לקוטי תורה

Likouteï Torah — Likkutei Torah, Vayikra.5

Rabbi Chneour Zalman de Liadi - discours sur Vayikra, Bamidbar, Devarim et Chir HaChirim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Explication des paroles ci-dessus d'après "Tu ne feras pas cesser le sel" etc.

ביאור הדברים הנ״ל ע״פ ולא תשבית מלח וגו׳

Explication des paroles ci-dessus d'après "Tu ne feras pas cesser le sel" etc.

הנה בס׳ של בינונים פ״ג נתבאר בענין הנפש שהיא כלולה מעשר בחינות כנגד ע״ס עליונות כו׳, וכן פי״ב נת׳ מהות ועצמות נפש האלהית שהן עשר בחינותיה כו׳. אך באמת חסר שם ולא נתבאר איך שגם החכמה שהיא ראשית שבעשר בחינות הנ״ל הוא רק בחי׳ כלי בלבד לעצמיות ומהות הנפש.

כמו שהמוח הגשמי הוא רק כלי לכח השכל והחכמה המתפשט מהנפש. כך עד״ז כח השכל שבנפש הוא רק כלי למהות ועצמיות הנפש.

(ועמ״ש בד״ה פתח אליהו). אבל לא שהשכל הוא ממהות ועצמיות הנפש.

שהרי השכל אינו שוה באדם בכל עת שפעמים צלול דעתו ופעמים לא כן עד שפעמים ידבר שטותים וא״כ יש בהשכל שינויים רבים, ולכן א״א לומר שהשכל הוא עצמיות הנפש ממש ושעצמיות הנפש הוא רק עשר בחינותי׳ שהן שכל ומדות או אפי׳ לומר שהיא מציאות א׳ והוא שכל אלא שהשכל הוא רק כלי לבד ואפילו בחי׳ רצון שיש בנפש למעלה מהשכל כמו ענין שתוק כך עלה כו׳ ג״כ נק׳ קרקפתא או גלגלתא דחפיא על מוחא שהוא גם כן בחי׳ כלי (ולכן אנו רואים שהשכל הולך ומתגדל שהתינוק שכלו קטן ביותר וכשמתגדל מעט מעט כך יתוסף הגדלת שכלו ומדותיו וזקני ת״ח כל מה שמזקינין דעתן מתיישבת כו׳. והרי הנשמה היה בו גם מקטנותו ואם כן למה היה אז שכלו קטן.

אלא הענין כי הנשמה עצמה היא למעלה מהשכל. והשכל הוא כח המתפשט ממנה וכדי שיהיה נמשך המשכה והתפשטות זה אל הגילוי הוא כשיש כלי להכיל דהיינו כלי המוח שהוא כלי לאור השכל אזי הכלי הוא ממשיך לתוכו גילוי אור וכח השכל ובקטן מצד קטנות מוחו השכל מאיר בקטנות מאד כו׳, אבל הנשמה עצמה מלובשת בו גם מקטנותו ותחלת התהוותו).

והנה מהות ועצמות הנפש היא חלק אלוה שאינו בגדר עשר בחינות שיש להן גדר מיוחד אלא אור פשוט כו׳, וכן כתב הגאון מהר״ל מפראג זצ״ל בהקדמתו לס׳ גבורות ה׳ ד״ג ע״ג וז״ל ואולי יאמרו אם אין עצמותו שכל וגשם ח״ו לומר עליו אם כן מהו יתברך. נשיב להם וכי הנשמה שבגוף האדם יוכל לעמוד על אמתתה.

כל שכן וכל שכן בורא הכל שאין לשאול עליו קושיא זאת כי לא יראני האדם וחי עכ״ל. הרי ביאר שהנשמה עצמה היא למעלה ממהות שכל.

והנה כמ״כ יובן מזה הנמשל למעלה (כמ״ש הגאון הנ״ל) בענין ע״ס עליונות לגבי המאציל א״ס ב״ה. או שכמו שהוא למעלה כך הוא למטה בנפש (כמ״ש נעשה אדם בצלמנו כו׳ דקאי על הנשמה ועיין בשל״ה ד״ט וד״י) שאפילו בחי׳ חכמה עילאה דאצילות היא רק בחי׳ כלי לבד לאור א״ס ב״ה, אבל אינה עצמיותו של המאציל ב״ה כי הוא פשוט בת כלית הפשיטות, משא״כ בחי׳ חכמה הוא איזה מהות וגדר מיוחד.

Or, dans le Tanya, chapitre 3, il a été expliqué au sujet de l'âme qu'elle est composée de dix aspects correspondant aux dix sefirot supérieures, etc., et de même au chapitre 12 a été expliquée la substance et l'essence de la nefech élokit (âme divine), qui sont ses dix aspects, etc. Mais en vérité il manque là, et il n'a pas été expliqué comment même la 'hokhma, qui est le commencement des dix aspects susdits, n'est qu'un aspect de keli seulement pour l'essence et la substance de l'âme.

De même que le cerveau matériel n'est qu'un keli pour la force de l'intellect et de la 'hokhma qui se répand depuis l'âme, de même en est-il ainsi de la force de l'intellect qui est dans l'âme : elle n'est qu'un keli pour la substance et l'essence de l'âme. (Et voir ce qui est écrit dans le discours Pata'h Eliyahou).

Mais non que l'intellect soit de la substance et de l'essence de l'âme. Car l'intellect n'est pas égal chez l'homme en tout temps : parfois son esprit est limpide, et parfois il n'en est pas ainsi, au point que parfois il dira des sottises ; ainsi il y a dans l'intellect de nombreux changements, et c'est pourquoi il est impossible de dire que l'intellect est l'essence de l'âme véritablement, et que l'essence de l'âme n'est que ses dix aspects qui sont intellect et middot, ou même de dire qu'elle est une existence unique et qu'elle est intellect, mais que l'intellect n'est qu'un keli seulement ; et même l'aspect de volonté qui est dans l'âme au-dessus de l'intellect, comme le sujet de "Tais-toi, ainsi cela est monté dans la pensée", etc., est aussi appelé karkafta ou galgalta qui recouvre le cerveau, qui est aussi un aspect de keli.

(Et c'est pourquoi nous voyons que l'intellect va et grandit : le nourrisson, son intellect est extrêmement petit, et lorsqu'il grandit peu à peu, ainsi s'ajoute l'agrandissement de son intellect et de ses middot, et les talmidei 'hakhamim âgés, plus ils vieillissent, plus leur esprit se stabilise, etc. Or l'âme était en lui même depuis sa petitesse ; si donc, pourquoi son intellect était-il alors petit ?

Mais le sujet est que l'âme elle-même est au-dessus de l'intellect. Et l'intellect est une force qui se répand depuis elle, et pour que soit attirée cette attraction et cette expansion vers le dévoilement, c'est lorsqu'il y a un keli pour contenir, c'est-à-dire le keli du cerveau qui est un keli pour la lumière de l'intellect ; alors le keli attire en lui le dévoilement de la lumière et de la force de l'intellect, et chez le petit, du fait de la petitesse de son cerveau, l'intellect illumine dans une très grande petitesse, etc., mais l'âme elle-même est revêtue en lui même depuis sa petitesse et le commencement de sa venue à l'être).

Or la substance et l'essence de l'âme est une part de Divinité qui n'est pas dans la catégorie des dix aspects qui ont une catégorie particulière, mais une lumière simple, etc. Et ainsi a écrit le gaon le Maharal de Prague, que son souvenir soit en bénédiction, dans son introduction au livre Guevourot Hachem, page 3, colonne 3, et voici ses paroles : "Et peut-être diront-ils : si Son essence n'est pas intellect et corps, à D.ieu ne plaise de dire de Lui, si donc qu'est-Il, béni soit-Il ?

Nous leur répondrons : est-ce que l'âme qui est dans le corps de l'homme, peut-on se tenir sur sa vérité ? À plus forte raison et à plus forte raison le Créateur de tout, au sujet duquel il ne faut pas poser cette difficulté, car l'homme ne Me verra pas et vivra" (Exode 33, 20).

Fin de citation. Ainsi il a expliqué que l'âme elle-même est au-dessus de la substance de l'intellect.

Or de même on comprendra de cela le nimchal en haut (comme l'a écrit le gaon susdit) au sujet des dix sefirot supérieures vis-à-vis de l'Émanateur, Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il. Ou comme c'est en haut, ainsi c'est en bas dans l'âme (comme il est écrit "Faisons l'homme à Notre image", etc.

(Genèse 1, 26), qui se rapporte à l'âme, et voir dans le Chla, folio 9 et folio 10) que même l'aspect de 'hokhma supérieure d'Atsilout n'est qu'un aspect de keli seulement pour la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, mais elle n'est pas Son essence à Lui, l'Émanateur, béni soit-Il, car Il est simple dans l'extrémité de la simplicité, ce qui n'est pas le cas de l'aspect de 'hokhma qui est une certaine substance et une catégorie particulière.

ואנת חכים זהו השפלה וענוה שמשפיל א״ע כביכול להיות מתלבש בחכמה ואזי איהו וחיוהי וגרמוהי חד ולא כמו התלבשות הנפש בשכל. ומ״מ הוא רק כלי כו׳.

וכמ״ש בס׳ של בינונים דמ״ש הרמב״ם הוא המדע והוא היודע כו׳ והודו לו חכמי הקבלה, זהו דוקא בהתלבשות אור א״ס ב״ה ע״י צמצומים רבים בכלים דחב״ד דאצי׳ אך לא למעלה מהאצי׳ כו׳. כי הנה בהקדמה לספר גבורות ה׳ שם השיג לגמרי עמ״ש הרמב״ם שהוא המדע כו׳, וז״ל אבל הוא ית׳ שקראו רז״ל בשם הקב״ה ולא נקרא השכל ב״ה כי אמיתת עצמותו לא נודע רק שהוא נבדל מכל גשם וגוף ומכל הנמצאים ועל זה נאמר הקדוש ב״ה שענין קדוש נאמר על מי שהוא נבדל כי הוא יתברך פשוט בתכלית הפשיטות כו׳ יעו״ש שהאריך להשיג לגמרי ע״ד הרמב״ם הנ״ל.

אמנם לפי קבלת  האריז״ל עולה שדברי שניהם אמת, דבא״ס ב״ה עצמו לא שייך כלל לתאר בחי׳ חכמה כי החכמה נחשבת אצלו כמו עשי׳ ממש וכדברי הגאון מהר״ל שלכן נק׳ הקב״ה כנ״ל.

"C'est Toi qui es sage" : c'est l'abaissement et l'humilité par lesquels Il s'abaisse Lui-même, pour ainsi dire, pour être revêtu dans la 'hokhma, et alors "Lui, Ses vitalités et Ses organes sont un", et non comme le revêtement de l'âme dans l'intellect. Et néanmoins ce n'est qu'un keli, etc.

Et comme il est écrit dans le Tanya, que ce qu'a dit le Rambam : "Il est la connaissance et Il est le connaissant", etc., et que les sages de la kabbale l'ont reconnu, cela est précisément dans le revêtement de la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, par de nombreux tsimtsoumim (retraits), dans les kelim de 'Habad ('hokhma, bina, daat) d'Atsilout, mais non au-dessus d'Atsilout, etc. Car voici, dans l'introduction au livre Guevourot Hachem, là, il a entièrement contesté ce qu'a écrit le Rambam qu'Il est la connaissance, etc., et voici ses paroles : "Mais Lui, béni soit-Il, que nos Sages, leur mémoire soit en bénédiction, ont appelé du nom du Saint, béni soit-Il, et Il n'est pas appelé l'intellect, béni soit-Il, car la vérité de Son essence n'est pas connue, seulement qu'Il est séparé de tout corps et de toute corporéité et de tous les existants, et c'est à ce sujet qu'il est dit le Saint, béni soit-Il, car le sujet de saint est dit de celui qui est séparé, car Lui, béni soit-Il, est simple dans l'extrémité de la simplicité", etc., voir là qu'il a longuement contesté entièrement la voie du Rambam susdit.

Cependant, selon la kabbale de l'Ari z"l, il ressort que les paroles des deux sont vraies, car dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même, il n'est absolument pas approprié d'attribuer un aspect de 'hokhma, car la 'hokhma est considérée auprès de Lui comme l'Assiya véritablement, et comme les paroles du gaon le Maharal, c'est pourquoi Il est appelé le Saint, béni soit-Il, comme ci-dessus.

ומ״מ בהתלבשות אור א״ס ע״י צמצומים רבים בכלים דחב״ד דאצילות כיון דאיהו וחיוהי וגרמוהי חד בהון זהו מ״ש הרמב״ם שהוא המדע והוא היודע כו׳ וכמאמר התיקונים אנת חכים ולא בחכמה ידיעא כו׳. ואם כן מכ״ז מובן מ״ש שהחכמה הוא רק כלי לאור א״ס ב״ה:(והנה הגם שבתניא נתבאר שהנשמה נמשכה מבחי׳ חכמה שהוא המדע כו׳ כמו שהבן נמשך ממוח האב והחכמה היא בחי׳ כלי כנ״ל.

אך י״ל כי אע״פ שהחכמה היא בחי׳ כלי מ״מ שורה בה עכ״פ א״ס ב״ה עצמו שלמעלה מהחכמה וכמ״ש בס׳ של בינונים פל״ה בהג״ה ולכן גם בהנשמה הנמשכת מכלי ח״ע מלובש גם כן הארה מבחי׳ האור המלובש בכלי הח״ע דאיהו וחיוהי חד. וכמ״ש באגה״ק משל גשמי לזה כמו בהטפה נמשך בה גם ממהות הנפש ועצמותה המלובשת במוחין ולכן מולידה בדומה לה ממש עכ״ל.

וזהו שנזכר לעיל שעצמיות ומהות הנשמה הוא למעלה מהשכל כו׳ והשכל אינו רק בחי׳ כלי לבד להנשמה עצמה. אכן באמת בחי׳ יחידה היא נמשכה מלמעלה ממש מהחכמה, ועיין בזוהר ח״ג נשא דקמ״א ע״ב ע״פ ויפח באפיו נשמת חיים, ועיין בשע״ק להרח״ו ח״ג ש״ב שהיחידה שרשה מא״ק והוא למעלה מעלה מהחכמה ועמ״ש על פסוק אלה מסעי בענין מוצאיהם למסעיהם, ועמ״ש במ״א על פסוק ולא אבה הוי׳ אלקיך לשמוע אל בלעם בענין האהבה מסותרת שהוא מבחי׳ קוצו של יו״ד שלמעלה מהחכמה כו׳):

Et néanmoins, dans le revêtement de la lumière de l'Or Ein Sof par de nombreux tsimtsoumim dans les kelim de 'Habad d'Atsilout, puisque "Lui, Ses vitalités et Ses organes sont un en eux", c'est ce qu'a dit le Rambam : "Il est la connaissance et Il est le connaissant", etc., et comme la parole des Tikounim : "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue", etc. Si donc, de tout cela on comprend ce qui a été dit, que la 'hokhma n'est qu'un keli pour la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il.

(Or, bien que dans le Tanya il ait été expliqué que l'âme est attirée de l'aspect de 'hokhma qui est la connaissance, etc., de même que le fils est attiré du cerveau du père, et la 'hokhma est un aspect de keli comme ci-dessus. Mais on peut dire que, bien que la 'hokhma soit un aspect de keli, néanmoins repose en elle de toute façon l'Or Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même, qui est au-dessus de la 'hokhma, et comme il est écrit dans le Tanya, chapitre 35, dans la note, et c'est pourquoi aussi dans l'âme qui est attirée du keli de la 'hokhma supérieure est revêtue aussi une illumination de l'aspect de la lumière revêtue dans le keli de la 'hokhma supérieure, de "Lui et Ses vitalités sont un".

Et comme il est écrit dans Igueret Hakodech, une parabole matérielle pour cela : de même que dans la goutte est attiré aussi de la substance de l'âme et de son essence revêtue dans les mohin, et c'est pourquoi elle engendre semblable à elle véritablement, fin de citation. Et c'est ce qui a été mentionné plus haut, que l'essence et la substance de l'âme est au-dessus de l'intellect, etc., et l'intellect n'est qu'un aspect de keli seulement pour l'âme elle-même.

Cependant en vérité l'aspect de ye'hida est attiré d'en haut véritablement, au-dessus de la 'hokhma, et vois dans le Zohar III, Nasso, folio 141b, sur le verset "Il insuffla dans ses narines une âme de vie" (Genèse 2, 7), et vois dans Chaarei Kedoucha du Rav 'Haïm Vital, partie 3, chaar 2, que la ye'hida, sa racine est d'Adam Kadmon, et elle est au-dessus, au-dessus de la 'hokhma, et vois ce qui est écrit sur le verset "Voici les étapes" au sujet de "leurs points de départ pour leurs étapes", et vois ce qui est écrit ailleurs sur le verset "Et ה' ton Elokim n'a pas voulu écouter Bil'am" (Deutéronome 23, 6) au sujet de l'amour caché qui est de l'aspect de la pointe du youd, qui est au-dessus de la 'hokhma, etc.) :

ב והנה לפיכך בחי׳ ומדרגת מס״נ שהוא ענין הביטול במציאות ממש לא״ס ב״ה נמשך דוקא מצד עצמיות הנפש שלמעלה מהשכל שבטלה לעצמיות א״ס ב״ה שלמעלה מעלה גם כן מהחכמה כביטול הנר באבוקה. אבל לא די בבחי׳ השכל שבנפש לבד מאחר שאינו רק כלי וגם מקור החכמה הוא כלי בלבד לאלקות.

וזהו בכל נפשך ממש ולא בחינת לבושים לבד מודומ״ע, (ובזה מתורץ למה לא נמצא בתורה טעם על מס״נ רק על אהבה כמ״ש לאהבה את ה׳ אלהיך כו׳ כי הוא חייך אלא שהוא מפני שהמס״נ נמשך מצד הבחי׳ שלמעלה מהשכל א״כ איך שייך לומר ע״ז טעם ושכל). ועפ״ז יובן גם כן ענין ותלמוד תורה כנגד כולם, וגם מ״ש ודברת בם מיד לאחר בכל מאדך דמאדך היינו אה״ר בלי גבול ליכלל וליבטל בא״ס ב״ה ואיך תתיישב צמאון אה״ר זו ע״י ודברת בם כו׳ גם בפי׳ בכל נפשך שהוא מס״נ ממש.

וידוע דיש גם כן עוד פי׳ דבכל נפשך היינו ג׳ לבושי הנפש מחשבה ודיבור ומעשה לקשרם במודומ״ע של הקב״ה ע״י עסק התורה ומצות. ואם כן איך ב׳ פירושים אלו שבתיבות בכל נפשך שייכים זל״ז.

והענין כי התורה היא חכמתו ית׳ שבאצי׳ שבה מלובש אור א״ס ב״ה ממש, (ולכן נקרא התורה משל הקדמוני שהיא בחי׳ ח״ע שהוא כלי לאור א״ס ב״ה שהוא קדמונו של עולם כמ״ש מזה בדרוש פורים) וחכמה דאצילות נתלבשה בחכמה דבי״ע כדי להתלבש בהלכות הערוכות לפנינו שהם מדברים בענינים גשמיים דעשייה פיאה תרומות ומעשרות כו׳ יציאות השבת כו׳. וכשהאדם לומד התורה ומבין ומשיג איזו הלכה לאשורה הרי חכמתו מתקשרת בחכמתו ית׳ שבהלכה זו.

והיו לאחדים מכל צד ופנה כמ״ש בס׳ של בינוני׳ ח״א פ״ה.

2. Or, c'est pourquoi l'aspect et le degré de messirout nefech (don de soi), qui est le sujet du bitoul (effacement de soi) dans l'existence véritablement devant l'Or Ein Sof, béni soit-Il, est attiré précisément du côté de l'essence de l'âme qui est au-dessus de l'intellect, qui s'efface devant l'essence de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est au-dessus, au-dessus aussi de la 'hokhma, comme le bitoul de la lampe devant la torche.

Mais il ne suffit pas de l'aspect de l'intellect qui est dans l'âme seulement, puisqu'il n'est qu'un keli, et aussi la source de la 'hokhma n'est qu'un keli seulement pour la divinité. Et c'est "de toute ton âme" véritablement, et non l'aspect des vêtements seulement, pensée, parole et action.

(Et par cela est résolu pourquoi on ne trouve pas dans la Torah une raison pour la messirout nefech, seulement pour l'amour, comme il est dit "pour aimer ה' ton Elokim", etc. (Deutéronome 11, 13), "car Il est ta vie" (Deutéronome 30, 20), mais c'est parce que la messirout nefech est attirée du côté de l'aspect qui est au-dessus de l'intellect ; si donc, comment est-il approprié de dire à ce sujet une raison et un intellect).

Et d'après cela on comprendra aussi le sujet de "et l'étude de la Torah équivaut à tous" (Péa 1, 1), et aussi ce qui est dit "et tu en parleras" immédiatement après "de tout ton meod", car "ton meod" signifie l'ahava raba (amour immense) sans limite pour être inclus et s'effacer dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et comment cette soif de l'ahava raba sans limite se résoudra-t-elle par "et tu en parleras", etc., aussi dans l'explication de "de toute ton âme" qui est la messirout nefech véritablement. Et il est connu qu'il y a aussi une autre explication de "de toute ton âme", à savoir les trois vêtements de l'âme, pensée, parole et action, pour les lier à la pensée, la parole et l'action du Saint, béni soit-Il, par l'occupation de la Torah et des commandements.

Si donc, comment ces deux explications qui sont dans les mots "de toute ton âme" se rapportent-elles l'une à l'autre. Et le sujet est que la Torah est Sa sagesse, béni soit-Il, qui est dans Atsilout, en laquelle est revêtue la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement (et c'est pourquoi la Torah est appelée "la parabole de l'Ancien" (I Samuel 24, 14), car elle est l'aspect de 'hokhma supérieure qui est un keli pour la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est l'Ancien du monde (kadmono chel olam), comme il est écrit de cela dans le discours de Pourim), et la 'hokhma d'Atsilout s'est revêtue dans la 'hokhma de Beria, Yetsira, Assiya afin de se revêtir dans les lois arrangées devant nous, qui parlent de sujets matériels d'Assiya : péa, prélèvements et dîmes, etc., les sorties du Chabbat, etc.

Et lorsque l'homme étudie la Torah et comprend et saisit une certaine loi selon sa vérité, voici que sa sagesse se lie à Sa sagesse, béni soit-Il, qui est dans cette loi. Et ils deviennent uns de tout côté et de tout angle, comme il est écrit dans le Tanya, première partie, chapitre 5.

והנה מבואר למעלה שעם היות הנשמה עצמה היא למעלה מהשכל מכל מקום עכ״פ השכל הוא כלי לעצמות הנשמה. וכן למעלה אע״פ שאור א״ס ב״ה הוא למעלה מגדר ובחי׳ חכמה אפילו מבחי׳ ח״ע דאצילות מ״מ מלובש הוא בח״ע שהחכמה היא דוקא כלי לאור א״ס ב״ה כמ״ש הטעם בס׳ של בינונים פל״ה בהג״ה וכיון שכן הרי על ידי התקשרות ויחוד חכמה ושכל של הנשמה  בחכמה שבתורה שהיא חכמתו ית׳ עי״ז ממילא נעשה ג״כ התכללות ויחוד עצמיות הנשמה שלמעלה מהשכל באור א״ס ב״ה ממש שלמעלה מעלה מבחי׳ ח״ע כיון דאור א״ס ב״ה מלובש בח״ע אשר היא הלכה זו.

Or, il a été expliqué plus haut qu'avec le fait que l'âme elle-même est au-dessus de l'intellect, néanmoins de toute façon l'intellect est un keli pour l'essence de l'âme. Et de même en haut, bien que la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, soit au-dessus de la catégorie et de l'aspect de 'hokhma, même de l'aspect de 'hokhma supérieure d'Atsilout, néanmoins Il est revêtu dans la 'hokhma supérieure, car la 'hokhma est précisément le keli pour la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, comme la raison en est écrite dans le Tanya, chapitre 35, dans la note.

Et puisqu'il en est ainsi, voici que par la liaison et l'union de la 'hokhma et de l'intellect de l'âme avec la 'hokhma qui est dans la Torah, qui est Sa sagesse, béni soit-Il, par cela automatiquement se fait aussi l'inclusion et l'union de l'essence de l'âme qui est au-dessus de l'intellect dans la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, qui est au-dessus, au-dessus de l'aspect de 'hokhma supérieure, puisque la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, est revêtue dans la 'hokhma supérieure qui est cette loi.

וגם נשמת האדם שלמעלה מהשכל שלו מלובשת בכח השכל שהרי הנפש נק׳ נפש המשכלת. א״כ בהתקשרות ויחוד שכל האדם בחכמת התורה.

נעשה גם כן יחוד עליון יותר מזה והוא התכללות עצמיות הנשמה בעצמיות אור א״ס ב״ה.

Et aussi l'âme de l'homme qui est au-dessus de son intellect est revêtue dans la force de l'intellect, car l'âme est appelée âme intellective. Si donc, dans la liaison et l'union de l'intellect de l'homme avec la sagesse de la Torah se fait aussi une union supérieure à celle-ci, et c'est l'inclusion de l'essence de l'âme dans l'essence de la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il.

וכ״ז נעשה דוקא על ידי התקשרות השכל בחכמת התורה וזהו שאיתא דאורייתא היא היכלא עילאה דקוב״ה. ואע״פ שהאדם אינו מרגיש כלל התכללות זו בשעת עסקו בתורה ועיקר עסקו וטרדתו הוא בהחכמה להשיגה ולא עוד אלא שאפשר שיתערב מקצת ישות באמצע אם השכיל בטוב כו׳ מ״מ מאחר שעיקר כוונתו לשמה ובתורת ה׳ דוקא חפצו לכן עצמיות נשמתו נכללת בא״ס ב״ה ואע״ג דאיהו לא חזי מזליה חזי.

(ועמ״ש מכל זה בד״ה וידבר אלקים גבי חג השבועות ע״ש). ובזה יובן איך שני הפי׳ דבכל נפשך מישך שייכי אהדדי וגם דשייך ודברת בם תיכף לובכל מאדך.

כי המס״נ ליבטל ולהכלל בא״ס ב״ה ובעסקו בתורה גם כן מתכללת נשמתו בא״ס ב״ה כו׳ לכן ענין ודברת בם הוא המרוה צמאון האה״ר דבכל מאדך ליבטל וליכלל בא״ס ב״ה (ועמ״ש מענין עסק התורה בד״ה כי ביום הזה יכפר בפי׳ והיו הדברים האלה כו׳ ודברת בם ע״ש):

Et tout cela se fait précisément par la liaison de l'intellect avec la sagesse de la Torah, et c'est ce qui est dit que la Torah est le palais suprême du Saint, béni soit-Il. Et bien que l'homme ne ressente pas du tout cette inclusion au moment de son occupation dans la Torah, et que le principal de son occupation et de sa préoccupation soit dans la sagesse pour la saisir, et non seulement cela, mais il est possible qu'un peu de yech (l'être, le moi) se mêle au milieu s'il a bien compris, etc., néanmoins, puisque son intention principale est pour elle-même et que c'est précisément dans la Torah de ה' que se trouve son désir, c'est pourquoi l'essence de son âme est incluse dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et bien que "lui ne voie pas, son mazal voit" (Meguila 3a).

(Et voir ce qui est écrit de tout cela dans le discours "Et Elokim parla" à propos de la fête de Chavouot, vois là). Et par cela on comprendra comment les deux explications de "de toute ton âme" se rapportent l'une à l'autre, et aussi qu'il convient "et tu en parleras" immédiatement à "de tout ton meod".

Car la messirout nefech pour s'effacer et être inclus dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et dans son occupation dans la Torah aussi son âme s'inclut dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, etc., c'est pourquoi le sujet de "et tu en parleras" est ce qui étanche la soif de l'ahava raba sans limite de "de tout ton meod", pour s'effacer et être inclus dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il. (Et voir ce qui est écrit au sujet de l'occupation de la Torah dans le discours "Car en ce jour il fera expiation", dans l'explication de "Et ces paroles seront", etc., "et tu en parleras", vois là) :

ג וזהו הטעם לעוצם השקידה בתלמוד תורה של חכמי המשנה והגמרא אשר זה היה עבודתם כל הימים לא פסק פומי׳ מגירסא. ומהדר תלמודי׳ מתלתין יומין לתלתין יומין וגם רשב״י כנז׳ בשבת פ׳ במה מדליקין.

3. Et c'est la raison de l'immense assiduité dans l'étude de la Torah des sages de la Michna et de la Guemara, car c'était leur service tous les jours : sa bouche ne cessait pas de l'étude.

Et il révisait son étude de trente jours en trente jours, et aussi Rabbi Chimon bar Yo'haï, comme mentionné dans Chabbat, chapitre "Par quoi allume-t-on" (Chabbat 33b).

וגם בזוהר נז׳ מארי מתניתא ומארי קבלה מועטים היו ומהו הלימוד סדר זרעים בצמח הארץ וסדר טהרות אבות הטומאה כו׳ שהם הכל מדברים בענינים גשמיים אלא לפי שבהם נתלבשה חכמתו ית׳ ע״י התלבשות בחכמה דבריאה כו׳ כנ״ל ובתוכה שורה אור א״ס ב״ה, וזהו עיקר התכלית להמשיך גילוי אור א״ס ב״ה שלמעלה מהאצי׳.

Et aussi dans le Zohar il est mentionné que les maîtres de la Michna et les maîtres de la kabbale étaient peu nombreux, et qu'est l'étude : l'ordre Zeraïm dans la pousse de la terre, et l'ordre Taharot, les pères de l'impureté, etc., qui parlent tous de sujets matériels ; seulement parce qu'en eux s'est revêtue Sa sagesse, béni soit-Il, par le revêtement dans la 'hokhma de Beria, etc., comme ci-dessus, et en elle repose la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et c'est la fin principale : attirer le dévoilement de la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est au-dessus d'Atsilout.

וגם המלאכים בקשו התורה בשביל זה ולא ניתנה להם אלא לישראל דוקא להמשיך גילוי אור הסוכ״ע בעה״ז דוקא ולכן נתלבשה התורה בענינים גשמיים דוקא. בכדי שאח״כ בתחה״מ שהוא תכלית הבריאה יהי׳ גילוי זה לנשמות שבגופים דוקא.

Et aussi les anges ont demandé la Torah pour cela, et elle ne leur a pas été donnée, mais à Israël précisément, pour attirer le dévoilement de la lumière de sovev kol almin (qui entoure tous les mondes) dans ce monde précisément, et c'est pourquoi la Torah s'est revêtue dans des sujets matériels précisément. Afin qu'ensuite, dans la résurrection des morts, qui est la fin de la création, ce dévoilement soit pour les âmes qui sont dans les corps précisément.

והיינו ע״י ביטול הנפש והתכללותה באור א״ס ב״ה עכשיו ע״י עסק התורה כנ״ל שלא להיות בבחי׳ יש בפ״ע אלא להיות בטל לאור א״ס ורצונו וחכמתו שזהו עסק התורה וכמ״ש ולא תחללו שלא לעשות בחי׳ חלל והעלם אור א״ס ב״ה. שהוא ית׳ אינו שורה במי שהוא יש ודבר שאין אני והוא יכולים לדור בעולם א״כ גורם בחי׳ חלל שמסתלק אור א״ס ב״ה ממנו כו׳.

Et c'est par le bitoul de l'âme et son inclusion dans la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, maintenant, par l'étude de la Torah comme ci-dessus, pour ne pas être dans l'aspect de yech à part soi, mais pour être effacé devant la lumière de l'Or Ein Sof et Sa volonté et Sa sagesse, ce qui est l'étude de la Torah, et comme il est dit "Vous ne profanerez pas" (Lévitique 22, 32), pour ne pas faire un aspect de vide et de voilement de la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Car Lui, béni soit-Il, ne repose pas en celui qui est yech et une chose séparée, car "Moi et lui ne pouvons demeurer dans le monde" ; si donc il cause un aspect de vide, que se retire de lui la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, etc.

והנה ידוע שלהיות התהוות העולמות נעשה חלל ומקום פנוי ואח״כ נמשך קו לתוך מקום החלל, וענין החלל הוא העלם האור והקו היא בחי׳ הגלוי. אך כיון שהגילוי מעט רק עד״מ בבחי׳ קו וחוט לבד ע״כ ברבוי ההשתלשלות העולמות נעשה למטה בחי׳ העלם והסתר, וגם כי הארת הקו מסתיים במלכות דאצי׳ אלא שאח״כ נמשך ובוקע דרך הפרסא.

אמנם לע״ל יהי׳ גילוי אור א״ס שלמעלה מהצמצום וחלל ולא יהי׳ עוד הגילוי בבחי׳ קו אלא עצמות אור א״ס יתגלה ולא יהיה עוד חלל והפסק כלל.

Or, il est connu que pour la venue à l'être des mondes s'est fait un vide et un lieu vacant, et ensuite a été attiré un kav (rayon) à l'intérieur du lieu du vide, et le sujet du vide est le voilement de la lumière, et le kav est l'aspect du dévoilement. Mais puisque le dévoilement est peu, seulement à titre d'exemple dans l'aspect d'un kav et d'un fil seulement, c'est pourquoi dans la multitude de l'enchaînement des mondes se fait en bas un aspect de voilement et de dissimulation, et aussi parce que l'illumination du kav se termine dans malkhout d'Atsilout, seulement qu'ensuite elle est attirée et perce à travers la parsa.

Cependant dans l'avenir sera le dévoilement de la lumière de l'Or Ein Sof qui est au-dessus du tsimtsoum et du vide, et le dévoilement ne sera plus dans l'aspect de kav, mais l'essence de la lumière de l'Or Ein Sof se révélera, et il n'y aura plus de vide ni d'interruption du tout.

והגילוי יהיה למטה דוקא. משא״כ עכשיו שהקו מסתיים באצי׳ כו׳ והא בהא תליא שכשהגילוי רק בבחי׳ קו ע״כ הולך ומתמעט וכמשל החבל שבראשו עב והולך ומתקצר כו׳ עד שמסתיים באצי׳ משא״כ כשהגילוי הוא עצמיות האור שלא בבחי׳ קו הנה מעלה ומטה שוין, (וכמ״ש בד״ה זכור את יום השבת גבי פי׳ קוינו כו׳ ולעתיד כו׳ ע״ש), וגילוי זה לע״ל הוא ע״י עסק התורה עכשיו בבחי׳ ביטול שבחכמת התורה שורה ומלובש אור א״ס אלא שהוא בבחי׳ קו.

וע״י הביטול של הנפש האדם שעצמיות הנפש נכללת בבחי׳ ביטול בהקו אור א״ס שבתורה גורם וממשיך התגלות  עצמיות האור שלמעלה מהקו והחלל כו׳, (כי ביטול היש מעורר מאד למעלה לכן ביטול זה של הנפש והחב״ד שלה ולבושיה מו״ד בעסק התורה בבחי׳ ולא תחללו גורם להמשיך תוספת אור בהתורה. וזהו פי׳ עוסק בתורה לשמה ר״ל לשם התורה עצמה.

שהרי עכשיו מלובש בה רק קו מאור א״ס וע״י עסק האדם בתורה לשמה גורם התגלות אור א״ס שלמעלה מהקו כו׳, ועמ״ש סד״ה ויקח קרח). ומ״מ ארז״ל כל האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו, כי בכדי שיהיה נעשה התכללות הנפש באור א״ס ב״ה בעסק התורה ברעותא דלבא תליא מלתא שיחפוץ באמת בביטול זה.

Et le dévoilement sera en bas précisément. À l'opposé de maintenant, où le kav se termine dans Atsilout, etc.

Et l'un dépend de l'autre : lorsque le dévoilement n'est que dans l'aspect de kav, c'est pourquoi il va et diminue, et comme la parabole de la corde qui à son début est épaisse et va et se raccourcit, etc., jusqu'à ce qu'elle se termine dans Atsilout ; à l'opposé, lorsque le dévoilement est l'essence de la lumière, non dans l'aspect de kav, voici que le haut et le bas sont égaux (et comme il est écrit dans le discours "Souviens-toi du jour du Chabbat" à propos de l'explication de "nous avons espéré", etc., et dans l'avenir, etc., vois là). Et ce dévoilement dans l'avenir est par l'étude de la Torah maintenant dans l'aspect de bitoul, car dans la sagesse de la Torah repose et est revêtue la lumière de l'Or Ein Sof, seulement qu'elle est dans l'aspect de kav.

Et par le bitoul de l'âme de l'homme, que l'essence de l'âme s'inclut dans l'aspect de bitoul dans le kav de la lumière de l'Or Ein Sof qui est dans la Torah, il cause et attire le dévoilement de l'essence de la lumière qui est au-dessus du kav et du vide, etc. (Car le bitoul du yech éveille beaucoup en haut ; c'est pourquoi ce bitoul de l'âme et de son 'Habad et de ses vêtements, pensée, parole et action, dans l'étude de la Torah dans l'aspect de "Vous ne profanerez pas" (Lévitique 22, 32), cause d'attirer un supplément de lumière dans la Torah.

Et c'est l'explication de "celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même", c'est-à-dire pour le nom de la Torah elle-même. Car maintenant n'est revêtu en elle qu'un kav de la lumière de l'Or Ein Sof, et par l'étude de l'homme dans la Torah pour elle-même il cause le dévoilement de la lumière de l'Or Ein Sof qui est au-dessus du kav, etc., et voir ce qui est écrit à la fin du discours "Et Kora'h prit").

Et néanmoins nos Sages ont dit : "Quiconque dit : je n'ai que la Torah, même la Torah il ne l'a pas", car pour que se fasse l'inclusion de l'âme dans la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans l'étude de la Torah, la chose dépend du reouta deliba (le vouloir du cœur), qu'il désire vraiment ce bitoul.

והיינו ע״י קדימת ק״ש ותפלה וכמ״ש האריז״ל למס״נ באחד. דלכאורה הרי מס״נ הוא באומרו ובכל נפשך.

אלא כי ענין מס״נ באחד היינו הביטול עצמיות נפש האלקית שלמעלה מהשכל כו׳. וענין מס״נ דובכל נפשך היינו שגם נפש הבהמית תסכים לזה בבחי׳ אתכפייא ואתהפכא והיינו ע״י ההתבוננות כו׳, ולזאת אח״כ כשעוסק בתורה ומתקשר שכלו בחכמתו ית׳ שבתורה.

נעשה ג״כ יחוד והתכללות עצמיות הנפש באור א״ס ב״ה ממש המלובש בח״ע.

Et c'est par la priorité du Chema et de la prière, et comme l'a écrit l'Ari z"l, pour la messirout nefech dans l'Un. Car apparemment la messirout nefech est lorsqu'il dit "et de toute ton âme".

Seulement, le sujet de la messirout nefech dans l'Un, c'est le bitoul de l'essence de la nefech élokit qui est au-dessus de l'intellect, etc. Et le sujet de la messirout nefech de "et de toute ton âme", c'est que même la nefech habéhamit (âme animale) consente à cela dans l'aspect de itkafia et ithapkha (sitra a'hra soumise / transformée), et c'est par la contemplation, etc.

Et pour cela, ensuite, lorsqu'il s'occupe de la Torah et lie son intellect à Sa sagesse, béni soit-Il, qui est dans la Torah, se fait aussi l'union et l'inclusion de l'essence de l'âme dans la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, revêtue dans la 'hokhma supérieure.

וכמ״ש אם ישים אליו לבו כו׳. והגם שבדברי רז״ל נז׳ הלשון כל האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו אלא תורה וגמילות חסדים.

הנה ודאי דגמילות חסדים הוא כפשוטו ממש כי תכלית חכמה תשובה ומעשים טובים והלומד ואינו עושה נוח לו שתהפך שלייתו ע״פ. אמנם באמת גם עיון תפלה הוא בכלל גמ״ח כדאיתא בגמ׳ ופרש״י בשבת דקכ״ז (ועמ״ש בד״ה וכל בניך למודי ה׳ בענין בניך ובוניך):

Et comme il est dit "S'Il mettait vers lui Son cœur", etc. (Job 34, 14).

Et bien que dans les paroles de nos Sages soit mentionné le langage "Quiconque dit : je n'ai que la Torah, même la Torah il ne l'a pas", mais "la Torah et les actes de bienfaisance". Voici qu'assurément la bienfaisance est selon son sens simple véritablement, car "la fin de la sagesse est le repentir et les bonnes actions" (Berakhot 17a), et "celui qui étudie et ne pratique pas, il lui eût mieux valu que son placenta se retournât sur son visage" (Vayikra Rabba 35, 7).

Cependant en vérité aussi l'étude de la prière est incluse dans la bienfaisance, comme il est dit dans la Guemara et le commentaire de Rachi dans Chabbat folio 127 (et voir ce qui est écrit dans le discours "Et tous tes fils sont instruits de ה'" au sujet de "tes fils" et "tes bâtisseurs") :

ד והנה מכ״ז יובן שמעלה ומדרגה זו שבעסק התורה ששכל האדם העוסק בתורה מתקשר ומתאחד בחכמתו ית׳. ועי״ז נכלל עצמיות הנפש באור א״ס ב״ה המלובש בחכמתו ית׳ זהו דייקא בעסק התורה הנגלות לנו שהם שיתא סדרי משנה המדברים מכשר ופסול טמא וטהור וחייב וזכאי כו׳ לפי שהם נתלבשו בעשיה ר״ל שחכמתו יתברך שבאצי׳ שבתוכה אור א״ס ב״ה נסעה וירדה עד שנתלבשה בדברים גשמיים שבעניני עוה״ז בכדי שהאדם הלומד ההלכה יהיה שכלו משיג ותופס מהות ועצמיות החכמה שבההלכה מכיון שמדברת בענינים גשמיים שמהותן מושג.

4. Or, de tout cela on comprendra que cette supériorité et ce degré qui est dans l'étude de la Torah, que l'intellect de l'homme qui s'occupe de la Torah se lie et s'unit à Sa sagesse, béni soit-Il, et par cela l'essence de l'âme est incluse dans la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, revêtue dans Sa sagesse, béni soit-Il : c'est précisément dans l'étude de la Torah qui nous est révélée, qui sont les six ordres de la Michna, qui parlent de casher et de pasoul, d'impur et de pur, de coupable et d'innocent, etc., parce qu'ils se sont revêtus dans Assiya, c'est-à-dire que Sa sagesse, béni soit-Il, qui est dans Atsilout, à l'intérieur de laquelle est la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, a voyagé et est descendue jusqu'à se revêtir dans des choses matérielles qui sont dans les sujets de ce monde, afin que l'homme qui étudie la loi, son intellect saisisse et appréhende la substance et l'essence de la sagesse qui est dans la loi, puisqu'elle parle de sujets matériels dont la substance est saisie.

ולכן נעשה התקשרות ויחוד אמיתי שכל האדם בחכמה שבההלכה וכיון שהיא חכמתו ית׳ ממש המיוחדת במאציל׳ א״ס ב״ה רק שנתלבשה בלבושי׳ כו׳ ע״כ עי״ז נעשה ג״כ היחוד העליון שעצמיות נשמתו נכללת בעצמות אור א״ס המלובש בח״ע המלובשת בהלכה זו. אבל בלימוד חכמת הקבלה הואיל שחכמתו ית׳ שבענינים אלו מלובשת בעניינים רוחניים כמו בתיקון פרצופי האצי׳ או בבי״ע בבריאת שרפים וחיות כו׳ נשמות ומלאכים ג״ע העליון וג״ע התחתון כו׳ הרי האדם הלומד זה דהיינו ידיעת סדר ההשתלשלות שבע״ח אין יד שכלו משיג מהות חכמה זו ששכל האדם אינו משיג המהות רק בעשיה ולא מהות הרוחניות איך ומה הוא רק מציאותו, ולכן כשחכמתו ית׳ מלובשת בעשיה משיג מהותם ממש כמו בד׳ רשוית לשבת משיג היטב מהות רה״י ומהות רה״ר.

משא״כ כשהחכמה מדברת בענינים רוחניים שאין מהותן מושג כלל היינו בלימוד הקבלה אין שכלו תופס ומשיג ומתקשר כ״כ במהות חכמתו ית׳. רק במציאות׳ ולא במהות׳ ואין זה יחוד והתקשרות כמו בנגלה ששכל האדם תופס ומשיג מהות חכמתו ית׳ ולא מציאותה לבד.

Et c'est pourquoi se fait une liaison et une union véritable de l'intellect de l'homme avec la sagesse qui est dans la loi, et puisqu'elle est Sa sagesse, béni soit-Il, véritablement, unie à son Émanateur, Or Ein Sof, béni soit-Il, seulement qu'elle s'est revêtue dans ses vêtements, etc., c'est pourquoi par cela se fait aussi l'union supérieure, que l'essence de son âme est incluse dans l'essence de la lumière de l'Or Ein Sof revêtue dans la 'hokhma supérieure revêtue dans cette loi. Mais dans l'étude de la sagesse de la kabbale, puisque Sa sagesse, béni soit-Il, qui est dans ces sujets, est revêtue dans des sujets spirituels, comme dans le tikoun des partsoufim d'Atsilout, ou dans Beria, Yetsira, Assiya, dans la création des serafim et des 'hayot, etc., âmes et anges, le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur, etc., voici que l'homme qui étudie cela, c'est-à-dire la connaissance de l'ordre de l'enchaînement qui est dans Ets 'Haïm, la main de son intellect ne saisit pas la substance de cette sagesse, car l'intellect de l'homme ne saisit la substance que dans Assiya, et non la substance de la spiritualité, comment et ce qu'elle est, seulement son existence.

Et c'est pourquoi, lorsque Sa sagesse, béni soit-Il, est revêtue dans Assiya, il saisit leur substance véritablement, comme dans les quatre domaines pour le Chabbat il saisit bien la substance du domaine privé et la substance du domaine public. À l'opposé, lorsque la sagesse parle de sujets spirituels dont la substance n'est pas saisie du tout, c'est-à-dire dans l'étude de la kabbale, son intellect n'appréhende pas, ne saisit pas et ne se lie pas autant dans la substance de Sa sagesse, béni soit-Il, seulement dans son existence et non dans sa substance, et ce n'est pas une union et une liaison comme dans le révélé, où l'intellect de l'homme appréhende et saisit la substance de Sa sagesse, béni soit-Il, et non son existence seulement.

ולכן עי״ז דוקא נעשה ג״כ התכללות עצמיות נשמתו באור א״ס המלובש בחכמתו יתברך שהשיג מהותה ממש. שבתוכה א״ס ב״ה.

משא״כ בלימוד ידיעת סדר ההשתלשלות שהשיג רק מציאות מחכמתו ית׳ ולא המהות ממש.

Et c'est pourquoi par cela précisément se fait aussi l'inclusion de l'essence de son âme dans la lumière de l'Or Ein Sof revêtue dans Sa sagesse, béni soit-Il, dont il a saisi la substance véritablement, à l'intérieur de laquelle est l'Or Ein Sof, béni soit-Il. À l'opposé de l'étude de la connaissance de l'ordre de l'enchaînement, où il n'a saisi que l'existence de Sa sagesse, béni soit-Il, et non la substance véritablement.

וזהו מ״ש בפע״ח דקבלה היא באצילות ותלמוד הוא בבריאה ומשנה ביצי׳ ומקרא הוא בעשי׳. דלכאורה תמוה שהרי משנה ותלמוד הן תשבע״פ ודאי כולם נמשכו מחכמה דאצי׳ וכ״ש המקרא תשב״כ, אלא  דר״ל בבחי׳ ההתלבשות שבמקרא נתלבשה ח״ע גם בעשי׳ שעיקר הקפידא הוא על תמונת האותיות ושיהיה הקלף כדין כו׳ ובתגין שבהם נרמזו רזין דאורייתא שלא יוכלו להתלבש בדיבור אלא ע״י עשי׳ כמו לחכימא ברמיזא כו׳ ומשנה ותלמוד הן נתלבשו ביצי׳ ובריאה שהוא בחי׳ אותיות הדבור והחכמה שבהן.

משא״כ קבלה היא באצי׳ דהיינו שאין מהות חכמה זו מושגת למטה כיון שלא נתלבשה בבריאה ויצי׳ כמו משנה ותלמוד. לכן אין מושג רק מציאותה ולא מהותה משא״כ משנה ותלמוד מושג מהות חכמתו ית׳ שבהן.

Et c'est ce qui est dit dans le Pri Ets 'Haïm que la kabbale est dans Atsilout, et le Talmud est dans Beria, et la Michna dans Yetsira, et le Mikra est dans Assiya. Car apparemment c'est étonnant, puisque la Michna et le Talmud sont la Torah orale, assurément tous ont été attirés de la 'hokhma d'Atsilout, et à plus forte raison le Mikra, la Torah écrite.

Seulement l'intention est dans l'aspect du revêtement : dans le Mikra s'est revêtue la 'hokhma supérieure aussi dans Assiya, car la principale exigence est sur la forme des lettres, et que le parchemin soit selon la loi, etc., et dans les taguin (couronnes) qui sont en elles sont indiqués par allusion les secrets de la Torah, qui ne pourront se revêtir dans la parole que par Assiya, comme "au sage, un signe suffit", etc. Et la Michna et le Talmud se sont revêtues dans Yetsira et Beria, qui est l'aspect des lettres de la parole et de la sagesse qui est en elles.

À l'opposé, la kabbale est dans Atsilout, c'est-à-dire que la substance de cette sagesse n'est pas saisie en bas, puisqu'elle ne s'est pas revêtue dans Beria et Yetsira comme la Michna et le Talmud. C'est pourquoi n'est saisie que son existence et non sa substance, à l'opposé de la Michna et du Talmud où est saisie la substance de Sa sagesse, béni soit-Il, qui est en elles.

וזהו ענין משנה ביצירה כו׳ שעי״ז מושג מהותן. אך להבין לפ״ז תוכן ענין לימוד פנימית התורה שהאריכו בזהר ותיקונים ובע״ח בחיוב לימוד זה וכמ״ש ג״כ בספר ראשית חכמה בהקדמה ובשל״ה במסכת שבועות שלו בפרק נר מצוה הפליג מאד במעלת לימוד זה.

Et c'est le sujet de "la Michna dans Yetsira", etc., que par cela est saisie leur substance. Mais pour comprendre d'après cela le contenu du sujet de l'étude de l'intériorité de la Torah, dont ont longuement parlé le Zohar, les Tikounim et Ets 'Haïm de l'obligation de cette étude, et comme il est écrit aussi dans le livre Rechit 'Hokhma dans l'introduction, et dans le Chla dans son traité Chevouot, au chapitre "La lampe du commandement", il a beaucoup exalté la supériorité de cette étude.

ויובן ענין זה בהקדים תחלה ענין שליש במקרא. כי הנה ענין הלימוד במקרא אינו ע״ד לימוד משנה ותלמוד שהעיקר הוא להשיג החכמה שבהן שעי״ז יתקשר שכל האדם בחכמה זו שבתורה כו׳ אלא דצריך ג״כ להוציא הדברים בדיבור פה דוקא אבל מ״מ אם אומר ההלכה ואינו מבין אינו נחשב לו ללימוד כלל כמ״ש במ״א סי׳ נ׳, משא״כ בעסק המקרא ותשב״כ אם מוציא בשפתיו אע״פ שאינו מבין אפי׳ פי׳ המלות מפני שהוא ע״ז ה״ז מקיים מצות ולמדתם, שלפיכך כל ע״ה מברך ברכת התורה בשחר לפני הפסוקים וכן כשעולה לס״ת, וכ״כ בפרדס שכ״ז פ״א גבי לימוד המקרא שגם מי שלא יבין לחבר התיבות גם הוא אם יעסוק בו יומם ולילה שכרו אתו ופעולתו לפניו כו׳, ואדרבה כתב והלומד בתורה לדעת כמי שלומד בספר זכרונות כו׳ הלואי שלא יפסיד כו׳ ע״ש.

Et ce sujet se comprendra en faisant précéder d'abord le sujet du tiers dans le Mikra. Car voici, le sujet de l'étude dans le Mikra n'est pas à la manière de l'étude de la Michna et du Talmud, dont le principal est de saisir la sagesse qui est en elles, par quoi se liera l'intellect de l'homme à cette sagesse qui est dans la Torah, etc., mais il faut aussi faire sortir les paroles dans la parole de la bouche précisément ; mais néanmoins, s'il dit la loi et ne comprend pas, cela ne lui est pas compté comme étude du tout, comme il est écrit ailleurs, section 50.

À l'opposé, dans l'occupation du Mikra et de la Torah écrite, s'il fait sortir de ses lèvres, bien qu'il ne comprenne pas même le sens des mots, parce que c'est sur cela, voici qu'il accomplit le commandement "et vous les enseignerez". C'est pourquoi tout ignorant bénit la bénédiction de la Torah le matin avant les versets, et de même lorsqu'il monte à la Torah.

Et ainsi est écrit dans le Pardès, chaar 27, chapitre 1, au sujet de l'étude du Mikra, que même celui qui ne comprendra pas pour joindre les mots, lui aussi, s'il s'en occupe jour et nuit, "sa récompense est avec lui et son œuvre devant lui" (Isaïe 40, 10), etc. Et au contraire il a écrit : et celui qui étudie la Torah pour connaître, comme celui qui étudie dans le livre des mémoires, etc., pourvu qu'il ne perde pas, etc., vois là.

והענין כי הנה מה שבא מהתשב״כ בהתגלות בתשבע״פ דהיינו ידיעת איך ומה לעשות הציצית והתפילין כו׳ עד״מ, זהו התלבשות אור א״ס בבחי׳ חכמה וח״ע נתלבשה בח״ת עד שנתלבשה בחכמה דבריאה יצירה ומשם נתלבשה בהלכות דתשבע״פ עד שנתלבשה החכמה להיות מושג ונתפס בשכל אנושי. אמנם יש בתורה דברים שלא ניתנו להתלבש למטה בחכמה ושכל כלל וכמו ויוסף הורד מצרימה ויקנהו פוטיפר, (ועיין בפ׳ המשניות להרמב״ם פרק חלק וז״ל ואין הפרש בין ובני חם כוש ומצרים.

ושם אשתו מהיטבאל. ותמנע היתה פלגש.

ובין אנכי ה׳ אלקיך. ושמע ישראל כי הכל מפי הגבורה), שבחי׳ ההמשכה מאור א״ס המרומז באותיות אלו וספור זה לא יוכל להתלבש כלל בחכמה ושכל.

ולכן ההמשכה היא רק ע״י האותיות והפסוקים בלבד כי נעוץ סופן בתחלתן כו׳, ולכן גם מה שלא נתלבש בחכמה דהיינו שהוא מבחי׳ כתר שלמעלה מהחכמה (כי אורייתא מחכמה נפקת. נפקת דייקא שהתגלותה הוא מבחי׳ חכמה אבל שרשה בעצם למעלה מהחכמה וכמ״ש לעיל בד״ה ויקרא אל משה, ולכן מה שנתלבש ממנה בבחי׳ חכמה הוא רק הארה ע״י שערות וצמצומים כי אבא יונק ממזלא כו׳ אבל עצם האור שבכתר לא יוכל להתלבש בחכמה).

ואעפ״כ נמשך הוא ג״כ ע״י האותיות שבתשב״כ ולכן נקרא מקרא שקורא וממשיך התגלות אור א״ס ע״י האותיות אף שאינו משיג כלל, ועמ״ש מענין אותיות התורה איך ששרשן למעלה מהחכמה בד״ה נר חנוכה כו׳ כדי שתהא מזוזה מימין כו׳ ע״ש וסד״ה צאינה וראינה גבי בעטרה שעטרה שהעטרה נעשה מאבנים טובות הוא בחי׳ אותיות התורה, (וכמארז״ל כל התורה שמותיו של הקב״ה. ועד״ז יובן מארז״ל יפה שיחתן של עבדי אבות מתורתן של בנים כו׳ כי הן המשכות ממקור התורה כמו שהוא עדיין למעלה מבחינת חכמה, וע״כ האריכה התורה הרבה בסיפור מעשה דאליעזר עבד אברהם כו׳ יותר מבכמה גופי תורה מתורתן של בנים כו׳.

ועד״ז הוא ענין סיפור ויוסף הורד מצרימה כו׳ כנ״ל. והמשכה זו הוא ע״י האותיות דוקא.

ולכן אף ע״ה שאינו מבין  פי׳ המלות ממשיך משא״כ בתשבע״פ שנתלבשה בחכמה לכך כשאינו מבין אינו ממשיך אבל בתשב״כ ממשיך אף שאינו מבין ואינו תלוי כ״כ בהבנת הפי׳ יען מקור המשכה זו הוא מלמעלה מהחכמה כו׳ והיינו ע״י האותיות ולכן נק׳ תשב״כ מקרא שקוראים וממשיכים ע״י האותיות ועמ״ש מענין מקרא סד״ה ענין ק״ש). והנה בכלל לימוד המקרא הוא ג״כ לימוד האגדות שהרי רוב האגדות הם על הפסוקים ומעט מוסר וגם הם אין מושגים ובכלל מקרא יחשב.

והנה בכלל מקרא הוא ג״כ לימוד פנימית התורה שהרי מדרש הזהר הוא על פסוקי התורה.

Et le sujet : car ce qui vient de la Torah écrite dans le dévoilement dans la Torah orale, c'est-à-dire la connaissance de comment et quoi faire les tsitsit et les téfilines, etc., à titre d'exemple, c'est le revêtement de la lumière de l'Or Ein Sof dans l'aspect de 'hokhma, et la 'hokhma supérieure s'est revêtue dans la 'hokhma inférieure, jusqu'à se revêtir dans la 'hokhma de Beria, Yetsira, et de là elle s'est revêtue dans les lois de la Torah orale, jusqu'à ce que la sagesse se revête pour être saisie et appréhendée dans l'intellect humain. Cependant il y a dans la Torah des choses qui n'ont pas été données pour se revêtir en bas dans la sagesse et l'intellect du tout, et comme "Et Yossef fut descendu en Égypte, et Potifar l'acheta" (Genèse 39, 1) (et vois dans le commentaire des Michnayot du Rambam, chapitre 'Helek, et voici ses paroles : "Et il n'y a pas de différence entre 'Et les fils de 'Ham : Kouch et Mitsraïm' (Genèse 10, 6), et 'le nom de sa femme était Meheitavel' (Genèse 36, 39), et 'Timna était concubine' (Genèse 36, 12), et entre 'Celui que Je suis, ה' ton Elokim' (Exode 20, 2), et 'Écoute Israël' (Deutéronome 6, 4), car tout est de la bouche de la Guevoura").

Car l'aspect de l'attraction depuis la lumière de l'Or Ein Sof indiquée par allusion dans ces lettres et ce récit ne pourra se revêtir du tout dans la sagesse et l'intellect. Et c'est pourquoi l'attraction n'est que par les lettres et les versets seulement, car "leur fin est fichée dans leur commencement", etc.

Et c'est pourquoi aussi ce qui ne s'est pas revêtu dans la 'hokhma, c'est-à-dire que c'est de l'aspect de keter qui est au-dessus de la 'hokhma (car "la Torah est sortie de la 'hokhma". "Est sortie" précisément : son dévoilement est de l'aspect de 'hokhma, mais sa racine en essence est au-dessus de la 'hokhma, et comme il est écrit plus haut dans le discours "Et Il appela vers Moché".

Et c'est pourquoi ce qui s'est revêtu d'elle dans l'aspect de 'hokhma n'est qu'une illumination par les cheveux et les tsimtsoumim, car "Abba tire sa nourriture du mazal", etc., mais l'essence de la lumière qui est dans le keter ne pourra se revêtir dans la 'hokhma). Et néanmoins elle est attirée aussi par les lettres qui sont dans la Torah écrite, et c'est pourquoi elle est appelée Mikra, car on lit et on attire le dévoilement de la lumière de l'Or Ein Sof par les lettres, bien qu'on ne saisisse pas du tout.

Et voir ce qui est écrit au sujet des lettres de la Torah, comment leur racine est au-dessus de la 'hokhma, dans le discours "La lampe de 'Hanouka", etc., "afin que la mezouza soit à droite", etc., vois là, et à la fin du discours "Sortez et voyez" au sujet de "dans la couronne dont l'a couronné sa mère" (Cantique des Cantiques 3, 11), que la couronne est faite de pierres précieuses, c'est l'aspect des lettres de la Torah. (Et comme l'ont dit nos Sages : "Toute la Torah, ce sont les noms du Saint, béni soit-Il".

Et de même on comprendra la sentence de nos Sages : "La conversation des serviteurs des pères est plus belle que la Torah des fils", etc., car ce sont des attractions depuis la source de la Torah comme elle est encore au-dessus de l'aspect de 'hokhma. Et c'est pourquoi la Torah s'est beaucoup étendue dans le récit de l'acte d'Éliézer, serviteur d'Avraham, etc., plus que dans plusieurs corps de Torah de la Torah des fils, etc.

Et de même est le sujet du récit "Et Yossef fut descendu en Égypte", etc., comme ci-dessus. Et cette attraction est par les lettres précisément.

Et c'est pourquoi même l'ignorant qui ne comprend pas le sens des mots attire, à l'opposé de la Torah orale qui s'est revêtue dans la sagesse : c'est pourquoi, lorsqu'il ne comprend pas, il n'attire pas ; mais dans la Torah écrite il attire bien qu'il ne comprenne pas, et cela ne dépend pas autant de la compréhension du sens, parce que la source de cette attraction est d'au-dessus de la 'hokhma, etc. Et c'est par les lettres, et c'est pourquoi la Torah écrite est appelée Mikra, car on lit et on attire par les lettres.

Et voir ce qui est écrit au sujet du Mikra à la fin du discours "le sujet du Chema"). Or, en général, l'étude du Mikra est aussi l'étude des aggadot, car la plupart des aggadot sont sur les versets, et un peu de moussar, et eux aussi ne sont pas saisis, et cela est compté dans le Mikra en général.

Or, en général, le Mikra est aussi l'étude de l'intériorité de la Torah, car le Midrach du Zohar est sur les versets de la Torah.

ועוד שגם בלימוד רזין דאורייתא אינו משיג רק המציאות מההשתלשלות ולא המהות. א״כ אינו דומה למשנה ותלמוד שמשיג מהות חכמתו ית׳ ובלימוד ההשתלשלות אינו משיג כלל מהות חכמה זו מהו בחי׳ אופנים וחיות ושרפים וכ״ש למעלה יותר כו׳.

אלא רק ידיעת המציאות.

Et encore, car aussi dans l'étude des secrets de la Torah on ne saisit que l'existence de l'enchaînement et non la substance. Si donc ce n'est pas semblable à la Michna et au Talmud, où l'on saisit la substance de Sa sagesse, béni soit-Il, et dans l'étude de l'enchaînement on ne saisit pas du tout la substance de cette sagesse, ce qu'est l'aspect des ofanim et des 'hayot et des serafim, et à plus forte raison plus haut, etc.

Seulement la connaissance de l'existence.

ואעפ״כ דבר גדול הוא מאד כיון דא״א להיות בזה השגת המהות. וה״ז כמו שבמקרא אע״פ שא״א להיות ההשגה בבחי׳ חכמה כיון ששרשה למעלה מהחכמה לכן גם מה שאומר האותיות דבר גדול ועצום הוא אף שאותיות הוא רק בחי׳ האחרונה ונקרא בחי׳ דומם לגבי השכל כו׳.

כמ״כ ידיעת המציאות מהפנימית אע״פ שאינו משיג כלל המהות דבר גדול הוא עד להפליא.

Et néanmoins c'est une chose très grande, puisqu'il est impossible d'avoir en cela la saisie de l'essence. Et cela est semblable à ce qui est dans le Mikra : bien qu'il soit impossible d'avoir la saisie dans l'aspect de 'hokhma, puisque sa racine est au-dessus de la 'hokhma, c'est pourquoi même le fait de prononcer les lettres est une chose grande et puissante, bien que les lettres ne soient qu'un aspect ultime et soient appelées aspect de l'inanimé par rapport à l'intellect, etc.

De même, la connaissance de l'existence de l'intériorité, bien qu'on ne saisisse pas du tout l'essence, est une chose grande jusqu'à l'extraordinaire.

ועיין זח״ג פ׳ אחרי דע״ג א׳ ג׳ דרגין אינון מתקשרין דא בדא, ועמ״ש מזה בד״ה כי קרוב אליך הדבר מאד, והנה כיון שהתורה היא הממוצע המקשר ומחבר נש״י להקב״ה, והממוצע יש בו שני בחינות סתים וגליא א״כ בחי׳ הפנימיות הנק׳ סתים הוא המקשר ומחבר בחי׳ פנימיות של הנשמה לבחי׳ פנימיות אלהותו ית׳.

Et vois Zohar III, paracha A'harei, folio 73a : "trois degrés sont liés l'un à l'autre", et vois ce qui est écrit à ce sujet dans le discours "Car cette chose est très proche de toi". Or, puisque la Torah est l'intermédiaire qui lie et unit les âmes d'Israël au Saint, béni soit-Il, et que l'intermédiaire a en lui deux aspects, caché et révélé, donc l'aspect de l'intériorité appelé caché est ce qui lie et unit l'aspect intérieur de l'âme à l'aspect intérieur de Sa divinité, béni soit-Il.

ועיין זח״ג בהעלותך קנ״ב א׳. ועמ״ש ע״פ חסדי ה׳ כי לא תמנו בענין שיש ב׳ בחינות חסד.

ועד״ז יובן קצת ענין סוכ״ע וממכ״ע סתים וגליא כו׳, ועמ״ש בד״ה שובה ישראל בענין מ״ש אם יהיה אלקים עמדי כו׳ והיה הוי׳ לי לאלקים, ועמ״ש מענין סתים וגליא סד״ה להבין ענין לחם משנה. ועמ״ש מזה בביאור ע״פ לריח שמניך.

(ועוי״ל בענין מעלת העסק בפנימיות עפמ״ש באגה״ק בד״ה להבין מ״ש בפע״ח דלימוד פנימיות כוונת המצות לא גרע מלימוד הלכותיה ואדרבה כו׳ אף שאינו משיג המהות עכ״ל, ור״ל מפני שהמצוה מושג מהותה לכן ידיעת סודות המצוה אף שאינו משיג המהות לא גרע כו׳. ואף שכ׳ שם משא״כ בסדר ההשתלשלות אף אם השיג המציאות לא עדיף מצד עצמו כלימוד המצות שמשיג ותופס המהות כו׳.

הרי מסיק אח״כ אלא שידיעת המציאות מההשתלשלות היא ג״כ מצוה רמה ונשאה ואדרבה עולה על כולנה כמ״ש וידעת היום. דע את אלקי אביך כו׳.

ומב יאה ללב שלם כו׳ שהוא העיקר. ור״ל כמ״ש ויצונו ה׳ לעשות את כל החוקים האלה ליראה את ה׳ אלהינו.

הרי תכלית התומ״צ הוא לבא ללב שלם שהוא ליראה את ה׳, ולכן ארז״ל שהתורה נק׳ תרעא לדרתא לגבי יראה כו׳ והיינו לגבי יראה עילאה וכמ״ש בסש״ב ס״פ כ״ג והשגת המציאות הוא להפשיט מגשמיות רק שזו היא מצוה א׳ מתרי״ג והאדם צריך לקיים כל התרי״ג כו׳ לכך צריך להרבות בלימוד כל התרי״ג וקיומן בפ״מ במודומ״ע כו׳ א״כ הרי בידיעת ההשתלשלות אף שאינו משיג כלל המהות מקיים מצות וידעת כו׳ ולא גרע מלימוד ההלכות):

Et vois Zohar III, Beha'alotekha, folio 152a. Et vois ce qui est écrit sur le verset "Les bontés de ה' car elles ne sont pas épuisées" (Lamentations 3, 22) au sujet de ce qu'il y a deux aspects de 'hessed.

Et de même on comprendra un peu le sujet de sovev kol almin et memalé kol almin (qui remplit tous les mondes), caché et révélé, etc., et vois ce qui est écrit dans le discours "Reviens, Israël" au sujet de ce qui est dit "si Elokim est avec moi" (Genèse 28, 20), etc., et "Havaya sera pour moi Elokim" (Genèse 28, 21), et vois ce qui est écrit au sujet de caché et révélé à la fin du discours "pour comprendre le sujet du pain double". Et vois ce qui est écrit de cela dans l'explication sur le verset "À l'odeur de tes huiles" (Cantique des Cantiques 1, 3).

(Et on peut encore dire au sujet de la supériorité de l'étude de l'intériorité, d'après ce qui est écrit dans Igueret Hakodech dans le discours "pour comprendre ce qui est dit dans le Pri Ets 'Haïm que l'étude de l'intériorité des intentions des commandements n'est pas inférieure à l'étude de leurs lois, et bien au contraire", etc., bien qu'on ne saisisse pas l'essence, fin de citation. Et l'intention est : puisque le commandement, son essence est saisie, donc la connaissance des secrets du commandement, bien qu'on ne saisisse pas l'essence, n'est pas inférieure, etc.

Et bien qu'il y soit écrit "à l'opposé, dans l'ordre de l'enchaînement, même si l'on a saisi l'existence, ce n'est pas supérieur de son propre côté à l'étude des commandements où l'on saisit et l'on appréhende l'essence", etc. Or il conclut ensuite : seulement que la connaissance de l'existence de l'enchaînement est aussi un commandement élevé et sublime, et bien au contraire elle surpasse toutes, comme il est dit "Tu sauras aujourd'hui" (Deutéronome 4, 39).

"Connais le D.ieu de ton père" (I Chroniques 28, 9), etc. Et "ce qui convient à un cœur entier", etc., qui est l'essentiel.

Et l'intention est comme il est dit "Et ה' nous a ordonné d'accomplir tous ces statuts pour craindre ה' notre Elokim" (Deutéronome 6, 24). Ainsi la finalité de la Torah et des commandements est d'arriver à un cœur entier, qui est de craindre ה', et c'est pourquoi nos Sages ont dit que la Torah est appelée "la porte de la demeure" (Chabbat 31b) par rapport à la crainte, etc., et cela par rapport à la crainte supérieure, comme il est écrit dans Tanya, fin du chapitre 23.

Et la saisie de l'existence est de se dépouiller de la matérialité, seulement que celle-ci est un commandement parmi les 613, et l'homme doit accomplir tous les 613, etc. C'est pourquoi il faut multiplier l'étude de tous les 613 et leur accomplissement en acte, en pensée, parole et action, etc.

Donc dans la connaissance de l'enchaînement, bien qu'on ne saisisse pas du tout l'essence, on accomplit le commandement "Tu sauras", etc., et ce n'est pas inférieur à l'étude des lois.)

ה ועפ״ז יתורץ מה שנדחקו גדולי המפרשים בפי׳ מימרא זו דלעולם ישלש אדם שנותיו שליש במקרא שליש במשנה שליש בתלמוד דהר״ן ספ״ק דע״ז כ׳ ולאו דוקא שישליש ימותיו בשוה כו׳. והרמב״ם פ״א מהל׳ ת״ת ס״ל דישלש היינו לשלישים שוים ממש אלא דנתכוין לתרץ קושיית הר״ן במ״ש שזהו בתחלת למודו של אדם אבל כשיגדיל בחכמה כו׳ ויקרא בעתים מזומנים תשב״כ כו׳.

5. Et d'après cela sera résolue la difficulté où se sont efforcés les grands commentateurs dans l'explication de cette sentence "L'homme doit toujours partager ses années : un tiers dans le Mikra, un tiers dans la Michna, un tiers dans le Talmud" (Kiddouchin 30a), car le Ran à la fin du premier chapitre d'Avoda Zara folio 20 a dit : et ce n'est pas précisément qu'il partage ses jours en parts égales, etc.

Et le Rambam, chapitre 1 des lois de l'étude de la Torah, est d'avis que "partager" signifie en tiers vraiment égaux, seulement qu'il a eu l'intention de résoudre la difficulté du Ran en disant que c'est au début de l'étude de l'homme, mais lorsqu'il grandit en sagesse, etc., et qu'il lira en des temps fixés la Torah écrite, etc.

ולפ״ז דוחק קצת לשון לעולם ישלש כו׳ וגם מה שהקשו בגמ׳ מי ידע כמה חיי. דמזה משמע דכל שני חייו ישלש כו׳.

ורי״ו בשם הרמ״ה כתב דלא אמרו זה אלא לדורות  ראשונים כו׳ כמ״ש בב״י. אמנם לפמ״ש א״ש דבתחלת למודו של אדם ישלש השליש במקרא ממש לבדו.

דאע״ג שלתלמוד צריך זמן יותר מ״מ יש לו למהר ללמוד המקרא בתחלה ואחר שהגדיל בחכמה יש לו לקיים השליש במקרא בתשב״כ עם מה שילמוד אח״כ מפנימיות התורה והאגדות שזה נכלל הכל בשליש במקרא כנ״ל, (ואפשר דגם לימוד מדרש רבה ושאר המדרשים הוא בכלל השליש במקרא שהרי בפ״ק דברכות דף י״א ע״ב משמע בהדיא בגמ׳ ופרש״י דמדרש הוא קרוב למקרא כו׳ לפי שהם מדרשי מקראות. וכ״מ בנדרים דל״ו סע״ב ואף שבהלכות ת״ת מבואר דמדרש תורה שהוא ספרא וספרי וכה״ג הן בכלל שליש במשנה היינו מפני שהן הלכות וגופי התורה כמו המשנה משא״כ לימוד הרבות שהן אגדות שעל המקרא ומוסר ה׳ אפשר שזה נכלל בשליש במקרא.

ולכן אתי שפיר דלעולם ישלש אדם כו׳. והנה ענין לעולם ישלש אדם מה שחלקו זה לשלישים י״ל כדכתיב ולכבודי בראתיו יצרתיו אף עשיתיו.

ואין כבוד אלא תורה. והנה תלמוד בבריאה ומשנה ביצירה וכתיב יוצר אור ובורא חושך.

ולכן ארז״ל במחשכים הושיבני זה תלמוד בבלי. ומקרא בעשיה.

והנה אף עשיתיו אף הוא בחינ׳ רבוי שמרבה בחינ׳ רביעית כמ״ש בד״ה מי מנה עפר יעקב כו׳ ע״ש, לכן בכלל שליש במקרא נכלל בחינה הרביעית שהוא לימוד פנימיות התורה. וזהו שארז״ל והביאו הרמב״ם בפי׳ המשניות ספ״ה דאבות ע״פ אף חכמתי עמדה לי חכמתי שלמדתי באף עמדה לי כו׳).

והנה מכ״ז יובן בתוספת ביאור ענין ולא תשבית מלח כו׳ שלימוד הפנימית נק׳ בשם מלח שהמלח ממתקת הבשר. אף שאין בו טעם בעצמו כמו הבשר, וכך הנגלה שבתורה נמשל ללחם כמ״ש לכו לחמו בלחמי.

Et d'après cela l'expression "toujours il partagera" est un peu forcée, et aussi ce qu'ils ont objecté dans la Guemara "qui sait combien il vivra", d'où il ressort que pendant toutes les années de sa vie il partagera, etc. Et Rabbénou Yerou'ham, au nom du Ramah, a écrit qu'ils n'ont dit cela que pour les premières générations, etc., comme il est écrit dans le Beit Yossef.

Cependant d'après ce qui a été écrit cela s'explique bien : au début de l'étude de l'homme il partagera le tiers dans le Mikra vraiment à part. Car bien que pour le Talmud il faille plus de temps, néanmoins il doit se hâter d'étudier le Mikra d'abord, et après qu'il a grandi en sagesse il doit accomplir le tiers dans le Mikra par la Torah écrite avec ce qu'il étudiera ensuite de l'intériorité de la Torah et des aggadot, car tout cela est inclus dans le tiers du Mikra comme ci-dessus.

(Et il est possible qu'aussi l'étude du Midrach Rabba et des autres midrachim soit incluse dans le tiers du Mikra, car dans le premier chapitre de Berakhot folio 11b il ressort explicitement dans la Guemara et Rachi que le Midrach est proche du Mikra, etc., parce que ce sont des midrachim des versets. Et de même dans Nedarim folio 36, fin de page b.

Et bien que dans les lois de l'étude de la Torah il soit expliqué que le Midrach Torah, qui est le Sifra et le Sifrei et similaires, sont inclus dans le tiers de la Michna, c'est parce que ce sont des lois et des corps de la Torah comme la Michna, à l'opposé de l'étude des Rabbot qui sont des aggadot sur le Mikra et le moussar de ה', il est possible que cela soit inclus dans le tiers du Mikra. Et c'est pourquoi cela s'explique bien que "toujours l'homme partagera", etc.

Or le sujet de "toujours l'homme partagera", ce qu'ils ont divisé en tiers, on peut dire comme il est écrit "Pour Ma gloire Je l'ai créé, Je l'ai formé, Je l'ai même fait" (Isaïe 43, 7). Et il n'y a de gloire que la Torah.

Or le Talmud est dans Beria et la Michna dans Yetsira, et il est écrit "Il forme la lumière et crée les ténèbres" (Isaïe 45, 7). Et c'est pourquoi nos Sages ont dit "Dans les ténèbres Il m'a fait siéger, c'est le Talmud de Babylone" (Sanhédrin 24a).

Et le Mikra dans Assiya. Or "Je l'ai même fait", le "même" est un aspect de multiplication qui multiplie un quatrième aspect, comme il est écrit dans le discours "Qui a compté la poussière de Yaakov", etc., vois là.

C'est pourquoi dans le tiers du Mikra est inclus le quatrième aspect, qui est l'étude de l'intériorité de la Torah. Et c'est ce que nos Sages ont dit, et le Rambam l'a rapporté dans le commentaire des Michnayot à la fin du chapitre 5 des Avot, sur le verset "Même ma sagesse a tenu pour moi" (Ecclésiaste 2, 9) : "ma sagesse que j'ai étudiée dans la colère a tenu pour moi", etc.).

Or de tout cela on comprendra avec un supplément d'explication le sujet de "Tu ne feras pas cesser le sel", etc. : l'étude de l'intériorité est appelée du nom de sel, car le sel adoucit la viande. Bien qu'il n'ait pas de goût en lui-même comme la viande, et ainsi le révélé de la Torah est comparé au pain, comme il est dit "Venez, mangez de mon pain" (Proverbes 9, 5).

וגם לבשר כמ״ש במ״א ע״פ זאת הפעם עצם מעצמי ובשר מבשרי. דקאי על תשבע״פ.

וכן בגמ׳ ב״ב דכ״ב אמרו אכלו בישרא שמינא בי רבא. והיינו כמו הלחם והבשר יש בהן טעם וממש כך בלימוד הנגלה שבתורה יש בה השגת המהות ממש משא״כ בלימוד הפנימי׳ שאין בזה רק ידיעת המציאות ולא השגת המהות והמהות נסתר ונעלם ואינו מושג כלל להיות בבחי׳ טעם ממש כמו הנגלה עד לע״ל שיתגלה פנימית התורה.

Et aussi à la viande, comme il est écrit ailleurs sur le verset "Cette fois, os de mes os et chair de ma chair" (Genèse 2, 23), qui vise la Torah orale. Et de même dans la Guemara Bava Batra folio 22 ils ont dit "Ils ont mangé de la viande grasse chez Rava".

C'est-à-dire : de même que le pain et la viande ont en eux goût et substance, ainsi dans l'étude du révélé de la Torah il y a la saisie de l'essence vraiment, à l'opposé de l'étude de l'intériorité où il n'y a que la connaissance de l'existence et non la saisie de l'essence, et l'essence est cachée et voilée et n'est pas saisie du tout pour être dans l'aspect d'un goût véritable comme le révélé, jusqu'à l'avenir où se révélera l'intériorité de la Torah.

ולכן נמשל למלח לומר שעם היות שאין בו טעם עכ״ז הוא דייקא הנותן טעם בהבשר. וז״ש רז״ל באדר״ן ס״פ כ״ט וכ״ה ג״כ ברבות כל מי שיש בידו מדרש ואין בידו הלכות לא טעם טעם של חכמה כל מי שיש בידו הלכות ואין בידו מדרש לא טעם טעם של יראת חטא, פי׳ שהלכות נק׳ טעם של חכמה לפי שבהן ועל ידן מושג המהות חכמתו ית׳ שנתלבשה בהלכה זו משא״כ בלימוד הפנימיות הנק׳ מדרש אין מושג המהות ממש ולכן נק׳ שלא טעם טעם של חכמה פי׳ המהות ממש.

Et c'est pourquoi il est comparé au sel, pour dire qu'avec cela qu'il n'a pas de goût, néanmoins c'est précisément lui qui donne le goût à la viande. Et c'est ce qu'ont dit nos Sages dans Avot deRabbi Natan, fin du chapitre 29, et de même aussi dans les Rabbot : "Quiconque a en main le Midrach et n'a pas en main les lois n'a pas goûté le goût de la sagesse ; quiconque a en main les lois et n'a pas en main le Midrach n'a pas goûté le goût de la crainte du péché." Explication : les lois sont appelées goût de la sagesse, parce qu'en elles et par elles est saisie l'essence de Sa sagesse, béni soit-Il, qui s'est revêtue dans cette loi, à l'opposé de l'étude de l'intériorité appelée Midrach, où l'essence n'est pas saisie vraiment, et c'est pourquoi elle est appelée "il n'a pas goûté le goût de la sagesse", c'est-à-dire l'essence vraiment.

ועכ״ז מי שיש בידו הלכות ואין בידו מדרש לא טעם טעם של יראת חטא כי אף שבלימוד המדרש אין מושג רק הארה מ״מ זו ההארה מביאה לידי יראת חטא ועמ״ש מענין פי׳ יראת חטא סד״ה וידבר משה אל ראשי המטות.

Et néanmoins, celui qui a en main les lois et n'a pas en main le Midrach n'a pas goûté le goût de la crainte du péché, car bien que dans l'étude du Midrach seule une illumination soit saisie, néanmoins cette illumination conduit à la crainte du péché. Et vois ce qui est écrit au sujet de l'explication de la crainte du péché à la fin du discours "Et Moché parla aux chefs des tribus".

ועוד כי אף שזהו רק הארה הנה היא הארה מבחי׳ הפנימיות כי אורייתא סתים וגליא, והנה ארז״ל חכם עדיף מנביא אף שהנביא משיג המהות ממש בבחי׳ ראייה משא״כ החכם אינו משיג המהות כ״א ידיעת המציאות.

Et encore, car bien que ce ne soit qu'une illumination, voici qu'elle est une illumination de l'aspect de l'intériorité, car la Torah est cachée et révélée. Or nos Sages ont dit "le sage est supérieur au prophète" (Bava Batra 12a), bien que le prophète saisisse l'essence vraiment dans l'aspect de la vision, à l'opposé du sage qui ne saisit l'essence que par la connaissance de l'existence.

וכמ״ש באג״ה בד״ה עוטה אור כשלמה. אעפ״כ חכם עדיף מנביא לפי שמשיג תעלומות חכמה מה שלא ניתנו להתגלות בנבואה.

א״כ אף ההארה מבחי׳ עליונה יש בה מעלה יתירה מהמהות שבבחי׳ שלמטה, וכה״ג נתבאר בענין מצות ל״ת ומ״ע סד״ה חייב אינש לבסומי בפוריא.

Et comme il est écrit dans Igueret Hakodech dans le discours "Il s'enveloppe de lumière comme d'un manteau" (Psaumes 104, 2). Néanmoins le sage est supérieur au prophète, parce qu'il saisit les mystères de la sagesse, ce qui n'a pas été donné à se révéler dans la prophétie.

Donc même l'illumination d'un aspect supérieur a en elle une supériorité de plus que l'essence qui est dans un aspect inférieur. Et de même il a été expliqué au sujet des commandements négatifs et positifs à la fin du discours "L'homme est tenu de s'enivrer à Pourim".

וגדול כח גילוי כו׳ ע״ש וכענין ברכה והודאה שאף שההודאה אין בה השגת המהות אעפ״כ היינו לפי שהיא בבחינה דלית מחשבה תפיסא ביה כמ״ש במ״א בביאור ע״פ אתה הצבת כל גבולות ארץ ובד״ה אלה פקודי המשכן,  גם ע״ד שארז״ל אבידת אביו ואבידת רבו של רבו קודמת אף שמהאב נמשך בו המהות ממש שהטפה היא מהמוח מהעצמיות ממש ומהרב אין נמשך בו מהות ועצמיות ממש רק הארת השכל המלובש בהדבור כו׳, אעפ״כ זו ההארה שהיא התורה גבוה מעצמיות החכמה שבנפש כמ״ש בתניא ח״א פ״ה.

Et grande est la force du dévoilement, etc., vois là. Et comme le sujet de la bénédiction et de la hodaa (reconnaissance) : bien que dans la hodaa il n'y ait pas la saisie de l'essence, néanmoins c'est parce qu'elle est dans l'aspect de "nulle pensée ne Le saisit", comme il est écrit ailleurs dans l'explication sur le verset "C'est Toi qui as posé toutes les limites de la terre" (Psaumes 74, 17) et dans le discours "Voici les comptes du Michkan".

Aussi à la manière de ce que nos Sages ont dit : la perte de son père et la perte de son maître, celle de son maître a priorité (Bava Metsia 33a), bien que du père soit attirée en lui l'essence vraiment, car la goutte vient du cerveau, de l'essence vraiment, et du maître n'est pas attirée en lui essence et substance vraiment, seulement l'illumination de l'intellect revêtue dans la parole, etc. Néanmoins cette illumination, qui est la Torah, est plus élevée que l'essence de la sagesse qui est dans l'âme, comme il est écrit dans Tanya, partie I, chapitre 5.

ובמסכת סופרים פט״ו ה״ח הובא בספר ערכי הכינויים מבואר דהמקרא נמשל למלח. וא״ש ג״כ ע״פ מה שנת׳ לעיל, ולכן נק׳ המלח ג״כ ברית אלקיך פי׳ ע״ד מ״ש לעברך בברית ה׳ אלקיך שהוא בחי׳ התקשרות ואהבה רבה ונפלאה למעלה מהשכל וכמו כריתת ברית, ועמ״ש מזה בד״ה אתם נצבים ובד״ה מקושש עצים, והמשכת אהבה רבה זו בנפש נמשך ע״י עסק התורה וכמש״ל שע״י עסק התורה מתקשרת באור א״ס ב״ה הסוכ״ע.

ועפ״ז יש לפרש מארז״ל פ״ב דחגיגה די״ב ע״ב ע״פ הקוטפים מלוח עלי שיח (באיוב סי׳ למ״ד) שפוסקים מד״ת ועוסקים בדברי שיחה הרי שד״ת נק׳ מלוח,ועמ״ש בזה רש״י פ״ק דע״ז ד״ג ע״ב, ולפי מש״כ י״ל כפשוטו. וזהו ג״כ ענין מארז״ל פ״ב דשבת דל״א סע״א קבעת עתים לתורה כו׳ פלפלת בחכמה כו׳ ואפילו הכי אי יראת ה׳ היא אוצרו אין אי לא לא.

משל לאדם שאמר לשלוחו העלה לי כור חיטין לעלייה הלך והעלה לו אמר ליה עירבת לי בהן קב חומטין אמר ליה לאו,א״ל מוטב שלא העליתה.

Et dans le traité Soferim, chapitre 15, halakha 8, rapporté dans le livre Erkhei haKinouyim, il est expliqué que le Mikra est comparé au sel. Et cela s'explique bien aussi d'après ce qui a été expliqué ci-dessus.

Et c'est pourquoi le sel est aussi appelé "l'alliance de ton Elokim", explication à la manière de ce qui est dit "pour te faire passer dans l'alliance de ה' ton Elokim" (Deutéronome 29, 11), qui est l'aspect de l'attachement et de l'ahava raba (amour immense) merveilleux au-dessus de l'intellect, et comme la conclusion d'une alliance. Et vois ce qui est écrit de cela dans le discours "Vous vous tenez" et dans le discours "Celui qui ramassait du bois".

Et l'attraction de cette ahava raba dans l'âme est attirée par l'étude de la Torah, et comme expliqué ci-dessus que par l'étude de la Torah elle s'attache à l'Or Ein Sof, béni soit-Il, le sovev kol almin. Et d'après cela on peut expliquer la sentence de nos Sages, chapitre 2 de 'Haguiga folio 12b, sur le verset "ceux qui cueillent le mauve sur le buisson" (Job 30, 4), qui cessent les paroles de Torah et s'occupent de paroles de conversation : ainsi les paroles de Torah sont appelées mauve.

Et vois ce qu'écrit Rachi à ce sujet, premier chapitre d'Avoda Zara folio 3b. Et d'après ce que nous avons écrit on peut dire selon le sens simple.

Et c'est aussi le sujet de la sentence de nos Sages, chapitre 2 de Chabbat folio 31, fin de page a : "As-tu fixé des temps pour la Torah", etc., "As-tu discuté avec acuité dans la sagesse", etc., "Et néanmoins, si la crainte de ה' est son trésor, oui ; sinon, non." Parabole d'un homme qui dit à son envoyé : "Monte-moi un kor de blé au grenier." Il alla et le lui monta. Il lui dit : "As-tu mêlé pour moi un kav de 'houmetin ?" Il lui dit : "Non." Il lui dit : "Mieux eût valu que tu ne l'aies pas monté."

והענין כי חטה הוא כ״ב אתוון דאורייתא. ולכן מ״ת בשבועות בכורי קציר חטים.

וכמ״ש במ״א באריכות בד״ה וספרתם לכם כו׳ ע״ש. וקב חומטין פרש״י ארץ מלחה, והוא ענין ולא תשבית מלח כו׳ וזהו שנזכר עירבת לי בהן קב חומטין דתיבת לי מיותר.

אלא דר״ל שע״י שיראת ה׳ היא אוצרו אזי התורה והחטים הם לי ונק׳ תורת ה׳ וכמ״ש והייתם לי כו׳ כי לי בנ״י כו׳ משא״כ תורה בלא יראה כו׳:

Et le sujet : le blé, ce sont les vingt-deux lettres de la Torah. Et c'est pourquoi le don de la Torah à Chavouot est "les prémices de la moisson des blés" (Exode 34, 22).

Et comme il est écrit ailleurs longuement dans le discours "Et vous compterez pour vous", etc., vois là. Et "kav de 'houmetin", Rachi explique : terre salée.

Et c'est le sujet de "Tu ne feras pas cesser le sel", etc. Et c'est ce qui est mentionné "as-tu mêlé pour moi un kav de 'houmetin", car le mot "pour moi" est superflu.

Seulement l'intention est que, par le fait que la crainte de ה' est son trésor, alors la Torah et les blés sont "à moi" et elle est appelée Torah de ה', comme il est dit "et vous serez à Moi", etc. (Exode 19, 6), "car à Moi sont les enfants d'Israël", etc.

(Lévitique 25, 55), à l'opposé de la Torah sans crainte, etc.

ו והנה פי׳ וכל קרבן מנחתך במלח תמלח קאי על המנחה ואח״כ על כל קרבנך תקריב מלח היינו בכל הקרבנות כולם. כי הנה המנחה שהיא סולת ושמן זהו ענין עסק התורה חטה כ״ב אתוון דאורייתא וצריכה מלח כנ״ל, וזהו פת במלח תאכל פת הוא לימוד הנגלות משנה ותלמוד במלח תאכל מקרא ואגדות כו׳ כנ״ל, ואמר אח״כ ומים במשורה תשתה כי המלח גורם הצמאון היינו להיות צמאה לך נפשי שהוא הפלגת האהבה בבחי׳ כלתה נפשי.

6. Et voici l'explication de "Et toute offrande de ton oblation, tu la saleras de sel" (Lévitique 2, 13) : cela vise la min'ha, et ensuite "sur tout ton sacrifice tu présenteras du sel", c'est-à-dire dans tous les sacrifices.

Car voici la min'ha, qui est fleur de farine et huile, c'est le sujet de l'étude de la Torah, le blé des vingt-deux lettres de la Torah, et elle a besoin de sel comme ci-dessus. Et c'est "Tu mangeras du pain avec du sel" (Avot 6, 4) : le pain est l'étude du révélé, Michna et Talmud ; "avec du sel tu mangeras" : Mikra et aggadot, etc., comme ci-dessus.

Et il dit ensuite "et de l'eau avec mesure tu boiras", car le sel cause la soif, c'est-à-dire "mon âme a soif de Toi" (Psaumes 42, 3), qui est l'excès de l'amour dans l'aspect de "mon âme s'est consumée" (Psaumes 84, 3).

והעצה לזה הוא בחי׳ מים שהם המרוים הצמאון והוא ענין אם רץ לבך שוב לאחור [לאחד בכי״ק] והקרבנות שהם בשר העולה הוא ענין בירור והעלאת נפש הבהמית וכמ״ש בד״ה צו את בנ״י ואמרת אליהם את קרבני לחמי מענין עצמות גידין ובשר של קרבן העולה שהבשר שרשו מן הדם שבלב והוא ענין המדות שבנפש הבהמית וצריך להפכן מן הקצה אל הקצה כו׳, וע״כ צריך לזה מלח דוקא שהוא מגבורות דאבא ובחכמה אתברירו.

Et le conseil pour cela est l'aspect des eaux, qui sont ce qui désaltère la soif, et c'est le sujet de "si ton cœur court, reviens en arrière" (Sefer Yetsira 1, 8) [dans le manuscrit autographe : "vers l'Un"]. Et les sacrifices, qui sont la chair de l'olah, c'est le sujet du tri et de l'élévation de la nefech habéhamit, et comme il est écrit dans le discours "Ordonne aux enfants d'Israël et dis-leur : Mon sacrifice, Mon pain", au sujet des os, tendons et chair du sacrifice de l'olah, car la chair a sa racine du sang qui est dans le cœur, et c'est le sujet des middot qui sont dans la nefech habéhamit, et il faut les retourner d'une extrémité à l'autre, etc.

Et c'est pourquoi il faut pour cela du sel précisément, qui vient des guevourot d'Abba, et dans la 'hokhma elles ont été triées.

ולכן ע״ה אסור לאכול בשר וכמ״ש מזה בד״ה בהעלותך את הנרות ופרש״י כשראה אהרן כו׳ יעו״ש. ופי׳ גבורות דאבא הוא ע״ד לעולם ירגיז אדם יצ״ט על יצה״ר ועמ״ש ע״פ וגם אתה תדין את ביתי כו׳ וזהו שארז״ל פ״ג דמנחות דכ״א ע״א ע״פ במלח תמלח יכול תבונהו ופרש״י יכול יתן בו טעם כבינה המתקנת את האדם כו׳.

Et c'est pourquoi il est interdit à un ignorant de manger de la viande, et comme il est écrit de cela dans le discours "Lorsque tu élèveras les lampes", et Rachi "lorsqu'il vit Aharon", etc., vois là. Et l'explication des guevourot d'Abba est à la manière de "toujours l'homme doit irriter le bon penchant contre le mauvais penchant" (Berakhot 5a), et vois ce qui est écrit sur le verset "et toi aussi tu jugeras Ma maison", etc.

Et c'est ce que nos Sages ont dit, chapitre 3 de Mena'hot folio 21a, sur le verset "tu la saleras de sel" : on pourrait penser "tu lui donneras de l'intelligence", et Rachi : on pourrait penser qu'il y mettra du goût comme la bina qui rectifie l'homme, etc.

ולכאורה אינו מובן. אלא הענין כי בינה המתקנת את האדם קאי על נפש האלקית כי בינה היינו בן י״ה וכמ״ש ע״פ וכל בניך למודי הוי׳ וע״ז נאמר יסובבנהו יבוננהו.

וע״ז אמרו יכול שאין קרבן נה״ב עולה לרצון אא״כ תתהפך למעלת ומדרגת הביטול דנפש האלקית ממש, ובאמת זהו דבר הקשה כי הנה״א היא חלק אלוה ממעל שנלקחה מפנימיות העולמות וע״כ יש בה בחי׳ הביטול האמיתי בטבעה להשתפך בחיק אביה אור א״ס ב״ה משא״כ בנה״ב שלוקחה מק״נ כו׳ וכמשנ״ת בד״ה אדם כי יקריב מכם מן הבהמה כו׳ וזהו ת״ל תמלח. שעכ״פ תוכל לבוא גם היא לבחינת  ביטול היש כו׳.

וזהו ענין ההפרש בין למסור נפשו באחד ובין בחינת בכל נפשך כו׳ כמש״ש.

Et apparemment ce n'est pas compris. Seulement le sujet : la bina qui rectifie l'homme vise la nefech élokit, car bina c'est "ben Yah", et comme il est écrit sur le verset "Et tous tes fils sont instruits de Havaya" (Isaïe 54, 13), et sur cela il est dit "Il l'entourera, Il le comprendra" (Deutéronome 32, 10).

Et sur cela ils ont dit : on pourrait penser qu'un sacrifice de la nefech habéhamit ne monte pour agrément que si elle se transforme à la supériorité et au degré du bitoul de la nefech élokit vraiment. Et en vérité c'est une chose difficile, car la nefech élokit est une part de Divinité d'en haut, qui a été prise de l'intériorité des mondes, et c'est pourquoi il y a en elle l'aspect du bitoul véritable, de sa nature, pour se répandre dans le sein de son Père, l'Or Ein Sof, béni soit-Il, à l'opposé de la nefech habéhamit qui est prise de la kelipat noga, etc., et comme il a été expliqué dans le discours "Un homme, lorsqu'il présentera d'entre vous, du bétail", etc.

Et c'est "l'enseignement dit : tu saleras". Qu'en tout cas elle aussi pourra arriver à l'aspect du bitoul du yech, etc.

Et c'est le sujet de la différence entre livrer son âme dans l'Un et l'aspect de "de toute ton âme", etc., comme expliqué là.

והנה הרמב״ן בפי׳ החומש כאן כתב שהמלח הוא מים ובכח השמש הבא בהם יעשה מלח כו׳ והמים והאש באים בה כו׳ ולכן תקיים הדבר וגם תכרית כמ״ש גפרית ומלח שרפה כל ארצה לא תזרע ולא תצמיח כו׳.

Et voici que le Ramban dans le commentaire du 'Houmach ici a écrit que le sel est de l'eau, et par la force du soleil qui vient en elles il devient sel, etc., et l'eau et le feu viennent en lui, etc., et c'est pourquoi il conserve la chose et aussi il détruit, comme il est dit "soufre et sel, toute sa terre est brûlée, elle ne sera pas ensemencée et elle ne fera pas germer", etc. (Deutéronome 29, 22).

ועיין ברבינו בחיי שביאר דבריו דהיינו שכלול משני המדות חו״ג שבהם הנהגת העולם וקיומו כי מלך במשפט יעמיד ארץ. והוא ע״ד הנזכר בזח״א דנ״א ע״א בענין תכלת דאכיל ושצי ות״ח אע״ג דאורחא דהאי נהורא תכלא אוכמא לשיצאה כו׳ ואתם הדברים בה׳ אלקיכם חיים כו׳ ע״ש כי המל׳ נקרא נהורא תכלאארץ אוכלת יושביה והיינו שמכלה את הקוצים והרשעים שהם יש ודבר נפרד היא מכלה אותם אבל ואתם הדבקים ע״י שיש בכל אחד בחינת ביטול למס״נ באחד עי״ז אדרבה חיים כו׳ וכענין הקב״ה מוציא חמה מנרתיקה צדיקים מתרפאים בה ורשעים נכוין בה.

Et vois chez Rabbénou Ba'hyé qui a expliqué ses paroles, c'est-à-dire qu'il est inclus des deux middot 'hessed et guevoura, par lesquelles se font la conduite du monde et son maintien, car "un roi par le jugement affermit la terre" (Proverbes 29, 4). Et c'est à la manière de ce qui est mentionné dans Zohar I folio 51a au sujet du tekhelet, qu'il consume et détruit, et le verset "et vous qui vous attachez à ה' votre Elokim, vous êtes vivants" (Deutéronome 4, 4), etc., vois là, bien que la voie de cette lumière bleu-noir soit de détruire, etc.

Car la malkhout est appelée lumière bleu-noir, "une terre qui dévore ses habitants" (Nombres 13, 32), c'est-à-dire qu'elle anéantit les épines et les impies qui sont yech et chose séparée, elle les anéantit, mais "et vous qui vous attachez", par le fait qu'en chacun il y a l'aspect du bitoul pour la messirout nefech dans l'Un, par cela au contraire ils sont vivants, etc. Et comme le sujet : le Saint, béni soit-Il, sort le soleil de son étui, les justes sont guéris par lui et les impies sont brûlés par lui (Nedarim 8b).

והנה נהורא תכלא תכלת שרשו מגבורות דאבא וכמ״כ המלח שרשו משם כנ״ל. לכן יש במלח ג״כ ב׳ הכחות דהיינו כמ״ש במ״א שהתורה נקרא עוז ותושיה פי׳ שנותן עוז כח וגבורה בנפש האלקית ומתשת כח נפש הבהמית.

והיינו על ידי כי בחכמה אתברירו הוא מברר נפש הבהמית ומפריד הרע ממנו כו׳ וז״ש כי שמים כעשן נמלחו (בישעיה סי׳ נ״א ו׳). והיינו כי שמים אש ומים והיינו המדות חו״ג ויש בהן זה לעומת זה שמים דקדושה כמ״ש השמים כסאי שהם המדות כשר פסול כו׳ ולעומת זה מדות הרעות נקרא שמים דקליפה.

Et voici que la lumière bleu-noir, le tekhelet, a sa racine des guevourot d'Abba, et de même le sel a sa racine de là, comme ci-dessus. C'est pourquoi il y a aussi dans le sel les deux forces, c'est-à-dire comme il est écrit ailleurs que la Torah est appelée "force et solidité", explication : elle donne force, puissance et guevoura dans la nefech élokit et elle affaiblit la force de la nefech habéhamit.

Et cela par le fait que "dans la 'hokhma elles ont été triées", elle trie la nefech habéhamit et sépare le mal d'elle, etc. Et c'est ce qui est dit "car les cieux comme une fumée se sont salés" (Isaïe 51, 6).

C'est-à-dire : les cieux sont feu et eau, et ce sont les middot 'hessed et guevoura, et il y a en elles l'un en face de l'autre : les cieux de sainteté, comme il est dit "les cieux sont Mon trône" (Isaïe 66, 1), qui sont les middot de casher, pasoul, etc., et en face de cela les mauvaises middot sont appelées cieux de la kelipa.

וע״ז נאמר והיו שמיך אשר על ראשך נחושת. וכמ״ש בת״ז תקון ח׳ ובשל״ה דפ״ח ע״ב בשער האותיות אות קו״ף בענין קונה שמים וארץ כו׳ ועל זה נאמר כי שמים כעשן נמלחו ופרש״י לשון רקבון עיין בירמיה ל״ח י״ב בפרש״י, והיינו ע״י המלח דקדושה שמכלה ומכרית היש ודבר נפרד כו׳.

ועיין מ״ש בד״ה זאת חקת התורה בענין להקריב אותיות להרקיב כו׳ ע״ש.

Et sur cela il est dit "et tes cieux qui sont sur ta tête seront de cuivre" (Deutéronome 28, 23). Et comme il est écrit dans Tikouné Zohar, tikoun 8, et dans le Chla folio 88b dans la porte des lettres, lettre kouf, au sujet de "possesseur des cieux et de la terre", etc.

Et sur cela il est dit "car les cieux comme une fumée se sont salés", et Rachi : au sens de pourriture, vois dans Jérémie 38, 12 dans Rachi. C'est-à-dire par le sel de sainteté qui anéantit et détruit le yech et la chose séparée, etc.

Et vois ce qui est écrit dans le discours "Voici le statut de la Torah" au sujet de "offrir les lettres pour les faire pourrir", etc., vois là.

והנה כמו שהמלח יש בו כח להכרית את הרע להיות שמים כעשן נמלחו כו׳. וע״ד שפי׳ בש״ך ס״פ תצא בשם המדרש בענין תמחה את זכר עמלק מתחת השמים אתה מתחת השמים ואני מעל לשמים כו׳.

כמ״כ יש בו כח לקיים את הטוב וכמ״ש גבי אהרן ברית מלח עולם וכן גבי דוד (ד״ה ב׳ י״ג ה׳), ועיין מזה ברבות ר״פ קדושים. והיינו שנותן טעם להיות טעמו וראו כי טוב ה׳ ונותן כח בנפש האלקית כנ״ל וגם מהפך הטוב דנפש הבהמית להתעלות בקדושה שזהו ענין על כל קרבנך תקריב מלח כנ״ל.

וכמ״ש לקמן שמלח לשון תערובות והפך והיינו שמהפך נה״ב ממרירו למיתקו:

Et voici, de même que le sel a en lui la force de détruire le mal, pour que "les cieux comme une fumée se soient salés", etc. Et à la manière de ce qu'il a expliqué dans le Chakh, fin de la paracha Tetsé, au nom du Midrach, au sujet de "tu effaceras le souvenir d'Amalek de dessous les cieux" (Deutéronome 25, 19) : toi de dessous les cieux, et Moi au-dessus des cieux, etc.

De même il a en lui la force de maintenir le bien, et comme il est dit au sujet d'Aharon "une alliance de sel éternelle" (Nombres 18, 19), et de même au sujet de David (II Chroniques 13, 5). Et vois de cela dans Vayikra Rabba, début de Kedochim.

C'est-à-dire qu'il donne le goût, pour qu'il y ait "goûtez et voyez que ה' est bon" (Psaumes 34, 9), et il donne la force dans la nefech élokit comme ci-dessus, et aussi il retourne le bien de la nefech habéhamit pour s'élever dans la sainteté, et c'est le sujet de "sur tout ton sacrifice tu présenteras du sel" comme ci-dessus. Et comme il sera écrit plus loin que "sel" a le sens de mélange et de retournement, c'est-à-dire qu'il retourne la nefech habéhamit de l'amertume à la douceur.

ז וז״ש גבי אלישע שריפא את מי יריחו ע״י מלח (במ״ב סי׳ ב׳ כ״א) וכמ״ש בזח״א דרמ״א ע״ב דאיהו ממרק ומבשם מרירו לאטעמא. ועוי״ל בזה כי מים הרעים שרשם נמשך ע״י ההבדלה שהבדיל בין מים עליונים ובין מים תחתונים.

ומזה נמשך הפסולת דמים שהם מים הרעים ע״ד מים המאררים כו׳ עיין זח״ב שמות ד״ו ע״א ובפ׳ נשא דקכ״ה ע״א ובפרדס בעה״כ ערך מים בסופו ובמא״א אות מ׳ ססע״י ט״ז, והנה רש״י פי׳ כאן ע״פ ולא תשבית מלח שהובטחו מים תחתונים ליקרב ע״ג המזבח במלח ובניסוך המים.

7. Et c'est ce qui est dit au sujet d'Élicha qui guérit les eaux de Jéricho par le sel (II Rois 2, 21).

Et comme il est écrit dans Zohar I folio 241b qu'il nettoie et parfume l'amertume pour le goût. Et on peut encore dire en cela : car les mauvaises eaux, leur racine est attirée par la séparation qu'Il a séparée entre les eaux supérieures et les eaux inférieures.

Et de cela est attiré le déchet des eaux, qui sont les mauvaises eaux, à la manière des eaux amères, etc. Vois Zohar II, Chemot folio 6a, et dans la paracha Nasso folio 125a, et dans le Pardès, Chaar Erkhei haKinouyim, entrée mayim, à sa fin, et dans Meorei Or, lettre mem, fin du paragraphe 16.

Or Rachi a expliqué ici sur le verset "Tu ne feras pas cesser le sel" qu'il a été promis aux eaux inférieures d'être approchées sur l'autel dans le sel et dans la libation des eaux.

והיינו שע״י המלח של הקרבן מתעלים המים תחתונים עד שנעשו בבחי׳ מים חיים. וז״ס רפואת מים הרעים דיריחו ע״י המלח שהוא שרש התיקון לבחי׳ מים תחתונים כו׳ עד שנעשו עי״ז בבחי׳ באר מים חיים כו׳.

C'est-à-dire que par le sel du sacrifice les eaux inférieures s'élèvent jusqu'à devenir dans l'aspect d'eaux vives. Et c'est le secret de la guérison des mauvaises eaux de Jéricho par le sel, qui est la racine du tikoun pour l'aspect des eaux inférieures, etc., jusqu'à ce qu'elles deviennent par cela dans l'aspect d'un puits d'eaux vives, etc.

וכמ״כ יובן ענין זה בנפש שבכדי לרפאות המים המרים דנה״ב שנמשכת אחר תענוגי עוה״ז הנקרא בשם מרירו. כמ״ש כי נופת תטופנה כו׳ ואחריתה מרה כלענה.

וע׳ זח״ב ויקהל דר״ג ע״ב הנה זהו ע״י התורה שנקרא בשם מלח וכמ״ש רפאות תהי לשרך דהיינו אפילו מפלגך ולתתא שהוא למטה מרקיע המבדיל בין  מים למים כו׳, ולכן נקרא המלח ברית אלקיך. כי שורש הדינים והמרירות נמשכים משם אלקים שיש בו ק״ך צירופים המשתלשלים למטה עד סוף העשיהומהם יונקים ק״ך צירופים דנוגה שבין שניהם נעשים מ״ר ב״פ ק״ך וכחשבון עמלק.

Et de même on comprendra ce sujet dans l'âme : pour guérir les eaux amères de la nefech habéhamit qui est attirée après les plaisirs de ce monde, appelés du nom d'amertume. Comme il est dit "car elles distillent le miel", etc.

(Proverbes 5, 3), "et sa fin est amère comme l'absinthe" (Proverbes 5, 4). Et vois Zohar II, Vayakhel, folio 203b.

Voici que c'est par la Torah qui est appelée du nom de sel, et comme il est dit "elle sera une guérison pour ton nombril" (Proverbes 3, 8), c'est-à-dire même depuis ton milieu et en dessous, qui est en dessous du firmament qui sépare entre les eaux et les eaux, etc. Et c'est pourquoi le sel est appelé "l'alliance de ton Elokim".

Car la racine des rigueurs et de l'amertume est attirée du nom Elokim, dans lequel il y a 120 combinaisons qui s'enchaînent en bas jusqu'à la fin d'Assiya, et d'elles se nourrissent 120 combinaisons de noga, entre lesquelles se font 240, deux fois 120, et comme le compte d'Amalek.

והמלח ממתיק הדינים הנ״ל ע״י שממשיך משרש ועיקר הגבורות דקדושה כו׳ ומקיים ומכרית כו׳ כנ״ל. ובכהאריז״ל אמר מלח כחשבון ג׳ שמות הוי׳ ולכן נאמר גבי אהרן ברית מלח עולם כי הכהנים מברכים את העם שלש ברכות שהן ג׳ שמות הוי׳ דיברכך יאר וישא, ששרשן גבוה מאד נעלה למעלה מההשתלשלות ובזה הוא קיום העולם וזהו שנק׳ מלח שהוא קיום הדבר כו׳ ועם היות המלח הוא גבורה אך גם ברכת כהנים נקרא ששים גבורים ברבות נשא פי״א.

Et le sel adoucit les rigueurs susdites en attirant depuis la racine et le principe des guevourot de sainteté, etc., et il fait subsister et il retranche, etc., comme ci-dessus. Et dans les écrits de l'Ari z"l il est dit que sel a la valeur numérique des trois noms Havaya.

Et c'est pourquoi il est dit au sujet d'Aharon "une alliance de sel éternelle", car les cohanim bénissent le peuple de trois bénédictions qui sont les trois noms Havaya : "qu'Il te bénisse", "qu'Il fasse luire" et "qu'Il élève" (Nombres 6, 24-26), dont la racine est très haute, élevée au-dessus de l'enchaînement, et c'est par là qu'est le maintien du monde. Et c'est pourquoi il est appelé sel, car c'est le maintien de la chose, etc.

Et bien que le sel soit guevoura, la bénédiction des cohanim est elle aussi appelée "soixante vaillants" (Cantique des Cantiques 3, 7), dans Bamidbar Rabba, chapitre 11 (Nasso).

וזהו פי׳ ברית אלקיך שהוא ענין ההמשכה משם הוי׳ בשם אלקים כו׳ שיהי׳ בבחי׳ אלקיך ממש בבחי׳ גילוי בפנימיות. וכמארז״ל מה ברית האמור במלח, מלח ממתקת.

דהיינו המתקת הדינין של שם אלקים.

Et c'est le sens de "l'alliance de ton Elokim" : c'est le sujet de l'attraction depuis le nom Havaya dans le nom Elokim, etc., afin qu'il soit dans l'aspect de "ton Elokim" véritablement, dans l'aspect d'un dévoilement intérieur. Et comme l'ont dit nos Sages : "Quelle est l'alliance dite au sujet du sel ?

Le sel adoucit", c'est-à-dire l'adoucissement des rigueurs du nom Elokim.

ובת״ז תקון כ״א דף נ״ד ע״א מלח אותיות חלם ואותיות מחל כי חולם הוא הנקודה שבראשי אתוין שמורה על עליות המל׳ להיות עטרת תפארת כמ״ש בתו״א פ׳ נח סד״ה להבין הענין שתפלת הבעל עסק כו׳ שנקודה א׳ העליונה כולל בחינה התחתונה כו׳ ע״ש, ומשם נמשך המחילה ביוהכ״פ וכן הקרבנות באין לכפר ועלייה זו ע״י ברית מלח כו׳. גם פי׳ חלם לשון חיזוק כמו יחלמו בניהם (איוב סי׳ ל״ט ד׳) שפרש״י יחזקו.

וכן ותחלימני והחייני (בישעיה ל״ח י״ו) פרש״י תבריאני ותחזקני. ועד״ז פי׳ רבינו בחיי בפ׳ תצוה בענין אבן אחלמה וסגולת האבן הזאת שמחזקת את הלב כו׳.

וענין חיזוק זה זהו ע״ד מ״ש ויתן עוז למלכו. וכמ״ש ע״פ ועתה יגדל נא כח אדני כו׳ וזהו נמשך ג״כ מבחי׳ מלח שהוא הכח המעמיד ומקיים הדבר שזהו פי׳ ברית מלח עולם הנאמר גבי אהרן ס״פ קרח וגבי דוד (בדברי הימים ב׳ סי׳ י״ג ה׳).

ועמ״ש סד״ה שובה ישראל עד. להיות יחו״ת כמו יחו״ע בבחי׳ תרין, ריעין בחי׳ אהל בל יצען.

וכמ״ש וארשתיך לי לעולם:

Et dans les Tikouné Zohar, tikoun 21, folio 54a : "sel" a les lettres de 'holem et les lettres de ma'hal, car le 'holem est le point au sommet des lettres, qui indique l'élévation de malkhout pour être l'atara (couronne) de tiféret, comme il est écrit dans Torah Or, paracha Noa'h, à la fin du discours "pour comprendre le sujet de la prière de l'homme d'affaires (baal essek)", etc., qu'un seul point supérieur inclut l'aspect inférieur, etc., vois là-bas. Et de là est attiré le pardon à Yom Kippour, et de même les sacrifices viennent pour expier, et cette élévation se fait par l'alliance de sel, etc.

Aussi le sens de 'halam est au sens de renforcement, comme "leurs petits se fortifieront" (Job 39, 4), que Rachi explique : "ils se fortifieront". Et de même "Tu m'as rendu la santé et Tu m'as fait vivre" (Isaïe 38, 16), Rachi explique : "Tu me rétabliras et Tu me fortifieras".

Et de même Rabbénou Ba'hyé explique dans la paracha Tetsavé au sujet de la pierre a'hlama, et la vertu de cette pierre qui fortifie le cœur, etc. Et ce sujet du renforcement est à la manière de ce qui est écrit "et Il a donné la force à Son roi" (I Samuel 2, 10).

Et comme il est écrit sur le verset "Et maintenant, que se grandisse donc la force du Seigneur", etc. (Nombres 14, 17).

Et cela est attiré aussi de l'aspect du sel, qui est la force qui fait tenir et fait subsister la chose, et c'est le sens de "alliance de sel éternelle" dite au sujet d'Aharon à la fin de la paracha Kora'h, et au sujet de David (II Chroniques 13, 5). Et vois ce qui est écrit à la fin du discours "Reviens, Israël, jusqu'à" (Osée 14, 2) : afin que l'union inférieure soit comme l'union supérieure, dans l'aspect de deux compagnons, l'aspect de "la tente qui ne sera pas démontée" (Isaïe 33, 20).

Et comme il est écrit "Et Je te fiancerai à Moi pour toujours" (Osée 2, 21).

ח והנה לפ״ז צ״ל דגבי מצה כ׳ הפוסקים שלא ליתן מלח בפת בפסח כמ״ש בטוש״ע סי׳ תנ״ה. ולכאורה אינו מובן לפמשנ״ת למעלה שורש ענין המלח מדוע יהיה שבמצה לא יהיה מלח וכמ״ש בגמרא פ״ח דשבת דע״ט ע״א מצה כמשמעו דלא מליח כו׳, ובטו״ב סי׳ תנ״ה כתב לפי כי המלח הוא שורש הדין כו׳, ואין זה מספיק דאדרבה הוא מיתוק הדינים כנ״ל.

אך הענין מבואר בת״ז תקון ס״ט דק״ח ע״א לחם עני בלא מלחא כו׳ בגין דאיהו מצה פרוסה כו׳ עד דתהא שלימה לא צריך לקרבא עלה מלח דאיהו חלם ומאי ניהו חלם אמצעי דכולהו עכ״ל, ופי׳ בכס״מ שכשהיא פרוסה היא אות דל״ת לשון דלות היינו לחם עוני.

8. Or d'après cela il faut dire qu'au sujet de la matsa les décisionnaires ont écrit de ne pas mettre de sel dans le pain à Pessa'h, comme il est écrit dans le Tour et le Choul'han Aroukh, section 455.

Et apparemment ce n'est pas compris d'après ce qui a été expliqué plus haut, la racine du sujet du sel : pourquoi dans la matsa n'y aurait-il pas de sel, et comme il est dit dans la Guemara, chapitre 8 de Chabbat, folio 79a : "matsa selon son sens, qui n'est pas salée", etc. Et dans le Tour et le Beit Yossef, section 455, il a écrit : parce que le sel est la racine du din, etc.

Et cela ne suffit pas, car au contraire c'est l'adoucissement des rigueurs, comme ci-dessus. Mais le sujet est expliqué dans les Tikouné Zohar, tikoun 69, folio 108a : "pain de pauvreté sans sel", etc., "parce qu'elle est une matsa brisée", etc., "jusqu'à ce qu'elle soit entière, il ne faut pas offrir sur elle du sel, qui est 'holem, et qu'est-ce que 'holem ? le médian de tous", fin de citation.

Et l'explication dans le Kissé Melekh : lorsqu'elle est brisée, elle est la lettre dalet, au sens de pauvreté, c'est-à-dire le pain de pauvreté.

וצריך להשלימה באות ו׳ בתוכה שתהיה ה״א כו׳ ואז דוקא תקריב עליה מלח שהם ג׳ שמות הוי׳ שבחג״ת עכ״ד. והענין כי פי׳ לחם עני זהו ע״ד סיהרא לית לה מגרמה כלום ואזי היא בחי׳ עניה.

Et il faut la compléter par la lettre vav en son sein, afin qu'elle soit un hé, etc., et alors seulement tu offriras sur elle du sel, qui sont les trois noms Havaya qui sont dans 'hessed, guevoura, tiféret, fin de ses paroles. Et le sujet : l'explication de "pain de pauvreté", c'est à la manière de "la lune n'a rien d'elle-même", et alors elle est dans l'aspect de pauvre.

וכמ״ש בזח״א בראשית דל״ג א׳. ויחי דרמ״ט ע״ב.

ואין עני אלא בדעת. וע״י קבלתה משמשא נפקא ממסכנותא היינו ע״י שנמשך בה הדעת מבחי׳ שמש הוי׳.

וכמ״ש ברע״מ ר״פ כי תשא העשיר דא עמודא דאמצעיתא. היינו קו האמצעי דעת תפארת ועמ״ש בד״ה וידעת היום והשבות כו׳.

ומתחלה כשהיא רק בבחי׳ אמונה לבד נק׳ לחם עני. והנה תחלת העבודה צ״ל בבחי׳ אמונה לבד דווקא.

וכמארז״ל בא חבקוק והעמידן על אחת שנאמר וצדיק באמונתו יחיה. וכתיב פתחו שערים ויבוא גוי צדיק שומר אמונים (בישעיה סי׳ כ״ו ב׳).

וכדפירש״י שם. וכתיב והיה אמונת עתיך חוסן ישועות (שם ל״ג ו׳).

וממנה יבוא אח״כ לבחי׳ הדעת שהוא השגת פנימית התורה וכמארז״ל כל המקיים את התורה מעוני סופו לקיימה מעושר. בפ״ד דאבות.

ופי׳ במדר׳  שמואל. דר״ל מעוני הדעת.

סופו לקיימה מעושר הדעת שהוא ישפיע עליו מחכמתו כו׳ וזהו אם אין יראה אין חכמה אם אין חכמה אין יראה, וא״כ איך יתחיל. אלא כי יש ב׳ בחי׳ יראה הא׳ יראה תתאה והיא תרעא לאעלאה, ולכן אם אין יראה אין חכמה.

Et comme il est écrit dans le Zohar I, Berechit, folio 33a, et Vaye'hi, folio 249b : "il n'y a de pauvre que dans le daat". Et par sa réception du soleil elle sort de la pauvreté, c'est-à-dire par le fait que le daat est attiré en elle depuis l'aspect du soleil de Havaya.

Et comme il est écrit dans le Raaya Mehemna, au début de la paracha Ki Tissa : "le riche, c'est la colonne médiane", c'est-à-dire le kav médian, daat, tiféret. Et vois ce qui est écrit dans le discours "Tu sauras aujourd'hui et tu feras revenir", etc.

Et au commencement, lorsqu'elle n'est que dans l'aspect de la foi seule, elle est appelée pain de pauvreté. Or le commencement du service doit être précisément dans l'aspect de la foi seule.

Et comme l'ont dit nos Sages : "Habacuc est venu et les a fait tenir sur une seule, car il est dit : et le juste vivra par sa foi" (Habacuc 2, 4 ; Makot 24a). Et il est écrit "Ouvrez les portes, et qu'entre la nation juste qui garde la fidélité" (Isaïe 26, 2), et comme Rachi l'explique là.

Et il est écrit "Et la foi de tes temps sera un trésor de saluts" (Isaïe 33, 6). Et d'elle on viendra ensuite à l'aspect du daat, qui est la saisie de l'intériorité de la Torah.

Et comme l'ont dit nos Sages : "Quiconque accomplit la Torah dans la pauvreté, sa fin est de l'accomplir dans la richesse" (Avot 4, 9). Et l'explication dans le Midrach Chemouel : l'intention est : depuis la pauvreté du daat, sa fin est de l'accomplir depuis la richesse du daat, car Il influera sur lui de Sa sagesse, etc.

Et c'est "s'il n'y a pas de crainte, il n'y a pas de sagesse ; s'il n'y a pas de sagesse, il n'y a pas de crainte" (Avot 3, 17). Alors comment commencera-t-il ?

Seulement, il y a deux aspects de crainte : le premier est la crainte inférieure, et elle est la porte pour entrer, et c'est pourquoi s'il n'y a pas de crainte il n'y a pas de sagesse.

ואח״כ ע״י החכמה יזכה ליראה עילאה כו׳ ששם אין שייך חמוץ כו׳. וזהו שאמרו יאה עניותא לישראל.

ור״ל שיהיה בעיניו נגד הקב״ה בבחי׳ עני מן הדעת ולהיות בבחי׳ אמונה. וכמ״ש בסש״ב ח״א פרק י״ח דכתיב פתי יאמין לכל דבר ואצל הקב״ה הכל כפתיים, וכמ״ש בהמות הייתי עמך וכתיב אדם ובהמה תושיע הוי׳ וארז״ל פ״ק דחולין דף ה׳ ע״ב אלו בני אדם שהם ערומים בדעת כאדם הראשון ומשימים עצמם כבהמה דכאי רוח ע״ש בפרש״י כו׳ וכ״כ ברבות פ׳ בשלח פכ״א ע״פ יונתי אמר הקב״ה אצלי הם כיונה פותה כל מה שאני גוזר עליהם עושים כו׳.

Et ensuite, par la 'hokhma, il méritera la crainte supérieure, etc., où le levain n'a pas de rapport, etc. Et c'est ce qu'ils ont dit : "la pauvreté sied à Israël" ('Haguiga 9b).

Et l'intention est qu'il soit à ses yeux, face au Saint, béni soit-Il, dans l'aspect de pauvre en daat, et d'être dans l'aspect de la foi. Et comme il est écrit dans Tanya, partie I, chapitre 18, car il est écrit "le simple croit toute parole" (Proverbes 14, 15), et auprès du Saint, béni soit-Il tous sont comme des simples.

Et comme il est dit "j'étais une bête auprès de Toi" (Psaumes 73, 22), et il est écrit "l'homme et la bête Tu sauves, Havaya" (Psaumes 36, 7), et nos Sages ont dit, premier chapitre de 'Houlin, folio 5b : "ce sont les hommes qui sont rusés en daat comme Adam le premier, et qui se font eux-mêmes comme une bête, brisés d'esprit", vois là dans Rachi, etc. Et de même il est écrit dans Chemot Rabba, chapitre 21 (Bechala'h), sur le verset "ma colombe" (Cantique des Cantiques 2, 14) : le Saint, béni soit-Il, a dit : "auprès de Moi ils sont comme une colombe naïve, tout ce que Je décrète sur eux ils le font", etc.

וע״כ בענין חיוב אכילת מצה שהוא תחלת העבודה צ״ל לחם עוני דוקא שהוא בחי׳ אמונה ואתכפיא בלי שום טעם ודעת. וע״כ אין ליתן בה מלח.

שהמלח הוא נותן טעם להיות בחי׳ טעם ודעת שהוא גילוי פנימית התורה כו׳. וראשית העבודה צ״ל בבחי׳ לחם עוני דוקא.

ולכן ישראל מונין ללבנה, אלא שאח״כ צריך להיות בה המשכת הדעת מבחינת שמשא וזהו ענין מצה עשירה, ועמ״ש בפי׳ רבת תעשרנה פלג אלקים בד״ה והיה מספר בנ״י כחול הים כו׳ ואזי מבחי׳ דל״ת נעשית ה׳ ועמ״ש בזה סד״ה המגביהי לשבת כו׳:

Et c'est pourquoi, dans le sujet de l'obligation de manger la matsa, qui est le commencement du service, il faut que ce soit précisément le pain de pauvreté, qui est l'aspect de la foi et de l'itkafia, sans aucun goût ni daat. Et c'est pourquoi on ne doit pas y mettre de sel.

Car le sel est ce qui donne le goût, pour qu'il y ait l'aspect du goût et du daat, qui est le dévoilement de l'intériorité de la Torah, etc. Et le commencement du service doit être précisément dans l'aspect du pain de pauvreté.

Et c'est pourquoi Israël compte selon la lune, seulement qu'ensuite il faut qu'il y ait en elle l'attraction du daat depuis l'aspect du soleil, et c'est le sujet de la matsa riche. Et vois ce qui est écrit dans l'explication de "elle s'enrichira beaucoup, le ruisseau de Elokim" (Psaumes 65, 10) dans le discours "Et le nombre des enfants d'Israël sera comme le sable de la mer", etc.

Et alors, de l'aspect de la lettre dalet elle devient un hé. Et vois ce qui est écrit de cela à la fin du discours "Celui qui siège dans les hauteurs" (Psaumes 113, 5), etc.

ט וביאור הענין יש להקדים מ״ש באו״ת פ׳ קרח בשם הה״מ נ״ע וז״ל והנה נאמר באהרן ברית מלח עולם הוא. הוא כתיב והקרי היא.

והנה ידוע שאהרן שושבינא דמטרוניתא והוא המקשר עולמות ע״י עבודת הקרבנות והקטורת שהוא לשון קשר. כי תרגום ותקשור על ידו בפ׳ וישב וקטרת על ידיה.

9. Et l'explication du sujet, il faut d'abord faire précéder ce qui est écrit dans Or Torah, paracha Kora'h, au nom du Maguid de Mezritch, que son âme repose en Eden, et voici ses paroles : et voici qu'il est dit au sujet d'Aharon "une alliance de sel éternelle, elle est".

"Il" est écrit, et la lecture est "elle". Et voici, il est connu qu'Aharon est le paranymphe de la Matrone, et c'est lui qui lie les mondes par le service des sacrifices et de l'encens (ketoret), qui a le sens de lien.

Car le Targoum de "et tu lieras" sur sa main, dans la paracha Vayéchev (Genèse 38, 28), est "et tu encenseras" sur sa main.

וזהו פי׳ ברית מלח לשון עירוב כמו המלחים. היינו כדפרש״י בחומש פ׳ כי תשא ע״פ ממולח טהור קדש מעורב שיערב יפה יפה ואומר אני שדומה לו וייראו המלחים כו׳ שמהפכין כו׳ ע״ש.

Et c'est le sens de "alliance de sel", au sens de mélange, comme les marins (mala'him). C'est-à-dire comme Rachi l'explique dans le 'Houmach, paracha Ki Tissa, sur le verset "salé, pur, saint" (Exode 30, 35) : "mélangé", qu'il mélange bien bien, et je dis que lui ressemble "et les marins craignirent" (Jonas 1, 5), etc., qui retournent, etc., vois là.

ופי׳ ברית מלח שכרת לו ברית שע״י עבודת הקרבנות יקשר ויערב העולם שהם כלל העולמות בא״ס שהוא יהיה הממוצע והמחבר והמקשר העולמות זה בזה כו׳ וזהו עלה בכבש כו׳. עד מערבית שהוא מדת אהרן ברית מלח שמערב העולמות כו׳, והנה הכתיב ברית מלח עולם הוא והקרי היא כי למעלה הוא בהעלם גדול לכך כתיב הוא לשון נסתר אבל למטה כאשר בא תוך הקרי שהוא הדבור ושם הוא התגלות לכן נק׳ היא עכ״ל, וזהו שבקטורת נאמר ממולח כי הקטרת הוא ענין הקשר והעירוב כו׳.

Et l'explication de "alliance de sel" : qu'Il a conclu avec lui une alliance, que par le service des sacrifices il liera et mélangera le monde, qui sont l'ensemble des mondes, dans l'Ein Sof, en ce qu'il sera l'intermédiaire, celui qui unit et celui qui lie les mondes l'un à l'autre, etc. Et c'est "il montait par la rampe", etc., jusqu'à l'occident, qui est la mida d'Aharon, alliance de sel, qui mélange les mondes, etc.

Or l'écrit est "alliance de sel éternelle, il", et la lecture est "elle", car en haut c'est dans un grand voilement, c'est pourquoi il est écrit "il", au sens de caché, mais en bas, lorsqu'il vient dans la lecture, qui est la parole, et là est le dévoilement, c'est pourquoi elle est appelée "elle", fin de citation. Et c'est ce qui, dans l'encens, est dit "salé", car l'encens est le sujet du lien et du mélange, etc.

וביאור ענין שמערב העולמות, כי הנה ארז״ל ביום חתונתו זו מתן תורה, וצ״ל מהו פי׳ חתונתו, אך כי חיתון פירושו תערובות כמ״ש בת״י פ׳ עקב ז׳ ג׳. וא״כ פי׳ ביום חתונתו היינו ענין תערובות והתקשרות העולם בא״ס ב״ה ע״י התורה, והוא ע״פ מ״ש ברבות פ׳ וארא פי״ב ע״פ כל אשר חפץ ה׳ עשה אמר דוד אע״פ שגזר הקב״ה השמים שמים לה׳ כו׳ כשבקש ליתן התורה בטל גזירה ראשונה ואמר התחתונים יעלו לעליונים והעליונים ירדו לתחתונים ואני המתחיל שנאמר וירד ה׳ על הר סיני.

Et l'explication du sujet qu'il mélange les mondes : car voici, nos Sages ont dit "au jour de ses noces, c'est le don de la Torah" (Taanit 26b). Et il faut dire : quel est le sens de "ses noces" ?

Seulement, noces signifie mélange, comme il est écrit dans le Targoum Yonathan, paracha Ekev 7, 3. Et si c'est ainsi, le sens de "au jour de ses noces" est le sujet du mélange et de l'attachement du monde à l'Ein Sof, béni soit-Il, par la Torah.

Et c'est d'après ce qui est écrit dans Chemot Rabba, chapitre 12 (Vaéra), sur le verset "tout ce que ה' veut, Il le fait" (Psaumes 135, 6) : David a dit : bien que le Saint, béni soit-Il, ait décrété "les cieux, les cieux sont à ה'" (Psaumes 115, 16), etc., lorsqu'Il a voulu donner la Torah Il a annulé le premier décret et a dit : les inférieurs monteront vers les supérieurs et les supérieurs descendront vers les inférieurs, et Moi Je commence, car il est dit "et ה' descendit sur le mont Sinaï" (Exode 19, 20).

וכתיב ואל משה אמר עלה אל ה׳ הוי כל אשר חפץ ה׳ עשה בשמים ובארץ עכ״ל. ופי׳ ענין ירידה ועלייה יובן ממ״ש במ״א בד״ה ושמתי כדכד שמשותיך כדין וכדין כו׳ ועכ״פ הוא השתלשלות והמשכת האור מסוכ״ע בממכ״ע וזהו כי כל בשמים ובארץ דאחיד בשמיא וארעא כו׳ וזהו ענין ברית מלח עולם.

Et il est écrit "Et à Moché Il dit : monte vers ה'" (Exode 24, 1). Voici que "tout ce que ה' veut, Il le fait, dans les cieux et sur la terre", fin de citation.

Et l'explication du sujet de la descente et de la montée se comprendra de ce qui est écrit ailleurs dans le discours "Et Je poserai tes créneaux en kadkod" (Isaïe 54, 12), "selon celui-ci et selon celui-ci", etc. Et en tout cas, c'est l'enchaînement et l'attraction de la lumière depuis sovev kol almin dans memalé kol almin, et c'est "car tout, dans les cieux et sur la terre" (I Chroniques 29, 11), qui saisit les cieux et la terre, etc.

Et c'est le sujet de "alliance de sel éternelle".

והנה פי׳ ליל שמורים הוא ע״ד שמור לנוקבא היינו מה שהמקבל ממתין ומצפה ומייחל אל המשפיע כעני הצופה ומביט מתי יתן הבעה״ב  לידו מאומה כמ״ש סד״ה זכור את יום השבת כו׳ בענין פי׳ שמור כו׳ ע״ש וכך הוא ענין ליל שמורים. אשר בחי׳ ליל הוא מדת החשך וההעלם ונמשך מבחי׳ ממכ״ע.

Or l'explication de "nuit de gardes" (Exode 12, 42) est à la manière de "garde (chamor) pour la Noukva", c'est-à-dire ce que le receveur attend, espère et se tient dans l'attente envers l'influenceur, comme le pauvre qui guette et regarde quand le maître de maison donnera en sa main quelque chose, comme il est écrit à la fin du discours "Souviens-toi du jour du Chabbat", etc., au sujet de l'explication de "garde", etc., vois là. Et ainsi est le sujet de "nuit de gardes".

Car l'aspect de la nuit est la mida de l'obscurité et du voilement, et elle est attirée de l'aspect de memalé kol almin.

ובחי׳ זו היא בחי׳ שמורים ומצפה להמשכת האור מבחי׳ סוכ״ע שהוא בלי גבול. ולכן נאמר שמורים לשון רבים ע״ש התחברות משפיע ומקבל כמ״ש בזח״ב פ׳ בא דל״ח ע״ב ולכן המצה היא דוקא לחם עני כעני הצופה ומביט כו׳ כנ״ל וכן פי׳ בפ׳ ויצא דקנ״ז ע״א בענין לחם עני מאן עני דא דוד מלכא דכתיב ביה כי עני ואביון אני.

Et cet aspect est l'aspect des gardes, et elle attend l'attraction de la lumière depuis l'aspect de sovev kol almin, qui est sans limite. Et c'est pourquoi il est dit "gardes" au pluriel, d'après l'union de l'influenceur et du receveur, comme il est écrit dans Zohar II, paracha Bo, folio 38b.

Et c'est pourquoi la matsa est précisément le pain de pauvreté, comme le pauvre qui guette et regarde, etc., comme ci-dessus. Et de même il est expliqué dans la paracha Vayetsé, folio 157a, au sujet du pain de pauvreté : "qui est le pauvre ? c'est le roi David, car il est écrit de lui : car pauvre et indigent je suis" (Psaumes 86, 1).

והאי לחם עני אקרי מצה נוקבא בלא דכורא מסכנותא הוי. אתקריבו לגבי מצה בקדמיתא כיון דקריבו לון יתיר עייל לון קב״ה בדרגין אחרנין ואתחבר דכורא בנוקבא וכדין מצה כד אתחברת בדכורא אקרי מצוה בתוספת וא״ו עכ״ל.

Et ce pain de pauvreté est appelé matsa, le féminin sans le masculin, c'est la pauvreté. Ils s'approchèrent de la matsa d'abord ; dès qu'ils se furent approchés davantage, le Saint, béni soit-Il, les fit entrer dans d'autres degrés, et le masculin s'unit au féminin, et alors la matsa, lorsqu'elle s'unit au masculin, est appelée mitsva, avec l'ajout du vav, fin de citation.

ועמ״ש מענין וא״ו בד״ה הקל קול יעקב ומ״ש לקמן בד״ה ששת ימים תאכל מצות, וכיון שכן שבחי׳ מצה הוא דוקא לחם עני, שמשתמרת לקבל היחוד ואור העליון מבחי׳ סוכ״ע קודם שנמשך האור. רק הוא בבחי׳ שמור לנוק׳, ולכן נוהגין שלא ליתן מלח במצה, שבחי׳ ברית מלח עולם זהו כאשר כבר נמשך האור ונעשה בחי׳ תערובות וזהו ע״י אהרן שושבינא דמטרוניתא כו׳, ומ״ש בדוד ברית מלח עולם זהו לאחר שרימם הקב״ה מלכותו ונמשך האור מבחי׳ סוכ״ע בממכ״ע וכמ״ש דוד ארוממך אלקי המלך כו׳, אבל בבחי׳ מצה לחם עני א״צ ליתן מלח כו׳.

ומזה יובן איך מנהג ישראל תורה, ואח״כ בקרבנות שהוא ענין הקירוב והיחוד של המדרגות דממכ״ע וסוכ״ע בא המצוה ולא תשבית מלח כו׳ כדי להיות התקשרות והתחברות כו׳:

Et vois ce qui est écrit au sujet du vav dans le discours "La voix est la voix de Yaakov", et ce qui est écrit plus loin dans le discours "Six jours tu mangeras des matsot". Et puisqu'il en est ainsi, que l'aspect de la matsa est précisément le pain de pauvreté, qui se garde pour recevoir l'union et la lumière supérieure depuis l'aspect de sovev kol almin avant que la lumière soit attirée, seulement elle est dans l'aspect de "garde pour la Noukva", c'est pourquoi on a la coutume de ne pas mettre de sel dans la matsa.

Car l'aspect de "alliance de sel éternelle", c'est lorsque déjà la lumière a été attirée et qu'est devenu l'aspect du mélange, et cela par Aharon, paranymphe de la Matrone, etc. Et ce qui est dit au sujet de David "alliance de sel éternelle", c'est après que le Saint, béni soit-Il, a élevé sa royauté et que la lumière a été attirée depuis l'aspect de sovev kol almin dans memalé kol almin, et comme David a dit "Je T'exalterai, Elokim le roi", etc.

(Psaumes 145, 1). Mais dans l'aspect de la matsa, pain de pauvreté, il n'est pas besoin de mettre du sel, etc.

Et de cela on comprendra comment la coutume d'Israël est Torah. Et ensuite, dans les sacrifices, qui sont le sujet du rapprochement et de l'union des degrés de memalé kol almin et de sovev kol almin, vient le commandement "Tu ne feras pas cesser le sel", etc., afin qu'il y ait l'attachement et l'union, etc.

י ועפ״ז י״ל ג״כ מה שפרש״י שהספנים נקראו מלחים ע״ש שמהפכין את המים במשוטות כשמנהיגין את הספינה כו׳, דהנה כתיב כה אמר ה׳ הנותן בים דרך (בישעי׳ סי׳ מ״ג י״ו) פי׳ כי ים עלמא דאתכסיא והקב״ה נותן בו דרך שיוכלו הנשמות לעלות שם. והיינו ע״י הספינות שהם הלבושים של תומ״צ שבהן ועל ידן מתעלים בים היינו העלייה מבי״ע לאצי׳ כמ״ש בבה״ז פ׳ בשלח דס״ז ע״א שיש נשמות הנק׳ נוני ימא וע״ד מן המים משיתיהו שהם בעצם מעלמא דאתכסיא נשמות דאצילות אכן נשמות דבי״ע שהם מיבשה מעלמא דאתגליא לא יוכלו לעלות בים כ״א ע״י הלבושים שהם הנק׳ ארבין, שם אניות יהלכון כו׳ וע״ש דס״ט ע״ג שזהו ע״ד ויבא משה בתוך הענן כו׳ ועמ״ש מזה בתו״א פ׳ חיי שרה.

ועוד יש פי׳ הנותן בים שהוא מל׳ דרך שממשיך בו ההמשכה מלמעלה היינו ע״י יסוד ז״א שממשיך בו מחב״ד שבחכמה מלובש אור א״ס ב״ה (וכמ״ש מזה בזח״א בראשי׳ כ״ט סע״ב מקץ קצ״ז ע״ב תרומה קל״ז סע״א ובסה״מ סי׳ קי״ד קט״ו). וזהו משרז״ל ברבות קדושי׳ פכ״ה ע״פ אחרי ה׳ אלהיכם תלכו וכי אפשר לב״ו להלך אחר הקב״ה אותו שכתוב בו בים דרכך כו׳ אלא כו׳ ויטע ה׳ אלקים גן בעדן אף אתם כו׳  ע״ש, והמכוון כי התו׳ נק׳ עץ חיים ונק׳ גן היינו ג״ן סדרים דאורייתא וכן המצות הם עצי הגן והפרדס (ברבות פ׳ כי תצא).

וע״י קיום התומ״צ יבואו לבחי׳ ומדרגת אחרי ה׳ אלקיכם תלכו מ״ש בו בים דרכך וכן הם יעלו עי״ז להיות להם דרך בים הנ״ל ועז״נ דרכיה דרכי נועם כו׳ (משלי ג׳ י״ז) וזהו ושמרו דרך הוי׳ עמ״ש ע״ז בת״א פ׳ בשלח בד״ה אשירה להוי׳ ובד״ה מהלכים בין העומדים בענין אם בדרכי תלך כו׳. אך הספינות והלבושים הנ״ל צריכים עוד לבחי׳ מלחים המנהיגים אותם בים וכמ״ש בזח״ב מ״ח ב׳ בענין דאתי חד דברא בימא כו׳, שהוא דוקא הנותן בים דרך ע״י שממשיך בו האור והשפע מאור א״ס ב״ה כנ״ל וממתיק גבורות הגלים של הים אזי דוקא יוכלו הספינות לילך בו.

10. Et d'après cela on peut aussi dire ce que Rachi a expliqué, que les marins sont appelés mala'him d'après ce qu'ils retournent les eaux avec les rames lorsqu'ils dirigent le navire, etc.

Car voici, il est écrit "ainsi a dit ה', Celui qui donne dans la mer un chemin" (Isaïe 43, 16). Explication : la mer est le monde caché, et le Saint, béni soit-Il, y donne un chemin afin que les âmes puissent y monter.

Et cela par les navires, qui sont les vêtements de la Torah et des commandements, par lesquels et par leur moyen elles s'élèvent dans la mer, c'est-à-dire la montée de Beria, Yetsira, Assiya vers Atsilout, comme il est écrit dans le Biour haZohar, paracha Bechala'h, folio 67a, qu'il y a des âmes appelées "poissons de la mer", et à la manière de "des eaux Il l'a tiré" (Exode 2, 10), qui sont en essence du monde caché, âmes d'Atsilout. Mais les âmes de Beria, Yetsira, Assiya, qui sont de la terre sèche, du monde révélé, ne pourront monter dans la mer que par les vêtements, qui sont appelés navires, "là les navires circulent" (Psaumes 104, 26), etc.

Et vois là folio 69c, que c'est à la manière de "et Moché entra au milieu de la nuée" (Exode 24, 18), etc. Et vois ce qui est écrit de cela dans Torah Or, paracha 'Hayé Sarah.

Et il y a encore une explication de "Celui qui donne dans la mer", qui est malkhout, un chemin, qu'Il attire en elle l'attraction d'en haut, c'est-à-dire par le yessod de Zeir Anpin, qui attire en elle depuis 'Habad, car dans la 'hokhma est revêtue l'Or Ein Sof, béni soit-Il (et comme il est écrit de cela dans Zohar I, Berechit 29, fin de page b, Mikets 197b, Terouma 137, fin de page a, et dans Sefer HaMaamarim sections 114, 115). Et c'est ce que nos Sages ont expliqué dans Vayikra Rabba, chapitre 25 (Kedochim), sur le verset "après ה' votre Elokim vous irez" (Deutéronome 13, 5) : et est-il possible à un être de chair et de sang de marcher après le Saint, béni soit-Il, Celui dont il est écrit "dans la mer est Ton chemin" (Psaumes 77, 20), etc. ?

Seulement, etc. "et ה' Elokim planta un jardin en Eden, vous aussi", etc., vois là.

Et l'intention : la Torah est appelée arbre de vie et est appelée jardin (gan), c'est-à-dire les cinquante-trois (gan) sections (sedarim) de la Torah, et de même les commandements sont les arbres du jardin et du verger (dans Devarim Rabba, Ki Tetsé). Et par l'accomplissement de la Torah et des commandements ils viendront à l'aspect et au degré de "après ה' votre Elokim vous irez", dont il est dit "dans la mer est Ton chemin", et de même eux monteront par cela, pour qu'il y ait pour eux un chemin dans la mer susdite.

Et sur cela il est dit "ses voies sont des voies agréables", etc. (Proverbes 3, 17).

Et c'est "et ils garderont le chemin de Havaya", vois ce qui est écrit sur cela dans Torah Or, paracha Bechala'h, dans le discours "Je chanterai pour Havaya", et dans le discours "ceux qui marchent parmi ceux qui se tiennent", au sujet de "si tu vas dans Mes voies", etc. Mais les navires et les vêtements susdits ont encore besoin de l'aspect des marins qui les dirigent dans la mer, et comme il est écrit dans Zohar II folio 48b au sujet de "vient un qui conduit dans la mer", etc., qui est précisément "Celui qui donne dans la mer un chemin", en attirant en elle la lumière et l'influx de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, comme ci-dessus, et il adoucit les guevourot des vagues de la mer, alors seulement les navires pourront y aller.

וע״ז רמזו רז״ל בירושלמי פ״ב דשבת וברבות פ׳ בראשית פ״ו בחקתי פל״ה הנותן בים דרך מן העצרת ועד החג, והיינו ע״י שאזי נמשך דרך הוי׳, כי בעצרת הוא מתן תורה כו׳ ועי״ז נעשה בים דרך כו׳ ובעבודה זהו ע״ד מארז״ל מצות צריכות כוונה, והיינו כמארז״ל שיקבל עליו עול מלכות שמים תחלה ואח״כ יקבל עליו עול מצות. עול מלכות שמים ע״י ק״ש למס״נ באחד, עי״ז ממשיך דרך הוי׳ בבחי׳ ים מלמעלה למטה, כי ים דומה לרקיע כו׳ לכסה״כ כו׳ שזמנה משיכיר בין תכלת ללבן.

Et sur cela nos Sages ont fait allusion dans le Yerouchalmi, chapitre 2 de Chabbat, et dans Beréchit Rabba, chapitre 6, et Vayikra Rabba, chapitre 35 (Be'houkotaï) : "Celui qui donne dans la mer un chemin", depuis Atséret jusqu'à la fête. C'est-à-dire par le fait qu'alors est attiré le chemin de Havaya, car à Atséret est le don de la Torah, etc., et par cela se fait dans la mer un chemin, etc.

Et dans le service, c'est à la manière de ce que nos Sages ont dit : "les commandements ont besoin d'intention". C'est-à-dire comme nos Sages ont dit : qu'il accepte d'abord sur lui le joug de la royauté des cieux, et ensuite qu'il accepte sur lui le joug des commandements.

Le joug de la royauté des cieux, par le Chema, pour la messirout nefech dans l'Un : par cela il attire le chemin de Havaya dans l'aspect de la mer, d'en haut vers le bas. Car la mer ressemble au firmament, etc., au trône de gloire, etc., dont le temps est dès qu'on distingue entre le tekhelet et le blanc.

ותכלת דומה לים כו׳ לכסה״כ אשר עי״ז ממשיך הנותן בים דרך מלמעלה למטה, וכמ״ש בים דרכך ושבילך כו׳ ואח״כ יקבל עליו עומ״צ שאזי ע״י המצות שהם הארבין דהיינו האניות יוכלו גם הנשמות להיות להם דרך בים כו׳.

Et le tekhelet ressemble à la mer, etc., au trône de gloire, par quoi Il attire "Celui qui donne dans la mer un chemin", d'en haut vers le bas. Et comme il est dit "dans la mer est Ton chemin, et Ton sentier", etc.

(Psaumes 77, 20). Et ensuite il acceptera sur lui le joug des commandements, alors, par les commandements qui sont les navires, c'est-à-dire les vaisseaux, les âmes aussi pourront avoir un chemin dans la mer, etc.

וע״כ נק׳ הספנים מלחים ופרש״י שהוא ג״כ לשון תערובות שמהפכין את המים כו׳, ויש לפרש שהתערובות הוא שממשיכים דרך בים מלמעלה למטה להיות בים דרכך וכן מלמטה למעלה שיוכלו אנשי היבשה שמעלמא דאתגליא להתעלות למעלה להיות להם השגה בעלמא דאתכסיא, אך קי״ס הוא בחי׳ עליונה יותר שהים נעשה בו דרך יבשה ממש ואזי א״צ לארבין, וע״ד מ״ש במ״א ע״פ צאינה וראינה כו׳ צאינה מן הלבושים והיינו ע״י גילוי. בעטרה שעטרה לו אמו היינו אור הכתר שעי״ז הפך ים שהוא עלמא דאתכסיא להיות עלמא דאתגליא ממש ואזי א״צ ללבושין הנק׳ ארבין שמפסיקין בין האדם לים החכמה שלא ניתן ליהנות מים החכמה כ״א ע״י לבוש ומשל החוצץ בינו ובין ים החכמה ע״ד ויבא משה בתוך הענן כו׳, אבל כאשר הפך ים ליבשה ממש לא יצטרך כלל ללבוש ומשל כ״א יהיה בו דרך כמו ביבשה ועז״נ ובנ״י הלכו ביבשה בתוך הים כו׳.

Et c'est pourquoi les marins sont appelés mala'him, et Rachi : c'est aussi au sens de mélange, car ils retournent les eaux, etc. Et on peut expliquer que le mélange est qu'ils attirent un chemin dans la mer d'en haut vers le bas, pour qu'il y ait "dans la mer est Ton chemin", et de même d'en bas vers le haut, afin que les gens de la terre sèche, qui sont du monde révélé, puissent s'élever en haut, pour avoir une saisie dans le monde caché.

Mais la fente de la mer des Joncs est un aspect plus élevé, car la mer y devient un chemin de terre sèche véritablement, et alors on n'a pas besoin de navires. Et à la manière de ce qui est écrit ailleurs sur le verset "Sortez et voyez", etc. : sortez des vêtements, et cela par le dévoilement.

"De la couronne dont l'a couronné sa mère" (Cantique des Cantiques 3, 11), c'est-à-dire la lumière du keter, par quoi Il a retourné la mer, qui est le monde caché, pour être le monde révélé véritablement, et alors on n'a pas besoin des vêtements appelés navires, qui font écran entre l'homme et la mer de la 'hokhma, car il n'est pas donné de jouir de la mer de la 'hokhma sinon par un vêtement et une parabole qui sépare entre lui et la mer de la 'hokhma, à la manière de "et Moché entra au milieu de la nuée", etc. Mais lorsque la mer s'est retournée en terre sèche véritablement, il n'aura plus du tout besoin de vêtement ni de parabole, mais il y aura en elle un chemin comme sur la terre sèche.

Et sur cela il est dit "et les enfants d'Israël marchèrent sur la terre sèche au milieu de la mer", etc. (Exode 15, 19).

וזהו ששת ימים תאכל מצות וביום השביעי עצרת לה׳ אלקיך. פי׳ מצות בוא״ו זהו כשנמשך בבחי׳ מצה דלא מליח כו׳ בחי׳ וא״ו ונעשית בחי׳ מצוה, ועי״ז אח״כ וביום השביעי נמשך בחי׳ עליונה יותר להיות הפך ים ליבשה, וזהו ענין עצרת להוי׳ אלקיך ע״ד אחרי הוי׳ אלקיכם ממש תלכו מ״ש בו בים דרכך וא״צ ללבושים כו׳.

והיינו כדפרש״י ע״פ הנותן בים דרך דקאי על קריעת ים סוף:

Et c'est "six jours tu mangeras des matsot, et le septième jour, clôture pour ה' ton Elokim" (Deutéronome 16, 8). Explication : matsot avec un vav, c'est lorsqu'il est attiré dans l'aspect de la matsa qui n'est pas salée, etc., l'aspect du vav, et elle devient l'aspect de mitsva.

Et par cela, ensuite, "et le septième jour" est attiré un aspect plus supérieur, pour que la mer se retourne en terre sèche. Et c'est le sujet de "clôture pour Havaya ton Elokim", à la manière de "après Havaya votre Elokim" véritablement "vous irez", dont il est dit "dans la mer est Ton chemin", et on n'a pas besoin de vêtements, etc.

Et c'est comme Rachi l'explique sur le verset "Celui qui donne dans la mer un chemin", que cela vise la fente de la mer des Joncs.

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