קדושת לוי

Kedushat Levi — Haggadah MiSavi De'vey Atuni (2/2)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

Ce passage poursuit : pourquoi l'exil et la destruction du Temple s'il y a une protestation majeure jusqu'à Mordekhai et Esther ? Rabbi Lévi Its'hak résout celle des Tossafot : Chmouel dit que le rouleau d'Esther a été dit par l'esprit saint pour être lu et non pour être écrit, et la michna refuse l'acquittement par cœur. Tout homme doit raconter et bénir le Nom pour un miracle ; la lecture publique du rouleau accomplit cette mitsva. L'esprit saint n'a dit que les lois de cette lecture : caractères assyriens, tendons, sirtout (traçage des lignes). Le reste de l'année, le rouleau n'est pas des vingt-quatre écrits saints et ne rend pas les mains impures.

Aussi : selon le RaCHBA, la terre d'Israël et le Temple furent donnés sous condition de garder la Torah ; selon Rabbi Chimon ben Yo'haï, l'extermination vint de la prosternation devant l'image, Yehochoua ayant conclu une alliance au sujet de l'idolâtrie

והנה המהרש"א והרשב"א שבעין יעקב הקשו כיון דיש מודעא רבה לאורייתא קודם ימי מרדכי ואסתר, א"כ למה גלו ישראל ונחדב בית המקדש. קודם ימי מרדכי ואסתר.

וע"ש שתירץ הרשב"א שנתן להם ארץ ישראל בעבור שישמרו את תורתו. שארץ ישראל היא מתנה ועל תנאי נתן האל ארץ ישראל שנשמור את תורתו וכמ"ש דוד המלך ע"ה ויתן להם ארצות גוים בעבור ישמרו תורתו, וכן בית המקדש על תנאי זה נתנה.

וכיון שלא קיימו אבותינו התנאי המתנה של ארץ ישראל ובית המקדש בטלה ועיין ברשב"א. ועתה נבאר שאלו תלמידיו את רבי שמעון בן יוחאי מפני מה נתחייבו שונאיהם של ישראל כלייה, כלומר שהקושיא מפני מה נתחייבו כלייה לשיטת רשב"י קשה קושיא זאת.

ואמר להם רשב"י אמרו אתם למה קשה לפי שיטתי למה נתחייבו כלייה הלא גם לדבריכם קשה. ואמרו לו תלמידיו, בשלמא לשיטתינו לא קשה דא"ל שנהנו מסעודתו של אותו רשע.

אבל לדבריך קשה הלא היה מודעא רבה לאורייתא עד ימי מרדכי ואסתר. אם כן למה נענשו להתחייב כלייה.

בשלמא מתנות ארץ ישראל ראוי לבטלה מישראל וכן בית המקדש כיון שעל תנאי נתנה לישראל ארץ ישראל ובית המקדש שיקיימו את התורה. אבל לכלייה אינם ראוים כיון שיש מודעא רבה עד ימי מרדכי ואסתר שקבלו מאהבה.

ואם כן קשה דוקא לשיטת רשב"י שהוא סובר זה דקיימו וקבלו, הדדש קיימו מה שקבלו כבר וכמ"ש, אם כן ס"ל דיש מודעא רבה לאורייתא עד ימי מרדכי ואסתר. ויתורץ דקדוק מפני מה נתחייבו שונאיהם של ישראל שבאותו הדור כלייה, כלומר לאותו דור עד שלא קבלו התורה מאהבה.

ואמר להם רבי שמעון בן יוחאי לתלמידיו גם לפי דבריכם ושיטתכם לא יתכן שאם כן בשושן יהרוג כו'. ואמרו לו תלמידיו אמור אתה.

כלומד, תיתי מהי תיתי עדיין הקושיא קיימת בין לשיטתינו ובין לשיטתך וא"ל מפני שהשתחוו לצלם. והתוספות כתבו בשבת ד"ה מודעא רבה לאורייתא , שעל עבודה זרה לא היה מודעא מעולם שיהושע כרת עמם בדית על עבודה זרה ואמר מפני שהשתחוו לצלם והוא עבודה זרה ועל זה לא היה מודעא דבה כו', ואם כן לא קשה ואפילו לשיטתי ע"כ דבדי א"א מ"ו הגאון ז"ל ודפח"ח.

ע"כ דברי הרב:

Or voici, le MaHaRCHA (Rabbi Chmouel Eliezer Edels) et le RaCHBA (Rabbi Chelomo ben Aderet), tels qu'ils sont rapportés dans le Ein Yaakov, ont soulevé cette difficulté: puisqu'il existe une modaa rabba leorayta (une protestation majeure à l'égard de la Torah, c'est-à-dire l'argument selon lequel Israël n'avait reçu la Torah que sous contrainte, ce qui affaiblit l'engagement pris) avant les jours de Mordekhai et d'Esther, s'il en est ainsi, pourquoi Israël fut-il exilé et pourquoi le Temple fut-il détruit avant les jours de Mordekhai et d'Esther? Et vois là que le RaCHBA a répondu qu'Il leur a donné la terre d'Israël afin qu'ils gardent Sa Torah: car la terre d'Israël est un don, et c'est sous condition que Dieu a donné la terre d'Israël, savoir que nous gardions Sa Torah, comme l'a dit David le roi, que la paix soit sur lui: Il leur donna les terres des nations, afin qu'ils gardent Ses lois (Psaumes 105,44-45); et de même le Temple fut donné sous cette même condition.

Et puisque nos pères n'ont pas accompli la condition, le don de la terre d'Israël et du Temple s'est trouvé annulé; vois le RaCHBA. Et maintenant nous allons expliquer ce passage: ses disciples demandèrent à Rabbi Chimon ben Yohai: pour quelle raison les ennemis d'Israël (formule d'évitement qui désigne Israël lui-même) ont-ils mérité l'extermination?

C'est-à-dire que la question - pour quelle raison ont-ils mérité l'extermination - est une difficulté pesante selon la position de RaCHBI (Rabbi Chimon ben Yohai). Et RaCHBI leur dit: dites-le vous-mêmes.

Pourquoi cela serait-il difficile selon ma seule position? Voici que c'est difficile aussi selon vos paroles.

Et ses disciples lui dirent: selon notre position, certes, il n'y a pas de difficulté, car on peut dire qu'ils ont tiré jouissance du festin de ce mécréant (Ahachveroch). Mais selon tes paroles c'est difficile: n'y avait-il pas une protestation majeure à l'égard de la Torah jusqu'aux jours de Mordekhai et d'Esther?

S'il en est ainsi, pourquoi ont-ils été punis jusqu'à mériter l'extermination? Certes, les dons de la terre d'Israël, il convenait de les annuler pour Israël, et de même le Temple, puisque c'est sous condition que furent donnés à Israël la terre d'Israël et le Temple, savoir qu'ils accomplissent la Torah.

Mais l'extermination, ils ne la méritaient pas, puisqu'il y a une protestation majeure jusqu'aux jours de Mordekhai et d'Esther, où ils reçurent la Torah par amour. S'il en est ainsi, la difficulté porte précisément sur la position de RaCHBI, qui soutient ceci: ils accomplirent et ils reçurent (Esther 9,27) - l'exégèse étant qu'ils accomplirent alors ce qu'ils avaient déjà reçu, comme il est écrit; s'il en est ainsi, il tient qu'il y a une protestation majeure à l'égard de la Torah jusqu'aux jours de Mordekhai et d'Esther.

Et ainsi se résout la précision du texte: pour quelle raison les ennemis d'Israël qui étaient dans cette génération-là ont-ils mérité l'extermination - c'est-à-dire pour cette génération-là seulement, tant qu'ils n'avaient pas encore reçu la Torah par amour. Et Rabbi Chimon ben Yohai dit à ses disciples: selon vos paroles et votre position aussi cela ne se tient pas, car s'il en était ainsi, qu'il tue ceux de Chouchan, etc.

Et ses disciples lui dirent: dis-le, toi. C'est-à-dire: qu'elle vienne d'où elle vienne, la difficulté demeure entière, tant selon notre position que selon la tienne.

Et il leur dit: parce qu'ils se sont prosternés devant l'image (la statue érigée par Nevoukhadnetsar). Et les Tossafot ont écrit dans le traité Chabbat, au lemme modaa rabba leorayta, que sur l'idolâtrie il n'y eut jamais de protestation, car Yehochoua conclut avec eux une alliance (berit) au sujet de l'idolâtrie; et il a dit: parce qu'ils se sont prosternés devant l'image - or cela est de l'idolâtrie, et sur cela il n'y eut pas de protestation majeure, etc.

S'il en est ainsi, il n'y a pas de difficulté, et cela même selon ma position. Jusqu'ici les paroles de mon seigneur, mon père, mon maître et mon enseignant, le Gaon, de mémoire bénie, et les paroles de la bouche du sage sont grâce (Ecclésiaste 10,12).

Jusqu'ici les paroles du Rav.

מכאן ואילך דברי בנו אנכי הצעיר ודברי התלמיד לוי יצחק:

À partir d'ici, ce sont les paroles de son fils, moi le modeste, et les paroles du disciple, Levi Yitshak:

לתר וכו'. קושית התוספות במסכת מגילה דף ז' דאיתא התם, אמר ר' יהודה אמר שמואל אסתר אינה מטמא את הידים, ופריך, למימרא דסבר שמואל אסתר לאו ברוח הקודש נאמרה, והא אמר שמואל אסתר ברוח הקודש נאמרה, ומשני נאמרה לקרות ולא נאמרה לכתוב.

והקשו התוספות, כיון דאמר שנאמרה לקרות ולא לכתוב אם כן יקרא בעל פה. וקשה איך פליג שמואל על משנה שלימה דלקמן דף י"ח קראה על פה לא יצא ולשמואל מותר לקרות על פה.

ויתורץ בעז"ה, דודאי כל אדם מחויב לספר לברך ולהודות להש"י על נס שעושה לו הש"י וכמו שמצינו במסכת ברכות פרק הרואה וכן הוא בש"ע אורח חיים סימן רי"ח, כשמגיע למקום שנעשה לו או לאבותיו נס צריך לברך, ואם כן כשקורא המגילה ומפרסם ניסי הש"י בודאי עושה מצוה בקריאה זו שקורא במגילה לפרסם ניסי הש"י, אבל זו המגילה אינו עדיין בכלל תורה וכתובים שיהא חשוב כאלו עוסק בתורה ולקיים בזה והגית הן לטמא ידים הן לשאר דברים להציל מדליקה כגופי תורה עד שיאמר ברוח הקודש שיכנס בכלל הכתובים ולהיות כגופי תורה לכל הדברים. והשתא יתורץ קושית תוספות על הגמרא, שמשני אליבא דשמואל שסובר שנאמרה לקרות ולא לכתוב, והקשו איך יכול לקרות על פה זה אינו שבוודאי בזה שנאמרה לקרות נאמרה גם כן שיהא בכתיבה ובכתב אשורית ובתפירות גידין הכל נאמרה ברוח הקודש רק שמואל סובר שלענין זה לבד נאמרה ברוח הקודש שיקראו אותה בצבור ומתוך הכתב ובתפירות גידין ושארי דיני מגילה הכל כדי לפרסם ניסי הש"י, הגם שבשאר ניסא אינו צריך רק לברך וכאן היתה המצוה ע"פ רוח הקודש לקרות בציבור מהכתב כתיקונו.

תפירה בגידין ושירטוט. אבל לענין זה שיהא המגילה עצמה כגופי תורה ליכנס בכלל הכתובים שיהא מכ"ד כתבי קודש שהקורא בה כל השנה יהא כלומד תורה הן להיות המגילה מטמא הידים כקדושת תורה זה לא נאמרה ברוח הקודש, רק זה נאמרה ברוח הקודש דבשעת הקריאה יהיה כתובה לפניו כהלכתה בגידין ושרטוט ובשאר ימי השנה איננו בכלל כ"ד ספרי הקדוש לטמא את הידים וליתר הדברים.

ויתורץ קושיא והוא אמת:

לתר etc. Difficulté des Tossafot dans le traité Meguila, folio 7: il est enseigné là que Rabbi Yehouda a dit au nom de Chmouel: le rouleau d'Esther ne rend pas les mains impures (les écrits saints transmettent une impureté rituelle aux mains qui les touchent).

Et l'on objecte: cela veut-il dire que Chmouel tient que le rouleau d'Esther n'a pas été dit par l'esprit saint? Or Chmouel a bien dit que le rouleau d'Esther a été dit par l'esprit saint.

Et l'on répond: il a été dit pour être lu, il n'a pas été dit pour être écrit. Et les Tossafot ont demandé: puisqu'il dit qu'il a été dit pour être lu et non pour être écrit, s'il en est ainsi, que l'on le lise par cœur.

Et la difficulté est celle-ci: comment Chmouel peut-il contredire une michna entière, plus loin au folio 18: s'il l'a lu par cœur, il ne s'est pas acquitté - alors que selon Chmouel il serait permis de le lire par cœur. Et cela se résoudra avec l'aide de Dieu: assurément, tout homme est tenu de raconter, de bénir et de rendre grâce au Nom, béni soit-Il, pour le miracle que le Nom, béni soit-Il, accomplit pour lui, comme nous le trouvons dans le traité Berakhot, chapitre HaRoé, et comme il est écrit dans le Choulhan Aroukh, Orah Haim, paragraphe 218: lorsqu'il arrive à l'endroit où un miracle a été fait pour lui ou pour ses pères, il doit bénir.

S'il en est ainsi, lorsqu'il lit le rouleau et rend publics les miracles du Nom, béni soit-Il, il accomplit assurément une mitsva par cette lecture qu'il fait dans le rouleau, pour rendre publics les miracles du Nom, béni soit-Il. Mais ce rouleau n'est pas encore compris dans la Torah et les Ketouvim (les Hagiographes) au point qu'il soit tenu pour équivalent à l'étude de la Torah et que l'on accomplisse par lui: et tu méditeras (Yehochoua 1,8), ni pour rendre les mains impures, ni pour les autres règles, comme celle de le sauver d'un incendie à l'égal des corps de la Torah, tant qu'il n'est pas dit qu'il l'a été par l'esprit saint, ce qui le ferait entrer dans la catégorie des Ketouvim et le rendrait comme les corps de la Torah pour toutes choses.

Et maintenant se résout la difficulté des Tossafot sur la guemara: elle a répondu selon Chmouel, qui tient qu'il a été dit pour être lu et non pour être écrit, et ils ont demandé comment il pourrait le lire par cœur. Il n'en est pas ainsi, car assurément, dans cela même qu'il a été dit pour être lu, il a été dit aussi qu'il soit dans un écrit, en caractères assyriens, cousu avec des tendons: tout cela a été dit par l'esprit saint.

Seulement, Chmouel tient que c'est pour ce point-là uniquement qu'il a été dit par l'esprit saint: qu'on le lise en public et à partir de l'écrit, avec la couture de tendons et les autres lois du rouleau, tout cela afin de rendre publics les miracles du Nom, béni soit-Il. Et bien que pour les autres miracles il ne faille que bénir, ici la mitsva fut, par l'esprit saint, de lire en public à partir de l'écrit selon sa règle: couture avec des tendons et traçage des lignes (sirtout).

Mais pour ce point-ci - que le rouleau lui-même soit comme les corps de la Torah, qu'il entre dans la catégorie des Ketouvim, qu'il soit l'un des vingt-quatre écrits saints, de sorte que celui qui le lit tout au long de l'année serait comme celui qui étudie la Torah, ou encore que le rouleau rende les mains impures à l'égal de la sainteté de la Torah - cela n'a pas été dit par l'esprit saint. Seul ceci a été dit par l'esprit saint: qu'au moment de la lecture il soit écrit devant lui selon sa règle, avec des tendons et le traçage des lignes; et durant les autres jours de l'année il n'est pas compris parmi les vingt-quatre livres saints, ni pour rendre les mains impures ni pour les autres règles.

Et la difficulté se résout, et cela est vrai:

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