קדושת לוי

Kedushat Levi — Deuteronomy, Haftarah of Nitzavim

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

« Je rappellerai les bontés de Hachem » (Yechaya 63,7). Durant les jours redoutables, Rabbi Lévi Its'hak enseigne que l'essentiel de la demande porte sur la bonté du Créateur, qui désire répandre Son influx sur Israël, et non sur le mérite. L'homme se fait pauvre et indigent : toute année où ils se font pauvres à son commencement. Demander du côté des mérites a une mesure et une fin ; demander du côté de Sa bonté n'a ni mesure ni fin. Telle est « la grande bonté envers la maison d'Israël », « selon Sa miséricorde et selon l'abondance de Ses bontés ». « Élargis ta bouche et Je la remplirai » (Tehilim 81,11) : on demande largement, car Ses bontés n'ont ni ration fixée.

Aussi : les justes comparés à la biche, dont la prière se multiplie et s'exauce ; l'héritage de Yaakov sans limites, selon le rav Mena'hem Mendel ; deux délices, le cadeau et l'amour du roi.

חסדי ה' אזכיר תהלות ה' וכו', ורב טוב לבית ישראל כו' אשר גמלם כרחמיו וכרוב חסדיו (ישעיה סג, ז). נראה, כי הנה בימים נוראים עיקר מבוקשתו של אדם מאת הבורא יתברך יהיה בעבור שהבורא יתברך מצד טובו וחסדו חפץ להשפיע לעמו ישראל ולא מצד זכותו שיש לו אלא יעשה עצמו כעני ורש כמאמר חכמינו ז"ל (ר"ה טז:) כל שנה שרשין בתחלתה כו'.

כי עיקר לעמוד כעני בפתח ויחשוב שלרש אין כל זכות ולא מעשים טובים. והחילוק שיש בין זה שעומד לבקש מאת הבורא מחמת גודל חסדו ובין זה שעומד לבקש מצד זכיותיו, כי זה שעומד מצד זכיותיו יש ערך וסוף לבקשתו, כי כפי זכיותיו אשר יש בידו כך ישפיע עליו הבורא יתברך, מה שאין כן כשמבקש מהבורא מצד חסדו אין להטובה ההוא ערך וסוף, כי אין ערך לחסדיו ואין ערך להשפעתו.

וזו כוונת הפסוק ורב טוב לבית ישראל, אימתי הוא רב טוב, דהיינו שאין לה קצבה לההשפעה אשר גמלם כרחמיו וכרוב חסדיו. וזהו גם כן כונת הפסוק אנכי ה' א-להיך המעלך מארץ מצרים הרחב פיך ואמלאהו, דהיינו שתבקש הרבה מאוד בעבור שהבקשה יהיה עבור חסדי הבורא שאין לה ערך וקצבה:

Je rappellerai les bontés de ה', les louanges de ה' etc., et la grande bonté envers la maison d'Israël etc., qu'Il leur a accordée selon Sa miséricorde et selon l'abondance de Ses bontés (Isaie 63,7). Il apparaît que voici : durant les jours redoutables, l'essentiel de la demande de l'homme auprès du Créateur béni soit-Il doit porter sur ceci, que le Créateur béni soit-Il, du côté de Sa bonté et de Sa bienveillance, désire répandre Son influx sur Son peuple Israël, et non du côté du mérite qu'il possède ; au contraire, qu'il se fasse lui-même comme un pauvre et un indigent, selon la parole de nos sages de mémoire bénie (Roch Hachana 16b) : 'toute année où ils se font pauvres à son commencement etc.' Car l'essentiel est de se tenir comme un pauvre à la porte et de penser que l'indigent n'a aucun mérite ni aucune bonne action.

Et voici la différence entre celui qui se tient pour demander au Créateur en raison de la grandeur de Sa bonté et celui qui se tient pour demander du côté de ses mérites : celui qui se tient du côté de ses mérites, sa demande a une mesure et une fin, car c'est selon les mérites qu'il a en main que le Créateur béni soit-Il répandra sur lui ; il n'en va pas de même lorsqu'il demande au Créateur du côté de Sa bonté, car ce bien-là n'a ni mesure ni fin, puisqu'il n'y a pas de mesure à Ses bontés et pas de mesure à Son influx. Et telle est l'intention du verset 'et la grande bonté envers la maison d'Israël' : quand est-ce une grande bonté ?

C'est-à-dire lorsque l'influx n'a pas de ration fixée, 'qu'Il leur a accordée selon Sa miséricorde et selon l'abondance de Ses bontés'. Et telle est aussi l'intention du verset 'Je suis ה' ton Elokim qui t'a fait monter du pays d'Égypte ; élargis ta bouche et Je la remplirai' (Psaumes 81,11), c'est-à-dire que tu demandes très largement, parce que la demande portera sur les bontés du Créateur, lesquelles n'ont ni mesure ni ration fixée.

וזהו פירוש מאמר חכמינו ז"ל (יומא כט.) למה נמשלו צדיקים כאילה, מה אילה כל זמן שמגדלת קרנותיה מתפצלות, כך צדיקים כל זמן שמרבים בתפלה תפילתם נשמעת, דהיינו שמרבים בתפלה, פירוש שמבקשים שישפיע להם הבורא יתברך הרבה עבור ענותנותן של הצדיקים שעיקר בקשתם עבור חסדי הבורא ולהכי מבקשין הרבה טובות, כי חסדי הבורא אין להם ערך ואין מבקשים בזכותם. ועל בחינה זו אמר גם כן הרב הקדוש מורינו הרב מנחם מענדיל מבאר נחלת יעקב יירש בלי מצרים.

נחלה, דהיינו שאם תחפוץ לבקש מאת הבורא ברוך הוא עבור חסדיו ולא מצד זכיותיך, רק תעשה עצמך כאלו אין בך זכות כלל, דהיינו נחלת יעקב תרצה לירש, שהיינו שתבקש מהבורא ברוך הוא מצד רחמיו ולא מצד זכיותיך אז תירש נחלה בלי מצרים שלא יהיה שיעור וערך, כי חסדי הבורא אין לו שיעור. ובדרך משל נראה לבאר, למלך שנתן מתנה לשני עבדיו בשוה, אך מצד המקבלים היה שני בחינות אחד החשיב את המתנה בעצמו מחמת חשיבתה ואחד החשיב את המתנה שמחמת המתנה נראה ומוכח שהמלך אוהבו מחמת שנתן לו מתנה כזו.

והנה החילוק שבין שני הבחינות, דהבחינה הא', יש לה קץ וסוף להמתנה לפי גודל ערכה. אך הבחינה הב', אין לה קץ כיון שאין רואה אל המתנה אך לאהבת המלך ואהבת המלך אין לה שיעור וערך לכל דבר שיצטרך.

וזה כוונת הכתוב ורב טוב לבית ישראל, כי הם אינם ראוים, רק אשר גמלם כרחמיו וכרוב חסדיו ורוב רחמיו וחסדיו אין לה שיעור וערך. וזהו ורב טוב וכו'.

וזהו הפירוש מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים (שיה"ש ז, ז), כי זה שאינו מחשב רק המתנה אז אין לו רק תענוג אחד שנתן לו המתנה וזה שעיקר החשיבות שלו רק אהבת המלך שמכח המתנה נראה אהבת המלך עליו אז יש לו שני תענוגים. א', מה שנראה מהמתנה אהבת המלך עליו וזה הוא עיקר וגם מהמתנה יש לו גם כן תענוג.

וזה מה יפית, כלומר זה יפה. ומה נעמת, זה נעים כשיש לו מאהבת השם יתברך עליו בתענוגים שני תענוגים:

Et telle est l'explication de la parole de nos sages de mémoire bénie (Yoma 29a) : pourquoi les justes ont-ils été comparés à la biche ? De même que la biche, tout le temps qu'elle grandit, ses cornes se ramifient, ainsi les justes : tout le temps qu'ils multiplient la prière, leur prière est exaucée.

C'est-à-dire qu'ils multiplient la prière, ce qui signifie qu'ils demandent que le Créateur béni soit-Il répande sur eux abondamment, en raison de l'humilité des justes, dont l'essentiel de la demande porte sur les bontés du Créateur ; et c'est pourquoi ils demandent de nombreux bienfaits, car les bontés du Créateur n'ont pas de mesure, et ils ne demandent pas au titre de leur mérite. Et sur cet aspect, le saint Rav, notre maître le Rav Menahem Mendel, explique aussi : 'il héritera de l'héritage de Yaacov', 'un héritage sans limites' (nahala beli metsarim, Chabbat 118a).

Un héritage, c'est-à-dire que si tu veux demander au Créateur béni soit-Il au titre de Ses bontés et non du côté de tes mérites, mais que tu te fasses toi-même comme s'il n'y avait en toi aucun mérite du tout - c'est-à-dire que tu veuilles hériter de l'héritage de Yaacov, à savoir que tu demandes au Créateur béni soit-Il du côté de Sa miséricorde et non du côté de tes mérites - alors tu hériteras d'un héritage sans limites, qui n'aura ni dimension ni mesure, car les bontés du Créateur n'ont pas de dimension. Et il apparaît de l'expliquer par voie de parabole : un roi donna un cadeau à deux de ses serviteurs, égal pour l'un et pour l'autre, mais du côté de ceux qui recevaient il y avait deux aspects : l'un attachait de l'importance au cadeau en lui-même, en raison de sa valeur, et l'autre attachait de l'importance au cadeau parce que, par ce cadeau, il apparaît et se prouve que le roi l'aime, du fait qu'il lui a donné un tel cadeau.

Et voici la différence entre ces deux aspects : le premier aspect a un terme et une fin, selon la grandeur de la valeur du cadeau ; mais le second aspect n'a pas de terme, puisqu'il ne regarde pas le cadeau mais l'amour du roi, et l'amour du roi n'a ni dimension ni mesure pour toute chose dont il aurait besoin. Et telle est l'intention du verset 'et la grande bonté envers la maison d'Israël', car eux ne sont pas dignes, mais seulement 'qu'Il leur a accordée selon Sa miséricorde et selon l'abondance de Ses bontés', et l'abondance de Sa miséricorde et de Ses bontés n'a ni dimension ni mesure.

Et tel est 'et la grande bonté etc.'. Et telle est l'explication de 'que tu es belle et que tu es agréable, amour, dans les délices' (Cantique des cantiques 7,7) : car celui qui ne compte que le cadeau n'a alors qu'un seul délice, celui qu'on lui a donné le cadeau ; mais celui dont l'essentiel de l'importance est uniquement l'amour du roi, puisque par la force du cadeau apparaît l'amour du roi pour lui, celui-là a deux délices : premièrement, ce qui apparaît du cadeau, l'amour du roi pour lui, et c'est là l'essentiel, et du cadeau aussi il tire également un délice.

Et tel est 'que tu es belle', c'est-à-dire : ceci est beau ; 'et que tu es agréable', ceci est agréable, lorsqu'il tire de l'amour de Hachem béni soit-Il pour lui, 'dans les délices', deux délices.

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