קדושת לוי

Kedushat Levi — Exodus, Beshalach (6/7)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

Ce passage poursuit : le délice du Chabbat vient du jour lui-même, et son abondance (chefa) ne se contracte pas dans la matérialité jusqu’à l’Assiya (le monde de l’action). « Et Hachem dit à Moché : jusqu’à quand refuserez-vous de garder Mes commandements ? » Comment la Torah dit-elle cela de Moché, qui a gardé ? Rabbi Lévi Its’hak reprend Rachi : on ne l’a pas exclu de l’ensemble, car il n’avait pas dit auparavant l’ordre du Chabbat. Toute mitsva demande une préparation qui enracine son amour ; le Ramban entend « souviens-toi du jour du Chabbat » comme le mentionner chaque jour pour l’attendre. « Garder » est une expression d’attente : ils n’ont pas attendu, et ils ont profané.

Aussi : la station n’est que la prière, D.ieu se tient sur le rocher d’Israël ; le bâton d’Elokim dans la main du tsadik ; Esther, miracle dans la nature, Yehochoua et « écris ceci » pour la Torah orale

וזהו הרמז בפסוק אכלוהו היום כי שבת היום לה' היום לא תמצאוהו בשדה, כפי המבואר לעיל שעיקר תענוג יהיה לאדם בשבת מיום השבת עצמו. וזה אכלוהו היום, כי אכילה הוא לשון תענוג שעיקר התענוג יהיה היום מיום השבת עצמו ולא מדבר גשמי.

כי שבת כו' היום לא תמצאוהו בשדה, הרמז השפע הנשפע בשבת קודש אי אפשר לצמצם בגשמיות כמו השפע הנשפע בחול שהשפע משתלשל עד עולם העשיה. וזהו הרמז היום לא תמצאוהו בשדה, השפע הנשפע בשבת קודש:

Et c'est cela l'allusion contenue dans le verset 'mangez-le aujourd'hui, car aujourd'hui est chabbat pour ה' ; aujourd'hui vous ne le trouverez pas dans le champ' (Exode 16,25), selon ce qui a été expliqué ci-dessus : que l'essentiel du délice sera pour l'homme, le chabbat, à partir du jour du chabbat lui-même. Et c'est cela 'mangez-le aujourd'hui', car 'manger' est une expression de délice : l'essentiel du délice sera aujourd'hui à partir du jour du chabbat lui-même, et non d'une chose matérielle. 'Car aujourd'hui est chabbat, etc. ; aujourd'hui vous ne le trouverez pas dans le champ' : l'allusion est que l'abondance (chefa) qui s'épanche le saint chabbat, il est impossible de la contracter dans la matérialité comme l'abondance qui s'épanche en semaine, où l'abondance s'enchaîne jusqu'au monde de l'Assiya (le monde de l'action).

Et c'est cela l'allusion 'aujourd'hui vous ne le trouverez pas dans le champ' : l'abondance qui s'épanche le saint chabbat.

ויאמר ה' אל משה עד אנה מאנתם לשמור מצותי ותורותי (שמות טז, כח). פירש רש"י ז"ל בהדי הוצא כו' שלא הוציאו מן הכלל.

להבין מאמר רבותינו ז"ל האיך שייך שיכתוב בתורה דבר שאינו לכתוב על משה רבינו מאנתם לשמור שהוא שמר בוודאי. ונראה להבין מאמר רבותינו ז"ל שלא הוציאו מהכלל על פי דכתב רש"י ז"ל בפסוק ויבואו כל נשיאי העדה ויגידו למשה וזה לשונו, שלא הגיד להם משה פרשת שבת שנצטווה לומר להם עד ששאלו אותו אמר להם הוא אשר דבר ה' שנצטויתי לאמר לכם, ולכך ענשו הכתוב שאמר לו עד אנה מאנתם, ולא הוציאו מן הכלל עד כאן.

אם כן מבואר דעונשו היה מחמת שלא אמר להם ציווי שבת מקודם. ולהבין למה נענש על זה מה הפעולה היה אם אמר להם מקודם.

והענין הוא על פי דמבואר בספרי יראים, דכל מצוה קודם עשותה צריכה הכנה להכין עצמו לעשותה בקדושה ובטהרה ולהכי אמרינן לשם יחוד קודשא כו', קודם עשיית המצוה, שהוא הכנה למצוה. והיוצא מזה מחמת שמכין עצמו מגלה דעתו שחביבה מצוה בעיניו ומצפה ומשמח לעשותה ואחר כך בעשותה יעשנה בלב שלם שלא יחללנה ויפגמנה בעשותה שהרי נשרש בלבו אהבה של המצוה ההוא:

'Et ה' dit à Moche : jusqu'à quand refuserez-vous de garder Mes commandements et Mes lois ?' (Exode 16,28). Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki), de mémoire bénie, a expliqué : 'avec l'épine est frappé le chou (behadi houtsa laki karba)', etc., c'est-à-dire qu'on ne l'a pas exclu de l'ensemble.

Il y a à comprendre le propos de nos maîtres, de mémoire bénie : comment est-il concevable que la Torah écrive une chose qui n'est pas à écrire, à savoir à propos de Moche notre maître 'vous avez refusé de garder', alors que lui, assurément, a garde ? Et il apparaît que l'on peut comprendre le propos de nos maîtres, de mémoire bénie, 'on ne l'a pas exclu de l'ensemble', d'après ce qu'a écrit Rachi, de mémoire bénie, sur le verset 'et tous les princes de la communauté vinrent et le rapportèrent à Moche' (Exode 16,22), et voici ses termes : Moche ne leur avait pas dit la section du chabbat qu'il avait reçu l'ordre de leur dire, jusqu'à ce qu'ils l'interrogent ; il leur dit alors 'c'est cela que ה' a dit', ce que j'ai reçu l'ordre de vous dire ; c'est pourquoi l'Écriture l'a puni, en lui disant 'jusqu'à quand refuserez-vous', et on ne l'a pas exclu de l'ensemble - fin de citation.

S'il en est ainsi, il est expliqué que sa punition fut à cause de ce qu'il ne leur avait pas dit auparavant l'ordre du chabbat. Et il y a à comprendre pourquoi il fut puni pour cela : quel effet cela aurait-il eu s'il leur avait dit auparavant ?

Et la chose est selon ce qui est expliqué dans les livres des hommes craignant le Ciel (sifre yeraim) : que toute mitsva, avant de l'accomplir, requiert une préparation, que l'on se prépare soi-même à l'accomplir dans la sainteté et la pureté ; et c'est pourquoi nous disons 'pour l'unification du Saint, etc. (le-chem yihoud koudcha, etc.)' avant l'accomplissement de la mitsva, car c'est une préparation à la mitsva.

Et ce qui en résulte : du fait qu'il se prépare lui-même, il dévoile son sentiment que la mitsva lui est chère, qu'il l'attend et se réjouit de l'accomplir ; et ensuite, en l'accomplissant, il l'accomplira d'un cœur entier, de sorte qu'il ne la profanera pas et ne la rendra pas défectueuse en l'accomplissant, puisque s'est enraciné dans son cœur l'amour de cette mitsva.

ומעתה יצא לנו בטוב טעם ודעת להבין דעת הרמב"ן ז"ל דכתב דמצוה להזכיר בכל ימי השבוע את יום השבת ביום א' יאמר היום יום א' בשבת וכן בכל ימי השבוע. וכתב דזהו הפשט (שמות כ, ח) זכור את יום השבת לקדשו, לזכור בכל יום שבת עיין שם, דהפעולה היא על ידי שזוכר שבת בכל יום, אם כן מצפה בכל יום ליום השבת לעשותו אז בהגיע השבת ישמרנו כדת שלא לחלל חס ושלום כיון שחביבה עליו שהיה מצפה עליה.

אם כן אם היה משה אומר להם ציווי השבת מקודם היו מצפים כל ימי השבוע והיה נשרש בלבם אהבת השם יתברך ושבת ולא היו מחללין, ובזה שלא אמר להם עד יום וא"ו ששאלו אותו לא היו מצפים כל ימי השבוע על שבת ובפתע פתאום בלי הכנה בא להם מצות שבת מזה באו לידי חילול. ובזה מבואר הכתוב שאמר מאנתם לשמור, אמר תיבת לשמור, משום דשמר לשון המתנה כמו ואביו שמר את הדבר (בראשית לז, יא) שהוא לשון מצפה ומייחל על הדבר מתי יבוא לידו.

וזהו כוונת הכתוב לדעת רש"י עד אנה מאנתם לשמור דייקא שאתה גרמת שלא היו מצפים על מצות שבת במה שלא הגדת מקודם, לכן פירש רש"י ז"ל שעל זה נענש שלא הוציאו מהכלל, כי היה הוא הגורם שלא הגיד מקודם מאנו לשמור להיות מצפים על שבת שלא ידעו כל ימי השבוע שבאם היו יודעים מקודם לא הגיעו לחילול שבת:

Et désormais il nous ressort, avec bon goût et bon sens, de quoi comprendre l'avis du Ramban (Rabbi Moche ben Nahman), de mémoire bénie, qui a écrit que c'est une mitsva de mentionner le jour du chabbat tous les jours de la semaine : le premier jour on dira 'aujourd'hui est le premier jour de la semaine (yom alef ba-chabbat)', et ainsi tous les jours de la semaine. Et il a écrit que c'est là le sens simple de (Exode 20,8) 'souviens-toi du jour du chabbat pour le sanctifier', à savoir se souvenir du chabbat chaque jour - vois-y.

Car l'effet vient de ce qu'il se souvient du chabbat chaque jour ; s'il en est ainsi, il attend chaque jour le jour du chabbat pour l'accomplir, et alors, quand le chabbat arrive, il le gardera selon la loi de sorte à ne pas le profaner, à Dieu ne plaise, puisqu'il lui est cher, l'ayant attendu. S'il en est ainsi, si Moche leur avait dit l'ordre du chabbat auparavant, ils auraient attendu tous les jours de la semaine, et se serait enraciné dans leur cœur l'amour du Nom, qu'Il soit béni, et du chabbat, et ils n'auraient pas profane.

Mais du fait qu'il ne leur a rien dit jusqu'au sixième jour (yom vav), lorsqu'ils l'ont interrogé, ils n'ont pas attendu le chabbat tous les jours de la semaine ; et soudainement, sans préparation, la mitsva du chabbat leur est venue - de là ils en sont venus à la profanation. Et par cela s'explique l'Écriture, qui a dit 'vous avez refusé de garder' : elle a dit le mot 'garder (lichmor)', parce que 'garder (chamar)' est une expression d'attente, comme 'et son père garda la chose' (Genèse 37,11), qui est une expression d'attente et d'espoir à l'égard de la chose, se demandant quand elle lui parviendra.

Et c'est là l'intention de l'Écriture selon l'avis de Rachi : 'jusqu'à quand refuserez-vous de garder' précisément, à savoir que c'est toi qui as causé qu'ils n'attendaient pas la mitsva du chabbat, en ce que tu ne l'as pas dit auparavant. C'est pourquoi Rachi, de mémoire bénie, a expliqué que c'est pour cela qu'il fut puni, qu'on ne l'a pas exclu de l'ensemble ; car c'est lui qui fut la cause, en ne le disant pas auparavant, qu'ils 'ont refusé de garder', c'est-à-dire d'attendre le chabbat, puisqu'ils ne l'ont pas su tous les jours de la semaine ; car s'ils l'avaient su auparavant, ils n'en seraient pas venus à la profanation du chabbat.

הנני עומד לפניך שם על הצור והכית בצור ויצאו ממנו מים ושתה העם. הקושיא מפורסמת דהאיך שייך אצל הבורא יתברך לומר דעומד שם הלא מלא כל הארץ כבודו ולית אתר פנוי מיניה איך יתכן לומר שיעמוד אצל הצור דמשמע דלא היה עומד רק במקום הזה חלילה.

אך שורש הדבר הוא כך, דהנה ידוע דברי חכמינו ז"ל (ברכות ו:) דאין עמידה אלא תפילה שנאמר (תהלים קו, ל) ויעמוד פנחס ויפלל, דלכאורה אינו מובן וכי לא מצינו יותר עמידה כי אם בתפילה דייקא, אלא ודאי כוונו לאיזה דבר ולא כפי פשט הענין. אך דבאמת חכמינו ז"ל בוודאי לא דברו מן המון עם רק מאנשים חכמים וצדיקים ובאלו לא שייך עמידה כלל דכל ימיהם הם הולכים בשכלם ומחשבתם ממדריגה למדריגה מעולם לעולם, כי כשאדם רוצה לבקש את הבורא בכל העולמות לבוא לעבדות האמיתי ולהיות כביכו"ל אצלו צריך האדם לבקש יומם ולילה על ידי תורה ומצות ועל ידי צרופי שמות ואותיות ותיבות הקדושים ועל ידי מלאכים הקדושים שבכל עולם ובכל מדה ואי אפשר להיות כלל במעמד אחד.

ולזה נקראים הצדיקים מהלכים ולא יצויר כלל עמידה זולת בתפלה דהוא הדביקות כשאדם הולך דרך כל העולמות על השירות ותשבחות שאומר פסוקי דזמרה אז בכל פעם משיג יותר שכל דרך המדות אבל עדיין לא הגיע אל המלך בעצמו להיות דבוק אצלו ממש בלי שום הפסק ומסך אפילו של קדושה זולת אורות אין סוף הפשוט. ולכך נקרא עולם אצילות, שהוא מלשון אצלו, שאדם עומד אצלו יתברך ממש וזהו בתפילות י"ח שאז האדם עומד בעולמות עליונים ובעולם האצילות שאין שום מסך וחלון הקדושה מפסיק ביניהם רק אורות של אין סוף המקיף את האדם מכל צדדין ולפני ה' ממש ישפוך שיחו, מה שאין כן מקודם הגיעו להתפלל אף על גב דאצילות היא בכל עולם הוא רק על ידי לבוש אחדות פשוט כל זמן שהאדם עדיין בעולמות התחתונים והוא הולך מעולם לעולם ואינו משיג רק אצילות הוא דביקות דרך אותו עולם שעומד שם אם עדיין הוא בעשיה אז נקראין אצילות דעשיה וכשהולך במחשבתו לעולם המלאכים אז הוא באצילות דיצירה וכן אצילות דבריאה עד אשר האדם מגיע לאצילות דאצילות ומשם אין יכול לילך יותר, כי כיון שצריך לצייר במחשבתו שהוא עומד לפניו יתברך לבדו ומקיף אותו והוא מתחנן אליו כבן המתחטא לפני אביו ומסדר בקשתו ושם לא יצויר הליכה ולכך נקראת השמונה עשרה תפלת עמידה כי שם האדם עומד לפניו יתברך.

ושפיר צדקו דברי חכמינו ז"ל דאין עמידה אלא תפלה שנאמר ויעמוד פנחס ויפלל, וקשה האיך שייך בצדיק כזה לשון עמידה. לזה מתרצין, דהוא עומד בתפלה ושם לא שייך הליכה כי אם עמידה לפניו יתברך:

'Me voici, Je me tiens devant toi là, sur le rocher ; tu frapperas le rocher, et il en sortira de l'eau, et le peuple boira' (Exode 17,6). La difficulté est bien connue : comment est-il concevable de dire à propos du Créateur, qu'Il soit béni, qu'Il se tient là ?

Toute la terre n'est-elle pas pleine de Sa gloire, et 'il n'y a pas de lieu vide de Lui' ; comment se peut-il de dire qu'Il se tiendrait auprès du rocher, ce qui laisserait entendre qu'Il ne se tenait qu'en ce lieu-ci, à Dieu ne plaise ? Mais la racine de la chose est ainsi.

Voici, on connaît les paroles de nos sages, de mémoire bénie (Berakhot 6b) : 'il n'y a de station (amida, se tenir debout) que la prière', ainsi qu'il est dit (Psaumes 106,30) 'et Pinhas se tint debout et pria'. Au premier regard cela ne se comprend pas : n'avons-nous donc pas trouvé d'autre station que précisément dans la prière ?

Mais assurément ils ont visé quelque chose, et non le sens simple de la chose. Or en vérité nos sages, de mémoire bénie, ne parlaient assurément pas de la foule du peuple, mais d'hommes sages et justes ; et chez ceux-là la station n'est aucunement concevable, car tous leurs jours ils marchent, par leur intelligence et leur pensée, de degré en degré, de monde en monde.

Car lorsque l'homme veut chercher le Créateur dans tous les mondes, pour venir au service véritable et pour être, pour ainsi dire (kivyakhol), auprès de Lui, l'homme doit chercher jour et nuit par la Torah et les mitsvot, par les combinaisons (tsirouf) des Noms saints, des lettres et des mots, et par les anges saints qui sont dans chaque monde et dans chaque mesure ; et il est impossible de demeurer du tout en une seule station. C'est pourquoi les justes sont appelés 'ceux qui marchent', et la station n'est aucunement concevable, sinon dans la prière, qui est l'attachement (devekout).

Lorsque l'homme marche à travers tous les mondes, sur les chants et les louanges qu'il dit dans les pessouké de-zimra (les versets de louange du début de la prière), alors chaque fois il saisit davantage d'intelligence par la voie des mesures ; mais il n'est pas encore parvenu au Roi Lui-même, pour être attaché auprès de Lui réellement, sans aucune interruption ni voile (massakh), même un voile de sainteté, hormis les lumières simples de l'Ein Sof (l'Infini). Et c'est pourquoi ce monde est appelé monde de l'Atsilout, qui est de l'expression 'etslô (auprès de Lui)', car l'homme se tient auprès de Lui, qu'Il soit béni, réellement ; et cela se produit dans la prière des dix-huit bénédictions, car alors l'homme se tient dans les mondes supérieurs et dans le monde de l'Atsilout, où aucun voile ni fenêtre de sainteté ne fait séparation entre eux, mais seulement les lumières de l'Ein Sof qui entourent l'homme de tous côtés, et c'est devant ה' réellement qu'il répand sa parole.

Il n'en va pas de même avant qu'il parvienne à prier : bien que l'Atsilout se trouve dans chaque monde, ce n'est que par le vêtement de l'unité simple, tout le temps que l'homme est encore dans les mondes inférieurs et qu'il marche de monde en monde, et il ne saisit que l'Atsilout, c'est-à-dire l'attachement par la voie de ce monde même où il se tient : s'il est encore dans l'Assiya (le monde de l'action), cela s'appelle alors Atsilout de l'Assiya ; et lorsqu'il va par sa pensée au monde des anges, alors il est dans l'Atsilout de la Yetsira (le monde de la formation) ; et de même l'Atsilout de la Beria (le monde de la création) ; jusqu'à ce que l'homme parvienne à l'Atsilout de l'Atsilout, et de là il ne peut plus aller au-delà. Car puisqu'il doit se représenter dans sa pensée qu'il se tient devant Lui seul, qu'Il soit béni, et que Lui l'entoure, et qu'il Le supplie comme un fils qui se blottit devant son père en exposant sa demande - et là, la marche n'est pas concevable.

C'est pourquoi les dix-huit bénédictions sont appelées 'prière de la station (tefilat amida)', car là l'homme se tient devant Lui, qu'Il soit béni. Ainsi se trouvent justifiées comme il convient les paroles de nos sages, de mémoire bénie : 'il n'y a de station que la prière', ainsi qu'il est dit 'et Pinhas se tint debout et pria' ; car il est difficile de comprendre comment, chez un juste tel que lui, l'expression de station est concevable.

À cela ils répondent : il se tient dans la prière, et là la marche n'est pas concevable, mais seulement la station devant Lui, qu'Il soit béni.

והנה בוודאי כפי מה שאנו עושין למטה מעוררין למעלה הדוגמא, אם כן כשאנו במדריגה של עמידה לפניו יתברך לבד אז גם הוא יתברך מחמת חיבת ישראל כן ירבו עומד לפנינו כמו שאנו עומדין לפניו ומגיע מחשבותינו להיות על נקודה אמצעי שהוא אלהותו יתברך שהוא שורש כל והוא הנקודה הפנימיית המחיה הכל כך הקדוש ברוך הוא מצמצם את עצמו ומעמיד את עצמו על נקודת ישראל שהם נקודת מחשבתו אשר בשבילם עלה ברצונו לברוא כל העולמות והכל כדי להטיב לישראל והם עיקר המחשבה ואבן השתיה שממנו הושתת עולם שהם יסוד העולם ועבור ישראל נברא הכל, ולכך נקרא צור ישראל, שהוא צורה של ישראל החקוקה אצלו בכסא, כי הם עיקר הצורה ומחשבה שלו בתחילה. ובזה תבין מה שאמר הכתוב הנני עומד לפניך שם, רצה לומר בשבילך אני עומד שם, רצה לומר כמו שאתה עומד במחשבתך ודבוקה אצלי ממש כך אני עומד שם על הצור רצה לומר הצור של ישראל רצה לומר המחשבה שלי שהוא על ישראל ועבורם נבראו כל הדברים וכל החסדים טובים וכל מיני השפעות טובות וכל העולמות צריכים ליתן שפע לכנסת ישראל.

וזהו שאמר הכתוב והכית בצור, שתכה בזה הצור, רצה לומר שתעורר זו המחשבה עליונה אלהותי לכנסת ישראל ואז ויצאו מים, תמשוך כל השפעות וחסדים לישראל:

Et voici, assurément, à la mesure de ce que nous faisons en bas, nous éveillons en haut ce qui y correspond. S'il en est ainsi, lorsque nous sommes au degré de la station devant Lui seul, qu'Il soit béni, alors Lui aussi, qu'Il soit béni, à cause de Son affection pour Israël - qu'ils se multiplient ainsi - se tient devant nous comme nous nous tenons devant Lui ; et nos pensées parviennent à se porter sur le point central, qui est Sa divinité, qu'Il soit béni, laquelle est la racine de tout et le point intérieur qui vivifie tout.

Ainsi le Saint, béni soit-Il, Se contracte Lui-même (tsimtsoum) et Se place Lui-même sur le point d'Israël, eux qui sont le point de Sa pensée, eux pour lesquels il monta dans Sa volonté de créer tous les mondes - et tout cela afin de faire du bien à Israël. Et ils sont l'essentiel de la pensée, et la pierre de fondation (even ha-chetiya) à partir de laquelle le monde fut fondé, car ils sont le fondement du monde, et c'est pour Israël que tout a été créé.

Et c'est pourquoi Il est appelé 'rocher d'Israël (tsour Israël)', car c'est la forme (tsoura) d'Israël gravée auprès de Lui sur le trône, car ils sont l'essentiel de Sa forme et de Sa pensée au commencement. Et par cela tu comprendras ce que l'Écriture a dit 'me voici, Je me tiens devant toi là' : elle veut dire 'c'est pour toi que Je me tiens là', c'est-à-dire : de même que tu te tiens dans ta pensée et qu'elle est attachée auprès de Moi réellement, ainsi Je me tiens là 'sur le rocher', c'est-à-dire le rocher d'Israël, c'est-à-dire Ma pensée qui porte sur Israël, et pour eux toutes les choses ont été créées, et tous les bons hassadim (les bontés), et toutes les sortes de bonnes effusions ; et tous les mondes doivent donner l'abondance (chefa) à l'assemblée d'Israël (Knesset Israël).

Et c'est cela que l'Écriture a dit 'et tu frapperas le rocher' : que tu frappes ce rocher-ci, c'est-à-dire que tu éveilles cette pensée supérieure et divine à l'égard de l'assemblée d'Israël ; et alors 'il en sortira de l'eau' : tu attireras toutes les effusions et les hassadim vers Israël.

ומטה הא-להים בידי (שמות יז, ט). פירוש מה שהשם יתברך מטה העולם וכפי רצונו עושה עם העולם זה הוא בידי שאני יכול להטות העולם כפי רצוני כמאמר חכמינו ז"ל (מועד קטן טז:) מי מושל בי צדיק.

זהו ומטה הא-להים, מה שהשם יתברך יכול להטות העולם וזהו בידי, שנמסר לי הכח שהבורא יציית אותי וקל להבין:

'Et le bâton de Elokim est dans ma main (ou-maté ha-Elokim be-yadî)' (Exode 17,9). L'explication : ce que le Nom, qu'Il soit béni, incline (maté) le monde et fait du monde selon Sa volonté - le mot מטה signifiant à la fois 'bâton' et 'il incline' - cela est 'dans ma main', à savoir que je peux incliner le monde selon ma volonté, comme le propos de nos sages, de mémoire bénie (Moed Katan 16b) : 'qui domine sur Moi ?

Le juste'. C'est cela 'ou-maté ha-Elokim' : ce que le Nom, qu'Il soit béni, peut incliner le monde ; et c'est cela 'dans ma main', à savoir que m'a été remise la force telle que le Créateur m'obéit.

Et c'est facile à comprendre.

כתוב זאת זכרון בספר (שמות יז, ט). והנה חכמינו ז"ל אמרו (מגילה יג.) למה נקרא שמה אסתר על שם אסתהר לבנה.

כי הנה יש שהקדוש ברוך הוא עושה ניסים אשר הם למעלה מהטבע כמו יציאת מצרים ובקיעת ים סוף, ויש שהקדוש ברוך הוא עושה הנס בהטבע כמו בנס מרדכי ואסתר שהנס היה בטבע שבתחילה אהב את המן ובסוף אהב את אסתר ומרדכי ונמצא הנס היה בטבע. והנה הנס אשר למעלה מהטבע נקרא הוי"ה והנס אשר בהטבע נקרא אדנ"י וכן איתא ברמב"ן הקדוש בפירושו על התורה.

והנה הטבע היא בחינת מקבל, כי היא מקבלת תמיד מאשר היא למעלה מן הטבע ונמצא הנס אשר בתוך הטבע כנס מרדכי ואסתר הוא בבחינת לבנה הנקראת בשם אדנ"י, כי הוא בבחינת מקבל כנ"ל כמו שהלבנה מקבלת מן החמה כן הוא בחינות הנס במרדכי ואסתר. וזה שאמרו אסתר על שם כו' לבנה, לרמז על הנ"ל.

והנה זה שהקדוש ברוך הוא עושה הנס למעלה מהטבע על ידי זה גם הקליפות נכנעים לפניו כמו שכתוב (שמות יח, א) וישמע יתרו מה שמועה שמע כו', וכמו שדרשו חכמינו ז"ל (שיר השירים רבה א) על כן עלמות אהבוך (שיר השירים א, ג) בשעת יציאת מצרים והנה זה הרשע עמלק זה היה רשע גדול כל כך ולא הכניע את עצמו באלו הניסים אשר היו למעלה מהטבע כמו שאמרו חכמינו ז"ל על אותו רשע משל לאמבטיה. ונמצא לזה הרשע לא הועיל כלל הנס אשר היה למעלה מהטבע לכך ציוה השם יתברך להלחם עמו.

וזה שכתוב וצא הלחם בעמלק. ומלחמה מורה על הטבע כדי להכניע אותו בהטבע וכבר כתבנו שהנס אשר הוא בהטבע נקראת לבנה ולכך עשה יהושע המלחמה ולא משה לרמוז על הנ"ל כמאמר חכמינו ז"ל (בבא בתרא עה.) פני משה כפני חמה פני יהושע כפני לבנה לרמז על כל הנ"ל שהנס אשר היה עם עמלק היה בטבע.

והנה תורה שבכתב מרמז על למעלה מהטבע ותורה שבעל פה מרומז על הטבע ותורה שבעל פה מקבלת מתורה שבכתב. והנה בכאן שנתקן הטבע בהנס דמרדכי ואסתר אז התחיל לצמוח כתיבת תורה שבעל פה כיון שנתקן הטבע.

וזהו הרמז כתוב זאת זכרון בספר שדרשו רבותינו ז"ל (מגילה ז.) על הנס דמרדכי ואסתר. וזהו הרמז כתוב זאת, זאת מרמז על תורה שבעל פה כי היא מקבלת תמיד מתורה שבכתב:

'Écris ceci en mémorial dans le livre' (Exode 17,14). Et voici, nos sages, de mémoire bénie, ont dit (Meguila 13a) : pourquoi fut-elle appelée du nom d'Esther ?

À cause de 'istéhar (אסתהר)', la lune. Car voici, il y a des cas où le Saint, béni soit-Il, fait des miracles qui sont au-dessus de la nature, comme la sortie d'Égypte et l'ouverture de la mer des Joncs ; et il y a des cas où le Saint, béni soit-Il, fait le miracle à l'intérieur de la nature, comme dans le miracle de Mordekhai et Esther, où le miracle fut dans la nature : au commencement il aimait Haman, et à la fin il aima Esther et Mordekhai ; il se trouve donc que le miracle fut dans la nature.

Et voici, le miracle qui est au-dessus de la nature est appelé du Nom הוי'ה, et le miracle qui est dans la nature est appelé du Nom אדנ'י ; et ainsi cela se trouve dans le Ramban saint, dans son commentaire sur la Torah. Et voici, la nature est de l'aspect du recevant (mekabel), car elle reçoit toujours de ce qui est au-dessus de la nature ; et il se trouve que le miracle qui est à l'intérieur de la nature, comme le miracle de Mordekhai et Esther, est de l'aspect de la lune, appelée du nom אדנ'י, car elle est de l'aspect du recevant comme ci-dessus : de même que la lune reçoit du soleil, ainsi est l'aspect du miracle chez Mordekhai et Esther.

Et c'est cela qu'ils ont dit 'Esther, à cause de, etc., la lune', pour faire allusion à ce qui précède. Et voici, du fait que le Saint, béni soit-Il, fait le miracle au-dessus de la nature, par cela même les kelipot (les écorces, les forces d'impureté) se soumettent devant Lui, comme il est écrit (Exode 18,1) 'et Yitro entendit' : quelle nouvelle entendit-il, etc. ; et comme l'ont expliqué nos sages, de mémoire bénie (Chir ha-Chirim Rabba 1), sur 'c'est pourquoi les jeunes filles T'aiment' (Cantique 1,3), que ce fut au moment de la sortie d'Égypte.

Et voici, ce méchant, Amalek, était un si grand méchant qu'il ne se soumit pas lui-même devant ces miracles qui étaient au-dessus de la nature, comme l'ont dit nos sages, de mémoire bénie, au sujet de ce méchant : la parabole du bain brûlant. Il se trouve donc que pour ce méchant, le miracle qui était au-dessus de la nature ne servit à rien du tout ; c'est pourquoi le Nom, qu'Il soit béni, ordonna de lui faire la guerre.

Et c'est ce qui est écrit 'et sors, combats Amalek' (Exode 17,9). Et la guerre indique la nature, afin de le soumettre par la nature ; et nous avons déjà écrit que le miracle qui est dans la nature est appelé lune.

Et c'est pourquoi ce fut Yehochoua qui fit la guerre, et non Moche, pour faire allusion à ce qui précède, comme le propos de nos sages, de mémoire bénie (Bava Batra 75a) : 'le visage de Moche était comme le visage du soleil, le visage de Yehochoua comme le visage de la lune' - pour faire allusion à tout ce qui précède, à savoir que le miracle qui eut lieu avec Amalek fut dans la nature. Et voici, la Torah écrite fait allusion à ce qui est au-dessus de la nature, et la Torah orale est indiquée par la nature, et la Torah orale reçoit de la Torah écrite.

Et voici, ici, où la nature fut réparée (tikoun) par le miracle de Mordekhai et Esther, alors commença à germer la mise par écrit de la Torah orale, puisque la nature avait été réparée. Et c'est cela l'allusion de 'écris ceci en mémorial dans le livre', que nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué (Meguila 7a) comme portant sur le miracle de Mordekhai et Esther.

Et c'est cela l'allusion 'écris ceci (zot)' : 'zot' fait allusion à la Torah orale, car elle reçoit toujours de la Torah écrite.

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