קדושת לוי

Kedushat Levi — Kedushot for Purim, Kedusha Revi'it

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

Pourquoi les jours de Pourim sont-ils jours de festin et de joie, et pourquoi y jeûner est-il interdit, comme à Atseret (Chavouot) ? Rabbi Lévi Its'hak reprend Rachi : à Atseret on se réjouit par le manger et le boire, la Torah y ayant été donnée ; de même Israël a reçu la Torah aux jours d'A'hachvéroch par amour du miracle. L'illumination de Pourim est que tous les maux de Haman furent pour le bien : tout vient du Créateur, le Roi bon ; quand l'homme dit « celle-ci aussi est pour le bien », les maux se changent en bien. S'enivrer jusqu'à ne plus distinguer « maudit soit Haman » et « béni soit Mordekhai », c'est qu'il n'y a aucun mal dans le monde.

Aussi : les trois aspects des miracles, Pessa'h, Pourim et ''Hanouka ; le repas de nuit n'acquitte pas, la Torah se recevant de jour ; le vin et les étincelles de sainteté élevées hors des kelipot (écorces) en A'hachvéroch et en Haman

ועתה נבאר למה נקראים ימי פורים ימי משתה ושמחה ואסור בתענית כמו עצרת, כמו שאמרו בפסחים דף ס"ח ע"ב, מר בריה דרבינא הוה יתיב בתענית כלא שתא בר מעצרת ופורים כו'. נראה הטעם של דבר, דכמו עצרת שפרש"י דבעינן נמי לכם, שישמח בו במאכל ובמשתה להראות שנוח ומקובל יום זה לישראל שנתנה תורה בו עד כאן לשון רש"י, כן בפורים צריך שישמח בו באכילה ושתיה להראות שיום זה נוח לישראל שקבלוה בימי אחשורוש מאהבת הנס וכמו שביארנו מה שאמרו (מגילה ז:) חייב אדם לבסומי בפוריא עד דלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי, ביארנו בכמה אופנים ונבאר בחלקים הבאים אם ה' יזכנו לדפוס אותם:

Et maintenant nous allons expliquer pourquoi les jours de Pourim sont appelés jours de festin et de joie, et pourquoi il est interdit d'y jeûner, comme à Atseret (Chavouot), ainsi qu'ils l'ont dit dans le traité Pessahim, feuillet 68b : Mar, fils de Ravina, se tenait en jeûne toute l'année durant, hormis Atseret et Pourim, etc. Il semble que la raison de la chose soit celle-ci : de même qu'à Atseret, où Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki) a expliqué que l'on exige aussi "pour vous", c'est-à-dire que l'on s'y réjouisse par la nourriture et la boisson afin de montrer que ce jour est agréable et bien accueilli par Israël, puisque la Torah y a été donnée - fin de la citation de Rachi -, de même, à Pourim, il faut s'y réjouir par le manger et le boire afin de montrer que ce jour est agréable à Israël, qui ont reçu la Torah aux jours d'Ahachveroch par amour du miracle.

Et ainsi que nous l'avons expliqué à propos de ce qu'ils ont dit (Meguila 7b) : "l'homme est tenu de s'enivrer à Pourim jusqu'à ne plus savoir distinguer entre 'maudit soit Haman' et 'béni soit Mordekhai'" - nous l'avons expliqué de plusieurs manières, et nous l'expliquerons dans les volumes à venir, si ה' nous accorde le mérite de les imprimer.

אמנם כעת נבאר באופן אחד היותר פשוט, כי הנה דע כי מה שקבעו לאלו נסים לחנוכה ולפורים ולפסח יום טוב ולא לנסים אחרים, הגם דרוב יתר נסים דסנחריב וגדעון היתה כולם בפסח, אפס בודאי היה עוד נסים. ונראה כי הנסים והתשועות נחלק לשלשה בחינות.

אחד, שהשם יתברך הושיעה לנו בנסים ונפלאות בשינוי טבעיים וזה היה בפסח. והשני, שהשם יתברך עשה נס שהרשעים יעשו כרצון בית ישראל הגם שרצונם לאבד את ישראל והשם יתברך בעל כרחם שלח בתוך מחשבותם לעשות עמנו טובות וברכות.

וזה הוא חידוש נפלא שרשע יעשה טובות עם ישראל וזה היה הנס דפורים שהשם יתברך שלח בתוך מחשבת אחשורוש שהיה יותר רשע מהמן כמאמר (שם יד.) דבעל התל ובעל החריץ, יעשה טובות לישראל וישפיל את שונאיהם והשני ]והג'[ יעשה דרך מלחמה למסור רבים ביד מעטים ואלו הקדושים היו כבושים תחת יד הרבים. וזה היה הנס דחנוכה ועל אלו נסים ותשועות סובבים כל התשועות או נסים בשינוי טבעים שיעזור לנו כמו בפסח או נסים דרך מלחמה כמו בחנוכה או שהרשעים יצטרכו לעשות טובות עם ישראל וזה היה הנס דפורים.

ואת זה צריכין בגלות המר עד מאד להטות את לב האומות עלינו לעשות עמנו טובות. וכבר ביארנו שכשמספרים נס, אז זה הנס מאיר לנו תמיד כאשר נכתב בקדושת חנוכה על פירוש בימים ההם בזמן הזה, ולכן כיון שאנחנו צריכין כמו הנס דפורים בגלות הזה וכן בזמן בית שני שהיו ישראל תחת ממשלת האומות שיעשו עמנו האומות טובות לכן מספרים הנס בפרסומי ניסא ועוד גדלה הנס דפורים שכל הדברים שעשה המן וכונתו היה לרעת ישראל והוא היה הכל לטובת ישראל אשר עשה העץ לתלות ואשר יעץ להרוג את ושתי וזהו היה הכל לטובת ישראל ולמפלתו כמו שאיתא בתנא דבי אליהו, לטובתי נשברה רגלי פרתי, מזה יחשוב שבאם יבוא לאדם איזה רעה יחשוב לו שהכל הוא לטובה שצריך האדם לחשוב שכל המאורעות בא מן הבורא ברוך הוא, ואם כן בודאי הוא טובה, כי הוא המלך הטוב ובודאי לא יבא שום רעה ממנו.

וזה הוא הארת פורים שמכל הרעות של המן בא טובות ובמקום אחר נבאר זה באורך. והנה זה גרם שידעו שהכל מהבורא והוא המלך הטוב, ועוד טעם שנהפך פור המן לפורינו שכל הטבעים נזדככו.

נמצא אחר שאדם יעמיק במחשבתו שכל רעות יהפכו לטובות כמו המן שמרעתו בימי מרדכי ואסתר נתהפך לטוב מזכך בזה המחשבה שלא יבוא עליו שום רעה. וכל הדברים אשר ברגע נראין לדבר רע כשישמח בה ויאמר גם זו לטובה יתהפך לטוב ולא יפחד משום דבר כמו שנאמר (תהלים קיב, ז) משמועה דעה לא יירא, וזה הוא בזכות המחשבה והאמירה שהכל לטובה כמו שהיה בימי מרדכי ואסתר שהכל היה לטובה:

Toutefois, pour l'heure, nous allons expliquer selon une seule voie, la plus simple. Car voici, sache que ce qui fait que l'on a fixé pour ces miracles-là - pour 'Hanouka, pour Pourim et pour Pessa'h - un jour de fête, et non pour d'autres miracles, bien que la plupart des autres miracles, celui de Sanhériv et celui de Guidéon, se soient tous produits à Pessa'h, et bien qu'il y eût assurément encore d'autres miracles...

Et il apparaît que les miracles et les deliverances se divisent en trois aspects (behinot). Le premier : que le Nom, béni soit-Il, nous a sauvés par des miracles et des prodiges, par un changement des lois de la nature, et cela fut à Pessa'h.

Le deuxième : que le Nom, béni soit-Il, a fait un miracle tel que les méchants agissent selon la volonté de la maison d'Israël, bien que leur volonté fut de perdre Israël; et le Nom, béni soit-Il, malgré eux, envoya au sein de leurs pensées d'accomplir envers nous des bienfaits et des bénédictions. Et c'est là une nouveauté merveilleuse, qu'un méchant fasse du bien à Israël; et tel fut le miracle de Pourim, où le Nom, béni soit-Il, envoya au sein de la pensée d'Ahachveroch - lequel était plus méchant que Haman, selon le propos (ibid.

14a) du maître du tertre et du maître du fossé - de faire du bien à Israël et d'abaisser leurs ennemis. Et le deuxième [et le troisième] : qu'Il agisse par voie de guerre, livrant les nombreux entre les mains des peu nombreux, alors que ces saints étaient assujettis sous la main du grand nombre; et tel fut le miracle de 'Hanouka.

Et autour de ces miracles et de ces deliverances tournent toutes les deliverances : ou bien des miracles par changement des lois de la nature, où Il nous vient en aide comme à Pessa'h; ou bien des miracles par voie de guerre comme à 'Hanouka; ou bien que les méchants soient contraints de faire du bien à Israël, et tel fut le miracle de Pourim. Et de cela nous avons extrêmement besoin dans l'exil amer : que le cœur des nations s'incline vers nous pour nous faire du bien.

Et nous avons déjà expliqué que lorsqu'on raconte un miracle, alors ce miracle nous illumine constamment, comme il a été écrit dans la Kedusha de 'Hanouka à propos de l'explication de "en ces jours-là, en ce temps-ci". C'est pourquoi, puisque nous avons besoin d'un miracle semblable à celui de Pourim dans cet exil, et de même au temps du second Temple, où Israël était sous la domination des nations, à savoir que les nations nous fassent du bien, c'est pourquoi l'on raconte le miracle par la publication du miracle (pirsoumei nissa).

Et le miracle de Pourim fut plus grand encore, en ce que toutes les choses que Haman a faites, et dont son intention était le mal d'Israël, furent entièrement pour le bien d'Israël : le gibet qu'il dressa pour y pendre, et le conseil qu'il donna de tuer Vachti - tout cela fut pour le bien d'Israël et pour sa propre chute, comme il est rapporté dans le Tana debei Eliyahou : "c'est pour mon bien que la patte de ma vache s'est brisée". De là, que l'homme médite ceci : si quelque mal lui survient, qu'il pense que tout est pour le bien; car l'homme doit penser que tous les événements viennent du Créateur, béni soit-Il, et s'il en est ainsi, c'est assurément un bien, car Il est le Roi bon, et assurément aucun mal ne vient de Lui.

Et telle est l'illumination de Pourim : que de tous les maux de Haman vinrent des bienfaits; et ailleurs nous l'expliquerons longuement. Or cela fit qu'ils sussent que tout vient du Créateur et qu'Il est le Roi bon.

Et il y a une autre raison à ce que le "pour" (le sort) de Haman se soit changé en notre Pourim : c'est que toutes les natures furent affinées. Il en résulte que, lorsque l'homme approfondit dans sa pensée que tous les maux se changeront en biens - comme Haman, dont le mal, aux jours de Mordekhai et d'Esther, se changea en bien -, il s'affine par cette pensée, en sorte qu'aucun mal ne vienne sur lui.

Et toutes les choses qui, sur l'instant, paraissent être un mal : lorsqu'il s'en réjouit et dit "celle-ci aussi est pour le bien", elles se changent en bien, et il ne craindra rien, comme il est dit (Psaumes 112,7) : "il ne craint pas une mauvaise nouvelle". Et cela advient par le mérite de la pensée et de la parole selon lesquelles tout est pour le bien, comme il en fut aux jours de Mordekhai et d'Esther, où tout fut pour le bien.

וזהו חייב אינש לבסומא בפוריא עד כו', מחויב להתענג בהארת פורים שיאמר שאיננו בעולם כלל שום דעה. שבין הדברים רעים, שהוא בכלל ארור המן.

ובין הדברים הטובים, שהוא בכלל ברוך מרדכי. הוא הכל טוב ואין שום רע כלל בעולם.

וזהו עד דלא ידע, כלומר שכל הדברים אף על פי שנראין רע אין הכוונה רק טוב ואין שום רע, כי הכל מהבורא ברוך הוא המלך הטוב. וזה דלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי, שכולם המה טובות לישראל ולא יש שום דבר רע כמו בימי מרדכי ואסתר שמכל המחשבות רעות נתהפך הכל לטוב.

ובחלקים אחרים נבאר כל זה באריכות והאל הטוב יתן לנו הטוב והמטיב אמן סלה:

Et tel est le sens de "l'homme est tenu de s'enivrer à Pourim jusqu'à" etc. : il est tenu de se délecter de l'illumination de Pourim, en sorte qu'il dise qu'il n'existe absolument dans le monde aucun savoir [qui distingue le bien du mal]. Car qu'il s'agisse des choses mauvaises, qui entrent dans la catégorie de "maudit soit Haman", ou des choses bonnes, qui entrent dans la catégorie de "béni soit Mordekhai", tout est bien et il n'y a absolument aucun mal dans le monde.

Et tel est le sens de "jusqu'à ne plus savoir", c'est-à-dire que toutes les choses, bien qu'elles paraissent mauvaises, n'ont d'autre visée que le bien, et il n'y a aucun mal, car tout vient du Créateur, béni soit-Il, le Roi bon. Et c'est là le sens de "qu'il ne sache plus distinguer entre 'maudit soit Haman' et 'béni soit Mordekhai'" : car toutes ces choses sont des bienfaits pour Israël et il n'y a aucune chose mauvaise, comme aux jours de Mordekhai et d'Esther, où, de toutes les pensées mauvaises, tout se changea en bien.

Et dans d'autres volumes nous expliquerons tout cela longuement; et que le Dieu bon nous donne le bien, Lui qui est bon et qui fait du bien, amen sela.

ועתה נבאר מה שחייב אינש לבסומי בפוריא, שלכאורה אינו מובן שהוא מדה מגונה עד מאד. דהנה כונת הגמרא הוא כך, כפי אשר כתבנו דכל פעולת המן היה הכל לטובת ישראל ומה שעשה העץ למרדכי לסוף נתלה עליה הוא ועשרת בניו, וכן מה שאמר לאחשורוש להרוג את ושתי ולאיש אשר המלך חפץ ביקרו לעשות יקר וגדולה, היה הכל לטובת ישראל וכל הרעות שחשב ועשה לישראל היה לטובתם של ישראל.

אפס, כי דעת וכונת המן לרעה לישראל, אמנם השם יתברך עשה והיפך לטובה שלא מדעת המן, כי דעתו היה לרעה הפעולות שעשה והשם יתברך ידע כי לא כמחשבת בני אדם מחשבותיו, רק הכל לטובה. וכן ידע האדם שבאם אדם רוצה לעשות לו רע מזה העשייה בעצמה יתהפך לטוב שלא כפי דעת הרשע שחושב לרעה, רק הכל לטובה ובין האדם הרוצה לעשות לחבירו טובה ובין האדם הרוצה לעשות לו רעה הכל לטובה.

אפס, כי החושב לעשות רעה השם יתברך מהפכה לטוב שלא מדעת החושב:

Et maintenant nous allons expliquer ce qu'ils ont dit, que "l'homme est tenu de s'enivrer à Pourim", ce qui a première vue n'est pas compréhensible, car c'est une conduite extrêmement blâmable. Or voici que l'intention de la Guemara est celle-ci, conformément à ce que nous avons écrit : que toute l'action de Haman fut entièrement pour le bien d'Israël.

Le gibet qu'il dressa pour Mordekhai, c'est lui qui y fut finalement pendu, lui et ses dix fils; et de même ce qu'il dit à Ahachveroch de tuer Vachti, et de faire honneur et grandeur "à l'homme que le roi désire honorer" (Esther 6,6) - tout cela fut pour le bien d'Israël, et tous les maux qu'il médita et fit à Israël furent pour le bien d'Israël. Seulement, le dessein et l'intention de Haman visaient le mal d'Israël; mais le Nom, béni soit-Il, agit et retourna cela en bien, à l'insu de Haman, car son dessein était mauvais dans les actes qu'il accomplissait, et le Nom, béni soit-Il, savait que Ses pensées ne sont pas comme les pensées des fils de l'homme, mais que tout est pour le bien.

Et de même l'homme doit-il savoir que, si quelqu'un veut lui faire du mal, de cet acte lui-même il résultera un retournement en bien, non selon le dessein du méchant qui médite le mal, mais tout est pour le bien : qu'il s'agisse de l'homme qui veut faire du bien à son prochain ou de l'homme qui veut lui faire du mal, tout est pour le bien. Seulement, celui qui médite de faire du mal, le Nom, béni soit-Il, retourne son acte en bien à l'insu de celui qui l'a médité.

והנה האדם המבסם את עצמו הוא בלי דעת וכל דבריו הוא בלי דעת. וזה חייב אינש לבסומי בפוריא עד שלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי, כלומר בביסום שהוא בלתי דעת כמו איש מבוסם אין חילוק בין ארור המן, שהוא המכרין את עצמו לרעה ורוצה לעשות לחבירו.

ובין ברוך מרדכי, הרוצה לעשות טובה הכל הוא טוב וכמו שכתבתי, רק הרוצה לעשות רעה הטובה הבא ממנו כמו איש מבוסם , דהיינו בלתי דעתו בא ממנו טובה שהוא בלי דעת כן הטובה הנצמח מעושה רע הוא בלתי דעתו. וכן כל הדברים הבאים מלמעלה אפילו שנראין כמו רע הוא לטובה, רק בעת שנראה שהוא הרע אין אנו יודעים הטוב שיבא ממנו והטוב שבא מזה הרע הוא בלתי דעתינו, כי לפי ראות עיני בשר ודם הוא רע וזה הוא כמו איש מבוסם אשר אינו בדעתו.

והנה כבר ביארנו בקדושת חנוכה, הפירוש על בימים ההם בזמן הזה שבהדלקת נר חנוכה, ובקריאת מגילה. ובשמחת אלו הימים פועלין שכל אלו הנסים והחסדים יתגלה גם היום, לכן בעת האכילה ושתיה מה שאמרו חייב אינש, יכוין שימשך אל החסדים תמיד גם היום שהאל יעשה אותות בגלות המר שאנחנו בין האומות העולם שאומות העולם יעשו עמנו טובות כמו שהיה אז על ידי אחשורוש טובות לישראל וכל מי שירצה לעשות עמנו רעה יצמח מזה טובה גדולה.

והעיקר השמחה היה, מה שמקבלין התורה על ידי מקרא מגילה וכמ"ש, והוא דומה כמו עצרת שאסור להתענות וכמ"ש:

Or voici : l'homme qui s'enivre est sans savoir, et toutes ses paroles sont sans savoir. Et tel est le sens de "l'homme est tenu de s'enivrer à Pourim jusqu'à ne plus savoir distinguer entre 'maudit soit Haman' et 'béni soit Mordekhai'", c'est-à-dire que dans l'ivresse, qui est absence de savoir, comme chez un homme enivré, il n'y a pas de différence entre "maudit soit Haman" - celui-là qui se voue lui-même au mal et veut en faire à son prochain - et "béni soit Mordekhai" - celui qui veut faire du bien : tout est bien, comme je l'ai écrit.

Seulement, chez celui qui veut faire du mal, le bien qui vient de lui est comme [l'œuvre d']un homme enivré, c'est-à-dire qu'à son insu il vient de lui un bienfait, lui qui est sans savoir; ainsi le bien qui pousse de celui qui fait le mal advient-il à son insu. Et de même, toutes les choses qui viennent d'en haut, bien qu'elles paraissent être un mal, sont pour le bien; seulement, au moment où cela paraît être le mal, nous ne connaissons pas le bien qui en sortira, et le bien qui vient de ce mal est hors de notre savoir, car selon la vue des yeux de chair et de sang c'est un mal; et cela est comme un homme enivré qui n'est pas en pleine possession de son savoir.

Or nous avons déjà expliqué dans la Kedusha de 'Hanouka l'explication de "en ces jours-là, en ce temps-ci" : que par l'allumage de la lampe de 'Hanouka, par la lecture de la Meguila et par la joie de ces jours, on agit en sorte que tous ces miracles et ces hassadim (bontés) se révèlent aussi aujourd'hui. C'est pourquoi, au moment du manger et du boire dont ils ont dit "l'homme est tenu", qu'il ait l'intention (kavana) d'attirer ces hassadim en permanence, aujourd'hui aussi : que Dieu accomplisse des signes dans l'exil amer, où nous sommes parmi les nations du monde, en sorte que les nations du monde nous fassent du bien, comme il en fut alors, par le moyen d'Ahachveroch, des bienfaits pour Israël; et que de quiconque voudra nous faire du mal pousse un grand bien.

Et l'essentiel de la joie fut ceci : que l'on reçoit la Torah par la lecture de la Meguila, comme nous l'avons écrit; et cela ressemble à Atseret, où il est interdit de jeûner, comme nous l'avons écrit.

ומעתה יש לבאר מה שאמרו חכמינו ז"ל במגילה (ז:) אמר רבא סעודת פורים שעשאה בלילה לא יצא ידי חובתו שנאמר ימי משתה ושמחה, דבגמרא אמרו בשבת דף פ"ז ולקבלו התורה בלילה. ומשני הגמרא לא מראש בסתר דברתי.

נמצא עיקר קבלת התורה צריך להיות ביום דוקא. וכבר ביארנו שמחת פורים הוא שנוח לנו מה שאנחנו מקבלין עלינו התורה ואהבת הנס ועיקר קבלת התורה ביום דוקא ולכן סעודת פורים שעשאה בלילה לא יצא ידי חובתו.

ומעתה כשאוכל ושותה בפורים לא ירבה בהוללת, רק יקבל עול תורה ועול מצות כמו בימי מרדכי ואסתר ובזה יהיה עיקר שמחתו ויקיים שוש אשיש בה' (ישעיה סא, ו) ובכל כזית וכזית שאוכל יכוין ששמח בעול תורה ומצות וישמח ויעלוז בקבלת התורה וגם ישמח ויעלוז ויכוין באכילה ושתיה שכל האומות העולם יעשו עמנו טובות וכל הרעות יתהפכו לטוב ויקוים בנו ולא שמע אלקים אל בלעם ויהפוך ה' א-להיך את הקללה לברכה, אמן סלה נ"ו:

Et désormais il y a lieu d'expliquer ce que nos sages, de mémoire bénie, ont dit dans le traité Meguila (7b) : Rava a dit : le repas de Pourim que l'on a fait de nuit, on ne s'est pas acquitté de son obligation, car il est dit "jours de festin et de joie" (Esther 9,22). Or, dans la Guemara, ils ont dit dans le traité Chabbat, feuillet 87 : et [comment auraient-ils reçu] la Torah de nuit?

Et la Guemara répond : "je n'ai pas parlé en secret dès l'origine" (Isaie 45,19). Il en résulte que l'essentiel de la réception de la Torah doit avoir lieu de jour précisément.

Et nous avons déjà expliqué que la joie de Pourim consiste en ce qu'il nous est agréable de recevoir sur nous la Torah, et en l'amour du miracle; et puisque l'essentiel de la réception de la Torah est de jour précisément, c'est pourquoi le repas de Pourim que l'on a fait de nuit n'acquitte pas de l'obligation. Et désormais, lorsqu'il mange et boit à Pourim, qu'il ne multiplie pas la dissipation, mais qu'il reçoive le joug de la Torah et le joug des mitsvot comme aux jours de Mordekhai et d'Esther, et que là réside l'essentiel de sa joie; et qu'il accomplisse "je me réjouirai grandement en ה'" (Isaie 61,10).

Et à chaque mesure d'olive (kazayit) qu'il mange, qu'il ait l'intention de se réjouir du joug de la Torah et des mitsvot, qu'il se réjouisse et exulte de la réception de la Torah; et qu'il se réjouisse aussi, exulte et ait l'intention, dans le manger et le boire, que toutes les nations du monde nous fassent du bien et que tous les maux se changent en bien, et que s'accomplisse en nous : "et Elokim ne voulut pas écouter Bilam, et ה' ton Elokim changea la malédiction en bénédiction" (Deutéronome 23,6). Amen sela, נ"ו.

ועתה נבאר מה ששתיית יין מצוה בפורים בדברי נעימים מתוקים ויותר חייב לבסומי בפוריא, מה שאין כן בשאר ימים טובים. אפס נראה, כי מה שבן רשע כמו אחשורוש יזכה בנו לבנות בית המקדש אף על פי שהיה דריוש טהור מאמו, אף על פי כן טמא מאביו היה.

ונראה לי בעבור שעל פי גזירות אחשורוש נתלה המן ועשרת בניו ונקם מאויבינו ויתר הדברים אף על פי שהאל הכריח אותו לזה הגזירה. זכה בנו לבנות בית השני.

והנה היה באחשורוש בודאי ניצוצות הקדושה כנודע מדברי האר"י ז"ל, כי בכל דבר יש נצוצות קדושה וצריך להעלות מקליפות בסוד חיל בלע ויקיאנו (איוב כ, טו) ובזה שצוה אחשורוש לתלות את המן ועשרת בניו ונעשה תשועה גדולה על ידו, ועל ידי זה היה עליות לניצוצות קדושה שבתוך אחשורוש וזכה בנו לבנות בית המקדש, וכן על ידי מעשה המן, הגם שכונתו היה לרעה, רק שעל ידי מעשיו היה התשועה, כי הוא הכין בעצמו העץ לתלות אותו ואת בניו. וכן מה שאמר להרוג את ושתי, הגם שכונתו שישא את בתו, על ידי זה היה התשועה גדולה בישראל.

נמצא היה לניצוצות הקדושה שבתוך המן עליות ועל ידי זה בני בניו למדו תורה ברבים ואלו בני ברק, ונמצא שהיה עליות לנצוצות קדושה שבתוך המן ואחשורוש. והכלל גדול, מקום שבעלי תשובה עומדים צדיקים גמורים אין יכולין לעמוד, כי יותר תענוג מעליות הנצוצות שבתוך הקליפות מצדיקים עצמן.

למשל לבן שהוא פעם אחד בשנה אצל אביו ובא ממקום רחוק התענוג גדול יותר מכשהוא אצל אביו בתמידות, לכן בעל תשובה שבא ממקום רחוק התענוג גדול יותר מצדיק שהוא אצל אביו. ולכן בפורים שהוא התשועה במה ששלח האל בתוך מחשבות אחשורוש לעשות כרצון ישראל והיה לניצוצות שבתוך אחשורוש עליות גדול שבנה בנו הבית המקדש ומעשי המן נהפך לישועה ולכן בני בניו למדו תורה ברבים, וכיון שהיה לניצוצות שבתוך הקליפה עליות היה שמחה גדולה כאשר כתבנו שהוא כמו בעל תשובה לכן יש להרבות בשמחה וידוע שיין הוא סוד שמחה לכן יש להרבות ביום זה בשתיית יין, כי יין מרמז על שבעים סנהדרי גדולה שהמה בעולם העונג לכן יש להרבות ביום זה בשתיית יין.

ועוד יש לאלוה מילין בענייני חנוכה ופורים ויבואר אם ירצה השם אם יזכנו האל בחלקים הבאים להדפיסם ושם יתבאר אם ירצה השם הרבה עניינים על מגילת אסתר ועל מימרות חכמינו ז"ל וההגדות דחנוכה ופורים:

Et maintenant nous allons expliquer, en paroles agréables et douces, pourquoi boire du vin est une mitsva à Pourim, et plus encore pourquoi l'on est tenu de s'enivrer à Pourim, ce qui n'est pas le cas les autres jours de fête. Or il apparaît ceci : le fait que le fils d'un méchant comme Ahachveroch nous ait valu que le Temple fut bâti - car bien que Dariush fut pur du côté de sa mère, il était néanmoins impur du côté de son père.

Et il me semble que c'est parce que, en vertu des décrets d'Ahachveroch, Haman et ses dix fils furent pendus, et qu'il nous vengea de nos ennemis, et à cause du reste des choses - bien que Dieu l'eût contraint à ce décret - qu'il eut le mérite que son fils bâtisse le second Temple. Or il y avait certainement en Ahachveroch des étincelles de sainteté, comme cela est connu des paroles du Ari (Rabbi Yitshak Louria), de mémoire bénie : car en toute chose il y a des étincelles de sainteté, et il faut les élever hors des kelipot (les écorces, forces d'impureté), selon le secret de "il a englouti des richesses, il les vomira" (Job 20,15).

Et par le fait qu'Ahachveroch ordonna de pendre Haman et ses dix fils, et qu'une grande deliverance s'accomplit par lui, par cela il y eut des élévations pour les étincelles de sainteté qui étaient au-dedans d'Ahachveroch, et il eut le mérite que son fils bâtisse le Temple. Et de même par l'acte de Haman : bien que son intention fut mauvaise, la deliverance advint par ses actes, car c'est lui-même qui prépara le gibet où l'on devait le pendre, lui et ses fils.

Et de même ce qu'il dit de tuer Vachti : bien que son intention fut que [le roi] épousât sa fille, par cela advint la grande deliverance en Israël. Il en résulte que les étincelles de sainteté au-dedans de Haman connurent des élévations, et par cela ses petits-fils enseignèrent la Torah en public, et ce sont eux [les maîtres de] Bnei Brak; il en résulte donc qu'il y eut des élévations pour les étincelles de sainteté qui étaient au-dedans de Haman et d'Ahachveroch.

Et le grand principe est celui-ci : "au lieu où se tiennent les repentants (baalei techouva), les justes accomplis ne peuvent se tenir", car il y a plus de délice dans les élévations des étincelles qui sont au-dedans des kelipot que dans les justes eux-mêmes. Par exemple, pour un fils qui n'est auprès de son père qu'une fois l'an et qui vient d'un lieu éloigné, le délice est plus grand que lorsqu'il est auprès de son père en permanence; c'est pourquoi, pour le repentant, qui vient d'un lieu éloigné, le délice est plus grand que pour le juste qui se tient auprès de son Père.

Et c'est pourquoi, à Pourim, où la deliverance consista en ce que Dieu envoya au sein des pensées d'Ahachveroch d'agir selon la volonté d'Israël, et où les étincelles au-dedans d'Ahachveroch connurent une grande élévation, en sorte que son fils bâtit le Temple, et où les actes de Haman se changèrent en deliverance, si bien que ses petits-fils enseignèrent la Torah en public - et puisque les étincelles qui étaient au-dedans de la kelipa connurent des élévations, il y eut une grande joie, comme nous l'avons écrit, car cela est comme [dans le cas d']un repentant; c'est pourquoi il convient de multiplier la joie. Et il est connu que le vin est le secret de la joie; c'est pourquoi il convient de multiplier en ce jour la consommation de vin.

Car le vin (יין, dont la valeur numérique est soixante-dix) fait allusion aux soixante-dix membres du grand Sanhédrin, qui se tiennent dans le monde du délice; c'est pourquoi il convient de multiplier en ce jour la consommation de vin. Et Dieu a encore des paroles à dire (cf.

Job 33,13) sur les sujets de 'Hanouka et de Pourim, et cela sera expliqué, s'il plaît au Nom, si Dieu nous accorde le mérite d'imprimer les volumes à venir; et là seront expliqués, s'il plaît au Nom, de nombreux sujets sur le rouleau d'Esther, sur les propos de nos sages, de mémoire bénie, et sur les aggadot de 'Hanouka et de Pourim.

💬
✉ Signaler une erreur de traduction