סוד ישרים

Sod Yesharim — Simchat Torah

Rabbi Gershon Hénoch Leiner de Radzin - les fêtes
En bref

« Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit » (Devarim 33,1) : le Midrach en tire la bénédiction avant et après la Torah. Le Sod Yecharim explique que là où les degrés s'incluent, l'ordre atteint l'Infini. Avant de manger, la bénédiction attire la parole revêtue dans la nourriture ; après, l'homme est le plus fort et « Qui nourrit » éveille la bonté première. « Qui donne la Torah » dit que D.ieu donne toujours du renouveau ; après, les paroles doivent être plantées dans le corps. Moché, après avoir répété la Torah, fixe dans les cœurs la lumière du Sinaï, comme un pieu qui ne chancelle pas.

Aussi : bénir attire depuis la source supérieure puis fixe l'union ; le vav de « et voici » ajoute au Cantique ; le récepteur vient de D.ieu, et les revêtements de la Torah demeurent à jamais.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. איתא במדרש רבה (פ' נצבים ח') כך שנו חכמים הפותח והחותם בתורה מברך לפניה ולאחריה.

ומנין שטעונה ברכה לפניו שכתוב ברוך אתה ה' ואח"כ למדני חקיך. הרי ברכה לפניה ומנין שטעונה ברכה לאחרי' אמר ר' שמואל בר נחמן בשם ר' יונתן שכתוב אחר השירה וזאת הברכה מששנה להם את התורה ואח"כ ברך הרי ברכה לאחריה וכו':

"Et voici la bénédiction par laquelle Moché... bénit" (Deutéronome 33,1). Il est rapporté dans le Midrach Rabba (Nitsavim 8) : Ainsi nos sages ont enseigné : celui qui commence et celui qui achève la lecture de la Torah prononcent une bénédiction avant et après.

D'où sait-on qu'elle requiert une bénédiction avant ? Car il est écrit : "Béni sois-Tu, ה'", puis : "Enseigne-moi Tes lois" (Psaumes 119,12).

Voici donc la bénédiction avant. Et d'où sait-on qu'elle requiert une bénédiction après ?

Rabbi Shmuel bar Nahman, au nom de Rabbi Yonatan, a dit : Il est écrit après le Cantique : "Et voici la bénédiction" ; après leur avoir répété la Torah, il les bénit. Voici donc la bénédiction après, etc.

ביאור הענין כי כל מקום שיש סדר מהתכללות הדרגין ע"ד הכתוב וקרא זה אל זה ומתרגמינן ומקבלין דין מן דין שאחד משפיע לזולתו זה הסדר מגיע עד אין סוף וכדאיתא בזוה"ק (פקודי רסט) וברזא דקרבנא כד סליק כלא אתקשרי דא בדא ונהיר דא בדא כדין קיימו כלהו בסליקו ומחשבה אתעטר באין סוף וכו' היינו שזה השור מעוה"ז שעומד בלי דעת ע"י שמקריבין אותו הוא נכלל בהשור של המרכבה העליונה, ועל זה הענין מצינו נמי בגמרא (שלהי מנחות) עכשיו שאין קרבן שלחנו של אדם מכפר עליו והוא כי שלחנו של אדם הוא נמי ענין קרבן שהמאכל נכלל בצורת אדם וכשעובד האדם בכח זה המאכל להשי"ת עי"ז יש עלי' להמאכל וזהו ענין ברכה שמברכין בתחלת כל מאכל וגם אחר האכילה. בתחלה מברכין המוציא לחם מן הארץ וכמאמרם ז"ל בגמרא (ברכות ל"ח) המוציא דאפיק משמע.

וגם ברכה הוא לישנא דאמשכותא שממשיך אליו את המוצא פי ה' המתלבש בהמאכל כדכתיב כי לא על הלחם לבדו יחיה האדם כי על כל מוצא פי ה' היינו שהרצון יתברך מבריאת עולם שמהוה ומחיה כל הדברים שבעולם זה הרצון נתלבש בהלחם ומחיה את האדם וע"י הברכה בוקע אדם את הלבושים ומוצא ומפיק אליו את הרצון יתברך המחיה את האדם וקודם האכילה בשעת הברכה אז האדם משפיע להמאכל כי ע"י הברכה נתעלה המאכל. אבל בשעת האכילה אז נקרא המאכל משפיע כי האדם ניזון מהמאכל ולאחר האכילה האדם הוא גבר על המאכל כי אז הוא הבחירה ביד אדם כפי אשר יעבוד לה' בכח האכילה ההיא כך יהיה עליה לזה המאכל ולאחר המזון צריכין לברך ברכת הזן שתיקן יהושע שיאמר הזן את העולם כלו בטובו היינו שכל הקיום מאלו הלבושים של המזון הוא רק מטובו מהרצון הקדום יתברך שהיה בבריאת עולם מזכור רחמיך ה' וחסדיך כי מעולם המה וכל הכח והקיום שמקבל האדם מאכילתו הוא רק מזה החסד והרצון שנתלבש בהמאכל וע"י הברכה מתעורר זה החסד בכל האכילות:

L'explication est que partout où il y a un ordre d'inclusion des degrés, selon le verset : "Ils s'appelaient l'un l'autre" (Isaie 6,3), que le Targoum rend : "ils reçoivent l'un de l'autre", l'un influençant l'autre, cet ordre atteint jusqu'à l'Infini. Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Pekoudei 269) : "Par le secret du sacrifice, lorsque tout monte, ceci se lie à cela et ceci illumine cela ; alors tous subsistent dans l'élévation, et la pensée est couronnée dans l'Infini", etc.

C'est-à-dire que ce bœuf de ce monde, qui se tient sans connaissance, par le fait qu'on le sacrifie s'inclut dans le bœuf du Char céleste. Nous trouvons aussi dans la Guemara (fin de Menahot) : Maintenant qu'il n'y a pas de sacrifice, la table de l'homme expie pour lui.

Car la table de l'homme est elle aussi une affaire de sacrifice : la nourriture s'inclut dans la forme de l'homme, et lorsque l'homme sert le Nom par la force de cette nourriture, la nourriture s'élève par cela. Tel est le sens de la bénédiction que l'on prononce au commencement de chaque aliment et aussi après avoir mangé.

Au début on bénit : "Qui fais sortir le pain de la terre" ; et comme ils ont dit dans la Guemara (Berakhot 38a), "qui fais sortir" signifie : qui a fait sortir. Une bénédiction est aussi un terme d'attraction : il attire à lui la parole émanant de la bouche du Nom, revêtue dans la nourriture, comme il est écrit : "L'homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole émanant de la bouche de ה'" (Deutéronome 8,3).

C'est-à-dire que la volonté bénie, depuis la création du monde, qui fait être et vivifie toutes les choses du monde, cette volonté s'est revêtue dans le pain et vivifie l'homme. Par la bénédiction, l'homme perce les revêtements, trouve et tire à lui la volonté bénie qui le vivifie.

Avant de manger, au moment de la bénédiction, l'homme influence la nourriture, car par la bénédiction la nourriture s'élève. Mais au moment de manger, la nourriture est appelée celle qui influence, car l'homme se nourrit de la nourriture.

Après avoir mangé, l'homme est le plus fort que la nourriture, car alors le libre choix est dans la main de l'homme : selon la manière dont il servira le Nom par la force de ce repas, ainsi sera l'élévation de cette nourriture. Après le repas, il faut bénir la bénédiction de "Qui nourrit", instaurée par Josue, en disant : "Qui nourrit le monde entier par Sa bonté".

Cela signifie que toute subsistance tirée de ces revêtements de nourriture vient seulement de Sa bonté, de la volonté première bénie qui était à la création du monde : "Souviens-Toi de Tes miséricordes, ה', et de Tes bontés, car elles sont depuis toujours" (Psaumes 25,6). Toute la force et la subsistance que l'homme reçoit de son repas proviennent seulement de cette bonté et de cette volonté revêtues dans la nourriture ; et par la bénédiction cette bonté est éveillée dans tous les repas.

וככה הוא בדברי תורה ג"כ שמקודם מברכין נותן התורה היינו הגם שהלביש השי"ת את אורו בלבושים ובמצות מעשיות עכ"ז הוא פותח אותם תמיד ואורי וגלי מה דהוי סתים בקדמיתא ובכל פעם הוא נותן יותר חדשות וזה הוא נותן התורה שעדיין לא פסק מליתן רק שנותן תמיד התחדשות להאדם המיגע א"ע בדברי תורה. וברכה לאחריה הוא שמברכין וחיי עולם נטע בתוכנו היינו שהד"ת יהיו נטועים בתוך הגוף שילכו תמיד עם האדם אפילו שלא מדעתו כענין הכתוב בלותי בשמן רענן שהד"ת נבלל ונלוש בתוך הגוף, וזהו דאיתא שם במדרש מנין שטעונה ברכה לאחריה אמר ר"ש ב"נ בשם ר' יונתן שכתוב אחר השירה וזאת הברכה מששנה להם את התורה ואח"כ ברך וכו' היינו אחר שגמר משה רבינו את השירה והיה נותן לישראל כל הסדר מדברי תורה והיה לומד עמהם כל הד"ת היה מברך לאחריה כדכתיב וזאת הברכה אשר ברך משה וגו' היינו שמ"ר היה נוטע הד"ת בלבבם של ישראל שיהיה נקבע בהם אפילו שלא מדעת.

וזהו ויאמר ה' מסיני בא היינו כמו האור שהראה השי"ת בסיני שהיה אור בהיר בלי שום לבוש אנכי ה' א-להיך ואף שנעלם אח"כ זאת הבהירות העצום בעת שנאמר להם שובו לכם לאהליכם והשי"ת היה אומר היטיבו אשר דברו בכל זאת היה מתפלל מ"ר ואמר ה' מסיני בא היינו שזה האור שנתגלה בסיני ישכון תמיד בקרב ישראל וזהו אשר ברך משה וגו' שהיה מושך זה האור וקבעו בלב ישראל כיתד שלא תמוט לעולם ועד:

Il en est de même des paroles de Torah. On bénit d'abord : "Qui donne la Torah" ; c'est-à-dire que, bien que le Nom ait revêtu Sa lumière de revêtements et de mitsvot pratiques, Il les ouvre néanmoins toujours, et révèle ce qui était caché auparavant.

À chaque fois, Il donne davantage de nouveautés. C'est le sens de "Qui donne la Torah" : Il n'a pas cessé de donner, mais donne toujours du renouveau à l'homme qui se fatigue dans les paroles de Torah.

La bénédiction après consiste à bénir : "Il a planté en nous une vie éternelle" ; c'est-à-dire que les paroles de Torah soient plantées dans le corps, qu'elles accompagnent toujours l'homme, même sans qu'il en ait conscience, comme dans le verset : "J'ai été imprégné d'huile fraîche" (Psaumes 92,11) : les paroles de Torah sont mélangées et pétries dans le corps. C'est ce qui est rapporté là-bas dans le Midrach : D'où sait-on qu'elle requiert une bénédiction après ?

Rabbi Shmuel bar Nahman, au nom de Rabbi Yonatan, dit : Il est écrit après le Cantique : "Et voici la bénédiction" ; après leur avoir répété la Torah, il les bénit, etc. C'est-à-dire qu'après que Moché notre maître eut achevé le Cantique, qu'il eut donné à Israël tout l'ordre des paroles de Torah et étudié avec eux toutes les paroles de Torah, il bénit après, ainsi qu'il est écrit : "Et voici la bénédiction par laquelle Moché... bénit".

Cela signifie que Moché notre maître plantait les paroles de Torah dans les cœurs d'Israël, afin qu'elles y fussent fixées, même sans qu'ils en aient conscience. Tel est : "ה' est venu du Sinaï" (Deutéronome 33,2), comme la lumière que le Nom montra au Sinaï : une lumière claire, sans aucun revêtement, "Je suis ה' ton Dieu" (Exode 20,2).

Bien que cette immense clarté ait ensuite été dissimulée, lorsqu'il leur fut dit : "Retournez à vos tentes" (Deutéronome 5,27), et que le Nom disait : "Ils ont bien parlé" (Deutéronome 5,25), Moché notre maître priait néanmoins et disait : "ה' est venu du Sinaï". Cela signifie que cette lumière révélée au Sinaï demeure toujours au sein d'Israël.

C'est le sens de "par laquelle Moché... bénit" : il attirait cette lumière et la fixait dans le cœur d'Israël comme un pieu qui ne chancellera jamais.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. איתא במדרש רבה (פ' נצבים) כך שנו חכמים הפותח והחותם בתורה מברך לפניה ולאחריה וכו' מששנה להם את התורה אח"כ בירך וכו'.

ענין ברכה מבואר בזוה"ק (בלק קצ:) מאי ברכו משיכו ברכאן מאתר דכל ברכאן נפקין. ובזוה"ק (עקב רעא) ברוך דא רזא דמקורא עלאה מכלא לארקא ולאמשכא וכו' ולזה מברכין לפניה ובזה ממשיך אדם אצלו את האור ממקורא עלאה להשלים החסרון מהכלי שלו ע"י הקריאה בתורה.

וענין ברכה לאחריה הוא שיהיה נשאר אצלו זה האור בקביעות גמור גם אח"כ היינו שיהיה מכיר תמיד החיבור שיש להשי"ת עם ישראל לזה אומרים בברכה לאחריה וחיי עולם נטע בתוכנו היינו שיהיה נוטע בלבנו בקביעות כיתד שלא תמוט לעולם החיבור מזה האור וכדאיתא בזוה"ק (בהעלתך) תפח רוחיי וכו' דאיהו כניש כל מלין דעשו מלין דהגר מלין דלבן וכו' ועביד מינייהו אורייתא אי הכא אמאי אקרי תורת ה' תמימה וכו' אלא ודאי אורייתא קדישא עלאה הוא וכו' היינו שיש בכל אות ואות שבתורה חיי עולם וחיבור עם השי"ת לזה מברכין לאחריה למען שיהיה נוטע בתוכנו זה החיבור בהבנת תפיסתנו ג"כ. וזהו נמי הענין שבירך משה לאחריה כמבואר שם במדרש מששנה להם את התורה אח"כ ברך ואמר זאת הברכה אשר ברך משה איש הא-להים וא-להים הוא נרתק לשם הויה וכן היה משה רבינו לבוש ונרתיק לשם הויה ולזה נקרא איש א-להים ומ"ר הוא הדעת של כל ישראל לכן לאחר ששנה להם את התורה בירך לאחריה כדי להמשיך את אורו ית' ולנטוע ולהשריש אותו בלבבם של ישראל שיהיה אצלם בקביעות גמור כנטיעה חזקה שלא ימוט לעולם ואמר לפני מותו להורות על גודל טובת עינו של מ"ר שמסר לישראל כל שלימותו כי אז בעת שהיה בשלימות הגמור נטע וקבע בלב ישראל את כל אור שלימותו ואמר להם ה' מסיני בא וכדאיתא בגמרא (שבת פט) למה נקרא הר סיני שמשם ירדה שנאה לאוה"ע היינו שאמר לישראל כשיהיו מסלקין ומסירים מעצמם כל הנגיעות מצדם אזי יהיו רואים מפורש את אורו יתברך בתוך כל ההסתרות:

"Et voici la bénédiction par laquelle Moché... bénit" (Deutéronome 33,1). Il est rapporté dans le Midrach Rabba (Nitsavim) : Ainsi nos sages ont enseigné : celui qui commence et celui qui achève la Torah prononcent une bénédiction avant et après, etc.

Après leur avoir répété la Torah, il les bénit, etc. Le sens de la bénédiction est expliqué dans le saint Zohar (Balak 190b) : "Que signifie : bénir ?

Attirer les bénédictions depuis le lieu d'où sortent toutes les bénédictions." Et dans le saint Zohar (Ekev 271) : "Béni est le secret de la source supérieure, pour faire couler et attirer de tout vers le bas", etc. C'est pourquoi on bénit avant : par cela, l'homme attire à lui la lumière de la source supérieure pour combler le manque de son keli (récepteur) au moyen de la lecture de la Torah.

Le sens de la bénédiction après est que cette lumière demeure chez lui dans une permanence complète, même ensuite ; c'est-à-dire qu'il reconnaisse toujours l'union du Nom avec Israël. C'est pourquoi nous disons dans la bénédiction après : "Il a planté en nous une vie éternelle" : que l'union avec cette lumière soit plantée dans nos cœurs de manière permanente, comme un pieu qui ne chancellera jamais.

Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Beha'alotekha) : "Que son esprit éclate... lui qui rassemble toutes les paroles d'Éssaü, les paroles d'Agar, les paroles de Laban... et en fait une Torah. Si cela est ainsi, pourquoi est-elle appelée : 'La Torah de ה' est parfaite' ?...

Mais assur ément, la Torah sainte est supérieure..." Cela signifie qu'en chaque lettre de la Torah il y a une vie éternelle et une union avec le Nom ; c'est pourquoi nous bénissons après, afin que cette union soit aussi plantée en nous dans la saisie de notre compréhension. C'est aussi le sens de ce que Moché bénit après, comme il est expliqué là-bas dans le Midrach : après leur avoir répété la Torah, il les bénit et dit : "Voici la bénédiction par laquelle Moché, homme d'É-lokim, bénit".

É-lokim est un étui pour le Nom, et ainsi Moché notre maître était le revêtement et l'étui du Nom ; c'est pourquoi il est appelé "homme d'É-lokim". Moché notre maître est la connaissance de tout Israël ; aussi, après leur avoir répété la Torah, il bénit après afin d'attirer Sa lumière bénie, de la planter et de l'enraciner dans les cœurs d'Israël, afin qu'elle soit chez eux dans une permanence complète, comme une plantation forte qui ne chancellera jamais.

Il le dit avant sa mort, pour enseigner l'immense générosité du regard de Moché notre maître, qui transmit à Israël toute sa perfection. Car alors qu'il était dans sa perfection complète, il planta et fixa dans le cœur d'Israël toute la lumière de sa perfection.

Il leur dit : "ה' est venu du Sinaï" ; et ainsi qu'il est rapporté dans la Guemara (Chabbat 89a) : Pourquoi est-il appelé mont Sinaï ? Parce que de la haine est descendue de là-bas sur les nations du monde.

Cela signifie qu'il dit à Israël : lorsqu'ils écarteront et enlèveront d'eux toutes les considérations personnelles, alors ils verront explicitement Sa lumière au sein de toutes les dissimulations.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. הנה לא כתיב זאת הברכה אלא וזאת הברכה וגו' להורות דקאי על מה שנאמר למעלה ומוסיף על ענין ראשון שנאמר שם ועתה כתבו לכם את השירה הזאת וגו' ואח"כ נאמר על זה יערוף כמטר לקחי ויערוף הוא לשון עורף היינו שדברי תורה אוחזים את ישראל בערפם בחזקה לבלתי יטו מהם ימין ושמאל כחוט השערה כי הד"ת שנתן השי"ת לישראל נחקקו בלוח לבבם בקביעות גמור ולאחר שנקבעו כל הד"ת בקרב ישראל נאמר וזאת הברכה וכמבואר במדרש רבה (נצבים ח) מניין שטעונה ברכה לאחריה אמר ר' שמואל ב"נ בשם ר' יונתן שכתב אחר השירה וזאת הברכה מששנה להן את התורה ואח"כ בירך הרי ברכה לאחרי' וכו' כי ברכה לפניה זהו ההכנה שמכין אדם א"ע להיות כלי קיבול לאורו יתברך ולהכיר שהשי"ת נותן תמיד תורה בלי הפסק לזה מברכין נותן התורה ואחר שיש הכרה כזו אזי צריכין ברכה לאחריה היינו שאל ידמה אדם בנפשו מאחר שהשי"ת נותן תמיד א"כ צריך השי"ת לקבלת אדם ח"ו שיעמוד האדם כל קיבול לכן מברכין לאחריו אשר נתן לנו תורת אמת וחיי עולם נטע בתוכנו להורות שהכלי קיבול בעצמו שמעמיד האדם הוא נמי מהשי"ת וזה הכלי קיבול נקרא חיי העולם וזהו וחיי עולם נטע בתוכנו היינו שהשי"ת נטע בתוכנו אותו הכלי קיבול שהוא חיי עולם.

כי הנה רצונו יתברך הלביש יקרות העומק מד"ת בלבושים ובגוונים כמו בשנים אוחזין בטלית וכדומה ואלו הלבושים נקראים תורת אמת וחיי עולם לרמז שאלו הלבושים לא יתבטלו לעולם אף לאחר שיתגלה עומק היקר מאלו הלבושים שלא יהיה אז שום צורך בהם כי לעתיד לא יהיה שום מקום כלל ללבושים גשמים בכל זאת אלו הלבושים של ד"ת שאינו מיגעים בהם בזה העולם כגון שנים אוחזין בטלית וכדומה לא יתבטלו לעולמי עד ע"ד מאמרם ז"ל (סנהדרין) כל העוסק בתורה טל תורה מחיהו. וכד' שם כשיעמדו במומן יעמדו שלא יאמרו אחרים המית ואחרים החיה היינו כי בזה המקום שסבל האדם פעם אחת שוב לא ישכח ממנו לעולם ככה לא יתבטל שום לבוש מד"ת מאותן הלבושים שישראל היו מיגעים בהם בעוה"ז ולזה נקרא אלו הלבושים חיי עולם וזה דאיתא שם במדרש מששנה להם את התורה היינו אחר שנטע אותם בקרב ישראל וכתבם על לוח לבם עד שאוחזים אותם מאחורי ערפם שלא וכלו לזוז מהם גם שלא מדעתם אזי נאמר וזאת הברכה להורות שאחר שנקבעו הדברי תורה בלב ישראל חזר משה רבינו והעמיד את כל הד"ת לפני ישראל פנים בפנים מהתחלת המשכתן מהמקור עליון יתברך עד גמר תפיסה האחרונה של ישראל וזה נקרא וזאת הברכה כי וזאת רומז על התפיסה האחרונה.

וברכה הוא כמבואר בזוה"ק (מובא לעיל) רזא דמקורא עלאה מכלא לארקא ולאמשכא וכו' וזהו אשר ברך משה איש הא-להים לפני מותו היינו שמ"ר המשיך את כל שלימותו ממקור עלאה ומסרה בטובת עינו לישראל וזהו לפני מותו כי אז נגמר גבי מ"ר כל תכלית שלימותו וגם אז יש התגברות ביותר לפעול בשלימות לזולתו ויכולין להוכיח זאת מההיפך שכל עוד שכח ההיפך מעורב ביחד עם זולתו אינו פועל שם כ"כ בחוזק רק בעת שנפרד כח ההיפך מזולתו אז פועל לגמרי גבי זולתו כדאיתא בגמרא (חולין נג.) מהו דתימא בהדי דדריס שדי זיהריה קמ"ל בהדי דשליף שדי זיהריה ומכש"כ במדה טובה שהיא מרובה שעיקר היקרות של מ"ר פעל מ"ר גבי ישראל בטובת עינו בעת הסתלקותו שאז קבע אצלם כל שלימות קדושתו:

"Et voici la bénédiction par laquelle Moché... bénit" (Deutéronome 33,1). Il n'est pas écrit : "Voici la bénédiction", mais : "Et voici la bénédiction", pour enseigner que cela se rapporte à ce qui a été dit plus haut et ajoute au premier sujet, dont il est dit : "Et maintenant, écrivez pour vous ce Cantique" (Deutéronome 31,19).

Puis il est dit à ce propos : "Que mon enseignement s'égoutte comme la pluie" (Deutéronome 32,2). Le mot "s'égoutte" (יערוף) est de la même racine que "nuque" (עורף) : les paroles de Torah tiennent Israël fortement par la nuque, afin qu'ils ne s'en détournent ni à droite ni à gauche, pas même de l'épaisseur d'un cheveu.

Car les paroles de Torah que le Nom a données à Israël sont gravées sur la table de leurs cœurs dans une permanence complète. Après que toutes les paroles de Torah furent fixées au sein d'Israël, il est dit : "Et voici la bénédiction".

Comme l'explique le Midrach Rabba (Nitsavim 8) : D'où sait-on qu'elle requiert une bénédiction après ? Rabbi Shmuel bar Nahman, au nom de Rabbi Yonatan, dit : Il est écrit après le Cantique : "Et voici la bénédiction" ; après leur avoir répété la Torah, il les bénit.

Voici donc la bénédiction après, etc. Car la bénédiction avant est la préparation par laquelle l'homme se prépare à être un keli (récepteur) pour Sa lumière bénie, et à reconnaître que le Nom donne continuellement la Torah sans interruption ; c'est pourquoi on bénit : "Qui donne la Torah".

Après une telle reconnaissance, il faut alors une bénédiction après : que l'homme ne s'imagine pas que, puisque le Nom donne continuellement, le Nom aurait besoin, à Dieu ne plaise, de la réception de l'homme, de sorte que l'homme se tiendrait comme tout le récepteur. C'est pourquoi on bénit après : "Qui nous a donné une Torah de vérité et a planté en nous une vie éternelle", pour enseigner que le récepteur lui-même que l'homme établit vient aussi du Nom.

Ce récepteur est appelé "vie du monde" ; tel est le sens de : "Il a planté en nous une vie éternelle" : le Nom a planté en nous ce récepteur qui est la vie du monde. Car Sa volonté bénie a revêtu la précieuse profondeur des paroles de Torah de revêtements et de couleurs, comme dans "Deux saisissent un talit" (Bava Metsia 2a), et semblables.

Ces revêtements sont appelés "Torah de vérité" et "vie éternelle", pour indiquer que ces revêtements ne seront jamais annulés, même après que sera révélée la profondeur précieuse de ces revêtements et qu'il n'y aura alors plus aucun besoin d'eux. Car dans l'avenir, il n'y aura plus aucune place du tout pour des revêtements corporels.

Néanmoins, ces revêtements des paroles de Torah, auxquels on ne se fatigue pas dans ce monde, comme "Deux saisissent un talit" et semblables, ne seront jamais annulés, selon ce qu'ont dit nos sages (Sanhédrin) : Quiconque s'occupe de Torah, la rosée de la Torah le vivifie. Et comme il est dit là-bas : "Ils se tiendront dans leur défaut", afin que l'on ne dise pas : d'autres ont fait mourir et d'autres ont fait vivre.

Cela signifie qu'en ce lieu où l'homme a souffert une fois, il ne l'oubliera plus jamais. De même, aucun revêtement des paroles de Torah ne sera annulé, parmi ces revêtements auxquels Israël se fatiguait dans ce monde.

C'est pourquoi ces revêtements sont appelés "vie éternelle". C'est ce qui est rapporté là-bas dans le Midrach : "Après leur avoir répété la Torah" ; c'est-à-dire après les avoir plantés au sein d'Israël et écrits sur la table de leur cœur, au point qu'ils les tiennent par derrière leur nuque, sans pouvoir s'en mouvoir, même sans en avoir conscience, alors il est dit : "Et voici la bénédiction".

Cela enseigne qu'après que les paroles de Torah furent fixées dans le cœur d'Israël, Moché notre maître revint et présenta à Israël toutes les paroles de Torah face à face, depuis le commencement de leur attirance de la source supérieure bénie jusqu'à l'ultime saisie d'Israël. Cela est appelé "Et voici la bénédiction", car "et voici" indique la dernière saisie.

La bénédiction est, comme l'explique le saint Zohar cité plus haut, "le secret de la source supérieure, pour faire couler et attirer", etc. Tel est : "par laquelle Moché, homme d'É-lokim, bénit avant sa mort".

Moché notre maître attira toute sa perfection de la source supérieure et la transmit, par la générosité de son regard, à Israël. Tel est "avant sa mort", car alors s'acheva pour Moché notre maître toute la finalité de sa perfection ; alors aussi prévaut davantage la possibilité d'agir parfaitement pour autrui.

On peut le prouver par le contraire : tant que la force contraire reste meleee à autrui, elle n'agit pas là-bas avec une si grande force ; ce n'est que lorsque la force contraire se sépare d'autrui qu'elle agit entièrement sur autrui. Ainsi qu'il est rapporté dans la Guemara (Houlin 53a) : On aurait pu dire que, lorsqu'il écrase, il émet son venin ; l'enseignement nous apprend que c'est lorsqu'il se retire qu'il émet son venin.

À plus forte raison dans la mesure du bien, qui est plus grande : l'essentiel de la valeur de Moché notre maître fut opéré pour Israël, par la générosité de son regard, au moment de son départ, car alors il fixa chez eux toute la perfection de sa sainteté.

En bref

« Et voici la bénédiction dont Moché bénit » (Devarim 33,1) : le Midrach dit que Moché ouvrit là où Yaakov avait achevé. Le Sod Yecharim explique que « voici » fait allusion à la royauté des Cieux. Yaakov, de l'extérieur, borne l'expansion du bien au lieu où cette royauté demeure reconnaissable. Moché, de l'intérieur, témoigne que la profondeur du cœur d'Israël en est remplie en permanence, et il y fait descendre la lumière de la source supérieure. Avant sa mort, sans inclination pour lui-même, il fixe cette lumière ; après son départ, tout Israël devient les bras de sa splendeur.

Aussi : Israël cherche la source cachée sous l'habit du bien ; la bénédiction après empêche que l'influx vieillisse ; le marteau agit davantage là où le désir de Torah est plus grand.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. במדרש (פ' ויחי) ויעקב במה שפסק אביו משם התחיל שנאמר ויקרא יעקב אל בניו וחתם וזאת אשר דבר להם אביהם וגו' ומשה כשברך את השבטים פתח ממקום שפסק יעקב אבינו שנאמר וזאת הברכה וחתם באשריך ישראל וגו'.

הענין הוא כי מלת זאת מרמז על מלכות שמים כמבואר בתקונים ובזוה"ק (בכמה דוכתי) וזהו שחתם יעקב אבינו בזאת וזאת אשר דבר להם אביהם איש אשר כברכתו ברך אותם היינו שיעקב אבינו ברך כל פרט נפש מהשנים עשר גבולי אלכסון של שבטי ישראל בכל מיני התפשטות טובה כדכתיב ופרצת ימה וקדמה וגו' לכך חתם בזאת להורות שכל ההתפשטות טובה שלהם יהיה רק עד מקום שניכר עדיין מלכות שמים אבל לא שיתפשטו כ"כ מרחוק עד שלא יהיה ניכר עוד שם המלכות שמים וזהו שחתם את ההתפשטות מהברכות שלו בזאת שרומז על מלכות שמים והנה יעקב מלבר ומשה מלגאו (תקוני זוה"ק תיקון ו) לכך פתח משה את הברכות שלו בזאת להורות שמשה רבינו מעיד על עומק לבבם של ישראל שהוא מלא מלגאו במלכות שמים ואי אפשר כלל לנפש הישראלי להתפשט חוץ ממלכות שמים ח"ו כי מלגאו בעומק לבבם הוא המלכות שמים בקביעות אצלם וזהו וזאת הברכה אשר ברך משה וגו' וברך הוא כמבואר בזוה"ק (עקב רעא) ברוך דא רזא דמקורא עלאה מכלא לארקא ולאמשכא וכו' היינו שמ"ר המשיך אל עומק לבב ישראל את האור ממקורא עלאה שיהיה אצלם בקביעות גמור. ואורו של משה רבינו הוא כמו שנאמר עליו כי מן המים משיתיהו היינו שלא היה נמצא אצלו שום נטיה לגרמיה כלל כדכתיב ואנחנו מה היינו שלא היה במציאות אצלו אפילו נקודא חדא לכבוד עצמו וביום הסתלקותו שנגמר אז אצלו כל תכלית שלימותו מסר בטובת עינו זאת השלימות לישראל ונקבע אז בקרב כלל ישראל כל אור קדושתו לעולמי עד וכמו שביאר בזה אאמו"ר הג' הק' זצל"ה שיכולין להוכיח זאת הקביעות בקל וחומר מההיפך שאמרו ז"ל (חולין נג) בהדי דשליף שדי זיהריה הרי שעיקר פעולת ההיפך הוא דוקא בגמר תכליתה ומכש"כ במדה טובה שהיא מרובה שפועלת בגמר תכליתה לעולמי עד לזה מסר מ"ר בשעת הסתלקותו לפני מותו כל אורו שיהיה בקביעות בלבב ישראל ועל זה נאמר מוליך לימין משה זרוע תפארתו וגו' וכמבואר בזוה"ק (וילך רפג) שכל זמן שהיה משה רבינו ע"ה קיים היה הוא המכניס את האור לתוך לבות ישראל שאחר שקיבל האור התורה מפי הקב"ה אזי היה הוא המרחיב את קדושת האור בגודל התפשטות עד שהכניסו ללבות ישראל כפי מדתו אכן אחר הסתלקותו נשלם קדושתו ונקבעו זרועותיו בשורש נפשות ישראל וזהו מוליך לימין משה זרוע תפארתו כמבואר במקומו (בכתבים פ' וילך) שכל ישראל נעשה זרועין לאורו של מרע"ה:

"Et voici la bénédiction dont Moché bénit..." (Deutéronome 33,1). Dans le Midrach (Vayehi), il est dit : Yaakov commença là où son père avait achevé, comme il est dit : "Yaakov appela ses fils" (Genèse 49,1), et il conclut : "Et voici ce que leur dit leur père..." (Genèse 49,28).

Et lorsque Moché bénit les tribus, il ouvrit là où Yaakov notre père avait achevé, comme il est dit : "Et voici la bénédiction" ; et il conclut : "Heureux es-tu, Israël..." (Deutéronome 33,29). La chose est que le mot "voici" (zot) fait allusion à la royauté des Cieux, ainsi qu'il est expliqué dans les Tikounei ha-Zohar et dans le saint Zohar en plusieurs endroits.

C'est pourquoi Yaakov notre père conclut par : "Et voici ce que leur dit leur père, à chacun selon sa bénédiction il les bénit" : Yaakov notre père bénit chaque âme particulière des douze diagonales des tribus d'Israël de toute sorte d'expansion du bien, comme il est écrit : "Tu te répandras à l'occident et à l'orient..." (Genèse 28,14). Aussi conclut-il par zot, pour enseigner que toute leur expansion de bien ne soit que jusqu'au lieu où la royauté des Cieux demeure reconnaissable, mais non qu'ils s'épanouissent tellement au loin qu'on ne reconnaisse plus la royauté des Cieux.

Il acheva donc l'expansion de ses bénédictions par zot, qui fait allusion à la royauté des Cieux. Or Yaakov est de l'extérieur et Moché de l'intérieur (Tikounei ha-Zohar, tikoun 6).

C'est pourquoi Moché ouvrit ses bénédictions par zot : pour enseigner que Moché notre maître témoigne de la profondeur du cœur d'Israël, lequel est rempli interieurment de la royauté des Cieux. Il est absolument impossible à l'âme israélite de s'étendre hors de la royauté des Cieux, à D.ieu ne plaise, car dans la profondeur de leur cœur, la royauté des Cieux est établie chez eux de façon permanente.

Tel est "Et voici la bénédiction dont Moché bénit..." Et "bénit" est, comme il est expliqué dans le Zohar (Ekev 271a), "Béni : c'est le secret de la source supérieure, de tout vers la terre et pour attirer..." : Moché notre maître fit donc descendre dans la profondeur du cœur d'Israël la lumière de la source supérieure, afin qu'elle soit chez eux en permanence absolue. La lumière de Moché notre maître est telle qu'il est dit à son sujet : "Je l'ai tiré des eaux" (Exode 2,10), c'est-à-dire qu'il n'avait absolument aucune inclination pour lui-même, comme il est écrit : "Et nous, que sommes-nous ?" (Exode 16,7) ; il n'y avait pas chez lui la moindre parcelle d'honneur pour lui-même.

Le jour de son départ, lorsque s'acheva en lui le but de toute sa perfection, il transmit, par la bonté de son regard, cette perfection à Israël ; alors toute la lumière de sa sainteté fut fixée au sein de l'ensemble d'Israël pour toujours. Comme l'expliqua à ce sujet mon père, mon maître, le saint et grand, de bénie mémoire, on peut démontrer cette fixation a fortiori de son contraire : nos maîtres de bénie mémoire ont dit (Houlin 53a) : "Lorsqu'il arrache, il projette son éclat" ; ainsi l'action essentielle du contraire agit précisément à l'achèvement de son but.

À plus forte raison la bonne mesure, qui est plus abondante, agit-elle à l'achèvement de son but pour toujours. C'est pourquoi Moché notre maître, au moment de son départ, avant sa mort, transmit toute sa lumière afin qu'elle soit établie de façon permanente dans le cœur d'Israël.

À ce sujet il est dit : "Qui conduit par la droite de Moché le bras de sa splendeur..." (Isaie 63,12). Comme il est expliqué dans le Zohar (Vayelekh 283a), tant que Moché notre maître, que la paix soit sur lui, vivait, c'était lui qui introduisait la lumière dans les cœurs d'Israël : après avoir reçu la lumière de la Torah de la bouche du Saint, béni soit-Il, il élargissait la sainteté de la lumière dans une grande expansion jusqu'à l'introduire dans les cœurs d'Israël selon leur mesure.

Mais après son départ, sa sainteté fut achevée et ses bras furent fixés dans la racine des âmes d'Israël. Tel est "Qui conduit par la droite de Moché le bras de sa splendeur", comme il est expliqué à sa place (dans les écrits, paracha Vayelekh) : tout Israël devint les bras de la lumière de Moché notre maître, que la paix soit sur lui.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. איתא במדרש רבה (מובא לעיל) במאי דסיים יעקב אבינו פתח משה רבינו.

יעקב אבינו סיים וזאת אשר דבר להם אביהם וגו' פתח משה וזאת הברכה וגו'. מאי דסיים יעקב היינו אחר שהביא יעקב אבינו את כל הברכות בהתגלות מפורש גם על הלבוש האחרון אז אמר וזאת.

היינו שלא יקטינו ישראל את דעתם להספיק את עצמם רק בגוון הלבוש הנמוך של הברכה אלא שיבקשו תמיד בכל ברכה להכיר את המקור עליון הכמוס בתוכה כלומר שילך תמיד עם הברכה מקור השורש ועל זה רומז הוא"ו של וזאת כי וא"ו נקרא אות אמת (בזוה"ק ויקרא ב) ונקרא נמי סמא דחיי (שם חקת קעט) ומה דסיים יעקב פתח משה היינו שמ"ר הראה מיד בההתחלה שישראל אינם מסתפקין עצמם בגוון הלבוש הגם מהטובה רק שמקבלים תמיד עומק המקור של הטובה ומבררים כל הגוונים והלבושים עד שמגיעים לעומק השורש הכמוס בתוכם, ועל זה הענין אמרו ז"ל בגמרא (נדרים לח) שמסר משה בטובת עינו לישראל פלפולי דאורייתא ופלפולי דאורייתא הוא כענין שמצינו בגמרא (ב"מ פד) גבי ר' יוחנן בר לקושא רמי לי כ"ד קושיות וכ"ד פרוקי וממילא רווחא שמעתתא היינו שע"י הפלפול מקושיות ופרוקים נתבררו כל המסכים המסתירים עד שהגיע לעומק השמעתתא וכן הוא הפלפול בכל עניני עוה"ז שישראל אינם בנייחא משום לבוש נמוך מהטובה עד שמגיעין ע"י כמה ברורין לעומק השורש מהטובה וזהו מה דסיים יעקב פתח משה שהראה מ"ר שישראל אינם מתחילין לקבל שום טובה בלעדי עומק הרצון יתברך הנמצא בה:

"Et voici la bénédiction dont Moché bénit..." Il est dit dans le Midrach Rabba, cité plus haut : par ce que Yaakov notre père acheva, Moché notre maître commença. Yaakov notre père acheva : "Et voici ce que leur dit leur père..." ; Moché ouvrit : "Et voici la bénédiction..." Ce que Yaakov acheva signifie qu'après que Yaakov notre père eut amené toutes les bénédictions dans une révélation explicite, jusque dans le dernier habit, il dit alors : zot.

Cela signifie qu'Israël ne doit pas réduire sa pensée à se contenter seulement de la nuance de l'habit inférieur de la bénédiction, mais doit toujours chercher, dans chaque bénédiction, à reconnaître la source supérieure cachée en elle ; c'est-à-dire que la source de la racine doit toujours aller avec la bénédiction. À cela fait allusion le vav de vezot, car le vav est appelé la lettre de vérité (Zohar, Vayikra 2b), et aussi le remède de vie (ibid., Houkat 179a).

Ce que Yaakov acheva, Moché le commença, signifie que Moché notre maître montra dès le commencement qu'Israël ne se contente pas de la nuance de l'habit, même de celui du bien ; il reçoit toujours la profondeur de la source du bien, examine toutes les nuances et tous les habits, jusqu'à parvenir à la profondeur de la racine cachée en eux. À ce propos, nos maîtres de bénie mémoire ont dit dans la Guemara (Nedarim 38a) que Moché transmit à Israël, par la bonté de son regard, les subtilités dialectiques de la Torah.

Ces subtilités de la Torah sont comme ce que nous trouvons dans la Guemara (Bava Metsia 84a) au sujet de Rabbi Yo'hanan : Rech Lakich lui opposait vingt-quatre objections et il donnait vingt-quatre solutions, et l'enseignement s'en trouvait de lui-même élargi. C'est-à-dire que par la dialectique des objections et des solutions se clarifient tous les voiles qui cachent, jusqu'à parvenir à la profondeur de l'enseignement.

Il en est ainsi de la dialectique en toutes les choses de ce monde : Israël n'est pas en repos à cause de l'habit inférieur du bien, jusqu'à ce qu'il parvienne, au moyen de plusieurs clarifications, à la profondeur de la racine du bien. Tel est ce que Yaakov acheva et que Moché commença : Moché notre maître montra qu'Israël ne commence à recevoir aucun bien sans la profondeur de la volonté bénie qui s'y trouve.

וזאת הברכה אשר ברך משה איש הא-להים וגו'. במדרש רבה (מובא לעיל) מנין שמברכין בתורה לפניה שנאמר ברוך אתה ה' למדני חקיך ומניין שמברכין לאחריה וכו' מששנה להם את התורה אמר וזאת הברכה וגו'.

הטנין ברכה הוא אמשכותא כמבואר בזוה"ק (עקב רעא) היינו שימשיך אדם את האור מהמקור יתברך שיהיה ממש בהבנת תפיסתו, וצריכין ברכה לפניה היינו שיראה תיכף בההתחלה להמשיך את האור ביחד עם אהבת הנותן כדי שלא יופסק ממנו זה האור לעולם כי זאת אי אפשר לשום נברא לקבל את האור שיהיה ממש זך ונקי כמו שהוא בהמקור בלתי שום התלבשות כי אחר ירידת אור השפע ית' לתפיסת אדם מוכרח השפע לבוא בלבוש גשמי ומפאת הסתרת לבוש הגשמי אינו ניכר שוב בהירות האור שיהיה זך ונקי כמו שהיה מלפנים בהמקור עליון יתברך ומסבת זה נראה לפעמים שנפסק מן האדם. אכן כשאדם מקבל השפע יתברך ביחד עם אהבת הנותן אזי עד מהרה ירוץ דברו וגם לא יהיה בזה שום הפסקה כי אהבת הנותן ההולך עם אור השפע בוקע כל הלבושים המסתירים והמסכים המבדילים עד שניכר גם בהלבוש האחרון מהשפע את עצמית האור משורש המקור ית' כענין שמצינו גבי תכלת (מנחות) שדומה לעשבים ועשבים לרקיע ורקיע לים וים דומה לכסא הכבוד הרי שיש כמה וכמה מסכים עד אורו של כסא הכבוד מ"מ יכולין להכיר גם בהלבוש האחרון הנקרא תכלת כל אור הכסא הכבוד כדכתיב וראיתם אותו וזכרתם את כל מצות ה' היינו שיכולין להכיר בזה הלבוש האחרון כל אור רצונו יתברך כך ע"י אהבת הנותן ההולך עם השפעתו יתברך יכולין להכיר גם בהלבוש האחרון של השפע את אור רצונו יתברך ועל אלו שניהם ביחד נאמר ברוך אתה ה' למדני חקיך כי מצד התפיסה הנמוכה של אדם המה כל הדברי תורה באמת רק חקיך כי אף אחר כל הטעמים הכונות היקרים שנתגלה בהמצות בכל זאת המה עדיין חוקים כי אם היה בהתגלות טעמי המצות בתכלית השלימות בכל כוונותיה אזי היה די לכוון את הארת המצוה בהכוונה שיש בה לבד בלתי הפעולה ומזה שמחויבים לעשות את המצות בפועל ממש ואינו די בהכוונה מוכח שלא נתגלה עדיין עיקר הכוונה מטעמי המצות בזה העולם בשלימות הגמור הרי שבזה העולם הוא הכל בבחינת חוקים רק מצד השי"ת הוא באמת אפילו החוקים ג"כ בבחינת משפט כדכתיב והיה עקב תשמעון את המשפטים האלה היינו בסוף אחר שיהיו נגמרים כל הברורין אזי יגלה השי"ת גם בזה העולם הכוונה מטעמי המצות בשלימות גמור ואז יהיה הכל בבחינת משפטים אבל עכשיו צריכין לומר ברוך אתה ה' למדני חקיך.

ומניין שמברכין לאחריה מששנה להם את התורה אמר וזאת הברכה וגו'. וענין ברכה לאחריה היינו אחר שממשיך האדם את אור השפעתו יתברך אל תפיסתו אזי יכולה מצד האדם להתיישן לכך צריכין ברכה לאחריה כדי שלא תתיישן וזהו כענין שמצינו בזוה"ק (ואתחנן רסא) לך אמור להם וגו' כל חד יהך לנוקביה ויתיחד בה ועם כל דא כיון דישראל לא עבדי וכו' היינו אף אחר שמקבל אדם את הטובה אצלו מ"מ אם לבו הוא לשמים שוב אינו כ"כ בהסתר וזהו דאיתא שם מניין שמברכין לאחריה היינו מניין שצריך האדם לראות אף אחר שמקבל השפע יתברך לתפיסתו שלא יתיישן אצלו זאת השפע מסבת ההסתר על זה אמר מששנה להם את התורה אמר וזאת הברכה וגו' מששנה להם את התורה היינו אחר שקבע את התורה בלבבם של ישראל כיתד שלא ימוט לעולם כדכתיב והיתה השירה הזאת לעד כי לא תשכח מפי זרעו וגו' אמר וזאת הברכה היינו שיעוררו תמיד בלבם את הד"ת לבלתי יתיישן אצלם כי זה היה כל עניני ברכות של מ"ר לקבוע עצות בלב ישראל לבלתי יתיישנו אצלם הדבר תורה וזה נקרא ברכה לאחריה אף שפרשת זאת הברכה מדבר רק ממה שברך מ"ר לישראל וא"כ מהיכן יליף המדרש מזה הפסוק של וזאת הברכה ברכה לאחריה שהוא ברכה להקב"ה אמנם זאת בעצמו שקבע מ"ר באלו הברכות את הד"ת בלב ישראל הוא באמת עיקר הברכה להקב"ה ושפיר יליף המדרש מהפסוק וזאת הברכה ברכת התורה לאחריה כי באלו הברכות הנאמרים בזאת הפרשה למד מ"ר עצות לישראל איך שיקבעו בלבם הדברי תורה ולא יתיישנו אצלם וזאת הקביעות הוא הברכה להשי"ת:

"Et voici la bénédiction dont Moché, l'homme d'Elokim, bénit..." Dans le Midrach Rabba, cité plus haut : D'où savons-nous que l'on bénit la Torah avant [son étude] ? Car il est dit : "Béni es-Tu, ה', enseigne-moi Tes lois" (Psaumes 119,12).

Et d'où savons-nous que l'on bénit après elle ? ... Après leur avoir répété la Torah, il dit : "Et voici la bénédiction..." Le sens de la bénédiction est l'attraction, comme il est expliqué dans le Zohar (Ekev 271a) : l'homme attire la lumière de la source bénie afin qu'elle soit réellement dans la prise de son intelligence.

Il faut bénir avant : dès le commencement, il doit attirer la lumière avec l'amour du Donateur, afin que cette lumière ne soit jamais interrompue pour lui. Car aucune créature ne peut recevoir une lumière pure et nette exactement telle qu'elle est dans la source, sans aucun revêtement.

Après la descente de la lumière de l'influx béni dans la prise de l'homme, l'influx doit nécessairement venir dans un habit matériel ; par l'occultation de cet habit matériel, la clarté de la lumière, pure et nette comme elle était auparavant dans la source supérieure bénie, ne se reconnaît plus. C'est pourquoi il semble parfois qu'elle soit interrompue chez l'homme.

Mais lorsque l'homme reçoit l'influx béni avec l'amour du Donateur, "Sa parole court très vite" (Psaumes 147,15) et il n'y a aucune interruption : l'amour du Donateur, qui accompagne la lumière de l'influx, traverse tous les habits qui cachent et tous les écrans qui séparent, jusqu'à ce que l'essence même de la lumière de la racine de la source bénie se reconnaisse aussi dans le dernier habit de l'influx. Cela est comme ce que nous trouvons au sujet de l'azur rituel (tekhelet) (Menahot) : il ressemble aux herbes, les herbes au firmament, le firmament à la mer, et la mer ressemble au Trône de gloire.

Il y a donc plusieurs écrans jusqu'à la lumière du Trône de gloire ; néanmoins, même dans le dernier habit appelé tekhelet, on peut reconnaître toute la lumière du Trône de gloire, comme il est écrit : "Vous le verrez et vous vous souviendrez de tous les commandements de ה'" (Nombres 15,39). C'est-à-dire que dans ce dernier habit, on peut reconnaître toute la lumière de Sa volonté bénie.

De même, par l'amour du Donateur qui accompagne Son influx béni, on peut reconnaître, même dans le dernier habit de l'influx, la lumière de Sa volonté bénie. De ces deux ensemble il est dit : "Béni es-Tu, ה', enseigne-moi Tes lois".

Car selon la prise inférieure de l'homme, toutes les paroles de Torah ne sont véritablement que "Tes lois" : même après toutes les raisons et les précieuses intentions révélées dans les commandements, elles restent pourtant des décrets. Car si les raisons des commandements avaient été révélées dans leur perfection ultime, dans toutes leurs intentions, il aurait suffi de viser l'illumination du commandement par l'intention qu'il contient, sans l'acte.

Mais du fait que nous sommes obligés d'accomplir les commandements en acte réel et que l'intention ne suffit pas, il est prouvé que l'intention essentielle des raisons des commandements ne s'est pas encore révélée en ce monde dans une perfection complète. Ainsi, en ce monde, tout est dans la catégorie des décrets.

Seulement, du point de vue du Saint, béni soit-Il, même les décrets sont aussi dans la catégorie des jugements, comme il est écrit : "Et il arrivera, parce que vous écouterez ces jugements..." (Deutéronome 7,12). C'est-à-dire qu'à la fin, lorsque toutes les clarifications seront achevées, le Saint, béni soit-Il, révélera aussi en ce monde l'intention des raisons des commandements dans une perfection complète ; alors tout sera dans la catégorie des jugements.

Mais maintenant il faut dire : "Béni es-Tu, ה', enseigne-moi Tes lois". Et d'où savons-nous que l'on bénit après elle ?

Après leur avoir répété la Torah, il dit : "Et voici la bénédiction..." Le sens de la bénédiction après elle est qu'après que l'homme a attiré la lumière de Son influx béni dans sa prise, celle-ci peut, du fait de l'homme, devenir vieille ; il faut donc une bénédiction après elle afin qu'elle ne vieillisse pas. C'est comme ce que nous trouvons dans le Zohar (Vaethanan 261a) : "Va, dis-leur... que chacun aille vers sa femelle et s'unisse à elle ; et malgré cela, puisque Israël n'agit pas..." C'est-à-dire que même après que l'homme a reçu le bien en lui, si son cœur est vers les Cieux, il n'est plus tellement dans l'occultation.

C'est ce qui est enseigné là-bas : d'où savons-nous que l'on bénit après elle ? D'où savons-nous que l'homme doit veiller, même après avoir reçu Son influx béni dans sa prise, à ce que cet influx ne vieillisse pas pour lui du fait de l'occultation ?

À cela il est dit : après leur avoir répété la Torah, il dit : "Et voici la bénédiction..." Après leur avoir répété la Torah signifie qu'après avoir fixé la Torah dans les cœurs d'Israël comme un pieu qui ne vacille jamais, comme il est écrit : "Ce cantique servira de témoignage, car il ne sera pas oublié de la bouche de sa descendance..." (Deutéronome 31,21), il dit : "Et voici la bénédiction" ; c'est-à-dire qu'ils éveillent toujours dans leur cœur les paroles de Torah afin qu'elles ne vieillissent pas chez eux. Car tout l'objet des bénédictions de Moché notre maître était de fixer dans le cœur d'Israël des conseils afin que les paroles de Torah ne vieillissent pas chez eux.

Cela est appelé la bénédiction après elle. Bien que la paracha de "Et voici la bénédiction" ne parle que de ce par quoi Moché notre maître bénit Israël, d'où le Midrach apprend-il de ce verset de "Et voici la bénédiction" la bénédiction de la Torah après elle, qui est une bénédiction au Saint, béni soit-Il ?

Mais ceci même, que Moché notre maître fixa les paroles de Torah dans le cœur d'Israël par ces bénédictions, est véritablement la bénédiction essentielle au Saint, béni soit-Il. Le Midrach apprend donc à juste titre du verset "Et voici la bénédiction" la bénédiction de la Torah après elle, car par les bénédictions dites dans cette paracha, Moché notre maître enseigna à Israël les conseils par lesquels ils fixeraient dans leur cœur les paroles de Torah et ne les laisseraient pas vieillir ; et cette fixation est la bénédiction au Saint, béni soit-Il.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. במדרש (מובא לעיל) ומניין שטעונה ברכה לאחריה וכו' מששנה להם את התורה ואח"כ בירך הרי ברכה לאחריה וכו'.

הענין ברכה לאחריה היינו מה שנשאר בקביעות בלב האדם אחר עסקו בתורה כי ברכה לפניה הוא מה שממשיך האדם דברי תורה אל לבו. אכן מה שנשאר גבי האדם מאותן הד"ת שהמשיך אצלו העולה מאלו הד"ת הוא שיהיו נשארים בלבו בקביעות כיתד שלא תמוט לעולם וזאת הקביעות נקרא ברכה לאחריה וזהו דאיתא שם מששנה להם את התורה ואח"כ ברך וכו' היינו שקבע בלב ישראל את הד"ת כיתד שלא ימוט לעולם לכן גם אותן השבטים שלא נשלמה ברכתן עדיין גבי יעקב אביני כדאיתא במדרש רבה (ויחי צח) שאמר יעקב אבינו לא מרחקך ולא מקרבך אלא הרי אני תולה אותך ברפיון עד שיבוא משה שכתוב בו ומשה עלה אל הא-להים מה שדעתו רואה לעשות בך עושה וכו' וכאן ע"י משה רבינו נשלמו כי מ"ר הוא בעליהם של הברכות שנקרא איש הא-להים בעלא דמטרוניתא כדאיתא בזוה"ק (ויחי רל"ז) יעי"ש וזאת שקבע מ"ר בישראל את הד"ת זאת הקביעות פועל בלבם תמיד כמו שנאמר כפטיש יפוצץ סלע וכמו שביאר בזה אזמו"ר הג' הק' זצלה"ה אשר דברי תורה נמשלו לפטיש שמכין בו על הסלע ובאלו המקומות שבולטין על פני הסלע ביותר שם פועל ההכאה של הפטיש נמי ביותר כי בשעת ההכאה נוגע הפטיש מיד באלו הבליטות כך מי שיש בו ביותר תשוקה לדברי תורה פועל בלבו הקביעות של ד"ת נמי ביותר:

"Et voici la bénédiction dont Moché bénit..." Dans le Midrach, cité plus haut : Et d'où savons-nous qu'elle exige une bénédiction après elle ? ... Après leur avoir répété la Torah, il les bénit : ainsi, la bénédiction après elle...

Le sens de la bénédiction après elle est ce qui reste fixé dans le cœur de l'homme après son occupation de la Torah ; car la bénédiction avant elle est ce par quoi l'homme attire les paroles de Torah dans son cœur. Or, ce qui reste chez l'homme de ces paroles de Torah qu'il a attirées chez lui, le fruit qui monte de ces paroles de Torah, est qu'elles demeurent dans son cœur de façon permanente, comme un pieu qui ne vacille jamais ; et cette permanence est appelée la bénédiction après elle.

Tel est ce qui est dit là-bas : "Après leur avoir répété la Torah, il bénit..." C'est-à-dire qu'il fixa dans le cœur d'Israël les paroles de Torah comme un pieu qui ne vacille jamais. C'est pourquoi même les tribus dont la bénédiction n'était pas encore achevée chez Yaakov notre père, comme il est dit dans le Midrach Rabba (Vayehi 98) que Yaakov notre père dit : "Je ne t'éloigne ni ne te rapproche, mais je te suspends dans le relâchement jusqu'à ce que vienne Moché, dont il est écrit : 'Moché monta vers Elokim' (Exode 19,3) ; ce que son esprit voit devoir faire de toi, il le fait..." - ici, elles furent achevées par Moché notre maître.

Car Moché notre maître est le maître des bénédictions, appelé "l'homme d'Elokim", le maître de la Matronita, ainsi qu'il est dit dans le Zohar (Vayehi 237a), voir là-bas. Et le fait que Moché notre maître fixa en Israël les paroles de Torah agit toujours dans leur cœur, comme il est dit : "Comme un marteau qui brise le roc" (Jérémie 23,29).

Mon aïeul, mon maître, le saint et grand, que son mérite nous protège, expliqua à ce sujet que les paroles de Torah sont comparées à un marteau qui frappe le roc : aux endroits qui saillent le plus à la surface du roc, le coup du marteau agit aussi le plus, car au moment du coup le marteau touche d'abord ces saillies. Ainsi, chez celui qui a le plus de désir pour les paroles de Torah, la permanence des paroles de Torah agit aussi le plus dans son cœur.

En bref

« Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit » : le mot « voici » fait allusion à la royauté céleste. Le Sod Yecharim explique que cette mesure ne se révèle que par le voilement. Sans voilement, l'acceptation du joug serait une nécessité, et le langage de la royauté ne conviendrait plus : elle suppose le pouvoir de nier et le choix de faire régner le Saint béni soit-Il. Israël l'accepte volontairement dans le voilement appelé Égypte. Yaakov, de l'extérieur, achève par « voici » ce qui monte des tribus après tout le service. Moché, de l'intérieur, ouvre par « voici » : cette unité est établie dans la profondeur du cœur d'Israël, même avant le service et durant le sommeil.

Aussi : rien en dehors de Lui, même dans le vide, de là les villes de refuge ; le pilpoul, victoire sur les vêtements, remis à Israël par la bonté de son œil ; homme d'Elokim, il rassemble les vêtements séparés.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. מלת וזאת רומז על מדת מלכות שמים כדאיתא כמה פעמים בזוה"ק (פרשת אחרי ובתקונים) והתגלות זה המדה הוא דוקא מפאת ההעלם כי אם היה מדת מלכות שמים בהתגלות בלי שום העלם אזי היו רואים מפורש שכל חיי האדם תלוי בקבלת עומ"ש שאם אינו מקבל עליו עול מלכות שמים הוא באמת משולל חיים והי' נמצא שהקבלת עומ"ש אינו כלל בבחירת אדם רק מפאת ההכרח ושוב לא היה נופל על זה לשון מלכות רק מושל כי עיקר הלשון מלוכה שייך דוקא כאשר יש בחירה להאדם להכחיש ולומר מה שדי כי נעבדנו ובכל זאת הוא בורר ברצונו הטוב להמליך עליו השי"ת זאת נקרא מלכות ועל זה נאמר מלכותו ברצון קבלו עליהם ולזה בתפלת ערבית אנו אומרים המכה בעברתו כל בכורי מצרים ויוצא את עמו ישראל מתוכם וגו' ומלכותו ברצון קבלו עליהם וגו' היינו אחר שקבלו ישראל עליהם עול מלכותו יתברך אף בגודל ההעלם הנקרא מצרים מזה מוכח שמלכותו ברצון קבלו עליהם וזהו דאיתא במדרש רבה (פרשת ויחי) במה שסיים יעקב פתח משה יעקב אבינו סיים בזאת וכו' ומ"ר פתח בזאת וכו' והוא כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון ו') יעקב מלבר ומשה מלגאו היינו כי כל עסקו של יעקב אבינו היה להראות העולה מכל השנים עשר גבולי אלכסון של שבטי ישראל אחר כל עבודתם הוא שמע ישראל וגו' ה' אחד, ומשה מלגאו היינו כי משה רבינו מראה אשר יחוד כזאת הוא בעומק לבם של ישראל בקביעות גמור גם טרם עבודתם אף בעת השינה בלא דעתם כלל וזהו מה שסיים יעקב אבינו כלומר מה שיעקב אבינו היה מראה אחר כל עבודת ישראל פתח משה היינו כי משה רבינו הי' מראה גבי ישראל זה היחוד בעצמו תו"מ עוד בההתחלת עבודתם:

Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit, etc. Le mot "Et voici" (וזאת) fait allusion à la mesure de la royauté céleste, comme il est rapporté plusieurs fois dans le saint Zohar (paracha A'harei et les Tikounim).

La révélation de cette mesure ne vient précisément que du voilement: car si la mesure de la royauté céleste était révélée sans aucun voilement, on verrait clairement que toute la vie de l'homme dépend de l'acceptation du joug de la royauté céleste; car celui qui ne prend pas sur lui le joug de la royauté céleste est en vérité privé de vie. Il se trouverait alors que l'acceptation du joug de la royauté céleste ne serait nullement dans le libre choix de l'homme, mais seulement une nécessité; et le terme de royauté ne s'y appliquerait plus, mais celui de domination.

Car le langage de la royauté ne convient précisément que lorsqu'il est au pouvoir de l'homme de nier et de dire: "Qu'est Shaddai, pour que nous Le servions?" (מה שדי כי נעבדנו), et que, malgré cela, il choisit de son bon gré de faire régner sur lui le Saint, béni soit-Il. Cela est appelé royauté.

À ce propos il est dit: "Ils acceptèrent volontairement Sa royauté sur eux." C'est pourquoi, dans la prière du soir, nous disons: "Qui frappa dans Sa fureur tous les premiers-nés d'Égypte, et fit sortir Son peuple Israël du milieu d'eux... Ils acceptèrent volontairement Sa royauté sur eux..." Cela signifie: après qu'Israël eut accepté sur lui le joug de Sa royauté, qu'Il soit béni, même au sein du grand voilement appelé Égypte, il est prouvé par cela qu'ils acceptèrent volontairement Sa royauté sur eux.

C'est ce qui est rapporté dans le Midrach Rabba (paracha Vaye'hi): "Par ce que Yaakov acheva, Moché commença: notre père Yaakov acheva par 'voici' (בזאת)... et Moché commença par 'voici'..." Et cela est conforme à ce qui est rapporté dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 6): "Yaakov de l'extérieur et Moché de l'intérieur" (יעקב מלבר ומשה מלגאו). Car toute l'occupation de notre père Yaakov fut de montrer ce qui monte des douze limites diagonales des tribus d'Israël, après tout leur service: "Écoute, Israël... le Nom est Un" (Deutéronome 6,4).

"Moché de l'intérieur" signifie que Moché notre maître montre que cette unité de "voici" est dans la profondeur du cœur d'Israël, de manière entièrement établie, même avant leur service, même au temps du sommeil, sans qu'ils en aient aucune connaissance. C'est là le sens de: "par ce que notre père Yaakov acheva", c'est-à-dire que ce que Yaakov notre père montrait après tout le service d'Israël, Moché le commença: Moché notre maître montrait à l'égard d'Israël cette même unité de la Torah et des commandements, dès le commencement de leur service.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. אמר אזמו"ר הג' הק' זצלה"ה אשר מתנת חלקו של מ"ר היה להראות בזה העולם שאין עוד מלבדו וזהו דאיתא במ"ר (ואתחנן פ' ב') משה שמו אף בחללו של עולם שנאמר כי ה' הוא הא-להים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת אין עוד מהו אין עוד אפילו בחללו של עולם וכו' ולזה מסיק שם במדרש אז יבדיל משה ראה משה ליתן נפשו על ערי מקלט וכו' כי מצות הפרשת ערי מקלט מיוחס למשה רבינו כדאיתא בגמרא (מכות י') אמר לו הקב"ה למשה הזרחת שמש לרוצחים היינו כי כל התיקון והגנה של ערי מקלט נמשך מצד הזרחת אורו של מ"ר כי מאחר שהוא הראה כ"כ מפורש אין עוד מלבדו אפילו בחללו של עולם היינו שאין שום כח הפועל זולתו ית' ואם כן איך היה פועל הברזל לבקוע את האויר מחללו של עולם ולהרוג את זה מבלעדי רצונו יתברך, ומצד הכרת אור כזה נמשך ממילא תיקון והגנה לההורג בשגגה, אכן לפי סדר הבריאה נסתר הבהירות מזה האור מחמת המסך שהציב השם יתברך בין עולם לעולם ונסתר כ"כ זה האור עד שנדמה שעולם הזה השפל הוא לגמרי נפרדת מעולם העליון ואין שום מדרגה הנמוכה מרגיש הגנתה מהדרגא עליונה הימנה ונגד זה יש בעולם הגנה הנקרא בית שמכסה כ"כ את האדם עד שאינו מרגיש כלום הגנת הבית מהזרם ומטר שבאויר מבחוץ אכן יש נמי בעולם הגנה הנקרא סוכה אשר הגם שמכסה ג"כ על האדם עכ"ז מרגיש היטב שהסוכה מגינה עליו מזרם ומטר כי כוכבים נראין בתוכה והגנה כזאת יהיה לעתיד כדכתיב על כל כבוד חופה היינו שיהי' זורח אז אור קלוש דרך נקבי המסך עד שיהי' ניכר מפורש בזה העולם האחדות והחיבור שיש לה עם עולם העליון שאין שום פירוד ח"ו וזריחת אור כזה הוא מתנת חלקו של משה רבינו לבקוע כל הסתרות המסכים ולהמשיך בתוכם את האור וזהו וזאת הברכה אשר ברך משה וגו' שהמשיך את האור לבקוע כל הסתרות ועל זה האור של מ"ר איתא בזוהר אידרא זוטא רפט:) אגלוף ההוא חכמתא ואתמשך ועייל ברישא דזעיר אנפין ומתמן אתמשך ועייל לגו גופא ומליין כל אינון אודרן ואכסדרין וכו' היינו שזה האור הוא ממלא גם במקום שהוא משולל מתפיסת שכל אדם במקומות הנראים רחוקים מאד מאורו ית' גם שם היה מ"ר בוקע כל המסכים והמשיך בהם את האור והיה זורח מפורש אין עוד מלבדו אפילו בחללו של עולם:

Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit, etc. Notre maître, le Rabbi, le troisième saint, de bénie mémoire, disait que le don propre à Moché notre maître était de montrer dans ce monde qu'il n'y a rien en dehors de Lui.

C'est ce qui est rapporté dans le Midrach Rabba (Vaet'hanan, chap. 2): "Son nom est Moché, même dans le vide du monde", ainsi qu'il est dit: "Car le Nom est Elokim dans les cieux en haut et sur la terre en bas, il n'y en a pas d'autre" (Deutéronome 4,39).

Que signifie "il n'y en a pas d'autre"? Même dans le vide du monde, etc.

Aussi le Midrach conclut-il là-bas: "Alors Moché sépara"; Moché vit qu'il devait donner son âme pour les villes de refuge, etc. Car le commandement de séparer les villes de refuge est attribué à Moché notre maître, comme il est rapporté dans la Guemara (Makkot 10): le Saint, béni soit-Il, dit à Moché: "Tu as fait luire le soleil pour les meurtriers." Cela signifie que tout le tikoun (réparation) et la protection des villes de refuge procèdent du rayonnement de la lumière de Moché notre maître.

Puisqu'il montra si clairement qu'il n'y a rien en dehors de Lui, même dans le vide du monde, c'est-à-dire qu'il n'existe aucune force agissante en dehors de Lui, qu'Il soit béni, comment le fer aurait-il pu agir, fendre l'air du vide du monde et tuer cet homme, sans Sa volonté, qu'Il soit béni? De la reconnaissance d'une telle lumière procède donc d'elle-même le tikoun et la protection de celui qui tue involontairement.

Cependant, selon l'ordre de la création, la clarté de cette lumière est cachée par l'écran que le Nom, béni soit-Il, a placé entre monde et monde. Cette lumière est ainsi si cachée que ce monde inférieur paraît entièrement séparé du monde supérieur, et qu'aucun degré inférieur ne ressent sa protection venant du degré qui lui est supérieur.

En regard de cela, il existe dans le monde une protection appelée maison, qui couvre l'homme à tel point qu'il ne ressent aucunement la protection de la maison contre l'averse et la pluie qui viennent de l'air extérieur. Mais il y a aussi dans le monde une protection appelée soukka, laquelle, bien qu'elle couvre elle aussi l'homme, lui fait pourtant ressentir clairement que la soukka le protège de l'averse et de la pluie, car on y voit les étoiles.

Une telle protection sera dans l'avenir, comme il est écrit: "Sur toute gloire, un dais" (Isaie 4,5). Alors une faible lumière brillera à travers les ouvertures de l'écran, jusqu'à ce qu'il soit manifeste dans ce monde que sont une l'unité et la liaison qu'il a avec le monde supérieur, sans aucune séparation, à D.ieu ne plaise.

Un tel rayonnement est le don propre de Moché notre maître: percer tous les voilements des écrans et y faire descendre la lumière. Tel est: "Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit...", car il fit descendre la lumière pour percer tous les voilements.

Au sujet de cette lumière de Moché notre maître, le Zohar, Idra Zouta (289b), dit: "Il grava cette sagesse, elle s'étendit et entra dans la tête de Zeir Anpin; de là, elle s'étendit et entra dans le corps, remplissant toutes ces chambres et ces salles..." Cela signifie que cette lumière remplit même le lieu qui est privé de toute saisie par l'intellect humain, les lieux qui paraissent très éloignés de Sa lumière, qu'Il soit béni. Là aussi, Moché notre maître perçait tous les écrans et y faisait descendre la lumière; et il y brillait manifestement qu'il n'y a rien en dehors de Lui, même dans le vide du monde.

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. במדרש רבה (ויחי) ויקרא יעקב לברך את בניו במה חתם בזאת שנאמר וזאת אשר דבר להם אביהם עמד משה לברך את ישראל אמר איני פותח אלא בזאת מנין ממה שקרינו בענין וזאת הברכה וגו'.

היינו כי יעקב אבינו הגיע לזה החיבור והתקשרות שיש להשי"ת עם ישראל אחר הגמר מכל הברורין שלהם וזה מורה מה שחתם בזאת להורות שראה זה ההתקשרות שיהי' בהגמר ומשה רבינו ראה החיבור והתקשרות שיש להשי"ת עם ישראל גם טרם כל הברורין וזה הוא שמ"ר פתח את הברכות בזאת:

Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit, etc. Dans le Midrach Rabba (Vaye'hi): "Yaakov appela pour bénir ses fils.

Par quoi conclut-il? Par 'voici', comme il est dit: 'Et voici ce que leur dit leur père.' Moché se leva pour bénir Israël et dit: 'Je ne commencerai que par voici.' D'où le savons-nous?

De ce que nous lisons dans le passage: 'Et voici la bénédiction...', etc." Cela signifie que Yaakov notre père atteignit cette union et cette liaison que le Saint, béni soit-Il, a avec Israël après l'achèvement de tous leurs discernements. C'est ce qu'indique le fait qu'il conclut par "voici", pour montrer qu'il vit cette liaison qui sera à l'achèvement.

Mais Moché notre maître vit l'union et la liaison que le Saint, béni soit-Il, a avec Israël avant même tous les discernements. C'est pourquoi Moché notre maître ouvrit les bénédictions par "voici".

וזאת הברכה אשר ברך משה וגו'. במדרש רבה (נצבים ) מנין שמברכין לאחריה שנאמר וזאת הברכה וגו' מששנה להם את התורה אומר וזאת הברכה וגו'.

היינו כי בזה העולם הציב השי"ת ברכת הנהנין וברכת המצות וברכת התורה וענין ברכה מבואר בזוה"ק (עקב רע"א) אמשכותא וברכת הנהנין הוא מה שממשיך אדם את האור מעילא לתתא וברכת המצות הוא המשכת אור מתתא לעילא. וברכת התורה כולל מעילא לתתא ומתתא לעילא עד היכן אפי' מה שנראה בדברי תורה כמו גוזמא אינו ג"כ דבר בטל וכמאמרם ז"ל כל פטפוטיא בישין בר מפטפוטיא דאורייתא הס טבין וזהו הענין מברכת התורה לאחרי' דילפינן ממשה רבינו והוא כדאיתא בגמ' (נדרים ל"ח) לא נתנה תורה אלא למשה ולזרעו ובטובת עינו מסר אותה לישראל ומסיק שם אלא פלפולא בעלמא ופלפול הוא פירושו נצוח כענין שמצינו זה הלשון במדרש כגבור המפולפל בזינו ומראה אינם לכל צד וכן אכילת אדם בשביל שמכניס עצמו לנצוח לזה נקרא הסעודה על שם לחם מלשון מלחמה וכדאיתא בזוה"ק (בלק) שעתא דאכילה שעתא דקרבא כי אם יעבוד אדם בכח אכילתו את השי"ת נמצא שמנצח אדם את המאכל ואם ח"ו להיפך אזי הוא מנוצח מהמאכל.

ופלפולא דאורייתא הוא נמי ענין נצוח כי באורייתא ברא קב"ה עלמא אלא שנעלמו הד"ת בכל מיני התלבשות. וברכה לאחריה היינו פלפולא דאורייתא שיכולין לנצח כל הלבושיס מזה העולם ולגלות הדברי תורה הנעלמים בהם ולכך ילפינן ברכה לאחריה ממשה רבינו משום שהוא בטובת עינו מסר זה הפלפול לישראל.

לפני מותו היינו באותו הזמן שעמד מ"ר בבהירות המבורר ביותר אז הופיע השי"ת למ"ר שילכו על ידו כל הברכות לישראל:

Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit, etc. Dans le Midrach Rabba (Nitsavim): "D'où sait-on que l'on bénit après [l'étude]?

Car il est dit: 'Et voici la bénédiction...' Après leur avoir enseigné à nouveau la Torah, il dit: 'Et voici la bénédiction...'" Car, dans ce monde, le Saint, béni soit-Il, a établi la bénédiction de la jouissance, la bénédiction des commandements et la bénédiction de la Torah. Le sens de la bénédiction est expliqué dans le saint Zohar (Ekev 271a): une extension.

La bénédiction de la jouissance est ce par quoi l'homme prolonge la lumière d'en haut vers le bas; la bénédiction des commandements est l'extension de la lumière d'en bas vers le haut. La bénédiction de la Torah comprend d'en haut vers le bas et d'en bas vers le haut, jusqu'à ce que même ce qui paraît, dans les paroles de Torah, être une hyperbole, ne soit pas non plus une chose vaine, selon leur parole de bénie mémoire: "Tous les bavardages sont mauvais, sauf les bavardages de Torah, qui sont bons." Tel est le sens de la bénédiction de la Torah après [l'étude], que nous apprenons de Moché notre maître.

Car il est rapporté dans la Guemara (Nedarim 38) que la Torah ne fut donnée qu'à Moché et à sa descendance, mais que, dans la bonté de son œil, il la remit à Israël. La Guemara conclut là-bas: seulement le pilpoul (discussion dialectique).

Le pilpoul signifie victoire, comme nous trouvons ce terme dans le Midrach: "tel un héros aiguisé dans ses armes". De même, le repas de l'homme est appelé le'hem (pain), parce qu'il s'engage dans un combat; ce mot se rattache à mil'hama (guerre).

Ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Balak): "Le temps du repas est le temps du combat." Car si l'homme sert le Saint, béni soit-Il, par la force de sa nourriture, il est alors vainqueur de la nourriture; mais si, à D.ieu ne plaise, c'est l'inverse, il est vaincu par la nourriture. Le pilpoul de Torah est aussi une victoire, car le Saint, béni soit-Il, créa le monde par la Torah, mais les paroles de Torah sont cachées dans toutes sortes de vêtements.

La bénédiction après [l'étude] est donc le pilpoul de Torah, par lequel on peut vaincre tous les vêtements de ce monde et révéler les paroles de Torah qui y sont cachées. C'est pourquoi nous apprenons la bénédiction après [l'étude] de Moché notre maître: parce que, dans la bonté de son œil, il remit ce pilpoul à Israël.

"Avant sa mort" signifie qu'en ce temps où Moché notre maître se tenait dans la clarté la plus pleinement éclairée, le Saint, béni soit-Il, fit apparaître à Moché notre maître que toutes les bénédictions iraient à Israël par son intermédiaire.

וזאת הברכה אשר ברך משה איש הא-להים את בני ישראל לפני מותו וגו'. איתא במדרש (שם) במה דסיים יעקב פתח משה יעקב בזאת סיים אשר דבר להם אביהם ומשה פתח וזאת הברכה וגו'.

וזהו כענין שמצינו בתקוני זוה"ק (תיקון י"ג) יעקב מלבר ומשה מלגאו. היינו כי יעקב אבינו הראה לישראל איך שיש בכחם להמשיך את אורו יתברך בכל הפעולות שלהם אכן סיים בזאת שרומז על מלכות שמים כדאיתא (שם תיקון שתיתאה) בזאת יבוא אהרן אל הקודש ומשה בגינה אתקיים בעלמא הה"ד וזאת הברכה וגו' ויעקב בגין דידע דכל רעותא דמלכא בה מנו לבנוי עלה דלא עלון קדם מלכא אלא בה וכו' הה"ד וזאת אשר דבר להם אביהם וגו' היינו שיעקב אבינו הבטיח לישראל אשר בכל פעולה שיקבלו עליו עומ"ש יהי' שוכן בה אורו יתברך וזהו יעקב מלבר, ומשה מלגאו היינו שמ"ר הביט לעומק הלב של ישראל וראה בעומק לבם שאינו נמצא כלל אצלם פעולה כזו שיהי' משוללת ח"ו ממלכות שמים וזהו שפתח בזאת היינו שכל עסקו של מ"ר היה להמשיך מעומק לבבם הנקודה של מלכות שמים שיהי' נכרת מפורש בהתגלות נגד עיני כל שלא יהי' גנוז בעומק לבם בלבד אלא שיכירו אותה גם בתפיסתם וזהו משה מלגאו ועל זה נאמר וזאת הברכה אשר ברך משה וגו' וברכה היינו המשכה כלומר שהמשיך את האור הכמוס בעומק הנקודה הישראלית שינהיר מפורש נגד עיניהם גם בהבנת תפיסתם:

Et voici la bénédiction par laquelle Moché, homme d'Elokim, bénit les enfants d'Israël avant sa mort, etc. Il est rapporté dans le Midrach (ibid.): "Par ce que Yaakov acheva, Moché commença.

Yaakov acheva par 'voici': 'ce que leur dit leur père'; et Moché commença: 'Et voici la bénédiction...'" Cela correspond à ce que nous trouvons dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 13): "Yaakov de l'extérieur et Moché de l'intérieur." Yaakov notre père montra à Israël qu'ils ont le pouvoir de faire descendre Sa lumière, qu'Il soit béni, dans toutes leurs actions. Cependant il conclut par "voici", qui fait allusion à la royauté céleste, comme il est rapporté là-bas (Tikoun 6): "Par ceci Aaron entrera dans le sanctuaire; et par elle Moché subsista dans le monde, ainsi qu'il est dit: 'Et voici la bénédiction...' Yaakov, sachant que tout le désir du Roi est en elle, enjoignit à ses fils à son sujet de ne pas entrer devant le Roi autrement que par elle...

Ainsi qu'il est dit: 'Et voici ce que leur dit leur père...'" Yaakov notre père promit ainsi à Israël que, dans toute action où ils prendraient sur eux le joug de la royauté céleste, Sa lumière, qu'Il soit béni, y résiderait. Tel est "Yaakov de l'extérieur".

"Moché de l'intérieur" signifie que Moché notre maître regarda dans la profondeur du cœur d'Israël et vit qu'il ne s'y trouvait absolument aucune action qui fut, à D.ieu ne plaise, privée de la royauté céleste. C'est pourquoi il commença par "voici": toute l'occupation de Moché notre maître était de tirer de la profondeur de leur cœur le point de la royauté céleste, afin qu'il soit reconnu manifestement, révélé devant les yeux de tous, et ne demeure pas seulement caché dans la profondeur de leur cœur, mais qu'ils le reconnaissent aussi dans leur saisie.

Tel est "Moché de l'intérieur". À ce sujet, il est dit: "Et voici la bénédiction par laquelle Moché bénit..." Or, bénédiction signifie extension: il étendit la lumière cachée dans la profondeur du point israélite, afin qu'elle éclaire manifestement devant leurs yeux, aussi dans la compréhension de leur saisie.

איש הא-להים וגו' מבואר בזוה"ק (ויחי רלו:) איש הא-להים מאריה דביתא מאריה דמטרוניתא כמה דכתיב אישה יקימנו ואישה יפרנו וכו' וזהו כדכתיב שמש ומגן ה' א-להים היינו כי אורו ית' הזורח להבריאה הוא כמו השמש שאי אפשר להסתכל בה רק ע"י מגן ונרתק. וזה המגן והנרתק הוא הכח הבחירה שהציב השי"ת להבריאה אכן נסתעפו מזה הנרתק והבחירה כל הכחות שבעולם הרחוקים מאוד וכדאיתא בזוה"ק (בחקותי קיג) אפילו ע"ז נמי א-להים אקרי וא-להים הוא לשון רבים ואיש מבואר בזוה"ק (תזריע מח) קיבוץ הנפרדים נקרא איש ולזה נאמר כאן על מ"ר איש א-להים להורות שמ"ר הוא המקבץ כל הנפרדים והלבושים הרחוקים הנמצאים בישראל ומחבר אותם בחזרה ומקרב אותם להשי"ת ומראה בהם מפורש ה' הוא הא-להים היינו שכל הלבושים של ישראל המה מגן ונרתה לשם הויה ית':

"Homme d'Elokim", etc. Le saint Zohar (Vaye'hi 236b) explique: "Homme d'Elokim: maître de la maison, maître de la Matronita, comme il est écrit: 'Son mari l'établira, et son mari l'annulera'" (Nombres 30,14), etc.

Cela correspond à ce qui est écrit: "Car le Nom Elokim est soleil et bouclier" (Psaumes 84,12). La lumière de Sa présence, qu'Il soit béni, qui rayonne sur la création, est comme le soleil: il est impossible de la regarder, sinon par un bouclier et un étui.

Ce bouclier et cet étui sont la force du libre choix que le Saint, béni soit-Il, a établie dans la création. Cependant, de cet étui et de ce libre choix se sont ramifiées toutes les forces du monde, très éloignées [de Lui], comme il est rapporté dans le saint Zohar (Be'houkotai 113): "Même l'avoda zara (culte étranger) est aussi appelée élohim." Elokim est un terme au pluriel.

Or, le saint Zohar (Tazria 48) explique que le rassemblement des séparés est appelé ish (homme). C'est pourquoi il est dit ici de Moché notre maître: "homme d'Elokim", pour indiquer que Moché notre maître rassemble tous les séparés et les vêtements lointains qui se trouvent en Israël, les unit de nouveau, les rapproche du Saint, béni soit-Il, et leur montre manifestement que "le Nom est Elokim", c'est-à-dire que tous les vêtements d'Israël sont bouclier et étui pour le Nom, qu'Il soit béni.

En bref

« L'homme de D.ieu » : le Sod Yecharim rapporte du Zohar que Moché établit et annule comme l'époux dans Sa maison. Il prolonge vers Israël le pilpoul de la Torah, donné seulement à lui et à sa descendance, transmis dans la bonté de son regard. Les mitsvot sont des commandements bruts : l'homme n'acquiert que ce qu'il reconnaît, tel l'étain vendu sans savoir que l'intérieur était d'argent. S'il sait qu'un trésor y est caché, l'acquisition porte sur tout le trésor. Par vingt-quatre objections et vingt-quatre résolutions, le pilpoul lui fait reconnaître que les paroles de Torah sont sans limite : cette reconnaissance est l'acquisition par le labeur de ses mains.

Aussi : aucun contraire même dans ce monde, prodiges de Moché et d'Yechaya au sein de la nature ; il fixe sa lumière en Israël au moment du retrait et achève Reouven ; les villes de refuge protègent même l'âme la plus mauvaise.

איש הא-להים וגו' בזוה"ק (ויחי שם) משה ודאי איש הא-להים היה ורעותיה עביד בביתיה כד"א אישה יקימנו הה"ד ויאמר משה קומה ה' ואישה יפרנו הה"ד ובנחה יאמר שובה ה' וכו' כבר נש דגזר על אנתתיה ועבדא רעותיה וכו'. והוא כמו שנאמר על משה בכל ביתי נאמן הוא ולזה כתיב יודיע דרכיו למשה שלא העלים ממנו השי"ת מהנהגתו שום דבר וזהו אשר ברך משה איש הא-להים היינו שהמשיך כל כח קדושתו לישראל וכח קדושתו נקרא פלפולא דאורייתא ועל זה אמרו ז"ל (נדרים לח) שלא מסר הקב"ה אלא למשה ולזרעו והוא בטובת עינו מסר לישראל היינו כי כל המצות נקראו במדרש מצות גלמיות כי היקרות הגנוז בהם נעלם מתפיסת אדם ולכך אין הקנין של אדם במעשה המצות כ"כ חזק הגם שהנחיל השי"ת לישראל קנין גמור בכל מעשי המצות אכן זה הקנין הוא רק מצד השי"ת כי קנין מצד האדם אינו רק כפי מה שמכיר הדבר בהבנת תפיסתו אזי כפי ידיעתו בהיקרות של הדבר כך מגיע לו מצד המשפט נמי קנין אבל ביקרות כזה שאין האדם יודע בו כלל אין לו בו שום קנין מצד המשפע והא ראיה כשמוכר אדם איזה חפץ בחזקת שויא פחותה ואח"כ נתוודע שהיה נטמן בהחפץ יקרות שלא היה יודע המוכר בזה מתחילה כשמכר ופסק הגהות אשר"י ז"ל (ב"מ פב) באחד שקנה בדיל מנגר עכו"ם בחזקת בדיל לכסות גגו ושוב נמלך ומכרו לישראל אחר בחזקת בדיל ואח"כ נמצא שהוא כולו כסף מבפנים אך בחוץ היה מחופה בבדיל ופטרו הר"א ממיץ כי אמר שלא זכה בו הישראל שקנה מן העכו"ם כיון שלא ידע ולא נתכוון לקנות הכסף והודה לו ר"ת עכ"ל הרי שהקנין של זה המוכר אי אפשר שיהיה יותר מכפי ההבנה והידיעה שהיה לו באותו החפץ.

אמנם אם יודע האדם שנטמן בזה החפץ יקרות גדול אשר הוא למעלה מהבנת תפיסתו אף שאינו יודע עד כמה עולה הסכום מהשויא של היקרות הנטמן בזה החפץ מסבת קטנת תפיסתו מ"מ שפיר יש לו קנין בכל היקרות הנטמן בזה החפץ אף שאינו יודע הסכום של היקרות וזה הוא הענין מפלפולא דאורייתא שמסר משה רבינו בטובת עינו לישראל היינו שלמד את ישראל שידעו היטב אשר כל אדם כפי המצב שעומד בעת שנכנס לדברי תורה אין לו עדיין שום קנין בהם כי הכל הוא נגדו מצוה גלמית רק עיקר הקנין יכולין להשיג מפאת היגיעה של ד"ת כי ע"י היגיעה ישיג בכל פעם יותר הכרה איך שהד"ת הם למעלה מתפיסתו וע"י זה מיגע עצמו ביותר ע"י כ"ד קשוית וכ"ד פרוקי להגיע לעומק היקרות הנמצא בהם עד שממילא רווחא שמעתתא וזאת היגיעה נקרא פלפולא דאורייתא כמו שמצינו במדרש כגבור שמפלפל בזינו בכל צד היינו שסותר ומפרק עד שמחבר ומאחד כל צדדי ההופכים הנראים כנגדיים וסותרים אהדדי והוא בפלפולו משוה אותם בכל צד וע"י זה הפלפול מכיר בכל פעם יותר איך שאי אפשר להגיע בתפיסתו אל סוף תכליתם ומפאת זה שמכיר גודל היקרות הנמצא בד"ת שהוא בלי גבול ואין סוף משיג נמי קנין חזק בכל הד"ת שיהיה נחשב קנין יגיע כפו וזאת ההכרה מסר מ"ר בטובת עינו לישראל:

"L'homme de Dieu", etc. Dans le saint Zohar (Vayhi, là-bas): Mose était assurément l'homme de Dieu et il accomplissait sa volonté dans sa maison, comme il est dit: "son mari l'établira"; c'est ce qui est écrit: "Mose dit: Lève-toi, ה'" (Nombres 10,35), et "son mari l'annulera"; c'est ce qui est écrit: "Lorsqu'il reposait, il disait: Reviens, ה'", etc.

Tel un homme qui décrète au sujet de sa femme et dont la volonté est accomplie, etc. Cela est semblable à ce qui est dit de Mose: "Dans toute Ma maison il est fidèle" (Nombres 12,7).

C'est pourquoi il est écrit: "Il fait connaître Ses voies à Mose" (Psaumes 103,7): le Saint, béni soit-Il, ne lui cacha rien de Sa conduite. C'est le sens de: "Voici la bénédiction dont Mose, homme de Dieu, bénit" (Deutéronome 33,1), c'est-à-dire qu'il prolongea vers Israël toute la force de sa sainteté.

La force de sa sainteté s'appelle le pilpoul de la Torah (dialectique de la Torah). À ce propos nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Nedarim 38a) que le Saint, béni soit-Il, ne le donna qu'à Mose et à sa descendance, et que lui, dans la bonté de son regard, le transmit à Israël.

C'est que tous les commandements sont appelés dans le Midrach des commandements bruts (mitsvot golmiyot), car les trésors qui y sont cachés échappent à la saisie de l'homme. Aussi l'acquisition de l'homme dans l'acte des commandements n'est-elle pas si solide, bien que le Saint, béni soit-Il, ait donné à Israël une acquisition pleine dans tous les actes des commandements.

Mais cette acquisition ne vient que du Saint, béni soit-Il; l'acquisition du côté de l'homme ne correspond qu'à ce qu'il reconnaît de la chose par la compréhension de sa saisie. Selon sa connaissance de la valeur de la chose, il lui revient aussi, selon le droit, une acquisition.

Mais d'une valeur dont l'homme ne sait absolument rien, il n'a aucune acquisition du côté du droit. En voici la preuve: lorsqu'un homme vend un objet en le tenant pour de faible valeur, puis qu'il est connu qu'un trésor était caché dans l'objet, dont le vendeur ne savait rien au début de la vente.

Les Hagahot Achri, de mémoire bénie (Bava Metsia 82), ont statué au sujet de quelqu'un qui avait acheté de l'étain à un artisan non-juif, le tenant pour de l'étain destiné à couvrir son toit, puis qui se ravisa et le vendit à un autre Juif comme étain; il apparut ensuite que l'intérieur était entièrement d'argent, quoique l'extérieur fût recouvert d'étain. Rabbi Eliezer de Metz l'exempta, car il dit que le Juif qui avait acheté au non-juif n'avait pas acquis l'argent, puisqu'il n'avait pas su et n'avait pas eu l'intention d'acheter l'argent; Rabbenu Tam lui donna raison.

Fin de citation. Ainsi, l'acquisition de ce vendeur ne peut être plus grande que la compréhension et la connaissance qu'il avait de cet objet.

Toutefois, si l'homme sait qu'un grand trésor est caché dans l'objet, lequel dépasse la compréhension de sa saisie, même s'il ne sait pas jusqu'à quelle somme monte la valeur du trésor caché, à cause de l'etroitessse de sa saisie, il a pourtant bien une acquisition dans tout le trésor caché dans l'objet, bien qu'il n'en connaisse pas le montant. Tel est le propos du pilpoul de la Torah que Mose notre maître transmit à Israël dans la bonté de son regard: il enseigna à Israël à savoir parfaitement que tout homme, selon l'état où il se trouve lorsqu'il entre dans les paroles de Torah, n'a encore aucune acquisition en elles, car tout est devant lui comme un commandement brut.

Mais ils peuvent obtenir l'essentiel de l'acquisition par l'effort des paroles de Torah: par l'effort, il atteint chaque fois davantage la reconnaissance que les paroles de Torah dépassent sa saisie. De ce fait, il s'efforce davantage, par les vingt-quatre objections et les vingt-quatre résolutions, pour atteindre la profondeur du trésor qui s'y trouve, jusqu'à ce que l'enseignement s'élargisse de lui-même.

Cet effort est appelé pilpoul de la Torah, ainsi que nous trouvons dans le Midrach: tel un héros qui manie son arme de tous côtés; il renverse et dissout jusqu'à ce qu'il relie et unifie tous les côtés opposés qui paraissent contraires et se contredire, et, par son pilpoul, les égale de tout côté. Par ce pilpoul, il reconnaît chaque fois davantage qu'il est impossible d'atteindre par sa saisie leur terme ultime.

Parce qu'il reconnaît la grandeur du trésor qui se trouve dans les paroles de Torah, qui est sans limite et sans fin, il atteint aussi une acquisition solide dans toutes les paroles de Torah, considérée comme une acquisition par le labeur de ses mains. Cette reconnaissance, Mose notre maître la transmit à Israël dans la bonté de son regard:

איש הא-להים וגו' וביארו ז"ל במדרש רבה (דברים פ' יא) מחציו ולמטה איש ומחציו ולמעלה א-להים וכו' היינו שהיה בכח מ"ר להראות מפורש גם בתפיסת אדם שאין באמת אף בעולם הזה שום הופכיים מה שאין זאת בכח שום נביא כי אם משה רבינו וזהו מחציו ולמטה איש ומחציו ולמעלה א-להים וגם בישעיה הנביא מצינו כח כזה לזה מצינו גבי מ"ר וגם גבי ישעיה הנביא שלא נתבטל תפיסתם בעת שקבלו רוח נבואתם מה שלא מצינו כן בשום נביא שבעולם שכולם נתבטל תפיסתם בעת קבלת רוח נבואתם עד שלא הכירו את עצמם בשעת הטפת נבואתם מי הוא המדבר הרי מי לנו גדול משמואל הנביא מ"מ מצינו אצלו שאמר וישלח ה' את ירבעל ואת בדן ואת שמואל ומדוע לא אמר ואותי אלא ששכח בעצמו ולא היה יודע בשעת הטפת נבואתו מי הוא המדבר משא"כ גבי מ"ר מצינו פה אל פה אדבר בו וגו' שלא נתבטל תפיסתו והכיר את עצמו גם בשעת הטפת נביאתו וגם אצל ישעיה הנביא מצינו שלא נתבטל תפיסתו בשעת הטפת נבואתו שאמר הילדים אשר חנן לי ה' הרי שהיה מכיר בשעת הטפת נבואתו מי הוא המדבר והוא כי למשה רבינו וישעיה הנביא היה להם הכרה מפורשת שאין שום הופכים גם בתפיסת עוה"ז וכן מצינו בהמופתים שהיו הם פועלים שלא היו צריכין להעלות שום דבר ולהגביה אותו למעלה מן הטבע ולפעול את המופת אלא בעצמית הטבע של זה העולם היו פועלים כל המופתים מה שלא מצינו כן גבי שום נביא כי כל הנביאים היו צריכין להגביה את הדבר שהיו רוצים לפעול בה את המופת ולהעלות אותה למעלה מן הטבע של זה העולם ואח"כ היה פועלים את המופת כמו שמצינו גבי אלישע הנביא (מלכים ב ד׳:ל״ט) וליקט ממנו פקעות שדה ויבוא ויפלח אל סיר הנזיד וגו' ויאמר מות בסיר וגו' ויאמר קחו קמח וישלך אל הסיר וגו' הרי שהיה צריך להגביה את הדבר ולקשר אותה למעלה מן הטבע ויאמר קחו קמח וגו' היינו מי שהציב הטבע בעולם שהקמח יהיה מאכל יאמר נמי לפקעת שדה שיהיה מאכל (ושם ו) ויהי האחד מפיל הקורה ואת הברזל נפל אל המים ויצעק ויאמר אהה אדני והוא שאול ויאמר איש הא-להים אנה נפל ויראהו את המקום ויקצב עץ וישלך שמה ויצף הברזל וגו' היינו מי שאמר לעץ ויצף יאמר לברזל ויצף הרי שהיו מוכרחין מקודם לעלות למעלה מן הטבע כדי שיפעלו את המופת אבל להראות המופת בתפיסת הטבע של זה העולם בלתי עליה למעלה מהטבע לא היה יתכן כי המופת הוא ממש להיפך מהטבע של עוה"ז. ואיך יתאחדו בהתפיסה מהטבע של זה העולם שני הפכים בנושא אחד.

משא"כ גבי משה רבינו וישעיה הנביא היה הכרה מפורשת בתפיסתם שנתאחדו גם בזה העולם שני הפכיים בנושא אחד עד שמצד הכרת תפיסתם לא היה כלל גם בזה העולם שום הפכייס לזה היה בכחם לאחד כל ההופכים ולפעול כל המופתים גם בהטבע עצמה של זה העולם כמו שמצינו אצל מ"ר שהמתיק מר במר היינו שהראה בטבע המרירות בעצמו איך שיש בו נמי באמת כל המתיקות וכן מצינו גבי ישעיה הנביא (שם כ) קחו דבלת תאנים ויקחו וישימו על השחין ויחי וגו' וביארו ז"ל נס בתוך נס היה וכו' והוא יען שלא היה מצדם שום הפכיים כלל לכך היה בכחם להראות כל המופתים בתוך הטבע ממש גם בלתי שינוי הטבע וזהו מחציו ולמטה איש ומחציו ולמעלה א-להים היינו שהטבע עם למעלה מהטבע היה מצד בהירת הכרתו לאחדים ממש:

"L'homme de Dieu", etc. Nos maîtres ont expliqué dans le Midrach Rabba (Deutéronome, paracha 11): de la moitié inférieure, homme; de la moitié supérieure, Dieu, etc.

Cela signifie que Mose notre maître avait la force de montrer clairement, jusque dans la saisie humaine, qu'en vérité il n'y a pas même en ce monde-ci de contraires. Aucun prophète n'eut cette force, sinon Mose notre maître.

Tel est: de la moitié inférieure, homme, et de la moitié supérieure, Dieu. Nous trouvons aussi chez le prophète Isaie une telle force.

C'est pourquoi nous trouvons, chez Mose notre maître comme chez le prophète Isaie, que leur saisie ne fut pas annulée lorsqu'ils reçurent l'esprit de leur prophétie, ce que nous ne trouvons chez aucun prophète du monde: chez tous, leur saisie fut annulée lorsqu'ils recevaient l'esprit de leur prophétie, jusqu'à ne pas reconnaître qui parlait au moment où leur prophétie se répandait. Or, qui est plus grand pour nous que le prophète Samuel?

Pourtant nous trouvons chez lui qu'il dit: "ה' envoya Yéroubbaal, Bedan et Samuel" (1 Samuel 12,11). Pourquoi ne dit-il pas: "et moi"?

C'est qu'il s'oublia lui-même et ne savait pas, au moment où sa prophétie se répandait, qui parlait. Il n'en est pas ainsi de Mose notre maître, au sujet de qui nous trouvons: "Je lui parle bouche à bouche" (Nombres 12,8): sa saisie ne fut pas annulée et il se reconnut aussi au moment où sa prophétie se répandait.

Chez le prophète Isaie aussi, nous trouvons que sa saisie ne fut pas annulée au moment où sa prophétie se répandait, car il dit: "Voici les enfants que ה' m'a accordés" (Isaie 8,18). Il reconnaissait donc, au moment où sa prophétie se répandait, qui parlait.

C'est que Mose notre maître et le prophète Isaie avaient une reconnaissance explicite qu'il n'existe aucun contraire, même dans la saisie de ce monde. Nous le trouvons de même dans les prodiges qu'ils accomplissaient: ils n'avaient pas besoin d'élever une chose, ni de la hausser au-dessus de la nature, pour opérer le prodige; ils accomplissaient tous les prodiges dans l'essence même de la nature de ce monde.

Nous ne trouvons pas cela chez aucun prophète, car tous les prophètes devaient élever la chose par laquelle ils voulaient opérer le prodige, et la faire monter au-dessus de la nature de ce monde; ensuite ils opéraient le prodige. Ainsi trouvons-nous chez le prophète Élisée: "Il cueillit des coloquintes sauvages, vint et les coupa dans le potage", etc.; ils dirent: "La mort est dans le pot!", et il dit: "Prenez de la farine", et il la jeta dans le pot, etc.

(2 Rois 4,39-41). Il devait donc élever la chose et la relier à ce qui est au-dessus de la nature: "Prenez de la farine", c'est-à-dire que Celui qui établit dans le monde la nature de la farine, qui est nourriture, dise aussi à la coloquinte sauvage qu'elle soit nourriture.

De même (2 Rois 6): "Comme l'un abattait un tronc, le fer tomba dans l'eau; il cria et dit: Ah, mon maître! Il était emprunté.

L'homme de Dieu dit: Où est-il tombe? Il lui montra le lieu; il coupa un morceau de bois, le jeta là, et le fer flotta", etc.

Cela veut dire: Celui qui a dit au bois: "Flotte", dira au fer: "Flotte". Ils étaient donc obligés auparavant de monter au-dessus de la nature afin d'opérer le prodige.

Mais il n'était pas possible de montrer le prodige dans la saisie naturelle de ce monde, sans monter au-dessus de la nature, car le prodige est véritablement l'inverse de la nature de ce monde. Comment deux contraires dans un même sujet s'uniraient-ils dans la saisie de la nature de ce monde?

Au contraire, chez Mose notre maître et le prophète Isaie, il y avait dans leur saisie une reconnaissance explicite que deux contraires s'unissaient, même dans ce monde, dans un même sujet, au point que, du côté de la reconnaissance de leur saisie, il n'y avait absolument aucun contraire, même dans ce monde. C'est pourquoi ils avaient la force d'unifier tous les contraires et d'accomplir tous les prodiges dans la nature même de ce monde.

Ainsi trouvons-nous chez Mose notre maître qu'il adoucit l'amer par l'amer: il montra dans la nature de l'amertume elle-même qu'il y a aussi véritablement toute la douceur. De même chez le prophète Isaie: "Prenez une galette de figues; ils la prirent, la posèrent sur l'ulcère, et il vécut", etc.

(Isaie 38,21). Nos maîtres ont expliqué: c'était un prodige dans un prodige, etc.

Parce que, de leur côté, il n'y avait aucun contraire, ils avaient la force de montrer tous les prodiges au sein même de la nature, sans même modifier la nature. Tel est: de la moitié inférieure, homme, et de la moitié supérieure, Dieu, c'est-à-dire que la nature et ce qui est au-dessus de la nature étaient, pour la clarté de sa reconnaissance, véritablement un:

איש הא-להים וגו' במדרש רבה (דברים ח) אמר ר' אבין מחציו ולמטה איש מחציו ולמעלה א-להים וכו' היינו שמ"ר ראה מפורש התערבות אור רצונו ית' עם הלבושים של ישראל והוא כי משה רבינו היה תמיד הממוצע בין השי"ת לישראל כדכתיב אנכי עומד בין ה' וביניכם וגו' שאי אפשר כלל לשום נברא אפילו מצבא מעלה להיות כ"כ ממוצע כמוהו הגם שמצינו על חנוך נמי שהוא ממוצע בין עליונים לתחתונים והוא המלאך מט"ט שר הפנים דאיתא עליו בתקוני זוה"ק (תיקון נז צא:) האי מלאך אתקרי בששים רבוא שמהן דמלאכיא היינו כי ענין שמות המלאכים הוא כדאיתא בזוה"ק (פנחס רט"ו) כל שם דכל ספירה ומלאך אית לכל חד שם ידוע לאשתמודע וכו' פירוש כפי הכרת המלאך באורו ית' ויודע שמצדו אין לו שום כח בלעדי השי"ת. כך הוא השם שלו אכן המלאך מט"ט כולל כל מיני הכרות לזה אתקרי בששים רבוא שמהן דמלאכיא.

ובכל זאת אינו כ"כ ממוצע כמו מ"ר כי המלאך מט"ט הוא עם כל עוצם הבהירות שלו בעולם עליון כי נסתלק לעילא ואינו נמצא כלל בזה העולם. אבל משה רבינו נמצא עם כל עוצם הבהירות שלו בזה העולם לזה נחשב הוא עיקר הממוצע בין השי"ת לישראל ולכן נקרא איש הא-להים נאמר מקודם איש ואח"כ הא-להים להורות בזה אשר גם בלבוש הנמוך שלו הנקרא איש היה נמי יכול להופיע בעולם אור א-להים ולהראות התערבות אורו ית' עם לבושי ישראל וזאת השלימות קבע בקרב ישראל לפני מותו שאז ביום שנסתלק נשלם לגמרי כמאמרם ז"ל על הפסוק בן מאה ועשרים שנה אנכי היום היום מלאו ימי ושנותי רמזו בזה שנגמר אז תכלית שלימתו הגם שמצינו בזוה"ק (בלק קפז) משה מיד אקשר בדרגא דיליה ובג"כ משה משה ולא אפסיק טעמא וכו' אמנם מצדו היה נשלם גם מיד ביום הולדו רק מפאת העסק שהיה לו עם ישראל שכל עסקו עמהם היה להוסיף להם אור בכל יום ויום וזה העסק לא היה יתכן כלל לגמור בשלימות טרם שנסתלק אכן בעת ההסתלקות אז נכלל לגמרי בקרב ישראל כד' בתקוני זוה"ק (תיקון סז) ואתפשטותא הוא בכל דרא ודרא בכל צדיק וחכם דמתעסק באורייתא עד שתין רבוא לאשלמא כלהו מפגימו דלהון וכו' ושלימות כזאת א"א כי אם בעת הסתלקות מן העולם וביאר בזה אאמו"ר הג' הק' זצל"ה שיכולין להוכיח גודל השלימות שהניח בישראל בעת ההסתלקות מההיפך שאמרו ז"ל (חולין נ"ג) בהדי דשליף שדי זהורא הרי שמניח כל הכח בעת שנסתלק ומכש"כ במדה טובה מרובה מניח בודאי כל הכח בעת ההסתלקות לכן בעת שעמד משה רבינו בתכלית שלימותו שהוא לפני מותו אז פעל לקבוע בקרב ישראל כל אורו ועד היכן שכל אותן השבטים שנשארו גבי יעקב אבינו משוללי ברכה נשלמו כאן ע"י מ"ר נגד שאמר יעקב פחז כמים אל תותר וזה מורה על הפסק תיקון מ"ר באמרו יחי ראובן ואל ימות להורות שלא יופסק לעולם ויהי מתיו מספר וביארו ז"ל שיהיה דבר שבמנין וזאת אמר מ"ר נגד מה שקראו יעקב אבינו ראובן כדאיתא בזוה"ק (ויצא קנד) ראובן סתם בגין דאתכליל וכו' היינו שלא היה מכירו בראשית מחשבתו ותיקן מ"ר באמרו ויהי מתיו מספר שיהיה דבר שבמנין כי גם המחשבה היה ביד משה רבינו להחזירה במקום הראוי לה:

"L'homme de Dieu", etc. Dans le Midrach Rabba (Deutéronome 8), Rabbi Avin dit: de la moitié inférieure, homme; de la moitié supérieure, Dieu, etc.

Cela signifie que Mose notre maître voyait clairement l'entrelacement de la lumière de Sa volonté, qu'Il soit béni, avec les vêtements d'Israël. Car Mose notre maître fut toujours l'intermédiaire entre le Saint, béni soit-Il, et Israël, ainsi qu'il est écrit: "Je me tenais entre ה' et vous" (Deutéronome 5,5).

Aucune créature, pas même parmi l'armée céleste, ne peut être un intermédiaire tel que lui. Bien que nous trouvions aussi d'Hénoch qu'il est intermédiaire entre les êtres supérieurs et les êtres inférieurs, et qu'il est l'ange Metatron, prince de la Face, au sujet duquel il est rapporté dans les Tikounei Zohar (tikoun 57, 91a): "Cet ange est appelé par les six cent mille noms des anges".

Car le propos des noms des anges est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Pinhas 215): "Chaque nom de chaque sefira et de chaque ange, chacun a un nom connu afin d'être reconnu", etc. Cela veut dire: selon la reconnaissance de l'ange dans Sa lumière, qu'Il soit béni, et sa connaissance qu'il ne possède de son côté aucune force hors du Saint, béni soit-Il, tel est son nom.

Mais l'ange Metatron comprend toutes les sortes de reconnaissances; c'est pourquoi il est appelé par les six cent mille noms des anges. Malgré tout, il n'est pas un intermédiaire aussi grand que Mose notre maître, car l'ange Metatron, avec toute l'intensité de sa clarté, est dans le monde supérieur: il est monté en haut et ne se trouve aucunement dans ce monde.

Mais Mose notre maître se trouve dans ce monde avec toute l'intensité de sa clarté; c'est pourquoi il est considéré comme l'intermédiaire essentiel entre le Saint, béni soit-Il, et Israël. Aussi est-il appelé l'homme de Dieu: le mot "homme" est dit d'abord, puis "Dieu", afin d'indiquer que même dans son vêtement le plus bas, appelé "homme", il pouvait aussi faire apparaître dans le monde la lumière de Dieu et montrer l'entrelacement de Sa lumière, qu'Il soit béni, avec les vêtements d'Israël.

Il fixa cette perfection au sein d'Israël avant sa mort, car le jour où il se retira, elle fut entièrement achevée, selon ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit du verset: "J'ai aujourd'hui cent vingt ans" (Deutéronome 31,2): "Aujourd'hui mes jours et mes années sont accomplis". Ils y firent allusion: alors fut achevé le terme de sa perfection.

Bien que nous trouvions dans le saint Zohar (Balak 187) que "Mose est aussitôt lié à son degré, et c'est pourquoi il est dit: Mose, Mose, sans interruption de l'accent", etc., de son côté il était pourtant accompli dès le jour de sa naissance. Mais à cause de l'occupation qu'il avait avec Israël, car toute son occupation avec eux était de leur ajouter de la lumière chaque jour, cette occupation ne pouvait en aucune façon parvenir à son plein achèvement avant son retrait.

Lors du retrait, il fut alors entièrement inclus au sein d'Israël, comme il est écrit dans les Tikounei Zohar (tikoun 67): "Son épanouissement est dans chaque génération, dans chaque juste et sage qui s'occupe de Torah, jusqu'aux six cent mille, afin de parfaire tous leurs manques", etc. Une telle perfection n'est possible qu'au moment du retrait de ce monde.

Mon père, mon maître et rabbin, le saint gaon, de mémoire bénie, expliqua en cela qu'on peut prouver la grandeur de la perfection qu'il laissa en Israël lors de son retrait par l'inverse: nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit (Houlin 53a): "Lorsqu'il se retire, il jette son venin". Il laisse donc toute sa force lorsqu'il se retire; à plus forte raison, puisque la mesure du bien est plus grande, laisse-t-il assurément toute sa force au moment du retrait.

Ainsi, lorsque Mose notre maître se tint au sommet de sa perfection, avant sa mort, il opéra pour fixer au sein d'Israël toute sa lumière, au point que toutes les tribus que Yaakov notre père avait laissées privées de bénédiction furent ici achevées par Mose notre maître. En regard de ce que Yaakov avait dit: "Impétueux comme les eaux, tu n'auras pas la prééminence" (Genèse 49,4), ce qui indique l'interruption du tikoun de Mose notre maître, il dit: "Que Reouven vive et ne meure pas" (Deutéronome 33,6), afin d'indiquer qu'il ne sera jamais interrompu; et: "Que ses hommes soient en nombre".

Nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué: qu'il soit une chose qui se compte. Mose notre maître dit cela contre ce par quoi Yaakov notre père avait appelé Reouven, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Vayetse 154): "Reouven, simplement, parce qu'il est inclus", etc., c'est-à-dire qu'il ne le reconnaissait pas dans le commencement de sa pensée.

Mose notre maître le répara en disant: "Que ses hommes soient en nombre", afin qu'il soit une chose qui se compte, car même la pensée était entre les mains de Mose notre maître, pour la ramener à la place qui lui convient:

אשר ברך משה איש הא-להים את בני ישראל לפני מותו וגו' היינו מחמת עוצם אהבה וגודל טובת עין שהיה אצל מ"ר אל ישראל לזה היה מברך אותם לפני מותו בעת שנגמר בתכלית השלימות אז היה נותן לישראל כל כח היקר שהיה אצלו היינו שהיה נותן ההגנה לישראל כי חלקו של משה רבינו הוא ערי מקלט כדאיתא בזוה"ק (משפטים קי"ד:) וקב"ה יהיב לך ערי קלט לאשתזבא מנהון וכו' וביאור אזמו"ר הג' הק' זצל"ה כוונת הזוה"ק שמדייק וכתב וקב"ה יהיב לך ערי ממקלט וכו' לך דייקא כלומר משום שזאת ההגנה הוא רק מצד הבהירות של מ"ר שהיה מנהיר אצלו מפורש כדכתיב אתה הראת לדעת כי ה' הוא הא-להים אין עוד מלבדו וכמו שביארו ז"ל במדרש משה המליך את הקב"ה אפילו בחללא דעלמא ומזה נצמח הגנה לההורג בשוגג כי איך היה יכול הגרזן לבקוע את האויר ולהרוג את זה כיון שבאמת אינו נפעל אפילו באויר ובחללא דעלמא שום דבר במקרה ח"ו רק הכל הוא בהשגחה פרטיית וזהו שאמר מ"ר אתה הראת לדעת כי ד' הוא הא-להים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת אין עוד לזה מדייק שם הזוה"ק וקב"ה יהיב לך ערי מקלט שזאת ההגנה הוא רק מצד הבהירות של מ"ר נמצא שמצד מ"ר יש תיקון והגנה לכל נפשות ישראל אפילו להנפש הגרוע ביותר:

"Voici la bénédiction dont Mose, homme de Dieu, bénit les enfants d'Israël avant sa mort", etc. C'est à cause de l'intensité de son amour et de la grandeur de la bonté de son regard envers Israël que Mose notre maître les bénissait avant sa mort.

Au moment où il parvint à l'achèvement le plus entier, il donnait à Israël toute la force précieuse qui était en lui, c'est-à-dire qu'il donnait la protection à Israël. Car la part de Mose notre maître est les villes de refuge, ainsi qu'il est rapporté dans le saint Zohar (Michpatim 114b): "Le Saint, béni soit-Il, te donne des villes de refuge afin d'être sauvé par elles", etc.

Mon grand-père, mon maître et rabbin, le saint gaon, de mémoire bénie, expliqua que l'intention du saint Zohar, qui précise: "Le Saint, béni soit-Il, te donne des villes de refuge", est le mot "te" précisément. Autrement dit, cette protection ne vient que de la clarté de Mose notre maître, chez qui brillait explicitement ce qui est écrit: "Il t'a été montré afin que tu saches que ה' est Elokim, il n'y en a pas d'autre que Lui" (Deutéronome 4,35).

Comme nos maîtres, de mémoire bénie, l'ont expliqué dans le Midrach: Mose fit régner le Saint, béni soit-Il, jusque dans le vide du monde. De là vient la protection de celui qui tue involontairement: comment la hache aurait-elle pu fendre l'air et tuer cet homme, puisque, en vérité, rien ne s'accomplit par hasard, à Dieu ne plaise, pas même dans l'air et dans le vide du monde; tout est seulement sous providence particulière.

Tel est ce que Mose notre maître dit: "Il est ה' Elokim, dans les cieux en haut et sur la terre en bas, il n'y en a pas d'autre" (Deutéronome 4,39). C'est pourquoi le saint Zohar précise là-bas: "Le Saint, béni soit-Il, te donne des villes de refuge": cette protection ne vient que de la clarté de Mose notre maître.

Il s'ensuit que, du côté de Mose notre maître, il y a tikoun et protection pour toutes les âmes d'Israël, même pour l'âme la plus mauvaise:

En bref

« Avant sa mort » : le Sod Yecharim rapporte de son grand-père que Moché parvient à son achèvement le jour du retrait. Il rapporte de son père que « lourd de bouche » vise l'absence de bouche qui achève : aucun ange ne le frappe, il n'oublie pas le monde supérieur, et le corps n'est achevé qu'à la mort. L'Écriture loue ce jour, où sa lumière s'inclut dans les six cent mille âmes pour illuminer la lune. « Hachem vint du Sinaï » : de cette clarté descend la haine contre les idolâtres. Séir est la kelipa de la colère, reçue en resplendissement pour la rigueur des sages ; Paran, la kelipa du désir, seulement en apparition.

Aussi : les forces qui se restreignent, en qui Il établit Sa demeure ; « vint », Sa lumière entre dans les vêtements d'Israël ; la Torah enveloppée d'un habit qui paraît élixir de mort, que les nations fuient.

לפני מותו וגו' ביאר בזה כבוד אזמו"ר הג' הק' זצל"ה כי ביום מותו בעת הסתלקותו אז נשלם משה רבינו לגמרי ולהבין זאת הלא איתא בזוה"ק (בלק קפז:) משה מיד אתקשר בדרגא דיליה ובג"כ משה משה ולא אפסיק טעמא וכו' הרי שהיה נשלם מיד מיום. הולדו אכן הענין הוא כי מצינו שהכתוב משבח מאוד את יום מותו כדכתיב ומשה בן מאה ועשרים שנה במותו לא כהתה עינו ולא נס לחה היינו שמ"ר היה כדכתיב כבד פה וכבד לשון ובאמת וכי שייך לומר על מ"ר כבד פה וכבד לשון הלא מצינו שבאר משה את התורה על שבעים לשון אלא הפירוש של כבד פה הוא כמו שביאר בזה אאמו"ר הג' הק' זצלה"ה שהוא כענין מאמרם ז"ל בגמ' (נדה ל') כשיצא לאויר העולם מיד בא מלאך וסטרו על פיו היינו מיד כשיצא לאויר העולם לכנוס להגוף אזי שוכח בעולם עליון וזאת השכחה הוא עיקר הגמר של הגוף לזה נקרא זאת השכחה פה גומר אבל גבי מ"ר לא היה פה גומר כי מעולם לא סטרו מלאך על פיו וממילא לא היה אצלו שום שכחה.

ומדרגה העליונה כזו נקרא בד"ת כבד פה וכבד לשון היינו שהגוף של מ"ר היה משולל גמר אף שמצד הנפש היו בו מיד כל השלימות עוד מיום הולדו אכן מה שנקרא שלימות מצד הגוף זאת לא היה יתכן שיגמר אצלו רק ביום מותו לכן משבח כ"כ הכתוב את יום מותו כי גמר השלימות מצד הגוף של מ"ר הוא כדכתיב הנך שוכב עם אבותיך וקם וכמבואר בזוה"ק (חקת קפב:) אע"ג דתתכנש הנך קיים לאנהרא לסיהרא וכו' היינו שיתכלל אורו של מ"ר בששים רבוא נפשות ישראל וממילא כאשר קם לאנהרא לסיהרא להיות נכלל אפילו בהנפש הנמוך שבישראל אזי נגמר אצלו השלימות גם מצד הגוף ושלימות כזאת אי אפשר רק בעת הסתלקותו לזה משבח כ"כ הכתוב את יום מותו:

"Avant sa mort", etc. Mon grand-père, mon maître et rabbin, le saint gaon, de mémoire bénie, expliqua que, le jour de sa mort, au moment de son retrait, Moché notre maître parvint alors entièrement à son achèvement.

Or il est rapporté dans le saint Zohar (Balak 187b): "Moché fut aussitôt attaché à son degré, et c'est pourquoi il est dit: Moché, Moché, sans interruption de l'accent", etc.; il était donc accompli aussitôt dès le jour de sa naissance. Mais le propos est le suivant.

Nous trouvons que l'Écriture loue grandement le jour de sa mort, comme il est écrit: "Moché était âgé de cent vingt ans à sa mort; son œil ne s'était pas éteint et sa vigueur ne s'était pas enfuie" (Deutéronome 34,7). C'est que Moché notre maître était, comme il est écrit, "lourd de bouche et lourd de langue" (Exode 4,10).

Mais est-il possible de dire de Moché notre maître qu'il était lourd de bouche et lourd de langue, alors que nous trouvons que Moché expliqua la Torah en soixante-dix langues? Le sens de "lourd de bouche" est celui qu'expliqua mon père, mon maître et rabbin, le saint gaon, de mémoire bénie: il correspond à ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie, dans la Guemara (Nidda 30b): lorsqu'il sort dans l'air du monde, un ange vient aussitôt le frapper sur la bouche.

C'est-à-dire que, dès qu'il sort dans l'air du monde pour entrer dans le corps, il oublie alors le monde supérieur; cet oubli est l'achèvement essentiel du corps. Aussi cet oubli est-il appelé "une bouche qui achève" (פה גומר).

Or, chez Moché notre maître, il n'y avait pas de bouche qui achève, car jamais un ange ne le frappa sur la bouche; il n'avait donc aucun oubli. Un degré si élevé est appelé dans les paroles de Torah "lourd de bouche et lourd de langue": le corps de Moché notre maître était dépourvu d'achèvement, bien que, du côté de l'âme, il possédât dès le jour de sa naissance toutes les perfections.

Mais ce qui s'appelle perfection du côté du corps ne pouvait être achevé chez lui que le jour de sa mort. C'est pourquoi l'Écriture loue tant le jour de sa mort: l'achèvement de la perfection du côté du corps de Moché notre maître est, comme il est écrit: "Voici, tu reposes avec tes pères, et tu te lèveras" (Deutéronome 31,16).

Et ainsi qu'il est expliqué dans le saint Zohar (Houkat 182b): "Bien que tu sois rassemblé, voici que tu te tiens pour illuminer la lune", etc. Cela signifie que la lumière de Moché notre maître s'inclurait dans les six cent mille âmes d'Israël.

Ainsi, lorsqu'il se leva pour illuminer la lune, afin d'être inclus même dans l'âme la plus basse d'Israël, sa perfection fut aussi achevée du côté du corps. Or une telle perfection n'est possible qu'au moment de son retrait; c'est pourquoi l'Écriture loue tant le jour de sa mort:

ויאמר ה' מסיני בא וגו' והוא כמו שביארו ז"ל בגמ' (שבת פט) שירדה שנאה לאוה"ע עליה היינו כי מזה האור הבהיר שהראה הש"י בסיני נמשך להעכו"ם כל ההתבטלות הגם שלא ברא הקב"ה דבר לבטלה ואפילו מהלבושים הרחוקים ביותר נתפשט ג"כ כבוד שמים אכן המה בתפיסתם יתבטלו כמו פרעה בשעתו והמן בשעתו שהם בתפיסתם נתבטלו והכ"ש שנתגדל על ידם נשאר בקרב ישראל וזהו שהתפלל מ"ר ואמר ה' מסיני בא היינו הטוב שיש באלו הלבושים שנתבטלו יבוא ויכנס בקרב ישראל ואמר עוד וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן. שעיר הוא קליפת כעס ופארן הוא קליפת תאוה.

היינו הטוב שנמצא באלו שתי הקליפות יכנס בין ישראל להקדושה וביאר אזמו"ר הג' הק' זצל"ה שהופעה היא הארה יותר קטנה מזריחה והיה מקבל משעיר בבחינת זריחה ומפארן בבחינת הופעה ולפי הנראה היה צריך להיות בהיפך כי קליפות כעס הוא יותר גרוע מתאוה שכל הכועס כאלו עובד ע"ז וגם כעס הוא השורש מכל החטאים כמו שמצינו בגמ' (ע"ז יז.) כיון דאביק ביה טובא כמינות דמיא. אכן הענין הוא כי זה הזריחה שקיבל משעיר היה כדי שיהיה רוגזא דרבנן ורוגזא דרבנן הוא באמת ההיפך מכעס כי שורש הכעס הוא השחתה ורוגזא דרבנן הוא כמאמרם ז"ל טב הוא בכל סטרין שרוגזא דרבנן הוא שמצמצם את הדבר לבל יהיה נוטה לשום קצה כי אם כפי דעתם הטהורה.

וצמצום כזה הוא כלי לכל השפעות טובות. ומה גם בזה שהסנהדרין היו דנין והורגין היה בזה הרחמנות הגדול ביותר.

כי מאחר שהיה השי"ת מפרסם את החטא של זה הנפש החוטא עד שראו שני עדים את החטא והעידו בב"ד זה הוא בודאי משום דאתמנע תשובה מניה כי אם היה עוד איזה תקוה לזה הנפש שיעשה תשובה בטח לא היה מסבב השי"ת שיהיה חטאו מפורסם כ"כ וגם לא היה יצא מב"ד חייב וכיון שיצא מב"ד חייב מזה מוכח שכבר אתמנע תשובה מניה לכן היה בזה שב"ד היו הורגין אותו רחמים הגדול ביותר כי מאחר שהוא נשתרש כ"כ בהחטא עד דאתמנע תשובה מניה נקרא זה האיש משחית לכך הוא טובה גדולה לכל העולם לבטל המשחית מן העולם ואם לא יהרגו אותו זה נקרא רחמי במקום אכזרי וגם לזה האיש בעצמו שב"ד הורגין אותו הוא טובה גדולה מאוד כי הרוגי ב"ד יש להם חלק לעוה"ב. וזהו דאיתא בזוה"ק (שופטים ערד:) לדון בסייף למאן לס"ם הה"ד כי רותה בשמים חרבי הנה על אדום תרד וגו' היינו כי זה שאמתנע תשובה מניה נקרא שר של אדום וזהו רוגזי דרבנן טב לכל סטרין.

אבל מישמעאל היו נוטלין רק בבחינת הופעה שהיא הארה היותר קטנה כיון שיש בזה על הגוון הנאת הגוף ובמקום שיש הנאת הגוף צריכין שיהיה קדש עצמך במותר לך ומי יאמר בזה זכיתי לבי לכך לא קבלו מפארן רק בהארה קטנה בבחינת הופיע כך גודל טובת עין היה למ"ר שהכניס הטובות מכל הלבושים שבעוה"ז לדברי תורה כדי שיהיה לישראל כל מיני עצות נגד כל הדברים שבעולם הזה וכדאיתא בגמ' (נדרים) לא נתנה תורה אלא למשה ולזרעו והוא בטובת עינו מסרה לישראל ומסיק בגמ' שם פלפולא דאורייתא מסר להם וענין פלפולא הוא כמו שמצינו זה הלשון במדרש נמי משל לגבור שפלפל עם זינו לכל צד היינו שיכול לנצח בכל הצדדים כך היה משה רבינו קובע כל מיני עצות בד"ת למען שיהיה בכח ישראל לנצח כל המנגדים לצורת אדם וזהו ואתה מרבבות קודש וכמ"ש בזה אזמו"ר הג' הק' זצל"ה לזה נאמר כאן ואתה בלשון תרגום שמורה על לבושים לרורות שהכניס כל הלבושים שיהיו מסייעים לישראל כי בסיני האיר השי"ת אור שהוא חד ולא בחושבן היינו אור בהיר בלי שום לבוש ואח"כ הלביש השי"ת את האור בלבושים לזה נאמר כאן בלשון תרגום ואתא להורות על לבושים וזהו כמאמרם ז"ל בגמ' (סנהדרין מד) לעולם יבקש אדם רחמים שיהיו הכל מסייעים לו ולא יהיה לו צרים מלמעלה היינו שכל הלבושים יהיו מסייעים לישראל:

"ה' vint du Sinaï", etc. Cela correspond à ce qu'ont expliqué nos maîtres, de mémoire bénie, dans la Guemara (Chabbat 89a): la haine descendit de là-bas contre les nations du monde.

Cela signifie que de cette lumière éclatante que le Saint, béni soit-Il, fit paraître au Sinaï procéda, chez les idolâtres, toute l'annulation. Car le Saint, béni soit-Il, ne créa aucune chose en vain; même des vêtements les plus lointains se répand aussi la gloire du Ciel.

Mais, dans leur saisie, ils furent annulés, comme Pharaon en son temps et Haman en son temps, qui furent annulés dans leur saisie; à plus forte raison ce qui fut grandi par leur intermédiaire demeura-t-il au sein d'Israël. C'est ce pour quoi Moché notre maître pria et dit: "ה' vint du Sinaï", c'est-à-dire que le bien qui se trouve dans ces vêtements annulés vienne et entre au sein d'Israël.

Il dit encore: "Il resplendit pour eux de Séir, Il apparut du mont Paran" (Deutéronome 33,2). Séir est la kelipa (écorce) de la colère, et Paran la kelipa du désir.

Le bien qui se trouve dans ces deux kelipot doit entrer parmi Israël, dans la sainteté. Mon grand-père, mon maître et rabbin, le saint gaon, de mémoire bénie, expliqua qu'apparition est une illumination moindre que le resplendissement.

Il recevait de Séir sous le mode du resplendissement, et de Paran sous le mode de l'apparition. À première vue, ce devrait être l'inverse, car la kelipa de la colère est pire que le désir: quiconque se met en colère est comme s'il pratiquait l'avoda zara (culte étranger); et la colère est la racine de toutes les fautes, comme nous trouvons dans la Guemara (Avoda Zara 17a): "Lorsqu'il s'y attacha beaucoup, cela fut pareil à de l'hérésie." Mais le propos est que ce resplendissement reçu de Séir était afin qu'il y ait la rigueur des sages; et la rigueur des sages est en vérité l'inverse de la colère.

Car la racine de la colère est destruction, tandis que la rigueur des sages est, selon le dire de nos maîtres, de mémoire bénie: "bonne de tous côtés"; la rigueur des sages restreint la chose afin qu'elle ne penche vers aucun extrême, mais seulement selon leur connaissance pure. Une telle restriction est un keli (recepient) pour toutes les bonnes influences.

Qui plus est, lorsque le Sanhédrin jugeait et mettait à mort, il y avait là la plus grande compassion. En effet, puisque le Saint, béni soit-Il, rendait publique la faute de cette âme fautive, jusqu'à ce que deux témoins voient la faute et témoignent devant le tribunal, c'était assurament parce que la repentance lui avait été refusée.

Car, s'il y avait encore pour cette âme quelque espoir de faire repentance, le Saint, béni soit-Il, n'aurait certainement pas disposé que sa faute devint si publique, et elle ne serait pas non plus sortie condamnée du tribunal. Or, puisqu'elle sortit condamnée du tribunal, cela prouve que la repentance lui avait déjà été refusée.

Ainsi, lorsque le tribunal la mettait à mort, c'était la plus grande compassion. Puisqu'il s'était si profondément enraciné dans la faute que la repentance lui fut refusée, cet homme est appelé destructeur; c'est donc un grand bien pour le monde entier que d'éliminer le destructeur du monde.

S'ils ne le tuaient pas, cela serait de la compassion en un lieu de cruauté. Et, pour cet homme lui-même, que le tribunal le mette à mort est un très grand bien, car ceux que le tribunal met à mort ont une part au monde à venir.

C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Choftim 174b): "Juger par l'épée, pour qui? Pour S.M., ainsi qu'il est écrit: 'Car Mon épée s'est abreuvé dans les cieux; voici, elle descendra sur Edom'" (Isaie 34,5), etc.

Celui à qui la repentance est refusée est appelé le prince d'Edom; tel est: "la rigueur des sages est bonne de tous côtés". Mais d'Ichmael, ils ne prenaient que sous le mode de l'apparition, qui est l'illumination la plus petite, puisqu'il s'y trouve un aspect de jouissance du corps.

Or, la où il y a jouissance du corps, il faut "sanctifie-toi dans ce qui t'est permis"; et qui peut dire en cela: "J'ai purifié mon cœur"? C'est pourquoi ils ne recevaient de Paran qu'une petite illumination, sous le mode de "Il apparut".

Telle fut la grandeur du bon œil de Moché notre maître: il introduisit les biens de tous les vêtements de ce monde dans les paroles de Torah, afin qu'Israël possède toute sorte de conseils contre toutes les choses de ce monde. Comme il est rapporté dans la Guemara (Nedarim): "La Torah ne fut donnée qu'à Moché et à sa descendance"; et lui, dans la bonté de son œil, la remit à Israël.

La Guemara conclut là-bas: "le pilpoul de la Torah". Le propos du pilpoul est conforme à ce terme que nous trouvons aussi dans le Midrach: "Parabole d'un héros qui maniait son arme de tous côtés", c'est-à-dire qu'il peut vaincre de tous les côtés.

Ainsi Moché notre maître fixa dans les paroles de Torah toute sorte de conseils, afin qu'Israël ait la force de vaincre tous ceux qui s'opposent à la forme d'homme. C'est le sens de "Il vint d'entre les myriades saintes" (Deutéronome 33,2).

Mon grand-père, mon maître et rabbin, le saint gaon, de mémoire bénie, expliqua que "Il vint" (ואתה) est ici en langue araméenne, laquelle indique les vêtements, pour montrer qu'il fit entrer tous les vêtements afin qu'ils assistent Israël. Car, au Sinaï, le Saint, béni soit-Il, fit luire une lumière une et hors du compte, c'est-à-dire une lumière éclatante sans aucun vêtement; puis le Saint, béni soit-Il, revêtit la lumière de vêtements.

Aussi est-il dit ici dans la langue du Targoum: "Il vint", afin d'indiquer les vêtements. C'est ce que nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit dans la Guemara (Sanhédrin 44b): "Qu'un homme demande toujours miséricorde pour que tous l'assistent et qu'il n'ait pas d'adversaires d'en haut", c'est-à-dire que tous les vêtements assistent Israël:

ויאמר ה' מסיני בא וגו' והוא כדאיתא בגמרא (שבת פט) למה נקרא סיני שמשם ירדה שנאה לעכו"ם וכו' היינו שמשם השניא השי"ת את כל כחות הגדולים והתקיפין ובחר בכחות הקטנים של ישראל שהם מקטינים א"ע בכל הצמצומים לבלתי יתפשטו א"ע למען שיכירו באור רצונו ית' כמו שמצינו גבי אאע"ה שאמר אם לא אמול את עצמי מהיכן נגלה עלי הקב"ה (מ"ר ריש וירא) היינו אם לא אצמצם א"ע בזה המקום מהיכן יהיה לי הכרה באור רצונו ית' וכדכתיב מבשרי אחזה אלוה היינו ע"י שמצמצם אדם א"ע יכול להשיג הכרה באורו ית' ובאלו הכחות הקטנים המצמצמים א"ע בחר בהם השי"ת ושוכן בהם כדאיתא בזוה"ק (תרומה קכז) מנא ידעינן דקב"ה שוי מדורא ביה כד חזינן דאיהו רדיף אבתריה בכל נפשא וכו'. וזה הרצון התחיל השי"ת להאיר בסיני ומשם השניא השי"ת כל הכחות הגדולים והתקיפים המגדילים א"ע וחפצם בגודל התפשטות ושווי מדוריה רק בישראל המקטינים א"ע בכל הצמצומים:

"ה' vint du Sinaï", etc. Cela correspond à ce qui est rapporté dans la Guemara (Chabbat 89a): pourquoi l'appelle-t-on Sinaï?

Parce que de là descendit la haine contre les idolâtres, etc. Cela signifie que, de là, le Saint, béni soit-Il, rendit haisables toutes les forces grandes et puissantes, et choisit les petites forces d'Israël, qui se rapetissent elles-mêmes par toutes les restrictions afin de ne pas s'étendre, pour reconnaître la lumière de Sa volonté, qu'Il soit béni.

Ainsi trouvons-nous chez Abraham notre père, qui dit: "Si je ne me circoncis pas, d'où le Saint, béni soit-Il, se révélera-t-Il à moi?" (Midrach Rabba, début de Vayera). C'est-à-dire: si je ne me restreins pas en ce lieu, d'où me viendra la reconnaissance de la lumière de Sa volonté, qu'Il soit béni?

Et comme il est écrit: "De ma chair je contemplerai Dieu" (Job 19,26), c'est-à-dire que par le fait de se restreindre, l'homme peut atteindre une reconnaissance de Sa lumière, qu'Il soit béni. Le Saint, béni soit-Il, choisit ces petites forces qui se restreignent elles-mêmes et résidera en elles, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Terouma 127a): "Comment savons-nous que le Saint, béni soit-Il, établit Sa demeure en lui?

Lorsque nous voyons qu'Il le poursuit de toute Son âme", etc. Le Saint, béni soit-Il, commença à faire luire cette volonté au Sinaï; de là, Il rendit haisables toutes les forces grandes et puissantes qui se grandissent elles-mêmes, dont le désir est une grande expansion, et Il n'établit Sa demeure qu'en Israël, qui se rapetissent eux-mêmes par toutes les restrictions:

ה' מסיני בא וגו' מלת בא מורה שהשי"ת נכנס ובא בלבושים וזה הוא ההיפך מיוצא כי גבי עכו"ם נאמר (מיכה א׳:ג׳) ד' יוצא ממקומו וירד ודרך על במתי ארץ וגו' היינו שהשי"ת מפשיט את אורו מאלו הלבושים. אבל אצל ישראל נאמר ה' מסיני בא להורות שאורו ית' בא ונכנס לכל לבושי ישראל.

והנה כאן מסדר משה רבינו כל מה שהקנה השי"ת לישראל. ומתחילה הקנה השי"ת לישראל שהם יהיה עיקר הכלי פעולה מהנהגתו ית' שכל הנהגתו ית' בעולם יהיה רק כפי המדה והכלי שיעמדו ישראל כך יהיה מנהיג את העולם וזה הוא ה' מסיני בא וכמבואר בגמ' (שם) למה נקרא שמה סיני שמשם ירדה שנאה לעכו"ם היינו ששם נדחו מישראל כל הכחות הזרים והרחוקים של עכו"ם כי כל חפץ כחות העכו"ם הוא רק שיהיה להם טובה לפי שעה ואינם חוששים כלל מה יהיה לאחריתם ואף החכם היותר גדול שבהם שיש לו ישוב הדעת ביותר שהוא משתדל שיהיה לו טובה על זמן מרובה מאוד מ"מ עיקר מגמת השתדלותו עכ"פ הוא רק על כל ימי חייו ולא יותר אבל לא כן חלק יעקב שאינם בנייחא משום טובה אפילו המרובה ביותר אם הוא רק על ימי חייו ולא יותר ואפילו מטובה שהוא על איזה אלפים שנה אם יתכן שיהיה לה העדר באחריתה אזי לפי שעה נחשבת לישראל ושוב אינם בנייחא ממנה כי כל עיקר מגמת חפצם של ישראל הוא רק מטובה שהוא לעולמי עד בלי קץ וגבול וזהו שמשם ירדה שנאה לעכו"ם היינו שמסיני עבר מישראל כל כח החיצונות של עכו"ם לבל יסתפקו עצמם בחיי שעה בלבד וזהו וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן היינו מאחר שהכלל מכל הטובות נמצא רק בישראל כי כמו שהעומק ראשית והעומק אחרית מכל הטובות הוא גבי ישראל בלי גבול כך הוא אצלם העומק רום והעומק תחת ג"כ בלי גבול לכך וזרח משעיר למו היינו שנכנס אצלם כל הטוב הנמצא בכעס.

הופיע מהר פארן שיכנוס אצלם כל הטוב הנמצא בתאוה. מימינו אש דת למו היינו מחמת גודל אהבת השי"ת לישראל לכך הזהיר להם בכ"כ יראות הרבה.

ואתה מרבבות קודש היינו שכל הסייעתות טובות נתן לישראל כדכתיב ובא ה' א-להי כל קדושים עמך ולכך נאמר בלשון תרגום ואתה מרבבות קודש להורות שנותן השי"ת לישראל כל הסייעתות מאוד בהסתר כדי שלא יתעורר עליהם קטרוג ח"ו. אף חובב עמים היינו אף שנותן השי"ת על הגוון כח בעכו"ם למשול על ישראל מ"מ כל קדושיו בידך היינו הנקודה מד"ת שיש בישראל שומר השי"ת ואוחז אותה בידו לבל ישלוט עליו שום אומה ולשון:

"ה' vint du Sinaï", etc. Le mot "vint" indique que le Saint, béni soit-Il, entre et vient dans les vêtements; c'est l'inverse de "sort".

Car, à propos des idolâtres, il est dit: "Voici, ה' sort de Son lieu; Il descendra et foulera les hauteurs de la terre" (Michee 1,3), etc. Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, dépouille Sa lumière de ces vêtements.

Mais chez Israël il est dit: "ה' vint du Sinaï", afin d'indiquer que Sa lumière, qu'Il soit béni, vient et entre dans tous les vêtements d'Israël. Moché notre maître ordonne ici tout ce que le Saint, béni soit-Il, a acquis à Israël.

D'abord, le Saint, béni soit-Il, a donné à Israël d'être le keli actif essentiel de Sa conduite, qu'Il soit béni: toute Sa conduite, qu'Il soit béni, dans le monde ne sera que selon la mesure et le keli dans lesquels Israël se tiendra; ainsi conduira-t-Il le monde. Tel est "ה' vint du Sinaï", et comme il est expliqué dans la Guemara (ibid.): pourquoi l'appelle-t-on Sinaï?

Parce que de là descendit la haine contre les idolâtres. Cela signifie que les forces étrangères et lointaines des idolâtres furent alors repoussées d'Israël.

Car tout le désir des forces idolâtres est seulement d'avoir un bien pour l'heure, sans aucun souci de ce qui sera à leur fin. Même le plus grand sage parmi eux, qui a le jugement le plus posé et s'efforce d'obtenir un bien pour un très long temps, l'objet essentiel de son effort est néanmoins seulement tous les jours de sa vie, et pas davantage.

Il n'en est pas ainsi de la part de Yaakov: ils ne trouvent aucun repos dans un bien, même très grand, s'il n'est que pour les jours de leur vie et pas davantage. Même d'un bien qui durerait quelques milliers d'années, s'il peut être privé à sa fin, il est considéré pour Israël comme un bien de l'heure, et ils n'y trouvent plus de repos.

Car l'objet essentiel du désir d'Israël est seulement un bien qui soit pour les mondes éternellement, sans terme ni limite. Tel est: de là descendit la haine contre les idolâtres, c'est-à-dire que du Sinaï passa d'Israël toute force extérieure des idolâtres, afin qu'ils ne se contentent pas de la seule vie de l'heure.

Tel est "Il resplendit pour eux de Séir, Il apparut du mont Paran": puisque la totalité de tous les biens ne se trouve qu'en Israël, de même que la profondeur du commencement et la profondeur de la fin de tous les biens sont chez Israël sans limite, ainsi la profondeur de la hauteur et la profondeur du bas sont aussi chez eux sans limite. Aussi: "Il resplendit pour eux de Séir", c'est-à-dire que tout le bien qui se trouve dans la colère entre chez eux; "Il apparut du mont Paran", afin que tout le bien qui se trouve dans le désir entre chez eux.

"De Sa droite, une loi de feu pour eux" (Deutéronome 33,2) signifie qu'en raison de la grandeur de l'amour du Saint, béni soit-Il, pour Israël, Il les avertit par tant de craintes. "Il vint d'entre les myriades saintes" signifie qu'Il donna à Israël toutes les bonnes assistances, comme il est écrit: "Et ה', mon Elokim, viendra, tous les saints avec Toi" (Zacharie 14,5).

C'est pourquoi il est dit dans la langue du Targoum: "Il vint d'entre les myriades saintes", pour indiquer que le Saint, béni soit-Il, donne à Israël toutes les assistances dans un très grand voilement, afin qu'aucune accusation ne s'éveille contre eux, à Dieu ne plaise. "Il aime aussi les peuples" (Deutéronome 33,3) signifie que, même si le Saint, béni soit-Il, donne un aspect de force aux idolâtres pour dominer Israël, "tous Ses saints sont dans Ta main": le point des paroles de Torah qui se trouve en Israël, le Saint, béni soit-Il, le garde et le tient dans Sa main, afin qu'aucune nation ni langue ne domine sur lui:

ה' מסיני בא וזרח משעיר למו וגו' הנה בזה הפסוק מתחילין הברכות כי סיני הוא כמאמרם ז"ל (שבת פ"ט) שירדה משם שנאה לאוה"ע והוא כמו דאיתא בזוה"ק (בלק קצב) וזרח משעיר למו לאסיא דהוי ליה חד מאנא מלא סמא דחיי ונטיר ליה לבריה וכו' מה עביד נטל זעיר מסמא דמותא ושוי אפתחא דמאנא קרא לעבדוי אמר לון וכו' אמרו קמיה מרנא לא אתחזי אלא לברך והא אגרא וכו' היינו שהלביש השי"ת את הד"ת סביב סביב בלבוש הנראה סמא דמותא כי אם היה נראה החיים של ד"ת בהתגלות מפורש לעיני כל אזי מי לא היה חפץ בחיים לכך שייף השי"ת את החיים של ד"ת בלבוש הנראה להיפך ואי אפשר להגיע לחיים של ד"ת בלתי יגיעה כדכתיב אם תדרשנו ימצא לך וישראל מקבלים עליהם הצמצומים והסבלנות הבא להם ע"י ד"ת הגם שבאמת אין שום סבלנות כלל כי גם הצמצומים והיגיעות של ד"ת המה בעצמם ג"כ מלא חיים אכן על הגוון נראה בהם סבלנות ובכל זאת כדאי לישראל לסבול וליגע עצמם עד שבוקעים כל המסכים המסתירים כדי להגיע להד"ת יען שיש להם בשרשם חיבור עם החיים של ד"ת משא"כ העכו"ם שהם נפרדים בשרשם מד"ת לכן אחר שראה הלבוש מהסבלנות המקיף סביב הד"ת אזי ברחו ממנה כי מאחר שבשורשם אין להם באמת שום חיבור עם החיים של ד"ת על כן הוא באמת להם סם המות זה הלבוש מהסבלנות המקיף את הד"ת וזהו ה' מסיני בא וכמו שביארו ז"ל שירדה משם שונאה לעכו"ם כלומר מזה בעצמו שהאומות היו משניאים את הד"ת ולא אבה לקבלה וישראל מסרו נפשם עליה בא בהתגלות מפורש הפירוד של העכו"ם והחיבור שיש לישראל עם השי"ת. ואיתא במ"ר (דברים פ ח) מניין שמברכין בתורה לאחריה וכו' מששנה להם התורה אמר וזאת הברכה וגו' היינו כי ד"ת הוא אחד משלש מתנות טובות שבאים רק ע"י יסורים כדאיתא בגמ' (ברכות ה) לזה פעל מ"ר בתפלתו שעכ"פ יכיר נפש הישראלי תו"מ הדברי תורה שהרויח מפאת היסורים שסבל וזהו שאמר וזאת הברכה אחר ששנה להם את התורה כלומר שיתגלה לישראל מיד הטובה והברכה שהגיע לו ע"י הסבלנות מיגיעתו:

"ה' vint du Sinaï et resplendit pour eux de Séir", etc. Ce verset commence les bénédictions.

Car Sinaï est, selon ce qu'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Chabbat 89a), le lieu d'où descendit la haine contre les nations du monde. Cela correspond à ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Balak 192a): "Il resplendit pour eux de Séir: [cela est semblable] à un médecin qui avait un récipient rempli d'élixir de vie et le gardait pour son fils...

Que fit-il? Il prit un peu d'élixir de mort et le mit à l'ouverture du récipient; il appela ses serviteurs et leur dit...

Ils dirent devant lui: Notre maître, il ne convient qu'à bénir, et voici la récompense..." Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, revêtit les paroles de Torah, tout autour, d'un vêtement qui paraît élixir de mort. Car, si la vie des paroles de Torah apparaissait explicitement et découvertement aux yeux de tous, qui ne désirerait pas la vie?

C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, enveloppa la vie des paroles de Torah d'un vêtement qui paraît son contraire; il est impossible d'atteindre la vie des paroles de Torah sans effort, comme il est écrit: "Si tu Le cherches, Il se laissera trouver par toi" (1 Chroniques 28,9). Israël accepte les restrictions et les souffrances qui lui viennent par les paroles de Torah, bien qu'en vérité il n'y ait aucune souffrance: les restrictions et les efforts des paroles de Torah sont eux-mêmes aussi tout remplis de vie.

Mais ils ont un aspect de souffrance. Malgré cela, il vaut la peine pour Israël de souffrir et de s'efforcer jusqu'à percer tous les écrans qui cachent, afin de parvenir aux paroles de Torah, car ils ont dans leur racine une liaison avec la vie des paroles de Torah.

Il n'en est pas ainsi des idolâtres, qui sont séparés dans leur racine des paroles de Torah: lorsqu'ils virent le vêtement de souffrance qui entoure les paroles de Torah, ils les fuirent. Car, puisque dans leur racine ils n'ont en vérité aucune liaison avec la vie des paroles de Torah, ce vêtement de souffrance qui entoure les paroles de Torah est réellement pour eux un poison de mort.

Tel est "ה' vint du Sinaï", et comme nos maîtres, de mémoire bénie, l'ont expliqué: la haine descendit de là-bas contre les idolâtres. Cela signifie que, par cela même que les nations haïssaient les paroles de Torah et ne voulurent pas les recevoir, tandis qu'Israël livra son âme pour elles, fut révélée explicitement leur séparation des idolâtres et la liaison qu'Israël a avec le Saint, béni soit-Il.

Il est rapporté dans le Midrach Rabba (Deutéronome, chap. 8): "D'où savons-nous que l'on bénit sur la Torah après [l'étude]?...

Après leur avoir enseigné à nouveau la Torah, il dit: 'Et voici la bénédiction'", etc. Car les paroles de Torah sont l'un des trois bons dons qui ne viennent que par les souffrances, comme il est rapporté dans la Guemara (Berakhot 5a).

C'est pourquoi Moché notre maître opéra par sa prière que l'âme israélite reconnaisse du moins la Torah et les paroles de Torah qu'elle avait gagnées par les souffrances qu'elle avait endurées. Tel est ce qu'il dit: "Et voici la bénédiction" après leur avoir enseigné à nouveau la Torah, c'est-à-dire que le bien et la bénédiction qui lui étaient venus par la souffrance de son effort se révéleraient aussitôt à Israël:

En bref

« Hachem vint du Sinaï » : le Sod Yecharim rattache ce verset à la haine descendue contre les idolâtres et aux mondes que le Saint béni soit-Il crée puis détruit. La saisie ultime est appelée mille ; des mondes détruits il ne reste qu'un cri, dont est bâti le monde du tikoun (réparation). Les sages sont des bâtisseurs : les forces désolées de l'homme, venues de ces mondes, deviennent paroles de Torah lorsqu'il les soumet, et la ruine un lieu habité. Il y acquiert une possession par le labeur de ses mains. Ces forces étaient l'hypothèse initiale sans laquelle la conclusion ne serait pas aussi large : de leur déploiement, les biens parviennent à Israël.

Aussi : la sortie de l'ordre des astres et du mazal (destin) dès l'approche du Sinaï ; la reconnaissance née de la déficience, porte vers la lumière entière ; « vint » au présent, Sa venue ne cesse pas, car le désir d'Israël s'accroît.

ויאמר ה' מסיני בא וגו'. וביארו ז"ל בגמרא (שבת פט) סיני שמשם ירדה שנאה לעכו"ם וכו' היינו כי זה הפסוק ה' מסיני בא הוא נמי מהברכות של משה רבינו והוא כענין מאמרם ז"ל במדרש (בראשית רבה פ"ט) מלמד שברא הקב"ה עולמות והחריבן ואמר יתהון לא הניא לי דין הניא לי וכו' ובזוהר חדש (פ' בראשית דף ב:) איתא וברא קודם אלף עולמות וכו' היינו כי התפיסה האחרונה של הבריאה נקרא אלף כי ברכתא דקב"ה הוא אלף הגם שמצד השי"ת נכלל הכל באחד אכן אחר שיורד ונשתלשל לתפיסת הבריאה כדכתיב אז ראה ויספרה הכינה וגם חקרה אח"כ ויאמר לאדם אזי נתפשט גבי אדם מאחד לעשרה ולמאה עד אלף וזהו ברכותיו דקב"ה אלף היינו שנתפשט גבי האדם לאלף וזהו דאיתא שם שברא הקב"ה קודם אלף עולמות והחריבן היינו שהתפיסה האחרונה מהתפשטות עלמין דאתחרבין נתבטלו ונשאר מהם צעקה כדאיתא בזוה"ק (בראשית כו.) ואד יעלה מן הארץ א"ד מן אדני וכו' והוא כמבואר במדרש רבה (בראשית פ' י"ב) אמר ר' ברכיה עלה שבר מן הארץ וכו' היינו שהצעקה מן עלמין דאתחרבין עלה מן הארץ ומזאת הצעקה נבנה עולם התיקון כי הכחות מעלמין דאתחרבין היו באמת גדולים מאוד ומהצעקה הנשאר מהם נבנה עולם התיקון ולזה נקראים תלמידי חכמים בונים כמאמרם ז"ל אל תקרי בניך אלא בוניך כלומר שהם בונים בעלמין דאתחרבין לעשות מהם ישוב כי אלו הכחות מעלמין דאתחרבין המה נמי בכל פרט נפש כי אותם הכחות השמימים הנמצאים גבי האדם שחפצים להחטיאו הם מעלמין דאתחרבין וכפי מה שמכניע אדם אצלו אלו הכחות ומזכך אותם כך נבנה מהם דברי תורה ונעשה מחורבן יושב וממילא משיג האדם בהם קנין ע"י יגיע כפו כי הוא ביגיעת עבודתו בנה אותם נמצא שכל אלו הכחות שהיו אצלו מלפנים חורבן ושמם היה כעין סלקא דעתך נגד הקמ"ל שאי אפשר שיהיה מסקנת הקמ"ל כ"כ מבורר אם לא היה מלפנים סלקא דעתך כזאת וכן לא היה יתכן שיהיה כ"כ בשלימות עולם התיקון אם לא היה מקודם כ"כ חורבן וכמו שמצינו גבי אאע"ה שאפי' הספינות העולות מעכו לאספמיא נתברכו בשבילו וחלא של יין נסך היה אתמהא אלא חלא מוזיל חמרא וכו' (מ"ר פ' לך) היינו שהיה כדאי שיתברך היין נסך למען שיהיה שכיח לאאע"ה יין כשר בזול נמצא שכל אלו היו נחשבים נגד אאע"ה כעין ס"ד נגד המסקנא שלא היה יתכן שיהיה המסקנא כ"כ בריוח אם לא היה מקודם ס"ד כזה שיתברך אפילו היין נסך וכך הם הכחות מעלמין דאתחרבין שלא היה יתכן שיהיה מסקנת הקמ"ל מעולם התיקון כ"כ בהרחבה אם לא היה הסלקא דעתך הקשה מעלמין דאתחרבין בקדמיתא וזהו נמי ה' מסיני בא שירדה משם שנאה לעכו"ם היינו שמכל התפשטות הכחות של עכו"ם מגיע לישראל כל הטובות וזהו וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וכמבואר בזוה"ק (בלק קצב) שמסרו כל הטוב מהכחות שלהם לישראל ואתה מרבבות קודש היינו שמגיע על ידם לישראל.

בהמסקנא כל מיני סייעתות:

"Et le Nom est venu du Sinaï..." (Deutéronome 33,2). Nos maîtres, de mémoire bénie, ont expliqué dans la Guemara (Chabbat 89a) : Sinaï, d'où descendit la haine contre les idolâtres, etc.

Ce verset, "Le Nom est venu du Sinaï", fait lui aussi partie des bénédictions de Moché notre maître. Il est à l'image de leur parole dans le Midrach (Bereshit Rabba 9) : elle enseigne que le Saint, béni soit-Il, créa des mondes et les détruisit, et dit : "Ceux-là ne Me plurent pas; celui-ci Me plut", etc.

Dans le Zohar 'Hadach (Bereshit, 2b), il est rapporté : "Il créa auparavant mille mondes", etc. C'est que la saisie ultime de la création est appelée mille, car la bénédiction du Saint, béni soit-Il, est mille (אלף).

Bien que, du côté du Saint, béni soit-Il, tout soit inclus dans l'un, lorsqu'elle descend et s'enchaîne jusqu'à la saisie de la création, ainsi qu'il est écrit : "Alors Il la vit, la raconta, l'établit et aussi la scruta; puis Il dit à l'homme..." (Job 28,27-28), elle se déploya chez l'homme de un à dix, à cent, jusqu'à mille. Telles sont les bénédictions du Saint, béni soit-Il : mille, c'est-à-dire qu'elles se sont déployées chez l'homme jusqu'à mille.

C'est aussi le sens de ce qui est rapporté là-bas : le Saint, béni soit-Il, créa auparavant mille mondes et les détruisit. La saisie ultime, provenant du déploiement des mondes détruits (עלמין דאתחרבין), fut annulée, et il en demeura un cri, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Bereshit 26a) : "Une vapeur monta de la terre" (Genèse 2,6) : אד, venant de אדני, etc.

Cela est comme l'explique le Midrach Rabba (Bereshit 12) : Rabbi Bérakhya dit : "Une brisure monta de la terre", etc. Le cri des mondes détruits monta de la terre, et le monde du tikoun fut construit de ce cri.

Car les forces des mondes détruits étaient en vérité très grandes, et le monde du tikoun fut construit du cri qui en demeura. C'est pourquoi les sages de la Torah sont appelés des bâtisseurs, suivant leur parole : "Ne lis pas tes fils (בניך), mais tes bâtisseurs (בוניך)"; c'est-à-dire qu'ils bâtissent avec les mondes détruits pour en faire un lieu habité.

Ces forces des mondes détruits se trouvent aussi dans chaque détail de l'âme. Les forces désolées qui se trouvent chez l'homme et veulent le faire fauter proviennent des mondes détruits.

Dans la mesure où l'homme soumet en lui ces forces et les purifie, des paroles de Torah se construisent à partir d'elles, et la ruine devient un lieu habité. Ainsi, l'homme y acquiert une possession par le labeur de ses mains, puisqu'il les a construites par le labeur de son service.

Il s'avère que toutes ces forces, qui étaient auparavant pour lui ruine et désolation, étaient comme une hypothèse initiale (סלקא דעתך) en regard de la conclusion enseignée (קמ"ל), car la conclusion enseignée ne peut être aussi clairement établie sans qu'il y ait auparavant une telle hypothèse initiale. De même, le monde du tikoun ne pourrait être aussi parfait s'il n'avait été précédé d'une si grande ruine.

Ainsi trouvons-nous à propos d'Abraham notre père : même les navires allant de Akko en Espagne furent bénis pour lui; et le vinaigre du vin d'idolâtrie, serait-ce une chose étonnante? Mais le vinaigre rend le vin moins cher, etc.

(Midrach Rabba, Lekh Lekha). C'est-à-dire qu'il convenait que le vin d'idolâtrie fût béni afin que le vin licite soit abondant et bon marché pour Abraham notre père.

Toutes ces choses étaient donc considérées, envers Abraham notre père, comme une hypothèse initiale en regard de la conclusion : la conclusion n'aurait pu être aussi large sans une telle hypothèse initiale, où même le vin d'idolâtrie aurait été béni. Il en est de même des forces des mondes détruits : la conclusion enseignée, issue du monde du tikoun, ne pourrait être aussi largement établie sans l'hypothèse initiale difficile des mondes détruits, auparavant.

Tel est aussi "Le Nom est venu du Sinaï", d'où descendit la haine contre les idolâtres : de tout le déploiement des forces des idolâtres, tous les biens parviennent à Israël. Tel est "Il resplendit pour eux depuis Séir, Il apparut depuis le mont Paran" (Deutéronome 33,2), et comme l'explique le saint Zohar (Balak 192a), ils remirent à Israël tout le bien de leurs forces.

"Il vint parmi des myriades de sainteté" (Deutéronome 33,2), c'est-à-dire que, par leur entremise, toutes sortes d'aides parviennent finalement à Israël.

ה' מסיני בא וגו'. הנה בזה הפוק מתחילין הברכות כי סיני הוא כמאמרם ז"ל (שבת שם) סיני שירדה משם שנאה לעכו"ם והוא כמבואר בזוה"ק (פנחס רטז:) ת"ח כל בריין דעלמא קודם דאתיהבית אורייתא לישראל הוו תליין במזלא ואפילו בני חיי ומזוני.

אבל בתר דאתיהבית אורייתא לישראל אפיק לון מחיובא דכוכביא ומזלי וכו' היינו כי כל האומות המה תחת הטבע של הסדר ממערכת הבריאה כי המה אומרים עולם כמנהגו נוהג וממילא מנהיג השי"ת נמי עמהם בזה הסדר ועליהם נאמר ביום טוב היה בטוב וביום רעה ראה היינו כפי מה שמתפשטים עצמם ביום טוב כך הם סובלים אח"כ ביום רעה עד שהיום רע משכח את יום טוב משא"כ ישראל שעמדו בהר סיני לקבל את התורה יצאו מזה הסדר שלא יהיה נמצא בהם זאת הדעה ח"ו שעולם כמנהגו נוהג כי מכירין שפיר שכל הסדר מהנהגת עולם הוא הכל רק בידו ית' ואין שום הכרח ח"ו בהנהגתו ית' כי אם רצון הפשוט וזהו שאמרו ז"ל סיני שמשם ירדה שנאה לאוה"ע היינו כי על ישראל נאמר ויחן שם ישראל נגד ההר וכמו שביארו ז"ל (בגמ' שם) כולם כאיש אחד ובלב אחד ויען שהתיצבו ישראל שם כ"כ בקומה שלימה לכן היה אפילו הנפש הנמוך מישראל ג"כ בכחו להכיר במקור שורש העליון ית' איך שהוא ית' מנהיג תמיד ברצונו הפשוט ועל זאת ההכרה כתיב ה' מסיני בא כלומר שזאת ההכרה בא לישראל מפאת זה שעמדו בסיני וזהו שאמרו ז"ל אלו קרבנו לפני הר סיני ולא נתן לנו את התורה דיינו ולפי הנראה איזה מעלה הגיע לנו מקריבות הר סיני בלתי נתינת התורה אכן שפיר יש לנו מעלה מזה שקרבנו לפני הר סיני אף בלתי נתינת התורה כי מזה שקרבנו להר סיני יצאנו מתחת הסדר והטבע של כוכבים ומזלות ע"י שנקבע בנו הכרה שלא עזב השי"ת שום דבר מידו ומנהיג הכל ברצונו הפשוט אבל האומות נשארו בזה ההסתר של חובות כוכבים ומזלות כי לא עמדו בהר סיני ומפאת זה ירדה להם שנאה שיהיו נכנעים תחת סדר הטבע:

"Le Nom est venu du Sinaï..." (Deutéronome 33,2). Voici que les bénédictions commencent par ce verset, car Sinaï est, selon leur parole, de mémoire bénie (Chabbat, ibid.), "Sinaï, d'où descendit la haine contre les idolâtres".

C'est comme l'explique le saint Zohar (Pinhas 216b) : "Viens et vois : toutes les créatures du monde, avant que la Torah ne fût donnée à Israël, dépendaient du mazal, même les enfants, la vie et la subsistance. Mais après que la Torah fut donnée à Israël, Il les fit sortir de l'obligation des astres et des mazal..." C'est que toutes les nations sont sous la nature de l'ordre issu de l'organisation de la création, car elles disent : "Le monde suit son cours habituel." Dès lors, le Saint, béni soit-Il, les conduit aussi selon cet ordre.

À leur sujet il est dit : "Au jour du bien, sois dans le bien; et au jour du mal, vois" (Ecclésiaste 7,14). Dans la mesure où elles se déploient au jour du bien, elles souffrent ensuite au jour du mal, jusqu'à ce que le jour mauvais fasse oublier le jour bon.

Il n'en est pas ainsi d'Israël, qui se tint au mont Sinaï pour recevoir la Torah : ils sortirent de cet ordre, afin que ne se trouve pas en eux, à Dieu ne plaise, l'idée que le monde suit son cours habituel. Car ils savent bien que tout l'ordre de la conduite du monde est entièrement dans Sa main, bénie soit-Elle, et qu'il n'y a, à Dieu ne plaise, aucune nécessité dans Sa conduite, bénie soit-Elle, mais seulement la volonté simple.

Tel est ce qu'ont dit nos maîtres : Sinaï, d'où descendit la haine contre les nations du monde. Il est dit d'Israël : "Israël campa là-bas, face à la montagne" (Exode 19,2), et ils ont expliqué dans la Guemara (Chabbat, ibid.) : tous comme un seul homme et d'un seul cœur.

Parce qu'Israël se tint alors dans une stature si entière, même l'âme la plus basse d'Israël eut la force de reconnaître la source de la racine supérieure, bénie soit-Elle : comment Il conduit toujours par Sa volonté simple. Il est écrit de cette reconnaissance : "Le Nom est venu du Sinaï" (Deutéronome 33,2), c'est-à-dire que cette reconnaissance vint à Israël parce qu'ils se tinrent au Sinaï.

Tel est aussi ce qu'ils ont dit : "Si seulement Il nous avait rapprochés du mont Sinaï sans nous donner la Torah, cela nous aurait suffi." À première vue, quel avantage nous serait venu de l'approche du mont Sinaï sans le don de la Torah? Mais nous avons bien un avantage de ce que nous avons été rapprochés du mont Sinaï, même sans le don de la Torah : par cette approche, nous sommes sortis de l'ordre et de la nature des astres et des mazal, car fut fixée en nous la reconnaissance que le Saint, béni soit-Il, n'a laissé aucune chose hors de Sa main et conduit tout par Sa volonté simple.

Mais les nations sont restées dans cette occultation de l'assujettissement aux astres et aux mazal, parce qu'elles ne se tinrent pas au mont Sinaï; c'est pourquoi la haine descendit sur elles, afin qu'elles soient soumises sous l'ordre de la nature.

ה' מסיני בא וגו'. הנה בזה הפסוק מתחילין הברכות לזה אמרו ז"ל אשר הקריבה לסיני בעצמה הוא טובה כי ענין סיני הוא כמאמרם ז"ל בגמ' (שם) למה נקרא סיני שמשם ירדה שנאה לאוה"ע היינו כי מפאת השורש ית' שופע באמת לישראל תמיד כל מיני טובות רק כל המניעה מלקבלם הוא מצד העכו"ם שמסתירין בעד ישראל לבלתי יכירו את השורש לזה הוא התחלת הברכות ה' מסיני בא וכמאמרם ז"ל שירדה משם שנאה לאוה"ע שלא יהיה עוד בכחם לפעול שום הסתר גבי ישראל וממילא יהיה בכח ישראל לקבל כל השפעות טובות בלי שום מניעה כי יכירו שפיר תמיד את השורש.

וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וכמבואר בזוה"ק (בלק קצב) אשר כמה סיבות היה מסבב השי"ת למען שלא יחפצו העכו"ם לקבל את התורה ומסבה הזאת בעצמה הגיע לישראל כל מיני תקיפות:

"Le Nom est venu du Sinaï..." (Deutéronome 33,2). Les bénédictions commencent par ce verset; c'est pourquoi nos maîtres, de mémoire bénie, ont dit que le rapprochement du Sinaï en lui-même est un bien.

Car le sens du Sinaï est, selon leur parole dans la Guemara (ibid.) : pourquoi est-il appelé Sinaï? Parce que de là descendit la haine contre les nations du monde.

C'est que, depuis la racine, bénie soit-Elle, toutes sortes de biens affluent en vérité toujours vers Israël; mais tout l'empêchement à les recevoir vient des idolâtres, qui cachent à Israël la reconnaissance de la racine. C'est pourquoi le commencement des bénédictions est "Le Nom est venu du Sinaï" (Deutéronome 33,2), et selon leur parole, de mémoire bénie, "d'où descendit la haine contre les nations du monde" : elles n'auront plus la force de produire quelque occultation chez Israël.

Dès lors, Israël aura la force de recevoir toutes les influences de bien sans aucun empêchement, car ils reconnaîtront toujours bien la racine. "Il resplendit pour eux depuis Séir, Il apparut depuis le mont Paran" (Deutéronome 33,2).

Comme l'explique le saint Zohar (Balak 192a), le Saint, béni soit-Il, agença plusieurs causes afin que les idolâtres ne désirent pas recevoir la Torah; et par cette cause même, toutes sortes de forces parvinrent à Israël.

ה' מסיני בא וזרח משעיר למו וגו'. הנה כאן הכניס מ"ר כל הכחות תחת ישראל וכענין דאיתא בירושלמי (תענית פ' א') היכן א-להיך בכרך גדול שברומי שנאמר אלי קורא משעיר וכו' היינו כי התגלות אלהות שהיה לישראל בסיני היה מחמת שהיו מסלקים ומסירים מעצמם כל ההסתרות והנגיעות עד שנתאחדו כל ישראל ביחד כאיש אחד ובלב אחד כדאיתא בגמ' (שבת כט) ויחן שם ישראל נגד ההר כולם כאיש אחד ובלב אחד ולזה נגלה להם הקב"ה והשיגו הכרה מפורשת אנכי ה' א-להיך וגו'.

אכן זאת ההכרה הוא רק כענין הכתוב מבשרי אחזה אלוה היינו מסבת החסרון של אדם שיודע שהוא מחוסר הוא מכיר שיש אחד שיכול להשלימו ולמלאות פגימות חסרונו ומשום זה משתדל האדם לעזוב ולסלק מעצמו כל הנגיעות שהם מצד חסרונו כדי שיהיה מנהיר השי"ת בהכלי שלו שלימות למלאות פגימות חסרונו. נמצא שכל הכרת אדם והשגתו בשלימותו ית' הוא רק בזה האור המשלים פגימות חסרונו אבל בזה האור שהוא יותר הרבה מהכלי שלו אין בו להאדם שום תפיסה והכרה כלל וא"כ במה נחשב הכרה כזאת הלא מצער הוא מאוד מאחר שהוא רק מפאת פגימות החסרון.

אמנם בכל זאת הגם שזאת ההכרה הוא מצער מאוד מ"מ הוא דרך והשער לה' צדיקים יבואו בו לבוא לקדש פנימה ולהגיע ע"י זה הדרך להשגת אורו ית' בשלימות הגמור ובלתי זה השער אין שום דרך ומבוא כלל לעלות לקודש פנימה ולהשיג את אורו ית' וזה הוא דאיתא בירושלמי שם היכן א-להיך בכרך גדול שברומי שנאמר אלי קורא משעיר היינו מחמת העבודה שיש להאדם מסבת חסרונו שמצמצם עצמו לסלק ולהסיר מצדו כל נגיעותיו עי"ז נתגלה לו אורו ית' בשלימות וזהו וזרח משעיר למו:

"Le Nom est venu du Sinaï et resplendit pour eux depuis Séir..." (Deutéronome 33,2). Ici, Moché notre maître fit entrer toutes les forces sous Israël.

C'est dans le sens de ce qui est rapporté dans le Yeroushalmi (Taanit, chap. 1) : "Où est ton Dieu?

Dans la grande cité de Rome, ainsi qu'il est dit : 'Vers moi, Il appelle depuis Séir'" (Isaie 21,11). C'est que la révélation de la divinité qu'Israël eut au Sinaï vint de ce qu'ils écartaient et retiraient d'eux-mêmes toutes les occultations et les attaches intéressées, jusqu'à ce que tout Israël s'unisse comme un seul homme et d'un seul cœur, comme il est rapporté dans la Guemara (Chabbat 29a) sur "Israël campa là-bas face à la montagne" (Exode 19,2) : tous comme un seul homme et d'un seul cœur.

C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, se révéla à eux, et ils atteignirent la reconnaissance explicite : "Je suis le Nom, ton Dieu..." (Exode 20,2). Mais cette reconnaissance n'est que selon le sens du verset : "De ma chair, je contemple Dieu" (Job 19,26).

De la déficience de l'homme, sachant qu'il est incomplet, il reconnaît qu'il en est Un qui peut le compléter et combler les brèches de sa déficience. Aussi l'homme s'efforce-t-il de quitter et d'écarter de lui toutes les attaches intéressées qui viennent de sa déficience, afin que le Saint, béni soit-Il, fasse luire dans son keli (récipient) une perfection qui comble les brèches de sa déficience.

Il s'avère que toute la reconnaissance et l'atteinte de l'homme de Sa perfection, bénie soit-Elle, ne sont que dans cette lumière qui complète les brèches de sa déficience. Mais de la lumière qui dépasse de beaucoup son keli, l'homme n'a absolument aucune saisie ni reconnaissance.

Que vaut donc une telle reconnaissance? Elle est très minime, puisqu'elle ne vient que des brèches de la déficience.

Néanmoins, bien que cette reconnaissance soit très minime, elle est le chemin et la porte : "C'est la porte du Nom; les justes y entreront" (Psaumes 118,20), pour entrer dans le sanctuaire intérieur et parvenir, par ce chemin, à l'atteinte de Sa lumière, bénie soit-Elle, dans la perfection complète. Sans cette porte, il n'y a aucun chemin ni aucune entrée pour monter dans le sanctuaire intérieur et atteindre Sa lumière, bénie soit-Elle.

Tel est ce qui est rapporté dans le Yeroushalmi, là-bas : "Où est ton Dieu? Dans la grande cité de Rome, ainsi qu'il est dit : 'Vers moi, Il appelle depuis Séir'" (Isaie 21,11).

C'est par le service que l'homme accomplit à cause de sa déficience, en se restreignant afin d'écarter et de retirer de son côté toutes ses attaches intéressées, que Sa lumière, bénie soit-Elle, lui est révélée dans la perfection. Tel est "Il resplendit pour eux depuis Séir" (Deutéronome 33,2).

ה' מסיני בא וגו'. הנה התחלת הברכות הוא מזה הפסוק ה' מסיני בא לכך לא נאמר כאן לשון עבר ה' מסיני יצא אלא ה' מסיני בא לשון הוה להורות שביאתו ית' מסיני לא יופסק לעולם וזהו מסיני בא כלומר שבא תמיד כי ענין סיני הוא כמבואר בגמרא (שם) מאי הר סיני הר שירדה עליו שנאה לעכו"ם היינו ששם נתברר היטב מדוע לא עלה במחשבה אומה אחרת ג"כ כמו ישראל.

אמנם בסיני נתגלה מפורש אשר זה שעלה דוקא ישראל במחשבה הוא במשפט ובשורת הדין כי בסיני נתברר שכל חפץ תשוקת ישראל הוא רק לאורו ית' וכל מה שבא בהם יותר בקביעות אורו ית' אזי נתוסף אצלם התשוקה ג"כ ביותר ובכל פעם נתחדש בהם הרצון והחשק ביותר עד אין סוף וזאת התשוקה שהם משתוקקים כ"כ נחשב באמת ליגיע כפם נמצא שמה שישראל עלה במחשבה הוא באמת ע"י יגיע כפם וזהו הר שירדה עליו שנאה לאוה"ע היינו שנסתלק שם כל הטענות מישראל מדוע עלו הם במחשבה ולא אומה זולתה כי נתוודע בסיני טעם נכון כי דוקא ישראל מחמת גודל יגיע כפם מפאת עוצם תשוקתם שאינו נפסק מהם בשום פעם לכך עלה במחשבה ולכן נמי ה' מסיני בא שבא תמיד ואינו נפסק ביאתו ית' בשום פעם כי אם שבא תמיד לישראל כי כל מה שמשיגים ישראל ביותר אצלם שכינת אורו ית' נתוסף בהם התשוקה ג"כ ביותר וכענין מאמרם ז"ל בגמ' (מגילה כו) ורצועה היתה יוצאה מחלקו של יהודה ונכנסת בחלקו של בנימין ובה מזבח בנוי והיה בנימין הצדיק מצטער עליו בכל יום לבולעה שנאמר חופף עליו כל היום לפיכך זכה בנימין הצדיק ונעשה אושפיזכן לשכינה וכו' היינו משום שיודע השי"ת שכל מה שישכון אצל בנימין יותר אור יתוסף אצלו התשוקה ג"כ ביותר לפיכך בחר בו השי"ת לשכון אצלו ונעשה אושפיזכן לשכינה ככה מתעורר ע"י גודל תשוקתם של ישראל שיהיה תמיד אצלם ה' מסיני בא בלי הפסק כלל:

"Le Nom est venu du Sinaï..." (Deutéronome 33,2). Le commencement des bénédictions est ce verset, "Le Nom est venu du Sinaï".

Aussi n'est-il pas dit ici au passé : "Le Nom sortit du Sinaï", mais "Le Nom vient du Sinaï", au présent, pour enseigner que Sa venue, bénie soit-Elle, depuis le Sinaï ne cessera jamais. Tel est "vient du Sinaï", c'est-à-dire qu'Il vient continuellement.

Car le sens du Sinaï est, comme l'explique la Guemara (ibid.) : qu'est le mont Sinaï? La montagne sur laquelle descendit la haine contre les idolâtres.

C'est qu'il y fut pleinement clarifié pourquoi aucune autre nation ne vint à la pensée comme Israël. Mais au Sinaï, il fut révélé clairement que ce fut précisément Israël qui vint à la pensée selon le jugement et la ligne du droit.

Car au Sinaï il fut clarifié que tout l'objet du désir d'Israël n'est que Sa lumière, bénie soit-Elle; et plus Sa lumière, bénie soit-Elle, vient en eux avec permanence, plus leur désir s'accroît. À chaque fois, la volonté et l'ardeur se renouvellent davantage en eux, sans fin.

Ce désir, qu'ils désirent si fortement, est en vérité considéré comme le labeur de leurs mains. Il s'avère que si Israël vint à la pensée, ce fut vraiment par le labeur de leurs mains.

Tel est "la montagne sur laquelle descendit la haine contre les nations du monde" : toutes les objections contre Israël, pourquoi ils vinrent à la pensée et non une autre nation, y furent écartées. Car au Sinaï se fit connaître une raison juste : précisément Israël, à cause de la grandeur du labeur de leurs mains provenant de la force de leur désir, qui ne cesse jamais en eux, vint à la pensée.

C'est pourquoi aussi "Le Nom vient du Sinaï" : Il vient continuellement, et Sa venue, bénie soit-Elle, ne cesse jamais, mais Il vient toujours à Israël. Car plus Israël atteint parmi eux la demeure de Sa lumière, bénie soit-Elle, plus leur désir s'accroît aussi.

C'est le sens de leur parole, de mémoire bénie, dans la Guemara (Meguila 26a) : "Une bande sortait de la part de Juda et entrait dans la part de Benjamin, et l'autel y était bâti. Benjamin le juste était affligé chaque jour de l'avaler, ainsi qu'il est dit : 'Il l'abrite tout le jour' (Deutéronome 33,12); c'est pourquoi Benjamin le juste eut le mérite de devenir l'hôte de la Chekhina (Présence divine)..." C'est que le Saint, béni soit-Il, sait que plus Sa lumière demeure chez Benjamin, plus son désir s'accroît; aussi le Saint, béni soit-Il, le choisit-Il pour demeurer chez lui, et il devint l'hôte de la Chekhina.

Ainsi, par la grandeur du désir d'Israël, s'éveille ce que "Le Nom vient du Sinaï" soit toujours chez eux, sans aucune interruption.

ה' מסיני בא וגו'. היינו שנתברר מסיני מי שהוא לחלק השי"ת כי קודם סיני לא היה מבורר כלל שגם העכו"ם היו יכולין לומר שהמה עיקר המכוון מהשי"ת אך מזה שהיו רואים בסיני שהם לא חפצו לקבל אור התורה וישראל קבלו את התורה בכל נפשם נתברר מפורש שישראל המה עיקר המכוון מבריאת עולם ושייכים לחלקו ית' לכך רצו לקבל את התורה כי מלתא אלבישייהו יקירא (שבת):

"Le Nom est venu du Sinaï..." (Deutéronome 33,2). Du Sinaï fut clarifié qui appartient à la part du Saint, béni soit-Il.

Avant le Sinaï, cela n'était nullement clarifié, car les idolâtres aussi pouvaient dire qu'ils étaient l'intention principale du Saint, béni soit-Il. Mais de ce qu'ils virent au Sinaï qu'ils ne désirent pas recevoir la lumière de la Torah, tandis qu'Israël reçut la Torah de toute son âme, il fut clairement établi qu'Israël est l'intention principale de la création du monde et appartient à Sa part, bénie soit-Elle.

C'est pourquoi ils voulurent recevoir la Torah, car "la chose est pour eux un vêtement précieux" (מלתא אלבישייהו יקירא; Chabbat).

En bref

« Hachem vint du Sinaï » : le Sod Yecharim explique que la haine descend de là contre les nations. Devant l'attachement manifesté à Israël encore dépourvu de Torah, elles accusent : on peut faire confiance à une autre nation. Lorsque Israël s'approche sous la montagne, tous comme un seul homme, il se distingue : les idolâtres restent enfoncés dans un vêtement, Israël abandonne tous les vêtements. Il rapporte de son père que la fournaise d'Avraham n'entre pas au compte des épreuves, car l'intellect le plus bas l'impose. La montagne renversée comme une cuve procède de leur bon vouloir. Par ce rapprochement, avant le don de la Torah, ils sortent des fils de Noé et portent le nom d'Israël.

Aussi : Samael refuse « Tu ne tueras pas » même si la lumière y réside ; Rahav refuse l'adultère après que le goût a été retiré ; de Séir ils reçoivent le glaive, de Paran une petite illumination.

ויאמר ה' מסיני בא וגו'. מבואר בגמ' (שבת שם) למה נקרא שמו הר סיני שירדה משם שנאה לאוה"ע וכו' היינו כי מחמת גודל החיבור שהראה השי"ת לישראל ואמר למשה רבינו בהוציאך את העם ממצרים תעבדון את הא-להים על ההר הזה מפאת זה התעורר מן האומות גודל קיטרוג מה זאת שבחר השי"ת דוקא בישראל מאחר שעכשיו הם ישראל נמי משוללי תורה ומצות כמו כל האומות אלא שהשי"ת מאמין להם על להבא כאשר יצאו ממצרים אז יבררו עצמם גם למפרע א"כ יכול השי"ת לבחור גם באומה אחרת ולהאמין אותם כאשר יושיעם יבררו את עצמם למפרע.

אכן כאשר התקרבו ישראל א"ע תחת ההר כולם כאיש אחד ובלב אחד נתבררו ישראל נגד כל האומות שכל העכו"ם המה רק כדכתיב אשר חלק ה' אותם לכל העמים וגו' היינו שהמה משוקעים בהלבוש המסתעף מאותה המדה שכל אחיזתם הוא בה ואי אפשר להם להנתק מאותו הלבוש ולעזוב אותו משא"כ ישראל אינם משוקעים תחת שום לבוש ויש בכחם לעזוב כל לבושי עוה"ז בעד אהבתו ית' כענין שמצינו גבי אאע"ה שהתחיל להתקרב עצמו להשי"ת מתחלה מתוך הלבוש הנמוך ביותר כמו שביאר אאמו"ר הגה"ק זצל"ה מדוע אינו נחשב בתורה לנסיון הראשון זה שמסר אאע"ה א"ע להפילו תוך כבשן אש. אמנם זאת לא היה נחשב גבי אאע"ה שום נסיון כלל כי גם בהדעה הנמוכה מהישוב הדעת של עוה"ז הבין שפיר לפעול זאת כי התישב בדעתו ממ"נ אם האמת הוא שיש חיי עולם הרי בודאי טוב ונכון ליפול בכבשן אש לבל יאבד חיי עולם בשביל חיי שעה ואם ח"ו אין כלל חיי עולם רק חיי שעה בלבד א"כ למה לי חיים כזה שהוא רק לפי שעה ואפילו אם יש רק ספק אחד מיני אלף שמא יש נמי חיי עולם ג"כ אינו כדאי כל ימי שנותינו בהם שבעים שנה בעד זה הספק הרי שאף הדעה הנמוכה והשכל קטן מתפיסת זה העולם היה מחייב אותו לעזוב כל חיי עולם הזה בעד זה הספק ופעולה כזו שהשכל מזה העולם מחייב כך אינו נחשב לנסיון כלל וכמו כן התקרבו ישראל א"ע להר סיני כולם כאיש אחד ובלב אחד לעזוב כל הלבושים של עוה"ז ומזה ההתקרבות היו רואים מפורש ההבדל בין ישראל לעמים כי מדוע לא בקשה שום אומה ולשון להתקרב עצמה תחת הר סיני מחמת אותו הספק שמא יש נמי חיי עולם אלא מזה נתברר שאינו כדאי לעכו"ם כל חיי עולם הבא לעזוב בשבילה אפילו לבוש קטן מעוה"ז הגם שכפו על ישראל ההר כגיגית אכן באמת היה זאת הכפיה בעצמה נמי מדעת ישראל ומבחירת רצונם הטוב שישראל בעצמם כולם כאיש אחד ובלב אחד הסכימו שיכפפו קומתם תחת ההר למען שיכופו עליהם ההר כגיגית וממילא נתברר מזה ההתקשרות של ישראל בהשורש אשר רק המה ראוים להאמין אותם אבל לא שום אומה זולתם כי הם העכו"ם עם לא אמון בם וזהו דאיתא שם למה נקרא הר סיני הר שממנו ירדה שנאה לעכו"ם היינו שנתברר משם מפורש החילוק וההבדל בין ישראל לעמים עד שנשתתקו פיהם מלקטרג עוד על ישראל וזהו נמי שאמרו ז"ל אלו קרבנו לפני הר סיני ולא נתן לנו את התורה דיינו ולפי הנראה איזה טובה יש בזאת הקריבה בלתי נתינת התורה.

אמנם בזאת הקריבה להר סיני בעצמה גם טרם קבלת התורה הרויחו נמי ישראל הרבה כי ע"י זאת הקריבה יצאו מכלל בני נח שיהיו נקראים בשם ישראל כדאיתא בגמ' (סנהדרין סז.) ר"ע אומר נאמר כאן מכשפה לא תחיה ונאמר להלן בסיני אם בהמה אם איש לא יחיה מה להלן בסקילה אף כאן בסקילה וכו' ומסיק שם אני דן ישראל מישראל וכו' יעו"ש הרי שיצאו מכלל בני נח וזכו לקרות בשם ישראל תיכף משעת קריבתם להר סיני גם טרם קבלת התורה ולזה יליף ר"ע שפיר שם ישראל מישראל כי משעת קרבתם להר סיני יצאו מכלל בני נח ונקראים בשם ישראל ולזה וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וכמבואר בזוה"ק (בלק קצב) יהבי ליה מתנן ונבזבזן וכו' היינו כי מאחר שישראל יכולין כ"כ לעזוב כל הלבושים של עוה"ז כדי להתקרב להשי"ת לכן אומר השי"ת למי אתן את כל השפעות טובות שלי אם לא לישראל:

"Et ה' vint du Sinaï, etc." Il est expliqué dans la Guemara (Chabbat, ad loc.) : pourquoi est-il appelé mont Sinaï ? Parce que de là, la haine descendit sur les nations du monde, etc.

Cela signifie que, devant la grandeur de l'attachement que le Saint béni soit-Il manifesta à Israël, lorsqu'Il dit à Moché notre maître : "Quand tu auras fait sortir le peuple d'Égypte, vous servirez Elokim sur cette montagne", les nations soulevèrent une grande accusation : pourquoi le Saint béni soit-Il a-t-Il choisi précisément Israël, alors que maintenant encore Israël est dépourvu de Torah et de commandements comme toutes les nations ? Simplement, le Saint béni soit-Il leur fait confiance quant à l'avenir : lorsqu'ils seront sortis d'Égypte, ils se clarifieront, même rétroactivement.

Si tel est le cas, le Saint béni soit-Il peut aussi choisir une autre nation et lui faire confiance : lorsqu'Il la sauvera, elle se clarifiera rétroactivement. Mais lorsque Israël s'approcha sous la montagne, tous comme un seul homme et d'un seul cœur, Israël fut distingué face à toutes les nations : tous les idolâtres sont seulement, comme il est écrit, "qu'Il les a répartis à tous les peuples" (Deutéronome 4,19), c'est-à-dire qu'ils sont enfoncés dans le vêtement qui découle de cet attribut, auquel tient toute leur prise ; ils ne peuvent se détacher de ce vêtement ni l'abandonner.

Israël, en revanche, n'est enfoncé sous aucun vêtement et à la force d'abandonner tous les vêtements de ce monde pour Son amour, béni soit-Il. C'est ce que nous trouvons chez Abraham notre père : il commença à se rapprocher du Saint béni soit-Il à partir du vêtement le plus bas.

Mon père et maître, le saint Gaon, de bienheureuse mémoire, expliquait pourquoi l'Écriture ne compte pas comme la première épreuve le fait qu'Abraham notre père se livra pour être jeté dans une fournaise de feu. En vérité, cela ne fut nullement considéré chez Abraham notre père comme une épreuve, car même par la pensée la plus basse, au-dessous de la raison ordinaire de ce monde, il comprenait bien qu'il fallait agir ainsi.

Il raisonna en lui-même : dans les deux cas, si la vérité est qu'il y a une vie éternelle, il est certainement bon et juste de tomber dans une fournaise de feu afin de ne pas perdre la vie éternelle pour une vie passagère ; et si, à Dieu ne plaise, il n'y a absolument pas de vie éternelle, mais seulement une vie passagère, pourquoi voudrais-je d'une telle vie, qui n'est que pour un temps ? Même s'il n'y avait qu'une chance sur mille qu'il existe aussi une vie éternelle, toutes nos années, soixante-dix ans, ne valent pas ce doute.

Ainsi, même la pensée la plus basse et le petit intellect de la perception de ce monde lui imposaient d'abandonner toute la vie de ce monde pour ce doute ; une action que l'intellect de ce monde impose ainsi n'est nullement une épreuve. De même, Israël s'approcha du mont Sinaï, tous comme un seul homme et d'un seul cœur, pour abandonner tous les vêtements de ce monde.

Par ce rapprochement, on voyait clairement la différence entre Israël et les peuples : pourquoi aucune nation et aucune langue ne demanda-t-elle de s'approcher sous le mont Sinaï, au motif de ce doute qu'il y a peut-être aussi une vie éternelle ? Il fut donc établi que tous les biens du monde à venir ne valent pas, pour les idolâtres, l'abandon même d'un petit vêtement de ce monde.

Bien qu'on ait contraint Israël en renversant sur lui la montagne comme une cuve, cette contrainte elle-même procédait en vérité aussi de la conscience d'Israël et du choix de leur bon vouloir : Israël lui-même, tous comme un seul homme et d'un seul cœur, consentit à plier sa stature sous la montagne afin que la montagne fût renversée sur lui comme une cuve. Il ressortit donc de là l'attachement d'Israël à la racine : seuls eux étaient dignes qu'on leur fasse confiance, et aucune autre nation en dehors d'eux, car les idolâtres sont "un peuple sans fidélité en lui" (Deutéronome 32,20).

Voilà ce qui est dit là-bas : pourquoi est-il appelé mont Sinaï ? La montagne dont descendit la haine envers les idolâtres.

Car de là fut clairement établie la distinction et la différence entre Israël et les peuples, jusqu'à ce que leurs bouches se taisent et qu'ils n'accusent plus Israël. C'est aussi ce que nos sages, de bienheureuse mémoire, dirent : "Si seulement Il nous avait rapprochés devant le mont Sinaï sans nous donner la Torah, cela nous aurait suffi." À première vue, quel bien y a-t-il dans ce rapprochement sans le don de la Torah ?

Mais par ce rapprochement même du mont Sinaï, avant encore le don de la Torah, Israël gagna aussi beaucoup, car par ce rapprochement ils sortirent de la catégorie des fils de Noé pour être appelés du nom d'Israël. Comme il est dit dans la Guemara (Sanhédrin 67a), Rabbi Akiva dit : il est écrit ici "Tu ne laisseras pas vivre la magicienne" (Exode 22,17), et il est écrit là, au Sinaï, "que ce soit une bête ou un homme, il ne vivra pas" (Exode 19,13) ; de même que là-bas c'est par lapidation, ici aussi c'est par lapidation, etc.

Et elle conclut là-bas : "Je déduis Israël d'Israël", etc., vois là-bas. Ils sortirent donc de la catégorie des fils de Noé et eurent le mérite d'être appelés du nom d'Israël dès l'heure où ils s'approchèrent du mont Sinaï, avant encore le don de la Torah.

C'est pourquoi Rabbi Akiva déduit correctement là-bas Israël d'Israël : depuis leur rapprochement du mont Sinaï, ils sortirent de la catégorie des fils de Noé et furent appelés du nom d'Israël. C'est pourquoi : "Il rayonna depuis Séir pour eux, Il apparut depuis le mont Paran" (Deutéronome 33,2).

Comme l'explique le Zohar (Balak 192), "ils lui donnèrent des présents et les dépouillèrent", etc. Puisqu'Israël peut ainsi abandonner tous les vêtements de ce monde pour se rapprocher du Saint béni soit-Il, le Saint béni soit-Il dit : à qui donnerai-Je tous Mes bons flux, sinon à Israël ?

וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וגו'. איתא בזוה"ק (בלק קצב:) וזרח משעיר למו וגו' קרא לס"מ ואתא קמיה ואמר ליה תבעי אורייתא דילי אמר מה כתיב בה אמר ליה לא תרצח דליג קב"ה לאתר דאיצטריך אמר ח"ו אורייתא דא דילך הוא ודילך יהא לא בעינא אורייתא דא, אתיב ואתחנן קמיה אמר מאריה דעלמא אי את יהבה לי כל שלטנא דילי אתעבר דהאי שולטנא דילי על קטולא איהו וכו' קרא לרהב אמר ליה תבעי את אורייתא דילי אמר מה כתיב בה דליג ליה ואמר לא תנאף אמר ווי אי ירותא דא יחסין לי קב"ה ירותא בישא דיתעבר בה כל שלטני דהא ברכתא דמיא נטילנא ברכתא דנוני ימא דכתיב פרו ורבו וכו'.

להבין מדוע אצל ס"מ כתב הזוה"ק שאמר לו הקב"ה מקודם המאמר לא תרצח ואח"כ דליג קב"ה לאתר דאיצטריך וגבי רהב איתא שם מקודם דליג קב"ה וכו' ואח"כ אמר לו המאמר לא תנאף. וביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצל"ה כי בכעס יש הכרה מפורשת שכל תכלית הויתה הוא רק השחתה ואין בו שום צד טוב אלא שכל אחיזת הקליפה מכעס הוא רק משום שסברה שבזה הכעס נקשר כל קיום הויתה ונדמה לה אשר בלתי זה הכעס יתבטלה לגמרי.

ולכן לא היה צריך הקב"ה להיות דליג וכו' קודם המאמר לא תרצח כי אף שלא דליג מקודם וכו' היינו אף שהיה שוכן עדיין אורו ית' בזה המאמר לא תרצח בכל זאת לא יהיה בכח קליפת כעס להסכים על קבלת המאמר לא תרצח מאחר שסברה בדעתה שע"י קבלת המאמר לא תרצח תתבטל כל קיום הוייתה אכן זה שדליג אח"כ קב"ה לאתר דאצטריך זאת היה למען שלא יגיע לקליפת הכעס מסבת מאמרו ית' התבטלות לגמרי. ובאמת לא הגיע עדיין הזמן שיתבטלה לגמרי לזה דליג קב"ה לאתר דאצטריך אחר המאמר לא תרצח.

אמנם אצל רהב שהוא הקליפה של תאוה ובתאוה נמצא באמת צד טוב ג"כ כי כל החסרון ממנה הוא רק כשאינו במקום הראוי אבל במקום הראוי להויית עולם שם הוא באמת רצונו ית' ג"כ כי השי"ת חפץ בהוית עולם לכן אם היה אומר הקב"ה לרהב המאמר לא תנאף ולא היה דליג מקודם וכו' אזי היה בחפצו של רה"ב נמי לקבל את התורה רק מחמת שדליג קב"ה קודם שאמר לרה"ב המאמר לא תנאף. ומפאת בחינת הדילוג מכביכול ית' קודם אותו המאמר נמשך מאותו המאמר כל הטעם ולא נשאר בזה המאמר כי אם הצמצום גרידא לבד ולכך היה מתירא רה"ב לקבל את התורה שכתוב בה לא תנאף כי היה מתירא פן יתבטל מסבת זה הצמצום כל קיום הוייתו אף מה שנצרך להויית עולם.

כך חושב השי"ת מחשבות ומסבב סיבות לבל יגע זר ונכר בנחלת ה' ובתורתו כי אם עמו ישראל שיש להם שייכות במקור שורשם לדברי תורה לכן תיכף כששמעו ישראל שהרצון ית' הוא ליתן להם ד"ת קבלו עליהם מאמרו ית' והתבטלו א"ע לגמרי לד"ת ולא נשאר בהם שום שייכות לצרכי עוה"ז עד שאמר השי"ת שובו לכם לאהליכם וגו' והאיר להם השי"ת בזה המאמר שובו לכם וגו' אשר רצונו הוא שיחזרו להויית עולם הזה וממילא נתברר מזה שכל התשוקה הנמצא גבי ישראל מצרכי הגוף והויות עולם הזה נמשך רק מאותו הרצון ית' שאמר לישראל שובו לכם לאהליכם ובלעדי זה הרצון ית' לא היה יתכן כלל גבי ישראל אחר גודל בהירות ממעמד הר סיני שיהיה נמצא אצלם שום תשוקה ורצון לצרכי הויות עוה"ז. וכתב עוד שם הזוה"ק מאי שנא בס"ם כתיב וזרח וברה"ב כתיב הופיע.

אלא נטיל בההוא נהירו דאפשיט מניה ס"ם חרב וקטולא לקטלא בדינא ולקטלא כדקא יאות הה"ד ואשר חרב גאותך. ונטל בההוא ברכתא דאפשיט מניה רה"ב זעיר כמאן דאופע זעיר מברכתא דלהון למעבד פריה ורביה בגין כך הופיע מהר פארן ולא כתיב וזרח וכו'.

היינו כי מלת זרח מורה על הארה יותר גדולה ממלת הופיע לזה מדייק הזוה"ק מאי שנא משעיר שהוא קליפה הגרוע ביותר היו מקבלים ממנה בהארה היותר גדולה בבחינת זריחה ומקליפת רה"ב שאינו גרוע כ"כ כמו קליפת כעס לא היו מקבלים ממנה רק בבחינת הופיע, ועל זה מבאר הזוה"ק וכתב אלא נטיל בההוא נהירו דאפשיט מניה ס"ם חרב וקטולא לקטלא בדינא ולקטלא כדקא יאות הה"ד ואשר חרב גאותך היינו כי בקליפת כעס אין באמת שום צד טוב כמאמרם ז"ל בגמ' (סוכה נב.) הקב"ה קראו רע וכו' וכל המכוון מהרצון ית' שמהוה זאת הקליפה מכעס שהוא על חרבך תחיה זה הוא רק למען שישראל יהיו מקבלים ממנה כמו שכתוב ואשר חרב גאותך והוא כענין שנאמר כי גאה גאה ומתרגמינן כי גאה על גאוותנות וזהו אשר חרב גאותך כלומר כל זמן שיש עדיין גיאות בעולם שחפץ למנוע השפעת חסדו ית' ואומר שיש לו חיים מחרבו מוכרח נמי שיהיה לעומת זה בהקדושה חרב גאותך וזאת החרב הוא כדאיתא בזוה"ק (בשלח נד.) מאן זיין דא (ישעיה לד) חרב לה' מלאה דם וגו'. וזאת החרב לה' מלאה דם מסר השי"ת רק לישראל שיהיה להם כח ויכולת לקרב לכל מי שיישר בעיניהם לקרבו וכן לרחק לכל מי שנכון לפניהם לרחקו נמצא שתכלית הויית הקליפה מכעס שהוא על חרבך תחיה רק למען שיקבלו ישראל ממנה זה הכח הנקרא אשר חרב גאותך.

ואחר שישראל מושכין ממנה זה הכח ומבטלים בזה החרב גאותך את כל המונעים שפע חסדו ית' אזי נתרוקן הקליפה מכעס לגמרי ונתבטלו ממילא כל אותן שהם על חרבך תחיה כי שוב אין צורך בהם עוד ולכן היו מקבלים מקליפת כעס שהוא ס"ם בבחינת זריחה כי ע"י שיקבלו הימנה בהארה היותר גדולה יהיה נשארה זאת הקליפה מכעס ריקן לגמרי. אמנם מקליפת רה"ב שהוא תאוה לא היו מקבלים רק בבחינת הופיע והוא כי בעצמות זאת הקליפה יש בה מעט צד טוב ג"כ אלא כל החסרון ממנה הוא רק כשאיננו במקום הצורך אבל במקום הצורך להויית עולם שם הוא באמת רצונו ית' לכן היו מקבלים ישראל מזאת הקליפה רק בהארה קטנה בבחינת הופיע וכמבואר בזוה"ק שם כמאן דאופע זעיר מברכתא דלהון למעבד פריה ורביה וכו' אבל לא נתרוקנה לגמרי כי לא היו צריכין ליטול ממנה כל כחה כי אם מה שנצרך למקום הראוי ששם הוא רצונו ית' שיהיה הויית עולם אולם עצם הכח שלה נשאר לקיום המין שנצרך להויית עולם לזה לא נאמר בה וזרח רק הופיע מהר פארן:

"Il rayonna depuis Séir pour eux, Il apparut depuis le mont Paran, etc." Il est dit dans le Zohar (Balak 192b) : "Il rayonna depuis Séir pour eux, etc. Il appela Samael et celui-ci vint devant Lui.

Il lui dit : veux-tu Ma Torah ? Il dit : qu'y est-il écrit ?

Il lui dit : 'Tu ne tueras pas.' Le Saint béni soit-Il sauta à l'endroit requis. Il dit : à Dieu ne plaise, cette Torah est Tienne et qu'elle reste Tienne ; je ne veux pas de cette Torah.

Il répondit et Le supplia : Maître du monde, si Tu m'enlèves toute ma domination, cette domination qui est la mienne sur le meurtre disparaîtra, etc. Il appela Rahav et lui dit : veux-tu Ma Torah ?

Il dit : qu'y est-il écrit ? Il sauta pour lui et lui dit : 'Tu ne commettras pas d'adultère.' Il dit : malheur !

Si le Saint béni soit-Il me fait hériter de cet héritage, c'est un mauvais héritage, car toute ma domination disparaîtra : je reçois la bénédiction des eaux, la bénédiction des poissons de la mer, comme il est écrit : 'Soyez féconds et multipliez-vous', etc." Il faut comprendre pourquoi, chez Samael, le Zohar écrit que le Saint béni soit-Il lui dit d'abord la parole "Tu ne tueras pas", puis qu'Il sauta à l'endroit requis, tandis que chez Rahav il est dit d'abord qu'Il sauta, etc., et seulement après qu'Il lui dit la parole "Tu ne commettras pas d'adultère". Mon père et maître, le saint Gaon, de bienheureuse mémoire, expliqua que dans la colère il y a la reconnaissance expresse que toute sa finalité est seulement la destruction et qu'elle ne comporte aucun bon côté.

Toute la prise de la kelipa (écorce impure) de la colère tient seulement à ce qu'elle s'imagine que toute la subsistance de son être est attachée à cette colère et qu'il lui semble que, sans cette colère, elle s'annulerait entièrement. Aussi le Saint béni soit-Il n'avait-Il pas besoin de sauter, etc., avant la parole "Tu ne tueras pas" : même s'Il n'avait pas sauté avant, c'est-à-dire même si Sa lumière, béni soit-Il, résidait encore dans cette parole "Tu ne tueras pas", la kelipa de la colère n'aurait pas eu la force d'accepter la parole "Tu ne tueras pas", car elle s'imaginait qu'en acceptant cette parole, toute la subsistance de son être serait annulée.

Mais le fait que le Saint béni soit-Il sauta ensuite à l'endroit requis visait à ce que la kelipa de la colère ne parvienne pas à une annulation totale par Sa parole, béni soit-Il. En vérité, le temps de son annulation complète n'était pas encore venu ; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il sauta à l'endroit requis après la parole "Tu ne tueras pas".

Chez Rahav, qui est la kelipa du désir, il y a en vérité aussi un bon côté dans le désir : son seul défaut est lorsqu'il n'est pas à la place qui convient ; mais à la place qui convient, pour l'existence du monde, il est aussi véritablement Son vouloir, béni soit-Il, car le Saint béni soit-Il désire l'existence du monde. Aussi, si le Saint béni soit-Il avait dit à Rahav la parole "Tu ne commettras pas d'adultère" sans avoir sauté auparavant, Rahav aurait lui aussi voulu accepter la Torah.

Mais parce que le Saint béni soit-Il sauta avant de dire à Rahav la parole "Tu ne commettras pas d'adultère", par l'aspect de ce saut, de par le Ciel, tout le goût fut retiré de cette parole et il n'y resta que la restriction pure. Rahav craignait donc d'accepter la Torah où il est écrit "Tu ne commettras pas d'adultère", de peur que, par cette restriction, toute la subsistance de son être, même ce qui est requis pour l'existence du monde, ne soit annulée.

Ainsi le Saint béni soit-Il pense des pensées et entoure les causes, afin qu'un étranger et un alien ne touche pas à l'héritage de ה' et à Sa Torah, mais seulement Son peuple Israël, qui a une relation, dans la source de sa racine, avec les paroles de Torah. C'est pourquoi, dès qu'Israël entendit que Son vouloir, béni soit-Il, était de lui donner les paroles de Torah, ils acceptèrent Sa parole, béni soit-Il, et s'annulèrent entièrement devant les paroles de Torah ; aucune relation ne leur resta avec les besoins de ce monde, jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il dise : "Retournez dans vos tentes", etc.

Le Saint béni soit-Il les illumina par cette parole "Retournez dans vos tentes", etc., que Son vouloir était qu'ils reviennent à l'existence de ce monde. Il en résulta que tout désir qui se trouve chez Israël pour les besoins du corps et les existences de ce monde ne procède que de ce vouloir, béni soit-Il, qui dit à Israël : "Retournez dans vos tentes".

Sans ce vouloir, béni soit-Il, il n'aurait nullement été possible qu'il se trouve chez Israël, après la grande clarté de la station au mont Sinaï, le moindre désir ou vouloir pour les besoins des existences de ce monde. Le Zohar écrit encore là-bas : "Quelle différence y a-t-il ?

Chez Samael il est écrit 'Il rayonna', et chez Rahav il est écrit 'Il apparut'. Mais Il prit cette lumière dont Il dépouilla Samael, le glaive et le meurtre, afin de tuer selon le jugement et de tuer comme il convient, comme il est dit : 'et ton glaive, ton orgueil' (Deutéronome 33,29).

Et Il prit cette bénédiction dont Il dépouilla Rahav, un peu, comme celui qui fait apparaître un peu de leur bénédiction, pour faire croître et multiplier. C'est pourquoi : 'Il apparut depuis le mont Paran', et il n'est pas écrit : 'Il rayonna', etc." Le mot "rayonna" indique une illumination plus grande que le mot "apparut".

Le Zohar s'interroge donc : comment se fait-il que de Séir, la kelipa la pire, ils recevaient une illumination plus grande, sous l'aspect de "Il rayonna", tandis que de la kelipa de Rahav, qui n'est pas aussi mauvaise que la kelipa de la colère, ils ne recevaient que sous l'aspect de "Il apparut" ? Le Zohar explique : "Mais Il prit cette lumière dont Il dépouilla Samael, le glaive et le meurtre, afin de tuer selon le jugement et de tuer comme il convient, comme il est dit : 'et ton glaive, ton orgueil'." Car dans la kelipa de la colère il n'y a en vérité aucun bon côté, comme nos sages, de bienheureuse mémoire, le dirent dans la Guemara (Soukka 52a) : le Saint béni soit-Il l'a appelée mauvaise, etc.

Tout le dessein du vouloir, béni soit-Il, qui fait exister cette kelipa de la colère, celle de "Tu vivras de ton glaive" (Genèse 27,40), est seulement qu'Israël en reçoive, comme il est écrit : "et ton glaive, ton orgueil". C'est selon ce qui est dit : "Car Il s'est élevé au-dessus des orgueilleux" (כי גאה גאה), et le Targoum traduit : "car Il s'est élevé au-dessus de la fierté".

Tel est "et ton glaive, ton orgueil" : tant qu'il reste de l'orgueil dans le monde, qui veut empêcher le flux de Sa bonté, béni soit-Il, et qui dit avoir sa vie de son glaive, il faut aussi qu'il y ait, face à lui, dans la sainteté, "ton glaive, ton orgueil". Ce glaive est, comme il est dit dans le Zohar (Bechallah 54a) : "Quelle est cette arme ? 'Un glaive pour ה', rempli de sang', etc." (Isaie 34,6).

Ce glaive pour ה', rempli de sang, le Saint béni soit-Il ne l'a remis qu'à Israël, afin qu'ils aient la force et la capacité de rapprocher quiconque leur paraît juste de rapprocher, et de repousser quiconque il leur paraît juste de repousser. Il se trouve que la finalité de l'existence de la kelipa de la colère, celle de "Tu vivras de ton glaive", est seulement qu'Israël reçoive d'elle cette force appelée "et ton glaive, ton orgueil".

Lorsqu'Israël tire d'elle cette force et annule, par ce "ton glaive, ton orgueil", tous ceux qui empêchent le flux de Sa bonté, béni soit-Il, la kelipa de la colère est alors entièrement vidée et tous ceux qui sont de "Tu vivras de ton glaive" sont annulés d'eux-mêmes, car ils ne sont plus nécessaires. C'est pourquoi ils recevaient de la kelipa de la colère, qui est Samael, sous l'aspect du rayonnement : en recevant d'elle par l'illumination la plus grande, cette kelipa de la colère restait entièrement vide.

Mais de la kelipa de Rahav, qui est le désir, ils ne recevaient que sous l'aspect de "Il apparut". Dans l'essence de cette kelipa se trouve en effet aussi un peu de bon ; son seul défaut est lorsqu'elle n'est pas à la place du besoin.

Mais à la place requise pour l'existence du monde, elle est en vérité Son vouloir, béni soit-Il. Israël ne recevait donc de cette kelipa qu'une petite illumination, sous l'aspect de "Il apparut", comme l'explique le Zohar : "comme celui qui fait apparaître un peu de leur bénédiction, pour faire croître et multiplier", etc.

Elle ne fut pas entièrement vidée, car ils n'avaient pas besoin de prendre toute sa force, mais seulement ce qui est requis pour la place convenable, où Son vouloir, béni soit-Il, est qu'il y ait existence du monde. Sa force propre resta cependant pour la subsistance de l'espèce, nécessaire à l'existence du monde ; c'est pourquoi il n'est pas dit d'elle "Il rayonna", mais "Il apparut depuis le mont Paran".

וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וגו'. היינו שיצאו מהם כל הטובות אל ישראל וכדאיתא בזוה"ק (מובא לעיל) שסיבב הקב"ה כמה גלגולין עקומין למען שהם בעצמם יסכימו שיעזבו מהם כל הטובות ולמסור אותם לישראל.

ואתה מרבבות קדש היינו שהגיע מהם לישראל כל מיני סייעתות. ולהיות שחלקו של משה רבינו הוא ואין עוד אפילו בחללא דעלמא כדאיתא במ"ר (דברים) לזה אחר כל היגיעות של האבות הקדושים וגם אחר גודל הסבלנות מגלות מצרים הראה מ"ר ה' הוא הא-להים אין עוד מלבדו וכמבואר בגמרא (חגיגה) מאי אין עוד מלבדו אפילו כשפים וכו' ובאמת כפי מה שקובע האדם יותר דברי תורה בעצמו כך יכול נמי להכיר ביותר איך שאין עוד שום כח זולת השי"ת אפילו מה שנראה על הגוון שיש לעכו"ם כח הבחירה להוסיף מצדם רע כענין שנאמר אני קצפתי מעט והמה עוזרו לרעה וגו' אמנם זה הגוון בעצמו שנראה שהם מוסיפים מצדם רעה בבחירת דעתם וחפצם הוא באמת ג"כ מהשי"ת ועל זה אמר מ"ר וזרח משעיר למו וגו' היינו שבלבד מה שיחזיר השי"ת לישראל בעד הסבלנות שלהם אלא גם מה שסבלו מהעכו"ם מפאת זה הגוון שהמה עזרו לרעה מדעתם בעד זה יחזיר נמי השי"ת לישראל כל מיני נייחא:

"Il rayonna depuis Séir pour eux, Il apparut depuis le mont Paran, etc." Cela signifie que tous les biens sortirent d'eux vers Israël. Comme il est dit dans le Zohar, rapporté plus haut, le Saint béni soit-Il entoura de nombreux détours tortueux afin qu'eux-mêmes consentent à abandonner tous les biens qui étaient chez eux et à les remettre à Israël.

"Et depuis des myriades de sainteté" (Deutéronome 33,2) signifie que toutes sortes d'aides leur parvinrent. Or la part de Moché notre maître est "il n'y a pas d'autre", même dans le vide du monde, comme il est dit dans le Midrach Rabba (Deutéronome).

C'est pourquoi, après tous les labeurs des saints pères et après aussi la grande patience de l'exil d'Égypte, Moché notre maître montra : "ה' est Elokim, il n'y a rien d'autre que Lui" (Deutéronome 4,35). Comme l'explique la Guemara (Haguiga 16a) : que signifie "il n'y a rien d'autre que Lui" ?

Même la sorcellerie, etc. En vérité, à la mesure où l'homme fixe davantage en lui les paroles de Torah, il peut aussi reconnaître davantage qu'il n'existe aucune force en dehors du Saint béni soit-Il, même ce qui semble, en apparence, que les idolâtres aient le libre choix d'ajouter de leur part le mal, comme il est dit : "J'étais un peu irrité, et eux ont aidé au mal", etc.

Mais cette apparence même, qu'ils ajoutent de leur part le mal par le choix de leur connaissance et de leur volonté, provient elle aussi du Saint béni soit-Il. À ce sujet, Moché notre maître dit : "Il rayonna depuis Séir pour eux, etc." Cela veut dire qu'en plus de ce que le Saint béni soit-Il rendra à Israël pour leur patience, Il rendra aussi à Israël toutes sortes d'apaisement pour ce qu'ils ont souffert des idolâtres, à cause de cette apparence selon laquelle ils ont aidé au mal de leur propre connaissance.

En bref

« Il resplendit pour eux depuis Séir, apparut du mont Paran » (Devarim 33,2). La resplendissance est une illumination plus grande que l’apparition. Le Sod Yecharim rapporte du Mei HaChiloa’h que, tant que demeure la kelipa du désir, il faut la rogeza derabbanan, bien qu’en vérité la colère n’ait aucune place. Israël reçoit d’Ésaü, sous l’aspect de resplendissance, ce point ; dès qu’Ésaü s’en dépouille, sa colère ne contient plus aucun bon côté et la subsistance de son être s’annule. D’Ismaël Israël ne reçoit que sous l’aspect de l’apparition, car le désir reste nécessaire au tri. Tous les vêtements d’Israël ont leur racine dans le lieu appelé « un et non dans le compte ».

Aussi : le feu de loi, guevoura dans le ’hessed, par l’intensité de l’amour ; la Torah fiancée, union selon le besoin de chaque âme, et héritage de la plus petite âme

וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וגו'. זריחה הוא הארה יותר גדולה מהופעה כמבואר בזוה"ק (מובא לעיל) והאיר לישראל משעיר בזריחה והוא כמו שביאר אזמו"ר הגה"ק זצל"ה בספר מי השלוח הק' (פ' נח) אשר כל עוד שנמצא בעולם הקליפה מתאוה צריכין כנגדה בעולם המדה של כעס אף שאין באמת להמדה של כעס שום מקום כלל אכן כל זמן שנמצא עדיין בעולם הקליפה מתאוה צריכין לרוגזא דרבנן וזהו כענין שנאמר ואל זועם בכל יום ואל מבואר בזוה"ק (צו לא) נהורא דחכמתא היינו אור בהיר בלי שום התלבשות וא"כ מה זה שנאמר ואל זועם וגו' שמורה על התלבשות האור אכן כל זמן שנמצא ההיפך צריכין להתלבשות אל זועם בכל יום.

ואתה מרבבות קודש בזה מרמז משה רבינו איך שכל לבושי ישראל יש להם מקום בשורש המקור ית' לזה אמר ואתא בלשון תרגום להורות על לבושים לרמז שכל לבושי ישראל שורשם הוא במקום עליון הנקרא חד ולא בחושבן:

"Il resplendit pour eux depuis Séir, apparut du mont Paran" (Deutéronome 33,2), etc. La resplendissance est une illumination plus grande que l'apparition, comme l'explique le saint Zohar (cité plus haut); et Il illumina Israël depuis Séir par une resplendissance.

C'est comme l'a expliqué notre maître et rabbi, le saint gaon, que sa mémoire soit une bénédiction, dans le saint livre Mei HaShiloah (Noah): tant que se trouve dans le monde la kelipa (écorce spirituelle) du désir, il faut face à elle, dans le monde, la mesure de la colère, bien qu'en vérité la mesure de la colère n'ait absolument aucune place. Toutefois, tant que demeure dans le monde la kelipa du désir, il faut la rogeza derabbanan (indignation des sages).

C'est le sens de: "El s'irrite chaque jour" (Psaumes 7,12). Le Zohar explique (Tsav 31) que la lumière de la sagesse est une lumière claire, sans aucun vêtement; dès lors, que signifie: "El s'irrite", etc., ce qui indique le vêtement de la lumière?

Mais tant que son contraire existe, il faut le vêtement de "El s'irrite chaque jour". "Et Il vint des myriades de sainteté" (Deutéronome 33,2): Moché notre maître y fait allusion à ceci: tous les vêtements d'Israël ont une place dans la racine de la Source, qu'Il soit béni.

C'est pourquoi il dit "veAta" dans la langue du Targoum, pour indiquer les vêtements, et faire allusion à ce que tous les vêtements d'Israël ont leur racine dans le lieu élevé appelé "un et non dans le compte" (חד ולא בחושבן).

וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וגו'. היינו שהיה זורח השי"ת כל מיני עצות לישראל איך שיכניסו אצלם להקדושה כל מיני כחות וכדאיתא בזוה"ק (מובא לעיל) קרא לס"ם שר של עשו ואמר לו תבעי אורייתא דילי אמר מה כתיב בה.

א"ל לא תרצח וכו' אמר ח"ו אורייתא דא דילך היא וכו' ואי את יהבה לי כל שלטנו דילי אתעבר דהא שולטנא דילי על קטולא איהו וכו' היינו שאם יקבל את התורה שכתוב בה לא תרצח יתבטל כל קיום הוויתו מן העולם כי כל הקיום שלו הוא על תרבך תחיה א"ל קב"ה הב לי עיטא איך אעביד דיקבלון לה בנוי דיעקב דאת אמר א"ל מאריה דעלמא אצטריך לשחדא לון וכו' והא דילי יהא בקדמיתא אפשוט מיניה נהורא דחפיא עליה ויהב ליה למיהב לון לישראל הה"ד וזרח משעיר למו וכו' היינו שישראל הכניסו אצלם להקדושה מכח השר של עשו שיהיה יתכן אצלם רוגזא דרבנן כי מצד לבבם של ישראל אין יתכן אצלם כלל אפילו רוגזא דרבנן כי לבבם הוא משולל לגמרי מכעס רק ע"י שישראל מקבלים אצלם מעט מהכעס של השר של עשו מזה יתכן שיהיה אצלם רוגזא דרבנן. והשר של עשו סבר שאינו מפסיד כלום בזה שהפריש מכחו לישראל הרוגזא דרבנן מאחר שאין לו שום שייכות לזאת הרוגזא כי הרוגזא דרבנן הוא במשפט לזה היה נדמה לו שזאת הרוגזא הוא ההיפך ממש מעצם הוייתו שהוא רק על חרבך תחיה בלי משפט כלל אבל באמת הטעה א"ע מאוד כי כל קיום הוייתו אינו באמת רק כל זמן שהיה כמוס עדיין בהכעס שלו אותה הנקודה הטובה וכיון דאפשיט מניה זאת הנקודה הטובה ונשאר הכעס שלו משולל ממנה כי מסר אותה לישראל להיות מכונה בשם רוגזא דרבנן אזי לא נשאר בהכעס שלו שום צד טוב רק רציחה בעלמא שעליו נאמר רק רע כל היום אזי נתבטל ממילא כל קיום הוייתו לזה נאמר אצלו וזרח משעיר למו להורות שנטלו ממנו בבחינת זריחה שהוא הארה יותר גדולה מבחינת הופיע כדי שיתבטל כל קיום הוייתו אבל מישמעאל שהוא קליפת תאוה לא קבלו ישראל רק בבחינת הופיע כמו שביארנו לעיל (אות ל) שלא בטלו אותה לגמרי אלא שצריכה לברורין ואחר שיבררו אותה בשלימות אזי יכניסו אותה להקדושה משא"כ מקליפת שעיר אחר שקבלו ממנה ישראל הנקודה שנקראת רוגזא דרבנן שוב לא נשאר בה שום הויה כי הכעס בעצם בלעדי הרוגזא דרבנן הוא רק כדאיתא (סוכה נב) הקב"ה קראו רע וכל היותה הוא רק כל עוד שלא נתברר התאוה וצריכין עדיין לרוגזא דרבנן אבל אחר שיתברר התאוה בעולם אזי לא יהיו צריכין נגדה אפילו רוגזא דרבנן אז יתבטל זאת הקליפה לגמרי כי אין לזאת המדה שהוא על חרבך תחיה שום שייכות עם עומק הלב של ישראל ואין בה אפילו נקודה קטנה שיהיה ראוי להכניס אותה להקדושה.

ואתה מרבבות קודש היינו שהופיע השי"ת לישראל כל מיני סייעתות כדי שיהיה בכחם לקבל הכל תחת הקדושה:

"Il resplendit pour eux depuis Séir, apparut du mont Paran" (Deutéronome 33,2), etc. Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, faisait resplendir pour Israël toutes sortes de conseils, afin qu'ils fassent entrer dans la sainteté toutes sortes de forces.

Comme il est rapporté dans le saint Zohar (cité plus haut): Il appela Samael, le prince d'Esau, et lui dit: "Veux-tu ma Torah?" Il dit: "Qu'y est-il écrit?" Il lui dit: "Tu ne tueras pas" (Exode 20,13), etc. Il dit: "À Dieu ne plaise, cette Torah est la tienne, etc.; et si tu me donnais toute ma domination, elle disparaîtrait, car ma domination est de tuer, etc." Cela signifie que, s'il recevait la Torah, dans laquelle il est écrit "Tu ne tueras pas", toute la subsistance de son être disparaîtrait du monde, car toute sa subsistance repose sur "Tu vivras par ton épée" (Genèse 27,40).

Le Saint, béni soit-Il, lui dit: "Donne-moi un conseil: comment ferai-je pour que les fils de Yaakov la reçoivent?" Il dit: "Maître du monde, il faut les soudoyer, etc.; et que ma part soit la première." Il retira de lui la lumière qui le recouvrait et la donna afin de la donner à Israël. C'est le sens de: "Il resplendit pour eux depuis Séir", etc.

Israël fit donc entrer dans la sainteté, par la force du prince d'Esau, ce qui rend possible chez eux la rogeza derabbanan; car du côté du cœur d'Israël, il ne serait absolument pas possible qu'il y ait même une rogeza derabbanan, leur cœur étant entièrement dénué de colère. Ce n'est que parce qu'Israël reçoit en lui une petite part de la colère du prince d'Esau que la rogeza derabbanan est possible chez eux.

Le prince d'Esau pensait ne rien perdre en séparant de sa force la rogeza derabbanan pour Israël, puisqu'il n'a aucun rapport avec cette rogeza: la rogeza derabbanan est conforme au jugement. Il lui semblait donc que cette rogeza était l'opposé même de l'essence de son être, qui ne repose que sur "Tu vivras par ton épée", sans aucun jugement.

Mais il se trompait beaucoup; car toute la subsistance de son être ne durait en vérité que tant que ce bon point demeurait caché dans sa colère. Lorsqu'il se dépouilla de ce bon point et que sa colère en resta dénuée, parce qu'il le remit à Israël pour être appelé rogeza derabbanan, il ne demeura plus dans sa colère aucun bon côté, seulement un meurtre ordinaire, dont il est dit: "seulement le mal tout le jour" (Psaumes 52,3).

Alors toute la subsistance de son être fut annulée d'elle-même. C'est pourquoi il est dit à son sujet: "Il resplendit pour eux depuis Séir", pour montrer qu'ils le lui prirent sous l'aspect de resplendissance, illumination plus grande que l'apparition, afin que toute la subsistance de son être soit annulée.

Mais d'Ismaël, qui est la kelipa du désir, Israël ne reçut que sous l'aspect de l'apparition, comme nous l'avons expliqué plus haut (paragraphe 30): ils ne l'annulèrent pas entièrement, car elle est nécessaire au tri; après l'avoir entièrement triée, ils la feront entrer dans la sainteté. En revanche, de la kelipa de Séir, dès qu'Israël en reçut le point appelé rogeza derabbanan, il ne resta plus en elle aucune subsistance.

Car la colère en elle-même, sans la rogeza derabbanan, n'est que ce dont il est dit (Soukka 52) que le Saint, béni soit-Il, l'a appelée "mauvaise". Tout son être ne dure que tant que le désir n'est pas encore trié et qu'il faut encore la rogeza derabbanan.

Mais quand le désir sera trié dans le monde, on n'aura plus besoin face à lui même de la rogeza derabbanan; cette kelipa sera alors entièrement annulée, car cette mesure qui repose sur "Tu vivras par ton épée" n'a aucun rapport avec la profondeur du cœur d'Israël, et elle ne contient pas même un petit point qui mérite d'être introduit dans la sainteté. "Et Il vint des myriades de sainteté" (Deutéronome 33,2): le Saint, béni soit-Il, fit apparaître à Israël toutes sortes d'assistances afin qu'ils aient la force de tout recevoir sous la sainteté.

וזרח משעיר למו הופיע מהר פארן וגו'. היינו שהיה מסבב השי"ת לישראל כל מיני סייעתות כמבואר בזוה"ק (בלק מובא לעיל) והנה אם הם היו מקבלים את התורה אזי היה מוכרח שיתגלה בתפיסתם ג"כ הכבוד שמים הנמצא באלו שתי המדות לא תרצח ולא תנאף כי מדוע ברא אותם השי"ת אם לא היה נמצא בהם איזה כבוד שמים כי לא ברא הקב"ה שום דבר לבטלה שלא יהיה מזה איזה כבוד שמים ולכן נמי איתא בזוה"ק (יתרו צג:) לא תרצח ולא תנאף וכו' אי לאו דפסקה טעמא לא הוה תקונא לעלמין וכו' אבל במה דפסקה טעמא אסיר ושרי וכו' הרי שיש בזה ג"כ נקודה מכ"ש ואם הם היו מקבלים את התורה היה להם קנין גם בזה הכ"ש אכן כשהם לא רצו לקבל את התורה וביקשו מהשי"ת שיתן אותה לישראל דוקא וממילא הוא השורת הדין שיקבלו ישראל מהם ג"כ הכ"ש הנמצא באלו שתי המדות שרק אצל ישראל פסקה טעמא ויש להם בזה ג"כ כ"ש אבל המה בעצמם נשארו משולל מזה הכבוד שמים הנמצא בהם כי כל הסייעתות שלהם נקבעו בקרב ישראל.

והנה משעיר נטלו ישראל בבחינת זריחה שהוא הארה היותר גדולה מהופעה אף שכעם אין לו שום חלק כלל בישראל כדאיתא בגמרא (מגילה) והסרותי שקוציו מפיו זה בית במי' שלהם שאין בזאת שום חלק בהקדושה אכן כאשר נכלל זה הכח בישראל נתחלף ממנו הלבוש לגמרי ונעשה גבי ישראל מזאת המדה רחמנות עצים בגודל חמימות לזה קבלו מהם ישראל זאת המדה בבחינת זריחה משא"כ הלבוש מתאוה שהוא מהר פארן אינו מתחלף ממנו זה הלבוש כלל גם כשנכנס להקדושה רק החילוק הוא שישראל אינם משתמשין באותו הלבוש כי אם במקום שהוא רצון השי"ת לזה היה די שיקבלו רק בהארה קטנה בבחינת הופיע לפי הצורך ואתה מרבבות קודש היינו שהאיר להם השי"ת כל מיני סייעתות:

"Il resplendit pour eux depuis Séir, apparut du mont Paran" (Deutéronome 33,2), etc. Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, faisait tourner autour d'Israël toutes sortes d'assistances, comme l'explique le saint Zohar (Balak, cité plus haut).

S'ils avaient reçu la Torah, il aurait alors fallu que se révèle aussi dans leur saisie l'honneur du Ciel qui se trouve dans ces deux mesures: "Tu ne tueras pas" et "Tu ne commettras pas d'adultère" (Exode 20,13). Car pourquoi le Saint, béni soit-Il, les aurait-Il créées, s'il ne s'y trouvait aucun honneur du Ciel?

Le Saint, béni soit-Il, n'a rien créé en vain, sans qu'il n'en résulte quelque honneur du Ciel. C'est aussi ce qui est enseigné dans le saint Zohar (Yitro 93b): "Si la raison n'avait pas été interrompue, il n'y aurait pas eu de réparation pour les mondes, etc.; mais puisqu'elle a été interrompue, il y a interdit et permis, etc." Il s'y trouve donc aussi un point d'honneur du Ciel.

S'ils avaient reçu la Torah, ils auraient aussi acquis cet honneur du Ciel. Mais lorsqu'ils ne voulurent pas recevoir la Torah et demandèrent au Saint, béni soit-Il, de la donner précisément à Israël, la stricte ligne du jugement veut qu'Israël reçoive aussi d'eux l'honneur du Ciel qui se trouve dans ces deux mesures; car ce n'est que chez Israël que la raison est interrompue, et ils y possèdent eux aussi un honneur du Ciel.

Eux-mêmes, en revanche, demeurèrent dénués de l'honneur du Ciel qui s'y trouve, car toutes leurs assistances furent fixées au sein d'Israël. Or, d'Esau, Israël prit sous l'aspect de resplendissance, illumination plus grande que l'apparition, bien que la colère n'ait absolument aucune part en Israël, comme il est dit dans la Guemara (Meguila): "J'ôterai de sa bouche ses abominations" (Zacharie 9,7), ce sont leurs temples idolâtres, dont rien n'a de part dans la sainteté.

Toutefois, lorsque cette force est incluse dans Israël, son vêtement se transforme entièrement, et cette mesure devient chez Israël une puissante compassion, par une grande chaleur. C'est pourquoi Israël reçut d'eux cette mesure sous l'aspect de resplendissance.

En revanche, le vêtement du désir, qui vient du mont Paran, ne change pas du tout de vêtement, même lorsqu'il entre dans la sainteté; la différence est seulement qu'Israël n'emploie ce vêtement que là où il y a la volonté du Saint, béni soit-Il. Il suffisait donc qu'ils ne le reçoivent que dans une petite illumination, sous l'aspect de l'apparition, selon le besoin.

"Et Il vint des myriades de sainteté" (Deutéronome 33,2): le Saint, béni soit-Il, leur illumina toutes sortes d'assistances.

מימינו אש דת למו וגו'. היינו מחמת עוצם אהבת השי"ת לישראל לכן הגדיר כל התורה סביב באש דת כלומר בגודל יראה וזהו שמצינו כמה פעמים בזוה"ק אורייתא מגבורה נפקי ולפעמים איתא שם מחסד נפקי כי נקראת תורת חסד.

אמנם שתיהן אמת כי זאת הגבורה נקרא גבורה שבחסד כי בעצמות אור החסד הנמשך מהמקור עליון ית' בלעדי ההתחלקות ממדת הגבורה אין יתכן בו שום תפיסה כי כל תפיסת הבריאה הוא מסבת התחלקות אור החסד בגבולים ומחמת גודל אהבת השי"ת לישראל חפץ להטעימם מעצמות אור החסד באותו הבהירות עצום ממש כמו שהוא בהמקור עליון יתב' למעלה מהתחלקות הגבולים לזה גדר השי"ת כל התורה באש דת היינו בגודל היראה כי ע"י היראה יתכן שפיר להגיע לעצמות אור החסד שהוא למעלה מהתחלקות הגבולים הרי שעיקר עוצם אהבה נמצא באש דת וזהו מימינו וימין רומז על גודל אהבה אש דת למו:

"De sa droite, un feu de loi pour eux" (Deutéronome 33,2), etc. À cause de l'intensité de l'amour du Saint, béni soit-Il, pour Israël, Il entoura toute la Torah d'un feu de loi, c'est-à-dire d'une grande crainte révérencielle.

C'est ce que nous trouvons à plusieurs reprises dans le saint Zohar: "La Torah sort de la guevoura"; et parfois il y est dit qu'elle sort du hassad, car elle est appelée "Torah de hassad". Les deux sont pourtant vrais, car cette guevoura est la guevoura qui est dans le hassad.

Dans l'essence même de la lumière du hassad qui s'écoule de la Source suprême, qu'Il soit béni, sans la division provenant de la mesure de guevoura, aucune saisie n'est possible; car toute la saisie de la création vient de la division de la lumière du hassad en limites. Par l'intensité de Son amour pour Israël, le Saint, béni soit-Il, désire leur faire goûter l'essence de la lumière du hassad dans cette immense clarté même où elle se trouve dans la Source suprême, qu'Il soit béni, au-dessus de la division des limites.

C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, entoura toute la Torah d'un feu de loi, c'est-à-dire d'une grande crainte révérencielle; car par la crainte, il est bien possible d'atteindre l'essence de la lumière du hassad, qui est au-dessus de la division des limites. Il en résulte que l'essence de l'intensité de l'amour se trouve dans le feu de loi.

C'est le sens de "de sa droite": la droite fait allusion à l'intensité de l'amour, "un feu de loi pour eux".

מימינו אש דת למו. היינו הלא אצל השי"ת הוא הכל רחמים פשוטים ומנין נמשך אלו אזהרות קשים הנקראים אש דת.

על זה אמר מ"ר מימינו אש דת למו. וימינו מורה על חסד ורחמים היינו מחמת גודל אהבת השי"ת לישראל לזה הוסיף השי"ת חסד ורחמים להיות נקרא רב חסד כדי שיהיה הכרה בחסדו יתברך ומזה הרצון יתברך הנקרא רב חסד נמשכים כל אלו האזהרות הנקראים אש דת.

"De sa droite, un feu de loi pour eux" (Deutéronome 33,2). Certes, chez le Saint, béni soit-Il, tout est miséricordes simples; d'où viennent donc ces rudes avertissements, appelés "feu de loi"?

À cela Moché notre maître répond: "De sa droite, un feu de loi pour eux." Sa droite indique le hassad et les miséricordes. C'est à cause de l'intensité de l'amour du Saint, béni soit-Il, pour Israël qu'Il a ajouté hassad et miséricorde, pour être appelé "abondant en hassad", afin qu'il y ait une reconnaissance de Son hassad, qu'Il soit béni.

De cette volonté, qu'Il soit béni, appelée "abondant en hassad", procèdent tous ces avertissements appelés "feu de loi".

מימינו אש דת למו אף חובב עמים כל קדושיו בידך והם תכו לרגלך וגו'. היינו מחמת גודל אהבה וחביבות עצום שיש להשי"ת עם ישראל לכך מסר להם הדברי תורה בגודל האזהרות וכד' בזוה"ק אורייתא מסטרא דגבורה נפקית היינו שהוטל עליהם כ"כ אזהרת למען שיקבעו יותר את הד"ת בתפיסתם ועל זה אמר נמי כל קדושיו בידך ולהבין זאת וכי מי אינו בידו יתברך ח"ו אלא חילוק יש הגם שכל הנבראים המה בידו יתברך אכן אינם מרגישים כלל זאת בתפיסתם אבל הקדושים מרגישים היטב בהבנת תפיסתם איך שהם בידו יתברך ולכך הם תכו לרגלך וכדמתרגם יונתן הם מתמצאין תחות רגלוי היינו שמקבלים עליהם עול מלכות שמים ברצון לבם וברצון דעתם המה דוחקים עצמם תחת כל עבודת השי"ת ומפאת זה מגיע להם בשורת הדין כל מיני חירות:

"De sa droite, un feu de loi pour eux; certes, Il aime les peuples, tous Ses saints sont dans Ta main, et eux se pressent à Tes pieds" (Deutéronome 33,2-3), etc. C'est à cause de l'intensité de l'amour et de l'affection immense que le Saint, béni soit-Il, a pour Israël qu'Il leur a remis les paroles de Torah avec de grands avertissements.

Comme il est dit dans le saint Zohar: "La Torah sort du côté de la guevoura"; cela signifie qu'on leur a imposé tant d'avertissements afin qu'ils fixent davantage les paroles de Torah dans leur saisie. C'est aussi le sens de: "Tous Ses saints sont dans Ta main." Comment le comprendre?

Qui donc ne serait pas dans Sa main, qu'à Dieu ne plaise? Mais il y a une différence: bien que toutes les créatures soient dans Sa main, qu'Il soit béni, elles ne le ressentent nullement dans leur saisie.

Les saints, eux, ressentent bien, dans la compréhension de leur saisie, comment ils sont dans Sa main, qu'Il soit béni. C'est pourquoi "ils se pressent à Tes pieds"; ainsi que le traduit Yonatan: "ils se compriment sous Ses pieds".

C'est-à-dire qu'ils reçoivent sur eux le joug de la royauté des Cieux par volonté de leur cœur et par volonté de leur esprit; ils se pressent eux-mêmes sous tout le service du Saint, béni soit-Il. De ce fait, toutes sortes de libertés leur reviennent selon la stricte ligne du jugement.

תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב וגו'. ומבואר במדרש (תרומה) אל תקרי מורשה אלא מאורסה.

מאורסה הוא ענין זווג היינו כי השי"ת שופע דברי תורה לכל פרט נפש מישראל כפי הנצרך לו לשורש החיים. והאדם המבקש ה' ורודף אחר ד"ת לא כמי שמיגע עצמו להשיג מעלה מאיזה חכמה שבלתי זאת המעלה הוא רק מחוסר השלמה אלא שיודע היטב אשר ד"ת הם כל החיים ובלעדם הוא ממש מחוסר חיים ומי שמחפש כך אחר ד"ת אזי לנפש כזה המה הד"ת אצלו כזווג שהשי"ת מזווג לו ד"ת בכל עת וזמן כפי שנצרך לו לשורש חיותו כך מאירים לו הד"ת וכמו שמצינו בתד"א (זוטא פ' יד) פעם אחת הייתי מהלך ממקום למקום ומצאני אדם אחד שלא היה בו מקרא ולא משנה וכו' ואמר לי בינה ודעת לא נתנו לי מן השמים שאקרא ואשנה ואמרתי לו בני מה מלאכתך ואמר לי ציד אני ואמרתי לו בני מי למדך ואמר לך שתביא פשתן ותארגהו מצודות ותשליכהו לים ותעלה הדגים מן הים וא"ל רבי בזה נתנו לי בינה ודעה מן השמים ואמרתי לו ומה להביא פשתן ולארוג מצודות ולהשליך לים ולהעלות דגים מן הים נתנו לך בינה ודעה מן השמים לדברי תורה שכתוב בה כי קרוב אליך הדבר מאוד בפיך ובלבבך לעשותו לא נתנו לך בינה ודעה מן השמים וכו' ואמר אזמו"ר הג' הק' זצלה"ה שבודאי היה זה האדם מיגע את עצמו הרבה בדברי תורה כי אם לאו לא היה זוכה לגילוי אליהו אך כל יגיעתו בד"ת היה כמו מי שמייגע עצמו באיזה חכמה כי מבין שמבלעדה הוא מחוסר השלמה אבל שיכיר אשר ד"ת אינו כדבר חכמה בעלמא שהוא רק למלאות חסרון השלימות אלא שד"ת צריכין לעיקר החיים אשר בלעדה נחשב האדם כמת ממש הכרה כזאת לא היה גבי זה האדם לזה אמר לו אליהו מי נתן לך בינה ודעה שתביא פשתן ותארגהו מצודות וכו' זה הוא שאתה מכיר היטב שחסר לך זאת המלאכה לשורש החיים כי בלעדי זאת המלאכה אתה חסר לחם ותמות ברעב כמו כן אם היית מיגע א"ע בד"ת על זה האופן שתדע ברור שחסרין לך ד"ת לשורש החיים ובלעדם אתה נחשב מת ואם היית מחפש כך אחר ד"ת בודאי היה מצאת דעה ובינה לד"ת ג"כ וזה הוא דאיתא במדרש שם תורה צוה לנו משה מורשה אל תקרא מורשה אלא מאורסה כלומר שד"ת המה להאדם בבחינת זווג להיות לו לעזר בכל הענינים הנצרכים לו אם נצרך לשורש החיים שלו יראת ה' משיג ע"י ד"ת יראה ואם נצרך לו בטוחות מזוגין לו הד"ת השגת בטוחות הכל לפי העת שנצרך אליו וגם יש לד"ת המעלה שנקראים מורשה ג"כ היינו כמו ירושה כמו שמצינו במ"ר (צו פ' ט) באדם שלא היה יודע לברך אפילו ברכת המזון והיה אומר קהלת ינאי לא נאמר אלא קהלת יעקב דכתיב תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב היינו שהוא לנו ירושה שאפילו הנפש היותר קטן מישראל יש לו חלק ירושה בהתורה:

"La Torah nous fut ordonnée par Moché, héritage de l'assemblée de Yaakov" (Deutéronome 33,4), etc. Le Midrach explique (Terouma): ne lis pas "moracha" (héritage), mais "me'orasa" (fiancée).

La fiancée est l'affaire de l'union. Car le Saint, béni soit-Il, épanche des paroles de Torah à chaque âme particulière d'Israël, selon ce dont elle a besoin pour la racine de sa vie.

L'homme qui cherche le Nom et poursuit les paroles de Torah ne doit pas être comme celui qui se donne de la peine pour obtenir quelque avantage d'une sagesse, faute duquel il ne lui manquerait que la perfection; il doit savoir clairement que les paroles de Torah sont toute la vie, et que sans elles il manque réellement de vie. Celui qui cherche les paroles de Torah de cette manière les a comme une union: le Saint, béni soit-Il, unit pour lui des paroles de Torah à tout instant et en tout temps, selon ce qui est nécessaire à la racine de sa vitalité; ainsi les paroles de Torah l'illuminent.

C'est ce que nous trouvons dans le Tanna devei Eliyahou Zouta (chapitre 14): "Une fois, je marchais d'un lieu à un autre, et un homme me rencontra, qui n'avait ni Écriture ni Mishna, etc. Il me dit: 'Du Ciel, on ne m'a pas donné intelligence et connaissance pour lire et étudier.' Je lui dis: 'Mon fils, quel est ton métier?' Il me dit: 'Je suis chasseur.' Je lui dis: 'Mon fils, qui t'a appris et t'a dit d'apporter du lin, d'en tisser des filets, de les jeter à la mer et de faire monter les poissons de la mer?' Il me dit: 'Rabbi, pour cela on m'a donné du Ciel intelligence et connaissance.' Je lui dis: 'Pour apporter du lin, tisser des filets, les jeter à la mer et faire monter les poissons de la mer, on t'a donné du Ciel intelligence et connaissance; pour les paroles de Torah, dont il est écrit: Car la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour l'accomplir (Deutéronome 30,14), on ne t'a pas donné du Ciel intelligence et connaissance?', etc." Notre maître et rabbi, le saint gaon, que sa mémoire soit une bénédiction, dit que cet homme s'était certainement beaucoup donné de la peine dans les paroles de Torah, car autrement il n'aurait pas mérité la révélation d'Élie.

Toutefois, tout son effort dans les paroles de Torah était comme celui qui se donne de la peine dans une sagesse quelconque, parce qu'il comprend que sans elle il lui manque la perfection. Mais reconnaître que les paroles de Torah ne sont pas une simple sagesse, destinée seulement à combler le manque de perfection, qu'elles sont nécessaires à la vie même et que sans elles l'homme est considéré comme réellement mort, une telle reconnaissance n'était pas chez cet homme.

C'est pourquoi Élie lui dit: qui t'a donné intelligence et connaissance pour apporter du lin, tisser des filets, etc.? Cela, tu reconnais bien qu'il te manque pour la racine de ta vie, car sans ce métier tu manquerais de pain et mourrais de faim.

De même, si tu t'étais donné de la peine dans les paroles de Torah de cette façon, sachant clairement que les paroles de Torah te manquent pour la racine de ta vie et que sans elles tu es considéré comme mort, et si tu les avais ainsi recherchées, tu aurais certainement trouvé aussi connaissance et intelligence pour les paroles de Torah. C'est le sens de ce qui est enseigné là-bas dans le Midrach: "La Torah nous fut ordonnée par Moché, héritage"; ne lis pas "héritage", mais "fiancée".

Les paroles de Torah sont donc pour l'homme sous l'aspect d'une union, afin de lui venir en aide dans toutes les choses dont il a besoin: s'il a besoin, pour la racine de sa vie, de crainte du Nom, il obtient par les paroles de Torah la crainte; s'il a besoin d'assurances, les paroles de Torah lui dispensent l'acquisition d'assurances, tout selon le moment où il en a besoin. Les paroles de Torah ont aussi l'avantage d'être appelées "héritage", c'est-à-dire comme un héritage, ainsi que nous trouvons dans le Midrach Rabba (Tsav, chapitre 9), au sujet d'un homme qui ne savait pas bénir, même la bénédiction après le repas, et qui disait: "L'assemblée de Yannai".

Il n'est pas dit "l'assemblée de Yannai", mais "l'assemblée de Yaakov", comme il est écrit: "La Torah nous fut ordonnée par Moché, héritage de l'assemblée de Yaakov" (Deutéronome 33,4). Cela signifie qu'elle est pour nous un héritage: même l'âme la plus petite d'Israël a une part d'héritage dans la Torah.

En bref

« La Torah que Moché nous a ordonnée est l’héritage de l’assemblée de Yaakov » (Devarim 33,4). Le Sod Yecharim enseigne que D.ieu a réparti les paroles de Torah entre chaque âme d’Israël : en chacune se trouve un point absent chez son semblable, et par ce point chacun est élevé plus que tout Israël. L’ignorant dit à Rabbi Yannaï « mon héritage est chez toi » : le savoir-vivre d’Israël précède la Torah, et ce vêtement est rempli, en profondeur, de paroles de Torah. Le sage doit y discerner le point caché, même dans l’âme la plus basse. Moché, par bienveillance, donne le pilpoul, percée des écrans, afin que chaque âme atteigne sa part sans intermédiaire.

Aussi : Yechouroun, lumière directe qui englobe toutes les âmes sans écran, selon l’ordre des degrés

תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב. היינו שחילק השי"ת את היקרות של דברי תורה והורישו לכל פרט נפש מישראל עד שנמצא בכל נפש מישראל נקודה יקרה כזו שאיננו בזולתו ובזה הנקודה הנמצא גבי כל אחד ואחד הוא מדוגל ומנושא בה יותר מכל ישראל וזהו דאיתא במ"ר (צו פ' ט) מעשה בר' ינאי שהיה מהלך בדרך וראה אדם אחד וכו' הכניסו לביתו האכילו והשקהו בדקו במקרא ולא מצאו במשנה באגדה בתלמוד וכו' ולא מצאו א"ל סב בריך וכו' אמור אכיל כלבא פיסתיה דינאי קם תפסיה א"ל ירותתי גבך וכו' א"ל ומה ירותתך גבי א"ל חד זמן הוינא עבר קמי בית ספריא ושמעית קלהון דמניקיא אמרין תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב.

מורשה קהלת ינאי אין כתיב כאן אלא קהלת יעקב א"ל למה זכית למיכל על פתוריא א"ל מיומי לא שמעית מילא בישא וחזרתי למרה ולא חמית דמתכתשין דין עם דין ולא יהבית שלמא ביניהון א"ל כל הדא דרך ארץ גבך וקריתך כלבא וכו':

"La Torah que Moché nous a ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yaakov" (Deutéronome 33,4). Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, a réparti la preciousite des paroles de Torah et l'a léguée à chaque âme particulière d'Israël, de sorte qu'en chaque âme d'Israël se trouve un tel point précieux, qui ne se trouve pas chez son semblable; et par le point qui se trouve chez chacun et chacune, il est distingué et élevé plus que tout Israël.

C'est ce qui est rapporté dans le Midrach Rabba (9,9): Il arriva que Rabbi Yannai marchait en chemin et vit un homme, etc. Il le fit entrer chez lui, le nourrit et l'abreuva; il l'interrogea sur l'Écriture, et ne trouva rien; sur la Michna, l'Aggada, le Talmud, etc., et ne trouva rien.

Il lui dit: Prends la coupe et bénis, etc. Il répondit: Dis: Le chien a mangé le morceau de Yannai.

Il se leva et le saisit. Il lui dit: Mon héritage est chez toi, etc.

Il lui dit: Quel héritage as-tu chez moi? Il répondit: Une fois, je passais devant une école et j'entendis la voix des enfants qui disaient: "La Torah que Moché nous a ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yaakov" (Deutéronome 33,4).

Il n'est pas écrit: l'assemblée de Yannai, mais l'assemblée de Yaakov. Il lui dit: Pourquoi as-tu mérité de manger à ma table?

Il répondit: De mes jours, je n'ai jamais entendu une mauvaise parole pour la répéter à celui dont elle était dite; je n'ai pas non plus vu deux personnes se quereller sans mettre la paix entre elles. Il lui dit: Tout ce savoir-vivre (derekh eretz) est en toi, et je t'ai appelé chien, etc.

ולהבין זאת מה זה שאותו עם הארץ היה טוען לר' ינאי ירותתי גבך מכח הפסוק תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב כיון שבדקו ולא מצא בו באמת כלום לא במקרא ולא במשנה וכו' ואפילו ברכת המזון לא ידע אלא איזה דברי דרך ארץ שהיה בו וא"כ מדוע נתפעל כ"כ ר' ינאי מלפניו הלא דרך ארץ הוא רק קדמה לתורה וגם מה זאת שהתחרט כ"כ ר' ינאי וחזר בו מיד כשראה בו דרך ארץ ואמר כל הדא דרך ארץ גבך וקריתך כלבא וכו' הלא אצל העו"ג יש ג"כ דרך ארץ כמו שמצינו כמה פעמים בש"ס בשלשה דברים אוהב אני את הפרסיים וכו' וכדומה מצינו בגמ' כמה דרך ארץ שנמצא אצלם ובמה זאת התעורר לר' ינאי זה העם הארץ בדבריו. אמנם זה העמא דארעא פתח לו לר' ינאי מה שהיה מלפנים נעלם ממנו כי בזה שאמר לו קהלת ינאי אין כתיב כאן אלא קהלת יעקב רמז לו שהדרך ארץ הנמצא גבי ישראל אינו כמו הד"א הנמצא גבי עכו"ם וכמו שרמזו זאת באמת בגמ' בשלשה דברים אוהב אני את הפרסים וכן מחשב שם הדברים שאוהב את המדיים וכו' וכדומה זה הכל להורות שיותר מאלו הדברים שמחשבים שם בגמ' אזי הוא כל מה שאצלם רק הוללות וסכלות ולא נמצא בהם יותר שום דבר טוב כי רחוקים המה מד"ת והדרך ארץ שלהם אינו כלל קדמה לתורה כי כל הד"א שבהם הוא רק על הגוון והלבוש אבל בעומקו הוא פנוי וריק משא"כ הדרך ארץ הנמצא גבי ישראל הוא באמת תמיד קדמה לתורה היינו שאותו גוון הלבוש מדרך ארץ הוא בעמקו מלא מדברי תורה אף שזה הבעל דרך ארץ הוא עם הארץ שאינו מכיר בעצמו את היקרות מהנקודה של ד"ת הנמצא בעומק לבבו וכמו שהיה כאן בדקו במקרא במשנה ובאגדה ובתלמוד ואף בברכת המזון ולא מצאו בכל זאת כיון שנתחלק הד"ת לכל קהלת יעקב אפילו להנפש הנמוך ביותר לכן מי שהוא באמת ת"ח צריך שפיר להכיר מגוון הלבוש של הדרך ארץ שרואה אצל עם הארץ את עומק היקרות מהנקודה של ד"ת הנמצא בו וזה הוא שתפסיה ואמר לו ירותתי גבך וכו' קהלת ינאי לא כתיב כאן אלא קהלת יעקב וכו' היינו שחילק השי"ת את הד"ת לכל נפשות ישראל עד שאינו בנמצא כלל אפילו בהנפש היותר נמוך מישראל שיהיה משולל לגמרי ח"ו מדברי תורה ובזאת הנקודה מד"ת הנמצא גבי כל אחד ואחד הוא באמת מדוגל ומנושא בה יותר מכל ישראל לזה תפסיה לר' ינאי ואמר לו ירותתי גבך כלומר אף שאני בעצמי אינו מכיר הדברי תורה הנמצא בעומק לבי מפני שאני עם הארץ.

אבל אתה ר' ינאי הלא תלמיד חכם אתה היה לך להבחין ולהוכיח מהדרך ארץ שיש בי את היקרות מהנקודה של ד"ת הנמצא בי שממנה נסתעף אצלי כל אותו הדרך ארץ ומאלו הדברים האמיתיים נתעורר ר' ינאי והודה מיד לדבריו והתחרט ואמר כל הדא דרך ארץ גבך וקריתך כלבא וכו':

Il faut comprendre: qu'est-ce que cet ignorant (am ha'arets) revendiquait à Rabbi Yannai en disant: "Mon héritage est chez toi", en vertu du verset: "La Torah que Moché nous a ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yaakov"? Puisqu'on l'avait examiné et qu'on n'avait vraiment rien trouvé en lui, ni Écriture ni Michna, etc., et qu'il ne connaissait même pas la bénédiction après le repas, mais seulement quelques règles de savoir-vivre qui étaient en lui, pourquoi Rabbi Yannai fut-il donc tant impressionné par lui?

Le savoir-vivre ne précède-t-il pas seulement la Torah? Et pourquoi Rabbi Yannai se repentit-il tant et revint-il aussitôt sur son jugement lorsqu'il y vit du savoir-vivre, disant: "Tout ce savoir-vivre est en toi, et je t'ai appelé chien", etc.?

Chez les non-Juifs aussi il y a du savoir-vivre, comme nous trouvons souvent dans le Talmud: "En trois choses j'aime les Perses", etc.; et nous trouvons de même dans la Guemara maintes règles de savoir-vivre qui se trouvent chez eux. En quoi cet ignorant éveilla-t-il Rabbi Yannai par ses paroles?

Mais cet ignorant découvrit à Rabbi Yannai ce qui lui était auparavant caché. En lui disant: "Il n'est pas écrit: l'assemblée de Yannai, mais l'assemblée de Yaakov", il lui indiqua que le savoir-vivre qui se trouve en Israël n'est pas semblable à celui qui se trouve chez les idolâtres.

C'est ce que la Guemara elle-même indique par: "En trois choses j'aime les Perses", puis en énumérant les choses pour lesquelles elle aime les Mèdes, etc. Tout cela enseigne qu'en dehors des choses énumérées là-bas par la Guemara, tout ce qui est chez eux n'est que folie et sottise, et qu'il ne se trouve plus chez eux aucun bien, car ils sont éloignés des paroles de Torah.

Leur savoir-vivre ne précède nullement la Torah, car tout leur savoir-vivre n'est que forme et vêtement, tandis qu'en profondeur il est vacant et vide. Au contraire, le savoir-vivre qui se trouve en Israël précède toujours réellement la Torah: cette forme et ce vêtement de savoir-vivre sont, en profondeur, remplis de paroles de Torah.

Bien que cet homme de savoir-vivre soit un ignorant, qui ne reconnaît pas lui-même la preciousite du point de Torah qui se trouve au fond de son cœur, comme ce fut le cas ici: on l'examina sur l'Écriture, la Michna, l'Aggada et le Talmud, et même sur la bénédiction après le repas, sans rien trouver; néanmoins, puisque les paroles de Torah furent réparties entre toute l'assemblée de Yaakov, même l'âme la plus basse a sa part. C'est pourquoi celui qui est vraiment un sage de la Torah doit reconnaître, dans la forme et le vêtement du savoir-vivre qu'il voit chez l'ignorant, la profondeur de la preciousite du point de Torah qui se trouve en lui.

Tel est le sens de ce qu'il le saisit et lui dit: "Mon héritage est chez toi", etc.; "Il n'est pas écrit: l'assemblée de Yannai, mais l'assemblée de Yaakov", etc. Le Saint, béni soit-Il, a réparti les paroles de Torah entre toutes les âmes d'Israël, au point qu'il ne se trouve absolument pas, même dans l'âme la plus basse d'Israël, une âme entièrement dépourvue, à Dieu ne plaise, de paroles de Torah.

Et par ce point de Torah qui se trouve chez chacun, chacun est vraiment distingué et élevé plus que tout Israël. C'est pourquoi il saisit Rabbi Yannai et lui dit: "Mon héritage est chez toi"; c'est-à-dire: bien que moi-même je ne reconnaisse pas les paroles de Torah qui sont au fond de mon cœur, parce que je suis un ignorant, toi, Rabbi Yannai, tu es un sage de la Torah; tu devais discerner et établir, par le savoir-vivre qui est en moi, la preciousite du point de Torah qui se trouve en moi, d'où procède tout ce savoir-vivre.

Ces paroles véridiques éveillèrent Rabbi Yannai; il leur donna aussitôt raison, se repentit et dit: "Tout ce savoir-vivre est en toi, et je t'ai appelé chien", etc.

תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב. איתא במדרש תנחומא (פ' תשא) וכי תורת משה הוא הלא תורת ה' הוא אלא לפי שהקטין א"ע לפיכך נקראת על שמו היינו כי מחמת גודל טובת עין שהיה במשה רבינו לישראל הקטין א"ע כ"כ במסירתו את התורה להם כאלו לא היה כלל הוא שליח ואמצעי ביניהם כדי שיהיה נחשב קבלתם את התורה שקבלו אותה מיד השי"ת בעצמו בלי שום אמצעי כלל וזהו דאיתא בגמרא (נדרים לח) לא נתנה תורה אלא למשה ולזרעו וכו' ומשה נהג בהם טובת עין ונתנה לישראל ומסיק שם אלא פלפולא בעלמא הוא דניתן למשה ונהג בו טובת עין ונתנה לישראל.

וענין פלפולא דאורייתא הוא כמו שמציני בגמרא (ב"מ פ"ד) כי הוה אמינא מלתא הוה מקשי לי עשרין וארבע קושייתא ומפריקנא ליה עשרין וארבעה פרוקי וממילא רווחא שמעתתא היינו כי ע"י שמגיע לאור ע"י בקיעות מסכים המסתירים יכול להשיג את האור בעוצם הבהירות ממש כמו שהוא בהמקור וזה הבקיעות מסך ההסתר נקרא פלפולא דאורייתא ומבלעדי פלפולא דאורייתא אין יתכן כלל לקבל את האור בבהירות עצום כ"כ כמו שהוא בהמקור מאחר שכל השגתו בזה האור הוא כמו שמקבל ע"י אמצעי ולזה נתן מ"ר עצה לישראל בטובת עינו שיקבלו את האור רק ע"י פלפולא דאורייתא מתוך יגיעות כמה קושיות ופרוקין עד שיהיו בוקעין את כל ההסתרות כדי שיגיע לעצמית האור בלי אמצעי כלל רק באותו הבהירות ממש כמו שהוא בהמקור קהלת יעקב, היינו שכל הד"ת נתחלקו בכלל ישראל עד שאין שום אחד בישראל שלא יהיה לו חלק בד"ת כדאיתא במדרש רבה (מובא לעיל) בהאי עמא דארעא שלא היה יודע אפילו ברכת המזון ואמר לר' ינאי ירותתי גבך וכו' קהלת ינאי אין כתוב כאן אלא קהלת יעקב וכו' ונתקבלו דבריו אצל ר' ינאי כי רמז לו בזה אף שהוא עם הארץ ואינו מבין שיכיר היקרות מד"ת הנמצא בו מ"מ בעומק לבו יש ד"ת היקרים מאוד רק שהם נעלמים ממנו משום שהוא עם הארץ אבל כאשר יסתכל ר' ינאי בהם ימצא היקרות הנמצא אצלו בעומק כי גם בנפש הנמוך מישראל יש ד"ת יקרים מאוד:

"La Torah que Moché nous a ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yaakov" (Deutéronome 33,4). Il est rapporté dans le Midrach Tan'houma (Ki Tissa): Est-ce donc la Torah de Moché?

N'est-elle pas la Torah de ה'? Mais parce qu'il s'est tellement amoindri, elle est appelée de son nom.

Cela veut dire qu'à cause de la grandeur de sa bienveillance envers Israël, Moché notre maître s'amoindrit tellement en leur transmettant la Torah, comme s'il n'était aucunement l'envoyé et l'intermédiaire entre eux, afin que leur réception de la Torah soit considérée comme une réception du Saint, béni soit-Il, Lui-même, sans aucun intermédiaire. C'est ce qui est rapporté dans la Guemara (Nedarim 38): "La Torah n'a été donnée qu'à Moché et à sa descendance", etc.; et Moché usa envers eux d'un œil généreux et la donna à Israël.

La conclusion y est: "Seul le pilpoul de la Torah fut donné à Moché, et il usa envers eux d'un œil généreux et le donna à Israël." Le sens du pilpoul de la Torah est comme nous trouvons dans la Guemara (Bava Metsia 84): "Lorsque je disais une chose, il me posait vingt-quatre difficultés, et je lui donnais vingt-quatre solutions; et, d'elle-même, la tradition s'élargissait." Cela veut dire que, par la percée des écrans qui cachent la lumière, on peut atteindre la lumière dans une clarté très intense, telle qu'elle est à sa source. Cette percée de l'écran de dissimulation est appelée pilpoul de la Torah.

Sans le pilpoul de la Torah, il est tout à fait impossible de recevoir la lumière dans une clarté si intense, telle qu'elle est à la source, car toute son appréhension de cette lumière est alors comme une réception par un intermédiaire. C'est pourquoi Moché notre maître donna à Israël le conseil, dans sa bienveillance, de ne recevoir la lumière que par le pilpoul de la Torah, au moyen du labeur de nombreuses difficultés et solutions, jusqu'à percer toutes les dissimulations, afin d'atteindre l'essence de la lumière sans aucun intermédiaire, dans la clarté même où elle est à la source.

"L'assemblée de Yaakov" veut dire que toutes les paroles de Torah sont réparties dans l'ensemble d'Israël, de sorte qu'il n'est aucun homme en Israël qui n'ait une part aux paroles de Torah. Ainsi qu'il est rapporté dans le Midrach Rabba, cité plus haut, à propos de cet ignorant qui ne connaissait même pas la bénédiction après le repas et dit à Rabbi Yannai: "Mon héritage est chez toi", etc.; "Il n'est pas écrit: l'assemblée de Yannai, mais l'assemblée de Yaakov", etc.

Rabbi Yannai accepta ses paroles, car il lui indiquait par là que, bien qu'il fut un ignorant et ne comprît pas assez pour reconnaître la preciousite des paroles de Torah qui étaient en lui, il y avait néanmoins, au fond de son cœur, des paroles de Torah très précieuses, seulement cachées de lui parce qu'il était un ignorant. Mais lorsque Rabbi Yannai les regarderait, il trouverait la preciousite qui se trouvait en sa profondeur, car même dans l'âme la plus basse d'Israël se trouvent des paroles de Torah très précieuses.

תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב. איתא בגמרא (נדרים לח.) אמר ר"י בר חנינא לא נתנה תורה אלא למשה ולזרעו שנאמר כתב לך וגו' ומשה נהג בה טובת עין ונתנה לישראל ועליו נאמר טוב עין הוא יבורך וגו' מתיב רב חסדא וכו' ומסיק שם אלא פלפולא בעלמא וכו' וענין פלפולא היינו הרווחא דשמעתתא המתפשט אחר כל הדחוקים והיגיעות מכמה קושיות וסתירות כמו שביאר בזה אאמו"ר הג' הק' זצלה"ה שהשכל מזה העולם אינו מסכים להשכל של דברי תורה יען שעלמא דין הוא היפוכו מעלמא דאתי והשכל מזה העולם הוא לגמרי ההיפך מד"ת אלא שהכח החזק מד"ת בוקע ההסתר מזה העולם עד שאפילו השכל מזה העולם מוכרח ג"כ להסכים וממילא מירווח השמעתתא בלי שום התנגדות כענין שמצינו בגמרא (ב"מ פד.) גבי ר' יוחנן שאמר לר"א את כבר לקישא בר לקישא כי הוה אמינא מלתא הוה מקשי לי עשרין וארבע קושייתא ומפריקנא ליה כ"ד פרוקי וממילא רווחא שמעתתא וכו' וזה הרווחא שמעתתא היוצא אחר כמה קושיות וסתירות ונקרא פלפולא דאורייתא שמשה רבינו נהג בה טובת עין ונתנה לישראל היינו שמאוד בהצנע קבע מ"ר בעומק הלב של כל פרט נפש מישראל כל הד"ת וכל פרט נפש יכול שפיר למצוא אחר פלפול יגיעתו החלק שיש לו בהדברי תורה בשורשו וכדאיתא במדרש (צו פ' ט) המובא לעיל (אות מ') שאמר העם הארץ לר' ינאי ירותתי גבך וכו' תורה צוה לנו משה מורשה קהלת ינאי אין כתיב כאן אלא מורשה קהלת יעקב להורות שהד"ת שנתן מ"ר לישראל יש בה חלק לכל פרט נפש אפי' הקטן ביותר לזה נאמר בה מורשה לשון ירושה וכמבואר בגמרא (ב"ב) מה ירושה אין לה הפסק כך אין לד"ת שמסר מ"ר לישראל שום הפסק וכמאמרם ז"ל בגמ' (סנהדרין צו) הזהרו בבני עם הארץ שמהם תצא תורה ובגמרא (נדרים פא) הזהרו בבני עניים שמהם תצא תורה ובד"ת לא מיירי מעני שאין לו כסף וזהב אלא מה שנקרא בגמרא עני הוא אין עני אלא מדעת ובכל זאת אמרו הזהרו בבני ענים שמהם תצא תורה הרי שאין שום הפסק לד"ת כי אם היה נפסק ח"ו הד"ת אצל זה העני מדעת פעם אחת שוב לא היה אצלו חיבור ואיך היה יתכן שיצאו ממנו בנים שמהם תצא תורה אלא ע"כ שמעומק הלב של ישראל אינו נפסק מעולם הד"ת בשום פעם וכמאמרם ז"ל והא חזינן דפסק, הדר אתי היינו שכל מה דחזינן דפסק הוא רק שנתיישן אצלו הד"ת ומסבת זה נראה על הגוון דפסק ח"ו אבל באמת לא נעדר מעומק הלב הד"ת אלא צריכין לעוררם מחדש אבל כשמעוררין אותו אזי הדר אתי ואז יכולין להכיר בו גם למפרע הד"ת שהיה נמצא בו שלא מדעת וזהו הענין מפלפולא דאורייתא שנהג בה מ"ר טובת עין ונתנה לישראל שיצא הד"ת אצלם לאור אפי' אחר כמה קושיות והסתרות ואדרבה מסבת הקשיות והסתרות ירווח ביותר השמעתתא מאחר שבאמת יש לכל פרט נפש מישראל חלק ואחיזה בדברי תורה כמו שמצינו בזה המדרש שזה העם הארץ האיר את עיני ר' ינאי בזה הפסוק מורשה קהלת ינאי אין כתיב כאן אלא מורשה קהלת יעקב הרי שנכתב בתורה זה הדיוק במכוון כדי לזכות אותו העם הארץ כן יש לכל פרט נפש מישראל חלק בד"ת ועל זה רומז קהלת יעקב כי יעקב הוא ברזא דעץ חיים ועץ חיים הוא אילנא דכלא ביה כדאי' בזוה"ק (מקץ קנג.) אילנא דחייא איהו בכמה דרגין מתפרשין דא מן דא וכלהו חד וכו' וכל בני מהמניתא כלהו מתתקפין באילנא דחייא כלהו אחידין באילנא ממש מנהון אחודין באנפין מנהון בעלין מנהון בשרשין אשתכחו דכלא אחידן באילנא דחיי וכו' פירוש שכל מי שנוגע אף בלבוש קטן של דברי תורה אזי הוא נוגע בכל הד"ת וזהו קהלת יעקב:

"La Torah que Moché nous a ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yaakov" (Deutéronome 33,4). Il est rapporté dans la Guemara (Nedarim 38): Rabbi Yo'hanan bar Hanina dit: "La Torah n'a été donnée qu'à Moché et à sa descendance, ainsi qu'il est dit: 'Écris pour toi', etc." Moché usa envers elle d'un œil généreux et la donna à Israël; c'est de lui qu'il est dit: "L'homme au bon œil sera béni", etc.

Rav Hisda objecta, etc.; et la conclusion y est: "Seulement le pilpoul", etc. Le pilpoul est l'élargissement de la tradition qui se propage après toutes les tensions et les fatigues de nombreuses difficultés et contradictions.

Mon seigneur, mon père et mon maître, le gaon saint, que le souvenir du juste soit pour une bénédiction dans le monde à venir, l'expliqua ainsi: l'intelligence de ce monde ne s'accorde pas avec l'intelligence des paroles de Torah, car ce monde-ci est l'inverse du monde à venir; l'intelligence de ce monde est entièrement l'inverse des paroles de Torah. Mais la force puissante des paroles de Torah perce la dissimulation de ce monde, jusqu'à ce que même l'intelligence de ce monde soit elle aussi contrainte d'acquiescer; alors, d'elle-même, la tradition s'élargit, sans aucune opposition.

C'est comme ce que nous trouvons dans la Guemara (Bava Metsia 84) au sujet de Rabbi Yo'hanan, qui disait à Rabbi Elazar: "Tu es fils de Lakish, fils de Lakish! Lorsque je disais une chose, il me posait vingt-quatre difficultés, et je lui donnais vingt-quatre solutions, et d'elle-même la tradition s'élargissait", etc.

Cet élargissement de la tradition, qui sort après de nombreuses difficultés et contradictions et s'appelle le pilpoul de la Torah, Moché notre maître en usa avec un œil généreux et le donna à Israël. C'est-à-dire que Moché notre maître fixa, très secrètement, au fond du cœur de chaque âme particulière d'Israël, toutes les paroles de Torah; et chaque âme particulière peut assurment trouver, après le pilpoul de son labeur, la part qu'elle a dans les paroles de Torah à leur racine.

Comme il est rapporté dans le Midrach (9,9), cité plus haut (paragraphe 40), l'ignorant dit à Rabbi Yannai: "Mon héritage est chez toi", etc.; "La Torah que Moché nous a ordonnée est l'héritage de l'assemblée de Yannai" n'est pas écrit, mais "l'héritage de l'assemblée de Yaakov", pour enseigner que les paroles de Torah que Moché notre maître donna à Israël comportent une part pour chaque âme particulière, même la plus petite. C'est pourquoi il y est dit "héritage", langage de succession; comme la Guemara l'explique (Bava Batra): de même qu'une succession n'a pas d'interruption, ainsi les paroles de Torah que Moché notre maître transmit à Israël n'ont aucune interruption.

Ainsi qu'ils ont dit dans la Guemara (Sanhédrin 96): "Prenez garde aux fils des ignorants, car d'eux sortira la Torah"; et dans la Guemara (Nedarim 81): "Prenez garde aux fils des pauvres, car d'eux sortira la Torah." Il n'est pas question, au sujet des paroles de Torah, du pauvre qui n'a ni argent ni or; celui qui est appelé pauvre dans la Guemara est celui qui est pauvre de connaissance: "Il n'est de pauvre que de connaissance." Et pourtant ils ont dit: "Prenez garde aux fils des pauvres, car d'eux sortira la Torah." Il n'y a donc aucune interruption des paroles de Torah; car si, à Dieu ne plaise, les paroles de Torah avaient été interrompues une fois chez ce pauvre de connaissance, il n'aurait plus eu ensuite de lien avec elles: comment pourrait-il se faire que sortent de lui des fils d'où sortirait la Torah? Il faut donc conclure que, du fond du cœur d'Israël, les paroles de Torah ne cessent jamais, en aucun temps.

Et selon leur parole: "Mais nous voyons qu'elles ont cessé; elles reviennent", tout ce que nous voyons comme une cessation vient seulement de ce que les paroles de Torah se sont usées chez lui; pour cette raison il paraît extérieurement qu'elles ont cessé, à Dieu ne plaise. Mais en vérité les paroles de Torah n'ont pas disparu du fond du cœur: il faut seulement les éveiller à nouveau.

Lorsqu'on l'éveille, elles reviennent; alors on peut aussi reconnaître rétrospectivement les paroles de Torah qui se trouvaient en lui sans qu'il le sache. Tel est le sens du pilpoul de la Torah, dont Moché notre maître usa avec un œil généreux et qu'il donna à Israël: les paroles de Torah sortent chez eux à la lumière même après de nombreuses difficultés et dissimulations; et au contraire, en raison des difficultés et des dissimulations, la tradition s'élargit davantage, puisqu'en vérité chaque âme particulière d'Israël a une part et une prise dans les paroles de Torah.

Ainsi que nous le trouvons dans ce Midrach: cet ignorant éclaira les yeux de Rabbi Yannai par ce verset, "L'héritage de l'assemblée de Yannai" n'est pas écrit, mais "l'héritage de l'assemblée de Yaakov". Cette précision a donc été écrite dans la Torah à dessein, afin de donner ce mérite à cet ignorant.

Ainsi chaque âme particulière d'Israël a une part dans les paroles de Torah. C'est à cela que fait allusion "l'assemblée de Yaakov", car Yaakov est dans le mystère de l'Arbre de Vie, et l'Arbre de Vie est l'arbre où tout est contenu, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Mikets 153): "L'Arbre de Vie se déploie en plusieurs degrés distincts les uns des autres, et tous ne font qu'un, etc.

Tous les fils de la foi prennent force dans l'Arbre de Vie, tous y sont attachés: certains sont attachés aux branches, certains aux feuilles, certains aux racines; il se trouve ainsi que tous sont attachés à l'Arbre de Vie", etc. Cela signifie que quiconque touche, ne fût-ce qu'un petit vêtement des paroles de Torah, touche toutes les paroles de Torah.

Tel est "l'assemblée de Yaakov".

ויהי בישרון מלך בהתאסף ראשי העם יחד שבטי ישראל ענין ישרון היינו אור ישר כלומר שיש אור ישר מהשי"ת עד הנפש הנמוך ביותר מישראל בלי שום מסך המבדיל וסדר של אור ישר הוא כשיש מדרגות בישראל וכמו שביאר האר"י הק' ז"ל מלת ישרון שאין שורה פרות משלשה וזהו תרי וחד שרומז על סדר מדרגות וזהו בהתאסף ראשי העם יחד שבטי ישראל היינו שזה האור ישר כולל כל נפשות ישראל שאין שום נפש אפילו הקטן ביותר שלא יהיה נכלל בזה האור ישר:

"Il fut roi en Yeshouroun, quand se rassemblèrent les chefs du peuple, ensemble les tribus d'Israël" (Deutéronome 33,5). Le sens de Yeshouroun est la lumière directe (or yashar): il y a une lumière directe du Saint, béni soit-Il, jusqu'à l'âme la plus basse d'Israël, sans aucun écran séparateur.

L'ordre de la lumière directe est lorsqu'il y a des degrés en Israël. Comme l'a expliqué le saint Ari, de mémoire bénie, au sujet du mot Yeshouroun: "une rangée ne compte pas moins de trois"; c'est "deux et un", qui indique l'ordre des degrés.

Tel est: "quand se rassemblèrent les chefs du peuple, ensemble les tribus d'Israël"; cette lumière directe englobe toutes les âmes d'Israël, et il n'est aucune âme, même la plus petite, qui ne soit incluse dans cette lumière directe.

En bref

« Il y eut un roi en Yechouroun » (Devarim 33,5). Le Sod Yecharim enseigne que la royauté de ce monde vient de la divergence des opinions, tandis que la royauté de D.ieu a place même dans la ligne de la droiture. Aucune influence ne s’achève sans l’attribut de royauté, reconnaissance qu’« il n’a rien de lui-même ». De Moché commence la lumière directe. Par elle il répare Reouven : « Que Reouven vive et ne meure pas », un réceptacle, et que ses hommes soient comptables. « Écoute, Hachem, la voix de Yehouda » : que la voix intérieure se révèle ; la bénédiction de Chim’on y est incluse.

Aussi : le chemin de yovam redressé lorsque Chim’on est inclus en Yehouda ; les os de Yehouda roulant dans l’arche jusqu’à la prière de Moché

ויהי בישורון מלך וגו'. להיות שענין מלוכה בזה העולם הוא רק מסבת התחלקות הדעות שכל אחד נוטה לנגיעתו כי בזה העולם הוא עיקר ענין מלכות כאשר הברואים המה נפרדים וכדאיתא (אבות) הוי מתפלל בשלומה של מלכות כי אלמלא מוראה של מלכות איש את רעהו חיים בלעו וכו' צריכין למלך שיהיו כולס סרים למשמעתו כדי שיהיה מאחד את כל הדעות אבל אם היו במציאות שיהיו עומדים כל העם בקו המשקל השוה שלא יהיה נוגע שום אדם לעצמו יותר מלזולתו אזי לא היו צריכין למלך אבל המלוכה של השי"ת יתכן גם בעת שכל עולם עומדין בקו היושר ובמשקל השוה לבלתי ימשוך כל אחד רק לעצמו ובכל זאת צריכין למדת מלכותו יתברך וזהו ויהי בישורון מלך כלומר אף כשעומדין בקו היושר צריכין למלכותו יתברך והוא כי כל מדה מקבלת מלמעלה הימנה ומשפעת למטה הימנה כדאיתא בזוה"ק (שמות ד) אע"ג דאיהו מלך עלאה איהו נוקבא לגבי נקודא לגבי נקודא עלאה סתימא דכלא.

ואע"ג דאיהו נוקבא איהו דכורא לגבי מלך דלתתא וכו' ובכל מיני השפעות מוכרח להיות בגמר תכליתם מדת המלכות ומבלעדה אין שום כח בשום דרגא להשפיע לזולתה כי כל הכח להשפיע הוא רק מפאת זאת ההכרה דלית ליה מגרמיה כלום כמבואר בזוה"ק (פנחס רנז:) שם אל סהיד על מארי דכלא דלית יכולת לכל שם והויה ודרגא כ"ש לשאר בריין פחות מניה הה"ד כלא חשיבין וכו' והוא שע"י שמכיר שכל הכחות כלא חשיבין ורק השי"ת לבדו הוא הפועל לכן נעשה זאת הדרגא כלי פעולה לרצונו יתברך ומופיע בה כח להשפיע לזולתה כל החסדים כי לא בהיפך אתיין אל וכו' וכי מנהיג השי"ת עם האדם שכל כמה שיש בו הכרה דלית ליה מגרמיה כלום כך נעשה כלי לקבל השפעתו יתברך כי השי"ת אינו נותן שום כח רק למי שמכיר היטב שלא עזב השי"ת עדיין מידו שום דבר כי כמו שהוא בעולמות העליונים כך מנהיג השי"ת גם בזה העולם נמצא שאינה נגמרת שום השפעה רק דרך מדת המלכות כי מדת המלכות רומזת על זאת ההכרה דלית לה מגרמיה כלום בלעדי כחו יתברך הרי שמדת המלכות יש לה מקום אפילו למעלה במקום העליון ששם עומדין כל צבא מעלה בקו היושר ובמשקל השוה וזהו ויהי בישרון מלך וכן יתכן מלכותו יתברך אף בעוה"ז גם אם היה אחדות והתכללות בהבריאה כמאמר אדון עולם אשר מלך בטרם כל יציר נברא:

"Il y eut un roi en Yeshouroun" (Deutéronome 33,5), etc. Car la royauté en ce monde ne provient que de la divergence des opinions: chacun penche vers ce qui le touche personnellement.

En ce monde, la royauté est essentielle lorsque les créatures sont séparées, comme il est enseigné (Pirqé Avot): "Prie pour la paix du pouvoir royal, car sans sa crainte, l'homme engloutirait son prochain vivant". Ils ont besoin d'un roi afin que tous se soumettent à sa discipline et qu'il unifie toutes les opinions.

Mais s'ils existaient de sorte que tout le peuple se tînt sur la ligne d'une juste balance, que nul ne se souciât de soi plus que d'autrui, ils n'auraient pas besoin de roi. La royauté du Saint, béni soit-Il, est toutefois possible même lorsque tout le monde se tient dans la ligne de la droiture et dans une juste balance, sans que chacun n'attire seulement à soi; et malgré cela, ils ont besoin de Son attribut de royauté.

C'est le sens de "Il y eut un roi en Yeshouroun": même lorsqu'ils se tiennent dans la ligne de la droiture, ils ont besoin de Sa royauté, béni soit-Il. Car chaque attribut reçoit de celui qui est au-dessus de lui et influe sur celui qui est au-dessous de lui, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Chemot 4): "Bien qu'il soit le Roi suprême, il est femelle par rapport au point, au point suprême caché de tout; et bien qu'il soit femelle, il est mâle par rapport au roi d'en bas", etc.

Dans toutes les sortes d'influences, il est indispensable, à leur achèvement ultime, d'avoir l'attribut de royauté; sans lui aucune puissance, à quelque degré que ce soit, ne peut influer sur autrui. Car toute la puissance d'influer vient seulement de cette reconnaissance: "il n'a rien de lui-même" (לית ליה מגרמיה כלום), ainsi qu'il est expliqué dans le saint Zohar (Pinhas 257b): "Le nom El témoigne du Maître de tout: aucune force n'appartient à aucun nom, être ou degré, à plus forte raison aux autres créatures qui lui sont inférieures; comme il est écrit: tous sont comptés..." C'est par la reconnaissance que toutes les puissances sont "comptées pour rien" (כלא חשיבין), et que seul le Saint, béni soit-Il, agit, que ce degré devient un instrument d'action pour Sa volonté, et que se manifeste en lui la puissance d'influer sur autrui tous les hassadim (bontés); car ils ne lui viennent pas à l'inverse.

Ainsi le Saint, béni soit-Il, dirige-t-Il l'homme: dans la mesure où il reconnaît qu'il n'a rien de lui-même, il devient un réceptacle pour recevoir Son influence, béni soit-Il. Car le Saint, béni soit-Il, ne donne de force qu'à celui qui reconnaît bien que le Saint, béni soit-Il, n'a encore rien abandonné de Sa main.

De même qu'il en est dans les mondes supérieurs, ainsi le Saint, béni soit-Il, dirige aussi ce monde. Il en résulte qu'aucune influence ne s'achève que par l'attribut de royauté, car cet attribut fait allusion à cette reconnaissance qu'elle n'a rien d'elle-même, hors Sa puissance, béni soit-Il.

Ainsi, l'attribut de royauté a une place même en haut, dans le lieu le plus élevé, où toute l'armée céleste se tient dans la ligne de la droiture et dans une juste balance. C'est "Il y eut un roi en Yeshouroun".

De même Sa royauté, béni soit-Il, serait possible même dans ce monde, même s'il y avait unité et inclusion mutuelle dans la création, suivant la parole: "Maître du monde, qui régnait avant que toute créature fût créée."

ויהי בישרון מלך וגו'. היינו כי ממשה רבינו התחיל אור ישר ועל זה רומז מלת ישרון כי טרם שהיה ד"ת היה הכל באורח יובם וע"י דברי תורה יכולין להסתכל להשי"ת באור ישר.

ויען שמשה רבינו היה בישרון מלך לכך היה בכחו לישר ולתקן מה שלא נשלם ע"י יעקב אבינו לזה אמר יחי ראובן ואל ימות ויהי מתיו מספר והיה מתקן בזה מה שאמר יעקב אבינו על ראובן פחז כמים אל תותר היינו כי ע"י הפחיזות והמהירות של ראובן היה שנעדר ממנו הכלי קיבול ח"ו ולא נותר בו כלום לזה אמר מ"ר יחי ראובן ואל ימות היינו שיהיה אצלו כלי קיבול לאורו יתברך ויהי מתיו מספר היינו כי מקודם היה נראה שנשפך ממנו הכל כמים אל תותר היינו שאין אצלו שום דבר שבמנין כי אם מה שנחשב למותרות בעלמא ומשום זה נשפך ונאבד ממנו הכל לכן אמר מ"ר ויהי מתיו מספר היינו שיהיה הכל אצלו דבר שבמנין ולא יהיה שום דבר גבי ראובן שיהיה נחשב למותרות ע"ד הכתוב ולציון יאמר איש ואיש יולד בה היינו שכל פרט נפש יחשב לדבר שבמספר: וזאת ליהודה ויאמר שמע ה' קול יהודה וגו' היינו שזאת בעצמו נצרך גם ליהודה כי יען שבעומק הלב של יהודה נמצא כח עצום וחזק מאוד עד שנאמר עליו כרע שכב כארי וכלביא מי יקימנו לכך יש בכחו להסתיר ולהעלים א"ע נגד עיני אדם שיהיה נראה על הגוון שהוא ח"ו ההיפך לגמרי מאור לזה אמר משה רבינו שמע ה' קול יהודה קול היינו קול פנימאה כמבואר בזוה"ק היינו שהתפלל מ"ר שיתגלה על הגוון נמי עומק היקר מהפנימיות הנמצא ביהודה.

ועל זאת ההתגלות מהפנימיות רומז שם הכתוב מי יקימנה. ועל זה הענין רמזו ז"ל בגמרא (סוטה ז:) מאי דכתיב יחי ראובן ואל ימות וזאת ליהודה כל אותן השנים שהיו ישראל במדבר היו עצמותיו של יהודה מגולגלין בארון עד שעמד משה ובקש עליו רחמים אמר לפניו רבש"ע מי גרם לראובן שהודה יהודה וזאת ליהודה שמע ה' קול יהודה על איבריה לשפא.

לא הוו קא מעיילין ליה למתיבתא דרקיעא ואל עמו תביאנו. ולא הוה קא ידע משקל ומטרח בשמעתתא בהדי רבנן ידיו רב לו.

לא הוה קא סלקא ליה שמעתתא אליבא דהלכתא ועזר מצריו תהיה וכו' לא הוה קא מעלין לי' למתיבתא דרקיע היינו שלא היה לו שום מקום כי עיקר מקומו של אדם הוא לידע מה הוא אצל בוראו וזאת היה נעלם ממנו לזה אמר מ"ר ואל עמו תביאנו רמז בזה שיהיה לו מקום כדכתיב ושמתי מקום לעמי וגו'. לא הוה ידע משקל ומטרח בשמעתתא וכו' ענין משקל ומטרח בשמעתתא הוא כמו שמצינו גבי ר' יוחנן שאמר לר"א (ב"מ פד) את כבר לקישא בר לקישא כי הוה אמינא מלתא הוה מקשי ליה עשרין וארבע קושייתא ומפריקנא ליה עשרין וארבע פרוקי וממילא רווחא שמעתתא, היינו כי ע"י הסתרות הקושיות נתרוח השמעתתא ביותר בהירות ועל זה אמר משה רבינו וידיו רב לו היינו כי פעולת הידים אף שהם בלי דעת מ"מ כאשר הם נקיים מנגיעה יכולין להגבי' אותם למעלה מהדעת שבראש וזה מורה שהאור הבא אחר ההסתר זורח בזה עוצם בהירות ביותר.

לא הוה סליק שמעתתא אליבא דהלכתא היינו שיכוין תמיד ההלכה אף שלא מדעתו כמו שמצינו בגמרא גבי רבא לבסוף איגלאי מילתא דפשיעה בבעלים הוה וכו' נמצא אף שלפי דעתו טעה בכל זאת היה מכוון להלכה שלא מדעתו וזהו עזר מצריו תהיה וכמו שביאר בזה אזמו"ר הג' הק' זצלה"ה מאמרם ז"ל (סנהדרין קד) בקשו למנות שלמה המלך עמהם יצתה בת קול המעמך ישלמנה כי אתה תבחר ולא אני היינו שהראה להם שהעסק והמשא ומתן שיש להשי"ת עם שלמה המלך הוא למעלה הרבה מתפיסת דעתם ואין להם שום דעה נגדו אף שהם היו גדולי ערך ובטח לא היו נוטים ממשפט הצדק אפילו כחוט השערה אכן נגד שלמה המלך אין להם בכח המשפט שהוא לפי הבנת תפיסתם שום דעה כי שלמה המלך מכוין תמיד לעומק רצונו יתברך שהוא למעלה הרבה מתפיסתם אף שנראה בעוה"ז שטעה לפי המשפט מהתהלוכות של עוה"ז ועל זה אמרו ז"ל (ב"ב י) שאלו את שלמה איזהו בן עוה"ב אמר להם כל שכנגד זקנו כבוד היינו שאין להזקנים בהמשפט שום דעה עליו כי יש לו עסק עם השי"ת למעלה הרבה מתפיסת דעתם וזהו ועזר מצריו תהיה וסליק ליה שמעתתא אליבא דהלכתא גם שלא מדעתו:

"Il y eut un roi en Yeshouroun", etc. C'est-à-dire que de Moché notre maître commença la lumière directe (or yashar), et le mot Yeshouroun y fait allusion.

Avant qu'il y eût les paroles de Torah, tout était dans le chemin de yovam (אורח יובם); par les paroles de Torah, on peut contempler le Saint, béni soit-Il, dans une lumière directe. Et puisque Moché notre maître était roi en Yeshouroun, il avait le pouvoir de redresser et de réparer ce qui n'avait pas été achevé par Yaakov notre père.

C'est pourquoi il dit: "Que Reouven vive et ne meure pas, et que ses hommes soient en nombre" (Deutéronome 33,6). Par cela, il réparait ce que Yaakov notre père avait dit de Reouven: "Impulsif comme les eaux, tu n'auras pas la prééminence" (Genèse 49,4).

Car, par l'impétuosité et la précipitation de Reouven, son réceptacle avait disparu, à D.ieu ne plaise, et il ne lui restait rien. C'est pourquoi Moché notre maître dit: "Que Reouven vive et ne meure pas", c'est-à-dire qu'il ait un réceptacle pour Sa lumière, béni soit-Il; "et que ses hommes soient en nombre", c'est-à-dire qu'auparavant il semblait que tout s'était répandu hors de lui comme les eaux: "tu n'auras pas la prééminence", c'est-à-dire qu'il n'avait rien qui fut comptable, sinon ce qui était considéré comme de simples excédents.

C'est pourquoi tout se répandait et se perdait hors de lui. Moché notre maître dit donc: "Et que ses hommes soient en nombre", afin que tout soit pour lui une chose comptable et qu'il n'y ait rien chez Reouven qui soit considéré comme excédentaire, selon le verset: "À Sion il sera dit: Celui-ci et celui-là y sont nés" (Psaumes 87,5), c'est-à-dire que chaque âme particulière sera considérée comme une chose dénombrée.

"Et ceci pour Yehouda; il dit: Écoute, ה', la voix de Yehouda" (Deutéronome 33,7). Ceci même est aussi nécessaire à Yehouda, car au plus profond du cœur de Yehouda se trouve une puissance très grande et très forte, au point qu'il est dit de lui: "Il s'est accroupi, il s'est couché comme un lion, comme une lionne: qui le relèvera?" (Genèse 49,9).

Il a donc le pouvoir de se cacher et de se dissimuler aux yeux des hommes, de sorte qu'extérieurement il paraisse, à D.ieu ne plaise, tout l'opposé de la lumière. Moché notre maître dit donc: "Écoute, ה', la voix de Yehouda".

La voix est la voix intérieure (kol pénimaah), comme il est expliqué dans le saint Zohar. Moché notre maître pria pour que la profondeur précieuse de l'intérieur qui se trouve en Yehouda se révèle aussi extérieurement.

Les mots "qui le relèvera?" font allusion à cette révélation de l'intérieur. Nos sages, de mémoire bénie, y font allusion dans le Talmud (Sota 7b): "Que Reouven vive et ne meure pas, et ceci pour Yehouda": toutes les années où Israël fut dans le désert, les os de Yehouda roulaient dans l'arche, jusqu'à ce que Moché se lève et demande miséricorde pour lui.

Il dit devant Lui: Maître du monde, qui a causé que Reouven avoue? Yehouda.

"Et ceci pour Yehouda: Écoute, ה', la voix de Yehouda"; ses membres se rejoignirent. On ne le faisait pas entrer dans l'académie céleste: "Et ramène-le vers son peuple".

Il ne savait pas peser ni débattre un enseignement avec les rabbins: "Ses mains sont grandes pour lui". Son enseignement ne s'élevait pas selon la halakha: "Et sois son secours contre ses adversaires", etc.

"On ne le faisait pas entrer dans l'académie céleste" signifie qu'il n'avait aucun lieu, car le lieu essentiel de l'homme est de savoir ce qu'il est devant son Créateur; cela lui était caché. Moché notre maître dit donc: "Et ramène-le vers son peuple", faisant allusion à ce qu'il ait un lieu, comme il est écrit: "Je fixerai un lieu pour Mon peuple" (2 Samuel 7,10).

"Il ne savait pas peser ni débattre un enseignement", etc.: peser et débattre un enseignement est ce que nous trouvons au sujet de Rabbi Yo'hanan, qui dit à Rabbi Elazar (Bava Metsia 84a): "Es-tu le fils de Lakish?" Lorsqu'il disait une parole, celui-ci lui opposait vingt-quatre objections et lui en donnait vingt-quatre résolutions; l'enseignement s'en trouvait de lui-même élargi. C'est-à-dire que, par les voiles des objections, l'enseignement gagne une clarté bien plus grande.

Moché notre maître dit à ce sujet: "Ses mains sont grandes pour lui": l'action des mains, bien qu'elles soient sans connaissance, peut, lorsqu'elles sont pures de tout intérêt personnel, s'élever au-dessus de la connaissance qui est dans la tête. Cela indique que la lumière qui vient après le voile brille alors d'une clarté incomparablement plus forte.

"Son enseignement ne s'élevait pas selon la halakha" signifie qu'il viserait toujours la halakha, même sans le savoir, comme nous le trouvons dans le Talmud au sujet de Rava: finalement il fut révélé qu'il s'agissait d'une négligence en présence des propriétaires, etc. Ainsi, bien qu'il se fût trompé selon sa connaissance, il visait néanmoins la halakha sans le savoir.

C'est "Et sois son secours contre ses adversaires". Mon seigneur, mon aïeul, mon maître et rabbi, le grand saint, que le souvenir du juste soit pour la vie du monde à venir, expliquait ainsi la parole de nos sages, de mémoire bénie (Sanhédrin 104a): "Ils voulurent compter le roi Salomon parmi eux; une voix céleste sortit: 'Est-ce de ta part qu'Il doit rétribuer, parce que tu choisis, et non Moi?'" Cela leur montrait que les affaires et les échanges que le Saint, béni soit-Il, avait avec le roi Salomon étaient bien au-dessus de la saisie de leur intelligence; ils n'avaient aucune opinion à lui opposer.

Certes, ils étaient de très grande valeur et ne penchaient sûrement pas du jugement juste, pas même de l'épaisseur d'un cheveu. Mais devant le roi Salomon, ils n'avaient, par la force du jugement selon la saisie de leur intelligence, aucune opinion, car le roi Salomon visait toujours la profondeur de Sa volonté, béni soit-Il, qui est bien au-dessus de leur saisie, même s'il paraissait dans ce monde s'être trompé selon le jugement des conduites de ce monde.

À ce sujet, nos sages, de mémoire bénie, ont dit (Bava Batra 10b): "On demanda à Salomon: qui est fils du monde à venir? Il leur répondit: tous ceux dont l'honneur est devant son ancien." C'est-à-dire que les anciens n'ont aucune opinion contre lui dans le jugement, car il a affaire avec le Saint, béni soit-Il, bien au-dessus de la saisie de leur intelligence.

C'est "Et sois son secours contre ses adversaires"; son enseignement s'élève selon la halakha, même sans le savoir.

יחי ראובן ואל ימות ויהי מתיו מספר וגו'. הנה כל מה שנשאר אצל יעקב אבינו משולל תיקון נגמר התיקון בשלימות ע"י משה רבינו כי נגד מה שיעקב אבינו אמר חללת יצועי עלה היינו שהיה נראה שעשה ח"ו חלל כענין שמצינו בזוה"ק (בראשית הקדמה ו.) מחלליה מות יומת מאן מחלליה מאן דעאל לגו חלל וכו' אמר משה רבינו יחי ראובן ואל ימות היינו שאין אצלו שום חלל ח"ו כי חיים מורה על חבור גמור לאורו יתברך ויהי מתיו מספר היינו שלא יהיה נחשב שום נפש מראובן לאגב וטפל ח"ו רק שיהיה דבר שבמספר.

וזאת ליהודה ויאמר שמע ה' קול יהודה וביארו ז"ל שנכלל בברכת יהודה גם ברכת שמעון היינו כי ברכה זו הוא נגד מה שאמר יעקב בסודם אל תבוא נפשי. ושמעון הוא נגד חוש השמיעה שהוא יותר בעומק מהראיה כי ראיה הוא רק על גוון השטחיות מהדבר אבל שמועה יכולין לשמוע מעומק הדבר אכן יען ששמעון היה שומע כ"כ מעומק הרחוק מאוד לזה אמר יעקב אבינו בסודם אל תבוא נפשי היינו הגם שבעומק הסוד מכוון באמת שמעון לעומק רצונו יתברך אכן על הגוון היה נראה להיפך מהרצון יתברך כי שמעון היה שומע תמיד מעומק הסוד ועל שמיעה סוד עמוק כזה לא הסכים יעקב אבינו כי הוא מבקש תמיד שיהיה תפארת גם לעיני אדם לזה אמר בסודם אל תבוא נפשי ונגד זה כדי לתקן השמיעה העמוקה והרחוקה של שמעון אמר מ"ר שמע ה' קול יהודה וכלל ברכת שמעון ביהודה וממילא כאשר יהיה שמעון נכלל ביהודה אז יהיה ניכר מפורש גם על הגוון והלבוש של שמעון כל העומק מהרצון יתברך:

"Que Reouven vive et ne meure pas, et que ses hommes soient en nombre", etc. Voici: tout ce qui était resté chez Yaakov notre père dépourvu de réparation fut entièrement réparé par Moché notre maître.

En regard de ce que Yaakov notre père avait dit: "Alors tu as profane mon lit, en y montant" (Genèse 49,4), c'est-à-dire qu'il semblait avoir fait, à D.ieu ne plaise, un vide (halal), comme nous le trouvons dans le saint Zohar (Introduction à Genèse 6a): "Ceux qui le profanent seront mis à mort"; qui le profane? Celui qui entre dans le vide (halal), etc.

Moché notre maître dit: "Que Reouven vive et ne meure pas", c'est-à-dire qu'il n'y ait chez lui aucun vide, à D.ieu ne plaise, car la vie indique une union complète avec Sa lumière, béni soit-Il. "Et que ses hommes soient en nombre" signifie qu'aucune âme de Reouven ne soit considérée, à D.ieu ne plaise, comme accessoire et subordonnée, mais qu'elle soit une chose comptable.

"Et ceci pour Yehouda; il dit: Écoute, ה', la voix de Yehouda". Nos sages, de mémoire bénie, ont expliqué que la bénédiction de Chiméon était aussi incluse dans la bénédiction de Yehouda.

Car cette bénédiction répond à ce que Yaakov avait dit: "Que mon âme n'entre pas dans leur conseil" (Genèse 49,6). Chiméon correspond au sens de l'ouïe, qui est plus profond que la vue: la vue ne porte que sur l'aspect superficiel de la chose, mais par l'écoute on peut entendre de la profondeur de la chose.

Or, puisque Chiméon entendait une profondeur si lointaine, Yaakov notre père dit: "Que mon âme n'entre pas dans leur conseil". C'est-à-dire que, bien que dans la profondeur du secret Chiméon visât en vérité la profondeur de Sa volonté, béni soit-Il, extérieurement il paraissait à l'opposé de la volonté, béni soit-Il.

Car Chiméon entendait toujours depuis la profondeur du secret; Yaakov notre père ne consentit pas à une écoute d'un secret aussi profond. Il demandait toujours qu'il y eût aussi de la beauté aux yeux des hommes.

Afin de réparer cette écoute profonde et lointaine de Chiméon, Moché notre maître dit donc: "Écoute, ה', la voix de Yehouda", et il inclut la bénédiction de Chiméon en Yehouda. Dès lors, lorsque Chiméon sera inclus en Yehouda, toute la profondeur de la volonté, béni soit-Il, sera aussi reconnaissable clairement dans l'aspect et le vêtement de Chiméon.

יחי ראובן ואל ימות ויהי מתי' מספר וגו'. כי מ"ר תיקן כל אותן שהיו משוללי תיקון בזמן יעקב אבינו ולכך נגד שאמר יעקב אבינו פחז כמים אל תותר היינו שקבל לעצמו בכח יותר ממדרגתו עד שנראה שלא השאיר בשורשו ח"ו כלום וכדכתיב אז חללת יצועי וגו' אמר מ"ר יחי ראובן ואל ימות היינו שלא יפסק מעולם מהשורש ויהי מתיו מספר היינו שלא יתבטל ממנו שום לבוש.

וזאת ליהודה ויאמר שמע ה' קול יהודה זה הוא נמי כנגד שאמר יעקב אבינו כרע רבץ כארי וכלביא מי יקימנו היינו שצריך שהשם מ"י יקימנו אמר מ"ר שמע ה' קול יהודה היינו שאינו רבץ כלום אף בעת שנראה על הגוון שרבץ וזהו שמע ה' קול יהודה וקול רומז על קול פנימאה שהוא דבק תמיד בקול פנימאה גם בשעת ההסתר:

"Que Reouven vive et ne meure pas, et que ses hommes soient en nombre", etc. Car Moché notre maître répara tous ceux qui étaient dépourvus de réparation au temps de Yaakov notre père.

Ainsi, en regard de ce que Yaakov notre père avait dit: "Impulsif comme les eaux, tu n'auras pas la prééminence", c'est-à-dire qu'il avait pris pour lui une force au-dessus de son degré, au point qu'il semblait n'avoir rien laissé dans sa racine, à D.ieu ne plaise, comme il est écrit: "Alors tu as profane mon lit", etc., Moché notre maître dit: "Que Reouven vive et ne meure pas", c'est-à-dire qu'il ne soit jamais retranché de la racine; "et que ses hommes soient en nombre", c'est-à-dire qu'aucun vêtement ne soit annulé pour lui. "Et ceci pour Yehouda; il dit: Écoute, ה', la voix de Yehouda".

Cela aussi répond à ce que Yaakov notre père avait dit: "Il s'est accroupi, il s'est couché comme un lion, comme une lionne: qui le relèvera?" C'est-à-dire que le Nom Mi (מ"י) doit le relever. Moché notre maître dit: "Écoute, ה', la voix de Yehouda", c'est-à-dire qu'il ne se couche nullement, même lorsqu'extérieurement il semble couché.

C'est "Écoute, ה', la voix de Yehouda"; la voix fait allusion à la voix intérieure (kol pénimaah): il reste toujours attaché à la voix intérieure, même à l'heure du voile.

שמע ה' קול יהודה וגו'. ומפרש רש"י ז"ל כאן רמז ברכה לשמעון וכו'.

היינו כי שמיעה הוא רק מפאת ההשתנות ורומז על אורח יובם לזה כלל ברכת שמעון ביהודה כי כאשר יתכלל ביהודה אזי יהיו מכירין שהוא באורח ישר ולא באורח יובם:

"Écoute, ה', la voix de Yehouda", etc. Rachi, de mémoire bénie, explique ici: "une allusion de bénédiction pour Chiméon", etc.

C'est-à-dire que l'écoute ne vient que de la variation et fait allusion au chemin de yovam (אורח יובם). C'est pourquoi il inclut la bénédiction de Chiméon en Yehouda: lorsqu'il sera inclus en Yehouda, on reconnaîtra qu'il est dans la voie droite, et non dans le chemin de yovam (אורח יובם).

En bref

« Il n’est nul tel que le D.ieu de Yechouroun, qui chevauche les cieux à ton secours » (Devarim 33,26). Le Sod Yecharim rapporte le Midrach : qui est tel que Yechouroun, les droits ? Le nom El indique le ’hessed ; toute l’effusion de Sa bonté va en ligne droite vers Israël, et les droits écartent le voile que l’homme a produit. El est le ’hessed de la ’Hokhma, qui adoucit les jugements. « Qui chevauche les cieux » : D.ieu conduit Israël depuis un lieu plus haut que les cieux, où Israël est pur à Ses yeux. Chez les nations la majesté annule ; chez Israël les che’hakim, union des contraires, procurent les secours.

Aussi : rien d’autre que Lui, même dans le vide du monde ; cette connaissance est appelée Torah ; lumière environnante de près chez Israël, de l’extérieur chez les nations

אין כאל ישרון רוכב שמים בעזרך ובגאותו שחקים וגו'. איתא במדרש רבה (וישלח פ' עז) ר' ברכיה בשם ר' יהודה בר' סימון אמר אין כאל ומי כאל ישרון הנאים והמשובחין שבכם וכו' היינו כי שם אל מורה על חסד ולזה מבאר המדרש ומי כאל ישורין כלומר שכל השפעות חסדו יתברך הולך באור ישר רק לישראל שכל שפע החסד הוא בידם וזהו ומי כאל ישרון הנאים והמשובחין שבכם וכו היינו שכל שפע החסד הוא ביד ישראל וכל ענין התפלות שישראל מתפללין על שפע חסדו יתברך הוא רק כדי להסיר המסך המבדיל שנעשה מצד אדם להסתיר את החסד אבל הנאים והמשובחין שבכם וכו' היינו אותן שמסירין את זה המסך המבדיל אזי מכירין המה שפיר איך שמצד השי"ת שופע תמיד חסד לישראל כדכתיב חסד אל כל היום כי באמת הוא כל התחלקות המדות רק למען שיהיה כלי קיבול לקבל אור החסד כי בלתי כלי קיבול אי אפשר להשיג אור החסד אבל עצמית אור החסד הוא למעלה מכל התחלקות המדות ונקרא חסד דבי חכמה כי השם אל הוא כמבואר בזוה"ק (צו לא) אל בכל אתר נהורא דחכמתא עלאה הוא וקיימא בקיומא בכל יומא דכתיב חסד אל כל היום ואלמלא דהאי אל אתער בעלמא לא יכול עלמא למיקם אפילו שעתא חדא מקמי דינין תקיפין דמתערין בעלמא בכל יומא וכו' הה"ד ואל זועם בכל יום נזעים או זעים בכל יום לא כתיב אלא זועם בכל יומא ויומא דדינא אשתכח דחיא לון לבר וקיימא הוא ומבסם עלמא וכו' פירוש שזה בעצמו הוא חסד אל לעשות נקמה בעברו רצונו.

רוכב שמים בעזרך היינו כי שמים רומזין על גודל בהירות עכ"ז נאמר הן שמים לא זכו בעיניו וכמבואר בזוה"ק (ויגש רז) וכי ס"ד דגריעותא איהו משמים אלא חשיבו משמים איהו בגין חביבו ורעו סגיא דקב"ה רעי בהו וחביבותי' לגבי דהא אע"ג דאיהו מתקן לון תדיר כל יומא ויומא לא דמו בעינוי דאינון מתתקנן כדקא יאות וכו' לא זכו בלחודוי לא כתיב אלא לא זכו בעיניו וכו' אבל עם ישראל מנהיג השי"ת ממקום העליון שהוא גבוה הרבה מהבהירות של שמים הנקרא רוכב שמים אשר שם הם ישראל זכים בעינו יתברך מאוד וזהו רוכב שמים בעזרך ובגאותו שחקים היינו כי אצל האומות כשמראה להם השי"ת מגאותו אזי מגיע להם כל ההתבטלות כדכתיב כי גאה גאה ומתרגמינן כי גאה על גאותניה כי כשמראה להם השי"ת שכל הגיאות הוא שלו ממילא נתבטלו הם אבל ישראל משום שנותנים מקום לכבוד שמים אפילו בהסתרות עוה"ז לכן כשיהיה מראה להם השי"ת מגאותו אזי יהיה לישראל מזה הגיאות כל השפעות טובות וכל הישועות כי שחקים הוא שבו טוחנים מן לצדיקים כי שחקים הוא ההופכיים המתאחדים ומזה שמתאחדים כל ההופכיים מתמן נסין מתעבדין כי מפאת זה נתגלה מפורש מי שאמר לשמן וידליק יאמר לחומץ וידליק וכד' בזוה"ק (פנחס רלו.) יעו"ש וזהו בגאותו שחקים:

"Il n'est nul tel que le Dieu de Yeshouroun, qui chevauche les cieux à ton secours, et les nuées dans Sa majesté" (Deutéronome 33,26), etc. Il est rapporté dans le Midrach Rabba (Vayishlah, section 77) : Rabbi Berekhya, au nom de Rabbi Yehouda fils de Rabbi Simon, dit : "Il n'est nul tel que Dieu - et qui est tel que Yeshouroun ?

Ceux d'entre vous qui sont droits et excellents", etc. Cela signifie que le nom El indique le 'hessed (bonté) ; aussi le Midrach explique-t-il : "Et qui est tel que les droits ?", c'est-à-dire que toutes les effusions de Sa bonté, bénie soit-Il, vont dans une ligne droite seulement vers Israël, car toute l'effusion du 'hessed est entre leurs mains.

Tel est "et qui est tel que Yeshouroun, ceux d'entre vous qui sont droits et excellents", etc. : toute l'effusion du 'hessed est entre les mains d'Israël. Tout l'objet des prières qu'Israël adresse pour l'effusion de Sa bonté, bénie soit-Il, est seulement d'écarter le voile séparateur que l'homme a produit pour cacher la bonté.

Mais "ceux d'entre vous qui sont droits et excellents", etc., ce sont ceux qui écartent ce voile séparateur ; ils reconnaissent alors clairement comment, de Son côté, bénie soit-Il, la bonté s'écoule sans cesse vers Israël, comme il est écrit : "La bonté de Dieu dure tout le jour" (Psaumes 52,3). Car, en vérité, toute la division des attributs n'existe que pour qu'il y ait un réceptacle où recevoir la lumière du 'hessed ; sans réceptacle, il est impossible d'atteindre la lumière du 'hessed.

Mais l'essence de la lumière du 'hessed est au-dessus de toute division des attributs et s'appelle 'hessed de la 'Hokhma (bonté de la Sagesse), car le nom El est, comme l'explique le saint Zohar (Tsav 31a) : "El, partout, est la lumière de la Sagesse supérieure ; il subsiste chaque jour, comme il est écrit : 'La bonté de Dieu dure tout le jour.' Si cet El ne s'éveillait dans le monde, le monde ne pourrait subsister une seule heure devant les jugements rigoureux qui s'éveillent chaque jour dans le monde, etc. C'est pourquoi il est écrit : 'Dieu s'irrite chaque jour' (Psaumes 7,12).

Il n'est pas écrit : 'Il est irrité chaque jour', mais : 'Il s'irrite chaque jour' ; chaque jour, le jugement se trouve, Il le repousse au-dehors et demeure, et adoucit le monde", etc. Cela signifie que c'est précisément le 'hessed de El que d'exercer vengeance dans Sa colère.

"Qui chevauche les cieux à ton secours" : les cieux font allusion à une très grande clarté ; malgré cela il est dit : "Voici, les cieux ne sont pas purs à Ses yeux" (Job 15,15). Le Zohar explique (Vayigash 207a) : "Penserait-on que les cieux ont un défaut ?

Mais Il estime les cieux, tant est grande l'affection et l'amour que le Saint, béni soit-Il, leur porte ; bien qu'Il les répare continuellement chaque jour, ils ne paraissent pas à Ses yeux être réparés comme il convient, etc. Il n'est pas écrit seulement : 'ils ne sont pas purs', mais : 'ils ne sont pas purs à Ses yeux'", etc.

Mais le Saint, béni soit-Il, conduit Israël depuis le lieu supérieur, infiniment plus haut que la clarté des cieux, appelé "Qui chevauche les cieux" ; là, Israël est très pur à Ses yeux, bénie soit-Il. Tel est "Qui chevauche les cieux à ton secours, et les nuées dans Sa majesté" : chez les nations, lorsque le Saint, béni soit-Il, leur montre Sa majesté, elles en viennent entièrement à s'annuler, comme il est écrit : "Car Il est hautement élevé" (Exode 15,1), que nous traduisons : "Il est élevé au-dessus des orgueilleux".

Lorsqu'Il leur montre que toute la majesté est à Lui, elles s'annulent d'elles-mêmes. Mais Israël, parce qu'ils font place à l'honneur du Ciel même dans les occultations de ce monde, lorsque le Saint, béni soit-Il, leur montrera Sa majesté, cette majesté procurera à Israël toutes les bonnes effusions et tous les secours.

Car les shehakim (nuées supérieures) sont le lieu où l'on moud la manne pour les justes ; les shehakim sont les contraires qui s'unissent, et de l'union de tous les contraires les miracles sont accomplis. C'est par cela qu'il est révélé expressément que Celui qui a dit à l'huile : "Brûle", dira au vinaigre : "Brûle", comme dans le Zohar (Pinhas 236a), vois-là.

Tel est "dans Sa majesté, les shehakim".

אין כאל ישרון וגו' ומבואר במדרש רבה (מובא לעיל) אין כאל ומי כאל ישרון וכו' וזה הוא ע"ד דאיתא בזוה"ק (צו לא) אל בכל אתר נהורא דחכמתא וכו' והוא כדאיתא כמה פעמים בזוה"ק על הפסוק ד' בחכמה יסד ארץ אבא יסד ברתא היינו שאור החכמה בוקע עד הלבוש האחרון להאיר גם בארץ וזהו נמי מי כאל ישרון כלומר שישראל יש להם קו ישר מהלבוש אחרון שלהם עד אור עליון ית' שיכולין בעבודתם להמשיך אור העליון ית' שינהיר גם בהלבוש אחרון שלהם:

"Il n'est nul tel que le Dieu de Yeshouroun", etc. Le Midrach Rabba explique (cité plus haut) : "Il n'est nul tel que Dieu - et qui est tel que Yeshouroun ?", etc.

Cela suit ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Tsav 31a) : "El, partout, est la lumière de la Sagesse", etc. Ainsi qu'il est rapporté plusieurs fois dans le Zohar à propos du verset : "Par la sagesse, ה' a fondé la terre" (Proverbes 3,19) : le Père a fondé la Fille ; c'est-à-dire que la lumière de la 'Hokhma perce jusqu'au dernier vêtement pour éclairer aussi la terre.

Tel est également "et qui est tel que Yeshouroun" : Israël possède une ligne droite depuis son dernier vêtement jusqu'à la lumière supérieure, bénie soit-Elle ; ils peuvent, par leur service, attirer la lumière supérieure, bénie soit-Elle, afin qu'elle éclaire aussi leur dernier vêtement.

אתה הראת לדעת כי ה' הוא הא-להים אין עוד מלבדו בזוה"ק (ואתחנן רס:) אתה החלות להראות את עבדך מאי שירותא הכא אלא ודאי משה שירותא הוה בעלמא למהוי שלום בכלא וכו'. היינו שמשה רבינו היה הראשון שהתחיל להופיע הכרה הזאת בזה העולם שאין עוד מלבדו וכמו שביארו ז"ל במדרש רבה (ואתחנן) אפילו בחללא דעלמא היינו אפילו במקום כזה הנראה לחלל בין תפיסת אדם לאורו ית' שנדמה שם שהאדם מנהיג מעצמו בכח בחירתו האיר משה רבינו שגם שם בזאת הבחירה של אותו חלל מנהיג רק השי"ת לבדו כי אין שום מקום בעולם שלא יהיה מנהיג שם השי"ת וזהו אין עוד מלבדו אפילו בחללא דעלמא ועל הכרה עצומה כזאת אמר מ"ר אתה הראת לדעת וגו' כי זאת הידיעה בעצמה כולל כל הדברי תורה כי מאי תורה (זוה"ק מצורע נד) דאורי וגלי מה דהוי סתים בקדמיתא ולא אתיידע וכו' היינו כי באמת אין שום מקום בעולם שיהיה משולל דברי תורה כי מאחר דבאורייתא ברא קב"ה עלמא א"כ איך יתכן שיהיה בעולם מקום המשולל מד"ת אלא שהדברי תורה נעלמו בכל כך התלבשות עד שאינם ניכרים כלל כמו ההעלם שהיה גבי כ"ו דורות טרם מתן תורה שהיו נזונים רק מחסדו ית' בלתי שום הכרה בתפיסתם כלל באור רצונו ית' אלא שאח"כ במתן תורה אורי וגלי מה דהוי סתים בקדמיתא ולא אתיידע ונתגלה הד"ת הנעלמים בתוך כל הלבושים והכירו דבאורייתא ברא קב"ה עלמא והאיר הכבוד שמים הנמצא בכל המקומות והכירו שאין עוד מלבדו אפילו בחללא דעלמא וזאת ההכרה בעצמה דבאורייתא ברא קב"ה עלמא ואין עוד מלבדו אפילו בחללא דעלמא נקרא תורה:

"À toi il a été montré, afin que tu saches que ה' est Elokim, qu'il n'est rien d'autre que Lui" (Deutéronome 4,35). Dans le saint Zohar (Vaethanan 260a) : "'Tu as commencé à montrer à Ton serviteur' : quel commencement y a-t-il ici ?

Mais certainement, Moché fut un commencement dans le monde, pour faire la paix en tout", etc. C'est-à-dire que Moché notre maître fut le premier à commencer à faire apparaître dans ce monde cette connaissance : qu'il n'est rien d'autre que Lui.

Comme nos maîtres, de mémoire bénie, l'ont expliqué dans le Midrach Rabba (Vaethanan) : "même dans le vide du monde" ; c'est-à-dire même dans un lieu qui paraît vide entre la saisie de l'homme et Sa lumière, bénie soit-Il, où il semble que l'homme se conduise de lui-même par la force de son choix. Moché notre maître a éclairé que, même là, dans le choix de ce vide, seul le Saint, béni soit-Il, conduit ; car il n'est aucun lieu au monde où le Saint, béni soit-Il, ne conduise.

Tel est "qu'il n'est rien d'autre que Lui, même dans le vide du monde". À propos d'une connaissance si immense, Moché notre maître a dit : "À toi il a été montré, afin que tu saches", etc.

Car cette connaissance elle-même contient toutes les paroles de la Torah. En effet, "qu'est-ce que la Torah ?

Celle qui éclaire et révèle ce qui était auparavant caché et inconnu" (Zohar, Metsora 54a), etc. En vérité, aucun lieu du monde ne peut être dépourvu de paroles de Torah ; puisque le Saint, béni soit-Il, a créé le monde par la Torah, comment serait-il possible qu'il y ait dans le monde un lieu dépourvu de paroles de Torah ?

Seulement, les paroles de Torah ont été cachées sous tant de vêtements qu'elles ne sont plus du tout reconnaissables, comme le fut ce voile durant les vingt-six générations avant le don de la Torah : elles étaient nourries seulement de Sa bonté, bénie soit-Il, sans aucune reconnaissance, dans leur saisie, de la lumière de Sa volonté, bénie soit-Il. Mais ensuite, lors du don de la Torah, "elle éclaire et révèle ce qui était auparavant caché et inconnu" ; les paroles de Torah cachées au sein de tous les vêtements furent révélées, et ils reconnurent que le Saint, béni soit-Il, a créé le monde par la Torah.

L'honneur du Ciel présent en tous lieux éclaira, et ils reconnurent qu'il n'est rien d'autre que Lui, même dans le vide du monde. Cette connaissance elle-même - que le Saint, béni soit-Il, a créé le monde par la Torah, et qu'il n'est rien d'autre que Lui, même dans le vide du monde - est appelée Torah.

אתה הראת לדעת כי ה' הוא הא-להים אין עוד מלבדו ביאר בזה כבוד אזמו"ר הג' הק' זצל"ה שחלקו של משה רבינו היה לברר ולקבוע בלב ישראל הכרה כי ה' הוא א-להים וענין הוא כי כל הכחות אף הרחוקים מאוד נקראים בשם א-להים כדאיתא בזוה"ק (בחקותי קיג) שמא דא אשתתף בכולא ואפילו ע"ז נמי א-להים איקרי א-להים אחרים וכו' ובזה השם יש להאומות ג"כ אחיזה כמו שמצינו אצל פרעה שהיה אומר מי ה' ולא אמר מי א-להים כי היה לו אחיזה בשם א-להים כמבואר בזוה"ק (מקץ קצה) ובגין דמשה לא אתא לגביה אלא בשמא דד' ולא בשמא דאלהים ודא הוה קשיא קמיה מכלא דאיהי הוה ידע דהא שמא דא איהו שליט בארעא ובשמא ה' לא הוה ידע וכו' והוא כדאיתא בגמ' (מגילה ט:) אשר חלק ה' א-להיך אותם להאיר לכל העמים ואף ששינו לתלמי המלך לכתוב להאיר אבל דבריהם הם אמת שחלק ה' אותם להאיר לכל העמים היינו שיהיה להם קיום הויה והם לקחו זה הכח לידם לעשות ההיפוך מרצונו ית':

"À toi il a été montré, afin que tu saches que ה' est Elokim, qu'il n'est rien d'autre que Lui." Mon maître et grand-père, le saint Gaon, que le souvenir du juste soit une bénédiction, expliquait que la part de Moché notre maître était d'éclaircir et de fixer dans le cœur d'Israël la connaissance que ה' est Elokim. La chose est que toutes les forces, même les plus éloignées, sont appelées Elokim, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Behoukotai 113a) : "Ce nom participe de tout, et même l'idolâtrie est appelée Elokim : 'dieux autres'", etc.

Les nations aussi ont donc une prise dans ce nom, comme nous le trouvons chez Pharaon, qui disait : "Qui est ה' ?" et ne disait pas : "Qui est Elokim ?" Car il avait une prise dans le nom Elokim, comme l'explique le Zohar (Mikets 195a) : "Puisque Moché ne vint à lui qu'avec le nom de ה' et non avec le nom Elokim, cela fut pour lui plus difficile que tout ; il savait que ce nom règne sur la terre, mais il ne connaissait pas le nom ה'", etc. C'est ce qui est rapporté dans la Guemara (Meguila 9a) : "que ה' ton Elokim leur a départis pour illuminer tous les peuples".

Bien qu'ils aient modifié, pour le roi Ptolémée, en écrivant "pour illuminer", leurs paroles sont vraies : ה' les a départis afin d'illuminer tous les peuples, c'est-à-dire afin qu'ils aient une subsistance d'être ; mais ils ont pris cette force en leurs mains afin de faire l'inverse de Sa volonté, bénie soit-Il.

וענין שם הויה הוא כמאמר אתה הוא עד שלא נברא העולם ואתה הוא משנברא עולם היינו כמו שהיה הוא ושמו לבדו טרם שנברא העולם כך אחר שנברא עולם הוא נמי הוא ושמו לבדו כי באמת הוא כדכתיב ה' הוא א-להים אין עוד מלבדו אלא שנעלם בזה העולם ונסתר זה האור לזה היה כל עסקו של מ"ר לברר זאת ולהראות מפורש אפילו בזה העולם שאין שום כח בלעדו ית' ואין עוד מלבדו וזה הוא ה' הוא הא-להים היינו שבכל הלבושים שבזה העולם מלא כבודו ית'. ולכן אומרים זה הפסוק בעת שמקיפים עם התורה כי ענין תורה ומצות הוא ג"כ ההתלבשות אורו ית' בלבושים ולזה איתא בגמ' (קדושין לג) גדולה מצוה בשעתה אשר מפניהם עומדים ומפני תלמידי חכמים אין עומדים וכו' וזה הוא משום שהתורה הוא עצמית הרצון ית' בלי שום לבוש כלל וכאשר מתלבש אור הרצון ית' בפעולה גשמי נקרא זה הלבוש מצוה.

אמנם כאשר המצוה הוא בשעתה אז מנהיר מפורש בהלבוש הגשמי של המצוה ג"כ כל הבהירות וזורח האור בהלבוש כמו בהפנימיות לזה הוא גדולה בשעתה יותר מתורה. והנה מהד"ת המאירים להאדם בהבנת תפיסת דעתו מהם נעשה גבי האדם אור פנימי היינו שהאדם נעשה לבוש וכלי פעולה לזה הרצון עד היכן שיש בכח האדם לנטות זה הרצון בכח תפלתו כפי חפצו כי כן הוא באמת רצונו ית' שהאדם בכח תפלתו יהפוך מדת הקב"ה ממדת אכזריות למדת רחמנות כדאיתא בגמ' (סוכה יג) למה נמשלו תפלתן של צדיקים לעתר וכו'.

אולם מהד"ת שהם למעלה מתפיסת אדם נתהוה מהם אור המקיף שמקיף את האדם למעלה מדעתו והוא נגד כח הבחירה שהציב השי"ת בעולם כי מזה הכח הבחירה יכול האדם לטעות שידמה בדעתו שיש בכחו לנטות מרצונו ית' לעומת זאת הציב השי"ת שיהיה אור המקיף את האדם למעלה מדעתו שאוחז אותו למעלה מדעתו לבלתי יתפשט א"ע חוץ מרצונו ית' אפילו כחוט השערה אכן מזה האור המקיף נמשך להאומות ג"כ תקיפות כי אורו ית' הוא מקיף באמת וסובב את כל עלמין אפילו האומות ג"כ לזה כתב האר"י הק' ז"ל שיש שני עניני מקיפין יש מקיף מבחוץ ומקיף מבסמוך וזהו כל החילוק וההבדל בין ישראל לעכו"ם כי אצל האומות נקרא אור המקיף מבחוץ היינו שמקיף אותם השי"ת שלא מדעתם ובלתי רצונם וכדאיתא בגמ' (ע"ז דף י':) דההוא קסרא דהוי סני ליהודאי אמר להו לחשובא דמלכותא מי שעלה לו נימא ברגליו יקטענה ויחיה אמר להו קטיעה בר שלום כתיב כי בד' רוחות השמים פרשתי אתכם ואם נהרוג אותם שבדרום מה יעשו אותם שבצפון וכו' ואם נהרוג אותן שבמדינה לבד קרי לך מלכותא קטיעה והשיב לו גפא דרומא בהא נחתינן ובהא סלקינן וכו' הרי שבאותו הזדון בעצמו שיש להם לעבור רצון השי"ת ולעקור את האומה הישראלית ח"ו בזה הזדון בעצמו הקב"ה מצילנו מידם שעי"ז אינם יכולין לעשות עמנו רעה כלל ואף במקצת מה שבידם יש להשי"ת מכוון אחר שעושים בזה ממש רצונו ית' שלא ברצונם ולמעלה מדעתם וכן בכל הדברים מנהיג עמהם השי"ת בהיקף שהוא למעלה מתפיסת דעתם ועל זה נאמר זממו אל תפק ירומו סלה שמנהיג עמהם הקב"ה במדרגה רם וגבוה מתפיסת שכלם ונוטל מהם כל הבחירה. אבל אצל ישראל הוא אור המקיף בסמוך היינו שהם מרגישים בזה האור המקיף אותם אף שהוא למעלה מדעתם בכל זאת ע"י עבודה שבכח בחירתם ממשיכים המה ברצונם זה האור המקיף שיהיה בכח תפיסת דעתם וזהו הענין מההקפות ישראל שמקיפין עם התורה שיהיה אורו ית' מקיף אותם מדעתם ומרצונם:

Le sens du nom de l'Être (שם הויה) est la parole : "Tu es Celui qui étais avant que le monde ne fût créé, et Tu es Celui qui es depuis que le monde à été créé." C'est-à-dire que, de même qu'avant la création du monde, Lui et Son nom étaient seuls, de même, après la création du monde, Lui et Son nom sont encore seuls. Car en vérité il est écrit : "ה' est Elokim, il n'est rien d'autre que Lui" ; seulement, dans ce monde, cette lumière est cachée et dissimulée.

Aussi toute l'occupation de Moché notre maître était-elle d'éclaircir cela et de montrer explicitement que, même dans ce monde, il n'est aucune force en dehors de Lui, bénie soit-Il, et qu'il n'est rien d'autre que Lui. Tel est "ה' est Elokim" : dans tous les vêtements de ce monde, Son honneur, bénie soit-Il, remplit tout.

C'est pourquoi nous disons ce verset lorsque nous faisons les circuits avec la Torah ; car Torah et mitsvot sont aussi le vêtement de Sa lumière, bénie soit-Il, dans des vêtements. Il est donc rapporté dans la Guemara (Kiddoushin 33a) : "Grande est une mitsva en son temps, devant ceux qui l'accomplissent on se lève, tandis que devant les disciples des sages on ne se lève pas", etc.

Cela vient de ce que la Torah est l'essence même de Sa volonté, bénie soit-Il, sans aucun vêtement ; lorsque la lumière de Sa volonté, bénie soit-Il, se revêt dans une action matérielle, ce vêtement est appelé mitsva. Or, lorsqu'une mitsva est en son temps, toute la clarté éclaire explicitement aussi dans le vêtement matériel de la mitsva, et la lumière rayonne dans le vêtement comme dans l'intérieur ; aussi est-elle plus grande en son temps que la Torah.

Des paroles de Torah qui éclairent l'homme dans la compréhension de son intelligence procède, chez l'homme, une lumière intérieure : l'homme devient vêtement et instrument d'action pour cette volonté, jusqu'au point où la force de l'homme peut incliner cette volonté par la force de sa prière, selon son désir. Car telle est véritablement Sa volonté, bénie soit-Il : que l'homme, par la force de sa prière, transforme l'attribut du Saint, béni soit-Il, de l'attribut de sévérité en attribut de miséricorde, comme il est rapporté dans la Guemara (Soukka 13a) : "Pourquoi les prières des justes sont-elles comparées à une fourche ?", etc.

Toutefois, des paroles de Torah qui sont au-dessus de la saisie de l'homme procède la lumière environnante, qui entoure l'homme au-dessus de sa connaissance. Elle s'oppose à la force du choix que le Saint, béni soit-Il, a placée dans le monde ; car, par cette force du choix, l'homme peut se tromper et imaginer qu'il a le pouvoir d'incliner hors de Sa volonté, bénie soit-Il.

En regard de cela, le Saint, béni soit-Il, a établi une lumière qui entoure l'homme au-dessus de sa connaissance, qui le tient au-dessus de sa connaissance, afin qu'il ne s'étende pas hors de Sa volonté, bénie soit-Il, même de l'épaisseur d'un cheveu. Mais de cette lumière environnante procède aussi une force aux nations, car Sa lumière, bénie soit-Il, entoure et cerne véritablement tous les mondes, y compris les nations.

C'est pourquoi le saint Ari, de mémoire bénie, a écrit qu'il y a deux sortes de lumières environnantes : l'environnante de l'extérieur et l'environnante de près. Telle est toute la différence et distinction entre Israël et les idolâtres : chez les nations, la lumière environnante est appelée l'environnante de l'extérieur, c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, les entoure à leur insu et contre leur volonté.

Ainsi qu'il est rapporté dans la Guemara (Avoda Zara 10a) : "Cet empereur qui haïssait les Juifs dit aux grands de son royaume : celui qui a une plaie au pied, faut-il la couper afin qu'il vive ? Keti'a bar Shalom lui dit : il est écrit : 'Je vous ai dispersés aux quatre vents des cieux' (Zacharie 2,10) ; si nous tuons ceux du sud, que feront ceux du nord ?, etc.

Et si nous les tuons seulement dans une province, on t'appellera un royaume amputé. Il lui répondit : 'La rive de Rome, c'est par elle que nous descendons et par elle que nous montons'", etc.

Voici donc que, dans cette malveillance même par laquelle ils veulent transgresser la volonté du Saint, béni soit-Il, et déraciner, à Dieu ne plaise, la nation israélite, c'est par cette malveillance même que le Saint, béni soit-Il, nous sauve de leurs mains, de sorte qu'ils ne peuvent nous faire aucun mal. Même dans la part qui est entre leurs mains, le Saint, béni soit-Il, a une autre intention : ils accomplissent par cela précisément Sa volonté, bénie soit-Il, contre leur volonté et au-dessus de leur connaissance.

Ainsi, en toute chose, le Saint, béni soit-Il, les conduit par un encerclement qui dépasse la saisie de leur intelligence. C'est à ce sujet qu'il est dit : "Ne laisse pas se réaliser leur dessein, ils s'élèveraient, à jamais" (Psaumes 140,9) : le Saint, béni soit-Il, les conduit à un degré élevé, au-dessus de la saisie de leur intelligence, et leur retire tout choix.

Mais chez Israël, la lumière environnante est l'environnante de près : ils ressentent cette lumière qui les entoure, bien qu'elle soit au-dessus de leur connaissance ; néanmoins, par le service qui relève de leur choix, ils attirent volontairement cette lumière environnante afin qu'elle entre dans la force de saisie de leur connaissance. Tel est le sens des circuits d'Israël, qui font les circuits avec la Torah : que Sa lumière, bénie soit-Il, les entoure en connaissance et de leur propre volonté.

יהי שם ה' מבורך מעתה ועד עולם בזוה"ק (תצוה קפג) כתיב יהי שם ה' מבורך וגו' מאי מבורך אבל רזא חדא ידע חד מחברנא במדברא ור' יצחק כפתורא שמיה מאי מבורך שירותא קשה וסופו רך מ"ב קשה ודינא איהו ודאי ולבתר רך כגוונא דא יומא דר"ה מ"ב דהא במ"ב אתוון אתברי עלמא ועל דא אתברי בדינא לבתר רך וע"ד תנינן כל שירותין קשין וסופא דלהון רכין ביומא דר"ה מ"ב קשה וסופו ביומא דעצרת רך בחדוה וכו':

"Que le nom de ה' soit béni dès maintenant et à jamais" (Psaumes 113,2). Dans le saint Zohar (Tetsaveh 183a) : "Il est écrit : 'Que le nom de ה' soit béni', etc.

Que signifie 'béni' ? Mais un secret fut connu par l'un des compagnons dans le désert, et Rabbi Yitshak Kaftora était son nom.

Que signifie 'béni' ? Le commencement est dur et la fin douce.

Quarante-deux est dur et jugement, assurément ; puis il est doux. De même, le jour de Roch ha-Chana : quarante-deux est dur, car le monde fut créé par quarante-deux lettres et fut ainsi créé dans le jugement ; ensuite il est doux.

C'est pourquoi nous avons appris : tous les commencements sont durs et leur fin est douce. Le jour de Roch ha-Chana, quarante-deux est dur, et sa fin, au jour de Atseret, est douce dans la joie", etc.

En bref

Ce passage poursuit l’enseignement sur le Nom de quarante-deux. Le Sod Yecharim explique que D.ieu a semé ce Nom dans la création afin que la volonté n’atteigne sa perfection qu’au dernier degré, la Mal’hout. Le septième mot fait défaut et fait allusion au service de l’homme. La pierre gravée de ce Nom scelle l’abîme : par le service on tire le précieux du vil, et l’abîme demeure en repos. À Roch ha-Chana le Nom est dur dans le jugement, car le revêtement produit une nuance de séparation ; à Chemini Atseret, après les services, il est douceur et joie, union complète.

Aussi : la voix intérieure éveillée par le chofar ; l’union après parole et action, acquise par le labeur ; un seul taureau, petit repas, huitième circuit

ביאור הענין כי איתא בזוה"ק (הקדמה א') כך אזדרע שמא גליפא מפרש במ"ב אתוון דעובדא דבראשית וכו' היינו שזרע השי"ת את השם מ"ב בהבריאה בהתחלת ימי בראשית והוא שלא יהיה ניכר השלימות כי אם ע"י הדרגא אחרונה היינו במדת המלכות כי כשעלה ברצונו הפשוט ית' לברוא את העולם ולהתלבש בלבוש מלכות זה הרצון אינו נגמר בתכלית השלימות עד גמר וסוף כל המדרגות כי בכל המדרגות הקודמים שהם כדכתיב לך ה' הגדולה והגבורה והתפארת והנצח וגו' אינו נגמר עדיין הרצון בשלימות עד לך ה' הממלכה שהוא דרגא האחרונה אזי נגמר זה הרצון ית' בתכלית השלימות. ועל זה מרמז הזריעה משם מ"ב כי זה השם הוא שבעה שמות כל שם בן ששה תיבות ותיבה השביעי חסר שמרמז על מדה השביעי הנקראת מלכות וזהו להורות שרצונו ית' הציב לבוש כזה שאין שום שלימות לרצונו ית' בלתי קבלת מלכות שמים של הבריאה ודווקא ע"י הדרגא אחרונה שהוא עבודת אדם בתפיסתו הקטנה יהיה נגמר תכלית הרצון ית' שלא יהיה חסר עוד מדה השביעית ומלכות שמים יהיה בשלימות הגמור.

וזהו דאיתא בזוה"ק (יתרו צא:) בגין דקב"ה כד שתיל עלמא אטבע גו תהומא צרור חדא חקיקא בשמא קדישא ואטבע לה לגו תהומא וכד מייא בעא לסלקא חמאן רזא דשמא קדישא חקיק על ההוא צרורא ותייבין ומשתקעין והדרין לאחורא ושמא דא קיימא עד יומא דא גו תהומא וכו' ובזוה"ק (תרומה קלב) שמא דע"ב סליק ונחית וסימנך א"ת ב"ש ושמא דמ"ב סליק ולא נחית וסימנך א"ל ב"ם וכו' היינו כי בתהום הסתיר השי"ת נקודה יקרה מאוד וזהו השם ע"ב דסליק ונחית כגוונא דהנשמה עולה ויורדת בהגוף שאיתא במדרש (ש"ט) כי הנשמה משתוקקת תמיד לעלות להבהירות מקור שורשה ומראה לה השי"ת שמלא כל הארץ כבודו אזי נשארת בנייחא בהגוף וכן חפץ התהום תמיד לעלות להמקור וכדאיתא במדרש (בראשית רבה) המים התחתונים בוכים אנן בעינן למהוי קדם מלכא לזה חתים הקב"ה את התהום בצרור שחקוק עליו שם מ"ב וזה השם מ"ב הוא העמוד החוזר המובא בזוה"ק (ויחי ריט.) שיש עמוד מגן עדן התחתון לגן עדן העליון שבו עולים הנשמות היינו שעל ידו יכולין לעלות להמקור כי הוא מורה על עבודה ומזה השם מ"ב זורח אור להתהום אשר ע"י עבודה יכולין להוציא יקר מזולל ולראות שמלא כל הארץ כבודו וכאשר התהום רואה שיש בזה העולם הספק והחושך נמי דרך להעלות לבהירות המקור ועוד זאת שיכולין כאן להרויח יותר להוציא יקר מזולל מה שאי אפשר זאת למעלה בהמקור אזי נשאר התהום בנייחא למטה כדי שיהיה עבודת אדם להוציא יקר מזולל. לכן בר"ה יען שנתעורר אז התחלת הרצון מהתלבשות בהבריאה אזי הוא כמו דאיתא שם מ"ב קשה בדינא כי כאשר בא הרצון בהתלבשות כדי שיהיה בריאה מוכרח נמי להיות גוון מפירוד כדאיתא בזוה"ק (בראשית כב:) קמו כלהו חבריא ואמרו רבי וכי אית פרודא בין אבא ואמא דמסטרא דאבא איהו אצילות ומסטרי דאמא בבריאה אמר לון חבריה לאו הכי וכו' ויאמר א-להים יהי אור ויהי אור יהי אור מסטרא דאבא ויהי אור מסטרא דאמא וכו' היינו כי כאשר מתחיל ההתלבשות מוכרח מצד הבריאה להתהוות גוון מפירוד ואז הבריאה אינו בנייחא והתהום רוצה להעלות להמקור ולשטוף עלמא והמים התחתונים בוכים כי אינם מכירין עדיין את היקרות שיכולין להרויח בזה העולם הספק ולכך הוא בר"ה שירותא קשה.

אכן אחר כל העבודות שבזה החודש הנקרא ירח האתנים דתקיפו במצות ולאחר נסוך המים בחג להתהום כדי למסקי תהומא עד שהתהום מכיר מפורש שעל ידי עבודת ישראל נתהוה ממים התחתונים מים עליונים ממש עד שאין באמת שום הבדל וחילוק ביניהם ועוד זאת שהמים התחתונים מרויחין הרבה יותר בזה שיכולין להוציא יקר מזולל משא"כ המים העליונים אזי נשארים בנייחא ובשמחה וזה הוא מ"ב ר"ך בר"ה מ"ב קשה בדינא וסופו ביומא דעצרת רך וחדוה ולזה איתא בהאר"י הק' ז"ל אשר בשמיני עצרת הוא הזווג הגמור כי אז הוא רך וחדוה:

Explication de la chose. Il est rapporté dans le saint Zohar, Introduction 1: Le Nom gravé fut semé et s'explicite dans les quarante-deux lettres de l'œuvre de la Création, etc.

Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, a semé le Nom de quarante-deux dans la création, au commencement des jours de la Création, afin que la perfection ne soit reconnaissable que par le dernier degré, à savoir l'attribut de malkhout. Car, lorsque monta dans Sa volonté simple, béni soit-Il, de créer le monde et de Se revêtir du vêtement de la royauté, cette volonté n'atteint pas sa perfection totale avant l'achèvement et la fin de tous les degrés.

Dans tous les degrés précédents, ainsi qu'il est écrit: À toi, ה', la grandeur, la puissance, la splendeur et la victoire, etc. (I Chroniques 29,11), la volonté n'est pas encore achevée dans sa perfection, jusqu'à: À toi, ה', la royauté, qui est le dernier degré; alors cette volonté, béni soit-Il, s'achève dans la perfection totale.

La semence du Nom de quarante-deux y fait allusion, car ce Nom consiste en sept noms, chaque nom ayant six mots, et le septième mot fait défaut: il fait allusion au septième attribut appelé malkhout. Cela enseigne que Sa volonté, béni soit-Il, a établi un tel vêtement, selon lequel Sa volonté ne peut avoir aucune perfection sans que la création accepte la royauté du Ciel.

C'est précisément par le dernier degré, le service de l'homme dans sa faible appréhension, que s'achèvera la fin de Sa volonté, béni soit-Il: le septième attribut ne fera plus défaut, et la royauté du Ciel sera dans une perfection complète. C'est ce qui est rapporté dans le saint Zohar, Yitro 91b: Parce que le Saint, béni soit-Il, lorsqu'Il planta le monde, enfonça au sein de l'abîme une pierre liée, gravée du Nom saint, et l'enfonça dans l'abîme.

Lorsque les eaux voulurent monter, elles virent le secret du Nom saint gravé sur cette pierre; elles retournèrent, se calmèrent et reculèrent. Ce Nom demeure jusqu'à ce jour dans l'abîme, etc.

Et dans le saint Zohar, Terouma 132: Le Nom de soixante-douze monte et descend, et ton signe est את בש; le Nom de quarante-deux monte et ne descend pas, et ton signe est אל במ, etc. Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, a caché dans l'abîme un point très précieux, qui est le Nom de soixante-douze, lequel monte et descend, à l'image de l'âme qui monte et descend dans le corps.

Il est rapporté dans le Midrach, Chir ha-Chirim: l'âme désire sans cesse monter vers la clarté de la source de sa racine, et le Saint, béni soit-Il, lui montre que toute la terre est remplie de Sa gloire; elle demeure alors en repos dans le corps. De même, l'abîme désire toujours monter vers la source.

Il est rapporté dans le Midrach, Bereshit Rabba: les eaux inférieures pleurent: Nous voulons être devant le Roi. Aussi le Saint, béni soit-Il, a-t-Il scellé l'abîme par une pierre sur laquelle est gravé le Nom de quarante-deux.

Ce Nom de quarante-deux est la colonne de retour rapportée dans le saint Zohar, Vayhi 219a: il y a une colonne du jardin d'Éden inférieur au jardin d'Éden supérieur, par laquelle montent les âmes; c'est-à-dire que par elle elles peuvent monter vers la source, car elle indique le service. Du Nom de quarante-deux rayonne une lumière vers l'abîme: par le service, on peut tirer le précieux du vil et voir que toute la terre est remplie de Sa gloire.

Lorsque l'abîme voit que, dans ce monde du doute et de l'obscurité aussi, il y a une voie pour monter vers la clarté de la source, et, de plus, qu'on peut ici gagner davantage, tirer le précieux du vil, ce qui est impossible là-haut dans la source, il demeure alors en repos en bas, afin qu'il y ait le service de l'homme pour tirer le précieux du vil. C'est pourquoi, à Roch ha-Chana, puisque s'éveille alors le commencement de la volonté de Se revêtir dans la création, le Nom de quarante-deux est, comme il est rapporté, dur dans le jugement.

Car, lorsque la volonté vient se revêtir afin qu'il y ait une création, une nuance de séparation doit aussi nécessairement se former, comme il est rapporté dans le saint Zohar, Bereshit 22b: Tous les compagnons se levèrent et dirent: Rabbi, y a-t-il donc une séparation entre Père et Mère? Du côté du Père est Atsilout, et du côté de la Mère est Beria.

Il leur dit: Compagnons, il n'en est pas ainsi, etc. Et Elokim dit: Que la lumière soit, et la lumière fut.

Que la lumière soit est du côté du Père, et la lumière fut est du côté de la Mère, etc. Ainsi, quand commence le revêtement, une nuance de séparation doit nécessairement être produite du fait de la création.

La création n'est alors pas en repos, l'abîme veut monter à la source et inonder le monde, et les eaux inférieures pleurent, car elles ne reconnaissent pas encore le prix qu'elles peuvent gagner dans ce monde du doute. C'est pourquoi Roch ha-Chana est un commencement dur.

Mais, après tous les services de ce mois appelé le mois des forts, où ils sont puissants dans les mitsvot, et après la libation d'eau, à la fête, pour l'abîme, afin de faire monter l'abîme, l'abîme reconnaît clairement que, par le service d'Israël, les eaux inférieures deviennent véritablement eaux supérieures, sans qu'il y ait en vérité aucune différence ni distinction entre elles. De plus, les eaux inférieures gagnent bien davantage, car elles peuvent tirer le précieux du vil, ce que ne peuvent les eaux supérieures.

Elles demeurent alors en repos et dans la joie. Tel est le Nom de quarante-deux: à Roch ha-Chana, dur dans le jugement, et son terme, au jour d'Atseret, douceur et joie.

C'est pourquoi Rabbi Its'hak Louria, le saint ARI, de mémoire bénie, rapporte qu'à Chemini Atseret a lieu l'union complète, car alors il y a douceur et joie.

אתה הראת לדעת כי ה' הוא הא-להים אין עוד מלבדו. הנה בחג הכסה שהוא ראש השנה נתעורר בו ע"י הקול פשוט של השופר עומק הנקודה כדאיתא בזוה"ק (אמור צט.) האי שופר איתער שופר אחרא שהוא קלא פנימאה וענין קול פנימאה הוא כמבואר בתקוני זוה"ק (תיקון סט) ולקבלייהו אמר דוד שבעקלין דהבי לה' בני אלים ועל אלין שבע אתמר כי לא על הלחם לבדו יחיה האדם כי על כל מוצא פי ה' יחיה האדם וכו' היינו שהקול פנימאה הוא המוצא פי ה' המחיה כל הדברים שבעולם לזה אין אז להאדם להסתכל על שום לבוש מזה העולם כי אם להקול פנימאה שהוא המוציא פי ה' המחיה כל הלבושים שבעולם ואח"כ הם העשרה ימים שמתחיל בהם האור לבוא בהתלבשות עד שעתא דמנהיר מיובלא לסיהרא שהוא יוה"כ ואז הוא הגמר מהנסירה ומתחיל בו העבודה במלולא עד ההתחלה של זה החג שמתחיל בו העבודה בעובדא עד שמיני עצרת שבו נגמר הזווג בשלימות הגמור.

והנה כל מה שהאור נכנס יותר בהתלבשות נתרחק לפי הנראה האור יותר משורש המקור ית' וא"כ מדוע הוא עיקר שלימות הזווג דוקא אחר שבא האור במלולא ובעובדא. אכן הענין הוא כמו שמצינו (בהתחלת הבריאה שנברא האדם לבדו כליל דכר ונוקבא ונוקבא אחידת בסטרוי כד' בזוה"ק (במדבר) ובהאר"י הק' ז"ל נקרא זאת כותל אחד לשניהם היינו שהיה כליל לגמרי בעצמותו ית' ולא היה עדיין שום מקום אצלו לבחירה עד אחר הנסירה כדכתיב ויישן ויקח אחת מצלעותיו וגו' ויבאה אל האדם וגו' כמבואר בזוה"ק למהוי אפין באפין היינו שיוגמר אצלו הבחירה ובזאת הבחירה נגמר המכוון מבריאת העולם בתכלית השלימות כי בזה האחדות שהיה להבריאה מלפנים בשורשה אינו נגמר עדיין עיקר המכוון כי עיקר המכוון הוא כמו דאיתא בזוה"ק (לך פה:) כד נשמתין נפקין דכר ונוקבא כחדא נפקין לבתר כיון דנחתי מתפרשין דא לסטרא דא ודא לסטרא דא וקב"ה מזווג לון לבתר וכו' (ושם צא.) ואי תימא הא תנינן לית זווגא אלא לפום עובדוי וארחוי דבר נש היינו מאחר שכל הזווג הוא רק לפום עובדוי דבר נש א"כ איזה שלימות יתכן להיות בזווג כזה הבא רק מפאת הפעולות של אדם הלא מצער הוא על זה מבאר שם אשר בכל זאת נגמר בזאת הפעולה הקטנה שהוא בתפיסה הנמוכה כל השלימות מהזווג כמו שהוא ממש בשורש העליון כי דוקא ע"י זאת הפעולה הקטנה מגיע האדם להכרה האמיתי שהיה לאחדים בהשורש הרי שעיקר השלימות יתכן להיות דוקא אחר שנתפרדו ונתרחקו כשמחפש האדם אח"כ בפעולותיו להכיר את האחדות שהיה אצלו מלפנים טרם שנתפרדו אזי נמצא שקנה זה האחדות ביגיע כפו ומפאת זה נגמר שלימות הזווג, וככה הוא הענין של שמיני עצרת דאיתא בהאר"י הק' ז"ל שנגמר בו הזווג בשלימות היינו כי אחר שבא הנקודה הנקרא בכסה שהוא קלא פנימאה בהתלבשות העבודות דמלולא ועובדא ובשמיני עצרת חוזר ונתגלה אותה הנקודה פנימאה מתוך כל הלבושים של ישראל ובהכרה כזו נגמר הזווג בתכלית השלימות ולכן היו נמי כל ימי החג שבעים פרים נגד שבעים אומות כי טרם גמר הזווג אינו מבורר עדיין שום לבוש וכמו שהטוב אינו מבורר שהוא לגמרי טוב כך אינו מבורר הרע שהוא לגמרי רע וממילא כל עוד שהפרי אינה נגמרת כל צרכה צריכה עדיין להקליפה שיהיה שומר לפרי ולזה היו צריכין להקריב נגד האומות כי כל זמן שלא נגמר הבירור מההיקף שבעה ויכולין עדיין ללקט מעט טוב מהם צריכין ישראל לכל אלו הלבושים ואי אפשר לבטלם משא"כ שמיני עצרת שרומז על ההיקף שמיני שאז יהיה הזווג בשלימות שכבר נתברר ונתלקט מכל הלבושים בהזמן של היקף שבעה כל הטוב שהיה נמצא בהם אזי זורקין להקליפה ומבטלים כל הלבושים זרים ואין מקריבין נגדם עוד רק כמו שאמרו ז"ל עשו לי סעודה קטנה וכו' פר אחד נגד ישראל לבד וענין שנקרא זאת הסעודה של שמיני עצרת סעודה קטנה הוא כי הנקודה האמצעית מההיקף שבעה הוא כדכתיב ששת ימים תעשה מלאכתך וביום השביעי תשבות היינו שהתכלית מששת ימי המעשה הוא לשבות ולבטל כל הפעולות להשי"ת וע"י שישראל מוסרין כל כח הפעולות שלהם להשי"ת מחזיר להם נמי השי"ת ההיקף שמיני והנקודה האמצעית מההיקף שמיני הוא שנותן להם השי"ת בחזרה כל מה שישראל מסרו להשי"ת בההיקף הקודם היינו שמאיר בתפיסת ישראל איך שיש לכל הפעולות שלהם מקום בשורש רצונו ית' ועל אותה הארה רומזת שמיני עצרת ולזה נקרא בלשון חכמינו ז"ל הקרבן של שמיני עצרת סעודה קטנה כי יש חילוק בין סעודה קטנה לגדולה כמו שמצינו בגמ' (שבת ט) לא יסב אדם לאכול סמוך למנחה וכו' ומסיק בגמ' שם דמיירי דוקא בסעודה גדולה וכו' היינו כי בסעודה קטנה שרי דלא אתי לאמשוכי אבתריה אבל סעודה גדולה אסור שמא אתי לאמשוכי אבתריה היינו שמא ישכח בתפיסת עצמו כי אחר רוב טובה יכול האדם להיות נמשך אחריו ולשכוח בעצמו משא"כ סעודה קטנה אינה משכחת דעת אדם להיות כ"כ נמשך אחריה עד שישכח בעצמו וזה רמזו ז"ל שם באמרם משל למלך שאמר לב"ב עשו לי סעודה קטנה וכו' לרמז בזה הארת שמיני עצרת שרומז שעתיד השי"ת להאיר בההיקף שמיני שיהיה בב"א אשר אין מהצורך עוד להאדם לשכח בעצמו ולבטל תפיסתו ולמסור כל כח פעולותיו להשי"ת בחזרה כמו שהיה בההיקף שביעי אלא שיהיה יכול שפיר לזכור בעצמו ובכל זאת יכיר היטב איך שכל פעולותיו נקשרים בשורש רצונו ית' ועל שלימות כזאת רומז הזווג של שמיני עצרת:

C'est à toi qu'il a été donné de voir, afin que tu saches que ה' est Elokim, qu'il n'y en a pas d'autre que Lui (Deutéronome 4,35). Voici: à la fête de la dissimulation, qui est Roch ha-Chana, la profondeur du point s'éveille par le son simple du chofar, comme il est rapporté dans le saint Zohar, Emor 99a: Ce chofar éveille un autre chofar, qui est la voix intérieure.

La question de la voix intérieure est expliquée dans les Tikkounei Zohar, Tikkoun 69: En regard d'elles, David dit: sept voix d'or: Rendez à ה', fils des puissants, et de ces sept il est dit: L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de ה' l'homme vit (Deutéronome 8,3), etc. La voix intérieure est donc ce qui sort de la bouche de ה' et fait vivre toutes les choses du monde.

Aussi, l'homme ne doit-il alors regarder aucun vêtement de ce monde, mais seulement la voix intérieure, ce qui sort de la bouche de ה' qui fait vivre tous les vêtements du monde. Viennent ensuite les dix jours, durant lesquels la lumière commence à venir dans le revêtement, jusqu'au moment où le Yovel (flux de Bina) éclaire la lune, qui est Yom Kippour.

Alors s'achève la séparation, et le service dans la parole commence, jusqu'au commencement de cette fête, où le service dans l'action commence, jusqu'à Chemini Atseret, où l'union s'achève dans la perfection totale. Or, plus la lumière entre dans le revêtement, plus, selon l'apparence, elle s'éloigne de la racine de la source, béni soit-Il.

Pourquoi donc la perfection essentielle de l'union est-elle précisément après que la lumière est venue dans la parole et dans l'action? Mais la chose est semblable à ce que nous trouvons au commencement de la Création: l'homme fut créé seul, tout entier mâle et femelle, la femelle étant attachée à son côté, comme il est écrit dans le saint Zohar, Bamidbar.

Rabbi Its'hak Louria, le saint ARI, de mémoire bénie, appelle cela une seule paroi pour eux deux. Cela signifie qu'il était entièrement inclus dans Son essence, béni soit-Il, et qu'il n'avait pas encore de place pour le libre choix, jusqu'après la séparation, ainsi qu'il est écrit: Il l'endormit, prit une de ses côtés, etc., et l'amena à l'homme, etc.

(Genèse 2,21-22), comme l'explique le saint Zohar: afin qu'ils soient face à face. C'est-à-dire que le libre choix s'accomplirait en lui.

Et dans ce libre choix s'achève l'intention de la création du monde dans la perfection totale. Car dans l'unité que la création avait auparavant dans sa racine, l'intention essentielle n'était pas encore accomplie.

L'intention essentielle est plutôt comme il est rapporté dans le saint Zohar, Lekh Lekha 85a: Lorsque les âmes sortent, elles sortent ensemble mâle et femelle; puis, lorsqu'elles descendent, l'un se sépare vers un côté et l'autre vers un autre côté, et le Saint, béni soit-Il, les unit ensuite, etc. Et là-bas, 91a: Et si tu dis: nous avons pourtant enseigné qu'il n'y a d'union qu'en fonction des actes et des voies de l'homme.

Cela signifie: puisque toute l'union n'est qu'en fonction des actes de l'homme, quelle perfection peut-il y avoir dans une telle union, qui ne vient que des actions de l'homme? N'est-ce pas peu de chose?

Il explique là-bas que, malgré cela, dans cette petite action, qui est dans l'appréhension basse, s'achève toute la perfection de l'union, exactement comme elle est dans la racine supérieure. Car c'est précisément par cette petite action que l'homme parvient à la reconnaissance véritable de l'unité qu'il avait dans la racine.

Il apparaît donc que la perfection essentielle ne peut être qu'après qu'ils se sont séparés et éloignés: lorsque l'homme cherche ensuite, par ses actions, à reconnaître l'unité qu'il avait auparavant, avant qu'ils ne se séparent, il se trouve qu'il a acquis cette unité par le labeur de ses mains; c'est par cela que s'achève la perfection de l'union. Il en est ainsi de Chemini Atseret.

Rabbi Its'hak Louria, le saint ARI, de mémoire bénie, rapporte que l'union s'y achève dans la perfection. Cela signifie qu'après que le point appelé à la dissimulation, qui est la voix intérieure, est venu dans les revêtements des services de parole et d'action, ce même point intérieur se révèle de nouveau, à Chemini Atseret, depuis tous les vêtements d'Israël; dans une telle reconnaissance, l'union s'achève dans la perfection totale.

C'est aussi pourquoi, durant tous les jours de la fête, il y avait soixante-dix taureaux, en regard des soixante-dix nations. Car avant l'achèvement de l'union, aucun vêtement n'est encore clarifié: de même que le bien n'est pas clarifié comme étant entièrement bien, le mal n'est pas clarifié comme étant entièrement mal.

Il en résulte que, tant que le fruit n'est pas achevé comme il convient, il a encore besoin de l'écorce pour garder le fruit. C'est pourquoi il fallait offrir en regard des nations: tant que la clarification du circuit des sept (heqef) n'est pas achevée et que l'on peut encore recueillir d'elles un peu de bien, Israël a besoin de tous ces vêtements et ne peut les annuler.

Il n'en est pas ainsi de Chemini Atseret, qui fait allusion au huitième circuit: alors l'union sera dans la perfection, car tout le bien qui se trouvait dans les vêtements a déjà été clarifié et recueilli durant le temps du circuit des sept. On jette alors l'écorce, on annule tous les vêtements étrangers et l'on n'offre plus pour eux.

Seulement, comme ont dit nos sages, de mémoire bénie: Faites-Moi un petit repas, etc.; un taureau seulement, en regard d'Israël seul. Et la raison pour laquelle ce repas de Chemini Atseret est appelé petit repas est que le point central du circuit des sept est, ainsi qu'il est écrit: Pendant six jours tu feras ton ouvrage, et le septième jour tu cesseras (Exode 23,12).

Cela signifie que la fin des six jours d'action est de cesser et d'annuler toutes les actions à ה'. Par le fait qu'Israël remet au Saint, béni soit-Il, toute la force de ses actions, le Saint, béni soit-Il, lui rend aussi le huitième circuit.

Le point central du huitième circuit est que le Saint, béni soit-Il, leur rend tout ce qu'Israël Lui a remis dans le circuit précédent: Il éclaire l'appréhension d'Israël sur le fait que toutes ses actions ont une place dans la racine de Sa volonté, béni soit-Il. Chemini Atseret fait allusion à cette illumination.

C'est pourquoi nos sages, de mémoire bénie, appellent le sacrifice de Chemini Atseret petit repas. Il y a en effet une différence entre un petit repas et un grand repas, comme nous trouvons dans la Guemara, Chabbat 9a: L'homme ne s'assiéra pas pour manger près de min'ha, etc.

La Guemara conclut là-bas qu'il ne s'agit que d'un grand repas, etc. Cela signifie qu'un petit repas est permis, car on ne risque pas de se laisser entraîner après lui; mais un grand repas est interdit, de crainte de se laisser entraîner après lui.

C'est-à-dire que l'homme risque d'oublier sa propre appréhension, car après une grande abondance de bien, il peut être entraîné par elle et s'oublier lui-même. Un petit repas, au contraire, ne trouble pas assez l'esprit de l'homme pour qu'il soit tant entraîné après lui qu'il s'oublie lui-même.

C'est à cela que nos sages, de mémoire bénie, firent allusion la-bas en disant: Parabole d'un roi qui dit aux membres de sa maison: Faites-Moi un petit repas, etc. Ils font ainsi allusion à l'illumination de Chemini Atseret, qui indique que le Saint, béni soit-Il, éclairera dans le huitième circuit, promptement de nos jours, amen, de sorte que l'homme n'aura plus besoin de s'oublier et d'annuler son appréhension, ni de remettre de nouveau au Saint, béni soit-Il, toute la force de ses actions, comme dans le septième circuit.

Il pourra au contraire bien se souvenir de lui-même et, malgré cela, reconnaître parfaitement comment toutes ses actions sont liées à la racine de Sa volonté, béni soit-Il. C'est à une telle perfection que fait allusion l'union de Chemini Atseret.

En bref

« Tu as été montré afin de savoir que Hachem est l’Elokim, il n’en est pas d’autre que Lui » (Devarim 4,35). Le Sod Yecharim rapporte que Moché a fait régner D.ieu jusque dans le vide du monde. Les paroles de Torah transmises par lui visent à ce qu’Israël reconnaisse, même ici, que le Nom est bon. Cette foi est déjà fixée au fond du cœur de chaque âme, même sans qu’elle le sache. Rabbi ouvre ses greniers à tous après Yonatan ben Amram : les paroles de Torah ne cessent jamais dans la profondeur du cœur ; il faut seulement les éveiller. Les sept processions de Sim’hat Torah fixent ces paroles contre les écrans.

Aussi : Atseret, force de retenue qui prouve la préciosité d’Israël et désigne la royauté ; un seul taureau, fiancée sans part pour les nations

אתה הראת לדעת כי ה' הוא הא-להים אין עוד מלבדו. להיות שחלקו של משה רבינו הוא כמבואר במדרש רבה (פ' ואתחנן) מרע"ה המליך את הקב"ה אף בחללא דעלמא כי אמר אין עוד מלבדו אף בחללה דעלמא וכו' וכמו שאמרו ז"ל על מרע"ה בגמ' (מנחות נג:) יבא טוב.

ויקבל טוב. מטוב.

לטובים היינו כי כל הד"ת שמסר השי"ת לישראל ע"י משה רבינו המה באמת רק למען שיהיה הכרה בתפיסת ישראל גם בזה העולם איך שהשי"ת הוא הטוב וחפץ חסד כדכתיב כי לעולם חסדו לכן צריך הגבול מכל ההתחלפות לעבור דרך אורו של מרע"ה היינו כי מתחלה היו כל עבודות ישראל במלולא ובעובדא עד שמיני עצרת שמתחיל בו תורה ומתחלף בו מתפלה לתורה. ותפלה נקרא בגמ' (שבת יוד) חיי שעה נגד תורה כי תפלה הוא מה שמבקש האדם מסיבת החסרון שהוא מחוסר שימלא לו השי"ת מה שחסר לו ותורה הוא התגלות אורו ית' בתכלית השלימות אכן כאשר מתחלף לתורה צריך האדם שימצא א"ע ג"כ בתורה היינו שיכיר איך שהוא וכל תפיסתו נכלל בד"ת.

ולהכרה כזאת צריכין מקודם לעבור דרך אורו של מרע"ה היינו לקבוע היטב בלבו זאת האמונה שאין עוד מלבדו אפילו בחללא דעלמא כי באמת כבר קבע מרע"ה זאת האמונה בעומק לבם של ישראל שאין עוד מלבדו ולזה מצינו בגמ' (נדה מה) בן י"ג שנים ויום אחד נדריו קיימין אף שאינו יודע לשם מי נדר והוא משום שכבר נקבע בכל פרט נפש ישראל בעומק לבו גם שלא מדעת זאת האמונה שאין עוד מלבדו. ולזה מצינו בגמ' (סנהדרין צ"ב.) יוצק זהב רותח לתוך פיו של אותו רשע שאלמלא לא בא מלאך וסטרו על פיו ביקש לגנות כל שירות ותשבחות שאמר דוד בספר תהלים וכו' היינו כי הקב"ה דן את הלבבות לכן כיון שברצונו ובתפיסת דעתו עומד נבוכדנצר לגמרי ההיפך מהרצון ית' לכך אף השירות ותשבחות שאמר שלא מדעתו המה נמי בפירוד גמור ובא מלאך וסטרו על פיו אבל ישראל המה שלא מדעתם נמי בחיבור גמור מפאת האמונה שנקבע בעומק לבם מאורו של מרע"ה לכך חותם השי"ת על השירות ותשבחות שאומרים מדעתם נמי שהכל הם ד"ת ולכך מצינו בגמ' (ב"ב ח.) רבי פתח אוצרות בשני בצורת אמר יכנסו בעלי מקרא בעלי משנה וכו' אבל עמי הארץ אל יכנסו דחק ר' יונתן בן עמרם ונכנס א"ל רבי פרנסני ככלב וכעורב היינו שאמר לו מאחר שרחמנותו ית' הוא גם על בריות שפלים כאלו כמאמרם ז"ל (שבת קנה:) על הפסוק יודע צדיק דין דלים יודע הקב"ה מזונותיו של כלב לפיכך וכו'.

וכן על עורב שהוא אכזרי על בניו מזמין להו הקב"ה מזונות כדאיתא במדרש ולכך מחויב נמי האדם להדבק במדותיו ית' ולרחם על בריה שפלה ג"כ. פרנסיה בתר דנפיק יתיב רבי וקא מצטער ואמר אוי לי שנתתי פתי לעם הארץ היינו כי רבי נתחרט אח"כ הגם שזאת הוא אמת שצריכין להדבק במדותיו ית'.

אכן מסר השי"ת ג"כ להאדם שיעשה הכל בדעת לפי הבנת תפיסתו ולא שיפעל אדם בלי דעת כלל נגד הבנת תפיסתו ובזה שנתן מזונות לעם הארץ היה נראה לרבי בהבנת תפיסתו שהיה מרחם במקום אכזרי ח"ו לכך אמר רבי אוי לי שנתתי פתי לעם הארץ אמר לפניו ר"ש בר רבי שמא יונתן בן עמרם תלמידך הוא שאינו רוצה להנות מכבוד התורה מימיו בדקו ואשכח. אמר רבי יכנסו הכל וכו' היינו כי כאשר נתוודע לו אח"כ שאותו עם הארץ היה יונתן בן עמרם תלמידו שהסתיר א"ע שלא יכירו אותו כדי שלא יהנה מכבוד תורתו היה פותח אח"כ אוצרותיו לכל ישראל ואמר יכנסו הכל, ולפי הנראה מה זאת היה מכריחו אח"כ לפתוח את אוצרותיו ולומר יכנסו הכל יותר מקודם הלא אדרבה מאחר שהיה רואה שלא יאונה לו כל עון בזה שהיה נועל מקודם את האוצרות כי הרי כאשר נזדמן לו ת"ח שהיה מסתיר א"ע כיונתן בן עמרם היה נותן לו ג"כ אף שלא היה מכירו כלל שהוא ת"ח כי אם ע"י בקשתו פרנסני ככלב וכו' היה עלה חנו בעיניו ונתן לו מזונות א"כ מה היה לו עוד לחוש שעי"ז היה פותח אוצרותיו ולומר יכנסו הכל.

אמנם רבינו הקדוש לא היה חפץ לסמוך ולבטוח על זה התקיפות שבטח לא יזמין לו השי"ת שום מכשול יען שראה רבינו הקדוש שיתכן כ"כ אצל ת"ח הצנע לכת כיונתן בן עמרם לכך היה מתירא פן יזדמן אצלו עוד איזה ת"ח שאינו מכירו ודברי בקשתו לא יעלה חינו בעינו ולא ירחם עליו ח"ו לכך פתח אוצרותיו ואמר יכנסו הכל ואי משום זה המיחוש שהיה אצלו מקודם וכדאיתא בגמ' שם רבי לטעמו דא"ר אין פורענות בא לעולם אלא בשביל עמי הארץ ולכך אמר מקודם אוי לי שנתתי פתי לעמי הארץ כי יהיה נקרא ח"ו רחמני במקום אכזרי על זה האיר השי"ת את עיניו שיכול שפיר לסמוך שלא יהיה בטח מרחם במקום אכזרי כי באמת יש בעומק הלב של כל נפשות ישראל דברי תורה גם שלא מדעתם כי כבר בימי רבינו הקדוש התחילו שני אלפים ימות המשיח שהם אחר שני אלפים תורה. ושני אלפים ימות המשיח מורה שכבר נקבע דברי תורה בעומק הלב של ישראל גם שלא מדעתם.

וזה כענין מאמרם ז"ל (ב"מ פ"ה) על הפסוק ואני זאת בריתי וגו' לא ימושו מפיך ומפי זרעך ומפי זרע זרעך אמר ה' מעתה ועד עולם שהתורה חוזרת על אכסניא שלה וכו' היינו אף דחזינן לפעמים דפסיק מ"מ הדר קא אתי שההפסק אינו לגמרי ח"ו רק שצריכין לעורר את הד"ת אצלו ומאחר שיכולין שוב לעורר את הד"ת א"כ אין זה נקרא הפסק ולזה אמרו ז"ל (סנהדרין צו) הזהרו בבני עמי הארץ שמהם תצא תורה ואם היה נפסק מהם ח"ו לגמרי לא היה יצא מבניהם תורה אלא שבהם לא נפסק מהם רק שצריכין לעורר את הד"ת שיהיה אצלם מדעת אבל שלא מדעת יש בכל נפשות ישראל ד"ת בעומק לבם ואינו נפסק מהם בשום פעם לזה פתח רבי אוצרותיו ואמר יכנסו הכל בלי שום מיחוש שמא יהיה בזה מרחם במקום אכזרי ח"ו כי אין זאת בישראל כלל ועל זאת הקביעות מרמז החג של שמחת תורה שמקיפין בתורה ומבואר בירושלמי שצריכין להקיף שבע פעמים כמו שהיו מקיפין עם הארון את חומות יריחו שבע פעמים ובכל פעם שהיה מקיפין את יריחו נפל חומה אחת מהשבע חומות שהי' סביב יריחו ובהקפה השביעית נפלה החומה השביעית תחתיו כך באלו שבע הקפות שמקיפין בתורה נקבע הד"ת בלב ישראל להגין בעדם מכל המסכים המבדילים והמקטריגים:

Tu as été montré afin de savoir que ה' est l'Elokim, il n'en est pas d'autre que Lui (Deutéronome 4,35). Car la part de notre maître Moché est, comme l'expose le Midrach Rabba (Vaethanan), que Moché notre maître a fait régner le Saint, béni soit-Il, jusque dans le vide du monde, lorsqu'il a dit: il n'en est pas d'autre que Lui, même dans le vide du monde, etc.

Et comme nos maîtres l'ont dit de Moché notre maître dans la Guemara (Menahot 53b): Que le bon vienne, reçoive le bon, du Bon, pour les bons. C'est-à-dire que toutes les paroles de Torah que le Nom a transmises à Israël par Moché notre maître ne sont, en vérité, que pour que la saisie d'Israël reconnaisse, même dans ce monde-ci, comment le Nom est bon et désire la grâce, ainsi qu'il est écrit: car Sa grâce est à jamais.

C'est pourquoi toute limite de la succession des états doit passer par la lumière de Moché notre maître. C'est-à-dire que, d'abord, tous les services d'Israël étaient par la parole et par l'acte, jusqu'à Chemini Atseret, où commence la Torah et où l'on passe de la prière à la Torah.

La prière est appelée dans la Guemara (Chabbat 10a) vie d'un instant, par rapport à la Torah, car la prière est ce que l'homme demande à cause de son manque, puisqu'il est déficient et demande que le Nom comble ce qui lui manque; tandis que la Torah est la révélation de Sa lumière, bénie soit-Il, dans la perfection ultime. Toutefois, lorsqu'il passe à la Torah, l'homme doit aussi se trouver lui-même dans la Torah, c'est-à-dire reconnaître comment lui-même et toute sa saisie sont inclus dans les paroles de Torah.

Or, pour une telle reconnaissance, il faut d'abord passer par la lumière de Moché notre maître: fixer fermement dans son cœur cette foi qu'il n'en est pas d'autre que Lui, même dans le vide du monde. Car Moché notre maître a déjà fixé cette foi dans la profondeur du cœur d'Israël: il n'en est pas d'autre que Lui.

C'est pourquoi nous trouvons dans la Guemara (Nidda 45b) qu'à treize ans et un jour les vœux d'un fils sont valides, bien qu'il ne sache pas au nom de qui il a voué. Cela tient à ce que, dans chaque détail de l'âme d'Israël, cette foi qu'il n'en est pas d'autre que Lui est déjà fixée au fond du cœur, même sans qu'il le sache.

C'est aussi pourquoi nous trouvons dans la Guemara (Sanhédrin 92b): on versa de l'or fondu dans la bouche de ce scélérat; car, si un ange n'était pas venu le frapper sur la bouche, il avait entrepris de dénigrer tous les cantiques et louanges que David a dits dans le livre des Psaumes, etc. C'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, juge les cœurs.

Puisque Nabuchodonosor se tenait, dans son vouloir et dans la saisie de son esprit, entièrement à l'opposé du vouloir divin, les cantiques et louanges mêmes qu'il disait sans le savoir étaient aussi dans une séparation totale; un ange vint donc le frapper sur la bouche. Mais Israël, même sans le savoir, est dans une union totale par la foi que la lumière de Moché notre maître a fixée au fond de son cœur.

Aussi le Nom appose-t-Il Son sceau sur les cantiques et les louanges qu'ils disent aussi sciemment: tout cela est paroles de Torah. C'est pourquoi nous trouvons dans la Guemara (Bava Batra 8a): Rabbi ouvrit ses greniers durant les années de famine et dit: Que viennent les maîtres de l'Écriture, les maîtres de la Michna, etc.; mais que les ignorants n'entrent pas.

Rabbi Yonatan ben Amram se fraya un passage et entra. Il lui dit: Rabbi, nourris-moi comme un chien et comme un corbeau.

C'est-à-dire qu'il lui dit: puisque Sa miséricorde, bénie soit-Il, s'étend aussi à des créatures aussi basses, comme nos maîtres l'ont dit (Chabbat 155b) sur le verset: Le juste connaît la cause des pauvres (Proverbes 29,7): le Saint, béni soit-Il, connaît la nourriture du chien, c'est pourquoi, etc. De même, pour le corbeau, qui est cruel envers ses petits, le Saint, béni soit-Il, leur prépare une nourriture, comme il est rapporté dans le Midrach.

L'homme est donc, lui aussi, tenu de s'attacher à Ses attributs, bénis soient-ils, et d'avoir miséricorde d'une créature basse. Il le nourrit.

Après que celui-ci fut sorti, Rabbi s'assit, se désola et dit: Malheur à moi, j'ai donné mon pain à un ignorant. C'est-à-dire que Rabbi le regretta ensuite, bien qu'il fut vrai qu'il faut s'attacher à Ses attributs, bénis soient-ils.

Toutefois, le Nom a aussi remis à l'homme de tout faire avec discernement, selon la compréhension de sa saisie, et non d'agir entièrement sans discernement contre la compréhension de sa saisie. En donnant de la nourriture à un ignorant, il apparaissait à Rabbi, selon la compréhension de sa saisie, qu'il faisait miséricorde là où il fallait être cruel, à Dieu ne plaise.

C'est pourquoi Rabbi dit: Malheur à moi, j'ai donné mon pain à un ignorant. Rabbi Chimon, fils de Rabbi, lui dit: Peut-être est-ce ton disciple Yonatan ben Amram, qui n'a jamais voulu tirer profit de l'honneur de la Torah?

Ils vérifièrent et le trouvèrent. Rabbi dit alors: Que tous entrent, etc.

Cela signifie que lorsqu'il sut ensuite que cet ignorant était son disciple Yonatan ben Amram, qui s'était caché afin qu'on ne le reconnaisse pas et qu'il ne tire pas profit de l'honneur de sa Torah, il ouvrit ensuite ses greniers à tout Israël et dit: Que tous entrent. Or, selon l'apparence, qu'est-ce qui le contraignit ensuite à ouvrir ses greniers et à dire: Que tous entrent, plus qu'auparavant?

Au contraire, puisqu'il voyait qu'aucune faute ne lui arriverait s'il fermait d'abord les greniers - car lorsqu'un sage de Torah qui se cachait, tel Yonatan ben Amram, se présentait à lui, il lui donnait aussi, bien qu'il ne reconnut nullement qu'il était sage de Torah; c'était seulement par sa demande: Nourris-moi comme un chien, etc., qu'il lui trouvait grâce et lui donnait de la nourriture - qu'avait-il encore à craindre en ouvrant ses greniers et en disant: Que tous entrent? Mais notre saint maître ne voulait pas s'appuyer et se fier à cette assurance qu'il ne lui arriverait certainement aucun obstacle de la part du Nom.

En effet, notre saint maître voyait qu'une telle modestie, comme celle de Yonatan ben Amram, était tout à fait possible chez un sage de Torah. Il craignait donc qu'un autre sage de Torah, qu'il ne reconnaîtrait pas, ne se présentât à lui, et que les paroles de sa demande ne trouvent pas grâce à ses yeux, de sorte qu'il ne lui ferait pas miséricorde, à Dieu ne plaise.

C'est pourquoi il ouvrit ses greniers et dit: Que tous entrent. Et quant à cette crainte qu'il avait d'abord, comme il est dit là-bas dans la Guemara: Rabbi suivait son avis, car Rabbi disait: Aucune calamité ne vient au monde que par les ignorants; c'est pourquoi il avait d'abord dit: Malheur à moi, j'ai donné mon pain aux ignorants, car il serait appelé, à Dieu ne plaise, miséricordieux là où il faut être cruel - le Nom éclaira ses yeux qu'il pouvait fort bien s'appuyer sur le fait qu'il ne serait certainement pas miséricordieux là où il faut être cruel.

Car, en vérité, il y a dans la profondeur du cœur de toutes les âmes d'Israël des paroles de Torah, même sans qu'elles le sachent, puisque déjà aux jours de notre saint maître commencèrent les deux mille ans des jours du Messie, qui viennent après les deux mille ans de Torah. Et les deux mille ans des jours du Messie indiquent que les paroles de Torah sont déjà fixées dans la profondeur du cœur d'Israël, même sans qu'il le sache.

Ceci est conforme à ce que nos maîtres ont dit (Bava Metsia 85a) sur le verset: Et moi, voici Mon alliance avec eux, dit ה': Mes paroles que J'ai mises dans ta bouche ne s'éloigneront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance, ni de la bouche de la descendance de ta descendance, dit ה', dès maintenant et pour toujours (Isaie 59,21): la Torah revient dans son logis, etc. C'est-à-dire que, bien que nous voyions parfois une interruption, elle revient néanmoins; l'interruption n'est pas complète, à Dieu ne plaise, mais il faut éveiller chez lui les paroles de Torah.

Et puisqu'on peut de nouveau éveiller les paroles de Torah, cela n'est pas appelé une interruption. C'est pourquoi nos maîtres ont dit (Sanhédrin 96a): Prenez garde aux fils des ignorants, car d'eux sortira la Torah.

Car si elle avait entièrement cessé chez eux, à Dieu ne plaise, la Torah ne serait pas sortie de leurs fils. Seulement, elle n'a pas cessé chez eux: il faut éveiller les paroles de Torah afin qu'elles soient chez eux consciemment.

Mais, inconsciemment, il y a dans la profondeur du cœur de toutes les âmes d'Israël des paroles de Torah, et elles ne cessent jamais chez elles. C'est pourquoi Rabbi ouvrit ses greniers et dit: Que tous entrent, sans aucune crainte qu'il fasse ainsi miséricorde là où il faut être cruel, à Dieu ne plaise; car une telle chose n'existe nullement en Israël.

Cette fixation est indiquée par la fête de Simhat Torah: on fait des processions autour de la Torah. Il est expliqué dans le Yerouchalmi qu'il faut faire sept processions, comme ils faisaient sept fois le tour des murailles de Jericho avec l'Arche.

À chaque tour de Jericho, une des sept murailles qui entouraient Jericho tombait, et au septième tour la septième muraille tomba d'elle-même. Ainsi, par ces sept processions autour de la Torah, les paroles de Torah se fixent dans le cœur d'Israël, pour les protéger de tous les écrans séparateurs et des accusateurs.

ביום השמיני עצרת תהיה לכם וגו'. איתא בזוה"ק פנחס רנו:) וביום השמיני עצרת פר אחד איל אחד הא אוקמוה מארי מתניתין למלכא דזמין אושפיזין לבתר דשלח לון אמר לאלין בני ביתא דיליה אנא ואתון נעביד סעודה קטנה ומאי עצרת כמד"א (שמואל א ט׳:י״ז) זה יעצור בעמי ולית עצור אלא מלכות וכו'.

הזוה"ק מבאר בזה כל הענין של עצרת שבהארת עצרת מנהיר השי"ת למה באמת בחר בישראל יותר מבכל האומות על זה אמר ומאי עצרת כמד"א זה יעצור בעמי ולית עצור אלא מלכות וכו' היינו משום שבעומק הלב של ישראל נמצא יקרות גדול ועצום מאוד מה שאין נמצא כזאת בשום אומה ולשון וזאת היקרות ניכר מהכח המעצר שיש בהם לעצור ולצמצם לבל יחטפו לקבל שום דבר בחפזי מה שאין כח המעצר כזה גבי שום אומה ומזה בעצמו מוכח שיש בהם בקביעות כל מיני יקרות כי מי שיש לו הון רב ורכוש גדול אינו ממהר כ"כ לחטוף שום דבר בחפזון כי בטוח היטב ברכושו שיהיה בידו להשיג כל מגמת חפצו ומבוקשו בכל עת שיחפוץ כי רק האביון שמחוסר כל כאשר נזדמן לו דבר שחשקה נפשו אינו יכול לצמצם ולעצור א"ע מלחטוף אותה אצלו בחפזו כי מתירא אולי לא יהיה אח"כ לאל ידו להשיגה אבל מי שבטוח ברוב הינו ורכושו יכול שפיר לעצור עצמו ולהמתין בכל הטובות כדי שישיג אותם אח"כ ביתר שאת. ומביא הזוה"ק ראיה על זה הפירוש של מלת עצרת מהפסוק זה יעצור בעמי ולית עצור אלא מלכות וכו' כלומר מחמת עוצם בטוחות של המלך כי מי יש לו כ"כ בטוחות חזק ותקיפות כמו המלך שפורץ גדר לעשות לו דרך ואין מי שימחה בידו לזה יש נמי להמלך כח המעצור ביותר וגודל מתינות יותר מכל העם ולזה הוא באמת מלך על כל העם.

וזהו זה יעצור בעמי ולית עצור אלא מלכות וכו':

Le huitième jour sera pour vous une assemblée de retenue, etc. Il est rapporté dans le Zohar (Pinhas 256b): Le huitième jour, atseret; un taureau, un bélier.

Les maîtres de la Michna l'ont expliqué par un roi qui invita des hôtes; après les avoir renvoyés, il dit aux gens de sa maison: Moi et vous, faisons un petit repas. Et qu'est-ce qu'atseret?

Comme il est dit: Celui-ci retiendra Mon peuple (I Samuel 9,17), et atser ne désigne que la royauté, etc. Le saint Zohar explique par là tout le sens d'Atseret: par l'éclairage d'Atseret, le Nom éclaire pourquoi Il a en vérité choisi Israël plus que toutes les nations.

Il dit à ce sujet: Qu'est-ce qu'atseret? Comme il est dit: Celui-ci retiendra Mon peuple, et atser ne désigne que la royauté, etc.

C'est-à-dire que, dans la profondeur du cœur d'Israël, se trouve une préciosité très grande et puissante, qui ne se trouve chez aucune nation ni langue. Cette préciosité se reconnaît à la force de retenue qui est en eux, de s'arrêter et se restreindre afin de ne recevoir aucune chose précipitamment.

Aucune nation ne possède une telle force de retenue. Cela prouve par soi-même que toutes sortes de choses précieuses sont fixées en eux.

Car celui qui a beaucoup de fortune et de grands biens ne se hâte pas tant de saisir toute chose avec précipitation: il est fermement assuré de ses biens, qu'il pourra obtenir tout ce que son désir et sa demande visent, quand il voudra. Seul l'indigent, à qui tout manque, ne peut, lorsqu'une chose qu'il désire se présente, se restreindre et s'empêcher de la saisir précipitamment, car il craint de ne plus avoir ensuite le pouvoir de l'obtenir.

Mais celui qui est assuré de l'abondance de sa fortune et de ses biens peut parfaitement se retenir et attendre tous les biens, afin de les obtenir ensuite avec une plus grande force. Le saint Zohar apporte une preuve de cette explication du mot atseret par le verset: Celui-ci retiendra Mon peuple, et atser ne désigne que la royauté, etc.

Cela veut dire: en raison de la grande assurance du roi. Car qui possède une assurance aussi forte et ferme que le roi, qui franchit une clôture pour se frayer un chemin, et nul ne peut s'y opposer?

Aussi le roi a-t-il plus que tout le peuple la force de retenue et une plus grande mesure de patience; et c'est par là même qu'il est vraiment roi sur tout le peuple. Telle est la signification de: Celui-ci retiendra Mon peuple, et atser ne désigne que la royauté, etc.

וכתב עוד הזוה"ק (שם) אמר ר' אלעזר אבא אמאי מסטרא דאמא עלאה זמין לכל ממנן דכל אומין ומסטרא דשכינתא תתאה לא זמין אלא לאומה יחידא לקבל פר יחידא אמר ליה ברי שפיר שאילת בגין דמלכות איהי רמיזא לברתא דאיהו צנועה בבית אביה ואמה ואיהי ארוסה ולא נשואה לאו אורח ארעא למיכל עם אושפיזין. אבל אימא דהיא נשואה אורח ארעא איהו למיכל עם ארחי.

היינו כי כל זמן שאורו ית' מתפשט על לבושין כמו שהיה בשבעת ימי החג הגם שהם אושפיזין קדישין מ"מ כאשר מתפשט הקדושה בלבושין נמשך ממילא מזאת ההתפשטות אחיזה אל כל הלבושים אף לאותן שהם חוץ מהקדושה כענין שמצינו בגמרא (סנהדרין צב:) אלמלא לא בא מלאך וסטרו על פיו ביקש לגנות כל שירות ותשבחות שאמר דוד בספר תהלים הגם שנבוכדנצר היה בעומק לבו שונא ה' ומחרף ומגדף בלבבו בכל זאת יען שעל הלבוש לא היה ניכר שנאתו ואדרבה על גוון הלבוש היה מיפה עצמו והיה נראה שאומר שירות ותשבחות לכן היה לו על גוון הלבוש אחיזה בכל מיני השפעות טובות ככה בשבעת ימי החג שאורו ית' הוא אז בהתלבשות יש נמי אחיזה ללבושים הרחוקים ג"כ עד היכן שמקריבין ע' פרים נגד ע' אומות מה שאין כן ביום שמיני עצרת שמרמז על גמר הברורין שאז יהיה הזווג בבהירות עצום בלי שום התלבשות היינו שלא יסתכל עוד השי"ת על שום לבוש כי אם למרכז הנקודה בעומק הלב ובהנקודה מעומק הלב אינו נמצא בשום אומה ולשון אהבתו ית' רק גבי ישראל נמצא בעומק לבם זאת הנקידה שיש בה אהבה עצומה להשי"ת ולזה אין מקריבין בשמיני עצרת אלא פר יחידאה נגד אומה יחידאה וזהו דאיתא שם בזוה"ק ואיהי ארוסה ולא נשואה ולאו אורח ארעא למיכל עם אושפיזין והוא כמאמרם ז"ל במדרש רבה (תרומה) תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב אל תקרי מורשה אלא מאורסה וכו' כלומר כמו ארוסה שאין לאחר שום חלק בה כך אין לשום אומה ולשון שום חלק בה:

Le saint Zohar écrit encore (ibid.): Rabbi Elazar dit: Père, pourquoi, du côté de la Mère supérieure, invite-t-on les préposés de toutes les nations, tandis que du côté de la Chekhina inférieure on n'invite qu'une seule nation, en regard d'un seul taureau? Il lui dit: Mon fils, tu as bien demandé.

Car la royauté fait allusion à la fille qui est réservée dans la maison de son père et de sa mère; elle est fiancée et non mariée, et il n'est pas convenable de manger avec des hôtes. Mais la mère, qui est mariée, à coutume de manger avec les hôtes.

Cela signifie que, tant que Sa lumière, bénie soit-Il, se déploie sur des vêtements, comme pendant les sept jours de la fête, bien qu'ils soient des hôtes saints, néanmoins, lorsque la sainteté se déploie dans des vêtements, il résulte nécessairement de ce déploiement une prise pour tous les vêtements, même ceux qui sont hors de la sainteté. C'est ainsi que nous trouvons dans la Guemara (Sanhédrin 92b): Si un ange n'était pas venu le frapper sur la bouche, il avait entrepris de dénigrer tous les cantiques et louanges que David a dits dans le livre des Psaumes.

Bien que Nabuchodonosor fût, au fond de son cœur, un ennemi du Nom, et qu'il blasphamat et outrât dans son cœur, cependant, puisque sa haine ne se reconnaissait pas sur le vêtement, et qu'au contraire il se paraît selon l'apparence du vêtement et semblait dire des cantiques et des louanges, il avait, selon l'apparence du vêtement, une prise sur toutes sortes d'influences bonnes. Ainsi, pendant les sept jours de la fête, lorsque Sa lumière, bénie soit-Il, est alors dans un vêtement, les vêtements éloignés ont eux aussi une prise, jusqu'au point qu'on offre soixante-dix taureaux en regard des soixante-dix nations.

Il n'en est pas ainsi le jour de Chemini Atseret, qui fait allusion à l'achèvement des triages. Alors l'union sera dans une clarté immense, sans aucun vêtement: le Nom ne regardera plus aucun vêtement, mais seulement le centre du point dans la profondeur du cœur.

Or, dans le point de la profondeur du cœur, l'amour du Nom, béni soit-Il, ne se trouve chez aucune nation ni langue; seule Israël possède dans la profondeur de son cœur ce point qui contient un amour immense pour le Nom. C'est pourquoi, à Chemini Atseret, on n'offre qu'un unique taureau en regard d'une unique nation.

C'est le sens de ce qui est rapporté là-bas dans le saint Zohar: Elle est fiancée et non mariée, et il n'est pas convenable de manger avec des hôtes. Cela est conforme à ce que nos maîtres ont dit dans le Midrach Rabba (Terouma): Moché nous a ordonné la Torah, héritage de la congrégation de Yaakov (Deutéronome 33,4).

Ne lis pas moracha, héritage, mais meorassa, fiancée, etc. Cela veut dire que, de même qu'une fiancée ne laisse à nul autre aucune part, ainsi aucune nation ni langue n'y a aucune part.

וזהו נמי דאיתא במדרש רבה (צו פ' ט) מעשה בר' ינאי שהיה מהלך בדרך וראה אדם אחד והכניסו לביתו האכילו והשקהו בדקו במקרא ובמשנה באגדה ותלמוד ולא מצאו א"ל סב בריך וכו' א"ל אמור אכול כלבא פיסתיה דינאי קם ותפסי' א"ל ירותתי גבך וכו' חד זמן הוינא עבר קמיה בית ספרא ושמעית קלהון דמניקיא אמרין תורה צוה לנו משה מורשה קהלת יעקב מורשה קהלת ינאי לא כתיב כאן אלא קהלת יעקב וכו'. קבעו חכמינו ז"ל במכוון זה הדרש בדברי תורה בשם עם הארץ שלא היה בו לא מקרא ולא משנה וכו' לרמז בזה גודל הארת חג העצרת שהוא בחינת ארוסה כמבואר בזוה"ק (שם) כי בעצרת נגמר כל העסק מברורי הלבושים וכל עסקו יתברך יהיה רק עם הנקודה מעומק הלב של ישראל וזאת הנקודה היקרה מעומק הלב הוא אפילו בהנפש היותר נמוך מישראל שהוא עם הארץ שאינו לא במקרא ולא במשנה וכו' הוא נמי מלא ד"ת אף שאין שום הכרה על גוון הלבוש שלו לא במקרא ולא במשנה וכו' מ"מ בעומק לבו בלא דעתו הוא מלא דברי תורה וכמבואר במדרש (שם) קהלת ינאי אין כתיב כאן אלא קהלת יעקב לרמז שאפילו המדרגה הנמוכה מישראל הוא נמי מלא ד"ת והארת זאת הנקודה בלי שום התלבשות הוא בחינת ארוסה המנהיר בשמיני עצרת וזהו שהשיב לו ר"ש בגין דמלכות איהי רמיזא לברתא דאיהי צנועה בבית אביה ואיהו ארוסה ולא נשואה וכו':

C'est aussi ce qui est rapporté dans le Midrach Rabba (section 9): Il arriva à Rabbi Yannai, qui cheminait sur la route, de voir un homme. Il le fit entrer chez lui, le nourrit et le fit boire.

Il l'examina dans l'Écriture, dans la Michna, dans l'aggada et dans le Talmud, et ne trouva rien. Il lui dit: Prends et prononce la bénédiction, etc.

Il lui répondit: Dis plutôt: Yannai, mange ta portion comme un chien. Rabbi Yannai se leva et le saisit.

Il lui dit: Mon héritage est chez toi, etc. Une fois, je passais devant une école et j'entendis la voix des enfants qui disaient: Moché nous a ordonné la Torah, héritage de la congrégation de Yaakov.

Il n'est pas écrit ici: héritage de la congrégation de Yannai, mais de la congrégation de Yaakov, etc. Nos maîtres, de mémoire bénie, ont intentionnellement fixé cet enseignement, dans des paroles de Torah, dans la bouche d'un ignorant qui ne possédait ni Écriture, ni Michna, etc., pour indiquer par là la grandeur de l'éclairage de la fête d'Atseret, qui est l'aspect de la fiancée, comme l'explique le saint Zohar (ibid.).

Car, à Atseret, s'achève toute l'œuvre du tri des vêtements, et toute Son œuvre, bénie soit-Il, ne porte que sur le point de la profondeur du cœur d'Israël. Ce point précieux de la profondeur du cœur existe même dans l'âme la plus basse d'Israël, celle de l'ignorant qui n'a ni Écriture ni Michna, etc.

Lui aussi est plein de paroles de Torah, bien qu'aucune reconnaissance n'en paraisse selon l'apparence de son vêtement, ni dans l'Écriture ni dans la Michna, etc. Néanmoins, au fond de son cœur et sans le savoir, il est plein de paroles de Torah, comme l'explique le Midrach (ibid.): Il n'est pas écrit: congrégation de Yannai, mais congrégation de Yaakov.

Cela indique que même le degré le plus bas d'Israël est lui aussi plein de paroles de Torah. L'éclairage de ce point sans aucun vêtement est l'aspect de la fiancée qui éclaire à Chemini Atseret.

C'est ce que Rabbi Chimon lui répondit: Car la royauté fait allusion à la fille qui est réservée dans la maison de son père; elle est fiancée et non mariée, etc.

En bref

« Le huitième jour sera pour vous une assemblée de clôture ». Le Sod Yecharim rapporte la Pesiqta : durant les sept jours la Torah fit signe par les eaux, et Israël ne comprit pas ; on les retint encore un jour, puis ils comprirent. Dans la pluie on ne reconnaît pas le visé principal : elle est pour tous. Israël offre soixante-dix taureaux pour donner paix aux soixante-dix branches, car il reconnaît l’honneur des Cieux chez les nations. À Chemini Atseret, jour unique connu de Hachem, les vêtements étrangers s’annulent et l’on reconnaît que le dessein n’était qu’Israël. « Afin que tes jours se prolongent » : les mitsvot sont les frais du voyage jusqu’au jour entièrement long.

Aussi : les nations sans force pour la soukka ; la peau du Léviathan, protection d’Israël qui se restreint ; part dans la Torah et douceur du service dans le corps

איתא (בפסיקתא עתיקתא לסוכות) ביום השמיני עצרת תהיה לכם למה עכבו אותם עוד יום אחד משל למלך שזימן כל עבדיו לסעודה רמזו להם מטרונא שעכשיו הוא עת רצון לבקש מהמלך כל מה שרוצים ולא הבינו כיון שלא הבינו מה שרמזה להם עיכבה להם המטרונא עוד יום אחד עד שיבינו כך בכל שבעת ימי החג רמזו התורה לישראל בשני ובששי ובשבעה ימים ולא הבינו עיכבו להם עוד יום אחד ואח"כ הבינו הה"ד ביום השמיני עצרת תהיה לכם וגו' והענין הוא כי כל מיני השפעות נכללו בהשפעת הגשם אכן בהשפעת הגשם אין שום הכרה בה מי הוא עיקר המכוון בירידת הגשם כמו שמצינו בגמרא (תענית ז) גדול יום הגשמים מתחיית המתים כי גשמים לכל בין לצדיקים ובין לרשעים וכו' וזהו דאיתא שם בכל שבעת ימי החג רמזו התורה לישראל בשני ובששה ובשבעה ימים ולא הבינו היינו כי בחג הם הארבע מינים שבאים לרצות על המים ובמים אין שום הכרה מי הוא עיקר המכוון אצל השי"ת בזאת השפע כי למראית עין נראה שהכל מקבלים השפעתו יתברך בשוה העכו"ם כמו ישראל ועל זה איתא בזוה"ק (בשלח נח.) אילנא חד רברבא עלאה תקיפא ביה אתזנא עלאין ותתאין וכו' שבעין ענפין סלקין בגויה ואתזני מניה וכו' כד מטי עדן שולטניה דכל ענפא וענפא כלהו בעאן לשיצאה כלא גופא דאילנא דאיהו עקרא דכלהו ענפין וכו' היינו שאין משגיחין כלל על זה שמפסידין גם לעצמם כאשר יתקלקלו לגופא דאילנא אבל ישראל כד מטא עלייהו שלטנותא דההוא גופא דאילנא חולקא דישראל בעי לנטרא לון ולמיהב שלמא בכלהו ועל דא שבעים פרי החג למיהב שלמא לשבעין ענפא דבגו אילנא וכו' וזה הוא משום שישראל מכירין שפיר שיש להשי"ת כבוד שמים אף מהעכו"ם כדכתיב כל פעל ה' למענהו וגם רשע ליום רעה היינו כי השי"ת מצדו לא ברא שום דבר לבטלה רק הכל ברא לכבודו וישראל עומדים תמיד באותו הצד של השי"ת שברא הכל לכבודו לזה מכירין המה שפיר גם בהעכו"ם הכבוד שמים שיש להשי"ת בהם לכך מקריבין ישראל עליהם שבעים פרים בימי החג למיהב שלמא לשבעין ענפי כדי לשוחדם לבל יקטרגו על ישראל אולם כיון שיש כ"כ לבושים זרים אינו ניכר מי הוא עיקר המכוון גבי השי"ת וזהו שרמזו התורה מים ולא הבינו עיכבו להם עוד יום אחד ואח"כ הבינו וזה היום אחד רומז על הארת שמיני עצרת שהוא כדכתיב והיה ביום ההוא יהיה יום אחד הוא יודע לה' וכמבואר בזוה"ק (נשא רלד:) הוא בלחודוי יתיר מכלא וכו' היינו שאז יתבטלו כל הלבושים הזרים והרחוקים ולא יהיה נשאר רק ישראל לבדם אזי יבינו אז היטב ויכירו וידעו כל באי העולם שעיקר תכלית המכוון מהשי"ת בכל מיני השפעות טובות היה רק בשביל ישראל אף שהיה נראה שגשמים לכל בין לצדיקים ובין לרשעים מ"מ אז יהיה ניכר למפרע החילוק וההבדל שהיה בקבלתם אשר מעולם לא קיבל הרשע את השפע ית' כמו שקיבל הצדיק כי המכוון מהשפעתו יתברך היה באמת רק לצדיקים ולא לרשעים וזהו דאיתא שם ואח"כ הבינו הה"ד ביום השמיני עצרת תהיה לכם וגו' ובהלשון עיכבו להם עוד יום אחד רמזו ז"ל זה הענין שביאר אאמו"ר הג' הק' זצלה"ה הפסוק למען יאריכון ימיך שנאמר בתורה כמה פעמים שכר על קיום המצות אכן מה יהיה כשיאריך אדם ימיו ויגיע לזה הזמן שבסוף איזה טובה ישיג אדם אזי זאת לא נאמר כלל בתורה:

Il est rapporté dans la Pesiqta ancienne pour Soukkot : "Le huitième jour sera pour vous une assemblée de clôture". Pourquoi les retint-il encore un jour ?

Parabole d'un roi qui avait convié tous ses serviteurs à un repas. La matrone leur fit signe qu'à présent était un temps favorable pour demander au roi tout ce qu'ils voulaient ; mais ils ne comprirent pas.

Puisqu'ils ne comprirent pas ce qu'elle leur avait indiqué, la matrone les retint encore un jour, jusqu'à ce qu'ils comprennent. De même, durant les sept jours de la fête, la Torah fit signe à Israël les deuxième, sixième et septième jours, et ils ne comprirent pas ; on les retint encore un jour, puis ils comprirent.

C'est ce qui est écrit : "Le huitième jour sera pour vous une assemblée de clôture", etc. Le sens en est que toutes les sortes d'influences sont incluses dans l'influence de la pluie.

Cependant, dans l'influence de la pluie, il n'y a aucune reconnaissance de celui qui est le visé principal dans la descente de la pluie. Ainsi trouvons-nous dans la Guemara : "Grand est le jour des pluies plus que la résurrection des morts, car les pluies sont pour tous, tant les justes que les impies" (Taanit 7).

C'est ce qui est dit là-bas : durant les sept jours de la fête, la Torah fit signe à Israël les deuxième, sixième et septième jours, et ils ne comprirent pas. Car, en la fête, il y a les quatre espèces qui viennent obtenir faveur pour les eaux ; et dans les eaux il n'y a aucune reconnaissance de celui qui est le visé principal, auprès de Lui, dans cette influence.

À l'œil, il semble que tous reçoivent pareillement Son influence, les nations du monde comme Israël. À ce sujet, il est rapporté dans le Zohar (Beshallah 58a) : "Un grand arbre, élevé et puissant, nourrit les supérieurs et les inférieurs... soixante-dix branches montent en lui et sont nourries de lui...

Quand vient le temps de la domination de chaque branche, toutes veulent détruire tout le corps de l'arbre, qui est la racine de toutes les branches..." Cela veut dire qu'elles ne prennent nullement garde à se perdre elles-mêmes lorsque le corps de l'arbre est abîmé. Mais Israël, lorsque leur parvient la domination de ce corps de l'arbre, leur part cherche à les garder et à donner paix à toutes ; c'est pourquoi les soixante-dix taureaux de la fête sont offerts pour donner paix aux soixante-dix branches qui sont dans l'arbre.

Cela vient de ce qu'Israël reconnaît bien que le Saint, béni soit-Il, a aussi un honneur des Cieux venant des nations du monde, comme il est écrit : "Tout ce que fit ה' fut pour Son dessein, et même l'impie pour le jour du mal" (Proverbes 16,4). Car de Son côté, le Saint, béni soit-Il, ne créa rien en vain, mais créa tout pour Sa gloire.

Israël se tient toujours du côté du Saint, béni soit-Il, qui créa tout pour Sa gloire ; il reconnaît donc bien, même chez les nations du monde, l'honneur des Cieux que le Saint, béni soit-Il, y possède. Aussi Israël offre pour elles soixante-dix taureaux durant les jours de la fête, pour donner paix aux soixante-dix branches, afin de les soudoyer pour qu'elles n'accusent pas Israël.

Cependant, puisqu'il y a tant de vêtements étrangers, on ne reconnaît pas qui est le visé principal auprès du Saint, béni soit-Il. C'est ce que signifie : la Torah leur fit signe par les eaux, et ils ne comprirent pas ; on les retint encore un jour, puis ils comprirent.

Ce jour unique fait allusion à l'illumination de Chemini Atseret, comme il est écrit : "Et il arrivera, en ce jour-là, qu'il y aura un jour unique, connu de ה'" (Zacharie 14,7). Et comme le Zohar l'explique (Nasso 234b), "Il est seul, au-delà de tout".

Alors tous les vêtements étrangers et éloignés seront annulés, et il ne restera qu'Israël seul. Alors ils comprendront bien, et tous les habitants du monde reconnaîtront et sauront que le but essentiel du Saint, béni soit-Il, dans toutes les bonnes influences était seulement Israël.

Bien qu'il semblât que les pluies fussent pour tous, tant les justes que les impies, alors apparaîtra rétrospectivement la différence de leur réception : jamais l'impie ne reçut Son influence comme le juste la reçut, car le dessein de Son influence était en vérité seulement pour les justes et non pour les impies. C'est ce qui est dit là-bas : puis ils comprirent ; c'est ce qui est écrit : "Le huitième jour sera pour vous une assemblée de clôture", etc.

Dans les mots "on les retint encore un jour", les sages de mémoire bénie ont indiqué cette idée qu'expliquait mon maître, mon père, le saint gaon, de bienheureuse mémoire, sur le verset, répété plusieurs fois dans la Torah comme récompense de l'accomplissement des commandements : "afin que tes jours se prolongent". Mais quel bien un homme acquerra-t-il lorsqu'il aura prolongé ses jours et sera arrivé à ce temps ultime ?

Cela n'est nullement dit dans la Torah :

אמנם זאת אין כלל מהצורך לכתוב בתורה כי מי לא יודע אשר אז יהיה תענוג תמידי בלי קץ וגבול בתכלית השלימות רק כל ענין שכר המצות שהתורה יעודה לנו הוא למען יאריכון ימיך היינו שעל ידי קיום המצות יהיה בכחנו לסבול אריכות הזמן ולעכב עצמנו עד שיגיע אותו הזמן של התענוג תמידי מבלי להתבטל בינתים והמשיל זאת לעשיר מופלג שיש לו בביתו כל מיני טובות שבעולם אך שהוא בדרך רחוק מאוד מביתו אזי אם יש לו על הוצאות הדרך אזי נחשב שפיר שיש לו כל הטובות אף שהוא כעת בדרך רחוק מביתו מ"מ הרי יכול להגיע לביתו וליהנות מכל הטובות שלו כיון שיש לו על הוצאות הדרך משא"כ אם אין לו כלום על הוצאות אזי מה בצע מגיע לו מגודל עשרו ומכל הטובות שיש לו בביתו מאחר שאי אפשר לו להגיע להם וליהנות מהם כי הוא רחוק מאוד מביתו ואין לו על הוצאות הדרך במה שיבוא לביתו ובין כך טרם שיבא להטובות שיש לו בביתו יכול למות ברעב. וזהו נמי כל הענין שהתורה יעודה לנו למען יאריכון ימיך היינו שהתורה מבטיח אותנו שנוכל להמתין ולעכב עצמנו עד שנגיע ליום שכלו ארוך בשכר המצות כי המצות בעצמם המה הוצאת הדרך שעל ידם יאריכון ימיך ולא נתבטל בדרך כי יהיה לנו על הוצאות עד שיגיע לזה היום שכלו ארוך וכיון דמטאן התם הא כלהו לעולם ועד ועל זה רמזו ז"ל בלשונם הקודש עיכבו להם עוד יום אחד ואח"כ הבינו כי כל הענין שהציב הרצון ית' שיהיה נצרך לעיכוב כזה הנאמר עליו למען יאריכון ימיך נמשך נמי מפאת גודל החסד של אריכות אפים וכענין מאמרם ז"ל בגמ' (סנהדרין יא) מה ראה ארך אפים ראה וכו' והוא כדאיתא במדרש (ש"ט ז) משל על זה למלך שגזר לזרוק על בנו אבן גדול מה עשה נתץ את האבן על אבנים קטנים וזרק אותם על הבן מעט מעט נמצא שגזירת המלך נתקיים והבן אינו ניזק כך כיון שראה ארך אפים אזי הבין שגזירת המלך הוא מלאה רצון על ישראל כי על ידי זה העיכוב שישראל מעכבין עצמם עוד יום אחד וצריכין להכין עצמם על הוצאות הדרך להגיע לזה היום יהיה להם חלק וקנין ע"י יגיע כפם בזה היום אחד כשיגיע לו וכדאיתא בזוה"ק (ואתחנן סד) על הפסוק ביום ההוא יהיה ה' אחד ושמו אחד לא כתיב ה' ושמו אחד כי קודם בריאת עולם היה נמי ה' ושמו אחד וא"כ איזה יתרון יש מבריאת עולם שבינתים אכן היתרון יהיה כי קודם שנברא עולם היה ה' ושמו אחד ולאחר שנברא עולם אזי יהיה לעתיד ה' אחד ושמו אחד היינו שכל היתרון מבריאת שבינתים הוא רק מצד הבריאה שיהיה הכרה גם בתפיסת הבריאה בה' אחד שמו אחד כי זאת ההכרה נקרא ושמו אחד, ועל זה הענין רמזו ז"ל בלשונם הקדוש והטהור עכבו להם עוד יום אחד כלומר שיתעכבו ישראל עצמם זמן של היקף שבעה עד שיגיע יום אחד שעליו נאמר והיה ביום ההוא יהיה יום אחד הוא יודע לה' וגו' ועל זה היום אחד רומז שמיני עצרת ועל ידי זה העיכוב יקנו ביגיע כפם הכרה בה' אחד ואזי יהיה כדכתיב והיה ביום ההוא יהיה ה' אחד ושמו אחד:

ועיין מענין זה לעיל בסוד ישרים שמיני עצרת (אות כה)

Or, il n'est nul besoin de l'écrire dans la Torah, car qui ne sait qu'alors il y aura un délice permanent, sans fin ni limite, dans une perfection complète ? Mais toute la récompense des commandements que la Torah nous destiné est : "afin que tes jours se prolongent" ; c'est-à-dire que, par l'accomplissement des commandements, nous aurons la force de supporter la longueur du temps et de nous retenir jusqu'à l'arrivée de ce temps de délice permanent, sans disparaître entre-temps.

Il l'a comparé à un homme extrêmement riche qui a dans sa maison toutes les sortes de biens du monde, mais se trouve très loin de chez lui. S'il a de quoi payer les frais du voyage, on considère bien qu'il possède tous les biens, bien qu'il soit à présent loin de sa maison sur la route : il peut en effet arriver à sa maison et jouir de tous ses biens, puisqu'il a de quoi payer les frais du voyage.

Mais s'il n'a rien pour les frais, quel profit lui vient de sa grande richesse et de tous les biens qu'il a dans sa maison, puisqu'il ne peut y parvenir ni en jouir ? Il est très loin de sa maison et n'a pas de quoi payer le voyage pour y venir ; et, entre-temps, avant d'arriver aux biens de sa maison, il peut mourir de faim.

Tel est aussi tout le sens de ce que la Torah nous destiné : "afin que tes jours se prolongent". La Torah nous promet que nous pourrons attendre et nous retenir jusqu'à parvenir au jour entièrement long, par la récompense des commandements.

Car les commandements eux-mêmes sont les frais du voyage, par lesquels tes jours se prolongeront et nous ne disparaîtrons pas en route : nous aurons de quoi payer les frais jusqu'à ce que vienne ce jour entièrement long. Et lorsque nous y parviendrons, tout sera pour toujours et à jamais.

Les sages de mémoire bénie ont fait allusion à cela dans leurs saintes paroles : "On les retint encore un jour, puis ils comprirent". Car toute la raison pour laquelle la volonté bénie a posé qu'un tel retard fût nécessaire, ce dont il est dit : "afin que tes jours se prolongent", procède aussi de la grandeur de la grâce de la patience.

Comme dans leur parole dans la Guemara : "Que vit la Longanimité ? Elle vit..." (Sanhédrin 111).

Il est rapporté dans le Midrach (Choher Tov 7) une parabole : un roi décréta de jeter une grande pierre sur son fils. Que fit-il ?

Il brisa la pierre en petites pierres et les jeta peu à peu sur son fils. Ainsi le décret du roi fut accompli, et le fils ne fut pas blessé.

De même, lorsqu'il vit la patience, il comprit que le décret du roi était plein de faveur pour Israël. Car, par ce retard, quand Israël se retient encore un jour et doit se préparer de quoi payer les frais du voyage pour parvenir à ce jour, il aura, lorsque ce jour viendra, une part et une possession acquises par le labeur de ses mains durant ce jour unique.

Comme il est rapporté dans le Zohar (Vaethanan 64) au sujet du verset : "En ce jour-là, ה' sera un et Son nom un" (Zacharie 14,9). Il n'est pas écrit : "ה' et Son nom seront un", car avant la création du monde aussi, ה' et Son nom étaient un.

Quel avantage y aurait-il donc eu à la création du monde entre les deux ? L'avantage sera que, avant la création du monde, ה' et Son nom étaient un, tandis qu'après la création du monde, dans l'avenir, ה' sera un et Son nom un.

Tout l'avantage de la création intermédiaire ne vient donc que de la création : la reconnaissance, jusque dans la saisie de la création, que ה' est un et Son nom un ; et cette reconnaissance est appelée "Son nom un". Les sages de mémoire bénie ont fait allusion à cette idée dans leur langage saint et pur : "Ils les retinrent encore un jour", c'est-à-dire qu'Israël se retienne pendant une durée du cycle de sept jusqu'à ce que vienne le jour unique, au sujet duquel il est dit : "Et il arrivera, en ce jour-là, qu'il y aura un jour unique, connu de ה'", etc.

Chemini Atseret fait allusion à ce jour unique ; et par ce retard ils acquererront, par le labeur de leurs mains, la reconnaissance de ה' un. Alors il sera comme il est écrit : "Et il arrivera, en ce jour-là, que ה' sera un et Son nom un".

Voir sur cette idée plus haut dans Sod Yesharim, Chemini Atseret, section 25.

כתיב התמלא בשכות עורו ובצלצל דגים ראשי (איוב מ׳:ל״א) היינו כי העכו"ם אין בכחם לקיים מצות סוכה ולעכוב את עצמם ולישב בדירת ארעי כי משוקעים המה בכל הדברים של עוה"ז עד שנדמה להם שכל קיום הוייתם תלוי בהטובות של זה העולם כדאיתא במדרש תנחומא (פ' משפטים) מעשה בגוי אחד שעשה סעודה לכל בני עירו ולא היה שלחנו חסר מכל מטעמים שבעולם אלא אגוזי פרך בלבד מה עשה נטל את הטבלא שהיתה יפה יותר מששה ככרי כסף ושברה ואמרתי לו מפני מה עשית כך אמר לי אתם אומרים שהעוה"ז שלנו והעוה"ב שלכם אם אין אני אוכלין עכשיו אימתי אנו אוכלין וכו' כי מאחר שאין להם באמת יותר חיים רק בעוה"ז א"כ כשחסר להם אפילו דבר קטן למה להם חיים משא"כ ישראל שעיקר תקותם הוא עוה"ב לזה בוטחים המה בהשי"ת בכל עת ויכולין שפיר לעכוב ולעצור ולצמצם א"ע כי כל הטובות שבעוה"ז אינו עיקר אצלם כלל וזהו שנאמר התמלא בשוכות עורו ובצלצל דגים ראשו כי על לויתן נאמר ויברא א-להים את התנינים הגדולים וגו' וזה רומז על הלבוש האחרון של חיי עוה"ז ומזה שישראל מצמצמים א"ע בחיי עוה"ז לקדש את עצמם במותר להם מפאת זה נבנה בעדם הגנה על לעתיד וזאת ההגנה נקרא סוכת עורו של לויתן ועל זה נאמר התמלא בשוכות עורו וגו':

Il est écrit : "Rempliras-tu sa peau de soukkot et sa tête de harpons à poissons ?" (Job 40,31). Cela veut dire que les nations du monde n'ont pas la force d'accomplir le commandement de la soukka et de se retenir pour habiter une demeure provisoire.

Elles sont plongées dans toutes les choses de ce monde-ci, au point qu'il leur semble que toute la subsistance de leur existence dépend des biens de ce monde. Ainsi est-il rapporté dans le Midrach Tan'houma (paracha Michpatim) : il arriva qu'un non-Juif fit un repas pour tous les habitants de sa ville ; sa table ne manquait d'aucune des gourmandises du monde, sauf de noix de Perekh.

Que fit-il ? Il prit la table, qui valait plus de six pains d'argent, et la brisa.

Je lui demandai : "Pourquoi as-tu fait cela ?" Il me répondit : "Vous dites que ce monde-ci est à nous et le monde à venir à vous ; si je ne mange pas maintenant, quand mangerai-je ?" Car, puisqu'ils n'ont en vérité aucune autre vie que ce monde-ci, s'il leur manque même une petite chose, pourquoi vivraient-ils ? Mais Israël, dont l'espérance essentielle est le monde à venir, se confie au Saint, béni soit-Il, en tout temps ; il peut donc bien se retenir, s'arrêter et se restreindre, car tous les biens de ce monde-ci ne sont nullement l'essentiel pour lui.

C'est ce qui est dit : "Rempliras-tu sa peau de soukkot et sa tête de harpons à poissons ?" Car il est dit du Léviathan : "É-lokim créa les grands monstres marins", etc. (Genèse 1,21), et cela fait allusion au dernier vêtement de la vie de ce monde-ci.

Du fait qu'Israël se restreint dans la vie de ce monde-ci afin de se sanctifier dans ce qui lui est permis, une protection est construite pour lui dans l'avenir ; cette protection est appelée la soukka de la peau du Léviathan. C'est à ce propos qu'il est dit : "Rempliras-tu sa peau de soukkot", etc. :

והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך וגו' הנה בזה החג נותן השי"ת לישראל האור עם הכלי לקבל את האור כענין שנאמר בכל המקום אשר אזכיר את שמי ולא כתיב תזכיר כי כל מועדים נקראים מקראי קודש שאורו ית' מתאחד אז עם הפעולות של ישראל כפי שישראל מעמידין בפעולת עבודתם כלי קיבול כך מנהיר להם השי"ת את האור אבל בזה החג משפיע השי"ת לכל נפש ישראל הדברי תורה השייך להחיים מפרט שורשו וזהו כאשר רצית ואמרת לברכנו היינו שאנו מתפללין שאנו ג"כ יהי' מכוונים לעומק רצונו ית'. ותן חלקנו בתורתך היינו הגם שבאמת מושרש אור התורה בלב כל נפש מישראל כדכתיב כי חלק ה' עמו אכן עכ"ז צריכין לעבודה טרם שמגיעים לחלק האור המושרש בעומק הלב משל למי שיש לו בביתו כל מעדני מלך בכל זאת כשהולך במדבר לא יהיה שבע מזה שיש לו בביתו כל טוב ויכול למות ברעב טרם שיגיע לביתו אם לא יקח אתו מזונות על הדרך כך אף שיש לכל נפש מישראל בטוחות עצום שחלק ה' עמו מ"מ מחויב האדם לברר א"ע מקודם טרם שיגיע לזאת התקיפות שלא יתבטל בינתים.

ועל זה אנו מתפללים ותן חלקנו בתורתך כלומר שכל נפש יגיע לחלק התקיפות שלו ע"י תורתך. וטהר לבנו לעבדך באמת היינו שיהיה להגוף חשק לעבודה כלומר שגם הגוף ירגיש טעם המתיקות שיש בעבודת ה' כי הגם שישראל עובדים תמיד עכ"ז הוא כמאמרם ז"ל (ברכות יז) אלופינו מסובלים מסובלים במצות והוא יען שהגוף אינו מרגיש טעם מתיקות בעבודה אבל כשיהיה הגוף נמי מרגיש טעם מתוק בעבודה זאת נקרא עבודה שהוא באמת וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קפו) מנא ידעינן דקב"ה אתרעי ביה בבר נש ושויא מדוריה ביה כד חזינן דב"נ רדיף אבתריה בכל לביה ובכל נפשיה וכו' וזה הוא החילוק בין בן לעבד כי העבד אינו מרגיש טעם מתוק בעבודתו לזה אינו בנייחא מהם וכל חפצו לשמוט עצמו מהם אבל הבן לא נחשב אצלו שום עבודה לדבר קשה כי מרגיש בזה שעושה רצון האב כל המתיקות וזהו לעבדך באמת:

"Fais-nous hériter, ה' notre É-lokim, de la bénédiction de Tes fêtes", etc. Voici qu'en cette fête le Saint, béni soit-Il, donne à Israël la lumière avec le réceptacle pour recevoir la lumière, comme il est dit : "En tout lieu où Je ferai mention de Mon nom" ; il n'est pas écrit : "où tu feras mention".

Tous les rendez-vous sacrés sont appelés convocations saintes : Sa lumière s'unit alors aux actes d'Israël. Selon qu'Israël établit, dans l'acte de son service, un réceptacle, ainsi le Saint, béni soit-Il, lui fait briller la lumière.

Mais en cette fête, le Saint, béni soit-Il, influence chaque âme d'Israël par les paroles de Torah propres à la vie, selon le détail de sa racine. C'est le sens de : "comme Tu as voulu et dit de nous bénir" ; nous prions afin que nous aussi soyons accordés à la profondeur de Sa volonté bénie.

"Donne-nous notre part dans Ta Torah" : bien que, en vérité, la lumière de la Torah soit enracinée dans le cœur de chaque âme d'Israël, comme il est écrit : "Car la part de ה' est Son peuple" (Deutéronome 32,9), il faut néanmoins travailler avant de parvenir à la part de lumière enracinée dans la profondeur du cœur. Parabole de celui qui a dans sa maison toutes les délicatesse du roi : pourtant, lorsqu'il marche dans le désert, il ne sera pas rassasié de ce qu'il a dans sa maison, de tous les biens qu'il y possède, et il peut mourir de faim avant d'arriver à sa maison s'il ne prend pas avec lui des aliments pour la route.

Ainsi, bien que chaque âme d'Israël ait une assurance immense que la part de ה' est Son peuple, l'homme doit d'abord clarifier son être avant de parvenir à cette force, afin de ne pas disparaître entre-temps. C'est ce pour quoi nous prions : "Donne-nous notre part dans Ta Torah", c'est-à-dire que chaque âme parvienne, par Ta Torah, à la part de sa force.

"Et purifie notre cœur pour Te servir en vérité" : que le corps ait désiré de servir, c'est-à-dire que le corps aussi ressente le goût de la douceur qui est dans le service de ה'. Car, bien qu'Israël serve toujours, il est comme dans leur parole de mémoire bénie : "Nos chefs sont chargés" - chargés de commandements (Berakhot 17).

Cela vient de ce que le corps ne ressent pas le goût de douceur dans le service. Mais lorsque le corps aussi ressentira le goût doux dans le service, ce sera appelé un service en vérité.

Comme il est rapporté dans le Zohar (Terouma 186) : "Comment savons-nous que le Saint, béni soit-Il, prend plaisir à un homme et fait de lui Sa demeure ? Lorsque nous voyons qu'un homme le poursuit de tout son cœur et de toute son âme..." Telle est la différence entre le fils et le serviteur : le serviteur ne ressent pas de goût doux dans son service, et n'y est donc pas en repos ; tout son désir est de s'en dégager.

Mais le fils ne considère aucun service comme une chose difficile, car il y ressent toute la douceur d'accomplir la volonté du père. C'est le sens de : "Te servir en vérité".

En bref

« Charge-nous, Hachem notre D.ieu, de la bénédiction de Tes fêtes ». Le Sod Yecharim enseigne que la bénédiction des fêtes est l’éclat de Sa Face : les fêtes sont la Face du Nom, où toutes les lumières sont réunies. On prie qu’Il charge de la totalité des biens, d’où sortiront ensuite les détails, chacun en son temps. « Sanctifie-nous par Tes mitsvot » : graver leur lumière dans le cœur ; une mitsva à son heure devient Torah. Recevoir dans l’éclat de Sa Face, avec volonté : les bénédictions ne cessent pas et se révèlent au moment du besoin. « Réjouis notre âme par Ton salut » : faire voir que l’on n’a jamais rien souffert.

Aussi : à Soukkot, des réceptacles pour les émanations ; charger les bénédictions avant d’en connaître le prix ; satiété dans la volonté claire, joie lorsque le bien se revêt

והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך וגו' ענין ברכת המועדים הוא הארת פנים ית' כי המועדים נקראים פני ה' כדכתיב שלש פעמים בשנה יראה כל זכורך את פני ה' וזהו שאנו מתפללים והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך היינו שיטעון אותנו השי"ת בהכלל מכל הטובות כי הפעם מורה על הכלל כדאיתא בזוה"ק (אדרא נשא) בפרצופא אשתמודע וכו' היינו כי מבאר שם כל אברי דשכינתא כביכול ית' שכל אבר מרמז על אור מיוחד ובפרצופא נכללים ביחד כל האורות וזהו שאנו מתפללים שיתן לנו השי"ת הכלל מכל הטובות וממילא יצאו אח"כ כל הפרטים מאותו הכלל כל פרט ופרט בזמנו ולכל אחד ואחד כפי מה שנצרך אליו לזה נצרך הגנה לזה רפואה ולזה פרנסה בכל עת וזמן שיהיה נצרך לישראל. קדשנו במצותיך היינו שיחקוק בלבבנו האור מן המצות וזאת נמשך ג"כ מהארת פנים ית' כי בלתי הארת פנים נדמה שסובלים מהמצות כד' בגמ' (ברכות יז) אלופינו בתורה ומסובלים במצות אבל כאשר יש הארת פנים אזי מכירים האור מהמצות וזה האור נקרא תורה וזהו ותן חלקנו בתורתך כי המצוה לאחר שנחקק אורה בהלב נקרא מצוה בשעתא שבפניה עומדים ומת"ח אין עומדים הרי שנעשה מהמצוה תורה שמגינא ומצלי בין בעידנא דעסיק בה ובין בעידנא דלא עסיק בה.

שבענו מטובך זאת נמשך ג"כ מהארת פנים ית' כי כאשר מקבלים בלתי הארת פנים אזי הוא כמטולא ומאחורי כתפי' כד' בזוה"ק ועל זה נאמר ולא ידעו שבעה וכד' בגמ' (שבת קנה:) על הפסוק יודע צדיק דין דלים וכו' ודל הוא מי שעני בדעת ואינו מכיר הארת פניו ית' לכך כל מה שמקבל אין בו שביעה ונדמה לו שצריך יותר אבל כשמקבלים בהארת פנים יש שביעה. ושמח נפשנו בישעתך היינו שיראה לנו השי"ת שמעולם לא סבלנו כלום וזה הוא עיקר השמחה:

"Charge-nous, H' notre Dieu, de la bénédiction de Tes fêtes", etc. Le sens de la bénédiction des fêtes est l'éclat de Sa Face, car les fêtes sont appelées la Face du Nom, comme il est écrit : "Trois fois l'an, tout mâle parmi toi paraîtra devant la Face du Nom" (Exode 23,17).

C'est ce que nous prions : "Charge-nous, H' notre Dieu, de la bénédiction de Tes fêtes" : que le Saint, béni soit-Il, nous charge de la totalité de tous les biens. Car la face indique la totalité, ainsi qu'il est dit dans le Zohar (Idra Rabba, Nasso) : "C'est par le visage que l'on connaît..." Il y explique les membres de la Chekhina (Présence divine), si l'on peut dire : chaque membre fait allusion à une lumière particulière, tandis que toutes les lumières sont réunies dans le visage.

Nous prions donc que le Saint, béni soit-Il, nous donne la totalité de tous les biens; alors en sortiront ensuite tous les détails, chacun en son temps et pour chacun selon son besoin : à l'un la protection, à l'autre la guérison, à l'autre la subsistance, en tout temps et à toute période où Israël en aura besoin. "Sanctifie-nous par Tes mitsvot" signifie : qu'Il grave dans notre cœur la lumière des mitsvot.

Cela aussi procède de l'éclat de Sa Face, car sans cet éclat il semble que l'on souffre des mitsvot, comme il est dit dans le Talmud (Berakhot 17a) : "Nos chefs sont instruits dans la Torah et chargés de mitsvot." Mais lorsqu'il y a l'éclat de Sa Face, on reconnaît la lumière des mitsvot; et cette lumière est appelée Torah. C'est le sens de : "Donne-nous notre part dans Ta Torah".

Car, une fois que la lumière d'une mitsva est gravée dans le cœur, il est dit d'elle : "Une mitsva, à son heure, devant elle on se lève; devant un sage de la Torah, on ne se lève pas" (Kiddoushin 33b). Ainsi la mitsva devient Torah, qui protège et sauve, tant au temps où l'on s'y occupe qu'au temps où l'on ne s'y occupe pas.

"Rassasie-nous de Ton bien" procède aussi de l'éclat de Sa Face. Car lorsque l'on reçoit sans cet éclat, c'est comme un fardeau porté sur l'épaule, par derrière, ainsi qu'il est dit dans le Zohar.

À ce propos il est dit : "Ils ne connaissent pas la satiété" (Isaie 56,11), et comme il est dit dans le Talmud (Chabbat 155b), sur le verset : "Le juste connaît la cause des pauvres" (Proverbes 29,7). Le pauvre est celui qui est pauvre en intelligence et ne reconnaît pas l'éclat de Sa Face; aussi, de tout ce qu'il reçoit, il n'a point de satiété, et il lui semble qu'il lui faut davantage.

Mais quand on reçoit dans l'éclat de Sa Face, il y a satiété. "Réjouis notre âme par Ton salut" signifie : que le Saint, béni soit-Il, nous fasse voir que nous n'avons jamais rien souffert.

C'est la joie essentielle.

והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך וגו' זה הוא על דרך הכתוב ישא מדברותיך וגו' היינו שיתנשא אותנו וזהו נמי והשיאנו וגו' את ברכת מועדיך כי ברכת המועדים נקראים פני ה' לזה אנו מתפללים והשיאנו וגו' כלומר שיתנשא אותנו לברכת המועד כדי שלא נצטרך לקבלם מאחורי כתפי אלא בנחת ורצון. כאשר רצית ואמרת לברכנו וגו' כי כאשר מקבלים ברצון את הברכות אין להם הפסק לעולם אבל כשמקבלים אותם ח"ו כמו מאחורי כתפי יש להם הפסק לזה מתפללים כאשר רצית וגו' וכמבואר בזוה"ק (אדרא נשא) אימתי רעוא אשתכח בשעתא דמצחא אתגליא ומצחא רומז על רצון.

קדשנו במצותיך היינו שלא יהיה לנו התרשלות בפעולת המצות לבלתי יפעלו אותם בקרירות וברפיון ידים אלא בחמימות ובזריזות. ותן חלקנו בתורתך היינו שיהיה לנו הרגשה בהמתיקות של פעולת המצוה אזי יעשה מהמצוה תורה כי כאשר פועל אדם את המצוה רק כמצות אנשים מלומדה ואינו מרגיש בה שום טעם על זה אמרו ז"ל (ברכות יז) מסובלים במצות היינו שנדמה להאדם שהמצוה הוא ענין סבלנות שסובל ממנה ומונחת עליו כמשא משא"כ כשמרגיש אדם הטעם מתוך שיש בהמצוה על פעולת מצוה כזו אמרו ז"ל בגמ' (קדושין לג) גדולה מצוה בשעתה שמפני ת"ח אין עומדים ומפניה עומדים כי האדם מכיר בה מפורש שלא זו שהוא אינו סובל מהמצוה אלא אדרבה שהמצוה סובלת אותו כמו שמצינו הארון נושא את נושאיו.

שבענו מטובך היינו כי כל טובות עוה"ז מטרידין באמת דעת האדם לזה אנו מתפללים שבענו מטובך כלומר שכל השביעה שלנו יהיה רק מטובך הגנוז והכמוס בהטובה ומהכרה כזאת נתיישב דעתו של אדם וממילא יהיה ושמח נפשנו בישועתך וגו':

"Charge-nous, H' notre Dieu, de la bénédiction de Tes fêtes", etc. Cela suit le sens du verset : "Il portera Tes paroles" (ישא מדברותיך) (Deutéronome 33,3), c'est-à-dire qu'Il nous élève.

Tel est aussi le sens de "Charge-nous", etc., de la bénédiction de Tes fêtes; car la bénédiction des fêtes est appelée la Face du Nom. Nous prions donc : "Charge-nous", c'est-à-dire : élève-nous jusqu'à la bénédiction de la fête, afin que nous ne devions pas la recevoir par derrière, sur l'épaule, mais dans la quiétude et la volonté.

"Comme Tu as voulu et dit de nous bénir", etc. Car lorsqu'on reçoit les bénédictions avec volonté, elles ne cessent jamais; mais si, à D.ieu ne plaise, on les reçoit comme par derrière, sur l'épaule, elles ont une interruption.

C'est pourquoi nous prions : "Comme Tu as voulu", etc. Comme l'explique le Zohar (Idra Rabba, Nasso) : "Quand la volonté se trouve-t-elle?

Lorsque le front se révèle"; le front fait allusion à la volonté. "Sanctifie-nous par Tes mitsvot" signifie que nous n'ayons pas de relâchement dans l'accomplissement des mitsvot, que nous ne les accomplissions pas avec froideur et mollesse des mains, mais avec chaleur et empressement.

"Donne-nous notre part dans Ta Torah" signifie que nous ressentions la douceur de l'accomplissement de la mitsva; alors la mitsva devient Torah. Car lorsqu'un homme accomplit la mitsva seulement comme une habitude apprise, sans y ressentir aucune saveur, nos maîtres de bénie mémoire ont dit (Berakhot 17a) : "chargés de mitsvot"; il semble alors à l'homme que la mitsva est une chose qu'il faut supporter, un fardeau posé sur lui.

Mais lorsqu'un homme ressent la saveur qui est dans l'accomplissement de la mitsva, nos maîtres de bénie mémoire ont dit d'une telle mitsva dans le Talmud (Kiddoushin 33b) : "Grande est une mitsva à son heure : devant un sage de la Torah on ne se lève pas, mais devant elle on se lève." L'homme reconnaît clairement qu'il ne supporte pas la mitsva; au contraire, c'est la mitsva qui le porte, comme nous trouvons que l'Arche portait ceux qui la portaient. "Rassasie-nous de Ton bien" signifie que tous les biens de ce monde troublent en vérité l'intelligence de l'homme.

Nous prions donc : "Rassasie-nous de Ton bien", c'est-à-dire que toute notre satiété provienne seulement de Ton bien, caché et tenu secret dans le bien. Une telle reconnaissance apaise l'intelligence de l'homme, et il en résulte de soi : "Réjouis notre âme par Ton salut", etc.

והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך וגו' היינו כי אחר שקובע השי"ת ברכת החג בישראל כדכתיב בנכסים רבים שובו אל אהליכם בכסף ובזהב וגו' אנו מתפללים שיסדר אצלנו הברכות בסדר יפה למען שיתגלה כל ברכה להמצטרך אליה בעתה ובזמנה והוא כאדם המבקש מחבירו שיסדר אצלו הכלים הנצרכים אליו בסדר נכון ומסודר יפה למען שישיג בנקל כל כלי בעת שנצרך לה כי אם יניחם אצלו בלתי סדר מסודר אזי יתעלמו ממנו בעת הצורך ויהיה מוכרח ליגע עצמו ולחפש עד שימצא זאת הכלי הנצרך אליו. וזהו נמי כאשר רצית וגו' כי אם ילכו הברכות אצלנו ברצון אז יהיו מסודרים היטב בסדר נכון ויזדמן להאדם כל ברכה בעת צרכו משא"כ כשילכו ח"ו בלי רצון רק מאחורי כתפיה אזי הם בלי סדר וקשה מאוד לחפש אחריה ולהשיג אותה בעת הצורך.

וכן הוא בעסק דברי תורה נמי כאשר לומד אדם ד"ת בחשק וברצון אזי יתעוררו נגדו אותן הד"ת בכל עת המצטרך אליו לזוכרם אפילו אחר זמן רב אף שכבר נתעלמו ממנו מ"מ בעת הצורך מתעוררים נגדו אותן הד"ת וזוכר אותם כמו שלמדם אתמול משא"כ כשלומד אדם הד"ת בלי רצון וחשק אז בנקל לשכוח אותם ובעת הצורך נעלמים ממנו לגמרי לזה אנו מתפללין והשיאנו וגו' כאשר רצית ואמרת לברכנו וגו' היינו שהבטיח אותנו השי"ת לסייע לנו שנקבלם ברצון וממילא יתעורר נגד עינינו כל ברכה בעתה ובזמנה. קדשנו במצותך ותן חלקינו בתורתך והיינו שנהיה עוסקים בתורה ובמצות כמו מי שעוסק בתוך שלו ולא כמו מי שעוסק בעסק של זולתו אלא כמו בעל הבית העוסק בצרכי ביתו כך יהיה עסקנו בתורה ובמצות:

"Charge-nous, H' notre Dieu, de la bénédiction de Tes fêtes", etc. Car après que le Saint, béni soit-Il, a fixé la bénédiction de la fête en Israël, comme il est écrit : "Retournez à vos tentes avec de grands biens, avec de l'argent et de l'or", etc.

(Josue 22,8), nous prions qu'Il arrange chez nous les bénédictions dans un bel ordre, afin que chaque bénédiction se révèle à celui qui en a besoin, en son heure et en son temps. Cela est semblable à un homme qui demande à son ami de ranger chez lui les ustensiles dont il a besoin en un ordre juste et bien agencé, afin qu'il atteigne aisément chaque ustensile lorsqu'il en a besoin.

S'il les pose sans ordre agencé, ils lui seront cachés au moment du besoin, et il devra se fatiguer à les chercher jusqu'à ce qu'il trouve l'ustensile dont il a besoin. Tel est aussi le sens de "Comme Tu as voulu", etc.

Car si les bénédictions vont chez nous avec volonté, elles seront très bien agencées dans un ordre juste, et toute bénédiction se présentera à l'homme au moment de son besoin. Mais si, à D.ieu ne plaise, elles vont sans volonté, seulement par derrière, sur l'épaule, elles sont sans ordre; il est alors très difficile de les rechercher et de les atteindre au moment du besoin.

Il en est de même dans l'étude des paroles de Torah : lorsqu'un homme étudie les paroles de Torah avec désir et volonté, ces paroles de Torah s'éveillent devant lui chaque fois qu'il a besoin de s'en souvenir, même longtemps après qu'elles se sont cachées de lui; au moment du besoin, elles s'éveillent devant lui et il s'en souvient comme s'il les avait étudiées hier. Mais lorsqu'un homme étudie les paroles de Torah sans volonté ni désir, il les oublie facilement et, au moment du besoin, elles disparaissent complètement de lui.

C'est pourquoi nous prions : "Charge-nous", etc., "comme Tu as voulu et dit de nous bénir", etc. Cela signifie que le Saint, béni soit-Il, nous a promis de nous aider à les recevoir avec volonté; alors toute bénédiction s'éveillera devant nos yeux en son heure et en son temps.

"Sanctifie-nous par Tes mitsvot et donne-nous notre part dans Ta Torah" signifie que nous nous occupions de Torah et de mitsvot comme celui qui s'occupe de ce qui lui appartient, et non comme celui qui s'occupe de l'affaire d'autrui; mais comme le maître de maison s'occupe des besoins de sa maison, ainsi sera notre occupation de la Torah et des mitsvot.

והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך וגו' להיות שכל הברכות טרם יוצאים מהעלם הכללי אל התגלות הפרטי אזי המה משוללי הבנה בתפיסת אדם ומפאת זה אין לו בהם עדיין שום קנין ונחשבים עליו כמשא כי אף אם יש לו להאדם טובה הגדולה ביותר כל עוד שאין לו בה קנין בתפיסת דעתו נחשבת עליו כמשוי כמו שמצינו בגמ' (ברכות ט:) וישאילום אמר ר' אמי מלמד שהשאילם בעל כרחם וכו' ומסיק שם בעל כרחם דישראל משום משוי וכו' היינו יען שהיה בא להם דרך שאלה ולא בדרך קנין לזה היה נחשב אצלם זאת הטובה כמשוי וכמו שמצינו נמי גבי מצות הגם שהכל יודעין שגנוז בהם חיי עולם מ"מ מחמת שזה החיי עולם כמום וגנוז בתוכם ונעלם מהבנת התפיסה לזה נאמר עליהם אלופינו מסובלים וביארו ז"ל (ברכות יז) מסובלים במצות לכך אנו מתפללים והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך לחיים טובים וגו' היינו שיטעון אותנו השי"ת את ברכת המועדים באופן שיהיה בתפיסתנו הבנה בעומק הטוב הנמצא בהם וזהו לחיים טובים ולשלום היינו שיצאו כל ברכה על הפרט בהתגלות מפורש לכל אחד בעתו ובזמנו הנצרך אליו. כאשר רצית ואמרת לברכנו וגו' היינו כדכתיב אתה גלית את אוזן עבדך וגו' ע"כ מצא עבדך את לבו להתפלל לפניך וגו'.

קדשנו במצותיך ענין קדושה הוא מלשון הרי את מקודשת לי היינו מוכן ומופרש והנה כל הרצון ית' הלביש השי"ת בהמצות וכל פרט נפש יש לו בשורשו מצוה המיוחדת לו בפרט שורש החיים שלו לזה אנו מתפללין קדשנו במצותיך כלומר שיתגלה לכל נפש איזה פרט מצוה הוא מוכן בשורש החיים שלו שיהיה הוא לבוש לזאת המצוה. ותן חלקנו בתורתך היינו לא שנהיה עוסקים בתורה כמו מי שעומד בחוץ ומביט דרך החלון לפנים אלא כמו מי שעומד בפנים כלומר שהדעה של ישראל יהיה מסכים לדברי תורה תמיד אף טרם הבנת תפיסתו בהם גם בעת שאין לו עדיין בתפיסתו הנמוכה שום לבוש להם עכ"ז יסכים דעתו להם וממילא לא יחסר לו נמי אח"כ כמה לבושים להלביש אותן הד"ת.

שבענו מטובך היינו שעיקר השביעה שלנו יהיה מטובו דגניז בגויה כלומר מהארת פנים ית' הנמצא בהטובה. ושמח נפשנו בישועתך היינו שיהיה ניכר מפורש איך שהשי"ת פונה אצלנו במיוחד כי ישועה הוא מלשון שעה פירוש פונה ומי שפונה אליו השי"ת בהארת פנים זהו עיקר הישועה.

וטהר לבנו לעבדך באמת היינו שיהיה בליטה מפורשת שאנו עושים רצונו ית' כי על אמת איתא בזוה"ק (אדרא נשא) תרין תפוחין קדישין:

"Charge-nous, H' notre Dieu, de la bénédiction de Tes fêtes", etc. Puisque toutes les bénédictions, avant de sortir du retrait général vers la révélation particulière, sont privées de toute compréhension dans la saisie de l'homme, l'homme n'y a encore aucune acquisition; elles sont donc pour lui considérées comme un fardeau.

Car même si un homme possède le plus grand bien, tant qu'il ne l'a pas acquis dans la saisie de son intelligence, ce bien est pour lui comme un fardeau. Ainsi trouvons-nous dans le Talmud (Berakhot 9a), sur "ils les firent emprunter" (Exode 12,36) : Rabbi Ami dit : "Cela enseigne qu'ils les leur firent emprunter contre leur gré", etc.; et il conclut là-bas : "contre le gré d'Israël, à cause du fardeau", etc.

Cela signifie que, puisqu'ils les recevaient par emprunt et non par acquisition, ce bien leur était considéré comme un fardeau. De même au sujet des mitsvot : bien que tous sachent que la vie éternelle est cachée en elles, puisque cette vie éternelle est enfouie et cachée en elles, soustraite à la compréhension de la saisie, il est dit d'elles : "Nos chefs sont chargés"; et nos maîtres de bénie mémoire ont expliqué (Berakhot 17a) : "chargés de mitsvot".

C'est pourquoi nous prions : "Charge-nous, H' notre Dieu, de la bénédiction de Tes fêtes, pour une bonne vie et pour la paix", etc. C'est-à-dire : que le Saint, béni soit-Il, nous charge de la bénédiction des fêtes d'une manière qui fasse saisir à notre intelligence la profondeur du bien qui s'y trouve.

Tel est le sens de "pour une bonne vie et pour la paix" : que chaque bénédiction sorte vers le particulier dans une révélation explicite, pour chacun à son heure et au temps où il en a besoin. "Comme Tu as voulu et dit de nous bénir", etc., selon ce qui est écrit : "Tu as révélé l'oreille de Ton serviteur... c'est pourquoi Ton serviteur a trouvé dans son cœur de Te prier", etc.

(II Samuel 7,27). "Sanctifie-nous par Tes mitsvot" : la sainteté est de la langue de "Tu m'es consacrée", c'est-à-dire préparée et mise à part.

Or le Saint, béni soit-Il, a revêtu de mitsvot toute Sa volonté, et chaque âme particulière a dans sa racine une mitsva qui lui est particulièrement propre, racine de sa vie. C'est pourquoi nous prions : "Sanctifie-nous par Tes mitsvot", c'est-à-dire que soit révélé à chaque âme quelle mitsva particulière elle est préparée, dans la racine de sa vie, à revêtir.

"Donne-nous notre part dans Ta Torah" signifie que nous ne nous occupions pas de Torah comme celui qui reste dehors et regarde l'intérieur par la fenêtre, mais comme celui qui se tient dedans. C'est-à-dire que l'intelligence d'Israël soit toujours d'accord avec les paroles de Torah, avant même de les saisir et comprendre; même lorsqu'elle n'a encore, dans sa saisie basse, aucun vêtement pour elles, son intelligence leur donnera pourtant son assentiment.

Alors, par la suite aussi, les vêtements ne lui manqueront pas pour revêtir ces paroles de Torah. "Rassasie-nous de Ton bien" signifie que notre satiété essentielle procède du bien qui est caché en lui, c'est-à-dire de l'éclat de Sa Face qui est dans le bien.

"Réjouis notre âme par Ton salut" signifie qu'il soit clairement reconnaissable que le Saint, béni soit-Il, se tourne vers nous de manière particulière; car salut (yeshoua) est de la langue de "se tourner" (shaah). Celui vers qui le Saint, béni soit-Il, se tourne dans l'éclat de Sa Face, voilà le salut essentiel.

"Purifie notre cœur pour Te servir en vérité" signifie qu'il paraisse clairement que nous faisons Sa volonté. Car, au sujet de la vérité, il est dit dans le Zohar (Idra Rabba, Nasso) : "deux pommes saintes".

והשיאנו ה' א-להינו את ברכת מועדיך וגו' הנה בכל מועד יש טובה מיוחדת מה שאין בזולתו הגם שנוסח התפלה הוא שוה בכל המועדים מ"מ כל מועד הוא מדוגל בהטובה המיוחד בהזמן שהוא בו ובסכות שהוא זמן האסיף הוא עיקר ברכתו שיתן השי"ת כלי קיבול להחזיק כל השפעות טובות וזהו והשיאנו ה' א-להינו וכמו שהמשיל בזה אזמו"ר הג' הק' זצלה"ה לאחד שהלך בדרך עם בנו קטן וימצאו שם בהדרך אבנים טובות ומרגליות הרבה מאוד ומחמת קטנות הדעת של בנו הקטן לא הבין כלל את יקר ערכם מאותן אבנים טובות וחפץ לעזבם אמר לו האב בני קח וטעון עליך כפי מה שרק באפשרי לשאת אתך וכשתגיע עמהם לביתך שם יתוודע לך גודל יקרותם ככה הם ברכת המועדים שתפיסת אדם משולל בהם דעת להכיר יקר ערכם לזה מתפללים והשיאנו ה' א-להינו וגו' כלומר שאתה בעצמך תטעון אותנו משוי הברכות אף שאנו אין אנו יודעים יקר ערכם אכן השי"ת יודע יקר ערכם לזה אנו מבקשים שהשי"ת בעצמו יטעון אותנו בברכת המועדים ואח"כ כשיתגלה כל ברכה בזמן הנצרך לה אז יהיה אנו נמי מכירים יקר ערכם וזהו כאשר רצית כי זאת הוא תמיד רצונו ית' להשפיע לישראל כל הטובות. קדשנו במצותיך היינו שירגיש האדם בפעולת המצוה כל פעם התחדשות וחמימות.

ותן חלקנו בתורתך היינו שלא נהיה עומדים מבחוץ ומסתכלים אל ד"ת אלא שיהיה חלקנו בתורתך כלומר שנהיה עומדים ממש בד"ת לגמרי כי זה שעומד בחוץ הגם שמסתכל לתוך הד"ת אכן כשבא לפעמים לידי העלם בנקל לו לבוא לידי טעות אבל מי שעומד תמיד בתוך הד"ת אי אפשר לו לעולם לבוא לידי טעות מאחר שכל פנה שהוא פונה הוא רק ד"ת. שבענו מטובך הנה שביעה יתכן אף בעצם הרצון הבהיר בלי שום לבוש וזהו שבענו מטובך וטובך מבואר בזוה"ק (בהקדמה) טובו צפון וגנוז וסתים בגוויה היינו שאינו ניכר זאת הטובה על שום לבוש וכענין שמצינו בגמ' (מגילה) שהן מדקדקין על עצמם עד כזית ועד כביצה היינו שהם שבעין רק מרצון ית' ומברכין להשי"ת גם על כזית או כביצה.

אכן שמחה אין יתכן רק כאשר מתלבש הטובה גם על הלבוש ולזה מתפללין ושמח נפשנו בישועתך היינו שיהיה ניכר זה הרצון הבהיר מטובך גם על הלבוש כדי שיהיה הכרה מפורשת שהשי"ת פונה עצמו כביכול להיטיב אותנו וזהו בישועתך כי ישועה הוא מלשון שעה כלומר פונה ושיהיה ניכר מפורש שהשי"ת פונה אצלנו הוא רק כאשר נתלבש הרצון על הלבוש מטובה של עולם הזה:

"Charge-nous, H' notre Dieu, de la bénédiction de Tes fêtes", etc. Voici que chaque fête possède un bien particulier, qui ne se trouve pas dans l'autre.

Bien que le texte de la prière soit le même pour toutes les fêtes, chaque fête se distingue par le bien particulier du temps où elle se trouve. À Soukkot, qui est le temps de la récolte, sa bénédiction essentielle est que le Saint, béni soit-Il, donne des réceptacles capables de contenir toutes les émanations de bien.

Tel est le sens de "Charge-nous, H' notre Dieu". Notre maître, notre ancien, notre enseignant et notre rabbin, le saint gaon, de sainte et bénie mémoire (אזמו"ר הג' הק' זצלה"ה), donnait à ce propos la parabole d'un homme qui cheminait avec son jeune fils.

Ils trouvèrent en chemin une très grande quantité de pierres précieuses et de perles. En raison de la petitesse d'esprit de son jeune fils, celui-ci ne comprenait nullement leur grande valeur et voulait les abandonner.

Le père lui dit : "Mon fils, prends et charge-toi d'autant que tu peux seulement en porter avec toi; quand tu arriveras avec elles dans ta maison, leur grand prix te deviendra connu." Telles sont les bénédictions des fêtes : la saisie de l'homme est privée de connaissance pour en reconnaître le prix. C'est pourquoi nous prions : "Charge-nous, H' notre Dieu", etc., c'est-à-dire : Toi-même, charge-nous du fardeau des bénédictions, bien que nous n'en connaissions pas le prix.

Le Saint, béni soit-Il, connaît leur prix; c'est pourquoi nous demandons qu'Il nous charge Lui-même de la bénédiction des fêtes. Ensuite, quand chaque bénédiction se révélera au temps où elle est nécessaire, nous en reconnaîtrons aussi le prix.

Tel est le sens de "Comme Tu as voulu", car c'est toujours Sa volonté de répandre sur Israël tous les biens. "Sanctifie-nous par Tes mitsvot" signifie que l'homme ressente, chaque fois dans l'accomplissement de la mitsva, un renouvellement et de la chaleur.

"Donne-nous notre part dans Ta Torah" signifie que nous ne restions pas dehors à regarder les paroles de Torah, mais que notre part soit dans Ta Torah, c'est-à-dire que nous nous tenions réellement au sein même des paroles de Torah. Celui qui reste dehors, même s'il regarde dans les paroles de Torah, peut facilement venir à l'erreur lorsqu'il arrive parfois à un retrait.

Mais celui qui se tient toujours au sein des paroles de Torah ne peut jamais venir à l'erreur, car de tout côté où il se tourne, il n'y a que des paroles de Torah. "Rassasie-nous de Ton bien" : la satiété peut exister dans l'essence même de la volonté claire, sans aucun vêtement.

Tel est le sens de "Rassasie-nous de Ton bien". Et Ton bien est expliqué dans le Zohar (Introduction) : "Son bien est caché, enfoui et dissimulé en lui"; c'est-à-dire que ce bien n'est reconnaissable dans aucun vêtement.

Ainsi trouvons-nous dans le Talmud (Meguila 7b) : "Ils sont rigoureux envers eux-mêmes jusqu'à une olive et jusqu'à un œuf"; c'est-à-dire qu'ils sont rassasiés de la seule volonté du Nom et bénissent le Saint, béni soit-Il, même pour une olive ou un œuf. Mais la joie n'est possible que lorsque le bien se revêt aussi d'un vêtement.

C'est pourquoi nous prions : "Réjouis notre âme par Ton salut", c'est-à-dire que cette volonté claire de Ton bien soit aussi reconnaissable dans le vêtement, afin que l'on reconnaisse explicitement que le Saint, béni soit-Il, se tourne, si l'on peut dire, pour nous faire du bien. Tel est le sens de "par Ton salut", car salut (yeshoua) est de la langue de "se tourner" (shaah).

Que l'on reconnaisse clairement que le Saint, béni soit-Il, se tourne vers nous n'est possible que lorsque la volonté se revêt dans le vêtement d'un bien de ce monde.

En bref

« Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël » (Bamidbar 6,23). La Guemara dit : ainsi, debout ; ainsi, dans la langue sainte. Pour le Sod Yecharim, « debout » est l'influx jusqu'à la saisie, et la langue sainte est l'intérieur, les autres langues n'étant que des vêtements. « Que Hachem te bénisse » fait d'Israël une vasque : la berakha attire le bien sans voile, et « qu'Il te garde » donne la garde exigée. « Qu'Il fasse luire Sa face » est l'amour reconnaissable, et la grâce fait consentir les accusateurs. « Qu'Il lève Sa face », lu et non traduit, élève Israël, et la paix ferme leur bouche.

Aussi : les cohanim attirent depuis la Source dans la mesure de ''hessed ; le rassasiement jusqu'à une olive, faveur selon la justice ; Israël, dernier receveur, nourrit son Père par la lumière réfléchie

וידבר ה' וגו' דבר אל אהרן ואל בניו לאמר כה תברכו את בני ישראל וגו'. מבואר בגמרא (סוטה לח) כה בעמידה כה בלשון הקודש וכו' היינו כה בעמידה רומז שירד השפע מהשי"ת באור ישר לתפיסת אדם בלי שום עיכוב ומניעה כלל כה בלשון הקודש היינו שקבלו ישראל הפנימיות מכל הלבושים כי כל הלשונות נגד לשון קודש המה רק כמו לבושים כמו שמצינו כמה פעמים שחכמינו ז"ל מביאין ראיה מלשונות אחרים על לשון קודש כגון אחת קורין בלשון יוני הן הרי שכל הלשונות המה רק ראיה ולבוש.

ולשון קודש הוא הפנימיות ועל זה אמר כה בלשון הקודש שלא יהיה שום לבוש המסתיר את הפנימיות מאור השפעתו יתברך. יברכך ה' היינו שישראל יהיה בריכה וכלי שלימה להמשיך אצלם כל הטובות כי ברכה הוא לשון המשכה וזהו יברכך שיתמשך אצלך כל הטובות בשלימות ובהכרה מפורשת כי גבי הארץ מצינו בעת שמקבלת טובת הגשם אז אינו ניכר עדיין הצמיחה כדכתיב כאשר ירד הגשם על הארץ וגו' והולידה והצמיחה וגו' ובשעת ירידת הגשם הוא הצמיחה עדיין בהעלם ואינה נכרת עד אח"כ לזה אמר יברכך ה' כלומר שיהיה נתגלה בתפיסך הכרה מפורשת בהטובה בלי שום העלם כי מצד שם הויה אין שום העלם והסתר כלל אכן כשיש שלימות גבי אדם אזי צריך לשמירה כד' בזוה"ק (יתרו עח) באתר דשלימותא אשתכח תמן דחלא אשתכח וכענין מאמרם ז"ל (חגיגה ה) שביק הנך דמטין ושקל הנך דלא מטין וכו' לאורחא קא בעינא וכו' ובזה שנגמר השלימות קרובה יותר להפסד לזה שקיל הנך דלא מטין לכן אמר וישמרך וכמבואר בזוה"ק שמור לנוקבא היינו כי כאשר משיג האדם כלי קיבול צריך לשמירה שלא יקבל נמי מגבול שאינו שלו וגם שלא ילך השפע לחוץ כי כאשר מעמיד האדם כלי קיבול משפיע שם השי"ת תמיד אמנם שצריכין לצמצם את הכלי קיבול ולהעמודה בקו המשקל בשוה נגד המקור והצינור לבל יזוב ח"ו השפע חוץ מהכלי.

והנה בהשפעת טובה יש אופנים שונים כי לפעמים יש טובה שהיא יקרה מאוד אך בדרך סגולה היינו בלי התפשטות אכן די בזה שמירה מעט ולפעמים יש טובה שהוא בגודל התפשטות והגם שבעצם התפשטות יש ג"כ טובה אכן צריכין בזה שמירה הרבה לזה אמר וישמרך ה' כלומר שיתן השי"ת שמירה כפי שיהיה נצרך להטובה. יאר ה' פניו אליך היינו שיכירו ישראל מפורש איך שהשי"ת עומד נגדם עם הארת פנים ובזה נכלל כל הטובות כי פנים הוא אהבה הנכרת מפורש כמו שמצינו בגמרא (מנחות צו) לחם הפנים שיהיה לו קרנות היינו שיהיה ניכר מפורש הפנים של הלחם.

ויחנך היינו כי לאותן אנשים שאינו מנהיר להם השי"ת הארת פנים מתעורר בלבבם כל קשיות על אותו האדם שהשי"ת מאיר לו הארת פנים לזה אמר ויחנך היינו שיהיה כדכתיב כי מצאת חן בעיני וכאשר כל המעשים של ישראל יעלו חן ממילא לא יהיה עליהם שום מתנגד כי יהיו מוכרחים להסכים לישראל בעל כרחם שלא ברצונם כי ענין חנינה הוא שמירה נגד המקטריגים שמוכרחים להסכים כדאיתא בגמרא (פסחים ק.) אדחנוני וחננכי וכו'. ישא ה' פניו אליך היינו שיכירו כל העולם התנשאות של ישראל איך שיש להשי"ת עסק עמהם למעלה הרבה מתפיסת זה העולם כענין דאיתא בזוה"ק (ויגש רח) על הארת זה החג ולא עמד איש אתו בוזמנא דקב"ה אתי לאזדווגא בכנסת ישראל בהתוודע יוסף אל אחיו בזמנא דקב"ה הוה מתחבר בהו בישראל וכו' בג"כ ביום השמיני עצרת תהיה לכם ולא לשאר עמין וכו' היינו שאין לשום אומה ולשון חלק בזה היקרות ולזה איתא בגמרא (מגילה כה) ישא ה' פניו אליך נקרא ולא מתרגם היינו כדי שלא יתעורר קטרוג על אותו התנשאות אכן בין ישראל בעצמם נתעורר מזה קטרוג מאחד על חבירו לכך נאמר וישם לך שלום היינו שיתן השי"ת בלבבך שלום וממילא יסתום פיות המקטריגים וכל מי שיקטרג על ישראל יהיה לו התבטלות כמאמר והא אזמין עתיק יומין למצחא ומי שאינו מסכים לזה הרצון עדי יהון חלפין:

"Et le Nom parla... Parle à Aaron et à ses fils, en disant : Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël..." (Nombres 6,22-23).

Il est expliqué dans la Guemara (Sota 38a) : ainsi, debout ; ainsi, dans la langue sainte, etc. "Ainsi, debout" indique que l'influx descendra du Saint, béni soit-Il, en lumière directe, jusqu'à la saisie de l'homme, sans aucun obstacle ni empêchement.

"Ainsi, dans la langue sainte" signifie qu'Israël a reçu l'intérieur de tous les vêtements ; car toutes les langues, comparées à la langue sainte, ne sont que des vêtements. Nous trouvons en effet à maintes reprises que nos Sages, de mémoire bénie, apportent une preuve de langues étrangères pour la langue sainte, comme : "une" se dit en grec (הן).

Ainsi toutes les langues ne sont qu'une preuve et un vêtement, tandis que la langue sainte est l'intérieur. C'est pourquoi il dit : "ainsi, dans la langue sainte", afin qu'il ne soit aucun vêtement cachant l'intérieur de la lumière de Son influx, béni soit-Il.

"Que le Nom te bénisse" : Israël sera une vasque et un réceptacle parfait pour attirer sur lui tous les biens. Car berakha signifie attraction ; c'est donc : "qu'Il te bénisse", que tous les biens soient attirés vers toi parfaitement et dans une connaissance explicite.

Au sujet de la terre, nous trouvons que, lorsqu'elle reçoit le bienfait de la pluie, la pousse n'est pas encore visible, comme il est écrit : "De même que la pluie descend sur la terre... et la fait enfanter et germer..." (Isaie 55,10). Au moment de la descente de la pluie, la pousse est encore cachée et ne devient reconnaissable qu'ensuite.

Il dit donc : "Que le Nom te bénisse", c'est-à-dire que le bien soit révélé à ta saisie, par une connaissance explicite et sans aucun voile ; car du côté du Nom de l'Être (הויה), il n'y a absolument aucun voile ni cachement. Cependant, lorsqu'il y a perfection chez l'homme, il faut une garde, comme dans le saint Zohar (Yitro 78a) : "Là où se trouve la perfection, la crainte se trouve là aussi", et comme dans leur parole, de mémoire bénie (Haguiga 5a) : "Il laisse ceux qui sont arrivés et prend ceux qui ne sont pas arrivés...

C'est pour la route que j'en ai besoin..." Lorsqu'une perfection s'achève, elle est plus proche de la détérioration ; il prend donc ceux qui ne sont pas arrivés. Aussi dit-Il : "et qu'Il te garde".

Ainsi qu'il est expliqué dans le saint Zohar, "garde" se rapporte à la Noukva (féminin recevant) : lorsque l'homme obtient un réceptacle, il a besoin d'une garde, afin de ne pas recevoir aussi d'une limite qui ne lui appartient pas, et afin que l'influx ne s'écoule pas au dehors. Car lorsque l'homme établit un réceptacle, le Saint, béni soit-Il, y répand constamment ; mais il faut contracter ce réceptacle et le placer sur la ligne exacte, droit face à la source et au canal, afin que l'influx ne s'écoule pas, à Dieu ne plaise, hors du réceptacle.

Or, dans l'influx du bien, il y a diverses manières : parfois un bien est très précieux, mais selon une segoula (vertu particulière), c'est-à-dire sans étendue ; une faible garde suffit alors. Et parfois un bien se déploie grandement ; et, bien que ce déploiement soit aussi un bien en soi, il exige une grande garde.

C'est pourquoi il dit : "et que le Nom te garde", c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, donne la garde requise par ce bien. "Que le Nom fasse luire Sa face sur toi" : Israël reconnaîtra explicitement comment le Saint, béni soit-Il, se tient devant lui en illuminant Sa face.

Tous les biens sont inclus en cela, car la face est un amour explicitement reconnaissable. Ainsi trouvons-nous dans la Guemara (Menahot 96a), à propos du pain de proposition : qu'il ait des cornes, afin que la face du pain soit explicitement reconnaissable.

"Et qu'Il te fasse grâce" : chez les hommes auxquels le Saint, béni soit-Il, ne fait pas luire Sa face, toutes les difficultés contre celui auquel Il fait luire Sa face s'éveillent dans leur cœur. Il dit donc : "et qu'Il te fasse grâce", comme il est écrit : "Tu as trouvé grâce à Mes yeux" (Exode 33,17).

Lorsque tous les actes d'Israël trouveront grâce, ils n'auront d'eux-mêmes aucun opposant : ceux-ci seront obligés de consentir à Israël, contre leur gré, sans le vouloir. Car la grâce est une garde contre les accusateurs, qui sont obligés de consentir, comme il est rapporté dans la Guemara (Pessahim 100a) : "אדחנוני וחננכי", etc.

"Que le Nom lève Sa face vers toi" : le monde entier reconnaîtra l'élévation d'Israël, comment le Saint, béni soit-Il, traite avec lui bien au-delà de la saisie de ce monde. Tel est ce qui est rapporté dans le saint Zohar (Vayigach 208a) au sujet de l'éclairement de cette fête : "Et nul homme ne se tint avec lui lorsque Joseph se fit connaître à ses frères" (Genèse 45,1) - au moment où le Saint, béni soit-Il, vient s'unir à l'Assemblée d'Israël ; lorsque Joseph se fit connaître à ses frères, au moment où le Saint, béni soit-Il, s'unissait à Israël...

C'est pourquoi : "Le huitième jour sera pour vous une assemblée" (Nombres 29,35), et non pour les autres peuples... Aucune nation ni langue n'a part à cette préciosité.

C'est pourquoi la Guemara dit (Meguila 25a) que "Que le Nom lève Sa face vers toi" est lu mais non traduit, afin de ne pas éveiller d'accusation contre cette élévation. Cependant, parmi Israël eux-mêmes, cela éveille l'accusation de l'un contre l'autre ; c'est pourquoi il est dit : "et qu'Il établisse pour toi la paix".

Que le Saint, béni soit-Il, mette la paix dans ton cœur : Il fermera alors la bouche des accusateurs, et quiconque accusera Israël sera annulé, selon la parole : "והא אזמין עתיק יומין למצחא" - "Et l'Ancien des jours a préparé le front" - et ceux qui ne consentent pas à cette volonté "עדי יהון חלפין" - passeront.

דבר אל אהרן ואל בניו לאמר כה תברכו את בני ישראל וגו'. איתא בגמרא (שם) כה בעמידה כה בלשון הקודש וכו' היינו כי אהרן ובניו מרמזים על התלבשות אורו יתברך במדת החסד ועל זה איתא שם כה בעמידה להורות שהכהנים צריכים להמשיך לישראל את הברכות מהמקור יתברך על אופן כזה שיהיה בכחם להעמיד בחזרה את כל ההשפעות נוכח השי"ת פב"פ אף שיורדים דרך כמה לבושים.

וזהו כה בעמידה וכה בלשון הקודש היינו שכל השפעות יהיה בלי שום הסתרה כלל כי לשון קודש מורה על האספקלריא המאירה ולשון תרגום מורה על אספקלרי' שאינה מאירה. יאר ה' פניו אליך ויחנך זהו כמאמרם ז"ל אנו אין לנו אלא הארת פנים היינו כי כאשר השפע הוא בלתי הארת פנים על זה נאמר איש אשר יתן לו הא-להים עושר ונכסים ולא ישליטנו לאכול ממנו יוגו' והוא כי מפחד תמיד פן למחר יחסר לחמו אבל למי שמראה השי"ת הארת פנים יש בו רוח נדיבה כי לבו בטוח ואינו מפחד מאומה.

ישא ה' פניו אליך וישם לך שלום היינו כמבואר בגמרא (חגיגה יד.) איזהו נשיאות פנים כל שנושאין פנים לדורו בזכותו אכן על נשיאת פנים מתעורר תמיד קטרוג לזה נאמר וישם לך שלום היינו שיתן לך השי"ת שתמצא בעצמך כל השלימות אזי לא תתירא משום קטרוג:

"Parle à Aaron et à ses fils, en disant : Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël..." Il est rapporté dans la Guemara précitée : ainsi, debout ; ainsi, dans la langue sainte, etc. Aaron et ses fils font allusion au revêtement de Sa lumière, béni soit-Il, dans la mesure de 'hessed (bonté).

"Ainsi, debout" enseigne que les cohanim doivent attirer les bénédictions vers Israël depuis la Source, béni soit-Il, de telle façon qu'ils aient la force de reetablir en retour tous les influx devant le Saint, béni soit-Il, face à face, bien qu'ils descendent par plusieurs vêtements. Tel est "ainsi, debout" ; et "ainsi, dans la langue sainte" signifie que tous les influx seront sans aucune dissimulation, car la langue sainte indique le miroir lumineux, tandis que la langue araméenne indique le miroir qui n'est pas lumineux.

"Que le Nom fasse luire Sa face sur toi et te fasse grâce" correspond à leur parole, de mémoire bénie : "Nous n'avons que l'éclairement de face". Car lorsque l'influx est sans éclairement de face, il est dit : "À l'homme auquel Elokim donne richesse, biens et honneur, sans le rendre maître d'en jouir..." (Qohelet 6,2).

Il craint constamment que demain son pain lui manque. Mais celui à qui le Saint, béni soit-Il, montre l'éclairement de face possède un esprit généreux : son cœur est assuré et il ne craint rien.

"Que le Nom lève Sa face vers toi et établisse pour toi la paix" signifie, comme expliqué dans la Guemara (Haguiga 14a) : qu'est-ce que porter la face ? Lorsqu'on porte la face à sa génération par son mérite.

Cependant, une accusation s'éveille toujours contre la faveur ; il est donc dit : "et qu'Il établisse pour toi la paix", c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, te donne de trouver en toi toute la perfection, et alors tu ne craindras aucune accusation.

יברכך ה' היינו שישראל יהיה כמו בריכה כדכתיב ונברכו בך וגו' כלומר שיטע בנו השי"ת כל מיני טובות. וישמרך לבל יתפשטו הטובות למקומות זרים.

ישא ה' פניו אליך היינו כדאיתא (ברכות כ) וכי לא אשא להם פנים לישראל שכתבתי בתורה ואכלת ושבעת וברכת וגו' והם מדקדקים עצמם עד כזית עד כביצה היינו שזאת הנשיאות פנים מגיע להם בשורת הדין מדה במדה יען שהם נושאים לו ג"כ פנים בזה שמראים עצמם שבעים אף שאין אוכלים רק כזית ומברכין להשי"ת על מעט טובה כמו שקבלו כל הטובה בשלימות כי הם שבעים רק מרצון לכך נותן השורת הדין לומר על עבודתם אף שמצער הוא מ"מ הוא המשפט שיאמר השי"ת על זה המעט שכבר עבדו ישראל הרבה יותר מכפי כחם אכן איתא בגמ' (מגילה כה) על זה הפסוק שנקרא ולא מתרגם כי אצל מי שנתגלה זה הנשיאת פנים יכול להתעורר נגדו קטרוג מישראל בעצמם כי זאת השביעה מרצון הוא רק מדברים שבלב ומאן מפיס שלבו של זה האדם הוא כ"כ בנייחא ושבע רק מהרצון יתברך ועל זה נאמר להדוף את כל איביך מפניך כלומר לא שיתבטלו ח"ו אלא שידחוף אותם מפניך לבל יהיה בכחם לפעול כלל בקטרוגם כי אצלך יהיה שלום וזהו וישם לך שלום היינו מצדך יהיה שלום:

"Que le Nom te bénisse" : Israël sera comme une vasque, comme il est écrit : "Et en toi seront bénies..." (Genèse 12,3), c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, plante en nous toutes les sortes de biens. "Et qu'Il te garde" : afin que les biens ne se déploient pas vers des lieux étrangers.

"Que le Nom lève Sa face vers toi" : ainsi qu'il est rapporté (Berakhot 20b) : "Et ne porterais-Je pas Ma face à Israël, alors que J'ai écrit dans la Torah : 'Tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras...' (Deutéronome 8,10), et qu'ils sont scrupuleux sur eux-mêmes jusqu'à une olive ou jusqu'à un œuf ?" Cette faveur leur revient selon la stricte justice, mesure pour mesure : eux aussi portent Sa face, en se montrant rassasiés même lorsqu'ils ne mangent qu'une olive, et en bénissant le Saint, béni soit-Il, pour un faible bien comme s'ils avaient reçu tout le bien parfaitement. Ils sont rassasiés de la seule volonté ; c'est pourquoi la stricte justice peut dire de leur service que, bien qu'il soit peu, il est néanmoins juste que le Saint, béni soit-Il, dise de ce peu qu'Israël a déjà œuvre beaucoup plus que sa force.

Cependant, la Guemara dit (Meguila 25a), à propos de ce verset, qu'il est lu mais non traduit, car chez celui auquel cette faveur est révélée, une accusation peut s'éveiller contre lui de la part d'Israël eux-mêmes. Car ce rassasiement volontaire n'est qu'une chose confiée au cœur, et qui peut assurer que le cœur de cet homme est si paisible et rassasié de la seule volonté, béni soit-Il ?

C'est à ce sujet qu'il est dit : "pour repousser devant toi tous tes ennemis" (Deutéronome 28,7), c'est-à-dire non qu'ils soient annulés, à Dieu ne plaise, mais qu'Il les repousse de devant toi, afin qu'ils n'aient aucune force d'agir par leur accusation ; car chez toi sera la paix. Tel est : "et qu'Il établisse pour toi la paix" ; de ton côté sera la paix.

יברכך ה' וגו'. יברכך הוא מלשון בריכה וכלי קיבול היינו שישראל יהיה כלי קיבול לאורו יתברך כי כל הבריאה הציב השי"ת בבחינת דכר ונוקבא לקבל מלמעלה ולהשפיע למטה הימנה וכן הוא אפילו בדרגין עלאין כדאיתא בזוה"ק (שמות ד) מלך עלאה איהו נוקבא לגבי נקודה עלאה סתימא דכלא ואע"ג דאיהו נוקבא איהו דכורא לגבי מלך דלתתא וכו' הרי שבכל דרגא יש בה בחינת מקבל ומשפיע והדרגא האחרונה מהבריאה הוא האדם דלתתא שהוא המקבל האחרון ואין עוד דרגא נמוכה ממנו שהוא ישפיע שם וכל ענינו הוא הכל באור חוזר היינו שיתיצב בחזרה כל מה שמקבל מלמעלה נוכח השי"ת פב"פ וזה הוא כמאמרם ז"ל ישראל מפרנסים לאביהם שבשמים ועל כלי קיבול כזה רומז יברכך ה' כלומר שהכלי קיבול של ישראל לפרנס אביהם שבשמים יהיה בתכלית השלימות בלי שום חסרון ח"ו אכן איתא בזוה"ק (יתרו עט) לית דחילו אלא באתר דהוי שלימות שכיח וכו' היינו שבמקום השלימות צריכין לגודל שמירה לזה נאמר וישמרך.

יאר ה' פניו אליך היינו שלא יקבלו ישראל מאחורי כתפי' אלא בהארת פנים כי כאשר מראה השי"ת הארת פנים נכלל בזה ממילא כל הטובות כד' בזוה"ק (אדרא רבה וזוטא) האי מצחא אקרי רצון וכד רצון דא אתגליא רעוא דרעוין אשתכח בכלהו עלמין וכמבואר שם בפרצופא אשתמודע אפין היינו שכל האורות נכללים בהארת פנים. ויחנך כי בהתגלות הרצון ית' מוכרחי' להסכים על ישראל כל המתנגדים עליהם כמאמר והא אזמין עתיק יומין למצחא עדי יהון חלפון.

ישא ה' פניו אליך וגו' היינו שיתנשא השי"ת לבם של ישראל לבל יקטינו עצמם בתענוגי דברים נמוכים ושפלים אלא שיתענג השי"ת את לבבם בדברים גדולים ויקרים וכמו אב המנהל את בניו בעודם קטנים מנהל אותם בתענוגי דברים קטנים אבל אחר שיגדלו מענג אותם בדברים גדולים ויקרים ועל זה אמרו ז"ל (ברכות כ) איך לא אשא להם פנים לישראל שהם מדקדקין על עצמם לברך עד כזית ועד כביצה היינו שמגיע לישראל מצד המשפט לנשא אותם לדברים גדולים ויקרים ולא להקטין את דעתם בדברים נמוכים מאחר שהם מסתפקין עצמם במעט טובה ומחזיקים לי טובה על דבר קטן כמו על דבר גדול א"כ מגיע להם במשפט מדה במדה כל מיני גדלות אכן יען שזאת ההסתפקות של ישראל הוא רק דבר המסור ללב ויכול להתעורר על זה הנשיאת פנים קטרוג לכך נאמר וישם לך שלום:

"Que le Nom te bénisse..." "Qu'Il te bénisse" vient de berikha, une vasque, un réceptacle : Israël sera un réceptacle pour Sa lumière, béni soit-Il. Car le Saint, béni soit-Il, a établi toute la création selon l'aspect masculin et Noukva (féminin), pour recevoir d'en haut et influer au-dessous d'elle.

Il en est ainsi même dans les degrés supérieurs, comme il est rapporté dans le saint Zohar (Chemot 4a) : "Le Roi d'en haut est Noukva envers le point supérieur caché de tout ; et bien qu'il soit Noukva, il est masculin envers le Roi d'en bas..." Ainsi, chaque degré comporte un aspect recevant et un aspect influant. Le dernier degré de la création est l'homme d'en bas : il est le dernier receveur, et aucun degré plus bas que lui n'existe sur lequel il puisse influer.

Toute sa fonction est donc entièrement en lumière réfléchie : il remet en face du Saint, béni soit-Il, face à face, tout ce qu'il reçoit d'en haut. C'est ce que disent nos Sages, de mémoire bénie : "Israël nourrit son Père qui est aux cieux." "Que le Nom te bénisse" fait allusion à un tel réceptacle : que le réceptacle d'Israël, pour nourrir son Père qui est aux cieux, soit dans la perfection ultime, sans aucun manque, à Dieu ne plaise.

Cependant, le saint Zohar dit (Yitro 79a) : "Il n'y a de crainte qu'au lieu où la perfection se trouve", c'est-à-dire que, là où se trouve la perfection, une grande garde est nécessaire ; c'est pourquoi il est dit : "et qu'Il te garde". "Que le Nom fasse luire Sa face sur toi" : qu'Israël ne reçoive pas de derrière les épaules, mais dans l'éclairement de face.

Car lorsque le Saint, béni soit-Il, montre l'éclairement de face, tous les biens y sont inclus d'eux-mêmes, comme il est écrit dans le saint Zohar, dans l'Idra Rabba et l'Idra Zouta : "Ce front est appelé volonté ; et lorsque cette volonté est révélée, la volonté des volontés se trouve dans tous les mondes." Il y est aussi expliqué : "Dans le partsouf (configuration), les faces sont reconnues", c'est-à-dire que toutes les lumières sont incluses dans l'éclairement de face. "Et qu'Il te fasse grâce" : par la révélation de Sa volonté, tous ceux qui s'opposent à Israël sont obligés de consentir, comme dans la parole : "והא אזמין עתיק יומין למצחא עדי יהון חלפון".

"Que le Nom lève Sa face vers toi..." : que le Saint, béni soit-Il, élève le cœur d'Israël, afin qu'ils ne s'abaissent pas dans les plaisirs de choses basses et viles, mais qu'Il délasse leur cœur par des choses grandes et précieuses. Tel un père qui conduit ses fils alors qu'ils sont petits par les plaisirs de petites choses, mais qui, une fois grandis, les réjouit par des choses grandes et précieuses.

C'est à ce sujet que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Berakhot 20b) : "Comment ne porterais-Je pas Ma face à Israël, eux qui sont scrupuleux de bénir jusqu'à une olive et jusqu'à un œuf ?" Il revient donc à Israël, selon la justice, de les élever à des choses grandes et précieuses, et de ne pas rapetisser leur esprit dans des choses basses, puisqu'ils se contentent d'un faible bien et Me savent gré pour une petite chose comme pour une grande. Il leur revient donc, selon la justice et mesure pour mesure, toutes les sortes de grandeur.

Mais puisque ce contentement d'Israël est seulement une chose confiée au cœur, une accusation peut s'éveiller contre cette faveur ; c'est pourquoi il est dit : "et qu'Il établisse pour toi la paix".

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