« Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple-ci » : que demande Moché, puisque D.ieu voit toujours ? Le Sod Yecharim l'explique par quatre degrés jusqu'à la saisie de l'homme : la vision, sens englobant, est le plus proche de l'Émanateur, et plus la lumière s'éloigne, plus diminue sa reconnaissance. Avant la faute, Moché est en repos devant l'ange ; après la faute, la lumière pouvant se cacher dans le voilement du peuple, il demande à chaque changement des temps le discernement de la reconnaître. D.ieu répond : « Ma face ira », vêtements issus des faces de colère ; lorsqu'Israël se purifie dans les treize attributs, la lumière se reconnaît d'elle-même.
Aussi : l'œil de Zeir Anpin et les yeux d'Arikh Anpin qui retournent à un ; le point de la mer des Joncs dans le cœur ; « Tu verras Mon dos », les fautes volontaires devenant des mérites après le retour.
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' כתיב עורה למה תישן אדני הקיצה וגו' (תהילים מ״ד:כ״ד) ובאמת הלא נאמר (שם קכ"א) הנה לא ינום ולא יישן שומר ישראל וכן מצינו אשר עיניך פקוחות וגו' (ירמיהו ל״ב:י״ט) ומה זה שביקש מרע"ה ראה וגו' הלא השי"ת רואה תמיד אכן זה הוא כמבואר בזוה"ק (אדרא נשא קכ"ט:) כתיב הנה עין ה' אל יראיו וכתיב עיני ה' המה משוטטים בכל הארץ. לא קשיא הא בזעיר אפין הא באריך אפין ועכ"ד תרי עיינין אינון ואתחורו לחד וכו':
Moche dit à ה' : Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple-ci, mais Tu ne m'as pas fait connaître celui que Tu enverras avec moi, etc. Il est écrit : Éveille-Toi, pourquoi dors-Tu, Seigneur ?
Réveille-Toi, etc. (Psaumes 44,24).
Or il est en vérité dit : Voici, le Gardien d'Israël ne sommeille ni ne dort (Psaumes 121) ; de même, nous trouvons : Tes yeux sont ouverts, etc. (Jérémie 32,19).
Que demanda donc Moche notre maître par : Vois, etc. ? Le Saint, béni soit-Il, voit assurment toujours.
Mais cela s'explique comme il est exposé dans le saint Zohar (Idra de Nasso 129b) : il est écrit : Voici, l'œil de ה' est sur ceux qui Le craignent, et il est écrit : Les yeux de ה' parcourent toute la terre. Il n'y a pas de contradiction : l'un concerne Zeir Anpin, l'autre Arikh Anpin.
Et il est écrit là-bas : les deux yeux sont un, et ils retournent à un, etc.
וביאור הענין כי כתיב אז ראה ויספרה הכינה וגם חקרה ויאמר לאדם וגו' היינו שהרצון ית' העריך בהשפעות אורו ארבעה מדרגות עד שיוכל לצמצם ולבוא בתפיסת אדם והמדרגה הקרובה יותר להמאציל ית' כוללת יותר ולעומת זה הם ארבעה חושים באדם "ראי' "שמיעה "ריח "דיבור שמיעה הוא רק פרטי כדאיתא בגמ' (ר"ה כ"ז) תרי קלא לא משתמע ריח אינו כולל ג"כ שני דברים ביחד כמו שמצינו בגמ' (שבת פ"ח:) הוציא הקב"ה רוח מאוצרותיו והי' מעביר ראשון ראשון וכו' דיבור מצינו בגמ' מה שאין הפה יכול לדבר שני דברים כאחת אכן ראי' הוא חוש הכולל שיכולין לראות הרבה דברים כאחת וזה החוש הוא נגד המדרגה היותר קרובה להמאציל ית' וכן העריך הרצון ית' בהנהגת השפעות אורו שכל מה שנתרחק אורו ית' ביותר נתמעט ממנו בהירות הכרתו יותר כענין שביאר אאמו"ר הגה"ק זללה"ה את הפסוק דור לדור ישבח מעשיך שבכל דור ודור מעמיק השי"ת הדברי תורה יותר בעומק הלב עד שאינו ניכר עוצם בהירותם מ"מ נקבעים המה בעומק לבם של ישראל כל פעם ביותר מכפי שהי' בדור שעבר אף שהדעת נקטן בכל פעם יותר בכל זאת הד"ת שעסק השי"ת עם דור הקודם המה בדור הבא יותר בקביעות והעסק שהי' להשי"ת עם הבריאה בזמן העבר הוא כמו סלקא דעתך להעסק שמתחיל השי"ת עם הבריאה בזמן הבא והעסק החדש הוא כמו מסקנא וקמ"ל נגד העסק העבר שכל ענין עסק העבר הי' רק למען שיצא אח"כ המסקנא יותר מבורר ולזה קורין בכל התחלפות הזמנים ראה אתה אומר אלי וגו' שזה הוא תפלה שהנהגת השי"ת יהי' בהבנת תפיסתנו כמו שהתפלל מרע"ה כשנתחלפו הדורות מדור המדבר שהי' מנהיר אז בבהירות עצום בלי שום לבוש לדור באי הארץ שהתחיל בהירות האור לבוא בהתלבשות התפלל ראה אתה אומר אלי וגו' ובכל זאת קודם החטא כשאמר לו השי"ת הנה אנכי שולח מלאך וגו' היינו שהי' מרמז לו השי"ת בזה שיתלבש אור רצונו בלבושים הי' מרע"ה בנייחה מזה הנהגה כי הי' אז ניכר עדיין האור דרך כל הלבושים כענין מאמרם ז"ל (בראשית רבה צ"ז) כל מקום שר' יוסי ארוך נראה שם רבי נראה במקום שמיכאל נראה שם השכינה נראה אולם אחר החטא כאשר הי' רואה מרע"ה שיכול אור רצונו ית' להתעלם כ"כ בלבושים אזי הי' אומר ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה וגו' היינו שאתה מעלה כ"כ את אור הבהיר הנקרא ראה שהוא משולל לבוש. להכניסו בלבושים וזהו העל את העם הזה והעם מורה על הסתרת לבושים מהלשון ארזים לא עממהו (יחזק' ל"א) וזה ההתלבשות הוא באמת העלי' על דרך שאיתא במדרש רבה (פ' תבוא) מי גדול הגנב או הנגנב הוי אומר הנגנב גדול שרואה שגונבין ממנו ושותק כך מזה שיכול האור לירד ולסבול כ"כ התלבשות זה נחשב להעלי' וזהו העל את העם הזה.
ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי היינו שלא נתת לי בינה ודעת בתפיסתי שיהי' בכחי להכיר גם בתוך אלו הלבושים את אור רצונו ית' והשיב לו השי"ת פני ילכו והנחותי לך וכמו שביאר בזה אזמו"ר הגה"ק זללה"ה פני ילכו אלו הלבושים מפנים של זעם שהציב השי"ת בזה העולם והראה לו השלוש עשרה מדות היינו שיבררו ישראל את עצמם באלו המדות אזי יעבור הפנים של זעם וממילא יהי' ניכר מתוך כל הלבושים אור רצונו ית'. ואמר מרע"ה אם אין פניך הולכים אל תעלנו מזה היינו שביקש מהשי"ת שבכל הסתרות יהי' מאיר עכ"פ בלב ישראל זאת הנקודה שהי' מאיר לישראל בים סוף בשעה שהי' אומרים זה אלי ואנוהו כי אז הי' מאיר כ"כ גבי ישראל זאת הנקודה כמאמרם ז"ל ראתה שפחה על הים מה שלא ראה יחזקאל וכדאיתא בזוה"ק (בשלח מ"ח) על הפסוק מה תצעק אלי שכינתא באבהתא נטלי בעתיקא תלי' מלתא היינו שהי' מאיר להם התקיפות מזה ההתקשרות שהתקשר השי"ת עם האבות הקדושים שלא יהי' נעדר ולא יפסוק זאת ההתקשרות לעולמי עד וביקש מרע"ה שזאת הנקודה מזה ההתקשרות יהי' מאירה תמיד בלב ישראל אף שיעברו עליהם מה כענין הכתוב כל זאת באתנו ולא שכחנוך וגו':
L'explication en est la suivante. Il est écrit : Alors Il la vit, la raconta, la prépara et aussi la scruta ; puis Il dit à l'homme, etc.
Cela signifie que Sa volonté, qu'Il soit béni, a disposé dans les effluves de Sa lumière quatre degrés, jusqu'à pouvoir se contracter et venir dans la saisie de l'homme. Le degré le plus proche de l'Émanateur, béni soit-Il, contient davantage.
Correspondent à cela les quatre sens de l'homme : la vision, l'ouïe, l'odorat et la parole. L'ouïe ne saisit que des détails, comme il est enseigné dans le Talmud (Roch Hachana 27a) : deux voix ne s'entendent pas.
L'odorat non plus ne comprend pas deux choses ensemble, comme nous trouvons dans le Talmud (Chabbat 88b) : le Saint, béni soit-Il, fit sortir un vent de Ses trésors et le faisait passer, l'un après l'autre, etc. Pour la parole, nous trouvons dans le Talmud que la bouche ne peut dire deux choses à la fois.
Mais la vision est un sens englobant, qui permet de voir de nombreuses choses à la fois ; ce sens correspond au degré le plus proche de l'Émanateur, béni soit-Il. Ainsi Sa volonté, béni soit-Il, a disposé la conduite des effluves de Sa lumière : plus Sa lumière, béni soit-Il, s'éloigne, plus diminue la clarté de sa reconnaissance.
C'est ce qu'expliqua mon père et maître, le saint et éminent Rabbi, de bénie mémoire, sur le verset : D'une génération à l'autre, ils loueront Tes œuvres : à chaque génération, le Saint, béni soit-Il, enfonce davantage les paroles de Torah dans la profondeur du cœur, si bien que l'immensité de leur clarté ne se distingue plus. Néanmoins, elles se fixent de plus en plus dans la profondeur du cœur d'Israël, davantage qu'elles ne l'étaient dans la génération précédente, bien que l'intelligence diminue toujours plus.
Malgré cela, les paroles de Torah dont le Saint, béni soit-Il, s'est occupé avec la génération précédente sont, dans la génération suivante, plus durablement fixées. L'occupation qu'avait le Saint, béni soit-Il, avec la création dans le temps passé est comme l'hypothèse de l'occupation qu'Il commence avec la création dans le temps à venir ; la nouvelle occupation est comme la conclusion, et son enseignement face à l'occupation passée est que toute cette occupation passée n'était que pour que la conclusion sorte ensuite plus éclaircie.
C'est pourquoi, à chaque changement des temps, nous lisons : Vois, Tu me dis, etc. C'est une prière pour que la conduite du Saint, béni soit-Il, soit dans la compréhension de notre saisie.
Ainsi pria Moche notre maître lorsque les générations changèrent : de la génération du désert, où brillait alors une clarté immense sans aucun vêtement, à la génération qui entra en terre, où la clarté de la lumière commença à venir revêtue. Il pria : Vois, Tu me dis, etc.
Pourtant, avant la faute, lorsque le Saint, béni soit-Il, lui dit : Voici, J'envoie devant toi un ange, etc., c'est-à-dire qu'Il lui indiquait que la lumière de Sa volonté se revêtirait de vêtements, Moche notre maître était en repos devant cette conduite. La lumière se reconnaissait encore alors à travers tous les vêtements, selon leur parole (Bereshit Rabba 97) : partout où Rabbi Yossi le Long était vu, Rabbi était vu ; là où Mikhael était vu, la Présence divine était vue.
Mais après la faute, quand Moche notre maître vit que la lumière de Sa volonté, béni soit-Il, pouvait se cacher à ce point dans les vêtements, il disait : Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple-ci, etc. Cela veut dire : Tu fais monter si haut la lumière claire appelée Vois, qui est dénuée de vêtement, pour l'introduire dans les vêtements ; tel est : Fais monter ce peuple-ci.
Le mot peuple indique le voilement des vêtements, d'après : les cèdres ne l'ont pas obscurci (יחזקאל ל"א). Ce revêtement est véritablement une élévation, selon ce qui est dit dans le Midrach Rabba (section Ki Tavo) : qui est plus grand, le voleur ou celui qu'on vole ?
Dis : celui qu'on vole est plus grand, car il voit qu'on le vole et se tait. Ainsi, de ce que la lumière peut descendre et supporter un si grand revêtement, cela est compté comme une élévation ; tel est : Fais monter ce peuple-ci.
Et Tu ne m'as pas fait connaître celui que Tu enverras avec moi : Tu ne m'as pas donné discernement et connaissance dans ma saisie, afin que j'aie la force de reconnaître, même au sein de ces vêtements, la lumière de Sa volonté, béni soit-Il. Le Saint, béni soit-Il, lui répondit : Ma face ira, et Je te donnerai du repos.
Mon ancêtre et maître, le saint et éminent Rabbi, de bénie mémoire, expliqua : Ma face ira, ce sont les vêtements provenant des faces de colère que le Saint, béni soit-Il, a établies dans ce monde. Et Il lui montra les treize attributs de miséricorde : lorsqu'Israël se purifiera dans ces attributs, les faces de colère passeront, et, de soi, la lumière de Sa volonté, béni soit-Il, se reconnaîtra à travers tous les vêtements.
Moche notre maître dit : Si Ta face ne va pas, ne nous fais pas monter d'ici. Il demanda au Saint, béni soit-Il, que dans tous les voiles brille du moins dans le cœur d'Israël ce point qui brillait pour Israël à la mer des Joncs, lorsqu'ils disaient : Ceci est mon Dieu, et je Le parerai (Exode 15,2).
Ce point brillait alors tellement pour Israël, selon leurs paroles : une servante vit sur la mer ce qu'Ezechiel ne vit pas. Et il est rapporté dans le saint Zohar (Bechallah 48a), sur le verset : Pourquoi cries-tu vers Moi ? : La Chekhina fut prise par les pères ; la chose dépend de l'Atik.
Cela veut dire que brillait pour eux la force de l'attachement par lequel le Saint, béni soit-Il, s'était attaché aux saints patriarches, afin que cet attachement ne fasse jamais défaut ni ne cesse pour l'éternité. Moche notre maître demanda que ce point de cet attachement brille toujours dans le cœur d'Israël, quoi qu'il leur arrive, selon le verset : Tout cela nous est arrivé, et nous ne T'avons pas oublié, etc.
(Psaumes 44,18).
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' להבין מאחר שבאמת רואה השי"ת תמיד ומסתכל בהשגחה פרטית על כל הדברים שבעולם בלי הפסק רגע ח"ו ומה זה שביקש מרע"ה כאן ראה אכן הענין הוא שהתפלל מרע"ה שיתגלה לו השי"ת מזה המקום העליון הנקרא ראה היינו שיראה לו השי"ת את אור רצונו עם אותו הבהירות שמאיר טרם התלבשותו בלבושים כי השי"ת הולבש את אורו הגדול כדי שיהי' בכח תפיסת הבריאה לקבלו כדכתיב אז "ראה "ויספרה "הכינה וגם "חקרה ואח"כ ויאמר לאדם וזה רומז על ארבעה עולמות "אצילות "בריאה "יצירה "עשי' ונגד זה יש באדם ארבעה חושים "ראי' "שמועה "ריח "דיבור נגד ד' אותיות של שם הוי' והיו"ד משם הוי' הוא נגד עולם אצילות שנקרא ראיה כי ראי' הוא כלל שיכולין להסתכל ולראות כמה וכמה דברים בסקורה אחת אשר לא כן הוא בשמועה כדאיתא בגמ' (ר"ה כ"ז.) תרי קלא לא משתמע לפיכך נחשבת לפרט וזהו שביקש מרע"ה ראה היינו שיראה לו השי"ת עומק רצונו מזה המקום הבהיר הנקרא ראה אשר שם הוא כדאיתא בתקוני זוה"ק (הקדמה ג':) דעשר ספירות דאצילות מלכא בהון איהו וגרמוי' חד בהון איהו וחיי' חד בהון מה דלאו הכי בעשר ספירות דבריאה וכו' ולזה בפ' משפטים כאשר אמר השי"ת הנה אנכי שולח מלאך וכו' לא התפלל משה כלום כי הי' בנייחה אז מהמלאך ג"כ כי ענין מלאך הוא לבוש לרצונו ית' וכיון שרצונו ית' שוכן באותו הלבוש כמו שהרצון הוא אין סוף כך הלבוש מהרצון ית' הוא בלי גבול וא"ס הגם שיש בו ג"כ מעט צמצום כמאמרם ז"ל בגמ' (ברכות:) מיכאל באחת וגבריאל בשתים וכו' עכ"ז נאמר עליהם לא יסבו בלכתן משום שמלובש בהם רצונו ית' ולזה הי' משה רבינו אז בנייחה מהמלאך אבל כאן לאחר החטא כאשר ראה מרע"ה שיכולן להתרחק כ"כ בלבושים זרים עד שנעלם מהם הרצון ית' הגם שבאמת לא נעלם ח"ו בשום פעם רצונו ית' אכן מצד תפיסת אדם נעלם הרצון וזה הוא באמת הקוטב מכל החטאים שנעלם מהם רצונו ית' לזה לא הי' מרע"ה בנייחה מהמלאך והי' מתפלל שיגלה לו רצונו ית' בלתי לבוש מהמלאך כי כאשר יהי' מנהיר תמיד מפורש הרצון הבהיר ית' ממילא לא יהי' נעלם תמיד אפילו מצד האדם בשום פעם זה הרצון ית':
Moche dit à ה' : Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple-ci, et Tu ne m'as pas fait connaître celui que Tu enverras avec moi, etc. Il faut comprendre : puisque le Saint, béni soit-Il, voit en vérité toujours et regarde d'une providence particulière toutes les choses du monde, sans interruption d'un instant, à Dieu ne plaise, que demanda ici Moche notre maître par : Vois ?
Mais la chose est qu'il pria afin que le Saint, béni soit-Il, se révèle à lui depuis ce lieu supérieur appelé Vois ; c'est-à-dire qu'Il lui montre la lumière de Sa volonté avec la clarté dont elle brille avant son revêtement dans les vêtements. Car le Saint, béni soit-Il, a revêtu Sa grande lumière afin que la saisie de la création ait la force de la recevoir, comme il est écrit : Alors Il la vit, la raconta, la prépara et aussi la scruta, puis Il dit à l'homme.
Cela fait allusion aux quatre mondes : Atsilout, Beria, Yetsira et Assiya. Leur correspondent chez l'homme quatre sens : vision, ouïe, odorat et parole, correspondant aux quatre lettres du Nom.
Le youd du Nom correspond au monde d'Atsilout, appelé vision, car la vision est une globalité : on peut observer et voir beaucoup de choses d'un seul regard, ce qui n'est pas le cas de l'ouïe. Comme il est enseigné dans le Talmud (Roch Hachana 27a) : deux voix ne s'entendent pas ; c'est pourquoi elle est considérée comme détail.
Voilà ce que demanda Moche notre maître par : Vois : que le Saint, béni soit-Il, lui montre la profondeur de Sa volonté depuis ce lieu lumineux appelé Vois, où, comme il est dit dans les Tikounei Zohar (introduction 3a), dans les dix sefirot d'Atsilout le Roi, Lui et Ses instruments sont un, Lui et Sa vie sont un, ce qui n'est pas ainsi dans les dix sefirot de Beria, etc. C'est pourquoi, dans la section Michpatim, lorsque le Saint, béni soit-Il, dit : Voici, J'envoie un ange, etc., Moche ne pria nullement, car il était alors aussi en repos devant l'ange.
En effet, l'ange est le vêtement de Sa volonté, béni soit-Il ; puisque Sa volonté, béni soit-Il, réside dans ce vêtement, de même que la volonté est sans fin, le vêtement de Sa volonté, béni soit-Il, est sans limite et sans fin. Bien qu'il y ait aussi en lui quelque contraction, comme ils disent dans le Talmud (Berakhot) : Mikhael en une [étape], Gabriel en deux, etc., il est néanmoins dit d'eux : ils ne se détournaient pas en allant, parce que Sa volonté, béni soit-Il, est revêtue en eux.
Moche notre maître était donc alors en repos devant l'ange. Mais ici, après la faute, lorsqu'il vit qu'on pouvait s'éloigner à ce point dans des vêtements étrangers, jusqu'à ce que Sa volonté, béni soit-Il, leur soit cachée - bien qu'en vérité Sa volonté, béni soit-Il, ne soit jamais cachée, à Dieu ne plaise - la volonté est cachée du point de vue de la saisie humaine.
C'est le pivot de toutes les fautes : Sa volonté, béni soit-Il, leur est cachée. C'est pourquoi Moche notre maître n'était pas en repos devant l'ange et priait que Sa volonté, béni soit-Il, lui soit révélée sans le vêtement de l'ange ; car lorsque la volonté claire, béni soit-Il, brillera toujours ouvertement, cette volonté ne sera jamais cachée, même du point de vue de l'homme.
והשיב לו השי"ת פני ילכו וגו' היינו שאתן לפניכם מועדים טובים הנקראים פני ה' אשר על ידם יכולין ישראל להכיר מפורש את עומק הרצון ית' ולזה נקראים המועדים טובים פני ה' היינו כמו שהפנים של אדם מעיד ומוכיח על עומק נקודת הלב כך יכולין להוכיח בהארת המועדים טובים כל עומק הפנימי המבוקש מהרצון ית' וממילא יהי' רואים אז מפורש שאין באמת שום הנהגה ע"י מלאך רק השי"ת בכבודו מנהיג הכל:
Le Saint, béni soit-Il, lui répondit : Ma face ira, etc. Cela signifie : Je vous donnerai des temps fixés favorables, appelés les faces de ה', par lesquels Israël peut reconnaître clairement la profondeur de Sa volonté, béni soit-Il.
C'est pourquoi les temps fixés favorables sont appelés les faces de ה' : de même que le visage de l'homme atteste et prouve la profondeur du point du cœur, ainsi l'illumination des temps fixés favorables permet-elle de prouver toute la profondeur intérieure que requiert Sa volonté, béni soit-Il. On verra alors clairement qu'il n'existe en vérité aucune conduite par l'intermédiaire d'un ange, mais que le Saint, béni soit-Il, Lui-même conduit tout dans Sa gloire.
ויאמר משה הראני נא את כבודך וגו' כבוד הוא ענין לבוש כמו שמצינו בגמ' (שבת קי"ג:) ר' יוחנן קרי למאני' מכבדותא וזהו שביקש מרע"ה הראני נא את כבודך היינו שיראה לו השי"ת התחלת התלבשות רצונו בהלבוש של תפיסת אדם למען שיכיר היטב איך שהתקיפות מאור רצונו ית' מתאחד ביחד עם הלבוש מתפיסת אדם כי אחר שכבר בא אור רצונו ית' בהתלבשות שוב אי אפשר כלל להשיג בו יותר מכפי מדת הלבוש שהציב השי"ת וכל נפש כפי מדרגת תפיסתו כך הוא השגתו אבל מעט יותר מכפי מדת תפיסתו הוא משולל הבנה ונראה לו שהתקיפות מהרצון ית' עם הבנת השגת תפיסתו מנגדים זה עם זה כי התקיפות מהרצון ית' הוא באמת אשר אי אפשר כלל לשום נברא לעבור את רצונו ית' אף אלו שעומדין בחוצפה שכל מגמת חפצם הוא לעבור בזדון ונקראו עוברי רצונו בכל זאת אינם יכולים כלום ליפעל באמת בשום אופן אפילו דבר קל נגד רצונו ית' ובעל כרחם שלא ברצונם נגמר על ידם רצונו ית'. אולם בהבנת התפיסה רואים לגמרי ההיפך כי מי שחטא ח"ו עובר ממש את רצונו ית' וא"כ איך נתאחד ביחד התקיפות מרצונו ית' עם הלבוש מהבנת התפיסה לזה ביקש הראני נא את כבודך שיראה לו השי"ת התקיפות כמו שהוא באמת מצד עצמיתו ית' שהוא באין סוף טרם התלבשותו.
לזה השיב לו השי"ת וראית את אחורי ומתרגמינון ותחזי ית דבתרי היינו ברגע אח"כ שפיר תוכל לראות זאת היינו ע"י תשובה שלימה יכול האדם לראות ולהכיר מפורש שאפילו בשעת החטא בעת שהי' נדמה לו בטח שעבר ח"ו את רצונו ית' אז לא הי' ג"כ ח"ו נגד רצונו ית' ואדרבה אז הי' ג"כ נקשר באור רצונו ית' בלא דעתו של אדם כי הזדונות נעשה לו כזכיות אבל בההוה אי אפשר להראות להבריאה זאת התקיפות כי זה הוא עיקר בריאת עולם שיהי' נעלם ונסתר בההוה כי ע"י זה ההעלם יתכן מקום להעבודה וזהו וראית את אחורי ומתרגמינון ותחזי ית דבתרי:
Moche dit : Montre-moi donc Ta gloire, etc. La gloire est l'affaire d'un vêtement, comme nous trouvons dans le Talmud (Chabbat 113a) : Rabbi Yo'hanan appelait ses vêtements ses honneurs.
Voilà ce que demanda Moche notre maître : Montre-moi donc Ta gloire ; que le Saint, béni soit-Il, lui montre le commencement du revêtement de Sa volonté dans le vêtement de la saisie humaine, afin qu'il reconnaisse bien comment la force de la lumière de Sa volonté, béni soit-Il, s'unit au vêtement de la saisie humaine. Car, une fois que la lumière de Sa volonté, béni soit-Il, est déjà venue dans le revêtement, il est alors absolument impossible de la saisir au-delà de la mesure du vêtement qu'a posé le Saint, béni soit-Il.
Chaque âme atteint selon le degré de sa saisie ; un peu au-delà de la mesure de sa saisie est dénué d'intelligence et il lui semble que la force de Sa volonté, béni soit-Il, et la compréhension de sa saisie se contredisent. La force de Sa volonté, béni soit-Il, est en effet telle qu'aucune créature ne peut jamais transgresser Sa volonté, béni soit-Il.
Même ceux qui se tiennent dans l'insolence, dont tout le désir est de transgresser délibérément et qui sont appelés transgresseurs de Sa volonté, ne peuvent néanmoins absolument rien accomplir, d'aucune manière, même une chose légère contre Sa volonté, béni soit-Il ; contre leur gré et sans leur vouloir, Sa volonté, béni soit-Il, s'accomplit par eux. Cependant, dans la compréhension de la saisie, on voit exactement l'inverse : celui qui a fauté, à Dieu ne plaise, transgresse réellement Sa volonté, béni soit-Il.
Comment donc la force de Sa volonté, béni soit-Il, s'unit-elle au vêtement de la compréhension de la saisie ? Il demanda pour cela : Montre-moi donc Ta gloire, afin que le Saint, béni soit-Il, lui montre la force telle qu'elle est en vérité du côté de Son essence, béni soit-Il, qui est sans fin avant Son revêtement.
Le Saint, béni soit-Il, lui répondit : Tu verras Mon dos ; le Targoum traduit : Tu verras ce qui est après Moi. Cela veut dire : l'instant d'après, tu pourras bien le voir.
Par le retour complet, l'homme peut voir et reconnaître clairement que même au moment de la faute, lorsqu'il lui semblait avec certitude qu'il avait transgressé, à Dieu ne plaise, Sa volonté, béni soit-Il, il n'était alors pas non plus, à Dieu ne plaise, contre Sa volonté, béni soit-Il. Au contraire, alors aussi il était lié à la lumière de Sa volonté, béni soit-Il, à l'insu de l'homme, car les fautes délibérées deviennent pour lui des mérites.
Mais dans le présent, il est impossible de montrer à la création cette force, car c'est l'essentiel de la création du monde : qu'elle soit cachée et dissimulée dans le présent ; par ce voilement seulement, une place est possible pour le service. Tel est : Tu verras Mon dos ; le Targoum traduit : Tu verras ce qui est après Moi.
ויאמר אני אעביר כל טובי על פניך וגו' ואמרו ז"ל בגמ' (ר"ה יז:) שהראה לו סדר התפלה י"ג מכילין דרחמי היינו שהראה לו אם ילכו ישראל בסדר הזה אז לא יהי' שום חטא כי כל החטא של אדם הוא רק מזה שהולך בלא סדר וזהו וראית את אחורי כלומר שהולך לאחוריו חוץ מהסדר אבל אם האדם מפלס מעגל דרכיו להוליך רגליו ביושר שלא לנטות מהסדר אז לא יהי' נמצא בעולם שום חטא:
Il dit : Je ferai passer devant ta face toute Ma bonté, etc. Nos maîtres ont dit dans le Talmud (Roch Hachana 17b) qu'Il lui montra l'ordre de la prière, les treize attributs de miséricorde : Il lui montra que si Israël marche selon cet ordre, il n'y aura aucune faute.
Car toute faute de l'homme ne provient que de ce qu'il marche sans ordre. Tel est : Tu verras Mon dos, c'est-à-dire qu'il marche derrière Lui, hors de l'ordre.
Mais si l'homme aplanit le cercle de ses voies afin de faire marcher ses pieds droit, sans s'écarter de l'ordre, aucune faute ne se trouvera dans le monde.
« Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple » se lit à chaque changement de période. Le Sod Yecharim rapporte de son père que les paroles de Torah s'y fixent, la connaissance diminue, les vêtements se multiplient : seule la lumière vêtue devient une possession. La génération du désert n'a aucun droit de se plaindre ; Yehochoua le peut, la lumière étant liée aux mitsvot. Après la faute, Moché refuse l'ange : aucun ange ne peut montrer que la volonté résidait dans le péché, jusqu'à ce que les fautes volontaires deviennent des mérites. D.ieu répond : « Ma face ira » ; lorsque passent les faces de courroux, l'attachement se reconnaît.
Aussi : les premières Tables, lumière sans vêtement dont la clarté est dérobée ; « É-lokim, Hachem, force de mon salut », protection par la mitsva ; les douze avertissements qui fendent les voiles.
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' הנה זאת הפרשה קורין אותה תמיד בעת התחלפות הזמנים והטעם בזה ביאר אאמו"ר הגה"ק זללה"ה שבכל זמן ההתחלפות נקבעים הדברי תורה מזמן העבר וכל מה שד"ת נקבעים יותר בעומק נקטן גם הדעת ביותר וכשהדעת נקטן אזי צריכין להתלבשות ביותר וע"י זאת ההתלבשות דוקא יתכן שיהי' לתפיסת אדם קנין באורו ית' כי באורו ית' הבהיר משולל לבוש איך יתכן קנין כענין שמצינו בגודל האור של הלוחות הראשונים שהי' נקראים אהבה רבה כי אורו ית' הי' מאיר אז לישראל את האור בהיר בלתי שום לבוש לזה נעלם מהם האור כענין הכתוב התעיף עיניך בו ואיננו שאפילו האהבה והיראה הגדולה והיקרה ביותר בכל זאת אם הוא גבי האדם בלי שום לבוש אזי מוכרח אותה אהבה והיראה להתעלם ממנו משום שאין לו עדיין בה שום קנין שכל הקנין שיתכן שיהי' להאדם באור הוא רק כשבא האור בהתלבשות ולזה מצינו גבי דור המדבר כאשר אמרו לפעמים איזה דיבור קל נגד הנהגתו ית' הי' נחשב להם חטא גדול והוא יען שהי' מנהיר אז אצלם בהירות האור בלי שום התלבשות ולכך נקראים דור דעה ולכן לא הי' יתכן להם קנין כלל ולא הי' רשאים לבטוח מרגע אחת על חברתה כי אם להסתכל בכל רגע ורגע על הנהגתו ית' עמהם וכפי שמנהיג עמהם כך יהי' נמשכים אחר זאת הנהגה אף שלא הבינו אותה משא"כ דור של באי הארץ שכבר בא אור רצונו ית' בהתלבשות כי ארץ ישראל מורה שניכר ההתקשרות של השי"ת עם ישראל בכל הלבושים והפעולות של מעשה המצות לזה אמרו ז"ל (סנהדרין מ"ד.) תחנונים ידבר רש זה משה ועשיר יענה עזות זה יהושע וכו' וכדמסיק בגמ' שם שהרי אמר ולו הואלנו ונשב בעבר הירדן וגו' ולא הקפיד עליהם השי"ת במה שטענו נגד הנהגתו ית' והוא כי ליהושע הי' לו טענה חזקה כי מאחר שכבר נתקשר אור רצונו ית' עמהם בהתלבשות פעולת המצות הרי שחפץ השי"ת בפעולת אדם למען שיכיר האדם בתפיסתו הנהגת רצונו ית' וכאשר הראה לו אח"כ השי"ת הנהגה אחרת שאינו כלל בהבנת תפיסתו הי' לו טענה חזקה ומה תעשה לשמך הגדול כי מאחר שכבר שותף עצמו כביכול ית' שיהי' הנהגתו ניכר גם בהבנת תפיסתו הנמוכה ומדוע הוא עכשיו הנהגתו ית' למעלה מהבנת תפיסתנו משא"כ בדור המדבר שהי' דור דעה בלי שום לבוש הם לא הי' רשאים לטעון כלום ואם אמרו ח"ו איזה דיבור קל נגד הנהגתו ית' לחטא גדול הי' נחשב להם כי הי' משוללי קנין וא"כ איזה טענה הי' יתכן אצלם ולזה כאשר התחיל השי"ת לבנות התלבשות מהלוחות האחרונות שיכניס האור בהתלבשות הגם שעיקר ההתלבשות נגמר אח"כ בבאי הארץ אכן בהלוחות האחרונות התחיל הבנין מזה ההתלבשות לכך אמר משה ראה אתה אומר אלי העל וגו' וכמו שביארו ז"ל (שמות רבה ע"ה) למלאך אתה מוסרני וכו' הגם שקודם החטא בעת שאמר לו השי"ת הנה אנכי שולח מלאך וגו' לא השיב משה כלום אכן אז הי' מרע"ה בנייחה מהנהגת המלאך ג"כ כי באמת אי אפשר לתפיסת אדם לקבל אורו ית' כי אם ע"י כמה דרגין ולבושים אולם הגם שאורו ית' מתלבש והולך דרך כמה דרגין עד שבא בתפיסת אדם מ"מ הי' יכולין עדיין להכיר את האור דרך כל הלבושים. משא"כ כאן אחר החטא אמר למלאך את מוסרני אין זו הודעה שאין אני חפץ בה וכמבואר (שם במדרש) שהוא מן הכת שאינם חוטאים וכו' היינו כמבואר בספר הק' בית יעקב (פ' תשא) כי לתקן פעולת החטא כ"כ עד שיהי' ניכר מפורש בתוכה אור רצונו ית' זאת אי אפשר ע"י שום מלאך בלתי השי"ת לבדו יוכל להראות שגם בזאת הפעולה הי' שוכן אור רצונו ומעולם לא הי' האדם מנותק ח"ו מאור רצונו אף בשעת החטא ובירור כזה הוא רק ביד השי"ת לבדו ואין זאת בכח שום מלאך כי מצד המלאך שהוא מהכת שאינם חוטאים מוכרח לישאר מפעולת החטא ח"ו איזה מסך המבדיל כי כפי הנהגת השי"ת הציב בגודל רחמיו רצון כזה בעוה"ז שיהי' בכח התשובה שלימה של אדם לתקן לגמרי כל פעולת חטאו עד שיהי' הזדונות נעשה לו כזכיות וממילא אינו נשאר מהחטא אפילו רשומי להיות ח"ו מסך המבדיל משא"כ כשינהיג השי"ת ע"י מלאך שהוא מהכת שאינם חוטאים אזי מצדו אי אפשר כלל שיהי' מנהיר כ"כ שלימות התיקון בבהירות לזה אמר משה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי היינו שאיננו בנייחה מהנהגת המלאך עד שישלח השי"ת תיקון מהנהגתו העליונה שהוא למעלה מהנהגת המלאך.
והשיב לו השי"ת פני ילכו והנחותי לך וכמבואר (בספר מי השלוח הק') כשיעבור פנים של זעם והוא כדאיתא בזוה"ק (פ' יתרו פ"ו:) כמה פנים אית לי' לקב"ה פנים דנהרין ופנים דלא נהרין וכו' ודלא נהרין היינו פנים של זעם וכשיעבור הפנים של זעם אז יהי' ניכר מפורש בתפיסת אדם החיבור שיש לו עם השי"ת כי כל זמן שלא עבר הפנים של זעם אינו ניכר זאת אבל כשיעבור הפנים של זעם אזי יהי' ניכר הפנים מאירות שהי' בכל רגע אף בעת הפנים של זעם:
Moché dit à ה' : "Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, mais Tu ne m'as pas fait savoir qui Tu enverras avec moi..." (Exode 33,12). Cette paracha est toujours lue au temps des changements de période.
Mon père et maître, le saint gaon, de bienheureuse mémoire, expliquait que, lors de tout changement de période, les paroles de Torah se fixent depuis la période écoulée. Or, plus les paroles de Torah se fixent dans la profondeur, plus aussi la connaissance diminue; et lorsque la connaissance diminue, elles ont besoin de davantage de vêtements.
C'est précisément par ce vêtement qu'il est possible à la saisie de l'homme d'acquérir une possession dans Sa lumière, qu'Il soit béni. Car dans Sa lumière éclatante, dénuée de vêtement, comment une possession serait-elle possible?
Ainsi trouvons-nous, devant la grandeur de la lumière des premières Tables, qu'elles étaient appelées un grand amour (ahava rabba), car Sa lumière éclairait alors Israël d'une lumière éclatante, sans aucun vêtement; c'est pourquoi la lumière leur fut dérobée, comme il est écrit : "Jettes-tu les yeux sur elle, et elle n'est plus" (Proverbes 23,5). Car même l'amour et la crainte les plus grands et les plus précieux, s'ils sont chez l'homme sans aucun vêtement, cet amour et cette crainte doivent nécessairement lui être dérobés, puisqu'il n'y a encore en eux aucune possession pour lui.
Toute possession que l'homme peut avoir dans la lumière n'est possible que lorsque la lumière vient dans un vêtement. C'est pourquoi nous trouvons, pour la génération du désert, que lorsqu'ils prononçaient parfois une parole légère contre Sa conduite, qu'Il soit béni, cela leur était compté comme un grand péché.
C'est parce que la clarté de la lumière brillait alors pour eux sans aucun vêtement; c'est pourquoi ils sont appelés la génération de la connaissance. Aussi aucune possession ne leur était possible, et ils n'avaient pas le droit de se fier à un instant pour l'autre, mais de regarder, à chaque instant, Sa conduite envers eux; et suivant la manière dont Il les conduisait, ils devaient suivre cette conduite, bien qu'ils ne la comprissent pas.
Il n'en est pas ainsi de la génération de ceux qui entrèrent dans la terre : déjà la lumière de Sa volonté, qu'Il soit béni, était venue dans un vêtement, car la terre d'Israël indique que l'attachement du Saint béni soit-Il à Israël est reconnaissable dans tous les vêtements et les actes de l'accomplissement des mitsvot. C'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "Le pauvre parle en supplications" - c'est Moché; "et le riche répond avec hardiesse" - c'est Josue (Proverbes 18,23; Sanhédrin 44a).
Et la Guemara conclut là-bas : il avait dit : "Ah! si seulement nous avions voulu demeurer au-delà du Jourdain..." (Josue 7,7), et le Saint béni soit-Il ne leur tint pas rigueur de leur plainte contre Sa conduite. Car Josue avait une forte plainte : puisque la lumière de Sa volonté, qu'Il soit béni, s'était déjà liée à eux dans le vêtement de l'acte des mitsvot, il ressort que le Saint béni soit-Il désire l'acte de l'homme, afin que l'homme reconnaisse, dans sa saisie, la conduite de Sa volonté.
Et lorsqu'ensuite le Saint béni soit-Il lui montra une autre conduite, qui n'entrait nullement dans la saisie de son entendement, il avait une forte plainte : "Que feras-Tu pour Ton grand Nom?" (Josue 7,9). Car, en quelque sorte, Il s'était déjà associé Lui-même pour que Sa conduite soit reconnaissable aussi dans la basse saisie de leur entendement; pourquoi donc Sa conduite est-elle maintenant au-dessus de la saisie de notre entendement?
Il n'en est pas ainsi de la génération du désert, qui était la génération de la connaissance sans aucun vêtement : ils n'avaient le droit de rien revendiquer; et s'ils disaient, à Dieu ne plaise, une parole légère contre Sa conduite, qu'Il soit béni, cela leur était compté comme un grand péché, car ils étaient dépourvus de possession. Quelle plainte aurait donc été possible chez eux?
C'est pourquoi, lorsque le Saint béni soit-Il commença à construire le vêtement à partir des dernières Tables, afin de faire entrer la lumière dans un vêtement, bien que l'essentiel de ce vêtement ait été achevé ensuite chez ceux qui entrèrent dans la terre, la construction de ce vêtement commença avec les dernières Tables. C'est pourquoi Moché dit : "Vois, Tu me dis : Fais monter...", comme nos Sages l'ont expliqué : "Me livres-Tu à un ange?" (Exode Rabbah 75).
Certes, avant le péché, lorsque le Saint béni soit-Il lui avait dit : "Voici, J'envoie devant toi un ange..." (Exode 23,20), Moché ne répondit rien; car alors Moché notre maître, que la paix soit sur lui, était aussi satisfait de la conduite de l'ange. En vérité, la saisie de l'homme ne peut recevoir Sa lumière, qu'Il soit béni, que par plusieurs degrés et vêtements.
Toutefois, bien que Sa lumière se revête et passe par plusieurs degrés jusqu'à parvenir à la saisie de l'homme, on pouvait encore reconnaître la lumière à travers tous les vêtements. Mais ici, après le péché, il dit : "Me livres-Tu à un ange?
Cela n'est pas une annonce que je désire"; comme il est expliqué là-bas dans le midrach : il est de la classe de ceux qui ne pèchent pas. Cela signifie, comme il est expliqué dans le saint livre Beth Yaakob (paracha Ki Tissa), que réparer l'acte du péché au point que la lumière de Sa volonté, qu'Il soit béni, soit manifestement reconnaissable en lui, cela est impossible par aucun ange : seul le Saint béni soit-Il peut montrer que, même dans cet acte, résidait la lumière de Sa volonté, et que jamais l'homme n'a été séparé, à Dieu ne plaise, de la lumière de Sa volonté, même au moment du péché.
Une telle clarification n'est qu'entre les mains du Saint béni soit-Il seul; elle n'est au pouvoir d'aucun ange. Car du côté de l'ange, qui est de la classe de ceux qui ne pèchent pas, il doit rester, à Dieu ne plaise, de l'acte du péché quelque écran séparateur.
Mais selon la conduite du Saint béni soit-Il, dans Sa grande miséricorde, Il a posé dans ce monde-ci une telle volonté, que la techouva (retour repentant) complète de l'homme ait la force de réparer entièrement tout acte de son péché, jusqu'à ce que les fautes volontaires deviennent pour lui des mérites; de ce fait, il ne reste du péché aucune trace qui soit, à Dieu ne plaise, un écran séparateur. Mais si le Saint béni soit-Il conduit par un ange, qui est de la classe de ceux qui ne pèchent pas, il est absolument impossible que brille de son côté une perfection de réparation si éclatante.
C'est pourquoi Moché dit : "Tu ne m'as pas fait savoir qui Tu enverras avec moi" : il n'est pas satisfait de la conduite de l'ange, jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il envoie une réparation venant de Sa conduite supérieure, au-delà de la conduite de l'ange. Le Saint béni soit-Il lui répondit : "Ma face ira, et Je te donnerai le repos" (Exode 33,14), comme il est expliqué dans le saint livre Mei HaShiloach : lorsque passera la face de courroux.
Car il est rapporté dans le saint Zohar (Yitro 86b) : "Combien de faces le Saint béni soit-Il a-t-Il : des faces qui brillent et des faces qui ne brillent pas..." Les faces qui ne brillent pas sont les faces de courroux. Lorsque les faces de courroux passeront, l'attachement qu'il a au Saint béni soit-Il sera manifestement reconnaissable dans la saisie de l'homme.
Tant que les faces de courroux ne sont pas passées, cela n'est pas reconnaissable; mais lorsqu'elles passeront, on reconnaîtra les faces lumineuses qui étaient présentes à chaque instant, même au temps des faces de courroux.
ועל התחלפות הזמנים נאמר (תהילים ק״מ:ח׳) א-להים ה' עוז ישועתי סכות לראשי ביום נשק וגו' וכמבואר בירושלמי (יבמות פ' ט"ו ה"ה) ביום שהקיץ נושק את החורף דבר אחר ביום נשק זה נשקו של גוג דבר אחר ביום ששני עולמות נושקין זה את זה וכו' והוא כדאיתא בזוה"ק (אדרא נשא קלח:) בכל אתר דישתכח ה' ה' בי"ה תרי זמני או באלי"ף דלי"ת ויו"ד ה'. חד לזעיר אנפין וחד לעתיקא דעתיקין ואע"ג דכלהו חד וחד שמא אקרי.
ותנינון אימתי אקרו שם מלא בזמנא דכתיב ה' א-להים דהאי הוא שם מלא דעתיק דכלא ודזעיר אנפין וכלא הוא שם מלא אקרי ושאר לא אקרי שם מלא וכו' פירוש כי שם מלא מורה על הכרת אורו ית' בכל הלבושים וזהו שאיתא שם אימתי אקרי שם מלא בזמנא דכתיב ה' א-להים דהאי הוא שם מלא וכו' היינו שניכר האור משם הוי' גם בהתלבשות משם א-להים כי א-להים מורה על כל ההתלבשות לזה נקרא ה' א-להים שם מלא אכן כאן קורין בתחלה א-להים ואח"כ השם ה' כי כאן מיירי מנשיקת הזמן שנתחלף מזמן לזמן כמבואר (בירושלמי שם) ובהתחלפות הזמנים צריך האדם להגנה יתירה והגנה א"א להיות רק משם א-להים היינו מפעולת מצוה מזה שמקיים האדם המצוה כתקונה נמשך להאדם כל מיני הגנה ולזה מצינו בכל התחלפות הזמנים הציב השי"ת להאדם מצוה למען שתגן עליו ולזה נקרא כאן מתחלה א-להים לרמז על ההגנה מפעולת המצוה וזהו א-להים ה' עוז ישועתי היינו שנמשך מזאת המצוה להאדם גודל התקיפות כמאמרם ז"ל (מובא בילקוט שמעוני פ' תבא) אין לך באים בזרוע כמקיימי מצות וכו' ואף שאינו יודע בה האדם שום טעם מ"מ נמשך ממנה על זה האדם הפועל את המצוה גודל ההגנה וזהו שקורין מתחלה שם א-להים יען שמזה השם צריכין למשוך הגנה והשם ה' הנאמר אח"כ רומז על הארת פניו ית' להורות בזה שמתחלה מחיוב האדם לעבוד בכל המצות אף שאינו מבין אותם ואינו יודע בהם שום טעם ואח"כ יתפלל להשי"ת שיאיר את עיניו ויראה לו בהם הארת פנים בלי שום העלם כלל:
Au sujet des changements de période, il est dit : "É-lokim, ה', force de mon salut, Tu as couvert ma tête au jour du combat" (Psaumes 140,8). Comme il est expliqué dans le Talmud de Jérusalem (Yevamot, chap.
15, halakha 2) : "Au jour où l'été embrasse l'hiver"; autre explication : "au jour du combat", c'est le combat de Gog; autre explication : "au jour où deux mondes s'embrassent l'un l'autre". Et il est rapporté dans le saint Zohar (Idra Nasso 138b) : "En tout lieu où se trouvent ה' ה', deux fois par Yod-Hé, ou par Aleph-Dalet et Yod-Hé, l'un est pour Zeir Anpin et l'un pour Atik de-Atikin; bien que tous soient un, chacun est appelé un Nom.
Et nous avons appris : quand sont-ils appelés le Nom complet? Au temps où il est écrit ה' É-lokim, car c'est le Nom complet d'Atik de-tout et de Zeir Anpin; tous sont appelés le Nom complet, tandis que les autres ne sont pas appelés le Nom complet..." L'explication est que le Nom complet indique la reconnaissance de Sa lumière, qu'Il soit béni, dans tous les vêtements.
C'est ce qui est dit là-bas : quand est-il appelé le Nom complet? Au temps où il est écrit ה' É-lokim; c'est-à-dire que la lumière du Nom ה' est reconnaissable même dans son vêtement par le Nom É-lokim, car É-lokim indique tous les vêtements.
C'est pourquoi ה' É-lokim est appelé le Nom complet. Mais ici on lit d'abord É-lokim, puis le Nom ה', car il s'agit ici de l'embrassement du temps qui passe d'une période à une autre, comme il est expliqué dans le Talmud de Jérusalem.
Lors des changements de période, l'homme a besoin d'une protection supplémentaire; or la protection ne peut venir que du Nom É-lokim, c'est-à-dire de l'acte de la mitsva. Du fait que l'homme accomplit convenablement la mitsva, toutes sortes de protection lui sont attirées.
C'est pourquoi, lors de chaque changement de période, le Saint béni soit-Il a institué pour l'homme une mitsva afin qu'elle le protège. Aussi É-lokim est-il lu ici en premier, pour indiquer la protection provenant de l'acte de la mitsva.
Tel est le sens de : "É-lokim, ה', force de mon salut" : de cette mitsva est attirée pour l'homme une grande force, selon la parole de nos Sages, de mémoire bénie : "Nul ne vient avec puissance comme ceux qui accomplissent les mitsvot" (Yalkout Chimoni, Ki Tavo). Même s'il n'en connaît aucune raison, une grande protection est attirée de cette mitsva sur l'homme qui accomplit l'acte.
C'est pourquoi le Nom É-lokim est lu en premier, car c'est de ce Nom qu'il faut tirer une protection. Le Nom ה', prononcé ensuite, fait allusion à l'illumination de Sa face, qu'Il soit béni, pour enseigner par là que l'homme doit d'abord servir dans toutes les mitsvot, même s'il ne les comprend pas et n'en connaît aucune raison; ensuite, il priera le Saint béni soit-Il d'éclairer ses yeux et de lui montrer en elles l'illumination de Sa face, sans aucun voile.
ראה אתה אומר אלי וגו' ביאר בזה אזמו"ר הגה"ק זללה"ה אשר בכל התחלפות הזמנים עומד מרע"ה ומבקש רחמים לפני השי"ת ואומר ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה היינו שישראל צריכין עכשיו לעלות אל זמן אחר שיהי' עם הנהגה חדשה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי היינו שאיננו בנייחה ממנה כי נעלם ממנו סדר תהלוכותיה. והשי"ת השיב לו שמור לך וגו' היינו שישמרו ישראל היטב שנים עשר האזהרות הנאמרים בזאת הפרשה ובזה ילכו בטח דרכם בלי מיחוש משום פגע רע ח"ו כי אלו שנים עשר האזהרות יבקעו לפניהם כל מיני הסתרות:
"Vois, Tu me dis..." Mon grand-père et maître, le saint gaon, de bienheureuse mémoire, expliquait par cela qu'à chaque changement de période, Moché notre maître, que la paix soit sur lui, se tient et implore miséricorde devant le Saint béni soit-Il, en disant : "Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple" : Israël doit maintenant monter vers une autre période, qui aura une conduite nouvelle; "mais Tu ne m'as pas fait savoir qui Tu enverras avec moi" : il n'est pas satisfait de cette conduite, car l'ordre de son cheminement lui est voilé. Et le Saint béni soit-Il lui répondit : "Garde-toi..." (Exode 34,11), c'est-à-dire qu'Israël observe soigneusement les douze avertissements dits dans cette paracha; ainsi ils iront sûrement dans leur chemin, sans craindre, à Dieu ne plaise, aucune mauvaise rencontre, car ces douze avertissements fendent devant eux toutes les sortes de voiles.
« Tu ne m'as pas fait savoir qui Tu enverras avec moi » : le Midrach rapporte que Moché refuse d'être livré à un ange. Le Sod Yecharim explique que le changement des temps fait du vêtement précédent une proposition face à la conclusion qui suit, et que ce changement s'appelle ange. L'ange, de ceux qui ne pèchent pas, ne saisit pas la lumière dans la dissimulation. Dans Michpatim, Moché reste en repos devant l'ange de l'alliance, reconnaissable jusqu'à la terre ; ici, l'ange sans précision dissimule. D.ieu répond par les Chekalim : chaque année, en les lisant, c'est comme si Moché levait leurs têtes, et nul vêtement ne tombe sans réparation.
Aussi : le 'hamets à Pessa'h, semblable à l'idolâtrie, car il nie le salut par saut ; « Tu verras Mon dos », le présent voilé, la face révélée après les avertissements et les fêtes.
והנה איתא במדרש רבה (תשא מ"ה) ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי אמר לו הקב"ה למשה כבר אמרתי לך ושלחתי לפניך מלאך אמר לפניו רבש"ע למלאך אתה מוסרני אם אין פניך הולכים אל תעלנו מזה וכו' היינו כי אחר שאנו רואים שיש התחלפות הזמנים וצריכין לילך בכל פעם מזמן לזמן עד שהזמן שהי' מלפנים הוא כענין סלקא דעתך נגד זמן הבא אחריו מזה מוכח שהלבושים מזמן הקודם הי' עדיין משוללי שלימות כי אם הי' בהם שלימות הגמור מדוע הציב השי"ת שיתחלף בכל פעם מזמן לזמן ומהנהגת לבוש הקודם להנהגת לבוש אחר אם לא למען שיתחלף מבלתי שלימות לשלימות והזמן הבא מחדש הוא בדרך מסקנא לזמן הקודם וככה נתחלף בכל פעם ליותר שלימות ולמסקנא המבוררת ביותר והלבוש שהי' מלפנים משולל שלימות נתחלף והלך לו וזה הענין מהתחלפות הלבושים נקרא מלאך כי מלאך מורה על התלבשות האור בלבושים ובעצמית האור אין שום התחלפות ח"ו אכן בהלבושים הציב רצונו הפשוט ית' שהי' בכל פעם התחלפות וזהו שאיתא במדרש שם אמר לפניו רבש"ע למלאך אתה מוסרני אם אין פניך הולכים אל תעלנו מזה היינו כי המלאך הוא מהכת שאינם חוטאים ואינו כלל בהבנת תפיסתו להבין מציאות אורו ית' גם בלבוש של ההסתר ולכך אמר מרע"ה אם אין פניך הולכים על תעלנו מזה וגו' והוא כענין שאיתא במדרש תנחומא (פ' תשא) אמר משה לפני הקב"ה רבש"ע משאני מת אין אני נזכר א"ל הקב"ה חייך כשם שאתה עומד עכשיו ונותן להם פ' שקלים ואתה זוקף את ראשן כך בכל שנה ושנה שקוראין אותה לפני כאלו אתה עומד שם באותה שעה וזוקף את ראשן וכו' היינו כי אורו של מרע"ה הוא כמבואר בזוה"ק (בלק קפ"ז:) משה דלא הוה בי' פרודא דכתיב משה משה דלא פסקא טעמא כמה דכתיב אברהם אברהם דפסקא טעמא בגין דהשתא שלים מה דלא הוה מקדמת דנא פרישו אית בין אברהם דהשתא לאברהם דבקדמיתא אבל משה מיד דאתייליד אספקלרי' דנהרא הות עמי' וכו' היינו שהי' מאיר אצלו בבהירות עצום אפילו הלבוש האחרון מישראל ממש כמו שמאיר בשורש העליון ביותר ולזה אמר מרע"ה רבש"ע משאני מת אין אני נזכר היינו שיתעלם ח"ו בהירות האור מהלבוש הנמוך שבישראל וכן נמי שם בפ' משפטים כשאמר לו השי"ת למרע"ה הנה אנכי שולח מלאך לפניך וגו' לא השיב משה כלום והי' בנייחה מאותו המלאך כי זאת הי' יודע מרע"ה שאי אפשר להשיג אורו ית' בלי שום לבוש כענין שאיתא בזוה"ק ואנן נסבינון מזכור שמור אמנם שם נאמר ג"כ אח"כ כי ילך מלאכי לפניך וגו' וזה מורה על מלאך הברית כדאיתא בזוה"ק (חי' קל"א) מלאכי דא מלאך הברית וברית הוא כמבואר שם כי כל בשמים ובארץ ומתרגמינן דאחיד בשמיא ובארעא היינו שניכר מפורש האור גם בהלבוש האחרון הנקרא ארעא לכך הי' משה רבינו בנייחה ממנו כי יהי' ניכר הבהירות מהמאמר אנכי בכל הלבושים אבל כאן לא נאמר אנכי שולח מלאך לפניך וגו' אלא ושלחתי לפניך מלאך וגו' הגם שכאן נאמר ג"כ הנה מלאכי וגו' (כבר ביארנו שפיר החילק בסוד ישרים סוכות אות מ"ה יעו"ש) וסתם מלאך מורה על לבוש המסתיר בהירות האור וא"כ איך יתכן שיתוקן על ידו הלבושים הקודמים שהי' מלפנים בהסתר וזהו רבש"ע משאני מת אין אני נזכר והשיב לו השי"ת חייך וכו' בכל שנה ושנה שקוראין אותה לפני כאלו אתה עומד שם באותה שעה וזוקף את ראשן וכו' כי פרשת שקלים רומז על אתחלתא דגאולה כי הארבע פרשיות המה נגד ארבעה מדריגות שהציב השם יתברך באור הגאולה עד שיבוא לתפיסת אדם שעל זה רומז הכתוב אז ראה 'ויספרה 'הכינה וגם "חקרה אח"כ ויאמר לאדם ופרשת שקלים הוא נגד אז "ראה והוא כענין שאיתא בזוה"ק (יתרו ס"ז.) בשעתא דקב"ה אתער לגבי כל אינון רתיכין למיהב לון טרפא כד"א ותקם בעוד לילה ותתן טרף לביתה וכו' ועל זאת אתערותא הראשונה הנקרא ותקם בעוד לילה רומז פ' שקלים (כמבואר בסוד ישרים ד' פרשיות) וזה הוא שאמר לו הקב"ה למרע"ה בכל שנה ושנה שקוראין אותה לפני כאלו אתה עומד שם באותה שעה וזוקף את ראשן היינו שיכירו היטב איך שאורו ית' לא הי' משולל מהם מעולם אף בזמן ההסתרה שהי' מלפנים וממילא יבינו שלא יפול מהם שום לבוש לחוץ בלי תיקון ח"ו וכמבואר במדרש שם כי תשא את ראש בני ישראל זש"ה רבים אומרים לנפשי אין ישועתה לו בא-להים סלה וכו' ואתה ה' אמר דוד רבון העולם הסכמת בתורתך עמהם ואמרת מות יומת הנואף והנואפת. מגן בעדי וכו' ומרים ראשי שהייתי חייב הרמת ראש ונתת לי תלוי ראש היינו כי כיון שנתן השי"ת חיים להאדם אף בשעת ההסתר מזה מוכח שגם בשעת ההסתרה לא הי' האור משולל לגמרי ח"ו אלא שבשעת ההסתר השפיע השי"ת החיים להאדם ממקום היותר עליון אשר שם אינו נוגע כלל שום חטא ועון כדאיתא בזוה"ק (קדושים צ"ג.) תמן באצילות אין שום חטא ומיתה וכו' וזהו ומרים ראשי שהייתי חייב הרמת ראש ונתת לי תלוי ראש היינו שמגביה השי"ת את ישראל והרים אותם למקום שורש העליון וממילא לא יפול אפילו מזמן הסתר שום לבוש בלי תיקון:
Il est rapporté dans le Midrach Rabbah (Ki Tissa 45) : "Tu ne m'as pas fait savoir qui Tu enverras avec moi". Le Saint béni soit-Il dit à Moché : "Je t'ai déjà dit : J'enverrai devant toi un ange." Il dit devant Lui : "Maître de l'univers, Tu me livres à un ange?
Si Ta face ne marche pas, ne nous fais pas monter d'ici..." Cela signifie que, puisque nous voyons des changements de temps et qu'il faut aller chaque fois d'un temps à l'autre, jusqu'à ce que le temps précédent soit comme une proposition (salka daatakh) face au temps qui le suit, il en ressort que les vêtements du temps précédent étaient encore dénués de perfection. Car s'ils avaient eu la perfection complète, pourquoi le Saint béni soit-Il aurait-Il établi qu'ils changent chaque fois, d'un temps à l'autre et de la conduite d'un vêtement précédent à la conduite d'un autre vêtement, sinon afin de passer de l'imperfection à la perfection?
Le temps qui vient de nouveau est une conclusion (maskana) pour le temps précédent; ainsi, chaque fois, le changement va vers plus de perfection et vers la conclusion la plus clarifiée. Le vêtement précédent, dénué de perfection, change et s'en va.
Cette question du changement des vêtements est appelée "ange", car ange indique le revêtement de la lumière dans des vêtements; dans l'essence même de la lumière, il n'y a aucun changement, à Dieu ne plaise. Mais dans les vêtements, Sa volonté simple, qu'Il soit béni, a établi qu'il y ait à chaque fois changement.
Tel est ce qui est rapporté dans ce midrach : il dit devant Lui : "Maître de l'univers, Tu me livres à un ange? Si Ta face ne marche pas, ne nous fais pas monter d'ici..." Car l'ange est de la catégorie de ceux qui ne pèchent pas; sa saisie ne comprend nullement comment saisir la réalité de Sa lumière, qu'Il soit béni, même dans le vêtement de la dissimulation.
C'est pourquoi Moché notre maître, que la paix soit sur lui, dit : "Si Ta face ne marche pas, ne nous fais pas monter d'ici", etc. C'est aussi ce qui est rapporté dans le Midrach Tan'houma (Ki Tissa) : Moché dit devant le Saint béni soit-Il : "Maître de l'univers, après ma mort, ne sera-t-il plus fait mention de moi?" Le Saint béni soit-Il lui dit : "Par ta vie, de même que tu te tiens maintenant, que tu leur donnes la paracha des Chekalim et que tu lèves leurs têtes, ainsi, chaque année, lorsqu'ils la liront devant eux, ce sera comme si tu te tenais là, à ce moment même, et levais leurs têtes..." La lumière de Moché notre maître est, comme l'explique le saint Zohar (Balak 187b), celle de "Moché, Moché", où il n'y a pas de séparation, ainsi qu'il est écrit : "Moché, Moché", sans interruption de cantillation, à la différence de "Abraham, Abraham", où l'interruption existe, car maintenant fut complété ce qui ne l'était pas auparavant : il y a séparation entre l'Abraham de maintenant et l'Abraham précédent.
Mais Moché, dès sa naissance, avait avec lui le miroir lumineux... Cela signifie que, chez lui, même le dernier vêtement d'Israël éclairait avec une clarté immense, comme il éclaire à la racine la plus élevée.
C'est pourquoi Moché notre maître dit : "Après ma mort, il ne sera plus fait mention de moi" : la clarté de la lumière se voilera, à Dieu ne plaise, du vêtement le plus bas d'Israël. De même, dans la paracha Michpatim, lorsque le Saint béni soit-Il dit à Moché notre maître : "Voici, J'envoie devant toi un ange...", Moché ne répondit rien et était en repos devant cet ange.
Car Moché notre maître savait ceci : il est impossible de saisir Sa lumière, qu'Il soit béni, sans aucun vêtement, comme il est rapporté dans le saint Zohar : "Nous les recevons de Zakhor et Chamor." Toutefois, il est aussi dit ensuite : "Car Mon ange marchera devant toi..."; cela indique l'ange de l'alliance, comme le rapporte le saint Zohar (Pinehas 131a) : "Mon ange, c'est l'ange de l'alliance." L'alliance est, comme il est expliqué là-bas, "tout ce qui est dans les cieux et sur la terre" (I Chroniques 29,11), traduit par : "qui tient dans le ciel et sur la terre". La lumière est donc explicitement reconnaissable même dans le dernier vêtement, appelé terre.
C'est pourquoi Moché notre maître était en repos devant lui : la clarté de la parole "Je" (Anokhi) sera reconnaissable dans tous les vêtements. Mais ici il n'est pas dit : "Voici, J'envoie devant toi un ange...", mais : "J'enverrai devant toi un ange..." Bien qu'ici aussi il soit dit : "Voici, Mon ange..." - nous avons déjà bien expliqué la différence dans Sod Yesharim, Soukkot, section 45.
Un ange sans précision indique un vêtement qui dissimule la clarté de la lumière. Comment donc les vêtements précédents, qui étaient auparavant dans la dissimulation, pourraient-ils être réparés par lui?
Tel est : "Maître de l'univers, après ma mort, il ne sera plus fait mention de moi." Le Saint béni soit-Il lui répondit : "Par ta vie... chaque année, lorsqu'ils la liront devant eux, ce sera comme si tu te tenais là, à ce moment même, et levais leurs têtes..." Car la paracha des Chekalim fait allusion au commencement de la délivrance. Les quatre parachiot correspondent aux quatre degrés que le Nom, qu'Il soit béni, a établis dans la lumière de la délivrance, jusqu'à ce qu'elle parvienne à la saisie de l'homme.
À cela fait allusion le verset : "Alors Il la vit, la raconta, l'établit et aussi la scruta; puis Il dit à l'homme" (Job 28,27-28). La paracha des Chekalim correspond à "alors Il la vit".
C'est comme il est rapporté dans le saint Zohar (Yitro 67a) : "Lorsque le Saint béni soit-Il s'éveille envers tous ces attelages pour leur donner leur nourriture, comme il est dit : Elle se lève encore de nuit et donne la nourriture à sa maison..." À ce premier éveil, appelé "Elle se lève encore de nuit", fait allusion la paracha des Chekalim, comme il est expliqué dans Sod Yesharim, Les quatre parachiot. Tel est ce que le Saint béni soit-Il dit à Moché notre maître : "Chaque année, lorsqu'ils la liront devant eux, ce sera comme si tu te tenais là, à ce moment même, et levais leurs têtes" : ils reconnaîtront bien que Sa lumière, qu'Il soit béni, ne leur a jamais fait défaut, même au temps de la dissimulation précédente.
Ils comprendront donc qu'aucun vêtement ne tombera dehors sans réparation, à Dieu ne plaise. Ainsi est-il expliqué dans ce midrach : "Quand tu lèveras la tête des enfants d'Israël" (Exode 30,12), c'est ce qui est écrit : "Beaucoup disent de mon âme : Il n'est point de salut pour elle en Elokim, sela..." (Psaumes 3,3).
"Mais Toi, ה'" : David dit : "Maître de l'univers, Tu as consenti avec eux dans Ta Torah, en disant : l'adultère et l'adultère seront mis à mort. "Mon bouclier autour de moi... et Celui qui lève ma tête" (Psaumes 3,4) : j'étais passible de l'élévation de la tête, et Tu m'as donné la suspension de la tête." Cela signifie que, puisque le Saint béni soit-Il donne la vie à l'homme même au temps de la dissimulation, il en ressort que, même alors, la lumière ne lui faisait pas complètement défaut, à Dieu ne plaise.
Au temps de la dissimulation, le Saint béni soit-Il verse la vie à l'homme depuis l'endroit le plus élevé, où aucune faute ni transgression n'atteint nullement, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Kedochim 93a) : "Là, dans Atsilout, il n'y a aucune faute ni mort..." Tel est "Celui qui lève ma tête" : le Saint béni soit-Il élève Israël et les hisse au lieu de la racine supérieure; ainsi, même d'un temps de dissimulation, aucun vêtement ne tombera sans réparation.
א-להי מסכה לא תעשה לך את חג המצות תשמור וגו' איתא בזוה"ק (תצוה קפ"ב.) א-להי מסכה לא תעשה לך את חג המצות תשמור מאי עביד האי לגבי האי אלא הכי אוקמוה מאן דאכיל חמץ בפסח כמאן דפלח לעכו"ם איהו וכו' ביאר הענין כי איתא במדרש (ש"ט קי"ד) אמר ר' אבא בר אחי בשם ר' חנן מהו גוי מקרב גוי כאדם ששומט את העובר ממעי בהמה כך הוציא הקב"ה את ישראל ממצרים שנאמר גוי מקרב גוי כ"ש והחרב והכרעים וכו' ועל זה רומז הקרבן פסח ראשו על כרעיו ועל קרבו. כי שלש מדרגות הציב השי"ת מהצורת אדם הראש שהוא מקום הדעת ואחריו הם אברי הפעולה והמדרגה אחרונה הם הרגלים.
ופעולת הרגלים הוא רק להעביר את אברי הגוף ממקום למקום כפי הארת הדעת שבראש כך פועלים הרגלים תיכף וזה הוא הכל כשהראש מונח במקום הדעת מה שאין כן כשנשפל הדעת ונעלם ממקומו וראשו מונח בין ברכיו ואינו על מקומו אזי נפרדים המה כל אברי הגוף בלי סדר נכון כלל ועל זה השפלות וקטנות הדעת רומז הקרבן פסח שהי' ראשו על כרעיו ועל קרבו להורות על שפלות וקטנות הדעת שהי' לישראל במצרים. אמנם הישועה שהאיר השי"ת לישראל במצרים הי' באורח דילוג היינו שהרים השי"ת את ישראל והעלה אותם להשורש שלא בהדרגת סדר עולם כלל כי לפי סדר עולם יש כמה וכמה מדרגות לעלות מקטנות לבחינת גדלות.
הדרגה ראשונה הוא ימי יניקה ואח"כ עד שיגדיל צריך לילך דרך זמן וגם צריך למזון כי הגידול של האדם מוכרח שיהי' תמיד מדברים הנמוכים ממנו וביציאת מצרים הרים השי"ת את ישראל מקטנות לבחינת גדלות ברגע אחד בלי שום הדרגה כלל כי הראה השי"ת שכל אלו הדרגות שיש מימי יניקה עד ימי גדלות הכל יש להם לישראל כבר עוד בשורשם העליון כי באמת שם בהשורש העליון הוא הנפש אדם עם כל הקנינים שנו באחדות גמור ואף כל מיני מזון שאוכל אדם כל ימי חייו בעוה"ז כבר הי' לאחדים עם נפשו בהשורש אלא שאח"כ נעלמו ממנו כדי שיהי' נצרך לייגע עצמו ולחפש אחריהם עד שימצא אותם אבל מה יכול האדם למצוא ולהשיג אחר כל יגיעתו. אי אפשר לו להשיג יותר רק אותן קנינים והמזונות בעצמם שהי' עמו כבר לאחדים בשורש העליון וכענין שאיתא בזוה"ק (תזריע מ"ג:) כל רוחין דעלמא כלילן דכר ונוקבא וכד נפקין דכר ונוקבא נפקין ולבתר מתפרשין בארחייהו אי זכה ב"נ לבתר מזדווגי כחדא וכו' היינו שהזווג שמשיג האדם אחר כל יגיעתו כבר הי' לאחדים עמו בהשורש העליון ככה הם כל הקנינים והאכילות של האדם כבר לאחדים עמו בהשורש לכן כאשר העלה השי"ת את ישראל להשורש הי' נכלל בהם ממילא כל מיני הדרגות הצריכים להיות לפי הסדר מזה העולם בין ימי יניקה לימי הגדלות עד שהי' בכחם להגיע ברגע אחת לתכלית הגדלות ע"י ההדרגות האלו הנכללים בהשורש העליון ששם המה משוללי לבושים ופעולת אדם ועל זה רומז חג המצות כי מצה הוא ג"כ משולל הרבה פעולות ונאפה במועט זמן ובגודל זריזות לכן מאן דאכיל חמץ בפסח זה מורה שאינו מאמין שיש בכחו ית' להושיע בלי סדר הדרגה וסובר שכל הישועת מוכרחים לילך בהדרגת הלבושים ודרך פעולת אדם וזהו שאיתא שם מאן דאכיל חמץ בפסח כמאן דפלח לע"ז איהו ועל זה נאמר שם א-להי מסכה לא תעשה לך את חג המצות תשמור.
ועל זה רמזו ז"ל בירשלמי (חגיגה פ"ג ה"א) אשר הזקנים שעוברו את השנה דרשו הפסוק אשורה נא לידידי שירת דודי לכרמו. וגו' בשבע שבע אפין ומסיק שם שדרשו גם זה הפסוק א-להי מסכה לא תעשה לך את חג המצות תשמור וכו' היינו שמזה הפסוק מוכח שידידי ודודי הן תרין רעין דלא מתפרשין שכל בחינת ידידי שמורה על סדר הדרגה של עולם הזה שהוא בתפיסת אדם נכלל באמת בבחינת דודי שהוא למעלה מתפיסת אדם כי דודי מרמז על שורש העליון:
"Tu ne te feras pas de dieux de fonte; tu observeras la fête des matsot..." (Exode 34,17-18). Il est rapporté dans le saint Zohar (Tetsaveh 182a) : "Tu ne te feras pas de dieux de fonte; tu observeras la fête des matsot.
Quel rapport celui-ci a-t-il avec celui-là? Mais ils l'ont ainsi établi : celui qui mange du hamets à Pessa'h est comme celui qui sert l'idolâtrie..." L'explication est la suivante.
Il est rapporté dans le Midrach (Chemot Rabbah 114) : Rabbi Abba bar Ahi, au nom de Rabbi Hanan, dit : que signifie "une nation du sein d'une nation"? De même que l'on arrache le foetus du ventre d'une bête, ainsi le Saint béni soit-Il fit sortir Israël d'Égypte, comme il est dit : "une nation du sein d'une nation", avec les épées et les jambes, etc.
À cela fait allusion le sacrifice pascal : "sa tête sur ses jambes et sur ses entrailles" (Exode 12,9). Car le Saint béni soit-Il a établi trois degrés dans la forme de l'homme : la tête, lieu de la connaissance; ensuite les membres de l'action; et le dernier degré, les jambes.
L'action des jambes est seulement de transporter les membres du corps d'un lieu à l'autre; selon l'éclat de la connaissance qui est dans la tête, les jambes agissent aussitôt. Tout cela est vrai lorsque la tête est placée au lieu de la connaissance.
Mais lorsque la connaissance s'abaisse et disparaît de son lieu, et que sa tête est placée entre ses genoux, sans être à sa place, tous les membres du corps se séparent, sans aucun ordre juste. À cet abaissement et à cette petitesse de la connaissance fait allusion le sacrifice pascal, dont la tête était sur ses jambes et sur ses entrailles, afin d'indiquer l'abaissement et la petitesse de la connaissance qu'avait Israël en Égypte.
Mais le salut que le Saint béni soit-Il fit briller pour Israël en Égypte fut par saut : le Saint béni soit-Il éleva Israël et les fit monter à la racine, sans aucune progression de l'ordre du monde. Car, selon l'ordre du monde, il y a de nombreux degrés pour monter de la petitesse à l'état de grandeur.
Le premier degré est celui des jours d'allaitement; ensuite, jusqu'à ce qu'il grandisse, il faut passer par le temps et aussi par la nourriture. La croissance de l'homme doit toujours provenir de choses plus basses que lui.
Mais lors de la sortie d'Égypte, le Saint béni soit-Il éleva Israël de la petitesse à l'état de grandeur en un seul instant, sans aucune progression. Car le Saint béni soit-Il montra que tous ces degrés, des jours d'allaitement aux jours de grandeur, Israël les possède déjà dans sa racine supérieure.
En vérité, là, dans la racine supérieure, l'âme de l'homme et tous ses biens ne font qu'un dans une unité complète. Même toutes les nourritures que l'homme mange durant tous les jours de sa vie dans ce monde étaient déjà unies à son âme dans la racine; elles lui furent seulement ensuite dérobées, afin qu'il ait besoin de se fatiguer et de les chercher jusqu'à les trouver.
Mais qu'est-ce que l'homme peut trouver et atteindre après toute sa peine? Il ne peut atteindre que les biens et les nourritures mêmes qui étaient déjà unis avec lui dans la racine supérieure.
C'est comme il est rapporté dans le saint Zohar (Tazria 43b) : "Tous les esprits du monde comprennent mâle et femelle; et quand ils sortent, mâle et femelle sortent, puis ils se séparent dans leurs voies. Si l'homme mérite, ils s'unissent ensuite..." Cela signifie que l'union que l'homme atteint après toute sa peine était déjà unie à lui dans la racine supérieure.
Ainsi tous les biens et tous les aliments de l'homme étaient déjà unis à lui dans la racine. Aussi, lorsque le Saint béni soit-Il éleva Israël à la racine, tous les degrés qui, selon l'ordre de ce monde, doivent se trouver entre les jours d'allaitement et les jours de grandeur furent inclus en eux d'eux-mêmes.
Ils eurent donc la force d'atteindre en un instant le terme de la grandeur, par ces degrés inclus dans la racine supérieure, où ils sont dénués de vêtements et de l'action de l'homme. À cela fait allusion la fête des matsot : la matza aussi est dénuée de nombreuses actions et cuite en peu de temps, avec une grande promptitude.
C'est pourquoi celui qui mange du hamets à Pessa'h indique qu'il ne croit pas que Sa puissance, qu'Il soit béni, puisse sauver sans progression réglée; il pense que tous les saluts doivent nécessairement passer par la progression des vêtements et par la voie de l'action de l'homme. Tel est ce qui est rapporté là-bas : "Celui qui mange du hamets à Pessa'h est comme celui qui sert l'idolâtrie"; c'est à ce sujet qu'il est dit : "Tu ne te feras pas de dieux de fonte; tu observeras la fête des matsot." Nos Sages, de mémoire bénie, y firent aussi allusion dans le Talmud de Jérusalem (Haguiga 3,1) : les anciens qui intercalaient l'année expliquaient le verset : "Je chanterai donc pour mon bien-aimé le chant de mon aimé pour sa vigne..." (Isaie 5,1) sous soixante-dix faces; et il conclut là-bas qu'ils expliquaient aussi ce verset : "Tu ne te feras pas de dieux de fonte; tu observeras la fête des matsot..." Cela signifie que ce verset prouve que "mon bien-aimé" et "mon aimé" sont deux compagnons qui ne se séparent pas.
Toute la notion de "mon bien-aimé", qui indique l'ordre progressif de ce monde et qui est dans la saisie de l'homme, est en vérité incluse dans la notion de "mon aimé", qui est au-dessus de la saisie de l'homme; car "mon aimé" fait allusion à la racine supérieure.
וראית את אחורי ופני לא יראו וגו' ביאור בזה אזמו"ר הגה"ק זללה"ה שהשיב השי"ת למרע"ה אשר ההוה מוכרח להיות נעלם מהבריאה רק את אחורי היינו ברגע שאחרי' אז תראה ויתגלה בהבנת תפיסתך גם מלפנים אבל בזמן ההוה אי אפשר להראות זאת לשום נברא שעל התגלות ההוה נאמר כי לא יראני האדם וחי. אמנם אחר השנים עשר אזהרות הנאמרים בפ' שמור לך וגו' כתיב שלש פעמים בשנה יראה כל זכירך את פני האדון ה' א-להי ישראל וגו' רמז לו בזה שאמר פני האדון ה' וגו' אשר אחר שיקבע האדם בלבו היטב כל אלו אזהרות מזאת הפרשה אזי יתכן שיתגלה לו גם ההוה כי מלת פני מרמז על ההוה ורגלים נקראים נמי פני ה' ורומזים על קביעת הקדושה בקביעות הנמצא בישראל ועל ידי זאת הקביעות נעשה אדם מורגל בהקדושה אזי יכול שפיר לראות את ההוה ג"כ ולא יהי' לו מזה שום התבטלות ח"ו ועל זה רומז הכתוב שלש פעמים בשנה יראה כל זכירך את פני האדון ה' א-להי ישראל וגו' והוא כענין שמצינו בזמן המשכן שלא הי' אז עדיין גבי ישראל הקדושה בקביעות גמור נאמר ולא יבואו לראות כבלע את הקודש וגו' ואח"כ בזמן המקדש שכבר נקבע גבי ישראל הקדושה בקביעות גמור אזי מצינו בגמ' (יומא נ"ד.) אמר רב קטינא בשעה שהי' ישראל עולין לרגל מגללין להם את הפרוכת ומראין להם את הכרובים שהי' מעורים זה בזה ואומרים להם ראו חבתכם לפני המקום כחבת זכר ונקבה וכו' ולא ניזקו ח"ו כלל מזאת הראי' הרי שאחר שנקבע אצל האדם הקדושה יש בכחו להסתכל בזה המקום שלא הי' בכחו להסתכל טרם שנקבע אצלו הקדושה בקביעות:
"Tu verras Mon dos, mais Ma face ne sera pas vue..." (Exode 33,23). Mon grand-père et maître, le saint gaon, de bienheureuse mémoire, expliquait que le Saint béni soit-Il répondit ainsi à Moché notre maître : le présent doit nécessairement être voilé à la création.
Seulement "Mon dos", c'est-à-dire dans l'instant qui vient après, tu le verras, et il se révélera aussi à la saisie de ton entendement rétroactivement. Mais au temps du présent, il est impossible de montrer cela à aucune créature; de la révélation du présent il est dit : "L'homme ne Me verra pas et ne vivra pas" (Exode 33,20).
Toutefois, après les douze avertissements dits dans la paracha "Prends garde à toi" (Exode 34,11), il est écrit : "Trois fois par an, tout mâle parmi toi paraîtra devant la face du Maître, ה', Dieu d'Israël..." (Exode 34,23). Il y fait allusion en disant "la face du Maître, ה'" : après que l'homme aura bien fixé dans son cœur tous les avertissements de cette paracha, il pourra aussi lui être révélé le présent.
Car le mot "face" fait allusion au présent. Les fêtes de pèlerinage (regalim) sont aussi appelées la face de ה'; elles font allusion à l'établissement stable de la sainteté qui se trouve en Israël.
Par cette stabilité, l'homme devient accoutumé à la sainteté; alors il peut bien voir aussi le présent, et il n'en recevra aucune annulation, à Dieu ne plaise. À cela fait allusion le verset : "Trois fois par an, tout mâle parmi toi paraîtra devant la face du Maître, ה', Dieu d'Israël..." C'est comme ce que nous trouvons au temps du Tabernacle : alors la sainteté n'était pas encore établie chez Israël avec une stabilité complète, et il est dit : "Ils ne viendront pas voir lorsque le sacré est englouti..." (Nombres 4,20).
Puis, au temps du Temple, lorsque la sainteté était déjà établie chez Israël avec une stabilité complète, nous trouvons dans la Guemara (Yoma 54a) : Rav Kattina dit : "Lorsque Israël montait en pèlerinage, on roulait devant eux le rideau et on leur montrait les kerouvim enlacés l'un à l'autre; on leur disait : Voyez votre amour devant le Lieu, comme l'amour du mâle et de la femelle..." Ils ne subirent aucun dommage, à Dieu ne plaise, de cette vision. Il ressort qu'après que la sainteté est établie chez l'homme, il a la force de regarder cet endroit qu'il n'avait pas la force de regarder avant que la sainteté ne soit établie chez lui avec stabilité.
« Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple » : à chaque changement des temps, Moché prie pour qu'Israël traverse ces changements. Le Sod Yecharim rapporte de son grand-père que D.ieu échange la couleur du vêtement lorsque la créature croit qu'Il y demeure fixe ; celui dont la prise n'est que dans cette couleur tombe. Moché montre que la prise d'Israël est dans la racine de tous les vêtements, et qu'il joint le vêtement le plus bas à la lumière de la racine, moitié homme, moitié É-lokim. La réponse est de garder les avertissements, sans alliance avec l'habitant du pays, et de garder les matsot, où la faible action laisse reconnaître la racine.
Aussi : le lieu assigné demeure dans Sa main, le rocher étant la volonté appelée Premier ; le mois du printemps se garde dès le commencement ; le Chabbat après les matsot, la lumière d'Atika n'étant que de Son côté.
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' ביאר בזה אזמו"ר הגה"ק זללה"ה אשר בכל עת התחלפות הזמנים עומד משה רבינו ומתפלל על ישראל ואומר להשי"ת איך יעברו ישראל בכל אלו ההתחלפות הבא נגדם. כי ענין התחלפות הזמנים הוא כדאיתא בזוה"ק (וירא ק"ט.) והוא מסבות מתהפך.
הקב"ה מסבב סבובין ואייתי עובדין בעלמא לאתקיימא ולבתר דחשיבו בני נשא דיתקיימין אינון עובדין. קב"ה מהפך לון לאינון עובדין מכמה דהוו בקדמיתא וכו' היינו כשהאדם הוא משוקע באיזה דבר אזי מהפך השי"ת אותו הדבר ומחליפו לגוון לבוש אחר ומפאת זה נמשכים נמי כל ההתחלפות הזמנים כי אחר שנדמה להבריאה שכבר שוכן השי"ת בקביעות בהלבוש מאותו הזמן.
מחליף השי"ת אותו הזמן בלבוש אחר ההיפך מלבוש הקודם ומי שכל אחיזתו הוא רק בגוון הלבוש נופל לגמרי. ועומד משה רבינו בכל התחלפות הזמנים ומתפלל בעד ישראל ומראה שעיקר אחיזתם אינו בגוון הלבוש לבד כי אם בשורש הפנימי של כל הלבושים הגם שאי אפשר בזה העולם להיות דבוק בעצמית אור בהיר מהשורש בלתי התלבשות כמו שמצינו אפילו גבי נביאו קשוט (זוה"ק בשלח מ"ח.) ויתפלל יונה אל ה' א-להיו וגו' לאתר דהוה קשיר בי' וכו' וכמבואר במקומו אכן הי' בכח מרע"ה להראות התיבור והתקשרות מהלבוש הנמוך של ישראל עם אור הבהיר מהשורש העליון ביותר כ"כ הי' בכח מרע"ה להראות כדאיתא במדרש רבה על הפסוק משה איש א-להים מחצי' ולמטה איש מחצי' ולמעלה א-להים היינו שהי' בכחו להראות החיבור מכל הלבושים הנמוכים של ישראל בשורשם העליון ית' וכן מראה זאת משה רבינו בכל דור ודור כדאיתא בתקוני זוהר (תקון ס"ט קי"ב.) ואתפשטותי' הוא בכל דרא ודרא בכל צדיק וחכם דמתעסק באורייתא ועל זה הענין איתא במדרש תנחומא (תשא ד') אמר משה לפני הקב"ה רבש"ע משאני מת אין אני נזכר א"ל הקב"ה חייך כשם שאתה עומד עכשיו ונותן להם פ' שקלים ואתה זוקף את ראשן כך בכל שנה ושנה שקוראין אותה לפני כאלו אתה עומד שם באותה שעה וזוקף את ראשן וכו' היינו שתמיד יהי' מרע"ה המחבר והמקשר את הלבושים של ישראל לשורשם העליון ית' כענין הכתוב (ואתחנן ה') אנכי עומד בין ה' וביניכם וגו' כלומר שמרע"ה הוא הממוצע בין ישראל להשי"ת ומחבר אותם תמיד למקור שורשם לזה בזאת הרגע של התחלפות הזמנים עומד תמיד מרע"ה ומתפלל ואומר ראה אתה אומר אלי וגו' ואתה לא הודעתני וגו' איך יעברו ישראל דרך זאת התחלפות והשי"ת משיב לו שישמרו ישראל אלו האזהרות הנאמרים בזאת הפ' שמור לך את אשר אנכי מצוך היום וגו' אזי יעברו לשלום בלי מכשול ח"ו וזה שנאמר שם השמר לך פן תכרות ברית ליושב הארץ וגו' ויושב הארץ הוא כמו שביארו ז"ל בגמ' (שבת פ"ה.) שבקיאים בישובה של ארץ מלא קנה זה לזית וכו' אכן כל אחוזתם הוא רק בהלבוש אחרון ואינם מסתכלים בפנימית הדבר מהיכן נתהווה כל אלו הלבושים כי אינם רוצים להביט לשורש העליון המהווה כל הלבושים ומטרידים את דעתם במכוון לבלתי יכירו את השורש כי זה הוא כל מעשיהם להעלים מהם את אור השורש ית' ועל זה נאמר א-להי מסכה לא תעשה לך את חג המצות תשמור וכמבואר בזוה"ק (מובא באות הקודם) מאי האי לגבי האי וכו' אלא שזה הוא אזהרה לבלתי יתעקשו בלבושים הנמוכים כי זאת נקרא א-להי מסכה רק שיבקשו בכל הלבושים להכיר באור שורשם המהווה אותם וזהו את חג המצות תשמור ומצות מורה על מעט פעולת אדם וקלושת הסתרה כי מפאת מועט פעולת אדם הנמצא במצה יש הכרה בהשורש יען שלא נסתר עדיין כ"כ בהירות האור מסבת הטרדה של פעולת אדם אבל חמץ מורה על שלילת הכרה בהשורש מסבת הטרדה של הרבה פעולת אדם הנמצא בו ועל זאת הכרה בהשורש רומז נמי המצוה מחזרת כמאמרם ז"ל (בגמ' ע"ז י"א.) חזרת מהפך מאכל וזה מורה שאינו עומד בעקשות וזהו כי בחדש האביב יצאת ממצרים והוא כמאמרם בגמ' (סנהדרין יג:) שמור את חודש האביב שמור אביב של תקופה שיהי' בחודש ניסן היינו כי אביב הוא אתוון כסדרן וזה מורה על התאחדות האור עם התפיסה של אדם ובאמת מצד השי"ת אין שום שינוי כלל ואין שייך לומר מצדו ית' שנתהווה עכשיו חידוש מה שלא הי' מקודם אלא כל ענין חידוש שייך רק מצד תפיסה הנמוכה של אדם ומצד האדם נתהווה התחדשות במולד הלבנה של ניסן שמתחיל להנהיר בתפיסתו הנמוכה חיבור לאורו ית' לזה צריכין לשמור אותו החודש שיהי' באביב וכו' היינו שיקבע אדם אצלו ההכרה בזה האור תכף בההתחלה כי אם לא ישמור זה החידוש שיהי' באביב כלומר שלא יקבע אותו אדם אצלו תכף ומיד בההתחלה אותה הכרה אזי אח"כ לא יכיר כלום וישאר בעקשות בלבוש הנמוך משולל אור ל ה נאמר נמי (ראה ט"ז) שמור את חודש האביב ועשית פסח וגו' כי גם זה האור הדילוג מהארת הפסח נקרא דילוג רק מצד הבריאה כי מצד השי"ת האיר באמת זה האור גם מקודם אלא שמקודם היתה אותה הארה למעלה מתפיסת אדם.
ובהרגע שמתחיל השי"ת להנהיר זאת גם בתפיסת אדם צריך האדם לשמור לבלתי יתעלם ממנו זאת ההכרה. וזהו כענין שהציב השי"ת מצוה בכל ההתחלפות משער לשער כגון בחרישה ובזריעה ובקצירה ובמרוח וכשנעשה כרי ובלישה ובאפי' למען שיכיר האדם ע"י זאת המצוה שבכל שער שלא יתעלם ממנו השורש ע"י רוב התחלפות מצורה לצורה לכך נאמר את חג המצות תשמור למועד חודש האביב וגו' ואח"כ נאמר בזאת הפרשה ולא יראו פני ריקם להורות שכל נפש מישראל צריך להוסיף מדעתו מעט יגיעה בעד כבוד שמים אזי בטח ילך לדרכו בשלום בכל ההתחלפות הבא נגדו:
Et Moché dit à ה' : Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait savoir qui Tu enverras avec moi, etc. Mon grand-père, le saint génie de juste, de bénie mémoire, expliqua par cela qu'à chaque moment de changement des temps, Moché notre Maître se tient et prie pour Israël, disant au Saint, béni soit-Il : comment Israël traversera-t-il tous ces changements qui viennent à sa rencontre ?
Car la question du changement des temps est celle qui est exposée dans le Zohar saint (Vayera 109a) : 'Il se retourne par Ses voies sinueuses' (Job 37,12). Le Saint, béni soit-Il, fait tourner des cycles et amène des faits dans le monde afin qu'ils se réalisent ; puis, lorsque les hommes pensent que ces faits vont subsister, le Saint, béni soit-Il, les transforme de ce qu'ils étaient auparavant, etc.
C'est-à-dire : lorsqu'un homme est plongé dans une chose, le Nom transforme cette chose et l'échange contre une autre couleur de vêtement. De là proviennent aussi tous les changements des temps : après qu'il semble à la créature que le Nom demeure déjà de façon fixe dans le vêtement de ce temps, le Nom échange ce temps contre un autre vêtement, opposé au précédent.
Et celui dont toute la prise n'est que dans la couleur du vêtement tombe entièrement. Moché notre Maître se tient, à chaque changement des temps, et prie pour Israël ; il montre que leur prise essentielle n'est pas seulement dans la couleur du vêtement, mais dans la racine intérieure de tous les vêtements.
Bien qu'il soit impossible, dans ce monde, d'être attaché à la lumière claire essentielle de la racine sans vêtement, comme nous le trouvons même chez le prophète véridique (Zohar, Beshallah 48a) : 'Jonas pria ה', son Elokim, etc., depuis le lieu auquel il était attaché', etc., ainsi qu'il est expliqué à sa place ; néanmoins, Moché notre Maître avait la force de montrer le lien et l'attachement du vêtement le plus bas d'Israël à la lumière claire de la racine la plus haute. Ainsi avait-il la force de montrer, comme il est rapporté dans le Midrach Rabba sur le verset : 'Moché, homme d'Elokim' (Deutéronome 33,1) : de sa moitié vers le bas, homme ; de sa moitié vers le haut, Elokim.
C'est-à-dire qu'il avait la force de montrer la connexion de tous les vêtements inférieurs d'Israël à leur racine supérieure, bénie soit-Elle. Et Moché notre Maître montre ainsi cela à chaque génération, comme il est dit dans les Tikounei Zohar (Tikoun 69, 112a) : 'Son extension est dans chaque génération, dans tout juste et sage qui s'occupe de la Torah.' À ce propos, le Midrach Tan'houma (Ki Tissa 4) rapporte : Moché dit devant le Saint, béni soit-Il : 'Maître de l'univers, après ma mort, ne serai-je plus mentionné ?' Le Saint, béni soit-Il, lui dit : 'Par ta vie !
De même que tu te tiens maintenant et leur donnes la section des chekalim, et que tu relèves leur tête, ainsi, chaque année, lorsqu'ils la lisent devant Moi, c'est comme si tu te tenais là en cet instant et relevais leur tête', etc. C'est-à-dire que Moché notre Maître sera toujours celui qui joint et relie les vêtements d'Israël à leur racine supérieure, bénie soit-Elle, selon le verset : 'Je me tenais entre ה' et vous' (Deutéronome 5,5).
Moché notre Maître est donc l'intermédiaire entre Israël et le Nom et les joint toujours à la source de leur racine. C'est pourquoi, à ce moment de changement des temps, Moché notre Maître se tient toujours, prie et dit : 'Vois, Tu me dis', etc., 'et Tu ne m'as pas fait savoir', etc. : comment Israël traversera-t-il ce changement ?
Le Nom lui répondra qu'Israël garde les avertissements dits dans cette section : 'Garde pour toi ce que Je t'ordonne aujourd'hui', etc. Alors ils passeront en paix, sans obstacle, à D.ieu ne plaise.
C'est ce qui est dit là : 'Garde-toi de conclure une alliance avec l'habitant du pays', etc. L'habitant du pays est, comme nos maîtres de bénie mémoire l'ont expliqué dans la Guemara (Chabbat 85a), celui qui connaît bien le peuplement de la terre : plein ce roseau pour cet olivier, etc.
Mais toute leur prise n'est que dans le dernier vêtement ; ils ne regardent pas l'intériorité de la chose, d'où tous ces vêtements sont advenus. Car ils ne veulent pas regarder la racine supérieure qui produit tous les vêtements ; ils occupent délibérément leur esprit afin de ne pas reconnaître la racine, car toute leur action est de leur cacher la lumière de la racine, bénie soit-Elle.
À ce propos il est dit : 'Tu ne te feras pas de dieux de fonte ; tu garderas la fête des matsot' (Exode 34,17-18). Et comme il est expliqué dans le Zohar saint (rapporté au paragraphe précédent) : 'Qu'est-ce que l'un a voir avec l'autre ?', etc.
C'est un avertissement de ne pas s'obstiner dans les vêtements inférieurs, car cela s'appelle des dieux de fonte ; mais de chercher, dans tous les vêtements, à reconnaître la lumière de leur racine qui les produit. Voilà 'tu garderas la fête des matsot'.
Matsot indique une faible action de l'homme et la faiblesse du voilement ; car, du fait de la faible action de l'homme qui se trouve dans la matsa, la racine est reconnaissable, puisque la clarté de la lumière n'est pas encore tant cachée par l'occupation de l'action humaine. Mais le hamets indique l'absence de reconnaissance de la racine, à cause de l'occupation de la grande action humaine qui s'y trouve.
Cette reconnaissance de la racine est aussi indiquée par la mitsva de la laitue (hazeret), selon leur parole, de bénie mémoire (Avoda Zara 11a) : 'La hazeret retourne la nourriture' ; cela indique qu'il ne demeure pas dans l'obstination. Voilà : 'Car c'est au mois du printemps que tu es sorti d'Égypte' (Exode 34,18).
Cela rejoint leur parole dans la Guemara (Sanhédrin 13b) : 'Garde le mois du printemps' - garde que le printemps de la saison soit au mois de Nissan. Printemps (aviv) est constitué de lettres dans leur ordre, ce qui indique l'unification de la lumière avec la perception de l'homme.
En vérité, du côté du Nom, il n'y a aucun changement ; il ne convient aucunement de dire que, de Son côté, une nouveauté est maintenant apparue, qui n'était pas auparavant. Toute la notion de nouveauté n'appartient qu'à la perception basse de l'homme.
Du côté de l'homme, un renouvellement advient à la nouvelle lune de Nissan : une connexion à Sa lumière commence à luire dans sa perception basse. Il faut donc garder ce mois afin qu'il soit au printemps, etc. : l'homme doit établir en lui-même la reconnaissance de cette lumière des le commencement.
Car s'il ne garde pas cette nouveauté afin qu'elle soit au printemps, c'est-à-dire s'il n'établit pas chez lui, tout de suite et dès le commencement, cette reconnaissance, ensuite il ne reconnaîtra plus rien et demeurera dans l'obstination du vêtement bas, privé de lumière. Il est aussi dit : 'Garde le mois du printemps et fais la Pâque', etc.
(Deutéronome 16,1), car cette lumière du saut, de l'illumination de Pessa'h, n'est appelée saut que du côté de la créature. Du côté du Nom, cette lumière brillait en vérité aussi auparavant ; seulement, auparavant cette illumination était au-dessus de la perception de l'homme.
Au moment où le Nom commence à la faire luire aussi dans la perception de l'homme, celui-ci doit la garder afin que cette reconnaissance ne lui soit pas dérobée. C'est selon ce que le Nom a placé comme mitsva à chacun des changements de porte en porte : au labour, aux semailles, à la moisson, au vannage, quand cela devient un tas, au pétrissage et à la cuisson ; afin que, par cette mitsva à chaque porte, l'homme reconnaisse que la racine ne lui soit pas dérobée par la multitude des changements de forme en forme.
C'est pourquoi il est dit : 'Tu garderas la fête des matsot, au temps du mois du printemps', etc. Puis, dans cette section, il est dit : 'Ils ne paraîtront pas devant Moi les mains vides' (Exode 34,20), pour enseigner que toute âme d'Israël doit ajouter de son propre chef un peu d'effort pour l'honneur du Ciel ; alors, assurrement, elle suivra sa route en paix à travers tous les changements qui viennent à sa rencontre.
ויאמר ה' הנה מקום אתי ונצבת לי שם על הצור וגו'. הנה מקום אתי היינו שכל המקום שהציב השי"ת להבריאה שיהי' לה מצב בזה העולם הוא עדיין לגמרי בידו ית' שמהווה המצב מזה המקום בכל רגע ורגע.
ונצבת על הצור היינו שכל המצב של הבריאה הוא רק מזה שהאציל כביכול ית' רצון להיות נקרא צור וצור מורה על ראשון שהוא חד בחושבן כי מצד הרצון העליון ית' הנקרא אחד הוא חד ולא בחושבן ואין שום מקום להבריאה וכל המקום להבריאה מתחיל מהרצון הנקרא ראשון ועל זה הרצון רומז מלת צור שמורה על המקור מכל הולדות מלשון הכתיב (ישעיהו נ״א:א׳) הביטו אל צור חצבתם וגו' ומפאת זה המקור נמשך כל המקום להבריאה ועל זה המקור מסובבים כל עבודת אדם כדאיתא בגמ' (זבחים מ"ו:) לשם ששה דברים הזבח נזבח לשם ה' וכו' לשם מי שאמר והי' העולם וכו' וזהו והי' בעבור כבודי ושמתיך בנקרת הצור היינו שכל ההגנה נמשך להאדם מזה הרצון ית' שצמצם את גודל האור למען שיהי' מקום להבריאה וזה הצמצום נקרא נקרת הצור. ושכותי כפי עליך וגו' כפי מורה על כלי פעולה ורומז על כל המצות מעשיות היינו שכל המצות מעשיות נמשכים מזה הרצון שהציב כביכול ית' שישראל יהי' הכלי פעולה שלו:
Et ה' dit : 'Voici, il y a un lieu auprès de Moi, et tu te tiendras là sur le rocher', etc. 'Voici, il y a un lieu auprès de Moi' signifie que tout le lieu que le Nom a assigné à la créature pour qu'elle ait une position dans ce monde est encore entièrement dans Sa main, bénie soit-Elle, Lui qui produit la situation de ce lieu à chaque instant. 'Tu te tiendras sur le rocher' signifie que toute la situation de la créature vient seulement de ce qu'Il a émané, si l'on peut dire, la volonté d'être appelé Rocher. Rocher indique le Premier (rishon), qui est un dans le calcul.
Car, du côté de la volonté supérieure, bénie soit-Elle, qui est appelée Un, Il est un mais n'est pas dans le calcul, et il n'y a aucun lieu pour la créature. Tout le lieu pour la créature commence par la volonté appelée Premier.
Le mot rocher y fait allusion, car il indique la source de toutes les générations, selon le langage du verset : 'Regardez le rocher d'où vous avez été taillés' (Isaie 51,1). De cette source se prolonge tout le lieu de la créature, et toutes les œuvres de l'homme entourent cette source, comme il est rapporté dans la Guemara (Zevahim 46b) : 'Le sacrifice est offert pour six intentions : pour le Nom, etc., pour Celui qui a dit et le monde fut', etc.
Voilà 'lorsque passera Ma gloire, Je te placerai dans la fente du rocher' : toute la protection se prolonge pour l'homme de cette volonté, bénie soit-Elle, qui a restreint la grandeur de la lumière afin qu'il y ait un lieu pour la créature ; cette restriction est appelée la fente du rocher. 'Je te couvrirai de Ma paume', etc. Ma paume indique l'instrument de l'action et fait allusion à toutes les mitsvot pratiques : toutes les mitsvot pratiques se prolongent de cette volonté par laquelle Il a assigné, si l'on peut dire, qu'Israël soit Son instrument d'action.
את חג המצות תשמור וגו'. בזוה"ק (תצוה קפ"ב.) א-להי מסכה לא תעשה לך את חג המצות תשמור מאי האי לגבי האי וכו'.
היינו כי חמץ מורה על כל פעולות אדם שנדמה לו בהם שיש לו איזה כח ועל זה כתיב לא נאמר עוד א-להינו למעשה ידינו וזה הפסוק אמר הנביא אף על העבודות היקרות ביותר אם נדמה בהם להאדם שיש לו בהם איזה כח כגון שנדמה לו שיש בו כח התפלה בזכות צדקתו להכריח בהפצרת תפילתו את רצונו ית' על זה כתיב לא נאמר עוד א-להינו למעשה ידינו כי כל מה שנדמה לאדם שיש בו איזה כח זה הדמיון הוא באמת ע"ז ונקרא א-להי מסכה וזהו שאיתא בזוה"ק (שם) אם חמץ אסור למה שרי למיכלא בכל יומא שתא אלא כדי לאחזאה חירות וכו' היינו לזה צריכין בזה החג לאכילת מצות כדי לקבוע בלב הכרה שהשי"ת הוא חי העולמים היינו שכל כח הפעולות המה רק בידו ית' ולאחר שנקבע גבי האדם היטב זאת ההכרה אזי יכול לאכול שפיר בשאר ימות השנה אפילו חמץ ולא נאמר עוד א-להינו למעשה ידינו כי יהי' מכירין היטב בכל כח פעולתם שהוא באמת רק כחו ית' וזהו שנאמר כאן אחר את חג המצות תשמור וגו' ששת ימים תעבוד וביום השביעי תשבות אף שכל המועדים נמשכים מקדושת שבת ומה זה שנאמר כאן אחר חג המצות תשמור המצוה של שבת. אמנם יען שבחג המצות האיר השי"ת לישראל אור עתיקא ומהארת אור כזה יכול להתמשך בלבבות ישראל תקיפות יתירה שיהי' נדמה להם שזה האור הוא אצלם בקביעות אף בלי העבודה לזה נאמר אחר חג המצות תשמור מצות שבת להורות שכל זאת הקדושה הוא רק מצדו ית' ואין בה להאדם שום חלק ומאחר שהוא רק מצדו ית' א"כ איזה תקיפות יכולין לקבל מזה ולזה נאמר אח"כ וחג שבועות תעשה לך וגו' להורות אשר אחר שיברר האדם א"ע שבע פעמים שבע מזוקק שבעתים עד שמכיר היטב שכל הפועל הוא רק השי"ת לבדו אזי יכולין אח"כ להביא חמץ למקדש להורות שבפעולות כאלו שיש בהם זאת ההכרה הוא עיקר רצונו ית':
Tu garderas la fête des matsot, etc. Dans le Zohar saint (Tetsaveh 182a) : 'Tu ne te feras pas de dieux de fonte ; tu garderas la fête des matsot' : qu'est-ce que l'un a voir avec l'autre ?, etc.
Car le hamets indique toutes les actions de l'homme, dans lesquelles il s'imagine avoir quelque force. À ce propos il est écrit : 'Nous ne dirons plus : Notre Elokim, à l'œuvre de nos mains' (Osée 14,4).
Le prophète a dit ce verset même à propos des œuvres les plus précieuses : si l'homme s'imagine avoir en elles quelque force, par exemple s'il s'imagine avoir la force de la prière, par le mérite de sa justice, pour contraindre par l'insistance de sa prière Sa volonté, bénie soit-Elle, alors il est écrit : 'Nous ne dirons plus : Notre Elokim, à l'œuvre de nos mains'. Car tout ce que l'homme s'imagine avoir comme force, cette imagination est en vérité de l'idolâtrie et est appelée dieux de fonte.
Voilà ce qui est rapporté dans le Zohar saint (ibid.) : 'Si le hamets est interdit, pourquoi est-il permis de le manger tous les jours de l'année ? Mais afin de montrer la liberté', etc.
C'est-à-dire que, pour cette fête, il faut manger des matsot afin de fixer dans le cœur la reconnaissance que le Nom est la Vie des mondes, c'est-à-dire que toute force des actions n'est qu'en Sa main, bénie soit-Elle. Une fois cette reconnaissance bien fixée chez l'homme, il peut alors bien manger, les autres jours de l'année, même du hamets, et il ne dira plus : 'Notre Elokim, à l'œuvre de nos mains', car il reconnaîtra bien, dans toute force de son action, qu'elle n'est en vérité que Sa force, bénie soit-Elle.
Voilà pourquoi il est dit ici, après 'Tu garderas la fête des matsot', etc. : 'Six jours tu travailleras, et le septième jour tu chommeras' (Exode 34,21). Bien que toutes les fêtes se prolongent de la sainteté du Chabbat, pourquoi le commandement du Chabbat est-il dit ici après 'Tu garderas la fête des matsot' ?
Mais parce qu'à la fête des matsot le Nom a fait briller pour Israël la lumière de Atika (l'Ancien), et que de l'illumination d'une telle lumière une force excessive peut se prolonger dans les cœurs d'Israël, au point qu'il leur semble que cette lumière est chez eux de façon fixe, même sans l'œuvre. C'est pourquoi, après 'Tu garderas la fête des matsot', le commandement du Chabbat est dit, afin d'enseigner que toute cette sainteté n'est que de Son côté, bénie soit-Elle, et que l'homme n'y a aucune part.
Or, puisqu'elle n'est que de Son côté, bénie soit-Elle, quelle force peuvent-ils en recevoir ? C'est pourquoi il est dit ensuite : 'Tu feras pour toi la fête des Semaines', etc.
(Exode 34,22), afin d'enseigner qu'après que l'homme s'est éprouvé lui-même sept fois sept, affiné sept fois, jusqu'à reconnaître bien que l'Agent est seulement le Nom, Lui seul, alors on peut ensuite apporter du hamets au Sanctuaire, pour montrer que les actions où se trouve cette reconnaissance sont Sa volonté essentielle, bénie soit-Elle.
שלש סעודות שחוה"מ פסח
Trois repas de Hol haMoed Pessa'h.
Dans la Guemara, lorsqu'un Chabbat tombe pendant 'Hol haMoed, on lit « Vois », et à Pessa'h la haftara des ossements desséchés. Le Sod Yecharim rapporte de son père que toute germination de délivrance n'est qu'une illumination de l'avenir. La pousse d'été fait allusion à la résurrection : une parcelle de vitalité demeure dans la semence. La résurrection vient de la Torah, de l'ordre de ce qui était : l'inquiétude gravée dans les os, de n'avoir pas servi parfaitement, fait revivre l'homme dans sa saisie précédente. Ils se lèvent avec leurs défauts afin de se reconnaître. Dans l'avenir, l'esprit Argistis révèle l'unité de la racine, et toute disparition procède de l'opposition apparente des éléments.
Aussi : à Soukkot, la haftara de Gog et les déchets secoués à la rentrée ; après le veau, Moché demande le lien reconnu dans la saisie basse ; le carré reste dans le cercle chez Israël et en sort chez Gog.
בגמ' (מגילה ל"א.) א"ר הונא אמר רב שבת שחל להיות בחולו של מועד בין בפסח ובין בסכות מקרא קרינון ראה אתה וגו' אפטורי בפסח העצמות היבשות ובסכות ביום בא גוג וכו'. ביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה שכל מיני צמיחות ישועה שאנו רואים בזה העולם המה הכל הארה מלעתיד כי הצמיחה שבימי הקיץ רומז על תחיית המתים שאין התבטלות לשום דבר הנטמן בקרקע כי אם הי' התבטלות להגרעון הנזרע בארץ מהיכן הי' נצמח אח"כ.
אלא ע"כ שנשאר תמיד בהזריעה קוסטא דחיותא כענין ההבלי דגרמי המובא בזוה"ק (לך פ"ג. שלח קס"ט.) שממנה מקיץ האדם משינתו כך רומז זאת הצמיחה על תחיית המתים מההבלי דגרמי והקוסטא דחיותא הנשארת בהאדם ועל זה אמרו ז"ל (סנהדרין צ'.) ואלו שאין להם חלק לעולם הבא האומר אין תחיית המתים מן התורה היינו אף שמאמין בכל התורה מסתמא מאמין ג"כ שהשי"ת הוא כל יכול לעשות גם מה דלא הוי אלא שאומר אין תחית המתים מן התורה היינו שאומר שהתחי' לא יהי' מן התורה אלא שיהי' על דרך מה דלא הוי הוי כלומר שלא יכיר אדם את תפיסתו שהי' אצלו מלפנים וזה נקרא אין תחיית המתים מן התורה כי באמת יהי' עיקר התחי' מן התורה היינו שכל אדם יהי' מכיר אז א"ע בתפיסתו הקודמת כי התורה שהי' עוסק בה מלפנים זה התורה בעצמה יהי' מחי' אותו לעתיד עד שיזכור אדם על ידה כל הסבלנות והיגיעות שעברו עליו מלפנים בעוה"ז ואלו היגיעות שהי' לו בהדברי תורה והצמצומים שהי' א לו על ידה זה בעצמו יהי' מחי' אותו לעתיד ויכולין להוכיח זאת מן ההיפך ממה דכתיב ותהי עונותם חקוקים על עצמותם ומעצמית הפעולה של החטא ועון אין הכתיב צריך להודיענו שנחקק בעצמותיו כי מאחר שפעל העון במעשה בודאי נשאר זה החטא בקביעות אצלו אלא שהכתוב משמיענו כאן מהזדון הנמצא בפעולת החטא אשר אותו הזדון והתאוה נשאר נחקק בעצמותיו של החוטא א"כ ק"ו במדה טובה שהוא מרובה כשפועל האדם מעשה המצוה וכל חשקו וחפץ רצונו בזאת הפעולה הוא כדי לקיים רצונו ית' בשלימות אלא שאי אפשר לבו"ד לקיים בשלימות רצונו ית' כי מי יאמר זכיתי לבי ומפאת זה נשאר תמיד דאגה בלב האדם פן ואולי לא כוין יפה למטרת רצונו ית' ולא פעל אותה בשלימות כמאמרם ז"ל בגמ' (שבת פ"ו:) ישראל דדאגו במצות חבל גופיי' היינו שדואגים תמיד מדוע אין בכחם לעבוד בשלימות כרצונו ית' וזאת הדאגה נחקק בודאי על עצמותם וממנה יהי' כל התחי' שלהם וזהו תחית המתים מן התורה שהתחי' יהי' ע"ד מה דהוי הוי שהתורה בעצמה הנשארת בהגוף ונחקק בעצמותיו תחיה אותו לעתיד ועל זה אמרו ז"ל בגמ' (שם) כשיעמדו במומן יעמדו כדי שיכירו א"ע וכו' היינו כדי שיכירו ויזכירו כל הדאגות והצמצום שהי' אצלם בעוה"ז מלפנים ועל זה כתיב כה אמר ה' מארבע רוחות באי הרוח ופחי בהרוגים האלה ויחיו וגו' וכמבואר במדרש רבה (צו פ"ט) לפי שבעוה"ז בזמן שרוח צפונית מנשבת אין רוח דרומית מנשבת ובזמן שרוח דרומית מנשבת אין רוח צפונית מנשבת אבל לעתיד אמר הקב"ה אני מביא רוח ארגיסטס בעולם שמשמשות בו שתי רוחות היינו כי בעוה"ז אינו ניכר האחדות בשלימות ונראה שכל אחד מתנגד לחבירו עד היכן אפילו בפעולת המצות אינו ניכר ג"כ מפורש שורש אחדותן כמו שמצינו בגמ' אביך במאי זהיר טפי הרי שכל אחד הי' לו מצוה מיוחדת שהי' נזהר בה ביותר טפי מחבירו וחבירו הי' לו ג"כ מצוה אחרת שהי' נזהר בה טפי וזאת נראה על הגוון שכל אחד מתנגד לחבירו ועל זה רמזו ז"ל שם בעוה"ז בזמן שרוח צפונית מנשבת אין רוח דרומית מנשבת אבל לעתיד יוציא ה' רוח ארגיסטס המנשב מארבע רוחות וכו' ובזוה"ק (נשא ק"ל:) נקרא זה הרוח רוחא דכליל מכל רוחין וכו' היינו שאז יתגלה האחדות האמתי כמו שהוא באמת מצד השי"ת שאין שום התנגדות ח"ו בשורשם כלל מאחד לזולתו וזה הוא עיקר תחית המתים כי כל העדר ומיתה שיש בעוה"ז נמשך רק מזה שנראה על הגוון שכל אחד סותר לחבירו כי הבריאה הוא מורכב מכמה יסודות וכמבואר בזוה"ק (תולדות קל"ו:) כל מה שברא הקב"ה בעולמות שלו חוץ ממנו הי' בשתוף וכו' דכל דעבד קב"ה עבד כגון גופא ונשמתא וכו' היינו שכל הדברים שבעולם המה מורכבים ואפילו המלאכים משמע שם שהם נמי מורכבים ובכל זאת המה חיים וקיימים לעולם כי באמת מאחר שזאת ההרכבה הציב הרצון ית' מהיכן נמשך לה העדר אכן כל העדר הנמצא בזה העולם הוא רק מסבת גוון חלוקי היסודות הנמצא בהרכבת הבריאה שנראה על הגוון שכל יסוד חפץ להתגבר על חבירו ולבטלו ומזה ההתנגדות הנראה על הגוון נמשך כל ההעדר בעוה"ז אבל לעתיד כשיתגלה שורש אחדותו ית' כמו שהוא באמת בלי שום התנגדות אזי לא יהי' עוד שום העדר והתבטלות בזה העולם נמי וזהו ענין תחית המתים של חג הפסח:
Dans la Guemara (Meguila 31a) : Rabbi Houna dit au nom de Rav : lorsqu'un Chabbat tombe pendant 'Hol haMoed, aussi bien à Pessa'h qu'à Soukkot, on lit la section Ré'eh attah, etc. ; comme haftara, à Pessa'h, les ossements desséchés, et à Soukkot, Le jour où Gog viendra, etc. Mon père et maître, le saint illustre de bénie mémoire, expliquait que toutes les sortes de germinations de délivrance que nous voyons dans ce monde ne sont qu'une illumination de l'avenir.
La pousse des jours d'été fait allusion à la résurrection des morts : rien de ce qui est enfoui dans la terre ne s'annule ; car, s'il y avait annulation du grain semé en terre, d'où pousserait-il ensuite ? Il faut donc qu'il demeure toujours dans la semence un kosta de'hayata (une parcelle de vitalité), comme les havlei de-garmei (vapeurs des os), mentionnés dans le Zohar (Lekh lekha 3a ; Chelah 169a), dont l'homme se réveille de son sommeil.
Ainsi cette pousse fait-elle allusion à la résurrection des morts, par les havlei de-garmei et le kosta de'hayata qui demeure dans l'homme. C'est à ce propos que nos sages, de bénie mémoire, ont dit (Sanhédrin 90a) : Ceux-ci n'ont pas de part au monde à venir : celui qui dit que la résurrection des morts ne vient pas de la Torah.
Cela signifie que, même s'il croit à toute la Torah, il croit sans doute aussi que le Saint, béni soit-Il, est tout-puissant et peut faire aussi ce qui n'était pas ; mais il dit que la résurrection ne viendra pas de la Torah, c'est-à-dire qu'elle sera de l'ordre de ce qui n'était pas et devient, et l'homme ne reconnaîtra pas la saisie qui était la sienne auparavant. Cela s'appelle : la résurrection des morts ne vient pas de la Torah.
Car, en vérité, l'essentiel de la résurrection viendra de la Torah : chacun se reconnaîtra alors dans sa saisie précédente, car la Torah à laquelle il s'adonnait auparavant, cette Torah elle-même le fera revivre dans l'avenir, jusqu'à ce que l'homme se souvienne par elle de toutes les endurances et de tous les efforts qui lui sont passés auparavant dans ce monde. Et ces efforts qu'il avait dans les paroles de Torah, et les restrictions qu'il avait à cause d'elle, seront eux-mêmes ce qui le fera revivre dans l'avenir.
On peut le prouver par l'inverse, de ce qui est écrit : 'Leurs fautes seront gravées sur leurs os.' Le verset n'aurait pas besoin de nous faire savoir que l'action même de la faute est gravée dans ses os ; puisqu'il a accompli la faute par un acte, cette faute demeure assurment fixée en lui. Mais ici l'Écriture nous fait entendre le dessein volontaire qui se trouve dans l'acte de faute : ce dessein et ce désir demeurent gravés dans les os du pécheur.
À plus forte raison en ce qui concerne le bien, dont la mesure est plus grande : lorsque l'homme accomplit l'acte d'une mitsva, tout le désir et le vouloir de son cœur dans cet acte étant d'accomplir pleinement Sa volonté, qu'Il soit béni ; mais il est impossible à un être de chair et de sang d'accomplir pleinement Sa volonté, car qui dira : 'J'ai purifié mon cœur' ? De ce fait, une inquiétude demeure toujours dans le cœur de l'homme : peut-être n'a-t-il pas bien visé le but de Sa volonté, qu'Il soit béni, et ne l'a-t-il pas accompli parfaitement.
Comme nos sages l'ont dit dans la Guemara (Chabbat 86b) : 'Israël, parce qu'ils s'inquiètent pour les mitsvot, leurs corps sont affaiblis' ; ils s'inquiètent sans cesse de savoir pourquoi ils n'ont pas la force de servir parfaitement selon Sa volonté, qu'Il soit béni. Cette inquiétude est assurment gravée dans leurs os, et toute leur résurrection viendra d'elle.
Tel est le sens de : la résurrection des morts vient de la Torah ; la résurrection sera de l'ordre de ce qui était et devient, car la Torah elle-même qui demeure dans le corps et est gravée dans ses os le fera revivre dans l'avenir. C'est à ce propos que nos sages ont dit dans la Guemara (ibid.) : 'Ils se lèveront avec leurs défauts, afin qu'ils se reconnaissent', etc. ; afin qu'ils reconnaissent et se rappellent toutes les inquiétudes et les restrictions qui étaient les leurs auparavant dans ce monde.
À ce sujet il est écrit : 'Ainsi parle ה' : Viens, esprit, des quatre vents ; souffle sur ces tués, et qu'ils vivent' (Ezechiel 37,9). Comme l'explique le Midrach Rabba (96,9), dans ce monde, quand le vent du nord souffle, le vent du sud ne souffle pas ; et quand le vent du sud souffle, le vent du nord ne souffle pas.
Mais dans l'avenir, le Saint, béni soit-Il, a dit : Je fais venir dans le monde le vent argistis, dans lequel deux vents agissent. Car, dans ce monde, l'unité ne se reconnaît pas parfaitement, et il paraît que chacun s'oppose à son compagnon.
Jusqu'où cela va-t-il ? Même dans l'accomplissement des mitsvot, leur racine unique ne se reconnaît pas explicitement, comme nous le trouvons dans la Guemara : 'En quoi ton père était-il particulièrement scrupuleux ?' Voici que chacun avait une mitsva particulière dont il était plus scrupuleux que son compagnon, et son compagnon avait aussi une autre mitsva dont il était plus scrupuleux.
Cela donne l'apparence que chacun s'oppose à son compagnon. C'est à cela que nos sages ont fait allusion la-bas : dans ce monde, quand le vent du nord souffle, le vent du sud ne souffle pas ; mais dans l'avenir, ה' fera sortir le vent argistis qui souffle des quatre vents, etc.
Dans le Zohar (Nasso 130b), ce vent est appelé rou'ha de-kalil mi-kol rou'hin (l'esprit qui comprend tous les vents), etc. C'est alors que se révélera l'unité véritable, telle qu'elle est en vérité du côté du Saint, béni soit-Il : il n'y a, à la racine, aucune opposition, à Dieu ne plaise, entre une chose et une autre.
C'est là l'essentiel de la résurrection des morts. Car toute disparition et toute mort qui existent dans ce monde ne procèdent que de ceci : il paraît que chacun contredit son compagnon.
La création est composée de plusieurs éléments, comme l'explique le Zohar (Toledot 136b) : 'Tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé dans Ses mondes, hors Lui, était en association... car tout ce que le Saint, béni soit-Il, a fait, Il l'a fait, tel le corps et l'âme, etc.' Cela signifie que toutes les choses du monde sont composées ; même les anges, il ressort de là-bas qu'eux aussi sont composés. Et pourtant ils vivent et subsistent à jamais, car, en vérité, puisque Sa volonté, qu'Il soit béni, a établi cette composition, d'où viendrait sa disparition ?
Toute disparition qui se trouve dans ce monde ne vient que de la diversité d'aspect des éléments qui sont dans la composition de la création : il paraît que chaque élément désire dominer son compagnon et l'annuler ; de cette opposition apparente procède toute disparition dans ce monde. Mais dans l'avenir, lorsque se révélera la racine de Son unité, qu'Il soit béni, telle qu'elle est en vérité, sans aucune opposition, il n'y aura plus aucune disparition ni annulation, dans ce monde également.
Tel est le sujet de la résurrection des morts de la fête de Pessa'h.
ובסכות מפטירין ביום בא גוג לרמז כמו שנאמר (איוב ל״ח:י״ג) לאחוז בכנפות הארץ וינערו רשעים ממנה וגו' היינו כי בסוכות הוא זמן אסיפה לבית והתבואה הנאסף מן השדה הוא מלאה פסולת כי בכל הצמיחות מוכרח להיות פסולת ג"כ ואלו הפסולת רומזין כדאיתא בגמ' (שם) כשיעמדו במומן יעמדו כדי שלא יאמרו אחרים המית ואחרים החי' וכו' וביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה שמדבר שהי' האדם סובל ממנה הרבה לא נשכת ממנו לעולם ולכך יעמדו במומן כדי שיכירו א"ע כי בדבר שלא הי' לו להאדם שום סבלנות בנקל לו מאד להאדם לשכוח מה שאין כן במה שהי' סבל האדם והי' דואג בה זאת זוכר אדם לעולם וזהו במומן יעמדו כלומר שזה בעצמו שהי' סובלים ודאיגו במצות וזאת הדאגה נקרא בזוה"ק (שלח קס"ט.) עצבוני דרוחי וכו' ודוקא ע"י הסבלנות והדאגה מזה המום יכירו את עצמם היטב בתפיסתם הקודמת שהי' אצלם מלפנים ויהי' רואים מפורש שהתחי' הוא מה דהוי ולא מה דלא הוי ועל זה רומזים צמיחות הפסולת בהתבואה שהתחי' יהי' דוקא במומם ואח"כ כשמאספין התבואה אל הבית אזי מנקין אותה מהפסולת וזה רומז כדכתיב לאחוז בכנפות הארץ וינערו רשעים ממנה ואזי יהי' נגמר תחית המתים בתכלית השלימות כי תחית המתים של פסח הוא התחלת התחי' שבמומם יעמדו ויהי' ניכר עדיין הפסולת שסבלו מהם כבר אבל אח"כ בסכות יתרפאו לגמרי ממומן שיהי' כדכתיב לאחוז בכנפות הארץ וינערו רשעים ממנה וגו' ואז יתבטלו כל הפסולות המפרידים והמסתירים את אור אחדותו ית':
À Soukkot, on lit comme haftara : 'Le jour où Gog viendra', pour faire allusion à ce qui est dit : 'Pour saisir les bords de la terre, afin que les méchants en soient secoués' (Job 38,13), etc. En effet, Soukkot est le temps de la rentrée à la maison, et le grain rentré du champ est plein de déchets ; car toute pousse doit aussi avoir des déchets.
Ces déchets font allusion, comme il est rapporté dans la Guemara (ibid.), à : 'Ils se lèveront avec leurs défauts, afin que l'on ne dise pas : ce sont d'autres qui les ont fait mourir et d'autres qui les ont fait vivre', etc. Mon père et maître, le saint illustre de bénie mémoire, expliquait que l'homme n'oublie jamais ce dont il a beaucoup souffert.
C'est pourquoi ils se lèveront avec leurs défauts, afin qu'ils se reconnaissent eux-mêmes. Car une chose pour laquelle l'homme n'a eu aucune endurance, il lui est très facile de l'oublier ; tandis que ce dont il a souffert et pour quoi il s'est inquiété, l'homme s'en souvient toujours.
Tel est le sens de : ils se lèveront avec leurs défauts ; c'est-à-dire que ce dont ils ont souffert et qu'ils se sont inquiétés pour les mitsvot, cette inquiétude est appelée dans le Zohar (Chelah 169a) itsvonei de-rou'hi (la peine de mon esprit), etc. C'est précisément par l'endurance et l'inquiétude causées par ce défaut qu'ils se reconnaîtront bien dans leur saisie précédente, celle qu'ils avaient auparavant ; ils verront explicitement que la résurrection est de l'ordre de ce qui était, et non de ce qui n'était pas.
Les poussées de déchets dans le grain font allusion à cela : la résurrection sera précisément avec leurs défauts. Ensuite, lorsqu'on rentre le grain dans la maison, on le nettoie de ses déchets ; cela fait allusion à ce qui est écrit : 'Pour saisir les bords de la terre, afin que les méchants en soient secoués.' Alors la résurrection des morts sera achevée dans sa perfection ultime.
Car la résurrection des morts de Pessa'h est le commencement de la résurrection : ils se lèveront avec leurs défauts, et les déchets dont ils ont déjà souffert seront encore reconnaissables. Mais ensuite, à Soukkot, ils guériront entièrement de leurs défauts, comme il est écrit : 'Pour saisir les bords de la terre, afin que les méchants en soient secoués', etc.
Alors tous les déchets qui séparent et cachent la lumière de Son unité, qu'Il soit béni, seront annulés.
איתא בגמ' (מובא לעיל) שבת שחל להיות בחולו של מועד בין בפסח ובין בסוכות מקרא קרינון ראה אתה וגו' אפטורי בפסח העצמות היבשות ובסוכות ביום בא גוג וכו'. הנה זאת התקיפות לומר להשי"ת ראה אתה אומר אלי וגו' השיג משה רבינו אחר החטא של עגל כי באמת לפי הסדר ממערכת הבריאה כאשר יחטא האדם ח"ו אפילו כחוט השערה נגד רצונו ית' נתבטל ממנו ממילא כל החיים.
וכאשר ראה מרע"ה שאף אחר חטאם מהעגל לא נפסק מהם החיים וכדכתיב (נחמי' ט') אף כי עשו להם עגל מסכה וגו' ואתה ברחמיך הרבים לא עזבתם במדבר וגו' ומנך לא מנעת מפיהם ומים נתת להם לצמאם וגו' ומזה הי' מכיר שההתקשרות שיש להשי"ת עם ישראל הוא למעלה הרבה מהבנת תפיסתו לזה ביקש מרע"ה ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני וגו' היינו שביקש מהשי"ת שינהיר זאת ההתקשרות בהבנת התפיסה הנמוכה של זה העולם ג"כ כי זאת התפיסה הנמוכה שאין בכחה להכיר ולהבין זה ההתקשרות הוא ג"כ מרצונו ית' שהציב תפיסה קטנה כזו וכן השי"ת יכול ליתן לו שכל ובינה בהתפיסה של זה העולם שיכירו ג"כ זה ההתקשרות ממקום העליון וזהו שאמר ואתה לא הודעתני וגו' כלומר שלא נתת לי בינה ודעת להכיר בתפיסתי זאת ההתקשרות והשיב לו השי"ת פני ילכו והנחותי לך וגו' ואמר אזמו"ר הגה"ק זללה"ה פני ילכו היינו הפנים של זעם פירוש שזאת התפיסה קטנה שהציב לנו השי"ת לבלתי יהי' הכרה בתפיסתנו בהתקשרות העליון שיש להשי"ת עם ישראל זה הוא בעצמו הפנים של זעם וכאשר ילך זה הלבוש שנראה כפנים של זעם אזי יהי' מכירים בשורש התקשרות העליון ויהי' ישראל בנייחה אמנם אימתי יעבור זה הלבוש הנקרא פנים של זעם על זה רומז חג הסכות שהוא זמן אסיפה לבית שרומז על אחר כל העבודות והברורים של ישראל אזי יחתום השי"ת שהם בקביעות בלב ישראל וזה נקרא זמן האסיפה לבית ואז יהי' נתגלה מפורש שורש גודל התקשרות שיש להשי"ת עם ישראל ולזה מפטירין בסוכות מפלתו של גוג כי כאשר מתחיל לזרוח מהשורש העליון אזי נתעורר לעומת זה הקטרוג של גוג כי גוג מורה על גוון נאה ומיופה מאד כמבואר במקומו ולכך הוא מעורר גודל קטרוג כי אומר הלא הגוון יפה שלי מוכרח נמי להיות מהשורש כי אם לא כן מהיכן יש לה קיום הוי' אמנם השי"ת יהי' מברר אז הגם שאמת הוא שרצונו ית' הוא השורש מכל הגוונים שבעולם כי בלעדי רצונו ית' אין שום דבר מהווה את עצמה ח"ו אכן החילוק שבין ישראל לגוג הוא כדאיתא בזוה"ק (הקדמת בראשית ו'.) שבהקדושה הוא ריבוע בתוך עגולא ובסטרא אחרא הוא ריבוע דנפיק לבר מהעגולא היינו כי מצד השי"ת הוא המקיף את כל העולם אף את האומות הכל בבחינת עגולא אכן מצד האדם מתחיל בחינת ריבוע בזה שמתחיל לנטות לקצה מן הקצוות במה שנוגע לצרכי גופו אכן העכו"ם כשנוטים לאחת הקצוות לצרכי גופם המה פוסעים לבר ממרכז העוגל ומתרחקים להלן כ"כ עד שנראה כמו חלל בינם לרצונו ית' והוא כדכתיב מחללי' מות יומת וכמבואר בזוה"ק (שם) מאן מחללי' מאן דעאל לגו חלל דעגולא ורבועא לאתר דההוא נקודה שרי' ופגים בי' מות יומת וכו' וזהו ריבוע דנפיק מגו עגולא אבל אצל ישראל כשצריכין לפעמים לצאת לאחת הקצוות לצרכי גופם אזי הוא כמאמרם ז"ל בגמ' כשאתה יוצא לדרך המלך בקונך וצא היינו שממליכין מקודם השי"ת ומשמרים את עצמם לבלתי יתרחקו ח"ו כ"כ ממרכז העוגל עד שיהי' חלל ח"ו ביניהם וזה נקרא ריבוע בתוך העגולא וכאשר יגמור זה הבירור אזי יהי' מפלתו של גוג:
Il est rapporté dans la Guemara, citée plus haut : lorsqu'un Chabbat tombe pendant 'Hol haMoed, aussi bien à Pessa'h qu'à Soukkot, on lit la section Ré'eh attah, etc. ; comme haftara, à Pessa'h, les ossements desséchés, et à Soukkot, Le jour où Gog viendra, etc. Cette force de dire au Saint, béni soit-Il : 'Vois, Tu me dis', etc., Moché notre maître l'atteignit après la faute du veau.
Car, selon l'ordre du système de la création, lorsque l'homme faute, à Dieu ne plaise, ne fût-ce que de l'épaisseur d'un cheveu contre Sa volonté, qu'Il soit béni, toute vie se trouve automatiquement retranchée de lui. Or, lorsque Moché notre maître vit que, même après la faute du veau, leur vie ne fut pas interrompue, comme il est écrit : 'Même lorsqu'ils se firent un veau de fonte, etc., Toi, dans Tes grandes miséricordes, Tu ne les abandonnas pas dans le désert, etc. ; Tu ne retins pas Ta manne de leur bouche, et Tu leur donnas de l'eau pour leur soif' (Nehemie 9,18-20), il reconnut par là que le lien du Saint, béni soit-Il, avec Israël est très au-dessus de ce que pouvait comprendre sa saisie.
C'est pourquoi Moché notre maître demanda : 'Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaître', etc. (Exode 33,12).
Il demanda au Saint, béni soit-Il, d'éclairer ce lien également dans la saisie basse de ce monde. Car cette saisie basse, qui n'a pas la force de reconnaître et de comprendre ce lien, vient elle aussi de Sa volonté, qu'Il soit béni, qui a établi une si petite saisie ; et le Saint, béni soit-Il, peut aussi lui donner intelligence et discernement dans la saisie de ce monde, afin qu'ils reconnaissent eux aussi ce lien depuis le lieu supérieur.
Tel est le sens de : 'Tu ne m'as pas fait connaître', c'est-à-dire : Tu ne m'as pas donné intelligence et connaissance pour reconnaître ce lien dans ma saisie. Le Saint, béni soit-Il, lui répondit : 'Ma face ira, et Je te donnerai le repos', etc.
Mon aïeul et maître, le saint illustre de bénie mémoire, disait : 'Ma face ira' signifie la face de courroux. Autrement dit, cette petite saisie que le Saint, béni soit-Il, nous a donnée, afin que notre saisie ne reconnaisse pas le lien supérieur qu'Il a avec Israël, est elle-même la face de courroux.
Lorsque ce vêtement qui paraît être une face de courroux s'en ira, on reconnaîtra la racine du lien supérieur, et Israël sera dans le repos. Mais quand ce vêtement, appelé face de courroux, passera-t-il ?
La fête de Soukkot y fait allusion : elle est le temps de la rentrée à la maison, ce qui fait allusion au fait qu'après tous les travaux et les triages d'Israël, le Saint, béni soit-Il, les scellera comme fixés dans le cœur d'Israël. Cela s'appelle le temps de la rentrée à la maison.
Alors se révélera explicitement la racine de la grandeur du lien que le Saint, béni soit-Il, a avec Israël. C'est pourquoi, à Soukkot, on lit comme haftara la chute de Gog.
Car, lorsque la lumière commence à luire depuis la racine supérieure, l'accusation de Gog s'éveille en face. Gog indique un bel aspect, très embelli, comme expliqué en son lieu ; c'est pourquoi il éveille une grande accusation, disant : mon bel aspect doit aussi venir de la racine, car sinon, d'où aurait-il une existence ?
Mais le Saint, béni soit-Il, établira alors clairement que, bien qu'il soit vrai que Sa volonté, qu'Il soit béni, est la racine de tous les aspects du monde, car sans Sa volonté, qu'Il soit béni, aucune chose ne peut se faire exister elle-même, à Dieu ne plaise, la différence entre Israël et Gog est celle qui est exposée dans le Zohar (Introduction de Bereshit 6a) : dans la sainteté, le carré est à l'intérieur du cercle, tandis que dans la sitra a'hra (l'autre côté), le carré sort hors du cercle. Car du côté du Saint, béni soit-Il, Il entoure le monde entier, y compris les nations : tout est dans l'aspect du cercle.
Mais du côté de l'homme commence l'aspect du carré, lorsqu'il commence à s'incliner vers l'un des extrêmes pour les besoins de son corps. Or, lorsque les nations s'inclinent vers l'un des extrêmes pour les besoins de leur corps, elles avancent hors du centre du cercle et s'éloignent si loin qu'il paraît y avoir un vide entre elles et Sa volonté, qu'Il soit béni.
C'est ce qui est écrit : 'Celui qui le profane sera mis à mort' (Exode 31,14). Le Zohar y explique : 'Qui est celui qui le profane ?
Celui qui entre dans le vide du cercle et du carré, au lieu où réside ce point, et le corrompt : il sera mis à mort', etc. Tel est le carré qui sort du cercle.
Mais chez Israël, lorsqu'il leur faut parfois aller vers l'un des extrêmes pour les besoins de leur corps, c'est selon la parole de nos sages dans la Guemara : 'Quand tu pars en chemin, consulte ton Créateur, puis pars.' Ils font d'abord régner le Saint, béni soit-Il, et se gardent de ne pas s'éloigner, à Dieu ne plaise, si loin du centre du cercle qu'il y ait un vide, à Dieu ne plaise, entre eux. Cela s'appelle le carré à l'intérieur du cercle.
Lorsque ce triage sera achevé, alors viendra la chute de Gog.
À Pessa'h on lit en haftara les ossements desséchés : Israël se restreint par la matsa pour saisir la volonté simple, dépouillée de toute couleur. Le Sod Yecharim enseigne qu'en récompense, Israël mérite la manne, rosée de cristal et vêtement de cette volonté, ainsi que la bénédiction de la rosée par laquelle les morts ressusciteront. Cette rosée est l'esprit Argistis, qui comprend tous les vents : l'inclusion de la racine de l'unité se révèle, et rien d'Israël n'a péri. Les os sont ceux des fils d'Éphraïm, qui hâtèrent la fin. Toute faute d'Israël n'est que d'avoir mangé le fruit non mûr, avant le temps fixé.
Aussi : l'âme du corps demeure dans la tombe par les souffles des os, puis l'esprit est donné lorsque plus rien ne se perd ; Ye'hezkel répond « Tu le sais » : sa compréhension est aussi entre les mains de D.ieu.
ובפסח מפטירין עצמות היבשות כי בפסח מתחילין ישראל לצמצם את עצמם וע"ז מורה אכילת מצה ולעומת הצמצום של ישראל נתעורר נמי קטרוג מאומות שאומרים שכל זה הצמצום הוא כדי שיהי' בכחם אח"כ להתפשט ביותר. אמנם גבי העכו"ם הוא באמת כך שכל מה שמצמצמים א"ע לפעמים זאת הוא רק למען שיהי' יכולים אח"כ להתפשט א"ע ביותר נגד רצונו ית' ולזה מצינו אצל הצמצום של מלך מואב כתיב אשר לא צויתי ולא עלתה על לבי וגו' אבל הצמצום של ישראל הוא באמת כדי שישיגו יותר בתפיסתם את אור רצונו ית' ועל זה הצמצום מורה אכילת מצה שישראל מפשיטים מעצמם כל המסכים והגוונים כדי להכיר רצונו ית' בשלימות ולזה זכו ישראל לאכילת מן כדאיתא בזוה"ק (בשלח ס"א:) בקדמותא כד נפקו ישראל ממצרים עאלו בנהמא דאקרי מצה והשתא זכו ועאלו למיכל נהמא אחרא עלאה יתיר מאתר עלאה דכתיב הנני ממטיר לכם לחם מן השמים וכו' ועל המן כתיב והמן כזרע גד הוא וכמבואר בזוה"ק (בהעלותך קנ"ה:) כזרעא דגד חוורא ואקפי כד נחית לאוירא וכו' ועינו כעין הבדולח כההוא בדולחא דאיהו חוור וכו' שבשכר שישראל צמצמו א"ע ועזבו מהם כל הגוונים ובחרו רק רצון הפשוט המשולל מכל גוון לכך זכו לאכילת מן שמרמז על טלא דבדולחא וטלא דבדולחא הוא לבוש לרצון הפשוט המשולל מכל גוונים וכל הגוונים הנמצא גבי ישראל דומה כמו ירידת רצון הפשוט לקיום הויות עולם אזי מוכרח זה הרצון הבהיר להתלבש באיזה גוון כי אין זאת בגדר סוג הנבראים לסבול רצון פשוט הבהיר בלי שום לבוש על זה האופן המה נמי כל הגוונים של ישראל ולזה זכו נמי ישראל ע"י אכילת מצה בפסח לברכת הטל וטל מרמז על הטל שעתיד להחיות בו את המתים והוא כדאיתא בזוה"ק (נשא ק"ל:) וחד רוחא דחיי דבי' זמין לאתערא לזמנא לברי' דדוד וכו' וזמין קב"ה לאפקא חד רוחא דכליל מכלהו דכתיב מארבע רוחות באו הרוח ארבע רוחות באו לא כתיב כאן אלא מארבע רוחות באו וכו' וזה הרוח דכליל מכלהו נקרא במדרש רבה (א' פ"ט) רוח ארגיסטס היינו כי בעוה"ז הוא כל התפיסה של הבריאה רק מצד ההתחלקות שחילק את מעשיו ומזה ההתחלקות נמשך נמי שכל יסוד מתנגד לחבירו וכדאיתא במדרש (שם) בשעה שרוח דרומית מנשבת אין רוח צפונית מנשבת וכן להיפך בשעה שזו מנשבת אין זו מנשבת ומפאת זה נמשך כל ההפסד והעדר.
ולעתיד אמר הקב"ה אני מביא רוח ארגיסטס וזהו רוחא דכליל מכלהו וזהו הטל שעתיד להחיות בו את המתים כי שורש הטל הוא כולל מכל גוונים היינו שיתגלה בכל הדברים ההתכללות האמתי משורש האחדות וממילא לא יהי' עוד בעולם שום העדר והפסד ולכן מפטירין בפסח העצמות היבשות שהי' אומרים נגזרנו לנו ואבדה תקותינו וגו' כי גמורי שתחיית המתים יהי' בפסח היינו שיראה אז השי"ת שלא נאבד ולא נתבטל מישראל שום דבר ח"ו וכדאיתא בזוה"ק (משפטים ק') אפילו רעותא טבא דבר נש לא יתאבד ולזאת התקיפות יכולין לזכות בזה החג ע"י אכילת מצה:
Et à Pessa'h on lit en haftarah les ossements dessseches, car à Pessa'h Israël commence à se restreindre lui-même, ce qu'indique la consommation de la matsa. Face à la restriction d'Israël, s'éveille aussi l'accusation des nations, qui disent que toute cette restriction n'est que pour pouvoir ensuite s'étendre davantage.
Or, chez les idolâtres, il en est effectivement ainsi: toute restriction qu'ils s'imposent parfois n'est que pour pouvoir ensuite s'étendre davantage contre Sa volonté, qu'Il soit béni. C'est pourquoi, au sujet de la restriction du roi de Moav, il est écrit: "ce que Je n'ai pas ordonné et qui ne M'est pas monté au cœur", etc.
Mais la restriction d'Israël est vraiment afin qu'ils saisissent mieux la lumière de Sa volonté, qu'Il soit béni. C'est ce qu'indique la consommation de matsa: Israël se dépouille de tous les voiles et de toutes les couleurs afin de reconnaître parfaitement Sa volonté, qu'Il soit béni.
C'est pourquoi Israël mérita de manger la manne, comme il est dit dans le Zohar (Beshallah 61a): "Au commencement, lorsque Israël sortit d'Égypte, ils entrèrent dans le pain appelé matsa; à présent ils méritent d'entrer pour manger un autre pain, plus élevé, provenant d'un lieu plus élevé, comme il est écrit: Voici que Je vais faire pleuvoir pour vous du pain depuis les cieux", etc. De la manne il est écrit: "La manne était comme la semence de gad"; et le Zohar explique (Beha'alotekha 155a): "Comme la semence de gad, blanche et arrondie lorsqu'elle descendait dans l'air", etc.; "et son apparence était comme l'apparence du cristal", comme ce cristal qui est blanc, etc.
En récompense de s'être restreints et d'avoir abandonné toutes les couleurs, choisissant seulement la volonté simple, dépouillée de toute couleur, Israël mérita de manger la manne, qui fait allusion à la rosée de cristal (tala devedolha). Cette rosée de cristal est un vêtement pour la volonté simple, dépouillée de toute couleur.
Toutes les couleurs qui se trouvent chez Israël ressemblent à la descente de la volonté simple pour maintenir les existences du monde: cette volonté lumineuse doit alors nécessairement se revêtir d'une couleur, car il n'entre pas dans la catégorie des créatures de supporter une volonté simple et lumineuse sans aucun vêtement. Telles sont aussi toutes les couleurs d'Israël.
C'est pourquoi, par la consommation de matsa à Pessa'h, Israël mérita aussi la bénédiction de la rosée. La rosée fait allusion à celle par laquelle Il ressuscitera les morts à l'avenir, comme il est dit dans le Zohar (Nasso 130a): "Un esprit de vie, par lequel Il est destiné à éveiller, au temps voulu, le fils de David", etc.
"Le Saint, béni soit-Il, est destiné à faire sortir un esprit qui comprend tous les autres, comme il est écrit: Que l'esprit vienne des quatre vents. Il n'est pas écrit ici: que les quatre vents viennent, mais: que l'esprit vienne des quatre vents", etc.
Cet esprit qui comprend tous les autres est appelé dans le Midrach Rabba (1, ch. 9) l'esprit Argistis.
Car, dans ce monde-ci, toute la saisie de la création n'est que du côté de la division par laquelle Il a partagé Ses œuvres; de cette division procède aussi que chaque élément s'oppose à son semblable, comme il est dit dans le Midrach (ibid.): lorsque souffle le vent du sud, le vent du nord ne souffle pas, et inversement, lorsque celui-ci souffle, celui-là ne souffle pas. De cela procèdent toute destruction et toute disparition.
Mais à l'avenir, le Saint, béni soit-Il, a dit: "J'amène l'esprit Argistis"; c'est l'esprit qui comprend tous les autres. C'est la rosée par laquelle Il ressuscitera les morts, car la racine de la rosée comprend toutes les couleurs: la véritable inclusion mutuelle, issue de la racine de l'unité, se révélera dans toutes choses, et il n'y aura donc plus dans le monde aucune disparition ni destruction.
C'est pourquoi on lit à Pessa'h les ossements dessseches, qui disaient: "Nos os se sont desséchés, notre espérance a péri, nous sommes retranchés", etc. Car il est certain que la résurrection des morts aura lieu à Pessa'h: le Nom montrera alors que rien d'Israël n'a péri ni n'a été annulé, à Dieu ne plaise.
Comme il est dit dans le Zohar (Michpatim 100a), "même une bonne volonté de l'homme ne se perd pas". C'est à cette force que l'on peut accéder en cette fête par la consommation de matsa:
ויאמר אלי בן אדם התחיינה העצמות האלה ואומר אדני ה' אתה ידעת וגו' ויאמר אלי בן אדם העצמות האלה כל בית ישראל המה הנה אומרים יבשו עצמותנו ואבדה תקותנו נגזרנו לנו וגו' ומבואר בגמ' (סנהדרין צ"ב:) אלו בני אפרים שמנו לקץ וטעו וכו היינו כי בני אפרים ממהרים את הקץ טרם הזמן לזה איתא בזוה"ק דאית תרין משיחין משיח בן יוסף ומשיח בן דוד אמנם עיקר הקץ יהי' נגמר רק ע"י משיח בן דוד אכן טרם שנגמר הקץ נתעורר קודם משיח בן יוסף כי בני רחל מקדימין תמיד וממהרים את הזמן כענין שאול המלך שהי' צריך להיות טרם מלכות בית דוד כי בני' של רחל מתגברים תמיד בעבודות חזקות וממהרים את הקץ טרם החק והזמן שקצב השי"ת ומפאת זה אי אפשר שיגמור הישועה בשלימות על ידם כי אם ע"י משיח בן דוד שנמשלו לסיהרא דלית לה מגרמה כלום וממתינים את העת והזמן כפי שקצב הרצון ית' באור הנהגתו ית' וזהו שאמר לו השי"ת להנביא העצמות האלה כל בית ישראל המה היינו כי לעתיד יברר השי"ת את החטאים של ישראל הן בכלל והן בפרט שהם רק דאכלו פגה ומסבת זה שקבלו את הדבר טרם הזמן נשלל ממנה הרצון ית' עד שנדמה להם שאבדה תקותנו נגזרנו לנו וזהו העצמות האלה כל בית ישראל המה כלומר שכך המה כל החטאים של ישראל נמי רק מה שממהרים א"ע לקבל טרם הזמן ואינם יכולין להמתין עד שיגיע הזמן והנה מקודם נאמר כה אמר ה' מארבע רוחות באי הרוח ופחי בהרוגים האלה ויחי' וגו' ואח"כ נאמר עוד הפעם ונתתי רוחי בכם וחייתם וגו' והוא כי מקודם נאמר על התחי' מנפשא דגופא שזה הנפש נשאר תמיד עם הגוף בקבר הנקרא הבלי דגרמי הבא מעצבוני דגופא כדאיתא בזוה"ק (שלח קס"ט.) היינו מהסבלנות של אדם וגבי העכו"ם נעשה מזה מזיקין דעלמא וגבי ישראל נאמר על זאת והיתה נפש אדוני צרורה בצרור החיים וגו' ועל זה נאמר מארבע רוחות באי הרוח ופחי בהרוגים האלה וכמבואר במדרש בעוה"ז בזמן שרוח צפונית מנשבת אין רוח דרומית מנשבת וכו' אבל לעתיד יוצא הקב"ה רוח ארגיסטס בעולם שכל הרוחות יהי' מנשבים ביחד ובזוה"ק (נשא ק"ל:) נקרא זה הרוח רוחא דכליל מכל רוחין היינו כי כל הבריאה הוא כדאיתא בזוה"ק (מדרש הנעלם תולדות קל"ו:) כל מה שברא הקב"ה בעולמות שלו הכל בשתוף וכו' היינו גופא ונשמתא כלומר שהכל הוא בהרכבה מארבע מיני יסודות אש ומים רוח ועפר ולכן כל הוה נפסד יען שכל יסוד חפץ להתגבר על כנגדו ולבטלו וזהו מאמרם ז"ל בעוה"ז בזמן שרוח צפונית מנשבת וכו' היינו שאינו נותן מקום לשכנגדו לכך כשמתגבר אחד הוא מבטל את השני אבל לעתיד יוצא הקב"ה רוח ארגיסטס בעולם שהוא רוחא דכליל מכל רוחין ומפאת זה לא יגיע לעולם להבריאה שום הפסד כי בעוה"ז הוא הבריאה מצדה לגמרי בפירוד כדאיתא בזוה"ק (קדושים פ' ויצא קנ"ו:) ולית לך מלה זעירא בהאי עלמא דלא תלייא במלה אחרא עלאה דאתפקדא עלי' לעילא וכו' ולזה איתא בזוה"ק (בראשית כ"ב.) כד מטא לעלמא דפרודא דאיהו עולם הנבדלים אמר נעשה אדם היינו מאחר שהבריאה הוא נבדל ונפרד אחד מחבירו לזה צריכין להצורת אדם שעל ידו יתאחד חזרה כל הבריאה לשורשה וכדאיתא שם שבאו כל הברואים להשתחוות לאדם הראשון ואמר להם אני ואתם בואו ונשתחוה ונכרעה לפני ה' עושנו ובזה הי' מאחד חזרה כל הבריאה פב"פ (זוה"ק אמור ק"ז:) וכדמסיק שם וכלהו אתו בתרי'. כיון דחמו דאדם סגיד להאי אתר ואתדבק בי' כלהו אתמשכו אבתרי' וגרים מותא וכו' היינו שנעשה עוד הפעם פירוד אחר חטאו של אד"ה עד שכל אחד חפץ להתגבר ולבטל את שכנגדו ומסבת זה כל הוה נפסד אבל לעתיד יתאחד בחזרה כל הבריאה וזה נקרא רוח ארגיסטס דכליל מכל רוחין ועל זה נאמר מארבע רוחות באי הרוח ופחי בהרוגים האלה.
ונאמר עוד הפעם ונתתי רוחי בכם וחייתם וגו' והוא כדאיתא במדרש (בראשית רבה פ' י"ד) ומה אם זה שעשו בנפיחתו של בו"ד יש לו תקנה בנפיחתו של הקב"ה עאכ"ו שיש לו תקנה דכתיב ויפח באפיו נשמת חיים וכו' לפי שבעוה"ז בנפיחה לפיכך מת אבל לעתיד בנתינה שנאמר ונתתי רוחי בכם וחייתם וגו' והוא כמו שביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה כי עוה"ז יען שעומד להפסד ע"כ ברא השי"ת הכל בנפיחה ומאן דנפח מעצמיתו נפח היינו שאוחז עוד באמצע הנתינה שלא גמר את הנתינה אלא שנקשר עדיין כל דבר בשורשו למען שלא ילך שום דבר להפסד ח"ו אבל לעתיד אז לא יהי' עוד שום הפסד והעדר אז יהי' בנתינה היינו אף שיתן השי"ת להאדם כל השלימות בכל זאת יהי' לו קיום לעולמי עד ועל זה נאמר כאן אח"כ ונתתי בכם רוחי וחייתם וגו' ולזה מפטירין זאת בפסח לרמז שהתחי' יהי' בזה החודש שהצירף ממנו הוא "ישמחו "השמים "ותגל "הארץ ובו מתחילין כל הצמיחות וזה הכל מורה שהתחי' לא יהי' באורח דילוג אלא בסדר והדרגה שכל אחד יהי' מכיר א"ע לגמרי כמקדם:
"Il me dit: Fils d'homme, ces os peuvent-ils revivre? Et je dis: Seigneur ה', Tu le sais", etc.
Puis Il me dit: "Fils d'homme, ces os sont toute la maison d'Israël; voici qu'ils disent: Nos os se sont desséchés, notre espérance a péri, nous sommes retranchés", etc. La Guemara explique (Sanhédrin 92b): "Ce sont les fils d'Ephraim qui calculèrent la fin et se trompèrent", etc.
C'est-à-dire que les fils d'Ephraim hateent la fin avant le temps. Le Zohar dit donc qu'il y a deux Messies: le Messie fils de Yossef et le Messie fils de David.
Mais la fin elle-même ne s'achèvera que par le Messie fils de David. Avant que la fin ne soit achevée, le Messie fils de Yossef s'éveille d'abord, car les fils de Rahel devancent toujours et hateent le temps, à l'image du roi Saul, qui devait précéder la royauté de la maison de David.
Les fils de Rahel se renforcent toujours par des services vigoureux et hateent la fin avant le décret et le temps fixés par le Nom; aussi est-il impossible que la délivrance s'achève parfaitement par eux. Elle ne s'achève que par le Messie fils de David, qui est comparé à la lune, "qui n'a rien d'elle-même", et qui attend l'heure et le temps tels que la volonté divine les a fixés dans la lumière de Sa conduite, qu'Il soit béni.
C'est ce que le Nom dit au prophète: "Ces os sont toute la maison d'Israël", c'est-à-dire qu'à l'avenir le Nom clarifiera que les fautes d'Israël, tant collectives que particulières, ne sont que d'avoir mangé le fruit non mûr. Parce qu'ils ont reçu la chose avant son temps, Sa volonté leur a été retirée, jusqu'à ce qu'il leur semble que "notre espérance a péri, nous sommes retranchés".
Voilà ce que signifie: "Ces os sont toute la maison d'Israël": telles sont aussi toutes les fautes d'Israël, seulement qu'ils se hâtent de recevoir avant le temps et ne peuvent attendre que le temps arrive. Il est d'abord dit: "Ainsi parle le Seigneur ה': Viens, esprit, des quatre vents; souffle sur ces morts, et qu'ils revivent", etc.; puis il est dit une seconde fois: "Je mettrai Mon esprit en vous et vous vivrez", etc.
La première fois parle de la résurrection de l'âme du corps (nafsha degoufa), cette âme qui demeure toujours avec le corps dans la tombe et qui est appelée les souffles des os (havlei degarmei), issus des souffrances du corps, comme il est dit dans le Zohar (Shelah 169a). Chez les idolâtres, cela devient des démons du monde; chez Israël, il est dit à son sujet: "L'âme de mon seigneur sera liée dans le faisceau de la vie", etc.
C'est de cela qu'il est dit: "Viens, esprit, des quatre vents; souffle sur ces morts". Le Midrach explique: en ce monde-ci, lorsque souffle le vent du nord, le vent du sud ne souffle pas, etc.; mais à l'avenir le Saint, béni soit-Il, fera sortir dans le monde l'esprit Argistis, et tous les vents souffleront ensemble.
Le Zohar (Nasso 130a) appelle cet esprit "l'esprit qui comprend tous les vents". Car toute la création est, comme il est dit dans le Zohar (Midrach haNeelam, Toledot 136a), "tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé dans Ses mondes, Il l'a créé en association", etc., c'est-à-dire corps et âme: tout est composé des quatre sortes d'éléments, feu, eau, air et terre.
Aussi tout existant est-il périssable, car chaque élément veut l'emporter sur son opposé et l'annuler. C'est ce que veulent dire les paroles de nos maîtres, de bénie mémoire: dans ce monde-ci, lorsque souffle le vent du nord, etc.; il ne laisse pas de place à son opposé, et lorsque l'un l'emporte, il annule l'autre.
Mais à l'avenir le Saint, béni soit-Il, fera sortir dans le monde l'esprit Argistis, l'esprit qui comprend tous les vents; aucune perte n'atteindra donc plus la création. Car, dans ce monde-ci, la création est entièrement, de son propre côté, dans la séparation, comme il est dit dans le Zohar (Kedoshim, parashat Vayetse, 156a): "Il n'est pas de petite chose en ce monde qui ne depenne d'une autre chose supérieure, préposée sur elle en haut", etc.
C'est pourquoi le Zohar dit (Bereshit 22a): "Lorsqu'Il parvint au monde de la séparation, qui est le monde des êtres séparés, Il dit: Faisons l'homme." Puisque la création est séparée et distincte l'une de l'autre, la forme de l'homme est nécessaire, afin que par lui toute la création soit réunie à sa racine. Il est dit là-bas que toutes les créatures vinrent se prosterner devant Adam haRishon (Adam le Premier), et il leur dit: "Moi et vous, venez, prosternons-nous et inclinons-nous devant ה', notre Créateur." Par cela, il réunissait de nouveau toute la création face à face (panim bepanim), comme il est dit (Zohar, Emor 107a): "Et tous vinrent après lui.
Lorsqu'ils virent qu'Adam se prosternait devant ce lieu et s'y attachait, tous furent entraînés après lui, et il causa la mort", etc. C'est-à-dire qu'une nouvelle séparation survint après la faute d'Adam haRishon, jusqu'à ce que chacun désire l'emporter sur son opposé et l'annuler; de cela vient que tout existant est périssable.
Mais à l'avenir toute la création sera de nouveau unie; cela est appelé l'esprit Argistis, qui comprend tous les vents. C'est de cela qu'il est dit: "Viens, esprit, des quatre vents; souffle sur ces morts." Il est ensuite dit une seconde fois: "Je mettrai Mon esprit en vous et vous vivrez", etc.
C'est ce qu'enseigne le Midrach (Bereshit Rabba, ch. 14): "Si ce qui fut fait par le souffle d'un être de chair et de sang a un remède par le souffle du Saint, béni soit-Il, à plus forte raison a-t-il un remède", comme il est écrit: "Il insuffla dans ses narines une âme de vie", etc.
Mon père et maître, le saint génie, de bénie et sainte mémoire, expliquait: puisque ce monde-ci est voué à la perte, le Nom créa tout par insufflation; et celui qui insuffle insuffle de son essence, c'est-à-dire qu'Il tient encore au milieu du don, qu'Il n'a pas achevé de donner, mais que toute chose reste encore liée à sa racine, afin que rien ne se perde, à Dieu ne plaise. Mais à l'avenir il n'y aura plus de perte ni de disparition; alors ce sera par don, c'est-à-dire que, bien que le Nom donne à l'homme toute la perfection, celle-ci subsistera pour les éternités.
C'est ce qu'indique ensuite: "Je mettrai Mon esprit en vous et vous vivrez", etc. C'est pourquoi on lit cela à Pessa'h: pour indiquer que la résurrection aura lieu en ce mois, dont le tserouf (permutation de lettres) est "ישמחו השמים ותגל הארץ" - "Les cieux se réjouiront et la terre exultera" (Psaumes 96,11) - et dans lequel commencent toutes les germinations.
Tout cela indique que la résurrection ne sera pas par saut, mais suivant ordre et progression, afin que chacun se reconnaisse pleinement comme auparavant:
ויאמר אלי בן אדם התחיינה העצמות האלה ואומר אדני ה' אתה ידעת וגו' (יחזקאל ל״ז:ג׳) וביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זללה"ה וכי לא האמין ח"ו יחזקאל שיש בכחו ית' להחיות את המתים ששאל לו השי"ת התחיינה העצמות האלה אלא ענין השאלה ששאלו השי"ת הי' אם יש זאת התחי' בהבנת תפיסתו ג"כ הגם שמצד האמונה האמין שפיר בהתחי' אכן אם יש לו זאת בהבנת תפיסתו גם בלעדי האמונה ועל זה השיב הנביא אתה ידעת היינו הלא גם הבנת תפיסתי הוא ג"כ בידך וכענין שהשיב מרע"ה כששאל לו השי"ת מה זה בידך ויאמר מטה היינו שהשיב להשי"ת הלא כל הבנת תפיסתי הוא ג"כ בידך:
"Il me dit: Fils d'homme, ces os peuvent-ils revivre? Et je dis: Seigneur ה', Tu le sais", etc.
(Ezechiel 37,3). Mon père et maître, le saint génie, de bénie et sainte mémoire, expliquait: Ezechiel n'aurait-il pas cru, à Dieu ne plaise, que le Nom a le pouvoir de ressusciter les morts, puisqu'Il lui demanda: "Ces os peuvent-ils revivre?" La portée de la question que le Nom lui posa était plutôt: cette résurrection est-elle aussi dans la compréhension de sa saisie?
Car, certes, du côté de la foi, il croyait bien à la résurrection; mais l'avait-il aussi dans la compréhension de sa saisie, même indépendamment de la foi? Le prophète répondit alors: "Tu le sais", c'est-à-dire: ma compréhension elle-même est aussi entre Tes mains.
De même, lorsque le Nom demanda à Moché Rabbenou (Moché notre maître): "Qu'est-ce que cela dans ta main?", et qu'il répondit: "Un bâton", il répondit au Nom: toute ma compréhension est aussi entre Tes mains.
וזהו שנאמר אח"כ ויאמר אלי בן אדם העצמות האלה כל בית ישראל המה הנה אומרים יבשו עצמותינו ואבדה תקותנו נגזרנו לנו וגו' היינו שהאיר לו השי"ת שיהי' אצלו זאת התחי' בהבנת תפיסתו ג"כ כי הראה לו בזה מפורש אשר מקום ריקן לגמרי מאור עד שיהי' יתכן לומר על זה מאין יבוא עזרי זאת אינו בנמצא כלל ישראל והראה לו זאת באלו העצמות היבשות שכל ענינם הי' כענין הכתוב (משלי י״ג:כ״ג) ויש נספה בלא משפט שכל חטאם שנהרגו בעבירו הי' משום שטעו בחשבון הקץ וזה הטעות בעצמו לא הי' נמי ריקן לגמרי מאור רצונו ית' ח"ו כי באמת התחיל השי"ת ג"כ לחשוב בעבורם אז את הקץ אלא שהם לא המתינו עד שיגמור החשבון כי מהרו ויצאו קדם זימנא מעט הרי שכל חטאם הי' רק שאכלו פגה וזהו שאמר השי"ת להנביא העצמות האלה כל בית ישראל המה היינו כמו החטא של העצמות האלה כך הוא החטא של כל בית ישראל כלומר שכל החטאים של ישראל הוא נמי רק שאכלו פגה כי מה שחומד הלב ישראל לפעמים לאיזה דבר זאת נצמח מפאת אשר השי"ת בונה באמת להנחילו זאת ויען שהלב של ישראל מרגיש זאת ממהר א"ע לחטוף את הדבר קודם הזמן וזאת המהירות הוא כל חטאם של ישראל אבל חטא כזה שיהי' משולל לגמרי מאור רצונו ית' ח"ו זאת לא נמצא כלל בישראל:
C'est ce qui est dit ensuite: "Il me dit: Fils d'homme, ces os sont toute la maison d'Israël; voici qu'ils disent: Nos os se sont desséchés, notre espérance a péri, nous sommes retranchés", etc. Le Nom l'éclaira ainsi afin que cette résurrection soit aussi dans la compréhension de sa saisie, car Il lui montra explicitement qu'un lieu entièrement vide de lumière, au point qu'il soit possible de dire à son sujet: "D'où viendra mon secours?", n'existe pas du tout en Israël.
Il le lui montra par ces os dessseches, dont toute l'affaire était semblable au verset: "Et il en est qui périssent sans jugement" (Proverbes 13,23). Toute leur faute, pour laquelle ils furent tués, était qu'ils s'étaient trompés dans le calcul de la fin.
Cette erreur elle-même n'était pas non plus entièrement vide de la lumière de Sa volonté, à Dieu ne plaise: en vérité, le Nom avait aussi commencé alors à calculer pour eux la fin, mais ils n'attendirent pas qu'Il achève le calcul, car ils se hâtèrent et sortirent un peu avant le temps. Ainsi, toute leur faute n'était que d'avoir mangé le fruit non mûr.
C'est ce que le Nom dit au prophète: "Ces os sont toute la maison d'Israël", c'est-à-dire que, comme la faute de ces os, telle est la faute de toute la maison d'Israël. Toutes les fautes d'Israël ne sont donc que d'avoir mangé le fruit non mûr.
Car ce que le cœur d'Israël convoite parfois est né de ce que le Nom prépare vraiment à le lui donner en héritage; et puisque le cœur d'Israël le ressent, il se hâte de saisir la chose avant le temps. Cette précipitation est toute la faute d'Israël.
Mais une faute qui serait entièrement dépouillée de la lumière de Sa volonté, à Dieu ne plaise, ne se trouve nullement en Israël:
Ce passage poursuit l'enseignement sur les ossements : nerfs, chair et peau viennent, et l'esprit paraît absent. Le Sod Yecharim explique qu'à l'image du bain, le plus éloigné de la lumière s'en approche le plus tard, les os venant les premiers. Du côté de D.ieu, l'esprit de vie ne manqua jamais, sinon les os ne se seraient pas unis ; l'absence ne vaut que selon la saisie. L'esprit des quatre vents, appelé Argistis, fait reconnaître cette vie dans l'intelligence de l'homme. Toute absence dans le composé n'est que de cette saisie : de Son côté, le composé subsiste comme le simple. Au mois de Nissan, les lettres brillent dans leur ordre jusque dans la création.
Aussi : les germinations de ce monde incluses dans la bénédiction qui ressuscite les morts ; la résurrection présentée comme une naissance nouvelle, pour que la création ne soit pas tenue pour un néant.
וזהו נמי שנאמר שם כה אמר ה' לעצמות האלה הנה אני מביא בכם רוח וחייתם ונתתי עליכם גידים והעליתי עליכם בשר וקרמתי עליכם עור ונתתי בכם רוח וחייתם וגו' ותקרבו עצמות עצם אל עצמו וראיתי והנה עליהם גידים ובשר עלה ויקרם עליהם עור מלמעלה ורוח אין בהם וגו' ומבואר במד' (ב"ר פ' י"ד) למה הי' מתי יחזקאל דומים לזה שהוא נכנס למרחץ מה שהוא פושט ראשון הוא לובש אחרון וכו' היינו כל מה שרחוק יותר מאור נתאחר התקרבותו לאור לזה העור של אדם הנפשט ראשון היינו שרחוק יותר מאור הי' כאן אחרון וגם העצמות שהם קרובים לאור כי מהם נשאר תמיד תרווד רקב ויש בהם עצם ששמו לוז ובזוה"ק נקרא זה העצם הבלי דגרמי שיתעורר ממנו לעתיד כל התחי' וכמו שנשאר גבי האדם בעת השינה קוסטא דחיותא שממנה מקיץ משינתו כך נשאר מכל אדם אחר מיתה עצם הנקרא לוז והבלי דגרמי אשר לא נעדר מעולם וממנו מתחיל כל התחי' ולזה הי' כאן העצמות ראשון. אכן הרוח שהוא קרוב יותר לאור מדוע הי' כאן אחרון אמנם באמת מצד השי"ת נשאר תמיד באדם רוח חיים ולא נעדר ממנו מעולם כי באם הי' נעדר מהם הרוח חיים לגמרי מהיכן נתקרבו העצמות עצם אל עצמו הלא עיקר החיבור מהגוף אל הנשמה הוא דייקא ע"י הרוח ועל ידי הרוח נתחברו כל אברי הגוף ואחר שלא נשאר בהם רוח כדכתיב ורוח אין בהם א"כ ע"י מה נתקשרו ונתחברו ביחד עצם אל עצמו אלא על כרחך מצד השי"ת לא נעדר מהם מעולם הרוח חיים רק מצד תפיסה הנמוכה של אדם נדמה לו שע"י מיתה נעדר ח"ו הרוח לגמרי ומצד זאת התפיסה נאמר כאן ורוח אין בהם אבל מצד השי"ת הי' בהם באמת תמיד הרוח חיים אך למען שיהי' גם בהבנת תפיסה הנמוכה של אדם בהכרה מפורשת הרוח חיים שבהם לזה נאמר כה אמר ה' מארבע רוחות באי הרוח ופחי בהרוגים האלה ויחי' והוא כדאיתא במדרש רבה (צו פ"ט) בעוה"ז בזמן שרוח דרומית מנשבת אין רוח צפונית מנשבת וכו' אבל לעתיד יוצא הקב"ה רוח ארגיסטס וכו' הה"ד מארבע רוחות באי הרוח וגו' היינו כי בזה העולם הכל הוא בהרכבה כדאיתא בזוה"ק (תולדות קל"ו) כל מה שברא הקב"ה בעולמות שלו חוץ ממנו הכל בשתוף וכו' ומשמע שם שאף צבא מעלה המה ג"כ מורכבים כי אחד יחיד ומיוחד הוא רק השי"ת לבדו וזהו שאמרו ז"ל בעוה"ז בזמן שרוח דרומית מנשבת אין רוח צפונית מנשבת וכן להיפך כי כל יסוד מתגבר על חבירו וממילא מגיע מזה כל ההעדר ובאמת הוא זה ההעדר ג"כ רק מצד תפיסת אדם שנדמה בתפיסת הבריאה שכל מורכב מוכרח שיפסד אבל באמת מצדו ית' מאי נפקא מינה ממורכב לפשוט מאחר שכל הבריאה וקיום הוויתה הוא רק מזה שצמצם השי"ת את גודל אורו כדי שיהי' יתכן הוי' להבריאה שחפץ להטיב לבריותיו כמאמרם ז"ל במקום גדולתו שם אתה מוצא ענותנותו ואין לך ענוה גדולה מזו שבכל כבוד גדולתו ית' חשב בעיניו ליתן מקום גם להכבוד שמים העולה מהברואים השפלים ע"י שחילק את מעשיו ומלך עליהם ומלת מלך מורה על אור הבחירה שהופיע השי"ת להבריאה להמליך השי"ת ברצון ובבחירה ומזה ההתחלקות שחילק את מעשיו נמשך כל השתוף וההרכבה של הבריאה וא"כ מאחר שזה ההתחלקות וההרכבה הוא מעומק רצונו הפשוט ית' מהיכן יסתעף הפסד והעדר במורכב יותר מבפשוט כיון שהויית המורכב הוא נמי מעומק רצונו הפשוט ית' וכל הוי' שהוא מרצונו הפשוט ית' מחוייבת להיות חי וקיים לעולמי עד אמנם כל ההעדר שיש בההרכבה הוא באמת רק מצד תפיסת הבריאה אבל מצדו ית' אין באמת שום העדר והפסד במורכב כמו בבלתי מורכב אלא מצד הבריאה הציב השי"ת שיהי' נקטן הזמן בתפיסתם ועל זאת התפיסה אמרו ז"ל והנה טוב מאד זה מלאך המות כי על ידי התפיסה הנמוכה מקטנות הזמן יתכן שכר ועונש להבריאה ולכן המלאכים אף שהם ג"כ בהרכבה כמבואר בזוה"ק (שם) דאי תימא הכי המלאכים שהם נבראים רוח הקודש ממש יאמר שיש שתוף בהם הא אפייא דדהון ודידן שוויין אמר ר"א במלה דא יסגי פלוגתא בעלמא דהא תנן במתניתן דידן דכל דעביד קב"ה עביד כגון גופא ונשמתא וכו' הרי שהם ג"כ בהרכבה ובכל זאת אין בהם מיתה והעדר כי אין אצלם שכר ועונש משום שהם משוללי בחירה משא"כ אצל אדם שיש בו בחירה למען שיהי' לו שכר ועונש לכך הציב השי"ת שיהי' בתפיסתו הסתר מקטנות הזמן.
אמנם לעתיד אז יהי' מנהיר השי"ת גם בתפיסת האדם כמו שהוא באמת מצדו ית' וזאת הארה נקרא רוח ארגיסטס ובזוה"ק נקרא זאת רוחא דכליל מכל רוחין וממילא לא יהי' אז גם בתפיסת הבריאה שום העדר ויהי' רואים מפורש תחיית המתים ולזה נמי מפטירין בשבת שחל להיות בתוך הפסח מתחיית המתים כי בחודש ניסן יש הארה מזאת הישועה. היינו שבזה החודש מתחיל הכרה בהשפעת אורו ית' מפורש גם בתפיסת הבריאה שכל אחד נכלל בחבירו הדומם נתעלה להצומח והצומח להחי והחי להמדבר ועל ההתכללות כזה מורה הצירוף מזה החודש "ישמחו "השמים "ותגל "הארץ אתוון כסדרן כי מצד השי"ת המה תמיד האתוון כסדרן אף בעת שהם מצד הבריאה למפרע אכן בזה החודש מתחיל להאיר האתוון כסדרן גם בתפיסת הבריאה ועל זה הסדר איתא בזוה"ק (יתרו ס"ז:) בשעתא דקב"ה אתער וכו' כדין כלהו בחדוי פתחו ואמרו א-להים יחננו ויברכנו יאר פניו אתנו סלה היינו שמתחיל להאיר גם בתפיסת הבריאה על דרך שנאמר אענה את השמים והם יענו את הארץ והארץ תענה את הדגן ואת התירוש (הושע ב׳:כ״ג-כ״ד):
C'est aussi ce qui est dit là-bas: "Ainsi parle ה' à ces os: voici, Je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez. Je mettrai sur vous des nerfs, Je ferai monter sur vous de la chair, Je vous couvrirai de peau, Je mettrai en vous un esprit, et vous vivrez", etc.
"Les os se rapprochèrent, os contre son os. Je vis, et voici qu'il y avait sur eux des nerfs, la chair monta, et la peau les couvrit par-dessus; mais il n'y avait pas d'esprit en eux", etc.
Il est expliqué dans le Midrach (Bereshit Rabba, ch. 14): À quoi les morts d'Ezechiel ressemblaient-ils?
À celui qui entre au bain: ce qu'il ôte en premier, il le revêt en dernier, etc. C'est-à-dire que ce qui est le plus éloigné de la lumière s'en approche le plus tard.
C'est pourquoi la peau de l'homme, qui est ôtée la première, parce qu'elle est plus éloignée de la lumière, fut ici la dernière. Les os, en revanche, sont proches de la lumière: il en reste toujours une cuillerée de pourriture, et il y a en eux un os appelé luz.
Le Zohar appelle cet os les souffles des os (havlei degarmei), et de lui s'éveillera à l'avenir toute la résurrection. De même qu'il reste à l'homme, pendant son sommeil, une part de vie (kusta de-hayuta) par laquelle il s'éveille de son sommeil, de même il reste de tout homme après sa mort un os appelé luz et les souffles des os, qui ne disparaissent jamais; de lui commence toute la résurrection.
C'est pourquoi les os furent ici les premiers. Mais l'esprit, qui est plus proche de la lumière, pourquoi fut-il ici le dernier?
En vérité, du côté du Saint, béni soit-Il, l'esprit de vie demeure toujours dans l'homme et ne lui manque jamais. Car si l'esprit de vie leur avait entièrement manqué, d'où les os se seraient-ils rapprochés, os contre son os?
L'union essentielle du corps à l'âme se fait précisément par l'esprit, et c'est par l'esprit que tous les membres du corps sont unis. Puisqu'il ne restait pas en eux d'esprit, comme il est écrit: "il n'y avait pas d'esprit en eux", par quoi furent-ils donc liés et unis, os contre son os?
Il faut donc nécessairement dire que, du côté du Saint, béni soit-Il, l'esprit de vie ne leur manqua jamais. Mais selon la saisie basse de l'homme, il lui semble que, par la mort, l'esprit disparaît entièrement, à D.ieu ne plaise; c'est selon cette saisie qu'il est dit ici: "il n'y avait pas d'esprit en eux".
Du côté du Saint, béni soit-Il, l'esprit de vie était pourtant toujours véritablement en eux. Mais afin que l'esprit de vie qui est en eux soit aussi reconnu explicitement dans l'intelligence de la saisie basse de l'homme, il est dit: "Ainsi parle ה': Viens des quatre vents, esprit; souffle sur ces morts, et qu'ils vivent." C'est comme il est dit dans le Midrach Rabba (96, ch.
9): dans ce monde-ci, lorsque le vent du sud souffle, le vent du nord ne souffle pas, etc.; mais à l'avenir, le Saint, béni soit-Il, fera sortir l'esprit Argistis, etc. C'est ce qui est dit: "Viens des quatre vents, esprit", etc.
Car, dans ce monde-ci, tout est composé, comme il est dit dans le Zohar (Toledot 136a): "Tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé dans Ses mondes, hors de Lui, est en association", etc. Il ressort de là-bas que même les cohortes célestes sont aussi composées, car Un, unique et singulier n'est que le Saint, béni soit-Il, seul.
C'est ce que nos maîtres, de bénie mémoire, ont dit: dans ce monde-ci, lorsque le vent du sud souffle, le vent du nord ne souffle pas, et inversement; car chaque élément l'emporte sur son semblable, et de cela procède nécessairement toute absence. Or cette absence aussi n'est réellement que du côté de la saisie de l'homme: dans la saisie de la création, il semble que tout composé doive périr.
Mais en vérité, de Son côté, quelle différence y a-t-il entre le composé et le simple? Toute la création et la permanence de son existence ne proviennent que de ce que le Saint, béni soit-Il, a contracté la grandeur de Sa lumière, afin qu'une existence soit possible pour la création à laquelle Il veut faire du bien.
Comme nos maîtres, de bénie mémoire, l'ont dit: "Là où tu trouves Sa grandeur, tu trouves Son humilité." Il n'est pas de plus grande humilité que celle-ci: malgré toute la grandeur de Sa gloire, Il estima bon de donner une place aussi à la gloire des cieux qui monte des créatures basses, en partageant Ses œuvres et en régnant sur elles. Le mot roi indique la lumière du libre choix que le Saint, béni soit-Il, a fait paraître dans la création, afin qu'elle Le fasse régner par volonté et libre choix.
De cette division par laquelle Il a partagé Ses œuvres proviennent toute association et toute composition dans la création. Puisque cette division et cette composition procèdent de la profondeur de Sa volonté simple, qu'Il soit béni, d'où une perte et une absence pourraient-elles se ramifier dans le composé plus que dans le simple?
L'existence du composé procède elle aussi de la profondeur de Sa volonté simple, qu'Il soit béni, et toute existence qui procède de Sa volonté simple, qu'Il soit béni, doit nécessairement vivre et subsister à jamais. Toute l'absence qui se trouve dans la composition n'est donc en vérité que du côté de la saisie de la création; de Son côté, qu'Il soit béni, il n'y a réellement aucune absence ni destruction dans le composé plus que dans le non-composé.
Mais du côté de la création, le Saint, béni soit-Il, a établi que le temps soit contracté dans leur saisie. C'est de cette saisie que nos maîtres, de bénie mémoire, ont dit: "Voici, c'était très bon" - c'est l'ange de la mort.
Car c'est par la saisie basse de la contraction du temps que récompense et châtiment sont possibles pour la création. C'est pourquoi les anges, bien qu'ils soient eux aussi composés, comme il ressort du Zohar (ibid.): "Si tu dis ainsi des anges, qui sont des créatures, le souffle saint lui-même, diras-tu qu'il y a en eux une association?
Leurs faces et les nôtres sont égales. Rabbi Elazar dit: sur cette parole, il y a beaucoup de divergence dans le monde; car nous avons enseigné dans notre michna que tout ce que fait le Saint, béni soit-Il, Il le fait, tel le corps et l'âme", etc. - ils sont donc eux aussi composés - n'ont pourtant ni mort ni absence, car il n'y a chez eux ni récompense ni châtiment, puisqu'ils sont privés de libre choix.
Il n'en est pas ainsi de l'homme, qui a le libre choix afin qu'il ait récompense et châtiment; c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, a établi que sa saisie comporte un voile issu de la contraction du temps. Mais à l'avenir, le Saint, béni soit-Il, illuminera aussi la saisie de l'homme telle qu'elle est en vérité de Son côté, qu'Il soit béni.
Cette illumination est appelée l'esprit Argistis, et le Zohar l'appelle l'esprit qui comprend tous les esprits (rouha de-khalil mi-kol rouhin). Alors, il n'y aura plus non plus dans la saisie de la création aucune absence, et l'on verra explicitement la résurrection des morts.
C'est aussi pourquoi on lit en haftarah, le Chabbat qui tombe pendant Pessa'h, le passage de la résurrection des morts: au mois de Nissan, il y a une illumination de cette délivrance. C'est-à-dire que, durant ce mois, commence la reconnaissance de l'influx explicite de Sa lumière, qu'Il soit béni, jusque dans la saisie de la création: chacun est inclus dans son semblable, le minéral s'élève au végétal, le végétal au vivant, et le vivant au parlant.
Cette inclusion est indiquée par la permutation de ce mois: "Les cieux se réjouiront et la terre exultera" (ישמחו השמים ותגל הארץ), les lettres étant dans leur ordre. Car, du côté du Saint, béni soit-Il, les lettres sont toujours dans leur ordre, même lorsqu'elles sont, du côté de la création, à rebours.
Mais en ce mois, les lettres commencent à briller dans leur ordre aussi dans la saisie de la création. Au sujet de cet ordre, il est dit dans le Zohar (Yitro 67b): "Lorsque le Saint, béni soit-Il, s'éveille, etc., alors tous ouvrent dans la joie et disent: Que D.ieu nous fasse grâce et nous bénisse; qu'Il fasse luire Sa face avec nous, selah" (Psaumes 67,2).
C'est-à-dire qu'il commence aussi à briller dans la saisie de la création selon ce qui est dit: "Je répondrai aux cieux, et ils répondront à la terre; la terre répondra au blé, au moût et à l'huile" (Osée 2,23-24).
ויען שכל מיני צמיחות ישועה שבזה העולם נתעורר מלמסקא תהומא היינו מישועת התחית המתים שיהי' לעתיד כי מזאת הישועה שיהי' לעתיד אשר כל הבריאה יהי' אז נוכח השי"ת פב"פ מזה נתעורר הארה גם בזה העולם ולזה נכללים בברכת מחי' מתים כל מיני טובות וישועות כגון רופא חולים ומתיר אסורים וכדומה משום שמהתחי' שיהי' לעתיד נתעורר מעט מזה בזה העולם ג"כ לכן מפטירין בשבת של זה החג מתחית המתים להורות אשר כל נפש הפונה עצמו לדברי תורה יכול בזה החג להכיר את האור בכל הדברים אשר מלפנים הי' אצלו בהסתר:
Puisque toutes les sortes de germination de délivrance qui sont en ce monde s'éveillent de l'élévation de l'abîme (lemaska tehom), c'est-à-dire de la délivrance de la résurrection des morts qui sera à l'avenir, car de cette délivrance future, où toute la création sera alors en face du Saint, béni soit-Il, face à face, s'éveille aussi une illumination dans ce monde-ci. C'est pourquoi toutes les sortes de biens et de délivrances sont incluses dans la bénédiction "qui ressuscite les morts", tels "qui guérit les malades", "qui délivre les captifs", et semblables: de la résurrection qui sera à l'avenir, un peu de cela s'éveille aussi dans ce monde-ci.
C'est donc pourquoi, le Chabbat de cette fête, on lit en haftarah le passage de la résurrection des morts: afin d'indiquer que toute âme qui se tourne vers les paroles de Torah peut, en cette fête, reconnaître la lumière dans toutes les choses qui étaient auparavant pour elle cachées.
איתא בגמ' (שם) אפטורי במאי מפטרינון בפסח בעצמות היבשות וכו' ואיתא הטעם גמירי שבפסח תחית המתים. הנה כתיב התחיינה העצמות האלה וגו' ולהבין זאת וכי יש ספיקא כלפי שמי' ח"ו אלא שהראה לו השי"ת בזה שכן הציב בסדר הבריאה שיהי' נראה להבריאה כמו הולדה חדשה ולבל יכירו מפורש שזה הלבוש הוא בעצמו אותו הלבוש שהי' מקודם כי אם הי' מכירים מפורש איך שהלבוש נקשר תמיד בהשורש א"ס ית הי' הבריאה נחשב ממש כאין כי אור כזה אינו כלל מסדר הבריאה שהאדם בתפיסתו הנמוכה אינו רואה אור אלא ברוח האדם העולה למעלה אבל בהגוף הנדמה בתפיסת אדם לחושך אינו רואה בו שום תיקון ואין בכחו להנהיר את הגוף הגשמי ונדמה לו שיהי' נשאר כך משולל אור וזהו מסבת תפיסה הנמוכה שאינו מכיר באמת שהשי"ת הוא מלא כל הארץ כבודו ואין שום מקום משולל מאורו ית' כי לפי סדר הבריאה אנו רואים שהיסודות קיימים לעולם כדכתיב (קהלת א׳:ד׳) והארץ לעולם עומדת והמורכבים נפסדו והרי איתא בזוה"ק (מדרש הנעלם תולדות קל"ו) כל מה שברא הקב"ה בעולמו חוץ ממנו הי' בשתוף וכו' המלאכים שהם נבראים רוח הקודש ממש יאמר שיש שתוף בהם הא כל אפייא דדהון ודידן שוין אמר ר' אבא במלה דא יסגי פלוגתא בעלמא דהא תנן במתניתן דידן דכל דעביד קב"ה עבד כגון גופא ונשמתא וכו' היינו כי אחד יחיד ומיוחד לא יתכן כי אם אצלו ית' אבל לא בהנבראים שאפילו המלאכים הם מורכבים מיסודות ההפכים ובכל זאת המה חיים וקיימים לעולם ובאמת מדוע יהי' המורכבים נפסדים יותר מהיסודות הלא כמו שהיסודות ברא השי"ת כך ברא השי"ת המורכבים ג"כ אמנם זה ההפסד של המורכבים הוא נמי רק מצד תפיסה הנמוכה של אדם שאין מכיר קיום רק בגוף פשוט בלתי מורכב אבל בגוף המורכב מיסודות ההפכים נדמה לו בדעתו באין יתכן בו קיום לפי שכל יסוד מנגד לחבירו ומושך אצלו ומתגבר עליו ומבטלו ועל זה רמזו ז"ל במדרש בעוה"ז בשעה שרוח צפונית מנשבת אין רוח דרומית מנשבת וכו' היינו שאין בזה העולם ההתכללות באחדות אמתי שכל רוח מתנגד לחבירו וחפץ להפסידו ולבטלו אבל לעתיד יוצא הקב"ה רוח ארגיסטס שכל הרוחות יהי' מנשבין ביחד ובזוה"ק נקרא רוחא דכליל מכלהו ולא יבטל אחד את חבירו כי לא יהי' ביניהם שום התנגדות כי כשהשי"ת יהי' מנהיר את רצונו מפורש אזי יהי' התכללות באחדות אמתי ומזה יהי' לעתיד תחית המתים היינו שיאירו כל הדברים ויתבררו בחזרה בשורש אין סוף ית' וכאשר יהי' מנהיר מפורש זה הרצון שאמר והי' העולם המהווה את כל היסודות וכל ההרכבות אין באמת שום נ"מ בין גוף פשוט לגוף מורכב מאחר שכל הווי' הוא מהרצון ית' שאמר והי' העולם וזה הרצון מחי' את המורכב כמו שמחי' את הפשוט והארת הרצון ית' שאמר והי' העולם נתעורר תמיד בחג הפסח לזה מתחיל בזה הזמן כל הצמיחות החדשות מכל השנה וכל הצמיחות רומזים על הארת תחית המתים:
Il est dit dans la Guemara (ibid.): "Par quoi les fait-on conclure en haftarah? À Pessa'h, par les ossements dessseches", etc.
Et la raison en est donnée: il est de tradition que la résurrection des morts aura lieu à Pessa'h. Voici qu'il est écrit: "Ces os peuvent-ils vivre?", etc.
Comment comprendre cela? Y aurait-il, à D.ieu ne plaise, un doute devant le Ciel?
Mais le Saint, béni soit-Il, lui montra par cela qu'Il avait établi dans l'ordre de la création que cela paraisse à la création comme une naissance nouvelle, afin qu'ils ne reconnaissent pas explicitement que ce vêtement est lui-même le vêtement qui était auparavant. Car s'ils reconnaissaient explicitement comment le vêtement est toujours lié à la racine de l'Infini, qu'Il soit béni, la création serait regardée comme un néant réel.
Une telle lumière n'appartient nullement à l'ordre de la création: dans sa saisie basse, l'homme ne voit de lumière que dans "l'esprit de l'homme qui monte en haut", tandis que dans le corps, qui paraît obscur à la saisie de l'homme, il ne voit aucune réparation; il n'a pas la force d'illuminer le corps matériel, et il lui semble qu'il demeurera ainsi privé de lumière. Cela vient de la saisie basse, qui ne reconnaît pas en vérité que le Saint, béni soit-Il, remplit toute la terre de Sa gloire et qu'il n'est aucun lieu privé de Sa lumière, qu'Il soit béni.
Car, selon l'ordre de la création, nous voyons que les éléments subsistent toujours, comme il est écrit: "Et la terre subsiste toujours" (Ecclésiaste 1,4), tandis que les composés périssent. Or il est dit dans le Zohar (Midrach ha-Neelam, Toledot 136a): "Tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé dans Son monde, hors de Lui, est en association", etc.
"Les anges, qui sont des créatures, le souffle saint lui-même, diras-tu qu'il y a en eux une association? Toutes leurs faces et les nôtres sont égales.
Rabbi Abba dit: sur cette parole, il y a beaucoup de divergence dans le monde; car nous avons enseigné dans notre michna que tout ce que fait le Saint, béni soit-Il, Il le fait, tel le corps et l'âme", etc. C'est-à-dire que Un, unique et singulier ne peut être que Lui, qu'Il soit béni, et non les créatures: même les anges sont composés d'éléments opposés, et pourtant ils vivent et subsistent toujours.
En vérité, pourquoi les composés périraient-ils davantage que les éléments? De même que le Saint, béni soit-Il, a créé les éléments, de même a-t-Il aussi créé les composés.
Mais cette destruction des composés aussi ne provient que de la saisie basse de l'homme: il ne reconnaît de permanence que dans un corps simple, non composé; mais dans le corps composé d'éléments opposés, il lui semble qu'une permanence est impossible, puisque chaque élément s'oppose à son semblable, l'attire à lui, l'emporte sur lui et l'annule. C'est à cela que nos maîtres, de bénie mémoire, ont fait allusion dans le Midrach: dans ce monde-ci, lorsque le vent du nord souffle, le vent du sud ne souffle pas, etc.
C'est-à-dire que, dans ce monde-ci, il n'y a pas d'inclusion dans une unité véritable: chaque vent s'oppose à son semblable et désire le faire périr et l'annuler. Mais à l'avenir, le Saint, béni soit-Il, fera sortir l'esprit Argistis, et tous les vents souffleront ensemble.
Le Zohar l'appelle l'esprit qui comprend tous les esprits (rouha de-khalil mi-kolhou); nul n'annulera son semblable, car il n'y aura entre eux aucune opposition. Car lorsque le Saint, béni soit-Il, illuminera explicitement Sa volonté, il y aura inclusion dans une unité véritable.
De cela viendra à l'avenir la résurrection des morts: toutes les choses brilleront et seront éclaircies de nouveau dans la racine de l'Infini, qu'Il soit béni. Lorsque brillera explicitement cette volonté par laquelle Il a dit: "Que le monde soit", volonté qui fait être tous les éléments et toutes les compositions, il n'y aura réellement aucune différence entre un corps simple et un corps composé, puisque toute existence procède de la volonté, qu'Il soit béni, qui a dit: "Que le monde soit".
Cette volonté fait vivre le composé comme elle fait vivre le simple. L'illumination de Sa volonté, qu'Il soit béni, qui a dit: "Que le monde soit", s'éveille toujours à la fête de Pessa'h.
C'est pourquoi, en ce temps, commencent toutes les germinations nouvelles de l'année, et toutes les germinations font allusion à l'illumination de la résurrection des morts.