Pour comprendre la racine des choses susdites. Voici, pour comprendre le sujet de "Si vous marchez dans Mes statuts" (Lévitique 26, 3), en ce que l'aspect de la marche est dans "Mes statuts" précisément, dans l'aspect des lettres de la gravure.
ביאור אם בחקותי
Explication de "Si dans Mes statuts"
להבין שרש הדברים הנ״ל. הנה להבין ענין אם בחקותי תלכו שבחי׳ ההליכה היא בחקותי דוקא בבחי׳ אותיות החקיקה.
יש להקדים תחלה שרש ענין ההפרש בין תורה שבכתב שנתלבשה באותיות הכתב בדיו על הקלף. לבחי׳ מכתב אלהים חרות על הלוחות שהוא אותיות החקיקה.
Pour comprendre la racine des choses susdites. Voici, pour comprendre le sujet de "Si vous marchez dans Mes statuts" (Lévitique 26, 3), en ce que l'aspect de la marche est dans "Mes statuts" précisément, dans l'aspect des lettres de la gravure.
Il faut d'abord faire précéder la racine du sujet de la différence entre la Torah écrite, qui s'est revêtue dans les lettres de l'écriture, à l'encre sur le parchemin, et l'aspect de "l'écriture d'Elokim gravée sur les Tables" (Exode 32, 16), qui sont les lettres de la gravure.
וההפרש בין כתיבה לחקיקה. בגשמיות הוא פשוט דבאותיות הנכתבים בדיו הנה הדיו הוא דבר בפ״ע ואינו מגופו ומהותו של הקלף.
אך כשמצטייר הדיו בצורות אותיות על הקלף ידבקו והיו לאחדים ונראה כאלו הם דבר א׳, שהרי הקלף הלבן ישנו תחת האות ועליו ממש נכתב האות והוא סובלו. אבל מ״מ באמת הם שני דברים שהרי הקלף הוא דבר בפ״ע והדיו הוא דבר בפ״ע לגמרי רק שהלביש את הקלף הלבן להיות נראה על הקלף צורות אותיות מדיו וא״כ אין זה רק דרך הלבשה בלבד שהלבוש הוא דבר בפ״ע ממש.
Et la différence entre l'écriture et la gravure. Dans le corporel, c'est simple : dans les lettres écrites à l'encre, voici que l'encre est une chose en soi et n'est pas du corps ni de l'essence du parchemin.
Mais lorsque l'encre se dessine en formes de lettres sur le parchemin, elles adhèrent et deviennent unes, et il apparaît comme si elles étaient une seule chose, car le parchemin blanc se trouve sous la lettre, et c'est sur lui-même que la lettre est écrite, et il la supporte. Mais néanmoins, en vérité, ce sont deux choses, car le parchemin est une chose en soi et l'encre est une chose tout à fait en soi ; seulement, elle a revêtu le parchemin blanc pour que l'on voie sur le parchemin des formes de lettres d'encre.
Ainsi, ce n'est que par voie de revêtement seulement, car le vêtement est une chose en soi véritablement.
ואף לבוש המחובר תמיד מ״מ מצד עצמו הוא דבר בפני עצמו. וכך הוא ענין אותיות הנכתבים בדיו הן מלבישים את הקלף בחי׳ לבוש לבד משא״כ באותיות החקיקה שנחקקים ונחרצים ע״ג אבן טוב וכה״ג הנה אין האותיות חשובים בחי׳ לבוש לבד אלא הן מעצמיותו ומהותו של האבן טוב ומגופו ממש יחשבו.
Et même un vêtement toujours attaché, néanmoins, de son propre côté, il est une chose en soi. Et il en est ainsi du sujet des lettres écrites à l'encre : elles revêtent le parchemin, aspect de vêtement seulement.
Ce qui n'est pas le cas des lettres de la gravure, qui sont gravées et incisées sur une pierre précieuse et ce qui est semblable : voici que les lettres ne sont pas considérées comme un aspect de vêtement seulement, mais elles sont de l'essentialité et de l'essence de la pierre précieuse, et de son corps même elles sont considérées.
והגם שמ״מ אינו דומה ממש לכמו שהיה האבן טוב מצד עצמו קודם החקיקה שמתחלה היה פשוט בלא ציור אותיות כלל וע״י החקיקה נולדו בו אותיות והרי א״כ צורות האותיות אלו אינן עצמות ומהות האבן טוב שהוא מצד עצמו פשוט בלא ציור אותיות. אך הגם שצורת האותיות היא הוי׳ חדשה אבל עכ״פ אותיות אלו הם בגוף האבן טוב ממש ואינו דבר נפרד ממנו רק חרותים וחקוקים בגופו ממש ולא כאותיות שעושים בדיו שהם דבר נפרד חוץ מהקלף וחשובים לבוש לבד אבל אותיות החקיקה אע״פ שהן ג״כ אותיות ולא כקלף הלבן ואבן טוב במהותו ועצמותו שמופשט מכל צורה ממש אבל עכ״פ הם מגופו ומהותו של הדבר הנחקק ולמעלה מעלה מבחי׳ לבוש:
Et bien que, néanmoins, cela ne ressemble pas véritablement à ce qu'était la pierre précieuse de son propre côté avant la gravure, car au commencement elle était simple, sans forme de lettres du tout, et par la gravure des lettres sont nées en elle, et ainsi donc ces formes de lettres ne sont pas l'essentialité et l'essence de la pierre précieuse, qui de son propre côté est simple, sans forme de lettres. Mais bien que la forme des lettres soit une existence nouvelle, en tout cas ces lettres sont dans le corps de la pierre précieuse même, et ce n'est pas une chose séparée d'elle, seulement gravées et incisées dans son corps même, et non comme les lettres que l'on fait à l'encre, qui sont une chose séparée, en dehors du parchemin, et sont considérées comme un vêtement seulement.
Mais les lettres de la gravure, bien qu'elles soient elles aussi des lettres, et non comme le parchemin blanc et la pierre précieuse dans son essence et son essentialité, qui est dépouillée de toute forme véritablement, en tout cas elles sont du corps et de l'essence de la chose gravée, et infiniment au-dessus de l'aspect de vêtement.
והנה עם היות המשל הנ״ל הוא ענין גשמי מ״מ ממנו יובן הנמשל למעלה בענין שרש מעלת הלוחות וכמשי״ת אי״ה. אך מקודם יש לבאר עוד איך שדוגמת המשל הנ״ל באותיות הכתיבה ואותיות החקיקה הגשמיים.
יש דוגמתם ממש ברוחניות באותיות שבנפש המדברת שבאדם. דהנה עם היות שהנפש מלאה אותיות וכמ״ש ויהי האדם לנפש חיה ותרגם אונקלוס לרוח ממללא וכדלקמן אי״ה מ״מ הנה נביעת האותיות שבמחשבה ודבור אף שנובעים מהנפש מ״מ גשם מהות אותיות הדבור שהם מבחי׳ קול והבל הלב הגשמי היוצא מן הקנה כמו דבר זר ממש נחשב לגבי מהות ועצמות הנפש כי מה ענין קול גשמי למהות הנפש הרוחניות ואפי׳ מהות האותיות שבמחשבה שחושב ומהרהר אותיות א״ב ג״ד כו׳ מהות מחשבה זו ואותיות אלו כמו דבר זר ממש נחשב לגבי הנפש ע״ד אותיות הדבור דאע״פ שהם רוחניים יותר ממהות הקול הגשמי מ״מ בנקל לצייר שאין זה כלל מערך מהות רוחניות הנפש ולכן מחשבה ודבור נקראו רק לבושין בלבד לגבי הנפש כמו הלבוש שאינו כלל ממהות הדבר רק דבר אחר ממש וכנ״ל במשל שאותיות הכתיבה הן לבושים לפי שהדיו הוא דבר זר ואינו כלל ממהות הקלף רק שמלבישו ונראה כאלו הוא דבר אחד.
כך אותיות המחשבה ודבור הם דברים נפרדים. אותיות הדבור הן מקול גשמי.
ואותיות המחשבה רוחניים יותר ומ״מ אינן כלל ממהות הנפש וחשובים כמו לבוש לבד רק המחשבה היא לבוש המחובר והדבור הוא בחי׳ לבוש הנפרד כמ״ש במ״א, ואעפ״כ הרי הם דבוקי׳ ממש במהו׳ הנפש ממש שהרי הנפש היא המדברת אותיות הדבור ומחשבת ומהרהרת באותיות המחשבה ובלעדה אין שום מציאות לאותיות המחשבה והדבור וזה ממש כמשל אותיות הנכתבים בדיו שאע״פ שאין הדיו ממהות הקלף מ״מ הוא דבוק בהקלף והקלף הוא הסובל ונושא עליו אותיות אלו וגם תחת שחרורית הדיו יש לבנונית הקלף ובלעדי הקלף אינו שייך שום מציאת אותיות מהדיו בעצמו. כך הנפש היא המדברת ומהרהרת וסובלת גשם אותיות הדבור והמחשבה ובלעדה אין שום מציאות אותיות מחשבה ודבור וגם הארה ממנה מתלבשת באותיות המחשבה ודבור כלבנונית הקלף שתחת הדיו כדלקמן והרי א״כ אותיות המחשבה ודבור דבוקים ממש להנפש והיו לאחדים.
Et voici, bien que la parabole susdite soit un sujet corporel, néanmoins on en comprendra le nimchal en haut, dans le sujet de la racine de la supériorité des Tables, comme on l'expliquera plus bas, si D.ieu le veut. Mais auparavant il faut encore expliquer comment, à l'exemple de la parabole susdite dans les lettres de l'écriture et les lettres de la gravure corporelles, il y a leur exemple véritablement dans le spirituel, dans les lettres qui sont dans l'âme parlante qui est dans l'homme.
Car voici, bien que l'âme soit pleine de lettres, et comme il est écrit "et l'homme devint une âme vivante" (Genèse 2, 7), et Onkelos a traduit "un esprit parlant", et comme on le dira plus bas, si D.ieu le veut, néanmoins voici que le jaillissement des lettres qui sont dans la pensée et la parole, bien qu'elles jaillissent de l'âme, néanmoins le corps de l'essence des lettres de la parole, qui sont de l'aspect de la voix et du souffle du cœur corporel qui sort de la trachée, est considéré comme une chose étrangère véritablement vis-à-vis de l'essence et de l'essentialité de l'âme. Car quel rapport a une voix corporelle avec l'essence de l'âme spirituelle ?
Et même l'essence des lettres qui sont dans la pensée, lorsqu'il pense et médite les lettres alef, beit, guimel, dalet, etc., l'essence de cette pensée et ces lettres sont considérées comme une chose étrangère véritablement vis-à-vis de l'âme, à la manière des lettres de la parole. Car bien qu'elles soient plus spirituelles que l'essence de la voix corporelle, néanmoins il est aisé de se représenter que cela n'est pas du tout de l'ordre de l'essence spirituelle de l'âme.
Et c'est pourquoi la pensée et la parole ne sont appelées que des vêtements seulement vis-à-vis de l'âme, comme le vêtement qui n'est pas du tout de l'essence de la chose, seulement une autre chose véritablement, et comme ci-dessus dans la parabole, que les lettres de l'écriture sont des vêtements parce que l'encre est une chose étrangère et n'est pas du tout de l'essence du parchemin, seulement elle le revêt et il apparaît comme si c'était une seule chose. Ainsi les lettres de la pensée et de la parole sont des choses séparées.
Les lettres de la parole viennent d'une voix corporelle. Et les lettres de la pensée sont plus spirituelles, et néanmoins elles ne sont pas du tout de l'essence de l'âme et sont considérées comme un vêtement seulement.
Seulement la pensée est le vêtement attaché, et la parole est l'aspect du vêtement séparé, comme il est écrit ailleurs. Et néanmoins, voici qu'elles sont véritablement attachées à l'essence de l'âme même, car c'est l'âme qui parle les lettres de la parole et qui pense et médite dans les lettres de la pensée, et sans elle il n'y a aucune existence aux lettres de la pensée et de la parole.
Et cela est véritablement comme la parabole des lettres écrites à l'encre : bien que l'encre ne soit pas de l'essence du parchemin, néanmoins elle est attachée au parchemin, et le parchemin est celui qui supporte et porte sur lui ces lettres, et aussi sous la noirceur de l'encre il y a la blancheur du parchemin, et sans le parchemin aucune existence de lettres provenant de l'encre en elle-même n'est concevable. Ainsi l'âme est celle qui parle et médite et supporte le corps des lettres de la parole et de la pensée, et sans elle il n'y a aucune existence de lettres de pensée et de parole, et aussi une illumination d'elle se revêt dans les lettres de la pensée et de la parole, comme la blancheur du parchemin qui est sous l'encre, comme on le dira plus bas.
Et ainsi donc les lettres de la pensée et de la parole sont véritablement attachées à l'âme, et elles deviennent unes.
ומ״מ הן לבושים לבד לפי שמצד עצמן הן דבר נפרד הדבור מן בחי׳ הבל הלב כו׳ רק שהנפש מתלבשת בהן זהו המשל מבחי׳ אותיות הכתיבה בדיו ע״ג קלף שדוגמתן ברוחנית בנפש הוא בחי׳ אותיות המחשבה והדבור כנ״ל (ועמ״ש מזה בד״ה שחורה אני אש שחורה ע״ג אש לבנה):
Et néanmoins elles ne sont que des vêtements seulement, parce que de leur propre côté elles sont une chose séparée, la parole venant de l'aspect du souffle du cœur, etc., seulement l'âme se revêt en elles. Telle est la parabole de l'aspect des lettres de l'écriture à l'encre sur le parchemin, dont l'exemple dans le spirituel, dans l'âme, est l'aspect des lettres de la pensée et de la parole, comme ci-dessus (et voir ce qui est écrit de cela dans le discours commençant par "Je suis noire", feu noir sur feu blanc).
ב אמנם להבין המשל מאותיות החקיקה מהו בנפש אין לזה דמיון כלל באותיות הגלוים לנו מהנפש רק מעט יש דמיון ממה שידוע שיש ב׳ בחי׳ במחשבה. הא׳ הנק׳ מחשבה תתאה והוא כשחושב מה שמדבר וחושב האותיות ממש א״ב ג״ד להוציאן כן בפה כענין השמע לאזנך מה שאתה מוצא מפיך.
2. Cependant, pour comprendre la parabole des lettres de la gravure, ce qu'elle est dans l'âme, il n'y a à cela aucun exemple du tout dans les lettres révélées à nous depuis l'âme ; seulement il y a un peu d'exemple de ce qui est connu, qu'il y a deux aspects dans la pensée.
Le premier est appelé pensée inférieure, et c'est lorsqu'il pense ce qu'il parle et pense les lettres mêmes, alef, beit, guimel, dalet, pour les faire sortir ainsi par la bouche, à la manière de "fais entendre à ton oreille ce que tu fais sortir de ta bouche" (Berakhot 15a).
וזהו חיצוניות המחשבה ונק׳ למעלה בחי׳ מלכות דתבונה שהיא בחי׳ לאה חיצוניות הבינה שהיא בחי׳ אותיות המחשבה הנ״ל. ובחי׳ הב׳ הוא הנק׳ מחשבה עילאה דהיינו כשחושב השכל ולא האותיות.
ומ״מ אף שאינו מרגיש כלל האותיות מ״מ יש כלול בחי׳ אותיות במחשבה זו שחושב השכל שא״א להיות כלל גילוי השכל אפי׳ במוח האדם עצמו בלי אותיות רק שהאותיות כלולים ממש בתוך השכל ממש ואינן כהרהור אותיות דמחשבה תתאה שיצאו האותיות להיות מורגשין בפני עצמן חוץ מהשכל והוא בחי׳ חיצוני׳ דבינה כנ״ל. אבל אותיות הכלולים בשכל עצמו שהוא בחי׳ פנימי׳ בינה ואינן דבר נפרד חוץ מהשכל הרי הן דבר א׳ עם השכל והרי מ״מ יש שם אותיות ולמעלה ג״כ הוא ענין פתוחי חותם מקור האותיות שבבחי׳ יסוד אימא שמשם נמשך להיות התהוות אותיות מחשבה ודבור הנק׳ לאה ורחל.
ולכן נקראת הבינה ספר ע״ש סיפורי האותיות שמתהוים ממנה במחשבה ודבור.
Et c'est l'extériorité de la pensée, et elle est appelée en haut l'aspect de malkhout de la tévouna, qui est l'aspect de Léa, extériorité de la bina, qui est l'aspect des lettres de la pensée susdites. Et le second aspect est celui qui est appelé pensée supérieure, c'est-à-dire lorsqu'il pense l'intellect et non les lettres.
Et néanmoins, bien qu'il ne ressente pas du tout les lettres, néanmoins il y a inclus un aspect de lettres dans cette pensée où il pense l'intellect, car il est impossible qu'il y ait du tout un dévoilement de l'intellect, même dans le cerveau de l'homme lui-même, sans lettres ; seulement les lettres sont véritablement incluses à l'intérieur de l'intellect même, et elles ne sont pas comme la méditation des lettres de la pensée inférieure, où les lettres sont sorties pour être ressenties en elles-mêmes, en dehors de l'intellect, et c'est l'aspect de l'extériorité de la bina, comme ci-dessus. Mais les lettres incluses dans l'intellect lui-même, qui est l'aspect de l'intériorité de la bina, et qui ne sont pas une chose séparée en dehors de l'intellect, voici qu'elles sont une seule chose avec l'intellect, et néanmoins il y a là des lettres.
Et en haut aussi, c'est le sujet des gravures du sceau, source des lettres qui sont dans l'aspect de yessod d'Imma, d'où est attiré pour qu'il y ait la venue à l'être des lettres de la pensée et de la parole, appelées Léa et Ra'hel. Et c'est pourquoi la bina est appelée livre, en raison du récit des lettres qui viennent à l'être d'elle dans la pensée et la parole.
והנה בחי׳ אותיות אלו הכלולים בהשכל ממש המתגלה מהנפש במוח האדם היא כמו משל אותיות החקיקה שהן בגופו של האבן טוב ולא כמו דיו שהוא נפרד מצד עצמו מהקלף כו׳. וכך אותיות אלו הן מגוף ומהות השכל ממש שממהות ועצם השכל נמשכו בחי׳ אותיות אלו הכלולים בו ממש ולכן לא נרגשו כלל להיות דבר בפ״ע כאותיות המחשבה תתאה והדבור שהן בחי׳ דבר זר ונפרד ממהות השכל כנ״ל.
משא״כ כאן במחשבת השכל שאינן דבר בפ״ע שהרי אינו חושב כלל האותיות רק שחושב השכל ממש אלא שבו נמצאו ובו היו האותיות כנ״ל:
Et voici, l'aspect de ces lettres incluses dans l'intellect même, qui se dévoile de l'âme dans le cerveau de l'homme, est comme la parabole des lettres de la gravure, qui sont dans le corps de la pierre précieuse, et non comme l'encre qui, de son propre côté, est séparée du parchemin, etc. Et ainsi ces lettres sont du corps et de l'essence de l'intellect même, car de l'essence et de l'essentialité de l'intellect ont été attirés ces aspects de lettres qui sont inclus en lui-même.
Et c'est pourquoi elles ne sont pas ressenties du tout comme étant une chose en soi, comme les lettres de la pensée inférieure et de la parole, qui sont un aspect de chose étrangère et séparée de l'essence de l'intellect, comme ci-dessus. Ce qui n'est pas le cas ici, dans la pensée de l'intellect, où elles ne sont pas une chose en soi, car il ne pense pas du tout les lettres, seulement il pense l'intellect même ; seulement en lui se sont trouvées et en lui ont été les lettres, comme ci-dessus.
אמנם באמת אין משל זה מכוון עדיין ואינו דוגמא לבחי׳ אותיות שבנפש. כי אותיות הכלולים בשכל יתכן עליהן שהן עצם א׳ עם השכל וכמו חקיקה.
אבל לא יתכן לומר עליהם שהם עצם א׳ עם הנפש שהיא למעלה אפי׳ מכח השכל כש״כ מן השכל הגלוי (וגם לא יתיישב מה שית׳ לקמן דבבחי׳ אותיות החקיקה שבנפש שייך הליכה ותוספת נביע׳ חדשה דמהשכל הגלוי לא יהי׳ כלל נביעות חדשות) ולענין המשל יובן ממ״ש באגה״ק ע״פ ויעש דוד שם שמבטא אותיות והנקודות הוא למעלה מהשכל המושג ומובן אלא משכל הנעלם וקדמות השכל שבנפש המדברת ולכן אין התינוק יכול לדבר אף שמבין הכל כו׳ ע״ש.
Cependant, en vérité, cette parabole n'est pas encore exacte et n'est pas un exemple pour l'aspect des lettres qui sont dans l'âme. Car les lettres incluses dans l'intellect, il est possible à leur sujet qu'elles soient une seule essence avec l'intellect, et comme la gravure.
Mais il n'est pas possible de dire à leur sujet qu'elles sont une seule essence avec l'âme, qui est au-dessus même de la puissance de l'intellect, à plus forte raison de l'intellect dévoilé (et aussi ne se résoudra pas ce qui sera expliqué plus bas, à savoir que dans l'aspect des lettres de la gravure qui sont dans l'âme il y a lieu à une marche et à un ajout d'un jaillissement nouveau, car de l'intellect dévoilé il n'y aura pas du tout de jaillissements nouveaux). Et quant au sujet de la parabole, on le comprendra de ce qui est écrit dans Igueret Hakodech sur le verset "Et David se fit un nom" (II Samuel 8, 13), que la prononciation des lettres et des points-voyelles est au-dessus de l'intellect saisi et compris, mais vient de l'intellect caché et de l'antériorité de l'intellect qui est dans l'âme parlante.
Et c'est pourquoi le petit enfant ne peut pas parler, bien qu'il comprenne tout, etc. Voir là-bas.
וע״פ כ״ז יובן איך שיש בנפש בחי׳ אותיות החקיקה ואותיות הכתיבה והיינו כמו שאותיות החקיקה הם חקוקים בגוף ועצם האבן ואין כאן דבר נוסף, כך הוא ענין צורת הכ״ב אותיות שמקורן הוא מקדמות השכל ורצון הנפש הרי הם למעלה ממהות מחשבה ואפי׳ ממהות שכל הגלוי כדפי׳ לעיל שהוא למעלה משכל המושג ומובן אלא משכל הנעלם וקדמות השכל.
Et d'après tout cela on comprendra comment il y a dans l'âme un aspect de lettres de la gravure et de lettres de l'écriture. C'est-à-dire : de même que les lettres de la gravure sont gravées dans le corps et l'essence de la pierre et qu'il n'y a pas ici de chose ajoutée, ainsi est le sujet de la forme des vingt-deux lettres dont la source est l'antériorité de l'intellect et la volonté de l'âme : voici qu'elles sont au-dessus de l'essence de la pensée et même de l'essence de l'intellect dévoilé, comme expliqué ci-dessus, à savoir que cela est au-dessus de l'intellect saisi et compris, mais vient de l'intellect caché et de l'antériorité de l'intellect.
ור״ל כח השכל הכלול בעצם הנפש שם הוא מקור צורת כ״ב אותיות הנ״ל. וגילוי השכל המתגלה במוח האדם הוא רק איזה הארה נשפעת ונמשכת משכל הנעלם שבנפש וכלא חשיב לגבי שכל הנעלם שיכול להשכיל השכלות רבות מאד כי שכל הנעלם מיוחד בעצם הנפש ולמעלה מגילוי כחותיה במחשבה דו״מ ושם הם מקור צורת הכ״ב אותיות א״כ ה״ז כמו אותיות החקיקה שהן במהות הנפש ועצמותה ואין כאן דבר זר ומהות אחר.
C'est-à-dire : la puissance de l'intellect incluse dans l'essence de l'âme, là est la source de la forme des vingt-deux lettres susdites. Et le dévoilement de l'intellect qui se dévoile dans le cerveau de l'homme n'est qu'une certaine illumination qui est épanchée et attirée de l'intellect caché qui est dans l'âme, et il est considéré comme rien vis-à-vis de l'intellect caché, qui peut intelliger des intellections très nombreuses, car l'intellect caché est uni à l'essence de l'âme et au-dessus du dévoilement de ses puissances dans la pensée, la parole et l'action, et là elles sont la source de la forme des vingt-deux lettres.
Ainsi donc cela est comme les lettres de la gravure, qui sont dans l'essence de l'âme et son essentialité, et il n'y a pas ici de chose étrangère ni d'autre essence.
והן אמת שמהות ועצמות הנפש ממש הוא למעלה מעלה ממהות צורת האותיות כי האותיות היא רק בחי׳ אחרונה שבה. אך מ״מ עכ״פ הוא בחי׳ אחרונה שבמהותה ועצמותה ממש ולא תוספת מהות אחר.
וה״ז כמשל אותיות החקוקים בהאבן טוב שהאבן טוב מצד עצמו פשוט בתכלית ולמעלה מתמונת אותיות וכשחוקקים בו אותיות נחשך קצת העצם הפשוט אמנם מ״מ אין כאן מהות אחר. משא״כ כשנמשכים הכ״ב אותיות מהנפש במחשבה ודבור ומתלבשים בחומר וגוף אותיות הדבור שהוא בחי׳ הבל הלב (ואפי׳ המחשבה כו׳ כנ״ל) הרי ההבל הוא מהות גשמי ואינו ערוך למהות הנפש זהו כמשל אותיות הכתיבה שהן מדיו שהוא מהות זר מן הקלף שהקלף הוא לבן והדיו הוא שחור ומהות זר לגמרי רק שכותבין בו על הקלף ונעשה אות כו׳.
כך ההבל מלביש לבחי׳ צורת האותיות כדיו המלביש להקלף כו׳ ומ״מ היו לאחדים שהנפש היא המדברת ובלעדה אין אומר ואין דברים כמו שא״א להיות אותיות מדיו בלי קלף. וגם כל אות שאין גויל מקיף מד׳ רוחותיה פסול כמ״ש הענין ע״פ שימני כחותם יעו״ש:
Et il est vrai que l'essence et l'essentialité de l'âme même sont infiniment au-dessus de l'essence de la forme des lettres, car les lettres ne sont que l'aspect dernier qui est en elle. Mais néanmoins, en tout cas, c'est l'aspect dernier qui est dans son essence et son essentialité mêmes, et non un ajout d'une autre essence.
Et cela est comme la parabole des lettres gravées dans la pierre précieuse : la pierre précieuse, de son propre côté, est simple à l'extrême et au-dessus de la figure des lettres, et lorsqu'on y grave des lettres, l'essence simple s'obscurcit un peu ; néanmoins il n'y a pas ici d'autre essence. Ce qui n'est pas le cas lorsque les vingt-deux lettres sont attirées de l'âme dans la pensée et la parole et se revêtent dans la matière et le corps des lettres de la parole, qui est l'aspect du souffle du cœur (et même la pensée, etc., comme ci-dessus) : voici que le souffle est une essence corporelle et n'est pas de l'ordre de l'essence de l'âme.
Cela est comme la parabole des lettres de l'écriture, qui sont d'encre, laquelle est une essence étrangère par rapport au parchemin, car le parchemin est blanc et l'encre est noire et une essence entièrement étrangère, seulement on écrit avec elle sur le parchemin et une lettre est faite, etc. Ainsi le souffle revêt l'aspect de la forme des lettres, comme l'encre qui revêt le parchemin, etc.
Et néanmoins elles deviennent unes, car l'âme est celle qui parle, et sans elle "il n'y a point de parole et il n'y a point de paroles" (Psaumes 19, 4), comme il est impossible qu'il y ait des lettres d'encre sans parchemin. Et aussi toute lettre que le parchemin n'entoure pas de ses quatre côtés est invalide, comme il est écrit le sujet sur le verset "Pose-moi comme un sceau" (Cantique des Cantiques 8, 6), voir là-bas.
ג והנה אחר שנתבאר ענין אותיות החקיקה ואותיות הכתיבה מהו ההפרש ביניהם במשל גשמי ונתבאר ג״כ כל זה ברוחניות באותיות הנפש. מעתה יובן כ״ז מעט מזעיר בנמשל למעלה בענין שורש הלוחות שהן בחי׳ חרות וחקיקה מהו מעלתן על תורה שבכתב בבחי׳ כתיבה.
כי הנה ידוע ענין בחי׳ אותיות למעלה כמ״ש בדבר ה׳ שמים נעשו שהן בחי׳ התגלות. כי אותיות מלשון אתא כו׳.
3. Et voici, après qu'a été expliqué le sujet des lettres de la gravure et des lettres de l'écriture, quelle est la différence entre elles dans la parabole corporelle, et qu'a aussi été expliqué tout cela dans le spirituel, dans les lettres de l'âme, désormais tout cela sera compris un tant soit peu dans le nimchal d'en haut, dans le sujet de la racine des Tables, qui sont l'aspect de "gravée" et de gravure : quelle est leur supériorité sur la Torah écrite dans l'aspect de l'écriture.
Car voici, est connu le sujet de l'aspect des lettres d'en haut, comme il est écrit "Par la parole de ה' les cieux ont été faits" (Psaumes 33, 6), qui sont l'aspect de la révélation. Car "lettres" a le sens de "venue", etc.
ויש עד״מ בחי׳ אותיות הדבור המהוה ומחי׳ עלמין דאתגליין ויש בחי׳ אותיות המחשבה המחיה ומהוה עלמין סתימין. אמנם ב׳ בחי׳ אלו נק׳ לבושין כמו שע״ד משל למטה ההבל מלביש צורת האותיות כך הם בחי׳ לבושים כדי שיוכלו העולמות לקבל החיות וזהו ע״ד משל כמו אותיות הכתיבה.
אמנם יש ג״כ בחי׳ אותיות החקיקה והוא מ״ש בתחלת ספר זוה״ק (בראשית ד׳ ט״ו ע״א) בריש הרמנותא דמלכא גליף גליפו בטהירו עילאה. פי׳ טהירו עילאה הוא בחי׳ התגלות הארה מא״ס ב״ה מלשון כעצם השמים לטוהר ובחי׳ התהוות פרצוף ע״י וא״א מהארה זו נק׳ גליף גליפו שהוא ענין חקיקה ורשימה בטהירו עילאה ונמשלו לחקיקה להורות שבחי׳ הכתר הנק׳ ע״י ואריך אנפין מתאחד בתכלית בהאור א״ס ולמעלה מעלה מבחי׳ שאר העשר ספירות דאצי׳ אע״פ דג״כ איהו וגרמוהי חד מ״מ נמשלו לבחי׳ אותיות הכתב כמשי״ת.
אבל בחי׳ ע״י וא״א נמשלו לחקיקה. ומ״מ גליף גליפו רק בטה״ע שהוא בחי׳ ההארה הנמשכת מן האור א״ס (וע׳ מענין טה״ע בביאור ע״פ וכעצם השמים לטהר לעיל בפ׳ משפטים ובמק״מ בראשית ט״ו ד״ה בטהירו עילאה) משא״כ מהותו ועצמותו ית׳ אין שייך כלל לומר בו כן וכנודע ג״כ שהצמצום ומקום פנוי היה רק בהאור כו׳ כמ״ש במ״א.
והענין כי הנה ידוע מחלוקת המקובלים אם הכתר נמנה מכלל ע״ס או שאינו מכלל כמו שהובא בפרדס שער ג׳ שיש מי שרצו לומר שהוא אינו בגדר הי״ס כלל רק הוא בחי׳ הארת אור א״ס כו׳. ויש שחלקו ע״ז ואמרו שהוא מכלל הע״ס.
והאר״י ז״ל הכריע (בע״ח שער מ״א פ״ג) שהוא בחי׳ ממוצע בין המאציל לנאצלים ויש בו מבחי׳ תחתונה שבאין סוף והוא בחי׳ עתיק יומין וזו הבחינה האצילה את הבחי׳ הב׳ שבו שהוא שרש כל י״ס הנאצלים בבחי׳ העלם ודקות גדול והוא הנק׳ אריך אנפין וב׳ בחי׳ אלו יחד נק׳ כתר והיא בחי׳ הממוצע כו׳ יעו״ש. הרי מבואר דבחי׳ הכתר הוא למעלה מכל הע״ס שאפי׳ בחי׳ תחתונה שבו היא רק שרש הנאצלים בדקות גדול ולמעלה ממהות ספירות דאצילות.
וזהו כעין ענין ע״ס הגנוזות הנזכר בלשון הגאונים ובלשון האר״י ז״ל הוא ענין ע״ס דעתיק ודא״א. וביאור הענין הנה יובן ע״ד דוגמא מענין מארז״ל (מנחות דכ״ט) גבי ר׳ עקיבא ששאל משה רבע״ה זו תורה וזו שכרה והיתה התשובה שתוק כך עלה במחשבה.
פי׳ כי מבחי׳ חכמה עילאה היתה השגת משה רבינו שמשם נמשכה התורה שבכתב מבחי׳ נובלות ואחוריים דח״ע כמ״ש באגה״ק ד״ה עוטה אור כו׳.
Et il y a, à titre d'exemple, l'aspect des lettres de la parole qui font exister et vivifient les mondes révélés, et il y a l'aspect des lettres de la pensée qui vivifient et font exister les mondes cachés. Toutefois ces deux aspects sont appelés vêtements, de même que, à titre de parabole d'en bas, le souffle revêt la forme des lettres : ainsi sont-ils des aspects de vêtements, afin que les mondes puissent recevoir la vitalité, et cela est à titre de parabole comme les lettres de l'écriture.
Toutefois il y a aussi l'aspect des lettres de la gravure, et c'est ce qui est écrit au commencement du livre du Zohar (Beréchit, folio 15a) : "Au commencement de l'autorité du Roi, Il grava des gravures dans le tehiru ilaa (la pureté supérieure)." Explication : tehiru ilaa est l'aspect de la révélation d'une illumination de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, du sens de "comme l'essence des cieux en pureté" (Exode 24, 10), et l'aspect de la venue à l'être du partsouf Atik Yomin et d'Arikh Anpin à partir de cette illumination est appelé "Il grava des gravures", qui est le sujet de la gravure et de la rechimou (trace) dans le tehiru ilaa, et elles ont été comparées à la gravure pour indiquer que l'aspect du keter, appelé Atik Yomin et Arikh Anpin, s'unit au plus haut point à la lumière de l'Ein Sof, et est infiniment au-dessus de l'aspect des autres dix sefirot d'Atsilout, bien que là aussi "Lui et Ses organes sont un" ; toutefois elles ont été comparées à l'aspect des lettres de l'écriture, comme on l'expliquera plus loin, si D.ieu le veut. Mais l'aspect d'Atik Yomin et d'Arikh Anpin a été comparé à la gravure.
Et toutefois "Il grava des gravures" seulement dans le tehiru ilaa, qui est l'aspect de l'illumination attirée de la lumière de l'Ein Sof (et voir au sujet du tehiru ilaa dans l'explication sur le verset "et comme l'essence des cieux en pureté", plus haut dans la paracha Michpatim, et dans Mikdach Melekh, Beréchit 15, discours "dans le tehiru ilaa"), ce qui n'est pas le cas de Son essence et de Son être, béni soit-Il, où il n'est absolument pas pertinent de dire ainsi, et comme il est aussi connu que le tsimtsoum (retrait) et le lieu vacant n'eurent lieu que dans la lumière, etc., comme il est écrit ailleurs. Et le sujet : car voici, est connue la controverse des kabbalistes pour savoir si le keter est compté au nombre des dix sefirot ou s'il n'en fait pas partie, comme il est rapporté dans le Pardès, porte 3, qu'il y en a qui ont voulu dire qu'il n'est absolument pas dans l'ordre des dix sefirot, mais qu'il est seulement l'aspect de l'illumination de la lumière de l'Ein Sof, etc.
Et il y en a qui ont contesté cela et ont dit qu'il fait partie des dix sefirot. Et l'Ari z"l a tranché (Ets 'Haïm, porte 41, chapitre 3) qu'il est l'aspect d'intermédiaire entre l'Émanateur et les émanés, et qu'il y a en lui de l'aspect inférieur de l'Ein Sof, et c'est l'aspect d'Atik Yomin, et cet aspect a émané le second aspect qui est en lui, lequel est la racine de toutes les dix sefirot des émanés dans l'aspect du caché et d'une grande subtilité, et c'est celui qui est appelé Arikh Anpin ; et ces deux aspects ensemble sont appelés keter, et c'est l'aspect de l'intermédiaire, etc., voir là-bas.
Voici donc qu'il est expliqué que l'aspect du keter est au-dessus de toutes les dix sefirot, puisque même l'aspect inférieur qui est en lui n'est que la racine des émanés dans une grande subtilité, et au-dessus de l'essence des sefirot d'Atsilout. Et cela est à la manière du sujet des dix sefirot cachées mentionnées dans l'expression des guéonim, et dans l'expression de l'Ari z"l c'est le sujet des dix sefirot d'Atik et d'Arikh Anpin.
Et l'explication du sujet, voici qu'elle sera comprise à titre d'exemple à partir du sujet de ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Mena'hot, folio 29), au sujet de Rabbi Akiva, que Moché notre maître, que la paix soit sur lui, demanda : "Est-ce là la Torah et est-ce là sa récompense ?", et la réponse fut : "Tais-toi, ainsi cela est monté dans la pensée." Explication : car c'est de l'aspect de la 'hokhma supérieure qu'était l'atteinte de Moché notre maître, d'où a été attirée la Torah écrite, de l'aspect des chutes et des a'horayim (l'arrière) de la 'hokhma supérieure, comme il est écrit dans Igueret Hakodech, discours commençant par "Il S'enveloppe de lumière" (Psaumes 104, 2), etc.
וע״פ חכמה זו לא נתיישב זה הענין וכי זו תורה וזו שכרה אלא שהשיב לו הקב״ה כך עלה במחשבה שזה נמשך מבחי׳ חכמה סתימאה וזהו לשון עלה שהוא למעלה מעלה מחכמה עילאה הנק׳ תשב״כ אלא נמשך מחכמה סתימאה שהוא למעלה מעלה מבחי׳ הבנה והשגה הנמשך מחכמה דאצי׳ ועד״מ כמו שבאדם יש גילוי השכל ויש כח השכל שלמעלה מהשכל המושג ומובן.
Et selon cette 'hokhma, ce sujet ne s'est pas établi : "est-ce là la Torah et est-ce là sa récompense ?" ; mais le Saint, béni soit-Il, lui répondit : "ainsi cela est monté dans la pensée", car cela est attiré de l'aspect de la 'hokhma stimaa (sagesse cachée), et c'est le sens de "est monté", qui est infiniment au-dessus de la 'hokhma supérieure appelée Torah écrite ; mais cela est attiré de la 'hokhma stimaa, qui est infiniment au-dessus de l'aspect de la compréhension et de l'atteinte qui est attirée de la 'hokhma d'Atsilout. Et à titre d'exemple, comme chez l'homme il y a la révélation de l'intellect, et il y a la puissance de l'intellect qui est au-dessus de l'intellect saisi et compris.
וכמו כשאדם מעמיק בשכלו באיזו סברא ויפול לו בשכלו איזה סברא חדשה שהיא ודאי נמשכת מבחי׳ כח השכל שלמעלה מהשכל המושג ומובן שהיה לו בתחלה שהשכל הראשון שהי׳ מושג לו כשהעמיק בסברא זו לא היה רק בחי׳ כלי בעלמא לקבל אותה שפע הבאה פתאום מלמעלה מהשכל. כך ע״ד משל זה יתפרש ג״כ ענין עלה במחשבה.
פי׳ המחשבה סתם הוא חכמה דאצי׳ ולשם נמשך מבחי׳ חכמה סתימאה להיות כך וכך בענין ר׳ עקיבא, והל״ל ירד ונפל במחשבה שהרי הח״ס הוא למעלה מחכמה דאצילות ומבחי׳ ח״ס נמשך זה במחשבה שהיא חכמה דאצילות. אלא מפני שהח״ס נק׳ ג״כ מחשבה סתימאה ובזה שייך לומר באמת לשון עלה שכך עלה במחשבה זו לכך אמר בכלל לשון עלה.
Et de même, lorsqu'un homme approfondit dans son intellect quelque raisonnement et qu'il lui tombe dans l'intellect quelque raisonnement nouveau, celui-ci est certainement attiré de l'aspect de la puissance de l'intellect qui est au-dessus de l'intellect saisi et compris qu'il avait au commencement : car le premier intellect qui lui était saisi lorsqu'il approfondissait ce raisonnement n'était qu'un aspect de réceptacle simplement, pour recevoir cet influx qui vient soudain d'au-dessus de l'intellect. Ainsi, à titre de cette parabole, s'expliquera aussi le sujet de "est monté dans la pensée".
Explication : la pensée tout court est la 'hokhma d'Atsilout, et là est attiré, de l'aspect de la 'hokhma stimaa, qu'il en soit ainsi et ainsi dans le sujet de Rabbi Akiva ; et l'on aurait dû dire "est descendu et est tombé dans la pensée", puisque la 'hokhma stimaa est au-dessus de la 'hokhma d'Atsilout, et de l'aspect de la 'hokhma stimaa cela est attiré dans la pensée, qui est la 'hokhma d'Atsilout. Mais parce que la 'hokhma stimaa est aussi appelée pensée cachée, et qu'en cela il est vraiment pertinent de dire l'expression "est monté", en ce que ainsi cela est monté dans cette pensée, c'est pourquoi il a dit en général l'expression "est monté".
ועכ״פ מובן מזה איך בחי׳ הח״ס שהיא שרש הח״ע איך שהיא בכתר היא למעלה מעלה ממהות חכמה דאצי׳ עד שאינו מושג ומובן כלל בח״ע כנ״ל בשאלת זו תורה כו׳ עד שא״א להיות התשובה רק שתוק כו׳ כאלו אין לזה טעם לפי שהטעם הזה שבח״ס הוא למעלה מעלה מההשגה באצי׳ ששם היתה השגת משה רבע״ה.
Et en tout cas, on comprend de là comment l'aspect de la 'hokhma stimaa, qui est la racine de la 'hokhma supérieure, comment elle est dans le keter : elle est infiniment au-dessus de l'essence de la 'hokhma d'Atsilout, au point qu'elle n'est absolument pas saisie ni comprise dans la 'hokhma supérieure, comme ci-dessus dans la question "est-ce là la Torah", etc., au point qu'il est impossible que la réponse soit autre que "Tais-toi", etc., comme s'il n'y avait pas de raison à cela, parce que cette raison qui est dans la 'hokhma stimaa est infiniment au-dessus de l'atteinte dans Atsilout, là où était l'atteinte de Moché notre maître, que la paix soit sur lui.
וע״ד זה יובן ג״כ בכללות בחי׳ הכתר אפילו בצד היותו שרש לאצי׳ הוא למעלה מעלה ממהות ע״ס דאצי׳ כי בו הוא הארת אור א״ס. וזהו בחי׳ עתיק יומין ונמשך ממנו שרש לי״ס דאצי׳ וזהו בחי׳ א״א, ולכן נמשל לחקיקה שהיא כאלו אין כאן שום דבר נוסף כלל זולת המהות שהיה קודם החקיקה כך הוא ג״כ עכשיו לאחר החקיקה כך ג״כ התהוות בחי׳ ע״י וא״א הם עדיין מכלל עולמות הא״ס, משא״כ בחי׳ התהוות י״ס דאצי׳ חכמה וחסד הרי כיון דאור א״ס לאו מכל אינון מדות איהו כלל וח״ע כעשי׳ גופניות נחשבת אצלו ית׳ לכך נמשלו לאותיות הכתב שהדיו הוא דבר זר רק שנתאחד עם הקלף משא״כ בחי׳ ע״י וא״א נחשבו מבחי׳ א״ס כנ״ל בשם האר״י ז״ל שהוא בחי׳ ממוצע לכך לא נמשלו לאותיות הכתב רק לבחי׳ חקיקה.
Et de cette manière on comprendra aussi, en général, l'aspect du keter : même du côté où il est racine pour Atsilout, il est infiniment au-dessus de l'essence des dix sefirot d'Atsilout, car en lui est l'illumination de la lumière de l'Ein Sof. Et c'est l'aspect d'Atik Yomin, et de lui est attirée une racine pour les dix sefirot d'Atsilout, et c'est l'aspect d'Arikh Anpin ; c'est pourquoi il est comparé à la gravure, qui est comme s'il n'y avait ici absolument aucune chose ajoutée, hormis l'essence qui était avant la gravure : ainsi en est-il aussi maintenant après la gravure.
Ainsi aussi la venue à l'être de l'aspect d'Atik Yomin et d'Arikh Anpin est encore du nombre des mondes de l'Ein Sof. Ce qui n'est pas le cas de l'aspect de la venue à l'être des dix sefirot d'Atsilout, 'hokhma et 'hessed : puisque la lumière de l'Ein Sof n'est absolument pas de toutes ces middot, et que la 'hokhma supérieure est considérée à Ses yeux, béni soit-Il, comme un acte corporel, c'est pourquoi elles ont été comparées aux lettres de l'écriture, dont l'encre est une chose étrangère, seulement qu'elle s'est unie au parchemin ; ce qui n'est pas le cas de l'aspect d'Atik Yomin et d'Arikh Anpin, qui sont considérés de l'aspect de l'Ein Sof, comme ci-dessus au nom de l'Ari z"l, qu'il est l'aspect d'intermédiaire ; c'est pourquoi ils n'ont pas été comparés aux lettres de l'écriture, mais seulement à l'aspect de la gravure.
ואף גם שבאמת אינם ג״כ מערך ומהות עצם האור הנמשך מא״ס שהוא פשוט עדיין בתכלית ה״ז כמשל החקיקה שכשרושמים וחוקקים על האבן טוב ונראה רשימות אין זה כמו עצם הפשוט ממש אך מ״מ אינו דבר זר כמו הדיו כו׳. וכמ״כ ע״ס שבכתר עליון אין התחלקותם בבחי׳ הכתר נראית ונגלית ליש ודבר כלל מעצמות אור א״ס מאחר שהכתר יש בו עדיין מבחי׳ תחתונה שבאור א״ס רק שהם עד״מ כמו בחי׳ חקיקה ורושם בעלמא ומיוחדים בעצמות אא״ס (וכמו עד״מ שהשכל הגלוי מתגלה חוץ מהנפש משא״כ כח השכל כלול ומתאחד עם הנפש כו׳ אע״פ שהנפש עצמה היא למעלה גם מכח השכל כמ״ש במ״א).
וזהו בריש הורמנותא דמלכא גליף גליפו. פי׳ בעלות הרצון לפניו להאציל הע״ס אזי מתחלה גליף גליפו הוא עד״מ התהוות בחי׳ חקיקה בהאור הפשוט לחקוק שרשי הע״ס והיינו התהוות בחי׳ הכתר כנ״ל שזהו למעלה עדיין מהתהוות אותיות הכתב שהם ע״ס דאצי׳.
Et même si, en vérité, ils ne sont pas non plus de l'ordre et de l'essence de la lumière elle-même attirée de l'Ein Sof, qui est encore simple au suprême degré, cela est comme la parabole de la gravure : lorsque l'on trace et que l'on grave sur la pierre précieuse et que des traces apparaissent, ce n'est pas comme l'essence simple elle-même ; toutefois ce n'est pas une chose étrangère comme l'encre, etc. Et de même, les dix sefirot qui sont dans le keter supérieur : leur division dans l'aspect du keter n'apparaît ni ne se révèle comme un yech (l'être, le moi) et une chose absolument, par rapport à l'essence de la lumière de l'Ein Sof, puisque le keter a encore en lui de l'aspect inférieur de la lumière de l'Ein Sof ; seulement elles sont, à titre d'exemple, comme un aspect de gravure et de trace simplement, et elles sont unies à l'essence de la lumière de l'Ein Sof (et comme, à titre d'exemple, l'intellect révélé se révèle en dehors de l'âme, ce qui n'est pas le cas de la puissance de l'intellect, qui est incluse et unie à l'âme, etc., bien que l'âme elle-même soit au-dessus même de la puissance de l'intellect, comme il est écrit ailleurs).
Et c'est : "Au commencement de l'autorité du Roi, Il grava des gravures." Explication : lorsque la volonté monta devant Lui d'émaner les dix sefirot, alors d'abord "Il grava des gravures", c'est à titre d'exemple la venue à l'être de l'aspect de la gravure dans la lumière simple, pour graver les racines des dix sefirot, et c'est la venue à l'être de l'aspect du keter, comme ci-dessus, ce qui est encore au-dessus de la venue à l'être des lettres de l'écriture, qui sont les dix sefirot d'Atsilout.
ותוכן הענין דבאצי׳ יש בחי׳ כלים ממש לאורות די״ס דלכך נמשלו לאותיות הכתב מדיו ע״ג קלף לבן שהדיו הוא משל לכלים שאינן ממהות אור הפשוט. משא״כ בע״י וא״א הגם שיש בהם שרש לכלים די״ס אין הכלים ניכרים ונתגלים בהם עדיין אלא בהעלם גדול ונמשלו לאותיות החקיקה שאין כאן דבר זר כדיו כו׳.
(ועמ״ש מזה ע״פ זאת חקת התורה) ומ״מ הגליפו לאהיה רק בטה״ע שהוא הארה בעלמא הנמשכת מאורו ית׳ הפשוט. שבחי׳ הארה זו היא ג״כ פשוט בתכלית הפשיטות ובה נחקקו בחי׳ הי״ס דכתר אבל באור א״ס עצמו לא שייך כלל בחי׳ חקיקה וגליפו ח״ו.
Et le contenu du sujet est que dans Atsilout il y a un aspect de kelim véritables pour les lumières des dix sefirot ; c'est pourquoi ils ont été comparés aux lettres de l'écriture, d'encre sur un parchemin blanc, car l'encre est une parabole pour les kelim qui ne sont pas de l'essence de la lumière simple. Ce qui n'est pas le cas dans Atik Yomin et Arikh Anpin : bien qu'il y ait en eux une racine pour les kelim des dix sefirot, les kelim n'y sont pas encore discernables et révélés, sinon dans un grand occultement, et ils ont été comparés aux lettres de la gravure, où il n'y a pas ici de chose étrangère comme l'encre, etc.
(Et voir ce qui est écrit de cela sur le verset "Voici le statut de la Torah".) Néanmoins, le gillouf n'eut lieu que dans le tehiru ilaa, qui est une illumination en général attirée de Sa lumière, béni soit-Il, simple. Car l'aspect de cette illumination est elle aussi simple dans l'extrême simplicité, et en elle ont été gravés les aspects des dix sefirot de keter ; mais dans la lumière de l'Or Ein Sof (lumière infinie) elle-même, l'aspect de gravure et de gillouf n'est aucunement applicable, à D.ieu ne plaise.
וזהו ג״כ כללות ההפרש בין תורה שבכתב למכתב הלוחות כי פי׳ תורה שבכתב היינו שנתלבשה באותיות הכתב כי התורה עצמה היא למעלה מהכתב כי תורה היא מבחי׳ יסוד אבא שעדיין יש בו הארת א״ס שמלובש בכתר כמ״ש ה׳ בחכמה ונק׳ בשם עדן רק שנתלבשה בבינה ששם הוא בחי׳ אותיות וכמ״ש מזה בביאור ע״פ ועשית ציץ גבי ופתחת.
Et c'est aussi là toute la différence entre la Torah écrite et l'écriture des Tables, car l'explication de Torah écrite est qu'elle s'est revêtue dans les lettres de l'écriture, car la Torah elle-même est au-dessus de l'écriture, car la Torah est de l'aspect de yesod d'Abba, où il y a encore l'illumination de l'Or Ein Sof qui est revêtue dans keter, comme il est écrit "ה' par la 'hokhma" (Proverbes 3, 19), et elle est appelée du nom d'Éden ; seulement elle s'est revêtue dans bina, où se trouve l'aspect des lettres, et comme il est écrit de cela dans l'explication sur le verset "Tu feras un tsits" (Exode 28, 36) au sujet de "tu graveras".
והיינו ג״ן סדרים דאורייתא נמשכים מבחי׳ נהר היוצא מעדן וגם האותיות אלו שהן הכלים הרי איהו וגרמוהי חד בהון כו׳. אמנם הלוחות שרשם בבחי׳ כתר עליון.
וזהו ענין עשרת הדברות שניתנו בחג השבועות לפי שאז הוא ההתגלות והמשכת הכתר מבחי׳ א״א ועתיק יומין ממש בז״א כמבואר בפע״ח כי כל ימי הספירה הוא הגדלת המוחין דז״א בהשלמת מוחין דאו״א המתלבשים בז״א גדלות ראשון וגדלות שני. אך בשבועות מאיר בו בחי׳ גלגלתא שהוא בחי׳ הכתר שמקבל מא״א וע״י ממש ואז דוקא ניתנו שני הלוחות שבהם עשרת הדברות ע״כ היה המכתב חרות על הלוחות בחי׳ אותיות החקיקה כמו שהוא בחי׳ ומדרגת הכתר שהיא בחי׳ גליף גליפו בט הירו עילאה כנ״ל.
(ולכן יש ג״כ תר״ך אותיות בעשרת הדברות כמנין כתר וכמ״ש הרמ״ז פ׳ אמור ד׳ צ״ו ע״ב וברבות נשא פי״ג איתא תרי״ג אותיות יש מן אנכי עד אשר לרעך ושבעה יתירות כנגד שבעה ימי בראשית עכ״ל):
C'est-à-dire que les cinquante-trois sections de la Torah sont attirées de l'aspect du fleuve qui sort d'Éden, et même ces lettres qui sont les kelim, voici : "Lui et Ses organes sont un en elles", etc. Cependant les Tables ont leur racine dans l'aspect de keter supérieur.
Et c'est le sujet des Dix Commandements qui furent donnés à la fête de Chavouot, parce qu'alors a lieu la révélation et l'attraction du keter depuis l'aspect d'Arikh Anpin et d'Atik Yomin véritablement dans Zeir Anpin, comme il est expliqué dans le Peri Ets 'Haïm, car tous les jours du Omer sont l'accroissement des mohin de Zeir Anpin, par l'achèvement des mohin d'Abba et Imma qui se revêtent dans Zeir Anpin, gadlout premier et gadlout second. Mais à Chavouot brille en lui l'aspect de galgalta, qui est l'aspect du keter qui reçoit d'Arikh Anpin et d'Atik Yomin véritablement, et alors précisément furent données les deux Tables dans lesquelles sont les Dix Commandements ; c'est pourquoi l'écriture fut gravée sur les Tables, aspect des lettres de la gravure, comme c'est l'aspect et le degré du keter, qui est l'aspect de "gillouf gilloufo dans le tehiru ilaa", comme ci-dessus.
(Et c'est pourquoi il y a aussi 620 lettres dans les Dix Commandements, selon le compte de keter, et comme l'a écrit le Ramaz, paracha Emor, folio 96b ; et dans Bamidbar Rabba, Nasso, chapitre 13, il est dit : il y a 613 lettres depuis "Anokhi" jusqu'à "à ton prochain", et sept en surplus en regard des sept jours du commencement. Fin de citation.)
ד ועתה נבוא לביאור הפסוק אם בחקותי תלכו דמבואר לעיל דכיון דתלת קשרין אינון כו׳ ע״כ כמו שבתורה יש ב׳ בחי׳ הנ״ל כתיבה וחקיקה דהיינו התושב״כ והלוחות כמו כן בכל ניצוץ ונפש אלקית יש ג״כ ב׳ בחי׳ אלו אותיות החקוקים ואותיות הכתובים דהנה אנו אומרים נשמה שנתת בי טהורה היא אתה בראתה כו׳, וידוע הקושיא איך שייך לומר טהורה היא קודם שבראתה ואיפכא הל״ל אתה בראתה טהורה היא כו׳. והענין יובן בהקדים ביאור הפסוק (ביהושע כ״ד ב׳) ויאמר יהושע אל כל העם כה אמר ה׳ אלהי ישראל בעבר הנהר ישבו אבותיכם מעולם כו׳ ואקח את אביכם את אברהם מעבר הנהר ואולך אותו בכל ארץ כנען ומבואר הקושיא ע״ז בזהר (פ׳ אמור צ״ח ב׳) מאי קמ״ל בזה וכי כל ישראל לא ידעו זה ומלשון הפסוק נראה שהוא דבר גדול ומחודש אפילו לגבי יהושע עד שצריך שה׳ יאמר אותו.
ותירץ בזה״ק כי באמת דבר גדול דיבר הנביא בהודעה זו והוא ע״ד ישראל עלו במחשבה דהכוונה ששרשם נמשך מבחי׳ מחשבה סתימאה דא״א שהיא למעלה מעלה מבחי׳ סתם מחשבה עילאה ותתאה. דהיינו כי מחשבה תתאה הוא שחושב מה שמדבר.
4. Et maintenant nous en venons à l'explication du verset "Si vous marchez dans Mes statuts" (Lévitique 26, 3), car il a été expliqué plus haut que puisque "ils sont trois liens", etc., c'est pourquoi, de même que dans la Torah il y a les deux aspects susdits, écriture et gravure, c'est-à-dire la Torah écrite et les Tables, de même dans chaque étincelle et nefech élokit (âme divine) il y a aussi ces deux aspects, lettres gravées et lettres écrites.
Car voici, nous disons : "L'âme que Tu as donnée en moi, elle est pure ; Tu l'as créée", etc., et la difficulté est connue : comment convient-il de dire "elle est pure" avant "Tu l'as créée", et il aurait fallu dire l'inverse : "Tu l'as créée, elle est pure", etc. Et le sujet se comprendra en préfaçant l'explication du verset (Josué 24, 2) : "Et Yehochoua dit à tout le peuple : Ainsi a dit ה' Elokei Israël : Au-delà du fleuve ont habité vos pères depuis toujours", etc., "et J'ai pris votre père Avraham d'au-delà du fleuve et Je l'ai fait marcher dans tout le pays de Canaan" (Josué 24, 3).
Et la difficulté sur cela est expliquée dans le Zohar (paracha Emor, 98b) : que nous apprend-il par cela, et est-ce que tout Israël ne le savait pas ? Et du langage du verset il apparaît que c'est une chose grande et nouvelle même à l'égard de Yehochoua, au point qu'il faut que ה' le dise.
Et le Zohar hakadoch a répondu que vraiment le prophète a dit une grande chose dans cette annonce, et c'est à la manière de "Israël est monté dans la pensée", l'intention étant que leur racine est attirée de l'aspect de la pensée occulte d'Arikh Anpin, qui est bien au-dessus de l'aspect de la simple pensée supérieure et inférieure. C'est-à-dire que la pensée inférieure est celle qui pense ce qu'elle parle.
ומחשבה עילאה היא מחשבת השכל. וכ״ז הנמשל למעלה בבחי׳ ע״ס דאצי׳ הנה אפי׳ מחשבה עילאה הוא בחי׳ בינה.
והוא הנק׳ נהר היוצא מעדן כי המחשבה אינה נחה כמו שהנהר נמשך תמיד ונמשכת מעדן היא בחי׳ ח״ע. אמנם ענין עלו במחשבה הוא בחי׳ ח״ס דא״א שלמעלה מעלה מח״ע דאצי׳ כדלעיל באריכות בפי׳ שתוק כך עלה במחשבה.
וא״כ אמרם ז״ל עלו במחשבה היינו ששרש נשמתם מושרש ונמשך מבחי׳ מחשבה סתימאה דא״א שלמעלה מחו״ב דאצי׳ (ועיין בזהר פ׳ נח דף ס״ה ע״א ובפרדס בעה״כ ערך מחשבה). וזהו ג״כ ענין הודעה זו שהודיעם ה׳ איך כי בעבר הנהר ישבו אבותיכם מעולם.
ר״ל ששרשם נמשך מבחי׳ שלמעלה מבחי׳ נהר היוצא מעדן שהיא בחי׳ בינה. כי פי׳ בעבר ר״ל בעבר השני כשעוברים הנהר ובעבר השני שם ישבו אבותיכם.
Et la pensée supérieure est la pensée de l'intellect. Et tout cela, le nimchal en haut, dans l'aspect des dix sefirot d'Atsilout : voici, même la pensée supérieure est l'aspect de bina.
Et c'est ce qu'on appelle le fleuve qui sort d'Éden, car la pensée ne se repose pas, comme le fleuve s'écoule toujours, et elle est attirée d'Éden, qui est l'aspect de 'hokhma d'Atsilout. Cependant le sujet de "ils sont montés dans la pensée" est l'aspect de 'hokhma stimaa d'Arikh Anpin, qui est bien au-dessus de la 'hokhma d'Atsilout, comme ci-dessus longuement dans l'explication de "Tais-toi, ainsi cela est monté dans la pensée" (Mena'hot 29b).
Et s'il en est ainsi, ce qu'ils ont dit, de mémoire bénie, "ils sont montés dans la pensée", signifie que la racine de leur âme est enracinée et attirée de l'aspect de la pensée occulte d'Arikh Anpin, qui est au-dessus de 'hokhma et bina d'Atsilout (et voir dans le Zohar, paracha Noa'h, folio 65a, et dans le Pardès, Chaar Erkhei haKinouyim, entrée pensée). Et c'est aussi le sujet de cette annonce par laquelle ה' leur a fait connaître comment "au-delà du fleuve ont habité vos pères depuis toujours".
C'est-à-dire que leur racine est attirée d'un aspect qui est au-dessus de l'aspect du fleuve qui sort d'Éden, qui est l'aspect de bina. Car l'explication de "au-delà" signifie de l'autre rive, lorsqu'on traverse le fleuve, et sur l'autre rive, là ont habité vos pères.
והיינו בבחי׳ א״א שלמעלה מהאצי׳ כי פרסא מפסיק בינו לאצי׳ כמ״ש במ״א בענין עד הגל כו׳ ומעבר להפרסא מושרשים האבות. והענין כי ידוע דאברהם יצחק ויעקב הם בחי׳ חג״ת אמנם שרשם הוא בחי׳ חג״ת דא״א.
C'est-à-dire dans l'aspect d'Arikh Anpin qui est au-dessus d'Atsilout, car le parsa interrompt entre lui et Atsilout, comme il est écrit ailleurs au sujet de "jusqu'au monceau" (Genèse 31, 52), etc., et au-delà du parsa sont enracinés les patriarches. Et le sujet est que l'on sait qu'Avraham, Its'hak et Yaakov sont l'aspect de 'hessed, guevoura et tiféret ; cependant leur racine est l'aspect de 'hessed, guevoura et tiféret d'Arikh Anpin.
והוא ענין טורי נהורא וטורי חשוכא הנזכר בזהר דהיינו חג״ת דאצי׳ נק׳ טורי נהורא והם בחי׳ המדות הנמשכים מן השכל וההתבוננות שע״י השכל וההתבוננות נולד האהבה או היראה, אך יש בחי׳ אהבה רבה שלמעלה מהשכל ונק׳ טורי חשוכא שהם המדות הכלולים בהרצון שלמעלה מהשכל וכענין שתוק כך עלה במחשבה כו׳. וזהו ענין ג׳ ידות יד הגדולה ויד החזקה ויד הרמה וכנודע שבחי׳ חו״ג דא״א מתלבשים באו״א ומהם נמשך אח״כ בחג״ת דאצי׳.
Et c'est le sujet des montagnes de lumière et des montagnes de ténèbres mentionné dans le Zohar, c'est-à-dire que 'hessed, guevoura et tiféret d'Atsilout sont appelés montagnes de lumière, et ce sont les aspects des middot attirés de l'intellect et de la contemplation, car par l'intellect et la contemplation naissent l'amour ou la crainte ; mais il y a un aspect d'amour immense au-dessus de l'intellect, et il est appelé montagnes de ténèbres, qui sont les middot incluses dans la volonté au-dessus de l'intellect, comme le sujet de "Tais-toi, ainsi cela est monté dans la pensée" (Mena'hot 29b), etc. Et c'est le sujet des trois mains : la main grande, la main forte et la main élevée, et comme il est connu que l'aspect de 'hessed et guevoura d'Arikh Anpin se revêt dans Abba et Imma, et de là est ensuite attiré dans 'hessed, guevoura et tiféret d'Atsilout.
והנה המדות שלמעלה מהשכל הם בבחי׳ התכללות מאד וכנ״ל שבכתר אין שייך התחלקות עדיין. וזהו ואקח את אביכם את אברהם מעבר הנהר ואולך אותו בכל ארץ כנען פי׳ ארץ כנען הוא המל׳ דאצי׳ לשון תגר וסוחר ולשון הכנעה כמ״ש במ״א.
והכוונה שהמשיך את האבות משרשם שבעבר הנהר לירד למטה בכל האצי׳ (דהיינו כנ״ל שחג״ת דא״א מתלבשים באו״א ומשם בזו״נ) עד המל׳ כדי להתלבש בבי״ע בגופים בעוה״ז לברר ברורי רפ״ח נצוצין שנפלו בבי״ע וירידה זו צורך עלייה היא שיעלו הרפ״ח ניצוצות לשרשן ומקורן (וכמשנ״ת ענין זה ג״כ בד״ה לך לך הנה אב רם הוא שכל הנעלם כו׳) אברהם ע״י בחי׳ האהבה ויצחק בבחי׳ יראה ויעקב בחי׳ רחמנות. וזהו ענין אם בחקותי תלכו שהיא בחי׳ ההליכה ממטה למעלה ובפרט העיקר ע״י מדת רחמנות בחי׳ נחלה בלי מצרים כו׳ (וכמ״ש במ״א ע״פ המאמר וישב ד׳ קפ״א וגבה מאד מסטרא דיעקב כו׳ ע״ש וע׳ במ״ש בד״ה כנשר יעיר וע׳ לעיל פ׳ ויצא בד״ה והיה הוי׳ לי לאלקים כו׳ וכל אשר תתן לי עשר אעשרנו לך כו׳).
וזהו ג״כ ענין נשמה שנתת בי טהורה היא כי הנה בחי׳ שרשם בעבר הנהר היינו בחי׳ אותיות החקיקה כנ״ל דבחי׳ מחשבה סתימאה נק׳ גליף גליפו בטה״ע וזהו פי׳ טהורה היא שנמשכה מבחי׳ טהירו עילאה והיינו ממש ענין בעבר הנהר ישבו אבותיכם.
Et voici, les middot qui sont au-dessus de l'intellect sont dans un aspect d'inclusion extrême, et comme ci-dessus, dans keter la division n'est pas encore applicable. Et c'est : "Et Je pris votre père Avraham d'au-delà du fleuve, et Je le fis marcher dans tout le pays de Canaan" (Josué 24, 3).
L'explication : le pays de Canaan est malkhout d'Atsilout, au sens de marchand et de négociant, et au sens de soumission, comme il est écrit ailleurs. Et l'intention est qu'Il attira les patriarches de leur racine qui est au-delà du fleuve pour descendre en bas dans tout Atsilout (c'est-à-dire, comme ci-dessus, que 'hessed, guevoura et tiféret d'Arikh Anpin se revêtent dans Abba et Imma, et de là dans Zeir Anpin et Noukva) jusqu'à malkhout, afin de se revêtir dans Beria, Yetsira et Assiya dans des corps en ce monde, pour trier les tris des 288 étincelles qui sont tombées dans Beria, Yetsira et Assiya ; et cette descente est pour le besoin d'une montée, afin que les 288 étincelles montent à leur racine et à leur source (et comme nous l'avons expliqué ce sujet aussi au début du discours "Va pour toi", "voici un père élevé, c'est l'intellect occulté", etc.).
Avraham par l'aspect de l'amour, Its'hak par l'aspect de la crainte, et Yaakov par l'aspect de la miséricorde. Et c'est le sujet de "Si vous marchez dans Mes statuts", qui est l'aspect de la marche de bas en haut, et en particulier l'essentiel par la mida de miséricorde, l'aspect d'un héritage sans limites, etc.
(et comme il est écrit ailleurs sur le passage de Vayéchev, folio 181, "et il s'éleva beaucoup du côté de Yaakov", etc., vois là ; et vois ce qui est écrit au début du discours "Comme l'aigle éveille" ; et vois plus haut, paracha Vayétsé, au début du discours "Et ה' sera pour moi Elokim", etc., et "et tout ce que Tu me donneras, assurément je Te donnerai la dîme", etc.). Et c'est aussi le sujet de "l'âme que Tu as donnée en moi, elle est pure", car voici, l'aspect de leur racine au-delà du fleuve, c'est l'aspect des lettres de la gravure, comme ci-dessus, car l'aspect de la pensée occulte est appelé "gillouf gilloufo dans le tehiru ilaa", et c'est l'explication de "elle est pure" : qu'elle a été attirée de l'aspect du tehiru ilaa, et c'est précisément le sujet de "au-delà du fleuve ont habité vos pères".
ואח״כ כשירדה למטה כמ״ש ואולך אותו בכל ארץ כנען הוא ענין אתה בראתה יצרתה בחי׳ השתלשלות בי״ע עד שנפחתה בי והשתלשלות זו היינו בחי׳ אותיות הכתב נמצא יש בישראל ג״כ ב׳ מדרגות מצד שרשן טהורה היא הם בחי׳ אותיות החקיקה ומצד השתלשלותן למטה בבחי׳ בראתה יצרתה נפחתה בי זהו ענין אותיות הכתב.
Et ensuite, lorsqu'elle est descendue en bas, comme il est dit "et Je le fis marcher dans tout le pays de Canaan", c'est le sujet de "Tu l'as créée, Tu l'as formée", l'aspect de l'enchaînement de Beria, Yetsira et Assiya, jusqu'à ce que Tu l'aies insufflée en moi ; et cet enchaînement, c'est l'aspect des lettres de l'écriture. Il se trouve qu'il y a aussi en Israël deux degrés : du côté de leur racine, "elle est pure", ce sont les aspects des lettres de la gravure ; et du côté de leur enchaînement en bas, dans l'aspect de "Tu l'as créée, Tu l'as formée, Tu l'as insufflée en moi", c'est le sujet des lettres de l'écriture.
ולהבין ענין ב׳ בחי׳ אלו בעבודת ה׳ הוא כי יש בחי׳ אהבה הנמשכת מצד הבינה והדעת בגדולת ה׳. אמנם עיקר בחי׳ האהבה אינה מצד הדעת וההתבוננות כי אנו רואים שגדול כח הרצון והאהבה יותר מערך השכל וההתבוננות שהרי אפילו קל שבקלים יכול למסור נפשו על קדש״ה שלא מצד ערך ההתבוננות כלל נמצא שעצם הרצון בכל נפש לה׳ זהו למעלה מהדעת רק שעובר דרך מעבר ע״י השכל והדעת ולכך בלי התבוננות לא יומשך בגילוי.
אבל מ״מ עצם שרש הרצון הוא למעלה מהדעת. וזהו מצד בחי׳ נשמה שנתת בי טהורה היא (והיא בחי׳ אהבת הבן אל האב שנתבאר במ״א מפני שהוי׳ אלהינו ממש כו׳.
וזהו בחינת חטה שאין התינוק יודע כו׳ כמ״ש במ״א). וזהו אם בחקותי תלכו בחוקים שחקקתי לכם היינו בחי׳ חג״ת דא״א ששם שרש האבות ע״כ ביכולתם לרעות צאנם ולהביאם למקור זה הנק׳ חקיקות ואז תלכו בבחי׳ מהלך בלתי שיעור וגבול.
וכמ״ש הנה ישכיל עבדי כו׳ וגבה מאד ופי׳ מאד בלי גבול היינו בבחי׳ א״ס (ועמ״ש ע״פ הזהר וישב הנ״ל) וזה הגילוי יהיה לע״ל. והיינו ע״י אהבת בכל מאדך בבחי׳ הילוך בתוספת אור דבר יום ביומו וכל א׳ מוכרח לבא אל אמיתית שרשו ומקורו בבחי׳ חג״ת דא״א הנק׳ בחקותי כי לא ידח ממנו נדח ממנו ממש ממהותו ועצמותו ית׳.
Et pour comprendre le sujet de ces deux aspects dans le service de ה', c'est qu'il y a un aspect d'amour attiré du côté de bina et de daat dans la grandeur de ה'. Cependant l'essentiel de l'aspect de l'amour n'est pas du côté du daat et de la contemplation, car nous voyons que la force de la volonté et de l'amour est plus grande que la mesure de l'intellect et de la contemplation, puisque même le plus léger des légers peut livrer son âme (messirout nefech) pour la sanctification du Nom, non du tout selon la mesure de la contemplation.
Il se trouve que l'essence de la volonté en toute âme vers ה' est au-dessus du daat, seulement qu'elle passe par un passage au moyen de l'intellect et du daat, et c'est pourquoi sans contemplation elle ne sera pas attirée en révélation. Mais néanmoins l'essence de la racine de la volonté est au-dessus du daat.
Et c'est du côté de l'aspect de "l'âme que Tu as donnée en moi, elle est pure" (et c'est l'aspect de l'amour du fils envers le père, qui a été expliqué ailleurs, parce que "ה' notre Elokim" véritablement, etc. Et c'est l'aspect du blé, que le nourrisson ne connaît pas, etc., comme il est écrit ailleurs).
Et c'est "Si vous marchez dans Mes statuts", dans les statuts que J'ai gravés pour vous, c'est-à-dire l'aspect de 'hessed, guevoura et tiféret d'Arikh Anpin, où est la racine des patriarches ; c'est pourquoi il est en leur pouvoir de faire paître leur troupeau et de les amener à cette source qui est appelée gravures, et alors vous marcherez dans un aspect de marche sans mesure ni limite. Et comme il est dit "Voici, Mon serviteur prospérera", etc., "et il s'élèvera beaucoup" (Isaïe 52, 13), et l'explication de "beaucoup" est sans limite, c'est-à-dire dans l'aspect de l'Ein Sof (et vois ce qui est écrit sur le Zohar Vayéchev susmentionné), et cette révélation sera dans l'avenir.
Et c'est par l'amour de "de tout ton meod" (Deutéronome 6, 5), dans un aspect de marche avec un ajout de lumière, chaque jour son jour, et chacun est contraint de venir à la vérité de sa racine et de sa source dans l'aspect de 'hessed, guevoura et tiféret d'Arikh Anpin qui est appelé "dans Mes statuts", car "un banni ne sera pas écarté de Lui" (II Samuel 14, 14), de Lui véritablement, de Son essence et de Son être, béni soit-Il.
ואם לא בדור הזה יבא בגלגול בדור אחר ובפרט בדרא דמלכא משיחא שיתעלו כללות נש״י בבחי׳ מאד כי בימות המשיח עד תחיית המתים יהיה העבודה במצות מעשיות רק שיהיה שלימות העבודה וכמ״ש במ״א ע״פ אוסרי לגפן לכן אז יהיה גבה מאד בחקותי ממש תלכו. והנה מה שאמר אם בחקותי תלכו אין אם אלא לשון תחנונים הכוונה בבקשה זו שלא ילכו כנסת ישראל בבחי׳ הילוך הנ״ל כ״א בג׳ חקיקות הללו (שהם שרש ג׳ אבות שהם שרש ג׳ מדות הקדושות אהוי״ר ורחמנות ושאר המדות מסתעפים מהם נצח ענף החסד שהוא האהבה כו׳ וכן כל המצות נמשכים מג׳ קוין אלו ולכן נחלקו לג׳ בחי׳ תורה ועבודה וגמ״ח) ולא בדרך אחרת זולתם כלל וזהו בחקותי שחקקתי דוקא תלכו:
Et s'il ne vient pas dans cette génération, il viendra en gilgoul dans une autre génération, et en particulier dans la génération du roi Machia'h, où s'élèveront l'ensemble des âmes d'Israël dans l'aspect de meod, car aux jours du Machia'h jusqu'à la résurrection des morts le service sera dans les commandements pratiques, seulement qu'il y aura la perfection du service, et comme il est écrit ailleurs sur le verset "Attachant à la vigne" (Genèse 49, 11) ; c'est pourquoi alors ce sera "il s'élèvera beaucoup", dans Mes statuts véritablement vous marcherez. Et voici ce qu'il a dit "Si vous marchez dans Mes statuts" : il n'y a de "si" qu'une expression de supplications (Avoda Zara 5a) ; l'intention dans cette demande est que Knesset Israël ne marche dans l'aspect de la marche susmentionnée que dans ces trois gravures (qui sont la racine des trois patriarches, qui sont la racine des trois middot saintes, amour, crainte et miséricorde, et le reste des middot se ramifient d'elles : netsa'h est la branche de 'hessed qui est l'amour, etc., et de même tous les commandements sont attirés de ces trois lignes, et c'est pourquoi ils ont été divisés en trois aspects : Torah, service et bienfaisance) et non d'une autre voie en dehors d'elles du tout, et c'est "dans Mes statuts" que J'ai gravés précisément, "vous marcherez".
ה ואת מצותי תשמרו. פי׳ השמירה כדי שיתקיים ההילוך דבכל מאדך בתפלה הוא ע״י המצות שהן בחי׳ כלים מכלים שונים לאור א״ס ב״ה וזהו ויין מלכות רב כיד המלך.
פי׳ עד״מ היין שא״א לקבלו בלא כלי וכן עד״מ האור שמאיר בפתילה שאם אין פתילה יסתלק האור.
5. Et Mes commandements, vous les garderez.
L'explication de la garde, afin que se maintienne la marche de "de tout ton meod" dans la prière, c'est par les commandements, qui sont un aspect de kelim, des kelim divers, pour l'Or Ein Sof, béni soit-Il ; et c'est : "et le vin de la royauté, abondant selon la main du roi" (Esther 1, 7). L'explication, à titre de parabole : le vin, qu'il est impossible de le recevoir sans un keli ; et de même, à titre de parabole, la lumière qui éclaire dans une mèche : s'il n'y a pas de mèche, la lumière se retire.
וכן עד״מ בנפש החיונית המחיה אברי הגוף כמו כח הראיה בעין וכח השמיעה באזן שבקלקול הכלי ע״י מכה וכדומה מסתלק אור הראיה מהעין והשמיעה מהאזן עד״מ. וכך עד״ז יובן ענין רמ״ח מ״ע רמ״ח אברים דהיינו בחי׳ כלים דז״א לקבל המשכת האור מבחי׳ כתר תר״ך עמודי אור שהם תרי״ג מצות דאורייתא ושבע מצות דרבנן שיומשך ויתפשט בכלים ואברים דז״א ומשם יומשך בבי״ע ובלעדי הכלים הי׳ מסתלק האור כענין שנאמר כלים רקים אל תמעיטי כו׳ וכתיב אין עוד כלי ויעמוד השמן כו׳.
(ועמ״ש מזה בביאור ע״פ וקבל היהודים). וזהו ויין מלכות הוא האור שמאיר רב כיד המלך הוא בחי׳ היד הגדולה חסד דאריך כו׳ ועל ידי שנכנס יין זה באדם יצא הסוד ואהבה מסותרת ששרשה מבחי׳ האבות אשר שרשן מבחי׳ זו בעבר הנהר כו׳ כנ״ל.
אך שצריך להיות בחי׳ כלים מכלים שונים דתורה ומצות שבהן יומשך יין מלכות להיות רב כיד המלך.
Et de même, à titre de parabole, dans l'âme vitale qui vivifie les membres du corps, comme la force de la vue dans l'œil et la force de l'ouïe dans l'oreille : par l'endommagement du keli, par un coup ou quelque chose de semblable, la lumière de la vue se retire de l'œil et l'ouïe de l'oreille, à titre de parabole. Et ainsi, de la même manière, on comprendra le sujet des 248 commandements positifs, les 248 membres, c'est-à-dire l'aspect des kelim de Zeir Anpin pour recevoir l'attraction de la lumière depuis l'aspect de keter, les 620 colonnes de lumière, qui sont les 613 commandements de la Torah et les sept commandements d'institution rabbinique, afin qu'elle soit attirée et se répande dans les kelim et les membres de Zeir Anpin, et de là elle sera attirée dans Beria, Yetsira et Assiya ; et sans les kelim la lumière se serait retirée, selon ce qui est dit : "des kelim vides, n'en diminue pas" (II Rois 4, 3), et il est écrit : "il n'y a plus de keli, et l'huile s'arrêta" (II Rois 4, 6).
(Et vois ce qui est écrit à ce sujet dans l'explication sur le verset "et les Juifs acceptèrent".) Et c'est : "et le vin de la royauté", c'est la lumière qui éclaire ; "abondant selon la main du roi", c'est l'aspect de la main grande, 'hessed d'Arikh, etc. ; et par le fait que ce vin entre dans l'homme, le secret sort, ainsi que l'amour caché dont la racine est de l'aspect des patriarches, dont la racine est de cet aspect, au-delà du fleuve, etc., comme ci-dessus. Mais il faut qu'il y ait un aspect de kelim, des kelim divers, de la Torah et des commandements, par lesquels sera attiré le vin de la royauté pour être abondant selon la main du roi.
וזהו ואת מצותי תשמרו פי׳ מצוה לשון צוותא והתחברות והיינו כאשר האור נמשך בכלי אז הוא בבחי׳ התקשרות וצוותא אלינו משא״כ בעודו למעלה נק׳ חקיקה גליף גליפו וכו׳. וזהו בחוקתי תלכו בתפלה בבחי׳ אהבה ויראה והתעוררות רחמים כו׳ שהם עליות עד בחי׳ חקיקה עליונה אורות דכתר והיינו דוקא ע״י ואת מצותי תשמרו שהן הכלים להמשכת וגילוי אורות הנ״ל שע״י הכלי יתקיים האור והיינו כי צ״ל תמיד בחי׳ העלאה והמשכה כו׳ בחי׳ רצוא ושוב.
Et c'est : "et Mes commandements, vous les garderez". L'explication : commandement a le sens de tsavta (compagnie) et d'union ; c'est-à-dire que lorsque la lumière est attirée dans le keli, alors elle est dans un aspect de lien et de tsavta envers nous ; il n'en va pas de même tant qu'elle est encore en haut : elle est appelée gravure, gillouf gilloufo, etc.
Et c'est : "dans Mes statuts vous marcherez", dans la prière, dans l'aspect de l'amour, de la crainte et de l'éveil de la miséricorde, etc., qui sont des élévations jusqu'à l'aspect de la gravure supérieure, les lumières de keter ; et c'est précisément par "et Mes commandements, vous les garderez", qui sont les kelim pour l'attraction et la révélation des lumières susdites, car par le keli la lumière se maintient ; c'est-à-dire qu'il faut toujours un aspect d'élévation et d'attraction, etc., l'aspect de ratso vachov.
ועי״ז ונתנה הארץ יבולה הארץ היינו בחי׳ מלכות דאצילות שתתן יבולה בהעלאת מ״נ דרפ״ח ניצוצין ואח״כ ממילא יומשך בחי׳ ועץ השדה יתן פריו הוא המשכת מ״ד והיינו שיהיה גילוי אור א״ס ב״ה להיות והתהלכתי בתוככם בבחי׳ עץ החיים שמשם יומשכו נשמות עליונות הנקראים פרי צדיק עץ חיים (ועיין בזח״א בראשית דל״ז סע״ב. עמ״ש במ״א ע״פ בן פורת יוסף כו׳) ועמ״ש עוד ע״פ את שבתותי תשמרו מענין ירידת הנשמות ממקורם ממחשבה עילאה להתלבש בגופים איך שהיא ירידה צורך עלייה למעלה מעלה כו׳.
ועמ״ש בד״ה ושמתי כדכד בענין טהרה מביאה לידי קדושה וסד״ה אלה מסעי בענין מסעיהם למוצאיהם. (ועיין מענין חרות על הלוחות ברבות משפטים ר״פ ל״ב.
כי תשא פמ״א. פקודי פנ״א.
ובגמרא עירובין נ״ד א׳. ובזהר ח״ב דף פ״ד דקי״ג ב׳.
קי״ד א׳. קפ״ג א׳ מ״ה ע״ב.
ח״א דל״ז סע״ב ודקל״א ב׳. ח״ג ד״ו ע״ב).
וצויתי את ברכתי ברכת המצות כי מצות צריכות כוונה להמשיך בהן האור וכללות הכוונה היא התפלה של כל יום כמ״ש במ״א ע״פ לא הביט און ביעקב וזהו ענין אם בחקותי תלכו שהוא בבחינת התפלה ואחר כך ואת מצותי תשמרו כו׳ ודרך פרט זהו ג״כ ענין ברכות המצות:
Et par cela, "la terre donnera son produit" (Lévitique 26, 4) : la terre, c'est-à-dire l'aspect de malkhout d'Atsilout, qui donnera son produit par l'élévation des mayin noukvin des 288 étincelles ; et ensuite, de soi-même, sera attiré l'aspect de "et l'arbre du champ donnera son fruit" (Lévitique 26, 4), c'est l'attraction des mayin doukhrin ; c'est-à-dire qu'il y aura révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, de sorte que "Je marcherai au milieu de vous" (Lévitique 26, 12), dans l'aspect de l'arbre de vie, d'où seront attirées des âmes supérieures appelées "le fruit du juste est un arbre de vie" (Proverbes 11, 30). (Et vois dans le Zohar I, Beréchit, folio 37b à la fin.
Et vois ce qui est écrit ailleurs sur le verset "fils fécond est Yossef", etc.) Et vois encore ce qui est écrit sur le verset "vous garderez Mes chabbats", au sujet de la descente des âmes depuis leur source, depuis la pensée supérieure, pour se revêtir dans des corps, comment elle est une descente pour le besoin d'une élévation, plus haut encore, etc. Et vois ce qui est écrit au début du discours "et Je mettrai des kadkod", au sujet de : la pureté mène à la sainteté ; et à la fin du discours "ceux-ci sont les trajets", au sujet de leurs trajets vers leurs points de départ.
(Et vois au sujet de "gravé sur les Tables" dans Chemot Rabba, Michpatim, au début du chapitre 32 ; Ki Tissa, chapitre 41 ; Pekoudé, chapitre 51. Et dans le Talmud, Erouvin 54a.
Et dans le Zohar II, folio 84, folio 113b, folio 114a, folio 183a, folio 45b ; I, folio 37b à la fin et folio 131b ; III, folio 6b.) "Et Je commanderai Ma bénédiction" (Lévitique 25, 21) : la bénédiction des commandements, car les commandements exigent une intention pour attirer en eux la lumière, et l'ensemble de l'intention est la prière de chaque jour, comme il est écrit ailleurs sur le verset "Il n'a pas vu d'iniquité en Yaakov" (Nombres 23, 21) ; et c'est le sujet de "si dans Mes statuts vous marchez", qui est dans l'aspect de la prière, et ensuite "et Mes commandements, vous les garderez", etc. ; et dans le détail, c'est aussi le sujet des bénédictions des commandements.
אם בחקותי תלכו כו׳. מבואר בע״ח (שער כ״ה פ״א המתחיל ענין הצלם באמיתית נלע״ד כו׳) בחי׳ צלם כו׳ שהוא בחי׳ נפש השכלית המחבר הצורה והחומר שהוא נפש האלהית עם נפש הבהמית לברר בירורים כי נפש הבהמית הוא בחי׳ בהמה פשוטה ועמ״ש מזה בד״ה זאת חנוכת המזבח ונפש השכלית היא בחי׳ נוגה מעורב טו״ר כמ״ש חכמים המה להרע.
"Si dans Mes statuts vous marchez", etc. Il est expliqué dans Ets 'Haïm (porte 25, chapitre 1, qui commence par : le sujet du tselem, en vérité il me semble, etc.) l'aspect du tselem, etc., qui est l'aspect de l'âme intellectuelle qui unit la forme et la matière, c'est-à-dire la nefech élokit avec la nefech habéhamit (âme animale), pour trier des tris ; car la nefech habéhamit est un aspect de bête simple.
Et vois ce qui est écrit à ce sujet au début du discours "telle est la dédicace de l'autel". Et l'âme intellectuelle est l'aspect de noga, mêlée de bien et de mal, comme il est écrit : "ils sont sages pour faire le mal" (Jérémie 4, 22).
וזהו ימי שנותינו בהם שבעים שנה דקאי אלמעלה שתה עונותינו לנגדך עלומינו למאור פניך כו׳ היינו שיתהפכו בחי׳ עונותינו כו׳ שיהיה לנגדך ועלומינו יבא למאור פניך כו׳ הוא ע״י הצלם כו׳ ולזה ניתן ע׳ שנה לכל אחד ואחד לפי ערכו ושיעורו בכדי לברר כו׳. גם איתא בע״ח שעתה מ״ה מברר ב״ן ולע״ל כשיתברר בחי׳ ב״ן אזי יהיה א״ח עטרת בעלה.
כי השבירה היא בבחי׳ ס״ג כלו ס״ג יחדיו כו׳ והיינו בבחי׳ ב״ן שבס״ג.
Et c'est : "les jours de nos années sont en eux soixante-dix ans" (Psaumes 90, 10), ce qui se rapporte en haut à "Tu as placé nos fautes devant Toi, notre jeunesse à la lumière de Ta face" (Psaumes 90, 8), etc. ; c'est-à-dire que seront transformés l'aspect de nos fautes, etc., de sorte que ce soit devant Toi, et que notre jeunesse vienne à la lumière de Ta face, etc. : c'est par le tselem, etc. Et pour cela ont été donnés soixante-dix ans à chacun selon sa valeur et sa mesure, afin de trier, etc.
Il est aussi rapporté dans Ets 'Haïm qu'à présent Mah (45) trie Ban (52), et dans l'avenir, lorsque sera trié l'aspect de Ban (52), alors ce sera "une femme vaillante est la couronne de son mari" (Proverbes 12, 4). Car la brisure est dans l'aspect de Sag (63) : "ils furent achevés, Sag, ensemble", etc., c'est-à-dire dans l'aspect de Ban (52) qui est dans Sag (63).
ולע״ל כשיתברר שם ס״ג יתהוה ממנו ס״ג שבס״ג כו׳. וביאור הענין הוא כי בחי׳ מ״ה המברר הוא האור הנמשך בבחי׳ כלי וכמו משה ונחנו מ״ה בחי׳ ביטול בתכלית ואעפ״כ היה בגוף ואף שהוא מבחי׳ אבא היינו רק מבחי׳ אחוריים קפ״ד קס״א גימטריא משה, ועמ״ש מזה ע״פ אני ישנה גבי קול דודי דופק, וכן נובלות חכמה שלמעלה תורה פי׳ הנמשך מבחי׳ מוחין דאבא למדותיו שיהיה תורה כשר או פסול כו׳ ועמ״ש בד״ה השמים כסאי כו׳, וכמ״כ בחינת משה היה לו אהבה ויראה ומדות רק שהיו נמשכין מבחי׳ מוחין פי׳ שהיה האהוי״ר שלו בבחי׳ ביטול בתכלית בבחי׳ אבא מבחי׳ אחוריים (כי פנימית אבא הוא פנימית עתיק) ולא מבחי׳ התלהבות שמבחי׳ אימא וכמו ההפרש שבין שבת ליו״ט שיו״ט הוא בחי׳ שמחה כו׳ ושבת הוא בחי׳ עונג נאדר בקדש כו׳ מלה בגרמיה כמ״ש בפ׳ אמור צ״ד ע״א, וכן היה האהוי״ר של משה וביקש הראני נא את כבודך פי׳ שיראה א״ס שלא בבחי׳ כלי (ע׳ רע״מ פ׳ פנחס ד׳ רנ״ה ע״ב) והשיבו כי לא יראני האדם וחי בחייהן אינן רואים אבל במיתתן רואים כו׳ וכדאיתא במדרש טוב זה מלאך חיים מאד זה מלאך המות היינו שלאחר מיתה יכול להשיג בחינת מאד בלי גבול כו׳ היינו כשהוא חי בבחי׳ גוף וכלי לא יראני כו׳ רק במיתתן אחר שנתברר הכלי לגמרי בבחי׳ אתכפיא ואתהפכא אז רואין ולע״ל שיזדכך שלא יהיה הגוף מדכר ונוקבא (וע׳ זהר ח״ב קס״ז ב׳) רק כדכתיב ועצמותיך יחליץ מבחי׳ טלא דבדולחא טל אורות טלך אז גם הגוף יוכל לראות ולהשיג בחי׳ אור א״ס וזהו כאור שבעת הימים פי׳ אור ז׳ הימים כמו שהיתה קודם הבריאה בעולם התהו רק שהיה בבחי׳ ז׳ אורות להיות האורות גדולים מהכלי.
אך היה בהן שבירה ואח״כ עולם התקון נעשה הכלי גדול והאור קטן. ולעתיד לבוא כשיזדכך הכלי יהיה ג״כ האור גדול כאור ז׳ הימים בחי׳ תהו ואז יהי׳ א״ח עטרת בעלה כו׳ (ועמ״ש בד״ה והיה אור הלבנה.
ועיין במק״מ ס״פ מצורע מענין אור שבעת הימים ובהרמ״ז פ׳ כי תשא קפ״ח ב׳) וזהו ענין ק״ש שמע שם ע׳ רבתי היינו בחינת אור שבעת הימים שהעלאת מ״ן מהבירור דנה״ב מתעלה לשם. וזהו ואהבת את הוי׳ אלקיך את הטפל כו׳ להיות בבחי׳ אהבה.
וטפל ובטל לשם הוי׳ (ועמ״ש ע״פ וידעת היום) ולהתכלל באחד. בכל לבבך שהוא בחינת נפש הבהמית רביעית דם שבלב כו׳ ובכל נפשך בחינת נפש השכלית בחי׳ צלם המחבר הנ״ל וכשיתהפכו ויתבררו יבא לבחי׳ ובכל מאדך מאד בלי גבול כדכתיב הנה ישכיל עבדי ירום ונשא וגבה מאד אשר בשביל זה ירדה הנפש האלהית למטה כי מקודם היתה בבחי׳ גבול ומספר כי נש״י נמשכו מבחי׳ זו״נ עולם התיקון בבחי׳ כלי כו׳ וכמ״ש חי ה׳ אשר עמדתי לפניו כו׳ משא״כ אחר ירידתה בחי׳ צלם לברר כו׳ לאכפיא כו׳ בכל לבבך ובכל נפשך יכול עי״ז להשיג האהבה מבחי׳ אור א״ס בחי׳ בכל מאדך שמעולם התהו ואף שא״א להיות בבחי׳ גוף וכלי מ״מ הארה מזה יוכל להיות בכל יום ובמיתתן אחר שנברר הכל רואין כו׳ וזהו היה מספר בני ישראל כו׳ אשר לא יספר כו׳:
Et à l'avenir, lorsque sera trié le nom Sag (63), il en adviendra le Sag qui est dans le Sag, etc. Et l'explication du sujet est que l'aspect de Mah (45) qui trie est la lumière attirée dans l'aspect de keli, et comme Moché : "et nous, que sommes-nous ?" (Exode 16, 7), aspect du bitoul (effacement de soi) dans sa perfection ; et néanmoins il était dans un corps.
Et bien qu'il soit de l'aspect d'Abba, ce n'est que de l'aspect des a'horayim (l'arrière) : 184 et 161, guématria de Moché. Et vois ce qui est écrit à ce sujet sur le verset "Je dors" (Cantique des Cantiques 5, 2), à propos de "la voix de mon bien-aimé frappe".
Et de même : "les chutes de la sagesse d'en haut, c'est la Torah" (Beréchit Rabba 44, 17), c'est-à-dire ce qui est attiré de l'aspect des mohin d'Abba vers ses middot, afin qu'il y ait une Torah de cachère ou de passoul, etc. Et vois ce qui est écrit au début du discours "Les cieux sont Mon trône" (Isaïe 66, 1), etc.
Et de même, l'aspect de Moché avait l'amour, la crainte et les middot, seulement ils étaient attirés de l'aspect des mohin, c'est-à-dire que son amour et sa crainte étaient dans l'aspect du bitoul dans sa perfection, dans l'aspect d'Abba, de l'aspect des a'horayim (car l'intériorité d'Abba est l'intériorité d'Atik), et non de l'aspect de l'embrasement qui vient de l'aspect d'Imma. Et comme la différence entre Chabbat et Yom Tov : Yom Tov est l'aspect de la joie, etc., et Chabbat est l'aspect du délice, "majestueux en sainteté" (Exode 15, 11), etc., "une parole en elle-même", comme il est écrit dans la paracha Emor, folio 94a.
Et ainsi était l'amour et la crainte de Moché, et il demanda : "Fais-moi voir, de grâce, Ta gloire" (Exode 33, 18), c'est-à-dire qu'il voie l'Or Ein Sof (lumière infinie) non dans l'aspect d'un keli (voir Raaya Mehemna, paracha Pin'has, folio 255b). Et Il lui répondit : "car l'homme ne peut Me voir et vivre" (Exode 33, 20) : de leur vivant ils ne voient pas, mais dans leur mort ils voient, etc.
Et comme il est dit dans le Midrach : "bon, c'est l'ange de la vie ; très, c'est l'ange de la mort" (Beréchit Rabba 9, 10), c'est-à-dire qu'après la mort on peut atteindre l'aspect de "très", sans limite, etc. C'est-à-dire que, lorsqu'il est vivant dans l'aspect du corps et du keli, "il ne Me verra pas", etc. ; seulement dans leur mort, après que le keli a été entièrement trié dans l'aspect d'itkafia et d'ithapkha, alors ils voient.
Et à l'avenir, lorsqu'il sera épuré de sorte que le corps ne sera pas de zakhar et de noukva (et voir Zohar II, 167b), seulement comme il est écrit : "et Il fortifiera tes os" (Isaïe 58, 11), de l'aspect du tala debdolha, "une rosée de lumières est ta rosée" (Isaïe 26, 19), alors le corps aussi pourra voir et atteindre l'aspect de la lumière de l'Or Ein Sof. Et c'est "comme la lumière des sept jours" (Isaïe 30, 26), c'est-à-dire la lumière des sept jours, telle qu'elle était avant la création, dans le monde de Tohou, seulement elle était dans l'aspect de sept lumières, parce que les lumières étaient plus grandes que les kelim.
Mais il y eut en elles une brisure, et ensuite, dans le monde du tikoun, le keli fut fait grand et la lumière petite. Et à l'avenir, lorsque le keli sera épuré, la lumière aussi sera grande comme la lumière des sept jours, aspect de Tohou, et alors il y aura "une femme vaillante est la couronne de son mari" (Proverbes 12, 4), etc.
(Et vois ce qui est écrit au début du discours "Et la lumière de la lune sera". Et voir dans Mikdach Melekh, à la fin de la paracha Metsora, au sujet de la lumière des sept jours, et dans le Ramaz, paracha Ki Tissa, 188b.) Et c'est le sujet du Chema : "Chema", avec un ayin rabati, c'est-à-dire l'aspect de la lumière des sept jours, car l'élévation des mayin noukvin issue du tri de la nefech habéhamit (âme animale) s'élève jusque-là.
Et c'est : "Tu aimeras ה' ton Elokim" (Deutéronome 6, 5), "et" est l'accessoire, etc., pour être dans l'aspect de l'amour, et accessoire et annulé au nom ה' (et vois ce qui est écrit sur le verset "Tu sauras aujourd'hui"), et pour être inclus dans "un". "De tout ton cœur", qui est l'aspect de la nefech habéhamit, le quart de sang qui est dans le cœur, etc. ; "et de toute ton âme", aspect de l'âme intellectuelle, aspect du tselem qui relie, mentionné plus haut.
Et lorsqu'ils seront transformés et triés, on parviendra à l'aspect de "et de tout ton meod", meod sans limite, comme il est écrit : "Voici que Mon serviteur prospérera, il s'élèvera, il sera exalté et très haut" (Isaïe 52, 13). C'est pour cela que la nefech élokit (âme divine) est descendue en bas, car auparavant elle était dans l'aspect de la limite et du nombre, car les âmes d'Israël sont attirées de l'aspect de Zeir Anpin et Noukva, le monde du tikoun, dans l'aspect de kelim, etc., et comme il est écrit : "Vive ה', devant qui je me suis tenu", etc.
(I Rois 17, 1). Il en va autrement après sa descente, aspect du tselem, pour trier, etc., pour soumettre, etc. : par "de tout ton cœur" et "de toute ton âme", on peut par cela atteindre l'amour de l'aspect de la lumière de l'Or Ein Sof, aspect de "de tout ton meod", qui vient du monde de Tohou.
Et bien qu'il soit impossible que ce soit dans l'aspect du corps et du keli, néanmoins un rayonnement de cela peut être chaque jour ; et dans leur mort, après que tout a été trié, ils voient, etc. Et c'est : "le nombre des enfants d'Israël sera", etc., "qui ne se comptera pas", etc.
(Osée 2, 1).
ב אך קודם הק״ש בחי׳ אהבה הנ״ל צריך להיות פסוקי דזמרה. וזהו אם בחקותי תלכו ב׳ חקיקות כמו כלי שצריך חקיקה מבחוץ ומבפנים כמו כן צריך כלי הנפש הבהמית לב׳ חקיקות הללו בכדי שאח״כ יוכל להיות בחי׳ תלכו שהוא בחי׳ אהבה להתכלל באחד כדכתיב הלוך ונסוע הנגבה וענין החקיקה מבחוץ הוא ע״י פסוקי דזמרה שהוא מלשון זמיר עריצים פי׳ שע״י ההתבוננות בגדולת א״ס ב״ה בפסוקי דזמרה הוא מזמר ומכרית בחי׳ הרע שתוכל להתפשט בנפשו בחי׳ אהבה אלקית.
כי ההתפעלות מההתבוננות הנ״ל עדיין אין זה בחי׳ אהבה רק בחי׳ התפעלות מאלקות בכדי שיתפרד הרע כדכתיב רוממות אל בגרונם וחרב פיפיות בידם היינו ע״י בחי׳ ההתבוננות ברוממותו ית׳ נפרד הרע.
2. Mais avant le Chema, l'aspect de l'amour mentionné plus haut, il faut qu'il y ait les Pesouké deZimra.
Et c'est : "Si vous marchez dans Mes 'houkot" (Lévitique 26, 3) : deux gravures, comme un keli qui a besoin d'une gravure de l'extérieur et de l'intérieur ; de même, le keli de la nefech habéhamit a besoin de ces deux gravures, afin qu'ensuite puisse être l'aspect de "vous marcherez", qui est l'aspect de l'amour pour être inclus dans "un", comme il est écrit : "allant et voyageant vers le sud" (Genèse 12, 9). Et le sujet de la gravure de l'extérieur est par les Pesouké deZimra, qui a le sens de "le chant des tyrans" (Isaïe 25, 5), c'est-à-dire que, par la contemplation de la grandeur de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans les Pesouké deZimra, on chante et on retranche l'aspect du mal qui pourrait se répandre dans son âme, dans l'aspect de l'amour divin.
Car l'émotion issue de la contemplation mentionnée plus haut n'est pas encore l'aspect de l'amour, seulement l'aspect d'une émotion devant la Divinité, afin que le mal se sépare, comme il est écrit : "la louange de D.ieu est dans leur gosier, et une épée à deux tranchants dans leur main" (Psaumes 149, 6), c'est-à-dire que, par l'aspect de la contemplation de Son exaltation, béni soit-Il, le mal se sépare.
ולכן החיוב דפסוקי דזמרה לא נזכר במשנה רק שתים לפניה כו׳ כי לא היה נצרך זה אצלם בכל יום כו׳ וזהו החקיקה מבחוץ והחקיקה מבפנים הוא ע״י מצות מעשיות שבבחי׳ חוקה כמו פרה אדומה ציצית ותפילין שאין בהם שום שכל וטעם והיינו מפני ששרש המצות הוא מבחינת כתר כי אורייתא מחכמה נפקת אבל שרשן הם מכתר תרי״ג מצות דאורייתא וז׳ מצות דרבנן גימטריא תר״ך. אך בכל ספי׳ יש בחי׳ קומה כמו חכמה שבחכמה וכמו כן בכתר יש בחי׳ מצות הנמשך מחכמה שבכתר ונתלבש בחכמה דאצילות ואח״כ בבריאה שיוכל להיות גם למטה טעם למצוה זו.
Et c'est pourquoi l'obligation des Pesouké deZimra n'est pas mentionnée dans la Michna, seulement "deux avant elle", etc., car cela ne leur était pas nécessaire chaque jour, etc. Et c'est la gravure de l'extérieur.
Et la gravure de l'intérieur est par les mitsvot pratiques qui sont dans l'aspect de 'houka, comme la vache rousse, les tsitsit et les téfilines, dans lesquelles il n'y a aucun intellect ni raison. Et c'est parce que la racine des mitsvot est de l'aspect de keter, car "la Torah sort de la 'hokhma" (Zohar II, 121a), mais leur racine est de keter : les 613 mitsvot de la Torah et les 7 mitsvot rabbiniques, guématria 620.
Mais dans chaque sefira il y a un aspect de stature, comme la 'hokhma qui est dans la 'hokhma ; et de même, dans keter, il y a l'aspect des mitsvot attiré de la 'hokhma qui est dans keter, et qui se revêt dans la 'hokhma d'Atsilout, et ensuite dans Beria, afin qu'il puisse y avoir aussi en bas une raison à cette mitsva.
ויש מצות הנמשכים מכתר שבכתר והם החוקים שהם רק בחי׳ רצון ונקרא רעוא דרעוין כו׳ וע״י מצות אלו ששרשן מאד נעלה יכול להיות חקיקה מבפנים בנפש הבהמית וכדכתיב ועברתי בארץ מצרים אני ולא מלאך שמפני שהם בעמקי הקליפות צריך דוקא אני בחינה גבוה מאד וכמו כן להיות חקיקה בנפש הבהמית שיהיה לו בחי׳ אהבה להתכלל נפשו באחד היא ע״י מצות הנ״ל ועמ״ש בד״ה ועתה יגדל נא כח. וזהו באר חפרוה שרים בחינת יסוד דנוקבא שכדי שיהיה בבחי׳ נוקבא בחי׳ יסוד התקשרות באלהות ע״י התעוררות הנ״ל צריך חפירה כי בלא זה לבו אטום כבתולה (ועמ״ש מזה ע״פ לריח שמניך בענין על כן עלמות אהבוך.
ועמ״ש בד״ה עיני כל. ובד״ה לא תהיה משכלה ועקרה) וממה נעשה החפירה במחוקק בחי׳ חקיקה הנ״ל שהוא בחי׳ מצות הנ״ל אך אעפ״כ התפשטותן הוא בבחי׳ חכמה ע״י משה (ועמ״ש בפ׳ חקת ע״פ במחוקק כו׳) כי אף פרה אדומה נאמרה ע״י משה כו׳ וע״ז נאמר אמרתי אחכמה כו׳.
וזהו אם בחקותי תלכו ודרשו רז״ל הלואי בחקתי תלכו היינו שיהי׳ בחי׳ הליכה הוא בחי׳ אהבה ולהתכלל באחד צריך לזה ב׳ חקיקות הנ״ל כי בלתי זה א״א שיהיה לו בחי׳ אהבה מאחר שהוא אסור בגוף ונפש הבהמית וכמשל האסור בזיקים שא״א לו להלוך אלא א״כ ישתברו הזיקים:
Et il y a des mitsvot attirées du keter qui est dans keter, et ce sont les 'houkim, qui ne sont que l'aspect de la volonté, et on les appelle "la volonté des volontés", etc. Et par ces mitsvot, dont la racine est très élevée, il peut y avoir une gravure de l'intérieur dans la nefech habéhamit.
Et comme il est écrit : "Et Je passerai dans le pays d'Égypte", "Moi, et non un ange" (Exode 12, 12, et la Haggada), car, puisqu'ils sont dans les profondeurs des kelipot, il faut précisément "Moi", aspect très élevé. Et de même, pour qu'il y ait une gravure dans la nefech habéhamit, afin qu'il ait l'aspect de l'amour pour que son âme soit incluse dans "un", c'est par les mitsvot mentionnées plus haut.
Et vois ce qui est écrit au début du discours "Et maintenant, que s'accroisse donc la force" (Nombres 14, 17). Et c'est : "Le puits, des princes l'ont creusé" (Nombres 21, 18), aspect du yessod de Noukva : pour qu'il y ait, dans l'aspect de Noukva, l'aspect du yessod, l'attachement à la Divinité par l'éveil mentionné plus haut, il faut un creusement, car sans cela son cœur est bouché comme une vierge (et vois ce qui est écrit à ce sujet sur le verset "À l'odeur de tes huiles" (Cantique des Cantiques 1, 3), au sujet de "c'est pourquoi les jeunes filles t'aiment".
Et vois ce qui est écrit au début du discours "Les yeux de tous". Et au début du discours "Il n'y aura pas de femme qui avorte ni de stérile").
Et de quoi se fait le creusement ? "Par le législateur" (Nombres 21, 18), aspect de la gravure mentionnée plus haut, qui est l'aspect des mitsvot mentionnées plus haut.
Mais néanmoins leur déploiement est dans l'aspect de la 'hokhma, par Moché (et vois ce qui est écrit dans la paracha 'Houkat, sur le verset "par le législateur", etc.), car même la vache rousse a été dite par Moché, etc. Et à ce sujet il est dit : "J'ai dit : je serai sage", etc.
(Ecclésiaste 7, 23). Et c'est : "Si vous marchez dans Mes 'houkot", et nos maîtres, de mémoire bénie, ont interprété : "si seulement vous marchiez dans Mes 'houkot" (Avoda Zara 5a), c'est-à-dire que, pour qu'il y ait l'aspect de la marche, qui est l'aspect de l'amour et d'être inclus dans "un", il faut pour cela les deux gravures mentionnées plus haut, car sans cela il est impossible qu'il ait l'aspect de l'amour, puisqu'il est lié dans le corps et la nefech habéhamit, et comme la parabole de celui qui est lié par des chaînes, à qui il est impossible de marcher, à moins que les chaînes ne soient brisées.
ג אך עיקר ההליכה הוא להתכלל נפשו באחד לדבקה בו. ואיך אפשר זה.
ולזה אמר ואת מצותי תשמרו אשר קדשנו במצותיו כו׳ כמבואר במ״א. וזהו ואת מצותי תשמרו שע״י המצות משתמר בחי׳ אור א״ס בחי׳ עתיק.
וזהו נר מצוה כמו נר המשמר השמן והאור כמו כן המצוה משמרת בחי׳ אור א״ס (ועמ״ש בד״ה והנה מנורת זהב כולה. ובד״ה כי תשמע בקול גבי לשמור את כל מצותיו) וע״ז אמר ועשיתם אותם אתם כתיב.
פי׳ כי זהו באמת בחי׳ עשייה שנשמות ישראל עושין ומכריחין כביכול המשכת אוא״ס בהכלים והוא מלשון גדול המעשה כו׳, ולכן נק׳ כל עובדא בלשון עשיה פי׳ לשון הכרח כי מה שהשכל מתפשט בהמעשה שעושה זהו בחי׳ הכרח לגבי השכל שיהי׳ יורד ונמשך בעשייה כמו כן בעשיית המצוה שנמשך עי״ז אור א״ס ב״ה מה שהוא נעתק ונבדל מסדר ההשתלשלות ונמשך ושורה בהכלים דז״א על כן נק׳ בחי׳ זו בשם עשיה (ועמ״ש בד״ה להבין ענין מדלג על ההרים בענין שלכך נק׳ המצות בשם רמ״ח אברין דמלכא כו׳ ע״ש. וע׳ במ״ש ע״פ ביום השמיני עצרת בפי׳ אשר נשבעת לאבותינו מימי קדם) וזהו ועשיתם אותם אתם כו׳.
ונתתי גשמיכם בעתם פי׳ גשמיכם זהו התורה כמ״ש יערוף כמטר לקחי. והנה גשמים יורדין בגבורה ובתורה אמרו רז״ל שניתנה בה׳ קולות פי׳ ה׳ חסדים המגדילים והם בחי׳ ה׳ גבורות דאבא הנעשים בחינת חסדים דאימא.
פי׳ כי משה שמע כל התורה בקול אחד כמ״ש והאלהים יעננו בקול לפי שמשה היה מבחי׳ אור אבא בעצמו. אך ישראל לא היה באפשרי לקבל ונתחלק ע״י ה׳ גבורות דאבא לבחינת חמשה קולות וזהו פלג אלהים מלא מים.
פי׳ מה שנתפלג מבחי׳ אלהים בחי׳ ה׳ גבורות מלא מים באמת הם חסדים שיכולים לקבל.
3. Mais l'essentiel de la marche est que son âme soit incluse dans "un", pour s'attacher à Lui.
Et comment cela est-il possible ? Et pour cela Il a dit : "et Mes mitsvot vous garderez", "qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot", etc., comme expliqué ailleurs.
Et c'est : "et Mes mitsvot vous garderez", car par les mitsvot est gardé l'aspect de la lumière de l'Or Ein Sof, aspect d'Atik. Et c'est : "car le commandement est une lampe" (Proverbes 6, 23), comme une lampe qui garde l'huile et la lumière ; de même la mitsva garde l'aspect de la lumière de l'Or Ein Sof (et vois ce qui est écrit au début du discours "Et voici un candélabre d'or, tout entier".
Et au début du discours "Lorsque tu écouteras la voix", à propos de "pour garder tous Ses commandements"). Et à ce sujet Il a dit : "et vous les ferez" (Lévitique 26, 3) : c'est "vous" qui est écrit.
C'est-à-dire que c'est en vérité l'aspect de l'action, que les âmes d'Israël font et contraignent, pour ainsi dire, l'attraction de l'Or Ein Sof dans les kelim, et cela a le sens de "grande est l'action", etc. Et c'est pourquoi toute œuvre est appelée par l'expression d'action, c'est-à-dire l'expression de contrainte : car ce que l'intellect répand dans l'acte qu'il fait, c'est un aspect de contrainte à l'égard de l'intellect, pour qu'il descende et soit attiré dans l'action ; de même, dans l'accomplissement de la mitsva, par lequel est attirée la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, ce qui est déplacé et séparé de l'ordre de l'enchaînement, et est attiré et repose dans les kelim de Zeir Anpin : c'est pourquoi cet aspect est appelé du nom d'action (et vois ce qui est écrit au début du discours pour comprendre le sujet de "bondissant sur les montagnes", au sujet de ce que, pour cela, les mitsvot sont appelées du nom des 248 organes du Roi, etc., voir là.
Et vois ce qui est écrit sur le verset "Le huitième jour, clôture", dans l'explication de "que Tu as juré à nos pères depuis les jours d'autrefois"). Et c'est : "et vous les ferez, vous", etc.
"Et Je donnerai vos pluies en leur temps" (Lévitique 26, 4) : "vos pluies", c'est la Torah, comme il est écrit : "Que ruisselle comme la pluie Mon enseignement" (Deutéronome 32, 2). Et voici, les pluies descendent par la guevoura, et au sujet de la Torah nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit qu'elle fut donnée en cinq voix, c'est-à-dire les cinq 'hassadim qui font grandir, et ce sont l'aspect des cinq guevourot d'Abba qui deviennent l'aspect de 'hassadim d'Imma.
C'est-à-dire que Moché entendit toute la Torah en une seule voix, comme il est écrit : "et Elokim lui répondait par une voix" (Exode 19, 19), parce que Moché était de l'aspect de la lumière d'Abba elle-même. Mais Israël ne pouvait pas recevoir, et elle fut divisée, par les cinq guevourot d'Abba, en l'aspect de cinq voix.
Et c'est : "un ruisseau d'Elokim plein d'eau" (Psaumes 65, 10). C'est-à-dire : ce qui fut divisé de l'aspect d'Elokim, aspect des cinq guevourot, "plein d'eau" : en vérité ce sont des 'hassadim qu'ils peuvent recevoir.
וע״י גשמיכם בחי׳ התורה הנ״ל נעשה קול דודי דופק פתחי לי שיהיה לבו פתוח שיוכל להיות בנפשו בחי׳ אהבה ע״י בחי׳ התורה המגדל והיה מזה ונתנה הארץ יבולה היינו בחינת ב״ן שנתברר מנפש הבהמית (והוא ע״ד מ״ש בד״ה האזינו השמים גבי יערוף כמטר שהתורה נק׳ מטר וגשם שמוציא את כח הצומח שבהארץ מההעלם אל הגילוי דהיינו להיות הצמיחה בחי׳ אהבה בכל מאדך כו׳ ע״ש באריכות וזהו ואהבת בגימטריא ב׳ פעמים אור היינו בחי׳ אור אחד הוא אור זרוע לצדיק והב׳ בחי׳ הצמיחה בכל מאדך) ואח״כ ועץ השדה יתן פריו (עיין בזהר בפ׳ בראשית דל״ז סע״ב. ובמק״מ שם) שהוא בחינת מ״ד מנפש האלהית.
וכמו בארץ שהארץ מעלה מ״ן והגשם המגדל הוא בחי׳ מ״ד וכדכתיב כאשר ירד הגשם והשלג מן השמים כמו כן ע״י חיבור מ״ה וב״ן הנ״ל יתן פריו היינו שיתגלה בחי׳ טובא דגניז בגווה היינו רפ״ח ניצוצין שיש בה רק הוא מוסתר ומלובש רשע מכתיר את הצדיק משא״כ כשנתברר ונתהפך נתגלה האור הנ״ל להיות א״ח עטרת בעלה בחי׳ שלמעלה מהתקון ס״ג דס״ג וזהו והצליח אשר שלחתיו לברר בירורין ע״י דברי אשר יצא מפי דוקא כי כל העוסק בתורה הקב״ה יושב ושונה כנגדו כו׳:
Et par "vos pluies", aspect de la Torah mentionnée plus haut, se fait : "la voix de mon bien-aimé frappe : ouvre-moi" (Cantique des Cantiques 5, 2), afin que son cœur soit ouvert, pour qu'il puisse y avoir dans son âme l'aspect de l'amour, par l'aspect de la Torah qui fait croître. Et de cela il y eut : "et la terre donnera son produit" (Lévitique 26, 4), c'est-à-dire l'aspect de Ban (52) qui a été trié de la nefech habéhamit (et c'est à la manière de ce qui est écrit au début du discours "Prêtez l'oreille, cieux", à propos de "que ruisselle comme la pluie", que la Torah est appelée pluie et averse, qui fait sortir la force de croissance qui est dans la terre, du caché vers le révélé, c'est-à-dire que la croissance soit l'aspect de l'amour de "de tout ton meod", etc., voir là longuement.
Et c'est : "et tu aimeras", en guématria deux fois "lumière", c'est-à-dire qu'un aspect de lumière est "une lumière est semée pour le juste" (Psaumes 97, 11), et le second, l'aspect de la croissance de "de tout ton meod"). Et ensuite : "et l'arbre du champ donnera son fruit" (Lévitique 26, 4) (voir dans le Zohar, paracha Beréchit, folio 37b, fin, et dans Mikdach Melekh là), qui est l'aspect des mayin dukhrin de la nefech élokit.
Et comme pour la terre : la terre élève des mayin noukvin, et la pluie qui fait croître est l'aspect des mayin dukhrin, et comme il est écrit : "comme descendent la pluie et la neige des cieux" (Isaïe 55, 10) ; de même, par l'union de Mah (45) et de Ban (52) mentionnés plus haut, "il donnera son fruit", c'est-à-dire que se révélera l'aspect du bien caché en elle, c'est-à-dire les 288 étincelles qui sont en elle, seulement il est caché et revêtu : "le méchant entoure le juste" (Habacuc 1, 4). Il en va autrement lorsqu'il a été trié et transformé : la lumière mentionnée plus haut se révèle, pour être "une femme vaillante est la couronne de son mari", aspect de ce qui est au-dessus du tikoun, Sag de Sag.
Et c'est : "et il réussira ce pour quoi Je l'ai envoyé" (Isaïe 55, 11), pour trier des tris, précisément par "Ma parole qui sort de Ma bouche", car quiconque s'occupe de Torah, le Saint, béni soit-Il, siège et étudie en face de lui, etc.