Ce passage poursuit l'écart entre Moché et les autres prophètes. Le Ram'hal cite Rabbi Yehouda : neuf aspaklariot (miroirs) pour tous, une seule pour Moché ; et les Rabbanan : une aspaklaria souillée pour les autres, une aspaklaria polie pour Moché. L'image n'étant pas vue parfaitement, ils n'atteignent pas le fond de ses contenus, et l'interprétation leur fait défaut. Le Saint béni soit-Il ne montre ces images que pour faire connaître les connaissances qui y sont incluses, à la mesure de la part vue. Moché saisissait l'image avec clarté, et sa connaissance était parfaite dans la mesure des créatures ; lui non plus ne vit que ce qu'il lui fut donné permission de voir.
Aussi : les prophètes voient les images par une vision de l'âme (nefech) ; l'œil et l'âme voient le même objet chacun selon sa voie ; l'âme voit ce qui est dans le tonneau et à l'intérieur du mur.
וז"ל, "מה בין משה לשאר הנביאים? ר' יהודה אומר, כל הנביאים ראו מתוך תשע אספקלריות וכו', ומשה מתוך אספקלריא אחת; ורבנין אמרי, כל הנביאים ראו מתוך אספקלריא מלוכלכת וכו' ומשה מתוך אספקלריא מצוחצחת". והנה בהיות שאפילו הדמות הנראה להם אינם יכולים לראות אותו היטב, הנה לא ישיגו סוף עניניו, וממילא גם מן הפתרון יחסר להם הבנה, וזה פשוט; כי כבר אין הקב"ה מראה להם דמויות אלו אלא להודיעם ידיעות נכללות בדמות הנבואי ההוא, שבראותם הדמות ישיגו הידיעה הנכללת בו בכל חלקיו; ואם הדמות עצמו לא ישיגוהו כי אם קצת, הנה ודאי הוא שלא תגיע אליהם הידיעה מושלמת בכל חלקיה, אלא הקצת שכנגד הקצת שראו מן הדמות.
אמנם משה, לפחות הדמות הנבואי היה משיגו בבירור, ועל כן היתה ידיעתו שלמה במה שאפשר להיות ידיעת הנבראים, והוא הגיע לשיעור היותי גדול של. ידיעות הנבואה.
אבל גם הוא לא ראה אלא מה שניתן לו רשות לראות, וזה פשוט:
Et voici ses termes: 'Quelle différence y a-t-il entre Moché et les autres prophètes? Rabbi Yehouda dit: tous les prophètes ont vu à travers neuf aspaklariot (miroirs, écrans translucides à travers lesquels passe la vision prophétique), etc., et Moché à travers une seule aspaklaria; et les Rabbanan (les Sages, par opposition à l'avis individuel) disent: tous les prophètes ont vu à travers une aspaklaria souillée, etc., et Moché à travers une aspaklaria polie.' Or, puisque même l'image qui leur apparaît, ils ne peuvent pas la voir parfaitement, ils n'atteindront donc pas le fond de ses contenus, et par conséquent la compréhension de l'interprétation leur fera elle aussi défaut; et cela est évident.
Car le Saint béni soit-Il ne leur montre ces images que pour leur faire connaître des connaissances incluses dans cette image prophétique, de sorte qu'en voyant l'image ils saisissent la connaissance qui y est incluse dans toutes ses parties; et si l'image elle-même ils ne la saisissent qu'en partie, il est certain que la connaissance ne leur parviendra pas complète dans toutes ses parties, mais seulement la part qui correspond à la part qu'ils ont vue de l'image. Mais Moché, à tout le moins, saisissait l'image prophétique avec clarté, et c'est pourquoi sa connaissance était parfaite dans la mesure où peut l'être la connaissance des créatures, et il atteignit la plus grande mesure des connaissances de la prophétie.
Mais lui non plus ne vit que ce qu'il lui fut donné permission de voir, et cela est évident:
ואמנם אעירך עוד על ענין אחד במראה הנבואה הזה, והוא, שאף על פי שמצינו לנביאים שיראו דמויות נבואיים אלו, אין צורך שיראו אותם בראיה כראית העין הגשמי, אלא בראיה הנפשית. כי הנה נושא אחד עצמו יוכל להיראות מהעין הגשמי ומהנפש מופשטת מגוף, ושניהם יקיימו היותו הנושא ההוא.
אמנם כל אחד רואה אותו לפי דרכו, הא כדאיתיה והא כדאיתיה, כי הרי הנפש יכולה לראות מה שבחבית ומה שבתוך הכותל, שהעין הגשמי אי אפשר לו מפני דרך ראיתו, שאינו יכול להגיע אליו אלא מה שיכול לפי הגבול אשר שם לו הבורא ית"ש. אך החבית עצמה יראה אותה העין הגשמי בדרכיו, ויקיים היותה חבית, ותראה אותה הנפש בדרכיה, ותקיים גם היא חיותה חבית.
כן הדבר הזה, שאין הנביאים צריכים לראות הצורה שיקראוה "אריה", והצורה שיקראוה "נשר" (עי' יחזקאל י, יד), וכן כל כיוצא בזה, כמו שיראו הצורה ההיא עיני הבשר, אלא בדרך הראיה הנפשית, וזה פשוט:
Et cependant, je veux encore attirer ton attention sur un point touchant cette vision prophétique, à savoir que, bien que nous trouvions que les prophètes voient ces images prophétiques, il n'est pas nécessaire qu'ils les voient d'une vision semblable à celle de l'œil physique, mais d'une vision de l'âme (nefech). Car un seul et même objet peut être vu par l'œil physique et par l'âme séparée du corps, et tous deux établiront qu'il est bien cet objet.
Seulement, chacun le voit selon sa voie, celui-ci selon ce qu'il est et celui-là selon ce qu'il est, car voici que l'âme peut voir ce qui est dans le tonneau et ce qui est à l'intérieur du mur, ce que l'œil physique ne peut pas, en raison de son mode de vision, puisqu'il ne peut atteindre que ce qui lui est accessible selon la limite que le Créateur, béni soit son Nom, lui a fixée. Mais le tonneau lui-même, l'œil physique le voit selon ses voies et établit qu'il est un tonneau, et l'âme le voit selon ses voies et établit elle aussi qu'il est un tonneau.
Il en va de même pour notre sujet: les prophètes n'ont pas besoin de voir la forme qu'ils appelleront 'lion' et la forme qu'ils appelleront 'aigle' (voir Ye'hezkel 10,14), et de même tout ce qui est de cet ordre, de la manière dont les yeux de chair verraient cette forme, mais par la voie de la vision de l'âme, et cela est évident: