קדושת לוי

Kedushat Levi — Deuteronomy, Eikev (2/2)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

« Et maintenant, Israël, qu'est-ce que Hachem ton D.ieu demande de toi, sinon de craindre » (Devarim 10,12). Rabbi Lévi Its'hak enseigne que l'homme doit être humble en toutes ses voies ; dans les mitsvot, il doit se dire que ses actes importent auprès du Créateur et que le Nom a une jouissance (taanoug) de ses mitsvot, car dire le contraire est de la dénégation (kefira). C'est « un huitième de huitième » : le monde de la jouissance est la huitième mida, et l'homme s'y attache en ayant jouissance de celle du Créateur. « Ma » est l'humilité de Moché, « et nous, que sommes-nous » ; pour la crainte, il est interdit de dire que les actes n'importent pas.

Aussi : les midot du Saint, béni soit-Il, suivent la conduite d'Israël ; deux craintes, yira tataa (crainte de la faute) puis yira ilaa (annulation) ; pour Moché, né en salaire de la crainte, la crainte est une petite chose

ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה (דברים י, יב). הכלל, האדם צריך להיות עניו בכל דרכיו ובכל מעשיו ושמא תאמר בעבדות ה' גם כן יהיה עניו, חס ושלום לומר כן אדרבה האדם צריך לומר מעשי שאני עושה מצות ה' חשוב אצל הבורא יתברך והשם יתברך כביכול יש לו תענוג מן המצות שלי שאני עושה, כי אם חס ושלום האדם יהיה עניו במצות ה' ויאמר מה מעשי חשובים אל ה' זה הוא כפירה, אדרבה במצות ה' צריך האדם להיות לו לאמר מעשי שאני עושה רצון ה' הם חשובים בעיני הבורא ויש לו תענוג להשם יתברך ממעשי שאני עושה את מצותיו יתברך.

וזו רמזו רבותינו ז"ל (סוטה ה.) שמתא מאן דאית ביה שמתא מאן דלית ביה שמיני שבשמינית, כי עולם התענוג הוא מדה שמינית כידוע, דהיינו שהבורא יתברך יש לו תענוג ממצות בני ישראל והאדם צריך להיות לו תענוג מה שעושה נחת רוח להבורא יתברך גם כן והוא מדבק עצמו במדה שמינית שהוא עולם התענוג זהו שמיני שבשמינית, שיש לו תענוג ממה שהבורא יתברך יש לו תענוג ממצות איש ישראל שעושה לפניו כידוע מאמר רבותינו ז"ל ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים, פרנסה, הוא תענוג, כלומר שהשם יתברך יש לו תענוג ממצות ישראל. וזהו ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה, מ"ה, היינו מדת הענוה כמאמר רבותינו ז"ל לא כאברהם כו' אלא כמשה שאמר (שמות טז, ח) ואנחנו מה.

וזהו מה, היינו מדת הענוה. ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה כו', כלומר במדת שיהיה לך יראת ה' אסור להיות לך מדת ענוה לומר חס ושלום מה מעשי חשוב אצל השם יתברך להיות לי יראת ה' לעשות מצותיו זה אסור לומר אדרבה כו' כנ"ל:

'Et maintenant, Israël, qu'est-ce que ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre' (Deutéronome 10,12). Le principe est celui-ci : l'homme doit être humble dans toutes ses voies et dans toutes ses actions.

Et si tu disais que dans le service de ה' aussi il doit être humble - à Dieu ne plaise de parler ainsi. Au contraire, l'homme doit dire : mes actes, que j'accomplis, les mitsvot de ה', sont importants auprès du Créateur, béni soit-Il, et le Nom, béni soit-Il, a pour ainsi dire une jouissance (taanoug) de mes mitsvot que j'accomplis.

Car si, à Dieu ne plaise, l'homme était humble dans les mitsvot de ה' et disait : en quoi mes actes sont-ils importants pour ה' ? - cela est de la dénégation (kefira, négation de la foi). Au contraire, dans les mitsvot de ה', l'homme doit se dire : mes actes, par lesquels j'accomplis la volonté de ה', sont importants aux yeux du Créateur, et le Nom, béni soit-Il, a une jouissance de mes actes, du fait que j'accomplis Ses mitsvot, béni soit-Il.

Et c'est à cela qu'ont fait allusion nos maîtres, de mémoire bénie (Sota 5a) : excommunication (chamta) à celui qui en a, excommunication à celui qui n'en a pas - un huitième de huitième [d'orgueil]. Car le monde de la jouissance est la huitième mida (mesure, attribut), comme il est connu ; c'est-à-dire que le Créateur, béni soit-Il, a une jouissance des mitsvot des enfants d'Israël, et que l'homme doit lui aussi avoir une jouissance de ce qu'il procure une satisfaction (nahat roua'h) au Créateur, béni soit-Il ; et il s'attache ainsi à la huitième mida, qui est le monde de la jouissance - c'est là 'un huitième de huitième', puisqu'il a une jouissance de ce que le Créateur, béni soit-Il, a une jouissance des mitsvot de l'homme d'Israël qu'il accomplit devant Lui, comme on connaît le propos de nos maîtres, de mémoire bénie : Israël nourrit son Père qui est aux cieux ; la subsistance (parnassa), c'est la jouissance, c'est-à-dire que le Nom, béni soit-Il, a une jouissance des mitsvot d'Israël.

Et c'est là 'et maintenant, Israël, qu'est-ce (ma) que ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre' : מ"ה (ma, 'quoi'), c'est la mida de l'humilité, selon le propos de nos maîtres, de mémoire bénie : non pas comme Avraham, etc., mais comme Moche qui a dit (Exode 16,8) 'et nous, que sommes-nous (ve-nahnou ma)'. Et c'est là 'ma' : c'est la mida de l'humilité. 'ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre', etc. : c'est-à-dire que dans la mesure où tu dois avoir la crainte de ה', il t'est interdit d'avoir la mida de l'humilité, en disant, à Dieu ne plaise : en quoi mes actes sont-ils importants auprès du Nom, béni soit-Il, pour que j'aie la crainte de ה' et que j'accomplisse Ses mitsvot ? - cela, il est interdit de le dire ; au contraire, etc., comme ci-dessus.

או יאמר, ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה את ה' כו'. הכלל, כי מבואר בפסוק (דברים לג, כו) רוכב שמים בעזרך, כי הקדוש ברוך הוא הוא אין סוף, רק לאהבת ישראל צמצם בעצמו מדות והמדות הם מישראל כמו שישראל מתנהגים עצמם למטה כן הקדוש ברוך הוא מתנהג עצמו עם ישראל.

באם שישראל מתנהגים במדת החסד אז הקדוש ברוך הוא מתנהג עם עמו במדת החסד. וכן במדת היראה לשנוא ולנקום משונאי השם כן הקדוש ברוך הוא מכלה ומשבר שונאי ישראל וכן בשאר המדות.

וזהו הרמז, כי שם הוי"ה הוא שם העצם. ושם א-להיך, מורה על המדות שהקדוש ברוך הוא מנהיג עולמו כנזכר לעיל.

וזהו א-להיך, כמו שאתה מתנהג כנזכר לעיל. וזהו הרמז ועתה ישראל מה ה', כלומר מה ששם הוי"ה שהוא שם העצם כביכול צמצם בעצמו מדת שיהיה נקרא א-להיך שואל לשון שאלה, כלומר כמו שאתה מתנהג כו' כנ"ל.

וזהו כי אם ליראה כו', כלומר שזה הוא עיקר היראה מה שאדם משים עצמו בדעתו כמו שאני מתנהג כן כביכול כו'. וזהו שפירש רש"י ז"ל אני ואתה אטייל עמכם יכולכו', תלמוד לומר אני ה' א-להיכם, שזה עיקר היראה מה שאדם מטייל עצמו עם השם יתברך:

Autre explication : 'et maintenant, Israël, qu'est-ce que ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre ה'', etc. Le principe est celui-ci : il est expliqué dans le verset (Deutéronome 33,26) 'Il chevauche les cieux à ton secours' - car le Saint, béni soit-Il, est Ein Sof (l'Infini, sans fin) ; seulement, par amour d'Israël, Il a contracté (tsimtsem) en Lui-même des midot, et les midot proviennent d'Israël : de même qu'Israël se conduit en bas, ainsi le Saint, béni soit-Il, Se conduit-Il avec Israël.

Si Israël se conduit avec la mida du 'hessed (bonté, amour bienveillant), alors le Saint, béni soit-Il, se conduit avec Son peuple avec la mida du 'hessed. Et de même avec la mida de la crainte, qui porte à haïr ceux qui haïssent le Nom et à se venger d'eux : ainsi le Saint, béni soit-Il, anéantit et brise les ennemis d'Israël ; et de même pour les autres midot.

Et c'est là l'allusion : car le Nom הוי"ה est le nom de l'essence, tandis que le nom 'ton Dieu' (Elokekha) indique les midot par lesquelles le Saint, béni soit-Il, conduit Son monde, comme mentionné ci-dessus. Et c'est là 'ton Dieu' : selon la manière dont toi tu te conduis, comme mentionné ci-dessus.

Et c'est là l'allusion de 'et maintenant, Israël, ma (qu'est-ce que) ה'' : c'est-à-dire que le Nom הוי"ה, qui est le nom de l'essence, a pour ainsi dire contracté en Lui-même une mida telle qu'Il soit appelé 'ton Dieu' ; 'chooel' (demande) est un terme de requête, c'est-à-dire selon la manière dont toi tu te conduis, etc., comme ci-dessus. Et c'est là 'sinon de craindre', etc. : c'est-à-dire que l'essentiel de la crainte, c'est que l'homme se mette en son esprit que, selon la manière dont je me conduis, ainsi [Se conduit-Il] pour ainsi dire, etc.

Et c'est là ce qu'a expliqué Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki), de mémoire bénie : Moi et vous, je me promènerai avec vous - peut-on croire, etc. ? L'enseignement dit : 'Je suis ה' votre Dieu' ; car l'essentiel de la crainte, c'est que l'homme se promène avec le Nom, béni soit-Il.

או יבואר, ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל כו'. כי הכלל, השם יתברך הוא אין סוף ואינו מושג מהותו לשום נברא לכל העולמות לשום מלאך וחיה ואופן ולא לשום אדם.

ובאמת כל מה שאדם עובד יותר ויותר אז הוא משיג יותר שאינו משיג כלל מהותו יתברך. וזהו הרמז במדרש (ויק"ר כ"ד) קדושים תהיו כו' (ויקרא יט, ב) יכול כמוני תלמוד לומר כי קדוש אני ה', קדושתי למעלה מקדושתכם, כלומר אתם משיגים קדושתי שהוא למעלה עד אין סוף.

וזהו ששמעתי מהרב הקדוש מורינו הרב יחיאל מיכל זצ"ל, אחת שאלתי מאת ה' אותה אבקש (תהלים כז, ד) זה תמיד שאלתי שאבקש תמיד מאת ה' אותה אבקש שאבקש תמיד מאת ה' ודפח"ח. וזה הרמז ועתה ישראל מה ה' א-להיך, כי מ"ה רומז על אין סוף.

וזהו מה ה' א-להיך, הוא אין סוף בלתי השגה. כי אם ליראה, כי מזה שאינו מושג אי אפשר להיות יראה מפניו כיון שאינו מושג.

וזה שאמר כי אם ליראה, הוא מושג, דהיינו גדולת הבורא יתברך הוא מושג כדי להיות לאדם יראה מלפניו כמו שאדם משיג כמה מלאכים וכמה שרפים עומדים לפניו באימה וביראה ופחד:

Autre explication : 'et maintenant, Israël, qu'est-ce que ה' ton Dieu demande', etc. Car le principe est celui-ci : le Nom, béni soit-Il, est Ein Sof, et Son essence n'est saisie par aucune créature, dans aucun des mondes, par aucun ange, ni haya ni ofan (catégories d'anges du char divin), ni par aucun homme.

Et en vérité, plus l'homme sert, plus il saisit qu'il ne saisit nullement Son essence, béni soit-Il. Et c'est là l'allusion du Midrach (Vayikra Rabba 24) : 'vous serez saints', etc.

(Lévitique 19,2) - peut-on croire [saints] comme Moi ? L'enseignement dit : 'car Je suis saint, Moi ה'' - Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté ; c'est-à-dire que ce que vous saisissez de Ma sainteté, c'est qu'elle est au-dessus, jusqu'à l'infini.

Et c'est là ce que j'ai entendu du saint rav, notre maître le rav Yéhiel Mikhel, que le souvenir du juste soit une bénédiction : 'j'ai demandé une chose à ה', c'est elle que je recherche' (Psaumes 27,4) - telle est ma demande constante : que je demande toujours à ה' ; 'c'est elle que je recherche' - que je demande toujours à ה' ; et ce sont des paroles de la bouche du sage, pleines de grâce. Et c'est là l'allusion de 'et maintenant, Israël, ma (qu'est-ce que) ה' ton Dieu' : car מ"ה fait allusion à l'Ein Sof.

Et c'est là 'ma ה' ton Dieu' : Il est Ein Sof, hors de toute saisie. 'Sinon de craindre' : car de ce qui n'est pas saisi il est impossible d'avoir crainte, puisque cela n'est pas saisi. Et ce qu'il dit, 'sinon de craindre', porte sur ce qui est saisi, c'est-à-dire que la grandeur du Créateur, béni soit-Il, est saisie, afin que l'homme ait crainte devant Lui - comme l'homme saisit combien d'anges et combien de serafim se tiennent devant Lui avec effroi, crainte et terreur.

או יבואר, ועתה כו'. כי הכלל השם יתברך נתן המצות לישראל עם קרובו ואין אדם בעולם רשאי להוסיף עליהם ולא לגרוע מהם, דהיינו תפילין וציצית להוסיף או לגרוע מהם וכן שאר המצות.

אבל יראה יש לאדם רשות להוסיף עליו ומחויב להוסיף עליו, דהיינו בחינה אחת שהוא משיג פחד המלאכים, ובחינה הב' שהוא משיג פחד השרפים וכן פחד הכסא כבוד עד אין סוף זה רשאי האדם להוסיף:

Autre explication : 'et maintenant', etc. Car le principe est celui-ci : le Nom, béni soit-Il, a donné les mitsvot à Israël, le peuple qui Lui est proche, et nul homme au monde n'a le droit d'y ajouter ni d'en retrancher - c'est-à-dire les tefilin et les tsitsit, y ajouter ou en retrancher, et de même pour les autres mitsvot.

Mais pour la crainte, l'homme a le droit d'y ajouter, et il est même tenu d'y ajouter : c'est-à-dire un premier aspect (behina), où il saisit la terreur des anges, et un deuxième aspect, où il saisit la terreur des serafim, et de même la terreur du Trône de gloire, jusqu'à l'infini - cela, l'homme a le droit d'y ajouter.

(חסר הסיום):

(la fin manque) :

ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה את ה' א-להיך. ופרכינן בגמרא (ברכות לג:) אטו יראה מלתא זוטרתא הוא.

ומשני אין, לגבי משה מלתא זוטרתא הוא. ומקשים המפורשים הלא לישראל אמר משה זאת.

ונראה לתרץ, כי הנה איתא בפסוק (שמות א, כא) ויהי כי יראו המילדות את הא-להים ויעש להם בתים, ופירש רש"י בתי כהונה ולויה ומלכות, נמצא שנולד משה בשכר יראה ומשה היה עניו מאד מכל אדם, נמצא כשמשה הסתכל על עצמו שהוא נולד בשכר יראה והוא היה שפל בעיניו מאד נמצא מוכח שהיראה הוא דבר קטן. וזהו פירוש אין לגבי משה, שהוא היה מסתכל על עצמו שהוא נולד בשכר היראה, נמצא מלתא זוטרתא הוא:

'Et maintenant, Israël, qu'est-ce que ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre ה' ton Dieu'. Et l'on objecte dans la Guemara (Berakhot 33b) : la crainte serait-elle donc une petite chose ?

Et l'on répond : oui, à l'égard de Moche c'est une petite chose. Et les commentateurs font difficulté : n'est-ce pas à Israël que Moche a dit cela ?

Et voici ce qui apparaît pour résoudre la chose : il est dit dans le verset (Exode 1,21) 'et il arriva, parce que les sages-femmes craignirent Dieu, qu'Il leur fit des maisons', et Rachi a expliqué : des maisons de sacerdoce (kehouna), de lévites et de royauté. Il se trouve donc que Moche naquit en salaire de la crainte ; et Moche était très humble, plus que tout homme.

Il se trouve donc que lorsque Moche regardait vers lui-même, [voyant] qu'il était né en salaire de la crainte et qu'il était très bas à ses propres yeux, il en résultait pour lui la preuve que la crainte est une petite chose. Et c'est là l'explication de 'oui, à l'égard de Moche' : car il regardait vers lui-même, [sachant] qu'il était né en salaire de la crainte ; il se trouve donc que c'est une petite chose.

הן לה' א-להיך השמים כו' רק באבותיך חשק ה' (דברים י, יד-טו). כי הנה החול"ם שהוא נקודה לעילא מורה על עצמותו ברוך הוא וברוך שמו.

ושב"א נקודה לתתא מורה על הצמצום. והקמץ מורה על התפשטות השפע אחר הצמצום.

וזהו חש"ק הראשי תיבות חולם שבא קמץ. וזהו לאהבת האבות צמצם עצמו.

וזהו רק באבותיך חש"ק ה':

'Voici, à ה' ton Dieu appartiennent les cieux', etc., 'seulement, c'est de tes pères que ה' s'est épris (hachak)' (Deutéronome 10,14-15). Car voici : le holam, qui est un point au-dessus, indique Son essence, béni soit-Il et béni soit Son nom.

Et le cheva, point au-dessous, indique le tsimtsoum (la contraction). Et le kamats indique le déploiement de l'influx (chefa) après le tsimtsoum.

Et c'est là חש"ק (hachak), acronyme de holam, cheva, kamats. Et c'est là [le sens] : par amour des pères Il S'est contracté.

Et c'est là 'seulement, c'est de tes pères que ה' s'est épris (חש"ק)'.

למען ירבו ימיכם כו' כימי השמים על הארץ. דהיינו כאשר משפיעים להארץ כנאמר (ישעיה נה, י) כאשר ירד הגשם והשלג מן השמים כו' כי אם הרוה את הארץ והולידה והצמיחה, כן תהיו גם אתם בבחינה זו להשפיע להכל.

וזהו למען ירבו ימיכם כימי השמים על הארץ, להשפיע לכל:

'Afin que se multiplient vos jours', etc., 'comme les jours des cieux sur la terre' (Deutéronome 11,21). C'est-à-dire : de même que les cieux font affluer leur influx sur la terre, comme il est dit (Isaie 55,10) 'de même que descendent la pluie et la neige depuis les cieux', etc., 'mais qu'elles abreuvent la terre, la font enfanter et germer' - ainsi soyez vous aussi dans cet aspect, pour faire affluer [le bien] sur tous.

Et c'est là 'afin que se multiplient vos jours comme les jours des cieux sur la terre' : faire affluer sur tous.

* ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה כו'. הנה ידוע מאמר רבותינו ז"ל מה שעשתה חכמה עטרה לראשה עשתה ענווה עקב לסוליתה שנאמר (משלי כב, ד) עקב ענוה יראת ה'.

וכתיב (תהלים קיא, י) ראשית חכמה יראת ה'. הנה מתחלה נקדים ענין הידוע שיש ב' בחינות יראה.

בחינת יראה עילאה, ובחינת יראה תתאה. בחינת יראה תתאה, הוא בחינת יראת חטא, ואין זה בחינת יראה העונש לבד אשר גם פחותי הערך יש להם יראה זה, כי זה לא נקרא יראת חטא.

אמנם יראת חטא, הוא למעלה במדריגה מיראה זה שיראת חטא נקרא מה שמתיירא מפני החטא מחמת שהוא נגד רצון ה' דאינו רוצה להיות נכרת ונבדל מה', רק חפצו ורצונו להתקרב לה' ושרש בחינת יראה זה נובע ממקור התבוננותו והסתכלותו בגדולת הבורא ברוך הוא איך שהוא עיקרא ושרשא דכל עלמין וסובב וממלא כל עלמין וכל העולמות ונשמות ומלאכים ושרפים ואופנים וחיות הקודש הם כאין וכאפס נגדו וכל קיומם הוא רק מאור וחיות הנשפע להם מהבורא ברוך הוא בכל עת ורגע כאמור המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית, ובהעדר רגע אחד האור והחיות חס ושלום היה כולם כלא היה ומהסתכלות והתבוננות זאת מסתעף להיות מסתכל על שפלות עצמותו ופחותית ערכו להיות ממאריה דחושבנא איך שהוא רחוק מה'. וכאשר ידע אינש בנפשו אז הוא נבזה ונמאס בעיניו בתכלית ומזה תפול עליו אימה ויראה שלא לעבור על רצונו חס ושלום וזהו הנקרא יראה תתאה, שהוא יראת חטא.

אמנם בחינת יראה עילאה, הוא למעלה ממדריגה זו, כי בחינת יראה עילאה הוא בחינת ביטול במציאות מפני רוממות ה' והדר גאונו על ידי התבוננות והסתכלותו בעצמות הבורא ברוך הוא איך שהוא אין סוף פשוט בתכלית הפשוטות לית מחשבה תפיסא ביה ולאו דאית ליה מכל אינון מדות כלל וכו', והוא למעלה מעלה מהשתלשלות העולמות, כי אין ערוך אליו כנ"ל. ועל ידי העמקת דעתו בהסתכלות זה בעיון הדק היטיב הוא בטל במציאות בתכלית ולא מרגיש עצמותו כלל ולא שייך בעת ההוא לומר שהוא ממאריה דחושבנא להסתכל על שפלות עצמותו ופחיתות ערכו כנ"ל, כי הוא בתכלית הביטול בהעדר הרגשת עצמותו והוא הנקרא בחינת יראה עילאה.

שהוא על דרך משל, הבא לפני המלך שנופל עליו יראה גדולה מפני עצמות המלך והדר גאונו עד שהוא בטל במציאות ואינו מרגיש עצמותו שלא שייך לומר שבעת ההוא הוא מסתכל על שפלות עצמותו ופחיתות ערכו, כי בעת ההוא הוא בבחינת ביטול ואינו מרגיש עצמותו כלל. מה שאין כן כשאינו לפני המלך, רק שהוא מתבונן בגדולות המלך אזי לפי ערך שמשיג בגדולות המלך ככה מסתכל בשפלות עצמותו ופחיתות ערכו ועל ידי זה ירא לעבור רצון המלך ומצותיו שהוא בחינת יראה תתאה יראת חטא.

וזה עיקר ההפרש שבין בחינת יראה תתאה יראת חטא, ובין בחינת יראה עילאה שהוא בחינת ביטול במציאות בתכלית והעדר הרגשת עצמותו והוא בחינת מ"ה כמו שנאמר ונחנו מה, שאינו מרגיש עצמותו כלל וכל מה שיוסיף כח חכמתו להעמיק דעתו בהסתכלות זאת ככה יתוסף לו בחינות יראה עילאה לבא לבחינת ביטול באמת בחינת מ"ה הנ"ל כמו שנאמר (איוב כח, כח) הן יראת ה' הוא חכמה, כי שניהם עולים בקנה אחד. אמנם אי אפשר לבוא לבחינת יראה עילאה זה עד שמקודם יגיע לבחינת יראה תתאה, בחינת יראת חטא הנ"ל, שהוא התבוננותו בגדולות הבורא ברוך הוא שעל ידי זה הוא ממאריה דחושבנא להסתכל על שפלות עצמותו ופחיתות ערכו ונבזה בעיניו ונמאס והוא בחינת ענוה שהוא שפל בעיניו באמת ועל ידי זה יוכל לבוא ולהגיע למדריגת בחינת יראה עילאה בביטול במציאות והעדר הרגשת עצמותו מפני רוממות עצמות הבורא ברוך הוא והוא בחינת מ"ה כנ"ל.

אבל בלעדי הקדמת יראה תתאה יראת חטא הנ"ל, אי אפשר לבוא לבחינת יראה עילאה. והוא על דרך משל הידוע בגרעין הנזרע בארץ שאי אפשר לצמוח מחדש עד שיהיה נרקב בארץ ויהיה אין ואפס ככה אי אפשר לבוא לבחינת יראה עילאה הנ"ל עד שיקדים בחינת יראה תתאה יראת חטא הנ"ל שהוא בחינת ענוה להיות משים עצמו כשירים בבחינת אין ואפס:

* 'Et maintenant, Israël, qu'est-ce que ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre', etc. Voici, on connaît le propos de nos maîtres, de mémoire bénie : ce que la sagesse ('hokhma) a fait couronne pour sa tête, l'humilité en a fait talon pour sa semelle, ainsi qu'il est dit (Proverbes 22,4) 'talon (ekev) de l'humilité : la crainte de ה'', et il est écrit (Psaumes 111,10) 'commencement de la sagesse : la crainte de ה''.

Voici, nous ferons d'abord précéder la chose connue : il y a deux aspects (behinot) de crainte - l'aspect de la yira ilaa (crainte supérieure) et l'aspect de la yira tataa (crainte inférieure). L'aspect de la yira tataa est l'aspect de la crainte de la faute (yirat het) ; et ce n'est pas seulement l'aspect de la crainte du châtiment, que possèdent aussi les hommes de peu de valeur, car cela ne s'appelle pas crainte de la faute.

En vérité, la crainte de la faute est d'un degré supérieur à cette crainte-là : on appelle crainte de la faute le fait de craindre la faute parce qu'elle est contraire à la volonté de ה', ne voulant pas être retranché et séparé de ה', son désir et sa volonté étant au contraire de se rapprocher de ה'. Et la racine de cet aspect de crainte jaillit de la source de sa méditation (hitbonenout) et de sa contemplation de la grandeur du Créateur, béni soit-Il : comment Il est le principe et la racine de tous les mondes (ikara ve-charcha de-khôl almin), entourant et remplissant tous les mondes (sovev ou-memalé kol almin) ; et que tous les mondes, les âmes, les anges, les serafim, les ofanim et les hayot ha-kodech (les 'vivants' saints du char divin) sont comme rien et comme néant devant Lui ; et que toute leur subsistance ne vient que de la lumière et de la vitalité qui leur est dispensée par le Créateur, béni soit-Il, à chaque instant et à chaque moment, selon ce qui est dit : 'qui renouvelle dans Sa bonté, chaque jour et continuellement, l'œuvre de la création' ; et que si, un seul instant, la lumière et la vitalité venaient à manquer, à Dieu ne plaise, tous seraient comme s'ils n'avaient jamais été.

Et de cette contemplation et de cette méditation découle qu'il regarde vers sa propre bassesse et le peu de sa valeur, et qu'il devienne de ceux qui font leurs comptes (maarei de-houchbena, ceux qui dressent le bilan de leurs actes), [voyant] combien il est éloigné de ה'. Et lorsque l'homme se connaît en son âme, il est alors à l'extrême méprisable et répugnant à ses propres yeux ; et de cela tombe sur lui un effroi et une crainte de ne pas transgresser Sa volonté, à Dieu ne plaise.

Et c'est là ce qu'on appelle yira tataa, qui est la crainte de la faute. En vérité, l'aspect de la yira ilaa est au-dessus de ce degré, car l'aspect de la yira ilaa est l'aspect de l'annulation dans l'existence (bitoul bi-metsiout) devant l'élévation de ה' et la splendeur de Sa majesté, par la méditation et la contemplation de l'essence du Créateur, béni soit-Il : comment Il est Ein Sof, simple à l'extrême de la simplicité, 'aucune pensée ne Le saisit' (leit ma'hchava tefissa beh), et Il n'a rien de toutes ces midot, etc. ; et Il est bien au-dessus de l'enchaînement (hichtalchelout) des mondes, car rien ne Lui est comparable, comme ci-dessus.

Et par l'approfondissement de son esprit dans cette contemplation, avec une étude fine et bien menée, il est annulé dans l'existence à l'extrême et ne ressent nullement son propre être ; et il n'est plus pertinent, en ce moment-là, de dire qu'il est de ceux qui font leurs comptes, regardant vers sa propre bassesse et le peu de sa valeur, comme ci-dessus, car il est à l'extrême de l'annulation, dans l'absence de tout sentiment de son propre être - et c'est là ce qu'on appelle l'aspect de la yira ilaa. Il en est, par voie de parabole, comme de celui qui vient devant le roi : une grande crainte tombe sur lui devant l'être même du roi et la splendeur de sa majesté, au point qu'il est annulé dans l'existence et ne ressent plus son propre être ; et il n'est plus pertinent de dire qu'en ce moment-là il regarde vers sa bassesse et le peu de sa valeur, car en ce moment-là il est dans l'aspect de l'annulation et ne ressent nullement son propre être.

Il n'en va pas de même lorsqu'il n'est pas devant le roi, mais qu'il médite seulement sur les grandeurs du roi : alors, à la mesure de ce qu'il saisit des grandeurs du roi, il regarde vers sa propre bassesse et le peu de sa valeur, et par cela il craint de transgresser la volonté du roi et ses commandements - et c'est là l'aspect de la yira tataa, la crainte de la faute. Et telle est la différence essentielle entre l'aspect de la yira tataa, la crainte de la faute, et l'aspect de la yira ilaa, qui est l'aspect de l'annulation dans l'existence à l'extrême et de l'absence de tout sentiment de son propre être - et c'est l'aspect de מ"ה (ma, 'quoi'), selon ce qui est dit 'et nous, que sommes-nous (ve-nahnou ma)', car il ne ressent nullement son propre être.

Et plus il ajoutera de la force de sa sagesse pour approfondir son esprit dans cette contemplation, plus lui seront ajoutés des aspects de yira ilaa, pour venir à l'aspect de l'annulation en vérité, l'aspect de מ"ה mentionné ci-dessus, selon ce qui est dit (Job 28,28) 'voici, la crainte de ה', c'est la sagesse', car les deux montent d'un seul et même mouvement. En vérité, il est impossible de venir à cet aspect de yira ilaa avant d'être d'abord parvenu à l'aspect de la yira tataa, l'aspect de la crainte de la faute mentionné ci-dessus, qui est sa méditation sur les grandeurs du Créateur, béni soit-Il, par laquelle il devient de ceux qui font leurs comptes, regardant vers sa propre bassesse et le peu de sa valeur, méprisable et répugnant à ses propres yeux - et c'est là l'aspect de l'humilité, qu'il soit véritablement bas à ses propres yeux ; et par cela il pourra venir et parvenir au degré de l'aspect de la yira ilaa, dans l'annulation dans l'existence et l'absence de tout sentiment de son propre être devant l'élévation de l'essence du Créateur, béni soit-Il - et c'est l'aspect de מ"ה, comme ci-dessus.

Mais sans la préséance de la yira tataa, la crainte de la faute mentionnée ci-dessus, il est impossible de venir à l'aspect de la yira ilaa. Et il en est selon la parabole connue du grain semé en terre, qui ne peut germer à nouveau avant d'avoir pourri en terre et d'être devenu rien et néant : ainsi il est impossible de venir à l'aspect de la yira ilaa mentionné ci-dessus avant que ne précède l'aspect de la yira tataa, la crainte de la faute mentionnée ci-dessus, qui est l'aspect de l'humilité - se mettre soi-même comme un reste (ke-chirayim), dans l'aspect du rien et du néant.

וזהו כוונת חכמינו ז"ל מה שעשתה חכמה עטרה לראשה, היינו התבוננותו והסתכלותו ובעצמות הבורא ברוך הוא וכו' וכנ"ל שהוא בחינת חכמה בחינת ראיה על דרך משל, הרואה את המלך וכנ"ל עשתה ענוה עקב וכו', היינו בחינת יראה תתאה יראת חטא שהוא בחינת ענוה כנ"ל, כי אי אפשר לבוא לבחינת יראה עילאה הנ"ל עד שיקדים בחינת יראה תתאה יראת חטא הנ"ל. וזהו מאמר הכתוב ועתה ישראל מה ה' א-להיך שואל מעמך כי אם ליראה וכו', פירוש בחינת מ"ה הוא שואל מעמך שהוא בחינת ביטול במציאות מדרגת משה כמו שכתוב ונחנו מה, שהוא בחינת יראה עילאה.

כי אם ליראה, פירוש, היינו רק באופן שתקדים בחינת יראה תתאה בחינת יראת חטא שהוא עיקר היסוד ומצב להיות סולם לעלות במעלות המדריגה בחינת יראה עילאה בחינת ביטול במציאות בחינת מ"ה וכנ"ל והבן:

Et c'est là l'intention de nos sages, de mémoire bénie : 'ce que la sagesse a fait couronne pour sa tête' - c'est-à-dire sa méditation et sa contemplation de l'essence du Créateur, béni soit-Il, etc., comme ci-dessus, qui est l'aspect de la 'hokhma, l'aspect de la vision, par voie de parabole : celui qui voit le roi, comme ci-dessus. 'L'humilité en a fait talon', etc. - c'est-à-dire l'aspect de la yira tataa, la crainte de la faute, qui est l'aspect de l'humilité, comme ci-dessus ; car il est impossible de venir à l'aspect de la yira ilaa mentionné ci-dessus avant que ne précède l'aspect de la yira tataa, la crainte de la faute mentionnée ci-dessus. Et c'est là le propos de l'Écriture : 'et maintenant, Israël, qu'est-ce (ma) que ה' ton Dieu demande de toi, sinon de craindre', etc.

Explication : c'est l'aspect de מ"ה qu'Il demande de toi, lequel est l'aspect de l'annulation dans l'existence, le degré de Moche, comme il est écrit 'et nous, que sommes-nous (ve-nahnou ma)', et qui est l'aspect de la yira ilaa. 'Sinon de craindre' - explication : c'est-à-dire seulement à la condition que précède l'aspect de la yira tataa, l'aspect de la crainte de la faute, qui est le fondement essentiel et l'assise pour servir d'échelle et monter par les degrés jusqu'à l'aspect de la yira ilaa, l'aspect de l'annulation dans l'existence, l'aspect de מ"ה, comme ci-dessus ; et comprends.

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