Ces enseignements des années 5631 à 5636 reviennent sur une question de Rachi : « Que manquait-il au monde ? Le repos. » Pour le Sfat Emet, ce repos est le but de la création. Pendant la semaine, chaque créature agit avec la force que D.ieu lui a donnée, le feu pour brûler, l'arbre pour croître ; le Chabbat ramène chaque chose à sa racine, le point de vie qui vient de D.ieu, et toutes s'unissent pour devenir un instrument de Sa volonté. D'où la lecture du Zohar, qui rattache à « Berechit » les mots « yaré Chabbat », crains le Chabbat : celui qui agit doit savoir que sa force vient de Lui, comme la hache dans la main du bûcheron.
Aussi : pourquoi la Torah ne commence pas par « Ce mois-ci pour vous » ; la bénédiction du Chabbat et la manne ; Hevel, qui « apporta lui aussi » sa propre personne avec son offrande.
תרל"א
[5631]
ב"ה
Avec l'aide du Ciel
ברש"י ז"ל מה הי' עולם חסר מנוחה בא שבת בא מנוחה כלתה ונגמרה המלאכה. כי בריאת העולם היה להשפיע אור וטובו של השי"ת בעוה"ז שהוא הטבע ושעל שם זה נקרא עולם על שם ההעלם כבוד ה' בעוה"ז כמ"ש אא"ז מו"ר זצלה"ה.
אך כמו שצריך להיות הכל בטל אל המכוין אז נתגדל שמו ית' בעוה"ז יותר כדכתיב וירא א-להים כל אשר עשה טוב מאוד. פי' כמ"ש כל פעל ה' למענהו כי הכלל לעולם מחובר בכח הפועל אם כי בפרט יש דברים שמתנגדים להקדושה.
אבל בכלל נאמר הכל ברא לכבודו. ועל שם זה קודם שבת הי' עולם חסר מנוחה והוא השבת שכולל כל ימי השבוע ושבת דאתאחדת ברזא דאחד כו'.
שכל הדברים מתעלים ונעשין אחד מיוחדים להיות כלי להשי"ת לעשות בהם כרצונו. וז"ש ויכלו במד' שנעשה מעשה בראשית כלי והוא ע"י התכללות.
ופי' ויכלו מלשון כלתה נפשי כי הוא הביטול שכל דבר מתבטל לנקודה חיות שיש בהם מהשי"ת. וזהו נק' מנוחה שהיא שביתות הכל ומקום ושורש הכל.
ועל בחי' זו נאמר הוא מקומו של עולם וכמ"ש אל יצא איש ממקומו ביום השביעי כו'. וזה כלתה ונגמרה המלאכה כי זה מכוון הבריאה.
ואמרו חז"ל כלי מחזיק ברכה הוא השלום. ובזוה"ק מאי שבת שמא דקוב"ה והוא שלום.
ופי' שם הוא התגלות כבודו במעשה בראשית הרחוק ג"כ כי קודם הבריאה הי' ה' אחד. ובחי' הבריאה הוא שמו אחד כדי להראות שלימותיו.
וכשכל הבריאה מתבטל להכלל שנקרא כנס"י. זה שמו אחד והוא כלי לעצמותו ית' והבן:
Dans Rachi, de mémoire bénie : que manquait-il au monde ? Le repos.
Vint le Chabbat, vint le repos ; l'œuvre fut achevée et terminée. Car la création du monde avait pour but de répandre la lumière et la bonté du Saint béni soit-Il dans ce monde-ci, qui est la nature, et c'est pourquoi il est appelé 'olam' (monde), du terme 'hé'elem' (occultation), l'occultation de la gloire de D.ieu dans ce monde-ci, comme l'a dit mon grand-père, mon maître et enseignant, de mémoire bénie pour la vie du monde à venir.
Mais de même qu'il faut que tout soit annulé (batel) devant Celui qui en est le but, alors Son Nom, qu'Il soit exalté, grandit davantage dans ce monde-ci, comme il est écrit : 'Et D.ieu vit tout ce qu'Il avait fait, et voici c'était très bon' (Genèse 1,31). Explication, comme il est écrit : 'L'Éternel a tout fait pour Lui-même' (Proverbes 16,4), car l'ensemble (le klal) est toujours attaché à la force de Celui qui agit, même si dans le détail il y a des choses qui s'opposent à la sainteté.
Mais dans l'ensemble il est dit : Il a tout créé pour Sa gloire. Et c'est pourquoi, avant le Chabbat, le monde manquait de repos : c'est le Chabbat qui inclut tous les jours de la semaine, le Chabbat qui s'unifie dans le secret de l'Un, etc.
Car toutes les choses s'élèvent et deviennent une seule, unifiées pour être un instrument (kli) au service du Saint béni soit-Il, afin d'accomplir en elles Sa volonté. Et c'est le sens de 'Vayekhoulou' (ils furent achevés) : dans le Midrach, l'œuvre de la création devint un instrument, et cela par l'inclusion (hitkalelout).
Et l'explication de 'Vayekhoulou' est du terme 'kaltah nafshi' (mon âme se consume de désir, Psaumes 84,3), car c'est l'annulation (bitoul) par laquelle chaque chose s'annule devant le point de vie qui est en elle, provenant du Saint béni soit-Il. Et c'est ce qu'on appelle le repos (menoukha), qui est le repos de tout, le lieu et la racine de tout.
Et c'est de cet aspect qu'il est dit : 'Il est le lieu du monde', et comme il est écrit : 'Que nul ne sorte de son lieu le septième jour' (Exode 16,29), etc. Et c'est 'l'œuvre fut achevée et terminée', car c'est le but de la création.
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : l'instrument qui contient la bénédiction, c'est la paix (shalom). Et dans le Zohar saint : qu'est-ce que le Chabbat ?
Le Nom du Saint béni soit-Il, et c'est la paix. Et l'explication de 'Nom' (shem), c'est la révélation de Sa gloire dans l'œuvre de la création, qui est aussi lointaine, car avant la création D.ieu était un (Hachem ehad).
Et l'aspect de la création, c'est 'Son Nom est un' (shemo ehad), afin de montrer Ses perfections. Et lorsque toute la création s'annule pour s'inclure dans ce qu'on appelle Knesset Yisrael (l'assemblée d'Israël), c'est 'Son Nom est un', et elle devient un instrument pour Son essence, qu'Il soit béni ; comprends-le.
ברש"י א"ר יצחק לא הי' צריך להתחיל התורה אלא מהחודש הזה מצוה ראשונה אלא כח מעשיו הגיד כו'. ויש להבין מה התירוץ על כל הפרשיות מבראשית עד החודש הזה.
אך פירוש הדבר כי אף שעיקר התורה למצותיה נאמר. וזה תורה שבכתב.
אבל השי"ת רצה לברר כי גם עוה"ז וכל הבריאה ג"כ ע"י כח התורה כמ"ש בראשית הביט בתורה וברא העולם. וזהו ענין תורה שבע"פ שתלוי במעשה האדם.
וזה כל הפרשיות ממעשי אבות להראות כי נעשה ממעשיהם תורה. וזה נקרא כח מעשיו הכח שנתן השי"ת בתוך המעשה.
ועל שם זה נקרא מעשה בראשית להגיד כי בעשרה מאמרות נברא העולם שגם חיות העולם ע"י התורה. ועבודת האדם לברר זה שכל מעשה ע"י חיות השי"ת.
וכשהאדם עושה מעשיו עפ"י כח התורה להשלים רצון הבורא אז מחדש האור שנגנז בהטבע. וע"ז נאמר ואשים דברי בפיך כו' וליסוד ארץ לאמור לציון עמי אתה ודרשו חז"ל אל תקרא עמי אלא עמי שהוא שותף במעשה בראשית בזוה"ק [בהקדמה דף ה'].
פי' ציון הוא הנקודה שיש בכל דבר רשימה ואות לזכור שהוא מהשי"ת. והוא החיות שמחי' כל דבר.
והאדם הדבוק בנקודה זו וכל חיותו נמשך אחר זאת הנקודה נעשה שותף במעשה בראשית. ועי"ז לתת להם נחלת גוים שיהי' נחלה בלי מצרים שע"י שאדם מקשר עולם הטבע בכח הפועל.
אין הטבע יכול להסתיר כח הקדושה:
Dans Rachi : Rabbi Yitzhak a dit : la Torah n'aurait dû commencer qu'à partir de 'Ce mois-ci pour vous' (Exode 12,2), premier commandement ; mais 'Il a révélé à Son peuple la force de Ses œuvres' (Psaumes 111,6), etc. Il faut comprendre quelle est la réponse concernant toutes les sections depuis 'Bereshit' jusqu'à 'Ce mois-ci'.
Mais l'explication de la chose est que, bien que l'essentiel de la Torah ait été dit pour ses commandements -- et c'est la Torah écrite -- le Saint béni soit-Il a voulu clarifier que ce monde-ci et toute la création existent eux aussi par la force de la Torah, comme il est dit : 'Bereshit', Il regarda dans la Torah et créa le monde. Et c'est le sujet de la Torah orale, qui dépend de l'action de l'homme.
Et telles sont toutes les sections traitant des actions des Patriarches, pour montrer que de leurs actions il s'est fait une Torah. Et c'est ce qu'on appelle 'la force de Ses œuvres', la force que le Saint béni soit-Il a placée à l'intérieur de l'action.
Et c'est pourquoi on l'appelle 'l'œuvre de la création' (maasse bereshit), pour dire que par dix paroles le monde fut créé, car même la vie du monde vient par la Torah. Et le service de l'homme est de clarifier cela : que toute action se fait par la vie du Saint béni soit-Il.
Et lorsque l'homme accomplit ses actions selon la force de la Torah pour parfaire la volonté du Créateur, alors il renouvelle la lumière cachée dans la nature. Et c'est ce qui est dit : 'J'ai mis Mes paroles dans ta bouche... pour fonder la terre et dire à Sion : tu es Mon peuple' (Isaie 51,16), et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué : ne lis pas 'ami' (Mon peuple) mais 'immi' (avec Moi), car il est associé à l'œuvre de la création, dans le Zohar [dans l'introduction, folio 5].
L'explication : Sion (tzion) est le point qui existe en chaque chose, une trace et un signe pour se souvenir qu'elle vient du Saint béni soit-Il. Et c'est la vie qui anime chaque chose.
Et l'homme attaché à ce point, dont toute la vie découle de ce point, devient associé à l'œuvre de la création. Et par cela, 'leur donner l'héritage des nations' (Psaumes 111,6), afin que ce soit un héritage sans frontières : car lorsque l'homme relie le monde de la nature à la force de Celui qui agit, la nature ne peut plus dissimuler la force de la sainteté.
בספר קדושת לוי הקשה איך הי' מתחיל מהחודש הזה והלא התורה צריך להתחיל בב'. וי"ל כי מה שמתחיל בב' כמ"ש במדרש לשון ברכה הלואי שיתקיים כו' וגם כנגד ב' עולמות כו' וכן בזוה"ק שעלו האותיות והשי"ת השיב לכל אות כי אין כדאי לעוה"ז כו' והכל ע"י שעוה"ז הוא עולם הטבע.
וזה עתה. אבל הקושיא להיות מתחיל מהחודש היא בחי' תורה שבכתב ולא הי' מקום הסתר כלל והי' גם העוה"ז נמשך אחר התורה והמצות.
רק עתה שכח מעשיו הגיד כנ"ל למשוך כח התורה גם בעולם הטבע לכן מתחיל בב' כנ"ל:
Dans le livre Kedoushat Levi, il pose la difficulté : comment [la Torah] aurait-elle pu commencer par 'Ce mois-ci', alors que la Torah doit commencer par la lettre 'bet' ? On peut répondre que le fait qu'elle commence par 'bet' -- comme il est dit dans le Midrach, terme de bénédiction (berakha), 'puisse-t-il se réaliser', etc., et aussi en correspondance avec les deux (bet) mondes, etc., et de même dans le Zohar : les lettres montèrent et le Saint béni soit-Il répondit à chaque lettre qu'elle n'était pas digne de ce monde-ci, etc. -- et tout cela parce que ce monde-ci est le monde de la nature.
Et cela, c'est 'maintenant'. Mais la difficulté de commencer par 'Ce mois-ci' relève de l'aspect de la Torah écrite, où il n'y avait aucun lieu de dissimulation, et où même ce monde-ci suivait la Torah et les commandements.
Seulement, maintenant que 'la force de Ses œuvres Il a révélée', comme ci-dessus, pour attirer la force de la Torah aussi dans le monde de la nature, c'est pourquoi elle commence par 'bet', comme ci-dessus.
ויברך אלקים את יום השביעי ברש"י ברכו במן קדשו במן כו'. בזוה"ק יתרו כיון דלא אשתכח בי' מנא מה ברכתא כו' אלא הכי תאנא כל ברכאין בשביעאה תליין.
אין מובן התירוץ. אך כי הפרנסה נמשך ממקום גבוה.
וכל ימי החול הם ירדו בעוה"ז ונתלבשו בימי המעשה והשבת נשאר במקום גבוה ועי"ז מיני' מתברכין שיתא יומין ולכך בשבת לא ירד המן כי הוא גבוה מבחי' המאכל רק ע"י שיום זה נשאר כמו שהוא. עי"ז יכולין ימי המעשה ג"כ למשוך חיות ממקורם (והדברים מובנים מה שנק' ימי מלאכה שבחול ע"י מלאכים כנודע.
ולכן אף כי ששת הימים במקורם גבוהים מהשבת רק ששבת נשאר כמו שהי' והבן מאוד):
'Et D.ieu bénit le septième jour' (Genèse 2,3). Dans Rachi : Il le bénit par la manne, Il le sanctifia par la manne, etc.
Dans le Zohar Yitro : puisqu'il ne s'y trouvait pas de manne, quelle est la bénédiction, etc. ? Mais ainsi l'avons-nous appris : toutes les bénédictions dépendent du septième.
La réponse ne se comprend pas. Mais c'est que la subsistance (parnassa) découle d'un lieu élevé.
Et tous les jours de la semaine, ils sont descendus dans ce monde-ci et se sont revêtus des jours ouvrables, tandis que le Chabbat est resté dans le lieu élevé, et par cela 'de lui sont bénis les six jours'. Et c'est pourquoi le Chabbat la manne ne descendait pas, car elle est plus élevée que l'aspect de la nourriture ; c'est seulement parce que ce jour reste tel qu'il est, par cela les jours ouvrables peuvent eux aussi attirer la vie de leur source.
(Et les choses se comprennent : ce qu'on appelle 'jours de travail (melakha)', c'est que les jours ouvrables se font par l'intermédiaire des anges (mala'khim), comme on le sait. Et c'est pourquoi, bien que les six jours dans leur source soient plus élevés que le Chabbat, c'est seulement que le Chabbat reste tel qu'il était ; comprends bien cela.)
תרל"ב
[5632]
ב"ה בראשית
Avec l'aide du Ciel. Bereshit.
בזוה"ק ירא שבת. מה ענין זה לבראשית.
אך זה פי' בראשית ברא שיהי' כל הבריאה דבוקה בכח הראשית והתחלת השורש שהיא נקודה מהש"י שנותנת חיים והוי' לכל הנבראים. והוא בחי' שבת כי בו שבת מכל מלאכתו כו' כי שבת.
מחזיר כל הבריאה לשורשו שהוא רצונו ית'. אשר ברא לעשות פי' שנתן הש"י כח בהנבראים לפעול כ"ד.
פעולתו. אש לשרוף.
אילן לצמוח. וגם בב"ח להיות לו הבחירה לעשות כרצונו.
ועכ"ז הי' המכוון שידע כל פעול כי הוא ית' הנותן לו הכח אף שעושה מעצמו הוא כגרזן ביד החוצב. וזה הי' כל מכוין הבריאה רק לבחי' שבת.
וזש"כ תכלית שמים וארץ. וזש"כ רש"י ז"ל הי' עולם חסר מנוחה שהיא השבה וחזרת הכל לשורשו ונשלם בשבת עיקר הרצון בהבריאה וזה ירא שבת להיות בכל דבר היראה מונח ע"פ האדם.
ע"י נקודה הפנימיות שנקרא שבת שהיא עיקר החיות. וז"ש זכר למעשה בראשית שהיא זכרון לבחי' ראשית שיש גם בבחי' העשי' ג"כ להיות דבוק ובטל לכח הפועל שנקרא ראשית כנ"ל:
Dans le Zohar saint : 'yare Chabbat' (crains le Chabbat). Quel rapport cela a-t-il avec 'Bereshit' ?
Mais voici l'explication de 'Bereshit bara' (au commencement Il créa) : que toute la création soit attachée à la force du 'commencement' (reshit) et du début de la racine, qui est un point provenant du Saint béni soit-Il, donnant vie et existence à toutes les créatures. Et c'est l'aspect du Chabbat, car en lui 'Il se reposa (shavat) de toute Son œuvre', etc.
Car le Chabbat ramène toute la création à sa racine, qui est Sa volonté, qu'Il soit béni. 'Qu'Il a créé pour faire' (acher bara laassot, Genèse 2,3) : l'explication, c'est que le Saint béni soit-Il a donné aux créatures la force d'accomplir chacune son action -- le feu pour brûler, l'arbre pour croître, et aussi aux êtres vivants d'avoir le libre choix d'agir selon leur volonté. Et malgré cela, le but était que chaque agent sache que c'est Lui, qu'Il soit béni, qui lui donne la force, même s'il agit de lui-même, tel une hache dans la main du bûcheron.
Et c'était là tout le but de la création, uniquement pour l'aspect du Chabbat. Et c'est ce qui est écrit : 'l'achèvement des cieux et de la terre'.
Et c'est ce que dit Rachi, de mémoire bénie : le monde manquait de repos, qui est le retour et le retournement de tout vers sa racine, et le principal de la volonté dans la création s'est achevé le Chabbat. Et c'est 'yare Chabbat' (crains le Chabbat) : qu'en chaque chose la crainte soit déposée dans la bouche de l'homme, par le point intérieur appelé Chabbat, qui est l'essentiel de la vie.
Et c'est ce qui est dit : 'souvenir de l'œuvre de la création' (zekher lemaasse bereshit), qui est un rappel de l'aspect du 'commencement' (reshit) qui existe aussi dans l'aspect de l'action (assiya), pour être attaché et annulé à la force de Celui qui agit, appelée 'reshit', comme ci-dessus.
תרל"ד
[5634]
במדרש ואהי' אמון כו' אומן הביט בתורה וברא העולם. וודאי הי' יכול הקב"ה לברוא העולם בלי התורה.
אך כי כל הבריאה לטובת הנבראים. ולזאת הי' הבריאה באופן שיוכל האדם ללמוד עבודת הש"י מכל דבר.
וז"ש הביט בתורה וברא. פי' שבכל דבר מהבריאה יש בו ענין התורה ללמוד איזה הנהגה או סוד.
וזה שהתורה מתגאה עצמה שידע האדם שעיקר הכל התורה שהרי כל הבריאה הי' ע"פ התורה מכלל שהיא עיקר טובת האדם כנ"ל:
Dans le Midrach : 'Et j'étais amon' (Proverbes 8,30), etc. -- un artisan (ouman) : Il regarda dans la Torah et créa le monde. Assurément, le Saint béni soit-Il aurait pu créer le monde sans la Torah.
Mais c'est que toute la création est pour le bien des créatures. Et pour cela, la création s'est faite de telle manière que l'homme puisse apprendre le service de D.ieu de chaque chose.
Et c'est ce qui est dit : 'Il regarda dans la Torah et créa'. L'explication : en chaque chose de la création il y a un aspect de la Torah dont apprendre quelque conduite ou quelque secret.
Et c'est pourquoi la Torah s'enorgueillit, afin que l'homme sache que l'essentiel de tout est la Torah ; car puisque toute la création s'est faite selon la Torah, il en découle qu'elle est l'essentiel du bien de l'homme, comme ci-dessus.
ברש"י מה הי' העולם חסר מנוחה כו' כי מש"כ וינח אף כי לא שייך יגיעה. רק כי ששת ימי המעשה הי' קיום הבריאה ע"י כח הבורא במאמר ובריאת כל דבר ביומו.
אבל בשבת נשלם להיות דבר של קיימא שיתקיימו כל הנבראים אף אחר שיסור הש"י התגלות מאמרו כי אין העולם יכול לקבל התגלות כח הש"י ולכן בכל יום יש הסתר. אבל ש"ק הוא פעולה להיות התקשרות הטבע אל מה שלמעלה מהטבע ולכך נקרא שלום שהיא שלימות כל נברא וגמר תיקונו.
לכן אף שימים הקודמים לשבת נראין חשובים יותר אבל שבת משלים כל הימים להיות דבר של קיימא כנ"ל. ובמד' המשל של טבעת שחסר חותם פי' שבת הוא עדות שלה' הארץ ומלואה.
ובשבת יש התגלות דבר זה בכל הנבראים כ"א כפי ערכו. ולכן בנ"י מעידין בפועל בשבת על זה שברא הש"י העולם בששה ונח בשביעי.
וזה עיקר מכוון הבריאה כמש"כ לכבודו בראתיו ולכן שבת הוא חותם הטבעת כנ"ל. וכ' וירא אלקים כל אשר עשה כו' טוב מאוד כי בכלל יש כבוד שמים מכל הבריאה ובשבת מתאחדין ברזא דא' שיוכל כל נברא לבא לכלל הבריאה.
וז"ש ויכלו שבאו בשבת לכלל אחד ועי"ז חל הסתכלות הש"י על הכלל. טוב מאוד.
וזה קיום כל הבריאה ולכן צריך כל איש ישראל בש"ק להכניס עצמו לכלל ישראל ובזוה"ק פי' ויכל א' ביום השביעי מלאכתו. שע"י יום השבת השלים הש"י מלאכתו:
Dans Rachi : que manquait-il au monde ? Le repos, etc.
Car ce qui est écrit 'et Il se reposa (vayanah)', bien que la fatigue ne s'applique pas [à Lui]. C'est seulement que, pendant les six jours ouvrables, le maintien de la création se faisait par la force du Créateur, par la parole et la création de chaque chose en son jour.
Mais le Chabbat, cela s'acheva pour devenir une chose permanente (dabar shel kayama), afin que toutes les créatures subsistent même après que le Saint béni soit-Il eut retiré la révélation de Sa parole ; car le monde ne peut recevoir la révélation de la force de D.ieu, et c'est pourquoi chaque jour il y a une dissimulation. Mais le saint Chabbat est une action qui produit l'attachement de la nature à ce qui est au-dessus de la nature, et c'est pourquoi il est appelé 'shalom' (paix), qui est la perfection de chaque créature et l'achèvement de sa réparation (tikoun).
C'est pourquoi, bien que les jours qui précèdent le Chabbat paraissent plus importants, le Chabbat parfait tous les jours pour en faire une chose permanente, comme ci-dessus. Et dans le Midrach, la parabole de l'anneau auquel manque le sceau : l'explication est que le Chabbat est le témoignage que 'à D.ieu appartiennent la terre et sa plénitude' (Psaumes 24,1).
Et le Chabbat, il y a révélation de cette chose dans toutes les créatures, chacune selon son rang. Et c'est pourquoi les enfants d'Israël témoignent concrètement le Chabbat sur ce que le Saint béni soit-Il a créé le monde en six [jours] et s'est reposé le septième.
Et c'est le but essentiel de la création, comme il est écrit : 'Pour Ma gloire Je l'ai créé' (Isaie 43,7), et c'est pourquoi le Chabbat est le sceau de l'anneau, comme ci-dessus. Et il est écrit : 'Et D.ieu vit tout ce qu'Il avait fait... c'était très bon' (Genèse 1,31), car dans l'ensemble il y a la gloire du Ciel provenant de toute la création, et le Chabbat elles s'unifient dans le secret de l'Un, de sorte que chaque créature puisse venir à l'ensemble (klal) de la création.
Et c'est ce qui est dit : 'Vayekhoulou' (ils furent achevés), qu'elles vinrent le Chabbat à un ensemble unique, et par cela s'exerça le regard du Saint béni soit-Il sur l'ensemble : 'très bon'. Et c'est le maintien de toute la création ; c'est pourquoi chaque homme d'Israël doit, le saint Chabbat, s'introduire dans l'ensemble d'Israël (klal Yisrael).
Et dans le Zohar l'explication : 'Il acheva D.ieu le septième jour Son œuvre', que par le jour du Chabbat le Saint béni soit-Il acheva Son œuvre.
השבח בבריאת שמים וארץ דכ' ראו מי ברא אלה כו' היא הפלא איך שיוכל להיות מתפשט כח הש"י לדברים גשמיים. וזה לשון בריאה מה שמתגלה ומתפשט לחצונות העולם:
La louange dans la création des cieux et de la terre, comme il est écrit : 'Voyez qui a créé cela' (Isaie 40,26), etc., c'est l'émerveillement de savoir comment la force de D.ieu peut se déployer vers des choses matérielles. Et tel est le sens du mot 'beria' (création) : ce qui se révèle et se déploie vers l'extériorité du monde.
תרל"ה
[5635]
במדרש ויכלו הגו סיגים מכסף כו' באוה"ח פי' ויכלו מלשון כלתה נפשי דאיתא פי' ארץ שרצתה לעשות רצון קונה. כי בריאת התחתונים הי' רק מצד הרצון והשתוקקות כי העליונים מתוקנים יותר לכן כל חשיבות התחתונים הרצון אך כי יש הרבה רצונות אחרים וע"ז נאמר והארץ היתה תוהו.
וצריכין לברר הרצון ע"י התורה. יהי אור.
ובש"ק מתגלה הרצון הטוב להש"י וז"ש הגו סיגים מכסף מלשון נכסוף נכספת כו' כי בש"ק עולה כל דבר לשורשו ופי' זה דמקודם כתיב בראשית ברא שו"א והוא כלל כל הברואים. ואח"כ הי' בפרט.
ואח"כ חזר הפרט לכלל והוא כלל ופרט וכלל. וכלל צריך לפרט.
כו' והכלל שאחר הפרט חשוב יותר מכלל הראשון. וימות החול הוא בבחי' הפרט וכל הבריאה הי' להתרחב זה הכלל להכניסו בכל פרט ופרט.
כמש"כ במד' שהעולם מתרחב והולך עד שאמר הקב"ה די. וגם עתה כתיב אשר ברא א' לעשות כי כל הנבראים משפיעין חיות זה לזה.
ומכולם יש תולדות. וגם המלאכות וכל המעשים שפשוטי בנ"א עושים בלי טעם.
עכ"ז נעשה ממנו דבר. מכש"כ מי שיודע ועושה הכל לש"ש.
ובש"ק מחזיר כל הבריאה להכלל זה בזה עד הש"י שמעידין הכל על הסיבה הראשונה. וזה פי' ויכלו שנעשין כלי אחד לכבודו ית'.
וזש"כ מה חסר מנוחה שתכלית הפעולות הוא הביטול שאח"כ לחזור לשורשו. ועי"ז כל הפעולות חוזרין עם האדם להתדבק בשורש עליון והיא המנוחה.
וכן מש"כ במד' ששבת הוא החותם של הטבעת כמובן:
Dans le Midrach : 'Vayekhoulou' -- 'Enlève les scories de l'argent' (Proverbes 25,4), etc. Dans le Or HaHayim, l'explication : 'Vayekhoulou' est du terme 'kaltah nafshi' (mon âme se consume de désir, Psaumes 84,3), car il est enseigné l'explication : 'eretz' (terre) [signifie] qu'elle désira (ratzah) accomplir la volonté de son Créateur.
Car la création des êtres inférieurs ne fut que du côté du désir et de l'aspiration, car les êtres supérieurs sont plus parfaits ; c'est pourquoi toute l'importance des inférieurs est le désir. Mais comme il y a beaucoup d'autres désirs, il est dit à ce sujet : 'et la terre était tohu' (chaos, Genèse 1,2).
Et il faut clarifier le désir par la Torah : 'que la lumière soit' (yehi or). Et le saint Chabbat se révèle le bon désir envers D.ieu.
Et c'est ce qui est dit : 'Enlève les scories de l'argent (kessef)', du terme 'nikhssof nikhssafta' (tu as ardemment aspiré, Genèse 31,30), car le saint Chabbat chaque chose monte vers sa racine. Et l'explication de cela : d'abord il est écrit 'Bereshit bara' (au commencement Il créa), qui est l'ensemble (klal) de toutes les créatures ; puis ce fut dans le détail (prat) ; puis le détail revint à l'ensemble, et c'est 'klal, prat, klal' (général, particulier, général).
Et 'le général a besoin du particulier', etc. Et l'ensemble qui vient après le détail est plus important que le premier ensemble.
Et les jours ouvrables relèvent de l'aspect du détail, et toute la création eut pour but d'élargir cet ensemble pour l'introduire en chaque détail particulier, comme il est écrit dans le Midrach que le monde s'étendait et allait s'élargissant jusqu'à ce que le Saint béni soit-Il dise 'assez' (dai). Et de même maintenant il est écrit 'qu'Il a créé pour faire', car toutes les créatures répandent la vie l'une à l'autre, et de toutes il y a des conséquences (toladot).
Et même les travaux et toutes les actions que les gens simples font sans intention, malgré cela il s'en fait quelque chose ; à plus forte raison celui qui sait et fait tout pour le Nom du Ciel. Et le saint Chabbat, [D.ieu] ramène toute la création à cet ensemble, l'une dans l'autre, jusqu'au Saint béni soit-Il, de sorte que tout témoigne de la Cause première.
Et c'est le sens de 'Vayekhoulou' : elles deviennent un instrument unique pour Sa gloire, qu'Il soit béni. Et c'est ce qui est dit : que manquait-il ?
Le repos, car le but des actions est l'annulation (bitoul) qui ensuite ramène à sa racine. Et par cela toutes les actions reviennent avec l'homme pour s'attacher à la racine suprême, et c'est le repos (menoukha).
Et de même ce qui est écrit dans le Midrach que le Chabbat est le sceau de l'anneau, comme on le comprend.
בספר קול שמחה פי' והבל הביא גם הוא כי בקין כתיב מקץ הימים שע"י זכרון יום המיתה התעורר לשוב. אבל הבל הביא גם הוא בעודנו בחיים כו':
וי"ל עוד כי עיקר הקרבן הוא שיסמוך האדם עצמו ע"ז הקרבן. ושעי"ז ידבק עצמו בהש"י כי אין הקרבן עיקר המכוון.
רק שהוא גורם התדבקות לקונו. וכן בכל המצות צריך להיות המכוון להתדבק ע"י.
בהש"י. כי הם רק עצות כמש"כ בזוה"ק.
וזש"כ הביא גם הוא. גם את עצמו עם הקרבן.
ולכן נתקבל לפני הש"י כנ"ל:
Dans le livre Kol Simha, il explique : 'Et Hevel apporta lui aussi' (Genèse 4,4), car au sujet de Kayin il est écrit 'au bout des jours' (mikketz hayamim), de sorte que c'est par le souvenir du jour de la mort qu'il s'éveilla à revenir [vers D.ieu]. Mais Hevel apporta 'lui aussi' alors qu'il était encore en vie, etc.
Et l'on peut dire encore que l'essentiel du sacrifice (korban) est que l'homme s'appuie (samakh) lui-même sur ce sacrifice, et que par cela il s'attache au Saint béni soit-Il ; car le sacrifice n'est pas le but essentiel, il ne fait que provoquer l'attachement à son Créateur. Et de même, dans tous les commandements, l'intention doit être de s'attacher par leur intermédiaire au Saint béni soit-Il, car ils ne sont que des conseils (etzot), comme il est écrit dans le Zohar.
Et c'est ce qui est dit : 'il apporta lui aussi', lui-même aussi avec le sacrifice ; et c'est pourquoi il fut agréé devant le Saint béni soit-Il, comme ci-dessus.
תרל"ו
[5636]
ב"ה משבת בראשית
Avec l'aide du Ciel. Du Chabbat Bereshit.
במדרש ויכלו הגו סיגים מכסף ויצא לצורף כלי כו'. דקשה מש"כ ויכל ביום הש' הא כתיב כי בו שבת.
ופירש"י ז"ל מה הי' העולם חסר מנוחה כו' ע"ש. וביאור הענין כי באמת בשבת לא הי' שום בריאה רק שביתה.
ושביתה זו היא קיום כל הברואים דכ' והחיות רצוא ושוב פי' שכל מקבל צריך להיות בטל אל הנותן וכפי דביקות שיש לו להמשפיע כמו כן קבלתו מתקיימת ולכן בשבת שנתעלו כל הנבראים לשורשם שע"י המנוחה נתברר שיש עליהם אדון מושל שברצותו מרחיב וברצותו מקצר זה עצמו הוא גמר הבריאה ותיקונו כמשל הטבעת שהי' חסר חותם וכו'. והמד' מבאר יותר כי יש בכל דבר פסולת.
אך כפי התקרבות הנברא להבורא הוסר הפסולת כהמס דונג מפני האש. ולכן בכל יום נאמר ויהי ערב ויהי בוקר.
ובש"ק שכל הבריאה מתקרבת לשורשו ע"ז נאמר הגו סיגים מכסף ע"י התשוקה לבטל ולהיכלל בחי החיים. ונמצא בטולו של דבר זה קיומו כנ"ל.
וז"ש בזוה"ק פי' בראשית ירא שבת. כי צריך להיות מוטל היראה על כל מעשה.
מצד מה שסוף הכל התשובה לשורשו. ובחי' שבת היא גמר כל המעשים היינו החזרת דבר לבעליו.
וז"ש תכלית שמים וארץ על השבת וזה פי' החותם שכל דבר הולך אחר החיתום שהוא תכלית הדבר ואחריתו והבן כל זה היטב:
Dans le Midrach : 'Vayekhoulou' -- 'Enlève les scories de l'argent, et il en sort un instrument pour l'orfèvre' (Proverbes 25,4), etc. Car il y a une difficulté : ce qui est écrit 'Il acheva le septième jour', alors qu'il est écrit 'car en lui Il se reposa'.
Et Rachi, de mémoire bénie, a expliqué : que manquait-il au monde ? Le repos, etc., vois-y.
Et l'explication de la chose est qu'en vérité, le Chabbat il n'y eut aucune création, seulement une cessation (shevita). Et cette cessation est le maintien de toutes les créatures, comme il est écrit : 'et les Hayot [couraient] en avant et en arrière' (Ezechiel 1,14).
L'explication : tout receveur doit être annulé devant Celui qui donne, et selon l'attachement qu'il a à Celui qui répand l'influx, ainsi sa réception se maintient. C'est pourquoi le Chabbat, où toutes les créatures se sont élevées à leur racine, par le repos il s'est clarifié qu'il y a sur elles un Maître qui gouverne, qui par Sa volonté étend et par Sa volonté restreint : cela même est l'achèvement de la création et sa réparation (tikoun), comme la parabole de l'anneau auquel manquait le sceau, etc.
Et le Midrach explique davantage : il y a en chaque chose du déchet (pessolet). Mais selon le rapprochement de la créature vers le Créateur, le déchet est ôté, comme fond la cire devant le feu.
Et c'est pourquoi, chaque jour, il est dit : 'et il fut soir et il fut matin'. Et le saint Chabbat, où toute la création se rapproche de sa racine, il est dit à ce sujet : 'Enlève les scories de l'argent', par l'aspiration à s'annuler et à s'inclure dans la vie des vivants (behai hahayim).
Et il se trouve que l'annulation (bitoul) de cette chose est son maintien, comme ci-dessus. Et c'est ce qui est dit dans le Zohar, l'explication de 'Bereshit' : 'yare Chabbat' (crains le Chabbat), car il faut que la crainte soit déposée sur chaque action, du fait que la fin de tout est le retour à sa racine.
Et l'aspect du Chabbat est l'achèvement de toutes les actions, c'est-à-dire le retour de la chose à son propriétaire. Et c'est ce qui est dit : 'l'achèvement des cieux et de la terre' se rapporte au Chabbat.
Et c'est le sens du 'sceau' : que chaque chose suit son sceau final (hitoum), qui est le but de la chose et sa fin ; comprends bien tout cela.
Rachi demande pourquoi la Torah commence par Berechit ; le Ramban objecte que cela est nécessaire à la foi. Pour le Sfat Emet, la Torah est faite des Noms du Saint, béni soit-Il : en haut selon cette voie, pour nous selon les lois. Toute la Création en vient : « Il regarda dans la Torah et créa le monde », pour être tirée à la suite d'Israël. Israël tient au tronc de l'Arbre de Vie et descend pour rapprocher les créatures et recevoir l'héritage des nations, descente en vue d'une remontée. Leur essence n'avait pas besoin de foi, attachée au corps de la Torah qui est la vérité ; maintenant ils y parviennent par la foi.
Aussi : le Chabbat mesure l'influx de vie et rectifie les middot ; la volonté vise la rigueur, la miséricorde s'associe par la pensée et la techouva ; Yaakov, par le Chabbat, hérite sans limites, Avraham avec mesure.
ברש"י מ"ט פתח בבראשית כו'. והרמב"ן ז"ל הקשה כי יש בו צורך להאמונה.
אך לבאר הענין נראה כי בתורה יש כמה מדריגות שכל התורה שמותיו של הקב"ה. ובדרך זה מתפרשת למעלה.
ולנו מתפרשת כפי הדינים והמשפטים אשר לפנינו בתורה. גם כל הדברים שנעשו בעולם וכל הבריאה הכל מהתורה.
כמש"כ ז"ל הביט בתורה וברא העולם. וכי לא הי' יכול ח"ו לברא הכל בלי אמצעות התורה.
רק כ"ז הי' בשביל ישראל שכל הבריאה יתמשך אחריהם. ואיתא כי החזיר הקב"ה התורה לבני עשו וישמעאל וכו' ובוודאי לא הי' שייך למסור להם התורה כמו שניתנה לבנ"י.
רק כנ"ל שהתורה אין לה סוף וכמו שיש עומק רום כן עומק תחת. וז"ש ה' מסיני בא כו' משעיר כו' מהר פארן כו' מרבבות קודש כו' אש דת למו.
שניתנה לישראל בכל המדרגות אשר בה וכמו שהיא אש דת כך ניתנה לישראל ומצידנו לא היתה צריכה להתלבש בכל אלה המעשים רק כדי לתת להם נחלת גוים. כמ"ש בזוה"ק אמור שנקראת עץ חיים.
כמו אילן שיש בו פירות ועלין וקליפות ושרשים וגוף האילן. כך התורה.
ולכל דבר יש אחיזה בתורה. זה בקליפה זה בעלה כו'.
ובנ"י דבוקים בגוף האילן ע"ש. ואע"פ שעתה גם לפשוטי בנ"י אינה מתפרשת רק בהתלבשות.
כ"ז נעשה כדי שיוכלו בנ"י לקרב כל הברואים והמעשים להקב"ה ע"י התורה. לכן זה באמת קצת נחות דרגא לבנ"י.
אבל הוא ירידה שצורך עלי'. כי עומק רום תלוי בעומק תחת כמש"כ במקום אחר.
וכמו שגוף התורה נמשכת מראש עד סוף. כמו כן בנ"י צריכין לירד עד תהום ולעלות עד איגרא רמא.
ובדרך זה נתיישב קושית הרמב"ן כי וודאי עתה נצרך אמונה. אבל עצם בנ"י לא הי' צריכין לאמונה.
כי הם דבקים בגוף התורה שהוא בחי' אמת רק עתה צריכין לבוא לאמת ע"י האמונה. וכ"ז כדי לתת להם נחלת גוים כנ"ל והדברים ברורים למבין:
Dans Rachi (au tout début) : pour quelle raison la Torah commence-t-elle par Bereshit, etc. Et le Ramban (Nahmanide), de mémoire bénie, objecta que cela est nécessaire à la foi.
Mais pour expliquer la chose, il apparaît que dans la Torah il y a plusieurs degrés, car toute la Torah est faite des Noms du Saint, béni soit-Il. Selon cette voie elle s'interprète en haut, tandis que pour nous elle s'interprète selon les lois et les jugements qui sont devant nous dans la Torah.
De même, toutes les choses qui se sont faites dans le monde et toute la Création, tout provient de la Torah, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'Il regarda dans la Torah et créa le monde.' Or ne pouvait-Il pas, à Dieu ne plaise, tout créer sans l'intermédiaire de la Torah ? Mais tout cela ne fut que pour Israël, afin que toute la Création soit tirée à leur suite.
Et il est enseigné que le Saint, béni soit-Il, proposa la Torah aux fils d'Esav et d'Ishmael, etc. ; et assurément il n'était pas question de la leur transmettre telle qu'elle fut donnée aux enfants d'Israël. Mais, comme il a été dit, la Torah n'a pas de fin, et de même qu'il y a une profondeur d'en-haut, il y a une profondeur d'en-bas.
C'est le sens de : 'Le Nom vint du Sinaï, etc., resplendit de Séir, etc., parut du mont Paran, etc., surgit des saintes myriades, etc., une loi de feu (ech dat) pour eux' (Deutéronome 33,2). Elle fut donnée à Israël dans tous les degrés qu'elle contient ; et telle qu'elle est loi de feu, ainsi fut-elle donnée à Israël.
De notre côté, elle n'avait pas besoin de se revêtir de tous ces actes, si ce n'est pour leur donner l'héritage des nations, comme il est dit dans le Zohar (section Emor) qu'elle est appelée Arbre de Vie : comme un arbre qui a des fruits, des feuilles, des écorces (kelipot), des racines et un tronc, ainsi est la Torah, et chaque chose a une prise dans la Torah, celle-ci dans l'écorce, celle-là dans la feuille, etc. ; et les enfants d'Israël sont attachés au tronc de l'arbre, vois là. Et bien que maintenant, même pour les gens simples d'Israël, elle ne s'interprète que par revêtement, tout cela s'est fait afin que les enfants d'Israël puissent rapprocher toutes les créatures et toutes les actions du Saint, béni soit-Il, par le moyen de la Torah.
C'est pourquoi ceci est en vérité un certain abaissement de degré pour les enfants d'Israël ; mais c'est une descente qui est en vue d'une remontée, car la profondeur d'en-haut dépend de la profondeur d'en-bas, comme je l'ai écrit ailleurs. Et de même que le corps de la Torah se prolonge du début jusqu'à la fin, de même les enfants d'Israël doivent descendre jusqu'à l'abîme et monter jusqu'au faite élevé.
Par cette voie se résout la difficulté du Ramban : car assurément, maintenant, la foi est nécessaire ; mais l'essence des enfants d'Israël n'avait pas besoin de foi, car ils sont attachés au corps de la Torah qui est l'aspect de la vérité ; seulement, maintenant, ils doivent parvenir à la vérité par le moyen de la foi. Et tout cela afin de leur donner l'héritage des nations, comme il a été dit ; et les choses sont claires pour qui comprend.
תרל"ז
[תרל"ז] (5637)
במדרש ויכלו לכל תכלה ראיתי קץ לכל יש סיקוסים כו' לבד התורה ארוכה מארץ מידה כו'. כי הקדוש ברוך הוא אין סוף.
ואי אפשר להנבראים לקבל מקדושתו ית' רק במדה ומשקל. וזה הי' בחי' שבת שהו' ימים הם משפיעים לעולם ע"י השבת.
ויכל ביום השביעי הוא לשון מדה כמו וכל בשליש בת יכיל. פי' שהקב"ה מדד שפע חיות לכל הבריאה ע"י השבת ששורש כל הברואים בשבת וע"י נמשך להם חיות.
וכמו כן באדם המקבל צריך להיות לו בחי' צימצום וזה תיקון המדות שלא יתפשטו בו ההארות לדברים אחרים. ולכן כפי תיקון המדות זוכה לקבל השפעת המקום וזה שהקב"ה מודד מדה במדה:
Dans le Midrach sur 'Vayekhoulou' (Et furent achevés) : 'À toute chose j'ai vu une limite ; Ta prescription est infiniment vaste' (Psaume 119,96) ; à tout il y a des termes, sauf la Torah qui est 'plus longue que la terre par sa mesure' (Job 11,9), etc. Car le Saint, béni soit-Il, est sans fin (Ein Sof), et il est impossible aux créatures de recevoir de Sa sainteté, qu'Il soit béni, si ce n'est avec mesure et poids.
Et tel était l'aspect du Chabbat : les six jours, ce sont eux qui répandent l'influx sur le monde par le moyen du Chabbat. 'Il acheva (vayekhal) le septième jour' est une expression de mesure, comme dans 'il mesura au tiers (la poussière de la terre)' (Isaie 40,12) et 'il contient (yakhil) un bath' (une mesure de capacité) ; c'est-à-dire que le Saint, béni soit-Il, mesura l'influx de vie à toute la Création par le moyen du Chabbat, car la racine de toutes les créatures est dans le Chabbat, et par lui la vie leur est tirée. Et de même, chez l'homme qui reçoit, il doit y avoir en lui un aspect de contraction (tsimtsoum), et c'est la rectification des mesures (middot), afin que les illuminations ne se répandent pas en lui vers d'autres choses.
C'est pourquoi, selon la rectification de ses middot, il mérite de recevoir l'influx du Lieu (ha-Makom, le Nom divin) ; et c'est ce que signifie que le Saint, béni soit-Il, mesure mesure pour mesure.
ברש"י עלה במחשבה לבראות במה"ד וראה שאין העולם מתקיים שיתף מדת הרחמים. וח"ו שיהי' חזרה באחרונה.
רק שבוודאי כך צריך להיות גם למטה כי רצון האדם ומחשבתו צריך להיות לעשות ולקיים הכל ממש כדין וכרצון הבורא. ואם כי אינו יכול לגמור במעשה הכל כראוי.
אח"כ שיתף מדה"ר. אבל הרצון צריך להיות כדין.
ונודע כי מחשבת האדם נוגע בשורש המחשבה ומעשיו בשורש המעשה. ולכן עלה במחשבה במדה"ד שהרצון יהי' בדין כנ"ל.
ואמת כי המעשה אינו נגמר רק בעזר הבורא כמ"ש לאל גומר עלי וזה הוא ברחמים כי במדה"ד צריך האדם לעשות כל המוטל עליו בעצמו. רק אם הרצון כראוי אז מסייעין אותו משמים וזה שיתף עמו מדה"ר:
Dans Rachi : 'Il monta dans la pensée de créer par la mesure de la rigueur (middat ha-din), et voyant que le monde ne pouvait subsister, Il associa la mesure de la miséricorde (middat ha-rahamim).' Or, à Dieu ne plaise qu'il y ait eu un revirement à la fin ! Plutôt, assurément il doit en être ainsi aussi en bas : car la volonté de l'homme et sa pensée doivent viser à faire et à accomplir tout exactement selon la loi et selon la volonté du Créateur ; et bien qu'il ne puisse achever dans l'acte tout comme il convient, après coup Il associa la mesure de la miséricorde ; mais la volonté doit être selon la loi.
Et il est connu que la pensée de l'homme touche à la racine de la pensée, et ses actes à la racine de l'acte. C'est pourquoi 'Il monta dans la pensée' par la mesure de la rigueur, c'est-à-dire que la volonté soit selon la rigueur, comme il a été dit.
Et il est vrai que l'acte ne s'achève que par l'aide du Créateur, comme il est écrit 'au Dieu qui achève pour moi' (Psaume 57,3) ; et cela relève de la miséricorde, car selon la mesure de la rigueur l'homme devrait faire par lui-même tout ce qui lui incombe ; seulement, si la volonté est comme il convient, alors on l'assiste du Ciel : c'est cela qu'Il associa avec lui la mesure de la miséricorde.
תרל"ח
[תרל"ח] (5638)
ב"ה שבת בראשית בקיצור
Avec l'aide de Dieu. Chabbat Bereshit, brièvement.
ברש"י ויכל ביום הש' בא שבת בא מנוחה כלתה ונגמרה המלאכה. דאיתא מלאכה שהי' צריך לעשות בשבת כפלו ועשאו בששי.
שבששי נעשו ב' ברואים. ב"ח ואדם.
נמצא דהי' ראוי להיות בריאת אדם בש"ק. והענין הוא דאדם יש בו גשמיות ורוחניות והיא חיבור ימי המעשה עם הש"ק.
וז"ש חכמים למה נברא באחרונה שיכנוס לשבת מיד. פי' שאדם הוא מחבר כל הבריאה להתדבק ע"י כולם בעולם העליון.
וז"ש שבת מכ"מ אשר ברא לעשות. פי' שעשי' גשמיות נשבת בשבת אבל עיקר קיום העולם הוא השבת וזה הקדושה ויקדש אותו במה שחלקו הוא הרחניות והוא הצורה של החומר.
וזה רמזו חכמים במדרש במשל הטבעת שחסר חותם בא שבת נעשה החותם כו' דכל פעל ה' למענהו נמצא כי הכרה זאת שהברואים מכירים שהכל לכבודו ברא ומבטלין עצמם אליו ית' זה קיום העולם וזה נעשה בשבת שבנ"י מעידין על הבורא ית':
Dans Rachi : 'Il acheva le septième jour' - vint le Chabbat, vint le repos, l'œuvre cessa et fut achevée. Car il est enseigné : l'œuvre qu'Il aurait dû faire le Chabbat, Il la doubla et la fit le sixième jour, car le sixième jour furent créées deux catégories de créatures, les animaux et l'homme.
Il s'ensuit qu'il aurait été convenable que la création de l'homme ait lieu le saint Chabbat. Et la chose est ainsi : l'homme a en lui du matériel et du spirituel, et il est la jonction des jours ouvrables avec le saint Chabbat.
C'est ce qu'ont dit les Sages : pourquoi fut-il créé en dernier ? Pour qu'il entre aussitôt dans le Chabbat.
C'est-à-dire que l'homme relie toute la Création pour qu'elle s'attache, par le moyen de tous, au monde supérieur. C'est le sens de 'il se reposa (chabbat) de toute son œuvre qu'Il créa pour faire' - c'est-à-dire que le faire matériel cesse (chabbat) le Chabbat, mais l'essentiel du maintien du monde, c'est le Chabbat ; et c'est la sainteté : 'Il le sanctifia', par la part qui est le spirituel, laquelle est la forme de la matière.
Et c'est ce à quoi ont fait allusion les Sages dans le Midrach par la parabole de l'anneau auquel manquait un sceau : vint le Chabbat, le sceau fut fait, etc. ; car 'l'Éternel a tout fait pour Lui-même' (Proverbes 16,4). Il se trouve que cette reconnaissance - que les créatures reconnaissent que tout, Il l'a créé pour Sa gloire, et qu'elles s'annulent devant Lui, qu'Il soit béni - c'est cela le maintien du monde, et cela se fait le Chabbat, où les enfants d'Israël témoignent au sujet du Créateur, qu'Il soit béni.
ברש"י ברא אלקים שעלה במחשבה לב' במדה"ד וראה כו' שיתף מדה"ר וקשה דכ' ברא משמע שכך הוא ואיך כתב רש"י שרק עלה במחשבה. ותו וכי יש ח"ו שינוי במחשבת הבורא ית'.
אמנם כך הוא באופן זה ברא הבורא ית' להיות רצון ומחשבת האדם לעשות הכל ע"פ מדה"ד ממש כרצונו ית' הגם כי בפועל אי אפשר לעשות ממש כרצונו ית' מטעם שעולם העשי' אין בו השלימות. וצריך להשתתפות מדה"ר.
עכ"ז השיתוף בא ע"י המחשבה והרצון לעשות כרצונו ית'. ואיתא בזוה"ק כמו שהקב"ה ברא הכל ע"י התורה כמ"ש הביט בתורה כו' כמו כן הצדיקים שהם מקיימים העולם הוא ע"י השתדלות בתורה.
ובאמת נראה דמה"ט ברא הקב"ה העולם בכח התורה. והיתכן לומר שהי' הכרח לברוא ע"י התורה.
אך שבאופן זה רצה לברוא עוה"ז להיות הכל תלוי בתורה. וכמש"כ ה' דהששי לומר שהי' הכל תלוי עד שבנ"י יקבלו התורה.
וכ"ז הי' כדי שהצדיקים ישלטו בכל הבריאה בכח התורה. וז"ש כח מעשיו הגיד לעמו כו'.
נמצא שבאופן בריאתו ית' העולם באופן זה בנ"י מקיימין העולם. ולכן עלה במחשבה כו' ושיתף כו' כדי שבאופן זה יהי' ג"כ קיום העולם ע"י מחשבת הצדיקים יתעורר רחמי הש"י כמאמרם ז"ל בא לטהר מסייעין וסיוע זו הוא שיתוף מדה"ר כנ"ל.
ואמת כי בימי המעשה אי אפשר להיות בלי חסרון רק ע"י הרצון והגיעגוע אל השבת. פי' שאף שכ"א מוטרד במעשים שונים מבקש הוא שלא להיות פיזור נפשו בכל אלה הדברים רק להיות עוסק בעבודתו ית' בלבד עי"ז זוכין אח"כ בשבת לסיוע משמים כח הנשמה יתירה והוא השתתפות מדה"ר:
Dans Rachi : 'Elokim créa' - car Il monta dans la pensée de créer par la mesure de la rigueur, et voyant, etc., Il associa la mesure de la miséricorde. Or il y a une difficulté : il est écrit 'créa', ce qui implique qu'il en fut ainsi ; comment Rachi peut-il écrire que cela ne fit que 'monter dans la pensée' ?
De plus, y a-t-il, à Dieu ne plaise, un changement dans la pensée du Créateur, qu'Il soit béni ? En vérité, il en est ainsi de cette manière : le Créateur, qu'Il soit béni, créa de sorte que la volonté et la pensée de l'homme soient de tout faire selon la mesure de la rigueur exactement, conforme à Sa volonté, qu'Il soit béni ; bien qu'en acte il soit impossible de faire exactement selon Sa volonté, pour la raison que le monde de l'action ne possède pas la perfection et requiert l'association de la miséricorde.
Malgré cela, cette association vient par le moyen de la pensée et de la volonté de faire selon Sa volonté, qu'Il soit béni. Et il est enseigné dans le Zohar : de même que le Saint, béni soit-Il, créa tout par le moyen de la Torah, comme il est dit 'Il regarda dans la Torah', etc., de même les justes (tsaddikim) qui maintiennent le monde, c'est par le labeur dans la Torah.
Et en vérité il apparaît que c'est pour cette raison que le Saint, béni soit-Il, créa le monde par la force de la Torah. Or peut-on dire qu'il y avait une nécessité de créer par le moyen de la Torah ?
Mais c'est que, de cette manière, Il voulut créer ce monde-ci de sorte que tout dépende de la Torah. Comme il est écrit 'le sixième (jour)' avec le hé (défini), pour dire que tout était suspendu jusqu'à ce que les enfants d'Israël reçoivent la Torah.
Et tout cela fut afin que les justes dominent toute la Création par la force de la Torah. C'est le sens de 'Il a annoncé à Son peuple la puissance de Ses œuvres' (Psaume 111,6), etc.
Il se trouve que, dans la manière dont Il créa, qu'Il soit béni, le monde de cette façon, les enfants d'Israël maintiennent le monde. C'est pourquoi 'Il monta dans la pensée', etc., et 'Il associa', etc., afin que, de cette manière, le maintien du monde se fasse aussi par la pensée des justes, qui éveille la miséricorde du Saint, béni soit-Il, selon leur parole de mémoire bénie : 'celui qui vient se purifier, on l'aide' - et cette aide, c'est l'association de la mesure de la miséricorde, comme il a été dit.
Et il est vrai que durant les jours ouvrables il est impossible d'être sans manque, si ce n'est par la volonté et le désir ardent (guiaagoua) vers le Chabbat. C'est-à-dire que, même si chacun est accaparé par diverses actions, il demande à ne pas laisser son âme se disperser dans toutes ces choses, mais à s'occuper uniquement de Son service, qu'Il soit béni ; par ce moyen on mérite ensuite, le Chabbat, l'aide du Ciel, la force de l'âme supplémentaire (nechama yetera), qui est l'association de la mesure de la miséricorde.
תרל"ט
[תרל"ט] (5639)
ויכלו במדרש הגו סיגים מכסף משל לאמבטי כו'. דהכל לכבודו ברא א"כ יש בכלל הבריאה הכרת כבוד מלכותו אך החשך יכסה ארץ ובשב"ק מעידין בנ"י כי הש"י ברא עולמו.
וכיון שציוונו להעיד זאת בשבת מכלל שבשבת מתגלה זאת ומתברר האמת. וז"ש שהשבת הוא החותם של הטבעת כי החותם הוא להיות ניכר לאחרים ובמקומות אחרים.
שנחתם שם רשימה מטבעת המלך. והטעם שבשבת נתברר זאת ע"י כי בשבת מתאחד כל הבריאה וזה פי' ויכלו וגם ויצא לצורף כלי שע"י שמצטרף כל הבריאה להיות אחד ממילא נתבטל הפסולת ומתברר האמת:
'Vayekhoulou' (Et furent achevés). Dans le Midrach : 'Ôte les scories de l'argent (et il en sortira un vase pour l'orfèvre)' (Proverbes 25,4), parabole d'un bain (ambati) que l'on vide, etc.
Car tout, Il l'a créé pour Sa gloire ; ainsi il y a, dans l'ensemble de la Création, la reconnaissance de la gloire de Sa royauté ; mais 'les ténèbres couvrent la terre' (Isaie 60,2), et le saint Chabbat les enfants d'Israël témoignent que le Saint, qu'Il soit béni, a créé Son monde. Et puisqu'Il nous a ordonné de témoigner cela le Chabbat, il s'ensuit que, le Chabbat, cela se révèle et la vérité s'éclaircit.
C'est le sens de ce que le Chabbat est le sceau de l'anneau : car le sceau sert à être reconnu par d'autres et en d'autres lieux, où est imprimée la marque du sceau du roi. Et la raison pour laquelle, le Chabbat, cela se clarifie, c'est que, le Chabbat, toute la Création s'unifie ; et c'est le sens de 'vayekhoulou' et aussi de 'il en sortira (un vase) pour l'orfèvre' : car, du fait que toute la Création se joint pour ne faire qu'un, d'elle-même le déchet (pesolet) s'annule et la vérité s'éclaircit.
תר"מ
[תר"מ] (5640)
יום הששי הוסיף ה' בששי כו' הענין הוא דכ' בי' ה' צור עולמים. בה' נברא עולם הזה והוא שורש הבריאה אבל יש ה' זעירא דבהבראם והוא בחי' הטבע בעצמו.
רק בבא יום השבת נתוסף אור שבעת הימים מעין עולם הבא והוא בחי' תוספת שבת וכל תוספת הוא מעולם העליון כמש"כ לעיל (בעניני סוכות) וזה נגמר במתן תורה המשכת אור העליון. והוא עצמו כח התורה דכ' בראשית בשביל ישראל.
ובשביל התורה שנקראו ראשית. והכל אחד שהם בחי' שורש כל הבריאה קודם התפשטות הטבע כנ"ל.
ובמדרש ואהי' אצלו אמון אומן וכו' הביט בתורה וברא העולם. כ' ואהי' ולא הייתי.
רק השגחת הבורא ית' בעולם הוא קיום הבריאה. והשגחתו ע"י התורה שנקראת ראשית כמש"כ עיני ה"א בה מראשית כו' שהשגחה שלו ית' הוא בשורש וראשית הדברים והם בתורה ובכח זה מחדש בכ"י מעשה בראשית:
נשכח ממני סיום המאמר:
'Le sixième jour' - le hé est ajouté au 'sixième', etc. La chose est ainsi : il est écrit 'car en Yah (be-Yah) l'Éternel est le rocher des mondes' (Isaie 26,4) - par le hé fut créé ce monde-ci, et c'est la racine de la Création ; mais il y a un petit hé dans 'be-hibaram (lorsqu'ils furent créés)', et c'est l'aspect de la nature elle-même.
Seulement, à la venue du jour du Chabbat, s'ajoute la lumière des sept jours, un avant-goût du monde à venir, et c'est l'aspect du supplément (tossefet) du Chabbat ; et tout supplément provient du monde supérieur, comme je l'ai écrit plus haut (dans les sujets de Souccot). Et cela s'achève au don de la Torah, l'attraction de la lumière supérieure ; et c'est cela même la force de la Torah, car il est écrit 'Bereshit (au commencement / pour le commencement)' - pour Israël qui sont appelés 'reshit (commencement)', et pour la Torah qui est appelée 'reshit'.
Et le tout est un, car ils sont l'aspect de la racine de toute la Création, avant le déploiement de la nature, comme il a été dit. Et dans le Midrach : 'Et j'étais auprès de Lui amon (nourrisson / artisan)' (Proverbes 8,30), amon signifiant artisan (ouman), etc. : Il regarda dans la Torah et créa le monde.
Il est écrit 'et j'étais (va-ehyeh)' et non 'j'ai été (hayiti)' : c'est que la providence du Créateur, qu'Il soit béni, dans le monde, est le maintien de la Création, et Sa providence se fait par le moyen de la Torah qui est appelée 'reshit', comme il est écrit 'les yeux de l'Éternel ton Dieu sont sur elle depuis le commencement (reshit de l'année)' (Deutéronome 11,12) - car Sa providence, qu'Il soit béni, est dans la racine et le commencement des choses, et celles-ci sont dans la Torah ; et par cette force Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la Genèse. La fin de l'enseignement m'a échappé.
ובמדרש אברהם שלא כתוב בו שמירת שבת ירש העולם במדה כו' יעקב שכתוב בו ש"ש נחלה בלי מצרים ביאור הענין עפ"י המדרש ויכלו לכל תכלה ראיתי קץ רחבה מצותך מאוד לכל יש סיקוסים ולתורה אין כו' כי התורה נותנת חיים לכל הבריאה. ובמדה לכל ברי'.
ואותו נקודה חיות שמתלבש באיזה מקום להחיותו. זו הנקודה אין לה שיעור.
כי היא למעלה מן הזמן והטבע. ועל נקודה זו נאמר הוא מקומו של עולם ואין עולמו מקומו.
וכ' רחבה מצותך מאוד. ומאוד הוא יותר ממקום התלבשות.
כמש"כ חכמינו ז"ל על ארץ ישראל צבי היא שאין עורו מחזיק בשרו בזמן שישראל עליה מתרחבת כו' כן בכל דבר נקודה פנימיות אין לה מדה וגבול. וכן הוא בנשמת אדם שאין לה שיעור וכמש"כ יוצר רוח האדם בקרבו.
וכפי התפשטות הגוף כך תוכל לקבל מהנשמה. והיא אין לה שיעור.
וכמ"כ נשמה שבכלל העולם כי אדם עולם קטן הוא. ושבת היא התגלות הפנימיות ונקרא יומא דנשמתא ולאו דגופא.
ובמק"א פירשנו ויכל ביום הש' כי השבת היא המודדת חיות לכל הדברים כי ויכל הוא מדה כמש"כ וכל בשליש. בת יכיל.
והשבת עצמה אין לה מדה וגבול כי היא מתוספות שלמעלה מהטבע כמש"כ לעיל כמה פעמים. והנה אברהם אבינו ע"ה ע"י שהי' קיום כל הברואים כמש"כ בהבראם וגם הי' בו עוד שורש ישמעאל ועשו.
לכן לא הי' יכול לצאת מבחי' גבול ומדה. רק בהתלבשות הטבע.
אבל ביעקב התחיל התגלות נקודה פנימיות הנ"ל בחי' שבת. לכן הוא נחלה בלי מצרים כנ"ל.
והשבת הוא עיקר הברכה ע"י שהוא שורש הכל כנ"ל והיא נותנת ברכה לכל הימים דכ' ויברך את יום השביעי פי' שכל הברכות הם באמצעות השבת. וכ' והחיות רצוא ושוב.
וכמ"כ בכל הימים כשבא שבת שבים כל הברואים לשורשם ועי"ז יש חיות חדש כמש"כ בספר אוה"ח שבכל שבת יש חיות חדש על ו' הימים:
Et dans le Midrach : Abraham, chez qui n'est pas écrite l'observance du Chabbat, hérita du monde avec mesure, etc. ; Yaakov, chez qui est écrite l'observance du Chabbat (chemirat Chabbat), (hérita) d'un héritage sans limites (beli metsarim, sans frontières). L'explication de la chose est selon le Midrach sur 'Vayekhoulou' : 'À toute chose j'ai vu une limite...
Ta prescription est infiniment vaste' (Psaume 119,96) - à tout il y a des termes, mais à la Torah il n'y en a point, etc. Car la Torah donne la vie à toute la Création, et avec mesure à chaque créature.
Et ce point de vie qui se revêt en quelque lieu pour le vivifier, ce point-là n'a pas de mesure, car il est au-dessus du temps et de la nature. Et sur ce point il est dit : 'Il est le lieu du monde, mais le monde n'est pas Son lieu.' Et il est écrit 'Ta prescription est infiniment vaste (meod)' : et 'meod (extrêmement)' est plus que le lieu du revêtement, comme l'ont écrit nos maîtres de mémoire bénie sur la terre d'Israël 'c'est un cerf (tsevi)' : de même que la peau du cerf ne contient pas sa chair (une fois écorché), ainsi, au temps où Israël est sur elle, elle s'élargit, etc.
De même, en toute chose, le point intérieur n'a ni mesure ni limite. Et il en est ainsi de l'âme de l'homme, qui n'a pas de mesure, comme il est écrit 'Il forme l'esprit de l'homme au-dedans de lui' (Zacharie 12,1) ; et selon le déploiement du corps, ainsi peut-il recevoir de l'âme, laquelle n'a pas de mesure.
Et de même l'âme qui est dans l'ensemble du monde, car l'homme est un petit monde (olam katan). Et le Chabbat est la révélation de l'intériorité, et il est appelé 'jour de l'âme (yoma de-nichmeta)' et non du corps.
Et ailleurs nous avons expliqué 'Il acheva (vayekhal) le septième jour' : car le Chabbat est ce qui mesure la vie à toutes les choses, car 'vayekhal' est une mesure, comme il est écrit 'il mesura au tiers' (Isaie 40,12), 'il contient un bath' ; et le Chabbat lui-même n'a ni mesure ni limite, car il est du supplément qui est au-dessus de la nature, comme je l'ai écrit plus haut à plusieurs reprises. Or Abraham notre père, que la paix soit sur lui, parce qu'il fut le maintien de toutes les créatures - comme il est écrit 'be-hibaram (lorsqu'ils furent créés)', que les Sages lisent be-Abraham - et parce qu'il y avait encore en lui la racine d'Ishmael et d'Esav, c'est pourquoi il ne pouvait sortir de l'aspect de la limite et de la mesure, si ce n'est dans le revêtement de la nature.
Mais chez Yaakov commença la révélation du point intérieur susdit, l'aspect du Chabbat ; c'est pourquoi il est un héritage sans limites, comme il a été dit. Et le Chabbat est l'essentiel de la bénédiction, parce qu'il est la racine du tout, comme il a été dit, et il donne bénédiction à tous les jours, car il est écrit 'Il bénit le septième jour' - signifiant que toutes les bénédictions passent par l'intermédiaire du Chabbat.
Et il est écrit 'et les Hayot (créatures) allaient et venaient (ratso va-chov)' (Ezechiel 1,14) : de même, dans tous les jours, quand vient le Chabbat, toutes les créatures retournent à leur racine, et par ce moyen il y a une vie nouvelle, comme il est écrit dans le livre Or ha-'Hayim que chaque Chabbat il y a une vie nouvelle sur les six jours.
המשך הפ' והארץ היתה תוהו כו' יהי אור ויבדל כו' יש ללמוד דרך כל עובד ה' שלא יפול לבו עליו מרוב עירבוב הדעת שיש בהתחלת העבודה בכלל ובפרט כל דבר ודבר. שכך צריך להיות בתחילה תוהו ובוהו אח"כ שמתגלה הארה אמיתיות צריכין לראות להבדילו ולהפרישו מכל תערובת דבר רע כמש"כ ויבדל וכו':
Suite du passage : 'Et la terre était tohu (informe)', etc., 'que la lumière soit... et Il sépara', etc. Il y a à apprendre la voie de tout serviteur de l'Éternel : que son cœur ne défaille pas à cause du grand désordre de l'esprit qui se trouve au commencement du service, en général et en particulier pour chaque chose.
Car ainsi doit-il en être au début : tohu va-bohu (informe et vide) ; ensuite, lorsque se révèle une illumination véritable, il faut veiller à la distinguer et à la séparer de tout mélange de chose mauvaise, comme il est écrit 'et Il sépara (entre la lumière et les ténèbres)', etc.
תרמ"א
[תרמ"א] (5641)
בפ' ויכלו השמים והארץ כו' במדרש נעשו כלים. עוד שם לכל תכלה ראיתי קץ כו'.
הענין הוא ע"פ מ"ש בשבת קודש פורס סוכת שלום דלכל דבר יש שורש בשמים כדאיתא אין לך עשב שאין לו מזל כו' דכתיב ויבדל בין המים אשר מתחת לרקיע כו'. וע"ז איתא מים תחתונים בוכים אנן בעינן למהוי קדם מלכא.
ומה שנעשה ממים שעל לרקיע לא נכתב בתורה. ובריאת המלאכים מטעם כי הם בעצמם החלק השני השייך לאותן הברואים שלמטה והתחתונים הם חצי דבר לכן בכל נברא נולד גם למעלה בחלק העליון השייך לאותו בריאה.
ולכן בשב"ק יורד אותו הכח השורש ומתחברין ב' החלקים וזה פריסת סוכת שלום שיורד החלק שלמעלה לכן אומרים שלום למלאכי השרת בשב"ק. ולאותו חלק באמת אין לו קץ שהוא למעלה מהזמן והטבע.
ובריאה המפורשת בתורה הוא רק במדה וקצבה לכן איתא במדרש יעקב שכתוב בו שמירת שבת ירש העולם שלא במדה ע"ש. ע"י השלימות שנעשה בשב"ק והוא כלי המחזיק ברכה ושורה בו כח השורש שאין לו הפסק ומדה כנ"ל:
Dans le passage 'Vayekhoulou ha-chamayim ve-ha-arets (Les cieux et la terre furent achevés)', etc. ; dans le Midrach : ils devinrent des vases (kelim). Là aussi : 'À toute chose j'ai vu une limite', etc.
La chose s'explique selon ce que nous avons dit sur le saint Chabbat qui 'étend une souccah de paix' : car chaque chose a une racine dans les cieux, comme il est enseigné 'il n'est pas d'herbe (en bas) qui n'ait un astre (mazal, en haut, qui la frappe et lui dit : grandis)', etc. ; comme il est écrit 'et Il sépara entre les eaux qui sont au-dessous du firmament (et les eaux qui sont au-dessus)', etc. Et sur cela il est enseigné : les eaux inférieures pleurent en disant 'nous aussi voulons être devant le Roi'.
Et ce qui advint des eaux qui sont au-dessus du firmament n'est pas écrit dans la Torah, ni la création des anges, pour la raison qu'ils sont eux-mêmes la seconde partie appartenant à ces créatures d'en bas ; et les êtres inférieurs ne sont que la moitié de la chose. C'est pourquoi, à chaque créature (créée en bas), il naît aussi en haut, dans la part supérieure, ce qui appartient à cette créature.
Et donc, le saint Chabbat, descend cette force-racine, et les deux parts s'unissent : c'est l'étendue de la souccah de paix, car la part d'en haut descend ; c'est pourquoi l'on dit 'paix' aux anges de service le saint Chabbat. Et à cette part-là, en vérité, il n'y a pas de terme, car elle est au-dessus du temps et de la nature.
Tandis que la création exposée dans la Torah n'est qu'avec mesure et proportion. C'est pourquoi il est enseigné dans le Midrach : Yaakov, chez qui est écrite l'observance du Chabbat, hérita du monde sans mesure, vois là - par le moyen de la perfection qui se fait le saint Chabbat, qui est le vase contenant la bénédiction, et où réside la force-racine qui n'a ni cessation ni mesure, comme il a été dit.
ברש"י ברא אלקים שעלה במחשבה לבראות במה"ד וראה שאינו מתקיים והקדים ושיתף עמו מדה"ר כו' ומה לשון והקדים. אך הוא בכח התשובה שמתקנין למפרע כל המעשים.
והענין הוא כי בוודאי לא הי' ח"ו שינוי רצון למעלה. רק שהבריאה היא במדה"ד.
ורק בכח האדם לעורר בחי' הרחמים שהיא עוד יותר גבוה מהבריאה והוא הכח השורש שממנו נעשה הבריאה. ולכן אף שבאמת נברא במדה"ד ואין לו קיום יכולים לקיים העולם בכח המשכת מדה"ר שלמעלה מהבריאה והוא ע"י תורה ומצות.
ולכן כ"ז נתקיים גם בסדר הדורות שלא הי' לעולם קיום ונמחה בדור המבול עד שבא אברהם אבינו ע"ה ונתקיים העולם במדה"ר. וזה שהתחילו ב' אלפים תורה מימות האבות לכן כ' בהבראם באברהם שהוא קיום העולם במדה"ר כנ"ל:
Dans Rachi : 'Elokim créa' - car Il monta dans la pensée de créer par la mesure de la rigueur, et voyant qu'il ne subsistait pas, Il devança (hikdim) et associa avec elle la mesure de la miséricorde, etc. Or que signifie l'expression 'Il devança' ?
C'est par la force de la techouva (le repentir) qui rectifie rétroactivement tous les actes. Et la chose est ainsi : assurément il n'y eut, à Dieu ne plaise, aucun changement de volonté en haut ; seulement la création est par la mesure de la rigueur, et c'est seulement au pouvoir de l'homme d'éveiller l'aspect de la miséricorde, laquelle est encore plus élevée que la création, et qui est la force-racine dont la création fut faite.
C'est pourquoi, même si en vérité (le monde) fut créé par la mesure de la rigueur et n'a pas de subsistance, on peut maintenir le monde par la force de l'attraction de la mesure de la miséricorde qui est au-dessus de la création, et cela se fait par la Torah et les mitsvot. C'est pourquoi tout cela s'est aussi vérifié dans l'ordre des générations : le monde n'avait pas de subsistance et fut effacé par la génération du Déluge, jusqu'à ce que vint Abraham notre père, que la paix soit sur lui, et que le monde subsista par la mesure de la miséricorde.
Et c'est pourquoi commencèrent les 'deux mille ans de Torah' depuis l'époque des Patriarches ; c'est pourquoi il est écrit 'be-hibaram', que l'on lit be-Abraham, qui est le maintien du monde par la mesure de la miséricorde, comme il a été dit.
תרמ"ב
[תרמ"ב] (5642)
Dans le Midrach, « Vayekhoulou » (Berechit 2,1) : ils devinrent des kelim (réceptacles). Le Sfat Emet enseigne un général et un particulier : « Berechit » est une parole, et l'on a demandé s'Il n'aurait pas pu créer d'une seule parole. La réponse : afin de faire rendre compte et de donner récompense, car le détail nécessite un tikoun (réparation) ; les justes qui amènent les détails à l'unité font un général plus cher devant Lui. Après le tikoun du corps viennent l'âme puis l'âme supplémentaire : l'homme est l'âme de la création, le Chabbat l'âme de l'ensemble. Les enfants d'Israël, qui ont l'unité, étendent une souccah de paix ; rien n'est en perfection tant que le nom d'Amalek n'est pas effacé.
Aussi : le monde subsiste par ceux qui s'occupent de la Torah ; après la faute, le service de l'Éden combiné au travail matériel, « Il le renvoya » comme mission ; l'emouna (foi) au sein de la nature, étincelles à actualiser.
במד' ויכלו נעשו כלים כו' הענין הוא דיש כלל ופרט וכלל. ועל הכלל אמרו והלא במאמר א' הי' יכול להבראות שהוא בראשית נמי מאמר הוא שהוא שורש הכל.
התורה וישראל. והתשובה כדי להפרע ולתת שכר כו', והיינו שבפרטות יש דברים הצריכין תיקון.
והצדיקים שמביאין כל הפרטים אל האחדות. הוא כלל הבא ע"י הפרט.
וזה חביב לפניו ית' יותר. וע"ז אמרו יפה שעה אחת בתשובה ומעש"ט בעוה"ז הוא האחדות והכלל שבא מהפרטים כנ"ל זהו כלל הצריך לפרט.
וע"ז וירא אלקים כל א' עשה כו' טוב מאוד. ויכלו שהוא כלל הנ"ל ונתעורר השורש ונעשה שבת.
ויברך ויקדש. ויש בו תוספות נשמה.
והענין הוא כמו שיש בפרט כל איש ישראל. אחר תיקון הגוף ושלימותו מקבל הנשמה.
ואח"כ כפי תיקון המעשה זוכה לנשמה יתירה. כן הי' בכלל.
בריאת שמים וארץ. ואח"כ האדם שהוא נשמת הבריאה.
ואח"כ שנעשה הכלל והאחדות. בא השבת שהוא הנשמה לכלל הבריאה.
וכמו שיהי' לעתיד יום שכולו שבת. רק עתה הרשעים מאבדין כו'.
ורק בנ"י שיש להם האחדות. נאמר פורס סוכת שלום והוא מעין עולם הבא כי אין הכל בשלימות עד שימחה שמו של עמלק:
Dans le Midrach : "Vayekhoulou" (les cieux furent achevés, Gn 2,1) -- ils devinrent des kelim (réceptacles)... Le sujet est qu'il existe un général (klal), un particulier (perat) et [de nouveau] un général.
Sur le général ils ont dit : "N'aurait-il pas pu être créé par une seule parole?" -- car "Bereshit" (Au commencement) est aussi une parole, qui est la racine de tout : la Torah et Israël. Et la réponse : "afin de faire rendre compte et de donner récompense..." -- c'est-à-dire que dans le détail il y a des choses qui nécessitent un tikoun (réparation).
Et les justes qui amènent tous les détails à l'unité, c'est un général qui vient par le particulier, et cela est plus cher devant Lui, béni soit-Il. Sur cela ils ont dit : "Meilleure est une heure de techouva (repentir) et de bonnes actions en ce monde-ci [que toute la vie du monde à venir]" (Avot 4,17) : c'est l'unité et le général qui vient des détails, comme dit ; voilà un général qui nécessite le particulier.
Sur cela : "Dieu vit" (Elokim) chaque chose qu'Il fit... "très bon" (Gn 1,31).
"Vayekhoulou", qui est le général mentionné : la racine s'est éveillée et le Chabbat se fit, "Il bénit et sanctifia" (Gn 2,3), et il y a en lui un surcroît d'âme (tossefet nechama). Le sujet est comme ce qu'il y a dans le détail chez chaque homme d'Israël : après le tikoun du corps et sa perfection, il reçoit l'âme (nechama), puis, selon le tikoun de l'action, il mérite l'âme supplémentaire (nechama yetera).
Ainsi en fut-il dans le général : la création des cieux et de la terre, puis l'homme qui est l'âme de la création, puis, quand se firent le général et l'unité, vint le Chabbat qui est l'âme de l'ensemble de la création. Et comme il en sera dans le futur, "un jour qui est tout entier Chabbat".
Seulement, maintenant les méchants détruisent... et ce sont uniquement les enfants d'Israël (bnei Israël), qui ont l'unité, dont il est dit "qui étend une souccah de paix" -- et c'est un avant-goût du monde à venir (olam haba) ; car rien n'est en perfection tant que n'est pas effacé le nom d'Amalek.
במדרש ואהי' אצלו אמון אומן נתייעץ בתורה וברא העולם כו'. והו"ל למימר והייתי.
ואהי' הפי' שעוד גם עתה מתקיים העולם. ע"י העוסקים בתורה.
דכתי' וירא כל אשר עשה הוא מה שכל הצדיקים עוסקים בתורה ומעש"ט. כ"ז עלה לפניו ית' ובזכות זה ברא וקיים העולם.
לכן איתא לתת שכר לצדיקים שמקיימין העולם כו'. והאמת כי העצה של התורה תתקיים לעתיד בשלימות.
כשיהי' נתקן הכל בעזה"י בכח התורה של הצדיקים וזהו ואהי' אצלו אמון שהתורה מתפארת כי עוד יתברר כי עצתה לטוב הי':
Dans le Midrach : "Vaehyeh etslo amon" (J'étais auprès de Lui amon, Pr 8,30) -- [lire] "oman" (artisan) : Il prit conseil auprès de la Torah et créa le monde... Or il aurait dû dire "vehayiti" (j'étais, au passé) ; "vaehyeh" [à l'inaccompli] signifie qu'encore maintenant le monde subsiste, par ceux qui s'occupent de la Torah.
Car il est écrit "Il vit tout ce qu'Il avait fait" (Gn 1,31) : c'est [le fait] que tous les justes s'occupent de Torah et de bonnes actions (maasim tovim) -- tout cela monta devant Lui, béni soit-Il, et par ce mérite Il créa et maintient le monde. C'est pourquoi il est enseigné : donner récompense aux justes qui maintiennent le monde...
Et la vérité est que le conseil de la Torah se réalisera dans le futur en perfection, quand tout sera réparé, avec l'aide de Dieu (be'ezrat Hachem), par la force de la Torah des justes. Voilà "Vaehyeh etslo amon" : que la Torah se glorifie, car il sera encore établi que son conseil était pour le bien.
תרמ"ד
[תרמ"ד]
במדרש ואהי' אצלו אמון כו' הביט בתורה וברא את העולם. פי' בתורה שנמצא בכל דור ובכל שנה.
לכן כתיב ואהי' לשון עתיד כי התורה חיות פנימי של כל הברואים שנמצא נקודה דאורייתא בכל עת ובכל מקום. שזה ענין אומרם באורייתא ברא עלמא א"כ הוצרך להיות הבריאה להשלמת התפשטות דרכי התורה ומשפטי' וכדי להוציא לאור משפטי התורה נברא העולם.
שהלא כך עלתה לפניו ית' שמשפט ענין זה צריך להיות כך עפ"י התורה וזה קיום של כל הענין. ואיתא התורה קדמה לעולם ב' אלפים.
וכי הי' זמן קודם הבריאה. אך אלף הוא לשון לימוד כמו אאלפך חכמה.
אלוף בינה. והנה יש ב' מיני למודים שהי' בתורה שלא הוצרך לזה הבריאה כמו חכמה ובינה שייך בלי הבריאה.
אבל לעשות חסד ודין ומשפט ושאר ענינים לזה הוצרך להיות נברא העולם כנ"ל. וזה בכלל.
אבל בפרט בצדיקים יש תקונים בכל עובדא לקשר בזה חיות התורה ממש. ובמד' ששאלו מה את השמים כו' ואמר כי לא דבר רק הוא מכם.
כשאין אתם יגיעים רק הוא כו'. ומסיק את לרבות תולדות השמים ותולדות הארץ ע"ש.
והענין עפ"י מדרשם ז"ל בראשית ברא בתורה ברא. וזה יתכן בכלל אבל בפרט לכאורה אין מובן.
אך כפי היגיעה של בנ"י יכולין למצוא הארת התורה גם בכל פרטים ותולדות שמים וארץ. כנ"ל כי לא דבר רק כו':
Dans le Midrach : "Vaehyeh etslo amon"... Il regarda dans la Torah et créa le monde.
Explication : la Torah qui se trouve en chaque génération et chaque année ; c'est pourquoi il est écrit "vaehyeh", à l'inaccompli, car la Torah est la vitalité intérieure de toutes les créatures, en sorte qu'un point de Torah (nekouda de'orayta) se trouve en tout temps et en tout lieu. C'est le sens de leur dire "par la Torah Il créa le monde" (be'orayta bara alma).
Ainsi la création fut nécessaire pour l'accomplissement du déploiement des voies de la Torah et de ses lois (michpatim), et c'est afin de faire venir à la lumière les lois de la Torah que le monde fut créé ; car ainsi monta devant Lui que la loi de tel sujet doit être ainsi selon la Torah, et voilà le maintien de toute la chose. Et il est enseigné : la Torah précéda le monde de deux mille [ans].
Or y avait-il un temps avant la création? Mais "eleph" (mille) est un terme d'enseignement, comme "aalefkha khokhma" (je t'enseignerai la sagesse, Job 33,33), "allouf bina" (maître de compréhension).
Or il y a deux sortes d'enseignements qui étaient dans la Torah : ceux pour lesquels la création ne fut pas nécessaire, comme la sagesse (khokhma) et la compréhension (bina), qui s'appliquent sans la création ; mais pour faire 'hessed (bonté), din (rigueur), michpat (droit) et les autres domaines, pour cela le monde dut être créé, comme dit. Et cela dans le général ; mais dans le détail, chez les justes il y a des tikounim dans chaque acte, pour relier par là la vitalité réelle de la Torah.
Et dans le Midrach, où ils ont demandé "que sont les cieux..." et [où] il est dit "car ce n'est pas une parole vide pour vous" (Dt 32,47) -- quand vous ne peinez pas, [c'est] vide, [venant] de vous... -- il conclut que le mot "et" (et/at) vient inclure les générations des cieux et les générations de la terre, voir là-bas. Le sujet est selon leur Midrach, de mémoire bénie : "Bereshit bara" -- par la Torah [appelée reshit] Il créa.
Cela se comprend dans le général, mais dans le détail, a priori, ce n'est pas compréhensible ; toutefois, selon la peine des enfants d'Israël, ils peuvent trouver l'illumination de la Torah aussi dans tous les détails et les générations des cieux et de la terre, comme dit : "car ce n'est pas une chose vide"...
בפסוק וישלחהו מג"ע לעבוד את האדמה כו' דכתיב אדם לעמל יולד ואמרו חז"ל אשרי שעמלו בתורה דגם מקודם כתיב לעבדה ולשמרה. רק שהי' עמלו בתורה בלבד.
ועתה הוצרך להיות בצירוף של עבודה גשמיות וזהו ענין תערובת טו"ר שעתה אחר החטא א"י לבוא לשום השגה בלתי קדימת תיקון הגוף. לכן אמרו עתה תורה שאין עמה מלאכה סופה בטילה.
ואחז"ל לשמור דרך עץ החיים מכאן שדרך ארץ קדמה לתורה. וזה נעשה אחר החטא.
אבל מקודם הי' כולו רק תורה כמו בשבת שא"צ לשום מעשה ובירור רק כולו תורה. לכן דרשו ויניחהו בג"ע הוא מנוחה של שבת.
שבימי החול צריך להיות העבודה ע"י הגשמיות לכן כתיב בכל יום ויהי ערב אח"כ ויהי בוקר שבא האור ע"י הערב והחושך. אבל בשבת לא כ' ערב שיש בשב"ק הארה מעין שהי' קודם החטא ומכ"מ יש בתערובות זה מדרגות הרבה.
שיש מי שדי לו במעט מלאכה כענין רובו רע ומעוטו טוב. ואחז"ל חסידים הראשונים עשו תורתן קבע ומלאכתן עראי היינו אף שהוצרכו ג"כ למלאכה כמש"כ ואספת דגניך ואמרו הנהג בהם מנהג ד"א הרבה עשו כרשב"י ולא עלתה בידם כו' עי"ש בברכות ר"פ כיצד מברכין ומ"מ צריך להיות העיקר התורה והמלאכה טפילה.
ואמרו תורתן ומלאכתן שיש דברי תורה מיוחדין לכל איש ישראל וכמ"כ מלאכה ותיקון המעשה מיוחד לכל איש ישראל וצריך האדם להבין ולהכין עצמו להשלים ולהוציא מכח אל הפועל הארה המיוחדת אליו עפ"י תיקון מעשים שלו שזה ענין הביט בתורה וברא העולם כמש"כ לעיל שהביט כל תורה הנעשית בכל עת. וקודם החטא הי' עבודת גן עדן בלי פסולת כמו שיש שדה עדיות וזבוריות וכ"א במדרשים שטענת התחתונים שדה שנתת לנו זבוריות היא.
וזה ההפרש שכ' לעבוד את האדמה שעתה צריך להיות העבודה בצירוף האדמה הגשמיות. ופי' וישלחהו הוא שליחות ג"כ שהקב"ה שלח את האדם לתקן את העולמות השפלים ובכח התקשרות שהי' לו מקודם בג"ע בכח זה יתקן גם כל העולם וזהו וישלחהו מג"ע לעבוד.
וכמש"כ בכל נשמה היורדת לעולם מראין לה מקודם הג"ע והתורה:
Sur le verset "Il le renvoya du jardin d'Éden (gan Éden) pour travailler la terre" (Gn 3,23)... car il est écrit "l'homme est né pour la peine" (Job 5,7), et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "heureux celui dont la peine est dans la Torah". Car déjà auparavant il est écrit "pour la travailler et la garder" (Gn 2,15), seulement que sa peine était dans la Torah uniquement ; et maintenant elle dut se faire en combinaison avec un travail matériel.
C'est le sujet du mélange du bien et du mal (tov va'ra) : maintenant, après la faute, on ne peut parvenir à aucune appréhension sans que précède le tikoun du corps. C'est pourquoi ils ont dit maintenant : "une Torah sans travail (melakha) finit par être annulée" (Avot 2,2).
Et nos Sages ont dit : "pour garder le chemin de l'arbre de vie" (Gn 3,24) -- de là [on apprend] que le derekh erets (conduite du monde, activité terrestre) précéda la Torah ; et cela se fit après la faute. Mais auparavant tout était uniquement Torah, comme le Chabbat où l'on n'a besoin d'aucune action ni tri (beroul), rien que Torah tout entière.
C'est pourquoi ils ont interprété "Il le plaça dans le jardin d'Éden" (Gn 2,15) comme le repos du Chabbat. Car aux jours profanes le service doit se faire par la matérialité ; c'est pourquoi il est écrit chaque jour "il y eut un soir" puis "il y eut un matin", car la lumière vient par le soir et l'obscurité.
Mais au Chabbat il n'est pas écrit "soir", car il y a dans le saint Chabbat (Chabbat kodech) une illumination semblable à ce qui était avant la faute. Et néanmoins il y a dans ce mélange de nombreux degrés : il en est un à qui suffit un peu de travail, selon [le principe] "sa majeure partie mauvaise et sa moindre partie bonne".
Et nos Sages ont dit : "les premiers hassidim faisaient de leur Torah leur occupation fixe (keva) et de leur travail l'occasionnel (arai)" -- c'est-à-dire, même s'ils avaient aussi besoin du travail, comme il est écrit "tu rassembleras ton grain" (Dt 11,14), et [comme] ils ont dit "conduis-toi avec elles [les paroles de Torah] selon le derekh erets". "Beaucoup ont fait comme Rabbi Chimon bar Yohai (Rachbi) et cela ne leur a pas réussi...", voir là-bas dans [le traité] Berakhot, au début du chapitre "Keitsad mevarkhin".
Et malgré tout, l'essentiel doit être la Torah, et le travail secondaire. Et ils ont dit "leur Torah et leur travail" : car il y a des paroles de Torah particulières à chaque homme d'Israël, et de même un travail et un tikoun de l'action particulier à chaque homme d'Israël ; et l'homme doit comprendre et se préparer, pour accomplir et faire passer de la puissance à l'acte l'illumination qui lui est particulière, selon le tikoun de ses actions.
C'est le sens de "Il regarda dans la Torah et créa le monde", comme écrit plus haut, qu'Il regarda toute la Torah qui se réalise en tout temps. Et avant la faute, le service du jardin d'Éden était sans déchet (psolet), comme il y a un champ [de qualité] supérieure (idit) et [un champ] inférieure (zibourit), et comme il est dit dans les Midrachim que la plainte des [êtres] inférieurs [fut] : "le champ que Tu nous as donné est de qualité inférieure".
Et c'est la différence, qu'il est écrit "pour travailler la terre (adama)" : maintenant le service doit se faire en combinaison avec la terre matérielle. Et l'explication de "vayechalehehou" (Il le renvoya) est aussi un envoi en mission (chelikhout) : le Saint, béni soit-Il, envoya l'homme pour réparer les mondes inférieurs, et par la force du lien qu'il avait auparavant dans le jardin d'Éden, par cette force il réparera aussi tout le monde ; et voilà "Il le renvoya du jardin d'Éden pour travailler".
Et comme il est écrit : à chaque âme qui descend dans le monde on montre auparavant le jardin d'Éden et la Torah.
תרמ"ה
[תרמ"ה]
במד' ואהי' אצלו אמון פדגוג מכוסה מוצנע כו'. דאיתא למה פתח בבראשית משום כח מעשיו הגיד לעמו כו' דאיתא בשביל ישראל שנקר' ראשית תבואתו.
דבאמת התורה שמיוחדת לבנ"י היא למעלה מהטבע. אבל כח התורה הוא להאיר גם בעוה"ז לקשר כל הדברים בשורשן ולכן נק' ראשית דרכו.
וזה הענין נק' אמונה הגם כי עצם התורה הוא למעלה מזה שנק' תורת אמת אבל היא מורה דרך לכל הנבראים כמ"ש פדגוג שיש מוצנע ומכוסה תוך הטבע נצוצים והארות מעולם העליון וע"י התורה יכולין להוציאן מכח אל הפועל. וזה הכח ניתן לבנ"י ע"י התורה.
וזה נק' אמונה כמ"ש מו"ז ז"ל על הירושלמי אמונת סדר זרעים שמאמין בבורא עולם וזורע היינו אמונה גם בתוך הטבע שע"ז נקרא עולם על שם ההעלם ע"ש פ' שלח והקב"ה שלח נשמת בנ"י בעוה"ז כדי להעלות ע"י כל הברואים דכ' ואבדיל אתכם מן העמים כו' דרשו חז"ל כדי שיהי' תקומה לכל העמים ע"ש וזה ענין הראשית שהיא העיקר והתכלית כמש"כ רש"י בפ' ר' חכמה יראת ה' ע"ש. וכמו התרומה שמשאיר קדושה לכל התבואה.
כן ע"י שבחר הקב"ה בחלקו ועמו בזה יש ברכה לכל העולם. והנה המלאכים ושרפים למעלה המה כולם קדושים.
אבל הקב"ה ברא עוה"ז בזה האופן שיהי' לו ית' חלק וראשית ונקודה אחת שמתעלה מתוך ההעלם וההסתר מעלה חן לפניו ית' יותר כענין שאמרו יפה שעה אחת בעוה"ז כו'. ובמדרש ויקרא ברכו ה' מלאכיו ולא כל מלאכיו עליונים שיכולים לעמוד בתפקידו כ' כל צבאיו ותחתונים שא"י לעמוד כ' מלאכיו ולא כל מלאכיו והוא כנ"ל שבעוה"ז א"א להיות מתוקן לגמרי רק להעלות הראשית ונקודה מכל הדברים ועי"ז נשאר קדושה וברכה בכל השאר וזה שנכתב בראשית בשביל ראשית כנ"ל:
Dans le Midrach : "Vaehyeh etslo amon" -- [amon comme] pédagogue (pedagog), caché, dissimulé... Car il est enseigné : pourquoi [la Torah] commence-t-elle par "Bereshit"?
À cause de "la force de Ses œuvres Il a annoncée à Son peuple..." (Ps 111,6) ; car il est enseigné : pour Israël, qui est appelé "prémice (reshit) de Sa récolte" (Jr 2,3). Car en vérité la Torah, qui est particulière aux enfants d'Israël, est au-dessus de la nature ; mais la force de la Torah est d'illuminer aussi en ce monde-ci, pour relier toutes les choses à leur racine, et c'est pourquoi elle est appelée "commencement (reshit) de Sa voie" (Pr 8,22).
Et ce sujet est appelé emouna (foi), bien que l'essence même de la Torah soit au-dessus de cela, elle qui est appelée "Torah de vérité" (torat émet) ; mais elle indique le chemin à toutes les créatures, comme dit "pédagogue" : qu'il y a, dissimulées et cachées au sein de la nature, des étincelles (nitsotsot) et des illuminations du monde supérieur, et par la Torah on peut les faire passer de la puissance à l'acte ; et cette force fut donnée aux enfants d'Israël par la Torah. Et cela est appelé emouna, comme l'a dit mon grand-père (mori zkeni), de mémoire bénie, sur le [Talmud de] Jérusalem : "la foi (emounat), [c'est] l'ordre Zeraim" -- qu'il croit au Créateur du monde et [pourtant] sème ; c'est-à-dire la foi aussi au sein de la nature, pour quoi il est appelé "olam" (monde), du fait de "helem" (dissimulation), voir là-bas la paracha Chelah.
Et le Saint, béni soit-Il, envoya l'âme des enfants d'Israël en ce monde-ci afin d'élever par elle toutes les créatures, car il est écrit "Je vous ai séparés des peuples..." (Lv 20,26) -- nos Sages ont interprété : afin qu'il y ait un relèvement pour tous les peuples, voir là-bas. Et c'est le sens du "commencement" (reshit) qui est l'essentiel et le but (takhlit), comme l'écrit Rachi sur le verset "le commencement de la sagesse est la crainte de Dieu" (Ps 111,10), voir là-bas.
Et comme la terouma (prélèvement) qui laisse une sainteté à toute la récolte, ainsi, du fait que le Saint, béni soit-Il, a choisi Sa part et Son peuple, par cela il y a bénédiction pour tout le monde. Or voici, les anges et les séraphins, en haut, sont tous saints ; mais le Saint, béni soit-Il, créa ce monde-ci de cette manière qu'Il ait une part, un commencement et un point unique qui s'élève du milieu de la dissimulation et de l'occultation, [ce qui] fait monter une grâce davantage devant Lui, selon ce qu'ils ont dit : "meilleure est une heure en ce monde-ci..." (Avot 4,17).
Et dans le Midrach Vayikra [Rabba] : "bénissez Dieu, Ses anges" (Ps 103,20) -- et non tous Ses anges : les [anges] supérieurs qui peuvent tenir dans leur charge, il est écrit [d'eux] "toutes Ses armées" ; et [pour] les inférieurs, qui ne peuvent tenir, il est écrit "Ses anges" et non tous Ses anges. Et c'est comme dit : en ce monde-ci il est impossible d'être réparé entièrement, seulement d'élever le commencement (reshit) et le point de toutes les choses, et par cela demeure une sainteté et une bénédiction dans tout le reste.
Et voilà ce qui est écrit "Bereshit" -- pour la reshit (prémice), comme dit.
במדרש ויכלו השמים כו' שנעשו כלים. דכל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא.
ולכן בשבת ע"י הביטול שנתבטל הבריאה אליו ית' שלא יהי' דבר נפרד בפ"ע. ונתברר שהכל הכנה להיות כלי לתשמישו ית' אז שורה ברכה כמאמר חז"ל כלי מחזיק ברכה והוא השבת שנקרא שלום.
ומזה מתקיים בכל שבת. ואחז"ל המענג את השבת נותנין לו נחלה בלי מצרים נחלת יעקב אביך כו'.
כי מצות עונג שבת הוא לברר כי כל הברכה ופרנסה בימי השבוע הוא רק בכח השבת וזה הג' סעודות של שבת וחז"ל דרשו מג"פ היום בפ' המן. וגם בפ' זו כ' ויכל ביום השביעי וישבות ביום השביעי ויברך את יום השביעי.
ויתכן לרמוז על הג' סעודות כי בליל שבת מתבטל כל ימי המעשה ומתקשר אל השבת כענין שנאמר ויכל ביום הז' מלאכתו. א"כ מלאכת ימי המעשה מתקשר אז להשבת וזה סעודת ליל שבת.
וישבות הוא יום השבת וסעודת שחרית שהיא התעלות הכל אל השורש לכן נאמר בו שביתה ויברך הוא סעודה ג' שנותן ברכה על שבוע הבאה. ונק' סעודות שהם סועדין ומפרנסין לכל הימים:
Dans le Midrach : "Vayekhoulou hachamayim" (les cieux furent achevés)... [lire] qu'ils devinrent des kelim.
Car tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé, Il l'a créé pour Sa gloire ; c'est pourquoi le Chabbat, par l'annulation (bitoul) selon laquelle la création s'annule devant Lui, en sorte qu'il n'y ait pas de chose séparée en elle-même, et [où] il devient établi que tout est préparation pour être un kli (réceptacle) de Son usage -- alors repose la bénédiction, selon le dire de nos Sages : "un réceptacle contient la bénédiction". Et c'est le Chabbat, qui est appelé paix (chalom), et de cela [le monde] subsiste chaque Chabbat.
Et nos Sages ont dit : "celui qui délecte le Chabbat, on lui donne un héritage sans limites (nahala bli metsarim), l'héritage de Yaakov ton père..." (Is 58,14). Car la mitsva de la délectation du Chabbat (oneg Chabbat) est d'établir que toute la bénédiction et la subsistance (parnassa) des jours de la semaine ne sont que par la force du Chabbat ; et ce sont les trois repas (séoudot) du Chabbat, que nos Sages ont déduits des trois fois [le mot] "hayom" (aujourd'hui) dans la section de la manne (Ex 16).
Et aussi dans cette section il est écrit "Il acheva le septième jour", "Il se reposa le septième jour", "Il bénit le septième jour" (Gn 2,2-3), et l'on peut y voir une allusion aux trois repas : car la nuit du Chabbat s'annulent tous les jours d'œuvre et se relient au Chabbat, selon ce qui est dit "Il acheva le septième jour Son œuvre" -- donc l'œuvre des jours ouvrables se relie alors au Chabbat, et c'est le repas de la nuit du Chabbat ; "Il se reposa", c'est le jour du Chabbat et le repas du matin (chaharit), qui est l'élévation de tout vers la racine, c'est pourquoi il est dit à son sujet "repos" (chevita) ; "Il bénit", c'est le troisième repas, qui donne bénédiction sur la semaine à venir. Et ils sont appelés "séoudot" car ils soutiennent (soadin) et nourrissent tous les jours.
תרמ"ו
[תרמ"ו]
במדרש ואהי' אצלו אמון הביט בתורה וברא את העולם כו'. דמקודם הי' בריאת האור וירא כו' האור כי טוב ויבדל גנזו לצדיקים כמש"כ חז"ל.
ובכל יום כ' וירא כי טוב. והיינו התורה שנק' אור וטוב כמש"כ מה רב טובך כו' צפנת כו' מה שגנז האור בתוך הבריאה.
וזהו הפלא של מעשה בראשית שהעיד הכ' שנמצא הארת התורה בכל המעשים וכל יום מימי בראשית מיוחד למצוא בו אור מיוחד. וזה שכ' ואהי' שעשועים יום יום שמזה נעשה יותר שעשועים למעלה במה שמוצאין הארות התורה תוך הגשמיות.
ולכן בשבת לא כ' וירא כי טוב. כי בשבת הוא כולו אור וטוב כמש"כ חז"ל בשבת יעשה כולו תורה ונק' טוב.
רק בימי המעשה שהוא סגור. התורה מעידה וירא אלקים כי טוב בכל הימים.
ומכ"מ כפי מה שמבררין האור בימי המעשה כך הוא מתרבה האור בשב"ק. וכ' טוב מלא כף נחת דרשו חז"ל על ש"ק וכ' ממלא חפנים עמל לרמוז שהכף נחת בשבת תלוי בחפנים עמל.
ובימי המעשה אמון פדגוג שהוא מדרגה התחתונה בתורה ולכן כ' ויהי ערב בכל יום וזה שעשועים כנ"ל. ובשבת כ' ג' פעמים יום לרמוז על אמון מכוסה מוצנע ורבתי כו':
Dans le Midrach : "Vaéhyéh etslo amon" -- Il regarda dans la Torah et créa le monde... Car auparavant fut la création de la lumière, "Il vit... la lumière qu'elle était bonne et Il sépara" (Gn 1,4) -- Il la cacha (ganzo) pour les justes, comme l'ont dit nos Sages ; et chaque jour il est écrit "Il vit que c'était bon".
Et c'est la Torah, qui est appelée lumière et bien, comme il est écrit "que grande est Ta bonté... que Tu as cachée..." (Ps 31,20) -- ce qu'Il cacha [comme] lumière au sein de la création. Et c'est la merveille de l'œuvre de la création (maasse berechit), que l'Écriture a attesté que l'illumination de la Torah se trouve dans toutes les œuvres, et [que] chaque jour des jours de la création est particulier pour y trouver une lumière particulière.
Et c'est ce qui est écrit "j'étais [ses] délices jour après jour" (Pr 8,30) : car par cela se font davantage de délices en haut, dans le fait que l'on trouve les illuminations de la Torah au sein de la matérialité. Et c'est pourquoi au Chabbat il n'est pas écrit "Il vit que c'était bon", car le Chabbat est tout entier lumière et bien, comme l'ont dit nos Sages : au Chabbat [l'homme] fera Torah tout entière, et il est appelé "bon".
Seulement, aux jours ouvrables, où elle est enfermée, la Torah atteste "Dieu vit que c'était bon" en tous les jours ; et néanmoins, selon ce que l'on clarifie la lumière aux jours ouvrables, ainsi s'accroît la lumière au saint Chabbat. Et il est écrit "mieux vaut une pleine paume de repos" (Ecc 4,6) -- nos Sages l'ont interprété du saint Chabbat -- et il est écrit "que deux poignées de labeur", pour faire allusion que la "paume de repos" du Chabbat dépend des "poignées de labeur".
Et aux jours ouvrables [c'est] "amon pédagogue", qui est le degré inférieur dans la Torah, et c'est pourquoi il est écrit "il y eut un soir" chaque jour, et c'est [le sens des] délices, comme dit ; et au Chabbat il est écrit trois fois "yom" (jour), pour faire allusion à "amon" caché, dissimulé, et [écrit en lettre] majuscule (rabati)...
תרמ"ז
[תרמ"ז]
ברש"י אר"י לא הי' צריך התורה להתחיל רק מהחודש הזה שהיא מצוה ראשונה כו' כח מעשיו הגיד כו'. יש לפרש עפ"י הפ' ה' מסיני בא כו' משעיר מהר פארן.
ואחז"ל שהחזיר התורה לבני עשו כו'. וצריך ביאור.
ויובן ע"פ המדרש ואהי' אצלו אמון פדגוג מוצנע מכוסה רבתי. והם ד' פירושי התורה פשט רמז דרוש סוד והם ד' עולמות פדגוג הוא הבריאה בעשי' גשמיות שגם זה נעשה ע"פ התורה והוא פשט הנגלה ורמז דרוש נסתר יותר כו'.
ובוודאי במדרגה התחתונה החזיר הקב"ה התורה להאומות. וגם אם הי' העולם נתקן כראוי הי' ראוי סדר הזה לכלל האומות והי' צריך להתחיל התורה מהחודש אם הי' נתקן העשי' כראוי.
רק ע"י החטא שהוצרך תיקון והי' ירידה לעולמות ונתפשט הארת התורה בעשי' והוא כח מעשיו כו' נחלת גוים שנמנע מהם אורם כנ"ל:
Dans Rachi : Rabbi Yits'hak a dit : la Torah n'aurait dû commencer que par "Ce mois-ci [est pour vous...]" (Ex 12,2), qui est le premier commandement... "la force de Ses œuvres Il a annoncée..." (Ps 111,6).
On peut expliquer selon le verset "Dieu vint du Sinaï... de Séir... du mont Paran" (Dt 33,2), et nos Sages ont dit qu'Il proposa la Torah aux fils d'Esaou... -- ce qui demande explication. Cela se comprend selon le Midrach "Vaéhyéh etslo amon" : pédagogue, dissimulé, caché, majuscule (rabati) ; et ce sont les quatre sens de la Torah -- pchat (sens littéral), remez (allusion), drach (homilétique), sod (secret) -- et ce sont les quatre mondes.
"Pédagogue", c'est la création dans l'action (assiya) matérielle, car cela aussi se fait selon la Torah, et c'est le pchat, le [sens] révélé ; et remez, drach [sont] plus cachés... Et certainement, c'est dans le degré inférieur que le Saint, béni soit-Il, proposa la Torah aux nations.
Et même si le monde avait été réparé comme il faut, cet ordre aurait convenu à l'ensemble des nations, et la Torah aurait dû commencer par "Ce mois-ci", si l'action (assiya) avait été réparée comme il faut. Seulement, à cause de la faute qui nécessita un tikoun, il y eut une chute des mondes et l'illumination de la Torah se déploya dans l'action, et c'est "la force de Ses œuvres... l'héritage des nations" (Ps 111,6) -- [nations] à qui leur lumière fut refusée, comme dit.
אחז"ל עלה במחשבה לבראותה במדה"ד וראה שאין העולם מתקיים ושיתף מדה"ר. נראה לבאר שהתורה היא מדת הרחמים כמ"ש חז"ל בפ' הבן יקיר כו' מדי דברי בו די דברי שנתתי בו ואמרו מי שיש לו בן יגע בתורה מתמלא עליו רחמים.
פי' שע"י שעוסקין בתורה כדי לקיים רצון הש"י. אעפ"י שא"י לגמור בפועל.
מצרף הקב"ה היגיעה והרצון ומעורר עלינו רחמים. וזה עצמו ענין שעלה במחשבה לבראות במדה"ד.
אבל בפועל נברא ברחמים. ובמה שברא העולם בתורה כמש"כ חז"ל בשביל התורה כו' בזה הקדים ושיתף מדה"ר:
Nos Sages ont dit : Il monta dans la pensée de la créer par la mesure de rigueur (midat hadin), et Il vit que le monde ne subsistait pas, et Il associa la mesure de miséricorde (midat harahamim). Il semble [pouvoir] expliquer que la Torah est la mesure de miséricorde, comme l'ont dit nos Sages sur la section "Ephraim est-il pour Moi un fils chéri..." (Jr 31,19) : "midei dabri bo" [se lit] "day dibri" -- assez de la parole que J'ai mise en lui ; et ils ont dit : celui qui a un fils qui peine dans la Torah, [Dieu] se remplit de miséricorde envers lui.
Explication : par le fait de s'occuper de Torah afin d'accomplir la volonté de Dieu (Hachem yitbarakh), bien qu'on ne puisse achever dans l'acte, le Saint, béni soit-Il, joint la peine et la volonté et éveille sur nous la miséricorde. Et c'est cela même le sens de "Il monta dans la pensée de créer par la mesure de rigueur", mais dans l'acte [le monde] fut créé par la miséricorde.
Et par le fait qu'Il créa le monde par la Torah, comme l'ont dit nos Sages "pour la Torah...", par cela Il fit précéder et associa la mesure de miséricorde.
בפ' ויכל ביום השביעי כו' במדרש המשל מטבעת שחסר החותם כו'. הענין הוא עפמ"ש בנוסח התפילה תכלית שמים וארץ.
דאיתא כל פעל ה' למענהו לעדותו. להעיד עליו ית' כמ"ש שבת סהדותא איקרי.
דהנה יש בכל דבר חומר ופועל וצורה ותכלית חומר גוף הנעשה. ופועל העושהו.
וצורת המעשה. ותכלית המעשה.
ונר"נ הם הג' בחינות. הם הג' ימים דקמי שבתא ודבתר שבתא שהם הארת הנפש שהיא החומר.
והרוח שהיא הציור. והנשמה שהיא כח הפועל.
אבל השבת היא התכלית. והיא הנשמה יתירה דכ' כל הנשמה תהלל.
פי' כשהנשמה בשלימות אז היא העדות וההלל להש"י והיא בשבת דכ' בי' טוב להודות והיא התכלית. ובאמת יש לכל הבריאה חלק בהשבת.
כיון שהוא התכלית וכן כ' וישבות כו' מכל מלאכתו. העיד הכתוב כי הנייחא הי' לפניו ית' מכל מלאכתו ממש שכל מה שברא הקב"ה לכבודו בראו רק לצדיקים א) מתגלה זה התכלית:
Sur la section "Il acheva le septième jour..." -- dans le Midrach, la parabole de l'anneau auquel manque le sceau (hotam)... Le sujet est selon ce qui est dit dans le texte de la prière : "l'aboutissement (takhlit) des cieux et de la terre".
Car il est enseigné "tout ce que Dieu a fait, c'est pour Lui-même" (Pr 16,4) -- [lire] "pour Son témoignage (le'édouto)", pour témoigner de Lui, comme il est dit "le Chabbat est appelé témoignage (sahadouta)". Car voici, il y a en toute chose : matière (homer), agent (poel), forme (tsoura) et finalité (takhlit) -- la matière : le corps de ce qui est fait ; l'agent : celui qui le fait ; la forme de l'œuvre ; et la finalité de l'œuvre.
Et nefech, roua'h, nechama (les trois niveaux de l'âme) sont les trois aspects : ce sont les trois jours qui précèdent le Chabbat et [les trois] qui suivent le Chabbat, qui sont l'illumination du nefech, qui est la matière ; du roua'h, qui est la forme (tsiyour) ; et de la nechama, qui est la force de l'agent. Mais le Chabbat est la finalité, et c'est l'âme supplémentaire (nechama yetera), car il est écrit "que toute âme (nechama) loue" (Ps 150,6).
Explication : quand l'âme est en perfection, alors elle est le témoignage et la louange envers Dieu, et c'est au Chabbat, car il est écrit à son sujet "il est bon de rendre grâce" (Ps 92,2), et c'est la finalité. Et en vérité toute la création a une part dans le Chabbat, puisqu'il est la finalité ; et de même il est écrit "Il se reposa... de toute Son œuvre" -- l'Écriture a attesté que le repos (nayha) était devant Lui, [provenant] de toute Son œuvre réellement, car tout ce que le Saint, béni soit-Il, a créé, Il l'a créé pour Sa gloire ; seulement, c'est aux justes que se révèle cette finalité.
תרמ"ח
[תרמ"ח]
« Et Il se reposa le septième jour » (Berechit 2,2). Le Sfat Emet y lit le « courent et reviennent » des 'Hayot : les êtres d'en bas courent les jours ouvrables et reviennent le saint Chabbat, où ils s'élèvent. La conduite passe par un émissaire qui rend compte ; tout homme d'Israël, envoyé accomplir les commandements, voit le Chabbat ramener son travail au Créateur, puis reçoit selon ce retour une mission nouvelle. Appelé paix, le Chabbat unit terre et ciel en un seul instrument, mesure du Tsadik nommé « Kol ». Israël, la Choulamit, en témoigne : ciel et terre sont tout un, seuls les déchets de la faute font obstacle.
Aussi : la lumière du visage et la nechama yeteira, miroir qui éclaire ; cessation dans l'action, la parole et la pensée ; la bénédiction qui sort le sol de la malédiction, au-dessus de la nature
וישבות ביום הז' דכ' והחיות רצוא ושוב. ובהם כ' כמראה הבזק ברגע א'.
אבל בתחתונים יש להם עלי' בש"ק. לכן רצוא בימי המעשה ושוב בשבת.
כדאיתא בימי המעשה ההנהגה ע"י שליח ובש"ק חוזר השליח בשליחותו. וזה הענין הוא בכל איש ישראל שנשתלח בעוה"ז לעשות מצות ה'.
והכלל שהשליח צריך לחזור שליחותו כדאיתא בגמרא והשבת מעלה ומחזיר כל עבודת ימי המעשה להבורא ית'. וכפי השוב שבש"ק כך מקבלין שליחות חדש על ימי המעשה הבאים.
ובמדרש הגו סיגים מכסף כו' כ"ז שתהו ובהו בעולם כו' נעקר תו"ב ניכר למלאכת שמים וארץ ע"ש. דכ' והארץ היתה תו"ב ואיתא במד' שם שהארץ מתרעמת כו'.
ובשבת שנק' שלום מתעלה הארץ ומתחבר להיות שמים וארץ כלי אחד. ושבת היא כלל הבריאה כמש"כ ויכלו והיא מדת הצדיק.
כל. דאחיד בשמיא וארעא.
ובאמת הצדיקים נק' ע"ש זה שעושין חיבור ודביקות תחתונים בעליונים. לכן בנ"י נק' השולמית והשבת מיוחד להם ונק' עדים וכן השבת סהדותא איקרי והיינו כדכ' במזמור שיר ליום השבת להגיד כי ישר ה' צורי.
פי' להראות כי באמת שמים וארץ הכל אחד. רק הפסולת ותערובת טו"ר שנעשה ע"י החטא מעכב.
לכן הוצרך למטה כל התקונים וכ' בכל יום ויהי ערב ובוקר. ובשבת לא שלטא סט"א כדכ' ויציצו כו' להשמדם עדי עד.
ונק' שבת ששבת ממזיקין כדאיתא במדרשים. ובהסתלקות הסוגים מתגלה הטוב הצפון.
וזה עדות כי ישר כו' ולא עולתה בו. והשי"ת בחר בשבת להיות מתגלה בו הקדושה לעדות הנ"ל בזמן.
ובחר בבנ"י להיות מתגלה בהם הקדושה להיות עדות על הנפש. ובא"י ובהמ"ק להיות עדות על המקום.
כי נמצא האור בהם. ורק החטאים מעכבים ומחשיכין כדאיתא לתת שכר טוב לצדיקים שמקיימין העולם כו':
"Et Il se reposa le septième jour" (Gn 2,2). Comme il est écrit "et les Hayot (créatures célestes) courent et reviennent" (ratso va-chov, Ez 1,14), et il est écrit à leur sujet "comme l'aspect de l'éclair" en un instant.
Mais les êtres d'en bas ont une élévation le saint Chabbat ; c'est pourquoi ils "courent" pendant les jours ouvrables et "reviennent" le Chabbat. Comme il est enseigné : pendant les jours ouvrables la conduite se fait par un émissaire (chalia'h), et le saint Chabbat l'émissaire revient rendre compte de sa mission.
Et cela vaut pour tout homme d'Israël, envoyé en ce monde pour accomplir les commandements de ה'. La règle est que l'émissaire doit revenir rendre compte de sa mission, comme il est dit dans la Guemara, et le Chabbat élève et ramène tout le travail des jours ouvrables au Créateur, béni soit-Il.
Et selon le "retour" (chov) du saint Chabbat, ainsi reçoit-on une mission nouvelle pour les jours ouvrables à venir. Et dans le Midrach : "Ôte les scories de l'argent" (Pr 25,4) etc. ; tant que le monde était tohou-va-bohou etc., le tohou-va-bohou fut extirpé, [le monde] rendu propre à l'ouvrage du ciel et de la terre, vois-y.
Car il est écrit "et la terre était tohou-va-bohou" (Gn 1,2), et il est dit dans le Midrach là que la terre se plaint etc. Et le Chabbat, qui est appelé paix (chalom), la terre s'élève et se joint pour que le ciel et la terre soient un seul instrument (keli).
Et le Chabbat est le tout de la création, comme il est écrit "et furent achevés" (vaykhoulou, Gn 2,1), et c'est la mesure du Tsadik nommé "Kol" (le Fondement, Yessod) qui unit le ciel et la terre. Et en vérité les tsadikim sont appelés ainsi parce qu'ils opèrent l'union et l'attachement des êtres d'en bas aux êtres d'en haut.
C'est pourquoi Israël est appelé "la Choulamit" (la Pacifiée), et le Chabbat leur est propre, et ils sont appelés témoins ('edim) ; de même le Chabbat est appelé "témoignage" (sahadouta), et c'est comme il est écrit dans "Psaume, chant pour le jour du Chabbat" (Ps 92) : "pour annoncer que le Nom est droit, mon Rocher". Explication : pour montrer qu'en vérité le ciel et la terre sont tout un.
Seuls les déchets et le mélange de bien et de mal (tov-va-ra) produits par la faute font obstacle. C'est pourquoi il a fallu en bas tous les tikounim (réparations), et il est écrit à chaque jour "et il y eut un soir et il y eut un matin".
Et le Chabbat, le Sitra A'hra (l'autre côté) ne domine pas, comme il est écrit "ils fleurissent... pour être détruits à jamais" (Ps 92,8). Et il est appelé Chabbat parce qu'il s'est reposé (chavat) des démons (mazikim), comme il est dit dans les Midrachim.
Et lors du retrait des scories se révèle le bien caché. Et c'est le témoignage "qu'Il est droit... et il n'y a pas d'injustice en Lui" (Ps 92,16).
Et le Saint béni soit-Il a choisi le Chabbat pour qu'en lui se révèle la sainteté, témoignage susdit dans le temps ; et Il a choisi Israël pour qu'en eux se révèle la sainteté, témoignage sur l'âme (nefech) ; et [Il a choisi] la terre d'Israël et le Temple pour être un témoignage sur le lieu. Car la lumière se trouve en eux, et seules les fautes font obstacle et obscurcissent, comme il est dit : "pour donner bonne récompense aux tsadikim qui maintiennent le monde" etc.
במדרש ויברך ברכו במאורות אין דומה מאור פניו של אדם בחול למ"פ בשבת. פי' התגלות הפנימיות כדכ' חכמת אדם תאיר פניו והיא התגלות נשמה יתירה.
וגם בכלל העולם מתגלה בשב"ק הפנימיות דכ' ויהי אור כו' ודרשו חז"ל שגנזו לצדיקים. ומאמר יהי אור הוא בכל פרט שיש לכל מעשה בראשית חלק בזה האור רק שנגנז ובשבת מתגלה ממנו.
ובימי המעשה הוא בחי' אספקלריא דלא נהרא. ובשבת אספקלריא המאירה.
ולכן הדלקת נר בשבת מצוה לרמוז על התגלות האור בשב"ק ובנ"י שמצפים לאור הגנוז ומרגישין בחשכת עוה"ז כענין שנא' כי אשב בחושך ה' אור לי. שמגלה לנו הש"י בשב"ק מעין אור עוה"ב.
וכ' ויקרא לאור יום. ובכל ימי בראשית כ' יום א' שני שלישי.
ובש"ק כ' ג' פעמים יום השביעי. וכן דרשו חז"ל בפ' המן ג' פעמים היום בשבת.
לרמוז לג' סעודות שבת. והרמז כי הגם שעוה"ז הוא בחי' שבעת ימי הבנין.
אבל בשב"ק יש הארה מג' ראשונות לכן כ' ג"פ יום ועיקר יום ואור כי טוב היא התורה. ואיתא במד' ב' אלפים קדמה תורה לעולם דכ' ואהי' אצלו אמון כו'.
ב' ימים. ואלף שנים בעיניך כיום אתמול ע"ש.
ובשבת יש התגלות מאותן ב' הימים והשבת נותן חכמה ובינה לבנ"י לכל ימי המעשה. לכן יש קריאת התורה בשבת שמתגלה בו אור התורה וכן דרשו חז"ל היום א' בקולו תשמעו על שב"ק שיכולין לשמוע בו קול תורה:
Dans le Midrach : "Et Il bénit" (vaybarekh) - Il le bénit par les luminaires. La lumière du visage de l'homme en semaine ne ressemble pas à celle du Chabbat.
Explication : la révélation de l'intériorité, comme il est écrit "la sagesse de l'homme illumine son visage" (Ecc 8,1), et c'est la révélation de l'âme supplémentaire (nechama yeteira). Et aussi, dans l'ensemble du monde, se révèle au saint Chabbat l'intériorité, comme il est écrit "et il y eut lumière" etc., et nos Sages ont expliqué qu'Il l'a cachée (gnaza) pour les tsadikim.
Et la parole "que la lumière soit" est en chaque détail, car chaque œuvre de la création a une part dans cette lumière, seulement elle est cachée, et le Chabbat il s'en révèle quelque chose. Et pendant les jours ouvrables c'est l'aspect du miroir qui n'éclaire pas (aspaklaria de-la nahara), et le Chabbat, le miroir qui éclaire (aspaklaria ha-meira).
C'est pourquoi allumer une bougie le Chabbat est un commandement, pour faire allusion à la révélation de la lumière au saint Chabbat ; et Israël, qui attend la lumière cachée et la ressent dans l'obscurité de ce monde, comme il est dit "quand je suis assis dans les ténèbres, le Nom est ma lumière" (Mi 7,8). Car le Nom nous révèle au saint Chabbat comme un avant-goût de la lumière du monde à venir.
Et il est écrit "et Il appela la lumière jour". Et pour tous les jours de la création il est écrit "jour un, deuxième, troisième", et au saint Chabbat il est écrit trois fois "le septième jour".
De même nos Sages ont expliqué, dans la parachat ha-man (le passage de la manne), qu'il y a trois fois "aujourd'hui" à propos du Chabbat, pour faire allusion aux trois repas du Chabbat. Et l'allusion est que, bien que ce monde soit l'aspect des sept jours de la construction (chivat yemei ha-binyan), au saint Chabbat il y a un rayonnement des trois premières [sefirot] ; c'est pourquoi il est écrit trois fois "jour".
Et l'essentiel du jour et de la lumière "car il est bon", c'est la Torah. Et il est dit dans le Midrach : deux mille ans la Torah a précédé le monde, comme il est écrit "et j'étais auprès de Lui amon (nourrisson, ou artisane)" etc.
Deux jours - car "mille ans à Tes yeux sont comme le jour d'hier" (Ps 90,4), vois-y. Et le Chabbat il y a une révélation de ces deux jours, et le Chabbat donne sagesse ('hokhma) et intelligence (bina) à Israël pour tous les jours ouvrables.
C'est pourquoi il y a lecture de la Torah le Chabbat, car en lui se révèle la lumière de la Torah ; et de même nos Sages ont expliqué "aujourd'hui, si vous écoutez Sa voix" (Ps 95,7) à propos du saint Chabbat, où l'on peut entendre la voix de la Torah.
במדרש ויכלו שנעשו כלים כו'. דבאמת הקב"ה מחדש בכל יום מ"ב רק שבששת ימי המעשה נתקן העולם להיות כלי לקבל תמיד זאת ההתחדשות וכל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא.
וכבודו יתב' מתברר מכל מ"ב ויש לכל ברי' חלק בכלי זו וכפי עבודת האדם להוציא מכח אל הפועל התגלות כבודו ית' בעולם. כך יש לו חלק ביותר.
וזה הכח ניתן לבנ"י כדכ' אתם עדי. וכ' כל פעל ה' למענהו לעדותו.
כי באמת כל עולם ומלואו מעידין על הבורא ית'. רק האדם הוא צריך לברר זאת העדות.
דכ' השמים מספרים כו' אבל זה הסיפור נודע רק לחכמים ובעלי דעת ושמעתי ממו"ז ז"ל פי' המשנה שצדיקים מקיימין העולם שנברא בע"מ ואמר שהוא מלשון קיום שטר בחותמיו כי הצדיקים מקיימין אותן הרשימות ואותיות אשר הטביע הקב"ה תוך הבריאה להיות ניכר מתוכן כבודו ית"ש. וגם פי' ואעידה בם את השמים וארץ.
כי בנ"י מבררין ומשלימין זאת העדות שהשמים מספרים כו'. הגם שאין זה לשונו ממש אבל זה תוכן דבריו ז"ל.
וע"ז איתא העוסק בפ' שירה כו' כי צריך האדם לחפש ולמצא חכמת הבורא ית' שהוטבע בבריאת שמים וארץ שיש בכל דבר להכיר כבודו ית' וחכמתו וחסדיו. ובנ"י הם כלים להוציא זאת מכח אל הפועל דאיתא אין מעידין אלא בשומע דכתיב שמעה עמי כו' ואעידה בך.
וע"ז כ' שמע ישראל ה"א ה' אחד. פי' שבנ"י יכולין לשמוע מכל הברואים עדות זאת שה' אחד וכל הברואים מספרים ומעידין לבני ישראל שישמעו עדות זאת כמ"ש אתה הראית לדעת כו':
Dans le Midrach : "vaykhoulou" (et furent achevés) - qu'ils devinrent des instruments (kelim) etc. Car en vérité le Saint béni soit-Il renouvelle chaque jour l'œuvre de la création (maasse berechit), seulement pendant les six jours ouvrables le monde à été établi pour être un instrument capable de recevoir constamment ce renouvellement ; et tout ce que le Saint béni soit-Il a créé, Il l'a créé pour Sa gloire.
Et Sa gloire, béni soit-Il, se clarifie à partir de toute l'œuvre de la création, et chaque créature a une part dans cet instrument ; et selon le travail de l'homme pour faire passer de la puissance à l'acte la révélation de Sa gloire dans le monde, ainsi a-t-il une part plus grande. Et cette force fut donnée à Israël, comme il est écrit "vous êtes Mes témoins" (Is 43,10).
Et il est écrit "toute œuvre du Nom est pour Lui" (Pr 16,4), pour Son témoignage. Car en vérité tout le monde et ce qui l'emplit témoignent du Créateur béni soit-Il, seul l'homme doit clarifier ce témoignage.
Comme il est écrit "les cieux racontent [la gloire de Dieu]" (Ps 19,2), mais ce récit n'est connu que des sages et des hommes de discernement. Et j'ai entendu de mon grand-père maternel, de mémoire bénie, l'explication de la Michna selon laquelle les tsadikim maintiennent le monde qui fut créé par dix paroles (bassara maamarot) : il a dit que c'est au sens de "confirmation (kiyoum) d'un acte par ses signataires", car les tsadikim confirment ces empreintes et ces lettres que le Saint béni soit-Il a gravées dans la création pour que par elles soit reconnue Sa gloire, que Son nom soit béni.
Et aussi l'explication de "et je prends à témoin contre eux le ciel et la terre" (Dt 30,19) : car Israël clarifie et parfait ce témoignage que "les cieux racontent" etc. Bien que ce ne soit pas exactement son expression, tel est le fond de ses paroles, de mémoire bénie.
Et à ce sujet il est dit : celui qui s'occupe du Perek Chira etc., car l'homme doit chercher et trouver la sagesse du Créateur béni soit-Il qui a été imprimée dans la création du ciel et de la terre, qu'il y a en toute chose de quoi reconnaître Sa gloire, Sa sagesse et Ses bontés (hassadim). Et Israël sont les instruments pour faire passer cela de la puissance à l'acte, car il est dit : on ne témoigne que devant celui qui entend, comme il est écrit "écoute Mon peuple" etc.
"et je témoignerai contre toi" (Ps 81,9). Et à ce sujet il est écrit "Écoute Israël, le Nom est notre Dieu, le Nom est Un" (Dt 6,4).
Explication : qu'Israël peut entendre de toutes les créatures ce témoignage que le Nom est Un, et toutes les créatures racontent et témoignent aux enfants d'Israël pour qu'ils entendent ce témoignage, comme il est écrit "tu as été rendu voyant pour savoir [que le Nom est Dieu]" (Dt 4,35) etc.
תרמ"ט
[תרמ"ט] (année 5649)
ב"ה מפ' בראשית
Avec l'aide du Ciel. De la parachat Berechit.
בפ' וישבות ביום הש' כו'. ויברך ויקדש.
כי בהבריאה נמצא מעשה דיבור ומחשבה. בראשית ברא דרשו חז"ל עלה במחשבה לבראות במדה"ד.
ודיבור כל המאמרות. מעשה דכ' ויעש ויעש.
ובשבת הי' השביתה בכל אלה וישבות כו' מלאכתו הוא בעשי' ויברך בדיבור. ויקדש הוא במחשבה.
ובוודאי כל אלה הג' הם ג' עולמות מיוחדים לכל א' וכמו כן במצות השבת לבנ"י הוא בג' אלו. כמ"ש וכבדתו מעשות כו' חפציך כו' דבר.
והם הג' סעודות וג' תפילות בשבת. וגם בפרט הדורות מצינו ג' שבתות שבת בראשית במעשה בראשית.
ובקבלת התורה בשבת זכור בעצומו של יום הי' בדיבור. ונראה דשבת לעתיד יום שכולו שבת הוא שבת במחשבה שלא יצא לפועל בעוה"ז:
Sur le passage "et Il se reposa le septième jour" etc. : "et Il bénit et Il sanctifia". Car dans la création se trouvent les trois modes : action, parole et pensée (maasse, dibbour, mahachava).
"Au commencement Il créa" - nos Sages ont expliqué : il monta en pensée de créer par la mesure de rigueur (midat ha-din). Et la parole - toutes les [dix] paroles [de la création].
L'action - comme il est écrit "et Il fit, et Il fit" (vayaas). Et le Chabbat il y eut cessation dans tous ces modes : "et Il cessa... de tout Son ouvrage" - c'est dans l'action ; "et Il bénit" - dans la parole ; "et Il sanctifia" - c'est dans la pensée.
Et assurément ces trois sont trois mondes distincts, chacun propre à l'un ; et de même dans le commandement du Chabbat pour Israël c'est dans ces trois, comme il est écrit "et tu l'honoreras en t'abstenant de... tes affaires... [et de] parler" (Is 58,13).
Et ce sont les trois repas et les trois prières du Chabbat. Et aussi, dans le détail des générations, nous trouvons trois Chabbats : le Chabbat de la création (Chabbat Berechit), dans l'œuvre de la création ; et lors du don de la Torah, le Chabbat "Zakhor" (Souviens-toi), dans le vif du jour, ce fut dans la parole ; et il apparaît que le Chabbat de l'avenir, "le jour qui est tout entier Chabbat", est un Chabbat dans la pensée, qui ne s'est pas manifeste en acte dans ce monde.
ויברך א' את יום השביעי במדרש ברכת ה' היא תעשיר ולא יוסיף עצב עמה. דכלפי מה שנאמר בו בשעת החטא ארורה האדמה בעצבון תאכלנה.
וזה הי' ביום שנברא אדם. ואח"כ חזר בתשובה באותו היום כמש"כ רבותינו ז"ל חזר הקב"ה ובירך ביום השביעי והי' השבת עצה לצאת העולם מארור לברוך.
כי אכילת שבת היא בשמחה בלי יגיעה. וכ' ויברך את יום השביעי.
הוא אפילו ימי עבודה הטפלים להשבת מתברכין ג"כ בכח השבת. וז"ש ז"ל לוו עלי ואני פורע ע"י הדביקות להשבת אם כל המעשים המכוון שלהם לשם מצות ה' שהכל בכלל השבת.
אז אני פורע. פי' לשון גלוי.
כי באמת כל הקללה היא בטבע אבל בשבת שמתגלה שורש החיות שלמעלה מהטבע כתוב בו ברכה. והיינו דכ' חז"ל מזונותיו של אדם קצובות לו בר"ה חוץ שבתות ויו"ט כל המוסיף מוסיפין לו.
פי' שבשבת הוא תוספת ממה שלמעלה מהטבע והוא בלי מדה וקצבה. וז"ש ברכת ה' היא תעשיר ולא יוסיף עצב עמה היינו כל הטפל ומחובר רק אל השבת מסלק ג"כ העצבון שבא ע"י הקללה שהיא רק בטבע ולא בהתעלות הדברים להשורש שלמעלה כי כל ברכה היא בלי גבול והוא למעלה מהטבע כנ"ל:
"Et Dieu bénit le septième jour" - dans le Midrach : "la bénédiction du Nom, c'est elle qui enrichit, et Il n'y ajoute pas de peine" (Pr 10,22). Par rapport à ce qui fut dit au moment de la faute : "maudit soit le sol, dans la peine tu en mangeras" (Gn 3,17).
Et cela eut lieu le jour où l'homme fut créé ; puis il revint en techouva (repentir) ce même jour, comme l'ont écrit nos maîtres de mémoire bénie : le Saint béni soit-Il revint et bénit le septième jour, et le Chabbat fut le conseil (etsa) pour faire sortir le monde de maudit à béni. Car manger le Chabbat est dans la joie, sans labeur.
Et il est écrit "et Il bénit le septième jour" - même les jours de labeur, subordonnés au Chabbat, sont eux aussi bénis par la force du Chabbat. Et c'est ce qu'ont dit nos Sages : "empruntez sur Moi et Je rembourse" - par l'attachement au Chabbat, si tous les actes ont pour intention le commandement de ה', de sorte que tout soit compris dans le Chabbat, alors "Je rembourse" (pore'a).
Explication : "pore'a" au sens de dévoilement (guilouy). Car en vérité toute la malédiction est dans la nature (teva), mais le Chabbat, où se révèle la racine de la vie qui est au-dessus de la nature, il y est écrit une bénédiction.
Et c'est [le sens de] ce qu'ont dit nos Sages : les subsistances de l'homme lui sont fixées à Roch ha-Chana, sauf [les dépenses des] Chabbats et fêtes, [pour lesquelles] quiconque ajoute, on lui ajoute. Explication : le Chabbat est un surplus (tossefet) de ce qui est au-dessus de la nature, et il est sans mesure ni fixation.
Et c'est [le sens de] "la bénédiction du Nom, c'est elle qui enrichit, et Il n'y ajoute pas de peine" : c'est-à-dire, tout ce qui est subordonné et rattaché uniquement au Chabbat écarte aussi la peine venue par la malédiction, qui n'est que dans la nature et non dans l'élévation des choses vers la racine d'en haut. Car toute bénédiction est sans limite et au-dessus de la nature, comme ci-dessus.
תר"נ
[תר"נ] (année 5650)
ב"ה מפ' בראשית
Avec l'aide du Ciel. De la parachat Berechit.
בזוה"ק בראשית ירא שבת ירא בשת דאיתא שלכך נתן הש"י הבחירה דמאן דאכיל דלאו דילי' בהית לאסתכולי בי' לכן מדת טובו ית' שהאדם ירויח במעשיו ויש להבין שהרי קודם החטא הי' עומד שלא להיות טוב ורע בעולם. אך נראה דבאמת יצירה אמתיות שהי' קודם החטא הי' בדביקות האחדות ממש ולא הי' שייך אכיל דלאו דילי' בהית.
כי הי' אחדות ממש דבוק ובטל אליו י"ת. רק אחר הפירוד הי' הבושת כמש"כ ויתחבא כו' לכן הי' העצה ע"י הבחירה.
ואיתא במד' וישם שם האדם כדכ' ויהי שם ע' היום הזה ובלבד ביצירה זו ע"ש. פי' כי בוודאי הקב"ה שהכין גן עדן בשביל האדם הוא מוכן לזה לעולם אך אחר החטא כ' משנה פניו ותשלחהו.
ונשתנה הצורה כמש"כ וייצר ב' יצירות כו' יצירה בעוה"ב. ושבת מעין עוה"ב.
ז"ש ברכו בעטיפה וצריכין לשנות מלבושי שבת לרמז הנ"ל ולכן ע"י התורה ומצוות רמ"ח ושס"ה זוכין להמשיך הארה מצורה הפנימיות רוחניות. לזכות לג"ע.
ובשב"ק יש הארה לאדם מצורה הפנימיות שהיא נשמה יתירה היורדת מגן עדן לבנ"י שהוא יומא דנשמתין ולאו דגופין כדכ' בזוה"ק. פי' שהנשמה גוברת על הגוף בשב"ק וכ"ש חז"ל אין דומה מאור פניו של אדם בשבת לימות החול לכן בשבת נק' מתנה.
ובימי המעשה עיקר עבודת האדם לתקן ולברר. ושבת אין בו בשת כנ"ל שהוא באחדות מעין קודם החטא דכ' ולא יתבששו לכן יוכל להיות בדרך מתנה ואעפ"כ לא בהית לאסתכולי והיינו דכ' חז"ל מתנה טובה יש לי בבית גנזי כלפי שכל המקבל מתנה בהית לאסתכולי ושבת לא כן רק מתנה טובה הוא משום שהוא ממקום הגנוז שהוא באחדות כנ"ל.
וכמ"ש פורס סוכת שלום עלינו כמ"ש במ"א פי' שלום כשחלק התחתון מתדבק בשורש העליון רמז דכ' הכא וישם שם. וכ' וישם לך שלום שחל צורה הראשונה שהי' בג"ע קודם החטא וז"ש בראשית ירא בשת הוא בימי החול ירא שבת היא יראת הרוממות שהיא באחדות בלי בושה כמ"ש:
Dans le saint Zohar : "Berechit" - "crains le Chabbat" (yare Chabbat), "crains la honte" (yare bochet). Car il est dit que le Nom a donné pour cela le libre-arbitre (behira), puisque celui qui mange ce qui n'est pas à lui a honte de le regarder en face ; c'est pourquoi la mesure de Sa bonté [veut] que l'homme gagne par ses actes.
Et il faut comprendre : avant la faute il se tenait [dans un état] où bien et mal n'existaient pas dans le monde. Mais il apparaît qu'en vérité la formation véritable, qui était avant la faute, était dans l'attachement de l'unité même (dvekout ha-ahdout), et il n'y avait pas lieu à "manger ce qui n'est pas à soi et en avoir honte", car c'était une unité réelle, attachée et annulée vers Lui, béni soit-Il.
Ce n'est qu'après la séparation qu'il y eut la honte, comme il est écrit "et il se cacha" etc. ; c'est pourquoi le conseil fut par le libre-arbitre. Et il est dit dans le Midrach "et Il plaça là (vayassem cham) l'homme", comme il est écrit "et le nom (chem) était...", "ce jour-là et seulement dans cette formation", vois-y.
Explication : car assurément le Saint béni soit-Il, qui a préparé le jardin d'Éden pour l'homme, le lui tient prêt pour toujours ; mais après la faute il est écrit "Il change sa face et Il le renvoie" (Jb 14,20). Et la forme fut changée, comme il est écrit "vayitser" (et Il forma) avec deux formations etc. : une formation pour le monde à venir.
Et le Chabbat est un avant-goût du monde à venir. C'est [le sens de] "Il le bénit par un vêtement" (be-atifa), et il faut changer de vêtements pour le Chabbat, pour l'allusion ci-dessus.
Et c'est pourquoi, par la Torah et les commandements - 248 [membres] et 365 [tendons] - on mérite de faire descendre un rayonnement de la forme intérieure spirituelle, pour mériter le jardin d'Éden. Et au saint Chabbat il y a pour l'homme un rayonnement de la forme intérieure, qui est l'âme supplémentaire (nechama yeteira) descendant du jardin d'Éden vers Israël, car c'est "un jour des âmes et non des corps" (yoma de-nichmatin ve-lav de-goufin), comme il est écrit dans le saint Zohar.
Explication : que l'âme l'emporte sur le corps au saint Chabbat, comme l'ont dit nos Sages : la lumière du visage de l'homme le Chabbat ne ressemble pas à celle des jours de semaine ; c'est pourquoi le Chabbat est appelé un don (matana). Et pendant les jours ouvrables l'essentiel du travail de l'homme est de réparer et de clarifier ; mais le Chabbat il n'y a pas de honte (bochet), comme ci-dessus, car il est dans l'unité, avant-goût de l'état d'avant la faute, comme il est écrit "et ils n'avaient pas honte" (Gn 2,25).
C'est pourquoi il peut être à la manière d'un don, et malgré cela sans honte de le regarder. Et c'est ce qu'ont dit nos Sages : "un bon don J'ai dans Ma chambre au trésor" - alors que quiconque reçoit un don a honte de le regarder, le Chabbat n'est pas ainsi : c'est un bon don parce qu'il provient du lieu caché qui est dans l'unité, comme ci-dessus.
Et comme [nous disons] "Il étend sur nous la souccah de la paix" (soukkat chalom), comme expliqué ailleurs : le sens de "paix" (chalom) est quand la partie inférieure s'attache à la racine supérieure - allusion de ce qui est écrit ici "vayassem cham" (et Il plaça là). Et il est écrit "et qu'Il te donne la paix" (ve-yassem lekha chalom) - que se pose la forme première qui était au jardin d'Éden avant la faute.
Et c'est [le sens de] "Berechit" : "crains la honte" (yare bochet), c'est dans les jours de semaine ; "crains le Chabbat" (yare Chabbat), c'est la crainte de la sublimité (yirat ha-romemout) qui est dans l'unité, sans honte, comme dit.
תרנ"א
[תרנ"א] (année 5651)
ב"ה מפ' בראשית
Avec l'aide du Ciel. De la parachat Berechit.
במד' ואהי' אמון פדגוג מכוסה מוצנע רבתי כי התורה יש בה פרד"ס והפשוט הוא תיקון הגוף שהתורה מלמדת לעשות מעש"ט בגשמיות בפשטי המצות. וזה פדגוג.
וע"ז התרעם מרע"ה כאשר ישא האומן את היונק. שמדרגת מרע"ה הי' למעלה מזה.
ומכוסה הוא בחי' מלבוש שזוכין ע"י תרי"ג מצות שהם חיות פנימי של תרי"ג אברים וגידין וע"י המצות זוכין לחלוקא דרבנן והוא בחי' נפש. ומוצנע ורבתי הוא בחי' רוח ונשמה שהוא סודות פנימיות של התורה:
Dans le Midrach : "et j'étais amon" (Pr 8,30) - [lu comme] pédagogue (padgog), couvert (mekhousse), dissimulé (moutsna), grand (rabati). Car la Torah renferme le PaRDeS (les quatre niveaux d'exégèse), et le [sens] simple (pchat) est la réparation du corps, la Torah enseignant à accomplir de bonnes œuvres (maassim tovim) dans le matériel, selon le sens simple des commandements.
Et c'est [le sens de] "pédagogue". Et à ce sujet Moche notre maître s'est plaint : "comme le nourricier porte le nourrisson" (Nb 11,12), car le niveau de Moche notre maître était au-dessus de cela.
Et "couvert" (mekhousse) est l'aspect du vêtement (malbouch) que l'on mérite par les 613 commandements, qui sont la vitalité intérieure des 613 membres et tendons ; et par les commandements on mérite le "vêtement des Sages" (halouka de-rabbanan), et c'est l'aspect du nefech (âme vitale). Et "dissimulé et grand" (moutsna ve-rabati) est l'aspect du roua'h (esprit) et de la nechama (âme supérieure), qui sont les secrets, l'intériorité de la Torah.
במד' הגו סיגים מכסף כו' נעקר תהו ובהו נעשו כלים כו' כי הנה ימי המעשה נתנו לברר להוציא הפסולת והסיגים. ובשב"ק אין צריך בירור כי מתגלה הקדושה בשבת וס"א בורחת והוא בחי' הגו רשע לפני מלך ויכון בחסד כסא.
ובימי המעשה הכל תלוי בעבודת האדם לברר. ובשב"ק חסד ה' לגלות הקדושה וממילא כהמס דונג מפני אש כו' לכן בשב"ק מתגלה צורה הפנימיות של העולם.
וכמש"כ ביום השבת יפתח. ולהכי אין דומה מאור פניו של אדם בשבת לימות החול כיון שנעקר תהו ובהו ומתגלה הפנימיות.
והנה כ' יום הששי ויכלו. ודרשו חז"ל הששי תנאי התנה שיקבלו ישראל התורה וא"ל מחזיר העולם לתהו ובהו.
א"כ פי' התנאי על ויכלו שגמר הכלי לעקור תוהו ובהו ולגלות פנימיות הכלי זאת תלוי' בקבלת התורה. דכ' ה' עוז לעמו יתן עי"ז יברך א"ע בשלום.
כי כ"ז שתהו ובהו ופסולת מתערב יש פירוד ואין הכלי בשלימות וע"י התורה זוכין בנ"י אל השלום. כי השלום שקול נגד הכל כמ"ש חז"ל במד' פ' נשא ע"מ שאנו אומרים עושה שלום ובורא הכל.
כי בכל ימי המעשה נברא בכל יום דבר פרטי. ושבת הוא חיבור ושלימות כל הבריאה ושקול נגד כל הפרטים.
וכמ"כ ע"י התורה כמו שאמרו חז"ל ת"ח מרבין שלום בעולם דכ' רב שלום בוניך כו'. שהם מתקנים ובונין הכלי ע"י שמסלקין התהו ובהו ומבררין הטוב כנ"ל:
Dans le Midrach : "Ôte les scories de l'argent" etc. (Pr 25,4) - le tohou-va-bohou fut extirpé, [les choses] devinrent des instruments (kelim) etc.
Car voici, les jours ouvrables ont été donnés pour clarifier, pour extraire les déchets et les scories. Mais au saint Chabbat il n'est pas besoin de clarification, car la sainteté se révèle le Chabbat et le Sitra A'hra (l'autre côté) fuit ; et c'est l'aspect de "ôte le méchant devant le roi et son trône s'affermira par la bonté" (Pr 25,5).
Et pendant les jours ouvrables tout dépend du travail de l'homme pour clarifier ; mais au saint Chabbat [c'est] la bonté du Nom de révéler la sainteté, et de soi-même "comme fond la cire devant le feu" etc. (Ps 68,3).
C'est pourquoi au saint Chabbat se révèle la forme intérieure du monde, comme il est écrit "le jour du Chabbat il sera ouvert" (Ez 46,1). Et pour cela la lumière du visage de l'homme le Chabbat ne ressemble pas à celle des jours de semaine, puisque le tohou-va-bohou est extirpé et l'intériorité se révèle.
Et voici, il est écrit "le sixième jour" [puis] "vaykhoulou" (et furent achevés). Et nos Sages ont expliqué : "le sixième" (ha-chichi) - Il a posé une condition (tenai hitna) que Israël accepterait la Torah, sinon Il ramènerait le monde au tohou-va-bohou.
Si donc, l'explication de la condition porte sur "vaykhoulou" : qu'Il acheva l'instrument (keli) pour extirper le tohou-va-bohou et révéler l'intériorité de l'instrument ; et cela dépend de la réception de la Torah, comme il est écrit "le Nom donne force à Son peuple" - par cela "Il bénit Son peuple par la paix" (Ps 29,11). Car tant que le tohou-va-bohou et les déchets se mêlent, il y a séparation et l'instrument n'est pas dans sa perfection, et par la Torah Israël mérite la paix.
Car la paix équivaut à tout, comme l'ont dit nos Sages dans le Midrach de la parachat Nasso, sur ce que nous disons "Il fait la paix et crée le tout" (osse chalom ou-vore et ha-kol). Car pendant tous les jours ouvrables il fut créé chaque jour une chose particulière, et le Chabbat est l'union et la perfection de toute la création, équivalant à tous les détails.
Et de même par la Torah, comme l'ont dit nos Sages : les érudits (talmidei hakhamim) augmentent la paix dans le monde, comme il est écrit "grande est la paix de tes fils (bonayikh)" etc. (Is 54,13) - lu "tes bâtisseurs" - car ils réparent et construisent l'instrument en écartant le tohou-va-bohou et en clarifiant le bien, comme ci-dessus.
בכל מ"ב כ' וירא אלקים כי טוב. והוא הארות התורה שנמצא בכל הבריאה כמש"כ הביט בתורה וברא ובששי כ' טוב מאוד ויתכן לפרש כי ה"פ כי טוב בחי' חמשה חומשי תורה וכמ"כ בכל יום מתפרשת התורה באופן אחר ובששי שנברא האדם הוא בחי' תורה שבע"פ טוב מאוד כמ"ש ז"ל חביבים דברי סופרים טובים דודיך מיין ואע"פ דכ' ששה פעמים טוב אבל נראה דיום הראשון נברא גוף האור כדכ' יהי אור והוא כלל האורות ואח"כ בכל יום מתפרש ומתפשט אור פרטי וכפי' רש"י ז"ל שהכל נברא בראשון:
À chacune des [dix] paroles (maamarot) il est écrit "et Dieu vit que c'était bon" ; et ce sont les rayonnements de la Torah qui se trouvent dans toute la création, comme il est écrit : Il regarda dans la Torah et créa [le monde]. Et au sixième [jour] il est écrit "très bon" (tov meod).
Et l'on peut expliquer que les cinq fois "car c'était bon" [correspondent à] l'aspect des cinq livres de la Torah (les cinq Houmachim) ; de même chaque jour la Torah s'explique d'une autre manière, et le sixième [jour], où l'homme fut créé, c'est l'aspect de la Torah orale (Torah che-be-al pe), "très bon", comme l'ont dit nos Sages : "chers sont les paroles des scribes (divrei sofrim)... meilleurs sont Tes amours que le vin (dodekha mi-yayin)" (Ct 1,2). Et bien qu'il soit écrit six fois "bon", il apparaît cependant que le premier jour fut créé le corps de la lumière, comme il est écrit "que la lumière soit", et c'est l'ensemble des lumières ; et ensuite, chaque jour, se détaille et se déploie une lumière particulière.
Et selon l'explication de Rachi, de mémoire bénie, tout fut créé le premier [jour].
Dans le Kidouch du Chabbat : souvenir de l'œuvre de la Création, prémices des convocations saintes, rappel de la sortie d'Égypte, puis l'héritage du saint Chabbat avec amour et faveur. Le Sfat Emet enseigne que ces trois motifs, passés de la puissance à l'acte, s'éveillent au Chabbat par les trois Patriarches, d'où trois repas, et que le Chabbat fait allusion au jour tout entier Chabbat de l'avenir. Après les motifs saisis, on dit l'héritage du Chabbat pour avoir part à sa sainteté en son essence, au-dessus de la compréhension, héritage sans interruption. La joie essentielle d'Israël, c'est qu'une lumière sainte se révèle dans le monde, et l'on bénit « Qui sanctifie le Chabbat ».
Aussi : le Chabbat paix et témoignage, ceux d'en haut et d'en bas unis ; Berechit, crains le Chabbat, nechama yetera et Torah ; le travail interdit afin de n'imprimer aucune vitalité séparée.
בנוסח הקידוש דשבת זכרון למעשה בראשית תחילה למ"ק זכר ליצ"מ אח"כ ושבת קדשך באהוב"ר הנחלתנו. כי הג' טעמים הללו נמצאים בעולם שיצאו מכח אל הפועל ומתעוררין בשב"ק בחי' מ"ב ויצ"מ והקדושה.
והוא בכח ג' אבות וע"ז יש ג' סעודות בשבת. אכן איתא עוד כי השבת רמז ליום שכולו שבת שלעתיד.
והארה זו עדיין אינה מתגלת בפועל ממש. ויתכן שע"ז רומזין בסעודת מוצ"ש סעודתא דדוד מלכא משיחא שלעתיד יתגלה הארה זו.
ובאמת בכל המצות כן הוא. לבד הטעמים שנתגלה לנו.
יש לנו לעשות המצוה לשמה כרצונו ית'. ולכן אחר הפרטים שזוכין להשיג מ"ב ומ"ק ויצ"מ אומרין סתם ושבת קודש הנחלתנו להיות לנו חלק בקדושת השבת בעצם שהיא למעלה מהשגתינו והיא נחלה שאין הפסק.
כי עיקר השמחה לבנ"י ביום השבת שמתגלה הארה קדושה בעולם וע"ז מברכין מקדש השבת והוא עדות לבנ"י. שמצפין להיות הקדושה נמצאת בעולם.
לכן זכו שינתן לנו שבת קדשו באהבה:
Dans le texte du Kidouch du Chabbat : 'souvenir de l'œuvre de la Création' (ma'asse berechit) d'abord, 'prémices des convocations saintes' (mikraei kodech), 'rappel de la sortie d'Égypte' (yetsiat Mitsrayim) ensuite, [puis] 'et Ton saint Chabbat avec amour et faveur Tu nous as donné en héritage'. Car ces trois motifs se trouvent dans le monde, ayant passé de la puissance à l'acte, et ils s'éveillent au saint Chabbat : l'aspect de l'œuvre de la Création, de la sortie d'Égypte et de la sainteté.
Et cela par la force des trois Patriarches, et c'est pourquoi il y a trois repas le Chabbat. Toutefois il est enseigné encore que le Chabbat fait allusion au 'jour qui est tout entier Chabbat' de l'avenir.
Et cette lumière ne se révèle pas encore réellement en acte. Et il se peut que c'est à cela que fait allusion, dans le repas de l'issue du Chabbat, le 'repas de David roi Messie', car à l'avenir se révélera cette lumière.
Et en vérité il en est ainsi pour tous les commandements : hormis les motifs qui nous ont été révélés, nous devons accomplir le commandement pour lui-même (lichma), selon Sa volonté béni soit-Il. C'est pourquoi, après les détails que l'on mérite de saisir -- l'œuvre de la Création, la convocation sainte et la sortie d'Égypte -- on dit de manière générale 'et Ton saint Chabbat Tu nous as donné en héritage', pour que nous ayons part à la sainteté du Chabbat en son essence, laquelle est au-dessus de notre compréhension, et qui est un héritage sans interruption.
Car la joie essentielle d'Israël au jour du Chabbat, c'est que se révèle une lumière sainte dans le monde ; et sur cela on bénit 'Qui sanctifie le Chabbat', et c'est un témoignage pour Israël, qui espèrent que la sainteté se trouve dans le monde. C'est pourquoi ils ont mérité que leur soit donné Son saint Chabbat avec amour.
תרנ"ג
[תרנ"ג] -- année 5653
מפ' בראשית
De la paracha Bereshit.
איתא בזוה"ק כי שבת נק' שלום. ונראה הטעם עפ"י המדרש והארץ היתה תהו ובהו שתחתונים מתרעמין למה העליונים נזונין מטמיון והתחתונים אם אינם יגיעים אין אוכלין.
תו העליונים קרובים אל המלך והתחתונים נדחו ע"ש. והנה בשבת הוא יום מנוחה ונק' מתנה טובה וא"צ יגיעה והתחתונים מתקרבין ויש להם עלי' ולכן הוא שלום שעליונים ותחתונים נעשין אחד ביום השבת.
ולכן שבת סהדותא איקרי. פי' להודיע שגם התחתונים הם דבקים בשורש העליון לכן השאיר הקב"ה יום א' השבת שבו מתגלה דביקות ואחדות להעיד על הכלל כולו.
ולכן איתא במד' כי בשבת נעקר תהו ובהו ונעשה מ"ב כלי שלם. וכתיב ויברך את יום השביעי ואיתא שבת תכלית שמים וארץ כי באמת כל הבריאה הי' כדי להטיב לבריותיו כי חפץ חסד הוא.
ולכן כשנגמר הכלי שלם ויכולין לקבל הברכה זאת היא תכלית הבריאה. וכ' רש"י מה הי' העולם חסר מנוחה באתה שבת נגמר' המלאכה.
פי' כי בעוה"ז האדם נק' מהלך ממדרגה למדרגה כענין שאמרו הצדיקים אין להם מנוחה ילכו מחיל אל חיל וכשהאדם מתקן כל מעשיו מסתלק מעוה"ז נמצא אין להם מנוחה רק בבא יום השבת שהוא מתנה מן השמים שיהי' יום מנוחה וכמ"ש ז"ל שיהי' כאילו כל מלאכתך עשוי' שבכל מקום שאדם עומד בבא יום השבת חל עליו השלימות ויש עלי' לכל המעשים שעשה עד עתה כאילו כל מלאכתו עשוי' ולכן נק' יום מנוחה בעוה"ז מעין עוה"ב:
Il est enseigné dans le Zohar HaKadoch (le saint Zohar) que le Chabbat est appelé 'paix' (chalom). Et la raison paraît selon le Midrach : 'et la terre était tohu-bohu' -- les êtres d'en bas se plaignaient : pourquoi ceux d'en haut sont-ils nourris du trésor [céleste] tandis que ceux d'en bas, s'ils ne peinent pas, ne mangent pas ?
De plus, ceux d'en haut sont proches du Roi et ceux d'en bas sont repoussés -- vois là. Or le Chabbat est jour de repos, appelé 'bon présent', et il ne requiert pas de peine ; ceux d'en bas se rapprochent et ont une élévation.
C'est pourquoi il est 'paix', car ceux d'en haut et ceux d'en bas deviennent un au jour du Chabbat. Et c'est pourquoi le Chabbat est appelé 'témoignage' (sahaduta).
Explication : pour faire savoir que même ceux d'en bas sont attachés à la racine d'en haut ; c'est pourquoi le Saint béni soit-Il a laissé un jour, le Chabbat, où se révèle l'attachement et l'unité, pour témoigner sur l'ensemble tout entier. Et c'est pourquoi il est enseigné dans le Midrach qu'au Chabbat le tohu-bohu est déraciné et l'œuvre de la Création devient un vase (keli) complet.
Et il est écrit 'et Il bénit le septième jour', et il est enseigné que le Chabbat est l'achèvement (tachlit) des cieux et de la terre ; car en vérité toute la Création fut afin de faire du bien à Ses créatures, car Il est désireux de bonté (hafets 'hessed). Aussi, lorsque le vase est achevé, complet, et qu'ils peuvent recevoir cette bénédiction, telle est la finalité de la Création.
Et Rachi écrit : que manquait-il au monde ? Le repos.
Vint le Chabbat, l'œuvre fut achevée. Explication : car en ce monde-ci l'homme est appelé 'marcheur', [passant] de degré en degré, à la manière de ce qui est dit que les justes n'ont pas de repos, ils vont de force en force ; et lorsque l'homme répare toutes ses actions, il quitte ce monde-ci -- il se trouve donc qu'ils n'ont de repos que lorsque vient le jour du Chabbat, qui est un présent du Ciel, pour qu'il soit jour de repos, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : que ce soit comme si tout ton travail était accompli.
Car en tout lieu où l'homme se tient, lorsque vient le jour du Chabbat, la plénitude descend sur lui, et il y a élévation pour toutes les actions qu'il a faites jusqu'à présent, comme si tout son travail était accompli. C'est pourquoi il est appelé jour de repos, en ce monde-ci avant-goût du monde à venir.
איתא בזוה"ק בראשית ירא שבת. ונרמז בבראשית שהיא התורה כמ"ש ז"ל בשביל התורה וישראל שנק' ראשית והיא נשמתן דישראל ובשבת מתגלה זה הראשית ולכן יש בו נשמה יתירה ומתגלה בו פנימיות הבריאה שהיא התורה שנתנה בשבת ואיתא מענגי' לעולם כבוד ינחלו ואין כבוד אלא תורה טועמי' חיים זכו שע"י השבת יכולין לדבוק בעץ החיים שהוא התורה:
Il est enseigné dans le Zohar HaKadoch : 'Berechit' -- 'crains le Chabbat' (yare Chabbat) [par permutation des lettres]. Et il est fait allusion, dans 'Berechit', à la Tora, qui est 'commencement' (rechit), comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : [le monde fut créé] 'pour la Tora et pour Israël qui sont appelés rechit' ; et elle est l'âme d'Israël.
Au Chabbat se révèle ce 'commencement', c'est pourquoi il y a en lui une âme supplémentaire (nechama yetera), et s'y révèle l'intériorité de la Création, qui est la Tora, laquelle fut donnée un Chabbat. Et il est enseigné : 'ceux qui font ses délices hériteront de la gloire', et il n'y a de gloire (kavod) que la Tora ; 'ceux qui goûtent [la] vie ont mérité' -- que par le Chabbat ils puissent s'attacher à l'Arbre de vie, qui est la Tora.
תרנ"ד
[תרנ"ד] -- année 5654
ב"ה
[ב"ה] -- avec l'aide du Ciel.
פתח הקב"ה מעשה בראשית בב' לרמוז כי התורה שפותחת בא' קודמת למעשה בראשית כמ"ש חז"ל שהתורה קדמה לעולם. וכמו כן צריך האדם להקדים התורה בכל יום קודם כל פעולה מעוה"ז.
ובאמת זה עצמו שהאדם נותן הראשית אל התורה בזה מקיים העולם. וז"ש בראשית בשביל התורה שנקרא' ראשית.
וכי לא הי' יכול לומר בתורה ברא. רק בשביל זה עצמו שנותנין הראשית אל התורה בזה מתקיים העולם.
וכמו כן הקב"ה מחדש בטובו בכל יום מעשה בראשית הוא ג"כ ע"י התורה כמ"ש במדרשים אין לך יום שאין הקב"ה מחדש הלכה בב"ד של מעלה דכתיב והגה מפיו יצא כו' ובזה החידוש שעושה בתורה בכל יום מחדש כל מעשה בראשית:
Le Saint béni soit-Il a ouvert l'œuvre de la Création par la lettre beit, pour faire allusion au fait que la Tora, qui s'ouvre par un alef, précède l'œuvre de la Création, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : la Tora a précédé le monde. De même l'homme doit faire précéder la Tora, chaque jour, avant toute action de ce monde-ci.
Et en vérité, par cela même que l'homme donne le commencement (rechit) à la Tora, il maintient le monde. Et c'est ce que dit 'Berechit' -- 'pour la Tora qui est appelée rechit'.
Or ne pouvait-Il pas dire 'par la Tora Il créa' ? [Non], seulement à cause de cela même : que l'on donne le commencement à la Tora, par quoi le monde subsiste.
De même, le Saint béni soit-Il renouvelle dans Sa bonté, chaque jour, l'œuvre de la Création -- cela aussi par la Tora, comme il est dit dans les Midrachim : il n'est pas de jour où le Saint béni soit-Il ne renouvelle une halakha au tribunal céleste (beit din d'en haut), ainsi qu'il est écrit 'et un murmure sort de Sa bouche...'. Et par ce renouvellement qu'Il opère dans la Tora chaque jour, Il renouvelle toute l'œuvre de la Création.
בפ' ויכלו. כתב רש"י מה היה העולם חסר מנוחה באתה שבת נגמרה המלאכה ע"ש ובמדרש המשל מהחותם בטבעת.
והענין הוא כי כל מעשה בראשית הוא רמזים על שרשים העליונים וזה עצמו פירוש בראשית ברא. שיהי' לכל הבריאה שורש ודביקות בראשית וכן כל הדברים שדרשו חז"ל שנקראו ראשית הפי' שע"י אלו הדברים מעלין הדברים לשורש הראשון.
ורמזו חז"ל עוה"ז דומה לפרוזדור בפני עוה"ב התקן עצמך בפרוזדור. פי' כפי הכנה בעוה"ז לתקן כל המעשים ונעשין האברים והגידים והחושים כלים להיות מוכן בעוה"ב לקבל הארות המיוחדים לאלה הכלים.
וזה תכלית הבריאה ושבת הוא מעין עוה"ב שיורד בו הארה מן הראשית הנ"ל. ולכן נקרא שבת תכלית שמים וארץ.
כי תכלית הכלי היא הקבלה מה שצריכה הכלי לקבל. ובנ"י זכו שהקב"ה נתן להם השבת לרמוז כי יש להם חלק לעוה"ב ואותו הארה היורדת בשבת מקבלין בנ"י.
והוא בחי' נשמה יתירה. דאיתא שבת יומא דנשמתין ולאו דגופא לכן כ' רש"י המלאכה שהי' עתידה להיות בשבת כפל בששי.
ולכן האדם כולל עליונים וגם תחתונים נשמה מלמעלה גוף מלמטה והשבת אין בו בחי' גוף לכן הוצרך להיות נברא בע"ש. אבל עיקר מהות האדם הנשמה עליונה שאינה יכולה להתלבש בגוף ולכן נקראת יתירה.
וזה הענין שנאסר כל מלאכה בשבת כי פי' מלאכה הוא הכח שנותן האדם באיזה דבר כמו כח הפועל בנפעל אבל הוא נפרד ממנו כמו שכתב תיבה או בנה בית שהונח בו הפעולה. וכמו כן מעשה בראשית הוא כח אלקים בבחי' נפרדת ונק' מלאכה.
וזה עצמו הפירוש בריאה שהוא דבר מחוץ ממנו. וכתב ג"פ מלאכתו לרמוז על ג' עולמות בריאה יצירה עשיה.
אבל בחי' אצילות מלשון אצלו שהוא אלקות בלי פירוד וזה אינו מתגלה בעוה"ז רק לעתיד שיהי' יום שכולו שבת. אך בני ישראל יש להם חלק בזה העולם ולכן הארה הבאה בשבת.
מזה הבחי'. ואיש ישראל יש לו חלק בזה.
אסור במלאכה שלא יניח רושם מזה החיות שיש לו בשבת בשום דבר נפרד. ואם עושה ח"ו מלאכה אותו חיות נסתלק ממנו כמ"ש מחללי' מות יומת כי זה החיות אי אפשר להיות נפרד זה טעם איסור מלאכה בשבת.
ובימי המעשה הכל בהתלבשות הטבע בכח הפועל בנפעל כנ"ל. וכפי מה שמתקנין עצמן בימי המעשה כך זוכין לקבל חלק חיות בשבת.
וזה בראשית ירא שבת ירא בשת שזה תכלית עבודת האדם להיות מוכן לקבל הארה הבאה בשבת מבחי' ראשית הנ"ל. ולכן צריך להיות האדם ירא וחרד פן לא יזכה לקבל הארה זו בשבת.
וע"י הבושת שמוצא עצמו בערב שבת כלי מלא בושה שאינו מוכן לקבל השבת. עי"ז הבושה יכולין ג"כ להתקרב אל השבת.
וכתיב ויברך את יום השביעי זה הוא התדבקות בראשית הנ"ל שכל הבריאה הי' להיות כלי מחזיק ברכה זו וברכה זו היא דביקות הנ"ל שאין בו פירוד לכן לא ירד המן בשבת כדפי' בזוה"ק שא"י להתלבש בדבר נפרד. כי בו שבת כו' ברא לעשות מבחינת הבריאה וע"ש שהוא דבר נפרד:
Dans le passage 'Vayekhoulou'. Rachi écrit : que manquait-il au monde ?
Le repos ; vint le Chabbat, l'œuvre fut achevée -- vois là. Et dans le Midrach, la parabole du sceau (hotam) dans la bague.
Et le sens est que toute l'œuvre de la Création est allusion aux racines d'en haut, et c'est cela même l'explication de 'Berechit bara' : que toute la Création ait une racine et un attachement au 'commencement'. De même, toutes les choses que nos maîtres ont interprétées comme étant appelées 'rechit' -- l'explication est que par ces choses on élève les choses vers la racine première.
Et nos maîtres ont fait allusion : ce monde-ci ressemble à un vestibule devant le monde à venir ; prépare-toi dans le vestibule. Explication : selon la préparation, en ce monde-ci, à réparer toutes les actions, les membres, les tendons et les sens deviennent des vases (kelim) pour être prêts, dans le monde à venir, à recevoir les lumières particulières à ces vases.
Et telle est la finalité de la Création. Et le Chabbat est un avant-goût du monde à venir, car il y descend une lumière du 'commencement' susdit.
C'est pourquoi le Chabbat est appelé achèvement des cieux et de la terre, car la finalité du vase est la réception de ce que le vase doit recevoir. Et Israël a mérité que le Saint béni soit-Il leur donne le Chabbat, pour faire allusion au fait qu'ils ont part au monde à venir ; et cette lumière qui descend au Chabbat, Israël la reçoit.
Et c'est l'aspect de l'âme supplémentaire, car il est enseigné : 'le Chabbat est le jour des âmes et non du corps'. C'est pourquoi Rachi écrit : l'ouvrage qui devait avoir lieu au Chabbat, Il le redoubla au sixième jour.
Ainsi l'homme comprend à la fois les mondes d'en haut et d'en bas : l'âme d'en haut, le corps d'en bas ; et le Chabbat n'a pas d'aspect de corps -- c'est pourquoi il fallut qu'il fut créé la veille du Chabbat. Mais l'essence même de l'homme est l'âme supérieure, qui ne peut se revêtir dans le corps, et c'est pourquoi elle est appelée 'supplémentaire' (yetera).
Et telle est la chose pour laquelle tout travail (melakha) est interdit au Chabbat : car l'explication de 'melakha' est la force que l'homme met dans une chose, comme la force de l'agent dans le patient, mais qui s'en sépare -- comme celui qui écrit un mot ou bâtit une maison, où l'action se dépose. De même, l'œuvre de la Création est la force d'Elokim sous un aspect séparé, et elle est appelée 'melakha'.
Et c'est cela même l'explication de 'beria' (création), qui est une chose extérieure à Lui. Et il est écrit trois fois 'Sa melakha' pour faire allusion aux trois mondes : Beria, Yetsira, Assia.
Mais l'aspect d'Atsilout (émanation) est du terme 'etslo' (auprès de Lui), qui est divinité sans séparation, et cela ne se révèle pas en ce monde-ci, seulement à l'avenir, quand ce sera le jour qui est tout entier Chabbat. Toutefois Israël a part à cela en ce monde-ci, et c'est pourquoi la lumière qui vient au Chabbat provient de cet aspect.
Et l'homme d'Israël y a part. [Le travail lui] est interdit, afin qu'il ne laisse aucune trace de cette vitalité qu'il a au Chabbat dans quelque chose de séparé.
Et s'il accomplit, à Dieu ne plaise, un travail, cette vitalité se retire de lui, comme il est écrit 'ceux qui le profanent seront mis à mort', car cette vitalité ne peut être séparée -- telle est la raison de l'interdiction du travail au Chabbat. Et durant les jours ouvrables, tout est dans le revêtement de la nature, par la force de l'agent dans le patient, comme dit plus haut.
Et selon la mesure où l'on se répare durant les jours ouvrables, ainsi mérite-t-on de recevoir une part de vitalité au Chabbat. Et c'est 'Berechit' -- 'crains le Chabbat' (yare Chabbat), 'crains, [dans] la honte' (yare bochet) : car telle est la finalité du service de l'homme, être prêt à recevoir la lumière qui vient au Chabbat depuis l'aspect du 'commencement' susdit.
C'est pourquoi l'homme doit être craintif et tremblant, de peur de ne pas mériter de recevoir cette lumière au Chabbat. Et par la honte qu'il éprouve la veille du Chabbat -- [se trouvant] vase empli de honte, non prêt à recevoir le Chabbat -- par cette honte même on peut aussi se rapprocher du Chabbat.
Et il est écrit 'et Il bénit le septième jour' : c'est l'attachement au 'commencement' susdit, car toute la Création fut afin d'être un vase contenant cette bénédiction ; et cette bénédiction est l'attachement susdit, en lequel il n'y a pas de séparation. C'est pourquoi la manne ne descendait pas au Chabbat, comme l'explique le Zohar, car elle ne peut se revêtir dans une chose séparée. 'Car en lui Il chôma...
Il créa pour faire' -- de l'aspect de la création [séparée], et parce que c'est une chose séparée.
תרנ"ה
[תרנ"ה] -- année 5655
ב"ה
[ב"ה] -- avec l'aide du Ciel.
ברש"י לא היה צריך להתחיל אלא מהחודש הזה כו' אלא משום כח מעשיו הגיד כו' נחלת גוים. ויש להבין מה זה השבח לתת להם נחלת גוים.
והענין הוא כי בתורה נברא העולם ואין מקום פנוי מן התורה אבל עצם התורה ניתנה לבנ"י שהיא מים שאין לו סוף ומשם מתפשט מעיינים ונחלים כענין שנאמר כל הנחלים הולכים אל הים כו' ובמד' קהלת כמה פירושים כל הגרים מתכנסין לבנ"י ע"ש. וכ' המשלח מעיינים בנחלים.
כי מעיין הוא דבוק במקור ונחלים הם רחוקים מן המקור וסיום הפסוק בין הרים יהלכון יש לרמוז כי בכח האבות נתקרבו כל הגרים ונתקן הכל מה שיוכל לקרב אל הקדושה. וכמו כן יש פרשיות בתורה שבהם יכולין לדבוק אלה הנחלים בשורש המעיין אבל עיקר התורה מיוחדת לבנ"י שהם המעיין והים.
וז"ש ונתן ארצם לנחלה מה שהי' נמצא בארצם הנחלים בעבור שהי' עתיד להיות נחלה לישראל עמו. וכל הנחלים כשבאים אל הים מתוקין ומטוהרים מכל לכלוך.
ומעין זה יש בעולם שנה נפש. ובאדם הנחלים הולכים אל הים רומז למילה שכל הגידין ממשיכין לברית מילה ומשם מקבלין החיות ורמזו שם במדרש אל הלב ע"ש.
וכמו כן בזמן כל הימים הולכים אל השבת שהוא המעיין והשורש שנסגר בימי המעשה. וכמו כן כל הארצות נמשכות לארץ ישראל ולביהמ"ק ולכן א"י ושבת מיוחד רק לבנ"י שדבקים במעיין ומקור ובשבת ניתנה תורה אבל התפשטות התורה הוא בכל מקום ובכל זמן וכל נפש.
וכתיב ספרו בגוים את כבודו ואין כבוד אלא תורה וכ' את כבודו שהוא התפשטות מעצם התורה כנ"ל:
Selon Rachi : [la Tora] n'aurait dû commencer qu'à partir de 'Ce mois-ci est pour vous...', seulement en raison de 'la force de Ses œuvres Il a déclaré... [pour leur donner] l'héritage des nations'.
Et il faut comprendre quel est cet éloge de leur donner l'héritage des nations. Et le sens est que c'est par la Tora que le monde fut créé, et il n'est pas de lieu vide de Tora ; mais l'essence de la Tora fut donnée à Israël -- elle est une eau sans fin, et de là se répandent sources et fleuves, selon ce qui est dit 'tous les fleuves vont à la mer...'.
Et dans le Midrach Kohelet, plusieurs explications : tous les convertis (guerim) se rassemblent à Israël -- vois là. Et il est écrit 'Qui envoie des sources dans les torrents' : car la source est attachée à l'origine, tandis que les fleuves sont éloignés de l'origine ; et la fin du verset, 'entre les montagnes ils cheminent', peut faire allusion au fait que par la force des Patriarches tous les convertis se sont rapprochés, et tout ce qui peut être rapproché de la sainteté a été réparé.
De même, il y a des passages dans la Tora par lesquels ces 'fleuves' peuvent s'attacher à la racine de la source ; mais l'essentiel de la Tora est propre à Israël, qui sont la source et la mer. Et c'est ce qui est dit 'et Il donna leur terre en héritage' : ce qui se trouvait dans leur terre, les fleuves, parce que cela devait devenir un héritage pour Israël Son peuple.
Et tous les fleuves, lorsqu'ils arrivent à la mer, deviennent doux et purifiés de toute souillure. Et un avant-goût de cela existe dans le monde, l'année et l'âme (olam, chana, nefech).
Et dans l'homme, 'les fleuves vont à la mer' fait allusion à la circoncision (mila) : tous les tendons conduisent à l'alliance de la circoncision, et de là ils reçoivent la vitalité ; et ils ont fait allusion, la, dans le Midrach, au cœur -- vois là. De même, dans le temps, tous les jours vont au Chabbat, qui est la source et la racine, laquelle est fermée durant les jours ouvrables.
De même, toutes les terres sont attirées vers la Terre d'Israël et vers le Temple ; c'est pourquoi la Terre d'Israël et le Chabbat sont propres à Israël seul, qui sont attachés à la source et à l'origine. Et au Chabbat fut donnée la Tora ; mais le déploiement de la Tora est en tout lieu, en tout temps et en toute âme.
Et il est écrit 'racontez parmi les nations Sa gloire', et il n'y a de gloire que la Tora ; et il est écrit 'Sa gloire', qui est le déploiement issu de l'essence de la Tora, comme dit plus haut.
במדרש ויכלו לכל תכלה ראיתי קץ כו' לכל יש סיקסים כו'. עוד במד' משל למלך שעשה טבעת ומה חסר חותם כיון שבא שבת נגמר כו'.
דאיתא במד' בפסוק ה' א-להי גדלת מאוד אין מדת הקב"ה כמדת בו"ד. בו"ד חוקק צורתו על הטבלא הטבלא גדולה מצורתו והקב"ה כביכול צורתו גדולה מן הטבלא.
פי' חלק אלקותו ית"ש שנתן בכל דבר היא גדולה מאותו דבר שהרי כתיב ה' אלקי גדלת ולכן ברכי נפשי את ה' כי אותו ניצוץ אלקות שבאדם מעלה אותו ומגביה יותר מהשגת מלבוש הגשמי כאשר אנו רואין בחוש כי הנשמה מנהגת את הגוף. וזו הנשמה היא החותם וזה החותם הוא בברית מילה בבחי' נפש כמ"ש מי יעלה לנו כו'.
וברית שבת בשנה וזמן. וכמו כן בעולם בביהמ"ק הי' נחתם שמו ית' באבן שתי'.
וזה החותם הוא בלי גבול ומדה וצמצום. וזה תכלית שמים וארץ:
Dans le Midrach [sur] 'Vayekhoulou' : 'à toute perfection j'ai vu une limite...', 'à tout il y a une fin'. Encore dans le Midrach : parabole d'un roi qui fit une bague -- que manquait-il ?
Un sceau (hotam) ; lorsque vint le Chabbat, elle fut achevée... Car il est enseigné dans le Midrach, sur le verset 'Éternel mon Dieu, Tu es très grand', que la mesure du Saint béni soit-Il n'est pas comme la mesure de la chair et du sang : un [homme de] chair et de sang grave sa forme sur la tablette, [et] la tablette est plus grande que sa forme ; mais le Saint béni soit-Il, pour ainsi dire, Sa forme est plus grande que la tablette.
Explication : la part de Sa divinité béni soit Son Nom qu'Il a mise en chaque chose est plus grande que cette chose même, car il est écrit 'Éternel mon Dieu, Tu es très grand', c'est pourquoi 'bénis, mon âme, l'Éternel' : car cette étincelle de divinité qui est dans l'homme l'élève et le hausse plus haut que la saisie du vêtement corporel, comme nous le voyons de manière sensible, l'âme conduisant le corps. Et cette âme est le sceau ; et ce sceau est dans l'alliance de la circoncision, sous l'aspect de l'âme (nefech), comme il est dit 'qui montera pour nous...'.
Et l'alliance du Chabbat est dans l'année et le temps. De même, dans le monde, au Temple, Son Nom béni soit-Il était scellé sur la 'pierre de fondation' (even chetiya).
Et ce sceau est sans limite, sans mesure ni contraction (tsimtsoum). Et telle est la finalité des cieux et de la terre.
ותקנו בקידוש היום זכרון למעשה בראשית. והענין כי בראשית ברא את השמים ואת הארץ הוא מאמר אחד הכולל כל הבריאה והוא שורש הבריאה הדבוק בראשית ואח"כ דכתיב והארץ היתה תהו התחילו ששת ימי המעשה ומאמר הראשון הוא חופף על הבריאה ומזה המאמר נמשך ברכה וקיום אל הבריאה וז"ש שהתחיל בב' לשון ברכה והלואי שיתקיים פי' כי מאחר שאין עולם הטבע יכול לקבל האלקות לכן ברא השי"ת להיות קיום העולם ע"י ברכה שנמשך מן השורש אלקות אל הבריאה וזו הברכה בשבת וזה זכרון למעשה בראשית הוא המאמר של בראשית ויברך את יום השביעי ויקדש אותו פי' להיות קדוש ונבדל מן הזמן כי גם הזמן נברא ושבת הוא למעלה מן הזמן כמ"ש וקדשתו מכל הזמנים וע"ז דרשו ימים יצרו ולו אחד בהם יום השבת וכ' לו בו' ולא בא' לומר כי הוא בבחי' אין למעלה מן הזמן דבוק באחדות אלקות וז"ש כי ששת ימים עשה את השמים כו' דבכל הימים כתיב ויהי ערב בקר יום אחד שני שלישי.
פירוש שאלה הימים שנק' ע"ש ההארות כמ"ש ויקרא לאור יום אותן ההארות מתגלים בלבוש הבריאה כל יום ויום כפי מה שנברא בו ונעשה הימים ע"י אמצעיות מלאכות שמים וארץ. וביום השביעי שבת שהוא עצם היום בעצמותו כמ"ש שבת יעשה כולו תורה בלי התלבשות.
ואיתא מחדש בטובו בכל יום מעשה בראשית ויש נוסחאות שאין אומרים ביוצר של שבת המחדש בטובו מעשה בראשית. אבל באמת יש לאמרו כי כמו שבכל יום מתחדש מעשה בראשית כן בשבת קודש מתחדש זה השורש של מעשה בראשית כמ"ש ז"ל ויכל ביום השביעי מה הי' העולם חסר מנוחה באה שבת באה מנוחה ונגמרה המלאכה א"כ שבת הוא גמר המלאכה וזו המנוחה מתחדש בכל שבת ושבת וזה שורש הבריאה כמ"ש לעיל.
ובחי' מעשה בראשית הנ"ל א"י להתגלות רק כשנעקר תהו ובהו כדאיתא במד'. ולכן יש ביטול מלאכות בשבת ואז חל מעשה בראשית הנ"ל.
והעושה מלאכה נקרא מחלל שבת שכשיש תהו ובהו אין מעשה בראשית ניכר ונתגלה כמ"ש שם במדרש לכן בני ישראל מעידין על מעשה בראשית כנ"ל:
Et ils ont institué dans le Kidouch du jour 'souvenir de l'œuvre de la Création'. Et le sens est que 'Au commencement Dieu créa les cieux et la terre' (Genèse 1,1) est un énoncé (maamar) unique qui contient toute la Création ; il est la racine de la Création, attachée au 'commencement'.
Et ensuite, quand il est écrit 'et la terre était tohu', commencèrent les six jours de l'œuvre ; et le premier énoncé plane sur la Création, et de cet énoncé découlent bénédiction et permanence vers la Création. Et c'est ce qui est dit : Il commença par un beit, terme de bénédiction (berakha), 'et puisse-t-il subsister !'.
Explication : puisque le monde de la nature ne peut recevoir la divinité, le Saint béni soit-Il a fait que la subsistance du monde soit par la bénédiction qui découle de la racine, la divinité, vers la Création ; et cette bénédiction est au Chabbat. Et c'est cela le 'souvenir de l'œuvre de la Création' : c'est l'énoncé de 'Berechit'. 'Et Il bénit le septième jour et Il le sanctifia', explication : pour qu'il soit saint et séparé du temps, car le temps aussi fut créé, et le Chabbat est au-dessus du temps, comme il est dit 'et tu le sanctifieras plus que tous les temps' ; et sur cela ils ont interprété 'des jours furent formés, et à Lui l'un d'entre eux' -- le jour du Chabbat ; et il est écrit 'à Lui' (lo, avec un waw) et non 'un' [avec un alef], pour dire qu'il est sous l'aspect du 'néant' (ayin), au-dessus du temps, attaché à l'unité de la divinité.
Et c'est ce qui est dit 'car en six jours l'Éternel fit les cieux...' : car de tous les jours il est écrit 'et il y eut soir, il y eut matin, jour un, deuxième, troisième'. Explication : ces jours, qui sont appelés d'après les lumières -- comme il est dit 'et Il appela la lumière jour' -- ces lumières se révèlent dans le vêtement de la Création, chaque jour selon ce qui y fut créé, et les jours se font par l'intermédiaire des travaux des cieux et de la terre.
Et au septième jour, le Chabbat, qui est le jour même en son essence, comme il est dit 'le Chabbat se fera tout entier Tora', sans revêtement. Et il est enseigné : 'Il renouvelle dans Sa bonté, chaque jour, l'œuvre de la Création' ; et il est des versions [de la liturgie] qui ne disent pas, dans le 'Yotser' du Chabbat, 'Qui renouvelle dans Sa bonté l'œuvre de la Création'.
Mais en vérité il convient de le dire, car de même que chaque jour se renouvelle l'œuvre de la Création, ainsi au saint Chabbat se renouvelle cette racine de l'œuvre de la Création, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie : 'et Il acheva au septième jour' -- que manquait-il au monde ? Le repos ; vint le Chabbat, vint le repos, et l'œuvre fut achevée.
Si donc le Chabbat est l'achèvement de l'œuvre, ce repos se renouvelle à chaque Chabbat, et c'est la racine de la Création, comme dit plus haut. Et cet aspect de l'œuvre de la Création susdit ne peut se révéler que lorsque le tohu-bohu est déraciné, comme il est enseigné dans le Midrach.
C'est pourquoi il y a cessation des travaux au Chabbat, et alors s'applique l'œuvre de la Création susdite. Et celui qui accomplit un travail est appelé 'profanateur du Chabbat' (mehalel Chabbat), car lorsqu'il y a tohu-bohu, l'œuvre de la Création n'est ni perceptible ni révélée, comme il est dit là dans le Midrach ; c'est pourquoi Israël témoigne sur l'œuvre de la Création, comme dit plus haut.
תרנ"ז
[תרנ"ז] -- année 5657
ב"ה
[ב"ה] -- avec l'aide du Ciel.
Que manquait-il au monde pour qu'Elokim achève le septième jour ? Le repos (menou'ha), dit le Midrach : le Chabbat vint, l'œuvre fut achevée. Pour le Sfat Emet, le monde (olam) est nommé d'après l'occultation (hé'elem) : la nature recouvre l'intériorité de la vie divine, et l'on ne reconnaît le Créateur que par la contraction (tsimtsoum) de la nature. Le Chabbat est cette reconnaissance, finalité de la création, de l'ordre de la prophétie, de l'esprit saint et de l'âme supplémentaire. Les jours de labeur préparent ce réceptacle ; le travail durant le Chabbat retire l'esprit saint, et le corps doit s'annuler devant l'intériorité.
Aussi : le jardin d'Éden comme conduite de Hachem sans l'intermédiaire de la nature ; les trois repas, Éden, Fleuve et Jardin, initiales de oneg ; l'arche de Noé, de l'ordre du Chabbat.
במדרש תנחומא מ"ט פתח בב' שהוא לשון ברכה ד"א שהן ב' עולמות עוה"ז ועוה"ב כו' וב' הפי' אחד הם כי כל מה שנברא בעוה"ז מכוון נגד עוה"ב וכשמקשרין עוה"ז בשורשו אז נמשך הברכה וזה הברכה של יום השבת לפי שבו מתעלין כל הדברים לשרשן ולכן בשבת לחם משנה לרמוז כי בו מתחברין ב' העולמות ואז הוא כלי שמחזיק ברכה. ולכן אחר פרשת ויכלו כתיב אלה תולדות שמים וארץ כו' ביום עשות ה' אלקים כו' הזכיר שם מלא על עולם מלא שנתחבר עוה"ז בעוה"ב.
והענין שא' הוא לשון ארור הגם כי הוא אות אמת וראשון לכל האותיות ובו פתח הקב"ה אנכי רק לפי שא' הוא כל השלימות וכולל כל העולמות והוא אחדות האמת ולכן אין העוה"ז יכול להשתמש בזה האחדות שאין יחידי אלא אחד כמ"ש האלף לך שלמה למי שהשלום שלו ועוה"ז מחוסר השלימות רק פתח בב' שהוא כלי מחזיק ברכה של האלף ומי שסובר שיש לו שלימות הוא חסר מכל. ולכן עיקר הארור כתיב על הגבר אשר שם בשר זרועו ומן ה' יסור לבו.
וזה הי' חטא אדה"ר בעטיו של נחש שאמר לה והייתם כאלקים להיות יחיד בתחתונים כמ"ש רש"י בפסוק הי' כאחד ממנו ע"ש כי באמת האלף ע"ש החכמה והדעת. והדעת כתיב בו טוב ורע ולכן אין האדם מוכן לקבל הדעת בשלימות רק ע"י הביטול אליו ית"ש כמ"ש להיות מעשיו מרובין מחכמתו ואז זוכה לקבל השלימות ממי שהשלום שלו וע"י רוב הדעת בא הקללה לעולם לכן התחיל בב' להיות רק כלי מוכן לקבל שלימות מעוה"ב כנ"ל:
Dans le Midrach Tan'houma : pourquoi [la Tora] a-t-elle commencé par la lettre beth (ב), qui est une expression de bénédiction (berakha) ? Autre explication : parce qu'elles sont deux mondes, ce monde-ci (olam ha-ze) et le monde à venir (olam ha-ba), etc.
Et les deux explications ne font qu'une, car tout ce qui a été créé dans ce monde-ci est disposé face au monde à venir, et lorsqu'on relie ce monde-ci à sa racine, alors la bénédiction se répand. Et c'est là la bénédiction du jour du Chabbat, car en lui toutes choses s'élèvent vers leur racine ; c'est pourquoi le Chabbat il y a le'hem michne (double pain), pour faire allusion au fait qu'en lui s'unissent les deux mondes, et alors il est un réceptacle qui contient la bénédiction.
Et c'est pourquoi, après le passage de Vaykhoulou, il est écrit 'telles sont les générations des cieux et de la terre... au jour où ה' Elokim fit...' (Gen 2,4) : il mentionna le Nom plein sur un monde plein, car ce monde-ci s'unit au monde à venir. Et le sens est que la lettre aleph (א) est une expression de 'maudit' (aror), quoiqu'elle soit la lettre de vérité et la première de toutes les lettres, et que par elle le Saint béni soit-Il ait ouvert 'Anokhi' (Je suis) ; seulement, parce que l'aleph est toute la perfection et comprend tous les mondes, et qu'elle est l'unité de la vérité, ce monde-ci ne peut donc se servir de cette unité, car nul n'est unique sinon l'Un, comme il est dit 'le mille (ha-eleph) est à toi, ô Salomon' (Cant 8,12) - à Celui à qui appartient la paix (chalom) ; et ce monde-ci est privé de perfection.
Aussi à-t-elle ouvert par le beth, qui est le réceptacle contenant la bénédiction de l'aleph ; et celui qui pense posséder la perfection est privé de tout. Et c'est pourquoi l'essentiel de la malédiction est écrit au sujet de 'l'homme qui fait de la chair son bras et dont le cœur se détourne de ה'' (Jer 17,5).
Et telle fut la faute d'Adam ha-richon, par la ruse du serpent qui lui dit 'et vous serez comme Elokim' - c'est-à-dire être unique parmi les êtres d'en bas, comme l'écrit Rachi sur le verset 'il est devenu comme l'un de nous' (Gen 3,22), vois-y ; car en vérité l'aleph renvoie à la sagesse ('hokhma) et à la connaissance (da'at). Et de la connaissance il est écrit 'bien et mal', c'est pourquoi l'homme n'est pas apte à recevoir la connaissance dans sa perfection sinon par l'annulation (bitoul) envers Lui, béni soit son Nom, comme il est dit 'que ses actes soient plus nombreux que sa sagesse' ; alors il mérite de recevoir la perfection de Celui à qui appartient la paix.
Et c'est par l'excès de connaissance que la malédiction vint au monde ; c'est pourquoi [la Tora] commença par le beth, pour n'être qu'un réceptacle apte à recevoir la perfection du monde à venir, comme ci-dessus.
תרנ"ח
[תרנ"ח] (année 5658)
ב"ה
Avec l'aide du Ciel.
ויקח ה' אלקים את האדם. פרש"י לקחו בדברים.
פי' בדברי תורה דכתיב לקח טוב נתתי. ובזוה"ק מאן נטלו אלא אפריש לי' מד' יסודין דגופא כו' וכגוונא דא כל מאן דאשתדל באורייתא שהתורה יש בה למשוך האדם מהבלי העולם ולהעלותו אל השרש.
והם ב' הכחות של התורה מ"ע ומל"ת סור מרע ועשה טוב ולכן כתיב משיבת נפש. ובמד' ואהי' אצלו אמון פדגוג כדכתיב כאשר כו' האומן את היונק שהתורה נתלבשה בצירופים אלו שלפנינו כדי ליקח את האדם להעלותו מגשמיות הגוף להתדבק באלקות כמו האומן שמקטין עצמו לחנך את הילד ומרע"ה אמר האנכי הריתי כו' כי תאמר אלי שאהו בחיקך כאשר ישא האומן כו' שמרע"ה לא הי' יכול לצמצם עצמו כל כך כאשר ירדו בני ישראל ממדריגה העליונה והתורה כביכול השפילה עצמה לבנ"י בכל עת.
ויתכן עוד לומר מ"ש האנכי הריתי כי באמת האם שהולידה הילד מדרך טבעה שיכולה לישא ולהטריח בגידול הבן ביותר מאיש אחר. וזה אות כי בני ישראל המה בני תורה ממש ולכן היא אמון פדגוג:
'Et ה' Elokim prit l'homme' (Gen 2,15). Rachi explique : Il le prit par des paroles.
C'est-à-dire par des paroles de Tora, ainsi qu'il est écrit 'car je vous ai donné un bon enseignement (lekah)' (Prov 4,2). Et dans le Zohar saint : 'D'où le prit-Il ?
Il le sépara des quatre éléments du corps, etc.' Et sur ce même modèle, quiconque s'adonne à la Tora - car la Tora a le pouvoir d'arracher l'homme aux vanités du monde et de l'élever vers la racine. Et ce sont là les deux forces de la Tora : les commandements positifs (mitsvot ase) et les commandements négatifs (mitsvot lo taase), 'écarte-toi du mal et fais le bien' (Ps 34,15).
C'est pourquoi il est écrit 'elle restaure l'âme' (Ps 19,8). Et dans le Midrach : 'et j'étais auprès de Lui amon (nourrisson / artisan)' (Prov 8,30), un pédagogue, comme il est écrit 'comme le nourricier (omen) porte le nourrisson' (Nb 11,12) - car la Tora s'est revêtue de ces combinaisons de lettres qui sont devant nous afin de prendre l'homme et de l'élever de la matérialité du corps pour l'attacher à la Divinité, tel le précepteur (omen) qui se rapetisse pour éduquer l'enfant.
Et Moche Rabbenou dit 'est-ce moi qui ai conçu [tout ce peuple]... que Tu me dises porte-le en ton sein comme le nourricier porte...' (Nb 11,12) - car Moche Rabbenou ne pouvait se contracter à ce point lorsque les enfants d'Israël descendirent du degré supérieur ; et la Tora, pour ainsi dire, s'abaissa vers les enfants d'Israël en tout temps. Et l'on peut encore dire, quant à ce qui est écrit 'est-ce moi qui ai conçu' : car en vérité la mère qui a enfanté l'enfant, par sa nature même, est capable de le porter et de se donner la peine de l'élever plus que tout autre homme.
Et c'est là un signe que les enfants d'Israël sont véritablement des enfants de la Tora, et c'est pourquoi elle est amon, le pédagogue.
תר"ס
[תר"ס] (année 5660)
ב"ה
Avec l'aide du Ciel.
אמו"ז ז"ל אמר בראשית בית ראשית הוא יראת ה' שנק' בית כמ"ש בגמ' דאיהו דרתא וכל התורה תרעא לדרתא לכן הקדימו הכתוב לומר כל שיראת חטאו קודמת. חכמתו מתקיימת.
וכ"כ ראשית חכמה יראת ה' והוא עצמו שב' לשון ברכה כי עיקר הברכה ע"י היראה עכ"ד. דכתיב יראת ה' טהורה עומדת לעד וזה עיקר הברכה להיות דבר של קיימא וכל הנעשה ביראת שמים שורה בו ברכה וקיימת לעד.
ונראה דמה"ט הי' כל שורש הברכות ליצחק אבינו ע"ה שהוא עמוד היראה פחד יצחק. וכמו כן בשבת דכתיב ויברך יום השביעי שהוא בחי' יראה כמ"ש בזוה"ק ירא שבת ואמרו חז"ל אפילו ע"ה אימת שבת עליו ושבת נותן יראה על כל ימי השבוע ולכן שורה בו הברכה וכן ביהמ"ק וירושלים משם יוצא יראה לכל העולם ולכן נקרא הר המורי' שמשם יצאה יראה לכל המקומות לכן שם צוה ה' את הברכה.
וכן באדם ברית מילה שמשם שורש היראה לכל האדם כמ"ש בזוה"ק בפסוק גורו לכם מפני חרב ע"ש פרשת וארא. ולכן שורש הברכה בברית מילה וכלי מחזיק ברכה הוא שלום.
ואיתא בזוה"ק יתרו כי יראה בחי' שלום ממשמע דכתיב אין מחסור ליריאיו באתר דלית מחסור שלימותא שכיח:
Mon maître, mon aïeul (mon grand-père), de mémoire bénie, a dit : Berechit, 'bayit rechit' (maison, commencement), c'est la crainte de ה' (yirat Hachem), qui est appelée 'maison' (bayit), comme il est dit dans la Guemara qu'elle est la cour (darta) et que toute la Tora est le portail (tar'a) de la cour. C'est pourquoi l'Écriture l'a placée en tête, pour dire : quiconque a la crainte de la faute qui précède sa sagesse, sa sagesse subsiste (Avot 3,9).
Et ainsi est-il écrit 'le commencement de la sagesse, c'est la crainte de ה'' (Ps 111,10). Et c'est cela même qui fait que le beth est une expression de bénédiction, car l'essentiel de la bénédiction se fait par la crainte.
Telles sont ses paroles. Car il est écrit 'la crainte de ה' est pure, elle subsiste à jamais' (Ps 19,10), et c'est là l'essentiel de la bénédiction : être chose durable ; et tout ce qui est accompli dans la crainte du Ciel, la bénédiction y réside et subsiste à jamais.
Et il apparaît que c'est pour cette raison que toute la racine des bénédictions revint à Yits'hak Avinou, la paix soit sur lui, qui est le pilier de la crainte, 'la Terreur de Yits'hak' (Gen 31,42). Et de même pour le Chabbat, où il est écrit 'et Il bénit le septième jour', qui est de l'ordre de la crainte, comme il est dit dans le Zohar 'craint le Chabbat' ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que même un ignorant (am ha-arets), la crainte du Chabbat est sur lui ; et le Chabbat dépose la crainte sur tous les jours de la semaine, c'est pourquoi la bénédiction y réside.
Et de même le Temple et Jérusalem : de là sort la crainte pour tout le monde, c'est pourquoi il est appelé Har ha-Moriya, car de là sortit la crainte (mora) vers tous les lieux ; c'est pourquoi la 'ה' a ordonné la bénédiction' (Ps 133,3). Et de même chez l'homme, la circoncision (brit mila), d'où provient la racine de la crainte pour tout homme, comme il est dit dans le Zohar sur le verset 'craignez pour vous devant l'épée' (Job 19,29), vois-y, parachat Vaera.
C'est pourquoi la racine de la bénédiction est dans la brit mila, et le réceptacle qui contient la bénédiction est la paix (chalom). Et il est enseigné dans le Zohar Yitro que la crainte est de l'ordre de la paix, d'après ce qui est implique par le verset 'rien ne manque à ceux qui Le craignent' (Ps 34,10) : en un lieu où il n'y a point de manque, la plénitude se trouve.
בפסוק ויכל ביום השביעי איתא במדרש משל לטבעת שחסר בה חותם ע"ש. דאיתא מכל מלאכתו אשר ברא אלקים לעשות שכל מה שנברא בששת ימי המעשה צריך תיקון אבל השבת הוא בחי' השלום כמ"ש פורס סוכת שלום עלינו וזה חותם המלך שאין השלימות נמצא במעשה בראשית רק השבת משלים הבריאה ונותן בה שלימות וזה החותם והעדות על המלך שהשלום שלו.
והוא פנימיות העולם והצורה של הבריאה לכן אמרו אין דומה מאור פניו של אדם בשבת שיש בו התגלות הפנימיות. וכמו כן בנפשות בני ישראל הם החותם בכח אות ברית קודש לכן נקראו בנ"י השולמית שיש בהם החותם השלום שהיא מילה כדאיתא לא נקרא אאע"ה תמים עד שנימול כמ"ש התהלך כו' והי' תמים.
וכן במקום ביה"ק ואבן שתי' החותם והם כולם עדים על השי"ת:
Sur le verset 'et Il acheva le septième jour' (Gen 2,2), il est enseigné dans le Midrach une parabole : un anneau auquel manque le sceau (hotam), vois-y. Car il est dit 'de toute son œuvre qu'Elokim avait créée pour faire' - tout ce qui fut créé durant les six jours de l'œuvre a besoin de réparation (tikoun), mais le Chabbat est de l'ordre de la paix (chalom), comme il est dit 'Il étend sur nous la souka de paix' ; et c'est là le sceau du Roi.
Car la perfection ne se trouve pas dans l'œuvre de la Création (maase berechit) ; seul le Chabbat achève la création et lui donne sa perfection ; et c'est là le sceau et le témoignage sur le Roi à qui appartient la paix. Et il est l'intériorité du monde et la forme de la création.
C'est pourquoi ils ont dit que l'éclat du visage de l'homme le Chabbat est sans pareil, car il y a en lui une révélation de l'intériorité. Et de même dans les âmes des enfants d'Israël : elles sont le sceau, par la force du signe de l'alliance sainte (ot brit kodech).
C'est pourquoi les enfants d'Israël sont appelés la Choulamit (celle de la paix), car il y a en eux le sceau de la paix, qui est la circoncision (mila), ainsi qu'il est enseigné : notre père Abraham ne fut appelé 'intègre' (tamim) qu'après avoir été circoncis, comme il est écrit 'marche [devant Moi] et sois intègre' (Gen 17,1). Et de même au lieu du Temple, et la pierre de fondation (even chetiya) est le sceau ; et tous sont témoins du Saint, béni soit-Il.
תרס"א
[תרס"א] (année 5661)
ב"ה
Avec l'aide du Ciel.
וישלחהו ה' מגן עדן. הוא לשון שליחות כי גם בג"ע כתיב לעבדה ולשמרה במ"ע ול"ת אבל הי' בבחי' בן לחפשא בגנזין דמלכא פנימיות התורה והמצות דכתיב ויקח את האדם הוא לשון דביקות וחיבור כעין שדרשו חז"ל ויגרש את האדם שנתן לו גירושין כאשה.
א"כ ויקח את האדם כמו כי יקח איש אשה. ואחר החטא נשתלח לעבוד את האדמה בבחי' עבד.
ואח"כ זכו בנ"י לחזור ולכנוס בבחי' בנים כשקבלו התורה בזכות האבות ומרע"ה שתיקנו חטא אדה"ר ונכנסו מתוך העבדות לבחי' בנים. ועל זה נאמר עבד משכיל ימשול בבן מביש שאדה"ר בייש את כל העולם שהביא מיתה לעולם.
ואאע"ה שכתיב בו בעבור אברהם עבדי נתעלה מבחי' עבד לבן ונתעלה יותר מאדה"ר כמ"ש חז"ל האדם הגדול בענקים שהי' אברהם אבינו עליו השלום גדול מאדם הראשון ובודאי מה שהניח הקדוש ברוך הוא את האדם בגן ואחר כך גירשו. משום שהיו כלולין בו זרע ישראל שהם בני עוה"ב וג"ע.
ומצד תערובות הרשעים שהיו בו אחר החטא נתגרש מגן עדן:
'Et ה' le renvoya du jardin d'Éden' (Gen 3,23). C'est une expression d'envoi en mission (chelihout), car même dans le jardin d'Éden il est écrit 'pour le travailler et le garder', avec des commandements positifs et négatifs ; mais il était dans l'état de fils (ben), pour fouiller dans les trésors du Roi (le-hapsa be-ginzin de-malka) - l'intériorité de la Tora et des mitsvot, comme il est écrit 'et Il prit l'homme' (Gen 2,15), qui est une expression d'attachement et d'union, à la manière dont nos Sages ont expliqué 'et Il chassa l'homme' (Gen 3,24) : qu'Il lui donna le divorce (guerouchin) comme à une épouse.
Si donc, 'et Il prit l'homme' est comme 'lorsqu'un homme prend une femme' (Deut 24,1). Et après la faute il fut envoyé travailler la terre dans l'état de serviteur (eved).
Et ensuite les enfants d'Israël méritèrent de revenir et d'entrer dans l'état de fils (banim) lorsqu'ils reçurent la Tora, par le mérite des Patriarches et de Moche Rabbenou, qui réparèrent la faute d'Adam ha-richon ; et ils passèrent de la servitude à l'état de fils. Et c'est sur cela qu'il est dit 'un serviteur avisé dominera sur un fils indigne' (Prov 17,2) - car Adam ha-richon couvrit de honte le monde entier, puisqu'il introduisit la mort dans le monde.
Et Abraham Avinou, dont il est écrit 'pour Abraham Mon serviteur', fut élevé de l'état de serviteur à celui de fils, et fut élevé plus encore qu'Adam ha-richon, comme l'ont dit nos Sages 'le grand homme parmi les géants' (Jos 14,15) - car Abraham Avinou, la paix soit sur lui, était plus grand qu'Adam ha-richon. Et assurément, si le Saint béni soit-Il plaça l'homme dans le jardin puis l'en chassa, c'est parce qu'était inclus en lui la semence d'Israël, qui sont les enfants du monde à venir et du jardin d'Éden.
Et du fait du mélange des impies qui étaient en lui après la faute, il fut chassé du jardin d'Éden.
וכתיב ויגרש את האדם וישכן כו' את הכרובים כו' וכי צריך הקב"ה עצות לשמור שלא יכנסו בו. אבל מקרא זה בא ללמד כי הניח פתח לכנוס בג"ע מי שראוי רק יש בו שמירה ולכן ביום ש"ק דכתיב שער החצר הפנימית רמז לג"ע הפונה קדים ובגן כ' מקדם שנפתח בשבת פתח והארה מג"ע דכתיב וישלחהו לעבוד האדמה אשר לקח משם פירוש חלק הגוף שהוא מן האדמה ובג"ע הי' לעבדה ולשמרה בחלק הנשמה שקודם החטא היה הנשמה עיקר ואח"כ הוצרך לעבוד את האדמה א"כ בשבתות ויו"ט שנאסר מלאכת העבודה הרי זה עדות שהוא זמן עבודת הנשמה כמו שהי' בג"ע וזה בחינת מנוחה כמ"ש במד' ויניחהו רמז למנוחת שבת:
Et il est écrit 'et Il chassa l'homme et posta... les keroubim...' (Gen 3,24). Or, le Saint béni soit-Il a-t-Il besoin d'expédients pour garder qu'on n'y entre ?
Mais ce verset vient enseigner qu'Il laissa une ouverture pour entrer dans le jardin d'Éden à qui en est digne, seulement il y a en lui une garde. Et c'est pourquoi le jour saint du Chabbat, comme il est écrit 'la porte de la cour intérieure' (Ez 46,1), allusion au jardin d'Éden 'tournée vers l'orient' (kadim) ; et dans le Jardin il est écrit 'à l'orient' (mi-kedem) - car le Chabbat s'ouvre une ouverture et un rayonnement depuis le jardin d'Éden, comme il est écrit 'et Il le renvoya travailler la terre d'où il avait été pris', c'est-à-dire la part du corps qui est de la terre ; mais dans le jardin d'Éden c'était 'pour le travailler et le garder' par la part de l'âme, car avant la faute l'âme était l'essentiel, et ensuite il dut travailler la terre.
S'il en est ainsi, les Chabbats et les jours de fête, où le travail de labeur est interdit, voilà un témoignage que c'est le temps du service de l'âme, comme il en était au jardin d'Éden. Et c'est là de l'ordre du repos (menouha), comme il est dit dans le Midrach 'et Il le fit reposer' (vayanihehou) - allusion au repos du Chabbat.
במדרש יהי אור. פתח דבריך יאיר מבין פתים מפתח פיך הו"ל נהורא כו' אור שכבר הוה ע"ש.
דהנה איתא בראשית נמי מאמר הוא אך לא כתיב אמירה והוא בחי' מחשבה ואין התחתונים יכולין לקבל בחי' זו לכן כתיב והארץ היתה תהו כו' ויאמר אלקים יהי אור שהוא בחי' הדיבור ובזה יש לבנ"י חלק דהעולם נברא בתורה. וגם בתורה יש בחי' מעשה דיבור ומחשבה אתוין במעשה שציור כל אות ואות בחי' מעשה שנכתבין בתורה.
ונקודות בחי' הדיבור שבכל דיבור יש נקודה. וטעמים בחי' מחשבה.
והם ג"כ בחי' נפש רוח ונשמה:
Dans le Midrach sur 'que la lumière soit' (Gen 1,3) : 'l'ouverture de Tes paroles illumine, elle donne l'intelligence aux simples' (Ps 119,130) - de l'ouverture de Ta bouche fut la lumière, etc. ; une lumière qui était déjà, vois-y. Car voici qu'il est enseigné : 'Berechit' est aussi une parole créatrice (maamar), mais le terme 'dire' (amira) n'y est pas écrit, et c'est de l'ordre de la pensée (ma'hchava), et les êtres d'en bas ne peuvent recevoir cet ordre ; c'est pourquoi il est écrit 'et la terre était tohou (chaos)...' - 'et Elokim dit que la lumière soit', qui est de l'ordre de la parole (dibour), et en cela les enfants d'Israël ont une part, car le monde fut créé par la Tora.
Et dans la Tora aussi il y a l'ordre de l'action, de la parole et de la pensée : les lettres (otiot) sont de l'ordre de l'action (maase), car le tracé de chaque lettre est de l'ordre de l'action, puisqu'elles s'écrivent dans la Tora ; et les points-voyelles (nekoudot) sont de l'ordre de la parole, car dans chaque parole il y a un point ; et les signes de cantillation (teamim) sont de l'ordre de la pensée. Et ils sont aussi de l'ordre du nefech, du roua'h et de la nechama.
במדרש בפ' יקוו המים משל למלך שהושיב אילמים והיו שואלים שלומו של מלך ברמיזה אמר אם יהיו פקחים עאכו"כ והושיב פקחין והחזיקו בפלטין כו'. דכל מה שברא הקב"ה לכבודו ברא להעיד עליו.
וכ' השמים מספרים כבוד אל כו'. אין אומר שכל הברואים מרמזין ומעידין על הבורא אך האדם שהוא בר דעת ודיבור הוא מוציא כל העדות מכח אל הפועל.
וע"ז נתן הקב"ה חכמה ודעת לאדם לידע להעיד עליו והדעת תלוי בעדות זה וכפי מה שאדם נותן דעתו וחכמתו רק כדי לידע את ה' ולהעיד עליו. כך ניתוסף לו דעת וחכמה כמ"ש עדות ה' נאמנה מחכימת פתי.
כי ע"י העדות זוכה יותר להשיג ולהעיד עליו כמ"ש ארון נשא את נושאיו וכן הוא בכל הדברים הנעשיו לשמו ית' המעשים מוסיפין לו כח להבין איך לעשות. אך עצת הנחש הקדמוני ימ"ש הי' והייתם כאלקים זה תערובות רע בטוב שיחפוץ בהדעת להיות בפ"ע מושל על השפלים ממנו והדעת לא ניתן רק לידע את הבורא ית"ש ולהעיד עליו לכן נברא אדם סמוך לשבת כי שבת סהדותא שזה תכלית הבריאה.
האדם שמעיד בדעת על הבורא ית"ש. וע"י החטא בהדעת נתמעט הדעת והחכמה שלו ולזה הדעת זכו בנ"י במתן תורה כמ"ש אתה הראת לדעת דכתיב עם זו יצרתי כו' תהלתי יספרו ואשים דברי בפיך כו' לנטוע שמים כו' עמי אתה ואיתא בזוה"ק עמי בשותפות כו' כיון שתכלית בריאת שמים וארץ כדי להעיד עליו לכן נתחדש הבריאה כפי העדות שנמצא בישראל ומכש"כ בשבת קודש שהוא מיוחד להעדות בזמן כמו שבנ"י מיוחדין לעדות בנפשות.
ולכן האומר ויכולו כו' נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית כיון שזה תכלית הבריאה:
Dans le Midrach sur la parachat 'que les eaux se rassemblent' (Gen 1,9) : une parabole d'un roi qui installa des muets, et ils s'enquéraient du salut du roi par gestes (remiza) ; il dit : s'ils étaient perspicaces, à plus forte raison - et il installa des gens perspicaces, et ils prirent possession du palais, etc. Car tout ce que le Saint béni soit-Il a créé pour Sa gloire, Il l'a créé pour témoigner de Lui.
Et il est écrit 'les cieux racontent la gloire de Dieu... point de parole...' (Ps 19,2-4) - car toutes les créatures font allusion et témoignent du Créateur ; mais l'homme, qui est doué de connaissance et de parole, fait passer tout le témoignage de la puissance à l'acte. Et pour cela le Saint béni soit-Il a donné à l'homme sagesse et connaissance, pour savoir témoigner de Lui ; et la connaissance dépend de ce témoignage.
Et dans la mesure où l'homme applique sa connaissance et sa sagesse uniquement afin de connaître ה' et de témoigner de Lui, dans cette mesure lui sont ajoutées connaissance et sagesse, comme il est écrit 'le témoignage de ה' est fidèle, il rend sage le simple' (Ps 19,8). Car par le témoignage il mérite davantage d'atteindre et de témoigner de Lui, comme il est dit 'l'arche portait ceux qui la portaient'.
Et il en est ainsi en toutes les choses accomplies pour Son Nom, béni soit-Il : les actes lui ajoutent la force de comprendre comment agir. Mais le conseil du serpent primordial, que son nom soit effacé, fut 'et vous serez comme Elokim' - c'est le mélange du mal dans le bien : qu'il désire la connaissance pour être, par lui-même, maître sur ceux qui lui sont inférieurs ; alors que la connaissance ne fut donnée que pour connaître le Créateur, béni soit son Nom, et pour témoigner de Lui.
C'est pourquoi l'homme fut créé près du Chabbat, car le Chabbat est témoignage (sahadouta), car c'est là la finalité de la création : l'homme qui témoigne, par la connaissance, du Créateur, béni soit son Nom. Et par la faute dans la connaissance, sa connaissance et sa sagesse furent amoindries ; et cette connaissance, les enfants d'Israël la méritèrent au don de la Tora, comme il est écrit 'à toi il fut donné de voir pour connaître' (Deut 4,35), comme il est écrit 'ce peuple que J'ai formé... ils raconteront Ma louange' (Is 43,21), 'et J'ai mis Mes paroles en ta bouche... pour planter les cieux... tu es Mon peuple' (Is 51,16).
Et il est enseigné dans le Zohar 'Mon peuple (ami)' - en association (be-choutafout), etc. Puisque la finalité de la création des cieux et de la terre est de témoigner de Lui, c'est pourquoi la création se renouvelle selon le témoignage qui se trouve en Israël, et à plus forte raison le Chabbat saint, qui est désigné pour le témoignage dans le temps, de même que les enfants d'Israël sont désignés pour le témoignage parmi les âmes.
Et c'est pourquoi celui qui récite 'Vaykhoulou'... devient associé du Saint béni soit-Il dans l'œuvre de la Création, puisque telle est la finalité de la création.
תרס"ב
[תרס"ב] (année 5662)
ב"ה
Avec l'aide du Ciel.
במדרש ויכל אלקים ביום השביעי מה הי' העולם חסר מנוחה באתה שבת נגמרה המלאכה כמ"ש רש"י ז"ל. הענין הוא כי באמת העולם נקרא ע"ש ההעלם שהטבע מכסה פנימיות חיות אלקות ובאמת כל הבריאה הי' רק לכבודו ית"ש.
רק שא"א להכיר את הבורא ית"ש רק ע"י צמצום הטבע וע"י מעשיו יכולין להכיר אותו וע"י ההסתר גופי' נמצא הכרת אלקותו ית"ש והשבת הוא הכרת האלקות שהוא תכלית הבריאה ונקרא תכלית שמים וארץ וזה בחי' מנוחה שהיא בחי' נבואה ורוה"ק כמ"ש ונחה עליו רוח ה' וכן דרשו חז"ל מנוחה לא מצאתי על הנבואה וזה בחי' נשמה יתירה מעין עוה"ב שיהי' כל עם ה' נביאים כמ"ש ונבאו בניכם ובנותיכם. ולכן בשבת נאסר המלאכה לבנ"י כי תכלית המלאכה והמעשה להיות כלי שיחול הקדושה ורוה"ק על הבריאה וכל ימי המעשה הכנה לשבת וע"י המלאכה היא הסתלקות רוה"ק ונקרא חילול שבת.
ולכן ע"י השבת ומנוחה נגמר המלאכה שזה תכלית המלאכה כנ"ל. ולכן כתב בזוה"ק בראשית ירא שבת ירא בושת שאדם צריך לידע ולהבין כי תכלית בריאותו שיחול עליו רוה"ק והנשמה ושיתבטל הגוף אל הפנימיות בפרט איש ישראל שיש לו חלק בשבת קודש צריך לראות שלא ישכח העיקר ע"י התלבשותו בחומר הגוף:
Dans le Midrach sur 'et Elokim acheva le septième jour' (Gen 2,2) : que manquait-il au monde ? Le repos (menouha) ; le Chabbat vint, l'œuvre fut achevée, comme l'écrit Rachi, de mémoire bénie.
Le sens est qu'en vérité le monde (olam) est nommé d'après l'occultation (hé'elem), car la nature (teva) recouvre l'intériorité de la vie divine ; et en vérité toute la création ne fut que pour Sa gloire, béni soit son Nom. Seulement, il est impossible de reconnaître le Créateur, béni soit son Nom, sinon par la contraction (tsimtsoum) de la nature ; et c'est par Ses actes qu'on peut Le reconnaître, et par l'occultation elle-même se trouve la reconnaissance de Sa divinité, béni soit son Nom.
Et le Chabbat est la reconnaissance de la Divinité, qui est la finalité de la création, et il est appelé la finalité des cieux et de la terre ; et c'est de l'ordre du repos (menouha), qui est de l'ordre de la prophétie (nevoua) et de l'esprit saint (roua'h ha-kodech), comme il est écrit 'et l'esprit de ה' reposera sur lui' (Is 11,2) ; et ainsi nos Sages ont expliqué 'je n'ai pas trouvé de repos' (Lam 1,3) au sujet de la prophétie. Et c'est de l'ordre de l'âme supplémentaire (nechama yetera), avant-goût du monde à venir, où tout le peuple de ה' sera prophète, comme il est écrit 'et vos fils et vos filles prophétiseront' (Joël 3,1).
C'est pourquoi le Chabbat le travail est interdit aux enfants d'Israël, car la finalité du travail et de l'action est d'être un réceptacle sur lequel la sainteté et l'esprit saint se poseront sur la création ; et tous les jours de labeur sont une préparation au Chabbat, et par le travail se fait le retrait de l'esprit saint, et cela est appelé profanation du Chabbat (hiloul Chabbat). Et c'est pourquoi c'est par le Chabbat et le repos que l'œuvre est achevée, car telle est la finalité du travail, comme ci-dessus.
Et c'est pourquoi le Zohar Berechit a écrit 'craint le Chabbat, craint la honte' - car l'homme doit savoir et comprendre que la finalité de sa création est que l'esprit saint et l'âme se posent sur lui, et que le corps s'annule devant l'intériorité ; en particulier l'homme d'Israël, qui a une part dans le Chabbat saint, doit veiller à ne pas oublier l'essentiel du fait de son revêtement dans la matière du corps.
בפסוק ויניחהו בגן עדן. במדרש דורש מלשון מנוחת שבת.
כי בשבת מתגלה הנהגת השי"ת בלי אמצעות הטבע והוא בחי' לעושה נפלאות גדולות לבדו כי כל הבריאה הוא פלא. אבל נפלאות גדולות לבדו למעלה מהנהגת הטבע ולכן בהלל הגדול נסדר.
לעושה נפלאות גדולות כל"ח ואח"כ לעושה השמים לרוקע הארץ הרי כי בחי' זו למעלה משמים וארץ וזהו בחי' ג"ע דכ' ויטע ה' אלקים שכל הנטיעות הי' במאמר וכמו כן האדם הוא יציר כפיו של הקב"ה מיוחד מכל הברואים. וכן השבת.
ושלש סעודות דשבת בחי' ענ"ג "עדן "נהר "גן ור"ת ענג עושה נפלאות גדולות שבשבת מתגלה הנהגה זו העליונה ובנפשות בני ישראל ועמך כולם צדיקים כו' נצר מטעי כו' שהם בחי' אדם אתם והאדם מיוחד לג"ע. וכמו כן בנח איש צדיק שהי' בתיבה שכ' הזוה"ק שהיא ג"כ בחי' שבת דהמזלות לא שמשו במבול והי' מתגלה הנהגה עליונה שלמעלה מהטבע כנ"ל:
Sur le verset 'et Il le plaça dans le jardin d'Éden' (Gen 2,15). Dans le Midrach on l'explique à partir de l'expression du repos du Chabbat.
Car le Chabbat se révèle la conduite de Hachem, béni soit-Il, sans l'intermédiaire de la nature, et c'est de l'ordre de 'Celui qui accomplit seul de grandes merveilles' (Ps 136,4), car toute la création est une merveille ; mais 'de grandes merveilles seul' est au-dessus de la conduite de la nature. C'est pourquoi, dans le Grand Hallel, il est disposé : 'à Celui qui accomplit seul de grandes merveilles, car sa bonté est éternelle', puis 'à Celui qui fit les cieux, qui étendit la terre' - voici donc que cet ordre est au-dessus des cieux et de la terre.
Et c'est de l'ordre du jardin d'Éden, dont il est écrit 'et ה' Elokim planta', car toutes les plantations furent par une parole créatrice (maamar) ; et de même l'homme est l'ouvrage des mains du Saint béni soit-Il, distingue de toutes les créatures. Et de même le Chabbat.
Et les trois repas du Chabbat sont de l'ordre de ONeG : Éden, Nahar, Gan (Éden, Fleuve, Jardin), dont les initiales forment oneg (délice), et font allusion à 'Il accomplit de grandes merveilles', car le Chabbat se révèle cette conduite supérieure. Et dans les âmes des enfants d'Israël, 'et ton peuple, tous justes... rejeton de Ma plantation...' (Is 60,21), car ils sont de l'ordre de 'vous êtes appelés adam (homme)', et l'homme est destiné au jardin d'Éden.
Et de même pour Noé, homme juste, qui était dans l'arche, dont le Zohar a écrit qu'elle est elle aussi de l'ordre du Chabbat, car les constellations ne fonctionnèrent pas durant le Déluge, et se révélait la conduite supérieure qui est au-dessus de la nature, comme ci-dessus.
תרס"ג
[תרס"ג] (année 5663)
ב"ה
Avec l'aide du Ciel.
« Et Il bénit le septième jour » (Berechit 2,3) : Il le bénit par les luminaires, et rien ne ressemble à la lumière du visage. Le Sfat Emet y voit l'illumination de la nechama, dissimulée les jours ouvrables par le corps mêlé de lie, comme la terre tohou-va-bohou ; la nechama a la guematria des cieux. Par la Torah venue des cieux le tohou-va-bohou est déraciné, et le Chabbat révèle cette lumière, avant-goût du monde à venir. Avant la faute l'homme était tout entier nechama ; ce vêtement lui fut retiré, et le Chabbat rend l'âme supplémentaire, dont le parfum du jardin d'Éden se retire : on hume alors les aromates.
Aussi : « et j'étais amon » : Torah écrite, fixe, aspect des cieux, et Torah orale sans cesse renouvelée, aspect de la terre ; l'âme de vie et l'être vivant, esprit qui parle
במדרש ויברך את יום השביעי ברכו במאורות אין דומה מאור פניו של אדם כו'. דכתיב חכמת אדם תאיר פניו והיא הארת הנשמה.
והגוף מסתיר זה האור ועוז פניו ישונה בימי המעשה דכתיב בראשית ברא אלקים כו' והארץ היתה תהו ובהו. אבל בשמים לא נעשה שינוי.
והאדם כמו כן כלול הנשמה מן השמים נשמה גי' השמים. רק בגוף נתערב פסולת.
ובנ"י ע"י התורה שהיא מן השמים נתקן להם גם הארץ ונעקר תהו ובהו כמ"ש יהי אור וכתיב תורה אור ובשבת נתגלה אור התורה וזהו קריאת התורה בשבת. ואיתא שגנז האור לצדיקים לעתיד לבוא ושבת בחי' צדיק בזמן והוא מעין עוה"ב ויש בו מאור הגנוז.
לכן יש הבדלה במו"ש כמ"ש ויבדל בין האור ושבת יש בו מריח ג"ע דכ' ויניחהו בג"ע וישם שם כ' במדרש כמ"ש ויהי שם עד היום הזה ובלבד ביצירה זו. כי האדם קודם החטא הי' כולו נשמה וזה המלבוש ניטל ממנו אחר החטא כמ"ש וישלחהו שנפשט ממנו זה המלבוש.
ועוז פניו ישונה ובש"ק יש נשמה יתירה והארה מזה המלבוש ולכן יש בשמים במו"ש לפי שנסתלק זה הריח ג"ע מהנשמה יתירה:
Dans le Midrach : "Et Il bénit le septième jour" (Genèse 2,3) -- Il le bénit par les luminaires ; rien ne ressemble à la lumière du visage de l'homme, etc. Car il est écrit "La sagesse de l'homme fait resplendir son visage" (Ecclésiaste 8,1), et c'est l'illumination de la nechama (âme).
Or le corps dissimule cette lumière, "et l'audace de son visage est altérée" (Ecclésiaste 8,1) durant les jours d'ouvrage (les jours de semaine), comme il est écrit "Au commencement Elokim créa... et la terre était tohou va-bohou (informe et vide)" (Genèse 1,1-2). Mais dans les cieux nul changement ne s'est produit.
Et l'homme de même : la nechama est faite des cieux -- "nechama" a la même guematria que "ha-chamayim" (les cieux : נשמה = השמים). Seul dans le corps s'est mélangée de la lie.
Et pour les enfants d'Israël, par la Torah qui vient des cieux, la terre aussi leur est réparée (tikoun) et le tohou va-bohou est déraciné, comme il est écrit "Que la lumière soit" (Genèse 1,3) et il est écrit "la Torah est lumière" (Proverbes 6,23) ; et au Chabbat la lumière de la Torah se révèle, et c'est la lecture de la Torah le Chabbat. Et il est enseigné qu'Il a caché la lumière pour les justes (tsadikim) pour le temps à venir ; or le Chabbat est l'aspect (bechina) du tsadik dans le temps, il est un avant-goût du monde à venir (olam haba) et contient une part de la lumière cachée (or ha-ganouz).
C'est pourquoi il y a la Havdala à l'issue du Chabbat, comme il est écrit "et Il sépara entre la lumière..." (Genèse 1,4). Et le Chabbat porte en lui quelque chose du parfum du Gan Éden (jardin d'Éden), car il est écrit "et Il le posa dans le Gan Éden" (Genèse 2,15), "et Il l'y plaça" ; le Midrach l'écrit, selon "et il demeura là jusqu'à ce jour" -- mais seulement dans cette formation (yetsira).
Car l'homme, avant la faute, était tout entier nechama, et ce vêtement (malbouch) lui fut retiré après la faute, comme il est écrit "et Il le renvoya" (Genèse 3,23), signifiant que ce vêtement fut dépouillé de lui. "Et l'audace de son visage est altérée".
Et au saint Chabbat (Chabbat kodech) il y a une âme supplémentaire (nechama yetera) et une illumination issue de ce vêtement ; c'est pourquoi l'on hume les aromates (bessamim) à l'issue du Chabbat, parce que ce parfum du Gan Éden s'est retiré de l'âme supplémentaire.
תרס"ד
[Année תרס"ד (5664)]
ב"ה
ב"ה (be-ezrat ha-Chem, avec l'aide du Nom).
במדרש ואהיה אצלו אמון. בתורה ברא הקב"ה את העולם.
והנה כ' בראשית ב' ראשית רמוז לתורה שבכתב ושבע"פ שניהם נקראו ראשית ובתורה שבכתב נברא השמים והארץ בחי' תורה שבע"פ וכ"כ השמים שמים לה' והארץ נתן לבני אדם. ואהי' אמון בחי' תורה שבכתב קביעא וקיימא.
ואהי' שעשועים יום יום בחי' תורה שבעל פה מתחדש תמיד בפיהן של ישראל. וכן בריאת האדם ויפח באפיו נשמת חיים בחי' תורה שבכתב שזו הנשמה עושית רשימה ואותיות בנפש האדם.
ויהי לנפש חי' בחי' תורה שבע"פ כמ"ש התרגום לרוח ממללא:
Dans le Midrach : "Et j'étais auprès de Lui amon (nourrisson, ou artisan)" (Proverbes 8,30). C'est par la Torah que le Saint béni soit-Il créa le monde.
Or il est écrit "Bereshit" : deux fois "reshit" (commencement) y sont évoqués, faisant allusion à la Torah écrite et à la Torah orale, toutes deux appelées "reshit" (commencement). Par la Torah écrite furent créés les cieux et la terre -- aspect de la Torah orale ; ainsi il est écrit "Les cieux sont les cieux de ה', mais la terre Il l'a donnée aux fils de l'homme" (Psaumes 115,16).
"Et j'étais amon" : aspect de la Torah écrite, fixe et permanente (keviaa ve-kayama). "Et j'étais délices jour après jour" (Proverbes 8,30) : aspect de la Torah orale, sans cesse renouvelée dans la bouche d'Israël.
Et de même la création de l'homme : "et Il insuffla en ses narines une âme de vie" (Genèse 2,7), aspect de la Torah écrite, car cette âme (nechama) imprime une empreinte et des lettres dans le nefech (âme) de l'homme. "Et l'homme devint un être vivant" (Genèse 2,7) : aspect de la Torah orale, comme le traduit le Targoum : "un esprit qui parle" (roua'h memalela).