Celui qui se conduit avec sainteté même dans les choses permises, tous ses actes pour le Ciel (le-chem chamayim), est appelé hassid : il ne se contente pas de la stricte lettre de la loi (chourat ha-din). Rabbi Tsadok appelle cela « de tout ton cœur » (Devarim 6,5), avec tes deux penchants : le tsadik maîtrise le sien, le hassid y introduit de la sainteté. Mesure pour mesure, D.ieu place de la sainteté dans tout ce qu'il fait et il tire beaucoup de sainteté du penchant, et alors il est appelé « très bon » (tov meod). D.ieu lui suscite des faux pas, appelés faute, pour faire sortir le précieux du vil ; c'est au hassid qu'il suscite le keri (émission).
Aussi : à la place des baalei techouva les tsadikim parfaits ne se tiennent pas ; aucun mal n'arrive au tsadik resté dans la stricte loi ; âmes du keri plus grandes que celles de l'union conjugale, rapporté de l'Ari Z"L
[קב] מי שמתנהג אפי' בכל דברי הרשות וצרכי גופניים בקדושה ר"ל שכל מעשיו לש"ש ומכניס בהם עבדות ורצון הש"י כדרך שאז"ל (ביצה טז.) בהלל ושמאי זהו נקרא חסיד ר"ל שלאו דוקא מדקדק עפ"י שורת הדין. וזה נקרא בכל לבבך בשני יצריך כו' שצדיק הוא הכובש יצרו אבל זה מכניס קדושה גם בכל חמדות היצר ואז הש"י מדה כנגד מדה נותן קדושה בכל מה שיעשה וזוכה להוציא קדושה הרבה מן היצ"ר דייקא ואז נקרא טוב מאד שהוא יותר מטוב סתם וע"ז נאמר במקום שבע"ת עומדין אין צדיקים גמורים כו' והש"י מזמין לו תקלות ומכשולים והוא צריך תשובה וכפרה ע"ז דנקרא חטא ועי"ז מוציא יקר מזולל.
אבל צדיק שאין יוצא משוה"ד גם הש"י מתנהג עמו כן ולא יאונה לצדיק דייקא כל און. ולכ"א בשבת (קכז:) במעשה דראה קרי אותו חסיד [וע"ש ברש"י ובברה"ז בתמורה דייק למה פירש"י שם ולא בברכות.
אך כונת רש"י להודיע מי הי' דאדם גדול הוא כדי להסיר מרה שחורה ממי שאירע לו ר"ל] ולא בחנם נקרא שם בשם אותו חסיד [וכן בכ"מ שנקרא כן יש טעם בדבר]. וגם בעירובין (יח:) אדה"ר חסיד גדול הי' כו' בש"ז דחזא לאונסו.
דדייקא לחסיד הש"י מזמין זה להוציא יקר מזולל [יקר אותיות קרי] כידוע מהאריז"ל כי הנפשות דטפי קרי הם יותר גדולות מהיוצאים מזיווג ואכמ"ל יותר כעת:
[102] Celui qui se conduit avec sainteté même dans toutes les choses permises et dans les besoins corporels, c'est-à-dire que tous ses actes sont pour le Ciel (le-chem chamayim) et qu'il y introduit le service et la volonté de ה' béni soit-Il, à la manière de ce qu'ont dit nos Maîtres de mémoire bénie (Betsa 16a) au sujet de Hillel et de Chamaï, celui-là est appelé hassid (homme de piété), c'est-à-dire qu'il ne se contente pas d'être exact selon la stricte lettre de la loi (chourat ha-din). Et c'est cela qui est appelé "de tout ton cœur" (Devarim 6,5), avec tes deux penchants (yetsarim), etc., car le tsadik est celui qui maîtrise son penchant, tandis que celui-ci introduit de la sainteté aussi dans tous les désirs du penchant (yetser).
Alors ה' béni soit-Il, mesure pour mesure, place de la sainteté dans tout ce qu'il fait, et il mérite de tirer beaucoup de sainteté du penchant (יצ"ר) précisément, et alors il est appelé "très bon" (tov meod), ce qui est plus que "bon" tout court. Et c'est de cela qu'il est dit : "À la place où se tiennent les baalei techouva (ceux qui reviennent), les tsadikim parfaits ne se tiennent pas", etc.
(Berakhot 34b). Et ה' béni soit-Il lui suscite des faux pas et des obstacles, et il lui faut techouva (retour) et expiation pour cela, car cela est appelé faute, et par ce moyen il fait sortir le précieux du vil (Yirmeyahou 15,19).
Mais le tsadik qui ne sort pas de la stricte lettre de la loi, ה' béni soit-Il se conduit lui aussi de la sorte avec lui, et "il n'arrivera au tsadik, précisément, aucun mal" (Michlé 12,21). Et c'est pourquoi il est dit dans Chabbat (127b), dans l'épisode de celui qui eut une émission séminale (keri), "ce hassid-là" [et vois là le commentaire de Rachi, ainsi que le Birkat ha-Zevah sur Temoura, qui s'interroge précisément sur la raison pour laquelle Rachi a expliqué cela là et non dans Berakhot ; mais l'intention de Rachi est de faire savoir qui il était, à savoir que c'était un grand homme, afin d'ôter la mélancolie (mara chehora) de celui à qui pareille chose arrive, que le Miséricordieux nous en préserve].
Et ce n'est pas en vain qu'il y est nommé du nom de "ce hassid-là" [et de même, en tout endroit où quelqu'un est ainsi nommé, il y a une raison à la chose]. De même dans Erouvin (18b) : "Adam ha-richon (le premier homme) était un grand hassid", etc., à propos de la semence (chikhvat zera) qu'il émit malgré lui.
Car c'est précisément au hassid que ה' béni soit-Il suscite cela, afin de faire sortir le précieux du vil [יקר (yakar, précieux) a les mêmes lettres que קרי (keri)], comme cela est connu de l'Ari z"l (Rabbi Its'hak Louria), car les âmes qui proviennent des gouttes de keri sont plus grandes que celles qui sortent de l'union conjugale, et ce n'est pas ici le lieu d'en développer davantage à présent.