« Et Hachem allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée, et la nuit dans une colonne de feu. » Le Sod Yecharim rapporte la mesure du jour dans la nuit et de la nuit dans le jour. Lorsque la bina éclaire le cœur, l'assurance de « Faisons l'homme » est le jour : la colonne de nuée introduit la crainte que, par ses actes, cette fermeté puisse lui être retranchée. Dans la lassitude, la colonne de feu enseigne qu'au terme de la dissimulation la lumière percera. À la mer des Joncs, la bouche achève et le Yessod d'Abba perce. Le septième de Pessa'h, le Nom montre une lumière d'Atika, sans service.
Aussi : Israël conquiert l'Égypte par derrière, « nous ferons » avant « nous entendrons » ; le Nom de soixante-douze monte et descend, témoins du ''hessed, scribes de la guevoura, couleurs de Tiféret.
וה' הולך לפניהם יומם בעמוד ענן לנחותם הדרך ולילה בעמוד אש להאיר להם ללכת יומם ולילה לא ימיש עמוד הענן יומם ועמוד האש לילה לפני העם וגו' ואיתא בגמ' (ברכות דף י"ב) להזכיר מדת יום בלילה ומדת לילה ביום וכו' היינו כי לפעמים מאיר בלב אדם בינה שיתבונן היטב שכל תכלית המכוון מהבריאה הוא נעשה אדם ומזה מגיע ללבו גודל בטוחות ורב תקיפות וזה נקרא יום אז צריך האדם לעמוד הענן היינו להכניס א"ע במדת היראה ולהתבונן היטב שע"י פעולותיו יכול ח"ו ליפסק ממנו זאת התקיפות והבטוחות וזהו מדת לילה ביום ולילה. היינו כשמגיע לאדם התרשלות לפעמים ונעלם ממנו התקיפות והבטוחות אזי הוא העצה בעמוד אש היינו שאז צריך האדם לחזק את דעתו ולהבין היטב אשר בגמר תכלית ההסתר אז יהי' בודאי האור בוקע כל המסכים המסתירים ויזריח להאדם כל מיני אורות יקרים זהו מדת יום בלילה ומאי משמע שכן הציב השי"ת רצון שיהי' בזה העולם הסתר ובגמר סוף תכליתו בהלבוש אחרון יהי' מתעורר האור מעומקו ויבקע את כל הלבושים המסתירים ויזריח האור בהתגלות מפורש וזה נקרא בזוה"ק (בכמה דוכתי) יסוד אבא בוקע והענין הוא כמבואר בזוה"ק כתיב ששת ימים עשה ה' ולא כתיב בששת ימים עשה וגו' לרמז על הששה מדות שעשה וגו' כדכתיב לך ה' הגדולה והגבורה והתפארת וגו' ומאלו המדות נסתעפו כל מיני התפשטות והגמר מההתחלקות המדות נקרא פה כמו שמצינו בגמ' פה גומר כי כל עוד שהמדה נתעלם בהמחשבה ולא נתרחקה עדיין מהחכמה שם הוא כלול ומיוחד ואינו בגדר התחלקות כלל כי הוא עדיין ביד האדם להתנהג עם המדה כפי הרצון מחכמתו אבל לאחר שיצא מהעלם אל הגילוי ע"י הדיבור שוב אינו עוד בידו של האדם להתפשטה כפי רצונו אלא כמו שנתגלה בהדיבור נמצא שע"י הדיבור נתחלקה המדה מהכלל ויצא לפרט וזהו פה גומר שנגמר ע"י הפה התחלקות המדות כי הפה הוא הלבוש האחרון שנגמר על ידה כל המדות וזהו מלכות שבמלכות ונקרא ים סוף סופא דדרגין ושם יסוד אבא בוקע עד שנתגלה החכמה העליונה הנקראת בזוה"ק ימא דחכמתא לכן כשיצאו ישראל ממצרים הלכו ששה ימים שהם נגד הששה מדות לברר אותם וביום האחרון שהוא שביעי של פסח הגיעו לים סוף שנקרא סופא דדרגין ושם יסוד אבא בוקע ונתגלה האור מעתיקא שישראל עלה במחשבה בהשורש טרם כל העבודות כי הי' אז קטרוג על ישראל כדאיתא בגמ' הללו וכו' והללו וכו' ולזה הי' מראה השי"ת אור מעתיקא כד' בזוה"ק מה תצעק עלי בעתיקא תלי' מילתא בלא שום עבודה ולזה כתב האר"י הק' ז"ל שהזווג הי' פנים באחור כדכתיב לכתך אחרי:
Et ה' allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée, pour les guider sur la route, et la nuit dans une colonne de feu, pour les éclairer afin qu'ils marchent jour et nuit. La colonne de nuée, le jour, et la colonne de feu, la nuit, ne se retiraient pas de devant le peuple, etc.
Il est rapporté dans la Guemara (Berakhot 12a) : 'mentionner la mesure du jour dans la nuit et la mesure de la nuit dans le jour', etc. Cela signifie que, parfois, la bina (discernement) éclaire le cœur de l'homme, afin qu'il considère bien que toute la finalité visée par la création est : 'Faisons l'homme' (נעשה אדם).
Il en vient dans son cœur une grande assurance et une grande fermeté, et cela est appelé jour. L'homme doit alors avoir la colonne de nuée, c'est-à-dire se faire entrer dans la mesure de la crainte et bien considérer que, par ses actes, cette fermeté et cette assurance peuvent, à D.ieu ne plaise, lui être retranchées.
C'est la mesure de la nuit dans le jour. Et la nuit : lorsqu'une lassitude survient parfois à l'homme, et que la fermeté et l'assurance se cachent de lui, le conseil est alors la colonne de feu : il doit fortifier son esprit et bien comprendre qu'à l'achèvement ultime de la dissimulation, la lumière percera assurment tous les écrans qui la cachent et fera luire pour l'homme toutes sortes de lumières précieuses.
C'est la mesure du jour dans la nuit. Et d'où cela s'entend-il ?
Car telle est la volonté que le Nom a posée : qu'il y ait dans ce monde une dissimulation, et qu'à son terme ultime, dans le dernier vêtement, la lumière s'éveille de sa profondeur, perce tous les vêtements qui la cachent et resplendisse dans une révélation explicite. Dans le saint Zohar, en plusieurs endroits, cela est appelé : 'le Yessod d'Abba (fondement du Père) perce'.
La chose est expliquée dans le saint Zohar : il est écrit : 'Six jours ה' fit' (Exode 31,17), et non : 'En six jours ה' fit', etc., pour faire allusion aux six middot (attributs) qu'Il fit, etc., comme il est écrit : 'À Toi, ה', la grandeur, la puissance, la splendeur', etc. (1 Chroniques 29,11).
De ces middot se ramifient toutes les sortes de développements, et l'achèvement de la différentiation des middot est appelé bouche, ainsi que nous trouvons dans la Guemara : 'la bouche achève'. Car tant que la middah est cachée dans la pensée et ne s'est pas encore éloignée de la 'hokhma (sagesse), elle y est comprise et unifiée et ne relève nullement de la différentiation ; il est encore au pouvoir de l'homme de se conduire avec la middah selon le désir de sa 'hokhma.
Mais après qu'elle est sortie de la dissimulation vers la révélation par la parole, il n'est plus au pouvoir de l'homme de la déployer selon son désir ; elle demeure telle qu'elle s'est révélée dans la parole. Il s'ensuit que, par la parole, la middah s'est différenciée du tout et est sortie du général au particulier.
C'est 'la bouche achève' : la différentiation des middot s'achève par la bouche, car la bouche est le dernier vêtement, par lequel toutes les middot s'achèvent. C'est la malkhout dans la malkhout, appelée mer des Joncs, la fin des degrés ; et là, le Yessod d'Abba perce, jusqu'à ce que se révèle la 'hokhma supérieure, appelée dans le saint Zohar 'la mer de la sagesse' (ימא דחכמתא).
C'est pourquoi, lorsque Israël sortit d'Égypte, ils marchèrent six jours, correspondant aux six middot, afin de les clarifier ; et le dernier jour, qui est le septième de Pesah, ils parvinrent à la mer des Joncs, appelée la fin des degrés. Là, le Yessod d'Abba perce et la lumière d'Atika (l'Ancien) se révèle, car Israël était monté dans la pensée, à la racine, avant tout service.
Car il y avait alors une accusation contre Israël, comme il est rapporté dans la Guemara : 'ceux-ci, etc., et ceux-ci, etc.' Aussi le Nom leur montrait-Il une lumière d'Atika, comme il est écrit dans le saint Zohar : 'Pourquoi cries-tu vers Moi ? La chose dépend d'Atika', sans aucun service.
C'est pourquoi le saint Ari, de mémoire bénie, a écrit que l'union était face à dos, comme il est écrit : 'ton aller derrière Moi' (לכתך אחרי).
וזהו נמי דכתיב ויסע עמוד הענן מפניהם ויעמוד מאחריהם ויבוא בין מחנה מצרים ובין מחנה ישראל וגו' אשר זאת הוא שלא כדרך כל ארץ כי דרך כל הארץ הוא שהכובש. כובש מה שלפניו נגד עיניו אבל לא מה שאחוריו וכאן הי' להיפך דכתיב ויסע מלאך הא-להים ההולך לפני מחנה ישראל וילך מאחריהם ויבוא בין מחנה מצרים ובין מחנה ישראל נמצא שישראל הי' כובשים אותם מאחוריהם.
וזה מורה שהשי"ת הראה אז שישראל נקשרים בשורש רצונו ית' גם בלא דעתם ובלתי עבודתם. וזאת ההתקשרות שיש להשי"ת עם ישראל הי' מברר אז השי"ת נגד כל האומות אשר העכו"ם מוכרחים ג"כ להודות כד' וזה לך האות בהוציאך את העם ממצרים תעבדון את הא-להים על ההר הזה והראה להם מפורש זה ההתקשרות כי לפי דעתם של האומות נקראים ישראל אצלם עמא פזיזא דקדמיתא פמייכו לאודנייכו בקדמיתא איבעי לכו למשמע אי מציתו קבליתו ואי לא לא קבליתו וכו' (שבת פ"ח) וישראל לא השגיחו כלום ואמרו נעשה קודם לנשמע וזה הוא סימן מפורש שישראל נקשרים בשורש רצונו ית' אף בלא דעתם לכן קדמו את הפה שהוא הלבוש אחרון קודם לנשמע בלא דעה מיושבת להתיישב עצמם אם יהי' יכולין לקבל עליהם וזהו משום שישראל נקשרים תמיד בשורש רצונו ית' לזה הוא תמיד בטבע גופם נמי לרדוף אחר כבוד שמים גם בלא דעתם כדכתיב לכתך אחרי ולזה כבשו את מצרים ג"כ מאחריהם:
C'est aussi ce qui est écrit : 'La colonne de nuée partit de devant eux et se tint derrière eux ; elle vint entre le camp de l'Égypte et le camp d'Israël', etc. Or cela est contraire à la voie de tout pays : dans tous les pays, le conquérant conquiert ce qui est devant lui, sous ses yeux, et non ce qui est derrière lui.
Ici, c'était l'inverse, comme il est écrit : 'L'ange d'Elokim qui allait devant le camp d'Israël partit et alla derrière eux ; il vint entre le camp de l'Égypte et le camp d'Israël.' Il se trouve qu'Israël les conquérait par derrière. Cela indique que le Nom montra alors qu'Israël est attaché à la racine de Sa volonté, même sans leur savoir et sans leur service.
Et cet attachement que le Nom a avec Israël, le Nom le clarifia alors devant toutes les nations, que les idolâtres eux-mêmes sont contraints de reconnaître, comme il est écrit : 'Et ceci sera pour toi le signe : lorsque tu feras sortir le peuple d'Égypte, vous servirez Elokim sur cette montagne' (Exode 3,12). Il leur montra explicitement cet attachement.
Car, selon l'avis des nations, Israël est appelé : 'un peuple impétueux, dont vos bouches ont précédé vos oreilles' ; il vous fallait d'abord entendre : si vous pouviez, acceptez, et sinon, n'acceptez pas, etc. (Chabbat 88a).
Mais Israël ne considéra rien de cela et dit : 'Nous ferons' avant 'nous entendrons'. C'est un signe explicite qu'Israël est attaché à la racine de Sa volonté, même sans savoir.
C'est pourquoi ils firent précéder la bouche, qui est le dernier vêtement, à 'nous entendrons', sans connaissance arrêtée, pour examiner s'ils pourraient l'accepter sur eux. Et parce qu'Israël est toujours attaché à la racine de Sa volonté, il est aussi dans la nature de leur corps de poursuivre l'honneur du Ciel, même sans le savoir, comme il est écrit : 'ton aller derrière Moi' (לכתך אחרי).
C'est pourquoi ils conquirent aussi l'Égypte par derrière.
ויסע מלאך הא-להים ההולך לפני מחנה ישראל וגו'. בזוה"ק (בשלח נ"א:) בההוא שעתא אשתלים סיהרא מכלא וירתין שבעין ותרין שמהן קדישין בתלת סטרין.
סטרא חדא אתלבש בעטרוי דחסד עלאה וכו' סטרא תניינא אתלבשת ברומחי דגבורה וכו' סטרא תליתאי אתלבשת בלבושי ארגוונא דלביש מלכא עלאה קדישא דאקרון תפארת וכו' והוא כליל להאי סטרא ולהאי סטרא. ותנינן מסטרא דחסד שבעין ותרין סהדין.
מסטרא דגבורה שבעין ותרין סופרין. מסטרא דתפארת שבעין ותרין גוונין לאתפארא וכו' אתוון קדמאי רשימין כסדרן באורח מישר בגין דכלהו אתוון קדמאי אשתכחו בחסד למהך באורח מישר בסדורא מתתקן.
אתוון תנייני רשימין בגלגולא למפרע בגין דכלהו אתוון תנייני משתכחו בגבורה וכו' אתוון תליתאי אינון אתוון רשימין לאחזאה גוונין לאתעטרא במלכא קדישא וכלא בי' מתחברן ומתקשרן והוא אתעטר בעטרוי באורח מישר ורשים להאי סטרא ולהאי סטרא כמלכא דאתעטר בכלא וכו':
'L'ange d'Elokim qui allait devant le camp d'Israël partit', etc. Dans le saint Zohar (Beshallah 51b) : 'En cet instant, la lune fut complète de tout et hérita de soixante-douze Noms saints en trois aspects.
Un aspect se revêtit des couronnes de la bonté supérieure, etc. Le second aspect se revêtit des lances de la guevoura, etc.
Le troisième aspect se revêtit des vêtements de pourpre dont se revêt le Roi supérieur et saint, appelé Tiferet, etc. ; et il comprend cet aspect et cet aspect. Nous avons appris : du côté du 'hessed, soixante-douze témoins ; du côté de la guevoura, soixante-douze scribes ; du côté de Tiferet, soixante-douze couleurs pour s'orner, etc.
Les premières lettres sont inscrites dans leur ordre, en voie droite, car toutes les premières lettres se trouvent dans le 'hessed, pour aller en voie droite, dans un arrangement ordonné. Les secondes lettres sont inscrites en retournement, à rebours, car toutes les secondes lettres se trouvent dans la guevoura, etc.
Les troisièmes lettres sont des lettres inscrites, pour montrer les couleurs et s'orner dans le Roi saint ; toutes sont unies et liées en lui, et il est couronné de ses couronnes en voie droite, et marqué de ce côté et de ce côté, comme un roi couronné de tout', etc.
ענין שם ע"ב מבואר בזוה"ק (תרומה קל"ב:) דסליק ונחית וסימנך א"ת ב"ש ושם מ"ב מבואר שם דסליק ולא נחית וסימנך א"ל ב"ם והיינו כי אל"ף בי"ת דא"ל ב"ם משני הצדדים עולים למעלה ואין יורדים. ושם ע"ב מצד אחד עולה ומצד אחד יורד כא"ב דא"ת ב"ש שמצד אחד אותיות עולים ומצד השני יורדים למטה להורות שהשם ע"ב נחית להאיר לכל הלבושים מישראל אף השפלים ביותר.
וסליק אור מכל המקומות הנמוכים וזהו דסליק ונחית כי אורו הוא בהיר מאד ואין שום מסך המבדיל נגד אורו הגדול ולכן הוא הסדר של השם ע"ב יותר גדול מהסדר של כל השמות וזה מורה על הארת החסד מהרצון העליון ית' עד תפיסת אדם באורח מישר בלי שום מסך המבדיל ולכן כולל הסדר משם ע"ב תלת סטרין כמו שאיתא כאן בזוה"ק שמא דע"ב כלילא ברזא דאבהן ימינא ושמאלא. ואמצעיתי' וכו' ותנינן מסטרא דחסד שבעין ותרין סהדין וכו':
La notion du Nom de soixante-douze est expliquée dans le saint Zohar (Terouma 132b) : 'il monte et descend', et ton signe est א"ת ב"ש. Le Nom de quarante-deux y est expliqué : 'il monte et ne descend pas', et ton signe est א"ל ב"ם.
Cela signifie que l'alphabet de א"ל ב"ם monte des deux côtés vers le haut et ne descend pas. Mais le Nom de soixante-douze monte d'un côté et descend de l'autre, comme l'alphabet de א"ת ב"ש, dont les lettres montent d'un côté et descendent de l'autre côté vers le bas.
Cela indique que le Nom de soixante-douze descend éclairer tous les vêtements d'Israël, même les plus bas, et qu'une lumière monte de tous les endroits bas. C'est ce que signifie : 'il monte et descend' ; car sa lumière est très claire, et aucun écran ne sépare de sa grande lumière.
C'est pourquoi l'agencement du Nom de soixante-douze est plus grand que l'agencement de tous les Noms : il indique l'illumination du 'hessed venant de la volonté supérieure jusqu'à la saisie de l'homme, en voie droite, sans aucun écran séparateur. C'est pourquoi l'agencement du Nom de soixante-douze comprend trois aspects, comme il est rapporté ici dans le saint Zohar : 'Le Nom de soixante-douze comprend le secret des pères : la droite, la gauche et le milieu', etc.
Et nous avons appris : 'du côté du 'hessed, soixante-douze témoins', etc.
סהדין היינו דבר ברור כי עדות הוא כמבואר בגמ' (ר"ה כ"ב) ראינוהו מאילינו ושבנו לראות מדעתנו ולא ראיניהו אין זה עדות כי עדות צריך שיהי' דבר ברור וזהו ע"ב סהדין כלומר שמנהיר מסטרא דחסד ע"ב סהדין שישראל המה מבוררים היטב בכל הלבושים. אכן צריכין לאותו החסד כלי גבורה לקבל את החסד כדאיתא בזוה"ק (ויקרא ה'.) גדול ה' וגו' שמורה על מדת החסד אומרים אותו דוקא ביום שני שרומז על גבורה משום שאי אפשר להכיר את החסד בלתי כלי גבורה לזה כולל השם ע"ב סטרא דגבורה ג"כ וזהו שאיתא כאן מסטרא דגבורה שבעין ותרין סופרים.
וסופרין מורה על גבורה כדאיתא בגמ' למה נקראו סופרין שסופרין כל האותיות שבתורה כי מספר רומז על צמצום שלא יתפשטו הפרטים יותר מהמספר רק שיהי' נגבל ומצמצום כפי מנין המספר ובאמת מפאת זה הצמצום הם כל ההשפעות שבעולם כי אלו השניהם. סהדין וסופרין נסתעפו מהשני מאמרים שהי' בבריאת עולם המאמר הראשון שהי' בגודל התפשטות כמאמרם ז"ל בגמ' (חגיגה י"ב.) בשעה שאמר הקב"ה והי' העולם הי' העולם מתפשט והולך כשתי פקיעות של שתי עד שגער הקב"ה בעולמו ואמר די וכו' היינו כי מגודל התפשטות של המאמר הראשון הי' מגיע להבריאה התבטלות לזה אמר הקב"ה די ומזה המאמר השני די הוא כל הקיום מהויות עולם וכל התרבות טובות וכל הולדות ישועות הוא מזה הצמצום של המאמר די כדכתיב אני אל שדי פרה ורבה וכל הברכות יקרות קבעו חכמז"ל דוקא בברכת אתה גבור כי כאשר נגבל החסד לבל יתפשט למקומות זרים כענין הכתיב ונפלינו אני ועמך וגו' וכמו שביארו ז"ל שלא תשכון שכינה רק על ישראל ממילא נמשך החסד בשביל ישר וכמאמרם ז"ל בגמ' (תענית ב'.) למה נקרא שמם גבורות גשמים מפני שיורדין בגבורה היינו מפני שיורדין ע"י גבורה וצמצום ממילא לא נתפזר לחוץ אפילו טפה אחת ולזה סדרו נמי בזאת הברכה תחיית המתים כמאמרם ז"ל בגמ' (ברכות ל"ג.) מפני ששקולה כתחיית המתים לפיכך קבעוה בתחיית המתים כי זה הברכה הוא נגד יצחק אבינו וכל כלי הגבורה המה רק מצדו לזה יכול להיות מצדו ת"ה ג"כ כי תחיית המתים הוא רק למי שמצמצם עצמו ע"י כלי גבורה כמאמרם ז"ל בגמ' (תענית ו'.) מטר לכל.
תחיית המתים רק לצדיקים כי ת"ה הוא רק מצד יצחק אבינו וזהו מסטרא דגבורה ע"ב סופרין וכו':
Les témoins signifient une chose certaine, car un témoignage doit être une chose certaine, comme il est expliqué dans la Guemara (Roch Hashanah 22a) : 'Nous l'avons vu de nous-mêmes, puis nous sommes retournés voir de notre propre science et nous ne l'avons pas vu' : ce n'est pas un témoignage. Ainsi, 'soixante-douze témoins' signifie que, du côté du 'hessed, soixante-douze témoins illuminent : Israël est clairement distingué dans tous les vêtements.
Cependant, ce 'hessed a besoin d'un keli (recepient) de guevoura pour recevoir le 'hessed, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayikra 5a) : 'Grand est ה'', etc., qui indique la mesure du 'hessed, est dit précisément le deuxième jour, qui fait allusion à la guevoura ; car il est impossible de reconnaître le 'hessed sans keli de guevoura. C'est pourquoi le Nom de soixante-douze comprend aussi l'aspect de la guevoura, et c'est ce qui est rapporté ici : 'du côté de la guevoura, soixante-douze scribes'.
Les scribes indiquent la guevoura, comme il est rapporté dans la Guemara : pourquoi sont-ils appelés scribes ? Parce qu'ils comptent toutes les lettres de la Torah.
Car le nombre fait allusion à la contraction : les détails ne se répandent pas au-delà du nombre, mais sont limités et contractés selon le compte du nombre. Or, en vérité, c'est de cette contraction que proviennent toutes les influences du monde.
Ces deux choses, les témoins et les scribes, se ramifient des deux paroles qui furent lors de la création du monde. La première parole était un très grand déploiement, comme leurs paroles, de mémoire bénie, dans la Guemara (Haguiga 12a) : lorsque le Saint, béni soit-Il, dit : 'Que le monde soit', le monde se déployait et allait comme deux écheveaux de fil, jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, réprimande Son monde et dise : 'Assez', etc.
De l'immensité du déploiement de la première parole, la création serait venue à l'annulation ; aussi le Saint, béni soit-Il, dit-Il : 'Assez'. De cette seconde parole, 'Assez', proviennent toute la subsistance des existences du monde, toute abondance de biens et toutes les naissances de délivrances ; elles proviennent de cette contraction de la parole 'Assez', comme il est écrit : 'Je suis El Shaddai ; fructifie et multiplie' (Genèse 35,11).
Et toutes les bénédictions précieuses, nos sages, de mémoire bénie, les ont fixées précisément dans la bénédiction 'Tu es puissant', car lorsque le 'hessed est limité afin de ne pas se répandre vers des lieux étrangers, selon ce qui est écrit : 'Nous serons distingués, moi et Ton peuple', etc., et comme nos sages, de mémoire bénie, l'ont expliqué : la Présence divine ne demeure que sur Israël, le 'hessed se prolonge alors de lui-même pour Israël. Comme leurs paroles, de mémoire bénie, dans la Guemara (Taanit 2a) : pourquoi les appelle-t-on les puissances des pluies ?
Parce qu'elles descendent avec guevoura, c'est-à-dire par guevoura et contraction ; ainsi, pas une seule goutte ne se dispersé au dehors. C'est aussi pourquoi ils ont ordonné dans cette bénédiction la résurrection des morts, comme leurs paroles, de mémoire bénie, dans la Guemara (Berakhot 33a) : parce qu'elle est équivalente à la résurrection des morts, ils l'ont donc fixée dans la résurrection des morts.
Car cette bénédiction correspond à notre père Its'hak, et tous les kelim de guevoura ne sont que de son côté ; aussi la résurrection des morts peut-elle venir de son côté. Car la résurrection des morts n'est que pour celui qui se contracte lui-même par les kelim de guevoura, comme leurs paroles, de mémoire bénie, dans la Guemara (Taanit 6b) : la pluie est pour tous, la résurrection des morts seulement pour les justes.
Car la résurrection des morts n'est que du côté de notre père Its'hak. C'est ce qui est dit : 'du côté de la guevoura, soixante-douze scribes', etc.
מסטרא דתפארת שבעין ותרין גוונין לאתפארא וכו' וזהו נגד יעקב אבינו שהוא כליל משני המדות הנקרא תפארת ועל זה איתא כאן אתוון תליתאי אינון אתוון רשימין לאחזאה גוונין לאתעטרא במלכא קדישא. וכלא בי' מתחברן ומתקשרן והוא אתעטר בעטרוי באורח מישר ורשים להאי סטרא ולהאי סטרא כמלכא דאתעטר בכלא וכו' ואי תימא הני אתוון תליתאי מ"ט לאו אינון כתיבין מנהון באורח מישר כסדרן ומנהון למפרע לישרא להאי סטרא ולהאי סטרא דהא תנינן אתה כוננת משרים וכו' דא יעקב וכו' היינו כיון שיעקב אבינו כליל מחסד וגבורה הי' צריך להיות מצדו חצי סדר באורח מישר וחצי הסדר למפרע לכן מסיק הזוה"ק למלכא דאיהו שלים מכלא מה אורחי דההוא מלכא אנפוי נהירין כשמשא תדיר בגין דאיהו שלים וכו' מאן דאיהו טפשא חמוי אנפוי דמלכא נהירין וחייכין ולא אסתמר מני' מאן דאיהו חכימא אע"ג דחמו אנפא דמלכא נהירין אמר מלכא ודאי שלים הוא וכו' אנא חמו דבההוא נהירו דינא יתיב ואתכסי' אע"ג דלא אתחזי וכו' הני תרי גוונין בי' אתכלילן וכו' ואע"ג דאינון אחידן להאי סטרא ולהאי סטרא כסדרן כתובין וכו' היינו כיון שגבי יעקב אבינו נכללו שני המדות עי"ז הוא מכיר היטב דמלכא שלים הוא ממילא אין עוד מהצורך שיהי' בהסדר שלו אתוון למפרע כי אחר שנתברר החסד ע"י כלי הגבורה שוב יכולין שפיר לקבל את החסד בלי שום צמצום רק באורח מישר:
'Du côté de Tiferet, soixante-douze couleurs pour s'orner', etc. Cela correspond à notre père Yaakov, qui comprend les deux middot appelées Tiferet.
À ce sujet il est rapporté ici : 'Les troisièmes lettres sont des lettres inscrites, pour montrer les couleurs et s'orner dans le Roi saint. Toutes sont unies et liées en lui, et il est couronné de ses couronnes en voie droite, et marqué de ce côté et de ce côté, comme un roi couronné de tout', etc. 'Et si tu dis : pourquoi ces troisièmes lettres ne sont-elles pas écrites, les unes en voie droite selon leur ordre et les autres à rebours, pour arranger ce côté et ce côté ?
Car nous avons appris : Tu as établi les droites voies, cela est Yaakov', etc. Puisque notre père Yaakov comprend le 'hessed et la guevoura, son côté aurait dû comporter une moitié de l'agencement en voie droite et une moitié à rebours.
Aussi le saint Zohar conclut-il : 'Du roi qui est complet de tout : quelles sont les voies de ce roi ? Son visage brille toujours comme le soleil, parce qu'il est complet, etc.
Celui qui est sot voit le visage du roi brillant et souriant, et ne se garde pas de lui. Celui qui est sage, bien qu'il voie le visage du roi brillant, dit : le roi est certes complet, etc.
Moi, je vois que dans cette luminosité le jugement siège et est caché, bien qu'il ne soit pas visible, etc. Ces deux couleurs sont comprises en lui, etc.
Et bien qu'elles tiennent à ce côté et à ce côté, elles sont écrites dans l'ordre', etc. Cela signifie que, puisque les deux middot sont comprises chez notre père Yaakov, par cela il reconnaît parfaitement que le Roi est complet.
Il n'est donc plus nécessaire que son agencement comporte des lettres à rebours ; car, après que le 'hessed a été clarifié par le keli de guevoura, on peut ensuite recevoir parfaitement le 'hessed sans aucune contraction, seulement en voie droite.
Ce passage poursuit l'enseignement sur le Nom de soixante-douze. Le Sod Yecharim explique que le ''hessed ouvert à la sortie d'Égypte vient de la source suprême, avant tout revêtement : soixante-douze témoins, une chose claire sans rideau, jusqu'à la saisie d'Israël. L'ange qui allait devant part et marche derrière eux : ils voient la lumière, et le Nom les éclaire parce qu'ils sont liés à Sa volonté, même sans connaissance. Du côté de la guevoura, les compteurs indiquent le récepteur : le nombre, issu de la division, fait reconnaître Son unité. Du côté de Tiféret, l'ordre reste en voie droite, car Yaakov a établi que le roi est complet.
Aussi : le bâton qui sèche les eaux et la main qui les fait revenir sur les Égyptiens ; les nations annulées dans l'abîme par la même reconnaissance.
להבין זה המאמר הק' ביותר ביאור. הנה בזה המאמר הק' מבאר הזוה"ק שפתח אז השי"ת את אור החסד מהמקור עליון כמו שהוא מאיר בבהירות עצום ממש טרם בואו בהתלבשות ההבנה מתפיסת הבריאה בעוד שלא נודע בו שום טעם ודעת כלל.
כי אחר שבא אור החסד בהתלבשות התפיסה אזי יש בו שפיר טעם בהבנת דעת הבריאה כענין שמצינו בכתוב על כן משכתיך חסד פירוש שהכתיב מגלה טעם כדי שהבריאה תבינה בתפיסתה מדוע נמשך אצלה זה החסד. אבל החסד שפתח השי"ת בעת יציאת מצרים הי' משולל לגמרי מכל ההתלבשות כי הי' רק כדכתיב כי אמרתי עולם חסד יבנה ועל אור חסד בהיר כזה רומז השם ע"ב דסליק ונחית המובא בזוה"ק (תרומה קל"ב:) וזהו שאיתא כאן בזוה"ק מסטרא דחסד ע"ב סהדין היינו כי עדות הוא דבר ברור בלי שום מסך המבדיל כמבואר בגמ' (ר"ה כ"ב.) ראינהו במים ראינהו בעששית ראינהו בעבים אין מעידין עליו כי כיון שלא הי' רואים דבר ברור כי אם ע"י מסך המבדיל אין זה עדות ואיתא נמי שם ראינוהו מאלינו ושבנו לראות מדעתנו ולא ראינוהו אין מעידין עליו וכו' הרי שענין עדות הוא רק באופן שיהי' דבר ברור בתפיסת דעתו של אדם בלי שום העלם ומסך המבדיל וזהו שכתב הזוה"ק מסטרא דחסד שבעין ותרין סהדין כלומר שזה החסד שפתח אז השי"ת מהמקור עלאה הי' ברור מראשית המשכתו מהמקור עליון עד סוף תכלית תפיסת ישראל בלי שום העלם והתלבשות מסך המבדיל כלל ועל זה נאמר ויסע מלאך א-להים ההולך לפני מחנה ישראל היינו שהי' רואים את האור בתפיסתם ממש כדכתיב באורך נראה אור וילך מאחריהם היינו שהאיר להם השי"ת שהם מקושרים בעומק רצונו גם מאחוריהם כלומר גם בלא דעתם:
Pour comprendre davantage ce saint enseignement. Voici que, dans ce saint enseignement, le saint Zohar explique que le Saint béni soit-Il ouvrit alors la lumière du hesed depuis la source suprême, telle qu'elle resplendit d'une clarté immense, avant de venir se revêtir de la compréhension relevant de la saisie de la création, alors qu'aucune raison ni connaissance ne s'y fait encore connaître.
Car après que la lumière du hesed est venue dans le revêtement de la saisie, elle possède vraiment une raison dans la compréhension de l'intelligence de la création, ainsi que nous trouvons dans le verset: 'C'est pourquoi Je t'ai attirée par le hesed' (Jérémie 31,3). Cela signifie que le texte révèle une raison, afin que la création comprenne dans sa saisie pourquoi ce hesed se prolonge jusqu'à elle.
Mais le hesed que le Saint béni soit-Il ouvrit lors de la sortie d'Égypte était entièrement dénué de tout revêtement, car il était seulement, comme il est écrit: 'Car J'ai dit: le monde sera bâti par le hesed' (Psaumes 89,3). Le Nom de 72 (ע"ב), qui monte et descend, rapporté dans le saint Zohar (Terouma 132b), fait allusion à une lumière de hesed aussi limpide.
Et c'est ce qui est rapporté ici dans le saint Zohar: 'Du côté du hesed, soixante-douze témoins'; car un témoignage est une chose claire, sans aucun rideau séparateur, comme cela est expliqué dans le Talmud (Roch Hachana 22a): 'S'ils l'ont vu dans l'eau, s'ils l'ont vu dans une lanterne, s'ils l'ont vu dans les nuages, ils ne témoignent pas à son sujet'; car puisqu'ils ne voyaient pas une chose claire, mais seulement au moyen d'un rideau séparateur, ce n'est pas un témoignage. Il est aussi rapporté là-bas: 'Nous l'avons vu de nous-mêmes, puis nous sommes retournés le voir selon notre jugement et ne l'avons pas vu, nous ne témoignons pas à son sujet', etc.
Ainsi, le témoignage n'est tel que lorsqu'une chose est claire dans la saisie intellectuelle de l'homme, sans aucune dissimulation ni rideau séparateur. Tel est donc ce qu'a écrit le saint Zohar: 'Du côté du hesed, soixante-douze témoins'; c'est-à-dire que ce hesed que le Saint béni soit-Il ouvrit alors depuis la source supérieure était clair depuis le commencement de son écoulement de la source suprême jusqu'au terme final de la saisie d'Israël, sans aucune dissimulation ni revêtement d'un rideau séparateur.
À cela se rapporte le verset: 'L'ange d'Elokim, qui marchait devant le camp d'Israël, partit' (Exode 14,19): ils voyaient en effet la lumière dans leur saisie, comme il est écrit: 'Par Ta lumière nous voyons la lumière' (Psaumes 36,10). 'Et il marcha derrière eux' signifie que le Saint béni soit-Il les illumina du fait qu'ils étaient liés à la profondeur de Sa volonté, même derrière eux, c'est-à-dire même sans leur connaissance.
מסטרא דגבורה ע"ב סופרין וזה מורה על כלי קיבול כי ענין מספר נסתעף רק מסבת התחלקות שע"י התחלקות יכולין להכיר אור אחדותו ית' כי כל ענין התחלקות שחילק את מעשיו הציב השי"ת רק למען שיהי' הכרה באור אחדותו ית' כדאיתא בזוה"ק (ויקהל ר"ד) מאי שבת ש"בת היינו כי ש' רומז על תלת קוין שבהם נכלל כל מיני התפשטות מזה ההתחלקות שחילק את מעשיו ומלך עליהם וכשמגיע שבת אז חוזרים ונכללים בשורש אחדותו ית' וזאת האחדות נקרא בזוה"ק בת עין בת יחידה ואם לא הי' התחלקות מששת ימי המעשה לא הי' יתכן כלל הכרה בשורש אחדותו ית' נמצא שעיקר הכרה באחדותו ית' בא רק ע"י התחלקות ההפכים והכרה כזו נקרא סופרין כענין מאמרם ז"ל (קדושין ל.) למה נקראו סופרין שהי' סופרין כל האותיות שבתורה ועיקר הקנין בכל הדברים משיג האדם רק ע"י המספר כמו שמצינו בגמ' (חולין ק"ה:) כל מילי דצייר וחתום וכייל ומני לית לן רשותא למשקל מיני' עד דמשכחינון מידי דהפקרא וכו' הרי שעל ידי המספר משיג האדם קנין שיהי' שלו לבלתי יהי' עוד הפקר והוא יען שכל עוד שלא נחלק הדבר בהתחלקות המספר אין לו להאדם עדיין שום הכרה בו ומהיכן יהי' לו קנין בזה אבל אחר שנתפס הדבר תחת מניני המספר למנות התחלקות הפרטים הנמצאים בו אזי מפאת ההפסקות והחללים שביניהם אשר מסיבתם מכיר אדם היטב כמו שאין לו בהחללים כלום כך אין לו מצדו אף בחלקי הפרטים כלום וממילא משיג אדם נמי הכרה שיש אחד המושל גם בזה המקום הנדמה להאדם להפסק וחלל שאין מצדו שום הפסק וחלל כלל כי באמת זה ההפסק הנדמה להאדם שיש פירוד בין א' לב' ובין ב' לג' וכדומה זה הוא רק מסבת קטנות תפיסתו הנמוכה אבל מצד שורש אחדותו ית' אין באמת ביניהם שום הפסק וחלל כלל נמצא שעיקר הכרת אדם באור אחדותו ית' בא מסבת הפסקות בהתחלקות פרטי מספרו וזאת ההכרה הוא עיקר הכלי קיבול להשיג הקנין שיהי' משומר היטב אצלו ולא יהי' עוד הפקר וככה מנהיג השי"ת גם בצבא מעלה כדאיתא בזוה"ק (פנחס רט"ו:) כל שם וכינוי סהיד עליו אל סהיד עליו דאית לי' יכולת על כל אל וכו' אוף הכי כל שם דכל ספירה ומלאך אית לכל חד שם ידוע וכו' ושם (דף רנ"ז) אדני קא סהיד עלי' וכו' דינא בהיפך אתוון אדני ובג"ד אמרו דינא דמלכותא דינא שם אל סהיד על מארי דכלא דלית יכולת וכו' הה"ד כלא חשיבין וגו' ובהיפך אתוון אל וכו' מבאר בזה הזוה"ק שכל דרגא הוא הכח שלה רק כפי מה שמכירה בעוצם בהירות דלית לי' מגרמי' כלום בלעדי כחו ית' כך יש לה באמת כל הכח וכפי הדרגא שמכירה. שם נעשית לבוש וכלי פעולה לכחו ית' שיהי' נפעל על ידה רצונו ית' וזה שאיתא בזוה"ק (ויקרא ה') גדול ה' ומהולל מאד וגו' מלכא בלא מלכתא לאו מלכא ולא גדול אקרי וע"ד תושבחתא דא בשני וכו' היינו כי גדול מורה על מדת החסד ואומרים זאת ביום שני שמרמז על מדת הגבורה ולא ביום ראשון שמרמז נמי על חסד כי מלכא בלא מלכתא וכו' היינו כי עיקר הכלי קיבול לקבל החסד הוא רק ע"י הכרה הבא מסבת התחלקות וזה הי' ביום שני שחילק את מעשיו ומלך עליהם:
'Du côté de la guevoura, soixante-douze compteurs': cela indique un keli (récepteur), car la notion de nombre ne procède que de la division. C'est par la division que l'on peut reconnaître la lumière de Son unité, béni soit-Il; car toute division par laquelle le Saint béni soit-Il a divisé Ses œuvres et a régné sur elles, Il ne l'a établie que pour que soit reconnue la lumière de Son unité, béni soit-Il.
Comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayakhel 204a): 'Qu'est-ce que Chabbat? Sh-bat'; c'est-à-dire que le chin fait allusion aux trois lignes, lesquelles englobent toutes les sortes de déploiement issues de cette division par laquelle Il a divisé Ses œuvres et régné sur elles.
Et lorsque vient Chabbat, elles retournent et sont incluses dans la racine de Son unité, béni soit-Il. Cette unité est appelée dans le saint Zohar 'bat ayin, fille unique'.
Sans la division des six jours de l'œuvre, aucune reconnaissance de la racine de Son unité, béni soit-Il, ne serait possible. Il en ressort que la reconnaissance essentielle de Son unité, béni soit-Il, ne vient que par la division des contraires; et une telle reconnaissance est appelée 'compteurs', selon la parole de nos Maîtres de mémoire bénie (Kiddouchin 30a): 'Pourquoi les appelle-t-on soferim (compteurs)?
Parce qu'ils comptaient toutes les lettres de la Torah.' L'homme n'acquiert véritablement toute chose que par le nombre, comme nous le trouvons dans le Talmud (Houlin 105b): 'Toute chose dessinée, scellée, mesurée et comptée, nous n'avons pas permission de la prendre jusqu'à ce que nous la trouvions sans maître', etc. Ainsi, par le nombre l'homme acquiert une possession qui sera sienne et ne sera plus sans maître.
En effet, aussi longtemps qu'une chose n'a pas été divisée selon les divisions du nombre, l'homme n'en a encore aucune reconnaissance; d'où lui viendrait donc une possession en cela? Mais après que la chose a été saisie sous les nombres, afin de compter la division des éléments particuliers qui s'y trouvent, l'homme reconnaît alors, du fait des interruptions et des espaces qui les séparent, que, de même qu'il ne possède rien dans les espaces, il ne possède non plus de son propre côté rien dans les éléments particuliers.
Il en vient donc aussi à reconnaître qu'il en est Un qui gouverne même cet endroit qui semble à l'homme être une interruption et un espace, et qu'il n'y a, de Son côté, aucune interruption ni aucun espace. Car en vérité, cette interruption qui semble à l'homme établir une séparation entre un et deux, entre deux et trois, et ainsi de suite, ne provient que de l'exiguïté de sa basse saisie; mais du côté de la racine de Son unité, béni soit-Il, il n'y a entre eux en vérité aucune interruption ni aucun espace.
Il en ressort que la reconnaissance essentielle de l'homme de la lumière de Son unité, béni soit-Il, vient des interruptions dans la division des éléments de son nombre; et cette reconnaissance est le keli essentiel pour acquérir une possession qui soit soigneusement gardée auprès de lui et ne soit plus sans maître. Ainsi le Saint béni soit-Il conduit aussi les armées célestes, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 215b): 'Tout nom et toute dénomination témoignent à Son sujet; El témoigne à Son sujet qu'Il a pouvoir sur tout dieu', etc. 'De même, chaque nom de toute sefira et de tout ange: chacun a un nom connu', etc.
Et là-bas (257a): 'Adni témoigne à Son sujet', etc. 'Le jugement, par l'inversion des lettres de Adni; et c'est pourquoi ils ont dit: la loi du royaume est la loi. Le nom El témoigne au sujet du Maître de tout, dont il n'est aucune puissance', etc., comme il est écrit: 'Tous sont considérés comme rien' (Daniel 4,32), et par l'inversion des lettres de El, etc.
Le saint Zohar explique par cela que chaque degré n'a sa force que selon qu'il reconnaît avec la puissance de la clarté qu'il n'a rien de lui-même, sinon Sa force, béni soit-Il. Selon que le degré reconnaît cela, il devient un vêtement et un keli d'action pour Sa force, béni soit-Il, afin que Sa volonté, béni soit-Il, soit accomplie par lui.
C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Vayikra 5a): 'Grand est le Nom et très loué', etc. 'Un roi sans reine n'est pas roi et n'est pas appelé grand; c'est pourquoi cette louange est au deuxième jour', etc. Car 'grand' indique la mesure du hesed, et on le dit le deuxième jour, qui fait allusion à la mesure de la guevoura, et non le premier jour, qui fait aussi allusion au hesed. 'Un roi sans reine', etc., signifie que le keli essentiel pour recevoir le hesed ne vient que par la reconnaissance qui procède de la division; et cela eut lieu le deuxième jour, lorsqu'Il divisa Ses œuvres et régna sur elles.
מסטרא דתפארת ע"ב גוונין לאתפארא וכו' ואי"ת הני אתוון תליתאי מ"ט לאו אינון כתיבין מנהון באורח מישר כסדרן ומנהון למפרע לישרא להאי סטרא ולהאי סטרא דהא תנינן אתה כוננת מישרים וכו' מישרים לתרי סטרי וכו' דא קב"ה ר' יצחק אמר דא יעקב וכלא חד אלא למלכא דאיהו שלים וכו' אינון חכימין זכאין אמרין מלכא שלים הוא אע"ג דאנפוי אתחזיין נהירין דינא אתכסי' בגווי' בגיני כך בעא לאסתמרא מני' וכו' היינו מאחר שזה המדה של תפארת הוא מדת יעקב אבינו הכולל משני המדות חסד וגבורה הי' צריך שיהי' מצדו הסדר ישר והפוך ומדוע הוא הסדר של תפארת כלא באורח מישר על זה מבאר הזוה"ק אלא למלכא דאיהו שלים מכלא וכו' היינו כי יעקב אבינו פעל בעבודתו שיהי' גבי ישראל בקביעות זאת ההכרה דמלכא שלים הוא וכו' למען שיהי' בכחם לקבל אור חסדו באורח מישר כי אף שיתמשך אצלם אור חסדו ית' באור ישר יהי' נמי ישראל מכירין שפיר כי ממך הכל וגו' ומזאת ההכרה בעצמה יתמשך לישראל כל מיני חיזוק לקיום הוויתם ולכן כאשר האיר השי"ת לישראל השם ע"ב המונח בתהום דסליק ונחית הי' בכח ישראל לילך בתהום ולהכיר גם שם כי ממך הכל וגו' אבל לאומות נמשך מזאת ההכרה בעצמה כל מיני התבטלות כי כשהאיר זה השם התחילו האומות ג"כ להכיר כי ממך הכל וגו' אזי נחתי לתהום ולא סלקי כי נתבטלו לגמרי:
'Du côté de Tiferet, soixante-douze couleurs pour se parer', etc. 'Et si tu dis: pourquoi ces lettres ternaires ne sont-elles pas écrites, les unes dans un ordre droit selon leur ordre et les autres à l'envers, pour disposer ce côté-ci et ce côté-là? Car nous avons enseigné: Tu as affermi les droites voies', etc. 'Les voies droites pour les deux côtés', etc. 'C'est le Saint béni soit-Il.
Rabbi Its'hak dit: c'est Yaakov; et tout est un, sinon le roi qui est complet', etc. 'Ces sages justes disent: le roi est complet, bien que son visage apparaisse lumineux, le jugement est caché en lui; c'est pourquoi il faut se garder de lui', etc. Puisque cette mesure de Tiferet est la mesure de notre père Yaakov, laquelle inclut les deux mesures de hesed et de guevoura, l'ordre aurait dû être, de son côté, droit et inversé.
Pourquoi donc l'ordre de Tiferet est-il entièrement dans une voie droite? À cela le saint Zohar répond: 'Mais pour le roi qui est complet de tout', etc.
C'est-à-dire que notre père Yaakov a opéré par son service qu'il y ait de manière établie chez Israël cette reconnaissance que 'le roi est complet', etc., afin qu'ils aient la force de recevoir la lumière de Son hesed dans une voie droite. Car même si la lumière de Son hesed, béni soit-Il, s'écoule chez eux dans une voie droite, Israël reconnaîtra aussi clairement que 'tout vient de Toi' (1 Chroniques 29,14).
De cette reconnaissance même s'écouleront vers Israël toutes les sortes de force qui affermissent leur existence. C'est pourquoi, lorsque le Saint béni soit-Il illumina Israël par le Nom de 72 (ע"ב), place dans l'abîme, qui monte et descend, Israël eut la force de marcher dans l'abîme et d'y reconnaître aussi que 'tout vient de Toi', etc.
Mais chez les nations, cette reconnaissance même entraîne toutes les sortes d'annulation: lorsque ce Nom illumina, les nations aussi commencèrent à reconnaître que 'tout vient de Toi', etc.; elles descendirent alors dans l'abîme et ne remontèrent pas, car elles furent entièrement annulées.
ויאמר ה' אל משה מה תצעק אלי דבר אל בני ישראל ויסעו ואתה הרם את מטך ונטה את ידך על הים ובקעהו ויבאו בני ישראל בתוך הים ביבשה וגו'. ומבואר בזוה"ק (בשלח מ"ח.) ת"ח בסטרא דגבורה מתערי מיא בעלמא ונפקי מיא והשתא בעי קב"ה לנגבא מיא.
אמאי ונטה את ידך דאיהו שמאלא. אלא הרם את מטך לנגבא מיא ונטה את ידך לאתבא מיא לאתערא סטרא דגבורה ולאתבא מיא על מצרים ובגין כך תרין מלין הכא דכתיב הרם את מטך ונטה את ידך על הים וכו':
'Le Nom dit à Moché: Pourquoi cries-tu vers Moi? Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils partent.
Et toi, lève ton bâton, étends ta main sur la mer et fends-la; les enfants d'Israël entreront au milieu de la mer sur la terre sèche', etc. (Exode 14,15-16).
Il est expliqué dans le saint Zohar (Beshallah 48a): 'Viens voir: du côté de la guevoura, les eaux s'éveillent dans le monde et les eaux sortent; et maintenant le Saint béni soit-Il veut sécher les eaux. Pourquoi donc: Étends ta main, qui est la gauche?
Mais lève ton bâton pour sécher les eaux, et étends ta main pour faire revenir les eaux, pour éveiller le côté de la guevoura et faire revenir les eaux sur les Égyptiens. C'est pourquoi il y a ici deux paroles, comme il est écrit: Lève ton bâton et étends ta main sur la mer', etc.
Comment s'unissent l'ordre sans libre choix, au-dessus de la saisie, et l'ordre où l'homme choisit ? Le Sod Yecharim enseigne qu'ils s'unissent parfaitement, comme les choses créées entre les deux soirs. La parole du Nom est vivante : son sens éclaire selon l'heure, sans contradiction, tel « Élève-le en holocauste ». Sur la mer, l'ordre d'Atika s'ouvre dans la saisie d'Israël : Celui qui dit à la mer d'aller dit à la mer de ne pas aller. Par la foi, Atika et Zeir Anpin sont un ; de cette reconnaissance résultent miséricorde pour Israël et jugement pour l'Égypte. Le bâton assèche les eaux ; la main les fait revenir, car l'Égypte n'a pas cette union.
Aussi : le Jourdain, non ouvert depuis la racine, revient de lui-même ; Rabbi Pin'has ben Yaïr et le fleuve Ginaï.
ביאור הענין כי זה הסדר שמנהיג בו השי"ת את עולמו מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין בלי שום בחירת אדם כלל אותו הסדר הוא באמת למעלה הרבה מתפיסת הבריאה אכן בסדר הנהגה שהציב השי"ת בהתגלות התפיסה בו יש בחירה לאדם אמנם איך מתאחדין אלו שני הסדרים ביחד כי לפי הנראה המה שני הפכים בנושא אחד. ובאמת מתאחדין אלו שני הסדרים בחיבור גמור ועל אותו החיבור רומזין הדברים שנבראו בין השמשות כי ענין בין השמשות מבואר בזוה"ק (וירא ק"כ:) הא תנינן הוא איל דאתברו בין השמשות וכו' כמה דכל אינון מלין דהוו בין השמשות אתמנא חילא לאזדמנא ההוא מלה בשעתא דאצטריך לי' הכי נמי הא איל דאתקרב תחות יצחק וכו' וזהו נמי כמאמרם ז"ל בש"ס בין השמשות אי אפשר לעמוד בו וכו' רמזו ז"ל בזה שמאמרו ית' אינו מצומצם בגבול תפיסת אדם אלא שדבריו חיים וקיימים תמיד וכפי שעתא דאצטרך אתמנא חילא לאזדמנא ההוא מלה וכו' היינו שהפירוש ממאמרו ית' מנהיר תמיד כפי הזמן דאצטרך וכפי תמורות והתחלפות הזמנים כך מתחלף הפירוש במאמרו ית' ואינם סותרין כל הפרושים אהדדי וכולם דברי א-להים חיים כי דבריו חיים וקיימים ומתאחד בהם שפיר גם שני הפכים בנושא אחד כמו המאמר והעלהו לעולה שהי' הפירוש קודם העקידה.
שחטהו ואחר שעלה על המזבח נעשה הפירוש אסקי' אחתי' ואלו שני הפרושים אינם סותרין כלל זה את זה כמבואר במקומו וכן המטה שנאמר עליו הרם את מטך אתברי בין השמשות ורומז נמי על התאחדות החיבור מאלו שני הסדרים הנראין לשני הפכים בנושא אחד כי על הים פתח השי"ת הסדר כמו שהוא מצדו ית' כמבואר (שם דף נ"ב) מה תצעק אלי שכינתא באבהתא נטלא. בעתיקא תלי' מלתא ובאותו הסדר אין שייך כלל לומר על שינוי הטבע שהוא נס ופלא מאחר שבהארת זה הסדר ניכר מפורש לעיני כל איך שהשי"ת שופע חיים להבריאה בכל רגע ורגע שאם נפסק ח"ו השפעת החיים אפילו רגע אחת הי' נתבטל ח"ו כל קיום הויית הבריאה ואם כן איך שייך לומר על איזה שינוי שהוא נס ופלא כיון שרואים פלא כזאת בכל רגע ורגע וכמו שהי' גבי אדם הראשון מיד ביום הראשון כשנברא וכי הי' יכול אז לסבור בדעתו על דבר חדש שהי' רואה שהוא נס ופלא מאחר שהכל הי' חדש אצלו וכל מה שראו עיניו הי' לגבי' נס ופלא כשראה את הים הולך וסוער הי' לפלא אצלו.
אולם אחר שהורגל כך ומהרגל נעשה טבע עד שנדמה שהטבע מחייב כך שהים ילך תמיד ואח"כ אם יראה שעמד הים מזעפו ונהפך ליבשה אזי לנס ופלא יחשב כי נשתנה הטבע. אכן כאשר פתח השי"ת בתפיסת ישראל מהסדר אמתי כמו שהוא באמת אצלו ית' שוב הכירו ישראל שפיר בתפיסתם ממש כמו אדם הראשון מיד כשנברא אשר מי שיאמר להים שילך יאמר להים שלא ילך וזהו שאמרו ז"ל וישב הים לפנות בוקר לאיתנו לתנאו הראשון ולפי הנראה כיון שהי' התנאי כך עוד במעשה בראשית א"כ הי' כך הסדר מהבריאה שיבקע הים ואיזה נס הי' בזה אמנם עיקר הנס הי' זה שנפתח בהבנת תפיסת ישראל הסדר מעתיקא שיבינו הכל בתפיסתם הנמוכה ממש כמו שהוא באמת הסדר מצד השי"ת עד שהי' מכירין שהסדר מעתיקא והסדר מזעיר אנפין הוא כלא חד ומזאת ההכרה בעצמה נעשה רחמי לישראל ודינא למצרים כמבואר בזוה"ק (בא ל"ז) דהוא כתרא דאתקרי זאת דכלילא מא"ת וא"ת ושלטא בפלגות לילה בתרין סטרין ברחמי ודינא רחמי לישראל ודינא לעמין וכו' ופלגות לילה רומז על הנקודה היקרה הנמצא בישראל שנקרא אמונה היינו כי מצד גודל האמונה שיש גבי ישראל בקביעות יכול שפיר להתאחד מצדם הסדר הנקרא עתיקא עם הסדר שהציב השי"ת בתפיסת הבריאה הנקרא זעיר אנפין כי ע"י אמונה נתאחדו באמת שני הפכים בנושא אחד ג"כ בחיבור גמור וכמאמרם ז"ל בשכר אמונה זכו לומר שירה ושירה רומז על הסתכלות בהסדר כמו שהוא ממש מצד השי"ת באורח ישר ומאותו הסדר בעצמו שנתעורר רחמי לישראל נתעורר דינא לעכו"ם כי אין אמונה בם שיתאחדו על ידה שני הפכים בנושא אחד וזהו כוונת הזוה"ק כאן.
הרם את מטך לנגבא מיא היינו כיון שיש בישראל אמונה לזה יכולין המה שפיר לעבור בתוך הים ביבשה כי יש להם חיבור לסדר עתיקא כמו שמרמז המטה שנברא בין השמשות שאין שום הרגל טבע כלל וכמאמרם ז"ל כל דבריו של הקב"ה אינו אלא על התנאי ונטה את ידך לאתבא מי' לאתערא סטרא דגבורה לאתבא מיא על מצרים וכו' כי למצרים אין שום חיבור לאותו הסדר הנקרא עתיקא וכפי הסדר שבהתגלות תפיסתם הנמוכה בלתי אמונה אין יתכן כלל לעבור דרך ים ביבשה. ויען שפתח השי"ת על הים את הסדר כמו שהוא בהשורש לזה הי' נצרך הים אח"כ למאמר מיוחד שישובו המים מה שלא מצינו כן גבי הירדן שבקע יהושע שנאמר שם ויהי כעלות וגו' נתקו כפות רגלי הכהנים אל החרבה וישובו מי הירדן למקומם וילכו כתמול שלשום וגו' בלי שום מאמר מחדש שישובו המים והוא כי גבי הירדן לא נפתח הסדר מהשורש וכענין שמצינו בגמ' (חולין ז'.) רבי פנחס בן יאיר הוה קאזיל לפדיון שבוים פגע בגינאי נהרא א"ל גינאי חולק לי מימך ואעבור בך א"ל וכו' אתה ספק עושה ואני ודאי עושה א"ל אם אי אתה חולק גוזרני עליך שלא יעברו בך מים לעולם היינו שאמר לו רפב"י אם תתן מקום לשעתי שאעבור בך לא תפסיד כלום כי לאחר שעה תלך כדרכך מקדם אבל אם לא תתן מקום לשעתי חזי אהי' מוכרח להראות לך את מקומי מהשורש העליון ושם בהשורש העליון הוא הספק שלי הרבה יותר יקר במעלה מהודאי שלך כי בהשורש הוא זאת עיקר המכוון מהבריאה שיהי' אילנא דספיקא והאדם יהי' עובד בזה הספק דוקא לכן אם אפתח לך מהשורש אזי תתבטל לגמרי ולא יעבור בך מים לעולם ולזה בהים שנפתח באמת מהשורש הי' נצרך אח"כ למאמר מחדש שישובו המים:
Explication de la chose: cet ordre selon lequel le Saint béni soit-Il conduit Son monde, depuis le commencement de tous les degrés jusqu'à la fin de tous les degrés, sans aucun libre choix de l'homme, cet ordre est en vérité bien au-dessus de la saisie de la création. Toutefois, dans l'ordre de conduite que le Saint béni soit-Il a établi dans la révélation de la saisie, l'homme possède un libre choix.
Mais comment ces deux ordres s'unissent-ils, puisqu'ils semblent être deux contraires dans un même sujet? En vérité, ces deux ordres s'unissent en une union parfaite.
C'est à cette union que font allusion les choses créées entre les deux soirs. Car la question de l'entre-deux-soirs est expliquée dans le saint Zohar (Vayera 120b): 'Voici le bélier qui fut créé entre les deux soirs...
De même que pour toutes ces choses qui furent entre les deux soirs, une force fut désignée afin de préparer cette chose au moment où elle serait nécessaire, ainsi ce bélier qui fut offert à la place d'Its'hak...' Cela rejoint aussi leur parole, de mémoire bénie, dans le Talmud: 'L'entre-deux-soirs, il est impossible d'en fixer exactement le moment...' Ils indiquent par là que Sa parole, béni soit-Il, n'est pas restreinte dans la limite de la saisie humaine; Ses paroles sont toujours vivantes et subsistantes, et, selon l'heure où cela est nécessaire, une force est désignée pour préparer cette chose. Autrement dit, le sens de Sa parole, béni soit-Il, éclaire continuellement selon le temps nécessaire; selon les changements et variations des temps, le sens de Sa parole change ainsi.
Or les diverses interprétations ne se contredisent pas et sont toutes paroles du D-ieu vivant, car Ses paroles sont vivantes et subsistantes. Les deux contraires dans un même sujet s'y unissent donc parfaitement, tel l'énoncé: 'Élève-le en holocauste' (Genèse 22, 2), dont le sens, avant la ligature, était: 'égorge-le'; après qu'il fut monté sur l'autel, le sens devint: 'fais-le monter, fais-le redescendre'.
Ces deux sens ne se contredisent nullement, comme expliqué ailleurs. De même, le bâton au sujet duquel il est dit: 'Élève ton bâton' (Exode 14, 16), fut créé entre les deux soirs; il fait aussi allusion à l'unification de ces deux ordres qui paraissent deux contraires dans un même sujet.
Car, sur la mer, le Saint béni soit-Il ouvrit l'ordre tel qu'il est de Son côté, béni soit-Il, comme expliqué là-bas (p. 52): 'Pourquoi cries-tu vers Moi?
La Présence divine voyage avec les Pères. La chose dépend de l'Atika.' Dans cet ordre, il n'est nullement possible de parler d'un changement de nature comme d'un miracle ou d'une merveille, puisqu'à la lumière de cet ordre il apparaît clairement aux yeux de tous que le Saint béni soit-Il répand la vie sur la création à chaque instant.
Si, à D-ieu ne plaise, cette influence de vie cessait ne serait-ce qu'un instant, toute subsistance de l'être de la création serait annulée, à D-ieu ne plaise. Comment pourrait-on donc appeler miracle ou merveille un quelconque changement, alors qu'on voit une telle merveille à chaque instant?
Il en était ainsi pour Adam le premier, des le premier jour où il fut créé: pouvait-il alors penser qu'une chose nouvelle qu'il voyait était miracle ou merveille, puisque tout était nouveau pour lui et que tout ce que voyaient ses yeux était à ses yeux miracle et merveille? Quand il voyait la mer aller et s'agiter, cela était pour lui une merveille.
Mais après qu'il s'y fut habitué, l'habitude devint nature, au point qu'il semblait que la nature exige que la mer aille toujours ainsi. Dès lors, s'il voyait la mer cesser sa fureur et devenir terre sèche, il le tiendrait pour miracle et merveille, car la nature aurait changé.
Mais lorsque le Saint béni soit-Il ouvrit dans la saisie d'Israël l'ordre véritable tel qu'il est réellement de Son côté, béni soit-Il, Israël reconnut de nouveau clairement, dans sa saisie même, comme Adam le premier des qu'il fut créé, que Celui qui dit à la mer d'aller dit à la mer de ne pas aller. C'est ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie: 'La mer revint, au matin, à sa force' (Exode 14, 27), à sa condition première.
À première vue, puisque cette condition fut posée dès l'œuvre de la Création, l'ordre était donc, depuis la création, que la mer se fendît; quel miracle y avait-il là? Mais l'essentiel du miracle fut que l'ordre de l'Atika fut ouvert dans l'intelligence de la saisie d'Israël, afin qu'ils comprennent tout dans leur saisie basse même, exactement comme est véritablement l'ordre du côté du Saint béni soit-Il.
Ils reconnurent ainsi que l'ordre de l'Atika et l'ordre de Zeir Anpin sont absolument un. De cette reconnaissance même résulta miséricorde pour Israël et jugement pour l'Égypte, comme il est expliqué dans le saint Zohar (Bo 37a): 'C'est la couronne appelée 'cela', qui comprend de alef à tav et de tav à alef, et qui domine au milieu de la nuit dans deux directions: miséricorde et jugement, miséricorde pour Israël et jugement pour les peuples...' Le milieu de la nuit fait allusion au point précieux qui se trouve en Israël et qui est appelé foi.
C'est-à-dire que, par la grandeur de la foi qui se trouve constamment chez Israël, l'ordre appelé Atika peut parfaitement s'unir de leur côté à l'ordre que le Saint béni soit-Il a établi dans la saisie de la création, appelé Zeir Anpin. Par la foi, deux contraires dans un même sujet s'unissent réellement aussi en une union parfaite.
C'est conforme à leur parole, de mémoire bénie: 'En récompense de la foi, ils méritèrent de dire le cantique.' Le cantique fait allusion à la contemplation de l'ordre tel qu'il est réellement du côté du Saint béni soit-Il, dans une voie droite. De cet ordre même qui éveilla la miséricorde pour Israël, s'éveilla le jugement pour les idolâtres, car ils n'ont pas de foi par laquelle deux contraires dans un même sujet puissent s'unir.
Telle est ici l'intention du saint Zohar. 'Élève ton bâton pour assécher les eaux' (Exode 14, 16): puisque Israël a la foi, ils peuvent parfaitement passer au milieu de la mer à sec, car ils sont unis à l'ordre de l'Atika, comme le suggère le bâton créé entre les deux soirs, où il n'y a absolument aucune habitude de nature. C'est aussi conforme à leur parole, de mémoire bénie: 'Toute parole du Saint béni soit-Il n'est que sous condition.' 'Étends ta main pour faire revenir les eaux' (Exode 14, 26): afin d'éveiller le côté de la guevoura (rigueur), pour faire revenir les eaux sur l'Égypte.
Car l'Égypte n'a aucune union avec cet ordre appelé Atika; selon l'ordre de la révélation de leur saisie basse, dépourvue de foi, il est tout à fait impossible de passer par une mer à sec. Puisque le Saint béni soit-Il ouvrit sur la mer l'ordre tel qu'il est à la racine, il fallut ensuite à la mer un énoncé particulier pour que les eaux reviennent.
Nous ne trouvons pas cela pour le Jourdain, que Josue fendit, puisqu'il est dit: 'Quand les plantes des pieds des prêtres... furent coupées de la terre sèche, les eaux du Jourdain revinrent à leur place et coulèrent comme auparavant' (Josue 4, 18), sans aucun nouvel énoncé pour le retour des eaux. Car, pour le Jourdain, l'ordre ne fut pas ouvert depuis la racine.
Cela ressemble à ce que nous trouvons dans la Guemara (Houlin 7a): Rabbi Pinhas ben Yair allait racheter des captifs. Il rencontra le fleuve Gina'i et lui dit: 'Gina'i, partage tes eaux pour moi afin que je passe par toi.' Il lui dit... 'Toi, tu accomplis une chose incertaine, et moi, une chose certaine.' Il lui dit: 'Si tu ne te partages pas, je décrète sur toi qu'aucune eau ne passera plus jamais en toi.' Cela signifie que Rabbi Pinhas ben Yair lui disait: si tu donnes place à mon heure afin que je passe par toi, tu ne perdras rien, car après une heure tu couleras comme auparavant.
Mais si tu ne donnes pas place à mon heure, vois: je serai contraint de te montrer ma place depuis la racine supérieure. Là, dans la racine supérieure, mon incertitude est bien plus précieuse en degré que ta certitude; car dans la racine, l'intention essentielle de la création est qu'il y ait l'arbre de l'incertitude et que l'homme serve précisément dans cette incertitude.
Si donc je t'ouvre depuis la racine, tu seras entièrement annulé et aucune eau ne passera plus jamais en toi. C'est pourquoi, pour la mer, qui fut réellement ouverte depuis la racine, il fallut ensuite un nouvel énoncé afin que les eaux reviennent:
ולהבין זאת ביותר ביאור מדוע אצל הירדן מצינו תכף כשנתקו כפות רגלי הכהנים אל החרבה וישובו מי הירדן למקומם וילכו כתמול שלשום. וכאן בים סוף הי' צריך להיות מאמר מיוחד כמבואר כאן ונטה ידך לאתבא מיא וכו':
Pour mieux expliquer cela: pourquoi trouvons-nous au sujet du Jourdain que, dès que les plantes des pieds des prêtres furent coupées de la terre sèche, les eaux du Jourdain revinrent à leur place et coulèrent comme auparavant? Tandis qu'ici, à la mer des Joncs, il fallait un énoncé particulier, comme expliqué ici: 'Étends ta main pour faire revenir les eaux...' (Exode 14, 26).
אכן הענין הוא כי כל הארת הנסים בוקעים עד הלבוש האחרון. אולם כשבקיעת הנס בהלבוש הוא שני הפכים בנושא אחד כמו כאן בים סוף שהי' רחמי לישראל ודינא למצרים על זה איתא בזוה"ק (וירא קי"ג.) ודא הוא דקשיא קמי' קב"ה דכד עביד דינא וניסא כחדא וכו' לכן נאמר כאן הרם את מטך וכמו שמבאר הזוה"ק הרם את מטך לנגבא מיא היינו שהי' צריך להרים תפיסת ישראל למעלה מכל התחלקות ולהאיר להם משורש אחדותו ית' שכל החסד מהתחלת הבריאה שעליו נאמר זכור רחמיך ה' וחסדיך כי מעולם המה זה הי' רק בשביל ישראל וממילא לא הי' עוד בהבנת תפיסת ישראל שום הופכיים כי כל עניני הופכיים הנמצאים בזה העולם נמשך רק מזה שחילק את מעשיו ומלך עליהם ועל זה ההתחלקות איתא בזוה"ק (בא ל"ז.) בראשית ברא א-להים את השמים ואת הארץ א"ת דא ימינא דקב"ה וא"ת דא שמאלא אוליפנא דסטא קב"ה ימינא וברא ית שמיא וסטא שמאלא וברא ית ארעא היינו כי מפאת עוצם הבהירות הנקרא ימינא לא הי' יתכן בריאת הארץ ולכן סטא שמאלא וברא ית ארעא ועל ארעא כתיב יקוו המים מתחת השמים אל מקום אחד ותראה היבשה וזה הוא השורש מכל ההתחלקות לכן נאמר כאן הרם את מטך לנגבא מיא היינו שירים את תפיסת ישראל למעלה מיבשת המים כלומר שיעלה את ישראל לשורשם למעלה מכל ההתחלקות ועל אותה העלי' משבח אותם הכתוב ויאמינו בה' היינו שנתעלו ישראל לעצמית שורש העליון ית' וממילא מאחר שנתעלו לשורשם ושם הוא אחדות אמתי בלי שום הפכים כלל והכירו היטב מי שאמר לשמן וידליק יאמר לחומץ וידליק וזהו כוונת הזוה"ק (שם דף נ"ב) מה תצעק אלי וגו' שכינתא באבהתא נטלא וכו' ונטלא היינו נוסע.
וענין נסיעה רומז על שלימות הזווג כי בשעת החני' הי' מחיצות וגבולים ובעת המסעות נתבטלו המחיצות ונתערבו הגבולים כדאיתא בגמ' (מנחות נ"ה.) הגלילו הפרוכת התרו זבים ומצורעים ליכנס למחנה וכו' ונתערבו ונזדווגו ביחד כדאיתא בזוה"ק (וישלח קע"ג) דכד אתנהרא כדין כאמה בתה וכו' היינו כי בשעת הזווג בוקע האור עד הלבוש האחרון וזהו שכינתא באבהתא נטלא היינו שהאיר בהם האור מהשורש עד הלבוש האחרון ממילא לא הי' עוד מצד ישראל שני הפכים בנושא אחד ושפיר הי' יתכן רחמי ודינא כחדא רחמי לישראל ודינא למצרים וע"י שנבקע הים מהשורש הי' צריכין מאמר מחדש לאתבא מיא וזהו כוונת הזוה"ק ונטה את ידך לאתבא מיא על מנרים ובגין כך תרין מלין הכא דכתיב הרם את מטך ונטה את ידך על הים וכו' היינו שהי' צריכין מחדש מאמר להווית הים כמו שהי' צריכין להזכיר תנאי הראשון לקיום הויית הים כדכתיב וישב הים לאיתנו לתנאי הראשון כי בלתי קיום התנאי הי' המעשה בטל ולא הי' נשאר בהים שום הוי' כי רק זה התנאי הי' מקיים המעשה וכשנתקיים תנאי הראשון המעשה קיים וזהו לאיתנו לתנאי הראשון אשר מבלעדו אין כאן מעשה כלל. משא"כ גבי הירדן שלא הי' אצלו שני הפכים בנושא אחד לזה לא הי' צריכין לפתוח שם מהשורש וכל ענין בקיעת הירדן הי' כענין שאמר רפב"י (חולין ז') לגינאי נהרא פליג לי מימך וכו' ואם לאו גוזרני עליך שלא יעבור בך מים לעולם.
ולכאורה שפיר השיב הגינאי נהרא לרפב"י אני ודאי עושה ואתה ספק וכו' ואין ספק מוצא מידי ודאי אמנם תשובת רפב"י הי' כיון שהספק שלי הוא מהשורש כי כן הציב הרצון ית' לעבוד אותו מתוך הספק א"כ יש מקום לעבודת הספק שלי בשורש הרצון ית' הרי שהספק שלי הוא למעלה הרבה מהודאי שלך כי אתה אין לך שום מקום בעבודת הספק כי אם בעבודת ודאי ואני יש לי מקום בהשורש אפילו בעבודת הספק לכן כאשר אבטל אותך מפאת השורש שלי שאין לך בו שום מקום אזי לא יעבור בך מים לעולם ופלג לו מימיו וכן הי' בקיעת הירדן שלא מן השורש לכן תכף כשנתקו כפות רגלי הכהנים אל החרבה וישובו מי הירדן למקומם וילכו כתמול שלשום:
Mais voici la chose. Toute illumination des miracles perce jusqu'au dernier vêtement.
Toutefois, quand la percée du miracle dans le vêtement consiste en deux contraires dans un même sujet, comme ici à la mer des Joncs, où il y eut miséricorde pour Israël et jugement pour l'Égypte, le saint Zohar dit à ce sujet (Vayera 113a): 'C'est ce qui est difficile devant le Saint béni soit-Il: lorsqu'Il accomplit à la fois jugement et miracle...' C'est pourquoi il est dit ici: 'Élève ton bâton.' Comme l'explique le saint Zohar, 'Élève ton bâton pour assécher les eaux', signifie qu'il fallait élever la saisie d'Israël au-dessus de toute division et les éclairer depuis la racine de Son unité, béni soit-Il. Tout le bienfait depuis le commencement de la création, dont il est dit: 'Souviens-Toi de Tes compassions, H', et de Tes bontés, car elles sont de toujours' (Psaumes 25, 6), n'était que pour Israël.
Dès lors, il ne demeurait plus aucune opposition dans l'intelligence de la saisie d'Israël. Car toutes les réalités opposées qui se trouvent dans ce monde procèdent seulement de ce qu'Il partagea Ses œuvres et régna sur elles.
De cette division, le saint Zohar dit (Bo 37a): 'Au commencement, Elokim créa les cieux et la terre' (Genèse 1, 1): de alef à tav, c'est la droite du Saint béni soit-Il; et de alef à tav, c'est la gauche. Nous avons appris que le côté du Saint béni soit-Il est la droite et créa les cieux, et le côté gauche créa la terre.
C'est-à-dire qu'en raison de l'intensité de la clarté appelée droite, la création de la terre n'était pas possible; c'est pourquoi le côté gauche créa la terre. Et au sujet de la terre, il est écrit: 'Que les eaux de dessous les cieux se rassemblent en un seul lieu et que le sec paraisse' (Genèse 1, 9).
Telle est la racine de toute division. C'est pourquoi il est dit ici: 'Élève ton bâton pour assécher les eaux', c'est-à-dire qu'il élève la saisie d'Israël au-dessus de la terre sèche des eaux, c'est-à-dire qu'il élève Israël à leur racine au-dessus de toute division.
De cette élévation, l'Écriture les loue: 'Ils eurent foi en H'' (Exode 14, 31), c'est-à-dire qu'Israël s'élevèrent à l'essence de la racine supérieure, béni soit-Il. Dès lors, puisqu'ils s'élevèrent à leur racine, où réside une unité véritable sans aucun contraire, ils reconnurent parfaitement que Celui qui dit à l'huile de brûler dit au vinaigre de brûler.
Telle est l'intention du saint Zohar (ibid., p. 52): 'Pourquoi cries-tu vers Moi?...
La Présence divine voyage avec les Pères...' Et 'voyage' signifie se déplace. La question du déplacement fait allusion à la perfection de l'union.
Car au temps du campement il y avait des séparations et des limites, tandis qu'au temps des déplacements les séparations s'annulaient et les limites se mêlaient, comme il est dit dans la Guemara (Menahot 55a): 'Roulez le rideau, permettez aux flux et aux lépreux d'entrer dans le camp...' Ils se mêlaient et s'unissaient ensemble, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayishlah 173a): 'Lorsqu'elle s'illumine, alors elle est comme une mère et sa fille...' Car au moment de l'union, la lumière perce jusqu'au dernier vêtement. Voilà le sens de 'La Présence divine voyage avec les Pères': la lumière depuis la racine les éclaira jusqu'au dernier vêtement.
Ainsi, du côté d'Israël, il n'y avait plus deux contraires dans un même sujet, et miséricorde et jugement pouvaient bien être ensemble: miséricorde pour Israël et jugement pour l'Égypte. Parce que la mer fut fendue depuis la racine, il fallait un nouvel énoncé pour faire revenir les eaux.
Telle est l'intention du saint Zohar: 'Étends ta main pour faire revenir les eaux sur les Égyptiens; c'est pourquoi il y a ici deux paroles, car il est écrit: 'Élève ton bâton' et 'Étends ta main sur la mer'...' Il fallait donc un nouvel énoncé pour l'existence de la mer, tout comme il fallait rappeler la condition première pour maintenir l'existence de la mer, ainsi qu'il est écrit: 'La mer revint à sa force', à sa condition première. Car sans l'accomplissement de la condition, l'acte était annulé et aucune existence ne serait restée dans la mer, puisque seule cette condition maintenait l'acte.
Quand la condition première fut accomplie, l'acte demeura; tel est le sens de 'à sa force', à sa condition première, sans laquelle il n'y a pas ici d'acte du tout. Il n'en est pas de même pour le Jourdain: comme il n'y eut pas là deux contraires dans un même sujet, il ne fut pas nécessaire d'ouvrir la racine.
Toute la fente du Jourdain fut semblable à ce que Rabbi Pinhas ben Yair dit au fleuve Gina'i (Houlin 7a): 'Partage tes eaux pour moi... et sinon, je décrète sur toi qu'aucune eau ne passera plus jamais en toi.' À première vue, le fleuve Gina'i répondit justement à Rabbi Pinhas ben Yair: 'Moi, j'accomplis une chose certaine, et toi une chose incertaine... Une incertitude ne l'emporte pas sur une certitude.' Mais la réponse de Rabbi Pinhas ben Yair était: puisque mon incertitude procède de la racine, car la volonté, béni soit-Il, a établi que l'on Le serve depuis l'incertitude, mon service incertain a donc une place dans la racine de la volonté, béni soit-Il.
Mon incertitude est ainsi bien au-dessus de ta certitude. Toi, tu n'as aucune place dans le service de l'incertitude, mais seulement dans le service de la certitude; tandis que moi, j'ai une place dans la racine, même dans le service de l'incertitude.
C'est pourquoi, quand je t'annulerai du côté de ma racine, où tu n'as aucune place, aucune eau ne passera plus jamais en toi. Il partagea donc ses eaux.
Ainsi fut la fente du Jourdain: elle ne procédait pas de la racine. Aussi, dès que les plantes des pieds des prêtres furent coupées de la terre sèche, les eaux du Jourdain revinrent à leur place et coulèrent comme auparavant.
« Parle aux enfants d'Israël : qu'ils reviennent et campent devant Pi-Ha'hirot, devant Baal-Tséfon. » Le Sod Yecharim enseigne que le Nom montre le discernement d'Israël : les profondeurs de leur cœur sont attirées après Sa volonté, même sans conscience. La sortie d'Égypte relève des points de l'argent, récipient construit par le Nom, côté de la Noukva ; une accusation s'éveille à son sujet. Près de la mer, ce sont les tours d'or : Israël est attiré dans le désert, force qu'aucune nation ne possède. Le détour par la mer des Joncs, fin des degrés, les discerne comme récipients de Sa lumière. Pharaon témoigne qu'ils se discernent, tout en les disant égarés.
Aussi : les trésors de Yossef chez Baal-Tséfon, sainteté cachée et faux attrait des Égyptiens ; Moché montre l'alliance des pères sans vêtement.
דבר אל בני ישראל וישבו ויחנו לפני פי החירות בין מגדל ובין הים לפני בעל צפון נכחו תחנו על הים (שמות י״ד:ב׳). בזה הראה השי"ת הבירור שבין ישראל למצרים כי מזה נראה מפורש שמעמקי הלב של ישראל נמשכין תמיד אחר רצונו ית' אף שלא מדעת.
כי ביציאת ישראל ממצרים היה אז הבירור שלהם רק בבחי' נקודות הכסף יען שלא היה מצדם שום הכנה ורק מצד שהשי"ת בחר בהם בשורש. וישועה כזו שאדם מצדו משולל כלי לקבלה ורק שמצד השי"ת נבנה באדם אף כלי הקבלה זה נקרא שהוא מסטרא דנוקבא ומתעורר ע"ז תמיד קטרוג.
וזה רומז פתיחת הזה"ק (בשלח מ"ד.) ויהי בשלח פרעה ר"ש פתח תפלה לחבקוק הנביא וכו' היינו שהישועה מיציאת מצרים מתייחס לענינא דחבקוק וכדאי' (שם:) ומאתר דנוקבא אתקשר ומאן דאתקשר בנוקבא מיתה אזדמנת קמיה מנא לן דלה אתייהיב דכתיב את חובקת בן מאן דאתי מסטרא דנוקבא מותא אקדים לרגלוי וכו' ודא הוא חבקוק נבואה. ולזה מתייחס ענין זו הישועה שהשי"ת אמר למשה (שמות ג׳:י״ב) בהוציאך את העם ממצרים תעבדון את הא-להים על ההר הזה.
וע"ז מתעורר קטרוג אחר שכעת אין גם לישראל מצדם שום כלי ורק שהשי"ת בונה בהם הכלי א"כ מדוע בחר השי"ת רק בישראל מכל העמים מה יתרון להם הלא כן יוכל השי"ת לבחור באומה אחרת ולהכין להם כלים ואורות ולזה נקרא זו הישועה נקודות הכסף. אכן אצל הים שם נקרא תורי זהב (שיר א') כי בזה נתבררו ישראל מצדם ג"כ ע"י שנמשכו אחר השי"ת למדבר שבאמת הם נמשכין תמיד אחר רצון השי"ת מה שאין זה הכח בשום אומה וכמו שהכתוב משבח את ישראל בזה (ירמיהו ב׳:ב׳) כה אמר ה' זכרתי לך חסד נעוריך אהבת כלולותיך לכתך אחרי במדבר בארץ לא זרועה.
וזה שנאמר ולא נחם א-להים דרך ארץ פלשתים כי פלשתים הם כמו שערות האדם שהם מותרות כדאי' בלקוטי תורה להאר"י ז"ל (בשלח) ולנגדם צריכים לברר אף את הלבושים ויען שאז לא היו ישראל מבוררים עוד בלבושים לכן ויסב א-להים את העם דרך המדבר ים סוף שבזו הנסיעה נתבררו ישראל שבעומק לבם הם נמשכין תמיד אחר רצון השי"ת כי ים סוף נקרא בזה"ק (בשלח נ'.) סופא דדרגין שרומז על גודל טרדה כדאיתא (תמיד לב.) כל נחותי ימא לא מיתבא דעתיהון עד דסלקין ליבשתא. ובתנחומא (שלהי ויקרא ובפדר"א פרק ו') על השמים כבודו ואם על הארץ שם כבודו וכו' הרני בורח לים שאין נאמר שם כבודו היינו מסבת הטרדה שנמצא בים ובמדבר נדמה שאין שם כבודו וישראל נתבררו בזה שמצדם מכירים אף שם כבודו.
וזה הבירור היה בזה שנאמר וישבו ויחנו לפני פי החירות בין מגדל ובין הים לפני בעל צפון וכדאי' במדרש אבכיר והובא בילקוט שמעוני (בשלח רמז ר"ל) שכל כסף וזהב שכנס יוסף היה נתון בבעל צפון וכשחזרו נטלוהו שנאמר כנפי יונה נחפה בכסף. היינו שהניח שם בגניזו קדושה שתזריח אף שלא מדעת וכוונתו בזה היה שלא ידעך ח"ו נר ישראל אף בהסתר הגלות.
אכן מהסתעפות אלו המטמוניות נסתעף שנמולו אף המצרים ע"י יוסף שעי"ז היה בהם קצת שקר החן ובזה היה רוצים להתגבר על ישראל וביותר על הצדיקים שבישראל באמרם שאחר שבטח לא ימנע השי"ת מלהשפיע הטוב לישראל ובזה שהם ישלטו על ישראל יכרח שהשפעתו ית' ישפע דרך עליהם. וכדאיתא בזה"ק (אמור צ'.) טרף נתן ליראיו מהו טרף טרף ממש דאיהו נטלא מאתר רחיקא עלאה דכתיב ממרחק תביא לחמה וכו'.
וזאת הראה השי"ת בזה שהסב א-להים את העם דרך המדבר ים סוף שישראל אף בגודל טרדתם המה דבוקים בשורש רצון השי"ת להמשך אחריו אף בלא דעת ונתבררו בזה שהם כלי להשראת אורו ית' וכמ"ש בזה"ק (תרומה קכ"ח:) מנא ידעינן דהא קב"ה אתערי ביה ושוי מדוריה ביה כד חמינן דרעותא דההוא ב"נ למרדף ולאשתדלא אבתריה דקב"ה בלביה ובנפשיה וברעותיה ודאי תמן ידעינן דשריא ביה שכינתא אבל בעכו"ם נאמר (יחזקאל כ״ג:כ׳) וזרמת סוסים זרמתם:
Parle aux enfants d'Israël: qu'ils reviennent et qu'ils campent devant Pi-Hahirot, entre Migdol et la mer; devant Baal-Tséfon, en face de lui, vous camperez près de la mer (Exode 14,2). Par cela, le Saint, béni soit-Il, montra le discernement entre Israël et l'Égypte; car il apparaît clairement de ceci que les profondeurs du cœur d'Israël sont toujours attirées après Sa volonté, même sans conscience.
Lors de la sortie d'Israël d'Égypte, leur discernement n'était alors que sous l'aspect des points de l'argent (nekoudot ha-kessef), puisqu'il n'y avait de leur part aucune préparation, mais seulement parce que le Saint, béni soit-Il, les avait choisis à la racine. Un salut tel que celui-ci, où l'homme est de son propre côté dépourvu de récipient pour recevoir, et où le Saint, béni soit-Il, construit en l'homme même le récipient de réception, est appelé venant du côté de la Noukva (sittra de-noukva); et une accusation s'éveille constamment à son sujet.
Cela est indiqué par l'ouverture du saint Zohar (Zohar ha-kadoch, Beshalah 44a): Et ce fut lorsque Pharaon eut laissé partir... Rabbi Shimon ouvrit: Prière du prophète Habaquq..., c'est-à-dire que le salut de la sortie d'Égypte se rapporte à l'affaire de Habaquq.
Comme il est rapporté là-bas: Il est lié au lieu de la Noukva; et celui qui est lié à la Noukva, la mort se tient prête devant lui. Comment le savons-nous?
Un fils lui fut donné, comme il est écrit: Tu embrasses (חובקת) un fils; celui qui vient du côté de la Noukva, la mort précède ses pas... et telle est la prophétie de Habaquq. C'est donc à cela que se rapporte ce salut, lorsque le Saint, béni soit-Il, dit à Moché: Lorsque tu auras fait sortir le peuple d'Égypte, vous servirez Elokim sur cette montagne (Exode 3,12).
Et à ce propos une accusation s'éveille: puisqu'à présent Israël non plus n'a de son côté aucun récipient, et que seul le Saint, béni soit-Il, leur construit le récipient, pourquoi le Saint, béni soit-Il, a-t-Il choisi précisément Israël parmi tous les peuples? Quel avantage ont-ils?
Ne pouvait-Il pas choisir une autre nation et lui préparer des récipients et des lumières? C'est pourquoi ce salut est appelé les points de l'argent.
Mais près de la mer, cela est appelé les tours d'or (torim zahav; Cantique 1), car là aussi Israël fut discerné de son propre côté: ils furent attirés après le Saint, béni soit-Il, dans le désert, car en vérité ils sont toujours attirés après la volonté du Saint, béni soit-Il. Cette force n'existe dans aucune autre nation, ainsi que l'Écriture loue Israël en cela: Ainsi parle ה': Je me souviens pour toi de la faveur de ta jeunesse, de l'amour de tes noces, lorsque tu Me suivais au désert, dans une terre non semée (Jérémie 2,2).
C'est le sens de: Elokim ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins. Les Philistins sont comme les cheveux de l'homme, qui sont des excédents, ainsi qu'il est rapporté dans les Likoutei Torah du saint Ari, de bénie mémoire, sur Beshalah; et à leur encontre il faut discerner aussi les vêtements.
Puisqu'alors Israël n'était pas encore discerné dans les vêtements, Elokim fit donc faire au peuple un détour par le chemin du désert, de la mer des Joncs. Par ce voyage, Israël fut discerné: dans la profondeur de leur cœur, ils sont toujours attirés après la volonté du Saint, béni soit-Il.
Car la mer des Joncs est appelée dans le saint Zohar (Beshalah 50a) la fin des degrés, ce qui indique une grande agitation, comme il est dit (Tamid 32a): Tous ceux qui descendent sur mer n'ont pas l'esprit apaisé avant de monter sur la terre sèche. Et dans le Tan'houma, à la fin de Vayikra, ainsi que dans Pirkei de-Rabbi Eliezer, chapitre 6: Dans les cieux est Sa gloire, et si sur la terre est Sa gloire...
Je fuis vers la mer, où il n'est pas dit que soit Sa gloire. Cela signifie qu'en raison de l'agitation qui se trouve dans la mer et dans le désert, il semble que Sa gloire n'y soit pas; or Israël fut discerné en ceci qu'ils reconnaissent, de leur propre côté, Sa gloire même là-bas.
Ce discernement eut lieu par ce qui est dit: Ils reviendront et camperont devant Pi-Hahirot, entre Migdol et la mer, devant Baal-Tséfon. Car il est rapporté dans le Midrach Avkir, cité dans le Yalkout Shimoni (Beshalah, allusion 230), que tout l'argent et l'or amassés par Joseph étaient déposés chez Baal-Tséfon, et que lorsqu'ils revinrent, ils les prirent, ainsi qu'il est dit: Les ailes de la colombe sont couvertes d'argent (Psaumes 68,14).
Cela signifie qu'il y avait laissé, en dépôt caché, de la sainteté qui devait luire même sans conscience; son intention était que la lampe d'Israël ne s'éteigne pas, à D.ieu ne plaise, même dans le voilement de l'exil. Toutefois, de la ramification de ces trésors cachés vint aussi que les Égyptiens furent circoncis par Joseph; par cela il y eut en eux quelque peu du faux attrait (sheker ha-hen), et ils voulurent ainsi prévaloir sur Israël, particulièrement sur les justes d'Israël.
Ils disaient: puisque le Saint, béni soit-Il, ne manquera assurment pas de répandre le bien sur Israël, s'ils dominent Israël, Son influx devra passer par eux. Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Emor 90a): Il a donné une proie à ceux qui Le craignent.
Qu'est-ce que la proie? Une proie véritable, qu'Il prend d'un lieu élevé et lointain, comme il est écrit: Elle apporte son pain de loin...
Le Saint, béni soit-Il, montra cela en faisant faire au peuple un détour par le chemin du désert, de la mer des Joncs: Israël, même dans la grandeur de leur agitation, reste attaché à la racine de la volonté du Saint, béni soit-Il, pour Le suivre, même sans conscience. Ils furent ainsi discernés comme récipients pour l'établissement de Sa lumière, comme il est écrit dans le saint Zohar (Terouma 128b): Comment savons-nous que le Saint, béni soit-Il, s'éveille en lui et fait en lui Sa demeure?
Lorsque nous voyons que la volonté de cet homme est de poursuivre et de s'appliquer après le Saint, béni soit-Il, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa volonté, nous savons assurment que la Chekhina demeure en lui. Mais des nations idolâtres (עכו"ם), il est dit: Leur émission est l'émission des chevaux (Ezechiel 23,20).
ואמר פרעה לבני ישראל נבכים הם בארץ סגר עליהם המדבר וגו'. (שמות י״ד:ג׳) בזה האיר השי"ת שפרעה עצמו העיד על ישראל שהם מבררים עצמם מצדם.
כי מהאמונה שהאמינו תחלה כדכתיב (שם ד') ויאמן העם לא היה מוכח עוד שהם מבוררים בזה כי כן הוא בטבע דרך ארץ לבלתי יהיה אדם כפוי טובה ומדוע לא היה להם להאמין שיגאל אותם השי"ת. ועוד זאת שלא היה מבורר עד כמה גדלה אמונה זו בעומק לבבם וכמו שמצינו שאח"ז נאמר (שם ו') ולא שמעו אל משה מקוצר רוח.
אכן כאן נתברר מפורש עי"ז שחזרו להתקרב אל המצרים שבאמת הם נמשכין בשלימות אחר רצון השי"ת וזה ואמר פרעה לבני ישראל נבכים הם בארץ סגר עליהם המדבר היינו שפרעה אמר אף שאמת הוא שישראל מבררים א"ע מצדם אך מה תועלת להם בזה אחר שכל בירורי האדם לא יספיקו די בירור אם לא יגמור השי"ת בעדו א"כ הלא בכחו ית' לברר את האדם אף בלי שום בירור מצדו ואין שום צורך שהאדם יתחיל לברר מצדו וע"ז אמר שישראל נבכים בארץ. אכן באמת נתבררו ישראל בזה שנמשכו בכל כחם ללכת אחריו ית' שהם עיקר הכלי להשראת אורו ית':
Et Pharaon dira des enfants d'Israël: Ils sont égarées dans le pays, le désert les a enfermés... (Exode 14,3).
Par cela, le Saint, béni soit-Il, éclaira que Pharaon lui-même témoigna au sujet d'Israël qu'ils se discernent de leur propre côté. Car de la foi qu'ils eurent d'abord, ainsi qu'il est écrit: Le peuple crut (Exode 4,31), il n'était pas encore prouvé qu'ils étaient discernés en cela; en effet, il est dans l'ordre naturel que l'homme ne soit pas ingrat, et pourquoi n'auraient-ils pas dû croire que le Saint, béni soit-Il, les délivrerait?
De plus, il n'était pas encore éclairci jusqu'où cette foi était grande dans la profondeur de leur cœur, comme nous trouvons qu'il est ensuite dit: Ils n'écoutèrent pas Moché, à cause de leur souffle court (Exode 6,9). Mais ici cela fut clairement discerné par le fait qu'ils revinrent s'approcher des Égyptiens: en vérité, ils sont intégralement attirés après la volonté du Saint, béni soit-Il.
Tel est le sens de: Pharaon dira des enfants d'Israël: Ils sont égarées dans le pays, le désert les a enfermés. Pharaon disait: Il est vrai qu'Israël se discerne de son propre côté, mais quel profit en ont-ils, puisque tous les discernements de l'homme ne suffisent pas à former un discernement complet si le Saint, béni soit-Il, ne l'achève pas pour lui?
Or Il peut, par Sa puissance, discerner l'homme même sans aucun discernement de sa part; nul besoin donc que l'homme commence à discerner de son propre côté. C'est à cela qu'il disait: Israël est égaré dans le pays.
Mais en vérité, Israël fut discerné par ceci qu'ils étaient attirés de toutes leurs forces à marcher après Lui, béni soit-Il; ils sont le principal récipient pour l'établissement de Sa lumière.
ואמר פרעה לבני ישראל נבכים הם בארץ סגר עליהם המדבר וגו'. (שמות י״ד:ג׳) בזה נתברר כענין שנאמר (תהילים קל״ו:ד׳) לעושה נפלאות גדולות לבדו כי לעולם חסדו שבזה האיר השי"ת החילוק שבין ישראל לעכו"ם שעבודת ישראל הוא רק ברצון תמיד ובעכו"ם הוא זרמת סוסים זרמתם.
כי כוונת פרעה בזה שעיקר מקום העכו"ם הוא בחי' מדבר כענין שאיתא בזה"ק (תצוה קפ"ד.) ואפיק לון קב"ה למיהך במדברא תקיפא דאיהו אתר ושלטנו דס"ם חייבא דאיהו דיליה ממש. ובכח זה יצא פרעה להלחם בישראל וכדאיתא בזה"ק (בשלח מ"ו:) ושלישים על כלו כלא בחכמתא לקבל דרגין עלאין תרין וחד.
היינו שהציב לעצמו גוון כמו בקדושה תרין וחד כקוף בתר בני נשא וזה שנאמר בו ויסר את אופן מרכבותיו ופתיחת הזה"ק ע"ז (בשלח מ"ח:) ר"ש פתח וארא החיות והנה אופן אחד בארץ וכו'. והענין בזה שהשי"ת האיר שבדרגא אחרונה ניכר ביותר החילוק וההבדל שבין ישראל לעכו"ם וכדאיתא (שם נ':) ים סוף סופא דדרגין שם נתברר שפעולת המצרים הוא רק גוון ולישראל יש להם קדושה בקביעות אף בכלי הגוף וזה שבישראל נאמר ויסב א-להים את העם דרך המדבר "ים סוף" ובמצרים נאמר טבעו "בים סוף":
Et Pharaon dira des enfants d'Israël: Ils sont égarées dans le pays, le désert les a enfermés... (Exode 14,3).
Cela fut discerné selon ce qui est dit: Celui qui fait seul de grandes merveilles, car Sa bonté est éternellement (Psaumes 136,4). Par cela, le Saint, béni soit-Il, éclaira la différence entre Israël et les nations idolâtres: le service d'Israël est toujours seulement dans la volonté, tandis que des nations idolâtres il est dit: Leur émission est l'émission des chevaux.
L'intention de Pharaon en cela était que le lieu principal des nations idolâtres est l'aspect du désert, selon ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Tetsaveh 184a): Le Saint, béni soit-Il, les fit sortir pour marcher dans le désert dur, qui est le lieu et le domaine de Samael le mauvais, qui est proprement le sien. C'est par cette force que Pharaon sortit combattre Israël, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Beshalah 46b): Et des tiers sur tous, tout cela avec sagesse, en correspondance avec les degrés supérieurs, deux et un.
Il se fixa une apparence semblable à celle de la sainteté, deux et un, comme un singe après les hommes. C'est le sens de ce qui est dit de lui: Il retira la roue de ses chars; et l'ouverture du saint Zohar à ce sujet (Beshalah 48b) est: Rabbi Shimon ouvrit: Je vis les êtres vivants, et voici une roue unique sur la terre...
Le sujet est que le Saint, béni soit-Il, éclaira qu'au dernier degré la différence et la séparation entre Israël et les nations idolâtres sont le plus reconnaissables. Ainsi qu'il est rapporté là-bas (50a): La mer des Joncs est la fin des degrés.
Là-bas fut discerné que l'action des Égyptiens n'est qu'une apparence, tandis qu'Israël possède une sainteté permanente, même dans les récipients du corps. C'est pourquoi d'Israël il est dit: Elokim fit faire au peuple un détour par le chemin du désert, mer des Joncs; et des Égyptiens il est dit: Ils sombrèrent dans la mer des Joncs.
ויאמר משה אל העם אל תיראו התיצבו וראו את ישועת ה'. (שמות י״ד:י״ג) בזה"ק (בשלח מ"ז.) אמר ר"ש זכאה חולקיהון דישראל דהא רעיה כמשה אזיל בגווייהו וכו'.
היינו שיש כמה וכמה לבושים מאורו ית' עד תפיסת אדם ואף שמצד השי"ת אין שום חילוק מקרוב לרחוק ואין שום מקום פנוי מאורו ית'. אכן מצד תפיסה הנמוכה מצד האדם שאין בכחו לקבל אור אם לא ע"י התלבשות לכן מצדו נדמה לו שהאור רחוק ממנו יען שאינו מכיר את האור בעוצם הבהירות כפי שמאיר בשורשו.
אכן משרע"ה היה יכול להראות לישראל האור בעצם הבהירות כפי שהוא בשורש כי הוא הממוצע בין השי"ת לישראל כדכתיב (דברים ה׳:ה׳) אנכי עומד בין ה' וביניכם להגיד לכם את דבר ה'. וזה שאמר משרע"ה לישראל אל תיראו התיצבו וראו את ישועת ה' שהאיר לעיניהם מפורש הכריתת ברית שהיה להשי"ת עם האבות בלי שום לבוש:
Moché dit au peuple: Ne craignez pas; tenez-vous là et voyez le salut de ה' (Exode 14,13). Dans le saint Zohar (Beshalah 47a), Rabbi Shimon dit: Heureuse est la part d'Israël, car un berger tel que Moché marche parmi eux...
Cela signifie qu'il y a de très nombreux vêtements de Sa lumière jusqu'à la saisie de l'homme. Bien que, du côté du Saint, béni soit-Il, il n'y ait aucune différence entre le proche et le lointain, et qu'aucun lieu ne soit vide de Sa lumière, du côté de la saisie basse de l'homme, qui ne peut recevoir une lumière que par un vêtement, il lui semble que la lumière est loin de lui, car il ne reconnaît pas la lumière dans l'intensité de la clarté avec laquelle elle luit à sa racine.
Mais notre maître Moché, paix sur lui, pouvait montrer à Israël la lumière dans l'intensité de la clarté telle qu'elle est à la racine, car il est l'intermédiaire entre le Saint, béni soit-Il, et Israël, ainsi qu'il est écrit: Je me tenais entre ה' et vous pour vous annoncer la parole de ה' (Deutéronome 5,5). C'est ce que notre maître Moché, paix sur lui, dit à Israël: Ne craignez pas; tenez-vous là et voyez le salut de ה'.
Il éclaira ouvertement à leurs yeux l'alliance que le Saint, béni soit-Il, avait conclue avec les pères, sans aucun vêtement.
« Hachem combattra pour vous, et vous, gardez le silence. » Le Sod Yecharim rapporte du Zohar que, lorsque Pharaon s'approche, le Nom ne veut aucun éveil d'Israël en bas : l'éveil est en haut, et le jugement s'accomplit dans la miséricorde. S'ils éveillent quelque chose, il ne reste en Égypte aucun bien. La sépulture montre un reste que Israël recueille de loin, et le verset dit Hachem, Nom qui laisse ce reste. Au Chabbat, cesser son habitude est compté comme une action positive ; le Jour des Expiations ne fait qu'un avec lui. Après avoir atteint le général, on ne s'attache pas au détail.
Aussi : l'ange qui passe derrière le camp ; l'ordre des soixante-douze Noms, direct, inverse, puis direct ; pour l'Égypte, direct et inverse seulement.
ה' ילחם לכם ואתם תחרישון (שמות י"ד). בזה"ק (בשלח מ"ז.) רבי אבא פתח אם תשיב משבת רגלך עשות חפצך ביום קדשי וקראת לשבת ענג וכו' וקראת דיזמין ליה וכו' לקדש ה' מכובד דא יום כפורים תרי דאינון חד וכו' וכבדתו מעשות דרכיך כמה דאוקמינא וכו' ממצוא חפצך ודבר דבר וכו'.
וקראת דיזמין ליה ואף שאמרו (פסחים ק"ה.) לא צריכיתו שבתא קבעה נפשה. היינו בלי שום הזמנה מצד האדם.
אכן הזה"ק מבאר בזה ענין הכתוב אם תשיב משבת רגלך שזה מורה על פעולה הלא כל עניני שבת הם רק בשביתה. לזה אומר וקראת דיזמין ליה להורות בזה שבזה עצמו שאדם שובת בשבת מהרגל שלו נחשב שמקיים מצות שבת בקום ועשה וזה אם תשיב משבת רגלך שהרגל מעצמו ישוב לאחוריו בהגיעו לקצה התחום שלא יצעוד הלאה שהאדם יזמין כל הסדר לקבוע באברי הגוף כי כפי הסכם אברי הגוף כן נמשך אחריהם ההרגל ומזהיר הכתוב שבשבת לא ימצא באדם דבר הרגל שלא יוכל לזוז ממנו וכן במה שכבר הורגל לא ידמה בנפשו שלא יוכל להוושע מזה הרגילות ולכן שביתתו מההרגל שלו נחשבה לפעולה.
לקדוש ה' מכובד דא יום כפורים תרי דאינון חד וכו' היינו כי ביה"כ יש גם עינוי הגוף שזה רומז על שביתה עוד יותר מהרגל הגוף וזה תרי דאינון חד וזה הוא שלא נאמר אזהרה במצות עינוי וכדאיתא בש"ס (יומא פ"א.) מפני מה לא נאמרה אזהרה בעינוי משום דלא אפשר וכו' כי באמת הוא שבזה שאדם מתגבר ועוזב הרגל הגוף ומענה א"ע נחשב שמקיים מצות עינוי בפועל בקום ועשה. וכבדתו מעשות דרכיך כמה דאוקימנא וכו' היינו אחר שבשבת יש כח באדם לעמוד קרוב לשורש האור שהוא הכלל א"כ למה ישפיל א"ע לפרטים נמוכים וזה שאומר (שם:) מאן דמזמין אושפיזא ביה בעי לאשתדלא ולא באחרא.
ממצוא חפצך ודבר דבר והא אתמר בגין דהאי מלה סלקא ואתער מלה דחול לעילא וכו' היינו כי ששת ימי המעשה הם כענין שנאמר (שמות כ') ששת ימים תעשה מלאכה היינו שיכיר האדם ע"י עבודתו בכל המדות את האור הגנוז בהם כי בכל המדות הצפין השי"ת אור והאדם בעבודתו אשר יעבוד צריך למצוא בהם אורה. וזה דמקשה בזה"ק (אמור צ"ד.) אי הכי אמאי אקרון ששת ימי חול אמאי חול וכו' היינו אחר שאז יכול אדם למצוא ולהוציא אור הגנוז ע"י עבודתו נמצא שהם גדולים מיום השבת שאז אדם רק שובת וא"כ אמאי אקרון ששת ימי חול.
ומבאר שם שבאמת כל האור שניתן לאדם מקום בימי המעשה למצוא ולהאיר הוא רק ע"י שבת כי שבת הוא הכלל שבו נכללו האורות מכל המדות. וזה דאיתא (בשלח שם) ומאן דיתיב בענוגא דשבתא אסור ליה לאתערא מלה דחול דהא פגים פגימו ביומא קדישא מאן דיתיב בהלולא דמלכא לא יתחזי למשבק למלכא ויתעסק באחרא ובכל יומא בעי לאחזאה עובדא ולאתערא אתערותא ממה דאצטריך ובשבת במילי דשמיא ובקדושה דיומא בעי לאתערא ולא במלה אחרא.
היינו אחר שאז בכח אדם להגיע להכלל לזה לא יחזיק בהפרט. וזה דאיתא (שם) ת"ח הכא כד אתקריב פרעה לאגחא קרבא בהו בישראל בההוא זמנא לא בעי קב"ה דיתערון ישראל אתערותא כלל לתתא דהא אתערותא לעילא הוא וכו' האי דינא ברחמי הוה וע"ד לא בעי קב"ה דיתערון ישראל מלה בעלמא דאי יתערון ישראל מלה לא יתערון שמא דרחמי ולא יתעביד דינא ברחמי הה"ד ה' ילחם לכם ואתם תחרישון דלא תתערון מידי וכו' שמא דרחמי בעי לאתערא עלייהו.
הענין בזה כמו שמצינו שכאשר התנבא הנביא על פורענות איזה אומה היה מתאונן כענין שנאמר (ישעיהו ט״ו:ה׳) לבי למואב יזעק (ושם ט"ז) מעי למואב ככנור יהמו וקרבי לקיר חרש. שהצטער על אבדן האומה כי עי"ז נתבטל היצר שהי' לזו האומה ממילא נקטן לעומת זה הכח עבודה שנגד זה הפרט.
אכן במצרים אף שנאמר (דברים י״ז:ט״ז) לא תוסיפון לשוב בדרך הזה עוד שאף גירות נאסר בארץ מצרים שזה רומז שנאסר אף הדומם. וכן אמרו שעשאה כמצולה שאין בה דגים (ברכות ט':) מ"מ נשאר שם עוד איזה נקודות שיכנסו עוד לקדושה שישראל ילקטו אותם מרחוק שעליהם נאמר (תהילים ס״ח:ל״ב) יאתיו חשמנים מני מצרים וכדאי' (פסחים קי"ח:) עתידה מצרים שתביא דורון למשיח כסבור אינו מקבל מהם א"ל הקב"ה למשיח קבל מהם אכסניא עשו לבניי במצרים מיד יאתיו חשמנים מני מצרים.
וזה כוונת הזה"ק (שם:) ה' ילחם לכם ה' בכל אתר רחמי ואע"ג דאגח קרבא ועביד דינא ההוא דינא ברחימותא הוא וכו' וקב"ה בעא ביקריהון ואתקברו בארעא וכו' כי הענין שזכו לקבורה רומז שנשאר אצלם עוד מעט טובה שישראל יצרכו ללקט מרחוק ולזה נאמר השם הוי' ולא נאמר א-להים ילחם לכם כי שמא דאלהים שצי כלא כדאיתא בזה"ק (נח ס"ד:) ומאי שנא בטופנא כתיב א-להים א-להים בכל אתר ולא כתיב וה' וכו' אבל בטופנא כלא עלמא שצי וכו'. וזה שזכו מצרים לקבורה מורה שנשאר עוד שם כבוד שמים שילקטו ישראל ויכניסו מרחוק.
וזה ועל דא לא בעא קב"ה דיתערון ישראל מלה בעלמא דאי יתערון ישראל מלה לא יתערון שמא דרחמי היינו כי אז לא היה נשאר בהם עוד שום טובה והיו מתבטלים לגמרי. אכן רצון השי"ת הוא להכניס בישראל קדושה וטובה אף מרחוק כל מה דאפשר לזה אמר משרע"ה לישראל ה' ילחם לכם ואתם תחרושון דלא תתערון מידי.
וכן במלחמת גוג איתא (שם) ה' כגבור יצא וכי כגבור ולא גבור וכו' אבל רחמי ביה וכו' היינו שגם הם זכו לקבורה כי בזה הזמן שנאמר בהם (יחזקאל ל״ט:י׳) ובערו בהם אש וגו' ושללו את שולליהם ובזזו את בוזזיהם והיה ביום ההוא אתן לגוג מקום שם קבר בישראל וגו' ואז ילקטו מהם ישראל כל הטוב שהיה בהם:
ה' combattra pour vous, et vous, gardez le silence (Exode 14,14). Dans le saint Zohar (Beshalah 47a), Rabbi Abba ouvrit: 'Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat, pour ne pas faire tes affaires en mon jour saint, si tu appelles le Chabbat délice... et si tu l'appelles en l'invitant... et si tu honores le saint de ה', il sera honoré' - c'est le Jour des Expiations; les deux ne font qu'un... 'et si tu l'honores en ne suivant pas tes voies', comme nous l'avons établi... 'en ne poursuivant pas tes affaires et en ne prononçant pas de paroles'... 'si tu l'appelles en l'invitant'.
Or ils ont dit (Pessahim 105a): 'Vous n'avez pas besoin [de la fixer], le Chabbat se fixe de lui-même.' C'est-à-dire sans aucune invitation de la part de l'homme. Mais le saint Zohar explique ici le verset: 'Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat', ce qui indique une action, alors que toutes les réalités du Chabbat ne sont que cessation.
Il dit donc: 'si tu l'appelles en l'invitant', pour indiquer que, par cela même que l'homme cesse le Chabbat de suivre son habitude, cela lui est compté comme l'accomplissement du commandement du Chabbat par une action positive. C'est: 'Si tu retiens ton pied à cause du Chabbat': le pied se retirera de lui-même lorsqu'il arrivera à la limite du domaine, pour ne pas avancer davantage; l'homme doit ordonner tout l'agencement jusque dans les membres du corps, car selon l'accord des membres du corps, l'habitude est ensuite attirée par eux.
Le verset avertit qu'au Chabbat, il ne doit se trouver chez l'homme aucune habitude dont il ne puisse se mouvoir. De même, concernant ce à quoi il s'est déjà habitué, qu'il ne s'imagine pas ne pouvoir être sauvé de cette habitude.
C'est pourquoi sa cessation de son habitude est comptée comme une action. 'Le saint de ה' sera honoré' - c'est le Jour des Expiations; les deux ne font qu'un... C'est qu'à Yom Kippour il y a aussi l'affliction du corps, qui indique une cessation plus grande encore de l'habitude corporelle; et c'est 'les deux ne font qu'un'.
C'est aussi pourquoi aucun avertissement n'a été dit dans le commandement de l'affliction, comme il est rapporté dans le Talmud (Yoma 81a): 'Pourquoi l'avertissement concernant l'affliction n'a-t-il pas été dit? Parce que cela n'est pas possible...' Car, en vérité, lorsque l'homme se domine, abandonne l'habitude du corps et s'afflige lui-même, cela lui est compté comme l'accomplissement effectif du commandement de l'affliction, par une action positive. 'Et si tu l'honores en ne suivant pas tes voies', comme nous l'avons établi...
C'est-à-dire qu'après qu'au Chabbat l'homme a la force de se tenir près de la racine de la lumière, qui est le général, pourquoi s'abaisserait-il à des détails inférieurs? C'est ce qu'il dit (ibid.): 'Celui qui invite un hôte doit s'employer auprès de lui, et non auprès d'un autre.' 'En ne poursuivant pas tes affaires et en ne prononçant pas de paroles'; or il a été dit: 'Car cette parole monte et éveille en haut une parole profane...' C'est que les six jours de l'œuvre sont comme il est dit (Exode 20): 'Pendant six jours tu feras ton ouvrage.' Cela signifie que l'homme reconnaît, par son travail dans tous les attributs, la lumière qui y est cachée; car le Saint, béni soit-Il, a caché une lumière dans tous les attributs, et l'homme, par le travail qu'il accomplit, doit y trouver une lumière.
C'est ce que questionne le saint Zohar (Emor 94a): 'S'il en est ainsi, pourquoi les appelle-t-on les six jours profanes, pourquoi profanes?' Après tout, puisque l'homme peut alors trouver et faire sortir la lumière cachée par son travail, il s'ensuit qu'ils sont plus grands que le jour du Chabbat, où l'homme ne fait que cesser; pourquoi donc les appelle-t-on les six jours profanes? Il explique là-bas qu'en vérité toute la lumière que l'homme a placé de trouver et d'éclairer durant les jours de l'œuvre ne vient que par le Chabbat, car le Chabbat est le général dans lequel sont comprises les lumières de tous les attributs.
C'est ce qui est rapporté (Beshalah, ibid.): 'Celui qui demeure dans le délice du Chabbat n'a pas le droit d'éveiller une chose profane, car il porte atteinte au jour saint. Celui qui est assis au banquet du Roi ne doit pas paraître abandonner le Roi pour s'occuper d'un autre.
Chaque jour, il faut montrer une œuvre et éveiller l'éveil qui est requis; mais le Chabbat, il faut éveiller les choses du Ciel et la sainteté du jour, et non une autre chose.' C'est-à-dire qu'après que l'homme a alors la force d'atteindre le général, il ne s'attachera pas au détail. C'est ce qui est rapporté (ibid.): 'Viens et vois: ici, lorsque Pharaon s'approcha pour leur livrer bataille, à ce moment le Saint, béni soit-Il, ne voulut pas qu'Israël éveille aucun éveil en bas, car l'éveil était en haut...
Ce jugement était dans la miséricorde; c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, ne voulut pas qu'Israël éveille quelque chose, car si Israël avait éveillé quelque chose, le Nom de miséricorde ne se serait pas éveillé et le jugement ne se serait pas accompli dans la miséricorde. C'est ce qui est écrit: ה' combattra pour vous, et vous, gardez le silence: n'éveillez rien...
Le Nom de miséricorde doit s'éveiller sur eux.' Le sens en est semblable à ce que nous trouvons: lorsque le prophète prophétisait le malheur d'une nation, il se lamentait, comme il est dit (Isaie 15,5): 'Mon cœur crie pour Moab', et (ibid. 16): 'Mes entrailles grondent comme une harpe pour Moab, et mon intérieur pour Qir-Harès.' Il souffrait de la perte de cette nation, car par elle se trouvait annulée l'inclination qui appartenait à cette nation; par conséquent, la force du travail correspondant à ce détail diminuait d'autant.
Mais en Égypte, bien qu'il soit dit (Deutéronome 17,16): 'Vous ne continuerez plus à revenir par ce chemin', au point que même le séjour en Égypte fut interdit - ce qui indique que même l'inanimé y fut interdit - et qu'ils ont dit qu'il en fit une mare sans poissons (Berakhot 9b), il y restait néanmoins encore quelques points qui devaient entrer dans la sainteté, et qu'Israël recueillerait de loin. À leur sujet il est dit (Psaumes 68,32): 'Des dignitaires viendront d'Égypte'; et il est rapporté (Pessahim 118b): 'Dans l'avenir l'Égypte apportera un présent au Messie.
Celui-ci pense ne pas le recevoir; le Saint, béni soit-Il, dit au Messie: Reçois-le d'eux; ils ont donné l'hospitalité à Mes fils en Égypte. Aussitôt: Des dignitaires viendront d'Égypte.' Telle est l'intention du saint Zohar (ibid.): 'ה' combattra pour vous: ה' est, en tout lieu, miséricorde; bien qu'Il livre bataille et exécute le jugement, ce jugement est dans l'amour...
Et le Saint, béni soit-Il, rechercha leur honneur, et ils furent ensevelis dans la terre...' Car le fait qu'ils méritassent la sépulture indique qu'il restait en eux encore un peu de bien, qu'Israël devrait recueillir de loin. C'est pourquoi le Nom ה' est dit, et non le Nom Elokim: car le Nom Elokim détruit tout, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Noah 64a): 'Pourquoi, dans le déluge, est-il écrit Elokim, Elokim en tout lieu, et non ה'?...
Car dans le déluge, le monde entier fut détruit...' Le fait que les Égyptiens méritassent la sépulture indique donc qu'il restait encore là-bas une part de l'honneur du Ciel qu'Israël recueillerait et ferait entrer de loin. Et c'est: 'C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, ne voulut pas qu'Israël éveille quelque chose, car si Israël avait éveillé quelque chose, le Nom de miséricorde ne se serait pas éveillé.' Cela signifie qu'alors il ne serait resté en eux aucun bien et qu'ils auraient été entièrement annulés.
Mais la volonté du Saint, béni soit-Il, est de faire entrer en Israël, même de loin, de la sainteté et du bien, dans toute la mesure du possible. C'est pourquoi Moché notre maître dit à Israël: 'ה' combattra pour vous, et vous, gardez le silence: n'éveillez rien.' De même, au sujet de la guerre de Gog, il est rapporté (ibid.): 'ה' sortira comme un héros.' Est-ce comme un héros, et non un héros?...
Mais la miséricorde est en Lui... Cela signifie qu'eux aussi méritèrent la sépulture, car en ce temps, il est dit à leur sujet (Ezechiel 39,10): 'Ils feront du feu avec eux... ils dépouilleront ceux qui les dépouillaient et pilleront ceux qui les pillaient.
Et il arrivera en ce jour-là que Je donnerai à Gog un lieu, là un tombeau en Israël...' Alors Israël recueillera d'eux tout le bien qui était en eux.
ויסע מלאך הא-להים ההולך לפני מחנה ישראל וילך מאחריהם ויסע עמוד הענן מפניהם ויעמוד מאחריהם (שמות י״ד:י״ט.) בזוה"ק (ויקרא ט':) וכלהו רקיעין אלין על אלין כגלדי בצלים אלין לתתא ואלין לעילא וכו'. היינו כדאיתא בזוה"ק (תרומה קכט.) קדושה דאנן מקדשי בשבחא דאנן משבחין למלאכי עלאי ובגין שבחא דא שבקין לון למיעל גו תרעי עלאה וע"ד אנן אמרין קדושה דא בלשון הקודש וכו' ואי תימא רמאותא הוא לאו הכי אלא מלאכי אינון קדושין יתיר מינן וכו' ואלמלא דאנן נטלין ומשכין עלן קדושאן אלין לא ניכול למהוי חברים בהדייהו וכו' קדושא די בסופא איהו תרגום וכו' אבל קדושתא דא איהי סלקא בכל סטרין לעילא ותתא ובכל סטרי מהימנותא וכו'.
היינו בתחלה בברכת יוצר אור אנן מקבלין רשות מהמלאכים ואח"כ בתפלה אנו נעשים חברים בהדייהו ואח"כ בקדושה דסדרא אז ישראל הם העיקר. והוא כענין שאיתא (ברכות י"ד:) הרוצה שיקבל עליו מלכות שמים שלימה יפנה ויטול ידיו ויניח תפילין ויקרא ק"ש ויתפלל וזו הוא מלכות שמים שלימה היינו שאחר שאדם מסנק מצדו כל הנגיעות אז יוכל להתפלל אף על צרכי גוף שלו כי הם בכלל כבוד שמים כי מה שחסר לו הוא נחשב כביכול חסרון בכ"ש.
וזה שנאמר בזה סדר הע"ב שמות היוצאים מפסוקים אלו ישר הפוך וישר. ישר מורה על אור עלאה מהשורש.
הפוך מורה על אחר שנסתר זה האור. אכן ישראל בעבודתם בוקעים את ההסתר ומגיעים בחזרה לשורש אור העליון ית' וזה רומז הישר שאחר ההפוך.
וזה שבבדיקת סוטה איתא בזוה"ק (נשא קכ"ד:) כהנא כתיב שמא קדישא חד זמנא באורח מישר לבתר כתיב ליה למפרע. היינו ישר והפוך כי כל בדיקת ההיפך הם על המים שאף כשפים נבדקים על המים (סנהדרין ס"ז.) ואם היא נקי' אז ונזרעה זרע שההיפוך יחזור לישר ואם לא אזי נשאר הפוך.
וכן היה כאן הבדיקה בין ישראל למצרים כדאיתא בזוה"ק (בשלח מ"ח.) הרם את מטך לנגבא מיא ונטה את ידך לאתבא מיא לאתערא סטרא דגבורה ולאתבא מיא על מצרים ובגין כך תרין מלין הכא וכו' היינו שאצל ישראל היה ישר הפוך וישר. ואצל המצרים היה ישר והפוך:
L'ange d'Elokim, qui marchait devant le camp d'Israël, partit et marcha derrière eux; la colonne de nuée partit de devant eux et se tint derrière eux (Exode 14,19). Dans le saint Zohar (Vayikra 9a): 'Tous ces firmaments sont l'un sur l'autre, comme des pelures d'oignon; les uns en bas et les autres en haut...' C'est comme il est rapporté dans le saint Zohar (Terouma 129a): 'La sainteté que nous sanctifions, par la louange par laquelle nous louons les anges supérieurs: par cette louange, ils leur permettent d'entrer dans les portes supérieures.
C'est pourquoi nous disons cette sainteté en langue sainte... Et si tu dis: est-ce une ruse?
Il n'en est pas ainsi, car les anges sont plus saints que nous... Et si nous ne prenions pas et n'attirions pas sur nous ces saintetés, nous ne pourrions être leurs compagnons...
La sainteté qui est à la fin est en araméen... Mais cette sainteté monte de tous côtés, en haut et en bas, et dans tous les aspects de la foi...' C'est-à-dire qu'au commencement, dans la bénédiction de Yotser Or, nous recevons la permission des anges; ensuite, dans la prière, nous devenons leurs compagnons; puis, dans la Kedousha de-Sidra (sainteté de l'office), Israël est l'essentiel.
C'est semblable à ce qui est rapporté (Berakhot 14b): 'Celui qui veut accepter sur lui le joug entier de la royauté du Ciel se rendra à ses besoins, se lavera les mains, mettra les tefillin, lira le Chema et priera; et cela est la royauté du Ciel entière.' Cela signifie qu'après que l'homme écarte de son côté toutes les attaches personnelles, il peut alors prier même pour les besoins de son corps, car ils sont inclus dans l'honneur du Ciel: ce qui lui manque est considéré, pour ainsi dire, comme un manque dans l'honneur du Ciel. C'est pourquoi l'ordre des soixante-douze Noms sort de ces versets: direct, inverse et direct.
Direct indique la lumière supérieure venant de la racine. Inverse indique qu'après cela, cette lumière est voilée.
Mais Israël, par son travail, perce le voile et parvient de nouveau à la racine de la lumière supérieure, qu'Il soit béni; c'est ce qu'indique le direct qui suit l'inverse. C'est aussi pourquoi, dans l'épreuve de la sota, il est rapporté dans le saint Zohar (Nasso 124a): 'Le prêtre écrit le Nom saint une fois dans l'ordre direct, puis l'écrit à l'envers.' C'est-à-dire direct et inverse, car toutes les épreuves de l'inverse se font sur l'eau; même les sortilèges sont éprouvés par l'eau (Sanhédrin 67a).
Si elle est innocente, alors: 'elle concevra une semence'; l'inverse retournera au direct. Sinon, il demeure inverse.
Ici aussi, il y eut l'épreuve entre Israël et l'Égypte, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Beshalah 48a): 'Lève ton bâton pour dessécher les eaux, et étends ta main pour faire revenir les eaux, pour éveiller le côté de la guevoura (rigueur) et faire revenir les eaux sur l'Égypte; c'est pourquoi il y a ici deux expressions...' Cela signifie que pour Israël il y avait direct, inverse et direct, tandis que pour les Égyptiens il y avait direct et inverse.
« Et la mer revint, vers le matin, à sa force. » Le Sod Yecharim rapporte la condition posée avec la mer, qu'elle se fende devant Israël : « à sa force » signifie à sa condition. Le miracle n'est tel que pour l'homme habitué à la nature. Le Nom fait paraître en Israël une foi telle qu'aucun d'eux ne tient la fente pour un miracle : la clarté brille comme à la racine. Les Égyptiens, en qui la nature s'est établie, s'y perdent. Venue de la racine, la fente annule l'existence de la mer ; il faut renouveler la condition, qui est l'acte essentiel de cette existence.
Aussi : Rava qui importune le Ciel en demandant la pluie en Tammouz ; Rabbi Pin'has ben Yaïr et le fleuve Ginaï ; la fente du Jourdain, qui ne vient pas de la racine.
וישב הים לפנות בוקר לאיתנו. (בראשית רבה ה') א"ר יוחנן תנאין התנה הקב"ה עם הים שיהא נקרע לפני ישראל הה"ד וישב הים לאיתנו לתנאין שהתנה עמו.
להבין הענין שלפי זה היה מהראוי שתיבת "לאיתנו" יהיה נאמר בהכתוב שמדבר בקריעת הים מאי משמע שעיקר הזכרת התנאי היה צריך להאמר בוישב הים כי באמת הוא כל הנם רק מצד האדם יען שמורגל ומשוקע בהטבע לזה כאשר יראה השתנות הטבע נחשב אצלו לנס ופלא כמו כאן מפני שנתיישן בדעת האדם הטבע שהים הולך וסוער תמיד ופתאום כרגע נבקעו המים והיה לנס ופלא. אבל קודם שנתיישן כן בהטבע לא היה זה לנס כמו ביום שנברא בו אדה"ר אז היה בעיניו לפלא כאשר ראה הים הולך וסוער כמו שבעינינו עתה קריעת הים.
אכן אף שכל עיקר הנם מהשתנות הטבע הוא רק מצד התיישנות הטבע וההרגל מ"מ מצינו (תענית כ"ד.) רבא בעי רחמי על מטר בתקופת תמוז אתחזי לי' אבוה בחלמא וכו' ואמר אליו מי איכא דמטרח כלפי שמיא כולי האי. היינו אחר שהשי"ת הציב רצון שיהי' הסתר בעוה"ז ולא יתראה הכרה מפורשת בכדי שיהיה מקום להבריאה להתגדר שביגיע כפיו בעבודת ה' שהיה עובד בתוך ההסתר בא על הכרה זו להכיר שהשי"ת מושל בכל לזה מי שמגלה מפורש ומאיר לעיני כל שאין שום נס והסתר מצד הטבע זה נקרא מטרח כלפי שמיא כי אם היה חפץ השי"ת שיהיה הכרה מפורשת תמיד בעוה"ז לא היה מציב הסתרה בעולם ואז מקטנם ועד גדולם היו מכירים שרק השי"ת מושל בכל.
אבל אחר שאנו רואים שהשי"ת הציב הסתרה בעולם ונראה שהטבע מנהגת בעולם מצד זה יש מקום לומר מי איכא דמטרח קמי שמיא. אכן מי שבוקע בעבודתו מצדו כל ההסתרות אזי מצדו אין שום טבע והתיישנות כלל ואין מקום לומר דמטרח קמי שמיא אחר שהוא למעלה מהטבע ומאמין באמונה שלימה שמי שאמר לשמן וידלוק יאמר לחומץ וידלוק כמו שמצינו ברחב"ד (שם כ"ה.) וכן איתא (ע"ז י') ידענא זוטא דאית בכו מחיה מתים.
כי מצדם לא נחשבו בזה כאלו אטריחו כלפי שמיא יען שאצלם לא היה שום פלא השתנות הטבע כי היה להם הכרה מפורשת ואמונת אומן שמצדו ית' אין שום נפקא מינה בהשתנות הטבע כלל כמו שאמר לשמן וידלוק כן יאמר לחומץ וידלוק והופיעו בעבודתם גודל אמונה לכל מי שהיה בביתם שגם הם לא נתפלאו מזה שראו בעיניהם השתנות טבע. אבל העומדים בחוץ ולא ראו זאת היו יכולים להכחיש ולומר שאי אפשר שיהיה כזאת בעולם להחיות את המת ושחומץ יהיה דולק כמו שמן ולכן לא נחשב להם זאת לאטרוחי כלפי שמיא אחר שלא היה השתנות הטבע בפרהסיא לעיני כל.
אכן רבא בקש על גשמים בתקופת תמוז שנראה שינוי הטבע לעיני כל שלא היו יכולים להכחיש כלל ע"ז אמר לו אביו מי איכא דמטרח קמי שמיא כולי האי. וזה היה עיקר הנס מקריעת ים סוף שהכתוב משבח גודל אמונה שהיה לזה הדור כדכתיב (בשלח י"ד.) ויאמינו בה' ובמשה עבדו שהשי"ת הופיע בלב ישראל גודל אמונה כ"כ עד שלא היה אף אחד מישראל שיהיה אצצו קריעת הים לנס ופלא כלל כי נבקעו מפניהם כל ההסתרות והיה מאיר הבהירות לפני כל אחד ואחד כמו שהוא בשורש ולא היה מצדם שום נפקא מינה בין הליכת הים לבקיעת הים ובין שמן הדולק לבין חומץ שידליק.
ומצרים שלא האמינו בזה והיה בעיניהם לפלא רק בקיעת הים יען שנתיישן בהם טבע העולם שהים הוא רק הולך וסוער טבעו בים ונאבדו. ולזה נאמר וישב הים לפנות בוקר לאיתנו לתנאו הראשון כי באמת היה אז קריעת הים מהשורש וממילא נתבטל אז מהשורש כל הוויית הים והוצרך מחדש להוי' ולהזכירו התנאי מחדש כי התנאי הוא באמת כל הוויית הים כי אם נאמר שהתנאי הוא אחר המעשה והוויית הים הלא גמרינן שאין תנאי מבטל מעשה (ב"מ צ"ד.) משמע שהתנאי הוא עיקר מעשה הים ובלתי תנאי זה אין שום הוי' להים רק כל הווייתו הי' שיבקע לפני ישראל ועתה שנתבטל הים מהשורש לכן הי' צורך לחדש בו את התנאי בכדי שיהיה לו הוי' מחדש כי הוויית כל בריאה אף הצבא מעלה הוא רק בזה שמכירין שכל הכח שלהם השי"ת נתן בהם אבל מצדם אין להם שום כח ובהכח שהבריאה מכיר מפורש שהוא רק ביד השי"ת בזה נעשה צנור לכח זה וכדאי' בזוה"ק (פנחס רט"ו:) כל כנויין וכל שם וכנוי סהיד עליה אל סהיד עליה דאית ליה יכולת וכו' אוף הכי כל שם דכל מלאך אית לכל חד שם ידוע לאשתמודע לכל כת בההוא שם דמלכא דיליה (שם רנ"ז:) ודא רזא דסהדין הויין עליה היה הוה ויהיה דינא בהפוך אתוון אדנ' ובג"ד אמרו רז"ל דינא דמלכותא דינא.
שם אל סהיד על מארי דכלא דלית יכולת לכל שם והוי' ודרגא כל שכן לשאר בריין פחות מניה הה"ד כלא חשיבין וכו'. היינו שהשם אל הוא הצנור שעל ידו מראה השי"ת חסדו יען שיש לזה השם בהירות שכל דיירי ארעא כלא חשיבין ואין שום כח לפעול חסד בעולם זולת השי"ת לזה הוא זה השם עיקר הצנור לחסדו ית'.
וכן השם אדנ' בהיפוך אתוון דינא דינא דמלכותא דינא היינו שמכיר מפורש בעצם בהירות שאף כי מי יאמר אליו ית' מה תעשה עכ"ז ועוז מלך משפט אהב לזה הוא זה השם הכלי פעולה לפעול על ידו נקמת השי"ת באויבי ה'. וכן זה התנאי שקבע השי"ת בהים שיכיר לבטל א"ע מפני רצון השי"ת ולהבקע מפני ישראל זה עיקר כח הווייתו ואחר שכאן האיר השי"ת מהשורש עד שנראה אף בים כבודו כי לעיני בשר נראה שאין בים כבודו כדאיתא בתנחומא (שלהי ויקרא) כי כבוד הוא רק מזה שאדם ממליך עליו את השי"ת ברצון וישוב הדעת ובים אין דעת אדם מיושבת כדאי' (תמיד ל"ב.) כל נחותי ימא לא מיתבא דעתיהון עד דסלקין ליבשתא ומ"מ בקריעת ים סוף האיר השי"ת דעת אף בהדומם כדכתיב (שמות ט״ו:ח׳) וברוח אפיך נערמו מים ומתרגמינן חכימו מיא שהמים ידעו להבקע מפני ישראל ולהטביע את המצרים והארה הזו היה מעתיקא כדאי' בזוה"ק (בשלח מ"ח.) ולכן אם לא שהי' תנאי מחדש שישובו המים אזי לא היו בו מים לעולם.
וכדאיתא (חולין ז'.) רפב"י הוה קא אזיל לפדיון שבויין פגע ביה בגינאי נהרא א"ל גינאי חלוק לי מימך ואעבור בך א"ל אתה הולך לעשות רצון קונך ואני הולך לעשות רצון קוני אתה ספק עושה ספק אי אתה עושה ואני ודאי עושה א"ל אם אי אתה חולק גוזרני עליך שלא יעברו בך מים לעולם חלק ליה. ולכאורה השיב הנהר דברים של טעם שהוא ודאי עושה ורפב"י רק ספק עושה ומה זה השיב לו אם אי אתה חולק גוזרני עליך שלא יעברו בך מים לעולם.
וביאר בזה אדוני אמו"ר הגה"ק זללה"ה שתשובת רפב"י להנהר שאף כי אתה ודאי עושה ואני ספק אם תסכים לדחות ודאי שלך מפני ספק שלי אזי אחר שאעבור לדרכי לא יהיה לך שום הפסד כי המים ילכו כמקודם. אבל אם תתעקש לבלתי תת לי דרך לעבור בך אז אהיה מוכרח לגלות לך שורש המקור מספק שלי ואז לא יעברו בם עוד מים לעולם כי אף שאני בגוון ספק אכן בעבודת ספק שלי הוא באמת כל עיקר רצון השי"ת ואין לך שם שום מקום א"כ כשאפתח את השורש להראות מקום ספק שלי שהוא למעלה מודאי שלך אז יגיע לך התבטלות ולא יעברו בם עוד מים לעולם.
והמשיל בזה משל לאילן שמכרוהו לשני בני אדם אחד קנה השרשים ואחד קנה את הענפים והתפשטו הענפים והגדילו פארות עד אפס מקום לעבור תחתיהם פעם אחת רצה בעל השרשים לעבור דרך שם ורצה לקצוץ הענפים ועכב עליו בעל הענפים אמר לו בעל השרשים הלא אם תסכים לדעתי ליתן לי מקום עד עברי לא יגיע לך שום הפסד כי אף אם אקצוץ הענפים יתגדלו עוד הפעם כבראשונה אבל אם תמאן בזה אזי אקצץ השרשים שלי שבזה לא תוכל לעכב על ידי ואז תפסיד הכל שלא יתגדלו ענפים עוד לעולם. וכאשר שמע הנהר גינאי תשובת רפב"י חלק לו.
וזה שבירדן נאמר (יהושע ג׳:י״ג) ויהי בעלות הכהנים וגו' נתקו כפות רגלי הכהנים אל החרבה וישובו מי הירדן למקומם. ולא היה צורך למאמר חדש שישובו המים יען שבקיעת הירדן לא היה מהשורש ורק בכח עבודת ישראל פעלו זאת כי נקודה מכח עבודה שנמצא בלב ישראל נקראת בחי' כהן לזה כל זמן שהיו עובדים בכח עבודתם זה היה להם דרך לעבור בירדן.
אבל אחר שגמרו כח עבודתם בזה שבו המים מעצמם כבראשונה. אבל קריעת ים סוף שנפתח מהשורש האור מעתיקא לכן הוצרך מאמר מחדש שישובו המים וזה וישבו המים לפנות בוקר לאיתנו לתנאו הראשון:
"Et la mer revint, vers le matin, à sa force" (Exode 14,27). (Bereshit Rabba 5) Rabbi Yo'hanan dit : le Saint, béni soit-Il, avait posé une condition avec la mer, qu'elle se fende devant Israël ; c'est ce qui est dit : "et la mer revint à sa force" (le-eitano), à la condition (le-tena'o) qu'Il avait posée avec elle.
Il faut comprendre : selon cela, il aurait été juste que le mot "à sa force" fût dit dans le verset qui parle de la fente de la mer ; en quel sens la mention essentielle de la condition devait-elle être dite dans "la mer revint" ? Car, en vérité, tout le miracle n'est que du point de vue de l'homme : puisqu'il est habitué et plongé dans la nature, lorsqu'il voit un changement de nature, cela est considéré pour lui comme un miracle et une merveille.
Ainsi ici, parce que la nature selon laquelle la mer va et gronde constamment s'est établie dans l'esprit de l'homme, soudain, en un instant, les eaux se fendirent, et ce fut un miracle et une merveille. Mais avant que cela ne se fût ainsi établi dans la nature, ce n'était pas un miracle ; ainsi, le jour où Adam le premier homme fut créé, cela lui paraissait merveilleux lorsqu'il voyait la mer aller et gronder, de même que la fente de la mer nous paraît maintenant.
Cependant, bien que toute l'essence du miracle, provenant du changement de la nature, ne soit que du fait de l'établissement de la nature et de l'habitude, nous trouvons néanmoins (Taanit 24a) que Rava pria pour la pluie pendant la saison de Tammouz ; son père lui apparut en rêve, etc., et lui dit : "Y a-t-il quelqu'un qui importune le Ciel à ce point ?" C'est-à-dire : après que le Saint, béni soit-Il, eut fixé Sa volonté qu'il y ait un voilement dans ce monde, et qu'une reconnaissance explicite ne se montre pas, afin qu'il y ait une place pour que les créatures se distinguent par le labeur de leurs mains dans le service de ה', car celui qui sert au sein du voilement parvient à cette reconnaissance, à reconnaître que le Saint, béni soit-Il, règne sur tout ; aussi celui qui révèle explicitement et illumine aux yeux de tous qu'il n'y a aucun miracle ni voilement du côté de la nature, cela est appelé importuner le Ciel. Car si le Saint, béni soit-Il, voulait qu'il y eût toujours dans ce monde une reconnaissance explicite, Il n'aurait pas posé de voilement dans le monde, et alors, des plus petits aux plus grands, tous reconnaîtraient que seul le Saint, béni soit-Il, règne sur tout.
Mais après que nous voyons que le Saint, béni soit-Il, a posé un voilement dans le monde, et que la nature paraît conduire le monde, il y a lieu de dire : "Y a-t-il quelqu'un qui importune le Ciel ?" Cependant, celui qui, par son service, fend de son côté tous les voilements, pour lui il n'y a aucune nature ni aucun établissement [de la nature], et il n'y a pas lieu de dire qu'il importe le Ciel, puisqu'il est au-dessus de la nature et croit d'une foi entière que Celui qui a dit à l'huile de brûler dira au vinaigre de brûler, comme nous le trouvons chez Rabbi Hanina ben Dosa (Taanit 25a). De même, il est dit (Avoda Zara 10b) : "Je sais qu'il y a parmi vous un petit [sage] qui ressuscite les morts." Car, de leur point de vue, cela ne fut pas considéré comme s'ils importunaient le Ciel, puisque le changement de nature n'était pour eux aucune merveille : ils possédaient une reconnaissance explicite et une foi assurée que, de Son côté, béni soit-Il, il n'y a aucune différence dans le changement de la nature ; de même qu'Il a dit à l'huile de brûler, de même Il dira au vinaigre de brûler.
Et ils firent apparaître, par leur service, une grande foi chez tous ceux qui étaient dans leur maison, de sorte qu'eux aussi ne s'en étonnèrent pas lorsqu'ils virent de leurs yeux un changement de nature. Mais ceux qui se tenaient au dehors et n'avaient pas vu cela pouvaient nier et dire qu'il est impossible qu'il y ait une telle chose dans le monde : ressusciter le mort et faire brûler le vinaigre comme l'huile.
C'est pourquoi ce ne fut pas considéré pour eux comme importuner le Ciel, puisqu'il n'y avait pas de changement de nature manifeste aux yeux de tous. Cependant, Rava demanda des pluies pendant la saison de Tammouz : le changement de nature paraissait aux yeux de tous, de sorte qu'ils ne pouvaient absolument pas le nier.
À ce sujet son père lui dit : "Y a-t-il quelqu'un qui importune le Ciel à ce point ?" Tel fut l'essentiel du miracle de la fente de la mer des Joncs : l'Écriture loue la grandeur de foi qu'avait cette génération, comme il est écrit : "Ils crurent en ה' et en Moché, Son serviteur" (Exode 14,31). Le Saint, béni soit-Il, fit apparaître dans le cœur d'Israël une foi si grande qu'il n'y eut pas un seul Israélite pour qui la fente de la mer fût un miracle ou une merveille.
Tous les voilements se fendirent devant eux, et la clarté brillait devant chacun comme elle est à la racine ; et, de leur point de vue, il n'y avait aucune différence entre le mouvement de la mer et sa fente, ni entre l'huile qui brûle et le vinaigre qui brûlerait. Les Égyptiens, eux, n'y croyaient pas, et seule la fente de la mer leur paraissait merveilleuse, car la nature du monde s'était établie en eux, selon laquelle la mer ne fait qu'aller et gronder selon sa nature ; ils se perdirent dans la mer.
C'est pourquoi il est dit : "et la mer revint, vers le matin, à sa force", à sa condition première. Car, en vérité, la fente de la mer était alors depuis la racine ; ainsi, depuis la racine, toute l'existence de la mer fut annulée.
Il fallut donc lui donner de nouveau l'existence et renouveler pour elle la condition. Car la condition est en vérité toute l'existence de la mer : si l'on disait que la condition vient après l'acte et l'existence de la mer, nous apprenons qu'une condition n'annule pas un acte (Bava Metsia 94a).
Il ressort que la condition est l'acte essentiel de la mer ; sans cette condition, il n'y a aucune existence à la mer, et toute son existence était qu'elle se fende devant Israël. Or, maintenant que la mer fut annulée depuis la racine, il fut nécessaire de renouveler en elle la condition afin qu'elle reçut une nouvelle existence.
Car l'existence de toute créature, même de l'armée d'en haut, n'est que dans le fait qu'elles reconnaissent que toute leur force leur a été donnée par le Saint, béni soit-Il ; mais de leur propre côté elles n'ont aucune force. Et par la reconnaissance explicite de la créature que cela est seulement dans la main du Saint, béni soit-Il, elle devient un conduit de cette force.
Comme il est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 215b) : "Tous les surnoms, et tout nom et surnom, témoignent de Lui ; le nom Él témoigne de Lui, qu'Il a la puissance... De même, chaque nom de chaque ange : chacun a un nom connu, afin de faire connaître à toute légion, par ce nom, le Roi qui est le sien" (ibid.
257b). "Et ceci est le secret des témoins : Il était, Il est et Il sera ; le jugement est dans les lettres inversées de Adonaï (אדנ'), et c'est pourquoi nos Maîtres, de bénie mémoire, ont dit : la loi du royaume est la loi." Le nom Él témoigne du Maître de tout, qu'il n'y a de puissance pour aucun nom, existence ou degré, et à plus forte raison pour les autres créatures, inférieures à lui ; c'est ce qui est dit : "tous sont considérés..." C'est-à-dire que le nom Él est le conduit par lequel le Saint, béni soit-Il, montre Sa bonté, car ce nom comporte la clarté que tous les habitants de la terre ne sont considérés comme rien, et qu'il n'y a aucune force pour opérer la bonté dans le monde, si ce n'est le Saint, béni soit-Il ; aussi ce nom est-il le conduit essentiel de Sa bonté, béni soit-Il.
De même, le nom Adonaï (אדנ'), par l'inversion des lettres, [indique] le jugement : "la loi du royaume est la loi". C'est-à-dire qu'il reconnaît explicitement, avec une clarté essentielle, que, bien que nul ne puisse Lui dire, béni soit-Il : "Que fais-Tu ?", néanmoins "la force du roi aime le jugement" (Psaumes 99,4) ; aussi ce nom est-il l'instrument d'action pour opérer par lui la vengeance du Saint, béni soit-Il, sur les ennemis de ה'.
De même, cette condition que le Saint, béni soit-Il, fixa à la mer, qu'elle reconnaisse qu'elle doit s'annuler devant la volonté du Saint, béni soit-Il, et se fendre devant Israël, est la force essentielle de son existence. Et après qu'ici le Saint, béni soit-Il, fit briller depuis la racine, au point que Sa gloire fut visible même dans la mer - car aux yeux de chair, il paraît qu'il n'y a pas de Sa gloire dans la mer, comme il est rapporté dans Tan'houma (fin de Vayikra) : la gloire ne vient que de ce que l'homme fait régner sur lui le Saint, béni soit-Il, avec volonté et esprit apaisé, tandis que dans la mer l'esprit de l'homme n'est pas posé, comme il est rapporté (Tamid 32a) : "Tous ceux qui descendent sur mer n'ont pas l'esprit posé avant de monter sur la terre ferme" - néanmoins, lors de la fente de la mer des Joncs, le Saint, béni soit-Il, fit briller l'intelligence même dans l'inanimé, comme il est écrit : "Par le souffle de Tes narines, les eaux s'amoncelèrent" (Exode 15,8), que nous traduisons : "les eaux devinrent sages" (hakhimou maya), les eaux sachant se fendre devant Israël et engloutir les Égyptiens.
Cette illumination venait de Atika (l'Ancien), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Beshalah 48a). C'est pourquoi, sans une condition nouvelle pour que les eaux reviennent, il n'y aurait plus eu d'eaux dans la mer à jamais.
Ainsi qu'il est rapporté (Houlin 7a) : Rabbi Pinhas ben Yair allait pour le rachat des captifs ; il rencontra le fleuve Ginai. Il lui dit : "Ginai, partage-moi tes eaux et je passerai en toi." Il lui dit : "Tu vas accomplir la volonté de ton Créateur, et moi je vais accomplir la volonté de mon Créateur.
Toi, tu l'accomplis peut-être, peut-être ne l'accomplis-tu pas ; moi, je l'accomplis certainement." Il lui dit : "Si tu ne te partages pas, je décrète sur toi qu'aucune eau ne passera plus en toi à jamais." Il se partagea pour lui. À première vue, le fleuve répondit des paroles pleines de raison : lui accomplissait certainement [la volonté divine], et Rabbi Pinhas ben Yair seulement peut-être ; que lui répondit-il donc par : "Si tu ne te partages pas, je décrète sur toi qu'aucune eau ne passera plus en toi à jamais" ?
Mon seigneur, mon père et maître, le saint Gaon, de bienheureuse mémoire pour la vie du monde futur, expliqua ceci : la réponse de Rabbi Pinhas ben Yair au fleuve était que, bien que toi tu accomplisses certainement [ta tâche] et moi peut-être, si tu consens à repousser ton certain devant mon peut-être, alors, après que je serai passé pour poursuivre mon chemin, tu ne subiras aucune perte ; car même si je coupe les rameaux, ils repousseront encore comme auparavant. Mais si tu t'obstines à ne pas me donner un chemin pour passer en toi, je serai alors contraint de te révéler la racine, la source de mon peut-être ; alors plus aucune eau ne passera en toi à jamais.
Car, bien que je sois dans la modalité du peut-être, dans le service de mon peut-être réside en vérité toute la volonté essentielle du Saint, béni soit-Il, et tu n'as là aucune place. Donc, lorsque j'ouvrirai la racine pour montrer le lieu de mon peut-être, qui est au-dessus de ton certain, l'annulation t'atteindra et plus aucune eau ne passera en toi à jamais.
Il donna à ce sujet la parabole d'un arbre vendu à deux hommes : l'un acheta les racines et l'autre acheta les branches. Les branches s'étendirent et grandirent en rameaux jusqu'à ne plus laisser de place pour passer dessous.
Une fois, le propriétaire des racines voulut passer par là et voulut couper les branches ; le propriétaire des branches l'en empêcha. Le propriétaire des racines lui dit : "Si tu consens à mon avis et me donnes une place jusqu'à ce que je passe, tu ne subiras aucune perte ; car, même si je coupe les branches, elles repousseront encore comme auparavant.
Mais si tu refuses, je couperai mes racines ; en cela tu ne pourras m'empêcher, et tu perdras tout, car les branches ne repousseront plus jamais." Lorsque le fleuve Ginai entendit la réponse de Rabbi Pinhas ben Yair, il se partagea pour lui. Et c'est pourquoi, au sujet du Jourdain, il est dit : "Lorsque les pieds des prêtres... se seront détachés [des eaux], les eaux du Jourdain reviendront à leur place" (Josue 3,13).
Il n'était pas nécessaire d'une nouvelle parole pour que les eaux reviennent, car la fente du Jourdain ne venait pas de la racine : Israël l'opéra seulement par la force de son service. Car un point de force de service qui se trouve dans le cœur d'Israël est appelé l'aspect de prêtre ; aussi, tout le temps qu'ils servaient par la force de leur service, ils eurent un chemin pour passer dans le Jourdain.
Mais après qu'ils eurent achevé la force de leur service en cela, les eaux revinrent d'elles-mêmes comme auparavant. Tandis que la fente de la mer des Joncs, où la lumière de Atika fut ouverte depuis la racine, exigea une parole nouvelle pour que les eaux reviennent ; c'est cela : "les eaux revinrent, vers le matin, à leur force", à leur condition première.
« Israël vit la grande main que Hachem avait exercée contre l'Égypte. » Le Sod Yecharim rapporte de la Guemara que cette puissance est la sortie d'Égypte. La fente n'est que miséricorde : la gauche est incluse dans la droite, et de la perte des Égyptiens reste un chant ; ils méritent la sépulture. Manifester, dans un seul sujet, moitié miracle et moitié jugement est difficile devant Lui. « Alors Moché chanta » : les miracles s'accomplissent lorsque la lumière d'Atika joint l'aleph au zayin de az. Le cheval et son cavalier sont jetés à la mer : Israël annule parfois son choix, comme le cheval que son maître chevauche.
Aussi : « ma force et mon chant est Yah », assurance venue de la contraction de Sa gloire ; le tikoun lié au fait que mâle et femelle sortirent ensemble.
וירא ישראל את היד הגדולה אשר עשה ה' במצרים וגו'. בש"ס (ברכות נ"ח.) והגבורה זו יציאת מצרים שנאמר וירא ישראל את היד הגדולה.
ולכאורה מה זה ראי' מגדולה לגבורה כי גדולה הוא רזא דימינא ורומז על התפשטות חסדו ית' וגבורה הוא רזא דשמאלא. אכן כדאיתא בזוה"ק (וירא קי"ג:) דכד אתעביד ניסא לא אתעביד פלגו ניסא ופלגו דינא אלא כלא כחדא או ניסא או דינא א"ל רבי יוסי ולא והא בזמנא דבקע קב"ה ימא לישראל הוה קרע ימא לאלין ואזלין ביבשתא ומיא הוה תבין מסטרא אחרא וטבעין לאלין ומתין ואשתכח ניסא הכא ודינא הכא כלא כחדא א"ל ודא הוא דקשיא קמי' וכו'.
ולהבין הלא בכל נצחון הוא רחמי למנצח ודינא למנוצח. וגם מלשון הזוה"ק ודא הוא דקשיא קמיה היינו פלגו ניסא ופלגו דינא משמע שהיו שני הפכיים בנושא אחד.
ולפי הנראה לא הי' בנושא אחד רק לישראל שהם נושא אחד היה ניסא ולמצרים שהם נושא השני היה דינא. אכן באמת הוא קריעת ים סוף רק רחמי וכדאיתא בזוה"ק (בשלח נ"ב.) כלא בימינא אתכליל ובימינא תליא הה"ד ימינך ה' נאדרי בכח ימינך ה' תרעץ אויב.
היינו שאף למצרים היה רחמי והוא כדאיתא בזוה"ק (נח ס"ד:) מאי שנא דכתיב וה' המטיר על סדום ועל עמורה וכו' ומאי שנא בטופנא דכתיב אלקים אלקים בכל אתר ולא כתיב וה' אלא תנינן בכל אתר דכתיב וה' הוא ובית דינו אלקים סתם דינא בלחודוי אלא בסדום אתעביד דינא ולא לשיצאה עלמא וכו' אבל בטופנא כל עלמא שצי וכו' ואי תימא נח ודעמיה סתים מעינא הוה וכו' ורזא דא ה' למבול ישב וכו' ישב בלחודוי דלא אתיא עם דינא וכו'. היינו שלא היה רחמי כלל כי לא נשאר מהם שום השארה ובאלו שנשארו לא נשאר שירה שיאמרו עליהם על שהם ניצולו ממי המבול לזה לא נזכר שם השם הוי'.
אבל בקריעת ים סוף נאמר השם הוי' דאתכליל שמאלא בימינא כי מזה שנטבעו המצרים נשאר שירה לעלמי עד שישראל אומרים שירה על שניצולו והיה הכל רק ימינא ימינך ה' נאדרי בכח ימינך ה' תרעץ אויב וגו'. נטית ימינך תבלעמו ארץ וכדאיתא במכילתא (בשלח) שזכו לקבורה וזכו לזה התקון מזה שנתפשט מאבידתם כבוד שמים בישראל לעולמי עד.
וזה שאיתא בפדר"א (פרק מ"ב) מי כמוך וגו' אמר פרעה. ואף שבאמת אמרו ישראל כל השירה אכן שישראל אמרו זה הכתוב ממה שהיו מבינים מה שבלבו של פרעה הרי שנשאר מאבדן של מצרים הכרה מכבוד שמים בלב ישראל לעולמי עד וזה רומז מה שזכו לקבורה שאף שהמצרי' נתבטלו לגמרי בתפיסתם כי כאשר בא התבטלות מהארת שם הוי' יורד בעומק יותר מההתבטלות המגיע מהארת שם אלקים וכדאיתא בכתבי האר"י הק' (פע"ח שער חג המצות פ"א) שדור המבול ודור הפלגה נתגלגלו בדור המדבר מה שלא מצינו תקון כזה למצרים.
אכן בעוה"ז לא נשאר שום תקון מדור המבול ורק ממצרים נשאר כ"ש בעוה"ז שישראל אומרים תמיד שירת הים מוכח מזה שנם קריעת ים סוף היה רק רחמי אף למצרים אכן שמאלו הרחמים נעשה פלגו ניסא ופלגו דינא בנושא אחד ולהראות זאת בעוה"ז בנושא אחד דא קשיא קמיה. ולכן אמרו והגבורה זו יציאת מצרים שנאמר וירא ישראל את היד הגדולה ואף שגדולה רומז על חסד ורחמים אכן שמזה הדין שנעשה במצרים שנטבעו בים מזה עצמו נתפשט הכרה בלב ישראל לומר שירה נמצא שזו הגבורה עצמה הוא חסד וגדולה:
"Israël vit la grande main que ה' avait exercée contre l'Égypte", etc. Dans le Talmud (Berakhot 58a) : "Et cette puissance, c'est la sortie d'Égypte, comme il est dit : Israël vit la grande main." À première vue, quelle preuve y a-t-il de la grandeur à la puissance ?
Car la grandeur est le secret de la droite et fait allusion au déploiement de Sa bonté, qu'Il soit béni, tandis que la puissance est le secret de la gauche. Cependant, il est rapporté dans le Zohar (Vayera 113b) : "Lorsqu'un miracle est accompli, il n'est pas accompli moitié miracle et moitié jugement, mais tout ensemble : ou miracle, ou jugement.
Rabbi Yossi lui dit : N'en est-il pas ainsi ? Lorsque le Saint, béni soit-Il, fendit la mer pour Israël, la mer fut fendue pour ceux-ci et ils marchèrent sur la terre sèche, tandis que les eaux revenaient de l'autre côté et noyaient ceux-là, qui mouraient ; il se trouvait donc ici un miracle et là un jugement, le tout ensemble.
Il lui dit : C'est précisément ce qui est difficile devant Lui..." Il faut comprendre : dans toute victoire, il y a miséricorde pour le vainqueur et jugement pour le vaincu. En outre, les mots du Zohar, "c'est ce qui est difficile devant Lui", c'est-à-dire moitié miracle et moitié jugement, impliquent que deux contraires se trouvaient dans un seul sujet.
Or, apparemment, ils n'étaient pas dans un seul sujet : pour Israël, qui est un sujet, il y avait miracle, et pour les Égyptiens, qui étaient le second sujet, il y avait jugement. Mais, en vérité, la fente de la mer des Joncs ne fut que miséricorde, comme il est rapporté dans le Zohar (Beshalah 52a) : "Tout est inclus dans la droite et dépend de la droite, comme il est dit : Ta droite, ה', est magnifique de puissance ; Ta droite, ה', brise l'ennemi" (Exode 15,6).
Cela signifie que, même pour les Égyptiens, il y avait miséricorde. C'est ce qui est rapporté dans le Zohar (Noah 64a) : "Pourquoi est-il écrit : 'Et ה' fit pleuvoir sur Sodome et Gomorrhe...' (Genèse 19,24), tandis qu'au sujet du déluge il est écrit Elokim, Elokim, partout, et non ה' ?
Nous avons enseigné : partout où il est écrit 'Et ה'', c'est Lui et Son tribunal ; Elokim, sans précision, est le jugement seul. Mais à Sodome le jugement fut accompli, sans anéantir le monde... tandis que dans le déluge le monde entier fut anéanti...
Et si tu dis : Noah et les siens étaient cachés à la vue... le secret en est : 'ה' siégea pour le déluge' (Psaumes 29,10) ; Il siégea seul, sans venir avec le jugement..." C'est-à-dire qu'il n'y eut aucune miséricorde, car il ne resta d'eux aucun vestige ; et chez ceux qui demeurèrent, il ne resta pas de chant qui fut dit à leur sujet, parce qu'ils avaient été sauvés des eaux du déluge. C'est pourquoi le Nom הוי' n'y est pas mentionné.
Mais à la fente de la mer des Joncs, le Nom הוי' est dit, car la gauche fut incluse dans la droite : de ce que les Égyptiens furent noyés, il resta un chant pour les mondes éternels, Israël chantant parce qu'ils avaient été sauvés. Tout ne fut donc que droite : "Ta droite, ה', est magnifique de puissance ; Ta droite, ה', brise l'ennemi", etc.
"Tu étends Ta droite, la terre les engloutit" (Exode 15,12). Et il est rapporté dans la Mekhilta (Beshalah) qu'ils méritèrent une sépulture ; ils méritèrent ce tikoun, de ce que la gloire du Ciel se déployée de leur perte en Israël pour les mondes éternels.
C'est ce qui est rapporté dans Pirkei deRabbi Eliezer (chapitre 42) : "Qui est comme Toi... ?", dit Pharaon. Bien qu'en vérité Israël ait dit tout le chant, ce verset fut dit par Israël selon ce qu'ils comprenaient de ce qui était dans le cœur de Pharaon.
Il en résulte que de la perte des Égyptiens resta, dans le cœur d'Israël, la reconnaissance de la gloire du Ciel pour les mondes éternels. C'est ce que laisse entendre le fait qu'ils méritèrent une sépulture : bien que les Égyptiens aient été entièrement annulés dans leur saisie, car lorsque l'annulation vient de l'éclat du Nom הוי', elle descend plus profondément que l'annulation qui vient de l'éclat du Nom Elokim, comme il est rapporté dans les écrits du saint Ari (Pri Ets 'Hayim, Porte de la fête des matsot, chap.
1) : la génération du déluge et la génération de la dispersion se réincarnèrent dans la génération du désert ; or nous ne trouvons pas pareil tikoun pour les Égyptiens. Cependant, dans ce monde-ci, il ne reste aucun tikoun de la génération du déluge, tandis que des Égyptiens il reste quelque chose en ce monde-ci, puisque Israël dit constamment le Chant de la mer.
Il est donc prouvé que la fente de la mer des Joncs fut aussi uniquement miséricorde pour les Égyptiens ; mais Sa gauche de miséricorde devint moitié miracle et moitié jugement dans un seul sujet, et manifester cela dans ce monde-ci, dans un seul sujet, est ce qui est difficile devant Lui. C'est pourquoi ils dirent : "Et cette puissance, c'est la sortie d'Égypte, comme il est dit : Israël vit la grande main." Car, bien que la grandeur fasse allusion à la bonté et à la miséricorde, du jugement qui fut accompli en Égypte, lorsqu'ils furent noyés dans la mer, se déployée de cela même une reconnaissance dans le cœur d'Israël pour dire le chant.
Cette puissance même est donc bonté et grandeur.
אז ישיר משה. בזוה"ק (בשלח נ"ד.) רבי אבא פתח ואמר אסתכלנא בכל תושבחן דשבחו לקב"ה וכלם פתחו באז וכו' אלא הכי תאנא כל נסין וכל גבורן דאתעבידו להו לישראל כד אתנהיר נהירו דעתיקא קדישא בעטרוי גליפין רשימין באז בא' וא' בז' וכד אתחבר נהירו דאל"ף ומטי לזיי"ן מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם כדין עביד נסין וגבוראן בגין דאתחבר א' עם ז' ודא הוא שירתא.
הענין הוא כי כל מדה אם תתפשט ביותר בלי אור מסתעף ממנה השחתה. מהתפשטות מדת החסד יצא ישמעאל שמשחית את נפשו.
ומהתפשטות מדת הגבורה יצא עשו שמשחית את העולם. וזה נקרא חרב לה' מלאה דם.
אכן כשעתיקא מנהיר לז"א זה נקרא א' רוכב על ז' היינו שהשי"ת מאיר להמדות ואז רואים שהשי"ת באמת הוא משולל מכל המדות וכל הלבושין שהציב השי"ת מז"א הוא רק כדי שיתנהג העולם במשפט מצד הבריאה. את השירה הזאת לה'.
איתא בש"ס (ביצה י"ד:) תנא אין שורה פחותה משלשה. היינו שאם אנו רואין חיבור לשני הפכיים מוכח מזה שהשי"ת שוכן ביניהם והוא המאחד אותם.
אשירה לה' כי גאה גאה ומתרגמינן ארי אתגאה על גיותניא וגיאותא דליה הוא היינו שכשאדם פונה להשי"ת אז רואה מפורש שכל הגיאות שייכת רק להשי"ת כי אם יתגאה האדם בעצמו אזי מראה השי"ת שגיאותא דיליה הוא. סוס ורוכבו רמה בים סוס מורה על מהירות שאדם עושה בלא דעת.
ורוכבו רומז על ישוב הדעת שמצמצם את הסוס שלא ירוץ. והנה בקדושה נמצא בחי' סוס כדאי' בזוה"ק (צו ס"ט:) ואתם הדבקים בה' אלקיכם חיים ויהון כסוסיא דרכיב עליה מאריה הה"ד כי תרכב על סוסיך מרכבותיך ישועה.
והוא כענין שאמר דהמע"ה (תהילים קי״ט:ס״ז) טרם אענה אני שוגג. ושלמה המלך ע"ה אמר (משלי ה׳:י״ט) באהבתה תשגה תמיד.
היינו לפעמים צריך אדם לבטל הצורת אדם שלו כדי לקיים רצון השי"ת וכענין דאי' (שבת פ"ח.) ההוא צדוקי דחזייה לרבא דקא מעיין בשמעתא ויתבא אצבעתא דידיה תותי כרעא וקא מייץ בהו וקא מבעין אצבעתיה דמא א"ל עמא פזיזא דקדמיתו פומייכו לאודנייכו אכתי בפחזותייכו קיימיתו ברישא איבעיא לכו למשמע אי מציתו קבליתו ואי לא לא קבליתו א"ל אנן דסגיני בשלימותא כתיב בן תומת ישרים תנחם הנך אנשי דסגן בעלילותא כתיב בהו וסלף בוגדים ישדם. היינו ישראל שבשורש דבוקים בדעת והדעת מלמד אותם שלפעמים יבטלו כח בחירתם בכדי לקיים בזה רצון השי"ת להיות כסוס דרכיב מאריה עליה.
אבל אומות שכל שורש שלהם מסתעף משרים של מעלה שהסתעפותם מהשם האחרון מע"ב שמות שהוא השם מו"ם שהוא ראשי תיבות יוצר 'משרתים 'ואשר 'משרתיו כדאי' בהאר"י הק' (שער הקריאת שמע פ"א) כי מזה שהשרים נצבים למעלה בגודל יראה בלי דעת לזה מהסתעפותם זה עד לאחורים כדומם נחשבים ומום בם שאין בכחם ללמד בינה ודעת להאומה הנתונה תחת ממשלתם כי אין להם להאומה שום התחברות עם השר שלהם ועושים מעשיהם בלא שום דעת ובחירה כסוס דסט"א ואף אם לפעמים מתבטלים נגד השי"ת הוא רק בכדי שעי"ז יוכלו אח"כ להתפשט בגודל זרם כגוונא דמצינו בבלעם הרשע שאמר ואם רע בעיניך אשובה לי (במדבר כ״ב:ל״ד) ובעומק לבו היה כל כוונתו בזה שעי"ז ימשוך שיסכים השי"ת לדעתו ח"ו לקלל את ישראל. וזה סוס ורוכבו רמה בים סוס רומז על האומה מצרים שמעשיהם בלי דעת ורוכבו היינו השר שלהם רמה בים.
אבל ישראל יש להם חיבור עם רצון השי"ת אף למיהוי כסוסיא לגבי מארייהו. עזי וזמרת י"ה ויהי לי לישועה היינו כדאי' בזוה"ק (וארא כ"ב.) בטחו בה' עדי עד כי בי"ה ה' צור עולמים וכו' מהו עדי עד אלא בגין דיהא תקפא דב"נ באתר דאיהו קיומא וקשורא דכלא וכו'.
היינו שכל התקיפות ובטוחות של ישראל הוא מזה הכתוב כי בי"ה ה' צור עולמים שאחר שהציב השי"ת גוון ולבוש בעוה"ז שח"ו חסר כ"ש ורק ישראל בעבודתם ישלימו אף כי באמת כ"ש במקומו מונח ואין שום חסרון אכן רצונו זה כבודו וכיון שכן רצון השי"ת בזה הלבוש בעוה"ז והתקשר עם ישראל בפעולותיהן בטח השי"ת יגמור בעדם ויברר כל פעולותיהם לטוב אחר שהי' להשי"ת אכסניא באלו הלבושים לכן שורת הדין נותן שלא יעזוב אותם ושלא יהיה שום פעולה שלא יהיה לה תקון. וזה העוז והבטחון הוא מבחי' וזמרת י"ה שכביכול השי"ת צמצם כבודו וברא את העולם רק בשני אותיות אלו י"ה שזה מורה שרצון השי"ת שישראל ע"י עבודה ופעולה מצדם ישלימו הכ"ש וזה עזי וזמרת י"ה ויהי לי לישועה.
וזה שאי' ע"ז בזוה"ק (בשלח נ"ה.) עזי וזמרת י"ה וכו' רבי אבא אמר אדם הראשון מדכר ונוקבא אשתכח וכו'. כי אלמלא לא נפקי מדכר ונוקבא כחדא אזי לא היה ח"ו תקון לחטא של חוה כי אדם הוה סליק לעילא ורק מחמת שהיה להם חיבור מתחלה מזה מוכרח להיות תקון להחטא:
"Alors Moché chanta." Dans le Zohar (Beshalah 54a), Rabbi Abba ouvrit et dit : "J'ai considéré tous les cantiques de louange par lesquels ils ont loué le Saint, béni soit-Il, et tous commencent par alors (אז)... Mais voici ce qui a été enseigné : tous les miracles et toutes les puissances accomplis pour Israël le furent lorsque la lumière de l'Atika Kadisha (l'Ancien Saint) illumina, dans ses couronnes, les gravures inscrites dans אז, en aleph et en zayin.
Lorsque la lumière de l'aleph s'unit et atteint le zayin - qu'est le zayin ? Le glaive de ה', plein de sang - alors Il accomplit miracles et puissances, parce que l'aleph s'unit au zayin ; et ceci est le chant." Le sens en est que toute mesure, si elle se déploie trop sans lumière, engendre une corruption.
Du déploiement de la mesure de bonté sort Ismaël, qui détruit son âme ; et du déploiement de la mesure de puissance sort Esau, qui détruit le monde. C'est ce qui est appelé "le glaive de ה', plein de sang" (Ésaïe 34,6).
Mais lorsque l'Atika illumine Zeir Anpin, cela est appelé : l'aleph chevauche le zayin. C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, illumine les mesures ; alors on voit que le Saint, béni soit-Il, est réellement dépourvu de toutes les mesures, et que tous les vêtements que le Saint, béni soit-Il, a établis depuis Zeir Anpin ne sont que pour que le monde soit conduit selon le jugement, du côté de la création.
"Ce chant pour ה'." Il est rapporté dans le Talmud (Beitsa 14b) : "Une rangée n'est pas de moins de trois." C'est-à-dire que, lorsque nous voyons l'union de deux contraires, il en résulte que le Saint, béni soit-Il, réside entre eux et les unit. "Je chanterai pour ה', car Il s'est souverainement élevé" (Exode 15,1) ; le Targoum traduit : "Car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et l'orgueil est à Lui." C'est-à-dire que, lorsqu'un homme se tourne vers le Saint, béni soit-Il, il voit clairement que tout orgueil n'appartient qu'au Saint, béni soit-Il ; car si l'homme s'enorgueillit lui-même, le Saint, béni soit-Il, montre que l'orgueil est à Lui.
"Le cheval et son cavalier, Il les a jetés dans la mer" (Exode 15,1). Le cheval indique la rapidité avec laquelle l'homme agit sans connaissance, et son cavalier fait allusion à la présence d'esprit qui retient le cheval afin qu'il ne coure pas.
Or, dans la sainteté se trouve l'aspect du cheval, comme il est rapporté dans le Zohar (Tsav 69a) : "Vous qui vous attachez à ה' votre Elokim, vous êtes tous vivants aujourd'hui" (Deutéronome 4,4) : "Et ils seront comme un cheval que son maître chevauche", comme il est dit : "Car Tu chevauches Tes chevaux, Tes chars de salut" (Habacuc 3,8). Cela rejoint ce que dit David, de mémoire bénie (Psaumes 119,67) : "Avant d'être affligé, j'étais dans l'erreur" ; et le roi Salomon, sur lui la paix, dit : "Égare-toi constamment dans son amour" (Proverbes 5,19).
C'est-à-dire que parfois l'homme doit annuler sa forme d'homme afin d'accomplir la volonté du Saint, béni soit-Il, comme dans le récit rapporté (Chabbat 88a) : un Sadducéen vit Rava étudier une tradition, un doigt de sa main placé sous sa jambe ; il le pressait et son doigt saignait. Il lui dit : "Peuple impétueux, qui avez fait passer vos bouches avant vos oreilles, vous demeurez encore dans votre impétuosité.
D'abord, vous auriez dû écouter : si vous pouviez, acceptez ; sinon, n'acceptez pas." Il lui répondit : "Nous, qui marchons dans l'intégrité, il est écrit : 'L'intégrité des hommes droits les guide' (Proverbes 11,3) ; quant à ces hommes qui marchent dans les intrigues, il est écrit à leur sujet : 'La perversité des traîtres les détruit'" (ibid.). Israël, dont la racine est attachée à la connaissance, apprend ainsi de la connaissance qu'il doit parfois annuler la force de son choix, afin d'accomplir par là la volonté du Saint, béni soit-Il, et d'être comme le cheval que son maître chevauche.
Mais les nations, dont toute la racine se ramifie depuis les princes célestes, leur ramification provient du dernier Nom parmi les soixante-douze Noms, le Nom מו"ם, qui est l'acrostiche de יוצר משרתים ואשר משרתיו, comme il est rapporté chez le saint Ari (Porte de la lecture du Chema, chap. 1).
Les princes se tiennent en haut dans une grande crainte, sans connaissance ; c'est pourquoi, dans leur ramification jusqu'aux dos, ils sont considérés comme inertes, et ils portent un défaut (מום). Ils n'ont pas la force d'enseigner intelligence et connaissance à la nation soumise à leur domination, car la nation n'a aucun lien avec son prince ; ils font leurs actes sans aucune connaissance ni choix, comme le cheval du côté de l'autre (Sitra A'hra).
Même si parfois ils s'annulent devant le Saint, béni soit-Il, ce n'est que pour pouvoir ensuite se déployer dans un grand courant, comme nous le trouvons chez le méchant Balaam, qui dit : "Et si cela est mauvais à Tes yeux, je retournerai" (Nombres 22,34). Au fond de son cœur, toute son intention était par là d'amener le Saint, béni soit-Il, à consentir, à Dieu ne plaise, à son avis de maudire Israël.
Tel est : "Le cheval et son cavalier, Il les a jetés dans la mer" : le cheval fait allusion à la nation d'Égypte, dont les actes sont sans connaissance, et son cavalier, c'est-à-dire leur prince, fut jeté dans la mer. Mais Israël a un lien avec la volonté du Saint, béni soit-Il, jusqu'à être comme un cheval envers son maître.
"Ma force et mon chant est Yah, et Il fut pour moi un salut" (Exode 15,2). C'est ce qui est rapporté dans le Zohar (Vaera 22a) : "Ayez confiance en ה' a jamais, car en Yah est le Rocher des mondes" (Ésaïe 26,4), etc.
"Que signifie à jamais ? Afin que la force de l'homme soit dans le lieu qui est la subsistance et le lien de tout..." C'est-à-dire que toute la force et toute l'assurance d'Israël viennent de ce verset : "car en Yah est le Rocher des mondes".
Après que le Saint, béni soit-Il, a établi dans ce monde-ci une apparence et un vêtement où, à Dieu ne plaise, l'honneur du Ciel fait défaut, et où seuls Israël, par leur service, le complètent - bien qu'en vérité l'honneur du Ciel demeure en sa place et qu'il n'y ait aucun manque -, telle est Sa volonté et tel est Son honneur. Puisque telle est la volonté du Saint, béni soit-Il, dans ce vêtement de ce monde-ci, et qu'Il s'est lié à Israël par leurs actes, le Saint, béni soit-Il, achèvera assur ément pour eux et clarifiera tous leurs actes pour le bien.
Puisque le Saint, béni soit-Il, a eu une demeure dans ces vêtements, la stricte justice exige qu'Il ne les abandonne pas et qu'il n'y ait aucune action sans tikoun. Cette force et cette assurance proviennent de l'aspect de "mon chant est Yah" : le Saint, béni soit-Il, a, pour ainsi dire, contracté Sa gloire et n'a créé le monde qu'avec ces deux lettres, Yah ; cela indique que Sa volonté est qu'Israël, par le service et l'action de leur part, complète l'honneur du Ciel.
Tel est : "Ma force et mon chant est Yah, et Il fut pour moi un salut." C'est ce qui est rapporté à ce sujet dans le Zohar (Beshalah 55a) : "Ma force et mon chant est Yah... Rabbi Abba dit : Adam premier et mâle et femelle se trouvaient..." Car s'ils n'étaient pas sortis, mâle et femelle, ensemble, il n'y aurait pas eu, à Dieu ne plaise, de tikoun pour la faute de Hava ; Adam serait monté en haut.
Mais du fait qu'ils avaient un lien dès le commencement, il est nécessaire qu'il y ait un tikoun pour la faute.
« Alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent. » Le Sod Yecharim explique que az grave l'aleph, lumière avant toute division, joint au zayin des middot : alors s'accomplissent miracles et chant. Le chant d'Israël inclut tous les chants, car Israël reconnaît que la grandeur est Sienne ; de là le cheval et son cavalier sont jetés à la mer. « Ma force et le chant de Yah » : le Nom conduit l'assurance selon le besoin du service. « Ceci est mon El et je Lui ferai une demeure » : chacun reconnaît qu'il est une maison pour Sa lumière. « Et je L'exalterai » unit le Nom en haut et en bas.
Aussi : les nourrissons reconnaissent le Nom les premiers ; « l'ennemi a dit » aurait dû ouvrir le chant, la victoire étant le fondement du salut.
אז ישיר משה ובני ישראל. בזוה"ק (בשלח נ"ד.) ר"א פתח ואמר אסתכלנא בכל תושבחן דשבחו לקב"ה וכולם פתחו באז וכו' מ"ט אלא הכי תאנא כל נסין וכל גבורן דאתעבידו להו לישראל כד אתנהיר נהירו דעתיקא קדישא בעטרוי גליפין רשימין באז בא' וא' בז' אנקיב בחשוכא ונהיר לכל עיבר וכד אתחבר נהירו דאל"ף ומטי לזיי"ן מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם וכדין עביד נסין וגבוראן בגין דאתחבר א' עם ז' ודא הוא שירתא וכו'.
היינו כי א' מורה על אור שקודם התחלקות. וז' מורה על התחלקות המדות כענין שאמרו (ר"ה ל"א.) שחלק מעשיו ומלך עליהם.
ומזה ההתחלקות נתהוה מקום לפעולת אדם ובזמן שנפרד א' מז' אז הוא מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם כענין שנאמר (הושע ו') חלק לבם עתה יאשמו. אבל בזמן שמתחבר נהירו דא' ומטי לז' אז אנקיב בחשוכא ונהיר לכל עיבר וכדין עביד נסין וגבוראן ודא הוא שירתא.
ישיר היינו כי ענין השירה של כל הברואים הוא פעולתם שפועלים בה רצון השי"ת כגון השמש הוא שירה שלה הליכתה כדאיתא בתנחומא (אחרי) וישראל שיש להם אור ישר לזה כולל השיר שלהם את כל השירות לכן היה כח ביהושע לומר שמש בגבעון דום (יהושע י׳:י״ב) ודרשו ע"ז במדרש (שם) דום מלומר שירה ואני אומר שירה תחתיך. וזה אשירה לה' כי גאה גאה ומתרגמינן ארי אתגאה על גיותניא וגיאותא דליה הוא וזה הטעם ששיר של ישראל כולל כל הפעולות מכל הברואים יען שאין שום בריאה מכיר כ"כ שגיאותא דליה ית' כמו שישראל מכירים.
וזה שנדרש על הכתוב כי גאה גאה (שמות רבה כ"ג) הה"ד עדה נא גאון וגבה הכל מתגאין זה על זה וכו' והקב"ה מתגאה על הכל הוי כי גאה גאה א"ר אבין ד' מיני גאים נבראו בעולם גאה שבבריות אדם גאה שבעופות נשר וכו' לרמז בזה על ההעלם שנמצא בכל הברואים שאף החיות שנושאים כסא הכבוד שואלים אי' מקום כבודו וכאן בקריעת ים סוף נתגלה לישראל מפורש שגיאותא דליה הוא ומזה ההתגלות נתפעל ממילא שסוס ורוכבו רמה בים. סוס רומז על מהירות ובהלה של האומות כי הם נקראים סוסים מזויינים שכן מצינו שכאשר הנביא היה מוכיח את ישראל היה אומר להם שעושים פעולות שהם מתדמים בהם לסוסים מזויינים שרומז על האומות.
והשרים של אומות נקראים רוכבי סוסים שהם מנהיגים את האומה בישוב הדעת שלהם כמו רוכב שמנהיג הסוס וכענין דאי' (בראשית רבה ס"ח) לגבור שהוא רוכב על הסוס וכליו משופעים אילך ואילך הסוס טפלה לרוכב ואין הרוכב טפלה לסוס וכאן בים סוף שהאיר השי"ת מפורש שגיאותא דיליה הוא לזה סוס ורוכבו רמה בים. וכדאי' בזוה"ק (פנחס רכ"ו:) סוס ורוכבו רמה בים דא ממנא דמצרים.
וכענין דאיתא בזוה"ק (במדבר קי"ט:) חויא כד איהו כפיף רישא לעפרא סליק זנבא שליט ומחי לכל אינון דאשתכחו קמיה אוף הכי השתא בגלותא בהאי גוונא רישא כפיף לעפרא וזנבא שליט מאן עביד לזנבא דיסתלק לעילא ושליט ומחי רישא דאתכפיא לתתא וכו'. היינו בעת שרישא אתכפיא לתתא ואין ניכר שרק ה' מלך גיאות לבש אז נראה שהזנב הוא הראש סליק לעילא שליט ומחי.
אבל בעת שניכר שגיאותא הוא רק דילי' ית' והראש שהוא ישראל לא יהיו כפופים לעפרא אז יהיה ניכר שאף שנראה שזנבא סליק לעילא מ"מ הוא רק זנב ולא ראש שאף ישוב הדעת שנמצא באומות שתחת ממשלת שרים הוא רק כדי להזיק לזה מתיישבים ביתרון דעת באיזה אופן יוכלו להזיק ביותר א"כ איך נחשוב זאת לישוב הדעת לזה כאשר יתגלה שגיאותא דילי' ית' אז גם אותם עם ישוב הדעת שלהם רמה בים. עזי וזמרת י"ה ויהי לי לישועה.
עזי היינו המבטח עוז והתקיפות שנתן השי"ת בלב ישראל בקביעות. וזמרת היינו כמו ניגוני הטעמים שמנהיגים האותיות לפעמים הנגינה מגביה בקול את התיבה ולפעמים מנמיך (וכמש"נ בבית יעקב בשלח ענין ס"ו) וכן מנהג השי"ת בתוך הלב את המבטח עוז כפי העת והצורך שבעת שבא באדם התרשלות וחולשת הדעת אזי מגביה בו השי"ת המבטח עוז.
ולפעמים מנהיר לו השי"ת המבטח עוז בקול נמוך בכדי שלא יתפשט בתקיפות יתירה וזה וזמרת י"ה כענין שנאמר (ישעי' כ"ו) כי בי"ה ה' צור עולמים היינו אחר שכן הציב השי"ת רצון בעולם שאין שום שלימות בלתי עבודת אדם שהוא בחי' השם ו"ה לכן אין המבטח עוז מאיר בשוה תמיד רק בקו המשקולות לפי העת שצריך לכח עבודת האדם וזה ויהי לי לישועה שמזה עצמו שכל השלימות הוא רק ע"י עבודת ישראל מקבלים ישראל כל הישועות וקודם גמר הישועה הוא כל דרכיהם של ישראל בדרך האמצעי כדאיתא באבות דרבי נתן (פרק כ"ח) לאסטרטיא שהוא עוברת בין שני דרכים אחת של אור ואחת של שלג וכו' ילך בינתים ויזהר בעצמו שלא יכוה באור ושלא ילקה בצנה:
Alors Moche et les enfants d'Israël chantèrent. Dans le saint Zohar (Beshallah 54a), Rabbi Elazar ouvrit et dit: J'ai examiné toutes les louanges par lesquelles ils louèrent le Saint, béni soit-Il, et toutes commencèrent par az (אז, alors), etc.
Pourquoi? Mais ainsi fut enseigné: tous les miracles et toutes les prouesses qui furent accomplis pour Israël, lorsque resplendit la lumière de l'Atika Kadicha (l'Ancien saint) dans Ses couronnes, sont gravés et marqués dans az, par l'aleph (א) et le zayin (ז).
L'aleph perce l'obscurité et éclaire de tout côté; et lorsque la lumière de l'aleph se joint et atteint le zayin, qu'est-ce que le zayin? C'est l'épée de ה' pleine de sang; alors Il accomplit miracles et prouesses, car le aleph s'est joint au zayin, et cela est le chant, etc.
Cela signifie que l'aleph indique la lumière précédant toute division. Et le zayin indique la division des middot (attributs), comme ils dirent (Roch Hachana 31a): Il partagea Ses œuvres et régna sur elles.
De cette division est né un lieu pour l'action de l'homme; et lorsque l'aleph est séparé du zayin, cela est: qu'est le zayin? L'épée de ה' pleine de sang, comme il est dit: Leur cœur est partagé, maintenant ils seront coupables (Osée 10,2).
Mais lorsque la lumière de l'aleph se joint et atteint le zayin, elle perce l'obscurité et éclaire de tout côté; alors Il accomplit miracles et prouesses, et cela est le chant. Il chantera (ישיר) signifie que la teneur du chant de toutes les créatures est leur action, par laquelle elles accomplissent le vouloir du Nom.
Ainsi, le soleil: son chant est sa course, comme il est rapporté dans le Tan'houma (Aharei). Et Israël, qui possède une lumière droite, son chant inclut donc tous les chants; c'est pourquoi Yehoshoua eut la force de dire: Soleil, tais-toi à Gabaon (Josue 10,12).
Ils l'expliquèrent dans le Midrach (ibid.): Tais-toi de dire le chant, et moi je dirai le chant à ta place. Et cela est: Je chanterai pour ה', car Il est hautement élevé (Exode 15,1); le Targoum traduit: car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et la grandeur est Sienne.
Telle est la raison pour laquelle le chant d'Israël inclut toutes les actions de toutes les créatures: nulle créature ne reconnaît autant que Israël que la grandeur est Sienne, béni soit-Il. Et ce qui est expliqué sur le verset: car Il est hautement élevé (Chemot Rabba 23), c'est: Revêts-toi donc de grandeur et de hauteur (Job 40,10); tous s'enorgueillissent les uns des autres, etc., et le Saint, béni soit-Il, s'enorgueillit au-dessus de tous; ainsi: car Il est hautement élevé.
Rabbi Avin dit: Quatre sortes d'orgueilleux furent créées dans le monde: l'orgueilleux parmi les créatures est l'homme, l'orgueilleux parmi les oiseaux est l'aigle, etc. Cela indique le voile qui se trouve dans toutes les créatures: même les Hayyot (êtres célestes) qui portent le Trône de gloire demandent: Où est le lieu de Sa gloire?
Mais ici, lors de la division de la mer des Joncs, il fut révélé clairement à Israël que la grandeur est Sienne; et de cette révélation il s'ensuivit de lui-même: Il jeta dans la mer le cheval et son cavalier (Exode 15,1). Le cheval fait allusion à la précipitation et à l'agitation des nations, car elles sont appelées chevaux armés.
Nous trouvons en effet que, lorsque le prophète reprenait Israël, il leur disait qu'ils accomplissaient des actes par lesquels ils se comparaient à des chevaux armés, allusion aux nations. Et les princes des nations sont appelés cavaliers, car ils dirigent la nation par leur esprit posé, tel le cavalier qui dirige le cheval; comme il est rapporté (Bereshit Rabba 68): d'un puissant qui monte le cheval, et dont les vêtements retombent de part et d'autre; le cheval est secondaire au cavalier, et le cavalier n'est pas secondaire au cheval.
Or ici, à la mer des Joncs, le Nom fit resplendir clairement que la grandeur est Sienne; c'est pourquoi: Il jeta dans la mer le cheval et son cavalier. Et il est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 226b): Le cheval et son cavalier, Il les jeta dans la mer: cela est le préposé de l'Égypte.
Et comme il est rapporté dans le saint Zohar (Bamidbar 119b): Lorsque le serpent courbe sa tête vers la poussière, la queue se lève, domine et frappe tous ceux qui se trouvent devant elle. Ainsi maintenant, dans l'exil, de cette manière: la tête est courbée vers la poussière et la queue domine.
Qui fait monter la queue, la fait dominer et frapper la tête qui s'est pliée en bas, etc.? Cela signifie qu'au temps où la tête est pliée en bas, et où il n'est pas reconnu que seul le Nom règne, revêtu de grandeur, il apparaît que la queue est la tête: elle monte, domine et frappe.
Mais lorsqu'il est reconnu que la grandeur est seulement Sienne, béni soit-Il, et que la tête, qui est Israël, ne sera pas courbée vers la poussière, alors il sera reconnu que, bien que la queue paraisse monter et dominer, elle n'est cependant qu'une queue et non une tête. Même l'esprit posé qui se trouve dans les nations, sous la domination de leurs princes, n'est que pour nuire: ils se concertent avec un surcroît de discernement sur la manière de nuire le plus.
Comment donc le compterions-nous comme esprit posé? Aussi, lorsque sera révélée la grandeur qui est Sienne, béni soit-Il, eux aussi, avec leur esprit posé, seront jetés dans la mer.
Ma force et le chant de י-ה furent pour moi salut (Exode 15,2). Ma force, c'est l'assurance de force et la fermeté que le Nom donna durablement au cœur d'Israël.
Et le chant, c'est comme les mélodies des signes de cantillation, qui conduisent les lettres: parfois la mélodie élève le mot par la voix, parfois elle l'abaisse (comme il est expliqué dans Beit Yaakov, Beshallah, sujet 66). Ainsi le Nom conduit, au sein du cœur, l'assurance de force selon le temps et le besoin: lorsqu'il vient à l'homme relâchement et faiblesse d'esprit, le Nom élève en lui l'assurance de force.
Et parfois le Nom lui fait luire l'assurance de force d'une voix basse, afin qu'il ne se répande pas dans une fermeté excessive; et cela est le chant de י-ה, comme il est dit: Car en י-ה est le Nom, le Roc des mondes (Isaie 26,4). C'est-à-dire: puisque le Nom a fixé dans le monde un vouloir tel qu'il n'est aucune perfection sans le service de l'homme, qui est l'aspect du Nom ו-ה, l'assurance de force ne luit donc pas toujours également, mais selon la ligne de la balance, conformément au temps où la force du service de l'homme est nécessaire.
Et cela est: Il fut pour moi salut. Par cela même que toute perfection n'est que par le service d'Israël, Israël reçoit tous les secours.
Et avant l'achèvement du salut, toutes les voies d'Israël sont dans la voie médiane, comme il est rapporté dans Avot de Rabbi Nathan (chapitre 28): d'une armée qui passe entre deux chemins, l'un de feu et l'autre de neige, etc.; qu'elle aille au milieu et se garde de ne pas être brûlée par le feu ni frappée par le froid.
זה אלי ואנוהו א-להי אבי וארוממנהו תרגומא דהאי קרא דין א-להי ואבני ליה מקדשא היינו כי מלת "זה" רומז על הכרה מפורשת בתפיסת אדם שכל אחד מישראל הכיר מפורש שהוא מקבל מהשי"ת ואיתא בזוה"ק (שמות ד'.) מאן דמקבל מאחרא איהו ביתא מההוא דיהיב ועל דא איש וביתו באו. וזה דין אלהא ואבני לי' מקדשא היינו שכל אחד ואחד הכיר איך שהוא בית ומקיף לרצון השי"ת הדר ושוכן בעומק לבו וזה "ואנוהו" מלשון נוה ודירה שנפש ישראל הוא משכן בית דירה ממש לאורו ית'.
וביותר נשתבחו בזה הכרת הקטנים מישראל שכבר סבלו במצרים ועליהם נאמר (תהילים ח׳:ב׳-ג׳) מפי עוללים ויונקים יסדת עוז. וכדאיתא (שמות רבה א') וכיון שהגיע זמן מולידיהם הולכת ויולדת בשדה וכו' וכיון שמכירין בהן המצרים רצו להרגם וכו' וכשנגלה הקב"ה על הים הם הכירוהו תחלה שנאמר זה אלי ואנוהו.
ובש"ס (סוטה ל'.) דרש רבי יוסי הגלילי בשעה שעלו ישראל מן הים וכו' כיון שראו השכינה עולל הגביה צוארו ותינוק שמט דד מפיו ואמרו זה אלי ואנוהו. א-להי אבי וארוממנהו בזוה"ק (בשלח נ"ה:) כד"א א-להי אברהם א"ר יוסי אי הכי אמאי וארוממנהו דהא א-להי אברהם לעילא הוא אמר ליה אפילו הכי אצטריך וכלא חד מלה וארוממנהו בכלא לאכללא מאן דידע ליחדא שמא קדישא רבא דהא הוא פולחנא עלאה דקב"ה.
א-להי אברהם לעילא היינו למעלה מהתפיסה כענין שנאמר (מלכים א ט׳:ח׳) והבית הזה יהיה עליון שזה רומז שהעלה השי"ת את הבית למעלה מתפיסת אדם וכדאי' בזוה"ק (שם) בשוב ה' ציון בשוב ה' אל ציון מבעי ליה מאי בשוב ה' ציון אלא בשוב ה' ציון ודאי ת"ח בשעתא דאתחריב ירושלים לתתא וכנסת ישראל אתתרכת סליק מלכא קדישא לציון ואנגיד ליה לקבליה בגין דכנ"י אתתרכת. וכד תתהדר כנ"י לאתרה כדין יתוב מלכא קדישא לציון לאתריה לאזדווגא חד בחד ודא הוא בשוב ה' ציון וכדין זמינין ישראל למימר זה אלי ואנוהו.
וזה כוונת הכתוב והבית הזה יהיה עליון שבשעת החורבן אנגיד ואמשיך השי"ת את הבית לעילא לעילא אצלו ית' למעלה מתפיסת הבריאה. וזה קושיית הזוה"ק אי הכי מאי וארוממנהו שמזה שכתוב א-להי אבי משמע שמבחי' א-להי אבי הרומז על חכמת אדם עי"ז השיג הכרה ברוממות השי"ת כי "אבי" מורה על חכמה וכענין שאיתא בספר הבהיר (סי' מ"ג) והובא בתוס' זוה"ק חלק ב' סימן ג') ויקחו לי תרומה כך אמר הקב"ה אותה תרומה הרימו אותה בתפלותיכם.
הלא אחר שאומר שא-להי אברהם לעילא הוא שרומז למעלה מתפיסת אדם ואיך שייך לומר וארוממנהו. אמר ליה אפילו הכי אצטריך וכלא חד מלה וארוממנהו בכלא לאכללא מאן דידע ליחדא שמא קדישא רבא דהא הוא פולחנא עלאה דקב"ה היינו שזאת הוא עיקר עבודת ישראל לאכללא וליחדא שמא קדישא עילא ותתא.
כי באמת מצד השי"ת אף דאנגיד אורו לעילא אין הכוונה שלא נשאר ח"ו לתתא כי בכל הארץ כבודו אכן שהוא למעלה מתפיסת אדם וע"י עבודה בחכמתו יוכל האדם גם מצדו להכיר מציאות השי"ת בתפיסתו אף לתתא ובזה מאחד ומכליל עילא ותתא וזה זה אלי ואנוהו "אלי" מורה על תקיפות מלשון ואת אלי הארץ לקח (יחזקאל י״ז:י״ג) ועיקר התקיפות ביותר נמשך באדם מההכרה שהאיר באדם בקטנותו בעת שהיה עדיין משולל חכמה שמזה ניכר שהוא משכן ומדור לאורו ית' וזה ואנוהו לשון מדור "א-להי אבי" היינו ההכרה שאדם משיג בחכמתו כי "אבי" היינו חכמה ע"ז אמר וארוממנהו בכלא לאכללא וכו' שע"י עבודת אדם בחכמתו יוכל להשיג בכל עניני עוה"ז ג"כ איך שנמצא בהם אורו ית':
Ceci est mon El et je Lui ferai une demeure; le Dieu de mon père, et je L'exalterai (Exode 15,2). Le Targoum de ce verset est: Voici mon Dieu, et je Lui construirai un Sanctuaire.
Le mot ceci (זה) indique une connaissance explicite dans la saisie de l'homme: chacun d'Israël reconnut clairement qu'il recevait du Nom. Et il est rapporté dans le saint Zohar (Chemot 4a): Celui qui reçoit d'un autre est une maison pour celui qui donne; c'est pourquoi un homme et sa maison vinrent.
Voici mon Dieu, et je Lui construirai un Sanctuaire, signifie que chacun reconnut comment il est une maison qui enveloppe le vouloir du Nom, lequel demeure et réside dans la profondeur de son cœur. Et je Lui ferai une demeure (ואנוהו): demeure est du langage de navah, séjour et habitation; l'âme d'Israël est véritablement un sanctuaire, une maison d'habitation pour Sa lumière, béni soit-Il.
La connaissance des petits d'Israël fut encore plus louée en cela, car ils avaient déjà souffert en Égypte; c'est à leur sujet qu'il est dit: De la bouche des nourrissons et des enfants à la mamelle Tu as fondé la force (Psaumes 8,3). Et il est rapporté (Chemot Rabba 1): Quand arrivait le temps de leur enfantement, elles allaient enfanter dans le champ, etc.; et lorsque les Égyptiens les reconnaissaient, ils couraient les tuer, etc.
Et lorsque le Saint, béni soit-Il, Se révéla sur la mer, ils Le reconnurent les premiers, comme il est dit: Ceci est mon El et je Lui ferai une demeure. Dans le Talmud (Sota 30b), Rabbi Yossi le Galiléen enseigna: Lorsque Israël remontèrent de la mer, etc., dès qu'ils virent la Chekhina (Présence divine), le nourrisson leva le cou, le petit enfant laissa tomber le sein de sa bouche, et ils dirent: Ceci est mon El et je Lui ferai une demeure.
Le Dieu de mon père, et je L'exalterai. Dans le saint Zohar (Beshallah 55b): Comme il est dit, le Dieu d'Abraham.
Rabbi Yossi dit: S'il en est ainsi, pourquoi et je L'exalterai? Car le Dieu d'Abraham est en haut.
Il lui dit: Il le faut néanmoins, et tout est une seule parole: et je L'exalterai en tout, afin d'inclure celui qui sait unifier le grand Nom saint, car cela est le service suprême du Saint, béni soit-Il. Le Dieu d'Abraham est en haut signifie au-dessus de la saisie, comme il est dit: Et cette Maison sera élevée (I Rois 9,8).
Cela indique que le Nom éleva la Maison au-dessus de la saisie de l'homme. Comme il est rapporté dans le saint Zohar (ibid.): Lorsque le Nom ramènera Sion.
Il aurait fallu dire: lorsque le Nom ramènera à Sion. Que signifie: lorsque le Nom ramènera Sion?
C'est certainement lorsque le Nom ramènera Sion. Viens et vois: au moment où Jérusalem fut détruite en bas et où la communauté d'Israël fut chassée, le Roi saint monta vers Sion et Se tourna vers elle, car la communauté d'Israël avait été chassée.
Et lorsque la communauté d'Israël reviendra à son lieu, alors le Roi saint reviendra à Sion, à Son lieu, pour s'unir l'un à l'autre; et cela est: lorsque le Nom ramènera Sion. Alors Israël sont destinés à dire: Ceci est mon El et je Lui ferai une demeure.
Telle est l'intention du verset: Et cette Maison sera élevée: au temps de la destruction, le Nom attira et éleva la Maison, toujours plus haut, auprès de Lui, béni soit-Il, au-dessus de la saisie de la créature. Et telle est la question du saint Zohar: S'il en est ainsi, que signifie et je L'exalterai?
Car du fait qu'il est écrit le Dieu de mon père, il ressort que de l'aspect du Dieu de mon père, qui fait allusion à la sagesse de l'homme, il atteignit par cela la connaissance de l'exaltation du Nom; car mon père indique la sagesse. Ainsi qu'il est rapporté dans le Sefer haBahir (paragraphe 43), et cité dans les Tossafot du Zohar, partie 2, paragraphe 3, sur le verset: Ils prendront pour Moi une offrande (Exode 25,2): Ainsi dit le Saint, béni soit-Il: Élevez cette offrande par vos prières.
Après avoir dit que le Dieu d'Abraham est en haut, ce qui indique au-dessus de la saisie de l'homme, comment peut-on dire: et je L'exalterai? Il lui dit: Il le faut néanmoins, et tout est une seule parole: et je L'exalterai en tout, afin d'inclure celui qui sait unifier le grand Nom saint, car cela est le service suprême du Saint, béni soit-Il.
Cela signifie que tel est l'essentiel du service d'Israël: inclure et unifier le Nom saint, en haut et en bas. Car, en vérité, du côté du Nom, même s'Il a attiré Sa lumière en haut, cela ne signifie pas, à Dieu ne plaise, qu'elle ne soit pas restée en bas, car toute la terre est remplie de Sa gloire; seulement, elle est au-dessus de la saisie de l'homme.
Et par le service de sa sagesse, l'homme peut aussi, de son côté, reconnaître l'existence du Nom dans sa saisie, même en bas; par cela il unifie et inclut le haut et le bas. Et cela est: Ceci est mon El et je Lui ferai une demeure.
Mon El (אלי) indique la force, selon: Il prit les puissants de la terre (Ezechiel 17,13). Et l'essentiel de la force est principalement attiré en l'homme par la connaissance qui illumina l'homme dans sa petitesse, lorsqu'il était encore privé de sagesse; de là il est reconnu qu'il est un sanctuaire et une habitation pour Sa lumière, béni soit-Il.
Et cela est: je Lui ferai une demeure, langage de demeure. Le Dieu de mon père est la connaissance que l'homme atteint par sa sagesse, car mon père est la sagesse.
À ce sujet il dit: et je L'exalterai en tout, afin d'inclure, etc.: par le service de l'homme dans sa sagesse, il peut aussi atteindre, dans toutes les choses de ce monde, comment Sa lumière, béni soit-Il, s'y trouve.
אמר אויב ארדוף אשיג אחלק שלל וגו' במדרש (קהלת א') זה היה ראוי להיות תחילת השירה אלא שאין מוקדם ומאוחר בתורה. והענין הוא כדכתיב (דברים ל״ב:כ״ז) לולא כעס אויב אגור פן ינכרו צרימו וגו' שהשי"ת הציב רצונו שעי"ז הניצוח יתעורר כל הישועה ואף שזה הניצוח טעם נמיך וקטן שכל גמר הישועה יתעורר רק ע"י ניצוח קטן זה אכן אחר שהשי"ת העריך והציב רצון זה שזה הניצוח יהיה היסוד מוסד שמזה יתעורר כל הישועה א"כ זה יסוד חזק מאוד כי מה נפקא מינה אם יסוד הישועה תלוי בשלשלת גדולה וכבידה של ברזל או אם תלוי' בחוט השערה אחר שרצונו ית' שתהי' תלוי' על זה החוט א"כ יש לזה החוט השיווי והכח כמו בהשלשלת של ברזל וזה כוונתם שזה הכתוב אמר אויב וגו' היה ראוי להיות תחילת השירה כיון שזה הניצוח הוא עיקר יסוד הישועה.
אכן שאין מוקדם ומאוחר בתורה שאף כי גמר הישועה מהרה תצמח מזה הניצוח לולא כעס אויב אגור אכן טרם גמר הישועה בשלימות הציב הש"י שחפץ בעבודת ישראל בכדי שיתראה שישראל פעלו הישועה ביגיע כפם בעבודת ה' אשר יעבודו וכן בזו הישועה מפני שאין מוקדם ומאוחר בתורה הציב השי"ת טעמים אחרים בהשירה שהישועה הוא ע"י פעולת ישראל ועבודתם שמכירים באורו ית'. אכן אחר שעומק רצון השי"ת הוא רק בטובת ישראל א"כ מדוע הציב השי"ת שכל התעוררות הישועה יהי' רק מזה הניצוח לולא כעס אויב אגור וגו' ע"ז נאמר קודם זה אשירה לה' כי גאה גאה וכתרגומי' דהאי קרא ארי אתגאה על גיותניא וגיאותא דילי' הוא.
היינו מזו ההכרה שישראל מכירין שגיאותא דילי' הוא כדאי' (תנחומא בהר) מכרתי העולם כולו לאברהם וכו' חזר והקנה אותה לי. וכן בעת צרה ח"ו ליעקב מצינו שבעת שיוסף הצדיק נאבד מאביו יעאע"ה עכ"ז לא הי' בו שום התרשלות ח"ו להתייאש מתקוה ולומר הואיל דאיטרוד מההוא עלמא ליזיל לתהני בהאי עלמא ולזה מצינו באלישע בן אבי' כאשר נדמה לו שלא תתקבל תשובתו אמר הואיל ואיטריד ההוא גברא מההוא עלמא ליפוק לתהני מהאי עלמא ואז נקרא אצל החכמים בשם "אחר" כדאי' (חגיגה נו"ו.) שזה השם רומז עליו שאינו מתדמה בפעולה זו לזרע יעקב ושמע מינה אחר הוא וכדאיתא (בית יעקב וישב ענין ג') כי זרע יעקב נמשכים תמיד אחר השי"ת בכל אשר יעבור עליהם ובכל התחלפות הזמנים כן לבל ירהבו עוז בנפשם מהטוב שחנן אותם השי"ת ביען שמכירים שהוא רק מכחו ית'.
וכן אם השי"ת יתנהג לפעמים עמהם בהסתר פנים אין בהם התרשלות ויאוש להתבטל בדעת רק הם נמשכים תמיד אחר השי"ת בכל אשר יסוב עליהם. ולכן יען שישראל דבוקים כ"כ ברצון הפשוט ית' לזה נחשב כל הניצוח של ישראל שזה עצמו הוא הניצוח של השי"ת ומי שמעיק ח"ו לישראל נחשב כאלו מעיק להשי"ת כביכול:
L'ennemi a dit: Je poursuivrai, j'atteindrai, je partagerai le butin, etc. (Exode 15,9).
Dans le Midrach (Kohelet Rabba 1), il est dit: Ce verset aurait dû être le début du chant, mais il n'y a ni avant ni après dans la Torah. La chose est comme il est écrit: N'était la colère de l'ennemi que Je redoute, de peur que leurs adversaires ne se méprennent, etc.
(Deutéronome 32,27). Le Nom a fixé Son vouloir de sorte que, par cette victoire, tout le salut s'éveille.
Et bien que cette victoire soit une raison basse et petite, que tout l'achèvement du salut ne s'éveille que par cette petite victoire, néanmoins, puisque le Nom a estimé et fixé ce vouloir, que cette victoire soit le fondement établi d'où s'éveillera tout le salut, ce fondement est donc très fort. Car quelle différence y a-t-il si le fondement du salut dépend d'une grande et lourde chaîne de fer ou s'il dépend d'un fil de cheveu?
Puisque Son vouloir, béni soit-Il, est qu'il depenne de ce fil, ce fil a donc la même valeur et la même force que la chaîne de fer. Telle est leur intention: ce verset, L'ennemi a dit, etc., aurait dû être le début du chant, puisque cette victoire est le fondement essentiel du salut.
Mais il n'y a ni avant ni après dans la Torah: bien que l'achèvement du salut doive germer rapidement de cette victoire, N'était la colère de l'ennemi que Je redoute, néanmoins, avant que le salut ne soit entièrement achevé, le Nom a fixé qu'Il désire le service d'Israël, afin qu'il paraisse qu'Israël a opéré le salut par le labeur de leurs mains dans le service du Nom qu'ils accomplissent. Et dans ce salut aussi, du fait qu'il n'y a ni avant ni après dans la Torah, le Nom a fixé dans le chant d'autres raisons: que le salut vient par l'action d'Israël et leur service, par lequel ils reconnaissent Sa lumière, béni soit-Il.
Mais puisque la profondeur du vouloir du Nom n'est que le bien d'Israël, pourquoi le Nom a-t-Il fixé que tout l'éveil du salut ne serait que de cette victoire: N'était la colère de l'ennemi que Je redoute, etc.? À ce sujet il est dit auparavant: Je chanterai pour ה', car Il est hautement élevé; et le Targoum de ce verset est: car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et la grandeur est Sienne.
Cela signifie: de cette connaissance qu'Israël reconnaît que la grandeur est Sienne, comme il est rapporté (Tan'houma Behar): J'ai vendu le monde entier à Abraham, etc.; il le rendit et Me l'acquit de nouveau. Ainsi, en un temps de détresse, à Dieu ne plaise, pour Yaakov, nous trouvons que lorsque Yossef le juste fut perdu pour son père, Yaakov Avinou, sur lui la paix, il n'y eut cependant en lui aucun relâchement, à Dieu ne plaise, qui le fit désespérer de l'espoir et dire: Puisque j'ai été chassé de ce monde-là, allons jouir de ce monde-ci.
Aussi trouvons-nous chez Elicha ben Avouya que, lorsqu'il lui sembla que son repentir ne serait pas reçu, il dit: Puisque cet homme a été chassé de ce monde-là, qu'il sorte jouir de ce monde-ci. Il fut alors appelé par les sages du nom d'Aher (Autre), comme il est rapporté dans le Talmud (Haguiga 15a).
Ce nom indique qu'il ne ressemble pas, dans cette action, à la descendance de Yaakov; et l'on en déduit: Aher est autre. Comme il est rapporté dans Beit Yaakov, Vayeshev, sujet 3: la descendance de Yaakov se tient toujours à la suite du Nom dans tout ce qui leur arrive et dans tous les changements des temps.
Ainsi, ils ne se donnent pas un orgueil de force par le bien que le Nom leur a accordé, car ils reconnaissent qu'il n'est que de Sa force, béni soit-Il. Et si parfois le Nom se conduit envers eux dans la dissimulation de la face, il n'y a chez eux ni relâchement ni désespoir qui annule l'esprit; ils se tiennent toujours à la suite du Nom dans tout ce qui les entoure.
C'est pourquoi, puisque Israël est ainsi attaché au vouloir simple, béni soit-Il, toute victoire d'Israël est considérée comme étant elle-même la victoire du Nom; et celui qui opprime Israël, à Dieu ne plaise, est considéré comme s'il opprimait le Nom, pour ainsi dire.
« Hachem régnera pour toujours et à jamais » : le Sod Yecharim rapporte de son grand-père que ce verset scelle la délivrance de chacun des quatre exils. L'exil d'Égypte en renferme le voilement, et la sortie en délivre : la Che'hina demeure avec Israël pour les protéger, sans avoir été chassée. Cette sortie est appelée un fœtus retiré du ventre d'une bête, car Israël repose dans l'asservissement et ne reconnaît pas le miracle. Dès que le cœur s'éclaire, le cri monte et le salut commence ; la lumière première, venue seulement de Son côté, se cache. À Mara, l'amer guérit l'amer : tout vient de la racine de Sa volonté.
Aussi : les nations ne reconnaissent pas l'orgueil du Nom, celui qui rabaisse son être le reconnaît ; l'aleph uni au zayin, illumination du Chabbat ; le cheval et le cavalier, rapidité et retenue, dans la sainteté et chez les nations
ה' ימלוך לעולם ועד. ביאר בזה כאאמו"ר הגה"ק זללה"ה שבזה הכתוב חתם השי"ת על הגאולה מכל הארבע גליות וכדאיתא בזוה"ק (ויקהל רט"ז:) דאע"ג דהות בגלותא השתא חירו אית לה מיומא דאינון קשרין במצרים אשתריאו וכו' ואי תימא והא בגלותא איהו והא אתתרכת לאו הכי אלא ודאי בגלותא איהו לדיירא עמהון דישראל ולאגנא עלייהו אבל לא אתתרכת וכו'.
היינו שלא יעלה על הדעת שח"ו אתתרכת כי אז לא היה מקום לתפלה ח"ו וסימנך ואשה גרושה מאשה לא יקחו וכדאי' (שם). והענין בזה כי בגלות מצרים היה נכלל ההסתר מכל הארבע גליות וכן בגאולת מצרים נגאלו מגודל ההסתר של כל הארבע גליות וכדאי' (שו"ט תהלים קי"ד) א"ר אבי בר אחא בשם רבי חנין מהו גוי מקרב גוי כאדם ששומט את העובר ממעי בהמה כך הוציא הקב"ה את ישראל ממצרים שנאמר גוי מקרב גוי כענין שנאמר והקרב והכרעים וכו'.
הענין שמכנה גלות מצרים למעי בהמה כי החילוק בין אדם לבהמה הוא כדאי' (ויק"ר י"ד) חיים וחסד עשית עמדי ופקודתך שמרה רוחי וכו' בהמה זו מהלכת רבוצה והולד נתון בתוך מעיה כמין שק והאשה זו מהלכת זקופה והולד נתון בתוך מעיה והקב"ה משמרו שלא יפול וימות הוי חיים וחסד עשית עמדי. היינו שבסוג האדם ניכר החיים והחסד שפקודתך שמרה רוחי אבל בבהמה אין זה החסד ניכר כלל יען שהולד מונח בה כמו בשק.
וכן הם כל ההתחלות שזה רומז ג"כ קרבן עומר שבא משעורים מאכל בהמה שרומז על שלילת ההכרה ולזה נרמז מה שהמשילו יציאת מצרים לעובר הנשמט ממעי בהמה ולא אמרו כעובר הנשמט ממעי אשה יען שאז לא היה לישראל הכרה בגודל הנס כי לבם היה בנייחא מהשעבוד שהיה להם במצרים ואף שהוא ההיפך מהסדר שהציב השי"ת בהבריאה כי לפי הסדר הוא שבעת אשר שלט האדם באדם אזי מתעוררים כל זכיותיו וצעקתו של הנרדף עולה ובוקע כל הרקיעים עד שמתעורר עליו זכות וכדאי' בזוה"ק (משפטים צ"ה:) עת אשר שלט האדם באדם לרע לו לרע לו ודאי וכו'. ובספר (עמוס ג') כה אמר ה' על שלשה פשעי מואב ועל ארבעה לא אשיבנו על שרפו עצמות מלך אדום לשיד.
הרי שאף באומות הציב השי"ת שלא ישלוט אדם באדם ומה שלפעמים אומה אחת מנצחת לחבירתה הוא מפני שיש בה איזה שלימות מה שאין זה באומה השני' ובכחה זה מתנצחת עלי' אבל בלתי זאת השלימות אין בכח שום אומה לנצח לחבירתה ולמשול עלי' רק לרע לה. וכן מנהג השי"ת בכל המדרגות מקטן ועד גדול.
וכאן בגלות מצרים היה ההסתר גובר ומתגדל כ"כ עד שישראל היו בנייחא מהשעבוד וכדאי' במכילתא (יתרו) שלא היה עבד יכול לברוח ממצרים והיינו שהיו מדמים בנפשם שטוב להם להיות עבדים במצרים מלהיות שר וחשוב במקום אחר ולכן נקרא זה הגלות בפרך (שמות א') שהיה נדמה להם שכל חיותן תלוי במצרים לכן נקרא יציאת מצרים כעובר הנשמט ממעי בהמה להורות על שלילת ההכרה שהי' להם אז שנדמה להם שאין חסר לנפשם שכן אנו רואים שכאשר רק האור להם השי"ת בלבם והרגישו שחסר להם ויזעקו וגו' נאמר מיד אח"ז ותעל שועתם אל הא-להים מן העבודה (שמות ב׳:כ״ג) ומאז התחיל בנין הישועה. אכן מפני שכל הארת הישועה היה אז רק מצד השי"ת לכן נעלם תיכף האור כי כן יסד המלך ה' שאור הראשון יתעלם מהאדם ועי"ז מתעורר באדם צעקה כי נשאתני ותשליכני ואח"ז הצעקה משיג האדם זה האור עצמו בקנין שנחשב שביגיע כפיו זכה לזה.
וזה וילכו שלשת ימים במדבר ולא מצאו מים ויבואו מרתה. היינו אחר שהכירו שאור הראשון לא היה מצדם כלל זה נקרא "מר" כענין שמצינו בחזקי' המלך כשאמר אליו ישעי' הנביא בשם ה' וגנותי על העיר הזאת להושיעה למעני ולמען דוד עבדי (מלכים ב כ׳:ו׳) אז אמר הנה לשלום מר לי מר (ישעיהו ל״ח:י״ז) וכדאיתא ע"ז (ברכות י') אפילו בשעה ששיגר לו הקב"ה שלום מר הוא לו:
'Le Nom régnera pour toujours et à jamais' (ה' ימלוך לעולם ועד). Mon grand-père et maître, le saint gaon de bienheureuse mémoire, expliqua que par ce verset le Saint béni soit-Il a scellé la délivrance de chacun des quatre exils.
Ainsi qu'il est rapporté dans le Zohar saint (Vayakhel 216b): 'Bien qu'Elle soit en exil, Elle est désormais libre, depuis le jour où les liens d'Égypte se sont défaits... Et si tu dis: Mais Elle est en exil, et Elle a été chassée?
Il n'en est pas ainsi; certes, Elle est en exil afin de demeurer avec Israël et de les protéger, mais Elle n'a pas été chassée...' C'est-à-dire qu'il ne doit pas monter à l'esprit, à D.ieu ne plaise, qu'Elle ait été chassée, car alors il n'y aurait, à D.ieu ne plaise, aucune place pour la prière. Ton signe en est: 'Ils ne prendront pas une femme divorcée de son mari' (Lévitique 21, 7), comme il est rapporté là-bas.
Le sens est que l'exil d'Égypte comprenait en lui le voilement de tous les quatre exils; de même, par la délivrance d'Égypte, ils furent délivrés du grand voilement de tous les quatre exils. Ainsi est-il rapporté dans le Midrach Shoher Tov sur les Psaumes (114): Rabbi Avi bar Aha dit au nom de Rabbi Hanin: Que signifie 'une nation du sein d'une nation' (Deutéronome 4, 34)?
De même qu'un homme retire le foetus du ventre d'une bête, ainsi le Saint béni soit-Il fit sortir Israël d'Égypte, comme il est dit: 'une nation du sein d'une nation', à l'image de ce qui est dit: 'les entrailles et les jambes...' (Lévitique 1, 9). Le sens est que l'exil d'Égypte est appelé le ventre d'une bête, car la différence entre l'homme et la bête est celle qu'enseigne Vayikra Rabba (14): 'Tu as agi envers moi avec vie et grâce, et Ta sollicitude a gardé mon esprit...' La bête marche couchée et le petit repose dans son ventre comme dans un sac; mais la femme marche droite, et le petit repose dans son ventre, et le Saint béni soit-Il le garde afin qu'il ne tombe pas et ne meure pas.
Voilà: 'Tu as agi envers moi avec vie et grâce.' C'est-à-dire que, dans l'espèce humaine, la vie et la grâce sont reconnaissables: 'Ta sollicitude a gardé mon esprit'; tandis que dans la bête, cette grâce n'est nullement reconnaissable, car le petit y est posé comme dans un sac. Il en est ainsi de tous les commencements; c'est aussi l'allusion de l'offrande du omer, qui vient de l'orge, nourriture de bête, et allude à l'absence de reconnaissance.
C'est pourquoi ils ont comparé la sortie d'Égypte à un foetus retiré du ventre d'une bête, et non à un foetus retiré du ventre d'une femme: alors Israël ne reconnaissait pas la grandeur du miracle, car leur cœur était en repos dans l'asservissement qu'ils avaient en Égypte. Et cela était l'inverse de l'ordre que le Saint béni soit-Il a établi dans la création: selon cet ordre, lorsqu'un homme domine un autre homme, tous ses mérites s'éveillent, et le cri de l'opprimé monte et perce tous les firmaments, jusqu'à ce qu'un mérite s'éveille en sa faveur.
Comme il est rapporté dans le Zohar saint (Mishpatim 95b): 'Un temps où l'homme domine l'homme, à son détriment': certainement à son détriment... Il est dit dans le livre d'Amos: 'Ainsi parle le Nom: À cause de trois crimes de Moab, et de quatre, Je ne le révoquerai pas, parce qu'il a brûlé les os du roi d'Edom pour en faire de la chaux' (Amos 2, 1).
Voici que même parmi les nations, le Saint béni soit-Il a établi qu'un homme ne domine pas un autre homme. Si parfois une nation l'emporte sur sa compagne, c'est parce qu'elle possède quelque perfection que l'autre nation ne possède pas, et par cette force elle l'emporte sur elle.
Mais sans cette perfection, aucune nation n'a la force de vaincre sa compagne et de dominer sur elle, sinon à son détriment. Telle est aussi la conduite du Saint béni soit-Il dans tous les degrés, du plus petit au plus grand.
Or, ici, dans l'exil d'Égypte, le voilement dominait et croissait tant qu'Israël était en repos dans l'asservissement. Ainsi est-il rapporté dans la Mekhilta (Yitro): aucun esclave ne pouvait fuir l'Égypte.
C'est-à-dire qu'ils s'imaginaient qu'il était meilleur pour eux d'être esclaves en Égypte que d'être princes et considérés ailleurs. C'est pourquoi cet exil est appelé 'un travail écrasant' (בפרך; Exode 1), car il leur semblait que toute leur vie dépendait de l'Égypte.
Aussi la sortie d'Égypte est-elle appelée un foetus retiré du ventre d'une bête: afin d'indiquer l'absence de reconnaissance qu'ils avaient alors, puisqu'il leur semblait que leur âme ne manquait de rien. Car nous voyons que, dès que le Saint béni soit-Il illumina leur cœur et qu'ils sentirent ce qui leur manquait, 'ils crièrent...', il est dit aussitôt après: 'Leur clameur monta vers Elokim, du travail' (Exode 2, 23).
Dès lors commença l'édification du salut. Toutefois, puisque toute l'illumination du salut venait alors seulement du côté du Saint béni soit-Il, la lumière disparut aussitôt.
Car ainsi le Roi, le Nom, a établi que la lumière première se cache à l'homme; et par cela s'éveille en l'homme le cri: 'Tu m'as soulevé et Tu m'as jeté.' Après ce cri, l'homme atteint cette même lumière comme une acquisition, et il est considéré qu'il l'a méritée par le labeur de ses mains. C'est le sens de: 'Ils marchèrent trois jours dans le désert et ne trouvèrent pas d'eau; ils arrivèrent à Mara' (Exode 15, 22-23).
C'est-à-dire: après avoir reconnu que la lumière première ne venait nullement d'eux, cela est appelé 'amer', comme nous le trouvons chez le roi Hezekias: lorsque le prophète Isaie lui dit au nom du Nom: 'Je défendrai cette ville pour la sauver, à cause de Moi et à cause de David Mon serviteur' (II Rois 20, 6), il dit alors: 'Voici, pour la paix, amertume pour moi, amertume' (Isaie 38, 17). Ainsi est-il rapporté à ce propos dans Berakhot (10a): même à l'heure où le Saint béni soit-Il lui envoyait la paix, elle était amère pour lui.
ויורהו ה' עץ איתא ע"ז בתנחומא (בשלח כ"ד ובמכילתא בשלח) חד אמר זית היה וחד אמר וכו' מ"מ מר היה בא וראה כמה מופלאין דרכיו של הקב"ה וכו' במר מרפא את המר. היינו שהראה להם הכרה מפורשת בהשורש ואחר שהכירו איך שהכל הוא מהשורש רצונו ית' אז הבינו שאין שום מר ורק הכל לטובה:
'Le Nom lui montra un arbre.' Il est rapporté à ce propos dans Tan'houma (Beshallah 24) et dans la Mekhilta sur Beshallah: l'un dit que c'était un olivier, l'autre dit... Quoi qu'il en soit, il était amer.
Viens et vois combien les voies du Saint béni soit-Il sont merveilleuses: par l'amer, Il guérit l'amer. C'est-à-dire qu'Il leur montra une reconnaissance explicite de la racine; et après avoir reconnu comment tout vient de la racine de Sa volonté bénie, ils comprirent qu'il n'y avait aucun amer, mais que tout était pour le bien.
אז ישיר משה וגו' אשירה לה' כי גאה גאה. ומתרגמינן ארי אתגאה על גותניא וגיאותא דיליה הוא.
היינו שאומות מדמים שהוייתם בהכרח לכן אין בכחם להכיר ולראות גיאות ה' שהשי"ת הוא נבדל ואף שבאמת גם בהם מנהג השי"ת בעומק על ידם כפי רצונו ית' אכן עליהם נאמר (תהלים ק"מ) ירומו סלה שההנהגה שמתנהג על ידם הוא למעלה מדעתם וזה ארי אתגאה על גותניא שהם אין מכירים גיאות ה'. וגיאותא דיליה הוא היינו מי הוא המכיר גיאות ה' שהוא נבדל מאן דמאיך גרמי' למשרי עליה גיאותא דקב"ה וזה גיאותא דיליה הוא:
'Alors Moché chanta...' 'Je chanterai au Nom, car Il S'est élevé, oui S'est élevé' (Exode 15, 1). Le Targoum traduit: 'Car Il S'est élevé au-dessus des orgueilleux, et l'orgueil est à Lui.' Les nations s'imaginent que leur existence est nécessaire; aussi ne peuvent-elles reconnaître ni voir l'orgueil du Nom, à savoir que le Saint béni soit-Il est distinct.
Certes, en vérité, le Saint béni soit-Il agit aussi en profondeur par leur entremise, selon Sa volonté bénie; mais à leur sujet il est dit: 'Ils seront élevés à jamais' (Psaumes 140), car la conduite qui se réalise par leur entremise est au-dessus de leur connaissance. C'est le sens de: 'Car Il S'est élevé au-dessus des orgueilleux': ils ne reconnaissent pas l'orgueil du Nom. 'Et l'orgueil est à Lui', c'est-à-dire: qui est celui qui reconnaît l'orgueil du Nom, qu'Il est distinct?
Celui qui rabaisse son propre être afin que l'orgueil du Saint béni soit-Il repose sur lui. Tel est le sens de: 'et l'orgueil est à Lui.'
עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה. עזי היינו שיש לישראל כל התקיפות כמו שאנו אומרים אבל אנחנו עמך בני בריתך וכו'.
וזמרת יה היינו כשמראה השי"ת רצונו שישראל יצמצמו א"ע אז הם מוכנים כרגע לצמצם א"ע כמו שאנו אומרים מה אנו מה חיינו וכו' וזה עזי וזמרת יה שמאלו השנים שנמצא כל התקיפות בלב ישראל וגם כל הצמצומים זה לנו לישועה:
'Ma force et mon chant est Yah, et Il fut pour moi un salut' (Exode 15, 2). 'Ma force' signifie qu'Israël possède toute la fermeté, comme nous le disons: 'Mais nous sommes Ton peuple, les fils de Ton alliance...' 'Et mon chant est Yah' signifie que, lorsque le Saint béni soit-Il montre Sa volonté qu'Israël se restreigne lui-même, ils sont prêts à se restreindre à l'instant, comme nous disons: 'Que sommes-nous? Quelle est notre vie?...' C'est le sens de 'Ma force et mon chant est Yah': ces deux choses, toute la fermeté qui se trouve dans le cœur d'Israël et aussi toutes les restrictions, sont pour nous un salut.
אז ישיר משה ובני ישראל את השירה הזאת לה' וגו'. בזוה"ק (בשלח נ"ד).
וכד אתחבר נהירו דא' ומטו לז' מאן זיין דא חרב לה' מלאה דם כדין עביד נסין וגבורן בגין דאתחבר א' עם ז' ודא הוא שירתא וכו'. הענין בזה כדאי' (ר"ה ל"א) בראשון מה היו אומרים לה' הארץ ומלואה על שם שקנה והקנה ושליט בעולמו.
שלא הי' ניכר עוד שום התחלקות בהמדות וכדאי' בזהר חדש (בראשית י"א) יומא קדמאה אזיל עם כלהו וכולהו בגין לאחזאה דלאו בהו פרודא וכולהו חד וכו' כי כל ההתחלקות התחיל בשני כדאיתא בש"ס (שם) בשני מה היו אומרים גדול ה' ומהולל מאוד על שם שחילק מעשיו ומלך עליהם וכדכתיב (דבה"י א' כ"ט) לך ה' הגדולה והגבורה וגו' והעולה מזה הוא לך ה' הממלכה שכל התחלקות המדות הציב השי"ת שעי"ז יהיה הכרה לאדם שהשי"ת הוא למעלה מהמדות כולן וכדאי' בתקונים (הקדמה שניה) לבושין תקינת לון דמנייהו פרחין נשמתין לבני נשא וכו' ואנת לית לך שם ידיע וכו' ולאו מכל אלין מדות כלל. והארה זו נקראת הארת שבת שנקרא מלכות שמים כי בהארת שבת ניכר מפורש שהשי"ת הוא משולל מכל המדות שאי אפשר לומר שעיקר שכינתו ית' הוא במדת החסד אחר שנמצא מדת הגבורה שנראה לגמרי ההיפך ממדת החסד מאי משמע מאלו ההפכיים שבאמת הוא השי"ת משולל מכל המדות ושם אין שום הפכיים כי כולם מתאחדים.
אבל בלתי הארת שבת הם כל המדות נפרדים וזה דאי' בזוה"ק (בראשית כ"ב) כד מטי לעלמא דפרודא דאיהו עולם הנבדלים אמר אומנא למארי בנינא נעשה אדם. היינו יען שהמדות נפרדים לזה צריכין לצורת אדם שיכיר בהם אחדותן שבשורש ובזה יעמידם בחזרה לשורש אחדותן וזה הארת שבת.
ומה שאיתא (קהלת רבה א') ז' הבלים שאמר קהלת כנגד ז' ימי בראשית וכו' בשבת מה אית לך למימר מחללי' מות יומת וכו' היינו שמצד גודל התעלות של יום השבת כמה דאמרינן ביום השביעי נתעלה וישב על כסא כבודו נדמה לעכו"ם שח"ו עזב ה' את הארץ ויוכלו להתפשט בכל תאות לבם וכדאי' (מגילה י"ב:) יום השביעי שבת הי' שישראל אוכלין ושותין מתחילין בד"ת ובדברי תשבחות אבל אוה"ע שאוכלים ושותים אין מתחילין אלא בדברי תפלות. הרי נשמע מזה שיומא גרם גודל הסתר לעכו"ם מצדם עד שנדמה להם שיש ח"ו פירוד וחלל מאורו ית' עד הבריאה וע"ז נאמר מחללי' מות יומת וזה מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם כי מצדם נראה חלל ופירוד בין המדות.
אבל ישראל אוכלין ושותין ומתחילין בד"ת ותשבחות יען שהם מצדם מכירים באור הנעלה שבזה היום השבת שהוא כענין שנאמר (איוב ל״ט:ל׳) ובאשר חללים שם הוא שבמקום שנראה ח"ו כחלל שם שוכן השי"ת בבחינת הוא הרומז לעלמא עלאה כדאי' בזוה"ק (ויצא קנ"ח:) נמצא שמצד ישראל אין שום פירוד וחלל אף אחר שחילק מעשיו אך אז מכירין עוד ביותר שורש אחדותו ית'. ויען שישראל מכירין אף אחר כל ההתחלקות שה' אחד לכן אומר עליהם השי"ת שהם כבוד מלכותו ית' וזה כד אתחבר נהירו דא' ומטי לז' וכו' כדין עביד נסין וגבוראן בגין דאתחבר א' עם ז' ודא הוא שירתא היינו שישראל בוקעים כל ההתחלקות עד שעומדים נכח השי"ת פב"פ.
אשירה לה' כי גאה גאה ומתרגמינן ארי אתגאי על גותניא וגיאותא דיליה הוא. היינו מי שמתגאה בנפשו לדמות שכבודו ית' נצרך להוייתו כדי שיקבל כבוד ממנו אז מראה לו השי"ת שכבודו במקומו מונח אף בלעדו וממילא מגיע לו מזה התבטלות וזה ארי אתגאי על גותניא שעל המתגאים נאמר (ישעיהו כ״ו:י׳) ובל יראה גאות ה'.
אבל על ישראל אומר השי"ת וגיאותא דיליה הוא שהם לבושים וכלי פעולה לרצונו ית':
'Alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent ce cantique au Nom...' Le Zohar saint dit (Beshallah 54a): 'Lorsque la lumière de aleph s'unit et parvient à zayin, qu'est donc zayin? L'épée du Nom, pleine de sang.
Alors Il accomplit miracles et prouesses, parce que aleph s'est uni à zayin; et tel est le cantique...' Le sens en est ce qui est rapporté dans Roch Hachana (31a): Le premier jour, que disaient-ils? 'Au Nom est la terre et ce qu'elle contient' (Psaumes 24, 1), parce qu'Il a acquis, fait acquérir et régné dans Son monde. Aucune division entre les attributs n'était encore reconnaissable.
Ainsi est-il dit dans le Zohar 'Hadach (Bereshit 11): 'Le premier jour va avec tous, et tous, afin de montrer qu'il n'y a pas en eux de séparation et qu'ils sont tous un...' Toute la division commença le deuxième jour, comme il est rapporté dans le Talmud: Le deuxième jour, que disaient-ils? 'Grand est le Nom et très louable' (Psaumes 48, 2), parce qu'Il divisa Ses œuvres et régna sur elles. Il est écrit: 'À Toi, Nom, la grandeur, la puissance...' (I Chroniques 29, 11); et ce qui en résulte est: 'À Toi, Nom, la royauté.' Le Saint béni soit-Il a établi toute division des attributs afin que l'homme reconnaisse par elle que le Saint béni soit-Il est au-dessus de tous les attributs.
Ainsi est-il dit dans les Tikounim (Seconde introduction): 'Tu leur as établi des vêtements, desquels les âmes s'envolent vers les fils des hommes... et Toi, Tu n'as aucun nom connu... et Tu n'es aucun de tous ces attributs.' Cette illumination est appelée l'illumination du Chabbat, qui est appelée la royauté des cieux. Car dans l'illumination du Chabbat, il est explicitement reconnaissable que le Saint béni soit-Il est dépouillé de tous les attributs: on ne peut dire que l'essentiel de Sa Présence bénie réside dans l'attribut de bonté, puisqu'il existe l'attribut de rigueur, qui paraît entièrement l'inverse de l'attribut de bonté.
Que signifient donc ces contraires? En vérité, le Saint béni soit-Il est dépouillé de tous les attributs; là, il n'y a aucun contraire, car tous s'unissent.
Mais sans l'illumination du Chabbat, tous les attributs sont séparés. C'est le sens de ce qui est dit dans le Zohar saint (Bereshit 22a): 'Lorsqu'il parvint au monde de la séparation, qui est le monde des êtres distincts, l'artisan dit au maître de l'ouvrage: Faisons l'homme.' C'est-à-dire que, puisque les attributs sont séparés, il faut la forme de l'homme pour reconnaître leur unité dans la racine, et par elle les ramener à la racine de leur unité.
Tel est l'éclairage du Chabbat. Et ce qui est rapporté dans Qohelet Rabba (1): les sept vanités que Qohelet a dites correspondent aux sept jours de la création...
Que peux-tu dire du Chabbat? 'Celui qui le profane sera mis à mort' (Exode 31, 14). C'est-à-dire qu'en raison de la très grande élévation du jour du Chabbat, comme nous disons: 'Le septième jour, Il S'éleva et S'assit sur le trône de Sa gloire', les idolâtres s'imaginent, à D.ieu ne plaise, que le Nom a abandonné la terre et qu'ils peuvent se répandre selon tous les désirs de leur cœur.
Ainsi est-il rapporté dans Meguila (12b): le septième jour était le Chabbat; Israël mangeait et buvait, puis commençait par des paroles de Torah et de louanges, tandis que les nations mangeaient et buvaient et ne commençaient que par des paroles d'indécence. Il ressort de cela que ce jour causait lui-même un si grand voilement aux idolâtres, de leur côté, qu'il leur semblait, à D.ieu ne plaise, qu'il y avait une séparation et un vide de Sa lumière bénie jusqu'à la création.
C'est à ce sujet qu'il est dit: 'Celui qui le profane sera mis à mort.' Et tel est le sens de: 'Qu'est zayin? L'épée du Nom, pleine de sang'; car de leur côté apparaît un vide et une séparation entre les attributs.
Mais Israël mange et boit, puis commence par des paroles de Torah et de louanges, car de leur côté ils reconnaissent la lumière élevée qui est dans ce jour du Chabbat. C'est semblable à ce qui est dit: 'Là où sont les corps sans vie, là est-Il' (Job 39, 30): dans le lieu qui paraît, à D.ieu ne plaise, comme un vide, le Saint béni soit-Il demeure sous l'aspect de 'Il' (הוא), qui allude au monde supérieur, comme il est rapporté dans le Zohar saint (Vayetse 158b).
Il s'ensuit que, du côté d'Israël, il n'y a ni séparation ni vide, même après qu'Il a divisé Ses œuvres; mais alors ils reconnaissent davantage encore la racine de Son unité bénie. Et parce qu'Israël reconnaît, même après toutes les divisions, que le Nom est Un, le Saint béni soit-Il dit d'eux qu'ils sont la gloire de Sa royauté bénie.
Tel est le sens de: 'Lorsque la lumière de aleph s'unit et parvient à zayin... alors Il accomplit miracles et prouesses, parce que aleph s'est uni à zayin; et tel est le cantique.' C'est-à-dire qu'Israël perce toutes les divisions jusqu'à se tenir devant le Saint béni soit-Il face à face. 'Je chanterai au Nom, car Il S'est élevé, oui S'est élevé'; le Targoum traduit: 'Car Il S'est élevé au-dessus des orgueilleux, et l'orgueil est à Lui.' C'est-à-dire: celui qui s'enorgueillit et s'imagine que Sa gloire bénie a besoin de son existence afin d'en recevoir de la gloire, le Saint béni soit-Il lui montre que Sa gloire demeure en son lieu même sans lui; il en arrive alors nécessairement à l'annulation de soi. Tel est le sens de: 'Car Il S'est élevé au-dessus des orgueilleux'; au sujet des orgueilleux il est dit: 'Il ne voit pas l'orgueil du Nom' (Isaie 26, 10).
Mais au sujet d'Israël, le Saint béni soit-Il dit: 'Et l'orgueil est à Lui', car ils sont des vêtements et des instruments d'action pour Sa volonté bénie.
סוס ורוכבו רמה בים. ביאר בזה אאזמו"ר הגה"ק זללה"ה (מי השלוח בשלח) סוס רומז על מהירות והתפשטות.
ורוכבו רומז על ישוב הדעת המצמצם את הסוס שלא ירוץ. ואלו הכחות נמצאים גם בקדושה סוס דקדושה הוא כענין דאיתא במדרש (שיר השירים א׳:ט׳) לסוסתי ברכבי פרעה וכו' מהיכן הטיסן הקב"ה וכו' מבין גלגלי המרכבה שמטן הקב"ה והטיסן על הים וכמ"ש במדרש והובא בילקוט (מלכים ב' רמז רמ"ד) אמר הקב"ה ומה בשכר פסיעות ששלמתי לאותו רשע שרץ אחר כבודי אתה תמה כשאני משלם שכר לאברהם ליצחק וליעקב שרצו לפני כסוסים על אחת כמה וכמה.
היינו שהיו מבטלים כל דעתם ובחירתם לגמרי להשי"ת וזה נקרא סוס דתפארת בזוה"ק (פנחס רכ"ח:) וכן יש חמור דקדושה כדאיתא בזוה"ק (ויחי רמ"ב:) יששכר חמור גרם וכו' דלא חייש ליקרא דיליה אלא ליקרא דמאריה. וכדכתיב (זכריה ט׳:ט׳) עני ורוכב על חמור.
ובש"ס (סנהדרין צ"ח) א"ל שבור מלכא לשמואל אמריתו משיח על חמרא אתי אישדר ליה סוסיא ברקא דאית לי א"ל מי אית לך בר חיור גווני. רומז בזה שאף שבתפיסת עוה"ז אין שום מקום לגוונים בחיור אכן בעתיקא יתכן אף בחיור גוונים וזה אמר לו שמואל מי אית לך בר חיור גווני כי אצל העכו"ם הוא בחינת סוס וחמור רק זדון ובהלה מהירות בלי דעת כדכתיב בהו (יחזקאל כ״ג:כ׳) אשר בשר חמורים בשרם וזרמת סוסים זרמתם כי מזה שהשר שלהם שהוא בחי' רוכב סוס עומד למעלה בגודל התבטלות מסתעף מהאחורים שלו שהאומה שתחת ממשלתו הם לגמרי בלא דעת רק בהלה וזדון:
'Le cheval et son cavalier, Il les a jetés dans la mer' (Exode 15, 1). Mon arrière-grand-père et maître, le saint gaon de bienheureuse mémoire, l'expliqua ainsi dans Mei HaShiloah, sur Beshallah: le cheval allude à la rapidité et à l'expansion; son cavalier allude à la présence d'esprit qui restreint le cheval pour qu'il ne coure pas.
Ces forces se trouvent aussi dans la sainteté. Le cheval de sainteté est à l'image de ce qui est dit dans le Midrach (Cantique des cantiques 1, 9): 'À ma jument parmi les chars de Pharaon...' D'où le Saint béni soit-Il les fit-Il voler?...
Il les prit d'entre les roues du Char, et les fit voler au-dessus de la mer. Il est aussi écrit dans le Midrach, rapporté dans le Yalkout (II Rois, allusion 244): Le Saint béni soit-Il dit: Si tu t'étonnas de ce que J'ai payé à ce méchant le salaire de ses pas, lui qui courut après Ma gloire, alors, lorsque Je paie le salaire d'Abraham, d'Its'hak et de Yaakov, qui coururent devant Moi comme des chevaux, à plus forte raison.
C'est-à-dire qu'ils annulaient entièrement leur connaissance et leur libre choix devant le Saint béni soit-Il. Cela est appelé dans le Zohar saint (Pinhas 228b) le cheval de Tiferet.
Il y a aussi l'âne de sainteté, comme il est dit dans le Zohar saint (Vayehi 242b): 'Issakhar est un âne aux os puissants...', lui qui ne se soucie pas de son propre honneur, mais de l'honneur de son maître. Il est écrit: 'Pauvre et monté sur un âne' (Zacharie 9, 9).
Dans le Talmud (Sanhédrin 98a), le roi Shapour dit à Samuel: Vous dites que le Messie vient sur un âne; je lui enverrai un cheval rapide que j'ai. Il lui dit: As-tu un [cheval] blanc de plusieurs couleurs?
Cela allude au fait que, même s'il n'y a aucune place, dans la perception de ce monde, pour des couleurs dans le blanc, dans Atika (l'Ancien, niveau supérieur) des couleurs sont possibles même dans le blanc. C'est ce que Samuel lui dit: As-tu un blanc de plusieurs couleurs?
Car, chez les idolâtres, le cheval et l'âne ne sont que malice et affolement, rapidité sans connaissance, comme il est écrit à leur sujet: 'Leur chair est chair d'ânes, et leur émission est émission de chevaux' (Ezechiel 23, 20). En effet, parce que leur prince, qui est l'aspect du cavalier de cheval, se tient en haut dans une grande annulation de soi, de son arrière se ramifie que la nation soumise à sa domination est entièrement sans connaissance, rien que affolement et malice.
עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה. עזי הוא מלשון תקיפות ועוז שכל תקיפת ישראל הוא מזה שכל השלימות מהבריאה הוא ביד השי"ת כדכתיב (ישעי' כ"ו) בטחו בה' עדי עד כי ביה ה' צור עולמים.
וזה וזמרת יה שלא נגמר עוד הבריאה בשלימות ורק שמקושרת עוד בהשם י"ה ומזה שהשי"ת לא עזב מידו שום דבר נמשך כל הבטוחות. וזה דאי' בהאר"י הק' (פע"ח שער ספירת העומר) שהשמירה מימי הספירה הם האותיות הקודמים לשם א-להי"ם שהם אכדט"ס בגמטריא ע"ד:
'Ma force et mon chant est Yah, et Il fut pour moi un salut.' 'Ma force' est une expression de fermeté et de puissance: toute la force d'Israël provient de ce que toute la perfection de la création est dans la main du Saint béni soit-Il, comme il est écrit: 'Ayez confiance dans le Nom à jamais, car en Yah, ה', est le Rocher des mondes' (Isaie 26, 4). Et 'mon chant est Yah' signifie que la création n'est pas encore achevée dans sa perfection, mais qu'elle est encore liée au Nom Yah.
Et de ce que le Saint béni soit-Il n'a rien laissé échapper de Sa main découle toute assurance. Ainsi est-il dit au nom du saint Ari (Rabbi Its'hak Louria), dans Pri Ets Haim, Porte du compte du omer: la protection des jours du compte est [formée par] les lettres précédant le nom Elokim, qui sont אכדט"ס, de valeur numérique soixante-quatorze.
« Qui est comme Toi parmi les puissances, Hachem ? » se lit « parmi les muets » : le Sod Yecharim y voit la force de Se voiler, et dans « majestueux en sainteté » la force de montrer une connaissance explicite. À la sortie d'Égypte il apparaît que l'union avec Israël n'a jamais cessé, même dans le voilement : sinon Il aurait pu choisir une autre nation. L'attachement des pères demeure caché ; la sortie le fait passer à la révélation, et les quatre délivrances y sont scellées. Israël dit alors : « Hachem régnera pour toujours et à jamais », afin que cette union demeure reconnaissable à jamais.
Aussi : le chant, reconnaissance de la racine d'unité des sept attributs et gloire céleste englobée en Israël ; force et contraction venues du Nom Yah ; Pharaon annulé quand l'union de la prière se révèle
מי כמוך באלים ה' מי כמוך נאדר בקודש נורא תהלות עושה פלא. מי כמוך באלים באלמים (גיטין נ"ו):) היינו שיהי' בכחו גודל התאפקות להעלים ולהסתיר א"ע כ"כ.
מי כמוך נאדר בקודש אדיר היינו מפורש מי הוא שבכחו להראות הכרה מפורשת כמו שהראה השי"ת בישועה זו שמעולם לא היה שום הפסק מהחיבור מאור השי"ת לישראל ואף בגודל ההעלם שבגלות מצרים וכדכתיב אנכי ה' א-להיך מארץ מצרים (הושע י"ב י"ג) ואף שנאמר אנכי ה' א-להיך אשר הוצאתיך מארץ מצרים. אכן הכונה שביציאת מצרים נתגלה שגם למפרע בעודם במצרים היה השי"ת שוכן בישראל ומעולם לא נפסק הכריתת ברית אבות מישראל אף בהיותם בגודל הסתר גלות מצרים כי אם היה נפסק ח"ו החיבור אף רגע ואך שאח"ז ביציאתם ממצרים בחר בהם השי"ת עוד הפעם מחדש א"כ מדוע בחר רק בישראל הלא היה יכול לבחור באומה אחרת מוכח מזה שבאמת מעולם לא נפסק החיבור והתקשרות והכריתת ברית שהתקשר השי"ת עם אבותינו הקדושים אף בגודל ההעלם בגלות מצרים ורק שאז היה ההתקשרות בהעלם ובצאת ישראל ממצרים נתגלה זה החיבור מהעלם אל הגילוי ואז נתראה מפורש שבאמת אף קודם זה לא נסוגו ישראל אף רגע מאור השי"ת.
וזה דאיתא בזוה"ק (ויקהל רט"ז:) ובההוא שעתא קיימא ואתפרקת ארבע גאולות בההוא יציאת מצרים וכו' למהוי ארבע גאולות אלין בקיומא תקיף בחותמא תקיף דגושפנקא דמלכא וכו'. היינו שביציאת מצרים נתגלה שבאמת יצאה הנקודה של ישראל לחירות מכל הארבע גליות וכל התפלות שמתפללין עוד על הגאולה הוא רק שיושיע השי"ת שיתברר זה החירות לעיני כל עד שיהיה ניכר אף על הלבוש.
ואז שהיה התגלות מפורש מהחיבור שהשי"ת שוכן תמיד בישראל אף בכל ההסתרות אז אמרו ה' ימלוך לעולם ועד היינו שיהיה ניכר זה החיבור בתפיסת ישראל לעולמי עד:
Qui est comme Toi parmi les puissances, ה'? Qui est comme Toi, majestueux en sainteté, redoutable en louanges, accomplissant des prodiges?
Qui est comme Toi parmi les muets (באלמים, Gittin 56b)? C'est-à-dire: qui a la force d'une si grande retenue, de se voiler et de se cacher Lui-même à ce point?
Qui est comme Toi, majestueux en sainteté: אדיר (adir, puissant) signifie qu'il est manifeste qui est Celui qui a la force de montrer une connaissance explicite, comme le Saint, béni soit-Il, l'a montrée dans cette délivrance: jamais il n'y eut aucune interruption de l'union entre la lumière du Saint, béni soit-Il, et Israël, même dans le grand voilement de l'exil d'Égypte. Comme il est écrit: "Je suis ה' ton Elokim depuis le pays d'Égypte" (Osée 12,13); bien qu'il soit aussi dit: "Je suis ה' ton Elokim qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte" (Exode 20,2).
Mais l'intention est que, lors de la sortie d'Égypte, il fut révélé que, rétroactivement aussi, tandis qu'ils étaient encore en Égypte, le Saint, béni soit-Il, résidait en Israël; jamais l'alliance conclue avec les pères ne fut interrompue pour Israël, même dans le grand voilement de l'exil d'Égypte. Car si, à Dieu ne plaise, l'union avait été interrompue ne serait-ce qu'un instant, et qu'ensuite, à leur sortie d'Égypte, le Saint, béni soit-Il, les eût choisis de nouveau, pourquoi aurait-Il choisi Israël seul?
Il pouvait choisir une autre nation. Il est donc prouvé qu'en vérité l'union, l'attachement et l'alliance que le Saint, béni soit-Il, avait conclus avec nos saints pères ne furent jamais interrompus, même dans le grand voilement de l'exil d'Égypte; seulement, alors, l'attachement était caché.
Lorsque Israël sortit d'Égypte, cette union passa du voilement à la révélation; alors il fut manifeste qu'en vérité, même auparavant, Israël ne s'était pas écarté un instant de la lumière du Saint, béni soit-Il. C'est ce qui est dit dans le Zohar saint (Vayakhel 216b): "En ce moment, elle se tient et elle est délivrée: quatre délivrances dans cette sortie d'Égypte... afin que ces quatre délivrances subsistent dans une existence ferme, par le sceau ferme du cachet du Roi..." C'est-à-dire qu'à la sortie d'Égypte il fut révélé que le point d'Israël était vraiment sorti à la liberté de tous les quatre exils.
Toutes les prières encore faites pour la délivrance ne demandent que ceci: que le Saint, béni soit-Il, fasse apparaître cette liberté aux yeux de tous, jusqu'à ce qu'elle soit reconnaissable même sur le vêtement. Alors, lorsqu'il y eut une révélation manifeste de l'union, que le Saint, béni soit-Il, réside toujours en Israël, même dans tous les voilements, ils dirent: "ה' règnera pour toujours et à jamais" (Exode 15,18), c'est-à-dire que cette union sera reconnaissable dans la saisie d'Israël à tout jamais.
אז ישיר משה וגו'. בזוה"ק (בשלח נ"ד) וכד אתחבר נהירו דא' ומטי לז' מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם כדין עביד נסין וגבוראן בגין דאתחבר אל"ף עם זיי"ן ודא הוא שירתא.
כי השבע מדות בהתרחקם מהשורש המה בפירוד וזה מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם ונקראו עלמא דפרודא. ועיקר שלימות מהמדות הוא רק כשיש הכרה בשורש אחדותן וכדאיתא בזוה"ק (בראשית כ"ב.) כד מטי לעלמא דפרודא דאיהו עולם הנבדלים אמר אומנא למארי בנינא נעשה אדם.
כי ע"י ההכרה של הצורת אדם מתאחדין בחזרה כל המדות בשורש אחדותן וזה כד אתחב נהירו דא' ומטי לז' וכו' ודא הוא שירתא היינו כשיש הכרה בז' מדות בשורש אחדותו ית' זו ההכרה עצמה הוא עיקר השירה כי ענין שירה הוא הכ"ש שמתפשט מצד פרט זו הבריאה ומי שמכיר בשורש האחדות של כל הבריאה יוכל לומר שירה יען כי הוא כולל הכ"ש המתפשט מכל הבריאה כגוונא דמצינו ביהושע שאמר שמש בגבעון דום (יהושע י') ודרשו ע"ז בתנחומא (אחרי ובפרש"י ז"ל ביהושע) שאמר דום מלומר שירה ואני אומר שירה תחתיך היינו שהראה להשמש שהוא כולל כל הכ"ש המתפשט מהליכת השמש ממילא לא היה שום מקום להילוך השמש. כן היה ענין השירה של ישראל כי המצרים היו כוללים כל האומות כדאי' בזוה"ק (שמות ו'.) כד עאלו ישראל בגלותא דמצרים מיד הוה קימה למצרים ואתתקף שולטנותא דלהון לעילא על כל שאר עמין וכו'.
וכשנצחו ישראל את המצרים נתברר בזה שהכ"ש שמתפשט מכל העמים כולם נכלל רק בישראל וזה הוא שירת ישראל:
Alors Moché chanta, etc. Dans le Zohar saint (Beshallah 54a): "Lorsque la lumière du aleph s'unit et atteint le zayin, quel est ce zayin?
Une épée pour ה', pleine de sang; alors Il accomplit miracles et puissances, parce que le aleph s'est uni au zayin. Et ceci est le chant." Les sept attributs, lorsqu'ils sont éloignés de leur racine, sont dans la séparation; c'est le sens de "quel est ce zayin?
Une épée pour ה', pleine de sang", et ils sont appelés le monde de la séparation. La perfection essentielle des attributs n'est que lorsqu'il y a reconnaissance de la racine de leur unité.
Ainsi est-il dit dans le Zohar saint (Bereshit 22a): "Lorsqu'Il atteignit le monde de la séparation, qui est le monde des êtres séparés, l'artisan dit au maître du bâtiment: Faisons l'homme." Car, par la reconnaissance de la forme de l'homme, tous les attributs se réunissent à nouveau dans la racine de leur unité. C'est le sens de "lorsque la lumière du aleph s'unit et atteint le zayin", etc., "et ceci est le chant": lorsqu'il y a, dans les sept attributs, reconnaissance de la racine de Son unité, béni soit-Il, cette reconnaissance elle-même est l'essentiel du chant.
Car le chant est la gloire céleste (כ"ש) qui se répand de ce détail de la création; celui qui reconnaît la racine de l'unité de toute la création peut dire un chant, car il englobe la gloire céleste qui se répand de toute la création. De même, nous trouvons chez Josue qui dit: "Soleil, arrrete-toi à Gabaon" (Josue 10,12).
Ils ont expliqué à ce sujet dans Tan'houma (Aharei, et dans le commentaire de Rachi, de bénie mémoire, sur Josue): "Tais-toi de dire un chant, et moi je dirai le chant à ta place." Il montra au soleil qu'il englobait toute la gloire céleste qui se répand du mouvement du soleil; dès lors, il n'y avait plus aucune place au mouvement du soleil. Tel fut aussi le sens du chant d'Israël.
Car les Égyptiens englobaient toutes les nations, comme il est dit dans le Zohar saint (Exode 6a): "Lorsque Israël entra dans l'exil d'Égypte, aussitôt se leva l'Égypte et leur domination se renforça en haut sur tous les autres peuples..." Et lorsqu'Israël vainquit les Égyptiens, il devint clair par cela que la gloire céleste qui se répand de tous les peuples était incluse seulement en Israël. Ceci est le chant d'Israël.
ויאמרו לאמר אשירה לה' כי גאה גאה. ומתרגמינן ארי אתגאי על גותניא וגאותא דיליה הוא.
ענין גיאות הוא שאינו רוצה בהתחברות והתערבות ונבדל מאחרים וזה אמרו (סוטה מ"ז:) האי מאן דמיהר אפילו אאינשי ביתיה לא מיקבל כי אינו יכול להתערב עם זולתו ולעומת זה אומר השי"ת אין אני והוא יכולים לדור בעולם (שם ה') וגאה הוא היפך מגדול כי גדול רומז על גודל התפשטות בתוך הגבולים. וגאה רומז שהוא נבדל מאלו הגבולים.
ונגד המתגאה שאינו יכול להתערב עם זולתו מראה השי"ת ארי אתגאי על גותניא וגאותא דיליה הוא שהוא ית' נבדל מזה המתגאה וכדכתיב (תהלים כ"ג) ה' מלך גאות לבש וממילא מגיע להמתגאה כל ההתבטלות. אבל לישראל מראה השי"ת לבש ה' עוז התאזר (שם) שאורו ית' מחובר ומעורב תמיד עם ישראל כענין שנאמר (שם ס"ח) תנו עוז לא-להים על ישראל גאותו.
ומזה שהראה השי"ת שגאותא דיליה הוא אז סוס ורוכבו רמה בים סוס מורה על מהירות כדכתיב (משלי כ״א:ל״א) סוס מוכן ליום מלחמה. ורוכבו מורה על ישוב הדעת ורוכבו של מצרים "רהב" שמו וכאשר הראה השי"ת גאותא דיליה אז סוס ורוכבו רמה בים וכדאי' בזוה"ק (פנחס רכ"ו:) סוס ורוכבו רמה בים דא ממנא דמצראי:
Et ils dirent: "Je chanterai pour ה', car Il s'est hautement élevé" (Exode 15,1). Et nous traduisons: "Car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et la grandeur élevée est Sienne." Le sens de la superbe est de ne pas vouloir l'union ni le mélange, mais d'être séparé des autres.
C'est ce qu'ils ont dit (Sota 47b): "Celui qui est hautain n'est pas accepté, même par les gens de sa maison", car il ne peut se mêler à son prochain. Face à cela, le Saint, béni soit-Il, dit: "Moi et lui ne pouvons habiter dans le monde" (Sota 5a).
Et גאה (gae, hautement élevé) est l'inverse de גדול (gadol, grand): grand indique une grande extension à l'intérieur des limites, tandis que hautement élevé indique qu'il est séparé de ces limites. Face à l'orgueilleux qui ne peut se mêler à autrui, le Saint, béni soit-Il, montre: "Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et la grandeur élevée est Sienne", c'est-à-dire qu'Il est, béni soit-Il, sépare de cet orgueilleux.
Comme il est écrit: "ה' règne, Il revêt la majesté" (Psaumes 93,1), toute l'annulation atteint alors l'orgueilleux. Mais à Israël, le Saint, béni soit-Il, montre: "ה' revêt la force, Il s'en ceint" (Psaumes 93,1): Sa lumière, béni soit-Il, est toujours unie et mêlée à Israël, ainsi qu'il est dit: "Donnez la force à Elokim; sur Israël est Sa majesté" (Psaumes 68,35).
Lorsqu'Il montra que "la grandeur élevée est Sienne", alors "Il jeta à la mer le cheval et son cavalier" (Exode 15,1). Le cheval indique la rapidité, comme il est écrit: "Le cheval est préparé pour le jour du combat" (Proverbes 21,31); son cavalier indique la pondération.
Le cavalier de l'Égypte se nomme "Rahav". Lorsque le Saint, béni soit-Il, montra que "la grandeur élevée est Sienne", Il jeta le cheval et son cavalier à la mer, comme il est dit dans le Zohar saint (Pinhas 226b): "Le cheval et son cavalier, Il les jeta à la mer: c'est le préposé des Égyptiens."
עזי וזמרת י"ה ויהי לי לישועה. עזי היינו העוז והתקיפות שנמצא בעומק לב ישראל להתערב ולהתאחד באור השי"ת כענין שנאמר תנו עוז לא-להים.
וזמרת היינו צמצום שבמקום שישראל מכירין רצון השי"ת שיצמצמו תקיפות זה אזי המה מוכנים כרגע לקבל על עצמם כל הצמצומים מה שאין זה הכח בשום אומה ולשון. ומהיכן יש בישראל כח זה ע"ז אומר עזי וזמרת י"ה מהארת השם י"ה וכענין שנאמר (ישעי' כ"ו) כי בי"ה ה' צור עולמים וכדאי' (שו"ט תהלים ט') שאין השם ואין הכסא שלם וכו' היינו שהשי"ת הציב רצון בעולם שלא יהיה שום שלימות כביכול בלתי עבודת ישראל וזה הרצון הוא כל ישועתו של ישראל וזה ויהי לי לישועה:
Ma force et mon chant sont יה, et Il fut pour moi un salut (Exode 15,2). "Ma force" désigne la force et la fermeté qui se trouvent dans la profondeur du cœur d'Israël, pour se mêler et s'unir à la lumière du Saint, béni soit-Il, ainsi qu'il est dit: "Donnez la force à Elokim".
Et "mon chant" désigne le tzimtzoum (contraction): à l'endroit où Israël reconnaît que la volonté du Saint, béni soit-Il, est qu'ils contractent cette fermeté, ils sont aussitôt prêts à accepter sur eux toutes les contractions. Cette force n'existe chez aucune nation ni langue.
D'où Israël tient-il cette force? À cela il dit: "Ma force et mon chant sont יה", de l'illumination du Nom יה, comme il est dit: "Car en יה, ה', est le Rocher des mondes" (Isaie 26,4).
Et il est rapporté (Midrach sur les Psaumes 9) que le Nom et le Trône ne sont pas entiers, etc. C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, a établi dans le monde une volonté selon laquelle il ne peut y avoir, pour ainsi dire, aucune perfection sans le service d'Israël.
Cette volonté est tout le salut d'Israël; c'est le sens de "Il fut pour moi un salut".
זה אלי ואנוהו. תרגומו דין א-להי ואבני ליה מקדשא.
כי תיבת "זה" רומז על מקום שניכר בו מפורש הארת רצון השי"ת ובכלל זה כל מעשה המצות אכן אחר שניכר מפורש שכל כח הפועל הוא רק כחו ית' א"כ מה נחשב לאדם לחלק בפעלו מעשה המצוה לזה אומר "ואנוהו" כדאיתא (שבת קל"ג:) ואנוהו התנאה לפניו במצות וכו' ולא אמרו מתנאה כי התנאה רומז לאדם העושה שיתייפה א"ע בעשיית המצות במה שיוסיף מצדו רצון וחשק לעשותה וכפי שיוסיף אדם מדעתו חשק ורצון בהפעולה כן ינחל בה חלק וקנין וזה ואבני ליה מקדשא שכפי שיוסיף אומץ ברצון וחשק ויתנאה לפניו ית' כן יהיה אדם זה כלי למשכן שכינת אורו ית':
"Ceci est mon Él et je Le glorifierai" (Exode 15,2). Sa traduction est: "Ceci est mon Elokim, et je Lui bâtirai un sanctuaire." Car le mot "ceci" (זה) indique un lieu où l'illumination de la volonté du Saint, béni soit-Il, est reconnue manifestement; cela comprend en général tout acte des commandements.
Mais lorsqu'il est reconnu manifestement que toute la force de l'agent n'est que Sa force, béni soit-Il, qu'est-il reste à l'homme comme part dans l'acte du commandement qu'il accomplit? À cela il dit: "Je Le glorifierai" (ואנוהו).
Comme il est dit (Chabbat 133b): "ואנוהו: pare-toi devant Lui par les commandements..." Ils n'ont pas dit מתנאה, car התנאה indique que l'homme qui agit s'embellit lui-même dans l'accomplissement des commandements par ce qu'il ajoute de sa part: volonté et désir de l'accomplir. Dans la mesure où l'homme ajoute, de son propre savoir, désir et volonté dans l'action, il y recevra une part et une possession.
C'est le sens de "et je Lui bâtirai un sanctuaire": dans la mesure où il ajoutera de la force à la volonté et au désir, et se parera devant Lui, béni soit-Il, cet homme deviendra un keli (récepteur) pour la demeure de la Présence de Sa lumière, béni soit-Il.
ה' איש מלחמה ה' שמו. איש רומז על קיבוץ הפרטים כדאיתא בזוה"ק (תזריע מ"ח) תאנא מן בוצינא דקרדנותא נפקין תלת מאה ועשרין וחמש ניצוצי מתגלפין ומתאחדן כחדא מסטרא דגבורה דאקרון גבורות כחדא ואתעבידו חד וכד עיילין אלין בגופא אקרי איש וכו' ואיש דהכא איש מלחמה כתיב וכו' וכד בעי קב"ה לאגחא קרבא בהאי איש אגח בהו קרבא דכתיב ה' איש מלחמה.
היינו שכולל כל הפרטים כי יש פרטים שניכר בהם מפורש הכ"ש ויש פרטים שנראה שהם היפך מכ"ש ועל כל הפרטים אומר ה' איש מלחמה שבאמת יש לו להשי"ת כ"ש מכל הפרטים. ה' שמו היינו בשביל ישראל קרא השי"ת לעצמו זה השם בכדי שיהי' מקום שיהיו קוראי שמו:
ה' est un homme de guerre, ה' est Son Nom (Exode 15,3). "Homme" indique le rassemblement des détails, comme il est dit dans le Zohar saint (Tazria 48a): "De la lampe de l'ouvrier sortent trois cent vingt-cinq étincelles, gravées et unies comme une, du côté de la guevoura; elles sont appelées guevourot, unies comme une, et elles deviennent une.
Et lorsqu'elles entrent dans le corps, il est appelé homme... Et de cet homme il est écrit: homme de guerre...
Et lorsque le Saint, béni soit-Il, veut livrer guerre par cet homme, Il leur livre guerre, comme il est écrit: ה' est un homme de guerre." C'est-à-dire qu'Il englobe tous les détails. Il y a des détails dans lesquels la gloire céleste est manifeste, et des détails qui paraissent être l'inverse de la gloire céleste; de tous les détails il est dit: "ה' est un homme de guerre", car en vérité le Saint, béni soit-Il, a une gloire céleste de tous les détails.
"ה' est Son Nom" signifie que, pour Israël, le Saint, béni soit-Il, S'est appelé Lui-même de ce Nom afin qu'il y ait place pour ceux qui appellent Son Nom.
מרכבות פרעה וחילו ירה בים ומבחר שלישיו טבעו בים סוף. היינו שמלחמת פרעה על ישראל היה בכח עצום מאוד כדאיתא בזוה"ק (בשלח נ"ו:) ושלישים על כלו כלהו דרגין תרין וחד וכו'.
כי אחוזת פרעה היה בשורש יסוד החזק הנטבע בדרגא אחרונה מהטבע ובכח זה היה לוחם עם ישראל. וזה שנאמר ויסר את אופן מרכבותיו ופתח ע"ז בזוה"ק (שם מ"ח:) ר"ש פתח וארא החיות והנה אופן אחד בארץ וכו' ובש"ס (חגיגה י"ג:) וארא החיות והנה אופן אחד בארץ אצל החיות א"ר אלעזר מלאך אחד שהוא עומד בארץ וראשו מגיע אצל החיות במתניתא תנא סנדל' שמו וכו' וקושר כתרים לקונו.
ופירשו בתוספות שם מתפלתן של צדיקים הוא עושה עטרות. ובזוה"ק (וישלח קס"ז:) דההוא מלאכא דממנא על צלותהון דישראל סנדל' שמו נטיל כל אינון צלותין ועביד מנייהו עטרה לחי עולמים.
היינו שמחבר דרגא הנמוכה ביותר מתפיסת ישראל עם רצון העליון של השי"ת וכאשר נתגלה מפורש זה החיבור אז נמס ונתבטל כל חיזוק כח הטבע שהיה לפרעה:
"Les chars de Pharaon et son armée, Il les jeta à la mer; l'élite de ses officiers fut engloutie dans la mer des Joncs" (Exode 15,4). C'est-à-dire que la guerre de Pharaon contre Israël était d'une force très puissante, comme il est dit dans le Zohar saint (Beshallah 56b): "Des officiers sur tous, tous les degrés, deux et un..." Car la prise de Pharaon était dans la racine du yesod (fondement) puissant, plongée dans le degré le plus bas de la nature; c'est par cette force qu'il combattait Israël.
C'est le sens de: "Il ôta la roue de ses chars" (Exode 14,25). À ce sujet, le Zohar saint ouvre (ibid.
48a): "Je regardai les êtres vivants, et voici une roue sur la terre..." (Ezechiel 1,15). Et dans le Talmud (Haguiga 13b): "Je regardai les êtres vivants, et voici une roue sur la terre, près des êtres vivants".
Rabbi Elazar dit: "Un ange se tient sur la terre et sa tête atteint les êtres vivants." Dans une baraitha, il est enseigné: "Son nom est Sandalfon... et il noue des couronnes à son Créateur." Les Tossafot expliquent là-bas: des prières des justes il fait des couronnes. Et dans le Zohar saint (Vayishlah 167b): "Cet ange préposé aux prières d'Israël, Sandalfon est son nom; il prend toutes ces prières et en fait une couronne pour le Vivant des mondes." C'est-à-dire qu'il unit le degré le plus bas de la saisie d'Israël à la volonté supérieure du Saint, béni soit-Il.
Lorsque cette union fut révélée manifestement, toute la force de la nature, qui était le soutien de Pharaon, fondit et fut annulée.
ה' ימלוך לעולם ועד. הנה זאת פעלו ישראל בתפלתם לעולמי עד אשר בכל גודל ההסתר של מלכות שמים מ"מ יהיה ניכר שה' ימלוך לעולם ועד וכענין שאיתא בזוה"ק (משפטים קי"ד.) שימני כחותם על לבך ארחא דחותם כיון דאתדבק בההוא אתר דאתדבק שביק ביה כל דיוקניה אע"ג דהאי חותם אזיל הכא והכא וכו' אוף הכי אמרת כנס"י כיון דאתדבקנא בך כל דיוקני להוי חקיק בך דאע"ג דאיזול הכא והכא תשכח דיוקני חקיק בך ותדכר לי היינו שבכל מקום שישראל מצדם ילכו ביראה אף אם מעט היא מ"מ יהיה ניכר רשימה מפורשת ממלכות שמים איך שהשי"ת הוא נורא תהלות עושה פלא:
"ה' règnera pour toujours et à jamais" (Exode 15,18). Voici ce qu'Israël accomplit par sa prière pour tous les temps: que, dans toute la grandeur du voilement de la royauté des Cieux, il soit néanmoins reconnu que "ה' règnera pour toujours et à jamais".
Ainsi qu'il est dit dans le Zohar saint (Mishpatim 114a): "Place-moi comme un sceau sur ton cœur" (Cantique des cantiques 8,6). La voie du sceau est que, lorsqu'il adhère au lieu auquel il adhère, il y laisse toute son empreinte, bien que ce sceau aille ici et là...
De même, l'Assemblée d'Israël dit: lorsque je me suis attachée à Toi, que toute mon image soit gravée en Toi; afin que, bien que j'aille ici et là, Tu trouves mon image gravée en Toi et Tu Te souviennes de moi. C'est-à-dire que, partout où Israël ira de son côté dans la crainte, même si elle est faible, une empreinte manifeste de la royauté des Cieux sera reconnaissable: comment le Saint, béni soit-Il, est "redoutable en louanges, accomplissant des prodiges" (Exode 15,11).
אז ישיר משה וגו'. הנה כאשר רצה השי"ת להראות לעיני כל התנשאות של ישראל אז האיר השי"ת וגילה כל הסדר וממילא נתגלה התנשאות ישראל וזה דאי' בזוה"ק (בשלח נ"ד.) כד אתנהיר נהירו דעתיקא קדישא בעטרוי גלופין רשימין באז בא' וא' בז' אנקיב בחשוכא ונהיר לכל עיבר וכד אתחבר נהירו דאל"ף ומטי לזיי"ן מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם כדין עביד נסין וגבוראן בגין דאתחבר א' עם ז'.
היינו שמצד האומות הוא כל הסדר נפרד מאורו ית' וזה חרב לה' מלאה דם. אבל מצד ישראל הוא א' רוכב על ז' שמכירים תמיד שכל הכח הוא רק מהשי"ת לזה הם לבוש וכלי פעולה לרצון השי"ת וזה שאמרו (דברים רבה א') בשמו גאלם.
היינו שהראה השי"ת שישראל הם לבוש לרצונו ית' כי אף אמנם שע"י הכל עושה הקב"ה שליחותו ואף ע"י עכו"ם אכן מה שנעשה על ידיהם נחשב להם כמעשה אצטבע בעלמא וכענין שאי' (עירובין י"ג: סנהדרין י"ז:) מה נחש שממית ומרבה טומאה טהור וכו' ולא הוא מעשה קוץ בעלמא.
היינו שאף האם ישך הנחש בלא לחש אכן שאין לייחס פעולותיהן על שמם ודעתם שהם עושים בשליחותם לקיים רצון השי"ת אחר שאין להם מצדם שום הרגשה בזה. ורק ישראל שמרגישים ומכירים ברצון השי"ת מצדם לזה נחשב עליהם שעושים השליחות מדעתם לכן הם נחשבים ללבוש וכלי פעולה לרצון השי"ת וממילא מגיע להם הוי' וקיום לעולם.
וזה כי גאה גאה ותרגומו ארי אתגאי על גותניא וגאותא דיליה הוא היינו האומות שמתגאים בעצמם ומדמים לנפשם שיש להם כח עצמיי לכן כאשר מאיר השי"ת ומראה גאותא דיליה מגיע להם מזה כל התבטלות. שאני ישראל כשמראה השי"ת גאותא דיליה מגיע לישראל מזה כל התקיפות כי נעשים לבוש וכלי פעולה לגאותא דקב"ה:
Alors Moché chanta, etc. Lorsque le Saint, béni soit-Il, voulut montrer aux yeux de tous l'élévation d'Israël, Il illumina et révéla tout l'ordre; par suite, l'élévation d'Israël fut révélée.
C'est ce qui est dit dans le Zohar saint (Beshallah 54a): "Lorsque la lumière de l'Ancien saint illumina dans ses couronnes, les gravures marquées dans אז: avec aleph et avec zayin, elle perça dans les ténèbres et illumina tout côté. Et lorsque la lumière du aleph s'unit et atteint le zayin, quel est ce zayin?
Une épée pour ה', pleine de sang; alors Il accomplit miracles et puissances, parce que le aleph s'est uni au zayin." C'est-à-dire que, du côté des nations, tout l'ordre est séparé de Sa lumière, béni soit-Il; c'est le sens de "une épée pour ה', pleine de sang". Mais du côté d'Israël, le aleph chevauche le zayin: ils reconnaissent toujours que toute force ne vient que du Saint, béni soit-Il.
C'est pourquoi ils sont un vêtement et un keli d'action pour la volonté du Saint, béni soit-Il. C'est ce qu'ils ont dit (Devarim Rabba 1): "Par Son Nom, Il les délivra." C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, montra qu'Israël est un vêtement pour Sa volonté, béni soit-Il.
Bien que le Saint, béni soit-Il, accomplisse Sa mission par tous, et même par les idolâtres (עכו"ם), ce qui se fait par eux leur est compté comme un simple acte de doigt. Ainsi qu'il est dit (Erouvin 13b; Sanhédrin 17b): "Quoi?
Le serpent qui mord et augmente l'impureté serait pur?... N'est-ce pas un simple acte d'épine?" C'est-à-dire que, même si le serpent mord sans incantation, leurs actes ne peuvent être attribués à leur nom ni à leur pensée, comme s'ils accomplissaient par eux-mêmes une mission pour réaliser la volonté du Saint, béni soit-Il, puisqu'ils n'en ont de leur côté aucune sensation.
Israël seul, qui ressent et reconnaît de son côté la volonté du Saint, béni soit-Il, est considéré comme accomplissant la mission de son propre savoir; ils sont donc considérés comme le vêtement et le keli d'action de la volonté du Saint, béni soit-Il, et par suite leur reviennent être et subsistance pour toujours. C'est le sens de "car Il s'est hautement élevé", dont la traduction est: "Car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et la grandeur élevée est Sienne." Les nations, qui s'enorgueillissent et s'imaginent avoir une force autonome, reçoivent toute annulation lorsque le Saint, béni soit-Il, illumine et montre que "la grandeur élevée est Sienne".
Israël est différent: lorsque le Saint, béni soit-Il, montre que "la grandeur élevée est Sienne", toute la fermeté en revient à Israël, car ils deviennent un vêtement et un keli d'action pour la grandeur élevée du Saint, béni soit-Il.
« Hachem est un homme de guerre, Hachem est Son nom. » Le Sod Yecharim rapporte de son aïeul que le nom indique la volonté : les tsadikim dominent leur cœur, les méchants sont au pouvoir du leur. Gabriel pose la brique de l'asservissement : dans cette méchanceté, le cœur des Égyptiens n'a aucune inclination au bien. Le Saint béni soit-Il ne change pas Sa volonté de la mesure du jugement, mesure pour mesure, et les juge depuis le lieu au-delà de la ligne du jugement, ce qui est appelé, pour ainsi dire, être vaincu. Ils causent eux-mêmes le mal en se joignant à Israël pour leur nuire.
Aussi : la même volonté, miséricorde pour Israël proche de la source et retranchement pour l'Égypte ; la foi laissée à l'homme même quand la lumière rayonne ; l'arbre amer de Mara, la liberté éternelle n'étant pas encore entre leurs mains
ה' איש מלחמה ה' שמו. ביאר בזה אאזמו"ר הגה"ק זללה"ה במי השלוח (חלק א' פ' בשלח) איתא במדרש (אסתר ו') רשעים קודמין לשמן נבל שמו וכו' אבל הצדיקים שמן קודם להן שמו מנוח וכו' ושמו מרדכי לפי שדומין לבוראן דכתיב ושמי ה' והענין שנאמר כאן ה' שמו דהנה הענין שנאמר בצדיקים ששמן קודם להן הוא כי הם שולטין על לבם כי לבם ברשותם כי שמו מורה על רצון ובגמטריא רצון וכו' שהצדיקים שולטין על רצונם מה שיפול בדעתם תחלה יתישבו ואח"כ אם אין נכון לפניהם לא יעשו ורשעים הם היפך כי הם ברשות לבם.
ואיתא במדרש שהשר של מצרים בא להמליץ על מצרים שירחם השי"ת עליהם בא גבריאל ונטל לבנה והניח לפני הקב"ה והראה לפניו שבזה שעבדו את ישראל. והוא שבכל מה שהיו מצרים רעים וחטאים היה עוד ללמד איזה זכות עליהם כי היה נמצא בלבם נטי' לטובה קצת ג"כ ולכן גם השי"ת ינהג עמם ברחמנות אך כאשר בא גבריאל והראה הלבנה שברשעה הזאת ששעבדו את ישראל לא היה בלבם שום נטי' לטובה ע"כ אמר השי"ת ה' שמו היינו מדה במדה כשם שאין להם שליטה על לבם כך השי"ת לא ישנה רצונו ממדת הדין וזה ה' שמו.
היינו שהשי"ת היה דן אותם מזה המקום שהוא למעלה משורת הדין וכדאי' במדרש (תהלים קי"ד) משל לגבור שהיה יורד למלחמה או לנצח או להנצח ולהבין מה מקום אצל השי"ת לומר להנצח. אכן המשפט הבא למעלה משורת הדין נקרא כביכול להנצח וכענין דאי' בזוה"ק (נח ס"א:) והא תנינן דלית חדוה קמיה קב"ה כד איהו עביד דינא בחייביא וכו' אלא אינון גרמין בישא לגרמייהו דהא קב"ה לא עביד בהו דינא עד לא מטא זמנייהו אלא בגין דמשתתפי בהדייהו דישראל לאבאשא לון וכו' ובגין כך אטבע מצראי בימא וכו'.
היינו למעלה משורת הדין וזה נקרא להנצח:
ה' איש מלחמה ה' שמו. Mon aïeul, notre maître le saint rabbin, que le souvenir du juste soit pour la vie du monde à venir, l'a expliqué dans Mei HaShiloah (I, Bechalah): il est dit dans le Midrach (Esther 6): les méchants, leur nom les précède: "Nabal est son nom", etc.; mais les justes, leur nom les précède: "son nom est Manoah", etc.; "et son nom est Mordekhai", parce qu'ils ressemblent à leur Créateur, ainsi qu'il est écrit: "et Mon nom est ה'".
Le sens de ce qui est dit ici, "ה' est Son nom", est le suivant. Chez les justes, il est dit que leur nom les précède, car ils dominent leur cœur, leur cœur est en leur pouvoir.
En effet, le nom indique la volonté et il a la valeur numérique de "volonté" (רצון), etc.; les justes dominent leur volonté: ce qui leur vient d'abord à l'esprit, ils le considèrent, puis, si cela ne leur convient pas, ils ne le font pas. Les méchants sont l'inverse, car ils sont au pouvoir de leur cœur.
Il est dit dans le Midrach que le prince de l'Égypte vint plaider pour l'Égypte, afin que le Saint, béni soit-Il, ait pitié d'eux. Gabriel vint, prit une brique et la posa devant le Saint, béni soit-Il, lui montrant que c'est par cela qu'ils avaient asservi Israël.
En tout le mal et les fautes des Égyptiens, il y avait encore lieu de leur trouver quelque mérite, car une inclination quelque peu bonne se trouvait aussi dans leur cœur; aussi le Saint, béni soit-Il, les traiterait-Il avec miséricorde. Mais lorsque Gabriel apporta la brique et montra que, dans cette méchanceté par laquelle ils avaient asservi Israël, il n'y avait dans leur cœur aucune inclination au bien, le Saint, béni soit-Il, dit: "ה' est Son nom", soit mesure pour mesure: de même qu'ils ne dominent pas leur cœur, de même le Saint, béni soit-Il, ne changera pas Sa volonté de la mesure du jugement.
Tel est "ה' est Son nom". C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, les jugeait depuis ce lieu qui est au-delà de la ligne du jugement.
Comme il est dit dans le Midrach (Psaumes 114): parabole d'un héros qui descend au combat, soit pour vaincre, soit pour être vaincu. Or, comment peut-il y avoir chez le Saint, béni soit-Il, place pour dire: être vaincu?
Mais un jugement qui vient au-delà de la ligne du jugement est appelé, pour ainsi dire, être vaincu. Ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (Noah 61a): "N'avons-nous pas appris qu'il n'y a pas de joie devant le Saint, béni soit-Il, lorsqu'Il exerce le jugement contre les coupables, etc.?
Mais ils causent eux-mêmes le mal contre eux-mêmes; car le Saint, béni soit-Il, n'exerce pas le jugement contre eux avant que leur heure ne soit arrivée, mais parce qu'ils se joignent à Israël pour leur faire du mal, etc.; c'est pourquoi Il noya les Égyptiens dans la mer, etc." C'est-à-dire au-delà de la ligne du jugement, et cela est appelé être vaincu.
עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה. בזה"ק (ררא קי"ג).
כד אתעביד ניסא לא אתעביד פלגו ניסא ופלגו דינא אלא כלא כחדא או ניסא או דינא א"ל רבי יוסי ולא והא בזמנא דבקע קב"ה ימא לישראל וכו' ואשתכח ניסא הכא ודינא הכא כלא כחדא. א"ל ודא הוא דקשיא קמי' וכו' דהא לעילא לא אתעביד כלא אלא בשלימו כחדא או ניסא או דינא באתר חד ולא בפלגו.
הענין בזה כי רצון השי"ת כפי ששופע מהמקור הוא רק רחמים פשוטים ומצדו ית' אין שום שינוי בזה הרצון הנאצל מהשי"ת וכדכתיב (מלאכי ג') כי אני ה' לא שניתי. ומה שנראה השתנות הרצון מרחמי לדינא הוא רק מצד המקבל.
ולזה כשנמצא שני מקבלים שאחד מקבל שפע הרצון רק רחמי כפי שנאצל ממקורו ומצד מקבל השני משתנה זה הרצון מרחמי לדינא דא קשיא קמיה. כי באמת מצד השי"ת אין שום מקום לומר דא קשיא קמיה ורק מה שמצינו לפעמים כתוב כן כמו כאן בזה"ק וכן בש"ס (פסחים קי"ח.) קשה כקריעת ים סוף זה רק מצד תפיסת אדם שלהראות הבירור בעוה"ז מפני מה זה המקבל מקבל מצדו הרחמים כמו שיוצאים ממקור יען שעומד במקום גבוה קרוב להמקור לכן מצדו אין שום השתנות בירידת השפע.
והמקבל מצדו דינא הוא מפני שעומד מרחוק מהמקור לזה מצדו משתנה השפע והרצון מרחמי לדינא זה נקרא קשיא קמיה. ובקריעת ים סוף ברר השי"ת שהמקום עמידת ישראל למעלה ממקום עמידת מצרים לזה לישראל מצדם נשפע רצון השי"ת רק רחמים פשוטים כמו שיוצאין מהמקור יען שעומדים קרוב למקור.
ומצד המצרים שעומדים בריחוק מקום מהמקור נשתנה הרצון מרחמי לדינא להראות זאת מפורש בעוה"ז זה נקרא דקשיא קמיה. וזה עזי וזמרת יה וזמרת הוא מלשון זמיר עריצים (ישעי' כ"ה) שפירושו כריתה היינו שמזה הרצון עצמו שעכו"ם מקבלים כריתה והתבטלות מזה עצמו מקבלים ישראל עוז וישע וזה עזי לישראל וזמרת למצרים ויהי לי לישועה.
ומה שנאמר בזה השם י"ה רמז בזה שמפני שהציב השי"ת לבוש בעוה"ז כביכול שאין השם שלם ואין הכסא שלם כדאי' (שו"ט תהלים ט') והיינו שהשי"ת הציב גוון שכביכול חסר כ"ש כל זמן שנמצאים מסכים המבדילים בעולם ורק ע"י עבודת ישראל יושלם הכ"ש בשלימות כדכתיב (תהילים קל״ה:ד׳) כי יעקב בחר לו י"ה שעל ידי יעקב יהיה השם שלם והכסא שלם ובמה ישלים יעקב הכסא ע"ז אומר זה אלי ואנוהו שהשם "אלי" רומז על תקיפות כדאי' (יבמות כ"א.) ומאי משמע דהאל לישנא דקשה הוא שנאמר ואת אילי הארץ לקח היינו שיעקב מכיר מפורש שבאמת הוא כדכתיב (שם נ"ב) חסד אל כל היום ובזו ההכרה משלימים הכ"ש ולכן זה הרצון עצמו שמשפיע לישראל כל העוז וישועה זה עצמו מבטל וכורת כל המסכים המבדילים והמעיקים לישראל. והארה מזה הרצון מתעורר בכל שנה ושנה בלבות ישראל בזה החג:
"Ma force et mon chant est Yah, et Il fut pour moi un salut." Dans le saint Zohar (III, 113): "Lorsqu'un miracle est accompli, il n'est pas accompli moitié miracle et moitié jugement, mais tout à la fois: soit miracle, soit jugement. Rabbi Yossi lui dit: Mais n'en est-il pas ainsi quand le Saint, béni soit-Il, fendit la mer pour Israël, etc., qu'il se trouva ici miracle et ici jugement, tout à la fois?
Il lui dit: C'est cela qui est difficile devant Lui, etc., car en haut rien n'est accompli que dans une entière perfection, tout à la fois: soit miracle, soit jugement en un seul lieu, et non par moitié." Le sens est que la volonté du Saint, béni soit-Il, telle qu'elle afflue de la source, n'est que miséricordes simples. De Son côté, béni soit-Il, il n'y a aucun changement dans cette volonté émanant de Lui, ainsi qu'il est écrit: "Car Moi, ה', Je n'ai pas changé" (Malachie 3,6).
Ce qui paraît être un changement de la volonté, de miséricorde en jugement, ne vient que du receveur. C'est pourquoi, lorsqu'il y a deux receveurs, dont l'un reçoit l'influx de la volonté comme pure miséricorde, tel qu'il émane de sa source, tandis que pour l'autre receveur cette volonté change de miséricorde en jugement, cela est appelé: "difficile devant Lui".
En vérité, du côté du Saint, béni soit-Il, il n'y a aucune place pour dire: "difficile devant Lui". Ce que nous trouvons parfois écrit ainsi, comme ici dans le saint Zohar et dans le Talmud (Pessahim 118a): "Difficile comme l'ouverture de la mer Rouge", n'est que du point de vue de la perception humaine: pour montrer la clarification dans ce monde, pourquoi ce receveur reçoit de Son côté la miséricorde telle qu'elle sort de la source, c'est parce qu'il se tient en un lieu élevé, proche de la source; de son côté, il n'y a donc aucun changement dans la descente de l'influx.
Et le receveur qui, de son côté, reçoit le jugement, c'est parce qu'il se tient loin de la source; de son côté, l'influx et la volonté changent donc de miséricorde en jugement. Cela est appelé: "difficile devant Lui".
Lors de l'ouverture de la mer Rouge, le Saint, béni soit-Il, a montré clairement que le lieu où se tenaient Israël était au-dessus du lieu où se tenaient les Égyptiens. Pour Israël, de leur côté, la volonté du Saint, béni soit-Il, s'épancha donc comme pure miséricorde, telle qu'elle sort de la source, parce qu'ils se tenaient proches de la source.
Du côté des Égyptiens, qui se tenaient loin de la source, la volonté changea de miséricorde en jugement. Montrer cela clairement dans ce monde est appelé: "difficile devant Lui".
Et tel est: "Ma force et mon chant est Yah". "Chant" (זמרת) est de la même racine que "retrancher les tyrans" ("zemir aritsim", Isaie 25), c'est-à-dire retranchement: de cette même volonté, par laquelle les nations idolâtres reçoivent retranchement et anéantissement, Israël reçoit de cette même volonté force et salut.
Ainsi, "ma force" pour Israël et "mon chant" pour l'Égypte, "et Il fut pour moi un salut". Ce qui est dit ici sous le Nom Yah (יה) y fait allusion: parce que le Saint, béni soit-Il, a placé dans ce monde un vêtement, pour ainsi dire, le Nom n'est pas entier et le Trône n'est pas entier, comme il est dit (Midrach Tehillim 9).
C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, a établi une apparence selon laquelle, pour ainsi dire, le Nom et le Trône sont déficients, tant qu'il y a dans le monde des écrans qui séparent. Ce n'est que par le service d'Israël que le Nom et le Trône seront achevés dans leur perfection, ainsi qu'il est écrit: "Car Yah a choisi Yaakov pour Lui" (Psaumes 135,4): par Yaakov, le Nom et le Trône seront entiers.
Par quoi Yaakov achèvera-t-il le Trône? À ce sujet il est dit: "Voici mon Dieu, et je Le glorifierai"; le Nom "mon Dieu" (אלי) fait allusion à la force, comme il est dit (Yevamot 21a): "D'où le sait-on?
"El" a le sens de dur, car il est dit: "Il prit les puissants de la terre"." C'est-à-dire que Yaakov reconnaît explicitement qu'en vérité il est écrit: "La bonté de Dieu est tout le jour" (Psaumes 52), et par cette reconnaissance, ils achèvent le Nom et le Trône. Cette même volonté qui épanche sur Israël toute force et tout salut, annule et retranche elle-même tous les écrans qui séparent Israël et l'oppressent.
Une illumination de cette volonté s'éveille chaque année dans les cœurs d'Israël en cette fête.
מי כמוך באלים ה' מי כמוך נאדר בקודש. מי כמוך באלים באלמים (גיטין נ"ו:) היינו מי הוא שבכחו להסתיר ולהעלים א"ע כ"כ.
מי כמוך נאדר בקודש אדיר רומז על דבר מפורש היינו מי הוא שיהיה בכחו לגלות כ"כ מפורש כמו שהי' בשעת קריעת ים סוף לעיני כל כדאי' בזה"ק (בשלח ס"ד:) ראתה שפחה על הים מה שלא ראה יחזקאל היינו שהיו רואים מפורש כענין שנאמר (זכריה י׳:ו׳) והיו כאשר לא זנחתם. והנה בעת שאור השי"ת זורח מפורש אז אין מקום לאמונה כי אמונה הוא רק בשעת העלם והסתר ומה הוא שכתוב בשעת קריעת ים סוף ויאמינו בה' ובמשה עבדו אכן אצל השי"ת נאמר האדרת והאמונה לחי עולמים שנותן מקום לאמונה שמצד האדם אף בשעה שהאור זורח מפורש:
"Qui est comme Toi parmi les puissants, ה'? Qui est comme Toi, magnifique en sainteté?" "Qui est comme Toi parmi les puissants" (אלים), parmi les muets (אלמים; Gittin 56b), c'est-à-dire: qui a la force de Se cacher et de Se dissimuler autant?
"Qui est comme Toi, magnifique en sainteté": "magnifique" (adir) fait allusion à une chose explicite; qui a donc la force de Se révéler aussi explicitement qu'au moment de l'ouverture de la mer Rouge, aux yeux de tous? Comme il est dit dans le saint Zohar (Bechalah 64b): "Une servante vit sur la mer ce qu'Ezechiel ne vit pas", c'est-à-dire qu'ils voyaient explicitement, selon ce qui est dit: "Ils seront comme si Je ne les avais pas abandonnés" (Zacharie 10,6).
Or, lorsque la lumière du Saint, béni soit-Il, rayonne explicitement, il n'y a plus place pour la foi, car la foi n'est que dans le temps de la dissimulation et du voilement. Que signifie donc ce qui est écrit lors de l'ouverture de la mer Rouge: "Ils eurent foi en ה' et en Moché Son serviteur"?
Mais, à propos du Saint, béni soit-Il, il est dit: "La magnificence et la foi appartiennent au Vivant des mondes"; Il donne place à la foi qui vient du côté de l'homme, même à l'heure où la lumière rayonne explicitement.
ה' ימלוך לעולם ועד. היינו שבקריעת ים סוף נקבע בלב ישראל מלכות שמים לעולם ועד שלא יפסק אף רגע כי במצרים היה ההסתר גובר עד שהיה נראה שח"ו נפסק מלכות שמים ואחר יציאת מצרים קבע השי"ת בלב ישראל שלא יהיה עוד לעולם הסתר כזה ואז ענו ואמרו ה' ימלוך לעולם ועד וכדאי' בזה"ק (ויקהל רט"ז:) וע"ד אית לאדכרא בההוא גאולה ד' זמנין אמת וכו' עד עזרת אבותינו וכו' ומתמן והלאה ארבע זמנין אחרנין אמת וכו' למהוי ד' גאולות אלין בקיומא תקיף בחותמא דגושפנקא דמלכא וכו'.
כי אמת הוא חותמו של הקב"ה שחתם השי"ת בגושפנקא דפרזלא שכבר יצאו ישראל לחירות עולם מכל הארבע גליות ומה שנראה עוד גלות הוא רק על הלבוש אבל בעומק הלב נמצא כח בישראל למצוח בלבם חירות עולם. ואחר שנקבע זאת בלבם נאמר וילכו שלשת ימים במדבר ולא מצאו מים שזה רומז שהיו ישראל סבורים שאחר שנקבע בלבם זה החירות ממילא יש להם עתה זה הסדר בידם:
"ה' règnera pour toujours et à jamais." C'est-à-dire qu'à l'ouverture de la mer Rouge, la royauté du Ciel fut fixée dans le cœur d'Israël pour toujours et à jamais, sans s'interrompre un seul instant. Car, en Égypte, le voilement avait tellement dominé qu'il semblait, à Dieu ne plaise, que la royauté du Ciel avait cessé.
Après la sortie d'Égypte, le Saint, béni soit-Il, fixa dans le cœur d'Israël qu'il n'y aurait plus jamais un tel voilement; alors ils répondirent et dirent: "ה' règnera pour toujours et à jamais". Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayakhel 216b): "C'est pourquoi il faut mentionner dans cette rédemption quatre fois 'vérité', etc., jusqu'à 'secours de nos pères', etc.; et de là jusqu'à la fin, quatre autres fois 'vérité', etc., afin que ces quatre rédemptions soient dans une ferme subsistance, par le sceau du cachet du Roi, etc." Car la vérité est le sceau du Saint, béni soit-Il: le Saint, béni soit-Il, a scellé d'un sceau de fer qu'Israël est déjà sorti vers une liberté éternelle de tous les quatre exils.
Ce qui paraît encore être exil n'est que le vêtement; mais au profond du cœur se trouve en Israël la force de crier en leur cœur: "Liberté éternelle." Après que cela eut été fixé dans leur cœur, il est dit: "Ils marchèrent trois jours dans le désert et ne trouvèrent pas d'eau"; cela fait allusion au fait qu'Israël pensait qu'après que cette liberté eut été fixée dans leur cœur, cet ordre de liberté éternelle était désormais entre leurs mains.
ויורהו ה' עץ. אי' ע"ז בתנחומא (בשלח כ"ד.
ובמכילתא בשלח) ויורהו ה' עץ רבי יהושע אומר זה עץ של ערבה ר"א אומר זה עץ של זית שאין לך מר יותר מזית רבי יהושע בן קרחא אומר זה עץ של הרדופני. וכולם מודים בזה שהעץ מר היה כי מר רומז כענין דאיתא (ברכות י':) חזקיהו תלה בזכות עצמו דכתיב זכר נא את אשר התהלכתי לפניך תלו לו בזכות אחרים שנאמר וגנותי אל העיר הזאת להושיעה למעני ולמען דוד עבדי והיינו דריב"ל דאמר ריב"ל מאי דכתיב הנה לשלום מר לי מר אפילו בשעה ששיגר לו הקב"ה שלום מר הוא לו.
כי במקום שהשי"ת מראה לאדם לא למענך אלא למעני אני עושה זה נקרא מר וכן כאן שהראה השי"ת לישראל שאף כי מצדו ית' יצאו לחירות עולם שלא יהיה עוד גודל הסתר כזה שהי' במצרים אבל עוד ישראל מצדם צריכים לבירורים ואין עוד זה הסדר מחירות עולם בידם זה נקרא מר:
"Et ה' lui indiqua un arbre." Il est dit à ce sujet dans Tan'houma (Bechalah 24, et dans la Mekhilta, Bechalah): "Et ה' lui indiqua un arbre. Rabbi Yehoshua dit: c'était un saule.
Rabbi Eliezer dit: c'était un olivier, car rien n'est plus amer que l'olivier. Rabbi Yehoshua ben Korha dit: c'était un laurier-rose." Tous s'accordent en cela: l'arbre était amer.
Car "amer" fait allusion à ce qui est dit (Berakhot 10a): Hizkiyah dépendait de son propre mérite, comme il est écrit: "Souviens-Toi, de grâce, que j'ai marché devant Toi"; on le fit dépendre du mérite d'autres, ainsi qu'il est dit: "Je protégerai cette ville pour la sauver, pour Moi et pour David Mon serviteur." C'est ce que dit Rabbi Yehoshua ben Levi: Rabbi Yehoshua ben Levi dit: que signifie ce qui est écrit: "Voici, pour la paix, amer pour moi, amer"? Même à l'heure où le Saint, béni soit-Il, lui envoie la paix, elle est amère pour lui.
Car, au lieu où le Saint, béni soit-Il, montre à l'homme: "Ce n'est pas pour toi, mais pour Moi que Je le fais", cela est appelé amer. Ici aussi, le Saint, béni soit-Il, montra à Israël que, bien que de Son côté, béni soit-Il, ils fussent sortis vers une liberté éternelle et qu'il n'y aurait plus un voilement aussi grand que celui qui fut en Égypte, Israël, de leur côté, avait encore besoin de clarifications (birourim), et cet ordre de liberté éternelle n'était pas encore entre leurs mains.
Cela est appelé amer.
ואמר להם השי"ת עצה לזה אם שמוע תשמע לקול ה' א-להיך היינו הקלא פנימאה שנמצא בכל הדברים שיסורו מעצמם כל הדמיונות וגוונים וכל הסתכלותם יהי' תמיד רק לרצון הפנימי מד"ת שזה נקרא קלא פנימאה. והישר בעיניו תעשה שלא יקחו שום דבר באור חוזר ובאורח יבום שיוצרך אח"כ להתברר ורק באור ישר.
והאזנת למצותיו היינו שיכינו עצמם להיות כלי לקבל אור השי"ת וכדאי' (דברים רבה י') האוזן לגוף כקינקול לכלים שהאוזן הוא כלי קיבול לגוף והוא לדעת שכל עיקר הקבלה הוא רק הצמצום שיש לאדם מצדו שקנין האדם בדבר הוא רק מה שנשאר אחר שמוסר להשי"ת ולזה הציב השי"ת בכל שער ושער שאדם רוצה לקנות צריך תחלה למסור להשי"ת ולהמליכו על הטובה כגון תרומה ומעשרות וחלה ומה שנשאר אח"כ משלחן גבוה קא זכי כי רק ממוצא פי ה' יחיה אדם:
Le Saint, béni soit-Il, leur donna un conseil pour cela: "Si tu écoutes vraiment la voix de ה', ton Dieu"; c'est la voix intérieure qui se trouve en toutes choses, afin que disparaissent d'elles-mêmes toutes les imaginations et les apparences, et que leur regard soit toujours seulement porté vers la volonté intérieure des paroles de Torah. Cela est appelé la voix intérieure.
"Et tu feras ce qui est droit à Ses yeux": qu'ils ne prennent aucune chose dans une lumière réfléchie (or hozer) ni par la voie du yiboum (lévirat), qui devrait ensuite être clarifiée, mais seulement dans une lumière directe (or yashar). "Et tu prêteras l'oreille à Ses commandements": qu'ils se préparent à être des kelim (récipients) pour recevoir la lumière du Saint, béni soit-Il.
Comme il est dit (Devarim Rabbah 10): "L'oreille est pour le corps comme un kin-kol pour les kelim"; l'oreille est le récipient du corps. Il faut savoir que toute réception essentielle n'est que le tsimtsoum (contraction) que l'homme a de son côté: la possession de l'homme en une chose n'est que ce qui demeure après qu'il l'a remis au Saint, béni soit-Il.
C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a établi, pour chaque porte que l'homme veut acquérir, qu'il doit d'abord la remettre au Saint, béni soit-Il, et Le couronner sur le bien, par exemple par la teroumah, les dîmes et la hallah. Ce qui reste ensuite, il le mérite de la table d'En-Haut, car "l'homme vit seulement de ce qui sort de la bouche de ה'".
ושמרת כל חקיו. חוקים הוא מה שלמעלה מתפיסת האדם במקום שאין לאדם הכרה ואז צריך לגודל שמירה וכדאי' בזה"ק (יתרו צ"ב.) שמור לנוקבא:
"Et tu garderas toutes Ses lois." Les lois (houkim) sont ce qui est au-delà de la saisie de l'homme, au lieu où l'homme n'a aucune reconnaissance; il faut alors une grande garde. Comme il est dit dans le saint Zohar (Yitro 92a): "Garder pour la Noukva."
כל המחלה אשר שמתי במצרים לא אשים עליך. היינו כי באמת מצד השי"ת אין במציאות שום מחלה רק הוי' וקיום.
ומה שנמצא מחלה בעולם מסתבב רק ע"י קליפת מצרים כי כן נקרא גם בכתוב מדוה מצרים (דברים ז') כי מחמת גודל השפעה שהי' במצרים כדכתיב (בראשית יג) כגן ה' כארץ מצרים וזה עצמו היה להם סיבה לכל מיני מחלה כי מזה שנדמה לאדם שיש לו כח בפני עצמו וזה נקרא כסא הות שאין לה חיבור עם השי"ת כדכתיב (תהילים צ״ד:כ׳) היחברך כסא הות כי השי"ת מתרומם מכסא כזו ואין לו חיבור בה וממילא נמשך לשם כל מחלה והפסד וזה גם קליפת מצרים שנדמה להם שאין צריכין להשפעת השי"ת. אבל ישראל שמכירין בתמידות שאין להם שום כח וקיום מבלעדי השי"ת לזה נאמר להם כל המחלה אשר שמתי במצרים לא אשים עליך כי אני ה' רופאך היינו שירפא אף את הקודם:
"Toute maladie que J'ai mise en Égypte, Je ne la mettrai pas sur toi." En vérité, du côté du Saint, béni soit-Il, il n'existe aucune maladie dans la réalité, mais seulement existence et subsistance. La maladie qui se trouve dans le monde ne provient que de la kelipa d'Égypte; c'est pourquoi elle est aussi appelée dans l'Écriture "maladie d'Égypte" (Deutéronome 7).
Car, à cause de l'abondance d'influx qui était en Égypte, ainsi qu'il est écrit: "comme le jardin de ה', comme la terre d'Égypte" (Genèse 13), cela même fut pour eux la cause de toute sorte de maladie. De ce qu'il semble à l'homme qu'il a une force propre, vient ce qui est appelé "trône de perdition" (kisse havot), qui n'a aucune union avec le Saint, béni soit-Il, ainsi qu'il est écrit: "Le trône de perdition Te serait-il associé?" (Psaumes 94,20).
Le Saint, béni soit-Il, s'élève au-dessus d'un tel trône et n'a aucune union avec lui; dès lors s'y prolonge toute maladie et toute perte. Telle est aussi la kelipa d'Égypte: il leur semble qu'ils n'ont pas besoin de l'influx du Saint, béni soit-Il.
Mais Israël, qui reconnaît continuellement qu'il n'a aucune force ni subsistance hors du Saint, béni soit-Il, il leur est dit: "Toute maladie que J'ai mise en Égypte, Je ne la mettrai pas sur toi, car Je suis ה', Celui qui te guérit", c'est-à-dire qu'Il guérira même ce qui précède.
« Ma force et le chant de Yah, et Il fut pour moi un salut. » Pour le Sod Yecharim, la force fait allusion à la confiance : aucune chose n'a d'achèvement en ce monde, et l'homme peut être inclus de nouveau dans le monde supérieur avec son acte. Le chant de Yah indique la contraction de la lumière : Sa gloire ne trouve aucune plénitude sans le service d'Israël. De ce qu'Il Se tourne vers la création dans le secret de ce Nom viennent toutes les protections. La sortie d'Égypte relève de ce secret du monde supérieur : délivrés des quatre exils, la délivrance n'est pas encore dans le monde inférieur.
Aussi : les prières, pour que cette délivrance brille dans la saisie dernière ; à Mara, le Chabbat, la vache rousse et les jugements ; l'aleph uni au zayin, inclusion mutuelle des attributs
עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה. עזי רומז על גודל בטוחות כענין שנאמר (ישעי' כ"ו) בטחו בה' עדי עד כי ביה ה' צור עולמים וכדאי' בזה"ק (וארא כ"ב.) והאי עד אתר דאחיד לכל סטרין וכו' כד"א עד תאות גבעת עולם וכו' מכאן ולהלאה לית ליה רשות לב"נ לאסתכלא ביה דהא איהו גניז מכלא ומאן איהו י"ק יקו"ק וכו'.
היינו שמזה שבעוה"ז הציב השי"ת שאין גמר לשום דבר מזה נמשך לאדם גודל בטוחות כי מצד זה יתכן שיתכלל בחזרה בעלמא עלאה עם הפעולה ובכל זה לא תתבטל תפיסתו. וזמרת יה זה מורה על צמצום אור והוא כדכתיב כי ביה ה' צור עולמים וכדאי' במדרש (תהלים ט') כל זמן שזרעו של עמלק קיים בעולם לא השם שלם ולא הכסא שלם שנאמר כי יד על כס יה וכו'.
שהשי"ת הציב רצון בעולם שכביכול אין שום שלימות לכבודו ית' בלתי עבודת ישראל וזה עזי וזמרת יה שמצד הארת זה השם י"ה יתכנו אלו השנים עזי וזמרת ומזה ויהי לי לישועה שהוא מלשון הכתוב (בראשית ד') וישע ה' כי מזה שהשי"ת פונה עצמו להבריאה ברזא דשמא י"ה נמשכו מזה כל ההגנות לאדם ולזה במקום שצריכין להמשיך הגנה מזכירין השם י"ה כענין שמצינו (שלח י"ג) ויקרא משה להושע בן נון יהושע ודרשו ע"ז (סוטה ל"ד: ובמדרש תנחומא שלח) יה יושיעך מעצת מרגלים כי היה צריך לגודל הגנה שהשי"ת יפנה אליו בהגנה מעלמא עלאה כי מצד סדר ההנהגה שהציב השי"ת בעלמא תתאה לא היה מקום הגנה עבורו כי הסדר שהציב השי"ת בעוה"ז הוא כדכתיב (בראשית ט״ו:ט״ז) ודור רביעי ישובו הנה כי לא שלם עון האמרי עד הנה נמצא לפי זה שהיו מוכרחים לספר גנות על הארץ וכל חטאם בזה היה רק על דרך נורא עלילה על בני אדם וכדאיתא בתנחומא (וישב ד') אמר רבי יהושע בן קרחה אף הנוראות שאתה מביא עלינו בעלילה את מביאן וכו' וכן אתה מוצא שאמר ליה הקב"ה למשה אם יראה איש באנשים האלה הדור הרע הזה את הארץ הטובה וכו' הוי נורא עלילה על בני אדם היה הקב"ה מבקש לקיים גזירת ידוע תדע והביא עלילה לכל דברים אלו.
לזה התפלל משרע"ה עליו והמשיך לו הגנה מעלמא עלאה מבחי' השם י"ק. וזה עזי וזמרת יה שמצד שנכללו אלו השני בחי' בזה השם זה היה לי לישועה שמזה שאין שום דבר נגמר עוד והכל תלוי בעלמא עלאה נמצא מקום שיתוקנו כל הפעולות.
ויציאת מצרים היה ג"כ מרזא דעלמא עלאה כי נגאלו אז מכל הארבע גליות כדאי' בזה"ק (ויקהל רט"ז:) רזא לאדכרא יציאת מצרים וכו' ואצטריך לאחזאה חירו דילה בגין דאתחברא בבעלה ובגין לאסמכא גאולה לתפלה למהוי כלא חד בלא פרודא ולא לאחזאה תרוכין וסימנך ואשה גרושה מאשה לא יקחו. ואי תימא והא בגלותא איהי והא אתתרכת לאו הכי אלא ודאי בגלותא איהי לדיירא עמהון דישראל ולאגנא עלייהו אבל לא אתתרכת וכו' ובגין דא בעי לאחזאה פורקנא דאית ביה ארבע גאולות וכו' ועל דא אית לאדכרא בההוא גאולה ד' זמנין אמת וכו'.
כי באמת נגאלו אז מכל הארבע גליות ורק שהגאולה הי' מרזא דעלמא עלאה ועוד לא היתה בעלמא תתאה וכל התפלות שלנו הם שיאיר השי"ת זאת הגאולה אף בעלמא תתאה שיהיה ניכר אף בתפיסה אחרונה הנמוכה שלנו שיתגלה שאין שום נפש מישראל בגלות:
Ma force et le chant de Yah, et Il fut pour moi un salut. Ma force fait allusion à la grandeur de la confiance, ainsi qu'il est dit : "Ayez confiance en ה' a jamais, car en Yah, ה', est le Rocher des mondes" (Isaie 26,4).
Et il est exposé dans le saint Zohar (Vaera 22a) : "Ce 'à jamais' est le lieu qui tient tous les côtés...", selon le verset : "jusqu'au désir des collines éternelles" (Genèse 49,26)... À partir de là, l'homme n'a plus permission de le contempler, car il est caché de tout; et qui est-il ?
Yod-Qof, Yod-Qof... Cela signifie que, de ce que le Saint, béni soit-Il, a fixé dans ce monde-ci qu'il n'y a d'achèvement pour aucune chose, l'homme tire une grande confiance : par cela, il est possible qu'il soit de nouveau inclus dans le monde supérieur avec son acte, et pourtant sa saisie ne sera pas annulée.
Et le chant de Yah indique la contraction de la lumière, comme il est écrit : "car en Yah, ה', est le Rocher des mondes" (Isaie 26,4). Il est exposé dans le Midrach (Psaumes 9) : tant que la descendance d'Amalek subsiste dans le monde, ni le Nom n'est entier ni le Trône n'est entier, ainsi qu'il est dit : "car une main est sur le trône de Yah" (Exode 17,16)...
Le Saint, béni soit-Il, a fixé dans le monde un vouloir selon lequel, pour ainsi dire, Sa gloire ne trouve aucune plénitude sans le service d'Israël. Cela est : Ma force et le chant de Yah.
Car, par l'illumination de ce Nom Yah, ces deux choses, ma force et le chant, sont possibles. De là vient : "et Il fut pour moi un salut", qui est du langage du verset : "Et ה' se tourna vers..." (Genèse 4,4).
Car, de ce que le Saint, béni soit-Il, Se tourne vers la création dans le secret du Nom Yah, toutes les protections de l'homme en découlent. Aussi, là où l'on doit attirer une protection, on mentionne le Nom Yah, comme nous le trouvons : "Mose appela Hosea fils de Noun : Yehoshoua" (Nombres 13,16).
Nos maîtres l'expliquent (Sota 34b; Midrach Tan'houma, Chela'h) : "Que Yah te sauve du conseil des explorateurs." Il avait besoin d'une grande protection : que le Saint, béni soit-Il, se tourne vers lui par une protection venue du monde supérieur. Car, selon l'ordre de conduite fixé par le Saint, béni soit-Il, dans le monde inférieur, il n'y avait pas place pour une protection en sa faveur.
L'ordre qu'Il a fixé dans ce monde-ci est en effet celui du verset : "La quatrième génération reviendra ici, car la faute de l'Amorite n'est pas encore complète" (Genèse 15,16). Il s'ensuivait donc qu'ils étaient contraints de dire du mal de la terre.
Et toute leur faute en cela n'était que selon la voie : "redoutable prétexte contre les hommes", comme il est rapporté dans le Tan'houma (Vayechhev 4) : Rabbi Yehoshoua ben Korha dit : Même les choses redoutables que Tu nous apportes, Tu les apportes sous un prétexte... Ainsi trouves-tu que le Saint, béni soit-Il, dit à Mose : "Si aucun homme parmi ces hommes, cette mauvaise génération, ne verra le bon pays..." (Deutéronome 1,35).
Voici donc : "redoutable prétexte contre les hommes". Le Saint, béni soit-Il, voulait accomplir le décret de "Sache certainement" (Genèse 15,13), et Il amena un prétexte pour toutes ces choses.
C'est pourquoi Mose notre maître pria pour lui et lui attira une protection venue du monde supérieur, du côté du Nom Yod-Qof. Cela est : Ma force et le chant de Yah.
Puisque ces deux aspects sont inclus dans ce Nom, Il fut pour moi un salut : de ce que rien n'est encore achevé et que tout dépend du monde supérieur, il se trouve une place où tous les actes peuvent être réparés. La sortie d'Égypte aussi provenait du secret du monde supérieur, car ils furent alors délivrés des quatre exils, ainsi qu'il est exposé dans le saint Zohar (Vayakhel 216b) : "Le secret de mentionner la sortie d'Égypte...
Il faut montrer sa liberté, afin qu'elle s'unisse à son époux, et joindre la délivrance à la prière, afin que tout soit un sans séparation, et ne pas montrer de divorce; ton signe : 'Ils ne prendront pas une femme divorcée de son mari' (Lévitique 21,7). Et si tu dis : mais elle est en exil, et elle a été divorcée ?
Il n'en est pas ainsi; certes, elle est en exil pour demeurer avec Israël et les protéger, mais elle n'a pas été divorcée... C'est pourquoi il faut montrer une libération qui contient quatre délivrances...
C'est pourquoi, dans cette délivrance, il faut mentionner quatre fois 'vrai'..." Car, en vérité, ils furent alors délivrés des quatre exils; seulement, cette délivrance relevait du secret du monde supérieur et n'était pas encore dans le monde inférieur. Toutes nos prières visent à ce que le Saint, béni soit-Il, fasse briller cette délivrance aussi dans le monde inférieur, afin que, même dans notre saisie dernière et basse, il soit manifeste qu'aucune âme d'Israël n'est en exil.
ה' ימלוך לעולם ועד. היינו שישראל בקשו אז שהשי"ת יקבע בהם הכרה זו שהאיר להם אז שיהיו יכולין לקבל עליהם עומ"ש בבהירות הכרה זו לעולם ועד.
אכן יען שהכרה זו השיגו בלתי עבודה מצדם לכן נעלם מהם מיד כדכתיב אח"ז וילכו שלשת ימים במדבר ולא מצאו מים. ולמד אותם השי"ת עצה איך שישיגו חזרה אותו האור שנעלם מהם כדכתיב שם שם לו חוק ומשפט ופירש"י ז"ל במרה נתן להם מקצת פרשיות של תורה שיתעסקו בהם שבת ופרה אדומה ודינין.
שבת רומז על צמצום. פרה רומז על בטוחות שלא יעדר מישראל שום דבר ואף שום לבוש.
אכן אלו השנים צריכין עוד לקו המשקל לבל לנטות לשום קצה ביותר כי צמצום יותר מהראוי לחסרון יחשב ובטוחות יותר מהראוי ג"כ לחסרון יחשב ורק בד בבד יהיו וזה מורה דינין שהוא קו המשפט ומשקל וע"י שיתנהגו במשפט ישיגו בחזרה כל האורות שנעלמו מהם:
ה' régnera pour toujours et à jamais. Israël demandait alors que le Saint, béni soit-Il, fixe en eux cette connaissance qui les illumina alors, afin qu'ils puissent recevoir sur eux la royauté du Ciel avec la clarté de cette connaissance, pour toujours et à jamais.
Toutefois, puisqu'ils avaient atteint cette connaissance sans travail de leur part, elle se cacha aussitôt d'eux, comme il est écrit ensuite : "Ils marchèrent trois jours dans le désert et ne trouvèrent pas d'eau" (Exode 15,22). Le Saint, béni soit-Il, leur enseigna le conseil par lequel ils retrouveraient cette lumière qui s'était cachée d'eux, comme il est écrit : "Là, Il lui donna loi et jugement" (Exode 15,25).
Rachi, de bienheureuse mémoire, explique : À Mara, Il leur donna quelques sections de Torah, pour qu'ils s'y occupent : le Chabbat, la vache rousse et les jugements. Le Chabbat fait allusion à la contraction.
La vache fait allusion à la confiance, qu'il ne manque rien à Israël, pas même un vêtement. Mais ces deux choses ont encore besoin de la ligne de mesure, afin de ne pencher vers aucun extrême : une contraction au-delà du juste est considérée comme un manque, et une confiance au-delà du juste est aussi considérée comme un manque.
Elles doivent seulement aller de pair. Cela est indiqué par les jugements : ils sont la ligne du droit et de la mesure.
En se conduisant selon le jugement, ils retrouveront toutes les lumières qui leur avaient disparu.
אז ישיר משה וגו'. בזה"ק (בשלח נ"ד.) ר"א פתח ואמר אסתכלנא בכל תושבחן דשבחו לקב"ה וכולם פתחו באז וכו' מאי טעמא אלא הכי תאנא כל נסין וכל גבורן דאתעבידו להו לישראל כד אתנהיר נהירו דעתיקא קדישא בעטרוי גליפין רשימין באז בא' וא' בז' אנקיב בחשוכי ונהיר לכל עיבר.
וכד אתחבר נהירו דאל"ף ומטי לזיי"ן מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם כדין עביד נסין וגבוראן בגין דאתחבר א' עם ז' ודא הוא שירתא:
Alors Mose chanta, etc. Dans le saint Zohar (Beshala'h 54a), Rabbi Eliezer ouvrit et dit : "J'ai examiné tous les chants de louange par lesquels ils louèrent le Saint, béni soit-Il, et tous commencèrent par 'alors'...
Pourquoi ? Voici ce qui fut enseigné : tous les miracles et toutes les prouesses accomplis pour Israël le furent lorsque la lumière de l'Ancien saint brilla dans ses couronnes, gravées et inscrites dans 'alors' : par aleph et par zayin.
Il perça les ténèbres et illumina tout côté. Et lorsque la lumière du aleph s'unit et atteint le zayin - qui est ce zayin ?
L'épée de ה', remplie de sang (Isaie 34,6) - alors Il accomplit miracles et prouesses, parce que aleph s'unit à zayin; et ceci est le chant."
הענין בזה כי אחר שעלה ברצונו הפשוט ית' להקרא מלך ושימליכו אותו ית' ברצון ובחירה לזה הציב התחלקות המדות כדאי' (ר"ה ל"א.) בשני היו אומרים גדול ה' ומהולל מאד על שם שחילק מעשיו ומלך עליהן. והם שבע מדות כדכתיב (דבה"י א' כ"ט) לך ה' הגדולה והגבורה וגו' וכל מדה אם היא בלתי התכללות אזי היא בתכלית החושך וכגון מדת החסד שהיא מדה יקרה מאד אך אם היא בלא דעת ורק שישתמשו בה תמיד אף במקום הראוי להתאכזר אזי יחשב זה החסד לגודל אכזריות כי בזה שיתרחם על אכזרי ויתן לו הוי' יקיים בזה משחית בעולם.
וכן כל מדה כשהיא בפני עצמה בלי התכללות אזי הוא חרב לה' מלאה דם. ורק כשמנהיר א' בז' אזי יש בהמדות התכללות שמדת החסד מרחמת רק במקום הראוי לרחם אבל במקום שראוי להתאכזר תתאכזר וכן כל המדות ובזה ההתכללות הוא שלימות המדות וזה כד אתנהיר נהירו דעתיקא קדישא בעטרוי גליפין רשימין באז בא' וא' בז' אנקיב בחשוכי ונהיר לכל עיבר וזה נקרא אז ישיר כי שירה מורה על אור ישר מראשית הנקודה עד לבוש האחרון:
Voici le sens. Après qu'il fut monté dans Son vouloir simple, béni soit-Il, d'être appelé Roi et qu'on Le fasse régner par vouloir et par choix, Il fixa la division des attributs, comme il est dit (Roch Hachana 31a) : "Le second jour, ils disaient : 'Grand est ה' et très digne de louange' (Psaumes 48,2), parce qu'Il divisa Ses œuvres et régna sur elles." Ce sont les sept attributs, comme il est écrit : "À Toi, ה', la grandeur, la puissance..." (I Chroniques 29,11).
Lorsqu'un attribut est sans inclusion mutuelle, il est à l'extrême des ténèbres. Ainsi l'attribut de bonté : c'est un attribut très précieux; mais s'il est sans discernement et qu'on s'en serve toujours, même là où il convient d'être cruel, cette bonté sera considérée comme une grande cruauté.
Car, en ayant pitié du cruel et en lui donnant l'existence, on maintient par cela un destructeur dans le monde. De même, tout attribut, lorsqu'il est seul sans inclusion mutuelle, est "l'épée de ה', remplie de sang".
Ce n'est que lorsque aleph illumine dans zayin que les attributs possèdent l'inclusion mutuelle : l'attribut de bonté n'a pitié que là où il convient d'avoir pitié, mais là où il convient d'être cruel, il est cruel; de même pour tous les attributs. Cette inclusion mutuelle est la perfection des attributs.
Cela est : "lorsque la lumière de l'Ancien saint brilla dans ses couronnes, gravées et inscrites dans 'alors', par aleph et par zayin, Il perça les ténèbres et illumina tout côté." Cela s'appelle : "Alors Mose chanta", car le chant indique la lumière droite, depuis le commencement du point jusqu'au vêtement dernier.
אשירה לה' כי גאה גאה תרגומו ארי אתגאי על גותניא וגאותא דיליה הוא. הענין בזה כדאי' (שמות רבה כ"ג) אשירה לה' כי גאה גאה הה"ד עדה נא גאון וגובה הכל מתגאין זה על זה חושך מתגאה על התהום וכו' והקב"ה מתגאה על הכל.
היינו מה להם להתפאר בגאון וגבה שלהם שהם משפיעים לדרגין דלתתא מנהון אחר שגם המשפיע אין לו שום כח כי מה שיש לו הוא רק מה שמקבל מהשי"ת א"כ מה יתרון המשפיע מהמקבל כי מה שנראה בהם כח משפיע הוא רק כדאי' בספר רזיאל כשברא הקב"ה את עולמו הפך את אור פניו ממנה וע"י הפיכת אור פניו יתברך מהבריאה נעלם מכל ברי' בשעה שמשפעת לדרגא דלתתא מינה איך שבאמת גם היא רק מקבלת כי אין שום כח עצמיי בעולם מבלעדי השי"ת. והענין שנחשב שם אף אלו שעומדים בבהירות תמיד נושאי כסא הכבוד ית' כי אף שהם לעצמם בגודל בהירות תמיד אבל אין בכחם ללמד זה הבהירות להמדה המקבלת מהם ולכן איתא בכתבי האריז"ל (פע"ח שער הק"ש פ"א) שר"ת יוצר "משרתים "ואשר "משרתיו הוא מו"ם שזה השם האחרון משם ע"ב כי אחר שאין בכחם להאיר בהירות זה להאומות המסתעפים ונתונים תחת ממשלתם לזה מו"ם בם ולכן נקרא שם שר של מצרים רה"ב שפירושו גיאות כי אף שהשר עצמו עומד קרוב להשורש ומכיר מפורש שאין שום הוי' בלתי רצון השי"ת מ"מ יען שהמצרים שתחת ממשלתו ומקבלים ממנו אין להם הכרה זו שאין להם שום כח עצמיי רק מה שמקבלים לכן נקרא שר שלהם רה"ב.
וזה סוס ורוכבו רמה בים וכמו שביאר בזה אאזמו"ר הגה"ק זללה"ה שאומות נקראים סוסים מזויינים כי סוס מורה על מהירות והאומות הם תמיד בלי ישוב הדעת וכל מעשיהם במחשך. ורוכבו מורה על ישוב הדעת והם שרי מעלה של האומות שנראה בהם גודל ישוב הדעת ועומדים למעלה בגודל התבטלות אכן שאין בכחם להשפיע דעת ובהירות להאומה שנתונה תחתיהם לזה סוס וגם רוכבו רמה בים.
אבל בישראל נמצא הכרה זו להכיר שכל קבלתם הן יקרות מדברי תורה ועד הלבושים הנמוכים כגון פרנסה וכדומה הוא רק מה שמקבלים מהשי"ת בלי שום אמצעי כלל שאין נתונים תחת ממשלת שרים כי חלק ה' עמו שמשפיע להם תמיד דעת ובהירות. ואף שגם בישראל נאמר מיכאל שרכם (דניאל ו') אכן שמו מורה עליו שכל עסקו להשפיע הבהירות שלו לישראל שהוא מכיר בבהירות שאין כאל ומלמד גם לישראל שיכירו וידעו שאין שום כח בעולם זולת השי"ת וזה "מי-כאל" ויען שישראל מקבלים ממנו זה הבהירות לכן נקרא מיכאל שרכם.
וזה ארי אתגאי על גותניא שכשמראה השי"ת שכל הגיאות הוא רק שלו אז מתבטל כל הגיאות שבעולם כמו כאן כשהאיר השי"ת מעתיקא אז נתבטלו המצרים. וגאותא דיליה הוא היינו שמזה עצמו שהראה השי"ת שכל הגיאות רק שלו קבלו ישראל כל עיקר הוי' וקיום:
Je chanterai pour ה', car Il s'est élevé, Il s'est élevé. Le Targoum traduit : "Car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux, et la grandeur est Sienne." Le sens en est exposé dans Chemot Rabba (23) : "Je chanterai pour ה', car Il s'est élevé, Il s'est élevé; c'est ce qui est écrit : 'Parez-vous donc de majesté et de hauteur' (Job 40,10).
Tous s'élèvent l'un au-dessus de l'autre : les ténèbres s'élèvent au-dessus de l'abîme... et le Saint, béni soit-Il, S'élève au-dessus de tous." Pourquoi se glorifieraient-ils de leur grandeur et de leur hauteur, parce qu'ils influencent les degrés situés au-dessous d'eux ? Même celui qui influence n'a aucune force, car ce qu'il possède, il ne le possède que de ce qu'il reçoit du Saint, béni soit-Il.
Quel avantage a donc celui qui influence sur celui qui reçoit ? Ce qui leur donne l'apparence d'une force qui influence est seulement ce qui est rapporté dans le Livre de Raziel : lorsque le Saint, béni soit-Il, créa Son monde, Il détourna de lui la lumière de Sa face.
Par ce détournement de la lumière de Sa face, béni soit-Il, de la création, il est caché à toute créature, au moment où elle influence le degré inférieur à elle, qu'en vérité elle aussi ne fait que recevoir; car il n'est dans le monde aucune force autonome en dehors du Saint, béni soit-Il. Et cela s'applique même à ceux qui se tiennent constamment dans la clarté, porteurs du Trône de gloire, béni soit-Il.
Ils possèdent pour eux-mêmes une très grande clarté constante, mais ils n'ont pas la force d'enseigner cette clarté à l'attribut qui reçoit d'eux. C'est pourquoi il est écrit dans les ouvrages du Ari, de bienheureuse mémoire (Pri Ets 'Hayim, Porte du Chema, ch.
1), que les initiales de "Yotser (Il forme) les serviteurs et ceux qui Le servent" forment Moum (défaut), qui est le dernier Nom du Nom de soixante-douze. Puisqu'ils n'ont pas la force d'éclairer de cette clarté les nations qui se ramifient et sont placées sous leur gouvernement, il y a donc un défaut en eux.
C'est pourquoi le prince de l'Égypte est appelé Rahav, ce qui signifie : arrogance. Car, bien que le prince lui-même se tienne proche de la racine et sache explicitement qu'il n'existe aucun être hors du vouloir du Saint, béni soit-Il, toutefois les Égyptiens qui sont sous son gouvernement et reçoivent de lui n'ont pas cette connaissance : ils n'ont aucune force autonome, seulement ce qu'ils reçoivent.
C'est pourquoi leur prince est appelé Rahav. Cela est : "Il jeta à la mer le cheval et son cavalier" (Exode 15,1).
Comme l'expliqua mon arrière-grand-père, notre maître le saint gaon, de bienheureuse mémoire, les nations sont appelées des chevaux armés. Le cheval indique la rapidité, et les nations sont toujours sans assise de l'esprit, tous leurs actes étant dans l'obscurité.
Son cavalier indique l'assise de l'esprit : ce sont les princes célestes des nations. Il semble qu'ils aient une grande assise de l'esprit, qu'ils se tiennent en haut dans une grande abnégation; mais ils n'ont pas la force d'influencer la connaissance et la clarté à la nation soumise à eux.
C'est pourquoi : "le cheval et son cavalier, Il les jeta à la mer." Chez Israël, en revanche, se trouve cette connaissance : reconnaître que tout ce qu'ils reçoivent, les choses précieuses depuis les paroles de Torah jusqu'aux vêtements les plus bas, comme la subsistance et semblables, ne vient que de ce qu'ils reçoivent du Saint, béni soit-Il, sans aucun intermédiaire; ils ne sont pas soumis au gouvernement des princes, car "la part de ה' est Son peuple" (Deutéronome 32,9), et Il leur influence constamment connaissance et clarté. Même si, à propos d'Israël, il est aussi dit : "Mikhael, votre prince" (Daniel 10,21), son nom l'indique : toute son occupation est d'influencer sa clarté à Israël.
Il reconnaît clairement qu'il n'est nul comme El, et il enseigne aussi à Israël à reconnaître et savoir qu'il n'est dans le monde aucune force en dehors du Saint, béni soit-Il. Voilà le sens de Mi-khael (qui est comme El ?).
Israël reçoit de lui cette clarté, et c'est pourquoi il est appelé "Mikhael, votre prince". Cela est : "Car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux" : lorsque le Saint, béni soit-Il, montre que toute grandeur est seulement Sienne, toute la grandeur du monde est annulée, comme ici, lorsque le Saint, béni soit-Il, illumina depuis l'Ancien et que les Égyptiens furent annulés.
"Et la grandeur est Sienne" signifie que, par cela même qu'Il montra que toute grandeur était seulement Sienne, Israël reçut toute l'essence de l'être et de la subsistance.
עזי וזמרת יה. עזי רומז על תקיפות.
וזמרת רומז על צמצום. היינו שכל תקופות ישראל הוא רק מזה שהשי"ת צמצם גודל אורו וזה וזמרת י"ה וכדאי' בתקוני הזהר (תקון כ"א דף ס"ג) שבשם י"ה ברא עלמין סתימין ובשם ו"ה ברא עלמא דין ועלמא דאתי.
היינו שהשי"ת צמצם גודל אורו והציב גוון בעוה"ז שאין שום שלימות בלתי עבודת ישראל ועי"ז הצמצום יש להשי"ת חיבור ואחדות עם ישראל ועל זה הצמצום נאמר (תהילים קי״ח:ה׳) מן המצר קראתי י"ה ענני במרחב י"ה שעי"ז הצמצום רואים ישראל החיבור שיש להשי"ת עמהם ואין לך גודל הרחבה מזה. לזה אומר ויהי לי לישועה שעי"ז החיבור נשפעים כל הישועות לישראל:
Ma force et le chant de Yah. Ma force fait allusion à la fermeté.
Le chant fait allusion à la contraction. Toutes les forces d'Israël ne proviennent que de ce que le Saint, béni soit-Il, a contracté la grandeur de Sa lumière.
Tel est "le chant de Yah". Il est exposé dans les Tikounei Zohar (Tikoun 21, folio 63) : par le Nom Yah, Il créa les mondes cachés, et par le Nom Vav-Hé, Il créa ce monde-ci et le monde à venir.
Le Saint, béni soit-Il, contracta donc la grandeur de Sa lumière et fixa dans ce monde-ci une disposition selon laquelle il n'y a aucune plénitude sans le service d'Israël. Par cette contraction, le Saint, béni soit-Il, a lien et unité avec Israël.
C'est au sujet de cette contraction qu'il est dit : "De l'étroit j'ai appelé Yah; Yah m'a répondu dans l'ampleur" (Psaumes 118,5). Par cette contraction, Israël voit le lien que le Saint, béni soit-Il, a avec eux, et il n'est pas de plus grande ampleur.
Aussi dit-il : "et Il fut pour moi un salut" : par ce lien, tous les saluts sont influences à Israël.
זה אלי ואנוהו. כאן האיר השי"ת לכל פרט נפש מישראל הד"ת שגנוזים וצפונים בעומק לבו עד שכל אחד הכיר מפורש לאיזה ד"ת הוא לבוש וכענין שאי' (ברכות ס"א.) לידע אינש בנפשיה אם צדיק גמור הוא וזה "ואנהו" שפירושו התנאה לפניו במצות (שבת קל"ג:) וגם הוא מלשון נוה ודירה היינו אחר שישראל מצדם הכינו א"ע בהכנה גדולה להתנאה לפני השי"ת במצות כן קבע השי"ת משכן דירתו ושכינתו בישראל:
Voici mon El et je L'embellirai. Ici, le Saint, béni soit-Il, illumina pour chaque âme particulière d'Israël les paroles de Torah qui étaient cachées et enfouies dans la profondeur de son cœur, jusqu'à ce que chacun reconnaît explicitement de quelle parole de Torah il est vêtu.
C'est comme il est dit (Berakhot 61a) : "Que l'homme sache en lui-même s'il est un juste parfait." Tel est "je L'embellirai" (ve-anvehou), qui signifie : "Embellissez-vous devant Lui par les commandements" (Chabbat 133b), et qui est aussi du langage de demeure et d'habitation. Après qu'Israël, de leur côté, se furent préparés par une grande préparation à s'embellir devant le Saint, béni soit-Il, par les commandements, le Saint, béni soit-Il, fixa de même la demeure de Son habitation et de Sa Présence divine en Israël.
א-להי אבי וארוממנהו. א-להי אבי הייני שהשי"ת פתח להם מהשורש.
וארוממנהו היינו כדאי' בספר הבהור (סימן מ"ג ובתוס' זה"ק ח"ב סימן ג') ויקחו לי תרומה כך אמר הקב"ה אותה תרומה הרימו אותה בתפלותיכם היינו שיכירו שאין מכריחים ח"ו בתפלותיהם רצון השי"ת ורק מרצונו הפשוט ית' וזה וארוממנהו שכל כמה שאדם מכיר עוד יותר איך שהשי"ת מרומם ונשא ואין בעולם שום כח בלתי רצון הפשוט לעומת זה מאיר לו השי"ת שעומד נגדו מלא רצון. ימינך ה' נאדרי בכח ימינך ה' תרעץ אויב.
בזה"ק (בשלח נ"ז.) ת"ח ימינא דקב"ה מניה מתערין כל נהירו וכל ברכאן וכל חדו ביה כליל שמאלא וכו' ולהבין זאת אחר שהיה אז הארה מעתיקא כדאיתא בזה"ק (שם מ"ח) ובעתיקא לית שמאלא כלל כדאיתא בזה"ק (נשא קכ"ט) לית שמאלא בהאי עתיקא סתימאה כלא ימינא וכו'. אכן הזה"ק מבאר בזה שמקום ישראל הוא בשורש וזה ביה כליל שמלא כי כפי שאדם מכיר שהשי"ת חי הוא ברומו של עולם כן יש לאדם זה מקום ברומו של עולם.
וישראל שיש להם הכרה זו מפורש שהשי"ת חי הוא ברומו של עולם כן יש להם מקום ברומו של עולם ורק שאין בכח אדם מצדו להכיר רק ע"י לבוש זה אתכליל שם בעתיקא שמאלא בימינא ואף שמצד עתיקא לית שמאלא כלל אכן מצד ישראל שמתכללים שם בשורש אתכליל שם שמאלא בימינא:
Le Dieu de mon père, et je L'exalterai. "Le Dieu de mon père" signifie que le Saint, béni soit-Il, leur ouvrit depuis la racine.
"Et je L'exalterai" est ce qui est exposé dans le Livre du Bahir (section 43, et Supplément au saint Zohar II, section 3) à propos de "Ils prendront pour Moi une offrande" (Exode 25,2) : ainsi dit le Saint, béni soit-Il, élevez cette offrande par vos prières. Cela signifie qu'ils reconnaissent qu'ils ne contraignent pas, à Dieu ne plaise, le vouloir du Saint, béni soit-Il, par leurs prières, mais seulement Son vouloir simple, béni soit-Il.
Tel est "et je L'exalterai" : plus l'homme reconnaît combien le Saint, béni soit-Il, est élevé et exalté, et qu'il n'est dans le monde aucune force hors du vouloir simple, plus le Saint, béni soit-Il, lui illumine qu'Il se tient face à lui, plein de vouloir. "Ta droite, ה', est magnifique en force; Ta droite, ה', brise l'ennemi" (Exode 15,6).
Dans le saint Zohar (Beshala'h 57a) : "Vois : de la droite du Saint, béni soit-Il, s'éveillent toutes les lumières, toutes les bénédictions et toute joie; la gauche y est incluse..." Il faut comprendre ceci après qu'il y eut alors une illumination depuis l'Ancien, ainsi qu'il est dit dans le saint Zohar (ibid. 48a), et que dans l'Ancien il n'y a absolument pas de gauche, comme il est dit dans le saint Zohar (Nasso 129a) : "Il n'y a pas de gauche dans cet Ancien caché; tout est droite..." Mais le saint Zohar explique par cela que la place d'Israël est dans la racine.
Tel est : "la gauche y est incluse", car selon la mesure où l'homme reconnaît que le Saint, béni soit-Il, vit dans les hauteurs du monde, il a lui aussi une place dans les hauteurs du monde. Israël, qui reconnaît explicitement que le Saint, béni soit-Il, vit dans les hauteurs du monde, à donc une place dans les hauteurs du monde.
Seulement, l'homme n'a pas la force, par lui-même, de reconnaître autrement que par ce vêtement : la gauche est incluse là-bas dans la droite de l'Ancien. Bien que, du côté de l'Ancien, il n'y ait absolument pas de gauche, du côté d'Israël qui y est inclus dans la racine, la gauche y est incluse dans la droite.
« Hachem régnera pour toujours et à jamais » : le Sod Yecharim enseigne que par ce verset le Saint béni soit-Il scelle qu'Israël demeure serviteur du Nom à jamais. Même s'ils entrent encore dans une servitude et dans des voiles, le cœur n'est plus asservi ; sans cette liberté il n'y aurait pas de place pour la prière. Après le cantique, Moché les fait partir : l'achèvement est fait, il faut un renouvellement de paroles de Torah. Trois jours sans eau, le courage tombe ; Il enseigne un bois, car Il guérit l'amer par l'amer. Le voile étant selon Sa volonté, Israël y trouve toute la douceur et gagne un vêtement de plus.
Aussi : le cantique, aleph uni au zayin, forme de l'homme achevée par la reconnaissance de l'unité ; cheval et cavalier jetés à la mer, rapidité sans frein des nations ; homme de guerre, debout dans ce monde, assis dans l'avenir
ה' ימלוך לעולם ועד. בזה חתם השי"ת על ישראל שלעולם ועד יהיו נקראים עבדי ה' ואף אם יכנסו עוד לשעבוד וכמה הסתרות אך הלב מישראל לא יהיה עוד תחת השעבוד וכדאמרינן בגאולה ויוצא את עמו ישראל מתוכם לחירות עולם.
וזה דאי' (פסחים קי"ז:) קריאת שמע גאל ישראל דצלותא גואל ישראל וכדאי' בזה"ק (ויקהל רט"ז:) ואצטריך לאחזאה חירו דילה בגין דאתחברא בבעלה ובגין לאסמכא גאולה לתפלה וכו' ולא לאחזאה תרוכין וסימנך ואשה גרושה מאישה לא יקחו. ואי תימא והא בגלותא איהי והא אתתרכת.
לאו הכי אלא ודאי בגלותא איהו לדיירא עמהון דישראל ולאגנא עלייהו וכו' ועל דא אית לאדכרא בההוא גאולה ד' זמנין אמת וכו' למהוי ד' גאולות אלין בקיומא תקיף בחותמא תקיף דגושפנקא דמלכא וכו' דאלו לא אשתכחו אינון ד' גאולת בההוא יציאת מצרים כל זמנא דלהוי גלותא לא אתחברת בתקונאה לאתייחדא שמא קדישא. והיינו כי אם היה ח"ו הלב ג"כ משועבד לא היה מקום לתפלה כי תפלה הוא רק מי שהוא בן חורין וסימנך ואשה גרושה מאשה לא יקחו.
וכאשר חתם השי"ת שימלוך על ישראל לעולם ועד נקבע זה החירות בישראל וכ"כ נקבע הקדושה בישראל עד שנאמר ותקח מרים הנביאה את התוף בידה וגו' ותען להם מרים שירו לה' כי גאה גאה וגו' שזה רומז שנקבע כ"כ אלו הד"ת בישראל עד שנתפשטו אף לנשים וכמו שביאר בזה אאזמו"ר הג"הק זללה"ה בימי השלוח (פ' בשלח) ואח"ז ויסע משה את בני ישראל וגו' שאמר לישראל מעתה אין לכם עסק עוד באלו הד"ת כי כבר נשלם מה שהיה לכם להשלים בזה ומעתה צורך לכם להתחדשות ד"ת. וזה שנאמר אח"ז וילכו שלשת ימים במדבר ולא מצאו מים היינו שנתרשלו ונפלה דעתם מאוד כי קודם זה היה להם התחדשות בכל רגע ועתה שלא מצאו התחדשות היה להם התרשלות ולכן וילנו העם על משה וגו' שאמרו שמשמע מזה שאף קודם זה לא היה להם התגלות אמתי כי באם היה להם התגלות אמתי שוב לא היה פוסק מהם כי מהתגלות אמתי מוכרח להשאר רשימה הניכרת לעולם כמו שמצינו בהתגלות הר סיני שאף שהי' לפי שעה כדכתיב (שמות י"ט) במשוך היובל המה יעלו בהר מ"מ נשאר מזה רשימה לעולם כדמצינו באלי' הנביא שאמר אליו השי"ת שילך להר חורב למערה שעמד בה משרע"ה (מלכים א' י"ט) לזה נאמר ויורהו ה' עץ ומתרגמינן ואלפי ה' אעא ולא מתרגם ואחוי רק ואלפי שרומז שהיה מלמדו עצה להמתיק את המר במר וכדאיתא במכילתא (בשלח) רשב"י אומר דבר מן התורה הראהו שנאמר ויורהו ה' עץ כענין שנאמר וירני ויאמר לי יתמך דברי לבך וכתיב עץ חיים הוא למחזיקים בה וכו' בשר ודם במתוק מרפא את המר אבל הקב"ה אינו כן אלא במר מרפא את המר.
היינו שיוכלו להכיר במר זה עצמו כל המתיקות כי אחר שכעת חפץ השי"ת שלא יהיה להם התחדשות ושיהיה הסתר לפניהם מוכח מזה שיש מקום למצוא בזה ההסתר טובה יקרה מאוד וכענין דאית' (תענית כ"ב:) ת"ר על כל צרה שלא תבא על הצבור מתריעין עליה חוץ מרוב גשמים מ"ט א"ר יוחנן לפי שאין מתפללין על רוב טובה וכו' ובגולה מתריעין עליה. והענין כי בארץ ישראל מפורש שכל ההשפעה הוא רק מהשי"ת ואיך יתכן לסרב ולמאן בהשפעת השי"ת אף שלכאורה אין דעת האדם נוחה מזה אבל אם יעמיק האדם ימצא בזה יקרות טובה.
ורק בחוץ לארץ ששם השפעה בהסתר לכן מותר לאדם להתפלל שם על השפעה שאין דעתו נוחה ממנה. וזה הענין כאן שאחר שניכר מפורש שזה ההסתר הוא מרצונו ית' לזה בטח יוכלו למצוא בזה המר כל המתיקות כי באמת אין לך שום הסתר שהציב השי"ת בישראל שלא ירויחו מזה איזה יקרות כמו שמצינו במסעות הוצרכו לבושי שרד (שמות ל"ט) כי בעת מסע הדרך הי' ישראל נכנסין להסתרות לכן היו צריכין עוד מכסה מה שלא הוצרכו בעת החני' הרי שע"י ההסתר הרויחו ישראל לבוש יותר שנכלל לקדושה.
וכן מצינו בזמן שנתוסף לישראל קדושה ע"י ההסתר מיו"ט שני של גליות. וכן במקום נתוסף להם קדושה בזה שלא הסירו הבדים מעולם מתוך הארון ואף שתשמישן היה רק בעת מסע מ"מ נשארו הבדים בארון אף בעת החני' בקדש הקדשים שביניהם היו כל עבודות היקרות ביותר.
הקטרת הקטרת והזאת הדם ביוה"כ. הרי שכל זה היקרות הרויחו רק מסיבת ההסתר של מסע הדרך וזה דכתיב (שיר א') צרור המר דודי לי בין שדי ילין וכדאיתא ע"ז (שבת פ"ח:) אע"פ שמיצר ומימר לי דודי בין שדי ילין.
שדי מורה על השפעה שנשפע בגודל צמצום ובזה הצמצום הנראה ללילה וחושך לן השי"ת ודר בישראל. וזה שאמרו על שני ימים טובים של גליות במדרש (שיר א' בפסוק כרמי שלי) הרני שומרת שני ימים טובים של גליות בחוץ לארץ סבורה הייתי שאקבל שכר על שניהן ואיני מקבלת שכר אלא על אחד.
היינו אף שעיקר קבלת שכר הוא רק על אחד אכן מסבת ההסתר של גלות א"א לקיים אחת כתקנה אא"כ ישמור שני ימים שע"י שישראל מקדשים עוד יום אחד יוכלו לשמור ולקיים יום אחד כתקונו ובלתי זאת לא יוכלו לשמור יום אחד כתקונו הרי שע"י ההסתר מרויחים ישראל התפשטות קדושה על זמן עוד יותר ומרויחים לבוש נוסף לקדושה:
ה' régnera pour toujours et à jamais. Par cela, le Saint, béni soit-Il, a scellé au sujet d'Israël que, pour toujours et à jamais, ils seront appelés serviteurs de ה'.
Et même s'ils entrent encore dans une servitude et dans maints voiles, le cœur d'Israël ne sera plus soumis à la servitude. Comme nous le disons dans la rédemption : 'Il fit sortir Son peuple Israël du milieu d'eux vers une liberté éternelle.' C'est aussi ce qui est dit (Pessahim 117b) : dans le Chema, 'Il a racheté Israël', et dans la prière, 'Il rachète Israël'.
Et il est dit dans le saint Zohar (Vayakhel 216b) : 'Il faut manifester sa liberté, afin qu'elle s'unisse à son époux et afin de joindre la rédemption à la prière... et non de manifester un divorce. Ton signe : ils ne prendront pas une femme divorcée de son mari.
Et si tu dis : mais elle est en exil, elle a donc été renvoyée ? Il n'en est pas ainsi ; certes, en exil Il demeure avec Israël pour les protéger...
C'est pourquoi il faut mentionner dans cette rédemption quatre fois le mot vrai... afin que ces quatre rédemptions soient dans une subsistance forte, par le sceau fort du cachet royal... Car si ces quatre rédemptions ne s'étaient pas trouvées dans cette sortie d'Égypte, chaque fois qu'il y aurait exil, elle ne serait pas rectifiée pour que le Nom saint s'unisse.' Cela signifie que, si à D.ieu ne plaise le cœur aussi était asservi, il n'y aurait pas place pour la prière, car la prière n'appartient qu'à celui qui est libre ; et ton signe est : 'Ils ne prendront pas une femme divorcée de son mari.' Lorsque le Saint, béni soit-Il, a scellé qu'Il régnerait sur Israël pour toujours et à jamais, cette liberté fut fixée en Israël.
La sainteté fut aussi fixée en Israël, au point qu'il est dit : 'Myriam la prophétesse prit le tambourin dans sa main... et Myriam leur répondit : Chantez pour ה', car Il s'est souverainement élevé...' (Exode 15,20-21). Cela indique que ces paroles de Torah furent tellement fixées en Israël qu'elles se répandirent même parmi les femmes, comme l'a expliqué mon aïeul et maître, le Gaon saint, que le souvenir du juste soit pour la vie du monde futur, dans Mei HaShiloah (paracha Beshalah).
Puis : 'Moché fit partir les enfants d'Israël...' (Exode 15,22) ; il dit à Israël : désormais vous n'avez plus d'affaire avec ces paroles de Torah, car ce que vous aviez à achever par elles est déjà achevé ; désormais vous avez besoin d'un renouvellement de paroles de Torah. C'est pourquoi il est dit ensuite : 'Ils marchèrent trois jours dans le désert sans trouver d'eau' : ils se relâchèrent et leur courage tomba beaucoup, car auparavant ils avaient un renouvellement à chaque instant ; maintenant qu'ils n'en trouvaient pas, ils se relâchèrent.
C'est pourquoi 'le peuple murmura contre Moché...' : ils dirent par là que même auparavant ils n'avaient pas eu de révélation véritable, car s'ils avaient eu une révélation véritable, elle ne les aurait plus quittés. D'une révélation véritable doit nécessairement demeurer une trace reconnaissable à jamais, comme nous le trouvons dans la révélation du mont Sinaï : bien qu'elle fut temporaire, ainsi qu'il est écrit : 'Quand retentira longuement le cor, ils monteront sur la montagne' (Exode 19,13), une trace en demeura à jamais, comme nous le trouvons chez Élie le prophète : le Saint, béni soit-Il, lui dit d'aller au mont Horeb, dans la grotte où se tint Moché notre maître, que la paix soit sur lui (I Rois 19).
C'est pourquoi il est dit : 'ה' lui indiqua un arbre' (Exode 15,25) ; et le Targoum traduit : 'ה' lui enseigna un bois', non 'lui montra', mais 'lui enseigna', indiquant qu'Il lui enseignait le conseil d'adoucir l'amer par l'amer. Ainsi est-il dans la Mekhilta (Beshalah) : Rabbi Shimon bar Yohai dit : Il lui montra une chose de la Torah, ainsi qu'il est dit : 'ה' lui indiqua un arbre' ; selon ce qui est dit : 'Il m'enseigna et me dit : que ton cœur soutienne mes paroles', et il est écrit : 'Elle est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent' (Proverbes 3,18)...
Un être humain guérit l'amer par le doux, mais le Saint, béni soit-Il, n'est pas ainsi : Il guérit l'amer par l'amer. Cela signifie qu'ils pourraient reconnaître dans cet amer lui-même toute la douceur.
Puisque, à présent, le Saint, béni soit-Il, désire qu'ils n'aient pas de renouvellement et qu'un voile soit devant eux, il en résulte nécessairement qu'il y a à trouver dans ce voile un bien très précieux. Comme il est dit (Taanit 22b) : 'Nos Maîtres ont enseigné : pour toute détresse qui ne vienne pas sur la communauté, on sonne l'alarme, sauf pour une abondance de pluies.' Pourquoi ?
Rabbi Yo'hanan dit : parce qu'on ne prie pas contre une abondance de bien... mais en exil on sonne l'alarme pour elle. Le sens est qu'en terre d'Israël il est manifeste que toute influence ne vient que du Saint, béni soit-Il ; comment pourrait-on refuser et repousser Son influence, même si, en apparence, l'esprit de l'homme n'y trouve pas son repos ?
Mais si l'homme approfondit, il y trouvera un bien précieux. Ce n'est qu'en dehors de la terre d'Israël, où l'influence est voilée, que l'homme peut prier contre une influence qui ne lui convient pas.
Tel est ici le sens : après qu'il est manifeste que ce voile est selon Sa volonté, béni soit-Il, ils pourront assurément trouver dans cet amer toute la douceur. En vérité, il n'est aucun voile que le Saint, béni soit-Il, ait placé en Israël dont ils ne retirent quelque chose de précieux.
Ainsi, lors des voyages, les vêtements de service étaient nécessaires (Exode 39) : pendant le voyage, Israël entrait dans les voiles, et ils avaient donc besoin d'une couverture supplémentaire, dont ils n'avaient pas besoin lors du campement. Il apparaît donc que par le voile Israël gagnait un vêtement de plus, inclus dans la sainteté.
De même, nous trouvons qu'une sainteté supplémentaire fut ajoutée à Israël, par le voile, avec le second jour de fête des exils. Ainsi encore, une sainteté leur fut ajoutée en ce que les barres ne furent jamais retirées de l'Arche : bien que leur usage ne fût que lors du voyage, elles demeuraient dans l'Arche même pendant le campement, dans le Saint des saints, au milieu desquels étaient les services les plus précieux : la combustion de l'encens et l'aspersion du sang à Yom Kippour.
Tous ces biens précieux ne furent donc gagnés que par le voile du voyage. C'est ce qui est écrit : 'Mon bien-aimé est pour moi un sachet de myrrhe, il repose entre mes seins' (Cantique 1,13).
Et il est dit à ce sujet (Chabbat 88b) : 'Bien qu'il me serre et m'attriste, mon bien-aimé repose entre mes seins.' Les seins indiquent une influence dispensée dans une très grande restriction ; et dans cette restriction, qui paraît être nuit et obscurité, le Saint, béni soit-Il, loge et demeure en Israël. C'est ce qu'ils ont dit des deux jours de fête des exils dans le Midrach (Cantique 1, sur le verset 'Ma vigne est à moi') : 'Je garde deux jours de fête des exils hors de la terre d'Israël ; je pensais recevoir une récompense pour les deux, mais je ne reçois une récompense que pour un seul.' Cela signifie que, bien que la réception principale de la récompense ne soit que pour un jour, à cause du voile de l'exil il est impossible d'observer un jour convenablement si l'on n'en garde pas deux.
Car, en sanctifiant un jour supplémentaire, Israël peut garder et observer un jour selon sa règle ; sans cela, ils ne pourraient garder un jour selon sa règle. Il apparaît donc que, par le voile, Israël gagne une extension de sainteté sur un temps plus long et gagne un vêtement supplémentaire pour la sainteté.
אז ישיר משה ובני ישראל את השירה הזאת לה'. בזה"ק (בשלח נ"ד.) אז ישיר וכו' כד אתנהיר נהירו דעתיקא קדישא בעטרוי גליפין רשימין באז בא' וא' בז' אנקיב בחשוכי ונהיר לכל עיבר וכד אתחבר נהירו דא' ומטי לז' מאן זיי"ן דא חרבי לה' מלאה דם כדין עביד נסין וגבורן בגין דאתחבר אל"ף עם זיי"ן ודא הוא שירתא וכו'.
היינו כאשר נדמה לאדם שנתרחק ונעתק ח"ו מאור וכשמאיר לו השי"ת אח"כ שמעולם לא נעתק מאור כענין שנאמר (זכריה י׳:ו׳) והיו כאשר לא זנחתם זה נקרא שירה שמכיר אור השי"ת מהתחלה באור ישר וזה כד אתחבר נהירו דא' ומטי לז' מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם כי זיי"ן מורה על התחלקות השבע מדות בלתי התכללות שכל פרט משוקע במדתו ואין מאיר בהם מרזא דאל"ף שנקרא פל"א מזה נמשך כל ההירוס ופירוד. אבל כד אתחבר נהירו דאל"ף ומטי לזיי"ן שיש התכללות בהמדות ע"י שמאיר בהם נהירו דאל"ף אחדותו ית' שמאחד את כל המדות דא הוא שירתא שעי"ז נשלם הצורת אדם וכדאיתא בזה"ק וכד אסתלק א' מן אדם אשתאר "דם" היינו שאם אין האדם מכיר מצדו החיבור מעלמא עלאה עם עלמא תתאה נמשך מזה כל הפירוד.
ורק כשמאיר לאדם זה החיבור שמכיר האחדות אזי בהכרה זו נגמר ונשלם הצורת אדם בשלימות וזה אז ישיר משה ובני ישראל את השירה הזאת היינו שהאיר להם השי"ת את החיבור והאחדות שמעולם לא נסוגו ח"ו מאור אחדותו ית':
'Alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent ce cantique à ה'' (Exode 15,1). Il est dit dans le saint Zohar (Beshalah 54a) : 'Alors il chantera... quand la lumière de l'Ancien saint s'illumina dans ses couronnes gravées et marquées dans אז, par aleph et zayin ; il perça les ténèbres et illumina tout le côté.
Quand la lumière de l'aleph se joignit et parvint au zayin - quel est ce zayin ? 'L'épée de ה' est pleine de sang' - alors Il accomplit miracles et prouesses, car aleph s'est joint à zayin ; et c'est le cantique...' Cela signifie que, lorsqu'il semble à l'homme qu'il s'est éloigné et détaché, à D.ieu ne plaise, de la lumière, puis que le Saint, béni soit-Il, lui éclaire qu'il n'a jamais été détaché de la lumière, ainsi qu'il est dit : 'Ils seront comme si Je ne les avais pas rejetés' (Zacharie 10,6), cela s'appelle un cantique : il reconnaît dès le commencement la lumière du Saint, béni soit-Il, dans une lumière directe. C'est le sens de : 'quand la lumière de l'aleph se joint et parvient au zayin - quel est ce zayin ? l'épée de ה' est pleine de sang.' Le zayin indique la division des sept attributs, sans inclusion mutuelle : chaque détail est enfoncé dans son attribut, et là, n'éclaire pas le secret de l'aleph, appelé merveille (פלא) ; de cela procède toute ruine et toute séparation.
Mais lorsque la lumière de l'aleph se joint et parvient au zayin, lorsqu'il y a inclusion mutuelle des attributs parce que la lumière de l'aleph, Son unité, béni soit-Il, les éclaire et unifie tous les attributs, 'c'est le cantique'. Par cela s'achève la forme de l'homme.
Comme il est dit dans le saint Zohar : lorsque le aleph est enlevé de אדם, il reste 'דם' (sang). Cela signifie que, si l'homme ne reconnaît pas de son côté le lien entre le monde supérieur et le monde inférieur, toute séparation en procède.
Ce n'est que lorsque ce lien éclaire l'homme, et qu'il reconnaît l'unité, que, par cette reconnaissance, la forme de l'homme est achevée et parachevée dans sa perfection. C'est le sens de : 'Alors Moché et les enfants d'Israël chantèrent ce cantique' : le Saint, béni soit-Il, leur éclaira le lien et l'unité, qu'ils ne s'étaient jamais retirés, à D.ieu ne plaise, de la lumière de Son unité, béni soit-Il.
אשירה לה' כי גאה גאה מתרגמינן ארי אתגאי על גותניא וגאותא דליה הוא. היינו שבמקום גדולתו שם אתה מוצא ענותנותו שכביכול השפיל השי"ת א"ע ורצה להקרא מלך בתחתונים ורצונו של מלך מלכי המלכים ית' הוא כבודו שהבריאה הנמוכה מצדה תמליך את השי"ת עלי'.
אכן האומות יען שנדמה להם שיש להם כח בפני עצמם ומחזירין את פניהם לבלתי יראו גיאות ה' לזה מתרומם השי"ת מהם ומראה להם שאין לו שום צורך לכל הוייתם וזה ארי אתגאי על גותניא וגאותא דילי' הוא שכבודו ית' במקומו עומד ואין בו ח"ו שום פגם כדכתיב (דברים ל"ב) שחת לא לו ורק לעצמם נוגע הפגם שהם מצדם מתרחקים:
'Je chanterai pour ה', car Il s'est souverainement élevé.' Le Targoum traduit : 'Car Il S'est élevé au-dessus des orgueilleux, et Sa grandeur est la Sienne.' Cela signifie : au lieu de Sa grandeur, tu trouves Son humilité ; car, pour ainsi dire, le Saint, béni soit-Il, S'est abaissé Lui-même et a voulu être appelé Roi parmi les êtres inférieurs. La volonté du Roi des rois, béni soit-Il, est Son honneur : que la créature inférieure, de son propre côté, fasse régner le Saint, béni soit-Il, sur elle.
Mais les nations, parce qu'il leur semble qu'elles possèdent une force indépendante, détournent leur face pour ne pas voir la grandeur de ה'. C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, S'élève au-dessus d'elles et leur montre qu'Il n'a nul besoin de toute leur existence.
Tel est : 'Car Il S'est élevé au-dessus des orgueilleux, et Sa grandeur est la Sienne' : Son honneur, béni soit-Il, demeure à sa place et n'y connaît, à D.ieu ne plaise, aucune atteinte, ainsi qu'il est écrit : 'Ils se sont corrompus, non pas Lui' (Deutéronome 32,5). L'atteinte ne concerne qu'eux-mêmes, puisqu'ils s'éloignent de leur propre côté.
סוס ורוכבו רמה בים. ביאר בזה אאזמו"ר הגה"ק זללה"ה סוס רומז על מהירות.
ורוכב רומז על ישוב הדעת. ובעכו"ם אין חפץ ה' לא במהירות ולא בישוב הדעת שלהם כי אחר שמסתעף מהרוכב מהירות כ"כ באין מעצור לרוחם לזה שניהם רמה בים.
ואף שבישראל חביב אף המהירות שלהם כדאי' בילקוט (מלכים ב' רמז רמ"ד) אמר הקב"ה ומה בשכר פסיעות ששלמתי לאותו רשע שרץ אחר כבודי אתה תמה כשאני משלם שכר לאברהם ליצחק וליעקב שרצו לפני כסוסים על אחת כמה וכמה. אכן בישראל הוא כענין שנאמר (תהילים ס״ח:ה׳) סולו לרוכב בערבות ביה שמו.
ובספר (ישעי' כ"ו) בטחו בה' עדי עד כי ביה ה' צור עולמים. לזה בעת שמפורש לפניהם רצון השי"ת אז עושים במהירות בלי ישוב הדעת מצדם.
אבל מהירות האומות הוא רק להתפשט בלי דעת לזה אין ה' חפץ בהם אף לא בישוב הדעת שלהם:
'Le cheval et son cavalier, Il les a jetés dans la mer.' Mon aïeul et maître, le Gaon saint, que le souvenir du juste soit pour la vie du monde futur, expliqua : le cheval indique la rapidité, et le cavalier indique la présence d'esprit. Chez les idolâtres, ה' ne désire ni leur rapidité ni leur présence d'esprit, car du cavalier procède une rapidité si grande, sans frein pour leur esprit ; c'est pourquoi les deux furent jetés dans la mer.
Bien que, chez Israël, même leur rapidité soit aimée, ainsi qu'il est dit dans le Yalkout (II Rois, remez 244) : le Saint, béni soit-Il, dit : 'Et si, pour des pas, J'ai payé ce méchant qui courut après Mon honneur, tu t'étonne que Je paie Abraham, Its'hak et Yaakov, qui coururent devant Moi comme des chevaux ? À plus forte raison.' Chez Israël, toutefois, c'est selon ce qui est dit : 'Tracez une voie pour Celui qui chevauche dans les cieux ; Son nom est Yah' (Psaumes 68,5), et dans le livre d'Isaie : 'Confiez-vous en ה' a jamais, car en Yah, ה', est le Rocher des mondes' (Isaie 26,4).
Aussi, lorsque la volonté du Saint, béni soit-Il, est explicite devant eux, ils agissent rapidement, sans leur propre présence d'esprit. Mais la rapidité des nations n'est que de s'étendre sans discernement ; c'est pourquoi ה' ne les désire pas, pas même leur présence d'esprit.
עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה. בתקוני הזהר זמנין ארמי קלא וזמנין מאיך קלא ובמדרש תנחומא (בשלח כ"ב) כאן הקב"ה ממיך ומשה מגביה ובמקום אחר הקב"ה מגביה ומשה ממיך.
היינו שלפעמים מנהג השי"ת עם האדם בהתפשטות ולפעמים עם צמצום. ובעכו"ם בשעה שהשי"ת מנהג עמהם בצמצום אז אין להם נייחא.
שאני ישראל שאף בעת שמתנהג השי"ת עמהם בצמצום הם בגודל נייחא וזה שאמרו ישראל "עזי וזמרת" יה היינו שני ההנהגות הם לנו לישועה כי יש לישראל הכרה אף בעת הצמצום שאצל השי"ת הוא כל התקיפות:
'Ma force et mon chant est Yah, et Il fut pour moi salut' (Exode 15,2). Dans les Tikounei ha-Zohar : 'Parfois Il élève la voix et parfois Il abaisse la voix.' Et dans le Midrach Tan'houma (Beshalah 22) : ici le Saint, béni soit-Il, abaisse et Moché élève ; ailleurs le Saint, béni soit-Il, élève et Moché abaisse.
Cela signifie que parfois la conduite du Saint, béni soit-Il, envers l'homme est expansion, et parfois restriction. Chez les idolâtres, lorsque le Saint, béni soit-Il, se conduit envers eux par restriction, ils ne sont pas en repos.
Israël est différent : même lorsque le Saint, béni soit-Il, se conduit envers eux par restriction, ils sont dans un grand repos. C'est ce qu'Israël dit : 'Ma force et mon chant est Yah' ; ces deux conduites sont pour nous salut, car Israël a une reconnaissance même au temps de la restriction : chez le Saint, béni soit-Il, se trouve toute la force.
זה אלי ואנוהו. זה אלי היינו מזה שיש לישראל הכרה איך שכל התקופות שלהם הוא אצל השי"ת לזה ואנוהו שישראל מצדם רוצים להתנאות ולייפות זה התקיפות בגדרים וסייגים לבלתי ישתמשו בתקיפות זה בדברים שפלים ונמוכים וכמו שמצינו שגדרו ישראל את התקיפות ממקום ארון שאינו מן המדה בעשר גבולים כדאי' (סדרי טהרות כלים דף ל"ט:) בכדי שלא ישתמשו בזה התקיפות:
'Voici mon D.ieu et je L'embellirai' (Exode 15,2). 'Voici mon D.ieu' signifie que, puisqu'Israël reconnaît que toutes ses forces sont chez le Saint, béni soit-Il, 'je L'embellirai' : Israël, de son côté, veut embellir et parer cette force par des limites et des barrires, afin de ne pas employer cette force en des choses viles et basses. Ainsi, nous trouvons qu'Israël entoura de dix limites la force qui provient du lieu de l'Arche, lequel n'occupe pas de mesure, comme il est dit (Siddrei Taharot, Kelim, p.
39), afin de ne pas employer cette force.
ה' איש מלחמה ה' שמו. בזה"ק (תזריע מ"ח.) אימתי אתקרי שלימותא דלעילא כד יתיב קב"ה בכורסייא.
והוא כענין דאיתא (שמות רבה כ"ג) נכון כסאך מאז א"ר ברכי' בשם רבי אבהו אע"פ שמעולם אתה לא נתיישב כסאך ולא נודעת בעולמך עד שאמרו בניך שירה וכו' משל למלך שעשה מלחמה ונצח ועשו אותו אגוסטוס וכו' מה יש כבוד בין המלך לאגוסטוס אלא המלך עומד על הלוח ואגוסטוס יושב. וביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה שבחי' עמידה מורה שאינו עוד בנייחא כי לא סיים כוונתו.
ויושב רומז שכבר הוא בנייחא שנגמר בשלימות כל רצונו ית'. ולכן בעוה"ז הוא כביכול בחי' עמידה להורות שאינו בנייחא וזה ה' איש מלחמה כי איש רומז על קיבוץ הנפרדים כדאי' בזה"ק (שם:) היינו שבעוה"ז הוא כל העסק בהטובות שנטועים בישראל רק לקבץ הנפרדים לבלתי יעיקו לישראל כי אף הטובה המבוררת אינה עוד בשלימות.
אבל לעתיד שאז יהיה ה' אחד ושמו אחד ואז יתבטלו כל המעיקים ויהיו כל הטובות בשלימות אז יהיה השי"ת כביכול בבחי' ישיבה:
'ה' est un homme de guerre, ה' est Son nom' (Exode 15,3). Il est dit dans le saint Zohar (Tazria 48a) : 'Quand est-Il appelé la perfection d'en haut ?
Lorsque le Saint, béni soit-Il, siège sur le trône.' Et c'est selon ce qui est rapporté (Exode Rabbah 23) : 'Ton trône est affermi dès lors' ; Rabbi Berekhia dit au nom de Rabbi Abahou : 'Bien que Tu existes depuis toujours, Ton trône ne s'était pas établi et Tu n'étais pas connu dans Ton monde jusqu'à ce que Tes enfants disent le cantique...' Parabole d'un roi qui fit la guerre, vainquit, et qu'on fit Auguste... Quelle est la différence d'honneur entre le roi et Auguste ?
Le roi se tient debout sur le tableau, et Auguste est assis. Mon père et maître, le Gaon saint, que le souvenir du juste soit pour la vie du monde futur, expliqua que l'état de se tenir debout indique qu'il n'est pas encore en repos, car son dessein n'est pas achevé ; être assis indique qu'il est déjà en repos, parce que toute Sa volonté, béni soit-Il, est achevée dans sa perfection.
Aussi, dans ce monde, Il est pour ainsi dire dans l'état de se tenir debout, indiquant qu'Il n'est pas en repos. C'est le sens de : 'ה' est un homme de guerre' ; homme indique le rassemblement des choses séparées, comme il est dit dans le saint Zohar (ibid.).
Dans ce monde, toute l'occupation des biens plantés en Israël n'est que de rassembler les séparés, afin qu'ils n'oppriment pas Israël, car même le bien purifié n'est pas encore dans sa perfection. Mais dans l'avenir, lorsque ה' sera Un et Son nom Un, que tous les oppresseurs seront annulés et que tous les biens seront parfaits, alors le Saint, béni soit-Il, sera pour ainsi dire dans l'état d'être assis.
« Ta droite, Hachem, est magnifique en puissance ; ta droite, Hachem, brise l'ennemi » (Chemot 15,6). Le Zohar enseigne que de la droite s'éveillent lumières, bénédictions et joie, la gauche y étant incluse. Rabbi Yossi objecte qu'à la mer il y a miracle et jugement ensemble, ce que le Talmud dit « difficile ». Pour le Sod Yecharim, du côté du Saint, béni soit-Il, tout n'est que miséricordes simples, sans aucune gauche ; Il a établi une apparence de gauche afin qu'il y ait place au service d'Israël. Lors du fendement, Il élève Israël au-dessus de la nature et purifie leur cœur : ils voient explicitement que tout est droite, ce qui n'est pas dans la nature de la création.
Aussi : « Hachem régnera pour toujours et à jamais », Israël demandant que cette reconnaissance demeure ; « Alors Moché chanta », le aleph uni au zayin ; il rapporte de son père que les eaux s'ouvrirent depuis la racine, contrairement au Jourdain.
ימינך ה' נאדרי בכח ימינך ה' תרעץ אויב. בזה"ק (בשלח נ"ז).
ת"ח ימינא דקב"ה מני' מתערין כל נהירו וכל ברכאן וכל חדו ביה כליל שמאלא וכו'. והענין בזה כדאי' בזה"ק (וירא קי"ג:) דכד אתעביד ניסא לא אתעביד פלגו ניסא ופלגו דינא אלא כלא כחדא או ניסא או דינא א"ל רבי יוסי ולא והא בזמנא דבקע קב"ה ימא לישראל הוה קרע ימא לאלין ואזלין ביבשתא ומיא הוה תבין מסטרא אחרא וטבעין לאלין ומתין ואשתכח ניסא הכא ודינא הכא כלא כחדא א"ל ודא הוא דקשיא קמיה וכו'.
ובש"ס (סוטה ב'.) וקשין וכו' כקריעת ים סוף. ולהבין זאת תינח באדם שמשוקע בהטבע לזה מצדו נראה לו שקשה לשנות הטבע.
אבל השי"ת שהוא למעלה מהטבע מה מקום לומר דקשי קמיה ומה שייך לומר ביה כליל שמאלא. אכן באמת הוא שמצד השי"ת אין שום שמאל והכל הוא רק רחמים פשוטים.
ואף האדם שמכיר איך שהשי"ת מנהג את הכל רואה ג"כ שהכל הוא רק ימין וכדאי' בזה"ק (צו ל"א.) אל בכל אתר נהירו דחכמתא עלאה הוא וקיימא בקיומיה בכל יומא דכתיב חסד אל כל היום. ואלמלא דהאי אל אתער בעלמא לא יכיל עלמא למיקם אפילו שעתא חדא מקמי דינין תקיפין דמתערין בכל יומא וכו' וכד אתער אברהם בעלמא כל אינון דינין דמשתכחי בכל יומא ויומא דחי להו לבר וכו' הה"ד ועל זועם בכל יום נזעם או זעום בכל יום לא כתיב אלא זועם.
בכל יומא ויומא דדינא אשתכח דחי לון לבר וכו'. היינו זה עצמו שזועם בכל יום מסתעף ממדת החסד בכדי לבטל את הכחות המעיקים לישראל אכן אם היה מראה השי"ת מפורש זה הבהירות איך שהכל הוא רק ימין אזי לא היה מקום לעבודת ישראל לכן הציב השי"ת גוון שמאל ורק מי שחפץ להכיר זאת הבהירות איך שהכל הוא רק ימין יצרך מצדו להתברר שלא יהיה לו שום נגיעה למה שלא נראה בו רצון השי"ת.
ובקריעת ים סוף העלה השי"ת את ישראל למעלה מהטבע וזה ודא הוא דקשיא קמיה היינו אחר שהציב השי"ת בעולם ימינא ושמאלא בכדי שיהיה מקום לעבודה ובכל זאת העלה אז את ישראל למעלה מהטבע וטהר את לבם שלא יהיה להם שום מניעה מצדם רק כל מגמת חפצם יהיה להיצר למי שיעיק לקדושה ואף שישראל לא היו עוד מבוררים מצדם בזה מ"מ יהיו רואין מפורש איך שהכל ימין זה נקרא דקשיא קמיה יען שאין זאת בטבע הבריאה. וזה ימינך ה' נאדרי בכח ימינך ה' תרעץ אויב לרמז בזה שאז נשתווה לב ישראל מכוון כפי שהוא באמת מצד השי"ת שאין שום שמאל כלל רק הכל ימין:
'Ta droite, ה', est magnifique en puissance; ta droite, ה', brise l'ennemi' (Exode 15,6). Dans le saint Zohar (Beshalah 57) : 'Viens et vois : de la droite du Saint, béni soit-Il, s'éveillent toutes les lumières, toutes les bénédictions et toute la joie; la gauche y est incluse...' Et voici le sujet, comme il est dit dans le saint Zohar (Vayera 113b) : lorsqu'un miracle se produit, il ne se produit pas moitié miracle et moitié jugement, mais tout ensemble : ou miracle, ou jugement.
Rabbi Yossi lui dit : mais n'en est-il pas ainsi au moment où le Saint, béni soit-Il, fendit la mer pour Israël? La mer fut fendue pour les uns, qui marchèrent sur la terre sèche, et les eaux revinrent de l'autre côté et noyèrent les autres, qui moururent.
Il se trouve donc ici un miracle et là un jugement, tout ensemble. Il lui dit : c'est précisément ce qui est difficile devant Lui...
Dans le Talmud (Sota 2a) : 'et ils sont difficiles... comme le fendement de la mer des Joncs.' Pour comprendre cela : à l'égard de l'homme plongé dans la nature, il est compréhensible que, de son point de vue, changer la nature lui paraisse difficile. Mais le Saint, béni soit-Il, est au-dessus de la nature : quelle place y a-t-il à dire que cela est difficile devant Lui?
Et que signifie à Son égard que la gauche soit incluse? En vérité, du côté du Saint, béni soit-Il, il n'y a aucune gauche et tout n'est que miséricordes simples.
Même l'homme qui reconnaît comment le Saint, béni soit-Il, conduit tout voit aussi que tout n'est que droite, comme il est dit dans le saint Zohar (Tsav 31a) : 'El est en tout lieu la lumière de la Sagesse supérieure, et Il subsiste chaque jour dans Sa subsistance, ainsi qu'il est écrit : "La bonté d'El dure tout le jour" (Psaumes 52,3). Si cet El ne s'éveillait pas dans le monde, le monde ne pourrait subsister même un seul instant face aux jugements violents qui s'éveillent chaque jour...
Et lorsqu'Abraham s'éveille dans le monde, il repousse au dehors tous ces jugements qui se trouvent chaque jour... C'est ce qui est écrit : "Il s'indigne chaque jour" (Psaumes 7,12).
Il n'est pas écrit : "indigné" ou "irrité" chaque jour, mais : "Il s'indigne". Chaque jour où se trouve un jugement, il les repousse au dehors...' C'est-à-dire que le fait même qu'Il s'indigne chaque jour procède de la mesure de bonté, afin d'annuler les forces qui oppriment Israël.
Mais si le Saint, béni soit-Il, montrait explicitement cette clarté, que tout n'est que droite, il n'y aurait pas de place pour le service d'Israël. Aussi le Saint, béni soit-Il, a-t-Il établi une apparence de gauche.
Seul celui qui désire reconnaître cette clarté, que tout n'est que droite, doit se clarifier de son côté, afin de n'avoir aucun attachement à ce dans quoi ne paraît pas la volonté du Saint, béni soit-Il. Lors du fendement de la mer des Joncs, le Saint, béni soit-Il, éleva Israël au-dessus de la nature; et c'est cela : 'c'est difficile devant Lui'.
Après avoir établi dans le monde droite et gauche afin qu'il y ait une place pour le service, Il éleva néanmoins alors Israël au-dessus de la nature et purifia leur cœur, afin qu'ils n'aient de leur côté aucun empêchement, mais que tout l'élancement de leur désir soit de resserrer celui qui opprime la sainteté. Bien qu'Israël ne fût pas encore clarifié de son côté en cela, ils verraient néanmoins explicitement que tout est droite.
Cela est appelé : 'difficile devant Lui', parce que cela n'est pas dans la nature de la création. Tel est : 'Ta droite, ה', est magnifique en puissance; ta droite, ה', brise l'ennemi', pour indiquer qu'alors le cœur d'Israël s'égala et fut dirigé selon ce qui est en vérité du côté du Saint, béni soit-Il : il n'y a aucune gauche, tout n'est que droite.
ה' ימלוך לעולם ועד כי בא סוס פרעה ברכבו ובפרשיו בים וגו'. בזה שבא סוס פרעה ורכבו ופרשיו בים הראה השי"ת לישראל איך שהם מחוברים בשורש רצונו ית' ואז ענו ואמרו ה' ימלוך לעולם ועד שבקשו שיהיה להם הכרה זו בקביעות לעולם ועד.
כי בא סוס ורוכבו רומז על גודל הקטרוג של פרעה כדאיתא בזה"ק (בשלח מ"ו.) ושלישים על כלו כלא בחכמתא לקבל דרגין עלאין תרין וחד. כי תרין וחד רומז על רוכב והתפשטותו כי קטרוגו הי' שאחר שהשר שלהם שהוא הרוכב עומד בגודל התבטלות נוכח השי"ת מסתעף מזה להמקבלים ממנו גודל התפשטות בלא דעת עד שאין מעצור לרוחם כדכתיב בהו וזרמת סוסים זמרתם (יחזקאל כ״ג:כ׳) וזה תרין וחד שהתפשטות שלהם נמשך רק מהרוכב שהוא השר שלהם וא"כ גדול כחם מכח ישראל כי הם שמקבלים כל התפשטותם מהשר שלהם מגודל ההתבטלות שיש להשר במקומו הרמתה לא איכפת ליה כלל במה שפוגמים למטה ממנו.
משא"כ ישראל שאינם תחת שום שר לזה אם יתבטלו רגע אחת מעבודתם אזי הם פוגמים בהקדושה. וזה דאי' (שם מ"ז.) לסוסתי ברכבי פרעה ת"ח פרעה בשעתא דהוה רדיף אבתרייהו דישראל מה עבד נטיל סוסוון נוקבן וכפת לון ברתיכוי בקדמיתא וסוסוון דוכראי כפית לון לאחוריהן וכו'.
היינו שכמו שיש דכר ונוקבא בקדושה כן יש דכר ונוקבא בקליפה כדאיתא בזה"ק (פקודי רל"ו:) והאי רוח מסאבא איהו חייבא בישא ואית מאן דרכיב עליה ואינון דכר ונוקבא היינו שבתחלה יש כח המעורר באדם לחטוא ואז אין עוד באדם שום הרגש וזה הכח המעורר נקרא דכר. ואחר שמתחיל האדם להרגיש טעם בהחטא כענין שנאמר (משלי ה׳:ג׳) וחלק משמן חכה זה נקרא נוקבא.
ואח"כ מתייצב ועומד זה החטא בעצמו לענוש אותו כדאיתא בזה"ק (ויצא קמ"ח.) כמה דאיהו בסטר קדישא הכי נמי בסטרא אחרא דכר ונוקבא וכו' רוחא דדכורא דקיק רוח דנוקבא בכמה אורחין ושבילין מתפרשא ומתדבקא בההוא רוחא דדכורא קשיטת גרמה וכו' לבתר דחמאת ליה סטי אבתרה וכו' אעדיאה תקונה מינה ואתהדרת גיבר תקיף לקבליה לביש לבושא דנורא מלהטא וכו' קטיל ליה להאי שטיא וכו'. וזה נקרא דכר דקליפה.
וזה לסוסתי ברכבי פרעה שפרעה מקטרג אחר שאי אפשר שלב ישראל יהיה מבורר לגמרי מצדם ורק שהשי"ת מצדו מעיד עליהם כי לא ענה מלבו א"כ אחר שתלוי רק בבירור מצד השי"ת מה בין מסית לניסת כמו שבכחו ית' לברר את הניסת שלא ענה מלבו כן יוכל לברר אף את המסית ולהעיד עליו שלא ענה מלבו כי אף את המסית ברא השי"ת בעולם וזה היה עיקר טענת הנחש ג"כ. ואז דמיתיך רעיתי וכמו שביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זלל"הה שהעמדתיך בנייחא עי"ז שבא סוס פרעה ברכבו ופרשיו בים כי מהיכן היה מבינות בים להכיר לשטוף את המצרים מוכח מזה שמפני שישראל מבוררין לכן ניצולו ומצרים שהם ההיפך מרצון השי"ת לכן טבעו בים סוף.
ובקשו ישראל שזה הבירור ישאר אצלם בקביעות לעולם ואמרו ה' ימלוך לעולם ועד כי בא סוס פרעה וגו' ובני ישראל הלכו ביבשה בתוך הים. ובאמת נשאר זה הבירור בקביעות בעומק לב ישראל כדאי' בזה"ק (ויקהל רי"ז.) ועל דא אית לאדכרא בההוא גאולה ד' זמנין אמת וכו' עד עזרת אבותינו דדא הוא עזרה וסמך לישראל כלהו וכו' למהוי ד' גאולות אלין בקיומא תקיף בחותמא דגושפנקא דמלכא וכו' היינו שכבר נקבע הגאולה בלב ישראל בקביעות גמור כענין שנאמר (שיר השירים ז׳:א׳) שובי שובי השולמית ולא נאמר בואו לרמז בזה שאם רק יחזיר אדם את פניו נוכח השי"ת אזי יהיה מפורש לפניו כל הגאולה נגד עיניו:
'ה' régnera pour toujours et à jamais. Car le cheval de Pharaon, avec son char et ses cavaliers, est entré dans la mer...' (Exode 15,18-19).
Par l'entrée dans la mer du cheval de Pharaon, de son char et de ses cavaliers, le Saint, béni soit-Il, montra à Israël qu'ils étaient attachés à la racine de Sa volonté. Ils répondirent alors et dirent : 'ה' régnera pour toujours et à jamais', car ils demandaient que cette reconnaissance demeure chez eux avec permanence, pour toujours et à jamais. 'Car le cheval et son cavalier' fait allusion à la grandeur de l'accusation de Pharaon, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Beshalah 46a) : 'Et les troisièmes sur tous : tout est dans la sagesse, en regard des degrés supérieurs, deux et un.' Car deux et un font allusion au cavalier et à son expansion.
Son accusation était que, puisque leur prince, qui est le cavalier, se tient dans une grande annulation devant le Saint, béni soit-Il, il en procède chez ceux qui reçoivent de lui une grande expansion sans connaissance, jusqu'à ce qu'il n'y ait aucune retenue à leur esprit, comme il est écrit à leur sujet : 'leur émission est une émission de chevaux' (Ezechiel 23,20). C'est le deux et un : leur expansion ne procède que du cavalier, leur prince.
Leur force est donc plus grande que celle d'Israël, car eux reçoivent toute leur expansion de leur prince, de la grande annulation dans laquelle ce prince se tient en son lieu élevé, et il ne se soucie nullement de ce qu'ils endommagent au-dessous de lui. Israël, en revanche, n'est sous aucun prince; aussi, s'ils s'écartent un seul instant de leur service, ils endommagent la sainteté.
C'est ce qui est rapporté là-bas (47a) : 'À ma cavale parmi les chars de Pharaon...' Viens et vois : lorsque Pharaon poursuivait Israël, que fit-il? Il prit des juments et les attela devant les chars, et il attela les chevaux mâles derrière elles...
C'est-à-dire que, de même qu'il y a mâle et femelle dans la sainteté, il y a mâle et femelle dans la kelipa (écorce impure), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Pekoudei 236b) : 'Cet esprit impur est le mauvais coupable; il y en a un qui le chevauche, et ils sont mâle et femelle.' Au commencement, il y a donc une force qui éveille l'homme à fauter; l'homme ne ressent alors plus rien, et cette force éveillante est appelée mâle. Lorsqu'ensuite l'homme commence à ressentir un goût dans la faute, selon ce qui est dit : 'Son palais est plus lisse que l'huile' (Proverbes 5,3), cela est appelé femelle.
Après cela, cette faute elle-même se tient debout pour le punir, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetse 148a) : 'De même qu'il en est du côté saint, ainsi en est-il de l'autre côté : mâle et femelle... L'esprit mâle est subtil; l'esprit femelle s'étend et s'attache à lui par de nombreuses voies et sentiers, s'orne elle-même...
Puis, lorsqu'elle le voit s'égarer après elle, elle retire de lui son arrangement et revient contre lui en guerrier puissant, revêt un vêtement de feu flamboyant... et tue cet insensé...' Cela est appelé le mâle de la kelipa. Tel est : 'À ma cavale parmi les chars de Pharaon.' Pharaon accuse ainsi : puisqu'il est impossible que le cœur d'Israël soit entièrement clarifié de son propre côté, et que le Saint, béni soit-Il, seul témoigne à leur sujet qu'Il ne les a pas affligés de Son cœur, alors, si tout dépend seulement de la clarification du côté du Saint, béni soit-Il, quelle différence entre celui qui incite et celui qui est incité?
De même qu'Il peut clarifier celui qui est incité et témoigner à son sujet qu'Il ne l'a pas affligé de Son cœur, Il peut aussi clarifier celui qui incite et témoigner à son sujet qu'Il ne l'a pas affligé de Son cœur, car le Saint, béni soit-Il, a aussi créé dans le monde celui qui incite. Telle fut aussi la principale allégation du serpent.
Alors : 'Je t'ai comparée, mon amie' (Cantique des cantiques 1,9). Comme l'expliqua là-dessus mon père et maître, le saint gaon, que son mérite nous protège : 'Je t'ai établie dans le repos', par le fait que le cheval de Pharaon, son char et ses cavaliers entrèrent dans la mer.
Car d'où la mer aurait-elle eu le discernement de reconnaître qu'il fallait submerger les Égyptiens? Il est prouvé par là qu'Israël est clarifié, et que les Égyptiens, qui sont l'opposé de la volonté du Saint, béni soit-Il, ont donc été noyés dans la mer des Joncs.
Israël demanda que cette clarification demeure chez eux en permanence, et ils dirent : 'ה' régnera pour toujours et à jamais, car le cheval de Pharaon...' et 'les enfants d'Israël marchèrent sur la terre sèche au milieu de la mer' (Exode 15,18-19). En vérité, cette clarification demeure avec permanence au fond du cœur d'Israël, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Vayakhel 217a) : 'C'est pourquoi il faut mentionner quatre fois "vérité" dans cette délivrance... jusqu'à "Secours de nos pères", car cela est aide et soutien pour tous les Israélites... afin que ces quatre délivrances soient dans une permanence ferme, par le sceau du cachet du Roi...' C'est-à-dire que la délivrance à déjà été fixée dans le cœur d'Israël avec une permanence complète, selon ce qui est dit : 'Reviens, reviens, la Shoulamite' (Cantique des cantiques 7,1).
Il n'est pas dit : 'Venez', pour indiquer que, si l'homme ne fait que retourner son visage vers le Saint, béni soit-Il, toute la délivrance sera alors explicite devant lui, sous ses yeux.
אז ישיר משה וגו'. בזה"ק (בשלח נ"ד.) ר"א פתח ואמר אסתכלנא בכל תושבחן דשבחו לקב"ה וכולם פתחו באז וכו' מ"ט אלא הכי תאנא כל נסין וכל גבורן דאתעבידו להו לישראל כד אתנהיר נהירו דעתיקא קדישא בעטרוי גליפין רשימין באז בא' וא' בז' אנקיב בחשוכא ונהיר לכל עיבר וכד אתחבר נהירו דאלף ומטי לזיי"ן מאן זיי"ן דא חרב לה' מלאה דם וכדין עביד נסין וגבוראן בגין דאתחבר א' עם ז' ודא הוא שירתא.
הענין בזה כדכתיב (דה"י א' כ"ט) לך ה' הגדולה והגבורה וגו' שהציב השי"ת ז' מדות בעולם וכל מדה כשהיא בפני עצמה אין בה שלימות וע"ז נאמר (דברים ד') אשר חלק ה' א-להיך אותם לכל העמים. כי כאשר יתן אדם כח הוי' למדה פרטית זה נקרא במדרש (שמות רבה מ"ב) ואני רואה אותם שאחר שאבא לסיני ליתן להם את התורה ואני חוזר בטטראמולין שלי שהן מתבוננים בי ושומטים אחד מהם ומכעיסין אותי בו וזה חרב לה' מלאה דם.
אכן עיקר השלימות מהמדות נשלם ע"י לך ה' הממלכה שישראל ממליכין את השי"ת על כל המדות בבחירתם ובזה מתאחדין כל המדות באחדותו ית' וזה נקרא א' רוכב על ז' שהשי"ת מאחד אותם ומזה ההתכללות מאיר כל הנסים וגבורות בגין דאתחבר א' עם ז' ודא הוא אז ישיר היינו שמרע"ה המשיך אור אחדותו ית' לכל הלבושים של ישראל באור ישר כי התחבר א' עם ז':
'Alors Moché chanta...' (Exode 15,1). Dans le saint Zohar (Beshalah 54a), Rabbi Elazar ouvrit et dit : 'J'ai considéré tous les cantiques de louange par lesquels ils louèrent le Saint, béni soit-Il, et tous commencent par "alors".
Pourquoi? Car ainsi nous avons appris : tous les miracles et tous les actes de force accomplis pour Israël le furent lorsque la lumière de l'Ancien saint éclaira dans ses couronnes, gravées et marquées dans "alors", dans le aleph et dans le zayin.
Le aleph perce les ténèbres et éclaire tout côté; et lorsque la lumière du aleph s'unit et atteint le zayin, qui est ce zayin? "L'épée de ה' est pleine de sang" (Isaie 34,6).
Alors Il accomplit miracles et actes de force, parce que le aleph s'unit au zayin. Et cela est le cantique.' Le sujet est celui-ci.
Il est écrit : 'À Toi, ה', la grandeur, la force...' (I Chroniques 29,11). Le Saint, béni soit-Il, a établi sept mesures dans le monde, et aucune mesure, lorsqu'elle est seule, n'a de perfection.
C'est à leur sujet qu'il est dit : 'que ה', ton Elokim, les a départis à tous les peuples' (Deutéronome 4,19). Car lorsqu'un homme attribue la force du Nom à une mesure particulière, cela est appelé dans le Midrach (Chemot Rabba 42) : 'Je les vois : après que Je serai venu au Sinaï pour leur donner la Torah, Je reviendrai dans mon char à quatre éléments; ils Me considéreront, en détacheront un et M'irriteront par lui.' Et c'est : 'L'épée de ה' est pleine de sang.' Mais la perfection essentielle des mesures s'achève par : 'À Toi, ה', la royauté', car Israël fait régner le Saint, béni soit-Il, sur toutes les mesures par son choix; ainsi toutes les mesures s'unissent dans Son unité.
Cela est appelé le aleph qui chevauche les sept : le Saint, béni soit-Il, les unit. De cette inclusion mutuelle éclairent tous les miracles et les actes de force, 'parce que le aleph s'unit au zayin'; et cela est : 'Alors Moché chanta'.
C'est-à-dire que Moché notre maître prolongea la lumière de Son unité vers tous les vêtements d'Israël, en lumière directe, parce que le aleph s'unit au zayin.
כי גאה גאה. מתרגמינן ארי אתגאי על גותניא וגאותא דיליה הוא.
היינו כי גאות הוא שאדם סובר שהשי"ת מוכרח ח"ו לסבלו אחר שסובל כל העולם וזה דעת האומות שאומרים שאחר שחפץ השי"ת בלבוש מלכות לזה היה מוכרח לבריאת עולם יען כי אין מלך בלא עם. וזה ארי אתגאי על גותניא וגאותא דיליה הוא שהראה להם השי"ת שבאמת אין לו שום צורך מצדו להבריאה ואין לו צורך לסבלם כי ה' מלך גאות לבש אף בלי הברואים וכדכתיב (תהילים צ״ד:כ׳) היחברך כסא הות שלנגד המתגאה מתרומם השי"ת ומראה לו שגאותא דיליה הוא ממילא מגיע להמתגאה כל ההתבטלות ופירוד.
אכן מי הוא ראוי להיות כסא. ה' ישראל יען שהם מקטינים א"ע ומכירים מפורש שכל הווייתם וקיום שלהם הוא רק מרצון הפשוט ית' בלי שום הכרח ח"ו:
'Car Il s'est très haut élevé' (Exode 15,1). Le Targoum traduit : 'car Il s'est élevé au-dessus des élevés, et l'élévation est Sienne.' Cela signifie que l'élévation consiste en ce que l'homme pense que le Saint, béni soit-Il, est, à Dieu ne plaise, contraint de le supporter puisqu'Il supporte le monde entier.
Telle est l'opinion des nations, qui disent que, puisque le Saint, béni soit-Il, désirait le vêtement de la royauté, Il était contraint de créer le monde, puisqu'il n'y a pas de roi sans peuple. Mais : 'ה' est roi, Il a revêtu la grandeur' (Psaumes 93,1), même sans les créatures.
Il leur montra donc qu'en vérité Il n'a, de Son côté, aucun besoin de la création et aucun besoin de les supporter. Comme il est écrit : 'Le trône de ruine, qui forme le mal par décret, s'associerait-il à Toi?' (Psaumes 94,20).
En face de celui qui s'enorgueillit, le Saint, béni soit-Il, S'élève et lui montre que l'élévation est Sienne; de soi-même, toute annulation et toute séparation atteignent alors l'orgueilleux. Mais qui est digne d'être un trône pour ה'?
Israël, car ils se rapetissent eux-mêmes et reconnaissent explicitement que tout leur être et leur subsistance ne procèdent que de Sa volonté simple, béni soit-Il, sans aucune nécessité, à Dieu ne plaise.
עזי וזמרת יה ויהי לי לישועה. עזי היינו התקיפות של ישראל כמו שאנו אומרים אשר בחר בנו מכל עם.
וזמרת יה היינו שכל זה התקיפות הוא מגודל הצמצום שמצד ישראל שמשלימים עי"ז את השם יה כדכתיב (ישעי' כ"ו) כי ביה ה' צור עולמים שהשי"ת הציב רצון בעולם שכל רצונו שישראל ישלימו את השם ע"י עבודה וצמצום מצדם ומזה הוא לי לישועה שנצמחו כל הישועות:
'Ma force et le chant de Yah, et Il fut pour moi salut' (Exode 15,2). 'Ma force', c'est la fermeté d'Israël, comme nous disons : 'qui nous a choisis parmi tout peuple'. 'Et le chant de Yah', c'est que toute cette fermeté procède de la grandeur de la contraction du côté d'Israël, car ils achèvent ainsi le Nom Yah (יה), comme il est écrit : 'Car en יה, ה', est le Roc des mondes' (Isaie 26,4). Le Saint, béni soit-Il, a établi dans le monde une volonté dont tout le désir est qu'Israël achève le Nom par le service et la contraction de son propre côté; et de là poussent tous les saluts.
וברוח אפיך נערמו מים. ביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה שכאן היה שלא כסדר הטבע כי בטבע העולם הוא שנקפה בשפת הים ולא מעומק לב הים וכאן קפאו תהומות בלב ים וזה היה מפני שכאן פתח השי"ת מהשורש שהוא למעלה מסדר העולם.
וזה שכתוב כאן וישב הים לפנות בוקר לאיתנו ודרשו ע"ז (בבראשית רבה ה') לאיתנו לתנאין שהתנה עמו מה שלא מצינו זאת אחר בקיעת הירדן כי מיד אחר שנתקו כפות רגלי הכהנים השיבו מי הירדן למקומם (יהושע ד׳:י״ח) ולא היה צורך להזכיר תנאי הראשון. אכן יען שבקיעת ים סוף היה שנפתח מהשורש לזה אם לא היה מאמר חדש שישובו המים לתנאי הראשון אזי לא היה מי הים הולכים עוד וכענין שמצינו (חולין ז'.) רפב"י הוה קא אזיל לפדיון שבויין פגע ביה בגינאי נהרא א"ל גינאי חלוק לי מימך ואעבור בך א"ל אתה הולך לעשות רצון קונך ואני הולך לעשות רצון קוני אתה ספק עושה ספק אי אתה עושה ואני ודאי עושה א"ל אם אי אתה חולק גוזרני עליך שלא יעברו בך מים לעולם חלק ליה.
ולהבין זאת הלא הנהר השיב לו לרפב"י דברים של טעם ומה היתה ע"ז תשובתו גוזרני עליך וכו'. אכן כוונת רפב"י בזה שבאם הנהר לא יתן לו מקום לעבור אזי יהיה מוכרח לפתוח ולהאיר מהשורש ושם אני ודאי כנגדך כי הוייתי הוא מהשורש המקור ואתה כל הוייתך מששת ימי בראשית שכל הבריאה מאז הוא רק על תנאי שבמעשה בראשית התנה השי"ת שהמים יתנו מקום לישראל ואם לא יתנו המים מקום לישראל אזי כל הויית המים כאלו לא היו וזה אמר גוזרני שלא יעברו בך מים לעולם כי כל ההוי' שלך תתבטל נגדי.
ולזה בבקיעת הים שנפתח מהשורש לזה נצרך אח"כ להיות מאמר מחדש שישובו מי הים לתנאי הראשון וזה וברוח אפיך נערמו מים ומתרגמינן חכימו מיא שהשי"ת נתן בהמים חכמה ובינה שיבינו שכל הוי' שלהם הוא רק אם יתנו מקום לישראל לעבור ביבשה ולהטביע את מצרים. אבל בבקיעת הירדן שלא פתח השי"ת להאיר מהשורש לזה אחר שנתקו רגלי הכהנים אל החרבה שבו מעצמם מי הירדן למקומם.
(ועי' לעיל):
'Et par le souffle de Tes narines les eaux s'amoncelèrent' (Exode 15,8). Mon père et maître, le saint gaon, que son mérite nous protège, expliqua qu'ici il en fut contrairement à l'ordre de la nature.
Dans la nature du monde, ce qui gèle le fait au bord de la mer et non depuis le cœur profond de la mer; ici, les abîmes se figèrent au cœur de la mer. Cela eut lieu parce qu'ici le Saint, béni soit-Il, ouvrit depuis la racine, qui est au-dessus de l'ordre du monde.
C'est ce qui est écrit ici : 'La mer revint au point du matin à sa condition' (Exode 14,27), au sujet de quoi ils ont enseigné (Bereshit Rabba 5) : 'à sa condition' - à la condition qu'Il avait posée avec elle. Nous ne trouvons pas cela après le fendement du Jourdain : dès que les plantes des pieds des prêtres se furent retirées vers la terre sèche, les eaux du Jourdain revinrent à leur place (Josue 4,18), et il n'était pas nécessaire de mentionner la condition première.
Mais puisque le fendement de la mer des Joncs ouvrit depuis la racine, si une parole nouvelle n'avait pas ordonné aux eaux de revenir à leur condition première, les eaux de la mer ne seraient plus allées. C'est comme ce que nous trouvons (Houlin 7a) : Rabbi Pinhas ben Yair allait au rachat de captifs; il rencontra le fleuve Gena'i et lui dit : 'Gena'i, partage tes eaux pour moi, afin que je passe en toi.' Il lui dit : 'Tu vas faire la volonté de ton Créateur, et moi je vais faire la volonté de mon Créateur.
Toi, tu la feras peut-être, peut-être ne la feras-tu pas; moi, je la fais certainement.' Il lui dit : 'Si tu ne te partages pas, je décrète que les eaux ne passeront plus jamais en toi.' Il se partagea pour lui. Or, le fleuve répondit à Rabbi Pinhas ben Yair une chose sensée; quelle fut donc sa réponse : 'je décrète sur toi...', etc.?
Mais l'intention de Rabbi Pinhas ben Yair était que, si le fleuve ne lui donnait pas lieu de passer, il serait alors nécessaire d'ouvrir et d'éclairer depuis la racine; là, moi je suis certain contre toi, car mon être procède de la racine, de la source, tandis que tout ton être procède des six jours de la Création. Toute la création, depuis lors, n'est qu'à la condition que le Saint, béni soit-Il, posa lors de l'œuvre de la Création : que les eaux donnent lieu à Israël.
Si les eaux ne donnent pas lieu à Israël, tout l'être des eaux est comme s'il n'avait jamais été. C'est ce qu'il disait : 'Je décrète que les eaux ne passeront plus jamais en toi', car tout ton être s'annulera devant moi.
Ainsi, lors du fendement de la mer, puisque l'ouverture vint de la racine, une parole nouvelle fut ensuite nécessaire pour que les eaux de la mer reviennent à la condition première. Tel est : 'Et par le souffle de Tes narines les eaux s'amoncelèrent.' Le Targoum traduit : 'les eaux devinrent sages' (חכימו מיא), car le Saint, béni soit-Il, donna aux eaux sagesse et discernement, afin qu'elles comprennent que tout leur être ne subsiste que si elles donnent lieu à Israël de passer à sec et de noyer l'Égypte.
Mais lors du fendement du Jourdain, le Saint, béni soit-Il, n'ouvrit pas pour éclairer depuis la racine; aussi, après que les pieds des prêtres se furent retirés de la terre sèche, les eaux du Jourdain revinrent d'elles-mêmes à leur place. (Voir plus haut.)
« Qui est comme Toi parmi les puissants, Hachem ? » Le Sod Yecharim rapporte que Pharaon connaissait le nom Elokim ; Moché ne vint auprès de lui que par le nom Hachem. Il ne croit pas que la volonté du Saint béni soit-Il est que l'homme, de son côté, fasse revenir en face de Lui toute l'extension des vêtements. « Parmi les puissants » se lit « parmi les muets » : qui a la force de se cacher si entièrement qu'il ne soit plus reconnaissable, et de se manifester si explicitement que Sa lumière soit reconnaissable jusque dans l'inanimé ? Pharaon ne vient à cette reconnaissance qu'au dernier instant, quand toute sa vie est annulée ; à Israël, elle apporte le renforcement de l'existence.
Aussi : « Hachem règnera à jamais » : liberté éternelle, le voile d'Égypte ne reviendra plus ; « chantera » : ordre en lumière droite et chant masculin de l'avenir, sans vêtement ; « Hachem est un homme de guerre » : l'unité des séparés délivre Israël.
מי כמוך באלים ה' מי כמוך נאדר בקודש נורא תהלות עושה פלא. בפדר"א (פרק מ"ב) מי כמוך באלים ה' וענה פרעה אחריהם שיר ושבח בלשון מצרית ואמר מי כמוך נאדר בקודש נורא תהלות עושה פלא.
והענין בזה כדאי' בזה"ק (מקץ קצ"ה.) ת"ח בההוא רשע דפרעה דאיהו אמר לא ידעתי את ה' ופרעה חכים הוה מכל חרשוי אלא ודאי שמא דאלהים הוה ידע וכו' ובגין דמשה לא אתא לגביה אלא בשמא דה' ולא בשמא דאלהים ודא הוה קשיא קמיה מכלא. היינו שלא האמין שרצון השי"ת הוא שהאדם מצדו יחזיר לנכח השי"ת כל התפשטות הלבושים ורק כאן נתוודע לו לומר מי כמוך באלים ה' מי כמוך נאדר בקודש.
מי כמוך באלים היינו כדאי' (גיטין נ"ו.) באלים באלמים היינו מי הוא שבכחו להעלים ולהסתיר א"ע כ"כ עד שלא יהיה ניכר כלל. מי כמוך נאדר בקודש היינו מי הוא שבכחו להראות מפורש כ"כ שיהיה ניכר אורו ית' בכל התפשטות הלבושים ואף בהדומם.
ואין הכוונה בזה שרק פרעה הכיר זאת ולא ישראל ורק המכוון בזה שפרעה לא בא על הכרה זו רק בעת שנתבטל כי מהכרה זו עצמה הגיע לו כל ההתבטלות לזה אמר מי כמוך וגו' רק ברגע האחרונה כאשר נתבטל כל החיים שלו. אבל לישראל מגיע מהכרה זו התחזקות הוי' כי זה כל ישעם וחפצם להכיר זאת:
Qui est comme Toi parmi les puissants, ה', qui est comme Toi, magnifique en sainteté, redoutable en louanges, opérant des prodiges ? Dans Pirqé de-Rabbi Eliezer (chap.
42) : 'Qui est comme Toi parmi les puissants, ה' ?' Et Pharaon leur répondit par un chant et une louange en langue égyptienne, et dit : 'Qui est comme Toi, magnifique en sainteté, redoutable en louanges, opérant des prodiges ?' La chose est, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Miqets 195a) : 'Viens voir ce méchant Pharaon, qui disait : Je ne connais pas ה'. Pharaon était plus sage que tous ses magiciens ; mais assurment il connaissait le nom Elokim (...) Et parce que Moché ne vint auprès de lui que par le nom ה', et non par le nom Elokim, cela était pour lui plus difficile que tout.' C'est-à-dire qu'il ne croyait pas que la volonté du Saint béni soit-Il est que l'homme, de son côté, fasse revenir en face du Saint béni soit-Il toute l'extension des vêtements.
Ce n'est qu'ici qu'il parvint à reconnaître et à dire : 'Qui est comme Toi parmi les puissants, ה' ? Qui est comme Toi, magnifique en sainteté ?' 'Qui est comme Toi parmi les puissants' signifie, comme il est dit (Guitin 56b), que (באלים), 'parmi les puissants', se lit (באלמים), 'parmi les muets' : qui est celui qui a la force de se cacher et de se dissimuler si entièrement qu'il ne soit plus du tout reconnaissable ? 'Qui est comme Toi, magnifique en sainteté' signifie : qui est celui qui a la force de se manifester si explicitement que Sa lumière, béni soit-Il, soit reconnaissable dans toute extension des vêtements, jusque dans l'inanimé ?
Il ne faut pas entendre par là que seul Pharaon le reconnut et non Israël ; mais Pharaon ne vint à cette reconnaissance qu'au moment où il fut annulé, car cette reconnaissance même lui apporta toute son annulation. C'est pourquoi il dit : 'Qui est comme Toi (...)', seulement au dernier instant, quand toute sa vie fut annulée.
Mais à Israël, cette reconnaissance apporte le renforcement de l'existence : car reconnaître cela est tout leur secours et tout leur désir.
ה' ימלוך לעולם ועד. בזה"ק (ויקהל רט"ז:) רזא לאדכרא יציאת מצרים וכו' ולא לאחזאה תרוכין וכו' ואי תימא והא בגלותא איהו והא אתתרכת לא הכי וכו' אבל תרוכין לא הות לעלמין ובגין דא בעי לאחזאה פורקנא דאית ביה ארבע גאולות ורזא הכא בשעתא דנפקא שכינתא בגלותא דמצרים תבעה מקב"ה דיפרוק לה השתא ד' זמנין דאינון ד' גאולות לקבל ארבע גליות וכו'.
היינו שבאמת הוציא השי"ת את ישראל אז לחירות עולם ואף שנכנסו עוד לגלות אכן גודל הסתר. כזה שהי' במצרים לא יהיה עוד בעולם כי במצרים היה ההסתר גדול כ"כ שלכן נקרא מצרים מצר-ים וכדאי' בזה"ק (שמות ג'.) תשורי מראש אמנה דא איהו גרון.
שזה רומז על מקום צר ודחוק מאוד שהיה נדמה שם שח"ו עזב ה' את הארץ ואין שום צורך לתפלה כי אפילו על טפת גשמים לא היו צריכים להתפלל להשי"ת. ולזה אנו אומרים בגאולה ויוציא את עמו ישראל מתוכם לחירות עולם שהסתר כזה לא יהיה עוד.
וזה דאי' בתקוני הזהר (תקון ל"ט דף ע"ט:) והא איהו אבטח לאפקא לבנוי מגלותא וכו' ואיהו משבח גרמיה כמה זמנין אשר הוצאתיך מארץ מצרים א"ל ברי שפיר קאמרת אבל לאו איהו דא לשבחא גרמיה אלא כל ספירה וספירה אתקריאת ראש לחבירתה ובגין לאשתמודע לון מאן אתר אפיק לון מגו שעבודא. היינו כי הארבע גליות הם נגד ד' אותיות משם הוי' ובגלות מצרים היה הראש בהסתר והיה נדמה להם שח"ו עזב ה' את הארץ וביציאת מצרים יצא הראש ונתגלה לחירות עולם שלא יהיה עוד הסתר כזה רק מאז יהיה תמיד הכרה בלב ישראל שהשי"ת מנהג בעולם וזה שפתחו וענו ה' ימלוך לעולם ועד שאף בכל ההסתרות שיהיה בהארבע גליות מ"מ יהיה ניכר לישראל כבוד מלכותו לעולם ועד:
ה' règnera à jamais et pour toujours. Dans le saint Zohar (Vayaqhel 216b) : 'Le secret de rappeler la sortie d'Égypte (...) n'est pas de montrer des expulsions (...) Et si tu dis : le voici en exil et le voici expulsé, il n'en est pas ainsi (...) Mais l'expulsion ne fut jamais définitive ; c'est pourquoi il faut montrer la délivrance qui contient quatre délivrances.
Et voici le secret : lorsque la Chekhina sortit dans l'exil d'Égypte, elle demanda au Saint béni soit-Il de la délivrer alors quatre fois, qui sont les quatre délivrances correspondant aux quatre exils (...)' C'est-à-dire qu'en vérité le Saint béni soit-Il fit alors sortir Israël vers une liberté éternelle. Même s'ils entrèrent encore en exil, un voile aussi grand que celui qui était en Égypte ne se retrouvera plus dans le monde.
En Égypte, le voile était si grand que l'Égypte est appelée Mitsrayim, 'l'étroit de la mer' (מצר-ים), comme il est rapporté dans le saint Zohar (Chemot 3a) : 'Tu regarderas depuis le sommet de l'Amana' - c'est la gorge. Cela fait allusion à un lieu très étroit et resserré, où il semblait, à Dieu ne plaise, que ה' avait abandonné la terre et qu'il n'y avait nul besoin de prière ; car ils n'avaient même pas besoin de prier le Saint béni soit-Il pour une goutte de pluie.
C'est pourquoi nous disons, dans la délivrance : 'Il fit sortir Son peuple Israël du milieu d'eux vers une liberté éternelle' : un tel voile ne sera plus. C'est ce qui est rapporté dans les Tiqounei ha-Zohar (Tiqoun 39, 79b) : 'Voici qu'Il a promis de faire sortir Ses fils de l'exil (...) et Il Se loue Lui-même plusieurs fois : Moi qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte.
Il lui dit : Mon fils, tu parles bien ; mais ce n'est pas pour Se louer Lui-même, car chaque sefira est appelée la tête de celle qui la suit, afin de leur faire connaître quel lieu les fit sortir de l'asservissement.' En effet, les quatre exils correspondent aux quatre lettres du nom Havayah (הוי'). Dans l'exil d'Égypte, la tête était voilée, et il leur semblait, à Dieu ne plaise, que ה' avait abandonné la terre.
À la sortie d'Égypte, la tête sortit et se découvrit vers une liberté éternelle : jamais plus un tel voile ne sera. Dès lors, il y aura toujours dans le cœur d'Israël la reconnaissance que le Saint béni soit-Il dirige le monde.
C'est ce qu'ils ouvrirent et répondirent : 'ה' règnera à jamais et pour toujours' ; car même dans tous les voiles qui seront durant les quatre exils, la gloire de Sa royauté sera pourtant reconnaissable pour Israël à jamais et pour toujours.
אז ישיר משה ובני ישראל את השירה הזאת וגו'. ישיר הוא מלשון שורה ואמרינן (ביצה י"ד:) אין שורה פחות משלשה וזה מורה על סדר שהולך באור ישר מסודר מהשי"ת עד לתפיסת האדם.
את השירה הזאת בזה"ק (בשלת נ"ד:) תנינן כל בר נש דאמר שירתא דא בכל יומא ומכוון בה זכי למימרא לזמנא דאתי וכו'. הענין בזה כדאי' במכילתא (בשלח) את השירה הזאת וכו' כל השירות שעברו קרויות בלשון נקבה וכו' אבל התשועה שהיא עתידה לבא קרוי' בלשון זכר וכו'.
כי בעוה"ז נעלם האור בלבושים עד שאי אפשר לראות מפורש כענין שנאמר (זכריה י׳:ו׳) והיו כאשר לא זנחתם. אבל לעתיד יהיה שיר דכר בלא שום לבוש ויהיה מאיר מפורש והיו כאשר לא זנחתם:
Alors Moché et les enfants d'Israël chanteront ce chant (...) 'Chantera' (ישיר) est de la même racine que 'rangée' (שורה), et nous disons (Beitsa 14b) : 'Une rangée n'est pas de moins de trois.' Cela indique un ordre qui se déploie en lumière droite, ordonné depuis le Saint béni soit-Il jusqu'à la saisie de l'homme. 'Ce chant' : dans le saint Zohar (Bechalah 54a), nous avons appris : 'Tout homme qui dit ce chant chaque jour et y dirige son intention mérite de le dire dans le temps à venir (...)' La chose est, comme il est rapporté dans la Mekhilta (Bechalah) : 'Ce chant (...)' Tous les chants qui ont eu lieu sont nommés au féminin (...) ; mais le salut qui viendra est nommé au masculin (...). Car dans ce monde, la lumière est cachée dans les vêtements, au point qu'il est impossible de la voir explicitement, ainsi qu'il est dit : 'Ils seront comme si Tu ne les avais pas abandonnés' (Zacharie 10,6).
Mais dans l'avenir, il y aura un chant masculin, sans aucun vêtement, et il éclairera explicitement : 'Ils seront comme si Tu ne les avais pas abandonnés.'
כי גאה גאה מתרגמינן ארי אתגאי על גותניא וגאותא דיליה הוא. הענין כי שר של מצרים רהב שמו ולמעלה במקומו הרמתה מכיר מפורש ורואה גיאות ה' ולכן נקרא רהב.
אכן האחורים שלו והוא האומה המסתעפת ממנו למטה מתגאים בעצמם עד שאמרו מי ה' (שמות ה') וזה דכתיב (ישעיהו כ״ו:י׳) יוחן רשע בל למד צדק. היינו שאינו יכול ללמד ולהרגיל לזולתו צדק.
כי רק הצורת אדם מישראל הוא שאמרו עליו בזה"ק (תזריע מ"ו:) ודא הוא דסלקא לעילא וממללא קמי מלכא קדישא וכו' ועל דא אתקרי רוחא ממללא דהא כל שאר נפשתא לית לון רשו למללא קמי מלכא בר האי. והוא שאדם אתקרי דו פרצופים שיש לו פרצוף פנים לעמוד נכח השי"ת פב"פ ולהכיר רוממותו לקבל אור מהשי"ת ובזו העת שמקבל יש לו גם פרצוף פנים להשפיע לזולתו ללמד ולהרגיל מבהירות שלו לזולתו מה דלית כן בשאר בריין כי הצבא מעלה בעת שעומדים נכח השי"ת פב"פ ומקבלים אור אז אין להם פנים להשפיע בינה להמדה שמקבלת מהם ואדרבה שיש להם כ"כ התבטלות עד שאחוריהם נראה כדומם ממש לזה האומה שמסתעפת מאחורים דלהון הם לגמרי בלא דעת ולזה אי' בהאר"י הק' (פע"ח שער הק"ש פ"א) שר"ת יוצר "משרתים "ואשר "משרתיו הוא מו"ם שהוא השם האחרון מע"ב שמות שזה רומז שמה שמסתעף למטה מהם מום בם:
'Car Il S'est élevé, oui, Il S'est élevé' : le Targoum traduit : 'Car Il S'est enorgueilli au-dessus des orgueilleux, et l'orgueil est à Lui.' Le prince de l'Égypte se nomme Rahav ; en haut, dans son lieu élevé, il reconnaît explicitement et voit la grandeur de ה', et c'est pourquoi il est appelé Rahav. Mais ses arrières, qui sont la nation issue de lui en bas, s'enorgueillissent eux-mêmes, jusqu'à dire : 'Qui est ה' ?' (Exode 5,2).
C'est ce qui est écrit : 'Le méchant a beau recevoir grâce, il n'apprend pas la justice' (Isaie 26,10), c'est-à-dire qu'il ne peut ni enseigner ni habituer autrui à la justice. Car seule la forme humaine d'Israël est celle dont il est dit dans le saint Zohar (Tazria 46a) : 'Celle-ci monte en haut et parle devant le Roi saint (...) ; c'est pourquoi elle est appelée esprit parlant, car toutes les autres âmes n'ont pas permission de parler devant le Roi, sauf celle-ci.' L'homme est appelé 'deux partsoufim (configurations)' : il a un partsouf de face pour se tenir en face du Saint béni soit-Il, face à face, reconnaître Sa grandeur et recevoir la lumière du Saint béni soit-Il.
Et au moment où il reçoit, il a aussi un partsouf de face pour influencer autrui, pour enseigner et habituer autrui, par sa clarté. Il n'en est pas de même des autres créatures : l'armée d'en haut, lorsqu'elle se tient face à face devant le Saint béni soit-Il et reçoit la lumière, n'a alors pas de face pour transmettre de la compréhension à la mesure qui reçoit d'elle.
Au contraire, son annulation est si grande que ses arrières paraissent tout à fait inanimés. C'est pourquoi la nation qui procde de leurs arrières est entièrement sans daat (connaissance).
Aussi est-il rapporté au nom du saint Ari (Pri Ets 'Hayim, Porte du Chema, chap. 1) que les initiales de 'Yotser (יוצר) Meshartim (משרתים) va-acher (ואשר) Meshartav (משרתיו)' donnent מו'ם, 'défaut', qui est le dernier nom des soixante-douze Noms ; cela indique que ce qui procède vers le bas d'eux porte un défaut.
סוס ורוכבו רמה בים. בילקוט (מלכים ב' רמז רמ"ד) אמר הקב"ה ומה בשכר פסיעות ששלמתי לאותו רשע שרץ אחר כבודי אתה תמה כשאני משלם שכר לאברהם יצחק וליעקב שרצו לפני כסוסים עאכו"כ.
היינו שהתבטלו עצמם לפני השי"ת כמו הסוס שטפלה לרוכב וכענין דאי' בזה"ק (צו כ"ט:) ויהון כסוסיא דרכיב מאריה עלייהו הה"ד כי תרכב על סוסיך מרכבותיך ישועה. ובזוה"ק (פנחס רכ"ח:) מט"ט סוס דתפארת דביה כל ספיראן מתלבשין וכו'.
ולזה אמרו עליו בתקוני הזהר (הקדמה ד':) דא מט"ט רכב לעמודא דאמצעותא וכו' ואיהו רכב אש וסוסי אש כליל שתין ריבוא מרכבות (ושם תקון נ"ז דף צ"א:) האי מלאך אתקרי בששים רבוא שמהן וכו'. והענין בזה כי כל השמות וכינויין כל חד וחד כפום הכרה דיליה לבטל א"ע לגמרי להשי"ת כן הוא נעשה בזה הכח כלי פעולה להשי"ת כדאי' בזה"ק (פנחס רנ"ז:) אף הכי יקו"ק מניה תליין כל הויין ואיהו וכל הויין דיליה סהדין וכו' דינא בהיפוך אתוון אדנ' ובג"ד אמרו רז"ל דינא דמלכותא דינא.
שם אל סהיד על מארי דכלא דלית יכולת לכל שם והוי' ודרגא כל שכן לשאר בריין פחות מניה הה"ד כלא חשיבין וכו'. היינו שמזה שיש לו זו ההכרה ביותר שכל דיירי ארעא כלא חשיבין וכמצבייה עביד בחיל שמיא לזה הוא השם "אל" כלי פעולה לכל החסדים.
וזה המלאך מט"ט נקרא סוס דתפארת רזא דיעאע"ה שכולל כל הנהורין לזה הוא כולל שתין רבוא דנהורין יען שיש לו הכרה בכל הכחות שאין לשום בריה כח לבר מני' ית' לזה מאירין אצלו כל השתין רבוא נהורין. אכן באומות הוא בחי' סוס דלהון כדכתיב בהו (יחזקאל כ״ג:כ׳) וזרמת סוסים זרמתם שמצדם אינם רוצים להתבטל להשי"ת כסוס דרכיב מארי' עליה שטפלה לרוכב לכן סוס ורוכבו רמה בים:
'Le cheval et son cavalier, Il les a jetés dans la mer.' Dans le Yalqout (Rois II, allusion 244), le Saint béni soit-Il dit : 'Et pour le salaire des pas que J'ai accordés à ce méchant qui courut après Ma gloire, tu t'étonne que Je paie le salaire d'Abraham, d'Its'hak et de Yaakov, qui coururent devant Moi comme des chevaux ? À plus forte raison.' C'est-à-dire qu'ils se sont annulés devant le Saint béni soit-Il, comme le cheval qui est accessoire à son cavalier, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Tsav 29b) : 'Qu'ils soient comme des chevaux sur lesquels leur maître monte, comme il est écrit : Car Tu montes sur Tes chevaux, Tes chars sont salut.' Et dans le saint Zohar (Pinhas 228b) : 'Metatron est le cheval de Tiferet, en lequel toutes les sefirot se revêtent (...)' C'est pourquoi il est dit de lui dans les Tiqounei ha-Zohar (Introduction 4a) : 'Voici Metatron, monture de la colonne médiane (...) ; il est char de feu et chevaux de feu, comprenant soixante myriades de chars' (et là, Tiqoun 57, 91b : 'Cet ange est appelé par six cent mille noms (...)').
La chose est que tous les noms et appellations, chacun selon sa reconnaissance, lorsqu'il s'annule entièrement au Saint béni soit-Il, devient par cette force un instrument d'action pour le Saint béni soit-Il, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 257b) : 'De même, de הוי' dépendent toutes les existences, et Lui et toutes Ses existences témoignent (...) Le jugement, par inversion des lettres, est Adonaï (אדנ'); c'est pourquoi nos maîtres de mémoire bénie ont dit : La loi du royaume est loi. Le nom El témoigne du Maître de tout, car nul nom, existence ou degré, et à plus forte raison les autres créatures qui lui sont inférieures, n'a de force (...) Tout est considéré comme rien (...)' C'est-à-dire que, du fait qu'il possède au plus haut point cette reconnaissance que tous les habitants de la terre sont considérés comme rien et qu'Il agit selon Sa volonté dans l'armée des cieux, il est le nom El, instrument d'action de toutes les bontés.
Cet ange, Metatron, est appelé le cheval de Tiferet, secret de Yaakov notre père, qui comprend tous les luminaires ; c'est pourquoi il comprend les six cent mille luminaires, puisqu'il reconnaît en toutes les forces qu'aucune créature n'a de force, sauf Lui, béni soit-Il. C'est pourquoi les six cent mille luminaires brillent auprès de lui.
Mais chez les nations, c'est l'aspect de leur cheval, ainsi qu'il est écrit à leur sujet : 'Leur émission est l'émission des chevaux' (Ezechiel 23,20) ; de leur côté, elles ne veulent pas s'annuler devant le Saint béni soit-Il comme un cheval sur lequel son maître monte, qui est accessoire au cavalier. C'est pourquoi : 'Le cheval et son cavalier, Il les a jetés dans la mer.'
ה' איש מלחמה ה' שמו. במדרש (בראשית רבה מ"ד) רבי אבין אמר בשמו גואלן והענין כי שם רומז על דגל הכבוד ואות התנשאות של השי"ת בעולם ועיקר דגל הכבוד של השי"ת בעולם הם ישראל וזה בשמו גואלן וזה השם בעצמו נקרא איש מלחמה וכדאי' בזה"ק (תזריע מ"ח:) תו קשיא דהא תנינן כתיב וכו' מאן איש דא חסד והכא אמריתו דהוא דינא אלא הכי תאנא כלא הוא בחד מתקלא סלקא וכלא חד.
וכמו שמבאר קודם זה (שם) תאנא מן בוצינא דקרדוניתא נפקין תלת מאה ועשרין וחמש ניצוצי מתגלפין ומתאחדין כחדא מסטרא דגבורה דאקרון גבורות כחדא ואתעבידו חד גופא וכד עיילין אלין בגופא אקרי איש דא דתנינן איש תם וישר איש צדיק ואיש דהכא איש מלחמה כתיב דכלא סליק דינא וכלא חדא. ענין בוצינא דקרדינותא הוא האור טרם שנתחלק לפרטים מרוב העלמתו הוא באפיסת השגה וכדי שיהיה תפיסה להבריאה חלק השי"ת את אורו הגדול לפרטים דקים כענין שאי' (ר"ה ל"א.) שחלק את מעשיו ומלך עליהן.
וזה ההסתר מהתחלקות נמשך משם א-להים ונתחלק האור לכ"ב אותיות ועשר ספירות וכל אחד כליל מעשר עד דנפיק לתלת מאה ועשרין וחמש ניצוצי וכו'. וכשהשי"ת מקבץ חזרה את הנפרדים ומאחד את החלקים יחד זה נקרא בחינת איש וזה וכד עיילין אלין בגופא אקרי איש וכו' כי בחי' איש נקרא האחדות שנעשה אחר ההתחלקות והפירוד כדאי' בזה"ק (לך פ"ה:) וכד נשמתין נפקין דכר ונוקבא כחדא נפקין לבתר כיון דנחתי מתפרשין דא לסטרא דא ודא לסטרא דא וקב"ה מזווג לון לבתר.
וזה הזווג השני אינו כמו הזווג שהיה כד נפקין כחדא כי אף שנתאחדו לבתר מ"מ הם זוכרים עוד ומכירים התחלקות שהיה בהם מקודם וע"י שהיו נפרדים ואח"כ נתאחדו זה נקרא בשם איש. וזה ה' איש מלחמה ה' שמו שזה הרצון שמאחד ומקבץ כל הנפרדים לאחדותו ית' גואל את ישראל ומקבץ אותם מהגלות והפירוד מדה במדה יען שישראל קובעים בלבם תמיד אחדותו ית' ונמשכין תמיד אחר רצונו ית' ואומרים ה' אחד כן נקבע בלבם אמונה שלימה בה' אחד כדכתיב ויאמינו בה' ובמשה עבדו ומזה האחדות ית' הוא כל קיום הויית ישראל וממילא מתבטלים כל מתנגדיהם כי זה האחדות עצמו שגואל את ישראל לוחם עם כל המתנגד לישראל וזה ה' איש מלחמה ה' שמו:
'ה' est un homme de guerre, ה' est Son nom.' Dans le Midrach (Bereshit Rabba 44), Rabbi Avin dit : 'Par Son nom Il les délivre.' La chose est que le nom fait allusion à l'étendard de gloire et au signe de l'élévation du Saint béni soit-Il dans le monde ; l'étendard de gloire essentiel du Saint béni soit-Il dans le monde est Israël. Tel est le sens de : 'Par Son nom Il les délivre.' Et ce nom lui-même est appelé 'homme de guerre', comme il est rapporté dans le saint Zohar (Tazria 48b) : 'Il y a encore une difficulté, car nous avons appris : il est écrit (...) Qui est 'homme' ?
C'est le 'hessed ; et ici vous dites que c'est le jugement. Mais voici l'enseignement : tout monte dans une seule balance et tout est un.' Et comme il l'explique auparavant (ibid.) : 'De la lampe de la dureté (boutsina de-qardinouta) sortent trois cent vingt-cinq étincelles ; elles sont gravées et unies ensemble, du côté de la guevoura, et sont appelées guevourot.
Elles deviennent un seul corps ; et lorsque celles-ci entrent dans le corps, il est appelé 'homme'. C'est ce que nous avons appris : homme intègre et droit, homme juste ; et ici il est écrit : homme de guerre, car tout monte en jugement et tout est un.' La lampe de la dureté est la lumière avant qu'elle ne soit partagée en détails : par l'intensité de son voilement, elle est sans aucune saisie.
Afin qu'il y ait une saisie pour la création, le Saint béni soit-Il partagea Sa grande lumière en détails fins, comme il est rapporté (Roch Hachana 31a) : 'Il partagea Ses œuvres et régna sur elles.' Ce voile issu de la division provient du nom Elokim ; la lumière fut partagée en vingt-deux lettres et dix sefirot, chacune comprise de dix, jusqu'à ce qu'en sortent trois cent vingt-cinq étincelles (...). Lorsque le Saint béni soit-Il rassemble de nouveau les éléments séparés et unit ensemble les parts, cela est appelé l'aspect d'homme ; tel est le sens de : 'Lorsque ceux-ci entrent dans le corps, il est appelé homme (...)' Car l'aspect d'homme est l'unité qui s'accomplit après la division et la séparation, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Lekh Lekha 85a) : 'Lorsque les âmes sortent, elles sortent mâle et femelle ensemble ; ensuite, lorsqu'elles descendent, elles se séparent, l'une d'un côté et l'autre de l'autre côté, puis le Saint béni soit-Il les unit.' Cette seconde union n'est pas comme l'union lorsqu'elles sortirent ensemble : bien qu'elles soient ensuite unies, elles se souviennent encore et reconnaissent la division qui fut auparavant en elles.
Parce qu'elles furent séparées puis unies, cela est appelé 'homme'. Tel est : 'ה' est un homme de guerre, ה' est Son nom.' Cette volonté qui unit et rassemble tous les séparés dans Son unité, béni soit-Il, délivre Israël et le rassemble de l'exil et de la séparation, mesure pour mesure ; car Israël fixe toujours dans son cœur Son unité, béni soit-Il, suit toujours Sa volonté, béni soit-Il, et dit : 'ה' est un.' Ainsi une foi parfaite en ה' Un est fixée dans son cœur, comme il est écrit : 'Ils eurent foi en ה' et en Moché, Son serviteur.' De cette unité, béni soit-Il, procède toute la subsistance de l'existence d'Israël ; par conséquent tous leurs adversaires sont annulés.
Car cette unité elle-même, qui délivre Israël, combat tous ceux qui s'opposent à Israël. Tel est : 'ה' est un homme de guerre, ה' est Son nom.'
ומבחר שלשיו טבעו בים סוף. בזוה"ק (בשלח מ"ו:) ושלישים על כלו כלא בחכמתא לקבל דרגין עלאין תרין וחד.
הענין כי השי"ת העריך בקדושה שהשלימות הוא תרין וחד כי בזה ניתן מקום לאדם להכיר בענין אחדותו ית' כי כמו שהוא בעצמותו ית' אין ערוך ואין לדמות שום הכרה. ורק ע"י שהציב השי"ת מדה והפיכה ימין ושמאל יוכל אדם להכיר שיש אחד למעלה משניהם והוא משולל מכל מדות אלין כלל.
וישראל נמשכין אחר הכרה זו שהציב השי"ת ואינם משוקעין בשום מדה ואין נוטין לאחת מהקצוות כי אם אחר אחדותו ית' ורצונו הפשוט וזה התרין וחד של ישראל מדרגין עלאין שכל קבלתם הוא רק מאחדות רצון השי"ת. ולעומת זה עשה פרעה שלישים על כלו תרין וחד כגוונא עלאה שהתפאר בעצמו שיש לו ג"כ אחוזה בתרין וחד ושמקבל כל התקיפות שלו מאחדות רצון הפשוט ית' שמשולל מכל המדות כי זה הרצון הפשוט ית' הציב בעולם אף את החושך וכל התקיפות שלו הוא רק מזה הרצון וזה ומבחר שלישיו טבעו בים סוף היינו הטוב והמובחר שבהם שמדמים שמקבלים מזה הרצון נטבע בים סוף שהראה להם השי"ת שכל כוונתם הוא לקבל תקיפות שבזה יוכלו להתפשט לעשות ההיפך מרצון השי"ת על סמך זה:
'Et l'élite de ses officiers fut engloutie dans la mer des Joncs.' Dans le saint Zohar (Bechalah 46b) : 'Et des officiers sur tous : tout est dans la sagesse, en regard des degrés supérieurs, deux et un.' La chose est que le Saint béni soit-Il a établi dans la sainteté que la perfection est 'deux et un', car cela donne place à l'homme pour reconnaître Son unité, béni soit-Il. Car tel qu'Il est dans Son essence, béni soit-Il, aucune reconnaissance n'a de rapport ni de ressemblance avec Lui.
Ce n'est que parce que le Saint béni soit-Il a posé une mesure et son opposé, droite et gauche, que l'homme peut reconnaître qu'il y a un Unique au-dessus des deux, entièrement dépouillé de toutes ces mesures. Israël suit cette reconnaissance établie par le Saint béni soit-Il : ils ne sont plongés dans aucune mesure et ne penchent vers aucun des deux extrêmes, mais seulement vers Son unité, béni soit-Il, et Sa volonté simple.
Tel est le 'deux et un' d'Israël, les degrés supérieurs, car toute leur réception vient seulement de l'unité de la volonté du Saint béni soit-Il. En face de cela, Pharaon établit des officiers sur tous, 'deux et un' à l'image d'en haut ; il se vanta d'avoir lui aussi une prise dans le 'deux et un' et de recevoir toute sa puissance de l'unité de la volonté simple, béni soit-Il, qui est dépouillée de toutes les mesures.
Car cette volonté simple, béni soit-Il, a aussi posé dans le monde les ténèbres, et toute sa puissance provient seulement de cette volonté. Tel est : 'Et l'élite de ses officiers fut engloutie dans la mer des Joncs' : le bon et le meilleur parmi eux, qui s'imaginent recevoir de cette volonté, furent engloutis dans la mer des Joncs.
Le Saint béni soit-Il leur montra que toute leur intention est de recevoir une puissance par laquelle ils pourront se déployer pour faire le contraire de la volonté du Saint béni soit-Il, en s'appuyant sur cela.
« Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat. » Le Sod Yecharim rapporte de son père que le psaume indique la contraction par laquelle l'homme voit la conduite du Nom, et le chant l'expansion, quand cette conduite apparaît. Le Nom a revêtu Sa volonté de vêtements et d'attributs ; par eux l'homme voit Sa volonté, puis voit qu'Il en est dénué. La reconnaissance du ''hessed n'est que par le keli (récepteur), le tsimtsoum (contraction). Il est bon de rendre grâce quand l'homme remet au Nom la stature droite qu'Il lui a donnée. Chanter le Nom Très-Haut, c'est s'abaisser pour que la fierté supérieure repose sur lui.
Aussi : proclamer le matin la bonté, se préparer pour attirer le ''hessed ; la fidélité dans les nuits, foi jusqu'au lieu merveilleux ; la mer des Joncs, foi que la nature est dans la main du Nom
מזמור שיר ליום השבת טוב להודות לה' ולזמר לשמך עליון להגיד בבוקר חסדך ואמונתך בלילות. (תהילים צ״ב:ב׳-ג׳) ביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה מזמור רומז על עת שאדם צריך לצמצם א"ע בכדי שיוכל לראות הנהגת השי"ת.
"שיר" מורה על התפשטות בעת שנראה מפורש הנהגת השי"ת ואז יש לאדם ממילא כל ההתפשטות. ואף שאי אפשר לשום נברא שיהיה לו תפיסה בעצמותו ית' אכן כתיב (שם קמ"ה) גדול ה' ומהולל מאוד ולגדולתו אין חקר.
שהשי"ת המשיך רצונו לכמה וכמה לבושים ומדות ועל ידם יוכל אדם העובד ה' לראות רצונו ית' ואז יראה שהשי"ת משולל מכל מדות אלין כלל. וכדאי' (ברכות נ"ח.) לך ה' הגדולה זו מעשה בראשית וכו' והגבורה זו יציאת מצרים שנאמר וירא ישראל את היד הגדולה.
להבין הענין שמביא ראי' מגדולה לגבורה כי גדולה הוא מדת החסד אכן כדאיתא בזוה"ק (ויקרא ה') גדול ה' ומהולל מאוד וכו' אימתי אקרי קב"ה גדול בזמנא דכנ"י אשתכחת עמיה וכו' בעיר א-להינו עם עיר אלקינו וכו' אשתמע דמלכא בלא מטרוניתא לאו הוא מלכא ולאו הוא גדול ולא מהולל וכו' ובגין כך תושבחתא דא בשני. היינו שבזוה"ק מתמי' מפני מה אומרים בשני גדול ה' הלא גדול רומז על חסד והיה ראוי לומר בראשון גדול ה' ומתרץ שהכרת החסד הוא רק בעיר א-להינו וכו' היינו ע"י הכלי קיבול ומה הוא הכלי קיבול הצמצום שהאדם מצמצם א"ע מצדו בכדי שיוכל להכיר ולראות חסד השי"ת בעולם:
Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat. Il est bon de rendre grâce à ה', et de chanter Ton Nom, Ô Très-Haut; de proclamer le matin Ta bonté et Ta fidélité dans les nuits (Psaumes 92,2-3).
Mon père et maître, le saint Gaon, de bénie mémoire, expliquait ainsi: le psaume fait allusion au moment où l'homme doit se contracter lui-même afin de pouvoir voir la conduite du Nom, beini soit-Il. Le 'chant' indique l'expansion, lorsqu'apparaît explicitement la conduite du Nom, beini soit-Il; alors l'homme a de lui-même toute l'expansion.
Bien qu'il soit impossible à aucune créature de saisir Son essence, qu'Il soit exalté, il est pourtant écrit: 'Grand est ה' et très louable, et Sa grandeur est insondable' (Psaumes 145). Le Nom, beini soit-Il, a revêtu Sa volonté de nombreux vêtements et attributs; par eux, l'homme qui sert ה' peut voir Sa volonté, qu'Il soit exalté, et il verra alors que le Nom, beini soit-Il, est absolument dénué de tous ces attributs.
Comme il est dit (Berakhot 58a): 'À Toi, ה', la grandeur' - c'est l'œuvre de la Création, etc.; 'et la puissance' - c'est la sortie d'Égypte, comme il est dit: 'Israël vit la grande main' (Exode 14,31). Il faut comprendre pourquoi la preuve est apportée de la grandeur à la puissance: la grandeur est l'attribut de 'hessed (bonté); mais il est rapporté dans le saint Zohar (Vayikra 5a): 'Grand est ה' et très louable', etc.
Quand le Saint, beini soit-Il, est-Il appelé grand? Lorsque la communauté d'Israël se trouve avec Lui, etc.; 'dans la ville de notre Elokim', avec la ville de notre Elokim, etc.
Il s'ensuit qu'un roi sans matrone n'est ni roi, ni grand, ni louable, etc.; et c'est pourquoi cette louange est au second jour. Le Zohar s'étonne donc: pourquoi dit-on le second jour 'Grand est ה'', puisque 'grand' fait allusion au 'hessed et qu'il conviendrait de dire le premier jour 'Grand est ה''?
Il répond que la reconnaissance du 'hessed n'est que 'dans la ville de notre Elokim', c'est-à-dire par le keli (récepteur). Et quel est le keli?
Le tsimtsoum (contraction), par lequel l'homme se contracte lui-même de son côté afin de pouvoir reconnaître et voir le 'hessed du Nom, beini soit-Il, dans le monde.
טוב להודות לה'. זה בשעה שאדם מכיר ורואה שצריך לבטל א"ע להשי"ת שמכיר שהשי"ת נתן לו קומה זקופה וצריך למסור זו הקומה להשי"ת אז טוב וישר בעיניו מאוד לבטל א"ע וזה דאי' בזוה"ק (בהר קי"א:) ורזא דמלה תרין דרגין אינון לעילא דאצטריך ב"נ לאתעטרא בהו ואינון רזא דמהימנותא ואינון חד חד רזא דעבד וחד רזא דבן והאי עבד אקרי אדון כל הארץ.
כי האדם צריך להיות ברזא דבן ורזא דעבד ואף בחי' האי עבד אדון כל הארץ אקרי. ולזמר לשמך עליון.
זה בשעה שאין האדם מכיר ורואה איזה כ"ש יצא מפעולותיו ואז נקרא השי"ת אצלו בבחי' עליון ואז הוא העצה כדאי' בזוה"ק (אמור צ':) דמאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דכלא גאותא עלאה ויהיה לבוש לכבודו ית' בחי' כסא כבודו וכמו שביאר אאמו"ר הגה"ק זללה"ה על הכתוב (תהילים צ״ד:כ׳) היחברך כסא הות שמי שאינו מתבטל לגמרי למסור עצמו להשי"ת זה לא יוכל להיות בבחי' כסא להשי"ת:
Il est bon de rendre grâce à ה'. Cela est lorsque l'homme reconnaît et voit qu'il doit s'annuler devant le Nom, beini soit-Il: il reconnaît que le Nom, beini soit-Il, lui a donné une stature droite et qu'il doit remettre cette stature au Nom, beini soit-Il; alors il est très bon et droit à ses yeux de s'annuler lui-même.
C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Behar 111b): 'Le secret de la chose: il y a en haut deux degrés dont l'homme doit se couronner; ils sont le secret de la foi, l'un le secret du serviteur et l'autre le secret du fils; et ce serviteur est appelé Seigneur de toute la terre.' Car l'homme doit être dans le secret du fils et dans le secret du serviteur; et même ce degré du serviteur est appelé Seigneur de toute la terre. 'Et chanter Ton Nom, Ô Très-Haut.' Cela est lorsque l'homme ne reconnaît ni ne voit quelle conséquence sortira de ses actes; le Nom, beini soit-Il, est alors pour lui sous l'aspect de 'Très-Haut'. Le conseil est alors, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Emor 90a), qu'il s'abaisse lui-même afin que repose sur lui la fierté de tout, la fierté supérieure; il sera un vêtement pour Son honneur, qu'Il soit exalté, sous l'aspect du trône de Sa gloire.
Comme mon père et maître, le saint Gaon, de bénie mémoire, expliquait le verset: 'Le trône de destructions peut-il s'allier à Toi?' (Psaumes 94,20): celui qui ne s'annule pas entièrement pour se remettre au Nom, beini soit-Il, ne peut être sous l'aspect d'un trône pour le Nom, beini soit-Il.
להגיד בבוקר חסדך. בזוה"ק (ויחי רלד:) רבי יוסי שאיל לר"ש א"ל ואגידה או ויגד או ויגידו דתנינן דרזא דחכמתא איהו אמאי במלה דא.
א"ל בגין דאיהו מלה דאתיא בגימ"ל דל"ת בלא פרודא (ושם רמ"ד) דהא גימ"ל יהיב ודל"ת לקיט. היינו בשעה שהשי"ת זורח מבוקר דאברהם שהחסד הוא רק מצדו ית' ואז נמשך לכל העולם בשוה כדאי' (תענית ז') גשמים בין לצדיקים בין לרשעים אז צריך האדם לעשות לעצמו הכנה שע"י זו ההכנה יהיה לו שביל ישר להמשיך החסד אליו יען שהוא הכין עצמו משל למלך שהיה עובר ממקום למקום חפץ להתאכסן במקום שמכינים א"ע יותר בעבורו אף שלהמלך מצדו אין שום נפקא מינה כי כלום חסר מבית המלך מ"מ שורת הדין הוא שבמקום שמכינים א"ע עבור כבוד המלך ביותר שם יתאכסן כן צריך אדם להכין א"ע מצדו כי אז ימשיך אליו החסד מצד שורת הדין:
'Proclamer le matin Ta bonté.' Dans le saint Zohar (Vayehi 234b), Rabbi Yossi demanda à Rabbi Shimon: il lui dit: 'Pourquoi est-ce 'je raconterai', ou 'il raconta', ou 'ils raconteront', puisque nous avons appris que c'est le secret de la sagesse?' Il lui répondit: 'Parce que c'est un mot qui vient par guimel et dalet (גימל דלת) sans séparation'; et là-bas (244b): 'Car guimel donne, et dalet recueille.' Cela signifie: lorsque le Nom, beini soit-Il, rayonne du matin d'Abraham, et que le 'hessed vient seulement de Son côté, il se prolonge également vers le monde entier, comme il est rapporté (Taanit 7a): les pluies tombent tant pour les justes que pour les impies. L'homme doit alors se préparer afin que, par cette préparation, il ait un chemin droit pour attirer à lui le 'hessed, puisqu'il s'est préparé.
Cela ressemble à un roi qui passait d'un lieu à l'autre et désirait loger là où l'on se préparait davantage pour lui. Certes, du côté du roi, cela ne fait aucune différence, car manque-t-il quelque chose à la maison du roi?
Néanmoins, selon la rigueur du droit, c'est là où l'on se prépare le plus pour l'honneur du roi qu'il loge. Ainsi l'homme doit se préparer de son côté, car alors il attirera à lui le 'hessed selon la rigueur du droit.
ואמונתך בלילות. היינו בשעה שנסתר האור לגמרי מהאדם אז העצה להחזיק באמונה יתירה וע"י האמונה יגיע למקום גבוה מאוד אף למקום שהוא מופלא ממנו שאמרו עליו (בראשית רבה ח') במופלא ממך בל תדע.
כי לכל אדם יש גבול פרטי עד פה תבא ויותר מזה נקרא אצלו מצדו במופלא ממך כל אחד לפי מעלתו כן מדרגתו וגבולו כי אף אצל משרע"ה נאמר (שמות ל״ג:כ״ג) ופני לא יראו שאף אצלו היה גבול. אכן ע"י אמונה יוכל אדם להגיע אף לזה המקום.
ומה הוא עיקר האמונה כענין שנאמר (במדבר י״א:י״ב) כאשר ישא האומן את היונק היינו שלא יהיה להאדם שום סדר מצדו רק כפי שהשי"ת יאיר לו כן יהיה נמשך בכל נפשו ומאודו אחר הארת השי"ת וכדאיתא (שמות רבה כ"ג) אז ישיר משה הה"ד ויאמינו בדבריו ישירו תהלתו וכו' ובזכות האמונה שרתה עליהם רוה"ק ואמרו שירה שכל עיקר משבח הכתוב בזה הנס רק את אמונת ישראל וכדכתיב ויאמינו בה' ובמשה עבדו. כי מי שמאמין באמת שהטבע הוא ביד השי"ת אין אצלו שום פלא על נם כמו שלאדם הראשון לא היה שום חילוק בין הליכת מי הים לבין בקיעת הים מפני שלא היה עוד שום הרגל בעולם שטבע הים להיות הולך וסוער תמיד.
ורק אחר שנשכח ונעשה הרגל ומהרגל נעשה טבע לזה נטבע בשכל אדם שהים הולך וסוער תמיד ולכן כאשר נבקע הים ויהי לנס ופלא. וזה דאי' (תענית ט"ו) על השניה הוא אומר מי שענה את אבותינו על ים סוף וכו' ברוך אתה ה' זוכר הנשכחות.
היינו שנשכח ההתחלה ונעשה הליכת הים טבע וכאשר משרע"ה היה מעורר את הים והזכירו ראשית הוייתו שכל הליכת מימיו הוא רק מרצון השי"ת שהציב כן ואחר שעתה רצון השי"ת שיבקע אז ממילא ויבקעו המים. ועיקר הנס מקריעת ים סוף היה מה שהשי"ת האיר בלב ישראל גודל אמונה שהאמינו שהים יכול להבקע והטבע וההרגל לא פעל בהם שום פליאה ותימה וזה משבח הכתוב ויאמינו בה' ובמשה עבדו.
וזה דכתיב (מלכים ב ח׳:ד׳) ספרה נא לי את כל הגדולות אשר עשה אלישע ולהבין מה זה שהכתוב קורא גדולות הלא מצינו (ע"ז י':) ידענא זוטי דאית בכו מחי' מתים (ובתענית כה.) שרחב"ד אמר מי שאמר לשמן וידלוק יאמר לחומץ וידלוק ולא היה נחשב אצלם לנס. אכן מי שיש לו אמונה שלימה ומאמין באמת כאמונת רחב"ד שהכיר והבין שכל הטבע הוא ביד השי"ת לזה לא נחשב אצלו שינוי טבע לנס כלל ורק להכניס אמונה כזו בכלל העולם לא היה ביד רחב"ד כי מי שראה השינוי טבע האמין אבל מי שלא ראה שהיה עומד בחוץ היה מכחיש זאת.
אבל באלישע לא היה אז אדם בעולם שיוכל להכח ש הנפלאות שעשה אלישע לכן קורא אותם גדולות וכי בקריעת ים סוף האיר השי"ת האמונה לכל ישראל כדכתיב ויאמינו בה' ובמשה עבדו. אבל המצרים שלא האמינו נטבעו בים.
וזה דאי' (תמיד כ"ח.) איזה הוא דרך ישרה שיבור לו האדם וכו' יחזיק באמונה יתירה היינו להאמין שבכחו ית' לשנות הטבע ושלא יהיה לשום אדם חידוש ופליאה:
'Et Ta fidélité dans les nuits.' Cela signifie qu'au moment où la lumière est entièrement cachée à l'homme, le conseil est de s'attacher à une foi accrue; par la foi il parviendra à un lieu très élevé, même au lieu qui lui est merveilleux, dont il est dit (Bereshit Rabbah 8): 'Ce qui est merveilleux pour toi, ne le connais pas.' Car tout homme a une limite particulière: 'jusqu'ici tu viendras'; au-delà, cela est de son côté 'merveilleux pour toi', chacun selon son rang, son degré et sa limite. Car même au sujet de Moché notre maître il est dit: 'Mais Ma face ne sera pas vue' (Exode 33,23): même chez lui il y avait une limite.
Mais par la foi l'homme peut parvenir même à ce lieu. Et quelle est l'essence de la foi?
C'est ce qui est dit: 'comme le nourricier porte le nourrisson' (Nombres 11,12), c'est-à-dire que l'homme ne doit avoir aucun ordre de son propre côté, mais selon que le Nom, beini soit-Il, l'éclaire, ainsi toute son âme et toute sa force suivront l'éclairage du Nom, beini soit-Il. Comme il est rapporté (Shemot Rabbah 23): 'Alors Moché chanta'; c'est ce qui est écrit: 'Ils crurent à Ses paroles, ils chantèrent Sa louange', etc.
Par le mérite de la foi, l'Esprit saint reposa sur eux et ils dirent un chant; car tout ce que le verset loue dans ce miracle est seulement la foi d'Israël, comme il est écrit: 'Ils crurent en ה' et en Moché Son serviteur' (Exode 14,31). Car celui qui croit véritablement que la nature est dans la main du Nom, beini soit-Il, ne s'étonne nullement d'un miracle, de même que pour le premier homme il n'y avait aucune différence entre l'écoulement des eaux de la mer et la fente de la mer, parce qu'il n'y avait encore dans le monde aucune habitude que la nature de la mer fût de s'écouler et de gronder toujours.
Ce n'est qu'après que le commencement eut été oublié et qu'une habitude se fut établie, et que de l'habitude fut faite une nature, que ceci s'enracina dans l'esprit de l'homme: la mer s'écoule et gronde toujours. C'est pourquoi, lorsque la mer se fendit, cela devint miracle et prodige.
C'est ce qui est rapporté (Taanit 15a): 'Au second [jour de jeûne], il dit: Que Celui qui répondit à nos pères sur la mer des Joncs, etc., vous réponde'; 'Béni sois-Tu, ה', qui Te souviens des oublis.' Cela signifie que le commencement fut oublié et que l'écoulement de la mer devint une nature. Lorsque Moché notre maître éveillait la mer et lui rappelait le commencement de son existence - que tout l'écoulement de ses eaux n'est que la volonté du Nom, beini soit-Il, qui l'a ainsi établie - alors, puisque la volonté du Nom, beini soit-Il, était maintenant qu'elle se fende, les eaux se fendirent d'elles-mêmes.
L'essentiel du miracle de la fente de la mer des Joncs fut que le Nom, beini soit-Il, illumina dans le cœur d'Israël une grande foi: ils crurent que la mer pouvait se fendre, et la nature ainsi que l'habitude ne produisirent en eux ni étonnement ni perplexité. C'est ce que loue le verset: 'Ils crurent en ה' et en Moché Son serviteur.' Mais les Égyptiens, qui ne crurent pas, se noyèrent dans la mer.
C'est ce qui est écrit: 'Raconte-moi donc toutes les grandes choses qu'Élisée a faites' (II Rois 8,4). Il faut comprendre pourquoi le verset les appelle 'grandes choses'; nous trouvons pourtant (Avoda Zara 10b): 'Je sais qu'il y a parmi vous des petits qui ressuscitent les morts'; et dans Taanit (25a), Rabbi Hanina ben Dossa dit: 'Celui qui a dit à l'huile de brûler dira au vinaigre de brûler', et cela n'était pas considéré par eux comme un miracle.
Mais celui qui a une foi complète et croit vraiment comme la foi de Rabbi Hanina ben Dossa, qui reconnut et comprit que toute la nature est dans la main du Nom, beini soit-Il, ne considère nullement comme un miracle le changement de nature. Seulement, introduire une telle foi dans l'ensemble du monde n'était pas au pouvoir de Rabbi Hanina ben Dossa: celui qui voyait le changement de nature croyait, mais celui qui ne l'avait pas vu, et se tenait au dehors, le niait.
Chez Élisée, en revanche, il n'y avait alors personne au monde qui pût nier les prodiges qu'Élisée avait faits; c'est pourquoi le verset les appelle grandes choses. De même, lors de la fente de la mer des Joncs, le Nom, beini soit-Il, illumina la foi à tout Israël, comme il est écrit: 'Ils crurent en ה' et en Moché Son serviteur.' C'est ce qui est rapporté (Tamid 28a): 'Quel est le chemin droit que l'homme choisira pour lui?' etc.: 'Qu'il s'attache à une foi accrue', c'est-à-dire croire qu'il est en Son pouvoir, qu'Il soit exalté, de changer la nature, afin qu'il n'y ait pour aucun homme nouveauté ni étonnement.