"Car en ce jour Il fera expiation sur vous pour vous purifier de tous vos péchés ; devant ה' vous serez purs." (Lévitique 16, 30). Pour comprendre le redoublement de l'expression "pour purifier" et "vous serez purs".
כי ביום הזה יכפר עליכם לטהר אתכם מכל חטאתיכם לפני ה׳ תטהרו. להבין כפל לשון לטהר ותטהרו.
צריך לבאר ענין עשי״ת ולמה הוקבעו עשרה ימים דוקא והיום הזה הוא יום העשירי יכפר עליכם הלא כל זמן שעושים תשובה היה צריך שיומחל להם מיד. אך הענין הוא כי ענין התשובה הוא להשיב פנים בפנים אליו ית׳ כי הלא התשובה הוא לשוב ולהתקרב אליו ית׳ ולכאורה לא שייך לשון זה לגבי הקב״ה דכתיב ביה את השמים ואת הארץ אני מלא ולמה צריך לשוב ולהתקרב אליו ית׳ ובמה נתרחק.
אלא הענין הוא כמשל ב׳ בנ״א שעומדים זה אצל זה רק שחוזרים עורף זה מזה אין לך ריחוק גדול מזה ואין קירוב אלא בהחזרת פנים אל פנים.
"Car en ce jour Il fera expiation sur vous pour vous purifier de tous vos péchés ; devant ה' vous serez purs." (Lévitique 16, 30). Pour comprendre le redoublement de l'expression "pour purifier" et "vous serez purs".
Il faut expliquer le sujet des dix jours de techouva, et pourquoi ont été fixés dix jours précisément, et ce jour est le dixième jour : "Il fera expiation sur vous". N'est-ce pas que tout le temps que l'on fait techouva, il aurait fallu que cela leur soit pardonné immédiatement.
Mais le sujet est que le sujet de la techouva est de retourner face à face vers Lui, béni soit-Il. Car la techouva est de revenir et de se rapprocher de Lui, béni soit-Il, et apparemment cette expression ne convient pas concernant le Saint, béni soit-Il, puisqu'il est écrit de Lui : "les cieux et la terre, Je les remplis" (Jérémie 23, 24), et pourquoi faut-il revenir et se rapprocher de Lui, béni soit-Il, et en quoi s'est-on éloigné.
Mais le sujet est comme la parabole de deux hommes qui se tiennent l'un auprès de l'autre, seulement qu'ils se tournent le dos l'un à l'autre : il n'y a pas d'éloignement plus grand que celui-là, et il n'y a de rapprochement que dans le retour de face à face.
וכך הנה כתיב וראית את אחורי ופני לא יראו שיש בחי׳ פנים ואחוריים למעלה. וכתיב יאר ה׳ פניו אליך פי׳ שההשפעה תהי׳ בבחי׳ הארת פנים מפנימיות רצונו כדכתיב ואוהב את יעקב וכתיב כי מחה אמחה כו׳ ולכן ההשפעה שמשפיע לו להחיותו הוא מבחי׳ אחוריים דהיינו כמאן דשדי בתר כתפוי שנותן לשונאו שאינו נותנו ברצון גמור רק כמי שמוכרח להשפיע ואין השפעה זו מבחי׳ פנימיות ועיקר רצונו.
אבל לצדיק בא ההשפעה מבחי׳ פנימיות רצונו שנותן ברצון גמור ובהארת פנים בשמחה ובטוב לבב ברוב עוז וחדוה.
Et ainsi, voici qu'il est écrit : "tu verras Mon dos, et Ma face ne sera pas vue" (Exode 33, 23), qu'il y a un aspect de face et de dos en haut. Et il est écrit : "que ה' fasse luire Sa face vers toi" (Nombres 6, 25), c'est-à-dire que l'effluence soit dans l'aspect de l'illumination de la face, depuis l'intériorité de Sa volonté, comme il est écrit : "et J'ai aimé Yaakov" (Malachie 1, 2), et il est écrit : "car J'effacerai, J'effacerai" etc.
(Exode 17, 14). C'est pourquoi l'effluence qu'Il fait affluer vers lui pour le vivifier est de l'aspect des dos, c'est-à-dire comme celui qui jette derrière son épaule, qui donne à celui qu'il hait, qu'il ne le donne pas d'une volonté entière, seulement comme quelqu'un qui est contraint de faire affluer, et cette effluence n'est pas de l'aspect de l'intériorité et de l'essentiel de Sa volonté.
Mais pour le tsadik vient l'effluence de l'aspect de l'intériorité de Sa volonté, qu'Il donne d'une volonté entière et avec illumination de la face, dans la joie et dans la bonté du cœur, dans une grande force et allégresse.
ועד״ז יובן ג״כ ענין התשובה, כי הנה כתיב כי פנו אלי עורף פי׳ כי פנו אלי שפונים אליו ית׳ בקיום תורתו ומצותיו. אבל מ״מ אין זה אלא בבחי׳ עורף שאינו מבחי׳ פנימית הרצון מאהבה ותשוקה אלא מצות אנשים מלומדה והולך בקרירות.
והתשובה היא החזרת פנים בפנים להיות פנימיות רצונו וחפצו בתורת ה׳ ומצותיו בשמחה ובטוב לבב מרוב כל. (ועמ״ש מזה ע״פ שובה ישראל והנה ע״י התשובה שהיא החזרת פנים בפנים כנ״ל עי״ז נמשך ג״כ מלמעלה ענין ישר יחזו פנימו המבואר במ״א סד״ה כי תשמע בקול גבי לעשות הישר).
אך איך תהיה בחינה זו קבוע בנפש האדם צריך להקדים תחילה מאמר רז״ל גדול תלמוד שמביא לידי מעשה מכלל שהמעשה הוא העיקר והתלמוד אינו גדול אלא במה שמביא לידי מעשה. וארז״ל הלומד שלא לעשות מוטב שנהפך לו שלייתו וכו׳.
ובירושלמי אמרו על פסוק וכל חפצים לא ישוו בה אפילו חפצי שמים שכל המצות אינן כדאי אפילו לדבר אחד של דברי תורה שמעלת עסק התורה יתירה על מעלת קיום המצות. וגם בגמ׳ שלנו (במ״ק ד״ט ע״ב) רמו קראי אהדדי כתיב וכל חפציך לא ישוו בה חפציך ולא חפצי שמים.
וכתיב וכל חפצים לא ישוו בה אפי׳ חפצי שמים, ומשני כאן במצוה שא״א לעשותה ע״י אחרים וכאן במצוה שאפשר לקיימה ע״י אחרים שמצוה שאפשר לקיימה ע״י אחרים יניחנה ויעסוק בתורה.
Et de cette manière on comprendra aussi le sujet de la techouva. Car voici qu'il est écrit : "car ils M'ont tourné le dos" (Jérémie 2, 27), explication : "ils se tournent vers Moi", qu'ils se tournent vers Lui, béni soit-Il, dans l'accomplissement de Sa Torah et de Ses commandements.
Mais néanmoins ce n'est que dans l'aspect du dos, qui n'est pas de l'aspect de l'intériorité de la volonté, par amour et désir, mais "un commandement d'hommes appris par routine" (Isaïe 29, 13), et il va dans la froideur. Et la techouva est le retour face à face, pour que l'intériorité de sa volonté et de son désir soit dans la Torah de ה' et Ses commandements, dans la joie et dans la bonté du cœur, "de l'abondance de tout" (Deutéronome 28, 47).
(Et voir ce qui est écrit de cela sur le verset "Reviens, Israël". Et voici, par la techouva qui est le retour face à face, comme ci-dessus, par cela est attiré aussi d'en haut le sujet de "les droits contempleront Sa face" (Psaumes 11, 7), expliqué ailleurs au début du discours "lorsque tu écouteras la voix", à propos de "pour faire ce qui est droit".) Mais comment cet aspect sera-t-il fixé dans l'âme de l'homme ?
Il faut d'abord faire précéder l'enseignement de nos maîtres, de mémoire bénie : "L'étude est grande, car elle mène à l'acte" (Kidouchin 40b), d'où il ressort que l'acte est l'essentiel, et l'étude n'est grande que parce qu'elle mène à l'acte. Et nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : "Celui qui étudie non pour pratiquer, mieux vaudrait que son placenta se fût retourné sur sa face" etc.
Et dans le Yerouchalmi ils ont dit sur le verset "et tous les objets de désir ne l'égalent pas" (Proverbes 8, 11), même les objets de désir du ciel, que tous les commandements ne valent même pas une seule parole des paroles de la Torah, car le mérite de l'occupation de la Torah est supérieur au mérite de l'accomplissement des commandements. Et aussi dans notre Guemara (Moed Katan folio 9b) ils ont opposé les versets l'un à l'autre : il est écrit "et tous tes objets de désir ne l'égalent pas" (Proverbes 3, 15), tes objets de désir et non les objets de désir du ciel.
Et il est écrit "et tous les objets de désir ne l'égalent pas" (Proverbes 8, 11), même les objets de désir du ciel. Et on répond : ici, dans un commandement qu'il est impossible d'accomplir par d'autres, et là, dans un commandement qu'il est possible d'accomplir par d'autres ; un commandement qu'il est possible d'accomplir par d'autres, on le laissera et on s'occupera de la Torah.
ולכאורה אינו מובן שהרי כל התורה אינו רק פירוש וביאור כיצד תהא המצוה נעשית ואיך ילמוד הוא פירוש וביאו׳ המצוה והמצו׳ עצמה תיעשה ע״י אחרי׳. ועמ״ש מזה בד״ה וידבר אלקים כו׳ לאמר אנכי כו׳.
וגם להבין מארז״ל כל העוסק בתורת עולה כאילו הקריב עולה והעוסק בתורת מנחה כאלו הקריב מנחה. והלא הקרבנות תלוים בבהמ״ק ובמזבח וההקרבה תלויה בכהנים דוקא.
והיאך מעלה עליו הכתוב כאלו הקריב והוא איש זר אשר לא מבני הכהנים וגם אין כאן לא בהמ״ק ומזבח. (ועמ״ש מזה ג״כ במ״א בד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע).
ויובן כל זה ע״פ ביאור ענין מעלת התו׳ בכללה שהיא מצוה לכל א׳ וא׳ ללמוד כל הלכו׳ התורה אפילו הלכו׳ שאינן צריכות לכל אדם כגון דיני הוראת איסור והיתר שאינה מסורה אלא למורי הוראות וכגון משפטים שבין איש לרעהו שאינן מסורים אלא לדיינים ואעפ״כ המצוה היא על כל אדם אפילו מי שאינו רוצה להיות דיין ומורה הוראה בישראל:
Et en apparence on ne comprend pas, car toute la Torah n'est que l'explication et l'éclaircissement de la manière dont le commandement doit être accompli, et comment étudiera-t-il l'explication et l'éclaircissement du commandement, tandis que le commandement lui-même sera accompli par d'autres. Et voir ce qui est écrit de cela au début du discours "Et Elokim parla... pour dire : Celui que Je suis...".
Et aussi pour comprendre l'enseignement de nos maîtres, de mémoire bénie : "Quiconque s'occupe de la Torah de l'holocauste, c'est comme s'il avait offert un holocauste, et quiconque s'occupe de la Torah de l'offrande, c'est comme s'il avait offert une offrande" (Mena'hot 110a). Or les sacrifices dépendent du Beit Hamikdach et de l'autel, et l'offrande dépend des cohanim précisément.
Et comment l'Écriture le considère-t-elle comme s'il avait offert, alors qu'il est un étranger qui n'est pas des fils des cohanim, et qu'il n'y a ici ni Beit Hamikdach ni autel ? (Et voir ce qui est écrit de cela aussi ailleurs, au début du discours "Au moment où Israël ont fait précéder nous ferons à nous entendrons".) Et tout cela se comprendra d'après l'explication du sujet du mérite de la Torah dans son ensemble, qui est un commandement pour chacun d'étudier toutes les règles de la Torah, même les règles qui ne sont pas nécessaires à tout homme, comme les lois de la décision d'interdit et de permis, qui ne sont confiées qu'à ceux qui rendent les décisions, et comme les jugements entre un homme et son prochain, qui ne sont confiés qu'aux juges ; et néanmoins le commandement est sur tout homme, même celui qui ne veut pas être juge ni décisionnaire en Israël.
ב והענין הוא כי הנה כתיב והיו הדברים האלה וגו׳. ודברת בם בשבתך בביתך וגו׳, דלכאורה פי׳ הדברים האלה היינו האמורים בק״ש דעלה קאי ובאמת מצות ק״ש היא בשחרית וערבית בלבד ולא כל היום ואיך נאמר ודברת בם בשבתך בביתך ובלכתך כו׳.
דמשמע כל היום וכל הלילה תמיד לא יחשה בין בשבתך בביתך בין בלכתך בדרך כו׳. אלא ודברת בם בדברי תורה כתיב, וא״כ צריך להבין מהו הדברים האלה דמשמע דקאי על הדברים האמורים למעלה אחד ואהבת כו׳ (וע׳ מענין על לבבך ברבות בקהלת בפסוק כל הנחלים הולכים אל הים ובפסוק דברתי אני עם לבי).
אך הנה נודע פי׳ מלת אחד שהוא לבדו הוא בשמים וארץ וד׳ רוחות העולם כמו שהיה לבדו קודם בריאת העולם. וכמ״ש אני ה׳ לא שניתי משום דכולא קמיה כלא ממש חשיב, ואין העולמות תופסים מקום כלל רק בשכמל״ו, מלכותך מלכות כל עולמים שמבחי׳ מלכותו נתהווה בריאת העולמות מאין ליש, וכמאמר יחיד חי העולמים מלך דהא דכולא קמי׳ כלא חשיב היינו קמיה דוקא משא״כ בבחי׳ מלכותו הוא שכינת עוזו השוכנת בתחתונים והיינו ע״י רבוא רבבות צמצומים שיהא נגלה כבוד מלכותו ית׳, (ועמ״ש מזה ע״פ שיר השירים.
וע״פ צאינה וראינה לא זז מחבבה כו׳), ואי לזאת ואהבת את הוי׳ אלהיך ממש דהיינו להיות האהבה ורעותא דלבא להבטל אליו ית׳ ממש להיות נפשו נכללת ובטלה במציאות באור א״ס ב״ה ממש דכולא קמיה כלא ממש חשיב. וזהו אחד ואהבת שמבחינת אחד נמשך להיות האהבה ורעותא דלבא בנפש האדם להיות הוי׳ ממש אלהיך והיינו ע״י עסק התורה דכתיב עוטה אור כשלמה שאור התורה עוטה הקב״ה כשלמה שאור א״ס ב״ה ממש מתלבש בהתורה (ועמ״ש מזה בד״ה ועשו להם ציצית.
ועיין עוד מזה בפ׳ תולדות קמ״ב ב׳. תרומה קס״ד בפ׳ פנחס רמ״ה ב׳).
ועל זה נאמר לבושי׳ כתלג חיוור כי תחלת הויית השלג הוא מן המים שנקרשו ונעשו שלג ואח״כ כשנפשר ונמס חוזר למים, כך הויית לבוש התורה הוא מבחי׳ המים שהיא בחי׳ חכמה עילאה חכים ולא בחכמה ידיעא. ומזה נמשך ג״כ בתורה גשמיות שלפנינו להיות גילוי בחי׳ חכמתו ורצונו ית׳.
וזהו חכמה בראש וחכמה בסוף.
b. Et le sujet est que voici qu'il est écrit : "Et ces paroles seront..." etc.
"Et tu en parleras lorsque tu seras assis dans ta maison..." etc. (Deutéronome 6, 6-7).
Car en apparence, l'explication de "ces paroles" est celles qui sont dites dans le Chema, puisque c'est sur elles que cela porte ; et en vérité le commandement du Chema n'est que le matin et le soir, et non tout le jour. Et comment est-il dit : "et tu en parleras lorsque tu seras assis dans ta maison et lorsque tu iras...", ce qui implique tout le jour et toute la nuit, sans cesse il ne se taira, que tu sois assis dans ta maison ou que tu ailles en chemin etc.
Mais "et tu en parleras" est écrit au sujet des paroles de Torah. Et s'il en est ainsi, il faut comprendre ce que sont "ces paroles", ce qui implique que cela porte sur les paroles dites plus haut : "un" et "tu aimeras" etc.
(Et voir le sujet de "sur ton cœur" dans le Midrach Rabba sur l'Ecclésiaste, au verset "tous les torrents vont vers la mer" (Ecclésiaste 1, 7), et au verset "j'ai parlé, moi, avec mon cœur" (Ecclésiaste 1, 16).) Or voici, on connaît l'explication du mot "un" : qu'Il est seul dans les cieux et la terre et les quatre vents du monde, comme Il était seul avant la création du monde. Et comme il est écrit : "Moi, ה', Je n'ai pas changé" (Malachie 3, 6), parce que tout devant Lui est considéré comme véritablement rien, et les mondes n'occupent aucune place, seulement dans "béni soit le nom de la gloire de Sa royauté à jamais", "Ta royauté est une royauté de tous les mondes" (Psaumes 145, 13), car c'est de l'aspect de Sa royauté qu'a été amenée à l'existence la création des mondes de l'ayin (le néant) au yech (l'être, le moi).
Et comme on dit : "Unique, Vivant des mondes, Roi" : car ce que tout devant Lui est considéré comme rien, c'est devant Lui précisément ; il en va autrement dans l'aspect de Sa royauté, qui est la Chekhina de Sa force qui réside dans les inférieurs, et cela par des myriades de myriades de tsimtsoumim (retraits), afin que soit révélée la gloire de Sa royauté, béni soit-Il. (Et voir ce qui est écrit de cela sur le Cantique des Cantiques, et sur le verset "Sortez et voyez...
Il n'a pas cessé de la chérir" etc.) Et c'est pour cela : "et tu aimeras ה' ton D.ieu" véritablement, c'est-à-dire que l'amour et le vouloir du cœur soient le bitoul (effacement de soi) envers Lui, béni soit-Il, véritablement, afin que son âme soit incluse et annulée dans l'existence dans l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, véritablement, car tout devant Lui est considéré comme véritablement rien. Et c'est "un" et "tu aimeras" : de l'aspect de "un" est attiré que soient l'amour et le vouloir du cœur dans l'âme de l'homme, afin que ה' soit véritablement ton D.ieu, et cela par l'occupation de la Torah, comme il est écrit : "Il S'enveloppe de lumière comme d'un manteau" (Psaumes 104, 2), que la lumière de la Torah enveloppe le Saint, béni soit-Il, comme un manteau, car l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement se revêt dans la Torah.
(Et voir ce qui est écrit de cela au début du discours "Et ils se feront des tsitsit". Et voir encore de cela dans la paracha Toldot folio 142b, Terouma folio 164, dans la paracha Pin'has folio 245b.) Et c'est à ce sujet qu'il est dit : "Son vêtement est comme la neige blanche" (Daniel 7, 9), car le commencement de l'existence de la neige vient des eaux qui se sont figées et sont devenues neige, et ensuite, lorsqu'elle fond et se liquéfie, elle redevient eau.
Ainsi l'existence du vêtement de la Torah vient de l'aspect des eaux, qui est l'aspect de la 'hokhma supérieure, "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue" (Pata'h Eliyahou). Et de cela est attiré aussi dans la Torah corporelle qui est devant nous, pour qu'il y ait révélation de l'aspect de Sa sagesse et de Sa volonté, béni soit-Il.
Et c'est la sagesse au commencement et la sagesse à la fin.
והנה כתיב שער רישי׳ כעמר נקא אלו הן המשכות כל פרטי ההלכות שבתורה וכמ״ש קווצותיו תלתלים וגו׳ תילי תלים של הלכות שהן המשכות מבחי׳ שערות בלבד שהם בחי׳ הארה מצומצמת ומועטת מעט מזעיר ע״י צמצומים רבים ושונים כמ״ש נפלאותיך ומחשבותיך אלינו אין ערוך אליך אגידה ואדברה עצמו מספר שלהיות המשכת נפלאותיך ומחשבותיך אלינו בעסק התורה שלפנינו המלובשת בגשמיות עצמו מספר הצמצומים רבים ריבוא רבבות מדרגות עד אין מספר. (ועמ״ש מזה ע״פ ויהי מקץ) כי אין ערוך אליו ית׳ כלל וכמו שנודע פי׳ ערך במספר שאפילו אחד לגבי אלף אלפים ורבבות נקרא בשם ערך שהם מסוג א׳ שהכל נופל תחת סוג המספר, משא״כ לגבי אור א״ס ב״ה שכשמו כן הוא אין לו סוף כו׳ לא שייך ערך כלל.
Et voici qu'il est écrit : "les cheveux de Sa tête sont comme de la laine pure" (Daniel 7, 9) : ce sont les attractions de tous les détails des règles de la Torah, et comme il est écrit : "Ses boucles sont des ondulations" etc. (Cantique des Cantiques 5, 11), "des monceaux et des monceaux de règles", qui sont des attractions de l'aspect des cheveux seulement, qui sont un aspect d'illumination restreinte et infime, un peu d'un peu, par de nombreux et divers tsimtsoumim, comme il est écrit : "Tes merveilles et Tes pensées envers nous ; il n'y a pas de proportion envers Toi ; je raconterai et je parlerai, elles sont trop nombreuses pour être comptées" (Psaumes 40, 6).
Car pour qu'il y ait attraction de Tes merveilles et de Tes pensées envers nous dans l'occupation de la Torah qui est devant nous, revêtue de corporalité, les tsimtsoumim sont trop nombreux pour être comptés, des myriades de myriades de degrés jusqu'à l'innombrable. (Et voir ce qui est écrit de cela sur le verset "Et ce fut au bout".) Car il n'y a aucune proportion envers Lui, béni soit-Il, et comme on connaît l'explication de "proportion" dans le nombre : même un par rapport à mille milliers et des myriades est appelé du nom de proportion, car ils sont d'une même espèce, tout tombant sous l'espèce du nombre ; il en va autrement vis-à-vis de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui, comme Son nom, ainsi est-Il, Il n'a pas de fin etc. : la proportion ne convient pas du tout.
והנה כתיב סלסלה ותרוממך פי׳ סלסלה לסלסל ולהפריד השערות שלא יהיו מעורבים ומבולבלין כמארז״ל לא ידעו רבנן מאי סלסלה עד דשמעי וכו׳ דהוה מהפך במזיי׳ כו׳ שהסלסול הוא בשערות להפרידם שלא יהא עירוב נימא בחברתה, וכך צריך להפריד כל ההלכות שבגמ׳ שלא יהי׳ עירוב ובלבול בין הלכה להלכה. וכמו שמצינו בכמה מקומות בתלמוד דקאמרי ורמינהו וכו׳ ומשני לא קשיא הא ר׳ מאיר כו׳ שמבררין ומלבנין כל הלכה לעצמה שלא תהא הלכה אחרת סותרת אותה ומבלבלתה.
Et voici qu'il est écrit : "Exalte-la, et elle t'élèvera" (Proverbes 4, 8), c'est-à-dire "exalte-la" : boucler et séparer les cheveux afin qu'ils ne soient pas mélangés et emmêlés, comme l'enseignement de nos maîtres, de mémoire bénie : "Les maîtres ne savaient pas ce qu'est exalte-la jusqu'à ce qu'ils entendent" etc., qu'il retournait ses cheveux etc., car le bouclage est dans les cheveux, pour les séparer afin qu'il n'y ait pas mélange d'un cheveu avec son voisin. Et ainsi il faut séparer toutes les règles qui sont dans la Guemara, afin qu'il n'y ait pas mélange et confusion entre une règle et une autre.
Et comme nous trouvons en plusieurs endroits dans le Talmud qu'ils disent : "et on oppose" etc., et on répond : "il n'y a pas de difficulté, ceci est Rabbi Meir" etc., qu'on trie et qu'on blanchit chaque règle pour elle-même, afin qu'une autre règle ne la contredise pas et ne la trouble pas.
והנה בבחינת סלסול הזה כתיב ותרוממך שנפש האדם מתרוממת ע״י זה לבחי׳ שער רישי׳ כעמר נקא והוא מקור התורה שהתורה היא רק בחי׳ לבוש עוטה אור כשלמה משא״כ התרוממות זו היא למעלה מבחי׳ לבוש שהיא נוגעת לעצמיות אור א״ס ב״ה ממש (ועמ״ש במ״א ע״פ הנותן שלג כצמר מענין לבושיה כתלג ושער רישיה כו׳):
Et voici, dans cet aspect de bouclage il est écrit : "et elle t'élèvera", que l'âme de l'homme s'élève par cela vers l'aspect de "les cheveux de Sa tête sont comme de la laine pure", et c'est la source de la Torah, car la Torah n'est qu'un aspect de vêtement, "Il S'enveloppe de lumière comme d'un manteau" ; il en va autrement de cette élévation, qui est au-dessus de l'aspect du vêtement, car elle touche à l'essentialité de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement. (Et voir ce qui est écrit ailleurs sur le verset "Il donne la neige comme de la laine" (Psaumes 147, 16), du sujet de "Son vêtement est comme la neige" et "les cheveux de Sa tête" etc.)
ג וכאשר ישכיל ויתבונן האדם בנפשו איך שע״י סלסול הלכות של התורה תתרומם נפשו לעלות לאור א״ס ב״ה ממש ממילא יגיל וישמח בחדוות ה׳ הוא אור א״ס ב״ה מקור החיים מקור התענוגים יותר מרוב כל אפילו מחיי עוה״ב ג״ע תחתון ועליון שאין זה אלא זיו כו׳, וגם בבחי׳ זיו הזה אמרו על אחר מוטב דלידייניה כו׳.
g. Et lorsque l'homme comprendra et méditera en son âme comment, par le bouclage des règles de la Torah, son âme s'élèvera pour monter vers l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, de soi-même il exultera et se réjouira dans l'allégresse de ה', qui est l'Or Ein Sof, béni soit-Il, source de la vie, source des délices, plus que l'abondance de tout, même plus que la vie du monde futur, le Gan Eden inférieur et supérieur, qui n'est que le rayonnement etc.
Et même dans cet aspect de rayonnement, ils ont dit au sujet d'A'her : "mieux vaudrait qu'on le juge" etc. ('Haguiga 15b).
ומכ״ש וק״ו שישים נפשו בכפו להיות כל ישעו וכל חפצו בעסק התורה להתענג על ה׳ ממש שהוא מקור החיים ומקור התענוגים ואף שאין התענוג הזה נראה ונגלה בהתגלות היינו משום שגדול כח התענוג ההוא שאין העולמות יכולים לסובלו ולכן אינו בא לידי גילוי בהשגת הנבראים ואדרבה כ״ש וק״ו השמחה גדולה יותר לאלהים בהתבוננות נפשו שבודאי שורה עליו גילוי העונג העליון ב״ה מה שאינו נתפס ונקלט בשום השגה ולית מחשבה תפיסא בי׳, וכן בעסק התורה שהיא בחי׳ לבושי׳ כתלג חיוור, הנה נודע שהמחשבה והדיבור של האדם הן בחי׳ לבושים מחשבה לבוש הפנימי ודבור לבוש האמצעי וא״כ כשנפשו של אדם מתלבשת במחשבה ודיבור של התורה הנה היא מתלבשת בלבושו של הקב״ה לבושי׳ כתלג חיוור ממש ואין קרבת ה׳ ממש יותר מזה כמו ע״ד משל שנים שמתכסים בטלית אחד. (ועמ״ש סד״ה ואשה כי תדור), ובזה יובן מה שבפרשה שניה של ק״ש אומרים ונתתי מטר ארצכם וכו׳ ונתתי עשב בשדך כו׳.
כאלו מדבר בעדו ובאמת הקב״ה הוא הנותן ומשה רבינו ע״ה אמר זה לפי ששכינה מדברת מתוך גרונו של משה.
Et à plus forte raison, à fortiori, il mettra son âme dans sa paume, afin que toute son aspiration et tout son désir soient dans l'occupation de la Torah, pour se délecter de ה' véritablement, qui est la source de la vie et la source des délices. Et bien que ce délice ne soit pas vu ni révélé dans la révélation, c'est parce que la force de ce délice est grande, que les mondes ne peuvent le supporter, et c'est pourquoi il ne vient pas à la révélation dans la saisie des créatures.
Et au contraire, à plus forte raison, à fortiori, la joie est plus grande envers Elokim, dans la méditation de son âme, qu'assurément repose sur lui la révélation du délice suprême, béni soit-Il, ce qui n'est saisi ni absorbé dans aucune saisie, "et nulle pensée ne Le saisit" (Tikouné Zohar). Et de même dans l'occupation de la Torah, qui est l'aspect de "Son vêtement est comme la neige blanche".
Or on sait que la pensée et la parole de l'homme sont un aspect de vêtements : la pensée, le vêtement intérieur, et la parole, le vêtement intermédiaire. Et s'il en est ainsi, lorsque l'âme de l'homme se revêt dans la pensée et la parole de la Torah, voici qu'elle se revêt dans le vêtement du Saint, béni soit-Il, "Son vêtement est comme la neige blanche" véritablement, et il n'y a pas de rapprochement de ה' véritablement plus grand que cela, comme par manière de parabole de deux qui se couvrent d'un seul talit.
(Et voir ce qui est écrit au début du discours "Et une femme, si elle fait un vœu".) Et par là on comprendra ce que, dans la seconde section du Chema, on dit : "et Je donnerai la pluie de votre terre" etc., "et Je donnerai l'herbe dans ton champ" etc. (Deutéronome 11, 14-15), comme s'Il parlait de Lui-même ; et en vérité le Saint, béni soit-Il, est Celui qui donne, et Moché notre maître, la paix soit sur lui, a dit cela parce que la Chekhina parle de l'intérieur de la gorge de Moché.
וזהו מאמר השכינה שבגרונו שאומרת ונתתי, אבל מה שאנחנו אומרים ג״כ ונתתי אינו מובן לכאורה אלא היינו ע״י שאומרים תחלה לאהבה את ה׳ אלהיכם ולעבדו בכל לבבכם ובכל נפשכם. והיינו מסירת נפש ולא בשביל שלא יהא כופר בה׳ ממש אלא היינו ביטול היש וגסות הרוח שבאדם שאמרו רז״ל כל מי שיש בו גסות הרוח ראוי לגדעו כאשירה (בסוטה דף ה׳ ע״א) שהוא בבחי׳ אשירה ממש שעושה את עצמו ליש ודבר נפרד מיחודו ית׳, וצריך להיות בבחי׳ ביטול ומסירת נפש לה׳ והיינו כמו שנודע ממאמר מודים אנחנו לך שההודאה היא אליו ית׳ דכולא קמיה כלא חשיב וכל מה שלמטה מטה הוא יותר כלא ולא כמו שנראה בערכנו שהבריאה היא יש מאין ונראה לעינינו גשמיות העולם ליש ודבר נפרד כו׳ כמ״ש במ״א.
Et c'est la parole de la Chekhina qui est dans sa gorge, qui dit "et Je donnerai". Mais ce que nous disons aussi "et Je donnerai" n'est pas compris en apparence ; mais c'est par le fait que l'on dit d'abord "pour aimer ה' votre D.ieu et pour Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme" (Deutéronome 11, 13).
Et c'est la messirout nefech (don de soi), et non afin qu'il n'y ait pas de reniement de ה' véritablement, mais c'est le bitoul du yech et de l'orgueil qui est dans l'homme, dont nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit : "Quiconque a en lui de l'orgueil, il convient de l'abattre comme une achéra" (Sota folio 5a), car il est dans l'aspect d'une achéra véritablement, qui se fait lui-même un yech et une chose séparée de Son unité, béni soit-Il. Et il faut être dans l'aspect de bitoul et de messirout nefech envers ה', et c'est comme on le sait de la formule "Nous Te rendons hodaa", que la hodaa (reconnaissance) est envers Lui, béni soit-Il, car tout devant Lui est considéré comme rien, et tout ce qui est plus bas est davantage rien, et non comme il apparaît à notre mesure, que la création est un yech à partir de l'ayin, et que la corporalité du monde apparaît à nos yeux comme un yech et une chose séparée etc., comme il est écrit ailleurs.
וע״י ביטול זה נמשך ומתגלה יחוד אור א״ס ב״ה ממש בנפשו ויכול לומר ונתתי שאור א״ס ב״ה המתגלה בו הוא הוא המדבר בו וכמ״ש במ״א בפ׳ ואתחנן גבי ק״ש, והוא כענין ודברי אשר שמתי בפיך שדבר ה׳ ממש הוא בפיו. וע״ד זה תמצא במאמר רז״ל אלו ואלו דברי אלהים חיים שמה שב״ש אומרים וב״ה אומרים וכן דברי אביי ורבא אין זה דבריהם ממש אלא דבר ה׳ שבפיהם, וכמו שאמר המגיד להבית יוסף אני המשנה המדברת בפיך.
וזהו ענין התורה. אך המצות הם בקיום מצות המלך דוקא.
Et par ce bitoul est attirée et se révèle l'union de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement dans son âme, et il peut dire "et Je donnerai", car l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui se révèle en lui, c'est Lui qui parle en lui, comme il est écrit ailleurs dans la paracha Vaet'hanan au sujet du Chema. Et c'est comme le sujet de "et Mes paroles que J'ai mises dans ta bouche" (Isaïe 59, 21), que la parole de ה' véritablement est dans sa bouche.
Et de cette manière tu trouveras dans l'enseignement de nos maîtres, de mémoire bénie : "Celles-ci et celles-là sont les paroles du D.ieu vivant" (Erouvin 13b), que ce que disent Beit Chamaï et ce que disent Beit Hillel, et de même les paroles d'Abaïé et de Rava, ce ne sont pas leurs paroles véritablement, mais la parole de ה' qui est dans leur bouche. Et comme le maguid a dit au Beit Yossef : "Je suis la Michna qui parle dans ta bouche".
Et c'est le sujet de la Torah. Mais les commandements sont dans l'accomplissement des commandements du Roi précisément.
והנה מבחי׳ מלכותו ית׳ הוא חיות כל העולמות בעלי גבול במקום ובזמן מלכותך מלכות כל עולמים וממשלתך בכל דור ודור כל עולמים בחי׳ מקום דור ודור בחי׳ זמן ואין בחי׳ מקום וזמן שייך אלא בבחי׳ מלכותו ית׳ מלך מלך וימלוך. אבל בא״ס ב״ה עצמו לא שייך בחי׳ זמן ומקום כלל (וכמ״ש בסש״ב ח״ב פ״ז).
והנה עסק התורה נקרא בצלמנו שהוא בבחי׳ למעלה מן הזמן משא״כ המצות שהן בבחי׳ מלכות נקרא כדמותנו ושייך בהם לשון הזמן, לכן קיום המצות תלוי בזמן וקרבנות תלויין בזמן בהמ״ק משא״כ עסק התורה אינו תלוי בבהמ״ק וכהן ובגדי כהונה כלל, ואף שהתורה הוא פי׳ המצות מ״מ במחשבה ודבור עדיין הוא בבחי׳ רוחניות אבל המצות הם במעשה הגוף בפו״מ:
Et voici, de l'aspect de Sa royauté, béni soit-Il, est la vitalité de tous les mondes limités dans le lieu et dans le temps : "Ta royauté est une royauté de tous les mondes, et Ta domination dans chaque génération et génération" (Psaumes 145, 13) : "tous les mondes", aspect de lieu ; "génération et génération", aspect de temps. Et l'aspect de lieu et de temps ne convient que dans l'aspect de Sa royauté, béni soit-Il : "Il a régné, Il règne et Il régnera".
Mais dans l'Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même, l'aspect de temps et de lieu ne convient pas du tout (et comme il est écrit dans le Tanya, Chaar haYi'houd vehaEmouna, chapitre 7). Et voici, l'occupation de la Torah est appelée "à Notre image", qui est dans l'aspect au-dessus du temps ; il en va autrement des commandements, qui sont dans l'aspect de la royauté, appelés "à Notre ressemblance", et l'expression du temps leur convient.
C'est pourquoi l'accomplissement des commandements dépend du temps, et les sacrifices dépendent du temps du Beit Hamikdach ; il en va autrement de l'occupation de la Torah, qui ne dépend pas du Beit Hamikdach, ni du cohen, ni des vêtements de la prêtrise, du tout. Et bien que la Torah soit l'explication des commandements, néanmoins dans la pensée et la parole elle est encore dans l'aspect de la spiritualité, mais les commandements sont dans l'acte du corps, en acte effectif.
ד והנה זה לעומת זה עשה אלהים שכמו שנפש האלהית מתחלקת לעשר כחות שלשה שכליים ושבע מדות דקדושה, כך יש ג״כ בקליפה כמו חכמה דקדושה יש כנגדה חכמה דקליפה חרטומי מצרים וכן חכמים המה להרע (בירמיה סי׳ ד׳) וכיוצא בשאר כחות הנפש. וזהו כלל שבסטרא דקדושה הכל בבחי׳ ביטול אליו ית׳ חכמה כח מה משא״כ חכמה דקליפה היא בחי׳ יש.
וכמ״ש ע״פ בעלי במות ארנון. וזהו מארז״ל ישראל שבחו״ל כו׳, כי ארץ ישראל נק׳ ארץ כנען לשון הכנעה וביטול (עמ״ש סד״ה ויהי בשלח פרעה) משא״כ כשהוא בבחי׳ גסות הרוח ויש הוא כמו עובדי עבודת כוכבים בטהרה הם שענין עובדי כוכבים ומזלות הוא כמ״ש וראית את השמש ואת הירח כו׳ והשתחוית להם כו׳.
והנה כתיב ממגד תבואות שמש שהשמש משפיע לתבואות הארץ וכן כל צבא השמים שהם המזלות אין לך עשב מלמטה שאין לו מזל מלמעלה כו׳. אלא שהשתחוי׳ להם אסור מפני שמחשבים אותם ליש ודבר שהם המשפיעים ובאמת אין השפעתם מצד עצמם אלא שהם כלי ההשפעה שבהם ועל ידם עוברת ההשפעה וכן כל עבודת כוכבים שעושה עצמה ליש ודבר אלא דקרו ליה אלהא דאלהא.
משא״כ סטרא דקדושה היא בבחי׳ ביטול שאין עוד מלבדו וא״כ מי שנמשך אחר גסות רוחו להחשיב עצמו ליש הרי הוא כעובד עבודת כוכבים בטהרה. דהיינו מי שנמשך אחר בגדי כבוד להתפאר בפני בני אדם כי כבוד חכמים ינחלו כתיב ועשית בגדי קדש לאהרן אחיך לכבוד ולתפארת שהכבוד הנמשך לבחי׳ חכמה כח מ״ה הוא בבחי׳ ביטול משא״כ שאר כבוד של עוה״ז שהוא יש הוא מסטרא דקליפה.
d. Et voici, "l'un en face de l'autre a fait Elokim" (Ecclésiaste 7, 14) : de même que la nefech élokit (âme divine) se divise en dix forces, trois intellectuelles et sept middot de sainteté, ainsi il y a aussi dans la kelipa, comme la 'hokhma de sainteté a en face d'elle la 'hokhma de la kelipa, les magiciens d'Égypte, et de même "ils sont sages pour faire le mal" (Jérémie 4, 22), et de même dans les autres forces de l'âme.
Et c'est la règle que, du côté de la sainteté, tout est dans l'aspect de bitoul envers Lui, béni soit-Il : 'hokhma, force de mah ; il en va autrement de la 'hokhma de la kelipa, qui est un aspect de yech. Et comme il est écrit sur le verset "les maîtres des hauts lieux d'Arnon".
Et c'est l'enseignement de nos maîtres, de mémoire bénie : "Un Israël qui est hors du pays" etc. Car la terre d'Israël est appelée terre de Canaan, expression de soumission et de bitoul (voir ce qui est écrit au début du discours "Et ce fut, lorsque Paro renvoya").
Il en va autrement lorsqu'il est dans l'aspect de l'orgueil et du yech : il est comme les adorateurs des astres dans la pureté, car le sujet des adorateurs des astres et des constellations est comme il est écrit : "et tu verras le soleil et la lune" etc. "et tu te prosterneras devant eux" etc.
(Deutéronome 4, 19). Et voici qu'il est écrit : "des produits excellents du soleil" (Deutéronome 33, 14), que le soleil fait affluer vers les produits de la terre, et de même toute l'armée des cieux, qui sont les constellations : "il n'y a pas d'herbe en bas qui n'ait une constellation en haut" etc.
Seulement, se prosterner devant eux est interdit, parce qu'on les considère comme un yech et une chose, qu'ils sont ceux qui font affluer ; et en vérité leur effluence n'est pas de leur propre fait, mais ils sont le kelim de l'effluence, en eux et par eux passe l'effluence. Et de même toute idolâtrie qui se fait elle-même un yech et une chose, seulement "ils l'appellent le dieu des dieux".
Il en va autrement du côté de la sainteté, qui est dans l'aspect de bitoul, "il n'y a rien d'autre que Lui" (Deutéronome 4, 35). Et s'il en est ainsi, celui qui est attiré après son orgueil pour se considérer lui-même comme un yech, le voici comme un adorateur des astres dans la pureté.
C'est-à-dire celui qui est attiré après les vêtements d'honneur pour se glorifier devant les hommes, car "les sages hériteront l'honneur" (Proverbes 3, 35) est écrit, et "tu feras des vêtements sacrés pour Aharon ton frère, pour l'honneur et pour la splendeur" (Exode 28, 2) : l'honneur qui est attiré vers l'aspect de la 'hokhma, force de mah, est dans l'aspect de bitoul ; il en va autrement du reste de l'honneur de ce monde, qui est un yech, il est du côté de la kelipa.
ובזה יובן מה שאמרו רז״ל כך הוא דרכה של תורה פת במלח כו׳ אם אתה עושה כן אשריך בעוה״ז כו׳. ולכאורה אינו מובן מהו העוה״ז בזה אלא הענין שכאשר ישים אל לבו ההכנעה וביטול אליו ית׳ שבזה שורה עליו עונג עליון כנ״ל.
אין לך עוה״ז גדול מזה.
Et par là on comprendra ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : "Telle est la voie de la Torah : du pain avec du sel tu mangeras" etc. "Si tu fais ainsi, heureux es-tu en ce monde" etc.
(Avot 6, 4). Et en apparence on ne comprend pas ce qu'est "ce monde" ici.
Mais le sujet est que, lorsqu'il mettra dans son cœur la soumission et le bitoul envers Lui, béni soit-Il, par lesquels repose sur lui le délice supérieur, comme ci-dessus, il n'y a pas de ce monde plus grand que celui-là.
ועל זה אמרו יפה שעה אחת כו׳. אבל כשנמשך אחר תענוגי עוה״ז הרי ממשיך עליו סטרא דקליפה ומלביש א״ע בגדים צואים וכשישים אל לבו שהקליפות סבבוהו לא יהי׳ לו תענוג מעוה״ז כלל משא״כ כשפת במלח תאכל כו׳ ישמח לבו ויגל כי אין לו לבוש מסטרא דקליפה ומבגדים הצואים.
אך מי שפגם והעביר את הדרך בהמשיך את לבו אחר היש והגסות, העצה היעוצה לצעוק אל ה׳ בצר לו צעק לבם שיהא הלב צועק בקרבו מקרב איש ולב עמוק איך לא שם לנגד עיניו אור א״ס ב״ה הסובב כל עלמין שלפניו כחשיכה כאורה ורוחניות וגשמיות שוין וימלא בושה וכלימה וכמ״ש ולא נבוש לעולם ועד.
Et c'est à ce sujet qu'ils ont dit : "Belle est une heure de techouva et de bonnes actions en ce monde, plus que toute la vie du monde à venir" (Avot 4, 17). Mais lorsqu'il est attiré après les délices de ce monde, voici qu'il attire sur lui le sitra a'hra (l'autre côté) et se revêt de vêtements souillés.
Et lorsqu'il mettra dans son cœur que les kelipot l'ont entouré, il n'aura plus aucun délice de ce monde. Au contraire, lorsqu'il mangera "du pain avec du sel" etc., son cœur se réjouira et exultera, car il n'a pas de vêtement du sitra a'hra ni des vêtements souillés.
Mais celui qui a porté atteinte et a dévié du chemin en attirant son cœur après le yech et l'orgueil, le conseil donné est de crier vers ה' dans sa détresse, que le cœur crie en lui, "du fond de l'homme et d'un cœur profond" (Psaumes 64, 7) : comment n'a-t-il pas placé devant ses yeux l'Or Ein Sof, béni soit-Il, le sovev kol almin (qui entoure tous les mondes), devant lequel "les ténèbres sont comme la lumière" (Psaumes 139, 12), et le spirituel et le corporel sont égaux. Et il se remplira de honte et d'opprobre, comme il est écrit : "et nous ne serons pas honteux à jamais".
וכמשל מי שהולך ערום בלא הודע לו שיש אנשים רואים אותו ואח״כ כשרואה שהאנשים רואים אותו יתמלא בושה, כן ויותר מכן יש ליבוש מאור א״ס ב״ה הסובב כל עלמין דכתיב בי׳ את השמים ואת הארץ אני מלא. (ועמ״ש מזה בד״ה מנורת זהב).
ועל זה נאמר כי לא יראני האדם וחי בחייו אינו רואה אבל בשעת מיתתו רואה והיינו כדי שיתמלא בושה וכלימה בראותו ה׳ נצב עליו ורואה במעשיו ועי״ז ישוב בתשובה שלימ׳ לפניו את פניך ה׳ אבקש דהיינו לבקש פנימיות ה׳ גילוי אור א״ס ב״ה ממש דהיינו להחזיר פנים בפנים כנ״ל וכמים הפנים כתיב וזרקתי עליכם מים טהורים י״ג מכילין דרחמי שהם בחי׳ פנימיות והן מקור התורה ולכך ממלא כל הפגמים שפגם בתורה. כמ״ש אנת הוא ממלא כל שמהן ואנת הוא שלימו דכולהו ועי״ז וטהרתם.
Et comme la parabole de celui qui marche nu sans qu'il sache qu'il y a des hommes qui le voient, et ensuite, lorsqu'il voit que les hommes le voient, il se remplira de honte : ainsi, et plus encore, il y a de la honte devant l'Or Ein Sof, béni soit-Il, le sovev kol almin, dont il est écrit : "les cieux et la terre, Je les remplis" (Jérémie 23, 24). (Et voir ce qui est écrit de cela au début du discours "Un candélabre d'or".) Et c'est à ce sujet qu'il est dit : "car l'homme ne Me verra pas et vivra" (Exode 33, 20) : de son vivant il ne voit pas, mais au moment de sa mort il voit, et cela afin qu'il se remplisse de honte et d'opprobre en voyant que ה' se tient sur lui et voit ses actes, et par cela il reviendra dans une techouva complète devant Lui : "Ta face, ה', je cherche" (Psaumes 27, 8), c'est-à-dire chercher l'intériorité de ה', la révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, c'est-à-dire retourner face à face, comme ci-dessus.
Et "comme l'eau, la face" est écrit (Proverbes 27, 19), "et Je répandrai sur vous une eau pure" (Ézéchiel 36, 25), les treize mesures de miséricorde, qui sont l'aspect de l'intériorité, et elles sont la source de la Torah, et c'est pourquoi cela remplit toutes les atteintes qu'il a portées dans la Torah. Comme il est écrit : "C'est Toi qui remplis tous les noms, et c'est Toi qui es la perfection de tous" (Pata'h Eliyahou), et par cela "vous serez purs".
והנה על בחי׳ החזרת פנים בפנים נתקנו כל עשרת ימי תשובה כנגד עשר כחות הנפש שבכל יום נתקן כח אחד שביום ראשון נתקן בחי׳ החכמה דהיינו מה שהלביש נפשו בחכ׳ דקליפה שהוא בחינת יש ע״ד מ״ש ראיתי איש חכם בעיניו תקוה לכסיל ממנו יבא לבחי׳ ביטול כח מה עד שביום עשירי הוא יום כיפור נתקן בחי׳ התנשאות, ועל דבר הנ״ל נק׳ עליית המל׳ שהוא מ״ש לך ה׳ הממלכה בבחי׳ ביטול, לכן ביום הכפורים אסור באכילה ושתיה ונעילת הסנדל שהן הכל בחי׳ הלבשת היש ולהיות בבחי׳ ביטול ממש אליו ית׳, ועד״ז הן כל הכריעות והשתחוואות שביום כפור שנופלים על פניהם להיות בבחי׳ בטול.
Et voici, sur l'aspect du retour face à face ont été institués tous les dix jours de techouva, en regard des dix forces de l'âme, qu'en chaque jour est réparée une force : au premier jour est réparé l'aspect de la 'hokhma, c'est-à-dire ce en quoi il a revêtu son âme de la 'hokhma de la kelipa, qui est un aspect de yech, à la manière de ce qui est écrit : "J'ai vu un homme sage à ses propres yeux, il y a plus d'espoir pour le sot que pour lui" (Proverbes 26, 12), afin qu'il vienne à l'aspect de bitoul, force de mah, jusqu'au dixième jour, qui est le jour de Kippour, où est réparé l'aspect de l'élévation. Et au sujet de ce qui précède, cela s'appelle l'élévation de la malkhout, qui est ce qui est écrit : "À Toi, ה', la royauté" (I Chroniques 29, 11), dans l'aspect de bitoul.
C'est pourquoi le jour de Kippour il est interdit de manger et de boire et de chausser la sandale, qui sont tous un aspect de revêtement du yech, afin d'être dans l'aspect de bitoul véritable envers Lui, béni soit-Il. Et de cette manière sont toutes les inclinaisons et les prosternations du jour de Kippour, où l'on tombe sur sa face, afin d'être dans l'aspect de bitoul.
והנה יש ב׳ מיני גסות הרוח בחי׳ חיצוניות שיודע בעצמו ערכו השפל ואעפ״כ מחשב א״ע ליש ודבר בעיני הבריות, ויש בבחי׳ פנימיות שהוא בחי׳ עצמיות הגסות שדרכו ישר בעיניו והוא באמת חשוב גם בעיני עצמו.
Et voici, il y a deux sortes d'orgueil : un aspect d'extériorité, où il connaît en lui-même sa valeur basse, et néanmoins il se considère comme un yech et une chose aux yeux des créatures ; et il y a dans l'aspect d'intériorité, qui est l'aspect de l'essentialité de l'orgueil, dont la voie est droite à ses yeux, et il est véritablement important même à ses propres yeux.
והנה על בחינה הא׳ נאמר כי ביום הזה יכפר עליכם לטהר אתכם עליכם דייקא. דהיינו מה שעליכם מבחוץ.
ועל הבחינה הב׳ אמר מכל חטאתיכם דהיינו חטאת פנימיות שלכם לפני ה׳ תטהרו. פי׳ לפני ה׳ קודם בחי׳ הוי׳.
כי התורה היא שמותיו של הקב״ה יו״ד היא חכמה אורייתא מחכמה נפקת. אבל ע״י התשובה מעומקא דליבא ממעמקים קראתיך ה׳ שממשיך בחי׳ הוי׳.
Et voici, sur le premier aspect il est dit : "Car en ce jour Il fera expiation sur vous pour vous purifier", "sur vous" précisément, c'est-à-dire ce qui est sur vous de l'extérieur. Et sur le second aspect Il a dit : "de tous vos péchés", c'est-à-dire le péché de votre intériorité, "devant ה' vous serez purs".
Explication : "devant ה'", avant l'aspect du nom Havaya. Car la Torah est Ses noms, du Saint, béni soit-Il : le youd est la 'hokhma, "la Torah sort de la 'hokhma" (Zohar).
Mais par la techouva du fond du cœur, "des profondeurs je T'ai appelé, ה'" (Psaumes 130, 1), qui attire l'aspect du nom Havaya.
ואז תטהרו מסטרא דקליפה בכדי שלא יהא העלם והסתר מאור א״ס ב״ה הסובב כל עלמין. וזהו שנתנו לוחות אחרונות ביום כיפור גילוי אנכי ה׳ אלהיך.
אנכי ממש ובזה לא יהיה לך אלהים אחרים על פני פי׳ שזהו הבטחה שלא יהיו אלהים אחרים מעלימים ומסתירים את בחי׳ פנימיות כי עונותיכם מבדילים כו׳. אך ביום כיפור הוא בהעלם כי לוחות אחרונות נתנו בצנעה אבל הגילוי הוא בשמחת תורה שמחה של תורה דהיינו גילוי מקור התורה והוא גילוי עונג העליון ב״ה:
Et alors "vous serez purs" du sitra a'hra, afin qu'il n'y ait pas de dissimulation et de cachette devant l'Or Ein Sof, béni soit-Il, le sovev kol almin. Et c'est que les secondes Tables ont été données le jour de Kippour : la révélation de "Celui que Je suis, ה' ton D.ieu" (Exode 20, 2).
"Celui que Je suis" véritablement. Et en cela "tu n'auras pas d'autres dieux devant Ma face" (Exode 20, 3), c'est-à-dire que c'est une promesse qu'il n'y aura pas d'autres dieux qui dissimulent et cachent l'aspect de l'intériorité, car "vos fautes font séparation" etc.
(Isaïe 59, 2). Mais le jour de Kippour c'est dans le caché, car les secondes Tables ont été données en secret ; mais la révélation est à Sim'hat Torah, la joie de la Torah, c'est-à-dire la révélation de la source de la Torah, et c'est la révélation du délice suprême, béni soit-Il.