« Ouvrez-moi les portes de la justice, j'y entrerai, je rendrai grâce à Hachem. C'est ici la porte de Hachem, les justes y entreront » (Tehilim 118,19-20). Selon Rabbi Lévi Its'hak, le tsadik est toujours petit à ses propres yeux, comme s'il n'avait pas encore commencé le service du Nom, béni soit-Il. L'essentiel du service est cet abaissement à ses propres yeux. Le tsadik prie donc toujours que le Nom lui ouvre la porte par laquelle il entrera pour Le servir, et telle est l'explication du verset.
Aussi : le yetser hara, hôte chez le tsadik, l'amène à l'enthousiasme ; le miracle des premiers-nés élève la corne d'Israël et la kelipa ne fait que le mal ; David bénit Hachem en tout temps, car du mal aussi vient du bien
פתחו לי שערי צדק אבוא בם אודה י"ה. זה השער לה' צדיקים יבואו בו.
(תהלים קיח, יט) הכלל הוא, דהצדיק הוא תמיד קטן בעיני עצמו ותמיד הוא בעיני עצמו כאלו לא התחיל עדיין בעבודתו יתברך. וזהו עיקר עבודה שיהיה תמיד שפל בעיני עצמו כידוע.
נמצא הצדיק תמיד מתפלל ומבקש מהשם יתברך שיפתח לו השם השער שבו יכנוס לעבוד אותו וזהו עיקר העבודה. וזהו פירוש פתחו לי שערי צדק כו' זה השער לה' צדיקים יבואו בו, כלומר זהו עיקר העבודה:
'Ouvrez-moi les portes de la justice, j'y entrerai, je rendrai grâce à י'ה. C'est ici la porte de ה', les justes y entreront' (Psaumes 118,19-20).
La règle est celle-ci : le tsadik (le juste) est toujours petit à ses propres yeux, et il est toujours à ses propres yeux comme s'il n'avait pas encore commencé Son service, béni soit-Il. Et tel est l'essentiel du service : qu'il soit toujours abaissé à ses propres yeux, comme il est connu.
Il se trouve donc que le tsadik prie toujours et demande au Nom béni soit-Il que le Nom lui ouvre la porte par laquelle il entrera pour Le servir - et tel est l'essentiel du service. Et telle est l'explication de 'ouvrez-moi les portes de la justice', etc., 'c'est ici la porte de ה', les justes y entreront' : c'est-à-dire que tel est l'essentiel du service.
ואורח צדיקים כאור נוגה הולך ואור כו'. (משלי ד, יח) דהנה היצר הרע הוא אצל המון עם כמו בעל הבית רחמנא ליצלן אבל אצל הצדיק הוא כאורח, דהיינו שלפעמים מסית אותו לעבירה קטנה אבל הצדיק אינו שומע אליו.
אך למה ברא הקדוש ברוך הוא שיסית לצדיק הוא על דרך שאמר הבעל שם טוב ז"ל ושבית שביו כו' (דברים כא, י) דהיינו שמזה לוקח הצדיק מוסר לעצמו, כי היצר הרע עושה זאת רק למען לקיים מצות בוראו שנברא לכך אם כן מהראוי שגם אנכי אקיים כל מצותיו יתברך בדחילו ורחימו ומזה יבוא להתלהבות גדול. וזהו פירוש ואורח צדיקים דהיינו היצר הרע שהוא אורח אצל צדיקים הוא כאור נוגה, דהיינו כדי שיביא את האדם להתלהבות ודו"ק:
'Et le chemin (orah) des justes est comme la lumière brillante, qui va croissant en clarté', etc. (Proverbes 4,18).
Car voici : le yetser hara (le mauvais penchant) est, chez la foule du peuple, comme un maître de maison, que le Miséricordieux nous en préserve ; mais chez le tsadik il est comme un hôte de passage (orah), c'est-à-dire que parfois il l'incite à une faute légère, mais le tsadik ne l'écoute pas. Or pourquoi le Saint béni soit-Il a-t-Il fait qu'il incite le tsadik ?
C'est selon ce qu'a dit le Baal Chem Tov, de mémoire bénie, sur 'et tu feras captifs ses captifs', etc. (Deutéronome 21,10) : c'est-à-dire que de là le tsadik tire pour lui-même une leçon (moussar).
Car le yetser hara ne fait cela que pour accomplir le commandement de son Créateur, ayant été créé pour cela ; s'il en est ainsi, il convient que moi aussi j'accomplisse tous Ses commandements, béni soit-Il, dans la crainte et l'amour (bidhilou ourhimou), et de là il viendra à un grand enthousiasme. Et telle est l'explication de 'et le chemin (orah) des justes' : c'est-à-dire le yetser hara, qui est un hôte (orah) chez les justes, est 'comme la lumière brillante', savoir : afin qu'il amène l'homme à l'enthousiasme.
Et examine bien (ve-dok).
ברבות צדיקים ישמח עם (משלי כט, ב) זה מרדכי, ובמשול רשע כו', זה המן כו'. ויבואר הפסוק (שמות יג, ב-ד) קדש לי כל בכור כו' ויאמר משה אל העם כו' בחודש האביב כו' כי בחוזק כו'.
כי לכאורה הנס בבכורות ישראל לא היה ניכר מה שנשארים חיים, כי עיקר הנס מה שנהרגו בכורי מצרים. והנראה, דהנה אמרו רבותינו ז"ל (סנהדרין סז:) למה נקרא שמם כשפים שמכחישין כו', הכלל כי יש שני בחינות לשבר שונאי ישראל ולהרים קרן ישראל בחינה אחת לשבר הקליפה ועל ידי זה נתרומם קרן ישראל.
ויש בחינה אחרת לרומם קרן ישראל וזהו הוא עיקר התחלה ועל ידי זה ממילא בא השפלה להשונאים. ובאמת אצל השם יתברך שדרכו להטיב העיקר הוא לרומם קרן ישראל וממילא בא השבר להשונאים בזה שמרומם קרן ישראל.
וזה הוא ההתחלה אצל השם יתברך בטוב לרומם קרן ישראל ועל ידי זה ממילא בא השפלה להשונאים אבל הקליפה אינו יכול רק להרע:
'Quand les justes se multiplient, le peuple se réjouit' (Proverbes 29,2) - c'est Mordekhai ; 'et quand le méchant domine', etc. - c'est Aman, etc. Et par là s'expliquera le verset (Exode 13,2-4) 'consacre-Moi tout premier-né', etc., 'et Moche dit au peuple', etc., 'au mois de l'aviv (l'épi)', etc., 'car par la force', etc.
Car à première vue le miracle accompli sur les premiers-nés d'Israël n'était pas perceptible - le fait qu'ils restaient en vie - puisque l'essentiel du miracle est que les premiers-nés d'Égypte ont été tués. Et voici ce qui semble : nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Sanhédrin 67b) : pourquoi les appelle-t-on 'kechafim' (sortilèges) ?
Parce qu'ils amoindrissent (makhhichin) la milice d'en haut, etc. La règle est qu'il y a deux aspects (behinot) pour briser les ennemis d'Israël et pour élever la corne d'Israël.
Un premier aspect : briser la kelipa (l'écorce, la force impure), et par là s'élève la corne d'Israël. Et il y a un autre aspect : élever la corne d'Israël - et tel est le commencement essentiel - et par là vient d'elle-même l'humiliation des ennemis.
Et en vérité, chez le Nom béni soit-Il, dont la voie est de faire du bien, l'essentiel est d'élever la corne d'Israël, et d'elle-même vient la brisure des ennemis par cela même qu'Il élève la corne d'Israël. Et tel est le commencement chez le Nom béni soit-Il : par le bien, élever la corne d'Israël, et par là vient d'elle-même l'humiliation des ennemis.
Mais la kelipa, elle, ne peut que faire du mal.
וזה שאמר משה זכור כו' כי בחוזק יד כו' בחודש האביב, כי הכלל מבואר בעוללת אפרים, כי יש עיתים לטובה, דהיינו ימי ניסן כו' עיין שם. וזהו שאמר משה לישראל קדש לי כל בכור, ורמז להם שזה היה עיקר הנס בהטיב לבכורות ישראל וממילא בא השבר לבכורות מצרים.
וזה כי בחוזק יד, דהיינו שמחזיקין השפע לא כמו הקליפה שמכחישין כו', אדרבה הקדושה מביא התחזקות להטוב וממילא בא כו'. והראיה לזה שהעיקר היה מן הטוב להשפיע טוב על בכורות ישראל וממילא הגיע השבר לבכורות מצרים.
היום אתם יוצאים בחודש האביב, שהעת הוא לטובה. וזהו ברבות צדיקים, כלומר כאשר בא השפע מן הקדושה אז התעוררת הוא רק טוב כנ"ל וכאשר יש התעורדת למעלה מטוב אז כל העולם בשמחה, כי התעוררת ההוא מביא השמחה בעולם.
וזהו ברבות צדיקים ישמח עם ולא כן הקליפה שמכחישין נמצא מביא רק התעוררת הרע וזהו יאנח עם. וזהו כי יד על כס י"ה (שמות יז, טז) כי יד מורה נתינות השפע כמו יד נותנת, ועמלק הוא הקליפה למנוע השפע.
וזהו כי יד על כס י"ה, המרכבה מן הכסא הוא יד להשפיע ולכך מלחמה לה' בעמלק, שהוא המרכבה למנוע השפע וזהו מלחמת עמלק:
Et c'est ce que Moche a dit : 'souviens-toi', etc., 'car par la force de la main', etc., 'au mois de l'aviv'. Car la règle est expliquée dans le Olélot Efraim : il y a des temps favorables, savoir les jours de Nissan, etc., vois-y.
Et c'est ce que Moche a dit à Israël 'consacre-Moi tout premier-né', et il leur a fait allusion que l'essentiel du miracle était dans le bien fait aux premiers-nés d'Israël, et que d'elle-même est venue la brisure des premiers-nés d'Égypte. Et c'est cela 'car par la force (hozek) de la main' : c'est-à-dire qu'ils renforcent l'influx (chefa), non pas comme la kelipa qui amoindrit, etc. ; au contraire, la sainteté apporte un renforcement au bien, et d'elle-même vient, etc.
Et la preuve en est que l'essentiel venait du bien, répandre le bien sur les premiers-nés d'Israël, et que d'elle-même la brisure est parvenue aux premiers-nés d'Égypte : 'aujourd'hui vous sortez, au mois de l'aviv' - car le temps est favorable. Et c'est cela 'quand les justes se multiplient' : c'est-à-dire, lorsque l'influx vient de la sainteté, alors l'éveil n'est que bien, comme ci-dessus ; et lorsqu'il y a en haut un éveil venu du bien, alors le monde entier est dans la joie, car cet éveil apporte la joie dans le monde.
Et c'est cela 'quand les justes se multiplient, le peuple se réjouit'. Il n'en va pas ainsi de la kelipa, qui amoindrit : il se trouve qu'elle n'apporte qu'un éveil du mal, et c'est cela 'le peuple gémit'.
Et c'est cela 'car la main est sur le trône (kes) de י'ה' (Exode 17,16) : car la main indique le don de l'influx, comme une main qui donne ; et Amalek est la kelipa qui empêche l'influx. Et c'est cela 'car la main est sur le trône de י'ה' : le char (merkava) issu du trône est une main pour répandre l'influx ; c'est pourquoi 'guerre à ה' contre Amalek', lui qui est le char destiné à empêcher l'influx - et telle est la guerre d'Amalek.
הן גאלתי אתכם אחרית כראשית כו'. הן, הוא הצירוף מן אותיות יחידות ועשירית א' עם ט' יו"ד, ב' עם ח' גימטריא יו"ד, גימל עם זיי"ן גם כן יו"ד, נשאר אות ה' מן יחידית וכן מן אותיות עשירית לצרף למאה.
יו"ד עם צ' גימטריא מאה, כ' עם פ' גם כן ק', וכן שאר אותיות. נשאר אות נו"ן שאין לו צירוף וב' אותיות הללו הם כנגד השכינה, כי אות ה' הוא ה"א אחרונה משם הויה ב"ה ונו"ן גם כן מרומז על השכינה כידוע, והיינו שעתה בגלות כביכול השכינה אין לה בן זוג.
וזהו הן גאלתי, דהיינו ב' אותיות הללו שאין להם צירוף גאלתי אתכם ודו"ק:
'Voici (הן), Je vous ai rachetés, la fin comme le commencement', etc. 'Hen' (הן) : c'est ce qui reste de l'appariement des lettres des unités et des dizaines. Alef (א) avec têt (ט) font dix (יו'ד) ; beit (ב) avec het (ח), guematria de dix ; guimel (ג) avec zayin (ז), également dix ; il reste la lettre hé (ה) parmi les unités.
Et de même parmi les lettres des dizaines, pour s'apparier en cent : youd (י) avec tsadi (צ), guematria de cent ; kaf (כ) avec pe (פ), également cent (ק) ; et ainsi les autres lettres. Il reste la lettre noun (נ), qui n'a pas d'appariement.
Et ces deux lettres correspondent à la Chekhina (la Présence divine), car la lettre hé est le hé final du nom Havaya (הוי'ה) béni soit-Il, et le noun aussi fait allusion à la Chekhina, comme il est connu ; c'est-à-dire que maintenant, en exil, la Chekhina, pour ainsi dire, n'a pas de conjoint. Et c'est cela 'hen gaalti' : ces deux lettres qui n'ont pas d'appariement - 'Je vous ai rachetés'.
Et examine bien (ve-dok).
עם זו יצרתי כו'. (ישעיה מג, כא) יבואר על פי דאיתא בתקונים מצה וחמץ אלין מסטרא דקדושה ואלין מסטרא דמסאבא דמפרישין בין ו' לז' ו' רומז על הקדוש ברוך הוא זיי"ן על כנסת ישראל זיין בת שבע כידוע ומבואר בזוהר הקדוש על פסוק לפני ה', לפני ה' דייקא כשישראל מבטלין הגזירה שנגזר חס ושלום מלמעלה לרעה וישראל בתפלתן מבטלין אז הם לפני ה'.
ובאמת זה התענוג אצל הבורא ברוך הוא כמבואר ברבותינו ז"ל (פסחים קיט.) לא כמדת הקדוש ברוך הוא מדת בשר ודם וכו', מדת הקדוש ברוך הוא מנצחין אותו והוא שמח ובשביל שמחה זו ברא העולם בשביל ישראל שינצחו אותו וכאשר הוא כסדר אז וא"ו לפני זיין וכאשר גובר רצון ישראל אז זיין לפני וא"ו. וזהו עם ז"ו זיי"ן לפני וא"ו.
וזהו יצרתי בשביל זה בראתי את העולם כו'. וזהו עם ז"ו קנית:
'Ce peuple, Je l'ai formé', etc. (Isaie 43,21).
Cela s'expliquera d'après ce qui est dit dans les Tikounim (les Tikouney Zohar) : la matsa et le hamets, ceux-ci du côté de la sainteté et ceux-là du côté de l'impureté, lesquels séparent entre le vav (ו) et le zayin (ז). Le vav fait allusion au Saint béni soit-Il, le zayin (ז, sept) à l'assemblée d'Israël - zayin, 'bat cheva' (fille de sept), comme il est connu.
Et il est expliqué dans le saint Zohar sur le verset 'devant ה'' : 'devant ה'' précisément - lorsque Israël annule le décret qui a été décrété d'en haut, à Dieu ne plaise, pour le mal, et qu'Israël, par sa prière, l'annule, alors ils sont 'devant ה''. Et en vérité c'est là le délice auprès du Créateur béni soit-Il, comme il est expliqué chez nos maîtres, de mémoire bénie (Pessahim 119a) : la midda (mesure, attribut) du Saint béni soit-Il n'est pas comme la midda de chair et de sang, etc. ; la midda du Saint béni soit-Il : on Le vainc et Il Se réjouit.
Et c'est pour cette joie qu'Il a créé le monde, pour Israël, afin qu'ils Le vainquent. Et lorsque c'est selon l'ordre habituel, alors le vav (וא'ו) est avant le zayin (זיי'ן) ; et lorsque la volonté d'Israël l'emporte, alors le zayin est avant le vav.
Et c'est cela 'am zou' (עם ז'ו) : le zayin avant le vav. Et c'est cela 'Je l'ai formé' : c'est pour cela que j'ai créé le monde, etc.
Et c'est cela 'ce peuple (am zou) que Tu as acquis'.
אתה הוא ה' לבדך. (מלכים ב' יט, טו) הכלל, אתה הוא נוכח אך איך יכול האדם לומר אתה הוא ה' לבדך, אבל הכלל בכל דבר שאדם רואה כאשר יש לו עינים ישרות בדרכי ה' יכול להשיג כי יש עילות על כל העילות אשר אין להשיגו והוא נסתר ונעלם מכל הברואים זה יכול להשיג.
וזה אתה הוא הוא נסתר שיכול להשיג, כי יש בורא עולם אשר אין להשיגו. והנה יש אי"ן ויש שכל אשר משיג ומסתכל באי"ן ויש שכל אשר משפיע שפע על העולמות, ועל מה הוא משפיע על שבע ספירות חג"ת כו', ופרה אדומה רומז על השכל אשר משפיע על העולמות מלשון פרה ורבה, שמשפיע על העולמות.
והנה האי"ן מורה עליו שם ע"ב, כי שם אי אפשר להשיג. והוא נרמז בפסוק (תהלים יח, יב) ישית חושך סתרו, השם עבים ע"ב י"ם שאי אפשר להשיגו ומדה המשפיע שפע עליו מורה שם ס"ג.
וזהו פרה מצותה בסג"ן, דהיינו ס"ג נו"ן, כי השכל המסתכל על האי"ן עליו רומז ברעיא מהימנא פרשת פנחס אות כ' הפוכה קרנים למעלה כזה U, וכן על זה מורה נו"ן הפוכה אשר בפרשת ויהי בנסוע הארון. (במדבר י, לה) והנה כאשר אדם מדבר דיבורים יש צדיק אשר מדבר דיבורים למטה ויש צדיק אשר הדיבורים שלו ממשיכים אותו אל האי"ן.
וזהו שכינה מדברת מתוך גרונו של משה. וכן לכל הנביאים כאשר דברו נבואתם הדיבור ממשיך אותו אל האין ונקרא דעת לחבר אותו אל אי"ן.
וזהו רומז בספר יצירה עשר ולא י"א שלא תאמר דעת הוא גם כן מהספירות, כי דעת הוא באי"ן ואין לחשבו בספירות ודו"ק:
'C'est Toi qui es ה', Toi seul' (Rois II 19,15). La règle : 'atta' (Toi) est l'adresse directe (nokhah) - mais comment l'homme peut-il dire 'c'est Toi qui es ה', Toi seul' ?
Or la règle est qu'en toute chose que l'homme voit, lorsqu'il a des yeux droits dans les voies de ה', il peut saisir qu'il y a une Cause au-dessus de toutes les causes, laquelle on ne peut saisir, et qui est cachée et dissimulée à toutes les créatures - cela, il peut le saisir. Et c'est cela 'atta hou' : 'hou' (Lui) est le caché (nistar, la troisième personne) qu'il peut saisir, savoir qu'il y a un Créateur du monde qu'on ne peut saisir.
Et voici, il y a le Ayin (אי'ן, le Néant), et il y a un sekhel (intellect) qui saisit et contemple le Ayin, et il y a un sekhel qui répand l'influx sur les mondes ; et sur quoi répand-il ? Sur les sept sefirot HaGaT ('Hessed, Guevoura, Tiferet), etc.
Et la vache rousse (para adouma) fait allusion au sekhel qui répand sur les mondes, du langage de 'para ourva' (fructifie et multiplie), car il répand sur les mondes. Et voici, sur le Ayin indique le nom de 72 (ע'ב), car là il est impossible de saisir.
Et cela est suggéré dans le verset (Psaumes 18,12) 'Il fait des ténèbres Sa retraite' : le mot 'avim' (עבים, nuées) se décompose en ע'ב (72) et י'ם (mer), car il est impossible de Le saisir. Et sur la midda qui répand l'influx indique le nom de 63 (ס'ג).
Et c'est cela : la vache, son commandement s'accomplit par le sagan (le vice-grand-prêtre, סג'ן) - savoir ס'ג et נו'ן. Car le sekhel qui contemple le Ayin, sur lui fait allusion, dans le Raaya Mehemna (partie du Zohar), parachat Pinhas, la lettre kaf (כ) renversée, les cornes vers le haut, ainsi : U.
Et de même cela est indiqué par le noun renversé qui se trouve au passage 'Vayehi binsoa haaron' (Nombres 10,35). Et voici, lorsque l'homme prononce des paroles : il y a un tsadik qui prononce des paroles en bas, et il y a un tsadik dont ses paroles l'attirent vers le Ayin.
Et c'est cela : la Chekhina parle du fond de la gorge de Moche. Et de même pour tous les prophètes : lorsqu'ils prononçaient leur prophétie, la parole les attirait vers le Ayin ; et cela s'appelle Daat (la connaissance), qui le relie au Ayin.
Et c'est à cela que fait allusion le Sefer Yetsira : 'dix et non onze (י'א)' - afin que tu ne dises pas que Daat est aussi l'une des sefirot ; car Daat est dans le Ayin, et il ne faut pas le compter parmi les sefirot. Et examine bien (ve-dok).
הכלל, המשכיל מסתכל באי"ן ואחר כך אומר להשכל ועל זה מורה נקודת ציר"י ואף על גב שהמשכיל לומד להשכל נמצא הוא נקודת שב"א זה למעלה מזה. זה אינו מחמת שני טעמים.
אחד, מטעם יותר מה שהעגל רוצה לינק פרה כו'. וטעם שני, כשהרב לומד לתלמיד מצמצם שכלו להיות שוה לשכל התלמיד לכך מורה על משכיל ושכל נקודת ציר"י, שני נקודת שוה.
ונקודת שב"א, מורה על האומות נקודה זה למעלה מזה וזה תחת זה וזהו שב"א באש כנאמר (ישעיה א, טז) באש ה' נשפט את כל הגוים אבל על ישראל מורה נקודת ציר"י. ובאמת עד היכן מלמד המשכיל להשכל כפי שיוכלו נשמת ישראל לקבל כן המשכיל לומד להשכל והשכל נקרא בינה מבין דבר כו'.
והנה נשמת ישראל היה מכריע בין שני הנקודות הנ"ל כנ"ל נמצא שיש עוד נקודה יושבת תחת שני הנקודת הנ"ל, דהיינו המכריע והם כנסת ישראל כפי שיוכלו לקבל כנ"ל. והיא נקודה סגו"ל, שלשה נקודות ועוד מורה על זה נקודת קוב"ץ, דהיינו שור"ק ג' נקודת באלכסון זה תחת זה נקודה תחתונה מה שישראל מקבלים השפע נקודה האמצעית הוא התענוג, כי השם יתברך יש לו תענוג בהשפעתו לישראל.
ובאמת למה יש תענוג להשם יתברך בהשפעתו לישראל, כי השם יתברך הוא אבינו ואב יש לו תענוג כו' ועל זה מורה נקודה עליונה וזה ג' נקודת באלכסון, דהיינו אב ותענוג וישראל המקבלים השפע וזה שהוא באלכסון, כי צריך להסתכל באי"ן וכאשר מסתכל באי"ן מורה אלכסון ובאמת באי"ן הוא הכל בכח ולא בפועל נמצא אלו שלשה בחינות הנ"ל נקודת סגו"ל כנ"ל כאשר הם באי"ן הם באחדות והוא נקודת קמ"ץ וזהו אדם באל"ף נקודת קמץ ודו"ק:
La règle : le maskil (celui qui comprend, l'intelligence éclairante) contemple le Ayin, puis il le dit au sekhel (l'intellect) ; et c'est cela qu'indique le point-voyelle tsere (ציר'י). Et bien que le maskil enseigne au sekhel - il se trouverait donc qu'il est le point cheva (שב'א), l'un au-dessus de l'autre - il n'en est pas ainsi, pour deux raisons.
La première : en raison de 'plus que le veau veut téter, la vache veut allaiter', etc. Et la seconde raison : lorsque le maître enseigne à l'élève, il contracte son intellect pour qu'il soit égal à l'intellect de l'élève ; c'est pourquoi le maskil et le sekhel sont indiqués par le point tsere, deux points au même niveau.
Et le point cheva (שב'א) indique les nations - un point au-dessus de l'autre, celui-ci sous celui-là ; et c'est cela cheva (שב'א), dont les lettres forment 'ba-ech' (באש, par le feu), comme il est dit (Isaie 1,16) 'car par le feu ה' entrera en jugement avec toutes les nations' ; mais sur Israël indique le point tsere. Et en vérité, jusqu'où le maskil enseigne-t-il au sekhel ?
Selon ce que les âmes d'Israël peuvent recevoir, ainsi le maskil enseigne au sekhel ; et le sekhel est appelé Bina, 'qui comprend une chose', etc. Et voici, les âmes d'Israël faisaient pencher la balance entre les deux points susdits, comme ci-dessus ; il se trouve donc qu'il y a encore un point qui siège sous les deux points susdits, savoir celui qui fait pencher la balance - et ce sont l'assemblée d'Israël, selon ce qu'elles peuvent recevoir, comme ci-dessus.
Et c'est le point segol (סגו'ל), trois points. Et cela est encore indiqué par le point koubouts (קוב'ץ), savoir le chourouk (שור'ק) : trois points en diagonale, l'un sous l'autre.
Le point inférieur : ce qu'Israël reçoit de l'influx. Le point du milieu : c'est le délice, car le Nom béni soit-Il a du délice à répandre Son influx sur Israël.
Et en vérité, pourquoi le Nom béni soit-Il a-t-Il du délice à répandre Son influx sur Israël ? Parce que le Nom béni soit-Il est notre Père, et un père a du délice, etc. ; et c'est cela qu'indique le point supérieur.
Et voilà les trois points en diagonale : le père, le délice, et Israël qui reçoit l'influx. Et s'ils sont en diagonale, c'est parce qu'il faut contempler le Ayin, et lorsqu'on contemple le Ayin cela indique la diagonale.
Et en vérité, dans le Ayin tout est en puissance et non en acte ; il se trouve donc que ces trois aspects susdits - le point segol, comme ci-dessus - lorsqu'ils sont dans le Ayin, sont dans l'unité : et c'est le point kamats (קמ'ץ). Et c'est cela 'adam' (אדם), dont l'alef (א) porte le point kamats.
Et examine bien (ve-dok).
גומל לאיש חסד כמפעלו יתן לרשע רע כרשעתו. הכלל, כשאדם עושה איזה מצוה, דהיינו שנותן צדקה לעני אז השם יתברך בשעה שדן זה האדם משלם לו שכר כפי הפעולה שעשה לעני אז בשעה ששוקלין זכיותיו של זה האדם בכף מאזנים מכריעין לצד זכות זה העני עם בני ביתו אשר זה האדם החיה אותם בצדקה שנתן לזה העני וכן שאר מצות שאדם עושה אז השם יתברך נותן זה הפעולה עם זה המצוה בכף המאזנים להכריע לכף זכות.
אבל כשאדם חס ושלום עובר עבירה אז השם יתברך ברוב רחמיו אינו משלם כי אם על עבירה עצמה ולא הפעולה חס ושלום שעשה. וזה הרמז גומל לאיש חסד כמפעלו יתן לרשע רע כרשעתו:
'Il rend à l'homme de 'hessed selon son œuvre, Il donne au méchant le mal selon sa méchanceté' (hymne Yigdal). La règle : lorsque l'homme accomplit quelque commandement, par exemple qu'il donne la tsedaka à un pauvre, alors le Nom béni soit-Il, à l'heure où Il juge cet homme, lui paie salaire selon l'effet (peoula) qu'il a produit pour le pauvre.
Alors, à l'heure où l'on pèse les mérites de cet homme sur le plateau de la balance, on fait pencher du côté du mérite ce pauvre avec les gens de sa maison, que cet homme a fait vivre par la tsedaka qu'il a donnée à ce pauvre. Et de même pour les autres commandements que l'homme accomplit : alors le Nom béni soit-Il place cet effet avec ce commandement sur le plateau de la balance, pour faire pencher vers le plateau du mérite.
Mais lorsque l'homme, à Dieu ne plaise, commet une faute, alors le Nom béni soit-Il, dans Son abondante miséricorde, ne rétribue que la faute elle-même, et non l'effet, à Dieu ne plaise, qu'il a produit. Et telle est l'allusion de 'Il rend à l'homme de 'hessed selon son œuvre, Il donne au méchant le mal selon sa méchanceté'.
מכנף הארץ זמירות שמענו צבי לצדיק. (ישעיה כד, טז) כי יש אותיות מנצפ"ך ובאותיות אלו היה גאולה, דהיינו אות ך' אצל אברהם דהיינו לך לך, עיין זה בפרקי דר' אליעזר.
וגאולה העתידה אם ירצה השם יהיה על ידי אות ץ' מן אותיות מנצפ"ך. וזהו מכנף הארץ, דהיינו מאלו הארבע אותיות מכנ"ף.
זמירות שמענו, הגאולה שהיתה על ידי אותיות מכנף כבר שמענו. צבי, לשון תוחלת.
לצדיק , להגאולה שיבא אם ירצה השם באות צדי"ק:
'De l'extrémité (mikhnaf) de la terre nous avons entendu des chants : gloire (tsevi) au juste' (Isaie 24,16). Car il y a les lettres MaNTsPaKh (מנצפ'ך, les lettres à forme finale), et par ces lettres il y a eu rédemption : ainsi la lettre khaf finale (ך) chez Abraham, savoir 'lekh lekha' (va-t'en) ; vois cela dans les Pirkey de-Rabbi Eliezer.
Et la rédemption future, s'il plaît à ה', se fera par la lettre tsadi finale (ץ) des lettres MaNTsPaKh. Et c'est cela 'mikhnaf haarets' : savoir, à partir de ces quatre lettres מכנ'ף. 'Nous avons entendu des chants' : la rédemption qui a eu lieu par les lettres מכנף, nous l'avons déjà entendue. 'Tsevi' : au sens d'attente et d'espérance. 'Latsadik' : pour la rédemption qui viendra, s'il plaît à ה', par la lettre tsadi (צדי'ק).
או יבואר, צבי לצדיק, רוצה ומקוה שיהיה צדיק אף על פי שלא השיג מדריגת הצדיק, אף על פי כן יש שירה:
Ou bien on l'expliquera ainsi : 'tsevi latsadik' - il veut et il espère être un juste ; bien qu'il n'ait pas atteint le degré du juste, malgré tout il y a un chant.
אתה הוא ה' הא-להים אשר בחרת באברם. (נחמיה ט, ז) כלומר בחר את אברהם שיכול לקיים את התורה.
וזהו באברם יקיים את התורה המתחלת בב' וזהו ב' אברם:
'C'est Toi, ה', l'Elokim, qui as choisi Abram' (Nehemie 9,7) : c'est-à-dire qu'Il a choisi Abraham parce qu'il pouvait accomplir la Torah. Et c'est cela 'be-Avram' : il accomplira la Torah qui commence par un beit (ב) - et c'est cela 'beit Avram' (ב' אברם).
אברכה את ה' בכל עת. (תהלים לד, ב) דיש עתים לטובה ויש עתים לרעה כמבואר בקהלת.
ועד עתה סבר דוד המלך עליו השלום דאין לברך לה' רק בעתים שהם טוב, מה שאין כן בעתים דרעה האיך אפשר להלל איזה טובה מגיע מרעה שיהא ברע שבח השם יתברך. אמנם עתה בשנותו את טעמו לפני אבימלך ראה שמשגעון שהוא רעה לעין כל בא טובה שעל ידי כך ניצל מאכיש, אם כן ראה שבעת רעה יש גם כן בו טובה.
ולכן אמר אז אברכה את ה' בכל עת, ואין שום עת גם העתים לרעה חס ושלום שלא אברכה לה' כיון שמהם גם כן בא טובה. וזה אמר תמיד תהלתו בפי, ואמר כיון שברעה יש גם כן טובה צפונה אם כן בה' תתהלל נפשי, פירוש הגם שדוד המלך ע"ה החזיק עצמו לשפל אמר עתה גם אני יכול להודות כיון שראיתי שבכל דבר שפל יש גם כן טובה.
זהו בה' תתהלל נפשי, גם אני יכול להודות לה'. ישמעו ענוים וישמחו, על ידי זה שגם שמחזיקים עצמם לשפלים יראו שיש טובה בכל דבר שפל ואם כן הכל יודו לה' ועל ידי זה נמתקו הדינין באומרם שבכל צרתם לו צר, והדבר נוגע להשם יתברך.
וזהו הביטו אליו ונהרו, שמביט הצרה אליו לומר שנוגע אליו ונהרו ועל ידי כן ונהרו נמתקו הדינים, כי מי עומד חס ושלום לצער השם יתברך ברוך הוא כביכול ועל ידי כך ופניהם אל יחפרו. וזה אמרו חכמינו ז"ל (ברכות נד.) בכל מדה ומדה שהוא מודד לך כו' הוי מודה לו, לו דייקא כנ"ל ועל ידי כך ימתקו הדינין:
'Je bénirai ה' en tout temps' (Psaumes 34,2). Car il y a des temps favorables et il y a des temps mauvais, comme il est expliqué dans l'Ecclésiaste.
Et jusqu'à présent le roi David, la paix sur lui, pensait qu'on ne devait bénir ה' que dans les temps qui sont bons, mais qu'il n'en va pas de même dans les temps de mal : comment serait-il possible de louer ? quel bien parvient du mal, pour qu'il y ait dans le mal une louange du Nom béni soit-Il ? Or maintenant, lorsqu'il a changé son comportement devant Abimelekh, il a vu que de la folie - laquelle est un mal aux yeux de tous - est venu un bien, puisque par là il a été sauvé d'Akhich ; s'il en est ainsi, il a vu qu'au temps du mal il y a aussi du bien en lui.
C'est pourquoi il a dit alors 'je bénirai ה' en tout temps' : et il n'y a aucun temps, même les temps de mal, à Dieu ne plaise, où je ne bénirai pas ה', puisque d'eux aussi vient du bien. Et c'est ce qu'il dit : 'Sa louange est toujours dans ma bouche' ; et il a dit : puisque dans le mal il y a aussi un bien caché, s'il en est ainsi 'mon âme se glorifiera en ה''.
Explication : bien que le roi David, la paix sur lui, se tînt lui-même pour bas, il dit maintenant : moi aussi je peux rendre grâce, puisque j'ai vu qu'en toute chose basse il y a aussi du bien. C'est cela 'mon âme se glorifiera en ה'' : moi aussi je peux rendre grâce à ה'. 'Que les humbles entendent et se réjouissent' : par cela, bien qu'ils se tiennent eux-mêmes pour bas, ils verront qu'il y a du bien en toute chose basse, et s'il en est ainsi tous rendront grâce à ה' ; et par là les rigueurs (dinim) sont adoucies, lorsqu'ils disent que 'dans toute leur détresse, à Lui la détresse' (Isaie 63,9) et que la chose touche le Nom béni soit-Il.
Et c'est cela 'ils ont regardé vers Lui et ils ont resplendi' (Psaumes 34,6) : qu'il rapporte la détresse à Lui, pour dire qu'elle Le touche - 'et ils ont resplendi' ; et par cela, 'et ils ont resplendi', les rigueurs sont adoucies, car qui subsisterait, à Dieu ne plaise, en faisant peine au Nom béni soit-Il, pour ainsi dire ; et par là 'et leur face ne rougira pas'. Et c'est ce qu'ont dit nos sages, de mémoire bénie (Berakhot 54a) : 'en toute midda dont Il te mesure', etc., 'sois-Lui reconnaissant' - 'à Lui' précisément, comme ci-dessus ; et par là les rigueurs seront adoucies.