Si les gens sont éloignés du Nom béni, cela vient uniquement de ce qu'ils n'ont pas de yichouv hadaat (esprit posé). Rabbi Na'hman dit de poser son esprit sur la finalité des désirs et des affaires de ce monde-ci : alors on revient vers D.ieu. Par la mélancolie (mara che'hora) le cerveau n'obéit pas ; seulement par la joie, monde de la liberté (« car c'est dans la joie que vous sortirez », Yechaya 55,12), le daat sort de l'exil et l'esprit se pose. On vient à la joie par un point bon et par le mérite d'être d'Israël ; « bédi'ha datéh » unit joie et cerveau, et en haut une grande union.
Aussi : la prière au champ aidée par les herbes, si'ha d'Its'hak ; marcher avec témimout sans sa sagesse ; « Ayéh », gloire de la parole scellée Berechit, tikoun de la chute
מַה שֶּׁהָעוֹלָם רְחוֹקִים מֵהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וְאֵינָם מִתְקָרְבִים אֵלָיו יִתְבָּרַךְ, הוּא רַק מֵחֲמַת שֶׁאֵין לָהֶם יִשּׁוּב־הַדַּעַת, וְאֵינָם מְיַשְּׁבִין עַצְמָן. וְהָעִקָּר – לְהִשְׁתַּדֵּל לְיַשֵּׁב עַצְמוֹ הֵיטֵב, מָה הַתַּכְלִית מִכָּל הַתַּאֲווֹת וּמִכָּל עִנְיְנֵי הָעוֹלָם הַזֶּה, הֵן תַּאֲווֹת הַנִּכְנָסוֹת לַגּוּף, הֵן תַּאֲווֹת שֶׁחוּץ לַגּוּף, כְּגוֹן כָּבוֹד, וְאַזַי בְּוַדַּאי יָשׁוּב אֶל ה':
Si les gens sont éloignés du Nom béni et ne se rapprochent pas de Lui, béni soit-Il, cela vient uniquement de ce qu'ils n'ont pas de yichouv hadaat (esprit posé, pensée installée et tranquille) et qu'ils ne posent pas leur esprit. Et l'essentiel est de s'efforcer de bien poser son esprit : quelle est la finalité de tous les désirs et de toutes les affaires de ce monde-ci, aussi bien les désirs qui pénètrent dans le corps que les désirs extérieurs au corps, comme l'honneur ; et alors il reviendra assurément vers ה'.
אַךְ דַּע, שֶׁעַל־יְדֵי מָרָה־שְׁחוֹרָה אִי אֶפְשָׁר לְהַנְהִיג אֶת הַמֹּחַ כִּרְצוֹנוֹ, וְעַל־כֵּן קָשֶׁה לוֹ לְיַשֵּׁב דַּעְתּוֹ. רַק עַל־יְדֵי הַשִּׂמְחָה יוּכַל לְהַנְהִיג הַמֹּחַ כִּרְצוֹנוֹ, וְיוּכַל לְיַשֵּׁב דַּעְתּוֹ, כִּי שִׂמְחָה הוּא עוֹלָם הַחֵרוּת, בִּבְחִינַת (ישעיהו נ״ה:י״ב):
כִּי בְשִׂמְחָה תֵצֵאוּ, שֶׁעַל־יְדֵי שִׂמְחָה נַעֲשִׂין בֶּן־חוֹרִין וְיוֹצְאִין מִן הַגָּלוּת.
Mais sache que par la mélancolie (mara che'hora, humeur noire) il est impossible de conduire le cerveau selon sa volonté, et c'est pourquoi il lui est difficile de poser son esprit. C'est seulement par la joie qu'il pourra conduire le cerveau selon sa volonté et qu'il pourra poser son esprit, car la joie est le monde de la liberté, selon l'aspect de (Isaie 55,12) : 'car c'est dans la joie que vous sortirez' - car par la joie on devient homme libre et l'on sort de l'exil.
וְעַל־כֵּן כְּשֶׁמְּקַשֵּׁר שִׂמְחָה אֶל הַמֹּחַ, אֲזַי מֹחוֹ וְדַעְתּוֹ בֶּן־חוֹרִין, וְאֵינוֹ בִּבְחִינַת גָּלוּת, וַאֲזַי יוּכַל לְהַנְהִיג אֶת מֹחוֹ כִּרְצוֹנוֹ וּלְיַשֵּׁב דַּעְתּוֹ, מֵאַחַר שֶׁמֹּחוֹ בְּחֵרוּת וְאֵינוֹ בְּגָלוּת. כִּי עַל־יְדֵי גָּלוּת אֵין הַדַּעַת מְיֻשָּׁב, כְּמוֹ שֶׁדָּרְשׁוּ רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה (מגילה יב:) עַל בְּנֵי עַמּוֹן וּמוֹאָב, דִּמְיָתְבָא דַּעְתַּיְהוּ מֵחֲמַת שֶׁלֹּא הָלְכוּ בְּגָלוּת, שֶׁנֶּאֱמַר (ירמיהו מ״ח:י״א):
שַׁאֲנַן מוֹאָב מִנְּעוּרָיו וְכוּ', וּבַגּוֹלָה לֹא הָלָךְ, עַל כֵּן עָמַד טַעְמוֹ בּוֹ וְכוּ':
C'est pourquoi, lorsqu'il relie la joie au cerveau, alors son cerveau et son daat (sa conscience, sa faculté de connaissance) sont libres et ne sont pas dans l'aspect de l'exil ; et alors il pourra conduire son cerveau selon sa volonté et poser son esprit, puisque son cerveau est dans la liberté et non dans l'exil. Car par l'exil l'esprit n'est pas posé, comme l'ont exposé nos Maîtres, de mémoire bénie (Meguila 12b), au sujet des fils d'Ammon et de Moav, dont l'esprit était posé parce qu'ils n'étaient pas allés en exil, ainsi qu'il est dit (Jérémie 48,11) : 'Moav a été tranquille depuis sa jeunesse etc., et il n'est pas allé en exil ; c'est pourquoi son goût s'est maintenu en lui etc.'
וְלָבוֹא לְשִׂמְחָה הוּא עַל־יְדֵי מַה שֶּׁמּוֹצֵא בְּעַצְמוֹ אֵיזֶה נְקֻדָּה טוֹבָה עַל־כָּל־פָּנִים, כַּמְבֹאָר עַל פָּסוּק: אֲזַמְּרָה לֵאלֹקַי בְּעוֹדִי (בְּלִקּוּטֵי הָרִאשׁוֹן, בְּסִימָן רפב), עַיֵּן שָׁם.
Et l'on vient à la joie par ce que l'on trouve en soi-même au moins un point bon, comme cela est expliqué sur le verset : 'Azamera lelokai beodi' - 'je chanterai pour mon Dieu tant que je suis' (dans le premier Likoutei, au siman 282), voir là-bas.
וְעַל־כָּל־פָּנִים יֵשׁ לוֹ לִשְׂמֹחַ בַּמֶּה שֶׁזָּכָה לִהְיוֹת מִזֶּרַע יִשְׂרָאֵל, שֶׁלֹּא עָשַׂנִי גּוֹי, וּכְמוֹ שֶׁאָנוּ אוֹמְרִין: בָּרוּךְ אֱלֹקֵינוּ שֶׁבְּרָאָנוּ לִכְבוֹדוֹ, וְהִבְדִּילָנוּ וְכוּ' וְנָתַן לָנוּ תּוֹרַת אֱמֶת וְכוּ'.
מִכָּל זֶה וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה רָאוּי לוֹ לִקַּח לוֹ שִׂמְחָה לְשַׂמֵּחַ דַּעְתּוֹ כַּנַּ"ל.
Et en tout cas, il a de quoi se réjouir de ce qu'il a mérité d'être de la descendance d'Israël, 'qui ne m'a pas fait goy', et comme nous disons : 'Béni soit notre Dieu qui nous a créés pour Sa gloire, qui nous a séparés etc. et qui nous a donné une Torah de vérité etc.'. De tout cela et de choses semblables, il convient qu'il tire pour lui de la joie afin de réjouir son esprit, comme dit plus haut.
וְזֶה בְּחִינַת (שבת עז:): בְּדִיחָא דַּעְתֵּהּ, שֶׁהוּא דָּבָר גָּדוֹל, דְּהַיְנוּ שֶׁמְּקַשֵּׁר הַשִּׂמְחָה לְמֹחוֹ וְדַעְתּוֹ, וַאֲזַי הַמֹּחַ מְשֻׁחְרָר, וְיֵשׁ לוֹ יִשּׁוּב־הַדַּעַת כַּנַּ"ל, וְגַם לְמַעְלָה נַעֲשֶׂה מִזֶּה יִחוּד גָּדוֹל עַל־יְדֵי בְּדִיחָא דַּעְתֵּהּ:
Et c'est l'aspect de (Chabbat 77b) : 'bédi'ha datéh' (son esprit est joyeux), qui est une grande chose, c'est-à-dire qu'il relie la joie à son cerveau et à son daat ; et alors le cerveau est libéré et il a le yichouv hadaat comme dit plus haut. Et en haut aussi il se fait de cela une grande union par le 'bédi'ha datéh'.
דַּע, כְּשֶׁהָאָדָם מִתְפַּלֵּל בַּשָּׂדֶה, אֲזַי כָּל הָעֲשָׂבִים כֻּלָּם בָּאִין בְּתוֹךְ הַתְּפִלָּה, וּמְסַיְּעִין לוֹ, וְנוֹתְנִין לוֹ כֹּחַ בִּתְפִלָּתוֹ.
Sache : lorsque l'homme prie dans le champ, alors toutes les herbes, toutes, entrent à l'intérieur de la prière, l'assistent et lui donnent de la force dans sa prière.
וְזֶה בְּחִינַת שֶׁנִּקְרֵאת הַתְּפִלָּה שִׂיחָה, בְּחִינַת (בראשית ב): שִׂיחַ הַשָּׂדֶה, שֶׁכָּל שִׂיחַ הַשָּׂדֶה נוֹתְנִין כֹּחַ וְסִיּוּעַ בִּתְפִלָּתוֹ.
וְזֶה בְּחִינַת (שם כד): וַיֵּצֵא יִצְחָק לָשׂוּחַ בַּשָּׂדֶה – שֶׁתְּפִלָּתוֹ הָיְתָה עִם סִיּוּעַ וְכֹחַ הַשָּׂדֶה, שֶׁכָּל עִשְׂבֵי הַשָּׂדֶה נָתְנוּ כֹּחַ וְסִיּוּעַ בִּתְפִלָּתוֹ כַּנַּ"ל, שֶׁבִּשְׁבִיל זֶה נִקְרֵאת הַתְּפִלָּה שִׂיחָה כַּנַּ"ל.
Et c'est l'aspect par lequel la prière est appelée si'ha (parole, conversation), aspect de (Genèse 2) : 'sia'h hasadé' (l'arbuste du champ) - car tout arbuste du champ donne force et aide à sa prière. Et c'est l'aspect de (ibid.
24) : 'et Its'hak sortit lasoua'h (converser) dans le champ' - car sa prière fut avec l'aide et la force du champ, puisque toutes les herbes du champ donnèrent force et aide à sa prière comme dit plus haut ; et c'est pour cela que la prière est appelée si'ha, comme dit plus haut.
וְעַל־כֵּן בַּקְּלָלָה נֶאֱמָר (דברים יא): וְהָאֲדָמָה לֹא תִתֵּן אֶת יְבוּלָהּ; כִּי כָל יְבוּל הָאָרֶץ צְרִיכִין לִתֵּן כֹּחַ וְסִיּוּעַ בְּתוֹךְ הַתְּפִלָּה, וּכְשֶׁיֵּשׁ פְּגָם וְעִכּוּב עַל זֶה, אֲזַי נֶאֱמַר:
וְהָאֲדָמָה לֹא תִתֵּן אֶת יְבוּלָהּ.
Et c'est pourquoi il est dit dans la malédiction (Deutéronome 11) : 'et la terre ne donnera pas son produit (yévoul)' ; car tout le produit de la terre doit donner force et aide à l'intérieur de la prière, et lorsqu'il y a une atteinte et un empêchement à cela, alors il est dit : 'et la terre ne donnera pas son produit'.
כִּי אֲפִלּוּ כְּשֶׁאֵינוֹ מִתְפַּלֵּל בַּשָּׂדֶה, נוֹתְנִים גַם־כֵּן יְבוּל הָאָרֶץ סִיּוּעַ בִּתְפִלָּתוֹ, דְּהַיְנוּ כָּל מַה שֶּׁסָּמוּךְ אֶל הָאָדָם, כְּגוֹן אֲכִילָתוֹ וּשְׁתִיָּתוֹ וְכַיּוֹצֵא, רַק כְּשֶׁהוּא בַּשָּׂדֶה, שֶׁאֲזַי סָמוּךְ לָהֶם בְּיוֹתֵר, אֲזַי כָּל הָעֲשָׂבִים וְכָל יְבוּל הָאֲדָמָה נוֹתֵן כֹּחַ בִּתְפִלָּתוֹ כַּנַּ"ל.
Car même lorsqu'il ne prie pas dans le champ, le produit de la terre donne lui aussi de l'aide à sa prière, c'est-à-dire tout ce qui est proche de l'homme, comme sa nourriture, sa boisson et ce qui leur ressemble ; seulement, lorsqu'il est dans le champ, où il est bien plus proche d'eux, alors toutes les herbes et tout le produit de la terre donnent de la force à sa prière, comme dit plus haut.
וְזֶה יְבוּל – רָאשֵׁי־תֵבוֹת: וַיֵּצֵא יִצְחָק לָשׂוּחַ בַּשָּׂדֶה – שֶׁכָּל יְבוּל הַשָּׂדֶה הִתְפַּלְּלוּ עִמּוֹ, כַּנַּ"ל:
Et c'est yévoul (יבול) - initiales de : Vayetse Yits'hak Lasoua'h Basadé ('Et Its'hak sortit converser dans le champ') - car tout le produit du champ pria avec lui, comme dit plus haut.
(זֶה הָעִנְיָן מְבֹאָר הֵיטֵב בַּמַּאֲמָר "תִּקְעוּ בַחֹדֶשׁ שׁוֹפָר", הַמַּתְחִיל בְּדַף א, עַיֵּן שָׁם):
(Ce sujet est bien expliqué dans l'enseignement 'Tikéou ba'hodech chofar' ('Sonnez du chofar à la néoménie'), qui commence au feuillet 1, voir là-bas.)
כְּשֶׁאָדָם הוֹלֵךְ אַחַר שִׂכְלוֹ וְחָכְמָתוֹ, יוּכַל לִפֹּל בְּטָעוּתִים וּמִכְשׁוֹלוֹת רַבִּים, וְלָבוֹא לִידֵי רָעוֹת גְּדוֹלוֹת, חַס וְשָׁלוֹם. וְיֵשׁ שֶׁקִּלְקְלוּ הַרְבֵּה, כְּגוֹן הָרְשָׁעִים הַגְּדוֹלִים מְאֹד הַמְפֻרְסָמִים, שֶׁהִטְעוּ אֶת הָעוֹלָם, וְהַכֹּל הָיָה עַל־יְדֵי חָכְמָתָם וְשִׂכְלָם.
Lorsque l'homme suit son propre entendement et sa propre sagesse, il peut tomber dans de nombreuses erreurs et de nombreux obstacles, et en venir à de grands maux, à Dieu ne plaise. Et il y en a qui ont causé de très grands dégâts, comme ces mécréants extrêmement fameux qui ont égaré le monde : tout cela s'est fait par leur sagesse et leur entendement.
וְעִקָּר הַיַּהֲדוּת הוּא רַק לֵילֵךְ בִּתְמִימוּת וּבִפְשִׁיטוּת, בְּלִי שׁוּם חָכְמוֹת, וּלְהִסְתַּכֵּל בְּכָל דָּבָר שֶׁעוֹשֶׂה, שֶׁיִּהְיֶה שָׁם הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, וְלִבְלִי לְהַשְׁגִּיחַ כְּלָל עַל כְּבוֹד עַצְמוֹ. רַק אִם יֵשׁ בָּזֶה כְּבוֹד הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ יַעֲשֶׂה, וְאִם לָאו – לָאו, וַאֲזַי בְּוַדַּאי לֹא יִכָּשֵׁל לְעוֹלָם.
Et l'essentiel du judaïsme est seulement de marcher avec témimout (intégrité simple) et avec simplicité, sans aucune subtilité, et de regarder en toute chose que l'on fait si le Nom béni y sera présent, et de ne prendre aucunement garde à son propre honneur. Seulement, s'il y a en cela l'honneur du Nom béni, qu'il le fasse, et sinon, non ; et alors il ne trébuchera assurément jamais.
וַאֲפִלּוּ כְּשֶׁנּוֹפֵל, חַס וְשָׁלוֹם, לִסְפֵקוֹת, וְיֵשׁ שֶׁנְּפִילָתוֹ גְּדוֹלָה מְאֹד מְאֹד, רַחֲמָנָא לִצְלָן, שֶׁנּוֹפֵל לִסְפֵקוֹת וְהִרְהוּרִים, וּמְהַרְהֵר אַחַר הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ, אַף־עַל־פִּי־כֵן הַנְּפִילָה וְהַיְרִידָה הִיא תַּכְלִית הָעֲלִיָּה.
Et même lorsqu'il tombe, à Dieu ne plaise, dans des doutes - et il en est dont la chute est très très grande, que le Miséricordieux nous en préserve, qui tombent dans des doutes et des pensées de doute, et se prennent à soupçonner le Nom béni - malgré tout, la chute et la descente sont la finalité de la montée.
כִּי דַּע, כִּי שֹׁרֶשׁ כָּל הַבְּרִיאָה הוּא הַכָּבוֹד. כִּי כָל מַה שֶּׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ־בָּרוּךְ־הוּא לֹא בְּרָאוֹ אֶלָּא לִכְבוֹדוֹ, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב:
כֹּל הַנִּקְרָא בִּשְׁמִי וְלִכְבוֹדִי בְּרָאתִיו וְכוּ' (יומא לח). וּמֵאַחַר שֶׁהַכֹּל נִבְרָא בִּשְׁבִיל כְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, נִמְצָא שֶׁכְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ הוּא שֹׁרֶשׁ כָּל הַבְּרִיאָה.
Car sache que la racine de toute la création est la gloire (kavod). Car tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé, Il ne l'a créé que pour Sa gloire, comme il est écrit : 'Tout ce qui est appelé de Mon Nom, c'est pour Ma gloire que Je l'ai créé etc.' (Isaie 43,7 ; Yoma 38a).
Et puisque tout a été créé pour Sa gloire, bénie soit-elle, il se trouve que Sa gloire, bénie soit-elle, est la racine de toute la création.
וְאַף־עַל־פִּי שֶׁכֻּלּוֹ אֶחָד, עַל כָּל זֶה בְּהַבְּרִיאָה יֵשׁ חֲלָקִים, וּבְכָל חֵלֶק וְחֵלֶק מֵהַבְּרִיאָה יֵשׁ בּוֹ בְּחִינַת כָּבוֹד מְיֻחָד, שֶׁהוּא שָׁרְשׁוֹ כַּנַּ"ל. וְזֶה בְּחִינַת (אבות פ"ה):
בַּעֲשָׂרָה מַאֲמָרוֹת נִבְרָא הָעוֹלָם. וַהֲלֹא בְּמַאֲמָר אֶחָד יָכוֹל לְהִבָּרְאוֹת, אֶלָּא בִּשְׁבִיל שָׂכָר וָעֹנֶשׁ נִבְרָא בַּעֲשָׂרָה מַאֲמָרוֹת.
וּבְכָל מַאֲמָר וּמַאֲמָר יֵשׁ בּוֹ בְּחִינַת כָּבוֹד מְיֻחָד, שֶׁהוּא שָׁרְשׁוֹ, כִּי הַכָּבוֹד הוּא שֹׁרֶשׁ הַכֹּל כַּנַּ"ל.
Et bien que tout soit un, malgré tout il y a des parties dans la création, et dans chaque partie de la création il y a un aspect de gloire particulier, qui en est la racine, comme dit plus haut. Et c'est l'aspect de (Avot, chapitre 5) : 'Le monde à été créé par dix paroles.
Or il pouvait être créé par une seule parole ; mais c'est en vue de la récompense et du châtiment qu'il a été créé par dix paroles.' Et dans chaque parole il y a un aspect de gloire particulier, qui en est la racine, car la gloire est la racine de tout, comme dit plus haut.
וְזֶה בְּחִינַת (תהילים כ״ט:ט׳): וּבְהֵיכָלוֹ כֻּלּוֹ אֹמֵר כָּבוֹד – שֶׁבְּכָל מַאֲמָר מְלֻבָּשׁ בּוֹ כְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, שֶׁעַל־יְדֵי־זֶה נִבְרָא הָעוֹלָם, כִּי מְלֹא כָל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ (ישעיהו ו׳:ג׳).
Et c'est l'aspect de (Psaumes 29,9) : 'et dans Son palais, tout entier dit : Gloire !' - car dans chaque parole est revêtue Sa gloire, bénie soit-elle, par laquelle le monde à été créé, car 'toute la terre est remplie de Sa gloire' (Isaie 6,3).
וַאֲפִלּוּ בַּעֲבֵרוֹת וּדְבָרִים רָעִים, חַס וְשָׁלוֹם,
Et même dans les transgressions et les choses mauvaises, à Dieu ne plaise,
שֶׁשָּׁם אֵין כְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, בִּבְחִינַת (ישעיהו מ״ב:ח׳): וּכְבוֹדִי לְאַחֵר לֹא אֶתֵּן, שֶׁיֵּשׁ גְּבוּל לְהַכָּבוֹד שֶׁלֹּא יִתְפַּשֵּׁט לְשָׁם, וְאַף־עַל־פִּי שֶׁמְּלֹא כָל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ, עִם כָּל זֶה יֵשׁ גְּבוּל כְּשֶׁמַּגִּיעַ לַמְּקוֹמוֹת הַנַּ"ל, שֶׁלֹּא יֵצֵא לְשָׁם, בִּבְחִינַת:
וּכְבוֹדִי לְאַחֵר לֹא אֶתֵּן כַּנַּ"ל. וְיֵשׁ גְּבוּל לְכָל כָּבוֹד וְכָבוֹד, שֶׁמְּלֻבָּשׁ בְּכָל מַאֲמָר וּמַאֲמָר מֵעֲשָׂרָה מַאֲמָרוֹת כַּנַּ"ל, שֶׁלֹּא יִתְפַּשֵּׁט לַמְּקוֹמוֹת הַחִיצוֹנִים כַּנַּ"ל.
là où Sa gloire, bénie soit-elle, n'est pas présente, selon l'aspect de (Isaie 42,8) : 'et Ma gloire, Je ne la donnerai pas à un autre' - car il y a une limite à la gloire, afin qu'elle ne s'étende pas jusque-là. Et bien que toute la terre soit remplie de Sa gloire, malgré tout il y a une limite lorsqu'elle parvient aux lieux mentionnés plus haut, afin qu'elle n'y sorte pas, selon l'aspect de : 'et Ma gloire, Je ne la donnerai pas à un autre', comme dit plus haut.
Et il y a une limite à chaque gloire revêtue dans chacune des dix paroles, comme dit plus haut, afin qu'elle ne s'étende pas jusqu'aux lieux extérieurs, comme dit plus haut.
אֲבָל דַּע, כִּי אַף־עַל־פִּי־כֵן בְּוַדַּאי גַּם הֵם מְקַבְּלִים חִיּוּת מִמֶּנּוּ יִתְבָּרַךְ, וַאֲפִלּוּ מְקוֹמוֹת הַמְטֻנָּפִים אוֹ בָּתֵּי עֲבוֹדָה־זָרָה צְרִיכִין גַּם כֵּן לְקַבֵּל חִיּוּת מִמֶּנּוּ יִתְבָּרַךְ.
Mais sache que malgré tout, assurément eux aussi reçoivent la vitalité de Lui, béni soit-Il ; et même les lieux souillés où les maisons d'idolâtrie doivent eux aussi recevoir la vitalité de Lui, béni soit-Il.
אַךְ דַּע, כִּי הֵם מְקַבְּלִים מִבְּחִינַת מַאֲמָר סָתוּם, שֶׁהוּא בְּרֵאשִׁית מַאֲמָר סָתוּם (ע' חא"ג שבת ק"ד ד"ה מם סתומה מאמר סתום), שֶׁהוּא כּוֹלֵל כָּל הַמַּאֲמָרוֹת, וְכֻלָּם מְקַבְּלִים חִיּוּת מִמֶּנּוּ. וְהַכָּבוֹד שֶׁל הַמַּאֲמָר סָתוּם הוּא סָתוּם וְנֶעְלָם בְּתַכְלִית הַהַסְתָּרָה, וּמִשָּׁם הֵם מְקַבְּלִין חִיּוּת.
כִּי מִבְּחִינַת הַכָּבוֹד וְהַמַּאֲמָרוֹת הַמִּתְגַּלִּים אִי אֶפְשָׁר לָהֶם לְקַבֵּל חִיּוּת מִשָּׁם, בִּבְחִינַת: וּכְבוֹדִי לְאַחֵר לֹא אֶתֵּן כַּנַּ"ל, רַק מֵהַמַּאֲמָר סָתוּם, שֶׁהוּא נִסְתָּר בְּתַכְלִית הַהַסְתָּרָה, מִשָּׁם מְקַבְּלִין חִיּוּת.
וְדָבָר זֶה אִי אֶפְשָׁר לְהָבִין, וְאָסוּר לְהַרְהֵר בָּזֶה כְּלָל.
Mais sache qu'ils reçoivent depuis l'aspect de la parole scellée (maamar satoum), qui est Berechit, parole scellée (voir Hidouchei Agadot du Maharcha, Chabbat 104, s.v. 'mem setouma - maamar satoum'), laquelle inclut toutes les paroles, et toutes reçoivent d'elle la vitalité. Et la gloire de la parole scellée est scellée et cachée dans l'occultation la plus extrême, et c'est de là qu'ils reçoivent la vitalité.
Car depuis l'aspect de la gloire et des paroles qui se révèlent, il leur est impossible de recevoir la vitalité, selon l'aspect de : 'et Ma gloire, Je ne la donnerai pas à un autre', comme dit plus haut ; c'est seulement depuis la parole scellée, qui est cachée dans l'occultation la plus extrême, que de là ils reçoivent la vitalité. Et cette chose-là, il est impossible de la comprendre, et il est interdit d'y réfléchir le moins du monde.
וְעַל־כֵּן כְּשֶׁאָדָם נוֹפֵל, חַס וְשָׁלוֹם, לִבְחִינַת מְקוֹמוֹת אֵלּוּ, דְּהַיְנוּ לִבְחִינַת מְקוֹמוֹת הַמְטֻנָּפִים, וְנוֹפֵל לִסְפֵקוֹת וְהִרְהוּרִים וּבִלְבּוּלִים גְּדוֹלִים, וַאֲזַי מַתְחִיל לְהִסְתַּכֵּל עַל עַצְמוֹ, וְרוֹאֶה שֶׁרָחוֹק מְאֹד מִכְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, וְשׁוֹאֵל וּמְבַקֵּשׁ אַיֵּה מְקוֹם כְּבוֹדוֹ, מֵאַחַר שֶׁרוֹאֶה בְּעַצְמוֹ שֶׁרָחוֹק מִכְּבוֹדוֹ יִתְבָּרַךְ, מֵאַחַר שֶׁנָּפַל לִמְקוֹמוֹת כָּאֵלּוּ, רַחֲמָנָא לִצְלָן, וְזֶה זֶה עִקָּר תִּקּוּנוֹ וַעֲלִיָּתוֹ, בִּבְחִינַת יְרִידָה תַּכְלִית הָעֲלִיָּה, הַמּוּבָא בִּסְפָרִים.
Et c'est pourquoi, lorsque l'homme tombe, à Dieu ne plaise, dans l'aspect de ces lieux-là, c'est-à-dire dans l'aspect des lieux souillés, et qu'il tombe dans des doutes, des pensées de doute et de grandes confusions, et qu'alors il commence à se regarder lui-même et voit qu'il est très éloigné de Sa gloire, bénie soit-elle, et qu'il demande et cherche : 'Ayéh - où est le lieu de Sa gloire ?', puisqu'il voit en lui-même qu'il est éloigné de Sa gloire, bénie soit-elle, étant tombé dans de tels lieux, que le Miséricordieux nous en préserve - c'est cela, c'est cela l'essentiel de sa réparation (tikoun) et de son élévation, selon l'aspect de 'la descente est la finalité de la montée', rapporté dans les livres.
כִּי "אַיֵּה" מְקוֹם כְּבוֹדוֹ – זֶה בְּחִינַת הַכָּבוֹד עֶלְיוֹן שֶׁל הַמַּאֲמָר הָעֶלְיוֹן, דְּהַיְנוּ הַמַּאֲמָר סָתוּם בְּרֵאשִׁית כַּנַּ"ל, שֶׁמִּשָּׁם נִמְשָׁךְ חִיּוּת לַמְּקוֹמוֹת הָאֵלּוּ. נִמְצָא כְּשֶׁמְּבַקֵּשׁ וּמְחַפֵּשׂ "אַיֵּה" מְקוֹם כְּבוֹדוֹ, בָּזֶה בְּעַצְמוֹ הוּא חוֹזֵר וְעוֹלֶה אֶל הַכָּבוֹד הָעֶלְיוֹן, שֶׁהוּא בְּחִינַת "אַיֵּה", שֶׁמִּגֹּדֶל הַסְתָּרָתוֹ וְהֶעְלֵמוֹ הוּא מְחַיֶּה מְקוֹמוֹת הַלָּלוּ, וְעַכְשָׁו, עַל־יְדֵי שֶׁהוּא נָפַל לְשָׁם, וַאֲזַי מְבַקֵּשׁ "אַיֵּה" מְקוֹם כְּבוֹדוֹ.
וּבָזֶה חוֹזֵר וּמְדַבֵּק עַצְמוֹ לְשָׁם, וּמְחַיֶּה אֶת נְפִילָתוֹ, וְעוֹלֶה בְּתַכְלִית הָעֲלִיָּה.
Car 'Ayéh - où est le lieu de Sa gloire ?' est l'aspect de la gloire supérieure de la parole supérieure, c'est-à-dire la parole scellée, Berechit, comme dit plus haut, d'où est tirée la vitalité pour ces lieux-là. Il se trouve donc que lorsqu'il demande et cherche 'Ayéh - où est le lieu de Sa gloire ?', par cela même il revient et monte vers la gloire supérieure, qui est l'aspect de 'Ayéh', laquelle, par la grandeur de son occultation et de sa dissimulation, fait vivre ces lieux-là ; et maintenant, du fait qu'il y est tombé, il demande alors : 'Ayéh - où est le lieu de Sa gloire ?'.
Et par cela il revient et s'attache là-haut, et il vivifie sa chute, et il monte jusqu'à la plus haute des montées.
וְזֶה בְּחִינַת קָרְבָּן עוֹלָה, שֶׁמְּכַפֵּר עַל הִרְהוּר הַלֵּב, כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה (מ"ר ויקרא פ"ז), כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב: וְהָעוֹלֶה עַל רוּחֲכֶם – שֶׁעוֹלָה מְכַפֵּר הַהִרְהוּר.
Et c'est l'aspect du sacrifice ola (holocauste), qui expie les pensées du cœur, comme l'ont dit nos Maîtres, de mémoire bénie (Midrach Rabba, Vayikra, chapitre 7), ainsi qu'il est écrit : 'et ce qui monte (veha'ola) dans votre esprit' (Ezechiel 20,32) - car le sacrifice ola expie la pensée.
כִּי יֵשׁ בְּחִינַת (תהלים לח): לִבִּי סְחַרְחַר, כִּי יֵשׁ קְלִפָּה, שֶׁהִיא מְעַקֶּמֶת וּמְסַבֶּבֶת הַלֵּב בְּעִקּוּמִים וְסִבּוּבִים וּבִלְבּוּלִים הַרְבֵּה, וְהִיא בְּחִינַת קְלִפַּת נֹגַהּ.
וְעַל־כֵּן נִקְרָא סְחַרְחַר, תַּרְגּוּם שֶׁל סָבִיב: סְחוֹר סְחוֹר, בְּחִינַת (יחזקאל א):
וְנֹגַהּ לוֹ סָבִיב, כִּי הִיא בְּחִינַת תַּרְגּוּם, כַּמּוּבָא (ע' בליקוטי א' סי' י"ט), וְעַל־כֵּן כְּתִיב בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם.
Car il y a l'aspect de (Psaumes 38) : 'mon cœur est se'har'har (tournoyant, entouré)' ; car il est une kelipa (écorce, force d'impureté) qui tord et entoure le cœur de nombreuses torsions, de nombreux entourages et de nombreuses confusions, et c'est l'aspect de la kelipat noga. Et c'est pourquoi il est appelé se'har'har, le targoum (traduction araméenne) de 'saviv' (autour) étant 'se'hor se'hor', selon l'aspect de (Ezechiel 1) : 'et une clarté (noga) autour de lui' - car elle est l'aspect du targoum, comme il est rapporté (voir le premier Likoutei, siman 19) ; et c'est pourquoi il est écrit en langue du targoum.