קדושת לוי

Kedushat Levi — Genesis, Vayigash (1/3)

Rabbi Levi Yitzhak de Berditchev
En bref

« Yehouda s'approcha de lui » (Berechit 44,18) : l'assemblée d'Israël (Knesset Israël) s'approche du Saint béni soit-Il. Rabbi Lévi Its'hak rapporte de nos sages que le juste gouverne : les justes annulent par leur prière les décrets mauvais. « De grâce (bi), mon seigneur » : en eux sont la seigneurie ; ils renversent la mesure de rigueur (midat hadin) en mesure de miséricorde. Ce sont ceux attachés à Son Nom, dans l'aspect du néant (ayin) et de la crainte. Il rapporte du Ari Z"L que le néant est kaf et la crainte youd : ils sont « ki », « comme Toi ». « Comme Pharaon » : depuis le kaf ils attirent vers le dévoilement tous les biens et les consolations.

Aussi : pourquoi Yehouda craint la colère : parler sans interprète, car Yossef, roi comme Pharaon, connaît les soixante-dix langues ; la parole du juste illumine les yeux ; les cinq vêtements de Binyamin font allusion à Mordekhai.

ויגש אליו יהודה ויאמר בי אדוני ידבר נא עבדך דבר באזני אדוני ואל יחר אפך בעבדך כי כמוך כפרעה (בראשית מד, יח). והנראה, דהנה אמרו חכמינו ז"ל (מועד קטן טז:) צדיק מושל ביראת א-להים (שמואל ב' כג, ג), מי מושל בי צדיק, כשהקדוש ברוך הוא גוזר גזירה צדיקים מבטלים ונתן השם יתברך כח וגבורה לצדיקים שיוכלו לבטל בתפילתם כל גזירות רעות ונקראים כביכול מושל בי צדיק.

וזה נראה פירוש הפסוק דאיתא בזוהר הקדוש, כי הנה המלכים נועדו עברו יחדיו (תהלים מח, ה) זה יהודה ויוסף יוסף נקרא הקדוש ברוך הוא ויהודה נקרא כנסת ישראל. וזה פירוש הפסוק ויגש אליו יהודה, שהכנסת ישראל נגשים להקדוש ברוך הוא.

ויאמר בי אדוני, כביכול בי האדנות והממשלה דמי מושל בי צדיקים בתפילתם מבטלים כל גזירות קשות וממשיכים לישראל שפע טוב וברכות. וזהו ידבר נא עבדך דבר באזני אדוני ואל יחר אפך בעבדך, שהצדיקים בתפילתם להבורא ברוך הוא מהפכים ממדת הדין למדת הרחמים ושלא יהא חס ושלום שום חרון אף, אפס מי הם הצדיקים שתפילתם עושה פרי אותם הדבקים תמיד בשמו הגדול והם בבחינת אין ויראים ומזדעזעים תמיד מפחד השם ומהדר גאונו ויש להם כח לפעול בתפילתם ויראתם מושל בי צדיק ואיתא בגמרא כי בכל חכמי הגוים ובכל מלכותם מאין כמוך.

אבל בישראל יש כמוך מה הקדוש ברוך הוא מחיה מתים גם צדיקים מחיים מתים מה הקדוש ברוך הוא מוריד גשמים גם צדיקים מורידים גשמים. ואיתא בכתבי האר"י ז"ל שבחינת אין נקרא כ' ובחינת יראה נקרא יו"ד.

וזהו כ"י הצדיקים הם בבחינת כ"י, היינו בבחינת אי"ן ובחינת יראה הם כביכול כמוך מה הקדוש ברוך הוא מחיה מתים גם צדיקים מחיים מתים מה הקדוש ברוך הוא מוריד גשמים גם צדיקים מורידים גשמים וזהו כפרעה, דפרעה הוא לשון התגלות והכ"ף הוא בחינת אין והצדיקים ממשיכים מבחינת אין להתגלות וזהו כפרעה, שמהכ"ף שהוא בחינת אין ממשיכים לפרעה להתגלות והיכולת ביד הצדיקים להמשיך מבחינת אין לידי התגלות כל הטובות וכל הברכות וישועות ונחמות:

'Yehouda s'approcha de lui et dit : de grâce, mon seigneur, que ton serviteur fasse entendre une parole aux oreilles de mon seigneur, et que ta colère ne s'enflamme pas contre ton serviteur, car tu es comme Pharaon' (Genèse 44,18). Et voici ce qui paraît : nos sages de mémoire bénie ont dit (Moed Katan 16b), sur le verset 'un juste gouverne dans la crainte de D.ieu' (Samuel II 23,3) : qui gouverne sur Moi ?

Le juste. Car lorsque le Saint béni soit-Il décrète un décret, les justes l'annulent; et le Nom béni soit-Il a donné aux justes force et puissance pour qu'ils puissent annuler par leur prière tous les décrets mauvais, et ils sont appelés pour ainsi dire 'qui gouverne sur Moi ?

Le juste'. Et telle paraît être l'explication du verset, selon ce qui est rapporté dans le saint Zohar : 'car voici, les rois s'étaient donné rendez-vous, ils ont passé ensemble' (Psaumes 48,5) - ce sont Yehouda et Yossef; Yossef est appelé le Saint béni soit-Il, et Yehouda est appelé l'assemblée d'Israël (Knesset Israël).

Et tel est le sens du verset 'Yehouda s'approcha de lui' : l'assemblée d'Israël s'approche du Saint béni soit-Il. 'Et il dit : de grâce (bi), mon seigneur' - pour ainsi dire : en moi (bi) sont la seigneurie et le gouvernement, selon 'qui gouverne sur Moi ?', car les justes, par leur prière, annulent tous les décrets rigoureux et attirent sur Israël une abondance bonne et des bénédictions. Et tel est le sens de 'que ton serviteur fasse entendre une parole aux oreilles de mon seigneur, et que ta colère ne s'enflamme pas contre ton serviteur' : les justes, par leur prière au Créateur béni soit-Il, renversent la mesure de rigueur (midat hadin) en mesure de miséricorde (midat harahamim), afin qu'il n'y ait, à D.ieu ne plaise, aucun embrasement de colère.

Seulement, qui sont les justes dont la prière porte du fruit ? Ceux qui sont attachés constamment à Son grand Nom, qui sont dans l'aspect du néant (אי"ן, ayin - l'effacement total de soi), qui craignent et frémissent constamment devant la crainte du Nom et devant la splendeur de Sa majesté; ceux-là ont la force d'opérer par leur prière et par leur crainte, et c'est en eux que se réalise 'qui gouverne sur Moi ?

Le juste'. Et il est rapporté dans la Guemara, sur 'car parmi tous les sages des nations et dans toute leur royauté, il n'en est point comme Toi (מאין כמוך)' (Jérémie 10,7) : mais en Israël il y en a 'comme Toi' - de même que le Saint béni soit-Il fait revivre les morts, ainsi les justes font revivre les morts; de même que le Saint béni soit-Il fait descendre les pluies, ainsi les justes font descendre les pluies.

Et il est rapporté dans les écrits du Ari de mémoire bénie (Rabbi Its'hak Louria) que l'aspect du néant est appelé kaf (כ') et que l'aspect de la crainte (yira) est appelé youd (יו"ד). Et tel est le sens de 'ki' (כ"י) : les justes sont dans l'aspect de 'ki', c'est-à-dire dans l'aspect du néant (אי"ן) et dans l'aspect de la crainte, et ils sont pour ainsi dire 'comme Toi' (kamokha) - de même que le Saint béni soit-Il fait revivre les morts, ainsi les justes font revivre les morts; de même que le Saint béni soit-Il fait descendre les pluies, ainsi les justes font descendre les pluies.

Et tel est le sens de 'comme Pharaon' (כפרעה) : car 'Paro' est une expression de dévoilement (hitgalout), et le kaf (כ"ף) est l'aspect du néant; les justes attirent depuis l'aspect du néant vers le dévoilement. Et tel est 'ke-Paro' : depuis le kaf, qui est l'aspect du néant, ils attirent vers 'Paro', c'est-à-dire vers le dévoilement; et il est au pouvoir des justes d'attirer depuis l'aspect du néant jusqu'au dévoilement tous les biens, toutes les bénédictions, les deliverances et les consolations.

עוד יבואר, ויגש אליו יהודה ויאמר בי אדוני ידבר נא עבדך דבר באזני אדוני ואל יחר אפך בעבדך כי כמוך כפרעה. ולכאורה אינו מובן מה שאמר ואל יחר אפך בעבדך, דמשמע שדבר אתו דברי קנטורים עד שבעבור זה הוצרך לבקשו שאל יחר אפו ובכל הפרשה כולה מצינו רק דברי ריצוי ותחנונים.

ובאמת שרש''י ז"ל הרגיש בזה ותירץ שדבר אתו קשות עיין שם, מכל מקום נחזי אנן לפרשו על פי פשוט ונתרץ גם את זאת שהקשו כל המפרשים על אומרו כי כמוך כפרעה, שהוא בלתי מובן. ונראה לעניות דעתי, דכוונת יהודה היה על זה הדרך, דיהודה רצה להתעורר ביוסף מדת רחמנות בכדי שבעבור זה לבבו יבין וישמע לדבריו בהתחננו אליו, אכן הרגיש כי יבא לזה על דרך שאמרו רבותינו ז"ל דברים היוצאין מן הלב נכנסים אל הלב, וכה היה דעתו בהתקרבו לדבר.

אכן אין במשמעות דבריהם כי אם בזה האופן כאשר ידבר עם חבירו מפה אל פה אז יקח חבירו מתק דבריו אז ניכרין דברי אמת אבל כאשר הדבר יוצא על ידי מתורגמן אז אין הדיבור עושה רושם כל כך וזה ברור למביני דעת. ולצד זה היה המניעה בדבר כי המליץ בינותם, שהיה מדבר על ידי מתורגמן.

ולזה שאל יהודה לבקש מאת יוסף שידבר רק הוא לבדו אתו מבלי מתורגמן. ובאמת שאין זה הדרך ארץ לומר למלך דבר בלשונו כי אפשר אינו יודע המלך בלשונו גלל כן ענה ואמר יהודה ואמר ידבר נא עבדך דבר באזני אדוני, ויהיה דברים היוצאין מפה לאוזן בלי מתורגמן ועל זה בא במענה לשונו אף שאינו מן הכבוד לומר כך.

ולזה אמר ואל יחר אפך בעבדך, על דבר הלז, כי אין בזה שום תערומות עלי כי דבר ברור הוא אצלי שאתה מכיר בשבעים לשון כי כן דרך המלכים הראשונים שהיו מכירים בשבעים לשון. ולפי זה אמר כי כמוך כפרעה, פירוש שאתה גם כן מלך כמו פרעה ואתה יודע ע' לשון ולפי זה בודאי אתה מכיר בלשונינו וכן איתא בגמרא (סוטה לו:) בא ולמדו ע' לשון ואף שפרעה לא ידע בלשון הקודש גם כן היה נבזה בעבור זה, כי מדת המלך להכיר בכל לשון ומתורץ קושיות שהקשו כנ"ל וקל להבין:

Autre explication : 'Yehouda s'approcha de lui et dit : de grâce, mon seigneur, que ton serviteur fasse entendre une parole aux oreilles de mon seigneur, et que ta colère ne s'enflamme pas contre ton serviteur, car tu es comme Pharaon.' À première vue, on ne comprend pas ce qu'il dit : 'et que ta colère ne s'enflamme pas contre ton serviteur', ce qui laisse entendre qu'il lui avait adressé des paroles de provocation au point qu'il ait dû, pour cela, lui demander que sa colère ne s'enflamme pas; or, dans toute la section, nous ne trouvons que des paroles d'apaisement et de supplication. Et en vérité Rachi de mémoire bénie a bien senti cette difficulté, et il a répondu qu'il lui avait parlé durement, voir là-bas.

Néanmoins, examinons nous-mêmes pour l'expliquer selon le sens simple, et résolvons aussi la difficulté que tous les commentateurs ont soulevée sur ses paroles 'car tu es comme Pharaon', qui sont incompréhensibles. Et il me semble, dans ma faible compréhension, que l'intention de Yehouda était la suivante : Yehouda voulait éveiller en Yossef la mesure de compassion, afin que par là son cœur comprenne et écoute ses paroles lorsqu'il le supplierait.

Or il sentait qu'il y parviendrait selon ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'les paroles qui sortent du cœur entrent dans le cœur'; et telle était sa pensée en s'approchant pour parler. Mais leurs paroles ne s'appliquent que de cette manière-ci : lorsqu'un homme parle avec son prochain de bouche à bouche, alors son prochain reçoit la douceur de ses paroles, et alors les paroles de vérité se reconnaissent; mais lorsque la parole sort par l'intermédiaire d'un interprète (metourgueman), alors la parole ne fait pas autant d'impression - et cela est clair pour ceux qui ont de l'entendement.

Or c'est de ce côté-là que se trouvait l'obstacle, car 'l'interprète était entre eux' (Genèse 42,23) et il parlait par l'intermédiaire d'un interprète. C'est pourquoi Yehouda demanda à Yossef que lui seul parle avec lui, sans interprète.

Or en vérité ce n'est pas la conduite convenable (derekh erets) que de dire à un roi de parler dans la langue d'un autre, car peut-être le roi ne connaît-il pas sa langue; c'est pourquoi Yehouda répondit et dit : 'que ton serviteur fasse entendre une parole aux oreilles de mon seigneur', c'est-à-dire que ce soient des paroles allant de la bouche à l'oreille, sans interprète; et c'est sur cela qu'il s'est exprimé ainsi, bien qu'il ne soit pas respectueux de parler de la sorte. Et c'est pourquoi il a dit : 'et que ta colère ne s'enflamme pas contre ton serviteur', au sujet de cette demande-là; car il n'y a en cela aucun grief contre moi, puisqu'il est clair à mes yeux que tu connais les soixante-dix langues, car telle était la coutume des rois d'autrefois, qui connaissaient les soixante-dix langues.

Et selon cela il a dit 'car tu es comme Pharaon', c'est-à-dire : toi aussi tu es roi comme Pharaon et tu connais les soixante-dix langues, et dès lors tu connais certainement notre langue. Et ainsi est-il rapporté dans la Guemara (Sota 36b) qu'[un ange] vint et lui enseigna les soixante-dix langues; et bien que Pharaon ne connût pas la langue sainte, il en était méprisé, car c'est le propre d'un roi de connaître toutes les langues.

Ainsi se résolvent les difficultés soulevées plus haut, et cela est facile à comprendre.

והנה עיניכם רואות ועיני אחי בנימין כי פי המדבר אליכם (בראשית מה, יב). דהנה מורי ורבי הצדיק מורינו דוב בער אמר שכמו שיש אור וחושך בעולם כך יש בשכל האדם אור וחושך עד כאן דבריו.

אך כששומעים דבורים יוצא מפי צדיק נזדכך השכל ויאירו עינים. וזהו כי עיניכם הרואות ועיני אחי בנימין, שעיניכם מאירות ונזדכך השכל שלכם מחמת כי פי המדבר אליכם שמדיבורו של הצדיק נזדכך השכל השומעים דבריו:

'Et voici, vos yeux voient, ainsi que les yeux de mon frère Binyamin, que c'est ma bouche qui vous parle' (Genèse 45,12). Voici : mon maître et mon rabbi, le juste, notre maître Dov Ber, a dit que de même qu'il y a lumière et ténèbres dans le monde, ainsi y a-t-il lumière et ténèbres dans l'intelligence de l'homme - fin de ses paroles.

Or, lorsqu'on entend des paroles qui sortent de la bouche d'un juste, l'intelligence s'affine et les yeux s'illuminent. Et tel est le sens de 'car vos yeux voient, ainsi que les yeux de mon frère Binyamin' : vos yeux s'illuminent et votre intelligence s'affine du fait que 'c'est ma bouche qui vous parle', car par la parole du juste s'affine l'intelligence de ceux qui entendent ses paroles.

לכולם נתן לאיש וכו' לבנימין וכו' וחמש חליפות שמלות (בראשית מה, כב). ואמרו רבותינו ז"ל (מגילה טז.) אפשר דבר שנצטער אותו צדיק יכשל בו זרעו אלא רמז לבנימין שיצא ממנו מרדכי שיצא מלפני אחשורוש בחמשה מלבושים כמו שכתוב (אסתר ח, טו) ומרדכי יצא וכו'.

ונראה בסייעתא דשמיא ליתן טעם ושבח לדברי חכמינו ז"ל דברוח קדשם רמזו לבנימין נס מרדכי כי יוסף ובנימין מאם אחת היו והראה לו שמקרה אחד יקרה לשניהם כמו דיוסף נתעלה על ידי חלום שחלם לפרעה כן מרדכי שיצא מבנימין נתעלה על ידי חלום כמאמר רבותינו בתרגום ובמדרש (אסתר רבה י) דבלילה ההוא נדדה שנת המלך, שחלם לו שהמן רצה להורגו ועל ידי כן נתמלא עליו חמה וצוה אותו להלביש את מרדכי ולהוליכו ברחוב העיר וכמו שיוסף היה אף על פי כן תחת רשות פרעה כפירוש רש"י בפסוק (בראשית מא, מ) רק הכסא אגדל ממך, כמו כן מרדכי שיצא מבנימין אף על פי שנתעלה היה תחת רשות אחשורוש כמאמר חכמינו ז"ל (מגילה יד.) הכא אכתי עבדי אחשורוש אנן עיין שם. זהו כוונת רבותינו ז"ל שרמז לבנימין במה שנתן חמש חליפות שמלות, שמרדכי שיצא מזרעו שוה לו.

מעתה נראה לי, דכל מעשי שבטי יה הקדושים והטהורים סימן טוב לבנים ויוסף רמז לגאולת מרדכי וישראל מהמן הרשע כו', כמו כן שמעון ולוי בהריגתם לשכם רמזו גאולת חנוכה מאומה הרשעה דממש דומה לו דכמו דגבי שכם היה קצת על ידי מלחמה של שמעון ולוי וישועת ה' עזר להם, כמו כן בחנוכה היה על ידי מלחמה של חשמונאי ובניו והשם יתברך עזר להם למסור גבורים ביד חלשים כו'. מה שאין כן בפורים לא היה שום סיוע התחתונים.

ולהכי בחנוכה דהיה על ידי מעשה דשמעון ולוי בשכם שהם גרמו בשכם לפעול שיהיה לבניהם ישועה כדומה לשכם לכן היה בחנוכה הנס על ידי חשמונאי ובניו דהיו כהנים שבאו משבט לוי דכן בשכם היה לוי הלוחם וגם כן במלחמת חנוכה היה אחד מבני מתתיהו שמו שמעון כנזכר בספר יוסיפון, שהיה כובש המלחמה על ידי שמעון כמו בשכם. ומעתה יאיר עינינו בתורתו זהו שאמר יעקב (בראשית מט, ו) שמעון ולוי וכו' וברצונם עקרו שור, רמז שבאותו מעשה שכם עשו פעולה לעקור שור כמאמרם ז"ל (ירושלמי חגיגה ב, ב) שרצו היונים שיכתבו על קרן השור שאין להם חלק בא-להי ישראל, הם עקרו לזה שלא יצטרכו לכתוב על קרן שור זהו עקרו שור, מחמת שפעלו לבניהם שחשמונאי ובניו ינצחו היונים.

ואמר בקהלם אל תחד כבודי, על פי דכתב הרמב"ן ז"ל דחשמונאי ובניו מה שנקמו מה טוב עשו, אפס במה שנטלו המלוכה לעצמם לא נכון כן, כי המלוכה ליהודה ניתנה לבד עיין שם. וכבוד נקרא על שם מלכות שלמלך יאה כבוד ועוז.

ובקהלם אל תחד כבודי, שכבודי לא יתיחס עם כבודם, דהיינו המלכות שנטלו חשמונאי דנקרא כבוד על ידי רשימת שמעון ולוי בשכם כנ"ל, כי איננו חפץ בזה שיטול מלכות רק יהודה. ועיין בפירוש רש"י שפירש פסוק בסודם אל תבא כו', במעשה שכם:

'À tous il donna, à chacun, etc., et à Binyamin, etc., et cinq vêtements de rechange' (Genèse 45,22). Et nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Meguila 16a) : est-il possible que la chose même dont ce juste a souffert, sa descendance y trébuche ?

Mais il fit allusion à Binyamin que sortirait de lui Mordekhai, lequel sortit de devant Ahachveroch avec cinq vêtements, comme il est écrit (Esther 8,15) : 'et Mordekhai sortit', etc. Et il paraît, avec l'aide du Ciel, qu'on peut donner une raison et un éloge aux paroles de nos sages de mémoire bénie : car par leur esprit saint ils ont vu que l'on faisait allusion, envers Binyamin, au miracle de Mordekhai.

En effet, Yossef et Binyamin étaient d'une même mère, et il lui montra qu'un même sort adviendrait à tous les deux : de même que Yossef fut élevé par un rêve que Pharaon avait rêve, ainsi Mordekhai, issu de Binyamin, fut élevé par un rêve, selon la parole de nos maîtres dans le Targoum et dans le Midrach (Esther Rabba 10) sur 'cette nuit-là le sommeil du roi s'enfuit' : il rêva qu'Haman voulait le tuer, et par là il se remplit de fureur contre lui et lui ordonna de revêtir Mordekhai et de le conduire par la place de la ville. Et de même que Yossef, malgré tout, demeurait sous l'autorité de Pharaon, comme l'explique Rachi sur le verset (Genèse 41,40) 'seulement par le trône je serai plus grand que toi', ainsi Mordekhai, issu de Binyamin, bien qu'il eût été élevé, demeurait sous l'autorité d'Ahachveroch, selon la parole de nos sages de mémoire bénie (Meguila 14a) : 'ici, nous sommes encore serviteurs d'Ahachveroch', voir là-bas.

Telle est l'intention de nos maîtres de mémoire bénie : par les cinq vêtements de rechange qu'il lui donna, il fit allusion à Binyamin que Mordekhai, issu de sa descendance, lui serait semblable. Dès lors il me semble que tous les actes des tribus de Yah, saints et purs, sont un bon signe pour leurs descendants : Yossef fit allusion à la deliverance de Mordekhai et d'Israël des mains d'Haman le mécréant, etc.; de même Chimon et Levi, en tuant les gens de Chekhem, firent allusion à la deliverance de 'Hanouka d'entre les mains de la nation mécréante.

Car c'est tout à fait semblable : de même qu'à Chekhem cela se fit en partie par la guerre de Chimon et Levi, et que le salut de ה' les aida, ainsi à 'Hanouka cela se fit par la guerre du Hasmonéen et de ses fils, et le Nom béni soit-Il les aida à livrer des forts aux mains des faibles, etc.; il n'en va pas de même à Pourim, où il n'y eut aucune assistance des êtres d'en bas. Et c'est pourquoi, à 'Hanouka, puisque cela vint par l'acte de Chimon et Levi à Chekhem - car ils opérèrent à Chekhem que leurs descendants auraient une deliverance semblable à celle de Chekhem -, le miracle de 'Hanouka advint par le Hasmonéen et ses fils, qui étaient des cohanim issus de la tribu de Levi, de même qu'à Chekhem c'est Levi qui fut le combattant.

Et de même, dans la guerre de 'Hanouka, l'un des fils de Matityahou se nommait Chimon, comme il est mentionné dans le livre Yossifon, en sorte que la guerre fut emportée par Chimon, comme à Chekhem. Et désormais nos yeux s'illuminent dans Sa Torah : tel est le sens de ce qu'a dit Yaacov (Genèse 49,6) : 'Chimon et Levi', etc., 'et dans leur bon vouloir ils ont déraciné un taureau (עקרו שור)' - allusion au fait que par cet acte de Chekhem ils ont opéré de déraciner le taureau (chor), selon la parole de nos sages de mémoire bénie (Yerouchalmi Haguiga 2,2) : les Grecs voulaient qu'on écrive sur la corne du taureau que l'on n'a point de part au D.ieu d'Israël; eux ont déraciné cela, en sorte qu'on n'ait pas à écrire sur la corne du taureau - tel est 'ils ont déraciné un taureau' -, puisqu'ils ont opéré pour leurs descendants que le Hasmonéen et ses fils vaincraient les Grecs.

Et il a dit : 'que dans leur assemblée mon honneur ne s'unisse pas', selon ce qu'a écrit le Ramban (Rabbi Moche ben Nahman) de mémoire bénie : le Hasmonéen et ses fils, en ce qu'ils ont tiré vengeance, ont bien fait; seulement, en ce qu'ils ont pris la royauté pour eux-mêmes, cela ne fut pas juste, car la royauté n'a été donnée qu'à Yehouda seul, voir là-bas. Or le mot 'honneur' (kavod) désigne la royauté, car au roi conviennent l'honneur et la puissance. 'Et dans leur assemblée mon honneur ne s'unira pas' : mon honneur ne sera pas associé au leur, c'est-à-dire à la royauté que prirent les Hasmonéens - laquelle est appelée 'honneur' - par l'empreinte de Chimon et Levi à Chekhem, comme dit plus haut; car Il ne désire pas cela, qu'un autre que Yehouda prenne la royauté.

Et vois dans le commentaire de Rachi, qui a expliqué le verset 'que mon âme n'entre pas dans leur conseil', etc., au sujet de l'acte de Chekhem.

אל תרגזו בדרך וכו' (בראשית מה, כד). ופירש רש"י ז"ל אל תתעסקו בדבר הלכה וכו'.

הנה לכאורה קשה למה לא צוה יעקב לבניו כשירדו למצרים שלא יתעסקו בדבר הלכה. ועוד קשה האיך יכול יוסף לצוותם שלא יתעסקו בדבר הלכה הלא איתא בגמרא (קידושין ל.) לעולם ישליש אדם שנותיו שליש במקרא שליש במשנה שליש בגמרא, ופריך בגמרא ומי ידע כמה חיי, לא צריכא אלא ליומי.

נמצא מוכרח אדם ללמוד בכל יום הלכה. ונראה לבאר על פי ב' הקדמות.

א', כי סימן זה היה מסור בידו של יעקב כשלא ימות אחד מבניו בחייו אינו רואה פני גיהנם. והקדמה ב', על פי מאמר חכמינו ז"ל שמובטחים היו האבות שיחיו בכלליות ת"ק שנים כימי השמים על הארץ.

והנה ידוע שבאם היה יודע אדם כמה ימי חייו יכול ללמוד שליש משנותיו מקרא שליש משנותיו משנה ושליש משנותיו גמרא. נמצא לפי זה יעקב כשראה שאין יוסף אתו וסבור שהוא מת נמצא נתבטל הבטחה אחת והיה ירא לנפשו שמא נתבטל הבטחה השניה גם כן ולא ידע כמה ימי חייו ולא היה יכול לצוות את בניו שלא יתעסקו בדבר הלכה כי מוכרחים המה ללמוד בכל יום הלכה כנ"ל, אמנם יוסף היה ידע בעצמו שהוא חי ולא נתבטל הבטחה שניה וידע שיש לו ליעקב לחיות כמה שנים וממילא לא נתבטל הבטחה ראשונה גם כן ובוודאי לא ימות אחד מבניו בחייו ויוכלו ללמוד הלכה כשיבואו לביתם ודו"ק:

'Ne vous emportez pas en chemin', etc. (Genèse 45,24).

Et Rachi de mémoire bénie explique : ne vous occupez pas de matière halakhique, etc. Or, à première vue, c'est difficile : pourquoi Yaacov n'a-t-il pas ordonné à ses fils, lorsqu'ils descendirent en Égypte, de ne pas s'occuper de matière halakhique ?

Autre difficulté : comment Yossef pouvait-il leur ordonner de ne pas s'occuper de matière halakhique ? N'est-il pas rapporté dans la Guemara (Kidouchin 30a) : que l'homme divise toujours ses années en trois, un tiers dans l'Écriture, un tiers dans la Michna, un tiers dans la Guemara ?

Et la Guemara objecte : mais qui sait combien il vivra ? [Elle répond :] cela n'est nécessaire que pour les jours, c'est-à-dire que la division se fait sur chaque jour.

Il ressort donc que l'homme est tenu d'étudier chaque jour de la halakha. Et il paraît qu'on peut l'expliquer d'après deux prémisses.

La première : ce signe avait été transmis entre les mains de Yaacov - si aucun de ses fils ne mourait de son vivant, il ne verrait pas la face du Guehinom. La seconde prémisse, d'après la parole de nos sages de mémoire bénie : les patriarches avaient l'assurance de vivre, dans leur ensemble, cinq cents (ת"ק) années, 'comme les jours des cieux sur la terre' (Deutéronome 11,21).

Or il est connu que si un homme savait combien seraient les jours de sa vie, il pourrait étudier un tiers de ses années l'Écriture, un tiers de ses années la Michna et un tiers de ses années la Guemara. Il ressort donc de cela que Yaacov, voyant que Yossef n'était plus avec lui et pensant qu'il était mort, se trouvait devant une assurance annulée, et il craignait pour lui-même que la seconde assurance ne fût annulée elle aussi; il ne savait donc pas combien seraient les jours de sa vie, et il ne pouvait pas ordonner à ses fils de ne pas s'occuper de matière halakhique, car ils sont tenus d'étudier de la halakha chaque jour, comme dit plus haut.

Mais Yossef, lui, savait de lui-même qu'il était vivant et que la seconde assurance n'était pas annulée; il savait que Yaacov avait encore des années à vivre, et dès lors la première assurance n'était pas annulée non plus, et certainement aucun de ses fils ne mourrait de son vivant; ils pourraient donc étudier la halakha lorsqu'ils arriveraient à la maison. Et comprends bien cela.

וירא את העגלות אשר שלח יוסף (בראשית מה, כז). רמז לו ליעקב שאל ידאג מהגלות, כי כל זה הוא הסיבה לגאולה, כי הרעה הוא הסיבה לטובה.

והנה העגלות הוא לשון עיגול והסיבה הוא נקרא דבר עיגול והרחמים הפשוטים הוא אור הישר והסיבות הם עגולים:

'Et il vit les chariots que Yossef avait envoyés' (Genèse 45,27). Il fit allusion à Yaacov qu'il ne devait pas s'inquiéter de l'exil, car tout cela est la cause de la deliverance, car le mal est la cause du bien.

Or 'les chariots' (agalot) est une expression de cercle (igoul), et la cause (siba) est appelée chose circulaire; et la miséricorde simple est la lumière droite (or hayachar), tandis que les causes sont des cercles (igoulim).

עוד יוסף בני חי (בראשית מה, כח). שיוסף הצדיק עמד בצדקתו אפילו במצרים שהיו שטופי זמה אף על פי כן לא למד ממעשיהם הרעים.

והכלל, שעיקר השפע שיצא מן העולמות העיקר הוא בשביל ישראל והחיות של האומות היא המותריות כידוע. וזה פירוש הפסוק עוד יוסף בני חי, פירוש שאפילו יוסף כעת אצל המותריות, דהיינו עוד שהמותריות נקרא עוד אף על פי כן הוא חי בקדושה:

'Yossef mon fils est encore (od) vivant' (Genèse 45,28). Yossef le juste s'est tenu dans sa justice même en Égypte, où ils étaient plongés dans la débauche; malgré cela, il n'a pas appris de leurs actes mauvais.

Et le principe est le suivant : l'essentiel de l'abondance qui sort des mondes est destiné à Israël, et la vitalité des nations n'en est que le surplus (motarot), comme il est connu. Et tel est le sens du verset 'Yossef mon fils est encore vivant' : c'est-à-dire que même si Yossef se trouve à présent auprès du surplus - car le surplus est appelé 'od' ('encore', ce qui vient en plus) -, malgré cela il est vivant dans la sainteté.

ויזבח זבחים לא-להי אביו יצחק. עיין במדרש כמה פירושים על זה הפסוק.

ועיין ברמב"ן הקדוש עיין שם. והנראה, כי הנה באמת לא היה רצון אבינו יעקב כלל לירד למצרים וכן מבואר קצת ברמב"ן הקדוש רק מחמת שראה שמוכרח לילך למצרים כמאמר חכמינו ז"ל (שבת פט:) ראוי היה יעקב כו', ולכך ראה לידבק במדת אביו, כי אברהם הלך למצרים אבל ליצחק אביו אמר לו השם יתברך אל תרד מצרימה (בראשית כו, ב) ורצה לדבק עצמו במדת אביו בכדי שלא לירד למצרים.

וזהו ויזבח זבחים לא-להי אביו יצחק:

'Et il offrit des sacrifices au D.ieu de son père Its'hak' (Genèse 46,1). Vois dans le Midrach plusieurs explications sur ce verset, et vois dans le saint Ramban, voir là-bas.

Et voici ce qui paraît : en vérité, notre père Yaacov ne voulait nullement descendre en Égypte, et cela ressort quelque peu du saint Ramban; c'est seulement parce qu'il vit qu'il était contraint d'aller en Égypte, selon la parole de nos sages de mémoire bénie (Chabbat 89b) : 'Yaacov méritait de descendre en Égypte dans des chaînes de fer', etc. C'est pourquoi il jugea bon de s'attacher à la mesure de son père : car Avraham était allé en Égypte, tandis qu'à Its'hak son père le Nom béni soit-Il avait dit 'ne descends pas en Égypte' (Genèse 26,2); et il voulut s'attacher à la mesure de son père afin de ne pas descendre en Égypte.

Et tel est le sens de 'et il offrit des sacrifices au D.ieu de son père Its'hak'.

או יבואר על פי מאמר חכמינו ז"ל במסכת שבת (פט:) כי אברהם לא ידענו כו', על שם שיצחק אבינו ילמד סנגוריא על ישראל. ובוודאי כאשר יהיה אם ירצה השם לעתיד לבוא כן היה בגלות מצרים שיצחק אבינו היה מלמד זכות עלינו וזהו ויזבח זבחים לא-להי אביו יצחק:

On peut aussi l'expliquer d'après la parole de nos sages de mémoire bénie dans le traité Chabbat (89b) sur le verset 'car Avraham ne nous connaît pas', etc. (Isaie 63,16) : cela vise le fait que c'est Its'hak notre père qui plaidera la défense en faveur d'Israël.

Et certainement, comme il en sera, si le Nom le veut, dans les temps à venir, ainsi en fut-il dans l'exil d'Égypte : Its'hak notre père plaidait en notre faveur. Et tel est le sens de 'et il offrit des sacrifices au D.ieu de son père Its'hak'.

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