קדושת לוי

Kedushat Levi — Likutim (16/16)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

« Tous les cantiques s'écrivent ariah sur levena et levena sur ariah » (Meguila 16b). Rabbi Lévi Its'hak s'étonne de « une Torah nouvelle sortira de Moi » : l'un des treize principes est que cette Torah ne sera pas échangée. Les lettres sont des lumières intérieures ; la blancheur qui les entoure est des lumières environnantes (orot makifim), lettres cachées plus hautes, qu'un contact à main nue occulte. À l'ouverture de la mer des Joncs, le sovev s'est révélé : les lettres cachées furent attirées dans les lettres révélées, et une servante a vu ce que n'a pas vu Ye'hezkel. Dans l'avenir se révélera cette blancheur, « une Torah nouvelle de Moi ».

Aussi : le chef du tribunal dit une fois « consacre », le peuple deux fois : le tsadik, déjà écarté des désirs, n'a besoin que de l'arrachement grand (teroua, jonction à D.ieu) ; le peuple a besoin aussi des chevarim, l'arrachement petit.

במסכת מגילה דף ט"ז ע"ב כל השירות נכתבות אריח על גבי לבינה ולבינה על גבי אריח הנה לכאורה יש להפליא מ"ש תורה חדשה מאתי תצא, הלא הוא אחד מי"ג עיקרים שזאת התורה לא תהא מחולפת ולא תהא תורה אחרת. אמנם הענין הוא כך, כי הנה ידוע שאותיות התורה הם בחינת אורות פנימית אשר בא בהתגלות בסדר השתלשלות העולמות וגבול הלבן המקיף להאותיות הם בחינת אורות מקיפים אשר אינם באים בהתגלות רק בהעלם בבחינת אורות מקיפים.

ומזה מובן שגם הגבולים הלבינים הם גם כן בחינת אותיות, אך הם אותיות נעלמים למעלה מאותיות נגלים. ומזה הטעם נגיעה אסור בספר תורה, כי על ידי הנגיעה הוא מבטל ומסתיר בחינת לבנונית שהוא אותיות הנעלמים, אך בקריעת ים סוף שהיה נס גדול למעלה מהטבע, כי נתגלה אור וחיות ה' שהוא מעלה מעלה הסדר השתלשלות, דהיינו בחינת סובב בחינת אורות מקיפים.

ולכן שירה נכתבות אריח על גבי לבינה ולבינה על גבי אריח, כי היה בחינת התכללות משניהם יחד, דהיינו שנמשך בחינת לבנונית שהוא אותיות הנעלמים בהתגלי' בבחינת אותיות הנגלים. וזהו שאמרו חכמינו ז"ל ראתה שפחה על הים וכו', מטעם שהיה כ"כ התגלות אלקות עד שגם שפחה היה בכחה להשיג כו'.

וזהו פירוש הפסוק תורה חדשה מאתי תצא, כי לעתיד שיהיה התגלות אלקים ונגלה כבוד ה' וראו כל בשר וכו', דהיינו שיהיה התגלות מבחינת סובב ויתגלה בחינת הלבנונית, היינו אותיות הנעלמים המקיפים באותיות התורה הנגלים. וזהו תורה חדשה מאתי דייקא והבן:

Dans le traité Meguila, feuillet 16b: "tous les cantiques s'écrivent ariah sur levena et levena sur ariah" (une demi-brique au-dessus d'une brique et une brique au-dessus d'une demi-brique, c'est-à-dire en blocs de texte alternés séparés par de larges espaces blancs). Or, à première vue, il y a lieu de s'étonner de ce qui est dit: "une Torah nouvelle sortira de Moi" (cf.

Isaie 51,4); n'est-ce pas l'un des treize principes (de la foi) que cette Torah ne sera pas échangée et qu'il n'y aura pas d'autre Torah? En vérité, la chose est ainsi.

Car il est connu que les lettres de la Torah sont de l'ordre des lumières intérieures, celles qui viennent en révélation selon l'ordre de l'enchaînement des mondes; et la limite blanche qui entoure les lettres est de l'ordre des lumières environnantes (orot makifim, les lumières qui cernent sans pénétrer), lesquelles ne viennent pas en révélation mais seulement de façon cachée, à l'état de lumières environnantes. De là on comprend que les limites blanches sont elles aussi de l'ordre des lettres, mais ce sont des lettres cachées, plus hautes que les lettres révélées.

Et c'est pour cette raison qu'il est interdit de toucher (de la main nue) un rouleau de Torah, car par ce contact on annule et l'on occulte l'aspect de la blancheur, qui est les lettres cachées. Mais lors de l'ouverture de la mer des Joncs, qui fut un grand miracle au-dessus de la nature, car s'y révéla la lumière et la vitalité de ה' qui est infiniment au-dessus de l'ordre de l'enchaînement, c'est-à-dire l'aspect du sovev (ce qui entoure), l'aspect des lumières environnantes: c'est pourquoi le cantique s'écrit ariah sur levena et levena sur ariah, car il y eut là un aspect d'inclusion des deux ensemble, à savoir que l'aspect de la blancheur, qui est les lettres cachées, fut attiré en révélation dans l'aspect des lettres révélées.

Et c'est ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie: "une servante a vu sur la mer, etc." (ce que n'a pas vu le prophète Ezechiel fils de Bouzi), pour la raison que la révélation de la divinité fut si grande que même une servante avait la force de saisir, etc. Et c'est l'explication du verset "une Torah nouvelle sortira de Moi": car dans l'avenir il y aura révélation d'Elokim, "et la gloire de ה' se révélera et toute chair verra, etc." (Isaie 40,5), c'est-à-dire qu'il y aura révélation depuis l'aspect du sovev et que se révélera l'aspect de la blancheur, à savoir les lettres cachées qui entourent les lettres révélées de la Torah.

Et c'est bien "une Torah nouvelle de Moi" précisément: comprends.

ראש בית דין אומר מקודש וכל העם עונים אחריו מקודש מקודש. (ר''ה כד.) ולהבין הטעם למה הראש בית דין די לו בפעם אחד מקודש, וכל העם צריכים לומר ב' פעמים מקודש.

אך הנה מבואר בתקונים, ענין שברים תרועה שהם תלישה קטנה תלישה גדולה. והענין הוא, כי הנה ידוע שיש בעבודת האדם ב' בחינות, היינו תחלה צריך לשבר כל התאות הגשמיות להיות מובדל ומופרש מתענוגים החומריים על ידי זה יכול לבא לבחינה הב', היינו לעלות לפני ה' ולהיות מקושר מחובר ודבוק מיד בה'.

וזהו ענין תלישה קטנה ובחינת שברים, היינו מקודם לתלוש ולעקור לשבר את עצמו מכל התאות הגשמיים והחומריים, ואחר כך יכול לבוא לבחינת תלישה גדולה ובחינת תרועה, היינו לתלוש את עצמו מכל עיקר ענין עולם הזה ולעלות ולהגיע להיות תמיד מקושר ומחובר ודבוק בה' שהוא בחינת תרועה, שהוא מלשון ריעות והתחברות. וזהו כונת חכמינו ז"ל ראש בית דין אומר מקודש, היינו הצדיק שהוא מובדל ומופרש מכל התאות ותענוגים הגשמים די לו מקודש פעם אחד, כי אינו צריך להגיע רק לבחינה הב' להתחבר לה' שהוא בחינת תלישה גדולה ותרועה, אבל כל העם צריכים לב' פעמים מקודש מקודש, היינו מתחילה בחינת תלישה קטנה ושברים שהוא לשבר כל התאות, ואחר כך תלישה גדולה ותרועה שהוא בחינה התקשרות והתחברות:

"Le chef du tribunal dit: consacre! et tout le peuple répond après lui: consacre, consacre." (Roch Hachana 24a). Et il faut comprendre la raison: pourquoi au chef du tribunal suffit-il d'un seul "consacre", alors que tout le peuple doit dire deux fois "consacre"?

Or voici qu'il est expliqué dans les Tikounim (Tikouney Zohar) la question des chevarim et de la teroua (deux des sonneries du chofar), qui sont un arrachement petit et un arrachement grand. Et la chose est ainsi: il est connu qu'il y a dans le service de l'homme deux aspects.

À savoir, en premier lieu il doit briser tous les désirs corporels, afin d'être séparé et écarté des jouissances matérielles; par cela il peut venir au second aspect, à savoir monter devant ה' et être lié, joint et attaché aussitôt à ה'. Et telle est la question de l'arrachement petit et de l'aspect des chevarim (brisures): à savoir, d'abord s'arracher, se déraciner et se briser soi-même de tous les désirs corporels et matériels; et ensuite il peut venir à l'aspect de l'arrachement grand et à l'aspect de la teroua, à savoir s'arracher soi-même de toute la substance de ce monde-ci, monter et parvenir à être toujours lié, joint et attaché à ה', ce qui est l'aspect de la teroua, terme formé sur le mot reout (amitié) et jonction.

Et telle est l'intention de nos maîtres, de mémoire bénie, en disant "le chef du tribunal dit: consacre": à savoir le tsadik, qui est séparé et écarté de tous les désirs et de toutes les jouissances corporelles, il lui suffit d'un "consacre" une seule fois, car il n'a besoin de parvenir qu'au second aspect, se joindre à ה', qui est l'aspect de l'arrachement grand et de la teroua. Mais tout le peuple a besoin des deux fois "consacre, consacre": à savoir, d'abord l'aspect de l'arrachement petit et des chevarim, qui est de briser tous les désirs, et ensuite l'arrachement grand et la teroua, qui est l'aspect du lien et de la jonction.

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