיו מֵחֲמַת הַבִּלְבּוּלִים הַנַּ"ל, אוֹ שֶׁאֲזַי כְּשֶׁהוּא סָמוּךְ אֵצֶל הַפֶּתַח, אָז מִתְגַּבֵּר עָלָיו הַסִּטְרָא־אָחֳרָא וְהַבַּעַל־דָּבָר מְאֹד מְאֹד, רַחֲמָנָא לִצְלָן, בְּהִתְגַּבְּרוּת גָּדוֹל וְנוֹרָא מְאֹד מְאֹד, רַחֲמָנָא לִצְלָן, וְאֵין מַנִּיחִין אוֹתוֹ לִכָּנֵס לְתוֹךְ הַפֶּתַח, וּמַחֲמַת זֶה הוּא חוֹזֵר לְאָחוֹר, חַס וְשָׁלוֹם. כִּי כֵן דֶּרֶךְ הַבַּעַל־דָּבָר וְהַסִּטְרָא־אָחֳרָא, כְּשֶׁרוֹאֶה שֶׁהָאָדָם סָמוּךְ סָמוּךְ מַמָּשׁ לְשַׁעֲרֵי הַקְּדֻשָּׁה, וְכִמְעַט שֶׁיִּכְנֹס, אֲזַי הוּא מִתְפַּשֵּׁט עָלָיו בְּהִתְגַּבְּרוּת גָּדוֹל מְאֹד מְאֹד, רַחֲמָנָא לִצְלָן.
עַל־כֵּן צָרִיךְ אָז הִתְחַזְּקוּת גָּדוֹל נֶגְדּוֹ.
Et sache qu'il en est un qui se trouve déjà auprès de l'entrée de la sainteté, et qui retourne en arrière à cause des troubles mentionnés ci-dessus ; ou bien, lorsqu'il est tout proche de l'entrée, alors la Sitra A'hra (l'Autre Côté, le domaine des forces du mal) et le Baal Davar (l'Adversaire, le mauvais penchant personnifié) se renforcent contre lui très, très fort, que le Miséricordieux nous en préserve, avec une domination grande et terrible à l'extrême, que le Miséricordieux nous en préserve, et on ne le laisse pas pénétrer par l'entrée ; et à cause de cela il retourne en arrière, à Dieu ne plaise. Car telle est la voie du Baal Davar et de la Sitra A'hra : lorsqu'il voit que l'homme est vraiment tout proche des portes de la sainteté et qu'il est sur le point d'entrer, alors il s'étend sur lui avec une domination très, très grande, que le Miséricordieux nous en préserve.
C'est pourquoi il faut alors un très grand renforcement contre lui.
וְשָׁמַעְנוּ מִצַּדִּיק אֲמִתִּי שֶׁאָמַר, שֶׁאִלּוּ הָיָה אוֹמֵר לוֹ אֶחָד, יִהְיֶה מִי שֶׁיִּהְיֶה, בְּעֵת שֶׁעָסַק בַּעֲבוֹדַת הַשֵּׁם בִּתְחִלָּתוֹ: אָחִי, חֲזַק וֶאֱחֹז עַצְמְךָ – הָיִיתִי רָץ וּמִזְדָּרֵז מְאֹד בַּעֲבוֹדָתוֹ יִתְבָּרַךְ, כִּי גַּם עָלָיו עָבַר כָּל הַנַּ"ל, וְלֹא הָיָה שׁוֹמֵעַ שׁוּם הִתְחַזְּקוּת מִשּׁוּם אָדָם.
Et nous avons entendu d'un tsadik véritable qui disait : si quelqu'un, qui qu'il fut, m'avait dit, au temps où je m'occupais du service de ה' à mes débuts : mon frère, sois fort et saisis-toi de toi-même - j'aurais couru et je me serais hâté avec une très grande ardeur dans Son service, béni soit-Il. Car sur lui aussi est passé tout ce qui est mentionné ci-dessus, et il n'entendait aucun encouragement de la part de quiconque.
עַל־כֵּן מִי שֶׁרוֹצֶה לִכְנֹס בַּעֲבוֹדַת הַשֵּׁם, יִזְכֹּר זֹאת הֵיטֵב. וְחַזֵּק עַצְמְךָ מְאֹד, וַעֲשֵׂה מַה שֶּׁתּוּכַל בַּעֲבוֹדַת הַשֵּׁם, וּבִרְבוֹת הַיָּמִים וְהַשָּׁנִים תִּכְנֹס לָבֶטַח בְּעֶזְרָתוֹ יִתְבָּרַךְ לְתוֹךְ שַׁעֲרֵי הַקְּדֻשָּׁה, כִּי הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ מָלֵא רַחֲמִים וְרוֹצֶה בַּעֲבוֹדָתְךָ מְאֹד.
C'est pourquoi celui qui veut entrer dans le service de ה' se souviendra bien de ceci. Et renforce-toi beaucoup, et fais ce que tu peux dans le service de ה' ; et avec la multitude des jours et des années tu entreras à coup sur, avec Son aide, béni soit-Il, à l'intérieur des portes de la sainteté, car ה' béni soit-Il est plein de miséricorde et désire beaucoup ton service.
וְדַע, שֶׁכָּל הַתְּנוּעוֹת וְהַהַעְתָּקוֹת, שֶׁאַתָּה נִתָּק וְנֶעְתָּק בְּכָל פַּעַם אֵיזֶה מְעַט מִן גַּשְׁמִיּוּת לַעֲבוֹדָתוֹ יִתְבָּרַךְ, כֻּלָּם מִתְקַבְּצִים וּמִתְחַבְּרִים וּמִתְקַשְּׁרִים וּבָאִים לְעֶזְרָתְךָ בְּעֵת הַצֹּרֶךְ, דְּהַיְנוּ כְּשֶׁיֵּשׁ, חַס וְשָׁלוֹם, אֵיזֶה דֹּחַק וְעֵת צָרָה, חַס וְשָׁלוֹם.
Et sache que tous les mouvements et tous les déplacements par lesquels tu t'arraches et te détaches à chaque fois un tant soit peu de la matérialité vers Son service, béni soit-Il, tous se rassemblent, s'unissent et se lient, et viennent à ton secours au moment du besoin, c'est-à-dire lorsqu'il y a, à Dieu ne plaise, quelque détresse et quelque temps d'angoisse, à Dieu ne plaise.
וְדַע, שֶׁהָאָדָם צָרִיךְ לַעֲבֹר עַל גֶּשֶׁר צַר מְאֹד מְאֹד, וְהַכְּלָל וְהָעִקָּר – שֶׁלֹּא יִתְפַּחֵד כְּלָל:
Et sache que l'homme doit traverser un pont très, très étroit ; et la règle générale et l'essentiel, c'est de n'avoir absolument aucune peur.
וְדַע, שֶׁיֵּשׁ אִילָן, שֶׁגְּדֵלִים עָלָיו עָלִים, שֶׁכָּל עָלֶה צָרִיךְ לִהְיוֹת גָּדֵל מֵאָה שָׁנִים, וְהוּא נִמְצָא בַּפַּרְדֵּסִים שֶׁל הַשָּׂרִים, וְקוֹרִין אוֹתוֹ בִּלְשׁוֹנָם "מֵאָה שָׁנִים". וּמִסְּתָּמָא כְּשֶׁגָּדֵל מֵאָה שָׁנִים, בְּוַדַּאי עוֹבֵר עָלָיו מַה שֶּׁעוֹבֵר, וְאַחַר־כָּךְ בְּסוֹף הַמֵּאָה שָׁנִים הוּא יוֹרֶה בְּקוֹל גָּדוֹל כְּמוֹ קְנֵי־שְׂרֵפָה, שֶׁקּוֹרִין "אוֹרְמַאטְיֶע".
וְהָבֵן הַנִּמְשָׁל הֵיטֵב:
Et sache qu'il existe un arbre sur lequel poussent des feuilles, et chaque feuille doit croître pendant cent ans ; il se trouve dans les vergers des seigneurs, et on l'appelle dans leur langue 'cent ans'. Et vraisemblablement, lorsqu'il croît durant cent ans, il lui arrive assurément ce qui lui arrive ; et ensuite, à la fin des cent ans, il tire avec un grand fracas comme les bouches à feu que l'on appelle 'ormatye' (armata, pièce d'artillerie).
Et comprends bien la parabole.
וְרָאוּי לֵילֵךְ עִם מַה שֶּׁנֶּאֱמַר בַּמַּאֲמָר "אֲזַמְּרָה לֵאלֹקַי בְּעוֹדִי" (בליקוטי הראשון בסימן רפ"ב), דְּהַיְנוּ לְבַקֵּשׁ וּלְחַפֵּשׂ לִמְצֹא בְּעַצְמוֹ אֵיזֶה זְכוּת וְאֵיזֶה נְקֻדָּה טוֹבָה. וּבָזֶה הַמְּעַט טוֹב שֶׁמּוֹצֵא בְּעַצְמוֹ יִשְׂמַח וִיחַזֵּק עַצְמוֹ, וְאַל יַנִּיחַ אֶת מְקוֹמוֹ, אַף אִם נָפַל לְמַה שֶּׁנָּפַל, רַחֲמָנָא לִצְלָן, אַף־עַל־פִּי־כֵן יְחַזֵּק עַצְמוֹ בִּמְעַט דִּמְעַט טוֹב שֶׁמּוֹצֵא בְּעַצְמוֹ עֲדַיִן, עַד אֲשֶׁר יִזְכֶּה לָשׁוּב עַל־יְדֵי־זֶה לְהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, וְכָל הַזְּדוֹנוֹת יִהְיוּ נַעֲשִׂין זְכֻיּוֹת (ע' יומא פו:).
Et il convient d'aller avec ce qui est dit dans l'enseignement 'Azamra le-Elokaï be-odi' ('Je chanterai pour mon Dieu tant que je subsiste', Psaumes 146,2) (dans les Likoutei [Moharan] premiers, au chapitre 282), c'est-à-dire chercher et rechercher afin de trouver en soi-même quelque mérite et quelque bon point. Et par ce peu de bien qu'il trouve en lui-même, qu'il se réjouisse et se renforce, et qu'il n'abandonne pas sa place, même s'il est tombé là où il est tombé, que le Miséricordieux nous en préserve ; malgré cela, qu'il se renforce par le tout petit peu de bien qu'il trouve encore en lui-même, jusqu'à ce qu'il mérite par cela de revenir vers ה' béni soit-Il, et toutes les fautes volontaires deviendront des mérites (voir Yoma 86b).
וּמֶה עָשָׂה הַבַּעַל־שֵׁם־טוֹב, זֵכֶר צַדִּיק לִבְרָכָה, עַל הַיָּם, כְּשֶׁהֱסִיתוֹ הַבַּעַל דָּבָר וְכוּ'. וּמִזֶּה תָּבִין, עַד הֵיכָן אַתָּה צָרִיךְ לְהִתְחַזֵּק וְלִבְלִי לְיָאֵשׁ עַצְמְךָ, חַס וְשָׁלוֹם, אַף אִם יִהְיֶה מַה שֶּׁיִּהְיֶה.
Et [rappelle-toi] ce que fit le Baal Chem Tov, que la mémoire du juste soit en bénédiction, sur la mer, lorsque le Baal Davar l'incita, etc. Et de cela tu comprendras jusqu'où tu dois te renforcer et ne pas te livrer au désespoir, à Dieu ne plaise, quoi qu'il puisse arriver.
וְהָעִקָּר לִהְיוֹת בְּשִׂמְחָה תָּמִיד. וִישַׂמַּח עַצְמוֹ בְּכָל מַה שֶּׁיּוּכַל, וַאֲפִלּוּ עַל־יְדֵי מִלֵּי דִּשְׁטוּתָא, לַעֲשׂוֹת עַצְמוֹ כְּשׁוֹטֶה וְלַעֲשׂוֹת עִנְיְנֵי שְׁטוּת וּצְחוֹק אוֹ קְפִיצוֹת וְרִקּוּדִים, כְּדֵי לָבוֹא לְשִׂמְחָה, שֶׁהוּא דָּבָר גָּדוֹל מְאֹד:
Et l'essentiel, c'est d'être toujours dans la joie. Et qu'il se réjouisse par tout ce qu'il peut, et même par des futilités (milei di-chetouta, paroles de sottise) : se faire comme un fou, faire des choses sottes et risibles, ou des sauts et des danses, afin de parvenir à la joie, ce qui est une chose très grande.
לְפִי גַּדְּלוּת הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וְעֹצֶם רוֹמְמוּתוֹ יִתְבָּרַךְ, בִּתְנוּעָה קַלָּה בְּעָלְמָא וּבְהִסְתַּכְּלוּת בְּעָלְמָא שֶׁאֵינוֹ כָּרָאוּי לְפִי כְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, הָיָה רָאוּי לָבוֹא עַל הָאָדָם מַה שֶׁרָאוּי, חַס וְשָׁלוֹם חַס וְשָׁלוֹם;
Selon la grandeur de ה' béni soit-Il et l'immensité de Son élévation, béni soit-Il, pour un simple geste léger et un simple regard qui ne conviennent pas à Son honneur, béni soit-Il, il aurait été juste qu'il advienne à l'homme ce qui devrait lui advenir, à Dieu ne plaise, à Dieu ne plaise.
אַךְ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ מָלֵא רַחֲמִים, וְכָל הָעוֹלָם מָלֵא רַחֲמָנוּת, וְהוּא רוֹצֶה מְאֹד בְּהָעוֹלָם. עַל־כֵּן צָרִיךְ לְחַזֵּק עַצְמוֹ מְאֹד בַּעֲבוֹדָתוֹ בְכָל מַה שֶּׁיּוּכַל, אַף אִם הוּא כְּמוֹ שֶׁהוּא.
וְיִסְמֹךְ עַל רַחֲמָיו הַמְרֻבִּים מְאֹד בְּלִי שִׁעוּר, כִּי בְּוַדַּאי לֹא יַעֲזֹב אוֹתוֹ, אַף אִם עָבַר מַה שֶּׁעָבַר. הֶעָבָר אַיִן, וְהָעִקָּר – מִכָּאן וּלְהַבָּא לֹא יַעֲשֶׂה עוֹד, וְיִהְיֶה שֵׁב וְאַל תַּעֲשֶׂה עַל־כָּל־פָּנִים, הֵן בְּמַחֲשָׁבָה וְהֵן בְּמַעֲשֶׂה.
כִּי גַּם הַמַּחֲשָׁבָה שֶׁל אֲנָשִׁים כָּאֵלּוּ הִיא גַם־כֵּן עֲשִׂיָּה, כִּי גַּם בָּעוֹלָם הָעֲשִׂיָּה יֵשׁ מַחֲשָׁבָה, וְצָרִיךְ לִהְיוֹת שֵׁב וְאַל תַּעֲשֶׂה בְּמַעֲשֶׂה וּבְמַחֲשָׁבָה כַּנַּ"ל. וּמָה שֶּׁנַּעֲשָׂה עִמּוֹ מִמֵּילָא, אַל יָחוּשׁ וְאַל יִסְתַּכֵּל עַל זֶה כְּלָל:
Mais ה' béni soit-Il est plein de miséricorde, et le monde entier est plein de compassion, et Il désire beaucoup le monde. C'est pourquoi il faut se renforcer beaucoup dans Son service par tout ce que l'on peut, même si l'on est tel que l'on est.
Et qu'il s'appuie sur Ses miséricordes très abondantes et sans mesure, car assurément Il ne l'abandonnera pas, même s'il a transgressé ce qu'il a transgressé. Le passé n'est plus, et l'essentiel, c'est que désormais il ne recommence plus, et qu'il soit du moins dans l'abstention (chev ve-al taasse, 'reste assis et n'agis pas'), tant en pensée qu'en acte.
Car même la pensée de tels hommes est elle aussi un acte, puisque dans le monde de la Assia (monde de l'action) il y a aussi de la pensée ; et il faut être dans l'abstention en acte et en pensée, comme dit ci-dessus. Et ce qui se produit avec lui de soi-même, qu'il ne s'en soucie pas et qu'il n'y prête absolument aucune attention.
וְדַע, שֶׁעִקָּר הַתְּשׁוּבָה הַשְּׁלֵמָה הִיא, כְּשֶׁאָדָם עוֹבֵר בְּאֵלּוּ הַמְּקוֹמוֹת מַמָּשׁ שֶׁהָיָה מִקֹּדֶם הַתְּשׁוּבָה, כָּל אֶחָד לְפִי מַה שֶּׁעָבַר עָלָיו בַּיָּמִים הַקּוֹדְמִים, וּכְשֶׁעוֹבֵר בְּאֵלּוּ הַמְּקוֹמוֹת וְהָעִנְיָנִים שֶׁהָיָה מִתְּחִלָּה מַמָּשׁ, וְעַכְשָׁו פּוֹנֶה עֹרֶף מֵהֶם, וְכוֹפֶה יִצְרוֹ לִבְלִי לַעֲשׂוֹת עוֹד מַה שֶּׁעָשָׂה – זֶהוּ עִקָּר הַתְּשׁוּבָה הַשְּׁלֵמָה, וְרַק זֶה נִקְרָא תְּשׁוּבָה:
Et sache que l'essentiel du repentir complet, c'est lorsque l'homme passe exactement par ces mêmes lieux où il se trouvait avant le repentir, chacun selon ce qui lui est arrivé dans les jours précédents ; et lorsqu'il passe par ces mêmes lieux et ces mêmes situations qu'au début, et que maintenant il leur tourne le dos et soumet son penchant pour ne plus faire ce qu'il a fait - voilà l'essentiel du repentir complet, et cela seul s'appelle techouva (retour, repentir).
וְהוּא מַעְלָה גְּדוֹלָה, כְּשֶׁיֵּשׁ עֲדַיִן יֵצֶר הָרָע לְהָאָדָם, כִּי אָז יָכוֹל לַעֲבֹד אוֹתוֹ יִתְבָּרַךְ עִם הַיֵּצֶר הָרָע דַּיְקָא, דְּהַיְנוּ לִקַּח כָּל הַהִתְלַהֲבוּת וְהַחֲמִימוּת וּלְהַכְנִיסוֹ בְּתוֹךְ עֲבוֹדַת הַשֵּׁם, דְּהַיְנוּ לְהִתְפַּלֵּל וּלְהִתְחַנֵּן בַּחֲמִימוּת וְהִתְלַהֲבוּת הַלֵּב וְכַיּוֹצֵא. וְאִם אֵין יֵצֶר הָרָע לְהָאָדָם, אֵין עֲבוֹדָתוֹ שְׁלֵמָה כְּלָל.
Et c'est un grand niveau lorsque l'homme a encore le yetser hara (le mauvais penchant), car alors il peut Le servir, béni soit-Il, précisément avec le mauvais penchant, c'est-à-dire prendre toute l'ardeur et toute la chaleur et les faire entrer à l'intérieur du service de ה', c'est-à-dire prier et supplier avec la chaleur et l'ardeur du cœur, et ainsi de suite. Et si l'homme n'a pas de mauvais penchant, son service n'est aucunement complet.
וְהָעִקָּר – לַעֲצֹר וּלְעַכֵּב הַחֲמִימוּת בְּעֵת הַתַּאֲווֹת, וּלְהַנִּיחוֹ בְּעֵת הַתְּפִלָּה וְהָעֲבוֹדָה, שָׁם יַנִּיחַ חֲמִימוּתוֹ וְהִתְלַהֲבוּתוֹ לְתוֹךְ הָעֲבוֹדָה כַּנַּ"ל.
Et l'essentiel, c'est d'arrêter et de retenir la chaleur au moment des désirs, et de la laisser aller au moment de la prière et du service : c'est là qu'il déposera sa chaleur et son ardeur, à l'intérieur du service, comme dit ci-dessus.
וַאֲפִלּוּ מִי שֶׁאֵינוֹ אִישׁ כָּשֵׁר, נִזְדַּמֵן לוֹ לִפְעָמִים שֶׁמִּתְפַּלֵּל בְּהִתְלַהֲבוּת, וְזֶה בָּא גַּם־כֵּן מֵחֲמִימוּת הַיֵּצֶר הָרָע שֶׁיֵּשׁ לוֹ, רַק שֶׁהוּא אֵינוֹ מְקַבֵּל עַל זֶה שָׂכָר. אֲבָל מִי שֶׁרוֹצֶה לְהִתְנַהֵג בְּכַשְׁרוּת, הוּא מַעְלָה גְּדוֹלָה כְּשֶׁיֵּשׁ לוֹ עֲדַיִן יֵצֶר הָרָע כַּנַּ"ל:
Et même celui qui n'est pas un homme comme il faut, il lui arrive parfois de prier avec ardeur ; et cela aussi provient de la chaleur du mauvais penchant qu'il possède, sauf que lui n'en reçoit aucune récompense. Mais celui qui veut se conduire avec droiture, c'est pour lui un grand niveau lorsqu'il a encore un mauvais penchant, comme dit ci-dessus.
הַמַּחֲשָׁבָה בְּיַד הָאָדָם לְהַטּוֹתָהּ כִּרְצוֹנוֹ לְמָקוֹם שֶׁהוּא רוֹצֶה, וְכַמְבֹאָר בְּמָקוֹם אַחֵר, שֶׁאִי אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיוּ שְׁנֵי מַחֲשָׁבוֹת בְּיַחַד כְּלָל,
La pensée est dans la main de l'homme, pour l'incliner selon sa volonté vers le lieu qu'il veut ; et comme cela est expliqué ailleurs, il est absolument impossible qu'il y ait deux pensées ensemble,
וַאֲפִלּוּ אִם לִפְעָמִים הוֹלֶכֶת מַחֲשַׁבְתּוֹ וּפוֹרַחַת וּמְשׁוֹטֶטֶת בִּדְבָרִים אֲחֵרִים וְזָרִים, הוּא בְּיַד הָאָדָם לַחֲזֹר וּלְהַטּוֹתָהּ בְּעַל־כָּרְחָהּ אֶל הַדֶּרֶךְ הַיָּשָׁר, לַחֲשֹׁב מַה שֶּׁרָאוּי.
et même si parfois sa pensée s'en va, s'envole et vagabonde dans d'autres choses étrangères, il est au pouvoir de l'homme de la ramener et de l'incliner malgré elle vers le droit chemin, pour penser ce qui convient.
וְהוּא מַמָּשׁ כְּמוֹ סוּס שֶׁפּוֹנֶה מִן הַדֶּרֶךְ וְסָר לְדֶרֶךְ אַחֵר, שֶׁתּוֹפְסִין אוֹתוֹ בְּאַפְסָר וְכַיּוֹצֵא, וּמַחֲזִירִין אוֹתוֹ בְּעַל־כָּרְחוֹ אֶל הַדֶּרֶךְ הַיָּשָׁר, כְּמוֹ־כֵן בְּמַחֲשָׁבָה מַמָּשׁ, שֶׁיְּכוֹלִין לְתָפְסָהּ בְּעַל־כָּרְחָהּ לְהָשִׁיבָהּ אֶל הַדֶּרֶךְ הָרָאוּי:
Et c'est exactement comme un cheval qui se détourne du chemin et s'écarte vers un autre chemin : on le saisit par le licol ou par quelque chose de semblable, et on le ramène malgré lui vers le droit chemin ; de même exactement pour la pensée, que l'on peut saisir malgré elle pour la ramener vers le chemin qui convient.
הַיֵּצֶר הָרָע נוֹקֵשׁ בָּאָדָם בְּכָל פַּעַם וּמְעוֹרְרוֹ לְמַה שֶּׁמְּעוֹרְרוֹ. וְאַף אִם אֵין הָאָדָם שׁוֹמֵעַ לוֹ וּפוֹנֶה עֹרֶף מִמֶּנּוּ, אַף־עַל־פִּי־כֵן הוּא נוֹקֵשׁ בּוֹ עוֹד פַּעַם שֵׁנִי וּשְׁלִישִׁי וּרְבִיעִי וְיוֹתֵר.
אֲבָל אִם הָאָדָם הוּא חָזָק בְּדַעְתּוֹ וְעַקְשָׁן נֶגֶד הַיֵּצֶר הָרָע, וְאֵינוֹ פּוֹנֶה אֵלָיו כְּלָל, אֲזַי הַיֵּצֶר הָרָע מִסְתַּלֵּק וְהוֹלֵךְ לוֹ.
Le mauvais penchant frappe l'homme à chaque fois et l'excite à ce qu'il l'excite. Et même si l'homme ne l'écoute pas et lui tourne le dos, malgré cela il le frappe encore une deuxième, une troisième et une quatrième fois, et davantage.
Mais si l'homme est fort dans son esprit et obstiné contre le mauvais penchant, et ne se tourne pas vers lui du tout, alors le mauvais penchant s'écarte et s'en va.
וְכֵן בִּתְפִלָּה, בְּעִנְיַן הַמַּחֲשָׁבוֹת הַבָּאִים לְבַלְבֵּל, הוּא מַמָּשׁ כַּנַּ"ל, שֶׁהַמַּחֲשָׁבָה בָּאָה כַּמָּה פְּעָמִים, פַּעַם אַחַר פַּעַם, לְבַלְבֵּל. וְצָרִיךְ לִהְיוֹת חָזָק לִבְלִי לְהִסְתַּכֵּל עָלֶיהָ כְּלָל בְּשׁוּם אֹפֶן, וַאֲזַי תִּסְתַּלֵּק.
וְעַיֵּן בְּמָקוֹם אַחֵר מִזֶּה:
Et de même dans la prière, pour ce qui est des pensées qui viennent troubler, c'est exactement comme dit ci-dessus : la pensée vient plusieurs fois, une fois après l'autre, pour troubler. Et il faut être fort pour ne la regarder d'aucune manière, et alors elle s'écartera.
Et vois ailleurs à ce sujet.
מַה שֶּׁקָּשֶׁה קֻשְׁיוֹת עַל הַצַּדִּיקִים, זֶהוּ מֻכְרָח לִהְיוֹת. כִּי הַצַּדִּיקִים מִתְדַּמִּים לְיוֹצְרָם, כַּמּוּבָא, וּכְמוֹ שֶׁקָּשֶׁה קֻשְׁיוֹת עַל הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, כְּמוֹ־כֵן בְּהֶכְרֵחַ שֶׁיִּהְיֶה קָשֶׁה קֻשְׁיוֹת עַל הַצַּדִּיק, כִּי הוּא מִתְדַּמֶּה אֵלָיו יִתְבָּרַךְ:
Le fait que l'on soulève des questions difficiles sur les tsadikim, cela doit nécessairement être ainsi. Car les tsadikim ressemblent à leur Créateur, comme cela est rapporté ; et de même que l'on soulève des questions difficiles sur ה' béni soit-Il, de même il est nécessaire que l'on soulève des questions difficiles sur le tsadik, car il Lui ressemble, béni soit-Il.
וּבְעִנְיָן הַקֻּשְׁיוֹת שֶׁקָּשֶׁה עַל הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, מַרְגְּלָא בְּפֻמֵּהּ לוֹמַר: אַדְּרַבָּא, כָּךְ רָאוּי לִהְיוֹת דַּיְקָא, שֶׁיִּהְיוּ קֻשְׁיוֹת עַל הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, וְכָךְ נָאֶה וְיָפֶה לוֹ יִתְבָּרַךְ לְפִי גְּדֻלָּתוֹ וְרוֹמְמוּתוֹ.
כִּי מֵעֹצֶם גְּדֻלָּתוֹ וְרוֹמְמוּתוֹ, שֶׁהוּא מְרוֹמָם מְאֹד מִדַּעְתֵּנוּ, עַל־כֵּן בְּוַדַּאי אִי אֶפְשָׁר שֶׁנָּבִין וְנַשִּׂיג בְּשִׂכְלֵנוּ הַנְהָגָתוֹ יִתְבָּרַךְ. וְעַל־כֵּן בְּהֶכְרֵחַ שֶׁיִּהְיוּ עָלָיו יִתְבָּרַךְ קֻשְׁיוֹת, כִּי כָּךְ נָאֶה וְיָפֶה לְהַבּוֹרֵא יִתְבָּרַךְ, שֶׁיִּהְיֶה מְרוֹמָם וְנִשָּׂא מִדַּעְתֵּנוּ, שֶׁעַל־יְדֵי־זֶה קָשֶׁה הַקֻּשְׁיוֹת כַּנַּ"ל; וְאִם הָיָה הַנְהָגָתוֹ כְּפִי חִיּוּב דַּעְתֵּנוּ, אִם־כֵּן הָיָה, חַס וְשָׁלוֹם, דַּעְתּוֹ כְּדַעְתֵּנוּ:
Et au sujet des questions difficiles que l'on soulève sur ה' béni soit-Il, il avait coutume de dire : au contraire, il convient précisément qu'il en soit ainsi, qu'il y ait des questions difficiles sur ה' béni soit-Il, et cela Lui sied et Lui convient, béni soit-Il, selon Sa grandeur et Son élévation. Car en raison de l'immensité de Sa grandeur et de Son élévation, Il est très élevé au-dessus de notre entendement ; c'est pourquoi il est assurément impossible que nous comprenions et saisissions par notre intelligence Sa conduite, béni soit-Il.
Et c'est pourquoi il est nécessaire qu'il y ait sur Lui, béni soit-Il, des questions difficiles, car cela sied et convient au Créateur, béni soit-Il, qu'Il soit élevé et exalté au-dessus de notre entendement, ce par quoi les questions deviennent difficiles, comme dit ci-dessus. Et si Sa conduite était conforme à ce qu'exige notre entendement, alors, à Dieu ne plaise, Sa pensée serait comme la nôtre.
גֹּדֶל יִקְרַת הַמַּחֲשָׁבָה נוֹדַע לִי עַתָּה. כִּי הַמַּחֲשָׁבָה יְקָרָה מְאֹד מְאֹד, שֶׁנַּעֲשֶׂה מִמֶּנָּה דְּבָרִים שְׁלֵמִים מַמָּשׁ, שֶׁיֵּשׁ לָהֶם קִיּוּם כָּל הַיָּמִים שֶׁיִּתְקַיְּמוּ הָעוֹלָמוֹת, כָּל זְמַן אֲשֶׁר הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וְכוּ' וְכוּ'.
La grandeur du prix de la pensée m'est connue maintenant. Car la pensée est très, très précieuse : il s'en fait des choses véritablement entières, qui ont une subsistance durant tous les jours où subsisteront les mondes, tout le temps que ה' béni soit-Il, etc., etc.