"Et le cohen les balancera sur le pain des prémices, en balancement devant ה', sur les deux agneaux, etc." (Lévitique 23, 20). Et il est dit dans la Guemara que le pain est au-dessus, etc., qu'il balance les agneaux avec le pain ensemble (Mena'hot 62a).
והניף הכהן אותם על לחם הבכורים תנופה לפני הוי׳ על שני כבשים כו׳. ואיתא בגמרא שהלחם מלמעלה כו׳ שמניף הכבשים עם הלחם ביחד.
ולהבין ענין זה והתחברות זו להיות הכבשים עם הלחם בתנופה. הנה נודע כי תכלית כל הבריאה להיות היש בטל לאין.
ובכל עולם נמשך ביטול היש לפי מדרגתו.
"Et le cohen les balancera sur le pain des prémices, en balancement devant ה', sur les deux agneaux, etc." (Lévitique 23, 20). Et il est dit dans la Guemara que le pain est au-dessus, etc., qu'il balance les agneaux avec le pain ensemble (Mena'hot 62a).
Et pour comprendre ce sujet et cette union, que les agneaux soient avec le pain dans le balancement. Or il est connu que la finalité de toute la création est que le yech (l'être, le moi) soit effacé dans l'ayin (le néant).
Et dans chaque monde est attiré le bitoul (effacement de soi) du yech selon son degré.
והנה עיקר הביטול הוא להיות בטל ונכלל ממש באור א״ס ב״ה ומיוחד בו ביחוד גמור ואמיתי בתכלית היחוד כהתאחדות אברי הגוף בנפש החיונית השורה ומתלבש בתוכם שאין להם חיות אחר מבלעדי חיות הנפש ולכן האברים נשמעים לרצון הנפש בביטול והתאחדות גמור וכך תהיינה כחות נפש החיונית בטלות ונכללות ממש באור א״ס ב״ה השורה ומקיף על נפשו.
Or, l'essentiel du bitoul est d'être effacé et inclus réellement dans l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, et uni à Lui d'une union totale et véritable, dans l'extrême de l'union, comme l'union des membres du corps dans l'âme vitale qui réside et se revêt en eux, car ils n'ont pas d'autre vitalité en dehors de la vitalité de l'âme ; c'est pourquoi les membres obéissent à la volonté de l'âme dans un bitoul et une union totale. Et ainsi seront les forces de l'âme vitale effacées et incluses réellement dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui réside et fait makif sur son âme.
ועמ״ש ע״פ והקרבתם עולה אשה. אך הנה בטבע האדם בתולדתו אין כמו ביטול זה ודוגמתו אינו נמצא בגשמיות כלל לבטל רצונו מפני רצון אחרים בבחי׳ ביטול זה כאלו אין לו רצון אחר כלל אלא טבע זו היא בבהמה שהן בטלות ברצון המנהיגם ולכל אשר יחפוץ יטה אותם ואינם משנות את תפקידם והיינו מפני כי שרשן ויסודתן בהררי קדש.
היא מדרגות עליונות באור א״ס ב״ה ושם הן בבחי׳ ביטול באור א״ס ממש (ועמ״ש ע״פ ויאכילך את המן בענין בהמה רבה שלמעלה מאדם) אלא שנפלו למטה מטה ממדרגת האדם ונמשך בחי׳ ביטול למטה תח״י האדם. וזהו ענין הקרבנות שהיו מקריבין הבהמה ע״ג המזבח ועולה חיותה במקורה ושרשה שהוא בחי׳ ביטול ממש באור א״ס ב״ה והקרבנות היו מן הבקר ומן הצאן מכל הבהמה ולא מן החיות שבבהמה יש בה ביטול יותר מן החיה.
Et voir ce qui est écrit sur le verset "Et vous offrirez un holocauste, une offrande par le feu". Mais voici : dans la nature de l'homme, de par sa naissance, il n'existe pas de bitoul semblable à celui-ci, et son semblable ne se trouve pas du tout dans le corporel, d'effacer sa volonté devant la volonté d'autrui dans cet aspect de bitoul, comme s'il n'avait aucune autre volonté.
Mais cette nature est celle de l'animal domestique, car ils sont effacés dans la volonté de celui qui les conduit, et vers tout ce qu'il désire il les incline, et ils ne changent pas leur fonction. Et cela parce que leur racine et leur fondement sont dans les montagnes saintes.
Ce sont des degrés supérieurs dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et là ils sont dans l'aspect d'un bitoul dans l'Or Ein Sof réellement (et voir ce qui est écrit sur le verset "Il t'a nourri de la manne" (Deutéronome 8, 3), au sujet de la grande bête qui est au-dessus de l'homme). Mais ils sont tombés tout en bas, au-dessous du degré de l'homme, et l'aspect de bitoul est attiré en bas, sous la main de l'homme.
Et c'est le sujet des sacrifices : l'on offrait l'animal domestique sur l'autel, et sa vitalité montait vers sa source et sa racine, qui est l'aspect d'un bitoul réel dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Et les sacrifices étaient du gros bétail et du menu bétail, de tout animal domestique, et non des bêtes sauvages, car dans l'animal domestique il y a plus de bitoul que dans la bête sauvage.
וכן מכל הבהמה נבחרו כבשים עפ״י הרוב שנמשך בהם בחי׳ הביטול יותר. כי הבקר פני שור מהשמאל בחי׳ גבורות.
וגם שור מנגח בקרנו ועזים הם ג״כ בחי׳ גבורות. אבל הכבשים הם בבחי׳ רחמים והכשבים הפריד יעקב שכבשים הם בבחי׳ מדותיו של יעקב בחי׳ רחמים.
כי הכבשים יש להם קול רחמנות שמעורר רחמים והיינו לפי שמקורם ושרשם הוא ממדרגה עליונה יותר שהוא מקור הרחמים.
Et de même, de tout animal domestique, ce sont les agneaux qui ont été choisis dans la plupart des cas, car en eux l'aspect du bitoul est attiré davantage. Car le gros bétail est la face de bœuf, du côté gauche, aspect des guevourot.
Et le bœuf aussi frappe de sa corne, et les chèvres sont également un aspect des guevourot. Mais les agneaux sont dans l'aspect de miséricorde, et "les keshavim, Yaakov les sépara" (Genèse 30, 40), car les kevasim sont dans l'aspect des middot de Yaakov, aspect de miséricorde.
Car les agneaux ont une voix de compassion qui éveille la miséricorde, et cela parce que leur source et leur racine viennent d'un degré plus élevé, qui est la source de la miséricorde.
ולכן בנפילת החיות למטה נמשך להם הקול שמעורר רחמים וגם הם חלשים בטבעם כתולדותם והרי ניכר ומורגש בהם טבע הביטול [וגם הכבשים יש בהם צמר ששרשו גבוה מאד וכמ״ש בזהר גדול ח״א דמ״ב ע״ג ע״פ והבל הביא גם הוא מבכורות צאנו מחשבתיה הוה בההוא אתר דאתמר בי׳ ועתיק יומין יתיב כו׳ ושער רישי׳ כעמר נקא וקב״ה מחשבתא טבא צרפה למעשה ובג״ד קביל ליה וכו׳. ועמ״ש לקמן בפ׳ פנחס ע״פ צו את בנ״י כו׳ וע׳ במשנה ספ״ו דכריתות.
וע׳ בזהר משפטים קכ״ה א׳ ועמ״ש במ״א ע״פ שערך כעדר העזים שגלשו כו׳]:
C'est pourquoi, dans la chute des animaux ici-bas, leur est attirée la voix qui éveille la miséricorde, et eux aussi sont faibles dans leur nature, selon leur engendrement, et ainsi se reconnaît et se ressent en eux la nature du bitoul. [Et aussi les agneaux ont en eux de la laine dont la racine est très élevée, et comme il est écrit dans le Zohar haGadol, tome I, folio 42c, sur le verset "Et Hével, lui aussi, apporta des premiers-nés de son troupeau" (Genèse 4, 4) : sa pensée était en ce lieu dont il est dit "Et l'Ancien des jours s'assit, etc." (Daniel 7, 9), "et les cheveux de Sa tête comme de la laine pure", et le Saint, béni soit-Il, joignit la bonne pensée à l'acte, et c'est pourquoi Il l'agréa, etc.
Et voir ce qui est écrit plus loin dans la paracha Pin'has sur le verset "Ordonne aux enfants d'Israël, etc.", et voir dans la Michna, fin du chapitre 6 de Keritot. Et voir dans le Zohar Michpatim 125a, et voir ce qui est écrit ailleurs sur le verset "Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres qui descendent, etc." (Cantique des Cantiques 4, 1).]
ב והנה בנפילת החיות למטה בגשמיות נק׳ בשם כבשים הב׳ קודם לשי״ן. כי הב׳ רומז לבחינת חכמה בחכמה יבנה בית.
והשי״ן רומז לג׳ קוין המסתעפים ונמשכים למטה משא״כ כשהם למעלה במקורם הם אחדות אחד.
2. Or, dans la chute des animaux ici-bas, dans le corporel, ils sont appelés du nom de kevasim, le beth précédant le chin.
Car le beth fait allusion à l'aspect de 'hokhma : "par la 'hokhma une maison sera bâtie" (Proverbes 24, 3). Et le chin fait allusion aux trois lignes qui se ramifient et sont attirées vers le bas.
Il n'en va pas de même lorsqu'ils sont en haut, dans leur source : ils sont une unité une.
ושם נק׳ כש״ב השי״ן קודם לבי״ת שהשי״ן הוא מדות עליונות שלמעלה מהחכמה ושכל ונק׳ בזהר טורי חשוכא. [ועיין במ״ש פ׳ תולדות בביאור ע״פ מים רבים שבשה״ש בענין דעת עליון ובד״ה שניך כעדר] אך והכשבים הפריד יעקב שיעקב הוא הממשיך בחי׳ הכשבים מבחינתם ומדרגתם שבמקורם לבחי׳ הפירוד שיהי׳ נק׳ בשם כבשים.
כדי שיהי׳ נמשך בחי׳ הביטול גם בעלמא דפרודא את הכבש א׳ תעשה בבקר ואת הכבש השני תעשה בין הערבים כו׳. והענין כי בקר הוא בקר דאברהם בחי׳ חסד עליון שמתפשט אור א״ס ב״ה למעלה עד אין קץ ולמטה עד אין תכלית.
Et là ils sont appelés keshav, le chin précédant le beth, car le chin, ce sont les middot supérieures qui sont au-dessus de la 'hokhma et de l'intellect, et elles sont appelées dans le Zohar "montagnes de ténèbres". [Et voir ce qui est écrit dans la paracha Toldot, dans l'explication sur le verset "des eaux nombreuses" du Cantique des Cantiques, au sujet de la daat supérieure, et au début du discours "Tes dents sont comme un troupeau".] Mais "et les keshavim, Yaakov les sépara" (Genèse 30, 40) : Yaakov est celui qui attire l'aspect des keshavim depuis leur aspect et leur degré dans leur source vers l'aspect de la séparation, afin qu'ils soient appelés du nom de kevasim.
Afin que l'aspect du bitoul soit attiré aussi dans le monde de la séparation : "l'agneau un, tu le feras le matin, et le second agneau tu le feras entre les deux soirs, etc." (Nombres 28, 4). Et le sujet est que le matin est le matin d'Avraham, aspect du 'hessed supérieur, par lequel l'Or Ein Sof, béni soit-Il, se répand en haut jusqu'à l'infini et en bas jusqu'à sans fin.
והנה בהתפשטותו למטה מדרגה אחר מדרגה בירידות המדרגות בדרך השתלשלות והתלבשות יש יניקה ואחיזה לקליפות וסט״א לינק מהקדושה בחי׳ אהלי קדר וכמו שאמר אברהם לו ישמעאל יחיה לפניך. וצריך להקדים כבש שהוא בחי׳ ביטול בבחי׳ רחמנות שלא יומשך אור א״ס ב״ה רק בבחי׳ ביטול להיות אור א״ס שורה ומתגלה במי שבטל אליו דוקא [ועמ״ש בפ׳ וירא ע״פ אנכי מגן לך וע׳ בזהר בלק דף ר״ד ע״ב וס״פ מקץ דף ר״ג].
Or, dans son extension vers le bas, degré après degré, dans la descente des degrés par voie d'enchaînement et de revêtement, il y a une nourriture et une prise pour les kelipot et la sitra a'hra (l'autre côté), pour se nourrir de la sainteté, aspect des "tentes de Kédar" (Cantique des Cantiques 1, 5), et comme Avraham a dit : "Que Yichmaël vive devant Toi" (Genèse 17, 18). Et il faut faire précéder un agneau, qui est l'aspect du bitoul dans l'aspect de miséricorde, afin que l'Or Ein Sof, béni soit-Il, ne soit attiré que dans l'aspect du bitoul, pour que l'Or Ein Sof réside et se révèle précisément en celui qui est effacé devant Lui.
[Et voir ce qui est écrit dans la paracha Vayéra sur le verset "Je suis un bouclier pour toi" (Genèse 15, 1), et voir dans le Zohar Balak folio 204b et à la fin de la paracha Mikets folio 203.]
ואת הכבש השני תעשה בין הערבים זמן שליטת מדתו של יצחק בחי׳ גבורות להמתיקן כו׳ והמשכות בחי׳ ביטול זה ב׳ כבשים בבחי׳ בקר ובבחי׳ בין הערבים נעשה ע״י יעקב שהוא בריח התיכון המבריח מן הקצה אל הקצה לכך הפריד יעקב הכבשים מבחי׳ כשבים שהיו במקורן ושרשן לבחי׳ כבשים לעלמא דפרודא להתחלק בב׳ בחי׳ ומדרגות שונות. אך בשבועות והניף הכהן אותם על לחם כו׳ על שני כבשים שמניף את הכבשים למעלה לשרשן ומקורן בחי׳ כשבים להיות בטלים ומיוחדים באור א״ס ב״ה ממש והיינו עם הלחם כי הנה ענין תנופות שתי הלחם הוא.
כי הנה ב׳ הלחם רומזות לתשב״כ ותשבע״פ כמ״ש לכו לחמו בלחמי כו׳ כי הן בחי׳ גבוהות שיש בתשב״כ מה שאין בתשבע״פ והוא ענין הטעמים שבתורה זרקא מקף שופר הולך סגולתא כו׳ שהם בחי׳ ניגון בבחי׳ מתיקות ותענוג.
"Et le second agneau tu le feras entre les deux soirs" (Nombres 28, 4), temps de la domination de la mida d'Its'hak, aspect des guevourot, pour les adoucir, etc. Et l'attraction de cet aspect de bitoul, les deux agneaux, dans l'aspect du matin et dans l'aspect d'entre les deux soirs, se fait par Yaakov, qui est la barre du milieu qui traverse d'une extrémité à l'autre (Exode 26, 28).
C'est pourquoi Yaakov sépara les agneaux, de l'aspect de keshavim qu'ils étaient dans leur source et leur racine, vers l'aspect de kevasim, pour le monde de la séparation, afin qu'ils se répartissent en deux aspects et degrés différents. Mais à Chavouot : "Et le cohen les balancera sur le pain, etc., sur les deux agneaux", qu'il balance les agneaux vers le haut, vers leur racine et leur source, aspect de keshavim, afin qu'ils soient effacés et unis dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, réellement.
Et cela, avec le pain. Car voici le sujet des balancements des deux pains.
Car voici, les deux pains font allusion à la Torah écrite et à la Torah orale, comme il est écrit "Venez, mangez de mon pain, etc." (Proverbes 9, 5), car ce sont des aspects élevés qu'il y a dans la Torah écrite et qu'il n'y a pas dans la Torah orale, et c'est le sujet des te'amim de la Torah : zarka, makaf, chofar holekh, segolta, etc., qui sont un aspect de mélodie, dans l'aspect de douceur et de délice.
וע״ז נאמר ויהי שירו חמשה ואלף ובלילה שירה עמי שהטעמים הן בבחי׳ שיר וניגון לנגן בשירה וזמרה מרוב שמחה ותענוג שהטעמים אלו הם בתשב״כ ולא בתשבע״פ ואין בתשבע״פ שום פי׳ וביאור על הטעמים לבאר ולפרש לנו שירה זו מאי היא [ועמ״ש בפ׳ הברכה ע״פ תורה צוה וע״פ ויהי מקץ וע״פ שיר השירים וע״פ ואהיה אצלו אמון ואהיה שעשועים כו׳]. רק תשבע״פ היא פי׳ וביאור יסוד המצות ושורשן שפי׳ וביאור זה הוא בתשבע״פ דוקא ולא בתשב״כ כי אין שום מצוה בתשב״כ שלא תהיה צריכה לפי׳ וביאור תשבע״פ כיצד תהיה דרך עשיית המצוה ובאיזה אופן ובשבועות מניפין ב׳ בחי׳ הלחם למעלה במקורן ושרשן להיות כלולות ומתאחדות באור א״ס ב״ה כי שם הן מיוחדות בתכלית היחוד איהו וחיוהי חד כו׳ הוא היודע והוא המדע כו׳.
Et à ce sujet il est dit "Et ses cantiques furent mille cinq" (I Rois 5, 12) et "la nuit, un cantique est avec moi" (Psaumes 42, 9), car les te'amim sont un aspect de chant et de mélodie, pour jouer en chant et en hymne, de l'abondance de joie et de délice. Ces te'amim sont dans la Torah écrite et non dans la Torah orale, et il n'y a dans la Torah orale aucune explication ni éclaircissement sur les te'amim pour nous expliquer et nous interpréter ce chant, ce qu'il est.
[Et voir ce qui est écrit dans la paracha Haberakha sur le verset "La Torah que Moché nous a ordonnée" (Deutéronome 33, 4), et sur le verset "Et il arriva au bout", et sur le Cantique des Cantiques, et sur le verset "Et j'étais auprès de Lui un nourrisson, et j'étais des délices, etc." (Proverbes 8, 30).] Seulement, la Torah orale est l'explication et l'éclaircissement du fondement des mitsvot et de leur racine, car cette explication et cet éclaircissement sont dans la Torah orale précisément et non dans la Torah écrite, car il n'y a aucune mitsva dans la Torah écrite qui n'ait besoin de l'explication et de l'éclaircissement de la Torah orale : comment sera la manière d'accomplir la mitsva, et de quelle façon. Et à Chavouot on balance les deux aspects du pain vers le haut, dans leur source et leur racine, afin qu'ils soient inclus et unis dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, car là ils sont unis dans l'extrême de l'union : "Lui et Ses vitalités sont un, etc.", "c'est Lui qui connaît et c'est Lui la connaissance, etc.".
ובהן וע״י מתייחדים גם חיות הכבשים להיותן בטלים בשרשן ומקורן העליון להיות הכל בבחי׳ ביטול. ולכן בשתי הלחם דשבועות כתיב חמץ תאפינה שמאחר שמתעלה למקור החיות ומקור החיות המהוה עולמות הנפרדים יש מאין הוא בבחי׳ המתנשא מימות עולם שזהו חיותם והתהוותם שמחמת שמתנשא ומסתלק מהם אור א״ס ב״ה למעלה ואינו מתלבש בתוכם ממש לכך נתהווה חיותם וקיומם בבחי׳ נפרדים להיות דבר ויש בפ״ע ובהעלותם למקורן ושרשן הוא המתנשא מימות עולם נעשו גם הם בבחי׳ התנשאות שלמעלה מאחר שנכללו ונתאחדו במקורם ממש [ועמ״ש מזה גבי חג השבועות ע״פ וידבר אלקים כו׳ ע״ש].
Et en eux et par eux s'unissent aussi les vitalités des agneaux, afin qu'elles soient effacées dans leur racine et leur source supérieure, pour que tout soit dans l'aspect du bitoul. Et c'est pourquoi, dans les deux pains de Chavouot, il est écrit "elles seront cuites 'hamets" (Lévitique 23, 17) : puisque l'on s'élève vers la source de la vitalité, et que la source de la vitalité qui fait venir à l'existence les mondes séparés, le yech à partir de l'ayin, est dans l'aspect de "Celui qui s'élève depuis les jours du monde", c'est là leur vitalité et leur venue à l'existence : du fait que l'Or Ein Sof, béni soit-Il, s'élève et se retire d'eux vers le haut et ne se revêt pas réellement en eux, c'est pourquoi leur vitalité et leur subsistance viennent à l'existence dans l'aspect de séparés, pour être une chose et un yech en soi.
Et lorsqu'on les élève vers leur source et leur racine, qui est "Celui qui s'élève depuis les jours du monde", eux aussi deviennent dans l'aspect d'une élévation d'en haut, puisqu'ils ont été inclus et unis dans leur source réellement. [Et voir ce qui est écrit de cela au sujet de la fête de Chavouot, sur le verset "Et Elokim parla, etc.", voir là-bas.]
ובזה יובן ההפרש שבין כבשי עצרת לבין שני הכבשים התמידים ליום כי שני כבשי עצרת הם שלמים הנאכלים לבעלים משא״כ שני כבשי התמידים ליום הם עולות. והענין כי התמידים הם הכבשים הנמשכים למטהלעולם הפירוד כנ״ל ואזי א״א להאכיל לבעלים שלא יומשך למטה מטה יותר ויהיה אחיזה ויניקה לסט״א.
וצ״ל כולו כליל. אבל כבשי עצרת שהם על לחם הביכורים תנופה לפני הוי׳ למעלה במקורם לבחי׳ כשבים וגם נכללים ומיוחדים בבחי׳ שתי הלחם כנ״ל שם אין שליטה ויניקה כלל ולכן הם שלמים הנאכלים אפי׳ לבעלים:
Et par cela on comprendra la différence entre les agneaux d'Atséret et les deux agneaux perpétuels du jour. Car les deux agneaux d'Atséret sont des chelamim mangés par les propriétaires, ce qui n'est pas le cas des deux agneaux perpétuels du jour, qui sont des holocaustes.
Et le sujet est que les perpétuels sont les agneaux attirés vers le bas, vers le monde de la séparation, comme ci-dessus ; alors il est impossible de les faire manger aux propriétaires, afin que cela ne soit pas attiré encore plus bas et qu'il y ait une prise et une nourriture pour la sitra a'hra. Et il faut que le tout soit entièrement consumé.
Mais les agneaux d'Atséret, qui sont "sur le pain des prémices, en balancement devant ה'", en haut dans leur source, vers l'aspect de keshavim, et qui sont aussi inclus et unis dans l'aspect des deux pains, comme ci-dessus : là il n'y a aucune domination ni nourriture du tout, et c'est pourquoi ce sont des chelamim mangés même par les propriétaires.