Ce passage poursuit une autre voie, plus juste : les nations se croient importantes auprès du Créateur, car rien ne leur manque de ce monde-ci, tandis qu'Israël est privé de tout bien. Rabbi Lévi Its'hak précède une difficulté : la Guemara dit « le salaire d'un commandement n'existe pas en ce monde-ci », or « Je donnerai vos pluies en leur temps » l'expose, et le salaire du monde à venir manque dans la Torah. Le salaire véritable est l'attachement (devekout) à Lui, source de tous les délices, trop grand pour être saisi ici. Le verset n'a pas été dit pour le salaire : Il prépare le nécessaire afin qu'on accomplisse Ses commandements et qu'on reste attaché à Son service.
Aussi : la meule brisée et la tsedaka qui relie l'avoir à l'Ein Sof (l'Infini) ; le champ de couteaux tué par la corne de l'âne : crainte et salaire d'abord, puis don parce qu'Il est grand et dominateur
ויש לבאר על פי דרך אחר יותר נכון, כי האומות העולם חושבים בדעתם שהמה חשובים אצל הבורא בהיות שלא נחסר להם כל טוב העולם הזה ואנחנו חסרים מכל טוב. ונקדים מה שקשה לכאורה מה שאמרו בגמרא שכר מצוה בהאי עלמא ליכא, והא חזינן מקרא מלא דבר הכתוב אם בחקותי תלכו וגו' ונתתי גשמיכם בעתם (ויקרא כו, ג) הרי מבואר בפירוש שכר מצוה.
ויותר קשה דלא מצינו כלום בתורה שכר עולם הבא כלל, והיה להתורה להשמיענו השכר האמיתי ולא נתינת גשם שהוא רק בהיות בחיים ולא לעולם יחיה אדם. לתרץ זה, צריך שתדע האמת ששכר אמיתי אין אדם יכול להשיג גודל התענוג ובהאי עלמא ליכא שכר מצות כלל.
כי לא נחשב להם לכלום כל תענוגי עולם הזה כלל, כי מה שנהנה מעולם הזה הוא ההכרח ולא יאחזו במותדי תענוגי עולם הזה והשכר האמיתי הוא במצות הדביקות בו יתברך שמו שהוא למעלה מכל התענוגים, כי הוא יתברך שמו מקור כל הברכות והתענוגים בעבור זה אין להמציא השכר בפועל תענוגי פרטי, כי האמת שהשכר הוא תענוגי כל התענוגים, והיינו בדביקות בו יתברך שמו שהוא מקור כל התענוגים. וזה מפורש בתורה ואתם הדבקים בה' גו' ובזה נכלל כל השכר ומה שאמד הכתוב אם בחקותי גו' ועשיתם אותם, דקשה מה משמיענו בהאי ועשיתם אותם.
ולפ"ד, פירושו הוא שהקדוש ברוך הוא הבטיח לנו אם נלך בחקותיו, יהיה לנו לסעד לעשות מצותיו. הגם שצריך לאדם דברים בעולם הזה ההכרחי שהם מבטלין מעבודתו יתברך שמו.
עם כל זה הבטיח לנו השם יתברך שיעזור לנו לקיים מצותיו. וביאר הכתוב שיצוה לנו את ברכתו כדי שירים לנו את ברכתו שיהיה לנו מוכן ההכרחי מעולם הזה ולא נצטרך לחפש אחריהם.
וזהו שמסיים ועשיתם אותם, היינו שהקדוש ברוך הוא הבטיח לנו שנעשה אותם. הגם שצורך האדם גם בגשמיות על זה מסיק ונתתי גשמיכם גו', היינו שיהיה לנו מזון בלי יגיע וכו'.ה ומכח זה נהיה דבקים בעבודתו תמיד ולא נאמר הכתוב לשכו', רק להורות לנו הדביקות בו יתברך שמו.
והיפך הוא בעזוב אותו חס ושלום יסתייע מילתא שלא לעבדו:
Et il y a lieu d'expliquer selon une autre voie, plus juste : les nations du monde pensent en leur esprit qu'elles sont importantes auprès du Créateur, du fait qu'il ne leur manque aucun bien de ce monde-ci, tandis que nous, nous sommes privés de tout bien. Et nous ferons précéder une difficulté apparente : ce qu'ils ont dit dans la Guemara, "le salaire d'un commandement n'existe pas en ce monde-ci" (Kidouchin 39b) ; or voici que nous voyons un verset explicite, "si vous marchez dans Mes lois...
Je donnerai vos pluies en leur temps" (Lévitique 26,3-4) - voici donc exposé expressément le salaire d'un commandement. Et plus difficile encore : nous ne trouvons rien du tout dans la Torah au sujet du salaire du monde à venir ; or il aurait convenu que la Torah nous fasse entendre le salaire véritable, et non le don de la pluie, qui n'est que du vivant de l'homme, et l'homme ne vit pas éternellement.
Pour résoudre cela, il te faut savoir la vérité : quant au salaire véritable, l'homme ne peut saisir la grandeur du délice, et en ce monde-ci il n'y a aucun salaire des commandements. Car tous les délices de ce monde-ci ne comptent pour eux pour rien du tout ; car ce dont ils jouissent de ce monde n'est que le nécessaire, et ils ne se saisissent pas du superflu des délices de ce monde-ci.
Et le salaire véritable est dans le commandement de l'attachement (devekout) à Lui, que Son Nom soit béni, qui est au-dessus de tous les délices ; car Lui, que Son Nom soit béni, est la source de toutes les bénédictions et de tous les délices. C'est pourquoi il n'y a pas lieu de faire apparaître le salaire en acte comme un délice particulier, car en vérité le salaire est le délice de tous les délices, à savoir l'attachement à Lui, que Son Nom soit béni, qui est la source de tous les délices.
Et cela est dit expressément dans la Torah : "et vous qui êtes attachés à ה'", etc. (Deutéronome 4,4) ; et en cela est inclus tout le salaire.
Et ce que dit le verset "si vous marchez dans Mes lois", etc., "et que vous les accomplissiez" - il est difficile de savoir ce que nous apprend ce "et que vous les accomplissiez". Et selon nos paroles, son explication est que le Saint, béni soit-Il, nous a promis que, si nous marchons dans Ses lois, cela nous sera un appui pour accomplir Ses commandements.
Bien que l'homme ait besoin en ce monde-ci des choses nécessaires, lesquelles le détournent de Son service, que Son Nom soit béni, malgré tout le Nom, béni soit-Il, nous a promis de nous aider à accomplir Ses commandements. Et le verset a expliqué qu'Il ordonnera pour nous Sa bénédiction, afin qu'Il élève pour nous Sa bénédiction, en sorte que le nécessaire de ce monde-ci nous soit tout prêt et que nous n'ayons pas besoin de courir après.
Et c'est ce par quoi il conclut "et vous les accomplirez", à savoir que le Saint, béni soit-Il, nous a promis que nous les accomplirions. Et bien que l'homme ait aussi besoin du matériel, sur cela il conclut "et Je donnerai vos pluies", etc., à savoir que nous aurons notre subsistance sans peine, etc.
Et par la force de cela nous serons attachés à Son service continuellement ; et le verset n'a pas été dit pour le salaire, mais seulement pour nous enseigner l'attachement à Lui, que Son Nom soit béni. Et l'inverse est vrai : si on L'abandonne, à Dieu ne plaise, la chose s'arrangera d'elle-même pour qu'on ne Le serve pas.
וזה פירוש הפסוק בתוכחה אם בחקותי תמאסו גר אף אני אעשה זאת לכם, להורות במלת זאת, שזה הדבר בעצמו שלא לעבוד יעשה חס ושלום זאת לסייע אותו שלא לעבוד והיינו שחס ושלום לא יצוה ברכותיו. ויהיו מניעת טרחות הצטרכות האדם מעבוד אותו יתברך שמו.
אבל אם נעבדנו יצוה ברכותיו ככתוב ונתתי גשמיכם גו', כדי לעבדו תמיד כנ"ל. ועל פי זה יבאד הבחינה לידע כל אדם בעבודתו אם מה שנותן להם הוא יתברך הוא טובה להיות מוכן לעבדו תמיד כנ"ל או חס ושלום לרעתו ככתוב ומשלם לשנאיו גו'.
והוא זה, אם רואה אחר שבא אליו הטובה הוא מתעורר במחשבתו לעשות רצון קונו הן בתורה והן בשאר מצות בודאי הוא לטובתו שהשם יתברך נתן לו כדי שיעבוד אותו. ואם מבעט בו בעשרו ככתוב וישמן ישורון ויבעט, הוא חס ושלום לדעתו כל דבר נמשך אל שורשו, כי משורש טוב לא ימנע מהלוך בתמים ונמצא בזה מתקשר לעבודתו והיפך הוא בהיפוך ר"ל:
Et telle est l'explication du verset, dans les réprimandes : "si vous méprisez Mes lois", etc., "Moi aussi Je vous ferai ceci (zot)" (Lévitique 26,15-16) - pour enseigner, par le mot "ceci", que cette chose même, de ne pas Le servir, Il la fera, à Dieu ne plaise : l'aider à ne pas servir ; à savoir que, à Dieu ne plaise, Il n'ordonnera pas Ses bénédictions, et que les peines des besoins de l'homme deviendront un empêchement de Le servir, que Son Nom soit béni. Mais si nous Le servons, Il ordonnera Ses bénédictions, comme il est écrit "et Je donnerai vos pluies", etc., afin de Le servir continuellement, comme dit plus haut.
Et par là s'explique le critère permettant à tout homme de savoir, dans son service, si ce que Lui, béni soit-Il, leur donne est un bien, pour qu'il soit disposé à Le servir toujours, comme dit plus haut, ou bien, à Dieu ne plaise, pour son mal, comme il est écrit "et Il paie Ses ennemis en face", etc. (Deutéronome 7,10).
Et le voici : si, après que le bien lui est venu, il s'éveille dans sa pensée à faire la volonté de son Créateur, tant dans la Torah que dans les autres commandements, assurément c'est pour son bien que le Nom, béni soit-Il, le lui a donné, afin qu'il Le serve. Et s'il regimbe contre Lui dans sa richesse, comme il est écrit "Yechouroun s'est engraissé et il a regimbé" (Deutéronome 32,15), c'est, à Dieu ne plaise, le contraire.
Et pour le savoir : toute chose est tirée vers sa racine, car d'une racine bonne on ne sera pas empêché de marcher dans l'intégrité, et l'on se trouve ainsi relié à Son service ; et l'inverse est vrai dans le cas inverse, que le Miséricordieux nous en préserve (ר"ל, rahmana litslan).
ועל דרך זה הוא פירוש הגמרא ששאלו אית לן בירא בדברא עיילא למתא, היינו שהשפע היום אצל האומות. ועיילינהו למתא, כלומר שיהיה לישראל שאומות העולם נמשלו למדבר מקום חצונים וישראל נמשלו לישוב מקום הקדושה.
והשיב להם ריב"ח שהשפע שלהם אינם רוצים ישראל, כי הוא מצד משלם לשונאיו אל פניו להאבידו, כי אפשילו לי חבלי מפארי, היינו ששאל אותם אי נתקשרו בהבורא יתברך שמו מהטוב ההוא שיש להם והמשיל טובתם לפארי, כי גרוע העושר אשר לא בא סיוע עבודתו מזה. והיינו תיבת חבל, כלומר התקשרות אם אחר טובתם אתם מקושרים בו יתברך שמו אזי הוא ממנו יתברך והאומות אינם מקושרים בו יתברך שמו אחרי טובתם והשפעתם.
וזה אפשילו לי חבלי, כלומר קשר בו יתברך שמו מדברים גרועים, כי עשרם ותענוגם הוא כדברים הגרועים לרעותם ואינם נקשרים בו יתברך שמו. אמנם אנחנו נקשרים בו יתברך שמו אחר טובתינו והשפעתינו שמשפיע לנו:
Et de cette manière s'explique la Guemara, où ils demandèrent : "nous avons un puits dans le champ, fais-le entrer en ville" - à savoir que l'abondance (chefa) est aujourd'hui chez les nations. "Et fais-le entrer en ville", c'est-à-dire qu'elle soit à Israël ; car les nations du monde sont comparées au désert, lieu des forces extérieures (hitsonim), et Israël est comparé à l'endroit habité, lieu de la sainteté.
Et Rabbi Yehochoua ben Hanania (ריב"ח) leur répondit qu'Israël ne veut pas de leur abondance, car elle relève de "et Il paie Ses ennemis en face pour les faire périr" (Deutéronome 7,10). "Car tressez-moi des cordes avec du son (paréi, les balles du grain, chose sans valeur)" - à savoir qu'il leur demanda s'ils se sont reliés au Créateur, que Son Nom soit béni, à partir de ce bien qu'ils ont ; et il a comparé leur bien au son, car médiocre est la richesse dont il ne résulte aucune aide pour Son service.
Et tel est le mot "corde" (חבל), c'est-à-dire un lien : si, après leur bien, vous êtes reliés à Lui, que Son Nom soit béni, alors il vient de Lui, béni soit-Il ; mais les nations ne sont pas reliées à Lui, que Son Nom soit béni, après leur bien et leur abondance. Et tel est "tressez-moi des cordes", c'est-à-dire : un lien avec Lui, que Son Nom soit béni, à partir de choses viles ; car leur richesse et leur délice sont comme des choses viles, pour leur mal, et ils ne se relient pas à Lui, que Son Nom soit béni.
Tandis que nous, nous nous relions à Lui, que Son Nom soit béni, après notre bien et l'abondance qu'Il fait couler sur nous.
לבאר השאלה השישית בעזר אדון כל אמרו ליה אית לן ריחייא דתבירי חייטיא. אמר להו כרוכי לי גרדי מיניה ואחיטיה.
וזהו הפירוש בעזר אדון כל. הקדמת הענין מבואר לכל משכיל, שאנחנו עם ה' אלה מאמינים אמונה שלימה שתכלית אדם השלם לידבק נפשו בהבורא יתברך שמו.
וכשהוא דבוק בכל מעשיו ועניניו בהבורא יתברך שמו אינו נחסר מכל הצטרכותו כלום, כי הוא יתברך שמו מקור כל הברכות ומקור החיים גם ה' יתן הטוב והברכה להדבק בו. ועל דרך זה פירוש הגמרא (גיטין ז.) הרואה שנכסיו מתמוטטין יעשה מהן צדקה.
ולכאורה אינו מובן לעיני השכל דמה נשתנה מצוה זה מכל שאר מצות שבתורה. והענין יובן, שהתורה מלמדת לאדם דרך הנכונה לעבודתו יתברך שמו כשהאדם שם בטחונו באיזה דבר מטובת עולם הזה הוא מראה כאילו אותו דבר יש לו חס ושלום כח להפעיל זולת הבורא ברוך הוא ממילא נפסק מזה הדבר דביקות ושפע של הבורא ברוך הוא.
וזה ששמעתי ממורי הגאון בוצינא קדישא המפורסם מוה' דוב בער זלה"ה מ"מ דק"ק מעזריטש, פירוש וימלוך וימת. כיון ששם אדם הבטחון באיזה דבר הוא ממליך אותו הדבר על עצמו ונפסק הבטחון ממנו יתברך שמו לכן נגרע פרנסתו ממנו וזהו וימת.
אך אל ה' לבדו ישים בטחונו ויבחון במעשיו שכל דבר אין בו כח זולת הבורא יתברך שמו אזי מדבק ומקשר כל ענינו בהבורא יתברך שמו והוא יתברך שמו מקור כל הברכות ומקור חיים אזי שורה בכל מעשיו ועניניו כל הברכות והשפע, כי הוא מדבק כל הדברים באין סוף. והנה בראות האדם שנכסיו מתמוטטין העצה הנכונה שיעשה מהן צדקה.
ביאור הדבר, כשמפזר מעותיו בנדיבת לב נמצא מראה בפועל שאינו שם בטחונו במעותיו ואדרבה שם בטחונו בהשם יתברך וכשהוא מתדבק בו יתברך שמו אזי מתדבק ומתקשר בו יתברך שמו כל עשייתיו ורכושו והוא באין סוף ומכח זה שורה הברכה ובכל אשר יפנה יצליח ויתרבה נכסיו עד מאוד ומשום הכי צדקו בדבריהם שאמרו יעשה מהן צדקה:
Pour expliquer, avec l'aide du Maître de tout, la sixième question : "Ils lui dirent : nous avons une meule brisée, couds-la. Il leur dit : tressez-moi des fils (gardéi) à partir d'elle et je la coudrai." Et voici l'explication, avec l'aide du Maître de tout.
L'introduction du propos est claire pour tout homme intelligent : nous, ce peuple de ה', nous croyons d'une foi parfaite que la finalité de l'homme parfait est que son âme s'attache au Créateur, que Son Nom soit béni. Et lorsqu'il est attaché, dans toutes ses actions et toutes ses affaires, au Créateur, que Son Nom soit béni, il ne lui manque rien de tout son nécessaire ; car Lui, que Son Nom soit béni, est la source de toutes les bénédictions et la source de la vie, et aussi ה' donnera le bien et la bénédiction à celui qui s'attache à Lui.
Et de cette manière s'explique la Guemara (Guitin 7a) : "celui qui voit que ses biens chancellent, qu'il en fasse de la tsedaka (charité)". Et à première vue cela ne se comprend pas aux yeux de la raison : en quoi ce commandement diffère-t-il de tous les autres commandements de la Torah ?
Mais la chose se comprendra ainsi : la Torah enseigne à l'homme la voie droite pour Son service, que Son Nom soit béni. Quand l'homme place sa confiance en quelque chose des biens de ce monde-ci, il montre comme si cette chose avait, à Dieu ne plaise, un pouvoir d'agir en dehors du Créateur, béni soit-Il ; d'elle-même se trouvent alors coupées, de cette chose, l'attache et l'abondance du Créateur, béni soit-Il.
Et c'est ce que j'ai entendu de mon maître le gaon, la lampe sainte renommée (boutsina kadicha), notre maître le rav Dov Ber, que le souvenir du juste soit une bénédiction pour la vie du monde à venir (זלה"ה), magguid (prédicateur) de la sainte communauté de Mezeritch, sur l'explication de "et il régna... et il mourut" (Genèse 36) : dès lors que l'homme place sa confiance en quelque chose, il fait régner cette chose sur lui-même, et la confiance en Lui, que Son Nom soit béni, se trouve coupée ; c'est pourquoi sa subsistance lui est retranchée, et c'est là "et il mourut". Mais qu'il place sa confiance en ה' seul, et qu'il examine dans ses actes qu'aucune chose n'a de pouvoir en dehors du Créateur, que Son Nom soit béni ; alors il attache et relie toute son affaire au Créateur, que Son Nom soit béni, et Lui, que Son Nom soit béni, est la source de toutes les bénédictions et la source de la vie ; alors reposent sur toutes ses actions et toutes ses affaires toutes les bénédictions et toute l'abondance, car il attache toutes les choses à l'Ein Sof (l'Infini).
Et voici : quand l'homme voit que ses biens chancellent, le conseil juste est qu'il en fasse de la tsedaka. Explication de la chose : lorsqu'il disperse son argent avec générosité de cœur, il se trouve qu'il montre en acte qu'il ne place pas sa confiance en son argent, mais au contraire qu'il place sa confiance dans le Nom, béni soit-Il ; et quand il s'attache à Lui, que Son Nom soit béni, alors s'attachent et se relient à Lui, que Son Nom soit béni, toutes ses actions et tout son avoir, et cela est dans l'Ein Sof ; et par la force de cela repose la bénédiction, et en tout ce vers quoi il se tournera il réussira, et ses biens se multiplieront à l'extrême.
Et c'est pourquoi ils ont eu raison dans leurs paroles en disant : "qu'il en fasse de la tsedaka".
וזה שאמר הפסוק (משלי יא, כד) יש מפזר ועושה צדקות בנדיבת לבו הטהור עיקר בטחונו בהבורא יתברך שמו ונוסף עוד והוא מקור כל הברכות לכן יתברך האדם וניתוסף לו עוד ברכה ושפע. וצריך שתדע דריחייא היא משל על הפרנסה כמו ריחייא דטחנן מנא לצדיקיא דתבירו, היינו שלפעמים מתמוטט ונעדר ממנו פרנסתו.
במה חייטיה, פירוש שתחזור הפרנסה אליו ויהיה שלם בממונו. וזה דבר התשובה דשקל פיסקא מיניה שדא להו כו', היינו דשקלינן ממה דאיתותר ועבדינן מיניה צדקות בנדבת לבו הטהור וישים עיקר בטחונו בהבודא יתבדך שמו ומדבק את עצמו במקור החיים אזי ניתוסף פרנסתו, כי הוא נדבק במקור שהוא מקור כל הטובות והברכות ומקשר ומדבק כל עשיותיו וענינו בהבורא יתברך שמו.
ותיבת גרדי מלשון חבל, פירוש שבזה נקשד ונדבק כל עשייתיו בהבורא יתברך שמו לכן ברכות הטובה יחולו על ראשו ויחי עוד לנצח וצוה ה' את הברכה חיים עד העולם:
Et c'est ce que dit le verset (Proverbes 11,24) : "tel disperse et il lui est ajouté encore" - celui qui disperse et fait des actes de tsedaka avec la générosité de son cœur pur, l'essentiel de sa confiance est dans le Créateur, que Son Nom soit béni, "et il lui est ajouté encore" ; et Lui est la source de toutes les bénédictions, c'est pourquoi l'homme est béni et il lui est ajouté encore bénédiction et abondance. Et il te faut savoir que la meule (réhaya) est une parabole de la subsistance, comme dans "les meules qui moulent la manne pour les justes" ; "qui est brisée", à savoir que parfois elle chancelle et sa subsistance lui manque.
"Par quoi la coudre ?", explication : par quoi la subsistance lui reviendra-t-elle et sera-t-il complet dans son bien ? Et telle est la réponse : "il préleva un morceau d'elle et le leur jeta", etc., à savoir que nous prenons de ce qui reste et que nous en faisons des actes de tsedaka avec la générosité de son cœur pur ; et qu'il place l'essentiel de sa confiance dans le Créateur, que Son Nom soit béni, et qu'il s'attache lui-même à la source de la vie ; alors sa subsistance lui sera augmentée, car il est attaché à la source, qui est la source de tous les biens et de toutes les bénédictions, et il relie et attache toutes ses actions et toute son affaire au Créateur, que Son Nom soit béni.
Et le mot gardéi (fils tressés) est un terme de corde ; explication : c'est par cela que toutes ses actions sont reliées et attachées au Créateur, que Son Nom soit béni ; c'est pourquoi les bénédictions du bien reposeront sur sa tête et il vivra encore à jamais, "car là ה' a ordonné la bénédiction, la vie pour toujours" (Psaumes 133,3).
לפרש בעזר אדון כל המימרא משרי דסכינא אמרו ליה משרי דסכיני במאי קטלי ליה. אמר להו בקרנא דחמרא.
ומי איכא קרנא לחמרא ומי איכא מישרי דסכיני. אמת נכון הדבר שתכלית בריאת אדם בעולם הזה לעבוד את הבורא ברוך הוא וברוך שמו.
וידוע, כי יש שני מיני עבדות להבורא יתברך שמו. יש שהוא עובד להבורא בגין דאיהו רב ושליט עיקרא ושרשא דכל עלמין, וראוי ונכון לעשות רצון הבורא בהעלות זאת על לבו שזכה להיות עבד להבורא יתברך שמו ושעושה לו נחת רוח בעבודתו אזי ראוי למסור נפשו ומאודו לעבודתו.
ויש שעובד להשם מיראת עונש ומאהבת קבלת השכר. והאמת הוא, בהתחלת עבודתו אין באפשר לאדם לעבוד בבחינה זו בגין דאיהו רב ושליט, כי מכח הגשמיות והחומריות שבו אינו משיג גדול רוממות הבורא יתברך שמו.
אבל בשכבר התחיל לעבוד השם מחמת יראתו יתברך שמו והוסר הגשמיות ממנו מכח העבדות אז יבא האדם לעבור אותו בבחינה זו ויחזיק במעוזו לעבוד הבורא יתברך שמו באהבה בלי מצפה לתשלום גמול כפועל אשר שכרו יקוה. ועל ידי זה יובן המדרש כי לקח טוב נתתי לכם תורתי אל תעזובו, יכול בלקיחה, תלמוד לומר נתתי.
יכול בנתינה, תלמוד לומר לקח. כי שני מיני עבדות הנ"ל מכונים בשם לקיחה ונתינה.
והוא, כי העובד ה' מיראת העונש ומאהבת שכר כמו לקיחה יחשב שנתן אדם איזה דבר וכו'. לחבירו ולוקח ממנו דבר אחר, כן באיש הזה העובד את ה' להשיג ממנו מבוקשו, דהיינו הצלה מן עונש וקבלת שכר הוי לקיחה אבל העובד ה' בגין דאיהו רב ושליט כמתנה יחשב העבדות ההוא כיון שאינו מצפה לתשלום גמול.
והאמת שהוצרך האדם לב' מיני עבדות אלו כאשר ביארנו לעיל. וזה פירוש המדרש כי לקח טוב כו', שצריך אדם לעבדות המכונה בשם לקיחה ממילא יבא לעבדות השלימות האמיתי המכונה בשם נתינה:
Pour expliquer, avec l'aide du Maître de tout, le propos du "champ de couteaux" : "Ils lui dirent : un champ de couteaux, par quoi le tue-t-on ? Il leur dit : par la corne d'un âne.
Et y a-t-il une corne à l'âne, et y a-t-il un champ de couteaux ?" Il est vrai et juste que la finalité de la création de l'homme en ce monde-ci est de servir le Créateur, béni soit-Il et béni soit Son Nom. Et il est connu qu'il y a deux sortes de service du Créateur, que Son Nom soit béni.
Il en est qui sert le Créateur "parce qu'Il est grand et dominateur, principe et racine de tous les mondes" (beguin de-ihou rav ve-challit, expression du Zohar) ; et il est juste et droit de faire la volonté du Créateur en élevant cela sur son cœur : qu'il a mérité d'être serviteur du Créateur, que Son Nom soit béni, et qu'il Lui procure un contentement d'esprit (na'hat roua'h) par son service ; alors il convient de livrer son âme et tout son avoir à Son service. Et il en est qui sert le Nom par crainte du châtiment et par amour de recevoir le salaire.
Et la vérité est qu'au commencement de son service il n'est pas possible à l'homme de servir selon cet aspect "parce qu'Il est grand et dominateur", car par la force de la corporalité et de la matérialité qui sont en lui il ne saisit pas la grandeur de l'élévation du Créateur, que Son Nom soit béni. Mais lorsqu'il a déjà commencé à servir le Nom en raison de Sa crainte, que Son Nom soit béni, et que la corporalité s'est ôtée de lui par la force du service, alors l'homme viendra à Le servir selon cet aspect, et il se saisira de Sa forteresse pour servir le Créateur, que Son Nom soit béni, avec amour, sans attendre de rétribution comme l'ouvrier qui espère son salaire.
Et par cela se comprendra le midrach : "car Je vous ai donné un bon enseignement (lekah, littéralement une prise), n'abandonnez pas Ma Torah" (Proverbes 4,2) - on pourrait croire que c'est par une prise (lékiha), c'est pourquoi il est dit "Je vous ai donné" ; on pourrait croire que c'est par un don, c'est pourquoi il est dit "lekah" (prise). Car les deux sortes de service mentionnées plus haut sont désignées des noms de "prise" et de "don".
Et le voici : celui qui sert ה' par crainte du châtiment et par amour du salaire, cela est compté comme une prise ; car de même qu'un homme donne quelque chose, etc., à son compagnon et prend de lui une autre chose, ainsi en est-il de cet homme qui sert ה' pour obtenir de Lui ce qu'il demande, à savoir d'être sauvé du châtiment et de recevoir un salaire : c'est une prise. Mais celui qui sert ה' "parce qu'Il est grand et dominateur", ce service-là est compté comme un don, puisqu'il n'attend pas de rétribution.
Et la vérité est que l'homme a eu besoin de ces deux sortes de service, comme nous l'avons expliqué plus haut. Et telle est l'explication du midrach "car Je vous ai donné un bon enseignement", etc. : l'homme a besoin du service désigné du nom de "prise", et de lui-même il viendra au service de la perfection véritable, désigné du nom de "don".
וזה פירוש הפסוק (דברים ו, כד) ויצונו ה' לעשות וגו' לטוב לנו כל הימים לחיותנו כיום הזה וצדקה תהיה לנו כי נשמור לעשות וגו' כאשר ציונו. ומרומז בפסוק זה ב' מיני עבדות אלו כפי הכלל הנ"ל שצריך אדם מפאת גשמיותיו וחומריותו לעבוד בתחלת עבודתו מיראת העונש ומאהבת השכר וממילא כשיהיו עובדים להבורא יתברך שמו אזי נכיר גדולתו ורוממתו ונהיה עובדים בגין דאיהו רב ושליט.
וידוע בעת קבלת התורה נזדכך חומריותם וגשמיותם של ישראל והיו מכירים גדולת הבורא יתברך שמו והיו עובדים בגין דאיהו רב ושליט. וזהו פירוש הפסוק ויצוונו ה' לעשות וגו' לטוב לנו כל הימים ולחיותינו וגו', זהו בחינת אהבת קבלת שכר טובת העולם הזה בתחילת עבודתו וזה סיבה לבא לעבודת ה' בתמים בגין דאיהו רב ושליט ועבודה זו האמיתית נחשב למתנה כיון שאינו מצפה לתשלום גמול ונמשל לצדקה.
וזהו פירוש סיפא דקרא וצדקה תהיה לנו כי נשמור לעשות כאשר ציונו. יורה כמו במתן תודה שצוה לנו בגין דאיהו רב ושליט.
והנה כבר ביארנו למה צדיכין אנחנו לב' עבדות אלו, כי בתחלה אדם מגושם בגשמיות וחומריות ואינו מניח לו להשיג גדולת הבורא , אך אחר כך כשעושה מצות נשבר חומרתו וגשמותו ויכול להשיג בגין דאיהו רב ושליט ועובד מאהבה בלי יקוה לתשלום גמול. אך בתחלה צריך לעבוד על מנת לקבל פרס כדי שלהחומר יהיה גם כן חלק.
וזהו פירוש השאלה האי מישרי דסכינא במאי קטלי ליה, כי היצר הרע נמשל למישרי דסכיני, כי הוא אורב לאדם ורוצה להמיתו במאי קטלי ליה שנוכל לעבוד הבורא יתברך שמו. וזהו דבר התשובה בקרנא דחמרא, פירוש בדבר שהוא קרן ותכלית אצל החומר, היינו יראת העונש ולקבל שכר שהוא קרן אצל החומר ותכלית לחומר זה התחלה לעבודתו כמו שביארנו ותן לחכם ויחכם עוד:
Et telle est l'explication du verset (Deutéronome 6,24-25) : "et ה' nous a ordonné d'accomplir", etc., "pour notre bien tous les jours, pour nous faire vivre comme en ce jour ; et ce sera pour nous une justice (tsedaka) si nous prenons garde d'accomplir", etc., "comme Il nous l'a ordonné". Et il est fait allusion dans ce verset à ces deux sortes de service, selon la règle mentionnée plus haut : l'homme, du fait de sa corporalité et de sa matérialité, doit servir au commencement de son service par crainte du châtiment et par amour du salaire ; et de soi, lorsqu'ils serviront le Créateur, que Son Nom soit béni, alors nous reconnaîtrons Sa grandeur et Son élévation, et nous servirons "parce qu'Il est grand et dominateur".
Et il est connu qu'au moment du don de la Torah la matérialité et la corporalité d'Israël se sont affinées, et ils reconnaissaient la grandeur du Créateur, que Son Nom soit béni, et ils servaient "parce qu'Il est grand et dominateur". Et telle est l'explication du verset "et ה' nous a ordonné d'accomplir", etc., "pour notre bien tous les jours et pour nous faire vivre", etc. : c'est l'aspect de l'amour de recevoir un salaire, le bien de ce monde-ci, au commencement de son service ; et cela est la cause qui fait venir au service de ה' dans l'intégrité, "parce qu'Il est grand et dominateur" ; et ce service véritable est compté comme un don, puisqu'il n'attend pas de rétribution, et il est comparé à la tsedaka.
Et telle est l'explication de la fin du verset : "et ce sera pour nous une tsedaka si nous prenons garde d'accomplir comme Il nous l'a ordonné" - cela enseigne que c'est comme un don de gratitude, du fait qu'Il nous l'a ordonné, "parce qu'Il est grand et dominateur". Et voici, nous avons déjà expliqué pourquoi nous avons besoin de ces deux services : car au commencement l'homme est épaissi de corporalité et de matérialité, et cela ne lui permet pas de saisir la grandeur du Créateur ; mais ensuite, lorsqu'il accomplit les commandements, sa matérialité et sa corporalité se brisent, et il peut saisir "parce qu'Il est grand et dominateur", et il sert par amour sans espérer de rétribution.
Mais au commencement il lui faut servir en vue de recevoir une récompense, afin que la matière ait elle aussi sa part. Et telle est l'explication de la question "ce champ de couteaux, par quoi le tue-t-on ?" : car le mauvais penchant (yetser hara) est comparé à un champ de couteaux, car il guette l'homme et veut le faire mourir ; "par quoi le tue-t-on", afin que nous puissions servir le Créateur, que Son Nom soit béni.
Et telle est la réponse, "par la corne d'un âne" (be-karna de-hamra), explication : par ce qui est un capital (keren, le même mot que "corne") et une finalité pour la matière (homer, de même racine que hamor, l'âne), à savoir la crainte du châtiment et le fait de recevoir un salaire, qui sont un capital pour la matière et une finalité pour la matière ; cela est le commencement de son service, comme nous l'avons expliqué - "donne au sage et il deviendra plus sage encore" (Proverbes 9,9).
ונבאר בעזר אדון כל המימרא דתרתי ביעי:
Et nous expliquerons, avec l'aide du Maître de tout, le propos des "deux œufs".