Pourquoi la prière dit-elle de D.ieu « Il forme la lumière », au présent, et ailleurs « qui a formé l'homme », au passé ? Pour Rabbi Lévi Its'hak, l'influx divin ne s'interrompt jamais. Celui qui se sait néant (ayin) voit le Créateur former le monde à cet instant ; celui qui se regarde lui-même reste dans l'être (yech) et ne voit qu'une création déjà faite. La mitsva relie les deux : sa part cachée, le contentement procuré à D.ieu, relève du ayin ; sa part visible, le bien qui nous revient, relève du yech. « Berechit » désigne alors la création du yech, ce « commencement » d'où sont sortis les cieux et la terre.
Aussi : « Berechit » lu « deux commencements », Torah écrite et Torah orale ; pourquoi le monde ne tient pas sans la vérité ; le « tohou va-vohou ».
בראשית ברא א-להים את השמים ואת הארץ. (בראשית א, א) הכלל שהבורא ברוך הוא ברא הכל והוא הכל והשפעתו אינו נפסק מעולם כי בכל רגע משפיע שפע לברואיו ולכל העולמות ולכל ההיכלות ולכל המלאכים ולכל חיות הקודש.
ולכן אנו אומרים יוצר אור ובורא חושך. ולא יצר אור וברא חושך רק יוצר בלשון הוה, כי בכל רגע הוא יוצר שבכל רגע הוא משפיע חיות לכל חי והכל מאתו יתברך והוא שלם.
והוא כלול מהכל ולכן כשאדם בא לאין ויודע שהוא אינו כלום רק הבורא ברוך הוא נותן בו כח אז מכנה להשם יתברך בשם בחינת יוצר דהיינו לשון הוה שגם עתה הוא יוצר. אכן כשאדם מסתכל בעצמו ואינו מסתכל באין אז הוא במדריגות יש אז מכנה להבורא ברוך הוא רק בחינת יצר, דהיינו שברא אותו כבר ולכן אנו אומרים אשר יצר את האדם בחכמה דחכמה הוא מדריגת יש.
ולכן שפיר שייך יצר ולא יוצר. ולכן נאמר בכתבי האר"י ז"ל שה' מלך הוא בחינת אין, כי ה' מלך שהוא עכשיו נותן בנו חיות.
והוא בחינת אין שאין אנו כלום רק שהשם יתברך נותן בנו כח. והנה האין הוא מתנהג הכל למעלה מהטבע והיש מתנהג בטבע.
אמנם ההתחברות שאנו מחברים היש באין הוא על ידי המצוה ותורה שנקראת והחיות רצוא ושוב (יחזקאל א, יד) וזה שכתב הזוהר כי המצות והתורה הוא סתום ואתגליא כי סתום הוא מרומז לאין ואתגליא מרומז ליש שהוא התחברות יש באין ואין ביש ולכן נקראת מצוה כי מ"צ הוא בא"ת ב"ש י"ה דהיא בחינת האין ואותיות ו"ה של מצוה הוא בחינת יש ולכן אותיות י"ה הוא סתום כי אין הוא סתום. ונבאר זה מהו הנסתר והנגלה שבמצוה.
דזה שאנו פועלין במצוה שאנו עושין נחת רוח להשם יתברך זה הוא בסתר שאינו נראה לנו ומה שאנו פועלין טובות לעצמנו זה הוא נראה לנו. וזה פירוש הכתוב (דברים כט, כח) הנסתרות לה' א-להינו, פירוש הנסתרות בחינת הסתר שבמצות שאנו פועלין הוא לה' א-להינו שמה שאנו פועלין בו הוא נסתר לנו.
והנגלות הבחינת התגלות הוא לנו ולבנינו, הוא מה שאנו מביאים שפע הוא נגלה לנו. וזהו בראשית ברא א-להים , פירוש שהשם יתברך ברא יש שהוא ראשית ועל ידי זה נתהוה בריאת שמים וארץ, כי קודם הכל נתהוה באין וזהו שתרגם ירושלמי בחוכמא ברא כו', כי חכמה הוא בחינת יש:
"Au commencement Elokim créa les cieux et la terre" (Genèse 1,1). Le principe général est que le Créateur, béni soit-Il, a tout créé, qu'Il est le tout, et que son influx (chefa) ne s'interrompt jamais : à chaque instant Il déverse l'influx sur ses créatures, sur tous les mondes, sur tous les palais (heikhalot), sur tous les anges et sur toutes les hayot ha-kodech (les créatures célestes saintes).
C'est pourquoi nous disons "Il forme la lumière et Il crée l'obscurité" (yotser or ou-vore hochekh), et non pas "Il a formé la lumière et Il a créé l'obscurité" : "yotser", au présent, car à chaque instant Il forme, puisque à chaque instant Il déverse la vitalité à tout ce qui vit ; tout vient de Lui, béni soit-Il, et Il est parfait. Et Il inclut tout.
C'est pourquoi, lorsque l'homme parvient au ayin (le néant, l'annulation de soi devant le divin) et sait qu'il n'est rien, et que seul le Créateur, béni soit-Il, met en lui la force, alors il désigne le Nom, béni soit-Il, par l'aspect (be'hina) de "yotser", c'est-à-dire au présent : maintenant encore Il forme. Mais lorsque l'homme se regarde lui-même et ne regarde pas vers le ayin, il se trouve au degré du yech (l'être, l'existence séparée), et il ne désigne alors le Créateur, béni soit-Il, que par l'aspect de "yatsar" (Il a formé), c'est-à-dire qu'Il l'a déjà créé.
C'est pourquoi nous disons "qui a formé l'homme avec sagesse" (acher yatsar et ha-adam be-'hokhma), car la 'hokhma (la sagesse) est le degré du yech ; il convient donc bien de dire "yatsar" et non "yotser". Et c'est pourquoi il est dit dans les écrits du Ari zal (Rabbi Its'hak Louria Achkénazi, de mémoire bénie) que "ה' melekh" (le Nom règne, au présent) relève de l'aspect du ayin, car "le Nom règne" signifie qu'Il nous donne maintenant la vitalité ; et c'est l'aspect du ayin, puisque nous ne sommes rien et que seul le Nom, béni soit-Il, met en nous la force.
Or le ayin conduit tout au-dessus de la nature, tandis que le yech se conduit selon la nature. Cependant, la jonction par laquelle nous relions le yech au ayin se fait par la mitsva et par la Torah, dont il est dit "et les hayot allaient et venaient" (Ezechiel 1,14).
C'est ce qu'écrit le Zohar : les mitsvot et la Torah sont "satoum ve-itgalya" (le caché et le révélé), car le caché fait allusion au ayin et le révélé fait allusion au yech, ce qui constitue la jonction du yech dans le ayin et du ayin dans le yech. C'est pourquoi elle est appelée mitsva (מצוה) : les lettres מ״צ donnent, par la permutation at-bach (א״ת ב״ש, où la première lettre s'échange avec la dernière), les lettres י״ה, qui sont l'aspect du ayin, tandis que les lettres ו״ה de mitsva sont l'aspect du yech ; et les lettres י״ה sont cachées, car le ayin est caché.
Expliquons maintenant ce qu'est le caché et le révélé dans la mitsva. Ce que nous opérons par la mitsva, à savoir que nous procurons un contentement (na'hat roua'h) au Nom, béni soit-Il, cela est caché et ne nous est pas visible ; en revanche, le bien que nous opérons pour nous-mêmes, cela nous est visible.
Tel est le sens du verset (Deutéronome 29,28) : "Les choses cachées sont à ה' notre Elokim" - c'est-à-dire que les choses cachées, l'aspect caché des mitsvot que nous accomplissons, sont à ה' notre Elokim, car ce que nous opérons en Lui nous demeure caché. "Et les choses révélées sont à nous et à nos enfants" : c'est l'aspect du dévoilement, à savoir l'influx que nous faisons descendre, et cela nous est révélé.
Et tel est le sens de "Berechit bara Elokim" : le Nom, béni soit-Il, a créé le yech, qui est le "rechit" (le commencement), et par là s'est réalisée la création des cieux et de la terre, car avant tout cela tout était dans le ayin. C'est ce que traduit le Targoum Yerouchalmi : "Par la sagesse (be-'hokhma) Il créa...", car la 'hokhma est l'aspect du yech.
או יאמר, בראשית ברא א-להים את. נראה דהנה כל העולמות וכל המלאכים והעולם התחתון מקבלים שפע מהבורא יתברך וכל החיות של העולמות רק ממנו יתברך כמאמר אליהו ז"ל וכד אנת תסתלק מנייהו וכו' ואנת הוא נביעו דכולא.
והנה העולמות אינם יכולים לקבל השפע ממנו יתברך כי אם על ידי לבושין ועל ידי כמה צמצומים כנודע מדברי האר"י ז"ל, כי כל העולמות הם מוגשמים ועבים לנגד השפע היוצא ממנו יתברך אפילו המחשבה טהורה שהיא דקה מן הדקה הוא עב ומוגשם להחיות הנמשך ממנו יתברך ולכן קודם שברא את העולם ברא עולמות שיתלבש בהן הבורא ברוך הוא שעל ידי זה יוכלו לקבל העולמות השפע הנמשך מאתו יתברך. ואלו העולמות מצוחצחים ועליהם נאמר (ישעיה נח, יא) והשביע בצחצחות נפשך.
ואלולי זאת לא היו כל העולמות יכולין לסבול אור שפעו יתברך וחיותו הנמשך ונמצא קודם הכל ברא לבושין מצוחצחין. ועולמות מצוחצחין ומדות מצוחצחין שיכלו העולמות שלמטה מהן לסבול חיות הנמשך ממנו.
וזהו פירוש הפסוק בפשוטו בראשית הכל ברא א-להים את השמים כו', תיבת את כמו אתה ואתה פירוש ואתה מרבבות קודש (דברים לג, ב) וזהו פירושו בראשית הכל ברא את העולמות המצוחצחין שנבראו קודם בריאת העולמות שיוכלו לבא מהם שמים וארץ. את, הוא כמו לשון בא שמעולמות המצוחצחין העליונים יוכלו לבא שמים וארץ:
Autre explication de "Berechit bara Elokim et". Il apparaît que tous les mondes, tous les anges et le monde inférieur reçoivent l'influx du Créateur, béni soit-Il, et que toute la vitalité des mondes ne vient que de Lui, béni soit-Il, selon la parole d'Eliyahou, de mémoire bénie (introduction du Tikouney Zohar) : "Et lorsque Tu Te retires d'eux... et Tu es la source de tout." Or les mondes ne peuvent recevoir l'influx venant de Lui, béni soit-Il, que par l'intermédiaire de vêtements (levouchin) et de plusieurs tsimtsoumim (contractions, restrictions de la lumière), comme on le sait des paroles du Ari zal ; car tous les mondes sont matérialisés et épais au regard de l'influx qui émane de Lui, béni soit-Il.
Même la pensée pure, la plus subtile des subtiles, est épaisse et matérielle au regard de la vitalité qui découle de Lui, béni soit-Il. C'est pourquoi, avant de créer le monde, Il créa des mondes dans lesquels le Créateur, béni soit-Il, se revêt, afin que par ce moyen les mondes puissent recevoir l'influx qui découle de Lui, béni soit-Il.
Et ces mondes sont resplendissants (metsou'htsa'him), et c'est d'eux qu'il est dit (Isaie 58,11) : "Il rassasiera ton âme de splendeurs." Sans cela, aucun des mondes n'aurait pu supporter la lumière de son influx, béni soit-Il, ni la vitalité qui en découle. Il se trouve donc qu'avant tout Il créa des vêtements resplendissants, des mondes resplendissants et des midot (attributs, mesures) resplendissantes, afin que les mondes situés en dessous d'eux puissent supporter la vitalité qui découle de Lui.
Et tel est le sens simple du verset : "Au commencement de tout, Elokim créa et les cieux..." - le mot את (et) est comme אתה (ata), au sens de "et Il vint des myriades saintes" (Deutéronome 33,2), où ואתה signifie "et Il vint". Voici donc le sens : au commencement de tout, Il créa les mondes resplendissants, créés avant la création des mondes, afin que d'eux puissent venir les cieux et la terre.
Le mot את a le sens de "venir" : c'est des mondes resplendissants supérieurs que peuvent venir les cieux et la terre.
עוד יבואר בראשית ב' ראשית השם יתברך משפיע שפע ואנו בתפלתינו עושים צימצום בהשפע כל אחד לפי הרצון שלו זה עושה צימצום עם אותיות חיים לחיים. וזה עם אותיות חכמה לחכמה.
וזה עם אותיות עושר לעושר וכן לכל הטובות כל אחד כרצונו. והנה כל מה שיש ברוחניות יש כמוהו בגשמיות.
והנה בגשמיות יש קול ודיבור הקול הוא כלול והדיבור הוא הצימצום להקול באותיות הדיבור. והנה כן בראש השנה הקול שופר הוא השפע מהבורא ברוך הוא הוא הכלול.
ומה שאנו אומרים מלכיות זכרונות ושופרות הוא הצמצום שאנו מצמצמים בהאותיות את השפע מהבורא ברוך הוא כל אחד כפי הרצון שלו הנה זה שהשפע נשפע כלול מהבורא יתברך זה הוא בחינת תורה שבכתב וזה שאנו עושין צימצום בהשפע עם האותיות הוא בחינת תורה שבעל פה, כי תורה שבעל פה הוא ברצון ישראל כאשר הם עושין הפירוש בהתורה שבכתב. וזהו בראשית ב' ראשית תורה שבכתב ושבעל פה:
Autre explication encore : "Berechit" se lit ב' ראשית (bet rechit, deux commencements). Le Nom, béni soit-Il, déverse l'influx, et nous, par nos prières, nous opérons un tsimtsoum dans cet influx, chacun selon sa volonté : l'un opère une contraction avec les lettres de "'hayim" (vie) pour la vie, l'autre avec les lettres de "'hokhma" pour la sagesse, l'autre avec les lettres de "ocher" (richesse) pour la richesse, et ainsi pour tous les biens, chacun selon sa volonté.
Or tout ce qui existe dans le spirituel a son équivalent dans le matériel. Dans le matériel, il y a la voix (kol) et la parole (dibour) : la voix est englobante et indifférenciée, et la parole est la contraction de la voix dans les lettres du langage.
Il en va de même à Roch Hachana : le son du chofar est l'influx du Créateur, béni soit-Il, sous sa forme englobante ; et ce que nous disons - Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot (les trois séries de versets de la Amida de Moussaf) - est la contraction par laquelle nous resserrons dans les lettres l'influx du Créateur, béni soit-Il, chacun selon sa volonté. Ainsi, le fait que l'influx se déverse de manière englobante depuis le Créateur, béni soit-Il, relève de l'aspect de la Torah écrite ; et le fait que nous opérions une contraction de cet influx au moyen des lettres relève de l'aspect de la Torah orale, car la Torah orale dépend de la volonté d'Israël, lorsqu'ils établissent l'interprétation de la Torah écrite.
Et tel est "Berechit" : ב' ראשית, deux commencements - la Torah écrite et la Torah orale.
בראשית ברא א-להים. פירש רש"י לא היה צריך להתחיל התורה כו', לכאורה יש להבין הא התורה צריך להתחיל בבי"ת.
והנראה כי טעם שהתורה מתחיל בבי"ת משום דאמרו ז"ל ילקוט ירמיה סימן רס"ג בשם פרקי דרבי אליעזר שאות בי"ת סתום מג' רוחות ופתוח מרוח צפונית שהשם יתברך ברא העולם בג' רוחות ורוח צפונית פתוח מי שיעשה עצמו אלוה יאמרו לו שיברא הרוח הד', נמצא התחלה בב' משום לידע שהקדוש ברוך הוא חידש העולם ושפיר כתב רש"י לא היה צריך להתחיל אלא מהחודש הזה כו', שאז בשעת יציאת מצרים על ידי הניסים והנפלאות ראו שהשם יתברך חידש העולם כנזכר בספרי קודש שעל ידי יציאת מצרים נודע חידוש העולם והמבין יבין:
"Berechit bara Elokim". Rachi (Rabbi Chelomo Its'haki) explique : "La Torah n'aurait pas dû commencer ainsi...".
À première vue il faut comprendre : or la Torah doit bien commencer par la lettre bet. Il apparaît que la raison pour laquelle la Torah commence par un bet tient à ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Yalkout Chimoni sur Yirmeyahou, paragraphe 263, au nom des Pirke de-Rabbi Eliezer) : la lettre bet est fermée de trois côtés et ouverte du côté nord.
Car le Nom, béni soit-Il, a créé le monde par trois côtés et a laissé le côté nord ouvert : à celui qui se fait passer pour un dieu, on dira qu'il crée le quatrième côté. Il se trouve donc que le commencement par un bet vient faire savoir que le Saint, béni soit-Il, a renouvelé le monde (l'a créé dans le temps, et non de toute éternité).
Rachi a donc bien écrit : "La Torah n'aurait dû commencer qu'à partir de 'Ce mois-ci sera pour vous...' (Exode 12,2)", car alors, au moment de la sortie d'Égypte, par les miracles et les prodiges, on a vu que le Nom, béni soit-Il, avait renouvelé le monde, comme il est mentionné dans les livres saints que c'est par la sortie d'Égypte que fut connu le renouvellement du monde. Et celui qui comprend comprendra.
עוד יבואר בראשית ברא א-להים את השמים. מלת את הוא מיותר.
ונראה להבין, כי מלת את הוא מלשון בא מלשון (דברים לג, ב) ואתה מרבבות קודש, פירוש שהאציל עולם אצילות ועולם הבריאה ועולם היצירה ועולם העשיה שבזה יהיה שמים וארץ. ובזה יבואר הפסוק ויאמר א-להים יהי אור ויהי אור, שבכל מעשה בראשית נאמר ויהי כן וכאן כתוב ויהי אור.
והנראה דלשון כן הוא כך לא כמו שהיה בתחלה רק כמו שנברא אבל האור בלאו הכי היה אור רק שנאצל מאור אין סוף ואם כן אור אין סוף היה מתחלה רק שבזה הדיבור ויהי אור נאצל מאור אין סוף להעולמות ונפרד מאור האין סוף אם כן מיד שאמר יהי אור מיד נפרד מאור אין סוף כפי שיעור שיכולו העולמות לסבול וזהו ויהי אור מאור אין סוף וכן הוא בז"ח ויהי אור אור שכבר היה. ובזה יבואר הפסוק אשר ברא א-להים לעשות, מלת לעשות הוא מיותר.
והנראה כי הקדוש ברוך הוא בכל יום מחדש מעשה בראשית ככתוב מחדש בטובו וכו' מעשה בראשית, אך ההפרש שבין מעשה בראשית ובין התחדשות בכל יום מעשה בראשית, שבכל יום מעשה בראשית ברוחני ובמעשה בראשית נתחדש מעשה בראשית הגשמי. וזהו אשר ברא א-להים לעשות, זו שברא ה' עולמות כדי שיוכל לברוא גם עולם העשיה עולם הגשמי:
Autre explication de "Berechit bara Elokim et ha-chamayim". Le mot את est superflu.
Il apparaît qu'il faut le comprendre au sens de "venir", d'après "et Il vint des myriades saintes" (Deutéronome 33,2) : cela signifie qu'Il fit émaner le monde d'Atsilout, le monde de Beria, le monde de Yetsira et le monde de Assia, et que c'est par eux qu'adviendraient les cieux et la terre. Par là s'explique le verset "Et Elokim dit : que la lumière soit, et la lumière fut", car dans tout le récit de la Création il est dit "et il en fut ainsi" (va-yehi khen), tandis qu'ici il est écrit "et la lumière fut" (va-yehi or).
Il apparaît que le terme "khen" (ainsi) veut dire : tel quel, non pas comme cela était auparavant, mais tel que cela venait d'être créé ; alors que la lumière, elle, était de toute façon déjà lumière, sauf qu'elle fut émanée de la lumière de l'Ein Sof (l'Infini). Ainsi la lumière de l'Ein Sof existait dès l'origine, sauf que par cette parole "que la lumière soit" elle fut émanée de la lumière de l'Ein Sof vers les mondes et s'en sépara.
Dès qu'Il dit "que la lumière soit", elle se sépara aussitôt de la lumière de l'Ein Sof, selon la mesure que les mondes pouvaient supporter. Et tel est "et la lumière fut" : issue de la lumière de l'Ein Sof.
Ainsi est-il dit dans le Zohar Hadach : "et la lumière fut" - une lumière qui existait déjà. Par là s'explique aussi le verset "qu'Elokim a créé pour faire" (Genèse 2,3), où le mot "laassot" (pour faire) est superflu.
Il apparaît que le Saint, béni soit-Il, renouvelle chaque jour l'œuvre de la Création, comme il est écrit dans la prière : "Il renouvelle dans sa bonté, chaque jour et constamment, l'œuvre de la Création." Mais la différence entre l'œuvre de la Création et son renouvellement quotidien est celle-ci : le renouvellement quotidien de l'œuvre de la Création porte sur le spirituel, tandis que lors de l'œuvre de la Création fut renouvelée l'œuvre de la Création matérielle. Et tel est "qu'Elokim a créé pour faire" : ה' à créé des mondes afin de pouvoir créer aussi le monde de Assia, le monde matériel.
במדרש (בראשית רבה ח) בשעת בריאת העולם אמת אמר אל יברא מה עשה הקדוש ברוך הוא השליך אמת ארצה שנאמר (תהלים פה, ב) אמת מארץ תצמח. הכלל כי האדם שהוא שקרן אינו יכול לעסוק אפילו בזה העולם בעסקי העולם הזה, כי מי שהוא שקרן אינם רוצים לעשות עמו אפילו משא ומתן ולדבר עמו ובאמת בשאר מצות אפילו כשאדם אינו מקיים חס וחלילה אף על פי כן יכול לעסוק בעסקי זה העולם ובאמת למה כן שבלא אמת אינו יכול לעסוק אפילו בעסק העולם הזה ולא כן בשאר מצות.
הכלל, כי האמת הוא מדריגה גדולה ואינו בא בנקל ואם היה באפשרי לעולם להתקיים בלא האמת לא היה האדם מעורר עצמו לבא אל האמת ולא היה עושה שום דבר לבא אל מדריגת האמת ולזה עשה השם יתברך שבלא אמת לא יכול להתקיים אפילו בעסקי העולם הזה בכדי שעל ידי זה יעורר עצמו לבא אל האמת בעבודות הבורא יתברך וזהו השליך אמת ארצה, שגם בארציות לא יתקיים בלא אמת ודו"ק:
Dans le Midrach (Berechit Rabba 8) : au moment de la création du monde, la Vérité dit : qu'il ne soit pas créé. Que fit le Saint, béni soit-Il ?
Il jeta la Vérité à terre, comme il est dit (Psaumes 85,12) : "La vérité germera de la terre." Le principe est le suivant : l'homme menteur ne peut même pas s'occuper, en ce monde-ci, des affaires de ce monde, car de celui qui est menteur on ne veut ni traiter avec lui ni même lui parler. Or, pour les autres mitsvot, même si un homme ne les accomplit pas, à Dieu ne plaise, il peut malgré tout s'occuper des affaires de ce monde.
Il faut donc comprendre pourquoi il en est ainsi : que sans la vérité on ne puisse même pas s'occuper des affaires de ce monde, alors qu'il n'en va pas de même pour les autres mitsvot. Le principe est que la vérité est un degré élevé, qui ne s'obtient pas aisément ; et s'il était possible au monde de subsister sans la vérité, l'homme ne s'éveillerait pas pour parvenir à la vérité et ne ferait rien pour atteindre le degré de la vérité.
C'est pourquoi le Nom, béni soit-Il, a fait qu'on ne puisse subsister sans la vérité, même dans les affaires de ce monde, afin que par là l'homme s'éveille à parvenir à la vérité dans le service du Créateur, béni soit-Il. Et tel est "Il jeta la vérité à terre" : même dans le domaine terrestre on ne subsiste pas sans la vérité.
Et comprends bien cela (ve-dok).
בפסוק והארץ היתה תוהו ובהו. דהנה ידוע שכל העולמות לא נבראו אלא בשביל ישראל ובשביל הארץ התחתונה אשר בה האדם שהוא עובד את קונו לכן צריך האדם כשעולה זה על לבו שבשבילו נברא העולם וכל המלאכים, שיתלהב עצמו לעבודת הבורא יתברך ברוך הוא כיון שהכל תלוין בו.
לכן מפרש התורה. והארץ היתה תוהו ובהו היתה אז במחשבה לכן נבראו ונאצלו כל האורות עליונים והעולמות המצוחצחין.
והנה המחשבה כשמחשב בהדבר ומסתכל ומחשב בה נקרא תוהו כמו שפירש''י ז"ל. ואחר התוהו בוהו.
היינו הארץ התחתונה שהיתה בכח ולא בפועל כי בעבור כדי שהיה בה האדם שישמש את קונו נבראו ונאצלו כל העולמות העליונים ומה שהוא בכח נקרא בוהו כלומר בו הוא ולכן אמר והארץ היתה תוהו ובוהו והבן:
Sur le verset "Et la terre était tohou va-vohou". Il est connu que tous les mondes ne furent créés que pour Israël et pour la terre inférieure, où se trouve l'homme qui sert son Créateur.
C'est pourquoi l'homme, lorsque lui monte au cœur que c'est pour lui que furent créés le monde et tous les anges, doit s'enflammer pour le service du Créateur, béni soit-Il, puisque tout dépend de lui. C'est pourquoi la Torah précise : "Et la terre était tohou va-vohou" - elle était alors dans la pensée ; c'est en vue d'elle que furent créées et émanées toutes les lumières supérieures et les mondes resplendissants.
Or la pensée, lorsqu'on pense à une chose, qu'on la contemple et qu'on la médite, est appelée "tohou", comme l'a expliqué Rachi, de mémoire bénie. Et après le tohou vient le vohou : c'est la terre inférieure, qui était en puissance et non en acte, car c'est afin que s'y trouve l'homme qui sert son Créateur que furent créés et émanes tous les mondes supérieurs.
Et ce qui est en puissance est appelé "bohou" (בוהו), c'est-à-dire בו הוא (bo hou, "en lui il est", contenu en puissance). C'est pourquoi il est dit "et la terre était tohou va-vohou".
Comprends bien.
ובאופן אחר על פסוק והארץ היתה תוהו ובוהו (בראשית א, ב), הגם להמבין והעובד את הבורא ברוך הוא פירוש ראשון דע כי בפעולתנו ובמעשינו הטובים אנו מעוררים המדות העליונים להשפיע שפע רב לכל העולמות העליונים ולכל המלאכים ולכל הנשמות ולכל היכלות עליונים ואנו במעשינו הטובים ובקיום מצותיו ובלימוד תורתו אנו הגורמים שפע בכל העולמות ועיקר הוא בדחילו ורחימו כמו שהזהרנו הכתוב (דברים י, יב) ועתה ישראל מה ה' אלקיך שואל מעמך כי אם ליראה את ה' אלקיך, ועל ידי אהבה ויראה ובכח מדותינו הטובים אנו מעוררים המדות העליונים והעולמות אשר מהם בא בריאת שמים וארץ אשר נאצלו ונבראו קודם שמים וארץ כאשר בארנו בתיבות את השמים וכו', ואלו המדות אנו מעוררים על ידי מעשינו הטובים כנודע בעובדא דלתתא אתער עובדא דלעילא והשם יתברך ברוב רחמיו וברוב חסדיו למד אותנו המדות הטובים שידבק בהן האדם ושיתעוררו המדות העליונים ולמד אותנו המדות הטובים. וזהו והארץ היתה תוהו ובוהו, שכל התאוות הגשמים יהיה חשובים אליו כאין וכאפס וזהו והארץ, כלומר שתאוות הארציות המה התאוות הגשמים.
היתה תוהו ובוהו, יהיה תהו ובוהו כלומר אין ואפס:
Autre explication du verset "Et la terre était tohou va-vohou" (Genèse 1,2) - bien que, pour celui qui comprend et qui sert le Créateur, béni soit-Il, la première explication suffise. Sache que par nos actes et par nos bonnes actions nous éveillons les midot supérieures à déverser un influx abondant sur tous les mondes supérieurs, sur tous les anges, sur toutes les âmes et sur tous les palais supérieurs ; et que par nos bonnes actions, par l'accomplissement de ses mitsvot et par l'étude de sa Torah, c'est nous qui provoquons l'influx dans tous les mondes.
L'essentiel est que cela se fasse be-di'hilou ou-ré'himou (avec crainte et amour), comme nous en avertit le verset (Deutéronome 10,12) : "Et maintenant, Israël, que demande de toi ה' ton Elokim, sinon de craindre ה' ton Elokim." Par l'amour et la crainte, et par la force de nos bonnes midot, nous éveillons les midot supérieures et les mondes d'où est venue la création des cieux et de la terre, ces mondes qui furent émanes et créés avant les cieux et la terre, comme nous l'avons expliqué à propos des mots "et ha-chamayim". Et ces midot, nous les éveillons par nos bonnes actions, selon le principe connu : par l'acte d'en bas s'éveille l'acte d'en haut.
Et le Nom, béni soit-Il, dans l'abondance de sa miséricorde et de ses bontés (hassadim), nous a enseigné les bonnes midot, afin que l'homme s'y attache et que les midot supérieures s'éveillent ; oui, Il nous a enseigné les bonnes midot. Et tel est "et la terre était tohou va-vohou" : que tous les désirs matériels soient à ses yeux comme néant et comme nullité.
"Et la terre" (ve-ha-arets) désigne les désirs terrestres, c'est-à-dire les désirs matériels ; "était tohou va-vohou" signifie : qu'ils soient tohou va-vohou, c'est-à-dire néant et nullité.