קדושת לוי

Kedushat Levi — Likutim (2/16)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

« Quand tu feras monter les lampes » (Bamidbar 8,2) : la Guemara objecte, a-t-Il besoin de sa lumière (leora), alors que pendant les quarante années du désert Israël n’a marché qu’à Sa lumière ; les Tossefot objectent que l’on marche toujours à Sa lumière. Selon Rabbi Lévi Its’hak, D.ieu conduit toujours selon la nature ; seulement au temps des quarante années, Il conduisait hors de la nature, par la colonne de feu. Le mot « ora » est féminin : c’est ce qui reçoit la lumière du Nom, la voie de la nature. La Guemara objecte donc qu’ils n’ont marché qu’à la lumière du Nom Lui-même, hors de la nature : « leora » vise précisément « ora », la voie de la nature.

Aussi : l’alliance de Pinhas, à qui D.ieu fait connaître la raison car il ne vise que Sa volonté ; Yehochoua envoie les explorateurs « 'herech » pour ne pas éveiller l’empreinte des premiers ; « vous mangerez, mangeant » élève l’étincelle de l’aliment

(שייך לפרשת בהעלותך) בהעלותך את הנרות. והקשה הגמרא וכי לאורה הוא צריך, הלא כל ארבעים שנה שהיו ישראל במדבר לא הלכו אלא לאורו.

והקשה התוספות מה מקשה מארבעים שנה, הלא תמיד אנו הולכים לאורו. והנראה, שהקדוש ברוך הוא מוליך אותנו על פי הטבע תמיד, רק בעת מ' שנה היה מוליך אותנו חוץ לטבע בעמוד אש כו', והכלל, שלשון אורה הוא לשון נקבה דבר המקבל מאור של השם יתברך והוא דרך הטבע.

לכך מקשה הגמרא הלא כל ארבעים שנה לא הלכו אלא לאורו של השם יתברך בעצמו, היינו חוץ לטבע. וזהו וכי לאורה הוא צריך, היינו אורה דייקא דרך הטבע:

(Se rattache à la paracha Behaalotekha) 'Quand tu feras monter les lampes' (Nombres 8,2). Et la Guemara objecte : a-t-Il donc besoin de sa lumière (leora) ?

Voici, pendant toutes les quarante années où Israël fut au désert, ils n'ont marché qu'à Sa lumière. Et les Tossefot objectent : que vient-elle objecter à partir des quarante années ?

Voici, nous marchons toujours à Sa lumière. Et il semble [expliquer ainsi] : le Saint béni soit-Il nous conduit toujours selon la nature ; seulement, au temps des quarante (מ') années, Il nous conduisait hors de la nature, par la colonne de feu, etc.

Et la règle est que le mot 'ora' (lumière) est un mot féminin : c'est la chose qui reçoit de la lumière du Nom béni soit-Il, et cela est la voie de la nature. C'est pourquoi la Guemara objecte : voici, pendant toutes les quarante années ils n'ont marché qu'à la lumière du Nom béni soit-Il Lui-même, c'est-à-dire hors de la nature.

Et c'est cela 'a-t-Il donc besoin de sa lumière (leora)' : c'est-à-dire 'ora' précisément, la voie de la nature.

(שייך לפרשת פנחס) והיתה לו ולזרעו אחריו ברית כהונת עולם תחת אשר קנא לא-להיו ויכפר על בני ישראל. נראה דהכלל הוא כך, דהנה לפעמים הקדוש ברוך הוא מגביה את הצדיק ואינו מודיע אותו הטעם ולפעמים מודיע אותו הטעם.

נראה דלזה שאינו מודיע, כי אם היה מודיע אותו הטעם מחמת איזה דבר הוא מגביה אותו היה תמיד עושה דבר זה ויש עת שאין הקדוש ברוך הוא חפץ בדבר זה. אבל זה שהקדוש ברוך הוא יודע שהוא אינו מכוין רק לעשות רצונו ואם יהיה עת שיצטרך לעשות להיפוך יעשה לזה הקדוש ברוך הוא מודיע אותו הטעם.

והנה פנחס היה יודע שיפסיד הכהונה כשיהרוג את זמרי, כי כהן שהרג את הנפש לא ישא את כפיו, ואף על פי כן היה עושה בשביל רצון הקדוש ברוך הוא על כן הודיע אותו הטעם ואמר והיתה לו כו' תחת אשר קנא לא-להיו:

(Se rattache à la paracha Pinhas) 'Et ce sera pour lui et pour sa descendance après lui une alliance de sacerdoce éternel, parce qu'il a été zélé pour son Dieu et qu'il a expié pour les enfants d'Israël' (Nombres 25,13). Il semble que la règle soit ainsi.

Voici, parfois le Saint béni soit-Il élève le juste et ne lui fait pas connaître la raison, et parfois Il lui fait connaître la raison. Il semble que, pour celui à qui Il ne fait pas connaître [la raison], c'est parce que, s'Il lui faisait connaître la raison, à cause de quelle chose Il l'élève, il ferait toujours cette chose-là ; or il est un temps où le Saint béni soit-Il ne désire pas cette chose.

Mais celui dont le Saint béni soit-Il sait qu'il ne vise qu'à faire Sa volonté, et que s'il vient un temps où il faudra faire l'inverse il le fera, à celui-là le Saint béni soit-Il fait connaître la raison. Or Pinhas savait qu'il perdrait le sacerdoce en tuant Zimri, car un cohen qui a tué une âme ne lève pas ses paumes [pour la bénédiction sacerdotale] ; et malgré cela il agit pour la volonté du Saint béni soit-Il.

C'est pourquoi Il lui fit connaître la raison, et Il dit 'et ce sera pour lui, etc., parce qu'il a été zélé pour son Dieu'.

ויעש משה כאשר צוה ה' אותו ויקח את יהושע ויעמדהו לפני אלעזר הכהן ולפני כל העדה כו'. והנראה, כי כאשר רוצה השם יתברך להרים לעשות אחד לראש מתחילה מרים אותו מאת כל כדי לעשות אותו לראש.

וזהו גם כן (ב"ב עה.) פני משה כפני חמה ופני יהושע כפני לבנה, כי משה כל מה שעשה לעבודת השם היה יודע השורש והטעם הדבר כמו החמה המשפיע. ופני יהושע כפני לבנה, שלא היה כבחינת משה שלא היה יודע טעם כהלבנה המקבלת מהחמה.

וזהו ויקח משה ויעמידהו לפני אלעזר הכהן ולפני כל העדה, היינו שהרים אותו מקודם שיהיה לפני כל, ואחר כך עשה אותו לראש:

'Et Moche fit comme ה' le lui avait ordonné : il prit Yehochoua et le fit se tenir devant Elazar le cohen et devant toute l'assemblée, etc.' (Nombres 27,22). Et il semble [expliquer ainsi] : lorsque le Nom béni soit-Il veut élever quelqu'un pour en faire un chef, Il l'élève d'abord aux yeux de tous afin d'en faire un chef.

Et c'est aussi [le sens de] (Baba Batra 75a) 'le visage de Moche était comme le visage du soleil et le visage de Yehochoua comme le visage de la lune' : car Moche, tout ce qu'il faisait pour le service du Nom, il en connaissait la racine et la raison de la chose, comme le soleil qui dispense. 'Et le visage de Yehochoua comme le visage de la lune', car il n'était pas dans l'aspect de Moche : il ne connaissait pas la raison, comme la lune qui reçoit du soleil. Et c'est cela 'et Moche le prit et le fit se tenir devant Elazar le cohen et devant toute l'assemblée' : c'est-à-dire qu'il l'éleva d'abord pour qu'il soit devant tous, et ensuite il en fit un chef.

וישלח יהושע שני אנשים מרגלים חרש לאמר (יהושע ב, א). כי כשהצדיק בא במקום אז מעורר אותו הרשימה אשר כבר היה במקום ההוא וכאן שהיה בארץ ישראל הרשימה מן המרגלים הראשונים רצה יהושע שלא לעורר הרשימה מהם.

וזהו חרש, שיעשו עצמם חרשים שלא לשמוע הרשימה מן המרגלים ראשונים:

'Et Yehochoua envoya deux hommes explorer en secret ('herech), disant' (Josue 2,1). Car lorsque le juste vient en un lieu, il éveille alors l'empreinte (rechima) qui se trouvait déjà en ce lieu ; et ici, où l'on était en terre d'Israël, [se trouvait] l'empreinte des premiers explorateurs, et Yehochoua voulut ne pas éveiller leur empreinte.

Et c'est cela ''herech' : qu'ils se fassent sourds (hershim) pour ne pas entendre l'empreinte des premiers explorateurs.

וירא כי אין איש וישתומם כי אין מפגיע ותושע לו ימינו כו'. (ישעיה נט, טז) יבואר על פי מאמר בזוהר הקדוש בפסוק היש ה' בקרבנו אם אין (שמות יז, ז) עיין שם ועל פי מאמר חכמינו ז"ל (ברכות יז.) מי מעכב כו', והקדוש ברוך הוא חפץ תמיד בטובת ישראל.

וזהו וירא כי אין איש, כלומר הקדוש ברוך הוא שהוא נקרא אי"ן כמאמר הזוהר הקדוש מתלבש עצמו בבחינת איש, להיות לוחם מלחמות ישראל להושיע לבניו כנאמר (שמות טו, ג) ה' איש מלחמה, וישתומם כי אין מפגיע, כלומר אי"ן הוא הקדוש ברוך הוא מפגיע מבקש טובות ישראל, ועל ידי זה תושע לו ימינו:

'Et Il vit qu'il n'y avait pas d'homme, et Il s'étonna qu'il n'y eût personne pour intervenir ; et Sa droite Lui donna le salut, etc.' (Isaie 59,16). Cela s'expliquera d'après l'enseignement du saint Zohar sur le verset 'ה' est-il au milieu de nous, ou bien n'y est-il pas (ayin)' (Exode 17,7), vois-y ; et d'après la parole de nos sages de mémoire bénie (Berakhot 17a) 'qui empêche, etc.' ; et le Saint béni soit-Il désire toujours le bien d'Israël.

Et c'est cela 'et Il vit qu'il n'y avait pas d'homme' : c'est-à-dire que le Saint béni soit-Il, qui est appelé Ayin (אי'ן, le Néant) selon la parole du saint Zohar, se revêt Lui-même dans l'aspect d'un homme (ich), pour livrer les guerres d'Israël et sauver Ses fils, comme il est dit (Exode 15,3) 'ה' est un homme de guerre'. 'Et Il s'étonna qu'il n'y eût personne pour intervenir' : c'est-à-dire que Ayin (אי'ן), c'est le Saint béni soit-Il, qui intervient et demande le bien d'Israël ; et par cela 'Sa droite Lui donna le salut'.

ואכלתם אכול ושבוע כו'. (יואל ב, כו) הכלל, האדם מה שאוכל הוא כדי שיהיה לו כח לעבוד את ה' ועל ידי זה הוא מעלה הניצוץ אשר בתוך המאכל ההוא ואם חס ושלום אינו מעלה הניצוץ אשר בתוך המאכל אזי צריך הניצוץ ההוא אשר במאכל ההוא להיות מגולגל עד שיאכל אותו אדם בכוונה להעלות אותה ואז אין הניצוץ צריך להיות מגולגל עוד.

וזהו הרמז ואכלתם אכול, בשעה שאתם אוכלים המאכל יהיה נאכל שלא יצרך להיות מגולגל עוד:

'Et vous mangerez, mangeant et vous rassasiant, etc.' (Joël 2,26). La règle est que ce que l'homme mange, c'est afin d'avoir la force de servir ה' ; et par cela il élève l'étincelle (nitsots) qui est à l'intérieur de cet aliment.

Et si, à Dieu ne plaise, il n'élève pas l'étincelle qui est à l'intérieur de cet aliment, alors cette étincelle qui est dans cet aliment doit subir une transmigration (guilgoul) jusqu'à ce qu'un homme la mange avec l'intention de l'élever ; et alors l'étincelle n'a plus besoin de transmigrer encore. Et c'est l'allusion de 'et vous mangerez, mangeant' : à l'heure où vous mangez l'aliment, qu'il soit [vraiment] mangé, de sorte qu'il n'ait plus besoin de transmigrer encore.

או יבואר ואכלתם אכול, כי זה הפסוק מורה על העתיד לבוא. ובמדרש מבואר לעתיד לבוא יאכלו ישראל מן כמו במדבר.

והנה כל המאכלים יש להם כל אחד ואחד טעם עצמיות שלו, היינו לחם יש לו טעם עצמיות של לחם ובשר טעם בשר וכן שאר מאכלים כל אחד טעם עצמיות שלו בכח אבל המן לא היה לו טעם עצמיות שלו בכח, רק לפי כל אחד ממחשבת ישראל כך היה הטעם שלו ונמצא בשעת האכילה אז נעשה מאכל להיות לו טעם כפי מחשבת כל איש מישראל. וזהו הרמז ואכלתם אכול, בשעת אכילה כנ"ל, אז נעשה מאכל להיות לו טעם עצמיות בכח:

On peut encore expliquer 'et vous mangerez, mangeant' : car ce verset indique le temps à venir. Et il est expliqué dans le Midrach qu'au temps à venir Israël mangera de la manne comme au désert.

Or tous les aliments ont chacun un goût qui leur est propre : ainsi le pain a le goût propre du pain, la viande le goût de la viande, et de même les autres aliments, chacun a son goût propre en puissance ; mais la manne n'avait pas de goût propre en puissance : c'est seulement selon la pensée de chacun en Israël qu'était son goût. Il se trouve donc qu'à l'heure de la consommation, alors l'aliment devenait tel qu'il avait un goût selon la pensée de chaque homme d'Israël.

Et c'est l'allusion de 'et vous mangerez, mangeant' : à l'heure de la consommation, comme ci-dessus, alors l'aliment devient tel qu'il a un goût propre en puissance.

או יבואר, ואכלתם וכו', דעיקר אכילת אדם צריך להיות לו מחשבתו שיהיה לו כח לעבודת הבורא ברוך הוא בתורה ובתפלה, ואם כן זה האכילה הוא גופא עבודה כיון דלצורך עבודה הוא. אך באמת על כל פנים בשעת האכילה אינו עובד השם ואינו מועיל זה האכילה, רק אחר כך כשילמוד.

אבל יש צדיקים אשר אכילתם בקדושה ובשעת אכילה יש להם מחשבות קדושות וגם אומרים תורה בשעת אכילתן, אם כן בשעת אכילתו עובד את הבורא ברוך הוא וזהו נקרא אכילה, מה שאין כן בחינה הקודמת בשעת אכילה לא נקרא עדיין אכילה כיון שלא פעל בשעת מעשה רק אחר מעשה. וזהו ואכלתם אכול, רוצה לומר שתראו שבשעה שאתם אוכלים יהיה אכילה וזה אי אפשר כי אם לעסוק בתורה על השולחן:

On peut encore expliquer 'et vous mangerez, etc.' : l'essentiel du manger de l'homme, c'est que sa pensée soit d'avoir la force pour le service du Créateur béni soit-Il, dans la Torah et dans la prière ; s'il en est ainsi, ce manger est lui-même un service, puisqu'il est pour le besoin du service. Mais en vérité, de toute façon, à l'heure du manger il ne sert pas le Nom, et ce manger ne sert de rien sinon après coup, lorsqu'il étudiera.

Mais il y a des justes dont le manger est en sainteté : à l'heure du repas ils ont des pensées saintes et ils disent aussi des paroles de Torah pendant leur repas ; s'il en est ainsi, à l'heure de son repas il sert le Créateur béni soit-Il, et cela s'appelle 'manger' (akhila). Il n'en va pas de même dans l'aspect précédent : à l'heure du repas cela ne s'appelle pas encore 'manger', puisqu'il n'a rien opéré au moment de l'acte, mais seulement après l'acte.

Et c'est cela 'et vous mangerez, mangeant' : cela veut dire que vous veillerez à ce que, à l'heure où vous mangez, ce soit [vraiment] un manger ; et cela n'est possible qu'en s'occupant de Torah a table.

או יבואר ואכלתם אכול וכו' והללתם את שם ה' א-להיכם, כמו שתרגם אונקלוס על פסוק (שמות כד, יא) ויחזו את הא-להים ויאכלו וישתו, והוו חדן בקורבניהון כו', ונמצא שמחויב להתענג בעבדות הבורא ברוך הוא כמו באכילה ושתיה. וזהו הרמז ואכלתם וכו', שתהא לכם תענוג בעבודת הבורא יתברך בשידות ותשבחות שמהללים את ה' כמו באכילה כדי שביעה שיש לנו תענוג כן יהיה התענוג בעת והללתם את שם ה' וכו':

On peut encore expliquer 'et vous mangerez, mangeant, etc., et vous louerez le nom de ה' votre Dieu' : comme Onkelos a traduit sur le verset (Exode 24,11) 'et ils virent Elokim, et ils mangèrent et burent' : 'et ils se réjouissaient de leurs offrandes, etc.'. Il se trouve donc qu'on est tenu de prendre du délice dans le service du Créateur béni soit-Il comme dans le manger et le boire.

Et c'est l'allusion de 'et vous mangerez, etc.' : que vous ayez du délice dans le service du Créateur béni soit-Il, par les chants et les louanges dont on loue ה', comme dans le manger à satiété où nous avons du délice ; ainsi sera le délice au temps de 'et vous louerez le nom de ה', etc.'.

או יבואר, ואכלתם אכול, הכלל, סעודת לויתן הוא מה שישראל אכלו כבר בסעודת שבת ויום טוב והכנסת אורחים ושאר סעודות מצוה זה המאכל יאכלו לעתיד. וזהו ואכלתם אכול, מה שכבר אכול:

On peut encore expliquer 'et vous mangerez, mangeant'. La règle est que le festin du Léviathan, c'est ce qu'Israël a déjà mangé lors des repas de chabbat et de fête, de l'accueil des hôtes et des autres repas de mitsva : cette nourriture-là, ils la mangeront au temps à venir.

Et c'est cela 'et vous mangerez, mangeant' : ce qui a déjà été mangé.

או יבואר, ואכלתם אכול ושבוע והללתם את שם ה' א-להיכם אשר עשה עמכם להפליא ולא יבושו עמי לעולם. נראה על פי הגמרא (ברכות לה:) הנהנה מעולם הזה בלא ברכה כאלו גוזל את הקדוש ברוך הוא, נמצא כשאוכל בלא ברכה חלילה אכל מלאו דיליה והוא נהמא דכסופא אבל כשאוכל כדת בברכה הוה דיליה וזהו ואכלתם כו'.

והללתם, היינו ברכה. ולא יבושו עמי, היינו שיאכלו בלא בושה, כי אין זה נהמא דכסופא:

On peut encore expliquer 'et vous mangerez, mangeant et vous rassasiant, et vous louerez le nom de ה' votre Dieu qui a agi avec vous d'une façon merveilleuse ; et mon peuple ne sera jamais confondu' (Joël 2,26). Il semble [expliquer] d'après la Guemara (Berakhot 35b) : celui qui jouit de ce monde sans bénédiction, c'est comme s'il volait le Saint béni soit-Il.

Il se trouve donc que, lorsqu'il mange sans bénédiction, à Dieu ne plaise, il mange de ce qui n'est pas à lui, et c'est un pain de honte (nahama dekhisoufa) ; mais lorsqu'il mange selon la règle, avec bénédiction, cela devient sien. Et c'est cela 'et vous mangerez, etc.'. 'Et vous louerez', c'est-à-dire la bénédiction. 'Et mon peuple ne sera pas confondu', c'est-à-dire qu'ils mangeront sans honte, car ce n'est pas là un pain de honte.

או יבואר, ואכלתם אכול וכו', כי סעודות צדיקים לעתיד לבוא יהיה על שני בחינות, אחד, על פי פשוט סעודות ממש. ואחד, שישיגו ישראל סודות התורה והסעודות יהיה על רוחניות כמבואר בזוהר הקדוש.

והנה שניהם אמת. האנשים אשר הם במדריגה קטנה שהתענוג שלהם מגשמיות להם יהיה הסעודה סעודה ממש.

והצדיקים הגדולים אשר תענוג שלהם סודות התורה להם יהיה הסעודה כאשר ישיגו נפלאות מתורתו הקדושה. וזהו ואכלתם אכול ושבוע, לאנשים פשוטים.

והללתם את שם ה', אלו האנשים אשר התענוג שלהם בהלל לה', להם יהיה התענוג אשר עשה עמכם להפליא שישיגו נפלאות מתורתו הקדושה:

On peut encore expliquer 'et vous mangerez, mangeant, etc.' : car les repas des justes au temps à venir seront selon deux aspects. Le premier, selon le sens simple, des repas réels.

Et le second, qu'Israël atteindra les secrets de la Torah et que les repas seront d'ordre spirituel, comme cela est expliqué dans le saint Zohar. Or les deux sont vrais.

Les hommes qui sont à un degré petit, dont le délice vient du matériel, pour ceux-là le repas sera un repas réel. Et les grands justes, dont le délice est les secrets de la Torah, pour ceux-là le repas sera qu'ils atteindront les merveilles de Sa sainte Torah.

Et c'est cela 'et vous mangerez, mangeant et vous rassasiant' : pour les hommes simples. 'Et vous louerez le nom de ה'' : ce sont les hommes dont le délice est dans la louange de ה' ; pour eux le délice sera 'qui a agi avec vous d'une façon merveilleuse', c'est-à-dire qu'ils atteindront des merveilles de Sa sainte Torah.

או יאמר, ואכלתם אכול ושבוע והללתם את שם ה' א-להיכם אשר עשה עמכם להפליא. ויבואר על דרך שמבואר בתנא דבי אליהו ובמדרש בשעה שיעשה הקדוש ברוך הוא סעודה גדולה של לויתן יביא הקדוש ברוך הוא את הרשעים לראות בטובתן של ישראל.

ובאמת יש לדקדק למה זה יהיה דוקא בשעת סעודה. ונראה, כי הקדוש ברוך הוא ישלם שכר טוב לישראל בשני בחינות.

שכר אחד, מתורה ומצות ותפלה ותפילין ושאר המצות שעשו ולמדו ישראל עם קדושו וסעודה גדולה הוא שכר טוב לישראל מה שאכלו משום מצות הבורא עליהם, והיינו סעודות שבת ויום טוב והכנסת אורחים ונמצא על שאר המצות מה שהקדוש ברוך הוא יתן לישראל לא ירע בעיני רשעים כיון שהם לא עשו המצות. אבל על אכילה הלא הם אוכלים ושותים יותר מישראל זה ירע בעיניהם ויהיה להם עגמת נפש יותר ויותר לכך יביא הקדוש ברוך הוא את הרשעים לראות בשכר טוב של ישראל דוקא בשעת סעודה שהוא השכר על אכילתם לשם ה'.

וזהו הרמז ואכלתם אכול ושבוע והללתם את שם ה' א-להיכם אשר עמכם להפליא, כי הפליא הוא לשון הפרשה, כלומר אף על פי שאתם אוכלים כמו ישראל יעשה הקדוש ברוך הוא הפרשה לכם וישלם שכר טוב על אכילתכם ועל זה צריכים אתם להלל את ה':

On peut encore dire : 'et vous mangerez, mangeant et vous rassasiant, et vous louerez le nom de ה' votre Dieu qui a agi avec vous d'une façon merveilleuse'. Cela s'expliquera selon ce qui est expliqué dans le Tanna deBei Eliyahou et dans le Midrach : à l'heure où le Saint béni soit-Il fera le grand festin du Léviathan, le Saint béni soit-Il amènera les méchants pour qu'ils voient le bien d'Israël.

Et en vérité il y a lieu de s'interroger : pourquoi cela sera-t-il précisément à l'heure du festin ? Et il semble [expliquer ainsi] : le Saint béni soit-Il paiera une bonne récompense à Israël selon deux aspects.

Une première récompense, pour la Torah, les mitsvot, la prière, les téfilines et les autres commandements qu'Israël Son peuple saint a accomplis et étudiés ; et le grand festin est la bonne récompense d'Israël pour ce qu'ils ont mangé en raison des commandements du Créateur sur eux, c'est-à-dire les repas de chabbat et de fête et l'accueil des hôtes. Il se trouve donc que, pour les autres commandements, ce que le Saint béni soit-Il donnera à Israël ne sera pas mal vu des méchants, puisque eux n'ont pas accompli les commandements ; mais quant au manger, voici qu'eux mangent et boivent plus qu'Israël : cela sera mal vu à leurs yeux et ils en auront une affliction de l'âme de plus en plus grande.

C'est pourquoi le Saint béni soit-Il amènera les méchants pour voir la bonne récompense d'Israël précisément à l'heure du festin, qui est la récompense pour leur manger au nom de ה'. Et c'est l'allusion de 'et vous mangerez, mangeant et vous rassasiant, et vous louerez le nom de ה' votre Dieu qui [a agi] avec vous d'une façon merveilleuse (lehafli)' : car 'hifli' est un langage de séparation (hafracha), c'est-à-dire : bien que vous mangiez comme Israël, le Saint béni soit-Il fera pour vous une séparation et paiera une bonne récompense pour votre manger ; et pour cela vous devez louer ה'.

או יבואר, ואכלתם אכול ושבוע והללתם את שם ה' א-להיכם אשר עשה עמכם להפליא. כי תיקון חטא אדם הראשון ראוי היה על ידי הקדוש ברוך הוא לבד וטובות הבורא היה עליו להבדיל הטוב מן הדע.

וזהו אשר עשה עמכם להפליא, מלשון הפרשה. וזהו פירוש המדרש (ב"ר יט) האשה אשר נתת עמדי כו' מן העץ ואוכל (בראשית ג, יב) אכלתי לא נאמר כו' ואוכל אוכל ואכלתי.

זהו התיקון על האכילה שאכלתי ואוכל בשביל עבודת הבורא ברוך הוא זה התיקון. וזהו ואכלתם (אכול חסר):

On peut encore expliquer : 'et vous mangerez, mangeant et vous rassasiant, et vous louerez le nom de ה' votre Dieu qui a agi avec vous d'une façon merveilleuse'. Car la réparation (tikoun) de la faute d'Adam le premier homme devait se faire par le Saint béni soit-Il seul, et c'était par les bontés du Créateur qu'il Lui revenait de séparer le bien du mal.

Et c'est cela 'qui a agi avec vous d'une façon merveilleuse (lehafli)', du langage de séparation (hafracha). Et telle est l'explication du Midrach (Bereshit Rabba 19) : 'la femme que Tu m'as donnée, etc., [m'a donné] de l'arbre, et j'ai mangé (vaokhal)' (Genèse 3,12) ; il n'est pas dit 'akhalti' (j'ai mangé), etc., mais 'vaokhal' : je mange et j'ai mangé.

Voilà la réparation portant sur le manger : que ce que j'ai mangé et ce que je mange soit pour le service du Créateur béni soit-Il, telle est la réparation. Et c'est cela 'et vous mangerez' (le mot 'mangeant' manque ici).

שוש אשיש בה' כו' כי הלבישני כו' מעיל צדקה יעטני (ישעיה סא, י). על דרך אמרם ז"ל (ב"ב ט:) למה נמשלה התורה לשריון מה שריון כל קשקשת וקשקשת מצטרף לחשבון גדול.

כך הצדקה של כל פרוטה ופרוטה מצטרף לחשבון גדול. על דרך משל, מי שנותן פרוטה לעני ומשלים לו שיעור חסרונו בזה הפרוטה אם כן על ידי הפרוטה זו מתעלה האדם הנותן ונחשב לו כאלו הוא נותן כל הסעודות והצטרכות להעני.

וזהו (ישעיה מט, כא) מי ילד לי את אלה, כלומר מי ילד לי מצוה גדולה כזה במה שנתתי פרוטה לעני. וזהו הן על כפים חקותיך, במה שאתה נותן צדקה עם הכפים:

'Je me réjouirai grandement en ה', etc., car Il m'a revêtu, etc., Il m'a enveloppé d'un manteau de justice (tsedaka)' (Isaie 61,10). Selon la parole de nos maîtres de mémoire bénie (Baba Batra 9b) : pourquoi la Torah est-elle comparée à une cotte de mailles (chiryon) ?

De même que, dans la cotte de mailles, chaque écaille s'ajoute pour former un grand compte, ainsi la tsedaka : chaque piécette (perouta) s'ajoute pour former un grand compte. Par voie de comparaison : celui qui donne une piécette à un pauvre et complète par cette piécette la mesure de ce qui lui manque, s'il en est ainsi, par cette piécette l'homme qui donne s'élève, et cela lui est compté comme s'il donnait au pauvre tous les repas et tous les besoins.

Et c'est cela (Isaie 49,21) 'qui m'a enfanté ceux-ci ?', c'est-à-dire : qui m'a enfanté une aussi grande mitsva par le fait que j'ai donné une piécette à un pauvre ? Et c'est cela 'voici, sur les paumes Je t'ai gravé' (Isaie 49,16) : par le fait que tu donnes la tsedaka avec les paumes des mains.

או יבואר, שוש אשיש בה'. הרצון בזה, שיש שמחה כשעובדים את הבורא ברוך הוא ויש עוד שמחה ששומח את עצמו במה ששמח בעבודת ה'.

וזהו הרמז בפסוק שוש, יש לי שמחה במה שאני אשיש בה'. וזהו הרמז כל המענג את השבת נותנין לו נחלה בלי מצרים (שבת קיח.) כי כששומח עצמו בעבודת ה' יש לו שמחה גם כן במה ששומח עצמו בעבודת ה' ויש עוד שמחה מזה השמחה במה ששומח עצמו בשמחת עבדות ה' ויש עוד שמחה מן השמחה.

וזהו עד אין סוף, ולכן נותנין לו נחלה בלי מצרים:

On peut encore expliquer 'je me réjouirai grandement en ה''. L'intention est celle-ci : il y a une joie lorsqu'on sert le Créateur béni soit-Il, et il y a encore une autre joie, celle de se réjouir soi-même de ce qu'on se réjouit dans le service de ה'.

Et c'est l'allusion du verset 'sos' (réjouis-toi) : j'ai une joie de ce que 'je me réjouirai en ה''. Et c'est l'allusion de 'quiconque fait du chabbat ses délices, on lui donne un héritage sans limites' (Chabbat 118a) : car lorsqu'il se réjouit lui-même dans le service de ה', il a aussi une joie de ce qu'il se réjouit lui-même dans le service de ה' ; et il y a encore une joie issue de cette joie, de ce qu'il se réjouit lui-même de la joie du service de ה' ; et il y a encore une joie issue de cette joie.

Et cela va jusqu'à l'infini ; c'est pourquoi on lui donne un héritage sans limites.

למה עשה יהונתן עם דוד הסימן עם החיצים, הלא באמת לסוף ראה בעצמו יהונתן את דוד היה לו לומר תשובה בעל פה. ויבואר על פי דאמרינן בגמרא דפסחים דף ב (כתובות קד.) אהדריה קרע לאחוריה משום מוציא דבה כו'.

ונמצא יהונתן היה ירא שמא יצטרך לומר לדוד בשורה רעה ומוציא דבה כו', ולכך עשה הסימן כדי שלא יוציא דבר תקלה מפיו:

Pourquoi Yehonatan fit-il avec David le signe au moyen des flèches ? Voici qu'en vérité, à la fin, Yehonatan vit David lui-même : il aurait pu lui dire la réponse de vive voix.

Cela s'expliquera d'après ce que nous disons dans la Guemara de Pessahim page 2 (Ketoubot 104a) : il retourna la déchirure vers l'arrière, à cause de 'celui qui répand une mauvaise nouvelle', etc. Il se trouve donc que Yehonatan craignait d'avoir peut-être à dire à David une mauvaise nouvelle et d'être 'celui qui répand une mauvaise nouvelle', etc. ; c'est pourquoi il fit le signe, afin qu'aucune parole de faute ne sorte de sa bouche.

ואמר ביום ההוא הנה א-להינו זה קוינו לו ויושיענו זה ה' קוינו לו נגילה ונשמחה בישועתו. (ישעיה כה, ט) הכלל הוא, כשהשם יתברך משפיע על אדם טובות יש אדם שיש לו תענוג מהטובה מחמת הדבר הנוגע לעצמו והבחינה הזאת נקרא א-להינו כביכול.

ויש אדם שאין לו תענוג מהטובה כלל מחמת דבר הנוגע לעצמו, רק עיקר התענוג מחמת שהשכינה כביכול יש לה נחת כשמגיע טובות לעמו ישראל על דרך בצרתם לו צר. (שם סג, ט) והבחינה הזאת נקרא כביכול הוי"ה ברוך הוא, והבחינה הזאת הוא יותר גדול מהבחינה הראשונה שלא יהיה לו עיקר התענוג מהטובה מחמת הנוגע לעצמו, רק עיקר התענוג יהיה מחמת שהשכינה כביכול יש לה נחת רוח.

וזה פירוש הפסוק הנה א-להינו זה קוינו לו, בתחלה יהיה התענוג מהטוב מחמת הבחינה הנקרא א-להינו כנ"ל וזהו ויושיענו. ואחר כך נבוא למדריגה גדולה מזו ואז יהיה עיקר התענוג השמחה מהטוב מחמת שמחת השכינה והבחינה הזאת נקרא כביכול הוי"ה.

וזהו זה ה' קוינו לו נגילה ונשמחה בישועתו, הרצון שעיקר השמחה מחמת הטוב יהיה אז על זו הבחינה מחמת שהשכינה כביכול יש לה נחת רוח מהטובה ההוא. וזהו בישועתו, כביכול הישועה שהוא הנחת רוח הוא לו כביכול:

'Et l'on dira en ce jour : voici, c'est notre Dieu (Elokenou), en qui nous avons espéré et Il nous a sauvés ; c'est ה', en qui nous avons espéré : exultons et réjouissons-nous en Son salut' (Isaie 25,9). La règle est celle-ci : lorsque le Nom béni soit-Il répand des bienfaits sur un homme, il y a un homme qui a du délice de ce bien à cause de ce qui le touche lui-même, et cet aspect est appelé, pour ainsi dire, 'Elokenou'.

Et il y a un homme qui n'a aucun délice de ce bien à cause de ce qui le touche lui-même, mais dont l'essentiel du délice vient de ce que la Chekhina (la Présence divine), pour ainsi dire, à du contentement lorsque des bienfaits parviennent à Son peuple Israël, selon 'dans toute leur détresse, Il est en détresse' (Isaie 63,9). Et cet aspect est appelé, pour ainsi dire, Havaya (הוי'ה) béni soit-Il ; et cet aspect est plus grand que le premier, car l'essentiel de son délice ne vient pas du bien à cause de ce qui le touche lui-même, mais l'essentiel de son délice vient de ce que la Chekhina, pour ainsi dire, à du contentement d'esprit.

Et telle est l'explication du verset 'voici, c'est notre Dieu, en qui nous avons espéré' : au début le délice viendra du bien à cause de l'aspect appelé 'Elokenou', comme ci-dessus, et c'est 'et Il nous a sauvés'. Et ensuite nous viendrons à un degré plus grand que celui-là, et alors l'essentiel du délice et de la joie du bien viendra de la joie de la Chekhina, et cet aspect est appelé, pour ainsi dire, Havaya.

Et c'est cela 'c'est ה', en qui nous avons espéré : exultons et réjouissons-nous en Son salut' : l'intention est que l'essentiel de la joie à cause du bien sera alors selon cet aspect, du fait que la Chekhina, pour ainsi dire, à du contentement d'esprit de ce bien-là. Et c'est cela 'en Son salut' : pour ainsi dire, le salut, qui est le contentement d'esprit, est à Lui, pour ainsi dire.

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