Les Tossafot demandent pourquoi l'on ne bénit pas sur les aromates à l'issue d'un jour de fête ni d'un Chabbat qui tombe un jour de fête. Rabbi Lévi Its'hak enseigne qu'à Pessa'h l'aspect est l'amour du Créateur, à Roch Hachana la crainte, à Chavouot et Souccot le plaisir ; Avraham, unique, pouvait faire Pessa'h et Yom Kippour le même jour. Le Chabbat est éveil d'en haut : l'âme supplémentaire se retire à sa sortie, c'est pourquoi l'on bénit sur les aromates. Le jour de fête est éveil d'en bas : l'homme s'y lie encore après, c'est pourquoi il y a issrou hag (le lendemain de la fête) et l'on ne bénit pas.
Aussi : la peine des patriarches comptée pour les cent quatre-vingt-dix ans manquant à l'exil ; un ange chez Édom et Hachem seul en Égypte ; l'ouverture de la mer par élévation de la lumière dans tous les mondes
מה שמקשים התוספות למה אין מברכין במוצאי יום טוב על הבשמים. ואם תאמר שביום טוב לא יש נשמה יתירה, אם כן למה אין מברכין במוצאי שבת שחל להיות ביום טוב על הבשמים עיין שם.
ובזה יתורץ מה שקשה על הפייט, שסותר את עצמו. במקום אחד כתב, שבפסח מל אברהם עצמו.
ובמקום אחר כתב, שביום הכפורים מל אברהם עצמו. כי הכלל בר"ח הבחינה מה שכל העולמות ממליכים על עצמם את הבורא ברוך הוא, ובפסח הבחינה מאהבת הבורא מה שהברואים יש להם אהבת הבורא ברוך הוא, ובראש השנה הבחינה מה שכל העולמות יש להם יראה ופחד מהבורא ברוך הוא, ובשבועות וסוכות בחינה אחרת שהברואים עושים מעשים נאים בכדי שהבורא ברוך הוא כביכול יהיה לו תענוג מעולמו.
ובאמת כל השנה כשאדם מעורר אהבת הבורא אז יש לו הבחינה ופועל בעולמות העליונים כפי מה שפועלים בעולמות עליונים בפסח בבחינתו באהבת הבורא, וכן בשאר כל בחינה ובחינה מעורר העולמות עליונים כפי מה שפועלים באותם ימים עצמם. אבל לעשות אותו יום כפי הבחינה שיש לו, דהיינו באם שיש לו אהבת הבורא בשאר ימים יעשה פסח, זה אי אפשר מחמת שצריכין בעולם עשיה שיהיו כל ישראל בבחינה זו אבל בעולמות עליונים אפשר לפעול כפי הבחינה שיש לו.
אבל להביא המצות במעשה לעשות יום טוב גם כן זה אי אפשר עד שיהיו כל ישראל בבחינה זו. אבל אברהם אבינו היה אחד שהיה עובד את הבורא ברוך הוא ומעורר המדות כמאמר הפסוק (יחזקאל לג, כד) אחד היה אברהם, נמצא אברהם אבינו היה אפשר לו לעשות לו יום טוב בכל יום שהיה מעורר איזה מדה ממדות הנ"ל שהוא היה אחד לעורר המדות.
וכן היה אפשר לו לעשות שני יום טוב ביום אחד, דהיינו כשהיה לו אהבת הבורא אז היה אפשר לו לעשות פסח וכן כשהיה לו באותו יום עצמו יראת ה' אז אותו יום הוא יום הכפורים כפי הבחינה אשר התעורר כן היה אותו יום אצלו כיון שפעל בעולמות עליונים ובמעשה היה גם כן יכול להביא כיון שהוא היה אחד אז בעולם נמצא לאברהם היה אפשר להיות יום הכפורים ופסח ביום אחד. וכן מבואר בירושלמי (פסחים פ"ד ה"א) שכל אחד ביום שהביא קרבן היה לו יום טוב, מחמת שבקרבן היה מעורר אותו הבחינה והיה יכול להביא אותו בחינה אפילו בעשיה לעשות יום טוב.
ובזה יבואר הקושיא הנ"ל מה שמקשה תוספות:
Ce que les Tossafot objectent : pourquoi ne récite-t-on pas de bénédiction sur les aromates à l'issue d'un jour de fête ? Et si tu dis qu'au jour de fête il n'y a pas d'âme supplémentaire (nechama yetera), alors pourquoi ne récite-t-on pas de bénédiction sur les aromates à l'issue d'un chabbat qui tombe un jour de fête ?
Vois-y. Et par ceci se résoudra ce qui fait difficulté au sujet du paytan (le poète liturgique), qui se contredit lui-même : en un endroit il a écrit qu'à Pessa'h Abraham s'est circoncis lui-même, et en un autre endroit il a écrit qu'à Yom Kippour Abraham s'est circoncis lui-même.
Car la règle est celle-ci : à roch hodech (le premier du mois) l'aspect (behina) est ce que tous les mondes prennent sur eux la royauté du Créateur béni soit-Il ; à Pessa'h l'aspect est celui de l'amour du Créateur, savoir que les créatures ont l'amour du Créateur béni soit-Il ; à Roch Hachana l'aspect est ce que tous les mondes ont crainte et effroi du Créateur béni soit-Il ; et à Chavouot et à Souccot, un autre aspect : que les créatures accomplissent de belles actions afin que le Créateur béni soit-Il, pour ainsi dire, ait du plaisir de Son monde. Et en vérité, toute l'année, lorsque l'homme éveille l'amour du Créateur, alors il a cet aspect et il agit dans les mondes supérieurs selon ce que l'on agit dans les mondes supérieurs à Pessa'h par son aspect d'amour du Créateur ; et de même pour chacun des autres aspects, il éveille les mondes supérieurs selon ce que l'on agit en ces jours mêmes.
Mais faire de ce jour-là un jour selon l'aspect qu'il possède - c'est-à-dire que, s'il a l'amour du Créateur en d'autres jours, il ferait Pessa'h - cela est impossible, parce qu'il faut, dans le monde d'Assia (le monde de l'action), que tout Israël soit dans cet aspect ; mais dans les mondes supérieurs il est possible d'agir selon l'aspect qu'il possède. Cependant amener les commandements (mitsvot) en acte, pour faire aussi un jour de fête, cela non plus n'est pas possible tant que tout Israël n'est pas dans cet aspect.
Mais Abraham notre père était unique, lui qui servait le Créateur béni soit-Il et éveillait les mesures (midot), selon le propos du verset (Ezechiel 33,24) : Abraham était unique. Il se trouve donc qu'Abraham notre père pouvait se faire un jour de fête chaque jour où il éveillait l'une des mesures mentionnées ci-dessus, car il était seul à éveiller les mesures.
Et de même il pouvait faire deux jours de fête en un seul jour : c'est-à-dire, lorsqu'il avait l'amour du Créateur, alors il pouvait faire Pessa'h ; et de même, lorsqu'il avait en ce jour même la crainte de ה', alors ce jour-là est Yom Kippour. Selon l'aspect qui s'éveillait, ainsi était ce jour auprès de lui, puisqu'il agissait dans les mondes supérieurs ; et en acte aussi il pouvait l'amener, puisqu'il était alors unique dans le monde.
Il se trouve que pour Abraham il était possible que Yom Kippour et Pessa'h soient en un seul jour. Et ainsi est-il expliqué dans le Talmud de Jérusalem (Pessahim chap.
4, halakha 1) que chacun, le jour où il apportait un sacrifice, avait un jour de fête, parce que par le sacrifice il éveillait cet aspect et pouvait amener cet aspect même dans Assia, pour en faire un jour de fête. Et par ceci s'expliquera la difficulté mentionnée ci-dessus, celle que soulèvent les Tossafot.
והנה נבוא לבאר קודם על מה שבשבת אין מביאין חטאת ובראש חודש וביום טוב מביאין חטאת כמאמר שעירי חטאת לכפר בעדם. כי הנה אמרו חכמינו ז"ל (פסחים קיז:) שבת קביעא וקיימא ראש חודש ויום טוב ישראל מקדשי להו, כי בשבת הוא התעוררות העליון.
אבל יום טוב וראש חודש, הוא התעוררות התחתון בעת שישראל יש להם התעוררות התחתון לקדש החודש הן ביום הכ"ט הן ביום הלמ"ד בו ביום מקדשין החודש והיום טוב, וכפי מה שיראו לחכמי הדור לפי הבחינה לקדש היום באותו בחינה כדי לקדש יום טוב באותו יום הראוי לאותו בחינה המכוונת עליו. ובאמת התעוררות התחתון יכול האדם לקשר עצמו בזה הבחינה לעולם, דהיינו או בחינת אהבה או בחינת היראה או בחינת התענוג אבל שבת הוא התעוררות העליון ואינו יכול לקשר עצמו בו.
אבל יום טוב וראש חודש הוא התעוררות התחתון יכול אדם לקשר עצמו בו לעולם אפילו לאחר יום טוב. וזהו הרמז שלאחר יום טוב הוא אסרו חג ואחר שבת אין עושין שום אסרו שבת כי ביום טוב יכול האדם להתקשר עצמו בזה הבחינה מחמת שיום טוב הוא התעוררות התחתון וזה שאחר יום טוב הוא אסרו חג להתקשר עצמו בזה הבחינה.
ובזה מתורץ קושית תוס' שאין מברכין אחר יום טוב ואין מברכין במוצאי שבת החל ביום טוב על הבשמים כי ביום טוב יש נשמה יתירה ולכך אין מברכין במוצאי שבת החל להיות ביום טוב ומה שאין מברכין במוצאי יום טוב עצמו על הבשמים משום שהבחינה שיש לאדם ביום טוב שהוא על ידי התעוררות התחתון יכול אדם לקשר עצמו בו ולכך אין צריך לברך על הבשמים במוצאי יום טוב. אבל שבת הוא התעוררות העליון וכיון שיצא שבת מסתלק התעוררות העליון ואי אפשר לאדם לקשר עצמו בו אם לא בשבת הבא שמגיע התעוררת עליון מחדש ולכך במוצאי שבת מברכין על הבשמים , כי באמת בשבת בא הנשמה יתירה לאדם מחמת התעוררת העליון וביום טוב בא הנשמה יתירה לאדם מחמת התעוררות התחתון ונמצא בין כך ובין כך יש לאדם נשמה יתירה ביום טוב לכך אין מברכין במוצאי שבת שחל ביום טוב על הבשמים, ואין מברכין במוצאי יום טוב:
Et voici, nous viendrons expliquer d'abord ceci : que le chabbat on n'apporte pas de sacrifice expiatoire (hatat), tandis qu'à roch hodech et au jour de fête on apporte un hatat, selon la formule : des boucs en expiation pour les absoudre. Car voici, nos sages de mémoire bénie ont dit (Pessahim 117b) : le chabbat est fixé et établi, tandis que roch hodech et le jour de fête, c'est Israël qui les sanctifie.
Car au chabbat il y a l'éveil d'en haut, mais le jour de fête et roch hodech sont l'éveil d'en bas : au moment où Israël a l'éveil d'en bas pour sanctifier le mois, que ce soit le vingt-neuvième jour (כ"ט) ou le trentième jour (למ"ד), en ce jour même ils sanctifient le mois et le jour de fête, et selon ce qu'il paraîtra aux sages de la génération d'après l'aspect, pour sanctifier le jour dans cet aspect, afin de sanctifier le jour de fête en ce jour qui convient à l'aspect visé en lui. Et en vérité, l'éveil d'en bas, l'homme peut se lier à cet aspect à jamais, savoir soit l'aspect de l'amour, soit l'aspect de la crainte, soit l'aspect du plaisir ; mais le chabbat est l'éveil d'en haut, et il ne peut s'y lier.
Tandis que le jour de fête et roch hodech sont l'éveil d'en bas : l'homme peut s'y lier à jamais, même après le jour de fête. Et c'est là l'allusion : après le jour de fête il y a issrou hag (le lendemain de la fête), tandis qu'après le chabbat on ne fait aucun issrou chabbat ; car au jour de fête l'homme peut se lier à cet aspect, parce que le jour de fête est l'éveil d'en bas, et c'est pourquoi après le jour de fête il y a issrou hag, pour se lier à cet aspect.
Et par ceci se résout la difficulté des Tossafot : que l'on ne bénit pas après le jour de fête, et que l'on ne bénit pas sur les aromates à l'issue d'un chabbat qui tombe un jour de fête. Car au jour de fête il y a une âme supplémentaire, et c'est pourquoi on ne bénit pas à l'issue d'un chabbat qui tombe un jour de fête ; et ce que l'on ne bénit pas sur les aromates à l'issue du jour de fête lui-même, c'est parce que l'aspect que l'homme a au jour de fête, lequel vient par l'éveil d'en bas, l'homme peut s'y lier, et c'est pourquoi il n'est pas besoin de bénir sur les aromates à l'issue du jour de fête.
Mais le chabbat est l'éveil d'en haut, et dès que le chabbat est sorti l'éveil d'en haut se retire, et il est impossible à l'homme de s'y lier, sinon au chabbat suivant, où l'éveil d'en haut arrive à nouveau ; c'est pourquoi à l'issue du chabbat on bénit sur les aromates. Car en vérité, le chabbat l'âme supplémentaire vient à l'homme du fait de l'éveil d'en haut, et au jour de fête l'âme supplémentaire vient à l'homme du fait de l'éveil d'en bas ; il se trouve donc que d'une manière ou d'une autre l'homme a une âme supplémentaire au jour de fête.
C'est pourquoi on ne bénit pas sur les aromates à l'issue d'un chabbat qui tombe un jour de fête, et on ne bénit pas à l'issue du jour de fête.
ברוך הוא שהקדוש ברוך הוא חישב את הקץ לעשות כמה שאמר. הנה איתא במדרש שהשר של מצרים טען למה לא היו בגלות מצרים כאשר נגזר עליהם ובאמת נחסר ק"ץ שנים.
והתירוץ הוא, שהקדוש ברוך הוא הודיע הגלות להאבות והאבות היה להם צער מגלות בניהם ונחשב הצער של האבות לגלות על ישראל כאלו היו ישראל בגלות גם הק"ץ שנים. וזהו חישב את הק"ץ, אף על פי שהאבות לא היה להם גלות רק בא במחשבה, דהיינו שהיה להם צער במחשבה מהגלות נחשב לישראל כאילו היו בגלות.
וזהו הרמז חישב את הקץ, אלו הק"ץ שנים שנחסר הוא הצער של האבות שהיה להם במחשבה מהגלות לעשות חישב לעשיה כאלו היו בגלות ממש:
Béni soit-Il, car le Saint béni soit-Il a calculé le terme (hichev et ha-kets) pour faire comme Il l'avait dit. Voici, il se trouve dans le Midrach que le prince de l'Égypte (son ange tutélaire) argüa : pourquoi n'ont-ils pas été dans l'exil d'Égypte selon ce qui avait été décrété sur eux, puisque en vérité il a manqué cent quatre-vingt-dix (ק"ץ) ans ?
Et la réponse est que le Saint béni soit-Il a fait connaître l'exil aux patriarches, et les patriarches eurent de la peine de l'exil de leurs enfants ; et la peine des patriarches fut comptée comme exil pour Israël, comme si Israël avait été en exil aussi durant ces cent quatre-vingt-dix (ק"ץ) ans. Et c'est cela : Il a calculé le terme (ק"ץ) ; quoique les patriarches n'aient pas eu d'exil, mais que cela ne soit venu qu'en pensée (mahachava) - c'est-à-dire qu'ils eurent en pensée de la peine de l'exil - cela fut compté pour Israël comme s'ils avaient été en exil.
Et c'est là l'allusion : Il a calculé le terme, savoir que ces cent quatre-vingt-dix (ק"ץ) ans qui ont manqué sont la peine des patriarches, celle qu'ils eurent en pensée à cause de l'exil ; pour faire - Il a compté (hichev) la pensée comme un acte, comme s'ils avaient été réellement en exil.
וישלח מלאך ויוציאנו ממצרים (במדבר כ, טו). לכאורה אינו מובן, הלא כתיב אני ולא מלאך.
והנראה, דהנה זה הנס שהשם יתברך עושה עמנו והאומות הם נכנעים בזה ועוזבים את הבחירה שלהם זה הנס נקרא מן ה' לבדו וזה הנס שהאומות אינם נכנעים ואינם עוזבים את הבחירה שלהם זה הנס נקרא על ידי מלאך. והנה באמת מצרים הכניעו לפני ישראל ועזבו את הבחירה שלהם אצלם הנס הוא מה'.
וזהו הרמז בפסוק ועברתי בארץ מצרים גו' אני ולא מלאך, אני ה' ולא אחר, מחמת שהמצרים נכנעו לפני ישראל ועזבו את הבחירה וזהו אני ה', ולא אחר. אבל אצל אדום שצוה הכתוב (דברים כג, ח) לא תתעב אדומי, ונמצא שהם היו חושבים שהיה בחינת מלאך.
וזהו וישלח מלאך ויוציאנו:
Il envoya un ange et nous fit sortir d'Égypte (Nombres 20,15). À première vue cela ne se comprend pas : n'est-il pas écrit Moi et non un ange ?
Et ce qui semble : voici, ce miracle que le Nom béni soit-Il fait avec nous et par lequel les nations se soumettent et abandonnent leur libre choix, ce miracle est appelé venant de ה' seul ; et ce miracle par lequel les nations ne se soumettent pas et n'abandonnent pas leur libre choix, ce miracle est appelé fait par un ange. Et voici, en vérité les Égyptiens se soumirent devant Israël et abandonnèrent leur libre choix : chez eux le miracle est de ה'.
Et c'est là l'allusion du verset : Je passerai dans le pays d'Égypte, etc. (Exode 12,12) - Moi et non un ange, Moi ה' et non un autre - parce que les Égyptiens se soumirent devant Israël et abandonnèrent le libre choix ; et c'est cela : Moi ה', et non un autre.
Mais chez Edom, dont l'Écriture a ordonné (Deutéronome 23,8) : tu n'auras pas en abomination l'Édomite, il se trouve qu'eux tenaient cela pour l'aspect de l'ange. Et c'est cela : Il envoya un ange et nous fit sortir.
במה מעלות טובות למקום עלינו כו'. לכאורה הוי ליה למימר ממקום עלינו.
ועוד מה זה מעלות. והנראה, דהנה באמת הקדוש ברוך הוא יש לו תענוג כשמשפיע טובות על עמו ישראל, דהיינו שמתפאר עצמו עם ישראל עמו ומשפיע עליהם טובות.
וזהו הרמז למקום עלינו, כביכול שהקדוש ברוך הוא יש לו נחת רוח כשמשפיע טובות על ישראל וזהו הרמז מעלות. כי הקדוש ברוך הוא הוא אין סוף רק לאהבת ישראל מצמצם עצמו בישראל ואז שייך בו כביכול מעלה.
וזהו מעלות טובות, כביכול כשמצמצם עצמו בישראל עמו:
Combien de degrés de bienfaits (kama maalot tovot) le Lieu a-t-Il pour nous, etc. À première vue il aurait fallu dire : du Lieu sur nous (mi-Makom aleinou).
Et de plus, que signifie maalot (degrés, montées) ? Et ce qui semble : voici, en vérité le Saint béni soit-Il a du plaisir lorsqu'Il épanche des bienfaits sur Son peuple Israël, c'est-à-dire qu'Il se glorifie avec Israël Son peuple et épanche sur eux des bienfaits.
Et c'est là l'allusion de la-Makom aleinou (pour le Lieu, sur nous) : pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il a du contentement d'esprit lorsqu'Il épanche des bienfaits sur Israël ; et c'est là l'allusion de maalot. Car le Saint béni soit-Il est Ein Sof (l'Infini), et c'est seulement par amour d'Israël qu'Il se contracte (tsimtsoum) en Israël, et alors s'applique à Lui, pour ainsi dire, une maala (un degré, une élévation).
Et c'est cela maalot tovot (degrés de bienfaits) : pour ainsi dire, lorsqu'Il se contracte en Israël Son peuple.
יום טוב של פסח הוא נגד אברהם כידוע. ושבועות נגד יצחק עיין שם.
הרמז אנכי ולא יהיה לך מפי הגבורה שמענו (הוריות ח.) זהו מדת יצחק. וסוכות נגד יעקב על שם הרמז ויעקב נסע סוכתה.
(בראשית לג, יז) וראש חדש נגד דוד. ולכך אנו מזכירין בשמיני עצרת של מוסף דראש חודש ובשירי דוד עבדך וכו'.
וזהו רמז בגמרא (ר"ה כה.) זיל לעין טב וקדשא לי ירחא כו' ושלח ליה סימנא דוד מלך ישראל חי וקיים:
Le jour de fête de Pessa'h correspond à Abraham, comme il est connu ; et Chavouot correspond à Its'hak, vois-y. L'allusion en est : Je suis et Tu n'auras pas, nous les avons entendus de la bouche de la Guevoura (la Puissance divine) (Horayot 8a) - c'est là la mesure d'Its'hak.
Et Souccot correspond à Yaakov, d'après l'allusion : et Yaakov partit vers Soucca (Genèse 33,17). Et roch hodech correspond à David ; c'est pourquoi nous mentionnons à Chemini Atseret (le huitième jour de clôture) la formule du Moussaf de roch hodech : et par les chants de David Ton serviteur, etc.
Et c'est là une allusion dans la Guemara (Roch Hachana 25a) : va à Ein Tav et sanctifie pour moi le mois, etc. ; et il lui envoya pour signe : David roi d'Israël est vivant et subsistant.
* אז ישיר משה ובני ישראל את השירה הזאת (שמות טו, א). להבין תיבת הזאת, למה לא נאמר את השיר הזה.
הנה ידוע בכתבי האר"י ז"ל ענין בריאת ד' העולמות אצילות, בריאה, יצירה, עשיה, שהיה על ידי בחינות הצמצום, כי הבורא ברוך הוא הוא אין סוף פשוט בתכלית הפשוטות. והנה כאשר עלה ברצונו הפשוט בריאות העולמות, כי חפץ חסד הוא ובמי נמלך בנשמתן של צדיקים שהסתכל בבני ישראל עם קדושו איך שיעבדו אותו במסירות נפש בתורה ומצות ומעשים טובים.
הנה ברצון הפשוט הזה היה נכלל כל העולמות מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין ומרצון הקדום הזה נמשך שיהיה התהוות העולמות אצילות בריה יצירה עשיה. ולהבין זאת על דרך משל, של אומן כשעולה ברצונו לבנות איזה בנין היכל ופלטרין הנה בתחילה עולה ברצונו כל פרטי הבנין בדרך כלל לבד, ואחר כך כשהוחלט בדעתו והוסכם אצלו על הבנין אז משכיל להשכיל ולהתחכם בהחכמות הבנין איך ששכליים גדולים וחכמה עמוקה ונפלאה מלובש בבנין ההוא והשכל ההוא עדיין הוא מתאחד עם הרצון הקדום הנ"ל, ואחר כך מעיין שלפי ערך החכמה והשכל שמלובש בבנין כך יהיה אופני הבנין בכל פרטיו ואחרי זה חושב במחשבת הבנין איך לבנות אותו ביופי ציוריו ומצייר כל דבר ודבר במחשבתו ואחר כך עשיות הבנין בפועל.
והנה מה שנתעורר לחפוץ בבנין ההוא, הוא מחמת שהסתכל וצפה והביט מתחילה כאשר יוגמר הבנין בשלימות איך יקבל תענוג גדול ונפלא מהבנין מזה נתעורר אצלו תענוג גדול שיהיה חפצו ורצונו בבנין ההוא. והנה ממשל הנ"ל נוכל להבין גם כן למעלה כאשר הסתכל הבורא ברוך הוא בנשמתן של צדיקים איך שיעבדו אותו בתורה ומצות ומעשים טובים באהבה עזה ועצומה ותשוקה גדולה ויראה נפלאה בכלות נפשם ויוסיפו שמחה ותענוג גדול בכל עבודתם עבודת הקודש, הנה מבחינת תענוג גדול הזה חפץ חסד ועלה ברצונו בריאת העולמות וכאשר נמשכו העולמות בפרטיות הנה מתחילה נמשך עולם האצילות בפרטיות י"ס וכנ"ל ובדרך כלל נקרא בחינות חכמה עילאה ולשון אצילות כמו שנאמר (במדבר יא, כה) ויאצל מן הרוח, ועדיין הוא מתאחד ברצון הפשוט הנ"ל וכמאמר איהו וחיוהי וגרמוהי חד, וכמו שכתב בספר יצירה כשלהבת הקשורה בגחלת וכמאציל מנר לנר, ואחר כך נמשך עולם הבריאה יש מאין ביו"ד מאמרות יהי אור כו' וגן עדן העליון ונשמת הצדיקים ומלאכים מחנה מיכאל ומחנה גבריאל, ואחרי זה נמשך עולם היצירה שהוא בא בשיעור וגבול ומדה ומלאכים ושרפים וחיות הקודש דעולם היצירה מקבלים האור והחיות כל אחד ואחד לפי ערכו וממדריגתו, ואחר כך עולם העשיה שהוא שמים וארץ שמש וירח וכוכבים ומזלות וע' שריו:
* Alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent ce chant-ci, ha-chira ha-zot (Exode 15,1). Il faut comprendre le mot ha-zot (celle-ci, au féminin) : pourquoi n'a-t-il pas été dit et ha-chir ha-ze (ce chant-ci, au masculin) ?
Voici, il est connu dans les écrits du Ari (Rabbi Its'hak Louria) de mémoire bénie, la question de la création des quatre mondes - Atsilout, Beria, Yetsira, Assia - laquelle s'est faite par les aspects du tsimtsoum (la contraction), car le Créateur béni soit-Il est Ein Sof, simple au comble de la simplicité. Et voici, lorsque monta dans Sa volonté simple la création des mondes - car Il aime la bonté - et avec qui a-t-Il tenu conseil ?
Avec les âmes des justes : Il regarda les enfants d'Israël Son peuple saint, comment ils Le serviraient avec don de soi, par la Torah, les commandements et les bonnes actions. Voici, dans cette volonté simple étaient inclus tous les mondes, depuis le sommet de tous les degrés jusqu'au terme de tous les degrés (me-rech kol dargin ad sof kol dargin) ; et de cette volonté première il a découle que se produise l'advenue des mondes Atsilout, Beria, Yetsira, Assia.
Et pour comprendre cela par voie de parabole, celle d'un artisan lorsque monte dans sa volonté de bâtir quelque édifice, un palais et des demeures royales : voici, au commencement montent dans sa volonté tous les détails de l'édifice, mais de manière générale seulement ; et ensuite, lorsque la chose est arrêtée dans son esprit et qu'il est convenu chez lui au sujet de l'édifice, alors il s'applique à comprendre et à s'aviser des sagesses de la construction, comment de grands raisonnements et une sagesse profonde et admirable sont revêtus dans cet édifice - et cet intellect s'unit encore avec la volonté première mentionnée ci-dessus ; et ensuite il considère que, selon la mesure de la sagesse et de l'intellect revêtus dans l'édifice, ainsi seront les modalités de la construction dans tous ses détails ; et après cela il pense, dans la pensée de l'édifice, comment le bâtir dans la beauté de ses formes, et il figure chaque chose dans sa pensée ; et ensuite vient la réalisation de l'édifice en acte. Et voici, ce qui l'a éveillé à désirer cet édifice, c'est qu'il a regardé, prévu et considéré dès le début, lorsque l'édifice serait achevé en perfection, quel plaisir grand et admirable il recevrait de l'édifice ; de cela s'est éveillé chez lui un grand plaisir, en sorte que son désir et sa volonté se portent sur cet édifice.
Et voici, de la parabole ci-dessus nous pourrons comprendre aussi ce qui est en haut : lorsque le Créateur béni soit-Il regarda les âmes des justes, comment ils Le serviraient par la Torah, les commandements et les bonnes actions, dans un amour fort et puissant, un grand désir et une crainte admirable, dans la consomption de leur âme, et qu'ils ajouteraient joie et grand plaisir dans tout leur service, le service saint - voici, de l'aspect de ce grand plaisir Il a voulu la bonté, et monta dans Sa volonté la création des mondes. Et lorsque les mondes ont découle dans le détail, voici, au commencement a découle le monde d'Atsilout dans le détail des dix sefirot (י"ס) comme ci-dessus, et de manière générale il est appelé l'aspect de la 'Hokhma supérieure ('hokhma ilaa) ; et le terme atsilout est comme il est dit (Nombres 11,25) : Il préleva (va-yaatsel) de l'esprit ; et il s'unit encore à la volonté simple mentionnée ci-dessus, selon le propos : Lui, Sa vie et Ses organes sont un (ihou ve-hayohi ve-garmohi had), et comme il est écrit dans le Sefer Yetsira : comme la flamme liée au charbon, et comme celui qui allume d'une lampe à une lampe.
Et ensuite à découle le monde de Beria, quelque chose à partir du néant (yech me-ayin), par les dix (יו"ד) paroles - que la lumière soit, etc. - et le jardin d'Éden supérieur, les âmes des justes et les anges, le camp de Mikhael et le camp de Gavriel. Et après cela a découle le monde de Yetsira, qui vient avec proportion, limite et mesure ; et les anges, les serafim et les hayot ha-kodech (les saintes créatures) du monde de Yetsira reçoivent la lumière et la vitalité, chacun selon sa valeur et son degré.
Et ensuite le monde d'Assia, qui est les cieux et la terre, le soleil et la lune, les étoiles et les constellations, et les soixante-dix (ע') princes des nations.
והנה לכל העולמות מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין נמשך אור וחיות מהבורא ברוך הוא בכל עת ורגע לצורך קיום עצמותם, כי אם היה נפסק חס ושלום רגע אחד האור והחיות מהעולמות היו כל העולמות בטילים ממציאותם והיו כלא היו וכמאמר כד אנת תסתלק כו'. לכן בכל עת ורגע נמשך אור וחיות כמאמר המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית, וכל אחד ואחד מקבל האור והחיות לפי ערכו ומדריגתו.
ולכן כל פרטי המציאות הוא בקיום עצמותו ומהותו כמו שנברא מששת ימי בראשית. ומעתה נבוא לבאר הנס דקריעת ים סוף, כי הנס קריעת ים סוף נהפך הים ליבשה, היינו מחמת שנפסק האור והחיות ממנו שנמשך אליו תמיד לצורך קיומו ובעת ההוא נתעלה האור והחיות שלו לכן היה בטל ממציאות עצמותו ומהותו וממילא נבקע ונגזר לגזרים, כי נשאר בלי אור וחיות.
ומזה הטעם הנס דקריעת ים סוף גדול מכל הניסים, כי לבד מה שהיה שינוי הטבע בעולם התחתון היה בזה דבר חדש ופלא אשר לא היה כמוהו מבריאת העולמות, כי היה היפוך סדר השתלשלות מאשר הוטבעו מעת הבריאה. כי ידוע שבכל עולם ועולם יש בחינת ים ויבשה, וכאשר בעולם התחתון נהפך ים הגשמי ליבשה כך היה בענין בחינת ים ויבשה שבכל העולמות ובכל העולמות נהפכו בחינת ים ליבשה והכל מטעם שנתעלה האור והחיות שלהם למעלה מעלה:
Et voici, à tous les mondes, depuis le sommet de tous les degrés jusqu'au terme de tous les degrés, découlent lumière et vitalité du Créateur béni soit-Il à chaque temps et à chaque instant, pour la nécessité du maintien de leur essence ; car si la lumière et la vitalité venant des mondes étaient interrompues, à Dieu ne plaise, un seul instant, tous les mondes seraient annulés de leur existence et seraient comme s'ils n'avaient pas été, selon le propos : quand Tu Te retires, etc. (kad ant tistalek).
C'est pourquoi à chaque temps et à chaque instant découlent lumière et vitalité, selon la formule : qui renouvelle dans Sa bonté, chaque jour continuellement, l'œuvre du commencement ; et chacun reçoit la lumière et la vitalité selon sa valeur et son degré. Et c'est pourquoi chaque détail de l'existence se maintient dans son essence et dans sa quiddité, tel qu'il a été créé depuis les six jours du commencement.
Et désormais nous viendrons expliquer le miracle de l'ouverture de la mer Rouge. Car dans le miracle de l'ouverture de la mer Rouge la mer s'est changée en terre sèche : cela parce que fut interrompue en elle la lumière et la vitalité qui découlent vers elle continuellement pour la nécessité de son maintien, et qu'en ce temps-là sa lumière et sa vitalité se sont élevées ; c'est pourquoi elle fut annulée de l'existence de son essence et de sa quiddité, et d'elle-même elle se fendit et fut coupée en morceaux, car elle demeura sans lumière ni vitalité.
Et pour cette raison le miracle de l'ouverture de la mer Rouge est plus grand que tous les miracles : car outre le changement de la nature qui eut lieu dans le monde d'en bas, il y eut en cela une chose nouvelle et un prodige tel qu'il n'y en eut pas de semblable depuis la création des mondes ; car ce fut un renversement de l'ordre de l'enchaînement (hichtalchelout) tel qu'il avait été fixé depuis le temps de la création. Car il est connu que dans chaque monde il y a l'aspect de la mer et l'aspect de la terre sèche ; et lorsque, dans le monde d'en bas, la mer matérielle s'est changée en terre sèche, ainsi en fut-il de l'aspect de la mer et de la terre sèche qui est dans tous les mondes : dans tous les mondes l'aspect de la mer s'est changé en terre sèche, et tout cela pour la raison que leur lumière et leur vitalité se sont élevées toujours plus haut.