L'intellect dit : le Saint béni soit-Il crée d'abord la nature, puis ses individus. Pour le Ram'hal, un influx (hachpaa) vient de Lui pour instaurer la nature : c'est le bien ; de cet influx sont retirées les dispositions et les conditions de sa perfection, et cette absence (heder) instaure les corruptions qui sont tout le mal, car la nature se détraque si l'influx n'est pas continu. L'influx n'est annulé qu'en partie : les maux sont des détériorations de la nature parfaite. Le Saint béni soit-Il ne fait que le bien : le mal naît de l'absence de Son influx. Les individus se construisent par un influx second, qui prend dans la nature le bien et le mal déjà instaurés.
אמר השכל – כשאנו אומרים שהקב"ה ברא העולם הזה, ודאי נבין בתחילה בריאת הכלל, ואחר כך הפרטים, פירוש, בתחילה הטבע עצמו, ואחר כך אישיו. והנה כשרצה האדון ב"ה לחדש הטבע בטוב ורע, הנה ודאי הוא שבאה השפעה ממנו לחדש מציאות הטבע, וזהו הטוב; וזאת ההשפעת עצמה - קצת ממנה נעדרה, היינו, ההכנות הטובות שהיו בה, ותנאי השלמות שלה שהיו עושים הטבע בתכונתו טוב.
והנה מציאות ההעדר הזה הוא שחידש בטבע הפסדי המציאות הטוב, שהם הם כלל הרע. וזה, כי הטבע ודאי מתקלקל ממה שאין השפע מתמיד לו.
ואחר שחודשו שני הענינים האלה בטבע הכללי, נבנו האישים בפרט, אלה על פי הענינים הטובים ואלה על פי הענינים הרעים. ואמנם גם מציאות האישים נעשה ודאי בהשפעה, כי כבר שמנו המוסד בראשונה שאין שום דבר נעשה אלא בהשפעה.
ואולם ההשפעה הזאת היא ההשפעה באה אחר ההשפעה שזכרנו, שחידשה במציאות הכללי ההויה וההפסד, ועל כן יש בחוקה לקחת מן הכלל של הטבע לצורך בנין האישים מה שיצטרך להרכבתם מן הטוב ומן הרע המחודש כבר:
Dit l'Intellect - lorsque nous disons que le Saint béni soit-Il (haKadoch Baroukh Hou) a créé ce monde, nous comprendrons certainement d'abord la création du général, et ensuite celle des particuliers ; c'est-à-dire, en premier la nature elle-même, et ensuite ses individus (ichav, les êtres singuliers qui la composent). Et voici : lorsque le Maître béni soit-Il voulut instaurer (lehadech, faire exister à neuf) la nature avec le bien et le mal, il est certain qu'un influx (hachpaa, épanchement de bien venant d'en haut) est venu de Lui pour instaurer l'existence de la nature, et c'est cela le bien ; et de cet influx lui-même, une part fut retirée, à savoir les bonnes dispositions (hakhanot) qui s'y trouvaient, et les conditions de sa perfection, celles-là mêmes qui faisaient que la nature était bonne dans sa constitution.
Et voici que l'existence de cette absence (heder) est ce qui a instauré dans la nature les corruptions de l'existence bonne, lesquelles constituent précisément l'ensemble du mal. Et cela, parce que la nature se détraque assurément du fait que l'influx (chefa) ne lui est pas continu.
Et après que ces deux choses eurent été instaurées dans la nature générale, les individus furent construits en particulier, ceux-ci selon les aspects bons et ceux-là selon les aspects mauvais. Et en vérité, l'existence des individus aussi s'est faite certainement par un influx, car nous avons déjà posé dès le début ce fondement : que rien ne se fait sinon par influx.
Mais cet influx-ci est l'influx qui vient après l'influx que nous avons mentionné, celui qui a instauré dans l'existence générale la génération et la corruption ; c'est pourquoi il est dans sa loi de prendre, de l'ensemble de la nature, pour les besoins de la construction des individus, ce qui sera nécessaire à leur composition, tant du bien que du mal déjà instauré :
ואולם תראה כי אין אני אומר שנתבטלה ההשפעה לגמרי, כי אז היו מתבטלים ודאי כל הנמצאות, וזה הוא ההעדר שאמרתי שאינו יכול לעשות מציאות, אבל הענין הוא שנתבטלה רק במקצת, שהרי הכנותיה ותיקוניה הם שנתבטלו. וזהו הענין כמו שיגיע לאיש שיחלה ולא ימות, כן מציאות הטבע הכללי הוא שמתקלקל בסור ההשפעה קצת, ולא לגמרי, ומתחדשות הרעות שאינם אלא קלקולים במציאותו של הטבע השלם.
והרי המונח שלנו קיים לעד - שאין הקב"ה עושה אלא הטוב, והרע אינו עושה, אלא מהעדר שפעו הוא נולד:
Mais tu verras que je ne dis pas que l'influx a été annulé entièrement, car alors tous les étants auraient certainement été annulés ; et c'est là l'absence dont j'ai dit qu'elle ne peut produire aucune existence. La chose est plutôt qu'il n'a été annulé qu'en partie, puisque ce sont ses dispositions et ses rectifications (tikoun, au pluriel tikounim) qui ont été annulées.
Et il en va comme de ce qui arrive à un homme qui tombe malade sans mourir : ainsi l'existence de la nature générale se détraque lorsque l'influx se retire en partie, et non entièrement, et les maux surgissent, lesquels ne sont rien d'autre que des détériorations dans l'existence de la nature parfaite. Et voici que notre principe posé demeure à jamais : que le Saint béni soit-Il ne fait que le bien, et que le mal, Il ne le fait pas, mais c'est de l'absence de Son influx qu'il naît :