קדושת לוי

Kedushat Levi — Genesis, Vayigash (3/3)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

Ce passage poursuit l'explication de « Vous donnerez un cinquième à Pharaon, et les quatre parts seront à vous » (Berechit 47,24). Rabbi Lévi Its'hak rapporte de son fils Meir que Beit Chamai disent « chébara » à la havdala parce qu'Adam a tiré le feu des pierres, œuvre de l'homme, alors que les jouissances, œuvre du Ciel renouvelée chaque jour, se disent « bore ». Il ajoute que manger élève minéral, végétal et animal au parlant, créature nouvelle ; à la havdala rien n'entre dans le corps, et Beit Hillel tiennent que la mitsva élève la lumière. Le cinquième révélé, que D.ieu remplit le monde, va à Pharaon, le dévoilement ; les quatre cachés des « barékhi nafchi » restent à vous.

Aussi : à Gochen, Israël saisit les pensées des kelipot et les retourne au service du Créateur, et ils furent féconds et se multiplièrent.

ובאופן אחר יבואר, ונתתם חמישית לפרעה וארבע הידות יהיה לכם לאכלה לאשר בבתיכם. דהנה אמרו במשנה דברכות פרק אלו דברים בית שמאי אומרים שברא מאור האש ובית הלל אומרים בורא מאורי האש.

דבית שמאי סבירא להו דיש לומר שברא דמשמע לשעבר שכבר ברא מאור האש ובית הלל סבירא להו דיש לומר בורא. ויש להבין דאמאי לא פליגי בית שמאי ובית הלל בברכת הנהנין כגון בורא מיני מזונות ובורא פרי הגפן ובורא פרי העץ ודומיהן דלבית שמאי היה לו לומר בכל הברכות שברא ולמה אמרו בית שמאי רק גבי הבדלה דיש לומר שברא ולא בשאר ברכות.

ואפשר לומר, דבשלמא גבי בורא מיני מזונות או בורא פרי הגפן וכהאי גוונא דהוא תמיד בריה בידי שמים מודו בית שמאי דיש לומר בורא ולא שברא כבר דדבר שהוא בידי שמים שייך שפיר לומר בורא לשון הוה שהשם יתברך מחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית ושייך לשון בורא שבורא תמיד, מה שאין כן גבי הבדלה סבירא להו לבית שמאי דיש לומר שברא מאור האש דהא איתא במדרש במוצאי שבת חנן הקדוש ברוך הוא חכמה ובינה לאדם הראשון ונטל שני אבנים והקישן זה בזה ויצא אור מביניהם וזה הוא בריה בידי אדם שנתן הקדוש ברוך הוא חכמה ובינה ודעת לאדם במוצאי שבת והוציא את האור מביניהם מבין שני אבנים ושייך שפיר לומר בזה שברא, דשברא משמע כבר היינו שכבר ברא את האור אבל עכשיו הוי בידי אדם שנתן הקדוש ברוך הוא שכל לאדם היינו מזמן הבריאה ואילך ולכן שייך לומר אצל הבדלה שברא, מה שאין כן בברכת הנהנין בורא פרי העץ וכדומה שהוא בריה בידי שמים מודו בית שמאי דאמרינן בורא לשון הוה שהשם יתברך מחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית שפיר שייך לומר בזה בורא. ולתירוץ זה העירני בני הרב הגדול מורינו מאיר נרו יאיר:

Et cela s'expliquera d'une autre manière : 'Vous donnerez un cinquième à Pharaon, et les quatre parts seront à vous, pour nourriture et pour ceux qui sont dans vos maisons' (Genèse 47,24). Car voici, on a enseigné dans la Michna de Berakhot, chapitre 'Elou devarim' : l'école de Chamai (Beit Chamai) dit 'chébara méor haéch' - qui a créé la lumière du feu -, et l'école de Hillel (Beit Hillel) dit 'bore méoré haéch' - qui crée les luminaires du feu.

Car Beit Chamai tiennent qu'il faut dire 'chébara', dont le sens porte sur le passé, à savoir qu'Il a déjà créé la lumière du feu; et Beit Hillel tiennent qu'il faut dire 'bore', au présent. Et il y a lieu de comprendre : pourquoi Beit Chamai et Beit Hillel ne sont-ils pas en désaccord dans les bénédictions sur les jouissances (birkot hanehenin), comme 'bore mine mezonot' (qui crée les diverses espèces de nourriture), 'bore péri hagafen' (qui crée le fruit de la vigne), 'bore péri haèts' (qui crée le fruit de l'arbre) et leurs semblables?

Car selon Beit Chamai, il aurait fallu dire dans toutes les bénédictions 'chébara'; et pourquoi Beit Chamai n'ont-ils dit qu'à propos de la havdala (bénédiction de séparation à l'issue du Chabbat) qu'il faut dire 'chébara', et non dans les autres bénédictions? Et l'on peut dire ceci : certes, à propos de 'bore mine mezonot' ou de 'bore péri hagafen' et de ce qui leur ressemble, qui sont toujours une création par les mains du Ciel, Beit Chamai concèdent qu'il faut dire 'bore' et non 'chébara' - qu'Il a déjà créé; car pour une chose qui est par les mains du Ciel, il convient bien de dire 'bore', au présent, puisque le Nom béni soit-Il renouvelle dans Sa bonté chaque jour continuellement l'œuvre de la création, et le présent 'bore' convient, car Il crée continuellement.

Il n'en va pas de même à propos de la havdala : Beit Chamai tiennent qu'il faut dire 'chébara méor haéch', car il est enseigné dans le Midrach qu'à l'issue du Chabbat le Saint béni soit-Il gratifia Adam, le premier homme, de sagesse et de discernement; il prit deux pierres, les frappa l'une contre l'autre, et une lumière sortit d'entre elles. Et cela est une création par les mains de l'homme, puisque le Saint béni soit-Il a donné à l'homme sagesse, discernement et connaissance à l'issue du Chabbat, et que celui-ci a fait sortir la lumière d'entre elles, d'entre les deux pierres; il convient donc bien de dire à ce sujet 'chébara', car 'chébara' indique le déjà, à savoir qu'Il a déjà créé la lumière, mais que maintenant cela se fait par les mains de l'homme, puisque le Saint béni soit-Il a donné à l'homme l'intelligence, c'est-à-dire depuis le temps de la création et au-delà; c'est pourquoi il convient de dire à propos de la havdala 'chébara'.

Il n'en va pas de même pour les bénédictions sur les jouissances, 'bore péri haèts' et ce qui s'y apparente, qui sont une création par les mains du Ciel : Beit Chamai concèdent que l'on dit 'bore', au présent, puisque le Nom béni soit-Il renouvelle dans Sa bonté chaque jour continuellement l'œuvre de la création, et il convient donc bien de dire à ce sujet 'bore'. Et cette réponse m'a été suggérée par mon fils, le grand rabbin, notre maître Meir, que sa lumière brille.

ועוד נראה לפי עניות דעתי לתרץ קושיא זו דאמאי לא פליגי בית שמאי בכל ברכת הנהנין דהוה להו למימר דאמרינן בכל הברכות שברא. דהנה בשולחן ערוך אורח חיים איתא, שצריך שיכוין אדם באכילתו ושתייתו וכל צרכיו הכל כדי שיהיה לו כח לעבוד את הבורא ברוך הוא ולקיים בכל דרכיך דעהו (משלי ג, ו) עיין שם ובכתבי האר"י ז"ל העמיק בדברים אלו ומסתמא דבריהם עולה לקנה אחד, דהיינו שהשם יתברך ברא בעולמו ד' בחינות דומם צומח חי מדבר, וחפץ חסד הוא שיהיה לכל הדברים עליות, היינו שהדומם יעלה לבחינות צומח, וכשהחי אוכל הצומח יש יותר עלייה, היינו מבחינות דומם ומבחינות צומח לבחינות חי, ואחר כך כשהאדם אוכל החי יש להכל עלייה לבחינות מדבר עיין שם.

נמצא אתי שפיר, דבכל ברכות הנהנין שייך למימר בורא פרי העץ או בורא פרי הגפן אפילו לבית שמאי דבזה שייך לומר בורא, כי בורא לשון הוה שהרי כשאדם אוכל ונהנה אזי מתעלים כל הדברים לבחינות מדבר ונעשה מבחינות דומם צומח חי בחינות מדבר ונמצא בעת אכילת האדם נעשים ברואים חדשים ומתעלים לבחינות מדבר ושייך בזה שפיר לברך בלשון הוה, היינו בורא שהרי בשעת האכילה נעשה בריה חדשה שמתהפכים הכל מבחינתם לבחינות אדם. ולזה אף בית שמאי מודו בכל הברכות הנהנין מברכין בורא פרי העץ לשון הוה, רק גבי הבדלה שהוא דבר שאינו נכנס לגוף האדם רק שעושים מצוה בהמאור בזה סבירא לבית שמאי דלא שייך בזה בורא, כי אינו נעשה בריה חדשה, כי אינו נכנס לגוף האדם לכן סבירא להו דיש לברך שברא דייקא, היינו שכבר ברא.

ובית הלל סברי דאף על פי כן בשעת עשיית המצוה נתעלה על ידו הדבר כיון שעשה מצוה בהמאור האש נתעלה ונתהפך לבחינות אדם, היינו לבחינות מדבר ונעשית בריה חדשה ושייך בה בורא לשון הוה. אבל גבי ברכת הנהנין גם בית שמאי מודו שיש לברך לשון הוה, היינו בורא שהרי בכל עת האכילה שנכנס לגוף האדם נעשית בריה חדשה ושייך שפיר בזה דייקא בורא ולכן שפיר מברכין בברכות הנהנין בורא פרי הגפן או בורא פרי העץ וכדומה:

Et il me semble encore, selon la pauvreté de mon entendement, de résoudre cette difficulté : pourquoi Beit Chamai ne sont-ils pas en désaccord dans toutes les bénédictions sur les jouissances, alors qu'ils auraient dû dire que l'on prononce dans toutes les bénédictions 'chébara'? Car voici, il est écrit dans le Choulhan Aroukh, Orah Haim, que l'homme doit orienter son intention, dans son manger, dans son boire et dans tous ses besoins, en sorte que tout soit afin qu'il ait la force de servir le Créateur béni soit-Il et d'accomplir 'dans toutes tes voies connais-Le' (Proverbes 3,6), vois là; et dans les écrits du Ari z'l (Rabbi Its'hak Louria, de mémoire bénie) il a approfondi ces choses, et vraisemblablement leurs paroles se rejoignent en une seule ligne.

À savoir que le Nom béni soit-Il a créé dans Son monde quatre catégories : le minéral (domem), le végétal (tsomeah), l'animal (haï) et le parlant (medaber); et Il désire la bonté, en sorte que toutes les choses aient des élévations, c'est-à-dire que le minéral s'élève au niveau du végétal, et lorsque l'animal mange le végétal il y a une élévation plus grande encore, à savoir du niveau du minéral et du niveau du végétal vers le niveau de l'animal; puis, lorsque l'homme mange l'animal, il y a pour l'ensemble une élévation vers le niveau du parlant, vois là. Il en résulte que tout s'explique bien : dans toutes les bénédictions sur les jouissances il convient de dire 'bore péri haèts' ou 'bore péri hagafen', même selon Beit Chamai, car en cela il convient de dire 'bore', puisque 'bore' est au présent : lorsque l'homme mange et jouit, alors toutes les choses s'élèvent au niveau du parlant, et des niveaux de minéral, de végétal et d'animal se fait le niveau du parlant; il se trouve donc qu'au moment où l'homme mange, il se fait des créatures nouvelles qui s'élèvent au niveau du parlant, et il convient bien alors de bénir au présent, c'est-à-dire 'bore', car à l'heure du manger se fait une créature nouvelle, tout se transformant de son propre niveau au niveau de l'homme.

Et c'est pourquoi même Beit Chamai concèdent que dans toutes les bénédictions sur les jouissances on bénit 'bore péri haèts', au présent; seulement, à propos de la havdala, qui est une chose qui n'entre pas dans le corps de l'homme mais avec le luminaire de laquelle on accomplit seulement une mitsva, Beit Chamai tiennent qu'en cela 'bore' ne convient pas, car il ne se fait pas de créature nouvelle, puisque cela n'entre pas dans le corps de l'homme; c'est pourquoi ils tiennent qu'il faut bénir précisément 'chébara', c'est-à-dire qu'Il a déjà créé. Et Beit Hillel tiennent que malgré cela, à l'heure de l'accomplissement de la mitsva, la chose s'élève par lui : puisqu'il a accompli une mitsva avec la lumière du feu, elle s'est élevée et transformée au niveau de l'homme, c'est-à-dire au niveau du parlant, et il s'est fait une créature nouvelle, et 'bore', au présent, lui convient.

Mais à propos des bénédictions sur les jouissances, Beit Chamai aussi concèdent qu'il faut bénir au présent, c'est-à-dire 'bore', car à chaque fois que l'on mange et que cela entre dans le corps de l'homme il se fait une créature nouvelle, et il convient bien de dire précisément 'bore'; c'est pourquoi on bénit à juste titre, dans les bénédictions sur les jouissances, 'bore péri hagafen' ou 'bore péri haèts' et ce qui s'y apparente.

ויבואר בזה הפסוק (בראשית מז, כד) ונתתם חמישית לפרעה וארבע הידות יהיה לכם לאכלה. דהנה אמרינן בגמרא ברכות פרק קמא (י.) הני חמשה ברכי נפשי כנגד מי אמרם דוד, כנגד הקדוש ברוך הוא וכנגד הנשמה מה הקדוש ברוך הוא מלא כל העולם כולו אף הנשמה מלאה כל הגוף מה הקדוש ברוך הוא רואה ואינו נראה אף הנשמה רואה ואינו נראה מה הקדוש ברוך הוא זן העולם כולו אף הנשמה זנה את כל הגוף מה הקדוש ברוך הוא טהור אף הנשמה טהורה מה הקדוש ברוך הוא יושב בחדרי חדרים אף הנשמת יושבת בחדרי חדרים יבא מי שיש בו חמשה דברים הללו וישבח למי שיש בו חמשה דברים הללו עיין שם.

והנה מבואר בזוהר הקדוש אורייתא סתים וגליא והקדוש ברוך הוא סתים וגליא. והנה הארבע דברים הם סתומים, היינו הקדוש ברוך הוא רואה ואינו נראה הוא סתום ושהקדוש ברוך הוא זן את כל העולם כולו וטהור ויושבי בחדרי חדרים זה הוא סתום רק מה שהקדוש ברוך הוא מלא כל העולם כולו זה נקרא גליא שמלא כל הארץ כבודו.

וזהו הפירוש ונתתם חמישית לפרעה, היינו שהחמישית הוא שהקדוש ברוך הוא מלא כל הארץ כבודו זהו נקרא גליא וזהו לפרעה, היינו התגלות. וארבע הידות יהיה לכם, שהוא סתום שארבעה הוא סתום כנ"ל וזהו ארבע הידות יהיה לכם, שהוא סתום.

וחמישית לפרעה, שהוא אתגליא ויכול להיות שהחמישית הוא באתגליא שהחמישית הוא ה"א והוא ה"א אחרונה שבשם הוי"ה ברוך הוא וידוע שה"א אחרונה הוא עלמא דאתגליא:

Et par cela s'expliquera le verset (Genèse 47,24) : 'Vous donnerez un cinquième à Pharaon, et les quatre parts seront à vous pour nourriture.' Car voici, nous disons dans la guemara de Berakhot, premier chapitre (10a) : ces cinq 'barékhi nafchi' (bénis ה', mon âme), à l'égard de qui David les a-t-il dits? À l'égard du Saint béni soit-Il et à l'égard de l'âme.

De même que le Saint béni soit-Il remplit le monde entier, ainsi l'âme remplit tout le corps; de même que le Saint béni soit-Il voit et n'est pas vu, ainsi l'âme voit et n'est pas vue; de même que le Saint béni soit-Il nourrit le monde entier, ainsi l'âme nourrit tout le corps; de même que le Saint béni soit-Il est pur, ainsi l'âme est pure; de même que le Saint béni soit-Il siège dans les chambres les plus intérieures, ainsi l'âme siège dans les chambres les plus intérieures. Que vienne celui en qui se trouvent ces cinq choses, et qu'il loue Celui en qui se trouvent ces cinq choses, vois là.

Et voici, il est expliqué dans le saint Zohar : la Torah est cachée et révélée (sétim ve-galia), et le Saint béni soit-Il est caché et révélé. Or les quatre choses sont cachées, à savoir : que le Saint béni soit-Il voit et n'est pas vu, cela est caché; et que le Saint béni soit-Il nourrit le monde entier, qu'Il est pur, et qu'Il siège dans les chambres les plus intérieures, cela est caché.

Seul le fait que le Saint béni soit-Il remplit le monde entier s'appelle 'révélé' (galia), car toute la terre est remplie de Sa gloire (Isaie 6,3). Et telle est l'explication de 'vous donnerez un cinquième à Pharaon' : le cinquième, c'est que le Saint béni soit-Il remplit toute la terre de Sa gloire, et cela s'appelle 'révélé', et tel est 'à Pharaon' (le-Paro), c'est-à-dire le dévoilement (hitgalout, de la racine de 'Paro', qui évoque le fait de découvrir). 'Et les quatre parts seront à vous' : ce qui est caché, car les quatre sont cachés comme ci-dessus, et tel est 'les quatre parts seront à vous', qui est caché. 'Et un cinquième à Pharaon', qui est en révélation (itgalia).

Et il se peut que le cinquième soit en révélation parce que le cinquième est le hé (la lettre hé, dont la valeur numérique est cinq), et c'est le hé final du Nom Havaya (ה') béni soit-Il; et il est connu que le hé final est le monde du dévoilement (alma de-itgalia).

בפסוק וישב ישראל בארץ גושן ויאחזו בה ויפרו וירבו מאד (בראשית מז, כז). דידוע כשהצדיק דר בין הקליפות מחשבות החיצונים מבלבלים אותו.

והנה כשבא חס ושלום לצדיק מחשבת חיצונים אהבה רעה או יראה רעה יש אחד שמדחה אותה לגמרי מאתו ויש אדם שאוחז מחשבה זה רק שמהפך אותה לעבדות ה', כגון אם בא אהבה רעה מהפך לאהבת הבורא ברוך הוא ואומר אם יש לדבר הנפסד אהבה מכל שכן שיש לאהוב את הבורא שהוא נצחי. והחילוק, שזה שמדחה המחשבה אינו מוליד פרי מהמחשבה רעה וזה שאוחזה רק מהפכה לאהבת הבורא מוליד פרי קדושה שממנו לוקח עבדות ה'.

זהו שאמר הכתוב וישב ישראל בארץ מצרים בארץ גושן, שמצרים מקור הקליפות ודאי מחשבתם בא להם. ואמר ויאחזו בה, הכתוב מודיע שאחזו בה במחשבתם ולא דחו.

אפס להודיע האיך אחזו במחשבתם מודיע הכתוב ויפרו וירבו מאד, שעשו במחשבתם של מצרים פרי קדושה לעבוד את השם יתברך כנ"ל:

Sur le verset : 'Israël s'établit au pays de Goshen; ils s'y saisirent d'une possession, furent féconds et se multiplièrent beaucoup' (Genèse 47,27). Car il est connu que lorsque le juste (tsadik) demeure parmi les kelipot (les écorces, les forces d'impureté), les pensées des forces extérieures (hitsonim) le troublent.

Et voici, lorsqu'il vient au juste, à D.ieu ne plaise, une pensée des forces extérieures - un amour mauvais ou une crainte mauvaise -, il en est un qui la repousse entièrement de lui, et il est un homme qui saisit cette pensée, seulement il la retourne au service de ה' : par exemple, s'il lui vient un amour mauvais, il le retourne en amour du Créateur béni soit-Il, et il dit : s'il y a de l'amour pour une chose périssable, à plus forte raison faut-il aimer le Créateur, qui est éternel. Et la différence est que celui qui repousse la pensée n'engendre pas de fruit à partir de la pensée mauvaise, tandis que celui qui la saisit et se contente de la retourner en amour du Créateur engendre un fruit de sainteté, car il en tire le service de ה'.

Et c'est ce que dit le verset : 'Israël s'établit au pays d'Égypte, au pays de Goshen' - car l'Égypte est la source des kelipot, et assurément leurs pensées leur venaient. Et il dit 'ils s'y saisirent' (vayéahazou ba) : le verset fait savoir qu'ils s'en sont saisis, de leur pensée, et ne l'ont pas repoussée.

Seulement, pour faire savoir comment ils se sont saisis de leur pensée, le verset annonce 'ils furent féconds et se multiplièrent beaucoup' : ils firent de la pensée des Égyptiens un fruit de sainteté, pour servir le Nom béni soit-Il, comme ci-dessus.

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