Voici : pekoudé hamichkan, c'est l'union du vav-hé du nom Havaya, c'est-à-dire l'union de Zeir Anpin et Noukva. Et pekoudé a le sens de "visiter sa femme" (Yevamot 62b), et michkan, c'est la Chekhina de Sa puissance, béni soit-Il, qui est la mida de malkhout, comme on le sait.
הנה פקודי המשכן הוא יחוד ו״ה דשם הוי׳ דהיינו יחוד זו״נ ופקודי מלשון לפקוד את אשתו ומשכן היינו שכינת עוזו ית׳ שהיא מדת מלכות כנודע, ויחוד זה הוא ע״י תומ״צ וזהו אלה פקודי כי שיתא סדרי משנה וכל אחד כלול מששה זהו גימטרי׳ אלה ומזה נמשך בחי׳ פקודי המשכן יחוד זו״נ, אך משכן העדות הוא יחוד י״ה וכמ״ש שבטי י״ה עדות לישראל כי עדות שייך על דבר שהוא נסתר ונעלם והיינו או״א שנק׳ נסתרות, ויחוד זה הוא פקד ע״פ משה שהוא בחי׳ בטול ונחנו מ״ה (גם שם משה מורה על חיבור ויחוד או״א כי משה גימטריא קפ״ד קס״א והיינו יחוד שם ע״ב דאבא עם שם אהיה דאימא כמ״ש לקמן. ועוד דמשה זכה לבינה).
וב׳ יחודים אלו הן בסדר התפלה בכל יום בק״ש כי פסוק ראשון דק״ש שמע ישראל הוי׳ אלקינו כו׳ הוא בחי׳ יחוד או״א והוא ענין משכן העדות אשר פקד ע״פ משה שהוא בחי׳ מ״ה וביטול והיינו שצריך למסור נפשו באחד שע״י ביטול זה נמשך יחוד הנ״ל דמשכן העדות.
Voici : pekoudé hamichkan, c'est l'union du vav-hé du nom Havaya, c'est-à-dire l'union de Zeir Anpin et Noukva. Et pekoudé a le sens de "visiter sa femme" (Yevamot 62b), et michkan, c'est la Chekhina de Sa puissance, béni soit-Il, qui est la mida de malkhout, comme on le sait.
Et cette union se fait par la Torah et les mitsvot, et c'est eleh pekoudé, car les six ordres de la Michna, et chacun est inclus de six, c'est la guématria d'eleh, et de là est attirée l'aspect de pekoudé hamichkan, l'union de Zeir Anpin et Noukva. Mais michkan haédout, c'est l'union du youd-hé, comme il est écrit : "les tribus de Yah, témoignage pour Israël" (Psaumes 122, 4), car le témoignage concerne une chose qui est cachée et dissimulée, c'est-à-dire Abba et Imma, qui sont appelés les choses cachées.
Et cette union est comptée (pakad) sur l'ordre de Moché, qui est l'aspect du bitoul (effacement de soi), et "nous, que sommes-nous" (Exode 16, 7). (De même le nom de Moché indique la conjonction et l'union d'Abba et Imma, car Moché a pour guématria 184 et 161, c'est-à-dire l'union du nom Ab (72) d'Abba avec le nom Ehyé d'Imma, comme il sera dit plus bas.
Et de plus, Moché a mérité la bina.) Et ces deux unions sont dans l'ordre de la prière chaque jour dans le Chema, car le premier verset du Chema "Écoute, Israël, ה' notre Elokim..." (Deutéronome 6, 4) est l'aspect de l'union d'Abba et Imma, et c'est le sujet de michkan haédout qui fut compté sur l'ordre de Moché, qui est l'aspect de mah et du bitoul, c'est-à-dire qu'il faut livrer son âme dans le un, messirout nefech (don de soi), car par ce bitoul est attirée l'union susdite de michkan haédout.
ובפסוק ואהבת את הוי׳ כו׳ הוא ענין יחוד זו״נ כי את הוא בחי׳ מל׳ שהוא בחי׳ את הטפל לשם הוי׳, וגם את לשון עת שהוא מקור הזמן ופי׳ ואהבת את שע״י האהבה מעורר אהבה עליונה לבחי׳ את היינו שיהיה הוי׳ אלקיך יחוד זו״נ והוא ענין אלה פקודי המשכן.
Et dans le verset "Tu aimeras ה'..." (Deutéronome 6, 5), c'est le sujet de l'union de Zeir Anpin et Noukva, car ète (את) est l'aspect de malkhout, qui est l'aspect de ète accessoire au nom Havaya. Et aussi ète a le sens de ète (עת), le temps, qui est la source du temps.
Et l'explication de "tu aimeras ète" : par l'amour on éveille un amour supérieur envers l'aspect de ète, c'est-à-dire que soit "ה' ton Elokim", l'union de Zeir Anpin et Noukva, et c'est le sujet de eleh pekoudé hamichkan.
ולכן בפסוק ראשון אמר משה במשנה תורה הוי׳ אלקינו להיותו יחוד או״א אשר יחוד זה פקד ע״פ משה. ובפסוק ואהבת נאמר הוי׳ אלקיך להיותו יחוד זו״נ וכמ״ש במ״א.
וזהו מ״ש בזהר פ׳ פינחס דרל״ו ע״ב בענין ע׳ רבתי דשמע וד׳ רבתי דאחד וסימנא דא עד הוי׳ בכם והוא כענין משכן העדות. וכמשי״ת (ועיין בבעל הטורים פ׳ ואתחנן שכתב ג״כ שזהו ענין עד הויה בכם וגם כדכתיב ואתם עדי ועיין בזוהר קדושים דפ״ו):
Et c'est pourquoi, dans le premier verset, Moché a dit dans le Michné Torah "ה' notre Elokim", parce que c'est l'union d'Abba et Imma, laquelle union fut comptée sur l'ordre de Moché. Et dans le verset "Tu aimeras" il est dit "ה' ton Elokim", parce que c'est l'union de Zeir Anpin et Noukva, comme il est écrit ailleurs.
Et c'est ce qui est dit dans le Zohar, paracha Pin'has, folio 236b, au sujet du ayin agrandi de Chema et du dalet agrandi de e'had, et le signe en est "ה' est témoin contre vous" (I Samuel 12, 5), et c'est comme le sujet de michkan haédout. Et comme on l'expliquera plus bas (et voir dans le Baal haTourim, paracha Vaet'hanan, qui a écrit également que c'est le sujet de "ה' est témoin contre vous", et aussi comme il est écrit "et vous êtes Mes témoins" (Isaïe 43, 10), et voir dans le Zohar Kedochim folio 86) :
ב והנה להבין ביאור הדברים למה נק׳ יחוד או״א משכן העדות צריך להקדים מ״ש בלק״ת בהקדמה לטעמי מצות שע״י קיום מצות ל״ת הוא גורם בחי׳ יחוד דאו״א וזהו שמי עם י״ה שס״ה וע״י קיום מ״ע הוא בחי׳ יחוד דזו״נ.
2. Et voici, pour comprendre l'explication des choses, pourquoi l'union d'Abba et Imma est appelée michkan haédout, il faut d'abord poser ce qui est dit dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, dans l'introduction aux Taamei Hamitsvot, que par l'accomplissement des mitsvot négatives on cause l'aspect de l'union d'Abba et Imma, et c'est "Mon Nom" avec youd-hé = 365, et par l'accomplissement des mitsvot positives c'est l'aspect de l'union de Zeir Anpin et Noukva.
וזהו ו״ה עם זכרי רמ״ח, וצ״ל שייכות ענין קיום מל״ת ליחוד או״א דוקא, והענין הוא כי בחי׳ יחוד דאו״א הוא בחי׳ ביטול היש שיהיה בטל לאור אין סוף ב״ה עד שאינו תופס מקום כלל וכענין שאמר משה ונחנו מה מ״ה ממש ונק׳ זה יחוד דאו״א כי החכמה הוא בחי׳ אין כמ״ש והחכמה מאין תמצא וגם חכמה היינו כח מה, ובינה הוא בחי׳ יש כמ״ש להנחיל אוהבי יש דקאי על ג״ע ששרשו מבחי׳ בינה כמ״ש ונהר יוצא מעדן כו׳ שמתגלה אא״ס ב״ה בבחי׳ השגה להנשמות להיות נהנין מזיו כו׳ וכנודע והיחוד דאו״א שהן חו״ב הוא יחוד אין ויש שהיש בטל לאין להיות גילוי בחי׳ אין ביש וכמ״ש במ״א ע״פ מזמור לתודה (עיין בסידור) וממשיכין יחוד זה בק״ש להיות יחוד זה והמשכה זו מאין ליש (ועמ״ש בזה בפ׳ ואתחנן בד״ה להבין מ״ש האריז״ל. ועמ״ש מענין יחוד או״א בביאור ע״פ ונקדשתי).
ופי׳ ענין שהחכמה הוא כח מה וביטול. הענין הוא להיות כי החכמה הוא למעלה מבחי׳ בינה והשגה דהיינו שמתגלה אא״ס מה דלית מחשבה תפיסא כו׳ וענין גילוי זה הוא ביטול ההשגה וביטול הנשמות במציאת באור א״ס ב״ה דלית מחשבה כו׳ וכמ״ש בבינונים פי״ח והחכמה הוא מקור השכל כו׳ מה שאינו מושג כו׳ ולכן מתלבש בה אור א״ס דלית מחשבה תפיסא ביה כו׳ משא״כ בחי׳ בינה הוא הבנה והשגה והוא רק בבחי׳ זיו השכינה (וכמ״ש במ״א ביאור ענין מוחין דאבא ומוחין דאימא בד״ה להבין מ״ש בהגדה מצה זו).
והנה מבחי׳ בינה שהוא הבנה והשגה שייך שיהיה נמשך התפעלות האהבה והרי זה ההתבוננות עם ההתפעלות הכל בבחי׳ יש ודבר נראה ונרגש שהרי יש מי שמשיג ויש מי שמתפעל (וזהו להנחיל אוהבי יש הרי בחי׳ יש שייך בבחי׳ אהבה) משא״כ בחי׳ חכמה מה שהוא למעלה מהשגה. דהיינו גילוי מאא״ס ב״ה סתימא דכל סתימין דלית מחשבה תפיסא ביה כלל ואין הגילוי בבחי׳ הבנה והשגה לכן גם ההתפעלות מזה אינו בבחי׳ יש כמו האהבה אלא ההתפעלות מזה הוא בבחי׳ הביטול והוא שמתבטל מן המציאות כמ״ש ונחנו מה וכמבואר בבינונים פל״ט אשר עולם האצי׳ שהוא בחי׳ חכמה בכלל הוא למעלה מבחי׳ ג״ע והוא מדור הצדיקים הגדולים שעבודתם למעלה מבחי׳ אהבה כ״א בבחי׳ ביטול ע״ד האבות הן הן המרכבה כו׳.
Et c'est vav-hé avec "Mon souvenir" = 248. Et il faut comprendre le rapport du sujet de l'accomplissement des mitsvot négatives avec l'union d'Abba et Imma précisément.
Et le sujet est que l'aspect de l'union d'Abba et Imma est l'aspect du bitoul du yech (l'être, le moi), qu'il soit effacé devant l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, jusqu'à ne pas occuper de place du tout, comme le sujet que dit Moché : "et nous, que sommes-nous", mah véritablement. Et cela est appelé union d'Abba et Imma, car la 'hokhma est l'aspect d'ayin (le néant), comme il est écrit : "et la 'hokhma, de l'ayin se trouve-t-elle" (Job 28, 12), et aussi 'hokhma signifie koa'h mah (la force du "quoi").
Et la bina est l'aspect de yech, comme il est écrit : "pour donner en héritage à ceux qui M'aiment le yech" (Proverbes 8, 21), qui vise le Gan Eden, dont la racine est dans l'aspect de bina, comme il est écrit : "un fleuve sort d'Eden..." (Genèse 2, 10), où se révèle l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans l'aspect de la saisie, pour les âmes, afin qu'elles jouissent du rayonnement..., comme on le sait. Et l'union d'Abba et Imma, qui sont 'hokhma et bina, est l'union de l'ayin et du yech, que le yech soit effacé devant l'ayin, afin qu'il y ait révélation de l'aspect d'ayin dans le yech, comme il est écrit ailleurs sur le verset "Psaume pour la louange" (Psaumes 100, 1) (voir dans le Siddour).
Et l'on attire cette union dans le Chema, afin que soit cette union et cette attraction de l'ayin vers le yech (et voir ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Vaet'hanan, au discours "pour comprendre ce qu'a écrit l'Ari z"l". Et voir ce qui est écrit au sujet de l'union d'Abba et Imma dans l'explication sur le verset "et Je serai sanctifié").
Et l'explication du sujet que la 'hokhma est koa'h mah et le bitoul : le sujet est que la 'hokhma est au-dessus de l'aspect de bina et de la saisie, c'est-à-dire que se révèle de l'Or Ein Sof ce dont aucune pensée ne saisit..., et le sujet de cette révélation est le bitoul de la saisie et le bitoul des âmes dans l'existence devant la lumière de l'Ein Sof, béni soit-Il, dont aucune pensée..., comme il est écrit dans le Tanya, chapitre 18 : et la 'hokhma est la source de l'intellect..., ce qui n'est pas saisi..., et c'est pourquoi se revêt en elle la lumière de l'Ein Sof dont aucune pensée ne Le saisit..., ce qui n'est pas le cas de l'aspect de bina, qui est compréhension et saisie, et elle n'est que dans l'aspect du rayonnement de la Chekhina (et comme il est écrit ailleurs, l'explication du sujet des mohin d'Abba et des mohin d'Imma, au discours "pour comprendre ce qui est dit dans la Haggada : cette matsa"). Et voici, de l'aspect de bina, qui est compréhension et saisie, il est possible qu'en soit attirée l'émotion de l'amour, et voici que cette contemplation avec l'émotion est tout entière dans l'aspect de yech et d'une chose vue et ressentie, car il y a celui qui saisit et il y a celui qui s'émeut (et c'est "pour donner en héritage à ceux qui M'aiment le yech" : voici que l'aspect de yech a rapport à l'aspect de l'amour).
Ce qui n'est pas le cas de l'aspect de 'hokhma, mah, qui est au-dessus de la saisie, c'est-à-dire une révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, le plus caché de tous les cachés, dont aucune pensée ne Le saisit du tout, et la révélation n'est pas dans l'aspect de la compréhension et de la saisie ; c'est pourquoi aussi l'émotion qui en vient n'est pas dans l'aspect de yech comme l'amour, mais l'émotion qui en vient est dans l'aspect du bitoul, et c'est qu'on s'efface de l'existence, comme il est écrit : "et nous, que sommes-nous", et comme il est expliqué dans le Tanya, chapitre 39, que le monde d'Atsilout, qui est l'aspect de 'hokhma en général, est au-dessus de l'aspect du Gan Eden, et c'est la demeure des grands tsadikim, dont le service est au-dessus de l'aspect de l'amour, mais seulement dans l'aspect du bitoul, à la manière de "les patriarches, ce sont eux la merkava", etc.
וענין יחוד או״א הוא ההמשכה מאור א״ס ב״ה המלובש במוחין דאבא שלמעלה מההשגה שיהי׳ נמשך ומתגלה בבינה, אך גילוי זה אינו בבחי׳ השגה ממש מאחר דבאמת לית מחשבה תפיסא בי׳ אלא ענין גילוי זה בבינה יובן מעט מזעיר עד״מ ממ״ש הרמב״ם בענין התוארים שנאמרו על הקב״ה שנאמר רק בשלילות ואינם תוארים עצמיים.
Et le sujet de l'union d'Abba et Imma est l'attraction de la lumière de l'Ein Sof, béni soit-Il, revêtue dans les mohin d'Abba, qui est au-dessus de la saisie, afin qu'elle soit attirée et révélée dans la bina. Mais cette révélation n'est pas dans l'aspect d'une saisie véritable, puisque en vérité aucune pensée ne Le saisit, mais le sujet de cette révélation dans la bina se comprendra un peu, très peu, par une comparaison avec ce qu'a écrit le Rambam au sujet des attributs qui ont été dits sur le Saint, béni soit-Il, qu'ils ne sont dits que par négations, et qu'ils ne sont pas des attributs essentiels.
וענין ההפרש בין תוארי השלילה לתוארי החיוב שתוארים עצמיים שנק׳ בלשון פלוסופים תוארי החיוב הם מורים על מהות הדבר מהו. ותוארי השלילה לא יודיענו דבר בשום פנים מן העצם המבוקש מה הוא אלא שיודיענו שהוא מושלל מדבר המנגד וסותר לאותו העצם המבוקש ומהותו.
Et le sujet de la différence entre les attributs de négation et les attributs d'affirmation : les attributs essentiels, appelés dans la langue des philosophes attributs d'affirmation, indiquent ce qu'est l'essence de la chose. Et les attributs de négation ne nous font connaître en aucune façon rien de l'essence recherchée, ce qu'elle est, mais ils nous font seulement connaître qu'elle est niée de la chose qui s'oppose et contredit cette essence recherchée et son essence.
ולכן לפי שהקב״ה הוא למעלה מההשגה ואין אפשר להשיג מהותו בשום פנים ע״כ לא יתכן לומר עליו ית׳ התוארים כמו כל יכול וחכם ורוצה כי הוא למעלה ממהות יכולת וחכמה ורצון שבנבראים עד שאין ערך ודמיון בינו ובינינו כלל לומר עליו תוארים אלו בלשון תוארים עצמיים רק שהם נאמרו בלשון שלילה היינו ענין יכול שנאמר עליו ית׳ הוא מפשיט ממנו ית׳ כל מה שהוא היפך היכולת כמ״ש לא ייעף ולא ייגע כו׳, ועד״ז הוא ענין חכם ורוצה כו׳ מפשיט ממנו ית׳ מה שהוא היפך החכמה כו׳ ונמצא לא יודיעו תוארים אלו ידיעת מהותו רק יודיעו מה שאנו שוללים ממנו הדברים שהם היפך מהותו כביכול, נמצא ידיעה זו הוא גילוי שמתגלה לנו גילוי ממנו ית׳ ומ״מ אינו השגה במהותו כלל ומ״מ גם בבחי׳ ידיעה זו שבדרך שלילה שייך ידיעות עצומות אין קץ ממש גבוה מעל גבוה כמ״ש הרמב״ם כ״ז (בספרו מ״נ ח״א פנ״ז נ״ח נ״ט עד פרק ס׳) שכ׳ שיש ריבוי ידיעות ג״כ בדרך שלילה עד שבענינים הגשמיים יוכל האדם ע״י ריבוי הידיעות השלילות להגיע כמעט לציור הדבר כמו שהוא כו׳. ועד״ז יובן הנמשל בענין היחוד וגילוי ההמשכה מחכמה שהוא בחי׳ מקור השכל שאינו מושג שבו מלובש אור א״ס מה שלמעלה מההשגה ומה שנמשך בחי׳ זו ממש שהיא הבנה והשגה ונק׳ יחוד או״א הנה ההבנה וההשגה אינה השגת המהות אלא השגת עד״מ השגת השלילות כו׳ כי הנה אא״ס ב״ה לית מחשבה תפיסא בי׳ כלל במהותו.
ולכן הכתר נק׳ ישת חשך סתרו שהכתר מלביש לאא״ס ב״ה ומחשיך שיהי׳ בלתי מתגלה (כמ״ש בתחלת ביאור האדר״ז מהאריז״ל. ועמ״ש בביאור ע״פ שחורה אני אש שחורה) וע״י הכתר הוא שורה ומתלבש בבחי׳ חכמה שהוא ג״כ למעלה מהשכל המושג ומובן.
וזהו בחי׳ מוחין דאבא שבו מלובש אא״ס מה שלמעלה מסדר ההשתלשלות (ועיין בפי׳ הרמ״ז בזהר פ׳ אמור דצ״ד דמציאות אבא נמשך מפנימי׳ שבתוך השע רות די״ג ת״ד. משא״כ מציאות אימא נמשך מהשערות עצמן.
ועיין בזהר הרקיע פ׳ ויקרא ע״פ כשמן הטוב כו׳ וכמ״ש במ״א). אמנם בחי׳ בינה היינו הבנת והשגת המהות אך הבנה והשגה זו הוא בבחי׳ זיו והארה לבד מאא״ס ב״ה הנמשך בסדר ההשתלשלות שבחי׳ זו נמשך ומתגלה בבינה והשגה באצילות ונמשך ג״כ בג״ע העליון.
אבל בחי׳ אור א״ס ב״ה שבכתר עליון א״א שיומשך ויתגלה בבינה והשגה ממש ואעפ״כ נמשך ומתגלה ע״י יחוד חו״ב אלא שגילוי זה אינו בחי׳ השגה כ״א ביטול ההשגה.
Et c'est pourquoi, puisque le Saint, béni soit-Il, est au-dessus de la saisie, et qu'il n'est pas possible de saisir Son essence en aucune façon, il ne convient donc pas de dire de Lui, béni soit-Il, les attributs comme tout-puissant, sage et voulant, car Il est au-dessus de l'essence de la puissance, de la sagesse et de la volonté qui sont dans les créatures, jusqu'à ce qu'il n'y ait aucune comparaison ni ressemblance entre Lui et nous du tout, pour dire de Lui ces attributs dans le langage d'attributs essentiels ; seulement ils ont été dits dans le langage de la négation, c'est-à-dire que le sujet de puissant qui est dit de Lui, béni soit-Il, c'est qu'on dépouille de Lui, béni soit-Il, tout ce qui est le contraire de la puissance, comme il est écrit : "Il ne se fatigue pas et Il ne se lasse pas..." (Isaïe 40, 28). Et de même est le sujet de sage et de voulant... on dépouille de Lui, béni soit-Il, ce qui est le contraire de la sagesse...
Et il se trouve que ces attributs ne font pas connaître la connaissance de Son essence, ils font seulement connaître que nous nions de Lui les choses qui sont le contraire de Son essence, pour ainsi dire. Il se trouve que cette connaissance est une révélation, qu'une révélation de Lui, béni soit-Il, nous est révélée, et néanmoins ce n'est pas une saisie de Son essence du tout.
Et néanmoins, même dans cet aspect de connaissance qui est par voie de négation, il y a des connaissances immenses, sans fin véritablement, hauteur au-dessus de hauteur, comme l'a écrit le Rambam, tout cela (dans son livre le Guide des égarés, première partie, chapitres 57, 58, 59 jusqu'au chapitre 60), qui a écrit qu'il y a aussi une multitude de connaissances par voie de négation, jusqu'à ce que, dans les sujets corporels, l'homme puisse, par la multitude des connaissances négatives, arriver presque à la figuration de la chose telle qu'elle est... Et de même on comprendra le nimchal dans le sujet de l'union et de la révélation de l'attraction depuis la 'hokhma, qui est l'aspect de la source de l'intellect qui n'est pas saisi, en laquelle est revêtue la lumière de l'Ein Sof, ce qui est au-dessus de la saisie, et ce qui est attiré de cet aspect même, qui est compréhension et saisie, et est appelée union d'Abba et Imma : voici que la compréhension et la saisie ne sont pas la saisie de l'essence, mais une saisie, par comparaison, de la saisie des négations...
Car voici, l'Or Ein Sof, béni soit-Il, aucune pensée ne Le saisit du tout dans Son essence. Et c'est pourquoi le keter est appelé "Il a fait des ténèbres Sa cachette" (Psaumes 18, 12), car le keter revêt l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et obscurcit, afin qu'il ne soit pas révélé (comme il est écrit au début de l'explication de l'Idra Zouta par l'Ari z"l.
Et voir ce qui est écrit dans l'explication sur le verset "je suis noire..."). Et par le keter, Il repose et se revêt dans l'aspect de 'hokhma, qui est aussi au-dessus de l'intellect saisi et compris.
Et c'est l'aspect des mohin d'Abba, en lesquels est revêtu l'Or Ein Sof, ce qui est au-dessus de l'ordre de l'enchaînement (et voir dans le commentaire du Ramaz sur le Zohar, paracha Emor, folio 94, que l'existence d'Abba est attirée de l'intériorité qui est à l'intérieur des cheveux des treize tikounei dikna. Ce qui n'est pas le cas de l'existence d'Imma, qui est attirée des cheveux eux-mêmes.
Et voir dans le Zohar haRakia, paracha Vayikra, sur le verset "comme l'huile bonne...", et comme il est écrit ailleurs). Cependant, l'aspect de bina, c'est la compréhension et la saisie de l'essence, mais cette compréhension et cette saisie ne sont que dans l'aspect d'un rayonnement et d'une illumination seulement de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, attiré dans l'ordre de l'enchaînement, car cet aspect est attirée et révélée dans la bina et la saisie dans Atsilout, et est attirée aussi dans le Gan Eden supérieur.
Mais l'aspect de la lumière de l'Ein Sof, béni soit-Il, qui est dans le keter supérieur, il est impossible qu'elle soit attirée et révélée dans la bina et une saisie véritable ; et néanmoins elle est attirée et révélée par l'union de 'hokhma et bina, seulement cette révélation n'est pas l'aspect de la saisie, mais seulement le bitoul de la saisie.
וא״א למצוא משל לזה למטה כ״א מענין ידיעת השלילות שהוא גילוי וידיעה בהשגה ממש שמתקרב בידיעה זו להדבר המבוקש ועכ״ז אינו השגת המהות כמו בבחי׳ הזיו שבסדר ההשתלשלות כו׳. וזהו הטעם שההתפעלות הנמשך מגילוי וידיעה זו הוא בחי׳ הביטול שהוא ג״כ ענין הפשטת המנגד והוא שלא יהי׳ יש ומסתיר על אא״ס ב״ה לפי שכל התפעלות בהכרח שתדמה למקורה המולידה.
ולכן יען שמקורה היא ג״כ בחי׳ ביטול ההשגה כנ״ל ע״כ ההתפעלות הנולד ממנה הוא ג״כ בחי׳ ונחנו מה שהוא בחי׳ ביטול כו׳:
Et il est impossible de trouver une comparaison à cela en bas, sinon du sujet de la connaissance des négations, qui est une révélation et une connaissance dans une saisie véritable, par laquelle on se rapproche dans cette connaissance de la chose recherchée, et néanmoins ce n'est pas la saisie de l'essence, comme dans l'aspect du rayonnement qui est dans l'ordre de l'enchaînement... Et c'est la raison pour laquelle l'émotion attirée de cette révélation et de cette connaissance est l'aspect du bitoul, qui est aussi le sujet du dépouillement de ce qui s'oppose, et c'est qu'il n'y ait pas de yech qui cache l'Or Ein Sof, béni soit-Il, parce que toute émotion doit nécessairement ressembler à sa source qui l'engendre.
Et c'est pourquoi, puisque sa source est aussi l'aspect du bitoul de la saisie, comme ci-dessus, l'émotion qui naît d'elle est aussi l'aspect de "et nous, que sommes-nous", qui est l'aspect du bitoul... :
ג וזהו הטעם למ״ש בלק״ת דע״י קיום מל״ת הוא יחוד דאו״א כי הנה כל הל״ת ענינם ג״כ רק בחי׳ שלילות דבר המנגד ומסתיר אלקותו ית׳ כמו לא תאכל חלב כו׳ או שעטנז לא יעלה עליך כו׳ שאינו עשיית דבר בקום ועשה רק להמנע מהדברים הנ״ל שהן המסתירים ומונעים הביטול לא״ס ב״ה כי הן בחי׳ יש ודבר נפרד לגמרי היפך האין לכן הם פוגמים הביטול ומונעים הביטול מהנפש מה שיש בנפש מבחי׳ חכ׳ להבטל לאא״ס ב״ה כמו דכולא קמי׳ כלא חשיב והם מונעים ביטול זה מפני שהם יש ודבר נפרד היפך האין כו׳.
3. Et c'est la raison de ce qui est dit dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, que par l'accomplissement des mitsvot négatives c'est l'union d'Abba et Imma.
Car voici, toutes les mitsvot négatives, leur sujet est aussi seulement l'aspect des négations d'une chose qui s'oppose et cache Sa divinité, béni soit-Il, comme "tu ne mangeras pas de graisse..." (Lévitique 7, 23) ou "un chaatnez ne montera pas sur toi..." (Lévitique 19, 19), ce qui n'est pas faire une chose en se levant et en agissant, mais seulement s'abstenir des choses susdites, qui sont celles qui cachent et empêchent le bitoul devant l'Ein Sof, béni soit-Il, car elles sont l'aspect de yech et d'une chose entièrement séparée, le contraire de l'ayin ; c'est pourquoi elles portent atteinte au bitoul et empêchent le bitoul de l'âme, ce qu'il y a dans l'âme de l'aspect de 'hokhma pour s'effacer devant l'Or Ein Sof, béni soit-Il, comme "tout devant Lui est considéré comme rien", et elles empêchent ce bitoul, parce qu'elles sont yech et une chose séparée, le contraire de l'ayin...
ויש מצות ל״ת שחייבים עליהם כרת שכורתים את הנפש משרשה שלא להיות בה בחי׳ ביטול זה. ויובן זה יותר באכילת חמץ בפסח כי מצה הוא בחי׳ מ״ה וביטול וכמאמר מצה זו שאנו אוכלים על שום מ״ה והחמץ הוא בחי׳ יש כו׳, ועכ״פ כל מצות ל״ת הוא שלילת ומניעת דבר המסתיר על אא״ס ב״ה וקדושתו.
Et il y a des mitsvot négatives pour lesquelles on est passible de karet, qui coupent l'âme de sa racine, afin qu'il n'y ait pas en elle cet aspect de bitoul. Et cela se comprendra mieux dans la consommation du 'hamets à Pessa'h, car la matsa est l'aspect de mah et de bitoul, et comme le dire : "cette matsa que nous mangeons, à cause de quoi (mah)", et le 'hamets est l'aspect de yech...
Et en tout cas, toutes les mitsvot négatives sont la négation et l'empêchement d'une chose qui cache l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et Sa sainteté.
ולכן ע״י קיום בחי׳ זו שמסירים ההסתר עי״ז נמשך היחוד עליון דאו״א שהוא ג״כ גילוי אא״ס ב״ה סדכ״ס שנמשך ומתגלה וגילוי זה א״א ג״כ רק בידיעת השלילות שנמשך בחי׳ ידיעה והשגה בו ית׳ ע״ד הפשטה ממנו ית׳ דבר מה שהוא נגד מהותו ית׳ ואף שאין זה ידיעת המהות הנה הוא קירוב וגילוי גדול כנ״ל וגדול אין קץ יותר מהשגת המהותשבבחי׳ הזיו המאיר בסדר ההשתלשלות כו׳.
C'est pourquoi, par l'accomplissement de cet aspect par lequel on écarte le voilement, par cela est attirée l'union supérieure d'Abba et Imma, qui est également la révélation de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, le secret de tous les secrets, qui est attirée et se révèle ; et cette révélation ne peut également se faire que par la connaissance des négations, en ce qu'est attiré un aspect de connaissance et de saisie en Lui, béni soit-Il, à la manière d'une abstraction, de Lui, béni soit-Il, de quelque chose qui est contraire à Son essence, béni soit-Il ; et bien que ce ne soit pas la connaissance de l'essence, voici que c'est un rapprochement et une révélation grande, comme ci-dessus, et infiniment plus grande que la saisie de l'essence qui est dans l'aspect du rayonnement qui éclaire dans l'ordre de l'enchaînement, etc.
וזהו מ״ש בארץ לא זרועה ר״ל הלא הוא זרועה היינו מל״ת שהם גבוהים ממ״ע דלאו קודם להן מלמעלה למטה כמאמר ברישא חשוכא והדר נהורא לפי שבחי׳ אור הכתר לא יוכל לבא בהתלבשות בבחי׳ כלי להיות כי הוא למעלה מהשתלשלות דאו״כ כנ״ל דלית מחשבה תפיסא בי׳ רק בבחי׳ לא בלבד הוא שיכול להתגלות והיינו בדרך ידיעת השלילות.
Et c'est ce qui est dit : "dans une terre non ensemencée" (Jérémie 2, 2), c'est-à-dire : n'est-elle pas ensemencée, à savoir les mitsvot négatives, qui sont plus élevées que les mitsvot positives, car le non les précède de haut en bas, selon le dire : "d'abord l'obscurité et ensuite la lumière" (Chabbat 77b), parce que l'aspect de la lumière du keter ne peut venir en revêtement dans un aspect de keli, étant donné qu'il est au-dessus de l'enchaînement, comme il a été dit plus haut, que nulle pensée ne Le saisit, seulement dans l'aspect du non seul il peut se révéler, et c'est par la voie de la connaissance des négations.
ולכן נאמר ע״ז ישת חשך סתרו שאין המהות ממש מושג, וההמשכה וגילוי זה הוא ע״י קיום מל״ת דוקא שהניצוצים שנפלו בהן בשבה״כ הן ירדו ונמשכו למטה בג׳ קליפות הטמאות והן המסתירים ומונעים לגמרי גילוי אור הכתר לכן ע״י העברת המנגד נמשך גילוי אור הכתר בחו״ב בבחי׳ הנ״ל. אמנם רמ״ח מ״ע הן בבחי׳ ו״ה שהוא יחוד זו״נ אשר הוא בחי׳ אורות המתלבשים בכלים והוא כמו בחי׳ השגת המהות ולא ע״ד שלילה לבד ומצד זה יש בהן מעלה יתירה מבמצות ל״ת (ואפשר מה״ט עשה דוחה ל״ת) אבל באמת הל״ת גבוהים יותר לפי שהשגת המהות שנמשך ע״י קיום מ״ע הנה אור זה הנמשך ומתגלה הוא רק כמו זיו והארה לבד לגבי האור הנמשך ומתגלה ע״י מצות ל״ת ולכן גדול יותר ידיעת השלילות שבמקור האור מהשגת המהות שבבחי׳ הזיו (וכעין זה אמרו דחכם עדיף מנביא אף שהנביא משיג המהות והחכם אינו משיג רק המציאות אלא לפי שהחכם משיג המציאות ממדרגות העליונות שאינן מתגלות בנבואה כלל, וכ״ש שהוא כן במל״ת לגבי מ״ע שההשג׳ אינו ע״ד ידיעת המציאות לבד כ״א גילוי ממש רק שהוא עד״מ למטה בידיעת השלילות כו׳.
ומזה יובן גודל מעלות דברי סופרים שהן ג״כ סייגים וגדרים כעין מצות ל״ת וכמ״ש ע״פ שחורה אני כו׳, וגם ז׳ מצות דרבנן עם שהם בקום ועשה מ״מ המכוון בהם להרחיק הרע כנודע מענין נטילת ידים כו׳. וזהו ענין בינה יתירה נתנה כו׳ אשר מה שבתושב״כ לא יוכל להיות ההמשכה רק בבחי׳ השגת השלילות נמשך בתשבע״פ ע״י קום ועשה כו׳ שהוא בחי׳ השגת המהות כו׳.
והנה אין כ״ז סותר למ״ש במ״א דע״י מל״ת נמשך מקור האור בבחי׳ גילוי ממש כי זהו לע״ל אשר אז יתגלה אור הכתר ממש שמזה נמשך תחה״מ. משא״כ היחוד וההמשכה דעכשיו אפי׳ בעולמות עליונים אין הגילוי מעצמותו ית׳ רק עד״מ הנ״ל מענין ידיעת השלילות כו׳.
ולכן אפי׳ האבות שמדור שלהם הוא בעולם האצי׳ למעלה מבחי׳ ג״ע העליון כמ״ש בבינונים פל״ט יתלבשו בגוף גשמי בתחה״מ ואין זה אלא משום שאז יהי׳ למטה גילוי בחי׳ עליונה יותר) (ועיין מ״ש ע״פ שימני כחותם כו׳). וזהו שרמ״ח מ״ע נק׳ רמ״ח אברים דמלכא שהאור נמשך בכלים ממש.
ובכל זה יובן מ״ש בזוהר כד אתכפיא סט״א אשתלים יקרא דקוב״ה כי ענין אתכפיא סט״א זהו ענין קיום מל״ת וכל דקדוקי סופרים אשר הם הכל הרחקת הרע לכן עי״ז אשתלים יקרא דקוב״ה היינו בחי׳ ז״א שעולה ברום המעלות והוא בבחי׳ יחוד דאו״א גם שנמשך בו בחי׳ כתר מא״א ממש כמבואר גבי חג השבועות. וזהו אשתלים יקרא כו׳ וכמשי״ת לקמן אי״ה בפי׳ ותבואי בעדי עדיים, וזהו ג״כ ענין דירה בתחתונים.
C'est pourquoi il est dit à ce sujet : "Il a fait des ténèbres Sa cachette" (Psaumes 18, 12), que l'essence même n'est pas saisie ; et cette attraction et cette révélation se font par l'accomplissement des mitsvot négatives précisément, car les étincelles qui sont tombées en eux lors de la brisure des kelim sont descendues et ont été attirées en bas dans les trois klipot impures, et ce sont elles qui voilent et empêchent totalement la révélation de la lumière du keter ; c'est pourquoi, par l'écartement de l'opposé, est attirée la révélation de la lumière du keter dans 'hokhma et bina, dans l'aspect susdit. Cependant les 248 mitsvot positives sont dans l'aspect de vav-hé, qui est l'union de Zeir Anpin et Noukva, laquelle est l'aspect des lumières qui se revêtent dans les kelim, et c'est comme l'aspect de la saisie de l'essence, et non seulement à la manière de la négation ; et de ce côté il y a en eux un avantage supérieur par rapport aux mitsvot négatives (et peut-être est-ce pour cette raison que le positif repousse le négatif) ; mais en vérité les négatives sont plus élevées, parce que la saisie de l'essence qui est attirée par l'accomplissement des positives, voici que cette lumière qui est attirée et se révèle n'est que comme un rayonnement et une illumination seulement par rapport à la lumière qui est attirée et se révèle par les mitsvot négatives ; c'est pourquoi est plus grande la connaissance des négations qui est dans la source de la lumière que la saisie de l'essence qui est dans l'aspect du rayonnement (et semblablement à cela on a dit que le sage est préférable au prophète, bien que le prophète saisisse l'essence et que le sage ne saisisse que l'existence, sinon parce que le sage saisit l'existence depuis les degrés supérieurs qui ne se révèlent pas du tout dans la prophétie, et à plus forte raison en est-il ainsi pour les négatives par rapport aux positives, car la saisie n'est pas seulement à la manière de la connaissance de l'existence mais une révélation véritable, seulement que c'est à titre de comparaison en bas dans la connaissance des négations, etc.
Et de cela on comprendra la grandeur des mérites des paroles des scribes, qui sont également des haies et des clôtures à la manière des mitsvot négatives, et comme il est écrit sur le verset "Je suis noire" (Cantique des Cantiques 1, 5), et aussi les sept mitsvot rabbiniques, bien qu'elles soient en lève-toi et fais, néanmoins l'intention en elles est d'éloigner le mal, comme on le sait du sujet de l'ablution des mains (netilat yadayim), etc. Et c'est le sujet de : "une intelligence supplémentaire a été donnée" etc., que ce qui dans la Torah écrite ne peut être l'attraction que dans l'aspect de la saisie des négations est attiré dans la Torah orale par lève-toi et fais etc., qui est l'aspect de la saisie de l'essence etc.
Et voici que tout cela ne contredit pas ce qui est dit ailleurs, que par les négatives est attirée la source de la lumière dans un aspect de révélation véritable, car cela est pour l'avenir, où alors se révélera la lumière du keter véritablement, de laquelle est attirée la résurrection des morts. Tandis que l'union et l'attraction d'à présent, même dans les mondes supérieurs, la révélation n'est pas de Son essence, béni soit-Il, seulement à titre de comparaison susdit du sujet de la connaissance des négations etc.
Et c'est pourquoi même les patriarches, dont la demeure est dans le monde d'Atsilout, au-dessus de l'aspect du Gan Eden supérieur, comme il est dit dans le Tanya, chapitre 39, se revêtiront dans un corps matériel lors de la résurrection des morts, et ce n'est que parce qu'alors il y aura en bas la révélation d'un aspect supérieur davantage) (et vois ce qui est écrit sur le verset "Place-moi comme un sceau" (Cantique des Cantiques 8, 6)). Et c'est que les 248 mitsvot positives sont appelées les 248 organes du Roi, car la lumière est attirée dans les kelim véritablement.
Et par tout cela on comprendra ce qui est dit dans le Zohar : "lorsque la sitra a'hra est soumise, la gloire du Saint, béni soit-Il, est parachevée", car le sujet de la soumission de la sitra a'hra (l'autre côté) est le sujet de l'accomplissement des mitsvot négatives et de tous les détails des scribes, qui sont tous l'éloignement du mal ; c'est pourquoi par cela la gloire du Saint, béni soit-Il, est parachevée, c'est-à-dire l'aspect de Zeir Anpin qui monte au sommet des degrés, et il est dans l'aspect de l'union d'Abba et Imma, et aussi qu'est attiré en lui l'aspect du keter d'Arikh Anpin véritablement, comme il est expliqué au sujet de la fête de Chavouot. Et c'est : la gloire est parachevée etc., et comme on l'expliquera plus bas, si D.ieu veut, dans l'explication de "et tu viendras avec des parures de parures", et c'est également le sujet d'une demeure ici-bas (dira bata'htonim).
והנה ביחוד זו״נ שהוא ע״י תורה ומצות עשה יש ג״כ ב׳ מדרגות. כי התורה היא בחי׳ אברים הפנימים וגם אורייתא מחכמה נפקת וא״כ הוא ג״כ המשכת מוחין דאו״א והמצות הן אברים החיצונים כו׳.
Et voici que dans l'union de Zeir Anpin et Noukva, qui se fait par la Torah et les mitsvot positives, il y a également deux degrés. Car la Torah est l'aspect des organes internes, et aussi "la Torah sort de la 'hokhma", et alors c'est également l'attraction des mohin d'Abba et Imma, et les mitsvot sont les organes externes, etc.
וזהו אלה פקודי המשכן משכן העדות פי׳ פקודי המשכן הוא בחי׳ יחוד זו״נ שנמשך ע״י תומ״צ והיינו אלה פקודי פי׳ אלה הוא בגימטרי׳ ל״ו שהוא לפי שהמדות דז״א ששה שז״א נאצל בסוד שרש בבחי׳ ו״ק והנה כ״א כלול מששה הרי ל״ו וגם אלה אותיות לאה כי לאה ילדה ששה בנים ו״ק הנ״ל.
Et c'est : "Voici les comptes du Michkan, le Michkan du témoignage" (Exode 38, 21). Explication : les comptes du Michkan sont l'aspect de l'union de Zeir Anpin et Noukva qui est attirée par la Torah et les mitsvot, et c'est "Voici les comptes", explication : eleh a pour guématria 36, parce que les middot de Zeir Anpin sont six, car Zeir Anpin est émané dans le secret de la racine dans l'aspect des six extrémités, et voici que chacun est inclus de six, ce qui fait 36, et aussi eleh sont les lettres de Léa, car Léa enfanta six fils, les six extrémités susdites.
וזהו מי ברא אלה מי היינו בחי׳ בינה שיש בה נו״ן שערים כמנין מי ומבחי׳ בינה נמשך לידת המדות שהן בחי׳ אלה ומזה נמשך פקודי המשכן שז״א ממשיך למל׳ דאצילות להיות המשכה בבי״ע כו׳, וזה נמשך ע״י עסק התורה שהוא ג״כ שיתא סדרי משנה אשר ג״כ כ״א כלול מששה כמספר אלה וכן ע״י קיום מ״ע שהוא ג״כ ברמ״ח אברים דז״א כנודע. וענין משכן העדות הוא יחוד דאו״א (כי בינה נק׳ שכינתא עילאה כמ״ש במ״א ע״פ שה״ש) שנמשך ע״י ל״ת והטעם שנק׳ משכן העדות היינו כי עדות שייך על דבר הנסתר שאין זה העדות גילוי מהות הדבר ממש כך הוא ענין ידיעת השלילה עם היותו גילוי מ״מ אינו השגת המהות רק הוא עדות על בחי׳ סתימא דכל סתימין עדות ולא גילוי המהות ממש ע״ד שהוא ברמ״ח מ״ע שנמשך האור בכלים ממש אבל ע״י קיום מל״ת לפי שעי״ז נמשך הגילוי ממהו״ע שלמעלה מעלה מבחי׳ אור הנמשך ממנו ית׳ ע״י מ״ע לכך א״א להיות הגילוי ע״ד השגת המהות כ״א ע״ד בחי׳ עדות שאינו ממשות הדבר ממש כדפי׳ בלק״ת בתהלים סי׳ ע״ח והוא עד״מ למטה בענין ידיעת השלילות כנ״ל.
אך עוד יובן פי׳ וענין עדות והוא עפמ״ש ששם עלו שבטים שבטי יה עדות לישראל להודות לשם ה׳:
Et c'est : "Qui a créé ceux-ci" (Isaïe 40, 26), mi, c'est-à-dire l'aspect de bina, en laquelle il y a cinquante portes, selon la guématria de mi, et de l'aspect de bina est attirée la naissance des middot, qui sont l'aspect d'eleh, et de cela sont attirés les comptes du Michkan, en ce que Zeir Anpin attire vers malkhout d'Atsilout pour qu'il y ait une attraction dans Beria, Yetsira et Assiya, etc., et cela est attiré par l'étude de la Torah, qui est également les six ordres de la Michna, dont également chacun est inclus de six, selon le nombre d'eleh, et de même par l'accomplissement des mitsvot positives, qui est également dans les 248 organes de Zeir Anpin, comme on le sait. Et le sujet de michkan haédout est l'union d'Abba et Imma (car bina est appelée la Chekhina supérieure, comme il est écrit ailleurs sur le verset du Cantique des Cantiques), qui est attirée par les mitsvot négatives ; et la raison pour laquelle il est appelé michkan haédout, c'est que le témoignage s'applique à une chose cachée, que ce témoignage n'est pas la révélation de l'essence de la chose véritablement ; ainsi en est-il du sujet de la connaissance de la négation : bien qu'elle soit une révélation, néanmoins ce n'est pas la saisie de l'essence, seulement c'est un témoignage sur l'aspect du secret de tous les secrets, un témoignage et non la révélation de l'essence véritablement, à la manière de ce qui est dans les 248 mitsvot positives, où la lumière est attirée dans les kelim véritablement ; mais par l'accomplissement des mitsvot négatives, parce que par cela est attirée la révélation de Son essence, béni soit-Il, qui est bien au-dessus de l'aspect de la lumière qui est attirée de Lui, béni soit-Il, par les mitsvot positives, c'est pourquoi la révélation ne peut être à la manière de la saisie de l'essence, seulement à la manière de l'aspect du témoignage, qui n'est pas la substantialité de la chose véritablement, comme il est expliqué dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l sur les Psaumes, psaume 78, et c'est à titre de comparaison en bas dans le sujet de la connaissance des négations, comme ci-dessus.
Mais on comprendra encore l'explication et le sujet du témoignage, et c'est d'après ce qui est écrit : "Là sont montées les tribus, les tribus de Yah, témoignage pour Israël, pour rendre grâce au nom de ה'" (Psaumes 122, 4).
ד והנה תחלה יש להבין פי׳ הפסוק (ביחזקאל סי׳ י״ו) רבבה כצמח השדה נתתיך ותרבי ותגדלי ותבואי בעדי עדיים. דהנה בעדי עדיים הוא לשון קישוט והוא תרין עטרין דירית ז״א כנזכר באד״ר שהן בחי׳ ב׳ פ״ת דנו״ה דא״א.
והענין כי צמח השדה עד״מ התבואה לא תצמח אלא ע״י רקבון הזרע בתחלה שנעשה בחי׳ אין ועי״ז צומח אח״כ ונעשה יש ודבר משא״כ כמו שהיה בתחלה הזרע יש לא אפשר שיהיה ממנו צמיחה והתהוות יש אחר וגם באופן משובח ונעלה יותר מהיש הראשון.
4. Et voici que d'abord il faut comprendre l'explication du verset (dans Ézéchiel chapitre 16) : "Je t'ai rendue par myriades comme la végétation des champs, tu as grandi et tu t'es élevée, et tu es venue avec des parures de parures" (Ézéchiel 16, 7).
Voici que "dans la parure des parures" a le sens d'ornement, et ce sont les deux couronnes dont hérite Zeir Anpin, comme mentionné dans l'Idra Rabba, qui sont l'aspect des deux pirkin tataïn (articulations inférieures) de netsa'h et hod d'Arikh Anpin. Et le sujet : car la végétation des champs, à titre de comparaison, la céréale ne pousse que par la putréfaction de la semence d'abord, qui devient un aspect d'ayin, et par cela elle pousse ensuite et devient yech et une chose ; tandis que comme elle était d'abord, la semence étant yech, il n'est pas possible qu'il y ait d'elle une pousse et la venue à l'existence d'un autre yech, et aussi d'une manière plus louable et plus élevée que le premier yech.
וכך הנמשל למעלה כמ״ש בע״ח בענין יחוד זו״נ שא״א להיות החזרת פב״פ אם לא שנסתר פרצוף הראשון דמל׳ בתחלה להיות בתחלה רק נקודה א׳ תחת היסוד כי מתחלה הם אב״א וכדי שיוחזרו מבחי׳ אב״א להיות בבחי׳ פב״פ צ״ל בה באמצע בחי׳ ביטול מציאות הראשון ולהעשות רק נקודה א׳ תחת היסוד כו׳. (ובמ״א ע״פ אז תשמח בתולה במחול נתבאר שכדי שיהיה עלייה מבחי׳ פב״פ לבחינת פב״פ במדרגה יותר גבוה כי יש כמה מדרגות בבחי׳ פב״פ כו׳ הנה צ״ל בתחלה אב״א ואח״כ נעשים נקודה תחת היסוד ואח״כ נגדלת בבחי׳ פב״פ במדרגה יותר גבוהה כו׳ ושם נתבאר הענין ג״כ בעבודת ה׳).
וזהו רבבה כצמח השדה נתתיך שכמו שגידול התבואה א״א שיהי׳ יש מיש כ״א ע״י שנעשה בינתיים בחי׳ אין כך להיות עליית כנס״י במדרגה היותר נעלה צ״ל תחלה בבחי׳ ביטול ואין ונק׳ נקודה תחת היסוד כו׳ ועי״ז אח״כ ותרבי ותגדלי ותבואי בעדי עדיים שהן בחי׳ תרין עטרין הנ״ל שנמשכים לז״א ומז״א לנוק׳ והן מבחי׳ א״א ממש (שהן עצמותו ומהותו ולא הארה לבד וגם אחסנתוי דאו״א שהם הארה אך שההארה הוא מבחי׳ עליונה יותר כו׳ כמבואר בע״ח שער הנסירה פ״ו. ועיין בלק״ת פ׳ וירא אותן ב׳ עטרין שהם תכלית ועיקר כו׳).
והנה בפי׳ עדי יש ג׳ ענינים. הא׳ כפשוטו לשון קישוט כמו את עדים מהר חורב.
הב׳ לשון נצחית כמו משובח ומפואר עדי עד שמו הגדול. הג׳ לשון עד פה תבא היינו עד כאן ולא יותר.
Et ainsi le nimchal en haut, comme il est écrit dans Ets 'Haïm au sujet de l'union de Zeir Anpin et Noukva, qu'il est impossible qu'il y ait le retour face à face si le premier partsouf de malkhout ne s'est pas d'abord caché, pour être d'abord seulement un seul point sous le yessod, car d'abord ils sont dos à dos, et afin qu'ils reviennent de l'aspect dos à dos pour être dans l'aspect face à face, il faut qu'il y ait en elle au milieu un aspect de bitoul de la première existence et qu'elle ne devienne qu'un seul point sous le yessod, etc. (Et ailleurs, sur le verset "Alors la vierge se réjouira dans la danse" (Jérémie 31, 13), il est expliqué que pour qu'il y ait une élévation de l'aspect face à face vers un aspect face à face dans un degré plus élevé, car il y a plusieurs degrés dans l'aspect face à face, etc., voici qu'il faut d'abord dos à dos, et ensuite ils deviennent un point sous le yessod, et ensuite elle grandit dans l'aspect face à face dans un degré plus élevé, etc., et là est expliqué le sujet également dans le service de ה'.) Et c'est : "Je t'ai rendue par myriades comme la végétation des champs", que de même que la croissance de la céréale ne peut être yech à partir de yech, seulement par le fait qu'elle devient entre-temps un aspect d'ayin, ainsi, pour qu'il y ait l'élévation de Knesset Israël dans le degré le plus élevé, il faut d'abord qu'elle soit dans l'aspect de bitoul et d'ayin, et elle est appelée point sous le yessod, etc., et par cela ensuite "tu as grandi et tu t'es élevée et tu es venue avec des parures de parures", qui sont l'aspect des deux couronnes susdites qui sont attirées vers Zeir Anpin et de Zeir Anpin vers la noukva, et elles sont de l'aspect d'Arikh Anpin véritablement (qui sont Son essence et Son être, et non une illumination seulement, et aussi l'héritage d'Abba et Imma, qui sont une illumination, mais que l'illumination est d'un aspect supérieur davantage, etc., comme il est expliqué dans Ets 'Haïm, chaar haNessira, chapitre 6.
Et vois dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, paracha Vayéra, ces deux couronnes qui sont le but et l'essentiel, etc.). Et voici que dans l'explication de édi il y a trois sujets.
Le premier, selon son sens simple, au sens d'ornement, comme "les ornements du mont Horev". Le deuxième, au sens d'éternité, comme "loué et glorieux à jamais est Son grand Nom".
Le troisième, au sens de "jusqu'ici tu viendras" (Job 38, 11), c'est-à-dire jusqu'ici et pas davantage.
והנה כל הג׳ פירושים ענין א׳ הם שכולם שייכים בבחי׳ כתר דהפי׳ הא׳ לשון קישוט פשוט שזהו בחי׳ הכתר שהוא בחי׳ עטרה שעל הראש וכמו צדיקים יושבים ועטרותיהם בראשיהם. והנה כמו שהעטרה והכתר נעשה מאבנים טובות שהם בעצם בחי׳ דומם רק שנזדככו להיות מאירים ובהירים ועי״ז עושים מהם עטרה וכתר למלך.
כמ״כ ארז״ל סנד״ל קושר כתרים לקונו מתפלותיהן של ישראל שאותיות התפלה נק׳ ג״כ אבנים וכשנזדככו ע״י מס״נ באחד נעשים בחי׳ עטרה וכתר וכן מקיום המצות שהן ג״כ תרי״ג מצות דאורייתא וז׳ דרבנן תר״ך עמודי אור דבחי׳ כתר לפי שנשפלו בעשיי׳ גשמיות בקלף דתפילין וצמר דציצית שהיא כמו בחי׳ דומם עד״מ ונעוץ תחלתן בסופן לכן עי״ז נמשך האור שלמעלה מהשתלשלות שהוא בחי׳ כתר.
Et voici que les trois explications sont un seul sujet, car tous se rapportent à l'aspect du keter. La première explication, au sens d'ornement simple, que c'est l'aspect du keter, qui est l'aspect de la couronne qui est sur la tête, et comme "les justes sont assis et leurs couronnes sur leurs têtes".
Et voici que de même que la couronne et le keter sont faits de pierres précieuses, qui sont en essence l'aspect du minéral, seulement qu'elles ont été épurées pour être lumineuses et brillantes, et par cela on en fait une couronne et un keter pour le roi. De même nos Sages ont dit que Sandalfon attache des couronnes à son Créateur à partir des prières d'Israël ('Haguiga 13b), car les lettres de la prière sont également appelées pierres, et lorsqu'elles ont été épurées par la messirout nefech dans le Un, elles deviennent un aspect de couronne et de keter, et de même par l'accomplissement des mitsvot, qui sont également les 613 mitsvot de la Torah et les 7 rabbiniques, 620 colonnes de lumière de l'aspect du keter, parce qu'elles sont tombées dans un faire matériel, dans le parchemin des téfilines et la laine du tsitsit, qui est comme l'aspect du minéral à titre de comparaison, et leur commencement est fiché dans leur fin, c'est pourquoi par cela est attirée la lumière qui est au-dessus de l'enchaînement, qui est l'aspect du keter.
וזהו שארז״ל דלעתיד צדיקים יושבים ועטרותיהם בראשיהם כי בג״ע אין הגילוי רק מבחי׳ נהר היוצא מעדן שהוא בחי׳ חו״ב ולכן הגילוי רק לנשמה אך לעתיד בתחה״מ שיהיה הגילוי גם לגוף כמ״ש ועצמותיך יחליץ היינו ע״י גילוי אור שלמעלה מהשתלשלות יוכל לימשך גם למטה יותר.
Et c'est ce que nos Sages ont dit, que dans l'avenir "les justes sont assis et leurs couronnes sur leurs têtes" (Berakhot 17a), car dans le Gan Eden la révélation n'est que de l'aspect du fleuve qui sort d'Éden, qui est l'aspect de 'hokhma et bina, et c'est pourquoi la révélation n'est que pour l'âme ; mais dans l'avenir, lors de la résurrection des morts, où il y aura la révélation aussi pour le corps, comme il est dit : "et Il fortifiera tes os" (Isaïe 58, 11), c'est-à-dire que par la révélation de la lumière qui est au-dessus de l'enchaînement, elle pourra être attirée aussi plus bas.
וכנודע בענין ועברתי בארץ מצרים אני ולא מלאך כו׳ וגילוי זה היינו מבחי׳ כתר וזהו ועטרותיהם בראשיהם לעתיד דוקא וזהו ענין בעדי עדיים שנק׳ ג״כ תרין עטרין וכנ״ל. הב׳ ענין נצחיות גם זה הוא בענין הכתר דהנה הכתר הוא בחי׳ ממוצע בין עצמות אא״ס לנאצלים ויש בו מבחי׳ תחתונה שבא״ס כמ״ש בע״ח שמ״א פ״ג.
וכיון שיש בו בחי׳ א״ס לכן הוא לשון נצחיות דהיינו פי׳ א״ס (ויובן זה יותר עפמ״ש הרמ״ע בהקדמה בס׳ יונת אלם ובספר פלח הרמון שער ד׳ הקושי׳ למה נק׳ אור אין סוף שלכאורה היה ראוי לקרותו אין לו תחלה דהיינו שהוא קדמון כי בכלל קדמון הוא בוודאי נצחי אבל בכלל נצחי אין קדמון לפי שהשכלים הנבדלים הם נצחים ברצון הבורא ית׳ אע״פ שהם מחודשים מאין ליש. ותירץ דמה שאנו קורין אין סוף אין ר״ל לתאר מהותו ועצמותו יתעלה ח״ו כי לו דומיה תהלה רק שהוא לבחי׳ שמו ית׳ שאין לו סוף כו׳.
וביאור הענין כי שמו הוא בחי׳ אור וזיו עד״מ הנמשך מן המאור ברצונו הטוב וקודם שנברא העולם היה הוא ושמו בלבד שהיה האור כלול במאור והיה בחי׳ אין לגמרי כמו במאור השמש הזיו כלול בבחי׳ אין לגמרי ואח״כ נמשך להיות בחי׳ זיו ובו היה הצמצום ונמשך בחי׳ קו כו׳ ולכן על בחינה זו שייך לקרותו אין סוף דוקא כי האור הוא זיו והמשכה וגילוי שנמשך ממהותו ועצמותו ועל המשכה זו שייך לומר שנמשך ומתפשט בבחי׳ א״ס כו׳ ולכן בבחי׳ הכתר שיש בו בחינה תחתונה שבא״ס שייך בו לשון עדי עד שהוא פי׳ נצחיות דהיינו ממש בחי׳ א״ס. וזהו משובח ומפואר עדי עד שמו הגדול.
שמו הגדול היינו בחי׳ כתר. כי מל׳ נק׳ שם סתם והכתר שנמשך ממל׳ דא״ס נק׳ שמו הגדול ולכן הוא עדי עד בבחי׳ א״ס ועמ״ש במ״א בפי׳ שובה ישראל עד כו׳).
והפי׳ הג׳ בענין עד שהוא לשון הפסק כמו עד פה יצדק ג״כ בבחי׳ הכתר דייקא לפי שלעולם אין תפיסא והשגה באור הכתר שלכך נק׳ החכמה ראשית לפי שהיא ראשית הגילוי ונק׳ יהי אור אבל הכתר הוא בחי׳ ישת חשך סתרו שאין בו השגה ולכן נקרא עד (היינו עד ולא עד בכלל כי מצד היות בו בחי׳ תחתונה שבמאציל הוא ודאי עד ולא עד בכלל שאין בבחי׳ זו שום השגה דלכך בחי׳ תחתונה שבמאציל הוא נק׳ עתיק שנעתק ונבדל מהנאצלים. ונק׳ ג״כ רישא דלא אתיידע כו׳ כנודע.
אמנם מצד הבחי׳ שבכתר שהיא שרש הנאצלים מצד זה י״ל עד ועד בכלל שהרי על כל פנים בחי׳ זו במנין העשר ספי׳ וא״כ הוא מכלל הע״ס וזהו עד ועד בכלל. וי״ל דלכך נאמר ותבואי בעדי עדיים שנמשך בהם מכל בחי׳ עד הנ״ל.
וזהו בחי׳ ישתבח שמך לעד מלכנו פי׳ שמך הוא מל׳ דאצילות וישתבח שמך לעד שתתעלה להיות בבחי׳ מל׳ דא״ס שנק׳ עד ככל הג׳ פירושים דלעיל בפי׳ עד וכמ״ש והיה אור הלבנה כו׳ וכמ״ש פ׳ מקץ ע״פ רני ושמחי בת כו׳ שבחי׳ בת תתעלה לע״ל ביתר שאת כו׳ ע״ש). וזהו שנק׳ ג״כ משכן העדות כי הנה משכן זה שהוא יחוד דאו״א נמשך בו מבחי׳ הכתר שהוא בחי׳ עדי עדיים ככל הג׳ פירושים הנ״ל שבפי׳ עד.
(ועיין בלק״ת פ׳ וירא הובא לקמן וכנודע שבחי׳ אחסנתוי דאו״א ותרין עטרין הנ״ל מתלבשים ביסודות דאו״א כמ״ש הרמ״ז פ׳ אמור דצ״ט). וזהו ג״כ פי׳ ששם עלו שבטים שבטי יה עדות לישראל כי הנה הי״ב שבטים הם שרשם במדות דאצילות והם י״ב גבולי אלכסון דז״א ושרשם הוא בא״א היינו דשרש המדות דאצילות הוא מבחי׳ המדות שבכתר שנק׳ טורי חשוכא.
Et comme on le sait au sujet de : "et Je passerai dans le pays d'Égypte, Moi et non un ange" etc. (Exode 12, 12), et cette révélation est de l'aspect du keter, et c'est "et leurs couronnes sur leurs têtes" dans l'avenir précisément, et c'est le sujet de "dans la parure des parures", qui sont également appelées les deux couronnes, comme ci-dessus.
Le deuxième, le sujet de l'éternité, cela aussi est dans le sujet du keter, car voici que le keter est l'aspect d'intermédiaire entre l'essence de l'Or Ein Sof et les émanés, et il y a en lui de l'aspect inférieur qui est dans l'Ein Sof, comme il est écrit dans Ets 'Haïm, chaar 41, chapitre 3. Et puisqu'il y a en lui un aspect d'Ein Sof, c'est pourquoi c'est au sens d'éternité, c'est-à-dire l'explication d'Ein Sof (et on comprendra cela davantage d'après ce qu'a écrit le Rama miPano (Rabbi Mena'hem Azaria de Fano) dans l'introduction du livre Yonat Elem et dans le livre Péla'h haRimon, chaar 4, la difficulté : pourquoi est-elle appelée lumière sans fin, car apparemment il aurait été convenable de l'appeler "elle n'a pas de commencement", c'est-à-dire qu'elle est primordiale, car en général le primordial est certainement éternel, mais en général l'éternel n'est pas primordial, parce que les intellects séparés sont éternels par la volonté du Créateur, béni soit-Il, bien qu'ils soient nouveaux, de l'ayin au yech.
Et il a répondu que ce que nous appelons sans fin ne veut pas dire qualifier Son essence et Son être, qu'Il soit exalté, à D.ieu ne plaise, car "à Toi le silence est louange" (Psaumes 65, 2), seulement que c'est pour l'aspect de Son Nom, béni soit-Il, qui n'a pas de fin, etc. Et l'explication du sujet : car Son Nom est l'aspect de lumière et de rayonnement, à titre de comparaison, qui est attiré du luminaire par Sa bonne volonté, et avant que le monde fût créé, Il était Lui et Son Nom seulement, que la lumière était incluse dans le luminaire et était un aspect d'ayin totalement, comme dans le luminaire du soleil le rayonnement est inclus dans un aspect d'ayin totalement, et ensuite elle a été attirée pour être un aspect de rayonnement, et en elle fut le tsimtsoum (retrait), et fut attiré l'aspect du kav (rayon), etc.
Et c'est pourquoi sur cet aspect il convient de l'appeler sans fin précisément, car la lumière est un rayonnement et une attraction et une révélation qui est attirée de Son essence et de Son être, et sur cette attraction il convient de dire qu'elle est attirée et se répand dans un aspect d'Ein Sof, etc. Et c'est pourquoi dans l'aspect du keter, en lequel il y a un aspect inférieur qui est dans l'Ein Sof, convient en lui l'expression "à jamais", qui est l'explication d'éternité, c'est-à-dire véritablement l'aspect d'Ein Sof.
Et c'est : "loué et glorieux à jamais est Son grand Nom". Son grand Nom, c'est-à-dire l'aspect du keter.
Car malkhout est appelée nom simplement, et le keter qui est attiré de malkhout de l'Ein Sof est appelé Son grand Nom, et c'est pourquoi il est "à jamais" dans l'aspect d'Ein Sof, et vois ce qui est écrit ailleurs dans l'explication de "Reviens, Israël, jusqu'à" (Osée 14, 2)). Et la troisième explication dans le sujet de ad, qui a le sens d'interruption, comme "jusqu'ici", convient également dans l'aspect du keter précisément, parce que jamais il n'y a de saisie ni d'appréhension dans la lumière du keter, c'est pourquoi la 'hokhma est appelée commencement, parce qu'elle est le commencement de la révélation, et elle est appelée "que la lumière soit", mais le keter est l'aspect de "Il a fait des ténèbres Sa cachette", en lequel il n'y a pas de saisie, et c'est pourquoi il est appelé ad (c'est-à-dire jusqu'à et non jusqu'à inclus, car du côté qu'il y a en lui l'aspect inférieur qui est dans l'Émanateur, il est certainement jusqu'à et non jusqu'à inclus, qu'il n'y a dans cet aspect aucune saisie, c'est pourquoi l'aspect inférieur qui est dans l'Émanateur est appelé Atik, qui est déplacé et séparé des émanés.
Et il est également appelé la tête qui n'est pas connue, etc., comme on le sait. Cependant, du côté de l'aspect qui est dans le keter, qui est la racine des émanés, de ce côté on peut dire jusqu'à et jusqu'à inclus, car de toute façon cet aspect est dans le compte des dix sefirot, et alors il est de l'ensemble des dix sefirot, et c'est jusqu'à et jusqu'à inclus.
Et on peut dire que c'est pourquoi il est dit "et tu es venue dans la parure des parures", qu'est attiré en elles de tout l'aspect de ad susdit. Et c'est l'aspect de "que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi", explication : Ton Nom est malkhout d'Atsilout, et "que Ton Nom soit loué à jamais", qu'elle s'élève pour être dans l'aspect de malkhout de l'Ein Sof, qui est appelée ad, selon les trois explications ci-dessus dans l'explication de ad, et comme il est écrit : "et la lumière de la lune sera" (Isaïe 30, 26), et comme il est écrit dans la paracha Mikets sur le verset "Exulte et réjouis-toi, fille" (Zacharie 2, 14), que l'aspect de fille s'élèvera dans l'avenir avec un surcroît de force, etc., vois là).
Et c'est qu'il est également appelé michkan haédout, car voici que ce Michkan, qui est l'union d'Abba et Imma, est attiré en lui de l'aspect du keter, qui est l'aspect de la parure des parures, selon les trois explications susdites dans l'explication de ad. (Et vois dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, paracha Vayéra, cité plus bas, et comme on le sait que l'aspect de l'héritage d'Abba et Imma et les deux couronnes susdites se revêtent dans les yessod d'Abba et Imma, comme l'a écrit le Ramaz, paracha Emor, folio 99.) Et c'est également l'explication de : "Là sont montées les tribus, les tribus de Yah, témoignage pour Israël", car voici que les douze tribus, leur racine est dans les middot d'Atsilout, et elles sont les douze limites diagonales de Zeir Anpin, et leur racine est dans Arikh Anpin, c'est-à-dire que la racine des middot d'Atsilout est de l'aspect des middot qui sont dans le keter, qui sont appelées les montagnes de l'obscurité.
ולכן נאמר ששם עלו שבטים שמגיעים בהעלאת מ״ן לשרשם בבחי׳ הכתר ועי״ז נמשך בחי׳ עדות לישראל היינו בחי׳ המשכת התרין עטרין הנ״ל לז״א. וזהו להודות לשם הוי׳ כי להיות בבחי׳ הכתר אין שייך השגה ותפיסא ממש ע״כ אמר להודות שאין שייך ע״ז רק בחי׳ הודאה כי ההודאה היא בחי׳ ביטול והיינו לגבי בחינה שלמעלה מהשגה וכמ״ש במ״א ע״פ יהודה אתה ובענין הלל ברכה והודאה ולכן אמרו מאן דלא כרע במודים לא יקום בתחה״מ כי תחה״מ הוא ע״י התגלות אור הכתר כנ״ל בענין ועטרותיהם בראשיהם.
והעלאת מ״ן לבחי׳ זו הודאה וביטול כו׳:
C'est pourquoi il est dit : "C'est là que sont montées les tribus" (Psaumes 122, 4), qu'elles parviennent par l'élévation des mayin noukvin à leur racine dans l'aspect du keter, et par cela est attiré l'aspect de "témoignage pour Israël", c'est-à-dire l'aspect de l'attraction des deux couronnes susdites vers Zeir Anpin. Et c'est "pour rendre grâce au nom de ה'", car pour être dans l'aspect du keter il n'y a pas de compréhension ni de saisie véritable ; c'est pourquoi il est dit "pour rendre grâce", qu'il n'appartient à cela que l'aspect de la reconnaissance, car la reconnaissance est un aspect de bitoul, et cela à l'égard d'un aspect qui est au-dessus de la compréhension, et comme il est expliqué ailleurs sur le verset "Yehouda, c'est toi" (Genèse 49, 8) et au sujet du Hallel, de la bénédiction et de la reconnaissance.
Et c'est pourquoi ils ont dit : "Qui ne s'incline pas à Modim ne se relèvera pas à la résurrection des morts" (Bava Kama 16a), car la résurrection des morts se fait par la révélation de la lumière du keter, comme ci-dessus au sujet de "et leurs couronnes sur leurs têtes". Et l'élévation des mayin noukvin vers cet aspect : reconnaissance et bitoul, etc.
ה אשר פקד ע״פ משה. היינו כמ״ש בפע״ח דבחי׳ יחוד או״א הוא בפ׳ ראשון דק״ש בתיבת ה׳ אלקינו ובפסוק ואהבת ואילך הוא תיקון גלגלתא דז״א ומתפשט עטרא דחסדים עד חסד דז״א וכל הפרקים דז״א מתייחדים בו אבל בפסוק ראשון שהיחוד הוא באו״א אין אור האהבה מורגשת שם עדיין מאחר שהיחוד שם בבחי׳ הביטול דחכמה ואין עוד מלבדו ממש ולא יש מי שאוהב כו׳ אלא אח״כ כשנמשך האור בז״א שייך בו בחי׳ אהבה וזהו פסוק ואהבת כו׳ ונמצא היחוד דאו״א שבפסוק ראשון שהוא כמו בחי׳ משכן העדות הוא פקד ומתייחד ע״י משה דוקא שהוא בחי׳ מה וביטול כו׳ ובפסוק ואהבת הוא כדוגמת אלה פקודי המשכן אלה ו׳ מדות דז״א וראשיתם האהבה כו׳ והוא יחוד זו״נ.
(ועפ״ז יובן שבפסוק ראשון ע׳ ד׳ רבתי הוא בחי׳ עד הוי׳ בכם כמש״ל היינו ממש בחי׳ משכן העדות שבפסוק זה שהוא יחוד או״א נמשך ומתגלה מאור הכתר שזהו פי׳ עד לשון קישוט ולשון נצחיות ולשון עד פה תבא כו׳ כנ״ל וגם לשון עדות על דבר הנסתר. והענין כי בבחי׳ ממכ״ע כתיב ומבשרי אחזה אלוה.
אבל בבחי׳ סובב כתיב ויאמינו למעלה מהשגה וזהו בחי׳ נסתרות. אבל ממכ״ע נק׳ עלמא דאתגלייא ולכן על בחי׳ סוכ״ע שייך ל׳ עדות.
ועדות הוא בחי׳ דעת שמ״מ נמשך בבחי׳ דעת וכמ״ש במ״א ע״פ וידעת היום כו׳. וזהו אתם עדי וכתיב ויקם עדות ביעקב כו׳ כי המשכת סוכ״ע בבחי׳ דעת הוא ע״י נש״י בעסק התומ״צ כו׳.
והנה במ״א נתבאר דענין יחוד קוב״ה ושכינתיה ימצא עד רום המעלות דהיינו באצילות הם יחוד זו״נ ולמעלה מעלה נק׳ הקו הנמשך מאא״ס ב״ה שכינה שהוא נמשך ממל׳ דא״ס ועצמות המאציל ית׳ נק׳ קוב״ה. ולכן בכהאריז״ל כ׳ דשמו הוא בחי׳ מל׳ ובס׳ הקבלה הראשונים כ׳ שמו גימטריא רצון ואלו ואלו דא״ח שבחי׳ מל׳ דא״ס נק׳ ג״כ שמו והוא בחי׳ שמו הגדול ומשם נמשך הרצון הוא הכתר דאצילות.
וזהו וישמחו בך ישראל מקדשי שמך. שנשמות ישראל ממשיכים יחוד קוב״ה וזהו מקדשי שמך שממשיכים מקדושת מהו״ע ית׳ לבחי׳ שמך.
וזה יצדק בין ביחוד זו״נ דאצילות בין אפי׳ למעלה מעלה שנמשך האור מעצמותו ית׳ בבחי׳ הקו כו׳. וכיון שכן א״ש בטוב יותר ענין משכן העדות דלפי מש״ל הוא יחוד או״א אלא יש בו הארת הכתר כו׳.
ולפמ״ש במ״א הרי יחוד הוא בבחי׳ הכתר ממש שנמשך ממל׳ דא״ס שהוא בחי׳ שמו והיחוד להיות נמשך תוספת אור מא״ס ב״ה וכן מבואר בפע״ח בכוונת ק״ש ובלק״ת פ׳ וירא ביחוד דק״ש שהוא יחוד או״א ואו״א מכתר וכתר מעתיק עד א״ס כו׳ להתחדש וליקח אותן הב׳ עטרין משרשן העליון. וזהוענין ע׳ ד׳ רבתי שבפסוק ראשון דק״ש וכמש״ל בפי׳ עד באריכות.
והנה לכאורה יש חילוק גדול בין פי׳ עד לשון עדות ובין פי׳ עד לשון עטרה וקישוט. כי לשון עדות היינו כשאינו מאיר רק הארה ולא העצמית וכמ״ש בלק״ת בתהלים סי׳ ע״ח על פסוק ויקם עדות ביעקב וז״ל אינו ממשות היסוד אלא עדות לבד עכ״ל.
ואילו ל׳ עטרה וכתר היינו עצמיות ממש. וי״ל דבכאן שני הענינים אמת.
כי הנה למעלה ממשיכים בחינת הכתר ממש כנ״ל שנמשך מא״ס לעתיק ומעתיק לאריך כו׳ אך מה שנמשך בזו״נ יש שהוא רק בחי׳ הארה לבד וכמו בחי׳ אחסנתוי דאו״א שמבואר בפע״ח שער הנסירה פ״ו כי חו״ב שבו כו׳ אינו רק הארה אחת כו׳. או כמש״ל באריכות בענין יחוד חו״ב שהוא עד״מ ידיעת השלילות כו׳ ואין זה רק הארה כי העצמיות ממש א״א להיות מתגלה עתה בהשגה אפי׳ באצילות כו׳ וכמ״ש ג״כ במ״א בפי׳ צאינה וראינה בעטרה כו׳ עד לע״ל כשיקויים ואת רוח הטומאה אעביר מן הארץ אז כתיב השמים החדשים והארץ החדשה אשר אני עושה כו׳ וכמ״ש בפ׳ בראשית ע״פ זה ע״ש):
5. "Qui a été compté sur l'ordre de Moché".
C'est-à-dire, comme il est écrit dans le Pri Ets 'Haïm, que l'aspect de l'union d'Abba et Imma est dans le premier verset du Chema, dans le mot "ה' notre Elokim", et à partir du verset "Et tu aimeras" et au-delà, c'est le tikoun de la goulgalta de Zeir Anpin, et l'atara (couronne) des 'hassadim se répand jusqu'au 'hessed de Zeir Anpin, et toutes les articulations de Zeir Anpin s'unissent en lui. Mais dans le premier verset, où l'union est en Abba et Imma, la lumière de l'amour n'y est pas encore ressentie, puisque l'union y est dans l'aspect du bitoul de la 'hokhma, et "il n'y a rien d'autre que Lui" (Deutéronome 4, 35) véritablement, et il n'y a pas de "qui aime", etc.
Mais ensuite, lorsque la lumière est attirée dans Zeir Anpin, l'aspect de l'amour lui appartient, et c'est le verset "Et tu aimeras", etc. Il en résulte que l'union d'Abba et Imma dans le premier verset, qui est comme l'aspect de michkan haédout, est compté et s'unit par Moché précisément, qui est l'aspect de mah et de bitoul, etc.
Et dans le verset "Et tu aimeras", c'est à la manière de "Voici les comptes du Michkan", eleh : les six middot de Zeir Anpin, et leur commencement est l'amour, etc., et c'est l'union de Zeir Anpin et Noukva. (Et d'après cela on comprendra que dans le premier verset, le ayin et le dalet agrandis sont l'aspect de "ה' est témoin contre vous", comme expliqué plus haut, c'est-à-dire véritablement l'aspect de michkan haédout dans ce verset, qui est l'union d'Abba et Imma, est attiré et se révèle depuis la lumière du keter, et c'est le sens de éd : au sens d'ornement, au sens d'éternité, et au sens de "jusqu'ici tu viendras", etc., comme ci-dessus, et aussi au sens de témoignage sur une chose cachée.
Et le sujet : dans l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes) il est écrit "et de ma chair je contemplerai Eloha" (Job 19, 26). Mais dans l'aspect de sovev il est écrit "et ils crurent", au-dessus de la compréhension, et c'est l'aspect des choses cachées.
Mais memalé kol almin est appelé le monde révélé, et c'est pourquoi à l'aspect de sovev kol almin (qui entoure tous les mondes) appartient le terme de témoignage. Et le témoignage est un aspect de daat, qui néanmoins est attiré dans l'aspect de daat, et comme il est expliqué ailleurs sur le verset "Et tu sauras aujourd'hui" (Deutéronome 4, 39).
Et c'est "vous êtes Mes témoins" (Isaïe 43, 10), et il est écrit "et Il a dressé un témoignage en Yaakov" (Psaumes 78, 5), car l'attraction de sovev kol almin dans l'aspect de daat se fait par les âmes d'Israël dans l'occupation de la Torah et des mitsvot, etc. Et voici, ailleurs il est expliqué que le sujet de l'union de Koudcha Berikh Hou et de Sa Chekhina se trouve jusqu'au sommet des degrés, c'est-à-dire que dans Atsilout ce sont l'union de Zeir Anpin et Noukva, et bien plus haut est appelé le kav attiré de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, Chekhina, qui est attiré de la malkhout de l'Ein Sof, et l'essence de l'Émanateur, béni soit-Il, est appelée Koudcha Berikh Hou.
Et c'est pourquoi dans les écrits de l'Ari z"l il est écrit que Son nom est l'aspect de malkhout, et dans les livres des premiers kabbalistes il est écrit que "Son nom" a la guématria de ratson, et les uns et les autres sont les paroles du D.ieu vivant, que l'aspect de la malkhout de l'Ein Sof est aussi appelée Son nom, et c'est l'aspect de "Son grand Nom", et de là est attiré le ratson, qui est le keter d'Atsilout. Et c'est "et ils se réjouiront en Toi, Israël, ceux qui sanctifient Ton nom".
Que les âmes d'Israël attirent l'union de Koudcha Berikh Hou, et c'est "ceux qui sanctifient Ton nom", qu'ils attirent de la sainteté de Son essence, béni soit-Il, vers l'aspect de "Ton nom". Et cela se justifie aussi bien dans l'union de Zeir Anpin et Noukva d'Atsilout que même bien plus haut, où la lumière est attirée de Son essence, béni soit-Il, dans l'aspect du kav, etc.
Et puisqu'il en est ainsi, cela s'accorde encore mieux avec le sujet de michkan haédout, que selon ce qui est expliqué plus haut c'est l'union d'Abba et Imma, mais il y a en lui l'illumination du keter, etc. Et selon ce qui est écrit ailleurs, l'union est dans l'aspect du keter véritablement, qui est attiré de la malkhout de l'Ein Sof, qui est l'aspect de Son nom, et l'union pour qu'un supplément de lumière soit attiré de l'Ein Sof, béni soit-Il, et ainsi il est expliqué dans le Pri Ets 'Haïm dans l'intention du Chema, et dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, paracha Vayéra, dans l'union du Chema, qui est l'union d'Abba et Imma, et Abba et Imma depuis le keter, et le keter depuis Atik jusqu'à l'Ein Sof, etc., pour se renouveler et prendre ces deux couronnes de leur racine supérieure.
Et c'est le sujet du ayin et du dalet agrandis dans le premier verset du Chema, et comme expliqué plus haut dans l'explication de éd longuement. Et voici, en apparence il y a une grande différence entre l'explication de éd au sens de témoignage et l'explication de éd au sens de couronne et d'ornement.
Car le terme de témoignage, c'est lorsqu'il n'éclaire qu'une illumination et non l'essentiel, et comme il est écrit dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l sur les Psaumes, psaume 78, sur le verset "et Il a dressé un témoignage en Yaakov", et voici ses mots : "ce n'est pas la substance même du yessod, mais un témoignage seulement", fin de citation. Tandis que le terme de couronne et de keter, c'est l'essentialité véritablement.
Et l'on peut dire qu'ici les deux sujets sont vrais. Car voici, en haut on attire l'aspect du keter véritablement, comme ci-dessus, qui est attiré de l'Ein Sof vers Atik, et d'Atik vers Arikh, etc.
Mais ce qui est attiré dans Zeir Anpin et Noukva, il y a ce qui n'est qu'un aspect d'illumination seulement, et comme l'aspect de l'héritage d'Abba et Imma, qui est expliqué dans le Pri Ets 'Haïm, chaar haNessira, chapitre 6, car la 'hokhma et la bina qui sont en lui, etc., ne sont qu'une seule illumination, etc. Ou comme expliqué plus haut longuement au sujet de l'union de 'hokhma et bina, qui est à la manière de la connaissance des négations, etc., et ce n'est qu'une illumination, car l'essentialité véritable ne peut pas se révéler maintenant dans la compréhension, même dans Atsilout, etc.
Et comme il est écrit aussi ailleurs dans l'explication de "Sortez et voyez... dans la couronne", etc., jusqu'à l'avenir, lorsque s'accomplira "et l'esprit d'impureté J'écarterai du pays" (Zacharie 13, 2), alors il est écrit "les cieux nouveaux et la terre nouvelle que Moi Je fais" (Isaïe 66, 22), et comme il est écrit dans la paracha Beréchit sur ce verset, voir là) :
ו והנה פי׳ אשר פקד הנה פקד אותיות דפ״ק שהוא אחוריים דשם הוי׳ שבמילוי יודין דהיינו אחוריים דשם ע״ב שבחכמה שהוא העולה קפ״ד וכמ״ש בטעמי מצות פ׳ וירא שבדפק מאיר מבחי׳ אבא ובתוכו הארת אור א״ס ולכן דופק תמיד כי בחכמה שורה אא״ס ולכן בדפק יש נקודות שדופק כמו קמץ או פתח או צירי או סגול כי הנקודות הם בחכמה אך הדפק שביד הוא מבחי׳ אחוריים דאבא.
6. Et voici l'explication de "qui a été compté" : voici, pakad a les lettres de dafek, qui sont les a'horayim (l'arrière) du nom Havaya dans le remplissage des youdin, c'est-à-dire les a'horayim du nom Ab (72) qui est dans la 'hokhma, qui monte à 184, et comme il est écrit dans les Taamei Hamitsvot, paracha Vayéra, que dans le pouls éclaire depuis l'aspect d'Abba, et en son intérieur l'illumination de la lumière de l'Ein Sof, et c'est pourquoi il bat toujours, car dans la 'hokhma réside l'Or Ein Sof, et c'est pourquoi dans le pouls il y a des points qui battent comme un kamats ou un pata'h ou un tséré ou un ségol, car les points de vocalisation sont dans la 'hokhma, mais le pouls qui est dans la main est de l'aspect des a'horayim d'Abba.
והנה קפ״ד קס״א גימטריא משה ופי׳ קס״א הוא שם אהי׳ במילוי יודי״ן שהוא פנימית בינה. והענין כי הנה הדם הוא הנפש והוא המחיה לכל האברים והוא מבחי׳ בינה.
גם שם אהי׳ בריבוע גימטריא דם כמ״ש בע״ח. אך בחי׳ אחוריים דאבא מתלבשים בפנימיות בינה.
Et voici, 184 et 161 ont la guématria de Moché, et l'explication de 161 est le nom Ehyé dans le remplissage des youdin, qui est l'intériorité de la bina. Et le sujet : voici, le sang est l'âme, et c'est lui qui vivifie tous les membres, et il est de l'aspect de la bina.
Aussi le nom Ehyé au carré a la guématria de dam, comme il est écrit dans l'Ets 'Haïm. Mais l'aspect des a'horayim d'Abba se revêt dans l'intériorité de la bina.
וזהו ענין הדפק שבגידי הדם גם יש לחלוחית וחלקי המים בדם והם מבחי׳ החסדים ומזה נגדלים האברים כמיא דאשקי לאילנא ואתרבי בההוא שקי׳. וזהו ענין אדם א׳ דם.
ועמ״ש בע״ח בדרוש הנגעים שסבת הנגע הוא מהסתלקות אור אבא והסימן ע״ז הוא בהרת לבנה שהוא הסתלקות הדם מאותו אבר. א״כ מוכרח שבהדם מלובש אור אבא וכנ״ל בענין הדפק כו׳.
ועמ״ש מזה בפ׳ תזריע בד״ה קא מפלגי במתיבתא דרקיע כו׳.
Et c'est le sujet du pouls qui est dans les veines du sang ; il y a aussi l'humidité et les parties d'eau dans le sang, et elles sont de l'aspect des 'hassadim, et de cela grandissent les membres, comme l'eau qui abreuve l'arbre et il grandit par cet abreuvement. Et c'est le sujet de adam : alef, dam.
Et voir ce qui est écrit dans l'Ets 'Haïm dans le discours des néga'im, que la cause du néga est le retrait de la lumière d'Abba, et le signe de cela est la tache blanche, qui est le retrait du sang de ce membre. Donc il est nécessaire que dans le sang soit revêtue la lumière d'Abba, et comme ci-dessus au sujet du pouls, etc.
Et voir ce qui est écrit de cela dans la paracha Tazria, dans le discours qui commence "Ils divergent dans la yéchiva du firmament", etc.
והנה דפיקו דליבא שם נמשך הארת פנימיות ובדפק שביד נמשך אחוריים דאבא ולפי שחכמה ובינה מלובשים בהדפק לכן דופק תמיד שהוא בחי׳ ביטול רו״ש כו׳ כי חכמה הוא ביטול כנ״ל נמצא בדפק יש יחוד חו״ב קפ״ד קס״א כנ״ל.
Et voici, le battement du cœur : là est attirée l'illumination de l'intériorité, et dans le pouls qui est dans la main sont attirés les arrières d'Abba, et parce que 'hokhma et bina sont revêtues dans le pouls, c'est pourquoi il bat toujours, ce qui est un aspect de bitoul de ratso vachov, etc., car la 'hokhma est bitoul, comme ci-dessus ; il en résulte que dans le pouls il y a l'union de 'hokhma et bina, 184 et 161, comme ci-dessus.
וזהו אשר פקד ע״פ משה וכן באדם בעבודת ה׳ בחי׳ אשר פקד היינו שיהיה בבחי׳ רו״ש שהרצוא נמשך מבחי׳ גבורו׳ דבינה והוא בחי׳ הדם והשוב נמשך מבחי׳ חכמה שהוא בחי׳ ביטול המלובש שם וזהו בחי׳ הדפק דלב שהלב צ״ל רו״ש. וזהו פקד ע״פ משה שבחי׳ משה הוא אחוריים דאבא ופנימי׳ דאימא קפ״ד קס״א כנ״ל (ובמשה כתיב מן המים משיתיהו היינו ג״כ בחי׳ כמיא דאשקי לאילנא כו׳ הנ״ל וע״י הביטול דרו״ש ממשיך בחי׳ משכן העדות אשר פקד כו׳ גם אלה פקודי המשכן י״ל פקודי הוא ג״כ בחי׳ הדפק הנ״ל שעי״ז נמשך ג״כ יחוד ו״ה.
ועמ״ש בד״ה מחר חודש ונפקדת כי פקידה הוא ממקום גבוה מאד להיות פקד את שרה ופקד פקדתי הוא סימן למשיח כו׳ וע״ש בענין נה״י חדשים ששרשן מהכתר ע״פ אל עליון כו׳ ומביא גואל לבני בניהם כו׳ וכך היחוד דזו״נ אף שהוא ע״י נה״י מ״מ מקור ושרש יחוד זה והוא ענין פקד את שרה שרשו נמשך ג״כ מבחי׳ כתר כו׳. וזהו בני במזלא תלי׳ כו׳.
ואפשר שנגד ב׳ בחי׳ משכן אלו זהו ענין הדפק שבלב והדפק שביד כי הדפק שביד הוא בחי׳ חיצוניות אבא וזהו להיות פקודי המשכן סתם גם הידים הם המדות חו״ג שזהו פי׳ אלה ו״ק חו״ג תנה״י וכן נאמר שמאלו תחת לראשי וימינו תחבקני הרי שיחוד זו״נ הם ע״י תרין דרועין דילי׳ ימינא ושמאלא ובינייהו כלה. אמנם הדפק שבלב שבו נמשך מבחי׳ פנימי׳ מהמוח שע״י המשכה מהמוח עי״ז הוא סוגר ופותח כמ״ש במ״א ע״פ אני ישנה כו׳ קול דודי דופק כו׳ זהו בחי׳ יחוד או״א שהן בחי׳ מוחא וליבא כמאמר חכמה מוחא בינה ליבא.
וצ״ע דבטעמי מצות פ׳ וירא אמר כי אין פנימיות אבא יורד למטה רק אחוריים שלו כנודע כו׳ והוא קפ״ד שהוא דפק כו׳. מיהו י״ל ששם מדבר רק בדפק שביד.
או י״ל כי גם בחיצוניות ואחוריים יש כמה בחי׳ אשר עכ״פ בחי׳ הדפק שבלב הוא בחי׳ פנימיות לגבי הדפק שביד כמו שמבואר על פסוק אני ישנה הנזכר לעיל). והנה סדר העבודה תקנו אנכה״ג פסוד״ז קודם ק״ש וענין זה הוא כמ״ש כאן משכן העדות אשר פקד ע״פ משה עבודת הלוים הרי דשייך בחי׳ עבודת הלוים לבחי׳ משכן העדות אשר פקד ע״פ משה.
Et c'est "qui a été compté sur l'ordre de Moché", et de même dans l'homme, dans le service de ה', l'aspect de "qui a été compté", c'est-à-dire qu'il soit dans l'aspect de ratso vachov (course et retour), que le ratso est attiré de l'aspect des guevourot de la bina, et c'est l'aspect du sang, et le chov est attiré de l'aspect de la 'hokhma, qui est l'aspect du bitoul qui y est revêtu, et c'est l'aspect du pouls du cœur, que le cœur doit être ratso vachov. Et c'est "compté sur l'ordre de Moché", que l'aspect de Moché est les a'horayim d'Abba et l'intériorité d'Imma, 184 et 161, comme ci-dessus.
(Et en Moché il est écrit "des eaux Je l'ai tiré" (Exode 2, 10), c'est-à-dire aussi l'aspect de "comme l'eau qui abreuve l'arbre", etc., susdit, et par le bitoul de ratso vachov il attire l'aspect de michkan haédout "qui a été compté", etc. Aussi "Voici les comptes du Michkan", l'on peut dire que pekoudé est aussi l'aspect du pouls susdit, par lequel est aussi attirée l'union de vav-hé.
Et voir ce qui est écrit dans le discours qui commence "Demain c'est la néoménie et tu seras visitée", car la pekida vient d'un lieu très élevé, pour être "visiter Sara" (Genèse 21, 1) et "assurément j'ai visité" (Exode 3, 16), c'est un signe pour le Machia'h, etc., et voir là au sujet des netsa'h, hod, yessod nouveaux dont la racine est du keter, sur le verset "El Elyon", etc., "et Il amène un rédempteur aux enfants de leurs enfants", etc. Et ainsi l'union de Zeir Anpin et Noukva, bien qu'elle soit par les netsa'h, hod, yessod, néanmoins la source et la racine de cette union, et c'est le sujet de "visiter Sara", sa racine est aussi attirée de l'aspect du keter, etc.
Et c'est "les fils dépendent du mazal" (Moed Katan 28a), etc. Et il est possible qu'en face de ces deux aspects de Michkan, c'est le sujet du pouls qui est dans le cœur et du pouls qui est dans la main, car le pouls qui est dans la main est l'aspect de l'extériorité d'Abba, et c'est pour être "les comptes du Michkan" simplement ; aussi les mains sont les middot, 'hessed et guevoura, et c'est le sens d'eleh : les six extrémités, 'hessed, guevoura, tiféret, netsa'h, hod, yessod, et de même il est dit "sa gauche est sous ma tête et sa droite m'enlace" (Cantique des Cantiques 2, 6), voici que l'union de Zeir Anpin et Noukva se fait par ses deux bras, droite et gauche, et entre eux la fiancée.
Cependant le pouls qui est dans le cœur, en lequel est attiré de l'aspect de l'intériorité depuis le cerveau, que par l'attraction depuis le cerveau, par cela il ferme et ouvre, comme il est écrit ailleurs sur le verset "moi je dors" (Cantique des Cantiques 5, 2), "la voix de mon bien-aimé frappe", etc., c'est l'aspect de l'union d'Abba et Imma, qui sont l'aspect de cerveau et de cœur, selon le dire "'hokhma est le cerveau, bina est le cœur". Et il faut étudier, car dans les Taamei Hamitsvot, paracha Vayéra, il a dit que l'intériorité d'Abba ne descend pas en bas, seulement ses a'horayim, comme on le sait, etc., et c'est 184, qui est le pouls, etc.
Toutefois l'on peut dire que là il ne parle que du pouls qui est dans la main. Ou l'on peut dire que même dans l'extériorité et les a'horayim il y a plusieurs aspects, que de toute façon l'aspect du pouls qui est dans le cœur est un aspect d'intériorité par rapport au pouls qui est dans la main, comme il est expliqué sur le verset "moi je dors" mentionné plus haut.) Et voici, l'ordre du service, les hommes de la Grande Assemblée ont fixé les Pesouké deZimra avant le Chema, et ce sujet est comme il est écrit ici : michkan haédout "qui a été compté sur l'ordre de Moché", le service des Léviim, voici que l'aspect du service des Léviim appartient à l'aspect de michkan haédout "qui a été compté sur l'ordre de Moché".
והענין הוא לפי שמעלת יחוד זה דאו״א גבוה מאד ולא יוכלו כנס״י להגיע אליו לכך תקנו שיאמרו פסוד״ז תחלה שעי״ז יוכלו להגיע לבחי׳ הביטול דבחי׳ אשר פקד ע״פ משה בפסוק א׳ דק״ש.
Et le sujet est : parce que la supériorité de cette union d'Abba et Imma est très élevée, et Knesset Israël ne pourra pas y parvenir, c'est pourquoi ils ont fixé que l'on dise d'abord les Pesouké deZimra, afin que par cela ils puissent parvenir à l'aspect du bitoul de l'aspect de "qui a été compté sur l'ordre de Moché" dans le premier verset du Chema.
וענין הזמרה הזאת הוא מעלת ומדרגת הלוים שהם היו האומרים שיר והם היו ג״כ נושאי המשכן כמ״ש ונשאו המשכן כו׳. והענין הוא דכמו למעלה כתיב והחיות נושאות הכסא דהיינו ע״י שהם מתנשאים ברעש גדול בהתפעלות עי״ז הם מגביהים ומעלים את השכינה.
Et le sujet de ce chant est la supériorité et le degré des Léviim, qui étaient ceux qui disaient le chant, et ils étaient aussi les porteurs du Michkan, comme il est écrit "et ils porteront le Michkan", etc. Et le sujet est que, de même qu'en haut il est écrit "et les 'hayot portent le trône", c'est-à-dire que par le fait qu'elles s'élèvent dans un grand fracas, dans l'émotion, par cela elles élèvent et haussent la Chekhina.
וכך הוא ענין השיר של הלוים שהוא ג״כ בבח י׳ רו״ש עי״ז הם נושאים את המשכן דהיינו להעלות ולהגביה את בחי׳ זו״נ ולקשרו ולחברו בבחי׳ משכן העדות דאו״א. וזהו ועבד הלוי הוא וכמ״ש בזהר פקודי דרכ״א ע״ב ועמש״ל בפ׳ בשלח בד״ה אשירה כו׳ כי גאה גאה כו׳ ע״ש מענין שיר הלוים ועיין בזהר פ׳ פקודי ע״פ ויביאו את המשכן כו׳ וכן באדם ע״י פסוד״ז להיות רוממות אל בגרונם עי״ז ידחה ממנו ההסתר דנה״ב והוא ענין זמיר עריצים ועי״ז יתגלה פנימי׳ הלב שיוכל לבוא בפסוק ראשון דק״ש לבחי׳ ביטול ומס״נ באחד כו׳.
Et ainsi est le sujet du chant des Léviim, qui est aussi dans l'aspect de ratso vachov ; par cela ils portent le Michkan, c'est-à-dire élever et hausser l'aspect de Zeir Anpin et Noukva, et le lier et le joindre à l'aspect de michkan haédout d'Abba et Imma. Et c'est "et le lévite, lui, servira" (Nombres 18, 23), et comme il est écrit dans le Zohar, Pekoudé, folio 221b, et voir ce qui est expliqué plus haut dans la paracha Bechala'h, dans le discours qui commence "Je chanterai", etc., "car Il s'est exalté, Il s'est exalté", etc., voir là au sujet du chant des Léviim, et voir dans le Zohar, paracha Pekoudé, sur le verset "et ils apportèrent le Michkan", etc.
Et de même dans l'homme, par les Pesouké deZimra, pour que "la grandeur de El soit dans leur gosier" (Psaumes 149, 6), par cela est repoussé de lui le voilement de la nefech habéhamit (âme animale), et c'est le sujet de "le chant des tyrans" (Isaïe 25, 5), et par cela se révélera l'intériorité du cœur, afin qu'il puisse venir, dans le premier verset du Chema, à l'aspect du bitoul et de la messirout nefech dans "Un", etc.
ונמצא סדר העבודה כך הוא תחלה פסוד״ז לנשאות בחי׳ יחו״ת שהוא בחי׳ אלה פקודי המשכן לקשרו ולחברו ביחו״ע דמשכן העדות שבפסוק ראשון דק״ש וזהו ששם עלו שבטים שבטי יה שהעלייה הוא מתחיל מבחינת השבטים סתם שמקבלים מיחו״ת וכנודע מענין י״ב בקר שבבריא׳ וכמ״ש בזהר ר״פ במדבר ועלייתם הוא להיות בבחי׳ שבטי יה שהוא יחוד עליון דאו״א אשר הוא בחי׳ עדות לישראל היינו משכן העדות ואחר פסוק ראשון דק״ש נאמר בתורה ואהבת היינו שנמשך האור מלמעלה למטה מאו״א לזו״נ וזהו פי׳ עדות לישראל שנמשך בחי׳ עדות הנ״ל לישראל שהוא ז״א וכמ״ש ג״כ בפע״ח בפי׳ הק״ש שנמשכין המוחין מאו״א ותרין עטרין הנ״ל ומתלבשים בזו״נ כו׳ ע״ש. (ועפ״ז יש לפרש ג״כ מ״ש בזהר פינחס דרל״ו דענין אתוון דאשתארו ש׳ מ׳ משמע א׳ ח׳ מאחד וסימן אשמ״ח הה״ד אנכי אשמח בה׳ כי הנה אותיות ע׳ ד׳ שהם גדולים מורה על בחי׳ משכן העדות כנ״ל ואותיות ש׳ מ׳ זהו בחי׳ מל׳ שנק׳ שם ואותיות א׳ ח׳ זהו בחי׳ ז״א ולפי שבפסוק ראשון דק״ש מתחברים ומתייחדים זו״נ באו״א לכן אותיות ש״מ א״ח כלולים עם ע״ד וסימן אשמח שהשמחה הוא מגודל העלייה ומגילוי אור חדש מא״ס ב״ה וגם שעלייה זו באה ע״י עבודת הלוים שהוא שיר ושמחה.
ולא עוד כי גם הביטול שבפסוק ראשון דק״ש הוא ג״כ בבחי׳ שמחה שזהו ענין יחוד או״א שהחכמה הוא ביטול והבינה הוא שמחה. ועמ״ש מזה ע״פ מאמר הזהר פ׳ קרח דקע״ו ע״פ ויקומו לפני משה כו׳.
וגם י״ל פי׳ אשמח בה׳ שמפעיל השמחה בשם הוי׳ כמ״ש במ״א ע״פ שוש אשיש בהוי׳ וע״פ ויספו ענוים בה׳ שמחה כו׳ וענוה זהו מדרגת משה שזה פסוק ראשון דק״ש לכן נרמז בו אשמח שהם מוסיפים שמחה בשם הוי׳ כו׳):
Il en résulte que l'ordre du service est ainsi : d'abord les Pesouké deZimra, pour élever l'aspect de l'union inférieure, qui est l'aspect de "Voici les comptes du Michkan", pour le lier et le joindre à l'union supérieure de michkan haédout qui est dans le premier verset du Chema, et c'est "C'est là que sont montées les tribus, les tribus de Yah", que l'élévation commence depuis l'aspect des tribus simplement, qui reçoivent de l'union inférieure, et comme on le sait du sujet des douze bœufs qui sont dans Beria, et comme il est écrit dans le Zohar au début de la paracha Bamidbar, et leur élévation est pour être dans l'aspect des "tribus de Yah", qui est l'union supérieure d'Abba et Imma, laquelle est l'aspect de "témoignage pour Israël", c'est-à-dire michkan haédout. Et après le premier verset du Chema il est dit dans la Torah "Et tu aimeras", c'est-à-dire que la lumière est attirée de haut en bas, d'Abba et Imma vers Zeir Anpin et Noukva, et c'est l'explication de "témoignage pour Israël", que l'aspect du témoignage susdit est attiré vers Israël, qui est Zeir Anpin, et comme il est écrit aussi dans le Pri Ets 'Haïm dans l'explication du Chema, que les mohin sont attirés d'Abba et Imma, et les deux couronnes susdites, et se revêtent dans Zeir Anpin et Noukva, etc., voir là.
(Et d'après cela il y a aussi à expliquer ce qui est écrit dans le Zohar, Pin'has, folio 236, au sujet des lettres qui restent : chin, mem de Chema, alef, 'het de e'had, et le signe echma'h, c'est ce qui est dit "Moi, je me réjouirai en ה'", car voici, les lettres ayin, dalet qui sont grandes indiquent l'aspect de michkan haédout, comme ci-dessus, et les lettres chin, mem, c'est l'aspect de malkhout qui est appelée nom, et les lettres alef, 'het, c'est l'aspect de Zeir Anpin, et parce que dans le premier verset du Chema Zeir Anpin et Noukva se joignent et s'unissent en Abba et Imma, c'est pourquoi les lettres chin-mem, alef-'het sont incluses avec ayin-dalet, et le signe "je me réjouirai", que la joie vient de la grandeur de l'élévation et de la révélation d'une lumière nouvelle de l'Ein Sof, béni soit-Il, et aussi que cette élévation vient par le service des Léviim, qui est chant et joie. Et pas seulement cela, car même le bitoul qui est dans le premier verset du Chema est aussi dans un aspect de joie, et c'est le sujet de l'union d'Abba et Imma, que la 'hokhma est bitoul et la bina est joie.
Et voir ce qui est écrit de cela sur le dire du Zohar, paracha Kora'h, folio 176, sur le verset "et ils se levèrent devant Moché", etc. Et l'on peut aussi dire l'explication de "je me réjouirai en ה'", qu'il fait agir la joie dans le nom Havaya, comme il est écrit ailleurs sur le verset "Je tressaillirai, je me réjouirai en ה'" (Isaïe 61, 10) et sur le verset "et les humbles ajouteront en ה' la joie" (Isaïe 29, 19), et l'humilité est le degré de Moché, que c'est le premier verset du Chema, c'est pourquoi y est indiqué par allusion "je me réjouirai", qu'ils ajoutent de la joie dans le nom Havaya, etc.) :
והנה פי׳ ביד איתמר בן אהרן הכהן איתמר הוא הדיבור שממילא כענין אני המשנה המדברת בפיך וזהו אז נדברו יראי ה׳ והוא בחי׳ ודברת בם שבק״ש שהדבור בד״ת הוא בבחי׳ ביטול כמו ואשים דברי בפיך והיינו שהכלי להמשיך האור הנמשך ע״י יחוד או״א שהוא בחי׳ ביטול זהו ע״י עסק התורה בבחי׳ ביטול הנ״ל שכשעוסק בתורה בבחי׳ ביטול ה״ז דבר ה׳ בפיו. וז״ש אזכיר את שמי כו׳ והוא בחי׳ בן אהרן אהרן הוא אהבה רבה והוא מ״ש קודם ודברת בם פסוק ואהבת כו׳ (שמזה נמשך להיות עסק התורה אח״כ בבחי׳ תען לשוני אמרתך כמ״ש בד״ה להבין ביום השמע״צ כו׳ ע״ש גבי כי גבר עלינו חסדו ואמת ה׳ לעולם).
והנה עבודת הלוים ביד איתמר כי הנה כדי שיהיה כח בלוים לנשאות את המשכן שהוא שיר והעלאה כנ״ל נמשך מקודם כח לזה מלמעלה כמ״ש ע״פ הקל קול יעקב והוא נק׳ מ״ד המעורר מ״נ והיינו שע״י עסק התורה בבחי׳ הנ״ל נותן כח שעי״ז יוכל אח״כ להעלות נפשו בתפלה בבחי׳ רו״ש (ועיין בת״א פ׳ משפטים ע״פ ויחזו כו׳ ויאכלו וישתו) וזהו שעבודת הלוים הוא ביד איתמר כו׳ וגם הכלי לכל בחי׳ יחודים הנ״ל הוא ביד איתמר כנ״ל:
Et voici l'explication de "par la main d'Itamar fils d'Aharon le cohen" : Itamar est la parole qui vient d'elle-même, à la manière de "Moi, la Michna qui parle dans ta bouche", et c'est "alors ceux qui craignent ה' se parlèrent" (Malachie 3, 16), et c'est l'aspect de "et tu en parleras" qui est dans le Chema, que la parole dans les paroles de Torah est dans l'aspect du bitoul, comme "et Je mettrai Mes paroles dans ta bouche" (Isaïe 59, 21), c'est-à-dire que le keli pour attirer la lumière attirée par l'union d'Abba et Imma, qui est l'aspect du bitoul, c'est par l'étude de la Torah dans l'aspect du bitoul susdit, que lorsqu'on étudie la Torah dans l'aspect du bitoul, c'est la parole de ה' dans sa bouche. Et c'est ce qui est dit "Je ferai mention de Mon Nom", etc., et c'est l'aspect de fils d'Aharon : Aharon est l'amour immense, et c'est ce qui est dit avant "et tu en parleras", le verset "Et tu aimeras", etc.
(de cela est attiré que l'étude de la Torah ensuite soit dans l'aspect de "que ma langue réponde à Ta parole", comme il est écrit dans le discours qui commence "pour comprendre au jour de Chemini Atséret", etc., voir là au sujet de "car Sa bonté a prévalu sur nous, et la vérité de ה' est à jamais"). Et voici, le service des Léviim est par la main d'Itamar, car voici, afin qu'il y ait une force dans les Léviim pour porter le Michkan, qui est chant et élévation, comme ci-dessus, une force pour cela est d'abord attirée d'en haut, comme il est écrit sur le verset "la voix est la voix de Yaakov" (Genèse 27, 22), et c'est appelé mayin doukhrin qui éveille les mayin noukvin, c'est-à-dire que par l'étude de la Torah dans l'aspect susdit on donne une force, par laquelle on pourra ensuite élever son âme dans la prière dans l'aspect de ratso vachov (et voir dans Torah Or, paracha Michpatim, sur le verset "et ils virent", etc., "et ils mangèrent et burent").
Et c'est que le service des Léviim est par la main d'Itamar, etc., et aussi le keli pour tous les aspects d'unions susdits est par la main d'Itamar, comme ci-dessus :
קיצור מהנ״ל ענין עיין דלית רבתי שבפסוק ראשון דק״ש זהו פי׳ עד ע״ד משכן העדות דהוא ג״כ יחוד או״א שבפסוק ראשון דק״ש ויחוד זו״נ זהו פקודי המשכן והוא פסוק ואהבת את ולכן אמר מרבע״ה בפסוק ראשון הוי׳ אלקינו ובואהבת אמר הוי׳ אלקיך כי בחי׳ יחוד או״א הנק׳ משכן העדות הוא פקד ע״פ משה:
Résumé de ce qui précède. Le sujet du ayin et du dalet agrandis qui sont dans le premier verset du Chema, c'est l'explication de éd, à la manière de michkan haédout, qui est aussi l'union d'Abba et Imma qui est dans le premier verset du Chema, et l'union de Zeir Anpin et Noukva, c'est pekoudé hamichkan, et c'est le verset "Et tu aimeras et".
Et c'est pourquoi Moché notre maître a dit dans le premier verset "ה' notre Elokim", et dans "Et tu aimeras" il a dit "ה' ton Elokim", car l'aspect de l'union d'Abba et Imma, appelée michkan haédout, est compté sur l'ordre de Moché :
והטעם שיחוד או״א נק׳ משכן העדות הוא בהקדים מ״ש בלק״ת פ׳ בראשית שע״י קיום מל״ת הוא יחוד או״א והנה בינה שהיא השגה נק׳ להנחיל אוהבי יש ואוהבי שבינה היא אם הבנים בחי׳ אהבה אך חכמה היא בחי׳ אין שמתגלה בו א״ס דלית מחשבה תפיסא ביה ולכן הוא כח מה ביטול שלמעלה מבחי׳ אהבה.
Et la raison pour laquelle l'union d'Abba et Imma est appelée michkan haédout, c'est en posant d'abord ce qui est dit dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, paracha Beréchit, que par l'accomplissement des mitsvot négatives c'est l'union d'Abba et Imma. Et voici, la bina, qui est saisie, est appelée "pour donner en héritage à ceux qui M'aiment le yech", et "ceux qui M'aiment", que la bina est la mère des fils, l'aspect de l'amour.
Mais la 'hokhma est l'aspect d'ayin, en lequel se révèle l'Ein Sof dont aucune pensée ne Le saisit, et c'est pourquoi elle est koa'h mah, un bitoul qui est au-dessus de l'aspect de l'amour.
וענין הגילוי שמחכמה בבינה יש להבין זה ע״ד שכ׳ הרמב״ם שהתוארים שאנו מתארים את הקב״ה אינם עצמיים כ״א זהו רק שאנו שוללים ממנו ית׳ הדבר שהוא היפך זה אבל א״א לומר שהם עצמיים כי אינן ערוך לו כלל וידיעת השלילות הוא גילוי ואעפ״כ אינו כלל השגות המהות כך עד״מ זהו הגילוי דיחוד חו״ב:
Et le sujet de la révélation de la 'hokhma dans la bina, il faut comprendre cela à la manière de ce qu'a écrit le Rambam, que les attributs par lesquels nous qualifions le Saint, béni soit-Il, ne sont pas essentiels, mais c'est seulement que nous nions de Lui, béni soit-Il, la chose qui est le contraire de cela ; mais il est impossible de dire qu'ils sont essentiels, car ils n'ont aucune comparaison avec Lui du tout. Et la connaissance des négations est une révélation, et néanmoins ce n'est pas du tout les saisies de l'essence.
Ainsi, à titre de comparaison, c'est la révélation de l'union de 'hokhma et bina :
ומזה יובן מ״ש בלק״ת כי ל״ת הוא ג״כ בחי׳ שלילה למנוע הבחי׳ המסתיר עליו ית׳ ועי״ז נמשך יחוד או״א שהגילוי ע״ד ידיעת השלילות וזהו היחוד דאו״א וזהו בארץ לא זרועה ומ״ע הן אורות בכלים כמו השגת המהות ומ״מ ל״ת גבוהים יותר כי השגת המהות רק בהארה וזיו וזהו יחוד זו״נ אבל במקור האור בחי׳ כתר הידיעה רק ע״ד הנ״ל (וזהו ע״ד חכם עדיף מנביא אף שהנבואה השגת המהות. וגם זהו כענין ברכה והודאה) ולכן כד אתכפייא סט״א אסתלק יקרא כו׳:
Et de cela on comprendra ce qui est dit dans le Likoutei Torah de l'Ari z"l, que la mitsva négative est aussi un aspect de négation, pour empêcher l'aspect qui Le voile, béni soit-Il, et par cela est attirée l'union d'Abba et Imma, dont la révélation est à la manière de la connaissance des négations, et c'est l'union d'Abba et Imma, et c'est "dans une terre non ensemencée". Et les positives sont des lumières dans les kelim, comme la saisie de l'essence, et néanmoins les négatives sont plus élevées, car la saisie de l'essence n'est que dans l'illumination et le rayonnement, et c'est l'union de Zeir Anpin et Noukva ; mais dans la source de la lumière, l'aspect du keter, la connaissance n'est que de la manière susdite (et c'est à la manière de "le sage est préférable au prophète", bien que la prophétie soit la saisie de l'essence.
Et c'est aussi comme le sujet de la bénédiction et de la reconnaissance). Et c'est pourquoi "lorsque la sitra a'hra est soumise, la gloire s'élève", etc. :
וזהו אלה פקודי המשכן היינו יחוד זו״נ שע״י תורה ומ״ע וש״ס משנה כ״א כלול מששה גימטריא אלה ופקודי לשון לפקוד את אשתו ומשכן העדות יחוד או״א שלפי שהגילוי מא״ס ב״ה ממש א״א להיות השגת המהות כ״א ע״ד עדות עד״מ שהעדות אינו ממשות הדבר ממש כ״א שמעידים עליו וכך הוא עד״מ ענין ידיעת השלילות כנ״ל:
Et c'est "Voici les comptes du Michkan", c'est-à-dire l'union de Zeir Anpin et Noukva, qui se fait par la Torah et les mitsvot positives, et les six ordres de la Michna, chacun inclus de six, guématria d'eleh, et pekoudé a le sens de "visiter sa femme". Et michkan haédout, l'union d'Abba et Imma, car puisque la révélation de l'Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, il est impossible qu'il y ait saisie de l'essence, seulement à la manière du témoignage, à titre de comparaison, que le témoignage n'est pas la substantialité de la chose véritablement, mais qu'on témoigne sur elle, et ainsi est, à titre de comparaison, le sujet de la connaissance des négations, comme ci-dessus :
אך פי׳ משכן העדות הוא ג״כ לשון עדי עדיים וכתיב רבבה כצמח השדה נתתיך שצ״ל תחלה בבחי׳ אין נקודה תחת היסוד ועי״ז אח״כ תהי׳ בבחי׳ פב״פ ותבואי בעדי עדיים הם תרין עטרין שנמשכים לזו״נ והם מבחי׳ א״א ממש ופי׳ עדי יש בו ג׳ פירושים. א׳ ל׳ קישוט שהוא בחי׳ כתר וכענין ועטרותיהם בראשיהם כי תרי״ג מצות דאורייתא עם ז׳ מצות דרבנן הם תר״ך עמודי אור דבחי׳ כתר.
הב׳ עד לשון נצחיות כי הכתר יש בו מבחי׳ תחתונה דא״ס ב״ה והיינו נצחיות שזהו פי׳ אין סוף. משא״כ מהותו ועצמותו לא שייך לקרוא אין סוף וכמ״ש במ״א דא״ס קאי על האור כו׳.
Mais l'explication de michkan haédout est aussi au sens de la parure des parures, et il est écrit "Je t'ai rendue par myriades comme la végétation des champs", qu'il faut d'abord être dans l'aspect d'ayin, un point sous le yessod, et par cela ensuite elle sera dans l'aspect face à face, "et tu es venue dans la parure des parures", ce sont les deux couronnes qui sont attirées vers Zeir Anpin et Noukva, et elles sont de l'aspect d'Arikh Anpin véritablement. Et l'explication de édi a trois explications.
La première, au sens d'ornement, qui est l'aspect du keter, et comme le sujet de "et leurs couronnes sur leurs têtes", car les 613 mitsvot de la Torah avec les 7 mitsvot rabbiniques sont 620 colonnes de lumière de l'aspect du keter. La deuxième, éd au sens d'éternité, car le keter a en lui de l'aspect inférieur de l'Ein Sof, béni soit-Il, et c'est l'éternité, qui est l'explication de sans fin.
Tandis que Son essence et Son être, il ne convient pas de les appeler sans fin, et comme il est écrit ailleurs, que Ein Sof vise la lumière, etc.
והפי׳ הג׳ עד לשון עד פה תבוא שבכתר אין שום השגה וזהו עדות לישראל לשון עדי עדיים ככל ג׳ פירושים הנ״ל ולפי שביחוד או״א נמשך מבחי׳ הכתר ע״כ נק׳ משכן העדות וזהו ששם עלו שבטים באתעדל״ת להמשיך בחי׳ עדות עדי עדיים לישראל ז״א להודות לשם כי בבחי׳ זו שלמעלה מההשגה אין שייך רק הודאה וביטול:
Et la troisième explication, éd au sens de "jusqu'ici tu viendras", qu'en le keter il n'y a aucune saisie, et c'est "témoignage pour Israël", au sens de la parure des parures, selon les trois explications susdites. Et parce que dans l'union d'Abba et Imma est attiré de l'aspect du keter, c'est pourquoi il est appelé michkan haédout.
Et c'est "c'est là que sont montées les tribus", dans l'itarouta diletata (éveil d'en bas), pour attirer l'aspect de témoignage, parure des parures, vers Israël, Zeir Anpin, "pour rendre grâce au nom", car dans cet aspect qui est au-dessus de la saisie, il n'appartient que la reconnaissance et le bitoul :
וזהו אשר פקד ע״פ משה כמו יחוד או״א שבפסוק ראשון דק״ש הוא ע״י בחי׳ בטול שזהו למעלה מבחי׳ אהבה כי ואהבת הוא תיקון ז״א ולכן בפסוק ראשון דק״ש הוא ע׳ ד׳ רבתי בחי׳ עד היינו יחוד או״א שנק׳ משכן העדות ובאמת ביחוד דק״ש הוא למעלה עד א״ס ממש כמ״ש בפע״ח וזהו ג״כ נק׳ יחוד קבה״ו וזהו ממש משכן העדות. והנה ל׳ עדות שהוא רק הארה ולשון עדי וכתר אין סותרים זא״ז כי למעלה נמשך בכתר ממש אך באצילות מאיר מזה הארה ולע״ל יהיה גילוי העצמיות ממש:
Et c'est "qui a été compté sur l'ordre de Moché", comme l'union d'Abba et Imma qui est dans le premier verset du Chema se fait par l'aspect du bitoul, qui est au-dessus de l'aspect de l'amour, car "Et tu aimeras" est le tikoun de Zeir Anpin. Et c'est pourquoi dans le premier verset du Chema il y a le ayin et le dalet agrandis, l'aspect de éd, c'est-à-dire l'union d'Abba et Imma appelée michkan haédout.
Et en vérité, dans l'union du Chema, c'est au-dessus, jusqu'à l'Ein Sof véritablement, comme il est écrit dans le Pri Ets 'Haïm, et c'est aussi appelé l'union de Koudcha Berikh Hou ouChekhinteh, et c'est véritablement michkan haédout. Et voici, le terme de témoignage, qui n'est qu'une illumination, et le terme de parure et de keter, ne se contredisent pas l'un l'autre, car en haut est attiré dans le keter véritablement, mais dans Atsilout éclaire de cela une illumination, et dans l'avenir il y aura la révélation de l'essentialité véritablement :
ופי׳ פקד אותיות דפק שהוא מבחי׳ חכמה המלובש בדם שמבחי׳ פנימי׳ בינה וזהו ענין שס״ה ל״ת כנגד שס״ה גידים ובדפיקו דליבא יש הארה פנימי׳ מבחי׳ המוח ובדפק היד מבחינת חיצוניות וזהו ג״כ ענין אלה פקודי וגם בחי׳ פקידה שרשה מכתר כמו פקד פקדתי. והנה ענין דפיקו דליבא בעבודה הוא רצוא ושוב ועי״ז נמשך מלמעלה קול דודי דופק:
Et l'explication de pakad, les lettres de dafek, qui est de l'aspect de la 'hokhma revêtue dans le sang, qui est de l'aspect de l'intériorité de la bina, et c'est le sujet des 365 mitsvot négatives en face des 365 veines. Et dans le battement du cœur il y a une illumination intérieure de l'aspect du cerveau, et dans le pouls de la main, de l'aspect de l'extériorité, et c'est aussi le sujet de "Voici les comptes", et aussi l'aspect de pekida dont la racine est du keter, comme "assurément j'ai visité".
Et voici, le sujet du battement du cœur dans le service est ratso vachov, et par cela est attiré d'en haut "la voix de mon bien-aimé frappe" :
ופסוד״ז הקודם לק״ש וברכותיה זהו ענין עבודת הלוים בשירה וזמרה שמגביהים משכן דזו״נ למשכן העדות דאו״א בפסוק ראשון דק״ש. וזהו ועבד הלוי הוא ועי״ז נמשך אח״כ מלמעלה למטה עדות לישראל ולכן יש אותיות אשמח בפסוק ראשון על חיבור זו״נ לאו״א אך עיקר הכוונה הוא להיות ודברת בם כו׳ בד״ת וזהו ענין ביד איתמר והוא בחי׳ בן אהרן אה״ר שבפסוק ואהבת ועי״ז נמשך הכח לאתעדל״ת כו׳:
Et les Pesouké deZimra qui précèdent le Chema et ses bénédictions, c'est le sujet du service des Léviim dans le chant et la mélodie, qui élèvent le Michkan de Zeir Anpin et Noukva vers michkan haédout d'Abba et Imma dans le premier verset du Chema. Et c'est "et le lévite, lui, servira", et par cela est attiré ensuite de haut en bas "témoignage pour Israël".
Et c'est pourquoi il y a les lettres echma'h dans le premier verset, sur la jonction de Zeir Anpin et Noukva à Abba et Imma. Mais l'intention principale est d'être "et tu en parleras", etc., dans les paroles de Torah, et c'est le sujet de "par la main d'Itamar", et c'est l'aspect de fils d'Aharon, l'amour immense qui est dans le verset "Et tu aimeras", et par cela est attirée la force pour l'itarouta diletata, etc. :