Explication sur le verset "Et cela sera pour vous un tsitsit" etc., "le cœur voit" etc.
ביאור ע״פ והיה לכם לציצית כו׳ הלב רואה כו׳
Explication sur le verset "Et cela sera pour vous un tsitsit" etc., "le cœur voit" etc.
להבין ענין הלב. הנה איתא הלב מבין הלב שומע.
ואיתא בכתבי האריז״ל שיסוד אבא הוא בחזה [ועמ״ש בד״ה עיני כל בשם המגיד איש האלקי נ״ע]. ולהבין מהו יסוד הנה כל דבר המשפיע ומחיה למה שלמטה ממנו אינו מחיה רק במדרגה התחתונה שלו מאחר שהוא גדול מאד מהעלול ולא יכול העלול להשיג עילתו ולא יכול לסובלו.
ע״כ מוכרח לצמצם עצמו ולקשר א״ע בבחי׳ תחתונה שלו למה שלמטה ממנו כדי להחיות אותו וזו הבחי׳ שבה משפיע נק׳ יסוד אבא בתוך יסוד אמא ונעשה מהם מוחין לז״א.
Pour comprendre le sujet du cœur. Voici, il est dit : le cœur comprend, le cœur entend.
Et il est dit dans les écrits de l'Ari z"l que le yesod d'Abba est dans la poitrine [et voir ce qui est écrit dans le discours "Les yeux de tous" au nom du Maggid, l'homme de D.ieu, nichmato Eden]. Et pour comprendre ce qu'est le yesod : voici, toute chose qui influence et vivifie ce qui est au-dessous d'elle ne vivifie que dans son degré inférieur, puisqu'elle est beaucoup plus grande que l'effet et que l'effet ne peut pas saisir sa cause et ne peut pas la supporter.
C'est pourquoi elle est contrainte de faire tsimtsoum (retrait) sur elle-même et de se lier dans son aspect inférieur à ce qui est au-dessous d'elle afin de le vivifier, et cet aspect par lequel elle influence est appelé yesod d'Abba à l'intérieur du yesod d'Imma, et d'eux se font les mohin pour Zeir Anpin.
והנה נראה מה שמבואר שם שמשתוין עד החזה ומתקבצין כל האורות בלב שהם ד׳ שמות מב׳ יסודות הנ״ל עולין לחשבון ל״ב [וע׳ בפי׳ הרמ״ז בזהר פ׳ אמור דצ״ג ע״ב]. ולהבין הענין ד״מ הוא מכיון שיצא שכל מהמוח פתאום וכשהיה במוח הוא סתום מאד ואינו בהתגלות עד שאפילו הוא עצמו אינו משיגו.
Et voici, il apparaît de ce qui est expliqué là qu'ils s'égalent jusqu'à la poitrine et que toutes les lumières se rassemblent dans le cœur, qui sont quatre noms des deux yesodim susmentionnés, montant au compte de 32 [et voir dans le commentaire de Ramaz sur le Zohar, paracha Emor, folio 93b]. Et pour comprendre le sujet, par exemple, c'est puisque l'intellect est sorti du cerveau soudainement, et lorsqu'il était dans le cerveau il est très scellé et n'est pas dans la révélation, jusqu'à ce que même lui-même ne le saisisse pas.
ואחר כך כשמתחיל להתפשט מהמוח ולחוץ תיכף ומיד כשבא להתגלות מתלהב מאד ויכול לפעול בהתגלותו איזה דבר והלב הוא קיומו של הדבר שכיון שמתחזק איזה דבר בלב בחיזוק גדול לא יזוז ממנו לעולם. מה שאין כן כשעדיין אינו אצלו רק בשכל יכול לזוז ממנו תיכף מאחר שהלב עדיין מושרשת בתאוות גופניות מחמת שהיא קרובה יותר אל הגוף, ואע״פ שמשיג בשכל שצריך לדבק א״ע בו ית׳ בכל נפשו וזהו תכלית הכל אעפ״כ יכול הלב להמשיך אותו אחר תאות גופניות.
כמארז״ל הלב חומד כו׳ ועל כן צריך האדם להיות תמיד זריז ללחום מלחמת השכל עם הלב להטות אותה גם כן בכל כח התבוננותו בגדולתו ית׳ עד שתחפץ גם היא לדבק בו ית׳.
Et ensuite, lorsqu'il commence à se répandre du cerveau vers l'extérieur, immédiatement dès qu'il vient à la révélation, il s'enflamme beaucoup et peut agir dans sa révélation quelque chose, et le cœur est le maintien de la chose, car puisque une chose se renforce dans le cœur avec un grand renforcement, elle ne s'en écartera jamais. Ce qui n'est pas le cas lorsqu'elle n'est encore chez lui que dans l'intellect, elle peut s'en écarter immédiatement, puisque le cœur est encore enraciné dans les désirs corporels, parce qu'il est plus proche du corps.
Et bien qu'il saisisse dans l'intellect qu'il faut s'attacher à Lui, béni soit-Il, de toute son âme, et que c'est le but de tout, malgré cela le cœur peut l'attirer après les désirs corporels. Comme il est dit : le cœur convoite etc.
Et c'est pourquoi l'homme doit toujours être diligent pour combattre la guerre de l'intellect avec le cœur, pour l'incliner aussi de toute la force de sa contemplation dans Sa grandeur, béni soit-Il, jusqu'à ce qu'elle désire aussi s'attacher à Lui, béni soit-Il.
וזהו ענין ב׳ בחי׳ צדיק וחסיד. צדיק נקרא דהנה אמרו איזהו גבור הכובש את יצרו שצריך תמיד לכבוש את הלב בשכלו מאחר שהלב מושרש מאד בעניני עוה״ז אלא שהשכל נוטה לדבקה בו ית׳ וע״כ צריך תמיד ללחום מלחמתו ונק׳ צדיק.
משא״כ כשמרגיל א״ע בהתבוננות כ״כ עד שתשרש הדבר בלב ג״כ וממילא הוא בטל מכל וכל ולא יזוז ממנה בשום אופן זהו נק׳ חסיד [כן כתב בשע״ק להרח״ו ח״א ש״ג. אכן בסש״ב פי׳ דזהו נק׳ צדיק ובחי׳ הא׳ נק׳ בינוני ע״ש].
Et c'est le sujet des deux aspects de tsadik et de 'hassid. Tsadik est appelé : voici, ils ont dit "Quel est le fort ?
Celui qui maîtrise son instinct" (Avot 4, 1), car il faut toujours maîtriser le cœur par son intellect, puisque le cœur est très enraciné dans les sujets de ce monde, seulement l'intellect incline à s'attacher à Lui, béni soit-Il, et c'est pourquoi il faut toujours combattre sa guerre, et il est appelé tsadik. Au contraire, lorsqu'il s'habitue à la contemplation tellement que la chose s'enracine aussi dans le cœur, et automatiquement il est en bitoul (effacement de soi) de tout et de tout et ne bougera d'elle d'aucune manière, cela est appelé 'hassid [ainsi a écrit dans Chaarei Kedoucha de R. 'Haïm Vital, partie 1, porte 3.
Cependant dans le Tanya il est expliqué que cela est appelé tsadik et l'aspect premier est appelé beinoni, voir là].
וזה שאמר דהע״ה תכלית שנאה שנאתים כו׳ כשראה שונאי ה׳ נעשה להם שונא גמור, ואף שהיה להם כמה מעלות גופניות שהיה ראוי לאהוב אותם מטבע הגוף דהיינו מצד יפים וחכמתם שדרך הגוף לאהוב דברים כאלו, אעפ״כ מפני שמושרשת אצלו כ״כ אהבתו ית׳ בלב גם כן הוא בטל מכל מדותיו נגדו והיה להם שונא גמור והוא ע״ד מה שכתוב ולבי חלל בקרבי.
Et c'est ce qu'a dit David le roi de grâce : "Je les hais d'une haine parfaite" etc. (Psaumes 139, 22), lorsqu'il vit les haïsseurs de ה' il devint pour eux un haïsseur complet, et bien qu'ils eussent plusieurs qualités corporelles pour lesquelles il était approprié de les aimer par la nature du corps, c'est-à-dire du côté de leur beauté et de leur sagesse, car la voie du corps est d'aimer de telles choses, malgré cela, parce que son amour pour Lui, béni soit-Il, était tellement enraciné chez lui aussi dans le cœur, il était en bitoul (effacement de soi) de toutes ses middot vis-à-vis de Lui et il était pour eux un haïsseur complet, et c'est à la manière de ce qui est écrit "et mon cœur est creux en mon sein" (Psaumes 109, 22).
וזהו מחמת שמתפשט מהמוח לחוץ ששם הוא סתום ביותר כנ״ל. נחזור לענינינו שכל המשפיע למטה נקרא אותה בחי׳ יסוד ולכן כשאנו קוראים להוי׳ ב״ה אנו קוראים אותו באותה בחי׳ דהיינו במלת ברוך שהוא יסוד אבא כנודע דהיינו באותה בחי׳ שהוא מקושר אתנו להחיות אותנו באותה בחי׳ עצמה אנו יכולים לאחוז בו ולא יותר מאחר שלאותה בחי׳ הוא מצמצם א״ע להשפיע למטה כנ״ל ע״כ באותה הבחי׳ יש לנו אחיזה כמו שכתוב כולם בחכמה עשית.
Et cela est du fait qu'il se répand du cerveau vers l'extérieur, là où il est très scellé comme ci-dessus. Revenons à notre sujet : toute chose qui influence vers le bas est appelée cet aspect de yesod, et c'est pourquoi lorsque nous appelons ה', béni soit-Il, nous l'appelons dans cet aspect, c'est-à-dire dans le mot "Baroukh" qui est le yesod d'Abba, comme il est connu, c'est-à-dire dans cet aspect où Il est lié à nous pour nous vivifier, dans cet aspect même nous pouvons nous saisir de Lui et pas plus, puisqu'à cet aspect Il se contracte Lui-même pour influencer vers le bas comme ci-dessus, c'est pourquoi dans cet aspect nous avons une prise, comme il est écrit "Tous Tu les as faits avec sagesse" (Psaumes 104, 24).
והנה אותן ב׳ היסודות מהם נעשים מוחין לז״א דהנה ז״א נקרא מלשון זעיר שהשכל הוא קטן יותר ממה שלמעלה והוא חיות המתפשט לחיות העולמות [ועמ״ש בד״ה באתי לגני ובד״ה צאינה וראינה גבי שאו ידיכם קדש כו׳] ואחר כך כשמתפשט עד החזה נעשה שם אורות הרבה ומשם נעשה בחי׳ רחל ולאה.
Et voici, ces deux yesodim, d'eux se font les mohin pour Zeir Anpin. Voici, Zeir Anpin est appelé de l'expression "petit", car l'intellect est plus petit que ce qui est au-dessus, et c'est la vitalité qui se répand pour vivifier les mondes [et voir ce qui est écrit dans le discours "Je suis venu dans mon jardin" et dans le discours "Sortez et voyez" au sujet de "Élevez vos mains vers le sanctuaire" etc.] Et ensuite, lorsqu'il se répand jusqu'à la poitrine, là se font beaucoup de lumières, et de là se fait l'aspect de Ra'hel et Léa.
ואע״פ שלכאורה מובא בכתבי האריז״ל שבחי׳ לאה יונקת ממה שלמעלה דהיינו מבינה ותבונה וגם בחי׳ רחל יונקת משם שעל זה נאמר בחכמה יסד ארץ היינו בחי׳ רחל הנ״ל אבא יסד ברתא שהכל מחכמה נפקא זהו גם כן אמת. אבל נראה דהנה ב׳ בחי׳ רחל ולאה הנ״ל הם נקראי׳ מחשבה ודבור [וכמ״ש בפ׳ שלח ע״פ טובה הארץ מאד מאד ובפ׳ ויצא ע״פ וללבן שתי בנות ובפ׳ תזריע בד״ה קא מפלגי במתיב תא דרקיעא כו׳ ע״ש] עלמא דאתכסיא ועלמא דאתגליא והם נק׳ בחי׳ אחוריים של השכל שאינו השכל בעצמו כשבא להתפשטות מחשבה ודבור.
Et bien qu'apparemment il soit apporté dans les écrits de l'Ari z"l que l'aspect de Léa se nourrit de ce qui est au-dessus, c'est-à-dire de bina et de tevouna, et aussi l'aspect de Ra'hel se nourrit de là, et sur cela il est dit "Avec sagesse Il a fondé la terre" (Proverbes 3, 19), c'est-à-dire l'aspect de Ra'hel susmentionné, Abba a fondé la fille, car tout sort de la 'hokhma - cela est aussi vrai. Mais il apparaît que voici, les deux aspects de Ra'hel et Léa susmentionnés sont appelés pensée et parole [et comme il est écrit dans la paracha Sh'lach sur le verset "La terre est très très bonne" et dans la paracha Vayetsé sur le verset "Et Lavan avait deux filles" et dans la paracha Tazria dans le discours "Ils divergent sur l'épaisseur du firmament" etc., voir là] monde du caché et monde du révélé, et ils sont appelés l'aspect des a'horayim (l'arrière) de l'intellect, qui n'est pas l'intellect lui-même lorsqu'il vient à la diffusion de la pensée et de la parole.
וזהו שהם מאחוריים יסוד או״א. ולהבין מהו אתכסיא ואתגליא דהנה במחשבה יש גם כן אותן האותיות עצמן מה שהוא מדבר שהנה מה שמחשב זהו מדבר אלא ששם הם מכוסים ואינו יודע רק הוא בעצמו ואח״כ יכול להבין אפי׳ אחר.
Et c'est qu'ils sont des a'horayim du yesod d'Abba et Imma. Et pour comprendre ce qu'est le caché et le révélé : voici, dans la pensée il y a aussi ces mêmes lettres mêmes de ce qu'il parle, car voici, ce qu'il pense c'est ce qu'il parle, seulement là elles sont couvertes et il ne le sait que lui-même, et ensuite même un autre peut comprendre.
והנה מחשבה ודבור יוצאים מהמדות כי מה שאוהב זהו מחשב ומדבר והמדות נמשכים מהתבוננות השכל שמתחלה נופל לו בשכלו איזה דבר ואחר כך בהתבוננותו באותו דבר מתפשטים ללב ומשם נמשכים המדות לרצות הדבר או שלא לרצות והלב היא קיומה של דבר שלפעמים השכל מחייב לאהוב איזה דבר וטבע הגוף אינו מניחו אבל כשמדבק שכלו כ״כ עד שגם בלבו נקבע הדבר לעשותו ממילא הוא בטל מכל המדות ועל כן נאמר ביעקב וישק יעקב לרחל שהיה מותר לו בודאי מאחר שהיה בטל מכל תאוות גופניות מחמת התדבקותו בו ית׳ ואחר כך כשמתפשטים אותיות המחשבה לאותיות הדבור שם הוא יותר התגלות ולכן מאחר שהשכל יוצא מהמוח ללב שהכל מחכמה נפקא ע״כ יש בלב כל הבחי׳ דהיינו ראיה [וכמ״ש ולבי ראה הרבה חכמה כו׳] שמיעה והבנה, וכמ״ש ברבות בקהלת ע״פ דברתי אני עם לבי והיינו שיש בלב גם כן בחינת בינה כנ״ל שהם יסודות משתווין שם שבהם מתקשרים לחיות כל העולמות אך אדם צ״ל תמיד זריז ונלבב לכבוש את יצרו ולעקור אותו ממחדו״מ לדבקה בו ית׳ כנ״ל:
Et voici, la pensée et la parole sortent des middot, car ce qu'il aime c'est ce qu'il pense et parle, et les middot sont attirées de la contemplation de l'intellect, qui d'abord tombe dans son intellect quelque chose, et ensuite dans sa contemplation de cette chose elles se répandent au cœur, et de là sont attirées les middot pour vouloir la chose ou ne pas la vouloir, et le cœur est le maintien de la chose, car parfois l'intellect oblige à aimer quelque chose et la nature du corps ne le permet pas, mais lorsqu'il attache son intellect tellement que même dans son cœur la chose est fixée pour la faire, automatiquement il est en bitoul (effacement de soi) de toutes les middot, et c'est pourquoi il est dit chez Yaakov "Et Yaakov embrassa Ra'hel" (Genèse 29, 11), qu'il lui était assurément permis, puisqu'il était en bitoul (effacement de soi) de tous les désirs corporels à cause de son attachement à Lui, béni soit-Il, et ensuite lorsqu'elles se répandent les lettres de la pensée aux lettres de la parole, là il y a plus de révélation, et c'est pourquoi puisque l'intellect sort du cerveau au cœur, car tout sort de la 'hokhma, c'est pourquoi il y a dans le cœur tous les aspects, c'est-à-dire la vue [et comme il est écrit "et mon cœur a vu beaucoup de sagesse" etc. (Kohelet 1, 16)] l'ouïe et la compréhension, et comme il est écrit dans le Midrach Kohelet sur le verset "J'ai parlé, moi, avec mon cœur" (Kohelet 1, 16), c'est-à-dire qu'il y a dans le cœur aussi l'aspect de bina comme ci-dessus, qui sont les yesodim qui s'égalisent là, par lesquels ils se lient pour vivifier tous les mondes, mais l'homme doit toujours être diligent et de cœur pour maîtriser son instinct et l'arracher de la pensée, la parole et l'action pour s'attacher à Lui, béni soit-Il, comme ci-dessus.