Ce passage poursuit la correspondance entre la conduite divine et la construction de l'homme. L'Intellect montre qu'outre le corps et l'âme naît de leur union l'éclat du visage, qui distingue le vivant du mort. Le Ram'hal enseigne que le séjour de l'âme s'y montre : visage du malade, visage riant, renfrogné ou avenant, témoins des pensées du cœur. Cet éclat ne se trouve ni dans l'âme seule ni dans le corps seul. Lorsque la Gloire se montre aux prophètes dans ses midot, ils saisissent le voilement, la bonté et ce qui naît de leur union, pour connaître ce que D.ieu fait dans Son monde.
אמר השכל – גם לזאת תמצא הקבלה, אם תדקדק דקדוק עמוק על הבנין הזה של האדם. כי הנה מלבד הדמות של הגוף בתבניתו, ומלבד הנשמה שבו בצורה אשר לה, הנה יש דבר אחד נמצא מהתחברות שניהם - הוא זיו הפנים.
ותראי שזהו המשתנה החי מן המת. ולא זו בלבד, כי אפילו השתנות ישוב הנשמה בגוף מתראה בו.
הלא תראי, החולה פניו רעות; ולא עוד, אלא שמחשבת הלב נראית בו, הלא תראי, פנים שוחקות, פנים זועפות, פנים מסבירות - כולם עדיהם המה של המחשבות הנסתרות בקירוב הלב. ואין הזיו הזה נמצא לא לנשמה בפני עצמה, כי הרי זיו של גוף הוא ולא לגוף בפני עצמו, כי אין לגוף זיו זה בלא הנשמה; אבל הוא הדבר הנולד מחיבור הנשמה והגוף ביחד.
ולא דבר ריק הוא הענין הזה, כי בהיות הנביאים מדמים צורה ליוצרה, כמו שביארנו, בהתראות להם הכבוד העליון במדותיו, וממשל משלים, הוא בהראותו את מדותיו לעיניהם כבחור גבור למלחמה, או כזקן מלא רחמים לישיבה, וכמאמרם ז"ל (חגיגה יד ע"א). הנה עין הנביא ידמה, ולבבו לו כן יחשוב, להבין במראה נבואתו את הסתר פניו ואת הארת טובו, ואת הנולד מחיבוריהם, כמראה אדם עליו מלמעלה, אשר לו גוף ונשמה ופנים מאירות מחיבור שניהם כאחד, אם מסבירות, אם שוחקות, ואם זועפות, לדעת כל אשר יעשה ה' א-להים דבר בעולמו, להימין או להשמאיל:
L'intellect dit : pour cela aussi tu trouveras la correspondance, si tu examines avec une précision profonde cette construction de l'homme. Car voici, outre l'apparence du corps dans sa structure, et outre l'âme qui est en lui avec la forme qui lui est propre, voici qu'il y a une chose qui se trouve issue de l'union des deux : c'est l'éclat du visage (ziv ha-panim).
Et tu verras que c'est cela qui fait la différence entre le vivant et le mort. Et non seulement cela, mais même les variations du séjour de l'âme dans le corps s'y montrent.
Ne vois-tu pas : le malade, son visage est mauvais ; et bien plus encore, la pensée du cœur s'y voit. Ne vois-tu pas : un visage riant, un visage renfrogné, un visage avenant - tous sont les témoins des pensées cachées au-dedans du cœur.
Et cet éclat ne se trouve ni dans l'âme par elle-même, car c'est bien un éclat du corps, ni dans le corps par lui-même, car le corps n'a pas cet éclat sans l'âme ; mais c'est la chose qui naît de l'union de l'âme et du corps ensemble. Et ce sujet n'est pas une chose vaine, car lorsque les prophètes comparent une forme à son Formateur, comme nous l'avons expliqué, lorsque la Gloire suprême se montre à eux dans ses midot (mesures, attributs de conduite), et qu'Il énonce des paraboles, c'est en montrant ses midot à leurs yeux comme un jeune homme vaillant pour la guerre, ou comme un vieillard plein de miséricorde siégeant à l'assemblée, selon la parole de nos maîtres de mémoire bénie (z"l : zikhronam li-verakha) (Haguiga 14a).
Voici que l'œil du prophète se le représente, et son cœur pense de même, afin de comprendre dans la vision de sa prophétie le voilement de sa face (hester panim) et l'illumination de sa bonté, ainsi que ce qui naît de leur union, à la manière de l'apparence d'un homme sur lui, par en haut (Ezechiel 1,26), lequel a un corps, une âme et un visage lumineux issu de l'union des deux comme un seul, que ce visage soit avenant, riant ou renfrogné, pour savoir tout ce que ה' Elokim fait comme chose dans son monde, pour aller à droite ou à gauche :