דעת תבונות

Daat Tevunot — Section 97

Ramhal - dialogue sur la finalité
En bref

L'intellect dit qu'il faut comprendre le premier état de l'homme dans ce monde-ci, temps de son service. Pour le Ram'hal, ce service consiste à faire disparaître le mal, d'abord de soi-même puis de toute la création. Ce mal est une existence nouvelle que le Maître a innovée pour éprouver les hommes et leur donner matière au service ; Il est le comble du bien, ce mal Lui est exactement opposé, et Sa puissance sans limite le fait exister. « Il forme la lumière, etc., et crée le mal, Moi Hachem, Je fais tout cela » : Il ne l'a fait exister que pour qu'il soit annulé, l'intention n'étant que de cueillir du mal un bon fruit pour les justes.

Aussi : l'homme est tenu de dire que c'est pour lui que le monde a été créé ; Rabbi Simaï compare le mal à un rocher au carrefour que le roi fait tailler peu à peu jusqu'à le faire disparaître

אמר השכל - עתה יש לנו להבין המצב הראשון אשר לאדם, שהוא בהיותו בעוה"ז, הלא זה זמן עבודתו. ואמנם, מה העבודה בכלל - כבר ביארנוה, שהיא להעביר כל החסרון שנמצא בבריאתו, הוא הרע הזה אשר מצוי הוא עתה ועומד להתבטל.

ואמנם, על האדם המשא הזה להשתדל על ביטולו ממנו בראשונה, ואחריו - מכל הבריאה כולה לפי מה שנוגע לו, וכאמרם ז"ל (סנהדרין לז. וע"ש), חייב אדם לומר בשבילי נברא העולם.

וענין זה ביארוהו ז"ל במדרש (ילקוט שמעוני הושע סוף סי' תקל"ב) על פסוק (הושע יד, ב) "כי כשלת בעונך", זה לשונם, "אמר ר' סימאי, משל לצור גבוה שהיה עומד על פרשת דרכים ובני האדם נתקלים בו, אמר המלך יסתתהו קמעא קמעא עד שתבא השעה ואני מעבירו מן העולם" כו', ע"ש. אמנם, מה שצריך לבאר עתה, הוא פרטי העבודה הזאת, ובאיזה דרך נעשה התיקון הזה לאדם ולעולם.

Dit l'Intellect - il nous faut maintenant comprendre le premier état de l'homme, celui où il se trouve dans ce monde-ci (olam hazeh) : n'est-ce pas là le temps de son service ? Et certes, en quoi consiste ce service en général - nous l'avons déjà expliqué : il consiste à faire disparaître tout le manque qui se trouve dans Sa création, à savoir ce mal qui existe à présent et qui est destiné à être annulé.

Et certes, c'est sur l'homme que pèse cette charge : s'efforcer de l'annuler d'abord de lui-même, et ensuite - de toute la création entière, selon ce qui le concerne, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Hazal) (Sanhédrin 37a, et voir sur place) : l'homme est tenu de dire : c'est pour moi que le monde à été créé. Et nos Sages ont expliqué ce sujet dans le Midrach (Yalkout Chimoni, Hochea, fin du paragraphe 532) sur le verset (Hochea 14,2) "car tu as trébuché par ta faute".

Voici leurs paroles : "Dit Rabbi Simaï : c'est comparable à un rocher élevé qui se tenait à un carrefour et sur lequel les gens trébuchaient. Le roi dit : qu'on le taille peu à peu, jusqu'à ce que vienne l'heure où Je le ferai disparaître du monde", etc., voir sur place.

Toutefois, ce qu'il faut expliquer maintenant, ce sont les détails de ce service, et de quelle manière se fait ce tikoun (réparation) pour l'homme et pour le monde.

ואולם מה שיצטרך לבאר תחלה הוא ענין מציאות הרע הזה, שהוא הגורם לכל משא העבודה הזאת, ולדעת כל גבולותיו, מה ענינו ותולדותיו, במה כחו גדול, ובמה מסתתים אותו, כמאמרם ז"ל, ובמה יעבור מן העולם. ותראי כי זהו מציאות מחודש לגמרי, שרצה וחידש אותו האדון ב"ה לנסות בו בני האדם, לתת להם מקום לעבודה; ולא היה רמז וזכר מן המציאות הזה, ולא קרוב לו, קודם שחידשו האדון ב"ה כלל ועיקר, כי האדון ב"ה הנה הוא תכלית הטוב והשלמות.

והנה כל מה שהוא טוב, אף על פי שהוא מחודש, נקרא שמתיחס אליו ית', ומתקרב קצת לענינו ב"ה; אך הרע הזה, אדרבא, הנה הוא דבר ההפכי לו ית' ממש, אשר לא היה לענין זה, ולא קרוב לו, שם וזכר כלל קודם שחידשו האדון ב"ה, כמו שביארנו. אבל מכח יכלתו הבלתי - בעלת - תכלית הוא זה - שיכול להמציא אף מה שהוא הפך לו ממש, שאין בחוקו ית' ענין ממנו נלל, להודיע ולהודע שאין ליכלתו ית' שום גבול כלל ועיקר.

והוא מה שאמר הכתוב (ישעיהו מה, ז), "יוצר אור וכו' ובורא רע, אני ה' עושה כל אלה". ואמנם, הוא ית' שהמציאו - לא המציאו אלא לשיתבטל, וכמאמרם ז"ל שהבאתי למעלה, ולא המציאו אלא באותו הגבול, באותו הטבע והחוק שרצה, כי על כל פנים אין הכונה אלא ללקוט מן הרע עצמו פרי טוב לצדיקים, לתת להם שכר טוב בעולם:

Mais ce qu'il faudra expliquer en premier lieu, c'est la question de l'existence de ce mal, qui est la cause de toute la charge de ce service : connaître toutes ses limites, quelle est sa nature et quelles en sont les conséquences, en quoi sa force est grande, par quoi on le taille - selon l'expression de nos Sages, de mémoire bénie -, et par quoi il disparaîtra du monde. Et tu verras que c'est là une existence entièrement nouvelle, que le Maître, béni soit-Il, a voulue et innovée pour éprouver par elle les hommes, afin de leur donner matière au service ; et il n'y avait ni allusion ni trace de cette existence, ni de rien qui s'en approche, avant que le Maître, béni soit-Il, ne l'innove - absolument pas -, car le Maître, béni soit-Il, est le comble du bien et de la perfection.

Or tout ce qui est bien, même s'il est créé, est dit se rapporter à Lui, qu'Il soit béni, et se rapprocher quelque peu de ce qui Le concerne, béni soit-Il ; mais ce mal, au contraire, est une chose exactement opposée à Lui, qu'Il soit béni, une chose dont il n'y avait ni nom ni trace, ni rien de proche, avant que le Maître, béni soit-Il, ne l'innove, comme nous l'avons expliqué. Mais cela procède de Sa puissance sans limite : Il peut faire exister même ce qui Lui est exactement opposé, alors qu'il n'y a dans Sa nature, qu'Il soit béni, rien du tout de cela - afin de faire savoir et de faire connaître que Sa puissance, qu'Il soit béni, n'a absolument aucune limite.

Et c'est ce que dit le verset (Isaie 45,7) : "Il forme la lumière, etc., et crée le mal, Moi ה', Je fais tout cela." Et certes, Lui, qu'Il soit béni, qui l'a fait exister - Il ne l'a fait exister que pour qu'il soit annulé, comme l'ont dit nos Sages, dont j'ai rapporté les paroles plus haut ; et Il ne l'a fait exister que dans cette limite, avec cette nature et cette loi qu'Il a voulues, car de toute façon l'intention n'est que de cueillir du mal lui-même un bon fruit pour les justes, pour leur donner une bonne récompense dans le monde :

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