ליקוטי מוהר"ן

Likoutei Moharan — Part II (33/73)

Rabbi Nahman de Breslev
En bref

Ce passage poursuit : tombé dans les lieux souillés, l'homme qui demande « Ayéh, où est le lieu de sa gloire ? » trouve là sa réparation et revient à la gloire suprême, aspect de « Ayéh ». Selon Rabbi Na'hman, « Ayéh » est l'aspect de l'agneau de l'ola (l'holocauste), « et où (ayéh) est l'agneau pour l'ola ? » ; par « Ayéh » l'homme est réparé et monte (olé) de là, et c'est l'essentiel de la techouva. Dès qu'il demande « Ayéh », il sait au moins qu'il y a un D.ieu, seulement caché ; il se vivifie de la sainteté au lieu de sa chute, alors que les kelipot (écorces) ne vivent que de l'occultation. Ensuite il mérite de monter au lieu où sa gloire se révèle.

Aussi : la Torah qui précède en chemin et les doutes, aspect de nogah ; Pharaon qui rapproche Israël par sa poursuite ; les hypocrites nourris des tsadikim qui parlent de grandeurs, la tsedaka comme eau

וּכְשֶׁאָדָם נוֹפֵל לְשָׁם, שֶׁזֶּה בְּחִינַת מְקוֹמוֹת הַמְטֻנָּפִים, וַאֲזַי מְבַקֵּשׁ וְצוֹעֵק "אַיֵּה" מְקוֹם כְּבוֹדוֹ, וְזֶה בְּעַצְמוֹ תִּקּוּנוֹ, כִּי חוֹזֵר וְשָׁב אֶל הַכָּבוֹד הָעֶלְיוֹן, שֶׁהוּא בְּחִינַת "אַיֵּה" כַּנַּ"ל.

Et lorsque l'homme tombe là, ce qui est l'aspect des lieux souillés, et qu'alors il demande et crie : 'Ayéh (où est) le lieu de sa gloire ?', cela même est sa réparation (tikoun), car il retourne et revient à la gloire suprême, laquelle est l'aspect de 'Ayéh', comme mentionné plus haut.

וְזֶהוּ בְּחִינוֹת עוֹלָה, בְּחִינַת (בראשית כב): ו"אַיֵּה" הַשֶּׂה לְעוֹלָה.

שֶׁבְּחִינַת "אַיֵּה" הִיא בְּחִינוֹת שֶׂה לְעוֹלָה, לְתַקֵּן וּלְכַפֵּר הִרְהוּר הַלֵּב, שֶׁבָּא מִמְּקוֹמוֹת הַמְטֻנָּפִים כַּנַּ"ל. כִּי עַל־יְדֵי בְּחִינוֹת "אַיֵּה" נִתְתַּקֵּן וְעוֹלֶה מִשָּׁם כַּנַּ"ל.

Et c'est l'aspect de l'ola (l'holocauste, l'offrande qui monte entièrement), aspect de (Genèse 22,7) : 'et où (ayéh) est l'agneau pour l'ola ?'. Car l'aspect de 'Ayéh' est l'aspect de l'agneau pour l'ola, pour réparer et expier les pensées du cœur qui viennent des lieux souillés, comme mentionné plus haut.

Car par l'aspect de 'Ayéh' l'homme est réparé et il monte (olé) de là, comme mentionné plus haut.

וְזֶה בְּחִינוֹת מַה שֶּׁמּוּבָא בְּסוֹף תִּקּוּנִים (תיקון תנינא דף א): בְּרֵאשִׁית – בָּרָא תַּיִשׁ; דְּהַיְנוּ הַשֶּׂה לְעוֹלָה, שֶׁנַּעֲשֶׂה עַל־יְדֵי בְּחִינַת "אַיֵּה", שֶׁהוּא בְּחִינוֹת בְּרֵאשִׁית מַאֲמָר סָתוּם כַּנַּ"ל.

Et c'est l'aspect de ce qui est rapporté à la fin des Tikounim (Tikoun tanina, feuillet 1) : Bereshit (בראשית) - bara tayish (ברא תיש, 'Il créa un bouc') ; c'est-à-dire l'agneau pour l'ola, qui se fait par l'aspect de 'Ayéh', lequel est l'aspect de Bereshit, la parole close (maamar satoum), comme mentionné plus haut.

וְזֶה בְּחִינוֹת תְּשׁוּבָה, כִּי זֶה עִקָּר הַתְּשׁוּבָה, כְּשֶׁאָדָם מְבַקֵּשׁ וּמְחַפֵּשׂ אַחַר כְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, וְרוֹאֶה בְּעַצְמוֹ שֶׁרָחוֹק מִכְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, וּמִתְגַּעְגֵּעַ וְשׁוֹאֵל וּמִצְטַעֵר "אַיֵּה" מְקוֹם כְּבוֹדוֹ, וְזֶהוּ בְּעַצְמוֹ תְּשׁוּבָתוֹ וְתִקּוּנוֹ כַּנַּ"ל, וְהָבֵן הֵיטֵב.

Et c'est l'aspect de la techouva (le retour, le repentir), car c'est là l'essentiel de la techouva : lorsque l'homme demande et cherche après sa gloire, qu'Il soit béni, et qu'il voit par lui-même qu'il est loin de sa gloire, qu'Il soit béni, et qu'il languit, interroge et souffre : 'Ayéh, où est le lieu de sa gloire ?', cela même est son retour et sa réparation, comme mentionné plus haut. Et comprends bien.

וְיֵשׁ בָּזֶה עוֹד הַרְבֵּה דְּבָרִים. כִּי כְּשֶׁאָדָם הוֹלֵךְ בַּדֶּרֶךְ אוֹ כְּשֶׁהוֹלֵךְ בַּדְּרָכִים בְּרוּחָנִיּוּת, אֲזַי הַתּוֹרָה הוֹלֶכֶת לְפָנָיו, בִּבְחִינוֹת (משלי ו׳:כ״ב):

בְּהִתְהַלֶּכְךָ תַּנְחֶה אֹתָךְ, כִּי יֵשׁ בָּזֶה כַּמָּה בְּחִינוֹת, כִּי כָל אֶחָד לְפִי תּוֹרָתוֹ. וְלִפְנֵי כָּל תּוֹרָה יֵשׁ בְּחִינוֹת סְפֵקוֹת הַנַּ"ל, כְּגוֹן בְּחִדּוּשֵׁי־תוֹרָה, קֹדֶם שֶׁמְּחַדְּשִׁין יֵשׁ כַּמָּה סְפֵקוֹת וּבִלְבּוּלִים קֹדֶם שֶׁמְּבָרֵר וּמְלַבֵּן הַדָּבָר כָּרָאוּי.

וְאֵלּוּ הַסְּפֵקוֹת הֵם בְּחִינַת עֵץ הַדַּעַת טוֹב וָרָע, שֶׁהוּא בְּחִינַת נֹגַהּ, וּכְשֶׁמַּגִּיעַ אֶל הַתּוֹרָה בְּעַצְמָהּ, זֶה בְּחִינַת עֵץ הַחַיִּים וְכוּ': (שַׁיָּךְ לְעֵיל:)

Et il y a encore en cela bien des choses. Car lorsque l'homme va en chemin, ou lorsqu'il chemine sur les voies dans la spiritualité, alors la Torah marche devant lui, selon l'aspect de (Proverbes 6,22) : 'quand tu marcheras, elle te conduira'.

Car il y a en cela plusieurs aspects, car chacun est selon sa Torah. Et avant chaque Torah il y a l'aspect des doutes mentionnés plus haut ; par exemple dans les hidoushei Torah (les nouveautés, les insights nouveaux de Torah), avant que l'on innove il y a plusieurs doutes et confusions, avant que l'on ne clarifie et n'affine la chose comme il convient.

Et ces doutes sont l'aspect de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, qui est l'aspect de nogah (la 'lueur', la kelipa intermédiaire, mêlée de bien et de mal) ; et lorsque l'on parvient à la Torah elle-même, c'est l'aspect de l'arbre de vie, etc. (Se rattache à ce qui précède :)

וְזֶהוּ בְּחִינוֹת: אִם יֹאמַר לְךָ אָדָם, הֵיכָן אֱלֹקֶיךָ – תֹּאמַר לוֹ:

בִּכְרַךְ גָּדוֹל שֶׁל רוֹמִי (ירושלמי תענית פ"א) – שֶׁגַּם שָׁם, שֶׁמְּלֵאִים גִּלּוּלִים וַעֲבוֹדָה־זָרָה, גַּם שָׁם מֻסְתָּר הוּא יִתְבָּרַךְ כַּנַּ"ל.

Et c'est l'aspect de : si un homme te dit : où est ton Dieu ? - dis-lui : dans la grande cité de Rome (Yeroushalmi Taanit chap. 1) - car là aussi, en ces lieux pleins d'idoles et d'idolâtrie, là aussi Il est caché, qu'Il soit béni, comme mentionné plus haut.

וְהַכְּלָל – כְּשֶׁנּוֹפֵל לְשָׁם, חַס וְשָׁלוֹם, אֲזַי כְּשֶׁמַּתְחִיל לְבַקֵּשׁ אַיֵּה מְקוֹם כְּבוֹדוֹ, בָּזֶה הוּא מְחַיֶּה אֶת עַצְמוֹ מֵחִיּוּת הַקְּדֻשָּׁה. כִּי חִיּוּת הַקְּלִפּוֹת הוּא רַק מֵהַהַסְתָּרָה, מַה שֶּׁנִּסְתָּר הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ שָׁם בְּתַכְלִית הַהַסְתָּרָה, עַד שֶׁאֵין יוֹדְעִין מִמֶּנּוּ יִתְבָּרַךְ כְּלָל.

Et la règle est celle-ci : lorsqu'il tombe là, que Dieu préserve, alors, dès qu'il commence à demander : 'Ayéh, où est le lieu de sa gloire ?', par cela même il se vivifie de la vitalité de la sainteté. Car la vitalité des kelipot (les 'écorces', les forces d'impureté) ne provient que de l'occultation, de ce que le Nom, qu'Il soit béni, y est caché au comble de l'occultation, au point que l'on ne sait rien du tout de Lui, qu'Il soit béni.

אֲבָל תֵּכֶף כְּשֶׁמְּבַקְּשִׁין אַיֵּה מְקוֹם כְּבוֹדוֹ, נִמְצָא שֶׁיּוֹדְעִין עַל־כָּל־פָּנִים שֶׁיֵּשׁ אֱלוֹקַ יִתְבָּרַךְ, רַק שֶׁהוּא נִסְתָּר וְנֶעְלָם, וְעַל־כֵּן מְבַקְּשִׁין אַיֵּה מְקוֹם כְּבוֹדוֹ. וּבָזֶה בְּעַצְמוֹ מְחַיֶּה עַצְמוֹ בִּמְקוֹם נְפִילָתוֹ,

Mais dès l'instant où l'on demande : 'Ayéh, où est le lieu de sa gloire ?', il se trouve que l'on sait à tout le moins qu'il y a un Dieu, qu'Il soit béni, seulement qu'Il est caché et dissimulé, et c'est pourquoi l'on demande : où est le lieu de sa gloire ? Et par cela même il se vivifie au lieu même de sa chute,

כִּי אַיֵּה הוּא בְּחִינוֹת מַאֲמָר סָתוּם, שֶׁהֵם מְקַבְּלִין חִיּוּת מִשָּׁם, רַק שֶׁחִיּוּת הַקְּלִפּוֹת הוּא מֵהַהַסְתָּרָה, אֲבָל הוּא מְחַיֶּה אֶת עַצְמוֹ בִּבְחִינוֹת חִיּוּת הַקְּדֻשָּׁה בִּמְקוֹם נְפִילָתוֹ, עַל־יְדֵי הַבַּקָּשָׁה וְהַחִפּוּשׂ שֶׁמְּחַפֵּשׂ אַיֵּה מְקוֹם כְּבוֹדוֹ כַּנַּ"ל.

car 'Ayéh' est l'aspect de la parole close (maamar satoum), d'où elles reçoivent leur vitalité ; seulement que la vitalité des kelipot provient de l'occultation, tandis que lui se vivifie selon l'aspect de la vitalité de la sainteté au lieu même de sa chute, par la demande et la recherche, lorsqu'il cherche : où est le lieu de sa gloire ? comme mentionné plus haut.

וְאַחַר־כָּךְ זוֹכֶה לַעֲלוֹת מִשָּׁם לְגַמְרֵי אֶל הַקְּדֻשָּׁה בְּעַצְמָהּ, דְּהַיְנוּ בִּמְקוֹם הִתְגַּלּוּת כְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, כִּי עִקָּר הַקְּדֻשָּׁה – שֶׁיִּתְגַּלֶּה כְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ.

Et ensuite il mérite de monter de là entièrement vers la sainteté elle-même, c'est-à-dire au lieu de la révélation de sa gloire, qu'Il soit béni ; car l'essentiel de la sainteté, c'est que sa gloire se révèle, qu'Il soit béni.

בָּרוּךְ ה' לְעוֹלָם אָמֵן וְאָמֵן:

Béni soit ה' à jamais, amen et amen :

(זֹאת הַתּוֹרָה, וְגַם מַאֲמָר הַמַּתְחִיל: אֵלּוּ הַמִּתְפָּאֲרִין עַצְמָן וְכוּ', וְכָל מַה שֶּׁנֶּאֱמַר בַּדֶּרֶךְ וְכוּ', כְּגוֹן הִקְשׁוּ וְכוּ' – הַכֹּל אֶחָד, כִּי כָל אֵלּוּ הַמַּאֲמָרִים קְשׁוּרִים זֶה בָּזֶה, וְהֵם מְרֻמָּזִים וְנִסְתָּרִים בְּדִבְרֵי רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה (שבת דף עז) בְּתוֹךְ הָאַגָּדָה הַפְּלִיאָה מְאֹד, מַה שֶּׁשָּׁאַל רַבִּי זֵירָא אֶת רַב יְהוּדָה כַּד הֲוֵי בְּדִיחָא דַּעְתָּא, וְאִי בָּעֵי מִנֵּה כָּל חֲלָלֵי דְּעָלְמָא וְכוּ', וְשָׁאַל אוֹתוֹ כַּמָּה שְׁאֵלוֹת, וְהֵם פְּלִיאוֹת נִשְׂגָּבוֹת מְאֹד, כְּגוֹן:

מַאי טַעֲמָא תּוֹרָא אֲרִיכָא גְּנוּבְתֵהּ וְכוּ', מַאי טַעֲמָא תַּרְנְגוֹלָא מִדְלָא עֵינָא וְכוּ', וְכָל הַשְּׁאֵלוֹת הַנֶּאֱמָרוֹת שָׁם כֻּלָּם הֵם פְּלִיאוֹת גְּדוֹלוֹת מְאֹד, וְשָׁם מְרֻמָּז וְנִסְתָּר כָּל הַנַּ"ל. וּמַה שֶּׁמּוּבָא לְעֵיל בְּעִנְיַן שִׂמְחָה וּבְדִיחָא דַּעְתֵּהּ שַׁיָּךְ גַם־כֵּן לָזֶה, וּמְרֻמָּז גַם־כֵּן בָּאַגָּדָה הַנַּ"ל, שֶׁנֶּאֱמַר שָׁם בְּעֵת שֶׁהָיָה בְּדִיחָא דַּעְתֵּהּ.

(Cette Torah, ainsi que l'enseignement qui commence par : 'Ceux qui se glorifient eux-mêmes', etc., et tout ce qui fut dit en chemin, etc., comme par exemple : 'ils questionnèrent', etc. - tout cela est un, car tous ces enseignements sont liés l'un à l'autre, et ils sont contenus par allusion et cachés dans les paroles de nos maîtres, de mémoire bénie (Chabbat feuillet 77), au sein de l'aggada (récit homilétique) très étonnante : ce que Rabbi Zeira demanda à Rav Yehouda alors qu'il était d'humeur joyeuse, et qu'il l'aurait interrogé sur tous les halalei (les espaces, les phénomènes) du monde, etc. Et il lui posa plusieurs questions, qui sont des énigmes très élevées, par exemple : pour quelle raison le bœuf a-t-il une longue queue ? etc. ; pour quelle raison la paupière du coq se lève-t-elle ? etc. ; et toutes les questions énoncées là sont des énigmes très grandes, et c'est là qu'est contenu par allusion et caché tout ce qui précède.

Et ce qui est rapporté plus haut au sujet de la joie et de l'humeur joyeuse (bédikha daatéi) se rattache également à cela, et est aussi contenu par allusion dans l'aggada mentionnée plus haut, puisqu'il y est dit que c'était au moment où il était d'humeur joyeuse.

גַּם מַה שֶּׁמּוּבָא בַּמַּאֲמָר הַזֶּה עַל פָּסוּק: וְאַיֵּה הַשֶּׂה לְעֹלָה, מְרֻמָּז בָּאַגָּדָה הַנַּ"ל, שֶׁנֶּאֱמַר שָׁם:

אִי בָּעֵי מִנֵּהּ כָּל חֲלָלֵי דְּעָלְמָא – זֶה סוֹד בְּחִינַת חָלָל הַפָּנוּי, שֶׁהוּא כִּבְיָכוֹל פָּנוּי מֵאֱלֹקוּתוֹ יִתְבָּרַךְ. וּבֶאֱמֶת בְּוַדַּאי אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יִהְיֶה שָׁם גַם־כֵּן הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, כִּי אִם־כֵּן מֵהֵיכָן יְקַבֵּל חִיּוּת.

אַךְ זֶהוּ בְּחִינָה הַנַּ"ל, שֶׁמְּקַבֵּל חִיּוּת מִבְּחִינַת מַאֲמָר סָתוּם, בְּחִינַת בְּרֵאשִׁית וְכוּ'.

De même, ce qui est rapporté dans cet enseignement sur le verset : 'et où est l'agneau pour l'ola ?' est contenu par allusion dans l'aggada mentionnée plus haut, où il est dit : 'il l'aurait interrogé sur tous les halalei du monde' - c'est le secret de l'aspect du halal hapanouy (l'espace vacant), lequel est pour ainsi dire vide de sa divinité, qu'Il soit béni. Et en vérité, il est certainement impossible que le Nom, qu'Il soit béni, ne s'y trouve pas lui aussi, car s'il en était ainsi, d'où recevrait-il sa vitalité ?

Mais c'est là l'aspect mentionné plus haut : il reçoit sa vitalité de l'aspect de la parole close, aspect de Bereshit, etc.

גַּם מַה שֶּׁמּוּבָא לְקַמָּן בְּעִנְיַן יִרְאָה יָרֵא שַׁבָּת, שַׁיָּךְ גַם־כֵּן לְכָאן, כִּי כָל יִרְאָה יֵשׁ לָהּ מַאֲמָר וְכוּ', וְיֵשׁ מַאֲמָר שֶׁכּוֹלֵל כֻּלָּם וְכוּ' כַּנַּ"ל.

De même, ce qui est rapporté plus loin au sujet de la crainte, 'yaréi Chabbat' (celui qui craint le Chabbat), se rattache également à ce lieu-ci, car toute crainte à sa parole, etc., et il y a une parole qui les inclut toutes, etc., comme mentionné plus haut.

גַּם מַה שֶּׁמּוּבָא לְקַמָּן בְּעִנְיַן הַשְׁגָּחָה שַׁיָּךְ גַּם־כֵּן לָזֶה, עַל אַגָּדָה הַנַּ"ל: מַאי טַעֲמָא תַּרְנְגוֹלָא מִדְלֵי עֵינָא.

וְלֹא זָכִינוּ לִשְׁמֹעַ בֵּאוּר כָּל זֶה):

De même, ce qui est rapporté plus loin au sujet de la hashgaha (la providence divine) se rattache également à cela, à propos de l'aggada mentionnée plus haut : pour quelle raison la paupière du coq se lève-t-elle ? Et nous n'avons pas mérité d'entendre l'explication de tout cela) :

כְּשֶׁחוֹלְקִין עַל הָאָדָם, נִמְצָא שֶׁרוֹדְפִין אוֹתוֹ, וְהוּא בּוֹרֵחַ בְּכָל פַּעַם לְהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, וְכָל מַה שֶּׁחוֹלְקִין עָלָיו יוֹתֵר, מְקָרְבִין אוֹתוֹ יוֹתֵר לְהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, כִּי הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בְּכָל מָקוֹם, בִּבְחִינַת (תהילים קל״ט:ח׳): אִם אֶסַּק שָׁמַיִם שָׁם אָתָּה, וְאַצִּיעָה שְׁאוֹל הִנֶךָּ, נִמְצָא שֶׁבְּכָל מָקוֹם בּוֹרֵחַ לְהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ.

Lorsque l'on s'oppose à un homme, il se trouve qu'on le poursuit, et lui s'enfuit à chaque fois vers le Nom, qu'Il soit béni ; et plus on s'oppose à lui, plus on le rapproche du Nom, qu'Il soit béni, car le Nom, qu'Il soit béni, est en tout lieu, selon l'aspect de (Psaumes 139,8) : 'si je monte aux cieux, Tu es là ; et si je fais ma couche dans le chéol, T'y voici'. Il se trouve donc qu'en tout lieu il s'enfuit vers le Nom, qu'Il soit béni.

וְזֶה בְּחִינַת: וּפַרְעֹה הִקְרִיב – שֶׁהִקְרִיב אֶת יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם (מ"ר בשלח פ' כא), שֶׁעַל־יְדֵי רְדִיפָתוֹ אוֹתָם נִתְקָרְבוּ יוֹתֵר לְהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ כַּנַּ"ל:

Et c'est l'aspect de : 'et Pharaon hikriv (approcha)' (Exode 14,10) - il approcha Israël de leur Père qui est aux cieux (Midrach Rabba, Bechalah chap. 21) ; car par sa poursuite contre eux, ils se rapprochèrent davantage du Nom, qu'Il soit béni, comme mentionné plus haut :

רַבִּים לוֹחֲמִים לִי מָרוֹם (תהילים נ״ו:ג׳), הַיְנוּ שֶׁיֵּשׁ לוֹ שׂוֹנְאִים לְמַעְלָה בַּמָּרוֹם, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה (ע' סנהדרין מד: ובדף קג):

כְּשֵׁם שֶׁיֵּשׁ צָרִים לְמַטָּה, כָּךְ יֵשׁ צָרִים מִלְמַעְלָה:

'Nombreux sont ceux qui me combattent, ô marom (Très-Haut)' (Psaumes 56,3) - c'est-à-dire qu'il a des ennemis en haut, dans les hauteurs (marom) ; et comme l'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (voir Sanhédrin 44b et feuillet 103) : de même qu'il y a des adversaires en bas, ainsi y a-t-il des adversaires en haut :

אֵלּוּ הַמִּתְפָּאֲרִין עַצְמָן בְּשֶׁקֶר בִּגְדוֹלוֹת וְנִפְלָאוֹת, וּכְאִלּוּ אֵין שׁוּם דָּבָר נִמְנָע מֵהֶם, וְהַכֹּל בְּיָדָם, וְיֵשׁ מֵהֶם שֶׁהֵם מַנְהִיגֵי הַדּוֹר – הִנֵּה עִקָּר כֹּחָם וִינִיקָתָם הוּא רַק מֵהַצַּדִּיקִים הַגְּדוֹלִים.

Ceux qui se glorifient eux-mêmes faussement de grandeurs et de merveilles, comme si rien ne leur était impossible et que tout fut en leur pouvoir - et il en est parmi eux qui sont des guides de la génération - voici que l'essentiel de leur force et de leur alimentation ne provient que des grands tsadikim.

כִּי יֵשׁ צַדִּיקִים אֲמִתִּיִּים גְּדוֹלִים בְּמַעֲלָה, וְיֵשׁ לָהֶם פֶּה קָדוֹשׁ, וְדַרְכָּם לְדַבֵּר גְּדוֹלוֹת וְנִפְלָאוֹת, וְהֵם בֶּאֱמֶת יְכוֹלִים לַעֲבֹד ה' בְּכָל דָּבָר שֶׁבָּעוֹלָם: בַּאֲכִילָה וּשְׁתִיָּה וּשְׁאָר דְּבָרִים.

וְכַמּוּבָא בַּכַּוָּנוֹת, שֶׁלִּפְעָמִים מַמְתִּיקִין דִּינִים עַל־יְדֵי אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה. וְיֵשׁ צַדִּיקִים אֲמִתִּיִּים, שֶׁיְּכוֹלִין לַעֲשׂוֹת פִּדְיוֹן עַל־יְדֵי אֲכִילָתָם וְכַיּוֹצֵא.

Car il y a des tsadikim véritables, grands par leur niveau, qui ont une bouche sainte, et dont la voie est de parler de grandeurs et de merveilles ; et eux peuvent en vérité servir ה' par toute chose au monde : par le manger, le boire et les autres choses. Et comme il est rapporté dans les Kavanot (les intentions mystiques de la prière), que parfois on adoucit les dinim (les jugements, les rigueurs) par le manger et le boire.

Et il y a des tsadikim véritables qui peuvent accomplir un pidyon (rachat, rédemption de l'âme) par leur manger et choses semblables.

וּמֵחֲמַת הַהִתְפָּאֲרוּת שֶׁל אֵלּוּ הַצַּדִּיקִים הַגְּדוֹלִים שֶׁיּוֹצֵא מִפִּיהֶם הַקָּדוֹשׁ, מִזֶּה בָּא, שֶׁנִּמְצָאִים צְבוּעִים שַׁקְרָנִים, שֶׁמִּתְדַּמִּים עַצְמָן כְּקוֹף, וּמִתְפָּאֲרִין עַצְמָן גַּם כֵּן מַמָּשׁ בְּאֵלּוּ הַלְּשׁוֹנוֹת שֶׁל הִתְפָּאֲרוּת, שֶׁיּוֹצֵא מִפֶּה קָדוֹשׁ שֶׁל הַצַּדִּיק הָאֱמֶת. וּכְעֵין שֶׁמָּצִינוּ בַּנְּבִיאִים, שֶׁיִּרְמְיָה הָיָה מִתְנַבֵּא בַּשּׁוּק הָעֶלְיוֹן:

הִנְנִי שֹׁבֵר אֶת קֶשֶׁת עֵילָם וְכוּ' (ירמיהו מ״ט:ל״ה), וַחֲנַנְיָה בֶּן עַזּוּר, נְבִיא שֶׁקֶר, הָיָה מִתְנַבֵּא בְּלָשׁוֹן זֶה מַמָּשׁ לְהֵפֶךְ (סנהדרין פט), כְּמוֹ־כֵן מִתְנַהֵג עַכְשָׁו כַּנַּ"ל.

Et c'est à cause de la glorification de ces grands tsadikim, qui sort de leur bouche sainte, que vient ceci : qu'il se trouve des hypocrites et des menteurs qui se rendent semblables à eux comme le singe imite l'homme, et qui se glorifient eux aussi exactement dans ces mêmes termes de glorification qui sortent de la bouche sainte du tsadik véritable. Et c'est semblable à ce que nous trouvons chez les prophètes : Yirmeyahou prophétisait au marché d'en haut : 'Voici que je brise l'arc d'Elam', etc.

(Jérémie 49,35), et Hananya ben Azour, prophète de mensonge, prophétisait exactement dans ce même langage le contraire (Sanhédrin 89) ; il en va de même aujourd'hui, comme mentionné plus haut.

אֲבָל עִקָּר יְנִיקָתָם – רַק מִצַּדִּיקִים כָּאֵלּוּ שֶׁהוֹלְכִים בִּגְדוֹלוֹת וְנִפְלָאוֹת כַּנַּ"ל. כִּי מִצַּדִּיקִים פְּשׁוּטִים, עוֹבְדֵי ה' בִּפְשִׁיטוּת, בְּתוֹרָה וּתְפִלָּה וּמַעֲשִׂים טוֹבִים, אֵין לָהֶם שׁוּם כֹּחַ, מֵאַחַר שֶׁהַצַּדִּיקִים בְּעַצְמָן אֵינָם מְדַבְּרִים גְּדוֹלוֹת, וּמִתְנַהֲגִים בִּפְשִׁיטוּת בַּעֲבוֹדָה תַמָּה, עַל־כֵּן אֵין לְהַשֶּׁקֶר וְהַגַּדְלוּת שֶׁלָּהֶם אֲחִיזָה בָּהֶם כָּל־כָּךְ.

וְאַף־עַל־פִּי שֶׁגַּם בָּזֶה אֶפְשָׁר קְצָת שֶׁיִּמָּצְאוּ שַׁקְרָנִים צְבוּעִים בְּדֶרֶךְ זֶה, כְּמוֹ שֶׁנִּמְצָא, שֶׁיֵּשׁ אֲנָשִׁים שֶׁיּוֹשְׁבִים מְעֻטָּפִים בְּטַלִּית וּתְפִלִּין כָּל הַיּוֹם, וְהֵם צְבוּעִים, עִם כָּל זֶה אֵין לָהֶם כֹּחַ לְהַטְעוֹת הָעוֹלָם כָּל־כָּךְ כְּמוֹ אֵלּוּ הַמִּתְפָּאֲרִין בִּגְדוֹלוֹת כַּנַּ"ל.

Mais l'essentiel de leur alimentation ne provient que de tsadikim tels que ceux-là, qui vont dans les grandeurs et les merveilles, comme mentionné plus haut. Car des tsadikim simples, qui servent ה' avec simplicité, par la Torah, la prière et les bonnes actions, ils ne tirent aucune force, puisque ces tsadikim eux-mêmes ne parlent pas de grandeurs et se conduisent avec simplicité dans un service intègre ; c'est pourquoi leur mensonge et leur orgueil n'ont pas tellement prise sur eux.

Et bien qu'en cela aussi il soit un peu possible que se trouvent des menteurs et des hypocrites de cette manière, comme on en trouve : des hommes qui restent assis enveloppés de talit et de tefilin tout le jour et qui sont des hypocrites - malgré tout, ils n'ont pas le pouvoir d'égarer le monde autant que ceux qui se glorifient de grandeurs, comme mentionné plus haut.

כִּי דַּע, שֶׁהַצַּדִּיק הָאֱמֶת הַנַּ"ל מְקַבֵּל דִּבּוּר פִּיו הַקָּדוֹשׁ מִבַּעֲלֵי־צְדָקָה, וְזֶה בְּחִינַת (תהילים קי״ט:ק״ח): נִדְבוֹת פִּי רְצֵה נָא ה' – שֶׁהַצַּדִּיק מְקַבֵּל דִּבּוּר פִּיו מִנְּדִיבֵי לֵב, דְּהַיְנוּ בַּעֲלֵי־צְדָקָה.

Car sache que le tsadik véritable mentionné plus haut reçoit la parole de sa bouche sainte des baalei tsedaka (les maîtres de la charité, ceux qui donnent la tsedaka), et c'est l'aspect de (Psaumes 119,108) : 'agrée donc, ה', les offrandes volontaires de ma bouche' - car le tsadik reçoit la parole de sa bouche de ceux dont le cœur est généreux, c'est-à-dire les maîtres de la tsedaka.

וּצְדָקָה הִיא בְּחִינַת מַיִם, בִּבְחִינַת (שם קיד): הַהֹפְכִי הַצּוּר אֲגַם מָיִם, הַצּוּר – זֶה בְּחִינַת (תהילים ע״ג:כ״ו):

צוּר לְבָבִי, כִּי יֵשׁ לֵב אֶבֶן (יחזקאל ל״ו:כ״ו), דְּהַיְנוּ אַבִּירֵי לֵב הָרְחוֹקִים מִצְּדָקָה (ישעיהו מ״ו:י״ב), וְזֶהוּ: הַהֹפְכִי הַצּוּר אֲגַם מָיִם, דְּהַיְנוּ שֶׁנִּתְהַפֵּךְ לְלֵב רַךְ, בְּחִינַת (איכה ב׳:י״ט):

שִׁפְכִי כַמַּיִם לִבֵּךְ נֹכַח פְּנֵי ה', הַיְנוּ לֵב רַךְ לְהִתְנַדֵּב לִצְדָקָה. וּבִשְׁבִיל זֶה נִקְרָא צְדָקָה מַיִם, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב (עמוס ה׳:כ״ד):

וּצְדָקָה כְּנַחַל אֵיתָן, וְזֶה בְּחִינַת (קהלת י״א:א׳): שַׁלַּח לַחְמְךָ עַל פְּנֵי הַמָּיִם, הַנֶּאֱמָר בִּצְדָקָה.

Et la tsedaka est l'aspect de l'eau, selon l'aspect de (ibid. 114,8) : 'Il change le rocher (tsour) en étang d'eau'.

Le rocher - c'est l'aspect de (Psaumes 73,26) : 'le rocher de mon cœur', car il y a un cœur de pierre (Ezechiel 36,26), c'est-à-dire les cœurs endurcis, éloignés de la tsedaka (Isaie 46,12). Et c'est : 'Il change le rocher en étang d'eau', c'est-à-dire qu'il se transforme en un cœur tendre, selon l'aspect de (Lamentations 2,19) : 'répands comme de l'eau ton cœur devant la face du Nom' ; c'est-à-dire un cœur tendre pour donner généreusement à la tsedaka.

Et c'est pourquoi la tsedaka est appelée eau, comme il est écrit (Amos 5,24) : 'et la tsedaka comme un torrent intarissable'. Et c'est l'aspect de (Ecclésiaste 11,1) : 'envoie ton pain sur la face des eaux', qui est dit à propos de la tsedaka.

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