לקוטי תורה

Likouteï Torah — Likkutei Torah, Tzav.7

Rabbi Chneour Zalman de Liadi - discours sur Vayikra, Bamidbar, Devarim et Chir HaChirim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

"Six jours tu mangeras des matsot, et le septième jour, Atséret pour ה' ton Elokim", etc. (Deutéronome 16, 8).

ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת להוי׳ אלקיך וגו׳. וצ״ל אומרו ית׳ ששת ימים תאכל מצות והלא לעיל מיני׳ אמר שבעת ימים תאכל עליו מצות.

אך הענין דכאן אין הכוונה להזהיר על אזהרת אכילת מצה אלא על שביום הז׳ עצרת כו׳. אך מה שהקדים ששת ימים תאכל מצות משמעות הכתוב הוא דעי״ז שששת ימים תאכל מצות עי״ז יהיה אח״כ וביום השביעי עצרת כו׳.

"Six jours tu mangeras des matsot, et le septième jour, Atséret pour ה' ton Elokim", etc. (Deutéronome 16, 8).

Et il faut comprendre ce qu'Il dit, béni soit-Il : "six jours tu mangeras des matsot", alors que plus haut Il a dit : "sept jours tu mangeras sur lui des matsot" (Deutéronome 16, 3). Mais le sujet est qu'ici l'intention n'est pas de mettre en garde au sujet de l'avertissement concernant le manger de la matsa, mais au sujet du fait qu'au septième jour il y a Atséret, etc.

Mais ce qu'Il a fait précéder de "six jours tu mangeras des matsot", le sens du verset est que c'est par le fait que six jours tu mangeras des matsot que, par cela, il y aura ensuite "et le septième jour, Atséret", etc.

ולהבין מהו ענין השייכות דאכילת מצה ששת ימים להיות עי״ז וביום השביעי עצרת,  ועוד דהנה ענין וביום השביעי עצרת להוי׳ אלקיך היינו לפי שבשביעי של פסח היה הנס דקי״ס.

Et pour comprendre quel est le sujet du lien entre le manger de la matsa pendant six jours et le fait que, par cela, "et le septième jour, Atséret". Et de plus, voici que le sujet de "et le septième jour, Atséret pour ה' ton Elokim" signifie que c'est parce qu'au septième de Pessa'h eut lieu le miracle de la fente de la mer des Joncs (Kriat Yam Souf).

והנה פסח מצרים היה חימוצו נוהג רק יום אחד וא״כ הרי זכו לקי״ס שלא ע״י אכילת מצה כל ששת הימים, ומדוע לדורות נאמר שבעת ימים תאכל עליו מצות וגם דדוקא ע״י שששת ימים תאכל מצות עי״ז הוא שיוכלו לבוא להיות וביום השביעי עצרת כו׳.

Or le Pessa'h d'Égypte, son 'hamets n'était en vigueur qu'un seul jour, et si oui, ils ont mérité la fente de la mer des Joncs non par le manger de la matsa pendant tous les six jours. Et pourquoi, pour les générations, est-il dit "sept jours tu mangeras sur lui des matsot", et aussi que c'est précisément par le fait que six jours tu mangeras des matsot que, par cela, ils pourront en venir à être "et le septième jour, Atséret", etc.

וגם להבין מה דבשביעי של פסח נאמר עצרת להוי׳ אלקיך ובשמיני עצרת נאמר עצרת תהיה לכם, גם להבין מ״ש ויאפו את הבצק אשר הוציאו ממצרים עוגות מצות כי לא חמץ כי גורשו ממצרים ולא יכלו להתמהמה כו׳, דמשמע שזהו נתינת טעם למה שאפו מצות ולא חמץ לפי שגורשו ממצרים ולא הספיק להחמיץ.

Et aussi pour comprendre ce qu'au septième de Pessa'h il est dit "Atséret pour ה' ton Elokim", et à Chemini Atséret il est dit "Atséret sera pour vous" (Nombres 29, 35). Aussi pour comprendre ce qui est écrit : "et ils firent cuire la pâte qu'ils avaient sortie d'Égypte, des galettes de matsot, car elle n'avait pas levé, car ils avaient été chassés d'Égypte et ils n'avaient pu tarder", etc.

(Exode 12, 39), ce qui implique que c'est la raison donnée pour laquelle ils firent cuire des matsot et non du 'hamets, selon qu'ils avaient été chassés d'Égypte et que cela n'avait pas suffi pour lever.

וזה תמוה דהרי נאסר להם אכילת חמץ יום האחד עכ״פ כדאיתא בפסחים דף צ״ו ע״ב. וא״כ איך היו יכולים לאפות חמץ עד שצריך נתינת טעם כי גורשו כו׳.

גם להבין מ״ש בהגדה מצה זו שאנו אוכלים על שום מה על שום שלא הספיק בצקת של אבותינו להחמיץ עד שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים הקב״ה וגאלם.

Et cela est étonnant, car il leur avait déjà été interdit de manger du 'hamets, du moins le premier jour, comme il est rapporté dans Pessa'him folio 96b. Et si oui, comment auraient-ils pu faire cuire du 'hamets, au point qu'il faille donner la raison "car ils avaient été chassés", etc.

Aussi pour comprendre ce qui est dit dans la Haggada : "Cette matsa que nous mangeons, à cause de quoi ? Parce que la pâte de nos pères n'a pas eu le temps de lever, jusqu'à ce que se révélât sur eux le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, et les rachetât."

והרי בלאה״נ כבר נצטוו על מצות ומרורים יאכלוהו, ועוד דזה שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים היה אחר חצות לילה. וצווי על מצות ומרורים יאכלוהו היינו קודם חצות לילה שהפסח אינו נאכל אלא עד חצות וכן מצה זו שאנו אוכלים הוא ג״כ קודם חצות דוקא וא״כ איך הוא על שום כו׳ שנגלה כו׳.

והענין הוא דהנה גבי בערב תאכלו מצת כתיב מצת חסר וי״ו וגבי ויאפו כו׳ עוגות מצות כתיב מצות מלא בוי״ו. והיינו כי הוי״ו זהו ההמשכה שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים (ועיין בזהר ויצא דקנ״ז א׳ וברע״מ פ׳ פנחס דרנ״א ב׳).

וא״כ היה ב׳ בחי׳ מצה. הא׳ מ״ש בערב תאכלו מצת שהיא מצה דקודם חצות והיא מצת חסר וי״ו.

והב׳ מ״ש ויאפו כו׳ מצות כו׳ והוא המצה שאחר חצות והוא מלא בוי״ו דהיינו אחר שנגלה עליהם כו׳.

Or de toute façon ils avaient déjà reçu l'ordre : "ils le mangeront avec des matsot et des herbes amères" (Exode 12, 8). Et de plus, ce que se révéla sur eux le Roi des rois des rois fut après minuit.

Et l'ordre "ils le mangeront avec des matsot et des herbes amères" concerne avant minuit, car le Pessa'h ne se mange que jusqu'à minuit, et de même cette matsa que nous mangeons est aussi précisément avant minuit. Et si oui, comment est-ce "à cause de", etc., qu'il se révéla, etc.

Et le sujet est que, voici, concernant "le soir vous mangerez des matsot" (Exode 12, 18) il est écrit matsot défectif en vav, et concernant "et ils firent cuire", etc., "des galettes de matsot" il est écrit matsot plein avec un vav. C'est-à-dire que ce vav est l'attraction qui se révéla sur eux, le Roi des rois des rois (et vois dans le Zohar Vayetsé folio 157a et dans le Raaya Mehemna, paracha Pin'has, folio 251b).

Et si oui, il y avait deux aspects de matsa. Le premier, ce qui est écrit "le soir vous mangerez des matsot", qui est la matsa d'avant minuit, et c'est matsot défectif en vav.

Et le second, ce qui est écrit "et ils firent cuire", etc., "des matsot", etc., et c'est la matsa d'après minuit, et elle est pleine avec un vav, c'est-à-dire après que se révéla sur eux, etc.

וע״כ אמר בהגדה מצה זו שאנו אוכלים על שום מה על שום שלא הספיק בצקת של אבותינו להחמיץ עד שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים כו׳ שהוא ענין מצות מלא בוי״ו שהיה אחר חצות דוקא. דהמצה זו שאנו אוכלים הוא ג״כ מבחי׳ זו והיינו מדכתיב ששת ימים תאכל מצות בוי״ו, שמזה מוכח דמצה זו שאנו אוכלים היא ג״כ מבחי׳ ומדרגה זו.

ולכן עי״ז יומשך להיות וביום השביעי עצרת כו׳:

Et c'est pourquoi il dit dans la Haggada : "Cette matsa que nous mangeons, à cause de quoi ? Parce que la pâte de nos pères n'a pas eu le temps de lever jusqu'à ce que se révélât sur eux le Roi des rois des rois", etc., ce qui est le sujet de matsot plein avec un vav, qui fut précisément après minuit.

Car cette matsa que nous mangeons est aussi de cet aspect, et c'est-à-dire de ce qui est écrit "six jours tu mangeras des matsot" avec un vav, d'où il est prouvé que cette matsa que nous mangeons est aussi de cet aspect et de ce degré. Et c'est pourquoi, par cela, sera attiré le fait d'être "et le septième jour, Atséret", etc.

ב ולהבין כ״ז צריך להקדים ענין מ״ש כי לא על הלחם לבדו יחיה האדם וכו׳, דבזה מתורץ הקושיא איך יש בכח המאכל להחיות את האדם הלא הלחם הוא בחי׳ צומח והאדם הוא בחי׳ מדבר וא״כ איך יהיה הצומח בחי׳ מחיה להמדבר שלמעלה ממנו הרבה. אלא כי לא על הלחם לבדו מצד עצמות הלחם יחיה האדם, אלא על כל מוצא פי הוי׳ שמלובש ממש בהלחם, דהיינו ממאמר תדשא הארץ דשא, וכמ״ש בלק״ת פ׳ עקב כי אותו דבר ה׳ נכנס באותו המזון והוא זן ומחיה את האדם.

אך צ״ל דהלא גם באדם מלובש דבר ה׳ ממאמר נעשה אדם.

2. Et pour comprendre tout cela, il faut faire précéder le sujet de ce qui est écrit : "car ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme", etc.

(Deutéronome 8, 3), car par cela est résolue la difficulté : comment y a-t-il dans la force de la nourriture de faire vivre l'homme, le pain n'est-il pas l'aspect du végétal et l'homme l'aspect du parlant, et si oui comment le végétal serait-il un aspect qui fait vivre le parlant qui est bien au-dessus de lui. Mais "ce n'est pas de pain seul", du côté de l'essence du pain, que vivra l'homme, mais de tout ce qui sort de la bouche de ה' qui est revêtu réellement dans le pain, c'est-à-dire de l'énoncé "que la terre fasse pousser de l'herbe" (Genèse 1, 11), et comme il est écrit dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, paracha Ekev, que cette parole de ה' entre dans cette nourriture et qu'elle nourrit et fait vivre l'homme.

Mais il faut comprendre que, voici, aussi dans l'homme est revêtue la parole de ה' de l'énoncé "faisons l'homme" (Genèse 1, 26).

וא״כ למה יקבל חיות מהלחם שמלובש בו ממאמר תדשא כו׳. אך הענין הוא ע״פ המבואר בכמה מקומות [ועמ״ש בפ׳ בשלח בד״ה להבין ענין לחם משנה] דבחי׳ דצ״ח שרשן הוא מבחי׳ עולם התהו שקדם לבחי׳ עולם התיקון כו׳ אלא שנשתלשלו בריבוי המדרגות וע״י שבה״כ עד שירדו למטה מטה ונתהוה מהם דברים גשמיים.

Et si oui, pourquoi recevrait-il la vitalité du pain dans lequel est revêtu l'énoncé "que la terre fasse pousser", etc. Mais le sujet est selon ce qui est expliqué en plusieurs endroits [et vois ce qui est écrit dans la paracha Bechala'h, au discours "pour comprendre le sujet du pain double"] que l'aspect du minéral, du végétal et de l'animal, leur racine est de l'aspect du monde du Tohou qui précéda l'aspect du monde du Tikoun, etc., mais qu'ils se sont enchaînés en une multitude de degrés et par la brisure des kelim, jusqu'à ce qu'ils soient descendus tout en bas et que se soient formées d'eux des choses corporelles.

והאדם שרשו מעולם התיקון ועיקר בחי׳ עולם התיקון הוא בחי׳ חכמה דאצי׳. ונקרא המשכת מוחין כי בחכמה אתברירו והאדם שיש בו נפש השכלית שרש השתלשלותה הוא ג״כ מבחי׳ חכמה.

ושבה״כ שהיה בעולם התהו הוא בבחי׳ ז׳ מדות, אמנם הם בחי׳ המדות שלמעלה מהחכמה דאצי׳ ונק׳ בהמה רבה [וע׳ בע״ח ש״ח שהדעת דתהו נפל בשבה״כ וגם שבז״ת הי׳ כלול ג״כ כח המוחין שבמדות כו׳ ולכן הנה״ב שבאדם שנלקחה מק״נ משבה״כ היא ג״כ משכלת ומשגת כו׳ ועמ״ש בפ׳  מקץ בד״ה המגביהי לשבת כו׳].

Et l'homme, sa racine est du monde du Tikoun, et le principal de l'aspect du monde du Tikoun est l'aspect de la 'hokhma d'Atsilout. Et cela s'appelle l'attraction des mohin, car c'est par la 'hokhma qu'ils furent triés, et l'homme en qui il y a la nefech intellectuelle, la racine de son enchaînement est aussi de l'aspect de la 'hokhma.

Et la brisure des kelim qui eut lieu dans le monde du Tohou est dans l'aspect des sept middot ; toutefois ce sont des aspects de middot qui sont au-dessus de la 'hokhma d'Atsilout, et cela s'appelle Behema Rabba [et vois dans Ets 'Haïm, chaar 8, que le daat du Tohou tomba dans la brisure des kelim, et aussi que dans les sept inférieures était inclus aussi le pouvoir des mohin qui est dans les middot, etc., et c'est pourquoi la nefech habéhamit (âme animale) qui est dans l'homme, qui fut prise de la kelipat noga issue de la brisure des kelim, est aussi intellectuelle et saisit, etc., et vois ce qui est écrit dans la paracha Mikets, au discours "Celui qui siège dans les hauteurs" (Psaumes 113, 5), etc.].

ולפי שלא היה בהם בחי׳ ההתכללות נשברו ונפלו ונמצא הן למטה מהאדם ולכן צריכים להתברר ע״י האדם דוקא כי בחכמה אתברירו כנ״ל. אך לאחר שמתבררים הם מחי׳ את האדם מצד שרשן שהוא למעלה מהאדם, וזהו כי על כל מוצא פי ה׳ יחיה האדם דהנה פי׳ מוצא פי ה׳ הוא המקור ושרש שמשם נמשכו להיות גילוי המאמרות מפי ה׳ ובבחי׳ מקורן ושרשן הרי הלחם נלקח מבחי׳ עליונה יותר כנ״ל.

Et selon qu'il n'y avait pas en eux l'aspect de l'inclusion, ils se brisèrent et tombèrent, et ils se trouvent donc en dessous de l'homme, et c'est pourquoi ils ont besoin d'être triés précisément par l'homme, car c'est par la 'hokhma qu'ils furent triés, comme ci-dessus. Mais après qu'ils sont triés, ils font vivre l'homme du côté de leur racine qui est au-dessus de l'homme, et c'est "car de tout ce qui sort de la bouche de ה' vivra l'homme" (Deutéronome 8, 3).

Voici que le sens de "ce qui sort de la bouche de ה'" est la source et la racine d'où furent attirés pour être la révélation des énoncés de la bouche de ה', et dans l'aspect de leur source et de leur racine, le pain est pris d'un aspect plus élevé, comme ci-dessus.

וזהו הטעם שהמאמר נעשה אדם הוא האחרון בעשרה מאמרות שהמאמרו׳ תדשא ותוצא הארץ כו׳ כולם הם קודמים למאמר נעשה אדם והיינו מטעם הנ״ל להיות ששרשן בעולם התהו שקדם לעולם התיקון ששם שרש האדם. ולכן אמר רב נחמן והאי דלא אמרית לך באורתא דלא אכלי בישרא דתורא (בב״ק דע״ב), שנמצא מובן מזה שהמאכל מוסיף חיות ג״כ בכח החכמה והשכל של האדם.

וכן ארז״ל שאין התינוק יודע לקרות אבא עד שיטעום טעם דגן והיינו מטעם הנ״ל להיות כי שרש המאכלים הן למעלה בעולם התהו שהוא למעלה מהחכמה דתיקון ע״כ יש בהם הכח והיכולת לחזק ולהוסיף גם כח החכמה של האדם [ועמ״ש ע״פ וידבר משה אל ראשי המטות].

Et c'est la raison pour laquelle l'énoncé "faisons l'homme" est le dernier des dix énoncés, car les énoncés "que la terre fasse pousser" et "que la terre fasse sortir", etc., sont tous antérieurs à l'énoncé "faisons l'homme", et c'est-à-dire pour la raison susdite, du fait que leur racine est dans le monde du Tohou qui précéda le monde du Tikoun où est la racine de l'homme. Et c'est pourquoi Rav Na'hman dit : "et ce que je ne t'ai pas dit le soir, c'est que je n'avais pas mangé de viande de bœuf" (Bava Kama, folio 72a), d'où l'on comprend que la nourriture ajoute aussi de la vitalité dans le pouvoir de la 'hokhma et de l'intellect de l'homme.

Et de même nos Sages ont dit que le nourrisson ne sait appeler "papa" qu'après avoir goûté le goût du grain, et c'est-à-dire pour la raison susdite, du fait que la racine des nourritures est en haut dans le monde du Tohou qui est au-dessus de la 'hokhma du Tikoun, c'est pourquoi il y a en elles le pouvoir et la capacité de renforcer et d'ajouter aussi le pouvoir de la 'hokhma de l'homme [et vois ce qui est écrit sur le verset "et Moché parla aux chefs des tribus"].

וכמ״כ הנה יובן בעבודת ה׳ שזהו ענין בירורי׳ דרפ״ח ניצוצין דתהו שמלובשים בדברים הגשמיים שמתבררי׳ ועולים למעלה בבחי׳ התיקון שרש נפש האלקית, והיינו ע״י עבודת ה׳ בק״ש ותפלה שבחי׳ כח וחיות שניתוסף בו ע״י האכילה לש״ש הוא נכלל באחד ואהבת ומוסיף כח ההתבוננות והתפעלות האהבה לה׳ להיות ההתבוננות והדעת והאוי״ר בתוקף והתקשרות יותר מכח נפש האלהית עצמה, דהיינו מטעם הנ״ל להיות שמלובש בהן בחי׳ רפ״ח ניצוצין דתהו שלמעלה מבחי׳ התיקון ע״כ ביכולתם להוסיף עילוי גם לבחי׳ חכמה ומדות שבנפש האלהית (וכנודע מענין והחיות נושאות כו׳ וכמ״ש בפ׳ יתרו ע״פ זכור את יום השבת לקדשו כו׳) בק״ש ותפלה ועסק התורה ומצות:

Et de même l'on comprendra dans le service de ה' que c'est le sujet du tri des 288 étincelles du Tohou qui sont revêtues dans les choses corporelles, qui sont triées et montent en haut dans l'aspect du Tikoun, racine de la nefech élokit (âme divine), et c'est-à-dire par le service de ה' dans la lecture du Chema et la prière, que l'aspect du pouvoir et de la vitalité qui s'ajoute en lui par le manger pour le Ciel est inclus dans "Un" et "tu aimeras", et ajoute le pouvoir de la contemplation et de l'émotion de l'amour pour ה', de sorte que la contemplation, le daat, l'amour et la crainte soient avec force et un attachement plus grand que par le pouvoir de la nefech élokit elle-même, c'est-à-dire pour la raison susdite, du fait qu'est revêtu en elles l'aspect des 288 étincelles du Tohou qui est au-dessus de l'aspect du Tikoun, c'est pourquoi elles ont le pouvoir d'ajouter une élévation aussi à l'aspect de la 'hokhma et des middot qui sont dans la nefech élokit (et comme il est connu du sujet de "et les 'hayot portent", etc., et comme il est écrit dans la paracha Yitro sur le verset "souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier", etc.) dans la lecture du Chema, la prière, et l'occupation de la Torah et des mitsvot.

ג וע״פ הקדמה הנ״ל יובן ג״כ בענין מצות אכילת מצה בחג הפסח דמבואר בזהר ויצא קנ״ז ב׳ דכמו שבהשכלת גשמיות אין התינוק יודע ומשכיל כלום עד שטועם לחם וכמבואר הטעם למעלה. כך בצאת ישראל ממצרים לא ידעו להשכיל גדולת ה׳ עד שאכלו מצה שהיא בחי׳ לחם היוצא מן הארץ העליונה.

שעל מוצא פי ה׳ הנמשך בלחם זה יחיה האדם והנפש אלקית לידע ולהכיר את מי שאמר והיה העולם.

3. Et selon l'introduction susdite l'on comprendra aussi dans le sujet de la mitsva de manger la matsa à la fête de Pessa'h, car il est expliqué dans le Zohar Vayetsé folio 157b que, de même que dans l'intellect des choses corporelles le nourrisson ne sait et ne comprend rien jusqu'à ce qu'il goûte le pain, et comme la raison en a été expliquée plus haut, ainsi, à la sortie d'Israël d'Égypte, ils ne surent pas comprendre la grandeur de ה' jusqu'à ce qu'ils eussent mangé la matsa, qui est l'aspect du pain qui sort de la terre supérieure.

Que sur ce qui sort de la bouche de ה' qui est attiré dans ce pain vive l'homme et la nefech élokit, pour connaître et reconnaître Celui qui dit et le monde fut.

וכמו שנמשך חיות סתם לנפש השכלית מלחם גשמי כנ״ל. כך נמשך מאכילת מצה בפסח חיות לדעת הנפש האלקית.

והענין כי החמץ הוא בחי׳ הגבהה והתנשאות שתופח ועולה ומגביה א״ע, משא״כ מצה שאין בה שום הגבהה, וכמ״כ בעבודת ה׳ חמץ הוא בחי׳ התנשאות וגסות הקליפה משא״כ מצה בחינת שפלות והכנעה בבחי׳ בטל רצונך [וזהו כי יתחמץ לבבי המשיל הלב הנוטה להרשיע לחמץ, וכן בלשון רז״ל (בר״ה ד״ג סע״ב) כאן קודם שהחמיץ כאן לאחר שהחמיץ, וכן משלו היצה״ר לשאור ואמרו מי מעכב שאור שבעיסה מעכב והיינו מפני שבחי׳ גסות הוא מקור כל הנפילות לתאוות וכל מיני רע ה׳ ישמרנו].

Et de même que fut attirée une vitalité en général pour la nefech intellectuelle du pain corporel, comme ci-dessus, ainsi est attirée du manger de la matsa à Pessa'h une vitalité pour le daat de la nefech élokit. Et le sujet est que le 'hamets est l'aspect de l'élévation et de l'exaltation, qui gonfle, monte et s'élève soi-même, ce qui n'est pas le cas de la matsa en laquelle il n'y a aucune élévation.

Et de même dans le service de ה', le 'hamets est l'aspect de l'exaltation et de la grossièreté de la kelipa, ce qui n'est pas le cas de la matsa, aspect d'abaissement et de soumission dans l'aspect de "annule ta volonté devant Sa volonté" (Avot 2, 4) [et c'est "car mon cœur s'aigrit" (Psaumes 73, 21) : il a comparé le cœur qui incline à mal faire au 'hamets ; et de même dans le langage de nos Sages (Roch Hachana folio 3b fin) "ici avant qu'il eût levé, ici après qu'il eut levé" ; et de même ils ont comparé le mauvais penchant au levain, et ils ont dit : "qui empêche ? le levain qui est dans la pâte empêche" (Berakhot 17a), et c'est-à-dire parce que l'aspect de la grossièreté est la source de toutes les chutes vers les désirs et toutes les sortes de mal, que ה' nous en préserve].

והנה ידוע דבגלות מצרים היו ישראל מקושרים מאד למטה והיה שכלם ומדותם בבחי׳ המיצרים וגבולים גשמיות העולם הגורמים להיות יש ונפרד כו׳, ועיקר יצ״מ הוא ע״י שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים שהוא בחי׳ אור א״ס ב״ה שלמעלה מסדר ההשתלשלות שעי״ז נמשך בהם בחי׳ הביטול וכמאמר ובמורא גדול זו גילוי שכינה וע״י ביטול ויראה עילאה זו יצאו מכל המיצרים וגבולים.

Or il est connu que dans l'exil d'Égypte, Israël était très lié en bas, et leur intellect et leurs middot étaient dans l'aspect des détroits et des limites, la corporalité du monde, qui causent d'être yech (l'être, le moi) et séparé, etc. Et le principal de la sortie d'Égypte est par le fait que se révéla sur eux le Roi des rois des rois, qui est l'aspect de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, qui est au-dessus de l'ordre de l'enchaînement, que par cela fut attiré en eux l'aspect du bitoul (effacement de soi), et comme la parole : "et dans une grande crainte, c'est la révélation de la Chekhina", et par ce bitoul et cette crainte supérieure ils sortirent de tous les détroits et limites.

וכן יצ״מ בגשמיות כו׳ וזה היה אחר חצות לילה, אמנם נצטוו תחלה באכילת מצה קודם חצות כמ״ש בערב תאכלו מצת שהוא בחי׳ ביטול רצון והכנעה ושפלות הנמשך מבחי׳ יראה תתאה שזה הוא ההכנה והכלי לבחי׳ הגילוי ויראה עילאה הנמשך ונתגלה להם אחר  חצות כו׳, וגם נק׳ המצה בזהר מיכלא דמהימנותא שהאמונה הוא ג״כ בחי׳ ביטול שמבטל שכלו ואינו מבקש טעם רק מאמין האמת באמונה הטהורה.

Et de même la sortie d'Égypte dans la corporalité, etc., et ceci fut après minuit. Toutefois ils reçurent d'abord l'ordre de manger la matsa avant minuit, comme il est écrit "le soir vous mangerez des matsot" (Exode 12, 18), qui est l'aspect de l'annulation de la volonté, de la soumission et de l'abaissement attiré de l'aspect de la crainte inférieure, et ceci est la préparation et le keli pour l'aspect de la révélation et de la crainte supérieure qui est attirée et se révéla à eux après minuit, etc.

Et aussi la matsa est appelée dans le Zohar "nourriture de la foi", car la foi est aussi l'aspect du bitoul, qui annule son intellect et ne cherche pas de raison, mais croit la vérité dans une foi pure.

ונמשך בחי׳ זו בנשמה ע״י מצות אכילת מצה. והוא ע״ד שנז׳ לעיל ממשל שהלחם מחיה את האדם, והוא ע״ד מ״ש רז״ל שאין התינוק יודע לקרות אבא עד שיטעום כו׳, דהנה ידיעת התינוק להיות קורא אבא שנמשך ונתחדש בו ע״י שטעם טעם לחם, אין ידיעה זו אצלו בבחי׳ הבנה וטעם ודעת גמור שהרי אינו יודע איך הוא אביו ולמה צריך לאהוב אותו ועכ״ז הוא קורא אביו ונמצא זו הקריאה הוא ההתקשרות שלו באביו שלא ע״י טעם ודעת המושג אצלו כ״א בבחי׳ הכרה בלבד והוא בחי׳ קטנות מאד למטה מן הטעם ודעת.

Et cet aspect est attiré dans l'âme par la mitsva de manger la matsa. Et c'est à la manière de ce qui a été mentionné plus haut, de la parabole que le pain fait vivre l'homme, et c'est à la manière de ce qu'ont dit nos Sages, que le nourrisson ne sait appeler "papa" qu'après avoir goûté, etc.

Voici que la connaissance du nourrisson pour en venir à appeler "papa", qui est attirée et se renouvelle en lui par le fait qu'il a goûté le goût du pain, cette connaissance n'est pas chez lui dans l'aspect d'une compréhension, d'une raison et d'un daat complet, car il ne sait pas comment il est son père et pourquoi il faut l'aimer, et néanmoins il appelle son père. Et il se trouve que cet appel est son attachement à son père, non par une raison et un daat saisis chez lui, mais seulement dans l'aspect d'une reconnaissance, et c'est un aspect de très grande petitesse, en dessous de la raison et du daat.

ומ״מ ההתקשרות ההוא חזק מאד עד שנפשו קשורהמאד בנפש אביו. והיינו מפני שהדעת ההוא שנתחדש בתינוק ע״י טעם לחם שרשו משרש הלחם שהוא מעולם התהו שהוא בחי׳ שלמעלה מהדעת המושג כנ״ל למעלה מהחכמה כו׳, ולכן נמשך בבחי׳ שלמטה מהדעת המושג כו׳, וע״כ ההתקשרות חזק מאד.

Et néanmoins cet attachement est très fort, au point que son âme est très liée à l'âme de son père. Et c'est-à-dire parce que ce daat qui s'est renouvelé dans le nourrisson par le goût du pain, sa racine est de la racine du pain qui est du monde du Tohou, qui est un aspect au-dessus du daat saisi, comme ci-dessus, au-dessus de la 'hokhma, etc.

Et c'est pourquoi il est attiré dans un aspect qui est en dessous du daat saisi, etc., et c'est pourquoi l'attachement est très fort.

וכמ״כ בענין אכילת מצוה דמצה שנק׳ בזהר מיכלא דמהימנותא שהאמונה היא ההכרה והדעת וההתקשרות בהקב״ה וכל ישראל מאמינים שהוא לבדו הוא כמו שהיה קודם שנברא העולם ממש כדכתיב אני הוי׳ לא שניתי [ע׳ בפ׳ ואתחנן בד״ה וידעת היום ביאור ענין דעת ואמונה].

Et de même dans le sujet du manger de mitsva de la matsa, qui est appelée dans le Zohar "nourriture de la foi", car la foi est la reconnaissance, le daat et l'attachement au Saint, béni soit-Il, et tout Israël croit qu'Il seul Il est, comme Il était avant que le monde fût créé, véritablement, comme il est écrit "Moi, ה', Je n'ai pas changé" (Malachie 3, 6) [vois dans la paracha Vaet'hanan, au discours "et tu sauras aujourd'hui", l'explication du sujet du daat et de la foi].

והמשכה זו הוא מבחי׳ דעת עליון כי א״ס ב״ה הוא למעלה מהחכמה כו׳ ולכן נמשך ומתלבש בבחי׳ אמונה. ולכך המצה היא מיכלא דמהימנותא שהרי הלחם שרשו מבחי׳ זו כנ״ל מענין ידיעת התינוק להיות קורא אבא ע״י הלחם כו׳ אלא שזהו בהשכלת ענין עוה״ז שנמשך מהלחם גשמי הנמשך מארץ הגשמיות.

אמנם בלחם דמצה בפסח נמשך ומתלבש הכח מבחי׳ ארץ עליונה שממנה יצא לחם הממשיך בחי׳ זו באלקות ממש שידע לקרות את אבא שבשמים כו׳ בהתקשרות חזקה עד מיצוי הנפש כו׳ אף שאינו משיג בשכל והשגה ממש.

Et cette attraction est de l'aspect du daat supérieur, car l'Ein Sof, béni soit-Il, est au-dessus de la 'hokhma, etc., et c'est pourquoi elle est attirée et se revêt dans l'aspect de la foi. Et c'est pourquoi la matsa est "nourriture de la foi", car le pain, sa racine est de cet aspect, comme ci-dessus, du sujet de la connaissance du nourrisson pour en venir à appeler "papa" par le pain, etc., sauf que ceci est dans l'intellect du sujet de ce monde, qui est attiré du pain corporel attiré de la terre de la corporalité.

Toutefois dans le pain de la matsa à Pessa'h est attiré et se revêt le pouvoir de l'aspect de la terre supérieure, dont est sorti le pain qui attire cet aspect dans la divinité véritablement, qu'il sache appeler le Père qui est dans les cieux, etc., dans un attachement fort jusqu'à l'expiration de l'âme, etc., bien qu'il ne saisisse pas par l'intellect et une saisie véritable.

וזהו בחי׳ ביטול. ומזה נמשך ג״כ בחי׳ בטל רצונך ובחי׳ שפלות ונפשי כעפר לכל תהיה שזהו כח בחי׳ ארץ שממנה יצא לחם [ועמ״ש ע״פ וישב יעקב בארץ מגורי אביו ועמ״ש ע״פ ויגש אליו יהודה מענין בחי׳ ארץ שבמחשבה ארץ קדמה אפילו לשמים ולכן דוקא ממנה יצא לחם כו׳ הנ״ל]:

Et c'est l'aspect du bitoul. Et de cela est aussi attiré l'aspect de "annule ta volonté" et l'aspect de l'abaissement, et "que mon âme soit comme la poussière pour tous", car c'est la force de l'aspect de la terre de laquelle sort le pain [et vois ce qui est écrit sur le verset "Et Yaakov demeura dans le pays des séjours de son père" (Genèse 37, 1), et vois ce qui est écrit sur le verset "Et Yehouda s'approcha de lui" (Genèse 44, 18), du sujet de l'aspect de la terre dans la pensée : la terre précéda même les cieux, et c'est pourquoi précisément d'elle sort le pain, etc., ci-dessus] :

ד והנה בחי׳ מצה זו צריכה שימור כמ״ש ושמרתם את המצות דהיינו לשמור מן החיצונים שלא לבוא לבחי׳ חימוץ שהוא הגסות וההתנשאות, והיינו להיותה בבחי׳ יראה תתאה והתקשרות האמונה בלבד למטה מן הטעם ודעת ע״כ צריכה שימור.

4. Et voici, cet aspect de matsa a besoin de garde, comme il est écrit "et vous garderez les matsot" (Exode 12, 17), c'est-à-dire garder des extérieurs pour ne pas en venir à l'aspect du levain, qui est la grossièreté et l'exaltation.

Et c'est parce qu'elle est dans l'aspect de la crainte inférieure et de l'attachement de la foi seulement, en dessous de la raison et du daat, c'est pourquoi elle a besoin de garde.

וע״כ נק׳ מצת חסר וי״ו להיותו עדיין בבחי׳ קטנות. גם מצת חסר וי״ו הוא מלשון מצותא כמו מצה ומריבה כדאי׳ בזהר ח״ג דרנ״א ב׳ שהמריבה הוא להיות ביטול היש והגסות ע״ד לעולם ירגיז אדם יצ״ט על יצה״ר כו׳ וע״כ היתה קודם חצות.

משא״כ ענין המצה הב׳ הוא אחר חצות דוקא אחר קרבן הפסח אחר שנגלה עליהם כו׳. דהנה ענין הפסח הוא מ״ש ופסח ה׳ שהוא ענין דילוג והמשכה שלא כסדר ההשתלשלות וכמ״ש ובמורא גדול זו גילוי שכינה שהוא בחי׳ אור א״ס ב״ה שלמעלה מעלה מהשתלשלות העולמות שהיה מאיר ומתגלה אז בנפשם האלקית, וזהו עד שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים.

פי׳ מלכי המלכים הן ד׳ בחי׳ מלכות שמאיר בארבע עולמות אבי״ע ומלך מלכי המלכים הוא בחי׳ מלכות דא״ס שלמעלה מעלה מהשתלשלות ד׳ עולמות אבי״ע [וזהו בחי׳ בריש הורמנותא דמלכא הנז׳ בזהר בראשית דט״ו כ״כ בספר אשל אברהם שם] שע״י בחי׳ הגילוי זה דוקא וגאלם וכמ״ש ועברתי בארץ מצרים אני ולא מלאך.

Et c'est pourquoi elle est appelée matsat défectif en vav, étant encore dans l'aspect de la petitesse. Aussi matsat défectif en vav est de la langue de mitsouta, comme "querelle et dispute", comme il est rapporté dans le Zohar III folio 251b, que la querelle est pour le bitoul du yech et de la grossièreté, à la manière de "toujours l'homme irrite le bon penchant contre le mauvais penchant", etc.

(Berakhot 5a). Et c'est pourquoi elle fut avant minuit.

Au contraire, le sujet de la seconde matsa est précisément après minuit, après le sacrifice de Pessa'h, après que se révéla sur eux, etc. Car voici, le sujet de Pessa'h est ce qui est écrit "et ה' passa par-dessus" (Exode 12, 23), qui est le sujet du saut et de l'attraction non selon l'ordre de l'enchaînement, et comme il est écrit "et dans une grande crainte" : c'est la révélation de la Chekhina, qui est l'aspect de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, très au-dessus de l'enchaînement des mondes, qui illuminait et se révélait alors dans leur nefech élokit.

Et c'est "jusqu'à ce que se révélât sur eux le Roi des rois des rois". L'explication : les rois des rois sont les quatre aspects de malkhout qui illuminent dans les quatre mondes Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya, et Roi des rois des rois est l'aspect de la malkhout de l'Ein Sof, très au-dessus de l'enchaînement des quatre mondes Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya [et c'est l'aspect de "au commencement de l'autorité du Roi" mentionné dans le Zohar Berechit folio 15, ainsi écrit dans le livre Echel Avraham, là], que c'est précisément par cet aspect de la révélation qu'Il les racheta, et comme il est écrit "et Je passerai dans le pays d'Égypte, Moi et non un ange" (Exode 12, 12).

ולכן נק׳ גילוי זה ובמורא גדול כי יראה לשון נוק׳ זהו בחי׳ יראה תתאה הנמשך מבחי׳ מל׳ דאבי״ע בכל עולם לפי ערכו. אכן מורא גדול לשון זכר זהו בחי׳ יראה  עילאה שהוא בחי׳ דכר ונמשך ע״י גילוי בחי׳ מלך מלכי המלכים כנ״ל וזהו ענין המצה הב׳ שאחר חצות דמצה הוא בחי׳ ביטול כנ״ל, אך מצה דקודם חצות הוא בחי׳ יראה תתאה ואמונה כמו שנתלבשה בבחי׳ שלמטה מהדעת המושג כנ״ל, וזהו בחי׳ כי נער ישראל כו׳ חסד נעוריך כו׳ וממצרים קראתי לבני כו׳ וכקריאת התינוק אבא כו׳ אבל בחי׳ הביטול דמצה זו שאחר חצות היא בחי׳ ביטול אמיתי ויראה עילאה שנמשך בחי׳ גילוי מה שלמעלה מהדעת המושג שהאיר אז בנפשם, והיינו מבחי׳ הגילוי אור א״ס שלמעלה מההשתלשלות שהאיר אז עליהם מלמעלה למטה בבחי׳ אתעדל״ע, וזהו ענין ובמורא גדול זו גילוי שכינה, וע״כ בחי׳ מצה זו א״צ שימור מחימוץ כלל שהוא בחי׳ הישות והגסות מאחר שאין לחיצונים בחי׳ אחיזה ויניקה כלל מבחי׳ זו, [כי יראה עילאה הוא אור אבא שדוחה החיצונים, רק בחי׳ יראה תתאה צריכה שימור כו׳].

Et c'est pourquoi cette révélation est appelée "et dans une grande crainte", car crainte au féminin, c'est l'aspect de la crainte inférieure attirée de l'aspect de malkhout d'Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya, dans chaque monde selon sa valeur. Mais grande crainte au masculin, c'est l'aspect de la crainte supérieure, qui est l'aspect masculin, et elle est attirée par la révélation de l'aspect du Roi des rois des rois, comme ci-dessus.

Et c'est le sujet de la seconde matsa d'après minuit, car la matsa est l'aspect du bitoul, comme ci-dessus. Mais la matsa d'avant minuit est l'aspect de la crainte inférieure et de la foi telle qu'elle s'est revêtue dans l'aspect en dessous du daat saisi, comme ci-dessus.

Et c'est l'aspect de "Quand Israël était enfant, Je l'aimais", "et d'Égypte J'ai appelé Mon fils" (Osée 11, 1), "la bonté de ta jeunesse" (Jérémie 2, 2), et comme l'appel du nourrisson "papa", etc. Mais l'aspect du bitoul de cette matsa d'après minuit est l'aspect d'un bitoul véritable et d'une crainte supérieure, où fut attiré l'aspect de la révélation de ce qui est au-dessus du daat saisi qui illuminait alors dans leur âme, c'est-à-dire de l'aspect de la révélation de l'Or Ein Sof au-dessus de l'enchaînement qui illuminait alors sur eux de haut en bas dans l'aspect d'itarouta dile'ela (éveil d'en haut), et c'est le sujet de "et dans une grande crainte" : c'est la révélation de la Chekhina.

Et c'est pourquoi cet aspect de matsa n'a pas besoin de garde du levain du tout, qui est l'aspect du yech et de la grossièreté, puisqu'il n'y a pour les extérieurs aucun aspect de saisie ni de nourriture du tout de cet aspect [car la crainte supérieure est la lumière d'Abba qui repousse les extérieurs ; seule la crainte inférieure a besoin de garde, etc.].

וזהו ענין שלא הספיק בצקת של אבותינו להחמיץ עד שנגלה עליהם שקאי על בחי׳ הב׳ דאין ביכולתו להחמיץ כלל מפני עוצם הגילוי דבחי׳ מלך מלכי המלכים שנגלה עליהם שאין שם יניקה ואחיזה לחיצונים שהוא היש וההתנשאות שנק׳ חמץ.

Et c'est le sujet de "que la pâte de nos pères n'eut pas le temps de lever jusqu'à ce que se révélât sur eux", qui vise le second aspect, dont il n'est pas en son pouvoir de lever du tout, à cause de l'intensité de la révélation de l'aspect du Roi des rois des rois qui se révéla sur eux, où il n'y a pas de nourriture ni de saisie pour les extérieurs, qui sont le yech et l'exaltation appelés 'hamets.

וזהו ויאפו את הבצק כו׳ עוגות מצות כי לא חמץ ר״ל שלא בא לידי חימוץ, והיינו להיות כי גורשו ממצרים שאין שום אחיזה כלל למצרים בבחי׳ זו שנגלה עליהם כו׳ וא״כ ממילא נמשך מזה כי לא חמץ כו׳, ולכן אף שבהליכתם ממצרים עד בואם לרעמסס אף שהיה להם קפיצת הדרך מ״מ בצירוף עד שהציתו האש לאפות ודאי שהה הבצק יותר מכדי שיעור חימוץ ועכ״ז לא חמץ מטעם הנ״ל (ומתורץ בזה א׳ מהקושיות דלעיל). וע״כ נאמר כאן מצות מלא בוי״ו שהוי״ו הוא המשכה הנמשך בהם מבחי׳ מורא גדול ויראה עילאה וכמו שאומרים בתפלה והנורא אל עליון בתוספת וי״ו משא״כ הגדול הגבור בלא וי״ו [וכמ״ש במ״א בפרשה ואתחנן בד״ה וידעת היום כו׳].

משא״כ בחי׳ יראה תתאה נק׳ עדיין מצת חסר וי״ו ולכן היא צריכה שימור מהחיצונים אבל בחי׳ מצה הב׳ שנק׳ מצות מלא בוי״ו א״צ שימור (ועמ״ש ר״פ אלה תולדות מענין שמות כשמת מלא וי״ו וחסר וי״ו ע״ש ועמ״ש בפ׳ נשא ע״פ וישמרך ויחונך כו׳):

Et c'est "et ils firent cuire la pâte", etc., "des galettes de matsot, car elle n'avait pas levé", c'est-à-dire qu'elle n'en vint pas à l'état de levain. Et c'est parce que "ils avaient été chassés d'Égypte", qu'il n'y a aucune saisie du tout pour l'Égypte dans cet aspect qui se révéla sur eux, etc.

Et si oui, de soi-même est attiré de cela "car elle n'avait pas levé", etc. Et c'est pourquoi, même dans leur marche d'Égypte jusqu'à leur arrivée à Raamsès, même s'ils eurent un saut de chemin, néanmoins, en y joignant jusqu'à ce qu'ils allumassent le feu pour cuire, certainement la pâte resta plus que la mesure du levain, et malgré cela elle ne leva pas, pour la raison ci-dessus (et par cela est résolue l'une des difficultés ci-dessus).

Et c'est pourquoi il est dit ici matsot plein avec un vav, car le vav est l'attraction attirée en eux de l'aspect de la grande crainte et de la crainte supérieure, et comme nous disons dans la prière "et le redoutable, El suprême" avec un vav ajouté, au contraire de "le grand, le puissant" sans vav [et comme il est écrit ailleurs dans la paracha Vaet'hanan, dans le discours "Et tu sauras aujourd'hui", etc.]. Au contraire, l'aspect de la crainte inférieure est encore appelé matsat défectif en vav, et c'est pourquoi elle a besoin de garde des extérieurs.

Mais l'aspect de la seconde matsa, appelée matsot plein avec un vav, n'a pas besoin de garde (et vois ce qui est écrit au début de la paracha "Ce sont les engendrements", du sujet des noms quand le nom est écrit plein en vav et défectif en vav, vois là, et vois ce qui est écrit dans la paracha Nasso sur le verset "qu'Il te garde et te fasse grâce", etc.) :

והנה מעתה י״ל תירוץ הקושיא הנז׳ לעיל איך אנו אומרים במצה זו שאנו אוכלים קודם חצות לילה שהוא על שום שלא הספיק בצקת כו׳, והרי זהו בחי׳ ומדרגת המצה הב׳ שלא היתה אלא לאחר שנגלה כו׳ דהיינו אחר חצות. אך הענין הוא כי כ״ז דוקא בזמן שהיו ישראל אז בגלות מצרים ולא היה להם תורה ומצות עדיין ע״כ לא היה ביכולתם לקבל בחי׳ הגילוי העצום דבחי׳ מורא גדול ולהיות בהם בחי׳ ביטול ויראה עילאה קודם חצות.

אלא קודם חצות הי׳ רק בחי׳ מצת חסר וי״ו דהיינו בחי׳ יראה תתאה בטל רצונך.

Et voici, désormais l'on peut dire la résolution de la difficulté mentionnée plus haut : comment disons-nous, au sujet de cette matsa que nous mangeons avant minuit de la nuit, que c'est parce que la pâte n'a pas eu le temps de lever, etc., alors que ceci est l'aspect et le degré de la seconde matsa qui n'était qu'après qu'il se fut révélé, etc., c'est-à-dire après minuit. Mais le sujet est que tout ceci précisément au temps où Israël se trouvait alors dans l'exil d'Égypte et n'avait pas encore la Torah et les mitsvot ; c'est pourquoi il n'était pas en leur pouvoir de recevoir l'aspect de la révélation immense de l'aspect de la grande crainte et qu'il y eût en eux l'aspect du bitoul et de la crainte supérieure avant minuit.

Mais avant minuit il n'y avait que l'aspect de matsat dépourvue de vav, c'est-à-dire l'aspect de la crainte inférieure : "annule ta volonté".

ועי״ז דוקא היו יכולים לקבל בחי׳ הגילוי הנ״ל אחר חצות ועי״ז נמשך בהם בחי׳ שלא הספיק בצקת כו׳. אבל לאחר שקיבלו ישראל תורה ומצות בהר סיני והרי בכל השנה כולה גם קודם הפסח ממשיכים המשכת אלקות ע״י תורה ומצות ע״כ גם במצה זו שאנו אוכלים קודם חצות יכולים אנו [על ידי קיום התורה ומצות שקדם כל השנה] לקבל בחי׳ גילוי שכינה מבחי׳ שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים אחר חצות כו׳.

Et c'est précisément par cela qu'ils pouvaient recevoir l'aspect de la révélation susdite après minuit, et par cela fut attiré en eux l'aspect de "la pâte n'a pas eu le temps de lever", etc. Mais après qu'Israël eut reçu la Torah et les mitsvot au mont Sinaï, et voici que durant toute l'année, même avant Pessa'h, l'on attire l'attraction de la divinité par la Torah et les mitsvot ; c'est pourquoi, même dans cette matsa que nous mangeons avant minuit, nous pouvons [par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot qui a précédé toute l'année] recevoir l'aspect de la révélation de la Chekhina, de l'aspect qui se révéla sur eux, le Roi des rois des rois, après minuit, etc.

וכמ״ש בזהר ויצא הנ״ל מצה בקדמיתא ולבתר מצוה. בתוספת וא״ו ע״ש.

נמצא בחי׳ מצוה זהו מבחינת ומדרגת מצה הב׳ שהיא מצות מלא וי״ו. והיינו לפי שע״י קיום התורה ומצות נמשך בחי׳ תר״ך עמודי אור דכתר עליון שזהו עצמו ענין שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים כו׳ ולכן מה שנמשך להם בחצות לילה שהוא עת רצון נמשך לנו במצה זו שאנו אוכלים קודם חצות, והיינו מצד שיש לנו תורה ומצות שהן הן עצמיות רצון העליון כו׳.

Et comme il est écrit dans le Zohar Vayetsé susdit : matsa d'abord, et ensuite mitsva, avec ajout d'un vav, vois là. Il se trouve que cet aspect de mitsva est de l'aspect et du degré de la seconde matsa, qui est matsot plein avec un vav.

Et c'est-à-dire que par l'accomplissement de la Torah et des mitsvot est attiré l'aspect des 620 colonnes de lumière du keter supérieur, ce qui est lui-même le sujet de ce qui se révéla sur eux, le Roi des rois des rois, etc. Et c'est pourquoi ce qui fut attiré pour eux à minuit, qui est un temps de faveur, est attiré pour nous dans cette matsa que nous mangeons avant minuit, et c'est-à-dire du fait que nous avons la Torah et les mitsvot, qui sont elles-mêmes l'essence de la volonté supérieure, etc.

וזהו שאמר בהגדה מצה זו שאנו אוכלים על שום מה פי׳ דבשלמא בהיותם בגלות מצרים  שהיו בבחי׳ גלות הקליפות וסט״א מאד ולא היה להם תורה ומצות נצטוו באכילת מצה דקודם חצות שהיא בחי׳ מצת חסר וי״ו כדי להיות להם זו להכנה שעי״ז יוכלו לקבל אח״כ הגילוי גדול הנ״ל. משא״כ אנו שכבר ניתן לנו התומ״צ, [והנה המצות הם מצות המלך ובקיומן מקיים שום תשים עליך מלך והוא בחי׳ יראה תתאה עכ״פ כמ״ש בס׳ ש״ב פמ״א וכמ״ש במ״א ע״פ וידבר אלקים כו׳ בדרוש חג השבועות] א״כ מהו ענין אכילת מצה זו דקודם חצות דוקא.

Et c'est ce qu'il dit dans la Haggada : "Cette matsa que nous mangeons, à cause de quoi ?" Le sens est : soit, lorsqu'ils étaient dans l'exil d'Égypte, qu'ils étaient dans l'aspect de l'exil des kelipot et de la sitra a'hra (l'autre côté) à l'extrême, et qu'ils n'avaient pas la Torah et les mitsvot, ils reçurent l'ordre de manger la matsa d'avant minuit, qui est l'aspect de matsat dépourvue de vav, afin que cela leur fût une préparation par laquelle ils pourraient ensuite recevoir la grande révélation susdite. Ce qui n'est pas le cas de nous, à qui la Torah et les mitsvot ont déjà été données [et voici que les mitsvot sont les mitsvot du Roi, et par leur accomplissement l'on accomplit "assurément tu placeras sur toi un roi" (Deutéronome 17, 15), et c'est l'aspect de la crainte inférieure en tout cas, comme il est écrit dans le Tanya, chapitre 41, et comme il est écrit ailleurs sur le verset "et Elokim parla", etc., dans le discours de la fête de Chavouot] ; si oui, quel est le sujet du manger de cette matsa précisément avant minuit.

ומשני על שום שלא הספיק כו׳, פי׳ דאכילת מצה שלנו אע״פ שאנו אוכלים אותה לפני חצות דוקא, מ״מ אין הענין וההמשכה רק מבחי׳ ומדרגת מצה הא׳ בלבד. אלא שנמשך בה ג״כ מבחי׳ ומדרגת המצה הב׳ שהיא בחי׳ הביטול ומורא גדול עד שלא הספיק להחמיץ והוא מבחי׳ הגילוי שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים וגאלם שהוא גילוי אור א״ס ב״ה שלמעלה מעלה מהשתלשלות שגילוי והמשכה זו נמשך לנו במצה זו ג״כ מטעם הנ״ל, ואיך מרומזים ב׳ ההמשכות במצה א׳.

אך נודע כי ההפרש בין חמץ למצה הוא רק באות ה׳.

Et il répond : "à cause que la pâte n'a pas eu le temps", etc. Le sens est que le manger de notre matsa, bien que nous la mangions précisément avant minuit, néanmoins le sujet et l'attraction ne sont pas seulement de l'aspect et du degré de la première matsa seulement.

Mais est attiré en elle aussi de l'aspect et du degré de la seconde matsa, qui est l'aspect du bitoul et de la grande crainte, au point que la pâte n'a pas eu le temps de lever, et c'est de l'aspect de la révélation qui se révéla sur eux, le Roi des rois des rois, et les racheta, qui est la révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, bien au-dessus de l'enchaînement, et cette révélation et cette attraction sont attirées pour nous dans cette matsa aussi, pour la raison susdite. Et comment les deux attractions sont-elles indiquées dans une seule matsa ?

Mais il est connu que la différence entre le 'hamets et la matsa n'est que dans la lettre hé.

והנה הה׳ מילוי שלה הוא ג״כ אות ה׳, ולכן נקראת המכפלה כמ״ש במ״א, וב׳ ההין אלו המרומזים בה׳ אחת דמצה הן בחי׳ ב׳ מדרגות דמצה הנ״ל, כי המילוי הוא מבחי׳ ההעלם המוסתר ונעלם תוך הה׳ עצמה, והעלם זה שבתוך ה׳ שהיא בחי׳ מל׳ שרשו מבחי׳ כתר כי נעוץ תחלתן בסופן כו׳ ועמ״ש ע״פ ועתה יגדל נא כח אד׳ כו׳ כח הוא ענין גילוי ההעלם כו׳ ע״ש:

Or le hé, son remplissage est aussi la lettre hé, et c'est pourquoi elle est appelée la double, comme il est écrit ailleurs. Et ces deux hé indiqués dans le seul hé de matsa sont l'aspect des deux degrés de matsa susdits.

Car le remplissage est de l'aspect du caché dissimulé et occulté à l'intérieur du hé lui-même, et ce caché qui est à l'intérieur du hé, qui est l'aspect de malkhout, sa racine est de l'aspect de keter, car "leur commencement est fiché dans leur fin", etc. Et vois ce qui est écrit sur le verset "et maintenant que se fortifie donc la force d'Adonaï", etc.

(Nombres 14, 17) : force est le sujet de la révélation du caché, etc., vois là.

ה ועתה צ״ל ענין שביעי של פסח ואיך דע״י ששת ימים תאכלו מצות תחלה אזי דוקא וביום השביעי עצרת שהוא ענין קי״ס וכנ״ל. דהנה ענין ים ויבשה למעלה הן בחי׳ עלמא דאתכסיא ועלמא דאתגלייא והוא עד״מ ים וארץ למטה דכל מה שיש ביבשה יש בים, אלא שביבשה הם באתגלייא משא״כ בהים הם באתכסייא לפי שהן מובלעין ומכוסים בתוך הים שמכסה עליהם (וע׳ בפ׳ בשלח בד״ה אז ישיר).

וכמו כן למעלה הנה בחי׳ מלכות דאצי׳ נק׳ ארץ ונק׳ ג״כ ים. והיינו כי הנה הארת והמשכת המלכות שנמשך ומתלבשת בבי״ע להחיות העולמות מאין ליש שהם בחי׳ עלמין דאתגליין שנראים דבר נפרד ויש בפני עצמו נק׳ בחי׳ זו ארץ, וע״ז נאמר תדשא הארץ כו׳ תוצא הארץ נפש חיה וכדפי׳ בזהר בכמה דוכתי ועי׳ בפ׳ שמיני דל״ט ע״ב.

והיינו כמ״ש באגרת הקודש ד״ה איהו וחיוהי שעיקר התהוות היש ודבר נפרד לגמרי הוא ממל׳ דאצי׳ שנעשה עתיק דבריאה כי אין מלך בלא עם כו׳ משא״כ מבחי׳ המדות עצמן דאצי׳ ע״ש.

5. Et maintenant il faut comprendre le sujet du septième de Pessa'h, et comment, par le fait que six jours vous mangerez des matsot d'abord, alors précisément "et le septième jour, Atséret", qui est le sujet de la fente de la mer des Joncs, comme plus haut.

Voici que le sujet de mer et de terre sèche en haut sont l'aspect d'alma deitkasia (le monde du caché) et d'alma deitgalia (le monde du révélé), et c'est à l'image de la mer et de la terre en bas : tout ce qui est sur la terre sèche est dans la mer, sauf que sur la terre sèche ils sont en révélation, ce qui n'est pas le cas dans la mer où ils sont en occultation, selon qu'ils sont engloutis et couverts à l'intérieur de la mer qui les recouvre (et vois dans la paracha Bechala'h, dans le discours "Alors il chanta"). Et de même en haut, voici que l'aspect de malkhout d'Atsilout est appelé terre et est aussi appelé mer.

C'est-à-dire que, voici, l'illumination et l'attraction de malkhout qui est attirée et se revêt dans Beria, Yetsira, Assiya pour vivifier les mondes de l'ayin (le néant) au yech, qui sont l'aspect des mondes de la révélation qui apparaissent comme une chose séparée et un yech en soi, cet aspect est appelé terre, et à ce sujet il est dit "que la terre se couvre d'herbe", etc., "que la terre fasse sortir une âme vivante" (Genèse 1, 24), et comme le Zohar l'explique en plusieurs endroits, et vois dans la paracha Chemini folio 39b. Et c'est-à-dire comme il est écrit dans l'Igueret Hakodech, discours "Lui et Ses vitalités", que l'essentiel de la venue à l'être du yech et de la chose entièrement séparée est de malkhout d'Atsilout qui devient l'atik de Beria, car "il n'y a pas de roi sans peuple", etc., ce qui n'est pas le cas des aspects des middot elles-mêmes d'Atsilout, vois là.

והנה המל׳ היא מקבלת האור והשפע מאור א״ס ע״י המדות דאצי׳ וממנה דוקא נמשך אח״כ בבי״ע, כי בחי׳ אור א״ס כמו שמאיר בבחי׳ המדות עליונים דאצילות א״א שיבא בבחי׳ הגילוי תחלה בבי״ע, כי באצי׳ איהו וחיוהי וגרמוהי חד שהחסד דאצי׳ הוא בחי׳ א״ס ממש ואין ערוך כלל בחי׳ חסד דבריאה שהוא בחי׳ גבול מחנה מיכאל באהבה לקבל ההשפעה בהשתלשלות מבחי׳ חסד דאצי׳ שבלי גבול, וכמ״ש באגרת הק׳ בענין ואנכי עפר ואפר כו׳ ע״ש. אם לא ע״י שמתעלם תחלה אור החסד זה בבחי׳ מלכות וממנה יורד אח״כ השפע בבי״ע כי מדת מל׳ הוא רוממות והתנשאות כמ״ש והמתנשא מימות עולם ודרך כלל ההתנשאות הוא הסתלקות שלא ירד החיות עליהם כ״כ, ולכן נק׳ בחי׳ מלכות ים להיות כמו שהים מכסה ומעלים מה שבתוכו כמ״כ בחי׳ מלכות מעלמת ומכסה על בחי׳ מדות העליונים דאצי׳ (ועמ״ש מענין והים עליהם מלמעלה בפ׳ בלק ע״פ מי מנה עפר יעקב), ולכן נק׳ בחי׳ זו דמלכות עלמא דאתכסייא.

אמנם מה שמאיר ומתפשט ממנה לנבראים דבי״ע להיות עלמין דאתגליין הנה בחי׳ זו נק׳ ארץ. (וכ״ה בזהר בראשית די״ח ע״ב דב׳ בחי׳ אלו זהו ענין ב׳ פסוקים ראשונים דק״ש שמע ישראל ובשכמל״ו וע׳ בס׳ ש״ב ח״ב פ״ז).

והנה כ״ז הוא דוקא כשהאור וההשפעה נמשך בדרך וסדר ההשתלשלות מאצי׳ לבי״ע מבחי׳ ממלא שאז שייך בחי׳ ים ויבשה עלמא דאתכסיא ועלמא דאתגלייא, שכך היא הדרגת ההשתלשלות העולמות שא״א שיבא האור וההשפעה שבאצילות שהוא בבחי׳ א״ס להתגלות בבי״ע נבראים ובעלי גבול אם לא ע״י ההעלם בתחלה בחי׳ עלמא דאתכסיא שהוא באמת נשאר בבחי׳ אתכסיא והעלם אלא רק הארה והמשכה לבד נמשך מזה להיות מקור השפע לבי״ע בחי׳ עלמא דאתגליא. אמנם בליל שביעי של פסח שהיה מאיר ומתגלה הארה גדולה ועצומה מלמעלה מסדר ההשתלשלות מבחי׳ א״ס ב״ה עצמו הסוכ״ע השוה ומשוה כו׳ שאצי׳ ועשייה שוין ממש לפניו וכחשכה כאורה ממש שבחי׳ ההעלם והגילוי שבסדר השתלשלות העולמות עלמא דאתכסיא ועלמא דאתגלייא שוין ממש לפניו.

כיון שבאמת אינו בגדר עלמין כלל לכן ע״י ירידה והמשכה מבחי׳ זו נמשך לשנות סדר ההשתלשלות לגמרי שבחינת עלמא דאתכסיא נעשה ממש בבחי׳ גילוי כמו עלמא דאתגלייא שכללות ההעלם עצמו בא לידי גילוי ולא דרך הארה והמשכה לבד (ועמ״ש בשה״ש בפי׳ כי טובים דודיך מיין). וזהו ויולך ה׳ את הים ברוח קדים עזה וגו׳, פי׳ רוח קדים הוא המשכה מבחי׳ קדמונו של עולם דהיינו מבחי׳ א״ס ב״ה עצמו שאינו בגדר עלמין כלל.

ועל ידי גילוי והמשכה זו וישם את הים לחרבה, שבחי׳ עלמא דאתכסיא נעשה בחי׳ יבשה שהוא בחי׳ גילוי ממש למטה.

Or malkhout reçoit la lumière et l'influx de l'Or Ein Sof par les middot d'Atsilout, et c'est d'elle précisément qu'est ensuite attiré dans Beria, Yetsira, Assiya. Car l'aspect de l'Or Ein Sof, tel qu'il illumine dans l'aspect des middot supérieures d'Atsilout, il est impossible qu'il vienne d'abord dans l'aspect de la révélation dans Beria, Yetsira, Assiya.

Car dans Atsilout, "Lui, Ses vitalités et Ses organes sont un" : le 'hessed d'Atsilout est l'aspect de l'Ein Sof véritablement, et il n'y a aucune commune mesure avec l'aspect du 'hessed de Beria, qui est l'aspect du limité, le camp de Mikhaël, dans l'amour, pour recevoir l'influx dans l'enchaînement de l'aspect du 'hessed d'Atsilout qui est sans limite, et comme il est écrit dans l'Igueret Hakodech au sujet de "et moi, poussière et cendre" (Genèse 18, 27), etc., vois là. Si ce n'est par le fait que cette lumière du 'hessed s'occulte d'abord dans l'aspect de malkhout, et d'elle descend ensuite l'influx dans Beria, Yetsira, Assiya.

Car la mida de malkhout est élévation et exaltation, comme il est écrit "et Celui qui s'élève des jours d'éternité", et en règle générale l'exaltation est un retrait, afin que la vitalité ne descende pas sur eux autant. Et c'est pourquoi l'aspect de malkhout est appelé mer, pour être comme la mer couvre et occulte ce qui est en son sein ; de même l'aspect de malkhout occulte et couvre l'aspect des middot supérieures d'Atsilout (et vois ce qui est écrit au sujet de "et la mer sur eux d'en haut", dans la paracha Balak, sur le verset "qui a compté la poussière de Yaakov").

Et c'est pourquoi cet aspect de malkhout est appelé alma deitkasia. Cependant, ce qui illumine et se propage d'elle vers les créatures de Beria, Yetsira, Assiya pour être des mondes de la révélation, voici que cet aspect est appelé terre.

(Et ainsi est-il dans le Zohar Berechit folio 18b, que ces deux aspects sont le sujet des deux premiers versets du Chema : "Chema Israël" et "Béni soit le nom de la gloire de Sa royauté", et vois dans le Tanya, seconde partie, chapitre 7.) Or tout ceci est précisément lorsque la lumière et l'influx sont attirés selon la voie et l'ordre de l'enchaînement, d'Atsilout vers Beria, Yetsira, Assiya, de l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes) ; alors appartient l'aspect de mer et de terre sèche, alma deitkasia et alma deitgalia. Car telle est la gradation de l'enchaînement des mondes : il est impossible que la lumière et l'influx qui sont dans Atsilout, qui est dans l'aspect de l'Ein Sof, viennent à se révéler dans Beria, Yetsira, Assiya, créatures et limités, si ce n'est par l'occultation d'abord de l'aspect d'alma deitkasia, qui en vérité demeure dans l'aspect d'occultation et de caché, mais seulement une illumination et une attraction seule est attirée de cela pour être source de l'influx vers Beria, Yetsira, Assiya, aspect d'alma deitgalia.

Cependant, dans la nuit du septième de Pessa'h, où illuminait et se révélait une illumination grande et immense d'au-dessus de l'ordre de l'enchaînement, de l'aspect de l'Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même, le sovev kol almin (qui entoure tous les mondes), égal et égalisant, etc., qu'Atsilout et Assiya sont véritablement égaux devant Lui, et comme l'obscurité ainsi la lumière véritablement, que l'aspect de l'occultation et de la révélation qui est dans l'ordre de l'enchaînement des mondes, alma deitkasia et alma deitgalia, sont véritablement égaux devant Lui. Puisqu'en vérité Il n'est pas dans la catégorie des mondes du tout, c'est pourquoi, par la descente et l'attraction de cet aspect, est attiré de changer entièrement l'ordre de l'enchaînement, que l'aspect d'alma deitkasia devient véritablement dans l'aspect de la révélation comme alma deitgalia, que la totalité de l'occultation elle-même en vient à la révélation, et non par voie d'illumination et d'attraction seulement (et vois ce qui est écrit dans Chir haChirim, dans l'explication de "car tes amours sont meilleures que le vin").

Et c'est "et ה' fit aller la mer par un vent d'orient fort", etc. (Exode 14, 21).

Le sens de vent d'orient (kadim) est l'attraction de l'aspect de l'Ancien du monde (kadmono chel olam), c'est-à-dire de l'aspect de l'Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même, qui n'est pas dans la catégorie des mondes du tout. Et par cette révélation et attraction, "et Il mit la mer à sec", que l'aspect d'alma deitkasia devient l'aspect de terre sèche, qui est l'aspect de révélation véritable en bas.

וזהו ענין קריעת ים סוף דהיינו שבחי׳ מל׳ דאצילות שהיא מקבלת מים החכמה עילאה דאצילות והיא סוף עולם האצי׳ ובה מתעלמים האורות של האצילות, וע״כ נק׳ ים וע״י הגילוי מבחי׳ קדמונו של עולם שהי׳ מאיר אז בבחי׳ מל׳ נעשה העלם הים סוף לבחי׳ גילוי ויבשה ממש דהיינו שעצמיות אורות האצי׳ היו אז בבחי׳ הגילוי בבי״ע. (ויובן זה יותר עפמ״ש בזהר בראשית הנ״ל דבחי׳ אחד ובחי׳ ועד שבק״ש זהו ענין ים ויבשה, וכמ״ש יקוו המים אל מקום אחד כו׳ שהמל׳ דאצילות היא בחי׳ מקומו של אחד כביכול עי׳ בת״ז תיקון מ״ב.

וביאור הענין מובן עפמ״ש ע״פ וארא, שבאמת לגבי קב״ה מצד עצמותו ומהותו ית׳ לא שייך עליו מלת אחד כלל שהרי הוא יחיד ומיוחד והוא לבדו הוא, אלא כמארז״ל שהוא אחד בשבעה רקיעים ובארץ וד׳ רוחות העולם כו׳, ולכן א״ש שבחי׳ זו נק׳ ים שהברואים שבים חיותם וקיומם הוא בתוך הים דוקא, וכך הוא בחי׳ עלמא דאתכסיא דאינון מתיחדין באחד שכולם בטלים במציאות במקורם כו׳, הנה מקום אתי כו׳, ובחי׳ ועד הוא אחד בחלופי אתון שהוא מקור עלמין דאתגליין שנראה כאלו העולם הוא דבר ויש בפ״ע כו׳. והנה מהותו ועצמותו ית׳ הוא בחי׳ יחיד, ועיי״ש דע״י התורה נמשך בחי׳ יחיד ממש בבחי׳ גילוי וע״ז נאמר ושמי הוי׳ לא נודעתי כו׳.

והיינו מטעם שכ׳ במ״א שהתורה נק׳ משל הקדמוני בחי׳ קדמונו של עולם כו׳, והנה בקי״ס שנאמר ג״כ ויולך ה׳ את הים ברוח קדים כו׳ שהוא הגילוי מבחי׳ קדמונו של עולם שהוא יחיד ומיוחד והוא לבדו הוא לכן ע״י גילוי זה הפך ים ליבשה שבחי׳ אחד נמשך בבחי׳ גילוי ממש בבחי׳ ועד דהיינו גילוי יחו״ע ממש ביחו״ת,) (ועמ״ש ע״פ כי תשמע בקול כו׳ לעשות הישר כו׳ ע״ש). ועד״ז הוא ענין אנשי יריחו שהיו כורכין את שמע שהיו אומרים אחד ואהבת ולא היו מפסיקין לומר בשכמל״ו כי רצו שיומשך האהבה מבחי׳ אחד יחו״ע ממש, אלא שאין הלכה כדבריהם כי זהו רק בחי׳ קי״ס שנמשך באתעדל״ע והזכרת קי״ס הוא באמת ויציב שהוא אחר יציאת מצרים דהיינו לאחר שחותם בק״ש אני הוי׳ אלקיכם אשר הוצאתי אתכם מארץ מצרים כו׳ אזי דווקא מזכיר קי״ס באמת ויציב:

Et c'est le sujet de la fente de la mer des Joncs, c'est-à-dire que l'aspect de malkhout d'Atsilout, qui reçoit des eaux de la 'hokhma supérieure d'Atsilout, et elle est la fin du monde d'Atsilout, et en elle s'occultent les lumières d'Atsilout, et c'est pourquoi elle est appelée mer ; et par la révélation de l'aspect de l'Ancien du monde qui illuminait alors dans l'aspect de malkhout, l'occultation de la mer des Joncs devint l'aspect de révélation et de terre sèche véritablement, c'est-à-dire que l'essence des lumières d'Atsilout était alors dans l'aspect de la révélation dans Beria, Yetsira, Assiya. (Et ceci se comprendra davantage d'après ce qui est écrit dans le Zohar Berechit susdit, que l'aspect de "un" et l'aspect de "et jusqu'à" dans le Chema, c'est le sujet de mer et de terre sèche, et comme il est écrit "que les eaux s'amassent vers un lieu unique", etc.

(Genèse 1, 9), que malkhout d'Atsilout est l'aspect du lieu de l'Un, pour ainsi dire, vois dans les Tikouné Zohar, tikoun 42. Et l'explication du sujet se comprend d'après ce qui est écrit sur le verset Vaéra : qu'en vérité, relativement au Saint, béni soit-Il, du côté de Son essence et de Sa quiddité, béni soit-Il, ne Lui convient pas du tout le mot "un", car Il est unique et unifié, et Lui seul Il est ; mais comme ont dit nos Sages, qu'Il est un dans les sept firmaments et sur la terre et les quatre vents du monde, etc.

Et c'est pourquoi il est juste que cet aspect soit appelé mer, car les créatures qui sont dans la mer, leur vitalité et leur subsistance est à l'intérieur de la mer précisément, et ainsi est l'aspect d'alma deitkasia, qu'ils s'unifient dans l'Un, que tous sont annulés dans l'existence en leur source, etc., "voici un lieu auprès de Moi" (Exode 33, 21), etc. Et l'aspect de "et jusqu'à" est "un" par permutation de lettres, qui est la source des mondes de la révélation, qui apparaît comme si le monde était une chose et un yech en soi, etc.

Or Son essence et Sa quiddité, béni soit-Il, est l'aspect d'unique, et vois là, que par la Torah est attiré l'aspect d'unique véritablement dans l'aspect de la révélation, et à ce sujet il est dit "et Mon Nom ה', Je ne Me suis pas fait connaître", etc. (Exode 6, 3).

Et c'est-à-dire pour la raison écrite ailleurs, que la Torah est appelée "la parabole de l'Ancien" (I Samuel 24, 14), aspect de l'Ancien du monde, etc. Or dans la fente de la mer des Joncs, où il est aussi dit "et ה' fit aller la mer par un vent d'orient", etc., qui est la révélation de l'aspect de l'Ancien du monde, qui est unique et unifié, et Lui seul Il est ; c'est pourquoi par cette révélation Il changea la mer en terre sèche, que l'aspect de "un" fut attiré dans l'aspect de révélation véritable dans l'aspect de "et jusqu'à", c'est-à-dire la révélation de l'unité supérieure véritablement dans l'unité inférieure.) (Et vois ce qui est écrit sur le verset "lorsque tu écouteras Sa voix", etc., "pour faire ce qui est droit", etc., vois là.) Et de la même manière est le sujet des gens de Jéricho qui enroulaient le Chema, qu'ils disaient "un" et "tu aimeras", et ne s'interrompaient pas pour dire "Béni soit le nom", car ils voulaient que l'amour fût attiré de l'aspect de "un", l'unité supérieure véritablement ; mais la halakha n'est pas selon leurs paroles, car ceci n'est que l'aspect de la fente de la mer des Joncs qui est attiré en itarouta dile'ela, et la mention de la fente de la mer des Joncs est en vérité dans "Emet veyatsiv", qui est après la sortie d'Égypte, c'est-à-dire après que l'on scelle dans le Chema "Je suis ה' votre Elokim qui vous ai fait sortir du pays d'Égypte", etc., alors précisément l'on mentionne la fente de la mer des Joncs dans "Emet veyatsiv" :

ו וזהו ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת, כי הנה קי״ס הי׳ בשביעי של פסח דוקא כי ים סוף הוא בחי׳ מל׳ שהוא בחי׳ יום השביעי כנודע דיום הראשון הוא בחי׳ חסד.

6. Et c'est "six jours tu mangeras des matsot et le septième jour, Atséret", car voici que la fente de la mer des Joncs fut précisément au septième de Pessa'h, car la mer des Joncs est l'aspect de malkhout, qui est l'aspect du septième jour, comme il est connu que le premier jour est l'aspect de 'hessed.

ויום השביעי הוא  בחי׳ מל׳ ואז נמשך ונתגלה בחי׳ רוח קדים כי נעוץ סופן בתחלתן מראש ומקדם נסוכה, אך גילוי זה הוא דוקא ע״י שמתחלה ששת ימים תאכל מצות, דהנה ענין אכילת מצה מבואר למעלה שהוא ג״כ ענין המשכת אור א״ס שלמעלה מסדר ההשתלשלות שזהו ענין הדילוג שלא הספיק להחמיץ עד שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים כו׳, ולכן ע״י אכילת מצה ששת ימים שהוא המשכת אור הסוכ״ע בבחי׳ גילוי בכל הששה מדות מבחי׳ חסד עד בחי׳ יסוד, אזי נמשך מזה וביום השביעי שהוא בחי׳ מל׳ עצרת כו׳ דהיינו שבחי׳ היותה בחינת ים והעלם נעשה בחי׳ יבשה וגילוי. (והיינו ע״י רוח קדים שהוא המשכה מבחינת קדמונו של עולם שאינו בגדר עלמין כלל אפילו להיות סובב כו׳, והוא אתעדל״ע שלמעלה מאתעדל״ת שע״י מעשה המצות ולכן נאמר ואתם תחרישון, אלא שאעפ״כ המשכה זו היא דוקא ע״י שמתחלה ששת ימים תאכל מצות שהוא אתעדל״ת להמשיך אתעדל״ע המשכה מבחי׳ סוכ״ע רצון העליון אזי עי״ז ישרה ויומשך ההמשכה מלמעלה מבחי׳ סוכ״ע כמ״ש במ״א בענין פתחי לי כו׳ ואני אפתח לך כו׳ ועמ״ש בביאור ע״פ אחרי ה׳ אלקיכם תלכו ומ״ש סד״ה האזינו השמים בענין אהיה כטל כו׳).

וזהו עצרת להוי׳ אלקיך, כי הוי׳ זהו בחינת יחו״ע שנק׳ ים וכמ״ש הוי׳ אחד, ושם אלקים זהו בחי׳ מקור ההמשכה בבי״ע שנק׳ יבשה, ובשביעי של פסח הוא גילוי שלמעלה מב׳ הבחי׳ כנ״ל ולכן הוא בחי׳ עצרת לב׳ הבחי׳ להוי׳ אלקיך, ואזי מה שהי׳ נק׳ הוי׳ שהוא בחי׳ ים ועלמא דאתכסיא נעשה אלהיך בבחי׳ אתגליא ממש, (וזהו ענין עצרת קליטה וכיווץ שנתכווצו ונקרשו המים ונעשו כמו נד עד שנעשה בבחי׳ יבשה: מ״כ וצ״ע).

והנה הגם שבחשבון ספירת העומר הרי יום שביעי ש״פ הוא בחי׳ יסוד ולא בחי׳ מל׳ כנודע, היינו בבחי׳ חושבנא דעומר שהוא העלאה מלמטה למעלה, וע״י ההעלאה והאתעדל״ת ממשיכים היום יום כו׳, וע״כ יום הראשון שהוא ענין הגילוי מלמעלה למטה מאיליו וממילא אין סופרים אותו ומתחילים מיום השני משא״כ לגבי בחי׳ ההמשכה שמלמעלה למטה שנמשך ביום א׳ של פסח, (שזהו עיקר בחי׳ חג הפסח לשון דילוג שהיא אתעדל״ע ואילו ההמשכה שע״י חשבון ימי העומר עיקר ענינה הוא חג השבועות כו׳). הרי יום הא׳ דפסח הוא עיקר ההמשכה ראשונה והוא בבחי׳ החסד, ואזי יום שביעי של פסח הוא בחי׳ מל׳.

אמנם בפסח מצרים לפי שהי׳ אצלם משה ואהרן וז׳ ענני הכבוד, ע״כ גם בלא אכילת מצה היו יכולים להמשיך מבחי׳ הגילוי שנגלה עליהם ביום א׳ להמשיכו בכל הז׳ ימים, וע״כ לא הי׳ חימוצו נוהג רק יום הא׳ בלבד משא״כ עתה (וכמ״ש זה לעיל בד״ה מצה זו כו׳. ע״ש).

ומעתה יובן ג״כ מש״כ עצרת להוי׳ אלקיך ובשמיני עצרת נאמר תהיה לכם ולמה לא נאמר כאן לכם ג״כ. ויובן זה בהקדים עוד ענין אחד והוא להבין הטעם שאין גומרים את ההלל בחג הפסח כ״א בב׳ ימים הראשונים ומאי שנא מחג הסוכות שגומרין את ההלל בכל ימי החג.

Et le septième jour est l'aspect de malkhout, et alors fut attiré et se révéla l'aspect du vent d'orient, car "leur fin est fichée dans leur commencement", "dès le principe, dès l'antiquité, je fus fondée" (Proverbes 8, 23). Mais cette révélation est précisément par le fait que d'abord "six jours tu mangeras des matsot".

Voici que le sujet du manger de la matsa a été expliqué plus haut, qu'il est aussi le sujet de l'attraction de l'Or Ein Sof qui est au-dessus de l'ordre de l'enchaînement, ce qui est le sujet du saut, que la pâte n'a pas eu le temps de lever jusqu'à ce que se révélât sur eux le Roi des rois des rois, etc. Et c'est pourquoi, par le manger de la matsa pendant six jours, qui est l'attraction de la lumière du sovev kol almin dans l'aspect de la révélation dans toutes les six middot, de l'aspect de 'hessed jusqu'à l'aspect de yessod, alors est attiré de cela "et le septième jour", qui est l'aspect de malkhout, "Atséret", etc., c'est-à-dire que l'aspect de son être aspect de mer et d'occultation devient aspect de terre sèche et de révélation.

(Et c'est-à-dire par le vent d'orient, qui est l'attraction de l'aspect de l'Ancien du monde qui n'est pas dans la catégorie des mondes du tout, même pour être sovev, etc., et c'est une itarouta dile'ela qui est au-dessus de l'itarouta diletata (éveil d'en bas) qui est par l'acte des mitsvot, et c'est pourquoi il est dit "et vous, vous vous tairez" (Exode 14, 14) ; mais néanmoins cette attraction est précisément par le fait que d'abord "six jours tu mangeras des matsot", qui est une itarouta diletata pour attirer l'itarouta dile'ela, attraction de l'aspect du sovev kol almin, la volonté supérieure ; alors par cela reposera et sera attirée l'attraction d'en haut de l'aspect du sovev kol almin, comme il est écrit ailleurs au sujet de "ouvre-Moi", etc., "et Moi J'ouvrirai pour toi", etc., et vois ce qui est écrit dans l'explication sur le verset "après ה' votre Elokim vous irez", et ce qui est écrit à la fin du discours "Cieux, prêtez l'oreille" au sujet de "Je serai comme la rosée", etc.) Et c'est "Atséret pour ה' ton Elokim", car Havaya est l'aspect de l'unité supérieure qui est appelée mer, et comme il est écrit "Havaya est un", et le nom Elokim est l'aspect de la source de l'attraction dans Beria, Yetsira, Assiya qui est appelée terre sèche, et au septième de Pessa'h c'est une révélation qui est au-dessus des deux aspects, comme ci-dessus, et c'est pourquoi c'est l'aspect d'Atséret pour les deux aspects, "pour ה' ton Elokim", et alors ce qui était appelé Havaya, qui est l'aspect de mer et d'alma d'itkassia, devient "ton Elokim" dans l'aspect de révélation véritable. (Et c'est le sujet d'Atséret : saisie et contraction, que les eaux se contractèrent et se solidifièrent et devinrent comme un mur, jusqu'à devenir dans l'aspect de terre sèche : de la main du copiste, et cela demande examen.) Or bien que dans le compte du Sefirat haOmer, le septième jour de Pessa'h soit l'aspect de yessod et non l'aspect de malkhout, comme il est connu, c'est dans l'aspect du compte de l'Omer qui est une élévation d'en bas vers le haut, et par l'élévation et l'itarouta diletata l'on attire "le jour, un jour", etc., et c'est pourquoi le premier jour, qui est le sujet de la révélation d'en haut vers le bas de lui-même et de soi, on ne le compte pas et l'on commence du second jour ; ce qui n'est pas le cas relativement à l'aspect de l'attraction qui est d'en haut vers le bas qui est attirée le premier jour de Pessa'h (ce qui est le principal de l'aspect de la fête de Pessa'h, au sens de saut, qui est itarouta dile'ela, tandis que l'attraction qui est par le compte des jours de l'Omer, son sujet principal est la fête de Chavouot, etc.).

Ainsi le premier jour de Pessa'h est le principal de la première attraction, et il est dans l'aspect du 'hessed, et alors le septième jour de Pessa'h est l'aspect de malkhout. Cependant, à Pessa'h d'Égypte, selon qu'il y avait chez eux Moché et Aharon et les sept nuées de gloire, c'est pourquoi même sans manger de matsa ils pouvaient attirer de l'aspect de la révélation qui se révéla sur eux le premier jour, pour l'attirer durant tous les sept jours, et c'est pourquoi son 'hamets n'était en vigueur que le premier jour seulement, ce qui n'est pas le cas maintenant (et comme ceci a été écrit plus haut dans le discours "cette matsa", etc., vois là).

Et désormais l'on comprendra aussi ce qui est écrit "Atséret pour ה' ton Elokim", et à Chemini Atséret il est dit "sera pour vous", et pourquoi n'est-il pas dit ici "pour vous" aussi. Et ceci se comprendra en faisant précéder encore un sujet, qui est de comprendre la raison pour laquelle on ne termine pas le Hallel à la fête de Pessa'h, si ce n'est les deux premiers jours, et en quoi cela diffère de la fête de Soukot où l'on termine le Hallel tous les jours de la fête.

ונודע מענין אמירת ההלל בחג הוא ענין רוב השמחה והשבח על תוספת האור והגילוי שמאיר ומתגלה מלמעלה. וגם פי׳ הלל הוא ענין המשכת האור והגילוי מלשון בהילו נרו, וכמ״ש במ״א דשני הענינים עולים בקנה א׳ שע״י ההלל והשבח ממשיכים ההארה והגילוי כו׳, ונודע שעיקר ענין מצות קריאת ההלל הוא כשגומרים אותו דוקא שאז נק׳ מצוה ומברכין עליו תחלה לד״ה אשר קדשנו במצותיו כו׳ משא״כ כשקורין אותו בדילוג נק׳ רק מנהג אבותיהם בגמרא (בתענית כ״ח ב׳) וארז״ל (שם) הלל בר״ח לאו דאורייתא, וא״כ אינו מובן הטעם כלל למה אין גומרין את ההלל ביום שביעי של פסח עכ״פ שבו הי׳ הגילוי הגדול מלמעלה מהשתלשלות כו׳.

אך הענין הוא דהנה בצאת ישראל ממצרים היו עדיין בבחי׳ קטנות שהרי לא קיבלו עדיין תורה ומצות עד שעמדו  אצל הר סיני, וע״כ נקראו בשם נער כמ״ש כי נער ישראל ואוהבהו (בהושע סי׳ י״א), ולכן אף שהיה להם אז התגלות נסים גדולים ועצומים שהוא ע״י ירידה הארה גדולה ועצומה מא״ס ב״ה הסוכ״ע, אמנם לא היה הארה זו מאיר ומתגלה בהם כ״א בתכלית הקטנות (וע׳ בפע״ח גבי כוונת שביעי של פסח שנז׳ קטנות כו׳ ע״ש, דלכאורה תמוה איך הוא בחי׳ קטנות והלא אדרבה האור והגילוי נמשך מבחי׳ שלמעלה מסדר ההשתלשלות וכמ״ש בזהר בעתיקא תליא. ולפי הנ״ל א״ש דבאמת הגילוי הוא מבחי׳ גבוה מאד אבל הגילוי להם הוא בבחי׳ קטנות מטעם הנ״ל שהרי לא קיבלו עדיין תומ״צ ולא היה בהן עדיין שלימות כמ״ש בזהר) (ועיין בגמרא פ״ח דב״ק דף צ״ב סע״ב כד הוינא זוטרי כו׳ ועיין מענין כי נער ישראל ברבות כי תשא ס״פ מ״ג ובשה״ש רבה בפסוק אפריון עשה לו ובזח״ב ס״פ בא דמ״ג ע״א.

ויקהל דרי״ז סע״א. ובמק״מ שם.

ועמ״ש בביאור ע״פ שימני כחותם בענין הרצועות דתש״ר). והוא עד״מ מאהבת האב לבנו שיש בזה ב׳ אופנים, דהיינו כשהבן הוא קטן אז האהבה מהאב אליו היא בבחי׳ הגילוי ותוקף במאד עד שמחבקו ומנשקו ונושאו על זרועותיו.

אמנם עכ״ז אין האהבה מתגלה כ״כ בהבן הקטן רק בדברים קטנים, שהרי אינו מבין ומרגיש עדיין כ״כ הדברים הגדולים. משא״כ כשהבן גדול דהגם שאז האהבה מהאב אינו נראה ונגלה כ״כ להיות מחבקו ומנשקו עכ״ז מתפשטת ומתגלית לבנו יותר ללמדו חכמה וליתן לו כל צרכיו אז בגדלותו שהם דברים גדולים כו׳.

Et il est connu du sujet de la récitation du Hallel à la fête, que c'est le sujet de l'abondance de la joie et de la louange pour l'ajout de la lumière et de la révélation qui illumine et se révèle d'en haut. Et aussi le sens de Hallel est le sujet de l'attraction de la lumière et de la révélation, de l'expression "quand brillait sa lampe" (Job 29, 3), et comme il est écrit ailleurs que les deux sujets montent d'une même tige, que par le Hallel et la louange l'on attire l'illumination et la révélation, etc.

Et il est connu que le principal du sujet de la mitsva de la lecture du Hallel est lorsqu'on le termine précisément, qu'alors il est appelé mitsva et l'on bénit sur lui d'abord selon tous : "qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot", etc., ce qui n'est pas le cas lorsqu'on le lit en sautant, qu'il n'est appelé que coutume de leurs pères dans la Guemara (Ta'anit folio 28b), et nos Sages ont dit (là) que le Hallel à Roch 'Hodech n'est pas de la Torah. Et si oui, on ne comprend pas du tout la raison pour laquelle on ne termine pas le Hallel au septième jour de Pessa'h en tout cas, où il y eut la grande révélation d'au-dessus de l'enchaînement, etc.

Mais le sujet est que, voici, à la sortie d'Israël d'Égypte ils étaient encore dans l'aspect de la petitesse, car ils n'avaient pas encore reçu la Torah et les mitsvot jusqu'à ce qu'ils se tinssent auprès du mont Sinaï, et c'est pourquoi ils furent appelés du nom de jeune, comme il est écrit "Quand Israël était enfant, Je l'aimais" (Osée 11, 1). Et c'est pourquoi, bien qu'ils eussent alors la révélation de miracles grands et immenses, qui est par la descente d'une illumination grande et immense de l'Ein Sof, béni soit-Il, le sovev kol almin, néanmoins cette illumination n'illuminait et ne se révélait en eux que dans l'extrémité de la petitesse (et vois dans Pri Ets 'Haïm au sujet de l'intention du septième de Pessa'h, où est mentionnée la petitesse, etc., vois là ; car en apparence c'est étonnant : comment est-ce l'aspect de la petitesse, alors qu'au contraire la lumière et la révélation est attirée d'un aspect qui est au-dessus de l'ordre de l'enchaînement, et comme il est écrit dans le Zohar : cela dépend de l'Atik.

Et selon ce qui précède c'est juste, qu'en vérité la révélation est d'un aspect très élevé, mais la révélation pour eux est dans l'aspect de la petitesse, pour la raison susdite, car ils n'avaient pas encore reçu la Torah et les mitsvot et il n'y avait pas encore en eux la perfection, comme il est écrit dans le Zohar) (et vois dans la Guemara, chapitre 8 de Bava Kama, folio 92b fin : "lorsque j'étais petit", etc., et vois au sujet de "Quand Israël était enfant" dans Chemot Rabba, fin du chapitre 43 (Ki Tissa), et dans Chir Hachirim Rabba sur le verset "il s'est fait un palanquin", et dans le Zohar II, fin de la paracha Bo, folio 43a, Vayakhel folio 217a fin, et dans Mikdach Melekh, là. Et vois ce qui est écrit dans l'explication sur le verset "place-moi comme un sceau" au sujet des lanières des téfilines de la tête).

Et c'est à l'image de l'amour du père pour son fils, où il y a en cela deux manières : c'est-à-dire lorsque le fils est petit, alors l'amour du père envers lui est dans l'aspect de la révélation et de la force à l'extrême, au point qu'il l'enlace et l'embrasse et le porte sur ses bras. Néanmoins l'amour ne se révèle pas autant dans le fils petit, seulement dans des choses petites, car il ne comprend et ne ressent pas encore autant les grandes choses.

Ce qui n'est pas le cas lorsque le fils est grand : bien qu'alors l'amour du père ne paraisse et ne se révèle pas autant pour l'enlacer et l'embrasser, néanmoins il se propage et se révèle à son fils davantage, pour lui enseigner la sagesse et lui donner tous ses besoins alors dans sa grandeur, qui sont de grandes choses, etc.

וכמ״כ למעלה עד״מ הנה ביצ״מ שנאמר כי נער ישראל שעדיין לא הי׳ בהם שלימות כ״כ, לכן אע״פ שהגילוי הי׳ אהבה רבה ממקום גבוה מאד. אמנם לא האיר בהם רק בבחי׳ קטנות, וע״כ אין גומרין בו את ההלל.

(והא דבימים ראשונים של פסח גומרים את ההלל מבואר בזהר שם וגם ע״פ פשוט הוא נכון כי אע״ג שלא הי׳ בהם עדיין שלימות כ״כ מ״מ הרי יציאתם מבחינת מצרים שהיא מאפילה לאורה ברוחניות ג״כ שמבחי׳ מצרים ערות הארץ ומ״ט שערי טומאה יצאו להיות עבדי ה׳. א״כ אין לך דבר גדול מזה אף שלא נשלמו עדיין עד קבלת התורה וע״ז גומרין את ההלל ביום צאתם ממצרים), משא״כ בחג הסוכות שהוא אחר קבלת התורה שבחי׳ אהבה העליונה מאיר ומתפשט בהם בבחי׳ גדלות עד״מ אהבת האב לבנו הגדול שמתגלית ונמשך ממנה דברים גדולים כו׳ כנ״ל, ע״כ גומרין בהן את ההלל בכל ימי החג.

ובהקדמה זו מובן ג״כ הטעם שבשמע״צ נאמר עצרת תהיה לכם שמאיר ומתגלה לכם ממש משא״כ בשביעי של פסח נאמר עצרת לה׳ אלקיך שאינו מאיר ומתגלה בבחי׳ לכם כ״ כ עד קבלת התורה, (ולכן נקרא שבועות עצרת בגמרא, ואמרו בו הכל מודים בעצרת דבעינן לכם כו׳. ועיין ברבות בשה״ש בפסוק מה יפו פעמיך אמר ר׳ יהושע בן לוי ראויה היתה העצרת של חג שתהא רחוקה חמשים יום כנגד העצרת של פסח אלא כו׳ ע״ש, הרי דחג השבועות הוא לגבי שבעת ימי הפסח דוגמת שמיני עצרת לגבי שבעת ימי הסוכות.

והיינו כנ״ל שבפסח לא נמשך הגילוי כ״כ בבחי׳ לכם עד חג השבועות שניתנה בו תורה, והנה בענין הלל פי׳ הרמ״ז פ׳ אמור דצ״ו תחלת ע״א שכן ההלל סודו להאיר במל׳ סוד אדני גימטריא הלל כו׳. ולכן לא נאמר הלל גמור עד חג השבועות עכ״ל.

וענין להאיר בשם אד׳ י״ל שיובן ממ״ש בד״ה ועתה יגדל נא כח אד׳ שזהו כענין העונה איש״ר מברך בכל כחו כו׳ ע״ש. ובספר מאורי אור אות ה׳ סי׳ י״ד כתב הלל נק׳ המלכות כי היא מהלל תמיד להוי׳, ויש הלל גמור מל׳ פרצוף שלם ויש הלל שאינו גמור חצי פרצוף מחזה ולתתא עכ״ל.

והפרש זה הוא כענין מעלת בית ראשון על בית שני כמבואר בזח״ב שמות ד״ט ע״ב ובמק״מ שם ע״ש שזהו כענין ה׳ עילאה וה׳ תתאה, ועד״ז כ׳ בפרדס בעה״כ ערך הלל. הלל גמור ושאינו גמור יש שפי׳ כי הגמור הוא בסוד הבינה ושאינו גמור בסוד המל׳.

והנכון הלל גמור לבנה במילואה והלל שאינו גמור בסוד פרצת הלבנה עכ״ל, ולפמ״ש בשם המק״מ שני הפירושים עולים בקנה א׳ דהלל גמור זהו כשהמל׳ מקבלת הארה גדולה עד שהיא במדרגת הבינה כענין לא זז מחבבה עד שקראה אמי כו׳) (ועמ״ש מזה בד״ה שיר השירים בענין ב׳ הפירושים שבבחי׳ כלה לשון כלה שארי ולשון כלתה נפשי כו׳. ועמ״ש סד״ה יגלה לן טעמיה בענין ביום ההוא יהיה כו׳):

Et de même en haut, à l'image, voici que dans la sortie d'Égypte, où il est dit "Quand Israël était enfant", qu'il n'y avait pas encore en eux autant de perfection, c'est pourquoi bien que la révélation fût un amour immense d'un lieu très élevé, néanmoins elle n'illumina en eux que dans l'aspect de la petitesse, et c'est pourquoi on n'y termine pas le Hallel. (Et ce que les premiers jours de Pessa'h on termine le Hallel, est expliqué dans le Zohar là, et aussi selon le sens simple c'est juste, car bien qu'il n'y eût pas encore en eux autant de perfection, néanmoins leur sortie de l'aspect de l'Égypte, qui est des ténèbres vers la lumière, spirituellement aussi, que de l'aspect de l'Égypte, nudité du pays, et des 49 portes d'impureté, ils sortirent pour être serviteurs de ה'.

Si oui, il n'y a pas pour toi de chose plus grande que cela, bien qu'ils ne fussent pas encore parfaits jusqu'à la réception de la Torah, et à ce sujet on termine le Hallel le jour de leur sortie d'Égypte.) Ce qui n'est pas le cas à la fête de Soukot, qui est après la réception de la Torah, que l'aspect de l'amour supérieur illumine et se propage en eux dans l'aspect de la grandeur, à l'image de l'amour du père pour son fils grand, qui se révèle et dont sont attirées de grandes choses, etc., comme ci-dessus ; c'est pourquoi on y termine le Hallel tous les jours de la fête. Et par cette introduction se comprend aussi la raison pour laquelle à Chemini Atséret il est dit "Atséret sera pour vous", qu'il illumine et se révèle pour vous véritablement, ce qui n'est pas le cas au septième de Pessa'h où il est dit "Atséret pour ה' ton Elokim", qu'il n'illumine et ne se révèle pas dans l'aspect de "pour vous" autant, jusqu'à la réception de la Torah.

(Et c'est pourquoi Chavouot est appelé Atséret dans la Guemara, et l'on y dit : "tous conviennent qu'à Atséret nous avons besoin de pour vous", etc. Et vois dans Chir Hachirim Rabba, sur le verset "que tes pas sont beaux", Rabbi Yehochoua ben Lévi dit : l'Atséret de la fête aurait mérité d'être éloignée de cinquante jours en regard de l'Atséret de Pessa'h, mais, etc., vois là.

Ainsi la fête de Chavouot est, relativement aux sept jours de Pessa'h, à l'image de Chemini Atséret relativement aux sept jours de Soukot. Et c'est-à-dire comme ci-dessus, qu'à Pessa'h la révélation ne fut pas attirée autant dans l'aspect de "pour vous" jusqu'à la fête de Chavouot où fut donnée la Torah.

Or au sujet du Hallel, le Ramaz, paracha Emor, folio 96, début de la page a, explique que ainsi le Hallel, son secret est d'illuminer dans malkhout, secret d'Adonaï, guématria Hallel, etc. Et c'est pourquoi on ne dit pas le Hallel complet jusqu'à la fête de Chavouot, fin de citation.

Et le sujet d'illuminer dans le nom Adonaï, l'on peut dire qu'il se comprendra de ce qui est écrit dans le discours "et maintenant que se fortifie donc la force d'Adonaï", que c'est comme le sujet de celui qui répond "amen, que Son grand Nom soit béni" de tout son pouvoir, etc., vois là. Et dans le livre Meorei Or, lettre hé, section 14, il écrit : Hallel est appelé la royauté, car elle loue toujours Havaya, et il y a un Hallel complet, malkhout partsouf entier, et il y a un Hallel qui n'est pas complet, demi-partsouf de la poitrine et en bas, fin de citation.

Et cette différence est comme le sujet de la supériorité du Premier Temple sur le Second Temple, comme il est expliqué dans le Zohar II, Chemot, folio 9b, et dans Mikdach Melekh, là, vois là, que c'est comme le sujet du hé supérieur et du hé inférieur. Et de la même manière est écrit dans le Pardès, Chaar Erkhei haKinouyim, entrée Hallel : Hallel complet et qui n'est pas complet, il y a qui explique que le complet est dans le secret de bina et celui qui n'est pas complet dans le secret de malkhout.

Et le juste : Hallel complet, la lune dans son remplissage, et le Hallel qui n'est pas complet dans le secret de la brèche de la lune, fin de citation. Et selon ce qui est écrit au nom de Mikdach Melekh, les deux explications montent d'une même tige, que le Hallel complet est lorsque malkhout reçoit une grande illumination jusqu'à être au degré de bina, comme le sujet de "il ne cessa de l'aimer jusqu'à ce qu'il l'appelât ma mère", etc.) (Et vois ce qui est écrit de cela dans le discours "Chir haChirim" au sujet des deux explications qui sont dans l'aspect de kala (fiancée) : au sens de "elle a achevé le reste" et au sens de "mon âme s'est consumée", etc.

Et vois ce qui est écrit à la fin du discours "qu'il nous révèle sa raison" au sujet de "en ce jour-là il sera", etc.) :

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