Ils lui apportent deux œufs : lequel de la poule noire, lequel de la blanche ? Il apporte deux fromages : lequel de la chèvre noire, lequel de la blanche ? Rabbi Lévi Its'hak enseigne que le Créateur n'a d'amour que pour Israël. L'effusion (hachpaa) a deux aspects : le bien pour servir, et la richesse « Il paie à celui qui Le hait, en face, pour le faire périr » (Devarim 7,10). Les nations ont des biens, mais l'occultation de la face (hester panim) les retranche ; pour Israël Il regarde par les treillis et Sa main reste étendue. Les œufs (biéï) sont l'amour ; les fromages (guévinéi) le recouvrement : de l'occultation se connaît l'amour véritable.
Aussi : le poussin qui piaille, l'esprit sort par les lettres ; l'orgueil à démolir pour la techouva ; Hillel : ce qui t'est odieux, ne le fais pas à ton prochain
אייתי ליה תרתי ביעי אמרי ליה הי דזוגתא אוכמתא והי דזוגתא חיוורתי, אייתי להו איהו תרי גביני אמר להו הי דעיזא אוכמתא והי דעיזא חיוורתי. ונבאר זה בעזר אדון כל היות שברור לכל משכיל שהבורא ברוך הוא ברא כל העולם בשביל ישראל ואין להבורא ברוך הוא אהבה כי אם לישראל ותכלית הבריאה היה להשפיע כל טוב וברכה לעמו בית ישראל.
אך כי שתי בחינות יש בהשפעת של הבורא ברוך הוא שהוא משפיע לאחד טובה וברכה ועשירות להיות סבה שבעבור זה יכול לעבוד עבודת הבורא יתברך שמו. ויש עושר שמור לבעליו לרעתו חס ושלום כאמור ומשלם לשונאיו אל פניו להאבידו, והלא זה הדבר אשר דברנו במאמרים הקודמים אפס קצהו תראה במאמר אית לן בירא בדברא כו', כי אם אחר ההשפעה מדובק ומקושר בעבודת הבורא יתברך שמו ואם לאו חס ושלום עיין שם זהו החקירה הוא במחשבה.
אך במעשה צריך גם כן לחקור שיהא ניכר מתוך פעולותיו הנגלות שאהבתו הוא רק לעמו בית ישראל, כי כמה טובות יש לאומות העולם גם כן אך מהסתרת פנים שלו ניכר אהבתו, כי מהסתרת פנים מהאומות העולם נכרתו ונגדעו כמו במצרים וסנחרב והמן שירדו עד שאול תחתית עד שנכרתו אבל בהסתרת פנים מעמו בני ישראל עם כל זה מציץ מן החרכים להגן בעדינו כמבואר בדברי חכמינו ז"ל הן הן גבורותיו הן הן נוראותיו, שבכל דור ודור עומדים עלינו והקדוש ברוך הוא מצילנו מידם:
Ils lui apportèrent deux œufs et lui dirent: lequel provient de la poule noire et lequel de la poule blanche? Lui leur apporta deux fromages et leur dit: lequel provient de la chèvre noire et lequel de la chèvre blanche?
Nous expliquerons ceci avec l'aide du Maître de tout être. Il est clair pour tout homme intelligent que le Créateur, béni soit-Il, a créé le monde entier pour Israël, et que le Créateur, béni soit-Il, n'a d'amour que pour Israël, et que la finalité de la création était de déverser tout bien et toute bénédiction sur Son peuple, la maison d'Israël.
Seulement, il y a deux aspects dans l'effusion (hachpaa, le flux de bien qui descend d'en haut) du Créateur, béni soit-Il: Il donne à l'un le bien, la bénédiction et la richesse afin que cela soit une cause grâce à laquelle il puisse accomplir le service du Créateur, que Son nom soit béni; et il y a une richesse gardée pour son propriétaire à son détriment, à Dieu ne plaise, comme il est dit: 'et Il paie à celui qui Le hait, en face, pour le faire périr' (Deutéronome 7,10). Or c'est bien la chose dont nous avons parlé dans les enseignements précédents, et tu en verras une extrémité dans l'enseignement 'nous avons un puits dans le champ', etc.: car [tout dépend de savoir] si, après l'effusion, il demeure attaché et lié au service du Créateur, que Son nom soit béni, et si non, à Dieu ne plaise; vois là.
Cet examen-là porte sur la pensée. Mais il faut examiner également dans l'acte, de sorte que l'on reconnaisse, à partir de Ses actions révélées, que Son amour ne va qu'à Son peuple, la maison d'Israël; car les nations du monde ont elles aussi bien des biens, mais c'est de Son occultation de la face (hester panim, le retrait apparent de la providence) que Son amour se reconnaît.
Car par l'occultation de la face à l'égard des nations du monde, elles ont été retranchées et abattues, comme en Égypte, et Sanhériv, et Haman, qui sont descendus jusqu'au fond du Cheol jusqu'à être retranchés; mais lors de l'occultation de la face à l'égard de Son peuple, les enfants d'Israël, malgré tout cela Il regarde par les treillis (Cantique des cantiques 2,9) pour nous protéger, comme cela est expliqué dans les paroles de nos Sages, de mémoire bénie: ce sont là Ses actes de puissance, ce sont là Ses actes redoutables - car à chaque génération ils se dressent contre nous, et le Saint, béni soit-Il, nous sauve de leur main:
ועל דרך זה יש לפרש בס"ד מאמר רבותינו ז"ל בפרק קמא דחגיגה דף ו' וזה לשון הגמרא, ר' יהושע בן חנניא הוה קאי בי קיסר אחוי ליה ההוא מינאה עמא דהדרינהו מריה לאפיה מיניה, אחוי ליה איהו ועוד ידו נטויה אלינו להגן. א"ל קיסר לר' יהושע בן חנינא מאי אחוי לך עמא דהדרינהו מריה לאפיה מיניה.
ומאי אחוית ליה כו' והכי א"ל לההוא מינאה מאי אחוית ליה. א"ל עמא דהדרינהו מריה לאפיה והוא מאי אחוי לך אמד לא ידענא.
אמר גברא דלא ידע מאי אחוי ליה מחוי במחוג יחוי קמא מלכא אפקיה לההוא מינאה וקטלוה. דלכאורה דהמין החזיר פניו במחוג ורמז עמא דהדרינהו מריה לאפיה מיניה.
ור' יהושע הראה במחוג את ידיו כמו שידו של הקדוש ברוך הוא נטויה עלינו. ולכאורה אינו מובן, למה לא ידע המין במחוג הזה שהדאה יד ה' נטויה ולמה זה הבין האיך שהסתיר את פניו וידו נטויה לא הבין.
ונראה שר' יהושע גם כן הסתיר את פניו. ובמחוג ידיו הראה האיך שידו נטויה עלינו להורות שמהסתר פניו שלו נודע פועל כפיו שאנחנו עם סגולתו שגם בהסתרת פניו הוא ברחמים גדולים לשמור אותנו ולהצילנו מכל הרעות וזה לא הבין המין ההוא.
ותדע דלשון ביעי, היא אהבה שהוא מלשון ביעותא והוא הרצון של הבורא ברוך הוא להטיב והשאלה היא איזה טובה מחמת אהבת האמת ואיזהו מחמת שמשלם לשונאיו אל פניו להאבידו וכונתו להראות לו מופת וחקירה במעשה איזה אהבת האמת. והשיב לו דאייתי תרתי גביני, ולשון גביני מרומז על כסוי מלשון או גבן, או מלשון גב דגב הוא מורה על הסתרת פנים.
ומהסתרת פנים תוכל להבין איזה אהבה טובה היא אמיתי ואהבת עולם, כי אף על פי שהסתיר פניו, עם כל זאת ידו נטויה עלינו ושומר אותנו בכל דוד ודור. מה שאין כן רשעים אומות העולם כשקצף עליהם אבדם מעל פניו ולא כן עמנו בית ישראל אשר לא עזב חסדו ואמיתו.
ואשר עד הנה לא עזבנו ועוד ידו נטויה לפסוח ולהגן עלינו. וליתן חן וחסד לפני כל שובינו מעתה ועד עולם אמן נצח סלה ועד:
Et de cette manière on peut expliquer, avec l'aide du Ciel, l'enseignement de nos maîtres, de mémoire bénie, au premier chapitre de Haguiga, feuillet 6, et voici le langage de la Guemara: Rabbi Yehochoua ben Hanania se tenait dans la maison de César. Un certain mécréant (min, sectateur qui nie la Torah) lui fit signe: un peuple dont le Maître a détourné Sa face de lui.
Lui, il lui fit signe: et Sa main est encore étendue sur nous pour nous protéger. César dit à Rabbi Yehochoua ben Hanina: que t'a-t-il montré? - Un peuple dont le Maître a détourné Sa face de lui. - Et toi, que lui as-tu montré? etc.
Et ainsi il dit à ce mécréant: que lui as-tu montré? Il lui dit: un peuple dont le Maître a détourné Sa face. - Et lui, que t'a-t-il montré?
Il dit: je ne sais pas. Il dit: un homme qui ne sait pas ce qu'on lui montre fait des signes de la main devant le roi!
Ils firent sortir ce mécréant et le tuèrent. Car à première vue, le mécréant a détourné son visage par un geste et a fait allusion à 'un peuple dont le Maître a détourné Sa face de lui'; et Rabbi Yehochoua a montré par un geste ses mains, comme pour dire que la main du Saint, béni soit-Il, est étendue sur nous.
Et à première vue cela n'est pas compréhensible: pourquoi le mécréant n'a-t-il pas compris ce geste qui montrait que la main de ה' est étendue? Et pourquoi a-t-il compris ceci, la manière dont Il a caché Sa face, alors que 'Sa main est étendue' il ne l'a pas compris?
Et il semble que Rabbi Yehochoua, lui aussi, a caché son visage, et par le geste de ses mains il a montré comment Sa main est étendue sur nous, pour enseigner que c'est justement de Son occultation de la face que se fait connaître l'œuvre de Ses mains: que nous sommes Son peuple d'élection, car même dans l'occultation de Sa face Il est dans de grandes miséricordes pour nous garder et nous sauver de tous les maux; et cela, ce mécréant-là ne l'a pas compris. Et sache que le terme 'biéï' (les œufs, ביעי) désigne l'amour, car il vient du terme 'béouta' (בעותא, la demande, le désir), et c'est la volonté du Créateur, béni soit-Il, de faire du bien; et la question était: quel bien vient à cause de l'amour véritable, et lequel vient de ce qu'Il 'paie à celui qui Le hait, en face, pour le faire périr'?
Et son intention était de lui montrer un signe et un examen dans l'acte: lequel est l'amour véritable. Et il lui répondit en apportant deux fromages (guévinéi, גביני); et le terme 'guévinéi' fait allusion au recouvrement, du terme 'o guiben' (או גבן, Lévitique 21,20), ou bien du terme 'gav' (גב, le dos), car le dos indique l'occultation de la face.
Et c'est de l'occultation de la face que tu peux comprendre quel amour et quel bien sont véritables et sont un amour éternel: car bien qu'Il ait caché Sa face, malgré tout cela Sa main est étendue sur nous et Il nous garde à chaque génération. Il n'en est pas ainsi des impies des nations du monde: lorsqu'Il s'est irrité contre eux, Il les a fait disparaître de devant Sa face; et il n'en est pas ainsi de notre peuple, la maison d'Israël, dont Il n'a pas abandonné la bonté et la vérité, et qui jusqu'ici ne nous a pas abandonnés, et Sa main est encore étendue pour passer au-dessus de nous et nous protéger, et pour nous donner grâce et faveur devant tous ceux qui nous tiennent captifs, dès maintenant et pour toujours, amen, à jamais, sela vaed:
לבאר בעזר אדון כל המימרא דדצייצי אמרו ליה דצייצי דמיית מהיכא נפיק רוחיה. אמר להו מהיכא דעייל נפיק.
ונבאר בעזר אדון כל מקודם הפסוק אדם כי ימות באוהל. ודרשו חכמינו ז"ל (ברכות סג:) אין דברי תורה מתקיימין אלא במי שממית עצמו עליה.
כי הן הן הדברים הנאמרים ונשנים למעלה שידבק אדם בכל כחותיו בתורה או בעבודת הקודש זו תפלה באופן שהדיבור מנהיג אותו בשכליות כמש"ל והוא נתבטל במציאות ממילא מכל פעולתיו הגשמיים. וזהו נקרא ממית עצמו, היינו העצמיות שבו הוא ממית שפירושו ביטול עצמותו ואז נדבק בהבורא ברוך הוא יתברך שמו, כי מחשבה של אדם נקרא עצמותו.
ומחמת מחשבותיו אין יכול לדבק בהבורא ברוך הוא והמתפלל בכל כוחו אזי הולך מחשבותיו בתוך האותיות ונתבטל מחשבותיו והרגשותיו ויהיה מדובק בהבורא ברוך הוא. וזהו נקרא ממית עצמו, כלומר שנתבטלה מחשבותיו ואין לו שום מחשבה וזו נקרא מיתה לצורך חיים שמתו ונתבטלו מחשבותיו לצורך חיים שנדבק מחשבתו והרגשותו באותיות שמדבר בכחו, כי אחר דיבודו באותיות הקדושים בכל כחו אזי האותיות מנהיגין את האדם ברוחניות.
נמצא מדובק בהבורא. ואחר הטוב ההוא שאנחנו דבקים בו יתברך שמו שהוא אין סוף מזה בא לנו כל הטובות והשפעות.
ועל דרך זה פירוש השאלה, כי מבואר בתיקוני זוהר הקדוש דהעוסקים בסודות התורה נמשלו לאפרוחים. וזה פירוש דצייצי דמיית, היינו אדם שממית עצמותו בעבודתו יתברך שמו בהי נפיק רוחא, פירוש להיכן מתדבק רוחם הטהור.
והשיב להם בהי דעייל נפיק, היינו בהאותיות עצמן שמתדבק ברוחניות האותיות. או פירוש שמדבק בהקדוש ברוך הוא שהוא הנותן חיים בתורה או בתפלה משים כל כוחותיו בהדבורים אזי מדבק רוחניות שלו בהבורא יתברך שמו והבן.
מי יתן והיה לבבם זה של עם בית אמוני שלומי בני ישראל שיתנו עיניהם ולבם כל הימים בתורה ובעבודה זו תפלה להדבק עצמו בהבורא יתברך שמו ויהא טוב להם בזה וברכות הטוב יחולו על ראשם אסנ"ו:
Expliquons, avec l'aide du Maître de tout, l'enseignement du poussin qui piaille: ils lui dirent, le poussin qui piaille (détsaytséi) et qui meurt, par où sort son esprit? Il leur dit: par où il est entré, il sort.
Et nous expliquerons, avec l'aide du Maître de tout, d'abord le verset 'un homme lorsqu'il meurt dans une tente' (Nombres 19,14). Et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué (Berakhot 63b): les paroles de Torah ne subsistent que chez celui qui se fait mourir sur elle.
Car ce sont bien les choses dites et répétées plus haut: que l'homme s'attache de toutes ses forces à la Torah ou au service saint, c'est-à-dire la prière, de telle sorte que la parole le conduise dans l'intellect, comme nous l'avons écrit plus haut, et qu'il soit annulé dans son existence, et par là même de toutes ses actions corporelles. Et c'est cela qui s'appelle 'se faire mourir soi-même': c'est-à-dire que c'est sa propre substance en lui qu'il fait mourir, ce qui signifie l'annulation de son moi; et alors il s'attache au Créateur, béni soit-Il, que Son nom soit béni.
Car la pensée de l'homme est appelée sa substance même, et c'est à cause de ses pensées qu'il ne peut s'attacher au Créateur, béni soit-Il. Et celui qui prie de toute sa force, alors ses pensées entrent à l'intérieur des lettres, et ses pensées et ses sensations sont annulées, et il sera attaché au Créateur, béni soit-Il.
Et c'est cela qui s'appelle 'se faire mourir soi-même', c'est-à-dire que ses pensées ont été annulées et qu'il n'a plus aucune pensée; et cela s'appelle une mort en vue de la vie, car ses pensées sont mortes et ont été annulées en vue de la vie, puisque sa pensée et sa sensation se sont attachées aux lettres qu'il prononce avec sa force. Car après avoir parlé dans les lettres saintes de toute sa force, alors les lettres conduisent l'homme dans la spiritualité; il se trouve donc attaché au Créateur.
Et après ce bien - que nous soyons attachés à Lui, que Son nom soit béni, Lui qui est sans fin (Eyn Sof) - de là nous viennent tous les biens et toutes les effusions. Et de cette manière s'explique la question: car il est expliqué dans les Tikouney Zohar, le saint, que ceux qui s'occupent des secrets de la Torah sont comparés à des poussins.
Et c'est le sens de 'le poussin qui piaille et qui meurt': c'est-à-dire l'homme qui fait mourir sa propre substance dans Son service, que Son nom soit béni; 'par où sort son esprit', c'est-à-dire: à quoi s'attache leur esprit pur? Et il leur répondit: 'par où il est entré, il sort', c'est-à-dire dans les lettres elles-mêmes, car il s'attache à la spiritualité des lettres.
Ou bien l'explication est qu'il s'attache au Saint, béni soit-Il, qui est celui qui donne la vie: dans la Torah ou dans la prière, il met toutes ses forces dans les paroles, et alors il attache sa propre spiritualité au Créateur, que Son nom soit béni; comprends-le. Puisse ce cœur être celui du peuple des fidèles, les paisibles enfants d'Israël, pour qu'ils mettent leurs yeux et leur cœur, tous les jours, dans la Torah et dans le service, c'est-à-dire la prière, afin de s'attacher eux-mêmes au Créateur, que Son nom soit béni; et qu'il leur soit bien en cela, et que les bénédictions du bien se posent sur leur tête, amen sela netsa'h vaed:
ועתה נבאר בעזר אדון כל המימרא אהוי לן מנא דלא שויא להבליה:
Et maintenant nous expliquerons, avec l'aide du Maître de tout, l'enseignement: montre-nous un ustensile qui ne vaut pas le dommage qu'il cause:
אמרו ליה אחוי לן מנא דלא שוויי לחבליה, אייתי בודיא פשטוה לא הוה עייל בתרעא. א"ל אייתי מרא סתרוה, היינו מנא דלא שויי' לחבליה.
ונבאר בעזר אדון כל והוא, כי ידוע שמדה המגונה בכל המדות היא הגאות והגסות רוח שבאדם שמחבב במעלותיו וחושב שכוחו ועוצם ידו עשה לו את החיל הזה. ואלו היה מאמין באמונה שלימה שכל הטובות והמעלות הם מושפעים מהבורא יתברך שמו בודאי לא היה עולה על לבו שום התנשאות ורוממות.
וגינו חכמינו ז"ל המדה הזאת עד שאמרו (סוטה ה.) אין אני והוא יכולין לדור כו'. ומבואר הדבר מעצמו מאחר ששם גאותו במעלותיו כאלו הטוב ההוא עשה בעצמו ומסתלק השגחת הבורא מעליו.
ולפי זה יבואר דברי השאלה הנ"ל ששאלו איזהו דבר ומדה מגונה מאד כדי לידע להתרחק ממנו יותר. וזו שאמרו אחוי לן מנא דלא שוי' לחבליה, רומז על דבר שאינו שוה היזק דהיינו שהוא גרוע ביותר.
אייתי בודיא פשטוהו, פירוש כינוי הגאוה בבודיא שהוא מלשון בודי שמחשב בדעתו שבו די ואין צריך להשפעת הבורא יתברך שמו ובודאי הוא גם כן דבר גרוע מאוד. וזה הפירוש ולא הוה עייל בתרעא, להורות שבאם מדבק את עצמו במדת הגאוה אזי לא יוכל ליכנס בפתחי התשובה לשוב לקונו כמאמר שהקדמנו אין אני כו'.
והדברים יובנו מאליהם כיון שמחשב שבו די ואין צריך לשפע הבורא וכדפרש"י כל ההולך בקומה זקופה כאלו דוחק רגלי השכינה, והיינו דלא עייל בתרעא, כלומר בזה השער לה' והוא כינוי להשכינה, דהיינו מלכות הבורא יתברך שמו. כיון שאמר בו די, כלומר שאין צריך למלכות הבורא ברוך הוא.
וזאת מהידוע שאין תיקונם לבעלי גאוה עד שיסתרו כולם ויעשה בנין חדש כמאמר וימלוך וימת.וזה איתי מרא סתרא והבן. אבל בענוים כתיב וענוים ירשו ארץ, אמן סלה נ"ו:
Ils lui dirent: montre-nous un ustensile qui ne vaut pas le dommage qu'il cause. Il apporta une natte (boudia), ils l'étendirent, et elle n'entrait pas par la porte.
Il leur dit: apportez une pioche (mara) et démolissez-la; c'est cela l'ustensile qui ne vaut pas le dommage qu'il cause. Et nous expliquerons, avec l'aide du Maître de tout, et voici: il est connu que la mesure la plus laide de toutes les mesures est l'orgueil et la grossièreté d'esprit qui sont dans l'homme, lorsqu'il se complaît dans ses qualités et pense que c'est sa force et la puissance de sa main qui lui ont fait cette réussite.
Or s'il croyait d'une foi entière que tous les biens et toutes les qualités sont déversés par le Créateur, que Son nom soit béni, il est certain qu'il ne lui monterait au cœur aucune élévation ni aucune exaltation de soi. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont blâmé cette mesure jusqu'à dire (Sota 5a): Moi et lui ne pouvons pas habiter [ensemble], etc.
Et la chose est claire par elle-même: puisqu'il place son orgueil dans ses qualités, comme si ce bien-là il l'avait fait de lui-même, la providence du Créateur se retire de lui. Et selon cela s'expliquent les paroles de la question mentionnée, car ils ont demandé: quelle est la chose, la mesure la plus laide de toutes, afin de savoir s'en éloigner davantage?
Et c'est ce qu'ils ont dit: montre-nous un ustensile qui ne vaut pas le dommage qu'il cause - cela fait allusion à une chose qui ne vaut pas le dommage, c'est-à-dire qui est la plus mauvaise de toutes. 'Il apporta une natte (boudia), ils l'étendirent': l'explication est que l'orgueil est désigné par 'boudia', qui vient de l'expression 'bo day' (בו די, en lui il y a assez), car il pense en son esprit qu'en lui il y a assez et qu'il n'a pas besoin de l'effusion du Créateur, que Son nom soit béni; et certes c'est là aussi une chose très mauvaise. Et c'est le sens de 'et elle n'entrait pas par la porte': pour enseigner que si l'homme s'attache lui-même à la mesure de l'orgueil, alors il ne pourra pas entrer par les portes du retour (techouva) pour revenir à son Créateur, selon l'enseignement que nous avons cité plus haut: Moi et lui, etc.
Et les choses se comprennent d'elles-mêmes, puisqu'il pense qu'en lui il y a assez et qu'il n'a pas besoin de l'effusion du Créateur; et comme l'explique Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki): quiconque marche la tête haute, c'est comme s'il repoussait les pieds de la Chekhina. Et c'est cela 'il n'entrait pas par la porte', c'est-à-dire par 'cette porte de ה'' (Psaumes 118,20), qui est une désignation de la Chekhina, à savoir la royauté du Créateur, que Son nom soit béni; puisqu'il a dit 'en lui il y a assez', c'est-à-dire qu'il n'a pas besoin de la royauté du Créateur, béni soit-Il.
Et cela fait partie du connu: il n'y a pas de tikoun (réparation) pour les orgueilleux jusqu'à ce qu'ils soient tous démolis et qu'un bâtiment nouveau soit fait, selon le propos 'et il régna, et il mourut' (Genèse 36,31-39). Et c'est cela 'apporte une pioche et démolis'; comprends-le.
Mais des humbles il est écrit: 'et les humbles hériteront la terre' (Psaumes 37,11), amen sela netsa'h vaed:
ונבאר מאמר שבת על מנת שתלמדני כל התורה כשאני עומד על רגל אחד. בא לו אצל הלל, אמר ליה מה דשנאוי לך לחברך לא תעביד ואידך פירושיה זיל גמור.
נראה, כי ידוע כי אנכי ולא יהיה לך מפי הגבורה שמענו, וכל התורה נכלל בה דכל התורה טעמיה לרמז באחדות הבורא. וכל טעמיה מרומזים כדי שבהם יהיה ניכר שאנחנו משועבדים ועובדים להבורא ברוך הוא.
ומלבד שעל פי הסוד מרומזים כל המצות על אחדות הבורא ברוך הוא עיין בספר החינוך להרא"ה, שכתב טעמי המצות הכל על אחדות הבורא ברוך הוא ושאנחנו אליו משועבדים ועובדים ולכן שמענו אנכי ולא יהיה לך מפי הגבורה, כי אנכי ולא יהיה לך המה טעמי כל התורה. וזהו מה שאמרו חכמינו ז"ל על הפסוק (שמות כ, א) וידבר א-להים את כל הדברים האלה לאמר, שאמר כל עשרת הדברות בכלל אחר כך אמר להם בפרט, כלומר שהודיע להם בפנימיות האחדות הבורא ברוך הוא וממילא השיגו המצות כאשר ביארנו במקומן בסוד של שבועות ואחר כך פרטן כל אחד ואחד בפני עצמו.
אך הלא ידוע, כי כל המצות של תורה נתחלקו על שני דברים. אחד, על המצות שבין ישראל לאבינו שבשמים כגון ציצית ותפילין וקרבנות וכל המצות ויש מצות שבין אדם לחבירו והם כלולים בכלל ואהבת לרעך כמוך כמו דאיתא ואהבת לרעך אמר ר' עקיבא זה כלל גדול בתורה.
אמנם שצריכין ליתן טעם שגם בין אדם לחבירו הוא נכלל בכלל אחדות הבורא ברוך הוא שהרי אנכי ולא יהיה לך מפי הגבורה שמענו, וכל התורה נכלל בהן. ואבאר לך שגם הם נכללים באחדות הבורא ברוך הוא שהלא כל עדת ישראל מאמינים שאל אחד בראנו וכל ישראל כאחד נקרא כנסת ישראל וזאת נקראת שכינה, ונמצא כשאנחנו באנו ממחצב אחד כשיש לאחד צער מרגיש גם חבירו כמו אדם אחד כשכואב לו אבר אחד מרגיש כל הגוף צער.
וכיון שאל אחד בראנו ונשמת ישראל באין ממחצב אחד כשיש לאחד צער גם חבירו מרגיש וכשיש לאחד מישראל שמחה גם חבירו מרגיש בשמחה:
Et nous expliquerons l'enseignement du traité Chabbat: à condition que tu m'enseignes toute la Torah pendant que je me tiens sur un seul pied. Il vint chez Hillel; il lui dit: ce qui t'est odieux, ne le fais pas à ton prochain, et le reste en est le commentaire, va et apprends.
Il semble [qu'il faut expliquer ainsi]: il est connu que 'Je suis' et 'Tu n'auras pas' (les deux premières paroles du Décalogue), nous les avons entendues de la bouche de la Guevoura (la Puissance divine), et toute la Torah y est incluse; car toutes les raisons de la Torah sont là pour faire allusion à l'unité du Créateur, et toutes ses raisons sont données par allusion afin que par elles l'on reconnaisse que nous sommes assujettis et que nous servons le Créateur, béni soit-Il. Et outre le fait que, selon le secret, toutes les mitsvot font allusion à l'unité du Créateur, béni soit-Il, vois dans le Sefer ha-Hinoukh de Rabbi Aharon ha-Levi (le Raa), qui a écrit que les raisons des mitsvot portent toutes sur l'unité du Créateur, béni soit-Il, et sur le fait que nous Lui sommes assujettis et que nous Le servons.
C'est pourquoi nous avons entendu 'Je suis' et 'Tu n'auras pas' de la bouche de la Guevoura, car 'Je suis' et 'Tu n'auras pas' sont les raisons de toute la Torah. Et c'est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit sur le verset (Exode 20,1) 'et Elokim prononça toutes ces paroles, pour dire': qu'Il a dit les dix paroles toutes ensemble, puis qu'Il les leur a dites en détail; c'est-à-dire qu'Il leur a fait connaître, dans l'intériorité, l'unité du Créateur, béni soit-Il, et par là même ils ont saisi les mitsvot, comme nous l'avons expliqué en son lieu dans le secret de Chavouot, et ensuite Il les a détaillées chacune en particulier.
Mais il est connu que toutes les mitsvot de la Torah se divisent en deux catégories. La première: les mitsvot entre Israël et notre Père qui est aux cieux, comme les tsitsit, les tefilin, les sacrifices et toutes les mitsvot; et il y a les mitsvot entre l'homme et son prochain, et celles-là sont incluses dans la règle 'et tu aimeras ton prochain comme toi-même', comme il est enseigné: 'et tu aimeras ton prochain' - Rabbi Akiva a dit: ceci est une grande règle dans la Torah.
Cependant il faut donner une raison montrant que ce qui est entre l'homme et son prochain est aussi inclus dans l'unité du Créateur, béni soit-Il, puisque 'Je suis' et 'Tu n'auras pas' nous les avons entendus de la bouche de la Guevoura et que toute la Torah y est incluse. Et je vais t'expliquer que celles-là aussi sont incluses dans l'unité du Créateur, béni soit-Il: car toute l'assemblée d'Israël croit qu'un Dieu unique nous a créés, et tout Israël comme un seul est appelé la communauté d'Israël (Knesset Israël), et cela est appelé la Chekhina.
Il se trouve donc que, puisque nous sommes venus d'une seule carrière, lorsque l'un a une souffrance son compagnon la ressent aussi, comme un seul homme chez qui, lorsqu'un membre lui fait mal, tout le corps ressent la souffrance. Et puisqu'un Dieu unique nous a créés et que les âmes d'Israël viennent d'une seule carrière, lorsque l'un a une souffrance son compagnon aussi la ressent, et lorsque l'un d'Israël a une joie son compagnon aussi ressent cette joie:
וזהו מה דשנאוי לך לחברך לא תעביד, כלומר כיון שיש לך צער מזה הדבר לא תעשה לחבירך, כי ראוי לצער עצמך בצרת חברך ולשמוח בשמחת חברך כיון שאל אחד בראנו וממחצב אחד אנחנו זה הוא הכולל כל המצות שבין אדם לחבירו. ונמצא גם מצות שבין אדם לחבירו היא בכלל אחדות הבורא ברוך הוא, שכיון שאנחנו מאמינים שאל אחד בראנו וממחצב אחד אנחנו ראוי להתעסק בטובת חבירו ולמנוע מלצער את חבירו.
וזה שאמר על מנת שתלמדני כל התורה כשאני עומד על רגל אחד, כלומר שכל המצות יהיה טעמן ופרושן אחדות הבורא ברוך הוא ואפילו המצות שבין אדם לחבירו יהיה טעמן אחדות הבורא ברוך הוא. ואמר הגר אני רוצה להתגייר שאבין שאפילו המצות שבין אדם לחבירו יהיה נכלל בכלל אחדות הבורא ברוך הוא.
ואז אתגייר ואעבוד את אחד יחיד ומיוחד שכשאבין זה אז אדע שהמשפטים שלהם בל ידעום ואין להם טעם ואפילו במשפטי הארץ צריך האדם לידע שאל אחד בראנו. ואמר לו הלל מה דשנאוי לך לחברך לא תעביד, כלומר שכל המצות שבין אדם לחבירו הוא האמת מה דשנוי לך לחבדך לא תעביד.
והטעם של זה הדבר הוא מחמת שאל אחד בראנו וממחצב אחד כולנו. נמצא כל אחד מישראל מרגיש בצרת חבידו ומשמח בשמחת חבידו ונמצא גם מצות שבין אדם לחבירו הטעם מחמת אחדות הבורא ברוך הוא נמצא כל המשפטים וכו'.
שלהם בל ידעום וגם בחוקי המדינות ובמשפט הארץ צריך אדם לעבוד לאל אחד ולהבין שהוא אחד יחיד ומיוחד. ולכן צריכין העמים להתהפך אל עם ה' ויקוים בנו אז יהפוך עמים אל עם ה' והלכו עמים רבים ואמרו אל בית יעקב לכו ונלכה באור ה' ונלכה באורחותיו אמן סלה:
Et c'est cela: ce qui t'est odieux, ne le fais pas à ton prochain; c'est-à-dire, puisque tu souffres de cette chose, ne la fais pas à ton prochain, car il convient de souffrir soi-même dans la détresse de son compagnon et de se réjouir dans la joie de son compagnon, puisqu'un Dieu unique nous a créés et que nous sommes d'une seule carrière; voilà ce qui englobe toutes les mitsvot entre l'homme et son prochain. Il se trouve donc que les mitsvot entre l'homme et son prochain sont elles aussi comprises dans l'unité du Créateur, béni soit-Il: puisque nous croyons qu'un Dieu unique nous a créés et que nous sommes d'une seule carrière, il convient de s'occuper du bien de son compagnon et de s'abstenir de le faire souffrir.
Et c'est ce qu'il a dit: à condition que tu m'enseignes toute la Torah pendant que je me tiens sur un seul pied; c'est-à-dire que toutes les mitsvot auront pour raison et pour explication l'unité du Créateur, béni soit-Il, et que même les mitsvot entre l'homme et son prochain auront pour raison l'unité du Créateur, béni soit-Il. Et le converti a dit: je veux me convertir à condition de comprendre que même les mitsvot entre l'homme et son prochain sont incluses dans l'unité du Créateur, béni soit-Il; et alors je me convertirai et je servirai l'Unique, seul et unifié.
Car lorsque je comprendrai cela, alors je saurai que 'leurs jugements, ils ne les connaissent pas' (d'après Psaumes 147,20) et qu'ils n'ont pas de raison [chez les nations]; et que même dans les jugements de la terre l'homme doit savoir qu'un Dieu unique nous a créés. Et Hillel lui a dit: ce qui t'est odieux, ne le fais pas à ton prochain; c'est-à-dire que toutes les mitsvot entre l'homme et son prochain, la vérité en est: ce qui t'est odieux, ne le fais pas à ton prochain.
Et la raison de cette chose, c'est qu'un Dieu unique nous a créés et que nous sommes tous d'une seule carrière. Il se trouve donc que chacun d'Israël ressent la détresse de son compagnon et se réjouit de la joie de son compagnon; il se trouve donc que la raison des mitsvot entre l'homme et son prochain, elle aussi, provient de l'unité du Créateur, béni soit-Il; il se trouve donc que 'tous les jugements', etc. - les leurs, ils ne les connaissent pas -, et que même dans les lois des États et dans le jugement de la terre, l'homme doit servir un Dieu unique et comprendre qu'Il est Un, seul et unifié.
Et c'est pourquoi il faut que les peuples se tournent vers le peuple de ה', et que se réalise en nous: alors Il tournera les peuples vers le peuple de ה', 'et des peuples nombreux iront et diront: ... maison de Yaakov, allons et marchons dans la lumière de ה'' (Isaie 2,3-5), et nous marcherons dans Ses sentiers, amen sela: