דעת תבונות

Daat Tevunot — Section 189

Ramhal - dialogue sur la finalité
En bref

Ce passage poursuit l'enseignement sur la ressemblance prophétique. L'Intellect dit que l'image formée à la ressemblance de l'âme du prophète s'appelle « image de Hachem » : il ne doute pas que Celui qui se révèle ainsi est le Maître unique, et il peut dire « je vis Hachem ». Selon le Ram'hal, cette figure n'est que la voie par laquelle il saisit la révélation. Comme celui qui voit son compagnon dans un miroir : l'essence n'est pas dedans, un miroir déformé montre une forme déformée, et il sait pourtant que c'est son compagnon. Le prophète sait ainsi que le Maître se révèle, bien que la vision se renouvelle du fait de son âme.

אמר השכל – אפילו הדמות ההוא המתדמה לנפש הנביא יקרא היטב "תמונת ה'". והוא, כי הנה אין ספק אצל הנביא שהמתגלה להם מתחפש בדמות ההוא אינו אלא האדון היחיד ברוך הוא וברוך שמו, אשר על כך יוכלו לקיים בפה מלא (יחזקאל א, כח), "הוא מראה דמות כבוד ה'", (ישעיהו ו, א), "ואראה את ה'".

כי הנה בהשגתם המושפעת יתברר להם היות הדמות ההוא דמות מתחדש מהתגלות עליהם הכבוד העליון, ואין התמונה ההיא אלא הדרך שבו מגיעים להשגת גילויו זה ית'. הא למה זה דומה - לרואה את חבירו מתוך אספקלריא, שהנה אף על פי שאין עצם חבירו בתוך האספקלריא ההיא, הנה מה שהוא רואה הוא באמת רק חבירו, שנראה לו מתוך הסתכלותו באספקלריא.

ונולד עוד מזה, שאם האספקלריא תהיה היא משונה, תראה בה צורת חבירו משונה, כפי ענין האספקלריא. ואמנם לא יסתפק הרואה שלא יהיה הגוף ההוא שהוא רואה גוף חבירו העומד שם, אלא שידע שבעמוד חבירו נגד האספקלריא ההיא המשונה, והוא מסתכל באספקלריא ההיא, תתחדש לעיניו הצורה ההיא.

כן הדבר הזה, הנה הנביא יודע שהאדון ב"ה הוא המתגלה עליו ודאי במראה ההוא, אף על פי שאין המראה ההוא אלא מה שמתחדש לעיני הנביא מפאת נפשו עצמה, או מה שיהיה שגורם לו ראות הדמות ההוא. ועל נן הדמות - ההוא יקרא היטב "תמונת ה'", ויאמר בו, "ותמונת ה' יביט":

L'Intellect dit : même cette image qui se forme à la ressemblance de l'âme du prophète est bien appelée "image de ה'". Car il n'y a aucun doute chez le prophète que Celui qui se révèle à eux en se revêtant de cette image n'est autre que le Maître unique, béni soit-Il et béni soit Son Nom ; c'est pourquoi ils peuvent affirmer à pleine bouche (Ye'hezkel 1,28) : "telle était la vision de l'image de la gloire de ה'", (Yechayahou 6,1) : "et je vis ה'".

Car dans la perception qui leur est communiquée, il leur devient clair que cette image est une image qui se renouvelle à partir de la révélation de la Gloire supérieure sur eux, et que cette figure n'est que la voie par laquelle ils parviennent à saisir cette révélation de Lui, béni soit-Il. À quoi cela ressemble-t-il ?

À celui qui voit son compagnon à travers un miroir (aspaklaria, surface réfléchissante à travers laquelle on regarde) : bien que l'essence même de son compagnon ne se trouve pas à l'intérieur de ce miroir, ce qu'il voit est pourtant réellement son compagnon, qui lui apparaît du fait qu'il regarde dans le miroir. Et il en découle encore ceci : si le miroir est déformé, la forme du compagnon y apparaîtra déformée, selon la nature du miroir.

Et pourtant celui qui regarde ne doutera pas que ce corps qu'il voit soit le corps de son compagnon qui se tient là ; il saura seulement que, parce que son compagnon se tient face à ce miroir déformé et que lui-même regarde dans ce miroir, cette forme-là se renouvelle devant ses yeux. Il en va de même ici : le prophète sait que le Maître, béni soit-Il, est assurément Celui qui se révèle à lui dans cette vision, bien que cette vision ne soit que ce qui se renouvelle aux yeux du prophète du fait de son âme elle-même, ou de quoi que ce soit qui lui fasse voir cette image.

C'est pourquoi cette image est bien appelée "image de ה'", et il est dit d'elle : "et il contemple l'image de ה'" (Bamidbar 12,8).

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