« Vous habiterez dans des souccot pendant sept jours » ; « Un psaume, un cantique pour le jour du Chabbat » (Tehilim 92, 1-2). Selon le Sod Yecharim, le Saint, béni soit-Il, place autour de l'homme une lumière enveloppante, protection du Chabbat, reçue quand il éclaircit jusqu'au-delà de sa saisie. Le psaume (mizmor) indique le tsimtsoum (contraction) ; le cantique (shir) l'expansion dans la compréhension : l'éclat du Chabbat comprend les deux. Par les paroles de Torah on ressent l'éclat de Sa face, on reconnaît Son amour, on courbe sa stature et on se remet au-delà de la saisie, appelé Très-Haut. La protection du nuage d'Aaron rayonne dans le périmètre de sept : « Étends sur nous la souccot de Ta paix ».
Aussi : la floraison des méchants n'est que comme l'herbe, jusqu'à leur annulation ; Israël porte des fruits et son tronc repousse ; déplacer les palmes de palmier le Chabbat accomplit le Chabbat, Israël n'ayant qu'un seul cœur pour son Père.
בסכות תשבו שבעת ימים כל האזרח בישראל ישבו בסכות וגו'. מזמור שיר ליום השבת טוב להודות לה' ולזמר לשמך וגו'.
להיות שהציב השי"ת אור המקיף את האדם ומגין עליו למעלה מתפיסתו וזאת ההגנה הוא הגנת שבת כמבואר בזוה"ק (יתרו פח.) דההוא יומא מתברכאן מני' כל שיתא יומין עלאין וכו' היינו כשמברר האדם מידת מתתא לעילא עד שמגיע למקום העליון שהוא למעלה מהבנת תפיסתו שאין קוצר יד עבודתו מגיע שם אזי יש לו הגנה מיומין עלאין ויען שהוא למעלה מהתפיסה לזה נקרא מזמור שמורה על צמצום. ושיר מורה על התפשטות היינו מה שמחזיר השי"ת בהגנתו על האדם שיהיה מתפשט גם בהבנת תפיסתו זאת ונקרא שיר.
ועל זה נאמר מזמור שיר ליום השבת וגו' כלומר שהארת שבת כולל משניהם מזמור וגם שיר. טוב להודות לה' היינו הגם שאין שום פעולה בשבת מ"מ מי שפונה א"ע לד"ת מרגיש בלבבו גודל הארת פנים ית' המנהיר ביום השבת מה שאין זאת בימי החול כדאיתא בגמ' (סנהדרין ס"ה) ששאל לו מה היום מיומים וכו' ומפאת זה הארת פנים המנהיר בשבת יכולין להכיר כל אהבתו ית' לישראל.
ועל זה הארת פנים איתא בזוה"ק (אדרא זוטא רצד.) כל פרצופא ביה אשתמודע וכו' היינו כי בצלם אלהים עשה את האדם ומכנה (שם) כל פרטי האורות לאברי דשכינתא ועל זה איתא שם כל פרצופא ביה אשתמודע פירוש שניכר באור הפרצוף פנים האור כללי מכל הפרטים כי ע"י הארת פנים ית' יש בכח כל דרגא להשפיע למטה הימנה כענין הכתוב וקרא זה אל זה ומתרגמינן ומקבלין דין מן דין. וזהו טוב להודות לה' כי בשבת יכולין היטב להכיר איך שטוב וישר לפני האדם לכפוף כל קומתו הזקופה ולמסור אותה להשי"ת.
ולזמר לשמך עליון היינו שמכיר אז האדם למסור א"ע גם למעלה מהכרת תפיסתו שנקרא עליון:
Vous habiterez dans des souccot pendant sept jours; tout l'autochtone en Israel habitera dans des souccot, etc. Un psaume, un cantique pour le jour du Chabbat: il est bon de rendre grace au Nom et de chanter pour Ton Nom, Tres-Haut, etc.
(Psaumes 92, 1-2). Car le Saint, beni soit-Il, a place autour de l'homme une lumiere enveloppante, qui le protege au-dela de sa comprehension; et cette protection est la protection du Chabbat, comme l'explique le Saint Zohar (Yitro 88a): ce jour-la, les six jours superieurs sont tous benis par lui, etc.
C'est-a-dire: lorsque l'homme eclaircit la mesure d'en bas vers le haut, jusqu'a atteindre le lieu superieur qui est au-dela de la comprehension de sa saisie, ou la portee restreinte de son service ne parvient pas, il recoit alors une protection des jours superieurs. Et puisqu'elle est au-dela de la saisie, elle est appelee psaume (mizmor), ce qui indique le tsimtsoum (contraction).
Et le cantique (shir) indique l'expansion: le fait que le Saint, beni soit-Il, revienne, par Sa protection, vers l'homme afin que ceci s'etende aussi dans la comprehension de sa saisie; cela est appele cantique. C'est a ce propos qu'il est dit: Un psaume, un cantique pour le jour du Chabbat, etc.; c'est-a-dire que l'eclat du Chabbat comprend les deux, le psaume et le cantique.
Il est bon de rendre grace au Nom: bien qu'il n'y ait aucune action le Chabbat, celui qui se tourne vers les paroles de Torah ressent en son cœur la grandeur de l'eclat de Sa face, beni soit-Il, qui rayonne le jour du Chabbat, ce qui n'est pas le cas les jours ouvrables, comme il est rapporte dans la Guemara (Sanhedrin 65b), ou il lui demanda: En quoi ce jour est-il different des autres jours?, etc. Par cet eclat de la face qui rayonne le Chabbat, on peut reconnaitre tout Son amour, beni soit-Il, pour Israel.
Au sujet de cet eclat de la face, il est dit dans le Saint Zohar (Idra Zouta 294a): Chaque partsouf (configuration) y est connu, etc. Car Il fit l'homme a l'image d'Elokim (Genese 1, 27), et il appelle la-bas tous les details des lumieres les membres de la Chekhina (Presence divine).
C'est pourquoi il y est dit: Chaque partsouf y est connu, c'est-a-dire qu'a la lumiere de la face du partsouf se reconnait la lumiere generale de tous les details; car, par l'eclat de Sa face, beni soit-Il, chaque degre a la force d'influer sur celui qui est au-dessous de lui, selon le verset: Celui-ci appelle celui-ci, et le Targoum traduit: Ils recoivent l'un de l'autre (Isaie 6, 3). Tel est: Il est bon de rendre grace au Nom; car le Chabbat, on peut fort bien reconnaitre combien il est bon et droit pour l'homme de courber toute sa stature dressee et de la remettre au Saint, beni soit-Il.
Et de chanter pour Ton Nom, Tres-Haut: l'homme reconnait alors qu'il doit se remettre aussi au-dela de la reconnaissance de sa saisie, ce qui est appele Tres-Haut.
להגיד בבוקר חסדך. ענין בוקר מבואר בזוה"ק כמה פעמים בוקר דאברהם היינו בשעה שפונה השי"ת כביכול לזה העולם שיכירו אור חסדו ית' ואז מתחילין כל עבודת אדם כדכתיב תזרח השמש יאספון יצא אדם לפעלו וגו'.
ואמונתך בלילות היינו בשעה שאינו מאיר גבי האדם הבהירות כ"כ אזי צריך אז להיות נמשך אתר רצונו ית' בגודל אמונה. עלי עשור וגו' היינו שע"י זה יהיה מנהיר השי"ת מהכנור של עשר נימין שיהיה לעתיד כי הכנור של מקדש הוא על שבע נימין ורומז על כל העבודות מההיקף שבעה שהם לפום צערא אגרא.
ועל זה ההיקף רומזין נמי השבעה עננין. ואהרן רישא לכל שבעה עננין שרומז על הכינור של עשר נימין שיהיה לעתיד כמבואר בזוה"ק (אמור ק"ג.) ענני כבוד בזכות אהרן דכתיב אשר עין בעין נראה אתה ה' וכתיב וכסה ענן הקטורת מה להלן שבעה אף כאן דהא בקטורת שבעה עננין מתקשרין כחדא ואהרן רישא לכל שבעה עננין הוא והוא קשיר לשית אחרנין ביה בכל יומא וכו' היינו כי אהרן נקרא כהנא רבא עלאה שהוא למעלה מהשבעה עננין והוא מראה התקשרותם בשורש אחדותו ית' כי הוא בעבודתו הופיע בלבבם של ישראל עבודה בקביעות.
והראה זאת מפורש בעבודת הקטורת שכל עבודות ישראל בהתחלקות ההיקף שבעה נתקשרו בשורש אחדותו ית' למעלה הרבה מהתחלקות השבע מדות וכדאי' בזוה"ק (תצוה קפא.) על הפסוק ואתה הקרב אליך וגו' לכהן לי לא כתיב אלא לכהנו לי וכו' למהוי כלא חד וכו' וזהו כענין דאיתא בזוה"ק (לך פו.) ובגין דאיהו תתאי דלא נהיר ההוא רקיע דעלייהו אתחבר ביה וכו' היינו כי מאחר שאהרן הופיע בלבבם של ישראל כל העבודות נתבררו ממילא שהם בקביעות אצלם וכדאיתא בזוה"ק (תרומה קכח):) מנא ידעינן דקב"ה אתרעי ביה בבר נש ושויא מדורא ביה כד חזינן דרעותא דההוא ב"נ למרדף ולאשתדלא אבתריה דקב"ה בלביה ובנפשיה וברעותיה ודאי תמן ידעינן דשריא ביה שכינתא ושויא מדורא ביה וכו' היינו כיון שיש בלבבם של ישראל עבודה בקביעות מזה מוכח דקב"ה שויא מדוריה ביה היינו שישראל עלו במחשבה ועלה במחשבה הוא הפירוש למעלה ממחשבה כי מחשבה מורה על חכמה ועלה במחשבה היינו למעלה מחכמה. וזה הוא בסכות תשבו שבעת ימים היינו שבכל עבודות שבהתחלקות ההיקף שבעה יהיה מנהיר ההגנה לישראל מעננא דאהרן שהוא רישא לכל שבעה וכו' והוא כמו שאנו מתפללים תמיד ופרוס עלינו סוכת שלומך היינו שינהיר זאת ההגנה מעננא דאהרן בהכרת הבנת תפיסתנו ג"כ והתגלות הכרה כזו נקרא עלי עשור וגו':
Pour proclamer le matin Ta bonte (Psaumes 92, 3). La notion de matin est expliquee plusieurs fois dans le Saint Zohar: le matin d'Abraham, c'est l'heure ou le Saint, beni soit-Il, se tourne pour ainsi dire vers ce monde afin qu'ils reconnaissent la lumiere de Sa bonte, beni soit-Il; alors commencent tous les services de l'homme, comme il est ecrit: Le soleil se leve, ils se retirent; l'homme sort pour son œuvre, etc.
(Psaumes 104, 22-23). Et Ta fidelite dans les nuits: a l'heure ou la clarte ne rayonne pas tant pour l'homme, il doit alors etre attire vers le lieu de Sa volonte, beni soit-Il, par une grande foi.
Sur le decacorde, etc. (Psaumes 92, 4): par cela, le Saint, beni soit-Il, fera rayonner la harpe a dix cordes qui sera dans l'avenir; car la harpe du Temple est a sept cordes et fait allusion a tous les services relevant du perimetre de sept, dont la recompense est selon la peine.
Les sept nuages font eux aussi allusion a ce perimetre. Et Aaron est la tete de tous les sept nuages, ce qui fait allusion a la harpe a dix cordes qui sera dans l'avenir, comme l'explique le Saint Zohar (Emor 103a): Les nuages de gloire sont par le merite d'Aaron, car il est ecrit: Tu apparais, Nom, œil contre œil (Nombres 14, 14), et il est ecrit: Le nuage de l'encens couvrira (Levitique 16, 13).
De meme que la-bas il y en a sept, ici aussi; car dans l'encens, sept nuages sont lies ensemble, et Aaron est la tete de tous les sept nuages; il est lie en lui aux six autres chaque jour, etc. C'est-a-dire qu'Aaron est appele le grand pretre superieur, au-dela des sept nuages, et il montre leur liaison dans la racine de Son unite, beni soit-Il; car, par son service, il fit apparaitre dans le cœur d'Israel un service fixe.
Et il montra cela clairement dans le service de l'encens: tous les services d'Israel, dans la repartition du perimetre de sept, etaient lies a la racine de Son unite, beni soit-Il, bien au-dela de la repartition des sept mesures. Comme il est dit dans le Saint Zohar (Tetsaveh 181a), sur le verset: Et toi, fais-les approcher de toi, etc., pour exercer Mon sacerdoce, il n'est pas ecrit, mais pour exercer Mon sacerdoce pour Moi, etc., afin que tout devienne un, etc.
(Exode 28, 1). Cela rejoint ce qui est dit dans le Saint Zohar (Lekh Lekha 86a): Puisqu'il est en bas et que ce firmament qui est au-dessus d'eux ne rayonne pas, il lui est joint, etc.
Car, puisque Aaron fit apparaitre dans le cœur d'Israel tous les services, ils s'eclaircirent d'eux-memes comme etant fixes chez eux. Comme il est dit dans le Saint Zohar (Terouma 128a): Comment savons-nous que le Saint, beni soit-Il, prend plaisir a un homme et fait en lui Sa demeure?
Lorsque nous voyons que la volonte de cet homme est de poursuivre et de s'appliquer a la suite du Saint, beni soit-Il, de tout son cœur, son ame et sa volonte, alors nous savons certainement que la Chekhina reside en lui et fait en lui Sa demeure, etc. Puisqu'il y a dans le cœur d'Israel un service fixe, cela prouve que le Saint, beni soit-Il, a fait Sa demeure en lui.
C'est-a-dire qu'Israel est monte dans la pensee; et monte dans la pensee veut dire au-dessus de la pensee, car la pensee indique la 'hokhma (sagesse), et monte dans la pensee veut dire au-dessus de la 'hokhma. Tel est: Vous habiterez dans des souccot pendant sept jours, c'est-a-dire que dans tous les services relevant de la repartition du perimetre de sept, la protection pour Israel rayonnera du nuage d'Aaron, qui est la tete de tous les sept, etc.
C'est comme ce que nous prions toujours: Etends sur nous la souccot de Ta paix; c'est-a-dire que cette protection du nuage d'Aaron rayonnera aussi dans la reconnaissance de notre comprehension et de notre saisie. La revelation d'une telle reconnaissance est appelee: Sur le decacorde, etc.
בפרוח רשעים כמו עשב וגו'. היינו אף שרואים ברשעים ג"כ פריחה כלומר שנתפשט גם מהם כבוד שמים על זה אמר כמו עשב היינו שכל פריחתם הוא רק כמו עשב שבהתחלת הצמיחה הוא רק מאכל בהמה ואינו נצלח כלום למאכל אדם רק שהוא הכנה שיצמח על ידם מאכל אדם וזאת ההכנה הוא נמי רק לאחר שנתיבשו ונעשה מהם זבל ככה כל הכ"ש הנצמח מהרשעים הוא רק אחר שנתבטלו ועברו מן העולם וזהו שמסיים הכתוב להשמדם עדי עד.
ואתה מרום לעולם ה' כי הנה איביך ה' כי הנה איביך יאבדו יתפרדו כל פועלי און היינו לאחר שיתפרדו ויאבדו כל פועלי און ויתבטלו מן העולם אז יהיו מכירין היטב ואתה מרום לעולם ה' כלומר שאז יהיה ניכר מפורש כל המכוון שיש להשי"ת בבריאת הוייתם למעלה מתפיסתם וכדכתיב ירומו סלה היינו שהנהגתו ית' עמהם הוא למעלה הרבה מתפיסת דעתם:
Lorsque les mechants fleurissent comme l'herbe, etc. (Psaumes 92, 8).
Meme si l'on voit aussi chez les mechants une floraison, c'est-a-dire que l'honneur des Cieux s'est etendu aussi par eux, il est dit: comme l'herbe. Car toute leur floraison n'est que comme l'herbe, qui, au commencement de sa croissance, n'est que nourriture de betail et ne convient nullement a la nourriture de l'homme; elle n'est que la preparation a faire pousser, par son moyen, la nourriture de l'homme.
Et cette preparation elle-meme ne vient qu'apres qu'elle a seche et est devenue du fumier. Ainsi, tout l'honneur des Cieux qui pousse par les mechants ne vient qu'apres qu'ils se sont annules et ont disparu du monde.
C'est ce que conclut le verset: pour les detruire a jamais. Et Toi, Tu es eleve pour toujours, Nom; car voici Tes ennemis, Nom, car voici Tes ennemis periront, tous les artisans d'iniquite se disperseront (Psaumes 92, 9-10).
C'est-a-dire qu'apres que tous les artisans d'iniquite se seront disperses, auront peri et se seront annules du monde, on reconnaitra fort bien: Et Toi, Tu es eleve pour toujours, Nom. Autrement dit, tout le dessein que le Saint, beni soit-Il, avait en creant leur existence sera alors manifeste, au-dela de leur saisie, comme il est ecrit: Ils seront eleves a jamais; c'est-a-dire que Sa conduite, beni soit-Il, envers eux est bien au-dela de la saisie de leur intelligence.
צדיק כתמר יפרח כארז בלבנון ישגה וגו'. מבואר בגמ' (ב"ב דף פ':) אם נאמר תמר למה נאמר ארז וכו' אלא כארז שגזעו מחליף וכתמר שעושה פירות וכו' היינו שיש גבי ישראל שני המעלות שעושה פירות וגם גזעו מחליף שאינם מתבטלים לעולם:
Le juste fleurira comme le palmier, il grandira comme le cedre du Liban, etc. (Psaumes 92, 13).
Il est explique dans la Guemara (Bava Batra 80b): S'il est dit palmier, pourquoi est-il dit cedre?, etc. Mais comme le cedre dont le tronc repousse, et comme le palmier qui porte des fruits, etc.
C'est-a-dire qu'Israel possede les deux avantages: il porte des fruits et son tronc repousse; ils ne s'annulent jamais.
והנה בגמ' (סוכה דף מ"ה) איתא ר' יוחנן בן ברוקא אומר חריות של דקל היו מביאין וחובטין וכו' כמעשהו בחול כך מעשהו בשבת. מ"ט דר"י בן ברוקא וכו' אמר רב הונא דכתיב כפות שנים אחת ללולב ואחת למזבח וכו' ר' לוי אומר כתמר מה תמר זה אין לו אלא לב אחד אף ישראל אין להם אלא לב אחד לאביהם שבשמים וכו' ולהבין לפי שיטת ר' לוי דר"י בן ברוקא למד זאת מסברא דנפשיה מה תמר וכו' ולא מריבויא דקרא א"כ מהיכא יליף שדוחה נמי שבת.
הניחא לרב הונא שלמד זאת מדכתיב בתורה כפות נמצא שחריות של דקל יש להם דרש מן התורה. שפיר.
כי מצוה דאורייתא יכול נמי לדחות שבת בטלטולא בעלמא. אבל לר לוי שאינו לומד זאת מן התורה רק מסברא דנפשיה כתמר וכו' שמביאין אותו לסימן טוב כתמר וכו' א"כ הגם שאין בזה הטלטול לא איסור דאורייתא ולא דרבנן ר"ל ולא משום גזירה דרבה כמבואר בסוגיין לעיל (דף מ"ג יעי"ש) רק איסור טלטול מוקצה.
מ"מ איזה סברא יש לו שיהיו צריכין לטלטלם אף בשבת דילמא דוקא כשחל בחול אבל לא בשבת:
Or, il est rapporte dans la Guemara (Soucca 45a): Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit: On apportait des palmes de palmier et on les frappait, etc. Le rite etait le meme les jours ouvrables et le Chabbat.
Quelle est la raison de Rabbi Yo'hanan ben Beroka?, etc. Rav Houna dit: car il est ecrit kappot (כפות), deux: l'une pour le loulav et l'autre pour l'autel, etc.
Rabbi Levi dit: Comme le palmier: de meme que ce palmier n'a qu'un seul cœur, ainsi Israel n'a qu'un seul cœur pour son Pere qui est aux cieux, etc. Il faut comprendre, selon l'opinion de Rabbi Levi, que Rabbi Yo'hanan ben Beroka apprit cela de son propre raisonnement - comme le palmier, etc. - et non d'une amplification du verset: d'ou apprend-il donc que cela repousse aussi le Chabbat?
Cela convient a Rav Houna, qui l'apprend de ce qui est ecrit dans la Torah, kappot: les palmes de palmier ont donc un enseignement expositif tire de la Torah. C'est juste, car un commandement de la Torah peut aussi repousser le Chabbat par un simple deplacement.
Mais selon Rabbi Levi, qui ne l'apprend pas de la Torah, seulement de son propre raisonnement - comme le palmier, etc. - car on les apporte comme bon signe, comme le palmier, etc., alors, bien que ce deplacement ne comporte ni interdit de la Torah ni interdit rabbinique, c'est-a-dire ni en raison du decret de Rabba, comme cela est explique plus haut dans cette suguia (43a), mais seulement l'interdit de deplacer un objet mouktse (mis de cote), quel raisonnement a-t-il donc pour qu'il faille les deplacer aussi le Chabbat? Peut-etre seulement lorsque cela tombe un jour ouvrable, mais non le Chabbat.
אמנם לפי סברת ר' לוי יליף באמת שפיר ר' יוחנן בן ברוקא להביא חריות של דקל אף בשבת ג"כ מזאת הסברא לסימן טוב כתמר וכו' כלומר דר' יוחנן ב"ב סבר שאין זה הטלטול מחריות של דקל אף בשבת נקרא כלל שדוחה את השבת אלא אדרבה שמקיים בזה את השבת כי מראה בזה הטלטול בעצמו גודל הארה מקדושת שבת ששניהם החריות של דקל ושבת מרמזין על ענין אחד ולזה רמז הכתוב צדיק כתמר יפרח בהקפיטל של מזמור שיר ליום השבת כי כמו ששבת רומז על העולה לנו מכל המדות שהציב השי"ת שעליהם נאמר לך ה' הגדולה והגבורה והתפארת וגו' והעולה מהם הוא לך ה' הממלכה היינו שצריכין למסור הכל בחזרה להשי"ת וזה שמוסרים הכל בחזרה וממליכים עליהם השי"ת ונקרא שבת וחריות של דקל מרמז נמי כך מה תמר אין לו אלא לב אחד אף ישראל אין להם אלא לב אחד לאביהם שבשמים כי מוסרים הכל בחזרה להשי"ת:
Cependant, selon le raisonnement de Rabbi Levi, Rabbi Yo'hanan ben Beroka apprend effectivement tres bien de ce raisonnement qu'il faut apporter aussi les palmes de palmier le Chabbat: comme bon signe, comme le palmier, etc. C'est-a-dire que Rabbi Yo'hanan ben Beroka estime que ce deplacement des palmes de palmier, meme le Chabbat, n'est nullement appele le fait de repousser le Chabbat; au contraire, il accomplit par ce deplacement le Chabbat, car il y montre par le deplacement lui-meme la grandeur de l'eclat de la saintete du Chabbat.
Car les deux, les palmes de palmier et le Chabbat, font allusion a une seule notion. C'est pourquoi le verset: Le juste fleurira comme le palmier, a ete place dans le chapitre Un psaume, un cantique pour le jour du Chabbat.
Car, de meme que le Chabbat fait allusion a ce qui resulte pour nous de toutes les mesures que le Saint, beni soit-Il, a etablies, a propos desquelles il est dit: A Toi, Nom, la grandeur, la puissance, la splendeur, etc.; ce qui en resulte est: A Toi, Nom, la royaute (I Chroniques 29, 11), c'est-a-dire qu'il faut tout remettre au Saint, beni soit-Il. Ce fait de tout remettre et de faire regner sur eux le Saint, beni soit-Il, est appele Chabbat.
Les palmes de palmier font aussi allusion a cela: de meme que le palmier n'a qu'un seul cœur, ainsi Israel n'a qu'un seul cœur pour son Pere qui est aux cieux; car ils remettent tout au Saint, beni soit-Il.
Ce passage poursuit l'explication des Tossafot : palmes de dattier et rameaux de saule indiquent contraction et expansion, par lesquelles Israël revient à l'unité. Le Sod Yecharim rapporte de son père que le Chabbat possède toute la perfection : expansion du côté de D.ieu, contraction du côté de l'homme. « Psaume, cantique pour le jour du Chabbat » unit les deux. Adam dit alors « Il est bon de rendre grâce à Hachem », les attributs s'incluant dans leur racine. Yaakov se bâtit une maison et pour son bétail il fit des cabanes, sa confiance tenant au lieu qui n'est pas connu.
Aussi : la nuée d'Aharon, tête des sept nuées, et les tefillin de la tête où l'unité resplendit dans la division ; Yaakov entoure toute la création et vainc le prince d'Ésaou ; au Chabbat la jouissance du corps est une mitsva
ונתבאר נמי בזה מה שדחקו המפרשים ז"ל ליתן טעם על דברי התוס' (שם דף מ"ה:) ד"ה אחת ללולב וכו' ומסיק שם בתוס' ותרווייהו היו מרביות של ערבה וחריות של דקל וכו'. אכן באמת הוא הטעם של תוס' כי חריות של דקל מורה על לב אחד וזה רומז על גודל הצמצום הנמצא בישראל שיכולין למסור הכל להשי"ת כי אין להם אלא לב אחד לאביהם שבשמים.
וענין מרביות של ערבה רומז על התפשטות כמבואר בזוה"ק (וירא ר"כ) ערבי נחל תרי אינון תרין נחלין וכו' תרין קיימין דגופא קיימא עלייהו וכו' ונקראו בזוה"ק ירכין תרין פלגא דגופא וזה הוא כוונת התוס' שם שכתבו ותרוייהו היו מרביות של ערבה וחריות של דקל. לרמז באילו השניהם.
שישראל מתיצבים בעבודתם כל מיני התפשטות בחזרה לאחדות אביהם שבשמים ית' ובלתי מרביות של ערבה רק בחריות של דקל לבד היינו שלא יכניס אדם א"ע מעולם לשום התפשטות רק שילך תמיד בגודל הצמצום זאת א"א כלל כי לפעמים מוכרח האדם להכניס א"ע באיזה התפשטות למען שידע להבחין לדחות ולדחוף מאתו את הרע הנמצא בהתפשטות ואזי מה שנשאר אחד שנדחה הרע מאליו הוא טוב מאד וזהו כענין מאמרם ז"ל (שם בגמ' ל"ז:) מוליך ומביא כדי לעצור רוחות רעות מעלה ומוריד כדי לעצור טללים וכו' ומדוע לא אמרו ז"ל להביא רוחות טובים וטללים טובים. אכן באמת כאשר מדחה האדם מאתו את הרע ממילא בא אליו הטוב כי כל תפלתנו הוא רק להשי"ת ואצלנו ית' הוא רק טוב ואין הרע גוררת אתו ית' כלל.
ולכן כאשר מדחה האדם מאתו את הרע מכל הצדדים מוליך ומביא מעלה ומוריד לא נשאר אצלו ממילא רק טוב. וזהו נמי הענין מההתפשטות של הערבה שנפש הישראלי מכניס עצמו לפעמים בההתפשטות כדי לדחוף מאתו את הרע בכל הצדדים מכל מיני התפשטות.
והחריות של דקל מרמזין על הטוב הנשאר מזאת ההתפשטות מצמצמים ישראל את זאת להחזירה אל שורש אחדותו של אביהם שבשמים ית' ולכך תרוייהו היו מרביות של ערבה וחריות של דקל והיו מביאין אותן אף בשבת כי בשבת נכללים ג"כ כל מיני התפשטות חזרה אל שורש אחדות אביהם שבשמים ית' ועל זה נמי רומז עננא דאהרן הנקרא בזוה"ק (מובא לעיל בפתיחת מאמרנו) רישא לכל שבעה עננין וכו'. והוא כי כהן סתם רומז על כל העבודות שמכירין על ידם אור אחדותו ית' המשולל מכל המדות כי בשעת עבודה שעומדין אז נוכח השי"ת אזי הוא בנקל להכיר שזה שחילק את מעשיו הוא רק מצד הבריאה אבל מצדו ית' הוא כדכתיב אני ה' לא שניתי כמו טרם התחלקות כך אחר התחלקות המדות.
אמנם יען שמצד תפיסת אדם רואה עכ"פ פירוד בהתחלקות המדות לזה הוא כהן סתם בבחינת קטן נגד בחינת כהן גדול כי הכהן גדול נקרא התייר הגדול כדאי' בזוה"ק (אמור ק"ג) וישמע הכנעני מלך ערד יושב הנגב כי בא ישראל דרך האתרים שמע דאסתליקו אינון עננים ומית תיירא רברבא דכל אינון עננים אתקשרו ביה וכו' היינו כי ענין דרך האתרים מורה על התחלקות המדות ובעת שעומד האדם באיזה מדה בקביעות אז אי אפשר לו כלל להכיר איך שהשי"ת הוא המאחד כל ההפכיים ושוכן גם במדה זולתה כי כל מדה המשוללת התכללות ועומדת בפרט מדתה מסבב אותה הסתרה שמסתיר בה הכרת אדם לבל יכיר בתוכה אור אחדותו ית' וזאת ההסתרה נקרא כנעני שהוא סחור סחור להקדושא מלשון הכתוב כנעניה נכבדי ארץ כמבואר בזוה"ק (שם) ועל העתיד לבוא נאמר ולא יהיה כנעני עוד וגו' אמנם התיירא רברבא דכל אינון עננים אתקשרו ביה מופיע בעבודתו אור בלבבם של ישראל שיכירו בכל התחלקות שבע מדות אור אחדותו ית' וזהו דכל עננים אתקשרו ביה ואהרן רישא לכל שבעה עננים הוא היינו שאהרן מאיר לישראל אור אחדותו ית' בכל התחלקות המדות עד שהיו מכירין האחדות גם בהבנת תפיסתם וזה האחדות והחיבור שמכירין בתוך התחלקות המדות הוא כענין תפלין של ראש נגד תפלין של יד דכלהו כתיבו באדרעיה ולפי הנראה אין בתפילין של יד שום פירוד והתחלקות כי אם בשל ראש יפרד לארבעה בתים מ"מ יחשב בשל ראש עיקר האחדות כי בשל יד אין מכירין האחדות כי אם כשמחוברים ביחד. אבל כשנתחלקו אין בהם שום הכרה משא"כ בשל ראש מנהיר בעצם ההתחלקות כל החבור מאור אחדותו ית' עד שיאמר על זה וראו כל עמי הארץ כי שם ה' נקרא עליך ויראו ממך אלו תפלין שבראש הרי שיש בשל ראש יקרות היותר גדול מבשל יד ככה הוא הארת הכהן גדול נגד הארת כהן הדיוט וזאת היקרות של הכה"ג נקרא עננא דאהרן דאיהו רישא לכל שבעה עננין:
Il a aussi ete explique par cela ce qui a pousse les commentateurs, de memoire benie, a chercher une raison aux paroles des Tossafot (ibid., 45b), sur les mots 'une pour le loulav', etc. Les Tossafot concluent la-bas: 'toutes deux etaient des rameaux touffus de saule et des palmes de dattier', etc.
En verite, leur raison est que les palmes du dattier indiquent un seul cœur; cela fait allusion a la grande contraction (tsimtsoum) qui se trouve en Israel: ils peuvent tout remettre entre les mains de ה', car ils n'ont qu'un seul cœur pour leur Pere qui est aux cieux. Les rameaux touffus de saule font allusion a l'expansion (hitpashtout), comme il est explique dans le Zohar (Vayera, 120a): 'les saules du torrent sont deux, deux torrents', etc., 'deux soutiens du corps, le corps se tient sur eux', etc.
Ils sont appeles dans le Zohar les deux cuisses, les deux moities du corps. Telle est l'intention des Tossafot lorsqu'ils ecrivent que toutes deux etaient des rameaux touffus de saule et des palmes de dattier: indiquer par ces deux choses comment Israel se tient dans son service, dans toutes les formes d'expansion, pour revenir a l'unite de son Pere qui est aux cieux.
Mais sans les rameaux de saule, seulement par les palmes de dattier, c'est-a-dire que l'homme ne se placerait jamais dans aucune expansion, mais marcherait toujours dans une grande contraction, cela est absolument impossible. Car parfois l'homme est contraint de se placer dans quelque expansion afin de savoir discerner, repousser et ecarter de lui le mal qui se trouve dans l'expansion.
Alors ce qui reste, une fois le mal repousse de lui-meme, est tres bon. C'est le sens de leur parole, de memoire benie (ibid., dans la Guemara, 37b): 'il avance et ramene afin d'arreter les vents mauvais; il eleve et abaisse afin d'arreter les mauvaises rosee', etc.
Pourquoi n'ont-ils pas dit: afin d'amener les bons vents et les bonnes rosee? En verite, lorsque l'homme repousse le mal loin de lui, le bien vient de lui-meme vers lui, car toute notre priere est dirigee seulement vers ה', et aupres de Lui il n'y a que le bien; le mal ne l'entraine nullement.
C'est pourquoi, lorsque l'homme repousse de lui le mal de tous les cotes - il avance et ramene, eleve et abaisse - il ne lui reste de lui-meme que le bien. Tel est aussi le sens de l'expansion du saule: l'ame israelite se place parfois dans l'expansion afin de repousser loin d'elle le mal de tous les cotes, dans toutes les formes d'expansion.
Les palmes de dattier font allusion au bien qui demeure de cette expansion; Israel le contracte pour le ramener a la racine de l'unite de son Pere qui est aux cieux. C'est pourquoi toutes deux etaient des rameaux touffus de saule et des palmes de dattier, et on les apportait meme le Chabbat: car le Chabbat aussi inclut toutes les formes d'expansion, revenues a la racine de l'unite de leur Pere qui est aux cieux.
Cela est encore indique par la nuee d'Aaron, appelee dans le Zohar (cite plus haut dans l'ouverture de notre discours) 'la tete de toutes les sept nuees', etc. Car le simple Cohen fait allusion a tous les services par lesquels on reconnait la lumiere de Son unite, depouillee de tous les attributs.
Au moment du service, lorsqu'on se tient devant ה', il est facile de reconnaitre que ce qui a partage Ses actes provient seulement de la creation, mais que de Son cote, comme il est ecrit: 'Moi, ה', Je n'ai pas change' (Malachie 3, 6), il en est de meme apres la division des attributs qu'avant leur division. Toutefois, puisque selon la saisie de l'homme il voit malgre tout une separation dans la division des attributs, le simple Cohen est a cet egard petit en comparaison du Cohen Gadol (Grand Pretre).
Car le Cohen Gadol est appele le grand explorateur, comme il est dit dans le Zohar (Emor, 103a): 'Le Cananeen, roi d'Arad, qui habite le Negev, entendit qu'Israel venait par le chemin des explorateurs' (Nombres 21, 1). Il entendit que ces nuees s'etaient retirees et que le grand explorateur, auquel toutes ces nuees etaient liees, etait mort, etc.
Cela signifie que le chemin des explorateurs indique la division des attributs. Lorsqu'un homme se tient de facon fixe dans un attribut, il lui est absolument impossible de reconnaitre comment ה' unit tous les contraires et reside aussi dans un autre attribut.
Car chaque attribut, prive d'inclusion mutuelle et tenant dans son attribut particulier, entraine un voile qui cache a la connaissance de l'homme la lumiere de Son unite, afin qu'il ne la reconnaisse pas en lui. Ce voile est appele Cananeen, qui tourne autour de la saintete, selon le verset: 'Ses marchands sont les nobles de la terre' (Isaie 23, 8), comme il est explique dans le Zohar la-bas.
Du temps a venir il est dit: 'Il n'y aura plus de Cananeen' (Zacharie 14, 21). Mais le grand explorateur, auquel toutes ces nuees sont liees, fait apparaitre dans son service une lumiere dans le cœur d'Israel, afin qu'ils reconnaissent dans toute division des sept attributs la lumiere de Son unite.
C'est le sens de: toutes les nuees sont liees a lui; et Aaron est la tete de toutes les sept nuees. Aaron illumine Israel de la lumiere de Son unite dans toute division des attributs, jusqu'a ce qu'ils reconnaissent l'unite meme dans la comprehension de leur saisie.
Cette unite et cette liaison reconnues au sein de la division des attributs sont comme les tefillin de la tete par rapport aux tefillin du bras. Car tous sont ecrits sur son bras; a premiere vue, les tefillin du bras ne comportent ni separation ni division, tandis que ceux de la tete se divisent en quatre compartiments.
Pourtant, l'unite est consideree comme plus essentielle dans les tefillin de la tete: dans ceux du bras, l'unite n'est reconnue que lorsqu'ils sont lies ensemble; mais une fois divises, on n'y reconnait aucune chose. Dans ceux de la tete, au contraire, au sein meme de la division resplendit toute la liaison venant de la lumiere de Son unite, au point que l'on dira: 'Tous les peuples de la terre verront que le Nom de ה' est appele sur toi, et ils te craindront' (Deuteronome 28, 10); ce sont les tefillin de la tete.
Il y a donc dans les tefillin de la tete une valeur plus grande que dans ceux du bras. Ainsi est l'illumination du Cohen Gadol par rapport a celle du Cohen ordinaire; cette valeur du Cohen Gadol est appelee la nuee d'Aaron, car il est la tete de toutes les sept nuees.
ויעקב נסע סכתה ויבן לו בית ולמקנהו עשה סכות וגו' מזמור שיר ליום השבת וגו'. ביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה שביום שבת יש כל השלימות כי מצד השי"ת יש בו גודל התפשטות כדאיתא בזוה"ק (יתרו פח) ביה מתברכין יומין עלאין.
ומצד האדם יש בו גודל הצמצום כי מי שחפץ שיהיה לו חלק והכרה בהתפשטות אורו ית' המנהיר בשבת אזי צריך מצדו לצמצם א"ע מאד. ועל זה מרמז מזמור שיר ליום השבת.
מזמור מורה על גודל הצמצום שיש בו מצד האדם. ושיר מורה על גודל התפשטות שיש בו מצד אורו ית':
'Yaakov partit pour Soukkot; il se batit une maison, et pour son betail il fit des cabanes', etc. 'Psaume, cantique pour le jour du Chabbat', etc. Mon pere, mon maitre, le saint genie, de memoire benie, expliquait par cela que le jour du Chabbat possede toute la perfection.
Du cote de ה', il y a en lui une grande expansion, comme il est dit dans le Zohar (Yitro, 88a): 'par lui sont benis les jours superieurs'. Du cote de l'homme, il y a en lui une grande contraction, car celui qui desire avoir une part et une reconnaissance dans l'expansion de Sa lumiere qui resplendit le Chabbat doit, de son cote, se contracter beaucoup.
Cela est indique par 'Psaume, cantique pour le jour du Chabbat'. Le psaume indique la grande contraction qui s'y trouve du cote de l'homme; le cantique indique la grande expansion qui s'y trouve du cote de Sa lumiere.
טוב להודות לה'. איתא במדרש (שוחר טוב) מזמור זה אדם הראשון אמרו לאחר שעבר עליו ששת ימי המעשה כשהגיע שבת אמר טוב להודות לה'.
היינו כי ששת ימי המעשה רומזין על המדות שנראין בימי החול כנפרדים. ונדמה בכל פרט מדה שיש בה שלימות בפני עצמה.
ואח"כ כשמגיע שבת שביה מתברכין יומין עלאין וכל פרטי המדות חוזרים בו להתכלל בשרשם העליון אזי מכירים שאין שום שלימות בכל פרט בפני עצמו. כי שם בהשורש מתאחדים כל הפרטים בהתכללות המדות ואז יש בהם כל השלימות ולא בזמן שהם נפרדים.
וכיון שבשבת יכולין להכיר תכלית השלימות לזה אמר אדם הראשון כשהגיע שבת טוב להודות לה'. וענין הודאה הוא כפיפת הקומה וכאשר יש שלימות אז נעשה קומה זקופה כי לכל שלימות יש קומה זקופה כמו שמצינו שדוקא הצורת אדם יש לו קומה זקופה מה שא"כ כל הברואים אין בהם קומה זקופה והוא יען שיש גבי הצורת אדם כל השלימות יש לו נמי קומה זקופה.
אבל כל הברואים שהמה משוללי שלימות אין להם נמי קומה זקופה. לכן ביום שבת משום שנמצא בו כל השלימות יש בו ג"כ קומה זקופה לזה אמר בו אדם הראשון טוב להודות לה' כלומר שטוב לכפוף בו כל הקומה זקופה להשי"ת.
ולזמר לשמך עליון. זה הוא נגד יעקב אבינו בשעה שנצח המלחמה שהיה לו עם המלאך שר של עשו.
וענין מלחמה עם מלאך ביאר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה שזהו כמאמרם ז"ל (גיטין סח) אותיב חד גפא ברקיע וחד גפא בארעא היינו שהיה מראה לו בזה שהוא מקיף אותו מכל צד ככה היה המלחמה של יעקב אבינו עם המלאך שנאבק עמו היינו שהיה מרמז אותו יעקב אבינו כיון שיכול כ"כ להגביה א"ע למעלה ובכל זאת לא יהיה לו למטה שום התבטלות מזה מוכח שהוא כולל בקרבו כל הבריאה ובזה נצח את השר של עשו כי הראה לו שכל הכבוד שמים המתפשט מקיום הוייתו נכלל בקרבו וממילא הוא כולל ומקיף אותו כלומר שהוא מכיר בכל הברואים שבדעתם המה עומדים בזדון ההיפך הגמור מכבוד שמים בכל זאת הכיר יעקב אבינו מצדו גם בהם הכ"ש שמתפשט מקיום הוייתם שלא מדעתם למעלה מתפיסתם. וממילא נצח את השר של עשו כיון שהוא כולל כל הבריאה ומקיף אותה והכרה כזאת נקרא לזמר לשמך עליון וזהו ויבן לו בית וגו' ובית מורה על תקיפות היינו שיש לו באמת כל התקיפות כיון שהוא מקיף את הבריאה וכוללה בקרבו.
ובכל זאת למקנהו עשה סוכות היינו כי מקנהו רומז על שבעת ימים שמעלמא עלאה לתתאה המובא בזוה"ק (תצוה קפו) שהם מרמזין על כל ברורי אדם ועבודתו שקונה על ידם אור מעלמא עלאה וקובע אותו אצלו בעלמא תתאה. וזהו ולמקנהו עשה סוכות היינו שלא חפץ לבטוח בזה על עוצם התקיפות שלו אלא למקנהו עשה סוכות וסוכה מורה על דירת ארעי להורות שאין אצלו שום קביעות ע"ד דאיתא בגמרא (בכורות ח) בני לן ביתא באוירא דעלמא וסוכה הוא ביתא באוירא דעלמא והראה יעקב אבינו בזה שעשה למקנהו סוכות שאין בחפצו לבטוח כלום על כל התקיפות העצום שיש בהבנת תפיסתו כי אם עיקר תכלית בטחונו הוא באתר דלא אתיידע וזהו שאמרו ז"ל צריך שיהיו כוכבים נראין בתוכה להורות שמרגישין היטב שאין לבטוח על שום שלימות מבלעדי ית' וזהו ולמקנהו עשה סוכות היינו אף שהיה בו כ"כ גודל שלימות כדכתיב ויבן לו בית מ"מ ולמקנהו עשה סוכות כי הכיר היטב שכל זאת השלימות הוא רק כשהשי"ת שוכן בו אבל הוא מצדו הוא מחוסר כל וזאת ההכרה שמכירין ישראל שהמה רק מקבלים והשי"ת הוא הנותן זה הוא באמת עיקר הקנין.
וכל הנייחא של ישראל הוא רק מזאת ההכרה ולזה הוא הגמר מברכת התורה נותן התורה להורות שהשי"ת נותן תמיד ועדיין לא פסק מליתן וישראל מקבלים תמיד ולזה משבח הכתוב את יעקב אבינו ולמקנהו עשה סוכות אמנם אצל שלמה המלך נאמר (מלכים א ח׳:ס״ה) שבעת ימים ושבעת ימים וגו' וזהו כמבואר בזוה"ק (אמור צז:) בגין דאינון שבעת יומין דלתתא לא נהירו בשלימו עד דאתא שלמה וכדין קיימא סיהרא באשלמותא באינון שבעת יומין, היינו שעל ידי שלמה המלך נתאחדו אותן השבעת ימים מעלמא עלאה לעלמא תתאה מעילא לתתא ומתתא לעילא עד שנשלם הזווג בקביעות גמור אזי התחיל אצלו בנין הבית כי שלימות הזווג בקביעות נקרא בית:
'Il est bon de rendre grace a ה'' (Psaumes 92, 2). Il est rapporte dans le Midrach (Shoher Tov) qu'Adam le premier prononca ce psaume apres que les six jours de l'œuvre furent passes sur lui; lorsque le Chabbat arriva, il dit: 'Il est bon de rendre grace a ה''.
Les six jours de l'œuvre font allusion aux attributs, qui paraissent separes les jours profanes. Dans chaque attribut particulier, il semble y avoir une perfection en soi.
Mais lorsque vient le Chabbat, par lequel sont benis les jours superieurs, et que tous les attributs particuliers retournent s'inclure dans leur racine superieure, on reconnait qu'il n'y a aucune perfection dans aucun particulier pris pour lui-meme. Car la-bas, dans la racine, tous les particuliers s'unissent par l'inclusion des attributs; c'est alors qu'il y a en eux toute la perfection, et non lorsqu'ils sont separes.
Puisqu'au Chabbat on peut reconnaitre l'accomplissement de la perfection, Adam le premier dit a l'arrivee du Chabbat: 'Il est bon de rendre grace a ה''. La reconnaissance signifie courber la stature.
Lorsqu'il y a perfection, la stature devient droite, car toute perfection a une stature droite. Ainsi, seule la forme humaine a une stature droite, tandis que toutes les creatures n'en ont pas; car la forme humaine possede toute perfection et a donc aussi une stature droite.
Mais les creatures qui sont privees de perfection n'ont pas non plus de stature droite. C'est pourquoi, le jour du Chabbat, puisqu'on y trouve toute perfection, il y a aussi une stature droite; Adam le premier y dit donc: 'Il est bon de rendre grace a ה'', c'est-a-dire qu'il est bon d'y courber toute la stature droite devant ה'. 'Et de chanter Ton Nom, O Tres-Haut' (Psaumes 92, 2): cela correspond a Yaakov notre pere au moment ou il vainquit la guerre qu'il eut avec l'ange, le prince d'Esaou.
Mon pere, mon maitre, le saint genie, de memoire benie, expliquait la guerre avec l'ange comme leur parole, de memoire benie (Guitin 68b): 'il posa une aile dans le ciel et une aile sur la terre'; il lui montrait ainsi qu'il l'entourait de tous les cotes. Telle fut la guerre de Yaakov notre pere avec l'ange qui lutta avec lui: Yaakov notre pere lui indiquait que, puisqu'il pouvait s'elever si haut, et que malgre cela il n'aurait ici-bas aucune annulation de lui-meme, il etait prouve qu'il incluait en lui toute la creation.
Par cela il vainquit le prince d'Esaou, car il lui montra que toute la gloire des cieux qui se deploie par la subsistance de son etre etait incluse en lui; par consequent, il l'incluait et l'entourait. Cela veut dire que Yaakov notre pere reconnaissait, meme dans toutes les creatures qui, selon leur connaissance, se tiennent deliberement dans l'oppose absolu de la gloire des cieux, la gloire des cieux qui se deploie par la subsistance de leur etre sans leur connaissance, au-dessus de leur saisie.
Il vainquit donc le prince d'Esaou, puisqu'il incluait et entourait toute la creation. Une telle reconnaissance est appelee 'chanter Ton Nom, O Tres-Haut'.
Tel est le sens de 'il se batit une maison', etc. La maison indique la force: il possede en verite toute force puisqu'il entoure la creation et l'inclut en lui.
Malgre cela, 'pour son betail il fit des cabanes': son betail fait allusion aux sept jours d'en haut vers le bas, mentionnes dans le Zohar (Tetsaveh, 186a); ils indiquent tous les discernements de l'homme et son service, par lesquels il acquiert la lumiere du monde superieur et l'etablit aupres de lui dans le monde inferieur. 'Pour son betail il fit des cabanes' signifie qu'il ne voulut pas se fier a l'intensite de sa force; pour son betail il fit des cabanes. La cabane indique une demeure provisoire, afin de montrer qu'il ne tient chez lui aucune permanence, comme il est dit dans la Guemara (Bekhorot 8b): 'batis-nous une maison dans l'air du monde'; et une soukka est une maison dans l'air du monde.
Yaakov notre pere montra ainsi, en faisant des cabanes pour son betail, qu'il ne voulait nullement se fier a toute la force immense de la comprehension de sa saisie; la fin essentielle de sa confiance etait seulement dans le lieu qui n'est pas connu. C'est le sens de leur parole, de memoire benie: les etoiles doivent etre visibles a travers elle, pour montrer qu'ils sentent bien qu'il ne faut se fier a aucune perfection hormis Lui.
Tel est donc: 'pour son betail il fit des cabanes'. Bien qu'il eut en lui une si grande perfection, comme il est ecrit: 'il se batit une maison', neanmoins 'pour son betail il fit des cabanes', car il reconnut bien que toute cette perfection n'est que lorsque ה' reside en lui, tandis que, de son propre cote, il manque de tout.
Cette reconnaissance qu'Israel n'est que receveur et que ה' est le Donateur est veritablement l'acquisition essentielle. Toute la quietude d'Israel vient uniquement de cette reconnaissance.
C'est pourquoi la conclusion de la benediction de la Torah est: 'qui donne la Torah', afin d'indiquer que ה' donne continuellement, n'a pas cesse de donner, et qu'Israel recoit continuellement. C'est pourquoi l'Ecriture loue Yaakov notre pere: 'pour son betail il fit des cabanes'.
Chez le roi Salomon, au contraire, il est dit: 'sept jours et sept jours' (I Rois 8, 65). C'est comme il est explique dans le Zohar (Emor, 97b): 'car ces sept jours d'en bas ne brillaient pas dans la perfection jusqu'a ce que Salomon vienne; alors la lune se tint dans la perfection en ces sept jours'.
Cela signifie que par le roi Salomon ces sept jours furent unis, du monde superieur au monde inferieur, d'en haut vers le bas et d'en bas vers le haut, jusqu'a ce que l'union (zivoug) soit achevee dans une permanence complete. Alors commenca chez lui la construction de la maison, car la perfection de l'union dans une permanence est appelee maison.
ויעקב נסע סכתה ויבן לו בית ולמקנהו עשה סכות על כן קרא שם המקום סכות וגו' מזמור שיר ליום השבת וגו'. מבואר במדרש (שוחר טוב צב) שירו כפול וכו' כל ענינו של שבת כפול מזמורו כפול וכו' היינו כי שבת כולל שניהם התפשטות וצמצום שכן הציב השי"ת בעולם בד בבד התפשטות וצמצום מזמור מורה על צמצום, שיר מורה על התפשטות האור.
ועל זאת ההתפשטות אור נאמר מי כמכה נאדר בקדש היינו שניכר מפורש התפשטות אורו יתברך בכל הדברים שבעולם כמו שמצינו בירושלמי (שלהי קדושין) עתיד אדם ליתן דין וחשבון על כל מה שראו עיניו ולא אכל ממנו והוא כי מאחר שיכולין להכיר בכל הדברים התפשטות אורו ית' ולומר עליהם ברוך המקום שבראו. א"כ מדוע מנע א"ע מלהנות ממה שראו עיניו כי אם היה נהנה עוד מכמה דברים שראו עיניו היה מכיר ביותר כבודו ית' ומדוע מנע א"ע מזאת ההכרה וזהו מי כמכה נאדר בקודש כלומר שניכר מפורש בכל הדברים שבעולם התפשטות אורו יתברך:
'Yaakov partit pour Soukkot; il se batit une maison, et pour son betail il fit des cabanes; c'est pourquoi il appela ce lieu Soukkot', etc. 'Psaume, cantique pour le jour du Chabbat', etc. Il est explique dans le Midrach (Shoher Tov, 92): 'Son cantique est double', etc.; tout ce qui concerne le Chabbat est double, son psaume est double, etc.
Cela signifie que le Chabbat inclut les deux, expansion et contraction. Car ה' a place dans le monde, l'une a cote de l'autre, l'expansion et la contraction.
Le psaume indique la contraction; le cantique indique l'expansion de la lumiere. Au sujet de cette expansion de lumiere, il est dit: 'Qui est comme Toi, puissant en saintete?' (Exode 15, 11), c'est-a-dire que l'expansion de Sa lumiere benie est clairement reconnaissable dans toutes les choses du monde.
Ainsi trouvons-nous dans le Talmud de Jerusalem (fin de Kiddoushin): l'homme rendra a l'avenir compte de toute chose que ses yeux auront vue et dont il n'aura pas mange. Car, puisqu'on peut reconnaitre dans toutes les choses l'expansion de Sa lumiere benie et dire a leur sujet: 'Beni soit le Lieu qui l'a creee', pourquoi s'est-il empeche de jouir de ce que ses yeux voyaient?
S'il avait joui encore de plusieurs choses que ses yeux voyaient, il aurait davantage reconnu Sa gloire benie; pourquoi s'est-il empeche de cette reconnaissance? Tel est: 'Qui est comme Toi, puissant en saintete?', c'est-a-dire que l'expansion de Sa lumiere benie est clairement reconnaissable dans toutes les choses du monde.
אכן מצינו מצד האדם גם להיפך כי אם יתפשט א"ע מעט יותר מן הצורך אפילו בפחות מכזית לחם אזי עובר על לא תאכלו על הדם כענין שמצינו בגמרא (סנהדרין סג.) אזהרה דבן סורר ומורה מהכתוב לא תאכלו על הדם כי אפילו בפריסת לחם קטנה אם אוכל אותה בשלילת אור נאמר עליו ובטן רשעים תחסר וכמו שמצינו נמי עם הארץ אסור לאכול בשר (פסחים מט:) וכן מצינו גבי יין תלמיד חכם לעולם טוב לו הרי שצריך להיות משקל גבי האדם כמה שיאכל שיהיה נקרא צדיק אוכל לשובע נפשו ואם יאכל אפילו פרוסה כל שהוא מעט יותר מהצורך נאמר עליו ובטן רשעים תחסר. ומאן מפיס.
לזה מוכרח האדם לילך תמיד בגודל צמצום:
Mais nous trouvons, du cote de l'homme, aussi l'inverse: s'il s'etend un peu plus que le necessaire, meme avec moins d'une olive de pain, il transgresse: 'Ne mangez pas sur le sang' (Levitique 19, 26). Comme nous le trouvons dans la Guemara (Sanhedrin 63a), l'avertissement concernant le fils rebelle et obstine est tire du verset: 'Ne mangez pas sur le sang'.
Car meme une petite tranche de pain, s'il la mange en privant de lumiere, fait que l'on dit de lui: 'Le ventre des mechants manquera' (Proverbes 13, 25). Nous trouvons aussi: 'Il est interdit a l'ignorant de manger de la viande' (Pessahim 49b); et pour le vin, nous trouvons que le disciple sage en tire toujours du bien.
Il faut donc qu'il y ait chez l'homme une mesure pour ce qu'il mange, afin qu'il soit appele: 'Le juste mange pour rassasier son ame' (Proverbes 13, 25). S'il mange meme une tranche, si peu soit-elle, un peu plus que le necessaire, on dit de lui: 'Le ventre des mechants manquera'.
Et qui peut trancher? C'est pourquoi l'homme doit toujours marcher dans une grande contraction.
אמנם בשבת נכללו שניהם ביחד התפשטות וגם צמצום כי בשבת גם הנאת הגוף הוא מצוה ומקיים בזאת ההנאה מצות עשה וקראת לשבת עונג הרי שיש בו גודל התפשטות גם מצד האדם ויש בו נמי מצד האדם גודל צמצום כי אין מותר בשבת רק מן המוכן ומי שטרח בערב שבת יאכל בשבת ואם לא טרח מערב שבת אין לו בשבת מה לאכול הרי שיש בו נמי גודל צמצום:
Mais le Chabbat inclut ensemble les deux, expansion et contraction. Car le Chabbat, meme la jouissance du corps est une mitsva (commandement), et par cette jouissance il accomplit le commandement positif: 'Tu appelleras le Chabbat delice' (Isaie 58, 13).
Il y a donc aussi du cote de l'homme une grande expansion. Il y a aussi du cote de l'homme une grande contraction, car le Chabbat rien n'est permis sinon ce qui est prepare; celui qui a peine la veille du Chabbat mange le Chabbat, et celui qui n'a pas peine avant le Chabbat n'a rien a manger le Chabbat.
Il y a donc aussi en lui une grande contraction.
Ce passage poursuit l'enseignement sur Yaakov qui comprend l'expansion et la restriction comme le Chabbat, et nomme le lieu Soukkot d'après son travail, pour acquérir la Maison. « Il est bon de rendre grâce à Hachem » (Tehilim 92,2) : selon le Zohar, Adam dit cette louange chassé du jardin d'Éden, et le Chabbat le protégea. Le Sod Yecharim enseigne qu'Éden est le Chabbat supérieur, hors d'atteinte du choix, et le jardin le Chabbat inférieur, vêtement où seule fut la faute. Adam l'attribue à lui-même. Le monde inférieur, par son travail, se fait keli (récepteur) du jour entièrement Chabbat ; les jours profanes visent ce point, surtout au Chabbat de la fête.
Aussi : le firmament sépare les eaux du désir, que le travail unit jusqu'à n'en faire qu'une ; Avraham étend la bonté jusqu'aux lointains, Its'hak restreint ; les jours profanes plus élevés, car les clarifications y sont essentielles
ויעקב אבינו הוא נמי כולל משניהם כי גבי אאע"ה מצינו התפשטות החסד מאד עד שקירב נמי אפילו רחוקים כדכתיב ואת הנפש אשר עשו בחרן וגבי יצחק אבינו היה גודל צמצום ולא מצינו אצלו שיהיה מקרב רחוקים. ויעקב אבינו היה כולל משניהם כמו שבת שכולל התפשטות וצמצום וזה הוא שנאמר גבי יעקב אבינו ויבן לו בית ולמקנהו עשה סוכות ע"כ קרא שם המקום סוכות.
ומדוע לא קרא שם המקום בית על שם הבית שבנה. משום שהבית של יעקב אבינו היה אוירא דעלמא והוא כענין דאיתא בזוה"ק (ויקרא יב) ישראל באן אתר אשרי להו.
ברקיע השמים דכתיב ויתן אותם אלהים ברקיע השמים וכו' וענין רקיע שמים הוא כדאיתא בזוה"ק (ויגש רז) על הפסוק הן שמים לא זכו בעיניו וכו' דאתקין ליה תדיר היינו כי השי"ת הציב מסך המבדיל בין מים עליונים למים תחתונים ועל זה המסך המבדיל נאמר ויהי רקיע המבדיל בין מים למים וגו' וכפי מה שעובד אדם בזה המסך המבדיל כך מתקן בעבודתו את המים התחתונים שיתהוה מהם מים עליונים ועד היכן יש בכח עבודת אדם לתקן אותם עד שלא יהיה מצדו שום מסך המבדיל בין מים עליונים למים תחתונים כי ענין מים רומז על חשק ותשוקה וכשהחשק והתשוקה הוא גבי האדם בדברים שפלים ונמוכים נקרא תשוקתו מים תחתונים ועל ידי עבודה נזדכך החשק גבי אדם ונתעלה אצלו כל תשוקתו שיהיו נקראים מים עליונים וכענין שביאר אזמו"ר הגה"ק זצללה"ה בהקפיטל הללו את ה' מן השמים וגו' והמים אשר מעל השמים וגו' ומדוע לא נאמר שם ג"כ המים אשר מתחת לארץ. יען שמיירי שם מההלול וכאשר מהלל אדם ומשבח להשי"ת אזי אין כלל מצדו שום הבדל בין מים עליונים למים תחתונים כי אפילו המים התחתונים המה נמי מצדו עליונים ונקראים מים אשר מעל השמים וכדאיתא בזוה"ק (פנחס רנו) אמר ר' עקיבא לתלמידיו כשתגיעו לאבני שיש טהור אל תאמרו מים מים וכו' היינו כי אין באמת תרי מים כי אם מים אחת כפי מה שעולה האדם בעבודתו כך נזדכך לעומתו המסך המבדיל ונתאחדו המים ונעשה הכל מים עליונים ולכן קרא יעקב שם המקום סוכות על שם מקנהו היינו על שם עבודתו כלומר כפי מה שקנה בעבודתו אחדות וחיבור מקדושת יו"ט דישראל מקדשי להו בעבודתם להקדושה העליונה שהוא קדושת שבת דקביעא וקיימא מצד השי"ת גם בלעדי עבודת ישראל וזה האחדות והחיבור נקרא סוכה וכפי מה שהכיר בעבודתו האחדות והחיבור משניהם כך השיג באמת חלק וקנין בקדושת שבת דקביעא וקיימא הנקרא בית כי אי אפשר להשיג קנין בהקדושה העליונה דקביעא וקיימא הנקרא בית רק ע"י הקדושה דישראל מקדשי להו הנקרא סוכה ולכך קרא שם המקום סוכות על שם מקנהו משום שדוקא ע"י מקנהו השיג קנין בויבן לו בית וגו':
Notre pere Yaakov comprend aussi les deux, car chez Abraham notre pere, que la paix soit sur lui, nous trouvons une expansion de la bonte tres grande, au point qu'il rapprocha meme les lointains, comme il est ecrit: "et les ames qu'ils avaient faites a Haran" (Genese 12,5). Chez Its'hak notre pere, il y avait une grande restriction, et nous ne trouvons pas chez lui qu'il rapprochait les lointains.
Notre pere Yaakov comprenait les deux, comme le Chabbat comprend l'expansion et la restriction. C'est ce qui est dit de notre pere Yaakov: "Il se batit une maison, et pour son betail il fit des soukkot; c'est pourquoi il appela le lieu Soukkot" (Genese 33,17).
Pourquoi n'appela-t-il pas le lieu Maison, d'apres la maison qu'il avait batie? Parce que la maison de notre pere Yaakov etait l'air du monde, selon ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Vayikra 12): "Israel, en quel lieu est leur felicite?
Dans le firmament des cieux", comme il est ecrit: "Elokim les placa dans le firmament des cieux" (Genese 1,17), etc. Le sens du firmament des cieux est celui qui est rapporte dans le saint Zohar (Vayigach 207) sur le verset: "Voici, les cieux ne sont pas purs a Ses yeux" (Job 15,15), etc.: Il le prepare sans cesse.
C'est-a-dire que le Nom, qu'Il soit beni, a place un voile separant les eaux superieures des eaux inferieures. De ce voile separant il est dit: "qu'il y ait un firmament qui separe les eaux des eaux" (Genese 1,6), etc.
Selon la mesure ou l'homme travaille sur ce voile separant, il repare, par son travail, les eaux inferieures afin qu'elles deviennent eaux superieures. Et jusqu'ou le travail de l'homme peut-il les reparer?
Jusqu'a ce que, de son cote, il n'y ait plus aucun voile separant les eaux superieures des eaux inferieures. Car les eaux font allusion au desir et a l'aspiration: lorsque chez l'homme le desir et l'aspiration portent sur des choses basses et viles, son aspiration est appelee eaux inferieures.
Par le travail, le desir de l'homme se purifie, et toute son aspiration s'eleve chez lui, de sorte qu'elles sont appelees eaux superieures. Ainsi que l'expliqua notre maitre, le saint et illustre Rabbi, que sa memoire soit benie, dans le chapitre "Louez ה' depuis les cieux" (Psaumes 148,1), etc.: "et les eaux qui sont au-dessus des cieux" (Psaumes 148,4), etc.
Pourquoi n'y est-il pas dit aussi: les eaux qui sont au-dessous de la terre? Parce qu'il y est question de louange; lorsqu'un homme loue et glorifie le Nom, il n'y a alors, de son cote, absolument aucune difference entre les eaux superieures et les eaux inferieures.
Car meme les eaux inferieures sont aussi, de son cote, superieures et sont appelees "les eaux qui sont au-dessus des cieux". Ainsi qu'il est rapporte dans le saint Zohar (Pinhas 256): Rabbi Akiva dit a ses disciples: "Lorsque vous arriverez aux pierres de marbre pur, ne dites pas: Eau, eau", etc.
Cela signifie qu'il n'y a pas en verite deux eaux, mais une seule eau. Selon que l'homme s'eleve dans son travail, le voile separant se purifie en face de lui, les eaux s'unissent et tout devient eaux superieures.
C'est pourquoi Yaakov appela le lieu Soukkot d'apres son betail (mikneho), c'est-a-dire d'apres son travail; autrement dit, selon ce qu'il avait acquis dans son travail d'unite et de jonction entre la saintete de la fete, qu'Israel sanctifie par son travail, et la saintete superieure, qui est la saintete du Chabbat, etablie et permanente par le Nom, qu'Il soit beni, meme sans le travail d'Israel. Cette unite et cette jonction sont appelees soukka.
Selon qu'il reconnut dans son travail l'unite et la jonction des deux, il obtint veritablement une part et une acquisition dans la saintete du Chabbat, etablie et permanente, appelee Maison. Car il est impossible d'obtenir une acquisition dans la saintete superieure etablie et permanente, appelee Maison, si ce n'est par la saintete qu'Israel sanctifie, appelee soukka.
C'est pourquoi il appela le lieu Soukkot d'apres son betail, car c'est precisement par son betail qu'il obtint une acquisition dans "il se batit une maison", etc.
מזמור שיר ליום השבת טוב להודות לה' וגו'. בזוה"ק (תרומה קלח) תושבחתא דא אדם הראשון קאמר לה בשעתא דאתרחק מגנתא דעדן ואתא שבת ואגין עליו וכו' תושבחתא דא עלמא תתאה קא משבח לגבי עלמא עלאה יומא דכלא ביה דאיהו כולא שבת וכו' שבת עלאה שבת סתם דא שבת דמעלי שבתא וכו' יום השבת דא שבת דלעילא וכו':
"Psaume, chant pour le jour du Chabbat. Il est bon de rendre grace a ה'" (Psaumes 92,1-2), etc.
Dans le saint Zohar (Terouma 138): "C'est cette louange qu'Adam le premier homme prononca a l'heure ou il fut eloigne du jardin d'Eden, et le Chabbat vint le proteger", etc. "C'est cette louange que le monde inferieur adresse au monde superieur, le jour ou tout est en lui, qui est entierement Chabbat", etc.
"Le Chabbat superieur, le Chabbat sans precision, c'est le Chabbat de la veille du Chabbat", etc. "Le jour du Chabbat, c'est le Chabbat d'en haut", etc.
ביאור הענין כי הנקודה היקרה ביותר השליך השי"ת רחוק ביותר כי בטוח בה שפיר שתחפור את עצמה מתוך הלבושים ותבקיע כל המסכים המסתירים ותחזור למקור שרשה. ולזה הוא נמי בכחה להיות הפנימיות מכל הלבושים אף הרחוקים מאד כי בשרשה הוא אור עצום הבהיר ביותר שאורה מקיף באמת כל הלבושים כדאיתא בזוה"ק (פנחס רנ:) ומה דהות נקודא חדא כד נחתת אתפשט זעיר זעיר ואתמליא ואתעבידת ה' מליא מכל סטרין וכו' ועל זאת הנקודה איתא בזוה"ק (ויקהל רד.) וכד סלקא האי נקודא כלא אתגניז ואיהו סלקא כיון דאיהו סלקא אקרי שבת מהו שבת אי תימא בגין שביתה וכו' ואקרי כלא שבת ש' בת.
ש' הא אוקמוה רזא דתלת אבהן דמתאחדין בבת יחידה וכו' ורזא דמלה בכל אתר נקודה דאיהי עקרא דכל עינא אקרי בת כדכתיב שמרני כאישון בת עין וכו' היינו כי ש' רזא דתלת קוין ותלת אבהן רומז על כל מיני התפשטות והתחלקות המדות מפאת שחילק את מעשיו שעליהם נאמר לך ה' הגדולה והגבורה והתפארת וגו' דמתאחדין בבת יחידה היינו במדת תפארת שכולל גדולה וגבורה ולזה נקרא מדת תפארת בת יחידה משום שבה נתאחדו ביחד כל המדות כי תפארת ביה נמי חכמה כדאיתא בזוה"ק (יתרו עט:) חכמה ותפארת במקדשו חכמה לעילא תפארת לתתא וכו' חכמה שמו תפארת בנו וכו'. ולהיות שענין חטאו של אדם הראשון היה כמבואר בתקוני זוה"ק (שלהי תיקון כט) דכל מאן דנטיל מלכות בלא ט' ספירין איהו מקצץ בנטיעין וכל מאן דנטיל ט' ספירין בלא מלכות איהו כופר בעיקר וכו' וענין מאן דנטיל מלכות בלא ט' ספירין היינו שאומר מאחר שהציב השי"ת רצון שיהיה נקרא מלך ומרצון כזה מחויב ממילא שיהיה כח הבחירה בעולם אם כן הוא הבחירה מחויב המציאות ח"ו.
ומאן דנטיל ט' ספירין בלא מלכות היינו שאומר שכל כח הבחירה הוא רק בהפעולה אבל לא בהדעה ואם כן הוא מכחיש את כח הבחירה שהציב השי"ת בעולם כי מאחר שאומר שהדעה מגדיר בעד האדם לבל יפעל בבחירתו כלום א"כ איזה בחירה הוא זאת ועל זה איתא בזוה"ק (שם) תושבחתא דא אדם הראשון קאמר לה בשעתא דאתתרך מגנתא דעדן ואתא שבת ואגין עליה מדייק הזוה"ק וכתב בשעתא דאתתרך מגנתא דעדן. כונתו הק' בזה כי בעדן לא היה א"ה יכול לפגום כלל.
כי עדן מורה על שבת עלאה. רק כל הפגם שלו היה בגנתא דעדן וגן רומז על שבת תתאה וזהו דאתתרך מגנתא דעדן וכדאיתא נמי בגמרא (סנהדרין צט.) אדם היכן דר בגן ואי תימא גן הוא עדן הא כתיב ונהר יוצא מעדן להשקות את הגן הרי שגן אינו עדן וכו' היינו כי גן מורה על התלבשות האור וזה נקרא שבת תתאה.
ועדן מורה על אור בהיר המשולל לבוש וזה הוא שבת עלאה. וחטאו של אדם הראשון היה בגן כי כל הפגם שלו היה רק בהלבוש של הבחירה שהציב הרצון ית' בעולם וזהו דאתתרך מגנתא דעדן ואתא שבת ואגין עליה היינו כי בהארת קדושת שבת בא על חטאו והכיר שהחטא נסתעף אצלו מהסתת הנחש וכדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון נ) והנחש היה ערום מכל.
ערום בלי לבוש שאינו מלביש כלל להרצון ית' ואחר שבא על חטאו אמר טוב להודות לה' היינו שטוב ונכון מאד לפני האדם שיכפוף תמיד קומתו ולקבל עליו את החטא ויאמר שהוא בעצמו בכח בחירתו גרם אותו ולא השי"ת. וכדאיתא במדרש (ש"ט צב) אמרו לו לאדם הראשון מי גרם לך שתמות אמר להם אני בעצמי גרמתי לי אמרו לו ולא עשה לך זאת הקב"ה אמר להם ח"ו לאו כי ישרים דרכי ה' אבל אני בעצמי גרמתי לי וכו' היינו שאמרו לו הלא גם זאת הדעה בעצמה מהחטא מקיף אותה נמי הקב"ה אמר להם אף עפ"כ טוב וישר לפני האדם שיהיה תולה תמיד את החטא בעצמו שהוא הגורם אותו ולא השי"ת ועל זה איתא שם בזוה"ק תושבחתא דא עלמא תתאה קא משבח לגבי עלמא עלאה יומא דאיהו כלא שבת.
היינו כי עלמא עלאה הוא שבת עלאה שהוא למעלה הרבה מדעת אדם שאין בחירת אדם מגעת שם ואם יפתח השי"ת בהתגלות מפורש הבהירות מעלמא עלאה אזי היו נחשבים כל עבודת אדם בעלמא תתאה כשרגא בטיהרא מאי מהניא והא נתבטל כל בחירת אדם ועלמא תתאה הוא כל עבודת אדם שעובד בבחירתו הטובה ואלו העבודות נקראים נמי שבת תתאה וזהו מזמור שיר ליום השבת תושבחתא דא עלמא תתאה קא משבח לגבי עלמא עלאה היינו שכל עוד שלא נכלה עדיין כח הבחירה מעלמא תתאה ויש עדיין כח בחירה לעבוד יראה האדם שיפעל עבודה כל מה שבכחו לעבוד למען שיהיה כלי מוכן ומזומן לקבל הבהירות מעלמא עלאה יומא דאיהו כולו שבת ליום השבת יומא עלאה שבת עלאה וזהו שמסיק הזוה"ק (שם) דא שבת ודא שבת מה בין האי להאי אלא שבת סתם דא שבת דמעלי שבתא יום השבת דא שבת דלעילא דא יום ודא לילה וזה הוא כמבואר שם (בשלח מז) וקראת לשבת עונג מבעוד יום היינו שבת דמעלי שבתא שמכין אדם ומזמין עצמו מבעוד יום כל עוד שיש בו כח הבחירה לפעול טרם שנתבטלו הפעולות מן האדם וזהו שבת סתם דא שבת דמעלי שבתא כלומר שבת תתאה ועל ידי אלו העבודות שהאדם מכין א"ע בהם ישיג חלק וקנין בשבת עלאה דקביעא וקיימא מצדו יתברך. וזהו דאיתא בזוה"ק (אמור צד:) אי הכי אמאי אקרון ששת ימי חול אמאי חול היינו כיון שעיקר לעבדה ולשמרה נאמר על ששת ימי חול כי לעבדה רומז על מצות עשה ולשמרה רומז על מצות לא תעשה ומאחר שעיקר חיוב קיום עבודת המצות הם דוקא בימי חול כי עיקר הברורין המה בימי חול דוקא ולא בשבת א"כ הם ימי חול יותר במעלה מימי שבת ומבאר שם הזוה"ק אלין לעובדא ואלין לנטרא ואימתי אשתכח נטירא בהו כד זמינין מקדש וכו' היינו שכל עיקר תכלית המכוון מהעבודות של ימי החול הוא רק כדי להגיע על ידם להנקודה היקרה של שבת כי ע"י שמסיר האדם בשבת כל פעולת עבודתו של ימי החול מגיע להנקודה היקרה שבת וזהו שמסיק שם שבת אשתכח בכלא עדיף מכל זמנין וחגין ואקרי קדש ולא מקרא קדש היינו כי מקרא קדש הוא דזמינין מקדש וזהו כל החגין והזמנים דישראל מקדשי להו כדכתיב אשר תקראו אתם וממשיכים להם קדושה מזאת הקדושה דקביע וקיימא הנקרא שבת עלאה שקדושתה הוא כדאי' שם קדש מלה בגרמיה ושארה מניה אתיין היינו שכל קדושות הזמנים נמשכים משבת עלאה.
וביותר היה ניכר זה החיבור מהקדושה דישראל מקדשי להקדושה דקביע וקיימא בשבת שבתוך החג. ולזה היו צריכין בערב שבת שבתוך החג להרבה תקיעות יותר מבכל ערבי שבתות כי התקיעות רומזין על זה שבוקעין ישראל בעבודתם כל המסכים המסתירים את האור עד שניכר מפורש בתוך הקדושה דישראל מקדשי בפעולת עבודתם איך ששוכן בה כל הקדושה עלאה דקביע וקיימא מצד השם יתברך:
L'explication est que le Nom, qu'Il soit beni, a jete le point le plus precieux au plus loin, car Il est assure qu'il creusera lui-meme hors des vetements et percera tous les voiles qui cachent, puis retournera a la source de sa racine. C'est aussi pourquoi il a la force d'etre l'interiorite de tous les vetements, meme les plus lointains; car dans sa racine se trouve une lumiere immense, la plus lumineuse, dont l'eclat entoure en verite tous les vetements.
Comme il est rapporte dans le saint Zohar (Pinhas 250): "Ce qui etait un seul point, lorsqu'il descendit, s'etendit peu a peu, se remplit et devint un he plein de tous cotes", etc. Au sujet de ce point, il est rapporte dans le saint Zohar (Vayakhel 204): "Et lorsque ce point monte, tout est cache, et lui monte.
Lorsqu'il monte, il est appele Chabbat. Qu'est-ce que Chabbat?
Dirais-tu: en raison du repos? ... Et tout est appele Chabbat: chin-bat.
Chin, ils ont etabli que c'est le secret des trois peres qui s'unissent dans la fille unique", etc. "Et le secret de la chose: en tout lieu, le point, qui est la racine de tout œil, est appele bat, comme il est ecrit: Garde-moi comme la prunelle (bat) de l'œil" (Psaumes 17,8), etc.
Cela signifie que chin est le secret des trois lignes et des trois peres, qui font allusion a toutes les sortes d'expansion et de division des attributs, du fait qu'Il a distingue Ses œuvres, au sujet desquelles il est dit: "A Toi, ה', la grandeur, la puissance et la splendeur" (1 Chroniques 29,11), etc.; elles s'unissent dans la fille unique, c'est-a-dire dans l'attribut de Tiferet, qui comprend grandeur et puissance. C'est pourquoi l'attribut de Tiferet est appele fille unique, car tous les attributs y sont unis ensemble.
Car dans Tiferet se trouve aussi 'Hokhma, comme il est rapporte dans le saint Zohar (Yitro 79): "La sagesse et la splendeur sont dans Son sanctuaire; la sagesse en haut, la splendeur en bas", etc. "La sagesse est Son nom, la splendeur Son fils", etc.
Or le sens de la faute d'Adam le premier homme etait, comme cela est explique dans les Tikounei haZohar (fin du tikoun 29): "Quiconque prend Malkhout (royaute) sans les neuf sefirot (emanations) retranche les plants; et quiconque prend les neuf sefirot sans Malkhout renie le fondement", etc. Le sens de celui qui prend Malkhout sans les neuf sefirot est qu'il dit: puisque le Nom, qu'Il soit beni, a pose une volonte d'etre appele Roi, et que d'une telle volonte il doit necessairement resulter une force de choix dans le monde, alors le choix est, a Dieu ne plaise, une necessite de l'existence.
Et celui qui prend les neuf sefirot sans Malkhout est celui qui dit que toute la force du choix ne se trouve que dans l'action, mais non dans l'avis. Il nie donc la force du choix que le Nom, qu'Il soit beni, a placee dans le monde; car puisqu'il dit que l'avis borne l'homme afin qu'il n'accomplisse rien par son choix, quel choix est-ce donc?
A ce sujet, le saint Zohar dit la-bas: "C'est cette louange qu'Adam le premier homme prononca a l'heure ou il fut chasse du jardin d'Eden, et le Chabbat vint le proteger." Le saint Zohar est precis et ecrit: "a l'heure ou il fut chasse du jardin d'Eden". Sa sainte intention est que dans Eden, Adam le premier homme ne pouvait absolument pas porter atteinte.
Car Eden indique le Chabbat superieur. Toute son atteinte fut seulement dans le jardin d'Eden, et le jardin fait allusion au revetement de la lumiere; cela est appele Chabbat inferieur.
Telle est la signification de "il fut chasse du jardin d'Eden". De meme, il est rapporte dans la Guemara (Sanhedrin 99a): "Ou Adam habitait-il?
Dans le jardin. Et si tu dis: le jardin est Eden, voici qu'il est ecrit: Un fleuve sortait d'Eden pour arroser le jardin (Genese 2,10); donc le jardin n'est pas Eden", etc.
Cela signifie que le jardin indique le revetement de la lumiere, et cela est appele Chabbat inferieur; Eden indique une lumiere lumineuse, depourvue de vetement, et c'est le Chabbat superieur. La faute d'Adam le premier homme fut dans le jardin, car toute son atteinte ne fut que dans le vetement du choix que la volonte, qu'Il soit beni, a place dans le monde.
Telle est la signification de "il fut chasse du jardin d'Eden, et le Chabbat vint le proteger": par l'eclat de la saintete du Chabbat, il reconnut sa faute et reconnut que la faute avait derive chez lui de l'incitation du serpent. Ainsi qu'il est rapporte dans les Tikounei haZohar (tikoun 50): "Or le serpent etait ruse entre tous" (Genese 3,1): denude de vetement, car il ne revet nullement la volonte, qu'Il soit beni.
Apres avoir reconnu sa faute, il dit: "Il est bon de rendre grace a ה'". C'est-a-dire qu'il est tres bon et juste pour l'homme de courber toujours sa stature, d'accepter sur lui la faute et de dire que lui-meme, par la force de son choix, l'a causee, et non le Nom, qu'Il soit beni.
Ainsi qu'il est rapporte dans le Midrach (Shoher Tov 92): On dit a Adam le premier homme: "Qui t'a fait mourir?" Il leur dit: "C'est moi-meme qui me l'ai cause." Ils lui dirent: "Le Saint, beni soit-Il, ne t'a-t-Il pas fait cela?" Il leur dit: "A Dieu ne plaise, non; car les voies de ה' sont droites, mais c'est moi-meme qui me l'ai cause", etc. C'est-a-dire qu'ils lui dirent: cette opinion elle-meme, issue de la faute, le Saint, beni soit-Il, ne l'embrasse-t-Il pas aussi?
Il leur dit: malgre cela, il est bon et juste pour l'homme d'attribuer toujours la faute a lui-meme comme a celui qui la cause, et non au Nom, qu'Il soit beni. A ce sujet, il est rapporte la-bas dans le saint Zohar: "C'est cette louange que le monde inferieur adresse au monde superieur, le jour qui est entierement Chabbat." Cela signifie que le monde superieur est le Chabbat superieur, qui est beaucoup au-dessus de l'entendement de l'homme, ou le choix de l'homme n'atteint pas.
Si le Nom, qu'Il soit beni, revelait dans une revelation explicite la clarte du monde superieur, tout le travail de l'homme dans le monde inferieur serait comme une lampe en plein jour: a quoi servirait-elle? Tout choix de l'homme serait annule.
Le monde inferieur est tout le travail de l'homme, qu'il accomplit par son bon choix; ces travaux sont aussi appeles Chabbat inferieur. Tel est "Psaume, chant pour le jour du Chabbat": "C'est cette louange que le monde inferieur adresse au monde superieur".
Aussi longtemps que la force du choix n'est pas encore aneantie dans le monde inferieur et qu'il reste une force de choix pour travailler, l'homme veillera a accomplir tout le travail qu'il peut accomplir, afin d'etre un keli (recepteur) pret et dispose a recevoir la clarte du monde superieur, le jour qui est entierement Chabbat: "pour le jour du Chabbat", le jour superieur, le Chabbat superieur. C'est ce que conclut le saint Zohar (la-bas): "Celui-ci est Chabbat et celui-la est Chabbat; quelle difference y a-t-il entre l'un et l'autre?
Le Chabbat sans precision, c'est le Chabbat de la veille du Chabbat; le jour du Chabbat, c'est le Chabbat d'en haut: celui-ci est jour et celui-la nuit." Cela est explique la-bas (Beshallah 47): "Tu appelleras le Chabbat delice" (Isaie 58,13), des avant le jour: c'est le Chabbat de la veille du Chabbat, dans lequel l'homme se prepare et se rend pret avant le jour, tant qu'il a encore la force de choix pour agir, avant que les actions ne soient retirees de l'homme. Tel est "le Chabbat sans precision, c'est le Chabbat de la veille du Chabbat", c'est-a-dire le Chabbat inferieur.
Par ces travaux, dans lesquels l'homme se prepare, il obtiendra une part et une acquisition dans le Chabbat superieur, etabli et permanent du cote du Nom, qu'Il soit beni. C'est ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Emor 94): "S'il en est ainsi, pourquoi les six jours sont-ils appeles jours profanes?
Pourquoi profanes?" C'est que l'essentiel de "la travailler et la garder" (Genese 2,15) a ete dit au sujet des six jours profanes: "la travailler" fait allusion aux commandements positifs, et "la garder" aux commandements negatifs. Puisque l'obligation principale d'accomplir le travail des commandements est precisement les jours profanes, car les clarifications essentielles sont precisement les jours profanes et non le Chabbat, les jours profanes sont donc plus eleves que les jours de Chabbat.
Le saint Zohar explique la-bas: "Ceux-ci pour travailler et ceux-ci pour garder; et quand la garde se trouve-t-elle en eux? Lorsqu'ils sont invites au sanctuaire", etc.
Cela signifie que tout le but vise des travaux des jours profanes est seulement d'arriver par eux au point precieux du Chabbat. Car lorsque l'homme retire au Chabbat toute l'action de son travail des jours profanes, il atteint le point precieux: le Chabbat.
C'est ce que conclut la-bas: "Le Chabbat se trouve en tout, plus eleve que tous les temps et les fetes, et il est appele saint, et non convocation sainte." Car la convocation sainte consiste en "ceux qui sont invites au sanctuaire"; ce sont toutes les fetes et les temps qu'Israel sanctifie, comme il est ecrit: "que vous appellerez" (Levitique 23,2). Ils attirent leur saintete de cette saintete etablie et permanente, appelee Chabbat superieur, dont la saintete est, comme il est dit la-bas, "sainte en elle-meme, et les autres viennent d'elle".
Toutes les saintetes des temps sont donc attirees du Chabbat superieur. Cette jonction entre la saintete qu'Israel sanctifie et la saintete etablie et permanente etait surtout reconnaissable dans le Chabbat qui tombait au sein de la fete.
C'est pourquoi, a la veille du Chabbat qui tombait au sein de la fete, il fallait bien plus de sonneries que lors de toutes les autres veilles de Chabbat. Car les sonneries font allusion a ce qu'Israel perce par son travail tous les voiles qui cachent la lumiere, jusqu'a ce que soit manifestement reconnu, au sein de la saintete qu'Israel sanctifie par l'action de son travail, comment y reside toute la saintete superieure, etablie et permanente du cote du Nom, qu'Il soit beni.
« Yaakov partit pour Soukkot » (Berechit 33,17) : pourquoi n'appela-t-il pas ce lieu Maison ? Le Sod Yecharim rapporte de son père que la maison d'Israël est de monter de degré en degré par le service, sans lieu fixe. Du côté de D.ieu aucun écran ne sépare les eaux ; le firmament appartient au voilement de ce monde et diminue quand l'homme élève la limite de sa saisie. Yaakov ne fit de ses acquisitions qu'une demeure provisoire, selon l'illumination de la volonté divine. À Soukkot, fête de la récolte, on sort de la demeure fixe pour ne s'enfoncer dans aucun bien et reconnaître Sa protection.
Aussi : à Beth-El Yaakov introduit la soumission dans Louz ; son grand-père : la louange fait des eaux d'en bas des eaux supérieures ; le Zohar : Soukkah de paix du Chabbat et âmes nouvelles, sauvetage de l'accusateur dans les soukkot
ויעקב נסע סכותה ויבן לו בית ולמקנהו עשה סכות ע"כ קרא שם המקום סוכות וגו'. להבין מדוע לא קרא שם המקום בית ביאר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה כי ביתו של יעקב אבינו כמו שמצינו בגמרא (בכורות ח) בני לן ביתא באוירא דעלמא וזהו כמו דאיתא בזוה"ק (ויקרא יב) ישראל באן אתר אשרי להו וכו' ויתן אותם אלהים ברקיע השמים וכו' וענין רקיע רומז על המסך המבדיל בין האור להבריאה כדכתיב ויאמר אלהים יהי רקיע להבדיל בין מים למים אמנם מצד השי"ת אין באמת שום מסך המבדיל בין מים למים כדאיתא בגמרא (חגיגה יד) על בן זומא שאמר שיש ביניהם הבדל שלש אצבעות אמרו עליו עדיין בן זומא מבחוץ כי אינם רק כתרי כסי דסחיפי אהדדי וכמו שאמר אזמו"ר הגה"ק זצללה"ה על זה שבהקפיטל הללו את ה' מן השמים לא נאמר והמים אשר מתחת לארץ כי בעת שמשבח אדם ומהלל להשי"ת אז הם אף המים אשר מתחת לארץ גם כן מים עליונים היינו כי מים רומזים על החשק והתשוקה הנמצא בעולם ובעת ההילול אז החשק הוא טוב מאד שאין למעלה הימנו ונקרא מים עליונים אכן כל זה שנאמר ויהי רקיע המבדיל וגו' הוא רק מצד ההסתר של זה העולם וכן הם באמת כל ההבדלות שמצינו בתורה דכתיב ואת להט החרב המתהפכת וגו' ומבאר בזה הזוה"ק (נשא קכג) מי שחפץ לעסוק בד"ת הגבוהים ממדרגתו מתיצבים נגדו כל המניעות ומבלבלים אותו אותן המתהפכים זמנין לדכורין זמנין לנוקבין וכו' אכן זה הכל הוא רק מצד אדם יען שיש אצלו גבול ומעט למעלה מגבול מדרגתו הוא אצלו במופלא ממך וגו' אמנם כל מה שנתעלה גבול תפיסתו של אדם על ידי עבודתו אז נקטן גביה נמי זה המסך המבדיל לבלתי יסתיר כ"כ בעדו אזי ממילא כל מה שהיה אצלו מלפנים בבחינת במופלא ממך וגו' נעשה עכשיו זאת בעצמו מדרגתו ממש וכל מה שעולה אדם יותר ע"י עבודתו במדרגה עליונה כך נתמעט נמי אצלו המחיצה המבדלת ג"כ ועל זה הענין איתא בזוה"ק (ויגש רז) הן שמים לא זכו בעיניו דאתקין לון תדיר וכו' היינו שתדיר הוא עסקו ית' לתקן מחיצות השמים לבל יבדילו ויסתירו כל כך את האור מן האדם וכפי מה שיעבוד האדם ביותר כך יתמעט נגדו הסתרת המחיצה הנקרא רקיע המבדיל וגו' וזהו ישראל באן אתר אשרי להו א"ל ברקיע השמים היינו שאין להם מקום קבוע כלומר שאינם שוכנים בשום מדה בקביעות גמור אלא שעולין ע"י עבודתם בכל פעם מדרגא לדרגא.
וזאת העליה מדרגא לדרגא הוא אצלם עיקר הקביעות הנקרא גבי ישראל בית. ועיקר הבנין מבית כזה היה גבי יעקב אבינו שנאמר עליו ויבן לו בית וגו' והוא כמו שמצינו אצלו ויקרא שם המקום ההוא בית אל ואולם לוז שם העיר לראשונה היינו כי לוז מורה על מקום היותר קשה שנמצא גבי אדם כדאיתא (בראשית רבה פ' כח) שיש באדם עצם קשה בטבע טחנו ברחים ולא נטחן שרפו באש ולא נשרף נתנו על הסדן והתחיל מכה עליו בפטיש נחלק הסדן ונבקע הפטיש ולא חסר כלום ושמו לוז וכו' וזה רומז על גודל העקשות לבל ימסור עצמו להשי"ת.
ובכל זאת האיר יעקב אבינו בעבודתו אף במקום העקשות כמו זו והכניס שם ג"כ הכנעה לעבודתו ית' לזה קוראו בית אל היינו שהראה גם שם קדושה בקביעות וזה הוא ויקרא שם המקום ההוא בית אל ואולם לוז שם העיר לראשונה להורות בזה שאין שום מקום גבי ישראל שלא ימסור עצמו להשי"ת כי השי"ת שוכן בקביעות בכל המקומות של ישראל ועל זאת ההכרה נאמר ויבן לו בית שזה הוא הבית של ישראל. ולמקנהו עשה סוכות.
היינו כי הקנין של האדם הוא חלק ממנו בשרשו והא ראיה שהחטא נתכפר בזה שמביא מקנינו קרבן לה' הרי שהקנינים עם האדם המה בשרשם לאחדים ממש. ועיקר דירת אדם הוא במקום קנינו כדאיתא בגמרא (עירובין עב) אדם דר במקום פיתו היינו שבזה המקום שהאדם מקבל שפע מזונו שם הוא עיקר דירתו ועל כל זאת נאמר על יעקב אבינו ולמקנהו עשה סוכות כלומר שהכתוב מספר בשבחו של יעקב אבינו שלא עשה הקנינים שלו לעיקר דירתו שיהיה לו בהם דירה בקביעות כמו בית אלא שכל דירתו היה לו בהם רק על דרך עראי בלי קביעות בבחינת סוכה שהוא צא מדירת קבע ושב בדירת עראי היינו שכל דירתו בהם היה רק כפי שהיה מנהיר בהם הרצון ית' ועל זה רמזו על הפסוק וישא יעקב רגליו שנעשה קל ברגליו היינו שהיה קל ברגליו ליסע ממקום למקום ולא ישב בשום מקום בקביעות רק כפי הלבוש שהיה מנהיר לו הרצון ית' כך היה קל ברגליו להתמשך אחריו בלי שום עיכוב כלל וזאת היה עיקר הקביעות והבית שלו לילך תמיד בגודל זריזות ממקום למקום כפי הארת רצונו ית' וכן מצינו בכלל ישראל נמי כשיצאו ממצרים נאמר ויסעו מרעמסס סכותה וגו' והוא כי הגם שהיה שוכן השי"ת בישראל גם בהיותם במצרים כדכתיב (הושע) ואנכי ה' אלהיך מארץ מצרים וגו' אכן אז היה מנהיג השי"ת עמהם באור היותר עליון עד שהיה נעלם לגמרי זה האור מהבנת תפיסת דעתם כי הגוף עם הנפש היה בגלות אז כדאיתא על גלות מצרים שנקראו מן המצר להורות שהיו כ"כ במיצר הגלות עד שלא הרגישו כלל איך שהשי"ת מגין עליהם שם.
והסתרה כזו נקרא בית שעובי התקרה מסתיר על האדם שלא ירגיש כלל ההגנה שיש לו מרוחות וטללים רעים אכן אחר שהוציא אותם השי"ת מגלות מצרים חפץ השי"ת אשר שוב ירגישו ישראל איך שמגין השי"ת עליהם שיהיה אצלם כדכתיב לדעת כי אני ה' מקדשכם ולזה כתיב ויסעו מרעמסס סכותה וגו' וכן היו כל המסעות שבמדבר ענין סוכות כמאמרם ז"ל (שבת לא) כיון שעל פי ה' יסעו ועל פי ה' יחנו כסותר על מנת לבנות במקומו דמי וממילא אחר כל המסעות שנקראו סוכות היה שפיר בכחם לכבוש את הארץ ולקנות קדושת המשכן והמקדש שהם קדושה בקביעות בבחינת בית עד היכן שנקבע אצלם הקדושה בכל הפעולות בחרישה ובזריעה וכדומה כי אף שיהיה נקבע אצלם הקדושה בקביעות גמור כמו בית מ"מ שוב לא יפסידו כלל כיון שכבר הרגילו א"ע על ידי שע"פ ה' יסעו וע"פ ה' יחנו שירגישו תמיד בדעתם אור הגנתו ית' וזהו הענין מחג הסוכות שנקרא חג האסיף כי אז מאסף אדם מהשדה הצמיחות מכל השנה וכל עוד שהתבואה מונח בשדה יש עדיין הכרה להאדם שנצרך להגנתו ית' אולם אחר שמאסף אותם הביתה אזי יכול האדם לדמות שכבר יש לו בהם קנין בקביעות וממילא הוא בנקל לו לשכוח ולטרוד באותן הטובות לכן הוא מצוה באותו הזמן צא מדירת קבע ושב בדירת עראי וע"י זאת המצוה מרגיל אדם א"ע לבל יהיה משוקע בשום טובה וממילא יהיה לו הכרה והרגשה היטב בהגנתו ית' ושפיר יהיה בכחו אחר כך בכל השנה לקבל כל השפעות טובות ולבל יהיה מוטרד תחתם כי יכיר בהם היטב שהם עדיין ברשותו ית':
"Et Yaakov partit pour Soukkot, il se batit une maison, et pour son betail il fit des cabanes; c'est pourquoi il appela ce lieu Soukkot" (Genese 33,17), etc. Pour comprendre pourquoi il n'appela pas ce lieu Maison, mon pere et maitre, le saint genie, de benie memoire, expliqua: la maison de Yaakov notre pere est semblable a ce que nous trouvons dans la Guemara (Bekhorot 8a): "Notre maison est dans l'air du monde".
C'est aussi ce qui est dit dans le saint Zohar (Vayikra 12b): "Israel, ou sont-ils? Heureux sont-ils...
Il les placa dans le firmament des cieux...". Le firmament fait allusion a l'ecran qui separe la lumiere de la creation, comme il est ecrit: "D.ieu dit: Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu'il separe les eaux d'avec les eaux" (Genese 1,6).
Toutefois, du cote du Saint beni soit-Il, il n'existe en verite aucun ecran separant les eaux d'avec les eaux. Comme il est rapporte dans la Guemara (Haguiga 14b) au sujet de Ben Zoma, qui dit qu'il y avait entre elles une distance de trois doigts: on dit de lui qu'il etait encore dehors, car elles ne sont que comme deux coupes jointes l'une a l'autre.
Mon grand-pere et maitre, le saint genie, de benie memoire, disait a ce sujet que, dans le chapitre: "Louez ה' depuis les cieux" (Psaumes 148,1), il n'est pas dit: "et les eaux qui sont au-dessous de la terre"; car lorsqu'un homme loue et glorifie le Saint beni soit-Il, alors meme les eaux qui sont au-dessous de la terre sont aussi des eaux superieures. C'est-a-dire: les eaux font allusion au desir et a l'aspiration presents dans le monde; et au moment de la louange, ce desir est tres bon, sans rien au-dessus de lui, et il est appele eaux superieures.
Mais tout ce qui est dit: "qu'il y ait un firmament qui separe...", n'est que du fait du voilement de ce monde. Ainsi en est-il en verite de toutes les separations que nous trouvons dans la Torah, comme il est ecrit: "et la lame de l'epee tournoyante..." (Genese 3,24).
Le saint Zohar explique a ce propos (Nasso 123b): celui qui desire s'occuper de paroles de Torah plus elevees que son degre voit se dresser contre lui tous les empechements, qui le troublent, ces etres qui se renversent, tantot en masculins, tantot en feminins, etc. Mais tout cela n'est que du cote de l'homme: parce qu'il y a chez lui une limite, et qu'un peu au-dessus de la limite de son degre se trouve pour lui ce qui est "trop merveilleux pour toi" (במופלא ממך).
Toutefois, plus l'homme eleve, par son service, la limite de sa saisie, plus cet ecran separateur diminue aussi pour lui, afin de ne pas tant le cacher. Alors, de lui-meme, ce qui etait auparavant pour lui dans la categorie de "trop merveilleux pour toi" devient maintenant son degre meme.
Et plus l'homme monte, par son service, a un degre superieur, plus diminue aussi pour lui la cloison separatrice. C'est sur ce sujet qu'il est dit dans le saint Zohar (Vayigach 207b): "Voici, les cieux ne sont pas purs a Ses yeux, car Il les arrange continuellement...".
C'est-a-dire que Son occupation constante est d'arranger les cloisons des cieux afin qu'elles ne separent ni ne cachent tant la lumiere a l'homme. Et selon que l'homme travaille davantage, le voilement de la cloison appelee "firmament qui separe" diminue face a lui.
Tel est: "Israel, ou sont-ils? Heureux sont-ils!
Il leur dit: dans le firmament des cieux"; ils n'ont pas de lieu fixe, c'est-a-dire qu'ils ne resident dans aucune mesure avec une stabilite complete, mais montent par leur service, a chaque fois, de degre en degre. Cette montee de degre en degre est pour eux l'essentiel de la stabilite, appelee chez Israel maison.
L'essentiel de l'edification d'une telle maison se trouvait chez Yaakov notre pere, dont il est dit: "il se batit une maison". Cela est pareil a ce que nous trouvons chez lui: "il appela ce lieu Beth-El; mais le nom premier de la ville etait Louz" (Genese 28,19).
Louz indique le lieu le plus dur qui existe chez l'homme, comme il est dit (Bereshit Rabba, paracha 28): il y a chez l'homme un os dur de nature; on le broie dans le moulin et il n'est pas broye, on le brule au feu et il ne brule pas, on le place sur l'enclume et l'on commence a le frapper avec un marteau: l'enclume se fend et le marteau se brise, mais il ne manque rien a cet os, et son nom est Louz, etc. Cela fait allusion a la grande obstination qui empeche de se remettre au Saint beni soit-Il.
Et pourtant, Yaakov notre pere eclaira par son service meme un tel lieu d'obstination, et y introduisit aussi la soumission au service du Saint beni soit-Il. C'est pourquoi il l'appela Beth-El: il montra que la aussi il y avait de la saintete de facon stable.
Tel est: "il appela ce lieu Beth-El; mais le nom premier de la ville etait Louz", pour montrer qu'il n'est chez Israel aucun lieu ou il ne se remette au Saint beni soit-Il; car le Saint beni soit-Il reside de facon stable dans tous les lieux d'Israel. C'est de cette reconnaissance qu'il est dit: "il se batit une maison"; telle est la maison d'Israel.
"Et pour son betail il fit des cabanes." Les acquisitions de l'homme sont une part de lui a leur racine; la preuve en est que la faute est expiee par le fait qu'il apporte de son acquisition un sacrifice pour ה'. Ainsi les acquisitions et l'homme ne font reellement qu'un a leur racine.
La demeure principale de l'homme est au lieu de son acquisition, comme il est dit dans la Guemara (Erouvin 72b): "L'homme demeure au lieu de son pain"; c'est-a-dire qu'au lieu ou l'homme recoit l'abondance de sa nourriture se trouve sa demeure principale. Aussi est-il dit de Yaakov notre pere: "et pour son betail il fit des cabanes".
L'Ecriture raconte ainsi la louange de Yaakov notre pere: il ne fit pas de ses acquisitions sa demeure principale, pour y habiter de maniere stable comme dans une maison; toute sa demeure en elles n'etait que provisoire, sans stabilite, dans l'aspect de la soukkah, qui est: "Sors de ta demeure fixe et habite dans une demeure provisoire". C'est-a-dire que toute sa demeure en elles n'etait qu'en fonction de la maniere dont la volonte divine y luisait.
C'est a cela qu'ils firent allusion sur le verset: "Yaakov leva ses pieds" (Genese 29,1), disant qu'il devint leger sur ses pieds. Il etait leger sur ses pieds pour voyager d'un lieu a l'autre, et ne s'asseyait en aucun lieu avec stabilite; mais selon le vetement sous lequel la volonte divine lui luisait, ainsi etait-il leger sur ses pieds pour etre entraine apres elle, sans aucun retard.
Telle etait sa stabilite essentielle et sa maison: aller toujours avec une grande promptitude d'un lieu a l'autre, selon l'illumination de Sa volonte. Nous trouvons de meme pour Israel en general: lorsqu'ils sortirent d'Egypte, il est dit: "Ils partirent de Ramses pour Soukkot" (Exode 12,37).
Car, bien que le Saint beni soit-Il residat parmi Israel meme lorsqu'ils etaient en Egypte, comme il est ecrit: "Moi, ה', Je suis ton D.ieu depuis le pays d'Egypte..." (Osee 13,4), le Saint beni soit-Il les conduisait alors par la lumiere la plus haute, au point que cette lumiere etait entierement cachee a la saisie de leur intelligence. Car le corps avec l'ame etait alors en exil.
Il est dit de l'exil d'Egypte qu'il est appele "depuis l'etroitesse" (מן המצר), pour indiquer qu'ils etaient si presses dans l'etroitesse de l'exil qu'ils ne sentaient nullement comment le Saint beni soit-Il les protegeait la-bas. Un tel voilement est appele maison, car l'epaisseur du toit cache a l'homme au point qu'il ne ressent nullement la protection qu'il a contre les mauvais vents et les mauvaises roseees.
Mais apres que le Saint beni soit-Il les eut sortis de l'exil d'Egypte, Il voulut qu'Israel ressente de nouveau comment le Saint beni soit-Il les protege, afin que se realise chez eux: "pour savoir que Je suis ה' qui vous sanctifie" (Exode 31,13). C'est pourquoi il est ecrit: "Ils partirent de Ramses pour Soukkot".
De meme, toutes les etapes dans le desert relevaient de Soukkot, selon leur parole (Chabbat 31b): puisque "sur l'ordre de ה' ils partaient et sur l'ordre de ה' ils campaient" (Nombres 9,23), cela est semblable a celui qui demolit afin de reconstruire a sa place. Ainsi, apres toutes les etapes appelees Soukkot, ils purent veritablement conquerir la terre et acquerir la saintete du Tabernacle et du Temple, qui est une saintete stable, dans l'aspect de la maison, jusqu'a ce que la saintete se fixe chez eux dans tous les actes, le labour, les semailles et semblables.
Car, bien que la saintete se fixat chez eux avec une stabilite complete comme une maison, ils ne la perdraient toutefois pas, puisqu'ils s'etaient deja habitues, par "sur l'ordre de ה' ils partaient et sur l'ordre de ה' ils campaient", a sentir continuellement dans leur intelligence la lumiere de Sa protection. Tel est le sens de la fete de Soukkot, appelee fete de la recolte: alors l'homme recueille du champ les pousses de toute l'annee.
Tant que les cereales reposent encore dans le champ, l'homme reconnait encore qu'il a besoin de Sa protection. Mais apres qu'il les rassemble dans sa maison, l'homme peut s'imaginer qu'il en a deja une possession stable; il lui devient alors facile d'oublier et de se preoccuper de ces biens.
C'est pourquoi il lui est commande en ce temps: "Sors de ta demeure fixe et habite dans une demeure provisoire". Par cette mitsvah, l'homme s'habitue a ne s'enfoncer dans aucun bien; il aura ainsi une bonne reconnaissance et perception de Sa protection.
Ensuite, toute l'annee, il pourra recevoir toutes les bonnes abondances sans etre trouble sous elles, car il reconnaitra bien qu'elles sont encore sous Son domaine.
ויעקב נסע סכותה ויבן לו בית ולמקנהו עשה סכות ע"כ קרא שם המקום סכות וגו'. איתא בזוה"ק (בראשית מח.) כד אתקדש יומא במעלי שבתא סוכת שלום שריא ואתפריסת בעלמא.
מאן סוכת שלום דא שבתא וכו' ובגין כך בקדושא דיומא מברכינן הפורס סוכת שלום עלינו וכו' בשעתא דישראל מברכין ומזמנין להאי סוכת שלום. אושפיזא קדישא ואמרי הפורס סוכת שלום כדין קדושתא עלאה נחתא ופרישת גדפאה עלייהו דישראל ומכסיא לון כאמא על בנין.
וכל זינין בישין אתכנישו מעלמא ויתבי ישראל תחות קדושתא דמאריהון וכדין דא סוכת שלום יהיב נשמתין חדתין לבנהא מ"ט בגין דביה נשמתין שריין ומניה נפקין וכיון דשריא ופריסת גדפהא על בנהא אריקת נשמתין חדתין לכל חד וחד וכו' ובזוה"ק (פינחס רנח:) ובחדש השביעי וגו' יומא דר"ה וכו' ועשיתם עולה והקרבתם מבעי לי' וכו' אלא ביומא דא ועשה לי מטעמים כתיב כמה מטעמים ותבשילין עבדי ישראל בהני יומין בעוד דמקטרגא אזיל לפשפשא בחובין דעלמא וכו' ויעקב אתער מתתא מתלבש בצלותין ובעותין וכו' כיון דההוא מקטרגא אזיל בההוא דורנא ומתפרש מנייהו בעי קב"ה למחדי בבנו מה כתיב ויעקב נסע סכותה ויבן לו בית על כן קרא שם המקום סוכות וכו' כיון דיתבי בסכות הא אשתזיבו מן מקטרגא וכו':
"Et Yaakov partit pour Soukkot, il se batit une maison, et pour son betail il fit des cabanes; c'est pourquoi il appela ce lieu Soukkot" (Genese 33,17), etc. Il est dit dans le saint Zohar (Bereshit 48a): "Quand le jour est sanctifie a l'entree du Chabbat, la Soukkah de paix repose et se deploie dans le monde.
Quelle est cette Soukkah de paix? C'est le Chabbat...
C'est pourquoi, dans la sanctification du jour, nous benissons: 'Qui etends sur nous la Soukkah de paix...' Au moment ou Israel benit et invite cette Soukkah de paix, l'hote sacre, et dit: 'Qui etends la Soukkah de paix', alors une saintete supreme descend, etend ses ailes sur Israel et les couvre comme une mere ses enfants. Toutes les especes mauvaises sont retirees du monde, et Israel demeure sous la saintete de leur Maitre.
Alors cette Soukkah de paix donne des ames nouvelles a ses enfants. Pourquoi?
Parce que les ames y resident et en sortent; et lorsqu'elle repose et etend ses ailes sur ses enfants, elle deverse des ames nouvelles sur chacun..." Et dans le saint Zohar (Pinhas 258b): "Au septieme mois...", le jour de Roch ha-Chanah, etc. Il est ecrit: "vous ferez un holocauste"; il aurait fallu dire: "vous offrirez".
Mais, ce jour-la, il est ecrit: "Fais-moi des mets delicats" (Genese 27,4). Combien de mets delicats et de plats Israel prepare-t-il en ces jours, tandis que l'accusateur va examiner les fautes du monde...
Yaakov s'eveille d'en bas, revetu de prieres et de supplications... Quand cet accusateur s'en va avec ce present et se separe d'eux, le Saint beni soit-Il desire se rejouir avec Ses enfants.
Qu'est-il ecrit? "Yaakov partit pour Soukkot et il se batit une maison; c'est pourquoi il appela ce lieu Soukkot...".
Lorsqu'ils resident dans les soukkot, ils sont sauves de l'accusateur..."
De tous les événements des Pères, le Saint béni soit-Il tisse un ordre de conduite dans le monde. Le Sod Yecharim enseigne que Yaakov reçoit d'Its'hak les bénédictions à Roch Hachana, au temps de bakéseh, en secret, alors qu'Its'hak veut bénir Ésaü. D.ieu montre qu'Ésaü se fie à sa racine sans désirer le service, et que Yaakov, sans s'appuyer sur sa racine, y reste relié par un point caché. Ces bénédictions s'achèvent à Soukkot : il rapporte de son père que Yaakov nomme le lieu Soukkot et non Maison, car sa permanence est l'air du monde. L'éclairage de la soukka clarifie que les bénédictions lui appartiennent selon la stricte justice depuis la racine.
Aussi : à Yom Kippour, Israël abandonne les vêtements pour le lieu dépouillé ; Chabbat appelé soukka de paix ; la sortie vers la soukka avec les quatre espèces clarifie que le service du Saint des saints est fixé dans le cœur d'Israël
באור הענין כי מכל המאורעות שעברו על אבותינו הקדושים ארג השי"ת מהם סדר הנהגה בעולם שנה נפש. בכלל ובפרט.
ולזה אמרו ז"ל (ברכות ט"ז) אין קורין אבות אלא לשלשה וכו' ונקראו בגמ' (ר"ה י"א) איתני עולם לישנא דתקיפא. כי אי אפשר עוד בשום דור שאחריהם שיהיו כ"כ עבודות חזקות בבהירות עצום כמו שהיה אצלם ועיקר עסק עבודה היה גבי אבות בהדעה.
ומעט מזער הביטו על התגלות הפעולה כדכתיב גבי אברהם הלוך ונסוע הנגבה. וכן היה גבי יצחק ויעקב.
והנה בר"ה קיבל יעקב אבינו את הברכות מיצחק אבינו בזמן כזה הנקרא בכסה וזה מורה שהיה מקבל את הברכות מאוד בסוד ובהצנע שהיה מכוסה גם מיצחק אבינו כענין שנאמר הלא אח עשו ליעקב היינו שלא היה ניכר עדיין שום חילוק והבדל ביניהם בכל זאת ואוהב את יעקב ואת עשו שנאתי. אולם בדעתו של יצחק היה לברך את עשו כדכתיב ויאהב יצחק את עשו וגו' כי חשב בדעתו מאחר שאין זאת יתכן כלל שיבחר אדם א"ע בתכלית השלימות בלתי עזר השי"ת לזה היה חפץ יותר לברך את עשו שנקרא בנו הגדול כמבואר (בזוה"ק תשא קפח) שנקרא גדול בשביל שכל השבעים אומות נכללים בו ויעקב נקרא קטן כדכתיב מי יקום יעקב כי קטן הוא ומאחר שראה גודל כחו של עשו סבר לברכו כי כאשר יברר השי"ת אותו לטוב אזי יהיה גודל מעלתו גבוה מאוד וכמבואר בזוה"ק (תולדות קלז:) כל זינא אזיל לזינא וכו' אכן הראה לו השי"ת כיון שעשו בוטח כ"כ על מעלת גודל שרשו לבל יחפוץ בעבודה ע"כ יתברר אשר באמת הוא מחוסר גם מהשורש.
משא"כ יעקב שמכניס עצמו לכל עבודות ואינו סומך כלל על התקיפות משרשו יתברר שיש בו תמיד נקודה טמורה בעומק לבבו שמקושרת תמיד בהשורש אף שלא מדעתו. ולזה הוא המצוה תמיד בכל שנה בזמן הכסה לתקוע בשופר קול פשוט להורות שמעיד השי"ת על עומק לבבם של ישראל שמקושר תמיד בשורש רצונו הפשוט ית'.
וכן נמי כמו שמצינו גבי יעקב אבינו שנאמר עליו והוא עבר לפניהם וישתחו ארצה שבע פעמים עד גשתו וגו' ככה הוא גבי ישראל בכל שנה ביוה"כ כדאיתא בזוה"ק (תצוה קפה.) ונתן אהרן על שני השעירים גורלות גורל אחד לה' וגורל אחד לעזאזל דא איהו ההוא חדוה דההוא דלטורא בגין דקב"ה יטיל עמיה גורל וכו' היינו כי יוה"כ הוא כדאי' בזוה"ק (אמור קב:) בכל אתר בעשור דמטרוניתא הוא וזה רומז על התלבשות הרצון ית' בלבושים וזה הוא חדוה של עשו כי אמר מאחר שהרצון ית' הציב לבושים בעולם א"כ יכולין להתפשט כפי חפץ לבו בכל הלבושים כי בטח חישב אותם השי"ת מריש כל דרגין עד סוף דרגא האחרונה לבלתי יפסיד האדם בהם בכל התפשטות תאות לבבו. ולעומת זה מתיצבים ישראל אז בגודל עבודה ומסירים ועוזבים מעצמם כל הלבושים וכל עבודתם הוא לאתר דלא אתיידע המשולל לבושים והכה"ג נכנס בעבודתו לפני ולפנים למקום כזה שהוא משולל לגמרי אפילו מלבוש התפלה כי אם רצון הבהיר שכל תפלתו של כה"ג לא היה רק בבית החיצון וכל הכנת הכה"ג על עבודה מלפני ולפנים היה הכל רק בבית החיצון אבל בלפני ולפנים אין עוד מקום כלל לשום הכנה ותפלה כי שם האור עצמית הרצון העליון הבהיר ית' המשולל התלבשות.
והנה הגמר מן אותן הברכות שקיבל יעקב אבינו מיצחק בר"ה בזמן הכסה נגמרו בשלימות בחג הסכות וזהו דאיתא (שם) בזוה"ק ביומא דר"ה נפיק יצחק בלחודוי וקרי לעשו וכו' ויעקב אתער מתתא מתלבש בצלותין וכו' בעי קב"ה למחדי בבנוי מה כתיב ויעקב נסע סכותה ויבן לו בית ולמקנהו עשה סכות על כן קרא שם המקום סכות וכמו שביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה מדוע לא קרא שם המקום בית על שם ביתו שבנה רק שקרא סכות על שם מקנהו משום שביתו הוא כענין מאמרם ז"ל (ברכות ח') בני לן ביתא באוירא דעלמא והוא כענין דאיתא בזוה"ק (ויקרא יב.) שאל ר' ייסא סבא לר' אלעאי אמר הא שאר עמין יהב לון קב"ה לרברבן ממנין ושלטין. ישראל באן אתר יהב לון שלח ליה ויתן אותם אלהים ברקיע השמים, היינו שעיקר מקומם של ישראל הוא למעלה מתפיסת זה העולם במקום העליון הנקרא רקיע שמים וענין רקיע השמים מבואר בזוה"ק (ויגש רז) כונן שמים בתבונה מאי כונן אלא כונן כל יומא ויומא ולא פסיק וכו' היינו שישראל אינם משוקעים בשום מדה לאחוז אותה בקביעות כי אם כפי מה שהרצון ית' מנהיר להם כך הם נמשכין אחריו בכל יום ובכל רגע וזה היה כוונת יעקב אבינו שקרא שם סכות ולא בית כי בית מורה על קביעות ועיקר הקביעות של יעקב הוא אוירא דעלמא כלומר כפי מה שמנהיר השי"ת את רצונו כך הוא נמשך אחריו וזאת היא בחינת סוכה שמורה על שלילת קביעות ובאמת מהיכן יכולין ישראל כ"כ להתמשך אחריו ית' ולישב בסכות משום שעיקר ביתם הוא רקיע השמים ואוירא דעלמא היינו שעיקר קביעתם הוא בהשורש וזהו ויבן לו בית היינו משום שבנה לו ביתא באוירא דעלמא לכך יכול אח"כ להיות בסוכה ולזה כשהגיע יעקב אבינו להארת בחינת סוכה אזי היו מוכרחים כל מערכת הבריאה להסכים על הברכות כי נתברר למפרע שמגיע לו כל הברכות בשורת הדין ויש להם שייכות אליו עוד מהשורש נמצא שבהחרת סוכה נגמרו אצלו הברכות בשלימות הגמור.
וזה הענין היה נמי אצל ישראל בכלל. כי מתחלה בעת שהיה במצרים אז היה בחינת בכסה כי אז היה מכוסה עדיין לגמרי ההתקשרות שיש לישראל בהשורש וכל החיבור היה בסוד והצנע מאד כי על הגוון לא היה ניכר כלל שום חילוק והבדל בין ישראל לעכו"ם כמו שהיה באמת אז קטרוג הללו עובדי ע"ז והללו וכו' אלא שהעיד השי"ת על עומק לבבם של ישראל שהוא מקושר תמיד בשורש רצונו ית' כדכתיב בהוציאך את העם ממצרים תעבדון את האלהים על ההר הזה היינו שאח"כ יתברר למפרע החיבור שיש לישראל בהשורש יתברך ולזה אחר שיצאו ישראל ממצרים נאמר ויסעו בני ישראל מרעמסס סכותה וגו' היינו להראות בזה שמגיע להם זה החירות בשורת הדין עוד מהשורש וכן הוא בכל שנה הגמר מהברכות שיהיו נקבעים גבי ישראל בשלימות זאת נגמר בחג הסוכות.
וכן לעתיד יהיה נמי הבירור האחרון סכות כדאיתא בגמ' (ע"ז ג') שכל החילוק וההבדל בין ישראל לעמים יתברר לעתיד מפורש ע"י מצות סוכה. וזהו דאיתא בזוה"ק (שם) מאן סוכת שלום דא שבתא וכו' היינו שהארת סוכה הוא ממש כמו הארת שבת כי הארת שבת הוא שנכללו חזרה כל הפעולות מימי המעשה לשרשם כדכתיב ביום השביעי נתעלה וישב על כסא כבודו ומפאת זאת העליה מקבלים העכו"ם כל ההתפשטות כמו שמצינו בגמ' (מגילה ט"ז) יום השביעי שבת היה שאה"ע אוכלים ושותים בו ומדברים דברי תפלות וכו' משמע מזה שטבע אותו היום קא גרים להעכו"ם זה ההסתר וכמאמרם ז"ל יומא קא גרים היינו מזה שנתעלה וישב על כסא כבודו נתרהב בלב העכו"ם גודל התפשטות כי נדמה להם שעזב ה' את הארץ ח"ו לזה המה אוכלים ושותים בו ומדברים דברי תפלות.
אבל ישראל אוכלים ושותים בו ואומרים שירות ותשבחות כי מכירין היטב מזה שנתעלה וישב על כסא כבודו שמתברכין בו יומין עלאין ולא עזב ה' את הארץ ח"ו אף שכל הפעולות נכללים בחזרה לשרשם העליון. נתעלו ישראל ג"כ להתכלל בשרשם העליון ית' לשבות מכל הפעולות.
ולזה אומרים בו שירות ותשבחות כי מאותה הארה בעצמה שהעכו"ם מקבלים הסתר להתפשט תאות לבבם. מקבלים ישראל בהירות הארה ביתר שאת להיות נמשך אחר רצונו ית' לזה נקרא שבת סוכת שלום כי שבת וסכות הם שניהם ענין אחד כמו שמקבלים ישראל מהארת סוכה הכרה מפורשת שאין בעולם שום שלימות בלעדי רצונו ית' כך מקבלים ישראל מהארת שבת נמי שאין בעולם שום שלימות בלעדי רצונו ית' כי מכירין שגם כל פעולתם בימי המעשה הוא רק משום שמנהיר אז הרצון ית' שחפץ בפעולת אדם לזה נכללים המה בזה הרצון ומוכנים שפיר ליפעל.
וכשמגיע שבת מאור הרצון לשבות מפעולות נכללים ישראל נמי בזה הרצון ת' ושובתים מפעולות. ועל זה מסיק שם הזוה"ק וכדין דא סוכת שלום יהיב נשמתין חדתין וכו' היינו שזאת ההכרה הוא עיקר הכלי קיבול לקבל על ידה מהשי"ת כל מיני השפעות טובות.
וכמו שסוכה מורה על ההכרה בהגנתו ית' שמגין ומחסה תמיד על ישראל וכמו שאמר אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה החילוק בין בית לסוכה כי בית רומז על שלילת הכרה אף שמגין על האדם מזרם וממטר מ"מ אינו מרגיש היושב בבית אותה הגנה כי עובי התקרה מסתיר בעדו שלא יהיה מכיר מה שבחוץ משא"כ סוכה רומז על ההכרה מפורשת שהיושב בתוכה מכיר הגנתה כי מרגיש שפיר איך שהסוכה מגינה עליו מזרם ומטר שמבחוץ כדכתיב וסוכה תהיה לצל יומם למחסה ולמסתור מזרם וממטר ולעתיד יהיה נקרא זאת ההגנה חופה כדכתיב על כל כבוד חופה וגו' ובזה העולם צריכין לבחינת סוכה שיכיר האדם היטב שבלתי הגנתו ית' הוא מחוסר כל. וככה הוא הענין מהכרת שבת שהאדם מבטל בו כל כח פעולותיו וכל הוייתו הוא אז רק בשב ואל תעשה כי מכיר בשבת היטב למאיך גרמי' למשרי עליה גאותא דקב"ה ואחר שמכיר היטב להיות נזהר בכל הלא תעשה של שבת בשלימות אזי משיג קנין בהארת שבת בבחינת קום ועשה של ביום השביעי תשבות שהוא מצות עשה וזה הקנין נקרא סוכת שלום.
וכמו הכוונה הנאמר על סכות למען ידעו דורותיכם וגו' ועל זאת הכוונה מסובבים כל הטעמים שאמרו ז"ל בגמ' עד עשרים אמה אדם יודע וכו' היינו שיהיה גבי האדם כדכתיב לדעת כי אני ה' מקדשכם ולא שילך בלא דעת ככה הוא הכוונה משבת לדעת כי אני ה' מקדשכם כמבואר בזוה"ק שבת עלאה ושבת תתאה. שבת עלאה רומז על האור שהוא מצד השי"ת, ושבת תתאה רומז על הכנת האדם שמכין עצמו להכיר בתפיסת דעתו את האור של שבת עלאה כי ע"י ששובת האדם בשבת תתאה יהיה מנחיל לו השי"ת שבת עלאה.
אכן במה נחשב כל הכנת אדם נגד זה האור הנעלה משבת עלאה שהוא מצד השי"ת. אמנם עיקר המכוון מאותה הכנה הנקרא שבת תתאה הוא רק כדי שיהיה אצל האדם לדעת כי אני ה' מקדשכם וכפי ההכנה שמכין אדם א"ע שיהיה בו לדעת כי אני ה' מקדשכם כך ינחיל לו השי"ת חלק וקנין בשבת עלאה וזהו דאיתא שם מאן סוכת שלום דא שבתא וכו' וכיון דשריא ופריסת גדפהא על בנהא אריקת נשמתין חדתין לכל חד וחד וכו':
Explication de la chose : de tous les evenements qui passerent sur nos saints Peres, le Saint beni soit-Il tissa un ordre de conduite dans le monde, annee, ame, en general et en particulier. C'est pourquoi nos sages, de memoire benie, ont dit (Berakhot 16) : On n'appelle Peres que les trois, etc.
Et ils sont appeles dans la Guemara (Roch Hashanah 11) les puissants du monde, langage de force. Car il est impossible que, dans aucune generation apres eux, il y ait des travaux de service aussi puissants, dans une clarte si immense, que chez eux.
L'essentiel de l'occupation du service chez les Peres etait dans la connaissance, et ils ne portaient qu'un tres petit regard sur la revelation de l'acte, ainsi qu'il est ecrit au sujet d'Abraham : il allait, se deplacant vers le Negev (Genese 12,9). De meme chez Its'hak et Yaakov.
Or, a Roch Hashanah, Yaakov notre pere recut les benedictions d'Its'hak notre pere, a un temps nomme bakeseh (au couvert) ; cela montre qu'il recevait les benedictions tres secretement et avec discretion, de sorte que cela etait cache meme a Its'hak notre pere, selon ce qui est dit : Esau est-il donc frere de Yaakov ? C'est-a-dire qu'alors aucune distinction ni difference entre eux n'etait encore reconnaissable.
Et pourtant : J'aime Yaakov et Je hais Esau (Malachie 1,2-3). Mais l'intention d'Its'hak etait de benir Esau, comme il est ecrit : Its'hak aima Esau, etc.
(Genese 25,28). Car il pensa : puisqu'il n'est absolument pas possible qu'un homme se choisisse lui-meme pour la perfection ultime sans l'aide du Saint beni soit-Il, il desirait davantage benir Esau, appele son fils aine, comme il est explique dans le Zohar saint (Tissa 188), qu'il est appele grand parce que les soixante-dix nations sont incluses en lui.
Yaakov est appele petit, comme il est ecrit : Comment Yaakov subsisterait-il, lui qui est petit ? (Amos 7,5) Et puisqu'il voyait la grandeur de la force d'Esau, il pensa le benir, car si le Saint beni soit-Il le clarifiait pour le bien, la grandeur de son degre serait alors tres elevee.
Ainsi qu'il est explique dans le Zohar saint (Toledot 137b) : Chaque espece va vers son espece, etc. Mais le Saint beni soit-Il lui montra que, puisque Esau se fie tant a la grandeur de la dignite de sa racine, au point de ne pas desirer le service, il sera clarifie qu'en verite il manque meme de la racine.
Il n'en est pas ainsi de Yaakov, qui s'introduit dans tous les travaux de service et ne s'appuie nullement sur la force de sa racine : il sera clarifie qu'il y a toujours en lui un point cache au profond de son cœur, toujours relie a la racine, meme a son insu. C'est pourquoi il est ordonne chaque annee, au temps de bakeseh, de sonner du chofar d'un son simple, pour indiquer que le Saint beni soit-Il temoigne du profond cœur d'Israel, qui est toujours relie a la racine de Sa volonte simple, beni soit-Il.
De meme, comme nous le trouvons au sujet de Yaakov notre pere, dont il est dit : Il passa devant eux et se prosterna a terre sept fois, jusqu'a ce qu'il se fut approche, etc. (Genese 33,3), ainsi en est-il d'Israel chaque annee a Yom Kippour, comme il est rapporte dans le Zohar saint (Tetsaveh 185a) : Aaron mettra sur les deux boucs des sorts, un sort pour ה' et un sort pour Azazel (Levitique 16,8).
C'est la joie de cet accusateur, parce que le Saint beni soit-Il jettera un sort avec lui, etc. Car Yom Kippour est, comme il est rapporte dans le Zohar saint (Emor 102b), en tout lieu le dixieme est celui de la Matrone.
Cela fait allusion a l'habillement de la volonte divine dans des vetements. Et c'est la joie d'Esau : il dit que, puisque la volonte divine a place des vetements dans le monde, il est donc possible de se repandre selon le desir de son cœur dans tous les vetements ; car il a certainement pense que le Saint beni soit-Il les a calcules depuis le commencement de tous les degres jusqu'au dernier degre, afin que l'homme ne perde rien en eux dans tout etalement du desir de son cœur.
En face de cela, Israel se tient alors dans un grand travail et retire, et abandonne de lui-meme, tous les vetements ; tout son service est vers le lieu qui n'est pas connu, depouille de vetements. Le grand pretre entre dans son service au Saint des saints, en un tel lieu qui est entierement depouille, meme du vetement de la priere ; il n'y a que la volonte limpide.
Car toute la priere du grand pretre n'etait que dans la maison exterieure, et toute sa preparation pour le service au Saint des saints etait seulement dans la maison exterieure. Mais au Saint des saints, il n'y a plus aucune place pour quelque preparation ni priere, car s'y trouve la lumiere essentielle de la volonte superieure limpide, benie soit-Elle, depouillee de tout habillement.
Or, l'achevement de ces benedictions que Yaakov notre pere recut d'Its'hak a Roch Hashanah, au temps de bakeseh, s'acheva dans sa perfection a la fete de Soukkot. C'est ce qui est rapporte la-bas dans le Zohar saint : Au jour de Roch Hashanah, Its'hak sort seul et appelle Esau, etc. ; et Yaakov s'eveille d'en bas, revetu de prieres, etc.
Le Saint beni soit-Il veut se rejouir de Ses fils. Qu'est-il ecrit ?
Yaakov se rendit a Soukkot, et il se batit une maison ; et pour son betail il fit des soukkot. C'est pourquoi il appela ce lieu Soukkot (Genese 33,17).
Mon pere et maitre, le saint genie, de memoire benie, expliqua pourquoi il n'appela pas le lieu Maison, d'apres la maison qu'il avait batie, mais l'appela Soukkot d'apres son betail. Car sa maison correspond a la parole de nos sages, de memoire benie (Berakhot 8) : Batissons-nous une maison dans l'air du monde.
Cela correspond aussi a ce qui est rapporte dans le Zohar saint (Vayikra 12a) : Rabbi Yissa le Sage demanda a Rabbi Elai : Voici que les autres peuples, le Saint beni soit-Il les a donnes a de grands preposes et gouvernants. Israel, en quel lieu les a-t-Il donnes ?
Il lui repondit : Et Elokim les placa dans le firmament des cieux (Genese 1,17). C'est-a-dire que le lieu essentiel d'Israel est au-dessus de la saisie de ce monde, dans le lieu superieur appele le firmament des cieux.
La chose du firmament des cieux est expliquee dans le Zohar saint (Vayigash 207) : Il etablit les cieux avec intelligence (Proverbes 3,19). Que signifie : Il etablit ?
Il les etablit chaque jour, et cela ne cesse pas, etc. C'est-a-dire qu'Israel n'est fixe dans aucune mesure pour s'y attacher de maniere permanente ; seulement, selon que la volonte divine les eclaire, ainsi ils sont attires apres elle chaque jour et a chaque instant.
Telle etait l'intention de Yaakov notre pere en nommant le lieu Soukkot et non Maison, car une maison indique la permanence, et la permanence essentielle de Yaakov est l'air du monde, c'est-a-dire : selon que le Saint beni soit-Il eclaire Sa volonte, ainsi Yaakov est attire apres elle. Et telle est la qualite de la soukka, qui indique l'absence de permanence.
Mais, en verite, d'ou Israel peut-il etre tant attire apres Lui, beni soit-Il, et habiter dans des soukkot ? C'est parce que leur maison essentielle est le firmament des cieux et l'air du monde, c'est-a-dire que leur permanence essentielle est dans la racine.
Tel est : Il se batit une maison ; puisqu'il se batit une maison dans l'air du monde, il peut ensuite etre dans une soukka. C'est pourquoi, lorsque Yaakov notre pere parvint a l'eclairage de la qualite de soukka, tout l'ordre de la creation dut consentir aux benedictions : il fut clarifie retroactivement que toutes les benedictions lui appartenaient selon la stricte justice et qu'elles avaient rapport a lui depuis la racine.
Il se trouve que, dans l'eclairage de la soukka, les benedictions s'acheverent chez lui dans la perfection complete. Il en fut de meme pour Israel dans sa generalite.
Au commencement, quand il etait en Egypte, il etait dans la qualite de bakeseh, car alors le lien d'Israel a la racine etait encore completement cache ; toute l'union etait tres secrete et discrete, car en apparence aucune distinction ni difference n'etait du tout reconnaissable entre Israel et les nations idolatres, comme il y eut alors l'accusation : les uns servent l'idolatrie, et les autres, etc. Seulement, le Saint beni soit-Il temoigna du profond cœur d'Israel, qui est toujours relie a la racine de Sa volonte, beni soit-Il, comme il est ecrit : Lorsque tu feras sortir le peuple d'Egypte, vous servirez Elokim sur cette montagne (Exode 3,12).
C'est-a-dire qu'ensuite sera clarifie retroactivement le lien d'Israel a la racine, beni soit-Il. C'est pourquoi, apres que les enfants d'Israel furent sortis d'Egypte, il est dit : Les enfants d'Israel partirent de Ramses vers Soukkot, etc.
Cela indique que cette liberte leur appartient selon la stricte justice des la racine. Ainsi en est-il chaque annee : l'achevement des benedictions qui doivent etre fixees parfaitement chez Israel s'acheve a la fete de Soukkot.
Ainsi, dans l'avenir aussi, la derniere clarification sera Soukkot, comme il est rapporte dans la Guemara (Avoda Zara 3a) : toute la distinction et difference entre Israel et les peuples sera clarifiee explicitement dans l'avenir par la mitsva de la soukka. C'est ce qui est rapporte dans le Zohar saint la-bas : Quelle est la soukka de paix ?
C'est le Chabbat, etc. Cela signifie que l'eclairage de la soukka est veritablement semblable a l'eclairage du Chabbat.
L'eclairage du Chabbat est que tous les actes des jours ouvrables retournent et sont inclus dans leur racine, comme il est ecrit : Le septieme jour, Il monta et s'assit sur le trone de Sa gloire. Et a cause de cette elevation, les nations idolatres recoivent toute la possibilite de se repandre, comme nous le trouvons dans la Guemara (Meguila 16a) : Le septieme jour etait Chabbat, car les peuples de la terre y mangent, boivent et prononcent des paroles futiles, etc.
Il ressort de cela que la nature de ce jour cause aux nations idolatres cette occultation, selon la parole de nos sages, de memoire benie : le jour cause cela. C'est-a-dire que, du fait qu'Il monta et s'assit sur le trone de Sa gloire, la grandeur du relachement se renforce dans le cœur des nations idolatres, car il leur semble que ה' a abandonne la terre, a Dieu ne plaise ; c'est pourquoi elles y mangent, boivent et prononcent des paroles futiles.
Mais Israel y mange et boit, et dit chants et louanges, car il reconnait bien que, de ce qu'Il monta et s'assit sur le trone de Sa gloire, les jours superieurs sont benis, et que ה' n'a pas abandonne la terre, a Dieu ne plaise. Bien que tous les actes retournent pour etre inclus dans leur racine superieure, Israel monte lui aussi pour etre inclus dans sa racine superieure, benie soit-Elle, et cesse tout acte.
C'est pourquoi il dit chants et louanges ; car de ce meme eclairage dont les nations idolatres recoivent une occultation pour etaler le desir de leur cœur, Israel recoit une clarte d'eclairage plus intense pour etre attire apres Sa volonte, beni soit-Il. C'est pourquoi le Chabbat est appele soukka de paix : Chabbat et Soukkot sont une seule chose.
De meme qu'Israel recoit de l'eclairage de la soukka une reconnaissance explicite qu'il n'y a dans le monde aucune perfection hors de Sa volonte, beni soit-Il, ainsi Israel recoit aussi de l'eclairage du Chabbat qu'il n'y a dans le monde aucune perfection hors de Sa volonte, beni soit-Il. Car il reconnait que tous ses actes des jours ouvrables ne sont que parce qu'alors la volonte divine eclaire qu'Elle desire l'acte de l'homme ; c'est pourquoi il est inclus dans cette volonte et se tient pret a agir.
Et lorsque arrive Chabbat, lumiere de la volonte de cesser les actes, Israel est inclus lui aussi dans cette volonte, beni soit-Elle, et cesse les actes. A ce sujet, le Zohar saint conclut la-bas : Alors cette soukka de paix donne de nouvelles ames, etc.
Cela signifie que cette reconnaissance est le receptacle essentiel pour recevoir par elle du Saint beni soit-Il toutes sortes de bonnes influences. De meme que la soukka indique la reconnaissance de Sa protection, beni soit-Il, qui defend et abrite toujours Israel, mon pere et maitre, le saint genie, de memoire benie, disait que la difference entre maison et soukka est celle-ci : une maison fait allusion a l'absence de reconnaissance.
Bien qu'elle protege l'homme du torrent et de la pluie, celui qui est assis dans la maison ne ressent pas cette protection, car l'epaisseur du plafond le dissimule et l'empeche de reconnaitre ce qui est dehors. Il n'en est pas ainsi de la soukka, qui fait allusion a une reconnaissance explicite : celui qui y est assis reconnait sa protection, car il sent bien comment la soukka le protege du torrent et de la pluie exterieure, comme il est ecrit : Une soukka sera une ombre le jour, un refuge et un abri contre le torrent et la pluie (Isaie 4,6).
Dans l'avenir, cette protection sera appelee houppa (dais nuptial), comme il est ecrit : Sur toute gloire sera une houppa, etc. Mais dans ce monde, il faut la qualite de soukka, afin que l'homme reconnaisse bien que, sans Sa protection, beni soit-Il, il manque de tout.
Ainsi en est-il de la reconnaissance du Chabbat : l'homme y annule toute la force de ses actes, et tout son etre est alors seulement dans le fait de s'abstenir d'agir, car il reconnait bien, le Chabbat, ce qui cause que la fierte du Saint beni soit-Il repose sur lui. Apres qu'il reconnait bien qu'il faut observer parfaitement toutes les interdictions du Chabbat, il acquiert une possession dans l'eclairage du Chabbat, dans la qualite de l'action positive de : Le septieme jour tu cesseras (Exode 34,21), qui est un commandement positif.
Cette possession est appelee soukka de paix. Elle est semblable a l'intention exprimee au sujet de Soukkot : Afin que vos generations sachent, etc.
(Levitique 23,43) Et autour de cette intention tournent toutes les raisons dites par nos sages, de memoire benie, dans la Guemara : Jusqu'a vingt coudees, l'homme sait, etc. C'est-a-dire qu'il y ait chez l'homme ce qui est ecrit : Afin que vous sachiez que Je suis ה' qui vous sanctifie, et qu'il n'aille pas sans connaissance.
Ainsi est l'intention du Chabbat : Afin que vous sachiez que Je suis ה' qui vous sanctifie. Comme il est explique dans le Zohar saint : Chabbat superieur et Chabbat inferieur.
Le Chabbat superieur fait allusion a la lumiere qui vient du cote du Saint beni soit-Il ; le Chabbat inferieur fait allusion a la preparation de l'homme, qui se prepare a reconnaitre, dans la saisie de sa connaissance, la lumiere du Chabbat superieur. Car, par le repos de l'homme dans le Chabbat inferieur, le Saint beni soit-Il lui donnera en heritage le Chabbat superieur.
Mais que vaut toute preparation de l'homme face a cette lumiere elevee du Chabbat superieur, qui vient du cote du Saint beni soit-Il ? Toutefois, l'intention essentielle de cette preparation appelee Chabbat inferieur est seulement qu'il y ait chez l'homme : Afin que vous sachiez que Je suis ה' qui vous sanctifie.
Et selon la preparation par laquelle l'homme se prepare lui-meme afin qu'il y ait en lui : Afin que vous sachiez que Je suis ה' qui vous sanctifie, ainsi le Saint beni soit-Il lui donnera en heritage une part et une possession dans le Chabbat superieur. Tel est ce qui est rapporte la-bas : Quelle est la soukka de paix ?
C'est le Chabbat, etc. Et quand elle repose et etend ses ailes sur ses fils, elle deverse de nouvelles ames sur chacun, etc.
איתא בירושלמי אם נתחייבתי גלות יהיה נחשב יציאתי מבית לסוכה כמו גלות. וביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה שהזכיה בגורל שהיה ביוה"כ נחשב כמו ההורג נפש בשגגה שנצרך לגלות לברר א"ע בזה וכענין מאמרם ז"ל על הפסוק כי יפול הנופל ממנו שראוי היה ליפול היינו אף שהיה ראוי ליפול מ"מ מדוע תהיה אתה החייב לגלגל החוב על ידך וכן היה ברורי הגלות אף שהיה ראוי למות מ"מ צריך זה השוגג לגודל ברורין והכה"ג היה צריך להתפלל בעד זה השוגג שיצא מב"ד זכאי כדאיתא (מכות פ' ב') ולכך היה יוצא מערי מקלט במיתת כה"ג כי ע"י גלות של ערי מקלט ומיתת הכה"ג נתברר שזה השוגג היה מברר א"ע בעבודתו כ"כ שזאת השגגה שהיה אצלו היתה ממקום העליון כ"כ שגבוה הרבה יותר מהישוב הדעת של עבודת הכה"ג שמבואר במקומו (בכתבים ואתחנן) והיציאה לסוכה הוא ג"כ בירור כזה כי בזה שישראל נכנסים עם הארבעה מיניס לסוכה נתברר כמבואר במדרש מי שיצא ובידו אגן זה נצח היינו שנתברר שכל עבודת כה"ג בלפני ולפנים נקבע בלבבם של ישראל ומזה הרצון העליון השוכן בלפני ולפנים שהוא נקרא אתר דלא אתיידע משם היה נמשך זכיות ישראל בהגורל:
Il est rapporte dans le Yeroushalmi : Si je suis passible de l'exil, que ma sortie de la maison vers la soukka soit consideree comme l'exil. Mon pere et maitre, le saint genie, de memoire benie, expliqua que le fait de meriter au sort qui avait lieu a Yom Kippour est considere comme celui qui tue une personne par inadvertance et qui doit aller en exil pour se clarifier lui-meme par cela.
Cela correspond a la parole de nos sages, de memoire benie, sur le verset : Car tombera le tombant de lui (Deuteronome 22,8) : il etait digne de tomber. C'est-a-dire que, meme s'il etait digne de tomber, pourquoi serais-tu celui qui doit faire rouler la dette par ton entremise ?
Ainsi etait la clarification de l'exil : bien qu'il fut digne de mourir, cet homme qui avait agi par inadvertance avait besoin de grandes clarifications. Le grand pretre devait prier pour cet homme qui avait agi par inadvertance, afin qu'il sorte acquitte du tribunal, comme il est rapporte (Makkot, chapitre 2).
C'est pourquoi il sortait des villes de refuge a la mort du grand pretre : par l'exil dans les villes de refuge et par la mort du grand pretre, il etait clarifie que cet homme qui avait agi par inadvertance s'etait tant clarifie lui-meme dans son service que cette inadvertance qui etait chez lui venait d'un lieu si superieur qu'il etait beaucoup plus haut que le jugement reflechi du service du grand pretre, comme il est explique en son lieu (dans les Ecrits, Vaethanan). La sortie vers la soukka est aussi une telle clarification.
Car en ce qu'Israel entre dans la soukka avec les quatre minim (especes rituelles), il est clarifie, comme il est explique dans le Midrach : Celui qui est sorti avec une aiguiere en main, celui-la a vaincu. C'est-a-dire qu'il est clarifie que tout le service du grand pretre au Saint des saints est fixe dans le cœur d'Israel ; et de cette volonte superieure qui demeure au Saint des saints, appelee le lieu qui n'est pas connu, les merites d'Israel etaient attires dans le sort.
La Guemara (Soukka 7a) rapporte au nom de Rava : puisque c'est une cloison pour la soukka, c'est une cloison pour Chabbat. Selon le Sod Yecharim, Chabbat et soukka sont une seule affaire. La sainteté de Chabbat fait allusion à une sainteté fixe et permanente qu'Israël possède dès la racine : ils sont montés dans la pensée et appelés fils du Lieu. La soukka est l'éclaircissement de cela par le service : du fait qu'Israël peut s'éclaircir et se laisser entraîner après Son vouloir dans tous les changements de vêtements, il est prouvé qu'ils sont fils dès la racine. Ainsi la soukka éclaircit Chabbat, et Chabbat éclaircit la soukka.
Aussi : la louange d'Adam haRichon expulsé du jardin d'Éden, que Chabbat protégea ; les six attributs qui s'incluent le Chabbat ; l'héritage de Yaakov sans limites.
איתא בגמ' (סוכה דף ז') אמר רבא וכן לשבת מגו דהוי דופן לענין סוכה הוי דופן לענין שבת וכו' השתא מקילתא לחמירתא אמרינן מחמירתא לקילתא לא כל שכן וכו'. הגם שלפי הנראה אין שייכות להדדי כי מחיצת שבת דיה בצורת הפתח לחוד לסיימי מחיצתא וגבי סוכה צריכין מחיצה מעליא לחסות מזרם וממטר ואינו די בצורת הפתח לבד.
אמנם באמת שניהם הם ענין אחד כי קדושת שבת רומז על קדושה דקביע וקיימא שיש בישראל עוד מהשורש שהם עלו בו במחשבה ונקראו בנים למקום. אכן כל רצונו ית' הוא שישראל יבררו זאת בעבודתם מפני מה המה בנים למקום מהשורש וזה הבירור הוא סוכה היינו כי מזה שיש בכח ישראל לברר א"ע כ"כ ולהתמשך אחר רצונו ית' בכל התחלפות הלבושים מוכח שהמה בנים למקום מהשורש כי מי שאינו בן מהשורש אי אפשר לו כלל להתמשך כ"כ אחר רצונו ית' בכל מיני התחלפות.
הרי שסוכה הוא הבירור של שבת. וכן הוא שבת הבירור של סוכה.
וזה הוא מיגו דהוי דופן לענין סוכה הוי דופן לענין שבת. כי מזה שיכולין ישראל לכנוס לסוכה נתברר שהם מהשורש.
וכן מיגו דהוי דופן לענין שבת היינו כיון שחתם השי"ת על ישראל שהם עלו במחשבה הוי נמי דופן לענין סוכה היינו עי"ז יש נמי כח בישראל לכנוס לסוכה ולהיות נמשכים אחר רצונו יתברך בכל מיני הפכים:
Il est rapporte dans la Guemara (Soukka 7a) : Rava dit : De meme pour Chabbat : puisque c'est une cloison pour la soukka, c'est une cloison pour Chabbat, etc. A present, nous disons du plus leger au plus rigoureux ; du plus rigoureux au plus leger, a plus forte raison, etc.
Bien qu'a premiere vue ils ne soient pas lies l'un a l'autre, car, pour une cloison de Chabbat, une tsourat hapetah (forme de portail) suffit a achever la cloison, tandis que pour la soukka il faut une cloison veritable, qui abrite du soleil et de la pluie, et une tsourat hapetah seule ne suffit pas. En verite, ils sont tous deux une seule affaire.
La saintete de Chabbat fait allusion a une saintete fixe et permanente que possede Israel des la racine : ils sont montes dans la pensee et ont ete appeles fils du Lieu. Cependant, tout Son vouloir, qu'Il soit beni, est qu'Israel eclaircisse cela par son service : pourquoi sont-ils des fils du Lieu des la racine ?
Et cet eclaircissement est la soukka. Du fait qu'Israel a la force de s'eclaircir lui-meme a ce point et de se laisser entrainer apres Son vouloir, qu'Il soit beni, dans tous les changements de vetements, il est prouve qu'ils sont des fils du Lieu des la racine ; car celui qui n'est pas fils des la racine ne peut aucunement etre entraine a ce point apres Son vouloir, qu'Il soit beni, dans toutes sortes de changements.
La soukka est donc l'eclaircissement de Chabbat ; et Chabbat est l'eclaircissement de la soukka. C'est le sens de : puisque c'est une cloison pour la soukka, c'est une cloison pour Chabbat.
Car du fait qu'Israel peut entrer dans la soukka, il est eclairci qu'ils sont de la racine. Et de meme, puisque c'est une cloison pour Chabbat, c'est-a-dire puisque le Saint, beni soit-Il, a scelle qu'Israel est monte dans la pensee, c'est aussi une cloison pour la soukka : par cela meme, Israel a aussi la force d'entrer dans la soukka et d'etre entraine apres Son vouloir, qu'Il soit beni, dans toutes sortes de contraires :
מזמור שיר ליום השבת וגו'. בזוה"ק (תרומה קלח.) מזמור שיר ליום השבת תושבחתא דא אדם הראשון קאמר לה בשעתא דאתתרך מגנתא דעדן ואתא שבת ואגין עליה ואוקמוה חבריא תושבחתא דא עלמא תתאה קא משבח לגבי עלמא עלאה.
יומא דכלא ביה דאיהו כולו שבת מלכתא דשלמא דיליה ודא איהו מזמור שיר ולא (קאמר) כתיב מאן קאמר ליה כמה דאוקימנא. ליום השבת יומא עלאה שבת עלאה דא שבת ודא שבת מה בין האי להאי.
אלא שבת סתם דא שבת דמעלי שבתא. יום השבת דא שבת דלעילא וכו':
Psaume, chant pour le jour du Chabbat, etc. Dans le saint Zohar (Terouma 138a) : 'Psaume, chant pour le jour du Chabbat' est une louange qu'Adam haRishon (le premier homme) prononca lorsqu'il fut expulse du jardin d'Eden ; Chabbat vint et le protegea.
Les compagnons ont etabli que cette louange est celle par laquelle le monde inferieur loue le monde superieur : le jour dans lequel tout est contenu, qui est entierement Chabbat, reine de paix qui lui appartient. C'est pourquoi il est ecrit : 'Psaume, chant', et il n'est pas ecrit qui le prononce, comme nous l'avons etabli. 'Pour le jour du Chabbat' : le jour superieur, le Chabbat superieur.
Ceci est Chabbat et cela est Chabbat : quelle difference entre l'un et l'autre ? Le Chabbat sans precision est le Chabbat de la veille de Chabbat ; 'le jour du Chabbat' est le Chabbat d'en haut, etc. :
באור הענין כי כתיב ששת ימים עשה ה' וגו' ומבאר הזוה"ק (בראשית ל' אמור צ"ד: ובכמה דוכתי) בששת לא כתיב אלא ששת וגו' וזה מורה על הששה קצוות שעשה השי"ת והם הששה מדות שנתלבשו בזה העולם בעץ הדעת טוב ורע והתפשטו כל כך בזה ההתלבשות כענין מאמרם ז"ל משבראת עולמך נתגדלת ביותר עד שכל פרט מדה אינה מכרת שוב ליתן מקום למדה זולתה וכשהגיע שבת אזי נגמר ונכלה זאת ההתפשטות מהמדות והופיע בהם אור ההתכללות כי הארת שבת הוא כדאי' בש"ס (סנהדרין סה:) מה יום מיומים וכו' א"ל בעל אוב יוכיח קברו של אבא יוכיח וכו' היינו כי בעל אוב זה המעלה את המת בזכורו וזאת הפעולה רומזת על חוזק העקשות שנמצא בטבע הבריאה שאם יאחז את המת בזאת התשוקה שהיתה אצלו בחייו גדול מאד ביותר יכולין להתעקש באותה התשוקה ולהורידו בחזרה לזה העולם.
ועל זה אמר לו בעל אוב יוכיח שאין בכח חוזק העקשות מהטבע לפעול בשבת כלום הרי שבשבת נתבטלו כל התפשטות כח הפעולה של הבריאה וכן קברו של אבא יוכיח שאינו מעלה עשן בשבת והוא כי באמת מתהוה כל האש של גיהנם רק מפאת אותו האש בעצמו שמרתח האדם בשעת חמימות חטאו והרי בשבת שכיב האי אשא דגיהנם יען ששכב בו נמי ההתפשטות החמימות מטבע הבריאה. ומפאת זה נמי יכולין המדות שפיר להתכלל ביחד בתיקון גמור.
וזהו דאיתא שם תושבחתא דא אדם הראשון קאמר לה בשעתא דאתתרך מגנתא וכו' וגן עדן הוא כמאמרם ז"ל (פסחים נד) שבעה דברים נבראו קודם שנברא העולם וכו' גן עדן שנאמר ויטע ה' אלהים גן בעדן מקדם וכו' היינו שנטע השי"ת גן בזה הרצון הקדום שהיה לו בבריאת עולם מקדם שיהיה נקרא מלך בתחתונים וזהו בשעתא דאתתרך מגנתא דעדן כלומר שאתתרך מסבת גנתא דעדן שכל סבת חטאו היה נמשך מפאת זה הרצון הקדום ית' שיהיה נקרא מלך בתחתונים ואין מלך בלא עם לכך היה נדמה לו שקיום הוייתו הוא ח"ו מחויב המציאות. וזה היה כל ענין חטאו של אדם הראשון שקיבל הויה בפני עצמו משולל התכללות ועל זה רמזו ז"ל שנתקצר קומתו אחר החטא כי קודם החטא היה כמאמרם ז"ל (בראשית רבה) א"ה מלא כל העולם כלא בראו היינו שכל הבריאה היה נכלל בו ואז הכיר שפיר שכל הוייתו אינו נפרד עדיין מהמאמר ויפח באפיו נשמת חיים.
ואחר שהיה נדמה לו שהוא פרט בפני עצמו ונפרד מן הכלל וזה הפירוד שהיה בדמיונו היה באמת כל חטאו וזאת נקרא שנקטן ונתקצר קומתו כי השי"ת אמר לו מכל עץ הגן אכל תאכל ומעץ הדעת טוב ורע לא תאכלו וגו' היינו שתוכל שפיר לקבל כל הפרטים ובלבד שלא יהיה נתעלם על ידם את הכלל וזהו מכל עץ הגן אכל תאכל. אבל הלבוש האחרון מהפרטיס שיסתיר ויעלימו ממך לגמרי את הכלל על זה אמר מעץ הדעת טו"ר לא תאכלו כי יטריד את דעתך ותוכל לישאר ח"ו בהפרט.
כי השי"ת הציב שהכלל צריך לפרט והפרט צריך להכלל. אבל לא שיהיה נשאר האדם בהפרט לגמרי עד שלא יכיר ח"ו עוד את הכלל וישכח את כל החיבור שיש לו בהכלל.
אכן כשהגיע שבת אגין עליה וכו' היינו שהכיר בחזרה שוב ההתכללות של הפרטים בשורש הכלל אשר אף בעת ירידתם לגבול הפרטים המה נמי מחוברים בשורש הכלל בלי שום פירוד ח"ו כי כל ענין הירידה לפרטים הוא רק על דרך מאמרם ז"ל כיון דעל פי ה' יחנו וע"פ ה' יסעו כסותר על מנת לבנות במקומו דמי. וזהו דאיתא שם תושבחתא דא עלמא תתאה קא משבח לעלמא עלאה יומא דכלא ביה וכו' היינו כי מצד הארת שבת אין באמת שום פירוד מהתחלקות הפרטים של עלמא תתאה עם האחדות והתכללות של עלמא עלאה שכלא חד דכלא ביה בחיבור גמור וע"ז החיבור מורה הארת שבת.
אולם יען שהוא קדושה דקביע וקיימא רק מצד השי"ת בלתי עבודת אדם לזה אינו ניכר כ"כ מפורש הארת שבת בזה העולם מה שאין כן הארת יו"ט יען שקדושתו הוא מצד אדם דישראל מקדשי להו בעבודתם לזה ניכר ביו"ט טפי שינוי מפורש עד שנקראו החגים פני ה' שמורה על ההכרה מפורשת גם בזה העולם לזה מצינו בגמ' (שם) ששאל דוקא על שבת מה יום מיומים ולא על יו"ט. ולא עוד אלא שמפאת תפיסה הנמוכה של זה העולם יען שבשביעי נתעלה וישב על כסא כבודו לזה יומא קא גרים הרבה הסתר טפי מימי החול כמו שמצינו בגמרא (מגילה יב.) יום השביעי שבת היה וכו' וכמבואר במקומו ולכן בערב שבת שבתוך החג היה ביותר תקיעות מכל השנה כי תקיעה רומז על חיבור וכמו שרמזו ז"ל זאת בגמרא (חולין כו) כל מקום שיש תקיעה אין הבדלה ומקום שיש הבדלה אין תקיעה וכו' וזה היה כל הענין מהתקיעות של ערב שבת שבתוך החג רק להכיר החיבור מהשורש הכללי לכל חלוקי הפרטים כלומר להכיר החיבור מקדושת שבת שהוא קביע וקיימא מצדו ית' לקדושת החג דישראל מקדשי בפעולת עבודתם וע"י הכרת זה החיבור הגם דמקומו ליכא מאן דידע ליה.
בכל זאת יכולין לידע שפיר מפאת אותה הכרה איך שמלא כל הארץ כבודו. ועל אותה הכרה נאמר אם תשיב משבת רגלך וגו' והאכלתיך נחלת יעקב אביך וגו' וכמו שביארו ז"ל נחלה בלי מצרים (שבת קיח) היינו כי נחלת יעקב הוא כדכתיב האלהים הרועה אותי מעודי עד היום הזה כלומר שמשגיח עליו השם יתברך בכל הפרטים וכמו שאמר נמי האלהים אשר התהלכו אבותי לפניו והוא כמבואר בזוה"ק (קדושים פז) לפני לא נוצר אל דא יעקב היינו שאבות הקדושים עשו לפני יעקב אבינו מקום פנוי לבלתי יהיה לפניו שום מצר והסתר כלל שיהיה מעלים ח"ו ממנו את אורו יתברך וזהו אם תשיב משבת רגלך וגו' והאכלתיך נחלת יעקב אביך שהוא נחלה בלי מצרים היינו שיתבטלו כל המצרים המסתירים את האור כי על ידי הכרת שבת אין עוד הפרט של הויות זה האדם בעצמו השומר את השבת מיצר לפניו כלל כי מכיר שפיר בפרט הויתו החיבור גמור שיש לו בשורש הכללי ית' וזהו נחלה בלי מצרים:
L'explication en est que le verset dit : 'En six jours, ה' a fait...' (Exode 20,11). Le saint Zohar explique (Bereshit 30a, Emor 94a, et en plusieurs endroits) qu'il n'est pas ecrit 'six jours', mais 'six', etc.
Cela indique les six extremites que le Saint, beni soit-Il, a faites, les six attributs qui se sont revetus dans ce monde-ci dans l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Ils se sont etendus si loin dans ce vetement, selon la parole de nos maitres, de memoire benie : 'Depuis que Tu as cree Ton monde, Tu as grandi davantage', jusqu'a ce que chaque attribut particulier ne sache plus faire place a un autre attribut.
Lorsque Chabbat arriva, cette extension des attributs fut achevee et consumee, et la lumiere de leur inclusion mutuelle apparut en eux. Car l'illumination de Chabbat est celle qui est rapportee dans le Talmud (Sanhedrin 65b) : 'En quoi ce jour est-il different des autres jours ?' Il lui repondit : 'L'evocateur des morts le prouvera ; la tombe de mon pere le prouvera', etc.
L'evocateur des morts est celui qui fait monter le mort par son souvenir ; cette operation indique la force de l'obstination qui se trouve dans la nature de la creation. Si l'on retient le mort par le desir tres grand qu'il avait durant sa vie, on peut s'obstiner dans ce desir et le faire redescendre dans ce monde.
A cela il dit : l'evocateur des morts le prouvera, car la force de l'obstination de la nature ne peut rien operer le Chabbat. Ainsi, le Chabbat annule toute l'extension de la force operante de la creation.
Et la tombe de mon pere le prouvera, car elle ne fait pas monter de fumee le Chabbat. En verite, tout le feu de la Guehinom (Gehenne) ne se forme qu'a partir du feu meme qui echauffe l'homme au moment de l'ardeur de sa faute.
Or, le Chabbat, ce feu de la Guehinom repose, car l'extension de l'ardeur de la nature de la creation y repose aussi. C'est pourquoi les attributs peuvent alors s'inclure ensemble convenablement, dans un tikoun (reparation) parfait.
C'est le sens de ce qui est rapporte la-bas : 'C'est une louange qu'Adam haRishon prononca lorsqu'il fut expulse du jardin d'Eden', etc. Le jardin d'Eden est, comme nos maitres, de memoire benie, l'ont dit (Pessahim 54a), l'une des sept choses creees avant la creation du monde, etc. : le jardin d'Eden, ainsi qu'il est dit : 'ה' Elokim planta un jardin en Eden, a l'orient' (Genese 2,8), etc.
Cela signifie que le Saint, beni soit-Il, planta un jardin dans le vouloir primordial qu'Il avait, avant la creation du monde, d'etre appele Roi en bas. 'Lorsqu'il fut expulse du jardin d'Eden' signifie donc : il fut expulse a cause du jardin d'Eden, car toute la cause de sa faute procedait de ce vouloir primordial, qu'Il soit beni, d'etre appele Roi en bas ; or il n'y a pas de roi sans peuple. Il lui semblait ainsi que la subsistance de son etre etait, a Dieu ne plaise, une existence necessaire.
Telle fut toute la faute d'Adam haRishon : il recut une existence autonome, privee d'inclusion. Nos maitres, de memoire benie, y ont fait allusion en disant que sa taille diminua apres la faute ; car avant la faute, selon leur parole (Bereshit Rabba), Adam haRishon remplissait le monde entier.
Toute la creation etait alors incluse en lui, et il reconnaissait clairement que tout son etre n'etait pas encore separe de la parole : 'Il insuffla dans ses narines un souffle de vie' (Genese 2,7). Apres qu'il lui eut semble etre un particulier par lui-meme et separe de l'ensemble, cette separation qui etait dans son imagination fut en verite toute sa faute.
C'est cela qui est appele la diminution et le raccourcissement de sa taille. Car le Saint, beni soit-Il, lui dit : 'De tout arbre du jardin tu mangeras ; mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, vous ne mangerez pas...' (Genese 2,16-17).
Cela signifie : tu peux recevoir convenablement tous les particuliers, a condition que par eux l'ensemble ne te soit pas cache ; c'est le sens de : 'De tout arbre du jardin tu mangeras.' Mais du dernier vetement des particuliers, qui te cachera et te derobera entierement l'ensemble, Il dit : 'De l'arbre de la connaissance du bien et du mal, vous ne mangerez pas', car il troublera ton esprit et tu pourrais, a Dieu ne plaise, demeurer dans le particulier. Car le Saint, beni soit-Il, a pose que l'ensemble a besoin du particulier et que le particulier a besoin de l'ensemble ; mais non que l'homme demeure entierement dans le particulier, jusqu'a ne plus reconnaitre, a Dieu ne plaise, l'ensemble et oublier toute la liaison qu'il a avec l'ensemble.
Cependant, lorsque Chabbat arriva, il le protegea, etc. : il reconnut de nouveau l'inclusion des particuliers dans la racine de l'ensemble. Meme lorsqu'ils descendent dans la limite des particuliers, ils restent lies a la racine de l'ensemble, sans aucune separation, a Dieu ne plaise.
Car toute la descente vers les particuliers est seulement selon la parole de nos maitres, de memoire benie : 'Sur l'ordre de ה' ils campent et sur l'ordre de ה' ils partent' (Nombres 9,23) ; cela est considere comme demolir afin de reconstruire a sa place. C'est le sens de ce qui est rapporte la-bas : 'C'est une louange par laquelle le monde inferieur loue le monde superieur, le jour dans lequel tout est contenu', etc.
Car, du cote de l'illumination de Chabbat, il n'y a en verite aucune separation entre la division des particuliers du monde inferieur et l'unite et l'inclusion du monde superieur : tout est un, tout y est contenu dans une liaison parfaite. L'illumination de Chabbat indique cette liaison.
Toutefois, puisque c'est une saintete fixe et permanente, venant seulement du Saint, beni soit-Il, et non du service de l'homme, l'illumination de Chabbat n'est pas si explicitement reconnaissable dans ce monde. Il n'en est pas de meme de l'illumination des fetes : puisque leur saintete vient de l'homme, Israel les sanctifie par leur service ; c'est pourquoi une modification explicite est davantage reconnaissable pendant les fetes, au point que les fetes sont appelees la face de ה', ce qui indique une reconnaissance explicite meme dans ce monde.
C'est pourquoi, dans la Guemara citee, on questionna precisement au sujet du Chabbat : 'En quoi ce jour est-il different des autres jours ?', et non au sujet des fetes. Bien plus, a cause de la saisie basse de ce monde, puisque le septieme jour Il s'est eleve et a siege sur Son trone de gloire, le jour lui-meme cause un voile beaucoup plus grand que les jours profanes, comme nous trouvons dans la Guemara (Meguila 12b) : 'Le septieme jour etait Chabbat', etc., ainsi qu'il est explique a son endroit.
C'est pourquoi, le vendredi qui tombait pendant la fete, il y avait plus de sonneries que durant toute l'annee ; car la sonnerie fait allusion a la liaison, comme nos maitres, de memoire benie, l'ont indique dans la Guemara (Houlin 26a) : 'Tout lieu ou il y a sonnerie ne comporte pas de separation, et le lieu ou il y a separation ne comporte pas de sonnerie', etc. Tout le sens des sonneries du vendredi pendant la fete etait seulement de reconnaitre la liaison, depuis la racine generale, de toutes les divisions des particuliers ; c'est-a-dire de reconnaitre la liaison entre la saintete de Chabbat, fixe et permanente de Son cote, qu'Il soit beni, et la saintete de la fete, qu'Israel sanctifie par l'acte de leur service.
Par la reconnaissance de cette liaison, bien que son lieu soit celui dont nul ne sait rien, on peut neanmoins savoir clairement, par cette reconnaissance, comment 'toute la terre est pleine de Sa gloire' (Isaie 6,3). C'est de cette reconnaissance qu'il est dit : 'Si tu retiens ton pied a cause du Chabbat...' et : 'Je te ferai jouir de l'heritage de Yaakov ton pere...' (Isaie 58,13-14).
Nos maitres, de memoire benie, ont explique : un heritage sans limites (Chabbat 118a). Car l'heritage de Yaakov est, comme il est ecrit : 'L'Elokim qui me fait paitre depuis ma jeunesse jusqu'a ce jour' (Genese 48,15), c'est-a-dire que le Nom, beni soit-Il, veille sur lui dans tous les particuliers ; et il dit aussi : 'L'Elokim devant qui ont marche mes peres' (Genese 48,15).
Selon l'explication du saint Zohar (Kedoshim 87a), 'Avant Moi aucun dieu ne fut forme' (Isaie 43,10), cela est Yaakov : les saints patriarches ont fait devant Yaakov notre pere un espace libre, afin qu'il n'y ait devant lui aucune limite ni aucun voile qui lui cache, a Dieu ne plaise, Sa lumiere, qu'Il soit beni. C'est le sens de : 'Si tu retiens ton pied a cause du Chabbat...' et : 'Je te ferai jouir de l'heritage de Yaakov ton pere', qui est un heritage sans limites : toutes les limites qui cachent la lumiere seront annulees.
Car, par la reconnaissance de Chabbat, le particulier de l'etre de cet homme meme qui garde Chabbat ne constitue plus du tout une limite devant lui ; il reconnait clairement, dans le particulier de son etre, la liaison parfaite qu'il a avec la racine generale, qu'Il soit beni. C'est cela, un heritage sans limites :
ויבן לו בית וגו'. איתא בתקוני זוה"ק (תיקון סט) ויבן לו בית דא סוכה וכו'.
ובאר אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה אשר באותן הפסיעות בעצמם שהלכו האבות הקדושים פסעו אח"כ כל ישראל אחריהם וכדאי' בזוה"ק (שמות ד:) תנינן שית מאה אלף רתיכין קדישין נחתו עם יעקב למצרים וכלהו סליקו מתמן כד נפקו ישראל ממצרים כדכתיב ויסעו בני ישראל מרעמסס סכותה כשש מאות אלף וגו' ומסיק שם על זה אלין שית מאה אלף רתיכין קדישין דנחתו עם יעקב וכו' הרי שאותו התפשטות מהקדושה שירד בתחלה עם יעקב אבינו לכל ההסתרות אותו הקדושה בעצמה עלה אח"כ ביחד עם ישראל מאותן ההסתרות. נמצא אשר מזה שיכולין לעלות מכל ההסתרות נתברר שישראל הם חלק ה' ממש אשר אין שום הסתר יכול להסתיר חס ושלום בעדם:
'Il se batit une maison...', etc. Il est rapporte dans les Tikkounei haZohar (Tikoun 69) : 'Il se batit une maison', c'est la soukka, etc.
Mon pere et maitre, le saint gaon, de memoire benie, expliqua que dans les pas memes que firent les saints patriarches, tout Israel marcha ensuite apres eux. Comme il est rapporte dans le saint Zohar (Chemot 4b) : 'Nous avons appris que six cent mille chars saints descendirent avec Yaakov en Egypte, et tous remonterent de la lorsque Israel sortit d'Egypte', ainsi qu'il est ecrit : 'Les enfants d'Israel partirent de Ramses pour Soukkot, au nombre d'environ six cent mille...' (Exode 12,37).
Il conclut la-bas a ce sujet : 'Ces six cent mille chars saints qui descendirent avec Yaakov...', etc. Ainsi, cette extension de la saintete qui descendit d'abord avec Yaakov notre pere dans tous les voiles, cette saintete meme remonta ensuite avec Israel de ces voiles.
Il ressort que du fait qu'ils peuvent monter de tous les voiles, il est eclairci qu'Israel est veritablement la part de ה', et qu'aucun voile ne peut, a Dieu ne plaise, les cacher :
« Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat » : le Midrach dit que c'est le Chabbat qui l'a dit. Selon le Sod Yecharim, les actions des jours de l'œuvre reviennent le Chabbat et s'incluent dans leur racine ; cette reconnaissance est l'illumination du Chabbat dans toute âme d'Israël. Le Chabbat annule les actions : l'homme ne possède par lui-même aucune force, et il est bon de rendre grâce au Nom. Même le choix n'est que dans le vêtement inférieur de sa saisie, et la reconnaissance elle-même vient du Nom : l'attribuer à sa sagesse, c'est profaner le Chabbat et faire entrer une autorité étrangère dans son vide.
Aussi : le matin d'Avraham et la foi des nuits ; les soixante-dix années d'Adam données à David pour louer par le choix ; la Soukka, Yaakov en haut et Yossef en bas face au serpent
מזמור שיר ליום השבת וגו'. איתא בזוה"ק (אחרי עט:) מזמור שיר ליום השבת.
ליום השבת ממש וכו' והוא כמאמרם ז"ל במדרש מזמור זה שבת אמרו היינו כי ענין שבת הוא אחר שנתרחקו כל הפעולות בימי החול של ימי המעשה וכשמגיע שבת חוזרים ונכללים אותן הפעולות בהשורש אזי ניכר שבכל ההתרחקות יכולין לשוב בחזרה להשורש. וזאת ההכרה הוא הארת שבת ואותה הנקודה הנקראת שבת נמצא בכל נפש מישראל וזהו דאיתא שם מזמור זה שבת אמרו כלומר הנקודה מהארת שבת הנמצא בכל נפש ישראל אומר מזמור שיר ליום השבת.
טוב להודות לה'. היינו כי שבת מורה על גודל הכרה בבהירות עצום שאין לאדם מצדו שום כח, כי בשבת נתבטלו כל הפעולות כדאיתא בגמרא (סנהדרין סה) מה יום מיומים וכו' א"ל בעל אוב יוכיח וכו' קברו של אבא יוכיח וכו' כי בשבת ניכר מפורש שכל כח הפעולות מששת ימי המעשה המה רק כמו שאמר כלמה המלך הבל הבלים וגו' וכמבואר בתקוני זוה"ק (תיקון סט) כל מאן דלא ידע באלין הבלים וברזא דלהון עליה אתמר והזר הקרב יומת וכו' היינו כי ענין אלו הבלים המה כמבואר במדרש רבה (קהלת א) כאדם ששופת שבע קדירות זו למעלה מזו והבל עליונה אין בה ממש של כלום.
וכיון שמשיג האדם בשבת הכרה עצומה כזו אזי מכיר היטב בבהירות עצום שטוב להודות לה'. כי מאחר שמכיר האדם היטב שאין לו מצדו שום כח והוא ע"ד הכתוב היתפאר הגרזן על החוצב בו ממילא יודע היטב שטוב ונכון לפניו למסור ולכפוף כל קומתו להשי"ת.
ולזמר לשמך עליון היינו שגם בזה המקום שנעלם מהאדם זאת ההכרה ונדמה לו שיש לו איזה כח בחירה מכל מקום צריך עכ"פ האדם לידע שפיר שכל זה כח הבחירה הוא באמת רק בלבוש הנמוך שהוא בהיקף גבול תפיסתו ואף שהוא רק בגבול תפיסתו הנמוכה בכל זאת צריך לילך עם הבחירה באותו הגבול בגודל צמצום. ועד היכן צריכין לצמצם מפאת הבחירה שהוא בגבול התפיסה.
כמו דאיתא במדרש (שם) שבעה הבלים שאמר קהלת כנגד שבעת ימי בראשית נגד כל יום מימי המעשה אמר הבל וכו' בשבת מאי אית לך למימר וכו' היינו כי שבת הוא כדכתיב כי בו שבת וגו' שמורה על גודל הכרה שאין להאדם מצדו שום כח ואם כן איזה הבל שייך לומר על שבת. על זה איתא שם כשראה שנאמר בו מחלליה מות יומת אמר הבל וכו' היינו שצריך האדם שידע ברור אשר גם זאת ההכרה דלית ליה מגרמיה שום כח אינו נמי מפאת שכלו והבנת חכמתו אלא השי"ת בחסדו הופיע בו אותה ההכרה כי אם יתלה האדם הכרת שבת שלו בגודל שכלו וחכמתו אזי הוא ממחלליה וכמבואר בזוה"ק (הקדמה ו) מאן מחלליה מאן דעאל לגו חלל דעגולא ורבועא לאתר דההיא נקודה שריא ופגים ביה ובתקוני זוה"ק (תיקון ל) והאי נקודה עלה אתמר מחלליה מות יומת מאי מחלליה אלא מאן דעייל רשו נוכראה בחלל דילה וכו' היינו כי אם אינו מכיר האדם שזאת ההכרה בעצמה הוא גם כן מהשי"ת אלא שנדמה לו שבחכמתו מכיר זאת הוא פוגם בזה בהנקודה של שבת ועייל רשו נכראה בחלל דילה:
Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat, etc. Il est rapporte dans le saint Zohar (A'harei 78b) : "Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat" - pour le jour du Chabbat proprement dit, etc.
Cela suit ce que nos maitres de memoire benie ont dit dans le Midrach : ce psaume, c'est le Chabbat qui l'a dit. Car le Chabbat consiste en ceci : apres que toutes les actions se sont eloignees durant les jours profanes, les jours de l'œuvre, lorsque vient le Chabbat, ces actions reviennent et sont incluses dans leur racine.
Alors on reconnait que, dans tout cet eloignement, elles peuvent revenir a leur racine. Cette reconnaissance est l'illumination du Chabbat; et ce point, appele Chabbat, se trouve dans toute ame d'Israel.
C'est le sens de : ce psaume, c'est le Chabbat qui l'a dit, c'est-a-dire que le point de l'illumination du Chabbat qui se trouve dans toute ame d'Israel dit : "Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat. Il est bon de rendre grace au Nom." Le Chabbat indique une immense reconnaissance, d'une clarte extreme, que l'homme ne possede par lui-meme aucune force.
Car le Chabbat annule toutes les actions, comme il est rapporte dans la Guemara (Sanhedrin 65b) : "En quoi ce jour differe-t-il des autres jours? ... Que le maitre de necromancie le prouve ... que la tombe de mon pere le prouve..." En effet, le Chabbat montre explicitement que toute la force des actions des six jours de l'œuvre n'est que ce dont le roi Chelomo a dit : "Vanite des vanites", etc.; comme cela est explique dans les Tikounei Zohar (Tikoun 69) : quiconque ne connait pas ces vanites (הבלים) et leur secret, a son sujet il est dit : "L'etranger qui s'approche mourra", etc.
Ces vanites sont, comme l'explique le Midrach Rabba (Qohelet 1), semblables a un homme qui place sept marmites l'une au-dessus de l'autre : la vapeur de celle d'en haut n'a absolument aucune realite. Lorsque l'homme atteint, le Chabbat, une reconnaissance aussi puissante, il reconnait alors, avec une clarte extreme, qu'il est bon de rendre grace au Nom.
Car, des lors qu'il reconnait parfaitement qu'il ne possede aucune force par lui-meme, et selon le verset : "La hache peut-elle se glorifier devant celui qui la taille?" (Isaie 10,15), il sait necessairement qu'il est bon et juste de remettre et de soumettre toute sa stature au Nom, beni soit-Il. "Et de chanter Ton Nom, Tres-Haut" : meme dans le lieu ou cette reconnaissance est cachee a l'homme, et ou il lui semble posseder quelque force de choix, l'homme doit neanmoins savoir clairement que toute cette force de choix n'est en verite que dans le vetement inferieur, dans le perimetre borne de sa saisie.
Et bien qu'elle ne soit que dans la limite de sa faible saisie, il doit pourtant marcher selon le choix, dans cette limite, avec une grande contraction. Jusqu'ou faut-il se contracter a cause du choix qui est dans la limite de la saisie?
Ainsi qu'il est rapporte dans le Midrach (ibid.) : les sept vanites que Qohelet a prononcees correspondent aux sept jours de la creation; en regard de chaque jour de l'œuvre, il a dit "vanite", etc. Que peux-tu dire du Chabbat?
Car le Chabbat est ce dont il est ecrit : "car en lui Il a chome", etc., et il indique la grande reconnaissance que l'homme ne possede aucune force par lui-meme; quelle vanite peut donc etre dite du Chabbat? Il est rapporte a ce sujet : lorsqu'il vit qu'il est dit a son propos : "Ceux qui le profanent seront mis a mort", il dit "vanite", etc.
Cela signifie que l'homme doit savoir clairement que cette reconnaissance elle-meme, selon laquelle il ne possede aucune force de lui-meme, ne provient pas non plus de son intelligence ni de la comprehension de sa sagesse; le Nom, beni soit-Il, dans Sa bonte, a fait paraitre en lui cette reconnaissance. Car si l'homme attribue sa reconnaissance du Chabbat a l'ampleur de son intelligence et de sa sagesse, il est de ceux qui le profanent.
Ainsi qu'il est explique dans le saint Zohar (Introduction 6a) : "Qui le profane? Celui qui entre dans le vide du cercle et du carre, au lieu ou reside ce point, et l'abime"; et dans les Tikounei Zohar (Tikoun 30) : "De ce point il est dit : ceux qui le profanent seront mis a mort.
Que signifie 'ceux qui le profanent'? Celui qui fait entrer une autorite etrangere dans son vide", etc.
Car si l'homme ne reconnait pas que cette reconnaissance elle-meme vient aussi du Nom, beni soit-Il, mais qu'il lui semble la reconnaitre par sa sagesse, il abime par cela le point du Chabbat et fait entrer une autorite etrangere dans son vide.
להגיד בבוקר חסדך. היינו כי בעת שמאיר נוכח האדם הבוקר דאברהם שהוא כענין הכתוב וקרא זה אל זה ומתרגמינן ומקבלין דין מן דין אזי מכיר מפורש כמו שנאמר חסד אל כל היום.
ואמונתך בלילות היינו בעת שנעלם מהאדם הבוקר דאברהם אז אינו מכיר החיבור וזה ההעלם נקרא לילה שהוא כדכתיב ולא קרב זה אל זה כל הלילה וכמבואר במדרש רבה (וירא פ' נב) בשעה שבני אדם נפרדים זה מזה נקרא לילה שנראה כמו פירוד והפסק ואז הוא כל העצה של האדם רק להחזיק באמונה יתירה וזהו ואמונתך בלילות. כי על ידי אמונה יוכל להתחזק כל הויות אדם כי באמת הוא עיקר הויות אדם רק כפי האמונה שנקבע בלבבו כדאיתא בזוה"ק (וירא קג:) נודע בשערים בעלה דא קב"ה דאיהו אתידע לפום מה דמשער בלביה כל חד כמה דיכול לאדבקא וכו' היינו כל חד כפי מה שקובע בלבו אמונה כך שוכן בו השי"ת ונותן לו הויה וקיום:
"Pour proclamer le matin Ta bonte." Lorsque resplendit devant l'homme le matin d'Avraham, selon le verset : "Ils s'appelaient l'un l'autre", que le Targoum traduit : "ils recoivent l'un de l'autre", il reconnait explicitement ce qui est dit : "la bonte est tout le jour". "Et Ta fidelite dans les nuits" : lorsque le matin d'Avraham est cache a l'homme, il ne reconnait plus le lien; cet occultement est appele nuit, ainsi qu'il est ecrit : "l'un ne s'approcha pas de l'autre toute la nuit" (Exode 14,20).
Le Midrach Rabba (Vayera, paracha 52) explique : a l'heure ou les hommes se separent les uns des autres, cela est appele nuit, car cela parait etre une separation et une interruption. Alors tout le conseil de l'homme est seulement de s'attacher a une foi plus grande : "Ta fidelite dans les nuits".
Car par la foi, toute l'existence de l'homme peut se fortifier. En verite, l'essentiel de l'existence de l'homme depend seulement de la foi fixee dans son cœur.
Ainsi qu'il est rapporte dans le saint Zohar (Vayera 103b) : "Son epoux est connu aux portes" - c'est le Saint, beni soit-Il, qui Se fait connaitre selon la mesure que chacun evalue en son cœur, selon tout ce qu'il peut s'attacher, etc. C'est-a-dire : selon la foi que chacun fixe dans son cœur, ainsi le Nom, beni soit-Il, demeure en lui et lui donne existence et maintien.
כי שמחתני ה' בפעלך וגו'. ומבואר במדרש (ש"ט צב.) כי שמחתני ה' בפעלך אמר אדם הראשון שמחני הקב"ה וכו' והראני בן ישי וכו' ולקחתי משנותי שבעים שנה והוספתי על ימיו וכו' והוא כדאיתא בזוה"ק (וישלח קסח.) חיים שאל ממך דא דוד מלכא דהא כד ברא קב"ה גנתא דעדן אטיל ביה נשמתא דדוד מלכא ואסתכל ביה וחמו דלית ליה חיים מדיליה כלום כיון דברא אדם הראשון וכו' ומאדם קדמאה הוו שבעין שנין דאתקיים דוד מלכא בעלמא וכו' ואלו השבעים שנה היה ממבחר שנותיו של אדם הראשון כמבואר בס' בית יעקב הק' (פרשת בראשית אות סה) ועל זה אמר כי שמחתני ה' בפעלך כדאיתא בזוה"ק (בראשית נה) ועל דא שבח דוד ואמר כי שמחתני ה' בפעלך מאן גרם לי חדוה בהאי עלמא פעלך דא אדם קדמאה וכו' היינו כי כל החיים של דוד המלך לא היה בזה העולם רק לומר זה הפסוק כל הנשמה תהלל יה ואם לא היה לו אלו השבעים שנה ולא היה חי יותר רק זה הזמן שנקצב עבורו לומר כל הנשמה וגו' אזי לא היה לו שום חלק בזה השבח על ידי יגיע כפו של כח בחירתו רק שהיה כענין השבחים שהצבא מעלה אומרים תמיד בלתי בחירתם ואין להם שום חלק בהם לכך הוסיף לו אדם הראשון שבעים שנה משלו כדי שיגיע להכרת זה השבח מפאת עבודה שבכח בחירתו ועל ידי זה יהיה לו חלק וקנין בו ע"י יגיע כפו וזהו שאמרו ז"ל (ברכות כו.) כל הנשמה וגו' על כל נשימה ונשימה תהלל יה.
ונשימה מורה על העבודה שהיא בבחירת אדם והתכלית העולה מזאת הנשימה הוא תהלל יה היינו שתציב אותה האדם בחזרה להשורש ית'. ועל זה הענין מיוסד כל הקפיטל הללו אל בקדשו וגו' כמבואר בזוהר חדש (פ' בראשית) אמר ר' אלעזר מאי דכתיב הללוהו בתקע שופר הללוהו בנבל וכנור וגו' אמר דוד כל מה שמשבחי לקמי קב"ה בהני מיני זמר אינו כלום כאדם האומר לחבירו עכשיו עשה זה וזה וכל מה שתעשה אינו כלום עד שתעשה דבר פלוני כך אמר דוד הללוהו בצלצלי שמע הללוהו בצלצלי תרועה כלומר אינו הללו אלא מאי הללו כל הנשמה תהלל יה הללויה והאחר אינו כלום אלא הלול הנשמה הה"ד כל הנשמה תהלל יה וגו' היינו שתכלית המכוון העולה מזה הכל הוא רק שעל כל נשימה ונשימה תהלל יה כלומר כשמציב האדם בחזרה כל נשימה ונשימה להשורש ית' זאת הוא העבודה שלימה שיש לו להאדם חלק וקנין בה:
"Car Tu m'as rejoui, ה', par Ton œuvre", etc. Le Midrach explique (Cho'her Tov, Psaume 92) : "Car Tu m'as rejoui, ה', par Ton œuvre" - Adam le premier homme dit : le Saint, beni soit-Il, m'a rejoui, etc.; Il m'a montre le fils de Yichai, etc.; j'ai pris soixante-dix ans de mes annees et les ai ajoutes a ses jours, etc.
C'est aussi ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Vayichla'h 168a) : "Il T'a demande la vie" - c'est le roi David. Car lorsque le Saint, beni soit-Il, crea le jardin d'Eden, Il y placa l'ame du roi David; Il la regarda et vit qu'elle n'avait aucune vie d'elle-meme.
Lorsqu'Il crea Adam le premier homme, etc., il y eut d'Adam le premier homme soixante-dix annees par lesquelles le roi David subsista dans le monde, etc. Ces soixante-dix annees etaient parmi les annees les plus choisies d'Adam le premier homme, comme il est explique dans le saint livre Beth Yaakov (parachat Bereshit, lettre 65).
C'est a leur sujet qu'il dit : "Car Tu m'as rejoui, ה', par Ton œuvre". Ainsi qu'il est rapporte dans le saint Zohar (Bereshit 55a) : "C'est pourquoi David loua et dit : 'Car Tu m'as rejoui, ה', par Ton œuvre.' Qui m'a procure la joie dans ce monde?
Ton œuvre : c'est Adam le premier homme", etc. Car toute la vie du roi David dans ce monde n'etait que pour dire ce verset : "Que toute ame loue Yah" (Psaumes 150,6).
S'il n'avait pas eu ces soixante-dix annees et n'avait vecu que le temps qui lui etait imparti pour dire "Que toute ame", etc., il n'aurait eu aucune part dans cette louange par le labeur de ses mains, par la force de son choix. Il aurait ete comme les louanges que les armees d'en haut disent constamment sans choix, et elles n'y ont aucune part.
C'est pourquoi Adam le premier homme lui ajouta soixante-dix annees des siennes, afin qu'il parvienne a reconnaitre cette louange par le travail qui releve de la force de son choix, et qu'il y ait ainsi une part et une acquisition par le labeur de ses mains. C'est le sens de ce que nos maitres de memoire benie ont dit (Berakhot 26a) : "Que toute ame loue Yah" - pour chaque souffle, loue Yah.
Le souffle indique le travail qui releve du choix de l'homme, et la fin qui monte de ce souffle est : "loue Yah", c'est-a-dire que l'homme le replace dans sa racine, beni soit-Elle. Sur ce principe sont fondes tous ces chapitres : "El dans Son sanctuaire", etc.
Ainsi qu'il est explique dans le Zohar 'Hadach (parachat Bereshit) : Rabbi Elazar dit : que signifie ce qui est ecrit : "Louez-Le au son du shofar, louez-Le avec le luth et la harpe", etc.? David dit : tout ce dont je loue le Saint, beni soit-Il, par ces sortes de chant ne vaut rien.
Cela ressemble a celui qui dit a son ami : fais maintenant ceci et cela; et tout ce que tu feras ne vaudra rien jusqu'a ce que tu fasses telle chose. Ainsi David dit : "Louez-Le avec les cymbales sonores, louez-Le avec les cymbales retentissantes", c'est-a-dire que ce n'est pas encore la louange.
Qu'est donc la louange? "Que toute ame loue Yah.
Hallelu-Yah." Et le reste n'est rien, sauf la louange de l'ame, comme il est ecrit : "Que toute ame loue Yah", etc. Cela signifie que la fin visee qui sort de tout cela est seulement que, pour chaque souffle, l'on loue Yah : lorsque l'homme replace chaque souffle dans sa racine, beni soit-Elle, c'est le service complet dans lequel l'homme a part et acquisition.
איתא בזוה"ק (בראשית מח.) מאן סוכת שלום דא שבתא וכל רוחין ועלעולין ושדין וכל סטרא דמסאבא כלהו טמירין וכו' וכדין עלמא בנטירו עלאה וכו' בשעתא דישראל מברכין ומזמנין להאי סוכת שלום אושפיזא קדישא ואמרי הפורס סכת שלום כדין קדושתא עלאה נחתא ופריסת גדפאה עלייהו דישראל ומכסים לון כאימא על בנין וכו':
Il est rapporte dans le saint Zohar (Bereshit 48a) : "Qui est la Soukkat Chalom (abri de paix)? C'est le Chabbat; tous les esprits, les etre malfaisants, les demons et tout le cote de l'impurete sont caches, etc.; alors le monde est sous une garde superieure, etc.
A l'heure ou Israel benit et invite cette Soukkat Chalom, l'hote saint, et dit : 'Celui qui etend l'abri de paix', alors la saintete superieure descend, etend ses ailes sur Israel et les recouvre comme une mere sur ses enfants", etc.
היינו כי כל ענין סוכה הוא כמבואר בזוה"ק (וישלח קעב:) ויעקב נסע סכותה דא מהימנותא עלאה ויבן לו בית כד"א בית יעקב וכו' ולמקנהו עשה סכות שארי סכות לנטרא לון ודא הוא חולקיה וכו' היינו שעיקר חלקו של יעקב וכל ענין הבית שלו היה ע"ד מאמרם ז"ל (בכורות ח) בני לן ביתא באוירא דעלמא והוא כדאיתא בזוה"ק (ויקרא יב) שאל ר' ייסא סבא לר' אלעאי אמר הא שאר עמין יהיב לון קב"ה לרברבין ממנין שליטין. ישראל באן אתר יהב לון.
שלח ליה ויתן אותם אלהים ברקיע השמים וכו' היינו שאין להם בזה העולם מצדם שום מקום בקביעות כי כל הקביעות שלהם הוא רק להיות נמשך אחר רצונו ית' בכל מיני ההפכים ועל קביעות מקום כזה מורה הבית של יעקב אבינו הנקרא סוכה כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון סט) ויבן לו בית דא סוכה וכו' אולם הגמר מהבית של יעקב אבינו נגמר בשלימות ע"י יוסף הצדיק כדאיתא בזוה"ק (פקודי רלט:) סטרא דיעקב אתפשט ויהיב תוקפא לנבעא באינון שדיים דאתמליין מההוא רוחא דחיי' ויניק בהו לאינון מלאכין קדישין דאינון חיין וקיימין לעלמין וכו' סטרא דיוסף עייל בתיאובתא ויהיב תוקפא לגו ועביד נשמתין ורוחין לנחתא לתתא ולאתזנא בהו בני עלמא ועל דא קיימין תרין סטרין אלין דא לעילא ודא לתתא וכו' היינו שדרגא דיעקב לעילא ודרגא דיוסף לתתא. ועיקר השלימות מדרגא דיעקב שהוא ויעקב נסע סכותה דא מהימנותא עלאה אשתלים ביוסף כי עיקר הצמצומים היה גבי יוסף הצדיק וזהו דאיתא בזוה"ק (בלק בהוספות ש"ו) בההוא שעתא נפק רוחא חדא מסטרא דיוסף מגו ענפי אילנא ונשיב באינון נחשים ובטיל לון והיינו דאמר יוסף כי נחש ינחש איש אשר כמוני מאי איש אשר כמוני בגיני אית איש דנחשים יבטל לבנייכו בגיני איהי לעילא והיינו איש אשר כמוני אית איש לעילא דנפק רוחא אחרא מגו אילנא דלתתא ונשיב בההוא קסם ובטיל לון והיינו קסם על שפתי מלך מאן מלך דא אילנא דלתתא וכו' וענין איש מבואר בזוה"ק (תזריע מח) מן בוצינא דקרדנותא נפקין תלת מאה ועשרין וחמש נציצו מתגלפין ומתאחדין כחדא מסטרא דגבורה דאקרון גבורות ומתלכדין כחדא ואתעבידו חד וכד עיילין בגופא אקרי איש וכו' היינו דמלת איש רומז על המקבץ הנפרדים.
ולעומת איש דלעילא שהוא יעקב אבינו ואיש דלתתא שהוא יוסף הצדיק יש בהקליפה קסם. ונחש.
וענין קסם הוא כמבואר בזוה"ק (ויצא קסה:) ואמאי אקרי תרפים בגין דבטשי האי שעתא. והאי שעתא ארפי ידא וכו' היינו שאומר שעולם מתנהג ח"ו במקרה מהלשון קסם על שפתי מלך שמורה על דבור בלתי מסודר רק בדרך מקרה ח"ו.
ונגד קסם יש איש למעלה והוא יעקב אבינו שמבטל את הקסם וכדאיתא שם איש אשר כמוני אית איש לעילא דנפק רוחא אחרא מגו אילנא אחרא ונשיב בההוא קסם ומבטל ליה וכו'. ונגד נחש אית איש לתתא כי ענין נחש מורה על גודל העקשות שמתעקש בדעתו כי נדמה לו שיש לו כח הפעולה לפעול כפי חפצו ולעומת זה הכח הנקרא נחש יש בהקדושה איש דלתתא שהוא יוסף הצדיק שהולך תמיד בגודל צמצומים ומצמצם את עצמו בכל דברי עוה"ז ומפאת זה נתבטל כח הנחש כמבואר שם בגיני אית איש דנחשים יבטל לבנייכו וכו' וזהו דאיתא בזוה"ק (בראשית שם) בשעתא דישראל מברכין ומזמנין להאי סוכת שלום וכו' כדין קדושתא עלאה נחתא ופרוסת גדפאה עלייהו דישראל וכו' היינו שמראה השם יתברך שכל שורש הנהגתו בהבריאה הוא רק כפי הרצון שמתיצבים ישראל בעבודת תפיסתם:
Car tout le sens de la Soukka est, comme il est explique dans le saint Zohar (Vayichla'h 172b) : "Yaakov voyagea vers Soukkot" - c'est la foi superieure; "il se batit une maison", comme il est dit : "maison de Yaakov", etc.; "et pour son betail il fit des soukkot" - il fit des soukkot pour les garder, et c'est sa part, etc. C'est-a-dire que la part essentielle de Yaakov et tout le sens de sa maison etaient selon la parole de nos maitres de memoire benie (Bekhorot 8b) : "Batis-nous une maison dans l'air du monde." Ainsi qu'il est rapporte dans le saint Zohar (Vayikra 12a) : Rabbi Yessa le Vieillard demanda a Rabbi Elai : le Saint, beni soit-Il, a donne les autres peuples a de grands preposes gouvernants; en quel lieu a-t-Il donne Israel?
Il lui repondit : "Elokim les placa dans le firmament des cieux", etc. Ils n'ont donc, dans ce monde, aucun lieu fixe de leur propre cote, car toute leur permanence consiste seulement a etre entraines apres Sa volonte, beni soit-Il, au travers de toutes sortes de contraires.
Cette permanence de lieu est indiquee par la maison de Yaakov notre pere, appelee Soukka, ainsi qu'il est rapporte dans les Tikounei Zohar (Tikoun 69) : "Il se batit une maison" - c'est la Soukka, etc. Toutefois, l'achevement de la maison de Yaakov notre pere fut complete par Yossef le juste.
Ainsi qu'il est rapporte dans le saint Zohar (Pekoudei 239b) : "Le cote de Yaakov s'etend et donne force a la source dans ces seins qui sont remplis de cet esprit de vie; il y nourrit les anges saints, qui vivent et subsistent pour toujours, etc. Le cote de Yossef entre dans le desir, donne force a l'interieur et fait des ames et des esprits pour descendre en bas, afin que les habitants du monde soient nourris par eux.
C'est pourquoi ces deux cotes subsistent, l'un en haut et l'autre en bas", etc. Le degre de Yaakov est donc en haut, et le degre de Yossef en bas.
L'essentiel de la perfection du degre de Yaakov, qui est "Yaakov voyagea vers Soukkot" - la foi superieure, fut accompli en Yossef, car les principales contractions etaient chez Yossef le juste. C'est le sens de ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Balak, ajouts 306) : "A ce moment sortit un esprit du cote de Yossef, du milieu des branches de l'arbre; il souffla parmi ces serpents et les annula.
C'est ce que Yossef a dit : 'Il devinera surement, l'homme qui est comme moi.' Que signifie : l'homme qui est comme moi? Par moi, il y a un homme qui annulera les serpents au-dessus de vos enfants; par moi, elle est en haut.
C'est le sens de : 'l'homme qui est comme moi' : il y a un homme en haut, dont sort un autre esprit du milieu de l'arbre d'en bas; il souffle dans cette divination et les annule. C'est le sens de : 'La divination est sur les levres du roi.' Qui est le roi?
L'arbre d'en bas", etc. Le sens de "homme" est explique dans le saint Zohar (Tazria 48a) : "De la Bouzina de-Qardinouta (lampe de rigueur) sortent trois cent vingt-cinq eclats, graves et unis comme un, du cote de la force, appelee guevourot; ils se rassemblent comme un et deviennent un, et lorsqu'ils entrent dans le corps, ils sont appeles ich (איש)", etc.
C'est-a-dire que le mot ich (איש) designe celui qui rassemble les choses separees. En regard de l'homme d'en haut, Yaakov notre pere, et de l'homme d'en bas, Yossef le juste, il y a dans la kelipa la divination et le serpent.
Le sens de la divination est explique dans le saint Zohar (Vayetse 165b) : "Pourquoi est-elle appelee terafim? Parce qu'ils frappent cette heure, et cette heure rend la main faible", etc.
Cela signifie qu'elle dit, a D-ieu ne plaise, que le monde est conduit par le hasard, selon l'expression : "La divination est sur les levres du roi", qui indique une parole non ordonnee mais proferee, a D-ieu ne plaise, par hasard. Face a la divination, il y a l'homme d'en haut, Yaakov notre pere, qui annule la divination, comme il est rapporte la-bas : "l'homme qui est comme moi" - il y a un homme en haut, dont sort un autre esprit du milieu d'un autre arbre; il souffle dans cette divination et l'annule, etc.
Face au serpent, il y a l'homme d'en bas. Car le serpent indique la grande obstination avec laquelle l'homme s'obstine dans son opinion, car il lui semble posseder la force d'agir selon son desir.
Face a cette force appelee serpent, il y a dans la saintete l'homme d'en bas, Yossef le juste, qui marche toujours dans de grandes contractions et se contracte en toute chose de ce monde; de ce fait la force du serpent est annulee. Ainsi qu'il est explique la-bas : "Par moi, il y a un homme qui annulera les serpents au-dessus de vos enfants", etc.
C'est le sens de ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Bereshit, ibid.) : a l'heure ou Israel benit et invite cette Soukkat Chalom, etc., alors la saintete superieure descend et etend ses ailes sur Israel, etc. Le Nom, beni soit-Il, montre ainsi que toute la racine de Sa conduite dans la creation n'est qu'en fonction de la volonte selon laquelle Israel se tient dans le service de sa saisie.
« Si tu retiens ton pied à Chabbat » (Yechaya 58,13) : le Sod Yecharim rapporte de son aïeul qu'il faut habituer le corps à la sainteté de Chabbat jusqu'à ce que le pied recule de lui-même à la limite, même sans conscience. Cette sainteté vient de Son côté et demeure fixe ; celle de Yom Tov vient d'Israël qui sanctifie les temps, et l'homme doit s'abstenir consciemment. Quel acquis l'homme a-t-il dans une sainteté sans son travail ? En ajoutant de son côté, en préparant Chabbat et en l'invitant dès avant le jour comme un hôte, la sainteté porte son nom et il y a pour lui un acquis par le labeur de ses mains.
Aussi : l'honneur des vêtements appelé saint de Hachem par la préparation ; la parole interdite et la pensée encore attachée à la racine divine ; l'héritage de Yaakov et la soukka, demeure provisoire selon Sa volonté.
אם תשיב משבת רגלך וגו'. ביאר בזה אאזמו"ר הגה"ק זצלה"ה שצריך להיות מורגל כ"כ בקדושת שבת עד שאפילו הרגלים שלו אחור יסוגו אפילו שלא מדעת בבואם לתחום מפני קדושת שבת הגם שבכל מקום אינו משובח כ"כ מה שנפעל גבי האדם מפאת הרגל הגוף לבד ונקרא מצות אנשים מלומדה אכן בקדושת שבת יען שזאת הקדושה הוא רק מצדו ית' לכך צריכין להרגיל בה נמי את הגוף שיהיה נקבע אצלו גם שלא מדעת כענין שמצינו (ירושלמי) מחזיקנא טיבותא לרישא דכד מטי למודים מנפשיה כרע וכו' היינו שהגוף הוא מורגל כך גם בלי דעת וזהו אם תשיב משבת רגלך שהרגל ישוב מעצמו אחור מפני קדושת שבת בבואו להתחום, ואף שביו"ט נמי יש איסור תחומין אולם קדושת יו"ט הוא דישראל מקדשי להזמנים לכן צריכין שיהיה גבי האדם זאת הקדושה מדעת שיכיר ביו"ט בכל רגע התחדשות קדושתו שבחפצו לילך להלן מהתחום אלא שמונע זאת ההליכה מדעתו מחמת מצות השי"ת.
משא"כ קדושת שבת שאינו כלל מצד עבודת אדם רק שהוא קביע וקיימא מצדו ית' לכך צריך האדם להרגיל עצמו בה שיהיה נקבע באברי גופו גם בלי דעת לבל יהיה נמצא אצלו ביום שבת אפילו תנועה קלה מימי החול אף שלא מדעת. וקראת לשבת עונג, זה הוא כמבואר בזוה"ק (בשלח מז.) וקראת לשבת מאי וקראת.
דיזמין ליה כמה דמזמין אושפיזא לביתא וכו' וקראת לשבת מבעוד יום וכו' היינו כי איזה קנין יתכן שיהיה להאדם בקדושת שבת מאחר שהוא קבוע וקיימא מצדו ית' בלתי עבודת אדם כלל אכן ע"י שמוסיף האדם מצדו תוספת שבת ומכין עצמו על שבת ומזמין ליה מבעוד יום מפאת אותה הכנה נקראת הקדושה על שמו שיהיה לו בה קנין ע"י יגיע כפו:
Si tu retiens ton pied a Chabbat, pour ne pas faire tes affaires en Mon jour saint, etc. (Isaie 58,13).
Mon aieul, notre maitre le saint gaon, de memoire benie, expliquait a ce sujet qu'il faut etre tellement habitue a la saintete de Chabbat que meme ses pieds se retirent d'eux-memes, sans qu'il le sache, lorsqu'ils arrivent a la limite, a cause de la saintete de Chabbat. Bien que, en tout lieu, ce qui s'accomplit chez l'homme du seul fait de l'habitude corporelle ne soit pas si louable, et soit appele des commandements d'hommes appris par routine (מצות אנשים מלומדה), dans la saintete de Chabbat toutefois, puisqu'elle ne vient que de Son cote, il faut aussi y habituer le corps, afin que cela soit fixe chez lui meme sans conscience.
C'est ce que nous trouvons dans le Talmud de Jerusalem: Je tiens reconnaissance a ma tete: lorsqu'elle arrive a Modim, elle se prosterne d'elle-meme, etc. Cela signifie que le corps y est habitue meme sans conscience.
Tel est: Si tu retiens ton pied a Chabbat: le pied revient de lui-meme en arriere a cause de la saintete de Chabbat lorsqu'il arrive a la limite. Et bien qu'a Yom Tov aussi il y ait l'interdit des limites, la saintete de Yom Tov vient de ce qu'Israel sanctifie les temps; c'est pourquoi cette saintete doit etre chez l'homme consciemment: il doit reconnaitre a chaque instant de Yom Tov le renouvellement de sa saintete, quand il desire aller au-dela de la limite, mais s'abstient consciemment de cette marche a cause du commandement de ה'.
Ce n'est pas le cas de la saintete de Chabbat, qui ne procede nullement du travail de l'homme, mais est fixe et subsistante de Son cote; aussi l'homme doit-il s'y habituer afin qu'elle soit fixee dans les membres de son corps, meme sans conscience, de sorte qu'il ne se trouve pas chez lui le jour de Chabbat le moindre mouvement des jours profanes, meme sans conscience. Et tu appelleras Chabbat delice (Isaie 58,13): cela est explique dans le saint Zohar (Beshalah 48a): Et tu appelleras Chabbat, que signifie et tu appelleras?
Qu'il l'invite comme on invite un hote dans sa maison, etc.; et tu appelleras Chabbat des avant le jour, etc. Quel acquis l'homme peut-il avoir dans la saintete de Chabbat, puisqu'elle est fixe et subsistante de Son cote, sans aucun travail de l'homme?
Mais quand l'homme ajoute de son cote un ajout a Chabbat, se prepare pour Chabbat et l'invite des avant le jour, par cette preparation la saintete porte son nom, afin qu'il y ait en elle pour lui un acquis par le labeur de ses mains.
ולקדוש ה' מכובד. היינו כי הלשון מכובד רומז על לבושים כמו שמצינו בגמ' (שבת קי"ג) ר' יוחנן קרא למאני' מכבדותא ואף שקדושתו ית' אינו צריך לשום לבוש אכן כאשר מלביש אותה האדם בפעולת הכנתו נכללת זאת ההכנה נמי בהקדושה עד שאף הלבוש שהוא מפאת האדם נקרא ג"כ קדוש ה'.
וכבדתו מעשות דרכיך. היינו כי דרך מורה על טרדא ובשבת אסור לאדם להכניס עצמו לשום טרדא וכדאיתא (שם בזוה"ק) מאן דמזמין אושפיזא ביה בעי לאשתדלא ולא באחרא.
ממצוא חפצך. ובארו ז"ל (שבת קי"ג) חפציך אסורין וחפצי שמים מותרין והוא כענין שמצינו במדרש (בראשית רבה פ' יב.) ששאל לו לר"ע מאחר שהקב"ה שומר שבת א"כ מדוע מוריד גשמים וכו' והשיב לו משל לבעה"ב שיש לו שתי חצירות רשאי לטלטל מזו לזו וכו' וככה הוא בזמן שעוסק אדם בחפצי שמים אזי עומד הוא בצד אחד עם כביכול ית' וממילא נחשב גבי זה האדם ג"כ כל חפצי שמים כשתי חצירות של בעל הבית אחד:
Et que le saint de ה' soit honore (Isaie 58,13). Le terme honore fait allusion aux vetements, comme nous le trouvons dans la Guemara (Chabbat 113a): Rabbi Yo'hanan appelait ses vetements ses honneurs.
Bien que Sa saintete n'ait besoin d'aucun vetement, lorsque l'homme la revet par l'acte de sa preparation, cette preparation est elle aussi incluse dans la saintete, au point que meme le vetement qui vient de l'homme est appele lui aussi saint de ה'. Et honore-le en ne suivant pas tes voies (Isaie 58,13): une voie indique une occupation, et le jour de Chabbat il est interdit a l'homme de s'engager dans quelque occupation que ce soit, ainsi qu'il est dit la-bas dans le saint Zohar: Celui qui y invite un hote doit s'occuper de lui et non d'un autre.
En ne recherchant pas tes affaires (Isaie 58,13). Nos maitres, de memoire benie, ont explique (Chabbat 113a): tes affaires sont interdites, mais les affaires du Ciel sont permises.
Cela est semblable a ce que nous trouvons dans le Midrach (Bereshit Rabba, paracha 12): on demanda a Rabbi Akiva: puisque le Saint, beni soit-Il, observe Chabbat, pourquoi fait-Il tomber les pluies, etc.? Il repondit par une comparaison: un maitre de maison qui possede deux cours est autorise a transporter de l'une a l'autre, etc.
Ainsi, lorsqu'un homme s'occupe des affaires du Ciel, il se tient d'un meme cote que, pour ainsi dire, Lui, et toutes les affaires du Ciel sont par consequent considerees, pour cet homme aussi, comme les deux cours d'un seul maitre de maison.
ודבר דבר. איתא בגמ' (שם) דיבור אסור הרהור מותר ואף שמצינו בזוה"ק אשר גם ההרהור של אדם נוגע בעולמות העליונים אכן כל זמן שלא יצא עדיין ההרהור מכח אל הפועל הוא מקושר עדיין בהשורש ית':
Et parler une parole (Isaie 58,13). Il est dit dans la Guemara (ibid.): la parole est interdite, la pensee est permise.
Bien que nous trouvions dans le saint Zohar que la pensee de l'homme atteint elle aussi les mondes superieurs, tant que la pensee n'est pas encore sortie de la puissance a l'acte, elle demeure attachee a la racine divine.
אז תתענג על ה' וגו'. כדאיתא בגמ' (שם קיח.) כל המענג את השבת נותנים לו משאלות לבו שנאמר והתענג על ה' ויתן לך משאלות לבך היינו כשיקבע האדם את הקדושת שבת בלבבו אז יהיו נחשבים כל התענוגים ממשאלות לבו עונג ה' וזהו והרכבתיך על במתי ארץ.
היינו כי מי שהוא משוקע תחת איזה טובה אזי רוכבת הטובה עליו אבל זה האדם שיש בלבו קדושת שבת בקביעות אזי רוכב הוא על כל הטובות של עוה"ז והוא מנושא על גביהם:
Alors tu feras tes delices de ה', etc. (Isaie 58,14).
Comme il est dit dans la Guemara (ibid. 118a): Quiconque fait les delices de Chabbat recoit les souhaits de son cœur, ainsi qu'il est dit: Fais tes delices de ה', et Il te donnera les souhaits de ton cœur (Psaumes 37,4).
Cela signifie que lorsque l'homme fixe la saintete de Chabbat dans son cœur, tous les delices issus des souhaits de son cœur sont comptes comme delices de ה'. Tel est: Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre (Isaie 58,14).
Car celui qui est plonge sous quelque bienfait, c'est le bienfait qui chevauche sur lui; mais cet homme, dont la saintete de Chabbat est fixee dans le cœur, chevauche sur tous les biens de ce monde-ci et est eleve au-dessus d'eux.
והאכלתיך נחלת יעקב אביך וגו'. היינו כי קדושת שבת נקרא נחלת יעקב שעליו אמרו ז"ל (מדרש רבה מקץ) מעולם לא דיבר יעקב אבינו דבר לבטלה וכדאיתא בזוה"ק (קדושים פז.) לפני לא נוצר אל דא יעקב וכו' היינו שמעולם לא עשה יעקב אבינו שום דבר שיוצרך אח"כ לברורים אלא שכל פעולותיו היו מבוררים ומזוככים בשעת הפעולה וכמו שנאמר עליו האלהים הרועה אותי מעודי עד היום הזה וחג הסכות הוא נמי נחלת יעקב כי סכות הוא חלקו של יעקב כדכתיב ויבן לו בית ולמקנהו עשה סכות ע"כ קרא שם המקום סכות וגו' ומדוע לא קרא שם המקום בית רק סכות אמנם יען שעיקר ביתו של יעקב אבינו הוא אוירא דעלמא ע"ד דאיתא בגמ' (בכורות ח') בני לן ביתא באוירא דעלמא ובית באוירא דעלמא הוא כמו דאיתא בזוה"ק (ויקרא י"ב) ישראל באן אתר יהיב לון שלח ליה ויתן אותם אלהים ברקיע השמים וגו' היינו שאין לישראל מקום בקביעות רק כל מקומם הוא באוירא דעלמא היינו שאין להם מצדם שום מדה בקביעות רק כפי מה שהאיר להם הרצון ית' כך המה נמשכין אחריו וזה נמי היה ביתו של יעקב באוירא דעלמא שלא היה לו מצדו שום דבר בקביעות רק שהיה נמשך אחר רצונו ית' בכל מיני ההפכים ולכך קרא שם המקום סכות כי זה הוא כל ענין סוכה צא מדירת קבע ושב בדירת ארעי וכדאי' בתקוני זוה"ק (תיקון סט) ויבן לו בית דא סוכה וכו' היינו שעיקר ביתו היה לבלתי יהיה אצלו מצדו שום קביעות רק כפי הארת רצונו ית'.
ודירת ארעי כזה הוא באמת עיקר הקביעות כמאמרם ז"ל (שבת לא) כיון דעל פי ה' יחנו ועל פי ה' יסעו כסותר על מנת לבנות במקומו דמי ומדירה כזאת אינו בנייחא רק מי שהוא משרשא וגיזעא קדישא דישראל כדאי' בזוה"ק (אמור ק"ב) כל האזרח בישראל ישבו בסכות מאן דאיהו משרשא וגיזעא קדישא דישראל יתיב תחות צילא דמהימנותא קדישא היינו כי א"א להיות בנייחא ממצות סוכה רק מי שהוא משרשא וגיזעא קדישא דישראל:
Et Je te nourrirai de l'heritage de Yaakov ton pere, etc. (Isaie 58,14).
La saintete de Chabbat est appelee l'heritage de Yaakov, a propos duquel nos maitres, de memoire benie, ont dit (Midrach Rabba, Mikets): Jamais Yaakov notre pere ne prononca une parole vaine. Et il est dit dans le saint Zohar (Kedoshim 87a): Avant Moi nul dieu ne fut forme (Isaie 43,10), cela est Yaakov, etc.
Cela signifie que Yaakov notre pere ne fit jamais aucune chose qui aurait ensuite necessite des clarifications, mais toutes ses actions etaient clarifiees et purifiees au moment de l'action. Ainsi qu'il est dit de lui: Le Dieu qui fut mon berger depuis mon enfance jusqu'a ce jour (Genese 48,15).
La fete de Sukkot aussi est l'heritage de Yaakov, car Sukkot est la part de Yaakov, comme il est ecrit: Yaakov partit pour Soukkot; il se batit une maison et, pour son betail, il fit des cabanes. C'est pourquoi il appela ce lieu Soukkot, etc.
(Genese 33,17). Pourquoi n'appela-t-il pas ce lieu Maison, mais Soukkot?
C'est que la demeure essentielle de Yaakov notre pere est l'air du monde, selon ce qui est dit dans la Guemara (Bekhorot 8a): Batis-nous une maison dans l'air du monde. Et une maison dans l'air du monde est ce qui est dit dans le saint Zohar (Vayikra 12b): Israel, en quel lieu les placa-t-Il?
Il envoya vers lui: Et Dieu les placa dans le firmament des cieux, etc. (Genese 1,17).
Cela signifie qu'Israel n'a pas de lieu permanent; tout son lieu est l'air du monde, c'est-a-dire qu'ils n'ont de leur propre cote aucune mesure fixee, mais selon la lumiere que leur fait briller la volonte divine, ils sont entraines a sa suite. Telle etait aussi la demeure de Yaakov dans l'air du monde: il n'avait rien de fixe de son propre cote, mais il suivait Sa volonte dans toutes sortes d'opposes.
C'est pourquoi il appela ce lieu Soukkot, car tel est tout le sens de la soukka: Sors de ta demeure fixe et habite une demeure provisoire. Comme il est dit dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 69): Il se batit une maison, c'est la soukka, etc.
Cela signifie que sa demeure essentielle etait de ne rien avoir de fixe de son propre cote, mais seulement selon la lumiere de Sa volonte. Or une telle demeure provisoire est en verite la permanence essentielle, selon leur parole, de memoire benie (Chabbat 31a): Puisqu'ils campaient sur l'ordre de ה' et partaient sur l'ordre de ה' (Nombres 9,20), c'est comme celui qui demolit afin de rebati au meme endroit.
Mais nul ne demeure en repos dans une telle habitation, sinon celui qui est de la racine et du tronc saints d'Israel, comme il est dit dans le saint Zohar (Emor 102b): Tous les autochtones en Israel habiteront dans des soukkot (Levitique 23,42): celui qui est de la racine et du tronc saints d'Israel habite sous l'ombre sainte de la foi. Cela signifie qu'il est impossible de demeurer en repos dans le commandement de la soukka, sinon pour celui qui est de la racine et du tronc saints d'Israel.
La Guemara (Soukka 28b) apprend de « l’autochtone » à inclure les guerim dans la soukka ; Pessa’h exige un verset explicite. Selon le Sod Yecharim, Pessa’h, lumière intérieure, est la porte de tous les services : le ger doit d’abord s’inclure dans Israël. La soukka est lumière environnante au-delà de la connaissance, qui protège même pendant le sommeil ; le ger, au moins du tronc de sainteté, y est inclus, à la différence, rapporte-t-il du Zohar, de l’homme atteint d’un défaut, interdit dans le service de l’entourage. Le repos sous « l’ombre de la foi » n’appartient qu’à la racine et au tronc d’Israël ; sortis d’Égypte, ils partirent de Ramsès vers Soukkot, et les accusateurs furent annulés.
Aussi : la lune en plénitude aux jours de Salomon, sainteté du Chabbat dans les fêtes ; Salomon voulut la clarté de Moché sans revêtement des actions ; lecture de Qohelet à Soukkot, « ma sagesse aussi est restée avec moi »
והנה גבי מצות סוכה ילפינן בגמ' (סוכה כח:) האזרח לרבות הגרים. הרי אף שלא נאמר קרא מפורש לחיובא דגר מ"מ ילפי חכמינו ז"ל לרבות את הגרים מרבוי דה' של האזרח.
וגבי פסח נאמר קרא מפורש וכי יגור אתך גר ועשה פסח וגו' משמע מזה דאי לא נאמר קרא מפורש לחיוב דגר לא הוי מרבינן את הגר למצות פסח. וזה הוא כענין שמצינו גבי בעל מום בזוה"ק (אמור צא) על הפסוק כל איש אשר יהיה בו מום לא יקרב דהא קדושא דלעילא לא שריא באתר פגום וכו' היינו אף שהבעל מום מותר לאכול בקדשים מ"מ להמקדש אסור לכנוס.
כי זאת הכניסה בעצמה למקדש נחשבת. עבודה.
כי בהמקדש לא היה רשאי מעולם להיות כניסה ריקנית בלי עבודה (עיין רמב"ם חלק ג' ה' ביאת מקדש פ' ב' משנה ד' ובכסף משנה שם) רק כל אימת שנכנס אדם להמקדש היה צריך להשתחוות כמו שמצינו כמה פעמים בש"ס נכנס למקדש והשתחוה ויצא וכן מצינו גבי שיעור שהיה במקדש שהיה רק כדי השתחויה והוא יען שלא היה רשאי להיות שום ביאה ריקנית אל המקדש בלי השתחויה לכך היה תמיד שיעור שהיה במקדש נמי כדי השתחויה הרי שהכניסה בעצמה היה עבודה. לכן הבעל מום אף שמותר לאכול בקדשים ואכילת קדשים נחשב ג"כ עבודה.
אכן זאת העבודה מאכילת קדשים הוא רק בבחינת הארת אור פנימי. אבל העבודה של הכניסה להמקדש היה בבחינת אור המקיף.
וכל עבודת ההיקף אסור בבעל מום כי כל ענין זאת עבודה מהכניסה למקדש היה כדי שימשוך בכניסתו למקדש את אור הבהירות השוכנת שם אל לבו של אדם וכל העשר קדושות שהיו סביב למקדש זו למעלה מזו היו הכל לבושים למקום הארון שאינו מן המדה שהיו מקיפים אותו. למען שיופיע בהדרגה האור של מקום ארון דרך אלו עשרה לבושים אל תפיסת אדם שיהיה בכחו למאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה ולכן אסור הבעל מום לכנוס למקדש כי הוא בפגימותא דסיהרא וכמבואר בזוה"ק (שם) דב"נ דאשתכח פגים לית ביה מהימנותא וההוא פגימו אסהיד עליה וכו' ואי תימא הא קב"ה לא שארי אלא באתר תבירא במאנא תבירא דכתיב ואת דכא ואת שפל רוח האי אתר שלים הוא יתיר מכלא בגין דמאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה גאותא עלאה ודא הוא שלים.
אבל לא כתיב ואת עור ושבור וחרום ושרוע אלא ואת דכא ושפל רוח מאן דמאיך גרמיה קב"ה זקיף לו וכו' אבל הבעל מום המום מעיד עליו שיש בו חסרון בשרשו שאינו יכול למאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה. לכך הגם שרשאי להכניס בקרבו כל הקדושות שהם בבחינת אור פנימי.
אבל בעבודת ההיקף אסור. הגם שמצינו גבי גרים שנתרבו למצות סוכה מהאזרח לרבות הגרים אף שמצות סוכה רומז נמי לעבודת היקף כי סוכה הוא אור מקיף.
והרי נמי במצות פסח אף שהוא רק אור פנימי מ"מ היה מוכרח לכתוב קרא מפורש וכי יגור אתך גר ועשה פסח שמזה משמע דאי לאו שנאמר בהדיא קרא מפורש על הגר שיעשה פסח הוה אמינא להוציא את הגר. אמנם חילוק יש כי עבודת הפסח אף שהוא רק אור פנימי.
בכל זאת יען שעבודת הפסח הוא ההתחלה כי הוא הפתח והשער של כל העבודות לכן מהיכא תיתי לרבות את הגר ולהכניסו בזה השער בלתי קרא מפורש. ושפיר אי לאו קרא מפורש הוה אמינא להוציא את הגרים כי קודם כל מחויב הגר לברר א"ע ולהראות שמכליל עצמו בחוזק עבודתו אל הכלל ישראל.
ואח"כ יהיה יתכן נמי להכניסו בקרב ישראל דרך השער והפתח מעבודת הפסח. אבל כל עוד שלא נכלל א"ע בהכלל ישראל אין יכולין להכניסו לעבודת הפסח, וכמו שמצינו בגמ' (פסחים צב) אין עושין את הפסח בחבורה של גרים.
והטעם הנאמר שם שמא ידקדקו (ועיין בתוס' שם) אכן הפנימיות מזה הטעם הוא באמת משום שאינם יכולין לעשות סדר בפני עצמם כי אם אחר שנתכללו בקרב ישראל אז יכולין לעשות הפסח דווקא ביחד עם כל ישראל אבל לא בפני עצמם. ולכך אם לא כתיב קרא מפורש לא הוי מרבינן את הגרים.
משא"כ גבי סוכה שרומז על אור היקפו ית' למעלה מהתפיסה שמקיף ומגין על האדם למעלה מדעתו אף במקום כזה שאין יד תפיסת עבודתו מגעת שם. כי כל מצוה סוכה הוא גם לישן בתוכה ובשעת שינה אין להאדם שום דעת כלל רק ע"י שעובד האדם בדעתו כפי תפיסתו הנמוכה אזי מאיר לו השי"ת הגנת אור המקיף אותו למעלה מדעתו.
לזה שפיר ילפינן האזרח לרבות הגרים. אף שהגר אינו משרשא.
אכן כיון שנוגע מעט בהקדושה ע"י עבודתו בזה שבא להתגייר הרי הוא עכ"פ מגיזעא קדושה לזה אף שאינו משרשא קדישא מ"מ מצד אור הקיפו ית' יכול שפיר גם הוא לכלול בקרב ישראל כי מצד גודל אור הקיפו ית' מקיף השי"ת באמת את כל העולם אף שאינם משרשא וגיזעא. ומכש"כ להגר שהוא עכ"פ מגיזעא קדישא.
ועוד זאת שיכול להאיר בהגרים כמאמרם ז"ל (מדרש רבה נשא פ' ח') על הפסוק יחיו דגן וגו' שיעשה עיקר בישראל וכו' והגם שהבעל מום אינו יכול לכנוס בעבודת ההיקף זה הוא רק מפאת שהוא עבודה. ועבודה אינו אלא מדעת שצריך להמשיך בכניסתו להמקדש ע"י השתחויה את בהירות המקדש לתפיסת דעתו ממש.
והכלי של בעל מום הוא פגום מלהמשיך עליו אור הבהירות. אף שאמרו ז"ל (זבחים ו) גם אם לא אמר אחד מששה דברים הללו הקרבן כשר.
ומזה משמע דלא בעינן דעתו מדכשר בסתם. הרי מצינו עבודה אף בלא דעת.
אכן כל הטעם שכשר הקרבן אף בסתם הוא כמבואר בגמ' (שם) מפני שלב ב"ד מתנה עליהם נמצא שהיה באמת דעת ב"ד באותה העבודה לזה כשר הקרבן אף בסתם אבל עבודה אינו באמת אלא מדעת לכן הבעל מום שהדעת שלו הוא פגום מהשורש אינו יכול לכנוס לעבודת היקף. משא"כ מצות סוכה שכל ההארה מזאת המצוה מורה על ההיקף שהוא מצד השי"ת בלי דעת אדם כלל ובאור כזה נתרבה באמת אף מי שאינו נוגע בו רק מעט לכך נמי שפיר נתרבה הגר מהאזרח.
אמנם בנייחא ממצות סוכה הוא רק מאן דאיהו משרשא וגיזעא קדישא דישראל כדאי' בזוה"ק שם מאן דאיהו משרשא וגיזעא וכו' ומאן דליתא מגזעא ושרשא קדישא דישראל לא יתיב בהו ויפיק גרמי' מתחות צילא דמהימנותא היינו שאינו בנייחא ממצות סוכה שנקרא צילא דמהימנותא. כי מהימנותא רומז על הארת השי"ת שמנהיר בהדרגה את האור עד שבא בתפיסת אדם אבל צילא דמהימנותא רומז על הארת השי"ת שמנהיר בלי שום הדרגה כלל כי אם שהלביש את האור בפעולה גשמי וע"י זאת הפעולה יהיה נוגע האדם באור עליון שהוא למעלה הרבה מתפיסת דעתו המלובש בזאת הפעולה וזאת נקרא צילא דמהימנותא.
שהוא חלקו של יעקב אבינו כי זאת פעלו האבות הקדושים בעוצם עבודתם שיהיה בכח ישראל ע"י פעולתם הנמוכה לנגוע באור העליון ביותר ולזה נקרא מצות סוכה צילא דמהימנותא שאינו בנייחא ממנה רק מי שהוא משרשא וגיזעא קדישא דישראל. ולכן אחר שיצאו ישראל ממצרים שהיו אז משוללי עבודה עדיין והיה עליהם קטרוג הללו וכו' והללו וכו' נאמר שם ויסעו בני ישראל מרעמסס סכותה וגו' היינו שהכניס אותם השי"ת למקום כזה שכבר דרכו שם אבות הקדושים בחוזק עבודתם ופעלו בעד ישראל זרעם שיהיה בכחם להגיע גם ע"י פעולה קטנה להאור העליון המקיף את האדם למעלה הרבה מהבנת תפיסתו ואור המקיף כזה נקרא צילא דמהימנותא ועל זה רומז סכותה וממילא נתבטלו כל המקטריגים:
Or, au sujet de la mitsva de soukka, nous apprenons dans la Guemara (Soukka 28b) : "l'autochtone" (האזרח), afin d'inclure les guerim (convertis). Bien qu'aucun verset explicite n'ait ete dit pour obliger le ger, nos Sages, de memoire benie, apprennent d'inclure les guerim par l'ajout du he de (האזרח).
Au sujet de Pessa'h, en revanche, un verset explicite est dit : "Lorsqu'un ger sejournant chez toi celebrera Pessa'h..." (Exode 12,48). Il ressort de la que, sans un verset explicite obligeant le ger, nous ne l'aurions pas inclus dans la mitsva de Pessa'h.
Cela est semblable a ce que nous trouvons au sujet de l'homme atteint d'un defaut corporel dans le Zohar (Emor 91a), sur le verset : "Tout homme en qui il y aura un defaut ne s'approchera pas" (Levitique 21,17), car la saintete d'en haut ne reside pas dans un lieu defectueux, etc. C'est-a-dire que, bien que l'homme atteint d'un defaut soit autorise a manger des choses sacrees, il lui est interdit d'entrer dans le Sanctuaire.
Car cette entree meme dans le Sanctuaire est consideree comme un service. En effet, il n'etait jamais permis d'entrer dans le Sanctuaire sans service (voir Maimonide, Mishneh Torah, Hilkhot Biat hamikdach 2,4, et le Kesef Mishneh ad loc.) ; chaque fois qu'un homme y entrait, il devait se prosterner, comme nous le trouvons plusieurs fois dans le Talmud : il entra dans le Sanctuaire, se prosterna et sortit.
De meme, nous trouvons au sujet de la duree de sejour dans le Sanctuaire qu'elle n'etait que le temps d'une prosternation ; cela, parce qu'aucune entree vide n'etait permise dans le Sanctuaire sans prosternation. Aussi la duree de sejour dans le Sanctuaire etait-elle toujours celle d'une prosternation.
Voici donc que l'entree elle-meme etait un service. C'est pourquoi l'homme atteint d'un defaut, bien qu'autorise a manger des choses sacrees - et manger les choses sacrees est aussi considere comme un service -, est exclu.
Toutefois, ce service par la consommation des choses sacrees n'est que sous l'aspect de l'eclairage de la lumiere interieure. Tandis que le service de l'entree dans le Sanctuaire est sous l'aspect de la lumiere environnante.
Et tout service de l'entourage est interdit a l'homme atteint d'un defaut, car tout le sens de ce service consistant a entrer dans le Sanctuaire etait d'attirer, par son entree dans le Sanctuaire, la lumiere de clarte qui y reside vers le cœur de l'homme. Toutes les dix saintetes qui entouraient le Sanctuaire, l'une plus elevee que l'autre, etaient des vetements du lieu de l'Arche, qui n'occupait pas de mesure, et l'entouraient.
Afin que la lumiere du lieu de l'Arche apparaisse graduellement, au travers de ces dix vetements, dans la saisie de l'homme, de sorte qu'il puisse s'abaisser lui-meme pour que repose sur lui l'exaltation du Saint, beni soit-Il (מאיך גרמיה למשרי עליה גאותא דקב"ה). C'est pourquoi l'homme atteint d'un defaut ne peut entrer dans le Sanctuaire : il est dans la deficience de la lune (פגימותא דסיהרא).
Ainsi qu'il est explique dans le Zohar (ibid.) : "L'homme qui se trouve defaillant n'a pas en lui de fidelite, et cette deficience temoigne contre lui... Et si tu dis : le Saint, beni soit-Il, ne reside-t-Il pas seulement dans un lieu brise, dans un vase brise, ainsi qu'il est ecrit : avec l'accable et l'humble d'esprit ?
Ce lieu est plus entier que tous les autres, car il s'abaisse lui-meme afin que repose sur lui l'exaltation du Saint, beni soit-Il, l'exaltation supreme ; et cela est entier. Mais il n'est pas ecrit : avec l'aveugle, le brise, le camus et celui qui a un membre trop long ; mais : avec l'accable et l'humble d'esprit.
Celui qui s'abaisse, le Saint, beni soit-Il, le releve..." (cf. Isaie 57,15).
Mais, chez l'homme atteint d'un defaut, le defaut temoigne qu'il y a une carence dans sa racine : il ne peut s'abaisser lui-meme pour que repose sur lui l'exaltation du Saint, beni soit-Il. C'est pourquoi, bien qu'il soit autorise a introduire en lui toutes les saintetes qui sont sous l'aspect de la lumiere interieure, il est interdit dans le service de l'entourage.
Or nous trouvons au sujet des guerim qu'ils ont ete inclus dans la mitsva de soukka par (האזרח), afin d'inclure les guerim, bien que la mitsva de soukka fasse aussi allusion au service de l'entourage, car la soukka est une lumiere environnante. Et voici qu'au sujet de la mitsva de Pessa'h, quoiqu'elle ne soit qu'une lumiere interieure, il fut neanmoins necessaire d'ecrire un verset explicite : "Lorsqu'un ger sejournant chez toi celebrera Pessa'h", d'ou il ressort que, sans qu'il soit expressement dit dans un verset explicite que le ger fasse Pessa'h, j'aurais pense exclure le ger.
Toutefois, il y a une distinction. Le service de Pessa'h, bien qu'il ne soit qu'une lumiere interieure, est le commencement, la porte et le seuil de tous les services ; d'ou viendrait que nous incluions le ger et le fassions entrer par cette porte sans verset explicite ?
Il est donc juste que, sans verset explicite, j'aurais pense exclure les guerim, car le ger doit d'abord se clarifier lui-meme et montrer qu'il s'inclut, par la force de son service, dans la collectivite d'Israel. Ensuite seulement il sera possible de le faire entrer parmi Israel par la porte et le seuil du service de Pessa'h.
Mais tant qu'il ne s'est pas inclus dans la collectivite d'Israel, on ne peut le faire entrer dans le service de Pessa'h, comme nous le trouvons dans la Guemara (Pessa'him 92a) : on ne fait pas le sacrifice de Pessa'h dans un groupe de guerim. La raison qui y est donnee est : de peur qu'ils ne soient trop scrupuleux (voir les Tossafot ad loc.).
Mais l'interiorite de cette raison est en verite qu'ils ne peuvent faire un ordre pour eux-memes ; ce n'est qu'apres s'etre inclus parmi Israel qu'ils peuvent faire Pessa'h, precisement avec tout Israel, mais non pour eux-memes. C'est pourquoi, sans verset explicite, nous n'aurions pas inclus les guerim.
Ce n'est pas le cas de la soukka, qui fait allusion a Sa lumiere environnante, au-dela de la saisie, laquelle entoure et protege l'homme au-dela de sa connaissance, meme en un lieu ou la main de la saisie de son service n'atteint pas. Car toute la mitsva de soukka consiste aussi a y dormir, et, pendant le sommeil, l'homme n'a absolument aucune connaissance.
Mais lorsque l'homme sert par sa connaissance, selon sa saisie infime, le Saint, beni soit-Il, lui fait briller la protection de la lumiere environnante qui l'entoure au-dela de sa connaissance. C'est pourquoi nous apprenons justement de (האזרח) a inclure les guerim.
Bien que le ger ne soit pas de la racine, neanmoins, puisqu'il touche quelque peu la saintete par son service, en ce qu'il vient se convertir, il est au moins du tronc de saintete. Aussi, bien qu'il ne soit pas de la racine sainte, il peut neanmoins, du cote de Sa lumiere environnante, etre justement inclus parmi Israel ; car, du fait de la grandeur de Sa lumiere environnante, le Saint, beni soit-Il, entoure en verite le monde entier, meme ceux qui ne sont ni de la racine ni du tronc.
A plus forte raison le ger, qui est au moins du tronc saint. De plus, cette lumiere peut eclairer les guerim, selon la parole de nos Sages, de memoire benie (Midrach Rabba, Nasso 8), sur le verset : "Ils vivront du ble..." (Osee 14,8), qu'Il fera de lui un element principal en Israel, etc.
Et si l'homme atteint d'un defaut ne peut entrer dans le service de l'entourage, cela ne tient qu'a ce qu'il s'agit d'un service. Or le service n'est que par la connaissance : en entrant dans le Sanctuaire, il doit attirer par sa prosternation la clarte du Sanctuaire jusque dans la saisie reelle de sa connaissance.
Mais le receptacle de l'homme atteint d'un defaut est defectueux pour attirer sur lui la lumiere de la clarte. Bien que nos Sages, de memoire benie, aient dit (Zevahim 6a) : meme s'il n'a pas formule l'une de ces six intentions, le sacrifice est valide, ce qui semble indiquer que sa connaissance n'est pas requise, puisque le sacrifice est valide sans precision.
Voici donc que nous trouvons un service meme sans connaissance. Toutefois, toute la raison pour laquelle le sacrifice est valide meme sans precision est, comme l'explique la Guemara (ibid.), que le cœur du tribunal stipule a leur sujet ; il se trouve donc qu'il y eut en verite la connaissance du tribunal dans ce service.
C'est pourquoi le sacrifice est valide meme sans precision. Mais le service n'est en verite que par la connaissance ; c'est pourquoi l'homme atteint d'un defaut, dont la connaissance est defectueuse a la racine, ne peut entrer dans le service de l'entourage.
Ce n'est pas le cas de la mitsva de soukka, dont tout l'eclairage indique l'entourage, qui vient du cote du Saint, beni soit-Il, sans aucune connaissance de l'homme ; dans une telle lumiere est veritablement inclus meme celui qui ne la touche que peu. C'est pourquoi le ger est justement inclus par (האזרח).
Toutefois, le repos de la mitsva de soukka appartient seulement a celui qui est de la racine et du tronc saints d'Israel, comme il est dit dans le Zohar (ibid.) : "Celui qui est de la racine et du tronc... ; et celui qui n'est pas du tronc et de la racine saints d'Israel ne s'y assied pas et se retire de dessous l'ombre de la foi" (צילא דמהימנותא). C'est-a-dire qu'il ne trouve pas de repos dans la mitsva de soukka, appelee l'ombre de la foi.
Car la foi (מהימנותא) fait allusion a l'eclairage du Saint, beni soit-Il, qui illumine graduellement la lumiere jusqu'a ce qu'elle entre dans la saisie de l'homme ; mais l'ombre de la foi fait allusion a l'eclairage du Saint, beni soit-Il, qui illumine sans aucune gradation, seulement parce qu'Il a revetu la lumiere d'une action materielle. Par cette action, l'homme touche la lumiere superieure, tres au-dela de la saisie de sa connaissance, qui est revetue dans cette action ; et cela est appele l'ombre de la foi.
C'est la part de notre pere Yaakov, car telle fut l'œuvre des saints Patriarches, par la force de leur service : qu'Israel puisse, par son action infime, toucher la lumiere la plus elevee. Aussi la mitsva de soukka est-elle appelee l'ombre de la foi, dont ne trouve repos que celui qui est de la racine et du tronc saints d'Israel.
C'est pourquoi, apres que les Israelites furent sortis d'Egypte, alors qu'ils etaient encore denues de service et qu'une accusation pesait sur eux : "ceux-ci... et ceux-ci...", il est dit : "Les enfants d'Israel partirent de Ramses vers Soukkot..." (Exode 12,37). C'est-a-dire que le Saint, beni soit-Il, les fit entrer dans un lieu ou les saints Patriarches avaient deja trace un chemin par la force de leur service, et avaient œuvre pour Israel, leur descendance, afin qu'ils puissent atteindre, meme par une petite action, la lumiere superieure qui entoure l'homme bien au-dela de la comprehension de sa saisie.
Une telle lumiere environnante est appelee l'ombre de la foi ; et c'est a cela que Soukkot fait allusion. Des lors, tous les accusateurs furent annules.
דברי קהלת בן דוד מלך בירושלים. הבל הבלים אמר קהלת וגו'.
איתא בזוה"ק (ויחי רכג.) ביומוי דשלמה מלכא קיימא סיהרא באשלמותא וכו'. היינו שהיו רואים אז מפורש עומק החיים הצפון וגנוז בכל העבודות הנראין לפעולות גשמיות שהיה ניכר מפורש בקדושת יו"ט דישראל מקדשי ע"י פעולת עבודתם.
כל הקדושת שבת דקביע וקיימא מצד השי"ת אשר לפי הנראה איך יתכן שיהיה מקום לקדושת יו"ט שהוא רק מצד פעולת ישראל בקדושת שבת שהוא קבוע וקיימא מצד השי"ת לבד אכן בימי שלמה המלך היו מכירין מפורש בקדושת יו"ט איך ששוכן בה כל הקדושה דקביע וקיימא ועל זה אמרו ז"ל (ר"ה כא) ביקש שלמה להיות כמשה וכו' היינו כי חלקו של משה רבינו הוא שבת כמאמר ישמח משה במתנת חלקו וקדושת שבת הוא קביע וקיימא מצדו ית' ואין בה שום מקום לפעולת אדם. וחלקו של שלמה המלך היו כל העבודות שהם בפעולה כגון בנין בית המקדש וכל הכלים ועבודת הקרבנות.
וביקש שלמה להיות כמשה היינו שיפתח לו נמי השי"ת זאת הבהירות כמו שהיה גבי מ"ר בלי שום התלבשות הפעולות והשיב לו השי"ת וכתוב יושר דברי אמת ולא קם נביא עוד בישראל כמשה וכו' היינו כי בעוה"ז מוכרח יהיה האור בהתלבשות הפעולות ובגודל הדרגה. ועל זה אמר שלמה המלך לכל זמן ועת לכל חפץ וגו':
Paroles de Qohelet, fils de David, roi a Jerusalem. Vanite des vanites, dit Qohelet...
Il est rapporte dans le Zohar (Vayehi 223a) : aux jours du roi Salomon, la lune se tenait dans sa plenitude, etc. C'est-a-dire qu'alors ils voyaient clairement la profondeur de la vie cachee et enfouie dans tous les services qui semblent des actions materielles.
Il etait clairement perceptible, dans la saintete des fetes qu'Israel sanctifie par l'action de son service, toute la saintete du Chabbat, fixe et subsistante, qui vient du cote du Saint, beni soit-Il. Selon l'apparence, comment une place pourrait-elle se trouver, dans la saintete du Chabbat fixe et subsistante du seul cote du Saint, beni soit-Il, pour la saintete des fetes, qui ne vient que de l'action d'Israel ?
Mais aux jours du roi Salomon, ils reconnaissaient clairement, dans la saintete des fetes, comment y reside toute la saintete fixe et subsistante. C'est a ce sujet que nos Sages, de memoire benie, ont dit (Roch hachana 21b) : Salomon voulut etre comme Moché, etc.
Cela veut dire que la part de notre maitre Moché est le Chabbat, comme il est dit : "Moché se rejouira du don de sa part." La saintete du Chabbat est fixe et subsistante de Son cote, beni soit-Il, et l'action de l'homme n'y a aucune place. La part du roi Salomon etait tous les services accomplis par l'action, tels que la construction du Temple, tous les ustensiles et le service des sacrifices.
Salomon voulut etre comme Moché, c'est-a-dire que le Saint, beni soit-Il, lui ouvre aussi cette clarte, comme elle etait chez notre maitre Moché, sans aucun revetement des actions. Le Saint, beni soit-Il, lui repondit : "Il a ecrit avec droiture des paroles de verite" (Qohelet 12,10), et : "Il ne s'est plus leve en Israel de prophete comme Moché..." (Deuteronome 34,10).
C'est-a-dire que, dans ce monde-ci, la lumiere doit necessairement etre revetue dans les actions et passer par une grande gradation. C'est a ce propos que le roi Salomon dit : "Pour toute chose il y a un temps, et un moment pour tout desir..." (Qohelet 3,1).
וזרח השמש ובא השמש ואל מקומו שואף זורח הוא שם וגו'. היינו שראה התפשטותא דמ"ר בכל דרא ודרא כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון סט) ואתפשטותיה הוא בכל דרא ודרא בכל צדיק וחכם דמתעסק באורייתא עד שתין רבוא וכו' ומאחר שאורו של מ"ר הוא בלי גבול איך יתכן שיתהווה בגבול.
על זה אמר שלמה המלך וזרח השמש ובא השמש מ"מ. ואל מקומו שואף זורח הוא שם היינו אף שלפי תפיסת אדם נכנס האור בגבול מ"מ באמת הוא תמיד בלי גבול וזה שנראה בתפיסת אדם שנגבל האור בהגבול הוא רק כדי שיהיה לפעולת אדם ג"כ מקום כדכתיב באשר הוא עמל היינו אף שבהקף תפיסת אדם רואה הכל נגדו בגבול אכן כשמברר אדם א"ע כפי כחו באשר הוא עמל יזרח לו השי"ת מהרצון שהוא בלי גבול וכמבואר בתקוני זוה"ק (תיקון ס"ט דף קיז:) ורזא דמלה ויבא יעקב שלם ביקו"ק מיד ויבן לו בית דא סוכה כדאי ויעקב נסע סכתה ויבן לו בית וכו' היינו כשמצמצם אדם א"ע בההיקף שלו אף שהוא בגבול ומוסר הכל להשי"ת מנהיר לו השי"ת חלק וקנין אצלו במקום הבלתי גבול ע"ד הכתוב כי חלק ה' עמו יעקב חבל נחלתו:
"Le soleil se leve et le soleil se couche, et il aspire vers son lieu, la ou il se leve" (Qohelet 1,5). C'est-a-dire qu'il vit le deploiement de notre maitre Moché dans chaque generation, comme il est dit dans les Tikounei haZohar (Tikoun 69) : son deploiement est dans chaque generation, en tout juste et sage qui s'occupe de la Torah, jusqu'a six cent mille, etc.
Or, puisque la lumiere de notre maitre Moché est sans limite, comment peut-elle se former dans une limite ? A cela le roi Salomon dit : "Le soleil se leve et le soleil se couche", neanmoins, "il aspire vers son lieu, la ou il se leve".
C'est-a-dire que, bien que dans la saisie de l'homme la lumiere entre dans une limite, en verite elle demeure toujours sans limite. Ce qui apparait dans la saisie de l'homme comme si la lumiere etait limitee dans une limite n'est que pour donner aussi place a l'action de l'homme, ainsi qu'il est ecrit : "dans ce a quoi il peine".
C'est-a-dire que, bien que dans le cercle de sa saisie l'homme voie tout en face de lui dans la limite, lorsqu'il se clarifie lui-meme selon sa force, dans ce a quoi il peine, le Saint, beni soit-Il, lui fera briller la volonte qui est sans limite. Ainsi qu'il est explique dans les Tikounei haZohar (Tikoun 69, fol.
117b) : "Le secret de la chose est : Yaakov arriva entier au Nom ; aussitot, il lui batit une maison : c'est la soukka, comme il est ecrit : Yaakov partit vers Soukkot et il lui batit une maison..." C'est-a-dire que, lorsque l'homme se restreint lui-meme dans son entourage, bien qu'il soit dans la limite, et remet tout au Saint, beni soit-Il, le Saint, beni soit-Il, lui eclaire une part et une possession aupres de Lui, dans le lieu sans limite, selon le verset : "Car la part de ה' est Son peuple, Yaakov est le lot de Son heritage" (Deuteronome 32,9).
וזהו שקורין קהלת בחג הסכות כי נאמר בו כל השמחות הגדלתי מעשי הרביתי כסף וזהב וגו' אף חכמתי עמדה לי. וזה החג נקרא זמן שמחתנו כי בשיר השירים שם נאמרו כל התפלות שהתפלל שלמה המלך ישקני מנשיקות פיהו שיפתח לו השי"ת הבהירות של מ"ר בכל פעולות הגשמיות.
ובקהלת כתיב כל השמחות אשר פעל בתפלתו שפתח לו השי"ת איך שיש לאלו הפעולות חיבור גמור עם הבהירות של מ"ר ועל זה אמר אף חכמתי עמדה לי היינו שהיה מכיר בכל הפעולות שלו את הבהירות של מ"ר הצפון וגנוז בהם וכדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון י"ג) דרגין דשלמה אינון בית קיבול לדרגין דמשה וכד מתחברן כלא כארץ ש'ל'מ'ה' אתהפך ל'מ'ש'ה וכו' היינו שהראה לו השי"ת החיבור שיש ללבושי הפעולות שלו עם אור החכמה של מ"ר הצפון וגנוז בהם. לא שהלבושים המה נפרדים מהחכמה.
אלא שהחכמה הולך עם כל הלבושים וממילא המה ממש לאחדים כענין כל העולמות אינם נפרדים ח"ו רק בלבוש כזה נקרא אצילות ועוד לבוש הוא בריאה ולבוש עוד הוא יצירה אבל המלך הולך עם כל הלבושים וממילא המה הכל אחד כדאי' בתקוני זוה"ק (תקונא קדמאה ליום ב') כההוא חותם דבההוא אתר דאתדבק ביה רשימו דמארי חותמא. לא אתעדי מניה דיוקנא דחותמא לאשתמודעא ביה וכו' וזהו אף חכמתי עמדה לי וגו':
C'est pourquoi on lit Qohelet durant la fete de Soukkot, car il y est dit : "J'ai grandi toutes les joies, j'ai agrandi mes œuvres, j'ai multiplie argent et or... et ma sagesse aussi est restee avec moi." Cette fete est appelee le temps de notre joie. Car dans le Cantique des cantiques sont dites toutes les prieres que le roi Salomon pria : "Qu'il m'embrasse des baisers de sa bouche" (Cantique des cantiques 1,2), afin que le Saint, beni soit-Il, lui ouvre la clarte de notre maitre Moché dans toutes les actions materielles.
Dans Qohelet sont ecrites toutes les joies qu'il obtint par sa priere : le Saint, beni soit-Il, lui ouvrit comment ces actions ont une jonction complete avec la clarte de notre maitre Moché. C'est a ce propos qu'il dit : "Ma sagesse aussi est restee avec moi" : il reconnaissait dans toutes ses actions la clarte de notre maitre Moché qui y etait cachee et enfouie.
Comme il est rapporte dans les Tikounei haZohar (Tikoun 13) : les degres de Salomon sont des receptacles pour les degres de Moché, et lorsqu'ils s'unissent, tout est comme la terre ; (שלמה) se transforme en (משה), etc. C'est-a-dire que le Saint, beni soit-Il, lui montra la jonction que les vetements de ses actions ont avec la lumiere de la sagesse de notre maitre Moché cachee et enfouie en eux.
Non que les vetements soient separes de la sagesse ; la sagesse va avec tous les vetements, et ils sont ainsi reellement un, de meme que tous les mondes ne sont pas separes, a Dieu ne plaise. Seulement, sous un tel vetement cela est appele Atsilout, sous un vetement de plus cela est appele Beria, et sous un vetement encore cela est appele Yetsira ; mais le Roi va avec tous les vetements, et ils sont donc tous un.
Comme il est rapporte dans les Tikounei haZohar (premier Tikoun, pour le deuxieme jour) : cela est comme un sceau : la ou demeure l'empreinte du maitre du sceau, la forme du sceau ne s'en retire pas, afin qu'on la reconnaisse en lui, etc. Et tel est : "Ma sagesse aussi est restee avec moi", etc.
« Tous les fleuves vont vers la mer, et la mer ne se remplit pas » : le Midrach compare l'âme à une fille de roi, jamais rassasiée, car elle vient d'en haut. Le Sod Yecharim dit que le Saint, béni soit-Il, a créé le monde seulement pour faire du bien, afin que la créature ait le salaire du labeur de ses mains. Plus cette volonté est reconnue dans le vêtement le plus bas, plus s'achève la finalité de « Que le monde soit ». Aux jours de Salomon la lune était dans sa plénitude : même la vapeur sans substance laisse reconnaître cette volonté, et celui qui n'a de lui-même aucune force reçoit du Nom la force d'agir.
Aussi : on lit Kohelet le Chabbat de la fête, le soleil supérieur éclairant la lune ; la terre, Mal'hout et Israël, subsiste à jamais, les parois de la soukka restant paroi pour le Chabbat.
כל הנחלים הולכים אל הים והים איננו מלא וגו'. איתא במדרש (קהלת רבה) על הפסוק והנפש לא תמלא משל לעירני שנשא בת מלך אע"ג שנותן לה כל מעדני עולם אינו יוצא ידי חובתה למה שהיא בת מלך כך הנפש לא תמלא למה מפני שהיא מן העליונים היינו לפי שהנפש היא ממקום עליון ששם הוא הכל בלי גבול ובזה העולם כשהיא בהגוף הוא בצמצום הגבול לזאת אינה לעולם בנייחא אפילו אם תעשה כל המצות וזהו כענין שהציב השי"ת המים התחתונים בוכין כדאי' (בראשית רבה) אנן בעינן למהוי קדם מלכא וכו' ומצד השי"ת המה המים התחתונים ועליונים אחד כמו שמצינו בהקפיטל הללו את ה' מן השמים חושב המים אשר מעל לשמים ובהללו את ה' מן הארץ אינו חושב המים אשר מתחת לארץ.
שכיון שהם מהללים את ה' אז הם הם בעצמם המים אשר מעל לשמים. אכן זאת הציב השי"ת במכוון כדי שיהיו בוכין וישתוקקו תמיד לחזור למקום העליון וע"י זאת התשוקה שהנפש לא תמלא יגיע למקום עליון ע"י יגיע כפו וכמו שמבואר שם במדרש משל לשתי שפחות אחת ניזון מטמיון ואחת ניזון ממעשה ידיה וכו' ומזאת הצעקה שיש לה מעוררה שיפתח לה השי"ת ממקום העליון כמו שהיתה מקודם ירידתה לזה העולם אלא שעכשיו נקרא יגיע כפה:
Tous les fleuves vont vers la mer, et la mer ne se remplit pas, etc. Il est rapporte dans le Midrach (Kohelet Rabba), sur le verset: "et l'ame ne se rassasie pas" (Ecclesiaste 6,7): parabole d'un citadin qui epousa une fille de roi.
Bien qu'il lui donne toutes les douceurs du monde, il ne s'acquitte pas envers elle. Pourquoi?
Parce qu'elle est fille de roi. Ainsi l'ame ne se rassasie pas.
Pourquoi? Parce qu'elle est d'en haut.
C'est-a-dire: puisque l'ame provient d'un lieu superieur, ou tout est sans limite, dans ce monde, lorsqu'elle est dans le corps, elle est dans la contraction de la limite. C'est pourquoi elle n'est jamais en repos, meme si elle accomplit tous les commandements.
Cela est pareil au fait que le Saint, beni soit-Il, a place les eaux inferieures en pleurs, comme il est rapporte (Bereshit Rabba): "Nous voulons etre devant le Roi", etc. Du cote du Saint, beni soit-Il, les eaux inferieures et superieures ne font qu'un, comme nous le trouvons dans le chapitre: "Louez ה' depuis les cieux" (Psaumes 148,1), ou il compte les eaux qui sont au-dessus des cieux, tandis que dans "Louez ה' depuis la terre" (Psaumes 148,7), il ne compte pas les eaux qui sont sous la terre.
Car lorsqu'elles louent ה', elles sont elles-memes les eaux qui sont au-dessus des cieux. Toutefois, le Saint, beni soit-Il, a etabli cela intentionnellement, afin qu'elles pleurent et aspirent toujours a retourner au lieu superieur.
Par ce desir, du fait que l'ame ne se rassasie pas, elle atteindra le lieu superieur par le labeur de ses mains. Comme cela est explique la-bas dans le Midrach: parabole de deux servantes, l'une nourrie de la table du palais et l'autre nourrie du travail de ses mains, etc.
Par ce cri qu'elle possede, elle eveille le Saint, beni soit-Il, afin qu'Il lui ouvre depuis le lieu superieur, comme elle etait avant sa descente dans ce monde, sauf que maintenant cela s'appelle le labeur de ses mains:
דברי קהלת בן דוד מלך בירושלים הבל הבלים אמר קהלת הכל הבל וגו'. בזוה"ק (ויחי רכג.) ביומוי דשלמה מלכא קיימו סיהרא באשלמותא וכו' באור הענין כי בימי שלמה המלך היה מנהיר מפורש תכלית המכוון מהרצון ית' שבחר בהויית עולם וכל כוונתו ית' נגמר אז בתכלית השלימות.
כי כל ענין בריאת עולם הוא. שהניח השי"ת אורות יקרים מאוד במקומות רחוקים ביותר למען שיהיה יתכן להבריאה יגיע כפיך כי תאכל וגו' כי מצד השי"ת אין באמת שום הכרח ח"ו לבריאת עולם כמאמר אדון עולם אשר מלך בטרם כל יציר נברא כדאיתא במדרש תנחומא (פ' צו) אמר הקב"ה אלו הייתי מבקש קרבן לא הייתי אומר למיכאל שהוא אצלי להקריב לי קרבן וממי אני מבקש קרבן מישראל וכו' אכן רצונו יתברך בבריאת עולם הוא רק משום שחפץ להיטיב לבריותיו שיהיה להם שכר יגיע כפיך.
וזאת הוא באמת עיקר תכלית המכוון מהרצון ית' שאמר והיה העולם למען שיהיה להבריאה הכרה ותפיסה כזו בהרצון ית' שהשי"ת חפץ להיטיב. ולזה כל מה שנתרחק יותר מהשרש ועל כל זה יהיה שם הכרה בהרצון ית' שהוא חפץ להיטיב בזה נגמר ביותר שלימות המכוון שיש להשי"ת בהבריאה כי כל מה שניכר זה הרצון ית' שחפץ להיטיב בלבוש הנמוך ביותר בזאת ההכרה נגמר יותר בשלימות תכלית המכוון מהרצון ית' בבריאת עולם.
ובימי שלמה דקיימא סיהרא באשלמותא שהיה מנהיר זאת ההכרה אף בהדומם לזה אמר שלמה המלך הבל הבלים וגו' וכמבואר במדרש (קהלת רבה) הבל הבלים אמר קהלת לאחד ששופת שבעה קדרות זו למעלה מזו והבל של עליונה אין בו ממש וכו' היינו אף אחר שנתרחקה הבריאה כ"כ מאור עד שדומה להבל של עליונה שאין בה ממש ובכל זאת מכירין היטב בהרצון ית' שהוא חפץ להיטיב בזאת ההכרה בעצמה נגמר כל המכוון מהרצון ית' שאמר והיה העולם בתכלית השלימות וזה הוא דקיימא סהרא באשלמותא כי זאת ההכרה הוא הקוטב שעליו מסובב כל הקיום מהויות עולם וממנה נצמח כל כח הפעולה שמסר השי"ת להבריאה כי עיקר כח הפעולות שיש להבריאה הוא באמת רק במקום שמכירה היטב דלית לה מגרמיה שום כח לפעול מבלעדי הש"י שם שופע השי"ת כח לפעול כדאיתא בזוה"ק (פנחס רנז:) שם אל סהיד על מארי דכלא דלית יכולת לכל שם והויה ודרגא וכש"כ לשאר בריין פחות מיניה הה"ד (דניאל יד) וכל דיירי ארעא כלא חשיבין וכמצביי' עביד בחיל שמיא וכו' היינו כי שם אל הוא שם הפועל חסד ולזה נתן בשם זה כח החסד מהשי"ת משום שמכיר כל דיירי ארעא כלא חשיבין ולפי שמכיר היטב שהכל כלא לכן בהסתעפותם בעולמות שהם למטה פועל בהיפוכא דאתוון שמשפיע ממקור החסד כי אותיות לא הם בהיפוכא אותיות אל. וכן דינא בהיפך אתוון אדני כי כל שם פועל במקום שמכיר שאין שום כח זולתו ית' וכן כח כל הויות הבריאה נצמח מזאת ההכרה שאין לה מצדה שום כח הוי' רק כל קיום הוייתה הוא מהשי"ת וכדכתיב ואת דכא ושפל רוח אני שוכן וגו' ולזה אומרים ישראל בכל יום ויום שמע ישראל ה' אלהינו ה' אחד כי אחד מורה שהוא לבדו ואין עוד וכדאי' במדרש (בראשית רבה) על הפסוק ויהי ערב ויהי בוקר יום אחד למה לא נאמר יום ראשון כמו שנאמר שני שלישי וכו' שבעוד שהיה נקרא השי"ת אחד היה חפץ לדור בתחתונים וכו' ואחד מורה על חד ולא בחושבן כדאי' בתקוני זוה"ק (תיקון כב) כד איהי בעלמין עלאין נקרא חד ולא בחושבן וכו' וכשאומרים ה' אחד הוא הכוונה חד ולא בחושבן היינו שאין שום הויה בעולם בלעדי השי"ת לבדו כי הד' מאחד רומז על חד ולא בחושבן שאין שום הויה בעולם רק הוא ושמו לבדו והוא לבדו פועל וגו' והח' רומז על חד בחושבן וכדאיתא בתקוני זוה"ק (שם) וכד מנהיר לדרגין תתאין נקרא תד בחושבן היינו כי זה האדם המכיר ברצונו ית' ואומר ה' אחד נותן לו השי"ת מקום אצלו בחד ולא בחושבן ומראה לו שעלה במחשבה תחלה וזה הוא שאומרים תיכף אח"כ ב'ש'כ'מ'ל'ו' היינו כיון שמכיר האדם בה' אחד.
זה האדם בעצמו המכיר זאת הוא כבוד מלכותו ית' כי מאחר שכל רצונו ית' בבריאת עולם הוא שיהיה ניכר כבוד מלכותו גם בזה העולם השפל וההסתר ומי שיש לו זאת ההכרה נגמר על ידו כל המכוון מבריאת עולם נמצא שהוא בעצמו כבוד מלכותו ית' בזה העולם וביותר היה זאת הכרה גבי שלמה המלך כמבואר שם בימי שלמה קיימא סהרא באשלמותא לזה אמר הבל הבלים וגו' הכל הבל וכמבואר במדרש (קהלת רבה שם) ולכן נתן לו השי"ת כח הפעולות ביותר כדאיתא בגמ' (מנחות נג) יבוא ידיד ויבנה ידיד וכו' היינו כי שלמה המלך המשיך אור רצונו ית' לזה העולם בכל הפעולות. בנין בית המקדש עם כל הכלים והמשיך כ"כ מפורש אור רצונו ית' לזה העולם עד שהיו רואים מפורש במקדש את מקום הארון שאינו מן המדה שמורה על אור רצונו ית' שהוא חד ולא בחושבן שוכן במקום שהוא חד בחושבן וכל זה היה ע"י כח הפעולות שלו לזה אמר הבל הבלים וגו' וכמבואר במדרש שם לשבע קדרות זו למעלה מזו והבל של עליונה אין בה ממש של כלום.
היינו כי באמת כל מה שיכולין לכנות את הבריאה בשם יש הוא רק בגבול ההיקף של כל אחד כי כל אחד בתוך העיגול שלו לבד יכול לדמות שיש לו כח הבחירה כחפצו. אבל חוץ מהיקף העגול שלו מכירין שפיר שרק השי"ת לבדו פועל הכל.
ואפילו בהיקף העיגול של אדם שנקרא שם בשם יש כי נדמה לו בדעתו שהבחירה חפשית אצלו כפי חפץ לבבו שם הוא נמי כהבל שאין בו ממש כי כל הדמיון מבחירה שיש להאדם בהיקף עיגול שלו הוא נמי רק נגד עצמו אבל נגד זולתו שוב אפס כל בחירתו והכל הוא בידי שמים כי אם פוסע האדם אל תוך היקף עיגול של חבירו שם הוא הכל בידי שמים כדאיתא בגמ' (כתובות ל:) צנים ופחים בידי אדם אריא וגנבא בידי שמים. הגם שאנו דנין את הגנב שגנב בכח בחירתו אבל לחבירו הנגנב נעשה זה ההיזק הגניבה בידי שמים כי אריא וגנבא בידי שמים.
הרי שכל כח הבחירה הנמצא גבי האדם בתוך היקף העיגול שלו הוא נמי רק כהבל שאין בו ממש של כלום ומפאת אותה הכרה שמכיר האדם דלית ליה מגרמיה שום כח נמשך באמת להאדם כל קיום הוייתו כי מאחר שכל המכוון מבריאת עולם היה רק לזה הקוטב שיהיה הכרה באותו ית' אף במקום הרחוק ונסתר בלבושים הנמוכים. א"כ מי שיש לו ביותר זאת ההכרה יש לו נמי תקיפות וקיום הויה ביותר.
והוא בעצמו נחשב לקומה שלימה גבי הרצון ית' ואז בימי שלמה המלך היה זאת ההכרה בתכלית השלימות ועל זה איתא שם דקיימא סהרא באשלמותא. ולזה קורין קהלת בשבת שבתוך החג כי אז הוא חילוף הזמנים שמנהיר מקדושת שבת שהוא שמשא עלאה למועדים שנקראו סהרא דישראל מקדשי להו בפעולת עבודתם כענין דאיתא בזוה"ק (חקת קפו) וקם לאנהרא לסהרא כי כל המועדים נכללים בקדושת שבת דקביע וקיימא מצדו ית' ושבת הוא בחינת זכור והמועדים הם בחינת שמור ואנן מותבינן מזכור שמור.
ושמור היינו כל עבודת אדם וכפי שישראל מכירין ביגיעת עבודתם את אורו ית' גם בלבושים הרחוקים והנמוכים כך מחזק השי"ת כל קיום הוייתם ועל זה אמר קהלת וזרח השמש ובא השמש ואל מקומו שואף זורח הוא שם היינו שבמקום הנראה לאדם שהוא נעלם לגמרי מאור ח"ו שרואה שבא השמש והולכת למערב ידע ברור שכל ההעלם וההסתר הוא רק מצד האדם אבל מצד השי"ת אינו נעלם האור ח"ו מעולם בשום פעם וכל התעלמות אור הוא רק למען שיגיע האדם לאור ע"י עבודת יגיע כפו כי דוקא במקום ההסתרה יכולין לחפור ולמצוא אור נעלה היקר ביותר ועל זה אמר ואל מקומו שואף זורח הוא שם:
Paroles de Kohelet, fils de David, roi a Jerusalem. Vanite des vanites, a dit Kohelet, tout est vanite, etc.
Dans le Zohar sacre (Vayhi 223a): "Aux jours du roi Salomon, la lune se tenait dans sa plenitude", etc. L'explication est que, aux jours du roi Salomon, la finalite visee par la volonte divine, qui avait choisi l'existence du monde, brillait de maniere explicite; toute Son intention fut alors achevee dans la perfection la plus entiere.
Car toute l'affaire de la creation du monde est que le Saint, beni soit-Il, deposa des lumieres tres precieuses dans les lieux les plus eloignes, afin qu'il soit possible a la creature: "Tu mangeras du labeur de tes mains" (Psaumes 128,2), etc. Car, du cote du Saint, beni soit-Il, il n'y a en verite aucune necessite, a D.ieu ne plaise, a la creation du monde, ainsi que le dit: "Maitre du monde, qui regnait avant que toute creature fut creee." Il est rapporte dans le Midrach Tan'houma (paracha Tsav): le Saint, beni soit-Il, dit: "Si Je desirais un sacrifice, ne dirais-Je pas a Mikhael, qui est aupres de Moi, de M'offrir un sacrifice?
Et de qui Je demande un sacrifice? D'Israel", etc.
Mais Son desir, beni soit-Il, dans la creation du monde est seulement parce qu'Il desire faire du bien a Ses creatures, afin qu'elles aient le salaire du labeur de leurs mains. Et ceci est veritablement l'essentiel de la finalite visee dans la volonte divine qui dit: "Que le monde soit": afin que la creature ait une telle connaissance et saisie de la volonte divine, que le Saint, beni soit-Il, desire faire du bien.
C'est pourquoi, plus elle s'eloigne de la racine, et que malgre cela il y a la connaissance de la volonte divine, qu'Il desire faire du bien, plus s'acheve parfaitement la finalite que le Saint, beni soit-Il, a dans la creation. Car plus cette volonte divine, qui desire faire du bien, est reconnaissable dans le vetement le plus bas, plus, par cette connaissance, s'acheve parfaitement la finalite visee de la volonte divine dans la creation du monde.
Aux jours de Salomon, lorsque la lune etait dans sa plenitude, cette connaissance brillait meme dans l'inanime. C'est pourquoi le roi Salomon dit: "Vanite des vanites", etc.
Comme l'explique le Midrach (Kohelet Rabba): "Vanite des vanites, a dit Kohelet" (Ecclesiaste 1,2), cela ressemble a celui qui pose sept marmites l'une au-dessus de l'autre: la vapeur de celle du haut n'a pas de substance, etc. C'est-a-dire: meme apres que la creature s'est tant eloignee de la lumiere qu'elle ressemble a la vapeur de celle du haut, qui n'a pas de substance, neanmoins on reconnait bien la volonte divine qui desire faire du bien.
Dans cette connaissance elle-meme s'acheve toute la finalite de la volonte divine qui dit: "Que le monde soit", dans la perfection la plus entiere. C'est le sens de: la lune se tenait dans sa plenitude.
Car cette connaissance est le pole autour duquel tourne toute la subsistance des existences du monde, et d'elle pousse toute force d'action que le Saint, beni soit-Il, a remise a la creature. Car la force principale des actes de la creature se trouve en verite seulement la ou elle reconnait bien qu'elle ne possede d'elle-meme aucune force d'agir sans le Nom.
La, le Saint, beni soit-Il, fait couler une force pour agir, comme il est rapporte dans le Zohar sacre (Pinhas 257b): "Le nom El temoigne du Maitre de tout, qu'il n'y a de capacite pour aucun nom, etre, ni degre, et a plus forte raison pour les autres creatures inferieures a lui", ainsi qu'il est dit: "Tous les habitants de la terre sont comptes pour rien, et Il agit selon Sa volonte dans l'armee des cieux" (Daniel 4,32), etc. C'est-a-dire que le nom El est le nom qui opere la bonte.
C'est pourquoi une force de bonte venant du Saint, beni soit-Il, fut donnee a ce nom, parce qu'il reconnait que tous les habitants de la terre sont comptes pour rien. Et puisqu'il reconnait bien que tout est neant, dans leur derivation vers les mondes d'en bas il agit par l'inversion des lettres, en influant depuis la source de la bonte, car les lettres de לא sont l'inversion des lettres de אל.
De meme, le jugement est dans l'inversion des lettres de Adonai. Car tout nom opere la ou il reconnait qu'il n'y a aucune force en dehors de Lui, beni soit-Il.
Ainsi, la force de toutes les existences de la creation pousse de cette connaissance qu'elle ne possede de son cote aucune force d'existence, mais que toute la subsistance de son existence vient du Saint, beni soit-Il, ainsi qu'il est ecrit: "Je demeure avec celui qui est ecrase et humble d'esprit" (Isaie 57,15), etc. C'est pourquoi Israel dit chaque jour: "Ecoute, Israel, ה' notre Elokim, ה' est Un" (Deuteronome 6,4).
Car Un indique qu'Il est seul et qu'il n'y a rien d'autre. Comme il est rapporte dans le Midrach (Bereshit Rabba), sur le verset: "Il y eut soir, il y eut matin: jour un" (Genese 1,5): pourquoi n'est-il pas dit "premier jour", comme il est dit deuxieme, troisieme, etc.?
Tant que le Saint, beni soit-Il, etait appele Un, Il desirait demeurer dans les mondes inferieurs, etc. Et Un indique: un, et non dans le compte, comme il est rapporte dans les Tikounei Zohar (Tikoun 22): "Lorsqu'Il est dans les mondes superieurs, Il est appele un, et non dans le compte", etc.
Lorsque l'on dit: "ה' est Un", l'intention est: un, et non dans le compte, c'est-a-dire qu'il n'y a aucune existence dans le monde en dehors du Saint, beni soit-Il, seul. Car le dalet de אחד fait allusion a un, et non dans le compte: il n'y a aucune existence dans le monde, seulement Lui et Son Nom; Lui seul agit, etc.
Et le het fait allusion a un dans le compte, comme il est rapporte dans les Tikounei Zohar (ibid.): "Lorsqu'Il eclaire les degres inferieurs, Il est appele un dans le compte." C'est-a-dire que cet homme qui reconnait Sa volonte, beni soit-Il, et dit: "ה' est Un", le Saint, beni soit-Il, lui donne une place aupres de Lui dans l'un non compte, et lui montre qu'il est monte premier dans la pensee. C'est ce que l'on dit aussitot apres, dans "ב'ש'כ'מ'ל'ו'": puisque l'homme reconnait que ה' est Un, cet homme meme, qui reconnait cela, est la gloire de Sa royaute, beni soit-Il.
Car puisque tout Son desir, beni soit-Il, dans la creation du monde est que la gloire de Sa royaute soit reconnue meme dans ce monde bas et cache, celui qui a cette connaissance acheve par elle toute la finalite de la creation du monde. Il est donc lui-meme la gloire de Sa royaute, beni soit-Il, dans ce monde.
Cette connaissance etait plus encore chez le roi Salomon, comme explique la-bas: aux jours de Salomon, la lune se tenait dans sa plenitude. C'est pourquoi il dit: "Vanite des vanites", etc., "tout est vanite".
Comme l'explique le Midrach (Kohelet Rabba, ibid.), le Saint, beni soit-Il, lui donna donc une force d'action plus grande, comme il est rapporte dans la Guemara (Menahot 53a): "Que le bien-aime vienne et construise pour le Bien-aime", etc. C'est-a-dire que le roi Salomon a prolonge la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il, dans ce monde par tous ses actes: la construction du Temple et tous les ustensiles.
Il a prolonge si explicitement la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il, dans ce monde, que l'on voyait explicitement dans le Sanctuaire que l'emplacement de l'Arche n'etait pas soumis a la mesure. Cela indique que la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il, qui est un et non dans le compte, demeure dans le lieu qui est un dans le compte.
Tout cela fut par la force de ses actes. C'est pourquoi il dit: "Vanite des vanites", etc., comme l'explique le Midrach la-bas: pour sept marmites l'une au-dessus de l'autre, la vapeur de celle du haut n'a aucune substance.
C'est-a-dire qu'en verite, tout ce que l'on peut appeler dans la creature du nom d'existant n'est que dans la limite du pourtour de chacun. Car chacun, seulement a l'interieur de son propre cercle, peut imaginer qu'il possede une force de choix selon son desir.
Mais hors du pourtour de son cercle, on reconnait bien que seul le Saint, beni soit-Il, opere tout. Meme dans le pourtour du cercle de l'homme, appele existant, car il lui semble a l'esprit que son choix est libre suivant le desir de son cœur, cela aussi est comme une vapeur qui n'a aucune substance.
Car toute l'imagination du choix que l'homme possede dans le pourtour de son cercle n'est aussi que vis-a-vis de lui-meme; mais vis-a-vis d'autrui, tout son choix est de nouveau nul, et tout est entre les mains du Ciel. Car si l'homme entre dans le pourtour du cercle de son prochain, la tout est entre les mains du Ciel, comme il est rapporte dans la Guemara (Ketoubot 30a): "Le froid et les pieges sont entre les mains de l'homme; le lion et le voleur sont entre les mains du Ciel." Bien que nous jugions le voleur, qui a vole par la force de son choix, pour son prochain qui fut vole, ce dommage du vol est cause par les mains du Ciel, car le lion et le voleur sont entre les mains du Ciel.
Voila que toute la force du choix qui se trouve chez l'homme, a l'interieur du pourtour de son cercle, est aussi comme une vapeur sans aucune substance. Et, en vertu de cette connaissance par laquelle l'homme reconnait qu'il ne possede de lui-meme aucune force, toute la subsistance de son existence lui est reellement prolongee.
Car puisque toute la finalite de la creation du monde etait seulement ce pole: qu'il y ait connaissance de Lui, beni soit-Il, meme dans le lieu eloigne et cache par les vetements les plus bas, celui qui possede davantage cette connaissance possede aussi davantage de fermete et de subsistance d'existence. Lui-meme est considere comme une stature entiere devant la volonte divine.
Alors, aux jours du roi Salomon, cette connaissance etait dans la perfection la plus entiere; c'est a ce propos qu'il est rapporte la-bas: la lune se tenait dans sa plenitude. C'est pourquoi on lit Kohelet le Chabbat qui est dans la fete, car alors a lieu l'echange des temps: il eclaire, depuis la saintete du Chabbat qui est le soleil superieur, les fetes appelees la lune, qu'Israel sanctifie par l'action de son service, ainsi qu'il est rapporte dans le Zohar sacre (Houkat 186a): "Il se leve pour eclairer la lune." Car toutes les fetes sont incluses dans la saintete du Chabbat, qui est fixe et subsiste du cote du Saint, beni soit-Il.
Le Chabbat est l'aspect de zakhor (souviens-toi), et les fetes sont l'aspect de shamor (garde); et nous etablissons shamor a partir de zakhor. Shamor est tout le service de l'homme.
Dans la mesure ou Israel reconnait, par le labeur de son service, Sa lumiere, beni soit-Il, meme dans les vetements eloignes et bas, ainsi le Saint, beni soit-Il, affermit toute la subsistance de leur existence. A ce propos, Kohelet dit: "Le soleil se leve, le soleil se couche, et vers son lieu il aspire; la il se leve" (Ecclesiaste 1,5).
C'est-a-dire que, dans le lieu ou il semble a l'homme que la lumiere, a D.ieu ne plaise, est entierement cachee, quand il voit que le soleil se couche et va vers l'ouest, il doit savoir clairement que toute cette occultation et ce voilement ne sont que du cote de l'homme. Du cote du Saint, beni soit-Il, la lumiere, a D.ieu ne plaise, n'est jamais cachee a aucun moment.
Toute dissimulation de la lumiere n'est que pour que l'homme atteigne la lumiere par le service du labeur de ses mains, car c'est precisement au lieu du voilement que l'on peut creuser et trouver une lumiere superieure, la plus precieuse. A ce propos il dit: "Et vers son lieu il aspire; la il se leve."
דור הולך ודור בא והארץ לעולם עומדת וגו'. איתא במדרש (קהלת רבה) על זה הפסוק מי נברא בשביל מי הדור בשביל הארץ או הארץ בשביל הדור הוי אומר הארץ בשביל הדור.
והארץ לעולם עומדת וכו' ומחשב שם במדרש להארץ כל הקומה מהצורת אדם. אדם יש לו ראש והארץ יש לה ראש וכו' ומסיק שם במדרש ארץ אלו ישראל שנקראו ארץ שנאמר תהיו אתם לי ארץ חפץ וכו' וכן הוא בזוה"ק שהארץ הוא מדת המלכות ומרמז על כנסת ישראל.
וביאור הענין כי כל המדות בעת שנעלם מהם לפעמים האור נאמר עליהם ונהר יחרב ויבש כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון כב) על מדת יסוד שנקרא צדיק ואם יסתלק מצדיק ואשתאר איהו חרב ויבש וכו' אבל מדת המלכות יען דלית לה מגרמיה כלום וכל פעולתה הוא רק באור חוזר להעמיד בחזרה כל המדות פב"פ נוכח השי"ת לזה אשתאר תמיד רשומי דחותמא דמלכא ביה כדאיתא בתקוני זוה"ק (שם) על הפסוק שימני כחותם על לבך כההוא רשימא דחותמא דילך. דאע"ג דחותמא דילך בידיה.
אשתאר רשימו דיליה וכו' היינו שזאת המדה מראה תמיד שהנהר אינו חרב ויבש ח"ו וזה הכח יש בה משום דלית לה מגרמיה כלום ומכרת היטב שכל הוייתה הוא רק מזה שהשי"ת מנהיר לה הויה בכל רגע וכדאי' (שם) על הפסוק ה' בחכמה יסד ארץ אבא יסד ברתא. היינו שבזאת המדה הנקראת ארץ המכונה מלכות מנהיר אור חכמה עלאה שהוא באין סוף ובלי גבול ולכן אין סוף וגבול לזאת המדה הנקרא ארץ ולעולם עומדת ועד היכן אף כשיפתח השי"ת את אורו הגדול לעתיד כמו שנאמר ונשגב ה' לבדו ביום ההוא אז יהיה ג"כ מקום לקבלת מלכות שמים שישראל מקבלים עליהם בעוה"ז וכמו שבאר אאמו"ר הג' הק' זלה"ה מאמר הגמ' (סוכה ז) מגו דהוו דופן לענין סוכה הוו דופי לענין שבת וכו' ומסיק שם השתא מקילתא לחמירתא אמרינן מחמירתא לקילתא לא כל שכן וכו' היינו כי דופן לענין סוכה הוא מה שישראל מגדירים א"ע בגדרים וסייגים.
ועל זה רומז מצות סכה שהסכך לא יהיה עב כ"כ אלא שהכוכבים נראין מתוכה וזהו כל עבודת האדם בעוה"ז רק להסיר מאתו המסך המסתיר בפניו אורו ית'. והגם מה נחשב כל עבודת האדם הלא מצער הוא נגד גודל אורו ית' שנקרא שבת שהוא קדושה דקביע וקיימא מצדו ית' עכ"ז לעתיד כשיפתח השי"ת את גודל אורו ואז יהיה כדכתיב ונשגב ה' לבדו וגו' מ"מ הדפנות מהסוכה היינו הגדרים והסייגים שהיו מגדירים ישראל א"ע בזה העולם לא יתבטלו גם אז וזה הוא מגו דהוי דופן לענין סוכה הוי דופן לענין שבת כי מקילתא לחמירתא אמרינן נמי שהוא דופן וזה הוא והארץ לעולם עומדת:
Une generation s'en va et une generation vient, mais la terre subsiste a jamais, etc. Il est rapporte dans le Midrach (Kohelet Rabba), sur ce verset: "Qui fut cree pour qui?
La generation pour la terre, ou la terre pour la generation? Dis: la terre pour la generation.
Et la terre subsiste a jamais" (Ecclesiaste 1,4), etc. Le Midrach compte la-bas pour la terre toute la stature de la forme de l'homme: l'homme a une tete et la terre a une tete, etc.
Et le Midrach conclut: "La terre, ce sont Israel, qui sont appeles terre, comme il est dit: 'Vous serez pour Moi une terre de desir'", etc. Il en est de meme dans le Zohar sacre: la terre est l'attribut de malkhout (royaute) et fait allusion a la communaute d'Israel.
L'explication est que, pour tous les attributs, lorsque la lumiere leur est parfois retiree, il est dit a leur sujet: "Le fleuve sera desseche et tari" (Isaie 19,5). Comme il est rapporte dans les Tikounei Zohar (Tikoun 22), au sujet de l'attribut de yessod (fondement), appele juste: "S'il se retire du juste, il demeure desseche et tari", etc.
Mais l'attribut de malkhout, puisqu'il ne possede rien de lui-meme et que toute son action consiste seulement en lumiere reflechie, pour retablir tous les attributs face a face devant le Saint, beni soit-Il, conserve donc toujours en lui l'empreinte du sceau du Roi. Comme il est rapporte dans les Tikounei Zohar (ibid.), sur le verset: "Pose-moi comme un sceau sur ton cœur" (Cantique des cantiques 8,6): "Comme cette empreinte de ton sceau: bien que ton sceau soit dans sa main, son empreinte demeure", etc.
C'est-a-dire que cet attribut montre toujours que le fleuve, a D.ieu ne plaise, n'est pas desseche et tari. Il a cette force parce qu'il ne possede rien de lui-meme et reconnait bien que toute son existence vient seulement de ce que le Saint, beni soit-Il, lui eclaire l'existence a chaque instant.
Comme il est rapporte (ibid.), sur le verset: "ה' a fonde la terre par sagesse" (Proverbes 3,19): "Le Pere a fonde la fille." C'est-a-dire que, dans cet attribut appele terre et nomme malkhout, brille la lumiere de la 'hokhma (sagesse) superieure, qui est dans l'Infini et sans limite. C'est pourquoi cet attribut appele terre n'a ni fin ni limite, et subsiste a jamais.
Jusqu'ou? Meme lorsque le Saint, beni soit-Il, ouvrira Sa grande lumiere dans l'avenir, comme il est dit: "ה' seul sera eleve en ce jour-la" (Isaie 2,11), il y aura aussi alors place pour la reception de la royaute du Ciel qu'Israel accepte sur lui dans ce monde.
Comme mon pere, mon maitre, le saint, de bienheureuse memoire, l'a explique, a propos de l'enseignement de la Guemara (Soukka 7a): "Puisqu'elles etaient des parois pour la soukka, elles etaient des parois pour le Chabbat", etc. Et il conclut la-bas: "Maintenant, nous disons du plus leger au plus severe; du plus severe au plus leger, a plus forte raison", etc.
C'est-a-dire que la paroi pour la soukka est ce par quoi Israel se limite lui-meme par des limites et des haies. La mitsva de la soukka y fait allusion: le sekhakh (couverture vegetale) ne doit pas etre si epais que les etoiles ne soient visibles a travers lui.
Tout le service de l'homme dans ce monde n'est que d'ecarter de lui le rideau qui lui cache Sa lumiere, beni soit-Il. Bien que tout le service de l'homme soit peu de chose face a la grandeur de Sa lumiere, beni soit-Il, appelee Chabbat, qui est une saintete fixe et subsistante du cote du Saint, beni soit-Il, neanmoins, dans l'avenir, lorsque le Saint, beni soit-Il, ouvrira la grandeur de Sa lumiere et qu'alors il sera ecrit: "ה' seul sera eleve", etc., les parois de la soukka, c'est-a-dire les limites et les haies par lesquelles Israel se limitait dans ce monde, ne seront pas annulees meme alors.
C'est le sens de: puisqu'elle etait une paroi pour la soukka, elle est une paroi pour le Chabbat; nous disons aussi du plus leger au plus severe qu'elle est une paroi. Tel est le sens de: "Et la terre subsiste a jamais."
« Elokim, Hachem, force de mon salut, Tu as couvert ma tête au jour du combat » (Tehilim 140,8). Selon le Sod Yecharim, le Saint béni soit-Il a établi le changement des temps afin que l’homme reconnaisse l’unité du Saint béni soit-Il, qui unit tous les contraires, et reçoive le joug de la royauté céleste. La soukka, demeure provisoire, habitue à n’être plongé dans aucune mida, pour se laisser entraîner après Sa volonté quand le temps change. L’instant du passage apparaît comme un vide ; il faut une foi accrue dans Sa providence, et le verset dit « Elokim, Hachem » pour attirer protection depuis le lieu le plus élevé.
Aussi : les fleuves sont les middot, kelim mesurés, et Mal'hout, mer sans keli, ne se remplit jamais ; paroles vaines si le particulier reste seul, paroles de Torah qui reviennent après un oubli ; matsa en fin d’hiver, pour n’accueillir que l’éclairci
כל הנחלים הולכים אל הים והים איננו מלא וגו'. כל הנחלים היינו כל המדות ומדות הם כלים לקבלת אור.
אמנם כל כלי אינה יכולה להחזיק בתוכה יותר מכפי מדתה ולזה אין בכחה לקבל את האור רק כפי מדתה. ולכך נקראו הספירות מדות להורות שיש לכל ספירה מדה וגבול לקבלת אורה ויותר ממדת הכלי אין בכחה לקבל.
אבל ים רומז על מלכות דלית לה מגרמיה כלום שאפילו כלי אינה מעמדת לקבלת אור וכל הוייתה הוא רק היניקה מאור רצונו ית' בלי שום מדה וכלי כלל לזה כמו שאור רצונו ית' הוא בלי גבול ואין סוף כך הוא מדת המלכות בלי גבול ואין סוף כי יען שכל קבלת אור הוא רק אותה ההכרה דלית לה מגרמיה כלום לכן כל מה שמאיר בה יותר אור רצונו ית' יש לה יותר השגה דלית לה מגרמיה כלום מאחר שמצד עצמה אין לה שום רצון אחר רק רצונו ית' וזאת ההכרה שהיא משגת דלית לה מגרמיה כלום הוא האור שלה לזה הוא כלי לקבל אור בלי גבול ובלי תכלית עד אין סוף ואיננו נתמלא לעולם וזהו כוונת המדרש (שם) שמביא על זה הפסוק כל הנחלים וגו' את הפסוק והנפש לא תמלא כי נפש רומז ג"כ על מדת המלכות ואיתא שם על זה משל לעירני שנשא בת מלך אפילו נותן לה כל מעדני עולם אינו יוצא ידי חובתה למה מפני שהיא בת מלך כך הנפש לא תמלא למה מפני שהיא מן העליונים היינו מפני ששואפת תמיד מרצון עליון לזה הוא תמיד מעליונים ואיננו מלא:
"Tous les fleuves vont vers la mer, et la mer ne se remplit pas" (Qohelet 1,7), etc. Tous les fleuves designent toutes les middot (mesures-attributs), et les middot sont des kelim pour recevoir la lumiere.
Mais aucun keli ne peut contenir plus que sa mesure; il ne peut donc recevoir la lumiere que selon sa mesure. C'est pourquoi les sefirot sont appelees middot, afin d'indiquer que chaque sefira a une mesure et une limite pour recevoir sa lumiere, et qu'au-dela de la mesure du keli elle ne peut recevoir.
Mais la mer fait allusion a Malkhout, qui n'a rien d'elle-meme (דלית לה מגרמיה כלום): elle ne maintient pas meme un keli pour recevoir la lumiere, et tout son etre n'est que de puiser dans la lumiere de Sa volonte, benie soit-Elle, sans aucune mesure ni aucun keli. Aussi, de meme que la lumiere de Sa volonte, benie soit-Elle, est sans limite et sans fin, ainsi la mesure de Malkhout est sans limite et sans fin.
Car toute reception de lumiere n'est que cette reconnaissance qu'elle n'a rien d'elle-meme; ainsi, plus la lumiere de Sa volonte, benie soit-Elle, eclaire en elle, plus elle saisit qu'elle n'a rien d'elle-meme. Puisque, de son propre cote, elle n'a aucune autre volonte que Sa volonte, benie soit-Elle, cette reconnaissance qu'elle saisit, qu'elle n'a rien d'elle-meme, est sa lumiere.
Elle est donc un keli pour recevoir une lumiere sans limite, sans terme, jusqu'a l'infini, et elle ne se remplit jamais. Telle est l'intention du Midrach (ibid.), qui rapporte sur ce verset, "Tous les fleuves...", le verset: "L'ame ne se remplit pas" (Qohelet 6,7).
L'ame fait egalement allusion a la mesure de Malkhout. Il est dit la-bas a ce sujet: parabole d'un homme du peuple qui epousa une fille de roi; meme s'il lui donne tous les delices du monde, il ne s'acquitte pas de son devoir envers elle.
Pourquoi? Parce qu'elle est fille de roi.
Ainsi l'ame ne se remplit pas. Pourquoi?
Parce qu'elle vient des etres superieurs, c'est-a-dire parce qu'elle aspire toujours a la volonte superieure; elle est donc toujours [tournee] vers les superieurs et ne se remplit pas.
כל הדברים יגעים וגו'. מבואר (שם) במדרש כל הדברים יגעים וגו' דברי בטלה מיגעין את האדם וכו' קורא היום כבוש שמה וכו'.
הענין הוא כי כל עיקר הנייחא מהתפשטות הפרטים הוא רק כשחוזרים ונכללים בהכלל וזהו כלל ופרט וכלל. אבל כשנשאר זאת ההתפשטות בהפרט זאת נקרא דברי בטלה שמיגעין את האדם משום שאין נייחא משום דבר שבעולם רק כשחוזר להכלל.
וזהו פירוש המדרש קורא היום כבוש שמה. כי יום רומז על בהירות היינו שמכירין היטב כמו דכתיב והיה ה' לאור יומם וגו' שיש להשי"ת חיבור עם כל הדברים וממילא מי שמכיר באותו החיבור הוא בעצמו מחובר להשי"ת וזה הוא שהפרט חוזר ונכלל בהכלל ויש להפרט הכח מהכלל.
אבל כאשר נותנים חיבור להיום בפני עצמו ואינו מחבר אותו להשי"ת. זהו קורא היום כבוש שמה היינו שאומר שהיום יש לו חיבור בפני עצמו בהפרטים ואינו חוזר להכלל לחבר אותו עם השי"ת על זה איתא שם דברי בטלה מיגעין את האדם וע"ז הכונה מחשב שם במדרש כל הדברים יגעים.
אבל על דברי תורה מסיק שם במדרש שמא תאמר מאחר שאדם מוציא תלמודו לאחר שוב אינה חוזרת עליו ת"ל שם הם שבים ללכת. היינו כי בהגמר מכל ההשפעות מוכרח שיהיה להמשפיע מעט שכחה.
וזה השכחה הוא הגמר שנתהווה ממנה הולדה כי בכל הולדה מוכרח להיות מקודם שכחה ואח"כ יתכן שיהיה מזה הולדה וככה הוא בהשפעת דברי תורה בהגמר היינו כשיוצאת מכח המחשבה אל הדבור אז א"א שיהיה להאדם תמיד חשבון מבורר בבהירות שהוא אינו רק צינור. וזהו יען ששוכח אז שהוא רק צינור לזה נעשה נוגע בדבר וחפץ להחזיק דיבורו כמאמרם ז"ל בגמרא אדם עשוי להחזיק דיבורו לזה איתא כאן במדרש מאחר שאדם מוציא תלמודו לאחר ואז א"א שלא ישכח מעט בגמר ההשפעה שהוא רק צינור שמא תאמר שוב אינה חוזרת עליו היינו שנאבדו אותן הדברי תורה ח"ו מאתו ונשארת בהפרט לזה נאמר שם הם שבים ללכת היינו מאחר שא"א שלא יהיה להאדם בהגמר מעט שכחה לכן הם חוזרים עליו ולא יהיו נשארים ח"ו בהפרט אלא שם הם שבים ללכת:
"Toutes les choses sont lassantes" (Qohelet 1,8), etc. Le Midrach explique (ibid.): "Toutes les choses sont lassantes": les paroles vaines fatiguent l'homme, etc.; il appelle le jour "conquis, la-bas", etc.
Le sens est que tout le repos venant de l'expansion des details n'existe que lorsqu'ils retournent s'inclure dans le general: c'est "general, particulier, general". Mais lorsque cette expansion demeure dans le particulier, elle est appelee paroles vaines, qui fatiguent l'homme, parce qu'il n'y a de repos dans aucune chose du monde qu'en retournant au general.
Tel est le sens du Midrach: "il appelle le jour conquis, la-bas". Car le jour fait allusion a la clarte, c'est-a-dire que l'on reconnait clairement, comme il est ecrit: "Et ה' sera pour toi une lumiere eternelle" (Isaie 60,19), qu'au Saint beni soit-Il est lie tout ce qui existe.
De ce fait, celui qui reconnait ce lien est lui-meme lie au Saint beni soit-Il; c'est que le particulier retourne s'inclure dans le general, et le particulier tire sa force du general. Mais lorsqu'on attribue au jour un lien par lui-meme et qu'on ne le relie pas au Saint beni soit-Il, c'est "il appelle le jour conquis, la-bas": il dit que le jour a dans les details un lien propre et ne retourne pas au general pour le relier au Saint beni soit-Il.
A ce sujet il est dit la-bas: les paroles vaines fatiguent l'homme; et c'est en ce sens que le Midrach enumere "toutes les choses sont lassantes". Mais a propos des paroles de Torah, le Midrach conclut: Peut-etre diras-tu que, lorsque l'homme a exprime son etude, elle ne revient plus a lui?
L'Ecriture dit: "La-bas, elles retournent pour aller" (Qohelet 1,7). C'est que, lorsque toutes les influences sont achevees, il doit y avoir chez celui qui influence un peu d'oubli.
Cet oubli est l'achevement dont nait l'engendrement, car tout engendrement doit etre precede d'un oubli, et ensuite un engendrement peut en provenir. Il en est de meme dans l'influence des paroles de Torah: a son achevement, c'est-a-dire lorsqu'elle sort de la puissance de la pensee vers la parole, il est impossible que l'homme ait toujours un compte clairement etabli, dans la clarte, qu'il n'est qu'un canal.
Parce qu'alors il oublie qu'il n'est qu'un canal, il devient donc interesse dans l'affaire et veut maintenir sa parole, selon leur propos, de memoire benie, dans le Talmud: "L'homme est porte a maintenir sa parole." C'est pourquoi le Midrach dit ici: lorsque l'homme a exprime son etude - et alors il est impossible qu'il n'oublie pas un peu, a l'achevement de l'influence, qu'il n'est qu'un canal - peut-etre diras-tu qu'elle ne revient plus a lui, c'est-a-dire que ces paroles de Torah ont, a Dieu ne plaise, ete perdues pour lui et sont restees dans le particulier? Il est donc dit: "La-bas, elles retournent pour aller"; puisque, a l'achevement, l'homme ne peut manquer d'avoir un peu d'oubli, elles reviennent a lui et ne demeurent pas, a Dieu ne plaise, dans le particulier, mais "la-bas, elles retournent pour aller".
אלהים ה' עוז ישועתי סכותה לראשי ביום נשק (תהילים ק״מ:ח׳) איתא בירושלמי (יבמות פ' ט"ו הלכה ה) סכותה לראשי ביום נשק ביום שהקיץ נושק את החורף דבר אחר ביום נשק זה נשקו של גוג דבר אחר ביום ששני עולמות נושקין זה את זה העוה"ז יוצא ועוה"ב נכנס וכו':
"Elokim, ה', force de mon salut, Tu as couvert ma tete au jour du combat" (Psaumes 140,8). Il est rapporte dans le Yeroushalmi (Yevamot, ch.
15, halakha 5): "Tu as couvert ma tete au jour du combat" - au jour ou l'ete embrasse l'hiver. Autre explication: "au jour du combat", c'est le combat de Gog.
Autre explication: au jour ou deux mondes s'embrassent l'un l'autre: ce monde-ci sort et le monde a venir entre, etc.
באור הענין כי בזה העולם הציב השם יתברך התחלפות הזמנים למען שיהיה הכרה להבריאה לקבל עול מלכות שמים והוא כענין שמצינו בזוה"ק (במדבר קכ.) ר' אלעזר שאיל לר"ש אבוי א"ל סימנא לזווגא דיחודא מנין א"ל ברי אף על גב דאוקימנא מלין לכל סטר וכו' סימנא דא נקוט בידך והכי הוא כעין סחרא דמדבחא דתנן ובא לו לקרן דרומית מזרחית וכו' והא ידעת רזא דקרן ודא הוא עול מלכותא קדישא וכו' היינו כי קרן זוית אין לה מצד עצמה שום תמונה וכל הגוון מתמונת הקרן נתהווה רק מפאת התקרבות שני צדדים נגדיים בלתי שטחיים כגון דרומית מזרחית וכדומה וזהו והא ידעת רזא דקרן ודא הוא עול מלכותא קדישא היינו שהתחברות שני קצוות נגדיים רומז לאדם הכרה שיש אחד למעלה המשולל מכל המדות שאצלו נתאחדו כל ההפכים וכן כשמגיע האדם לחילוף הזמנים ורואה נגדו חיבור משני קצוות שהם מהיפך להיפך כגון יום ולילה. קיץ וחורף.
מזה יכול האדם להכיר באחדות השי"ת שמאחד כל ההפכים וזאת ההכרה הוא קבלת עול מלכות שמים. ועל זה התחלפות הזמנים התפלל דוד המלך סכותה לראשי ביום נשק היינו שינהיג השי"ת את האדם דרך חילוף הזמנים בגודל הדרגא למען שיהיה בכח האדם לפסוע ולילך אחריו כי אז צריכין לילך מאד בהדרגה לבל ילאה האדם ח"ו ויכול מסבת התחלפות להתבטל בינתים ח"ו.
והעצה לזאת הוא מצות סוכה צא מדירת קבע ושב בדירת ארעי היינו שלא יהיה האדם משוקע בשום מדה מן המדות להיות נכנע תחתיו בקביעות. כי מה יעשה זה האדם בעת חילוף הזמן למדה ההיפך ממנה אזי יכול להגיע לו ח"ו מסבת זה התבטלות כי ענין זאת ההתחלפות שהציב השי"ת הוא כדאיתא בזוה"ק (וירא קט:) ר"א אומר והוא מסבות מתהפך הקב"ה מסבב סבובין ואייתי עובדין בעלמא לאתקיימא ולבתר דחשיבו בני נשא דיתקיימון אינון עובדין קב"ה מהפך לון לאינון עובדין מכמה דהוה בקדמיתא וכו' היינו כשנדמה לו להאדם שכבר יש לו זאת הנהגה בקביעות גמור אזי מגביה השי"ת את אור רצונו מהלבוש של אותה הנהגה ולא נשאר ביד אדם כלום לכן צריכין לישב בסוכה בדירת ארעי ולצאת מדירת קבע למען שירגיל אדם א"ע לבלתי יהיה משוקע בקביעות בשום דבר שבעולם למען שיהיה לו בנקל להתמשך אחר רצונו ית' כפי מה שיהיה מנהיג עמו בכל התחלפות הזמנים ובכל ההפכים:
L'explication en est que, dans ce monde, le Saint beni soit-Il a etabli le changement des temps afin que la creature ait la reconnaissance de recevoir le joug de la royaute celeste. C'est semblable a ce que nous trouvons dans le saint Zohar (Bamidbar 120a): Rabbi Elazar demanda a Rabbi Shimon, son pere: "D'ou vient le signe de l'union du yi'houd (unification)?" Il lui repondit: "Mon fils, bien que nous ayons etabli des paroles en tout sens... retiens ce signe dans ta main: il est comme le circuit de l'autel, car nous avons enseigne: il arrivait a la corne sud-est...
Tu connais le secret de la corne: c'est le joug de la sainte royaute..." Cela signifie que l'angle n'a de lui-meme aucune forme, et que toute la figure de l'angle ne se forme que du rapprochement de deux cotes opposes, non plans, tels que le sud et l'est, et semblables. Tel est: "Tu connais le secret de la corne: c'est le joug de la sainte royaute".
L'union de deux extremites opposees fait reconnaitre a l'homme qu'il y a un Unique au-dessus, depouille de tous les attributs, chez Lequel tous les contraires sont unifies. De meme, lorsque l'homme parvient au changement des temps et voit devant lui l'union de deux extremites qui sont d'un contraire a l'autre, comme le jour et la nuit, l'ete et l'hiver, il peut reconnaitre l'unite du Saint beni soit-Il, qui unit tous les contraires.
Cette reconnaissance est la reception du joug de la royaute celeste. A propos de ce changement des temps, le roi David pria: "Tu as couvert ma tete au jour du combat", c'est-a-dire que le Saint beni soit-Il conduise l'homme, a travers le changement des temps, par de grands degres, afin qu'il puisse marcher et aller a Sa suite.
Car il faut alors avancer tres graduellement, de peur que l'homme ne se lasse, a Dieu ne plaise, et qu'en raison du changement il ne soit annule entre-temps, a Dieu ne plaise. Le conseil en est la mitsva de soukka: "Sors de la demeure fixe et habite la demeure provisoire"; c'est-a-dire que l'homme ne soit plonge dans aucune des middot, pour lui etre soumis en permanence.
Car que fera cet homme lorsque le temps changera pour la mida opposee? A cause de cela, il peut parvenir, a Dieu ne plaise, a l'annulation.
Car ce changement etabli par le Saint beni soit-Il est comme il est rapporte dans le saint Zohar (Vayera 109b): "Rabbi Elazar dit: 'Et Il se tourne par Ses desseins' (Job 37,12): le Saint beni soit-Il fait tourner des rotations et amene des faits dans le monde afin qu'ils subsistent; puis, lorsque les hommes pensent que ces faits subsisteront, le Saint beni soit-Il les retourne de ce qu'ils etaient au commencement..." Lorsque l'homme s'imagine donc qu'il possede deja cette conduite de maniere tout a fait permanente, le Saint beni soit-Il eleve la lumiere de Sa volonte hors du vetement de cette conduite, et il ne reste rien dans la main de l'homme. C'est pourquoi il faut habiter la soukka, demeure provisoire, et sortir de la demeure fixe, afin que l'homme s'habitue a ne pas etre plonge de facon permanente dans aucune chose du monde, pour pouvoir facilement se laisser entrainer apres Sa volonte, benie soit-Elle, selon la maniere dont Elle le conduira dans tous les changements des temps et tous les contraires.
והנה בזמן החורף אז מחזק השי"ת השרשים והיסודות גבי האדם. לזה בסוף החורף כאשר מתחלף מחורף לקיץ צריך האדם לאכול מצה שנקרא מיכלא דמהימנותא מיכלא דאסוותא.
היינו שמרגיל את האדם לבלתי יקבל רק מה שמבורר מאד וממילא יהיה אחר כך בקיץ שהוא זמן הצמיחה כל הענפים שיצמחו נמי מבוררים היטב:
Or, durant l'hiver, le Saint beni soit-Il fortifie chez l'homme les racines et les fondements. C'est pourquoi, a la fin de l'hiver, lorsqu'il passe de l'hiver a l'ete, l'homme doit manger de la matsa, appelee nourriture de la foi (מיכלא דמהימנותא), nourriture de guerison (מיכלא דאסוותא).
C'est-a-dire qu'il habitue l'homme a ne recevoir que ce qui est tres eclairci; ainsi, ensuite, en ete, qui est le temps de la pousse, toutes les branches qui pousseront seront elles aussi bien eclaircies.
ובסוף הקיץ כשנחלף לחורף שהוא זמן חיזוק היסודות של הבריאה אז נותן השי"ת עצה להאדם שיהיו נשמרים אצלו גם הענפים שצמחו כבר בקיץ שילך עמהם לסוכה היינו שיכיר האדם היטב שלא קיבל אותם עדיין אל ביתו ורשותו לגמרי אלא שמונחים עדיין ברשותו ית' ובזאת הכרה תהיה שמורה בחורף הבא גם להענפים שהיה לו מהקיץ וכן הציב השי"ת בכל חילוף הזמנים וכן בכל עת שנתחלף משער לשער ומצורה לצורה שיהיה אז מצוה מיוחדת כגון בשעת זריעה יש מצוה לא תזרע וגו' ובשעת המרוח יש מצות תרומות ומעשרות ומשנתגלגל העיסה יש מצות חלה וזה הכל הם עצות כי המצוה משמר את האדם ונותן לו כח להתמשך אחר רצונו ית' בכל מיני התחלפות כענין דאיתא בזוה"ק (בראשית מח.) ובעינא לזמנא לההיא סוכה דאתפרסת עלנא ולמשרא עמנא ולמהוי מגינא עלנא כאמא דשריא על בנין וכו' וכמו שאנו מתפללין בכל שבת הפורס סוכת שלום עלינו וגו' ועל זה נאמר סכותה לראשי ביום נשק:
A la fin de l'ete, lorsqu'il passe a l'hiver, temps du renforcement des fondements de la creation, le Saint beni soit-Il donne a l'homme le conseil que les branches deja poussees en ete soient aussi preservees chez lui: qu'il aille avec elles dans la soukka, c'est-a-dire que l'homme reconnaisse bien qu'il ne les a pas encore recues entierement dans sa maison et son domaine, mais qu'elles reposent encore dans Son domaine, beni soit-Il. Par cette reconnaissance, les branches qu'il avait de l'ete seront aussi gardees dans l'hiver suivant.
Ainsi le Saint beni soit-Il a-t-Il etabli a chaque changement des temps, et de meme chaque fois que l'on passe de porte en porte et de forme en forme, qu'il y ait alors une mitsva particuliere: au moment des semailles, la mitsva "tu ne semeras pas..."; au moment du vannage, les mitsvot des prelevements et des dimes; et lorsque la pate est roulee, la mitsva de 'halla. Tout cela sont des conseils, car la mitsva garde l'homme et lui donne la force de se laisser entrainer apres Sa volonte, benie soit-Elle, dans toutes les sortes de changements, selon ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Bereshit 48a): "Nous demandons que cette soukka qui s'est etendue sur nous soit invitee, demeure avec nous et soit un bouclier sur nous, comme une mere qui demeure sur ses fils..." Et comme nous prions chaque Chabbat: "Qui etend la soukka de paix sur nous..." A ce propos il est dit: "Tu as couvert ma tete au jour du combat."
אלהים ה' עוז ישועתי סכותה לראשי ביום נשק. להיות שבכל התחלפות הזמנים מקיץ לחורף או מחורף לקיץ אז צריכין לשמירה יתירה כי כאשר נתחלף מזמן לזמן אזי נשתנה הלבוש מהנהגה ממדה למדה ונכנס מגבול לגבול וזאת הרגע המתחלפת הוא כענין מאמרם ז"ל בגמרא על הרגע של בין השמשות זה יוצא וזה נכנס ואין אדם עומד עליו כי זאת הרגע המתחלפת הוא למעלה מהגבול של תפיסת אדם לזה נראה בזה העולם כמו חלל ועל זה נאמר באשר חללים שם הוא ומלת הוא רומז על עלמא עלאה למעלה מתפיסת זה העולם לפיכך נראה בזה העולם כמו חלל ואז הרגע שנראה כחלל צריכין לגודל שמירה.
וזהו טעם הירושלמי (יבמות פ' טו שם) דאיתא שם אנו אין לנו אלא הבא מן הקציר בלבד וכו' היינו כי זמן הקציר הוא בעת המתחלפת מזמן לזמן לזה צריכין אז לשמירה מאוד כי האדם עומד אז במקום שהוא למעלה מתפיסת עולם. אמנם עיקר השמירה של האדם הוא אז שיקבע בלבו היטב אמונה יתירה בהשגחתו ית' כענין דאיתא בזוה"ק (וירא קג:) על הפסוק נודע בשערים בעלה דא קב"ה דאיהו אתידע ואתדבק לפום מה דמשער בלביה כל חד כמה דיכול לאדבקא ברוחא דחכמתא ולפום מה דמשער בלביה הכי אתידע בלביה ובגיני כך נודע בשערים באינון שערים וכו' היינו שהשגחתו יתברך על האדם הוא לכל חד וחד כפי מה שמשער בלביה אם האדם קובע בלביה אמונה יתירה בהשגחתו ית' שמשגיח עליו תמיד גם למעלה מהבנת תפיסתו מנהיג באמת השי"ת עמו ג"כ כך לשמרו גם בזאת הרגע המתחלפת הנראה כחלל מאחר שמצד זה האדם המאמין כל כך בהשגחתו אין באמת שום חילוק בין אמצע הזמן להתחלפות הזמן כיון שאף באמצע הזמן שהוא בהבנת תפיסתו נמשך ג"כ בגודל אמונתו אחר השגחתו ית' שהוא למעלה מהבנת תפיסתו.
אבל אדם כזה שנקטן ח"ו בלבבו האמונה יתירה בהנהגת השגחתו יתברך למעלה מהבנת תפיסתו והולך תמיד רק בהבנת תפיסתו של זה העולם אזי מה יעשה זה האדם באותו רגע המתחלפת מזמן לזמן שאז מוכרח זה האדם גם כן להודות בע"כ שיש הנהגה שהוא למעלה הרבה מההבנה שבתפיסתו. כי זאת הרגע מהשתנות הגבולים אין אדם עומד עליה וא"כ מהיכן יהיה אז שמירתו.
ועל זה מרמז הכתוב בזה שנאמר כאן אלהים ה' שמורה על שם אלהים בנקוד הויה כידוע מה שלא מצינו כן בכל הכתובים כי בכל מקום נאמר מקודם שם הויה ואחר כך שם אלהים וזה מורה על שם מלא כדאיתא בזוה"ק (בכמה דוכתי) ה' אלהים שם מלא ורומז על התלבשות אורו יתברך בתוך הגבולים מתפיסת הבריאה. וכאן נאמר אלהים ה' לרמז אשר בעת התחלפות הזמנים צריכין להמשיך הגנה ושמירה יתירה מהמקום היותר עליון שהוא למעלה הרבה מהתפיסה לזה נאמר כאן אלהים שמורה על לבושים קודם שם הויה להורות שצריך האדם לקבוע אמונה יתירה בהשגחתו ית' בתוך כל הלבושים שיהיו נמשכין תמיד אחר רצונו ית' שהוא למעלה מהבנת תפיסתו ועל ידי זה ימשיך אצלו הגנה ושמירה על כל הלבושים שלו מזה המקום העליון שהוא למעלה מתפיסתו גם בעת שנשקו חילוף הזמנים אהדדי וע"ז נאמר אלהים ה' עוז ישועתי סכותה לראשי ביום נשק:
"Elokim, ה', force de mon salut, Tu as couvert ma tete au jour du combat." Puisqu'a chaque changement des temps, de l'ete a l'hiver ou de l'hiver a l'ete, une garde accrue est necessaire: lorsqu'on passe d'un temps a un autre, le vetement de la conduite change, d'une mida a une mida, et l'on entre d'une limite dans une limite. Cet instant de changement est comme leur propos, de memoire benie, dans le Talmud au sujet de l'instant de l'entre-deux-soirs: "l'un sort et l'autre entre, et nul homme ne peut le saisir".
Car cet instant de changement est au-dessus de la limite de la saisie de l'homme; il apparait donc dans ce monde comme un vide. A ce sujet il est dit: "car c'est la que sont les חללים" (Job 39,30), et le mot "il est" (הוא) fait allusion au monde superieur, au-dessus de la saisie de ce monde.
C'est pourquoi il apparait dans ce monde comme un vide; et cet instant qui apparait comme un vide requiert une grande garde. Tel est le sens du Yeroushalmi (Yevamot, ch.
15, ibid.), ou il est dit: "Nous n'avons que ce qui vient de la moisson seulement..." Car le temps de la moisson est le temps du passage d'un temps a l'autre; il faut donc alors une garde extreme, car l'homme se tient alors en un lieu qui est au-dessus de la saisie du monde. Mais la garde essentielle de l'homme consiste alors a fixer fermement dans son cœur une foi accrue dans Sa providence, benie soit-Elle, selon ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Vayera 103b) sur le verset: "Son mari est connu aux portes" (Proverbes 31,23): "C'est le Saint beni soit-Il, qui est connu et auquel on s'attache selon ce que chacun mesure dans son cœur, autant qu'il peut s'attacher a l'esprit de sagesse; et selon ce qu'il mesure dans son cœur, ainsi Il est connu dans son cœur.
C'est pourquoi: 'Son mari est connu aux portes', dans ces portes..." Sa providence, benie soit-Elle, sur l'homme est donc, pour chacun, selon ce qu'il mesure dans son cœur. Si l'homme fixe dans son cœur une foi accrue dans Sa providence, benie soit-Elle, qu'Elle le surveille toujours, meme au-dessus de ce que sa saisie peut comprendre, le Saint beni soit-Il le conduit effectivement ainsi, pour le garder aussi dans cet instant de changement qui apparait comme un vide.
Car, pour cet homme qui croit tant en Sa providence, il n'y a en verite aucune difference entre le milieu du temps et le changement du temps, puisqu'au milieu meme du temps, qui est dans la comprehension de sa saisie, il se laisse aussi entrainer, par sa grande foi, apres Sa providence, benie soit-Elle, qui est au-dessus de ce que sa saisie peut comprendre. Mais un homme chez qui, a Dieu ne plaise, diminue dans son cœur la foi accrue dans la conduite de Sa providence, benie soit-Elle, au-dessus de ce que sa saisie peut comprendre, et qui marche toujours uniquement dans la comprehension de la saisie de ce monde, que fera cet homme a cet instant de changement d'un temps a l'autre, lorsqu'il est lui aussi force de reconnaitre qu'il existe une conduite qui est bien au-dessus de la comprehension de sa saisie?
Car nul homme ne peut saisir cet instant du changement des limites: d'ou viendra donc alors sa garde? C'est a cela que le verset fait allusion en disant ici "Elokim, ה'", ce qui indique le Nom Elokim vocalise par le Nom de ה', comme on le sait, chose que l'on ne trouve ainsi dans aucun autre verset.
Car partout il est d'abord dit le Nom de ה', puis le Nom Elokim; cela indique le Nom complet, comme il est rapporte dans le saint Zohar en plusieurs endroits: "ה' Elokim, Nom complet". Cela fait allusion au revetement de Sa lumiere, benie soit-Elle, dans les limites de la saisie de la creation.
Ici, au contraire, il est dit "Elokim, ה'", pour indiquer qu'au moment du changement des temps il faut attirer une protection et une garde accrues depuis le lieu le plus eleve, qui est bien au-dessus de la saisie. C'est pourquoi Elokim, qui indique les vetements, est dit avant le Nom de ה': afin d'indiquer que l'homme doit fixer une foi accrue dans Sa providence, benie soit-Elle, au sein de tous les vetements, pour qu'ils soient toujours entraines apres Sa volonte, benie soit-Elle, qui est au-dessus de ce que sa saisie peut comprendre.
Par cela, il attirera pour lui protection et garde sur tous ses vetements depuis ce lieu superieur, qui est au-dessus de sa saisie, meme lorsque les changements des temps se sont embrasses l'un l'autre. A ce propos il est dit: "Elokim, ה', force de mon salut, Tu as couvert ma tete au jour du combat."
« Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple. » Le Sod Yecharim enseigne qu'Atika Kadicha est retirée de toute action, et Zeir Anpin revêt la lumière des midot pour l'action de l'homme ; Moché demande que luise depuis Atika l'aspect de la vue, afin qu'on ne croie aucune contrainte. Avant la faute, Moché est en repos devant les revêtements ; après, il prie une conduite sans revêtement. La réponse « Je te connaîtrai par ton nom » : les treize attributs lient Atika et Zeir Anpin ; l'homme se clarifie jusqu'à Mal'hout et voit qu'ils sont tout un.
Aussi : la génération d'Enoch et du Déluge voyait une contrainte dans la volonté d'être honoré ; le roi Salomon prie que tous les revêtements révèlent leur valeur cachée ; la vue est dans la ''hokhma et l'ouïe dans la bina.
אלהים ה' עוז ישועתי סכותה לראשי ביום נשק. ומבואר בירושלמי (מובא לעיל) ביום נשק ביום שנושקין עולמות זו בזו קיץ יוצא וחורף נכנס וכו' היינו כי בהתחלפות הזמנים אז נראה כמו חלל שאין בתפיסת אדם בזה שום הכרה כמבואר לעיל לכן צריכין לקבל אז שמירה ממקום הנעלה ביותר וזהו שנאמר על זה שם הויה בניקוד שם אלהים ואח"כ השם אדני מה שלא מצינו כן בכתוב.
והוא כי בכל מקום הוא הסדר מתתא לעילא בתחלה השם אדני ואח"כ שם הויה כמבואר בזוה"ק (וארא כג:) מעלמין דאתגליין יכולין להגיע לעלמין דסתימין וכאן הוא הסדר מקודם עלמין דסתימין וזה הוא שם הויה בנקוד אלהים ואח"כ שם אדני בנקוד הויה שמורה על עלמין דאתגליין להורות אשר בהתחלפות הזמנים צריך האדם מתחלה לקשר עצמו בעלמין דסתימין היינו שיקבע בלבו הכרה דלית אתר פנוי מניה ועל זה רומז שם הויה בניקוד אלהים ואחר כך השם אדני בניקוד הויה להורות שיכיר האדם היטב שגם זאת התפיסה הנראה אצלו כמו חלל הציב ג"כ השי"ת א"כ מוכח מזה שבמכוון הציב השי"ת תפיסה קטנה כזו למען שיגיע האדם על ידה בהדרגה להכרה היותר נעלה אשר בלעדי זה ההעלם לא היה יתכן כלל להאדם שיגיע להכרה עליונה כזאת:
Elokim, ה', force de mon salut, Tu as couvert ma tete au jour du combat (Psaumes 140,8). Et il est explique dans le Talmud de Jerusalem (cite plus haut) : au jour du combat, au jour ou les mondes se baisent l'un l'autre, l'ete sort et l'hiver entre, etc.
C'est que, lors du changement des temps, apparait comme un espace vide, dont l'homme ne peut avoir aucune connaissance, comme explique plus haut. Il faut alors recevoir une protection du lieu le plus eleve.
C'est pourquoi il est dit a ce sujet le Nom הויה vocalise comme le Nom Elokim, puis le nom Adonai, ce qui ne se trouve pas ainsi dans l'Ecriture. Car partout l'ordre est de bas en haut : d'abord le nom Adonai, puis le Nom הויה, comme l'explique le saint Zohar (Vaera 23b) : des mondes reveles on peut atteindre les mondes caches.
Ici, l'ordre commence par les mondes caches : c'est le Nom הויה vocalise comme Elokim ; puis vient le nom Adonai vocalise comme הויה, qui indique les mondes reveles. Cela enseigne qu'au changement des temps, l'homme doit d'abord se lier aux mondes caches, c'est-a-dire fixer dans son cœur la connaissance qu'il n'est aucun lieu vide de Lui (לית אתר פנוי מניה).
Tel est l'indice du Nom הויה vocalise comme Elokim. Ensuite, le nom Adonai vocalise comme הויה enseigne a l'homme a reconnaitre clairement que cette saisie meme, qui lui apparait comme un espace vide, le Saint, beni soit-Il, l'a aussi etablie.
Il en ressort que le Saint, beni soit-Il, a pose deliberement une si petite saisie, afin que l'homme parvienne par elle graduellement a la connaissance plus elevee ; sans cette occultation, il ne serait nullement possible a l'homme de parvenir a une telle connaissance superieure.
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' כתיב תנו עוז לאלהים וגו'. היינו כי השם יתברך הציב רצון עליון הנקרא עתיקא קדישא שנעתק מכל פעולה וגוון.
והציב נמי רצון הנקרא זעיר אנפין היינו שצמצם השי"ת גודל אור קדושתו בהתלבשות המדות למען שיהיה מקום לפעולת אדם שעל ידם יגיע לאור רצונו ית'. וכיון שהציב השי"ת רצון כזה רצונו זה כבודו וזהו תנו עוז לאלהים.
שצריכין לכבד אותו. אמנם מפאת זה הרצון הנקרא זעיר אנפין נסתעף נמי בעולם הזה כל שורש חטאם של דור אנוש ודור המבול שאמרו מאחר שהציב השי"ת רצון שהברואים יכבדו אותו הוא מוכרח ח"ו להבריאה.
וזאת הדעה הוא ע"ז ממש שהוא השורש מכל החטאים שעליה אמרו ז"ל כיון דאביקו ביה טובא כמינות דמיא. אולם דור המדבר היו עומדים לפני השי"ת מבוררים מאוד בבהירות עצום שאין שום הכרח ח"ו שהם היו דור דעה לכן אחר שנתעלם מהם הבהירות מסבת החטא ביקש משה רבינו ראה אתה אומר אלי וגו' כי הראיה מהאדם הוא חוש הכולל שיכול לראות כמה דברים בבת אחת.
מה שאין כן החוש השמיעה הוא חוש פרטי כמו שמצינו בגמרא (ר"ה כז) תרי קלי לא משתמעי וכו' הרי שהראיה הוא גם באדם חוש הכולל ומרמזת כמבואר בזוה"ק (אדרא נשא קכט:) למאי הוא רמיזו א"ל לנוני ימא דלית כסותא על עינא ולית גבינין על עינא ולא ניימין ולא בעיין נטורא על עינא כש"כ עתיקא דעתיקא דלא בעי נטורא וכש"כ דאיהו משגח לכלא הה"ד הנה לא ינום ולא יישן שומר ישראל וכו' ולזה ביקש מ"ר ראה אתה וגו' היינו שינהיר השי"ת מעתיקא את רצון העליון הכוללת שהוא בחינת ראיה לזה העולם אזי יכירו היטב שאין בעתיקא שום מקום לגוון הפעולות וממילא לא יוכל שום אדם לטעות שיש הכרח ח"ו. וכשינהיר השי"ת זה הרצון העליון.
יתעלו ממילא כל פעולות חטאם של ישראל שכל חפצם היה בזה להראות שאף בהפעולות הרחוקים ביותר יכולין נמי להכיר כבודו ית'. וזה הוא שביקש וראה כי עמך הגוי הזה ועמך הוא מלשון הכתוב ארזים לא עממוהו היינו שמפאת גודל אהבת ישראל להשי"ת היה ברצונם להראות התפשטות כבודו ית' אף במקומות הרחוקים מאוד איך שהשי"ת שוכן גם שם.
וזהו שאמר ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' כי אחר שראה מ"ר שהרצון ית' הוא שישראל יכנסו עצמם ללבושים כי ביאת הארץ מרמז על התלבשות האור וע"י זה ההתלבשות יכולין ח"ו להתרחק כל כך בלבושים עד שלא יהיה ניכר עוד השורש ח"ו ועל זה אמר מ"ר ואתה לא הודעתני כלומר שאין בנו דעת עד היכן לכנוס בהתפשטות הלבושים. ע"כ התפלל שיאיר לנו השי"ת מהרצון עליון שנקרא עתיקא שהוא בחינת ראיה איך שיש לכל פעולות ישראל שם מקום.
וזאת בעצמו היה מתפלל נמי שלמה המלך שינהיר לנו השי"ת הבהירות הנמצא בכל הפעולות. כי באמת גנז השי"ת בכל הלבושים עומק היקר מאוד אלא שנתעלם בהלבושים לזה התפלל שלמה המלך ישקני מנשיקות פיהו שיגלה השי"ת את עומק היקר הגנוז וצפון בהם שיהיה ניכר לעיני כל איך שיש לכל הלבושים חיבור עם אור רצונו ית' כי חלקו של שלמה המלך היה בפעולות וחלקו של משה רע"ה הוא בהירות לכן התפלל שינהיר לו השי"ת איך שיש לו חיבור עם פעולת הגשמיות.
וכן התפלל מרע"ה הראני נא את כבודך. היינו שינהיר לו השי"ת איך נמצא כבודו באלו הלבושים והשיב לו השי"ת הנה מקום אתי כלומר שהמקום דנשקי שמיא וארעא אהדדי המקום מזה החיבור הוא אתי כי אף שאורו ית' הוא מטי ולא מטי אכן באורח גניזאה הוא מטי תדיר אולם להראות זאת מפורש אי אפשר רק לאחר המעשה כי אם יתראה זאת גם בההוה היה בחפצו של אדם להגביה כל הפעולות אף אותן שאין עדיין רצונו ית' בהם כי לא היה עוד מקום לעבודה:
Moché dit a ה' : 'Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre qui Tu enverras avec moi', etc. Il est ecrit : 'Donnez de la force a Elokim', etc.
(Psaumes 68,35). C'est que le Nom beni soit-Il a pose une volonte supreme appelee Atika Kadisha (l'Ancien sacre), qui est retiree de toute action et de toute nuance.
Il a aussi pose une volonte appelee Zeir Anpin : le Saint, beni soit-Il, a contracte la grandeur de la lumiere de Sa saintete en la revetant des middot, afin qu'il y ait place pour l'action de l'homme, par laquelle il atteindra la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il. Puisque le Saint, beni soit-Il, a pose une telle volonte, cette volonte est Sa gloire ; tel est 'Donnez de la force a Elokim', qu'il faut honorer.
Toutefois, de cette volonte appelee Zeir Anpin s'est aussi ramifiee dans ce monde toute la racine de la faute de la generation d'Enoch et de la generation du Deluge. Ils disaient : puisque le Saint, beni soit-Il, a pose une volonte selon laquelle les creatures L'honoreront, Il est, a Dieu ne plaise, contraint par la creation.
Cette opinion est l'idolatrie elle-meme ; elle est la racine de toutes les fautes, a son propos les sages de memoire benie ont dit : puisqu'ils s'y sont beaucoup attaches, elle ressemble a l'heresie. Mais la generation du desert se tenait devant le Saint, beni soit-Il, avec une clarification tres grande et une clarte immense, qu'il n'y avait aucune contrainte, a Dieu ne plaise ; car ils etaient la generation de la connaissance.
C'est pourquoi, lorsque la clarte leur fut cachee a cause de la faute, Moché notre maitre demanda : 'Vois, Tu me dis', etc. Car chez l'homme la vue est le sens englobant, qui peut voir plusieurs choses a la fois ; le sens de l'ouie, en revanche, est un sens particulier, comme on le trouve dans le Talmud (Roch Hachana 27a) : 'Deux voix ne s'entendent pas', etc.
Ainsi la vue est aussi chez l'homme le sens englobant. Elle fait allusion, comme explique dans le saint Zohar (Idra Nasso 129b) : 'A quoi cela fait-il allusion ?
Aux poissons de la mer, qui n'ont ni paupiere ni sourcil sur l'œil, ne dorment pas et n'ont pas besoin de garder leur œil ; a plus forte raison Atika de Atika, qui n'a pas besoin de garde, et a plus forte raison surveille tout, comme il est dit : Voici, le gardien d'Israel ne sommeille ni ne dort', etc. C'est pourquoi Moché notre maitre demanda : 'Vois, Toi', etc. : que le Saint, beni soit-Il, fasse luire depuis Atika la volonte supreme englobante, qui est l'aspect de la vue, dans ce monde.
Alors ils reconnaitront clairement que dans Atika il n'y a aucune place pour la nuance des actions, et nul ne pourra des lors se tromper en croyant qu'il y a, a Dieu ne plaise, une contrainte. Quand le Saint, beni soit-Il, fera luire cette volonte supreme, toutes les actions de faute d'Israel s'eleveront d'elles-memes, car tout leur desir etait de montrer que meme dans les actions les plus eloignees on peut aussi reconnaitre Sa gloire, beni soit-Il.
C'est ce qu'il demanda : 'Et Ton peuple est cette nation' ; et 'Ton peuple' (עמך) vient de l'expression : 'les cedres ne l'ont pas obscurci' (ארזים לא עממוהו). En raison de la grandeur de l'amour d'Israel pour le Saint, beni soit-Il, leur desir etait de montrer l'extension de Sa gloire, beni soit-Il, jusque dans les lieux tres eloignes, comment le Saint, beni soit-Il, demeure aussi la.
C'est ce qu'il dit : 'Tu ne m'as pas fait connaitre qui Tu enverras avec moi', etc. Car lorsque Moché notre maitre vit que Sa volonte, beni soit-Il, etait qu'Israel entre dans les revetements - car l'entree en terre fait allusion au revetement de la lumiere - et qu'a travers ce revetement on pouvait, a Dieu ne plaise, s'eloigner si loin dans les revetements que la racine ne serait plus reconnaissable, a Dieu ne plaise, il dit : 'Tu ne m'as pas fait connaitre', c'est-a-dire que nous n'avons pas la connaissance jusqu'ou entrer dans l'extension des revetements.
C'est pourquoi il pria que le Saint, beni soit-Il, nous fasse luire de la volonte supreme appelee Atika, qui est l'aspect de la vue, afin de montrer comment toutes les actions d'Israel y ont une place. C'est aussi ce que le roi Salomon pria : que le Saint, beni soit-Il, nous fasse luire la clarte qui se trouve dans toutes les actions.
Car en verite le Saint, beni soit-Il, a cache dans tous les revetements une profondeur tres precieuse, mais elle est dissimulee dans les revetements. C'est pourquoi le roi Salomon pria : 'Qu'Il me baise des baisers de Sa bouche' (Cantique 1,2), afin que le Saint, beni soit-Il, revele la profonde valeur cachee et enfouie en eux, et que tous les yeux reconnaissent comment tous les revetements sont lies a la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il.
Car la part du roi Salomon etait dans les actions, tandis que la part de Moché notre maitre, que la paix soit sur lui, etait la clarte ; il pria donc que le Saint, beni soit-Il, lui fasse luire comment il est lie a l'action materielle. Ainsi Moché notre maitre pria : 'Montre-moi donc Ta gloire' (Exode 33,18), c'est-a-dire que le Saint, beni soit-Il, lui fasse luire comment Sa gloire se trouve dans ces revetements.
Le Saint, beni soit-Il, lui repondit : 'Voici un lieu aupres de Moi' (Exode 33,21), c'est-a-dire que le lieu ou le ciel et la terre se baisent l'un l'autre, le lieu de cette union, est aupres de Moi. Car bien que Sa lumiere soit proche et non proche (מטי ולא מטי), elle est continuellement proche dans la voie cachee.
Mais il est impossible de le montrer ouvertement, sinon apres l'action ; car si cela se montrait aussi dans le present, l'homme desirerait elever toutes les actions, meme celles auxquelles Sa volonte, beni soit-Il, n'est pas encore attachee, et il n'y aurait plus de place pour le service.
ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו'. הנה מקודם בפ' משפטים מצינו כשאמר השי"ת למ"ר הנה אנכי שולח מלאך לפניך וגו' לא התפלל אז מ"ר כלום ואח"כ בפ' תשא כשאמר השי"ת ושלחתי לפניך מלאך התפלל מ"ר שהשי"ת ילך עמו ולא מלאך ובאר בזה אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה כאן קודם החטא וכאן לאחר החטא היינו כי שם בפ' משפטים מיירי קודם החטא ואז היה מ"ר בנייחא מכל הנהגות שהיה מראה לו השי"ת.
אבל בפ' תשא מיירי לאחר החטא לזה לא היה עוד מ"ר בנייחא משום הנהגה שהוא בלבוש לכן היה מתפלל שינהיג השי"ת בהנהגה המופשטת מכל הלבושים. ובאור הענין הוא כדאיתא בזוה"ק (משפטים קח) על הפסוק זובח לאלהים יחרם בלתי לה' לבדו ומבאר שם שכל זמן שקליפה קודמת לפרי אז כמה אלהים יסלקון אודנין.
אבל לעתיד שיהיה פרי קודמת לקליפה אז יהיו מזבחים לשם אלהים כי בזמן ההסתר אם יהיה אדם זובח ללבושים משום שנמצא בהם רצונו יתברך אז כמה אלהים יסלקון אודנין כי יכול להיות טענה לכל הלבושים הרחוקים נמי כי גם אותם ברא השי"ת. אבל לעתיד כשיהיה פרי קודמת לקליפה אז יהיה ניכר מפורש איך שהרצון ית' שוכן שם אז יהיו מזבחים לשם אלהים ג"כ כי יהיה ניכר אז מפורש רצונו ית' גם בהלבושים בלי שום הסתרה.
וזהו נמי שקודם החטא היה מ"ר בנייחא מהנהגה שע"י לבושים ג"כ מאחר שהיה רצונו ית' שישראל יכנסו לארץ והאור יתלבש בלבושים ובפעולות בחרישה ובזריעה ובפירות הארץ שיהיו מודים ומשבחים ומברכין עליהם ואורו ית' יהיה ניכר מתוך כל הלבושים. אכן לאחר החטא כאשר ראה מ"ר שיכולין להסתבך כ"כ בלבושים זרים ורחוקים עד שלא יהיה ניכר בהם אור רצונו יתברך רק ע"י גודל עבודה יכולין להעלות אותן הלבושים והפעולות ולתקן אותם אבל להבין בשעת מעשה איך שנמצא באלו הלבושים והפעולות אור רצונו ית' זאת נעלם מאתם לגמרי.
לזה התפלל מ"ר ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה וגו' היינו שהשי"ת בעצמו כביכול בלי שום לבוש יעלה את העם וכדאיתא בהאר"י הק' ז"ל החילוק בין דור המדבר שהיה בבחינת ראיה ובין באי הארץ שהיה בבחינת שמיעה. ראיה הוא בחכמה ושמיעה בבינה.
ובינה הוא מבין דבר מתוך דבר היינו כשיש נגד האדם המבין איזה לבוש יכול להבין עומק הפנימי מאותו הלבוש ולכן כשראה מ"ר שיכולין להתרחק כ"כ בלבושים עד שלא יהיה באפשרי עוד להבין עומק הפנימי הנמצא בהם התפלל שלא ינהיג השי"ת עמהם בלבושים שלא יסתבכו ח"ו כל כך בלבושים עד שיאבדו את הדרך לחזור לאור. ובאמת כפי הסדר שהציב השי"ת בהבריאה הוא לפי מערכת הבריאה אם נכשל האדם ח"ו באיזה חטא אובד בזה כל החיים כי באורייתא ברא קב"ה עלמא וכאשר עובר האדם לילך חוץ מהסדר שנסדר באורייתא נאבד ממנו כל החיים ואם ינהיג השי"ת ע"י לבושים אם יכשל אדם ח"ו באיזה לבוש אזי יתבטל ממנו ח"ו כל החיים.
לכן התפלל מ"ר ראה אתה אומר אלי וגו' היינו שינהיר השי"ת מהראיה שרומז על אור החכמה ונקרא עתיקא שנעתק מכל גוון הלבושים. וכאשר ינהיר מאור עתיקא אזי יאירו ממילא כל הפעולות והזדונות נעשו כזכיות כי מעתיקא מנהיר אור ישר בלי שום התלבשות ואין שום מקום לחטא ועון כלל.
והשיב לו השי"ת ואדעך בשם וכמו שביארו ז"ל בגמרא (ר"ה יז:) שהראה השי"ת למ"ר סדר התפלה שיהיו יכולין להגיע על ידה לאור ישר וכמאמרם ז"ל (שם) ברית כרותה לשלש עשרה מדות שאינן חוזרות ריקם כי השלש עשרה מדות הם החיבור והאחדות מעתיקא וזעיר אנפין כי השי"ת מנהיג בשתי הנהגות הנהגה הנקרא עתיקא קדישא ובהנהגה הנקרא זעיר אנפין וכל ברורי אדם ועבודתו הוא בהנהגת זעיר אנפין וכפי מה שמברר אדם א"ע בזעיר אנפין כך מנהיר לו השי"ת מעתיקא ומראה לו שעתיקא וזעיר אנפין כלא חד. ועל זה האור רומזין השלש עשרה מדות כי ההיקף של עוה"ז שיש בכח האדם לברר א"ע הוא עד שבעה כי כשהאדם מברר את עצמו מתתא לעילא בששה מדות זורח לו השי"ת מעילא לתתא ששה.
ובמדה השביעית שם נזדווגו עבודת אדם עם אור רצונו יתברך ביחד כי מדה השביעית הוא מלכות ולאחר גמר הבירור מהששה מדות מנהיר השי"ת להאדם מראשית העבודה שהתחיל האדם לעבוד ולברר שהוא מדת מלכות. וכאשר מאיר להאדם אור עתיקא אז רואה האדם מפורש שזעיר אנפין ועתיקא כלא חד.
וכל כמה שעובד אדם ומשתוקק שיהיה אצלו ואדעך כך מראה לו השי"ת כנגדו ואדעך בשם. ובשם מורה על שורש הרצון יתברך כלומר כך מראה לו השי"ת איך שהוא מקישר בשורש רצון העליון ית' הנקרא עתיקא שישראל עלו שם במחשבה וממילא מכיר האדם למפרע שמעולם לא היה אצלו שום חטא והסתרה כלל:
'Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre qui Tu enverras avec moi', etc. Voici : plus haut, dans la paracha Michpatim, lorsque le Saint, beni soit-Il, dit a Moché notre maitre : 'Voici, J'envoie devant toi un ange', etc.
(Exode 23,20), Moché notre maitre ne pria alors rien. Ensuite, dans la paracha Ki Tissa, lorsque le Saint, beni soit-Il, dit : 'J'enverrai devant toi un ange' (Exode 33,2), Moché notre maitre pria que le Saint, beni soit-Il, marche avec lui, et non un ange.
Notre maitre, l'Admour saint, que la memoire du juste soit benediction pour la vie du monde futur, expliqua : ici avant la faute, ici apres la faute. Dans la paracha Michpatim, il s'agit d'avant la faute, et alors Moché notre maitre etait en repos devant toutes les conduites que le Saint, beni soit-Il, lui montrait.
Mais dans la paracha Ki Tissa, il s'agit d'apres la faute ; Moché notre maitre n'etait donc plus en repos devant une conduite qui est dans un revetement. Il priait donc que le Saint, beni soit-Il, conduise selon la conduite depouillee de tous les revetements.
L'explication en est ce qui est rapporte dans le saint Zohar (Michpatim 108a), sur le verset : 'Celui qui sacrifie aux elokim sera voue a l'anatheme, sauf a ה' seul' (Exode 22,19). Il y est explique que tant que la kelipa (ecorce) precede le fruit, combien d'elokim tendreont l'oreille.
Mais dans l'avenir, lorsque le fruit precedera la kelipa, ils sacrifieront au nom Elokim. Car au temps de la dissimulation, si l'homme sacrifie aux revetements parce que Sa volonte, beni soit-Il, s'y trouve, combien d'elokim tendreont l'oreille : il peut en effet y avoir une pretention, meme pour tous les revetements eloignes, que le Saint, beni soit-Il, les a aussi crees.
Mais a l'avenir, quand le fruit precedera la kelipa, il sera manifeste comment Sa volonte, beni soit-Il, y demeure ; alors ils sacrifieront aussi au nom Elokim, car Sa volonte, beni soit-Il, sera alors manifeste jusque dans les revetements, sans aucune dissimulation. C'est aussi pourquoi, avant la faute, Moché notre maitre etait en repos devant la conduite au moyen des revetements : puisque Sa volonte, beni soit-Il, etait qu'Israel entre dans la terre, que la lumiere se revete de revetements et d'actions - le labour, les semailles et les fruits de la terre - et qu'ils rendent grace, louent et benissent pour eux, Sa lumiere, beni soit-Il, devenant reconnaissable a travers tous les revetements.
Mais apres la faute, lorsque Moché notre maitre vit qu'on pouvait s'enchevetrer si profondement dans des revetements etrangers et eloignes, que la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il, n'y serait plus reconnaissable, et que seule une grande avoda permettrait d'elever ces revetements et ces actions et de les reparer, alors comprendre, au moment de l'action, comment la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il, se trouve dans ces revetements et ces actions leur etait entierement cache. C'est pourquoi Moché notre maitre pria : 'Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple', etc. : que le Saint, beni soit-Il, Lui-meme, pour ainsi dire sans aucun revetement, fasse monter le peuple.
C'est ce qu'enseigne le Ari saint, que la memoire du juste soit benediction : la difference entre la generation du desert, qui etait dans l'aspect de la vue, et ceux qui entraient dans la terre, qui etaient dans l'aspect de l'ouie. La vue est dans la 'hokhma, et l'ouie dans la bina (intelligence).
La bina comprend une chose depuis une autre : lorsqu'un revetement se trouve devant celui qui comprend, il peut comprendre la profondeur interieure de ce revetement. Aussi, lorsque Moché notre maitre vit qu'on pouvait s'eloigner si loin dans les revetements qu'il ne serait plus possible de comprendre la profondeur interieure qui s'y trouve, il pria que le Saint, beni soit-Il, ne les conduise pas par les revetements, afin qu'ils ne s'y enchevetrent pas, a Dieu ne plaise, au point de perdre le chemin du retour a la lumiere.
En verite, selon l'ordre que le Saint, beni soit-Il, a pose dans la creation, conforme a l'ordonnancement de la creation, si l'homme echoue, a Dieu ne plaise, dans une faute, il y perd toute vie. Car le Saint, beni soit-Il, a cree le monde par la Torah ; lorsque l'homme transgresse en allant hors de l'ordre etabli dans la Torah, toute vie est perdue pour lui.
Si le Saint, beni soit-Il, conduisait par les revetements et qu'un homme echouait, a Dieu ne plaise, dans quelque revetement, toute vie serait annulee pour lui, a Dieu ne plaise. C'est pourquoi Moché notre maitre pria : 'Vois, Tu me dis', etc. : que le Saint, beni soit-Il, fasse luire depuis la vue, qui fait allusion a la lumiere de la 'hokhma et est appelee Atika, retiree de toute nuance des revetements.
Quand Il fera luire depuis la lumiere d'Atika, toutes les actions s'illumineront d'elles-memes et les fautes volontaires deviendront des merites, car depuis Atika brille une lumiere droite, sans aucun revetement, et il n'y a aucune place pour la faute ni la transgression. Le Saint, beni soit-Il, lui repondit : 'Je te connaitrai par ton nom' ; comme les sages de memoire benie l'ont explique dans le Talmud (Roch Hachana 17b), le Saint, beni soit-Il, montra a Moché notre maitre l'ordre de la priere, par lequel ils pourraient parvenir a la lumiere droite.
Ils ont dit (ibid.) : une alliance est conclue pour les treize attributs, afin qu'ils ne reviennent pas vides. Car les treize attributs sont la liaison et l'unite d'Atika et de Zeir Anpin.
Le Saint, beni soit-Il, conduit selon deux conduites : celle appelee Atika Kadisha et celle appelee Zeir Anpin. Toutes les clarifications de l'homme et son service sont dans la conduite de Zeir Anpin ; selon que l'homme se clarifie lui-meme en Zeir Anpin, le Saint, beni soit-Il, lui fait ainsi luire depuis Atika et lui montre qu'Atika et Zeir Anpin sont tout un (כלא חד).
La mesure du pourtour de ce monde dans laquelle l'homme peut se clarifier est jusqu'a sept : lorsque l'homme se clarifie de bas en haut dans les six middot, le Saint, beni soit-Il, fait luire sur lui de haut en bas les six. Dans la septieme middah, le travail de l'homme s'unit a la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il, car la septieme middah est Malkhout.
Apres l'achevement de la clarification des six middot, le Saint, beni soit-Il, fait luire a l'homme depuis le commencement du service ou l'homme commenca a servir et a se clarifier, qui est la middah de Malkhout. Lorsque la lumiere d'Atika eclaire l'homme, il voit clairement que Zeir Anpin et Atika sont tout un.
Et autant l'homme sert et desire qu'il soit accompli pour lui : 'Je te connaitrai', autant le Saint, beni soit-Il, lui montre en retour : 'Je te connaitrai par ton nom'. Le nom indique la racine de Sa volonte, beni soit-Il : le Saint, beni soit-Il, lui montre ainsi comment il est lie a la racine de la volonte supreme, beni soit-Il, appelee Atika, ou Israel est monte dans la pensee.
L'homme reconnait alors retroactivement qu'il n'y eut jamais pour lui aucune faute ni aucune dissimulation.
ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו'. וביארו ז"ל במדרש אשר אמרת לי הנה אנכי שולח מלאך אין זה הודעה שאין אני חפץ בה וכו' ובזוה"ק (משפטים קכה) באתר דא לא אמר משה מידי ולא אתיב מלה לקבליה מאי טעמא משום דהכא לא אשתכח פרישותא מניה וכו' אימתי אתיב משה בזמנא דאמר ושלחתי לפניך מלאך וגו':
'Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre qui Tu enverras avec moi', etc. Les sages de memoire benie ont explique dans le Midrach : 'Ce que Tu m'as dit : Voici, J'envoie devant toi un ange, ce n'est pas une information selon laquelle Je ne le desire pas', etc.
Et dans le saint Zohar (Michpatim 125a) : 'En ce lieu, Moché ne dit rien et ne repondit aucune parole en opposition. Pourquoi ?
Parce qu'ici aucune separation d'avec Lui ne se trouvait. Quand Moché repondit-il ?
Au moment ou Il dit : J'enverrai devant toi un ange', etc.
Le Sod Yecharim rapporte de son père qu'avant la faute, l'illumination de Sa Face était reconnaissable dans l'ange ; après la faute, la lumière fut voilée dans des vêtements, et conduire par un ange semblait une réception par intermédiaire. Moché dit : si toute union avec Sa lumière passe par un intermédiaire, ce n'est pas une connaissance, car « Je te connais » indique un accouplement. Le Nom répond : « Ma Face ira, et Je te donnerai le repos. » Il rapporte de son grand-père que « Ma Face ira » vise le passage des vêtements qui ont l'apparence de faces de colère. Les fêtes, appelées les Faces du Nom, font reconnaître dans la saisie de la création la clarté de la générosité.
Aussi : l'honneur du Père et l'honneur du fils chez Élie et chez Jonas ; les quatre écrans et les quatre mondes Atsilout, Beria, Yetsira et Assia ; « Mon ange » dans Michpatim et « un ange » dans Ki Tissa.
והענין בזה ביאר אאמו"ר הגה"ק זצללה"ה כי שם קודם החטא היה ניכר בהמלאך כל הארת פנים ממנו ית' וכאן לאחר החטא נתעלם האור בלבושים עד שהיה נראה שכל קבלת אור הוא רק ע"י האמצעי והגם שנאמר שם בפ' משפטים כי שמי בקרבו וגו' וזה נמי מורה על התלבשות אורו ית' בקרב לבושים וכמו שהיה באמת אח"כ בארץ ישראל שנתלבש אורו יתברך בקרב המצות מעשיות וכל הפעולות. אכן החילוק הוא כי שם נאמר ג"כ כי ילך מלאכי לפניך וגו' וזה מורה שיהיה ניכר דרך כל הלבושים עוצם הארת פניו יתברך כדאיתא בזוה"ק (חיי קלא:) מלאכי דא מלאך הברית וברית הוא כמבואר שם כי כל בשמים ובארץ ומתרגמינן דאחיד בשמיא ובארעא היינו שניכר מפורש אור רצונו ית' בתוך כל הלבושים כי ענין מלאך מבואר בתקוני זוה"ק (הקדמה ג) דהכי סליק מלאך כחושבן תרין שמהן כחדא ובג"ד אתקרי מלאך שר הפנים הן הן מעשה מרכבה וכו' ופניהם וכנפיהם פרודות לפימו לקבל אלין אזכרות דאינון וכו' וליחדא לון כחדא ביחודא וכו' היינו שהמה רוצים לשמוע היחוד מהני תרין שמהן שם הויה ושם אדני שישראל מיחדין.
כי האחד מאלו השני שמות רומז על הכרת אורו ית' בכל הלבושים וזה האחד נקרא מעשה מרכבה כמבואר בזוה"ק (פקודי רס.) וכד אשתלים דא בדא ואיהו כלא חד עובדא זינא בזיניה דנפק מהאי שלימו ההוא אקרי מעשה מרכבה. ורזא דא וייצר ה' אלהים את האדם שם מלא.
ואדם איהו עובדא דהאי מרכבה דארכיב דא בדא וכו'. היינו שהאדם בהיחוד מקבלת עומ"ש שלו מעמיד בחזרה כל הלבושים פב"פ נוכח השי"ת עד שמכירין בהם מפורש את אורו ית' השוכן בתוכם ועל זה רומז מלאכי דא מלאך הברית דאחיד בשמיא ובארעא ונקרא שר הפנים כי מראה אור פניו ית' בכל הלבושים ואיתא נמי בזוה"ק (פנחס רכח:) על זה המלאך ?דהיה כל ספיראן מתלבשין וכו' היינו כי כל ספירה הוא כלי פעולה להשי"ת באותו המקום שמכרת בבהירות עצים דלית לה מגרמיה כלום בלעדי השי"ת שם נעשית כלי פעולה להשי"ת כמבואר שם (דף רנז) אדני קא סהיד עליה וכו' וכל הוויין דיליה סהדין על מארי עלמא וכו' שם אל סהיד על מארי עלמא וכו' אלהים סהיד וכו' היינו בזה המקום שמכרת בעוצם בהירות שלימותו ית' שם נעשית זאת הספירה והדרגא כינוי ולבוש לאורו ית' ומלאך הברית מכיר בכל המקומות כי יש בו הכרה כללית לזה כל שמהן וכל ספירין מתלבשין ביה ולזה נקרא זה המלאך נער מהלשון וינערו הרשעים ממנה היינו שמנוער ומופשט מהסתרת לבושים כי ע"י התלבשות זה המלאך מנהיר אורו יתברך בהכרה מפורשת לכן מזה המלאך היה מ"ר שפיר בנייחא.
אמנם לאחר החטא שוב נתעלם האור ונסתר בלבושים עד שהנהגתו ית' ע"י מלאך היה נראה כמו שמקבלים ח"ו ע"י אמצעי לכך התפלל מ"ר ואתה אמרת ידעתיך בשם ואם תנהיג אותנו ע"י מלאך אין זו הודעה כי ידעתיך מורה על זווג וחיבור כדכתיב והאדם ידע את חוה וגו' ועל זווג איתא בתקוני זוה"ק (תיקון סט) והאדם ידע את חוה אשתו דלית זווג אלא בדעת וכו' וכאשר כל החיבור והזווג עם אורו ית' יהיה על ידי אמצעי א"כ אין זה הודעה. והשיב לו השי"ת פני ילכו והנחותי לך וביאר בזה אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה עד שיעבור הפנים של זעם כמו אליהו בשעתו היינו כמו דאיתא במכילתא (פ' בא) אליהו תבע כבוד אב ויונה בן אמיתי תבע כבוד הבן והקב"ה לא הוסכם לשניהם וכו' היינו הגם שהרצון יתברך הוא שיעשה לו האדם בתפלתו סדר בהנהגה כמבואר בזוה"ק (תזריע מו) על הפסוק ויפח באפיו נשמת חיים ומתרגמינן והוות לאדם לרוח ממללא דיכול למלל קדם מלכא היינו שיכול לומר דעה בהנהגתו ית' על ידי תפלתו ובקשתו.
אולם רק באופן שיהיה תובע שניהם ביחד כבוד האב וגם כבוד הבן כדאיתא במכילתא שם על ירמיה הנביא שהסכים עמו השי"ת משום שהיה תובע שניהם ביחד כבוד האב וגם כבוד הבן וזהו פני ילכו כגון אליהו בשעתו שתבע רק כבוד אב. והנחותי לך היינו שפעמים מראה השם יתברך פנים מאירות בהבריאה שיכירו שהוא חפץ בזה שיהיו תובעין רק כבוד הבן וזה הפנים מראה השי"ת במועדים טובים שנקראו פני ה' וכדאיתא בירושלמי שיונה בן אמיתי השיג רוח נבואתו בשמחת בית השואבה היינו כי שמחת בית השואבה הוא בזמן החג שנקרא פני ה' שאז עומד השי"ת כביכול בגודל הארת פנים אז ישר בעיני השי"ת לתבוע גם כבוד הבן בלבד ולא כבוד אב לכן בחר אז גם יונה לנביא כי באותו הזמן אומר השי"ת שזה שתבע כבוד הבן בלבד הוא יען שבוער בלבו כ"כ אהבת השי"ת עד שכבוד הבן נחשב נמי אצלו כבוד אב:
Mon pere et maitre, le saint gaon, de memoire benie, expliquait ceci : avant la faute, toute l'illumination de Sa Face, beni soit-Il, etait reconnaissable dans l'ange ; ici, apres la faute, la lumiere fut voilee dans des vetements, au point qu'il semblait que toute reception de lumiere ne venait que par un intermediaire. Bien qu'il soit dit dans la paracha Michpatim : Car Mon Nom est en lui, etc., cela aussi indique que Sa lumiere, beni soit-Il, est revetue au sein de vetements.
Ainsi en fut-il en realite plus tard en terre d'Israel : Sa lumiere, beni soit-Il, se revetit parmi les mitsvot pratiques et tous les actes. Mais la difference est que, la-bas, il est egalement dit : Mon ange ira devant toi, etc.
Cela indique que, a travers tous les vetements, la puissance de l'illumination de Sa Face, beni soit-Il, serait reconnaissable, comme il est dit dans le saint Zohar (Hayye 131b) : Mon ange, c'est l'ange de l'Alliance ; et l'Alliance est, comme cela est explique la-bas, ce qui est dans les cieux et sur la terre, traduit par : qui tient les cieux et la terre. C'est-a-dire que la lumiere de Sa volonte, beni soit-Il, est explicitement reconnaissable parmi tous les vetements.
La notion d'ange est expliquee dans les Tikkounei Zohar (introduction 3) : ainsi s'eleve le mot ange, selon le compte de deux Noms comme un ; c'est pourquoi il est appele ange, Prince de la Face. Ce sont l'œuvre du Char, etc. ; leurs faces et leurs ailes sont separees selon leur bouche, pour recevoir ces invocations, etc., et les unir en une seule unite, etc.
C'est-a-dire qu'ils veulent entendre l'unification des deux Noms, le Nom Havaya et le Nom Adnout, qu'Israel unifie. Car l'un de ces deux Noms fait signe vers la reconnaissance de Sa lumiere, beni soit-Il, dans tous les vetements ; et cet un est appele l'œuvre du Char, comme cela est explique dans le saint Zohar (Pekoudei 260a) : lorsque ceci est complete par cela et que tout est une seule œuvre, chaque espece selon son espece, issue de cette perfection, cela est appele l'œuvre du Char.
Et le secret de cela est : (וייצר ה' אלהים את האדם), le Nom entier. Et l'homme est l'œuvre de ce Char, qui fait chevaucher ceci sur cela, etc.
C'est-a-dire que l'homme, dans l'unification, en acceptant le joug de Sa royaute celeste, remet en retour tous les vetements face a face devant le Nom, beni soit-Il, jusqu'a ce que Sa lumiere, beni soit-Il, qui demeure en eux, y soit explicitement reconnue. A cela fait signe : Mon ange, c'est l'ange de l'Alliance, qui tient les cieux et la terre ; il est appele Prince de la Face, car il montre la lumiere de Sa Face, beni soit-Il, dans tous les vetements.
Il est aussi dit dans le saint Zohar (Pinhas 228b), au sujet de cet ange : toutes les sefirot se revetaient de lui, etc. Car chaque sefira est un keli (vase) d'action du Nom, beni soit-Il, dans le lieu ou elle reconnait avec une clarte vigoureuse qu'elle n'a rien d'elle-meme en dehors du Nom, beni soit-Il ; la elle devient un keli d'action du Nom, beni soit-Il, comme cela est explique la-bas (257a) : Adnout temoigne de Lui, etc., et tous Ses etres temoignent du Maitre du monde, etc. ; le Nom El temoigne du Maitre du monde, etc. ; Elokim temoigne, etc.
C'est-a-dire que, dans le lieu ou elle reconnait avec la force de la clarte Sa perfection, beni soit-Il, cette sefira et ce degre deviennent une designation et un vetement de Sa lumiere, beni soit-Il. L'ange de l'Alliance reconnait cela en tous lieux, car il en a une reconnaissance generale : tous les Noms et toutes les sefirot se revestent de lui.
Aussi cet ange est-il appele jeune (נער), au sens de : les mechants en sont secoues (וינערו הרשעים ממנה) ; il est secoue et depouille du voile des vetements. Car par le revetement de cet ange, Sa lumiere, beni soit-Il, rayonne dans une reconnaissance explicite ; c'est pourquoi Moché notre maitre etait alors en repos.
Mais apres la faute, la lumiere fut de nouveau cachee et dissimulee dans les vetements, au point que Sa conduite, beni soit-Il, par un ange semblait etre, a Dieu ne plaise, une reception par intermediaire. C'est pourquoi Moché notre maitre pria : Tu as dit : Je te connais par ton nom ; si Tu nous conduis par un ange, ce n'est pas une connaissance.
Car Je te connais indique un accouplement et une union, comme il est ecrit : Et l'homme connut Eve, etc. ; et au sujet de l'accouplement il est dit dans les Tikkounei Zohar (Tikoun 69) : Et l'homme connut Eve sa femme, car il n'y a d'accouplement que dans la connaissance, etc. Or si toute l'union et tout l'accouplement avec Sa lumiere, beni soit-Il, doivent etre par un intermediaire, ce n'est pas une connaissance.
Le Nom, beni soit-Il, lui repondit : Ma Face ira, et Je te donnerai le repos. Mon grand-pere et maitre, le saint gaon, de memoire benie, l'expliquait ainsi : jusqu'a ce que passe la face de la colere, comme Elie en son temps.
C'est-a-dire, comme il est dit dans la Mekhilta (paracha Bo) : Elie reclama l'honneur du Pere, et Jonas fils d'Amittai reclama l'honneur du fils ; le Saint, beni soit-Il, ne donna son agrement a aucun des deux, etc. En effet, bien que la volonte, beni soit-Il, soit que l'homme organise par sa priere un ordre dans la conduite, comme cela est explique dans le saint Zohar (Tazria 46a) au verset : Il souffla dans ses narines une ame de vie ; et l'on traduit : l'homme devint un esprit parlant, qui peut parler devant le Roi.
C'est-a-dire qu'il peut exprimer son avis sur Sa conduite, beni soit-Il, par sa priere et sa demande. Toutefois, ce n'est que s'il reclame ensemble les deux : l'honneur du Pere et l'honneur du fils, comme il est dit dans cette Mekhilta au sujet du prophete Jeremie : le Nom, beni soit-Il, lui donna son agrement parce qu'il reclamait ensemble l'honneur du Pere et l'honneur du fils.
Et tel est le sens de Ma Face ira : comme Elie en son temps, qui ne reclama que l'honneur du Pere. Et Je te donnerai le repos signifie que parfois le Nom, beni soit-Il, montre dans la creation une face lumineuse, afin qu'ils reconnaissent qu'Il desire qu'ils reclament seulement l'honneur du fils.
Cette face, le Nom, beni soit-Il, la montre aux fetes, appelees les Faces du Nom. Ainsi il est dit dans le Talmud de Jerusalem que Jonas fils d'Amittai obtint son esprit prophetique a la joie de la puisette d'eau.
Car cette joie se tient au temps de la fete, appelee les Faces du Nom : alors le Nom, beni soit-Il, se tient, pour ainsi dire, dans une grande illumination de Face. Il est alors droit aux yeux du Nom, beni soit-Il, de reclamer meme l'honneur du fils seul, et non l'honneur du Pere.
C'est pourquoi Il choisit alors Jonas aussi comme prophete : a ce moment, le Nom, beni soit-Il, dit que celui qui ne reclama que l'honneur du fils le fit parce que l'amour du Nom, beni soit-Il, brule tant dans son cœur que l'honneur du fils est aussi compte chez lui comme l'honneur du Pere :
ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו'. להבין מה שאמר משה רבינו ראה וגו' הלא השי"ת רואה ומשגיח תמיד.
אמנם הענין הוא להיות שהציב השי"ת שיהיה מהשפעת אורו עד תפיסת הבריאה ד' מסכים והם כדכתיב אז ראה ויספרה הכינה וגם חקרה אח"כ ויאמר לאדם והם ד' עולמות אצילות בריאה יצירה עשיה והם נגד ד' אותיות שם הויה וה' האחרון רומז על תפיסת אדם ומזה הפסוק ילפי חכמינו ז"ל שהקורא בתורה יסדר מקודם ד' פעמים בינו לבין עצמו ואח"כ יקרא בצבור כי השי"ת מסדר ג"כ מתחלה ארבעה פעמים בינו לבין עצמו ואח"כ ויאמר לאדם. והנה המסך הראשון נקרא ראה יען שהוא עדיין אור כללי כי בראיה יכולין להסתכל על כמה וכמה דברים בסקירה אחת משא"כ בשמיעה שהוא רק אור פרטי כמו שמצינו בגמ' (ר"ה כז) תרי קלי לא משתמעי לזה הוא המסך השני רק בבחינת שמיעה ונקרא ויספרה להורות שכבר ירד האור כללי במספר התחלקות הפרטים להיות אור פרטי ואח"כ הכינה היינו שמכין סדר הדרגות והמסך הד' הוא וגם חקרה מלשון החקר אלוה תמצא היינו שצריך האדם להעמיק ולצמצם את דעתו כדי שישיג את האור בתפיסת דעתו ואח"כ ויאמר לאדם כי להשיג את האור כללי באותו הבהירות כמו שהוא אצלו ית' בבחינת ראיה אינו כלל בכח הבריאה לסבול.
אמנם כשמנהיר השי"ת להבריאה הארת פנים אז יכולין להכיר אפילו דרך כמה וכמה מסכים את עומק הרצון מאור עצמותו ית' כי גם בקרב הבריאה ניכר נמי אז גודל הנדיבות ואהבה העצומה כענין הכתוב וקרא זה אל זה ומתרגמינן ומקבלין דין מן דין. ולזה קודם החטא אז היה ניכר הארת פנים ית' דרך כל הלבושים והמסכים כמו שנאמר בפ' משפטים כי ילך מלאכי לפניך וגו' וביאר אאמו"ר הג' הק' זצלה"ה שענין מלאכי הוא לבוש הניכר מתוכו כל הארת פנים כדאי' בזוה"ק (חיי קלא:) והוא ישלח מלאכי ודאי דא מלאך הברית וכו' ומלאך הברית הוא דאחיד בשמיא ובארעא היינו שניכר בו גם בהלבוש אור עצמותו ית' ולזה היה מ"ר בנייחא בעת שאמר לו השי"ת אז הנה אנכי שולח מלאך לפניך וגו'.
אבל לאחר החטא אזי נעלם הבהירות מהארת פניו ית' לזה בפ' תשא שמיירי לאחר החטא נאמר ושלחתי לפניך מלאך וגו' וכמבואר בזוה"ק (משפטים קכה) אימתי אתיב משה בזמנא דאמר ושלחתי לפניך מלאך היינו שלא נאמר מלאכי כי אם מלאך וזה מורה על העלמת אור בלבוש בלי הכרת אור פניו ית'. הגם שבפ' תשא נאמר נמי הנה מלאכי ילך לפניך וגו' אכן החילוק הוא כי שם בפ' משפטים נאמר הנה אנכי שולח מלאך לפניך ונסמך הנה אצל מלאך להורות שתהיה ניכרת השמחה גם על הלבוש כי מלת הנה רומז על שמחה כדאיתא בספרי (פ' קרח פסקא קיז) וכאשר נסמך הנה אצל מלאך רומז שתהיה השמחה ניכרת גם על הלבוש וכאן בפ' תשא נסמך הנה אצל מלאכי לרמז שרק במעמקי הלב תהיה השמחה אבל על הלבוש לא יהיה ניכר האור ולכן ביקש מרע"ה אל תעלנו מזה כי המלאך הוא מהכת שאינם חוטאים ומצדו יכול להתבטל ח"ו כל הויות החוטא שלא יהיה לו ח"ו שום תיקון.
לכן אמר אם אין פניך הולכים אל תעלנו מזה כי מצד אור עצמותו ית' שנקרא ראיה שהוא בחינת אצילות איתא בזוה"ק (קדושים פג) מסטרא דאצילות לית תמן לא חטא ולא עון וכו' כי אין מצד זה האור דבר שלא יהיה בה תיקון לכן אמר מרע"ה ראה אתה אומר וגו' ואתה לא הודעתני וגו' היינו שאינו כלל בתפיסת דעתי להשיג זאת הנדיבות מבהירות הכללי הנקרא רא"ה א"כ אין שום תיקון ח"ו להחטאים של ישראל. והשיב לו השי"ת פני ילכו והנחותי לך היינו אם תבקש להכיר בהירות הנדיבות מאור עצמותו ית' שהוא כמו שנאמר והתגדלתי והתקדשתי ונודעתי וגו' וכמבואר בזוה"ק (ויחי רלב) הנה אנכי שולח מלאך וגו' דא הוא מלאך דאיהו פרוקא דעלמא נטירו דבני נשא והאי איהי דאזמין ברכאן לכל עלמא וכו' אזי פני ילכו והנחותי לך היינו שישמרו ישראל את המועדים טובים וכמו שנאמר שם את חג המצות תשמור כי המועדים טובים נקראים פני ה' שאז מראה השי"ת הארת פנים לישראל עד שניכר מפורש בהירות הנדיבות בתפיסת הבריאה לזה האדם הפונה א"ע לדברי תורה שמנהיר אז בתפיסתו הארה מאור עצמותו יתברך הנקרא ראה:
Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre qui Tu enverras avec moi, etc. Il faut comprendre ce que dit Moché notre maitre : Vois, etc.
Le Nom, beni soit-Il, voit et surveille toujours. Mais le sens est que le Nom, beni soit-Il, a pose quatre ecrans entre l'influence de Sa lumiere et sa saisie par la creation, comme il est ecrit : Alors Il vit, la denombra, l'etablit et aussi la scruta ; ensuite Il dit a l'homme (Job 28,27-28).
Ce sont les quatre mondes : Atsilout, Beria, Yetsira, Assia ; ils correspondent aux quatre lettres du Nom Havaya. Le he final fait signe vers la saisie de l'homme.
De ce verset, nos sages, de memoire benie, apprennent que celui qui lit la Torah doit d'abord l'ordonner quatre fois pour lui-meme, puis la lire en public ; car le Nom, beni soit-Il, l'ordonne aussi d'abord quatre fois pour Lui-meme, puis : Il dit a l'homme. Le premier ecran est appele Il vit, parce qu'il est encore une lumiere generale : par la vue, on peut regarder de tres nombreuses choses dans un seul regard ; ce n'est pas le cas de l'ouie, qui n'est qu'une lumiere particuliere, comme nous le trouvons dans la Guemara (Roch haChana 27a) : deux voix ne s'entendent pas.
C'est pourquoi le deuxieme ecran n'est que sous l'aspect de l'ouie et il est appele la denombra : pour indiquer que la lumiere generale est deja descendue dans le nombre, dans la division des details, pour devenir lumiere particuliere. Ensuite, l'etablit signifie qu'Il prepare l'ordre des degres.
Le quatrieme ecran est aussi la scruta, au sens de : Peux-tu trouver en scrutant Elokim ? C'est-a-dire que l'homme doit approfondir et restreindre son intelligence pour saisir la lumiere dans la saisie de son intelligence.
Ensuite : Il dit a l'homme, car saisir la lumiere generale avec cette meme clarte dans laquelle elle est, chez Lui, beni soit-Il, sous l'aspect de la vue, n'est nullement au pouvoir de la creation de le supporter. Cependant, lorsque le Nom, beni soit-Il, fait rayonner sur la creation une illumination de Face, on peut reconnaitre, meme a travers de tres nombreux ecrans, la profondeur de la volonte issue de la lumiere de Son essence, beni soit-Il.
Car au sein de la creation aussi sont alors reconnaissables l'ampleur de la generosite et l'amour immense, selon le verset : Ils s'appelaient l'un l'autre ; et l'on traduit : ils recoivent l'un de l'autre. C'est pourquoi, avant la faute, l'illumination de Sa Face, beni soit-Il, etait reconnaissable a travers tous les vetements et les ecrans, comme il est dit dans la paracha Michpatim : Mon ange ira devant toi, etc.
Mon pere et maitre, le saint gaon, de memoire benie, expliquait que Mon ange est un vetement dont transparait toute l'illumination de Face, comme il est dit dans le saint Zohar (Hayye 131b) : Il enverra certes Mon ange, c'est l'ange de l'Alliance, etc. L'ange de l'Alliance est celui qui tient les cieux et la terre ; c'est-a-dire que, meme dans le vetement, la lumiere de Son essence, beni soit-Il, est reconnaissable.
Aussi Moché notre maitre etait-il en repos lorsque le Nom, beni soit-Il, lui dit alors : Voici, J'envoie un ange devant toi, etc. Mais apres la faute, la clarte de l'illumination de Sa Face, beni soit-Il, disparut.
C'est pourquoi, dans la paracha Ki Tissa, qui traite d'apres la faute, il est dit : J'enverrai devant toi un ange, etc. Ainsi qu'il est explique dans le saint Zohar (Michpatim 125a) : Quand Moché repliqua-t-il ?
Au moment ou il fut dit : J'enverrai devant toi un ange. Car il n'est pas dit Mon ange, mais un ange ; cela indique le voilement de la lumiere dans le vetement, sans reconnaissance de la lumiere de Sa Face, beni soit-Il.
Bien que dans Ki Tissa il soit egalement dit : Voici, Mon ange ira devant toi, etc., la difference est que, dans Michpatim, il est dit : Voici, J'envoie un ange devant toi ; voici est joint a ange, pour indiquer que la joie sera egalement reconnaissable dans le vetement. Car le mot voici fait signe vers la joie, comme il est dit dans le Sifrei (paracha Korah, section 117).
Lorsque voici est joint a ange, il indique que la joie sera reconnaissable aussi dans le vetement. Ici, dans Ki Tissa, voici est joint a Mon ange, pour faire signe que la joie ne sera que dans les profondeurs du cœur, mais que la lumiere ne sera pas reconnaissable dans le vetement.
Aussi Moché notre maitre, que la paix soit sur lui, demanda-t-il : Ne nous fais pas monter d'ici. Car l'ange appartient a la classe de ceux qui ne fautent pas, et de son cote pourraient, a Dieu ne plaise, etre aneanties toutes les existences de celui qui faute, sans qu'il ait, a Dieu ne plaise, aucune reparation.
Il dit donc : Si Ta Face ne va pas, ne nous fais pas monter d'ici. Car du cote de la lumiere de Son essence, beni soit-Il, qui est appelee vue et qui est l'aspect d'Atsilout, il est dit dans le saint Zohar (Kedochim 83a) : du cote d'Atsilout, il n'y a ni faute ni iniquite, etc.
Car du cote de cette lumiere, il n'est rien qui ne puisse etre repare. Aussi Moché notre maitre, que la paix soit sur lui, dit-il : Vois, Tu dis, etc., et Tu ne m'as pas fait connaitre, etc.
C'est-a-dire qu'il n'est nullement dans la saisie de mon intelligence d'atteindre cette generosite issue de la clarte generale appelee voir ; donc il n'y aurait, a Dieu ne plaise, aucune reparation pour les fautes d'Israel. Le Nom, beni soit-Il, lui repondit : Ma Face ira et Je te donnerai le repos.
C'est-a-dire : si tu demandes a reconnaitre la clarte de la generosite issue de la lumiere de Son essence, beni soit-Il, comme il est dit : Je Me grandirai, Je Me sanctifierai et Je Me ferai connaitre, etc., et comme cela est explique dans le saint Zohar (Vayehi 232a) : Voici, J'envoie un ange, etc. ; c'est l'ange qui est la delivrance du monde, le gardien des hommes, et c'est lui qui prepare des benedictions pour le monde entier, etc. Alors Ma Face ira et Je te donnerai le repos : Israel gardera les fetes, comme il est dit la-bas : Tu garderas la fete des azymes.
Car les fetes sont appelees les Faces du Nom : alors le Nom, beni soit-Il, montre a Israel l'illumination de Face, jusqu'a ce que la clarte de la generosite soit explicitement reconnaissable dans la saisie de la creation. C'est pourquoi l'homme qui tourne lui-meme vers les paroles de Torah, lesquelles font alors rayonner dans sa saisie une illumination de la lumiere de Son essence, beni soit-Il, appelee voir :
ויאמר פני ילכו והנחותי לך. ביאר בזה אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה שהשיב לו השי"ת פני ילכו היינו כאשר ילכו מאתו ית' הלבושים הנראים בעולם על הגוון כפנים של זעם כי יש לבושים הנראים כפנים של זעם ובעת שמנהיג השי"ת בלבוש כזה אז גם הצדיק שהוא עמוד הדור נמי על הגוון בלבוש כזה כגון פנחס בדורו ואליהו בדורו כי הצדיק הדור הוא לבוש בזה העולם לאור הנהגתו ית' ובעת שמתלבש הצדיק בזאת המדה נראה על הגוון כמו מקטרג ח"ו על ישראל כמו שמצינו באליהו הנביא שאמר כי עזבו בריתך בני ישראל.
אבל באמת כל זאת הוא רק על גוון הלבוש אבל בעומק לבבם הקדושה מלמדים המה תמיד בגודל אהבתם לישראל רק זכות עליהם והא ראיה לאחר שעלה אליהו למעלה מעוה"ז אומר תמיד אליהו הנביא בני ישראל אני כפרתן בכל מקום שהם כמו שמצינו זה הלשון בתנא דבי אליהו כמה וכמה פעמים הרי שאין עוד נפש בעולם כמותו שיהיה מלמד כ"כ זכות על ישראל כמו אליהו. וזהו פני ילכו היינו אם לא תסתכלו בפני הגוון מאותן הלבושים היקרים הנראים כמקטריגים ח"ו אלא שתביטו אל עומק הפנימי שבהם אזי תמצא בהם בעצמם כל מיני לימוד זכות שהם מלמדים תמיד על ישראל:
Il dit : Ma Face ira et Je te donnerai le repos. Mon grand-pere et maitre, le saint gaon, de memoire benie, expliquait que le Nom, beni soit-Il, lui repondit : Ma Face ira, c'est-a-dire lorsque passeront de devant Lui, beni soit-Il, les vetements visibles dans le monde qui ont l'apparence de faces de colere.
Car il y a des vetements qui ont l'apparence de faces de colere ; lorsque le Nom, beni soit-Il, conduit par un tel vetement, meme le juste, colonne de la generation, a aussi cette apparence sous un tel vetement, tels Pinhas en sa generation et Elie en sa generation. Car le juste de la generation est, dans ce monde, un vetement de la lumiere de Sa conduite, beni soit-Il ; et lorsque le juste se revet de cette mesure, il semble, sous l'apparence, accuser Israel, a Dieu ne plaise, comme nous le trouvons chez le prophete Elie, qui dit : Car les enfants d'Israel ont abandonne Ton Alliance.
Mais en verite, tout cela n'est que l'apparence du vetement ; dans la profondeur de leur cœur, ces saints enseignent toujours, dans leur immense amour pour Israel, seulement le merite en leur faveur. La preuve en est qu'apres qu'Elie monta au-dessus de ce monde, le prophete Elie dit toujours : Enfants d'Israel, je suis leur expiation, ou qu'ils soient, comme nous trouvons cette expression de tres nombreuses fois dans le Tanna devei Eliyahou.
Il n'y a donc pas d'ame au monde semblable a la sienne, qui enseigne autant le merite en faveur d'Israel qu'Elie. Tel est le sens de Ma Face ira : si vous ne regardez pas la face apparente de ces vetements precieux qui semblent, a Dieu ne plaise, accuser, mais regardez leur profondeur interieure, vous y trouverez eux-memes toutes sortes d'enseignements de merite qu'ils enseignent toujours en faveur d'Israel :
« Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaître celui que Tu enverras avec moi. » Le Sod Yecharim rapporte de son père qu'avant la faute, Moché était en repos devant l'ange de l'alliance, lumière sans revêtement. Après la faute, « car Mon nom est en lui » : on ne voit plus que le revêtement, et Moché ne peut être en repos. Le Saint, béni soit-Il, répond : « Ma face ira et Je te donnerai le repos. » Il rapporte de son aïeul, dans le Mei haChiloa'h, que lorsque la face de colère s'élève hors de la sainteté, celle de l'opposé s'annule, et l'on reconnaît rétroactivement le lien même durant le voilement.
Aussi : « fais-moi donc voir Ta gloire » : on reconnaît le lien de l'instant précédent ; moché fait paraître la lumière par degrés à chaque génération ; à soukkot, ne rien recevoir hors de l'amour du Donateur
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו'. ביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה שקודם החטא כאשר אמר השי"ת למ"ר כי ילך מלאכי לפניך וגו' לא ביקש מ"ר כלום כי מלאכי איתא בזוה"ק (חיי קלא) שרומז על מלאך הברית שהוא מלאך מט"ט והוא כענין מאמרם ז"ל (ירושלמי ר"ה פא) שמות המלאכים עלו מבבל וכו' היינו כי אחר מקדש ראשון התחיל בבבל האור להתלבש בתורה שבע"פ ומפאת זאת ההתלבשות נתהווה לכל מלאך שם בפני עצמו.
כי באמת מצד עצמות האור אין שום פירוד כלל בין המלאכים כי אם אור אחד אור כללי וכפי המדה שהשתמש השי"ת בזה האור כך נקרא שמו כאשר השתמש באור החסד נקרא מיכאל ובמדת הגבורה נקרא זה האור בעצמו גבריאל. וזהו נמי דאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון נ"ז צא) על מלאך מט"ט שנקרא מלאך הברית האי מלאך אתקרי בששים רבוא שמהן דמלאכיא וכו' היינו כי מלאך הברית מורה על אור כללי בלי שום לבוש לכך נקרא בכל ששים רבוא שמהן כי כפי השימוש שלו בכל פעם כך הוא השם שלו כי כל שם מורה על כלי פעולה מיוחדת ועיקר כח הפעולה מכל שם ומלאך וספירה הוא רק במקום שמכירים בבהירות עצום דלית לה מגרמיה שום כח לפעול זולת מה שפעל בה השי"ת באותו המקום הוא כל הכח מהשם והספירה והמלאך כדאי' בזוה"ק (פנחס רנז:) שם אל סהיד על מארי דכלא דלית יכולת לכל שם והויה ודרגא כש"כ לשאר בריין פחות מניה הה"ד (דניאל ד) כלא חשיבין וכו', היינו שעל ידי שמכיר היטב שכל הכחות כלא חשיבין רק השי"ת לבדו הוא הפועל הכל מפאת זאת ההכרה יש בזה השם כח ותקיפות לפעול כל החסדים.
כי לא בהיפך אתוון אל. לישנא דתקיפא כדאי' בגמ' (יבמות כא) וכן איתא שם בזוה"ק על שם אדני בהיפך אתוון דינא וכו' וזה המלאך הברית שנקרא כי כל בשמים ובארץ ומתרגמינן דאחיד בשמיא ובארעא כמבואר שם בתקוני זוה"ק וזה מורה שיש בו הכרה כללית מכל הבריאה דלית להו מגרמיה שום כח לפעול רק מה שמקבלת מהשי"ת.
ממילא נקרא זה המלאך בכל ששים רבוא שמהן. ולזה היה מרע"ה שפיר בנייחא מהנהגת זה המלאך כי בהנהגתו אין שום לבוש שיהיה מסתיר את אורו ית'.
משא"כ אחר החטא אזי התחיל האור לבוא כ"כ בהתלבשות עד שנאמר שם השמר מפניו אל תמר בו כי שמי בקרבו. ומזה הלשון כי שמי בקרבו משמע שכמוס וצפון האור בקרב לבושים כ"כ עד שאינו ניכר שוב כי אם גוון לבוש החיצון לכן ביקש מרע"ה ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני וגו' כלומר שאינני יכול להיות בנייחא משליחות כזאת שעצם האור נעלם וכמוס בקרב הלבושים וכמו שביארו ז"ל במדרש אם למלאך את מוסרנו הלא הוא מן הכת שאינם חוטאים היינו כי מצד המלאך אי אפשר כלל שיהיה נשאר גבי האדם שום חיים כאשר נכשל ח"ו באיזה חטא כי המלאכים אינם יודעין אלא מה דאתמסר לון למנדע כדאיתא בזוה"ק (וירא קא:) ולזה איתא בזוהר חדש גבי נפילת אפים שזה החיים שמחזיר השי"ת להאדם אחר המסירת נפש של נפילת אפים לא ידע שום מלאך בר קב"ה בלחודוי לזה ביקש מ"ר ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' והשיב לו השי"ת פני ילכו והניחותי לך וכמו שבאר בזה אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה (בס' מי השלוח הק') כשיעבור פנים של זעם כי בעת שהקדושה היא בפנים של זעם אז יש לעומת הקדושה גם בההפך פנים של זעם המסתיר את האור וכשנתעלה מהקדושה הפנים של זעם נתבטל ממילא גם מההיפך הפנים של זעם.
אזי יהיה והניחותי לך היינו שתהיה בנייחא כלומר שתכיר אז מפורש למפרע את החיבור מהשי"ת שהיה לישראל גם בעת ההוה של ההסתר:
Et Moché dit a ה' : Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre celui que Tu enverras avec moi, etc. Mon pere et maitre, le saint gaon, de benie memoire, expliquait a ce sujet qu'avant la faute, lorsque le Saint, beni soit-Il, dit a Moché Rabbenu : Mon ange marchera devant toi, etc., Moché Rabbenu ne demanda rien, car Mon ange - il est rapporte dans le saint Zohar (Hayyei, 131a) qu'il fait allusion a l'ange de l'alliance, l'ange Matat (Metatron).
Cela rejoint la parole de nos maitres (Talmud de Jerusalem, Roch Hachana 1,1) : Les noms des anges monterent de Babylone, etc. C'est-a-dire qu'apres le Premier Temple, en Babylonie, la lumiere commenca a se revetir dans la Torah orale; et, du fait de ce revetement, chaque ange eut un nom propre.
Car, en verite, du cote de l'essence de la lumiere, il n'y a absolument aucune separation entre les anges : il n'y a qu'une lumiere unique, une lumiere generale. Selon la mesure dans laquelle le Saint, beni soit-Il, emploie cette lumiere, tel est son nom : quand Il emploie la lumiere de la bonte, elle est appelee Mikhael; et dans la mesure de la rigueur, cette lumiere elle-meme est appelee Gavriel.
C'est aussi ce qui est rapporte dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 57, 91a), au sujet de l'ange Matat, appele l'ange de l'alliance : Cet ange est appele par les six cent mille noms des anges, etc. Cela signifie que l'ange de l'alliance indique une lumiere generale, sans aucun revetement; c'est pourquoi il est appele par tous les six cent mille noms : selon son emploi a chaque fois, tel est son nom.
Car tout nom indique un keli (recipient) propre a une action particuliere. Et la force essentielle de l'action de tout nom, ange ou sefira, n'est que la ou l'on reconnait avec une clarte immense qu'il n'a, de lui-meme, aucune force pour agir, sauf ce que le Saint, beni soit-Il, opere en lui a cet endroit : c'est la toute la force du nom, de la sefira et de l'ange.
Ainsi qu'il est rapporte dans le saint Zohar (Pinhas, 257b) : Le nom El temoigne du Maitre de tous, car nul nom, etre, ni degre, et a plus forte raison les autres creatures inferieures a lui, n'a de pouvoir, comme il est dit : Tous sont comptes pour rien, etc. (Daniel 4,32).
C'est-a-dire que, lorsqu'il reconnait bien que toutes les forces ne sont rien, et que le Saint, beni soit-Il, seul opere tout, cette reconnaissance donne a ce nom force et puissance pour operer tous les hassadim. Car El (אל), dont les lettres ne sont pas inversees, est un terme de puissance, comme il est rapporte dans le Talmud (Yevamot 21a).
Et il est aussi rapporte la dans le saint Zohar, au sujet du nom Adona-i : par inversion des lettres, dina (דינא), le jugement, etc. Cet ange de l'alliance est appele : Car tout est dans les cieux et sur la terre; le Targoum traduit : qui tient les cieux et la terre, comme l'expliquent la les Tikounei ha-Zohar.
Cela indique qu'il porte une connaissance generale de toute la creation : ils n'ont d'eux-memes aucune force d'action, mais seulement ce qu'ils recoivent du Saint, beni soit-Il. Aussi cet ange est-il appele par tous les six cent mille noms.
C'est pourquoi Moché Rabbenu etait parfaitement en repos devant la conduite de cet ange : dans sa conduite, aucun revetement ne cache Sa lumiere, beni soit-Il. Mais apres la faute, la lumiere commenca a venir dans un revetement si grand qu'il fut dit : Garde-toi de lui, ne te rebelle pas contre lui, car Mon nom est en lui (Exode 23,21).
De l'expression car Mon nom est en lui, il ressort que la lumiere est cachee et dissimulee au cœur de revetements tels qu'on ne reconnait plus que la teinte du revetement exterieur. C'est pourquoi Moché Rabbenu demanda : Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre, etc.
Il voulait dire : je ne peux etre en repos devant une telle mission, dont l'essence de la lumiere est voilee et cachee parmi les revetements. Comme nos maitres l'ont explique dans le Midrach : Si Tu nous remets a un ange, il appartient a la classe de ceux qui ne fautent pas.
Cela veut dire que, du cote de l'ange, il ne peut absolument rester aucune vie chez l'homme lorsqu'il a echoue, a Dieu ne plaise, dans quelque faute. Car les anges ne savent que ce qui leur est confie a connaitre, comme il est rapporte dans le saint Zohar (Vayera, 101b).
C'est pourquoi il est rapporte dans le Zohar 'Hadach, au sujet de la prosternation sur la face, que cette vie que le Saint, beni soit-Il, rend a l'homme apres le don de soi de la prosternation sur la face, nul ange ne la connait, sinon le Saint, beni soit-Il, seul. C'est pourquoi Moché Rabbenu demanda : Tu ne m'as pas fait connaitre celui que Tu enverras avec moi, etc.
Et le Saint, beni soit-Il, lui repondit : Ma face ira et Je te donnerai le repos (Exode 33,14). Mon aieul et maitre, le saint gaon, de benie memoire, l'a explique ainsi dans le saint livre Mei HaShiloah : lorsque passe la face de colere.
Car lorsque la saintete est dans une face de colere, son oppose possede aussi une face de colere qui cache la lumiere; et quand la face de colere s'eleve hors de la saintete, la face de colere de l'oppose s'annule d'elle-meme. Alors sera accompli : Je te donnerai le repos; c'est-a-dire que tu seras en repos, que tu reconnaitras alors clairement, retroactivement, le lien venant du Saint, beni soit-Il, qui etait avec Israel meme durant le present du voilement :
ויאמר הראני נא את כבודך וגו' ומדייק בירושלמי וכי שייך כבוד גבי השי"ת וכי נצרך ח"ו לכבוד מבריותיו. אמנם ענין כבוד גבי השי"ת הוא זה הרצון שהציב שישראל יהיה כבוד מלכותו ועל זה איתא בתקוני זוה"ק (הקדמה דף ה.) ואית כבוד נברא ואית כבוד נאצל וכו' ועל זה ביקש מ"ר הראני נא את כבודך היינו שביקש לידע תכלית העומק מזה הכבוד כלומר עד היכן מגיע זה החיבור שיש לכביכול ית' עם פעולת ישראל.
והשיב לו השי"ת כי לא יראני האדם וחי היינו שא"א לשום נברא שידע בבירור עומק החיבור שיש לו עם השי"ת איך ששופע בו השי"ת חיים בכל רגע ורגע כי אם היה רואה זאת מפורש היה נתבטל כל קיום הוייתו כי כל קיום הויית אדם הוא רק מפאת זה שצמצם השי"ת את אורו ואם יתגלה זה האור מפורש גם לעיני אדם לא היה יתכן הויית אדם רק וראית את אחורי ופני לא יראו היינו כי וראית את אחורי מתרגמינן ותחזי ית בתרי כלומר ברגע שאחריה תוכל שפיר להכיר את החיבור שהיה אצלך מלפנים ברגע הקודמת אבל פני היינו בשעת ההוה אי אפשר לראות. כי לא יראני האדם וחי.
ויאמר ה' הנה מקום אתי היינו כמאמרם ז"ל למה מכניס שמו של הקב"ה מקום מפני שהוא מקומו של עולם ואין עולם מקומו וזה הוא הנה מקום אתי היינו לא שהחיבור נמשך מפאת הפירוד שמקודם אלא שהמקום אתי כלומר שהפירוד שמקודם וגם החיבור שמכיר האדם אח"כ הכל הוא בידו ית'. ושמתיך בנקרת הצור וצור מורה על המקור והשורש.
כענין הכתוב הביטו אל צור חוצבתם ועל זה נאמר ושמתיך וגו' היינו שזאת הוא רק בידו ית' להעמידך אצל שורש המקור:
Et il dit : Fais-moi donc voir Ta gloire, etc. Le Talmud de Jerusalem precise : la gloire peut-elle se rapporter au Saint, beni soit-Il ?
A-t-Il besoin, a Dieu ne plaise, de la gloire de Ses creatures ? Mais la gloire concernant le Saint, beni soit-Il, est cette volonte qu'Il a etablie : qu'Israel soit la gloire de Sa royaute.
A ce sujet il est rapporte dans les Tikounei ha-Zohar (Introduction, 5a) : Il y a une gloire creee et une gloire emanee, etc. Moché Rabbenu demanda donc : Fais-moi donc voir Ta gloire, c'est-a-dire qu'il demanda a connaitre la fin de la profondeur de cette gloire : jusqu'ou va ce lien que le Saint, beni soit-Il, a, pour ainsi dire, avec l'action d'Israel.
Le Saint, beni soit-Il, lui repondit : L'homme ne peut Me voir et vivre (Exode 33,20). Aucun etre cree ne peut connaitre avec certitude la profondeur du lien qu'il a avec le Saint, beni soit-Il, ni comment le Saint, beni soit-Il, lui prodigue la vie a chaque instant.
Car s'il le voyait clairement, toute subsistance de son etre serait annulee : toute subsistance de l'etre de l'homme ne tient qu'a ce que le Saint, beni soit-Il, a contracte Sa lumiere. Et si cette lumiere se revelait clairement aussi aux yeux de l'homme, l'existence de l'homme ne serait pas possible.
Mais Tu verras Mon dos, et Ma face ne sera pas vue (Exode 33,23) : Tu verras Mon dos se traduit par Tu verras ce qui est derriere. Ainsi, dans l'instant suivant, tu peux bien reconnaitre le lien qui etait le tien auparavant, dans l'instant precedent; mais Ma face, c'est-a-dire au moment present, ne peut etre vue.
Car l'homme ne peut Me voir et vivre. Et ה' dit : Voici un lieu aupres de Moi (Exode 33,21).
C'est selon la parole de nos maitres : Pourquoi le nom du Saint, beni soit-Il, est-il Lieu ? Parce qu'Il est le lieu du monde et que le monde n'est pas Son lieu.
Voici donc un lieu aupres de Moi : ce n'est pas que le lien se prolonge a partir de la separation qui l'a precede, mais le lieu est aupres de Moi; la separation precedente comme le lien que l'homme reconnait ensuite, tout est dans Sa main, beni soit-Il. Je te mettrai dans la fente du rocher (Exode 33,22); le rocher indique la source et la racine, comme dans le verset : Regardez le rocher d'ou vous avez ete tailles (Isaie 51,1).
Il est donc dit : Je te mettrai, etc. Cela seul est entre Ses mains, beni soit-Il : te placer aupres de la racine de la source.
ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו'. אמר אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה אשר בכל הזמנים עומד כך מרע"ה בעת חילוף הזמנים ומתפלל רבש"ע ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי היינו שאינני יודע איך יעברו ישראל דרך זאת הנהגה מחלוף הזמן הבא לקראתנו:
Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre celui que Tu enverras avec moi, etc. Mon aieul et maitre, le saint gaon, de benie memoire, disait que, en tous les temps, Moché Rabbenu se tient ainsi lors du changement des temps et prie : Maitre du monde, vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre celui que Tu enverras avec moi.
C'est-a-dire : je ne sais pas comment Israel traversera cette conduite du changement de temps qui vient a notre rencontre.
והענין הוא כי משה רבינו הוא תמיד הממוצע בין ישראל לאביהם שבשמים. וכמו שמצינו בעת שאמרו ישראל ועתה למה נמות כי תאכלנו האש הגדולה הזאת אם יוספים אנחנו לשמוע ואמר להם מ"ר אנכי עומד בין ה' וביניכם וגו' כי אורו ית' הוא כמאמרם ז"ל (פסחים ח.) למה צדיקים דומין בפני השכינה כנר בפני אבוקה.
ואור אבוקה איתא התם דבעית ומיקטף אקטופי. וכל עסקו של מרע"ה הוא להופיע אורו ית' לישראל בהדרגה שיהיה בכחם לקבל ועל אור המנהיר בהדרגה רומז שבת שהוא חלקו של מ"ר כמאמר ישמח משה במתנת חלקו כי אורו של שבת הוא ג"כ כל ענינו בהדרגה כמבואר בהקדמת זוה"ק שיש שבת דמעלי שבתא.
ושבת דיומא הנקרא שבת תתאה ויש נמי שבת עלאה וכך הוא חלקו של מ"ר לעמוד בכל דור ודור בין ישראל לאביהם שבשמים כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון סט) אשרי העם ש'כ'כ'ה' לו בגמטריא משה וכו' דעליה אתמר דור הולך ודור בא ולית דור פחות מששים רבוא וכו' ואתפשטותא הוא בכל דרא ודרא בכל צדיק וחכם דמתעסק באורייתא עד שתין רבוא וכו' היינו שכל עסקו בכל דרא ודרא להיות אמצעי שיופיע להם השי"ת את האור בהדרגה למען שיהיה בכחם לקבל על דרך שמצינו בזוה"ק (תרומה קסב) אנן מותבינן מזכור שמור מתושב"כ תורה שבע"פ וכו' היינו כי אי אפשר להגיע לעוצם הבהירות מתורה שבכתב שהוא בחינת זכור כי אם ע"י הדרגה מתורה שבע"פ שהוא בחינת שמור וכן מחמת הדרגות מעלי שבתא יתכן נמי לקבל קדושת יו"ט מהקדושה של שבת כי מזה שנמצא בשבת קדושת מעלי שבתא דזמין ליה מבעוד יום מפאת זאת הדרגה יתכן התפשטות הקדושה גם בזמנים דישראל מקדשי להו שנקרא מקראי קודש דזמינין מקודש ולזה נמי מתיצב מרע"ה בכל התחלפות הזמנים ומתפלל להשי"ת שזאת ההנהגה שיהיה מנהיג השי"ת עם ישראל בזמן הבא יהיה בסדר הדרגה למען שיהיה בכחם לילך אחר רצונו ית' בכל פסיעה ופסיעה. והשי"ת משיב לו תמיד שמר לך את אשר אנכי מצוך היום הנני גורש מפניך וגו' היינו שישמרו ישראל א"ע לילך בהסדר של י"ב פקודין הנאמרים בזאת הפרשה אזי ילכו לבטח דרכיהם בכל הזמנים הבא לקראתם בלי שום מכשול ח"ו כלל וזה המועד של סכות נקרא שם בזאת הפרשה חג האסיף תקופת השנה לרמז שאחר ההיקף מהשנה שכבר נגמרו כל הצמיחות ומאספם אל הבית כי אין אדם עומד על התבואה לא בשעה שנזרע אלא בשעה שנעשה כרי כדאי' במדרש וזה הגמר נקרא תקופת השנה ואז מלמד השי"ת עצה להאדם אשר גם בזמן האסיפה לבית לא יקבל שום דבר בלתי אהבת הנותן:
Le sujet est que Moché Rabbenu est toujours l'intermediaire entre Israel et leur Pere qui est aux cieux. Ainsi trouvons-nous lorsque Israel dit : Pourquoi donc mourrions-nous ?
Car ce grand feu nous devorerait; si nous continuons a entendre, etc. (Deuteronome 5,22), et que Moché Rabbenu leur dit : Je me tiens entre ה' et vous, etc.
(Deuteronome 5,5). Car Sa lumiere, beni soit-Il, est comme l'ont dit nos maitres (Pessahim 8a) : A quoi les justes ressemblent-ils devant la Chekhina ?
A une bougie devant une torche. Et il est rapporte la que la lumiere de la torche effraie et fait que l'on se heurte epaule contre epaule.
Toute l'œuvre de Moché Rabbenu est de faire apparaitre graduellement a Israel Sa lumiere, beni soit-Il, afin qu'ils aient la force de la recevoir. Et au sujet de la lumiere qui eclaire graduellement fait allusion le Chabbat, qui est la part de Moché Rabbenu, selon la parole : Moché se rejouira du don de sa part.
Car toute la realite de la lumiere du Chabbat est elle aussi la progressivite, comme l'explique l'Introduction du saint Zohar : il y a le Chabbat de la veille de Chabbat, le Chabbat du jour, appele Chabbat inferieur, et aussi le Chabbat superieur. Telle est la part de Moché Rabbenu : se tenir dans chaque generation entre Israel et leur Pere qui est aux cieux.
Ainsi qu'il est rapporte dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 69) : Heureux le peuple pour qui il en est ainsi (שככה), dont la guematria est Moché, etc.; de lui il est dit : Une generation va et une generation vient (Ecclesiaste 1,4), et aucune generation n'est moindre que six cent mille, etc. Son extension est dans chaque generation, en tout juste et sage qui s'occupe de Torah, jusqu'a six cent mille, etc.
Cela signifie que toute son œuvre, dans chaque generation, est d'etre l'intermediaire par qui le Saint, beni soit-Il, leur fait apparaitre la lumiere graduellement, afin qu'ils aient la force de la recevoir. De meme que nous trouvons dans le saint Zohar (Terouma, 162a) : Nous posons zakhor et shamor, de la Torah ecrite et de la Torah orale, etc.
C'est-a-dire qu'il est impossible de parvenir a l'intensite de la clarte de la Torah ecrite, qui est l'aspect de zakhor, sinon par la progressivite de la Torah orale, qui est l'aspect de shamor. De meme, grace aux etapes de la veille de Chabbat, il est possible aussi de recevoir la saintete de la fete a partir de la saintete du Chabbat.
Puisqu'il y a dans le Chabbat la saintete de la veille de Chabbat, qui l'attend de jour, cette progressivite rend possible l'extension de la saintete meme aux temps qu'Israel sanctifie, appeles convocations saintes, invites du sanctuaire. C'est aussi pourquoi Moché Rabbenu se tient a tout changement des temps et prie le Saint, beni soit-Il, que la conduite par laquelle Il guidera Israel dans le temps qui vient soit ordonnee selon une progression, afin qu'ils aient la force de marcher selon Sa volonte, beni soit-Il, a chaque pas.
Et le Saint, beni soit-Il, lui repond toujours : Garde ce que Je t'ordonne aujourd'hui; voici, Je chasse devant toi, etc. (Exode 34,11).
C'est-a-dire : qu'Israel se garde de marcher selon l'ordre des douze commandements dits dans cette paracha; alors ils marcheront surement dans toutes les epoques qui viennent a leur rencontre, sans aucun obstacle, a Dieu ne plaise. Cette fete de Soukkot est appelee dans cette paracha la fete de la recolte, au retour de l'annee (Exode 34,22), pour indiquer qu'apres le cycle de l'annee, lorsque toutes les pousses sont achevees et qu'on les rassemble dans la maison - car l'homme ne reconnait pas le ble a l'heure ou il est seme, mais a l'heure ou il devient une meulee, comme il est rapporte dans le Midrach -, cette achevement est appele le retour de l'annee.
Alors le Saint, beni soit-Il, enseigne a l'homme le conseil que, meme au temps du rassemblement a la maison, il ne recoive rien en dehors de l'amour du Donateur.
והנה כאן כשאמר השי"ת למ"ר ושלחתי לפניך מלאך וגו' התפלל מ"ר ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו' כי לישא את עון למעלה מהתפיסה אינו כלל בכח המלאך. ואף ששם בפ' משפטים כשאמר לו השי"ת הנה אנכי שולח מלאך לפניך וגו' לא השיב מ"ר כלום.
משמע מזה שהיה אז בנייחא משליחות המלאך. אמנם אז היה עדיין קודם החטא ואורו ית' היה מנהיר בהתגלות מפורש לכל נפש מישראל באופן שכל אחד ואחד היה מכיר היטב איך שהשי"ת שוכן אצלו.
לכן היה מ"ר אז בנייחא גם משליחות המלאך כי זה היה יודע מ"ר שאי אפשר לקבל אור ית' כי אם ע"י לבוש האמצעי הנקרא מלאך אכן זה המלאך נקרא מלאך הברית דאחיד בשמיא ובארעא היינו שניכר בו כל האור מהשי"ת ועל דרך הכתוב כי עמך מקור חיים באורך נראה אור היינו כשמנהיר המקור אזי ניכר האור בכל הפרטים אפילו דרך כמה לבושים כי להכיר אור עצמותו ית' בלי לבוש כלל זאת לא יתכן כלל כמו שמצינו שעיקר המחיה את האדם הוא המוצא פי ה' כדכתיב כי לא על הלחם לבדו יחיה האדם כי על כל מוצא פי ה' יחיה האדם. ובכל זאת מוכרח זה המוצא פי ה' לבוא בהתלבשות הלחם ובלתי לבוש מהלחם אין בכח אדם להשיג המוצא פי ה' ודוקא ע"י הלבוש מהלחם יש בכח האדם להכיר גם המוצא פי ה' שהוא עיקר המחיה אותו ולכן היה מ"ר אז שפיר בנייחא מהמלאך כיון שהיה ניכר בו המקור ית' ואף שהולך האור דרך כמה לבושים מ"מ כל זמן שעדיין ניכר בהלבושים את האור נקרא זאת אורו ית' ממש ושפיר היה נקרא זאת ההנהגה גבי מרע"ה הודעתני את אשר תשלח עמי כי היה ניכר דרך כל הלבושים שהמקור ית' שוכן עמו וכענין דאיתא בספרא רשאי אדם להתפלל בכל השמות ובכגון לאל שדי וכגון מן המצר קראתי י"ה ולא יקרא אדם לא למיכאל ולא לגבריאל.
כי שמות המלאכים אף שכל אורם הוא נמי רק מה ששופע בהם השי"ת בכל רגע ורגע. אכן אינו ניכר עוד בהם הארת המקור ית' ויכול לדמות ח"ו שמלאך בעצמו יש בו כח לפעול ח"ו.
ולכן אחר החטא שנתעלם מהם האור מהמקור ואם היה שולח השי"ת עמהם מלאך לא היה ניכר בו ח"ו מי הוא ששולח לאותו המלאך לזה אמר מ"ר ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי היינו ששליחות כזאת אינו נקרא עמי:
Or ici, lorsque le Saint, beni soit-Il, dit a Moché Rabbenu : J'enverrai devant toi un ange, etc., Moché Rabbenu pria : Tu ne m'as pas fait connaitre celui que Tu enverras avec moi, etc. Car porter la faute au-dela de toute saisie n'est nullement dans la force de l'ange.
Pourtant, la-bas, dans la paracha Michpatim, lorsque le Saint, beni soit-Il, lui dit : Voici, J'envoie devant toi un ange, etc., Moché Rabbenu ne repondit rien. Il ressort de cela qu'il etait alors en repos devant la mission de l'ange.
Mais c'etait encore avant la faute, et Sa lumiere, beni soit-Il, eclairait en revelation claire chaque ame d'Israel, de sorte que chacun reconnaissait bien comment le Saint, beni soit-Il, demeurait chez lui. Aussi Moché Rabbenu etait-il alors en repos meme devant la mission de l'ange.
Car Moché Rabbenu savait qu'il est impossible de recevoir la lumiere du Saint, beni soit-Il, sinon par le revetement intermediaire appele ange. Mais cet ange est appele l'ange de l'alliance, qui tient les cieux et la terre; cela veut dire que toute la lumiere du Saint, beni soit-Il, y est reconnaissable.
C'est selon le verset : Car aupres de Toi est la source de la vie; dans Ta lumiere nous voyons la lumiere (Psaumes 36,10). Quand la source eclaire, la lumiere est reconnaissable dans tous les details, meme a travers plusieurs revetements.
Car reconnaitre la lumiere de Son essence, beni soit-Il, sans aucun revetement, cela n'est absolument pas possible. Ainsi trouvons-nous que ce qui fait essentiellement vivre l'homme est ce qui sort de la bouche de ה', comme il est ecrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais l'homme vivra de tout ce qui sort de la bouche de ה' (Deuteronome 8,3).
Et pourtant, ce qui sort de la bouche de ה' doit necessairement venir revetu dans le pain; sans le revetement du pain, l'homme n'a pas la force de saisir ce qui sort de la bouche de ה'. C'est precisement par le revetement du pain que l'homme a la force de reconnaitre aussi ce qui sort de la bouche de ה', qui le fait vivre essentiellement.
Moché Rabbenu etait donc alors justement en repos devant l'ange, puisque la source, beni soit-Il, y etait reconnaissable. Meme si la lumiere passe par plusieurs revetements, tant que la lumiere est encore reconnaissable dans les revetements, cela est appele Sa lumiere, beni soit-Il, elle-meme.
Cette conduite pouvait donc bien etre appelee, chez Moché Rabbenu : Tu m'as fait connaitre celui que Tu enverras avec moi, car l'on reconnaissait a travers tous les revetements que la source, beni soit-Il, demeurait avec lui. C'est dans le meme sens qu'il est rapporte dans le Sifra : L'homme peut prier par tous les noms, comme El Chaddai, comme : De l'etroit, j'ai appele Yah (Psaumes 118,5); mais l'homme ne doit appeler ni Mikhael ni Gavriel.
Car les noms des anges, bien que toute leur lumiere soit aussi seulement ce que le Saint, beni soit-Il, leur prodigue a chaque instant, ne laissent plus reconnaitre l'eclat de la source, beni soit-Il. On pourrait alors imaginer, a Dieu ne plaise, que l'ange lui-meme possede une force d'action.
C'est pourquoi, apres la faute, lorsque la lumiere de la source fut cachee pour eux, si le Saint, beni soit-Il, avait envoye avec eux un ange, on n'aurait plus reconnu, a Dieu ne plaise, qui envoyait cet ange. Aussi Moché Rabbenu dit-il : Tu ne m'as pas fait connaitre celui que Tu enverras avec moi.
Une telle mission n'est pas appelee avec moi.
« Vois, Tu me dis : Fais monter ce peuple » (Chemot 33,12) : Moché ne répond rien lorsque le Saint, béni soit-Il, dit : « Voici, J'envoie un ange devant toi ». Le Sod Yecharim rapporte de son père que cela est avant la faute ; après, Moché ne trouve pas de repos dans un ange, car les anges ne savent que ce qui leur est transmis, et la lumière de Sa volonté est cachée. À chaque changement des temps, l'entre-deux des limites apparaît comme un vide ; Moché s'y tient et montre : « Il n'y a rien d'autre que Lui ». Le Saint, béni soit-Il, répond : « Garde-toi » : Israël garde l'ordre de cette paracha et acquiert les limites.
Aussi : les faces qui brillent et les faces de la colère, « Ma face ira » ; le roc, volonté primordiale cachée, et la fente du roc, lieu de Moché ; la matsa en été et la soukka en hiver, ombre de la foi
ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה וגו'. הענין שלא השיב משה רבינו כלום בעת שאמר לו השי"ת הנה אנכי שולח מלאך (בפ' משפטים) אמר א"א מ"ר הגה"ק זצלה"ה כי שם נאמר ג"כ כי ילך מלאכי לפניך וכמבואר לעיל שהיה שם קודם החטא.
משא"כ כאן אחר החטא לא היה מ"ר בנייחא ממלאך כי על מלאך איתא בזוה"ק (וירא קא:) לא ידעו בהאי עלמא אלא מה דאתמסר לון למנדע היינו שאינם יודעים מצד עצמם כלום כי אם כשמראה להם השי"ת את אור רצונו מפורש אכן אחר החטא נסתר ונעלם אור רצונו ית' לבלתי ינהיר כך מפורש כדאי' ואנכי הסתר אסתיר. וזה החיבור שיש תמיד לאור רצינו ית' עם ישראל הוא רק באורח גניזה ולא אתמסר לון למנדע כי הם מהכת שאינם חוטאים ואי אפשר להם להכיר איך שנמצא השי"ת גם בתוך ההסתר לזה אמר כאן מ"ר ראה אתה אומר אלי וגו' ולזה קרינן זאת הפ' בכל שבת מהתחלפות הזמנים כי בכל ההתחלפות בעת שהזמנים נושקין זה בזה אז צריכין לשמרה ביותר כי זאת הרגע המתחלף מזמן לזמן נראה בזה העולם כמו חלל והפסק כדאי' בירושלמי (מובא לעיל) על ארבע תקופות השנה שנראה כמו הפסק ביניהם ועליהם נאמר סכותה לראשי ביום נשק שנושקין הזמנים זה בזה וכו' ושם מראה מרע"ה שאין באמת שום הפסק וחלל:
"Vois, Tu me dis: Fais monter ce peuple, etc." (Exode 33,12). La question est que Moché notre maitre ne repondit rien lorsque le Saint, beni soit-Il, lui dit: "Voici, J'envoie un ange devant toi" (paracha Michpatim).
Mon pere et maitre, le saint Gaon, de benie memoire, dit que la-bas il est aussi dit: "Car Mon ange ira devant toi"; comme explique plus haut, cela etait avant la faute. Mais ici, apres la faute, Moché notre maitre ne trouvait pas de repos dans un ange, car il est dit dans le saint Zohar (Vayera 101a) des anges: "Ils ne savent dans ce monde que ce qui leur est transmis a connaitre"; c'est-a-dire qu'ils ne savent rien d'eux-memes, sinon lorsque le Saint, beni soit-Il, leur montre explicitement la lumiere de Sa volonte.
Or, apres la faute, la lumiere de Sa volonte, benie soit-Elle, fut cachee et dissimulee, sans briller; comme il est explicitement dit: "Et Moi, Je cacherai assurement Ma face" (Deuteronome 31,18). Cette union constante de la lumiere de Sa volonte, benie soit-Elle, et d'Israel ne subsiste donc que sur le mode du secret, et ne leur est pas transmise a connaitre; car ils sont de l'ordre de ceux qui ne fautent pas, et il leur est impossible de reconnaitre comment le Saint, beni soit-Il, est aussi dans la dissimulation.
C'est pourquoi Moché notre maitre dit ici: "Vois, Tu me dis, etc." C'est aussi pourquoi nous lisons cette paracha a chaque Chabbat, lors du changement des temps: lors de chaque changement, quand les temps se touchent l'un l'autre, il faut une garde plus grande, car cet instant qui passe d'un temps a l'autre apparait en ce monde comme un vide et une interruption. Ainsi est-il dit dans le Yerouchalmi, rapporte plus haut, au sujet des quatre saisons de l'annee: il apparait comme une interruption entre elles.
A leur sujet il est dit: "Tu as abrite ma tete au jour ou les temps s'embrassent" (Psaumes 140,8), quand les temps se touchent l'un l'autre, etc. Et la, Moché notre maitre montre qu'en verite il n'y a aucune interruption ni aucun vide.
והשיב לו השי"ת פני ילכו והנחותי לך היינו שאז תהי' בנייחא כי אית פנים ואית פנים כדאי' בזוה"ק (יתרו פו:) כמה פנים אית ליה לקב"ה פנים דנהרין פנים דלא נהרין וכו' ופנים דלא נהרין היינו פנים של זעם. ובאמת בזה הפעם של זעם בעצמו יכולין להכיר כל האהבה העצומה וגודל הרחמנות שיש להשי"ת על ישראל ובזה הפעם בעצמו הנקרא פני ה' בעושה רעה יכול כל מי שפונה עצמו לדברי תורה להכיר כל עומק רצונו ית'.
אכן בההוה אי אפשר להכיר זאת. וזהו פני ילכו היינו בהרגע שאחריה תוכל שפיר להכיר כל החסד שיש בזה להשי"ת:
Le Saint, beni soit-Il, lui repondit: "Ma face ira, et Je te donnerai le repos" (Exode 33,14); c'est-a-dire qu'alors tu seras en repos. Car il y a faces et faces, comme il est dit dans le saint Zohar (Yitro 86b): "Combien de faces le Saint, beni soit-Il, a-t-Il: des faces qui brillent, des faces qui ne brillent pas, etc." Les faces qui ne brillent pas sont les faces de la colere.
Et, en verite, dans cet instant meme de colere, on peut reconnaitre tout l'amour immense et la grandeur de la compassion que le Saint, beni soit-Il, a pour Israel. Dans cet instant meme, appele "la face du Nom quand Il fait le mal", tout homme qui se tourne vers les paroles de Torah peut reconnaitre toute la profondeur de Sa volonte, benie soit-Elle.
Mais dans le present, il est impossible de le reconnaitre. Tel est "Ma face ira": a l'instant qui suit, tu pourras fort bien reconnaitre toute la grace que le Saint, beni soit-Il, y a mise.
ויאמר ה' הנה מקום אתי ונצבת על הצור והיה בעבור כבודי ושמתיך בנקרת הצור וגו', היינו כי צור מורה על רצון הפשוט הקדום ית' שהתחיל השי"ת לפנות מקום להבריאה אכן זה הרצון הקדום הוא נעלם לגמרי מתפיסת הבריאה וזה נקרא צור אכן בזה המקום שנתהפך הצור כדאיתא בזוה"ק (בשלח סד:) דאתהפך צור למעבד פעלו דתמים וכו' היינו שהתחיל השי"ת לפתוח האור שיהיה מנהיר גם בתפיסת הבריאה וזאת הפתיחה נקרא נקרת הצור ושם בזה הפתיחה הוא מקומו של מ"ר על זה כתיב ושמתיך בנקרת הצור:
Le Nom dit: "Voici un lieu aupres de Moi; tu te tiendras sur le roc. Et, lorsque Ma gloire passera, Je te placerai dans la fente du roc, etc." (Exode 33,21-22).
Le roc indique la volonte simple et primordiale, benie soit-Elle, lorsque le Saint, beni soit-Il, commenca a faire place a la creation. Mais cette volonte primordiale est entierement cachee a la saisie de la creation, et cela est appele le roc.
Or, au lieu ou le roc fut transforme, comme il est dit dans le saint Zohar (Beshallah 64b): "le roc fut transforme pour accomplir l'œuvre du Parfait, etc.", le Saint, beni soit-Il, commenca a ouvrir la lumiere afin qu'elle brille aussi dans la saisie de la creation. Cette ouverture est appelee "la fente du roc" (נקרת הצור), et la, dans cette ouverture, est le lieu de Moché notre maitre.
C'est a ce sujet qu'il est ecrit: "Je te placerai dans la fente du roc".
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי וגו'. באר בזה אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה אשר בכל התחלפות הזמנים עומד משה רבינו ומתפלל להשי"ת ואומר רבש"ע מה יעשו ישראל בזה הזמן החדש הבא לקראתם.
והשי"ת משיב לו אשר אם ישמרו ישראל את הסדר מזאת הפ' שמר לך וגו' אזי יקנו את הגבולים שבין זמן לזמן וילכו לבטח דרכיהם. והענין הוא כי כל הכרת אדם הוא רק מפאת הגבולים שהם כדכתיב לך ה' הגדולה היינו שרואה חסדו ית' שהוא בגודל התפשטות.
ואח"כ כשרואה האדם גם לך ה' הגבורה שהוא ההיפך ממדת החסד מכיר מזה שהשי"ת הוא משולל מכל גוון ומנושא מכל המדות. וממילא מכיר האדם לבלתי יאחז בשום מדה להיות משוקע בה בקביעות כי אם יאחז באיזה מדה בקביעות אזי מה יעשה כשינהג השי"ת אח"כ במדה זולתה אזי יתבטל כל אחיזתו כדאיתא בזוה"ק (וירא קט) והוא מסבות מתהפך.
קב"ה מסבב סבובין ואייתי עובדין בעלמא לאתקיימא ולבתר דחשיבו בני נשא דיתקיימון אינון עובדין קב"ה מהפך לון לאינון עובדין מכמה דהוה בקדמיתא וכו' נמצא שכל הכרת אדם באורו ית' הוא ע"י הגבולים כי מסבתם מכיר שהשי"ת הוא משולל מהם. אכן בהחלל וההפסק שבין גבול לגבול שם נכלה כל הבנת התפיסה ואין שם להאדם שום השגה איך יתאחד מדה אחת במדה זולתה ההפוכה הימנה ומקום כזה שתפיסת אדם הוא משולל השגה נראה להאדם כמו חלל והפסק.
ובאמת מצד השי"ת שורה במקום כזה הנראה להפסק וחלל אור בהיר העליון ביותר הנקרא. הוא.
שרומז על עלמא עלאה כדאיתא בזוה"ק (אדרא זוטא) ועל זה נאמר באשר חללים שם הוא היינו בזה המקום הנראה לאדם כמו חלל שם מנהיג השי"ת בבחינת. הוא.
שרומז על למעלה הרבה מהתפיסה כי באמת אין בעולם שום מקום פנוי שלא ינהיג שם השי"ת כדאיתא בזוה"ק (בהר קט:) ואנת בכל ספירה ובין כל ספירה וספירה ובעובי דכל ספירה וספירה וכו' אכן יען שנראה מצד תפיסת אדם כחלל והפסק משום שאינו מכיר שם הנהגתו ית' ונראה כמו הפקר לזה צריכין אז לגודל שמירה כדאיתא בזוה"ק (ויקהל קצה:) בד' תקופין דשתא קלא אתער בד' סטרין דעלמא בההוא קלא אתערותא דסטרא אחרא אתער ביה וכו' וההוא אתערותא דסטרא אחרא עאל בין קלא לקלא ואתחשב נהורא בקלא דלתתא וכו' היינו כי בכל תקופה נתחלף גבול הזמן. ובזאת הרגע מהתחלפות הזמן נראה כמו חלל והפסק כי אינו מכיר בו האדם הנהגתו ית' ונדמה זאת הרגע כמו הפקר ח"ו ומפאת זה הדמיון בעצמו יש אז כח לסטרא אחרא ח"ו לשלוט.
וזהו דאיתא שם בההוא קלא אתערותא דס"א אתער ביה וכו' והוא כענין שמצינו (פסחים) לא ישתה מים מנהרות לא בלילי רביעית ולא בלילי שבתות וכו' היינו כי מי נהרות נראה בזה העולם כדבר הפקר. ולילי רביעיות ולילי שבתות נראה נמי מצד תפיסת אדם כמו הפקר כמבואר במקומו לזה צריכין אז לגודל שמירה וככה הוא בכל התחלפות הזמנים.
לזה בכל עת שמתחלף מזמן לזמן עומד משה רבינו ומתפלל שלא יגיע לישראל מסבת ההתחלפות שום היזק ח"ו. ובאמת נמשך מצד אורו של מ"ר בזה התחלפות הזמנים כל השמירה כי אורו של מ"ר הוא כדכתיב ואין עוד מלבדו וכמבואר על זה הפסוק במדרש רבה משה המליך את השי"ת אף בחללי דעלמא שנאמר אין עוד מלבדו היינו אף במקום הנראה לחלל ונדמה שיש בחירה חפשית גם שם הראה מ"ר השגחתו ית' שאין בעולם שום כח בלעדי הנהגת רצונו ית'.
ועל זה מצינו גבי מ"ר שאמר הנה אנכי עומד בין ה' וביניכם היינו שעומד בין גבול לגבול בהמקום שנכלה שם תפיסת אדם ונראה כחלל שם מראה מ"ר. ה' הוא האלהים בשמים ממעל ועל הארץ מתחת ואין עוד אפילו בחללא דעלמא.
ולכן היה חלקו שבת כי על שבת נאמר מחלליה מות יומת וכמבואר בזוה"ק (בהקדמה ו) מאן מחלליה מאן דעאל לגו חלל דעגולא ורבועא וכו' ומ"ר הוא חלקו שבת להורות שמצד אורו של מ"ר אין שום חלל כלל בעולם לכך בכל אלו המקומות הנראה מצד תפיסה הנמוכה לחלל והפקר ח"ו שם עומד מ"ר ומתפלל שלא יגיע ח"ו לישראל מסבת ההעלם שום הפסד. והשי"ת משיב לו שמר לך וגו' היינו שישמרו ישראל זה הסדר מזאת הפ' אזי יקנה כל הגבולים ומפאת זה יהיו נשמרים מכל הצדדים.
ועל זה הענין מצינו נמי בירושלמי (יבמות פ' ט"ו ה"ה) שעל התחלפות גבולי הזמנים נאמר אלהים ה' עוז ישועתי סכותה לראשי ביום נשק מאי ביום נשק ביום שנושקין הזמנים זו בזו קיץ יוצא וחורף נכנס ואז הוא עלול לסכנה ח"ו וכמו שרמזו ז"ל נמי בגמ' (שלהי יבמות) לא שמענו אלא בבא מן הקציר וכו' ולזה נאמר על אותו הזמן אלהים ה' וגו' היינו שם הויה בניקוד שם אלהים להורות שעיקר השמירה הוא באותו הזמן רק להסתכל בכל הלבושים להרצון משם הויה ית' המלובש בהם כי השם אלהים רומז על לבושים כדאיתא בזוה"ק (משפטים קח) כמה אלהים יסלקון אודנין וכו' והויה בניקוד שם אלהים רומז שיהיה ניכר השם הויה גם בהלבוש האחרון וזהו מדת יעקב אבינו שהוא מדת זעיר אנפין שמכיר מפורש החיבור מכל פרט לבוש עד השורש העליון ית' כי כל השמות כגון שם אל במדת החסד או צבאות בנצח והוד והפנימיות מהם השם הויה. אכן במדת זעיר אנפין הוא גם הלבוש שלו נמי שם הויה כמבואר בתקוני זוה"ק לכן בעת התחלפות הזמנים כאשר נושקין אהדדי הוא השמירה שם הויה בניקוד שם אלהים ולזה בכל עת שנתחלף מקיץ לחורף או מחורף לקיץ הציב השי"ת מצוה מיוחדת כי קיץ נגד חורף הוא כמו יום נגד לילה כי יום מורה על בהירות התפיסה שיש לו להאדם כח לפעול כדכתיב יצא אדם לפעלו ולעבודתו עדי ערב וכן מצמיח השי"ת בקיץ כל הצמיחות לכן הציב אז השי"ת מצוה מאור פנימי שהוא אכילת מצה ופסח ומרור שמכניס אותם האדם בקרבו למען שיתחזק אצלו השרשים שיכיר היטב האור פנימי מכל הלבושים.
ובעת המתחלף מקיץ לחורף אז נקרא ירח בול שנופלים בו כל הלבושים ואינו נשאר רק השורש בארץ אז הציב השי"ת מצות סוכה שהוא אור המקיף ובחינת צילא דמהימנותא למען שיכיר האדם אשר מאוד בהעלם יש להלבושים נמי מקום בהשורש:
Moché dit au Nom: "Vois, Tu me dis: Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre qui Tu enverras avec moi, etc." (Exode 33,12). Mon maitre, le saint Gaon, de benie memoire, expliqua que, a chaque changement des temps, Moché notre maitre se tient et prie le Saint, beni soit-Il, en disant: Maitre du monde, que feront Israel dans ce temps nouveau qui vient a leur rencontre?
Le Saint, beni soit-Il, lui repond que, si Israel garde l'ordre de cette paracha: "Garde-toi, etc." (Exode 34,11), ils acquereront les limites entre un temps et l'autre et marcheront en surete dans leurs voies. La question est que toute reconnaissance de l'homme ne vient que des limites, ainsi qu'il est ecrit: "A Toi, Nom, la grandeur" (1 Chroniques 29,11), c'est-a-dire qu'il voit Sa grace, benie soit-Elle, dans la grandeur de son deploiement.
Ensuite, quand l'homme voit aussi "A Toi, Nom, la puissance", qui est l'oppose de l'attribut de grace, il reconnait par cela que le Saint, beni soit-Il, est depouille de toute coloration et eleve au-dessus de tous les attributs. L'homme reconnait alors de lui-meme qu'il ne doit se fixer dans aucun attribut; car s'il se fixe constamment dans un attribut, que fera-t-il lorsque le Saint, beni soit-Il, se conduira ensuite par un autre attribut?
Toute sa prise sera alors annulee. Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayera 109a): "Il se transforme par des causes.
Le Saint, beni soit-Il, fait tourner des tours et amene des faits dans le monde pour qu'ils subsistent; puis, lorsque les hommes pensent que ces faits subsisteront, le Saint, beni soit-Il, les transforme en des faits autres que ceux qui etaient d'abord, etc." Il s'ensuit que toute la reconnaissance de l'homme dans Sa lumiere, benie soit-Elle, se fait par les limites, car c'est par elles qu'il reconnait que le Saint, beni soit-Il, en est depouille. Mais dans le vide et l'interruption entre une limite et l'autre, toute l'intelligence de la saisie s'acheve, et l'homme n'a aucune apprehension de la maniere dont un attribut s'unit a un autre attribut oppose.
Un lieu ou la saisie de l'homme est privee d'apprehension lui apparait comme un vide et une interruption. Or, en verite, du cote du Saint, beni soit-Il, dans ce lieu qui apparait comme interruption et vide reside une lumiere claire, la plus haute, appelee "Il" (הוא), ce qui fait allusion au monde superieur, comme il est dit dans le saint Zohar (Idra Zouta).
C'est a ce sujet qu'il est dit: "La ou sont les vides, Il est" (Job 25,3); c'est-a-dire que, dans ce lieu qui apparait a l'homme comme un vide, le Saint, beni soit-Il, dirige selon l'aspect de "Il", qui fait allusion a ce qui est bien au-dessus de la saisie. Car, en verite, il n'y a dans le monde aucun lieu vacant ou le Saint, beni soit-Il, ne dirige, comme il est dit dans le saint Zohar (Behar 109b): "Tu es dans chaque sefira et entre chaque sefira, et dans l'epaisseur de chaque sefira, etc." Mais puisque, du cote de la saisie de l'homme, cela apparait comme vide et interruption, car il n'y reconnait pas Sa conduite, benie soit-Elle, et que cela parait abandonne, il faut alors une grande garde.
Comme il est dit dans le saint Zohar (Vayakhel 195b): "Aux quatre saisons de l'annee, une voix s'eveille aux quatre cotes du monde; dans cette voix s'eveille l'eveil de l'autre cote (sitra ahara), etc.; cet eveil de l'autre cote entre entre une voix et l'autre, et la lumiere est consideree dans la voix d'en bas, etc." C'est-a-dire qu'a chaque saison la limite du temps change. En cet instant de changement du temps, il apparait comme un vide et une interruption, car l'homme n'y reconnait pas Sa conduite, benie soit-Elle; cet instant semble abandonne, a D.ieu ne plaise, et par cette apparence meme l'autre cote, a D.ieu ne plaise, a alors le pouvoir de dominer.
Tel est ce qui est dit la-bas: "Dans cette voix s'eveille l'eveil de l'autre cote, etc." Cela est semblable a ce que nous trouvons dans Pessahim: "Qu'il ne boive pas l'eau des fleuves, ni les veilles du mercredi ni les veilles de Chabbat, etc." Car l'eau des fleuves apparait en ce monde comme une chose abandonnee; les veilles de mercredi et les veilles de Chabbat apparaissent aussi, du cote de la saisie de l'homme, comme abandonnees, comme cela est explique a sa place. Il faut donc alors une grande garde, et ainsi en est-il a chaque changement des temps.
Aussi, a toute heure ou le temps change, Moché notre maitre se tient-il et prie afin qu'aucun dommage, a D.ieu ne plaise, ne vienne a Israel du fait du changement. En verite, toute la garde lors de ce changement des temps procede de la lumiere de Moché notre maitre.
Car sa lumiere est celle du verset: "Il n'y a rien d'autre que Lui" (Deuteronome 4,35). Il est explique sur ce verset dans le Midrach Rabba: Moché a fait regner le Saint, beni soit-Il, meme dans les vides du monde, comme il est dit: "Il n'y a rien d'autre que Lui"; c'est-a-dire que, meme au lieu qui apparait comme vide et ou il semble y avoir un libre arbitre, Moché notre maitre a montre Sa providence, benie soit-Elle: il n'y a dans le monde aucune force en dehors de la conduite de Sa volonte, benie soit-Elle.
C'est a ce sujet que nous trouvons au sujet de Moché notre maitre qu'il dit: "Voici, je me tiens entre le Nom et vous" (Deuteronome 5,5); c'est-a-dire qu'il se tient entre une limite et l'autre, au lieu ou la saisie de l'homme s'acheve et qui apparait comme un vide. La, Moché notre maitre montre: "Le Nom est l'Elokim dans les cieux en haut et sur la terre en bas; il n'y a rien d'autre" (Deuteronome 4,39), meme dans les vides du monde.
C'est pourquoi sa part fut le Chabbat, car il est dit du Chabbat: "Celui qui le profane sera mis a mort" (Exode 31,14). Comme il est explique dans le saint Zohar (Introduction, 6a): "Qui est celui qui le profane?
Celui qui entre dans le vide du cercle et du carre, etc." Et Moché notre maitre a pour part le Chabbat, afin d'enseigner que, du cote de sa lumiere, il n'y a absolument aucun vide dans le monde. C'est pourquoi, dans tous ces lieux qui apparaissent a la saisie basse comme vide et abandon, a D.ieu ne plaise, Moché notre maitre se tient et prie afin qu'aucune perte, a D.ieu ne plaise, ne vienne a Israel du fait de la dissimulation.
Le Saint, beni soit-Il, lui repond: "Garde-toi, etc."; c'est-a-dire qu'Israel gardera cet ordre de cette paracha, et acquerra alors toutes les limites; par elles, ils seront gardes de tous cotes. Nous trouvons aussi cette question dans le Yerouchalmi (Yevamot, ch.
15, halakha 5): au sujet du changement des limites des temps, il est dit: "Elokim, le Nom, force de mon salut, Tu as abrite ma tete au jour de l'affrontement" (Psaumes 140,8). Que signifie "au jour de l'affrontement"?
Au jour ou les temps se touchent l'un l'autre: l'ete sort et l'hiver entre; alors il est expose au danger, a D.ieu ne plaise. Ainsi nos Sages, de benie memoire, l'ont-ils aussi suggere dans la Guemara (fin de Yevamot): "Nous n'avons entendu cela que de celui qui vient de la moisson, etc." C'est pourquoi il est dit de ce temps: "Elokim, le Nom, etc."; c'est-a-dire le Nom de quatre lettres vocalise comme le Nom Elokim, afin d'enseigner que l'essentiel de la garde en ce temps est de regarder, dans tous les vetements, la volonte du Nom, benie soit-Elle, qui y est revetue.
Car le Nom Elokim fait allusion aux vetements, comme il est dit dans le saint Zohar (Michpatim 108a): "Combien d'Elokim leveront les oreilles, etc." Et le Nom de quatre lettres vocalise comme le Nom Elokim fait allusion a ce que le Nom de quatre lettres soit reconnaissable meme dans le dernier vetement. Tel est l'attribut de notre pere Yaakov, qui est l'attribut de Zeir Anpin: il reconnait explicitement l'union de chaque detail de vetement jusqu'a la racine superieure, benie soit-Elle.
Car tous les Noms, tel le Nom El dans l'attribut de grace ou Tsevaot dans Netsa'h et Hod, ont pour interiorite le Nom de quatre lettres. Or, dans l'attribut de Zeir Anpin, son vetement aussi est le Nom de quatre lettres, comme cela est explique dans les Tikounei ha-Zohar.
Ainsi, lors du changement des temps, quand ils se touchent l'un l'autre, la garde est le Nom de quatre lettres vocalise comme le Nom Elokim. Aussi, chaque fois que l'ete change en hiver ou l'hiver en ete, le Saint, beni soit-Il, a etabli une mitsva particuliere.
Car l'ete, par rapport a l'hiver, est comme le jour par rapport a la nuit: le jour indique la clarte de la saisie, ou l'homme a la force d'agir, comme il est ecrit: "L'homme sort a son œuvre et a son travail jusqu'au soir" (Psaumes 104,23); de meme, le Saint, beni soit-Il, fait pousser en ete toutes les pousses. Le Saint, beni soit-Il, a donc etabli alors une mitsva de lumiere interieure: manger la matsa, le sacrifice pascal et le maror, que l'homme fait entrer en lui, afin que les racines se fortifient en lui et qu'il reconnaisse bien la lumiere interieure de tous les vetements.
Et quand l'ete change en hiver, ce mois est appele Boul: tous les vetements y tombent et seule la racine demeure dans la terre. Le Saint, beni soit-Il, a alors etabli la mitsva de soukka, qui est une lumiere environnante et l'aspect de "l'ombre de la foi" (tsila demeheimanouta), afin que l'homme reconnaisse que, meme dans une tres grande dissimulation, les vetements ont eux aussi place dans la racine.
ויאמר משה אל ה' ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני וגו'. באר בזה אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה אשר בכל עת המתחלף מזמן לזמן אז באותה הרגע המתחלפת עומד תמיד מ"ר ומתפלל בעד ישראל ואומר רבש"ע מה יעשו ישראל בזמן החדש הבא לקראתם והשי"ת משיב לו שמר לך וגו' היינו שיראו ישראל לברר א"ע ולשמור הסדר של שנים עשר פקודין הנאמרים בזאת הפרשה אזי יהיה להם שמירה בכל הענינים ולא יגיע להם מזה התחלפות הזמנים שום הפסד חס ושלום וילכו לבטח דרכיהם:
Moché dit au Nom: "Vois, Tu me dis: Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre, etc." Mon maitre, le saint Gaon, de benie memoire, expliqua que chaque fois qu'un temps change en un autre, en cet instant meme du changement Moché notre maitre se tient toujours et prie pour Israel, disant: Maitre du monde, que feront Israel dans le temps nouveau qui vient a leur rencontre? Le Saint, beni soit-Il, lui repond: "Garde-toi, etc."; c'est-a-dire qu'Israel veillera a se clarifier eux-memes et a garder l'ordre des douze commandements enonces dans cette paracha.
Ils auront alors une garde dans toutes les choses, aucun dommage ne leur viendra de ce changement des temps, a D.ieu ne plaise, et ils marcheront en surete dans leurs voies.
Ce passage poursuit : à l'achèvement du vêtement de la conduite écoulée, avant le nouvel entourage, l'homme demeure dépouillé et la limite paraît un vide. Selon le Sod Yecharim, dans cette limite réside la volonté la plus haute, appelée « Il », l'Alma Ilaa (le Monde supérieur) ; le conseil est de prendre le joug de la royauté du Ciel avec plus de force, les opposés des temps faisant connaître Un seul qui les unit. Moché, dont la part est le Chabbat dépouillé de vêtement, se tient entre les limites et montre à Israël la voie. Israël a sa prise dans la voix intérieure qui vivifie les vêtements ; la matsa contracte à la pousse, la Soukka à l'hiver.
Aussi : l'ange de l'alliance avant la faute ; le tikoun du mati tadir (qui arrive continuellement) après la faute, entre les mains de D.ieu seul ; « Montre-moi donc Ta gloire », lien caché et union du prévu et du choix.
ובאר הענין כי כאשר נגמר העסק והלבוש מהנהגת זמן שעבר. ומתחיל עסק הנהגתו ית' להתחלף בלבוש מזמן חדש.
אז בזה הגבול צריך האדם לגודל שמירה. כי כל עוד שהיה מוקף האדם בהנהגת הלבוש מהזמן שעבר.
היה לו שמירה והגנה מפאת המוקף. אבל אחר שנגמר זה ההיקף טרם שנכנס לזמן ההיקף חדש.
אזי בזאת הרגע שבין זמן לזמן נשאר האדם משולל מוקף ונראה מצד אדם הרגע מזה הגבול כמו חלל. ומהיכן יתכן לו לאדם שיהיה לו בזאת הרגע איזה אחיזה.
אמנם על זה נאמר (איוב) באשר חללים שם הוא וזה הפסוק נאמר בגמר כל השערים ממ"ט שערי בינה (כפי שמסדר אותם הראב"ד ז"ל בפירושו על ספר יצירה שם בהקדמה) היינו כי מצד תפיסת אדם נראה הגבול שבין שער לשער כמו חלל. ובאמת שוכן בזה הגבול הנראה כחלל רצון העליון ביותר הנקרא הוא.
וזהו באשר חללים שם. הוא.
והוא מורה על עלמא עלאה כדאיתא (אדרא זוטא) היינו למעלה מכל הגבולים. ובאמת הוא עיקר העצה בזמן התחלפות הזמנים שהאדם יקבל עליו אז ביותר תוקף עוז עול מלכות שמים ודוקא מסבת התחלפות הזמנים יכול האדם להכיר ביותר שלמות את המלכות שמים כענין דאיתא בזוה"ק (במדבר קכ) כלא הא אמינא לך דהא ובא לו לקרן אמינא בקדמיתא והא ידעת רזא דקרן ודא הוא עול מלכותא קדישא וכו' היינו כי כל הויות קרן זויות הוא רק מפאת שני צדדים ההפכים.
אבל בלתי החיבור מהצדדים ההפכים כגון מזרחית דרומית וכדומה לא היה קרן כלל וזה הקרן רומז שיש אחד המאחד כל ההפכים וזהו דאיתא שם והא ידעת רזא דקרן ודא הוא עול מלכותא קדישא. וכן ניכר מהתחלפות הזמנים מקיץ לחורף או להיפך שהם שני הפכים.
שיש אחד המנהיג כל אלו הזמנים שאצלו מתאחדים כל ההפכים. ויען שחלקו של מ"ר הוא שבת כמאמר ישמח משה במתנת חלקו והאור של שבת הוא משולל לבוש ולמעלה מכל גבולי הזמנים.
לכך עומד מ"ר בין גבולי הזמנים כי שם הוא נמי למעלה מהגבולים של זה העולם כענין שאמר מ"ר לישראל אנכי עומד בין ה' וביניכם וגו' היינו שמ"ר עומד שם תמיד ללמד זכות על ישראל לבל יארע להם שום הפסד ח"ו מסבת ההתחלפות ומראה להם דרך איך שיעברו מזמן לזמן בתוך גבולי עוה"ז בטח בלי מכשול כלל. ועל זה הענין איתא בירושלמי (יבמות פ' ט"ו ה"ה) על הפסוק אלהים ה' עוז ישועתי סכותה לראשי ביום נשק בעת שנושקים הזמנים זה בזה קיץ יוצא וחורף נכנס וכו' היינו כי השי"ת הציב שיהיה בכל פעם התחלפות בהיקף הזמנים כי אם היה הנהגה תמידית בלי התחלפות הזמנים היה נדמה להבריאה שכבר יש לה זאת ההנהגה בקביעות גמור אכן יען שזה העת המתחלף אינו כלל בתפיסת אדם לזה צריכין אז לגודל שמירה כדאיתא בזוה"ק (ויקרא טו:) בארבע תקופין דשתא קלא אתפסק ודינין מתערין וכו' היינו יען שנראה זה העת כמו חלל וכדאיתא נמי בזוה"ק (ויקהל קצה) בד' תקופין דשתא קלא אתער בד' סטרין דעלמא בההוא קלא אתערותא דסטרא אתרא אתער ביה וכו' היינו כי זה הדמיון בעצמו שנראה בתפיסת הבריאה כחלל נקרא אתערותא דס"א לזה צריכין אז לגודל שמירה ולכן בד' תקופין דשתא קלא אתער היינו בד' תקופות השנה שהם קור וחום קיץ וחורף אתער קלא היינו קלא פנימאה שהוא המוצא פי ה' והפנימיות מכל הלבושים המחיה אותם כדאיתא בזוה"ק (צו לא:) שהשבעה קולות שאמר דוד על המים הוא המוצא פי ה' הפנימיות מכל הלבושים המחיה ומהוה אותם ומהתעוררות הקלא פנימאה נמשך לישראל כל השמירה כי עיקר אחיזת ישראל הוא רק בהקלא פנימאה ועל זה נאמר אלהים ה' עוז ישועתי סכותה לראשי ביום נשק היינו שיש לישראל הגנה גם בעת התחלפות הזמנים כי יש להם אחיזה בקלא פנימאה המחיה והמהוה כל הלבושים ועל זה הקלא פנימאה רומז מה שנאמר כאן השם הויה בניקוד אלהים כי באמת מצד שם הויה המקיף את כל הבריאה אין שום גבול שלא יכלו ישראל עבור בתוכו כמו שנאמר כי תעבור במים אתך אני ובנהרות לא ישטפוך כי תלך במו אש לא תכוה ולהבה לא תבער בך אך מצד שם אלהים שרומז על התלבשות הרצון ית' בגבולי עוה"ז ומפאת אלו הגבולים נצרך שמירה בעת התחלפותם לכך נקוד השם הויה בנקודת אלהים וצריכין לומר אלהים ה' וגו' להורות בזה שכל לבושי ישראל נמשכו מעצמות שם הויה כי אחיזת ישראל הוא בפנימיות הרצון הכמוס בהלבושים שהוא שורש המקור מכל הלבושים ולמעלה מכל הגבולים.
והנה בעת המתחלף מחורף וקיץ שאז הוא זמן הצמיחה מכל השפעות ממשיכים ישראל הגנה מפאת הצמצום באכילת מצה כי כאשר מצמצם אדם עצמו לברר מיד בשעת קבלת השפע ממילא יהיה מבורר אח"כ כל מה שישפיע כי אם לא יברר מיד בעת הקבלה אז הוא אח"כ כמאמרם ז"ל (נדרים לב) בעדנא דיצה"ר לית מאן דמדכר יצר טוב ועל זה אמרו ז"ל במדרש רחמנא ישזבך משרבא היינו שינצל מתקיפות יתירה לבלתי יתפשטו השפעותיו בלי חשבון. וזאת התקיפות נקרא שרבא וע"י הצמצום מאכילת מצה ינצל משרבא.
ובזמן המתחלף מקיץ לחורף אז הוא זמן זריעה. אזי צריך האדם שמירה לבלתי יהיה לו קרירות והתרשלות מעבודה ועל זה איתא שם (במדרש רבה מצורע פ' טז) רחמנא ישזבך מצינתא והשיב לו יתיר חד כסוי וצינתא אזלא היינו שיקיף עצמו ביותר לבושים מתורה ומצות.
וצינתא אזלא וזהו נמי העצה ממצות סוכה שמקיפין ישראל א"ע באור המקיף ית' וע"י זה לא יגיע להם בזמן חורף הבא שום קרירות והתרשלות ח"ו ועל זה נאמר סכותה לראשי ביום נשק ביום שנשקו הזמנים אהדדי וכו':
Et explique la chose: lorsque s'achevent l'occupation et le vetement de la conduite du temps ecoule, et que commence l'occupation de Sa conduite, qu'Il soit beni, sous un vetement provenant d'un temps nouveau, l'homme doit alors se garder avec une grande vigilance. Car tant que l'homme etait entoure par la conduite du vetement du temps ecoule, il avait protection et defense du fait de ce qui l'entourait.
Mais une fois cet entourage acheve, avant qu'il n'entre dans le temps du nouvel entourage, dans cet instant entre un temps et l'autre, l'homme demeure depouille d'entourage; et, du point de vue de l'homme, l'instant de cette limite parait comme un vide. D'ou l'homme pourrait-il donc, dans cet instant, avoir quelque prise?
Mais a ce sujet il est dit: "la ou sont les morts, la, Il est" (Job 39,30). Ce verset est dit a l'achevement de toutes les portes, des quarante-neuf portes de la bina (intelligence), telles que Rabbi Abraham ben David, de memoire benie, les dispose dans son commentaire du Sefer Yetsira, dans l'introduction.
C'est-a-dire que, pour la saisie de l'homme, la limite entre une porte et l'autre parait comme un vide. Mais en verite, dans cette limite qui parait vide reside la volonte la plus haute, appelee "Il" (הוא).
Tel est "la ou sont les morts, la, Il est". Et "Il" indique l'Alma Ilaa (le Monde superieur), comme il est enseigne dans l'Idra Zouta, c'est-a-dire au-dessus de toutes les limites.
En verite, voici le conseil essentiel au temps du changement des temps: que l'homme prenne alors sur lui, avec une force plus grande encore, le joug de la royaute du Ciel. C'est precisement a cause du changement des temps que l'homme peut reconnaitre de facon plus parfaite la royaute du Ciel, selon ce qui est enseigne dans le saint Zohar (Nombres 120): "Tout cela, je te l'ai dit parce qu'il est venu vers la corne; je l'ai dit d'abord, et tu connais le secret de la corne: c'est le joug de la royaute sainte..." C'est-a-dire que toute existence d'angle ne vient que de deux cotes opposes.
Sans la jonction de cotes opposes, tels que l'est et le sud, et semblables, il n'y aurait aucun angle. Cet angle fait allusion a Celui qui unit tous les opposes; tel est ce qui est dit la: "tu connais le secret de la corne: c'est le joug de la royaute sainte." Ainsi, du changement des temps, de l'ete a l'hiver ou inversement, qui sont deux opposes, il est perceptible qu'Un seul conduit tous ces temps, et qu'en Lui tous les opposes s'unissent.
Puisque la part de notre maitre Moché est le Chabbat, comme il est dit: "Moché se rejouit du don de sa part", et que la lumiere du Chabbat est depouillee de vetement et au-dessus de toutes les limites des temps, notre maitre Moché se tient entre les limites des temps: la aussi, il est au-dessus des limites de ce monde. C'est dans ce sens que notre maitre Moché dit a Israel: "Je me tenais entre ה' et vous" (Deuteronome 5,5).
Notre maitre Moché se tient donc constamment la pour plaider en faveur d'Israel, afin qu'aucune perte, a Dieu ne plaise, ne leur arrive du fait du changement; et il leur montre la voie par laquelle ils passeront en surete, sans aucun obstacle, d'un temps a l'autre dans les limites de ce monde. A ce propos, le Talmud de Jerusalem enseigne (Yevamot, ch.
15, halakha 5), sur le verset: "Elokim, ה', force de mon salut, Tu as couvert ma tete au jour du combat" (Psaumes 140,8): "au moment ou les temps s'embrassent l'un l'autre, quand l'ete sort et que l'hiver entre..." C'est-a-dire que le Saint, beni soit-Il, a etabli qu'il y ait chaque fois un changement dans le cycle des temps. Car si la conduite etait continue, sans changement des temps, la creature s'imaginerait deja posseder cette conduite dans une permanence complete.
Mais comme ce temps de changement n'est nullement dans la saisie de l'homme, une grande garde est alors necessaire. Comme il est enseigne dans le saint Zohar (Levitique 15b): "Aux quatre saisons de l'annee, la voix s'interrompt et les jugements s'eveillent..." C'est-a-dire que, puisque ce temps parait comme un vide, et comme il est aussi enseigne dans le saint Zohar (Vayakhel 195): "Aux quatre saisons de l'annee, la voix s'eveille dans les quatre cotes du monde; par cette voix, l'eveil de l'Autre Cote s'eveille en lui...", cette apparence elle-meme, qui parait un vide dans la saisie de la creature, est appelee l'eveil de la Sitra A'hra (l'Autre Cote).
Une grande garde est donc necessaire. C'est pourquoi, aux quatre saisons de l'annee, la voix s'eveille: aux quatre saisons, froid et chaleur, ete et hiver, s'eveille la voix, c'est-a-dire la voix interieure, qui est l'issue de la bouche de ה' et l'interiorite de tous les vetements qui les vivifie.
Ainsi qu'il est enseigne dans le saint Zohar (Tsav 31b), les sept voix que David a dites sur les eaux sont l'issue de la bouche de ה', l'interiorite de tous les vetements qui les vivifie et les fait etre. De l'eveil de la voix interieure, toute la protection est attiree vers Israel, car la prise essentielle d'Israel est seulement dans la voix interieure.
C'est a ce propos qu'il est dit: "Elokim, ה', force de mon salut, Tu as couvert ma tete au jour du combat" (Psaumes 140,8), c'est-a-dire qu'Israel a une defense meme au temps du changement des temps, car il a une prise dans la voix interieure qui vivifie et fait etre tous les vetements. Ce qui est dit ici, le Nom הויה vocalise avec les voyelles de Elokim, fait allusion a cette voix interieure.
Car, en verite, du point de vue du Nom הויה qui entoure toute la creation, il n'existe aucune limite a travers laquelle Israel ne puisse passer, comme il est dit: "Quand tu passeras dans les eaux, Je serai avec toi; dans les fleuves, ils ne te submergeront pas; quand tu marcheras dans le feu, tu ne seras pas brule, et la flamme ne t'embrasera pas" (Isaie 43,2). Mais du point de vue du Nom Elokim, qui fait allusion au revetement de Sa volonte, qu'Il soit beni, dans les limites de ce monde, et du fait de ces limites une protection est necessaire lors de leur changement, le Nom הויה est vocalise des voyelles de Elokim.
Il faut donc dire: "Elokim, ה'...", pour indiquer par la que tous les vetements d'Israel sont tires de l'essence du Nom הויה; car la prise d'Israel est dans l'interiorite de la volonte cachee dans les vetements, qui est la racine et la source de tous les vetements et est au-dessus de toutes les limites. Or, lors du passage de l'hiver a l'ete, qui est le temps de la pousse de toutes les influences, Israel attire une defense par la contraction, en mangeant la matsa.
Car lorsque l'homme se contracte pour clarifier immediatement, a l'heure meme ou il recoit l'influence, tout ce qui lui sera ensuite influence sera de lui-meme clarifie. Mais s'il ne clarifie pas aussitot a l'heure de la reception, alors, plus tard, c'est selon leurs paroles de memoire benie (Nedarim 32a): "Au moment du mauvais penchant, nul ne se souvient du bon penchant." A ce propos ils ont dit dans le Midrach: "Que le Misericordieux te sauve de la chaleur excessive", c'est-a-dire qu'il soit sauve d'une vigueur trop grande, afin que ses influences ne se repandent pas sans mesure.
Cette vigueur est appelee "la grande chaleur" (שרבא), et par la contraction du manger de la matsa, il sera sauve de la grande chaleur. Lors du passage de l'ete a l'hiver, qui est le temps des semailles, l'homme a besoin de garde afin de ne pas tomber dans le froid et le relachement dans le service.
Il est dit la, dans le Midrach Rabba sur Metsora, ch. 16: "Que le Misericordieux te sauve du froid." Il lui repondit: "Un vetement de plus, et le froid s'en va", c'est-a-dire qu'il s'entoure davantage de vetements de Torah et de mitsvot, et le froid s'en va.
C'est aussi le conseil de la mitsva de Soukka: Israel s'entoure de la lumiere environnante, qu'Il soit beni, et ainsi aucun froid ni relachement ne lui atteindra, a Dieu ne plaise, dans l'hiver qui vient. C'est a ce propos qu'il est dit: "Tu as couvert ma tete au jour du combat", au jour ou les temps se sont embrasses l'un l'autre...
והנה קודם החטא מצינו נמי שאמר השי"ת למ"ר הנה אנכי שולח מלאך לפניך וגו' ולא השיב שם מ"ר כלום ביאר בזה אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה יען שנאמר שם נמי כי ילך מלאכי לפניך ומזה היה מ"ר בנייחא כי מלאכי רומז על מלאך הברית כדאיתא בזוה"ק (חיי קלא) ועל זה המלאך איתא בתקוני זוה"ק (תיקון נז צא) דאקרי בששים רבוא שמהן היינו כי השם מכל מלאך הוא כפי ענין הכרתו באורו יתברך כמבואר בזוה"ק (פנחס רנז) ומלאך הברית כולל כל מיני הכחות לכך נקרא בכל שמהן כאשר נשלח לפעול חסד נקרא בשם מיכאל וכשנשלח לפעמים לפעול מדת הגבורה נקרא בשם גבריאל וכפי שהרצון יתברך מנהיר אצלו כך מנהיר באותו הבהירות ממש להבריאה ולזה נקרא מלאך הברית ומתרגמינן דאחיד בשמיא ובארעא להורות שמנהיר את האור עליון אף בהלבוש אחרון והלבוש שלו אינו מסתיר כלל את אור העליון כענין שמצינו בכתוב מיכאל שרכם. ובאמת אינם ישראל תחת שום שר רק תחת השי"ת.
אלא הפירוש ממיכאל שרכם הוא שמלמד תמיד בינה לישראל שיכירו מי כאל כלומר שמופיע תמיד אור לישראל שיכירו שאין שום כח אחר בעולם בלעדי כחו ית'. ולזה נאמר על מלאך הברית כי שמי בקרבו (פ' משפטים) להורות שניכר על ידי האור בכל הלבושים והגם שבפ' תשא נאמר נמי הנה מלאכי ילך לפניך כבר ביארנו שפיר החילוק (לעיל אות כ"ז יעו"ש) ולזה היה מ"ר בנייחא ממנו.
אכן אחר החטא אזי צריכין להנהיר כמאמרם ז"ל (ר"ה יז:) ה' ה' אני הוא קודם שיחטא אדם ואני הוא לאחר שיחטא האדם ויעשה תשובה. הגם דאיתא בזוה"ק (אדרא רבה קלח.) ה' ה' קדמאה שלים בתראה שלים בכלהו וכו' היינו כי ה' בתראה רומז על אחר שחטא אדם ועשה תשובה מנהיר לו השי"ת ממקום היותר נעלה וזה הוא שלים בכלהו.
אכן לברר החיבור מזאת הרגע שהיה בשעת החטא אין כלל בכח שום מלאך רק ביד השי"ת לבדו. אבל מצד המלאך נאבד באמת מן האדם בשעת החטא כל החיים שלו.
כי באמת אינו נשאר גבי אדם אחר החטא שום חיים. בלעדי זאת החיים השופע תמיד מזאת הנקודה דמטי תדיר מצד השי"ת שעל ידי אותה הנקודה נשאר עדיין בכח האדם לחזור ולשוב ולתקן כל החטא בתשובה שלימה.
אבל זאת הנקודה דמטי תדיר הוא מאוד באורח גניזא כי זה החיבור הנשאר עדיין מפאת זאת הנקודה הוא נעלם אף מצבא מעלה. לכן לא יהיה מ"ר בנייחא אחר החטא מהנהגת המלאך כי אין זאת בכח המלאך להכיר איך שלא נפסק מהאדם החיים מצדו ית' אף בשעת החטא והוא כענין דאיתא בזוהר חדש (פ' ויצא) שאחר שמוסר האדם בנפילת אפים כל החיים שלו מחזיר לו השי"ת החיים ע"י שביל דקיק שנעלם אף מהצבא מעלה כך אחר שחטא אדם ועשה תשובה יכול רק השי"ת לבדו להראות התיקון איך שמעולם לא נפסק מזה האדם החיבור אף בשעת החטא וכמאמרם ז"ל בגמרא (שם) אני ה' אחר שיחטא האדם ויעשה תשובה אבל מצד המלאך נפסק בשעת החטא כל החיבור ואין מצדו שום תיקון ח"ו לזה לא היה מ"ר בנייחא אחר החטא מהנהגת המלאך והתפלל ראה אתה אומר אלי וגו':
Avant la faute, nous trouvons aussi que le Saint, beni soit-Il, dit a notre maitre Moché: "Voici, J'envoie devant toi un ange..." (Exode 23,20), et notre maitre Moché ne repondit rien. Mon pere et maitre, le saint gaon, que le souvenir du juste soit pour la vie du monde a venir, expliqua ceci: il est dit la aussi: "Car Mon ange ira devant toi" (Exode 23,23).
Notre maitre Moché en etait tranquille, car "Mon ange" fait allusion a l'ange de l'alliance, comme il est enseigne dans le saint Zohar (Hayye Sarah 131a). A propos de cet ange, il est dit dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 57, 91a) qu'il est appele par six cent mille noms.
En effet, le nom de chaque ange correspond a la maniere dont il reconnait Sa lumiere, qu'Il soit beni, comme il est explique dans le saint Zohar (Pinhas 257). L'ange de l'alliance comprend toutes les sortes de forces; c'est pourquoi il est appele de tous les noms.
Lorsqu'il est envoye pour accomplir la bonte, il est appele Mikhael; et lorsqu'il est parfois envoye pour accomplir l'attribut de rigueur, il est appele Gavriel. Selon la clarte avec laquelle la volonte divine l'illumine, il illumine la creation de cette meme clarte.
C'est pourquoi il est appele l'ange de l'alliance, et nous traduisons: "qui tient le ciel et la terre", afin d'indiquer qu'il illumine la lumiere superieure jusque dans le dernier vetement; son vetement ne cache nullement la lumiere superieure. C'est le sens de ce que nous trouvons dans le verset: "Mikhael, votre prince".
En verite, Israel n'est sous l'autorite d'aucun prince, mais seulement sous celle du Saint, beni soit-Il. Le sens de "Mikhael, votre prince" est plutot qu'il enseigne toujours a Israel la bina, afin qu'ils reconnaissent "mi ka-El", c'est-a-dire: "qui est comme El?" Il fait constamment apparaitre a Israel une lumiere afin qu'ils reconnaissent qu'il n'y a aucune autre force dans le monde, en dehors de Sa force, qu'Il soit beni.
C'est pourquoi il est dit de l'ange de l'alliance: "Mon Nom est en son sein" (Exode 23,21), pour indiquer que la lumiere est reconnaissable par tous les vetements. Bien que dans la paracha Ki Tissa il soit aussi dit: "Voici, Mon ange ira devant toi", nous avons deja bien explique la difference plus haut, au paragraphe 27.
Notre maitre Moché etait donc tranquille a son sujet. Mais apres la faute, il faut illuminer selon leurs paroles de memoire benie (Roch ha-Chana 17b): "ה' - ה': Je suis Celui qui est avant que l'homme faute, et Je suis Celui qui est apres que l'homme a faute et fait repentance." Bien qu'il soit enseigne dans le saint Zohar (Idra Rabba 138a): "Le premier ה' est entier, le dernier ה' est entier en toutes choses...", c'est-a-dire que le dernier ה' fait allusion a l'homme qui, apres avoir faute, a fait repentance: le Saint, beni soit-Il, l'illumine alors depuis l'endroit le plus eleve, et c'est "entier en toutes choses".
Toutefois, clarifier le lien depuis cet instant qui etait a l'heure de la faute n'est au pouvoir d'aucun ange; cela n'est qu'entre les mains du Saint, beni soit-Il. Du cote de l'ange, toute sa vie est veritablement perdue par l'homme a l'heure de la faute.
Car en verite, aucune vie ne demeure chez l'homme apres la faute, sinon cette vie qui s'ecoule sans cesse de ce point de "mati tadir" (qui arrive continuellement), du cote du Saint, beni soit-Il. Par ce point, l'homme conserve encore la force de revenir, de faire repentance et de reparer toute la faute par une repentance complete.
Mais ce point de "mati tadir" est fort cache, car le lien qui demeure encore du fait de ce point est cache meme aux armees celestes. C'est pourquoi notre maitre Moché ne fut pas tranquille, apres la faute, de la conduite de l'ange: il n'est pas au pouvoir de l'ange de reconnaitre que la vie ne s'est pas interrompue pour l'homme de Son cote, qu'Il soit beni, meme a l'heure de la faute.
C'est comme ce qui est enseigne dans le Zohar Hadach, paracha Vayetse: apres que l'homme a remis toute sa vie dans la prosternation du visage, le Saint, beni soit-Il, lui rend la vie par un sentier tres fin, cache meme aux armees celestes. De meme, apres que l'homme a faute et a fait repentance, seul le Saint, beni soit-Il, peut montrer le tikoun: le lien ne s'est jamais interrompu pour cet homme, meme a l'heure de la faute.
Ainsi qu'ils l'ont dit dans la Guemara, au meme endroit: "Je suis ה' apres que l'homme a faute et fait repentance." Mais du cote de l'ange, a l'heure de la faute, tout le lien est interrompu et il n'y a de son cote aucun tikoun, a Dieu ne plaise. Notre maitre Moché ne fut donc pas tranquille, apres la faute, de la conduite de l'ange, et il pria: "Vois, Tu me dis..." (Exode 33,12).
ויאמר הראני נא את כבודך היינו שביקש שיראה לו השי"ת בהתגלות מפורש זה החיבור שיש מצדו ית' עם נפש הישראלי גם בשעת ההסתר. והשיב לו השי"ת לא תוכל לראות את פני כי לא יראני האדם וחי היינו שאין אותה הכרה בגדר סוג הנבראים כלל כי יש ד' חושים כדאיתא בתקוני זוה"ק (תיקון שבעין) דארבע תיקונין אינון ראיה שמיעה ריחא דיבור וכו' ומבאר שם שהם הכל דרגין בהכרת אורו ית'.
אכן לראות את האור ית' בתגלות מפורש בבחינת ראיה ממש על זה נאמר כי לא יראני האדם וחי כי לידע מציאותו יתברך בבחינת ראיה אי אפשר לשום נברא כי אם השי"ת לבדו יודע מציאותו. משא"כ מי שהוא במדרגת נברא אף הצבא מעלה שואלין נמי איה מקום כבודו וכמו דאיתא במדרש תנחומא (פ' קדושים) משל על זה שאמר לו הקב"ה לאיוב משל למצורע וכו' כך אם אתה יודע כמוני תתרפה עצמך וכו' כי באמת הוא עיקר הויה רק הידיעה אכן לידע מציאותו ית' כמו שהשי"ת יודע ידיעה כזו אינו כלל בגדר הויות הנבראים:
Il dit: "Montre-moi donc Ta gloire" (Exode 33,18), c'est-a-dire qu'il demandait que le Saint, beni soit-Il, lui montre dans une revelation explicite ce lien qu'Il a, de Son cote, avec l'ame israelite, meme au temps de la dissimulation. Le Saint, beni soit-Il, lui repondit: "Tu ne peux voir Ma face, car l'homme ne peut Me voir et vivre" (Exode 33,20).
C'est-a-dire que cette connaissance n'est absolument pas dans le genre des creatures. Il y a quatre sens, comme il est enseigne dans les Tikounei ha-Zohar (Tikoun 70): "Il y a quatre tikounim: la vue, l'ouie, l'odorat, la parole..." Il y explique qu'ils sont tous des degres dans la connaissance de Sa lumiere, qu'Il soit beni.
Mais voir Sa lumiere, qu'Il soit beni, dans une revelation explicite, selon l'aspect de la vue veritable, a ce sujet il est dit: "l'homme ne peut Me voir et vivre". Car connaitre Son existence, qu'Il soit beni, sous l'aspect de la vue, est impossible a toute creature; seul le Saint, beni soit-Il, connait Sa propre existence.
Au contraire, celui qui se trouve au degre de creature, meme les armees celestes, demande aussi: "Ou est le lieu de Sa gloire?" Comme il est enseigne dans le Midrach Tan'houma, paracha Kedochim: le Saint, beni soit-Il, dit a Job une parabole au sujet d'un lepreux: "Si tu connais comme Moi, gueris-toi toi-meme..." Car en verite, l'etre essentiel est seulement la connaissance; mais connaitre Son existence, qu'Il soit beni, comme le Saint, beni soit-Il, la connait, une telle connaissance n'est nullement dans le genre des etres crees.
ויאמר הראני נא את כבודך וגו'. היינו כי בזה העולם הציב השי"ת כמאמרם ז"ל (אבות) הכל צפוי והרשות נתונה וכו' לזה ביקש מ"ר שיראה לו השי"ת החיבור מאלו השנים ביחד כי איך יתכן לתפיסת הבחירה עם שורש העליון שהוא למעלה מכח הבחירה שיהיה נתאחד בזה העולם ביחד, הכל צפוי ובכל זאת והרשות נתונה.
והשיב לו השי"ת הנה מקום אתי היינו כמאמרם ז"ל מפני מה מכנין שמו של הקב"ה מקום שהוא מקומו של עולם וזה הוא הנה מקום אתי כלומר זה החיבור שיהיה להאדם כח הבחירה ובכל זאת אני מקומו של עולם הוא רק אתי כי אם יראה השי"ת זה החיבור בהתגלות זה העולם אזי יתבטל כל עבודת אדם רק יהיה בעבור כבודו היינו אחר כל עבודת אדם. ושמתיך בנקרת הצור היינו אז יראה לו השי"ת החיבור אף מההוה אל שורש העליון הנקרא צור כדכתיב הביטו אל צור חוצבתם.
אבל בזה העולם אי אפשר לראות מפורש זה החיבור ורק אני אעביר כל טובי היינו שהראה לו השלש עשרה מדות של רחמים שנקראו כל טוב. וכדאיתא בגמרא (ר"ה יז:) ברית כרותה לשלש עשרה מדות שאינן חוזרות ריקם היינו שכל כמה שמצמצם אדם א"ע בעד כבוד שמים כך יורד השי"ת נגדו מכתרא לכתרא ומנזרא לנזרא עד שמתאחד ביחד הרצון ית' עם התפיסה של אדם:
Il dit: "Montre-moi donc Ta gloire..." (Exode 33,18). En effet, dans ce monde, le Saint, beni soit-Il, a etabli, selon leurs paroles de memoire benie (Avot 3,15): "Tout est prevu, et la permission est donnee..." Notre maitre Moché demanda donc que le Saint, beni soit-Il, lui montre le lien de ces deux choses ensemble.
Comment est-il possible que, dans ce monde, la saisie de la liberte de choix et la racine superieure, qui est au-dessus de la force du choix, soient unies ensemble: tout est prevu, et pourtant la permission est donnee? Le Saint, beni soit-Il, lui repondit: "Voici un lieu aupres de Moi" (Exode 33,21).
C'est selon leurs paroles de memoire benie: "Pourquoi nomme-t-on le Saint, beni soit-Il, Lieu? Parce qu'Il est le lieu du monde." Tel est "Voici un lieu aupres de Moi", c'est-a-dire que ce lien, par lequel l'homme a la force du choix et ou pourtant Je suis le lieu du monde, n'est qu'aupres de Moi.
Car si le Saint, beni soit-Il, montrait ce lien dans une revelation explicite en ce monde, tout le service de l'homme serait annule; ce ne serait qu'apres sa mort, pour Sa gloire, c'est-a-dire apres tout le service de l'homme. "Je te placerai dans la fissure du rocher" (Exode 33,22): alors le Saint, beni soit-Il, lui montrera le lien, meme depuis l'existence presente vers la racine superieure appelee le Rocher, comme il est dit: "Regardez le rocher dont vous avez ete tailles" (Isaie 51,1).
Mais dans ce monde, il est impossible de voir explicitement ce lien. Il n'y eut que: "Je ferai passer devant toi toute Ma bonte" (Exode 33,19), c'est-a-dire qu'Il lui montra les treize attributs de misericorde, appeles "toute Ma bonte".
Comme il est enseigne dans la Guemara (Roch ha-Chana 17b): une alliance est conclue pour les treize attributs, afin qu'ils ne reviennent pas vides. C'est-a-dire que, dans la mesure ou l'homme se contracte pour l'honneur du Ciel, le Saint, beni soit-Il, descend en regard de lui de ketar (couronne) a ketar et de nezer (diademe) a nezer, jusqu'a ce que la volonte divine s'unisse a la saisie de l'homme.
« Observe pour toi ce que Je t'ordonne aujourd'hui » (Chemot 34,11) : le Sod Yecharim rapporte de son maître le gaon que l'on lit toujours cette section le Chabbat de 'Hol ha-Moed, car c'est la prière de Moché, qui plaide pour Israël à chaque changement des temps. Le Saint, béni soit-Il, lui répond : si Israël observe les douze commandements de cette section, ils iront avec assurance. Dans le vide qui sépare un temps de l'autre, Moché se tient et prie ; ce vide n'est qu'auprès de D.ieu, et Il protège Israël par la lumière environnante. « Je ferai passer toute Ma bonté » : les treize attributs, par lesquels Israël reconnaîtra cette union dans sa perception.
Aussi : la matsa, le premier-né et les trois fêtes de pèlerinage avec le désir des Patriarches ; le chevreau dans le lait et les kilayim, afin que l'homme reconnaisse la racine ; les tentes d'Israël, Joseph qui couvre puis la mère, et Soukkot
שמר לך את אשר אנכי מצוך היום הנני גורש מפניך וגו'. הענין שקוראין תמיד זאת הפרשה בשבת חוה"מ ביאר אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה כי זאת הפ' הוא תפלת מ"ר שמתפלל תמיד בעד ישראל בעת התחלפות הזמנים כשנשתנה מגבול לגבול מקיץ לחורף או מחורף לקיץ אז עומד מ"ר להמליץ יושר על ישראל ואומר רבש"ע מה יעשו בניך באותו הזמן הבא לקראתם והשי"ת השיב לו באותה העת זאת הפרשה שמר לך וגו' היינו שהשיב לו אם ישמרו ישראל אלו השנים עשר פקודין הנאמרים בזאת הפרשה אזי ילכו לבטח דרכיהם וישיגו כל טוב.
והפקודה הראשונה היא לא תשתחוה לאל אחר היינו שלא יכניסו א"ע ללבושים רחוקים המסתירים את האור. ואח"כ מצות אכילת מצה שמורה שיהיו מבוררים בכל קבלתם ואח"כ קדושת בכור שמורה שיהיו מבוררים היטב בכל השפעתם.
ונאמר אח"כ שלוש פעמים בשנה יראה כל זכורך את פני וגו' ושלש רגלים הם כנגד שלשה אבות הקדושים לרמז שיכולין ישראל לעורר בכח עבודתם אותו הרצון בעצמו שהתחיל להתעורר גבי האבות הקדושים ואח"כ נאמר לא תבשל גדי בחלב אמו וזהו כמבואר בתקוני זוה"ק (תיקון יד) לא תבשל גדי בחלב אמו וגו' אמר ר"ש אליהו אליהו והא שור איהו מסטרא דדכי' וחמור מסטרא דמסאבו דא איהו כלאים טב וביש אבל חלב איהו מסטרא דדכי' ובשרא מסטרא דדכי' וכו' ומבאר שם ותוצא הארץ נפש חיה למינה דאע"ג דאינון מסטרא דדכי' מ"מ למינהו וכו' היינו כי כן הציב הרצון ית' שכל דבר יהיה בגוון הלבוש שלו. וכאשר תתערב ביחד שני גוונים אף שכל אחד לבדו הוא היתר מ"מ ע"י תערובתם נתעלם מהם השורש וזהו כל ענין כלאים שאסרן הכתוב כדי שהאדם יכיר תמיד היטב את השורש מכל דבר ולזה נצטוה לא תבשל גדי בחלב אמו וזה הוא עצה לישראל שיכירו תמיד בכל דבר את מקור שרשו:
"Observe pour toi ce que Je t'ordonne aujourd'hui; voici, Je chasse de devant toi..." (Shemot 34,11). Mon maitre, le saint gaon, de memoire benie, expliqua le fait que l'on lit toujours cette section le Chabbat de Hol ha-Moed: cette section est la priere de Moché notre maitre, qui prie toujours pour Israel lors du changement des temps, lorsqu'on passe d'une limite a une autre, de l'ete a l'hiver ou de l'hiver a l'ete.
Alors Moché notre maitre se tient pour plaider en faveur d'Israel et dit: Maitre de l'univers, que feront Tes enfants dans ce temps qui vient a leur rencontre? Et le Saint, beni soit-Il, lui repondit alors par cette section: "Observe pour toi..." C'est-a-dire: si Israel observe ces douze commandements mentionnes dans cette section, ils iront avec assurance dans leurs voies et atteindront tout bien.
Le premier commandement est: "Tu ne te prosterneras pas devant un autre dieu" (Shemot 34,14), c'est-a-dire qu'ils ne se feront pas entrer dans des vetements lointains qui cachent la lumiere. Vient ensuite la mitsva de manger la matsa: qu'ils soient clarifies dans toute leur reception.
Puis vient la saintete du premier-ne: qu'ils soient tres bien clarifies dans toute leur influence. Il est ensuite dit: "Trois fois par an tout male parmi toi paraitra devant la face..." (Shemot 34,23).
Les trois fetes de pelerinage correspondent aux trois saints Patriarches, pour indiquer qu'Israel peut eveiller, par la force de son service, ce meme desir qui commenca a s'eveiller chez les saints Patriarches. Il est ensuite dit: "Tu ne feras pas cuire le chevreau dans le lait de sa mere" (Shemot 34,26).
Cela est explique dans les Tikouney Zohar (Tikoun 14): "Tu ne feras pas cuire le chevreau dans le lait de sa mere... Rabbi Shimon dit: Elie, Elie, voici que le bœuf est du cote de la purete et l'ane du cote de l'impurete: c'est un melange de bien et de mal; mais le lait est du cote de la purete, et la viande du cote de la purete..." Il y explique aussi: "Que la terre produise une creature vivante selon son espece" (Bereshit 1,24), car bien qu'elles soient du cote de la purete, elles doivent neanmoins etre selon leurs especes.
Car telle est la volonte, benie soit-Elle: que chaque chose soit dans la couleur de son vetement. Lorsque deux couleurs sont melees, quoique chacune soit permise par elle-meme, leur racine est cachee par leur melange.
Tel est tout le propos des melanges interdits (kilayim), que l'Ecriture a interdits afin que l'homme reconnaisse toujours clairement la racine de toute chose. C'est pourquoi fut ordonne: "Tu ne feras pas cuire le chevreau dans le lait de sa mere"; c'est un conseil pour Israel, afin qu'ils reconnaissent toujours en toute chose la source de sa racine.
מה טובו אהליך יעקב משכנותיך ישראל וגו'. הנה אהל ומשכן הם טרם הקביעות של קדושת הבית כמו שנאמר (שמואל ב ז׳:ו׳) כי לא ישבתי בבית למיום העלותי את בני ישראל ממצרים ועד היום הזה ואהיה מתהלך באהל ובמשכן וגו' כי אוהל ומשכן רומזין על אותן הברורין שיש לישראל טרם שמגיעין לקביעות הקדושה הנקרא בית.
וזה הפסוק מה טובו וגו' אמר בלעם כאשר ראה אצל ישראל כדכתיב וירא את ישראל שוכן לשבטיו וגו' וכמבואר בזוה"ק (בלק רב) מהו שוכן לשבטיו אלא שבטא דיוסף הוה תמן ושבטא דבנימין וכו' רחל הות תמן חמאת דההוא רשע משננא לאבאשא, מה עבדית נפקת ופרישת גדפאה עלייהו וחפאת על ברהא הה"ד וישא בלעם את עיניו וגו' בקדמיתא ברא חפא על אימיה והשתא אימא חפאת על ברא וכו'. היינו כי מצד אור אבא היינו מצד אור היקפו ית' שמקיף את כל הבריאה אין באמת שום טובה בעולם שלא ינחיל אותה השי"ת לישראל ולא היה מקום כלל לשום צמצום גבי ישראל.
וכל ענין הצמצום נמשכו לישראל רק מצד אור אימא הנקראת תורת אמך כדאיתא בזוה"ק (שם קצז) דהא מגו מהימני סגיא דילה דלא אשכחן בה מומא יהבו לה בלא עכובא כלל היינו בלי שום צמצום כלל. ואיהי כד מטא לגבה כל מאן דכנישת עצר ומעצר ומעכבת וכו' היינו מסגיאות חביבותא כלומר מחמת גודל אהבה היא מלמדת תמיד עצות לישראל לבל יקבלו שום טובה בזרם התפשטות אלא שיצמצמו א"ע תמיד בקבלת השפע לקבלה דרך צמצומים בגודל הדרגה למען שירגישו ויכירו קדושתו ית' בכל מה שיקבלו שיהיה אצלם כדכתיב לדעת כי אני ה' מקדשכם וזה הוא דאיתא שם בקדמיתא ברא חפא על אימא היינו כי ברא רומז על יוסף הצדיק שמלמד באור מדתו תמיד עצה לישראל לצמצם א"ע תמיד ולברר קבלת השפע כל היכא דאיכא לברורי.
ומפאת זאת נמשך אח"כ באמת כל מיני התרבות טובות כמו שרומז הכתוב אני אל שדי פרה ורבה. וזה הוא ברא חפא על אימא כי יוסף הוא צדיק יסוד יסוד עולם הנקרא שמים המבדיל בין מים למים כדאיתא בזוה"ק (ויגש רז) מאן שמים וכו' דא יוסף הצדיק דאיהי יהיב שבעה לכל עלמא.
ועלמא מניה אתזן וכו' ומבאר שם עוד כונן שמים בתבונה מאי כונן אלא כונן כל יומא ויומא ולא פסיק ולא אתתקן בזמנא חדא אלא בכל יומא ויומא אתקין ליה וכו' בגין לאנהרא לון תדיר וכו' היינו כי מצד השי"ת אין באמת שום הבדל בין מים עליונים למים תחתונים וכמו שמצינו (חגיגה טו) גבי בן זומא שאמר שיש הבדל שלש אצבעות אמרו עליו עדיין בן זומא מבחוץ כי באמת המה בשרשם לאחדים וכמו שאמר אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה הטעם שלא מחשב בהקפיטל הללו את ה' מן השמים וגו' גם את המים אשר מתחת לארץ משום דמיירי שם בהללו ובעת שאדם מהלל ומשבח השם יתברך אז אין כלל מצדו מים תחתונים והכל הוא מצדו מים עליונים נמצא שעל ידי אור מדתו של יוסף הצדיק נחשב הכל מים עליונים ואפילו המים אשר מתחת לארץ המה נמי עליונים כי כל ההבדל ממים עליונים למים תחתונים הוא רק מפאת ההסתר הנמצא בתפיסת אדם ולעומת זה ההסתר מנהיר תמיד מדת יוסף הצדיק הנקרא שמים. וזהו דאיתא שם כונן כל יומא ויומא ולא פסיק וכו' בגין לאנהרא לון תדיר היינו שמנהיר תמיד עצה לישראל לזכך בעבודתם את ההסתר המבדיל בגבול תפיסתם עד שיבינו גם בתפיסתם הנמוכה שהכל הוא רק מים עליונים וזהו בקדמיתא ברא חפא על אימיה לברר בכל מיני עבודות וצמצומים למען שיהיה בכח אדם לקבל השפעתו ית'.
ולזה אחר שראה בלעם את ישראל שוכן לשבטיו וכמבואר שם מהו שוכן לשבטיו אלא שבטא דיוסף הוה תמן ושבטא דבנימין וכו'. ואלו שני השבטים רומזין על כל הברורין של עבודת ישראל אמר מה טובו אהליך יעקב משכנותיך ישראל.
שאלו שתי הבחנות אוהל ומשכן רומזין על הקדושה שיש בישראל גם טרם שמגיעין להקדושה בקביעות הנקרא בית ואז הוא ברא חפא על אימיה לברר בכל מיני צמצומים למען שיהיה בכחם לקבל השפעתו ית'. והשתא אימא חפא על ברא היינו כי אחר כל הבירורין ממדת יוסף הצדיק אזי מנהיר השי"ת לישראל שהקדושה היא אצלם בקביעות בבחינת בית שאין עוד שום הבדל אצלם בין מים למים שגם התשוקה והחשק מהלבוש אחרון של ישראל הנקרא מים תחתונים הוא נמי מלא קדושה נמצא שגבי ישראל הוא הכל עליונים וממילא אין עוד שום השפעה שיהיה נמנע מכח ישראל מלקבלה.
וזהו והשתא אימא חפאת על ברא כי מאחר שלא יהיה שום הסתר בתפיסת אדם שוב לא יהיה נצרך לישראל שום צמצום כלל. ועל אותה הארה מאימא חפאת על ברא רומז חג הסכות כי סכות הוא כמו שאנו מתפללים ופרוס עלינו סוכת וגו' הפורס סוכת שלום וגו' ומבואר בזוה"ק (בראשית מח) מאן סוכת שלום דא שבתא וכו' היינו כי ע"י שאנו נמשכים אחר רצונו ית' בכל מיני צמצומים מנהיר לנו השי"ת אח"כ ומברך יומין עלאין וכמבואר (שם) וכדין דא סוכת שלום וכו' וכיון דשריא ופריסת גדפהא על בנהא אריקת נשמתין חדתין לכל חד וחד וכו' היינו שיהיה בכח כל נפש מישראל לקבל כל מיני התפשטות טובות שבעולם:
"Qu'elles sont belles, tes tentes, Yaakov, tes demeures, Israel..." (Bamidbar 24,5). La tente et la demeure precedent la fixite de la saintete de la Maison, ainsi qu'il est dit: "Je n'ai pas habite dans une maison depuis le jour ou J'ai fait monter les enfants d'Israel d'Egypte jusqu'a ce jour; J'ai ete allant dans une tente et dans une demeure..." (Shemouel II 7,6).
La tente et la demeure font allusion aux clarifications qui incombent a Israel avant qu'ils ne parviennent a la fixite de la saintete appelee Maison. Bilaam prononca ce verset, "Qu'elles sont belles...", lorsqu'il vit chez Israel, ainsi qu'il est ecrit: "Il vit Israel demeurant selon ses tribus..." (Bamidbar 24,2).
Le saint Zohar l'explique (Balak 206b): "Que signifie: demeurant selon ses tribus? La tribu de Joseph etait la, ainsi que la tribu de Benjamin...
Rachel etait la; elle vit que ce mechant aiguisait [son regard] pour nuire. Que fit-elle?
Elle sortit, etendit ses ailes sur eux et couvrit son fils. C'est ce qui est ecrit: Bilaam leva les yeux...
D'abord le fils couvrait sa mere, et maintenant la mere couvre son fils..." Car du cote de la lumiere du Pere, c'est-a-dire de la lumiere de Son entourage, benit soit-Il, qui entoure toute la Creation, il n'est en verite aucun bien au monde que le Saint, beni soit-Il, ne destine a Israel; il n'y aurait donc aucune place pour une restriction (tsimtsoum) a l'egard d'Israel. Toute la question de la restriction ne vient a Israel que du cote de la lumiere de la Mere, appelee "la Torah de ta mere" (Mishlei 1,8).
Comme il est rapporte dans le Zohar (ibid. 197a): "De la grandeur de leur foi, puisqu'on ne trouva en elle aucun defaut, ils la lui donnerent sans aucun retard", c'est-a-dire sans aucune restriction.
"Et lorsqu'arrive a elle quiconque rassemble, elle retient, refrene et empeche..." C'est-a-dire que par une tres grande affection, par l'intensite de son amour, elle enseigne toujours a Israel des conseils afin qu'ils ne recoivent aucun bien dans un courant d'expansion, mais se restreignent toujours eux-memes dans la reception de l'influx et le recoivent par des restrictions, selon une grande gradation, afin qu'ils sentent et reconnaissent Sa saintete, benit soit-Il, dans tout ce qu'ils recoivent, et qu'il soit pour eux selon le verset: "Afin que vous sachiez que Je suis le Nom qui vous sanctifie" (Shemot 31,13). Tel est: "D'abord le fils couvrait sa mere".
Le fils fait allusion a Joseph le Juste, qui, par la lumiere de son attribut, enseigne toujours a Israel le conseil de se restreindre et de clarifier la reception de l'influx partout ou il est possible de clarifier. De cela decoulent ensuite reellement toutes sortes de multiplications de biens, ainsi que le verset y fait allusion: "Je suis El Shaddai: fructifie et multiplie-toi" (Bereshit 35,11).
Tel est "le fils couvrait sa mere", car Joseph est le Juste, fondement du monde, appele les cieux, qui separent les eaux d'avec les eaux. Comme il est rapporte dans le Zohar (Vayigash 206a): "Qui sont les cieux?...
C'est Joseph le Juste, qui donne sept [mesures] a tout le monde, et le monde est nourri de lui..." Il explique encore: "Il etablit les cieux avec intelligence" (Mishlei 3,19): que signifie "il etablit"? Il les etablit chaque jour, sans cesse; ils ne furent pas prepares une seule fois, mais Il les prepare chaque jour... afin de les eclairer continuellement...
Car du cote du Saint, beni soit-Il, il n'est en verite aucune difference entre les eaux superieures et les eaux inferieures. Ainsi trouvons-nous, a propos de Ben Zoma, qui dit qu'il y a entre elles trois doigts: on dit de lui: "Ben Zoma est encore dehors" (Haguiga 15a); car en verite elles sont une dans leur racine.
Mon maitre, le saint gaon, de memoire benie, expliqua pourquoi, dans ce chapitre de "Louez le Nom depuis les cieux..." (Tehillim 148,1), ne sont pas mentionnees les eaux qui sont sous la terre: car il y est question de louange, et lorsqu'un homme loue et glorifie le Nom, benit soit-Il, il n'y a de Son cote aucune eau inferieure; tout est, de Son cote, eaux superieures. Ainsi, par la lumiere de l'attribut de Joseph le Juste, tout est compte comme eaux superieures; meme les eaux qui sont sous la terre sont elles aussi superieures.
Toute la difference entre les eaux superieures et les eaux inferieures ne provient que du voile qui se trouve dans la perception de l'homme. En face de ce voile, l'attribut de Joseph le Juste, appele les cieux, eclaire toujours.
Tel est ce qui est dit la: "Il les etablit chaque jour, sans cesse... afin de les eclairer continuellement": il eclaire continuellement a Israel le conseil de purifier, par leur service, le voile qui separe dans les limites de leur perception, jusqu'a ce qu'ils comprennent, meme dans leur perception basse, que tout n'est que eaux superieures. Tel est: "D'abord le fils couvrait sa mere", afin de clarifier par toutes sortes de services et de restrictions, pour que l'homme ait la force de recevoir Son influx, benit soit-Il.
C'est pourquoi, apres que Bilaam vit Israel "demeurant selon ses tribus", et ainsi qu'il est explique la: "La tribu de Joseph etait la, ainsi que la tribu de Benjamin...", ces deux tribus faisant allusion a toutes les clarifications du service d'Israel, il dit: "Qu'elles sont belles, tes tentes, Yaakov, tes demeures, Israel." Car ces deux distinctions, tente et demeure, font allusion a la saintete qui est en Israel avant meme qu'ils ne parviennent a la saintete fixe appelee Maison; alors "le fils couvre sa mere", afin de clarifier par toutes sortes de restrictions, pour qu'ils aient la force de recevoir Son influx, benit soit-Il. "Et maintenant la mere couvre le fils": apres toutes les clarifications provenant de l'attribut de Joseph le Juste, le Saint, beni soit-Il, eclaire a Israel que la saintete est fixee chez eux dans l'aspect de la Maison, et qu'il n'y a plus chez eux aucune difference entre les eaux et les eaux.
Meme l'aspiration et le desir provenant du dernier vetement d'Israel, appele eaux inferieures, sont aussi remplis de saintete; ainsi, pour Israel tout est superieur, et par consequent il n'est plus aucun influx que la force d'Israel soit empechee de recevoir. Tel est "maintenant la mere couvre le fils", car des lors qu'il n'y aura plus aucun voile dans la perception de l'homme, Israel n'aura plus besoin d'aucune restriction.
La fete de Soukkot fait allusion a cette illumination de "la mere couvre le fils", car soukka est semblable a ce que nous prions: "Etends sur nous la soukka... Celui qui etend la soukka de paix..." Le Zohar explique (Bereshit 48a): "Qui est la soukka de paix?
C'est le Chabbat..." Car lorsque nous suivons Sa volonte, benit soit-Il, dans toutes sortes de restrictions, le Saint, beni soit-Il, nous eclaire ensuite et benit les jours superieurs. Ainsi qu'il est explique la: "Alors est la soukka de paix... et lorsqu'elle reside et etend ses ailes sur ses fils, elle repand des ames nouvelles sur chacun..." C'est-a-dire que toute ame d'Israel aura la force de recevoir toutes les expansions de bien qui sont dans le monde.
שלש סעודות שחוה"מ סוכות
Trois repas de Hol ha-Moed Soukkot.
ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני את אשר תשלח עמי. ביאר בזה אזמו"ר הגה"ק זצלה"ה אשר בכל עת התחלפות הזמנים מתיצב מ"ר ומתפלל להשי"ת ואומר ראה אתה אומר אלי העל את העם הזה ואתה לא הודעתני וגו' היינו שאינני יודע איך יעברו ישראל אותו הזמן החדש הבא נגדם.
וזה הוא כענין דאיתא במדרש תנחומא (פ' תשא) אמר משה רבש"ע משאני מת איני נזכר אמר לו הקב"ה חייך כשם שאתה עומד עכשיו ונותן להם פרשת שקלים ואתה זוקף את ראשן כך בכל שנה ושנה שקוראין אותה לפני כאלו אתה עומד שם באותה שעה וזוקף את ראשן וכו' והוא כי מ"ר הוא תמיד החיבור של ישראל עם אורו ית' כדכתיב אנכי עומד בין ה' וביניכם וגו' כי גבי מ"ר לא היה מעולם שום התבטלות אפילו בעת שקיבל את הנבואה מצינו בכל הנביאים שנתבטלו בשעת הטפת נבואתם מי לנו גדול משמואל הנביא מ"מ נאמר אצלו וישלח את ירבעל ואת שמואל וגו' ולא אמר ושלח אותי אלא מסבת גודל התבטלות בשעת שפע הנבואה שכח באמת בהויות עצמו משא"כ גבי מ"ר לא היה מעולם שום התבטלות כמאמרם ז"ל (מדרש תנחומא פ' חיי סימן ו) שהיה רואה את הדמות מיד לזה הוא מחבר תמיד את ישראל לאביהם שבשמים לכן בהתחלפות שעל זה איתא בירושלמי שנאמר על זה סכותה לראשי ביום נשק ביום שנשקו הזמנים זו בזו הקיץ נכנס והחורף יוצא וכו' היינו כי עת התחלפות הזמנים שזה נכנס וזה יוצא שהם באמת שני הפכים בע"כ מוכרח להיות ביניהם רגע אחד שמפסיק בין זמן לזמן והוא כענין בין השמשות שלא הכריעו בה חכמים וכו' כי זאת הרגע המפסקת הוא למעלה מן התפיסה ונראה כחלל לזה צריכין אז לגודל שמירה כי נראה כחלל בלי חיבור ח"ו ושם בזה החלל עומד מ"ר ומתפלל תמיד על ישראל ועל זה החלל אמר השי"ת למ"ר הנה מקום אתי היינו שזאת הרגע המתחלפת הוא באמת רק אתי ואינו כלל בתפיסת הבריאה וזה החלל נקרא נקרת הצור ועל זה אמר לו ושמתיך בנקרת הצור ושכותי כפי עליך וגו' היינו שאנכי מגין על ישראל באור המקיף כענין הכתוב סכותה לראשי ביום נשק וגו' ומסיים הכתוב אני אעביר כל טובי וגו' וטובו הוא כמבואר במדרש (קהלת רבה) כמד"א בהיטיבו את הנרות היינו שאראה לך החיבור איך שמתאחד ביחד הגוף של ישראל עם אור המקיף של השי"ת אף שהם לפי הנראה שני הפכים כי הגוף הגשמי הוא לגמרי בחושך ואינו כלל זה החיבור בהשגת תפיסת אדם ועל זה הבטיח לו השי"ת אני אעביר כל טובי וביארו ז"ל בגמרא (ר"ה יז) כל טובי אלו י"ג מדות שאינן חוזרות ריקם היינו כשילכו ישראל בברורי עבודתם דרך אלו שלש עשרה מדות אזי יכירו שפיר גם בהבנת תפיסתם אותו החיבור:
"Vois, Tu me dis: Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre qui Tu enverras avec moi" (Shemot 33,12). Mon maitre, le saint gaon, de memoire benie, expliqua qu'a chaque changement des temps, Moché notre maitre se tient et prie le Saint, beni soit-Il, en disant: "Vois, Tu me dis: Fais monter ce peuple, et Tu ne m'as pas fait connaitre..." C'est-a-dire: je ne sais comment Israel traversera ce nouveau temps qui vient a sa rencontre.
Cela rejoint ce qui est rapporte dans le Midrach Tan'houma (Ki Tissa): Moché dit: Maitre de l'univers, apres ma mort ne serai-je plus mentionne? Le Saint, beni soit-Il, lui repondit: Par ta vie, de meme que tu te tiens maintenant et leur donnes la section des shekalim, et que tu releves leur tete, de meme, chaque annee, lorsqu'ils la lisent devant Moi, c'est comme si tu te tenais la en ce moment et relevais leur tete...
Car Moché notre maitre est toujours le lien d'Israel avec Sa lumiere, benit soit-Il, ainsi qu'il est ecrit: "Je me tenais entre le Nom et vous..." (Devarim 5,5). Chez Moché notre maitre, il n'y eut jamais aucune annihilation de soi.
Meme lorsqu'il recevait la prophetie, tandis que chez tous les prophetes ils etaient annules au moment ou l'influx de leur prophetie coulait, le plus grand d'entre eux etant le prophete Shemouel, il est neanmoins dit de lui: "Il envoya Yeroubbaal, Bedan et Shemouel..." (Shemouel I 12,11), et il ne dit pas: "Il m'envoya", en raison de la grande annihilation de soi produite par l'influx prophetique, qui lui faisait reellement oublier son existence propre. Mais chez Moché notre maitre, il n'y eut jamais aucune annihilation de soi, ainsi que disent nos sages, de memoire benie (Midrach Tan'houma, Hayye Sarah, chap.
6): il voyait la vision immediatement. C'est pourquoi il relie toujours Israel a leur Pere qui est aux cieux.
Lors des changements de temps, a propos desquels il est dit dans le Yeroushalmi: "Tu as couvert ma tete au jour du choc" (Tehillim 140,8), le jour ou les temps se heurtent l'un l'autre, l'ete entre et l'hiver sort..., c'est-a-dire que le temps du changement, lorsque l'un entre et l'autre sort, et qu'ils sont reellement deux contraires, exige necessairement entre eux un instant qui separe un temps de l'autre. Cela est semblable a l'entre-deux des soleils (bein ha-shemashot), au sujet duquel les sages ne se sont pas prononces...
Cet instant separateur est au-dessus de la perception et apparait comme un vide; c'est pourquoi une grande garde est alors necessaire, car il apparait comme un vide sans lien, a Dieu ne plaise. Dans ce vide, Moché notre maitre se tient toujours et prie pour Israel.
A propos de ce vide, le Saint, beni soit-Il, dit a Moché notre maitre: "Voici un lieu aupres de Moi" (Shemot 33,21), c'est-a-dire que cet instant de changement n'est en verite qu'aupres de Moi et n'est nullement dans la perception de la Creation. Ce vide est appele "la fente du rocher", et a son propos Il lui dit: "Je te placerai dans la fente du rocher et Je te couvrirai de Ma paume..." (Shemot 33,22), c'est-a-dire: Je protege Israel par la lumiere environnante, comme dans le verset "Tu as couvert ma tete au jour du choc..." Le verset conclut: "Je ferai passer toute Ma bonte..." (Shemot 33,19).
Sa bonte est, ainsi qu'il est explique dans le Midrach (Kohelet Rabba), selon le verset "lorsqu'il arrangeait les lampes" (Shemot 30,7): Je te montrerai le lien, comment le corps d'Israel s'unit a la lumiere environnante du Saint, beni soit-Il, bien qu'ils soient, en apparence, deux contraires. Car le corps materiel est entierement dans l'obscurite, et cette union n'est nullement dans l'atteinte de la perception humaine.
A ce sujet le Saint, beni soit-Il, lui promit: "Je ferai passer toute Ma bonte". Nos sages l'expliquerent dans la Guemara (Roch Hachana 17b): "Toute Ma bonte", ce sont les treize attributs, qui ne reviennent pas vides.
C'est-a-dire que lorsque Israel ira, dans les clarifications de son service, par ces treize attributs, ils reconnaitront clairement aussi, dans la comprehension de leur perception, cette union.
« Fais-moi donc connaître Ta voie » (Chemot 33,13) : Moché Rabbenou demande que le Saint béni soit-Il éclaire pour lui la gloire du Ciel dans la saisie présente de la dissimulation. Selon le Sod Yecharim, cette gloire s'y trouve, mais elle est cachée à l'homme ; l'ange ne peut la reconnaître. « Ma face ira » : tant qu'une face de colère demeure, on ne peut la montrer ; lorsqu'elle passera, Il révélera le lien que le Nom eut toujours avec Israël même dans la dissimulation. Par l'ordre des moadim (temps fixés), Israël reconnaîtra la racine des êtres créés et atteindra toutes les formes de repos.
Aussi : la chute de Gog à Soukkot, tri de kelipat Nogah par la soukka ; Israël s'annule devant une conduite hors de sa saisie, les nations frappent du pied ; à Pessa'h, lettres dans leur ordre et haftara de la résurrection.
ועתה אם נא מצאתי חן בעיניך הודעני נא את דרכך ואדעך וגו' ויאמר פני ילכו והנחותי לך וגו' וביארו ז"ל במדרש עד שיעבור פנים של זעם וכו'. היינו כי למ"ר הראה השי"ת הבהירות העמוק מכל הלבושים.
אכן הבהירות הנמצא בעומק ההוה של ההסתר אף שבאמת נמצא כבוד שמים גם בפעולת ההסתר הנראה שהוא לגמרי ההיפוך מכבוד שמים כי לית אתר פנוי מניה ורצונו ית' מנהיג באמת גם שם אלא שזה הכבוד שמים נעלם מתפיסת אדם לכן ביקש מ"ר הודעני נא את דרכך שינהיר לו השי"ת הכרה גם בזה הכבוד שמים הנמצא בתפיסת ההוה של ההסתר. ולזה לא היה מ"ר בנייחא מהנהגה שעל ידי מלאך וכדאיתא שם במדרש ואשר אמרת לי הנה אנכי שולח מלאך אין אני חפץ בה שהוא מן הכת שאינם חוטאים וכו' היינו שאי אפשר להמלאך להכיר הכבוד שמים שיכול להיות מצד השי"ת אף בפעולת ההסתר.
ועל זה השיב לו השי"ת פני ילכו והנחותי לך היינו שכל זמן שיש עוד פנים של זעם בעולם אי אפשר להראות לך רק כאשר פני ילכו היינו כאשר יגיע הזמן שיעבור מן העולם הפנים של זעם אזי יגלה ויראה מפורש עוצם החיבור שהיה להשם יתברך תמיד בישראל אף בההוה של ההסתר. וזה הוא שאמר לו הנה מקום אתי היינו שבאמת יש מקום גם לזאת אלא לעת עתה הוא זה המקום רק אתי היינו בשורש העליון כמאמרם ז"ל הוא מקומו של עולם ואין העולם מקומו.
רק ונצבת על הצור והיה בעבור כבודי ושמתיך בנקרת הצור וגו' היינו כשתגיע לשורש העליון וזה נקרא נקרת הצור שם תכיר מפורש גם בהבנת תפיסת דעתך זה החיבור. אכן איך להגיע לזה השירש העליון הציב השי"ת עצה פ' מועדים הנקראים פני ה' כי במועדים עומד השי"ת בהארת פנים נוכח ישראל ולזה מסיים בזאת הפרשה לא תבשל גדי בחלב אמו וכמבואר בתקוני זוהר הקדוש (תיקון יד) אמר ר"ש אליהו והא שור איהו מסטרא דדכיו וחמור מסטרא דמסאבו דא איהו כלאים טב וביש אבל חלב איהו מסטרא דדכיו ובשרא מסטרא דדכיו וכו' היינו מדוע נאסר בשר בחלב הלא כל אחד לבדו הוא היתר.
אמר לו ודאי הכי הוא אבל האי רזא אשתמודע בקרא דא (בראשית א׳:כ״ד) ותוצא הארץ נפש חיה למינה וכו' היינו כי למינה רומז על הסדר שהציב השי"ת בכל הנבראים שכל אחד יכיר ע"י זה הסדר את שרשו כמאמרם ז"ל במדרש אין עשב מלמטה שלא יהיה לו מזל מלמעלה וכו' לכן אם יעמוד כל מין פרטי בזה הסדר הנקרא למינהו שפיר יכולין להכיר את שרשו אבל כאשר יתערב מין עם שאינו מינו אף ששניהם היתר מ"מ מפאת זה התערובות נשתנה הסדר המסודר לכל מין בפרט. ושוב אי אפשר מסבת הסתרת התערובות להכיר את שרשו.
ולזה נאמר לא תבשל גדי בחלב אמו כדי שלא יסתיר מלהכיר את השורש. והראה זאת השי"ת למ"ר אשר על ידי שילכו ישראל בזה הסדר של המועדים אזי יכירו היטב את השורש מכל הנבראים והחיבור שיש בהם תמיד עם השורש ית' ויהיה מקוים בהם כמו שנאמר אני אעביר כל טובי על פניך היינו שישיגו ישראל בהבנת תפיסתם כל מיני נייחא:
"Et maintenant, si j'ai trouve grace a Tes yeux, fais-moi donc connaitre Ta voie, afin que je Te connaisse" (Exode 33,13) ; "Ma face ira, et Je te donnerai le repos" (Exode 33,14). Nos maitres, de memoire benie, l'ont explique dans le Midrach : jusqu'a ce que passe la face de la colere, etc.
Cela signifie qu'a Moché Rabbenu (Moché notre maitre), le Saint beni soit-Il montra la clarte profonde, au-dela de tous les levoushim (vetements). Mais la clarte qui se trouve au fond du present de la dissimulation - bien qu'en verite la gloire du Ciel se trouve aussi dans l'acte de dissimulation, lequel parait etre entierement l'inverse de la gloire du Ciel, car il n'est pas de lieu vide de Lui et Sa volonte, beni soit-Elle, conduit reellement aussi la-bas - cette gloire du Ciel est cachee a la saisie de l'homme.
C'est pourquoi Moché Rabbenu demanda : "Fais-moi donc connaitre Ta voie", afin que le Saint beni soit-Il eclaire pour lui aussi la connaissance de cette gloire du Ciel qui se trouve dans la saisie presente de la dissimulation. Aussi Moché Rabbenu n'etait-il pas en repos devant une conduite par un ange, comme il est rapporte la-bas dans le Midrach : "Et ce que Tu m'as dit : Voici, J'envoie devant toi un ange, je ne le desire pas, car il est de la categorie de ceux qui ne fautent pas", etc.
Cela signifie que l'ange ne peut reconnaitre la gloire du Ciel qui peut venir de la part du Saint beni soit-Il, meme dans l'acte de dissimulation. A cela le Saint beni soit-Il lui repondit : "Ma face ira, et Je te donnerai le repos" : tant qu'il demeure encore dans le monde une face de colere, il est impossible de te le montrer ; ce n'est que lorsque "Ma face ira", c'est-a-dire lorsque viendra le temps ou la face de colere passera du monde, qu'Il revelera et montrera explicitement la puissance du lien que le Nom, beni soit-Il, eut toujours avec Israel, meme dans le present de la dissimulation.
C'est ce qu'Il lui dit : "Voici un lieu aupres de Moi" (Exode 33,21) : en verite, il y a aussi un lieu pour cela, mais pour l'heure ce lieu n'est qu'aupres de Moi, c'est-a-dire dans la racine superieure, selon leur parole, de memoire benie : "Il est le lieu du monde, et le monde n'est pas Son lieu." Seulement : "Tu te tiendras sur le rocher ; et lorsque passera Ma gloire, Je te placerai dans la fente du rocher" (Exode 33,21-22), c'est-a-dire : lorsque tu parviendras a la racine superieure, appelee la fente du rocher, tu reconnaitras la aussi explicitement, dans la comprehension de ta connaissance, ce lien. Mais comment parvenir a cette racine superieure ?
Le Saint beni soit-Il indiqua le conseil : la section des moadim (temps fixes), appeles les faces de ה', car aux moadim le Saint beni soit-Il se tient dans l'illumination de la face en presence d'Israel. C'est pourquoi cette section s'acheve par : "Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mere" (Exode 34,26).
Comme l'explique le saint Tikkounei Zohar (Tikoun 14), Rabbi Shimon dit a Elie : "Le bœuf est du cote de la purete et l'ane du cote de l'impurete : c'est un melange de bien et de mal ; mais le lait est du cote de la purete et la chair est du cote de la purete", etc. Cela signifie : pourquoi la chair dans le lait est-elle interdite, alors que chacun separement est permis ?
Il lui dit : certes, il en est ainsi ; mais ce secret se fait connaitre par ce verset : "La terre fit sortir l'etre vivant selon son espece" (Genese 1,24), etc. "Selon son espece" (למינה) fait allusion a l'ordre que le Saint beni soit-Il a etabli dans tous les etres crees, afin que chacun reconnaisse par cet ordre sa racine, selon leur parole, de memoire benie, dans le Midrach : "Il n'est pas d'herbe en bas qui n'ait au-dessus d'elle un mazal (influence astrale)", etc.
Ainsi, si chaque espece particuliere se tient dans cet ordre appele "selon son espece", elle peut assurrement reconnaitre sa racine. Mais lorsqu'une espece se mele a ce qui n'est pas son espece, bien que toutes deux soient permises, l'ordre dispose pour chaque espece en particulier se trouve neanmoins change du fait de ce melange.
Des lors, a cause de la dissimulation du melange, il est impossible de reconnaitre sa racine. C'est pourquoi il est dit : "Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mere", afin que cela ne cache pas la reconnaissance de la racine.
Le Saint beni soit-Il montra cela a Moché Rabbenu : en suivant cet ordre des moadim, Israel reconnaitra bien la racine de tous les etres crees et le lien qu'ils ont toujours avec la racine, beni soit-Elle ; et s'accomplira en eux ce qui est dit : "Je ferai passer devant ta face toute Ma bonte" (Exode 33,19), c'est-a-dire qu'Israel atteindra, dans la comprehension de sa saisie, toutes les formes de repos.
והיה ביום ההוא ביום בוא גוג על אדמת ישראל וגו'. איתא בגמרא (מגילה לא.) א"ר הונא אמר רב שבת שחל להיות בחולו של מועד בין בפסח ובין בסוכת מקרא קרינן ראה אתה וגו' אפטורי בפסח בעצמות היבשות ובסוכות ביום בוא גוג וגו' ואיתא במדרש (מובא שם בתוס') גמירי שמפלתו של גוג יהיה בסכות.
והנה האר"י הק' ז"ל מבאר זה שאמרו ז"ל בגמרא (שם) רבותינו התירו לכתוב יונית משום שאין שום אומה קרובה כ"כ אל הקדושה כמו זאת הקליפה ונקראת קליפת נוגה כדכתיב ונוגה לו סביב וזה הוא קליפת גוג שכל הבירור כנגדה הוא רק בידו ית'. וסכות מרמז על גמר הבירור נגד זאת הקליפה ואז יהיה מפלתו של גוג וזהו כדאיתא בגמרא (ע"ז ג) אמרו לפניו רבש"ע תנה לנו מראש ונעשנה אמר להם הקב"ה שוטים שבעולם מי שטרח בערב שבת יאכל בשבת וכו' אעפ"כ מצוה קלה יש לי וסוכה שמה לכו ועשו אותה וכו' מיד כל אחד ואחד נוטל והולך ועושה סוכה בראש גגו והקב"ה מקדיר עליהם חמה כתקופת תמוז וכל אחד ואחד מבעט בסוכתו ויוצא וכו' והא אמר רבא מצטער פטור מן הסוכה וכו' נהי דפטור בעוטי מי מבעטי מיד הקב"ה יושב ומשחק עליהן וכו' היינו כי מצות סוכה הוא הגמר מהבירור האחרון שישראל המה מקושרים תמיד בהשורש ית' והעכו"ם נפרדים הם מן השרש לגמרי.
כי הרי ישראל מקבלים עליהם הצווי של השי"ת בלי שום פניה רק בתכלית הפשיטות שחפצם להיות נמשך אחר רצונו יתברך משא"כ העכו"ם אף שמקבלים נמי לפעמים עליהם הצווי מהשי"ת אולם כל חפצם הוא בזה כדי שיהיו מושלים על זה הצווי שיהיה בכחם מפאת זאת הצווי לנטות הנהגתו ית' כפי הישר בעיניהם ולכן כשמראה להם השי"ת אח"כ שהוא מנהיג אותם שלא מדעתם למעלה מתפיסתם ואין לאל ידם לנטות הנהגתו ית' כפי חפץ לבבם ודעתם אזי בעוטי קמבעטי. אמנם לא כן חלק יעקב כי ראשית עבודת ישראל הוא להכיר שהשי"ת חפץ חסד וכל רצונו יתברך הוא רק להיטיב לבריותיו ולכך כשרואים לפעמים הנהגה שאין בכח תפיסת דעתם להשיגה אזי מבטלים ישראל א"ע בכל נפשם נגד זאת ההנהגה ועושים ממנה אור מקיף ומתפללים ופרוס עלינו סוכת רחמים וחיים ושלום ועל זה מרמז מצות סוכה שישראל נמשכין תמיד אחר רצונו ית' והם בנייחא גם מהנהגה שאינה לפי דעתם אף שהיא רחוקה מתפיסתם ועושים מזה סוכה להיות עליהם אור מקיף לסכך עליהם מלמעלה וממילא נתברר חוזק התקשרותם בהשורש.
אבל עכו"ם כשמראה להם השי"ת רצונו שהוא רחוק מתפיסתם ואינם מבינים אותו בדעתם אזי בעוטי מבעטי וממילא שמע מיניה אחר הוא היינו שהם נפרדין מן השורש לגמרי ואחר שיגמור השי"ת זה הבירור בשלימות הגמור אז יהיה מפלתו של גוג. ויען שקליפת נוגה הוא מעורב טוב ורע לזה אחר מפלתו של גוג יהיה נכלל כל הטוב שבנוגה בקרב ישראל ועל זה מרמז שם הכתוב והיה ביום ההוא אתן לגוג מקום שם קבר בישראל וגו' וענין קבורה מבואר בהאר"י הק' ז"ל שמרמז על תיקון היינו כשזה הטוב שבנוגה יתחלף בלבוש אחר אזי יהיה מתוקן לגמרי ויתכלל בתוך הקדושה ומה יהיה השארה לישראל מהרע שבנוגה ע"ז מרמז (שם) ויצאו יושבי ערי ישראל ובערו והשיקו בנשק ומגן וצנה בקשת ובחצים ובמקל יד וברומח ובערו בהם אש שבע שנים להורות שמזה הרע שבקליפה שהוחשך כ"כ בעד ישראל והסתיר מהם את האור בכל ההיקף של עוה"ז יהיה נשאר ממנו תמיד נצוח לישראל שיתעורר תמיד נגדם איך שהיה בהגלות חזק ועוצם התגברות כח עבודתם עד שהיו יכולין לבקוע בזה ההיקף שבעה כ"כ הסתרות חזקות וזה הוא ובערו בהם אש שבע שנים ואש מורה על גודל אהבה.
היינו שיתעורר תמיד אותה אהבה שהיה גבי ישראל בתוך חשכת ההיקף מעוה"ז. והיקרות הטוב הנמצא בזה הנצוח יהיה נשאר בישראל לעולמי עד:
"Et il arrivera, en ce jour-la, au jour ou Gog viendra sur la terre d'Israel" (Ezechiel 38,18), etc. Il est rapporte dans le Talmud (Meguila 31a) : Rabbi Houna dit au nom de Rav : lorsque le Chabbat tombe dans les jours intermediaires de la fete, tant a Pessa'h qu'a Soukkot, on lit "Vois, Toi" (Exode 33,12) ; comme haftara, a Pessa'h, les ossements dessseches, et a Soukkot, "Au jour ou Gog viendra", etc.
Et il est rapporte dans le Midrach, cite la-bas dans les Tossafot : nous avons recu par tradition que la chute de Gog aura lieu a Soukkot. Le saint Ari, Rabbi Its'hak Louria, explique ce que nos maitres, de memoire benie, ont dit dans le Talmud : "Nos maitres ont permis d'ecrire en grec", car il n'est aucune nation aussi proche de la saintete que cette kelipa (ecorce spirituelle), appelee kelipat Nogah, ainsi qu'il est ecrit : "et une lueur autour de lui" (Ezechiel 1,4).
C'est la kelipa de Gog, et tout le tri en sa presence n'est que dans Sa main, beni soit-Elle. Soukkot fait allusion a l'achevement du tri face a cette kelipa, et alors sera la chute de Gog.
C'est ce qui est rapporte dans le Talmud (Avoda Zara 3a) : ils dirent devant Lui : "Maitre de l'univers, donne-la-nous d'avance et nous l'accomplirons." Le Saint beni soit-Il leur dit : "Fous du monde, celui qui a peine la veille de Chabbat mangera le Chabbat", etc. "Malgre cela, J'ai une mitsva legere, et son nom est Soukka ; allez et accomplissez-la", etc.
Aussitot, chacun prend et va faire une soukka au sommet de son toit ; le Saint beni soit-Il fait arder sur eux le soleil comme a la saison de Tammouz, et chacun frappe de son pied sa soukka et sort, etc. Mais Rav a dit : "Celui qui souffre est dispense de la soukka".
Soit, il est dispense, mais faut-il donc la frapper du pied ? Aussitot, le Saint beni soit-Il s'assied et rit d'eux, etc.
Cela signifie que la mitsva de soukka est l'aboutissement du dernier tri : Israel est toujours attache a la racine, beni soit-Elle, tandis que les nations idolatres en sont entierement separees. Car Israel accepte l'ordre du Saint beni soit-Il sans aucune arriere-pensee, dans la plus grande simplicite, son desir etant de suivre Sa volonte, beni soit-Elle.
Les nations idolatres, au contraire, meme si parfois elles acceptent aussi l'ordre du Saint beni soit-Il, ne le desirent que pour dominer cet ordre, afin d'avoir, par cet ordre, la force d'incliner Sa conduite, beni soit-Elle, selon ce qui leur parait juste. Lorsque le Saint beni soit-Il leur montre ensuite qu'Il les conduit a leur insu, au-dessus de leur saisie, et qu'il n'est pas en leur pouvoir d'incliner Sa conduite, beni soit-Elle, selon le desir et l'avis de leur cœur, alors elles frappent du pied.
Mais telle n'est pas la part de Yaakov : le commencement du service d'Israel est de reconnaitre que le Saint beni soit-Il desire la bonte et que toute Sa volonte, beni soit-Elle, n'est que de faire du bien a Ses creatures. C'est pourquoi, lorsqu'ils voient parfois une conduite que la saisie de leur connaissance ne peut atteindre, Israel s'annule de toute son ame devant cette conduite, en fait une lumiere environnante, et prie : "Etends sur nous la soukka de misericorde, de vie et de paix." La mitsva de soukka y fait allusion : Israel suit toujours Sa volonte, beni soit-Elle, et demeure en repos aussi devant une conduite qui n'est pas selon son avis, bien qu'elle soit loin de sa saisie ; il en fait une soukka, afin qu'elle soit sur lui comme une lumiere environnante qui le couvre d'en haut.
Ainsi se clarifie d'elle-meme la force de son attachement a la racine. Mais lorsque le Saint beni soit-Il montre aux nations idolatres une volonte eloignee de leur saisie et qu'elles ne la comprennent pas par leur connaissance, elles frappent du pied ; on en deduit qu'elles sont "autres", c'est-a-dire entierement separees de la racine.
Apres que le Saint beni soit-Il aura acheve ce tri dans sa perfection complete, alors sera la chute de Gog. Et puisque kelipat Nogah est melee de bien et de mal, apres la chute de Gog tout le bien qui est dans Nogah sera inclus au sein d'Israel.
A cela fait allusion le verset : "En ce jour-la, Je donnerai a Gog un lieu, la un tombeau en Israel" (Ezechiel 39,11), etc. Le sens de l'ensevelissement est explique par le saint Ari : il fait allusion au tikoun (reparation), c'est-a-dire que lorsque ce bien qui est dans Nogah revetira un autre levouch, il sera entierement repare et inclus dans la saintete.
Et quel reste demeurera a Israel du mal qui est dans Nogah ? A cela fait allusion le verset : "Les habitants des villes d'Israel sortiront, ils bruleront et allumeront le feu avec les armes, le bouclier et la targe, l'arc et les fleches, le baton de main et la lance ; ils en bruleront le feu pendant sept ans" (Ezechiel 39,9).
Cela enseigne que de ce mal de la kelipa, qui a tant obscurci Israel et lui a cache la lumiere dans toute l'etendue de ce monde-ci, il restera toujours a Israel une victoire ; elle eveillera constamment contre lui le souvenir de la force et de l'intensite de leur travail dans l'exil, au point qu'ils purent percer cette etendue de sept dissimulations si puissantes. C'est le sens de : "ils en bruleront le feu pendant sept ans" ; le feu indique la grandeur de l'amour.
C'est-a-dire que s'eveillera toujours cet amour qui fut chez Israel au sein de l'obscurite de l'etendue de ce monde-ci. Et la valeur precieuse du bien qui se trouve dans cette victoire demeurera en Israel pour les eternites.
איתא בגמ' (מגלה לא.) אפטורי מאי מפטרינן בפסח עצמות היבשות ובסכות ביום בא גוג וגו'. הענין הוא כמו שמנהיג השי"ת בעולם שבפסח אז הם אתוון כסדרן ישמחו השמים ותגל הארץ שכל מדרגה משפיע לזולתה כענין הכתוב וקרא זה אל זה ומתרגמינן ומקבלין דין מן דין ועל זה כתיב אני אענה את השמים והשמים יענה את הארץ והם יענו את יזרעאל וגו' היינו שיהיו מכירין ישראל מפורש בכל הסבלנות שהיה להם מלפנים שהכל היה רק בדרך זריעה ולא נתאבד מהם ח"ו שום דבר וכדאיתא בזוה"ק (סבא משפטים) אפילו הבלא דפומא ואפילו רעותא טבא דבר נש לא מתאבד וזאת הארה רומז על תחית המתים לכך מפטירין אז בתחית המתים:
Il est rapporte dans le Talmud (Meguila 31a) : "Quelle haftara lisons-nous ? A Pessa'h, les ossements dessseches ; et a Soukkot, au jour ou Gog viendra", etc.
La chose est selon la maniere dont le Saint beni soit-Il conduit le monde : a Pessa'h, les lettres sont dans leur ordre (atvan kesidran), "les cieux se rejouissent et la terre exulte" (Psaumes 96,11), car chaque degre influe sur l'autre, comme dans le verset : "L'un appelle l'autre" (Isaie 6,3), que nous traduisons : "Ils recoivent l'un de l'autre." Et a cela se rapporte ce qui est ecrit : "Je repondrai aux cieux, et les cieux repondront a la terre, et ils repondront a Yizreel" (Osee 2,23-24), etc. Cela signifie qu'Israel reconnaitra explicitement que toutes les souffrances qu'il a endurees auparavant n'etaient que dans la voie des semailles, et que rien ne s'est perdu de lui, a D.ieu ne plaise.
Comme il est rapporte dans le saint Zohar (Saba de Michpatim), meme le souffle de la bouche, et meme le bon vouloir de l'homme, ne se perd pas. Cette illumination fait allusion a la resurrection des morts ; c'est pourquoi l'on lit alors la haftara de la resurrection des morts.
Au temps de Soukkot, les feuilles tombent et il ne reste que la racine. Le Sod Yecharim y joint le Midrach : Gog dira que ses prédécesseurs étaient sots, car Israël pouvait encore se clarifier comme l'essentiel de la gloire du Ciel ; il suivra la même voie pour contraindre D.ieu à révéler aussi en lui cette gloire, et cela cause à Israël les douleurs du Messie. D.ieu élève les nations pour qu'elles paraissent désirer les mêmes clarifications, puis l'opprobre éternel : hors de la porte d'Avraham, leur service est insolence. Cette gloire demeure en Israël ; elles-mêmes s'annulent. Pour Israël, la faute n'était qu'un fruit non mûr : D.ieu montre le tikoun (réparation) rétroactivement après la soukka.
Aussi : la haftara de Gog à Soukkot et des ossements à Pessa'h, selon l'été et l'hiver ; vingt-et-une et quarante-huit sonneries, havdala et enseignement du mérite ; selon son père, les pousses de Pessa'h et la soukka comme dernière clarification.
ובזמן של סכות מתחיל ליפול העלין מן האילנות ולא נשאר רק השורש וזה מרמז כדאי' במדרש (ש"ט ג) המן אמר שוטה היה פרעה וכו' וגוג יאמר שוטים היו כל הקודמים לו שלא היו יודעים שיש לישראל פטרון בשמים אני אזדקק לפטרון שלהם וכו' היינו שגוג יאמר שהם היו שוטים כי מאחר שהשאירו עדיין לישראל איזה מקום בעולם אם כן יכולין ישראל לברר א"ע באותו המקום שהם המה בעולם עיקר הכוון מכבוד שמים וזהו שהם לא ידעו שיש להם פטרון בשמים היינו שלא ידעו שיש בכח ישראל להראות ע"י ברורי עבודתם שהם המה עיקר הכבוד שמים בעולם. אני אזדקק לפטרון שלהם היינו שהוא יאמר אשר יש בכחו ג"כ להראות איך שהוא עיקר הכבוד שמים בעולם כי ילך ממש באותו הגוון מהברורין של ישראל עד שמסבה זו יהיה השי"ת מוכרח להסכים עמדי כי אומר מאחר שברא אותי השי"ת בטח נמצא בי כבוד שמים אלא שנעלם זה הכבוד שמים מהבנת תפיסתם.
אבל כשאשתדל בעבודות ובברורים כמו ישראל ממילא יתגלה בהבנת תפיסתי נמי הכבוד שמים הנמצא בי ומפאת זה יהיה מוכרח השי"ת במשפט ובשורת הדין לגלות ההעלם ולהראות מפורש לעיני כל הכבוד שמים הנמצא בי וע"י זה יהיה אני נמי עיקר המכיון מהכ"ש שהציב השי"ת בעולם. וזה יהיה כל טענתו של גוג שיאמר אני אזדקק לפטרון שלהם.
ובאמת יכניס מזאת הטענה מיחוש ראש לישראל וזה המיחוש ראש נקרא בגמרא חבלי משיח ולמה באמת בונה השי"ת כ"כ גודל סבלנות גבי ישראל טרם הישועה זה הוא יען שכל חפצו ית' בהישועה שיהיה לעתיד שיהיה כדכתיב אלה יעמדו לחיי עולם ואלה יעמדו לחרפה ולדראון עולם. ואם כל פעולתם של עכו"ם לא יהיה רק להיפך מהרצון ית' מפורש לעיני כל אם כן לא יהיה בזה שום רבותא שיעמדו לחרפה ולדראון עולם ע"כ משגיא לגוים שיהיה נדמה על הגוון שהמה חפצים ג"כ בעבודות וברורים כמו ישראל ובכל זאת יעמדו לחרפה ולדראון עולם ויהיה זאת רבותא ועל זה נאמר ביום בא גוג על אדמת ישראל וגו' תעלה חמתי באפי וגו' ומפרש התם בפסוק הטעם וקראתי עליו לכל הרי חרב וגו' היינו אף שמראים עצמם על הגוון שחפצים נמי בעבודות וברורין כמו ישראל אכן כל ברורי עבודתם הוא רק חוצפא כלפי שמיא.
וחרב רומז על חוצפא ועל זאת החוצפא נאמר וכתתו חרבותם וגו' אף שמצינו גבי ישראל נמי הלשון חרב כדכתיב בחרבי ובקשתי אכן אצל ישראל הפירוש הוא בחרבי ובקשתי כדמתרגמינן בצלותין ובבעותין משא"כ אצל העכו"ם הוא הכל בחוצפא כי כל מי שאינו מכניס עצמו מתחלה טרם עבודתו להשער של אאע"ה אזי נחשבים כל ברורי עבודתו רק חוצפא כלפי שמיא. ואף שמצינו בגמרא חוצפא אפילו כלפי שמיא מהני.
אכן לא מהניא אלא בדעתו ובהיקף תפיסתו הנמוכה כדאיתא בזוה"ק (בא לג.) ותסיתני בו ביה קיימא בדעתיה דאיהו חשיב דהא תסיתני וכו' אבל מעט אף מהיקף תפיסתו מכירין מפורש שאינו מהניא כלום ומפאת זה שיתברר אז שכל עסק עבודתם הוא רק חוצפא בלי שום סדר כלל יתבטל ממילא כל תפיסתם. והכבוד שמים הנמצא בהם בזה שהשי"ת ברא אותם.
על זה הכ"ש מסיק שם הכתוב והיה ביום ההוא אתן לגוג מקום שם קבר בישראל וגו' היינו כי באמת מאחר שברא אותם השי"ת בטח נמצא בהם כבוד שמים כי לא ברא הקב"ה דבר לבטלה וכדכתיב כל מה שבראתי לכבודי בראתיו וגו' אכן יהיה נשאר זה הכ"ש בקרב ישראל כענין הכבוד שמים הנשאר מכל אותן שהיו מעיקין לישראל כגון פרטה בשעתו והמן בשעתו וסנחריב דאיתא עליהם בגמרא מבני בניו של המן למדו תורה בבני ברק וכן מבני בניו של סיסרא למדו תורה וכו' וכן מבני בניו של סנחריב למדו תורה וכו' אבל הם בעצמם בתפיסתם נאבדו ונתבטלו לגמרי. אבל על ישראל מה נאמר כה אמר ה' לעצמות האלה הנה אני מביא בכם רוח וחייתם וגו' היינו שיכירו את עצמם בתפיסתם הקודמת והוא יען שאפילו חטאתם נמי לא היה אלא שאכלו פגה לזה אחר שיסבלו קצת יראה להם השי"ת את התיקון גם מלמפרע ולא עוד אלא מי שחפץ לברר עצמו ביותר למען שיכיר את התיקון שלו עוד בחיים חייתו אזי מראה לו השי"ת את התיקון שלו מלמפרע גם בחיים חייתו כענין שמצינו בגמרא (סוכה נג) שהיו אומרים אשרי ילדותנו שלא ביישה זקנתנו ומדוע היו אומרים זאת דוקא בשמחת בית השואבה ולא בכל השנה משמע מזה שרק אחר שברור עצמם במצות סוכה שהוא צא מדירת קבע ושב בדירת ארעי שלא יהיו משוקעים תחת שום דבר עוה"ז בקביעות כי אם להתמשך תמיד אחר רצונו ית' אזי נתקיים בהם סכותה לראשי ביום נשק והראה להם השי"ת התיקון שלהם למפרע מפורש גם בחיים חיתם עד שהיו מכירים שפיר בהבנת תפיסתם איך שנתרפה אצלם הקודם עד שהיה בכחם לומר בשמחת בית השואבה אשרי ילדותנו שלא ביישה את זקנותנו:
Au temps de Soukkot, les feuilles commencent a tomber des arbres, et il ne reste que la racine. Cela renvoie a ce qui est rapporte dans le Midrach (Shemot Rabbah 3): Haman dit: Pharaon etait sot, etc.; et Gog dira: Tous ceux qui m'ont precede etaient sots, car ils ne savaient pas qu'Israel avait un protecteur dans les Cieux; moi, je m'en prendrai a leur protecteur, etc.
C'est-a-dire que Gog dira qu'ils etaient sots, car, des lors qu'ils avaient encore laisse a Israel quelque place dans le monde, Israel pouvait se clarifier lui-meme dans ce lieu, et montrer qu'il est, dans le monde, l'objet principal de la gloire du Ciel. Voila: ils ne savaient pas qu'ils avaient un protecteur dans les Cieux, c'est-a-dire qu'ils ne savaient pas qu'il est au pouvoir d'Israel de montrer, par les clarifications de son service, qu'il est l'essentiel de la gloire du Ciel dans le monde.
Moi, je m'en prendrai a leur protecteur: il dira donc qu'il est aussi en son pouvoir de montrer comment il est l'essentiel de la gloire du Ciel dans le monde, car il suivra exactement la meme voie que les clarifications d'Israel; de sorte que, pour cette raison, le Saint, beni soit-Il, sera contraint de consentir avec moi. Car il dira: puisque le Saint, beni soit-Il, m'a cree, il y a surement en moi de la gloire du Ciel; seulement, cette gloire du Ciel est cachee a la comprehension de leur saisie.
Mais lorsque je m'appliquerai aux services et aux clarifications comme Israel, la gloire du Ciel qui est en moi se decouvrira aussi d'elle-meme dans ma comprehension; et, de ce fait, le Saint, beni soit-Il, sera contraint, par le jugement et selon la stricte justice, de reveler ce qui est cache et de montrer explicitement aux yeux de tous la gloire du Ciel qui est en moi. Par cela, je serai moi aussi l'objet principal de la gloire du Ciel que le Saint, beni soit-Il, a etablie dans le monde.
Telle sera toute l'argumentation de Gog, lorsqu'il dira: Moi, je m'en prendrai a leur protecteur. En verite, par cette argumentation il causera a Israel un mal de tete; et ce mal de tete est appele dans la Guemara les douleurs du Messie.
Et pourquoi, en verite, le Saint, beni soit-Il, construit-Il une si grande patience envers Israel avant la delivrance? C'est parce que tout Son desir dans la delivrance future est qu'il soit ecrit: Ceux-ci se leveront pour la vie eternelle, et ceux-la pour l'opprobre et l'horreur eternelle (Daniel 12,2).
Or si tous les actes des nations idolatres ne sont aux yeux de tous que l'inverse de la volonte divine, il n'y aura rien d'extraordinaire a ce qu'elles se levent pour l'opprobre et l'horreur eternelle. C'est pourquoi Il eleve les nations, de telle sorte qu'il semble qu'elles aussi desirent des services et des clarifications comme Israel; et pourtant elles se leveront pour l'opprobre et l'horreur eternelle, et cela sera extraordinaire.
A ce propos il est dit: Le jour ou Gog viendra sur la terre d'Israel... ma fureur montera dans Ma narine... (Ezechiel 38,18).
Et le verset explique la raison: J'appellerai contre lui l'epee sur toutes Mes montagnes... (Ezechiel 38,21).
C'est-a-dire que, bien qu'ils se montrent comme desirant eux aussi des services et des clarifications comme Israel, toutes les clarifications de leur service ne sont que de l'insolence envers le Ciel. L'epee renvoie a l'insolence, et de cette insolence il est dit: Ils briseront leurs epees...
(Isaie 2,4). Bien que nous trouvions aussi chez Israel le terme epee, comme il est ecrit: Par mon epee et par mon arc (Genese 48,22), chez Israel son sens est: par mes prieres et mes supplications, ainsi que le traduit le Targoum; tandis que chez les nations idolatres tout est insolence.
Car quiconque ne s'introduit pas d'abord, avant son service, par la porte de notre pere Abraham, toutes les clarifications de son service sont considerees seulement comme de l'insolence envers le Ciel. Or nous trouvons dans la Guemara: L'insolence, meme envers le Ciel, est efficace.
Mais elle n'est efficace que dans son avis et dans le cercle limite de sa basse saisie, comme il est rapporte dans le Zohar sacre (Bo 34a): Et tu M'as incite contre lui - il demeurait dans son avis, car il pensait: puisqu'elle M'a incite, etc. Mais des qu'on sort un peu du cercle de sa saisie, on reconnait clairement qu'elle n'est efficace en rien.
Par consequent, lorsqu'il sera alors clarifie que toute l'occupation de leur service n'est qu'insolence, sans aucun ordre, toute leur saisie s'annulera d'elle-meme. Quant a la gloire du Ciel qui est en eux, du fait que le Saint, beni soit-Il, les a crees, le verset conclut a ce sujet: En ce jour-la, Je donnerai a Gog un lieu la-bas, un sepulcre en Israel...
(Ezechiel 39,11). En effet, puisqu'Il les a crees, il y a assurement en eux de la gloire du Ciel, car le Saint, beni soit-Il, n'a rien cree en vain, ainsi qu'il est ecrit: Tout ce que J'ai cree, Je l'ai cree pour Ma gloire (Isaie 43,7).
Mais cette gloire du Ciel restera au sein d'Israel, comme la gloire du Ciel qui est demeuree de tous ceux qui opprimaient Israel: tels Pharaon en son temps, Haman en son temps et Sennacherib. Car il est rapporte a leur sujet dans la Guemara: Des descendants des descendants de Haman ont enseigne la Torah a Bnei Brak; de meme des descendants des descendants de Sisera ont enseigne la Torah, etc.; et de meme des descendants des descendants de Sennacherib ont enseigne la Torah, etc.
Mais eux-memes, dans leur saisie, ont peri et se sont entierement annules. Mais au sujet d'Israel, que dit-on?
Ainsi parle ה' a ces ossements: Voici, Je fais entrer en vous un esprit, et vous vivrez... (Ezechiel 37,5).
C'est-a-dire qu'ils se reconnaitront dans leur saisie precedente. Cela vient de ce que meme leur faute n'etait que d'avoir mange un fruit non mur; c'est pourquoi, apres avoir un peu souffert, le Saint, beni soit-Il, leur montrera le tikoun (reparation) egalement retroactivement.
Bien plus: celui qui desire se clarifier davantage afin de reconnaitre son tikoun durant sa propre vie, le Saint, beni soit-Il, lui montre son tikoun retroactivement deja durant sa vie, comme nous trouvons dans la Guemara (Soukka 53): Ils disaient: Heureuse notre jeunesse qui n'a pas fait honte a notre vieillesse. Et pourquoi disaient-ils cela precisement a la joie du puisage de l'eau, et non durant toute l'annee?
Il ressort de la que ce n'est qu'apres s'etre clarifies par la mitsva de la soukka, qui est: Sors de ta demeure fixe et habite une demeure provisoire, afin de ne pas etre enfonces avec permanence sous aucune chose de ce monde, mais de se laisser toujours attirer apres Sa volonte, qu'il se realisait en eux: Tu as couvert ma tete au jour de la lutte (תהלים קמ,ח). Alors le Saint, beni soit-Il, leur montrait explicitement leur tikoun retroactivement, meme durant leur vie, jusqu'a ce qu'ils reconnussent bien, dans leur comprehension, comment ce qui precedait s'etait relache chez eux; aussi pouvaient-ils dire a la joie du puisage de l'eau: Heureuse notre jeunesse qui n'a pas fait honte a notre vieillesse.
איתא בגמרא (שם) אפטורי מאי מפטרינן בפסח העצמות היבשות ובסכות ביום בוא גוג וגו'. הענין הוא כדאיתא בזוה"ק (אמור קב:) בין לעילא בין לתתא כל חד וחד בארחיה נטלא ובארחיה יתבא ובארחיה אתער ועביד מאי דעביד וכו':
Il est rapporte dans la Guemara (ibid.): Quelle haftara lit-on? A Pessa'h, les ossements desseches; et a Soukkot: Le jour ou Gog viendra, etc.
Le sens en est ce qui est rapporte dans le Zohar sacre (Emor 102b): En haut comme en bas, chacun chemine selon sa voie, se meut selon sa voie, s'eveille selon sa voie et fait ce qu'il fait, etc.
היינו שכן העריך הרצון ית' שיהיה התחלפות הזמנים קיץ וחורף. יום ולילה.
קיץ נגד יום כי בקיץ מתעורר גבי האדם כל הפעולות לחרוש ולזרוע ולקצור. ויום הוא נמי זמן פעולת אדם כדכתיב תזרח השמש יאספון יצא אדם לפעלו ולעבודתו עדי ערב.
הרי שעיקר פעולת אדם הוא ביום אכן בערב שאין עוד זמן לפעול כי הוא זמן שינה ששובתים גבי האדם כל הכחות מלפעול אזי נקבעים אצלו כל הפעולות שמלפנים ונתחזקו גבי האדם היסודות למען שיהיה בכחו לפעול גם להבא. וכענין דאיתא בזוה"ק (ויקרא כה) שע"י שמוסר האדם נפשו קודם השינה ואומר בידך אפקיד רוחי מחזק השי"ת אצלו היסודות על להבא ביתר שאת.
וכן הוא בזמן החורף יען ששובתים אז הפעולות גבי האדם נתחזק אצלו כל היסודות ולכך בשבת חוה"מ סוכות יען שאז הוא זמן אסיפה לבית כדכתיב באספך מגרנך וגו' היינו שמאסף האדם אצלו לביתו כל הצמיחות מהקיץ ומנקה ומברר אותם כמאמרם ז"ל במדרש אימתי בעל הבית עומד על תבואתו בשעה שנעשה כרי ואז צריך לקבוע בהם הכרה גמורה כדכתיב וזכרת כי ה' אלהיך הוא הנותן לך כח לעשות חיל. ועל זאת ההכרה מורה ההפטרה ביום בוא גוג וגו' כי זאת יהיה נמי אחר שיגמרו כל הברורין והשי"ת יהיה מנקה אז מהעולם כל הפסולת כדכתיב לאחוז בכנפות הארץ וינערו רשעים ממנה ועל ידי שהאדם מנקה ומברר א"ע וקובע בלבו זאת ההכרה בזמן האסיפה לבית זוכה אח"כ לתחיית המתים כי ע"י שמוסר הכל להשי"ת מחזיר לו השי"ת להאדם שיהיה כל מה שנשאר אצלו מבורר בשלימות הגמור וזאת נקרא תחיית המתים כי באמת אינו מתבטל מן האדם רק מה שנדמה לו שיש לו בזה איזה כח וכסא הוות.
אבל הנקודה המבוררת הנמצא גבי האדם בלי שום כסא הוות. זאת הנקודה אינה נעדרת ואינה מתבטלת ולא מת באמת כי אם שחי וקיים לעד ולעולמי עולמים.
לכן אחר ההפטרה שבזמן האסיפה שהוא ביום בא גוג וגו' שמרמז על כל הברורין של ישראל ע"י זה בימי החורף שאחר כך מחזיק השם יתברך אצלם היסודות עד שמחזיר להם השם יתברך בפסח תחיית המתים. לכך מפטירין בפסח העצמות היבשות לרמז שלא יתבטל מישראל אפילו כחוט השערה.
ואדרבה שיתחזקו אצלם כל הכחות על להבא בימי הקיץ הבאים ביתר שאת. וזהו ג"כ שבשבת שבתוך החג היו בו כ"כ תקיעות וכמו שבאר אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה מאמרם ז"ל (חולין כו:) כל מקום שיש תקיעה אין הבדלה וכו' היינו כי הבדלה מורה על זה שמבררין ומבדילין ומפרידין את הפסולת.
והתקיעות רומזין שקובעים מה שעבר שילמד בהם השי"ת זכות לכך בכל יום היו במקדש רק עשרים ואחת תקיעות כדאיתא בגמרא (סוכה נג:) אין פוחתין מכ"א תקיעות וכו' וזה הוא נגד שם אהיה דאנא זמין לאולדא כלומר שיהיה נקבע בפעולת ישראל כל מיני לימוד זכות מהרצון ית'. ובערב שבת שבתוך החג היו שם ארבעים ושמונה תקיעות לרמז כדכתיב כח מעשיו הגיד לעמו לתת להם נחלת גוים היינו שיתחזק הלימוד זכות מהרצון ית' ביתר שאת.
כי בשבת שבתוך החג היו צריכים הרבה למודים ללמד הרבה זכותים כדאיתא בגמ' (שם ז) מיגו דהוי דופן לענין סוכה הוה דופן לענין שבת. היינו אף שלענין שבת צריכין מחיצה עבה וכבדה ביותר ממה שצריכין לענין סוכה כי מחיצת סוכה די במחיצה קלה כי אין קדושת סוכה קביע וקיימא כ"כ כמו קדושת שבת.
שקבוע וקיימא מצדו ית'. בכל זאת מאחר שהכניס הישראל את עצמו תחת ההגנה מזאת המחיצה קלה של סוכה.
הגם שקדושתה היא רק שישראל מקדשי ליה מ"מ מלמד עליו השי"ת זכות שיקלוט לו זאת המחיצה הקלה גם תחת ההגנה משבת שקדושתה קביע וקיימא מצדו ית'. ולהרבה למודים מגודל זכות כזה צריכין מ"ח תקיעות:
C'est-a-dire que la volonte divine a ainsi dispose l'alternance des temps: ete et hiver, jour et nuit. L'ete correspond au jour, car en ete toutes les actions de l'homme s'eveillent: labourer, semer et moissonner.
Et le jour est aussi le temps de l'action de l'homme, ainsi qu'il est ecrit: Le soleil se leve, ils se retirent; l'homme sort pour son œuvre et pour son travail jusqu'au soir (Psaumes 104,22-23). L'essentiel de l'action de l'homme est donc le jour.
Mais le soir, lorsqu'il n'y a plus de temps pour agir, car c'est le temps du sommeil, ou toutes les forces de l'homme cessent d'agir, toutes les actions precedentes se fixent en lui et les fondements se renforcent chez l'homme afin qu'il ait la force d'agir aussi par la suite. De meme, il est rapporte dans le Zohar sacre (Vayikra 25) que, lorsque l'homme remet son ame avant le sommeil et dit: Entre Tes mains je confie mon esprit (תהלים לא,ו), le Saint, beni soit-Il, renforce chez lui les fondements pour l'avenir avec une force accrue.
Il en est ainsi au temps de l'hiver: puisque les actions de l'homme cessent alors, tous ses fondements se renforcent. C'est pourquoi, le Chabbat de 'Hol haMoed Soukkot, puisque c'est alors le temps de rentrer a la maison, comme il est ecrit: Quand tu recueilleras de ton aire...
(Deuteronome 16,13), c'est-a-dire que l'homme rassemble dans sa maison toutes les pousses de l'ete et les nettoie et les clarifie, selon leur propos dans le Midrach: Quand le maitre de maison se tient-il sur sa recolte? Au moment ou elle devient un tas.
Il doit alors y fixer une reconnaissance entiere, ainsi qu'il est ecrit: Souviens-toi que ה', ton Elokim, est Celui qui te donne la force d'acquerir la richesse (Deuteronome 8,18). Cette reconnaissance est indiquee par la haftara: Le jour ou Gog viendra, etc.; car cela aura lieu aussi une fois achevees toutes les clarifications, lorsque le Saint, beni soit-Il, nettoiera alors du monde tout le dechet, ainsi qu'il est ecrit: Pour saisir les bords de la terre et en secouer les mechants (Job 38,13).
Par le fait que l'homme se nettoie et se clarifie lui-meme, et fixe dans son cœur cette reconnaissance au temps du rassemblement dans la maison, il merite ensuite la resurrection des morts. Car, en remettant tout au Saint, beni soit-Il, le Saint, beni soit-Il, rend a l'homme tout ce qui demeure en lui, clarifie dans une perfection complete.
Cela est appele la resurrection des morts. Car, en verite, ne s'annule de l'homme que ce qui lui semblait etre une force ou un appui propre.
Mais le point clarifie qui est chez l'homme sans aucun appui propre, ce point ne disparait pas et ne s'annule pas; il ne meurt pas vraiment, mais vit et subsiste a jamais et pour l'eternite des eternites. Ainsi, apres la haftara qui est au temps du rassemblement, soit Le jour ou Gog viendra, etc., qui renvoie a toutes les clarifications d'Israel, le Nom beni soit-Il renforce leurs fondements durant les jours d'hiver qui suivent, jusqu'a ce que le Nom beni soit-Il leur rende, a Pessa'h, la resurrection des morts.
C'est pourquoi on lit en haftara a Pessa'h les ossements desseches: pour indiquer qu'il ne s'annulera d'Israel pas meme un cheveu; au contraire, toutes les forces se renforceront chez eux pour les prochains jours d'ete avec une force accrue. C'est aussi pourquoi, le Chabbat qui tombait au milieu de la fete, il y avait tant de sonneries, comme l'expliquait mon pere et maitre, le genie saint, de memoire benie, au sujet de la parole de nos maitres (Houlin 26b): Partout ou il y a une sonnerie, il n'y a pas de havdala, etc.
C'est-a-dire que la havdala indique que l'on clarifie, distingue et separe le dechet; tandis que les sonneries renvoient a la fixation de ce qui est passe, afin que le Saint, beni soit-Il, y enseigne du merite. C'est pourquoi il n'y avait chaque jour au Temple que vingt-et-une sonneries, comme il est rapporte dans la Guemara (Soukka 53b): On ne diminue pas de vingt-et-une sonneries, etc.
Cela correspond au Nom אהיה, qui signifie: Je suis pret a engendrer; c'est-a-dire que, dans l'action d'Israel, se fixent toutes les sortes d'enseignement du merite provenant de la volonte divine. Mais la veille du Chabbat qui tombe au milieu de la fete, il y avait quarante-huit sonneries, afin d'indiquer ce qui est ecrit: Il a fait connaitre a Son peuple la force de Ses œuvres, pour leur donner l'heritage des nations (Psaumes 111,6), c'est-a-dire que l'enseignement du merite provenant de la volonte divine se renforcera avec une force accrue.
Car le Chabbat au milieu de la fete requerait beaucoup d'enseignements pour enseigner beaucoup de merites, comme il est rapporte dans la Guemara (ibid. 7a): Puisqu'elle sert de paroi pour la soukka, elle sert de paroi pour le Chabbat.
C'est-a-dire que, pour le Chabbat, il faut une cloison plus epaisse et plus solide que pour la soukka: pour la cloison de la soukka, une cloison legere suffit, car la saintete de la soukka n'est pas aussi fixe et subsistante que la saintete du Chabbat, qui est fixe et subsistante de Son cote, beni soit-Il. Toutefois, puisque l'Israel s'est introduit sous la protection de cette legere cloison de soukka, bien que sa saintete ne vienne que de ce qu'Israel la sanctifie, le Saint, beni soit-Il, enseigne du merite a son sujet, afin que cette legere cloison le recoive aussi sous la protection du Chabbat, dont la saintete est fixe et subsistante de Son cote, beni soit-Il.
Et, pour de nombreux enseignements tires d'un si grand merite, il faut quarante-huit sonneries.
הענין שבפסח מפטירין בתחית המתים ובסכות מפטירין ביום בא גוג כדאיתא בגמרא (שם לא) באר אאמו"ר הגה"ק זצלה"ה יען שבזמן הפסח מתחילין כל הצמיחות בעולם. וזה מרמז על תחית המתים כדאיתא במדרש שבזמן התחיה יעלו מן הקרקע כעשב הארץ שנאמר ויציצו מעיר כעשב הארץ ועל זה אמרו ז"ל בגמרא (סנהדרין צא) מה דלא הוי הוה מה דהוי לא כש"כ היינו כי מחמת שהיו הנפשות בזה העולם בהסתר הגוף מפאת זה בעצמו המה רוצים לחזור לזה העולם כדי לתקן ולברר את הגוף הגשמי שהיה מקודם בחושך ובהסתר כדאי' בזוה' ק (בשלח נד:) ואי.
תימא הואיל ואתקשרו בצרורא דחיי ומתענגי בענוגא עלאה אמאי יחית לון קב"ה לארעא. פוק ואוליף מזמנא קדמאה דכל אינון רוחין ונשמתין דהוו בדרגא עלאה דלעילא וקב"ה אחית להו לארעא לתתא.
כל שכן השתא דבעי קב"ה לישרא לעקימא כדאיתא כי אדם אין צדיק בארץ אשר יעשה טוב ולא יחטא וכו' ומזה התחיה שיהיה לעתיד נתעוררו גם עכשו בזמן הפסח כל הצמיחות הן בתבואה הן בפרנסה. כי כל הצמיחות שבעולם הם הכל הארה מלמסקי תהומא היינו מהישועה של תחית המתים.
ובסכות שהוא זמן אסיפה לבית שהאדם מברר אז האכל מתוך הפסולת וזה רומז כדכתיב לאחוז בכנפות הארץ וינערו רשעים ממנה. לזה מפטירין ביום בא גוג שרומז על גמר כל הברורין.
והבירור יהיה מצות סוכה ועל זה הבירור האחרון נאמר סכותה לראשי ביום נשק וכמבואר בירושלמי ביום שישיקו הזמנים זה את זה קיץ יוצא וחורף נכנס וכו' ביום נשקו של גוג וכו' והוא כדאי' במדרש פרעה ביקש לקצץ את הענפים והמן את השרשים וגוג אומר שיזדקק לפטרון של ישראל היינו שאומר כיון שבאמת הוא כל עבודת ישראל רק כדכתיב תכין לבם תקשיב אזנך א"כ הוא נמי השי"ת כל יכול לבחור גם באומה אחרת ולהכין את לבבם ג"כ. ועל זאת הטענה נאמר פורה דרכתי לבדי וגו' וכל מלבושי אגאלתי וגו' היינו שהשי"ת אומר שלהראות בהתגלות מפורש זה ההבדל שיש בין ישראל לעכו"ם צריכין מקודם להסיר מזה העולם כל הלבושים לגמרי אזי יהיה יתכן בזה הכרה מפורשת.
אבל כל עוד שקיימים הלבושים מזה העולם לא יתכן להראות זה ההבדל מפורש כי להראות זאת מפורש בזה העולם הוא גבי כביכול ית' כל מלבושי אגאלתי כי באמת זה הבירור הוא דק מאוד ועל זה הבירור מורה מצות סוכה ולזה יהיה מצות סוכה הבירור האחרון כדאיתא בגמ' (ע"ז ג') וזאת המצוה מסוכה מורה אשר מי שמקיים בזה העולם מצות סוכה יהיה לו הגנה גם בזמן הבירור האחרון:
Le sens de ce qu'a Pessa'h on lit en haftara la resurrection des morts et qu'a Soukkot on lit: Le jour ou Gog viendra, comme il est rapporte dans la Guemara (ibid. 31a), mon pere et maitre, le genie saint, de memoire benie, l'expliquait ainsi.
Au temps de Pessa'h commencent toutes les pousses dans le monde. Cela renvoie a la resurrection des morts, comme il est rapporte dans le Midrach: au temps de la resurrection, ils sortiront de terre comme l'herbe de la terre, ainsi qu'il est dit: Ils fleuriront de la ville comme l'herbe de la terre (Psaumes 72,16).
Et nos maitres ont dit dans la Guemara (Sanhedrin 91a): Ce qui n'a pas ete sera; ce qui a ete, a plus forte raison. C'est-a-dire que, parce que les ames etaient dans ce monde sous le voile du corps, elles veulent precisement retourner dans ce monde afin de reparer et clarifier le corps materiel, qui etait auparavant dans les tenebres et dans le voile, comme il est rapporte dans le Zohar sacre (Beshala'h 54b): Et si tu dis: puisqu'elles sont liees dans le faisceau de la vie et se delectent dans la delice supreme, pourquoi le Saint, beni soit-Il, les ferait-Il descendre sur terre?
Va apprendre du temps premier: tous ces esprits et ces ames qui etaient dans le degre superieur d'en haut, le Saint, beni soit-Il, les a fait descendre sur terre, en bas. A plus forte raison maintenant, lorsque le Saint, beni soit-Il, veut redresser ce qui est tordu, comme il est ecrit: Il n'est point d'homme juste sur la terre qui fasse le bien sans fauter (Ecclesiaste 7,20), etc.
De cette resurrection qui sera a l'avenir, s'eveillent aussi maintenant, au temps de Pessa'h, toutes les pousses, tant dans la recolte que dans la subsistance. Car toutes les pousses du monde sont une illumination de la remontee des profondeurs, c'est-a-dire de la delivrance de la resurrection des morts.
Et a Soukkot, qui est le temps du rassemblement dans la maison, lorsque l'homme clarifie alors la nourriture d'entre le dechet, cela renvoie a ce qui est ecrit: Pour saisir les bords de la terre et en secouer les mechants (Job 38,13). C'est pourquoi on lit: Le jour ou Gog viendra, qui renvoie a l'achevement de toutes les clarifications.
La clarification sera la mitsva de la soukka, et de cette derniere clarification il est dit: Tu as couvert ma tete au jour de la lutte (תהלים קמ,ח). Comme l'explique le Talmud de Jerusalem: au jour ou les temps se touchent l'un l'autre, lorsque l'ete sort et que l'hiver entre, etc.; au jour de la rencontre de Gog, etc.
Et c'est ce qui est rapporte dans le Midrach: Pharaon a voulu couper les branches, Haman les racines, et Gog dit qu'il s'en prendra au protecteur d'Israel. C'est-a-dire qu'il dit: puisque, en verite, tout le service d'Israel n'est que, comme il est ecrit: Tu prepares leur cœur, Ton oreille ecoute (Psaumes 10,17), le Saint, beni soit-Il, qui peut tout, peut aussi choisir une autre nation et preparer egalement leur cœur.
A cette argumentation il est dit: J'ai foule seul au pressoir... et J'ai souille tous Mes vetements... (Isaie 63,3).
C'est-a-dire que le Saint, beni soit-Il, dit que, pour montrer en revelation explicite la difference qui existe entre Israel et les nations idolatres, il faut auparavant enlever entierement de ce monde tous les vetements; alors seulement une reconnaissance explicite sera possible. Mais tant que subsistent les vetements de ce monde, il n'est pas possible de montrer explicitement cette difference.
Car, montrer explicitement cela dans ce monde est, pour ainsi dire, pour le Saint, beni soit-Il: J'ai souille tous Mes vetements. En effet, cette clarification est tres subtile, et la mitsva de la soukka indique cette clarification.
C'est pourquoi la mitsva de la soukka sera la derniere clarification, comme il est rapporte dans la Guemara (Avoda Zara 3a); et cette mitsva de soukka indique que celui qui accomplit dans ce monde la mitsva de la soukka aura une protection egalement au temps de la derniere clarification.
« David a dit dix sortes de louanges, et la plus grande est Halleluya, car elle inclut le Nom et la louange en une seule fois » (Pessa'him 117a). Pour le Sod Yecharim, הללו est lumière et י״ה le Nom par lequel D.ieu a formé les mondes : la perfection de la royauté du Ciel se fait par le service d'Israël. Le Nom fait allusion à Sa volonté, la louange à la saisie de l'homme ; plus l'homme approfondit son service, plus ils s'unissent. Clarifié dans Zeir Anpin par une repentance complète, D.ieu l'éclaire depuis Atika (l'Ancien), sans dissimulation de face : cette dissimulation n'était qu'une hypothèse initiale, afin que la conclusion sorte plus largement.
Aussi : הללו au début du chapitre, lumière d'Atika à la sortie d'Égypte, et הללויה à la fin après les clarifications du service ; « le Nom passa devant lui », un ה׳ dans Zeir Anpin puis un dans Atika selon l'Ari Z"L
איתא בגמרא (פסחים קיז) עשרה מיני שבחים אמר דוד בספר תהלים וגדול מכולן הללויה שכולל שם ושבח בבת אחת וכו' ענין הללו הוא אור מלשון הכתוב ועטישותיו תהל אור וי"ה הוא כדכתיב בי"ה ה' צור עולמים היינו שכביכול ית' הציב רצון שכל השלימות ממלכות שמים יהיה ע"י עבודת ישראל וע"י עבודתם יהיה אור לכל הבריאה וזהו שכולל שם ושבח בבת אחת. שם.
רומז על הרצון ית'. ושבח רומז על עבודה שבתפיסת אדם.
ונקרא שבח מלשון הכתוב בשוא גליו אתה תשבחם היינו שמעמיק אותם. כך כמה שמעמיק האדם בעבודתו למצוא בכל הדברים כבוד שמים כך ממשיך את האור לכל הלבושים.
וזהו שכולל שם ושבח בבת אחת היינו שנתאחדו ביחד הרצון ית' עם התפיסה של אדם. ואיתא שם הללו בריש פרקא והללו בסוף פרקא.
הללו בריש פרקא מרמז על אור עתיקא שפתח השי"ת ביציאת מצרים. שטרם כל עבודות עלו ישראל במחשבה.
והללויה בסוף פרקא רומז על האור שמנהיר השי"ת להאדם אחר כל ברורי עבודתו וכענין דאיתא בזוה"ק (פקודי רנח) וכדין כד יסתיים גלותא במשוכא דרגלין כדין ועמדו רגליו ביום ההוא וגו' עד דמאטין רגלין ברגלין וכו' ולזה איתא בגמ' (שם) פלוגתא רב חסדא אמר הללויה סוף פרקא רבה בר ר"ה אמר הללויה ריש פרקא. אמר ר"ח חזינא להו לתילי דבי רב חנין דכתיב בהו הללויה באמצע פרקא אלמא מספקא ליה ור"ח סבר משום זה שהוא סוף פרקא.
אבל בהללויה דבתריה ראשית חכמה יראת ה' אין שם שום פלוגתא כלל והכל מודים שהוא ריש פרקא כי כיון שפותח השי"ת מראשית חכמה זה האור אינו צריך לשום ברורין מהאדם כי הוא מעתיקא. וזהו שנאמר בפ' ראה וגו' ויעבור ה' על פניו ויקרא ה' ה' וגו' ולהבין איך שייך פנים הלא על המלאכים נושאי הכסא ונושאי המרכבה נאמר ולא יסבו בלכתן וארבעה פנים לאחת.
ואיך שייך אצל כביכול ית' פניו. אמנם זה הוא כמו שמצינו בזוה"ק האי בזעיר אפין אתמר היינו מצד האדם הציב השי"ת תפיסה שיש גילוי פנים וממילא מוכרח שפעמים אינו כ"כ בגילוי פנים.
וזהו רק מצד האדם אבל בעתיקא שם הוא תמיד אור בהיר בלי שום הסתרה. ולזה כאשר האדם מברר עצמו בזעיר אנפין היינו כשחוזר האדם בתשובה שלימה ומכיר היטב שכל ההסתרה שהיה אצלו מקודם זה היה משום שלא היה בו אז דעה מיושבת ולא היה לבו עליו על דרך שמצינו בגמ' (נדרים) ששאל לו לבך עליך והשיב לו לאו ושרי ליה רבא את הנדר וכן הוא בכל הדברים אם מכיר האדם שכל ההסתרה שהיה אצלו מקודם משום שלא היה אז לבו עליו ואם היה אז לבו עליו כמו עכשיו בשעת התשובה שעומד בדעה מיושבת בודאי לא היה מכניס עצמו להסתר כזה.
וזהו תשוב ה' לגבי וא"ו (זוה"ק נשא קכב) אז מנהיר לו השי"ת מעתיקא וזהו ויעבור ה' על פניו כלומר שעבר השי"ת על התפיסה שהציב בזעיר אנפין שיש גילוי פנים ויש הסתר פנים. ומנהיר מעתיקא שאין שם מקום כלל להסתר פנים רק הכל הארת פנים ויקרא ה' ה' וכמבואר בזוה"ק (נשא קלח) ה' ה' חד בעתיקא וחד בזעיר אנפין ובאר האר"י הק' ז"ל שכאן השם הנאמר בתחלה הוא בזעיר אנפין והשם הנאמר אח"כ הוא בעתיקא כי אחר שמברר האדם א"ע בזעיר אנפין מנהיר לו השי"ת מעתיקא שכל ההסתר שהיה אצלו מקודם היה רק כדאיתא בזוה"ק (בא לד) אית למנדע טב ואית למנדע רע והדר להדרי לטב וזה ההסתר שהיה אצלו מלפנים היה רק משום שחפץ השי"ת להראות אותו את המכוון מהרצון ית' הנמצא בעומק זאת ההסתרה ג"כ וכל אותו ההסתר שהיה אצלו מקודם היה על דרך סלקא דעתו שעל ידו יצא המסקנא יותר בריוח ובלעדי זה הסלקא דעתך לא היה יתכן כלל שיגיע לזאת המסקנא כ"כ בריוח כענין שמצינו בגמ' (ב"מ פד) דאקשי ליה כ"ד קושיות ועל ידי זה ממילא רווחא שמעתתא וכל הקושיות שהיה מקודם היה רק בדרך סלקא דעתך למען שאחר כל התרוצים יהיה המסקנא יותר בריוח ככה מנהיר השי"ת להאדם אחר התשובה שכל ההסתרה שהיה גבי האדם מקודם זה היה משום שהשי"ת היה חפץ להראות לו מסקנת הקא משמע לן יותר בריוח לזה היה מוכרח שיהיה מקודם כ"כ בחושך והרבה קשיות ועי"ז יהיו תרוצים ג"כ ביותר וממילא רווחא שמעתתא:
Il est rapporte dans la Guemara (Pessahim 117a) : David a dit dix sortes de louanges dans le livre des Psaumes, et la plus grande de toutes est Halleluya, car elle inclut le Nom et la louange en une seule fois, etc. Le sens de הללו est lumiere, selon le verset : 'Ses eternuements font jaillir la lumiere' (Job 41,10), et י"ה est, comme il est ecrit : 'Par י"ה, le Nom a forme les mondes' (Isaie 26,4), c'est-a-dire que le Saint, beni soit-Il, a etabli dans Sa volonte que toute la perfection de la royaute du Ciel se fasse par le service d'Israel, et que par leur service il y ait de la lumiere pour toute la creation.
C'est cela qui inclut le Nom et la louange en une seule fois. Le Nom fait allusion a Sa volonte, beni soit-Il, et la louange fait allusion au service qui est dans la saisie de l'homme.
Elle est appelee louange selon le verset : 'Lorsque ses flots se soulevent, Tu les abaisses' (Psaumes 89,10), c'est-a-dire que Tu les approfondis. De meme, plus l'homme approfondit son service pour trouver en toutes choses l'honneur du Ciel, plus il attire la lumiere dans tous les vetements.
C'est cela qui inclut le Nom et la louange en une seule fois : Sa volonte, beni soit-Il, et la saisie de l'homme se sont unies ensemble. Il est rapporte la-bas : 'הללו au debut du chapitre et הללויה a la fin du chapitre'. הללו au debut du chapitre fait allusion a la lumiere de Atika (l'Ancien), que le Saint, beni soit-Il, ouvrit lors de la sortie d'Egypte : avant tout service, Israel etait monte dans la pensee.
Et הללויה a la fin du chapitre fait allusion a la lumiere que le Saint, beni soit-Il, fait briller a l'homme apres toutes les clarifications de son service, ainsi qu'il est rapporte dans le Zohar (Pekoudei 258a) : 'Alors, lorsque l'exil s'achevera par l'attraction des pieds, alors Ses pieds se tiendront en ce jour-la, etc., jusqu'a ce que les pieds atteignent les pieds', etc. C'est pourquoi il est rapporte dans la Guemara (ibid.) une divergence : Rav Hisda dit que Halleluya est a la fin du chapitre ; Rabba bar Rav Houna dit que Halleluya est au debut du chapitre.
Rav Hisda dit : 'J'ai vu les feuillets de l'ecole de Rav Hanin, ou Halleluya est ecrit au milieu du chapitre ; il en resulte qu'ils etaient dans le doute.' Rav Hisda pense que c'est a cause de ce qui est a la fin du chapitre. Mais au sujet du Halleluya apres lequel vient 'Le commencement de la sagesse est la crainte du Nom' (Psaumes 111,10), il n'y a aucune divergence ; tous reconnaissent qu'il est au debut du chapitre.
Car puisque le Saint, beni soit-Il, ouvre par le commencement de la sagesse, cette lumiere n'a besoin d'aucune clarification de la part de l'homme, car elle vient de Atika. C'est ce qui est dit dans la paracha Reeh, etc. : 'Le Nom passa devant lui et proclama : ה' ה'', etc.
(Exode 34,6). Il faut comprendre comment le terme 'devant lui' peut s'appliquer ; car des anges qui portent le Trone et de ceux qui portent le Char, il est dit : 'Ils ne se tournaient pas en allant', et 'chacun avait quatre faces' (Ezechiel 1,9.6).
Comment donc peut s'appliquer a Lui, pour ainsi dire, 'Sa face' ? Mais cela est semblable a ce que nous trouvons dans le Zohar : 'Ceci est dit dans Zeir Anpin.' C'est-a-dire que, du cote de l'homme, le Saint, beni soit-Il, a etabli une saisie selon laquelle il y a revelation de face ; et il s'ensuit necessairement que parfois il n'y a pas autant de revelation de face.
Cela n'est que du cote de l'homme ; mais dans Atika il y a toujours une lumiere claire, sans aucune dissimulation. C'est pourquoi, lorsque l'homme se clarifie dans Zeir Anpin, c'est-a-dire lorsqu'il revient par une repentance complete et reconnait bien que toute la dissimulation qu'il avait auparavant venait de ce qu'il n'avait pas alors l'esprit pose et que son cœur n'etait pas avec lui, selon ce que nous trouvons dans la Guemara (Nedarim) : 'Ton cœur etait-il avec toi ?' Il repondit : 'Non', et Rava lui permit son vœu.
Ainsi en est-il en toutes choses : si l'homme reconnait que toute la dissimulation qu'il avait auparavant venait de ce que son cœur n'etait pas alors avec lui, et que si son cœur avait ete avec lui, comme maintenant au moment de la repentance, ou il se tient dans un esprit pose, il ne se serait certainement pas introduit dans une telle dissimulation. C'est le retour de ה' vers le ו (Zohar, Nasso 122b).
Alors le Saint, beni soit-Il, l'eclaire depuis Atika. C'est le sens de 'Le Nom passa devant lui' : le Saint, beni soit-Il, passa au-dela de la saisie qu'Il avait etablie dans Zeir Anpin, selon laquelle il y a revelation de face et dissimulation de face, et Il eclaire depuis Atika, ou il n'y a aucune place pour la dissimulation de face, mais tout est illumination de face. 'Et Il proclama : ה' ה'' ; ainsi qu'il est explique dans le Zohar (Nasso 138a), un ה' est dans Atika et un autre dans Zeir Anpin.
Le saint Ari, de benie memoire, explique que le Nom mentionne d'abord ici est dans Zeir Anpin, et que le Nom mentionne ensuite est dans Atika. Car apres que l'homme se clarifie dans Zeir Anpin, le Saint, beni soit-Il, l'eclaire depuis Atika : toute la dissimulation qu'il avait auparavant etait seulement comme il est rapporte dans le Zohar (Bo 34a) : 'Il y a a connaitre le bien, il y a a connaitre le mal, puis a retourner au bien.' Cette dissimulation qu'il avait precedemment etait seulement parce que le Saint, beni soit-Il, desirait lui montrer aussi le vise de Sa volonte qui se trouve dans la profondeur de cette dissimulation.
Toute la dissimulation qu'il avait auparavant etait comme une hypothese initiale, afin que par elle la conclusion sorte plus largement ; et sans cette hypothese initiale, il ne serait nullement possible d'arriver a cette conclusion avec une telle largeur. Ainsi que nous trouvons dans la Guemara (Bava Metsia 84a), qu'il lui objectait vingt-quatre objections et que, par cela, l'enseignement s'elargissait de lui-meme.
Toutes les objections precedentes n'etaient que comme une hypothese initiale, afin qu'apres toutes les reponses la conclusion soit plus large. Ainsi le Saint, beni soit-Il, eclaire l'homme apres la repentance : toute la dissimulation qui etait chez l'homme auparavant venait de ce que le Saint, beni soit-Il, desirait lui montrer plus largement la conclusion du 'ce qu'il vient nous enseigner'.
C'est pourquoi il etait necessaire qu'il y ait auparavant tant d'obscurite et beaucoup d'objections ; de ce fait, les reponses aussi sont plus nombreuses, et l'enseignement s'elargit de lui-meme.