לקוטי תורה

Likouteï Torah — Likkutei Torah, Behar.1

Rabbi Chneour Zalman de Liadi - discours sur Vayikra, Bamidbar, Devarim et Chir HaChirim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

"Lorsque vous viendrez dans le pays que Je vous donne, la terre chômera un chabbat pour ה', six années, etc." (Lévitique 25, 2-3). Voici le sens du verset : dès que vous viendrez dans le pays, elle chômera, avant que ne commencent les six années.

כי תבואו אל הארץ אשר אני נותן לכם ושבתה הארץ שבת לה׳ שש שנים וגו׳. הנה משמעות הכתוב כי מיד כי תבאו אל הארץ ושבתה קודם שיתחילו השש שנים.

"Lorsque vous viendrez dans le pays que Je vous donne, la terre chômera un chabbat pour ה', six années, etc." (Lévitique 25, 2-3). Voici le sens du verset : dès que vous viendrez dans le pays, elle chômera, avant que ne commencent les six années.

ויובן בהקדים ביאור הכתוב פתחי לי אחותי רעיתי וגו׳. ופי׳ שאמר הקב״ה לכנסת ישראל פתחי לי בכדי שתהיי בבחי׳ אחותי רעיתי.

הגם דכנסת ישראל נקראת תמיד בשם זה מ״מ בחינה זו פעמים שהיא בהתגלות ופעמים שהיא מכוסה ומסותרת.

On comprendra ceci en préfaçant l'explication du verset "Ouvre-moi, ma sœur, ma compagne, etc." (Cantique des Cantiques 5, 2). L'explication est que le Saint, béni soit-Il, a dit à Knesset Israël : "Ouvre-moi", afin que tu sois dans l'aspect de "ma sœur, ma compagne".

Bien que Knesset Israël soit toujours appelée de ce nom, néanmoins cet aspect est parfois dans le dévoilement, et parfois couvert et dissimulé.

ולכן אמר פתחי להסיר המכסה וההסתר כדי שתהיה בחינה זו בהתגלות. ולהבין ענין מהות בחינה זו כשהיא בהתגלות ומהו המכסה והלבוש המסתיר גילוי זה.

הנה פי׳ אחותי הוא מלשון איחוי אלכסנדרית  שבגמרא שהוא מלשון חיבור שמחבר שני דברים יחד להיות לאחדים כגוף אחד ממש.

C'est pourquoi il a dit "Ouvre", pour ôter le couvercle et la dissimulation, afin que cet aspect soit dans le dévoilement. Et pour comprendre le sujet de l'essence de cet aspect lorsqu'il est dans le dévoilement, et ce qu'est le couvercle et le vêtement qui dissimule ce dévoilement.

Voici : l'explication de a'hoti ("ma sœur") est de l'expression "suture d'Alexandrie" qui se trouve dans le Talmud, qui a le sens de liaison qui joint deux choses ensemble pour qu'elles soient unies comme un seul corps véritablement.

וכך הוא עד״מ ענין האהבה הטבעית שבנפשות ישראל ממקור חוצבן שהן חלק אלוה ממעל ממש ומיוחדים בתכלית היחוד באור א״ס ב״ה ממש. וע״כ גם למטה אחר שנבראו מאין ליש וירדו מטה מטה להתלבש בגוף ונפש החיונית זאת היא מדת הצדיקים מצד נפש אלהית אשר בקרבם חשקם ותשוקתם להתכלל באור ה׳ ולהבטל במציאות אליו ית׳ בכלות הנפש ממש מעומקא דלבא, וכל ימיהם תמיד הם בביטול הנ״ל מחמת טבע נפשותם שנעשה להם טבע ואין צריכים שום התבוננות והכנה לעורר את האהבה.

Et ainsi en est-il, à titre de comparaison, du sujet de l'amour naturel qui est dans les âmes d'Israël, depuis la source dont elles sont taillées, car elles sont une partie de D.ieu d'en haut véritablement, et unies dans l'union la plus parfaite à l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, véritablement. Et c'est pourquoi, même en bas, après qu'elles ont été créées de l'ayin (le néant) au yech (l'être, le moi) et sont descendues de plus en plus bas pour se revêtir dans le corps et l'âme vitale, telle est la mida des justes, du côté de la nefech élokit (âme divine) qui est en eux : leur désir et leur aspiration à être englobés dans la lumière de ה' et à s'effacer dans l'existence envers Lui, béni soit-Il, dans le kelot hanefech (l'expiration de l'âme) véritablement, du fond du cœur ; et tous leurs jours, constamment, ils sont dans le bitoul (effacement de soi) susdit, du fait de la nature de leurs âmes, qui est devenue pour eux une nature, et ils n'ont besoin d'aucune méditation ni préparation pour éveiller l'amour.

וכמ״ש אם זכרתיך על יצועי באשמורות אהגה  בך. וכתיב בשבתך בביתך ובלכתך בדרך ובשכבך ובקומך.

והוא ע״ד משל כאהבת אח ואחות שהאהבה ביניהם קבועה ונטועה מעצמה בטבע בתולדותם בלי שום התעוררות כלל, וזו היא אהבה האמיתית מנקודת אמת לאמתו שאין לה הפסק ועומדת לעד. משא״כ כשאין אהבה זו קבועה ונטועה בלב האדם כ״א בשעה שמעורר את האהבה בעתים מזומנים בשעת ק״ש ותפלה וכיוצא בו ואח״כ חולפת ועוברת ממנו אין אהבה זו נקראת בשם אהבת אמת לאמתו, דהיינו מנקודת האמת ממש כ״א בשם שפת אמת מלשון שפה לפיו שהוא אימרא שסביב הבגד דהיינו שפת הבגד וקצהו.

כך ע״ד משל האהבה הזאת הבאה בעת התעוררות היא שפת האמת וקצהו דהיינו התחלת האמת אבל אינו נקרא בשם אמת גמור לאמתו. ולכן אמרו בזהר (ר״פ תשא ד׳ קפ״ח וע״ש במק״מ ובהרמ״ז) שפת אמת תכון לעד כוננת לעד לא כתיב אלא תכון לעד וכתיב קרוב ה׳ לכל קוראיו לכל אשר יקראוהו באמת באמת דייקא.

דהיינו בנקודת אמת ולא בשפת אמת, כי מאחר שצריך הוא תמיד לעורר את האהבה הרי לא נעשית עדיין טבע עצמותו ומהותו ממש מנקודת הלב ממש.

Et comme il est écrit : "Si je me souviens de Toi sur ma couche, dans les veilles je médite sur Toi" (Psaumes 63, 7). Et il est écrit : "lorsque tu es assis dans ta maison, lorsque tu marches en chemin, lorsque tu te couches et lorsque tu te lèves" (Deutéronome 6, 7).

Et c'est à la manière de la parabole de l'amour d'un frère et d'une sœur, dont l'amour entre eux est fixé et planté de lui-même dans la nature, par leur engendrement, sans aucun éveil du tout ; et c'est là l'amour véritable, du point de la vérité en sa vérité, qui n'a pas d'interruption et demeure à jamais. Il n'en va pas de même lorsque cet amour n'est pas fixé et planté dans le cœur de l'homme, mais seulement à l'heure où il éveille l'amour à des temps fixés, au moment du Chema et de la prière et de ce qui leur ressemble, et qu'ensuite il passe et s'éloigne de lui : cet amour n'est pas appelé du nom d'amour de vérité en sa vérité, c'est-à-dire du point de la vérité véritablement, mais seulement du nom de "lèvre de vérité", de l'expression "lèvre à sa bouche", qui est la bordure qui entoure le vêtement, c'est-à-dire la lèvre du vêtement et son bord.

Ainsi, à titre de parabole, cet amour qui vient au moment de l'éveil est la lèvre de la vérité et son bord, c'est-à-dire le commencement de la vérité, mais il n'est pas appelé du nom de vérité complète en sa vérité. C'est pourquoi ils ont dit dans le Zohar (début de la paracha Tissa, folio 188, et vois là dans le Mikdach Melekh et dans le Ramaz) : "La lèvre de vérité sera affermie à jamais" (Proverbes 12, 19) ; "tu as affermi à jamais" n'est pas écrit, mais "sera affermie à jamais" ; et il est écrit : "ה' est proche de tous ceux qui L'invoquent, de tous ceux qui L'invoquent en vérité" (Psaumes 145, 18), "en vérité" précisément.

C'est-à-dire au point de vérité, et non dans la lèvre de vérité ; car puisqu'il a toujours besoin d'éveiller l'amour, celui-ci n'est pas encore devenu la nature de son essence et de son être véritablement, du point du cœur véritablement.

ומ״מ נקראת בשם שפת אמת מאחר שעכ״פ בשעה זו מעורר את האהבה מנקודת לבו כל חד לפום שעורא דיליה וגם אחר התפלה נשאר רשי מו שבזכרו את ה׳ מתעורר רוח נדיבה בקרבו מאליו לאהבת ה׳ והרי נתקיים בו ג״כ מ״ש אם זכרתיך גו׳ [וע׳ בסש״ב ח״א ס״פ י״ג.

Et néanmoins elle est appelée du nom de "lèvre de vérité", puisque de toute façon, à cette heure, il éveille l'amour depuis le point de son cœur, chacun selon sa mesure ; et même après la prière il reste une trace, de sorte qu'en se souvenant de ה' s'éveille en lui de lui-même un esprit généreux pour l'amour de ה', et ainsi s'accomplit aussi en lui ce qui est écrit : "Si je me souviens de Toi, etc." [et vois dans le Tanya, première partie, fin du chapitre 13.

ועמ״ש במ״א בביאור ע״פ אלה מסעי כו׳ ויכתוב משה כו׳ בענין תתן אמת ליעקב. ועמ״ש במ״א בענין ח׳ פעמים אמת באמת ויציב.

הד׳ פעמים אמת הראשונים עד עזרת הוא רצון ותשוקת הלב להדבק בה׳ עד כלותו הנק׳ היכל הרצון ואח״כ עוד ד״פ אמת דהיינו אמת האמתי שמסייעהו מלמעלה להתאמת הד׳ אמת שלמטה להיות אמת אמיתי במס״נ עד כלותה כו׳ וע׳ אג״ה ד״ה וזורע צדקה שכר אמת] והסיבה שמונע את האהבה מליכנס לעומק נקודת הלב ממש. כי הנה אהבה זו מלובשת ומוסתרת בכח המתאוה לדברים גשמיים מנפש החיונית ששרשה בחי׳ גסות הרוח משכא דחויא החופף ומסתיר על כח ובחינת אהבה זו, ויש בה מדרגות שונות כמה מיני לבושים הקטן לפי קטנו והגדול לפי גודל מעלתו צריך הוא להסיר אפי׳ בחי׳ לבוש דק מבחי׳ גסות הרוח, אמרו רז״ל אין אני והוא וכו׳, וצריך לפתוח את המכסה, כמשל אדם שרוצה לפתוח נקב בכותל המפסיק שצריך לחתוך ולשבור הכותל עד שיעשה מקום חלל.

כך צריך האדם שרוצה להיות אהבה זו תקועה בלבו ליכנס אל תוך פנימיות נקודת הלב ותוך תוכו מעומקא דלבא ממש בכלות הנפש וביטול במציאות אליו ית׳ להיות לו לב נשבר ורוח נשברה להסיר גסות רוחו וכח המתאוה לדברים גשמיים להיות יש ונפרד בפני עצמו רק ישים אליו לבו.

Et vois ce qui est écrit ailleurs dans l'explication sur le verset "Voici les étapes, etc.", "et Moché écrivit, etc.", au sujet de "Tu donneras la vérité à Yaakov". Et vois ce qui est écrit ailleurs au sujet des huit fois "vérité" dans emet veyatsiv.

Les quatre premières fois "vérité", jusqu'à ezrat, sont la volonté et l'aspiration du cœur à s'attacher à ה' jusqu'à son expiration, ce qui est appelé le palais de la volonté ; et ensuite encore quatre fois "vérité", c'est-à-dire la vérité véritable qui l'assiste d'en haut pour faire correspondre les quatre "vérité" d'en bas afin que ce soit une vérité véritable dans le messirout nefech (don de soi) jusqu'à son expiration, etc. Et vois Igueret Hakodech, au début du discours "Et qui sème la charité, le salaire de la vérité"].

Et la cause qui empêche l'amour d'entrer dans la profondeur du point du cœur véritablement : voici, cet amour est revêtu et dissimulé dans la faculté qui désire les choses matérielles, issue de l'âme vitale, dont la racine est l'aspect de la grossièreté d'esprit, la peau du serpent qui plane et dissimule la faculté et l'aspect de cet amour ; et il y a en elle des degrés différents, plusieurs sortes de vêtements, le petit selon sa petitesse et le grand selon la grandeur de son degré : il doit ôter même l'aspect d'un vêtement ténu de l'aspect de la grossièreté d'esprit. Nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : "Moi et lui ne pouvons demeurer, etc." (Sota 5a) ; et il faut ouvrir le couvercle, à la manière de la parabole d'un homme qui veut ouvrir une brèche dans le mur qui sépare : il doit couper et briser le mur jusqu'à faire un espace vide.

Ainsi l'homme qui veut que cet amour soit fiché dans son cœur doit entrer à l'intérieur du point du cœur et dans son tréfonds, du fond du cœur véritablement, dans le kelot hanefech et le bitoul dans l'existence envers Lui, béni soit-Il, pour avoir un cœur brisé et un esprit brisé, afin d'ôter sa grossièreté d'esprit et la faculté qui désire les choses matérielles, d'être un yech et séparé en soi-même ; il ne tournera son cœur que vers Lui.

ועל זה אמרו רז״ל פתחו לי כחודה של מחט ואני אפתח לכם כפתחו של אולם שהיה לפני ההיכל בבית המקדש, כי הבא לטהר מסייעין אותו להסיר ממנו כל בחינת ומדרגת גסות הרוח ולהעלותו מעלה מעלה עד רום המעלות. ועי״ז יאיר אור האהבה זו תוך פנימיות נקודת הלב ממש עד שתתבטל כח מהות הנפש כשלהבת העולה מאליה להכלל ולהדבק באורו ית׳ (וכמ״ש בספרא דצניעותא) (רפ״א זהר ח״ב דקע״ו ע״ב) וארעא אתבטלת וזו היא בחי׳ אחותי הנ״ל ומזה יבא עוד לבחי׳ רעיתי (ועמ״ש עוד מענין בחינת אחותי בד״ה לבבתני אחותי כלה):

Et c'est à ce sujet que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : "Ouvrez-moi une ouverture comme la pointe d'une aiguille, et J'ouvrirai pour vous comme l'ouverture du oulam", qui était devant le heikhal dans le Beit Hamikdach ; car celui qui vient se purifier, on l'assiste pour ôter de lui tout aspect et tout degré de grossièreté d'esprit, et pour l'élever de plus en plus haut jusqu'au sommet des degrés. Et par cela, la lumière de cet amour éclairera à l'intérieur du point du cœur véritablement, jusqu'à ce que s'efface la faculté de l'essence de l'âme, comme la flamme qui s'élève d'elle-même pour être englobée et s'attacher à Sa lumière, béni soit-Il (et comme il est écrit dans le Sifra deTseniouta) (début du chapitre 1, Zohar II, folio 176b) : "et la terre s'est effacée" ; et c'est là l'aspect de "ma sœur" susdit.

Et de cela viendra encore à l'aspect de "ma compagne" (et vois ce qui est écrit encore au sujet de l'aspect de "ma sœur" au début du discours "Tu m'as ravi le cœur, ma sœur, ma fiancée").

ב וביאור ענין רעיתי הוא ע״ד מה שאמרו רז״ל ישראל מפרנסין לאביהן שבשמים וכדכתיב כי לא ידח ממנו נדח ממנו דייקא כמ״ש במ״א דהיינו לאשתאבא בגופא דמלכא. ולהבין זה איך הנשמה שהיא בחי׳ נברא יש ודבר בפני עצמו תוכל לאשתאבא וכו׳.

אך הנה אמרו בזהר תלת קשרין מתקשרין כחדא אורייתא בקוב״ה וישראל באורייתא כו׳. כי מפני שבחי׳ ומעלת התורה גבוה מבחי׳  מעלת ומדרגת נשמות ישראל ממקור חוצבם דאורייתא מחכמה נפקת כו׳ וזהו מה שאמרו רז״ל אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו.

אך להבין זה שהרי התורה היא ג״כ מלובשת בענינים גשמיים כמו עניני ציצית ותפילין וסוכה וכמה דיני ממונות וטענות ע״ד משל ראובן טוען כך ושמעון כך ומה ענינם בג״ע העליון ותחתון. אך הנה כתיב לכו לחמו בלחמי.

כי כמו הלחם מזון גשמי שעליו יחיה האדם חיי גופו הוא ע״י שנבלע באבריו של אדם. כך התורה שנקראת מזון וחיים לנפש הרוחני צריכה היא שתבלע באברי נפשו ושבה כבשרו ממש וע״י זה הנפש תשוב אל ה׳ לאשתאבא בגופא דמלכא להיות נבלע בגופא דמלכא ממש.

וכמ״ש אכלתי יערי עם דבשי וגו׳. וזהו לחמו בלחמי מתחלה לחמו שיהי׳ לכם לחם ומזון ליבלע באברי נפשכם ואח״כ בלחמי.

2. Et l'explication du sujet de re'iyati ("ma compagne") est à la manière de ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : Israël nourrit leur Père qui est dans les cieux ; et comme il est écrit : "car il ne sera pas repoussé loin de Lui celui qui est repoussé" (II Samuel 14, 14), "de Lui" précisément, comme il est expliqué ailleurs, c'est-à-dire être absorbé dans le corps du Roi.

Et pour comprendre ceci : comment l'âme, qui est un aspect de créé, un yech et une chose en soi, pourra-t-elle être absorbée, etc. Or voici qu'il est dit dans le Zohar : "trois liens se lient ensemble, la Torah au Koudcha Berikh Hou, et Israël à la Torah", etc.

Car puisque l'aspect et le degré de la Torah sont plus élevés que l'aspect du degré et du rang des âmes d'Israël depuis la source de leur extraction - car la Torah sort de la 'hokhma, etc. - et c'est ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : "Heureux celui qui vient ici et dont l'étude est dans sa main" (Pessa'him 50a). Mais pour comprendre ceci, car la Torah est elle aussi revêtue dans des sujets matériels, comme les sujets de tsitsit, de téfilines et de souka, et plusieurs lois d'argent et de contestations, à la manière d'une parabole : Reouven prétend ainsi et Chimon ainsi, et quel est leur rapport dans le Gan Eden supérieur et inférieur.

Or voici qu'il est écrit : "Venez, mangez de mon pain" (Proverbes 9, 5). Car de même que le pain, nourriture matérielle par laquelle l'homme vivra la vie de son corps, c'est par le fait qu'il est absorbé dans les organes de l'homme, ainsi la Torah, qui est appelée nourriture et vie pour l'âme spirituelle, doit être absorbée dans les organes de son âme et redevenir comme sa chair même ; et par cela l'âme reviendra vers ה' pour être absorbée dans le corps du Roi, pour être absorbée dans le corps du Roi même.

Et comme il est écrit : "J'ai mangé mon rayon avec mon miel, etc." (Cantique des Cantiques 5, 1). Et c'est "mangez de mon pain" : d'abord "son pain", afin que ce soit pour vous un pain et une nourriture pour être absorbé dans les organes de votre âme, et ensuite "de mon pain".

והנה באבות מלאכות של שבת תנא סידורא דפת נקט הזורע וכו׳ כי כדי לעשות לחם שיהא ראוי למאכל אדם עד שיהא נבלע באבריו ושבה כבשרו צריך מתחלה עבודת הזריעה והטחינה ולישה ואפיה.

Et voici, dans les travaux principaux du chabbat, la michna a pris l'ordre du pain : "celui qui sème", etc. Car pour faire un pain qui soit propre à la nourriture de l'homme, jusqu'à ce qu'il soit absorbé dans ses organes et redevienne comme sa chair, il faut d'abord le travail du semis, de la mouture, du pétrissage et de la cuisson.

ולהבין ארבעה עבודות הללו בעבודת ה׳ צריך לבאר היטב בפרטיות ענין וסדר הזריעה בגשמיות על דרך משל שזורעין גרעין חטה או נוטעין גרעין פרי בארץ ומכסין בעפר והגרעין ההוא נרקב ונפסד וכח הצומח אשר בארץ מצמיח חטה או פרי כעין הגרעין הנזרע או הנטוע בארץ, כי לפי שכח הצומח אשר בארץ הוא כח כללי זורעין הגרעין ההוא להיות כעין העלאת מ״נ אל כח הצומח להצמיח כח פרטי כעין הגרעין ההוא.

Et pour comprendre ces quatre travaux dans le service de ה', il faut bien expliquer en détail le sujet et l'ordre du semis dans le matériel, à la manière d'une parabole : on sème un grain de blé ou l'on plante un noyau de fruit dans la terre et l'on couvre de poussière, et ce grain pourrit et se corrompt, et la force végétative qui est dans la terre fait pousser du blé ou un fruit semblable au grain semé ou planté dans la terre. Car puisque la force végétative qui est dans la terre est une force générale, on sème ce grain pour qu'il soit comme une élévation de mayin nukvin vers la force végétative, afin de faire pousser une force particulière semblable à ce grain.

והיינו לפי שהגרעין ההוא ג״כ נתהוה מכח הצומח ויש בו בחי׳ כח הצומח בהעלם אלא שנתגשם ונגרע ממהותו עד שנעשה גרעין. ומ״מ יש לו שייכות בצד מה אל כח הצומח הרוחני לפיכך כשנרקב ונפסד גוף הגרעין הנה כח הצומח המלובש בו בטל לגבי כח הצומח הכללי אשר בארץ ונעשה מ״נ אליו ומצמיח כעין הגרעין בתוספת מרובה על העיקר וכן מצמיח כל מיני פירות במיני מטעמים וגוון וריח כעין הגרעין ההוא כגון אם היה הגרעין של תפוחים מצמיח תפוחים ואם הי׳ של ענבים מצמיח ענבים וכיוצא בהן.

הגם שבגרעין ההוא אינו נראה ונרגש שום טעם וריח כלל רק כמו עץ בעלמא מ״מ הרי הוא עכ״פ ממהות הפרי ההוא ויש בו בכחו מלובש ומוסתר כל כחות הטעמים והגוונים והריח שבפרי ההוא אלא שהוא מצומצם מאד עד שאינו נרגש ונראה בו שום טעם וריח ולזאת יכול הוא להמשיך כח הצומח שיצמיח הפירות של הגרעין ההוא בכל עניניהם בטעמם ובריחם ומראה שלהם בלי שום הסתר וצמצום כלל.

C'est-à-dire parce que ce grain aussi a été amené à l'existence par la force végétative, et il y a en lui un aspect de force végétative en état caché, sauf qu'il s'est matérialisé et a diminué de son essence jusqu'à devenir un grain. Et néanmoins il a un rapport, d'un certain côté, avec la force végétative spirituelle.

C'est pourquoi, lorsqu'il pourrit et que le corps du grain se corrompt, voici que la force végétative revêtue en lui s'annule face à la force végétative générale qui est dans la terre, et devient mayin nukvin envers elle, et elle fait pousser semblable au grain avec un ajout bien supérieur au principal ; et de même elle fait pousser toutes sortes de fruits, en sortes de saveurs, de couleur et d'odeur semblables à ce grain. Par exemple, si le grain était de pommes, elle fait pousser des pommes, et s'il était de raisins, elle fait pousser des raisins, et ainsi de suite.

Bien que dans ce grain on ne voie ni ne sente aucun goût ni odeur du tout, seulement comme un bois quelconque, néanmoins il est en tout cas de l'essence de ce fruit, et il y a en sa force, revêtues et cachées, toutes les forces des saveurs, des couleurs et de l'odeur de ce fruit, sauf que c'est très contracté, jusqu'à ce qu'aucun goût ni odeur ne soit senti ni vu en lui. Et c'est pourquoi il peut attirer la force végétative pour qu'elle fasse pousser les fruits de ce grain dans tous leurs sujets, dans leur goût, leur odeur et leur aspect, sans aucun cachement ni tsimtsoum (retrait) du tout.

והנה ככל המשל הזה בפרטיות יתבונן המשכיל בעבודת ה׳ ובתורתו כי הנה התורה היא חכמתו ורצונו ית׳ והוא וחכמתו א׳ חכים ולא בחכמה ידיעא כו׳ ובריבוי הצמצומים והשתלשלות ממדרגה למדרגה ירדה מטה מטה עד שנתלבשה ונתגשמה בענינים גשמיים. והוא כמשל גרעין הזרע או הפרי שנלקח מכח הצומח שהכח ההוא הוא בחי׳ אין ממש ממאמר תדשא דהיינו אש דת (כ״כ הש״ך בשם הר״ש) והפרי הנצמח ממנו ע״י התלבשותו בארץ הוא בחי׳ יש מאין אבל מ״מ יש בו חיות רוחני כי טוב למאכל ונחמד למראה או שיש בו ריח.

משא״כ גרעין הנזרע החיות שבו מצומצם כ״כ עד שאין נראה ונרגש בו אפילו שום טעם וריח. כך ע״ד משל התורה שנתלבשה ונתגשמה בדברים גשמיים החיות שבה מצומצם מאד כי בג״ע העליון שהוא עולם הבריאה מאירים שם חב״ד דא״ס ב״ה ומאיר אור התורה בבחי׳ תענוג בהשגות שכליות אלהות ממש.

Et voici, selon toute cette parabole en détail, l'homme intelligent méditera dans le service de ה' et dans Sa Torah. Car voici que la Torah est Sa sagesse et Sa volonté, béni soit-Il, et Lui et Sa sagesse sont un : "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue", etc.

Et par la multiplicité des tsimtsoumim et de l'enchaînement de degré en degré, elle est descendue de plus en plus bas jusqu'à se revêtir et se matérialiser dans des sujets matériels. Et c'est comme la parabole du grain de la semence ou du fruit qui a été pris de la force végétative, cette force étant un aspect de ayin véritable, issu de la parole "que la terre verdisse", c'est-à-dire le feu de la loi (ainsi l'a écrit le Chakh au nom du Rach), et le fruit qui pousse de lui par son revêtement dans la terre est un aspect de yech à partir de l'ayin, mais néanmoins il y a en lui une vitalité spirituelle, car il est bon à manger et désirable à voir, ou bien il a une odeur.

Ce qui n'est pas le cas du grain semé : la vitalité qui est en lui est tellement contractée qu'on n'y voit ni ne sent même aucun goût ni odeur. Ainsi, à la manière d'une parabole, la Torah qui s'est revêtue et matérialisée dans des choses matérielles : la vitalité qui est en elle est très contractée, car dans le Gan Eden supérieur, qui est le monde de Beria, y brillent le 'Habad ('hokhma, bina, daat) de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et brille la lumière de la Torah dans un aspect de délice dans des appréhensions intellectuelles de divinité véritable.

ומ״מ בחי׳ השגה ההיא היא בחי׳ יש מאין לגבי מקורא דכולא חכמה עילאה חכים ולא בחכמה ידיעא, משא״כ בירידתה למטה נתגשמה עד שאין נראה ונרגש בה ענין התענוג ושכל אלהות כ״א דינים והלכות בענינים גשמיים (ועמ״ש במ״א ע״פ המאמר בפ׳ בראשית דכ״ז ב׳ אעשה לו עזר כו׳ דא משנה כו׳ ע״ש). וזהו הזורעים בדמעה ברנה יקצרו כי הרי  בשעת לימודו אין לו תענוג ומ״מ ברנה יקצורו כי מחמת הלימוד נעשה אור התורה זרוע בארץ העליונה, כי בחי׳ דבר ה׳ זו הלכה ובטל לגבי כח הצומח בחי׳ חכמה כו׳ ועי״ז מצמיח שכר מצוה מצוה בג״ע העליון שצדיקים יושבין ונהנין מזיו השכינה ומתענגים בהשגתם השגת אלקות שההשגה ההיא היא בחי׳ יש מאין וזיו והארה מאורה של מעלה בכח הצומח.

והיינו זיו תורתם ועבודתם ממש שהוא כמו למשל הכח הצומח שמצמיח כעין הגרעין וכו׳. וגופי ההלכות גשמיות הם בחי׳ העלאת מ״נ לגבי חכמתו ורצונו ית׳ המלובשים בדבר ה׳ זו הלכה.

Et néanmoins cet aspect d'appréhension est un aspect de yech à partir de l'ayin par rapport à la source de tout, la 'hokhma supérieure, "sage mais non d'une sagesse connue". Ce qui n'est pas le cas dans sa descente en bas : elle s'est matérialisée jusqu'à ce qu'on n'y voie ni ne sente le sujet du délice et de l'intellect divin, mais seulement des lois et des halakhot dans des sujets matériels (et vois ce qui est écrit ailleurs sur le dire, dans la paracha Beréchit, folio 27b : "Je lui ferai une aide, etc.", ceci est la Michna, etc., vois là).

Et c'est : "ceux qui sèment dans les larmes, dans le chant ils moissonneront" (Psaumes 126, 5), car voici qu'au moment de son étude il n'a pas de délice, et néanmoins dans le chant ils moissonneront, car à cause de l'étude la lumière de la Torah devient semée dans la terre supérieure, car l'aspect de "la parole de ה', c'est la halakha" s'annule face à la force végétative, l'aspect de 'hokhma, etc., et par cela elle fait pousser "le salaire d'une mitsva est une mitsva" dans le Gan Eden supérieur, où les tsadikim sont assis et jouissent du rayonnement de la Chekhina et se délectent dans leur appréhension, l'appréhension de la divinité, cette appréhension étant un aspect de yech à partir de l'ayin, un rayonnement et une illumination de la lumière d'en haut, par la force végétative. C'est-à-dire le rayonnement de leur Torah et de leur service mêmes, qui est comme, par exemple, la force végétative qui fait pousser semblable au grain, etc.

Et les corps des halakhot matérielles sont un aspect d'élévation de mayin nukvin face à Sa sagesse et Sa volonté, béni soit-Il, revêtues dans "la parole de ה', c'est la halakha".

והנה כמו שבזריעה גשמיות אינה צומחת עד שירקב הגרעין ויפסד וישתנה ממהותו ויהיה נקלט בארץ ממש והיו לאחדים ממש. ככה צריך להיות נפש האדם להתבטל ממהותה ע״י מס״נ בתורה ובמצות ולהיות נקלטת ומתאחדת בארץ העליונה היא מלכותו ושכינת עוזו ע״י מס״נ זו בבחי׳ העלאת מ״ן כמ״ש בידך אפקיד רוחי כו׳ ועי״ז נקלטת ומתייחדת התורה שלמד בעוה״ז ג״כ בארץ העליונה כיחוד כח הצומח שבגרעין בכח הצומח שבארץ הגשמי.

Et voici, de même que dans le semis matériel elle ne pousse pas avant que le grain pourrisse, se corrompe, change de son essence et soit absorbé dans la terre même, et qu'ils deviennent véritablement uns. Ainsi faut-il que l'âme de l'homme s'annule de son essence par le messirout nefech dans la Torah et les mitsvot, et qu'elle soit absorbée et unie dans la terre supérieure, qui est Sa royauté et la Chekhina de Sa puissance, par ce messirout nefech, dans un aspect d'élévation de mayin nukvin, comme il est écrit : "entre Tes mains je dépose mon esprit, etc." (Psaumes 31, 6), et par cela est absorbée et unie également la Torah qu'il a étudiée dans ce monde-ci, dans la terre supérieure, comme l'union de la force végétative qui est dans le grain avec la force végétative qui est dans la terre matérielle.

ומזה יתבונן המשכיל להיות למודו ע״ד זה שיהי׳ בבחי׳ מ״נ ולא יעשה הטפל עיקר דהיינו שלא ישים כל מגמתו אל התורה כמו שהיא בלבושים הגשמיים בלבד כי האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו, רק ישים לבו לפנימיות אלהות המלובש בה ממקורה ושרשה למעלה בחי׳ חכמה עילאה ולישא וליתן בדבורו של מקום, כי הלכה זו היא דבר ה׳ וחכמתו ורצונו מלובשים בה ואזי הוא לימודו בבחי׳ מ״נ ובטל לגבי חכמתו ית׳ והיו לאחדים ממש:

Et de cela l'homme intelligent méditera pour que son étude soit de cette manière, qu'elle soit dans un aspect de mayin nukvin, et qu'il ne fasse pas de l'accessoire le principal, c'est-à-dire qu'il ne mette pas toute son intention vers la Torah telle qu'elle est dans les revêtements matériels seulement, car "celui qui dit : je n'ai que la Torah, même la Torah il ne l'a pas" (Yevamot 109b) ; mais qu'il mette son cœur vers l'intériorité divine revêtue en elle depuis sa source et sa racine en haut, l'aspect de 'hokhma supérieure, et qu'il discute dans la parole de D.ieu (Makom), car cette halakha est la parole de ה' et Sa sagesse et Sa volonté revêtues en elle ; et alors son étude est dans un aspect de mayin nukvin et s'annule face à Sa sagesse, béni soit-Il, et ils deviennent véritablement uns.

ג וכדי שתתאחד ג״כ עם נפשו האלהית. הנה התפלה קרויה נפש כדכתיב ואשפוך את נפשי כו׳.

וצריך הוא לעורר את האהבה בתפלה מעומקא דלבא בכלות הנפש ממש במס״נ בביטול במציאות אליו ית׳. בחי׳ אחותי הנ״ל.

שיהי׳ ענין מסירת נפש וביטול הנ״ל נקבע במוחו ולבו בשעת התפלה שהיא בחי׳ חכמה עילאה (וכמ״ש אמור לחכמה אחותי את וז״ש אחותי בת אבי היא כו׳ בזמנא דנטלא מבי אבא כמ״ש בזה״ק פ׳ אמור ד׳ ק׳ ע״ב) ולכן כשלומד אח״כ ע״ד הנ״ל שיהא לימודו בטל לגבי חכמה עלאה המלובשת בתורתו. הרי מתייחדים יחד אור תורתו באור נפשו האלהית.

ולזאת העת קבוע ללמוד יהי׳ מיד אחר התפלה וזהו אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו פי׳ שבא לכאן נפשו האלהית ע״י מס״נ וביטול הנ״ל ותלמודו ג״כ בידו ע״ד הנ״ל.

3. Et afin qu'elle s'unisse également avec sa nefech élokit.

Voici que la prière est appelée âme, comme il est écrit : "Je répandrai mon âme, etc." (I Samuel 1, 15). Et il doit éveiller l'amour dans la prière, du fond du cœur, dans le kelot hanefech véritable, par le messirout nefech, dans le bitoul de l'existence envers Lui, béni soit-Il, l'aspect d'a'hoti mentionné plus haut, afin que le sujet du messirout nefech et du bitoul susdit soit fixé dans son cerveau et dans son cœur au moment de la prière, qui est l'aspect de la 'hokhma supérieure (et comme il est écrit : "Dis à la sagesse : tu es ma sœur" (Proverbes 7, 4), et c'est ce qui est dit : "ma sœur, fille de mon père est-elle, etc.", au temps où elle reçoit de la maison du Père, comme il est écrit dans le Zohar, paracha Emor, folio 100b).

Et c'est pourquoi, lorsqu'il étudie ensuite de la manière susdite, de sorte que son étude soit annulée vis-à-vis de la 'hokhma supérieure revêtue dans sa Torah, voici que s'unissent ensemble la lumière de sa Torah et la lumière de sa nefech élokit. Et pour cette raison le temps fixé pour l'étude sera immédiatement après la prière.

Et c'est là : "Heureux celui qui vient ici et dont l'étude est dans sa main" (Pessa'him 50a), c'est-à-dire que sa nefech élokit est venue ici par le messirout nefech et le bitoul susdit, et son étude est également dans sa main de la manière susdite.

ועבודת הטחינה בעבודת ה׳ הוא בחי׳ לב נשבר ונדכה. פי׳ ונדכה מלשון דכו במדוכה.

וכמ״כ ענין הטחינה שטוחן ומפרר החטה עד אשר דק כקמח. וכענין שכתוב ושחקת ממנה הדק.

וגם בענין לימוד התורה כתיב גרסה נפשי וגם לשון הגמרא גרסינן מלשון ריחיים של גרוסות.

Et le travail de la mouture dans le service de ה' est l'aspect du cœur brisé et broyé. Explication : "et broyé" a le sens de "ils l'ont broyé dans le mortier" (Nombres 11, 8).

Et de même le sujet de la mouture, qui broie et émiette le blé jusqu'à ce qu'il soit fin comme de la farine. Et comme le sujet de ce qui est écrit : "tu en broieras menu" (Exode 30, 36).

Et aussi dans le sujet de l'étude de la Torah il est écrit : "Mon âme a broyé" (Psaumes 119, 20), et aussi l'expression du Talmud garsinan a le sens de meules de gruau.

ואח״כ בחי׳ הלישה והוא שנותן מים בקמח לחברם לעשות גוף אחד ועיסה אחת. וכך צריך לעורר את האהבה לדבקה בו ית׳ ולהיות משוך אחריו כמים שלא יהי׳ בבחי׳ פירוד ח״ו.

ובחי׳ האפייה הוא כענין מ״ש וכי תקרב קרבן מנחה מאפה תנור.

Et ensuite l'aspect du pétrissage : c'est qu'il met de l'eau dans la farine pour les unir afin d'en faire un seul corps et une seule pâte. Et de même il faut éveiller l'amour pour s'attacher à Lui, béni soit-Il, et être attiré après Lui comme l'eau, afin qu'il n'y ait pas d'aspect de séparation, à D.ieu ne plaise.

Et l'aspect de la cuisson est comme le sujet de ce qui est écrit : "Lorsque tu présenteras une offrande de min'ha cuite au four" (Lévitique 2, 4).

וכתיב תקרב בלא יו״ד ויש אם למסורת, דהיינו כשהנפש רוצה להתקרב בעצמה לה׳ אזי תהי׳ בבחי׳ מאפה תנור כמ״ש ואפו עשר נשים לחמכם בתנור אחד. פי׳ שיעורר בלבו רשפי אש האהבה מחמת בחי׳ אחד דהיינו מגדולתו של מלך מלכי המלכים הקב״ה הממלא וסובב כ״ע וכולא קמיה כלא חשיב ממש אשר ע״כ תתלהט ותתלהב נפשו לאסתכלא ביקרא דמלכא ותתבטל כח הנפש ממהותה ועצמותה באהבה עזה ויתירה מאהבת ה׳ לדבקה בו בלבד לרוות נפשו הצמאה שהיא בחי׳ מים כנ״ל כי כמו שהמים והאש גשמיים הם ב׳ הפכים בטבעם מים הוא טבע מחבר ומצרף ואש הוא בטבע מפרר ומפריד היסודות כנודע שבאש מתפרדים כל היסודות שיסוד המים יוצא בעשן ויסוד העפר נעשה אפר מפוזר כו׳ כך האהבה בחינת רשפי אש היא בחינה הפכיית מבחי׳ האהבה של בחי׳ מים שהיא לדבקה בו דהיינו שתשאר עצמות ומהות הנפש דבוקה בו ית׳.

משא״כ בחי׳ רשפי אש היא האהבה שמפרדת כחות הנפש  ממהותם ועצמותם ותשתפך הנפש אל חיק אביה אור א״ס ב״ה ממש.

Et il est écrit "tu présenteras" sans youd, et il y a une autorité pour la massoret, c'est-à-dire que lorsque l'âme veut s'approcher d'elle-même de ה', alors elle sera dans l'aspect de cuite au four, comme il est écrit : "Dix femmes cuiront votre pain dans un seul four" (Lévitique 26, 26). Explication : qu'il éveille dans son cœur les braises du feu de l'amour, du fait de l'aspect d'Un, c'est-à-dire de la grandeur du Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, qui est memalé kol almin (qui remplit tous les mondes) et sovev kol almin (qui entoure tous les mondes), et tout devant Lui est tenu pour rien véritablement ; c'est pourquoi son âme s'embrasera et s'enflammera pour contempler la gloire du Roi, et la force de l'âme s'annulera de son essence et de sa substance dans un amour intense et supérieur à l'amour de ה' qui n'est que pour s'attacher à Lui afin d'abreuver son âme assoiffée, qui est l'aspect de l'eau comme ci-dessus.

Car de même que l'eau et le feu physiques sont deux contraires dans leur nature - l'eau a pour nature d'unir et de joindre, et le feu a pour nature d'émietter et de séparer les éléments, comme il est connu que dans le feu se séparent tous les éléments : l'élément de l'eau sort en fumée et l'élément de la terre devient une cendre dispersée, etc. - de même l'amour de l'aspect des braises de feu est un aspect contraire à l'aspect de l'amour de l'aspect de l'eau, qui est pour s'attacher à Lui, c'est-à-dire que restent l'essence et la substance de l'âme attachées à Lui, béni soit-Il. Ce qui n'est pas le cas de l'aspect des braises de feu : c'est l'amour qui sépare les forces de l'âme de leur essence et de leur substance, et l'âme se répandra dans le sein de son Père, l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement.

ועוד זאת היא בחי׳ אפייה כמ״ש וימהר יוסף כי נכמרו רחמיו אל אחיו וגו׳. ופי׳ נכמרו רחמיו מלשון מכמר בשרא שהוא לשון חמימות כי הרחמנות הוא מצד החמימות כי חם לבו בקרבו (וכמ״ש במ״א ע״פ הזהר במדבר קי״ח א׳).

כי הנה ישראל נקראו על שם יוסף כדכתיב נוהג כצאן יוסף וצריך לעורר רחמים על בחי׳ בנימין שנק׳ בן אוני והיינו להיות ממארי דחושבנא לחשוב עם נפשו איך ירדה מטה מטה כל חד לפום מה דידע אינש בנפשי׳ ולרחם על ניצוץ אלהות שבו.

Et en outre ceci est l'aspect de la cuisson, comme il est écrit : "Et Yossef se hâta, car ses entrailles s'étaient émues pour son frère, etc." (Genèse 43, 30). Et l'explication de "ses entrailles s'étaient émues" a le sens de mekhmar bisra, qui a le sens de chaleur, car la miséricorde vient du côté de la chaleur, car son cœur est chaud au-dedans de lui (et comme il est expliqué ailleurs sur le Zohar, Bamidbar, folio 118a).

Car voici qu'Israël est appelé du nom de Yossef, comme il est écrit : "qui conduit comme un troupeau Yossef" (Psaumes 80, 2), et il faut éveiller la miséricorde sur l'aspect de Binyamin, qui est appelé Ben Oni, c'est-à-dire être des maîtres du compte, pour faire le compte avec son âme de la manière dont elle est descendue de plus en plus bas, chacun selon ce que l'homme connaît en lui-même, et avoir pitié de l'étincelle divine qui est en lui.

ויבא החדרה ויבך שמה כדכתיב במסתרים תבכה נפשי דהיינו בחדרי לבו. ומ״מ ויתאפק ויאמר שימו לחם זו התורה כי צריך להיות שניהם חדוה תקוע בלבאי מסטרא דא כו׳.

וזהו ויבא החדרה ויבך שמה שמה דייקא.

"Et il entra dans la chambre et il y pleura" (Genèse 43, 30), comme il est écrit : "Dans le secret mon âme pleurera" (Jérémie 13, 17), c'est-à-dire dans les chambres de son cœur. Et néanmoins "il se contint et dit : servez le pain" (Genèse 43, 31), ceci est la Torah, car il faut que les deux soient : la joie est fixée dans mon cœur d'un côté, etc.

Et c'est là : "il entra dans la chambre et il y pleura", "y" précisément.

וע״י זה נעשית התורה בחי׳ לחם אפוי ממש שנבלע באברין דמלכא בחי׳ בטול באור א״ס ב״ה ממש וכו׳ ע״י שנבלע באברי נפשו האלהית כו׳. וזהו אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו.

פי׳ שתלמודו נתייחד בנפשו והיו לאחדים. משא״כ בלא בחי׳ אפיי׳ הנ״ל לא הי׳ יכול ליבלע באברי נפשו ולא יכול להיות חיים ומזון לנפש כי על הלחם אפוי דוקא יחי׳ האדם שנבלע באבריו משא״כ אם אינו אפוי אין הקיבה מבשלתו והרי הלחם מונח בפני עצמו בקיבה ולא נבלע באברים.

וככה ממש ע״ד משל בלא בחי׳ אפיה הנ״ל הרי התורה שלומד הוא דבר בפני עצמו ונפשו הוא דבר בפני עצמו ואינן מתייחדים יחד ולא נקרא ותלמודו בידו (ועמ״ש בפ׳ משפטים ע״פ ותחת רגליו כמעשה לבנת הספיר ולקמן בפ׳ בחקתי ע״פ ואפו עשר נשים כו׳):

Et par cela la Torah devient l'aspect d'un pain cuit véritablement, qui est absorbé dans les organes du Roi, l'aspect du bitoul dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, etc., du fait qu'il est absorbé dans les organes de sa nefech élokit, etc. Et c'est là : "Heureux celui qui vient ici et dont l'étude est dans sa main".

Explication : que son étude s'est unie à son âme et ils sont devenus uns. Ce qui n'est pas le cas sans l'aspect de la cuisson susdit : elle n'aurait pu être absorbée dans les organes de son âme, et elle n'aurait pu être vie et nourriture pour l'âme, car c'est du pain cuit précisément que vivra l'homme, du fait qu'il est absorbé dans ses organes ; ce qui n'est pas le cas s'il n'est pas cuit : l'estomac ne le cuit pas, et voici que le pain demeure en lui-même dans l'estomac et n'est pas absorbé dans les organes.

Et ainsi précisément, à titre de comparaison, sans l'aspect de la cuisson susdit, voici que la Torah qu'il étudie est une chose en elle-même et son âme est une chose en elle-même, et elles ne s'unissent pas ensemble, et cela n'est pas appelé "et son étude est dans sa main" (et vois ce qui est écrit dans la paracha Michpatim sur le verset "et sous Ses pieds comme un ouvrage de brique de saphir" (Exode 24, 10), et plus loin dans la paracha Be'houkotaï sur le verset "et dix femmes cuiront, etc.").

ד אך קודם שילמוד צריך ג״כ בחי׳ בא לכאן דהיינו לעורר את האהבה בתפלה במסירת נפש וביטול במציאות אליו ית׳ כדי שיוכל ללמוד אח״כ על דרך הנ״ל ולזאת העת קבוע ללמוד יהי׳ מיד אחר התפלה כו׳ ולכן ע״י בחי׳ בא לכאן ותלמודו בידו הוא בבחי׳ אשרי (ועמ״ש בביאור ע״פ הראיני את מראיך וממש״ש יובן לשון אשרי מי שבא. כי אשרי הוא מלשון באשרי כי אשרוני והוא בחי׳ התגלות התענוג כתר כו׳ וזהו דייקא ע״י הלימוד שאחר התפלה כו׳ וז״ש בזהר פ׳ בהר ק״ח א׳ הה״ד כי תבואו וגו׳ ושבתה הארץ נייחא ודאי.

מיהו כאן פי׳ ושבתה בענין אחר). וזהו כי תבואו אל הארץ פי׳ מיד כי תבואו (שהוא בחי׳ בא לכאן) ויעוררו את האהבה בבחי׳ תפלה בחי׳ נפש כמ״ש ואשפוך את נפשי הוא בחי׳ ארץ עליונה.

אשר אני נותן לכם כי האהבה האמיתית היא הבאה מלמעלה אלא שצריך התעוררות האדם ובאתערותא דלתתא אתערותא דלעילא.

4. Mais avant qu'il étudie, il faut également l'aspect de "vient ici", c'est-à-dire éveiller l'amour dans la prière, par le messirout nefech (don de soi) et le bitoul (effacement de soi) dans l'existence envers Lui, béni soit-Il, afin qu'il puisse ensuite étudier de la manière susdite.

Et c'est pourquoi le temps fixé pour l'étude sera immédiatement après la prière, etc. Et c'est pourquoi, par l'aspect de "vient ici et son étude en sa main", il est dans l'aspect de "heureux" (et voir ce qui est écrit dans le commentaire sur le verset "Fais-moi voir ton visage" (Cantique des Cantiques 2, 14), et de là on comprendra l'expression "heureux celui qui vient".

Car "heureux" a le sens de "dans mon bonheur, car elles m'ont appelée heureuse" (Genèse 30, 13), et c'est l'aspect de la révélation du délice, keter, etc. Et c'est précisément par l'étude qui suit la prière, etc.

Et c'est ce qui est dit dans le Zohar, paracha Behar, folio 108a : "c'est ce qui est écrit : Quand vous viendrez, etc., et la terre chômera, repos assurément". Toutefois ici, l'explication de "et elle chômera" est dans un autre sujet).

Et c'est "Quand vous viendrez dans le pays" (Lévitique 25, 2), l'explication : immédiatement "quand vous viendrez" (qui est l'aspect de "vient ici"), et ils éveilleront l'amour dans l'aspect de la prière, l'aspect de l'âme, comme il est écrit "et je répandais mon âme" (I Samuel 1, 15) : c'est l'aspect de la terre supérieure. "Que Je vous donne", car l'amour véritable est celui qui vient d'en haut, seulement il faut l'éveil de l'homme, et par l'itarouta diletata (éveil d'en bas), l'itarouta dile'ela (éveil d'en haut).

ואז ושבתה הארץ דהיינו כמ״ש בס׳ דצניעותא וארעא אתבטלת דהיינו שיהי׳ בחי׳ ביטול כחות הנפש במציאות בבחי׳ אחותי הנ״ל. שבת לה׳ ביטול אחר ביטול דהיינו בתחלה ושבתה הארץ בבחי׳ סור מרע ואח״כ שבת לה׳ בבחי׳ ועשה טוב צריך שיהיה ג״כ בבחי׳ ביטול הנ״ל ואח״כ שש שנים תזרע שדך אלו שיתא סדרי משנה.

תזרע בארץ עליונה שנקראת שדה. חקל תפוחין קדישין.

בחי׳ דבר ה׳. להיות כמשל הזריעה הנ״ל.

ושש שנים תזמור הוא בחי׳ תלמוד שהוא טעמי המשנה וסברותיה (והשתא א״ש מ״ש ושבתה כו׳ קודם שש שנים תזרע כו׳. והיינו כי מקודם בחי׳ שש שנים תזרע ותזמור שהוא עסק התורה צ״ל בחי׳ המס״נ בתפלה שהוא בחי׳ ושבתה הארץ ארעא אתבטלת כדי להיות בבחי׳ בא לכאן ותלמודו בידו כנ״ל).

והנה בעבודת הכרם צריך הוא לזמר דהיינו לקצוץ הקוצים המכלים את הכרם והוא ג״כ מעבודת הזריעה והנטיעה כי הזומר חייב משום נוטע משום דלצמוחי פרי עביד כך הוא ע״ד משל לימוד התלמוד שהוא בירור ההלכה שמברר איך הי׳ הסלקא דעתך בגמרא. וכל הקושיות הנופלים לפי הסלקא דעתך שבגמ׳ או אפילו הסלקא דעתך דמקשן וקושייתו בכדי לברר הלכה ברורה לכן נמשלו דברי התלמוד ליין המשמח מחמת בירור ההלכה.

משא״כ המשנה נק׳ בשם לחם וכתיב לחם לבב אנוש יסעד.

Et alors "et la terre chômera", c'est-à-dire comme il est écrit dans le Sifra diTsniouta : "et la terre s'est effacée", c'est-à-dire qu'il y aura l'aspect du bitoul des forces de l'âme dans l'existence, dans l'aspect de "ma sœur" susdit. "Un chabbat pour ה'" : un bitoul après un bitoul, c'est-à-dire d'abord "et la terre chômera" dans l'aspect de "écarte-toi du mal", et ensuite "un chabbat pour ה'" dans l'aspect de "et fais le bien" (Psaumes 34, 15) : il faut que ce soit également dans l'aspect du bitoul susdit.

Et ensuite "six ans tu ensemenceras ton champ" (Lévitique 25, 3) : ce sont les six ordres de la Michna. "Tu ensemenceras" dans la terre supérieure qui est appelée champ, 'hakal tapou'hin kadichin, l'aspect de la parole de ה', afin d'être selon la parabole de l'ensemencement susdite.

"Et six ans tu tailleras" : c'est l'aspect du Talmud, qui est les raisons de la Michna et ses raisonnements (et maintenant s'explique bien ce qui est écrit "et elle chômera", etc., avant "six ans tu ensemenceras", etc. C'est-à-dire qu'avant l'aspect de "six ans tu ensemenceras et tu tailleras", qui est l'occupation de la Torah, il faut l'aspect du messirout nefech dans la prière, qui est l'aspect de "et la terre chômera", "la terre s'est effacée", afin d'être dans l'aspect de "vient ici et son étude en sa main", comme ci-dessus).

Et voici, dans le travail de la vigne il faut tailler, c'est-à-dire couper les épines qui détruisent la vigne, et cela fait également partie du travail de l'ensemencement et de la plantation, car celui qui taille est coupable au titre de planteur, parce qu'il agit pour la croissance du fruit. Ainsi en est-il, à titre de parabole, de l'étude du Talmud, qui est le tri de la halakha, qui trie comment était le salka da'atekh dans la Guemara.

Et toutes les objections qui se présentent selon le salka da'atekh de la Guemara, ou même le salka da'atekh de l'objecteur et son objection, afin de trier une halakha claire : c'est pourquoi les paroles du Talmud ont été comparées au vin qui réjouit, du fait du tri de la halakha. Par contre, la Michna est appelée du nom de pain, et il est écrit "le pain soutient le cœur de l'homme" (Psaumes 104, 15).

והנה כתיב ויין ישמח לבב אנוש. וכתיב גבי יין המשמח אלהים ואנשים אלא אית יין ואית יין כו׳ כי כאשר מבין התלמוד כמו  שהוא לבוש בלבושים גשמיים ואינו יכול להפשיטו מלבושים שלו להיות תורת אלהיו בקרבו השכלות אלהות ממש נק׳ יין המשמח לבב אנוש.

אבל כשמתענג על ה׳ בהשכלתו ברוחניות התורה ה שגת אלקות נק׳ יין המשמח אלהים בשמחת אלהים וחדות ה׳. והנה כתיב כי כרם ה׳ צבאות בית ישראל (וע׳ בזהר ח״א ע׳ צ״ו) וצריך כל אחד ואחד לעבוד בנפשו עבודת הכרם לקצוץ הקוצים דהיינו המדות נפשיות שבאדם הבאות מנפשו החיונית דהיינו קנאה ושנאה ותאוה ודומיהן בכדי לברר הטוב ואז אחר הבירור שבת שבתון יהיה לארץ שבת לה׳ שהם ג׳ מיני שבתות נגד שלשה מיני עולמות בריאה יצירה עשייה שנתברר מהם הטוב לה׳ וד״ל:

Et voici, il est écrit "et le vin réjouit le cœur de l'homme" (Psaumes 104, 15). Et il est écrit au sujet du vin "qui réjouit Elokim et les hommes" (Juges 9, 13), mais il y a vin et il y a vin, etc.

Car lorsque l'on comprend le Talmud tel qu'il est revêtu de revêtements matériels, et que l'on ne peut le dépouiller de ses revêtements pour que "la Torah de son Elokim soit en son sein" (Psaumes 37, 31), des intellections divines véritables, cela est appelé "vin qui réjouit le cœur de l'homme". Mais lorsqu'on se délecte en ה' dans son intellection de la spiritualité de la Torah, l'appréhension de la Divinité, cela est appelé "vin qui réjouit Elokim", dans la joie d'Elokim et l'allégresse de ה'.

Et voici, il est écrit "car la vigne de ה' Tsevaot, c'est la maison d'Israël" (Isaïe 5, 7) (et voir dans le Zohar, première partie, folio 96), et il faut que chacun et chacun travaille en son âme le travail de la vigne, pour couper les épines, c'est-à-dire les middot de l'âme qui sont dans l'homme, venant de son âme vitale, à savoir la jalousie, la haine, le désir et leurs semblables, afin de trier le bien. Et alors, après le tri, "chabbat, chabbaton, ce sera pour la terre, un chabbat pour ה'" (Lévitique 25, 4), qui sont trois sortes de chabbats en regard des trois sortes de mondes, Beria, Yetsira, Assiya, dont le bien a été trié pour ה', et cela suffit pour qui comprend.

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