קדושת לוי

Kedushat Levi — Exodus, Mishpatim (2/2)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

Le Ramban écrit que, lorsqu'un enthousiasme (hitlahavout) parvient par crainte ou par amour, il faut aussitôt accomplir une mitsva, le kli (réceptacle). Selon Rabbi Lévi Its'hak, cet attachement est l'alliance sainte. Moché a la grande crainte, l'annulation dans l'existence (batel bimtsiout) : il ne mangea pas de pain et ne but pas d'eau. Les deux aspects de la foi correspondent aux deux jambes : « et ils virent le D.ieu d'Israël, et sous ses pieds ». « Comme un ouvrage de livnat » : blancheur sans teinte, clarté (behirout) du Créateur, le saphir ; Il ajoute sainteté et pureté. Aux notables cette clarté ne s'est pas répandue : ils contemplèrent, mangèrent et burent ; Lévi, annulé dans l'existence, est l'édifice de la prêtrise.

Aussi : cinq mesures en kamats chez le Créateur et en pata'h dans les mondes ; l'intercalation d'Adar à la fin de Chovavim, élévation des étincelles hors de la kelipa ; le cœur qui brûle comme un feu dévorant, preuve du délice d'en haut

והנה כתב הרמב"ן הקדוש כשמגיע לאדם התלהבות להבורא ברוך הוא הן מיראה הן מאהבה צריך תיכף לעשות מצוה והוא בחינת הכלי נמצא כשיש לאדם התקשרות באלו המדות אזי צריך לעשות כלי לזה התלהבות. וכבר בארנו שהוא נגד ברית הקודש וכשיש לו התקשרות אזי נקרא אבר חי ואם אין לו התקשרות אזי הוא נקרא אבר מת.

וכבר בארנו בשם הרמב"ן הקדוש, שצריך לעשות מצוה והוא הכלי ולכך אסור להיות האבר חי רק בשעת הזיווג באשתו המותרת לו. וכבר בארנו שמשה רבינו הוא נגד תורה שבכתב ואהרן הוא נגד תורה שבעל פה ועל ידי אלו המדות מגיע לאדם יראה גדולה.

וביראה יש שני בחינות. אחד, שהוא בטל במציאות ממש כמו אב שמחבק את הבן והבן הוא ממש כהאב.

ויש עוד יראה קטנה ממנה שאינה בטל במציאות. והנה משה היה לו היראה הא', שהיה בטל במציאות ממש לכך עלה אל השמים ולחם לא אכל ומים לא שתה.

וכבר בארנו שאלו שני בחינות במדות אמונה הם נגד שני רגלים של אדם:

Et voici, le Ramban (Rabbi Moché ben Nahman) le saint a écrit : lorsque parvient à l'homme un enthousiasme (hitlahavout) envers le Créateur béni soit-il, que ce soit par crainte ou par amour, il doit aussitôt accomplir une mitsva, et c'est l'aspect du kli (le réceptacle ; kelim au pluriel). Il se trouve donc que lorsque l'homme a un attachement (hitkachrout) dans ces mesures (midot), il doit alors faire un kli pour cet enthousiasme.

Et nous avons déjà expliqué que cela correspond à l'alliance sainte (brit kodech) ; et lorsqu'il a l'attachement, cela est appelé "membre vivant" (ever haï), et s'il n'a pas d'attachement, cela est appelé "membre mort" (ever met). Et nous avons déjà expliqué au nom du Ramban le saint qu'il faut accomplir une mitsva, et c'est elle le kli ; c'est pourquoi il est interdit que le membre soit vivant, sinon à l'heure de l'union avec son épouse qui lui est permise.

Et nous avons déjà expliqué que Moché notre maître correspond à la Torah écrite et qu'Aharon correspond à la Torah orale, et que par ces mesures parvient à l'homme une grande crainte. Et dans la crainte il y a deux aspects (behinot).

Le premier : qu'il est réellement annulé dans l'existence (batel bimtsiout), comme un père qui étreint son fils, le fils étant alors réellement comme le père. Et il y a encore une crainte plus petite qu'elle, qui n'est pas annulation dans l'existence.

Et voici, Moché avait la première crainte, car il était réellement annulé dans l'existence ; c'est pourquoi il monta aux cieux, "il ne mangea pas de pain et ne but pas d'eau" (Chemot/Exode 34,28). Et nous avons déjà expliqué que ces deux aspects dans les mesures de la foi (emouna) correspondent aux deux jambes de l'homme.

וזהו הרמז בפסוק ויראו את א-להי ישראל ותחת רגליו, כלומר בחינת רגלים כנ"ל. וזהו הרמז כמעשה לבנת, כי הכלל כשאדם יש לו יראה עד שהוא בטל במציאות אז הוא בגוון לבן שאין לו גוון כלל כיון שבטלו ממנו תאות זה העולם כלל, כי גוון לבן אינו גוון כלל והוא מחמת גדלות הבהירות מהבורא יתברך ששופע עליו כמשל האב עם הבן כו'.

וזהו הרמז כמעשה לבנת, מהיכן בא זה הלבנות שהוא היראה גדולה מביטול מציאות. וזהו הספיר, כלומר מהבהירות הגדול ששופע עליו.

וכעצם השמים לטוהר, דהיינו שהבורא ברוך הוא מוסיף לו קדושה וטהרה. וכבר בארנו משה שהיה לו היראה גדולה עד שבטל במציאות לכך לחם לא אכל אבל זה שאין לו היראה הגדולה אין הבהירות שופע עליו וזה צריך לאכול ולשתות.

וזהו ואל אצילי בני ישראל לא שלח ידו, כי ידו מורה על הבהירות העליון הבא מכח אהבת בורא לישראל, כי יד עליון מורה על הבהירות והם שלא שפעו עליהם זה הבהירות העליון. ויחזו כו' ויאכלו וישתו, היו צריכין לאכול ולשתות לא כמו משה שלא אכל ולא שתה.

נמצא מלוי התחיל דור הכהונה ולויה והוא כמו יעקב שבא ממנו דור ישראל, ונמצא לוי הוא בנין עולם הכהונה והלויה שבטל במציאות וזהו (דברים לג, ט) האומר לאביו כו' לא ראיתיו כו', דהיינו שבטל במציאות ונבנה מאתו עולם חדש:

Et c'est l'allusion du verset "et ils virent le Dieu d'Israël, et sous ses pieds" (Chemot/Exode 24,10), c'est-à-dire l'aspect des jambes comme ci-dessus. Et c'est l'allusion de "comme un ouvrage de brique (livnat)" : car le principe est que lorsque l'homme a une crainte au point d'être annulé dans l'existence, il est alors dans la teinte blanche, qui n'a aucune teinte du tout, puisque les désirs de ce monde se sont entièrement annulés en lui ; car la teinte blanche n'est point une teinte, et cela vient de la grandeur de la clarté (behirout) du Créateur béni soit-il qui se répand sur lui, à la manière de la parabole du père avec le fils, etc.

Et c'est l'allusion de "comme un ouvrage de livnat" : d'où vient cette blancheur, qui est la grande crainte issue de l'annulation dans l'existence ? Et c'est [le sens de] "le saphir (sapir)", c'est-à-dire qu'elle vient de la grande clarté qui se répand sur lui.

"Et comme la substance même du ciel en pureté" : à savoir que le Créateur béni soit-il lui ajoute sainteté et pureté. Et nous avons déjà expliqué que Moché avait la grande crainte au point d'être annulé dans l'existence, c'est pourquoi "il ne mangea pas de pain" ; mais celui qui n'a pas la grande crainte, la clarté ne se répand pas sur lui, et celui-là doit manger et boire.

Et c'est [le sens de] "et vers les notables (atsilei) des enfants d'Israël il n'étendit pas sa main" (Chemot/Exode 24,11) : car "sa main" indique la clarté supérieure qui vient de la force de l'amour du Créateur pour Israël, car la main d'en haut indique la clarté ; et eux, cette clarté supérieure ne s'est pas répandue sur eux. "Et ils contemplèrent... et ils mangèrent et burent" : ils avaient besoin de manger et de boire, non pas comme Moché qui ne mangea ni ne but.

Il se trouve donc que de Levi commença la génération de la prêtrise (kehouna) et de la lévitine, et il est comme Yaakov, dont vint la génération d'Israël ; il se trouve donc que Levi est l'édifice du monde de la prêtrise et de la lévitine, lui qui fut annulé dans l'existence. Et c'est [le sens de] (Devarim/Deutéronome 33,9) "celui qui dit de son père... je ne l'ai pas vu" etc., à savoir qu'il fut annulé dans l'existence et qu'un monde nouveau fut bâti à partir de lui.

והנה יש י"ב שבטים לבד משבט לוי. והי"ב שבטים הם נגד י"ב שערים ולוי הוא הי"ג נגד י"ג מדות.

וי"ב שבטים נגד י"ב טובות. טובה, וברכה, ששון, ושמחה, ישועה, ונחמה, פרנסה, וכלכלה, חיים, ושלום, מחילת חטא, וסליחת עון, והם נגד י"ב חדשי השנה.

והנה החמשה מדות שבארנו לעיל, דהיינו אהבה, יראה, תפארת, ושני בחינות במדת אמונה כנ"ל, כי המדה שהוא התקשרות נגד יוסף נתן יוסף המלוכה לדוד והוא הכלי, דהיינו המצוה להתלהבות כמבואר ברמב"ן הקדוש כנ"ל הם בהבורא יתברך ושם הוא סתום ואז נקרא קמ"ץ, כי קמ"ץ הוא סתום וכשהם בהעולמות הם נקראים פת"ח שנפתח. וזהו הרמז במשנה חמשה קמצין הם על אלו חמשה מדות שהם קמ"ץ סתום בהבורא ברוך הוא וזהו מורה חמשה נקודות שהם קמ"ץ וכולם באות אל"ף.

ובאמת משה היה לו ביטול ממציאות כנ"ל ובא בקמ"ץ. וזהו ויבא משה בתוך הענן, כולו נקד קמ"ץ.

וכבר בארנו שהי"ב שבטים הם נגד שנים עשר מדות מן רחום כו', ולוי הוא הי"ג נגד אל, כי מן אל מתחילין הי"ג מדות, כי כשהמדות הם בכח הבורא ברוך הוא והם קמ"ץ כנ"ל נמצא אל הוא הכולל כל מדות. וזהו אחד האל"ף מורה א"ל ח"ד מנין י"ב שהם סתומים באות אל"ף:

Et voici, il y a douze tribus en dehors de la tribu de Levi. Et les douze tribus correspondent aux douze portes, et Levi est le treizième, correspondant aux treize mesures [de miséricorde].

Et les douze tribus correspondent aux douze biens : le bien, et la bénédiction, l'allégresse, et la joie, le salut, et la consolation, la subsistance, et la nourriture, la vie, et la paix, la remise de la faute, et le pardon de l'iniquité ; et ils correspondent aux douze mois de l'année. Et voici, les cinq mesures que nous avons expliquées plus haut, à savoir l'amour, la crainte, la Tiferet (splendeur), et les deux aspects dans la mesure de la foi comme ci-dessus - car la mesure qui est l'attachement correspond à Yossef ; Yossef donna la royauté à David, et c'est elle le kli, à savoir la mitsva [qui sert de réceptacle] à l'enthousiasme, comme il est exposé dans le Ramban le saint mentionné ci-dessus - ces mesures sont dans le Créateur béni soit-il, et là elles sont fermées, et alors cela est appelé kamats (la voyelle kamats, קמ"ץ), car le kamats est fermé ; et lorsqu'elles sont dans les mondes, elles sont appelées pata'h (la voyelle pata'h, פת"ח), du langage de "ouvert", car il s'ouvre.

Et c'est l'allusion de la michna "il y a cinq prises de poignée (kematsin)" : elle porte sur ces cinq mesures qui sont kamats fermé dans le Créateur béni soit-il ; et cela indique les cinq points [de vocalisation] qui sont le kamats, et tous viennent à la lettre alef. Et en vérité Moché avait l'annulation dans l'existence comme ci-dessus, et il vint avec un kamats.

Et c'est [le sens de] "et Moché vint au milieu de la nuée" (Chemot/Exode 24,18), dont tout est vocalisé kamats. Et nous avons déjà expliqué que les douze tribus correspondent aux douze mesures à partir de "rahoum" (miséricordieux) etc., et Levi est le treizième, correspondant à א-ל, car c'est de א-ל que commencent les treize mesures ; car lorsque les mesures sont dans la puissance du Créateur béni soit-il et sont kamats comme ci-dessus, il se trouve que א-ל est ce qui comprend toutes les mesures.

Et c'est [le sens de] "ehad" (אחד, "un") : l'alef indique א"ל, et ח"ד à la valeur numérique de douze, [mesures] qui sont fermées dans la lettre alef.

וזהו שאנו מעברין חודש אדר דייקא, כי החודש אדר העיבור הוא נגד שבט לוי, ולוי הוא נגד מלת אל שבטל במציאות ולמה אין מעברין רק חודש אדר וגם למה נקרא שמו אדר, כי הכלל חודש אדר הוא תמיד סוף שובבי"ם ושובבי"ם מורה על עליות נצוצות מקליפה מסטרא אחרא וסטרא אחרא הוא עשו ועשו נקרא אדרת שער ונקרא עשתי עשרה יריעות עיזים, כי זה שאנו מעברין השנה מחמת הי"א יום ששנת החמה יתירה על ימות הלבנה. ובאמת זה הוא תענוג גדול להבורא ברוך הוא כשהנצוצות יש להם עליות למשל כשהבן הרחוק בא אל אביו אז יש לאב יותר תענוג כמבואר ברבותינו ז"ל (סנהדרין צט.) במקום שבעלי תשובה עומדין כו'.

וזהו הרמז כשנכנס אדר כשעולין הנצוצות מסטרא אחרא הרמז במלת אדר מלשון אדרת שער כשהנצוצות יש להם עליות להכנס בקדושה מרבין בשמחה. וזהו מעברין חודש אדר בשביל י"א יום הרמז בעשתי עשרה יריעות עיזים כנ"ל גם כן מורה על עליות נצוצות להכנס בקדושה והמבין יבין:

Et c'est pourquoi nous intercalons précisément le mois d'Adar : car le mois d'Adar de l'intercalation correspond à la tribu de Levi, et Levi correspond au mot א-ל, lui qui fut annulé dans l'existence. Et pourquoi n'intercale-t-on que le mois d'Adar, et aussi pourquoi est-il appelé du nom d'Adar ?

Car le principe est que le mois d'Adar est toujours la fin de [la période de] Chovavim (שובבי"ם, acronyme des sections Chemot, Vaera, Bo, Bechalah, Yitro, Michpatim), et Chovavim indique les élévations des étincelles (nitsotsot) hors de la kelipa (l'écorce ; kelipot au pluriel), du Sitra A'hra (l'autre côté) ; et le Sitra A'hra, c'est Esav, et Esav est appelé "manteau de poil" (aderet sear), et il est appelé "onze tentures de poil de chèvres" (Chemot/Exode 26,7) - car ce pourquoi nous intercalons l'année tient aux onze jours dont l'année solaire dépasse les jours de la lune. Et en vérité c'est là un grand délice pour le Créateur béni soit-il lorsque les étincelles ont des élévations ; à l'exemple du fils éloigné qui vient vers son père : le père en a alors davantage de délice, comme il est exposé chez nos maîtres de mémoire bénie (Sanhédrin 99a) "à la place où se tiennent les baalei techouva (les repentants)" etc.

Et c'est l'allusion de "lorsque entre Adar" : lorsque montent les étincelles hors du Sitra A'hra - l'allusion étant dans le mot Adar, du langage de aderet sear - lorsque les étincelles ont des élévations pour entrer dans la sainteté, "on multiplie la joie". Et c'est [le sens de] : on intercale le mois d'Adar à cause des onze jours, allusion aux "onze tentures de poil de chèvres" comme ci-dessus, ce qui indique également les élévations des étincelles pour entrer dans la sainteté - et celui qui comprend comprendra.

ומראה כבוד ה' כאש אוכלת כו' (שמות כד, יז). דהנה האדם בעבודתו להשם יתברך בתורה ובמצות מביא תענוג גדול למעלה.

וכשאדם רוצה לידע אם השם יתברך יש לו תענוג מעבודתו הבחינה הוא על זה, אם אדם רואה שלבו בוער כאש ומתלהב תמיד לעבוד אותו ויש לו חשק ורצון בעבודת הבורא אז בוודאי מוכח שהשם יתברך יש לו תענוג מעבודתו ולכך מסייעין לו מן השמים ושולחין לו מחשבות קדושות לתוך לבו. לזה אמר ומראה כבוד ה' כו', שהסימן כשירצה אדם לידע אם רואה כבוד ה' והקדוש ברוך הוא נהנה ממנו ולזה כאש אוכלת אם לבו בוער כאש וקל להבין:

"Et l'aspect de la gloire de ה' était comme un feu dévorant" etc. (Chemot/Exode 24,17).

Car voici, l'homme, par son service du Nom béni soit-il dans la Torah et dans les mitsvot, procure un grand délice en haut. Et lorsque l'homme veut savoir si le Nom béni soit-il tire du délice de son service, l'épreuve en est celle-ci : si l'homme voit que son cœur brûle comme un feu et qu'il s'enflamme constamment pour le servir, et qu'il a désir et volonté dans le service du Créateur, alors il est certainement prouvé que le Nom béni soit-il tire du délice de son service ; et c'est pourquoi on l'assiste depuis les cieux et on lui envoie des pensées saintes au-dedans de son cœur.

C'est à cela qu'il a dit "et l'aspect de la gloire de ה'" etc. : que le signe, lorsque l'homme veut savoir s'il voit la gloire de ה' et si le Saint béni soit-il tire de lui du plaisir, est celui-ci - "comme un feu dévorant", si son cœur brûle comme un feu ; et c'est facile à comprendre.

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