"Il appela Moché, etc." (Lévitique 1, 1). L'aleph de Vayikra est petite.
ויקרא אל משה וגו׳. אל״ף דויקרא זעירא.
ובד״ה כתיב אדם באל״ף רבתי. ולהבין זה.
והנה ארז״ל במדרש ויקרא רבה פ״א ויקרא אל משה ולא כאברהם. באברהם כתיב ויקרא מלאך ה׳ אל אברהם המלאך קורא והדבור מדבר.
ברם הכא אמר הקב״ה אני הוא הקורא ואני הוא המדבר. וכן הוא בזוהר פ׳ בלק (דף רי״ש ע״ב) ויקרא אל משה קלא דמלכא ולא ע״י שליחא אחרא.
וצ״ל לפ״ז למה לא נאמר ויקרא ה׳ אל משה. ומדוע לא נזכר כלל בפסוק מי היה הקורא.
גם צ״ל דבזוהר פ׳ וירא (דק״ב סע״ב) כ׳ ויקרא אל משה ולא קאמר מאן הוה כו׳ אלא בכל הני מלאכא דברית הוה וכולא בקב״ה אתמר. והענין כי הנה לעיל מיניה כתיב ולא יכול משה לבוא אל אוהל מועד כי שכן עליו הענן וכבוד ה׳ מלא את המשכן פי׳ שכן עליו הענן הוא המשכת והשראת אור א״ס ב״ה ממקום עליון ונורא מאד שנאמר בו ישת חשך סתרו שהוא בחי׳ אור א״ס ב״ה הסוכ״ע שלא שייך בו שום גילוי השגה כי לית מחשבה תפיסא ביה כלל ואנת חכים ולא בחכמה ידיעא הוא היודע והוא המדע כו׳ ולכן על זה נאמר ישת חשך סתרו חשך הוא דבר שאין נראה בו שום תפיסא והשגה כלל.
"Il appela Moché, etc." (Lévitique 1, 1). L'aleph de Vayikra est petite.
Et dans les Chroniques (I Chroniques 1, 1) il est écrit Adam avec un aleph grand. Et pour comprendre ceci.
Or, nos Sages ont dit dans Vayikra Rabba, chapitre 1 : "Il appela Moché et non comme Avraham. Chez Avraham il est écrit : 'Un ange de ה' appela Avraham' - l'ange appelle et la parole parle.
Mais ici, le Saint, béni soit-Il, dit : c'est Moi qui appelle et c'est Moi qui parle." Et de même dans le Zohar, paracha Balak (folio 210b) : "Il appela Moché, la voix du Roi, et non par un autre envoyé." Et il faut comprendre selon cela pourquoi il n'est pas dit "ה' appela Moché". Et pourquoi n'est-il pas mentionné du tout dans le verset qui était celui qui appelle.
Il faut aussi comprendre que dans le Zohar, paracha Vayéra (folio 102b fin) il est écrit : "Il appela Moché, et il ne dit pas qui c'était, etc., mais dans tous ceux-là c'était l'ange de l'alliance, et tout fut dit au sujet du Saint, béni soit-Il." Et le sujet : car voici, avant cela il est écrit : "Et Moché ne put entrer dans la tente d'assignation, car la nuée reposait sur elle, et la gloire de ה' emplissait le Michkan" (Exode 40, 35). L'explication de "la nuée reposait sur elle" est l'attraction et le repos de la lumière de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, d'un lieu très élevé et redoutable, dont il est dit "Il a fait des ténèbres Sa cachette" (Psaumes 18, 12), qui est l'aspect de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, sovev kol almin (qui entoure tous les mondes), auquel aucun dévoilement de saisie ne s'applique, car "nulle pensée ne Le saisit du tout", et "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue" : c'est Lui qui connaît et c'est Lui la connaissance, etc.
C'est pourquoi il est dit de cela "Il a fait des ténèbres Sa cachette" : les ténèbres sont une chose dans laquelle aucune saisie ni aucune compréhension n'apparaît du tout.
וביאור הענין הוא כי הנה אנו אומרים אתה קדוש ושמך קדוש פי׳ שגם בחינת שמו הוא נשגב לבדו שאין ערוך להעולמות עם שמו ית׳ כלל עד שהוא ית׳ קדוש ומובדל מהעולמות רק הודו וזיוו של שמו נמשך על ארץ ושמים כו׳ דהיינו הארה בעלמא מבחינת שמו אך פי׳ אתה קדוש דהיינו הקדוש ברוך הוא בכבודו ובעצמו שלמעלה מבחינ׳ שמו היינו שאפילו בבחי׳ זיו והוד לא היו העולמות יכולים לקבל ממנו כלל וכמ״ש בד״ה לכן אמור לבני ישראל בפ׳ וארא.
Et l'explication du sujet est que voici, nous disons "Tu es saint et Ton Nom est saint", ce qui signifie que même l'aspect de Son Nom est élevé à part, qu'il n'y a aucune comparaison entre les mondes et Son Nom, béni soit-Il, du tout, jusqu'à ce qu'Il soit, béni soit-Il, saint et séparé des mondes ; seule la majesté et l'éclat de Son Nom sont attirés sur la terre et les cieux, etc., c'est-à-dire une illumination en général de l'aspect de Son Nom. Mais le sens de "Tu es saint", c'est-à-dire le Saint, béni soit-Il, dans Sa gloire et Son essence, qui est au-dessus de l'aspect de Son Nom, signifie que même dans l'aspect de l'éclat et de la majesté les mondes ne pouvaient rien recevoir de Lui du tout, comme il est écrit dans le discours "C'est pourquoi dis aux enfants d'Israël" dans la paracha Vaéra.
ועד״ז יובן פי׳ ישת חשך סתרו. דהיינו כיון שאפילו זיו והארה ממנו ית׳ אין העולמות יכולים לקבל כלל לכך נקרא אצלם בשם חשך.
והזיו שיכולים לקבל זהו מבחינת שמך קדוש ונקרא זיו השכינה וכמ״ש מזה ע״פ וידבר משה אל ראשי המטות כו׳ ע״ש. וברע״מ פ׳ פינחס (דרכ״ה ע״א) איתא דישת חשך סתרו הוא כתר עליון.
ועל המשכה זו נאמר כי שכן עליו הענן. וענין וכבוד ה׳ מלא את המשכן ופי׳ בזוהר פ׳ נח (דס״ז ע״א) ור״פ ויקרא (ד״ב ע״ב) מאי מלא ולא מלא אלא מלא ודאי דאתמליא מכולא.
והענין דאי כפשטיה דקרא שכבוד ה׳ מלא למשכן אם כן מלא מיבעי ליה. דהיה הפי׳ רק שבחי׳ הכבוד מלא את המשכן.
אבל מדכתיב מלא משמע עוד זאת שבחי׳ כבוד ה׳ נשלמה ונתמלאה ואחר כך נמשך ונתגלה כבוד ה׳ שבבחינה זו במשכן.
Et de cette manière on comprendra le sens de "Il a fait des ténèbres Sa cachette" (Psaumes 18, 12). C'est-à-dire que puisque même un éclat et une illumination de Lui, béni soit-Il, les mondes ne peuvent les recevoir du tout, c'est pourquoi Il est appelé auprès d'eux du nom de ténèbres.
Et l'éclat qu'ils peuvent recevoir vient de l'aspect de "Ton Nom est saint" et s'appelle l'éclat de la Chekhina, comme il est écrit de cela sur le verset "Moché parla aux chefs des tribus, etc.", voir là. Et dans le Raaya Mehemna, paracha Pin'has (folio 225a) il est dit que "Il a fait des ténèbres Sa cachette" est le keter supérieur.
Et de cette attraction il est dit "car la nuée reposait sur elle". Et le sujet de "et la gloire de ה' emplissait le Michkan", et l'explication dans le Zohar, paracha Noa'h (folio 67a) et au début de la paracha Vayikra (folio 2b) : "Qu'est-ce que malé (plein) ?
Il n'est pas écrit millé (a rempli), mais malé (plein) ; plein assurément, car elle fut remplie de tout." Et le sujet est que si c'était selon le sens simple du verset, que la gloire de ה' emplissait le Michkan, alors il aurait fallu écrire millé. Le sens n'aurait été que l'aspect de la gloire emplissait le Michkan.
Mais du fait qu'il est écrit malé, cela signifie encore ceci : que l'aspect de la gloire de ה' fut achevée et remplie, et ensuite fut attirée et dévoilée la gloire de ה' qui est dans cet aspect, dans le Michkan.
והענין כי פי׳ כבוד ה׳ היינו בחינת ממכ״ע כבודו היינו זיו יקריה. שהיא בחי׳ מדת מלכותו ית׳ שנקרא ג״כ חכמה תתאה שהיא מקור דבי״ע.
אך שרשה ומקורה מבחינת חכמה עילאה שהיא הנק׳ כבוד עילאה ובה הוא השראת אור א״ס ב״ה ממש שעל זה נאמר הראני נא את כבודך [עי׳ בפי׳ הרמ״ז בזהר פ׳ במדבר דקי״ח ע״א בד״ה ישראל מאן אתר אתברכאן] ועל זה נאמר ברוך כבוד ה׳ ממקומו פי׳ שבחי׳ מדת מלכותו יתברך הממכ״ע יהיה מתברך מבחי׳ מקומו ושרשו הוא חכמה עילאה ראש ומקור כל הברכות והוא ההמשכה מבחי׳ סכ״ע בממכ״ע.
Et le sujet est que le sens de "gloire de ה'" est l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes), "Sa gloire", c'est-à-dire l'éclat de Sa magnificence. C'est l'aspect de la mida de Sa royauté, béni soit-Il, qui est aussi appelée 'hokhma inférieure, qui est la source de Beria, Yetsira, Assiya.
Mais sa racine et sa source sont de l'aspect de la 'hokhma supérieure, qui est appelée gloire supérieure, et en elle est le repos de la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, dont il est dit "Fais-moi voir, de grâce, Ta gloire" (Exode 33, 18) [voir dans le commentaire du Ramaz sur le Zohar, paracha Bamidbar, folio 118a, au discours "Israël, de quel lieu sont-ils bénis"]. Et de cela il est dit "Bénie soit la gloire de ה' depuis Son lieu" (Ézéchiel 3, 12), ce qui signifie que l'aspect de la mida de Sa royauté, béni soit-Il, memalé kol almin, sera bénie de l'aspect de Son lieu et de sa racine, qui est la 'hokhma supérieure, tête et source de toutes les bénédictions, et c'est l'attraction de l'aspect de sovev kol almin dans memalé kol almin.
וזהו פי׳ וכבוד ה׳ מלא דפי׳ הזהר שהכבוד נתמלא ממקורו מבחי׳ כבוד עילאה והיינו לפי ששכן עליו הענן על המשכן שהוא המשכת בחי׳ מקיף העליון ועי״ז נמשך ג״כ התגלות סכ״ע בממכ״ע בבחינת א״פ והוא מלא את המשכן ממש (ועמ״ש ע״פ כי על כל כבוד חופה וע״פ לבבתני אחותי כלה. מענין התגלות סכ״ע בממכ״ע.
ועמ״ש על פסוק כי שבעת ימים ימלא כו׳). ולכן ולא יכול משה לבוא אל המשכן כי לא היה ביכולתו לקבל מבחינה זו דישת חשך סתרו שלמעלה מאד הגם שבהר סיני נאמר ויבא משה בתוך הענן ויעל אל ההר תירץ בזוהר ר״פ ויקרא דתרי ענני הוו כו׳:
Et c'est le sens de "et la gloire de ה' malé", selon l'explication du Zohar que la gloire fut remplie de sa source, de l'aspect de la gloire supérieure, et c'est parce que la nuée reposait sur elle, sur le Michkan, ce qui est l'attraction de l'aspect du makif supérieur, et par cela est attiré aussi le dévoilement de sovev kol almin dans memalé kol almin dans l'aspect d'or pnimi, et elle emplit le Michkan véritablement (et voir ce qui est écrit sur le verset "car sur toute gloire un dais" (Isaïe 4, 5) et sur le verset "Tu m'as ravi le cœur, ma sœur, ma fiancée" (Cantique des Cantiques 4, 9), au sujet du dévoilement de sovev kol almin dans memalé kol almin. Et voir ce qui est écrit sur le verset "car sept jours il remplira, etc.").
C'est pourquoi "Moché ne pouvait entrer dans le Michkan", car il n'était pas en son pouvoir de recevoir de cet aspect de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", qui est extrêmement au-dessus, bien qu'au mont Sinaï il soit dit "Moché entra au milieu de la nuée et monta sur la montagne" (Exode 24, 18) ; le Zohar au début de la paracha Vayikra répond qu'il y avait deux nuées, etc.
ב והנה לכן נאמר ויקרא אל משה פי׳ ענין קריאה זו היינו הארה והשפעה למשה כדי שעי״ז יוכל לעלות ולבוא אל אהל מועד וכן פי׳ בע״מ (מאכ״ח ח״ב סימן ל״ו). דהנה בפסוק וקרא זה אל זה ואמר קדוש קדוש קדוש תרגם יונתן ומקבלין דין מן דין ואמרין קדיש כו׳.
שתרגם ענין קריאה קבלה שהוא ע״י המשכה שממשיכים זה לזה וכל אחד מקבל המשכה זו.
2. Or voici, c'est pourquoi il est dit "Il appela Moché" : le sens du sujet de cet appel est une illumination et une influence vers Moché, afin que par cela il puisse monter et entrer dans la tente d'assignation, et ainsi l'explique le Assara Maamarot (Maamar Em Kol 'Haï, partie 2, paragraphe 36).
Car voici, dans le verset "et l'un appelait l'autre et disait : Saint, saint, saint" (Isaïe 6, 3), le Targoum Yonathan traduit : "et ils reçoivent l'un de l'autre et disent Saint, etc." Il a traduit le sujet de l'appel par réception, qui se fait par l'attraction qu'ils attirent l'un vers l'autre, et chacun reçoit cette attraction.
והדין עמו. דא״א לפרש כפשוטו.
דא״כ אין לזה הבנה למה צריך מיכאל לקרוא את גבריאל בשעה שיאמר קדוש וכן גבריאל למיכאל. אלא הענין כי פי׳ קריאה זו הוא ענין קבלה שמקבלים זה מזה על ידי ההמשכה וההשפעה מזה לזה.
והיינו שעל ידי זה יוכל לומר כל מלאך ג׳ פעמים קדוש. כי ענין אמירת קדוש זהו הכלות הנפש שלו לאור א״ס ב״ה שהוא כענין יוצאין בשיר כו׳.
Et il a raison. Car il est impossible d'expliquer selon le sens simple.
Car sinon cela est incompréhensible : pourquoi Mikhaël aurait-il besoin d'appeler Gavriel au moment où il dit Saint, et de même Gavriel à Mikhaël. Mais le sujet est que le sens de cet appel est le sujet de la réception qu'ils reçoivent l'un de l'autre par l'attraction et l'influence de l'un vers l'autre.
C'est-à-dire que par cela chaque ange pourra dire trois fois Saint. Car le sujet de la récitation de Saint est le kelot hanefech (la consumation de l'âme) vers la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, ce qui est comme le sujet de "ils sortent avec le chir" (Michna Chabbat 5, 1), etc.
והנה מיכאל הכלות הנפש שלו הוא באהבה. וגבריאל ביראה.
וא״כ לא היה מיכאל יכול לומר קדוש רק פעם א׳ דהיינו כלות הנפש בבחינת אהבה. ועד״ז גבריאל פ״א קדוש ביראה.
וכדי שיאמר כל א׳ ג״פ קדוש היינו ע״י וקרא זה אל זה שנמשך ההשפעה מזה לזה. שהוא בחי׳ התכללות המדרגות זו בזו כי דרך כלל הם ג׳ בחי׳ חג״ת מיכאל גבריאל ורפאל.
Or voici, le kelot hanefech de Mikhaël est dans l'amour. Et celui de Gavriel dans la crainte.
Donc Mikhaël ne pouvait dire Saint qu'une seule fois, c'est-à-dire le kelot hanefech dans l'aspect de l'amour. Et de même Gavriel une seule fois Saint dans la crainte.
Et pour que chacun dise trois fois Saint, c'est par "et l'un appelait l'autre", par lequel est attirée l'influence de l'un vers l'autre. C'est l'aspect de l'inclusion des degrés l'un dans l'autre, car en général ce sont trois aspects, 'hessed, guevoura, tiféret : Mikhaël, Gavriel et Rafael.
וע״י שמקבלין דין מן דין יכול כל אחד לומר ג׳ פעמים קדוש. [ועי״ז מתעלים יותר ממה שהיה מצד בחי׳ המדרגה שלו לבד וע״ד שנתבאר במ״א סד״ה שניך כעדר הרחלים כו׳ שכולם מתאימות כו׳ ועמ״ש בפ׳ בראשית ע״פ יבל הוא כו׳ בענין שיר משולש.
ובד״ה נאוו לחייך בתורים. ועי׳ ברע״מ פ׳ עקב (דרע״א סע״ב) מענין וקרא זה אל זה ובפי׳ הרמ״ז שם ובע״ח שער ט״ו ספ״ו ועמ״ש בד״ה כה תברכו את בני ישראל בפי׳ ויקרא האדם שמות כו׳ שהוא גם כן המשכה כו׳ ע״ש ועיין בזוהר בראשית (די״ו סע״ב) ע״פ ויקרא אלקים לאור יום כו׳ שהוא ג״כ עד״ז ע״ש ועד״ז י״ל פי׳ קרא לשמש ויזרח אור] וכמ״כ פי׳ ויקרא אל משה היינו המשכת הארה אל משה.
והארה זו הוא ענין אל״ף זעירא דויקרא. כי הנה אלף אותיות פלא שהוא מה שלמעלה מההשגה וגם אלף מלשון אאלפך חכמה.
כלומר שהוא מקור שממנו תמצא החכמה.
Et par le fait qu'ils reçoivent l'un de l'autre, chacun peut dire trois fois Saint. [Et par cela ils s'élèvent davantage que ce qui aurait été du seul aspect de son degré, et à la manière de ce qui a été expliqué ailleurs à la fin du discours "Tes dents sont comme un troupeau de brebis, etc." (Cantique des Cantiques 4, 2), qu'elles sont toutes assorties, etc.
Et voir ce qui est écrit dans la paracha Berechit sur le verset "Yaval, c'est lui, etc.", au sujet du chant triple. Et dans le discours "Tes joues sont belles entre les rangées" (Cantique des Cantiques 1, 10).
Et voir dans le Raaya Mehemna, paracha Ekev (folio 271b fin) au sujet de "et l'un appelait l'autre", et dans le commentaire du Ramaz là, et dans Ets 'Haïm, chaar 15, fin du chapitre 6, et voir ce qui est écrit dans le discours "Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël" dans l'explication de "l'homme appela des noms, etc.", que c'est aussi une attraction, etc., voir là. Et voir dans le Zohar Berechit (folio 16b fin) sur le verset "Elokim appela la lumière jour, etc." (Genèse 1, 5), que c'est aussi de cette manière, voir là.
Et de cette manière on peut dire le sens de "Il appela le soleil et la lumière se leva".] Et de même le sens de "Il appela Moché" est l'attraction d'une illumination vers Moché. Et cette illumination est le sujet de l'aleph petite de Vayikra.
Car voici, aleph a les lettres de pélé, ce qui est ce qui est au-dessus de la saisie, et aussi aleph a le sens de "je t'enseignerai la sagesse" (Job 33, 33). C'est-à-dire qu'il est la source d'où se trouvera la sagesse.
והיינו כי האלף הוא בכתר שלמעלה מהחכמה ועמ״ש בפ׳ צו בענין אשר עשה עמכם להפליא. ועי׳ בזוהר בראשית בהקדמה ד״ג ע״ב אך יש א׳ מאתוון רברבן היינו בחי׳ הכתר כמו שהוא במהותו ועצמותו ושמה לא יכול משה לבא.
C'est-à-dire que l'aleph est dans le keter, qui est au-dessus de la 'hokhma, et voir ce qui est écrit dans la paracha Tsav au sujet de "qu'Il a fait avec vous pour faire merveille". Et voir dans le Zohar Berechit, dans l'introduction, folio 3b : "mais il y a un aleph parmi les lettres grandes", c'est-à-dire l'aspect du keter tel qu'il est dans son essence et son être, et là Moché ne put entrer.
וא׳ מאתוון זעירין היינו הארת הכתר כמו שנמשך למטה על ידי צמצום ומבחינה זו הוא שויקרא אל משה ונמשך לו הארה שעל ידי זה יוכל אחר כך לבוא אל אהל מועד אשר שכן עליו הענן כו׳. ובד״ה נאמר אדם באלף מאתוון רברבן והוא בחי׳ אדה״ר כמו שהיה לפני החטא שהיה במדרגה גבוה מאד נעלה כמ״ש בספר הגלגולים פי״ט.
ועי׳ מענין ויקרא אל משה ביומא (דף ד׳ ע״ב) לימדך תורה כו׳ ובשמות רבה פי״ט אלא אם קורא אותי כו׳ ובכי תשא פמ״ו ובבמדבר רבה (פ׳ ב׳ דרי״א ד׳) נשא ס״פ י״ד (דרס״ב ג׳ ד׳ דרס״ג א׳) ובקהלת רבה (דצ״ט ג׳) בפסוק מה שהיה כבר נקרא שמו (ועיין בזח״א דק״ב סע״ב ודקל״ח א׳ ודקע״ג ב׳. ובחלק ב׳ דקל״ח א׳ ודקנ״ז א׳ ח״ג דנ״ג ע״ב) והוא מובן ע״ד שנתבאר:
"Et un aleph parmi les lettres petites", c'est-à-dire l'illumination du keter telle qu'elle est attirée en bas par le tsimtsoum (retrait), et c'est de cet aspect qu'il y eut "Il appela Moché", et une illumination lui fut attirée, par laquelle il put ensuite entrer dans la tente d'assignation sur laquelle la nuée reposait, etc. Et dans les Chroniques il est dit Adam avec un aleph parmi les lettres grandes, et c'est l'aspect d'Adam le premier tel qu'il était avant la faute, qui était à un degré très élevé et sublime, comme il est écrit dans le Sefer HaGuilgoulim, chapitre 19.
Et voir au sujet de "Il appela Moché" dans Yoma (folio 4b) : "la Torah t'enseigne, etc.", et dans Chemot Rabba chapitre 19 : "à moins qu'il ne m'appelle, etc.", et dans Ki Tissa chapitre 46, et dans Bamidbar Rabba (paracha 2, folio 211, 4), Nasso fin du chapitre 14 (folio 262, 3 et 4 ; folio 263, 1) et dans Kohelet Rabba (folio 99, 3) sur le verset "ce qui a déjà été, son nom a été appelé" (Ecclésiaste 6, 10) (et voir dans le Zohar I, folio 102b fin, et folio 138a, et folio 173b. Et dans la partie 2, folio 138a et folio 157a, partie 3, folio 53b).
Et cela se comprend à la manière de ce qui a été expliqué :
ג ומעתה יובן ענין מ״ש המדרש ברם הכא אני הוא הקורא ואני הוא המדבר ויש להקדים מ״ש במ״א ע״פ מארז״ל בפסוק אלה מועדי ה׳ מקראי קדש אשר תקראו אותם. וקרי ביה תקראו אתם.
שקידוש המועדות בקריאת ב״ד תלאו הכתוב. וכמו שאנו אומרים מקדש ישראל והזמנים ישראל אינהו דקדשינהו לזמנים.
וענין זה הוא כמבואר בזוהר בפ׳ אמור (דף צ״ד א׳) למלכא דזמין אושפיזין כו׳ תלתא אינון זמינין מקדש כו׳. כי המועדים הם חלים ע״פ רוב בשית יומין דחול.
ואז היום דחול כשחל בו יו״ט היינו שהוא נקרא ונזמן לבחי׳ הקדש שהוא ח״ע ולכן נקרא מקרא קדש וזהו המשל למלכא דזמין אושפיזין כו׳. אך כדי שיוכלו היומין דחול שהם חיצונית המדות חו״ג כו׳ לעלות למעלה לבחי׳ חכמה עילאה שהיא בחי׳ קדש העליון.
צ״ל תחלה המשכת הארה מלמעלה למטה מבחי׳ חכמה עילאה לאותו יום שאז עי״ז יוכל לעלות.
3. Et maintenant on comprendra le sujet de ce que dit le Midrach : "mais ici c'est Moi qui appelle et c'est Moi qui parle".
Et il faut d'abord citer ce qui est écrit ailleurs sur la parole de nos Sages sur le verset "ce sont les rendez-vous de ה', convocations saintes, que vous proclamerez" (Lévitique 23, 2). Et on y lit "que vous proclamerez, vous" (atem, "vous", au lieu de otam, "les").
Car la sanctification des fêtes, l'Écriture l'a suspendue à la proclamation du tribunal. Et comme nous disons "qui sanctifie Israël et les temps" : c'est Israël qui sanctifie les temps (Berakhot 49a).
Et ce sujet est comme il est expliqué dans le Zohar, paracha Emor (folio 94a) : "à un roi qui invite des hôtes, etc., ils sont trois invités, il sanctifie, etc." Car les fêtes tombent pour la plupart dans les six jours de semaine. Et alors le jour de semaine, lorsqu'une fête y tombe, c'est qu'il est appelé et invité à l'aspect de la sainteté, qui est la 'hokhma supérieure, et c'est pourquoi il est appelé convocation sainte, et c'est la parabole du roi qui invite des hôtes, etc.
Mais pour que les jours de semaine, qui sont l'extériorité des middot, 'hessed et guevoura, etc., puissent monter en haut vers l'aspect de la 'hokhma supérieure, qui est l'aspect de la sainteté supérieure, il faut d'abord une attraction d'illumination d'en haut vers en bas, de l'aspect de la 'hokhma supérieure vers ce jour, qu'alors par cela il pourra monter.
והמשכה זו היא ע״י נש״י וע״ז נאמר אשר תקראו אתם דייקא. והטעם ע״ד מארז״ל בענין שליחות דשלוחו של אדם כמותו.
ולכן אין שליחות לחש״ו שאינן כמותו דהמשלח. אבל כשהוא בר שליחות הרי הוא כמותו דהמשלח ממש עד שהאיש מקדש בו ובשלוחו כו׳ וע״כ עד״ז השליח מקדש העליון להזמין היומין דחול שיהיו מקראי קדש.
א״א כ״א שהשליח הוא כמותו דהמשלח.
Et cette attraction se fait par les âmes d'Israël, et de cela il est dit "que vous proclamerez, vous" précisément. Et la raison est à la manière de ce que nos Sages ont dit au sujet de l'envoi : "le messager d'un homme est comme lui-même" (Kiddouchin 41b).
C'est pourquoi il n'y a pas d'envoi pour un sourd, un aliéné et un mineur, qui ne sont pas comme l'envoyeur. Mais lorsqu'il est apte à l'envoi, il est comme l'envoyeur véritablement, jusqu'à ce que l'homme fiance par lui et par son messager, etc.
C'est pourquoi, de même, l'envoyé de la sainteté supérieure, pour inviter les jours de semaine à être des convocations saintes, ce n'est possible que si l'envoyé est comme l'envoyeur.
והיינו אתם דנש״י נאמר עליהם קדש ישראל לה׳. ששרשם מבחי׳ ח״ע ועיין בזהר פ׳ פקודי דרכ״ה ע״ב לכן יכולים להיות בהם ועל ידם המשכת האור מבחי׳ קדש העליון אל היום שחל בו היו״ט שעי״ז שתקראו אתם דייקא נעשים מקראי קדש.
להיות אח״כ עולים לבחי׳ קדש העליון. ועמ״ש בד״ה צו את בנ״י כו׳ בפ׳ פינחס בענין להקריב לי במועדו.
נמצא מובן מזה בענין השליחות שלמעלה שהוא מה שנמשך הארה ע״י אמצעות איזה בחינה. צ״ל השליח מתייחס בערך מה לגבי המקור שממנו נמשך ההארה.
ואם לאו אינו שליח כו׳.
C'est-à-dire "vous", les âmes d'Israël, dont il est dit "Israël est saint pour ה'" (Jérémie 2, 3), que leur racine est de l'aspect de la 'hokhma supérieure, et voir dans le Zohar, paracha Pekoudé, folio 225b. C'est pourquoi il peut y avoir en eux et par eux l'attraction de la lumière de l'aspect de la sainteté supérieure vers le jour où tombe la fête, de sorte que par cela, "que vous proclamerez, vous" précisément, ils deviennent des convocations saintes, pour s'élever ensuite vers l'aspect de la sainteté supérieure.
Et voir ce qui est écrit dans le discours "Ordonne aux enfants d'Israël, etc." dans la paracha Pin'has, au sujet de "pour M'offrir à son temps fixé" (Nombres 28, 2). Il en ressort que l'on comprend de cela, concernant l'envoi d'en haut, qui est ce par quoi une illumination est attirée par l'intermédiaire d'un certain aspect, qu'il faut que l'envoyé se rapporte dans une certaine mesure vis-à-vis de la source d'où l'illumination est attirée.
Sinon il n'est pas un envoyé, etc.
והנה המלאכים הם ג״כ שלוחים כי פי׳ מלאך היינו שליח. דהיינו שהם שלוחי ההשפעה וכמ״ש במ״א בד״ה באתי לגני גבי אכלתי יערי כו׳ ויותר מזה נתבאר בד״ה מה יפו פעמיך בנעלים.
בענין מט״ט שנק׳ נעל כו׳ ועיין בע״ח שער מ״ן ומ״ד דרוש ד׳ מענין המלאכים.
Et voici que les anges sont aussi des envoyés, car le sens de malakh est envoyé. C'est-à-dire qu'ils sont les envoyés de l'influence, comme il est écrit ailleurs dans le discours "Je suis venu dans Mon jardin" au sujet de "J'ai mangé Mon rayon de miel, etc." (Cantique des Cantiques 5, 1), et davantage encore est expliqué dans le discours "Que tes pas sont beaux dans les sandales" (Cantique des Cantiques 7, 2), au sujet de Métatron qui est appelé sandale, etc.
Et voir dans Ets 'Haïm, chaar Mayin Noukvin ouMayin Doukhrin, drouch 4, au sujet des anges.
ועיין באגה״ק קרוב לסופו. שיש הפרש גדול במעלת המלאך בשעה שהוא שליח מלמעלה שאזי נקרא בשם ה׳ ממש השוכן בקרבו משא״כ כשאינו שליח יש לו שם אחר כפי עבודתו ואזי קורא קדוש קדוש קדוש ה׳ כו׳ כלומר ששם ה׳ מובדל ממנו.
Et voir dans l'Igueret Hakodech, proche de la fin. Il y a une grande différence dans le degré de l'ange au moment où il est envoyé d'en haut : alors il est appelé du nom de ה' véritablement, qui réside en lui.
Ce qui n'est pas le cas lorsqu'il n'est pas envoyé : il a un autre nom selon son service, et alors il proclame "Saint, saint, saint est ה', etc.", c'est-à-dire que le nom de ה' est séparé de lui.
ועיין בפרדס שער אבי״ע רפ״ד. ונחזור לענינינו לדברי המדרש דבאברהם כתיב ויקרא מלאך כו׳ המלאך קורא והדבור מדבר.
והענין דהנה כתיב וארא אל אברהם כו׳ באל שדי. ושמי הוי׳ לא נודעתי להם.
ועיין מ״ש מזה בפ׳ וארא על פסוק זה סד״ה וידבר אלקים כו׳ וארא שהשגת האבות היה מבחי׳ שם הוי׳ כשכבר נמשך בבחינת אלקים אבל ושמי הוי׳ דהיינו קודם שמתלבש בשם אלקים לא נודעתי להם רק משם היה השגת משה כו׳. ועיין בפי׳ הרמ״ז בזהר פ׳ וארא דכ״ג ע״א ע״ש היטב ובזח״א פ׳ וירא (דצ״ח ע״א).
ועל כן באברהם המלאך קורא והדבור מדבר שהמלאך יוכל להיות שליח להביא המשכת השפע בתחלה שזהו ענין הקריאה שעי״ז יוכל לעלות ולקבל הדבור והיינו לפי שהדבור נמשך מבחי׳ התלבשות בשם אלקים ממש ולכך המלאכים שנקראים ג״כ אלקים בפסוק כמ״ש כי ה׳ אלקיכם הוא אלהי האלקים ופי׳ בפרדס בעה״כ דר״ל שהוא אלקי המלאכים.
Et voir dans le Pardès, porte d'Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya, début du chapitre 4. Et revenons à notre sujet, aux paroles du Midrach : chez Avraham il est écrit "l'ange appela, etc.", l'ange appelle et la parole parle.
Et le sujet est que voici, il est écrit "Je Me suis fait voir à Avraham, etc., en El Chadaï. Et Mon Nom Havaya, Je ne Me suis pas fait connaître à eux" (Exode 6, 3).
Et voir ce qui est écrit de cela dans la paracha Vaéra sur ce verset, fin du discours "Elokim parla, etc., Je Me suis fait voir", que la saisie des patriarches était de l'aspect du nom Havaya lorsqu'il était déjà attiré dans l'aspect d'Elokim, mais "Mon Nom Havaya", c'est-à-dire avant qu'il se revête du nom Elokim, Je ne Me suis pas fait connaître à eux ; seulement de là était la saisie de Moché, etc. Et voir dans le commentaire du Ramaz sur le Zohar, paracha Vaéra, folio 23a, voir là attentivement, et dans le Zohar I, paracha Vayéra (folio 98a).
C'est pourquoi chez Avraham l'ange appelle et la parole parle : l'ange peut être envoyé pour amener d'abord l'attraction de l'influence, ce qui est le sujet de l'appel, afin que par cela il puisse monter et recevoir la parole. Et c'est parce que la parole est attirée de l'aspect du revêtement dans le nom Elokim véritablement, et c'est pourquoi les anges, qui sont aussi appelés elokim dans le verset, comme il est écrit "car ה' votre Elokim est l'Elokim des elokim" (Deutéronome 10, 17), et le Pardès explique dans le Chaar Erkhei haKinouyim que cela veut dire qu'Il est l'Elokim des anges.
וגם נקראים המלאכים בני אלקים. על כן המלאך הוא בר שליחות מהדבור המדבר.
ברם הכא במשה שהנבואה והדבור נמשך משם הוי׳ ממש קודם שמתלבש בשם אלקים וגם שמקור המשכה זו הוא מבחי׳ הענן דישת חשך סתרו. ע״כ גם הקריאה והמשכה שמתחלה מבחי׳ זו לא יוכל להיות ע״י מלאך שהוא נברא יש מאין.
אלא אני הוא הקורא ואני הוא המדבר. פי׳ כמ״ש אני ראשון ואני אחרון וע״ז נאמר לע״ל ראו עתה כי אני אני הוא.
ופי׳ בזהר פ׳ לך לך (דפ״ז ע״ב) לאחזאה דלא הוה פרודא בין עילא ותתא כו׳ והיינו כי אני אחרון זהו מדת מלכותו ית׳ סופא דכל דרגין המתלבשת בבי״ע ומשם יפרד שמהוה היש ודבר נפרד. אבל אני ראשון הוא בחי׳ אין והחכמה מאין תמצא שהחכמה היא בחי׳ ביטול ולעתיד יהיה הגילוי למטה כמו למעלה וזהו ראו עתה כי אני אני הוא שלע״ל יהיה גילוי זה גם בראיה שלנו כמ״ש עין בעין יראו כו׳.
Et les anges sont aussi appelés fils d'Elokim. C'est pourquoi l'ange est apte à l'envoi de la part de la parole qui parle.
Mais ici, chez Moché, dont la prophétie et la parole sont attirées du nom Havaya véritablement, avant qu'il se revête du nom Elokim, et aussi dont la source de cette attraction est de l'aspect de la nuée de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", c'est pourquoi même l'appel et l'attraction qui viennent d'abord de cet aspect ne peuvent se faire par un ange, qui est un créé, yech méayin (l'être tiré du néant). Mais "c'est Moi qui appelle et c'est Moi qui parle".
Le sens est comme il est écrit "Je suis le premier et Je suis le dernier" (Isaïe 44, 6), et de cela il est dit pour l'avenir "Voyez maintenant que c'est Moi, c'est Moi qui suis" (Deutéronome 32, 39). Et le Zohar explique dans la paracha Lekh Lekha (folio 87b) : "pour montrer qu'il n'y avait pas de séparation entre le haut et le bas, etc." C'est-à-dire que "Je suis le dernier" est la mida de Sa royauté, béni soit-Il, fin de tous les degrés, qui se revêt dans Beria, Yetsira, Assiya, et de là se sépare ce qui fait exister le yech et une chose séparée.
Mais "Je suis le premier" est l'aspect de l'ayin, et "la 'hokhma, de l'ayin se trouve" (Job 28, 12) : la 'hokhma est l'aspect du bitoul (effacement de soi), et dans l'avenir le dévoilement sera en bas comme en haut, et c'est "Voyez maintenant que c'est Moi, c'est Moi qui suis", qu'à l'avenir ce dévoilement sera aussi dans notre vision, comme il est écrit "œil à œil ils verront, etc." (Isaïe 52, 8).
ועמ״ש מזה ע״פ נאוו לחייך בתורים. אך במשה שנאמר וירא ראשית לו שהוא בחי׳ חכמה עילאה שנק׳ ראשית שנמשכת מבחי׳ אין אני ראשון ע״כ ע״ז ארז״ל אני הוא הקורא ואני הוא המדבר כו׳ פי׳ אני הוא הקורא היינו מדת מלכותו ית׳ שנק׳ אני אחרון והוא ענין אני והו הושיעה נא.
ואני הוא המדבר היינו בחי׳ והחכמה מאין תמצא שבחכמה עילאה מלובש אור א״ס ב״ה ממש כמ״ש הוי׳ בחכמה. וגילוי זה הוא נקרא אני ראשון כו׳.
ומ״ש בזהר פ׳ וירא (דק״ב סע״ב) דויקרא אל משה הוא מלאך הברית. הענין הוא כי המל׳ עצמה הנק׳ מלך לפעמים נקראת מלאך כמ״ש בזוהר פ׳ בלק דקפ״ז א׳ כד איהי שליחא מלעילא וקבילת זהרא כו׳ והיינו כמו שהמלאך הנברא כשהוא שליח מלמעלה הוא אז בבחי׳ גבוה יותר מכשאינו שליח כמבואר למעלה כך עד״ז בבחי׳ מל׳ הגם דאיהי וגרמוהי חד מ״מ כד איהי שליחא מלעילא כו׳ הוא בבחי׳ גבוה יותר וכדפירש הרמ״ז בפ׳ בלק שם ועד״ז הוא ענין אלף זעירא דויקרא שהוא הארה והמשכה שמבחי׳ כי שכן עליו הענן דישת חשך סתרו ונק׳ מלאך מלך אלף כו׳.
ועיין בזהר ס״פ וירא (דק״כ ע״ב) ע״פ ומלאך פניו הושיעם ועיין בזהר פ׳ ויחי (דרמ״ו ע״ב) ע״פ נפתלי אילה שלוחה וע׳ בפרדס בעה״כ ערך מלאך:
Et voir ce qui est écrit de cela sur le verset "Tes joues sont belles entre les rangées" (Cantique des Cantiques 1, 10). Mais chez Moché, dont il est dit "il a vu le commencement pour lui" (Deutéronome 33, 21), qui est l'aspect de la 'hokhma supérieure appelée commencement, attirée de l'aspect de l'ayin, "Je suis le premier", c'est pourquoi de cela nos Sages ont dit "c'est Moi qui appelle et c'est Moi qui parle, etc." Le sens de "c'est Moi qui appelle" est la mida de Sa royauté, béni soit-Il, appelée "Je suis le dernier", et c'est le sujet de "Ani veHo, sauve donc" (Michna Souka 4, 5).
Et "c'est Moi qui parle" est l'aspect de "et la 'hokhma, de l'ayin se trouve" (Job 28, 12), car dans la 'hokhma supérieure est revêtue la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, comme il est écrit "Havaya par la 'hokhma" (Proverbes 3, 19). Et ce dévoilement est appelé "Je suis le premier, etc." Et ce qui est écrit dans le Zohar, paracha Vayéra (folio 102b fin) que "Il appela Moché" est l'ange de l'alliance : le sujet est que la malkhout elle-même, appelée roi, est parfois appelée ange, comme il est écrit dans le Zohar, paracha Balak, folio 187a : "lorsqu'elle est envoyée d'en haut et qu'elle reçoit un éclat, etc." C'est-à-dire de même que l'ange créé, lorsqu'il est envoyé d'en haut, est alors dans un aspect plus élevé que lorsqu'il n'est pas envoyé, comme expliqué plus haut, de même dans l'aspect de la malkhout, bien qu'"elle et Ses organes soient un", néanmoins lorsqu'elle est envoyée d'en haut, etc., elle est dans un aspect plus élevé, comme l'explique le Ramaz dans la paracha Balak là-bas.
Et de cette manière est le sujet de l'aleph petite de Vayikra, qui est l'illumination et l'attraction de l'aspect de "car la nuée reposait sur elle", de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", et elle est appelée ange, roi, aleph, etc. Et voir dans le Zohar, fin de la paracha Vayéra (folio 120b) sur le verset "et l'ange de Sa face les sauva" (Isaïe 63, 9), et voir dans le Zohar, paracha Vaye'hi (folio 246b) sur le verset "Naftali est une biche envoyée" (Genèse 49, 21), et voir dans le Pardès, Chaar Erkhei haKinouyim, à l'entrée malakh.
ד והנה התורה היא נצחית ושייך בחינות אלו גם עכשיו. כי הנה בעסק התורה כתיב ואשים דברי בפיך ובצל ידי כסיתיך צל היינו בחי׳ מקיף עליון וכנודע מענין סוכות צלא דמהימנותא שהוא המשכת מקיפים עליונים וסוכה שחמתה מרובה מצלתה פסולה כי זהו כענין המשכה מבחי׳ ישת חשך סתרו שאינו נמשך רק בבחי׳ צל ומקיף ולא בבחי׳ אור וגילוי וזהו ענני כבוד כענין כי שכן עליו הענן אלא שכוכבים נראים מתוכה שהארת המקיף נמשך בפנימיות וכענין א׳ זעירא כו׳ ועד״ז בעסק התורה נאמר ג״כ ובצל ידי כסיתיך כי הוא מבחי׳ מקיף כמ״ש במ״א בד״ה ביום השמיני עצרת שהענין לפי שמהבל הדבור נעשה מקיף לנשמה כו׳ ע״ש ובד״ה וארשתיך לי שזהו ענין את ה׳ האמרת היום כו׳.
4. Or voici, la Torah est éternelle, et ces aspects s'appliquent aussi maintenant.
Car voici, dans l'étude de la Torah il est écrit "Je mettrai Mes paroles dans ta bouche et de l'ombre de Ma main Je te couvrirai" (Isaïe 51, 16) : ombre, c'est-à-dire l'aspect du makif supérieur, et comme il est connu du sujet de Soukot, "l'ombre de la foi" (tsila dimheimnouta), qui est l'attraction des makifim supérieurs, et une soukka dont le soleil est plus abondant que son ombre est invalide, car cela est comme le sujet de l'attraction de l'aspect de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", qui n'est attirée que dans l'aspect d'ombre et de makif, et non dans l'aspect de lumière et de dévoilement. Et ce sont les nuées de gloire, comme le sujet de "car la nuée reposait sur elle", sauf que les étoiles sont visibles à travers elle, car l'illumination du makif est attirée dans l'intériorité, et comme le sujet de l'aleph petite, etc.
Et de même, dans l'étude de la Torah, il est aussi dit "et de l'ombre de Ma main Je te couvrirai", car c'est de l'aspect du makif, comme il est écrit ailleurs dans le discours "Au huitième jour, Atséret", que le sujet est que du souffle de la parole se fait un makif pour l'âme, etc., voir là-bas, et dans le discours "Et Je t'épouserai pour Moi", que c'est le sujet de "ה', tu L'as fait proclamer aujourd'hui, etc." (Deutéronome 26, 17).
ועיין מזה בד״ה וידבר דבמדבר סיני באהל מועד. אך ע״י השגת ועיון התורה שמשיג ג״כ וקולט ההלכה במוחו ותבונתו על זה נאמר מגלה עמוקות מני חשך.
דהיינו שממשיך מבחי׳ המקיף דישת חשך סתרו שהוא חשך והעלם להיות נמשך בבחי׳ אור וגילוי וע״ז נאמר ותורה אור. להיות אור א״ס ב״ה שורה למטה כמו למעלה כמ״ש אני ראשון ואני אחרון כו׳ כמ״ש כ״ז בד״ה המגביהי לשבת כו׳ ע״ש.
Et voir de cela dans le discours "Il parla" de "dans le désert du Sinaï, dans la tente d'assignation". Mais par la saisie et l'étude approfondie de la Torah, par laquelle on saisit aussi et on capte la halakha dans son cerveau et sa compréhension, de cela il est dit "Il révèle les profondeurs hors des ténèbres" (Job 12, 22).
C'est-à-dire qu'il attire de l'aspect du makif de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", qui est ténèbres et occultation, pour qu'elle soit attirée dans l'aspect de lumière et de dévoilement, et de cela il est dit "et la Torah est lumière" (Proverbes 6, 23), afin que la lumière de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, réside en bas comme en haut, comme il est écrit "Je suis le premier et Je suis le dernier, etc.", comme tout cela est écrit dans le discours "Celui qui siège dans les hauteurs, etc." (Psaumes 113, 5), voir là-bas.
וזהו ענין וידבר ה׳ אליו מאהל מועד כו׳ דכתיב ביה באהל מועד כי שכן עליו הענן וכבוד ה׳ מלא כו׳ וכל בחי׳ אלו הם בעסק התורה וכמארז״ל משחרב ביהמ״ק אין להקב״ה בעולמו אלא ד׳ אמות של הלכה א״כ יש בעסק התורה מבחי׳ הנ״ל שהיה שורה במשכן ובהמ״ק כי אין כבוד אלא תורה כי אורייתא מחכמה נפקת וזהו כבוד עילאה ל״ב נתיבות חכמה. אך בחכמה זו מלובש אור א״ס ממש מגלה עמוקות מני חשך מבחי׳ ישת חשך סתרו וכדפי׳ הרמ״ז בפ׳ במדבר דקי״ח הנזכר לעיל בפי׳ הראני נא את כבודך.
Et c'est le sujet de "ה' lui parla de la tente d'assignation, etc.", dont il est écrit "dans la tente d'assignation, car la nuée reposait sur elle et la gloire de ה' emplissait, etc.", et tous ces aspects sont dans l'étude de la Torah, et comme nos Sages ont dit : "depuis que le Beit Hamikdach a été détruit, le Saint, béni soit-Il, n'a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha" (Berakhot 8a). Donc il y a dans l'étude de la Torah de l'aspect mentionné plus haut qui résidait dans le Michkan et le Beit Hamikdach, car il n'y a de gloire que la Torah, car la Torah sort de la 'hokhma, et c'est la gloire supérieure, les 32 sentiers de la 'hokhma.
Mais dans cette 'hokhma est revêtue la lumière de l'Or Ein Sof véritablement, "Il révèle les profondeurs hors des ténèbres", de l'aspect de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", et comme l'explique le Ramaz dans la paracha Bamidbar, folio 118, mentionné plus haut dans l'explication de "Fais-moi voir, de grâce, Ta gloire".
ועמ״ש בפ׳ בשלח בד״ה לסוסתי וזהו וכבוד ה׳ מלא מלא לא כתיב אלא מלא כמבואר למעלה. ואפשר לומר שזהו בחי׳ גבוה יותר מכוכבים נראים מתוכה דסוכה שהוא רק כוכבים וניצוצים לבד מהמקיף אבל בתורה שהיא בחי׳ ותורה אור ממש היינו שמעצמיות המקיף מאיר הארה גדולה ועצומה בבחי׳ פנימית.
Et voir ce qui est écrit dans la paracha Bechala'h dans le discours "À ma jument" (Cantique des Cantiques 1, 9), et c'est "et la gloire de ה' malé" : il n'est pas écrit millé (a rempli) mais malé (plein), comme expliqué plus haut. Et l'on peut dire que c'est un aspect plus élevé que "les étoiles sont visibles à travers elle" de la soukka, qui n'est que des étoiles et des étincelles seulement du makif, mais dans la Torah, qui est l'aspect de "et la Torah est lumière" véritablement, c'est-à-dire que de l'essence même du makif brille une illumination grande et immense dans l'aspect intérieur.
ועיין מ״ש במ״א גבי קי״ס דכתיב ויהי הענן והחשך ויאר שהענן דישת חשך סתרו בעצמו ממש נמשך בבחי׳ אור וגילוי. ועד״ז י״ל בענין בענין פי׳ מגלה עמוקות מני חשך דגבי תורה.
Et voir ce qui est écrit ailleurs au sujet de la mer des Joncs, dont il est écrit "et il y eut la nuée et les ténèbres, et elle éclaira" (Exode 14, 20), que la nuée de "Il a fait des ténèbres Sa cachette" elle-même véritablement est attirée dans l'aspect de lumière et de dévoilement. Et de même on peut dire au sujet du sens de "Il révèle les profondeurs hors des ténèbres" concernant la Torah.
וכעין זה מצינו בשמיני עצרת שהוא שמחת תורה שהמקיפים דסוכות נמשכים בבחי׳ פנימית וכמ״ש במ״א ע״פ בצלו חמדתי וישבתי ופריו מתוק לחכי. שזהו ענין סוכות ושמע״צ.
ובזהר פ׳ לך לך דפ״ה ע״ב פי׳ פסוק זה על עסק התורה בצלו דא קב״ה כו׳ ופריו מתוקלחכי אלין מלין דאורייתא דכתיב בהו ומתוקים מדבש כו׳ והיינו שהפרי היא המשכה בבחי׳ פנימית שנמשך מבחי׳ הצל והמקיף (ועיין בזהר פ׳ נח דע״ב סע״ב):
Et de manière analogue, nous trouvons à Chemini Atséret, qui est Sim'hat Torah, que les makifim de Soukot sont attirés dans l'aspect intérieur, comme il est écrit ailleurs sur le verset "À son ombre j'ai désiré et je me suis assis, et son fruit est doux à mon palais" (Cantique des Cantiques 2, 3). C'est le sujet de Soukot et de Chemini Atséret.
Et dans le Zohar, paracha Lekh Lekha, folio 85b, il explique ce verset (Cantique des Cantiques 2, 3) sur l'étude de la Torah : "Son ombre, c'est le Saint, béni soit-Il, etc., et son fruit est doux à mon palais, ce sont les paroles de la Torah, dont il est écrit qu'elles sont plus douces que le miel, etc." (Psaumes 19, 11). C'est-à-dire que le fruit est une attraction dans l'aspect intérieur, attirée depuis l'aspect de l'ombre et du makif (et voir dans le Zohar, paracha Noa'h, folio 72b fin) :
והנה אתפשטותא דמשה בכל דרא היא בחי׳ הביטול שיש בכל אדם שהוא מבחי׳ משה ונחנו מ״ה כו׳ כמ״ש במ״א סד״ה משה ידבר. שעיקר עסק התורה צ״ל בבחי׳ ביטול ומשה הוא בחי׳ דעת שהוא הממשיך בחי׳ יחוד אור א״ס ב״ה למטה שיהא שורה ומתגלה בנפש האדם שיהא בבחי׳ אהל מועד מלשון ונועדתי לך שמה כו׳ אותיות ונודעתי דהיינו לידע את ה׳ שהוא חיי החיים ואין עוד מלבדו ע״ד מ״ש ראו עתה כי אני אני הוא.
דהגם שמקרא זה נאמר על לעתיד כנ״ל מ״מ כח זה יש בכל נפש מישראל ביניקתה מנשמת משרע״ה לקשר מחשבתו בה׳ בקשר אמיץ וחזק כמו שהיא מקושרת בדבר גשמי שרואה לעיני בשר כו׳.
Or, l'extension de Moché dans chaque génération est l'aspect du bitoul qu'il y a en chaque homme, qui vient de l'aspect de Moché, et "et nous, que sommes-nous" (Exode 16, 7), etc., comme il est écrit ailleurs à la fin du discours "Moché parlera" (Exode 19, 19). Car le principal de l'étude de la Torah doit être dans l'aspect du bitoul, et Moché est l'aspect de daat, qui attire l'aspect de l'union de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, en bas, afin qu'elle réside et se révèle dans l'âme de l'homme, afin qu'il soit dans l'aspect de la tente d'assignation, de l'expression "et Je te donnerai rendez-vous là" (Exode 25, 22), etc., dont les lettres sont celles de "et Je Me ferai connaître", c'est-à-dire connaître ה', qui est la vie des vies, et il n'y a rien d'autre que Lui, à la manière de ce qui est écrit "Voyez maintenant que c'est Moi, c'est Moi qui suis" (Deutéronome 32, 39).
Car bien que ce verset soit dit pour l'avenir, comme ci-dessus, néanmoins cette force se trouve en toute âme d'Israël, par la nourriture (yenika) qu'elle tire de l'âme de Moché notre maître, pour lier sa pensée à ה' d'un lien ferme et fort, comme elle est liée à une chose matérielle qu'elle voit des yeux de chair, etc.
והנה עד״ז יובן ג״כ פי׳ לבוא אל אהל מועד היינו כי צריך להיות על דרך בא לכאן ותלמודו בידו כי הרי התורה שלפנינו נתלבשה בגשמיות. וכמ״ש ואנכי תרגלתי לאפרים פי׳ בחי׳ אנכי מי שאנכי תרגלתי והשפלתי בבחי׳ רגל הם כל ענינים גשמיים שבתורה שבע״פ כו׳ וצ״ל קחם על זרועותיו בחי׳ אהבה ויראה כו׳ וזהו בחי׳ בא לכאן שהוא השתפכות הנפש למקורה ושרשה וכמ״ש בד״ה כי תבאו אל הארץ בפ׳ בהר ועמ״ש בד״ה יונתי בענין קומי לך כדי שתהיה רעיתי כו׳ ע״ש.
Et de même on comprendra aussi le sens de "venir à la tente d'assignation", c'est-à-dire qu'il faut que ce soit à la manière de "viens ici et ton étude est en ta main" (Pessa'him 50a), car la Torah qui est devant nous s'est revêtue de matérialité. Et comme il est écrit "et Moi, J'ai appris à marcher à Éphraïm" (Osée 11, 3), le sens est l'aspect de Anokhi, "Celui que Je suis", J'ai habitué et abaissé dans l'aspect du pied : ce sont tous les sujets matériels de la Torah orale, etc., et il faut "les prendre sur Ses bras", aspect de l'amour et de la crainte, etc.
Et c'est l'aspect de "viens ici", qui est l'effusion de l'âme vers sa source et sa racine, comme il est écrit dans le discours "Lorsque vous viendrez dans le pays" dans la paracha Behar, et voir ce qui est écrit dans le discours "Ma colombe" au sujet de "Lève-toi, toi" afin que tu sois "ma bien-aimée", etc., voir là-bas.
והנה במשה ממש הפי׳ ולא יכול משה לבוא כו׳ מבואר למעלה דהיינו מפני שהענן היה מבחי׳ ישת חשך סתרו כנ״ל. אך בבחי׳ אתפשטותא דמשה שבכל אדם דהיינו הדעת שבנפש אלקית הפי׳ כפשוטו שלא יכול לבא ולהתגלות באדם בחי׳ דעת זה מחמת הסתר נה״ב.
Or, chez Moché lui-même, le sens de "et Moché ne put entrer", etc., est expliqué plus haut, c'est-à-dire parce que la nuée était de l'aspect de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", comme ci-dessus. Mais dans l'aspect de l'extension de Moché qui est en chaque homme, c'est-à-dire le daat qui est dans la nefech élokit (âme divine), le sens est selon le simple, qu'il ne peut venir et se révéler en l'homme cet aspect de daat, à cause de la dissimulation de la nefech habéhamit (âme animale).
וכדי שיבא ויתגלה בחי׳ משה שבכל אדם להיות בחי׳ בא לכאן צריך לזה המשכת אתעדל״ע מלמעלה והיינו ע״י המצות שעי״ז נאמר קחם על זרועותיו כי צדקה תרומם וכמ״ש ע״פ ועתה יגדל נא כח אד׳ שע״י קיום המצות נמשך כח עליון ומקיפים עליונים להעלות הנפש ולקשרה בה׳.
Et pour que vienne et se révèle l'aspect de Moché qui est en chaque homme, pour être l'aspect de "viens ici", il faut pour cela une attraction d'itarouta dile'ela (éveil d'en haut) d'en haut, c'est-à-dire par les mitsvot, car c'est à ce sujet qu'il est dit "les prendre sur Ses bras", car "la tsédaka élève un peuple" (Proverbes 14, 34), et comme il est écrit sur le verset "Et maintenant, que se grandisse donc la force du Seigneur" (Nombres 14, 17), que par l'accomplissement des mitsvot est attirée une force supérieure et des makifim supérieurs pour élever l'âme et la lier à ה'.
וזהו ענין ויקרא אל משה. אני הוא הקורא שהמצות נק׳ מצות המלך ואיתא במדרש תנחומא פ׳ ויגש היו מכבדין את המצות שהן שלוחי ושלוחו של אדם כמותו והענין כמ״ש במ״א ע״פ וזכרתם את כל מצות הוי׳ ועשיתם אותם.
כי הנה מצוה הוא מ״צ בא״ת ב״ש י״ה.
Et c'est le sujet de "Il appela Moché". "C'est Moi qui appelle", car les mitsvot sont appelées les mitsvot du roi, et il est dit dans le Midrach Tan'houma, paracha Vayigach : ils honoraient les mitsvot, car elles sont Mes messagers, et "le messager d'un homme est comme lui-même".
Et le sujet est comme il est écrit ailleurs sur le verset "Et vous vous souviendrez de toutes les mitsvot de ה' et vous les ferez" (Nombres 15, 39). Car voici, mitsva : mem-tsadi, en atbach, sont youd-hé.
והרי א״כ מצוה היא שם הוי׳ והיינו שנקראו המצות רמ״ח אברים דמלכא שהיא בחי׳ כלי לאור א״ס ממש. ולפעמים נקראו מצות המלך כי מצות מלך היא בחי׳ ציווי המלך שהוא מל׳ דאצילות.
Ainsi donc, mitsva est le nom Havaya, c'est-à-dire que les mitsvot sont appelées les 248 organes du Roi, qui est l'aspect d'un keli pour la lumière de l'Or Ein Sof véritablement. Et parfois elles sont appelées les mitsvot du roi, car la mitsva du roi est l'aspect de l'ordre du roi, qui est malkhout d'Atsilout.
והענין כי המצות כמו שנמשכו למטה הוא בחי׳ מצות המלך אך שרשן למעלה הוא בחי׳ אברים דמלכא. והיינו ע״י אתעדל״ת של האדם ממשיך להיות המצוה אברין דמלכא כו׳.
וזהו שבתחלה נק׳ המצות שלוחי ה׳.
Et le sujet est que les mitsvot, telles qu'elles sont attirées en bas, sont l'aspect des mitsvot du roi, mais leur racine en haut est l'aspect des organes du Roi. C'est-à-dire que par l'itarouta diletata (éveil d'en bas) de l'homme, il attire pour que la mitsva soit les organes du Roi, etc.
Et c'est qu'au début les mitsvot sont appelées les messagers de ה'.
והיינו כמו שהן תחלה בבחי׳ מל׳ וזהו ענין והנה סולם מוצב כו׳ ומלאכי אל קים עולים כו׳ פי׳ מלאכי אלקים הם המצות שהן מתעלים למעלה ע״י הסולם היא בחי׳ תפלה כמ״ש במ״א גבי ענין יוהכ״פ. אך מ״מ גם אז אינן שלוחים כמלאכים.
שהמלאך הוא בחי׳ נברא יש מאין. אלא על דרך אני הוא הקורא.
אני ממש. והיינו המשכת הכח בנפש שעי״ז תרומם הנפש להיות בבחי׳ בא לכאן.
C'est-à-dire telles qu'elles sont d'abord dans l'aspect de malkhout, et c'est le sujet de "et voici une échelle dressée, etc., et les anges d'Elokim montent, etc." (Genèse 28, 12). Le sens est : les anges d'Elokim sont les mitsvot, qui s'élèvent en haut par l'échelle, qui est l'aspect de la prière, comme il est écrit ailleurs au sujet de Yom Kippour.
Mais néanmoins, même alors, elles ne sont pas des messagers comme les anges. Car l'ange est l'aspect d'un créé, yech à partir d'ayin.
Mais à la manière de "c'est Moi qui appelle". Moi véritablement.
C'est-à-dire l'attraction de la force dans l'âme, afin que par cela l'âme s'élève pour être dans l'aspect de "viens ici".
וזהו ואני תפלה והנה זו היא ג״כ הכנה להיות אח״כ בעסק התורה בחי׳ ואשים דברי בפיך ובצל ידי כו׳ וכמאמר קדשנו במצותיך תחלה ואח״כ ותן חלקנו בתורתך וכמ״ש מזה בד״ה וידבר אלקים כו׳ אנכי כו׳ ע״ש.
Et c'est "et moi, la prière" (Psaumes 109, 4). Et voici, ceci est aussi une préparation pour être ensuite, dans l'étude de la Torah, l'aspect de "Je mettrai Mes paroles dans ta bouche et de l'ombre de Ma main, etc." (Isaïe 51, 16), et selon la formule "Sanctifie-nous par Tes mitsvot" d'abord, et ensuite "et donne-nous notre part dans Ta Torah", comme il est écrit de cela dans le discours "Elokim parla, etc., Anokhi, etc.", voir là-bas.
וזהו ענין וידבר ה׳ אליו מאהל מועד ועמ״ש מכ״ז בפ׳ במדבר ע״פ במדבר סיני באהל מועד דפי׳ אהל מועד מלשון ונועדתי כו׳ על דרך מ״ש ראו עתה כי אני אני הוא כו׳ וכנז״ל.
Et c'est le sujet de "ה' lui parla de la tente d'assignation", et voir ce qui est écrit de tout cela dans la paracha Bamidbar sur le verset "dans le désert du Sinaï, dans la tente d'assignation", que le sens de tente d'assignation vient de l'expression "et Je te donnerai rendez-vous", etc., à la manière de ce qui est écrit "Voyez maintenant que c'est Moi, c'est Moi qui suis", etc., et comme mentionné plus haut.
והמשכה זו הוא ע״י עסק התורה וכמ״ש סד״ה המגביהי לשבת המשפילי לראות בשמים ובארץ תשב״כ ותשבע״פ שאז הוא לראות בחי׳ ראייה והתגלות. והיינו ע״י בחי׳ אני הוא הקורא ואני הוא המדבר וזהו אני מדבר בצדקה פי׳ ע״י צדקה וגמ״ח שהאדם עושה נמשך להיות בעסק תורתו בחי׳ אני מדבר והיינו כמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך כו׳ וכתיב בכל המקום אשר אזכיר את שמי כו׳ וכמ״ש במ״א ע״פ ששים המה מלכות כו׳:
Et cette attraction se fait par l'étude de la Torah, et comme il est écrit à la fin du discours "Celui qui siège dans les hauteurs, qui abaisse Ses regards sur les cieux et sur la terre" (Psaumes 113, 5-6) : la Torah écrite et la Torah orale, qu'alors c'est pour voir l'aspect de la vision et du dévoilement. C'est-à-dire par l'aspect de "c'est Moi qui appelle et c'est Moi qui parle", et c'est "Moi, Je parle dans la tsédaka" (Isaïe 63, 1), le sens est : par la tsédaka et la guemilout 'hassadim que l'homme fait, est attiré pour qu'il y ait dans l'étude de sa Torah l'aspect de "Moi, Je parle", c'est-à-dire comme il est écrit "et Mes paroles que J'ai mises dans ta bouche, etc." (Isaïe 59, 21), et il est écrit "en tout lieu où Je ferai mention de Mon Nom, etc." (Exode 20, 21), et comme il est écrit ailleurs sur le verset "elles sont soixante, les reines, etc." (Cantique des Cantiques 6, 8) :