קדושת לוי

Kedushat Levi — Haggadah MiSavi De'vey Atuni (1/2)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

Les anciens d'Athènes demandent : le sel, lorsqu'il se gâte, avec quoi le sale-t-on ? Rabbi Lévi Its'hak l'explique par « de mes ennemis Tu me rends sage par Tes commandements, car il est à moi pour toujours » (Tehilim 119,98) : le singulier vise la délectation du service, qui est pour toujours. Du mauvais penchant, son ennemi, l'homme se rend sage par kal va'homer (du plus léger au plus grave) : s'il l'incite à une chose périssable, à plus forte raison convient-il de servir D.ieu, source de la délectation éternelle. Le sel est l'attachement du tsadik ; lorsqu'il se retire un instant, on le sale par le vêtement des kelipot (écorces), de ce dont le mauvais penchant se revêt.

Aussi : la crainte de la sublimité saisie aux murmures de Chemot 16,9 ; l'attachement du Temple retiré en exil, prouvé par le bien des idolâtres ; il rapporte de son père l'échange de Rabbi Chimon bar Yo'haï en Meguila 12a.

(בכורות) לבאר המאמר בסבי דבי אתוני מילחא כי סריא במאי מלחי ליה בסילתא דכודנתא, ומי איכא סולתא לכודנתא ומילחא מי סריא עד כאן לשון המאמר. נראה בסייעתא דשמיא לבאר על פי דביארנו פירוש הכתוב בתהלים קי"ט, מאויבי תחכמני מצותיך כי לעולם הוא לי.

דלכאורה יש להבין למה נאמר הוא לי, לשון יחיד ולא אמר לשון רבים המה לי, דלפי פשוטו קאי על המצות דהמה רבים. וביארנו, דכשחס ושלום בא איזה מחשבה ותאוה רעה לאדם יתגבר יצר הטוב על יצר הרע ברוב דביקות והתלהבות להשם יתברך דיאמר בלבו קל וחומר אם היצר הרע מסית לדבר הפסד נבזה ושפל דכל התאות הם דברים נפסדים אין בהם ממש וקיום כמו תאות ממון וניאוף שהכל הבל וריק שאחר כך יתמרמר לב האדם בקרבו על מה עשה ככה להפסיד עולם הנצחי בשביל חיי שעה ותאוה זמניית לעשות בשביל ממון וכבוד ושאר תאות שטות דבר רע בעיני השם יתברך לגזול ולעבור שאר עבירות בשביל הסתת יצר הרע, הלא נוח וטוב ויפה לו לעבוד אדון כל שברא כל העולמות לשעשע באימתו ובעובדו אדון כל ברוך הוא מה יפה ומה נעים ומה מתוק לאדם כמאמר רבותינו ז"ל (ברכות יז.) עולמך תראה בחייך, שבהיות האדם מקושר תמיד לעבודת השם יתברך כל תענוגי גן עדן רואה בכל עת ובכל רגע שמקושר בעבודת ה' כמאמר רבותינו ז"ל כנ"ל.

והתענוג שמתענג מעבודת ה' שהוא כלול כל תענוגים שכל התענוגים כביכול השם יתברך הוא המקום דאיהו סובב כל עלמין וממלא כל עלמין כנזכר בתיקונים כמאמר חכמינו ז"ל (יומא לח.) כל מה שברא הקדוש ברוך הוא בעולמו לא ברא אלא לכבודו. ואם כן בעובדו אדון כל מתענג בכל התענוגים והתענוגים ההם הם דבר נצחי שתענוגים הנמשך ממקור התענוג והחיים הוא חי וקיים לעולם.

זהו שאמר הכתוב מאויבי תחכמני מצותיך, פירוש מיצר הרע שהוא אויבי שאין לך אויב כיצר הרע שמסית לעבירה. תחכמני מצותיך, מאתו אני מחכים עצמי למצותיך בקל וחומר הנ"ל, ומה אם הוא מסית אותי לעבירה שהוא דבר הפסד כנ"ל.

מכל שכן שראוי לי לעבוד ה' שמעבודתו אני מתענג בתענוג עולם כנ"ל. זהו כי לעולם היא לי, פירוש שזה התענוג שיש לי בעבודת ה' היא לעולם.

ולזה אמר לעולם, הוא לשון יחיד דקאי על התענוג זהו מלחא כי סריא, פירוש מלח הוא לשון התקשרות של הצדיק שמקושר באדון כל ברוך הוא שהתקשרות נקרא על שם מלח כמו שכתוב (במדבר יח, יט) ברית מלח עולם, שמלח מרומז על ברית והתקשרות. וכן מבואר במהרש"א בחידושי אגדות, כי סריא שלפעמים שסר חס ושלום הדביקות מהצדיק, במאי מלחי ליה, דהיינו שיחזור הצדיק להתקשרות ודביקות שלו כאשר היה בתחילה שכבר כתבנו שהתקשרות נקרא על שם מלח.

והשיב בסילתא דכודנתא, פירוש בלבוש שנקרא סילתא כפרש"י. וכודנתא, פירוש דברים חצונים כמו שכתב המהרש"א בחידושי אגדות כנ"ל, שמלבוש של חיצונים, דהיינו דברים שיצר הרע מסית להם ממנו לוקח לעבוד את ה' כנ"ל שאומר ומה לדברים חיצונים דברי שטות שהמה הבל וריק ויצר הרע מסית אותו בשביל תענוג רגע מכל שכן שראוי לעבוד אותו ברוך הוא שהוא מקור התענוג אמיתי תענוג נצחי.

וזהו בסילתא דכודנתא, במלבוש של חיצונים במה שיצר הרע מתלבש עצמו להסיר ממנו אני לוקח עבודת ה'. ושאלו אותו ומי איכא סילתא לכודנתא, פירוש האיך שייך לקרוא מלבוש לדברים חצונים.

הלא הם כלא היו. לזה השיב להם ומילחא מי סריא, פירוש וכי התקשרות הצדיק חס ושלום נפסק גם שנראה שנפסק איזה רגע אף על פי כן נפשו ורצונו וחפצו לעלות למעלה, רק שלפי רגע (נפסק) גלל כן כיון שהפסק שלו הוא רק לפי רגע דבר שאין בו ממש שרודף היצר הרע אחריו ורוצה לבטל אותו מעבודת ה' גלל כן יתעורר לחזור ולהתלהב לעבודת ה' מהסתת היצר הרע גופא במה שמסית אותו לדברי הבל ושאומר מכל שכן שראוי לי לעבוד ה' שהוא מקור תענוג נצחיי כנ"ל והבן:

(Bekhorot) Pour expliquer le propos [du Talmud, Bekhorot 8b] : les anciens de la maison d'Athènes [demandèrent] : 'le sel, lorsqu'il se gâte, avec quoi le sale-t-on ?' [Il répondit :] 'avec la silta (l'enveloppe, le placenta) d'une mule'. [Ils dirent :] 'et y a-t-il une silta pour une mule ?

Et le sel se gâte-t-il ?' Jusqu'ici les termes du propos. Il semble, avec l'aide du Ciel, qu'on puisse l'expliquer d'après ce que nous avons expliqué du verset des Psaumes 119 [98] : 'de mes ennemis Tu me rends sage par Tes commandements, car il est à moi pour toujours'.

À première vue, il y a lieu de comprendre pourquoi il est dit 'il est à moi' (הוא לי), au singulier, et non au pluriel 'ils sont à moi' (המה לי), car selon le sens simple cela se rapporte aux commandements, qui sont nombreux. Et nous avons expliqué : lorsque, à Dieu ne plaise, vient à l'homme quelque pensée ou quelque désir mauvais, que le bon penchant l'emporte sur le mauvais penchant par un grand attachement et un grand embrasement envers le Créateur béni soit-Il, en se disant dans son cœur un raisonnement à fortiori (kal va-homer, argument du plus léger au plus grave) : si le mauvais penchant m'incite à une chose périssable, méprisable et vile - car tous les désirs sont des choses périssables, il n'y a en eux ni consistance ni permanence, comme le désir de l'argent et la débauche, qui tout entiers sont vanité et néant, de sorte que par la suite le cœur de l'homme s'amertume en lui de ce qu'il a fait ainsi, perdant le monde éternel pour une vie d'un instant et un désir passager, faisant pour de l'argent, pour l'honneur et pour les autres désirs insensés une chose mauvaise aux yeux du Créateur béni soit-Il, volant et commettant les autres transgressions à cause de l'incitation du mauvais penchant - n'est-il pas plus agréable, meilleur et plus beau pour lui de servir le Maître de tout, qui a créé tous les mondes, pour se délecter dans Sa crainte ?

Et en servant le Maître de tout, béni soit-Il, combien c'est beau, combien c'est agréable et combien c'est doux pour l'homme, comme le disent nos maîtres de mémoire bénie (Berakhot 17a) : 'que tu voies ton monde [à venir] durant ta vie' ; car lorsque l'homme est constamment lié au service du Créateur béni soit-Il, il voit toutes les délices du jardin d'Éden à tout instant et à chaque moment où il est lié au service de ה', comme le disent nos maîtres de mémoire bénie, comme ci-dessus. Et la délectation qu'il tire du service de ה' inclut toutes les délectations, car toutes les délectations, pour ainsi dire, sont en Lui : le Créateur béni soit-Il est le Lieu (ha-Makom, l'Omniprésent), car Il entoure tous les mondes et remplit tous les mondes, comme il est mentionné dans les Tikounim (Tikouney ha-Zohar), et comme le disent nos sages de mémoire bénie (Yoma 38a) : 'tout ce que le Saint béni soit-Il a créé dans Son monde, Il ne l'a créé que pour Sa gloire'.

Si donc il en est ainsi, en servant le Maître de tout on se délecte de toutes les délectations, et ces délectations sont chose éternelle, car une délectation qui découle de la source de la délectation et de la vie est vivante et subsistante à jamais. C'est ce que dit le verset : 'de mes ennemis Tu me rends sage par Tes commandements'.

Explication : de mon mauvais penchant, qui est mon ennemi, car tu n'as pas d'ennemi comme le mauvais penchant, qui incite à la transgression. 'Tu me rends sage par Tes commandements' : c'est à partir de lui que je me rends sage pour Tes commandements, par le raisonnement à fortiori mentionné ci-dessus : et si lui m'incite à la transgression, qui est chose périssable comme ci-dessus, à plus forte raison me convient-il de servir ה', car de Son service je me délecte d'une délectation du monde éternel, comme ci-dessus. C'est cela : 'car il est à moi pour toujours'.

Explication : cette délectation que j'ai dans le service de ה' est pour toujours ; et c'est pourquoi il a dit 'pour toujours' au singulier, car cela se rapporte à la délectation. C'est cela 'מילחא כי סריא' (le sel, lorsqu'il se gâte).

Explication : le sel (מלח) est un terme désignant l'attachement du tsadik, qui est lié au Maître de tout béni soit-Il, car cet attachement est appelé du nom de sel, ainsi qu'il est écrit (Nombres 18,19) : 'une alliance de sel éternelle' - car le sel fait allusion à l'alliance et à l'attachement. Et ainsi est-ce expliqué dans le Maharcha (מהרש''א, Moreinou Ha-Rav Chmouel Eliezer Edels) dans ses Hidouchey Agadot. 'כי סריא' : parfois l'attachement se retire du tsadik, à Dieu ne plaise. 'במאי מלחי ליה' : avec quoi le sale-t-on, c'est-à-dire par quoi le tsadik reviendra-t-il à son attachement et à son adhésion tels qu'ils étaient au début, puisque nous avons déjà écrit que l'attachement est appelé du nom de sel.

Et il répondit : 'בסילתא דכודנתא'. Explication : par un vêtement, qui est appelé silta selon Rachi.

Et כודנתא (koudanta, la mule), explication : les choses extérieures (les kelipot, les écorces, forces extérieures), comme l'écrit le Maharcha dans ses Hidouchey Agadot comme ci-dessus - que c'est du vêtement des forces extérieures, c'est-à-dire des choses auxquelles le mauvais penchant l'incite, que de cela même il prend de quoi servir ה', comme ci-dessus ; car il dit : et si pour des choses extérieures, des paroles insensées qui sont vanité et néant, le mauvais penchant m'incite en vue d'une délectation d'un instant, à plus forte raison convient-il de Le servir, béni soit-Il, Lui qui est la source de la délectation véritable, la délectation éternelle. Et c'est cela 'בסילתא דכודנתא' : par le vêtement des forces extérieures, par cela même dont le mauvais penchant se revêt pour m'en détourner, je prends le service de ה'.

Et ils lui demandèrent : 'ומי איכא סילתא לכודנתא'. Explication : comment peut-il convenir d'appeler 'vêtement' des choses extérieures ?

Ne sont-elles pas comme si elles n'étaient pas ? À cela il leur répondit : 'ומילחא מי סריא'.

Explication : est-ce que l'attachement du tsadik est vraiment rompu, à Dieu ne plaise ? Même s'il paraît rompu un instant, malgré tout son âme, sa volonté et son désir sont de monter vers le haut ; seulement, pour un instant (il a été interrompu).

Dès lors, puisque son interruption n'est que pour un instant, chose sans consistance, parce que le mauvais penchant le poursuit et veut l'annuler du service de ה', pour cela même il s'éveillera à revenir et à s'embraser pour le service de ה' à partir de l'incitation du mauvais penchant elle-même, de cela même dont il l'incite à des paroles vaines, en disant : à plus forte raison me convient-il de servir ה', qui est la source de la délectation éternelle, comme ci-dessus. Et comprends.

אגב שהזכרנו למעלה שאדם לוקח עבודת ה' בקל וחומר מהסתת היצר הרע, נבאר בחינה אחת שהוא קרוב לבחינה זו שממנו יקח האדם לעצמו יראת ה', ולא יראת העונש לבד כמבואר בכל ספרי מוסר שיראת עונש הוא דבר קטן, אפס יש לירא מאדון כל ברוך הוא יראת הרוממות שהוא אדון כל שליט בכל העולמות. ושידע אדם בעצמו כמה ששון ושמחה גורם בכל העולמות כשהוא עובד ה' כמבואר דברים אלו בארוכה בזוהר הקדוש ובדברי דבותינו ז"ל בגמרא קדושין (מ:) לעולם יראה אדם עצמו כאלו כל העולם חציו זכאי כו' זכה מכריע את כל העולם כולו לכף זכות כו'.

ומחמת זה בעלות דברים אלו על לב אדם כמה יתלהב לב אדם בקרבו שלא יפרד מדביקות ה' אפילו דגע אחת שבעבודה לה' גורם שמחה בכל העולמות ויותר ויותר כמה מעלות טובות עלינו שהשם יתברך שמח בעבודתינו כנאמר בקרא (תהלים קד, לא) ישמח ה' במעשיו. ובחינה זו שישיג האדם שהשם יתברך שמח בעבודתו יכול להשיג מזה שרואה שחס ושלום כשסר מעבודת ה' ועושה חס ושלום להיפך רצונו כביכול השם יתברך מתרעם כנאמר בקרא כי עונותיכם רבו למעלה ראש.

(עזרא ט, ו) אם כן קל וחומר בן בנו של קל וחומר בעשות האדם רצונו שהשם יתברך שמח כמאמר רבותינו ז"ל (סוטה יא.) שמדה טובה מדובה ממדת פורעניות, ואם מתרעם על דבר עבידה קל וחומר במדת הטוב שהוא מרובה שהשם יתבדך שמח ועלז ומתענג בעבודת האדם לו. ובזה ביארנו הכתוב בפרשת בשלח (שמות טז, ט) ויאמר משה אל אהרן אמור אל כל עדת בני ישראל קרבו לפני ה' כי שמע את תלונותיכם, פירוש קרבו לפני ה' בזה תקריבו עצמיכם לפני ה' לעבודתו מזה גופא, כי שמע את תלונותיכם, שידעתם ששומע את תלונותיכם בזה יש לך מוסר לקדב האדם לעבודת ה' שהוא הראיה אם שומע תלונות ישראל מכל שכן ששומע התקרבות ודביקות ישראל לה' ושומע כל דבור שיוצא מישראל בדביקות בתורה ותפלה ומדות ישרות ומצות.

וכיון שמאמין שהשם יתברך מתענג ושש ועלז בעבודת ה' ומכריע את כל העולם לכף זכות על ידי מעשים הטובים מתלהב לב האדם ומקרב עצמו לעבודת ה' והבן:

Puisque nous avons mentionné plus haut que l'homme prend le service de ה' par un raisonnement à fortiori à partir de l'incitation du mauvais penchant, expliquons un aspect (behina, mode de perception) proche de celui-ci, dont l'homme prendra pour lui-même la crainte de ה' - et non la seule crainte du châtiment, comme il est expliqué dans tous les livres de morale que la crainte du châtiment est chose petite ; mais il y a à craindre le Maître de tout béni soit-Il d'une crainte de la sublimité (yirat ha-romemout), car Il est le Maître de tout, qui gouverne tous les mondes. Et que l'homme sache en lui-même combien d'allégresse et de joie il cause dans tous les mondes lorsqu'il sert ה', comme ces choses sont expliquées longuement dans le saint Zohar et dans les paroles de nos maîtres de mémoire bénie dans la Guemara Kidouchin (40b) : 'que l'homme se voie toujours lui-même comme si le monde entier était pour moitié méritant' etc., 's'il mérite, il fait pencher le monde entier du côté du mérite' etc.

Et de ce fait, lorsque ces choses montent au cœur de l'homme, combien le cœur de l'homme s'embrasera en lui pour ne pas se séparer de l'attachement à ה' même un seul instant, puisque par le service de ה' il cause de la joie dans tous les mondes ; et plus encore, combien de bienfaits sont sur nous, du fait que le Créateur béni soit-Il se réjouit de notre service, comme il est dit dans le verset (Psaumes 104,31) : 'que ה' se réjouisse en Ses œuvres'. Et cet aspect - que l'homme saisisse que le Créateur béni soit-Il se réjouit de son service - il peut le saisir de ce qu'il voit que lorsque, à Dieu ne plaise, il se détourne du service de ה' et fait, à Dieu ne plaise, le contraire de Sa volonté, alors le Créateur béni soit-Il, pour ainsi dire, s'en plaint, comme il est dit dans le verset : 'car nos fautes se sont multipliées par-dessus la tête' (Ezra 9,6).

Si donc il en est ainsi, c'est un raisonnement à fortiori du fils du fils d'un raisonnement à fortiori que, lorsque l'homme fait Sa volonté, le Créateur béni soit-Il se réjouit ; comme le disent nos maîtres de mémoire bénie (Sota 11a), que la mesure de bien est plus grande que la mesure de châtiment. Et s'Il se plaint d'une chose de transgression, à plus forte raison, dans la mesure du bien qui est la plus grande, le Créateur béni soit-Il se réjouit, exulte et se délecte du service que l'homme Lui rend.

Et par cela nous avons expliqué le verset de la section Bechalah (Exode 16,9) : 'et Moché dit à Aaron : dis à toute l'assemblée des enfants d'Israël : approchez-vous devant ה', car Il a entendu vos murmures'. Explication : 'approchez-vous devant ה'' - par cela même vous approcherez vos personnes devant ה' pour Son service, à savoir par 'car Il a entendu vos murmures' : du fait que vous avez su qu'Il entend vos murmures, tu as là une leçon de morale pour rapprocher l'homme du service de ה' ; car c'est là la preuve : s'Il entend les murmures d'Israël, à plus forte raison entend-Il le rapprochement et l'attachement d'Israël à ה', et entend-Il chaque parole qui sort d'Israël dans l'attachement, dans la Torah, dans la prière, dans les traits de caractère droits et dans les commandements.

Et puisqu'il croit que le Créateur béni soit-Il se délecte, se réjouit et exulte du service de ה', et qu'il fait pencher le monde entier du côté du mérite par les bonnes actions, le cœur de l'homme s'embrase et il se rapproche du service de ה'. Et comprends.

באופן אחר בארנו השאלה ששאלו מלחא כי סריא, שהתקשרות שנקרא על שם מלח כנ"ל, שהיה להקדוש ברוך הוא התקשרות עמנו בזמן הבית, כי סריא שסר בזמן הגלות במאי מלחי ליה, מהיכי מוכח שיחזור השם יתברך להתקשר בנו ולבנות לנו את בית המקדש. ומצאתי במהרש"א בחידושי אגדות שכתב גם כן כן.

והשיב להם בסילתא דכודנתא, פירוש מלבוש החיצונים כנ"ל כמאמר רבותינו ז"ל (נדרים נ:) אם לעוברי רצונו כך לעושי רצונו על אחת כמה וכמה. ואם כן מהחיצונים גופא שרואים שטובת עולם הזה התלבש להם בממון או כבוד ושארי דברים ממנו מוכח טובת ישראל לעתיד שיחזוד הקדוש ברוך הוא בנין בית המקדש ולא זז מחבבו שחיבב עד עולם דאם לעוברי רצונו כך לעושי דצונו על אחת כמה וכמה.

זהו בסילתא דכודנתא מלבושין כנ"ל מוכח טובת ישראל לעתיד. ואמרו לו ומי איכא סילתא לכודנתא, וכי טובת עולם הזה המדומה נקרא בשם לבושין דהלא כל טובתם דק לפי שעה ורגע.

לזה השיב ומילחא מי סריא, והלא הדביקות שמרומז על שם מלח כנ"ל שהשם יתברך מקושר בישראל לא סר רק לפי המדומה לכם שסר לזה אני משיב לכם מטובת עולם הזה שיש להעכו"ם שהוא גם כן הכל ענין המדומה שממנו מוכח טובות ישראל לעתיד שאם לעוברי רצונו כך לעושי רצונו על אחת כמה וכמה והשם יתברך ברחמיו יקבץ נדחינו ויבנה בנין בית תפארתינו אמן כן יהי רצון:

D'une autre manière nous avons expliqué la question qu'ils ont posée, 'מילחא כי סריא' : l'attachement, qui est appelé du nom de sel comme ci-dessus, à savoir que le Saint béni soit-Il avait un attachement avec nous au temps du Temple ; 'כי סריא' - qu'il s'est retiré au temps de l'exil ; 'במאי מלחי ליה' - d'où peut-on prouver que le Créateur béni soit-Il reviendra s'attacher à nous et nous bâtir le Temple ? Et j'ai trouvé dans le Maharcha, dans ses Hidouchey Agadot, qu'il écrit lui aussi de même.

Et il leur répondit : 'בסילתא דכודנתא'. Explication : le vêtement des forces extérieures comme ci-dessus, selon le propos de nos maîtres de mémoire bénie (Nedarim 50b) : 'si pour ceux qui transgressent Sa volonté il en est ainsi, pour ceux qui font Sa volonté à plus forte raison'.

Si donc il en est ainsi, c'est des forces extérieures elles-mêmes - de ce que l'on voit que le bien de ce monde s'est revêtu pour elles en argent, en honneur et en d'autres choses - que de là est prouvé le bien d'Israël pour l'avenir : que le Saint béni soit-Il rendra la construction du Temple, et qu'Il ne s'est pas écarté de Son amour, cet amour dont Il a aimé à jamais ; car si pour ceux qui transgressent Sa volonté il en est ainsi, pour ceux qui font Sa volonté à plus forte raison. C'est cela 'בסילתא דכודנתא', des vêtements comme ci-dessus, d'où est prouvé le bien d'Israël pour l'avenir.

Et ils lui dirent : 'ומי איכא סילתא לכודנתא' - est-ce que le bien illusoire de ce monde peut être appelé du nom de vêtements, alors que tout leur bien n'est que pour une heure et pour un instant ? À cela il répondit : 'ומילחא מי סריא' - mais l'attachement, auquel le nom de sel fait allusion comme ci-dessus, par lequel le Créateur béni soit-Il est lié à Israël, ne s'est pas retiré ; c'est seulement selon ce qui vous paraît qu'il s'est retiré.

À cela je vous réponds à partir du bien de ce monde qu'ont les idolâtres (עכו''ם, ovdéy kokhavim ou-mazalot, adorateurs des astres et des constellations), lequel n'est lui aussi tout entier qu'une affaire illusoire, et de là est prouvé le bien d'Israël pour l'avenir : car si pour ceux qui transgressent Sa volonté il en est ainsi, pour ceux qui font Sa volonté à plus forte raison. Et que le Créateur béni soit-Il, dans Sa miséricorde, rassemble nos dispersés et bâtisse l'édifice de notre maison de splendeur, amen, qu'il en soit ainsi Sa volonté.

במסכת מגילה ד' י"ב ע"א בשם א"א המנוח הגאון זצ"ל שאלו תלמידיו את ר' שמעון בר יוחאי מפני מה נתחייבו שונאיהם של ישראל שבאותו הדור כלייה, אמר להם אמרו אתם, אמרו לו מפני שנהנו מסעודתו של אותו רשע, אמר להם אם כן שבשושן יהרוגו ובכל העולם כולו אל יהרוגו, אמרו לו אמור אתה, אמר להם מפני שהשתחוו לצלם, אמרו לו וכי משוא פנים יש בדבר, אמר להם הם לא עשו אלא לפנים כו'. והנה אלו התיבות שאמר ר' שמעון בר יוחאי לתלמידיו אמרו אתם, וגם מה שהשיבו לו תלמידו אמור אתה אין פירוש.

ועוד קשה, כיון שהתלמידים ידעו מה שנתחייבו שונאיהם כו', מפני שנהנו מסעודתו של אותו רשע, אם כן מה שאלו לר' שמעון בר יוחאי. ונדאה דהסגנון כך, דהם שאלו אותו לשיטת ר' שמעון בר יוחאי דוקא דאיתא במסכת שבת דף פ"ח.

ויתיצבו בתחתית ההר, (שמות יט, יז) מלמד שכפה עליהם ההד כגיגית אם תקבלו התורה כו', אמר רב אחאי בד יעקב מכאן מודעא רבא לאורייתא. אמר רבא הדור קבלוה בימי אחשורוש דכתיב קיימו וקבלו קיימו מה שקבלו כבר.

והקשה בתוספות כי הלא רבא סבירא ליה במסכת מגילה דאסתר ברוח הקודש נאמרה קיימו וקבלו, קיימו למעלה מה שקבלו למטה. עיין שם שתירצו דגרסינן רבה.

ועיין שם עוד תירוץ, ואמר א"א מו"ר דרשב"י על כרחך לא סבירא ליה זה הדרש קיימו למעלה מה שקבלו למטה, דאיתא במגילה (ז.) אמר שמואל אסתר אינו מטמא את הידים. והאמר שמואל אסתר ברוח הקודש נאמרה (והיינו הדרש דקיימו וקיבלו) ומשני הגמרא נאמרה לכתוב ולא נאמרה לקרות.

ואיתא תו התם, מיתבי רבי מאיר אומר קהלת כו', רבי שמעון אומר קהלת מקולי בית שמאי וחומרי בית הלל, אבל אסתר ושיר השירים ורות דברי הבל מטמא את הידים. ומשני, הוא דאמר כרבי יהושע ועיין שם.

והנה רבי שמעון דסובר מטמא את הידים על כרחך אינו סובר כשמואל דקיימו למעלה מה שקבלו למטה, דמזה הקרא סבירא ליה לשמואל דאינו מוכח רק דנאמרה לקרות ולא לכתוב, ואם כן למה מטמא ידים, אלא על כרחך דסובר ר' שמעון כר' אליעזר המודעי דדריש כתוב זאת כו', קאי אמגילה, ומשם מוכח דנאמרה אפילו לכתוב, ולהכי סבירא ליה לדבי שמעון דמטמא את הידים, וכיון דסבירא ליה לר' שמעון כר' יהושע דבספר קאי אמגילה, אם כן קרא דקיימו וקבלו, למה לי, דהרי כתובה בתורת משה שיהיה מגילה, אם כן בודאי כל דברים הכתובים במגילה וכל מצות הכתובים במצות מגילה לעשות בפורים הכל בדוח הקודש, אם כן קיימו וקבלו למה לי, אלא על כדחך דקרא אתי לכדדבא הדור קיבלו בימי אחשורוש:

Dans le traité Meguila, feuillet 12a, au nom de mon seigneur mon père (א''א, adoni avi), le défunt, le gaon, que le souvenir du juste soit en bénédiction. Ses disciples demandèrent à Rabbi Chimon bar Yohai : pourquoi ceux qui haïssent Israël de cette génération-là - c'est-à-dire Israël lui-même, désigné par euphémisme - ont-ils mérité l'extermination ?

Il leur dit : dites-le, vous. Ils lui dirent : parce qu'ils ont pris plaisir au festin de ce méchant.

Il leur dit : s'il en est ainsi, que ceux de Chouchan soient tués, mais que ceux du monde entier ne soient pas tués ! Ils lui dirent : dis-le, toi.

Il leur dit : parce qu'ils se sont prosternés devant l'idole. Ils lui dirent : y a-t-il donc de la partialité en la matière ?

Il leur dit : eux n'ont agi que pour l'apparence, etc. Or ces mots que Rabbi Chimon bar Yohai a dits à ses disciples, 'dites-le, vous', et aussi ce que ses disciples lui ont répondu, 'dis-le, toi', n'ont pas d'explication.

Et il y a encore une difficulté : puisque les disciples savaient pourquoi 'ceux qui haïssent Israël' etc. avaient mérité [l'extermination], à savoir parce qu'ils avaient pris plaisir au festin de ce méchant, pourquoi donc l'ont-ils demandé à Rabbi Chimon bar Yohai ? Et il semble que la tournure soit ainsi : ils l'ont interrogé précisément selon l'opinion propre de Rabbi Chimon bar Yohai, car il est enseigné dans le traité Chabbat feuillet 88a : 'et ils se tinrent au pied de la montagne' (Exode 19,17) - cela enseigne qu'Il renversa sur eux la montagne comme une cuve : 'si vous acceptez la Torah' etc.

Rav Ahai bar Yaakov dit : de là, il y a une grande protestation (moda'a raba, motif d'annulation) contre la Torah. Rava dit : ils l'ont pourtant acceptée de nouveau aux jours d'Ahachvérochs, ainsi qu'il est écrit (Esther 9,27) 'ils confirmèrent et acceptèrent' - ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté.

Et les Tossefot ont soulevé la difficulté : Rava lui-même tient dans le traité Meguila que le livre d'Esther a été dit par l'esprit saint, [et interprète] 'ils confirmèrent et acceptèrent' - ils confirmèrent en haut ce qu'ils avaient accepté en bas. Vois là, où ils ont résolu qu'il faut lire 'Rabba'.

Et vois là encore une autre résolution. Et mon seigneur mon père, mon maître et mon rabbi (מו''ר, moreinou ve-rabeinou), a dit que Rabbi Chimon bar Yohai, nécessairement, ne tient pas cette exégèse de 'ils confirmèrent en haut ce qu'ils avaient accepté en bas' ; car il est enseigné dans Meguila (7a) : Chmouel a dit : le livre d'Esther ne rend pas les mains impures.

Mais Chmouel n'a-t-il pas dit que le livre d'Esther a été dit par l'esprit saint (c'est-à-dire l'exégèse de 'ils confirmèrent et acceptèrent') ? Et la Guemara résout : il a été dit pour être écrit, mais il n'a pas été dit pour être lu.

Et il est enseigné encore là : on objecte : Rabbi Meir dit : l'Ecclésiaste etc. ; Rabbi Chimon dit : l'Ecclésiaste est parmi les allégements de l'école de Chamai et les rigueurs de l'école de Hillel, mais Esther, le Cantique des cantiques et Ruth - [dont on aurait dit qu'ils sont] paroles vaines - rendent les mains impures. Et il résout : celui-là a parlé selon Rabbi Yehochoua ; et vois là.

Or Rabbi Chimon, qui tient qu'il rend les mains impures, nécessairement ne tient pas comme Chmouel, pour qui 'ils confirmèrent en haut ce qu'ils avaient accepté en bas' ; car de ce verset Chmouel tient qu'il n'est prouvé que ceci : qu'il a été dit pour être lu et non pour être écrit - et s'il en est ainsi, pourquoi rendrait-il les mains impures ? Mais nécessairement Rabbi Chimon tient comme Rabbi Eliezer ha-Moda'i, qui interprète 'écris ceci' etc.

(Exode 17,14) comme se rapportant à la Meguila ; et de là il est prouvé qu'il a été dit même pour être écrit, et c'est pourquoi Rabbi Chimon tient qu'il rend les mains impures. Et puisque Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yehochoua, que 'dans le livre' se rapporte à la Meguila, alors le verset 'ils confirmèrent et acceptèrent', pourquoi m'est-il nécessaire ?

Car voici, il est déjà écrit dans la Torah de Moché qu'il y aurait une Meguila ; et s'il en est ainsi, assurément toutes les choses écrites dans la Meguila et tous les commandements écrits parmi les commandements de la Meguila, a accomplir à Pourim, sont tous par l'esprit saint. Et s'il en est ainsi, 'ils confirmèrent et acceptèrent', pourquoi m'est-il nécessaire ?

Mais nécessairement le verset vient pour ce que dit Rava : ils l'ont acceptée de nouveau aux jours d'Ahachvérochs.

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