« Les plus scrupuleux parmi les scrupuleux » (Chabbat 21b) : Beth Chamai allument huit lumières le premier jour puis diminuent ; Beth Hillel allument une puis ajoutent. Rabbi Lévi Its'hak distingue deux joies chez qui manque : celle de voir ce qui comblera le manque, grande au premier instant puis moindre ; et celle du comblement, qui croît jusqu'à la satiété. Le premier soir de ''Hanouka, les portes de la bénédiction s'ouvrirent avant qu'on vît l'huile des huit jours : cette joie diminue, comme les taureaux de la fête, raison de Beth Chamai. Chaque jour d'allumage ajoute une sainteté, raison de Beth Hillel : on monte en sainteté.
Aussi : la mesure de Hillel l'Ancien, confiance en D.ieu, humilité et attachement au Néant (ain) ; « les plus scrupuleux parmi les scrupuleux » comme « le plus fin du fin », plaisir et monde de Bina
ועתה אבאר הגמרא (שבת כא:) והמהדרין מן המהדרין בית שמאי אומרים, יום ראשון מדליק ח' מכאן ואילך פוחת והולך. ובית הלל אומרים, יום ראשון מדליק אחד מכאן ואילך מוסיף והולך.
ואמרו חכמינו ז"ל טעמא דבית שמאי, כנגד פרי החג. וטעמא דבית הלל, משום דמעלין בקודש ולא מורידין.
נראה דפליגי, דידוע אם חסר לאדם איזה דברים שצריך כגון שהוא רעב וצמא או חסר לבושים, אזי יש לו השתוקקות שיתמלא רצונו וחסרונו ויש לו מזה צער שחסר לו הדבר מה שנפשו משתוקק עליו וגם יש לו צער ורעבון וצמאון בעצמו, ואם בא לחם ומים ממקום רחוק אף על פי שלא אכל ושתה עדיין כבר יש לו שמחה שיודע שיש דבר שימלא חסרונו. אמנם עדיין הוא רעב וצמא ואחר שאכל ושתה יש לו שמחה מה שהוא שבע והשם יתברך הרוה את צמאונו.
וכל זה באדם החסר ואינו יודע האיך למלאות חסרונו, כגון ההולך במדבר ונפשו יבשה ואין לחם ומים ובגד ללבוש יש לו ב' מיני צער. אחד, שנפשו משתוקק שימלא חסרונו לרעבון וצמאון וללבוש ואחר שהשם יתברך הזמין שבא אדם מרחוק והביא מה שחסר לחם ומים ומלבושים, אזי כיון שרואה שישנו לפניו הדברים שימלא חסרונו וכיון שישנו פת בסלו תיכף יש לו שמחה כיון שרואה שבידו למלאות רעבונו וצמאונו, ואף על פי שלא אכל ושתה ולבש תיכף ומיד מחויב ליתן שבח והודיה לאל בורא שמים וארץ אשר המציא לו טרף לנפשו ויש לו פת בסלו אמנם עדיין מרעבון וצמאון בעצמו יש לו קצת צער.
אמנם אחר שאכל ושתה ולבש אזי יש לו גם התענוג שהוא שבע ורוה וטוב לב וצריך לברך להבורא ברוך הוא על השביעה כמאמר הכתוב (דברים ח, י) ואכלת ושבעת וברכת את ה' א-להיך וגו'. אמנם מי שהוא בישוב בביתו הכל מוכן לפניו אזי קודם שאכל ושתה אין לבו תאב רק לאכילה ושתיה ואחר שאכל ושתה הוא שבע ומברך את ה' ועל אלו הולכי דרכים וחסרים מכל יש להם שני השתוקקות כאשר ביארנו לעיל ושני מיני שמחות על אחד שהמציא האיך למלאות חסרונו ואחד המילוי החסרון בעצמו:
Et maintenant je vais expliquer la guemara (Chabbat 21b) : 'et les plus scrupuleux parmi les scrupuleux (méhadrin min ha-méhadrin) - Beth Chamai disent : le premier jour on allume huit lumières, et à partir de là on diminue progressivement ; et Beth Hillel disent : le premier jour on en allume une, et à partir de là on ajoute progressivement.' Et nos sages de mémoire bénie ont dit : la raison de Beth Chamai, c'est en correspondance avec les taureaux de la fête (les sacrifices de Souccot, qui vont en diminuant) ; et la raison de Beth Hillel, c'est parce qu'on monte en sainteté et qu'on ne descend pas. Il apparaît que leur divergence porte sur ceci : il est connu que si un homme manque de certaines choses dont il a besoin, par exemple s'il a faim et soif, ou s'il manque de vêtements, alors il éprouve un désir ardent que sa volonté et son manque soient comblés, et il souffre de ce que lui manque la chose après laquelle son âme languit ; et il a aussi en lui-même la souffrance de la faim et de la soif.
Et si du pain et de l'eau arrivent d'un lieu éloigné, même s'il n'a pas encore mangé ni bu, il a déjà de la joie, car il sait qu'il existe une chose qui comblera son manque. Cependant il a encore faim et soif ; et après qu'il a mangé et bu, il a la joie d'être rassasié et de ce que le Nom, qu'Il soit béni, a étanché sa soif.
Et tout cela concerne l'homme qui est dans le manque et qui ne sait pas comment combler son manque, comme celui qui marche dans le désert, dont l'âme est desséchée, et qui n'a ni pain, ni eau, ni vêtement pour se couvrir : il a deux sortes de souffrance. La première, que son âme languit après le comblement de son manque, quant à la faim, à la soif et au vêtement ; et après que le Nom, qu'Il soit béni, a fait en sorte qu'un homme vienne de loin et apporte ce qui manquait, pain, eau et vêtements, alors, dès lors qu'il voit que se trouvent devant lui les choses qui combleront son manque, et dès lors qu'il a du pain dans son panier, il a aussitôt de la joie, puisqu'il voit qu'il est en son pouvoir de rassasier sa faim et sa soif.
Et bien qu'il n'ait pas encore mangé, bu ni revêtu, il est immédiatement tenu de rendre louange et action de grâces à D-ieu, créateur du ciel et de la terre, qui lui a procuré la nourriture de son âme et qui lui a mis du pain dans son panier ; cependant, de la faim et de la soif elles-mêmes, il a encore un peu de souffrance. Mais après qu'il a mangé, bu et s'est vêtu, alors il a aussi le plaisir d'être rassasié, désaltéré et d'avoir le cœur bon, et il doit bénir le Créateur, béni soit-Il, pour la satiété, comme le dit le verset (Deutéronome 8,10) : 'Tu mangeras, tu seras rassasié, et tu béniras ה' ton Elok-im, etc.' Mais celui qui se trouve dans un lieu habité, dans sa maison, où tout est prêt devant lui, alors avant qu'il mange et boive son cœur ne désire que le manger et le boire ; et après qu'il a mangé et bu, il est rassasié et il bénit ה'.
Tandis que ces voyageurs de la route, qui manquent de tout, ont deux désirs ardents, comme nous l'avons expliqué plus haut, et deux sortes de joie : l'une, sur Celui qui a procuré le moyen de combler leur manque, et l'autre, sur le comblement du manque lui-même :
ועל זה אמר דוד המלך ע"ה בהולכי מדברות יודו לה' חסדו וגו' כי השביע נפש שוקקה ונפש רעבה מלא טוב (תהלים קז, ט) ולכאורה הוא כפל לשון. ולפי מה שכתבתי יתבאר, שההולכי מדבריות נפשם בהם תתעטף על שני דברים.
על שאינם יודעים איך למלאות רצונם וחסרונם הרעבון והצמאון. והשני, על רעבון וצמאון בעצמו.
ואחר שהדריכם האל יתברך שמו בדרך ישרה ללכת אל עיר מושב הרעבים והצמאים אף על פי שלא אכלו ושתו עדיין יודו לה' חסדו גו', על כי השביע נפש שוקקה כיון שבא לעיר מושב ופת בסלו לפניו השתוקקת האכילה הלך לו. כי הדבר לפניו למלאות חסרונו אף על פי שלא מלא עדיין השתוקקות הלכו ממנו, כי האדם משתוקק כשאין הדבר לפניו למלאות חסרונו כמאמר חכמינו ז"ל (יומא יח:) אינו דומה מי שיש לו פת בסלו כו', ועדין חסר הרעבון והצמאון ובעצמו ואחר שאכל ושתה וצריך לברך להבורא ברוך הוא על השביעה בעצמו וזה הוא ונפש רעבה מלא טוב.
והנה כשאדם אין לו למלאות חסרונו כתועה במדבר על זה השתוקק שאין לו פת בסלו ואינו יודע האיך למלאות חסרונו, ואחר שהשם יתברך הזמין לפניו והוליכו לדבר שימלא חסרונו אזי ברגע ראשונה שבא לפניו דבר למלאות חסרונו השמחה גדולה עד מאוד. ובשעה השניה כיון שכבר ראה ודש בהשמחה נתמעט השמחה.
ובשעה השלישית נתמעט השמחה יותר וכן בכל פעם השמחה נתמעט לכן יש לברך על בשורה טובה תיכף.כששמעה, שאז יברך את ה' בשמחה ובטוב לבב. ועל הרעבון וצמאון בעצמו ברגע הראשונה שאכל מעט ועדיין רעב השמחה קטנה.
וכיון שאכל מעט יותר השמחה יותר גדולה ואחר שאכל כדי שביעה אזי שמחתו שלימה וצריך לברך לקונו כמאמר ואכלת ושבעת וברכת את ה' א-להיך. אבל השמחה על השתוקקת שהשתוקק שלא היה לפניו ברגע הראשונה כשבא לפניו השמחה יותר ואחר כך נתמעט השמחה.
ונראה דזה הטעם דפרי החג מתמעטין והולכין, דעיקר שמחת החג דנקרא זמן שמחתינו דביום הכיפורים נמחל לנו עונותינו. ובחג הסכות, אז נהפכו לזכיות כאשר ביארנו במקומו בס"ד, לכן ביום הראשון של חג שנהפך המשחית הוא היצר הרע לזכיות אז מרגישין השמחה במחילת עונות.
וביום השני כבר אנחנו דשין ומרגולין בזאת השמחה נתמעטה וביום השלישי יותר נתמעטה כו':
Et c'est à ce sujet que le roi David, que la paix soit sur lui, a dit, au sujet de ceux qui marchent dans les déserts : 'Qu'ils rendent grâce à ה' pour sa bonté, etc., car Il a rassasié l'âme qui languit et Il a rempli de bien l'âme affamée' (Psaumes 107,9) - et à première vue c'est une redondance. Mais selon ce que j'ai écrit cela s'explique : ceux qui marchent dans les déserts, leur âme défaille en eux pour deux choses.
La première, parce qu'ils ne savent pas comment combler leur volonté et leur manque, la faim et la soif. Et la seconde, à cause de la faim et de la soif elles-mêmes.
Et après que D-ieu, que Son nom soit béni, les a conduits par un chemin droit pour aller vers une ville habitée, eux qui avaient faim et soif, même s'ils n'ont pas encore mangé ni bu, 'qu'ils rendent grâce à ה' pour sa bonté, etc.', parce qu'Il a rassasié l'âme qui languit : dès lors qu'il est arrivé dans une ville habitée et qu'il a du pain dans son panier devant lui, le désir ardent de manger s'en est allé de lui. Car la chose est devant lui pour combler son manque : même s'il n'a pas encore comblé [son manque], le désir ardent s'en est allé de lui, car l'homme languit lorsque la chose n'est pas devant lui pour combler son manque, comme le disent nos sages de mémoire bénie (Yoma 18b) : celui qui a du pain dans son panier n'est pas semblable à celui qui n'en a pas, etc.
Et il lui manque encore l'apaisement de la faim et de la soif elles-mêmes ; et après qu'il a mangé et bu, il doit bénir le Créateur, béni soit-Il, pour la satiété elle-même, et c'est la 'et Il a rempli de bien l'âme affamée'. Or, quand un homme n'a pas de quoi combler son manque, comme celui qui erre dans le désert, il languit de ce qu'il n'a pas de pain dans son panier et qu'il ne sait pas comment combler son manque ; et après que le Nom, qu'Il soit béni, a préparé devant lui et l'a conduit vers la chose qui comblera son manque, alors, au premier instant où vient devant lui la chose qui comble son manque, la joie est extrêmement grande.
Et à la deuxième heure, puisqu'il a déjà vu et s'est accoutumé à cette joie, la joie à diminué. Et à la troisième heure la joie à diminué encore davantage, et ainsi chaque fois la joie diminue ; c'est pourquoi il faut bénir sur une bonne nouvelle aussitôt qu'on l'entend, car alors on bénira ה' avec joie et d'un cœur bon.
Et quant à la faim et à la soif elles-mêmes : au premier instant, quand il a mangé un peu et qu'il a encore faim, la joie est petite ; et lorsqu'il a mangé un peu plus, la joie est plus grande ; et après qu'il a mangé jusqu'à satiété, alors sa joie est complète et il doit bénir son Créateur, comme il est dit : 'Tu mangeras, tu seras rassasié, et tu béniras ה' ton Elok-im.' Mais la joie qui porte sur le désir ardent, celui qu'il éprouvait quand la chose n'était pas devant lui : au premier instant, quand elle vient devant lui, la joie est plus grande, et ensuite la joie diminue. Et il apparaît que telle est la raison pour laquelle les taureaux de la fête vont en diminuant : car l'essentiel de la joie de la fête, qui est appelée 'le temps de notre réjouissance', c'est que le jour de Kippour nos fautes nous ont été pardonnées ; et lors de la fête de Souccot, alors elles se sont changées en mérites, comme nous l'avons expliqué en son lieu avec l'aide du Ciel.
C'est pourquoi, le premier jour de la fête, où le destructeur, c'est-à-dire le mauvais penchant, s'est changé en mérites, alors on ressent la joie du pardon des fautes. Et le deuxième jour, déjà nous foulons et sommes accoutumés à cette joie, et elle a diminué ; et le troisième jour elle a diminué davantage, etc. :
והנה כאשר מצאו בחותמו של כהן גדול פך של שמן זית ולא היה להדליק רק יום אחד ונעשה בו נס והדליקו בו שמנה ימים, ונמצא בתחילה כשמצאו ולא היה בו אלא להדליק יום אחד והם צריכין ח' ימים כמ"ש מהרש"א בעין יעקב ועיין שם, והם לא ידעו שיעשה השם יתברך בהם נס. והיה להם שני מיני צער כמ"ש גבי הולכי מדבריות.
אחד, השתוקקת שהיה נפשם משתוקקת לקיים מצות הבורא ברוך הוא להדליק נרות דמנורה ולא ידעו האיך למלאות רצונם בזה המצוה להעלות נרות דמנורה כי לא ידעו בנס. ודבר שנפשו של אדם מתאוה שצריך לו ואינו יודע האיך ימלא רצונו וצרכו ותאותו אזי יש לו צער מזה.
ועוד היה להם צער, על גוף קיום מצות העלאת דמנורה. והנה כשראו שהשם יתברך ברוך הוא עשה להם נס בלילה ראשונה שנשאר מהפך של שמן מעט כמו שכתב הט"ז כדי שלא תשאר ריק שתשרה עליו ברכה וראו שהשם יתברך ברוך הוא חפץ בעמו בית ישראל.
ועשה להם נס ואז סמכו על הנס והיה שמחה להם שראו שנפתח להם שערי ברכה וראו שיש דבר שימלא תאוותם שיכלו לקיים מצות הבורא ברוך הוא וברוך שמו בהעלאות נרות והיה להם מזה שמחה שראו שנפתחו שערי ברכה שיש הדבר שימלא בקשתם כמו תועי מדבריות שבאו לעיר מושב. אמנם עדיין לא ראו בעין גשמי שמן על כל ח' ימים והיו כמסופקים בדבר והיו חסרים בגוף כמו הרעב אף על פי שלחם לפניו עדיין הוא רעב.
אמנם אחר שהשם יתברך עשה להם נס והדליקו בו ח' ימים ואחר שהדליקו בו ח' ימים אז היה להם שמחה מקיום המצות בעצמו הרי זה דומה לרעב וצמא כו', לאחר שאכל ושתה נמצא לזה הבחינה של שמחה שראו שאפשר בידם לקיים מצות הבורא ברוך הוא וברוך שמו דהיינו מצות מנורה. ואחר שראו ביום הראשון שנפתחו להם שערי ברכה היה ביום ראשון יותר שמחה שראו פעם הראשון שנפתחו להם שערי ברכה וביום השני היתה שמחה מעט פחות וכן בכל יום היתה השמחה נתמעט והוא כפי הבחינה כי השביע נפש שוקקה אשר כתבנו למעלה.
והרי זה דומה לפרי החג אשר כתבנו שביום הראשון יותר מבשאר ימים שמרגישין נשמת ישראל התענוג של מחילת עונות:
Or, lorsqu'ils trouvèrent, scellé du sceau du grand prêtre, un petit flacon d'huile d'olive, et qu'il n'y avait de quoi allumer qu'un seul jour, et qu'un miracle s'y accomplit et qu'ils allumèrent avec lui pendant huit jours : il se trouve qu'au début, lorsqu'ils le trouvèrent, il n'y avait dedans que de quoi allumer un jour, alors qu'ils avaient besoin de huit jours, comme l'a écrit le Maharcha (rabbi Chmouel Eliezer Edels) dans le Ein Yaakov - et vois-y ; et ils ne savaient pas que le Nom, qu'Il soit béni, ferait pour eux un miracle. Et ils avaient deux sortes de souffrance, comme nous l'avons écrit au sujet de ceux qui marchent dans les déserts.
La première, le désir ardent : leur âme languissait après l'accomplissement du commandement du Créateur, béni soit-Il, d'allumer les lampes du candélabre (menora), et ils ne savaient pas comment combler leur volonté dans ce commandement de faire monter les lampes du candélabre, car ils ne connaissaient pas le miracle. Et une chose après laquelle l'âme de l'homme aspire, dont il a besoin, et dont il ne sait pas comment il en comblera la volonté, le besoin et le désir, il en a de la souffrance.
Et ils avaient encore une souffrance, portant sur le corps même de l'accomplissement du commandement de faire monter les lampes du candélabre. Or, lorsqu'ils virent que le Nom, qu'Il soit béni et béni soit-Il, leur fit un miracle la première nuit, en ce qu'il resta un peu du flacon d'huile, comme l'a écrit le Taz (Tourei Zahav), afin qu'il ne restât pas vide, pour que la bénédiction repose sur lui ; et ils virent que le Nom, qu'Il soit béni et béni soit-Il, désire Son peuple, la maison d'Israël, et qu'Il leur fit un miracle - alors ils s'appuyèrent sur le miracle, et ce fut pour eux une joie, car ils virent que les portes de la bénédiction s'étaient ouvertes pour eux, et ils virent qu'il existait une chose qui comblerait leur désir, de sorte qu'ils pourraient accomplir le commandement du Créateur, béni soit-Il et béni soit Son nom, en faisant monter les lampes ; et ils en eurent de la joie, car ils virent que les portes de la bénédiction s'étaient ouvertes et que la chose qui comblerait leur demande existait, comme ceux qui errent dans les déserts et qui sont arrivés dans une ville habitée.
Cependant, ils n'avaient pas encore vu d'un œil matériel de l'huile pour les huit jours, et ils étaient comme dans le doute à ce sujet, et ils étaient encore dans le manque quant au corps, comme l'affamé qui, bien que le pain soit devant lui, a encore faim. Mais après que le Nom, qu'Il soit béni, leur fit un miracle et qu'ils allumèrent avec cette huile huit jours, et après qu'ils eurent allumé avec elle huit jours, alors ils eurent la joie de l'accomplissement du commandement lui-même ; voilà qui ressemble à l'affamé et à l'altéré, etc., après qu'il a mangé et bu.
Il se trouve donc que, quant à cet aspect de joie, celle de voir qu'il leur était possible d'accomplir le commandement du Créateur, béni soit-Il et béni soit Son nom, c'est-à-dire le commandement du candélabre : après qu'ils virent le premier jour que les portes de la bénédiction s'étaient ouvertes pour eux, il y eut le premier jour plus de joie, car ils virent pour la première fois que les portes de la bénédiction s'ouvraient pour eux ; et le deuxième jour la joie fut un peu moindre, et ainsi chaque jour la joie allait en diminuant, et cela selon l'aspect de 'car Il a rassasié l'âme qui languit' que nous avons écrit plus haut. Et voilà qui ressemble aux taureaux de la fête dont nous avons parlé : le premier jour la joie est plus grande que les autres jours, car les âmes d'Israël ressentent le plaisir du pardon des fautes :
וזה טעמא דבית שמאי דסבירא להו יום ראשון מדליקין שמונה נרות חנוכה מכאן ואילך פוחת והולך, דביום הא' היה יותר שמחה וזה טעמא כנגד פרי החג. וטעמא דבית הלל כפי הבחינה שהיה להם לישראל שבאותו הדור תענוג ושמחה מקיום מצות המנורה בעצמו כפי הבחינה ונפש רעבה מלא טוב, היה בכל יום ויום יותר תענוג ושמחה מקיום עוד מצוה.
וביום השלישי היתה יותר תענוג ושמחה מקיום עוד מצוה שבכל מצוה ניתוסף קדושה באדם שבכל יום ויום מקיום מצות העלאת הנרות נתוסף קדושה יותר ובכל יום נעשה קדושה יותר וקדושה מעוררת שמחה וכיון שבכל יום נתוסף קדושה ושמחה סבירא להו בית הלל יום ראשון מדליק אחד מכאן ואילך מוסיף והולך. וזה מעלין בקודש כו'.
וזה דאיתא בגמרא טעמא דבית שמאי כנגד פרי החג, וטעמא דבית הלל משום מעלין בקודש כו':
Et c'est là la raison de Beth Chamai, qui estiment que le premier jour on allume huit lumières de 'Hanouka, et qu'à partir de là on diminue progressivement : car le premier jour il y avait plus de joie, et c'est là la raison 'en correspondance avec les taureaux de la fête'. Et la raison de Beth Hillel est selon l'aspect qu'avaient les enfants d'Israël de cette génération-là : le plaisir et la joie de l'accomplissement du commandement du candélabre lui-même, selon l'aspect 'et Il a rempli de bien l'âme affamée' ; il y avait chaque jour davantage de plaisir et de joie du fait d'accomplir un commandement de plus.
Et le troisième jour il y avait davantage de plaisir et de joie du fait d'accomplir encore un commandement, car par chaque commandement une sainteté s'ajoute dans l'homme, si bien que chaque jour, par l'accomplissement du commandement de faire monter les lampes, une sainteté supplémentaire s'ajoutait, et chaque jour il se faisait plus de sainteté ; et la sainteté éveille la joie. Et puisque chaque jour s'ajoutaient sainteté et joie, Beth Hillel estiment : le premier jour on en allume une, et à partir de là on ajoute progressivement.
Et c'est cela 'on monte en sainteté, etc.'. Et c'est ce qui est enseigné dans la guemara : la raison de Beth Chamai, en correspondance avec les taureaux de la fête, et la raison de Beth Hillel, parce qu'on monte en sainteté, etc. :
והנראה הא דלבית שמאי עיקר השמחה במה שראו שאפשר בידם לקיים מצות הבורא ברוך הוא כאשר נפתח להם שערי ברכה. ולבית הלל העיקר שמחה הקיום מצות.
הוא הטעם, כי הדבר הזה דומה למדינה שרחוקים ממלכם והיא צריכה לחסדי המלך לדברים רבים והמלך רחוק מהם ובפתאום בא המלך לזאת המדינה ובקשו בני המדינה את צרכם ומלא המלך את בקשתם, כי הוא מלך של חסד ורחמים. והנה כת אחת מתיאשים שיבא המלך ממקום רחוק והיתה עיקר שמחה מביאת המלך למדינה הזאת.
וכת השני היו יודעים שמלכם צריך לשוטט בכל מדינה שלו, כי מלכותו בכל משלה וצריך לראות בכל מדינה מה שהיא צריכה והיו מצפין תמיד לביאת המלך, הגם שהוא רחוק, רק עיקר השמחה שלהם מה שהמלך מלא את בקשתם. כן הדבר הזה יש אנשים אשר הנס פתיחת שערי ברכה רחוק מהם.
והאנשים הבוטחים בה' מאמינים שקרוב ה' לכל קוראיו ותפארתו בישראל ובודאי יפתח להם שערי ברכה שיקיימו מצותיו ויעשה להם נסים ונפלאות כי מלכותו בכל משלה, כאשר כתבנו במקום אחר ואין בעל הנס מכיר בניסו. ועיקר השמחה בקיום גוף המצוה של מנורה.
וזה היה מדה של הלל הזקן כדאיתא בגמרא דברכות (ס.) מעשה בהלל הזקן שעבר ושמע קול צווחה ואמר מובטחני שאין זה בביתי, ומסיים הגמרא ועליו הכתוב אומר (תהלים קיב, ז) משמועה רעה לא יירא נכון לבו בטוח בה'. ועל זה אמרו חכמינו ז"ל כל כי האי קרא ונמצא מדתו של הלל שהיה מובטח בחסדי ה' שיעשה תמיד טובות וברכות וקרוב ה' לכל קוראיו, והיה מובטח בו כדאיתא התם כל כי האי קרא מרישא לסיפא מדריש ומסיפא לרישא מדריש, מ"ט משמועה רעה לא יירא נכון לבו בטוח בה', בעבור שהלל היה איש חסד והיה מעורר חסדים עליונים היה מובטח בחסדים עליונים.
נמצא כפי מדתו של הלל היה מובטח תמיד בה' שהקדוש ברוך הוא לא יעזוב אותנו ויפתח לנו שערי רחמים וברכה כדי לקיים מצותיו והיה עיקר השמחה בגוף המצות שקיים מצות העלאת הנרות ובכל יום נתוסף השמחה לכן סבירא להו מוסיף והולך. וגם נראה שמדתו של הלל נכון לבו בטוח בה', בעבור שהיה ענוותן ומי שהוא ענוותן הוא מדבק את עצמו באי"ן וכל העולם מדבק באין ומסתכל תמיד האיך שכל העולם נברא יש מאין ואז בטחונו שלימה, כי מדת בטחון תלוי בזאת המחשבה והארכנו בו במקום אחר.
לכן על הלל נאמר נכון לבו בטוח בה', כלומר שנכון לבו תמיד שכל העולם נברא יש מאין ולכן בטוח בה' והארכנו במקום אחר. ואפשר עוד, בעבור שהלל תמיד דבוק באי"ן, לכן מה שפותח שערי ברכה אין חידוש, כי כל הדבוק באי"ן פותחין לו שערי ברכה כמאמר חכמינו ז"ל (תענית ח:) אין הברכה אלא בדבר הסמוי מן העין.
והסמוי מן העין, הוא שדבק למדת אין שהוא למעלה מן העין גם בזה הארכנו במקום אחר. לכן כיון מה שנפתח לו שערי ברכה אין חידוש ועיקר התענוג היה מה שקיימו (המצות) ובכל יום ויום נתוסף התענוג לכן סבירא להו לבית הלל מוסיף והולך.
והאל הרחמן יפתח לנו שערי ברכה ורחמים תמיד אמן סלה:
Et il apparaît que ce qui fait que, pour Beth Chamai, l'essentiel de la joie réside dans le fait qu'ils virent qu'il leur était possible d'accomplir le commandement du Créateur, béni soit-Il, lorsque les portes de la bénédiction s'ouvrirent pour eux, tandis que pour Beth Hillel l'essentiel de la joie est l'accomplissement du commandement, en voici la raison. Car cette affaire ressemble à une province éloignée de son roi, qui a besoin des bontés du roi pour de nombreuses choses, et le roi est loin d'elle ; et soudain le roi vint dans cette province, et les habitants de la province demandèrent ce dont ils avaient besoin, et le roi combla leur demande, car il est un roi de bonté et de miséricorde.
Or, un premier groupe désespérait que le roi vint d'un lieu si éloigné, et l'essentiel de leur joie venait de la venue du roi dans cette province. Et le second groupe savait que leur roi doit parcourir toute sa province, car sa royauté domine sur tout et il lui faut voir en chaque province ce dont elle a besoin ; ceux-là attendaient constamment la venue du roi, bien qu'il fut éloigné, et l'essentiel de leur joie venait seulement de ce que le roi comblait leur demande.
Ainsi en est-il de cette affaire : il y a des hommes pour lesquels le miracle, l'ouverture des portes de la bénédiction, est loin d'eux ; et les hommes qui se fient en ה' croient que ה' est proche de tous ceux qui L'appellent et que Sa gloire est en Israël, et que certainement Il leur ouvrira les portes de la bénédiction afin qu'ils accomplissent Ses commandements, et qu'Il fera pour eux des miracles et des prodiges, car Sa royauté domine sur tout, comme nous l'avons écrit ailleurs, et 'celui à qui advient le miracle ne reconnaît pas son miracle'. Et pour eux, l'essentiel de la joie est dans l'accomplissement du corps même du commandement du candélabre.
Et telle était la mesure (midda) de Hillel l'Ancien, comme il est enseigné dans la guemara de Berakhot (60a) : il advint que Hillel l'Ancien passait en chemin et entendit une voix de cri, et il dit : je suis assuré que cela n'est pas dans ma maison ; et la guemara conclut : et de lui l'Écriture dit (Psaumes 112,7) : 'Il ne craint pas la mauvaise nouvelle, son cœur est ferme, confiant en ה''. Et à ce sujet nos sages de mémoire bénie ont dit : tout verset semblable à celui-ci [s'expose dans les deux sens].
Il se trouve donc que la mesure de Hillel était qu'il était assuré des bontés de ה', qu'Il fait toujours des bienfaits et des bénédictions, et que ה' est proche de tous ceux qui L'appellent, et il avait confiance en Lui, comme il est enseigné là : tout verset semblable à celui-ci s'expose du début vers la fin et de la fin vers le début ; quelle en est la raison ? 'Il ne craint pas la mauvaise nouvelle, son cœur est ferme, confiant en ה''. Parce que Hillel était un homme de bonté ('hessed) et qu'il éveillait les hassadim (les bontés d'en haut), il était assuré des hassadim d'en haut.
Il se trouve donc que, selon la mesure de Hillel, il était toujours assuré en ה' que le Saint, béni soit-Il, ne nous abandonnera pas et qu'Il nous ouvrira les portes de la miséricorde et de la bénédiction afin d'accomplir Ses commandements ; et l'essentiel de la joie était dans le corps même des commandements, en ce qu'il accomplissait le commandement de faire monter les lampes, et chaque jour la joie s'ajoutait - c'est pourquoi ils estiment qu'on ajoute progressivement. Et il apparaît aussi que la mesure de Hillel, 'son cœur est ferme, confiant en ה'', venait de ce qu'il était humble ; et celui qui est humble attache son propre être au Néant (אי"ן, le ain, le niveau du 'rien' d'où tout est créé), et le monde entier est attaché au néant, et il contemple constamment comment le monde entier a été créé quelque chose à partir de rien (yech me-ain), et alors sa confiance est parfaite ; car la mesure de la confiance dépend de cette pensée, et nous nous sommes étendus là-dessus ailleurs.
C'est pourquoi il est dit de Hillel 'son cœur est ferme, confiant en ה'', c'est-à-dire que son cœur est constamment établi dans la conscience que le monde entier a été créé quelque chose à partir de rien, et c'est pourquoi il est confiant en ה' ; et nous nous sommes étendus là-dessus ailleurs. Et il est encore possible de dire que, parce que Hillel était toujours attaché au Néant (אי"ן), le fait que les portes de la bénédiction s'ouvrent n'est pour lui rien de nouveau, car à quiconque est attaché au Néant on ouvre les portes de la bénédiction, comme le disent nos sages de mémoire bénie (Taanit 8b) : la bénédiction ne se trouve que dans ce qui est caché à l'œil.
Et ce qui est caché à l'œil, c'est celui qui est attaché à la mesure du Néant, laquelle est au-dessus de l'œil ; sur cela aussi nous nous sommes étendus ailleurs. C'est pourquoi, puisque le fait que les portes de la bénédiction s'ouvrent pour lui n'est rien de nouveau, l'essentiel du plaisir était dans ce qu'ils accomplissaient (les commandements), et chaque jour le plaisir s'ajoutait ; c'est pourquoi Beth Hillel estiment qu'on ajoute progressivement.
Et que D-ieu le Miséricordieux nous ouvre toujours les portes de la bénédiction et de la miséricorde, amen sela :
ולפי זה יתבאר המהדרין מן המהדרין בית שמאי אומרים יום ראשון מדליק ח' כו'. למה בכאן קבעו דוקא מהדרין מן המהדרין.
ולפמש"ל נכון, כי יש שעושה מצוה בלא תענוג והצדיקים עושין מצוה בתענוג והתענוג של כל דבר נקרא דקה מן הדקה לכן היתה הקטורת של יום הכפורים דקה מן הדקה שיום הכפורים כנגד עולם התענוג שהוא עולם הבינה לכן היתה דקה מן הדקה. וביארנו במקומו שהרוחניות של כל דבר הוא דקה והתענוג של הרוחניות הוא דקה מן הדקה ולכן כיון דפלוגתייהו דבית שמאי ובית הלל אי מוסיף והולך או פוחת והולך.
דפליגי איזה תענוג יותר אי תענוג של גוף המצוה, או תענוג כיון שנתגלה להם שיוכלו לקיים המצוה כמו שביארנו. ונמצא מוסיף והולך או פוחת והולך הוא כנגד התענוג.
ולכן הוא מהדרין מן המהדרין כמו דקה מן הדקה שהוא כנגד עולם התענוג והאל הרחמן ישפיע לנו עונג ושמחה וששון וברכה וחיים אמן:
Et selon cela s'explique 'les plus scrupuleux parmi les scrupuleux : Beth Chamai disent, le premier jour on allume huit, etc.' : pourquoi a-t-on établi ici précisément 'les plus scrupuleux parmi les scrupuleux' ? Et selon ce qui a été écrit plus haut c'est juste : car il y a celui qui accomplit un commandement sans plaisir, tandis que les justes accomplissent le commandement avec plaisir ; et le plaisir de toute chose est appelé 'le plus fin du fin' (daka min ha-daka).
C'est pourquoi l'encens du jour de Kippour était 'le plus fin du fin', car le jour de Kippour correspond au monde du plaisir, qui est le monde de Bina (la sefira de l'intelligence) ; c'est pourquoi il était 'le plus fin du fin'. Et nous avons expliqué en son lieu que la spiritualité de toute chose est fine, et que le plaisir de la spiritualité est 'le plus fin du fin'.
Et donc, puisque la divergence de Beth Chamai et de Beth Hillel porte sur le point de savoir si l'on ajoute progressivement ou si l'on diminue progressivement, c'est qu'ils divergent sur la question de savoir quel plaisir est le plus grand : le plaisir du corps même du commandement, ou le plaisir de ce qu'il leur a été révélé qu'ils pourraient accomplir le commandement, comme nous l'avons expliqué. Il se trouve donc que 'on ajoute progressivement' ou 'on diminue progressivement' correspond au plaisir.
Et c'est pourquoi il s'agit des 'plus scrupuleux parmi les scrupuleux', comme 'le plus fin du fin', qui correspond au monde du plaisir. Et que D-ieu le Miséricordieux répande sur nous délice, joie, allégresse, bénédiction et vie, amen :