Lorsque le tsadik contemple le Aïn (le Néant) et fait descendre le chefa sur les mondes, Rabbi Lévi Its'hak dit qu'il gouverne dans la crainte de D.ieu : « qui gouverne sur Moi ? le juste ». Le youd du tsadi est le Aïn, le noun courbé est sa stature. Il annule le décret et le tourne du mal au bien, et tout vient de D.ieu seul. Cette mesure est émanée en tichri : les actes des justes montent dans la pensée supérieure afin que le monde soit créé. « Au commencement il monta en pensée d'en créer deux, et à la fin il n'en fut créé qu'un » : tout vient de D.ieu seul, il n'y a rien hors de Lui.
Aussi : selon le Ari Z"L, en nissan le monde fut en pensée pour Israël ; le quinze chevat prépare au don de la Torah ; Eliyahou résoudra les difficultés, car il est vivant en ce monde-ci
והנה כאשר הצדיק מסתכל באי"ן וממשיך השפע מן האי"ן על העולמות, אז גם הצדיק הוא המושל ביראת א-להים וכמאמר רבותינו ז"ל (מו"ק טז:) צדיק מושל כו', מי מושל בי צדיק. וזהו מאמר רבותינו ז"ל שני מלכים בכתר אחד.
ועל זה רומז אות צדיק שיש לו שני ראשין, דהיינו יו"ד ההפוכה ואות נו"ן והאות יו"ד אשר באות צדיק הוא האי"ן וכיון שמסתכל באי"ן הוא כופף קומתו. וזה נו"ן הפוכה אשר באות צדיק, אף על פי שהצדיק מושל ביראת ה', לבטל הגזירה מרע לטוב, אבל הכל הוא מן ה' לבדו, כי כן היה הרצון העליון שהצדיק יהיה לו זה הכח לבטל הגזירה.
וזה המדה היה נאצל בתשרי כמבואר לעיל. וזהו הרמז בתשרי עלה במחשבה להבראות, כלומר זה היה בתשרי שיעלה המעשים מהצדיקים במחשבה עליונה כדי שעל ידי זה יברא העולם כמבואר לעיל ולמה זה להבראות שעל ידי זה יהיה בריאות העולם.
וזהו שרמזו רבותינו ז"ל (ברכות סא.) בתחלה עלה במחשבה לברוא שנים ולבסוף לא נברא אלא אחד, כלומר אף על פי שנראה בתחלה שגם הצדיק יש לו זה הממשלה למעלה כנ"ל זה עלה במחשבת הבורא שהצדיק יהיה לו זה הממשלה אבל הכל הוא מן ה' לבדו וזה לבסוף, היינו כנאמר סוף מעשה במחשבה תחילה, כלומר זה עלה במחשבת היוצר שהצדיק יהיה לו זה הממשלה וזה הכח אבל הכל הוא מן ה' לבדו אין בלתו:
Et voici, lorsque le juste (tsadik) contemple le Aïn (אין, le Néant, l'aspect du non-être divin) et fait descendre l'épanchement (chefa) depuis le Aïn sur les mondes, alors le juste aussi est celui qui gouverne dans la crainte de Dieu, selon la parole de nos maîtres de mémoire bénie (Moed Katan 16b) : 'le juste gouverne', etc., 'qui gouverne sur Moi ? le juste'. Et c'est là la parole de nos maîtres de mémoire bénie : deux rois sous une seule couronne.
Et c'est sur cela que fait allusion la lettre tsadi, qui possède deux têtes, à savoir un youd renversé et une lettre noun. Et la lettre youd qui est dans la lettre tsadi, c'est le Aïn ; et puisqu'il contemple le Aïn, il courbe sa stature : et c'est là le noun renversé qui est dans la lettre tsadi.
Car bien que le juste gouverne par la crainte de ה', pour annuler le décret et le tourner du mal au bien, tout cela vient pourtant de ה' seul, car telle fut la volonté supérieure, que le juste ait ce pouvoir d'annuler le décret. Et cette mesure (mida) fut émanée en tichri, comme il a été expliqué plus haut.
Et telle est l'allusion de 'en tichri il monta en pensée d'être créé' : c'est-à-dire que ce fut en tichri que les actes des justes montent dans la pensée supérieure, afin que par cela le monde soit créé, comme il a été expliqué plus haut. Et pourquoi cela, 'pour être créé' ?
Parce que par cela il y aura création du monde. Et c'est ce à quoi nos maîtres de mémoire bénie ont fait allusion (Berakhot 61a) : au commencement il monta en pensée d'en créer deux, et à la fin il n'en fut créé qu'un.
C'est-à-dire que, bien qu'il paraisse au commencement que le juste aussi possède ce gouvernement en haut, comme ci-dessus, cela est monté dans la pensée du Créateur, que le juste ait ce gouvernement ; mais tout vient de ה' seul, et c'est là 'à la fin', à savoir selon ce qui est dit 'la fin de l'acte est dans la pensée dès le commencement'. C'est-à-dire que cela est monté dans la pensée du Formateur, que le juste ait ce gouvernement et ce pouvoir, mais tout vient de ה' seul, il n'y a rien hors de Lui.
ענין מה שכתוב בכתבי האר"י ז"ל על מחלוקת דר' אליעזר ור' יהושע חד אמר בניסן נברא העולם וחד אמר בתשרי נברא העולם. וכתב האר"י ז"ל שאלו ואלו דברי א-להים חיים, היינו שבניסן היה במחשבה, פירוש שבניסן היה צריך הסתכלות על המחשבה על מה נברא העולם , היינו בשביל ישראל שנקראו ראשית ומחמת זאת הוא משפיע כביכול לכנסת ישראל תמיד כל הברכות וכל הטובות, כי בשבילם נברא העולם , והיינו שבניסן היה במחשבה:
Le sujet de ce qui est écrit dans les écrits du Ari zal (Rabbi Its'hak Louria, de mémoire bénie) au sujet de la controverse de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua : l'un dit qu'en nissan le monde fut créé, et l'autre dit qu'en tichri le monde fut créé. Et le Ari zal a écrit que les unes et les autres sont paroles du Dieu vivant, à savoir qu'en nissan cela fut en pensée.
Explication : qu'en nissan il fallait la contemplation portée sur la pensée, [à savoir] en vue de quoi le monde fut créé, c'est-à-dire pour Israël, qui sont appelés 'commencement' (rechit) ; et à cause de cela Il épanche pour ainsi dire sur la Communauté d'Israël (Knesset Israël), continuellement, toutes les bénédictions et tous les biens, car c'est pour eux que le monde fut créé. Et c'est là [le sens de] : en nissan cela fut en pensée.
מחמשה עשר בשבט עד ראש חודש ניסן כאשר היו מקדשים על פי הראיה מ"ה ימים, וכן מחמשה עשר באב עד ראש השנה מ"ה ימים. הכלל, כי ר' אליעזר ור' יהושע, חד סבר בניסן נברא עולם, וחד סבר בתשרי נברא עולם.
והנה התוספות בראש השנה (כז. ד"ה כמאן) מפרש האדם נברא בכ"ה באלול.
ונמצא מט"ו באב עד כ"ה אלול ארבעים יום נגד יצירת הוולד. וכן למאן דאמר בניסן נברא עולם, האדם נברא בכ"ה באדר.
נמצא מט"ו בשבט עד כ"ה אדר ארבעים יום נגד יצירת הוולד. ובאמת אנן פסקינן כשני המ"ד.
וזה שאנו עושין יומא דפגרא בט"ו באב וט"ו בשבט, ונמצא ט"ו בשבט הוא הכנה לפסח ופסח הוא הכנה למתן תורה, נמצא ט"ו בשבט הוא הכנה למתן תורה, והא ראיה גם כן שהתורה ניתנה בסיון, ומשה רבינו ע"ה אמר משנה תורה בשבט ככתוב בעשתי עשר חודש, הרי ראיה שחודש שבט הוא הכנה למתן תורה:
Depuis le quinze chevat jusqu'au roch 'hodech nissan, lorsqu'on sanctifiait [le mois nouveau] d'après la vision [de la lune], il y a quarante-cinq jours ; et de même depuis le quinze av jusqu'à Roch Hachana, quarante-cinq jours. La règle : Rabbi Eliezer et Rabbi Yehochoua, l'un tient qu'en nissan le monde fut créé, et l'autre tient qu'en tichri le monde fut créé.
Et voici, les Tossafot dans Roch Hachana (27a, s.v. 'kemaan') expliquent que l'homme fut créé le vingt-cinq éloul. Il se trouve donc que du quinze av jusqu'au vingt-cinq éloul il y a quarante jours, correspondant à la formation du foetus.
Et de même, selon celui qui dit qu'en nissan le monde fut créé, l'homme fut créé le vingt-cinq adar ; il se trouve donc que du quinze chevat jusqu'au vingt-cinq adar il y a quarante jours, correspondant à la formation du foetus. Et en vérité, nous tranchons comme les deux opinions.
Et c'est pourquoi nous faisons un jour chômé (yoma depagra, jour où l'on ne travaille pas) le quinze av et le quinze chevat. Il se trouve donc que le quinze chevat est une préparation à Pessa'h, et Pessa'h est une préparation au don de la Torah ; il se trouve donc que le quinze chevat est une préparation au don de la Torah.
Et en voici encore une preuve : la Torah fut donnée en sivan, et Moche notre maître, la paix soit sur lui, dit le Michne Torah (le Deutéronome) en chevat, ainsi qu'il est écrit 'au onzième mois' (Deutéronome 1,3) ; voilà donc une preuve que le mois de chevat est une préparation au don de la Torah.
עתיד הקדוש ברוך הוא לעשות מחול לצדיקים. (תענית לא.) כי מחול הוא התנגדות שזה הוא נגד זה כן כשהקדוש ברוך הוא גוזר גזירה וצדיק מבטל הגזירה רעה לטובה וזהו כביכול נגד הבורא.
וזהו מחול לצדיקים, כעין מחול כנ"ל:
Le Saint béni soit-Il fera dans l'avenir une ronde (ma'hol) pour les justes (Taanit 31a). Car le ma'hol (la danse en cercle) est chose d'opposition, celui-ci se tenant face à celui-là ; ainsi, lorsque le Saint béni soit-Il décrète un décret et que le juste annule le décret mauvais et le tourne en bien, cela est pour ainsi dire face au Créateur.
Et c'est là [le sens de] 'une ronde pour les justes', à la manière d'un ma'hol, comme ci-dessus.
בגמרא משחרב בית המקדש תמו זכות אבות. הכלל, בזמן שהיה המקדש כאשר היו מזכירין למעלה זכות אבות היה איזה קטרוג, אבל אחר שנחרב הבית ושפך חמתו על העצים ואבנים כשהקדוש ברוך הוא זוכר זכות אבות אין בו שום קטרוג כלל ונזכר הזכות אבות בשלימות.
וזהו הרמז מיום שחרב בית המקדש תמו זכות אבות, כשהקדוש ברוך הוא זוכר לעמו ישראל זכות אבות הוא בתמימות אין בו שום קטרוג כלל. וזהו הרמז תמו, לשון תמים הוא בשלימיות הזכות אבות שהקדוש ברוך הוא זוכר לעמו:
Dans la guemara (Chabbat 55a) : depuis que le Temple fut détruit, le mérite des pères est achevé (tamou zekhout avot). La règle : au temps où le Temple existait, lorsqu'on rappelait en haut le mérite des pères, il y avait quelque accusation ; mais après que la Maison fut détruite et qu'Il eut déversé Sa fureur sur le bois et les pierres, lorsque le Saint béni soit-Il se souvient du mérite des pères, il n'y a plus en cela aucune accusation du tout, et le mérite des pères est rappelé dans sa plénitude.
Et telle est l'allusion de 'depuis le jour où le Temple fut détruit, tamou le mérite des pères' : lorsque le Saint béni soit-Il se souvient, en faveur de Son peuple Israël, du mérite des pères, c'est en toute intégrité, il n'y a en cela aucune accusation du tout. Et telle est l'allusion de 'tamou' : c'est un terme de 'tamim' (intègre, parfait), [à savoir] que le mérite des pères dont le Saint béni soit-Il se souvient en faveur de Son peuple est dans sa plénitude.
ובאופן אחר יתבאר הגמרא הנ"ל, כי כל זמן שהיה בית המקדש קיים היה נזכר זכות אבות התעוררת דלעילא בלי התעוררת דלתתא, אבל מעתה צריך להתעוררת התחתון:
Et d'une autre manière s'expliquera la guemara ci-dessus : car tant que le Temple subsistait, le mérite des pères était rappelé par un éveil d'en haut (itarouta dileila) sans éveil d'en bas (itarouta diletata) ; mais désormais il faut l'éveil d'en bas.
בשם הבעל שם טוב שלשה ערי מקלט. (במדבר לה, יא) הוא הרמז מחשבה, דיבור, מעשה.
שצריך האדם לברוח מפני גואל הדם, הוא הס"מ שרוצה לבטל אותם מעבדות הבורא וצריך להתחזק עצמו במחשבות קדושות ודיבורים קדושים ומעשים טובים, כי אף על פי שאינם כל כך ברורים וזכים, מכל מקום טוב יותר משב ואל תעשה כנ"ל, כי מכל מקום רעותא דמריה עביד:
Au nom du Baal Chem Tov : les trois villes de refuge (Nombres 35,11) sont une allusion à la pensée, à la parole et à l'action. Car l'homme doit fuir devant le vengeur du sang (goel ha-dam), qui est le Samekh-Mem (Samael, l'accusateur), lequel veut les détourner du service du Créateur ; et il doit se fortifier par des pensées saintes, des paroles saintes et de bonnes actions.
Car bien qu'elles ne soient pas si claires ni si pures, il vaut malgré tout mieux [agir] que de rester assis sans rien faire, comme ci-dessus, car de toute manière il accomplit le désir de son Maître (reouta demarei).
חזיה לרבנן דקא בדחי טובא אייתי זוגא חוורתא בת ד' מאה זוזי ותבר קמייהו. (ברכות לא.) כי באמת שמחת נשואין הוא התקרבות הגאולה.
וזהו הרמז בגמרא (יבמות סב.) אין בן דוד בא עד שיכלו כל הנשמות שבגוף. וזהו שמחת נשואין על הנשמות אשר יבואו על זה העולם וזהו הזווג ובזה יהיה התקרבות הגאולה.
ולכך אנו אומרין בשבע ברכות שוש תשיש על בנין בית המקדש, כי מזה השמחה יבנה המקדש ולכך סומכין שוש תשיש לברכת שמח תשמח, כי השמחה יקרב בנין בית המקדש ולכך החתן בוכה בשעת החופה, כי הנשמה כשבאה על זה העולם יש לה צער על אשר ניתנה מעולם החדוה וששון ושמחה על זה העולם ולכך האדם בשעה שיוצא מבטן אמו הוא בוכה, כי הנשמה בוכה על ביאתה על זה העולם לכך בוכה החתן בשעת חופתו מחמת שהנשמות העתידים לבא ממנו הם מעוררים אותו ועל ידי זה בוכה. וזהו הרמז חזיה לרבנן דקבדחי טובא, בשמחת נשואין על התקרבות הגאולה.
וזהו אייתי זוגא חוורתא, כי הנשמה הוא חוורתא. וזהו בת ארבע מאה זוזי, כי האדם הוא כלול מד' יסודות:
'Il vit que les rabbis se réjouissaient à l'excès ; il apporta une coupe blanche valant quatre cents zouz et la brisa devant eux' (Berakhot 31a). Car en vérité la joie des noces est le rapprochement de la délivrance.
Et telle est l'allusion de la guemara (Yevamot 62a) : le fils de David ne viendra pas avant que soient épuisées toutes les âmes qui sont dans le 'gouf' (le réservoir des âmes à naître). Et c'est cela, la joie des noces, au sujet des âmes qui viendront en ce monde-ci : c'est là l'union (zivoug), et par cela se fera le rapprochement de la délivrance.
Et c'est pourquoi nous disons dans les sept bénédictions 'sos tassis' (que tu te réjouisses avec joie) au sujet de la construction du Temple, car de cette joie sera bâti le Temple ; et c'est pourquoi on fait suivre 'sos tassis' de la bénédiction 'sama'h tessama'h', car la joie rapproche la construction du Temple. Et c'est pourquoi le marié pleure à l'heure de la 'houpa (le dais nuptial), car l'âme, lorsqu'elle vient en ce monde-ci, éprouve de la peine d'avoir été donnée, depuis le monde de l'allégresse, de la jubilation et de la joie, à ce monde-ci ; et c'est pourquoi l'homme, à l'heure où il sort du ventre de sa mère, pleure, car l'âme pleure sur sa venue en ce monde-ci.
C'est pourquoi le marié pleure à l'heure de sa 'houpa, parce que les âmes destinées à venir de lui l'éveillent, et par cela il pleure. Et telle est l'allusion : 'il vit que les rabbis se réjouissaient à l'excès', dans la joie des noces, au sujet du rapprochement de la délivrance.
Et c'est [le sens de] 'il apporta une coupe blanche (zouga 'hivarta)', car l'âme est 'hivarta (blanche). Et c'est [le sens de] 'valant quatre cents zouz', car l'homme est composé des quatre éléments.
או יבואר, בת ארבע מאה זוזי, על הנשמה על דרך שמבואר בזוהר ארבע מאה עלמין דכסיפין. ותבר קמייהו, הרמז על הצער שיש לנשמה שבאה על זה העולם זה רמז להם:
Ou bien on expliquera 'valant quatre cents zouz' au sujet de l'âme, à la manière de ce qui est expliqué dans le Zohar : les quatre cents mondes du désir (arba mea almin dikhsoufin). Et 'il la brisa devant eux' est une allusion à la peine qu'éprouve l'âme qui vient en ce monde-ci : voilà ce qu'il leur a fait entendre par allusion.
בנשואין יש שלשה דברים חופה, וקדושין, וביאה. הכלל, השם יתברך ברוך הוא אינו מושג כלל לשום נברא בעולם זה ובעולמות עליונים, כי דבר אשר הוא מושג הוא נברא והשם יתברך ברוך הוא הוא קדמון לכל דבר וכל העולמות הם מחודשים ממנו.
והנה הנשפע מה' יתברך אל כל העולמות יש בה שלשה בחינות כל זמן שהוא דבוק להשם יתברך ברוך הוא אינו מושגת כלל, ואחר כך הוא מושגת אל העולמות אבל עדיין לא נתפשטה בתוך העולמות, ואחר כך היא מתפשטת בתוך העולמות. והנה הבחינה אחד, שהשפע עדיין אינו מושגת אל העולמות נקראת קדושין, כי קדוש הוא לשון הפרשה שעדיין העולמות מפורשים ממנה ואינם משיגים אותה.
והבחינה הב', שהוא מושגה אל העולמות אבל עדיין לא נתפשט אל העולמות זה נקרא חופה, שהוא חופף על העולמות שהיא מושגת אבל עדיין לא נתפשטה אל תוך העולמות. והבחינה הג', שהשפע מתפשטת תוך העולמות זה נקרא ביאה, כל זמן שהיא אינו מושגה כנ"ל.
ועוד נקראה קדושין, כי קדושה הוא לשון הזמנה, כי היא מוכנת ומזומנת לקבל השגה כנ"ל:
Dans les noces il y a trois choses : la 'houpa, les kidouchin (la consécration) et la bia (l'union). La règle : le Nom béni soit-Il, béni soit-Il, n'est aucunement saisi par aucune créature au monde, ni en ce monde-ci ni dans les mondes supérieurs ; car une chose qui est saisie est une créature, tandis que le Nom béni soit-Il, béni soit-Il, est antérieur à toute chose, et tous les mondes ont été produits à neuf par Lui.
Et voici, ce qui s'épanche depuis ה' béni soit-Il vers tous les mondes comporte trois aspects (be'hinot) : tant que cela est attaché au Nom béni soit-Il, béni soit-Il, cela n'est aucunement saisi ; ensuite cela est saisi par les mondes, mais ne s'est pas encore répandu à l'intérieur des mondes ; et ensuite cela se répand à l'intérieur des mondes. Et voici, le premier aspect, où l'épanchement (chefa) n'est pas encore saisi par les mondes, est appelé kidouchin, car 'kadoch' est un terme de séparation, [signifiant] que les mondes en sont encore séparés et ne le saisissent pas.
Et le deuxième aspect, où cela est saisi par les mondes mais ne s'est pas encore répandu vers les mondes, est appelé 'houpa, car cela plane ('hofef) au-dessus des mondes : c'est saisi, mais cela ne s'est pas encore répandu à l'intérieur des mondes. Et le troisième aspect, où l'épanchement se répand à l'intérieur des mondes, est appelé bia, tant que cela n'est pas saisi, comme ci-dessus.
Et cela est encore appelé kidouchin, car 'kedoucha' est un terme de préparation (hazmana), car elle est prête et préparée à recevoir la saisie, comme ci-dessus.
תיקו, הראשי תיבות תשבי יתרץ קושיות ואבעיות. ובהשקפה ראשונה יש לדקדק, הא זה יהיה הכל אחר ביאת הגואל במהרה בימינו אמך, ולמה יתרץ אליהו הקושיות והאבעיות הא יעמוד משה רבינו שנתן לנו התורה והמצוה ולמה לא יתרץ הוא הקושיות והאבעיות.
ונראה, דהנה כתוב בספר הדורות בהפלוגתא דרש"י ורבינו תם עם התפילין, דרש"י ז"ל היה משה רבינו בסייעתו, והר"ת לא השגיח על זה ואמר לו שכבר נתן לנו התורה ובידינו להורות כפי הוראות שכלינו בהתורה הקדושה. ונראה להבין זאת ונבאר זאת בקיצור, דהיינו גבי פלוגתא דבית שמאי ובית הלל אמרינן (עירובין יג:) אלו ואלו דברי א-להים חיים, דהנה יש בחינה שאדם לומד הפשט בהתורה הקדושה כפי הבחינה שלו אם הוא מעולם החסד אז הכל טהור ומותר וכשר כפי הוראות שכלו בהתורה הקדושה, וכן להיפך כשהוא ממדת הגבורה אז הוא להיפך והנה בית הלל מדתם היה מדת החסד ולכך בית הלל לקולא, ובית שמאי שהיה ממדת הגבורה לכך בית שמאי לחומרא.
אבל באמת כל אחד לפי מדרגתו דברי א-להים חיים. זהו אלו ואלו דברי א-להים חיים.
והנה חכמינו ז"ל שהיו אחר הדור בית שמאי ובית הלל וראו שהעולם צריך להתנהג בחסד וקבעו הלכה כבית הלל בכל מקום לקולא כבית הלל. והנה מי יכול להבחין זאת באיזה מדה צריך זה העולם להתנהג שיופסק הלכה כמותו מי שהוא בחיים והוא בזה העולם הוא יודע באיזה מדה צריך זה העולם להתנהג, אבל מי שאינו חי אינו יודע כלל באיזה מדה צדיכה לזה העולם להתנהג בו והנה אליהו הוא חי וקיים ולא טעם טעם מיתה והוא תמיד בזה העולם ולכך הוא יפשוט הקושיות ואבעיות, כי הוא יודע באיזה מדה צריך העולם להתנהג.
ובזה יובן מה שאמר ר"ת למשה רבינו ע"ה שכבר נתן לנו התורה ובידינו להורות:
'Teikou' : les initiales de 'Tichbi yetarets kouchiot ouvaayot' (le Tichbite, Eliyahou, résoudra les difficultés et les questions). Et à première vue il y a lieu de s'interroger : tout cela n'aura-t-il pas lieu après la venue du Rédempteur, rapidement et de nos jours, amen ?
Et pourquoi Eliyahou résoudrait-il les difficultés et les questions, alors que se tiendra là Moche notre maître, qui nous a donné la Torah et le commandement ? Pourquoi n'est-ce pas lui qui résoudra les difficultés et les questions ?
Et il semble [qu'on doive dire ainsi] : voici, il est écrit dans le Sefer ha-Dorot, au sujet de la divergence de Rachi et de Rabbenou Tam à propos des tefilin, que Rachi de mémoire bénie avait Moche notre maître à son appui, et que Rabbenou Tam n'y prit pas garde et lui dit que la Torah nous a déjà été donnée, et qu'il est en notre pouvoir de trancher selon les enseignements de notre intelligence dans la sainte Torah. Et il semble que l'on puisse comprendre cela, et nous l'expliquerons en abrégé.
À savoir : au sujet de la divergence de Beit Chammai et de Beit Hillel, nous disons (Erouvin 13b) que les unes et les autres sont paroles du Dieu vivant. Car voici, il y a un aspect selon lequel l'homme apprend le sens simple (pchat) de la sainte Torah selon son propre aspect : s'il est du monde du ''hessed (la bonté), alors tout est pur, permis et casher selon les enseignements de son intelligence dans la sainte Torah ; et de même à l'inverse, lorsqu'il est de la mesure de la guevoura (la rigueur), alors c'est l'inverse.
Et voici, la mesure de Beit Hillel était la mesure du ''hessed, et c'est pourquoi Beit Hillel [tranche] vers l'indulgence ; et Beit Chammai, qui était de la mesure de la guevoura, c'est pourquoi Beit Chammai [tranche] vers la rigueur. Mais en vérité, chacun selon son degré, ce sont paroles du Dieu vivant : c'est là [le sens de] 'les unes et les autres sont paroles du Dieu vivant'.
Et voici, nos sages de mémoire bénie, qui vinrent après la génération de Beit Chammai et de Beit Hillel, virent que le monde à besoin d'être conduit par le ''hessed, et ils fixèrent la halakha comme Beit Hillel en tout lieu, vers l'indulgence comme Beit Hillel. Et voici, qui peut discerner cela, selon quelle mesure ce monde-ci a besoin d'être conduit, pour que la halakha soit tranchée comme celui-là ?
Celui qui est en vie et qui se trouve en ce monde-ci, c'est lui qui sait selon quelle mesure ce monde-ci a besoin d'être conduit ; mais celui qui n'est pas vivant ne sait rien du tout de la mesure selon laquelle ce monde-ci a besoin d'être conduit. Et voici, Eliyahou est vivant et subsistant, il n'a pas goûté le goût de la mort et il est toujours en ce monde-ci ; c'est pourquoi c'est lui qui résoudra les difficultés et les questions, car il sait selon quelle mesure le monde à besoin d'être conduit.
Et par là se comprend ce que Rabbenou Tam dit à Moche notre maître, la paix soit sur lui : que la Torah nous a déjà été donnée et qu'il est en notre pouvoir de trancher.
להבין מה שאמרו חכמינו ז"ל (עירובין יח.) מתחלה עלה במחשבה לברוא שנים ולבסוף לא נברא אלא אחד. ונקדים לך, דאית מחשבה דלא איתפיסא כלל ואין בה השגה לשום נברא ובהרב טוב הצפון ונעלם מכל רעיון ואיקרי פלא העליון והוא מקור חיים וברכה וכל הטובות.
ומה שיש דבר שלפי הנראה אינו טוב בעיני בני אדם הוא למראה עינינו אשר עיני בשר לנו. ובאמת זה הדבר הוא כדי לבא להעולם רק טוב הצפון והוא שאנו מבקשים מאתו יתברך שמו שיהפך מרעה לטובה.
והנה אחר הודיענו יתברך שמו את כל זאת יצא לנו מזה היות ג' בחינות, והיינו פלא העליון אשר הטוב בו צפון ונעלם מכל זה אינו נתפס במחשבה, רק הדבר אשר נראה בעינינו אשר למראה עינינו הוא בלתי טוב. וזה הדבר הנתפס בשכלינו הוא הנקרא מחשבה.
אך האמת הוא, שגם הנראה בלתי טוב המכוון הוא לפעול רק טוב ונתגלה אחר כך לבאי עולם הטוב ההוא שבא מהדבר שהיה נראה בלתי טוב על ידי תפילתינו שיהפוך מרעה לטובה זהו בחינת גימל. וכמו כן במעשה עמו בית ישראל שבריאת העולם היה בעבורם כמו שאמרו חכמינו ז"ל (בראשית א, א) בראשית (ויק''ר לו) בשביל התורה ובשביל ישראל, בכדי שיתמיד האדם בעבודתו יתברך שמו ויתעלה בתורה ובמצות ובמעשים טובים ביראה הטהורה ובאהבת הבורא ברוך הוא בכדי להיות שעשועים לו יתברך שמו אך זה הוא גם כן צפון וגנוז.
ויש דברים אחרים נגדיים מעבודתו יתברך שמו, אך כאשר יטיב האדם דרכו לעבודת הבורא ברוך הוא וברוך שמו באהבה וביראה בתורה ובמצות יקח האדם המדה הזו שהיה מנגדת לו מעבודתו יתברך , דהיינו אותה המדה עצמה אם באיזה אהבה או איזה יראה או שאר מדה שהיתה מנגדתו מעבודתו יתברך בזה המדה עצמה עובד להבורא ברוך הוא וברוך שמו בתורה ובמצות:
Pour comprendre ce qu'ont dit nos sages de mémoire bénie (Erouvin 18a) : au commencement il monta en pensée d'en créer deux, et à la fin il n'en fut créé qu'un. Nous poserons d'abord ceci pour toi : il y a une pensée qui n'est aucunement saisie, dans laquelle il n'est de saisie pour aucune créature, et en elle est le bien abondant, caché et dissimulé à toute conception ; elle est appelée 'le merveilleux supérieur' (pelé elyon), et elle est la source de la vie, de la bénédiction et de tous les biens.
Et le fait qu'il y ait une chose qui, selon l'apparence, n'est pas bonne aux yeux des hommes, cela tient à la vue de nos yeux, car nous n'avons que des yeux de chair. Et en vérité cette chose-là est destinée à faire venir dans le monde uniquement le bien caché, et c'est ce que nous demandons de Lui, béni soit Son nom, qu'Il tourne le mal en bien.
Et voici, après qu'Il nous a fait connaître, béni soit Son nom, tout cela, il ressort pour nous de là qu'il y a trois aspects (be'hinot), à savoir : le merveilleux supérieur, dans lequel le bien est caché et dissimulé à tout, et cela n'est pas saisi dans la pensée ; puis seulement la chose qui apparaît à nos yeux et qui, a la vue de nos yeux, n'est pas bonne, et cette chose saisie par notre intelligence, c'est ce que l'on appelle 'pensée' ; mais la vérité est que même ce qui apparaît comme n'étant pas bon a pour visée de n'opérer que le bien, et il se révèle ensuite aux venants du monde, ce bien-là qui est venu de la chose qui paraissait n'être pas bonne, grâce à notre prière pour qu'Il tourne le mal en bien : voilà l'aspect du guimel (le troisième). Et de même en est-il de l'acte de Son peuple, la maison d'Israël, car la création du monde fut pour eux, comme l'ont dit nos sages de mémoire bénie sur 'Berechit' (Genèse 1,1) - (Vayikra Rabba 36) pour la Torah et pour Israël - afin que l'homme persévère dans Son service, béni et exalté soit Son nom, dans la Torah, dans les commandements et dans les bonnes actions, avec la crainte pure et avec l'amour du Créateur béni soit-Il, afin d'être des délices pour Lui, béni soit Son nom ; mais cela aussi est caché et enfoui.
Et il y a d'autres choses qui s'opposent à Son service, béni soit Son nom ; mais lorsque l'homme rend bonne sa voie vers le service du Créateur béni soit-Il et béni soit Son nom, dans l'amour et dans la crainte, dans la Torah et dans les commandements, alors l'homme prend cette mesure même qui s'opposait à lui et le détournait de Son service béni soit-Il, c'est-à-dire cette mesure elle-même, que ce soit quelque amour, ou quelque crainte, ou toute autre mesure qui s'opposait à lui et le détournait de Son service béni soit-Il, et par cette mesure elle-même il sert le Créateur béni soit-Il et béni soit Son nom, dans la Torah et dans les commandements.