« Et toi, prends pour toi de toute nourriture qui se mange » (Genèse 6,21). Rabbi Lévi Its'hak rapporte du saint Ramban que manger de l'animal fut permis à Noa'h parce qu'il les a fait vivre dans l'arche ; « kah » (prends) est un terme d'acquisition, et par là il acquiert une acquisition nouvelle. Ou bien « maakhal » signifie qu'il fait manger les autres : par les commandements d'Israël dans l'acte de manger, bénédiction, che'hita et méli'ha, se répare le pegam (dommage) d'Adam ha-richon. Le Midrach lit « ve-okhel » : « j'ai mangé et je mangerai encore » ; par ce que je mangerai encore, au moyen des commandements, sera réparé ce que j'ai endommagé.
Aussi : depuis Avraham, D.ieu ne punit que qui opprime sa descendance ; Noa'h juste dans la génération de Moché, qui répare son âme ; le parfum apaisant de la maîtrise du yetser, et « comme Je l'ai fait » selon la miséricorde de la création
ואתה קח לך מכל מאכל אשר יאכל (בראישת ו, כא). הכלל הוא שמבואר ברמב"ן הקדוש שמפני מה עד נח לא הותר חי לאכול ולנח הותר חי לאכול מפני כי נח החיה אותם בתיבה לכן הותר לו חי לאכול.
וזהו נראה לי הרמז קח לשון קנין כמבואר בפסוק (בראשית כג, יג) כסף השדה קח ממני, כלומר על ידי זה יקח קנין חדש שיותר לו לאכול חי:
"Et toi, prends pour toi de toute nourriture qui se mange" (Genèse 6,21). La règle est ce qui est expliqué dans le saint Ramban (Rabbi Moche ben Na'hman, Nahmanide) : pourquoi jusqu'à Noa'h ne fut-il pas permis de manger de l'animal ('haï, le vivant), tandis qu'à Noa'h cela fut permis ?
Parce que Noa'h les a fait vivre dans l'arche ; c'est pourquoi il lui fut permis de manger de l'animal. Et voici, il me semble, l'allusion : "kah" (prends) est un terme d'acquisition (kinyan), comme cela ressort du verset (Genèse 23,13) "l'argent du champ, prends-le de moi" - c'est-à-dire que par cela il acquerra une acquisition nouvelle, de sorte qu'il lui sera permis de manger de l'animal.
או יאמר, קח לך מכל מאכל, כי לשון מאכל היינו שהוא מאכיל את אחרים ובו יבואר המדרש (בראשית רבה יט) האשה אשר נתת עמדי היא נתנה לי מן העץ ואוכל (בראשית ג, יב) אכלתי לא נאמר כו' אכלתי ואוכל עד כאן לשון המדרש. הכלל כי באכילה שאדם מישראל אוכל מתקן הפגם של אדם הראשון שפגם באכילה דהיינו על ידי מצות שישראל עושים באכילה הן בברכה על האכילה הן בשאר מצוה שישראל עושים בהמאכל קודם האכילה בבשר שחיטה ומליחה ובכל מאכל יש מצות מתקן הפגם של אדם הראשון.
ובזה מבואר ואוכל אכלתי לא נאמר אלא אכלתי ואוכל עוד, כלומר בזה שאוכל עוד על ידי מצות יתוקן מה שפגמתי נמצא על ידי שפגם אדם הראשון באכילה צריך האדם לאכול ולתקן נמצא האכילה של אדם הראשון נקרא מאכיל כלומר מאכיל לאחרים בשביל האכילה זה צריך האדם לאכול. וזהו הרמז קח לך מכל מאכל, רצה לומר כי על ידי שהכניס נח בתיבה מכל החי הותר לאכול מכל חי כנ"ל.
וזהו הרמז ואכלתם אכול (יואל ב, כו) ואכלתם, כלומר מה שאתם אוכלים אכול על ידי האכילה שאכל אדם הראשון אתה אוכל לתקן הפגם של אדם הראשון על ידי האכילה על ידי המצוה אשר באכילה של ישראל:
Ou bien on peut dire : "prends pour toi de toute nourriture (maakhal)". Car le terme "maakhal" signifie qu'il fait manger les autres (maakhil), et par là s'explique le Midrach (Berechit Rabba 19) : "la femme que Tu as mise avec moi, elle m'a donné de l'arbre et je mange (ve-okhel)" (Genèse 3,12) - il n'est pas dit "akhalti" (j'ai mangé), etc., mais "j'ai mangé et je mangerai encore".
Fin de citation du Midrach. La règle est celle-ci : par l'acte de manger qu'accomplit un homme d'Israël, il répare (metaken) le dommage (pegam) d'Adam ha-richon (le premier homme), qui a porte atteinte par l'acte de manger ; c'est-à-dire par les commandements qu'Israël accomplit dans l'acte de manger, tant par la bénédiction sur la nourriture que par les autres commandements qu'Israël accomplit sur l'aliment avant de le manger - pour la viande, l'abattage rituel (che'hita) et le salage (méli'ha) - et dans tout aliment il y a des commandements : par là il répare le dommage d'Adam ha-richon.
Et par là s'explique "ve-okhel" : il n'est pas dit "akhalti" mais "j'ai mangé et je mangerai encore" - c'est-à-dire : par ce que je mangerai encore, au moyen des commandements, sera réparé ce que j'ai endommagé. Il ressort que, parce qu'Adam ha-richon a porte atteinte par l'acte de manger, l'homme doit manger et réparer ; il ressort donc que l'acte de manger d'Adam ha-richon est appelé "maakhil", celui qui fait manger, c'est-à-dire qu'il fait manger les autres : c'est à cause de son acte de manger que l'homme doit manger.
Et telle est l'allusion : "prends pour toi de toute nourriture (maakhal)", c'est-à-dire que, par le fait que Noa'h a fait entrer dans l'arche de tout ce qui vit, il fut permis de manger de tout animal, comme dit plus haut. Et telle est l'allusion : "et vous mangerez, manger" (Joël 2,26) - "et vous mangerez", c'est-à-dire : ce que vous mangez, "manger" - c'est en vertu de l'acte de manger qu'a accompli Adam ha-richon que tu manges, afin de réparer le dommage d'Adam ha-richon par l'acte de manger, par le commandement qui se trouve dans l'acte de manger d'Israël.
משנולד אברהם לא ענש הקדוש ברוך הוא לאומה רק את האומה אשר הם עושים רעה לזרעו אבל מה שעושין נגד ה' הוא שומר להם להפרע מהן לעתיד לבוא ולא כן קודם שנולד אברהם שענש הקדוש ברוך הוא לדור המבול ודור הפלגה על שהכעיסו נגד רצונו אבל משבא אברהם ענש את האומה הזאת שמצירים את זרע אברהם:
Depuis qu'Avraham est né, le Saint, béni soit-Il, n'a plus puni de nation, sinon la nation qui fait du mal à sa descendance ; mais ce qu'elles font contre ה', Il le leur garde en réserve pour en exiger le paiement dans le temps à venir. Il n'en allait pas ainsi avant la naissance d'Avraham, car le Saint, béni soit-Il, punit la génération du déluge et la génération de la dispersion (dor ha-palaga, celle de la tour de Babel) pour avoir irrité Sa volonté.
Mais depuis qu'Avraham est venu, Il ne punit que la nation qui opprime la descendance d'Avraham.
בפסוק כי אותך ראיתי צדיק לפני בדור הזה (בראשית ז, א). רצה לומר על פי דמבואר בזוהר הקדוש גבי משה שאמר (שמות לב, לב) מחני נא מספרך, אותיות מחני מי נח שתקן נשמת נח שלא ביקש על דורו ובזה שמסר משה נפשו בשביל ישראל תיקן לנשמה דנח, כי משה היה כלול מכל הנשמות עיין שם, וידוע דמשה נקרא צדיק שמצדיק הכל לפני ה' ללמד זכות על הכל.
וידוע מאמר חכמינו זכרונם לברכה כל הנביאים נתנבאו בכה ומשה בזה, וזה כי אותך ראיתי צדיק לפני, רצה לומר אני רואה אותך צדיק לה' להצדיק הבריות ללמוד עליהם זכות אימתי בדור הזה רצה לומר בדור שיהא בו משה שהוא בחינת זה אז נשמתך שיהא במשה דכלול כל הנשמות יתוקן בלימוד זכות על ישראל שנשמתך גם כן ילמוד זכות כיון שמשה כלול מהכל ובלימודו זכות כל הנשמות שבו ילמדו זכות, וזהו צדיק לפני בדור הזה ודו"ק:
Sur le verset "car c'est toi que J'ai vu juste devant Moi dans cette génération" (Genèse 7,1). C'est-à-dire, selon ce qui est expliqué dans le saint Zohar à propos de Moche, qui dit (Exode 32,32) "efface-moi de Ton livre" : les lettres de מחני (ma'heni, "efface-moi") sont celles de מי נח (mei Noa'h, "les eaux de Noa'h"), car il répara ainsi l'âme de Noa'h, qui n'avait pas imploré pour sa génération ; et par le fait que Moche livra son âme pour Israël, il répara l'âme de Noa'h, car Moche était inclus de toutes les âmes - vois-y.
Et l'on sait que Moche est appelé tsadik (juste), parce qu'il justifie tout devant ה', plaidant le mérite (limoud zekhout) en faveur de tous. Et l'on connaît le propos de nos sages, de mémoire bénie : tous les prophètes ont prophétisé par "ko" (ainsi), et Moche par "ze" (ceci).
Et tel est "car c'est toi que J'ai vu juste devant Moi", c'est-à-dire : Je te vois juste envers ה', pour justifier les créatures et plaider leur mérite. Quand cela ?
"Dans cette génération (ba-dor ha-ze)", c'est-à-dire dans la génération où se trouvera Moche, qui est l'aspect (be'hina) de "ze" ; alors ton âme, qui sera dans Moche - lequel inclut toutes les âmes - sera réparée par le plaidoyer de mérite en faveur d'Israël, car ton âme aussi plaidera le mérite, puisque Moche inclut tout, et par son plaidoyer de mérite toutes les âmes qui sont en lui plaideront le mérite. Et tel est "juste devant Moi dans cette génération" ; et examine bien.
וירח ה' את ריח הניחוח (בראשית ח, כא). איתא בבעל הטורים מסורה ב' וירח הכא ואידך וירח את ריח בגדיו (בראשית כז, כז) עיין שם.
נראה על פי שאמר כבוד אדוני אבי מורי ורבי וירח ה' את ריח הניחוח כו', מהיכן בא הריח הניחוח הוא מחמת שאדם יש יצר בו ואף על פי כן כובש את יצרו ועובד את ה' גלל כן ויאמר כו' לא אוסיף עוד כי יצר לב האדם רע מנעוריו, כי על ידי יצר הרע הוא התענוג עד כאן דברי אבי. ועל ידי זה השם יתברך מתלבש בישראל כנאמר (ישעיה מט, ג) ישראל אשר בך אתפאר, דאמר הצדיק ר' בער ז"ל אתפאר, מלשון התלבשות מלשון ויתפרו עלי תאנה (בראשית ג, ז) עד כאן דבריו.
ולא במלאכי מעלה כי ההתלבשות מגודל התענוג שיש לו מישראל יותר מכולם כי יש להם יצר הרע ואף על פי כן כובשים אותו וזה וירח ה' את ריח הניחוח כנ"ל שהריח תענוג זה מה שמגיע מעבודת האדם. וזהו גם כן וירח את ריח בגדיו, שהריח שבני אדם הם בגדיו שמתלבש בהם ועל ידי כן ריחם עליהם והבן:
"Et ה' respira le parfum apaisant" (Genèse 8,21). Il est rapporté dans le Baal ha-Tourim (Rabbi Yaakov ben Acher) une massoret (note massoretique de décompte) : deux occurrences de "vayarah" (et il respira) - ici, et l'autre "et il respira le parfum de ses vêtements" (Genèse 27,27) ; vois-y.
Il apparaît, selon ce qu'a dit l'honneur de mon seigneur mon père, mon maître et mon rabbi : "et ה' respira le parfum apaisant", etc. - d'où vient ce parfum apaisant ? De ce que l'homme a en lui un penchant (yetser) et que, malgré cela, il maîtrise son penchant et sert ה'.
C'est pour cela qu'il est dit "et Il dit... Je n'ajouterai plus, car le penchant du cœur de l'homme est mauvais dès sa jeunesse" - car c'est par le mauvais penchant (yetser hara) que vient le plaisir (taanoug).
Fin des paroles de mon père. Et par cela le Nom, béni soit-Il, se revêt dans Israël, comme il est dit (Isaie 49,3) : "Israël, en qui Je me glorifie (etpaer)" - car le tsadik Rabbi Ber, de mémoire bénie (le Maguid de Mezeritch), a dit : "etpaer" est un terme de revêtement (hitlabchout), du même terme que "et ils cousirent (vayitperou) des feuilles de figuier" (Genèse 3,7).
Fin de ses paroles. Et ce n'est pas dans les anges d'en haut qu'Il se revêt, car ce revêtement provient de la grandeur du plaisir qu'Il tire d'Israël plus que de tous, parce qu'ils ont un mauvais penchant et que malgré cela ils le maîtrisent.
Et tel est "et ה' respira le parfum apaisant", comme dit plus haut : ce parfum est ce plaisir, ce qui parvient du service de l'homme. Et tel est aussi "et il respira le parfum de ses vêtements" : car le parfum, ce sont les hommes qui sont Ses vêtements, dont Il se revêt, et par cela leur parfum est sur eux ; et comprends.
בפסוק ולא אוסיף עוד להכות כל חי כאשר עשיתי (בראשית ח, כא). כאשר דייקא נראה על פי מאמר הזוהר בשעת בריאה אמרה מדת הדין רבונו של עולם האי בר נש זמין למחטי קמך אמר הקדוש ברוך הוא וכי למגנא אתקריא רחום וחנון.
נמצא עיקר בריאת העולם היה על ידי שיתנהג במדת הרחמים וכן אמרו במדרש (בראשית רבה יב) בבריאת העולם שיתף הקדוש ברוך הוא מדת הרחמים. וזהו כאשר עשיתי רצה לומר כאשר עשיתי בבריאת העולם להתנהג במדת הרחמים כן יהיה ואם כן מהאי טעמא לא אוסיף להכות כל חי וזהו לא אוסיף כו' כאשר עשיתי, הגם שמרגיזין קדמי אתנהג במדת רחום וחנון כאשר היה הבריאה על תנאי זה והבן:
Sur le verset "et Je ne frapperai plus tout vivant comme Je l'ai fait" (Genèse 8,21). "Comme" (kaacher), précisément.
Il apparaît que cela s'explique selon le propos du Zohar : au moment de la création, la mesure de rigueur (midat ha-din) dit : "Maître du monde, cet homme-là est destiné à pécher devant Toi." Le Saint, béni soit-Il, répondit : "Est-ce donc en vain que Je suis appelé miséricordieux et clément (ra'houm ve-'hanoun) ?" Il ressort que l'essentiel de la création du monde à reposé sur ceci, qu'Il conduirait le monde selon la mesure de miséricorde. Et de même ont-ils dit dans le Midrach (Berechit Rabba 12) : lors de la création du monde, le Saint, béni soit-Il, y associa la mesure de miséricorde.
Et tel est "comme Je l'ai fait", c'est-à-dire : comme J'ai fait lors de la création du monde, en conduisant selon la mesure de miséricorde, ainsi en sera-t-il ; et s'il en est ainsi, pour cette raison "Je n'ajouterai plus à frapper tout vivant". Et tel est "Je n'ajouterai plus... comme Je l'ai fait" : bien qu'ils M'irritent, Je conduirai selon la mesure du miséricordieux et clément, puisque la création s'est faite à cette condition ; et comprends.