לקוטי תורה

Likouteï Torah — Likkutei Torah, Behar.2

Rabbi Chneour Zalman de Liadi - discours sur Vayikra, Bamidbar, Devarim et Chir HaChirim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

"Vous garderez Mes Chabbats et vous craindrez Mon sanctuaire, etc." (Lévitique 26, 2). Voici l'explication : "Mes Chabbats", ce sont deux Chabbats, comme nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Chabbat 118b) : Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Chim'on ben Yo'haï : "Si Israël gardait deux Chabbats selon leur règle, aussitôt ils seraient délivrés." C'est-à-dire les deux aspects de Chabbat qu'il y a dans chaque Chabbat, et...

את שבתתי תשמרו ומקדשי תיראו וגו׳. הנה פי׳ שבתתי הם שתי שבתות, שארז״ל (שבת קי״ח ב׳) אמר ר׳ יוחנן משום ר׳ שמעון בן יוחאי אלמלי משמרין ישראל שתי שבתות כהלכתן מיד נגאלין, והיינו ב׳ בחי׳ שבת שיש בכל שבת וכמ״ש עלת שבת בשבתו (ועמ״ש במ״א ע״פ והיה מדי חדש בחדשו גבי מדי שבת בשבתו) והיינו כמ״ש בזהר בראשית דף ה׳ ע״ב שיש שבת תתאה ושבת עילאה בכל שבת וע״ז נאמר את שבתתי תשמרו.

וזהו שבירושלמי (פ״ק דתענית סוף ה״א) אמרו אלו היו ישראל משמרין שבת א׳ כתיקונה מיד הי׳ בן דוד בא. דאינו סותר למאמר אלמלי משמרין ישראל שתי שבתות כי פי׳ שתי שבתות היינו ג״כ שבת אחת ע״ד הנזכר.

"Vous garderez Mes Chabbats et vous craindrez Mon sanctuaire, etc." (Lévitique 26, 2). Voici l'explication : "Mes Chabbats", ce sont deux Chabbats, comme nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Chabbat 118b) : Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Chim'on ben Yo'haï : "Si Israël gardait deux Chabbats selon leur règle, aussitôt ils seraient délivrés." C'est-à-dire les deux aspects de Chabbat qu'il y a dans chaque Chabbat, et comme il est écrit : "l'holocauste du Chabbat en son Chabbat" (Nombres 28, 10) (et voir ce qui est écrit ailleurs sur le verset "Et il arrivera que de mois en son mois", au sujet de "de Chabbat en son Chabbat"), c'est-à-dire comme il est écrit dans le Zohar, Beréchit, folio 5b, qu'il y a un Chabbat inférieur et un Chabbat supérieur dans chaque Chabbat, et c'est à ce sujet qu'il est dit : "Vous garderez Mes Chabbats".

Et c'est ce qu'ils ont dit dans le Yerouchalmi (premier chapitre de Ta'anit, fin de la halakha 1) : "Si Israël gardait un seul Chabbat selon sa règle, aussitôt le fils de David viendrait." Cela ne contredit pas l'enseignement "Si Israël gardait deux Chabbats", car l'explication de deux Chabbats vise aussi un seul Chabbat, de la manière mentionnée.

ולהבין זה צ״ל ענין שבת. כי הנה נודע דשבת הוא בחי׳ עליות העולמות, והתומע״ט של כל ימי החול מתעלים למעלה בשבת, ואמנם לא שמתכללים בשבת ממש כי א״א למהות העבודה שבחול שתוכלל בשבת, אלא שיש בכל יום הארת שבת, וכמ״ש זכור את יום השבת, והוא התפלה שבה נכללים ועולים התומע״ט של כל היום, כי התפלה נק׳ עולת תמיד ע״ש עליות העולמות שעולים למעלה מעלה בזמן התפלה (ע׳ בזהר פ׳ פנחס דרמ״ז ע״ב ופ׳ פקודי דר״ס סע״ב), כמו שהשבת נק׳ עולת שבת ע״ש עליות העולמות שבשבת, ואח״כ התפלות של כל ימי החול עם כל התומע״ט שנכללו בהן נכללים בשבת ממש.

וצ״ל ענין עליות אלו מהו דהא מלא כל הארץ כבודו, וכתיב כי ה׳ הוא האלקים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת, וכמ״ש בזהר דלית אתר פנוי מיני׳ (וכמ״ש ג״כ במדרש רבה פ׳ שמות פ׳ ב׳ למה מתוך הסנה ללמדך שאין מקום פנוי בלא שכינה אפילו סנה). וא״כ מהו ל׳ עליות העולמות וכן בפסוק נאמר עלת שבת דמשמע שעולים למעלה דוקא.

ויובן בהקדים ענין ירידת הנשמות בגוף בעוה״ז שהיא ירידה צורך עליה. והנה ידוע דגם קודם ירידתן הם גבוהים מאד במדרגה, כמאמר ישראל עלו במחשבה, משא״כ אפילו במלאכים דכתיב וברוח פיו כל צבאם, וכמו שעד״מ באדם האותיות והדיבורים שמדבר הם כלא חשיב לגבי כללות נפש המדברת ולא נעשה שינוי וגרעון בה מחמת הדבורים ויכולה היא לדבר דיבורים אין קץ, כך כל העולמות והמלאכים והחיות שבהם הוא רק הארה וכלא חשיב אצלו ית׳ ואין תופס מקום נגדו כו׳.

Et pour comprendre cela, il faut expliquer le sujet du Chabbat. Car voici, il est connu que le Chabbat est l'aspect des élévations des mondes, et la pensée, la parole et l'action de tous les jours de semaine s'élèvent en haut le Chabbat.

Toutefois, ce n'est pas qu'elles s'intègrent dans le Chabbat lui-même, car il est impossible que l'essence du service des jours de semaine puisse s'intégrer dans le Chabbat ; mais il y a dans chaque jour une illumination du Chabbat, et comme il est écrit : "Souviens-toi du jour du Chabbat" (Exode 20, 8), et c'est la prière, dans laquelle s'intègrent et s'élèvent la pensée, la parole et l'action de toute la journée. Car la prière est appelée holocauste perpétuel, en raison des élévations des mondes qui s'élèvent de plus en plus haut au moment de la prière (voir dans le Zohar, paracha Pin'has, folio 247b, et paracha Pekoudé, folio 260, fin de la page b), de même que le Chabbat est appelé holocauste du Chabbat, en raison des élévations des mondes du Chabbat.

Et ensuite les prières de tous les jours de semaine, avec toute la pensée, la parole et l'action qui y ont été intégrées, s'intègrent dans le Chabbat lui-même. Et il faut expliquer quel est le sujet de ces élévations, puisque "toute la terre est remplie de Sa gloire" (Isaïe 6, 3), et il est écrit : "car ה' est Elokim, dans les cieux en haut et sur la terre en bas" (Deutéronome 4, 39), et comme il est écrit dans le Zohar qu'il n'est aucun lieu vide de Lui (et comme il est écrit aussi dans Chemot Rabba, chapitre 2 : pourquoi du milieu du buisson ? pour t'enseigner qu'il n'y a aucun lieu vide sans la Chekhina, même un buisson).

S'il en est ainsi, quel est le sens de l'expression "élévations des mondes", et de même dans le verset il est dit "l'holocauste du Chabbat", ce qui implique qu'ils s'élèvent en haut précisément. On le comprendra en préfaçant le sujet de la descente des âmes dans le corps en ce monde, qui est une descente en vue d'une élévation.

Et voici, il est connu que même avant leur descente elles sont très élevées en degré, selon l'enseignement : "Israël est monté dans la pensée", ce qui n'est pas le cas même des anges, dont il est écrit : "et par le souffle de Sa bouche toute leur armée" (Psaumes 33, 6). Et comme, par exemple, chez l'homme, les lettres et les paroles qu'il prononce sont comme rien par rapport à l'ensemble de l'âme parlante, et il ne se fait en elle aucun changement ni aucune diminution à cause des paroles, et elle peut prononcer des paroles sans fin ; ainsi tous les mondes, les anges et les 'hayot qui s'y trouvent ne sont qu'une illumination et comme rien auprès de Lui, béni soit-Il, et ils ne tiennent aucune place face à Lui, etc.

ואמנם נש״י עלו במחשבה, ואע״ג דגם המחשבה היא כלא חשיב אצלו ית׳, וכמו למשל מחשבות האדם שנמשכים מנפשו ונשמתו שאין תופסים מקום כלל ולא שינוי ולא גרעון בנפשו מחמת המחשבות ויכולה היא לחשוב מחשבות אין קץ, וכך עד״מ למעלה המחשבה א׳ היא כלא חשיב כו׳ וכמ״ש אני הוי׳ לא שניתי כו׳ מ״מ המחש בה הוא למעלה מן הדבור שהדבור נק׳ לבוש החיצון, כמו עד״מ בגשמיות לבוש שאינו לובשו תמיד רק לפעמים דהיינו כשהולך לחוץ, כך הוא הדבור שהרי לא תמיד הוא מדבר אלא כשצריך לגלות לזולתו ויש מעצור לרוחו שלא לדבר, משא״כ המחשבה היא לבוש הפנימי שלובשו תמיד גם כשהוא בפ״ע שא״א להיות בלא מחשבה, ולכן לא תנוח המחשבה לעולם. והיא ג״כ נצחית כמו שהנפש עצמה נצחית (ועמ״ש בד״ה אני  ישנה גבי רעיתי ובד״ה ראיתי והנה מנורת זהב) ולכן העולמות והנבראים שהתהוותן מבחי׳ דבור נתחדשו ונתהוו בשי״ב שאז היה עת לדבר.

וגם יחזרו לאין ואפס אחר הזמן משך עמידת העולם שית אלפי שני דהוי עלמא כו׳ (ובמדרש רבה סדר נח פ׳ ל״ד מבואר ראי׳ מהתורה שיש גבול לעמידת העולם מדכתיב כל ימי הארץ), והיינו לפי שהתהוותם הוא מבחי׳ הדיבור אשר יש עת לחשות כמו שיש עת לדבר. משא״כ הנשמות לפי שעלו במחשבה היו גם קודם שי״ב וכמאמר רז״ל בבראשית רבה פ׳ ח׳ ע״פ עם המלך במלאכתו ישבו שם (בד״ה א׳ סי׳ ד׳) עם מלך מלכי המלכים הקב״ה ישבו נפשות של צדיקים שבהן נמלך הקב״ה וברא את העולם.

וגם לכן הם נצחיים כי המחשבה היא ג״כ תמידית והשכל והמחשבה הם תרין רעין דלא מתפרשין וכהדין קמצא דלבושא מיני׳ וביה. אך הנשמות הם מחולקים במעלה ומדרגה זה מזה כי יש ס״ר נשמות שרשיים.

(וכל שרש מתחלק לענפים וענפים לניצוצות אין קץ כו׳) כנגד ס״ר אותיות שבתורה אף שבתורה אין נמצא ס״ר אותיות היינו מפני אותיות המשך שהם אותיות אהו״י שבכלל הנקודות שאינן בכתב אבל ישנן במחשבה שהקמץ הוא א׳ והחירק י׳ כו׳. (וכדפרש״י ספ״ו דכתובות גבי ינחם כתיב כאילו כתיב ינאחם), אך איזו מהנקודות הם אינו ידוע כו׳.

וא״כ יפלא למה ירדו הנשמות כ״כ למטה וכנודע בפי׳ מה שאנו אומרים בכל יום המתנשא מימות עולם כו׳ ברחמיך הרבים רחם עלינו, שרחמנות גדולה היא על הנשמות שירדו מאיגרא רמה היינו מחשבתו ית׳ המתנשא מימות עולם. למטה מאד בעוה״ז בגוף ונפש הבהמית.

אך הענין נודע דירידה זו צורך עלייה היא:

Toutefois les âmes d'Israël sont montées dans la pensée. Et bien que la pensée aussi soit comme rien auprès de Lui, béni soit-Il, et comme, par exemple, les pensées de l'homme qui sont attirées de son âme et de sa nechama, qui ne tiennent aucune place du tout, et il n'y a ni changement ni diminution dans son âme à cause des pensées, et elle peut penser des pensées sans fin, et ainsi, par exemple, en haut, une pensée est comme rien, etc., et comme il est écrit : "Moi, ה', Je n'ai pas changé" (Malachie 3, 6), etc.

Malgré cela, la pensée est au-dessus de la parole, car la parole est appelée vêtement extérieur, comme, par exemple, dans le corporel, un vêtement qu'on ne porte pas toujours, seulement parfois, c'est-à-dire lorsqu'on sort dehors ; ainsi est la parole, puisqu'on ne parle pas toujours, seulement lorsqu'on a besoin de révéler à autrui, et il y a un frein à son esprit pour ne pas parler. Ce qui n'est pas le cas de la pensée, qui est le vêtement intérieur qu'on porte toujours, même lorsqu'on est seul, car il est impossible d'être sans pensée ; c'est pourquoi la pensée ne se repose jamais.

Et elle est aussi éternelle, comme l'âme elle-même est éternelle (et voir ce qui est écrit au début du discours "Moi, je dors", à propos de "ma bien-aimée", et au début du discours "J'ai vu, et voici un candélabre d'or"). C'est pourquoi les mondes et les créatures, dont la venue à l'existence est de l'aspect de la parole, ont été renouvelés et sont venus à l'existence durant les six jours de la création, car alors c'était le temps de parler.

Et ils retourneront aussi au néant et au rien après le temps de la durée du monde, six mille ans que dure le monde, etc. (et dans Beréchit Rabba, section Noa'h, chapitre 34, est exposée une preuve de la Torah qu'il y a une limite à la durée du monde, puisqu'il est écrit : "tous les jours de la terre" (Genèse 8, 22)).

Et c'est parce que leur venue à l'existence est de l'aspect de la parole, pour laquelle il y a un temps de se taire comme il y a un temps de parler. Ce qui n'est pas le cas des âmes : parce qu'elles sont montées dans la pensée, elles existaient aussi avant les six jours de la création, et selon l'enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, dans Beréchit Rabba, chapitre 8, sur le verset "avec le roi, dans son ouvrage, ils y siégeaient" (I Chroniques 4, 23) (dans le discours 1, paragraphe 4) : avec le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, siégeaient les âmes des justes, avec lesquelles le Saint, béni soit-Il, a pris conseil et a créé le monde.

Et c'est aussi pourquoi elles sont éternelles, car la pensée est aussi permanente, et l'intellect et la pensée sont deux compagnons qui ne se séparent pas, et comme cette sauterelle dont le vêtement est d'elle-même et en elle. Mais les âmes sont distinctes en excellence et en degré l'une de l'autre, car il y a 600 000 âmes racines (et chaque racine se divise en branches, et les branches en étincelles sans fin, etc.), en regard des 600 000 lettres de la Torah.

Bien que dans la Torah on ne trouve pas 600 000 lettres, c'est à cause des lettres de prolongation, qui sont les lettres alef, hé, vav, youd, incluses dans les points voyelles qui ne sont pas dans l'écrit, mais elles sont dans la pensée, car le kamats est un alef et le 'hirik un youd, etc. (et comme Rachi l'explique à la fin du chapitre 6 de Ketoubot, à propos de "il consolera", écrit comme s'il était écrit "il se consolera").

Mais lesquelles des voyelles elles sont, on ne le sait pas, etc. S'il en est ainsi, on s'étonnera : pourquoi les âmes sont-elles descendues si bas, et comme on le sait dans l'explication de ce que nous disons chaque jour : "Celui qui s'élève depuis les jours du monde", etc., "dans Tes nombreuses miséricordes, aie pitié de nous", qu'une grande miséricorde est sur les âmes qui sont descendues d'un toit élevé, c'est-à-dire Sa pensée, béni soit-Il, qui s'élève depuis les jours du monde, très bas en ce monde, dans un corps et une nefech habéhamit (âme animale).

Mais le sujet est connu : cette descente est en vue d'une élévation.

קיצור (ענין אלמלי שמרו ישראל שתי שבתות. ענין עולת תמיד ועולת שבת.

מהו פי׳ עלייה ויובן בהקדים ענין ירידת הנשמה לגוף שהיא ג״כ צורך עלייה):

Abrégé. (Le sujet de : si Israël gardait deux Chabbats.

Le sujet de l'holocauste perpétuel et de l'holocauste du Chabbat. Quel est le sens d'élévation, et on le comprendra en préfaçant le sujet de la descente de l'âme dans le corps, qui est elle aussi en vue d'une élévation) :

ב וענין העלייה יובן ע״פ מאמר בורא קדושים ישתבח שמך לעד, כי הנשמות נק׳ קדושים וכמו שאומרים בשמו״ע וקדושים בכל יום יהללוך סלה דקאי על הנשמות, שמתחלה אומרים סדר קדושה של המלאכים איך שאומרים קדוש וברוך וימלוך, ואח״כ אומרים עוד וקדושים בכל יום על הנשמות.

2. Et le sujet de l'élévation se comprendra d'après l'enseignement : "Créateur des saints, que Ton nom soit loué à jamais", car les âmes sont appelées saints, et comme on dit dans l'Amida : "et les saints, chaque jour, Te loueront, sela", ce qui vise les âmes.

Car d'abord on dit l'ordre de la kedoucha des anges, comment ils disent "saint", "béni" et "Il régnera", et ensuite on dit encore : "et les saints chaque jour", au sujet des âmes.

ואומרים כסדר מלמטה למעלה תחלה קדושת המלאכים שהמלאכים יש להם גוף, וכמ״ש בדניאל ס״י וגויתו כתרשיש וכתיב עושה מלאכיו רוחות משרתיו אש לוהט, ולכן המלאכים תופסים מקום שיש מלאך גדול מהלך ת״ק שנה ויש מלאך בשליש עולם כו׳, והיינו הגוף שלהם גדול כ״כ שהוא בבחי׳ מקום ומאחר שהם בבחי׳ מקום הרי הם ג״כ בבחי׳ זמן שהמקום והזמן שניהם הם נבראים בבחי׳ א׳, ולכן יש להן עת קבוע לומר שירה, משא״כ הנשמות אין להם בחי׳ זמן ומקום לפי שהם בבחי׳ קדושים, קדש היינו מובדל שהנשמה כמו שהיא למעלה הם מובדלים מבחי׳ גוף לגמרי ואינן בבחי׳ מקום, ולכן אינן ג״כ בבחי׳ זמן, וע״כ שירה שלהם הוא בכל יום תמיד וזהו וקדושים בכל יום יהללוך וגם סלה בלי הפסק. כמאמר ילכו מחיל אל חיל וכל הילוך ועליי׳ הוא ע״י שיר דוקא.

(וכמ״ש מזה בד״ה מזמור שיר חנוכת הבית). וגם כי הנה וקדושים ל׳ רבים שיש בחי׳ קדושים רבים גבוה מעל גבוה עד רום המעלות, וזהו יהללוך סלה.

כי הנה ההילול הוא מחמת ההשגה והתענוג באלקותו ית׳, וזהו הג״ע שהוא תענוג הנשמות בהשגתם מזיו השכינה ע״ד שארז״ל מוטב דלידייניה וליתי׳ לעלמא דאתי שכדאי כל יסורי גיהנם אף גם בשביל תענוג ג״ע התחתון, ועד״ז יש ריבוי מדרגות בעילוי אחר עילוי, הגם שבספרים לא נזכר רק ב׳ מדרגות דרך כלל ג״ע העליון וג״ע התחתון, היינו שלא נתגלו אלינו.

Et l'on dit dans l'ordre, de bas en haut : d'abord la kedoucha des anges, car les anges ont un corps, et comme il est écrit dans Daniel : "et son corps est comme du tarshish" (Daniel 10, 6), et il est écrit : "Il fait de Ses anges des vents, de Ses serviteurs un feu flamboyant" (Psaumes 104, 4). C'est pourquoi les anges tiennent une place : il y a un ange grand qui parcourt cinq cents ans, et il y a un ange du tiers du monde, etc.

C'est-à-dire que leur corps est si grand qu'il est dans l'aspect de lieu, et puisqu'ils sont dans l'aspect de lieu, ils sont aussi dans l'aspect de temps, car le lieu et le temps sont tous deux créés dans un seul aspect. C'est pourquoi ils ont un moment fixé pour dire le cantique.

Ce qui n'est pas le cas des âmes : elles n'ont pas d'aspect de temps ni de lieu, parce qu'elles sont dans l'aspect de saints, kodech, c'est-à-dire séparé, car l'âme, telle qu'elle est en haut, est entièrement séparée de l'aspect de corps, et elles ne sont pas dans l'aspect de lieu ; c'est pourquoi elles ne sont pas non plus dans l'aspect de temps. Par conséquent leur cantique est chaque jour, continuellement, et c'est : "et les saints, chaque jour, Te loueront", et aussi "sela", sans interruption.

Selon l'enseignement : "ils iront de force en force" (Psaumes 84, 8), et toute marche et élévation se fait par le cantique précisément (et comme il est écrit de cela au début du discours "Psaume, cantique de l'inauguration de la Maison"). Et aussi parce que "et les saints" a le sens d'un pluriel : il y a de nombreux aspects de saints, haut au-dessus de haut, jusqu'au sommet des degrés, et c'est "ils Te loueront, sela".

Car voici, la louange vient de la saisie et de la délectation en Sa divinité, béni soit-Il, et c'est le Gan Eden, qui est la délectation des âmes dans leur saisie de l'éclat de la Chekhina, à la manière de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : mieux vaut qu'on le juge et qu'il vienne au monde à venir, car tous les tourments du Guéhinom en valent la peine, même seulement pour la délectation du Gan Eden inférieur. Et de même il y a une multitude de degrés, en élévation après élévation, bien que dans les livres on ne mentionne que deux degrés de manière générale, le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur, c'est-à-dire qu'ils ne nous ont pas été révélés.

וזהו יהללוך סלה בלי הפסק, ומ״מ נאמר עליהם בורא קדושים ישתבח שמך היינו שעם כל השבח הזה של בחי׳ הנשמות וכל בחי׳ הקדושים עד רום המעלות אינן מקבלים ומשיגים אלא מבחי׳ שמו ית׳  בלבד שבבחי׳ זו הם מהללים סלה, וכמארז״ל נהנים מזיו השכינה.

Et c'est "ils Te loueront, sela", sans interruption. Malgré cela, il est dit d'eux : "Créateur des saints, que Ton nom soit loué", c'est-à-dire qu'avec toute cette louange de l'aspect des âmes et de tous les aspects des saints jusqu'au sommet des degrés, elles ne reçoivent et ne saisissent que de l'aspect de Son nom, béni soit-Il, seulement, et c'est dans cet aspect qu'elles louent éternellement, et comme nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "ils jouissent de l'éclat de la Chekhina" (Berakhot 17a).

ובזהר נק׳ בלשון אור וכמ״ש בע״ח אור אין סוף, פי׳ עד״מ אור השמש המאיר לארץ ולדרים שהוא זיו והארה ממנו ונחשב לאין ואפס לגבי עצם השמש שהוא מקור האור והזיו. עד שאין שום שינוי בעצם השמש אם מאיר אורו על הארץ או אם יחשיכו העבים או שיסתירו חלוני הבית ולא יומשך שם האור אין מכ״ז שום שינוי כלל במאור השמש.

כך פי׳ אור א״ס הוא רק בחי׳ הארה המתפשט ונמשך ממנו ית׳.

Et dans le Zohar cela est appelé par l'expression de lumière, et comme il est écrit dans Ets 'Haïm : Or Ein Sof (lumière infinie). Explication, par exemple : la lumière du soleil qui éclaire la terre et ceux qui y habitent, qui est un éclat et une illumination de lui, et est considérée comme néant et rien par rapport à l'essence du soleil, qui est la source de la lumière et de l'éclat.

Au point qu'il n'y a aucun changement dans l'essence du soleil si sa lumière éclaire la terre, ou si les nuages l'obscurcissent, ou si l'on ferme les fenêtres de la maison et que la lumière n'y soit pas attirée : de tout cela il n'y a aucun changement du tout dans le luminaire du soleil. Ainsi l'explication de Or Ein Sof n'est que l'aspect d'illumination qui se propage et est attirée de Lui, béni soit-Il.

והנה הארה מבחי׳ זו ע״י צמצומים רבים נמשך להיות מושג לקדושים הנ״ל. וזהו פי׳ ישתבח שמך.

כי הנה בחי׳ זו שנק׳ בלשון הזהר אור נק׳ ג״כ שם. כמ״ש בפרקי דר״א פ״ג עד שלא נברא העולם היה הקב״ה ושמו הגדול בלבד והכל הולך אל מקום אחד וכוונה אחת, להבין ענין חיות אלקות המחיה את כל העולמות איך שאינו נוגע כלל לעצמיות רק שכל מדרש מדבר בלשון אחר ומשל אחר, וכמ״ש וידבר שלשת אלפים משל וכן בלשון מקרא הוא נק׳ ג״כ בלשון שם, דכמו השם אשר יקראו לו עד״מ אברהם הרי אין ערוך השם לגבי עצמותו ומהותו של האדם ואינו נוגע לו כלל שבפ״ע א״צ להשם, ועכ״ז מתלבש החיות באותיות השם וכמ״ש גבי אדה״ר ויבא אל האדם לראות מה יקרא לו וכל אשר יקרא לו האדם נפש חיה הוא שמו (בראשית ב׳ י״ט), הרי יש שייכות ממש להשם אל עצם הדבר ואינו הסכמה בעלמא (ועיין ברבות בראשית פרשה י״ז מזה עד אני ה׳ הוא שמי שקרא לי אדה״ר) והיינו שהוא ע״ד מ״ש בסש״ב שער היחוד והאמונה ספ״א וזה שמו אשר יקראו לו בלה״ק הוא כלי לחיות המצומצם באותיות שם זה שנשתלשל מעשרה מאמרות כו׳ ע״ש.

ועד״ז בשם האדם הנה הנשמה עצמה קודם בואה בגוף אינה נקראת בשם כלל כמ״ש בפ׳ בלק ע״פ מי מנה ובפי׳ ולאדם לא מצא עזר כו׳, והוא מהרמב״ן שם נמצא השם אינו לבחי׳ הנשמה עצמה והרי גם לגוף עצמו אין השם מועיל, אך השם מקשר הנשמה בגוף והחיות הנמשך מהנשמה ומחיה הגוף הוא נשרש בהשם. דהיינו ראובן חיות שלו באותיות ריש אלף כי הוא מבחי׳ ראיה, וכמ״ש ברבות פ׳ שמות ראובן שנאמר ראה ראיתי כו׳ וע״ש מענין שמות, ועמ״ש בד״ה יהודה אתה כו׳, ולאה מחמת שראתה המעשה ראו מה בין בני כו׳ ידעה ששרש נשמתו באותיות שמו ראובן.

דהנה כל דבר הגדול הצריך לצמצם א״ע להחיות שלמטה ממנו הוא רק בבחינת שמו שלעצמו א״צ שום שם רק בכדי להתגלות לאחרים צריך שם, והנה כשמתגלה לאחרים אינו מתגלה לו בעצמיות שכלו רק שמו כו׳.

Et voici, une illumination de cet aspect, par de nombreux tsimtsoumim (retraits), est attirée pour être saisie par les saints mentionnés. Et c'est l'explication de "que Ton nom soit loué".

Car voici, cet aspect qui est appelé par l'expression de lumière dans le Zohar est aussi appelé nom. Comme il est écrit dans les Pirkei deRabbi Eliezer, chapitre 3 : avant que le monde ne fût créé, il y avait le Saint, béni soit-Il, et Son grand Nom seulement, et tout va vers un seul lieu et une seule intention, afin de comprendre le sujet de la vitalité divine qui vivifie tous les mondes, comment elle ne touche pas du tout à l'essence, seulement que chaque Midrach parle dans une autre expression et une autre parabole, et comme il est écrit : "et il prononça trois mille paraboles" (I Rois 5, 12), et de même dans l'expression de l'Écriture cela est aussi appelé nom.

Car de même que le nom dont on l'appelle, par exemple Avraham, voici le nom n'a aucune commune mesure avec l'essence et la substance de l'homme, et cela ne le touche pas du tout, car en lui-même il n'a pas besoin du nom. Et malgré cela la vitalité se revêt dans les lettres du nom, et comme il est écrit au sujet d'Adam le premier : "et Il les fit venir vers l'homme pour voir comment il les appellerait, et tout ce que l'homme appela âme vivante, c'est son nom" (Genèse 2, 19).

Voici, il y a une relation véritable du nom à l'essence de la chose, et ce n'est pas un simple accord (et voir dans Beréchit Rabba, chapitre 17, de cela, jusqu'à "Moi, ה', c'est Mon Nom", qu'Adam le premier M'a appelé). Et c'est à la manière de ce qui est écrit dans le Tanya, Chaar haYi'houd vehaEmouna, fin du chapitre 1 : et c'est Son nom dont on L'appellera en langue sainte, il est un kli pour la vitalité resserrée dans les lettres de ce nom, qui s'est enchaînée depuis les dix paroles, etc., voir là.

Et de même pour le nom de l'homme : voici, l'âme elle-même, avant de venir dans le corps, n'est pas appelée d'un nom du tout, comme il est écrit dans la paracha Balak sur le verset "qui a compté", et dans l'explication de "et pour l'homme il ne trouva pas d'aide", etc., et c'est du Ramban là : il se trouve que le nom n'est pas pour l'aspect de l'âme elle-même, et voici, même pour le corps lui-même le nom n'est d'aucune utilité ; mais le nom relie l'âme au corps, et la vitalité qui est attirée de l'âme et vivifie le corps est enracinée dans le nom. C'est-à-dire Reouven : sa vitalité est dans les lettres reish, alef, car il est de l'aspect de la vision, et comme il est écrit dans Chemot Rabba : Reouven, car il est dit "j'ai assurément vu", etc., et voir là au sujet des noms, et voir ce qui est écrit au début du discours "Yehouda, toi", etc.

Et Léa, parce qu'elle avait vu l'acte, "voyez quelle différence entre mon fils", etc., sut que la racine de son âme était dans les lettres de son nom Reouven. Car voici, toute chose grande qui a besoin de se resserrer elle-même pour vivifier ce qui est au-dessous d'elle n'est que dans l'aspect de son nom, car pour elle-même elle n'a besoin d'aucun nom, seulement afin de se révéler à d'autres elle a besoin d'un nom.

Et voici, lorsqu'elle se révèle à d'autres, ce n'est pas son essence d'intellect qui se révèle à lui, seulement son nom, etc.

והנה נראה שאותיות השם הם חומריים ואינם כלום רק שבו יש חיות מעט שמחיה את הגוף. דהיינו כנודע שהאור והחיות המתפשט מהנשמה בהגוף דהיינו החיות המתפשט בכל רמ״ח איברי הגוף אין זה מהות ועצמות הנשמה ממש אלא רק בחי׳ גילוי והארה ממנו, וכמ״ש בסש״ב פנ״א והמשכת הארה זו נשרש באותיות השם.

לכן השם שייך דוקא בהתלבשות הנשמה בגוף שאז נמשך הארה מהנשמה להתפשט בגוף וזהו ע״י בחי׳ השם, משא״כ קודם ירידתה בגוף היה הארה זו כלולה במהותה ועצמותה בבחי׳ ביטול ממש ע״כ אין נקראת בשם כי השם הוא רק בחי׳ הארה כו׳ משא״כ מהותה ועצמותה כו׳. נמצא מובן ג״כ דענין השם הוא ג״כ עד״מ דבחי׳ הארה כו׳ מה שאינו נוגע לעצ מיות כלל.

שכשהנשמה למעלה א״צ לשם רק כשהיא ממלאה את הגוף שהוא בחי׳ הארה המתפשט ממנה הוא ע״י השם.

Et voici, il apparaît que les lettres du nom sont matérielles et ne sont rien, seulement qu'il y a en elles un peu de vitalité qui vivifie le corps. C'est-à-dire, comme on le sait, que la lumière et la vitalité qui se propagent de l'âme dans le corps, c'est-à-dire la vitalité qui se propage dans tous les 248 membres du corps, ce n'est pas l'essence et la substance de l'âme véritablement, mais seulement un aspect de révélation et d'illumination qui en vient, et comme il est écrit dans le Tanya, chapitre 51, et l'attraction de cette illumination est enracinée dans les lettres du nom.

C'est pourquoi le nom ne se rapporte qu'au revêtement de l'âme dans le corps, car alors une illumination est attirée de l'âme pour se propager dans le corps, et c'est par l'aspect du nom. Au contraire, avant sa descente dans le corps, cette illumination était incluse dans son essence et sa substance, dans un aspect de bitoul (effacement de soi) véritable ; c'est pourquoi elle n'est pas appelée d'un nom, car le nom n'est qu'un aspect d'illumination, etc., au contraire de son essence et de sa substance, etc.

Il en résulte qu'on comprend aussi que le sujet du nom est aussi à l'image de l'aspect d'illumination, etc., ce qui ne touche pas du tout à l'essence. Car lorsque l'âme est en haut, elle n'a pas besoin de nom ; seulement lorsqu'elle remplit le corps, ce qui est un aspect d'illumination qui se propage d'elle, c'est par le nom.

וכך יובן למעלה מה שהוא ית׳ מחיה ומהוה העולמות עליונים ותחתונים הוא רק בבחי׳ שמו ולא בעצמותו ממש כי העצמות לא היו יכולים לסבול. וגם בבחי׳ שמו כתיב כי נשגב שמו לבדו.

דהיינו ששמו ג״כ אינו בגדר מהווה ומחיה כלל אלא הוא לבדו.

Et ainsi on comprendra en haut : ce qu'Il, béni soit-Il, vivifie et fait venir à l'existence les mondes supérieurs et inférieurs n'est que dans l'aspect de Son nom, et non dans Son essence véritablement, car l'essence ne pourrait pas le supporter. Et même dans l'aspect de Son nom il est écrit : "car Son nom seul est élevé" (Psaumes 148, 13).

C'est-à-dire que Son nom non plus n'est absolument pas dans l'ordre de ce qui fait venir à l'existence et vivifie, mais Il est seul.

ונשגב מורה על הפלגה יתירה שהוא מופלג הרבה מעולמות הנאצלים כו׳ רק כי הודו על ארץ ושמים פי׳ שנמשך הוד וזיו משמו לחיות ארץ ושמים כו׳, וזהו ושמך קדוש כו׳ שגם  בחי׳ שמך הוא קדוש ומובדל. ומה שנמשך בבחי׳ ממכ״ע כמו שהנשמה ממלא את הגוף.

זהו רק הארה דהארה כו׳. וזהו לכו חזו מפעלות ה׳ אשר שם שמות בארץ בתהלים (סי׳ מ״ו ט׳) וארז״ל פ״ק דברכות (ד״ז ע״ב) אל תקרי שמות אלא שמות.

כי הנה יש כמה שמות לו ית׳ והיינו מחמת שהעולמות לא יכלו לסבול ולהבין האור והחיות הנמשך ומתפשט משמו הגדול ב״ה רק ע״י אמצעות כמה מיני מדרגות וכל מדרגה הגבוה המחיה את שלמטה ממנו הוא רק בבחי׳ שם וכולם ממנו יתברך (והוא ע״ד מ״ש באג״ה איהו וחיוהי ענין הקו והארת הקו והארה דהארה. והארה דהארה דהארה כו׳), ולכן יש כמה שינויים בעולמות (וע׳ בפרדס שער השמותפרק א׳ שיש שני שמות שאותיותיהם שוים ועכ״ז א׳ מורה למעלה מעלה בבחי׳ ומדרגה יותר גבוה כו׳ ע״ש הטעם.

ומזה יובן ג״כ עד״ז מה שיש למטה ב׳ בנ״א ששמותיהן שוין ואעפ״כ אינן שוין במעלתן), והנה השם אינו כלום כנגד העצמיות וכאפס נחשב כו׳. וזהו לכו חזו מפעלות הוי׳ היא הפליאה הגדולה שהוא א״ס ב״ה המהוה כל העולמות תמיד מאין ליש בדבורו.

אשר שם שמות בארץ לשון שממה שבאמת אפילו כל העולמות מריש כל דרגין כו׳ הוא רק שממה נגד עצמותו ית׳ וכמ״ש במ״א ע״פ במדבר סיני והיינו לפי שחיותם הוא רק מבחי׳ שמות כי ביה הוי׳ צור עולמים ביו״ד נברא העוה״ב כו׳ (ועמ״ש מזה ע״פ ובבואה לפני המלך כו׳. וע׳ זח״א ר״פ נח ד״ס ע״א).

וזהו בורא קדושים ישתבח שמך שכל העליות של בחי׳ וקדושים בכל יום יהללוך סלה אינו אלא בבחי׳ שמך כו׳ ולכן אמר בורא קדושים שהם בחי׳ בריאה מאין ליש. כי הנה כתיב והחכמה מאין תמצא פי׳ כי התהוות החכמה שהוא ראשית ההשתלשלות מא״ס ב״ה אינו כמו השתלשלות שמהחכמה למטה שהוא דרך עילה ועלול כמשל באדם שיש בו שכל ומדות ומחודומ״ע שמשתלשלים זה מזה הנה השכל עצמו נמשך ומתלבש בהמחשבה, וכן המחשבה בהדבור וכן השכל ומדות כו׳.

Et "élevé" indique une extrême distance, qu'Il est extrêmement éloigné des mondes émanés, etc. Seulement : "Sa majesté est sur la terre et les cieux" (Psaumes 148, 13), explication : qu'une majesté et un éclat sont attirés de Son nom pour vivifier la terre et les cieux, etc.

Et c'est : "et Ton nom est saint", etc., que même l'aspect de Ton nom est saint et séparé. Et ce qui est attiré dans l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes), comme l'âme remplit le corps, ce n'est qu'une illumination de l'illumination, etc.

Et c'est : "Allez, voyez les œuvres de ה', qui a mis des désolations sur la terre" (Psaumes 46, 9), et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au premier chapitre de Berakhot (folio 7b) : ne lis pas chamot mais chemot. Car voici, Il a plusieurs noms, béni soit-Il, et c'est parce que les mondes ne pouvaient pas supporter ni comprendre la lumière et la vitalité qui sont attirées et se propagent de Son grand Nom, béni soit-Il, seulement par l'intermédiaire de plusieurs sortes de degrés, et tout degré élevé qui vivifie celui qui est au-dessous de lui n'est que dans l'aspect de nom, et tous viennent de Lui, qu'Il soit béni (et c'est à la manière de ce qui est écrit dans Igueret Hakodech : Lui et Ses vitalités, le sujet du kav (rayon) et de l'illumination du kav, et de l'illumination de l'illumination, et de l'illumination de l'illumination de l'illumination, etc.).

C'est pourquoi il y a plusieurs changements dans les mondes (et voir dans le Pardès, Chaar hachemot, chapitre 1, qu'il y a deux noms dont les lettres sont égales, et malgré cela l'un indique en haut, en haut, dans un aspect et un degré plus élevé, etc., voir là la raison. Et de cela on comprendra aussi, de même, ce qu'il y a en bas : deux personnes dont les noms sont égaux, et malgré cela elles ne sont pas égales dans leur degré).

Et voici, le nom n'est rien en face de l'essence, et est considéré comme néant, etc. Et c'est : "Allez, voyez les œuvres de ה'", c'est le grand émerveillement, qu'Il est l'Ein Sof, béni soit-Il, qui fait venir à l'existence tous les mondes constamment de l'ayin (le néant) au yech (l'être, le moi), par Sa parole.

"Qui a mis des désolations sur la terre", l'expression désolation : qu'en vérité même tous les mondes, depuis le commencement de tous les degrés, etc., ne sont que désolation en face de Son essence, béni soit-Il, et comme il est écrit ailleurs sur le verset "dans le désert du Sinaï", et c'est parce que leur vitalité n'est que de l'aspect des noms, car "par le youd, ה' a formé les mondes" (Mena'hot 29b) : par le youd a été créé le monde à venir, etc. (et voir ce qui est écrit de cela sur le verset "et lorsqu'elle vint devant le roi", etc.

Et voir Zohar I, début de la paracha Noa'h, folio 60a). Et c'est : "Créateur des saints, que Ton nom soit loué", que toutes les élévations de l'aspect "et les saints, chaque jour, Te loueront, sela" ne sont que dans l'aspect de Ton nom, etc.

C'est pourquoi il a dit "Créateur des saints", qu'ils sont un aspect de création de l'ayin au yech. Car voici, il est écrit : "et la sagesse, de l'ayin se trouve-t-elle" (Job 28, 12), explication : car la venue à l'existence de la 'hokhma, qui est le commencement de l'enchaînement depuis l'Ein Sof, béni soit-Il, n'est pas comme l'enchaînement qui va de la 'hokhma vers le bas, qui est par voie de cause et d'effet, comme l'image dans l'homme, en qui il y a intellect, middot, et pensée, parole et action, qui s'enchaînent l'un de l'autre : voici l'intellect lui-même est attiré et se revêt dans la pensée, et de même la pensée dans la parole, et de même l'intellect et les middot, etc.

וזהו הנק׳ השתלשלות עילה ועלול שהוא בחי׳ יש מיש. ולא יש מאין.

כי העילה עצמה נתפסת ומתלבשת בהעלול. וכך הוא ענין השתלשלות עילה ועלול שבאצי׳ מהחכמה ולמטה כמ״ש בזהר בראשית, וכמ״ש כולם בחכמה עשית.

שכל ההתהוות נמשכו מהעלם לגילוי מבחי׳ חכמה שבתחלה היו כלולים יחד בבחי׳ חכמה, והוא בחי׳ המאמר האחד שבו יכול להבראות דהיינו שהוא הכולל לכל ט׳ מאמרות.

Et c'est ce qu'on appelle enchaînement de cause et d'effet, qui est un aspect de yech meyesh, et non yech méayin. Car la cause elle-même est saisie et se revêt dans l'effet.

Et ainsi est le sujet de l'enchaînement de cause et d'effet dans Atsilout, de la 'hokhma et au-dessous, comme il est écrit dans le Zohar, Beréchit, et comme il est écrit : "Tu as tout fait avec sagesse" (Psaumes 104, 24). Que toute la venue à l'existence a été attirée du caché au révélé, depuis l'aspect de 'hokhma : au début ils étaient tous inclus ensemble dans l'aspect de 'hokhma, et c'est l'aspect de la parole unique dans laquelle il peut être créé, c'est-à-dire qu'elle inclut toutes les neuf paroles.

וכן הוא למטה ג״כ כשעלה ברצונו לברא העולם במחשבה א׳ נבראו כל העולמות בדרך כלל והוא מ״ש בראשית ברא ות״י בחוכמתא ונפרטו אח״כ בט׳ מאמרות בששת ימים כו׳. אבל התהוות החכמה מא״ס ב״ה הוא יש מאין ממש להיות כי א״ס ב״ה הוא למעלה מעלה אין קץ מבחי׳ ומדרגת חכמה ולכן כדי שיהיה התהוות בחי׳ חכמה זהו בריאה יש מאין.

(ועמ״ש מזה בד״ה ואתחנן ובפ׳ וירא בד״ה פתח אליהו כו׳ וע׳ בהרמב״ן בפי׳ החומש ר״פ בראשית במ״ש ועתה שמע פי׳ המקרא כו׳, שכמ״כ בגשמיות בהתהוות עוה״ז כללות הבריאה יש מאין הוא נתהווה ע״י מאמר דבראשית כו׳ אלא שנפרטו אח״כ ע״י ט׳ מאמרות כנ״ל, וכמ״ש במ״א בסידור ע״פ הקל קול יעקב. ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעש׳ לנשמע גבי ענין בראשית נמי מאמר הוא, והיינו מטעם הנ״ל שכמ״כ למעלה באצי׳ החכמה מאין תמצא) וזהו בורא קדושים, פי׳ שהנשמות שעלו במחשבה שלכן נק׳ קדושים, שכללותן ומקורן הוא מבחי׳ חכמה עילאה שנק׳ קדש, וכמו הבן שהתהוותו הוא מבחי׳ מוח האב.

הנה הם בחי׳ בריאה יש מאין והיינו מבחי׳ שמך. וזהו ישתבח שמך, ולכן ירדו ונתלבשו בגוף שהיא צורך עלייה:

Et de même en bas aussi : lorsqu'il monta dans Sa volonté de créer le monde, dans une seule pensée furent créés tous les mondes de manière générale, et c'est ce qui est écrit : "Au commencement créa" (Genèse 1, 1), et le Targoum Yonathan : "par la sagesse", et ils furent détaillés ensuite dans les neuf paroles, en six jours, etc. Mais la venue à l'existence de la 'hokhma depuis l'Ein Sof, béni soit-Il, est yech méayin véritablement, parce que l'Ein Sof, béni soit-Il, est en haut, en haut, sans fin, au-dessus de l'aspect et du degré de 'hokhma, et c'est pourquoi, pour qu'il y ait venue à l'existence de l'aspect de 'hokhma, c'est une création yech méayin.

(Et voir ce qui est écrit de cela au début du discours "Et je suppliai", et dans la paracha Vayéra, au début du discours "Pata'h Eliyahou", etc. Et voir dans le Ramban, dans le commentaire du 'houmach, début de la paracha Beréchit, dans ce qu'il a écrit : "et maintenant écoute l'explication du verset", etc., que de même dans le corporel, dans la venue à l'existence de ce monde, la généralité de la création yech méayin est venue à l'existence par la parole de "Au commencement", etc., seulement qu'ils furent détaillés ensuite par les neuf paroles, comme ci-dessus, et comme il est écrit ailleurs dans le Siddour sur le verset "la voix est la voix de Yaakov" (Genèse 27, 22).

Et voir ce qui est écrit de cela aussi au début du discours "Au moment où Israël a fait précéder nous ferons à nous entendrons", à propos du sujet que "Au commencement" est aussi une parole, et c'est pour la raison ci-dessus, que de même en haut, dans Atsilout, "la sagesse, de l'ayin se trouve-t-elle".) Et c'est "Créateur des saints", explication : que les âmes qui sont montées dans la pensée, c'est pourquoi elles sont appelées saints, car leur généralité et leur source est de l'aspect de la 'hokhma supérieure, qui est appelée kodech, et comme le fils dont la venue à l'existence est de l'aspect du cerveau du père. Voici, elles sont un aspect de création yech méayin, et c'est de l'aspect de Ton nom.

Et c'est "que Ton nom soit loué". Et c'est pourquoi elles sont descendues et se sont revêtues dans le corps, ce qui est en vue d'une élévation.

קיצור. (כי הנה בורא קדושים שהם הנשמות והיינו וקדושים בכל יום יהללוך סלה.

עכ״ז התהוותם רק מבחינת שמך שהוא ענין הארה בעלמא שנחשב לאין ואפס לגבי  עצמותו ית׳. כמו שם האדם שאינו ערוך לעצמותו.

וזהו אשר שם שמות בארץ וארז״ל אל תקרי שמות אלא שמות. וכמ״כ גם החכמה מקור בחי׳ הנשמות מאין תמצא מבחי׳ שנק׳ אין הוא בחי׳ שמך.

משם נתהוה בבחי׳ בריאה יש מאין):

Abrégé. (Car voici, "Créateur des saints", qui sont les âmes, et c'est : "et les saints, chaque jour, Te loueront, sela".

Malgré cela, leur venue à l'existence n'est que de l'aspect de Ton nom, qui est le sujet d'une simple illumination, considérée comme néant et rien en face de Son essence, béni soit-Il. Comme le nom de l'homme, qui n'a aucune commune mesure avec son essence.

Et c'est : "qui a mis des désolations sur la terre", et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : ne lis pas chamot mais chemot. Et de même aussi la 'hokhma, source de l'aspect des âmes, "de l'ayin se trouve-t-elle", de l'aspect qui est appelé ayin, c'est l'aspect de Ton nom.

De là elle est venue à l'existence dans un aspect de création yech méayin.)

ג אך ענין העלייה מהו, וגם להבין דהנה נודע דעיקר קבול השכר הוא בזמן תחיית המתים וכמארז״ל ודע מתן שכרן של צדיקים לע״ל, שאם הפי׳ על הג״ע מהו ל׳ לעתיד הלא הג״ע ישנו גם עתה לנשמות בצאתם מן הגוף, אלא בודאי קאי על תח״ה לפי שזהו עיקר השכר ועליית הנשמות, וג״ע אינו אלא לפי שעה עד התחיי׳. וגם זה צ״ל למה קיבול שכר העיקרי הוא להנשמות כשיהיו בגופים דווקא.

אך הענין עפמ״ש בזהר דא״ס ב״ה הוא סוכ״ע וממכ״ע. פי׳ כי הנה עצמותו ית׳ אינו בגדר השפעה כלל (ועמ״ש ע״פ אתם נצבים), ולכן פי׳ אור א״ס היינו על החיות המאיר ונמשך ממנו ית׳ להחיות העולמות שהוא כמו זיו והארה לבד כמו זיו השמש לגבי השמש, אלא שזהו משל גשמי, ופי׳ המשל היינו כי לפי שעצמותו ית׳ הוא מחיה החיים ומכלכל חיים על כן בחי׳ איזה גילוי ממנו דוגמת זיו והארה לבד הוא מחיה את העולמות ומהוה אותן.

עד״מ מה שהנשמה מחיה את הגוף שהחיות המלובש ברמ״ח איברי הגוף שהן חיים מן הנשמה כח הראיה בעין וכח השמיעה באוזן כו׳, אין זה חלק מעצמות הנשמה ממש אלא שהוא בחי׳ גלוי והארה מהנשמה, כי לפי שהיא בעצמה נשמת רוח חיים ע״כ בהתלבשותה בגוף היא מחיה את הגוף וחיות זה שהגוף חי ממנה הוא כמו בחי׳ הארה ממנה ואין מעצמותה ממש. (וכמ״ש בסש״ב פנ״א), אלא שהנשמה מתלבשת עכ״פ עצמותה ג״כ תוך הגוף ואז נמשך הארה וחיות ממנה להחיות רמ״ח איברי הגוף, ולכן מתפעלת בעצמותה ג״כ ממקרי הגוף, אבל בהנמשל למעלה אינו כן שאינו מתפעל מהעולמות ואתה הוא עד שלא נברא העולם אתה הוא משנברא העולם כו׳ הכל בהשוואה אחת וכמ״ש אני הוי׳ לא שניתי, והיינו לפי שהוא ית׳ קדוש ומובדל ואינו מתלבש ונתפס בהעולמות ואפילו בהאור לא שייך בחי׳ התלבשות אלא אחר כמה צמצומים כו׳, וא״כ כ״ש שיובן שהחיות שכל העולמות עליונים ותחתונים חיים ומתהוים ממנו ית׳ אינו עצמותו ח״ו רק גילוי הארה לבד.

ולכן הוא ית׳ נק׳ מחיה החיים מכלכל חיים כו׳ (ועמ״ש בד״ה ונקדשתי בתוך בנ״י ובד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו בפי׳ כי עמך מקור חיים שגם בחי׳ המקור חיים הוא רק עמך טפל ובטל לך, ולכן לא נאמר כי אתה כו׳ כי גם בחי׳ חיי החיים הוא בחי׳ אור א״ס והוא ע״ד עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו לבד שבחי׳ האור כלול במאור כו׳). והנה בחי׳ אור וגילוי והמשכה זו נק׳ אור א״ס כי אין קץ וגבול להארה זו מאחר שהוא עכ״פ אור וזיו עד״מ ממנו ית׳ הבלתי בעל גבול כו׳, (ונקרא ג״כ שמו הגדול ועמ״ש מענין יהא שמיה רבא מברך ס״פ שלח בד״ה אני הוי׳ כו׳ להיות לך לאלקים).

ומה שאעפ״כ נתהוו העולמות בבחי׳ גבול ותכלית, היינו מחמת כמה מיני צמצומים שהיה בהאור שלא להיות בגילוי בחי׳ א״ס אלא בגבול ומדה, (כמ״ש בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות). וזהו בחי׳ ממלא שהוא מה שנמשך בבחי׳ גילוי בגבול ומדה עד״מ ומאיר בכל עולם לפי ערכו כו׳, וראשית הגילוי הוא בחכמה כו׳ וכללות בחי׳ זו אינו אפילו כערך טפה לגבי אוקיינוס לגבי האור א״ס ממש שאינו מאיר בבחי׳ גילוי והתלבשות העולמות כ״א בבחי׳ סוכ״ע, ואין פי׳ סובב שמקיף מלמעלה כי לית אתר פנוי מיניה רק שאינו מושג ונתפס כו׳ ולא כמו שהנשמה מתלבשת בגוף כו׳.

3. Pourtant, quel est le sujet de l'ascension, et aussi pour comprendre : voici, il est connu que l'essentiel de la réception de la récompense est au temps de la résurrection des morts, et comme l'ont dit nos maîtres : "et sache le don de la récompense des justes dans l'avenir à venir" (Avot 2, 1).

Car si l'explication portait sur le Gan Eden, que signifie l'expression "dans l'avenir" ? Le Gan Eden existe aussi maintenant pour les âmes lorsqu'elles sortent du corps ; mais cela se rapporte certainement à la résurrection des morts, car c'est là l'essentiel de la récompense et de l'ascension des âmes, et le Gan Eden n'est que temporaire jusqu'à la résurrection.

Et cela aussi demande explication : pourquoi la réception essentielle de la récompense est-elle pour les âmes lorsqu'elles seront dans les corps précisément. Mais le sujet est selon ce qui est écrit dans le Zohar, que l'Ein Sof, béni soit-Il, est sovev kol almin (qui entoure tous les mondes) et memalé kol almin (qui remplit tous les mondes).

Explication : voici, Son essence, béni soit-Il, n'est pas du tout dans la catégorie de l'influence (et voir ce qui est écrit sur le verset "Vous vous tenez"), et c'est pourquoi l'explication de l'Or Ein Sof (lumière infinie) vise la vitalité qui éclaire et est attirée de Lui, béni soit-Il, pour vivifier les mondes, qui n'est que comme un rayonnement et une illumination, comme le rayonnement du soleil vis-à-vis du soleil ; seulement ceci est une parabole corporelle, et l'explication de la parabole est que, puisque Son essence, béni soit-Il, est Celui qui vivifie les vivants et soutient la vie, par conséquent un aspect de quelque révélation de Lui, à l'image d'un rayonnement et d'une illumination seulement, vivifie les mondes et les fait exister. À titre d'exemple, ce par quoi l'âme vivifie le corps : la vitalité revêtue dans les 248 membres du corps, qui vivent de l'âme, la force de la vue dans l'œil et la force de l'ouïe dans l'oreille, etc., ce n'est pas une partie de l'essence de l'âme elle-même, mais c'est un aspect de révélation et d'illumination de l'âme ; car puisqu'elle est elle-même souffle d'esprit de vie, c'est pourquoi, en se revêtant dans le corps, elle vivifie le corps, et cette vitalité dont le corps vit d'elle est comme un aspect d'illumination d'elle, et non de son essence même (et comme il est écrit dans le Tanya, chapitre 51).

Seulement, l'âme se revêt de toute façon, son essence aussi, à l'intérieur du corps, et alors une illumination et une vitalité sont attirées d'elle pour vivifier les 248 membres du corps ; c'est pourquoi elle est affectée dans son essence aussi par les accidents du corps. Mais dans le nimchal d'en haut, il n'en est pas ainsi : Il n'est pas affecté par les mondes, et "Toi, Tu es avant que le monde ne fût créé ; Toi, Tu es depuis que le monde a été créé", etc., tout dans une égalité unique, et comme il est écrit : "Moi, ה', Je n'ai pas changé" (Malachie 3, 6).

Et c'est parce qu'Il, béni soit-Il, est saint et séparé, et ne se revêt pas et n'est pas saisi dans les mondes ; et même dans la lumière, l'aspect de revêtement ne s'applique qu'après plusieurs tsimtsoumim (retraits), etc. Et s'il en est ainsi, à plus forte raison comprendra-t-on que la vitalité dont tous les mondes supérieurs et inférieurs vivent et sont amenés à l'existence de Lui, béni soit-Il, n'est pas Son essence, à D.ieu ne plaise, mais seulement une révélation d'illumination.

Et c'est pourquoi Il, béni soit-Il, est appelé Celui qui vivifie les vivants, qui soutient la vie, etc. (et voir ce qui est écrit au début du discours "Et Je serai sanctifié au milieu des enfants d'Israël" et au début du discours "Après ה' votre Elokim vous marcherez", dans l'explication de "car auprès de Toi est la source de la vie" (Psaumes 36, 10) : même l'aspect de la source de la vie n'est qu'auprès de Toi, accessoire et en bitoul (effacement de soi) envers Toi ; c'est pourquoi il n'est pas dit "car Tu es", etc., car même l'aspect de la vie des vies est un aspect d'Or Ein Sof, et c'est à la manière de : avant que le monde ne fût créé, Il était Lui et Son Nom seulement, l'aspect de la lumière étant inclus dans le luminaire, etc.).

Et voici, cet aspect de lumière, de révélation et d'attraction est appelé Or Ein Sof, car il n'y a ni fin ni limite à cette illumination, puisqu'elle est de toute façon lumière et rayonnement, à titre d'exemple, de Lui, béni soit-Il, qui est sans limite, etc. (et elle est appelée aussi Son grand Nom, et voir ce qui est écrit au sujet de "que Son grand Nom soit béni", à la fin de la paracha Chela'h, au début du discours "Je suis ה'", etc., "pour être pour toi un Elokim").

Et ce qui est, malgré cela, que les mondes ont été amenés à l'existence dans un aspect de limite et de fin, c'est à cause de plusieurs sortes de tsimtsoumim qui eurent lieu dans la lumière, afin qu'il n'y ait pas en révélation l'aspect d'Ein Sof, mais dans une limite et une mesure (comme il est écrit dans l'explication sur le verset "qu'on apporte un vêtement royal"). Et c'est là l'aspect de memalé, qui est ce qui est attiré dans un aspect de révélation en limite et en mesure, à titre d'exemple, et éclaire dans chaque monde selon sa valeur, etc. ; et le commencement de la révélation est dans la 'hokhma, etc.

Et l'ensemble de cet aspect n'est même pas comme la valeur d'une goutte vis-à-vis de l'océan, vis-à-vis de l'Or Ein Sof véritable, qui n'éclaire pas dans un aspect de révélation et de revêtement des mondes, mais seulement dans un aspect de sovev kol almin ; et l'explication de sovev n'est pas qu'il entoure d'en haut, car "il n'est point de lieu vide de Lui", mais seulement qu'il n'est pas saisi ni appréhendé, etc., et non comme l'âme se revêt dans le corps, etc.

ונק׳ סובב ע״ד מ״ש כאשר יהיה האופן בתוך האופן, פי׳ כמו עיגול קטן שבתוך עיגול גדול המקיפו מכל צדדים שלא יתכן לומר שמה שמקיף למעלה הוא מעולה יותר ממה שמקיף למטה בתחתי׳ האופן הקטן. כי האופן  הגדול שוה הוא ממש מלמעלה ולמטה.

וכך אור א״ס ב״ה הוא שוה ומשוה קטן וגדול, וז״ש מעונה אלהי קדם ומתחת זרועות עולם שהוא למטה כמו למעלה (וע׳ ע״פ זה ברבות ר״פ ויצא הוא מקומו של עולם ע״ש גבי ויפגע במקום וע׳ בלק״ת פ׳ כי תשא ע״פ הנה מקום אתי), ולכן ההארה המתלבשת בעולמות להיות ממכ״ע היא כלא חשיבא לגבי ערך אור הגנוז ונעלם שאינו מתלבש ונק׳ סכ״ע, וכנודע פי׳ מלת ערך במספרים שאחד במספר יש לו ערך לגבי מספר אלף אלפים כו׳, אבל לגבי דבר שהוא בבחי׳ בלי גבול ומספר אין כנגדו שום ערך במספרים כו׳, וכך אין ערוך אור הנמשך ומתלבש בעולמות לגבי עיקר האור מה שאינו נתפס ומתלבש בעולמות (וכמ״ש כ״ז בסש״ב פמ״ח). וזהו ענין עליית הנשמות ע״י ירידתן בגוף בעוה״ז כי אע״ג דעלו במחשבה היינו בחי׳ ממכ״ע שמקורן מבחי׳ חכמה עילאה (וגם פי׳ בורא קדושים ישתבח שמך ששרשם מבחי׳ שמך ושבעה שמות שאינן נמחקין הם התפשטות בבחי׳ ממכ״ע כמ״ש במ״א בד״ה מראיהם ומעשיהם).

והעלייה הוא ההתגלות אור הסכ״ע שיהי׳ לע״ל בזמן התחיי׳, ולכן יהי׳ גילוי זה לנשמות בגופים דייקא כי לפי שהוא שוה ומשוה כו׳ ואין שייך בו מעלה ומטה כו׳ לכן יהיה הגילוי גם בעשייה ממש. והנה עלייה זו וגילוי זה נמשך דוקא ע״י קיום מעשה המצות בעוה״ז, (ולכן מה״ט ג״כ הוא שלע״ל יהי׳ הגילוי בעשייה דוקא לנשמות בגופים כו׳), שבשביל זה ירדה הנשמה בגוף כדי לקיים מצות מעשיות דוקא כמ״ש היום לעשותם, ולכן הנשמה באה בגלגול כמה פעמים עד שתשלים קיום כל התרי״ג מצות לפי שע״י קיום המצות דוקא יהיה זה הגילוי דלע״ל.

Et il est appelé sovev à la manière de ce qui est écrit : "lorsque la roue sera au milieu de la roue" (Ézéchiel 1, 16). Explication : comme un petit cercle à l'intérieur d'un grand cercle qui l'entoure de tous côtés, de sorte qu'il ne convient pas de dire que ce qui entoure en haut est plus élevé que ce qui entoure en bas, dans la partie inférieure de la petite roue.

Car la grande roue est véritablement égale d'en haut et d'en bas. Et ainsi l'Or Ein Sof, béni soit-Il, est égal et égalise le petit et le grand.

Et c'est ce qui est dit : "demeure, D.ieu d'antan, et en dessous les bras du monde" (Deutéronome 33, 27), qu'Il est en bas comme en haut (et voir sur ce verset dans Beréchit Rabba, au début de la paracha Vayetsé : "Il est le lieu du monde", voir là, au sujet de "et il rencontra le lieu", et voir dans le Likoutei Torah de l'Ari, que son souvenir soit en bénédiction, paracha Ki Tissa, sur le verset "voici un lieu auprès de Moi"). Et c'est pourquoi l'illumination qui se revêt dans les mondes pour être memalé kol almin est comme n'étant pas comptée vis-à-vis de la valeur de la lumière cachée et dissimulée qui ne se revêt pas, et est appelée sovev kol almin.

Et comme il est connu, l'explication du mot "valeur" dans les nombres : un, dans le nombre, a une valeur vis-à-vis du nombre de mille milliers, etc., mais vis-à-vis d'une chose qui est dans un aspect sans limite et sans nombre, il n'y a en face d'elle aucune valeur dans les nombres, etc. Et ainsi il n'y a pas de valeur à la lumière qui est attirée et se revêt dans les mondes vis-à-vis de l'essentiel de la lumière, en ce qu'elle n'est pas saisie et ne se revêt pas dans les mondes (et comme tout cela est écrit dans le Tanya, chapitre 48).

Et c'est le sujet de l'ascension des âmes par leur descente dans le corps en ce monde. Car bien qu'elles soient montées dans la pensée, c'est-à-dire l'aspect de memalé kol almin, dont la source est de l'aspect de la 'hokhma supérieure (et aussi l'explication de "Créateur des saints, que Ton Nom soit loué", que leur racine est de l'aspect de Ton Nom, et les sept Noms qui ne s'effacent pas sont une extension dans l'aspect de memalé kol almin, comme il est écrit ailleurs, au début du discours "leur aspect et leurs actes").

Et l'ascension est la révélation de la lumière du sovev kol almin, qui sera dans l'avenir au temps de la résurrection. Et c'est pourquoi cette révélation sera pour les âmes dans les corps précisément, car puisqu'Il est égal et égalise, etc., et qu'il n'y a pas en Lui de haut et de bas, etc., la révélation sera aussi dans Assiya véritablement.

Et voici, cette ascension et cette révélation sont attirées précisément par l'accomplissement de l'acte des mitsvot en ce monde (et c'est pourquoi, pour cette raison aussi, dans l'avenir la révélation sera dans Assiya précisément, pour les âmes dans les corps, etc.), car c'est pour cela que l'âme est descendue dans le corps, afin d'accomplir des mitsvot pratiques précisément, comme il est écrit : "aujourd'hui pour les faire" (Deutéronome 7, 11). Et c'est pourquoi l'âme vient en réincarnation plusieurs fois jusqu'à ce qu'elle achève l'accomplissement de toutes les 613 mitsvot, car c'est par l'accomplissement des mitsvot précisément qu'aura lieu cette révélation de l'avenir.

והענין כי שכר מצוה מצוה. פי׳ שהמצוה עצמה היא השכר ע״ד שיתבאר.

כי הנה תכלית ויסוד כל המצות הוא להפוך היש לאין דהיינו שיהיה ביטול היש, וזשארז״ל הוקשה כל התורה לתפילין. כי בתפילין כותבין אחד על קלף גשמי ששרשו מק״נ שהוא יש ונפרד ונכלל בבחי׳ אין שנעשה כלי לאלקות השורה עליו בחי׳ אחד כו׳, וכך הוא ענין כל מצות התורה.

Et le sujet est que "la récompense d'une mitsva est une mitsva" (Avot 4, 2). Explication : la mitsva elle-même est la récompense, à la manière de ce qui sera expliqué.

Car voici, la finalité et le fondement de toutes les mitsvot est de transformer le yech (l'être, le moi) en ayin (le néant), c'est-à-dire qu'il y ait le bitoul du yech. Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres : "toute la Torah a été assimilée aux téfilines" (Kiddouchin 35a).

Car dans les téfilines on écrit "un" sur un parchemin corporel dont la racine est de la kelipat noga, qui est yech et séparé, et il est inclus dans l'aspect d'ayin, devenant un keli pour la Divinité qui repose sur lui, l'aspect de "un", etc. Et ainsi est le sujet de toutes les mitsvot de la Torah.

ומה גם בקרבנות היו רואים ביטול זה בפו״מ שעיקר הקרבן הוא שיוכלל הבהמה או העוף בבחי׳ אש שלמעלה שהיה יורד בגילוי ממש ה״ז ביטול היש לאין בפו״מ. וכן ג״כ ענין מצות הצדקה שהממון שייגע עליו בכל רמ״ח איבריו עד שהרויחו נותנו לעני דלית ליה מגרמיה כלום ה״ז ביטול היש לאין (וזהו בחי׳ חסד לאברהם שנמשך מצד הביטול כמ״ש ואנכי עפר ואפר וכמ״ש בד״ה ארץ הרים ובקעות), וכן הוא ג״כ מצות תלמוד תורה הגם שהוא המשכת אלקות למטה.

אבל ההמשכה הוא ע״י ביטול היש וכמ״ש ודברת בם כו׳ סמוך לבכל נפשך. כי הנה צ״ל פי׳ ובכל נפשך שהוא אפילו נוטל את נפשך וא״כ הל״ל ובכל גופך, (וע׳ בת״ז ד״י ע״א).

אך הענין דקאי ג״כ על ודברת בם דכתיב בתריה שכל מה שיקרא וישנה מקרא ומשנה לא יהי׳ נפשו מסך מבדיל כאלו עושה וקורא ושונה, אלא כמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך כו׳ אני המשנה המדברת בפיך כו׳ ב״ש וב״ה אלו ואלו דברי אלקים חיים כו׳, ושלשה דברים אלו הם כללות כל המצות כמארז״ל על שלשה דברים העולם עומד על התורה ועל העבודה שהוא קרבנות ועל גמ״ח. וכמ״כ כל פרטי המצות שתכליתם ויסודם הוא ביטול היש לאין (וכמ״ש ויצונו ה׳ לעשות את כל החוקים האלה ליראה את ה׳ כו׳ הרי שתכלית המצות הוא בחי׳ יראה).

אמנם ביטול זה אינו אמיתי שהרי מ״מ יש הוא אלא שמבטל א״ע. אך מ״מ הוא אתעדל״ת שעי״ז אח״כ יהיה בחי׳ אין ממש ע״ד יחוד עולם האצי׳ בא״ס ב״ה דאיהו וגרמוהי חד שהע״ס הם בבחי׳ ביטול אמיתי לאור א״ס ב״ה המלובש בהם כו׳, וכך יהיה גילוי זה חסד דרועא ימינא למטה בעולם העשייה ממש יהי׳ הגוף ודרועא ימינא כלי למטה ג״כ בעולם העשייה להשראת אור א״ס כמו בחי׳ חסד דרועא ימינא כו׳, (וזשארז״ל ב״ב ע״ה  ב׳ עתידים צדיקים שיקראו בשמו של הקב״ה.

וע״ש בפרש״י) והיינו ע״י אתעדל״ת דביטול היש שנתן צדקה בידו כו׳. וחכמה ומוח האדם יהיה כלי לבחי׳ חכמה עילאה ממש שאור א״ס מלובש בה, והיינו ע״י עסק התורה ע״ד הנ״ל כו׳, והיינו ע״י גילוי אור הסכ״ע דקמיה באמת כולא כלא חשיבי׳ ואצילות עם עשייה שוין, וזהו ששכר מצוה היא המצוה בעצמה כי עיקר המצוה הוא ביטול היש לאין וזהו עצמו הוא השכר של המצוה אלא שהשכר הוא גילוי אין אמיתי ממקורא דכולא ושהביטול ע״י גילוי אא״ס ב״ה וביטול זה ישנו בכל א׳ מישראל.

שהרי כל א׳ מבטל א״ע מעט לפי ערכו, אם ע״י אתכפיא או ע״י אתהפכא ועי״ז יהיה לו חלק לעוה״ב, ולכן מאן דלא כרע במודים שאין לו בחי׳ הודיה וביטול כלל ארז״ל דלא יקום בתח״ה כו׳:

Et à plus forte raison dans les sacrifices, on voyait ce bitoul en acte effectif : l'essentiel du sacrifice est que la bête ou l'oiseau soit inclus dans l'aspect du feu d'en haut, qui descendait en révélation véritable ; c'est là le bitoul du yech à l'ayin en acte effectif. Et de même aussi le sujet de la mitsva de la tsédaka : l'argent pour lequel il s'est peiné de tous ses 248 membres jusqu'à ce qu'il l'ait gagné, il le donne au pauvre qui n'a rien de lui-même ; c'est là le bitoul du yech à l'ayin (et c'est l'aspect du 'hessed envers Avraham, qui est attiré du côté du bitoul, comme il est écrit : "et moi, je suis poussière et cendre" (Genèse 18, 27), et comme il est écrit au début du discours "une terre de montagnes et de vallées").

Et de même aussi la mitsva de l'étude de la Torah, bien qu'elle soit l'attraction de la Divinité vers le bas. Mais l'attraction se fait par le bitoul du yech, et comme il est écrit : "et tu en parleras", etc., juxtaposé à "de toute ton âme".

Car voici, il faut expliquer "et de toute ton âme" (Deutéronome 6, 5), que c'est même s'Il prend ton âme ; et s'il en est ainsi, il aurait dû dire "et de tout ton corps" (et voir dans les Tikouné Zohar, folio 10a). Mais le sujet est que cela se rapporte aussi à "et tu en parleras", qui est écrit après : que tout ce qu'il lira et répétera, Écriture et Michna, son âme ne sera pas un écran séparateur, comme s'il faisait, lisait et répétait ; mais comme il est écrit : "et Mes paroles que J'ai mises dans ta bouche", etc.

(Isaïe 59, 21), "Je suis la Michna qui parle dans ta bouche", etc., Beit Chammaï et Beit Hillel, "celles-ci et celles-là sont les paroles du D.ieu vivant", etc. (Erouvin 13b).

Et ces trois choses sont l'ensemble de toutes les mitsvot, comme l'ont dit nos maîtres : "sur trois choses le monde se tient : sur la Torah, sur le service", qui est les sacrifices, "et sur la pratique de la bienfaisance" (Avot 1, 2). Et de même tous les détails des mitsvot, dont la finalité et le fondement sont le bitoul du yech à l'ayin (et comme il est écrit : "et ה' nous a ordonné de pratiquer tous ces statuts, pour craindre ה'", etc.

(Deutéronome 6, 24) : voici que la finalité des mitsvot est l'aspect de la crainte). Toutefois ce bitoul n'est pas véritable, car malgré tout il est yech, seulement il s'efface lui-même.

Mais néanmoins c'est une itarouta diletata (éveil d'en bas), par laquelle ensuite il y aura l'aspect d'ayin véritable, à la manière de l'union du monde d'Atsilout dans l'Ein Sof, béni soit-Il, "Lui et Ses organes sont un", les dix sefirot étant dans un aspect de bitoul véritable envers l'Or Ein Sof, béni soit-Il, revêtu en elles, etc. Et ainsi cette révélation sera, 'hessed, le bras droit, en bas, dans le monde d'Assiya véritablement : le corps et le bras droit seront un keli en bas aussi, dans le monde d'Assiya, pour le repos de l'Or Ein Sof, comme l'aspect de 'hessed, le bras droit, etc.

(et c'est ce qu'ont dit nos maîtres, Bava Batra 75b : "les justes sont destinés à être appelés du Nom du Saint, béni soit-Il". Et voir là dans Rachi).

Et c'est par l'itarouta diletata du bitoul du yech, en ce qu'il a donné la tsédaka de sa main, etc. Et la 'hokhma et le cerveau de l'homme seront un keli pour l'aspect de la 'hokhma supérieure véritablement, en laquelle l'Or Ein Sof est revêtu ; et c'est par l'occupation de la Torah, à la manière susdite, etc.

Et c'est par la révélation de la lumière du sovev kol almin, devant laquelle en vérité tout est comme n'étant pas compté, et Atsilout et Assiya sont égaux. Et c'est que la récompense de la mitsva est la mitsva elle-même, car l'essentiel de la mitsva est le bitoul du yech à l'ayin, et c'est cela même qui est la récompense de la mitsva ; seulement la récompense est la révélation d'un ayin véritable de la source de tout, et que le bitoul soit par la révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il.

Et ce bitoul se trouve en chacun d'Israël. Car chacun s'efface un peu selon sa valeur, soit par itkafia, soit par ithapkha, et par là il aura une part dans le monde à venir.

Et c'est pourquoi celui qui ne s'incline pas à Modim, qui n'a pas du tout l'aspect de la hodaa (reconnaissance) et du bitoul, nos maîtres ont dit qu'il ne se relèvera pas à la résurrection des morts, etc.

קיצור. (והנה אור א״ס ב״ה הוא סוכ״ע וממכ״ע שבחי׳ סכ״ע עם היותו ג״כ בחי׳ אור ושמו לבד עכ״ז הוא א״ס ממש ולכן נקרא שמו הגדול.

אבל בחי׳ ממכ״ע המתלבש בתוך העולמות הוא רק הארה מצומצמת. ושרש הנשמות מבחי׳ ישתבח שמך היינו מבחי׳ ממכ״ע מבחי׳ חכמה והעלייה הוא גילוי סוכ״ע.

וגילוי זה נמשך ע״י מעשה המצות. שכללותן תורה ועבודה וגמילת חסדים שתכלית יסודתם ביטול היש.

ועי״ז נמשך השכר מצוה גילוי בחי׳ אין שלמעלה מהחכמה מה שהחכמה תמצא מבחי׳ זו דרך יש מאין):

Résumé. (Et voici, l'Or Ein Sof, béni soit-Il, est sovev kol almin et memalé kol almin : l'aspect de sovev kol almin, bien qu'il soit aussi un aspect de lumière et de Son Nom seulement, est néanmoins Ein Sof véritablement, et c'est pourquoi il est appelé Son grand Nom.

Mais l'aspect de memalé kol almin qui se revêt à l'intérieur des mondes n'est qu'une illumination restreinte. Et la racine des âmes est de l'aspect de "que Ton Nom soit loué", c'est-à-dire de l'aspect de memalé kol almin, de l'aspect de la 'hokhma, et l'ascension est la révélation de sovev kol almin.

Et cette révélation est attirée par l'acte des mitsvot, dont l'ensemble est Torah, service et pratique de la bienfaisance, dont la finalité et le fondement sont le bitoul du yech. Et par là est attirée la récompense de la mitsva : la révélation de l'aspect d'ayin qui est au-dessus de la 'hokhma, ce dont la 'hokhma se trouve de cet aspect, par voie de yech issu de l'ayin.)

ד והנה מעתה יובן ג״כ ענין שתי שבתות כהלכתן. כי הנה השבת הוא עליית העולמות והעלייה היינו ג״כ בחי׳ ביטול, וכמו ענין עלייה דלע״ל שהוא ג״כ בחי׳ ביטול הנ״ל.

והענין כי הנה פי׳ וישבת ביום השביעי הוא עד״מ מאדם שעשה איזה מלאכה כמו שכותב איזה שכל, הנה צריך שכלו לירד עד שיתלבש בהמדות והמחשבה, ואח״כ יורדים כולם ומתלבשים בכח המעשה.

4. Et voici, dès lors on comprendra aussi le sujet des deux Chabbat selon leur règle.

Car voici, le Chabbat est l'ascension des mondes, et l'ascension est aussi l'aspect de bitoul, comme le sujet de l'ascension de l'avenir, qui est aussi l'aspect de bitoul susdit. Et le sujet : voici, l'explication de "et Il se reposa au septième jour" (Genèse 2, 2) est, à titre d'exemple, d'un homme qui a fait quelque ouvrage, comme celui qui écrit quelque intellection : voici, son intellect doit descendre jusqu'à se revêtir dans les middot et la pensée, et ensuite tous descendent et se revêtent dans la faculté de l'acte.

ואחר שנח ממלאכתו חוזרים כל הכחות ומתעלי׳ ונכללים בכח השכל ובעצמות הנפש כו׳. וכך עד״מ ששת ימים עשה ה׳, היינו ירידת החכמה והמדות ע״י כמה צמצומים להתלבש בעשרה מאמרות כו׳, ולכן נז׳ הכל שם אלקים במעשה בראשית שהוא בחי׳ צמצומים כו׳, ובשבת כתיב ויכל אלקים היינו שכלו ופסקו הצמצומים ועולה ונכלל בשם הוי׳ שהוא בחי׳ סכ״ע, וכמו עד״מ הנ״ל עליית השכל והמדות שנשפלו שחוזרים ומתעלים לשרשן, וז״ש שבת להוי׳ וכמ״ש אני הוי׳ חוקר לב בוחן כליות שלפי שאני הוי׳ בחי׳ סוכ״ע שהוא למטה כמו למעלה המשפילי לראות בשמים ובארץ שמים וארץ שוים, לכן אני חוקר לב וכליות שאין שום דבר מסתיר לפניו ית׳ וכחשכה כאורה כו׳, ולכן בשבת שנאמר  שבת להוי׳ היינו עליות בחי׳ ממכ״ע בסכ״ע (ועמ״ש בפ׳ בשלח סד״ה להבין ענין לחם משנה).

ולכן הוא עליות העולמות שגם העולמות יש להם עלייה והיינו ג״כ בחי׳ ביטול שמתבטלים מיש לאין, וזהו פי׳ ויכולו השמים והארץ כו׳. ויכולו לשון כלות הנפש וביטול כו׳ שבשבת הם בבחי׳ עלייה וביטול וכדלקמן, (וכן לשון שבת ג״כ השבתה שהוא ענין ביטול), והיינו מחמת גילוי בחינת סכ״ע שעי״ז נמשך הביטול כנ״ל בענין שכר מצוה מצוה.

(והנה מה שנק׳ בחי׳ זו עלייה והלא לית אתר פנוי מיניה ונמצא למטה כמו למעלה. אך הענין כמ״ש במ״א בענין כורע בברוך וזוקף בשם כי כורע היינו המשכה וזוקף היינו העלאה.

כי יש ב׳ בחי׳ בגילוי אלקות הא׳ כמ״ש וירד הוי׳ שהירידה הוא ענין המשכה למטה, ופי׳ למטה ר״ל למטה במדרגה שנראה העולם למטה כמו שהוא בבחינתו ומדרגתו רק שנמשך בו גילוי אלקות כי הוא ית׳ כל יכול, אבל הבחי׳ הב׳ הוא מ״ש לע״ל עין בעין יראו שהוא בבחי׳ עלייה ממטה למעלה ומלאה הארץ דעה שגם הארץ תשתנה ממהות׳ ותזדכך עד שתמלא הארץ דעה את ה׳, והוא כמשל ב׳ בנ״א שהא׳ עומד במקום גבוה והב׳ במקום נמוך וכדי שיתחברו יש ב׳ אופנים כו׳. וזהו ענין כורע בברוך וזוקף בשם שהם ב׳ בחי׳ הנ״ל, ולכן בשבת שנאמר שבת להוי׳ זהו בחי׳ עליות העולמות כענין וזוקף בשם כו׳).

והנה מבואר למעלה שיש ב׳ מדרגות בבחי׳ הביטול. הא׳ ב חי׳ ביטול היש לאין והוא אתעדל״ת לבחי׳ גילוי ביטול האמיתי דהיינו שיהיה גילוי בחי׳ אין ממש היינו אור א״ס ב״ה מה שהוא בבחי׳ סכ״ע ואינו מושג כלל ולכן נק׳ אין, (ופי׳ אין כמ״ש באדר״ז דרפ״ח ע״ב ובג״כ ע״ק אקרי אין כו׳, ועמ״ש ע״ז במבוא שערים שער שלישי ח״ב פ״י, וע׳ בזהר שלח דקנ״ח ב׳ ע״פ היש בה עץ אם אין.

ובפי׳ הרמ״ז שם במ״ש והוא הנק׳ אין כו׳ ע״ש). וע״י גילוי זה יהי׳ הביטול אמיתי.

וכך יובן שיש ב׳ בחי׳ אלו בשבת וזהו ענין שתי שבתות כהלכתן שיש בכל שבת, דהיינו שבת תתאה ושבת עילאה. והנה להבין ענין שבת תתאה צריך להקדים תחלה ענין מצות שביעית הכתוב בסדרה זאת.

שנק׳ ג״כ שבת כמ״ש ושבתה הארץ שבת לה׳ שהוא ג״כ בחי׳ שבת ועלייה שהיש בטל לאין כי שש שנים שזורע וחורש וקוצר לעצמו הוא בחי׳ יש ודבר והארץ ופירותיה הן שלו דוקא, נמצא הוא בחי׳ יש ודבר ובשביעית הוא בחי׳ ביטול היש ולכן נעשה הפירות הפקר (וגם ארעא אפקרא רחמנא לצורך אכילת הפירות) (בנדרים דמ״ב ע״ב). רק שיוכל לזכות מן ההפקר כאדם אחר הזוכה מן ההפקר כו׳ ולכן כתיב ולבהמתך ולחיה כו׳ שכל זמן שחיה אוכלת בשדה כו׳, וזהו מצות ביעור בשביעית שמוכרח להוציאם מן הבית.

Et après qu'il s'est reposé de son ouvrage, toutes les facultés reviennent et s'élèvent et sont incluses dans la faculté de l'intellect et dans l'essence de l'âme, etc. Et ainsi, à titre d'exemple, "six jours ה' fit" (Exode 20, 11), c'est-à-dire la descente de la 'hokhma et des middot, par plusieurs tsimtsoumim, pour se revêtir dans les dix paroles, etc.

Et c'est pourquoi tout est mentionné sous le nom Elokim dans l'œuvre de la création, qui est l'aspect des tsimtsoumim, etc. Et au Chabbat il est écrit : "et Elokim acheva" (Genèse 2, 2), c'est-à-dire qu'ils cessèrent et que les tsimtsoumim s'arrêtèrent, et cela monte et s'inclut dans le nom Havaya, qui est l'aspect de sovev kol almin.

Et comme l'exemple susdit, l'ascension de l'intellect et des middot qui étaient tombés, qui reviennent et s'élèvent vers leur racine. Et c'est ce qui est dit : "un Chabbat pour Havaya" (Exode 20, 10), et comme il est écrit : "Moi, ה', qui scrute le cœur, qui éprouve les reins" (Jérémie 17, 10), car puisque Je suis Havaya, aspect de sovev kol almin, qui est en bas comme en haut, "qui s'abaisse pour voir dans les cieux et sur la terre" (Psaumes 113, 6), cieux et terre étant égaux, c'est pourquoi Je scrute le cœur et les reins, car aucune chose ne cache devant Lui, béni soit-Il, et "comme les ténèbres, ainsi la lumière", etc.

(Psaumes 139, 12). Et c'est pourquoi au Chabbat, dont il est dit "un Chabbat pour Havaya", c'est l'ascension de l'aspect de memalé kol almin dans sovev kol almin (et voir ce qui est écrit dans la paracha Bechala'h, à la fin du discours "pour comprendre le sujet du pain double").

Et c'est pourquoi c'est l'ascension des mondes, que les mondes aussi ont une ascension, et c'est aussi l'aspect de bitoul, en ce qu'ils s'effacent de yech à ayin. Et c'est l'explication de "et furent achevés les cieux et la terre", etc.

(Genèse 2, 1). "Et furent achevés" a le sens de l'expiration de l'âme et du bitoul, etc., qu'au Chabbat ils sont dans un aspect d'ascension et de bitoul, comme il sera dit plus bas (et de même l'expression Chabbat a aussi le sens de cessation, qui est le sujet du bitoul).

Et c'est à cause de la révélation de l'aspect de sovev kol almin, par laquelle est attiré le bitoul, comme ci-dessus dans le sujet de "la récompense d'une mitsva est une mitsva". (Et voici, ce qui est que cet aspect est appelé ascension, alors qu'"il n'est point de lieu vide de Lui", et qu'Il se trouve en bas comme en haut.

Mais le sujet est comme il est écrit ailleurs au sujet de "on s'incline à Baroukh et on se redresse au Nom" : car s'incliner, c'est l'attraction, et se redresser, c'est l'élévation. Car il y a deux aspects dans la révélation de la Divinité.

Le premier, comme il est écrit : "et ה' descendit" (Exode 19, 20), la descente étant le sujet de l'attraction vers le bas ; et l'explication de "vers le bas" veut dire vers le bas en degré, le monde apparaissant en bas tel qu'il est dans son aspect et son degré, seulement qu'est attirée en lui une révélation de Divinité, car Il, béni soit-Il, est tout-puissant. Mais le second aspect est ce qui est dit de l'avenir : "œil à œil ils verront" (Isaïe 52, 8), qui est dans un aspect d'ascension d'en bas vers en haut, et "la terre sera remplie de connaissance" (Isaïe 11, 9), que la terre aussi sera changée de son essence et s'affinera jusqu'à ce que la terre soit remplie de la connaissance de ה'.

Et c'est comme la parabole de deux hommes, dont l'un se tient dans un lieu élevé et le second dans un lieu bas, et pour qu'ils se rejoignent il y a deux manières, etc. Et c'est le sujet de "on s'incline à Baroukh et on se redresse au Nom", qui sont les deux aspects susdits.

Et c'est pourquoi au Chabbat, dont il est dit "un Chabbat pour Havaya", c'est l'aspect de l'ascension des mondes, comme le sujet de "on se redresse au Nom", etc.). Et voici, il a été expliqué plus haut qu'il y a deux degrés dans l'aspect du bitoul.

Le premier est l'aspect du bitoul du yech à l'ayin, et c'est une itarouta diletata envers l'aspect de la révélation du bitoul véritable, c'est-à-dire qu'il y aura la révélation de l'aspect d'ayin véritable, c'est-à-dire l'Or Ein Sof, béni soit-Il, en ce qu'Il est dans l'aspect de sovev kol almin et n'est pas saisi du tout, et c'est pourquoi Il est appelé ayin (et l'explication d'ayin est comme il est écrit dans l'Idra Zouta, folio 288b, et c'est pourquoi Atika Kadicha est appelé ayin, etc., et voir ce qui est écrit à ce sujet dans Mevo Chearim, troisième porte, seconde partie, chapitre 10, et voir dans le Zohar Chela'h, folio 158b, sur le verset "y a-t-il en elle un arbre, ou n'y en a-t-il point" (Nombres 13, 20). Et dans l'explication du Ramaz là, dans ce qu'il dit : "et c'est Lui qui est appelé ayin", etc., voir là).

Et par cette révélation le bitoul sera véritable. Et ainsi on comprendra qu'il y a ces deux aspects dans le Chabbat, et c'est le sujet des deux Chabbat selon leur règle, qui se trouvent en chaque Chabbat, c'est-à-dire Chabbat inférieur et Chabbat supérieur.

Et voici, pour comprendre le sujet du Chabbat inférieur, il faut d'abord faire précéder le sujet de la mitsva de la septième année écrite dans cette section, qui est appelée aussi Chabbat, comme il est écrit : "et la terre chômera, un Chabbat pour ה'" (Lévitique 25, 2), qui est aussi un aspect de Chabbat et d'ascension, le yech étant en bitoul envers l'ayin. Car les six années où l'on sème, laboure et moissonne pour soi-même sont un aspect de yech et de chose, et la terre et ses fruits sont à lui précisément ; il se trouve donc dans un aspect de yech et de chose.

Et dans la septième année, c'est un aspect de bitoul du yech, et c'est pourquoi les fruits deviennent abandonnés (et aussi : "le Miséricordieux a déclaré la terre abandonnée", pour le besoin de la consommation des fruits) (Nedarim, folio 42b). Seulement, il peut acquérir de l'abandonné comme un autre homme qui acquiert de l'abandonné, etc.

Et c'est pourquoi il est écrit : "et pour ta bête et pour l'animal", etc. (Lévitique 25, 7), que tout le temps que l'animal mange dans le champ, etc.

Et c'est la mitsva du biour dans la septième année, qu'il est obligé de les sortir de la maison.

וזהו ביטול היש בפ״מ. וגם מה שתלה הכתוב אכילת אדם באכילת חיה שכשכלה לחיה מן השדה אסור לו לאכול וחייב לבער.

היינו מפני שהוא ביטול היש עד שאדם ובהמה שוים. וזהו מפני שהוא שבת הארץ ועלייה בבחי׳ סכ״ע, כי הנה התחלקות המדרגות דצח״מ זהו מצד בחי׳ ממכ״ע שבאדם מתגלה בחי׳ חכמה שלא נתגלה ונמשך בחי׳ זו בבהמה וחיה שנתגלה בהם רק בחי׳ החיות בלבד כו׳, (ועיין בסש״ב פמ״ח).

אבל כשמתבטלים לגבי בחי׳ סוכ״ע שמקיף על כולן בהשוואה א׳ הרי כולן שוין כי בבחי׳ סובב נאמר אדם ובהמה תושיע ה׳ בהשואה א׳ והיינו בחי׳ בהמה רבה כו׳, (עמש״ל בד״ה והניף הכהן ובפ׳ עקב בד״ה ויאכילך). ולכן באכילת שביעית אדם ובהמה שוין.

והיינו ע״י התגלות סכ״ע. ואמנם כ״ז הוא ענין ביטול היש לאין.

והיינו כענין בחי׳ ומדרגת שבת תתאה, אבל שבת עילאה הוא למעלה מבחי׳ זו.

Et c'est le bitoul du yech en acte effectif. Et aussi ce que le verset a fait dépendre la consommation de l'homme de la consommation de l'animal : lorsque cela a cessé pour l'animal dans le champ, il lui est interdit de manger et il est tenu de faire le biour.

C'est parce que c'est le bitoul du yech, jusqu'à ce que l'homme et la bête soient égaux. Et c'est parce que c'est le Chabbat de la terre et une ascension dans l'aspect de sovev kol almin.

Car voici, la distinction des degrés de l'inanimé, du végétal, de l'animal et du parlant, c'est du côté de l'aspect de memalé kol almin : dans l'homme se révèle l'aspect de 'hokhma, et cet aspect ne s'est pas révélé et n'a pas été attiré dans la bête et l'animal, en qui ne s'est révélé que l'aspect de la vitalité seulement, etc. (et voir dans le Tanya, chapitre 48).

Mais lorsqu'ils s'effacent vis-à-vis de l'aspect de sovev kol almin, qui entoure tous dans une égalité unique, voici qu'ils sont tous égaux. Car dans l'aspect de sovev il est dit : "l'homme et la bête, Tu sauves, ה'" (Psaumes 36, 7), dans une égalité unique, et c'est l'aspect de "la bête nombreuse", etc.

(voir plus haut au début du discours "et le cohen balancera", et dans la paracha Ekev, au début du discours "et Il te fit manger"). Et c'est pourquoi, dans la consommation de la septième année, l'homme et la bête sont égaux.

Et c'est par la révélation de sovev kol almin. Toutefois, tout ceci est le sujet du bitoul du yech à l'ayin.

Et c'est comme le sujet de l'aspect et du degré du Chabbat inférieur. Mais le Chabbat supérieur est au-dessus de cet aspect.

וביאור הענין הוא דהנה מצינו שנאמר בתורה גבי שבת ב׳ לשונות הא׳ כמ״ש וישבת ביום השביעי מכל מלאכתו אשר עשה. שהוא השבת והעלייה מכל אשר עשה דהיינו מבחי׳ עשייה.

הב׳ מ״ש אח״כ כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא. שהוא בחי׳ שבת ועלייה גם מבחי׳ בריאה.

עם היותו למעלה מבחי׳ עשייה, וכמ״ש אשר ברא אלקים לעשות שהבריאה הוא רק מקור להיות מזה אח״כ בחי׳ עשייה ובשבת שבת ג״ כ מבחי׳ מלאכתו אשר ברא כו׳, והן הן בחי׳ שבת תתאה ושבת עילאה. כי הנה וישבת מבחי׳ אשר עשה היינו עליות עולמות התחתונים שנק׳ בכלל בחי׳ עשייה אצלו ית׳ ובשבת הם מתעלים למעלה מבחי׳ עשייה, וזהו והנה טוב מאד ויכולו השמים כו׳, פי׳ שהוטב והוכשר בעיניו סדר ההשתלשלות שנעשו על אופן ויכולו לשון כלות הנפש שנעשו בענין שיוכלו להיות בבחי׳ כלות הנפש מלמטה למעלה בבחי׳ רצוא ושוב וכל בחי׳ העליות הללו הוא עד עלייתם בבחי׳ חכמה שהיא ראשית ההשתלשלות כי אבא מקנן באצי׳ שהוא בחי׳ ביטול חכמה היא כח מ״ה, משא״כ בבי״ע אין מתגלה בחי׳ חכמה וכמאמר אימא מקננא בכורסייא, ועליי׳ עולמות ע״י הביטול היינו ליכלל באצי׳ אשר שם גילוי ח״ע שבו מלובש אור א״ס.

Et l'explication du sujet est : voici, nous trouvons qu'il est dit dans la Torah au sujet du Chabbat deux expressions. La première, comme il est écrit : "et Il se reposa au septième jour de toute Son œuvre qu'Il avait faite" (Genèse 2, 2), qui est le Chabbat et l'ascension de tout ce qu'Il avait fait, c'est-à-dire de l'aspect d'Assiya.

La seconde, ce qui est dit ensuite : "car en lui Il cessa de toute Son œuvre qu'Il créa" (Genèse 2, 3), qui est un aspect de Chabbat et d'ascension aussi de l'aspect de Beria, bien que celle-ci soit au-dessus de l'aspect d'Assiya. Et comme il est écrit : "qu'Elokim créa pour faire" (Genèse 2, 3), la création n'étant qu'une source pour qu'il y ait ensuite de cela l'aspect d'Assiya ; et au Chabbat, Il cessa aussi de l'aspect de Son œuvre qu'Il créa, etc.

Et ce sont précisément les aspects de Chabbat inférieur et de Chabbat supérieur. Car voici, "et Il se reposa" de l'aspect de "qu'Il avait faite", c'est l'ascension des mondes inférieurs, qui sont appelés en général aspect d'Assiya vis-à-vis de Lui, béni soit-Il, et au Chabbat ils s'élèvent au-dessus de l'aspect d'Assiya.

Et c'est : "et voici, très bon" (Genèse 1, 31), "et furent achevés les cieux", etc. Explication : qu'il fut bon et rendu apte à Ses yeux l'ordre de l'enchaînement, qui furent faits de la manière de "et furent achevés", expression qui a le sens de l'expiration de l'âme, en ce qu'ils furent faits de manière à pouvoir être dans un aspect d'expiration de l'âme d'en bas vers en haut, dans un aspect de ratso vachov ; et tous ces aspects d'ascension vont jusqu'à leur ascension dans l'aspect de 'hokhma, qui est le commencement de l'enchaînement, car Abba niche dans Atsilout, qui est l'aspect du bitoul : la 'hokhma est la force de mah.

Ce qui n'est pas le cas dans Beria, Yetsira, Assiya, où ne se révèle pas l'aspect de 'hokhma, et comme le dire : "Imma niche dans le trône". Et l'ascension des mondes par le bitoul, c'est d'être inclus dans Atsilout, où il y a la révélation de la 'hokhma supérieure, en laquelle est revêtu l'Or Ein Sof.

וע״ז נאמר וישבת מכל אשר עשה. שהרי גם בחכמה כתיב והחכמה מאין תמצא שנק׳ בריאה יש מאין לגבי אור א״ס ב״ה.

וזהו בחי׳ שבת תתאה והוא ענין ביטול היש לאין וכן הוא בענין שביעית.

Et sur cela il est dit : "et Il se reposa de tout ce qu'Il avait fait". Car même dans la 'hokhma il est écrit : "et la 'hokhma, de l'ayin se trouve" (Job 28, 12), qu'elle est appelée création, yech issu de l'ayin, vis-à-vis de l'Or Ein Sof, béni soit-Il.

Et c'est l'aspect du Chabbat inférieur, et c'est le sujet du bitoul du yech à l'ayin, et de même est le sujet de la septième année.

והנה כן הוא ג״כ ענין המצות שהם ג״כ ביטול היש לאין. אמנם השכר שיהי׳ עי״ז לעתיד  היינו בחי׳ גילוי עצמות אור א״ס הסכ״ע הוא בחי׳ אין שממנו תמצא החכמה עילאה.

וזהו בחי׳ ומדרגת שבת עילאה והוא מ״ש כי בו שבת מכל מלאכתו אשר ברא שהחכמה נקרא בריאה כנ״ל.

Et voici, ainsi est aussi le sujet des mitsvot, qui sont aussi le bitoul du yech à l'ayin. Toutefois la récompense qui sera par là dans l'avenir, c'est-à-dire l'aspect de la révélation de l'essence de l'Or Ein Sof du sovev kol almin, est l'aspect d'ayin dont se trouve la 'hokhma supérieure.

Et c'est l'aspect et le degré du Chabbat supérieur, et c'est ce qui est dit : "car en lui Il cessa de toute Son œuvre qu'Il créa", la 'hokhma étant appelée création, comme ci-dessus.

והנה חיות והתהוות החכמה הוא רק מבחי׳ שמו וזיו בלבד וכמבואר למעלה בפי׳ בורא קדושים ישתבח שמך כו׳ ושמו בגימ׳ רצון. אבל עצמותו ית׳ הנק׳ בעל הרצון ונקרא מאור פי׳ מקור האור הוא למעלה מעלה מהיות מקור לחכמה ובשבת יש בחי׳ עליות העולמות כ״כ עד שהחכמה עולה ונכלל במאצילה הסכ״ע וזהו בחינת שבת עילאה.

ובחי׳ ביטול זה זהו ענין כתר שהוא לשון שתיקה כתר לי זעיר (באיוב רסי׳ ל״ו), דפירושו המתן לי מעט ודום שהוא ענין שתיקה. והוא ענין סייג לחכמה שתיקה.

סייג הוא גדר ומקיף שלמעלה מהחכמה הוא השתיקה והביטול וכענין משתאה לה מחריש. וכמ״ש במ״א בענין כבד פה וכבד לשון דמשה כו׳, וזשארז״ל בירו׳ כתיב שבת לה׳ אלקיך שבות כה׳ מה הוא שבת ממאמר אף אתה שבות ממאמר אר״ח בדוחק התירו שאילת שלום בשבת:

Et voici, la vitalité et la venue à l'existence de la 'hokhma ne sont que de l'aspect de Son Nom et de Son rayonnement seulement, comme expliqué plus haut dans l'explication de "Créateur des saints, que Ton Nom soit loué" etc., et Son Nom a pour guématria ratson. Mais Son essence, béni soit-Il, qui est appelée le Maître de la volonté et est appelée maor, c'est-à-dire la source de la lumière, est bien au-dessus d'être une source pour la 'hokhma.

Et à Chabbat, il y a un aspect d'élévations des mondes à tel point que la 'hokhma s'élève et est incluse dans Celui qui l'émane, le sovev kol almin (qui entoure tous les mondes), et c'est l'aspect du Chabbat supérieur. Et cet aspect de bitoul (effacement de soi), c'est le sujet du keter, qui a le sens de silence : "keter li ze'eir" (Job 36, 2), dont le sens est : attends-moi un peu et tais-toi, ce qui est le sujet du silence.

Et c'est le sujet de "une haie pour la sagesse : le silence" (Avot 3, 13). La haie est une clôture et un makif ; ce qui est au-dessus de la 'hokhma, c'est le silence et le bitoul, comme le sujet de "étonné devant elle, il se tait" (Genèse 24, 21).

Et comme expliqué ailleurs au sujet de "lourd de bouche et lourd de langue" de Moché etc. (Exode 4, 10).

Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie, dans le Yerouchalmi : il est écrit "un chabbat pour ה' ton Elokim" (Exode 20, 10), "un repos comme ה'" : de même qu'Il se repose de la parole, toi aussi repose-toi de la parole. Rabbi 'Hanina : à grand-peine ont-ils permis les salutations de paix à Chabbat.

קיצור. (וזהו ענין שתי שבתות כהלכתן.

כי שבת העלייה מבחי׳ ממכ״ע בסוכ״ע ועי״ז נמשך בחי׳ הביטול. ויש בזה שני בחי׳.

שבת תתאה הוא ענין ביטול היש לאין בבחי׳ חכמה כח מה. ושבת עילאה בחי׳ שלמעלה מהחכמה):

Abrégé. (Et c'est le sujet de deux chabbatot selon leur règle.

Car le Chabbat est l'élévation depuis l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes) dans le sovev kol almin, et par cela est attiré l'aspect du bitoul. Et il y a en cela deux aspects.

Le Chabbat inférieur est le sujet du bitoul du yech (l'être, le moi) dans l'ayin (le néant), dans l'aspect de la 'hokhma, koa'h mah. Et le Chabbat supérieur est l'aspect qui est au-dessus de la 'hokhma.)

ה וזהו את שבתותי תשמרו. פי׳ שבתותי היינו בחי׳ שבת תתאה שהוא ביטול היש לאין, ושבת עילאה שהוא ביטול האמיתי שב׳ שבתות אלו ישנן בכל שבת כנ״ל (וע׳ מענין את שבתותי תשמרו בזח״א ה׳ ב׳ ח״ג פב״א.

ת״ז ריש תקון כ״ד). ופי׳ תשמרו שבאמת שבת הוא בחי׳ מתנה שנותנים אותה לנו מה׳ רק שאנו צריכים לשמור שלא יפסידו אותה ח״ו ע״י איזה קלקול וגרמא בנזקין המונע גילוי זה כמו אפילו דברים שאדם דש בעקביו שקר וגסות, וכמ״ש דובר שקרים לא יכון לנגד עיני ובגסות אין אני והוא יכולים לדור בעולם א׳.

והנה הרבותא היא על שבת תתאה שהוא ביטול היש שגם זה אינו אלא בחי׳ תשמרו דהיינו שצ״ל שלא יהיה ביטול זה גופא בבחי׳ יש שהוא ביטל עצמו ע״י כחו (וכמ״ש ופלגשו ושמה ראו מ״ה שעושה יש ודבר מהביטול והוא שרש השתלשלות והתהוות היש גשמי דסט״א כו׳). אלא הכל מאת ה׳ כי הגם שהבחירה ניתנה בידי האדם עכ״ז אלמלא עוזרו אין יכול לו וגם ארז״ל היה בעיניך כרשע כו׳ (וכמ״ש הפי׳ בסש״ב פכ״ז).

וזהו את שבתותי שב׳ השבתות הם שלי כו׳. ומקדשי תיראו פי׳ מקדשי קאי על התורה כי המקדש שלמטה הוא מעשה ידי האדם שלמה המלך בנה אותו, אבל התורה היא מקדשו של הקב״ה ממש וכמארז״ל אין לו להקב״ה בעולמו אלא ד״א של הלכה (ועיין בסש״ב פנ״ב שהתלמוד והמשנה נמשכים מהיכל קה״ק דבריאה יצירה כו׳ נמצא ד׳ אמות של הלכה הם בחי׳ מקדשי ממש.

ועיין בע״ח שער כסה״כ פ״ה דשרש היכל קדה״ק שרשו מאד נעלה. ועמ״ש בביאור ע״פ שבת שבתון בשם זהר הרקיע פ׳ בראשית).

והענין כי התורה הוא המשכת אלקות בבחי׳ פנימית כמו שבהמ״ק היה גילוי השכינה והוא בחי׳ ממכ״ע. ושבת הוא העליות בבחי׳ סכ״ע.

ולכן אמר עם היות דשבתותי תשמרו שהוא עליות בבחי׳ סכ״ע, עכ״ז ומקדשי תיראו אני הוי׳ פי׳ אני הוא עצמותו ית׳ הוא ממש הוי׳ שהוא מה שנמשך להיות ממכ״ע ביו״ד נברא העוה״ב כו׳ וכולא חד.

5. Et c'est : "Vous garderez Mes chabbatot" (Lévitique 26, 2).

L'explication : "Mes chabbatot", c'est-à-dire l'aspect du Chabbat inférieur, qui est le bitoul du yech dans l'ayin, et le Chabbat supérieur, qui est le bitoul véritable ; ces deux chabbatot se trouvent dans chaque Chabbat, comme ci-dessus (et voir au sujet de "Vous garderez Mes chabbatot" dans le Zohar I, folio 5b, et III, folio 82a ; Tikouné Zohar, début du tikoun 24). Et l'explication de "vous garderez" : en vérité le Chabbat est un aspect de don que l'on nous donne de la part de ה', seulement nous devons le garder afin qu'on ne le fasse pas perdre, à D.ieu ne plaise, par quelque altération et une cause de dommages qui empêche ce dévoilement, comme même des choses que l'homme foule de ses talons : le mensonge et la grossièreté, ainsi qu'il est écrit : "celui qui dit des mensonges ne subsistera pas devant Mes yeux" (Psaumes 101, 7), et dans la grossièreté : "Moi et lui ne pouvons demeurer dans un même monde" (Sota 5a).

Et voici, la nouveauté porte sur le Chabbat inférieur, qui est le bitoul du yech : même cela n'est qu'un aspect de "vous garderez", c'est-à-dire qu'il faut que ce bitoul lui-même ne soit pas dans un aspect de yech, à savoir qu'il se serait effacé lui-même par sa propre force (et comme il est écrit : "et sa concubine, et son nom était Réouma" (Genèse 22, 24), "Réou mah", qui fait un yech et une chose à partir du bitoul, et c'est la racine de l'enchaînement et de la venue à l'existence du yech matériel du sitra a'hra (l'autre côté) etc.). Mais tout vient de ה', car bien que le choix ait été remis entre les mains de l'homme, néanmoins, s'Il ne l'aidait pas, il ne pourrait pas l'emporter sur lui (Soukka 52b) ; et aussi nos maîtres ont dit : "sois à tes yeux comme un méchant" etc.

(et comme l'explication en est écrite dans le Tanya, chapitre 27). Et c'est "Mes chabbatot" : les deux chabbatot sont à Moi etc.

"Et vous craindrez Mon sanctuaire" : l'explication, "Mon sanctuaire" se rapporte à la Torah, car le sanctuaire d'en bas est l'œuvre des mains de l'homme, le roi Chelomo l'a bâti, mais la Torah est le sanctuaire du Saint, béni soit-Il, véritablement, et comme nos maîtres ont dit : "le Saint, béni soit-Il, n'a dans Son monde que quatre coudées de halakha" (Berakhot 8a) (et voir dans le Tanya, chapitre 52, que le Talmud et la Michna sont attirés du heikhal du Saint des saints de Beria et de Yetsira etc. ; il s'ensuit que les quatre coudées de halakha sont l'aspect de "Mon sanctuaire" véritablement. Et voir dans Ets 'Haïm, Chaar Kisé haKavod, chapitre 5, que la racine du heikhal du Saint des saints, sa racine est très élevée.

Et voir ce qui est écrit dans l'explication sur le verset "chabbat chabbaton", au nom du Zohar haRakia, paracha Beréchit). Et le sujet : la Torah est l'attraction de la divinité dans un aspect d'intériorité, comme dans le Beit Hamikdach il y avait le dévoilement de la Chekhina, et c'est l'aspect de memalé kol almin.

Et le Chabbat, ce sont les élévations dans l'aspect de sovev kol almin. C'est pourquoi Il a dit : bien que "vous garderez Mes chabbatot", qui est les élévations dans l'aspect de sovev kol almin, néanmoins "et vous craindrez Mon sanctuaire, Je suis ה'" : l'explication, "Je", c'est Son essence, béni soit-Il, c'est véritablement Havaya, qui est ce qui est attiré pour être memalé kol almin : par le youd fut créé le monde à venir etc., et tout est un.

וזהו אורייתא מחכמה נפקת פי׳ נפקת היינו התגלותה היא מחכמה אבל מקור חוצבה הוא למעלה מן החכמה כי התורה היא פי׳ וביאור המצות שהם רצון העליון תרי״ג מצות דאורייתא עם ז׳ מצות דרבנן גימ׳ תר״ך כתר, והנה גבי מקדשי נאמר תיראו (ועיין מזה ברבות בשיר השירים בפסוק כמגדל דוד ובסדר בשלח פכ״ט ע״פ נורא אלקים ממקדשך. ובזבחים קט״ו ב׳ ובסדר ויצא ס״פ ס״ט ע״פ מה נורא המקום הזה ובזח״ב ע״ט א׳) והטעם כי לפי שבחי׳ מקדשי הוא ההמשכה בבחי׳ גילוי ואור פנימי לכך נמשך מזה היראה מצד הגילוי (ועמ״ש בד״ה וירא ישראל כו׳ וייראו העם כו׳ ובסש״ב ס״פ כ״ג):

Et c'est : "la Torah sort de la 'hokhma" (Zohar II, Michpatim, folio 121a). L'explication : "sort", c'est-à-dire que son dévoilement est depuis la 'hokhma, mais la source d'où elle est taillée est au-dessus de la 'hokhma, car la Torah est l'explication et l'éclaircissement des commandements, qui sont la volonté suprême : les 613 commandements de la Torah avec les 7 commandements rabbiniques ont pour guématria 620, keter.

Et voici, au sujet de "Mon sanctuaire" il est dit "vous craindrez" (et voir à ce sujet dans Chir haChirim Rabba, au verset "comme la tour de David" (Cantique des Cantiques 4, 4), et dans la section Bechala'h, chapitre 29, sur le verset "redoutable est Elokim depuis Ton sanctuaire" (Psaumes 68, 36) ; et dans Zevahim, folio 115b, et dans la section Vayetsé, fin du chapitre 69, sur le verset "combien ce lieu est redoutable" (Genèse 28, 17), et dans le Zohar II, folio 79a). Et la raison : parce que l'aspect de "Mon sanctuaire" est l'attraction dans un aspect de dévoilement et de lumière intérieure, c'est pourquoi de cela est attirée la crainte, du côté du dévoilement (et voir ce qui est écrit au début du discours "Et Israël vit" etc.

(Exode 14, 31), "et le peuple craignit" etc. (Exode 20, 18), et dans le Tanya, fin du chapitre 23).

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