Ce passage poursuit l'enseignement sur le miracle de Pourim accompli à l'intérieur de la nature. Rabbi Lévi Its'hak rappelle que les choses naturelles s'appellent « terre » et celles qui sont au-dessus de la nature « ciel ». « Toutes les extrémités (afsei) de la terre ont vu le salut de notre Hachem » désigne le renforcement des lois naturelles demeurant dans leur vigueur. Ce miracle se produit aux jours de Mordekhai et d'Esther : Sa royauté reste couverte et pourtant Il brise le bras des méchants dans la nature même. Le nom « meguila » (de galah, « révéler ») dit que ce qui était couvert se révèle. Ils reçoivent la Torah par amour, voyant que même dans la nature Sa royauté domine.
Aussi : ils confirmèrent puis reçurent par la lecture de la meguila ; Pourim du nom du sort, monde naturel du choix ; les combinaisons de Noms de la meguila sont la vitalité de la nature
והנה ידוע שהדברים הטבעים והגשמיים נקראים בשם ארץ. והדברים שהמה למעלה מטבעים נקראים בשם שמים.
כמאמר חכמינו ז"ל קורא לשמים ממעל, זו נשמה. ולארץ מתחת, זו הגוף.
כי הדברים הטבעים בשם ארץ מכונים. וזה פירוש ראו כל אפסי ארץ את ישועת א-להינו.
אפסי, הוא לשון התחזקות. וזה פירוש ראו כל אפסי ארץ, הוא התחזקות הטבעים והטבעים המה בתקפם ובקיומם ולא נשתנו מכמות שהיו.
ואמרו חכמינו ז"ל אימתי היה זה, כי בכל זמן וזמן היה הנסים בשינוי טבע כמו ביציאת מצרים ולא היה אפסי ארץ. כי אפסי ארץ, מורה על לשון חוזק הטבעים.
כי אפסי, לשון חוזק. וארץ, מורה על הטבעים.
ואמרו חכמינו ז"ל זה היה בימי מרדכי ואסתר זה הנס דפורים שהיה בתוך הטבעים ולא היה בהם שום שינוי כנ"ל דעת חכמינו ז"ל. והנה על פי פשוטה א"ש.
כי לכן היה הנס גדול אשר מאהבתם קבלו את התורה הקדושה כיון שהנס היה בטבעים אשר בה מלכותו מכוסה לכן הוא נס גדול, כי דרך משל הוא למלך אשר בא ברוב חייליו ומנצח את המלחמה אין כל כך פלא כמו שהמלך בא לפעמים ביער יחידי בלא כלי מלחמתו וחיילותיו אינם עמו והוא מנצח בגבורתו לבדו וגם דומה למלך כשבאין לפלטרין שלו ורואין גדולתו והאיך משרתיו ועבדיו עושין רצונו ומפחדין ממנו ובושין מפניו ואין כל כך חידוש כמו שהמלך ביער יחידי ואיננו לבוש בלבושי מלכות וחייליו אינם עמו ומפחדים ומתביישין ממנו זה נפלא גדול, כן הדבר הזה כשהקדוש ברוך הוא משנה הטבעים ונראה מלכותו אשר הוא עושה משמי שמים וכל צבאם אינו כל כך פלא, כי מי שבראם יכול לשנותם, אבל אם עושה נסים בטבעים ומלכותו בהסתר ואף על פי כן עושה פלאים כמו בימי מרדכי ואסתר הוא פלא גדול. ולכן גדלה הנס כל כך בעיני ישראל עד שקבלו את התורה ונראה מפנימית הדבר שלכן קבלו את התורה מאהבה בימי מרדכי ואסתר.
ומקודם נבא, כי לפ"ד יתכן שנקראת מגילה בשם מגילה, כי בדברים הטבעים מלכותו בהסתר ומכוסה הנהגת יתברך שמו. אמנם כאשר השם יתברך עושה נסים ונפלאות בתוך הטבעיים ומראה לעין כל בדברים הטבעים חבתו לעמו בית ישראל.
והנה מה שהיה מכוסה הנהגותיו והיה זרוע רשעים מצפים לשפוך דם נקי על פי טבעים, כי הנהגת הבורא ברוך הוא מכוסה בתוך הטבעים עכשיו על פי הנס של מרדכי ואסתר נתגלה שגם בתוך הטבעים הוא משבר ומכלה ומכרית זרוע רשעים ונגלה אם חפץ ה' גם בטבעים הוא משבר ומכרית ומגדע זרוע רשעים כמו שהכרית על פי הטבעים את המן הרשע. ונמצא כאשר ניתלה המן וי' בניו ומפלתן בתוך הטבעים שזה המפלה היה בתוך הטבעים נתגלה שגם בתוך טבעים שהיה מלכותו והנהגותיו מכוסה ובהסתר עכשיו יתגלה מלכותו והנהגותיו אפילו בתוך הטבע.
וזה שם מגילה, כלומר שנתגלה מעשיו מה שהיה עד כאן מכוסה שהנהגותיו ומלכותו היו עד כאן בתוך הטבעית מכוסה עכשיו מגולה. וזה שם מגילה שנתגלה מה שהיה מכוסה:
Or il est connu que les choses naturelles et matérielles sont appelées du nom de 'terre', et que les choses qui sont au-dessus de la nature sont appelées du nom de 'ciel'. Ainsi que l'ont dit nos Sages de mémoire bénie : 'Il appelle les cieux d'en haut' (Psaumes 50,4), c'est l'âme ; 'et la terre d'en bas', c'est le corps.
Car les choses naturelles sont désignées du nom de 'terre'. Et tel est le sens de 'toutes les extrémités de la terre ont vu le salut de notre Dieu' (Psaumes 98,3). 'Afsei' (אפסי, extrémités) est un terme qui exprime le renforcement.
Et tel est le sens de 'toutes les extrémités (afsei) de la terre ont vu' : il s'agit du renforcement des lois naturelles, la nature demeurant dans sa vigueur et sa permanence, sans changer de ce qu'elle était. Et nos Sages de mémoire bénie ont dit : quand cela eut-il lieu ?
Car en tout temps les miracles se produisaient par un changement de la nature, comme lors de la sortie d'Égypte, et il n'y avait pas la 'afsei arets'. Car 'afsei arets' indique la force de la nature : 'afsei' est un terme de force, et 'arets' (terre) désigne la nature.
Et nos Sages de mémoire bénie ont dit : cela eut lieu aux jours de Mordekhai et d'Esther, c'est le miracle de Pourim, qui se produisit à l'intérieur de la nature, sans qu'il y eût en elle aucun changement, comme il a été dit plus haut selon l'avis de nos Sages de mémoire bénie. Or, selon le sens simple, cela s'accorde bien (à'sh, atei chapir : 'cela vient bien').
Car c'est pour cela que le miracle fut grand, au point que par amour ils reçurent la sainte Torah : puisque le miracle eut lieu à l'intérieur de la nature, où Sa royauté est couverte, c'est donc un grand miracle. Car il en va, par comparaison, comme d'un roi qui vient avec la multitude de ses armées et remporte la guerre : ce n'est pas si étonnant, comparativement au roi qui vient parfois seul dans la forêt, sans ses armes et sans que ses troupes soient avec lui, et qui l'emporte par sa seule vaillance.
Et cela ressemble aussi à un roi lorsque l'on vient dans son palais et que l'on voit sa grandeur, et comment ses serviteurs et ses esclaves font sa volonté, le craignent et ont honte devant lui : il n'y a pas là tant de nouveauté, comparativement au roi qui est seul dans la forêt, qui n'est pas revêtu des habits royaux, dont les armées ne sont pas avec lui, et devant qui pourtant on tremble et on a honte : cela, c'est une grande merveille. Ainsi en va-t-il de cette chose : lorsque le Saint béni soit-Il change la nature et que Sa royauté se voit, dans ce qu'Il fait des cieux des cieux et de toute leur armée, ce n'est pas si étonnant, car Celui qui les a créés peut les changer ; mais s'Il accomplit des miracles à l'intérieur de la nature, Sa royauté étant dissimulée, et que malgré cela Il fait des prodiges, comme aux jours de Mordekhai et d'Esther, c'est une grande merveille.
C'est pourquoi le miracle fut si grand aux yeux d'Israël qu'ils reçurent la Torah ; et il apparaît, du côté intérieur de la chose, que c'est pour cela qu'ils reçurent la Torah par amour aux jours de Mordekhai et d'Esther. Et nous viendrons d'abord à ceci : selon nos paroles (lefi devarénou), il se peut que la meguila soit appelée du nom de 'meguila' pour la raison suivante.
Dans les choses naturelles, Sa royauté est dissimulée et la conduite de Celui dont le Nom soit béni est couverte ; mais lorsque le Nom béni soit-Il accomplit des miracles et des prodiges à l'intérieur de la nature, Il montre aux yeux de tous, dans les choses naturelles mêmes, Son affection pour Son peuple, la maison d'Israël. Or, ce qui était couvert, à savoir Ses conduites, alors que le bras des méchants guettait pour répandre le sang innocent par les voies naturelles, puisque la conduite du Créateur béni soit-Il est couverte à l'intérieur de la nature, voici que maintenant, par le miracle de Mordekhai et d'Esther, il s'est révélé que même à l'intérieur de la nature Il brise, anéantit et retranche le bras des méchants ; et il s'est dévoilé que, si le Nom le veut, même dans la nature Il brise, retranche et abat le bras des méchants, comme Il a retranché par les voies naturelles Haman le méchant.
Il se trouve donc que, lorsque Haman et ses dix fils furent pendus et que leur chute eut lieu au sein de la nature, cette chute s'étant produite à l'intérieur de la nature, il s'est révélé que même à l'intérieur de la nature, où Sa royauté et Ses conduites étaient couvertes et dissimulées, désormais Sa royauté et Ses conduites se révèlent, même au sein de la nature. Et tel est le nom 'meguila' (מגילה, rouleau, de la racine galah, 'révéler') : c'est-à-dire que se sont révélés Ses actes, qui jusqu'ici étaient couverts ; Ses conduites et Sa royauté étaient jusqu'ici couvertes à l'intérieur de la nature, et maintenant elles sont révélées.
Et tel est le nom 'meguila' : ce qui était couvert s'est révélé.
ועל פי זה יתורץ למה אמרו חכמינו ז"ל הדר קיבלו עליהם בימי אחשורוש ופירש"י מאהבת הנס, וקשה הלא יציאת מצרים היה הנס יותר גדולה. אפס כי מה שכתבנו למה כפה עליהם ההר כגיגית הלא כבד הקדימו נעשה לנשמע.
וכתבנו שהקדימו נעשה לנשמע, היינו בעת ניסים ונפלאות דיציאת מצרים וקריעת ים סוף וגם הפרנסה שלהם היה בנס, דהיינו הבאר ומן וענני כבוד וכפה ההר כגיגית אפילו אחר שיתנהגו העולם בטבע יקבלו את עול מלכותו עליהם עול תורתו ומצותיו ומאמינים שכל הטבעים מקטן ועד גדול הכל בהשגחתו יתברך שמו כמ"ש לעיל. ולכן אמר הדר קבלוה בימי אחשורוש, שראו זה בחוש מפלת המן הרשע שאפילו בתוך הטבע מלכותו בכל משלה והנהגותיו נתגלה וראו זה הדבר בנס בימי מרדכי ואסתר שהבורא ברוך הוא מלכותו בכל משלה לכן קיבלו עליהם מאהבה את התורה שראו שאפילו בתוך הטבעים הוא מושל בכל שעל זה כפה עליהם ההר כגיגית שיאמינו בה' שאפילו בתוך הטבע מלכותו בכל משלה.
ואבאר לך יותר למה קבלו התורה. והנראה, כי מה שדרשו חכמינו ז"ל קימו וקבלו, קימו מה שקבלו כבר, היינו שעל ידי מצות קריאת המגילה שקראו בשנה ראשונה את המגילה זכו שקבלו תורה וקרא דייקא הכי קימו וקבלו היהודים כו', להיות עושים את שני הימים האלה.
ואם קיימו וקבלו הוא על קבלת התורה, אם כן האיך שייך להיות עושין כו', אלא שעל ידי קריאת המגילה ועשיית המצות פורים קבלו התורה מאהבה:
Et par là se résout la question de savoir pourquoi nos Sages de mémoire bénie ont dit : 'ils l'ont à nouveau reçue sur eux aux jours d'Assuérus', Rachi expliquant : par amour du miracle. Or cela fait difficulté : la sortie d'Égypte n'était-elle pas un miracle plus grand encore ?
Mais [la réponse tient] à ce que nous avons écrit sur la question : pourquoi renversa-t-Il sur eux la montagne comme une cuve, alors qu'ils avaient déjà fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' ? Et nous avons écrit que le fait qu'ils aient fait précéder 'nous ferons' à 'nous entendrons' eut lieu au temps des miracles et des prodiges de la sortie d'Égypte et de l'ouverture de la mer des Joncs, alors que leur subsistance elle-même était miraculeuse, à savoir le puits, la manne et les nuées de gloire ; et Il renversa sur eux la montagne comme une cuve afin que, même après que le monde se conduirait selon la nature, ils acceptent sur eux le joug de Sa royauté, le joug de Sa Torah et de Ses commandements, et qu'ils croient que toute la nature, du plus petit au plus grand, est entièrement sous Sa providence, que Son Nom soit béni, comme nous l'avons écrit plus haut.
C'est pourquoi il est dit : 'ils l'ont à nouveau reçue aux jours d'Assuérus', car ils virent cela de leurs sens, dans la chute de Haman le méchant, à savoir que même à l'intérieur de la nature Sa royauté domine sur tout et que Ses conduites se sont révélées ; ils virent cette chose dans le miracle des jours de Mordekhai et d'Esther, que la royauté du Créateur béni soit-Il domine sur tout. C'est pourquoi ils reçurent sur eux la Torah par amour, ayant vu que même à l'intérieur de la nature Il gouverne tout : et c'est pour cela qu'Il avait renversé sur eux la montagne comme une cuve, afin qu'ils croient en ה', que même à l'intérieur de la nature Sa royauté domine sur tout.
Et je t'expliquerai davantage pourquoi ils reçurent alors la Torah. Voici ce qui paraît : ce que nos Sages de mémoire bénie ont exposé sur 'ils confirmèrent et reçurent' (Esther 9,27), à savoir 'ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà reçu', signifie que c'est par le commandement de la lecture de la meguila, qu'ils lurent la première année, qu'ils méritèrent de recevoir la Torah.
Et le verset dit précisément ainsi : 'les Juifs confirmèrent et reçurent, etc., de faire ces deux jours-là'. Or si 'ils confirmèrent et reçurent' se rapporte à la réception de la Torah, comment cela s'accorde-t-il avec 'de faire, etc.' ?
Mais c'est que par la lecture de la meguila et l'accomplissement des commandements de Pourim ils reçurent la Torah par amour.
ובזה יתורץ מה שהקשה המהרש"א דהוה ליה למכתב בתחלה קבלו ואחר כך וקיימו. ולפ"ד יתכן, דבתחילה קיימו וקראו המגילה ואחר קריאת המגילה בשנה ראשונה קבלו את התורה, כי סגולת קריאתה שיזדככו הטבעים וכיון שנזדככו הטבעים הוא הגשמיות קבלו את התורה מאהבה וכמ"ש, וכיון שראו שבזכות קריאת המגילה מקיימין את התורה לכן קבעו אנשי כנסת הגדולה לקרא המגילה בכל שנה ולא יעבור לכן קיימו ואחר כך קבלו, וכיון שראו כח קריאת המגילה שמקבלין התורה על ידי קריאתה קבלו להיות הקריאה חק ולא יעבור.
וכן משמע ברש"י במגילה ובמסכתא מגילה שבתחלה בשנה הראשונה קראו כך המגילה ובשנה השנייה קבעוה לדורות. ומה שעל ידי קריאת המגילה זכו לקבל התורה ולא על ידי לימוד שאר התורה שקראו בתורה לפני ימי מרדכי ואסתר אבאר לך קצת באריכות:
Et par là se résout la difficulté soulevée par le Maharcha (Rabbi Chmouel Eliezer Edels) : il aurait fallu écrire d'abord 'ils reçurent' et ensuite 'et ils confirmèrent'. Or selon nos paroles cela se comprend : d'abord ils accomplirent et lurent la meguila, et après la lecture de la meguila, la première année, ils reçurent la Torah.
Car la vertu de sa lecture est que les natures s'affinent, et puisque la nature, c'est-à-dire la matérialité, s'est affinée, ils reçurent la Torah par amour, comme nous l'avons écrit. Et puisqu'ils virent que c'est par le mérite de la lecture de la meguila que l'on accomplit la Torah, les hommes de la Grande Assemblée instituèrent de lire la meguila chaque année sans y jamais déroger ; c'est pourquoi 'ils confirmèrent' vient d'abord et 'ils reçurent' ensuite.
Et puisqu'ils virent la force de la lecture de la meguila, que c'est par sa lecture que l'on reçoit la Torah, ils acceptèrent que cette lecture soit une loi à laquelle on ne déroge pas. Et ainsi ressort-il de Rachi sur la meguila et dans le traité Meguila, que d'abord, la première année, ils lurent ainsi la meguila, et que la seconde année ils l'instituèrent pour les générations.
Et pourquoi est-ce par la lecture de la meguila qu'ils méritèrent de recevoir la Torah, et non par l'étude du reste de la Torah, qu'ils lisaient déjà avant les jours de Mordekhai et d'Esther : je te l'expliquerai un peu longuement.
ועתה נבאר למה נקרא פורים על שם הפור הוא הגורל וכי עיקר הנס היה הגורל. והנה להוי ידוע שלמעלה מן הטבע הוא הכל אחדות ואין רואין שם רק מלכותו יתברך שמו רק למטה בעולם הטבע שם שליטת החיצונים ויש שם בחירה לעשות רצונו יתברך שמו או חס ושלום לעבור רצונו.
והנה אם אין רק דבר אחד אינו שייך גורל, רק אם יש שני דברים דומים זה לזה מי שבורר לו דבר אחד שייך גורל. שגורל אינו רק הבורר אחד משני דברים הדומים זה לזה.
לכן בעולם הזה אשר מלכותו והנהגותו מכוסה שייך גורל אחד לה' וכו'. ונמצא עולם הטבע נקרא עולם הגורל, רק אנחנו עמו ישראל ה' מנת חלקינו וגורלינו, אבל למעלה ששם אחדותו נראה ואין רואין רק מלכותו יתברך שמו כמו שאמרו בחגיגה (יב:) על רוח סערה שהוריד דוד לארץ ולא בשמים משום לא יגורך רע כו' (תהלים ה, ה) לכן הנס דפורים שהיה בתוך הטבעים ששם שליטת החיצונים והבחירה נתנה שייך שם גורל כמ"ש, ולכן עולם הטבע הוא עולם הגורל נקרא פורים על שם הפור הוא הגורל שהיה בתוך הטבעיים ששם גורל הוא הבחירה, לכן הנס דמרדכי ואסתר נקרא פורים והוא יעשה עמנו נסים ונפלאות נסים נסתרים ונסים נגלים ויקוים בנו כימי צאתך מארץ מצרים אראנו נפלאות.
למה קבלו התורה אז, כי הנה צריכין להבין למה חיוב לקרות מגילה יותר מכל התורה כולה. והתורה שנתנה למשה בסיני אינו כל כך חיוב כמו מגילת אסתר אשר נאמרה ברוח הקודש על ידי מרדכי ואסתר, וגם כי יציאת מצרים הוא חיוב לקרות מן התורה יכול לאומרו בכל לשון, ולא כן קריאת המגילה דכמה דברים מעכבין בה כגון למפרע וקראה על פה ותרגום ובכל לשון ובכל התורה שנתנה בקולות וברקים וכתיבות מצות הבורא ברוך הוא וכתיבות כמה שמות הקדושים ברוך הוא איננו כל כך חיוב כמו מקרא מגילה, וגם כי חייב אדם ללמוד תורה כמאמר (יהושע א, ח) והגית בו יומם ולילה.
אמנם יכול לשנותו בכל לשון שירצה ובהרהור דברי תורה אדם יוצא לא כן חיוב קריאת המגילה שכמה דברים מעכבין בה. והנראה למה קבלו את התורה אז, כי הנה ידוע שכל העולמות שלמעלה שהוא עולם המלאכים ועולם השרפים וחיות ואופני הקודש צורתן הרוחניות כדמות התורה הרוחניות וכדמות מצות הרוחניות.
ועיקר חיותן הוא מתורה ומצות כמו שאיתא במדרש אז ראה ויספרה הכינה וגם חקרה (איוב כט, כז) ועיין במדרש, שראה הבורא ברוך הוא בתורה וברא העולמות. והנה גם בעולם התחתון הוא עולם הזה עולם הטבע עיקר החיות גם כן מהתורה ומצות ואהבה ויראה את הבורא ברוך הוא יתברך שמו.
אפס, כי בעולם העליון הוא עולם השרפים וחיות ואופני הקודש החיות הוא השכליות של עבודת הבורא ברוך הוא הוא מגולה ובעולם הזה הוא עולם הטבע החיות שבו שהוא התורה והמצות. ועבדות הבורא ברוך הוא מכוסה, כי הוא מדור להחיצונים.
וצפון אור בתוך החושך:
Et maintenant nous expliquerons pourquoi cette fête est appelée Pourim, du nom du 'pour', c'est-à-dire le sort : l'essentiel du miracle était-il donc le sort ? Or, qu'il soit su qu'au-dessus de la nature tout est unité, et l'on n'y voit rien d'autre que Sa royauté, que Son Nom soit béni ; ce n'est qu'en bas, dans le monde de la nature, que se trouve la domination des extérieurs (hitsonim, les forces extérieures à la sainteté, c'est-à-dire les kelipot), et qu'il y a le libre choix de faire Sa volonté, que Son Nom soit béni, ou, à Dieu ne plaise, de transgresser Sa volonté.
Or, s'il n'y a qu'une seule chose, la notion de sort ne s'applique pas ; ce n'est que s'il y a deux choses semblables l'une à l'autre, et que quelqu'un en choisit une, que la notion de sort s'applique. Car le sort n'est rien d'autre que le fait de choisir l'une de deux choses semblables l'une à l'autre.
C'est pourquoi, dans ce monde-ci, où Sa royauté et Sa conduite sont couvertes, la notion de sort s'applique : 'un sort pour ה', etc.' (Lévitique 16,8). Il se trouve ainsi que le monde de la nature est appelé le monde du sort ; seulement, nous, Son peuple Israël, 'ה' est la part de mon lot et de mon sort' (Psaumes 16,5).
Mais en haut, où Son unité se voit et où l'on ne voit rien d'autre que Sa royauté, que Son Nom soit béni, comme ils l'ont dit dans le traité Haguiga (12b) au sujet du vent de tempête que David fit descendre sur la terre et non dans les cieux, parce que 'le mal ne séjourne pas auprès de Toi, etc.' (Psaumes 5,5). C'est pourquoi le miracle de Pourim, qui eut lieu à l'intérieur de la nature, là où est la domination des extérieurs et où le libre choix a été donné, c'est là que la notion de sort s'applique, comme nous l'avons écrit ; et puisque le monde de la nature est le monde du sort, cette fête est appelée Pourim du nom du 'pour', c'est-à-dire le sort, car le miracle eut lieu au sein de la nature, là où le sort est le libre choix.
C'est pourquoi le miracle de Mordekhai et d'Esther est appelé Pourim. Et qu'Il fasse avec nous des miracles et des prodiges, des miracles cachés et des miracles révélés, et que s'accomplisse en nous : 'comme aux jours de ta sortie du pays d'Égypte, Je lui ferai voir des merveilles' (Michee 7,15).
Pourquoi reçurent-ils alors la Torah ? Il faut en effet comprendre pourquoi l'obligation de lire la meguila est plus grande que celle de toute la Torah entière.
Car la Torah, donnée à Moche au Sinaï, ne fait pas l'objet d'une obligation aussi forte que la meguila d'Esther, qui fut dite par l'esprit saint (roua'h hakodech) par Mordekhai et Esther. Et aussi : bien que le rappel de la sortie d'Égypte soit une obligation de la Torah, on peut le dire en toute langue ; il n'en va pas de même de la lecture de la meguila, où plusieurs choses sont invalidantes, par exemple de la lire à rebours, de la lire par cœur, en traduction araméenne ou en toute autre langue.
Et alors que toute la Torah fut donnée parmi les voix et les éclairs, qu'y sont écrits les commandements du Créateur béni soit-Il et qu'y sont écrits tant de Noms saints, béni soit-Il, elle ne fait pas l'objet d'une obligation aussi forte que la lecture de la meguila. Et aussi : l'homme est tenu d'étudier la Torah, selon la parole 'tu la méditeras jour et nuit' (Josue 1,8) ; mais il peut l'étudier en toute langue qu'il veut, et par la seule pensée des paroles de Torah l'homme s'acquitte, ce qui n'est pas le cas de l'obligation de lire la meguila, où plusieurs choses sont invalidantes.
Et voici ce qui paraît quant à la raison pour laquelle ils reçurent alors la Torah. Il est connu que tous les mondes d'en haut, c'est-à-dire le monde des anges, le monde des serafim, des 'hayot et des ofanim de sainteté, ont leur forme spirituelle à l'image de la Torah spirituelle et à l'image des commandements spirituels, et que l'essentiel de leur vitalité provient de la Torah et des commandements, comme il est rapporté dans le Midrach sur 'alors Il la vit et la raconta, Il l'établit et même la sonda' (Job 28,27), vois dans le Midrach, que le Créateur béni soit-Il regarda dans la Torah et créa les mondes.
Or, dans le monde inférieur aussi, c'est-à-dire ce monde-ci, le monde de la nature, l'essentiel de la vitalité provient également de la Torah, des commandements, de l'amour et de la crainte du Créateur béni soit-Il, que Son Nom soit béni. Seulement, dans le monde supérieur, celui des serafim, des 'hayot et des ofanim de sainteté, la vitalité, qui est l'intellect du service du Créateur béni soit-Il, est révélée ; tandis que dans ce monde-ci, le monde de la nature, la vitalité qui s'y trouve, à savoir la Torah et les commandements, et le service du Créateur béni soit-Il, est couverte, car il est la demeure des extérieurs.
Et la lumière est cachée au sein des ténèbres.
והנה על ידי עסקנו בתורה אנחנו מחברים עצמינו באורות הרוחנים, ולכן העוסק בתורה לשמה בדחילא ורחימא אזי מאיר על נפש העוסק בתורה אורות הרוחניות שבתורה אשר הוא עוסק בה ונתמלא הנפש באהבה ויראה את שמו הבורא ברוך הוא יתברך שמו ובשמחת האל יתברך שמו. לכן העוסק בתורה ובמצות נתמלא הנפש מאהבה ויראה את שמו יתברך ומלא שמחה, כי כן הרוחניות של תורה הוא צרופי שמות המלאכים והיכלות העליונים אשר המה מלאים אהבה ויראה את הבורא ברוך הוא יתברך שמו ושם שורש השמחה כמאמר הכתוב (דהי"א טז, כז) עוז וחדוה במקומו.
וכן צרופי שמות של המגילה הוא החיות והשכליות של עולם התחתון שהוא עולם הטבע, כי היה הנס בתוך הטבע מוכח שנתקן עולם הטבע לכן בעת קריאת המגילה מתנוצץ ומאיר באיש הישראל הקורא המגילה החיות והשכליות ואהבה ויראה לשמו יתברך ברוך הוא מה שיש בעולם הזה הוא עולם הטבע. לכן צריך לקרות המגילה.
והוא יותר חיוב מדברי תורה כמו שאיתא במסכת מגילה (ג:) מכאן סמכו של בית רבי מבטלין תלמוד תורה לשמוע מקרא מגילה, וגם לא מצינו חיוב מן התורה לקרות מן הספר תורה אשר כתובה כתיקונה כמו שמחויבין לקרות המגילה אשר היא כתובה על הספר אשורית ובדיו, שעל ידי קריאת המגילה נזדככו כל הטבעיות, כי ההוגה בו תוך הספר הכתובה כתיקונה על הספר ובדיו מתנוצץ כל האורות והשמות שבתוכה והצרופי השמות שבתוכה והאורות והשמות והצירופים שבתוך המגילה המה החיות והשכליות של עולם הזה עולם הטבע כהחיות והשכליות של כל העולמות כדאיתא במדרש, שכמו שבאדם יש רמ"ח אברים, כן יש בארץ. לב הארץ, עין הארץ, ערות הארץ, עיין שם.
והרמ"ח איברים הרוחנים של אדם הוא רמ"ח מצות עשה, ושס"ה גידים הרוחנים הוא שס"ה לא תעשה כן בעולם הרוחניות שבה הוא רמ"ח מצות עשה ושס"ה לא תעשה, שמקיימים בני אדם. ולכן כיון שהצירופי שמות והאורות של מגילה הוא החיות והשכליות של עולם הטבע המה בודאי השס"ה לא תעשה ורמ"ח מצות עשה, כי המצות עשה ולא תעשה המה החיות של כל העולמות והצרופים והשמות והאור של מגילה המה הרמ"ח מצות עשה ושס"ה לא תעשה של הטבע, כי כן הנס דמגילה היה בתוך הטבע כמ"ש, לכן האורות והצידופים ושמות של מגילה הוא החיות של עולם הטבע.
דהיינו הרמ"ח מצות עשה ושס"ה לא תעשה של עולם הזה היא של עולם הטבע כמו שהנס דפורים היה בתוך הטבע כמו שביארנו:
Or, par notre occupation à la Torah, nous nous relions aux lumières spirituelles. C'est pourquoi, chez celui qui s'occupe de la Torah pour elle-même, avec crainte et amour (bidhilou ourhimou), les lumières spirituelles de la Torah dont il s'occupe brillent alors sur l'âme de celui qui l'étudie, et l'âme se remplit d'amour et de crainte du Nom du Créateur béni soit-Il, que Son Nom soit béni, et de la joie de Dieu, que Son Nom soit béni.
C'est pourquoi, chez celui qui s'occupe de la Torah et des commandements, l'âme se remplit d'amour et de crainte de Son Nom béni soit-Il, et elle est pleine de joie ; car la spiritualité de la Torah, ce sont les combinaisons (tseroufim) des noms des anges et des palais d'en haut, lesquels sont emplis d'amour et de crainte du Créateur béni soit-Il, que Son Nom soit béni, et c'est là qu'est la racine de la joie, selon la parole du verset : 'la force et l'allégresse sont en Son lieu' (I Chroniques 16,27). De même, les combinaisons de Noms de la meguila sont la vitalité et l'intellect du monde inférieur, qui est le monde de la nature ; car du fait que le miracle eut lieu à l'intérieur de la nature, il est prouvé que le monde de la nature a reçu son tikoun (réparation).
C'est pourquoi, au moment de la lecture de la meguila, étincellent et brillent dans l'homme d'Israël qui lit la meguila la vitalité et l'intellect, ainsi que l'amour et la crainte de Son Nom béni soit-Il, tels qu'ils se trouvent dans ce monde-ci, qui est le monde de la nature. C'est pourquoi il faut lire la meguila, et c'est une obligation plus grande que les paroles de Torah, comme il est rapporté au traité Meguila (3b) : de là, ceux de la maison de Rabbi ont pris appui pour dire que l'on interrompt l'étude de la Torah afin d'entendre la lecture de la meguila.
Et nous ne trouvons pas non plus d'obligation de la Torah de lire dans un rouleau de Torah écrit selon les règles, comme on est tenu de lire la meguila, laquelle est écrite sur un rouleau, en caractères assyriens et à l'encre ; car par la lecture de la meguila toutes les natures s'affinent. En effet, celui qui la prononce dans le rouleau écrit selon les règles, sur le rouleau et à l'encre, fait étinceler toutes les lumières et les Noms qui s'y trouvent, ainsi que les combinaisons de Noms qui s'y trouvent ; et les lumières, les Noms et les combinaisons contenus dans la meguila sont la vitalité et l'intellect de ce monde-ci, le monde de la nature, de même que la vitalité et l'intellect de tous les mondes, ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach : de même que l'homme a 248 (רמח) membres, ainsi en est-il de la terre : le cœur de la terre, l'œil de la terre, la nudité de la terre, vois-y.
Et les 248 membres spirituels de l'homme, ce sont les 248 commandements positifs, et les 365 (שסה) tendons spirituels, ce sont les 365 interdits ; de même, dans le monde, la spiritualité qui s'y trouve, ce sont les 248 commandements positifs et les 365 interdits que les hommes accomplissent. C'est pourquoi, puisque les combinaisons de Noms et les lumières de la meguila sont la vitalité et l'intellect du monde de la nature, elles sont assurément les 365 interdits et les 248 commandements positifs ; car les commandements positifs et les interdits sont la vitalité de tous les mondes, et les combinaisons, les Noms et la lumière de la meguila sont les 248 commandements positifs et les 365 interdits de la nature.
Car il en est ainsi : le miracle de la meguila eut lieu à l'intérieur de la nature, comme nous l'avons écrit ; c'est pourquoi les lumières, les combinaisons et les Noms de la meguila sont la vitalité du monde de la nature, à savoir les 248 commandements positifs et les 365 interdits de ce monde-ci, qui est le monde de la nature, de même que le miracle de Pourim eut lieu à l'intérieur de la nature, comme nous l'avons expliqué.