קדושת לוי

Kedushat Levi — Exodus, Bo (4/4)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

« Aujourd'hui vous sortez au mois de l'aviv » (Exode 13,4). Rabbi Lévi Its'hak rapporte la controverse de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua : l'un dit qu'ils seront délivrés à l'avenir en Nissan, l'autre en Tichri. Tichri, du même ordre que tachrak (l'alphabet à rebours), fait allusion au jugement ; aviv contient alef-beit, allusion aux miséricordes. Dire Tichri, c'est qu'ils seront délivrés même au temps du jugement, parce que tout Israël sert le Créateur. Dire Nissan, c'est qu'au degré le plus bas encore, le Saint, béni soit-Il, les délivrera dans l'abondance de Ses bontés. Telle est l'intention du verset : même si vous n'êtes pas dignes, Il vous délivre.

Aussi : plaider en faveur d'Israël, Mordekhai valant rav ''hessed ('abondance de bonté') ; netilat yadayim, élever les mains et l'amour du manger vers le Nom ; Pessa'h, Chavouot et Souccot, une illumination qu'on fait descendre aussi les jours ordinaires.

היום אתם יוצאים בחודש האביב. נראה, דהנה הבורא ברוך הוא לא בחר רק בישראל לפיכך אין שום אחד רשאי לומר על ישראל שום דבר רע רק ללמד זכות על ישראל כמו שכתוב גבי מרדכי (אסתר י, ג) דורש טוב לעמו.

ומרדכי כמנין רב חסד, דהיינו שהקדוש ברוך הוא נותן רב חסד לישראל. והנה הנוטל ידיו צריך לברך על נטילת ידים.

וכתב הבית יוסף דהיינו להגביה ידיו, שנטילה הוא לשון הגבהה. והכלל הוא כך, דהנה האדם נחלק לשלשה חלקים.

הראש עם האברים של הראש. והידים עם הגוף.

והרגלים. והנה האיברי הראש, דהיינו עינים והאזנים לא נבראו רק להביט אל ה' ולשמוע דברי מוסר ודברי תורה.

והפה לא נברא רק לדבר דברי תורה וללמד זכות על ישראל. וזהו אברי הראש.

והידים, הם מרמזים על אהבה, דהיינו כשמגביה מגביה האהבה למעלה. והרגלים, הם מרומזים על האמונה, כי שקר אין לו רגלים, לפיכך כשאדם יושב לאכול צריך להגביה הנצוצות כדי שלא יהיה אכילה רק להנאת גופו.

ולכך כתב הבית יוסף כשנוטל ידיו צריך להגביה ידיו, דהיינו האהבה מן האכילה להשם יתברך:

'Aujourd'hui vous sortez au mois de l'aviv (le mois du printemps)' (Exode 13,4). Il paraît que voici : le Créateur, béni soit-Il, n'a choisi qu'Israël ; c'est pourquoi nul n'a le droit de dire sur Israël quoi que ce soit de mauvais, mais seulement de plaider en faveur d'Israël (lelamed zekhout, faire valoir le mérite), comme il est écrit au sujet de Mordekhai (Esther 10,3) 'il recherchait le bien de son peuple'.

Et מרדכי (Mordekhai) a la même valeur numérique que רב חסד ('abondance de bonté', 274), c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, donne une abondance de bonté à Israël. Et voici, celui qui se lave les mains doit dire la bénédiction 'al netilat yadayim' (sur l'ablution des mains).

Et le בית יוסף (le Beit Yossef, de Rabbi Yossef Karo) a écrit que cela signifie élever ses mains, car נטילה (netila) est un terme d'élévation. Et voici la règle : l'homme se divise en trois parties.

La tête avec les organes de la tête. Les mains avec le corps.

Et les jambes. Et voici, les organes de la tête, c'est-à-dire les yeux et les oreilles, n'ont été créés que pour regarder vers ה' et pour entendre des paroles de morale (mousar) et des paroles de Torah.

Et la bouche n'a été créée que pour dire des paroles de Torah et pour plaider en faveur d'Israël. Voilà pour les organes de la tête.

Et les mains, elles font allusion à l'amour, c'est-à-dire que lorsqu'il les élève, il élève l'amour vers le haut. Et les jambes, elles font allusion à la foi (emouna), car 'le mensonge n'a pas de jambes' ; c'est pourquoi, lorsque l'homme s'assied pour manger, il doit élever les étincelles (nitsotsot, les étincelles de sainteté enfouies dans la matière), afin que le manger ne soit pas seulement pour le plaisir de son corps.

Et c'est pourquoi le Beit Yossef a écrit que, lorsqu'il se lave les mains, il doit élever ses mains, c'est-à-dire élever l'amour, du manger vers le Nom, qu'Il soit béni.

והנה אמרינן בגמרא (ראש השנה י:) פלוגתא דרבי אליעזר ורבי יהושע, חד אמר בניסן עתידין ליגאל, וחד אמר בתשרי עתידין ליגאל. שלשון תשרי הוא לשון תשר"ק, והתשר"ק הוא מרמז על המשפט, והא"ב הוא מרמז על החסדים ורחמים, וניסן הוא חודש האבי"ב, ואביב הוא א"ב, שהוא מרמז על רחמים.

וזהו הפלוגתא בגמרא גם כן על הדרך הזה, דהיינו שמאן דאמר בתשרי עתידין ליגאל, כלומר אפילו בעת המשפט שתשרי מרומז על המשפט, אף על פי כן יהיו ראוין ליגאל מחמת שכל ישראל עובדים את הבורא אבל חס ושלום אם לא היו עובדין לא היו נגאלין. ומאן דאמר שבניסן עתידין ליגאל, וניסן הוא הרמז על הרחמים, כלומר אפילו כשיהיו ישראל במדריגה התחתונה ואינם ראוין ליגאל, אף על פי כן הקדוש ברוך הוא ברוב רחמיו וחסדיו יגאלם.

וזהו כוונה ויאמר משה אל העם היום אתם יוצאים בחודש האבי"ב, דהיינו אפילו שאין ראוין אתם לגאולה אף על פי כן הקדוש ברוך הוא ברוב חסדיו יגאל אתכם ואם ירצה השם ברוב רחמיו יגאל אותנו בקרוב אף על פי שאין אנו ראוין לגאולה אמן:

Et voici, nous disons dans la guemara (Roch Hachana 10b) la controverse de Rabbi Eliezer et de Rabbi Yehochoua : l'un dit qu'au mois de Nissan ils seront délivrés à l'avenir, et l'autre dit qu'au mois de Tichri ils seront délivrés à l'avenir. Car le mot תשרי (Tichri) est du même ordre que תשר״ק (tachrak, l'alphabet à rebours : tav, chin, rech, kof), et le תשר״ק fait allusion au jugement (michpat), tandis que le א״ב (alef, beit, l'alphabet dans son ordre) fait allusion aux hassadim (les bontés) et aux miséricordes ; et Nissan est le mois de l'אבי״ב (aviv, le printemps), et אביב contient א״ב, qui fait allusion aux miséricordes.

Et telle est aussi la controverse de la guemara, selon cette voie : celui qui dit qu'au mois de Tichri ils seront délivrés à l'avenir veut dire que même au temps du jugement - car Tichri fait allusion au jugement - malgré cela ils seront dignes d'être délivrés, parce que tout Israël sert le Créateur ; mais, à Dieu ne plaise, s'ils ne Le servaient pas, ils ne seraient pas délivrés. Et celui qui dit qu'au mois de Nissan ils seront délivrés à l'avenir - et Nissan est l'allusion aux miséricordes - veut dire que même lorsque Israël se trouvera au degré le plus bas et ne sera pas digne d'être délivré, malgré cela le Saint, béni soit-Il, dans l'abondance de Ses miséricordes et de Ses bontés, les délivrera.

Et telle est l'intention de 'et Moché dit au peuple : aujourd'hui vous sortez au mois de l'אבי״ב' (Exode 13,3-4), c'est-à-dire : même si vous n'êtes pas dignes de la délivrance, malgré cela le Saint, béni soit-Il, dans l'abondance de Ses bontés, vous délivrera ; et s'il plaît au Nom, dans l'abondance de Ses miséricordes, Il nous délivrera bientôt, bien que nous ne soyons pas dignes de la délivrance, amen.

ושמרת את החוקה הזאת למועדה מימים ימימה (שמות יג, י). דהנה ברגלים, פסח, שבועות, סוכות, נחקק הארה לכל השנה בעולם, שנה, נפש, דפסח הוא בזמן, כי אין בין חמץ למצה אלא משהו, דהיינו שיעור מיל.

ושבועות הוא בנפש קבלת התורה. וסוכות הוא בעולם שהם משפיעין לכל השנה.

וזה מימים ימימה, שמשפיעים לימימה, דהיינו לכל השנה שגם בחול יכולין להמשיך הארת החגים כשמאמין בניסים ממשיך הארת פסח ובקבלת התורה ממשיך הארת שבועות ובמחילות עונות ממשיך הארת סוכות:

'Et tu garderas cette loi en son temps fixé, de jour en jour (mi-yamim yamima)' (Exode 13,10). Car voici : dans les fêtes de pèlerinage - Pessa'h, Chavouot, Souccot - une illumination (haara) est gravée pour toute l'année, dans le monde, l'année et l'âme (olam, chana, nefech - l'espace, le temps et l'âme).

Car Pessa'h est dans le temps, puisqu'il n'y a entre le hametz et la matsa qu'un rien, c'est-à-dire la mesure d'un mille (le temps de marcher un mille). Et Chavouot est dans l'âme : la réception de la Torah.

Et Souccot est dans le monde, car ils déversent l'abondance pour toute l'année. Et c'est cela 'de jour en jour', qu'ils déversent vers les jours, c'est-à-dire vers toute l'année ; car même les jours ordinaires on peut faire descendre l'illumination des fêtes : lorsqu'on croit aux miracles, on fait descendre l'illumination de Pessa'h ; par la réception de la Torah, on fait descendre l'illumination de Chavouot ; et par le pardon des fautes, on fait descendre l'illumination de Souccot.

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