« Sa tête avec ses pattes et ses entrailles » (Chemot 12,9). Selon Rabbi Lévi Its'hak, l'homme est à l'image des mesures (midot) d'en haut : les jambes indiquent la foi, en deux aspects, que le Créateur précède tout et qu'Israël obtient par la prière ce qu'il veut ; l'alliance sainte indique l'attachement à la foi ; le corps, le Tiferet, afin que le Créateur se glorifie en lui ; les mains, l'amour et la crainte ; la tête, à scruter Sa grandeur jusqu'à l'annulation dans l'existence, puis la joie. En Égypte, Israël n'avait que la foi ; les autres mesures, encore scellées pour le don de la Torah, étaient cachées « sur ses pattes ».
Aussi : pourquoi nous disons Pessa'h et la Torah « fête des matsot » ; « c'est une nuit de veille pour Hachem », Hachem garde l'abondance pour qu'elle n'aille pas aux hitsonim (forces du dehors) ; « sanctifie-moi tout premier-né », Israël est le premier-né de la création.
ראשו על כרעיו ועל קרבו (שמטת יב, ט). הכלל, כי האדם דוגמת מדות של מעלה.
הרגלים, הם מורים על מדת אמונה ובאמונה הם שני בחינות. אחד, שצריך האדם להאמין באמונה שלימה שהבורא יתברך ברוך הוא קדמון לכל וכל העולמות הם מחודשים ונבראים ממנו.
ועוד צריך האדם להאמין שאנחנו עמו ישראל הם קרובים אליו לפעול כל מה שירצה איש ישראל מאת הבורא ברוך הוא בתפילתו. וזהו מורה הרגלים אל אלו שני בחינות של אמונה.
וברית קודש, הוא מורה על התקשרות שצריך האדם לקשר עצמו באמונה. והגוף, מורה על התפארת שצריך האדם לעשות הכל כדי שהבורא ברוך הוא יתפאר עצמו בו כמאמר הכתוב (ישעיה מט, ג) ישראל אשר בך אתפאר.
והשני הידים, מורים על אהבה ויראה. יד ימין, על אהבה שצריך האדם לאהבה את ה'.
ויד שמאל, על יראה לירא את ה'. והראש, מורה שאדם חוקר בגדולת הבורא ברוך הוא כמה רבבות מלאכים ורבבות חיות הקודש ורבבות אופני הקודש ורבבות שרפי הקודש עומדים לפניו באימה וביראה גדולה ואז הוא בטל במציאות ואחר כך מגיע לאדם שמחה:
'Sa tête avec ses pattes et ses entrailles' (Exode 12,9). Voici la règle : l'homme est à l'image des mesures (midot) d'en haut.
Les jambes indiquent la mesure de la foi (emouna), et dans la foi il y a deux aspects (behinot). Le premier : l'homme doit croire d'une foi entière que le Créateur, qu'Il soit béni, béni soit-Il, précède tout, et que tous les mondes sont des choses nouvelles, créés par Lui.
Et de plus, l'homme doit croire que nous, Son peuple Israël, nous sommes proches de Lui, au point d'obtenir du Créateur, béni soit-Il, par sa prière, tout ce que veut l'homme d'Israël. Et c'est cela que les jambes indiquent, ces deux aspects de la foi.
Et l'alliance sainte (berit kodech) indique l'attachement, car l'homme doit se lier lui-même à la foi. Et le corps indique le Tiferet (la sefira de la beauté), car l'homme doit tout faire afin que le Créateur, béni soit-Il, se glorifie en lui, selon la parole du verset (Isaie 49,3) 'Israël, en qui je me glorifie'.
Et les deux mains indiquent l'amour et la crainte. La main droite indique l'amour, car l'homme doit aimer ה' ; et la main gauche indique la crainte, pour craindre ה'.
Et la tête indique que l'homme scrute la grandeur du Créateur, béni soit-Il : combien de myriades d'anges, de myriades de hayot ha-kodech (les 'vivants' saints du char céleste), de myriades de ofanim saints (les 'roues' du char) et de myriades de serafim saints se tiennent devant Lui dans l'effroi et dans une grande crainte ; et alors il est annulé dans l'existence (batel bi-metsiout), et ensuite l'homme parvient à la joie.
והנה ישראל במצרים לא היה להם רק מדת אמונה כמאמר הכתוב (שמות ד, לא) ויאמן העם, וכבר בארנו, כי מדת אמונה מורה על הרגלים. וזהו הרמז בפסוק פרשת בשלח (שמות יד, ז) שש מאות אלף רגלי העם, כלומר שהיה להם רק מדת אמונה המורה על הרגלים ושאר המדות עתידין היו ישראל לקבלם בשעת מתן תורה אבל עדיין היה סתום בהם.
וזהו הרמז בפסוק בקרבן פסח ראשו על כרעיו ועל קרבו, כלומר טמיר וגנוז אלו המדות על כרעיו על אמונה. ובזה יבואר מאמר חכמינו ז"ל (מנחות סה:) על פסוק (ויקרא כג, טו) וספרתם לכם ממחרת השבת, ממחרת יום טוב ראשון של פסח, ולא כצדוקין כו', כי באמת שבת קבוע וקיימא, כי שבת מרומז על הרוחניות של עולם ולכך אסורין בו כל מלאכה ומטעם זה שבת נקרא קודש ויום טוב מקרא קודש, כי ישראל הם מקדשים לזמנים כפי המצות שעושין בכל יום טוב בפסח עם המצות ושביתת חמץ ושבועות בקבלת התורה וסוכות מחמת מחילת עונות לכן יש קצת מלאכות, דהיינו מלאכת אוכל נפש המותר ביום טוב ואסור בשבת, כי אסור לעשות מרוחניות גשמיות:
Or Israël, en Égypte, n'avait que la mesure de la foi, selon la parole du verset (Exode 4,31) 'et le peuple crut' ; et nous avons déjà expliqué que la mesure de la foi indique les jambes. Et telle est l'allusion contenue dans le verset de la parachat Bechalah (Exode 14,7) 'six cent mille hommes de pied (רגלי) du peuple' : c'est-à-dire qu'ils n'avaient que la mesure de la foi, qui indique les jambes, tandis que les autres mesures, Israël devait les recevoir à l'heure du don de la Torah, mais elles étaient encore scellées en eux.
Et telle est l'allusion contenue dans le verset au sujet du sacrifice pascal, 'sa tête avec ses pattes et ses entrailles' : c'est-à-dire que ces mesures étaient cachées et enfouies, posées 'sur ses pattes', c'est-à-dire sur la foi. Et par là s'expliquera la parole de nos maîtres, de mémoire bénie (Menahot 65b), sur le verset (Lévitique 23,15) 'et vous compterez pour vous à partir du lendemain du chabbat' : le lendemain du premier jour de fête de Pessa'h, et non comme les Sadducéens, etc.
Car en vérité le chabbat est fixe et établi d'avance, car le chabbat fait allusion à la spiritualité du monde, et c'est pourquoi tout travail y est interdit ; et pour cette raison le chabbat est appelé 'saint' (kodech), tandis que le jour de fête est appelé 'convocation sainte' (mikra kodech), car c'est Israël qui sanctifie les temps selon les commandements qu'il accomplit en chaque jour de fête : à Pessa'h avec les matsot et la cessation du hametz, à Chavouot par la réception de la Torah, et à Souccot en raison du pardon des fautes. C'est pourquoi certains travaux y sont permis, à savoir le travail nécessaire à la nourriture (melekhet okhel nefech), permis le jour de fête et interdit le chabbat - car il est interdit de faire du spirituel une chose matérielle.
ונבאר גם כן הקושיא מהאלשיך הקדוש למה גשם הולך בשבת והמן לא ירד בשבת. ובזה יתורץ, כי הגשם אין אדם צריך לעשות בו במחשבה אבל אצל המן צריך אדם לעשות בו במחשבה כמה צריך לאנשי ביתו, דהיינו אם קנה עבד או נולד לו בן צריך לחשוב במחשבה כמה צריך לנפשות ביתו וכן היה עומר לגלגולת וגם לחשוב איזה טעם יהיה לו למן לכך לא ירד המן בשבת שלא לעשות מרוחניות גשמיות אפילו במחשבה אבל אצל הגשם אין צריך אדם לעשות בו שום פעולה אפילו במחשבה לכן הגשם יורד בשבת.
ומתורץ הקושיא של האלשיך. ונחזור לענין הראשון למה נקרא יום טוב שבת כנ"ל, כי כבר בארנו שבת הוא מאת ה' לבדו, ויום טוב הוא מחמת המצות שישראל עושין.
והנה פסח עשה הקדוש ברוך הוא לנו ניסים ונפלאות אף על פי שלא היו ראוים לכך נמצא הקדושה הוא מה' לבדו ונמצא הוא שוה לבחינה א' לשבת רק מחמת האמונה שהיה לישראל כנ"ל לכך נקרא גם כן מקרא קודש. ועל בחינה ראשונה הנ"ל הפסוק קורא יום טוב של פסח מקרא קודש:
Nous expliquerons aussi la difficulté du saint Alchikh (Rabbi Moché Alchikh) : pourquoi la pluie tombe-t-elle le chabbat, alors que la manne ne descendait pas le chabbat ? Et par ceci cela se résout : pour la pluie, l'homme n'a rien à y faire par la pensée ; mais pour la manne, l'homme devait y agir par la pensée - combien il fallait pour les gens de sa maison, à savoir s'il avait acheté un esclave ou s'il lui était né un fils, il devait calculer par la pensée combien il fallait pour les âmes de sa maison, et ainsi était-ce 'un omer par tête' ; et aussi penser quel goût il voulait que la manne eût.
C'est pourquoi la manne ne descendait pas le chabbat, afin de ne pas faire du spirituel une chose matérielle, même par la pensée ; tandis que pour la pluie, l'homme n'a à accomplir aucune action, pas même par la pensée, et c'est pourquoi la pluie tombe le chabbat. Et la difficulté de l'Alchikh est résolue.
Revenons à la question première : pourquoi le jour de fête est-il appelé chabbat, comme ci-dessus ? Car nous avons déjà expliqué que le chabbat vient de ה' seul, tandis que le jour de fête vient des commandements qu'Israël accomplit.
Or à Pessa'h, le Saint, béni soit-Il, a fait pour nous des miracles et des merveilles, bien qu'ils n'en fussent pas dignes ; il s'ensuit que la sainteté vient de ה' seul, et il s'ensuit qu'il est égal au chabbat quant à un premier aspect, seulement en raison de la foi qu'avait Israël, comme ci-dessus - c'est pourquoi il est appelé lui aussi 'convocation sainte'. Et c'est sur ce premier aspect mentionné plus haut que le verset appelle le jour de fête de Pessa'h 'convocation sainte'.
או יבואר, כי אנו עם קדוש קורים אותו שבת, כי אנו תולים הנס רק בה' לבדו, כלומר שלא היינו ראוין לכך לעשות לנו הנס, רק השם יתברך עשה לנו הנס לכך אנו קורין אותו שבת. וזהו הרמז (ויקרא כג, טו) וספרתם לכם ממחרת השבת, כלומר אתם קורין אותו שבת אבל השם יתברך תולה הנס בנו, כלומר שהיינו ראוים לכך שיעשה לנו ניסים ולכך קורא אותה יום טוב מקרא קודש:
Ou bien l'on dira : nous, peuple saint, nous l'appelons 'chabbat', car nous rapportons le miracle à ה' seul, c'est-à-dire que nous n'étions pas dignes que le miracle fut fait pour nous, et que c'est le Nom, qu'Il soit béni, qui a fait pour nous le miracle - c'est pourquoi nous l'appelons 'chabbat'. Et telle est l'allusion de (Lévitique 23,15) 'et vous compterez pour vous à partir du lendemain du chabbat' : c'est-à-dire que vous, vous l'appelez 'chabbat', mais le Nom, qu'Il soit béni, rapporte le miracle à nous, c'est-à-dire que nous étions dignes qu'Il accomplit pour nous des miracles - et c'est pourquoi Il l'appelle 'jour de fête', 'convocation sainte'.
ואמרתם זבח פסח הוא לה' (שמות יב, כז). והנה יש להבין שאנו קורין את יום טוב המכונה בתורה בשם חג המצות אנו קורין אותו פסח, והיכן רמז זה בתורה לקרוא יום טוב זה בשם פסח, והלא בכל התורה נקרא יום טוב זה בשם חג המצות.
והנה כתיב (שיר השירים ו, ג) אני לדודי ודודי לי, היינו שאנו מספרים שבחו של הקדוש ברוך הוא והקדוש ברוך הוא מספר שבח של ישראל. וכן הוא שאנו מניחין תפילין וכתיב בהן שבח של הקדוש ברוך הוא והקדוש ברוך הוא מניח תפילין שכתוב בהן שבח ישראל.
ובזה יובן מה שכתוב בתנא דבי אליהו דמצוה לספר שבחן של ישראל ויש להשם יתברך נחת רוח מזה שמספר בשבחן של ישראל. ונראה הטעם, משום דאסור להסיח דעת מתפילין ומצוה על כל אדם לעסוק תמיד בתפילין, דהיינו או לספר השבח של ישראל דהיינו תפילין דמארי עלמא שכתוב בהן שבח של ישראל כדאמרינן בגמרא (ברכות ו.) תפילין דמארי עלמא מה כתיב בהו מי כעמך ישראל כו'.
או לספר בשבח של הקדוש ברוך הוא דהוא תפילין של ישראל שכתוב בהם שבח השם יתברך, דהיינו שמע, קדש, והיה כי יביאך. ונמצא תמיד אנו מספרים שבח השם יתברך והשם יתברך מספר שבח ישראל.
והנה חג המצות נקרא על שבח ישראל. ועיין ברש"י על פסוק ויאפו את הבצק עוגות מצות גו' וגם צדה גו'.
ועיין ברש"י מגיד שבחן של ישראל כו', שמפורש בקבלה זכרתי לך כו', עיין שם. ונמצא נקרא חג המצות על שם שבח ישראל שאפו את הבצק עוגות מצות.
ולזה בתורה נקרא יום טוב זה בשם חג המצות כביכו"ל השם יתברך מספר שבח של ישראל. ואנו קורין היום טוב בשם פסח על שם שבח השם יתברך ואמרתם זבח פסח הוא לה' אשר פסחכו', שהוא שבח השם יתברך על דרך הפסוק אני לדודי ודודי לי:
'Et vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h pour ה'' (Exode 12,27). Or il y a lieu de comprendre ceci : nous appelons 'Pessa'h' le jour de fête que la Torah désigne du nom de 'fête des matsot' ; où donc, dans la Torah, est-il fait allusion à ce que l'on appelle ce jour de fête du nom de Pessa'h, alors que dans toute la Torah ce jour de fête est appelé 'fête des matsot' ?
Or il est écrit (Cantique des cantiques 6,3) 'je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi', à savoir que nous racontons la louange du Saint, béni soit-Il, et que le Saint, béni soit-Il, raconte la louange d'Israël. Et il en est bien ainsi : nous posons les téfilines, et il y est écrit la louange du Saint, béni soit-Il ; et le Saint, béni soit-Il, pose des téfilines dans lesquels est écrite la louange d'Israël.
Et par là se comprend ce qui est écrit dans le Tana debe Eliyahou : que c'est un commandement de raconter la louange d'Israël, et que le Nom, qu'Il soit béni, en tire un contentement, de ce que l'on raconte la louange d'Israël. Et la raison en paraît être qu'il est interdit de détourner sa pensée des téfilines, et que c'est un commandement pour tout homme de s'occuper toujours des téfilines : à savoir, ou bien raconter la louange d'Israël - ce sont les téfilines du Maître du monde, dans lesquels est écrite la louange d'Israël, comme nous le disons dans la guemara (Berakhot 6a) : les téfilines du Maître du monde, qu'y est-il écrit ? 'Qui est comme ton peuple Israël', etc. - ou bien raconter la louange du Saint, béni soit-Il, et ce sont les téfilines d'Israël, dans lesquels est écrite la louange du Nom, qu'Il soit béni, à savoir Chema, Kadech, et Vehaya ki yéviakha.
Il s'ensuit que toujours nous racontons la louange du Nom, qu'Il soit béni, et que le Nom, qu'Il soit béni, raconte la louange d'Israël. Or la 'fête des matsot' est nommée d'après la louange d'Israël.
Et vois Rachi sur le verset 'et ils cuisirent la pâte en galettes de matsot, etc., et aussi des provisions, etc.' ; vois Rachi : cela dit la louange d'Israël, etc., car il est explicite dans les livres prophétiques 'je me souviens en ta faveur', etc., vois-y. Il s'ensuit qu'elle est appelée 'fête des matsot' d'après la louange d'Israël, qui cuisit la pâte en galettes de matsot.
Et c'est pourquoi, dans la Torah, ce jour de fête est appelé du nom de 'fête des matsot' : pour ainsi dire (כביכו״ל), le Nom, qu'Il soit béni, raconte la louange d'Israël. Et nous, nous appelons ce jour de fête du nom de 'Pessa'h', d'après la louange du Nom, qu'Il soit béni : 'et vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h pour ה', qui a passé (pasah) au-dessus', etc., ce qui est la louange du Nom, qu'Il soit béni, selon la voie du verset 'je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi'.
או יבואר ואמרתם זבח פסח הוא לה', היינו כשתדברו בתורה ובתפלה וזהו פסח, פ"ה ס"ח, תראו שיהיה בחינת הוא, היינו נסתר יהיה להן בחינות התגלות ודו"ק:
Ou bien l'on expliquera 'et vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h pour ה'' : à savoir, lorsque vous parlerez de Torah et de prière - et c'est cela פסח (Pessa'h), soit פ״ה ס״ח, 'la bouche parle' - vous verrez qu'il y aura l'aspect de 'Lui' (הוא), à savoir que ce qui est caché aura pour eux l'aspect de la révélation ; et scrute bien (ודו״ק : ודייק ותמצא קל, 'scrute et tu trouveras aisément').
עוד יבואר ואמרתם זבח פסח הוא לה', היינו כשתרצו להביא קרבן עתה בגלות המר שאין לנו קרבנות. אזי ואמרתם זבח פסח הוא לה', היינו שתדברו בתורה ובתפלה בדעת צלולה שיהיה רק לה' לבדו:
Il sera encore expliqué 'et vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h pour ה'' : à savoir, lorsque vous voudrez apporter un sacrifice à présent, dans l'exil amer où nous n'avons pas de sacrifices, alors 'et vous direz : c'est le sacrifice de Pessa'h pour ה'', à savoir que vous parlerez de Torah et de prière avec une conscience limpide (daat tselula), afin que ce soit uniquement pour ה' seul.
ליל שימורים הוא לה' (שמות יב, מב). הכלל, הקדוש ברוך הוא משפיע תמיד חסד על ישראל וכדי שלא יקבלו חס ושלום החיצונים מהחסד ההוא הנשפע מהבורא ברוך הוא על העולמות לזה ישראל בהמצות עושים פעולות שהבורא ברוך הוא ישפיע תמיד חסד על ישראל ובלא תעשה פועלים שלא יקבלו החיצונים השפע.
והנה במצרים עדיין לא קבלו ישראל התורה המצות עשה והמצות לא תעשה אך כביכו"ל השם יתברך בעצמו עשה זה לטובת ישראל לשמור השפע וחסד שלא יוכלו החיצונים לקבל. וזהו הרמז ליל שמורים הוא לה', כביכו"ל עשה זה השמירה שלא יקבלו החיצונים השפע.
וזהו הרמז במדרש אני שמרתי מצות הזקן תחילה, כי אברהם אבינו עליו השלום עשה זה השמירה שלא יקבלו החיצונים השפע וקודם שבא אברהם אבינו אזי השם יתברך לאהבת נשמת ישראל עשה זה השמירה שלא יקבלו החסד רק נשמת ישראל:
'C'est une nuit de veille pour ה'' (Exode 12,42). Voici la règle : le Saint, béni soit-Il, déverse continuellement la bonté ('hessed) sur Israël ; et afin que les 'extérieurs' (hitsonim, les forces du dehors, les kelipot) ne reçoivent pas - à Dieu ne plaise - de cette bonté déversée par le Créateur, béni soit-Il, sur les mondes, Israël, par les commandements positifs, agit pour que le Créateur, béni soit-Il, déverse continuellement la bonté sur Israël, et par les commandements négatifs il agit pour que les 'extérieurs' ne reçoivent pas l'abondance.
Or en Égypte, Israël n'avait pas encore reçu la Torah, les commandements positifs et les commandements négatifs ; mais, pour ainsi dire (כביכו״ל), le Nom, qu'Il soit béni, fit cela Lui-même pour le bien d'Israël, afin de garder l'abondance et la bonté pour que les 'extérieurs' ne puissent pas les recevoir. Et telle est l'allusion de 'c'est une nuit de veille pour ה'' : pour ainsi dire, Il fit Lui-même cette garde, afin que les 'extérieurs' ne reçoivent pas l'abondance.
Et telle est l'allusion contenue dans le midrach : 'moi, j'ai garde les מצות (les matsot, ou les commandements) du vieillard en premier' - car Avraham notre père, que la paix soit sur lui, fit cette garde, afin que les 'extérieurs' ne reçoivent pas l'abondance ; et avant qu'Avraham notre père ne vint, alors le Nom, qu'Il soit béni, par amour pour l'âme d'Israël, fit cette garde, afin que seule l'âme d'Israël reçut la bonté.
עוד יבואר הפסוק ליל שמורים הוא לה'. שמורים הם לבני ישראל לדורותם.
יש לדקדק מה שאמר תחילה לה' ואחר כך לבני ישראל. ונראה פירוש, דהנה ישראל לא היו ראוים ליגאל בשעת יציאת מצרים שלא היה להם שום זכות שיהיו ראוים ליגאל בשבילו כדאיתא במדרש שרו של מצרים טען הללו עובדי עבודה זרה כו'.
ועל כל זה השם יתברך ברוב רחמיו וחסדיו הושיעם והיה מכה מצריים בעשר מכות במצרים ומאתים וחמשים מכות על הים והשפיע רחמים וחסדים על ישראל כמו שהבטיח לאברהם אבינו כמאמר בעל הגדה ברוך שומר הבטחתו לישראל כו', והשם יתברך משמר הבטחתו שלא ילכו החסדים מחיל אל חיל לשום אומה רק לישראל בלבד, אף שלא היו ראוין ליגאל, אך מכל מקום היה לישראל שלשה מעלות יתירות על שאר האומות כמו שאמרו חכמינו ז"ל (במדבר רבה כ) בשביל שלשה דברים ישראל נגאלין על שלא שינו את שמם כו', והיו מחזיקים במדת האבות. וזהו פירוש הפסוק ליל שמורים הוא לה', כלומר ליל שמורים, דהיינו שהשם יתברך היה משמר כביכו"ל את החסדים שלא ילכו לשום אומה רק לישראל בלבד.
הוא לה', כלומר שהשמירה היה מצד השם יתברך כביכו"ל בעצמו שלא היו ישראל ראוין ליגאל. שמורים הם לבני ישראל, כלומר על כל זה היה השמור גם כן מצד ישראל.
לדורותם, פירוש מחמת שנמשכו לדורות שלפניהם, דהיינו אברהם אבינו וזהו לדורותם:
Il sera encore expliqué, le verset 'c'est une nuit de veille pour ה' ; elles sont une veille pour les enfants d'Israël dans leurs générations'. Il y a lieu de préciser ceci : pourquoi dit-il d'abord 'pour ה'' et ensuite 'pour les enfants d'Israël' ?
Et voici l'explication qui paraît juste. Israël n'était pas digne d'être délivré à l'heure de la sortie d'Égypte, car il n'avait aucun mérite pour lequel il fut digne d'être délivré, comme il est rapporté dans le midrach : le prince (l'ange tutélaire) de l'Égypte plaida : ceux-ci sont des idolâtres, etc.
Et malgré tout cela, le Nom, qu'Il soit béni, dans l'abondance de Ses miséricordes et de Ses bontés, les sauva ; et Il frappa les Égyptiens de dix plaies en Égypte et de deux cent cinquante plaies à la mer, et Il déversa miséricordes et bontés sur Israël, comme Il l'avait promis à Avraham notre père, selon la parole de l'auteur de la Haggada : 'béni soit Celui qui garde Sa promesse à Israël', etc. Et le Nom, qu'Il soit béni, garde Sa promesse, afin que les bontés n'aillent pas 'de force en force' vers quelque nation que ce soit, mais vers Israël seul, bien qu'ils ne fussent pas dignes d'être délivrés.
Toutefois, Israël avait trois qualités supérieures à celles des autres nations, comme l'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Bamidbar Rabba 20) : c'est en vertu de trois choses qu'Israël fut délivré - parce qu'ils n'ont pas changé leurs noms, etc. ; et ils tenaient ferme à la mesure des pères. Et telle est l'explication du verset 'c'est une nuit de veille pour ה'' : c'est-à-dire, 'nuit de veille', à savoir que le Nom, qu'Il soit béni, gardait, pour ainsi dire, les bontés afin qu'elles n'aillent à aucune nation, mais à Israël seul. 'Pour ה'', c'est-à-dire que la garde venait du côté du Nom, qu'Il soit béni, Lui-même, pour ainsi dire, puisqu'Israël n'était pas digne d'être délivré. 'Elles sont une veille pour les enfants d'Israël', c'est-à-dire que, malgré tout cela, la garde était aussi du côté d'Israël. 'Dans leurs générations', dont l'explication est : parce qu'ils étaient tirés des générations qui les précédaient, à savoir Avraham notre père - et c'est cela 'dans leurs générations'.
וידבר ה' אל משה לאמור קדש לי כל בכור כו' (שמות יג, א-ב). ולבאר פירוש הפסוק (שמות ד, כב) בני בכורי ישראל, על פי המשל.
מי שלומד ועוסק בעבודת השם יתברך ואחר הלימוד עוסק במשא ומתן יש בזה שני סוגים. אחד הוא באין מבין נראה לו שעסק המשא ומתן הוא עיקר.
וסוג השני הוא במבין שיש לו לב טהור וידוע לו באמת שעיקר תכלית הבריאה מכל העולמות הוא לעסוק בתורה ובתפלה ומצות ומעשים טובים והמשא ומתן הוא רק מה שצריך לעבודת השם יתברך והיא טפל אל העיקר שהוא התכלית, היינו התורה ומעשים טובים, כי זה היא התכלית ועיקר הבריאה היה בשביל ישראל עם קדוש וכל האומות הם טפלים אל העיקר. ובמשל ונמשל הנ"ל ילך כל איש ישראל הרוצה להתקדש בקדושת השם יתברך יבין שראשית הבריאה היה ישראל עם קדוש ויעורר רחמנות על ישראל שישפיע להם השם יתברך שפע ברכה והצלחה וכל טוב.
וזהו הפירוש קדש לי, אם רוצה להתקדש בקדושת השם יתברך. כל בכור בבני ישראל, ידע שהבכור הוא ישראל שנקראים בני בכורי ישראל, והם היו תכלית הבריאה.
ולזה יהיה פטר כל, על דרך פוטר מים כו' (משלי יז, יד) שכל דבורך יהיה רחם בבני ישראל, היינו לעורר רחמנות על ישראל שישפיע להם השם יתברך שפע ברכה בני חיי ומזוני ורפואה אמן:
'ה' parla à Moché en disant : sanctifie-moi tout premier-né', etc. (Exode 13,1-2).
Et pour expliquer le sens du verset (Exode 4,22) 'mon fils, mon premier-né, Israël', au moyen d'une parabole. Celui qui étudie et s'occupe du service du Nom, qu'Il soit béni, et qui, après l'étude, s'occupe de négoce : il y a en cela deux catégories.
La première est celle de l'homme sans discernement, à qui il semble que l'occupation du négoce est l'essentiel. La seconde catégorie est celle de l'homme qui comprend, qui a un cœur pur et qui sait en vérité que la finalité essentielle de la création de tous les mondes est de s'occuper de Torah, de prière, de commandements et de bonnes actions, et que le négoce n'est que ce qu'il faut pour le service du Nom, qu'Il soit béni, et qu'il est accessoire par rapport à l'essentiel, qui est la finalité - à savoir la Torah et les bonnes actions ; car c'est là la finalité, et l'essentiel de la création fut en faveur d'Israël, peuple saint, et toutes les nations sont accessoires par rapport à l'essentiel.
Et selon la parabole et son application mentionnées plus haut, que tout homme d'Israël qui veut se sanctifier de la sainteté du Nom, qu'Il soit béni, aille son chemin : qu'il comprenne que le commencement de la création fut Israël, peuple saint, et qu'il éveille la miséricorde sur Israël, afin que le Nom, qu'Il soit béni, déverse sur eux abondance, bénédiction, réussite et tout bien. Et c'est là l'explication de 'sanctifie-moi' : si tu veux te sanctifier de la sainteté du Nom, qu'Il soit béni. 'Tout premier-né parmi les enfants d'Israël' : sache que le premier-né, c'est Israël, qui est appelé 'mon fils, mon premier-né, Israël', et qu'ils furent la finalité de la création.
Et pour cela il y aura 'l'ouverture de tout (peter kol)', selon la voie de 'qui laisse échapper les eaux (poter mayim)', etc. (Proverbes 17,14) : que toute ta parole soit רחם, miséricorde, pour les enfants d'Israël, à savoir éveiller la miséricorde sur Israël, afin que le Nom, qu'Il soit béni, déverse sur eux abondance et bénédiction, enfants, vie et subsistance, et guérison, amen.
עוד יבואר, וידבר ה' אל משה קדש לי כל בכור כו' בבני ישראל כו' ויאמר משה אל העם זכור את היום הזה כו' (שמות יג, א-ד). דהנה האר"י ז''ל כתב שמפני כך אמר משה זכור את היום הזה, ואחר כך והעברת כל פטר רחם, לכאורה הוה ליה לומר תיכף והעברת כשאמר הקדוש ברוך הוא קדש לי כל בכור.
דהנה קידוש הבכור אינו אלא בבני ישראל אבל בערב רב שעלו עם בני ישראל ממצרים עדיין לא היו מתוקנים ולכן לא היה ראוי לקדש את בכוריהם. לפיכך כשאמר הקדוש ברוך הוא אל משה קדש לי כל בכור, לא היה מצוה זו רק לישראל והיה משה מתירא פן יהיה קנאה גדולה בערב רב לפיכך אמר משה מצוה אחרת תחלה שיהיה שוה לכל בין לישראל בין לערב רב.
וזה שאמר משה זכור את היום הזה אשר יצאתם ממצרים ואחר כך והעברת. ולי נראה, דמשום הכי לא אמר תיכף מצות קידוש בכורה כמו שצוה הקדוש ברוך הוא ומקודם אמר פסח ומצה.
ונראה, דהנה הקדוש ברוך הוא חדש את עולמו יש מאין, והנה הבריאה ראשונה משיג את האי"ן המחדש את עולמו כולו בטובו ונקרא והחכמה מאין תמצא (איוב כח, יב) והנה דבר זה נוהג בעולם שנה נפש. ובעולם, הוא מצה המרמז על שמשיגים את המחדש שנשאר טעם ראשון כמו שנכתב לעיל.
ובשנה, נרמז פסח כי בו ראינו הקדוש ברוך הוא המחדש שעשה עמנו ניסים וניסן ראשון לחדשי השנה. ובנפש, נרמז בכור.
על כן נאמרו הפרשות ביחד כסדר:
Il sera encore expliqué : 'ה' parla à Moché : sanctifie-moi tout premier-né, etc., parmi les enfants d'Israël, etc. ; et Moché dit au peuple : souviens-toi de ce jour', etc. (Exode 13,1-4).
Or le האר״י (Rabbi Its'hak Louria), de mémoire bénie, a écrit que c'est pour cette raison que Moché dit 'souviens-toi de ce jour' et ensuite seulement 'et tu feras passer toute ouverture de matrice' ; alors qu'à première vue il aurait fallu dire aussitôt 'et tu feras passer', puisque le Saint, béni soit-Il, avait dit 'sanctifie-moi tout premier-né'. Or la sanctification du premier-né ne vaut que parmi les enfants d'Israël ; mais la multitude mêlée (erev rav) qui monta d'Égypte avec les enfants d'Israël n'était pas encore réparée (metoukenet, arrivée à son tikoun), et c'est pourquoi il ne convenait pas de sanctifier leurs premiers-nés.
C'est pourquoi, lorsque le Saint, béni soit-Il, dit à Moché 'sanctifie-moi tout premier-né', ce commandement ne s'adressait qu'à Israël, et Moché craignait qu'il n'y eût une grande jalousie dans la multitude mêlée ; c'est pourquoi Moché énonça d'abord un autre commandement, qui fut égal pour tous, tant pour Israël que pour la multitude mêlée. Et c'est ce que dit Moché : 'souviens-toi de ce jour où vous êtes sortis d'Égypte', et ensuite 'et tu feras passer'.
Et il me semble, quant à moi, que c'est pour la raison suivante qu'il n'a pas énoncé aussitôt le commandement de la sanctification de l'aînesse, comme l'avait ordonné le Saint, béni soit-Il, mais a parlé d'abord de Pessa'h et de la matsa. Or le Saint, béni soit-Il, a renouvelé Son monde en le tirant du néant (yech me-ayin, 'du quelque chose à partir du rien') ; et voici, la création première atteint le אי״ן (le 'rien'), Celui qui renouvelle Son monde tout entier dans Sa bonté, et il est appelé selon 'et la sagesse, d'où (מאין) se trouve-t-elle ?' (Job 28,12).
Et voici que cette chose vaut dans le monde, l'année et l'âme (olam, chana, nefech - l'espace, le temps et l'âme). Dans le 'monde', c'est-à-dire l'espace, c'est la matsa, qui fait allusion à ce que l'on atteint Celui qui renouvelle, de sorte que le goût premier demeure, comme il a été écrit plus haut.
Dans l'année, c'est-à-dire le temps, il est fait allusion à Pessa'h, car en lui nous avons vu le Saint, béni soit-Il, qui renouvelle, Lui qui a accompli avec nous des miracles - et Nissan est le premier des mois de l'année. Et dans l'âme, il est fait allusion au premier-né.
C'est pourquoi ces sections ont été énoncées ensemble, dans cet ordre.