סוד ישרים

Sod Yesharim — Parashat Parah

Rabbi Gershon Hénoch Leiner de Radzin - les fêtes
En bref

« Voici le décret de la Torah » : Salomon a scruté la vache rousse et dit : « Je deviendrai sage, mais elle est loin de moi ». Le Sod Yecharim rapporte de son père que la sagesse de Salomon est un vêtement de celle de Moché : l'un voit le lien d'Israël à la racine, l'autre instruit autrui. Il rapporte encore qu'aucune disparition n'atteint la vie d'Israël, attachée à la volonté de l'Infini : ce qui paraît une disparition est comme un instrument à jointures démonté. Salomon le reconnaît dans la pierre du cœur, sans pouvoir le montrer dans le vêtement. La vache éveille la foi : même le dernier vêtement reste uni à la racine.

Aussi : la génisse décapitée, réparation de l'homme qui sépare la tête du corps ; la cendre de la vache, réparation de D.ieu après la techouva ; jugement et décret selon l'intérêt de l'homme

וידבר ד' אל משה ואל אהרן לאמר. זאת חקת התורה אשר צוה ד' לאמר דבר אל בני ישראל ויקחו אליך פרה אדומה תמימה וגו'.

ואיתא במדרש תנחומא (פ' זו) אמר שלמה על כל אלה עמדתי ופרשה של פרה אדומה חקרתי ושאלתי ופשפשתי אמרתי אחכמה והוא רחוקה ממני וכו'. ביאר הענין כי איתא בתקוני זוה"ק (תיקון יג ליום ח) דרגין דשלמה אינון בית קבול לדרגין דמשה וכד מתחברין כלא כאחד שלמ"ה אתהפך למש"ה וכו'.

וביאר אזמו"ר הגה"ק זצל"ה שחכמת שלמה הי' לבוש לחכמת משה רבינו כי חכמת מ"ר הי' להסתכל בעומק ולראות איך שישראל נקשרים בשורש העליון ית' וחכמת שלמה המלך הי' להחכים גם לזולתו ע"י שהולבש זה העומק בלבושים וע"י עבודה באלו הלבושים יכיר האדם את התקשרתו בשורש העליון ית':

Le Nom parla à Moché et à Aharon en disant : Voici le décret de la Torah qu'a ordonné le Nom, en disant : Parle aux enfants d'Israël, afin qu'ils prennent pour toi une vache rousse, parfaite, etc. Il est rapporté dans le Midrach Tan'houma (sur cette paracha) : Salomon dit : Sur toutes ces choses je me suis tenu; j'ai recherché, interrogé et scrute le chapitre de la vache rousse; j'ai dit : Je deviendrai sage, mais elle est loin de moi, etc.

L'explication est celle-ci. Il est rapporté dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 13, pour le huitième jour) : Les degrés de Salomon sont le réceptacle des degrés de Moché, et lorsqu'ils s'unissent tous ensemble, שלמ"ה se transforme en מש"ה, etc.

Notre maître, le saint Gaon, de mémoire bénie (azmor ha-gaon ha-kadoch zatsal), expliquait que la sagesse de Salomon était un vêtement de la sagesse de Moché Rabbenu. La sagesse de notre maître Moché Rabbenu était de regarder la profondeur et de voir comment Israël est lié à la racine supérieure, bénie soit-Elle; tandis que la sagesse du roi Salomon était d'instruire aussi autrui, en revêtant cette profondeur de vêtements, de sorte que, par le service dans ces vêtements, l'homme reconnaisse son attachement à la racine supérieure, bénie soit-Elle.

והנה מצות פרה אדומה ביאר אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה שמורה שאין שום העדר בהחיים של ישראל ומה שנראה להעדר הוא רק ככלי חוליות שנפרק משום שהחיים של ישראל הוא מחובר בשרשו ברצון אין סוף ית' ובקש שלמה להראות זה על הלבוש ג"כ שיהיה ניכר גם בעוה"ז ולעיני כל זה החיבור על זה אמר אמרתי אחכמה והוא רחוקה ממנו היינו מגבול חכמתי כי בזה החכמה של מ"ר הי' ש"ה ג"כ מכיר שהחיים של ישראל יש לו חיבור עם א"ם ית' ובעומק אין שום העדר ח"ו לישראל אולם לא הי' יכול להראות זאת מפורש בעוה"ז לעיני כל. וענין פרה אדומה מורה על זה שגם הלבוש אחרון של ישראל מחובר תמיד בשורש הרצון ית' כדאיתא בזוה"ק (חקת קפ:) פרה דקבילת מן שמאלא וכו' ומצותה בסגן ומחוץ למחנה וזה הכל מורה שיש חיבור להמדרגה הנמוכה של ישראל עם שורש העליון ית'.

גם היתה נעשית בטבול יום ולא במעורבי שמש כי הערב שמש מורה שהזמן של עכשיו נפרד ונחלק מזמן הקודם לה ואינו זוכר עוד מזמן העבר אבל טבול יום מורה שזוכר עדיין עת הקודם כי הזמן של עכשיו הוא מחובר ביחד עם זמן העבר וזה מורה שאפילו הלבוש האחרון של ישראל הוא מחובר ומקושר ביחד עם שורש רצונו ית' ולזה אין שייך בהם שום העדר ח"ו וכל זה הבין שלמה המלך היטב רק בחכמתו של מ"ר היינו באבנתא דלבא אבל להחכים ג"כ לזולתו ולהראות זאת בהחכמה של שלמה המלך היינו שיתגלה על הלבוש מפורש בזה העולם לעיני כל עד שאוה"ע לא יהי' יכולין למונין את ישראל ולהכחיש זאת על זה אמר אמרתי אחכמה והוא רחוקה ממנו כי להכיר על הלבוש מפורש כדכתיב והי' כאשר לא זנחתם זה האור הסתיר השי"ת כי בעוה"ז העלים השי"ת את אורו הגדול בלבושים עד שנעשה בזה העולם כמו מחיצה בין אורו ית' להבריאה ומעבר המחיצה לצד השי"ת שם הוא הכל בלי גבול ואין סוף ובעבר השני של המחיצה לצד הבריאה נראה שהכל הוא בגבול וזהו שאיתא (מדרש קהלת פ"א) מחצתי ואני ארפא מחיצה שעשיתי שהעליונים קיימין והתחתונים מתים וכו' אני חוזר ומרפא אותה וכל עוד שהמחיצה לא נתרפא א"א להכיר בעוה"ז והי' כאשר לא זנחתם. ואפילו משה רבינו לא הי' רואה זה האור כי אם כשהסתכל בעומק הפנימי הצפון אחורי הלבוש אבל לראות זה האור בהתגלות על גוון הלבוש ג"כ על זה אמרו ז"ל בגמ' (מגילה יט:) אלמלי נשתייר במערה שעמד בה משה ואליהו כמלא נקב מחט סדקית לא היו יכולין לעמוד מפני האורה היינו שאפילו משה ואלי' לא היו יכולין לעמוד מפני האורה וביאר אאמו"ר הגה"ק זצל"ה כוונת הגמ' שנקט כמלא נקב מחט סדקית ולא נקט מלא נקב מחט סתם לרמז בזה שלא נסתם הנקב ח"ו לגמרי רק שלא נשתייר נקב מחט סדקית דוקא היינו שיהי' הנקב כ"כ גדול שיהי' יכולין להמשיך את חוט עב דרך זה הנקב עד שיהי' יכולין להכיר מפורש בעוה"ז את אור החיבור.

נקב גדול כזה לא נשתייר כי אם הי' נתגלה האור כ"כ מפורש לא הי' העולם יכול לעמוד מפני אורה כי אין בכח הבריאה לסבול אור בהיר מוהי' כאשר לא זנחתם בזה העולם אבל כנקב מלא מחט סתם נשתייר מזה האור אפילו בעוה"ז היינו שבאבנתא דלבא יכול הישראל המבקש ד' להרגיש שפיר זה האור בעומק לבו וע"י מצות פרה אדומה נתעורר האמונה שנמצא בקביעות בלב ישראל וע"י זה יכול כל נפש מישראל להכיר איך שהוא נקשר בשורשו בזה האור:

Voici : notre maître, le saint Gaon, de mémoire bénie pour la vie du monde à venir, expliquait que le commandement de la vache rousse enseigne qu'il n'y a aucune disparition dans la vie d'Israël. Ce qui paraît être une disparition n'est que comme un instrument de jointures qui s'est démonté; car la vie d'Israël est attachée, en sa racine, à la volonté de l'Infini, bénie soit-Il.

Salomon souhaitait montrer cela aussi dans le vêtement, afin que cette union soit reconnaissable aussi dans ce monde-ci et aux yeux de tous. C'est à ce propos qu'il dit : J'ai dit : Je deviendrai sage, mais elle est loin de moi, c'est-à-dire hors de la limite de ma sagesse.

Car dans cette sagesse de notre maître Moché Rabbenu, Salomon reconnaissait lui aussi que la vie d'Israël est unie à l'Infini, bénie soit-Il, et qu'en profondeur il n'existe, à D.ieu ne plaise, aucune disparition pour Israël. Mais il ne pouvait le montrer explicitement dans ce monde-ci, aux yeux de tous.

Le sens de la vache rousse indique que même le dernier vêtement d'Israël est toujours uni à la racine de Sa volonté, bénie soit-Elle, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Houkat 180a) : la vache, qui reçoit de la gauche, etc. Son commandement est accompli par le suppléant du grand prêtre et hors du camp; tout cela enseigne que le degré le plus bas d'Israël est uni à la racine supérieure, bénie soit-Elle.

Elle était aussi accomplie par celui qui s'était immergé ce jour-là, et non par ceux pour lesquels le soleil s'était déjà couché. Car le coucher du soleil indique que le temps présent est séparé et divisé du temps qui le précède, et qu'il ne se souvient plus du temps passé.

Celui qui s'est immergé ce jour-là indique, au contraire, qu'il se souvient encore du temps précédent : le temps présent est joint au temps passé. Cela enseigne que même le dernier vêtement d'Israël est uni et attaché à la racine de Sa volonté, bénie soit-Elle; aucune disparition, à D.ieu ne plaise, ne peut donc les concerner.

Le roi Salomon comprenait parfaitement tout cela, mais seulement par la sagesse de notre maître Moché Rabbenu, c'est-à-dire dans la pierre du cœur (avanta de-liba). Instruire aussi autrui et montrer cela par la sagesse du roi Salomon, c'est-à-dire faire que cela se révèle explicitement dans le vêtement, dans ce monde-ci, aux yeux de tous, de sorte que les nations du monde ne puissent plus faire souffrir Israël ni le nier : voilà ce dont il dit : J'ai dit : Je deviendrai sage, mais elle est loin de moi.

Car pour qu'on le reconnaisse explicitement dans le vêtement, comme il est écrit : (והי' כאשר לא זנחתם), le Saint, béni soit-Il, a caché cette lumière. Dans ce monde-ci, Il a dissimulé Sa grande lumière dans des vêtements, jusqu'à faire dans ce monde comme une cloison entre Sa lumière, bénie soit-Elle, et la création.

Au-delà de la cloison, du côté du Saint, béni soit-Il, tout est sans limite et sans fin; de l'autre côté de la cloison, du côté de la création, tout paraît limité. C'est ce qui est rapporté (Midrach Kohelet, chap.

1) : J'ai frappé et Je guérirai - la cloison que J'ai faite, par laquelle les supérieurs subsistent et les inférieurs meurent, etc., Je reviendrai et Je la guérirai. Aussi longtemps que la cloison n'est pas guérie, il est impossible de reconnaître dans ce monde-ci (והי' כאשר לא זנחתם).

Même Moché Rabbenu ne voyait cette lumière qu'en regardant la profondeur intérieure cachée derrière le vêtement. Mais voir cette lumière également révélée dans la teinte du vêtement, à ce propos nos sages, de mémoire bénie, ont dit dans la Guemara (Meguila 19b) : S'il était resté dans la grotte où se tenaient Moché et Élie, une ouverture de la largeur du chas d'une aiguille de cordonnier, ils n'auraient pu s'y tenir à cause de la lumière.

Cela signifie que même Moché et Élie n'auraient pu se tenir devant la lumière. Mon père et maître, le saint Gaon, de mémoire bénie, expliquait l'intention de la Guemara : pourquoi a-t-elle précisé une ouverture de la largeur du chas d'une aiguille de cordonnier, plutôt que simplement une ouverture de la largeur du chas d'une aiguille ?

C'est pour indiquer que l'ouverture, à D.ieu ne plaise, ne s'était pas entièrement bouchée; seulement, il ne restait pas précisément une ouverture de la largeur du chas d'une aiguille de cordonnier, c'est-à-dire une ouverture assez grande pour y faire passer un fil épais, afin que l'on puisse reconnaître explicitement dans ce monde-ci la lumière de l'union. Une telle grande ouverture ne restait pas; car si la lumière était révélée aussi explicitement, le monde ne pourrait subsister devant la lumière, puisque la création n'a pas la force de supporter une lumière claire comme (והי' כאשר לא זנחתם) dans ce monde-ci.

Mais une ouverture de la largeur du chas d'une aiguille ordinaire de cette lumière restait même dans ce monde-ci : dans la pierre du cœur, l'Israël qui recherche le Nom peut bien sentir cette lumière dans la profondeur de son cœur. Par le commandement de la vache rousse, la foi qui se trouve constamment dans le cœur d'Israël est éveillée; et, par elle, toute âme d'Israël peut reconnaître comment elle est liée à sa racine dans cette lumière.

ולהיות שמעשה פרה אדומה מורה על חיבור לזה מצינו בגמ' (סוטה מו.) שילפינן לענין עבודה פרה אדומה מעגלה הערופה כי עגלה הערופה הוא ההיפך מפרה אדומה כי עגלה הערופה מורה על פירוד שמצות הערופה מורה שנפרוד הראש מן הגוף כי עגלה הערופה בא על חטא שלא נודע מי הכהו וזה מורה על אשר נזדמן לפעמים שנתקטן דעת אדם ר"ל באמונה עד ששוכח שיש השגחה פרטיות בלי הפסק ונדמה לו לפעמים על איזה דבר שהוא דרך מקרה ח"ו ומזה נופל דעת אדם מאוד ואח"כ כשהאדם שב בתשובה אז מרעיש לב האדם מאוד מדוע הי' מגיע לו מקודם כ"כ קטנות הדעת לזה הוא העצה עגלה הערופה היינו שהאדם יתלה זה החסרון בעצמו ומראה בזה העגלה הערופה שמפריד הראש מהגוף שלא הי' אצלו בעת ההסתרה חיבור הראש להגוף כי הי' נעלם ממנו אז כל דעתו ושכלו ולזה הוא מצות הערופה ממול ערפו להורות בזה שנאבד ממנו פתאום כל הדעת והשכל בעת ההסתרה ואם הי' לו אז בעת ההסתרה זאת הדעה בבהירות שיש לו עכשיו בעת התשובה לא הי' עושה זה הפעולה לא טובה שעשה נמצא שמברר א"ע שבעת החטא הי' ממש כגוף בלא ראש וזהו ענין תשובה שאיתא בזוה"ק (נשא קכג.) תשובה כך היא תשוב ו' לה' וכו' וכענין שאיתא בגמרא (נדרים) לענין היתר נדרים ששאל לו לבך עליך היינו אם הי' לו זאת הדעה המיושבת אז בשעה שנדר כמו שיש בו עכשיו בעת החרטה והשיב לו לא והתיר ר"ע את הנדר משום שלא הי' לו בשעת הנדר זה הלב כי אם הי' לו אז זה הדעה של עכשיו לא הי' נודר כל עיקר לזה הותר הנדר מעיקרו וזהו ענין תשובה מצד האדם שעל זה רומז עגלה הערופה. ופרה אדומה מורה להיפך כי אפר פרה רומז על התיקן שהוא מצד השי"ת לאחר תשובה שלימה של אדם שזדונות נעשה לו כזכיות ואז מראה השי"ת ומנהיר להאדם שאותו הפעולה בעצמה שהי' בעת ההסתרה היתה נמי גם אז מלא אור ולא היתה מעולם נפרדת מאור רצונו ית' ח"ו ולזה הוא מצות פרה אדומה בשחיטה ולא בערופה כי שחיטה מורה על חיבור הראש להגוף כי השי"ת מנהיר שזאת הפעולה בעצמה שהיתה מקודם לפי דעת אדם בחושך הי' נוגע בשורש רצון העליון ית' שהציב בעולם הזה טוב ורע וכדאיתא בזוה"ק (בא לד.) דהכי אתחזי לבר נש למנדע טוב ולמנדע רע ולהדרא גרמיה לטוב ודא איהו רזא דמהימנותא וכו'.

וכאשר הדר לטוב מראה השי"ת שאפילו הפעולה שהי' מלפנים בהסתר ובחושך יש לה ג"כ חיבור בזה הרצון העליון שעלה בו ישראל במחשבה על זה מרמז מצות פרה אדומה:

Puisque l'acte de la vache rousse indique l'union, nous trouvons dans la Guemara (Sota 46a) que l'on apprend les lois du service de la vache rousse à partir de la génisse décapitée. Car la génisse décapitée est l'inverse de la vache rousse : elle indique la séparation, puisque le commandement de la décapitation indique que la tête est séparée du corps.

La génisse décapitée vient pour un meurtre dont on ne sait pas qui a frappé; cela indique que parfois l'intelligence de l'homme se rapetisse, à D.ieu ne plaise, dans la foi, au point qu'il oublie qu'il y a une providence particulière sans interruption. Il lui semble alors parfois qu'une chose arrive par hasard, à D.ieu ne plaise, et le cœur de l'homme en tombe beaucoup.

Lorsqu'ensuite l'homme revient par repentance, son cœur est fortement bouleversé : pourquoi une si grande petitesse d'esprit lui était-elle arrivée auparavant ? Le remède est la génisse décapitée : l'homme attribue cette déficience à lui-même et, par la génisse décapitée, montre que la tête était séparée du corps, car au temps du voilement il n'avait pas l'union de la tête au corps; toute sa connaissance et son intelligence lui étaient alors cachées.

C'est pourquoi le commandement est de décapiter face à sa nuque : cela indique que toute connaissance et toute intelligence lui furent soudain perdues au temps du voilement. S'il avait alors, au temps du voilement, la claire connaissance qu'il possède maintenant au temps de la repentance, il n'aurait pas accompli cette mauvaise action.

Il établit donc de lui-même qu'au temps de la faute il était véritablement comme un corps sans tête. Tel est le sens de la repentance, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Nasso 123a) : La repentance est ainsi : le vav revient au hé, etc.

Il en est de même de ce qui est rapporté dans la Guemara, au sujet de l'annulation des vœux : Ton cœur t'a-t-il interrogé à ce sujet ? C'est-à-dire : s'il avait eu, au moment où il avait fait le vœu, la connaissance posée qu'il a maintenant au temps du regret.

Il répondit non, et Rabbi Akiva annula le vœu, parce qu'il n'avait pas, au temps du vœu, ce cœur-là : s'il avait alors eu la connaissance qu'il a maintenant, il n'aurait jamais fait ce vœu. Le vœu est donc permis depuis sa racine.

Tel est le sens de la repentance du côté de l'homme, auquel fait allusion la génisse décapitée. La vache rousse, au contraire, indique que sa cendre fait allusion au tikoun (réparation) qui vient du côté du Saint, béni soit-Il, après la repentance complète de l'homme, quand les fautes délibérées deviennent pour lui des mérites.

Alors le Saint, béni soit-Il, montre et illumine à l'homme que cette action même, qui fut accomplie au temps du voilement, était aussi alors pleine de lumière et n'a jamais été séparée, à D.ieu ne plaise, de la lumière de Sa volonté, bénie soit-Elle. C'est pourquoi le commandement de la vache rousse est par l'égorgement et non par la décapitation.

L'égorgement indique l'union de la tête au corps : le Saint, béni soit-Il, illumine que cette action même, qui était auparavant, selon la conscience de l'homme, dans les ténèbres, touchait la racine de la volonté supérieure, bénie soit-Elle, qui a placé dans ce monde le bien et le mal. Comme il est rapporté dans le saint Zohar (Bo 34a) : Il apparaît ainsi à l'homme, pour connaître le bien et connaître le mal, et se ramener lui-même au bien; tel est le secret de la foi, etc.

Lorsqu'il revient au bien, le Saint, béni soit-Il, montre que même l'action qui était auparavant dans le voilement et les ténèbres est elle aussi unie à cette volonté supérieure, dans laquelle Israël est monté en pensée. C'est à cela que fait allusion le commandement de la vache rousse.

ולזה איתא בגמ' (חולין כג:) פרה בשחיטה כשירה בעריפה פסולה עגלה בעריפה כשירה בשחיטה פסולה נמצאת כשר בפרה פסול בעגלה כשר בעגלה פסול בפרה וכו'. והוא יען שכל אחד הוא ההיפך מחבירו עגלה הערופה הוא התיקון מצד האדם ופרה אדומה הוא התיקון מצד השי"ת וזהו השקליא וטרי' בגמ' שם ותהא פרה כשרה בעריפה מק"ו מעגלה וכו' מיעט רחמנא גבי עגלה הערופה זאת בערופה ואין אחרת בערופה.

היינו שהגמ' רוצה לילף פרה מעגלה כיון שהבירור מהחטא הוא שבשעת העשיות החטא הי' אז האדם כגוף בלא ראש א"כ צריך שיהי' התיקון ג"כ על זה האופן לערוף את הפרה כי הפרה הוא עיקר התיקון ומתרץ הגמ' זאת בעריפה ואין אחרת בעריפה רק בשחיטה היינו כיון שהתיקן של אפר פרה הוא מצד השי"ת לזה מוכרח להיות פרה בשחיטה לרמז שמצד השי"ת יש תמיד חיבור. ואח"כ רוצה הגמ' לילף עגלה מק"ו מפרה שיהי' עגלה כשרה בשחיטה וכו' אמר קרא וערפו העגלה בעריפה אין בשחיטה לא.

היינו כיון שהתיקון של העגלה הוא מצד האדם והאדם צריך תמיד לתלות את החסרון בעצמו ולומר שעשה זאת הפעולה בלא דעת ולא הי' אז שום חיבור הראש להגוף ולזה צריך לערוף ולהפריד הראש מן הגוף לרמז שנעלם ממנו אז כל הדעה כי באתר דאית רישא אית גופא כמבואר בזוה"ק (יתרו פב.) ואצלו נעשה זה החטא בלא ראש היינו שנעלם ממנו המוח והדעת ובזה שהוא מפריד הראש מהגוף מראה זאת כי אף שאין דבר שבקדושה פחות מעשרה ובעשרה השלשה בכלל אכן כשמאירין המוחין אז הוא קומה שלימה אבל כשנעלם המוחין זה נקרא גוף בלא ראש ועל זה מורה עגלה ערופה שנעלם ממנו המוח והדעת כי האדם צריך לתלות תמיד החסרון בעצמו והתשובה בהשי"ת שידע ברור שהשי"ת עורר בו זה הבהירות להתחרט ולשוב אמנם אחר תשובה שלימה שזדונות נעשו לו כזכיות אז מראה השי"ת בזה הטהרה של אפר פרה שהחטא הי' ע"ד שאמרו מאתי יצאו הדברים כבושים וקריאת פ' פרה מעורר תמיד את האמונה שיש בקביעות בלב ישראל וע"י אותה האמונה יכול כל נפש ישראל להגיע להטהרה כמו שהוא מצד השי"ת:

C'est pourquoi il est rapporté dans la Guemara (Houlin 23b) : La vache est apte par l'égorgement et impropre par la décapitation; la génisse est apte par la décapitation et impropre par l'égorgement. Ce qui est apte pour la vache est impropre pour la génisse, et ce qui est apte pour la génisse est impropre pour la vache, etc.

C'est parce que chacune est l'inverse de l'autre : la génisse décapitée est le tikoun du côté de l'homme, et la vache rousse est le tikoun du côté du Saint, béni soit-Il. Tel est l'échange d'arguments dans la Guemara : La vache ne devrait-elle pas être apte par la décapitation, par un raisonnement à fortiori tiré de la génisse, etc. ?

Le Miséricordieux a restreint, au sujet de la génisse décapitée : Celle-ci, par la décapitation, et aucune autre par la décapitation. La Guemara veut donc apprendre la vache de la génisse : puisque l'éclaircissement de la faute est qu'au moment où la faute fut commise, l'homme était alors comme un corps sans tête, le tikoun doit aussi être de cette manière, en décapitant la vache, puisque la vache est le tikoun essentiel.

La Guemara répond : Celle-ci, par la décapitation, et aucune autre par la décapitation; seulement par l'égorgement. C'est-à-dire : puisque le tikoun de la cendre de la vache vient du côté du Saint, béni soit-Il, la vache doit nécessairement être égorgée, afin d'indiquer que, du côté du Saint, béni soit-Il, il y a toujours union.

Ensuite, la Guemara veut apprendre la génisse par raisonnement à fortiori de la vache, pour que la génisse soit apte par l'égorgement, etc. Le verset dit : Ils décapiteront la génisse - par la décapitation, et non par l'égorgement.

C'est-à-dire : puisque le tikoun de la génisse vient du côté de l'homme, l'homme doit toujours attribuer la déficience à lui-même et dire qu'il a accompli cette action sans connaissance, et qu'il n'y avait alors aucune union de la tête au corps. Il faut donc décapiter et séparer la tête du corps, pour indiquer que toute connaissance lui fut alors cachée, car là où il y a une tête, il y a un corps, comme l'explique le saint Zohar (Yitro 82a).

Or cette faute fut chez lui sans tête, c'est-à-dire que son cerveau et sa connaissance lui étaient cachés. En séparant la tête du corps, il le montre.

Car bien qu'il n'y ait pas de chose de sainteté moindre que dix, et que dans dix les trois soient comprises, lorsque les mohin (facultés intellectuelles) illuminent, c'est une stature complète; mais lorsque les mohin sont cachés, cela s'appelle un corps sans tête. La génisse décapitée indique que le cerveau et la connaissance lui furent cachés, car l'homme doit toujours attribuer la déficience à lui-même.

La repentance est dans le fait de savoir clairement que le Saint, béni soit-Il, a éveillé en lui cette clarté pour regretter et revenir. Mais après une repentance complète, lorsque les fautes délibérées deviennent pour lui des mérites, le Saint, béni soit-Il, montre, par cette purification de la cendre de la vache, que la faute était selon ce qu'ils ont dit : De Moi sont sorties les paroles cachées.

La lecture du chapitre de la Vache éveille constamment la foi qui demeure dans le cœur d'Israël; par cette foi, toute âme d'Israël peut parvenir à la purification telle qu'elle est du côté du Saint, béni soit-Il.

זאת חקת התורה וגו' ויקחו אליך פרה אדומה תמימה וגו'. איתא במדרש (קהלת) בקש שלמה לידע טעם פרה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממנו.

ובגמ' (ר"ה כא:) בקש קהלת להיות כמשה יצתה בת קול ואמרה לו וכתוב יושר דברי אמת ולא קם נביא עוד בישראל כמשה. ובמדרש תנחומא (פ' חקת) אמר לו הקב"ה למשה אני מגלה לך טעם פרה אבל לאחרים חוקה וכו' להיות שהציב השי"ת חוקים ומשפטים.

משפט נקרא עמודא דאמצעיתא היינו בזה הדבר שהאדם הוא מנושא מכל הנגיעות ממילא לא נעלם ממנו ג"כ הטעם מהדבר וזה הבהירות נקרא משפט אמנם בדבר כזה שהאדם הוא נוגע אז הוא נכנע תחתיו וממילא נסתר ממנו הבהירות ונעלם ממנו הטעם ונחשב אצלו לחוקה כי ענין חוקה הוא דבר בלא טעם רק שיש להאדם בזה הדבר הרגשה בעומק לבו לזה נקראת חוקה היינו שמרגיש היטב איך שנחקק בלבו חסרון וצריך למלאות החקיקה כדי להשלים החסרון וזהו שאיתא שם לך אני מגלה טעם פרה כי משה רבינו ע"ה הי' מנושא מכל הדברים שבעולם כמו שנאמר עליו כי מן המים משיתיהו היינו שהי' פשוט בתכלית הפשיטות עד שלא הי' יתכן אצלו נטי' לשום צד נגיעה שבעולם כי מים מורה על פשיטות וממילא הי' נמי מנושא על כל הדברים שבעולם והכל הי' אצלו משפט כי לא נעלם ממנו הטעם מכל הדברים שבעולם ולא הי' שייך מצדו כלל ענין חוקה:

Voici le décret de la Torah, etc. : ils prendront pour toi une vache rousse, parfaite, etc. Il est rapporté dans le Midrach (Kohelet) : Salomon voulut connaître la raison de la vache; il dit : J'ai dit : Je deviendrai sage, mais elle est loin de moi.

Dans la Guemara (Roch ha-Chana 21b) : Kohelet voulut être comme Moché; une voix céleste sortit et lui dit : Il est écrit avec droiture, paroles de vérité, et il ne s'est plus levé en Israël de prophète comme Moché. Dans le Midrach Tan'houma (paracha Houkat), le Saint, béni soit-Il, dit à Moché : Je te révèle la raison de la vache, mais pour les autres elle est un décret, etc.

Cela tient à ce que le Saint, béni soit-Il, a établi des décrets et des jugements. Un jugement est appelé la colonne médiane : dans une chose à l'égard de laquelle l'homme est élevé au-dessus de tous les intérêts personnels, la raison de cette chose ne lui est donc pas cachée.

Cette clarté est appelée jugement. Mais dans une chose à l'égard de laquelle l'homme est intéressé, il est soumis à elle; la clarté lui est donc dissimulée, sa raison lui est cachée et elle est considérée pour lui comme un décret.

Car un décret est une chose sans raison; toutefois, l'homme éprouve de cette chose une sensation dans la profondeur de son cœur. C'est pourquoi elle est appelée décret : il sent bien comment une déficience est gravée dans son cœur, et il doit remplir cette gravure afin de compléter la déficience.

Tel est ce qui est rapporté là-bas : Je te révèle la raison de la vache. Car Moché Rabbenu, de mémoire bénie, était élevé au-dessus de toutes les choses du monde, comme il est dit de lui : Car je l'ai tiré des eaux.

Cela signifie qu'il était simple avec une simplicité totale, de sorte qu'aucune inclination vers un quelconque intérêt du monde ne pouvait lui convenir. Car l'eau indique la simplicité; il était donc également élevé au-dessus de toutes les choses du monde.

Tout était pour lui jugement, car la raison d'aucune chose du monde ne lui était cachée; la notion de décret ne pouvait aucunement le concerner.

En bref

Ce passage poursuit le décret de la vache : Salomon est un réceptacle des degrés de Moché, comme la lune reçoit du soleil. Le Sod Yecharim enseigne qu'aux jours de Salomon la lune se tient dans sa plénitude, parce qu'il reconnaît être dépourvu sans l'achèvement de D.ieu. Celui qui reconnaît ainsi son manque devient un étui pour le Nom, et D.ieu remplit la déficience de sa gravure. La purification de la vache, appelée décret, est cette illumination. Salomon le saisit dans le cœur ; pour le faire comprendre à autrui, il dit : « je deviendrai sage, mais elle est loin de moi ». La vache, qui reçoit de la gauche, indique qu'aucune perte n'atteint Israël.

Aussi : le pur issu de l'impur sans changement de nuance, depuis la volonté appelée Un ; la section de la vache avant le mois, pureté comme place vide pour la sainteté des fêtes

אבל שלמה המלך הי' כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון יג ליום ח) דרגין דשלמה אינון בית קיבול לדרגין דמשה וכו' שהוא הי' המקבל ממרע"ה כהירח שמקבלת מהשמש וכמבואר שם חכמתא דשלמה נקרא חכמה זוטרא וחכמתא דמשה נקרא חכמה רבה לזה הי' טהרת פרה אדומה אצלו חוקה והנה בימי שלמה קיימא סיהרא באשלמותא כדאיתא בזוה"ק (בכמה דוכתי) כי יש פגימותא דסיהרא ויש מליאותה דסיהרא פגומותא דסיהרא הוא כאשר לא נתמלא פגומות החקוקה והחסרון ומלאותה דסיהרא הוא כאשר נתמלא פגימות החקוקה ונשלם החסרון ובימי שלמה קיימא סיהרא באשלמותא היינו שאורו ית' הי' ממלא כל פגימות החקיקה כמו שהשמש ממלא כל פגימת הלבנה וזה הי' משום ששלמה המלך הי' מכיר היטב שהוא מצדו מאוד מחוסר מבלעדי השלמתו ית' כדכתיב ויקרא שמו ידידי' וד' אהבו היינו שהיה מכיר היטב בשלימתו ית' ונקרא ג"כ שלמה להורות שהי' לו הכרה בתכלית השלימות איך שהוא מצדו מאוד מחוסר ומי שמכיר כ"כ בשלימות החסרון שלו אזי ממלא לו השי"ת פגימת חקיקתו ומשלים לו חסרונו וזהו כדאיתא בזוה"ק (בהר קיא:) בגין דאיהו עבד למפלח אקרי אדון כל הארץ וכו' כי מי שהוא באמת עבד לאדונו שמכיר היטב שבלעדי אדונו הוא מחוסר כל אזי אדון כל הארץ איקרי וענין אדון היא כדכתיב שני אדנים תחת הקרש האחד היינו שכל אחיזת האדן בהקרש הי' מחמת החקיקה שהי' באדן מלמטה וע"י חקיקת החריצין שהי' מלמטה באדן נתחבר הקרש בהאדן להיות לאחדים. וזהו שאיתא בהאר"י הק' ז"ל (בלקיטו תורה פ' פקודי) הקרש ואדן מרמז על שם הוי' המשולב באדני כי שם אדני הוא נרתק לשם הוי' וזה הכל מרמז שמי שמכיר היטב בפגומת חסרונו נעשה נרתוק לשם הוי' כי השי"ת ממלא לו פגומת חקיקת חסרונו ולזה הי' צריכין שני אדנים תחת קרש אחד כי הכרה בשלימות הוא רק ממדה והפוכה היינו מזה שרואה האדם ההיפך ממדתו משיג הכרה שהוא מחוסר שלימות וכן צריך לברר א"ע משני הצדדים ולהכיר איך שהוא מחוסר מכל צד לזה כתיב שני אדנים תחת הקרש האחד וזהו שאיתא שם האי עבד אדון כל הארץ אקרי כי כיון שהוא מכניס א"ע בעבדות כ"כ ומכיר בחסרון שלימתו זה נעשה אדון ונרתק לשם הוי' עד שמאיר לו השי"ת כל פגימת חסרונו וזהו בימי שלמה קיימא סיהרא באשלמותא כי שלמה הי' יכול להכיר ביותר את החסרון כמו שנאמר בקהלת מי יאכל ומי יחוש חוץ ממנו.

מי יאכל היינו מי הוא שיכול להכניס כ"כ ממקומות הרחוקים ולהציב אותם נוכח השי"ת פב"פ ומי יחוש היינו מי הוא שיהי' לו כ"כ מיחושים גדולים חוץ ממנו ומחמת שהי' תמיד כ"כ ביראה ובמיחושים פן הוא נעתק ח"ו לגמרי מרצונו ית' לזה הי' מאיר לו השי"ת כ"כ אור עד שהי' בכוחו להכניס מבחוץ מכל הסתרות ולעמוד אותם פב"פ לזה אמר מי יאכל ומי יחוש חוץ ממנו היינו מחמת שאצלו הי' הנקודה היותר יקרה שבעולם לכך היו המיחושים אצלו ג"כ יותר מבכל אדם שבעולם כי כל מה שהנקודה הוא יותר יקר חקק בה השי"ת יותר חסרון כדי שיהי' משתוקקת בכל פעם יותר למלאות פגימתה וכענין שאיתא במדרש (קהלת רבה) על הפסוק וגם הנפש לא תמלא משל לעירנו שנשא בת מלך אפילו נותן לה כל מעדני עולם אין נפשה מתיישבת עלי' מפני שהוא בת מלך כך הנפש הזו בא ממקום גבוה מאוד לזה הוא משתוקקת ומתאווה תמיד לכך כתיב והנפש לא תמלא כך הי' הענין בשלמה המלך שהי' משתוקק תמיד למלאות פגימת החסרון לזה הי' השי"ת ממלא לו חסרונו וזהו שקיימא סיהרא באשלמותא וזהו ענין טהרת פרה אדומה שנקראת חוקה היינו שמאיר השי"ת וממלא פגימותא דסיהרא ועל זה אמר שלמה אמרתי אחכמה והוא רחוקה ממנו הגם שהבין כל זאת בבירור אך חכמת שלמה הי' להחכים גם לזולתו ולברר לעיני כל וזה שאמר אמרתי אחכמה היינו שאחכים כל עולם שיבינו החיים של ישראל כי פרה אדומה רומז שאין שום העדר מגיע לישראל כמו שביאר בספר מי השלוח הק' מיתת ישראל אינו כמיתת אוה"ע כי מיתת אוה"ע הוא ככלי שנשבר ואין לה עוד תיקון וחיבור ומיתת ישראל הוא ככלי חוליות שנתפרק ונשאר תמיד מקום אצלם לחברם ע"י החקיקות שבכל חולי' וחולי' וזה הי' מבין שלמה המלך בעומק לבו אבל להבין לזולתו על זה אמר והוא רחוקה ממנו כי חכמת שלמה הי' לבקוע כל המסכים ולהראות הפנימיות ובפרה לא הגיע לברר מפורש לעיני כל וזהו שאיתא בזוה"ק (חוקת קפ:) פרה דקבילת מן שמאלא היינו בזה המקום שנדמה להאדם שנפרד ח"ו לגמרי מאיר לו השי"ת ממקום העליון החיבור שיש לו תמיד עם ישראל וכן מורה אדומה תמימה וביארו ז"ל תמימה באדמימות שמרמז על שמאל שבזה המקום שמכיר האדם שהוא מחוסר שם מנהיר לו השי"ת למלאות פגימת חסרונו כענין הכתוב משוד עניים מאנקת אביונים עתה אקום יאמר ד':

Mais le roi Salomon était, comme il est rapporté dans les Tikkounei haZohar (Tikkoun 13, pour le huitième jour), les degrés de Salomon étaient un réceptacle pour les degrés de Moché, etc. Car il recevait de Moché notre maître, comme la lune reçoit du soleil.

Et il est expliqué là-bas que la sagesse de Salomon est appelée la petite sagesse, et la sagesse de Moché la grande sagesse. C'est pourquoi la purification de la vache rousse était pour lui un décret.

Or, aux jours de Salomon, la lune se tenait dans sa plénitude, comme il est rapporté dans le saint Zohar en plusieurs endroits. Car il y a la déficience de la lune et la plénitude de la lune.

La déficience de la lune est lorsque la déficience de la gravure n'est pas remplie, avec le manque; et la plénitude de la lune est lorsque la déficience de la gravure est remplie et que le manque est achevé. Aux jours de Salomon, la lune se tenait dans sa plénitude, c'est-à-dire que Sa lumière, bénie soit-Il, remplissait toute déficience de la gravure, comme le soleil remplit toute déficience de la lune.

Cela était parce que le roi Salomon reconnaissait parfaitement que, de son propre côté, il était très dépourvu sans Son achèvement, bénie soit-Il, ainsi qu'il est écrit: Il appela son nom Yedidyah, et ה' l'aimait (II Samuel 12,25). C'est-à-dire qu'il reconnaissait parfaitement Sa perfection, bénie soit-Il.

Il fut aussi appelé Salomon, pour indiquer qu'il possédait la reconnaissance de l'ultime perfection: comment, de son propre côté, il était très dépourvu. Or celui qui reconnaît ainsi parfaitement la déficience qui est la sienne, le Saint, béni soit-Il, remplit la déficience de sa gravure et achève son manque.

Ceci est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Behar 111b): Parce qu'il est un serviteur pour servir, il est appelé Seigneur de toute la terre, etc. Car celui qui est en vérité le serviteur de son maître, qui reconnaît parfaitement que sans son maître il manque de tout, est appelé Seigneur de toute la terre.

Le sens de 'seigneur' est comme il est écrit: deux socles sous une planche (Exode 26,19). C'est-à-dire que toute la prise du socle dans la planche venait de la gravure qui se trouvait au-dessous du socle; et par la gravure des rainures qui étaient au-dessous du socle, la planche était jointe au socle pour ne faire qu'un.

Et c'est ce que rapporte le saint Ari, de mémoire bénie (Likoutei Torah, parashat Pekoudei): la planche et le socle font allusion au Nom ה' entrelacé dans Adnout, car le nom Adnout est un étui pour le Nom ה'. Tout cela indique que celui qui reconnaît parfaitement la déficience de son manque devient un étui pour le Nom ה', car le Saint, béni soit-Il, remplit la déficience de la gravure de son manque.

C'est pourquoi il fallait deux socles sous une planche: en effet, la reconnaissance de la perfection ne vient que d'une qualité et de son opposé, c'est-à-dire que, de ce que l'homme voit l'opposé de sa qualité, il atteint la reconnaissance qu'il manque de perfection. De même, il doit s'examiner des deux côtés et reconnaître comment il manque de tout côté.

C'est pourquoi il est écrit: deux socles sous une planche. Et c'est ce qui est rapporté là-bas: ce serviteur est appelé Seigneur de toute la terre.

Car, puisqu'il s'introduit tellement dans le service et reconnaît le manque de sa perfection, il devient un seigneur et un étui pour le Nom ה', jusqu'à ce que le Saint, béni soit-Il, illumine pour lui toute déficience de son manque. C'est là le sens de: aux jours de Salomon, la lune se tenait dans sa plénitude.

Car Salomon pouvait reconnaître davantage le manque, comme il est dit dans l'Ecclésiaste: Qui mangera, et qui ressentira, hors de lui? (Ecclésiaste 2,25). 'Qui mangera', c'est-à-dire: qui peut introduire ainsi des lieux éloignés et les placer face à face devant le Saint, béni soit-Il?

Et 'qui ressentira', c'est-à-dire: qui aura de si grands ressentis, hors de lui? Parce qu'il était toujours dans une telle crainte et dans de tels ressentis, de peur d'être, à D.ieu ne plaise, entièrement détaché de Sa volonté, bénie soit-Il, le Saint, béni soit-Il, faisait luire pour lui une lumière telle qu'il avait la force d'introduire depuis l'extérieur, de tous les voiles, et de les tenir face à face.

C'est pourquoi il a dit: Qui mangera et qui ressentira hors de lui? C'est-à-dire que, puisque chez lui se trouvait le point le plus précieux du monde, ses ressentis étaient aussi plus grands que chez tout homme du monde.

Car plus le point est précieux, plus le Saint, béni soit-Il, y grave un manque, afin qu'il aspire chaque fois davantage à remplir sa déficience. Comme il est rapporté dans le Midrach (Qohelet Rabbah) sur le verset: Et l'âme non plus ne sera pas remplie (Ecclésiaste 6,7): parabole d'un villageois qui épousa la fille d'un roi; même s'il lui donne toutes les délices du monde, son âme ne s'apaise pas, parce qu'elle est fille de roi.

Ainsi cette âme vient d'un lieu très élevé; c'est pourquoi elle aspire et désire toujours. C'est pourquoi il est écrit: et l'âme ne sera pas remplie.

Tel était le cas du roi Salomon, qui aspirait toujours à remplir la déficience du manque; c'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, remplissait son manque. Tel est le sens de: la lune se tenait dans sa plénitude.

Tel est aussi le sens de la purification de la vache rousse, qui est appelée un décret: le Saint, béni soit-Il, illumine et remplit la déficience de la lune. À ce sujet Salomon a dit: J'ai dit: je deviendrai sage, mais elle est loin de moi (Ecclésiaste 7,23).

Bien qu'il comprit tout cela clairement, la sagesse de Salomon était de rendre sage aussi son prochain et d'éclaircir aux yeux de tous. C'est ce qu'il a dit: 'J'ai dit: je deviendrai sage', c'est-à-dire: je rendrai sage le monde entier, afin qu'ils comprennent la vie d'Israël.

Car la vache rousse indique qu'aucune perte ne parvient à Israël, comme l'a expliqué le saint livre Mei haShiloah: la mort d'Israël n'est pas comme la mort des nations du monde. Car la mort des nations du monde est comme un vase brisé, qui n'a plus ni réparation ni assemblage; tandis que la mort d'Israël est comme un vase à articulations qui s'est disloqué, et il demeure toujours chez eux une place pour les réassembler par les gravures de chaque articulation.

Le roi Salomon comprenait ceci dans la profondeur de son cœur, mais pour le faire comprendre à autrui, il a dit: 'mais elle est loin de moi'. Car la sagesse de Salomon était de fendre tous les écrans et de montrer l'intérieur; mais pour la vache, il n'atteignit pas à l'éclaircir explicitement aux yeux de tous.

C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Houkat 180a): La vache, qui reçoit de la gauche. C'est-à-dire que, dans ce lieu où il semble à l'homme qu'il est, à D.ieu ne plaise, entièrement séparé, le Saint, béni soit-Il, illumine depuis le lieu supérieur le lien qu'il a toujours avec Israël.

C'est ce qu'indique aussi 'rousse sans défaut'; et nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué: sans défaut dans sa rousseur. Cela fait allusion à la gauche: dans ce lieu où l'homme reconnaît qu'il est dépourvu, le Saint, béni soit-Il, fait luire pour lui afin de remplir la déficience de son manque, selon ce qui est écrit: À cause du pillage des pauvres, du gémissement des indigents, maintenant Je me lèverai, dit ה' (Psaumes 12,6).

כתיב מי יתן טהור מטמא לא אחד (איוב י״ד:ד׳) היינו שיהי' יכולין לראות טהרה באותו גוון הלבוש בעצמו שמקודם הי' נראה ההיפך והלבוש בעצמו לא ישתנה זה אין יתכן רק כאשר זורח ממקום העליון ביותר הנקרא אחד שמורה על חד ולא בחושבן היינו שיהי' מאיר מזה הרצון עליון שהוא נעתק מכל לבושים ומשולל מכל גוונים וזהו על דרך שאיתא בזוה"ק (וירא קיג:) דכד אתעביד ניסא לא אתעביד פלגו ניסא ופלגו דינא אלא כלא כחדא וכו' וא"ת בנח הוי דינא ורחמי בחדא מתרץ שם בזוה"ק (נח סד:) נח סתים מעינא הוה ובזוה"ק (תרומה קע:) ועל דא קשה קמי' קריעת ים סוף (ובזוה"ק בשלח נב:) וע"ד כתיב מה תצעק אלי אלי דייקא בעתיקא תליא כלא היינו שיהי' דינא ורחמי בחדא זימנא בלא השתנות והתחלפות הלבושים כמו שהי' בהים דכתיב נערמו מים ומתרגמינן חכימו מיא היינו שהמים נתחכמו לפנות מקום שישראל יעברו בתוכו והמצרים יטבעו שם וזהו דינא ורחמי בחדא זימנא וע"ד כתיב מה תצעק אלי אלי דייקא בעתיקא תלי' מילתא היינו בזה הרצון העליון שישראל עלה שם במחשבה תחילה וכן לראות טהרה באותו הלבוש בעצמו שהי' נראה בו מלפנים ההיפך בלתי השתנות הגוון כלל וזה נקרא טהור מטמא לא אחד צריך להאיר דווקא מזה הרצון שנקרא אחד הרומז על עתיקא כי מזה שנקרא ראשון היינו מהרצון המתלבש שיהי' נקרא חד בחושבן מוכרח להיות השתנות הלבושים כי מזה הרצון מאיר לישראל קדושה כי זה שמבטל כל הכוחות ואינו מתלבש רק בהכח של ישראל שיהי' נקרא חד בחושבן זה נקרא קדושה והגם שקדושה הוא במעלה עליונה יותר מטהרה כי טהרה הוא רק שהאדם מפנה אצלו מקום פנוי שיהי' מוכן ומזומן לקבל קדושה אכן הגוון מהלבוש נשתנה מאשר הי' מקודם ונראה ללבוש אחר כדאיתא בזוה"ק (אמור צג.) כשאנו אומרים קדוש וכו'. אנן משתתפין בהדי קודש ישראל לעילא וכו' ומחמת שקדושה הוא בהשתנות הלבושים שישראל מקדשי לעצמם ע"י צמצומם לזה יכולין לקבל קדושה אבל טהרה היינו הבירור שגם במקום טומאה יש טהרה בלי שום השתנות כי אם באותו גוון הלבוש בעצמו שהי' נראה מקודם ההיפך יהי' רואים עכשיו טהרה זאת הוא רק מהארת הרצון עליון שנקרא עתיקא שנעתק מכל גוונים אשר שם עלו ישראל במחשבה תחילה כי כשמאיר מזה הרצון העליון אין עוד ממילא שום לבוש וגוון בישראל שלא יהי' מלא טהרה לזה כתיב מי יתן טהור מטמא לא אחד ועל זה מרמז פרה אדומה כמבואר בזוה"ק פרה דקבילת מן שמאלא וכו' וכן היתה תמימה באדמימות שזה הכל מרמז שמאירה במקומות הרחוקים וכדאיתא בזוה"ק (וירא קיד.) שור פרה עגל עגלה כלהו ברזא עלאה אשתכחו וכו' היינו כי להנהיר טהרה בזה הלבוש והגוון בעצמו שהי' נראה מקודם ההיפך מוכרח לזרוח מזה הרצון העליון שעלה שם ישראל במחשבה תחילה כדכתיב ישראל אשר בך אתפאר:

Il est écrit: Qui donnera le pur issu de l'impur? Nul (Job 14,4).

C'est-à-dire qu'on puisse voir la pureté dans la nuance même du vêtement qui, auparavant, paraissait être son opposé, sans que le vêtement lui-même ne change. Cela n'est possible que lorsque brille depuis le lieu le plus élevé, appelé Un, qui indique un et non dans le compte, c'est-à-dire lorsqu'illumine cette volonté supérieure qui est détachée de tous les vêtements et dépouillée de toutes les nuances.

Cela suit ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Vayera 113b): lorsqu'un miracle se produit, il ne se produit pas moitié miracle et moitié jugement, mais tout ensemble, etc. Et si tu dis: pour Noé il y eut jugement et miséricorde ensemble, le saint Zohar répond là-bas (Noah 64a): Noé était caché à l'œil.

Et dans le saint Zohar (Teroumah 170a): c'est pourquoi la séparation de la mer des Joncs est difficile devant Lui; et dans le saint Zohar (Beshalah 52b): c'est pourquoi il est écrit: Pourquoi cries-tu vers Moi? Vers Moi, précisément; tout dépend de l'Atika (l'Ancien).

C'est-à-dire que jugement et miséricorde soient en un seul moment, sans changement ni remplacement des vêtements, comme ce fut dans la mer, ainsi qu'il est écrit: les eaux s'amoncelèrent (Exode 15,8), et nous traduisons: les eaux devinrent sages. C'est-à-dire que les eaux se firent sages pour laisser un endroit afin qu'Israël passe en leur milieu et que les Égyptiens s'y noient.

Voilà jugement et miséricorde en un seul moment. C'est pourquoi il est écrit: Pourquoi cries-tu vers Moi?

Vers Moi, précisément; la chose dépend de l'Atika, c'est-à-dire de cette volonté supérieure où Israël est monté dans la pensée initiale. De même, voir la pureté dans le vêtement même où l'opposé paraissait auparavant, sans aucun changement de nuance, est appelé: pur issu de l'impur.

Il faut que brille précisément de cette volonté appelée Un, qui fait allusion à l'Atika. Mais de ce qui est appelé Premier, c'est-à-dire de la volonté qui se revêt afin d'être appelée un dans le compte, il doit nécessairement y avoir changement des vêtements.

Car de cette volonté brille pour Israël la sainteté: elle annule toutes les forces et ne se revêt que dans la force d'Israël, afin d'être appelée un dans le compte; cela est appelé sainteté. Or, bien que la sainteté soit d'un degré plus élevé que la pureté, car la pureté consiste seulement en ce que l'homme dégage chez lui une place vide, prête et disposée à recevoir la sainteté, pourtant la nuance du vêtement change de ce qu'elle était auparavant et le vêtement paraît autre.

Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Emor 93a): lorsque nous disons 'saint', etc., nous nous associons à la sainteté d'Israël en haut, etc. Et puisque la sainteté est dans le changement des vêtements, qu'Israël se sanctifie par sa contraction, ils peuvent recevoir la sainteté.

Mais la pureté est l'éclaircissement que, même dans le lieu de l'impureté, il y a pureté sans aucun changement: dans la nuance même du vêtement où l'opposé paraissait auparavant, on verra maintenant la pureté. Cela ne vient que de l'illumination de la volonté supérieure appelée Atika, détachée de toutes les nuances, où Israël est monté dans la pensée initiale.

Car lorsqu'illumine cette volonté supérieure, il ne reste plus alors chez Israël aucun vêtement ni aucune nuance qui ne soit remplie de pureté. C'est pourquoi il est écrit: Qui donnera le pur issu de l'impur?

Nul. À cela fait allusion la vache rousse, comme il est expliqué dans le saint Zohar: La vache, qui reçoit de la gauche, etc.

Elle était aussi sans défaut dans sa rousseur; tout cela fait allusion à ce qu'elle illumine dans les lieux éloignés. Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Vayera 114a): taureau, vache, veau, génisse, tous se trouvent dans le secret supérieur, etc.

C'est-à-dire que, pour faire luire la pureté dans ce vêtement et cette nuance mêmes où l'opposé paraissait auparavant, il faut nécessairement que brille de cette volonté supérieure où Israël est monté dans la pensée initiale, comme il est écrit: Israël, en qui Je Me glorifierai (Isaie 49,3).

איתא בירושלמי הובא ברש"י (מגילה כט.) אמר ר"ח בדין הוא שיקדום החודש לפרשת פרה שהרי באחד בניסן הוקם המשכן ושני לו נשרפה הפרה ומפני מה הקדימוה מפני שהוא טהרתן של ישראל וכו'. ענין שצריכין להקדים פ' פרה שהוא טהרתן של ישראל קודם כל המועדים כי ענין מועדים הוא קדושה כי ישראל מקדשי' להו כדאיתא בזוה"ק (אמור צד) ולקדושה צריכין שיהי' מקום פנוי שהקדושה יהי' שוכן שם היינו להכין א"ע לקבל זה הקדושה וזאת ההכנה נקרא טהרה לזה מקדימין פ' פרה לפי' החודש כי בחודש ניסן מתחיל אורו ית' להתלבש ולשכון בתוך הלבושים של ישראל כדאיתא בזוה"ק (תצוה קפו.) החודש הזה לכם וגו' ירחא דילכון איהו בסדורא כסדר דאתוון אביב דאיהו א'ב'ג וכו' ומתחיל להאיר כדכתיב א-להים יחננו ויברכנו יאר פניו אתנו סלה לזה מקדימין ישראל ומכינים מקום פנוי אצלם להשראת קדושת אורו ית' וקוראין פרשת פרה שהוא טהרתן של ישראל:

Il est rapporté dans le Talmud de Jérusalem, cité par Rachi (Meguila 29a): Rabbi Hiyya dit: il serait juste que le mois précède la parashat Parah, car le premier Nissan le Tabernacle fut dressé, et le deuxième jour la vache fut brûlée. Pourquoi l'ont-ils fait précéder?

Parce qu'elle est la purification d'Israël, etc. Le sens de ce qu'il faut faire précéder la parashat Parah, qui est la purification d'Israël, à toutes les fêtes fixes: le sens des fêtes fixes est la sainteté, car Israël les sanctifie, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Emor 94a).

Or, pour la sainteté, il faut qu'il y ait une place vide où la sainteté puisse résider, c'est-à-dire se préparer à recevoir cette sainteté; cette préparation est appelée pureté. C'est pourquoi on fait précéder la parashat Parah du mois.

Car au mois de Nissan, Sa lumière, bénie soit-Il, commence à se revêtir et à résider dans les vêtements d'Israël, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Tetsaveh 186a): Ce mois sera pour vous, etc. Votre lune est dans l'ordre, selon l'ordre des lettres de Aviv, qui est א-ב-ג, etc.

Et elle commence à illuminer, comme il est écrit: Que Elokim nous fasse grâce et nous bénisse, qu'Il fasse luire Sa face sur nous, Sela (Psaumes 67,2). C'est pourquoi Israël devance et prépare chez lui une place vide pour la résidence de la sainteté de Sa lumière, bénie soit-Il, et lit la parashat Parah, qui est la purification d'Israël.

En bref

« Voici le décret de la Torah » : Salomon veut connaître la raison de la vache et dit : « Je disais : je deviendrai sage, mais elle est loin de moi ». Le Sod Yecharim explique qu'il désire la dévoiler sans vêtement, comme la clarté de Moché ; une voix céleste répond que jamais plus ne se leva en Israël un prophète comme Moché. Ceux de Salomon sont des réceptacles : même le Temple n'est face à Moché qu'une parabole. La vache indique qu'aucune disparition n'atteint les vêtements d'Israël. Appelée décret, elle comble le plus grand manque, la cloison par laquelle les supérieurs subsistent et les inférieurs meurent.

Aussi : la cendre pour l'impur, conseil qui répond à la demande de Moché sur la purification du prêtre ; la vache brûlée après l'établissement du Tabernacle, afin qu'aucune annulation n'atteigne ces vêtements

זאת חקת התורה וגו' ויקחו אליך פרה אדומה תמימה וגו'. איתא במדרש בקש שלמה לידע טעם פרה אמר אמרתי אחכמה והוא רחוקה ממנו.

וזה כענין מאמרם ז"ל בגמ' (ר"ה כא:) בקש קהלת למצוא דברי חפץ וכו' בקש קהלת להיות כמשה יצתה בת קול ואמרה לו וכתב יושר דברי אמת ולא קם נביא עוד בישראל כמשה וכו' היינו שהי' חפץ שלמה לגלות עומק הפנימי מטעם פרה שיהי' ניכר בהרגשה מפורשת ע"ד טעמו וראו ועל זה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני כי עומק הטעם המשולל לבוש הוא למעלה מהכרת החוש ואינו בגדר תפיסת הבריאה רק באבנתא דלבא תלי' כענין שמצינו בזוה"ק (בכמה דוכתי) אף אחר שמברר ומגלה מפורש איזה טעם מסיק אח"כ ודא רזא לרמז שא"א לגלות עומק הבהירות בלי ההתלבשות כי אחר כל ההתגלות נעלם עדיין הבהירות מעומק הדבר כך הוא הענין כאן ביקש שלמה להיות כמשה היינו לומר טעם פרה בלי שום התלבשות כי הבהירות של מ"ר הי' בלי שום לבוש יצתה בת קול וכו' ולא קם נביא עוד בישראל כמשה והוא כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון יג) אלין דמשה דכורין אלין דשלמה נוקבין ואלין בית קבול לאלין דרגין דשלמה אינון בית קבול לדרגין דמשה וכו' היינו כי שלמה הי' מקבל ממ"ר כהירח שמקבלת מהשמש וכל מה שהי' מברר הי' לבוש ובית קיבול להבהירות של מ"ר והגם שהי' מראה מפורש בבנין בית המקדש וכל הכלים עומק הבהירות לעיני כל עד שהיו רואים מפורש שוכן שכינה וכל הניסים שהיו שם בכל זאת נגד הבהירות של מ"ר הי' זה הכל כמשל דומה לנמשל וכענין הכתוב היינו כחולמים וזהו ג"כ הענין שמסיק שם בגמ' בקש קהלת לדון דינין שבלב שלא בעדים ושלא בהתראה יצתה בת קול ואמרה לו וכתב יושר דברי אמת ע"פ שנים עדים וכו'. והנה באמת מצינו בזוה"ק (יתרו עח) תלתא דנו בלא סהדין משה ברוח קדשא כהאי גוונא שלמה מלכא ידע בכורסיי' דרוח קדשא וכו' מלכא משיחא בריחא וכו'.

אמנם הענין מוישב שלמה על כסא ד' הוא כמבואר בזוה"ק (ויחי רמג.) כרסייא דשלמה עבד לי' כגוונא דלעילא וכל דיוקנין דלעילא עבד הכא וע"ד כתיב וישב שלמה על כסא ד' וכו' ותכון מלכותו מאוד דקיימא סיהרא באשלמותא וכו'. היינו שכל מה שיתכן לכלי קיבול להתמלא מאור כך הי' מקבל בלי שום מגרעת כי ענין סיהרא הוא כלי קיבול שמקבלת אור מהשמש ולפעמים יש פגימותא וגריעותא דסיהרא אבל בימי שלמה כל מה שבאפשרי להכלי קיבול לקבל אור כך הי' מקבלת בלי שום חסרון כלל וזה השלימות נקרא כסא ד' אבל עכ"פ הי' בא האור בהתלבשות שאני מ"ר שהי' דן ברוח קודשא היינו שהבהירות שלו הי' בלתי לבוש כלל וביקש שלמה להיות כמשה ולברר על הלבוש אחרון עומק הבהירות מהטעם של פרה כי פרה מרמזת שאין שום העדר מגיע להחיים של ישראל ואין שום התבטלות להלבושים מישראל על זה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני והגם שבאמת הי' שלמה ג"כ יודע זאת היטב שאין שום העדר מגיע להחיים של ישראל וכמבואר ג"כ בזוה"ק (סבא משפטים ק:) ואלין אינון גבורן עלאין דמלכא עלאה קדישא ולא אתאביד כלום אפילו הבל דפומא אתר ודוכתא אית לי' וקב"ה עביד מינה מה דעביד.

ואפילו מלה דבר נש ואפילו קלא לא הוו בריקנייא ואתר ודוכתא אית להו לכלא וכו'. אכן להראות זאת הבהירות מפורש לעיני כל על זה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני וזהו הענין שאיתא בירושלמי ראוי' היתה להקדים פ' החודש ולמה קדמו פ' פרה מפני שהוא טהרתן של ישראל כי מצות פרה אדומה נקראת חוקה כי יש חוק ומשפט ענין משפט הוא עמודא דאמצעיתא שהולך בקו המשקל ויודעים בו הטעם וענין חוק מורה על חקיקה להורות שצריכין טעם למלאות חסרון הנחקק וע"י טעם יושלם הדבר והחסרון היותר גדול הנחקק בעולם הוא כדאיתא במדרש (קהלת פ"א) מחצתי ואני ארפא מחיצה שעשיתי שהעליונים קיימין והתחתונים מתים וכו' אני חוזר ומרפא אותה וכל עוד שלא נתרפא זו המחיצה נראה העדר והתבטלות ועל זה יש צעקה גדולה להבריאה מדוע הציב השי"ת לבושים כאלו שיהי' להם התבטלות וזה הצעקה הוא כדכתיב כי נשאתני ותשלכני וזאת התרעומת נקרא הנוגע במת כי כאשר נעלם השורש מהדבר נדמה שיש בה העדר והתבטלות ולעומת זאת הצעקה הציב השי"ת מצות פרה אדומה שהוא טהרתן של ישראל להשתיק זה הצעקה כי בזה המצוה נתמלא החקיקה ונשלם החסרון כי מצות פרה אדומה מרמזת שאין באמת העדר והתבטלות לשום לבוש מישראל כמבואר בזוה"ק פרה דקבילת מן שמאלא היינו שמנהיר השי"ת החיבור שיש לו עם ישראל גם באותן מקומות שהי' נדמה בתפיסתם שנפרדו ח"ו ונתרחקו לגמרי גם שם מאיר אור רצונו ית' וממילא אין לשום לבוש מישראל העדר והתבטלת:

Voici le décret de la Torah... et ils prendront pour toi une vache rousse, parfaite... Il est rapporté dans le Midrach: Salomon voulut connaître la raison de la vache; il dit: Je disais: je deviendrai sage, mais elle est loin de moi (Ecclésiaste 7,23).

C'est conforme à leur parole de mémoire bénie dans la Guemara (Roch Hachana 21b): Kohelet voulut trouver des paroles de désir... Kohelet voulut être comme Moché; une voix céleste sortit et lui dit: Et il écrivit avec droiture des paroles de vérité (Ecclésiaste 12,10); jamais plus ne se leva en Israël un prophète comme Moché (Deutéronome 34,10)...

Cela signifie que Salomon désirait dévoiler la profondeur intérieure de la raison de la vache, afin que sa raison soit reconnaissable par une perception explicite et manifeste. C'est à ce sujet qu'il dit: Je disais: je deviendrai sage, mais elle est loin de moi; car la profondeur de la raison, dénuée de vêtement, est au-dessus de la connaissance sensible et n'entre pas dans la saisie de la créature; elle dépend seulement de la pierre du cœur (אבנתא דלבא).

Comme nous le trouvons dans le saint Zohar en plusieurs endroits: même après avoir éclairci et dévoilé explicitement une raison, il conclut ensuite: Et ceci est un secret (ודא רזא), pour indiquer qu'il est impossible de dévoiler la profondeur de la clarté sans son revêtement; car après tout le dévoilement, la clarté demeure encore cachée par la profondeur de la chose. Ainsi en est-il ici: Salomon voulut être comme Moché, c'est-à-dire exposer la raison de la vache sans aucun revêtement, car la clarté de notre maître Moché (מ"ר) était sans aucun vêtement.

Une voix céleste sortit... Jamais plus ne se leva en Israël un prophète comme Moché.

C'est ce qui est rapporté dans les Tikounei Zohar (Tikoun 13): Ceux de Moché sont mâles; ceux de Salomon sont femelles; et ceux-ci sont des réceptacles pour ceux-là. Cela signifie que Salomon recevait de notre maître Moché comme la lune reçoit du soleil; tout ce qu'il éclaircissait était un vêtement et un réceptacle pour la clarté de notre maître Moché.

Quoiqu'il montrât explicitement, dans la construction du Temple et tous les ustensiles, la profondeur de la clarté aux yeux de tous, au point qu'ils voyaient manifestement la Chekhina demeurer et tous les miracles qui s'y trouvaient, malgré cela, face à la clarté de notre maître Moché, tout cela n'était qu'une parabole semblable à son objet, ainsi qu'il est écrit: Nous étions comme des rêveurs (Psaumes 126,1). C'est aussi le sens de ce que la Guemara y conclut: Kohelet voulut juger les jugements qui sont dans le cœur, sans témoins ni avertissement; une voix céleste sortit et lui dit: Et il écrivit avec droiture des paroles de vérité, selon deux témoins...

Or, nous trouvons véritablement dans le saint Zohar (Yitro 78a): Trois jugent sans témoins: Moché, par l'esprit saint; de même Salomon le roi savait par son trône de l'esprit saint... le roi Messie, par l'odorat... Mais le sens de Salomon s'assit sur le trône de ה' est, comme l'explique le saint Zohar (Vayhi 243a): Le trône de Salomon fut fait à l'image de celui d'en haut, et toutes les figures d'en haut furent faites ici; c'est pourquoi il est écrit: Salomon s'assit sur le trône de ה'... et sa royauté fut très affermie, car la lune se tenait dans sa plénitude...

Cela signifie que tout ce qu'il est possible à un réceptacle de se remplir de lumière, il le recevait sans aucune diminution; car la lune est un réceptacle qui reçoit la lumière du soleil, et parfois il y a une imperfection et une diminution de la lune. Mais aux jours de Salomon, tout ce qu'il était possible au réceptacle de recevoir comme lumière, il le recevait sans aucune déficience.

Cette perfection est appelée le trône de ה'. Néanmoins, la lumière venait encore dans un revêtement, tandis que notre maître Moché jugeait par l'esprit saint, c'est-à-dire que sa clarté était entièrement sans vêtement.

Salomon voulut être comme Moché et éclaircir, dans le dernier vêtement, la profondeur de la clarté de la raison de la vache, car la vache indique qu'aucune disparition n'atteint la vie d'Israël et qu'il n'y a aucune annulation des vêtements d'Israël. À ce sujet il dit: Je disais: je deviendrai sage, mais elle est loin de moi.

Quoique Salomon sût lui aussi très bien qu'aucune disparition n'atteint la vie d'Israël, comme l'explique aussi le saint Zohar (Sava, Michpatim 100a): Ce sont les forces supérieures du Roi saint très-haut, et rien ne se perd, pas même le souffle de la bouche; chaque chose a son lieu et sa place, et le Saint, béni soit-Il, en fait ce qu'Il en fait. Même une parole de l'homme, même une voix, ne sont pas vaines; chacune a un lieu et une place...

Mais montrer cette clarté explicitement aux yeux de tous, c'est à ce sujet qu'il dit: Je disais: je deviendrai sage, mais elle est loin de moi. C'est le sens de ce qui est rapporté dans le Talmud de Jérusalem: La section du mois était digne de précéder; pourquoi la section de la vache l'a-t-elle précédée?

Parce qu'elle est la purification d'Israël. Le commandement de la vache rousse est appelé décret (houka), car il y a décret et jugement.

Le jugement est le pilier médian, qui suit la ligne de l'équilibre et dont on connaît la raison; le décret indique une gravure, pour enseigner qu'il faut une raison afin de combler le manque qui a été gravé, et que par cette raison la chose s'achève. Or le plus grand manque gravé dans le monde est, comme il est rapporté dans le Midrach (Ecclésiaste 1): J'ai frappé et Je guérirai (Deutéronome 32,39): la séparation que J'ai faite, par laquelle les êtres supérieurs subsistent et les êtres inférieurs meurent...

Je reviendrai et Je la guérirai. Aussi longtemps que cette séparation n'est pas guérie, disparition et annulation apparaissent.

La créature pousse donc un grand cri: pourquoi le Saint, béni soit-Il, a-t-Il établi de tels vêtements, auxquels arrive l'annulation? Ce cri est, comme il est écrit: Car Tu m'as soulevé et m'as jeté (Psaumes 102,11).

Cette plainte est appelée celui qui touche un mort; car lorsque la racine est cachée dans la chose, il semble qu'il y ait en elle disparition et annulation. En regard de ce cri, le Saint, béni soit-Il, a établi le commandement de la vache rousse, qui est la purification d'Israël, pour faire taire ce cri; car par ce commandement la gravure est remplie et le manque est complété.

En effet, le commandement de la vache rousse indique qu'en vérité aucune disparition ni annulation n'atteint aucun vêtement d'Israël, comme l'explique le saint Zohar: La vache qui reçoit de la gauche (פרה דקבילת מן שמאלא). Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, éclaire le lien qu'Il a avec Israël, même dans les lieux où, dans leur saisie, ils semblaient, à Dieu ne plaise, s'être séparés et totalement éloignés; là aussi brille la lumière de Sa volonté, bénie soit-elle.

Ainsi aucun vêtement d'Israël n'a de disparition ni d'annulation.

ולקחו לטמא מעפר שרפת החטאת וגו'. הנה זאת המצוה הוא עצה למלאות חקיקת החסרון שיש בתפיסת הבריאה שנדמה לה מציאות העדר כי כל תרי"ג מצות הם עצות ונקראים עיטין דאורייתא אמנם מצות פרה אדומה הוא עצה למלאות זה החסרון המסתעף ממנו תרעומת בלב אדם מדוע הציב השי"ת לבושים המגיע להם התבטלות ומה גם אפילו לבושים ממעשה המצות נדמה בזה העולם שמגיע להם התבטלות ועל זה יש צעקה גדולה כענין שאיתא במד"תנ (פ' חקת) אמר משה לפניו רבש"ע אם נטמא הכהן במאי תהא טהרתו היינו כי ענין כהן מרמז על כל עבודת ישראל והתכלית המכוון מכל העבודת הוא כדי שימשכו את האור לתפיסתם דווקא כי מעט למעלה מתפיסת הבריאה שם אין שום מקום לעבודה ולכן שאל מ"ר רבש"ע אם נטמא הכהן במה תהי' טהרתו היינו אחר שעיקר עבודה הוא למען שימשיך את האור להתפיסה של אדם ולהתפיסה בעצמה מגיע התבטלות א"כ מאי נ"מ בזה הלבוש שממשיכים לתוכו את האור כיון שהלבוש בעצמו יתבטל ואיתא שם שלא השיבו הקב"ה בשעת מעשה ונתכרכמו פניו של משה אכן כיון שהגיע לפ' פרה אדומה אמר לו הקב"ה וכו' זו הוא טהרתו ולקחו לטמא מעפר שרפת החטאת וכו' וזהו שאיתא בגמ' (גיטין ס) שפרשת פרה אדומה נאמר ביום שהוקם המשכן ובשני בניסן נשרפה הפרה כדאיתא (בירושלמי) כי זה היום הראשון בניסן נטל עשר עטרות כד' בגמ' ראשון לשכון שכינה ראשון להקמת המשכן וכו' וזה הכל מרמז על התחלת המשכת אורו ית' בהלבושים של ישראל לכך נשרפו בשני בו הפרה ג"כ לרמז שאין מגיע שום העדר והתבטלת לאלו הלבושים:

Ils prendront pour celui qui est impur de la cendre de la combustion de l'offrande expiatoire... Ce commandement est un conseil pour combler la gravure du manque qui se trouve dans la saisie de la créature, à laquelle semble exister une réalité de disparition.

Car les six cent treize commandements sont tous des conseils, et sont appelés les conseils de la Torah (עיטין דאורייתא). Mais le commandement de la vache rousse est un conseil pour combler ce manque, d'où découle une plainte dans le cœur de l'homme: pourquoi le Saint, béni soit-Il, a-t-Il établi des vêtements auxquels arrive l'annulation?

D'autant plus que même aux vêtements issus de l'accomplissement des commandements, il semble dans ce monde qu'arrive l'annulation. Il y a à ce sujet un grand cri, ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach Tan'houma (section Houkat): Moché dit devant Lui: Maître de l'univers, si le prêtre devient impur, par quoi sera-t-il purifié?

Car le prêtre indique tout le service d'Israël, et le but visé par tout le service est précisément de tirer la lumière dans leur saisie; car un peu au-dessus de la saisie de la créature, il n'y a aucun lieu pour le service. Notre maître Moché demanda donc: Maître de l'univers, si le prêtre devient impur, par quoi sera-t-il purifié?

C'est-à-dire: puisque l'essentiel du service est de tirer la lumière dans la saisie de l'homme, et que la saisie elle-même est atteinte par l'annulation, quelle différence y a-t-il donc pour ce vêtement dans lequel on tire la lumière, puisque le vêtement lui-même sera annulé? Il est rapporté là-bas que le Saint, béni soit-Il, ne lui répondit pas à ce moment-là, et le visage de Moché s'assombrit.

Mais lorsqu'il arriva à la section de la vache rousse, le Saint, béni soit-Il, lui dit... Voici sa purification: ils prendront pour celui qui est impur de la cendre de la combustion de l'offrande expiatoire...

C'est le sens de ce qui est rapporté dans la Guemara (Guitin 60a): la section de la vache rousse fut dite le jour où le Tabernacle fut établi, et le deuxième jour de Nissan la vache fut brûlée, comme il est rapporté dans le Talmud de Jérusalem. Car ce premier jour de Nissan reçut dix couronnes, comme il est dit dans la Guemara: premier pour la résidence de la Chekhina, premier pour l'établissement du Tabernacle...

Tout cela indique le commencement de l'attraction de Sa lumière, bénie soit-elle, dans les vêtements d'Israël. C'est pourquoi la vache aussi fut brûlée le deuxième jour, pour indiquer qu'aucune disparition ni annulation n'atteint ces vêtements.

En bref

« Qu'ils prennent pour toi une vache rousse ». Le Sod Yecharim rapporte de son père que la sûreté d'Israël vient de ce qui est dans Sa main : partager garde un lien, donner achève le don. La cloison et l'éloignement des morts n'existent que du côté de l'homme ; le désespoir est la racine de l'impureté. La vache reçoit de la gauche, keli (récipient) du bœuf, où la bonté se fait reconnaître. Croire ce keli nécessaire du côté de D.ieu change le bœuf tam en bœuf mouad, premier échec d'Israël. À la racine, où il n'y a aucune gauche, tout est volonté simple, et de cette racine procèdent le tikoun et la pureté.

Aussi : le roi Salomon voulut montrer par un acte la raison de la vache et la trouva loin de lui ; la mort d'Israël est un ustensile dont les jointures se sont disjointes, et ils se lèveront avec leurs défauts.

דבר אל בני ישראל ויקחו אליך פרה אדומה תמימה וגו'. כתיב בטחו בד' עדי עד כי ביה ד' צור עולמים וביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצל"ה שהבטוחות של ישראל אינו ממה שאוחזים בידם ממש אלא עיקר בטוחות שלהם הוא רק ממה שהוא עדיין בידו ית' ועל דרך מאמרם ז"ל בגמ' (ברכות נח.) הרואה מלכי ישראל אומר ברוך שחלק מכבודו ליראיו מלכי אוה"ע אומר ברוך שנתן מכבודו לבריותיו היינו כי נתן מורה שכבר גמר הנתינה להם ואין עוד בזה להשי"ת שום חיבור ושיתוף אבל חלק מורה שיש עדיין להשי"ת חלק שותפות וחיבור בזה ומזה שהשי"ת הוא משותף עם ישראל זאת הוא עיקר התקיפות שלהם כי כמו דלית גבהו באורייתא בעלמא דין כדאיתא בזוה"ק (שמות קכט.) דהא לית גבהו באורייתא אלא בעלמא דאתא וכו' היינו שאפילו הנפש היותר גדול מישראל אין לו במה להתפאר וצריך להיות תמיד מדוגל ביראה כך אין נמי אפילו להנפש היותר קטן מישראל להתיאש ח"ו א"ע ולומר מאין יבוא עזרי כי מאחר שהכל הוא רק בידו ית' ומצדו ית' אין העדר לשום דבר וזהו כי ביה ד' צור עולמים וכמבואר בזוה"ק עלמא עלאה בי"ה ועלמא תתאה בו"ה ועל המחיצה שביניהם אמרו ז"ל במדרש (קהלת פ"א) מחצתי ואני ארפא מחיצה שעשיתי שהעליונים קיימין והתחתונים מתים וכו' אני חוזר ומרפא אותה וכל ענין זאת המחיצה הוא רק מצד אדם כי זאת המחיצה הוא כענין שאיתא בספרי על הפסוק אשר בידו נפש כל חי ומקשה שם הלוא נפשות המתים המה נמי בידו ומחלק שם אשר נפשות החיים אוחז השי"ת בידו ונפשות המתים המה נתונים באוצר וכו' ובאמת זה החילוק אינו שייך אלא גבי האדם שמה שאוחז בידו הוא סמוך אצלו ומה שנותן באוצר הוא רחוק ממנו אבל גבי השי"ת שכל המקומות המה סמוכים אצלו ית' ואיזה חילוק שייך מצדו ית' בין ידו לאוצר אמנם זה החילוק הוא באמת נמי רק מצד האדם כי דבר שהוא חי נקרא בידו משום שעל דבר שהוא חי נתעורר בלב האדם קיווי להתפלל משא"כ על מת שיחי' אינו מתעורר עוד בלב האדם שום קיווי להתפלל וזהו ונפשות המתים המה נתונים באוצר כלומר שנדמה לאדם שנתרחק ממנו ית' ואפס תקוה אבל באמת כל זה ההתרחקות הוא נמי רק מצד אדם והא ראי' ר' חנינא בן דוסא שהכיר היטב שאין שום התרחקות ממנו ית' רק מי שאמר לשמן וידליק יאמר לחומץ וידליק הי' בכוחו להתפלל גם על המת שיחי' כי הבין שפיר שאין באמת מצדו ית' העדר לשום דבר כי רק מצד אדם יען שיש בתפיסתו דברים כאלה שנראה שהם לגמרי בלי תיקון כגון מי שחטא ושנה שנדמה לו שח"ו אתמנע תשובה מני' לכך נמצא נמי בתפיסתו העדר אמנם זה ההעדר הוא ג"כ רק שכל נברא שיהי' נדמה להאדם מצד הבנת תפיסתו להעדר והתבטלות בלי תיקון וזה היאוש הוא שורש הטומאה שמטמא כל סביביו עד שנדמה מאין יבוא עזרי ועל זה נאמר כל הנוגע במת יטמא וכמו שביארו ז"ל (במדרש תנחומא) חייכם לא המת מטמא ולא פרה מטהרה וכו' היינו שעיקר הטומאה הוא זה היאוש שהאדם מיאש א"ע מתקוה ולכך נאמר עצה ויקחו אליך פרה וגו' וכמבואר בזוה"ק (חקת קפ:) האי פרה לדכיותא קא אתייא לדכאה למסאבי פרה דקבילת מן שמאלא ומאן הוא לשמאלא שור כד"א ופני השור מהשמאל וכו'.

תמימה מאי תמימה כמה דתנינן שור תם ושור מועד וכו' והענין הוא כי הכשלון הראשון הי' נמשך לישראל מזה השור כי ענין שור תם מבואר בזוה"ק (שלח קסג.) האי שור אקרי תם ויעקב אחיד בי' בגוויה ובהאי שור עביד פריעה ואעבר זוהמא דפסולת כלא וכו'. היינו כי זה השור שעליו נאמר ופני השור מהשמאל רומז על הכלי שהציב השי"ת שיהי' הכרה בחסדו ית' כי השי"ת הוא רב חסד וחפץ שיהי' להבריאה ג"כ הכרה בחסדו ית' ובלתי זאת הכלי אין יתכן כלל שום הכרה כמו שמצינו כשהלך חסדו של אאע"ה דרך ישמעאל בגודל התפשטות בלי צמצום אזי נאמר על ישמעאל נואף אשה חסר לב משחית נפשו הוא יעשנה ואיזה חסד יתכן בזה מאחר שהוא אכזר על עצמו ומשחית את נפשו אכן כשנצמצם זה החסד של אאע"ה במדת הגבורה של יצחק אבינו ע"י זה הצמצום נעשה כלי להכיר במדת חסדו של אאע"ה שהוא חסדו ית' וזהו שאיתא בזוה"ק (ויקרא ה) גדול ד' ומהולל מאוד וגו' אימתי אקרי קוב"ה גדול בזמנא דכנ"י אשתכחת עמי' הה"ד בעיר א-להינו הוא גדול.

בעיר א-להינו וכו'. מאי משמע.

אשתמע דמלכא בלא מטרוניתא לאו הוא מלכא ולאו הוא גדול ולא מהולל וכו' ובג"כ תושבחתא דא בשני וכו'. היינו כי גדול ד' הי' צריכין לאמרו בראשון כי ראשון מורה על מדת החסד ולא ביום שני שמורה על מדת הגבורה על זה מבאר שם אימתי אקרי קוב"ה גדול בזמנא וכו' ובג"כ תושבחתא דא בשני וכו'.

היינו כי ביום ראשון אין עדיין מחמת גודל התפשטותו שום הכרה בו אבל ביום שני שמורה על גבורה אזי יש כלי וזהו בעיר א-להינו וזאת הכלי להכיר על ידה חסדו ית' הוא רק לכנ"י כדכ' ונפלינו אני ועמך וגו' היינו כי מאחר שכנ"י מכינים הכלי נותן השורת הדין שישכון אצלם אור חסדו ית' יותר מכל עם אשר על פני אדמה כי בזה המקום שמכינים עצמם בשביל המלך שם שוכן המלך הגם שאין שום נ"מ להמלך מצדו באותה הכנה שמכינים עליו כי כלום חסר בבית המלך בכל זאת הוא הדרך ארץ שבזה המקום שהיו מטריחים עצמם בשבילו שם בוחר המלך לשכון. ככה הגם שמצדו ית' אין שום נ"מ בזאת הכלי אכן מצד זעיר אנפין היינו מצד הבריאה צריכין כלי להשראת אור חסדו ית' ועל זה הכלי נאמר ופני השור מהשמאל וזה השור נקרא שור תם אבל מצד עצמותו ית' היינו מצד עתיקא תמן לית שמאלא כלל כדאיתא בזוה"ק (בכמה דוכתי) ואין שום נ"מ בזאת הכלי.

אכן מזה השור יכול להסתעף נמי שור המועד היינו שיכולין לקבל מזה תקיפות יתירה ולדמות שיש הכרח ח"ו גם מצדו ית' לזאת הכלי וזה הי' כל ענין הכשלון הראשון של ישראל כי כאשר יצאו ישראל ממצרים הכירו שאין לשום אומה ולשון זאת הכלי אלא ישראל לבדם ומזה נתרהבו עוז בנפשם ועל זה כתיב שם ויחזו את הא-להים וגו' בלשון תרגום להורות שלא הי' רואים ראי' אמיתית איך שאין באמת מצדו ית' שום הכרח לזאת הכלי ורמזו זאת במדרש רבה (שמות פ' ג) ראיתי לא נאמר אלא ראה ראיתי וכו' אתה רואה ראי' אחת ואני רואה שתי ראיות וכו' כשאבא לסיני ליתן להם את התורה אני יורד בטטראמולי שלי שהן מתבוננים בי ושומטין אחד מהן ומכעיסים אותי בו וכו' היינו שקבלו לעצמם תקיפות יתירה ומזה התקיפות נסתעף להם אח"כ כדכתיב על נסותם את ד' לאמר היש ד' בקרבנו אם אין וגו' וכמבואר שם בזוה"ק בעי למנדע בין עתיקא סתימא דכל סתימין דאקרי אין ובין זעיר אנפין דאקרי ד' וכו' ומזה נסתעף להם אח"כ כל הכשלון שהי' נדמה בסבת זאת הכלי הנקרא פני השור מהשמאל שהם במחויב המציאות ח"ו וזה הוא ע"ז ממש וזה נקרא שור המועד המסתעף מפני שור מהשמאל וכל הסתעפות הטומאה נמשך מזה השור המועד כי מאחר שנדמה להאדם שיש לו מה בידו מפאת זה רואה בהבנת תפיסתו העדר ונדמה לו שח"ו אפס תקוה לכך נאמר בזאת הפ' עצה ויקחו אליך פרה וכמבואר שם פרה דקבילת מן שמאלא ומאן הוא לשמאלא שור כד"א ופני שור מהשמאל וגו' היינו שיתיצבו א"ע בהשורש אשר שם אין שום שמאל כלל היינו שידע האדם שפיר שיש מקום שאין ידו מגעת שם בברורי תפיסתו כי השי"ת השאיר במכוון אצלו ית' לבלתי יהי' זאת בתפיסת הבריאה כענין שאמר ר"י לתלמידו (שבת קמ.) א"כ אם אתה תבין כמוני מה בין לי ולך ומזה יכול האדם להוכיח שאין שום דבר הכרח מצדו ית' רק הכל הוא רצון פשוט ומזה השורש נמשך תיקון וטהרה לכל הדברים שבעולם:

Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils prennent pour toi une vache rousse, sans défaut, entière, sur laquelle n'a pas porté le joug (Nombres 19,2). Il est écrit: Confiez-vous en ה' pour toujours, car en Yah, ה', est le Rocher des mondes (Isaie 26,4).

Mon père, mon maître et mon rabbin, le saint et éminent gaon de mémoire bénie, expliquait que la sûreté d'Israël ne vient pas de ce qu'ils tiennent effectivement dans leur main; leur sûreté essentielle vient seulement de ce qui est encore dans Sa main, qu'Il soit élevé. Ainsi nos sages ont-ils dit dans la Guemara (Berakhot 58a): celui qui voit les rois d'Israël dit: Bene soit Celui qui a partagé de Sa gloire à ceux qui Le craignent; des rois des nations du monde il dit: Bene soit Celui qui a donné de Sa gloire à Ses créatures.

Donner indique qu'Il a déjà achevé de leur donner, et qu'il ne demeure pour le Nom ni lien ni association en cela; tandis que partager indique que le Nom a encore une part, une association et un lien en cela. Et le fait que le Nom soit associé à Israël, voilà leur force essentielle.

Car, de même qu'il n'y a pas de grandeur dans la Torah en ce monde, mais seulement dans le monde à venir, comme il est dit dans le saint Zohar (Exode 129a), même l'âme la plus grande d'Israël n'a pas de quoi se glorifier et doit toujours être parée de crainte; de même aussi, même l'âme la plus petite d'Israël ne doit pas, à Dieu ne plaise, désespérer d'elle-même et dire: D'où me viendra le secours? Car tout n'est que dans Sa main, qu'Il soit élevé, et de Son côté il n'y a absence d'aucune chose.

C'est ce que signifie: car en Yah, ה', est le Rocher des mondes. Comme le Zohar l'explique, le monde supérieur est avec les lettres י-ה et le monde inférieur avec les lettres ו-ה.

Au sujet de la cloison qui les sépare, nos sages ont dit dans le Midrach (Qohelet Rabbah 1): J'ai frappé et Je guérirai (Deutéronome 32,39) - la cloison que J'ai faite, par laquelle les supérieurs subsistent et les inférieurs meurent, Je reviendrai et la guérirai. Toute la réalité de cette cloison n'est que du côté de l'homme.

Elle est comme ce qui est rapporté dans le Sifrei sur le verset: Dans Sa main est l'âme de tout vivant (Job 12,10). Il y est demandé: les âmes des morts ne sont-elles pas aussi dans Sa main?

Et il y est distingué que les âmes des vivants, le Nom les tient dans Sa main, tandis que les âmes des morts sont déposées dans un trésor. En vérité, cette distinction n'a de sens que chez l'homme: ce qu'il tient dans sa main est proche de lui, et ce qu'il dépose dans un trésor en est loin.

Mais pour le Nom, que tous les lieux sont proches, quelle différence y a-t-il de Son côté entre Sa main et le trésor? Cette distinction, elle aussi, n'est en vérité que du côté de l'homme.

Une chose vivante est appelée dans Sa main, car devant une chose vivante l'espoir de prier s'éveille dans le cœur de l'homme; mais pour un mort afin qu'il revive, nul espoir de prier ne s'éveille plus dans son cœur. Les âmes des morts sont déposées dans un trésor signifie donc qu'il semble à l'homme qu'elles se sont éloignées de Lui, qu'Il soit élevé, et qu'il n'y a plus d'espoir.

Pourtant, tout cet éloignement aussi n'est que du côté de l'homme. Rabbi Hanina ben Dosa en est une preuve: sachant parfaitement qu'il n'existe aucun éloignement de Lui, qu'Il soit élevé, mais que Celui qui a dit à l'huile de brûler peut dire au vinaigre de brûler, il pouvait aussi prier pour qu'un mort revive.

Il comprenait bien que de Son côté, qu'Il soit élevé, il n'y a en vérité absence d'aucune chose. Car ce n'est que du côté de l'homme, puisqu'il saisit certaines choses comme entièrement sans réparation - tel celui qui a fauté et recommencé, auquel il semble, à Dieu ne plaise, que le repentir lui est interdit -, qu'il trouve aussi une absence dans sa saisie.

Mais cette absence elle aussi consiste seulement en ce que toute créature qui, selon l'intelligence de sa saisie, semble à l'homme vouée à l'absence et à l'annulation, sans réparation, engendre ce désespoir. Et ce désespoir est la racine de l'impureté: il souille tout ce qui l'entoure, jusqu'à faire paraître: D'où me viendra le secours?

C'est à ce propos qu'il est dit: Quiconque touche un mort sera impur (Nombres 19,11). Comme nos sages l'ont expliqué (Midrach Tan'houma): Par vos vies, ce n'est pas le mort qui rend impur, et ce n'est pas la vache qui purifie.

L'impureté essentielle est ce désespoir par lequel l'homme désespère de lui-même et de l'espoir. C'est pourquoi ce passage donne le conseil: qu'ils prennent pour toi une vache.

Le Zohar l'explique (Houkat 180a): Cette vache vient pour purifier, pour purifier les impurs; la vache reçoit de la gauche, et qu'est-ce qui est à gauche? Le bœuf, comme il est dit: la face du bœuf était à gauche (Ezechiel 1,10).

Entière, qu'est-ce qu'entière? Comme nous l'avons enseigné: le bœuf tam et le bœuf mouad.

Le sujet est que le premier échec d'Israël a procédé de ce bœuf. Le Zohar explique (Shelah 163a): ce bœuf est appelé tam; Yaakov s'y attache en son sein, et par ce bœuf il fait la séparation et élimine toute la souillure des déchets.

Ce bœuf, dont il est dit que la face du bœuf est à gauche, désigne le keli (recepient) que le Nom a placé afin qu'il y ait reconnaissance de Sa bonté, qu'Il soit élevé. Car le Nom est abondant en bonté et désire que la création aussi reconnaisse Sa bonté; sans ce keli, aucune reconnaissance n'est possible.

Ainsi, lorsque la bonté de notre père Abraham se propagea par Ismaël dans une grande expansion, sans contraction, il fut dit d'Ismaël: Celui qui commet l'adultère avec une femme est dépourvu de cœur; il détruit son âme en le faisant (Proverbes 6,32). Quelle bonté peut-il y avoir là, puisqu'il est cruel envers lui-même et détruit son âme?

Mais quand cette bonté de notre père Abraham est contractée par la mesure de guevoura d'Its'hak notre père, cette contraction fait un keli pour reconnaître la mesure de bonté de notre père Abraham, qui est Sa bonté, qu'Il soit élevé. C'est ce qui est dit dans le Zohar (Vayikra 5a): Grand est ה' et très loué.

Quand le Saint, béni soit-Il, est-Il appelé grand? Lorsque l'assemblée d'Israël se trouve avec Lui, comme il est dit: dans la ville de notre Dieu, Il est grand.

Dans la ville de notre Dieu: qu'enseigne cela? Cela enseigne que le roi sans la reine n'est pas roi, et n'est ni grand ni loué; c'est pourquoi cette louange est au deuxième jour.

Grand est ה' aurait dû être dit au premier jour, car le premier désigne la mesure de bonté, et non au deuxième jour, qui désigne la mesure de guevoura. Il explique donc: Quand le Saint, béni soit-Il, est-Il appelé grand?

Lorsque l'assemblée d'Israël se trouve avec Lui; c'est pourquoi cette louange est au deuxième jour. Car au premier jour, du fait de la grandeur de Son expansion, aucune reconnaissance n'est encore possible; mais au deuxième jour, qui désigne la guevoura, il y a un keli.

C'est cela: dans la ville de notre Dieu. Et ce keli par lequel Sa bonté est reconnue, qu'Il soit élevé, n'appartient qu'à l'assemblée d'Israël, comme il est écrit: Nous serons distingués, moi et Ton peuple (Exode 33,16).

Puisque l'assemblée d'Israël prépare le keli, la stricte mesure du jugement veut que la lumière de Sa bonté, qu'Il soit élevé, réside chez eux plus que chez tout peuple sur la face de la terre. Car le roi réside à l'endroit où l'on se prépare pour lui, même si de son propre côté il n'y a aucune différence dans les préparatifs que l'on fait pour lui - manque-t-il quelque chose dans le palais du roi?

Néanmoins, il est de bon usage que le roi choisisse de résider là où l'on s'est donné du mal pour lui. De même, bien que de Son côté, qu'Il soit élevé, ce keli ne fasse aucune différence, du côté de Zeir Anpin, c'est-à-dire du côté de la création, un keli est nécessaire pour que réside la lumière de Sa bonté.

C'est de ce keli qu'il est dit: la face du bœuf est à gauche. Ce bœuf est appelé bœuf tam.

Mais du côté de Son essence, c'est-à-dire du côté de Atika (l'Ancien), il n'y a absolument pas de gauche, comme le dit le Zohar en plusieurs endroits, et ce keli ne fait aucune différence. Or de ce bœuf peut aussi se ramifier le bœuf mouad, c'est-à-dire que l'on peut en recevoir une force excessive et s'imaginer qu'il y a, à Dieu ne plaise, nécessité de ce keli même de Son côté, qu'Il soit élevé.

Tel fut tout le sujet du premier échec d'Israël. Quand Israël sortit d'Égypte, ils reconnurent qu'aucune nation ni aucune langue ne possédait ce keli, mais Israël seul; et ils en tirèrent une grande hardiesse dans leur âme.

À ce sujet il est écrit: ils contemplèrent Dieu (Exode 24,10), dans le langage du Targoum, pour indiquer qu'ils ne voyaient pas d'une vision vraie que, de Son côté, qu'Il soit élevé, ce keli n'est réellement soumis à aucune nécessité. Le Midrach Rabbah y fait allusion (Exode, paracha 3): Il n'est pas dit: J'ai vu, mais: voyant, J'ai vu; toi, tu vois une vision, et Moi J'en vois deux.

Lorsque Je viendrai au Sinaï pour leur donner la Torah, Je descendrai dans Mon tétramoulion, ils Me contempleront, en retireront l'un des visages et Me provoqueront par lui. Ils s'attribuèrent donc une force excessive; et de cette force se ramifia ensuite ce qui est écrit de leur épreuve de ה': Y a-t-il ה' parmi nous ou non?

(Exode 17,7). Le Zohar y explique qu'ils voulaient discerner entre Atika, le caché de tous les cachés, appelé Ayin, et Zeir Anpin, appelé ה'.

De là se ramifia ensuite tout l'échec: à cause de ce keli appelé la face du bœuf à gauche, il leur paraissait que ces choses étaient, à Dieu ne plaise, nécessaires par elles-mêmes. C'est là une idolâtrie véritable.

Cela est appelé le bœuf mouad, qui se ramifie de la face du bœuf à gauche. Toute ramification de l'impureté procède de ce bœuf mouad.

Car lorsqu'il semble à l'homme qu'il tient quelque chose dans sa main, il voit l'absence dans l'intelligence de sa saisie et il lui semble, à Dieu ne plaise, qu'il n'y a plus d'espoir. C'est pourquoi ce passage donne le conseil: qu'ils prennent pour toi une vache.

Car il est expliqué là: la vache reçoit de la gauche, et qu'est-ce qui est à gauche? Le bœuf, comme il est dit: la face du bœuf est à gauche.

Ils doivent donc se tenir à la racine, où il n'y a aucune gauche, c'est-à-dire que l'homme doit savoir clairement qu'il y a un lieu auquel sa main n'atteint pas dans les clarifications de sa saisie. Le Nom l'a délibérément gardé près de Lui afin qu'il ne soit pas dans la saisie de la création, comme Rabbi Yehouda dit à son élève (Chabbat 140b): Si tu comprenais comme moi, quelle différence y aurait-il entre toi et moi?

L'homme peut en déduire que rien n'est nécessaire de Son côté, qu'Il soit élevé, mais que tout est volonté simple. De cette racine procèdent le tikoun et la pureté de toutes les choses du monde.

איתא במדרש בקש שלמה לידע טעם פרה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני. וזהו כמאמרם ז"ל בגמ' (ר"ה כא) בקש שלמה להיות כמשה יצתה בת קול וכו' היינו כי מדת משה רבינו הי' כדכתיב כי מן המים משיתיהו ונקרא שמשא כי אצלו הי' מאיר הפעולה ממש כמו הכוונה ונקרא כבד פה כמו שביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצל"ה שמצדו לא הי' בזה העולם שום גמר כי פה מורה על גמר כדאיתא בגמ' (ברכות סא) פה גומר וכדאיתא בגמ' (נדה ל:) בא מלאך וסטרו על פיו וכו' ולזה נקרא מ"ר כבד פה להורות שאין מצדו שום גמר בעולם עשי' כי מצד גודל בהירות עצום של מ"ר המה כל הדברים שבעולם עדיין רק בכח ולא בפועל ואורו של שלמה המלך הוא הכל בפועל כמו שנאמר עליו וידבר על העצים ועל האבנים היינו שהראה מפורש אורו ית' גם בהדומים כי בבנין בית המקדש הראה את האור בכל הפעולות אף בהדומם ממש ובקש שלמה להראות מפורש טעם פרה בפעולה מפורשת לעיני הכל כי פרה רומז שאין שום העדר גבי ישראל ואף מה שנראה כמיתה אינו נמי כמו המיתה של אוה"ע כדאיתא בספר מי השלוח הק' שהמיתה של ישראל הוא רק ככלי חוליות שנתפרקו והמיתה של או"ה הוא ככלי הנשבר היינו שאף הנפשות דגיורין המובא בזוה"ק (סבא משפטים) וחסידי אוה"ע המה כמו כלי הניתך מחדש אחר שנשרף שאינו מכיר עוד את הגוון שהי' אצלה מלפנים והוא לגמרי ככלי חדש אבל ישראל יהי' מכירים היטב את תפיסתם הקודמות שהי' אצלם מלפנים וכמאמרם ז"ל בגמ' (סנהדרין צא:) עומדין במומן ויתרפאו שלא יאמרו אחרים המית ואחרים החי' היינו כי יותר היטב זוכר האדם בהסבלנות שהי' אצלו כי ממה שאינו סובל כלל בנקל לשכוח אבל בזה שהאדם סובל זוכר זאת תמיד היטב וזהו במומן יעמדו כדי שיכירו א"ע בתפיסתם ועל זה רומז פרה אדומה ובקש שלמה לגלות זאת מפורש לעיני כל ועל זה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני אף שבימי שלמה קיימא סיהרא באשלמותא מ"מ להראות זה החילוק מפורש בזה העולם לא הי' עדיין הזמן כי זה האור יהי' מאיר מפורש בימי מלך המשיח בזמן תחיית המתים:

Il est rapporté dans le Midrach: Salomon voulut connaître la raison de la vache; il dit: J'ai dit: je deviendrai sage, mais elle est loin de moi (Qohelet 7,23). C'est ce que nos sages ont dit dans la Guemara (Roch Hashanah 21b): Salomon voulut être comme Moché; une voix céleste sortit.

La mesure de Moché notre maître était, comme il est écrit: car je l'ai tiré des eaux (Exode 2,10). Il est appelé soleil, car chez lui l'acte même brillait comme l'intention.

Il est appelé lourd de bouche, comme l'expliquait mon père, mon maître et mon rabbin, le saint et éminent gaon de mémoire bénie: de son côté, il n'y avait dans ce monde aucun achèvement, car la bouche désigne l'achèvement, comme il est dit dans la Guemara (Berakhot 61a): la bouche achève, et comme il est dit dans la Guemara (Niddah 30b): un ange vient et le frappe sur la bouche. Moché notre maître est donc appelé lourd de bouche pour indiquer que, de son côté, il n'y a aucun achèvement dans le monde de l'action.

Du fait de la grandeur de la clarté immense de Moché notre maître, toutes les choses du monde ne sont encore que puissance et non acte. La lumière du roi Salomon, elle, est tout entière dans l'acte, comme il est dit de lui: il parla sur les arbres et sur les pierres.

Il montra ainsi explicitement Sa lumière, qu'Il soit élevé, même dans les inertes; par la construction du Temple, il montra la lumière dans tous les actes, jusque dans l'inerte lui-même. Salomon voulut montrer explicitement, par un acte manifeste aux yeux de tous, la raison de la vache.

Car la vache indique qu'il n'y a aucune absence chez Israël, et même ce qui apparaît comme la mort n'est pas non plus comme la mort des nations du monde. Ainsi qu'il est rapporté dans le saint livre Mei HaShiloah, la mort d'Israël n'est que celle d'un ustensile dont les jointures se sont disjointes, tandis que la mort des nations du monde est celle d'un ustensile brisé.

Même les âmes des convertis, mentionnées dans le Zohar, Saba de Mishpatim, et les pieux des nations du monde, sont comme un ustensile refondu à nouveau après avoir brûlé: il ne reconnaît plus la couleur qu'il avait auparavant et il est entièrement comme un ustensile neuf. Mais Israël reconnaîtra parfaitement les saisies qui étaient les leurs auparavant.

Comme nos sages l'ont dit dans la Guemara (Sanhédrin 91b): ils se lèveront avec leurs défauts, puis guériront, afin qu'on ne dise pas: d'autres sont morts et d'autres ont été ramenés à la vie. Car l'homme se souvient bien mieux de ce qu'il a souffert que de ce qu'il ne souffre pas du tout, qu'il oublie facilement; ce qu'il souffre, il s'en souvient toujours bien.

Ils se tiendront donc avec leurs défauts afin de se reconnaître dans leur saisie. C'est à cela que fait allusion la vache rousse.

Salomon voulut révéler cela explicitement aux yeux de tous; à ce sujet il dit: J'ai dit: je deviendrai sage, mais elle est loin de moi. Bien qu'aux jours du roi Salomon la lune fût dans sa plénitude, le temps n'était pas encore venu de montrer explicitement cette distinction dans ce monde.

Cette lumière brillera explicitement aux jours du roi Messie, au temps de la résurrection des morts.

En bref

« Et un homme pur recueillera la cendre de la vache ». Le Sod Yecharim enseigne que cette cendre restée du feu désigne ce dont la saisie croit qu'aucun tikoun n'est possible. Elle fait allusion au D.ieu de Yaakov : il ne se fiait à aucune chose de ce monde, et la poussière sous ses pieds monta jusqu'au Trône de gloire. Du côté de l'homme, le vêtement de la chute doit être annulé ; de Son côté, Sa volonté y purifie ce vêtement, et les fautes délibérées deviennent des mérites. Les sectaires veulent le coucher du soleil ; les Sages, des tevoulei yom (immergés du jour), afin que la teinte soit réparée sans changement.

Aussi : les opposés n'agissent que dans le cercle de la création ; la pureté vient de l'Un qui n'est pas dans le compte ; la mort d'Israël est un keli articulé défait, celle des nations un keli fondu puis refait.

ואסף איש טהור את אפר הפרה וגו'. איתא בזוה"ק (וישלח קע.) ויאבק איש עמו כו' מלמד דסליקו אבק ברגליהון עד כורסי יקרא וכו' אבק טפל לעפר מה בין עפר לאבק דא אבק דאשתאר מן נורא ולא עבד איבין לעלמין עפר דכל איבין נפקי מני' וכו'.

והענין הוא כי הצמיחות מכל הדברים נמשך מאש היינו מהמאמר ויהי אור שהניח השי"ת בכל הבריאה רק שהוא בהעלם מאוד לכן משתוקקים כל הדברים להעלות ולכלול בשורשם שהוא המאמר ויהי אור ולזה מה דאשתאר מן נורא לא עבד איבין לעלמין כי מאחר שלא הי' יכול לכלול באור כי נשתייר מאש זה מורה שנתרחק מאוד מהשורש ולא יצמיח עוד לעולם כי הכלי שנתרוקן ממנה הקדושה צריך שמירה ביותר כדאיתא בזוה"ק (נשא קמג) על הגוף מהמת ישראל שמטמא ביותר וזה האפר הנשתייר מאש דלא עבד איבין לעלמין מרמז על כל הדברים שנדמה בתפיסת אדם שיש להם ביטול והעדר בלי שום תיקון עוד ועל זה הוא העצה האפר פרה כי אפר פרה מרמז כדכתיב אשרי שאל יעקב בעזרו וגו'. היינו אף שנדמה לעיני אדם שאין עוד שום תיקון וכמו שמרמז הכתוב שם מקודם חל תבטחו בנדיבים בבן אדם שאין לו תשועה וגו' ועל זה מסיק שם הכתוב אשרי שאל יעקב בעזרו כי על יעקב נאמר לפני לא נוצר אל ואחרי לא יהי' וכמבואר בזוה"ק (קדושים פו) היינו שהי' אומר תמיד א-להים הרועה אותי מעודי וגו' ולא הי' בוטח על שום דבר עוה"ז כי אם כדכתיב אחזתיו ביד ימיני ולזה דמות דיוקנו נחקקה בכסא הכבוד והשי"ת הראה לו שהוא שוכן אצלו גם בעת השינה שלו ואמר לו ושמרתיך בכל אשר תלך וזהו שהעלה אבק ברגליו עד כסא הכבוד היינו שהעלה כל הדברים אף אותן הדברים הנדמה בהבנת תפיסת אדם שלא יהי' בהם שום תיקון כאבק דלא עבד איבין לעלמין מ"מ מצד יעקב אבינו יש תיקון גם לזאת ועל תיקון כזה רומז אפר פרה שיהי' באמת תיקון וטהרה לכל הדברים.

אמנם מצד האדם עיקר התיקון הוא רק כדכתיב טרם אענה אני שוגג היינו שישוב לד' ויאמר שוגג הייתי ובדרך רע הייתי עומד כי אם הי' לי דעה מיושבת כמו עכשיו בטח לא יאונה לי כשלון כזה כי זה הלבוש שהי' בתפיסתו בשעת הכשלון מוכרח מצד האדם להתבטל לגמרי כי אינו כלל בתפיסת אדם להבין איך ובאיזה אופן יתוקן הלבוש הגם שהי' אצלו מקודם בשעת הכשלון. אולם אפר פרה שרומז על הטהרה הבא מצדו ית' שעליו כתיב אשרי שאל יעקב בעזרו היינו שנטהר אפילו הלבוש הגם מעצמית הכשלון שבגוון אותו הלבוש בעצמו של הכשלון הי' ג"כ רצונו ית' כי בלתי זה הכשלון לא הי' יתכן לו להכיר התפשטות מציאותו ית' ודווקא מסבת אותו הכשלון שב בחילא יתיר עד שמכיר התפשטות אורו ית' אפילו בלבוש רחוק של הכשלון ג"כ נמצא שיתוקן ע"י תשובה שלימה אף הלבוש הגס מהכשלון אחר שזדונות נעשו לו כזכיות ועל תיקון כזה שלא יתבטל אפילו התפיסה והגוון מהלבוש של הכשלון ג"כ רומז טהרת אפר פרה הגם שהאדם מצדו צריך תמיד להתפלל אל תביאני לידי נסיון ולא לידי בזיון מ"מ אחר תשובה שלימה מברר השי"ת את הכשלון למפרע.

וזהו הענין מהפלוגתא שיש בין חכמז"ל להמינים כי המינים אומרים במעורבי שמש היתה נעשית היינו שהם אינם מאמינים שיהי' תיקון אפילו לגוון הלבוש מהכשלון כי לפי דעתם יתבטל הגוון מהתפיסה שהי' גבי האדם בעת הכשלון ויתחלף לגמרי עד שלא יהי' מכיר האדם את עצמו כלום ועל זה התחלפות התפיסה רומז הערב שמש כלומר שהזמן הקודם חלף והלך לו לגמרי וחכמז"ל אומרים בטבולי יום היתה נעשית להורות שאותו גוון התפיסה מהכשלון בעצמו יטהר ויתוקן בלי שום התחלפות הזמן והתפיסה כי השי"ת יהי' מאיר באותו הלבוש של הכשלון בעצמו תיקון וטהרה:

Et un homme pur recueillera la cendre de la vache, etc. Il est rapporté dans le saint Zohar (Vayichlah 170a) : (un homme lutta avec lui, etc. - Genèse 32,25) cela enseigne que la poussière monta sous leurs pieds jusqu'au Trône de gloire, etc.

La poussière est accessoire à la terre. Quelle différence y a-t-il entre la terre et la poussière ?

Celle-ci est la poussière qui est restée du feu et ne produit jamais de fruits ; la terre, tous les fruits en sortent, etc. Le sens en est que la croissance de toutes choses provient du feu, c'est-à-dire de la parole (Que la lumière soit - Genèse 1,3) que le Nom béni soit-Il a déposée dans toute la création, mais elle est très cachée.

C'est pourquoi toutes les choses aspirent à monter et à s'inclure dans leur racine, qui est la parole (Que la lumière soit). Ainsi, ce qui est resté du feu ne produit jamais de fruits : puisqu'il n'a pas pu s'inclure dans la lumière et qu'il est resté de ce feu, cela indique qu'il s'est fort éloigné de la racine et ne poussera plus jamais.

Car le keli qui a été vidé de sainteté requiert une garde tout à fait accrue, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Nasso 143a) au sujet du corps d'un mort d'Israël, qui impurifie au plus haut point. Cette cendre restée du feu, qui ne produit jamais de fruits, fait allusion à toutes les choses dont la saisie humaine semble montrer qu'elles comportent annulation et absence, sans aucun tikoun (réparation) possible.

À cela répond le conseil de la cendre de la vache, car la cendre de la vache fait allusion à ce qui est écrit : (Heureux celui dont le D.ieu de Yaakov est son secours, etc. - Psaumes 146,5). C'est-à-dire, bien qu'il semble aux yeux de l'homme qu'il ne reste plus aucun tikoun, ainsi que l'indique le verset précédent : (Ne vous fiez pas aux nobles, au fils de l'homme qui ne peut sauver, etc. - Psaumes 146,3), le verset conclut : (Heureux celui dont le D.ieu de Yaakov est son secours).

Car à propos de Yaakov il est dit : (Avant Moi aucun dieu n'a été formé, et après Moi il n'y en aura pas - Isaie 43,10), comme l'explique le saint Zohar (Kedochim 86a). Il disait constamment : (Le D.ieu qui me fait paître depuis mon jeune âge, etc. - Genèse 48,15), et ne se fiait à aucune chose de ce monde, mais seulement, comme il est écrit : (Tu m'as saisi par ma main droite - Psaumes 73,23).

C'est pourquoi l'image de son visage fut gravée sur le Trône de gloire, et le Nom béni soit-Il lui montra qu'Il résidait à ses côtés même pendant son sommeil, et lui dit : (Je te garderai partout où tu iras - Genèse 28,15). Tel est le sens de ce que la poussière sous ses pieds monta jusqu'au Trône de gloire : il éleva toutes choses, même celles dont la compréhension et la saisie humaine font croire qu'aucun tikoun n'y sera jamais possible, comme cette poussière qui ne produit jamais de fruits.

Pourtant, du fait de notre père Yaakov, il y a aussi un tikoun pour cela. La cendre de la vache fait allusion à un tel tikoun : il y aura en vérité réparation et pureté pour toutes choses.

Toutefois, du côté de l'homme, le tikoun essentiel consiste seulement en ce qui est écrit : (Avant que je réponde, j'étais dans l'erreur - טרם אענה אני שוגג) : il revient vers le Nom et dit : J'étais dans l'erreur et je me tenais dans une mauvaise voie ; si j'avais eu un esprit posé comme à présent, assurment une telle chute ne me serait pas arrivée. Car ce levouch (vêtement) qui était dans sa saisie au moment de la chute doit, du côté de l'homme, être entièrement annulé : il n'est nullement dans la saisie humaine de comprendre comment et de quelle manière sera réparé le levouch qui était auparavant le sien lors de la chute.

Mais la cendre de la vache, qui fait allusion à la pureté venant de Son côté, béni soit-Il, et à propos de laquelle il est écrit : (Heureux celui dont le D.ieu de Yaakov est son secours), signifie que même le levouch, provenant de l'essence même de la chute, est purifié. Car, dans la teinte de ce levouch même de la chute, il y avait aussi Sa volonté béni soit-Il : sans cette chute, l'homme n'aurait pu reconnaître l'extension de Sa réalité, béni soit-Il.

C'est précisément à cause de cette chute qu'il revient avec une force accrue, jusqu'à reconnaître l'extension de Sa lumière béni soit-Il, même dans le levouch lointain de la chute. Il s'ensuit que, par une techouva (retour) entière, même le levouch épais de la chute sera réparé, puisque les fautes délibérées deviennent pour lui des mérites.

La pureté de la cendre de la vache fait donc allusion à un tikoun tel que même la saisie et la teinte du levouch de la chute ne soient pas annulées. Bien que l'homme doive toujours prier : (Ne me conduis ni à l'épreuve ni au déshonneur), après une techouva entière, le Nom béni soit-Il clarifie rétroactivement la chute.

Tel est le sens de la controverse entre les Sages de mémoire bénie et les sectaires. Les sectaires disent : elle était préparée par des personnes dont le soleil s'était couché (me'ourevei chemech), c'est-à-dire qu'ils ne croient pas qu'il y ait un tikoun même pour la teinte du levouch de la chute.

Selon eux, la teinte de la saisie qui était chez l'homme au moment de la chute sera annulée et complètement échangée, de sorte que l'homme ne se reconnaîtra plus du tout. Le coucher du soleil fait allusion à cet échange de saisie, c'est-à-dire que le temps précédent a totalement passé et s'en est allé.

Mais les Sages de mémoire bénie disent : elle était préparée par des tevoulei yom (personnes immergées ce jour-là), pour enseigner que cette teinte même de la saisie de la chute sera purifiée et réparée sans aucun changement de temps ni de saisie, car le Nom béni soit-Il éclairera de tikoun et de pureté ce levouch même de la chute.

דבר אל בני ישראל ויקחו אליך פרה אדומה תמימה וגו'. במדרש (בזו הסדרא) זש"ה מי יתן טהור מטמא לא אחד (איוב י״ד:ד׳) כגון אברהם מתרח וכו' ומחשב שם כל מיני הפכיים שנמצאו בעולם עד כל העוסקין בפרה מתחילה ועד סוף מטמאין בגדים היא גופה מטהרת וכו'.

והענין הוא כי כל ההפכיים וההשתנות הנמצא בעולם זהו רק מצד הבריאה כדאיתא בזוה"ק (בראשית כב:) אני אמית ואחיה בספירן וכו' היינו בזה הסדר שהציב השי"ת בתפיסת הבריאה שם בזה ההיקף יכולין ח"ו לקלקל בחטא ויכולין נמי לתקן בתשובה אבל כמו שהוא באמת מצד השי"ת הסובב וממלא כל עלמין איך יתכן ליפעל שום דבר גדול או קטן נגד הרצון ית' כי אם פועל באמת נגד הרצון ית' איך הי' בו חיים בשעת פעולת החטא כי מהיכן נמשך להאדם חיים בשעת מעשה אם לא מהשי"ת אלא שבאמת אינו נפעל כל ענין החטא רק בההיקף של האדם היינו שבזה ההיקף שהציב השי"ת בתפיסת הבריאה שם נאבד באמת מהאדם לגמרי כל החיים מסבת החטא ויוכל להשתנות ע"י תשובה כל פעולת החטא שפעל האדם בההיקף שלו אבל בעצמית רצון העליון ית' שם אינו נפעל שום שינוי כדכתיב אני ד' לא שניתי ואין שום חטא ועון פועל שם כענין שאיתא בזוה"ק (בא לג.) כי פעל אדם ישלם לו וכארח איש ימציאנו והכי הוה כמה דאתמר. כמה דאיהו גזר הכי אתגזר עליה והאי דאמר ותסיתני בו לבלעו חכם (איוב) ותסיתני לבלעו לא כתיב אלא ותסיתני בו ביה קיימא בדעתיה דאיהו חשיב דהא תסיתני כמה דאמר (שם י) ועל עצת רשעים הופעת וכו'.

היינו יען שבתפיסת דעתו של איוב הי' נדמה לו שח"ו השי"ת מניח עצמו להתפתות מעצת רשעים ומופיע עליהם לכך הראה לו השי"ת ג"כ ההנהגה כזאת שיהי' נדמה לו שהוא משולל תקוה והשי"ת מנהיג עמו ע"י האמצעי וזהו ותסיתני בו ביה קיימא בדעתיה דאיהו חשיב דהא תסיתני וכו' כי כמו שהאדם קובע בדעתו הכרה בהשגחתו ית' כן מנהיג באמת השי"ת עמו ג"כ ומי שאתמנע תשובה מני' שנדמה לו ח"ו אפס תקוה זה נקרא מת כמו שמצינו בספרי שמדייק על הפסוק אשר בידו נפש כל חי הלא נפשות המתים המה ג"כ בידו אלא נפשות המתים נתונים באוצר ונפשות החיים נתונים בידו וכו'. ולהבין זאת וכי שייך אצל השי"ת חילוק בין אוצר לידו הלא האוצר הוא ג"כ בידו אלא הענין הוא שאין הנפש נקרא חי רק כפי שמכיר בהשי"ת שהוא חי עולמים כך יש לו באמת חיים לאותו הנפש.

ונפשות המתים מורה שנאבד ממנו כל התקוה עד שאינו מתעורר בלבו אפילו שום תפלה ובקשה כי נדמה לו שלא יועיל תפלה כלל כענין שמצינו גבי דוד המלך כל זמן שהי' הילד חי הי' מתפלל ומתחנן להשי"ת שיחי' הילד ולאחר שמת הילד לא הי' מתעורר עוד בלבו שום תפלה ולזה נמי מצינו אצל חזקי' כשאמר לו הנביא צו לביתך כי מת אתה אמר לו כלה נבואתך וצא כך מקובלני מבית אבי אבא אפילו חרב חדה מונחת על צוארו של אדם אל ימנע עצמו מן הרחמים ומדוע שאול המלך כשאמר לו שמואל הנביא למחר אתה עמי במחיצתי ולא בקש שאול אז שום רחמים אלא משום שהצנור ששופע השי"ת דרך עלוו החיים צריך שיהי' בעצמו ג"כ חי ועיקר החיים של אדם הוא התקוה שלו לכן חזקי' יען שקיבל נבואתו מישעי' הנביא שהי' עדיין בחיים חיותו לזה התעורר בלב חזקי' נמי תקוה לחיים ואמר אפילו חרב חדה מונחת על צוארו של אדם אל ימנע עצמו מן הרחמים משא"כ שאול המלך שקיבל הנבואה משמואל אחר מותו של שמואל לכך נעדר מלב שאול כל התקוה ולא הי' מתעורר אצלו שום תפלה ועל זה איתא שם בספרי נפשות החיים נתונים בידו היינו שיכולין להתפלל פב"פ נוכח השי"ת כי מכירים היטב שהשי"ת הוא חי העולמים ואינו נעדר מהם שום תקוה. ונפשות המתים נתונים באוצר שנעדר מהם כל התקוה וממילא פסק מהם כח התפלה.

וזהו השורש מטומאת מת שעל זה נאמר הנוגע במת יטמא היינו שנעדר ממנו התקוה ומתיאש עצמו עד שאינו מעורר בלבו שום תפלה ועל זה נתן השי"ת עצה מצות פרה אדומה שמרמזת על למעלה מכל מיני השתנות והפכיים כמו שפתח במדרש על זאת המצוה מי יתן טהור מטמא לא אחד. ואחד מורה על חד ולא בחושבן כי השי"ת נקרא אחד ונקרא ראשון כדאיתא בזוהר חדש (דף א) בגין דקב"ה איקרי אחד ואיקרי ראשון וכו' וראשון מורה על חד בחושבן היינו על הרצון הבא בהתלבשות התפיסה כי ראשון מחייב שני ואחד מורה על רצון העליון המשולל התלבשות כמבואר נמי בתיקוני זוה"ק (תיקון כב) ואיהו אתקרי חד בחושבן כד שריא בדרגא דאינון אחרנין משאר דרגין ואיהו לית ליה חושבן כד שריא על כל עלמין (עלאין) וכו' וטהרת הפרה הוא מזה הרצון העליון הנקרא אחד כדכתיב מי יתן טהור מטמא לא אחד כלומר מחד ולא בחושבן כי ע"י אפר פרה נקבע בו בהאדם הכרה איך שהוא מקושר בשורש רצון העליון הנקרא חד ולא בחושבן וכאשר מנהיר מזה הרצון העליון ית' אין עוד אצל האדם שום דבר משולל תקוה כי כל העדר תקוה הוא רק מצד תפיסת הבריאה.

אבל כאשר מדבק האדם עצמו ע"י אפר פרה בזה הרצון עליון שהוא למעלה מהתפיסה הנקרא אחד אזי מכיר מפורש שאין באמת גבי ישראל שום דבר שיהי' בו העדר ואפס תקוה וכמו שביאר בזה אזמו"ר הגה"ק זצל"ה בספר מי השלוח הק' (פ' חקת) שפרה אדומה מרמזת ההבדל שיש בין מיתת ישראל למיתת עכו"ם שמיתת עכו"ם היא ככלי שנשברה לגמרי ומיתת ישראל היא ככלי חוליות שנתפרקה ויכולין בכל עת להחזירה כבתחילה ואף שבאמת לא ברא הקב"ה שום דבר לבטלה ואפילו העכו"ם אינם לבטלה אלא כדי שיתפשט מהם כבוד שמים כמו שמצינו בפרעה שנאמר ופרעה הקריב ואמרו ז"ל שהקריב את ישראל לתשובה וכן אמרו ז"ל מי כמוכה באלים ד' אמר פרעה אך זה הכבוד שמים שמתפשט ממנו בא מרחוק מאוד כי הוא בתפיסתו נאבד ונתבטל וכן הכ"ש שנתפשט מהמן שאמרו ז"ל בגמ' (מגילה י:) והי' לד' לשם לאות עולם וגו' אלו ימי פורים אכן אצל מי נשאר זה הכבוד שמים אצל ישראל אבל המן בעצמו נתבטל תפיסתו לגמרי ועל זה כתב האר"י הק' ז"ל אשר לעתיד ישתומם כל הבריאה כשיראה השי"ת בהתגלות גודל הכבוד שמים היוצא מלבן הארמי הרי שאפילו האומות אינם לבטלה אמנם הם כדמיון הכלי שניתך באש לגמרי על האפר ואח"כ מתיכין זאת האפר עוד הפעם לעשות מזה האפר כלי אחרת מחדש שלא יכירו עוד בזאת הכלי החדשה צורתה שהי' עלי' מלפנים אבל הכבוד שמים המתפשט מישראל הוא דווקא מקיום הויותם ניכר זה הכ"ש כמו כלי חוליות שנתפרקה שניכרת צורתה הראשונה לאחר שמחזירין אותה:

Parle aux enfants d'Israël, et qu'ils prennent pour toi une vache rousse sans défaut, etc. Le Midrach (sur cette section) dit à ce sujet : (Qui peut faire sortir le pur de l'impur ?

N'est-ce pas l'Un ? - Job 14,4), par exemple Abraham de Térah, etc. Il y énumère toutes les sortes d'opposés qui se trouvent dans le monde, jusqu'à ceci : tous ceux qui s'occupent de la vache, du commencement à la fin, impurifient les vêtements, tandis qu'elle-même purifie, etc.

Le sens en est que tous les opposés et tous les changements qui se trouvent dans le monde ne sont que du côté de la création. Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Bereshit 22b) : (Je fais mourir et Je fais vivre, dans les sefirot), c'est-à-dire : dans l'ordre que le Nom béni soit-Il a fixé dans la saisie de la création, dans ce cercle, on peut, que le Ciel préserve, détériorer par la faute et aussi réparer par la techouva.

Mais tel qu'Il est en vérité, le Nom béni soit-Il, qui entoure et remplit tous les mondes, comment serait-il possible de produire quelque chose, grande ou petite, contre Sa volonté béni soit-Il ? Car si l'on agissait véritablement contre Sa volonté béni soit-Il, comment aurait-on eu de la vie au moment de la faute ?

D'où l'homme tirerait-il la vie au moment de l'acte, sinon du Nom béni soit-Il ? Mais en vérité, aucune réalité de la faute n'agit, sauf dans le cercle de l'homme : dans ce cercle que le Nom béni soit-Il a fixé dans la saisie de la création, toute vie est véritablement perdue pour l'homme à cause de la faute, et la techouva peut modifier tout acte de faute que l'homme a accompli dans son propre cercle.

Mais dans l'essence de la volonté supérieure béni soit-Il, aucun changement n'agit, comme il est écrit : (Moi, le Nom, Je n'ai pas changé - Malachie 3,6), et aucune faute ni iniquité n'y produit d'effet. C'est le sens de ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Bo 33a) : (Il le rétribue selon l'œuvre de l'homme, et lui fait trouver selon la voie de chacun ; et il en est ainsi, comme il a été dit.

Comme il a decree, ainsi est-il décrété sur lui. Et ce qui est dit : Tu M'as incité contre lui à l'engloutir, homme sage - Job 2,3 : il n'est pas écrit Tu M'as incité à l'engloutir, mais Tu M'as incité contre lui ; cela subsistait dans son opinion, car il pensait : Tu M'as incité, comme il est dit : Tu as resplendi sur le conseil des méchants, etc. - Job 10,3).

C'est-à-dire que, parce que dans la saisie de l'esprit de Job il lui semblait, que le Ciel préserve, que le Nom béni soit-Il se laissait inciter par le conseil des méchants et resplendissait sur eux, le Nom béni soit-Il lui montra lui aussi une conduite telle qu'il lui sembla qu'il était privé d'espoir et que le Nom le dirigeait par un intermédiaire. Tel est le sens de : (Tu M'as incité contre lui) ; cela subsistait dans son opinion, car il pensait : Tu M'as incité, etc.

Car selon la reconnaissance que l'homme fixe dans son esprit de Sa providence béni soit-Il, ainsi le Nom béni soit-Il le dirige réellement aussi. Celui dont la techouva est empêchée, parce qu'il lui semble, que le Ciel préserve, qu'il n'y a aucun espoir, est appelé mort.

C'est ce que nous trouvons dans le Sifrei, qui précise sur le verset : (Dans Sa main est l'âme de tout vivant - Job 12,10) : les âmes des morts aussi ne sont-elles pas dans Sa main ? Mais les âmes des morts sont placées dans le trésor, et les âmes des vivants sont placées dans Sa main, etc.

Comment comprendre cela ? Y aurait-il chez le Nom béni soit-Il une différence entre le trésor et Sa main, alors que le trésor aussi est dans Sa main ?

Mais le sens est qu'une âme n'est appelée vivante que dans la mesure où elle reconnaît le Nom béni soit-Il comme Vivant des mondes ; ainsi elle a réellement la vie. Les âmes des morts indiquent que tout espoir a disparu pour elles, au point que nulle prière ni demande ne s'éveille même dans leur cœur, car il leur semble que la prière ne servira absolument à rien.

C'est ce que nous trouvons pour le roi David : tant que l'enfant était vivant, il priait et implorait le Nom béni soit-Il pour que l'enfant vive ; après la mort de l'enfant, aucune prière ne s'éveilla plus dans son cœur. Nous trouvons de même chez Ézéchias : lorsque le prophète lui dit : (Donne des ordres à ta maison, car tu vas mourir - Isaie 38,1), il répondit : Achève ta prophétie et pars.

J'ai reçu de la maison de mon père et de mon grand-père que, même si une épée aiguisée est posée sur le cou d'un homme, il ne doit pas se retenir de demander miséricorde. Pourquoi, alors, le roi Saul, lorsque le prophète Samuel lui dit : (Demain tu seras avec moi dans ma demeure), ne demanda-t-il alors aucune miséricorde ?

C'est que le conduit par lequel le Nom béni soit-Il répand la vie doit lui aussi être vivant. Or la vie essentielle de l'homme est son espoir.

Ézéchias ayant reçu sa prophétie du prophète Isaie, qui était encore dans la vie, l'espoir de vivre s'éveilla aussi dans son cœur ; il dit donc : Même si une épée aiguisée est posée sur le cou d'un homme, il ne doit pas se retenir de demander miséricorde. Mais Saul avait reçu la prophétie de Samuel après la mort de Samuel ; c'est pourquoi tout espoir avait disparu du cœur de Saul et qu'aucune prière ne s'éveillait en lui.

C'est à ce propos que le Sifrei dit : les âmes des vivants sont placées dans Sa main, c'est-à-dire qu'elles peuvent prier face à face devant le Nom béni soit-Il, car elles reconnaissent clairement que le Nom béni soit-Il est le Vivant des mondes et qu'aucun espoir ne leur manque. Les âmes des morts sont placées dans le trésor : tout espoir leur manque, et par suite la force de la prière a cessé pour elles.

Telle est la racine de l'impureté du mort, à propos de laquelle il est dit : (Celui qui touche un mort sera impur - Nombres 19,11) : l'espoir lui manque, il désespère de lui-même, et aucune prière ne s'éveille dans son cœur. À cela le Nom béni soit-Il a donné le conseil de la mitsva (commandement) de la vache rousse, qui fait allusion à ce qui est au-dessus de toutes les sortes de changements et d'opposés, comme le Midrach introduit cette mitsva : (Qui peut faire sortir le pur de l'impur ?

N'est-ce pas l'Un ?). Et Un indique l'un qui n'est pas dans le compte.

Le Nom béni soit-Il est en effet appelé Un et Premier, comme il est rapporté dans le Zohar Hadach (folio 1) : le Saint béni soit-Il est appelé Un et est appelé Premier, etc. Premier indique l'un dans le compte, c'est-à-dire la volonté qui vient en se revêtant de la saisie ; car premier oblige un second.

Mais Un indique la volonté supérieure dépourvue de revêtement, comme l'expliquent aussi les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 22) : Il est appelé un dans le compte lorsqu'Il réside dans le degré des autres degrés ; et Il n'a pas de compte lorsqu'Il réside au-dessus de tous les mondes supérieurs, etc. La pureté de la vache provient de cette volonté supérieure appelée Un, comme il est écrit : (Qui peut faire sortir le pur de l'impur ?

N'est-ce pas l'Un ?), c'est-à-dire de l'Un qui n'est pas dans le compte. Car par la cendre de la vache, une reconnaissance est fixée dans l'homme : il est lié à la racine de la volonté supérieure appelée l'Un qui n'est pas dans le compte.

Et lorsque cette volonté supérieure béni soit-Il éclaire, aucune chose n'est plus privée d'espoir chez l'homme, car toute absence d'espoir ne vient que du côté de la saisie de la création. Mais lorsque, par la cendre de la vache, l'homme s'attache à cette volonté supérieure qui est au-dessus de la saisie et qui est appelée Un, il reconnaît clairement qu'il n'y a en vérité, chez Israël, aucune chose où il y ait absence et privation d'espoir.

Ainsi l'a expliqué mon maître, le saint gaon de mémoire bénie, dans le livre Mei ha-Chiloah (section Houkat) : la vache rousse fait allusion à la différence entre la mort d'Israël et la mort des idolâtres des nations. La mort de l'idolâtre est comme un keli complètement brisé ; la mort d'Israël est comme un keli articulé qui s'est défait et que l'on peut à tout moment remettre comme il était auparavant.

Pourtant, en vérité, le Saint béni soit-Il n'a rien créé en vain, et même les idolâtres des nations ne sont pas en vain : c'est afin que la gloire du Ciel se répande d'eux, comme nous le trouvons chez Pharaon, à propos duquel il est dit : (Pharaon s'approcha - Exode 14,10), et les Sages ont dit qu'il rapprocha Israël de la techouva. Ils ont aussi dit : (Qui est comme Toi parmi les puissants, Nom ? - Exode 15,11), Pharaon l'a dit.

Mais cette gloire du Ciel qui se répand de lui vient de très loin, car dans sa propre saisie il est perdu et annulé. De même, la gloire du Ciel qui s'est répandue de Haman, à propos de laquelle les Sages ont dit dans la Guemara (Meguila 10b) : (Et ce sera pour le Nom un nom, un signe éternel, etc. - Isaie 55,13), ce sont les jours de Pourim.

Mais chez qui demeure cette gloire du Ciel ? Chez Israël.

Quant à Haman lui-même, sa saisie a été entièrement annulée. C'est à ce propos que le saint Ari de mémoire bénie a écrit qu'à l'avenir toute la création sera stupéfaite lorsqu'elle verra que le Nom béni soit-Il révèle la grandeur de la gloire du Ciel qui sort de Laban l'Araméen.

Ainsi, même les nations ne sont pas en vain. Mais elles ressemblent à un keli qui a été entièrement fondu par le feu jusqu'à devenir cendre, puis dont on refond encore une fois la cendre pour en refaire un autre keli nouveau : dans ce keli nouveau, on ne reconnaîtra plus la forme qu'il avait auparavant.

Mais la gloire du Ciel qui se répand d'Israël vient précisément de la permanence de leur être ; cette gloire du Ciel se reconnaît comme dans un keli articulé qui s'est défait, dont la première forme demeure reconnaissable après qu'on l'a remis ensemble.

En bref

Ce passage poursuit l'enseignement sur la préparation de la vache. Le Sod Yecharim explique que les Sadducéens abolissent la saisie présente à la résurrection, tandis que les sages d'Israël enseignent que les âmes se reconnaîtront dans la saisie qu'elles ont à présent : la mort d'Israël est un vase articulé qui s'est défait. Salomon chercha à révéler cette raison et la trouva loin de lui. Il rapporte de son père que le chas de l'aiguille est la fente qui paraît séparer Sa lumière de la saisie ; là même est la Che'hina. Moché demanda de voir cette union ; il lui fut répondu qu'il la reconnaîtrait seulement ensuite.

Aussi : l'acte de la mitsva comprend une lumière plus grande que l'intention ; la foi en Hachem au-dessus de la nature ; Rabbi 'Hanina ben Dosa prie pour que le vinaigre brûle.

ועל זה הענין מסובב כל הפלוגתא המובא בגמ' (חגיגה כג.) שחכמי ישראל אמרו בטבולי יום היתה נעשית והצדוקין אומרים במעורבי שמש היתה נעשית והוא כי בתחיית המתים אינם יכולין להכחיש אפילו האומות כדאיתא בגמרא (סנהדרין) דלא הוי הוי מה דהוי לא כ"ש אלא שהצדוקין אומרים שהתפיסה של עכשיו מוכרח להתבטל וזהו במעורבי שמש היתה נעשית כלומר שיהי' האדם בזמן תחיית המתים כמו בריה חדשה שלא יהי' מכיר את תפיסתו הקודמת שהי' אצלו בזה העולם וחכמי ישראל אמרו בטבולי יום היתה נעשית להורות שאחר תחיית המתים יכירו שפיר כל הנפשות את עצמם בתפיסתם ממש שהי' בהם עכשיו שלא יערב השמש על התפיסה של עכשיו היינו שלא יתבטל מישראל זאת התפיסה לעולם והוא יען שבאמת כל ההעדר והמיתה של ישראל הוא רק ככלי חוליות שנתפרקה ואחר שמחזירין ומעמידין אותה אזי מכירין אותה שהיא בעצמה הכלי שהיתה מלפנים וזהו מי יתן טהור מטמא לא אחד היינו שאותו הדבר בעצמו שהי' נראה מלפנים בתפיסת אדם שנאבד ממנו ח"ו כל התקוה עד שלא הי' מתעורר עוד בלבו שום תפלה ואפילו שם יהי' מראה לו השי"ת כל הישועה והטהרה. וזהו נמי שאמרו ז"ל (ר"ה כא:) בקש קהלת להיות כמשה וכו' והוא כמאמרם ז"ל נמי במדרש בקש שלמה לגלות טעם פרה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני וכו'.

והענין הוא כי גבי מ"ר הי' מאיר הפעולה הגשמי ממש כאותו הבהירות של הכוונה היקרה ביותר כמבואר בזוה"ק (ואתחנן רסט.) ואורו של שלמה המלך הי' לגלות עוצם הבהירות של מ"ר שיהי' בתפיסת הבריאה בהכרה מפורשת כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון יג ליום ח') דרגין דשלמה אינון בית קבול לדרגין דמשה וכו' היינו שעל ידי שלמה נתגלה אור הגנוז במשה רבינו וזהו שבקש שלמה לגלות טעם פרה כלומר שבקש לגלות האור שיהי' ניכר גם בתפיסת זה העולם החילוק וההבדל בין מיתת ישראל למיתת עכו"ם וכמו שנתבאר להלן בעז"ה ועל זה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני היינו שרחוקה מגדר חכמתי כי אין עדיין רצונו ית' להראות זאת בזה העולם. וכמו שמצינו נמי גבי משה רבינו שאיתא בגמ' (מגילה יט:) אלמלי נשתייר במערה שעמד בה משה ואליהו כמלא נקב מחט סדקית לא היו יכולין לעמוד מפני האורה וביאר אאמו"ר הגה"ק זצל"ה הענין מנקב מחט היינו הסדק והחלל המפסיק בזה העולם בין אורו ית' לתפיסת הבריאה הגם שאף באותו הסדק והחלל בעצמו יש נמי באמת חיבור גמור לאורו ית' כדאיתא במדרש (אחרי כ) שרמזו שם על מיתת בני אהרן ואפרוחיו יעלעו דם ראה אפרוחיו מגעגעין באדמה ושתק אלא ובאשר חללים נדב ואביהוא שם הוא השכינה וכו' היינו ששם בזה המקום הנראה לסדק וחלל שם הוא השכינה היינו כי הוא רומז על עלמא עלאה כמבואר בזוה"ק (האזינו רצ.) בגין דאתכסיא ולא אתגלייא ואקרי הוא וכו' וזהו שם הוא השכינה היינו שמנהיג שם השי"ת למעלה מהתפיסה הרי שמצדו ית' אין באמת שום סדק וחלל כלל ובכל מקום יש חיבור רק שזה החיבור נעלם מתפיסת הבריאה לכך נדמה להבריאה שיש שם סדק וחלל ועל זה החיבור שיש במקום הנראה לחלל והפסק בקש מ"ר הראני נא את כבודך היינו שיהי' ניכר גם בתפיסת הבריאה זה החיבור ושיהיו רואים מפורש שאין באמת שום הפסק סדק וחלל והשיב לו השי"ת וראית את אחורי ותרגומו וחזת ית דבתרי היינו שרק ברגע שאחריו תוכל להכיר זה החיבור אבל בההוה א"א כלל בקטנות תפיסת הבריאה להכיר זה החיבור וכן לא הי' בכח חכמת שלמה לגלות טעם פרה כי אם הי' טעם פרה בהתגלות מפורש אזי היו רואים מפורש גם בההוה זה החיבור שאין באמת שום העדר ומיתה גבי ישראל והיו מכירים היטב שאין שום סדק וחלל ואלמלי נשתייר בהמערה שעמד בה משה ואליהו כמלא נקב מחט סדקית היינו שאם היו רואים את האור והחיבור גם בזה החלל לא היו יכולין לעמוד מפני אורה כי אור החיבור כזאת אינו כלל מסוג וגדר של הבריאה:

Et autour de cette idée tourne toute la controverse rapportée dans la Guemara (Haguiga 23a) : les sages d'Israël disaient qu'elle était préparée par un tevoul yom (celui qui s'est immergé ce jour-là), tandis que les Sadducéens disaient qu'elle était préparée par des me'orei shemesh (après le coucher du soleil). Car, au sujet de la résurrection des morts, même les nations ne peuvent nier, comme il est dit dans la Guemara (Sanhédrin) : ce qui n'était pas est devenu, à plus forte raison ce qui était.

Mais les Sadducéens disent que la saisie présente doit nécessairement s'abolir ; tel est le sens de : elle était préparée par des me'orei shemesh, à savoir que, au temps de la résurrection des morts, l'homme sera comme une créature nouvelle, qui ne reconnaîtra pas sa saisie précédente, celle qu'il avait dans ce monde. Et les sages d'Israël disaient : elle était préparée par un tevoul yom, pour enseigner qu'après la résurrection des morts toutes les âmes se reconnaîtront parfaitement elles-mêmes, dans la saisie exacte qu'elles ont à présent ; le soleil ne se couchera pas sur la saisie présente, c'est-à-dire que cette saisie ne sera jamais abolie d'Israël.

Car, en vérité, toute disparition et toute mort d'Israël ne sont que comme un vase articulé qui s'est défait ; lorsqu'on le remet et le redresse, on reconnaît qu'il est lui-même le vase qu'il était auparavant. Tel est aussi : "Qui tirera le pur de l'impur ?

Pas un seul" (Job 14,4) ; c'est-à-dire que la chose même qui, auparavant, paraissait à la saisie de l'homme comme ayant perdu, à Dieu ne plaise, tout espoir, au point qu'aucune prière ne pouvait plus s'éveiller dans son cœur, c'est précisément là que le Saint, béni soit-Il, lui montrera tout le salut et toute la pureté. C'est aussi ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Roch Hachana 21b) : "Kohelet chercha à être comme Moché", etc.

Et c'est également selon leur parole dans le Midrach : Salomon chercha à révéler la raison de la vache ; il dit : "J'ai dit : je deviendrai sage, mais elle est loin de moi" (Ecclésiaste 7,23), etc. La chose est que, chez Moché notre maître, l'acte matériel rayonnait lui-même de la même clarté que l'intention la plus précieuse, comme cela est expliqué dans le Zohar (Vaethanan 269a).

Et la lumière du roi Salomon était de révéler l'immense clarté de Moché notre maître, afin qu'elle fut, dans la saisie de la création, une connaissance explicite, comme il est dit dans les Tikounei Zohar (Tikoun 13, le huitième jour) : "Les degrés de Salomon sont des réceptacles pour les degrés de Moché", etc. C'est-à-dire que par Salomon fut révélée la lumière cachée en Moché notre maître.

Tel est ce que signifie : Salomon chercha à révéler la raison de la vache, à savoir qu'il chercha à révéler la lumière afin que la différence et la distinction entre la mort d'Israël et la mort des nations soient aussi reconnaissables dans la saisie de ce monde, comme il sera expliqué plus loin, si le Nom le veut. À cela il dit : "J'ai dit : je deviendrai sage, mais elle est loin de moi" ; elle est loin de la limite de ma sagesse, car telle n'est pas encore Sa volonté, qu'Il montre cela dans ce monde.

De même, au sujet de Moché notre maître, la Guemara dit (Meguila 19b) : "S'il était resté dans la grotte où se tenaient Moché et Élie un espace grand comme le chas d'une aiguille à coudre, ils n'auraient pu se tenir devant la lumière." Mon père et maître, le saint génie, de bénie mémoire, expliquait que le chas d'une aiguille signifie la fente et le vide qui, dans ce monde, séparent Sa lumière, qu'Il soit béni, de la saisie de la création. Or, même dans cette fente et ce vide eux-mêmes, il y a en vérité une union complète avec Sa lumière, qu'Il soit béni, comme il est dit dans le Midrach (Aharei 20), où ils ont fait allusion à la mort des fils d'Aaron : "Ses petits lapent le sang" ; il vit ses petits gazouiller sur la terre et se tut ; mais : "Là où sont les tués, là est la Chekhina", à savoir Nadav et Avihou.

C'est-à-dire que là, dans le lieu qui paraît être fente et vide, là est la Chekhina. Cela fait allusion au monde supérieur, comme cela est expliqué dans le Zohar (Haazinou 290a) : "Parce qu'il est caché et non révélé, il est appelé Lui" ; c'est-à-dire que là le Saint, béni soit-Il, conduit au-delà de la saisie.

Ainsi, de Son côté, qu'Il soit béni, il n'y a en vérité aucune fente ni aucun vide ; partout se trouve une union. Seulement, cette union est cachée à la saisie de la création, et la création s'imagine donc qu'il y a là une fente et un vide.

Au sujet de cette union qui se trouve dans le lieu paraissant être vide et interruption, Moché notre maître demanda : "Fais-moi voir Ta gloire" (Exode 33,18), c'est-à-dire que cette union soit aussi reconnaissable dans la saisie de la création, et qu'ils voient explicitement qu'il n'y a en vérité ni interruption, ni fente, ni vide. Le Saint, béni soit-Il, lui répondit : "Tu verras Mon dos" (Exode 33,23), dont le Targoum rend : "Tu verras ce qui est après Moi" ; c'est-à-dire que ce n'est qu'au moment qui suit que tu pourras reconnaître cette union.

Mais dans le présent, il est entièrement impossible, dans l'exiguïté de la saisie de la création, de reconnaître cette union. De même, la sagesse de Salomon n'avait pas la force de révéler la raison de la vache ; car si la raison de la vache avait été explicitement révélée, ils auraient aussi vu explicitement, dans le présent, cette union : qu'il n'y a en vérité ni disparition ni mort chez Israël.

Ils auraient parfaitement reconnu qu'il n'y a ni fente ni vide. Et : "S'il était resté dans la grotte où se tenaient Moché et Élie un espace grand comme le chas d'une aiguille à coudre", signifie que s'ils avaient vu la lumière et l'union aussi dans ce vide, ils n'auraient pu se tenir devant sa lumière ; car une lumière d'union pareille n'est aucunement de l'espèce ni de l'ordre de la création.

אכן נאצל מגודל הארת משה רבינו מצות פרה אדומה כי בזאת המצוה צפון וכמוס בתוכה זה האור שאינו כלל מסוג תפיסת הבריאה וככה הוא באמת כל הפעולות של מעשה המצות שנכלל בהם אור הרבה יותר מהכוונה היקרה ביותר שיתכן להיות בתפיסת הבריאה כי אם לא הי' נכלל בפעולת המצוה יותר מהכוונה שיתכן להיות בתפיסת אדם אזי הי' די לכוון רק הכוונה בלבד מהמצוה ולא הי' צריכין לפעול את המצוה במעשה דווקא אלא שבאמת נכלל בכל מעשה המצוה אור יותר הרבה מהכוונה שיתכן לכוון בה ולכך א"א לצאת ידי חובת המצוה רק ע"י שיפעלו אותה במעשה ממש כי ע"י העשי' של פעולת המצוה יהי' נוגע האדם בגודל האורו הכלול וכמוס בגווה וכן ע"י פעולת המצוה של פרה אדומה יכולין להגיע לעומק אורו של מ"ר הכמוס בגווה וזה הוא שמדייק הכתוב ויקחו אליך פרה אדומה וגו' היינו כי משה רבינו הוא אור החכמה של כלל ישראל וזהו ויקחו אליך היינו לאור החכמה שלך פרה אדומה וגו' כלומר שע"י זאת הפעולה של פרה אדומה יכולין להגיע לאור החכמה של מ"ר שהוא כמאמרם ז"ל במדרש משה הי' ממליך להשי"ת אפילו בחללה דעלמא ואמר אין עוד מלבדו היינו שהי' מראה שאין שום מקום פנוי בלי חיבור ומצות פרה אדומה קובע בלבבם של ישראל האמונה יקרה כזאת וזאת האמונה הוא כמו שנאמר ויאמינו בד' ויאמינו בא-להים לא נאמר אלא ויאמינו בד' להורות על האמונה שהיא למעלה מהטבע כי א-להים בגמטרי' הטבע ומי שאינו מאמין יותר מהטבע היינו שנדמה לו שהנהגתו ית' הוא רק כפי שכבר קבע בהטבע על זה נאמר אם תלכו עמי בקרי גם אני אלך עמכם וגו' וכמבואר בספרא (בחקותי פ' ה') ואם תלכו עמי בקרי וגו' אתם עשיתם את דיני עראי בעולם אף אני אעשה אתכם עראי בעולם היינו שהשגחתו ית' הוא לזה האדם ג"כ רק בדרך עראי לבלתי ישנה עבורו את הטבע ולזה מצינו בגמרא (ע"ז י:) זוטי דאית בכו מחי' מתים וכו' אף שעל להחיות את המת נאמר אני ד' בפתחי את קברותיכם היינו שזה הוא רק בידו ית' אכן מי שהוא בבחינת ויאמינו בד' אין נמנע ממנו תפלה גם להחיות את המת כי כל מה שנמנע מהאדם להחיות את המת הוא רק מפני שנשלל מלב האדם תפלה על זה כי נדמה בהבנת תפיסתו שכבר נעדר ונאבד ואפס תקוה ועל מה שלב האדם הוא משולל תקוה אינם רשאים להתפלל ואם יתפלל על זאת יהי' נקרא אטרוחי למארי' משא"כ חכמי הגמרא שהיו בבחינת ויאמינו בד' שזאת האמונה היא למעלה מהטבע ממילא הי' בכוחם להתפלל גם על המת שיחי' לזה אמר ידענא דזעירא דבכון מחי' מתים וכמו שמצינו בר' חנינא בן דוסא שאמר מי שאמר לשמן וידליק יאמר לחומץ וידליק ולא הי' נחשב זאת כלל אטרוחי למארי' כי האמין בתפיסתו היטב כמו שהוא באמת שלא עזב השי"ת שום דבר אל הטבע אלא שבכל רגע ורגע משפיע השי"ת חיים מחדש ולא שהחיים הוא גבי האדם עוד מיום הוולדו אלא שבכל רגע ורגע צריך לקבל מחדש חיים וכן אין השמן דולק משום שהניח כך השי"ת בהטבע עוד מהתחלת הבריאה אלא שבכל פעם מחדש השי"ת מעשה בראשית ומשפיע בכל רגע מחדש חיים וכח הדולק בהשמן כי אף צבאי מעלה שעליהם נאמר כח וגבורה נתן בהם להיות מושלים בקרב תבל מ"מ צריכין המה לקבל זה הכח וגבורה בכל פעם מחדש כגון רפאל המלאך שהוא ממונה על רפואה וכשבא לרפאות מוכרח לקבל עוד הפעם מהשי"ת כח לפעול הרפואה ומי שמכיר זאת יודע היטב שכן הוא בכוחו ית' לומר לחומץ וידליק כמו לשמן וכן להחיות המת כמו להחיות החי כי אין באמת שום נפקא מיני' ביניהם רק מצד הסתרת הטבע אבל מי שהוא דבק מעט למעלה מהסתר הטבע אין מצדו שום חילוק כלל. ואמונה כזאת קובע מצות פרה אדומה בלב האדם וממילא מכיר זה האדם שאין העדר לשום דבר ולא נאבד כלל התקוה אף ממה שנדמה בתפיסת הטבע שלא יועיל לו עוד ח"ו שום תיקון ועל זה מרמז אפר פרה כי אית עפר ואית אפר עפר עבד איבין כ"ד בזוה"ק (וישלח קע.) כי עפר הוא כ"ד הכל הי' מן העפר והכל שב אל העפר ואפר לא עבד איבין וזה מורה שאבד מזה כל הצמיחה ואפס תקוה ח"ו ומרמז אפר פרה שגם בזה יש תקוה כי לא יתבטל מישראל שום דבר שאין שום מקום בישראל בלא חיבור לאורו ית':

Cependant, du fait de la grandeur de l'illumination de Moché notre maître, la mitsva de la vache rousse a été émanée ; car, dans cette mitsva, est cachée et recouverte cette lumière qui n'est aucunement de l'ordre de la saisie de la création. Ainsi en est-il en vérité de tous les actes des mitsvot : ils comprennent une lumière bien plus grande que l'intention la plus précieuse qu'il soit possible d'avoir dans la saisie de la création.

Car, s'il n'était pas compris dans l'acte de la mitsva davantage que l'intention qu'il est possible d'avoir dans la saisie de l'homme, il aurait suffi de viser seulement l'intention de la mitsva, et il n'aurait pas été nécessaire d'accomplir la mitsva précisément par l'acte. Mais, en vérité, dans tout acte de mitsva est comprise une lumière bien plus grande que l'intention que l'on peut y viser ; c'est pourquoi on ne peut s'acquitter de l'obligation de la mitsva qu'en l'accomplissant par l'acte même.

Car, par l'accomplissement de l'acte de la mitsva, l'homme touche à la grandeur de la lumière qui y est comprise et cachée. De même, par l'acte de la mitsva de la vache rousse, on peut atteindre la profondeur de la lumière de Moché notre maître qui y est cachée.

C'est ce que précise le verset : "Qu'ils prennent pour toi une vache rousse" (Nombres 19,2) ; Moché notre maître est la lumière de la sagesse de l'ensemble d'Israël. "Pour toi" signifie : pour ta lumière de sagesse, une vache rousse, etc.

C'est-à-dire que, par cet acte de la vache rousse, on peut atteindre la lumière de la sagesse de Moché notre maître. C'est selon ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit dans le Midrach : Moché faisait régner le Saint, béni soit-Il, même dans le vide du monde, et disait : "Il n'y a rien d'autre que Lui" (Deutéronome 4,35) ; il montrait ainsi qu'il n'y a aucun lieu vide d'union.

Et la mitsva de la vache rousse fixe dans le cœur d'Israël une foi si précieuse. Cette foi est celle dont il est dit : "Ils eurent foi en ה'" (Exode 14,31) ; il n'est pas dit : "Ils eurent foi en Elokim", mais : "Ils eurent foi en ה'", afin d'enseigner la foi qui est au-dessus de la nature.

Car Elokim a la valeur numérique de "la nature" (הטבע). Celui qui ne croit pas au-delà de la nature, à qui il semble que Sa conduite, qu'Il soit béni, ne soit que selon ce qu'Il a déjà fixé dans la nature, à son sujet il est dit : "Si vous marchez avec Moi par hasard, Moi aussi Je marcherai avec vous..." (Lévitique 26,21).

Comme l'explique le Sifra (Behoukotai, paracha 5) : "Si vous marchez avec Moi par hasard... vous avez fait de Mes jugements une chose occasionnelle dans le monde ; Moi aussi Je ferai de vous une chose occasionnelle dans le monde." C'est-à-dire que Sa providence, qu'Il soit béni, envers cet homme aussi n'est que par voie occasionnelle, sans changer pour lui la nature. C'est pourquoi nous trouvons dans la Guemara (Avoda Zara 10b) : "Les plus petits parmi vous ressuscitent les morts", etc.

Bien qu'au sujet de la résurrection du mort il soit dit : "Je suis ה', quand J'ouvrirai vos tombeaux" (Ezechiel 37,13), c'est-à-dire que cela est seulement dans Sa main, qu'Il soit béni. Cependant, pour celui qui est dans la qualité de "Ils eurent foi en ה'", aucune prière, pas même pour ressusciter le mort, n'est interdite.

Car tout ce qui empêche l'homme de ressusciter le mort vient seulement de ce que la prière à ce sujet est retranchée du cœur de l'homme : dans la compréhension de sa saisie, il lui semble que celui-ci est déjà disparu et perdu, sans aucun espoir. Or, pour ce dont le cœur de l'homme est privé d'espoir, il n'est pas permis de prier ; et s'il prie pour cela, cela est appelé "importuner son Maître".

Mais les sages de la Guemara, qui étaient dans la qualité de "Ils eurent foi en ה'", cette foi étant au-dessus de la nature, avaient donc le pouvoir de prier même pour que le mort vive. C'est pourquoi il dit : "Je sais que le plus petit parmi vous ressuscite les morts." De même, nous trouvons chez Rabbi Hanina ben Dossa, qui dit : "Celui qui a dit à l'huile de brûler dira au vinaigre de brûler." Cela ne fut nullement considéré comme importer son Maître, car il croyait parfaitement, dans sa saisie, selon la vérité : le Saint, béni soit-Il, n'a abandonné aucune chose à la nature ; à chaque instant, Il dispense de nouveau la vie.

Ce n'est pas que la vie soit chez l'homme depuis le jour de sa naissance, mais à chaque instant il doit recevoir de nouveau la vie. De même, l'huile ne brûle pas parce que le Saint, béni soit-Il, l'a ainsi établie dans la nature au commencement de la création ; mais à chaque fois de nouveau, le Saint, béni soit-Il, renouvelle l'œuvre de la création et dispense à chaque instant de nouveau la vie et la force de brûler dans l'huile.

Car même les armées célestes, dont il est dit : "Il leur a donné force et puissance pour régner au sein du monde", doivent néanmoins recevoir cette force et cette puissance de nouveau à chaque fois. Ainsi l'ange Raphaël, qui est préposé à la guérison : lorsqu'il vient guérir, il doit recevoir encore une fois du Saint, béni soit-Il, la force d'accomplir la guérison.

Celui qui reconnaît cela sait parfaitement qu'il est ainsi en Son pouvoir, qu'Il soit béni, de dire au vinaigre de brûler comme à l'huile, et de ressusciter le mort comme de faire vivre le vivant ; il n'y a en vérité aucune différence entre eux, sinon du fait du voile de la nature. Mais pour celui qui adhère tant soit peu au-dessus du voile de la nature, il n'y a de son côté aucune différence.

Et une telle foi est fixée dans le cœur de l'homme par la mitsva de la vache rousse ; cet homme reconnaît alors qu'il n'y a disparition pour aucune chose et qu'aucun espoir n'est jamais perdu, même pour ce qui, dans la saisie de la nature, semble ne plus pouvoir être réparé, à Dieu ne plaise. À cela fait allusion la cendre de la vache : il y a poussière et il y a cendre ; "la poussière produit des fruits, et la cendre ne produit pas de fruits", dans le Zohar (Vayishlah 170a).

Car la poussière est : "Tout était poussière, et tout retourne à la poussière" (Ecclésiaste 3,20), tandis que la cendre ne produit pas de fruits ; elle indique que toute croissance est perdue et qu'il n'y a plus aucun espoir, à Dieu ne plaise. La cendre de la vache fait allusion à ce que, même en cela, il y a espoir : rien ne sera aboli d'Israël, car il n'y a aucun lieu en Israël qui soit sans union à Sa lumière, qu'Il soit béni.

En bref

« Ils prendront pour toi une vache rousse ». Le Sod Yecharim rapporte que Salomon voulut rendre intelligible, dans la ''Hokhma inférieure, ce que la ''Hokhma supérieure reconnaît : aucune annulation chez Israël ; il la trouva loin de lui. Pour D.ieu, ce qui a été, c'est ce qui sera, et la main et le trésor ne diffèrent que dans la perception de l'homme. Le désespoir est la racine des impuretés. Il rapporte de l'Ari Z"L que la vache a la guematria des lettres finales qui scellent l'écriture, lieu où la perception s'achève. Le voile vient d'avoir pris les sefirot sans Mal'hout ; D.ieu guérira cette séparation, et aucun vêtement d'Israël n'est privé de tikoun.

Aussi : la cendre menue restée du feu a un tikoun chez Israël ; les sages enseignent une préparation par des tevoulei yom, afin que l'homme se reconnaisse dans la teinte de sa chute.

ויקחו אליך פרה אדומה תמימה וגו'. כתיב (קהלת ז׳:כ״ד) רחוק מה שהיה ועמוק עמוק מי ימצאנו וגו'.

ואיתא במדרש בקש שלמה לגלות טעם פרה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני והוא כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון יג ליום ח) דרגין דשלמה אינון בית קבול לדרגין דמשה וכו'. וכמאמרם ז"ל בגמ' כלים של שלמה במה הי' מקדשן בזה שהי' מערה לתוכן משל משה וכו' כי גבי מ"ר הי' חכמה עלאה וגבי שלמה חכמה תתאה היינו כי בחכמה עלאה יש הכרה מפורשת שאין שום ביטול והעדר גבי ישראל ועל זה אמר שלמה אמרתי אחכמה היינו שאחכים גם לזולתי בהתגלות מפורש והיא רחוקה ממני כי בחכמה תתאה א"א להראות זאת כי אם בההוה כל עוד שמוקף האדם בהבחירה והשי"ת שופע בו החיים אזי מכיר שפיר איך שיש להשי"ת עסק עמו משא"כ במה שהי' וכבר עבר ואין בזאת נראה שאין עוד להשי"ת בזה שום עסק כי כבר נתבטל ונפסק מהמקור על זה כתיב מה שהי' הוא שיהיה וגו' היינו שאין באמת שום חילוק מצד השי"ת בין ההוה לעבר ועתיד כמו שיש לו ית' עסק עם ההוה כך לא נכלה העסק עם מה שהי' כי רק מצד תפיסה הנמוכה של אדם נדמה להעדר מה שהי' והחיים אינו מכיר כי אם בההוה אבל מצד השי"ת מה שהי' הוא שיהי' ושופע חיים במה שהי' כמו במה שיהי' וכמו שאיתא (בספרי) על הפסוק אשר בידו נפש כל חי וכי נפשות המתים אינם בידו אלא שנפשות המתים נתונים באוצר ונפשות החיים המה בידו וכו' ולהבין זאת וכי שייך גבי השי"ת חילוק מידו לאוצר.

אלא שזה החילוק הוא נמי רק מצד תפיסה הנמוכה של אדם כי בנפש כזה שאין האדם מכיר בו החיים אזי הוא בטבע האדם להתיאש אפילו להתפלל עליו כי נאבד תקוה ממנו כמו שמצינו גבי דוד המלך כל עוד שהילד הי' חי הפציר מאוד בתפלה ובתענית ואחר שנעדר החיים מהילד הפסיק מלהתפלל עליו ומלהתענות כמו שנאמר שם אני הולך אליו והוא לא ישוב אלי וגו' וזה היאוש בלב אדם נקרא אוצר כמו איזה דבר שמסיח האדם דעתו ממנה וגונזה באוצר וזהו שאיתא שם נפשות המתים נתונים באוצר כי על נפש המת שיחי' אינו רוחש בלב האדם שום תפלה אבל נפשות החיים הוא בידו היינו שרוחש שפיר בלב האדם תפלה להתפלל עליו וזאת התקוה הנמצא בלב האדם נקרא אשר בידו נפש כל חי אכן מצד השי"ת אין באמת שום חילוק מנפש החי לנפש המת לזה מצינו בגמ' (מובא לעיל) ידענא דזעירא דבכון מחיי מתים וכמו שמצינו גבי רחב"ד שהי' דבוק כ"כ בהשי"ת עד שהי' יכול להתפלל גם על המת שיחי' כי הכיר היטב שאין שום טרחה מצד השי"ת להחיות נפש המת כמו נפש החי. אולם זאת ההכרה הי' אצלם מיוחד בהבנת תפיסתם דווקא אבל לא בהתגלות התפיסה של זולתם שאינם דבקים כ"כ בהשי"ת כי ההעלם הנמצא בהם מסתיר בעדם זאת ההכרה ונדמה להם שיש העדר ומיתה ומפאת זה ההעלם נסתעף נמי לפעמים גבי האדם פעולה כזו שנדמה לו דאתמנע תשובה מני' ח"ו וזה היאוש הוא השורש מכל הטומאות לכן נאמר כאן עצה ויקחו אליך פרה וגו' וכמבואר בהאר"י הק' ז"ל פר"ה בגמטריא מנצפ"ך עם הכולל שהם מאותיות הסתומים שסוגרין בהם את הכתב כי בהמחשבה וגם בהמעשה יכול האדם להתפשט ולהראות בהם כל פעם השתנות חדש ולפרש אותם כפי רצונו ואף אחר שמוציא מחשבת כוונתו אל הדיבור שהוא הגמר מ"מ כשמעלה אותם על הכתב יכול עדיין להוסיף בהם אותיות כפי רצונו אולם באותיות מנצפ"ך נועל את הכתב וחותם אותו כי הם בסוף תיבה וסוגרין את התיבה ושוב אין להוסיף עליו וזה מרמז על המקום שנכלה שם לגמרי תפיסת אדם עד שמתיאש עצמו ונאבד תקוה ממנו וזה נקרא הנוגע במת ועצה לזאת הוא אפר פרה כי פרה הוא כמבואר בזוה"ק (פ' חוקת קפ:) פרה דקבילת מן שמאלא וכו' כד"א ופני שור מהשמאל וכו'.

היינו כי בהתחלה הוא דכר ובהגמר הוא ג"כ דכר ובאמצע הוא נוקבא ונסתעף מפני השור מהשמאל היינו מהתחלת התחלקות שמסבת זה נסתעף כל החטא של אדם הראשון כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון סט בסופו) וכל מאן דנטיל ט' ספירן בלא מלכות איהו כופר בעיקר וכו'. היינו שקיבל לעצמו כח הוי' מזה שאין מלך בלא עם וסבר שהוא מחויב המציאות וזאת הדעה נחשב כופר בעיקר ומסבת זה נסתעף בעולם כל ההעלם שיהי' לעיני אדם ביטול והעדר ויכול לדמות דאתמנע תשובה מני' ח"ו ועל זה נאמר מחצתי ואני ארפא וכמו שביארו ז"ל במדרש (קהלת פ"א) מה שמחצתי אני ארפא מחיצה שעשיתי שהעליונים קיימין והתחתונים מתים וכו' אני חוזר ומרפא אותה וכו'.

היינו שיהי' ניכר מפורש גם בההוה אשר מה שהי' הוא שיהי' ולא נכלה ונפסק מעולם עסקו ית' בשום לבוש הישראלי וכמאמרם ז"ל במדרש על בני יששכר שידעו בינה לעתים שיודעים לרפאות את הקודם היינו שמסר השי"ת את הזמן ג"כ בידם כמו שמצינו בירושלמי (נדרים פ"ו ה"ח) עיברו ב"ד החודש בחולין חוזרין וכו' וזהו מחיצה שעשיתי אני חוזר ומרפא היינו שארפא זאת המחיצה וההעלם הנראה בעולם להעדר וביטול שיהי' ניכר מפורש שלא הי' מעולם שום העדר ואין שום לבוש מישראל שיהי' משולל תיקון ח"ו ועל זה נאמר כי אצק מים על צמא ונוזלים על יבשה וגו' היינו שבזה המקום הנצרך לאור לעיקר החיים שם מנהיר השי"ת את האור כי מלת נוזלים רומז שנוזל מלמעלה למטה ועל זה איתא במדרש שעתיד הקב"ה להוציא רוח ארגסטין כי בזה העולם בשעה שרוח דרומית מנשב אינו מנשב רוח צפונית וכו' היינו שכל הרוחות המה נגדיים זו לזו ומזה נמשך שכל הוה נפסד אבל לעתיד יהיו מנשבין כל הרוחות ביחד ובזוה"ק (אדרא נשא קל:) נקרא זאת רוחא דכליל מכל רוחין וכו' אמנם מה שנראה שההפסד הנמצא בזה העולם נמשך מסבת ההרכבה הלא על מלאכים איתא נמי בזוה"ק (תולדות קלו:) כל מה שברא קב"ה בעולמות שלו חוץ ממנו היו בשתוף וכו' הרי שנמצא בהם נמי הרכבה ובכל זאת המה קיימים לעולמי עד. אכן באמת כל מה שברא הקב"ה הוא בלי גבול והמאמר די לא הגביל כלל המאמר הראשון של ויהי' שהי' מרחיב והולך עד בלי גבול כ"ד בגמ' (חגיגה דף יב.) רק שעדיין מרחיב והולך בלי גבול אלא שהבריאה עומדת בין אלו שתי המאמרים וכפי מה שעובד האדם בזה המאמר די כך מוצא עצמו בהמאמר שהוא בלי גבול ובעומק הלב מכירין ישראל היטב שורשם שהוא בלי גבול וכדאיתא במדרש על הפסוק וגם הנפש לא תמלא משל לעירני שנשא בת מלכים אפילו נותן לה כל מעדני עולם אינו יוצא ידי חובתה וכו' כך הנפש לא תמלא למה מפני שהיא מן העליונים וכו'.

אכן אם הי' זה העומק בהתגלות על זה איתא בזוה"ק (תיקון מז) דהוה כמלאכים דלית להו אגרא ועונשא לזה העלים השי"ת זה העומק רק אחר שעובד אדם כפי כוחו בהגבול שלו וכשמגיע אח"כ למקום כזה שאין עוד בכח בחירתו לברר אזי מאיר לו שם השי"ת מלמעלה מתפיסתו כדכתיב כי אצק מים על צמא ונוזלים על יבשה וזהו ויקחו אליך פרה אדומה וגו' היינו מזה שתראה מקום שהוא סתום וחתום מתפיסתך תוכל לשער שיש מקום אשר הוא למעלה מהכרת תפיסתך כענין הכתוב באשר חללים שם הוא ומלת הוא רומז על עלמא עלאה היינו במקום הנראה לך כחלל כי נעלם לגמרי מהבנת תפיסתך שם הוא מעלמא עלאה כי לא מסר השי"ת השלימות מעלמא עלאה בתפיסת זה העולם כמאמרם ז"ל במדרש (ב"ר פרשה יד) על הפסוק ככלי יוצר תנפצם בעוה"ז הכל בנפיחה שנאמר ויפח באפיו וגו' ולעולם הבא יהי' הכל בנתינה שנאמר ונתתי בכם רוח וחייתם וגו' היינו כי בעוה"ז יען שעלול להפסד לכך לא מסר השי"ת השלימות בנתינה שלא יופסד ח"ו לגמרי ונתן הכל בנפיחה היינו שכל דבר יהי' נשאר עדיין נקשר בהשורש כי מאן דנפח מתוכו נפח ומפאת זה שלא נמסר בשלימות נשאר תמיד גבי האדם מה שסתום ונעלם מהבנת תפיסתו אולם טהרת הפרה רומז כמו שנאמר עד מתי תתחמקין הבת השובבה אני עושה חדשה בארץ נקבה תסובב גבר וגו' היינו כי האור נקרא גבר והכלי נקרא נקבה ובזה העולם יען שהכלי הוא משולל שלימות לזה אינה יכולה לקבל את האור יותר מכפי כוחה אבל לעתיד כשימסור השי"ת הכל בשלימות הגמור בבחינת נתינה אז יהי' נקבה תסובב גבר היינו שהכלי יהי' בכוחה לקבל את האור בשלימות וממילא לא יהי' עוד בתפיסת אדם שום דבר סתום וזהו ולקחו לטמא מעפר שריפת החטאת וגו' וענין עפר מבואר בזוה"ק (צו לד:) מאן העפר. ההוא דשריא תחות כורסי יקרא קדישא וכו'.

וזה רומז על הרצון שחפץ להטיב לבריותיו כמאמרם ז"ל העולם נברא ממים ומשלג ומעפר היינו שזאת הוא אחד מיסודי הבריאה שחפץ להטיב שיהי' נראה להבריאה שיש לה צמיחה מעצמה וזהו עפר תחות כורסי יקרא ואית נמי עפר שהוא אבק דלא עבד פירין לעלמין וכמו שביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצל"ה שכל כמה שאדם עובד בכח הגוף שלו כך עושה מגוף נשמה אכן מה שנשאר גבי אדם שאין עוד בכוחו להאיר שם וזאת נראה לאבק דלא עבד פירין וכ"ש נמי גבי קרבנות שירד ארי' של אש ואכל את הקרבן אכן מה שנשאר מהקרבן דשן שלא הי' יכול לכלול באש של מעלה זאת נראה כאבק מבלי תיקון כ"ד בזוה"ק (וישלח קע.) מה בין עפר לאבק דא אבק דאשתאר מן נורא ולא עבד איבין לעלמין. עפר דכל איבין נפקי מניה וכו' לכן נאמר ולקחו לטמא מעפר שריפת החטאת וגו' להורות שדבר בלי תיקון אינו בנמצא כלל גבי ישראל וכמו שמצינו גבי יעקב אבינו ויאבק איש עמו וביארו ז"ל (זוה"ק שם) מלמד דסליקו אבק ברגליהון עד כורסי יקרא וכו' היינו שלא מצאו שום דבר בלא תיקון וכענין שאיתא עליו (זוה"ק קדושים פו.) לפני לא נוצר אל דח יעקב היינו שלא נכנס מעולם בדבר שנצרך אח"כ לברורין ועל תיקון כזה רומזת טהרת אפר פרה וזהו נמי כל הפלוגתא בין חכז"ל להמינים שהמינים אומרים במעורבי שמש היתה נעשית כי הם אינם מאמינים שיהי' תיקון אפילו לגוון הלבוש מהכשלון גם למפרע כי לפי דעתם יתחלף התפיסה של אדם לגמרי שלא יהי' מכיר האדם את עצמו כלום וזה רומז הערב שמש שהזמן חלף והלך לו ונתחלף על זמן אחר וחכז"ל אמרו שהפרה היתה נעשית בטבולי יום להורות שהתיקון יהי' באותו גוון הלבוש בלי התחלפות התפיסה כדי שיהי' מכיר האדם את עצמו היינו שיהי' מכיר את תפיסתו הקודמת כמו שנאמר ועלו מושיעים וגו' לא נאמר נושעים אלא מושיעים להורות שהתיקון יהי' באותן הפסיעות בעצמם שסבל אדם מהם שם יהי' מנהיר לו השי"ת כל התיקון וכמאמרם ז"ל (סנהדרין צא:) עומדין במומן ומתרפאין שלא יאמרו אחרים המית ואחרים החי' היינו שיכיר א"ע כי בזה המקום שכבר סבל האדם זאת זוכר לעולם ועל זה רמזו ז"ל במומן יעמדו כדי שיכירו היטב א"ע:

"Ils prendront pour toi une vache rousse, parfaite, etc." Il est écrit : "Ce qui a été est loin, et profond, profond, qui le trouvera ?" (Qohelet 7,24), etc. Le Midrach dit : Salomon voulut révéler la raison de la vache [rousse]; il dit : "J'ai dit : je deviendrai sage, mais elle est loin de moi".

Cela correspond à ce qui est dit dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 13, pour le 6e jour) : les degrés de Salomon sont un réceptacle pour les degrés de Moché, etc. Et selon leur parole, de mémoire bénie, dans la Guemara : avec quoi Salomon sanctifiait-il ses ustensiles ?

En y versant [l'huile] des [ustensiles] de Moché, etc. Car chez notre maître Moché, de mémoire bénie, était la 'Hokhma supérieure, et chez Salomon la 'Hokhma inférieure.

Dans la 'Hokhma supérieure, il y a une reconnaissance explicite qu'il n'existe aucune annulation ni disparition chez Israël. C'est à ce sujet que Salomon dit : "J'ai dit : je deviendrai sage", c'est-à-dire : je rendrai aussi cela intelligible à autrui dans une révélation explicite; mais "elle est loin de moi", car dans la 'Hokhma inférieure il est impossible de montrer cela.

Il ne peut l'être que dans le présent : aussi longtemps que l'homme est entouré par le libre choix et que le Saint béni soit-Il fait affluer en lui la vie, il reconnaît bien comment le Saint béni soit-Il s'occupe de lui. Il n'en est pas ainsi de ce qui a été et est déjà passé : on n'y voit plus que le Saint béni soit-Il s'en occupe, car cela semble déjà annulé et coupé de la source.

C'est à ce sujet qu'il est écrit : "Ce qui a été, c'est ce qui sera", etc. Cela signifie qu'en vérité, pour le Saint béni soit-Il, il n'y a aucune différence entre le présent, le passé et l'avenir : de même qu'Il s'occupe du présent, Son occupation de ce qui a été ne s'achève ni ne cesse.

Ce n'est que du fait de la perception basse de l'homme que ce qui a été paraît avoir disparu, et il ne reconnaît la vie que dans le présent; mais pour le Saint béni soit-Il, "ce qui a été, c'est ce qui sera", et Il fait affluer la vie dans ce qui a été comme dans ce qui sera. Ainsi est-il dit dans le Sifrei à propos du verset : "Dans Sa main est l'âme de tout vivant" : les âmes des morts ne sont-elles donc pas dans Sa main ?

Mais les âmes des morts sont déposées dans un trésor, tandis que les âmes des vivants sont dans Sa main, etc. Il faut comprendre ceci : chez le Saint béni soit-Il, une différence entre Sa main et un trésor est-elle possible ?

Cette différence n'est elle aussi que du fait de la perception basse de l'homme. Car pour une âme dont l'homme ne reconnaît pas la vie, il est naturel à l'homme de désespérer même de prier pour elle, car tout espoir à son sujet est perdu.

Ainsi trouvons-nous chez le roi David : tant que l'enfant vivait, il insista beaucoup par la prière et le jeûne; après que la vie eut quitté l'enfant, il cessa de prier et de jeûner pour lui, comme il est dit là-bas : "Je vais vers lui, mais lui ne reviendra pas vers moi", etc. Ce désespoir dans le cœur de l'homme est appelé un trésor, comme une chose dont l'homme détourne son esprit et qu'il cache dans un trésor.

C'est ce qui est dit là-bas : les âmes des morts sont déposées dans un trésor, car pour l'âme du mort afin qu'il revive, aucune prière ne s'éveille dans le cœur de l'homme. Mais "les âmes des vivants sont dans Sa main", c'est-à-dire qu'une prière s'éveille bien dans le cœur de l'homme pour prier pour elles; et cet espoir qui se trouve dans le cœur de l'homme est appelé : "dans Sa main est l'âme de tout vivant".

Toutefois, pour le Saint béni soit-Il, il n'y a en vérité aucune différence entre l'âme du vivant et celle du mort. C'est pourquoi nous trouvons dans la Guemara, rapportée plus haut : "Je sais que Zeira, qui pleure, ressuscite les morts".

Ainsi trouvons-nous au sujet de Rabbi Hanina ben Dosa, qui était si attaché au Saint béni soit-Il qu'il pouvait prier aussi pour que le mort revive, car il reconnaissait parfaitement qu'il n'y a pour le Saint béni soit-Il aucune peine à faire revivre l'âme du mort, pas plus que celle du vivant. Mais cette reconnaissance était particulière chez eux, dans l'intelligence de leur propre perception seulement, et non dans la révélation de la perception d'autrui, qui n'est pas aussi attaché au Saint béni soit-Il.

Car le voile qui se trouve en eux leur cache cette reconnaissance, et il leur semble qu'il y a disparition et mort. De ce voile se ramifie aussi parfois chez l'homme une disposition telle qu'il lui semble que la techouva (retour) lui est refusée, à D.ieu ne plaise.

Ce désespoir est la racine de toutes les impuretés. Aussi est-il donné ici un conseil : "Ils prendront pour toi une vache", etc.

Comme l'explique le saint Ari, de mémoire bénie, PRH (פרה) à la guematria de MNTSPK (מנצפך), en comptant le mot lui-même : ce sont les lettres finales, par lesquelles on ferme l'écriture. Car dans la pensée comme dans l'acte, l'homme peut s'étendre et y faire apparaître chaque fois un changement nouveau, et les interpréter selon son désir.

Même après avoir fait passer l'intention de sa pensée dans la parole, qui est l'achèvement, lorsqu'il les inscrit encore par écrit il peut ajouter des lettres selon son désir. Mais par les lettres MNTSPK il verrouille l'écriture et la scelle, car elles sont à la fin du mot et ferment le mot, et il n'est alors plus possible d'y ajouter.

Cela désigne le lieu où la perception de l'homme s'achève entièrement, jusqu'à ce qu'il désespère de lui-même et que tout espoir soit perdu : cela s'appelle "celui qui touche un mort". Le conseil à cela est la cendre de la vache.

Car la vache, comme l'explique le Zohar (Houkat 180b), "reçoit de la gauche", etc., comme il est dit : "et la face de bœuf, à gauche", etc. Cela signifie qu'au commencement elle est mâle, et qu'à l'achèvement elle est aussi mâle, tandis qu'au milieu elle est femelle.

Cela se ramifie de "la face de bœuf, à gauche", c'est-à-dire du commencement de la division, d'où se ramifia toute la faute d'Adam le premier, comme il est dit dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 69, fin) : "Quiconque prend les neuf sefirot sans Malkhout est un renieur de la racine", etc. C'est-à-dire qu'il s'est attribué la force du Être [הוי'] du fait qu'il n'y a pas de roi sans peuple, et a pensé qu'il était nécessairement existant.

Cette opinion est considérée comme un reniement de la racine, et de là se ramifia dans le monde tout le voile par lequel l'homme voit annulation et disparition, et peut s'imaginer que la techouva lui est refusée, à D.ieu ne plaise. À ce sujet il est dit : "J'ai blessé et Moi Je guérirai"; et nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué dans le Midrach (Qohelet 1) : "Ce que J'ai blessé, Moi Je le guérirai" - la séparation que J'ai faite, par laquelle les célestes subsistent et les terrestres meurent, etc., Moi Je reviendrai et la guérirai, etc.

Cela signifie que l'on reconnaîtra explicitement, même dans le présent, que "ce qui a été, c'est ce qui sera", et que Son occupation, qu'Il soit béni, d'aucun vêtement d'Israël ne s'est jamais achevée ni interrompue. Comme ont dit nos maîtres, de mémoire bénie, dans le Midrach au sujet des fils d'Issakhar : "qui connaissent l'intelligence des temps", car ils savent guérir ce qui précède, c'est-à-dire que le Saint béni soit-Il a aussi remis le temps entre leurs mains.

Ainsi trouvons-nous dans le Yerouchalmi (Nedarim 6,8) : si le tribunal a embolise le mois, les profanes redeviennent [consacrés], etc. C'est là "séparation que J'ai faite, Moi Je reviendrai et la guérirai" : Je guérirai cette séparation et le voile qui apparaît dans le monde comme disparition et annulation, afin qu'il soit explicitement reconnu qu'il n'y eut jamais aucune disparition et qu'il n'existe aucun vêtement d'Israël privé de tikoun (réparation), à D.ieu ne plaise.

À ce sujet il est dit : "Car Je répandrai de l'eau sur celui qui a soif, et des ruissellements sur la terre sèche", etc. Cela signifie qu'au lieu qui a besoin de lumière pour l'essentiel de la vie, le Saint béni soit-Il fait luire la lumière.

Le mot "ruissellements" désigne ce qui coule du haut vers le bas. C'est à ce sujet que le Midrach dit que le Saint béni soit-Il fera sortir un vent Argastin : dans ce monde-ci, lorsque le vent du sud souffle, le vent du nord ne souffle pas, etc.

Cela signifie que tous les vents sont opposés les uns aux autres, et il en résulte que tout existant est périssable. Mais dans l'avenir, tous les vents souffleront ensemble; et dans le Zohar (Idra Nasso 130b), cela s'appelle "le vent qui comprend tous les vents", etc.

Or, ce qui paraît être la périssabilité de ce monde résulte de la composition. Pourtant, au sujet des anges aussi, il est dit dans le Zohar (Toledot 136b) : "Tout ce que le Saint béni soit-Il créa dans Ses mondes, hors de Lui, fut dans une association", etc.

Il y a donc aussi chez eux composition, et néanmoins ils subsistent pour toujours. En vérité, tout ce que le Saint béni soit-Il créa est sans limite.

La parole "assez" ne limita nullement la première parole "qu'il soit", qui s'étendait et allait sans limite, comme il est dit dans la Guemara (Haguiga 12a); elle s'étend encore et va sans limite. Mais la création se tient entre ces deux paroles, et dans la mesure où l'homme sert dans cette parole "assez", il se trouve dans la parole qui est sans limite.

Dans la profondeur du cœur, Israël reconnaît parfaitement sa racine, qui est sans limite, comme le Midrach le dit sur le verset : "L'âme aussi ne sera pas rassasiée" : parabole d'un citadin qui épousa une fille de roi; même s'il lui donne toutes les douceurs du monde, il ne s'acquitte pas envers elle, etc. Ainsi l'âme ne sera pas rassasiée.

Pourquoi ? Parce qu'elle vient des hauteurs, etc.

Mais si cette profondeur était révélée, il est dit dans le Zohar (Tikoun 47) qu'ils seraient comme les anges, qui n'ont ni récompense ni punition. C'est pourquoi le Saint béni soit-Il cacha cette profondeur.

Ce n'est qu'après que l'homme travaille selon sa force dans sa limite, et qu'ensuite il atteint un lieu où son libre choix ne peut plus clarifier, que le Saint béni soit-Il l'éclaire là au-dessus de la perception qui est la sienne, comme il est écrit : "Car Je répandrai de l'eau sur celui qui a soif, et des ruissellements sur la terre sèche". C'est là "Ils prendront pour toi une vache rousse", etc.

Cela signifie que du fait que tu verras un lieu fermé et scellé à ta perception, tu pourras estimer qu'il existe un lieu au-dessus de la reconnaissance de ta perception, selon le sens du verset : "Car Lui est là où sont les blessés à mort". Le mot "Lui" (הוא) désigne le monde supérieur : au lieu qui te paraît vide, parce qu'il est entièrement caché à l'intelligence de ta perception, "Lui" est du monde supérieur.

Car le Saint béni soit-Il n'a pas remis la perfection du monde supérieur dans la perception de ce monde, comme ont dit nos maîtres, de mémoire bénie, dans le Midrach (Bereshit Rabba 14), au sujet du verset : "Tu les briseras comme un vase de potier" : dans ce monde-ci, tout est par insufflation, comme il est dit : "Il insuffla dans ses narines", etc.; et dans le monde à venir, tout sera par don, comme il est dit : "Je mettrai en vous un esprit et vous vivrez", etc. Cela signifie que dans ce monde-ci, puisqu'il est sujet à la perte, le Saint béni soit-Il n'a pas remis la perfection sous forme de don, afin qu'elle ne se perde pas entièrement, à D.ieu ne plaise.

Il a tout donné par insufflation, c'est-à-dire que chaque chose demeure encore liée à la racine, car celui qui insuffle insuffle de son intérieur. Du fait que cela n'a pas été remis dans sa perfection, demeure toujours chez l'homme ce qui est fermé et caché à l'intelligence de sa perception.

Mais la purification de la vache désigne ce qui est dit : "Jusqu'à quand te déroberas-tu, fille rebelle ? Je fais une chose nouvelle sur terre : la femelle entourera le mâle", etc.

La lumière est appelée mâle et le keli (récipient) est appelé femelle. Dans ce monde-ci, puisque le keli est privé de perfection, il ne peut recevoir la lumière au-delà de sa force.

Mais dans l'avenir, lorsque le Saint béni soit-Il remettra tout dans la perfection complète, sous l'aspect du don, alors "la femelle entourera le mâle", c'est-à-dire que le keli aura la force de recevoir pleinement la lumière. Il n'y aura alors plus, dans la perception de l'homme, aucune chose fermée.

C'est là "Ils prendront pour l'impur de la poussière de la combustion de l'offrande expiatoire", etc. La notion de poussière est expliquée dans le Zohar (Tsav 34b) : "Qui est la poussière ?

Celle qui réside sous le Trône de gloire saint", etc. Cela désigne la volonté qui désire faire du bien à Ses créatures, comme ont dit nos maîtres, de mémoire bénie : le monde fut créé d'eau, de neige et de poussière.

C'est-à-dire que ceci est l'un des fondements de la création : Il désire faire du bien, afin qu'il apparaisse à la créature qu'elle pousse par elle-même. C'est là "poussière sous le Trône de gloire".

Mais il est aussi une poussière qui est une cendre menue, "qui ne produit jamais de fruits". Mon père et maître, le saint gaon, de mémoire de juste et saint, l'a expliqué ainsi : autant l'homme travaille avec la force de son corps, autant il fait du corps une âme.

Mais ce qui demeure chez l'homme, là où il n'a plus la force d'éclairer, ressemble à une cendre menue qui ne produit pas de fruits. Il en est ainsi, à plus forte raison, des sacrifices : un lion de feu descendait et mangeait le sacrifice; mais ce qui restait du sacrifice, la cendre que le feu d'en haut ne pouvait inclure, ressemblait à une cendre menue sans tikoun, comme il est dit dans le Zohar (Vayishlah 170a) : "Quelle différence entre poussière et cendre menue ?

La cendre menue est ce qui reste du feu et ne produit jamais de fruits. La poussière, tous les fruits en sortent", etc.

Aussi est-il dit : "Ils prendront pour l'impur de la poussière de la combustion de l'offrande expiatoire", etc., pour enseigner qu'aucune chose sans tikoun n'existe chez Israël. Ainsi trouvons-nous au sujet de Yaakov notre père : "Un homme lutta avec lui"; nos maîtres, de mémoire bénie, expliquent (Zohar, ibid.) : cela enseigne que leur poussière monta sous le Trône de gloire, etc.

Cela signifie qu'ils ne trouvèrent rien sans tikoun, selon ce qui est dit de lui (Zohar, Kedochim 86a) : "Avant Moi, aucun dieu ne fut formé" - Yaakov n'entra jamais dans une chose qui aurait ensuite besoin de clarification. La purification par les cendres de la vache désigne un tel tikoun.

C'est aussi tout le différend entre les sages, de mémoire bénie, et les minim (sectaires). Les minim disent qu'elle était préparée par des hommes dont le soleil s'était couché [après leur immersion], car ils ne croient pas qu'il y ait un tikoun, même rétroactivement, pour la teinte du vêtement issue de l'échec.

Car selon eux la perception de l'homme sera entièrement changée, de sorte qu'il ne se reconnaîtra plus du tout lui-même. Cela est désigné par le coucher du soleil : le temps est passé et parti, et a été remplacé par un autre temps.

Mais les sages, de mémoire bénie, disent que la vache était préparée par des tevoulei yom (immergés du jour), afin d'enseigner que le tikoun se fera dans la même teinte du vêtement, sans changement de la perception, afin que l'homme se reconnaisse lui-même; c'est-à-dire qu'il reconnaîtra sa perception précédente. Comme il est dit : "Des sauveurs monteront", etc.

Il n'est pas dit "des sauvés", mais "des sauveurs", pour enseigner que le tikoun se fera dans les pas mêmes dont l'homme a souffert; c'est là que le Saint béni soit-Il lui fera luire tout le tikoun. Comme ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Sanhédrin 91b) : "Ils se lèveront avec leurs défauts et seront guéris", afin qu'ils ne disent pas : "D'autres ont fait mourir et d'autres ont fait vivre".

Cela signifie qu'il se reconnaîtra lui-même, car à l'endroit où l'homme a déjà souffert, il s'en souvient à jamais. C'est ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont désigné par : "ils se tiendront avec leurs défauts", afin qu'ils se reconnaissent parfaitement eux-mêmes.

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