« Cacherai-je à Avraham, car je l'ai connu, afin qu'il ordonne à ses fils » (Berechit 18,17-19) : les deux « afin que » (lema'an) ne se comprennent pas. Selon Rabbi Lévi Its'hak, tout le service d'Avraham par amour et par une grande intelligence était peu à ses yeux face aux bontés du Nom ; il accomplit donc chaque commandement au nom de tout Israël, inclus dans son cerveau (moah) jusqu'aux talons du Messie. Chacun a ainsi accompli en puissance les six cent treize commandements, et une voie aplanie permet de passer de la puissance à l'acte. « Afin qu'il ordonne » vient de tsavta (association) : il joint ses fils ; « et ils garderont » au passé, car ils ont déjà gardé la voie.
Aussi : la foi entière : le bien demandé est le plaisir du Nom à répandre Son abondance ; tsedaka puis michpat, deux dalet, mesures des Pères ; souvenir de Sara, pekida et zekhira, promesse avant la mila pour garder les mérites
וה' אמר המכסה אני מאברהם כו' כי ידעתיו למען אשר יצוה את בניו ואת ביתו אחריו ושמרו דרך ה' לעשות צדקה ומשפט למען הביא ה' על אברהם (בראשית יח, יז-יט). הני תרתי למען אינו מובן.
ועוד יש הרבה דקדוקים בפסוק ואין להאריך. ונראה פירוש הענין כך הוא, דשורש הדבר דהכתוב מספר צדקתו של אברהם.
והנה כל העבדות של אברהם שעשה ועבד את השם באהבה ובשכל גדול הכל היה מעט בעיניו ולא היו נחשבים לו נגד טובות השם והנסים שנעשה עמו ולכך לא היה די בעיניו ואמר בלבו אף אם אתקן את עצמי בכל מיני עשיות ועובדות טובות מה אני. גלל כן התיישב את עצמו שאין זה מספיק מה שאני לבדי מקיים את המצות בשכל גדול רק הכניס עוד כוונה אחרת במחשבתו כשהיה מקיים איזה מצוה לעשותו בשם כל ישראל.
דהנה כל ישראל היו כלולים במחשבתו ובמוחו של אברהם, כי הבן הוא גנוז בכח האב והנה במוחו של אברהם היה שורש וכלל מכל כנסת ישראל וזרע אברהם הבאים אחריו כל דור ודור עד עקבא דמשיחא ואם כן כשעשה איזה מצוה עשה עם כל הכוחות שלו ועם כל הענפים העתידים להתפשט ממנו. אם כן הגיע מזה שני טובות לבניו.
אחד, כיון דהוא קיים כל המצות וכל מצות דרבנן והדקדוקי מצות ואפילו עירובי תבשילין אם כן כשעשה בשם כל ישראל היה עבודה דרבים אשר כל אחד מישראל קיים כל התרי"ג מצות בכח. ועוד נצמח טובה מזה העבדות שעשה דרך סלולה לזרעו אחריו שיוכלו להשיג שכליות המצות ולקיים אותם מחמת שכבר קיימו אותם פעם אחת בכח בצוותא עם אברהם אבינו אשר בקל כל אחד מישראל יכול להוציא הדבר מכח אל הפועל ולקיים המצוה בפועל ממש כיון שהשער הוא פתוח מימות אברהם:
"Et le Nom dit : cacherai-je à Avraham, etc., car je l'ai connu, afin qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui, et ils garderont la voie du Nom pour faire justice (tsedaka) et droit (michpat), afin que le Nom fasse venir sur Avraham" (Genèse 18,17-19). Ces deux "afin que" (lema'an) ne se comprennent pas.
Et il y a encore beaucoup de précisions à relever dans le verset, mais il n'y a pas lieu de s'étendre. Et il semble que l'explication de la chose soit ainsi : la racine du propos est que l'Écriture raconte la justice d'Avraham.
Or voici, tout le service qu'Avraham accomplit, servant le Nom par l'amour et par une grande intelligence, tout cela était peu à ses yeux et n'était compté pour rien à ses propres yeux face aux bontés du Nom et aux miracles qui furent faits avec lui ; c'est pourquoi cela ne lui suffisait pas, et il disait en son cœur : même si je me perfectionne moi-même par toutes sortes d'actions et de bons services, que suis-je ? C'est pourquoi il se résolut ainsi : il n'est pas suffisant que moi seul j'accomplisse les commandements avec une grande intelligence.
Il introduisit donc encore une autre intention dans sa pensée : lorsqu'il accomplissait quelque commandement, de l'accomplir au nom de tout Israël. Car voici, tout Israël était inclus dans la pensée et dans le cerveau (moah) d'Avraham, puisque le fils est caché dans la puissance du père ; et voici, dans le cerveau d'Avraham se trouvaient la racine et le principe de toute l'assemblée d'Israël et de la descendance d'Avraham venant après lui, génération après génération jusqu'aux talons du Messie (ikveta dimechiha, l'extrême fin des temps).
S'il en est ainsi, lorsqu'il accomplissait quelque commandement, il l'accomplissait avec toutes ses forces et avec toutes les branches destinées à se déployer à partir de lui. Il en résulta donc deux bienfaits pour ses fils.
Le premier : puisqu'il accomplit tous les commandements, tous les commandements rabbiniques, les détails des commandements, et même le érouv tavchiline (mélange des plats, disposition permettant de préparer un jour de fête pour le chabbat qui suit), s'il en est ainsi, lorsqu'il agissait au nom de tout Israël, c'était un service du grand nombre, par lequel chacun d'Israël a accompli en puissance les six cent treize (taryag) commandements. Et un autre bienfait poussa encore de ce service : il fraya une voie aplanie pour sa descendance après lui, afin qu'ils puissent saisir l'intelligence des commandements et les accomplir, du fait qu'ils les ont déjà accomplis une fois en puissance, en association (tsavta) avec Avraham notre père ; de sorte que chacun d'Israël peut aisément faire passer la chose de la puissance à l'acte et accomplir le commandement effectivement, puisque la porte est ouverte depuis les jours d'Avraham.
ובזה יש ליישב פירוש מה שאמרו חכמינו ז"ל חייב כל אדם לומר מתי יגיעו מעשי למעשי אברהם יצחק ויעקב. דלכאורה הוא תמוה האיך יכול כל אדם לבוא למדריגה והשגה של אברהם שהוא מרכבה לימין חסדו יתברך.
אבל באמת אין הכוונה להגיע למעשה אברהם עצמו רק למעשיו של אותו אדם עצמו כשהיה בשורש של אברהם כיון דכל אדם עשה כבר כל המצות בכוחו של אברהם ואם כן אינו צריך רק לשוב לשורשו ולכוחו של אברהם ולהוציא הדבר מכח אל הפועל ואז יוכל להשיג זה הבחינה של עשיה כמו שהיה בכחו של אברהם. וזה שאמר למעשי אברהם, רצה לומר כמו שכתבתי לעיל כשהיה העשיה בכוחו של אברהם:
Et par cela on peut résoudre le sens de ce qu'ont dit nos sages de mémoire bénie : tout homme est tenu de dire : quand mes actes atteindront-ils les actes d'Avraham, Yitshak et Yaakov ? Car à première vue cela est étonnant : comment tout homme pourrait-il parvenir au degré et à l'appréhension d'Avraham, qui est un char (merkava) pour la droite de Sa bonté, béni soit-Il ?
Mais en vérité l'intention n'est pas de parvenir aux actes d'Avraham lui-même, mais aux actes de cet homme-là lui-même, lorsqu'il était dans la racine d'Avraham ; puisque tout homme a déjà accompli tous les commandements par la force d'Avraham, il ne lui reste donc qu'à revenir à sa racine et à la force d'Avraham, et à faire passer la chose de la puissance à l'acte ; et alors il pourra atteindre cet aspect de l'action tel qu'il était dans la force d'Avraham. Et c'est ce qui est dit : "aux actes d'Avraham", c'est-à-dire, comme je l'ai écrit plus haut, lorsque l'action était dans la force d'Avraham.
וזה שאמר הכתוב, המכסה אני מאברהם כו' כי אני ידעתיו. מלשון אהבה, רצה לומר אני אוהב אותו והתחיל לספר בשבח ומעלת אברהם בקיום מצותיו.
וזה שאמר למען, רצה לומר עבור. אשר יצוה, רצה לומר לשון צוותא וחבור אשר יכוין לחבר בעשותו איזה מצוה אינו עושה אותו הוא לבדו רק את בניו ואת ביתו אחריו, רצה לומר שהוא עושה עם כל יוצאי חלציו וזרעו הבאים אחריו.
וזהו שאמרו ושמרו דרך ה', לשון עבר, רצה לומר שנחשב כאילו שמרו כבר דרך השם כיון שכבר קיימו כל המצות וגם עשה דרך לבניו שיהיה להם קל אחר כך לעשות צדקה ומשפט. ועוד כוונתו למען הביא ה' על אברהם שכיון להנהיג את הבורא ברוך הוא ולהשפיע על כל שרשי הוי"ה ממדות אברהם שיתנהג בחסד כאשר הוא מתנהג להמשיך שפע ברכה ורחמים וחסדים לעולם אמן כן יהי רצון והבן:
Et c'est ce que dit l'Écriture : "cacherai-je à Avraham, etc., car je l'ai connu". Du langage de l'amour, c'est-à-dire : je l'aime ; et Il commença à raconter la louange et la grandeur d'Avraham dans l'accomplissement de ses commandements.
Et c'est ce qui est dit "lema'an (afin que)", c'est-à-dire : pour, en faveur de. "Acher yetsavé (afin qu'il ordonne)", c'est-à-dire du langage de tsavta (association) et de jonction : qu'il ait l'intention de joindre, en accomplissant quelque commandement, de ne pas l'accomplir lui seul, mais avec "ses fils et sa maison après lui", c'est-à-dire qu'il agit avec tous ceux qui sortent de ses reins et avec sa descendance venant après lui.
Et c'est ce qui est dit "et ils garderont la voie du Nom", au passé, c'est-à-dire que cela est compté comme s'ils avaient déjà garde la voie du Nom, puisqu'ils ont déjà accompli tous les commandements ; et de plus il a frayé une voie à ses fils, pour qu'il leur soit facile ensuite de faire justice et droit. Et son intention était encore "afin que le Nom fasse venir sur Avraham" : il eut l'intention de conduire le Créateur béni soit-Il et de faire ruisseler sur toutes les racines du Nom (הוי"ה) depuis les mesures d'Avraham, afin qu'Il se conduise avec bonté comme Il se conduit, pour attirer abondance, bénédiction, miséricorde et bontés (hassadim) sur le monde.
Amen, qu'ainsi soit Sa volonté, et comprends.
כי ידעתיו למען אשר יצוה את בניו וכו' למען הביא ה' על אברהם את אשר דיבר עליו. כי כשאדם מאמין באמונה שלימה שהקדוש ברוך הוא יתענג בהשפעתו לישראל אז מה שמבקש מהשם יתברך טובה וברכה הוא תענוג השם יתברך ותענוג השם יתברך בהשפעתו לישראל הוא מחמת שישראל הולכין ומחזיקים בתורת ה' על ידי זה מתענג בהשפעתו.
וזהו למען אשר יצוה את בניו וכו' ושמרו דרך ה', שיצוה אותם להחזיק תורת ה' ועל ידי זה יתענג השם יתברך מהשפעתו. וזהו למען הביא ה' על אברהם כו', אז שפיר יכולין לחשוב שיבא על אברהם אשר דיבר עליו ולא יחשוב על מנת לקבל פרס, כי מה שהשם יתברך משפיע להם טובות הוא עבור תענוגו יתברך כיון שמחזיקים תורת ה' ודאי מתענג בהשפעתו להם והבן:
"Car je l'ai connu, afin qu'il ordonne à ses fils, etc., afin que le Nom fasse venir sur Avraham ce qu'Il a dit à son sujet." Car lorsque l'homme croit d'une foi entière que le Saint béni soit-Il prend plaisir à répandre Son abondance sur Israël, alors ce qu'il demande au Nom béni soit-Il, bien et bénédiction, est le plaisir du Nom béni soit-Il ; et le plaisir du Nom béni soit-Il à répandre Son abondance sur Israël vient de ce qu'Israël marche et se tient fermement dans la Torah du Nom : par cela Il prend plaisir à répandre Son abondance. Et c'est le sens de "afin qu'il ordonne à ses fils, etc., et ils garderont la voie du Nom" : qu'il leur ordonne de tenir ferme la Torah du Nom, et par cela le Nom béni soit-Il prendra plaisir à répandre Son abondance.
Et c'est le sens de "afin que le Nom fasse venir sur Avraham, etc." : alors on peut à bon droit penser qu'il viendra sur Avraham ce qu'Il a dit à son sujet, sans que l'on pense à recevoir une récompense ; car ce que le Nom béni soit-Il répand sur eux comme bienfaits, c'est pour Son propre plaisir : puisqu'ils tiennent ferme la Torah du Nom, Il prend assurément plaisir à répandre Son abondance sur eux. Et comprends.
באופן אחר כי ידעתיו למען אשר יצוה את בניו כו' לעשות צדקה ומשפט. צדקה, ואחר כך משפט ופעם כתיב עושה משפט וצדקה משפט קודם.
הכלל הוא הקדוש ברוך הוא משפיע תמיד טובות על ישראל וזה הוא תענוג שלו כביכול כשישראל מקבלים ממנו שפע כמאמר חכמינו ז"ל (פסחים קיב.) יותר ממה שהעגל רוצה לינק וכו'. וזה הבחינה נקרא ד"ד שני דלתי"ן, כי ישראל הם ד' א' כמאמר חכמינו ז"ל דלה ועניה.
וכמו כן התענוג מהבורא יתברך אין לו שלימות עד שישראל מקבלים ממנו והוא משפיע עליהם ונמצא הוא גם כן ד' א' ונמצא הם ב' דלתי"ן והבורא ברוך הוא שמו אל, וזהו הרמז (במדבר יא, כז) א"ל ד"ד ומידד מתנבאים כו'. והנה הבורא יתברך האציל בעצמו מדת אהבה והוא מדת אברהם לעשות חסד עם ישראל וכן האציל בעצמו מדת רחמים והוא מדת יעקב לרחם על ישראל והאציל בעצמו מדת משפט והוא מדת יצחק להכרית לשונאי ישראל.
והנה משפט וצדק הוא בתחילה דין ואחר כך צדקה צדק ואחר כך משפט הוא יותר צדקה, כי יש שהבורא משפיע חסד מחמת שהוא רב חסד אבל אינו שוקל כמה ואיך יהיה גודל החסד ויש שהקדוש ברוך הוא משפיע רב חסד ושוקל איך וכמה יהיה החסד ומחמת ששוקל את החסד שמשפיע בזה הוא משפיע יותר חסד. ובחינת שוקל הוא משפט כמו הדיין ששוקל את הדין ומסתכל בבעל הדין איך לשפוט כן כביכול הבורא יתברך מסתכל על הדבר שמשפיע עליו חסדו ועל ידי זה משפיע עליו חסד גדול.
וזהו הרמז צדק ומשפט וכו', והבן:
D'une autre manière : "car je l'ai connu, afin qu'il ordonne à ses fils, etc., pour faire justice (tsedaka) et droit (michpat)". La tsedaka d'abord, puis le michpat ; et parfois il est écrit "faisant michpat et tsedaka", le michpat en premier.
La règle est celle-ci : le Saint béni soit-Il répand toujours des bienfaits sur Israël, et c'est là Son plaisir, pour ainsi dire, quand Israël reçoit de Lui l'abondance, selon la parole de nos sages de mémoire bénie (Pessahim 112a) : plus que le veau ne veut téter, la vache veut allaiter, etc. Et cet aspect est appelé ד"ד, deux dalet ; car Israël est un dalet (ד', du mot dal, pauvre), selon la parole de nos sages de mémoire bénie : "pauvre et indigente" (dala ve-aniya).
Et de même, le plaisir du Créateur béni soit-Il n'a pas de plénitude tant qu'Israël ne reçoit pas de Lui et qu'Il ne répand pas sur eux ; il se trouve donc que Lui aussi est un dalet ; il se trouve ainsi qu'ils sont deux dalet (דלתי"ן), et le Créateur béni soit-Il, Son nom est El. Et c'est l'allusion contenue dans (Nombres 11,27) "Eldad (א"ל ד"ד, El et deux dalet) et Médad prophétisent, etc." Et voici, le Créateur béni soit-Il a émané en Lui-même la mesure de l'amour, qui est la mesure d'Avraham, pour faire bonté avec Israël ; de même Il a émané en Lui-même la mesure de la miséricorde, qui est la mesure de Yaakov, pour avoir pitié d'Israël ; et Il a émané en Lui-même la mesure du jugement (michpat), qui est la mesure d'Yitshak, pour retrancher les ennemis d'Israël.
Et voici, "michpat et tsedek" : c'est d'abord la rigueur (din), et ensuite la tsedaka ; mais "tsedek puis michpat" est davantage tsedaka. Car il arrive que le Créateur répande la bonté parce qu'Il est grand en bonté, mais sans peser combien ni comment sera la grandeur de cette bonté ; et il arrive que le Saint béni soit-Il répande une grande bonté tout en pesant comment et combien sera cette bonté ; et du fait qu'Il pèse la bonté qu'Il répand, par cela Il répand davantage de bonté.
Et l'aspect du "peser" est le michpat, comme le juge qui pèse le jugement et regarde la partie en cause pour savoir comment juger ; ainsi, pour ainsi dire, le Créateur béni soit-Il regarde la chose sur laquelle Il répand Sa bonté, et par cela Il répand sur elle une grande bonté. Et c'est l'allusion de "tsedek et michpat, etc." Et comprends.
וידוע שיצחק הוא גבורה מורה על גלות שהיא גבורה עיין ברש"י שגלות מצרים התחילה מלידת יצחק. וידוע מאמר חכמינו ז"ל שהשם יתברך מקדים רפואה למכה, לכן לידת עמון ומואב מלוט נאמר בפרשה זו קודם לידת יצחק, כי משיח בא ממואב, דהיינו מרות המואביה ומשום הכי נזכר לידת משיח שבא ממואב שהיא הרפואה בתורה קודם לידת יצחק והבן:
Et il est connu qu'Yitshak est guevoura (rigueur), ce qui indique l'exil, lequel est guevoura ; vois Rachi (Rabbi Chelomo Yitshaki), selon qui l'exil d'Égypte a commencé à la naissance d'Yitshak. Et connue est la parole de nos sages de mémoire bénie, selon laquelle le Nom béni soit-Il fait précéder le remède à la plaie ; c'est pourquoi la naissance d'Ammon et de Moav, issus de Loth, est rapportée dans cette section avant la naissance d'Yitshak, car le Messie vient de Moav, c'est-à-dire de Ruth la Moabite ; et c'est pour cela que la naissance du Messie, qui vient de Moav et qui est le remède, est mentionnée dans la Torah avant la naissance d'Yitshak.
Et comprends.
וה' פקד את שרה כאשר אמר ויעש ה' לשרה כאשר דיבר. במדרש (בראשית רבה נג) הדא דכתיב (תהלים קיט, פט) לעולם ה' דברך נצב בשמים, אלו דברים שאמרתי לאברהם בהשמים וכו'.
ונראה דהנה לכאורה יקשה דמה בא הכתוב להשמיענו דפקד השם את שרה כאשר אמר דודאי הקדוש ברוך הוא מקיים דברו ההוא דבר ולא יקימנה, וכי בן אדם הוא ויתנחם, והלא אמרו חכמינו ז"ל (ברכות ז.) כל דיבור שיצא מפי הקדוש ברוך הוא לטובה אפילו על תנאי אינו חוזר:
"Et le Nom se souvint de Sara comme Il l'avait dit, et le Nom fit pour Sara comme Il l'avait parlé" (Genèse 21,1). Dans le Midrach (Berechit Rabba 53) : c'est ce qui est écrit (Psaumes 119,89) "à jamais, le Nom, Ta parole se tient dans les cieux" : ce sont les paroles que J'ai dites à Avraham dans les cieux, etc.
Et il semble qu'à première vue il y ait une difficulté : que vient nous apprendre l'Écriture en disant que le Nom se souvint de Sara "comme Il l'avait dit" ? Car assurément le Saint béni soit-Il accomplit Sa parole : "Lui qui a dit, ne l'accomplirait-Il pas ?
Est-Il un fils d'homme pour se raviser ?" (cf. Nombres 23,19).
Et nos sages de mémoire bénie n'ont-ils pas dit (Berakhot 7a) : toute parole sortie de la bouche du Saint béni soit-Il pour le bien, même conditionnelle, n'est jamais retirée.
אבל שורש הענין כך הוא. דהנה יש חילוק בין לשון פקידה לזכירה.
דהנה איתא בזוהר הקדוש דפקידה היא לנוקבא וזכירה הוא לדכורא דלשון פקידה הוא מורה על דבר שקיבל מאיזה בחינה הקודם לו. ושורש הדבר כך הוא, דודאי כל הבטחות שהבטיח הקדוש ברוך הוא לישראל אנו בטוחים שבוודאי יקיים לנו השם יתברך הבטחתו ליתן לישראל ולהשפיע להם כל הטובות והברכות אך דכשהקדוש ברוך הוא מבטיח לעשות איזה דבר טובה בוודאי כשהטובה ההוא קשורה עדיין אצלו וכמוס בכוחו אין חילוק בין עבר להוה ועתיד.
אך בפני המקבלים כשמצריכים לקבל דבר ההוא שאז צריכים להוציא הדבר מכח אל הפועל להביא אותו אל התגלות שיהיה במהרה, כי כשהוא עדיין נעלם במחשבה הוא באתכסיא והוא בעלמא דאתי בעולם העתיד רצה לומר שעתידה להתגלות אבל עדיין הדבר ההוא בהעלם. והמשכח הדבר ההוא מן העתיד אל ההוה הוא באמונה, רצה לומר כיון שהצדיק מאמין בדבר שבוודאי יקיים השם הבטחתו ומצפה בכל שעה ומתלהב שיתקיים הדבר ההוא ואותו התשוקה והתלהבות והצפוי של הצדיק הבא על ידי האמונה אותו הדבר מחבר המחשבה עליונה של הבטחה וממשיכו לאמונה:
Mais la racine de la chose est ainsi. Il y a une différence entre le terme pekida (visitation, souvenir) et le terme zekhira (mémoire).
Car il est enseigné dans le saint Zohar que la pekida est du côté de Noukva (le féminin, le réceptacle) et la zekhira du côté de Dekhoura (le masculin, celui qui donne) ; car le terme pekida indique une chose qui a reçu d'un aspect qui la précède. Et la racine de la chose est ainsi : assurément, quant à toutes les promesses que le Saint béni soit-Il a promises à Israël, nous sommes assurés que le Nom béni soit-Il accomplira certainement pour nous Sa promesse, de donner à Israël et de répandre sur eux tous les biens et toutes les bénédictions.
Mais lorsque le Saint béni soit-Il promet de faire quelque bien, assurément, tant que ce bien est encore lié à Lui et enfermé dans Sa puissance, il n'y a pas de différence entre le passé, le présent et l'avenir. En revanche, du côté de ceux qui reçoivent, lorsqu'ils ont besoin de recevoir cette chose, il faut alors la faire passer de la puissance à l'acte, la faire venir à la révélation, et qu'elle vienne vite ; car tant qu'elle est encore cachée dans la pensée, elle est en dissimulation (be-itkassia) et se trouve dans le monde à venir (alma de-ati), c'est-à-dire qu'elle est destinée à se révéler, mais que cette chose est encore en occultation.
Et ce qui attire cette chose de l'avenir vers le présent, c'est la foi (emouna) : c'est-à-dire que, puisque le juste (tsadik) croit que le Nom accomplira assurément Sa promesse, qu'il l'attend à chaque instant et s'enflamme du désir que cette chose s'accomplisse, ce désir, cet embrasement et cette attente du juste, venus par la foi, joignent la pensée supérieure de la promesse et l'attirent vers la foi.
וזה פירוש הפסוק (תהלים קיט, פט) לעולם ה' דברך נצב בשמים, רצה לומר שהדיבור של הבטחת הטובה ההוא כשהוא ברוחניות הוא באתכסיא ועומד בשמים. אבל בזה שלדור ודור אמונתיך (שם קיט, צ) רצה לומר על ידי האמונה כוננת ארץ, רצה לומר עשית ותקנת כלי להתגלות הדבר.
והנה זה מצינו באברהם אמירה ודיבור אמירה היא בחשאי כל זמן שהוא בדקות באתכסיא ודיבור הוא באתגלייא. וזה שאמר רש"י בצחות לשונו כאשר אמר בהריון, רצה לומר שהיה אצל שרה ב' דברים.
הריון, רצה לומר כשהיה הדבר עדיין במחשבה באתכסיא לא המשיך רק הריון שהוא גם כן באתכסיא וזהו בחינת אמירה. אבל ויעש ה' לשרה, רצה לומר תיקנה ועשאה כלי לקבל הדבר לבא להתגלות וזהו בחינת דיבור וזהו כאשר דיבר ומזה בא הלידה כנ"ל והבן:
Et c'est l'explication du verset (Psaumes 119,89) "à jamais, le Nom, Ta parole se tient dans les cieux", c'est-à-dire que la parole de cette promesse de bien, tant qu'elle est dans la spiritualité, est en dissimulation (itkassia) et se tient dans les cieux. Mais par ceci : "de génération en génération Ta fidélité" (ibid.
119,90), c'est-à-dire par la foi, "Tu as établi la terre", c'est-à-dire : Tu as fait et préparé un kli (réceptacle) pour la révélation de la chose. Et voici, nous trouvons cela chez Avraham : amira (dire) et dibour (parler).
L'amira est en secret, tant que la chose est dans la subtilité, en dissimulation ; et le dibour est en révélation (be-itgalia). Et c'est ce que dit Rachi, dans la finesse de son langage : "comme Il l'avait dit", quant à la conception ; c'est-à-dire qu'il y eut chez Sara deux choses.
La conception (herayon) : c'est-à-dire que, lorsque la chose était encore dans la pensée, en dissimulation, Il n'attira que la conception, laquelle est elle aussi en dissimulation, et c'est l'aspect de l'amira. Mais "et le Nom fit pour Sara", c'est-à-dire qu'Il la prépara et en fit un kli pour recevoir la chose et la faire venir à la révélation, et c'est l'aspect du dibour, et c'est le sens de "comme Il l'avait parlé" ; et de là vint la naissance, comme ci-dessus.
Et comprends.
או יבואר, וה' פקד את שרה כאשר אמר ויעש ה' לשרה כאשר דבר (בראשית כא, א). לבאר הכפל לשון עיין רש"י, כי רבותינו ז"ל אמרו כשהשם יתברך עושה נס מנכה מזכיותיו וכשפקד השם יתברך שרה דהוה נס שיהיה להם בן לעת זקנותם ורצה שלא ינוכה להם מזכיותיהם לכן הבטיח להם קודם שיהיה להם בן כנזכר בקרא ואז כשפקד השם יתברך וקיים להם שיהיה להם בן בדין הוא שלא ינוכה להם מזכיותיהם, כי מה שנתן להם הוא לקיים הבטחתו.
אמנם אי לא היה מבטיח להם קודם אז כשהיה נותן להם בן אז היו מנוכים מזכיותיהם. זהו וה' פקד את שרה כאשר אמר, פירוש כאשר כבר הבטיח להם בן.
ושלא תקשה למה לי ההבטחה מפרש הכתוב ויעש ה' לשרה כאשר דיבר, פירוש שזה העשיה שעשה היה כאשר דבר לקיים הבטחתו וממילא על ידי זה נמשך פעולה שלא לנכות מזכיותיהם, כי העשיה היה לקיים ההבטחה ומצד הדין אין לנכות על ידי העשיה שהיה להם בן באשר שדבר מלך יצא עליו כביכול לקיים הבטחתו לטובה והבן:
Ou bien on expliquera ainsi : "Et le Nom se souvint de Sara comme Il l'avait dit, et le Nom fit pour Sara comme Il l'avait parlé" (Genèse 21,1). Pour expliquer le redoublement de l'expression, vois Rachi.
Car nos maîtres de mémoire bénie ont dit : lorsque le Nom béni soit-Il fait un miracle, Il en déduit des mérites de celui pour qui il est fait. Or, lorsque le Nom béni soit-Il se souvint de Sara, ce qui fut un miracle, qu'ils aient un fils au temps de leur vieillesse, et qu'Il voulut qu'il ne leur soit rien déduit de leurs mérites, c'est pourquoi Il leur promit auparavant qu'ils auraient un fils, comme il est mentionné dans l'Écriture ; et alors, lorsque le Nom béni soit-Il se souvint d'elle et accomplit pour eux qu'ils aient un fils, il est de droit qu'il ne leur soit rien déduit de leurs mérites, car ce qu'Il leur a donné l'a été pour accomplir Sa promesse.
En revanche, s'Il ne leur avait pas promis auparavant, alors, lorsqu'Il leur aurait donné un fils, il leur aurait été déduit de leurs mérites. C'est le sens de "et le Nom se souvint de Sara comme Il l'avait dit", c'est-à-dire : comme Il leur avait déjà promis un fils.
Et pour qu'on ne demande pas : à quoi bon cette promesse ? l'Écriture précise "et le Nom fit pour Sara comme Il l'avait parlé", c'est-à-dire que cette action qu'Il fit le fut "comme Il l'avait parlé", pour accomplir Sa promesse ; et d'elle-même en découle la conséquence qu'il ne leur soit rien déduit de leurs mérites, car l'action fut pour accomplir la promesse, et selon le droit il n'y a pas lieu de déduire pour cette action, à savoir qu'ils aient eu un fils, puisque la parole du Roi était sortie à son sujet, pour ainsi dire, pour accomplir Sa promesse pour le bien. Et comprends.
ועל פי זה יובן שבפרשת לך לך קודם שמל אברהם אבינו הבטיח לו השם יתברך שתלד לו שרה את יצחק כנאמר (בראשית יז, יט) אבל שרה אשתך יולדת לך בן וכו', כי מצות שעשה אברהם אבינו עליו השלום אחר המילה הם היו זכים וצלולים שהיה נימול כבר והשם יתברך לא רצה לנכות ממצות שיעשה אחר המילה שרצה הקדוש ברוך הוא שמצות אלו שהם זכים וצלולים יעמדו ויתקיימו לדורות להגן על כל זרע ישראל לכן הבטיח קודם המילה שעל ידי זה לא ינכה ממצות שעשה אחר המילה, כי הוא הבטיח לו קודם המילה שיהיה לו יצחק והשם יתברך כביכול קיים הבטחתו והבן:
Et d'après cela on comprendra pourquoi, dans la section Lekh lekha, avant qu'Avraham notre père ne se circoncise, le Nom béni soit-Il lui promit que Sara lui enfanterait Yitshak, comme il est dit (Genèse 17,19) : "mais Sara ta femme t'enfantera un fils, etc." Car les commandements qu'accomplit Avraham notre père, la paix soit sur lui, après la circoncision (mila), étaient purs et limpides, puisqu'il était déjà circoncis ; et le Nom béni soit-Il ne voulut pas déduire des commandements qu'il accomplirait après la circoncision, car le Saint béni soit-Il voulait que ces commandements, qui sont purs et limpides, subsistent et se maintiennent pour les générations, afin de protéger toute la descendance d'Israël. C'est pourquoi Il promit avant la circoncision, de sorte que par cela il ne serait rien déduit des commandements accomplis après la circoncision ; car Il lui avait promis avant la circoncision qu'il aurait Yitshak, et le Nom béni soit-Il, pour ainsi dire, accomplit Sa promesse.
Et comprends.