Rabbi Tsadok enseigne qu'au moment où l'homme trébuche, il y a une préparation à cette chose même pour le bien. S'il mérite alors, il s'élève à un degré très grand : selon la grandeur de la faute à laquelle le yetser (le penchant au mal) l'incite, telle est la grandeur du bien qu'il capte en retournant ce désir vers le bien, à l'inverse du mal. Il rapporte du Zohar le déluge, où eux changèrent les eaux de la Torah en « eaux insolentes », et la destruction du Temple, où naît le Machia'h : ces moments étaient prêts pour l'inverse si l'on mérite ; les gens de Jérusalem et les faux prophètes pensaient que D.ieu allait leur faire du bien.
[עו] בעת כשלון האדם ידע שבאותו עת הוא הכנה לאותו דבר לטוב ואם יזכה באותה שעה יוכל לעלות למדרגה גדולה מאד כפי גודל החטא שהיצר מסיתו כך הוא גודל הטובה שיוכל לקלוט אז. אם יהפך תשוקה זו וחמדה זו לטוב ומאותו ענין ממש הוא הטובה היפך הרעה.
וכמ"ש בזוהר (פנחס רט"ז סע"א) כי בעת המבול היו ראוים לקבל התורה והי' אז משה כמו שדרשו רז"ל (חולין קלט:) על בשגם ע"ש. ומים היינו תורה והם הפכוהו למים הזידונים והתורה היא תכלית קיום העולם ושבשבילו נברא ואלמלא כו' והם גרמו אבדונו ואותו עת הי' מוכן אלו זכו ממש להיפך שהוא ירידת מימי התורה לקיום העולם.
וכן בעת החורבן נולד משיח (כמ"ש ירוש' פ"ב דברכות ה"ד) כי אותו עת הי' מוכן אם זכו לביאת משיח ובנין הבהמ"ק הנצחי וקיים לעד וזה הי' טעות אנשי ירושלים ונביאי השקר שהיו חושבים כי אדרבא ייטיב ה' להם שראו העת מוכן לכך אם זכו:
[76] Au moment où l'homme trébuche, qu'il sache qu'à ce moment même il y a une préparation à cette chose même pour le bien ; et s'il mérite à cette heure-là, il pourra s'élever à un degré très grand : selon la grandeur de la faute à laquelle le yetser (le penchant au mal) l'incite, telle est la grandeur du bien qu'il peut alors capter, s'il retourne ce désir et cette convoitise vers le bien ; et c'est de cette chose même que vient le bien, à l'inverse du mal. Comme il est écrit dans le Zohar (Pin'has 216a) : à l'époque du déluge ils étaient dignes de recevoir la Torah, et Moche était déjà là alors, comme l'ont exposé nos maîtres de mémoire bénie (Houlin 139b) à propos du mot 'bechagam' (בשגם - Berechit 6,3), voir là-bas.
Or les eaux, c'est la Torah, et eux les ont changées en 'eaux insolentes' (Tehilim 124,5) ; et la Torah est la finalité de l'existence du monde, et c'est pour elle qu'il fut créé, et 'si ce n'était [elle...]' etc. ; eux ont donc causé sa perte, alors que ce moment-là était prêt, s'ils avaient mérité, pour exactement l'inverse : la descente des eaux de la Torah pour le maintien du monde. De même, au moment de la destruction [du Temple] est né le Machia'h (comme il est dit au Yerouchalmi, Berakhot chap.
2 halakha 4), car ce moment-là était prêt, s'ils avaient mérité, pour la venue du Machia'h et la construction du Beit HaMikdach (le Temple) éternel et subsistant à jamais. Et telle fut l'erreur des gens de Jérusalem et des faux prophètes, qui pensaient qu'au contraire ה' allait leur faire du bien, car ils voyaient que le moment était prêt pour cela - s'ils avaient mérité.