Ce passage poursuit l'explication des « paroles mensongères » : celui qui n'a pas commencé le service s'imagine une créance de salaire, alors que le tsadik sait que le salaire est un don de bonté. Rabbi Lévi Its'hak explique le quatrième propos, « construis-nous une maison dans l'air » : l'homme matériel s'attache à l'Ein Sof par les lettres spirituelles de la parole, en mettant toutes ses forces dans chaque mot (téiva) de Torah ou de prière. Il rapporte de Dov Ber de Mezeritch que « viens dans l'arche » signifie entrer dans le mot. Au début le mot conduit l'homme ; s'il persévère, il conduit le mot et fait descendre l'abondance jusqu'au monde de l'action.
Aussi : le puits du champ : la haine gratuite retarde la délivrance ; l'unité d'Israël ne vient que par une techouva parfaite.
ועל דרך זה הוא פירוש השאלה ששאלו אימא לן מילי דכדיבי, היינו האיך הוא העבודה דכדיבי שסובר שעושה ואינו כן. ואמר להו הוה לן כודנייתא דילדה.
ותפסו חכמינו ז"ל במשל כודנייתא, שהוא הפרד ממזר והוא המשל לדברים חצונים. ומחמת שהעיקר תולדותיהם של צדיקים מעשים טובים משום הכי המשילו המצוה בלידה, והיינו שאף שהאמת הוא שעדיין לא התחיל בעבודת הבורא ברוך הוא.
עם כל זה הוא סבור דקיים המצות ככל משפטן ומצפה לקבל פרס גדול. וזה שסיים והוה תלי ליה פתקא וכתב בה דמסיק בבי אבא אלפא מאה זוזי.
והיינו דמסיק שמחויב הקדוש ברוך הוא ליתן שכרו. והאמת הוא שאינו מחויב רק מתנת חנם ומאין יבא שכרו דהאמת הוא לעובד ה' שישיג דלא מסיק בקודשא בריך הוא כלום, כי צריך לעבדו יותר ויותד בקדושה על הטוב ההוא אשר עמנו ולא לקבלת שכר הבא, כי עדיין לא יצא מידי העבודה המחויב בעבור הטוב ההוא ובחסדו הגדול הוא שהטיב יתברך עמנו שנותן לנו שכר.
אמרו ליה וכודנייתא מי ילדה לא נמצא כודנייתא מי שמושרש בקליפה שילדה, כלומר שיעשה מצות כהוגן, היינו ששאלו וגם מי שלא התחיל עבודת הבורא היתכן שיצפה לשכר ויחשוב בדעתו דמסיק ביה בקודשא בריך הוא שכרו וידמה לו שעשה מצוה וחושב במחשבתו שיקבל פדס ולא עבד עבודת הבורא ברוך הוא. והן הם מילי דכדיבי דהצדיק העובד באמת משיג הוא שלא הגיע עדיין להתחיל עבודת ה' והשכר שנותן השם יתברך הוא רק בחסדו הגדול אשד דרכו להטיב:
Et de la même manière s'explique la question qu'ils posèrent : "dis-nous des paroles mensongères" - à savoir : en quoi consiste le service mensonger, celui de l'homme qui pense agir alors qu'il n'en est rien. Et il leur dit : "il y avait chez nous une mule qui enfanta".
Et nos sages, de mémoire bénie, ont pris pour parabole la mule (koudnaïta), qui est le mulet, un bâtard (mamzer), et qui est la parabole des choses extérieures (les forces du dehors). Et parce que l'essentiel de ce qu'engendrent les tsadikim (justes), ce sont les bonnes actions, c'est pourquoi ils ont comparé le commandement à un enfantement.
C'est-à-dire que, bien que la vérité soit qu'il n'a pas encore commencé le service du Créateur, béni soit-Il, il pense malgré tout avoir accompli les commandements selon toutes leurs règles, et il attend de recevoir un grand salaire. Et c'est ce par quoi il conclut : "et un document était suspendu à elle, et il y était écrit qu'elle avait sur la maison de mon père une créance de cent mille zouz".
Et le sens de demasik ("il a une créance") est qu'il tient le Saint, béni soit-Il, pour obligé de lui donner son salaire. Or la vérité est qu'Il n'y est pas obligé : ce n'est qu'un don gratuit.
Et d'où lui viendrait son salaire ? Car la vérité, pour celui qui sert ה', est qu'il saisit qu'il n'a aucune créance sur le Saint, béni soit-Il ; car il lui faut Le servir toujours plus, dans la sainteté, pour ce bien-là qui est avec nous, et non pour recevoir un salaire à venir, puisqu'il ne s'est pas encore acquitté du service qui est dû pour ce bien-là ; et c'est par Sa grande bonté que Lui, béni soit-Il, nous a fait du bien en nous donnant un salaire.
Ils lui dirent : "et est-ce qu'une mule enfante ?" - à savoir : il ne se trouve pas qu'une mule, c'est-à-dire celui qui est enraciné dans la kelipa (l'écorce, la force impure), enfante, autrement dit qu'il accomplisse les commandements comme il convient. C'est-à-dire qu'ils demandaient : et celui-là même qui n'a pas commencé le service du Créateur, est-il concevable qu'il espère un salaire, qu'il pense en son esprit avoir sur le Saint, béni soit-Il, une créance de son salaire, qu'il s'imagine avoir accompli un commandement et pense en sa pensée qu'il recevra un salaire, alors qu'il n'a pas servi le service du Créateur, béni soit-Il ?
Et ce sont bien là des paroles mensongères. Car le tsadik qui sert en vérité saisit qu'il n'est pas encore parvenu à commencer le service de ה', et que le salaire que donne le Nom, béni soit-Il, n'est que par Sa grande bonté, Lui dont la voie est de faire du bien.
לפרש בעזר אדון כל המימרא הרביעית אמרו ליה בני לן ביתא באוירא דעלמא אמר שם ותלא בין רקיע לארעא אמר להו אסיקי לי לבני וטינא. מציעתא דעלמא היכא זקפיה לאצבעתיה אמר להו הכא אמרו ליה ומי יימר אייתי אשלי ומישחי.
ונבאר בעזר אדון כל, הלא זה הדבר אשר דברנו במאמרים הקודמים כשאדם מדבר דברי א-להים חיים בתורה או עוסק בעבודת הקודש זו תפלה שיהא כוונתו שידבק את עצמו בהבורא יתברך שמו, אך ראוי להתבונן האיך יוכל האדם הגשמי להדבק בהבורא יתברך שמו שהוא אין סוף וראוי שידבק אליו רוחניות ולא גשמי ואחר התבוננות יבא על נכון. כי הבורא ברוך הוא נתן באדם כח הדיבור שידבר דברי אלקים חיים ובדיבור הוא צרופי אותיות והאותיות המה רוחניות וכשאדם מדבר בתורה או בתפלה בכל כוחו הנה משים כל כוחותיו בהאותיות היוצאים מדיבורו והמה רוחניות ויכול האדם להיות דבוק בהבורא ברוך הוא כי אליו הוא נושא נפשו במה שמשים כל כוחותיו בדיבורי תורה או תפלה נמצא מקושר הוא בהבורא ברוך הוא יתברך שמו.
וכמו ששמעתי ממורי הגאון החסיד המפורסם מוהר"ר דוב בער מ"מ דק"ק מעזריטש, פירוש הפסוק (בראשית ז, א) בא אתה וכל ביתך אל התיבה, והיינו שישים האדם כל כוחותיו בתורה ובתפלה בכל תיבה שאומר ישים כל כוחותיו באופן שיבוטל מכל פעולתיו הגשמיים ועל פי התיבה שהוא רוחניות האותיות מדובק ומקושר האדם להבורא יתברך שמו. ואם יזכה האדם על פי התמדת עבודת האלקית יהיה האדם מנהיג הדיבורים כפי אוות נפשו הטהור.
ובחינה זו נקרא בזוהר הקדוש בעלה דמטרנותא והבן. אבל בהתחלת עבודתו התיבה מנהיג לאדם להדבק בבורא יתברך שמו על ידי רוחניות האותיות, כי האותיות נמשך ברוחניות והמה מנהיגים את האדם ברוחניות.
וזה לשון דיבור, כלומר הנהגה שמנהיג האדם ברוחניות. ודיבור הוא לשון מנהיג כמו דבר אחד לדור כו' (סנהדרין ח.) וגם הגדה לשון מנהיג כמ"ש בכתבי האר"י ז"ל וגם לשון אומר הוא לשון לבוש כמו בצע אמרתו (איכה ב, יז) כלומר שמלובש על ידי דיבורו ברוחניות.
ולכן אשרי האיש איש חי רב פעלים אשר מקושר ברוחניות דיבורים אשר הוגה בתורת ה' יומם ולילה בלימוד ובכח גדול כי אי אפשר לקשר את עצמו בו יתברך שמו, כי אם בדיבור תורה ותפלה:
Pour expliquer, avec l'aide du Maître de tout, le quatrième propos : "Ils lui dirent : construis-nous une maison dans l'air du monde. Il prononça le Nom et se tint suspendu entre le firmament et la terre.
Il leur dit : faites-moi monter briques et mortier. [Ils lui dirent :] où est le milieu du monde ?
Il dressa son doigt et leur dit : ici. Ils lui dirent : et qui le dit (qui peut le prouver) ?
[Il leur dit :] apportez des cordes et mesurez." Et nous expliquerons, avec l'aide du Maître de tout. N'est-ce pas là la chose même que nous avons dite dans les propos précédents : quand l'homme prononce des paroles du Dieu vivant dans la Torah, ou qu'il s'occupe du service saint, c'est-à-dire la prière, son intention doit être de s'attacher lui-même au Créateur, que Son Nom soit béni.
Mais il convient de réfléchir : comment l'homme matériel peut-il s'attacher au Créateur, que Son Nom soit béni, qui est sans fin (Ein Sof) ? Il conviendrait que ce qui s'attache à Lui soit spirituel et non matériel ; et après réflexion la chose se présente comme il faut.
Car le Créateur, béni soit-Il, a mis dans l'homme la puissance de la parole, afin qu'il dise des paroles du Dieu vivant ; et dans la parole il y a des combinaisons de lettres, et les lettres sont spirituelles. Et quand l'homme parle dans la Torah ou dans la prière de toute sa force, voici qu'il met toutes ses forces dans les lettres qui sortent de sa parole, et celles-ci sont spirituelles ; ainsi l'homme peut être attaché au Créateur, béni soit-Il, car c'est vers Lui qu'il élève son âme en mettant toutes ses forces dans les paroles de Torah ou de prière ; il se trouve donc relié au Créateur, béni soit-Il, que Son Nom soit béni.
Et comme je l'ai entendu de mon maître, le gaon, le hassid renommé, notre maître le rav Dov Ber, magguid (prédicateur) de la sainte communauté de Mezeritch, sur l'explication du verset (Genèse 7,1) "viens, toi et toute ta maison, dans l'arche (תיבה, téiva, qui signifie aussi le mot)" : c'est-à-dire que l'homme doit mettre toutes ses forces dans la Torah et dans la prière ; dans chaque mot (תיבה) qu'il dit, qu'il mette toutes ses forces, de telle sorte qu'il soit annulé de toutes ses activités matérielles ; et c'est par le mot, qui est la spiritualité des lettres, que l'homme est attaché et relié au Créateur, que Son Nom soit béni. Et si l'homme mérite, par la continuité du service divin, alors l'homme conduira les paroles selon le désir de son âme pure.
Et cet aspect est appelé dans le saint Zohar "l'époux de la Matronita" (baala de-matronita, l'époux de la Matrone, c'est-à-dire de la Chekhina) - comprends-le. Mais au commencement de son service, c'est le mot qui conduit l'homme à s'attacher au Créateur, que Son Nom soit béni, par la spiritualité des lettres ; car les lettres sont tirées dans la spiritualité et ce sont elles qui conduisent l'homme dans la spiritualité.
Et tel est le sens du terme dibour (parole) : à savoir une conduite, en ce qu'il conduit l'homme dans la spiritualité. Et dibour est un terme de conduite, comme dans "un seul chef (dabar) pour une génération", etc.
(Sanhédrin 8a) ; et de même haggada est un terme de conduite, comme il est écrit dans les écrits du AR"I (Rabbi Its'hak Louria), de mémoire bénie. Et de même le terme omer (dire) est un terme de vêtement, comme dans "Il a accompli Sa parole (imrato)" (Lamentations 2,17), c'est-à-dire qu'il est revêtu, par sa parole, dans la spiritualité.
C'est pourquoi heureux l'homme, homme vivant et riche en œuvres, qui est relié à la spiritualité des paroles qu'il murmure dans la Torah de ה' jour et nuit, dans l'étude et avec une grande force ; car il est impossible de se relier à Lui, que Son Nom soit béni, sinon par la parole de Torah et de prière.
וזהו שמצינו בגמרא הובא בלשון עובר לפני התיבה וגם כן מצינו בלשון ירד לפני התיבה. ולכאורה אינו מובן, למה שינו חכמים את לשונם.
ועל פי הצעת דברינו אלה רמזו לנו חכמי התלמוד חכמה נפלאה בצחות לשונם, כי עובר לפני התיבה, פירוש באדם שהתמיד בעבודתו עבודת הקודש בכל כוחותיו. כמו שכתב באודח חיים שכל כוונתו יהיה לשם שמים.
אזי הוא עובר לפני התיבה, רוצה לומד שהאדם מנהיג את התיבה כפי אשר יש את נפשו וכנ"ל. אבל בהתחלת עבודתו נקרא האדם יורד לפני התיבה והכוונה שאדם נדבק להשם יתברך על ידי התיבות והדבורים שהם רוחניות האותיות.
וז"ש תיבות ירד שהתיבה מושל עליו, כי ירד מלשון ממשלה וירד מיעקב והבן. וזהו סוד שמצינו בגמרא דברכות בתלמיד אחד שירד לפני התיבה והאריך בתפלה ואמרו כמה ארכן כו', והשיב כלום ארכן הוא יותר ממשה רבינו ע"ה שהתפלל מ' יום.
ותלמיד אחד קיצר יותר מדאי, ואמרו כמה קצרן הוא כו', והשיב כלום קצרן הוא יותר ממשה שאמר (במדבריב, יג) אל נא רפא נא לה. ושם תפס הגמרא לשון ירד לפני התיבה, והיינו באופן שרוחניות התיבות הדבקים להשם יתברך ואם כן היו התיבות מנהיגים אותם ולא היה בידם לקצר או להאריך, רק כמו שהנהיגם הרוחניות של התיבות.
ועל זה השיב להם שפיר כלום ארכן או קצרן יותר ממשה רבינו, כי משה במ' יום האמצעים שהתפלל (על ישראל ותפילתו) על מרים היה בצער לכך היו התיבות מנהיגין אותם להדבק בהבורא יתברך שמו משום הכי לא הוה בידו להאריך או לקצר רק כמו שמנהיגין אותו הרוחניות של האותיות. כי המ' יום האמצעים היה צריך להתעוררת העליון כמו שאמר לו הקדוש ברוך הוא לך רד, עד שלבסוף נעשה המ' יום גם כן ברצון שמשה רבינו ע"ה הפכם בתפלתו לעשותם ימי רצון:
Et c'est ce que nous trouvons dans la Guemara : elle emploie l'expression "passer devant la téiva" (over lifnei ha-téiva, conduire l'office public), et nous trouvons aussi l'expression "descendre devant la téiva" (yarad lifnei ha-téiva). À première vue cela ne se comprend pas : pourquoi les sages ont-ils changé leur langage ?
Mais selon l'exposé de nos propos, les sages du Talmud nous ont indiqué une sagesse merveilleuse dans la finesse de leur langage. Car "passer devant la téiva" s'explique de l'homme qui a persévéré dans son service, le service saint, de toutes ses forces, comme il est écrit dans le Orah 'Hayim que toute son intention doit être pour le Nom du Ciel : celui-là "passe devant la téiva", c'est-à-dire que l'homme conduit le mot (téiva) selon ce que veut son âme, comme dit plus haut.
Mais au commencement de son service, l'homme est appelé "celui qui descend devant la téiva", et l'intention est que l'homme s'attache au Nom, béni soit-Il, par les mots et les paroles, qui sont la spiritualité des lettres. Et c'est ce que disent les mots "il descendit" : que le mot domine sur lui ; car yarad est un terme de domination, comme dans "et un dominateur sortira de Yaakov" (Nombres 24,19) - comprends-le.
Et tel est le secret de ce que nous trouvons dans la Guemara de Berakhot, au sujet d'un disciple qui descendit devant la téiva et prolongea la prière, et ils dirent : "comme il est long !", etc. ; et il répondit : est-il plus long que Moche notre maître, sur lui la paix, qui pria quarante jours ? Et un autre disciple abrégea plus que de raison, et ils dirent : "comme il est bref !", etc. ; et il répondit : est-il plus bref que Moche, qui dit (Nombres 12,13) "Dieu, de grâce, guéris-la, de grâce" ?
Et là, la Guemara a employé l'expression "il descendit devant la téiva", c'est-à-dire de la manière où c'est la spiritualité des mots qui les attache au Nom, béni soit-Il ; et alors les mots les conduisaient, et il n'était pas en leur pouvoir d'abréger ou de prolonger, mais seulement selon ce que les conduisait la spiritualité des mots. Et sur cela il leur répondit à bon droit : est-il plus long ou plus bref que Moche notre maître ?
Car Moche, dans les quarante jours du milieu, où il pria (pour Israël, et sa prière) pour Miryam, était dans la peine ; c'est pourquoi les mots les conduisaient pour s'attacher au Créateur, que Son Nom soit béni, et de ce fait il n'était pas en son pouvoir de prolonger ou d'abréger, mais seulement selon ce que le conduisait la spiritualité des lettres. Car les quarante jours du milieu avaient besoin d'un éveil d'en haut, comme le lui dit le Saint, béni soit-Il : "va, descends" (Exode 32,7) ; jusqu'à ce qu'à la fin ces quarante jours devinrent eux aussi des jours de faveur, Moche notre maître, sur lui la paix, les ayant retournés par sa prière pour en faire des jours de faveur.
וזהו סוד השאלה בני לן ביתא באוירא כו', והיינו ששאלו איך הוא באפשרי לאדם גשמי לשום דירתו ודביקתו בהבורא יתברך שמו שהוא אין סוף, כי זה אין באפשרי אם לא שהוא ברוחניות. וידור ברוחניות תמיד אז השם יתברך מצמצם אלקותו בו.
וזהו בני לן ביתא כו', כלומר שידור אדם הגשמי ברוחניות ואוירא רומז אל רוחניות. והשיב להו בזה דאמר שם תלא בין שמיא לארעא, היינו שאמר שם ועל פי רוחניות האותיות נדבק ברוחניות כו'.
ואמר להו אסיקו לי לבני וטינא מהתם, והיינו שעוד נוסף בשלומי אמוני בית ישראל מלבד שמדבקים את עצמם על ידי הדבורים להבורא יתברך שמו ביכולתם גם כן להמשיך שפע קדוש להביא להחומר ולעולם העשייה מהרוחניות. ותיבת לבני וטינא, רומז על החומר ואנחנו ביכולתינו להמשיך השפע לעולם העשייה הוא רק על ידי האותיות, כי האותיות בעצמותם המה גם כן גשמיים ועל ידי צרופי האותיות נבראו כל העולמות לכן באפשר שיומשך על אדם שפע לעולם העשייה ובפרט על ידי מעשה המצות שהם גם כן מעשיות.
לכן אם אדם מתחזק את עצמו באותיות התורה ובמצות מעשיות אזי יוכל האדם להביא השפע לעולם העשייה ובעולם הזה כל הטובות ובדכות, ולא כן הוא באומות העולם שאין להם אותיות הקדושים וגם אין להם מצות הבורא לכן אינם יכולין להמשיך השפע לעולם הזה החומרי. ואף אם יש להם איזה עשירות וכבוד הוא הכל לרעתם כאמור ומשלם לשונאיו גר, כי הגם שיש לאומות העולם איזה כוונה בעבודת הבורא אין להם אותיות ומצות מעשיות כדי שיוכלו להביא השפע להחומר ולעולם הזה כמאמר הכוזרי כוונתך רצויה ומעשיך אינם דצוים, כי כל העולמות בדבר ה' שמים נעשו וכל העולמות אצילות בריאה יצירה עשיה נעשו על ידי צרופי האותיות וגם המצות בדמות העולמות ולכן אם עושה המצות שנתנן למשה מסיני.
והמעשיות המה גשמיות והמה החיים שיש מא-להים בעולם העשייה הוא ממשיך שפע לכל העולמות עד עולם התחתון עולם העשייה כי באודייתא ברא קודשא בריך הוא עלמא. אבל המצות שבדו אומות העולם מלבם אינם החיים והאותיות שברא הקדוש ברוך הוא בהם אינם יכולים להמשיך לעולם התחתון שום שפע ולכן אמר אסיקו לי לבני וטיני מהתם, כלומר לבני וטיני, כי שפע חומריות נקרא לבני וטיני, כלומר שאתם אין לכם כח להמשיך שפע חומריות על ידי מעשיכם אבל אנו עם בני ישראל יש בנו כח להמשיך על ידי מצותיו שפע רב על ידי עולם העשייה כי מצות ה' כו', והאל ישפיע לנו שפע רב עד בלי די אמן סלה:
Et tel est le secret de la question "construis-nous une maison dans l'air", etc. : à savoir qu'ils demandaient comment il est possible à un homme matériel de placer sa demeure et son attachement dans le Créateur, que Son Nom soit béni, qui est sans fin ; car cela n'est possible que si c'est dans la spiritualité. Et s'il demeure toujours dans la spiritualité, alors le Nom, béni soit-Il, contracte (tsimtsoum) Sa divinité en lui.
Et tel est "construis-nous une maison", etc. : c'est-à-dire que l'homme matériel demeure dans la spiritualité, et l'air (avira) indique la spiritualité. Et il leur répondit par ceci qu'"il prononça le Nom et se tint suspendu entre le ciel et la terre" : à savoir qu'il prononça le Nom, et que par la spiritualité des lettres il s'attache dans la spiritualité, etc.
Et il leur dit : "faites-moi monter d'ici briques et mortier" : à savoir qu'il y a encore ceci de plus chez les fidèles intègres de la maison d'Israël : outre qu'ils s'attachent eux-mêmes au Créateur, que Son Nom soit béni, par les paroles, il est aussi en leur pouvoir de faire descendre une abondance sainte (chefa), pour l'amener à la matière et au monde de l'action (Assia), depuis la spiritualité. Et les mots "briques et mortier" indiquent la matière ; et notre pouvoir de faire descendre l'abondance vers le monde de l'action ne tient qu'aux lettres, car les lettres, en elles-mêmes, sont aussi matérielles, et c'est par les combinaisons de lettres que tous les mondes ont été créés ; c'est pourquoi il est possible qu'une abondance soit tirée par l'homme vers le monde de l'action, et en particulier par l'accomplissement des commandements, qui sont eux aussi des actes.
Aussi, si l'homme se renforce dans les lettres de la Torah et dans les commandements pratiques, alors il peut amener l'abondance au monde de l'action et, en ce monde-ci, tous les biens et toutes les bénédictions. Il n'en va pas ainsi des nations du monde, qui n'ont pas les lettres saintes et qui n'ont pas non plus les commandements du Créateur ; c'est pourquoi elles ne peuvent pas faire descendre l'abondance vers ce monde-ci, le monde matériel.
Et même si elles ont quelque richesse et quelque honneur, tout cela est pour leur mal, selon ce qui est dit : "et Il paie Ses ennemis en face" (Deutéronome 7,10). Car bien que les nations du monde aient quelque intention dans le service du Créateur, elles n'ont pas les lettres ni les commandements pratiques qui leur permettraient d'amener l'abondance à la matière et à ce monde-ci, selon le propos du Kouzari : "ton intention est agréée, mais tes actes ne sont pas agréés".
Car tous les mondes furent faits par la parole, selon "par la parole de ה' les cieux furent faits" (Psaumes 33,6), et tous les mondes - Atsilout (émanation), Beria (création), Yetsira (formation), Assia (action) - furent faits par les combinaisons de lettres ; et les commandements aussi sont à l'image des mondes. C'est pourquoi celui qui accomplit les commandements qui furent donnés à Moche du Sinaï - et les actes sont matériels, et ils sont la vie qui vient de Dieu dans le monde de l'action - fait descendre une abondance vers tous les mondes, jusqu'au monde inférieur, le monde de l'action ; car "c'est par la Torah que le Saint, béni soit-Il, a créé le monde" (be-oraita bara Koudcha berikh Hou alma).
Mais les commandements que les nations du monde ont inventés de leur cœur ne sont pas la vie, et les lettres par lesquelles le Saint, béni soit-Il, a créé ne peuvent faire descendre aucune abondance vers le monde inférieur. C'est pourquoi il dit : "faites-moi monter d'ici briques et mortier", c'est-à-dire "briques et mortier" - car l'abondance matérielle est appelée "briques et mortier" - autrement dit : vous, vous n'avez pas la force de faire descendre une abondance matérielle par vos actes ; mais nous, le peuple des enfants d'Israël, nous avons en nous la force de faire descendre, par Ses commandements, une abondance abondante par le monde de l'action, car "les commandements de ה'", etc.
(Psaumes 19,9). Et que Dieu fasse couler sur nous une abondance abondante, sans mesure, amen sela.
לפרש בעזר אדון כל המימרא החמישית אמרו ליה אית לן בירא בדברא עיילי למתא. אמר להו אפשילו לי חבלי מפארי ואיעיילי.
ונבאר בעזרת השם אדון כל על שני דרכים. האחד, אמרתי בילדותי והוא, כי לא נעלם בעין כל משכיל שעכבת הגאולה שתהיה במהרה תלוי רק בתשובה כאמור שובו אלי ואשובה אליכם, וזאת מהידוע תקנת השבים אדם התועה מדרך השכל והולך בדרך עקלקלות צריך לתקן אשר עיוות.
וידוע כי הבית השני חרב בעון שנאת חנם, לכן צריכין כל אחד ואחד ליתן עינו ולבו כל הימים להיות אוהב כל אחד מישראל אהבה שלימה בנפשו ומאודו באופן שיהיו כל ישראל באחדות גמור בוודאי תבנה בית המקדש במהרה. וזה הכלל אמיתי שאין באפשרי שיהיו כל ישראל באחדות גמור, רק שישובו כל ישראל להבורא יתברך שמו ויהיה כל אחד ואחד הולך ונוסע לקרבם לה' לעשות רצונו.
נמצא יהיו כולם דבקים בו יתברך שמו והוא יתברך שמו אוהב כל אחד מישראל אהבה שלימה ממילא תהיה השראת השכינה בתוכינו במהרה ותהיה לנו כל הטובות והברכות, כי השם יתברך שמו מקור כל הטובות והברכות והאומות העולם יהיו מתפרנסין מהתמצית ועכשיו בעונותינו הרבים האומות העולם יש להם שפע ואנחנו מפרנסין מהתמצית. וזהו סוד השאלה אית לן בירא בדברא עיילי למתא, שהמה שואלים מה זה שהם מתפרנסין מעיקר השפע ואנחנו מהתמצית.
והשיב שזה הגורם בעונותינו הרבים שאנחנו עדיין לא שמנו אל לבנו להסיר הנגע הזה שנאת חנם מבינינו והוא הגורם מניעת השפע. וזה פירוש אייתי פארי שדא להו, כי פארי משל אל דברים הגרועים, א"ל אפשילו ליה חבלי מפארי, היינו שיעשו התחברות מדברים גרועים ואיעיילי.
א"ל ומי איכא דמפשל חבלי מפארי, היינו להיות שאין באפשרי שתהיה התחברות מדברים גדועים. א"ל ומי איכא דמייתי בידא מדברא למתא, פירוש כי אין באפשר לתקן העון שנאת חנם ותהיה אהבה והתחברות בין כל ישראל, רק כמו שכתבנו שישובו תחלה וישימו נוכח פני ה' דרכם בתשובה שלימה ויהיו כולם דבוקים בו יתברך שמו, אזי ממילא תהיה אהבה שלימה ביניהם, כי מדברים גרועים אין באפשרי שיהיה התחברות רק בתשובה שלימה:
Pour expliquer, avec l'aide du Maître de tout, le cinquième propos : "Ils lui dirent : nous avons un puits dans le champ, fais-le entrer en ville. Il leur dit : tressez-moi des cordes avec du son (parei, les balles du grain, chose sans valeur) et je le ferai entrer." Et nous expliquerons, avec l'aide du Nom, Maître de tout, selon deux voies.
La première, je l'ai dite dans ma jeunesse, et la voici : il n'est caché aux yeux d'aucun homme intelligent que le retard de la délivrance - qu'elle vienne bientôt - ne dépend que du repentir (techouva), selon ce qui est dit : "revenez à Moi et Je reviendrai à vous" (Malachie 3,7). Et ceci est connu, du remède de ceux qui reviennent : l'homme qui s'est égaré de la voie de la raison et qui marche dans des chemins tortueux doit réparer ce qu'il a dévié.
Et il est connu que le second Temple fut détruit pour la faute de la haine gratuite (Yoma 9b) ; c'est pourquoi chacun doit y mettre son œil et son cœur tous les jours, afin d'aimer chacun d'Israël d'un amour parfait, de son âme et de tout son avoir, en sorte que tout Israël soit dans une unité complète - et alors, assurément, le Temple sera rebâti bientôt. Et voici la règle véritable : il n'est pas possible que tout Israël soit dans une unité complète, sinon que tout Israël revienne au Créateur, que Son Nom soit béni, et que chacun aille et voyage pour les rapprocher de ה' et faire Sa volonté.
Il se trouvera alors qu'ils seront tous attachés à Lui, que Son Nom soit béni ; et Lui, que Son Nom soit béni, aime chacun d'Israël d'un amour parfait ; d'elle-même la Chekhina résidera parmi nous bientôt, et nous aurons tous les biens et toutes les bénédictions, car le Nom, béni soit Son Nom, est la source de tous les biens et de toutes les bénédictions ; et les nations du monde seront nourries du résidu (tamtsit). Mais à présent, par nos nombreuses fautes, ce sont les nations du monde qui ont l'abondance, et nous, nous sommes nourris du résidu.
Et tel est le secret de la question "nous avons un puits dans le champ, fais-le entrer en ville" : ils demandent ce qu'il en est que ce sont eux qui sont nourris de l'essentiel de l'abondance, et nous du résidu. Et il répondit que ce qui en est cause, par nos nombreuses fautes, c'est que nous n'avons pas encore mis à notre cœur d'ôter d'entre nous cette plaie de la haine gratuite ; et c'est cela qui cause l'empêchement de l'abondance.
Et telle est l'explication de "il apporta du son et le leur jeta" : car le son est une parabole des choses viles. "Il leur dit : tressez-moi des cordes avec du son" - à savoir qu'ils fassent une union à partir de choses viles - "et je le ferai entrer".
"Ils lui dirent : et est-ce que quelqu'un tresse des cordes avec du son ?" - à savoir qu'il n'est pas possible qu'il y ait une union à partir de choses viles. "Il leur dit : et est-ce que quelqu'un apporte à la main [un puits] du champ à la ville ?" - explication : il n'est pas possible de réparer la faute de la haine gratuite et qu'il y ait amour et union entre tout Israël, sinon comme nous l'avons écrit : qu'ils reviennent d'abord et qu'ils placent leur chemin face à ה' dans un repentir parfait, et qu'ils soient tous attachés à Lui, que Son Nom soit béni ; alors, d'elle-même, il y aura entre eux un amour parfait, car à partir de choses viles il n'est pas possible qu'il y ait union - seulement par un repentir parfait.